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Croissance mondiale : l’OCDE table sur un ralentissement en 2016

D’après les dernières projections de l’OCDE, la croissance mondiale, s’établirait à 2,9 % en 2016 avant de repasser la barre des 3 % en 2017 et atteindre 3,2 %.

 Ces prévisions plus pessimistes que celles publiées en juin dernier s’expliquent par les corrections réalisées sur la croissance de plusieurs économies avancées à l’instar du Royaume-Uni et des États-Unis.  Ainsi, aux États-Unis,  la croissance est désormais estimée 1,4 en 2016 et 2,1 % en 2017, faute de relance de l’investissement quand la croissance britannique devrait payer les effets du Brexit malgré les mesures de la Banque d’Angleterre, qui ont contribué à stabiliser les marchés.

Pour la zone euro, d fait l’OCDE table sur une une contraction du PIB de la zone euro de 1.5 % en 2016 et 1.4 % en 2017. Une moindre croissance qui toucherait de également l’Allemagne dont les projections pour 2016 et 2017 sont respectivement de  1.8 % en 2016 et de 1.5 % en 2017. En France, la croissance serait moindre sur 2016 comme 2016 à 1.3 %.

 

 

 

La faute aux taux bas ? Ces derniers en étant exceptionnellement bas voire négatifs fausseraient, selon le rapport publié ce jour par l’OCDE, le fonctionnement des marchés de capitaux et accentuent les risques à l’échelle du système financier dans son ensemble. Entrainant une déconnextion entre la hausse des prix des obligations et des actions et les anticipations de bénéfice et de croissance, les taux bas pourraient mettre en danger les investisseurs en cas de correction des prix. Un risque encore plus accru dans les pays où l’immobilier – valeur refuge – est en surchauffe.

L’OCDE appelle ainsi les États à mettre en oeuvre des politiques budgétaires et structurelles pour réduire le recours excessif aux banques centrales. Elle incite également les États à relancer le commerce mondial dont le un ralentissement « déprimera la croissance de la productivité dans les prochaines années ».  Appelant à éliminer les barrières protectionnistes, l’OCDEpréconise de favoriser les échanges aux frontières et réduire les coûts de transactions.

 

LIVRET A – RÉSULTATS DU MOIS D’AOÛT : L’EMBELLIE SE CONFIRME, SIXIÈME MOIS DE COLLECTE POSITIVE !

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

LIVRET A – RÉSULTATS DU MOIS D’AOÛT

L’EMBELLIE SE CONFIRME, SIXIÈME MOIS DE COLLECTE POSITIVE !

Analyse de Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne


 

Les Français ont digéré la baisse à 0,75 % du taux du Livret A, la preuve étant que, depuis le mois de mars, la collecte nette est redevenue positive. Au mois d’août, elle a même atteint 1,14 milliard d’euros. C’est le meilleur résultat enregistré depuis janvier 2014 (+1,6 milliard d’euros). Avec le Livret de Développement Durable, la collecte nette s’élève à 1,39 milliard d’euros.

Le mois d’août est traditionnellement un bon mois pour le Livret A du fait que les Français sont plutôt en vacances. Il fallait néanmoins remonter à août 2013 pour avoir une collecte positive. Sur ces dix dernières années, la collecte a été positive à huit reprises durant ce mois d’été avec des montants en règle générale assez élevée.

Les ménages français maintiennent donc leur effort d’épargne, preuve d’un haut niveau d’anxiété. Ils décident également de réorienter une partie de leurs dépôts à vue non rémunérés sur l’épargne réglementée. Il semble que la décision d’abaisser le taux du Plan d’Épargne Logement qui ne concerne que les nouveaux plans ait incité les ménages à se reporter sur le Livret A et le LDD. Par ailleurs, le discours sur la baisse du rendement des fonds euros de l’assurance-vie peut conduire certains épargnants à opter pour le Livret A. Son taux de 0,75 % dans un univers de taux négatifs peut apparaître moins faible qu’il n’y paraît. La baisse continue des taux des livrets bancaires (0,44 % en juillet) qui sont par ailleurs assujettis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux constitue un autre argument qui plaide en faveur du Livret A.

L’encours du Livret A à 258 milliards d’euros retrouve son niveau du mois d’août 2015 effaçant ainsi une grande  partie de la décollecte de l’année précédente tout en restant à 10 milliards d’euros en-deçà de son record datant d’avril 2014. Avec le LDD, l’encours est de 359,3 milliards d’euros à 11 milliards d’euros du record atteint également au mois d’avril 2014 (371,1 milliards d’euros).

Le Livret A est sur une bonne dynamique du fait de son rendement qui est malgré tout compétitif et du fait que les Français privilégient toujours la sécurité et la liquidité. Certes, au mois de septembre, il sera difficile de rééditer ce bon résultat en raison du dernier tiers provisionnel de l’impôt sur le revenu et des dépenses de rentrée. Néanmoins, la collecte pourrait rester positive. Sur l’année, elle pourrait atteindre 2,5 milliards d’euros pour le Livret A.

ToutSurMesFinances – L’écart entre les retraites du public et du privé va se creuser »

Public/Privé, l’écart vrait se creuser en matière de retraite. Explications dans une interview de Philippe Crevel réalisée par Jean-Philippe Dubosc, Rédacteur-en-chef de Tout Sur Mes Finances.

Protection des Epargnants : La Commission européenne doit revoir sa copie avant la fin de l’année

Comme suite à l’adoption, le 26 novembre 2014, du règlement Priip (Packaged Retail and Insurance-based Investment Products ou produits d’investissement packagés de détail et fondés sur l’assurance)  en novembre 2014, destiné à renforcer le devoir d’information vis à vis des épargnants,  la Commission européenne a précisé ses  intentions à travers un  règlement délégué adopté le 30 juin 2016 qui devait entrée en vigueur au 1er janvier 2017.

PRIIP, de quoi s’agit-il exactement ?

Le texte adopté en juin dernier en application du Réglement précité est destiné à améliorer l’information financière transmise aux épargnants en vue de protéger les consommateurs et renforcer leur confiance dans les marchés financiers. Pour atteindre ce but, il prévoit la délivrance d’ un document d’informations clés (DIC) standardisé pour chaque produit commercialisé. Dans ce document devront figurer le type du produit d’investissement, les risques encourus, la perte maximale possible et les frais qui lui sont associés. Le professionnel commercialisant le produit devra, par ailleurs, fournir au souscripteur trois scénarios de performance (défavorable, modéré et favorable) et des conseils relatifs à la durée de rétention. Le document précisera enfin les modalités de retrait et de résiliation et les modalités de réclamation.

Une avancée pour les épargnants… du moins sur le papier

Comme l’a indiqué la Fédération Française d’Assurance dans un communiqué,  peu de temps avant le verdict sans équivoque du Parlement Européen, ce texte qui se veut protecteur de l’épargnant et du petit investisseur peut se révéler contreproductif.  Mettant en garde contre le risque de délivrance «  une information opaque et trompeuse allant à l’encontre de leur protection » la FFA  avec de nombreux acteurs du secteur (Associations de professionnels et d’épargnants tels que la FBF pour le secteur bancaire, la FAIDER pour les représentants des épargnants ou encore ) met en avant la complexité des mesures prises par la commission qui impose la réalisation d’un document d’information spécifique  pour chaque support d’investissement, pour chaque option de gestion  et par possibilité de sortie. Cette multipilication des documents à fournir à l’épargnants  peut à la fois noyer ce dernier sous les informations et engendrer par ailleurs des surcoûts non négligables pour les professionnels du secteur qui pourraient être de ce fait tentés viore contraint à une réduction de l’offre sur le marché des UC ce qui conduirait in fine à « une concentration du marché ».

Le verdict sans équivoque du Parlement Européen

Après un premier revers le 1er septembre 2016, lors de l’examen du texte par la commission des des affaires économiques du Parlement Européen, cette dernière appelant à une révision du texte formulée par la Commission Européenne, la Séance plénière du 14 septembre confirme à 602 voix contre 4 le rejet du texte adopté en juin dernier. Il appartient, maintenant, à la Commission de proposer de nouvelles normes d’ici la fin d’année faute de quoi les professionnels du secteur devront appliquer le texte 2014 sans plus dont les contours sont jugés à ce jour imprécis.

 

Actionnariat salarié : un placement rentable ?

Dans la dernière édition de son enquête annuelle sur sur l’Actionnariat Salarié des entreprises cotées en France, le groupe ERES s’est intéressé au performance des opérations d’actionnariat salarié réalisées entre 2006 et 2010 par les entreprises du SBF120.

Hors abondement de l’entreprises, les salariés des entreprises visées par l’étude qui ont investi en titre de leur entreprises auraient réalisé, sur la période considérée, un gain moyen de l’ordre de 78 % (décote et dividendes compris). La part des gains avec prise en compte d’un abondement de 300 % atteindrait selon l’étude 547 %. Ces chiffres doivent toutefois être lus avec précaution dans la mesure où rien n’obligent les actionnaires salariés de détenir leur titre sur une si longue période.

Outre le rendement, l’étude s’est également intéressé au caractère risqué que peut revêtir ce placement, quand on sait l’importance qu’accorde l’épargnant à la sécurité. L’étude révèle ainsi des probabilité de gains relativement élevées pour les actionnaires salariés qui seraient gagnants dans 72% des cas avec le dividende et la décote (sans tenir compte de l’abondement). Une probabilité de gains qui atteindrait même les 90 % en cas d’abondement de 75 %. Ainsi, la présence d’une éventuelle décote, c’est à dire la possibilité pour les salariés d’acquérir ces actions à un prix préférentiel inférieur au prix de valorisation de l’entreprise, et les versements effectués par l’entreprise au profit des salariés tendent à réduire fortement la part de risque inhérente aux placements actions.

Petite progression des prix en août

L’indice des prix à la consommation progresse à nouveau en août (+0,3 %), après un repli de 0,4 % en juillet. Corrigé des variations saisonnières, l’indice recule de 0,1 %.  Ainsi, sur un an, l’IPC croît de 0,2 %.

La progression enregistrée en août (hors CVS) tient, sans surprise, à la fin des soldes d’été qui a entraîné un rebond des prix des produits manufacturés et la poursuite de la hausse des prix des produits alimentaires (+0,2 % ; +1,5 % sur un an). Par ailleurs, dans le mois d’août est généralement un bon dans les services. Les prix des services augmentent ainsi légèrement en août (+0,1 %). Toutefois, sur un an, la hausse n’est que +0,7 %,  soit la plus faible depuis l’été 2000.

Si la progression de l’IPC a été limitée en août cela tient essentiellement aux évolutions des prix constatés dans l’énergie qui diminuent à nouveau fortement en août (-1,6 % en août ; -3,0 % sur un an) à la suite d’une chute du pétrole (-3,2%).

Glissements annuels de l'indice des prix à la consommation (IPC), de l'inflation sous-jacente (ISJ)* et de l'indice des prix à la consommation harmonisés**

De fait, l’inflation sous-jacente reste stable en août après avoir reculé de 0,1 point le mois précédent. Sur un an, la hausse est 0,4 % soit son plus bas niveau depuis avril 2015. Les résultats définitifs publiés ce jours par l’INSEE sont ainsi conforme aux prévisions publiés fin août.

