Cité dans le journal Le Monde, Philippe Crevel commente la collecte record du Livret A en janvier 2023.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Résultats du mois de janvier 2023
Le Livret A, l’effet taux joue à plein
Analyse de Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne
Le Livret A boosté par l’effet taux
Le Livret A démarre l’année en trombe. Avec une collecte positive de 9,27 milliards d’euros en janvier, le Livret A enregistre sa meilleure performance depuis janvier 2009 (18,31 milliards d’euros) qui avait été alors réalisée au moment de la banalisation de sa distribution et en pleine crise financière. Pour le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), la collecte a atteint, en janvier 1,95 milliard d’euros. Il faut remonter à octobre – décembre 2012 pour enregistrer des collectes supérieures. Ces dernières avaient été obtenues au moment du doublement du plafond du LDDS qui était alors passé de 6 000 à 12 000 euros (octobre 2012).
Le Livret A et le LDDS ont été dopés par l’annonce, au cours du mois de janvier, du relèvement de leur taux de 2 à 3 %, hausse entrée en vigueur le 1er février 2023. Toute annonce de relèvement provoque une augmentation de la collecte qui perdure entre deux et trois mois. Le rebond de janvier 2023 se distingue par sa force. Les ménages ont décidé, sans nul doute, de profiter à plein du relèvement de la rémunération à 3 % en réduisant leurs liquidités non rémunérés sur leurs comptes courants.
Les ménages tentent de se protéger de l’inflation
Avec la baisse des taux de l’épargne réglementée et l’absence d’inflation, les ménages avaient, ces dernières années laissé, de plus en plus d’argent sur leurs comptes courants. L’encours des dépôts à vue était, en effet, selon la Banque de France, passé, de décembre 2014 à juillet 2022, de 257 milliards d’euros à plus de 543 milliards d’euros. À défaut de placements garantis suffisamment rémunérés, les Français avaient opté pour le compte courant.
Depuis juillet et surtout septembre 2022, les ménages ont changé leurs comportements. Le rendement est redevenu, du moins de manière faciale, attractif et l’inflation érode la valeur des sommes laissées sur les comptes courants qui ne sont pas rémunérés. L’encours des dépôts à vue s’est ainsi, sur le quatrième trimestre 2022, contracté de 18,9 milliards d’euros. Une grande partie de ces retraits a profité à l’épargne réglementée.
En privilégiant le Livret A et le LDDS, les ménages tentent de limiter les effets de l’inflation sur leurs liquidités. La protection n’est pas totale, le rendement réel du Livret A étant négatif d’au moins trois points. Il faut remonter aux années 80 pour constater un rendement réel négatif aussi important.
Un effort d’épargne toujours élevé
Face à la hausse des prix et à l’érosion de leur pouvoir d’achat, les ménages ne puisent pas dans leur bas de laine, bien au contraire, ils le renforcent. Le rendement réel négatif du Livret A ou du LDDS ne les dissuade pas. Ils préfèrent réduire leur consommation que d’entamer leur épargne de précaution. La crainte d’une détérioration à venir de la situation économique explique cette attitude. Les débats sur les retraites et les menaces de blocage du pays s’accompagnent traditionnellement d’une remontée de l’épargne. À l’exception des États-Unis, la tendance de fond est, par ailleurs, dans les pays occidentaux comme dans les pays émergents, au maintien d’un fort taux d’épargne. La succession des crises et le vieillissement de la population expliqueraient en grande partie cette évolution.
Des encours au sommet au service demain, peut-être, du nucléaire ?
L’encours du Livret A a atteint au mois de janvier un nouveau record absolu à 384,7 milliards d’euros ; celui du LDDS est également au plus haut à 136,2 milliards d’euros. Cette augmentation de l’encours du Livret A pourrait conforter le gouvernement dans son idée d’utiliser ce placement pour financer la construction des nouvelles centrales nucléaires. Les bailleurs sociaux sont à la peine pour utiliser l’ensemble des ressources disponibles faute de foncier en quantité suffisante.
Vers un premier semestre record
Traditionnellement, le premier trimestre est porteur pour le Livret A. En début d’année, les ménages y affectent une partie des primes perçues fin décembre. Par ailleurs, ce sont des mois à faibles dépenses et sans rendez-vous fiscaux. L’effet taux qui a joué en janvier devrait perdurer en février et en mars.


Contacts presse
| Philippe Crevel 06 03 84 70 36 | Sarah Le Gouez 06 13 90 75 48 slegouez@cercledelepargne.fr |
Interrogé par le média Money Vox sur l’opportunité de relever le plafond du LEP, Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne estime qu’ «il ne serait pas absurde de relever le plafond du LEP à 10 000 euros. L’encours moyen actuel sur ce produit est élevé et pourrait justifier une telle hausse ».
Dans un entretien accordé à Investir, Philippe Crevel revient sur la place tenue par le Livret A et l’assurance vie dans l’épargne financière des ménages.
Dans le journal Le Monde, le Directeur du Cercle de l’Épargne revient sur la croissance du PER. « Longtemps, les assureurs, ne souhaitant pas dépouiller l’assurance-vie, n’étaient pas très chauds vis-à-vis des produits d’épargne-retraite, mais il y a eu un vrai changement, ils sont séduits par l’idée de capter le client sur le long terme et par des exigences de fonds propres moindres que pour les fonds en euros », analyse-t-il.
Cité dans Le Monde, Philippe Crevel estime qu’« il ne faut pas diaboliser la capitalisation en soi, tout dépend par qui elle est gérée, si elle est obligatoire, etc. ». Selon lui : « l’enjeu aujourd’hui est d’éviter un système à deux vitesses, dans lequel la capitalisation serait réservée aux salariés des grandes entreprises et aux ménages très fiscalisés. »
Au plus fort de la crise Covid, faute de pouvoir consommer, les ménages ont, en France comme dans l’ensemble des pays avancés, rempli leur bas de laine. Le taux d’épargne des ménages est ainsi passé de 14,7 % au quatrième trimestre 2019 à 27,3 % au deuxième trimestre 2020 en France et de 6,2 % à 25,6 % en Espagne. Outre-Atlantique, il atteint 26,0 % aux États-Unis au cœur de l’été 2020 en pleine crise sanitaire quand il plafonnait autour de 7 en moyenne dans les années qui précédaient la crise. Si une baisse du taux d’épargne est constatée tant dans la zone euro qu’aux États-Unis en lien avec la résurgence de l’inflation et la guerre en Ukraine, celui-ci demeure à des niveaux supérieurs en zone euro et notamment en France.
Selon les dernières données disponibles issues de l’enquête Household Finance and Consumption Survey (HFCS) de l’Eurosystème, le patrimoine net moyen des ménages de la zone euro s’élevait à 228 000 euros en 2017-2018. Le Luxembourg, avec un patrimoine moyen de 899 000 euros, était en tête du classement, suivi de Chypre (524 600 euros) et de Malte (400 700 euros) quand la Grèce, la Lituanie et la Lettonie arrivent dernières avec respectivement 93 300, 83 600 et 42 200 euros. La France avec un patrimoine moyen de 242 000 euros devance l’Allemagne d’une dizaine de milliers d’euros (232 600 euros en moyenne).

Selon les données de l’office européen de la statistique, la France comptait, en 2021, près de 65 % (64,7 %) de propriétaires contre moins de 50 % de la population allemande (49,5 %). Ces ratios sont inférieurs à ceux de la moyenne européenne (respectivement de 65,8 % en zone euro et 69,9 % dans l’Union européenne), en raison des proportions particulièrement élevées de propriétaires dans les pays d’Europe du Sud et de l’Est (plus de 73 % en Italie et en Grèce et plus de 95 % en Roumanie).

Selon l’enquête Household Finance and Consumption Survey (HFCS) de l’Eurosystème précitée, l’immobilier (tous biens confondus) représentait, en 2017-2018, 79 % du patrimoine brut des ménages propriétaires dans les pays membres de l’Union européenne. En ne prenant en compte que la seule résidence principale, ce ratio était de 70 %. La part de la résidence principale dans le patrimoine brut des ménages était respectivement de 64 % en Allemagne, 68,4 % en France et 76 % en Italie.
En lien avec ce qui précède, l’endettement immobilier constitue, sans surprise, une part prépondérante de l’endettement des ménages de la zone euro (près de 89 %). L’endettement immobilier lié à la résidence principale représente en moyenne 37 % de la richesse brute des ménages propriétaires. Ce taux est de 31 % en Allemagne, 32 % en Italie et 36 % en France, contre 49 % en Espagne.
Contrairement à quelques idées reçues, le poids élevé de l’épargne liquide n’est pas propre à la France. Sur le vieux continent, de nombreux pays se distinguent par leur moindre appétence pour la prise de risque et le marché actions, en comparaison par exemple des États-Unis. L’épargne de précaution tient une place importante en France mais également en Espagne, en Allemagne ou plus encore en Italie. Ainsi, les produits liquides, tels que les compte-chèques ou comptes d’épargne, représentaient 39 % de l’épargne financière en France contre respectivement 35 % en Espagne, 47 % en Allemagne et jusqu’à 52 % en Italie.
Structure de l’épargne financière des ménages dans les principales économies européennes en 2017-2018 (en %)

Les Européens se distinguent par ailleurs par les véhicules d’épargne privilégiés. Les Allemands sont davantage portés sur les livrets, les obligations et l’assurance vie, les Italiens préfèrent les obligations et les fonds communs de placement, quand en France l’assurance vie tient traditionnellement une place de choix.
Le retrait du marché actions à la suite de la crise des subprimes de 2008 puis à celle des dettes souveraines en 2011 avait ainsi été constaté en France comme chez nos voisins. En France, 18 % des ménages détenaient, en 2017-2018, au moins une valeur mobilière, soit un peu moins que les Allemands (21 %) et un peu plus que les Espagnols et les Italiens (15 %).
Les récentes données publiées par l’AMF et la Banque de France témoignent d’un tournant dans l’attitude des ménages français. Il conviendra, dès lors, une fois les données disponibles, de vérifier si cet intérêt naissant se manifeste également chez nos partenaires.
Taux de détention directe d’actions dans les principales économies européennes (en %)

Les actifs des fonds de pension, après avoir effacé les traces de la crise des subprimes, ont connu une forte croissance entre 2010 et 2020. Ils ont presque doublé aux Pays-Bas, passant de 119 % à près de 213 % et sont passés de 73,5 % à 96,8 % aux États-Unis.
En Europe, exception faite des Pays-Bas et de quelques pays d’Europe du Nord ou de tradition anglo-saxonne, la capitalisation tient une place limitée dans les systèmes de retraite. Le poids historique des régimes par répartition et la prise de conscience tardive de la dégradation du taux de remplacement (rapport entre le montant des pensions et celui des derniers revenus d’activité) expliquent cette faiblesse. Aux États-Unis, au contraire, la faiblesse des régimes par répartition incite les ménages à cotiser à des fonds de pension.
Néanmoins, les difficultés engendrées par le choc démographique déjà engagé (baby-boom conjugué à une contraction du taux de fécondité entraînant mécaniquement un recul du nombre d’actifs) conduisent de nombreux pays, dont la France à changer de braquet. Ainsi, en France, les actifs des fonds de pension s’établissent à 2,5 % en 2020 selon l’OCDE, quand ils étaient quasi inexistants en 2010 (0,2 %). Outre la valorisation des actifs sur l’intervalle, le développement du Plan d’Épargne Retraite contribue à la progression de l’épargne retraite. Outre la valorisation des actifs sur l’intervalle, la croissance française est à mettre en perspective avec l’émergence, fin 2019 d’un nouveau produit dédié à l’épargne retraite, le PER. Ce produit, encore jeune, semble néanmoins avoir trouvé son public au regard de son expansion rapide tant en termes de détenteurs que d’encours.