Lire la note de l’INSEE

ÉPARGNE, RETRAITE : HOMMES – FEMMES, MODE D’EMPLOI

ÉPARGNE, RETRAITE : HOMMES FEMMES, MODE D’EMPLOI


À partir des résultats de l’enquête 2016, « les Français, l’épargne et la retraite », l’équipe du Cercle a étudié les différences de comportement entre les hommes et les femmes.

Avec la forte progression du travail des femmes, avec une harmonisation des modes de vie ainsi qu’une égalité plus grande – même si elle demeure imparfaite – les différences s’estompent entre les hommes et les femmes en ce qui concerne la gestion du patrimoine et la préparation de la retraite. Néanmoins, des constantes demeurent. Les femmes privilégient la constitution d’un patrimoine en vue de la transmission. Elles sont moins promptes à prendre des risques en matière de placements. Du fait de pensions plus faibles, leur degré d’inquiétude vis-à-vis du système de retraite est plus élevé. En matière de solutions pour assurer la pérennité de ce système, elles optent pour le pragmatisme. Elles ne sont pas contre travailler plus longtemps mais sous réserve que cela améliore le niveau des pensions. Elles ne sont pas, en revanche, favorables à l’instauration pour tous de la retraite à 65 ans.

 

Au sommaire de l’étude

 

LES HOMMES ET LES FEMMES FACE À L’ÉPARGNE 

  • La « pierre » mais surtout « assurance-vie »
  • Les actions, non merci !
  • Les femmes moins favorables à la prise de risques que les hommes
  • Les femmes favorables aux contrats multi-supports mais pas à 100 % Unités de compte
  • Baisse du rendement de l’épargne, les femmes plus pessimistes que les hommes 

 

LES FEMMES ET LES HOMMES FACE À LA RETRAITE 

  • Des pensions insuffisantes surtout pour les femmes
  • Les femmes prêtes à travailler plus sous réserve de gagner plus ..
  • Les femmes ont plus de difficultés à épargner en vue de la retraite que les hommes
  • Épargner pour faire face aux dépenses quotidiennes
  • Les femmes épargnent un peu plus tard que les hommes
  • Pour préparer leur retraite, les femmes pensent pierre et assurance-vie
  • Les femmes inquiètes sur la pérennité du système de retraite
  • Les solutions pour assurer la pérennité du régime de retraite

Immobilier et démographie, le couple maudit ?

En vingt ans, les prix de l’immobilier ont plus que doublé en France, voire triplé sur Paris. Cette valorisation a conduit à une progression sans précédent du patrimoine des ménages français qui, en, 2014, représentait près de 8 années de revenu disponible brut contre 5 années en 1998. Cette augmentation est imputable en grande partie à l’immobilier. Sur 10 221 milliards d’euros de patrimoine, l’immobilier pesait, en 2014, 6 505 milliards d’euros, soit 63 %. La hausse des prix de l’immobilier ne concerne pas que la France ; des pays comme l’Espagne, le Royaume-Uni, les aux États-Unis et bien d’autres ont été confrontés à ce phénomène.

En cette rentrée 2016, la pierre est à la mode. En effet, tous les hebdomadaires d’information lui consacrent des dossiers entiers pour affirmer que c’est le moment d’investir avec des taux d’intérêt historiquement bas. Nombreux sont ceux qui annoncent une augmentation des prix. Au-delà de ces aspects purement conjoncturels qui, par ailleurs, pourraient déboucher sur un sévère réajustement, quels sont les fondamentaux pour l’évolution des prix de l’immobilier ? Des paramètres économiques, financiers, fonciers, juridiques ou fiscaux sont souvent mis en avant. Or, il apparaît assez nettement que l’évolution des prix de l’immobilier sur longue période dépend de celle de la démographie comme le souligne, entre autre, les travaux d’Arnaud Simon et Yasmine Essafi (« Concurrence générationnelle et prix immobiliers »). Ce sont les générations importantes du baby-boom arrivées à maturité qui ont poussé les prix à la hausse.

Une telle analyse reprend des études menées sur les cours boursiers. Ainsi, des liens ont été statistiquement démontrés entre l’évolution des actions et celle de la population américaine (Abel – 2003, Campbell – 2007, Maddolani – 2005). Patrick Artus (flash économie Natixis du 31 août 2016 n°371) a également démontré que la corrélation entre la démographie et les cours des actions était très nette aux États-Unis. Compte tenu du poids des non-résidents comme investisseurs sur le marché français (50 % de capitalisation du CAC 40), il convient non pas de prendre la structure de la population française en référence mais celle des États-Unis pour obtenir une relation tangible.

Ces différents travaux reposent sur la notion de cycle de vie. Au niveau immobilier, par souci patrimonial ou par souci d’indépendance, les individus ont comme objectif, en commençant à travailler, d’acquérir leur résidence principale. C’est entre 30 et 50 ans que les ménages réalisent leur projet immobilier afin de pouvoir être libéré des remboursements au moment de la cessation d’activités. De larges générations de 30/50 contribuent à l’augmentation des prix quand, à l’inverse, des classes creuses entraînent une décrue de ces mêmes prix. En reprenant ce principe, l’étude de Takats (2012) réalisée dans 22 pays avancés souligne que les éléments démographiques sont à l’origine d’une augmentation des prix de l’immobilier de 0,3 % en moyenne par an sur ces quarante dernières années.

Le cycle de vie n’explique pas totalement l’évolution des prix de l’immobilier. Trois séries de facteurs peuvent ainsi être distinguées :

  • Des facteurs d’ordre économique comme la croissance des revenus, les taux d’intérêt, la fiscalité ;
  • Des facteurs liés à l’offre comme la disponibilité du foncier, le coût de la construction ;
  • Des facteurs démographiques comme la progression de la population, le nombre de divorces, le nombre de retraités, la mobilité.

Toutefois, les interactions entre les différents facteurs sont importantes. Les promoteurs immobiliers privilégient les territoires à prix élevés car demandés, ce qui améliore leurs marges. Les lieux à fort potentiel économique et de revenus sont recherchés générant d’importants flux de population et donc des augmentations de prix pour l’immobilier. Si la demande est importante, les constructeurs ne seront pas incités à réduire leurs coûts de construction, voire auront tout intérêt à les monter. De même, une fiscalité incitative conduit bien souvent à une augmentation des prix (Rapport de la Cour des Comptes sur la politique du logement 2015).

De fait, la baisse des taux d’intérêt solvabilise la demande et favorise de ce fait l’augmentation des prix. Depuis 2011, le pouvoir d’achat des ménages qui acquièrent un logement  s’est amélioré. A Marseille, ils peuvent acheter un appartement ayant une superficie accrue de 18 mètres carrés, à Paris, de 7 mètres carrés. Mais, à Paris, l’avantage tend à s’estomper en raison de l’augmentation des prix surtout pour les petites surfaces. L’effet prix neutralise l’effet taux.

Au sommaire de l’étude

 

LA DÉMOGRAPHIE GOUVERNE-T-ELLE LES PRIX ?

 

LA BAISSE DES PRIX DE L’IMMOBILIER EST-ELLE INCONTOURNABLE ?

  • L’attractivité démographique des métropoles
  • Une crise immobilière en cas de retournement des taux ?
  • Effet d’éviction des jeunes générations du marché immobilier et inégalités intergénérationnelles

Auto-entrepreneurs : à quoi ressemble le cru 2014?

Si le statut d’auto-entrepeneurs semble en perte de vitesse depuis  janvier 2015 et sa fusion avec le statut de la micro-entreprise (Les immatriculations ont ainsi reculé de 21,2 % en 2015) ce statut continue à séduire et reste sur un an le mode de création d’entreprises privilégié.

En 2014, avec 283 500 immatriculations, un créateur d’enreprise sur deux optait pour ce statut (contre 43 % en 2015). Parmi ces nouveaux auto-entrepreneurs, 60 % démarrent une activité dans l’année dont 54 % en guise d’activité principale.  Des chiffres qui s’expliquent notamment par la part importante de chômeurs parmi les auto-entrepneurs. Ainsi en 2014, 28 % des immatriculations sont le fait de chômeurs. La part des chômeurs atteint même 42 %  parmi les auto-entrepreneurs qui font de leur projet leur activité principale.

Le profil des candidats à l’auto-entreprenariats explique également que la faiblesse des moyens investis lors du la consitutiton de leur projet.  En 2014, 50 % des auto-entrepreneurs ont monté des projet sans investissement préalable.  Sans surprise, il convient toutefois de distinguer en la matière les créations en vue d’une activité principale ou de créer une activité de complément. La part des créateurs qui se sont lancés avec un capital tombe à 39 %  pour les seconds quand elle grimpe 55 % pour les premiers.

Avant l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, l’INSEE avait constaté un rajeunissement et une féminisation des candidats à l’auto-entreprenariats. Agés de 38 ans en moyenne (contre 39 ans en 2010), les auto-entrepeneurs de 2014 comptent davantage de jeunes de moins de 30 ans (30 % contre 27 % en 2010). Toutefois seuls 54 % de ces derniers transforment l’essai l’année de leur inscription contre 71 % prami les 60 ans et plus. Par ailleurs, la part des femmes est passée entre 2010 et 2014 de 34 % à 37 %. Cette progression n’est pas propre aux auto-entrepreneurs, puisqu’elles constituaient, en 2014, 38 % des créatrices d’entreprises individuelles classiques (contre 34 % en 2010).

Sur le terrain de la formation, les nouveaux inscrits sont plus diplômés que leur prédecesseurs. 29 %  d’entre eux détenaient, en 2014, un deuxième ou un troisième cycle  quand ils n’étaient que 24 %  en 2010.  La détention de diplômés joue un rôle déterminant dans la capacité pour les créateurs de passer le cap du démarrage puisque 65 % des créateurs diplômés y parviennent contre seulement  52 % par les créateurs sans qualification.

Au même titre que les créateurs d’entreprises individuels, les auto-entrepreneurs n’ont pas encore fait leur révolution numérique et restent peu présents sur la toile.  Ainsi 65 % des créateurs de 2014 qui démarrent une activité de complément sont absents du web et 57 % de ceux qui exercent leur activité à titre principal.  Parmi les créateurs d’entreprise individuelle classique, 61 %  sont absents d’Internet et des réseaux sociaux.

 Lire la note de l’INSEE

Génération 1946, quand sont-ils paris à la retraite ?

Pour la génération 1946 qui est désormais en quasi-totalité sortie de l’activité professionnelle, 70 % des hommes ont pris leur retraite à 60 ans et avant quand cela n’a concerné que 64 % des femmes. 15 % des hommes ont cessé de travailler entre 61 et 64 ans contre 10 % des femmes. 22 % de ces dernières ont arrêté de travailler à 65 ans contre 11 % des hommes (source : Ministère des Affaires Sociales).

 

Lettre de septembre 2016

Les jeunes face à la retraite : entre pragmatisme et pessimisme ?

Après le Cercle de l’Épargne, c’est au tour de la DREES de s’intéresser au regard que portent les jeunes adultes sur notre système de protection sociale et ses évolutions. À partir de trois études réalisées à partir du Baromètre d’opinion consacré à cette population, la Direction de recherche rattachée au Ministère des Affaires sociales et de la santé (la DREES) souligne l’importance de la question des retraites pour les jeunes générations. Près de 3 jeunes de moins de 25 ans sur 4 se sentent préoccupés par l’avenir du système des retraites.

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Cette proportion s’accroît avec l’arrivée sur le marché du travail ; la part de ceux déclarant être « beaucoup préoccupés » passant de 43 % pour les moins de 25 ans à 52 % pour les 25-29 ans et 57 % pour les 30-34 ans.
Les jeunes générations, confrontées à de plus grandes difficultés à s’insérer professionnellement que leurs aînés, craignent par ailleurs que leur niveau de vie à la retraite soit moins bon que celui de l’ensemble de la population. De fait, comme le rappelle la DREES, le taux de remplacement médian calculé pour les générations 1936 à 1946 a subi une diminution continue.
La perception des jeunes sur leur future retraite varie de manière significative selon leur niveau de diplôme et leur situation professionnelle. Plus leurs conditions sociales sont défavorables et plus ils anticipent un appauvrissement à la retraite. Ainsi, parmi les moins de 30 ans, 58 % des jeunes étudiants estiment que leur niveau de vie à la retraite sera moins bon que l’ensemble de la population contre 80 % des jeunes en situation précaire (jeunes en temps partiel, intermittents ou chômeurs).
Face à cette crainte grandissante, les jeunes, interrogés entre 2012 et 2014, anticipaient un recul de l’âge de départ à la retraite qui atteint 66 ans et demi pour les 18-29 ans et 66 ans pour les 30-39 ans quand les projections du COR établissent l’âge moyen de départ entre 64 et 65 ans pour la génération 1980. Ce décalage tiendrait d’une part à une méconnaissance par les jeunes générations des dispositifs en vigueur et des réformes adoptées mais également au pessimisme de ces populations, qui anticipent par ailleurs de nouvelles réformes, sur leur situation actuelle et à venir.
En dix ans, l’âge estimé de départ à la retraite a reculé de 2,6 ans en moyenne pour les plus jeunes générations contre 2,2 ans pour les 50-54 ans.

Lettre de septembre 2016

Quand Uber pense à ses futurs retraités!

Aux États-Unis, Uber a décidé d’aider les chauffeurs à se constituer leur future retraite. Compte tenu de la modicité des pensions versées par les caisses publiques, il est important, aux États-Unis, de pouvoir accéder à un plan de retraite individuel ou d’entreprise. Même si des recours devant la justice sont en cours, jusqu’à maintenant, les conducteurs d’Uber sont des travailleurs indépendants disposant d’une couverture sociale assez mince.
Les chauffeurs de Boston, de Chicago, de Seattle et ceux du New Jersey ont désormais la possibilité, par l’intermédiaire de leur application mobile Uber, de souscrire et de gérer un compte individuel d’épargne retraite. Digital oblige, les plans sont souscrits auprès d’une FinTech, Betterment. Ce sont des robo-advisers qui gèrent en direct les plans des conducteurs. Uber ne prend en charge que les frais de la première année, soit 156 dollars. Le coût total pour la plateforme Uber pourrait être d’une soixantaine de millions de dollars. 400 000 conducteurs sont affiliés à Uber aux États-Unis et plus d’un million sur l’ensemble de la planète. Certains ironisent sur le geste d’Uber en soulignant que cette société fait un geste pour la retraite de ses chauffeurs avant de les mettre à la retraite avec le développement des véhicules automatiques.
Le cas d’Uber soulève la question de la protection sociale des travailleurs indépendants liés à des plateformes. Aujourd’hui, le débat tourne autour du thème salariat/travailleur indépendant or il faudrait le déplacer autour de la notion de l’emploi.
Les plateformes collaboratives comme Uber ont pour fonction de rapprocher offre et demande en recourant à la géolocalisation. Elles sont des intermédiaires qui ne veulent en aucun cas porter le risque du métier concerné. Ainsi, Airbnb propose un nombre de chambres supérieur à celui du groupe Accor sans en détenir une seule. Ce modèle de report du risque sur les producteurs a débouché sur des capitalisations extrêmement importantes du moins pour les leaders de chacun des marchés concernés. Airbnb vaut plus cher que le groupe Accor. Uber vaut plus de 60 milliards de dollars quand Europcar tourne autour d’un milliard d’euros et Air France ne dépasse pas 1,6 milliard d’euros.
Le modèle des plateformes, c’est beaucoup de clients et de producteurs de services, peu de salariés pour un maximum de valorisation boursière, le tout sur fond d’algorithmes et de géolocalisation.
Dans tous les pays, ces plateformes font l’objet de plaintes devant les tribunaux pour de multiples raisons. La déstabilisation des marchés sur lesquels elles exercent leurs activités provoque des tensions sociales et des manques à gagner pour les pouvoirs publics.
La requalification des chauffeurs d’Uber en salariés pourrait évidemment remettre en cause le modèle de cette société. Payer des salaires tous les mois n’est pas le même métier que celui de toucher des commissions sur des courses. Uber devrait payer des charges sociales, des cotisations au Comité d’entreprise, etc. Cet autre métier prend le nom de transporteur…
Mais la parade est relativement simple. Aux États-Unis, des tests grandeur nature de voitures Uber sans conducteur sont prévus dans les prochains jours. Uber a annoncé un partenariat avec le constructeur suédois Volvo pour la création d’une flotte de VTC sans chauffeur. À terme, le métier de chauffeur, surtout en milieu urbain, est amené à disparaître. Ainsi, plus de problème ou presque…
D’ici là, Uber devra faire face à la justice. Ainsi, en France, plusieurs procédures sont en cours pour requalifier le travail des chauffeurs d’Uber. L’Urssaf a déjà pris position en considérant que tous les chauffeurs du prestataire de services américain sont des salariés et non des travailleurs indépendants. Elle demande de ce fait le versement de cotisations sociales. Des procédures ont été lancées au pénal pour “travail dissimulé” car l’Urssaf affirme qu’Uber a mis en place volontairement un montage juridique pour échapper aux règles qui régissent le contrat de travail.
Il est possible que la jurisprudence issue de l’arrêt Labbane de la Cour de cassation puisse s’appliquer aux chauffeurs Uber. En vertu de cet arrêt du 19 décembre 2000, la Cour de cassation a estimé que des chauffeurs de taxi soi-disant travailleurs indépendants étaient dans un état de subordination à l’égard de la société loueur de taxi en prenant en compte plusieurs indices (obligation d’opérer un entretien et un nettoyage quotidiens du véhicule en utilisant les installations de l’entreprise, visite technique devant s’opérer dans un atelier choisi par la société, etc.). La Cour a demandé la requalification de leur contrat de chauffeur en CDI. Plusieurs indices permettraient de faire de même pour Uber : contrat de leasing de voitures (pourquoi à Paris, les chauffeurs roulent-ils souvent en 508 ?), système de notation pouvant entraîner l’exclusion du réseau (assimilable à un licenciement), la fixation des tarifs par la société, ce qui est contraire à la liberté d’entreprise, du commerce et de l’industrie. Les majorations tarifaires en période de pointe peuvent être également assimilées à des primes exceptionnelles.
Derrière ce combat juridique se dresse celui, plus global, du statut et de la notion de salarié. En quoi le modèle Uber a-t-il changé la donne ? Est-ce réellement acceptable pour les États, et pour les salariés ?
Le statut de salarié est daté. Il est l’enfant de la première et de la deuxième révolution industrielle. Il est lié à la notion de subordination à un donneur d’ordre exclusif, l’employeur. Quand on est salarié, on est dépendant durant le temps de travail fixé par le contrat ou la loi. La contrepartie de cet état de subordination a été la création de droits sociaux qui garantissent un minimum de protection : assurance-maladie, assurance-vieillesse, prévoyance en cas de survenue d’accidents du travail, etc. Le statut de salarié est lié à l’industrialisation, au développement d’entreprises employant de nombreux actifs.
L’évolution économique de ces trente dernières années remet en cause le concept de salariat. Les pays avancés sont désormais des pays tertiaires. Par ailleurs, le travail est avant tout intellectuel et de moins en moins physique. Les entreprises n’ont pas attenduUber pour recourir à l’intérim et aux CDD pour être plus agiles et pour réduire les coûts. De plus en plus de salariés sont amenés, de leur plein gré ou à l’insu de leur plein gré, à devenir des consultants. Il en résulte une progression du nombre de travailleurs indépendants.

 

Tous les pays ont mis en place des statuts particuliers pour accompagner ce mouvement, les mini-jobs en Allemagne, les contrats zéro heure au Royaume-Uni ou le statut des autoentrepreneurs en France. D’un côté les États y perdent en recettes fiscales et sociales, de l’autre, ces nouvelles formes d’emploi permettent de lutter contre le chômage. Ainsi, de nombreux jeunes du 9-3 qui n’arrivent pas à trouver de travail sont devenus des chauffeurs Uber. Il y a évidemment un risque de précarisation mais ces emplois permettent à des jeunes qui éprouvent les pires difficultés à entrer sur le marché du Travail de se lancer en créant une petite activité.
In fine, faut-il voir dans la décision du juge fédéral californien du 18 août dernier une tentative de protéger un ancien modèle de salariat face à l’avènement d’un nouveau ? Comment, aujourd’hui, concilier ces deux modèles ?

 

Les juges prennent leurs décisions en interprétant les textes en vigueur. Le droit du travail et le droit social évoluent moins vite que l’économie. Notre monde du travail est très segmenté. Une très grosse majorité des actifs sont en CDI que ce soit dans le secteur privé et le secteur public. D’un côté 85 % des emplois en France sont des CDI mais de l’autre côté trois quarts des embauches s’effectuent en CDD ou en intérim. Plus de 3 millions de salariés sont en situation de précarité. Or, les insiders ne sont pas disposés, et c’est humain, à réduire leurs avantages au profit des outsiders.
Pour autant, avec la digitalisation croissante des activités, il faut passer d’un statut lié à l’emploi occupé à un statut du travailleur qui s’applique quelle que soit la nature de l’activité – travail indépendant, salariat – secteur privé, secteur public. Il faut une harmonisation des droits et une flexibilité accrue pour pouvoir passer d’un emploi à un autre.

 

Lettre de septembre 2016

Le robo-adviser est-il l’avenir de la finance?

Les robots-logiciels envahissent progressivement le monde de la gestion d’actifs. Ils sont notamment constitués de logiciels accessibles sur Internet via son ordinateur ou via son mobile. Ils permettent notamment de gérer automatiquement les placements en fonction d’algorithmes paramétrés selon quelques critères simples établis par l’utilisateur.

 

En 2014, les sommes gérées par les Robo-Advisors ou les « Robots-conseillers » s’élevaient à 20 milliards de dollars et ne représentaient que 0,5 % de l’épargne financière américaine. Selon certaines prévisions, les avoirs, gérés de manière automatisée, pourraient atteindre 255 milliards de dollars dès 2020.

 

Les FinTech diffusent auprès des épargnants des systèmes qui étaient, pour des raisons de coût, réservés aux traders et aux professionnels de la finance. Les algorithmes qui sont au coeur du trading haute-fréquence sont en voie de démocratisation dans le domaine de la gestion d’actifs.