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Les pays européens à l’exception du Royaume-Uni, des Pays-Bas et, dans une moindre mesure, des pays d’Europe du Nord se caractérisent par l’abondance de l’épargne sans risque. Le défi pour l’épargne financière européenne est son allocation afin de financer la transition énergétique. L’Union européenne aurait tout avantage à développer un réel marché unifié de l’épargne tant pour écarter le problème des écarts de taux entre les États membres que pour offrir aux épargnants des placements mieux rémunérés. En lieu et place d’un Livret vert franco-français, l’Union pourrait instituer un plan d’épargne vert accessible à tous les Européens, plan qui permettrait de lever des obligations européennes dans le prolongement de celles créées dans le cadre du Plan de Relance de 2021.

Avec la fin du baby-boom au début des années 1970, le vieillissement de la population était programmé. À l’exception des années autour du changement de millénaire, le taux de fécondité, inférieur à 2, ne permet pas le remplacement des générations. Avec la montée en âge de la population, le solde naturel se réduit d’année en année. Cette diminution n’est pas compensée par une hausse de l’immigration. Dans ce contexte, la population active est amenée à décliner d’ici 2030 et la population globale après 2070. La barre des 70 millions d’habitations sera difficile à atteindre. La population française qui s’élevait à 67 millions au 1er janvier 2022 devrait lentement atteindre 69 millions avant de se replier.
Au sommaire de cette étude
Depuis la fin des confinements, aux États-Unis comme au Royaume-Uni, le nombre de départs à la retraite s’accroît. Certains actifs souhaitent même partir le plus jeune possible en comptant sur leur épargne pour vivre. Le mouvement Fire « Financial Independence, Retire Early ou Indépendance financière, retraite précoce », né aux États-Unis dans les années 2000 conquiert de nouveaux militants. En France, Victor Lora a publié un livre sur le sujet « La retraite à 40 ans, c’est possible ! »
Aux États-Unis, l’âge normal de déclenchement des droits est de 66 ans et devrait être porté progressivement à 67 ans. Le système américain permet néanmoins d’accéder à une pension publique dès 62 ans mais avec l’application d’une décote de 30 %. Compte tenu de la modicité des retraites publiques, les actifs sont invités soit directement, soit à travers leurs employeurs à se constituer des suppléments de revenu par capitalisation qui peuvent être perçus dès 55 ans.
Selon l’étude « The Great Retirement Boom » (« le grand boom de la retraite »). de Joshua Montes, Christopher Smith et Juliana Dajon, des centaines de milliers d’Américains ou de Britanniques souhaitent anticiper leur départ à la retraite. Ce souhait serait un des vecteurs essentiels de la grande démission.
Aux États-Unis, un à trois millions d’actifs, particulièrement des cadres diplômés de l’enseignement supérieur âgés de 65 ans environ, auraient anticipé de deux à trois ans leur départ à la retraite. Au Royaume-Uni, un demi-million de personnes âgées de 50 à 65 ans auraient décidé de partir à la retraite depuis la pandémie. Ces départs précoces augmentent les pénuries de main-d’œuvre. Ce sont des cadres, propriétaires de leur logement, sans crédit, et disposant d’une solide épargne financière. Ce sont des personnes qui ont en moyenne plus de 680 000 euros d’épargne financière. La possession d’un patrimoine financier aux États-Unis ou au Royaume-Uni permet de partir plus tôt à la retraite sachant que la décote ne concerne que les pensions des régimes obligatoires qui sont faibles. La pénalité financière a, par conséquent, peu de conséquences au niveau du pouvoir d’achat de ces populations.
En France, l’épargne retraite ne peut pas être débloquée, sauf exception, avant l’âge légal de départ à la retraite. Des options de déblocage anticipé existent néanmoins. En revanche, l’assurance vie peut jouer un rôle-clef dans le maintien du pouvoir d’achat en cas d’arrêt du travail.
En France, le sujet de l’emploi des seniors est, par nature, conflictuel. Il renvoie à l’âge de départ à la retraite, au comportement des employeurs par rapport aux salariés de plus de 50 ans, à la pénibilité, etc. La France se caractérise par un faible taux d’emploi des seniors par rapport à ses partenaires. Un des enjeux de la réforme des retraites présentée par le Gouvernement d’Élisabeth Borne est d’améliorer ce taux d’emploi dans le prolongement des actions conduites depuis des années. De nombreuses fausses informations circulent sur la question de l’emploi des séniors. En partant des données fournies par l’INSEE et par le service des statistiques du Ministère du Travail (la DARES), essayons d’apprécier la réalité du marché du travail pour les plus de 55 ans en France.
En 2021, selon l’INSEE, 56,5 % des personnes de 55 à 64 ans sont en emploi en France (hors Mayotte), dont une partie cumulant leur activité avec une retraite. En intégrant les seniors au chômage, le taux d’activité atteint 59,7 %.
La présence des seniors sur le marché du travail a diminué de 1975 jusqu’à la fin des années 1990, et particulièrement à partir de 1983. Cette baisse s’explique par le développement des systèmes de préretraites après les deux chocs pétroliers et par le passage, en 1983, de l’âge légal de départ à la retraite de 65 à 60 ans. Entre 1983 et 2000, le taux d’emploi des 60-64 ans a ainsi baissé de 12,9 points, tandis que celui des 55-59 ans était stable. Une remontée s’amorce depuis les années 2000. De 2002 à 2022, le taux d’emploi des 55/64 ans a, en France, progressé de 16 points. Les progrès ont été réalisés dans la tranche 55-59 ans (+15 points) mais aussi chez les plus de 59 ans (+26 points). Le report de l’âge de la retraite de 60 à 62 ans a fortement contribué à ce relèvement. Par ailleurs, de manière plus lente, l’allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 42 ans a également joué un rôle.

Le taux d’emploi diminue avec l’âge. En 2021, il atteint 81,8 % pour les 25-49 ans, puis 75,1 % pour les 55-59 ans et 35,5 % pour les 60-64 ans. De 50 à 56 ans, le taux reste proche de 80 %, puis diminue de 10 points jusqu’à 59 ans. À partir de 52 ans, certaines catégories d’actifs peuvent prétendre à la retraite (catégories d’actives dans la fonction publique). Cette proportion s’accroît au fil des années. Le taux d’emploi passe ainsi à 60 % à 60 ans. Le dispositif de carrières longues et les départs anticipés pour invalidité expliquent la baisse du taux d’emploi autour de 60 ans. Ce taux atteint 20 % à partir de 64 ans. À 60 ans, une personne sur six environ est retraitée et deux sur trois le sont à 63 ans.
Sur l’ensemble des 55-64 ans, la part des personnes en emploi augmente de 7,7 points entre 2014 et 2021. Symétriquement, celle des inactifs, principalement des retraités, perd 7,6 points. Ce repli est pour partie dû à l’augmentation progressive du nombre de trimestres de cotisation ouvrant les droits à la retraite à taux plein en lien avec les réformes mises en œuvre à partir de 1993. Ce phénomène est encore plus marqué pour les 60-64 ans. Le taux d’emploi s’accroît de 8,9 points et la part d’inactifs recule de 9,6 points. La part d’inactifs parmi les 55-59 ans se replie également entre 2014 et 2021, de 5,1 points.
Le relatif faible taux d’emploi des seniors s’explique par les difficultés d’insertion des jeunes au sein du marché du travail et par un départ à la retraite à un âge inférieur à la moyenne européenne.
Le taux de chômage des jeunes, même s’il est en recul depuis plusieurs années, reste élevé et proche de la moyenne européenne. La France se caractérise par un nombre important de jeunes qui ne sont ni en formation, ni en emploi (NEET).

L’âge effectif de départ à la retraite progresse en France, mais il est également inférieur à la moyenne européenne.
L’âge moyen de départ à la retraite, en France, s’élevait, en 2020, à 62 ans et 3 mois. Il est de 62 ans et 6 mois pour les femmes et de 62 ans pour les hommes. Cet âge qui était en baisse constante depuis les années 1980 est en hausse depuis 2010, année du passage de la retraite à 62 ans. Près de la moitié des personnes liquidant leurs droits à la retraite ont un âge inférieur à 62 ans. Sont concernés les fonctionnaires dits de catégorie active, les titulaires des régimes spéciaux, les bénéficiaires du dispositif carrières longues, ainsi que les personnes handicapées ou invalides pouvant anticiper leur départ à la retraite.

Selon la DREES, la durée moyenne de la retraite pour la génération 1980 devrait diminuer de plus de vingt mois.
Fin 2021, le taux de chômage des seniors était de 6,3 %. Ce taux de chômage diminue depuis 2015, comme celui des 15-64 ans. Depuis 2003, il est toujours inférieur à celui de l’ensemble des actifs de 15 à 64 ans, mais l’écart tend à se réduire : compris entre -3,5 et -4,0 points de 2003 à 2006, il est de -1,6 point en 2021. En 2021, le taux de chômage des 55-64 ans est légèrement plus faible chez les femmes seniors, 6,1 % contre 6,5 % chez les hommes. Ces derniers sont plus souvent en retraite (27,7 % contre 24,5 %) et les femmes plus fréquemment inactives sans être pour autant retraitées. Les femmes seniors en emploi sont davantage à temps partiel (32,0 % d’entre elles contre 11,0 % des hommes) et en situation de sous-emploi (7,8 % contre 4,3 %).
Malgré l’augmentation du taux d’emploi des seniors depuis 2001, la France reste en deçà de la moyenne européenne et surtout du niveau de l’Allemagne. L’objectif européen est d’atteindre un taux d’emploi chez les 60/64 ans de 50 %.

Sur ces dix dernières années, tous les pays de l’Union européenne ont enregistré une progression de leur taux d’emploi des plus de 55 ans. Les États qui sont en situation de plein-emploi sont naturellement ceux qui ont les taux d’emploi des seniors les plus élevés. En France, le taux d’emploi des femmes seniors est égal à la moyenne européenne, quand il est inférieur de près de 10 points pour les hommes.

La réduction de la durée des retraites génère des coûts induits importants qu’il convient de prendre en considération. Avec le recul de l’âge minimum légal de la retraite, des personnes peuvent connaître des épisodes de chômage, en règle générale assez longs, et des périodes d’invalidité. Le recul de l’âge minimum légal de 60 à 62 ans aurait ainsi occasionné en 2017, au terme de sa montée en charge, de l’ordre de 3 milliards d’euros de dépenses sociales supplémentaires (dont environ 800 millions pour l’assurance chômage, 700 millions au titre de minima sociaux et de 1,2 à 1,5 milliard d’euros de dépenses d’invalidité), soit environ 20 % du gain réalisé cette année-là sur les dépenses de retraite. Ce montant indiqué par la Cour des Comptes pourrait être plus élevé en intégrant l’ensemble des couvertures de prévoyance complémentaire.
Le passage de 62 à 64 ans devrait générer un coût moindre pour les régimes de prévoyance du fait du basculement en retraite des personnes en situation d’invalidité à compter de 62 ans.
Questions à Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne
Depuis le 1er février, le taux du Livret A a été fixé à 3 %. Cette hausse est la troisième consécutive en un an, après celle du 1er février et du 1er août 2022. Après avoir plafonné, entre 2020 et 2022, à 0,5 % son taux le plus de l’histoire bicentenaire du Livret A, ce dernier connaît une progression rapide également sans précédent. Pour retrouver à 3 %, il faut remonter quatorze ans en arrière, en 2009.
Le passage à 3 % du taux du Livret A et du Livret de Développement Durable et Solidaire est certainement une bonne nouvelle pour les titulaires de ces produits, mais il convient néanmoins de la relativiser. Leur rendement réel est négatif depuis plus d’un an. En 2022, le taux moyen du Livret A a été de 1,37 % quand l’inflation a été de 5,2 %. Pour 2023, logiquement l’inflation devrait rester supérieure au taux du Livret A.
Ce dernier correspond, en principe, à la moyenne de l’inflation annuelle et du taux de référence du marché monétaire des six derniers mois. La composante « taux » fait baisser le rendement du Livret A en étant inférieure à l’inflation. Seul le Livret d’Épargne Populaire permet une compensation totale de l’inflation en offrant un taux de 6,1 % mais ce produit n’est pas accessible à tous les Français. Seuls ceux dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 21 393 euros en 2023 pour une part (5 712 euros par demi-part supplémentaire) peuvent souscrire ce produit. À 3 %, le Livret A n’en demeure pas moins un des produits d’épargne de court terme les mieux rémunérés, bien plus que les livrets d’épargne ordinaires.
L’augmentation de la collecte peut nuire à la consommation, au moment même où celle-ci est en difficulté en raison de la hausse des prix. Mais il ne faut pas opposer épargne et croissance. Nous avons besoin de l’épargne pour financer les investissements. Les ressources du Livret A et du LDDS sont utilisées pour proposer des emprunts aux bailleurs sociaux, aux collectivités locales et aux entreprises. Demain, elles pourraient servir au financement des centrales nucléaires.
Toute hausse des taux du Livret A et du LDDS renchérit le coût de la ressource pour les établissements financiers. La majoration d’un point du taux génère, pour le seul Livret A, un surcoût de 3,7 milliards d’euros pour les banques et la Caisse des dépôts et Consignations (CDC), celle-ci centralisant 60 % des ressources de ce livret. Pour assurer le paiement des intérêts du Livret A, les banques et la CDC devront soit répercuter la hausse, soit réduire leurs marges. L’État sera également touché en touchant moins de dividendes de la part de la CDC et moins d’impôts sur les sociétés en provenance des banques.
Le taux des emprunts proposés risque de passer au-dessus des taux du marché, ce qui peut peser sur le financement du logement social.
Les banques pourraient également essayer de compenser par ailleurs le surcoût.
Chaque relèvement du taux du Livret A se traduit par une hausse de la collecte. En 2022 avec deux relèvements, dans un contexte anxiogène, la collecte a été supérieure à 25 milliards d’euros, soit la deuxième meilleure année du Livret A de son histoire. En France, en période de crise, le Livret A joue le rôle de valeur refuge. Par crainte du lendemain, les ménages ont tendance à surestimer leur besoin en épargne de précaution et à conserver d’importantes liquidités. À ce titre, même s’il a légèrement baissé ces derniers mois, l’encours des comptes courants demeure à un niveau élevé, plus de 520 milliards d’euros, soit près de 120 milliards d’euros de plus qu’en décembre 2019, avant la pandémie.
Les deux produits ne sont pas à mettre sur le même plan. Le Livret A est un produit d’épargne de court terme plafonné à 22 950 euros quand l’assurance vie n’est pas plafonnée.
L’assurance vie permet de placer une partie de son épargne sur un placement de moyen et long terme. Il s’agit d’un contrat de services. La compagnie d’assurances s’engage sur la réalisation de certaines prestations (garantie en capital, versement en rentes, option de réversion, etc.).
L’assurance vie est un placement qui permet de financer des projets de vie (immobilier, création d’entreprises, etc.) une future retraite tout en préparant sa succession. Elle bénéficie d’avantages fiscaux non négligeables, abattement de 4 600 euros pour un célibataire et de 9 200 euros pour un couple sur les gains pour les contrats de plus de 8 ans et une réduction des droits de mutation en cas de décès. Elle permet en outre de déroger aux règles de succession sous certaines conditions.
Les fonds euros offrent une garantie en capital à laquelle sont attachés les Français quand les unités de compte donnent accès à des valeurs de marché qui sur moyenne et longue période sont potentiellement des sources de rendement. Le Livret A ne dispose pas de cette multiplicité de supports.
Le rendement des fonds euros peut apparaître faible au regard du niveau qu’ils avaient atteint dans le passé. Les fonds euros ressemblent à des tankers. Ils se meuvent avec un fort volant d’inertie. La baisse de leur rendement, ces dix dernières années, a accompagné celle des taux des obligations d’État mais dans une moindre proportion grâce à la poche de diversification dont ils sont dotés. Depuis la crise financière, nous étions dans une période sans précédent de faibles taux en lien avec les politiques monétaires non conventionnelles instituées par les banques centrales pour lutter contre les menaces de déflation.
Cette période anormale n’avait pas vocation à perdurer éternellement. La résurgence de l’inflation a sonné sa fin. Le taux des obligations d’État est loin d’avoir retrouvé son niveau d’avant 2008 mais sa remontée se fera sentir dans les prochaines années sur les rendements des fonds euros. Pour l’année 2022, ces derniers augmentent de 0,4 point à 0,5 point pour se situer autour de 2 %. À la différence du Livret A, l’annonce du rendement des fonds euros intervient en fin d’année ou au début de l’année qui suit. Le taux moyen du Livret A a été de 1,37 % en 2022, ce qui place le rendement des fonds euros au-dessus.
L’assurance vie donne la possibilité à l’assuré d’accéder à un grand nombre de supports. Au-delà du fonds euros et de sa garantie en capital, l’assuré peut souscrire à des unités de compte qui représentent des parts de fonds. L’assuré peut ainsi accéder à un nombre impressionnant de titres, actions, obligations, monétaires, pierre papier, etc. Il est possible de loger des titres en vifs dans certains contrats d’assurance vie. Des fonds structurés permettent également d’associer une sécurisation du capital tout en bénéficiant de la croissance des marchés. L’assurance vie multi-supports est un véhicule hors du commun. Ses caractéristiques contribuent à son succès. Près d’un ménage sur deux a souscrit au moins un contrat d’assurance vie. L’encours dépasse 1 850 milliards d’euros, soit plus de 60 % du PIB français.
En France, selon le baromètre annuel de la DREES (2021), 60 % des non retraités souhaitent partir à la retraite à 60 ans voire avant. 46 % souhaiteraient, dans l’idéal, partir à la retraite à 60 ans, et une sur sept (14 %) avant cet âge. À l’inverse, 40 % des non retraités désirent partir après cet âge (+4 points par rapport à 2020).
Depuis le début des années 2000, l’âge idéal souhaité de départ à la retraite augmente progressivement. Il est passé de 55 à 59 ans de 2000 à 2010 tout en restant inférieur à l’âge légal. La part des personnes souhaitant partir entre 61 ans et 64 ans est passée de 2 % en 2009 à 28 % en 2021. Pour 69 % des personnes souhaitant partir entre 61 et 64 ans, l’âge de départ souhaité est de 62 ans, soit l’âge légal. La part des non retraités désirant partir à la retraite à 65 ans ou plus tard s’est ainsi stabilisée autour de 13 %, contre 6 % en 2000.
En 2021, 60 % des non retraités voudraient partir à la retraite à 60 ans ou avant (mais seuls 8 % estiment qu’ils pourront effectivement le faire). Les non retraités estiment leur âge réel de départ à la retraite à 64 ans et 10 mois en moyenne. L’écart avec l’âge moyen souhaité est de 4 ans et 3 mois. Cet âge de 64 ans et 10 mois est nettement supérieur à l’âge effectif de départ à la retraite, 62 ans et trois mois. Les non retraités considèrent que dans les prochaines années, leur âge de départ à la retraite sera reculé en raison des réformes passées et de celles à venir.
Les Français considèrent le report du départ à la retraite comme une contrainte. Ainsi, les non retraités estiment qu’il n’est plus acceptable de faire travailler les gens au-delà de 63 ans et 5 mois en moyenne. Cet âge a baissé de 5 mois entre 2020 et 2021.
Si aujourd’hui, le niveau de vie relatif des retraités est supérieur à celui de l’ensemble de la population, selon la DREES, 62 % des non retraités pensent que le leur sera plus faible. 23 % pensent même que leur niveau de vie à la retraite sera « bien moins bon ». Seuls 11 % pensent que leur niveau de vie sera meilleur (10 %).
Si aucune réforme ne fait consensus, l’enquête de la DREES comme celles du cercle de l’Épargne soulignent qu’une large majorité des Français jugent nécessaire de réformer pour sauver le système des retraites.
En 2021, seulement 25 % des sondés par la DREES indiquent que les réformes déjà effectuées suffisantes. Cette proportion est un peu plus faible qu’en 2020 (30 %). 64 % personnes interrogées estiment que des réformes supplémentaires seront nécessaires. Sans surprise, seuls 2 % des sondés sont favorables à une diminution des pensions. L’allongement de la durée de cotisation reçoit l’assentiment de 18 % des sondés, contre 15 % pour l’augmentation des cotisations salariales. 13 % se prononcent pour un départ plus tardif à la retraite.
En 2021, les nouveaux retraités indiquent, selon la DREES, qu’ils auraient aimé partir à 61 ans, soit plus d’un an en deçà de l’âge effectif de liquidation des droits. De 2010 à 2017, la moitié des personnes interrogées considéraient que l’âge idéal de départ à la retraite était de 60 ans, contre 40 % des personnes interrogées en 2021, soit 10 points de moins. Les retraités interrogés en 2021 sont plus nombreux que ceux interrogés entre 2010 et 2017 à considérer que l’âge idéal pour un départ à la retraite est supérieur à 60 ans.