 

Aux États-Unis, les FinTech « Wealthfront », « FutureAdvisor », « Personal Capital », « SigFig » ou encore « Betterment » ont le vent en poupe. « Betterment », créée en 2008, disposait de plus de 5 milliards de dollars en gestion en juillet 2016 et vient de gagner le marché des plans retraite d’Uber.
En Europe, le Royaume-Uni est le pays où les robots-conseillers sont les plus présents. Parmi les plus importantes FinTech d’outre-Manche figurent « Nutmeg », « Money on Toast » ou « Wealth Horizon ». En Allemagne, Scalable Capital commence à prendre des parts de marché dans la gestion de l’épargne toute comme Money Farm en Italie.
En France, les leaders sont « Wesave », « Advize », « Fundshop », « Marie Quantier » et « Yomini ». Ces FinTech tentent de concurrencer les historiques Boursorama et ING Direct, premières banques en ligne à avoir commercialisé de tels services.

 

Le marché commençant à prendre forme, les institutions financières traditionnelles proposent à leurs clients des produits gérés par des robots-conseillers. L’américain Charles Schwab a ainsi mis en ligne son service Schwab Intelligent Portfolios quand la Deutsche Bank a lancé, fin 2015, Anlage Finder, son Robo-Advisor. De plus en plus d’établissements financiers prennent des participations dans les FinTech. AG2R LA MONDIALE est ainsi actionnaire de « Prêt d’Union ».

 

Les FinTech mettent en avant leurs résultats en matière de gestion et leurs faibles frais de gestion. N’ayant pas de réseaux à rémunérer et disposant d’équipes réduites, elles supportent des charges moindres par rapport à des acteurs traditionnels. Aux États-Unis, dans un marché ultra-concurrentiel et à prélèvements réduits, les Robo-Advisors ne facturent que de 0,15 à 0,35 % de frais, contre 1 % pour les acteurs traditionnels.

 

La force des Robo-Advisors est de pouvoir réaliser des arbitrages en fonction de critères définis par les souscripteurs. Les achats et les ventes sont plus nombreux que dans un portefeuille géré classiquement. Les résultats dépendent des modèles élaborés ou achetés par les FinTech. Il est important qu’ils soient en permanence réajustés.

 

Lettre de septembre 2016

La pierre et les institutionnels, une relation pas simple que cela

La mode est à la pierre, mais contrairement à quelques idées reçues, sur longue période, les institutionnels se sont plutôt désengagés de ce type de placement comme l’a souligné une récente étude de « La Française ». La proportion d’immobilier dans le bilan des compagnies d’assurances en France est ainsi passée d’environ 10 % en 1991 à 5 % en 1993 avant de remonter légèrement depuis. Les compagnies d’assurances et les fonds de pension étrangers sont plus exposés à l’immobilier que leurs équivalents français.

 

L’immobilier résidentiel, qui représentait un tiers de l’exposition totale en immobilier des compagnies d’assurance-vie au début des années 1990, n’en représente plus qu’un quart actuellement, la faute à la réglementation et à la fiscalité.
Pour l’ensemble des investisseurs institutionnels, l’immobilier résidentiel représente 14 % de l’exposition totale en immobilier en France à la fin 2015, soit près de 50 Mds d’euros. C’est une proportion proche de la moyenne européenne, mais dans certains pays comme les Pays-Bas et la Suisse, l’immobilier résidentiel peut représenter la moitié de l’exposition totale. Les sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC) constituent les principaux investisseurs institutionnels en immobilier même si comme les compagnies d’assurances, elles se sont désengagées de leur exposition en logements dès que le régime SIIC de transparence fiscale a été introduit fin 2002. L’arbitrage s’est porté sur l’immobilier de commerce, notamment à l’international, l’immobilier de service et le secteur des bureaux en Île-de-France avec la recherche d’une qualité premium.

 

Lettre de septembre 2016

Les hauts et les bas de la bourse de Paris

Sur très longue période, la capitalisation des valeurs cotées à la Bourse de Paris a connu une progression régulière émaillée par quelques pics qui ont précédé des krachs retentissants. Il en a été ainsi en 1929, en 1987, en 2000 et en 2007.
La crise de 29 a été précédée par les Années folles. Les Français boursicotent et achètent des obligations avec, à la clef, quelques déceptions dont la mémoire est restée vivace jusque dans les années 80.

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La fin de la Seconde Guerre Mondiale a vu la faillite des rentiers. Avec une forte inflation et un pays à reconstruire, les actifs financiers ne sont pas à la fête d’autant plus qu’une partie des grandes entreprises a été nationalisée.
L’envolée des cours intervient avec la déréglementation des marchés financiers dans les années 80 ainsi qu’avec leur internationalisation. La hausse de ces années-là corrige la sous-évaluation de la période précédente. Elle s’interrompt brutalement avec le krach de 1987, le premier d’une série.

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La Bourse de Paris connaît une forte progression autour du changement de siècle avec la bulle Internet. Elle atteint alors son sommet, non battu à ce jour, le 4 septembre 2000 à 6 944,77 points. Depuis, il évolue au gré des crises entre 3000 et 6000 points avec une forte progression durant les années 2002 et 2007 qui s’est soldée par la Grande Récession.

 

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Lettre de septembre 2016

Progression des créations d’emploi malgré une croissance à 0

L’INSEE revient dans une étude sur les hausses d’emploi constatées sur le 2e trimestre. En progression de O,2 % dans les secteurs marchands non agricoles  (+29 500) sur le trimestre, la hausse du nombre d’emplois créés tiendrait exclusivement à de l’emploi hors intérim.

Le secteur tertiaire qui enregistre 41 000 emplois créés, après + 29 500 le trimestre précédent, a permi une création de 171 800 emplois sur un an.  Malgré un ralentissement de l’intérim sur les deux derniers trimestres, sur un an le nombre de création d’emploi a ateint +36 500 emplois soit une progression de 6,5 %.

En revanche, les secteurs de l’industrie et de la construction restent sinistrés. La destruction d’emploi se poursuit avec -9500 dans l’industrie et -2800 dans la construction pour le seul deuxième trimestre. Sur un l’emploia diminué de 33 100 dans l’industrie (soit -1,1 %) et de 17 300 dans la construction (soit -1,3 %).

 

Le Chili et ses fonds de pensions

Sous la présidence d’Augusto Pinochet, le Chili, il y a 35 ans, a opté pour un régime de retraite reposant uniquement sur la capitalisation. Ce modèle, très libéral, a été souvent montré en exemple et a été copié par plusieurs autres pays émergents. Néanmoins, ce régime privé de retraite fait l’objet, depuis de nombreux mois, d’une vive contestation. Ainsi, le 21 août dernier, des dizaines de milliers de Chiliens ont manifesté dans les rues de Santiago du Chili en répétant « No Mas AFP » du nom du régime de retraite. Les manifestations sont organisées par plusieurs syndicats, des associations de consommateurs et de défense des droits des retraités.

Récusant le principe de la répartition, jugée coûteuse et inefficace, l’équipe de Pinochet avait décidé de mettre en place un système de retraite par capitalisation avec une cotisation de 10 % sur les gains individuels. Les comptes retraites étaient confiés à des institutions privées dénommées « AFP ». Ce système a été assez efficace des années quatre-vingt aux années 2000 permettant une alimentation en capitaux de l’économie chilienne. Le gain de croissance a été évalué à 0,5 % par an sur la période 1981 / 2001.

Les institutions de retraite avaient comme objectif de verser une pension représentant 70 % du dernier salaire. Dans les faits, le taux de remplacement moyen est de 45 %. Le taux de 70 % n’est atteint que pour une toute petite catégorie de la population (0,2 % des personnes ayant pris leur retraite en 2015) car peu d’actifs ont pu verser leurs cotisations sur une durée suffisante pour atteindre ce taux de remplacement. Le problème concerne avant tout les femmes et tous les actifs qui ont passé du temps dans des emplois informels ou au chômage.

Au Chili, entre quart et tiers de la vie professionnelle peut ne pas avoir donné lieu à versement de cotisations. Dans ces conditions, Les salariés modestes touchent une pension inférieure de 45 % à leurs derniers revenus d’activité ; pour les femmes, ce taux est de 31 %. Ces ratios sont nettement en deçà de la moyenne de l’OCDE. Conscient de ces problèmes, en 2008, le gouvernement a décidé d’instaurer pour les mères ayant élevé des enfants une majoration de pension. L’OCDE – comme le FMI – a, par ailleurs, souligné que le taux de cotisation de 10 % était insuffisant pour faire face aux besoins d’une couverture vieillesse. Il devrait être multiplié par deux.
Face à la montée des oppositions au régime de retraite, de nombreux experts chiliens suggèrent la mise en place d’un système mixte avec la création de fonds d’État qui cohabiteraient avec fonds privés. Cette solution permettrait un minimum de solidarité. Les autorités ont annoncé dernièrement l’instauration d’un mécanisme de « minimum vieillesse » payé par l’impôt. Par ailleurs, la présidente du Chili, Madame Bachelet souhaite instituer une contribution de 5 % acquittée par les employeurs, afin de compléter les pensions les plus basses. Un régime public de fonds de pension devrait également être institué pour accroître l’offre.

 

Lettre de septembre 2016

Epargne et histoire : les Français ont préféré le lointain à la proximité

Les Français sont des épargnants dans l’âme. Ce n’est pas nouveau ! La rente est une tradition française qui résiste plus au moins bien aux soubresauts de l’histoire.

François Caron, dans son ouvrage Histoire économique de la France, souligne que le taux d’épargne moyen des Français était de 4,5 % entre 1873 et 1876. Il a constamment progressé jusqu’en 1975 pour atteindre alors 22 % du revenu disponible. Il a ensuite connu une légère décrue avec un point bas en 1987 (11,1 %). Depuis, il s’est stabilisé entre 14 et 15 %. Au XIXe siècle, l’épargne française est placée à 50 % en dehors des frontières (selon Fernand Braudel).

À l’époque, la part de l’épargne du Royaume-Uni, placée à l’étranger, n’est que de 25 % et de 10 % en Allemagne. La France assure, en 1860, un tiers des flux d’investissements à l’étranger. En 1900, ce taux est encore de 20 %. Les exportations de capitaux passent de 7,5 % à 21 % du PIB de 1850 à 1914. Entre 1880 et 1914, le poids des créances à l’étranger passe de 15 à 42 milliards de francs-or. Les Français privilégient le grand large à l’industrie qui ne reçoit alors que 25 milliards de francs-or.
Les Français ont été amenés à financer le Canal de Suez et celui de Panama avec à la clef un retentissant scandale financier. Ils ont été appelés à participer à l’effort d’investissement dans les colonies. Protectionnistes dans l’âme, réticents au développement des grandes entreprises sur le territoire national, par chauvinisme et/ou par appât du gain, les Français ont été des épargnants hauturiers. La création de grands établissements financiers évoluant dans le giron de l’État a contribué à cette exportation du capital. Ce choix de l’international a certainement freiné le développement d’un tissu industriel dans notre pays.