73 % des nouveaux retraités déclarent avoir liquidé leurs droits dès qu’ils en ont eu la possibilité. 65 % déclarent être partis à l’âge qu’ils souhaitaient, soit 4 points de plus par rapport aux retraités partis quatre ans plus tôt. 72 % des nouveaux retraités soulignent être partis à la retraite du fait d’une décision individuelle. 21 % se considèrent avoir été contraints à partir.
81 % des nouveaux retraités mettent en avant comme facteur de départ le souhait de profiter au mieux de leur retraite. Cette proportion est en hausse constante +8 points entre 2014 et 2017, et de +4 points entre 2017 et 2021.
Pour 78 % des retraités interrogés, le fait d’avoir atteint l’âge minimum légal a été un facteur important dans le choix de partir. Pour 69 %, l’atteinte de l’âge de la retraite à taux plein a joué un rôle important dans leur décision de départ. Dans 60 % des cas, les nouveaux retraités jugeaient avoir atteint un niveau de pension suffisant pour vivre correctement. La moitié des nouveaux retraités déclarent ne plus souhaiter travailler. Un tiers mentionne des problèmes de santé incompatibles avec l’exercice d’un emploi. Les facteurs familiaux (départ du conjoint à la retraite, obligations familiales) sont mentionnés par un quart des nouveaux retraités.
Un report de l’âge de départ à la retraite, avant tout pour des raisons financières
Parmi les retraités déclarant ne pas être partis dès que cela leur était possible, 69 % mentionnent le désir d’augmenter le montant de leur retraite. Plus des deux tiers indiquent le besoin de conserver leur salaire quelques années de plus. Pour 67 % de ces retraités, la satisfaction du travail contribue également à leur décision de reporter leur départ. 46 % des sondés expliquent également que le report était lié au fait qu’ils ne se sentaient pas prêts pour partir à la retraite.
La prise en compte de la pénibilité est un sujet éminemment complexe en France comme dans nombre d’autres pays. Les départs anticipés à la retraite prévus pour certaines catégories correspondent à une forme de prise en compte de la pénibilité.
En 2014, la France a souhaité aller plus loin en mettant en œuvre un Compte de Pénibilité qui a été transformé, en 2017, en Compte professionnel de prévention. Ce compte permet de bénéficier notamment d’une retraite anticipée. Les points inscrits sur le C2P permettent de financer la majoration de durée d’assurance, à raison de 10 points pour un trimestre, dans la limite de huit trimestres. L’âge légal de départ est alors abaissé du nombre de trimestres attribués au titre de la majoration de durée d’assurance, sans pouvoir être inférieur à 60 ans.
Le compte professionnel de prévention (C2P) ne comporte plus que six critères d’exposition à la pénibilité et pouvant donner lieu à l’octroi contre dix initialement. Les six points sont le travail de nuit, le travail en équipes successives alternantes, le travail répétitif, les activités exercées en milieu hyperbare, les températures extrêmes, bruit.
Dans le détail, ce sont les salariés qui travaillent la nuit ou en équipes alternantes qui bénéficient plus fréquemment de ce dispositif. L’accès serait plus élevé pour les hommes (19 % contre 12 % pour les femmes) et pour les salariés travaillant dans l’industrie. La présence d’un CHSCT ou d’un syndicat renforcerait également la probabilité de disposer d’un compte de prévention de la pénibilité. La DARES estime que 2,9 millions de salariés sur les 26 millions au total sont potentiellement éligibles à un tel compte.
La réforme des retraites de 2023 comporte plusieurs dispositions assouplissant le régime de C2P dont le déplafonnement du nombre maximal de points qu’il est possible d’acquérir au cours de la carrière. Elle prévoit un assouplissement des modalités d’acquisition des points. Les critères permettant de bénéficier du compte pénibilité sont revus à la baisse. Pour le travail de nuit, pour l’obtention de points, 100 nuits travaillées par an suffiront au lieu de 120. Pour le travail alterné, le seuil passe de 50 à 30 nuits travaillées.
Le projet de réforme comporte également une disposition modifiant la valeur des points afin de favoriser l’utilisation du compte professionnel de prévention pour la formation ou le temps partiel.
La meilleure prise en compte de la poly-exposition permettra chaque année à 8 000 assurés déjà exposés d’acquérir davantage de points. La baisse des seuils permettra, chaque année, à 55 000 salariés supplémentaires d’acquérir des points sur leur C2P. La modification de la valeur du point pour la formation professionnelle ou le temps partiel bénéficierait à l’ensemble des salariés ayant un C2P et utilisant des droits au titre de la formation professionnelle ou du temps partiel chaque année, soit 70 000 salariés à horizon 2030.
Le gouvernement a prévu un suivi individuel spécifique qui serait par ailleurs mis en place pour les salariés exerçant un métier particulièrement exposé aux facteurs ergonomiques, dès la visite de mi-carrière à 45 ans. Cette mesure permettrait notamment d’assurer un meilleur suivi des salariés dont l’état de santé est altéré et de les informer de la possibilité de bénéficier d’un départ à retraite anticipé à taux plein pour inaptitude si leur état de santé leur y donne accès. Le coût de cette mesure est évalué à 300 millions d’euros à l’horizon 2030. Le dispositif permettrait à 5 200 personnes de plus par an de bénéficier de la retraite pour inaptitude.
Le gouvernement prévoit la création d’un Fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (FIPU) et d’un Fonds de prévention de l’usure professionnelle dans les établissements de santé et les établissements médico-sociaux publics. Ces fonds seront dotés de 1,1 milliard d’euros d’ici 2027, par la branche Accident du Travail – Maladie Professionnelle pour le premier et par la branche maladie pour le second.
En Espagne, les activités ou les métiers considérés comme exceptionnellement pénibles, dangereux, toxiques ou insalubres, et qui impliquent des taux de mortalité ou de morbidité élevés, concernent : les travailleurs de l’industrie minière, des secteurs aérien et ferroviaire ; les artistes ; les professionnels de la tauromachie ; les pompiers ; les membres des polices locales. Pour chaque activité ou métier, un barème spécifique fixe le coefficient d’anticipation applicable. Les personnes présentant un degré d’incapacité au moins égal à 45 % entraînant une diminution de leur espérance de vie peuvent prétendre à une pension anticipée dès l’âge de 56 ans (et dès 52 ans pour celles présentant une incapacité minimum de 65 %).
En Italie, les activités ou les métiers pénibles (lavori usuranti) concernent les mineurs, les travailleurs impliqués dans l’élimination de l’amiante, les travailleurs de nuit, les chauffeurs de véhicules lourds de transport public. Les travailleurs exposés à la pénibilité sont éligibles à un départ anticipé de 12 à 18 mois avant l’âge normal de la retraite. Le départ anticipé est subordonné à l’exercice d’un emploi pénible pendant au moins 7 ans au cours des 10 dernières années de la vie active du travailleur ou, alternativement, pendant la moitié de sa vie active. Par ailleurs, l’augmentation programmée de l’âge de départ à la retraite en fonction des progrès d’espérance de vie ne leur est pas applicable.
Depuis le 1er février 2023, le taux du Livret d’Épargne Populaire (LEP) est fixé à 6,1 %, ce qui en fait le produit le mieux rémunéré de France. Depuis le 1er février 2020, le taux du LEP est égal au chiffre le plus élevé entre le taux des livrets A majoré d’un demi-point et le taux d’inflation.
Le LEP qui permet ainsi de compenser les effets de l’inflation n’est toutefois pas accessible à tous les Français. Pour ouvrir un LEP, l’épargnant doit présenter un avis d’imposition (ou un justificatif d’impôt) de l’année précédente (ou de l’année en cours) Ses revenus doivent être inférieurs à un plafond qui correspond au seuil actuel d’exonération de la taxe d’habitation (article 1417 du CGI) multiplié par un coefficient de 180 % (article L.221-15 du code monétaire et financier).
Pour 2023, les seuils par part sont les suivants :
| Quotient familial | Plafond de revenus |
| 1 part | 21 393 € |
| 1,5 part | 27 107 € |
| 2 parts | 32 818 € |
| 2,5 parts | 38 531 € |
| 3 parts | 44 243 € |
| 3,5 parts | 49 956 € |
| 4 parts | 55 667 € |
| Demi-part supplémentaire | 5 714 € |
Si les revenus dépassent ces plafonds au cours d’une année, le LEP n’est pas clôturé à condition que les revenus de l’année suivante repassent en dessous du seuil d’éligibilité. Depuis 2020, les banques peuvent s’enquérir de la situation fiscale des titulaires directement auprès des services fiscaux évitant la fourniture tous les ans des avis d’imposition.
Le plafond du LEP est de 7 700 euros. Les intérêts sont comme pour le Livret A et le LDDS exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
L’encours du LEP était de 38,3 milliards d’euros en 2021. Il dépassait 65 milliards d’euros en 2008. L’encours moyen d’un LEP est de 5 600 euros fin 2021, équivalent à celui observé en 2020. 43 % des LEP dépassent le plafond réglementaire de 7 700 euros et représentent ainsi 70 % de l’encours global.
Les épargnants de plus de 65 ans détiennent 53 % des encours des LEP, mais 44 % des livrets – pour un poids dans la population française de 21 % en 2021. Les employés représentent 30 % des ouvertures de LEP en 2021, pour un poids dans la population de 15 %. Les actifs ayant un emploi représentent 56 % des ouvertures, les étudiants, chômeurs et inactifs 18 %, et les retraités 22 %.
Au 31 décembre 2021, selon la Banque de France, le nombre de LEP était de 6,9 millions. Le nombre de LEP était en baisse constante depuis une dizaine d’années. Il y avait 13,2 millions de LEP en 2008. En 2021, une baisse de 170 000 unités a été enregistrée. Les premières données pour 2022 indiquent un retournement de tendance. Le taux de détention globale est de 12,9 % en 2021, contre 13,3 % en 2020.
Selon la Direction générale des finances publiques, le nombre d’individus éligibles au LEP à fin 2021 est de près de 18,6 millions. Seulement 37 % des personnes éligibles détenaient un LEP en décembre 2021.
Le faible taux de détention du LEP s’explique par le fait qu’il s’adresse à la partie de la population ayant la plus faible capacité d’épargne. Le manque d’information et de publicité contribue également à ce faible taux. Les banques le promeuvent peu. Par ailleurs, jusqu’en 2019, la nécessité d’adresser annuellement l’avis d’imposition dissuadait certains épargnants d’en souscrire un.
Le montant du patrimoine moyen brut des ménages s’élevait en 2021 à 317 100 euros. Celui-ci est composé à plus de 60 % de biens immobiliers. Les 50/59 ans sont ceux dont le patrimoine moyen est le plus élevé (401 300 euros), mais net d’emprunt, ce sont les 60/69 ans qui sont les mieux dotés (378 900 euros). L’écart entre patrimoine brut et net est plus important chez les moins de 40 ans en raison du poids des emprunts immobiliers à rembourser.