 

Lettre de septembre 2016

L’édito de Jean-Pierre Thomas, Président du Cercle de l’Epargne – Sept. 2016

L’édito de Jean-Pierre Thomas, Président du Cercle de l’Epargne

Depuis quelques semaines, de plus en plus d’experts s’inquiètent du maintien, en Europe des taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas. Les économistes du FMI ont, sur ce sujet, mis en garde les responsables de la Banque Centrale Européenne sur les conséquences de tels taux sur le secteur financier mais aussi sur l’ensemble de l’économie.
Pour surmonter la Grande Récession de 2008-2009 et endiguer la menace déflationniste, les banques centrales ont mis de côté leurs principes en appliquant des politiques monétaires dites non-conventionnelles. Sauf qu’avec le temps qui passe, ce qui était anormal, l’association « bas taux » et « rachats d’actifs » devient la norme. Contre son gré, l’Europe se japonise à grande vitesse. Le bout du tunnel est difficile à apercevoir compte tenu de la lente remontée de l’inflation et du difficile assainissement des comptes publics au sein de plusieurs États membres de l’Union européenne.
Ne courrons-nous pas un risque de contraction des crédits privés du fait de la détérioration des résultats des banques ? Ne prenons-nous pas le risque de mettre le secteur de l’assurance en difficulté et donc l’ensemble de l’économie en maintenant des taux d’intérêt aussi bas ? Ne créons-nous pas une nouvelle bulle immobilière qui par effet d’éviction pénalise l’économie réelle ?
Quand nous analysons la situation du Japon qui se débat avec la déflation depuis 20 ans, quand nous constatons que la FED a toutes les peines du monde à remonter ses taux malgré une croissance moyenne annuelle de 2 % depuis 6 ans, malgré un taux de chômage de 4,9 %, alors la BCE devra, en 2017, faire preuve de finesse et de ténacité pour sortir de la nasse des taux négatifs. À ce titre, le FMI lui conseille de les relever tout en augmentant son volume d’achats d’actifs.
Les effets réels de la baisse des taux ne sont pas nuls mais ne sont pas non plus à la hauteur des espoirs qu’ils portaient du fait d’une économie européenne moins financiarisée que celle des États-Unis. Les marchés actions n’ont pas connu la même appréciation qu’outre-Atlantique. Le poids du secteur financier au sein des indices « actions » en Europe et le retard pris en matière de digitalisation expliquent en partie la faible progression de la capitalisation boursière. Les ménages de la zone euro en privilégiant la sécurité et la liquidité ne profitent de toute façon guère de l’appréciation des marchés « actions ».

En matière de crédits, la hausse de l’encours a été longue à se dessiner. Du fait de l’absence de visibilité, les entreprises ont différé leurs projets d’investissement. Les ménages, de leur côté, en particulier en France, sont plutôt en mode désinvestissement. Certes, ils ne sont pas insensibles à la baisse des taux ; mais, simplement, ils en profitent pour renégocier leurs prêts. En France, 44 % des nouveaux crédits à l’habitat, au mois de juillet dernier, ont été souscrits dans le cadre d’une renégociation de prêts antérieurs.
Nous devons admettre que nous sommes en pleine expérimentation. La solution ne peut venir que de la croissance et de l’augmentation des gains de productivité. Big data, objets connectés, biotechnologie, nanotechnologie pourquoi pas, mais cela ne suffira pas. L’Europe, première place commerciale mondiale, doit accroître ses échanges à l’Est notamment avec la Russie, et avec l’Afrique dont certains États connaissent un réel décollage économique.

 

Lettre de septembre 2016

Réversion : Une garantie de versement dans un délai de 4 mois

Après l’instauration, il y a un an jour pour jour, du « droit opposable à la retraite » qui contraint les caisses  des régimes de retraites de verser dans un délai de 4 mois les pensions au nouveaux retraités du régime général dès lors que ces derniers ont déposé un dossier complet, ce droit est à présent étendu aux personnes touchant une pension de réversion.

Le principe fixé dans un décret publié au J0 du 31 août 2016 s’applique dès le 1er septembre 2016 aux  conjoints survivants des salariés du privés décédés. Il sera étendu aux aux pensions de base versées par la MSA  aux salariés agricoles et à celles versées par le RSI  aux artisans, commerçants et chefs d’entreprise en 2017.

Il faut toutefois noter que seuls les régimes de base sont concernés par ce dispositif, ainsi les droits à réversions versés par l’ARRCO ou l’AGIRC ne sont pas visés par ce dispositif. Il en est de même pour les survivants de fonctionnaires ou ceux de personnes affiliées aux régimes spéciaux de retraites.

 

Polypensionnés : Un nouveau pas vers la simplification

A compter du 1er juillet 2017, les actifs ayant cotisé au cours de leur carrière au régime général de la CNAV, au MSA  en tant que salarié agricole et/ou au RSI en tant que  artisan ou commerçant pourront s’adresser au dernier régime auprès duquel ils auront cotisé qui deviendra leur unique interlocuteur pour traiter leur demande, calculer et verser leur retraite au titre de ces activités.

Dépôts bancaires : la baisse de la rémunération se poursuit

En juillet 2016, le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires recule de 0,02 %  pour s’établir à 0,81 %.

Sont concernés par la baisse, les dépôts à plus de deux ans  à l’instar du PEL qui était rémunéré à 2,53  en juillet contre 2,56 en juin 2016. Un recul du PEL dû aux décisions successives des pouvoirs publics de réduire la rémunération de ce placement pour les futurs souscripteurs.

Par ailleurs, les livrets bancaires qui ne rapportent plus que 0,44 % en moyenne contre 0,46 % le mois précédent.

Sur un an le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires a perdu près de 0,2 %.

 

BdF -01092016

En juillet les Français ont préféré épargner plutôt que de consommer!

Dépôts à vue, assurance-vie, livret A… En juillet les ménages ont été plus fourmis que cigales. De fait, les chiffres de l’INSEE publiés ce jour confirment, après les bons résultats des produits fétiches des épargnants et des dépôts à vue, que la consommation des ménages, principal moteur de la croissance patine en France. En juillet comme en juin, elle diminue.

Pour autant il convient de souligner que ce recul (-0,2 % en volume) est plus faible que celui enregistré le mois précédent.  Les plus fortes baisses ont été constatées sur les biens durables (-2,2 %) et notamment dans les biens d’équipement du logement(-3,1%).

 

La consommation totale de biens

Cette baisse de la consommation depuis quatre mois est inquiétante pour la croissance. En effet, après un trimestre de stagnation, il est indispensable que le troisième trimestre soit marqué par une reprise. Les attentats ont pu refroidir les Français à engager des dépenses importantes en juillet avec un possible effet de rattrapage en fin de trimestre. Affaire à suivre….

 

L’accord salvateur du 30 octobre 2015 sur les complémentaires retraite?

Dans une note publié par la Direction du Trésor,  Bercy présente les résultats d’une évaluation des mesures de l’accord du 30 octobre dernier sur les complémentaires retraites dont le risque d’épuisement des réserves financières aurait pu intervenir dès 2018 pour l’AGIRC et 2027 pour l’ARRCO. D’après une microsimulation réalisée par le ministère, les mesures prises à l’automne dernier  devraient permettre « une amélioration du solde de l’ensemble des régimes de 0,3 point de PIB dès 2020 ». Bercy note par ailleurs que les apports bénéfiques de cet accord  devraient même s’étendre jusqu’ à 2060.

Cette simulation réalisée à partir du scenario central  de l’Ageing Report 2015, soit le scenario harmonisé au niveau européen des projections de dépenses de retraite qui prévoit un taux de chômage à 7,5 et une croissance à 1,5 % permet par ailleurs d’évaluer  de manière autonome l’effet  de chacune des mesures de l’accord.

Ainsi,  d’après Bercy la desindexation de la valeur de service des points ainsi que le report de la date de revalorisation permettent de freiner la croissance des dépenses de retraite et de ce fait de réaliser des économies à court terme qui s’éleveraient à 1,8 milliard d’euros (soit 0,08 % du PIB) dès 2020 pour la première mesure et 1,2 milliard d’euros pour la seconde soit au total 0,13 point de PIB.

Autre mesure majeure, la baisse du rendement des régimes de retraite complémentaire induite par une plus forte revalorisation de la valeur d’achat du point que de la valeur de service. Cette mesure permettrait, selon Bercy de réaliser d’importantes économies à long terme. A horizon 2080, la baisse des pensions servies par les régimes complémentaires pourrait être de 9 % et 7 % (soit 0,19 point de PIB)  dès 2060.

En parallèle, la hausse de la cotisation AGGFF et du taux d’appel permettraient également de réaliser des gains pour la soutenabilité des régimes à long terme, ces cotisations ne générant pars de nouveaux droits à pensions au profit des cotisants. Les gains seraient respectivement de 0,01 %  et 0,04 % de PIB à horizon 2060.

Par ailleurs le coefficient de solidarité, qui est une minoration temporaire de 10 % qui s’applique sur le montant de la retraite complémentaire des salariés pendant trois années maximum jusqu’à 67 ans maximum devrait aboutir à un accroissement de la population active d’environ 100 000 actifs. Cette disposition pourrait conduire à des gains pour les régimes complémentaires sur le stock des pensions de l’ordre de 0,5 % pour l’AGIRC et de A %  pour l’ARRCO. De plus afin de maintenir un niveau de pension comparable à celui qui s’appliquait avant l’entrée en vigueur de la réforme, de nombreux assurés devrait reporter  leur liquidation de 1,2 mois d’après Bercy. Ces deux mesures aboutiraient in fine à un gain de 0,11 % de PIB pour l’ensemble des régimes.

EFFET DE L’ACCORD AGIRC-ARRCO SUR LE SOLDE  DE L’ENSEMBLE DES REGIMES DE RETRAITE PAR TYPE DE MESURES (EN % DE PIB)

DGT 30 08

 

Cette note dont les conclusions se rapprochent du chiffrage présenté par les partenaires sociaux, met bien évidence la baisse programmée du niveau des pensions, en particulier pour les cadres du fait de la fusion à horizon 2019 de l’AGIRC et l’ARRCO qui va conduire à la disparition de l’actuelle disction cadre/non-cadre qui va fortement pénaliser les actuels cotisants à l’AGIRC.

 

Lire la note de la Direction du Trésor

 

Ouest France – Assurance-vie. 3,4 milliards d’euros collectés en juillet

Retrouver dans cet article consacré à la collecte de l’assurance-vie en juillet, l’analyse et les explications de Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.

Le Figaro – L’assurance vie a eu beaucoup de succès en juillet

Après le coup de mou enregistré en juin dernier, l’assurance-vie enregistre une très forte collecte en juillet (+3,4 milliards d’euros). Quelques éléments d’explications apportés par Philippe Crevel dans cet article du Figaro

Les créateurs d’entreprises ont pris leurs congés d’été ?

Pour le deuxième mois consécutif, lenombre de créations d’entreprises est en recul en juillet (-1,2 % après -1,6 %).  Une fois de plus le solde des créations d’entreprises affiche un résultats négatif malgré une hausse des créations d’entreprises classiques, largement pénalisés par le fort recul du nombre d’immatriculations de micro-entrepreneurs (-3,9 %).

Pour autant en glissement annuel le bilan reste très positif avec une progression de 9 %  sur 3 mois et +2,5 % sur un an.

En juillet, les micro-entrepreneurs représentent à eux seul 40,9 % des créations enregistrés sur les douze derniers mois, contre 46,7 %  un an plus tôt.

Créations d'entreprises (CVS-CJO*)

Confiance des ménages : l’été a été bénéfique ?

Toujours située sous son niveau moyen de longue période, l’indicateur permettant de mesurer la confiance des ménages a néanmoins progressé d’un point en août pour atteindre 97. L’opinion des ménages sur leur situation personnelle passée a fortement progressée, gagnant 7 points pour rejoindre son niveau moyen de longue période quand l’opinion sur  situation financière future est stable pour le troisième mois consécutif.

Moins enclin à réaliser des achats importants (-3 points), les ménages voient en revanche leur capacité d’épargne actuelle et future s’améliorer. Pour autant, les épargnants jugent – en août – moins opportun d’épargner. Un indicateur qui contraste avec les fortes collectes enregistrés à la fois par l’assurance vie (+3,4 milliards d’euros) et le livret A (+630 millions d’euros).

Indicateur synthétique de confiance des ménages

Indicateur synthétique de confiance des ménages

Source : Insee

 

La Croix – Le livret A confirme son regain d’attractivité

En juillet, le Livret A enregistre ne collecte nette de 630 millions d’euros en juillet. Retrouvez les explications de Philippe Crevel dans cet article publié ce jour par le journal La Croix.

Climat des affaires en France : petit ralentissement estival ?

Comme chaque mois, l’INSEE vient de publier l’indicateur de climat France qui vise à résumer l’information fournie par les enquêtes de conjoncture dans l’industrie, les services, le commerce (de détail et de gros), et le bâtiment. D’après les éléments reccueillis par l’institut au titre du mois d’août, cet indicateur perd un point sur le mois d’août du fait d’un recul constaté dans l’industrie (-2 points) et dans le commerce en détail (-1 point). Pour autant à 101, il reste légèrement au dessus de son niveau moyen de long terme.

Indicateur de climat des affaires France

Atlantico – La rentrée de l’épargnant : mais quelles sont les vraies conséquences de la baisse des taux sur votre assurance vie ?

Les taux bas prolongés pourraient-ils mettre à mal le modèle de l’assurance-vie le plus répendu à savoir le fonds euro? Retrouvez l’analyse de Philippe Crevel paru dans Atlantico. Il revient notamment sur l’étude réalisée par S&P qui met en garde contre les risques engendrés par la persistance des taux bas pour les assureurs vie et sur les risques réellement encourus par la profession. Il rappelle par ailleurs les raisons du succès de l’assurance-vie auprès des épargnants, au delà du simple rendement que peut offrir ce produit.

Protection sociale : les jeunes voient l’avenir en rose ?

D’après une série d’études de la DREES consacrée au jugement que portent les jeunes en France et en Europe sur la protection sociale et son avenir, ces derniers seraient plus optimistes que leurs ainés.

Ils sont en effet 65 % parmi les moins de 25 ans contre 46 % pour les 50-54 ans à envisager l’avenir de la protection sociale avec optimisme. Le sentiment de déclassement générationnel est par ailleurs moins marqué chez les plus jeunes générations que pour les 25-50 ans.

Sans surprise, c’est parmi les jeunes en études  (72 %) et les actifs diplômés du supérieurs  (78% ) que l’optimisme est le plus manifeste quand à l’inverse  ceux qui se trouvent en situation de précarité font davantage preuve de septicisme. Par ailleurs, il convient de noter que le benchmark européen révèle une fois de plus que les Français, même jeunes, sont plus pessimistes que leurs voisins et sont même devancés par le Portugal et l’Espagne qui pourtant ont davantage subi la crise.

Sur le terrain des retraites, l’étude de la DREES conforte l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne qui a par ailleurs donné lieu à une étude consacrée aux jeunes face à l’épargne et la retraite. La retraite constitue en effet pour les jeunes une forte préoccupation bien qu’elle soit moins prégnante parmi les moins de 25 ans, sans doute en raison du caractère lointain de cette étape.

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Conscients des difficultés liées au financement des régimes de retraite, les jeunes de 2014 considèrent qu’ils pourront prendre leur retraite 2 ans et demi plus tard que ceux de 2004, à 66 ans et demi. Cette anticipation est, comme le rappelle la DREES, plus pessismistes que les projections du COR qui préconisait 64 ans en 2045  contre 61 ans en 2014.

Quant à l’avenir du modèle de protection sociale, les 18-29 ans se démarquent dans leur aînés. Plus nombreux à exprimer des doutes sur les effets positifs de la protection sociale en période de crise, ils sont également plus nombreux à considérer que la solidarité est avant tout une affaire privée  qui relève des individus et de la familles (43 %). Cette prévalence de la sphère privée, s’explique notamment par le fait que les jeunes adultes restent relativement dépendants financièrement de leur famille et ne sont que marginalement bénéficiaires des prestations sociales.

Par ailleurs, les jeunes restent pour autant  (6 sur 10) favorables à un plus grand interventionnisme public dans les domaines économiques et sociaux. Davantage prêts à contribuer au financement de la protection sociale (en particulier pour les jeunes  en études qui ne sont pas encore emploi) pour maintenir le niveau des prestations, les jeunes français ne manifestent pas plus de défiance envers l’Etat et le système de protection sociale que leurs voisins avec un taux de confiance dans la Sécurité sociale qui atteint 74 % tant parmi les 18-29 ans que pour les 30-59 ans bien qu’ils soient nombreux à juger que le système en vigueur constitue un frein à la sortie de crise qui vient de plus alourdir la dette de la France.

Lire l’étude de la DREES

Dossier Familial – Les placements retraite pour compléter votre pension

Du PERP à l’assurance-vie, cet article publié dans le Dossier Familial revient aux différents placements destinés à préparer sa retraite.

Atlantico – Fin du salariat ? Pourquoi la décision d’un juge américain pourrait remettre en cause le phénomène de l’ubérisation de la société

Philippe Crevel revient, dans Atlantico, sur la décision rendue par la Cour Fédérale Américaine la semaine dernière visant à la requalification des chauffeurs d’Uber en salariés, l’occasion de revenir sur le salariat et son avenir dans un environnement économique et social en pleine mutation.

L’épargnant allemand, la première victime des taux bas

Du fait de revenus plus conséquents et d’un fort taux d’épargne, les épargnants allemands souffrent plus que quiconque de la baisse des taux. En effet, en 2015, les Allemands ont épargné, en moyenne par personne, 3 900 euros contre 3 000 euros pour les Français, 1 900 euros pour les Italiens et 1 400 euros pour les Espagnols. Selon notre étude réalisée pour l’AMF, en 2016, les Français sont 6,2 % à détenir des actions en direct, contre 6,6 % un an plus tôt.

 

Le Mensuel du mois d’août 2016 : N°28

L’épargne réglementée est-elle aussi populaire que cela ?

En moyenne, le montant moyen d’un Livret A est de 4 003 euros, celui du Livret de Développement Durable est de 4 102 euros. L’encours moyen du Livret d’Épargne Populaire s’élève à 5 116 euros. Enfin, le montant moyen du PEL est de 15 700 euros.

 

Si 45 % des Livrets A sont crédités de moins de 150 euros, 11 % dépassent 15 300 euros. Ces derniers représentent près de 60 % de l’encours. 3,7 % des livrets ont un encours supérieur à 22 850 euros (nouveau plafond des versements autorisés).

Le relèvement du plafond avait entraîné une augmentation du nombre de livrets dépassant 15 300 euros. Il est en effet passé de 8,5 % en 2011 à 11,7 % en 2013. Les livrets ayant plus de 22 950 euros représentent plus de 22 % de l’encours total du Livret A.

 

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La détention d’actions continue de baisser

Le taux de détention directe d’actions poursuit sa baisse. Représentant 13,8 % en 2008, il s’établit à 6,2 % en mars 2016. Le nombre de particuliers déclarant détenir des actions en France peut ainsi être évalué à environ 3 millions de personnes.
Les possesseurs de Plans d’Épargne en Actions seraient également moins nombreux : le taux de détention est de 6,8 % des Français en 2016, contre 7,1 % en 2015. 5,2 % des Français détiennent des placements collectifs (FCP et SICAV v). Ils sont 1,6 % à posséder des obligations en direct.

 

1 Français sur 13 détient un produit en actions

Seuls 2,5 % des Français interrogés ont répondu détenir un fonds investi en actions (contre 7,5 % en 2008). Le taux d’investisseurs en actions, que ce soit en direct ou par le biais de placements collectifs, atteint désormais 7,6 % de la population (contre 8,1 % en mars 2015, 16,4 % en 2008). Plus largement, la détention de valeurs mobilières (actions, obligations, placements collectifs) est passée de 18,7 % de la population en 2008 à 10,3 % en mars 2016.

 

1 Français sur 10 détient une assurance vie en unités de compte

Un tiers des Français déclarent détenir un contrat d’assurance vie. Parmi eux, 26 % répondent qu’ils détiennent un « contrat en euros » et un peu plus de 10 % un « contrat en unités de compte ou mixte », un taux en hausse depuis 2009 (8 %), mais stable depuis 3 ans.

 

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Le Livret A est-il une mauvaise affaire ?

Le Livret A serait une mauvaise affaire pour les épargnants, pourtant ils y laissent des sommes confortables, plus de 256 milliards d’euros. Le Livret A serait une mauvaise affaire pour la Caisse des Dépôts et l’État, et pourtant ce dernier a décidé de maintenir son taux à 0,75 %. Comprendra qui voudra !

Le regain de forme du Livret A

Le Livret A a terminé le premier semestre 2016 en beauté en affichant un quatrième mois consécutif de collecte positive. En effet, au mois de juin, la collecte du Livret A a été de + 690 millions d’euros. Depuis le début de l’année, la collecte nette redevient positive et s’élève désormais à +340 millions d’euros. Au 30 juin, l’encours du Livret A atteint 256,3 milliards d’euros. Juin est traditionnellement un bon mois pour le Livret A.
De nombreux salariés y versent une partie des primes qu’ils touchent en fin de premier semestre. Par ailleurs, les ménages économisent en vue des vacances et de la rentrée.

 

L’impact de la baisse du taux du Livret A à 0,75 % intervenue le 1er août 2015 s’estompe au fil des mois. La fronde contre le Livret A qui s’est traduite par une décollecte de 15 milliards d’euros entre 2014 et 2015 semble se terminer. Les Français qui, depuis des mois, laissaient dormir sur leurs dépôts à vue des sommes très importantes, 355 milliards d’euros à fin mai contre 240 milliards d’euros à fin mai 2008, en réaffectent une partie sur des placements rémunérés. La baisse du rendement du Plan d’Épargne
Logement, à 1 % au 1er août, même si elle ne concerne que les nouveaux contrats, devrait conforter le Livret A, ce dernier bénéficiant de la sécurité et de la liquidité ainsi que d’une exonération fiscale totale. Avec un rendement réel, après prise en compte de l’inflation, de 0,5 %, le Livret A compte tenu du contexte sans précédent de taux négatif  peut apparaître comme un produit bien rémunéré. Chez nos partenaires, les produits de court terme offrent des rémunérations bien inférieures.