Début 2021, la moitié des ménages disposent d’un patrimoine brut supérieur à 177 200 euros (patrimoine médian). Le patrimoine médian est faible, autour de 15 200 euros quand le patrimoine médian immobilier atteint 126 200 euros. Le montant du patrimoine financier médian monte à 23 300 euros pour les plus de 70 ans. Le montant de patrimoine brut médian augmente continûment avec l’âge jusqu’à 60 ans. Le patrimoine brut reste très inégalement réparti dans la population : la moitié des ménages les mieux dotés détiennent 92 % des avoirs.

L’immobilier représente 62 % du patrimoine de l’ensemble des ménages mais les 30 % des ménages les moins dotés n’en possèdent pas ou peu.
Chez les moins de 40 ans, les emprunts représentent 40 % de la valeur du patrimoine, contre moins de 1 % chez les plus de 70 ans. Le patrimoine financier représente 21 % du patrimoine brut. Ce taux est de 28 % chez les plus de 70 ans. Le patrimoine dit résiduel est constitué des biens non financiers et non immobiliers comme les bijoux, les œuvres d’art, les voitures, etc. Le poids du patrimoine est naturellement relativement plus important pour les ménages n’ayant pas ou peu de patrimoine immobilier ou financier.

Le poids de l’immobilier au sein du patrimoine est le plus important pour les classes moyennes. Son poids est plus faible parmi les ménages bien dotés en patrimoine, l’immobilier entrant alors en concurrence avec les placements financiers et les biens professionnels. Le patrimoine financier représente un tiers du patrimoine immobilier, sauf chez les ménages les moins bien dotés où il atteint entre 34 et 43 %.

Depuis plusieurs années, l’allocation de l’épargne des ménages évolue lentement. Elle prend la forme suivante :
Afin de sensibiliser les épargnants à la rentabilité des différents types de placement, l’Observatoire de l’épargne européenne (OEE) a mis en place un indice qui est effectif depuis le 15 décembre dernier.
Pour mesurer la performance des différentes classes d’actifs, l’OEE utilise leur rémunération moyenne calculée mensuellement ou annuellement par la Banque de France et France Assureurs et, l’évolution du poids de chaque instrument dans le patrimoine financier des ménages évalué par la Banque de France. Cet indice permet ainsi d’avoir une vision simple de la performance pondérée des placements des Français.
Selon cet indice, depuis 2012, la valeur du patrimoine des ménages progresse, en moyenne, de 3,95 % par an, la part financière augmentant de 2,14 %.
Ce rendement de 2 % peut apparaître faible au regard d’autres communications financières. L’Autorité des marchés financiers évalue le rendement annuel moyen d’un portefeuille diversifié d’actions investi sur 15 à 20 ans entre 5 et 7 % l’an mais la part allouée aux actions est faible en France, ce qui automatiquement dilue la performance. Le poids des actions et des valeurs de marchés dans le patrimoine varie selon les modes de calcul de 10 à 25 %. L’OEE a retenu une valeur basse à 10 % (435 milliards d’euros sur les quelque 4 500 milliards d’euros d’actifs détenus).
Si la proportion des unités de compte dans la collecte atteint depuis deux ans près de 40 %, si le nombre de Plans d’Épargne en Actions a dépassé 5 millions l’année dernière, si les fonds euros ont été en décollecte en 2022, cependant la répartition du stock de patrimoine évolue lentement. L’allocation de l’épargne française protège peu de l’inflation. Depuis 2012, le rendement réel des placements a été négatif durant plus de 10 trimestres (entre 2018 et 2019 et depuis le début de l’année 2022). La surexposition aux liquidités explique ce résultat. L’encours des dépôts à vue dépassait, fin 2022, 400 milliards d’euros quand celui de l’épargne réglementée a battu un nouveau record à plus de 800 milliards d’euros. Si la décollecte des fonds euros a atteint plus de 17 milliards d’euros en 2022, leur encours était encore de plus de 1 370 milliards d’euros, sur les 1 850 milliards d’euros de l’assurance vie.
En période d’inflation, en période de taux faibles, les épargnants peuvent perdre raison et s’en remettre au premier bonimenteur venu. Avec le développement des réseaux sociaux, des publicités en ligne, les risques de fraude sont démultipliés. Les fraudes ou tentatives de fraude auraient augmenté de 155 % en un an selon une étude de LexisNexis Risk Solutions.
Les épargnants peuvent être démarchés par téléphone, via des messageries ou par mail. Des sites Internet peuvent proposer des placements avec des rendements alléchants. En 2022, les escroqueries à l’épargne auraient coûté, en France, 500 millions d’euros et 4,5 milliards d’euros depuis 2016. Dans près de 60 % des cas, les offres frauduleuses usurpent l’identité d’un établissement ou d’un intermédiaire financier officiellement autorisé à commercialiser de tels produits. Cela peut être le nom d’une grande banque commerciale. La quasi-totalité des offres frauduleuses concerne de faux crédits ou livrets d’épargne. Il faut également faire très attention aux services de paiement en ligne et aux contrats d’assurance.
L’année 2022 a été marquée par la résurgence de l’inflation, la remontée des taux et par la baisse du CAC 40 de plus de 8 %. Les Français n’avaient pas connu de vague inflationniste depuis près de deux générations. La progression rapide des prix a érodé le pouvoir d’achat des ménages, contraignant les gouvernements à intervenir massivement.
Cette inflation qui s’est amorcée après la crise covid s’est amplifiée avec la guerre en Ukraine. La désorganisation des circuits de production et de distribution provoquée par l’épidémie ainsi que les plans de relance mis en œuvre par de nombreux gouvernements ont débouché sur des déséquilibres entre offre et demande propices à des hausses de prix. La guerre en Ukraine, en soustrayant du marché international deux pays disposant de ressources importantes dans le domaine de l’agriculture, des matières premières et de l’énergie, a accru les pénuries et les tensions sur les prix.
L’inflation s’est d’autant plus facilement diffusée que les liquidités ont atteint des niveaux records, les banques centrales ayant pratiqué depuis une dizaine d’années des politiques monétaires non conventionnelles. Avec le retour de l’inflation, les banques centrales ont été amenées à relever leurs taux directeurs, à mettre un terme à leurs programmes de rachats d’obligations voire à réduire leur bilan.
Les Français ont maintenu un effort d’épargne élevé durant l’année 2022. Leur taux d’épargne, s’il est en baisse par rapport à une année 2021 encore marquée par une période de confinement, demeure supérieur à son niveau d’avant la crise sanitaire. Le haut niveau d’incertitudes et le vieillissement de la population constituent des facteurs contribuant au maintien d’un taux d’épargne élevé.
De manière contre-intuitive, l’inflation favorise également une épargne importante. Les ménages ont, en effet, surtout en début de vague inflationniste tendance à épargner pour maintenir constante la valeur réelle de leur patrimoine. Ce retour de l’inflation a mis à mal le rendement de nombreux produits d’épargne, même si certains ont bénéficié du processus de hausse des taux. Le rendement réel (taux de rendement – taux d’inflation) est devenu négatif tant pour le Livret A que pour les fonds euros de l’assurance vie. Les produits investis en « actions » ont été affectés par la chute des cours qui a été néanmoins limitée, la baisse du CAC40 de 8 % faisant suite à sa hausse de 28 % en 2021. Sur trois ans, le CAC 40 a gagné 22 % et 30 % sur 5 ans. Par ailleurs, le placement « actions » comprend deux composantes, l’évolution du titre et les dividendes. Les deux sont certes liés mais il convient, pour mesurer le rendement de ce type de placements, de prendre l’un et l’autre en compte. Sur moyenne et longue période, les placements en actions ou en unités de compte offrent potentiellement de meilleurs rendements que les produits de taux. La succession de crises, encaissée depuis une quinzaine d’années, ne change pas la donne.
Les points saillants de l’année 2022 ont été les bons résultats du Livret A dopé par le relèvement de son taux, le maintien de la part des unités de compte de l’assurance vie au-dessus de 38 % et l’augmentation du nombre de détenteurs de Plans d’Épargne Retraite individuels qui se rapproche de la barre des 4 millions. Par ailleurs, le nombre de titulaires de Plans d’Épargne Actions a franchi celle des 5 millions.
Jeune parlementaire, appartenant alors à l’UDF, nous nous battions en faveur d’une retraite à la carte, offrant aux actifs une liberté d’action pour choisir le moment de liquidation de leurs droits. L’âge couperet n’entrait pas dans nos considérations. Près de trente ans plus tard, peu de progrès ont été réalisés dans ce domaine. Le débat est manichéen à l’extrême. Faut-il ou non, au choix, reporter l’âge légal de départ à la retraite ou allonger la durée de cotisation ?
Chaque Français est différent face à la retraite. Certains souhaitent partir tôt en raison des épreuves professionnelles accumulées durant des décennies ; d’autres souhaitent rester travailler par passion ou par besoin ; quand d’autres imaginent cumuler emploi et retraite ou bénéficier d’une retraite progressive.
Avec les progrès de l’informatique, avec le recueil des données de carrière, les régimes de retraite auraient les moyens de personnaliser les droits à pension. Avec le relevé de carrière, une espérance de vie à la retraite potentielle pourrait être définie par salarié permettant, par voie de conséquence, d’ajuster le montant de la pension et l’âge d’ouverture des droits. En recourant à des techniques actuarielles, une plus grande égalité serait instituée entre les assurés. Ces techniques sont utilisées en Suède ou en Italie, par génération, pour équilibrer les régimes de retraite. Il est certainement possible de les individualiser. Après une certaine durée de cotisation, un actif pourrait accéder à la retraite, sachant que le montant de sa pension serait fonction de son espérance de vie. Ainsi, plus il partirait tôt, moins sa pension serait élevée. La retraite progressive devrait être encouragée avec l’introduction d’un bonus de pension. Elle offre l’avantage de maintenir des liens professionnels et sociaux.
La retraite à la carte peut s’inscrire dans un régime par points. Toujours quand j’étais parlementaire, je n’y étais pas opposé. Ce dernier pourrait voir le jour sans que cela n’aboutisse pour autant à un régime unique. En s’inspirant du régime complémentaire AGIRC/ARRCO, géré avec sagesse par les partenaires sociaux au point de disposer de réserves permettant de faire face aux aléas de la conjoncture, il aurait été possible de créer, pour chaque grande catégorie d’actifs, des régimes prenant en compte les spécificités de ces dernières. Les fonctionnaires, les indépendants, les professions libérales et les salariés pourraient ainsi mettre en place leurs régimes avec leurs règles autour de quelques valeurs communes. En toute transparence, un tel système permet de s’affranchir de l’âge légal de départ à la retraite et de ne retenir qu’une durée de cotisation pouvant varier en fonction de la pénibilité subie durant la vie professionnelle.
Depuis 1945, le monde du travail a évolué tout comme les relations sociales. La retraite version 2023 doit être en phase avec les valeurs et les souhaits de la population. Elle doit épouser son temps, en étant simple, juste et économiquement viable.
Jean-Pierre Thomas
Président du Cercle de l’Épargne
Interrogé pour BFMTV, Philippe Crevel estime que le débat devrait davantage se focaliser sur la nécessité d’améliorer la productivité et augmenter le taux d’emploi qui en France est nettement inférieure ses partenaires. Cela peut, selon lui passer par une hausse des heures de travail, le recours à l’immigration et le recul de l’âge de départ à la retraite.
Au micro de France Inter, Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, était invité à réagir à la possibilité avancée par le gouvernement de puiser dans dans le Livret A pour financer la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires.
Dans les colonnes du journal Les Echos, le Directeur du Cercle de l’Epargne analyse les résultats de l’assurance vie sur l’année 2022. S’il estime que les résultats 2022 sont plus faibles que les années précédentes, il rappelle que « l’assurance-vie demeure de loin le premier placement des ménages avec un encours de 1842 milliards d’euros à fin décembre 2022 ».
Cité dans les Echos, Philippe Crevel met en exergue les enseignements de l’enquête menée chaque année par le Cercle de l’Epargne et d’Amphitéa avec l’appui d’AG2R La MONDIALE sur le rapport des jeunes à la retraite.
Dans les colonnes de Boursier.com, le Directeur du Cercle de l’Epargne analyse les résultats de l’assurance vie en 2022.
Dans les colonnes de Capital, Philippe Crevel insiste sur la complémentarité entre répartition et capitalisation pour garantir le pouvoir d’achat des retraités. “A l’étranger, l’épargne retraite finance 15% des revenus à la retraite. En France, c’est 2,3%”, déplore-t-il.
Dans cet article consacré à la préparation de sa retraite, l’enquête 2022 du « Les Français, l’épargne et la retraite » réalisée par le CECOP et l’IFOP pour le Cercle de l’Epargne et Amphitéa en partenariat avec AG2R LA MONDIALE est citée.
Le rôle croissant de l’épargne retraite pour permettre de préserver son pouvoir d’achat à la retraite est particulièrement évoqué. Cet article évoque notamment l’importance de l’épargne en vue de la retraite chez les 25-34 ans.
Produit d’épargne destiné aux ménages modestes, le LEP est, selon Philippe Crevel, de loin le produit de taux le plus rémunérateur ». Pour le directeur du Cercle de l’Épargne ce produit, méconnu par nombre de potentiels bénéficiaires, « n’est pas spécifiquement mis en avant par les banques car il est coûteux ».
Philippe Crevel est cité dans cet article publié par Challenges. Il revient sur les facteurs qui ont contribué à cette collecte record du Livret A et du LDDS en 2022.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Résultats du mois de décembre de l’année 2022 du Livret A
2022, une année en or pour Livret A
Analyse de Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne
2022, la deuxième plus forte collecte de l’histoire du Livret A
Avec une collecte positive de 1,45 milliard d’euros en décembre, le Livret A signe, en 2022, la deuxième meilleure année de son histoire. La collecte annuelle a, en effet, atteint, selon les données de la Caisse des dépôts et consignations, 27,23 milliards d’euros. Seule l’année 2012 fait mieux (28,16 milliards d’euros), année qui fut marquée par le relèvement du plafond à 22 950 euros et par la crise des dettes souveraines. En 2022, le Livret A aura donc enregistré une collecte supérieure à celle de 2020, l’année de la crise sanitaire (26,39 milliards d’euros).
La valeur refuge consacrée
Le contexte anxiogène en lien avec la guerre en Ukraine et la résurgence de l’inflation ainsi que les deux relèvements du taux rendement du Livret A ont contribué à ces excellents résultats de la collecte. En période de troubles et d’incertitudes, les Français épargnent en privilégiant la valeur refuge que représente le Livret A. Malgré l’érosion du pouvoir d’achat, les ménages ont maintenu un taux d’épargne élevé durant toute l’année. Ce dernier n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire.
L’augmentation de l’épargne de précaution au début des vagues inflationnistes est traditionnelle, les ménages craignant de ne pas disposer de ressources financières suffisantes pour faire face aux dépenses de demain et d’après-demain. Par ailleurs, tout relèvement du taux du Livret A dope la collecte le mois de l’annonce et les deux ou trois mois qui suivent. En 2022, ce phénomène s’est une fois de plus vérifié.
Un rendement réel pourtant négatif
Les deux relèvements du taux du Livret A n’ont cependant pas permis de compenser les effets de l’inflation. Il n’aura pas complètement protégé les épargnants des effets de la hausse des prix. Sur l’année, son rendement moyen a été de 1,37 % quand l’inflation a été de 5,2 %. Le rendement réel a donc été négatif de 3,8 points. Malgré tout, à l’exception du Livret d’Épargne Populaire, le Livret A figure parmi les produits de taux avec garantie du capital qui ont offert, en 2022, une des meilleure protection face à l’inflation.
Le LDDS, une collecte mesurée mais un encours au plus haut
Le Livret de Développement Durable et Solidaire a enregistré, en 2022, une collecte de 6,26 milliards d’euros. Il s’agit de sa quatrième meilleure année. Le LDDS est plus tributaire des besoins de liquidités des ménages au quotidien en étant l’antichambre du compte courant. Le Livret A davantage est considéré comme un placement d’épargne même si les deux produits obéissent aux mêmes règles.
Des encours au sommet
L’encours du Livret A bat un nouveau record, en fin d’année, avec près de 375,5 milliards d’euros. Le montant des intérêts capitalisés s’est élevé à 4,83 milliards d’euros.
L’encours du LDDS a atteint également, en fin d’année, un nouveau sommet à 134,3 milliards d’euros. Les intérêts capitalisés ont atteint 1,73 milliard d’euros.
L’encours cumulé du LDDS et du Livret A s’élevait à 509,7 milliards d’euros, contre 469,7 milliards d’euros fin 2021. En décembre 2012, l’encours cumulé était de 342,6 milliards d’euros. En dix ans, cet encours a progressé de près de 50 % (48,7 %).
Décembre 2022, le Livret A et le LDDS terminent sur les chapeaux de roue
Décembre est traditionnellement un mauvais mois pour le Livret A. Lors de ces dix dernières années, cinq décollectes ont été enregistrées. En 2021, elle avait été de 1,7 milliard d’euros. La collecte moyenne de ces dix dernières années (hors 2022) était négative. Logiquement, décembre rime avec dépenses de fin d’année. En 2022, la collecte a été de 1,45 milliard d’euros. Sur ces quinze dernières années, seule, l’année 2012 (2,7 milliards d’euros) a connu une collecte du Livret A plus élevée. Le LDDS a également enregistré une forte collecte en décembre avec 1,24 milliard d’euros.
En cette fin d’année, les ménages ont opté pour la prudence, l’attentisme et la frugalité. Il est également possible que les préannonces d’un relèvement du taux du Livret A et du LDDS aient joué en leur faveur.
Un début d’années sous de bons auspices
Le début d’année 2023 devrait être encore favorable au Livret A et au LDDS qui profiteront sans nul doute du relèvement de leur taux, relèvement qui sera effectif à compter du 1er février 2023.