 

La décision du Gouvernement de ne pas abaisser le taux à 0,5 % comme il aurait pu le faire, en appliquant la formule, devrait permettre de maintenir la collecte autour de la ligne de flottaison. Un taux de 0,5 % aurait sans nul doute provoqué un rebond de la décollecte comme cela avait été constaté après le 1er août 2015. Ce mouvement de collecte positive que nous connaissons depuis quatre mois pourrait néanmoins s’interrompre au cours de l’été du fait d’un certain nombre de dépenses incontournables
comme les vacances, la rentrée scolaire et le paiement du dernier tiers de l’impôt sur le
revenu.
Mais le système du Livret A, unique en Europe, repose sur une série d’équilibres qui seront remis en cause par la baisse des taux d’intérêt. Il a longtemps permis de transformer de l’épargne de court terme en prêts à long terme à un coût raisonnable.
En effet, le Livret A a comme principal objectif de financer le logement social. À partir des ressources collectées et centralisées, la Caisse des dépôts prête aux organismes sociaux de l’habitat (OPAC, offices publics de l’habitat (OPH), entreprises sociales de l’habitat (ESH ex-SA HLM)…) à des taux logiquement privilégiés. À titre d’exemple, le taux du prêt locatif à usage social (PLUS) est égal au taux du Livret A + 0,6 %.
La ressource livret A coûte à la Caisse des dépôts, en moyenne, le taux du Livret A auquel il faut ajouter les frais de collecte et de gestion. Ces derniers ont atteint jusqu’à 1,12 point. Les banques ont ainsi accepté d’abaisser à 0,4 % leurs frais de collecte. Du fait des efforts consentis par les réseaux et par la CDC, le coût de la ressource est inférieur à 1,75 %. Les taux des prêts étant inférieurs au coût de la ressource, dans le passé, la Caisse des Dépôts pouvait compter sur les bénéfices tirés des placements
financiers ; or avec la baisse des taux, ces derniers tendent à disparaître. Le fonds d’épargne de la Caisse des Dépôts est traditionnellement un acheteur important de titres publics or l’État s’endette aujourd’hui en négatif jusqu’à 8 ans. Les organismes de logements sociaux trouvent encore avantage à passer par la Caisse des Dépôts du fait de la duration des prêts pouvant atteindre 60 ans et des modalités d’accès aux crédits. En revanche, plus la période de taux sera longue, plus le coût pour la Caisse des Dépôts sera élevé. De même, pour les banques, les ressources non centralisées du Livret A, environ 40 % de l’encours, sont des centres de coût. Pour mémoire, La Caisse des Dépôts a financé, en 2014, la construction ou l’acquisition de plus de 122 000 logements sociaux construits ou acquis. 274 000 logements sociaux ont été réhabilités et 1 700 projets territoriaux finançant des transports, des lycées, des hôpitaux, du très haut débit, des énergies renouvelables ont été menés.

Retour sur la formule du Livret A

Le Gouverneur de la Banque de France a annoncé qu’il travaillait sur un éventuel changement de la formule du taux du Livret A. Avec la baisse des taux d’intérêt et d’inflation, le Gouvernement éprouve les pires difficultés à appliquer la formule qui date de 2008.

La fixation du taux du Livret A et plus largement de l’épargne réglementée a toujours posé problème. Ce taux conditionne celui de plusieurs autres produits dont le Livret de développement durable, le Livret d’épargne populaire, le livret jeune, le compte épargne logement.
De juillet 2004 à février 2008, le taux du livret A était fixé par une formule automatique calculée à partir de deux indicateurs : le taux Euribor 3 mois du mois précédent et le taux d’inflation glissant annuel, donné par l’indice Insee des prix à la consommation hors tabac du mois précédent. Le résultat trouvé est majoré de 0,25 % et arrondi aux 0,25 % les plus proches. La Banque proposait deux fois par an (mi-janvier et mi-juillet) la réactualisation du taux du livret A pour une mise en application le 1er février et le 1er août.
Cette formule a été amendée en 2008. Ainsi depuis le 1er février 2008, le taux est égal,après arrondi au quart de point le plus proche ou à défaut au quart de point supérieur, au chiffre le plus élevé entre :

  • La moyenne arithmétique entre, d’une part, la moitié de la somme de la moyenne mensuelle de l’Euribor 3 mois et de la moyenne mensuelle de l’Eonia (exprimées avec deux décimales) et, d’autre part, l’inflation en France mesurée par la variation sur les douze derniers mois connus de l’indice INSEE des prix à la consommation de l’ensemble des ménages hors tabac (exprimé avec usne décimale) ;
  • L’inflation majorée d’un quart de point.

Que ce soit à la hausse ou à la baisse, les gouvernements n’ont, à plusieurs reprises, pas respecté la formule. Ainsi, lors de la révision du taux du 1er février 2012. L’inflation à retenir du mois décembre 2011 était de 2,4 % ce qui aurait dû entraîner le passage du taux du livret A à 2,75 %, le Gouvernement de François Fillon préféra le statu quo en le laissant à 2,25 %. Pour l’actualisation du 1er février 2013, alors que l’inflation annuelle à 1,2 % aurait dû conduire à un taux de 1,50 % le Gouvernement opta pour
une baisse de 0,25 point abaissant le taux à 1,75 %. Toujours en 2013, mais pour l’actualisation du 1er août, alors que l’inflation annuelle aurait dû conduire à un taux de 1 %, le ministre de l’Économie décida de n’abaisser le taux que d’un demi-point, à 1,25 %. Pour l’actualisation du 1er février 2014, alors que le gouverneur de la Banque de France préconise d’abaisser le taux à 1 % et que l’application stricte de la formule conduirait même à l’abaisser à 0,75 %, le ministre décide de le maintenir à 1,25 %. Pour
les actualisations du 1er février et 1er août 2016, le Gouvernement n’a pas retenu le taux issu de la formule qui aurait pu aboutir à une baisse du taux à 0,5 %.

 

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Les échos de l’épargne

Le PEL en voie de banalisation

Depuis le 1er août, le taux des nouveaux Plan d’Épargne Logement passe à 1 %. Ce taux a été abaissé à trois reprises depuis le début de l’année 2015. Il est, en effet, passé de 2,5 % à 2 % le 1er février 2015 puis à 1,5 % le 1er février 2016. Le rendement net du PEL (après application des prélèvements sociaux) passe ainsi de 1,26 à 0,84 %.
La baisse du taux de rémunération du PEL entraîne la diminution du taux des prêts d’épargne logement associés au PEL qui est passé de 2,70 % à 2,20 % le 1er août. Ce taux demeure moins compétitif que celui des crédits immobiliers actuellement proposés par les banques. Ainsi à 10 ans, le taux moyen pratiqué (en date du 20 juillet 2016) est de 1,3 %. À 25 ans, le taux moyen s’élève à 2,00 % soit moins que le taux
des prêts PEL.
La baisse du rendement du taux du PEL vise à faciliter la réorientation de l’épargne des ménages vers des placements à risque plus en phases avec les besoins de l’économie réelle. Le PEL du fait d’un taux qui demeurait jusqu’à maintenant très attractif captait une part croissante de l’épargne des ménages. Ainsi, sur les 5 premiers mois de l’année, la collecte nette a été de plus de 8,6 milliards d’euros soit presque autant que l’assurance-vie. L’encours du PEL dépasse 248 milliards d’euros ce qui est son plus haut niveau historique (sources : Banque de France). Le PEL fait désormais jeu égal avec le Livret A.
La baisse du rendement du PEL ne concernera que les nouveaux plans ; les titulaires d’anciens PEL bénéficieront toujours du taux en vigueur au moment de la souscription. À ce titre, 900 000 personnes avaient ouvert un PEL au cours du premier trimestre et surtout au cours du mois de janvier afin de bénéficier du taux qui était alors de 1,5 %. La baisse du rendement du PEL est ainsi moins sensible que celle qui aurait pu concerner le Livret A ; cette dernière aurait par nature touché tous les épargnants.

L’assurance-vie est-elle à la recherche d’un nouveau modèle de développement ?

L’assurance-vie représentait, en 2015, 37,5 % des placements financiers des ménages contre 30 % en 2005. Le rapport de l’Observatoire de l’épargne réglementée souligne que les fonds euros bénéficient d’une rémunération élevée, 2,3 % en moyenne en 2015 contre 2,5 % en 2014. Depuis le début de l’année, le produit phare de l’épargne des ménages connaît un parcours en demi-teinte. Si la collecte reste positive, elle s’érode.
Ainsi, la collecte nette de l’assurance-vie n’aura été que de 810 millions d’euros au mois de juin, dernier en net ralentissement par rapport à la tendance de ces douze derniers mois. L’assurance-vie a ainsi signé son plus mauvais résultat depuis le mois de décembre 2014.

La collecte nette s’établit à 11,8 milliards d’euros depuis le début de l’année, dont 7,1 milliards pour les supports en unités de compte (sur la même période, en 2015, elle avait atteint 12,2 milliards d’euros). Les unités de compte ne progressent plus. Leur poids représente 19 % du montant global des cotisations.
En règle générale, juin est un bon mois pour l’assurance-vie en raison notamment des primes dont bénéficient certains actifs et par le fait qu’il n’y a pas de rendez-vous fiscal particulier. La contre-performance relative s’explique tout à la fois par la survenue du Brexit qui a pu dissuader des épargnants à s’engager sur le long terme et par la baisse des taux qui pèse sur le rendement des fonds euros.
Dans un contexte de forte volatilité et de faibles taux, les ménages privilégient les dépôts à vue et le Plan d’Épargne Logement voire le Livret A.
L’assurance-vie est à la croisée des chemins. La période du tout fonds euros avec des rendements attractifs s’achève pour laisser place à une épargne plus investie en actions, en corporate, dans des produits structurés avec à la clef un transfert du risque sur les épargnants. C’est le prix à payer pour tenter d’échapper à la nasse des taux faibles…

 

 

 

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Que faire l’été quand on est épargnant ?

Ces dernières années, les étés ont été chauds financièrement parlant. Que préconisez-vous ?

 

Il est exact que depuis la Grande Récession, les étés ont tendance à être chauds. Il était admis jusqu’à peu qu’en août tout était calme. Mais en 2007 comme en 2011, voire l’année dernière, avec la crise financière chinoise, les nerfs des épargnants ont été mis à dure épreuve. Certes, ce n’est pas complètement nouveau. Un certain 15 août 1971, les États-Unis ont décidé de supprimer la convertibilité or/dollar, un des piliers de l’accord de Bretton Woods de 1944 qui a fondé le système monétaire mondial d’après-guerre.

 

Comment éviter d’avoir les yeux sur son smartphone durant tout l’été ?

 

Dans la catégorie des très mauvaises idées, figure celle visant à retirer tout son argent de la bourse, de ses placements financiers et de le mettre sous son matelas. Il ne vous reste plus dans ce cas que de laisser un message à votre cambrioleur préféré pour lui indiquer vos dates de vacances. Avant de vous lancer dans cette téméraire opération, pensez à vérifier votre police d’assurance.

À défaut de faire plaisir à votre cambrioleur préféré, vous pouvez décider de vous offrir des cadeaux en dépensant toutes vos économies. Vous ferez plusieurs heureux le Gouvernement, les commerçants, les producteurs de biens et de services… Évidemment, jouer à la cigale expose à quelques soucis quand la bise reviendra…

Toujours dans la catégorie des mauvaises idées, figure celle visant à retirer l’argent de la bourse et le laisser dormir sur votre compte courant. Certes, en revenant de vos vacances, vous le retrouverez mais vous risquez de devoir payer d’éventuelles plusvalues fiscales et vous pouvez passer à côté de quelques bonnes affaires à venir. Si vous avez décidé de sécuriser votre portefeuille en le mettant sur un Livret A, sur des livrets bancaires…, en termes de rendement ce ne sera pas terrible. Certes, vous pouviez avant le 1er août, ouvrir un Plan d’Épargne Logement, afin de bénéficier du taux de 1,5 %. Au 1er août, ce dernier est passé à 1 %. Il faut savoir que le taux du PEL reste identique durant toute la durée de vie du PEL. Donc, si vous avez un vieux PEL, surtout ne le fermez pas avant ses 10 ans.