Dans Money Vox, Philippe Crevel met en garde contre certains placements tels que l’or ou les obligations indexés sur l’inflation. Il précise ainsi que ces obligations peuvent s’avérer moins rémunératrice que les obligations. De même il estime qu’ « en cas de variation des prix, on peut se retrouver coincé avec son matelas doré »
Philippe Crevel, était interrogé sur le succès du PER dans la matinale de Radio Classique. Il précisait que ce produit était principalement répandu chez les TNS et les cadres.
Dans Money Vox le Directeur du Cercle de l’Épargne estime qu’il ne faut pas enterrer l’assurance vie trop vite. Le premier produit financier des ménages avec plus de 1850 euros d’encours, « dispose d’autres atouts, notamment la préparation de la transmission et la succession. Elle permet des arbitrages, le placement en unités de comptes. ».
Cité dans le Monde, Philippe Crevel estime que le PEL a perdu de son attractivité. Pour autant il considère que ce produit « reste une bonne solution pour qui a un Livret A et un LDDS au plafond (respectivement 22 950 euros et 12 000 euros), d’autant que la rémunération est fixée pour quinze ans, durée de vie maximum d’un PEL ».
Philippe Crevel revenait, sur l’antenne de France Culture, sur les raisons qui ont poussé le Gouverneur de la Banque de France a préconisé une hausse 3 % du Livret A au 1er février 2023.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
RELÈVEMENT DES TAUX DES LIVRETS RÉGLEMENTÉS : UNE AFFAIRE D’ÉTAT
Analyse de Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne
Le Livret A occupe une place à part dans l’imaginaire des épargnants. Possédé par quatre Français sur cinq (55 millions de livrets en circulation), il est de loin le premier produit d’épargne, du moins en nombre. Son encours de 369,1 milliards d’euros (novembre 2022 – source Caisse des dépôts et consignations) le place loin derrière l’assurance vie (1 856 milliards d’euros en novembre – source France Assureurs).
Le succès du Livret A repose sur un triptyque : sécurité, liquidité et « zéro fiscalité ». Le Livret A est garanti par l’État ; l’épargnant peut entrer et sortir à sa guise ; les intérêts versés ne subissent ni impôt, ni prélèvement sociaux. Le Livret A est le produit phare de l’épargne de précaution que chaque Français connaît depuis son enfance.
Le relèvement à 3 % du taux du Livret A est inférieur au taux émanant de la simple application de la formule. Le Gouverneur de la Banque de France a fait jouer la disposition prévue dans l’arrêté du 27 janvier 2021 qui permet de déroger à la formule en cas de circonstances exceptionnelles. Une augmentation supérieure à un point du taux du Livret A aurait eu des incidences sur le coût du crédit pour le logement social. Elle aurait également généré un coût plus important pour les banques et la Caisse des dépôts et consignations. Elle aurait contribué à perturber la hiérarchie des taux. Le Livret A produit de court terme aurait été mieux rémunéré que des produits de long terme. Enfin, une hausse du taux du Livret A en incitant les ménages à épargner peut pénaliser la consommation au moment où elle est étale en raison de la hausse des prix.
Les taux des produits d’épargne réglementée sont fixés selon les dispositions prévues par l’arrêté du 27 janvier 2021.
Jusqu’en 2004, la fixation du taux des livrets de l’épargne réglementée relevait du pouvoir discrétionnaire du ministre de l’Économie. Afin de mieux protéger les épargnants et de dépolitiser le débat, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin avait retenu une formule reposant sur des paramètres économiques et financiers. À plusieurs reprises, les gouvernements n’ont pas retenu les résultats de la formule qui a connu, par ailleurs, plusieurs évolutions.
Le taux du Livret A a atteint un point bas le 1er février 2020 à 0,5 %. Son record date d’octobre 1981 à 8,5 % en pleine vague inflationniste.
Le taux est logiquement révisé deux fois par an, le 1er février et le 1er août. En vertu de la formule en vigueur, il est égal à :
a) La moyenne arithmétique entre :
– la moyenne semestrielle des taux à court terme en euros (€STR) tels que définis par l’orientation modifiée (UE) 2019/1265 de la Banque centrale européenne du 10 juillet 2019 sur le taux à court terme en euros (€STR) ;
– l’inflation en France mesurée par la moyenne semestrielle de la variation sur les douze derniers mois connus de l’indice INSEE mensuel des prix à la consommation, hors tabac, de l’ensemble des ménages ;
b) 0,5 % qui joue le rôle de taux plancher.
En synthèse, le taux du Livret A correspond à la moyenne de l’inflation et du principal taux des marchés monétaires des six derniers mois.
Les données utilisées sont celles relatives au dernier mois pour lequel ces données sont connues. La composante « inflation » qui entre dans le calcul du taux du Livret A correspond à la moyenne arithmétique, sur 6 mois, des glissements annuels de l’IPC hors tabac (IPCHT).
En cas de circonstances exceptionnelles, afin de préserver le pouvoir d’achat des épargnants, le Gouverneur peut transmettre au ministre de l’Économie un avis et des propositions de taux dérogeant à la règle.
Le gouverneur peut également, entre les deux modifications traditionnelles, prévoir une révision du taux du Livret A. Au 15 avril et au 15 octobre de chaque année, si la Banque de France estime que la variation de l’inflation ou des marchés monétaires le justifie, son gouverneur peut, en effet, proposer au ministre chargé de l’Économie de réviser les taux au 1er mai ou au 1er novembre.
Après avoir été à son niveau plancher de 0,5 % du 1er février 2020 au 1er février 2022, qui était également son niveau le plus bas depuis sa création en 1818, le taux du Livret A a connu, en 2022, deux hausses le portant successivement à 1 % le 1er février puis à 2 % le 1er août. Ces relèvements étaient avant tout imputables à la remontée de l’inflation qui est passée de 1,6 % en 2021 à 5,2 % en 2022. La résurgence de l’inflation a été plus marquée au second semestre 2022 qu’au premier.
Le relèvement du 1er février sera la troisième en douze mois. Le mouvement de hausse est le plus rapide de l’histoire du Livret A.

Sur l’ensemble de l’année 2022, compte tenu des relèvements de la rémunération du placement, le taux moyen du Livret A a été de 1,37 % soit moins que l’inflation qui s’est élevée à 5,2 %. Le rendement réel a donc été négatif de près de 4 % (3,83 %). Il faut remonter aux années 1980 pour retrouver une tel rendement négatif.
En passant à 3 % au 1er février avec une inflation attendue à 5,5 %, le rendement réel devrait du Livret A rester négatif mais dans une moindre proportion qu’en 2022.

Le Livrets de Développement Durable et Solidaire obéît aux mêmes caractéristiques que le Livret A. Il bénéficie du même taux que ce dernier. La France compte 24,5 millions de LDDS. L’encours moyen de ce produit est de 5 100 milliards d’euros. Au 30 novembre dernier, l’encours global s’élevait à 131,3 milliards d’euros.
Le relèvement du taux du Livret A et du LDDS a des conséquences non seulement pour les épargnants mais aussi pour les banques, la Caisse des dépôts et consignations, les bailleurs sociaux, les collectivités locales, les entreprises et l’État.
L’encours moyen des Livrets A est de 5 800 euros. En retenant ce montant, le passage de 2 à 3,0 % génère sur un an un gain de 58 euros, l’ensemble de la rémunération étant alors porté de 116 à 174 euros.
Pour un livret ayant atteint le plafond de 22 950 euros, le gain est de 229,5 euros pour une rémunération globale de 688,5 euros. 4,3 millions de titulaires de Livret A sont au plafond. S’ils ne peuvent plus faire de versements, ils continuent néanmoins à capitaliser les intérêts.
Pour les 24,5 millions de titulaires de LDDS, la hausse est la même. Pour un LDDS ayant un encours de 5 100 euros, correspondant à l’encours moyen, le gain est de 51 euros pour une rémunération globale, toujours sur un an, de 153 euros.
Le taux du Livret A et du LDDS se situe au-dessus du taux moyen des livrets ordinaires (0,3 % en novembre 2022, selon la Banque de France). Les rendements des fonds euros l’assurance vie pour 2022 devraient se situer autour de 1,8 et 2 %. Net d’impôts, ils devraient se situer entre 1,2 et 1,4 % c’est-à-dire au même niveau que le taux du Livret A sur l’année écoulée. Pour 2023, le rendement du Livret A pourrait être supérieur à celui des fonds euros de l’assurance vie, ce qui constituera un précédent, un produit de court terme étant en principe moins bien rémunéré qu’un produit de long terme.
L’augmentation des taux de l’épargne réglementée qui est plus rapide que celle des taux de marché renchérit les coûts de gestion des produits concernés (Livret A, LDDS, LEP et Livret Jeune). Cette augmentation a également des conséquences pour le logement social.
Le relèvement du taux du Livret A augmente le coût de la ressource pour les bailleurs sociaux qui se financent à partir du Livret A. Ce coût prend en compte le taux de rémunération auquel s’ajoute les frais de rémunération des réseaux (0,3 %) et ceux liés à la gestion des prêts. Le coût marginal pourrait dépasser 3,5 % ce qui est supérieur aux taux des emprunts sur les marchés. Le Livret A finance également les collectivités locales qui seront également touchées par la hausse des taux tout comme les PME qui peuvent accéder aux ressources du LDDS.
Le relèvement des taux de l’épargne réglementée génère un surcoût pour la Caisse des dépôts et consignations qui centralise 60 % de l’encours du Livret A et pour les banques en ce qui concerne le solde restant. Le coût global du relèvement pour le Livret A est de 3,69 milliards d’euros dont 1,5 milliard pris en charge par les banques et 2,2 par la Caisse des dépôts. Pour le LDDS, le surcoût est de 1,3 milliard d’euros. Au total, le surcoût pourrait être de 5 milliards d’euros.
L’augmentation du coût du Livret A peut diminuer les recettes de la Caisse des dépôts et, par voie de ricochet, les bénéfices qu’elle verse à l’État.
Toute augmentation du taux du Livret A a un effet immédiat sur le collecte. Cet effet dure en règle générale trois mois avant de s’estomper. En 2022, les deux annonces de hausse ont été suivies d’une forte collecte.
Au mois de janvier 2022 (mois de l’annonce du passage à 1 %), la collecte du Livret A a été positive de 6,25 milliards d’euros. Elle a été de 2,94 milliards d’euros en février et de 3,02 milliards d’euros en mars. Elle a diminué en avril à 1,87 milliards d’euros. Elle est remontée au mois de juillet (mois d’annonce du passage à 2 %), atteignant 2,64 milliards d’euros quand, au mois d’août, elle s’est élevée à 4,49 milliards d’euros. Au mois de novembre, la collecte est devenue négative à -1,1 milliard d’euros.
Sur l’ensemble de l’année 2022, marquée par deux relèvements, la collecte a été fortement positive avec (dans l’attente des résultats du mois de décembre), un gain de plus de 25 milliards d’euros. La collecte de 2022 pourrait être pour le Livret A la troisième voire la deuxième (en fonction de décembre) plus importante de son histoire. Pour le moment, les deux collectes les plus importantes sont celles de 2012 (crise des dettes souveraines et relèvement du plafond de 15 300 à 22 950 euros) avec 28,16 milliards d’euros et celle de 2020 (crise sanitaire) avec 26,39 milliards d’euros. En 2022, au-delà de l’effet taux, la guerre en Ukraine et les incertitudes économiques qu’elle a générées ont incité les ménages à mettre de l’argent de côté. La remontée du taux au 1er février 2023 devrait provoquer comme l’année dernière une hausse passagère de la collecte. Elle sera d’autant plus forte que les placements concurrents, à l’exception du Livret d’Épargne Populaire ne peuvent pas offrir un rendement supérieur.

Détenu par 6,9 millions de Français, le Livret d’Épargne Populaire est réservé aux épargnants modestes dont le revenu fiscal de référence était, en 2021, de 21 393 euros pour une part (+ 5 712 € par demi-part supplémentaire).
L’encours moyen du LEP est de 5 600 euros et son plafond est fixé à 7 700 euros. L’encours total de ce produit était, selon la Banque de France, au mois de novembre 2022 de 45,8 milliards d’euros.
Son taux est fonction soit de celui du Livret A soit de l’inflation. Il est fixé par l’arrêté du 27 janvier 2021 de la manière suivante :
La rémunération des LEP est égale au chiffre le plus élevé entre :
a) Le taux du livrets A majoré d’un demi-point ;
b) L’inflation en France.
Comme le taux du Livret A est inférieur à l’inflation c’est cette dernière qui est utilisée pour fixer le taux du LEP.
Le taux du LEP est ainsi passé de 1 à 2,2 % le 1er février 2022 puis à 4,6 % le 1er août 2022 avant d’être relevé à 6,1 % le 1er février 2023. Il est de loin le produit de taux le plus rémunérateur.
Les relèvements du taux du LEP a entraîné une forte hausse de son encours qui est passé de 38,3 à 45,8 milliards d’euros de décembre 2021 à novembre 2022.