Vous pourriez décider de tout mettre sur un fonds euros d’un contrat d’assurance-vie. Le rendement tourne autour de 2 % mais vous bénéficiez de la garantie en capital. Toutefois, il y a de moins en moins d’assureurs qui acceptent que les épargnants mettent toutes leurs économies sur les fonds euros car ce sont des produits coûteux en fonds propres. Par ailleurs, à venir, les fonds euros seront de moins en moins « the place to be ».

Conclusion, il n’est pas rationnel d’abaisser les voies et de se mettre face au vent en attendant des cieux plus cléments. En ces périodes de forte instabilité, bien évidemment, il faut conserver son assurance-vie et le cas échéant son Plan d’Épargne en Actions afin de pouvoir bénéficier, au bout de 5 ans ou de 8 ans, du meilleur régime fiscal.

Au niveau des actions, la diversification s’impose tout comme le principe d’un investissement progressif voire à contre-courant. Avec l’été, vous avez un peu plus de temps pour regarder la composition de votre portefeuille. Il peut y avoir des lignes en perte chronique avec peu de potentiel de hausse. Il faut alors les sabrer. Accepter de perdre de l’argent pour rebondir fait partie du jeu. Cela a deux avantages. Les moinsvalues pourront le cas échéant compenser les plus-values si vous avez un compte titres hors PEA et cela permet de réinvestir sur des titres à fort potentiel. Il faut savoir regarder loin, en Afrique, aux États-Unis où il y a encore de la croissance. Mais aller à contrecourant signifie acheter des actions, des titres injustement bradés. Ceux qui ont acheté des actions Peugeot ou Renault quand ces deux marques étaient au fond du trou peuvent se dire qu’ils ont fait une bonne affaire. Mais une règle s’impose, c’est de ne pas mettre d’un coup toutes ses économies sur le marché action. Il faut lisser les effets d’un éventuel krach en investissant régulièrement.

 

Quelles perspectives pour les marchés « actions » ?

Avec des taux d’intérêt d’extrêmement bas, avec le quantitative easing de la BCE, les marchés financiers sont volatils, ce qui facilite les coups de tabacs estivaux. Le Brexit va occuper les esprits durant des mois le moral des investisseurs. Les premiers indicateurs confirment que le Royaume-Uni n’échappera pas au ralentissement de sa croissance qui aura lui-même un effet négatif sur la nôtre. L’été 2016 sera celui des incertitudes mais également celui des opportunités. Au regard du rythme actuel de croissance, les marchés « actions » ont un potentiel de hausse surtout en ce qui concerne l’Europe et Paris en particulier. L’importance des valeurs financières sur la place de Paris masque le fait que certaines valeurs plus industrielles sont plutôt orientées à la hausse. Les incertitudes internationales et le ralentissement des émergents pèsent sur la valorisation du secteur du tourisme mais sur moyenne période ce secteur reste attractif.

 

Durant l’été, n’est-ce pas le bon moment pour réfléchir à la manière de réduire ses impôts ?

 

Oui, si vous êtes adepte des niches fiscales, il faut commencer à regarder les produits sur lesquels aller investir avant le 31 décembre. Attention de ne pas tomber dans le piège, de la défiscalisation pour la défiscalisation. Il n’est pas rare que des épargnants alléchés par la réduction d’impôt en oublient de regarder le rendement réel de leur placement. La réduction d’impôt peut déboucher sur des pertes en capital… Il est donc important d’avoir une vision claire des rendements des Fonds Communs de Placement dans l’Innovation, des Fonds d’Investissement de Proximité, des placements IR-PME ou ISF-PME ou des SOFICA (financement du cinéma).

 

Est-ce aussi le temps pour penser à sa retraite ?

 

Vous êtes au bord de l’eau et vous vous demandez si vous pourrez continuer de vous faire plaisir durant votre retraite, si votre pouvoir d’achat vous permet encore de voyager, d’aider vos enfants et petits-enfants… Surtout si vous avez plus de 40 ans, il n’est pas stupide de se pencher sur sa future retraite. En cas de taux d’imposition élevé à l’impôt sur le revenu, l’ouverture d’un Plan d’Épargne Retraite Populaire peut être intéressante. Les versements sont déductibles dans une certaine limite du revenu imposable et sont donc hors plafond des niches fiscales. Les travailleurs non-salariés doivent quant à eux ouvrir un Contrat Madelin, qui ouvre lui aussi droit à des déductions fiscales.

 

Y a-t-il des placements miracles ?

 

Non, chaque année, il y a le placement atypique, piège à gogos. Il y a eu les parchemins, les scripts, les livres rares… Aujourd’hui, même s’il ne faut pas généraliser, c’est sans doute le crowdfunding. Certes, tout n’est pas à jeter mais la promesse de rendements exorbitants cache souvent quelque chose…

Sinon, il y a toujours quelques pistes sûres pour améliorer le quotidien. Au niveau du rendement, les SCPI, les sociétés civiles de placements immobiliers offrent du rendement, autour de 5 % mais il faut faire attention aux frais de gestion. Il est possible d’acquérir des parts de SCPI et de les mettre dans un contrat d’assurance-vie. Il est de plus en plus facile via des unités de compte d’accéder à des SCPI.

Autre solution, ouvrir des contrats d’assurance-vie avec plusieurs devises pour jouer sur les effets de change. De plus en plus d’établissements financiers proposent des contrats luxembourgeois permettant d’opérer en euros, en dollars, en livre sterling. Si on parie que le dollar va continuer à s’apprécier, il n’est pas inintéressant de placer ses économies en zone dollar et de bénéficier de l’effet de change.

Au niveau des actions, il faut regarder le secteur pétrolier, le secteur minier et le secteur agroalimentaire qui souffrent du ralentissement économique mais qui pourrait d’ici la fin 2017 connaître une embellie. De même, les entreprises à dominante touristiques sont touchées par la situation internationale mais leurs perspectives de développement restent bonnes….

Sinon, pensez aux grands crus classés dans le vin en achetant des parts de sociétés viticoles ou prenez des risques sur les start-up intervenant dans les objets connectés, la santé…. Il y a aussi, c’est moins drôle, mais il y a des gains potentiels, les maisons de retraite, les EHPAD car la population française vieillit. Mais là attention, il faut regarder si le gestionnaire est de bonne facture car il y a de nombreux projets non viables qui ont été réalisés. Les sociétés spécialisées dans les croisières peuvent être également des bons partis….

 

Le Mensuel du mois d’août 2016 : N°28

Patrimoine TV – L’assurance vie, mais laquelle ?

L’assurance vie est-elle toujours le placement préféré des Français ? Vers quel type de contrat se tourner ? Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne réponds aux questions d’ Isaure du Fretay pour Patrimoine TV KNEIP.

AgefiActifs – La collecte en assurance vie s’effrite mais se maintient dans le vert

Revenant sur les chiffres que vient de dévoiler la FFA de l’assurance-vie en juin 2016,  AgefiActifs cite le Cercle de l’Épargne, reprenant notamment les projections de Philippe Crevel sur le résultats de ce placement sur l’ensemble de l’année 2016 au regard de la baisse tendancielle des taux qui pénalise les fonds euros et la volatilité du marché « actions ».

Gestion de Fortune – Assurance vie : la collecte nette au plus bas depuis 18 mois

Bien que toujours positive, la collecte nette enregistrée par l’assurance-vie en juin dernier est  à son plus bas niveau depuis 18 mois, sous le milliard d’euros (810 millions d’euros précisémment).  Ce résultat tiendrait, d’après Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne – repris dans Gestion de Fortune –  au contexte mouvementé que connaît l’épargne du fait des taux bas, accentué en juin par le brexit.

Les Echos – Assurance-vie : la collecte au plus bas depuis décembre 2014

Dans un article consacré à la collecte enregistrée, en juin 2016, par l’assurance-vie, Frédéric LEDERER des Echos, cite Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne. Il explique cette moindre collecte par les taux bas qui pèsent sur le fonds euros et la forte volatilité des marchés impactée en juin dernier par le Brexit.

Résultats de l’assurance-vie en juin : L’assurance-vie en mode poussif

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

RÉSULTATS DE JUIN 2016 :  L’ASSURANCE-VIE EN MODE POUSSIF

 de Philippe CREVEL, Directeur du Cercle de l’Épargne


La collecte nette de l’assurance-vie n’aura été que de 810 millions d’euros au mois de juin dernier, en net ralentissement par rapport à la tendance de ces douze derniers mois. L’assurance-vie signe son plus mauvais résultat depuis le mois de décembre 2014. Depuis le mois de janvier, la collecte est en baisse régulière. Cela est notamment dû à l’érosion des cotisations et au maintien des rachats autour de 10 milliards d’euros par mois.

Sur les six premiers mois de l’année, les cotisations collectées atteignent 70,6 milliards d’euros soit un peu plus qu’en 2015 (68,2 milliards d’euros). Les prestations versées par les sociétés d’assurances sur la même période s’élèvent à 58,8 milliards d’euros. De ce fait, il est fort probable que l’assurance-vie fasse un moins bon résultat en 2016 qu’en 2015. La collecte nette s’établit à 11,8 milliards d’euros depuis le début de l’année, dont 7,1 milliards pour les supports en unités de compte. Sur les six premiers mois de l’année 2015, la collecte nette atteignait 12,2 milliards d’euros.

Depuis le début de l’année, les supports en unités de compte représentent 13,4 milliards d’euros, soit 19 % des cotisations.

En règle générale, juin est un bon mois pour l’assurance-vie en raison notamment des primes. La contreperformance relative s’explique tout à la fois par la survenue du Brexit qui a pu dissuader des épargnants à s’engager sur le long terme et par la baisse des taux qui pèse sur le rendement des fonds euros. Même si la part des unités de compte a retrouvé son niveau d’avant crise, elle reste encore modeste. Au mois de juin, les UC ont représenté 1,9 milliard d’euros contre 2,4 milliards au mois de mai ou 2,1 milliards d’euros en juin 2014. La moyenne mensuelle est depuis le début de l’année de 2,25 milliards d’euros. Dans un contexte de forte volatilité et de faibles taux, les ménages privilégient les dépôts à vue et le Plan d’Épargne Logement voire le Livret A qui a renoué, au cours de ces quatre derniers mois, avec une collecte positive.

L’assurance-vie est à la croisée des chemins. La période du tout fonds euros avec des rendements attractifs s’achève pour laisser place à une épargne plus investie en actions, en corporate ou dans des produits structurés avec à la clef un transfert du risque sur les épargnants. C’est le prix à payer pour tenter d’échapper à la nasse des taux faibles…

 

 

Contacts presse :
Sarah Le Gouez
06 13 90 75 48
slegouez@cercledelepargne.fr 

 

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