Au vu de la hausse des taux des marchés monétaires et du maintien d’une inflation autour de 6 %, le taux du Livret A sera sans nul doute augmenté à nouveau le 1er août 2023. L’inflation étant censée se modérer durant le second semestre, une pause pourrait intervenir par la suite.
Ouest-France, dans cet article, cite Philippe Crevel sur les hausses des taux des produits d’épargne reglementée.
Dans La voix du Nord, Philippe Crevel précise que le taux attendu pour le Livret A devrait, selon les derniers chiffres de l’inflation, être de 3,2 ou 3,3 %. Le LEP destiné aux ménages modestes, pourrait selon le Directeur du Cercle de l’Epargne atteindre 6,1 %.
Capital consacre un article à l’annonce du taux attendu du Livret Au 1er février. Le média reprend dans à cette occasion les propos du Directeur du Cercle de l’Epargne précédemment publiés par l’AFP.
Dans Le média 20 Minutes, Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne anticipe un taux du Livret A entre 3,2 et 3,3 % et explique l’effet de cette hausse pour les détenteurs de ce produit.
Cité dans le Parisien, Philippe Crevel commente la hausse à venir du taux du Livret A. Il pronostique un net rebond de la collecte au cours des trois mois qui suivront l’entrée en vigueur du relèvement de la rémunération.
Avant l’annonce, par le gouverneur de la banque de France, du taux du Livret A applicable au 1er février prochain, Philippe Crevel évoque les conséquences d’un passage du taux à 3 voire 3,3 %.
La question du niveau de vie des retraités et de son évolution est un sujet à polémique. Le niveau moyen des pensions est modeste, 1 400 euros net par mois (pensions de droits directs en 2020 – données DREES).
En 1970, le niveau de vie des retraités était inférieur de 30 % par rapport à la moyenne de l’ensemble de la population. Il a connu une forte augmentation dans les années 1970 et 1980 au point de dépasser la moyenne de l’ensemble de la population dans les années 1990. En 2022, il est deux points au-dessus de cette moyenne.
Depuis 2002, le niveau de vie des retraités a évolué plus rapidement que l’inflation en moyenne annuelle (+0,4 %). Plusieurs périodes peuvent être distinguées : entre 2002 et 2010, le niveau de vie des retraités a augmenté de 1 % par an en euros constants. Il a ensuite stagné entre 2010 et 2017. Puis, après avoir baissé de 2,1 % en euros constants en 2018, le niveau de vie des retraités a progressé de 1,1 % en 2019.
Les pensions brutes représentent 72 % des revenus des retraités, le solde se partageant entre les prestations sociales et les revenus du patrimoine ainsi que les suppléments de revenus fournis par les produits d’épargne-retraite. Les revenus du patrimoine constituent 13 % à 16 % des revenus des retraités quand les suppléments issus de l’épargne représentent 2,3 % des revenus des retraités.
En 2022, la France comptait 99 941 médecins généralistes dont 50 % étaient des femmes. Leur âge moyen est de 51 ans (47 ans pour les femmes et 55 ans pour les hommes). 57 % exercent en libéral. Ce type d’activité évolue rapidement avec un recours accru aux services numériques (rendez-vous en ligne, téléconsultation) et avec également le regroupement des médecins au sein de structures qui permettent une mutualisation des moyens.
Selon une étude du Ministère de la Santé, sept médecins généralistes sur dix exerçaient, au début de l’année en groupe. Depuis 2010, l’exercice regroupé progresse en France. En 2010, ils n’étaient que 54 % à pratiquer de cette manière. Les jeunes médecins optent pour les cabinets en groupe. 87 % des médecins âgés de moins de 50 ans en 2022 sont dans ce cas, contre 75 % pour les 50-59 ans et 53 % pour les 60 ans ou plus. Les femmes sont plus souvent installées en groupe que les hommes en 2022 (80 %, contre 62 % de leurs confrères).
La pratique en cabinet de groupe dépend de la région. Elle ne concerne que 62 % des médecins généralistes de Provence-Alpes-Côte d’Azur, contre 82 % de ceux des Pays de la Loire. Les praticiens travaillant dans un territoire de vie-santé à faible densité sont également un peu moins nombreux à exercer en groupe par rapport aux autres (62 %). Le foncier et le niveau de revenus de la patientèle peuvent expliquer les différences au sein des territoires.
L’exercice en groupe pluriprofessionnel (regroupement d’un ou plusieurs généralistes avec d’autres professionnels de santé, et pas seulement des professions médicales) progresse. Il concernait, en 2022, près de 40 % des médecins généralistes et près de 60 % des médecins installés en groupe, alors qu’ils étaient moins de la moitié en 2019. Plus 27 % des médecins généralistes travaillent dans un cabinet regroupant seulement des médecins généralistes et professionnels paramédicaux (diététiciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, psychologues…), tandis que 12 % exercent également avec des médecins d’autres spécialités et/ou des chirurgiens-dentistes. Parmi les médecins installés en groupe, la pratique pluriprofessionnelle est moins fréquente en Provence-Alpes-Côte d’Azur (52 %, contre 62 % dans les Pays de la Loire et 58 % dans le reste du territoire). Elle est plus fréquente dans des zones à faible densité médicale (71 % des médecins en groupe dans ces territoires exercent dans un groupe pluriprofessionnel).
Un médecin généraliste libéral sur six travaille dans une maison de santé pluriprofessionnelle. Cette pratique se développe en lien avec le nombre croissant de maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP). Ces structures regroupent, sur un ou plusieurs sites, des médecins et d’autres professionnels de santé, dans une approche d’exercice coordonné formalisée par un projet de santé commun. Fin 2021, la France comptait plus de 2 000 maisons de santé. Les médecins plus jeunes exercent plus souvent dans une maison de santé – 24 % des praticiens de moins de 50 ans, contre 17 % des 50-59 ans et 12 % des 60 ans ou plus. Au niveau régional, une fois de plus, les Pays de la Loire arrivent en tête avec 26 % des médecins travaillant dans une MSP, quand ils ne sont que 12 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 17 % sur le reste du territoire.
Selon le Ministère de la Santé, cinq médecins généralistes libéraux sur six déclarent disposer d’un secrétariat médical. Le recours à un secrétariat – présence physique, plateforme téléphonique ou outil de prise de rendez-vous en ligne – dépend de l’organisation du cabinet. Les médecins en groupe sont plus nombreux à en disposer. Le recours à la prise de rendez-vous en ligne s’est généralisé en quelques années. Plus d’un généraliste sur trois l’utilise en 2022, contre moins d’un sur quatre en 2019.
Les pratiques en matière de secrétariat médical diffèrent selon les régions. Le coût des locaux et les problèmes de recrutement peuvent expliquer ces différences. Ainsi, 94 % des médecins des Pays de la Loire déclarent avoir un secrétariat, quand ils ne sont que 73 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 84 % dans le reste de la France. Entre 2019 et 2022, le nombre de praticiens ayant un secrétariat physique est resté stable, mais de plus en plus de médecins recourent à une plateforme téléphonique ou à un outil de prise de rendez-vous en ligne comme Doctolib.
La moitié des médecins (51 %) disposent d’un secrétariat physique à leur cabinet en 2022. Ceux qui exercent en groupe sont plus nombreux à en avoir un. L’exercice en groupe permet de mutualiser les charges et facilite le recrutement d’un ou plusieurs collaborateurs. La présence d’un secrétariat physique au cabinet du médecin est également liée au volume d’activité. 56 % des praticiens avec un volume d’activité élevé indiquent avoir un secrétariat physique, contre 54 % pour ceux avec un volume d’activité modéré et 40 % pour les médecins avec un volume d’activité plus faible. Le recours à un secrétariat téléphonique externalisé est une pratique plus répandue chez les jeunes médecins.
Il concerne 51 % des praticiens âgés de moins de 50 ans, contre 36 % des 50-59 ans et 31 % des 60 ans ou plus. Les femmes sont également un peu plus nombreuses à disposer d’un secrétariat téléphonique à distance (45 %, contre 34 % de leurs confrères). Plus d’un médecin sur trois (36 %) déclare utiliser des systèmes de gestion en ligne des rendez-vous en 2022, contre 23 % en 2019. 48 % des généralistes de moins de 50 ans indiquent avoir recours à de tels outils, contre 38 % des 50-59 ans, et 26 % des 60 ans ou plus.
Les médecins qui exercent dans un groupe pluriprofessionnel sont plus nombreux à en employer (47 %, contre 32 % pour les généralistes en groupe mono-professionnel, et 24 % pour ceux qui exercent seuls). Cette corrélation s’explique par le fait que les structures de groupe sont composées de médecins plus jeunes et qu’elles utilisent plus fréquemment les outils numériques. Les médecins qui effectuent des téléconsultations, et particulièrement ceux qui recourent à une plateforme de marché, proposent aussi plus souvent que les autres un service de prise de rendez-vous en ligne. 41 % des médecins déclarant début 2022 avoir déjà réalisé des téléconsultations ont également un outil de prise de rendez-vous en ligne (18 % pour les autres médecins).
Les différentes formes de prises de rendez-vous cohabitent. Les médecins disposant d’un secrétariat recourent en moyenne à 1,6 canal pour assurer le secrétariat, et 43 % de ces médecins utilisent 2 canaux ou plus. Au sein des grandes agglomérations et à Paris intra-muros, les secrétariats ont tendance à disparaître au profit des prises de rendez-vous en ligne ou via des plateaux téléphoniques. Sur l’ensemble de la France, seulement 5 % des médecins déclarent disposer uniquement d’un outil de prise de rendez-vous en ligne.
L’arrêt de l’utilisation d’un secrétariat depuis 2019 est assez rare : cela concerne seulement 4 % des généralistes parmi ceux qui indiquaient en avoir un en 2019. En revanche, l’abandon des interfaces en ligne est relativement fréquent. Parmi les médecins qui proposaient à leurs patients un tel outil en 2019, 24 % ont arrêté de l’utiliser trois ans plus tard. Les praticiens les plus âgés sont plus nombreux à renoncer à l’usage d’un outil de prise de rendez-vous en ligne sur la période étudiée. L’abandon des modes de secrétariat « classiques » est plus rare.
Lors des confinements, la téléconsultation s’est imposée comme moyen pour les patients de pouvoir avoir un contact avec un médecin. Cette pratique se maintient depuis. Elle fait cependant l’objet de critiques tant par les pouvoirs publics que par les patients ou les médecins. Accusée de favoriser les arrêts de travail, elle a conduit à l’adoption d’un article tendant à les encadrer dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Les médecins généralistes libéraux ont ainsi effectué 13,5 millions de consultations à distance en 2020 et 9,4 millions en 2021 contre 80 000 en 2019. Par ailleurs, de nombreuses téléconsultations ont aussi été réalisées par des médecins généralistes salariés de centres de santé, 600 000 en 2020 et 1,1 million en 2021, en majorité dans des centres effectuant l’essentiel de leur activité en téléconsultation. En mars 2020, les téléconsultations ont représenté près de 25 % du total des consultations médicales. En décembre 2021, elles en représentaient 3,4 %.
La consultation à distance est plus fréquente chez les jeunes praticiens (4,8 % de l’activité des médecins généralistes libéraux de moins de 40 ans en 2021, contre 2,5 % de celle de leurs confrères de 65 ans ou plus). Les jeunes patients sont davantage adeptes de ce type de consultation que les autres. En 2021, 45,2 % des téléconsultations de médecins généralistes libéraux sont réalisées avec des patients de 15 à 44 ans, contre 28,7 % des consultations en cabinet. La pratique se concentre dans les grandes agglomérations et notamment à Paris et dans sa banlieue. En Île-de-France, 7,8 % de l’activité des médecins généralistes libéraux correspond à des consultations à distance en 2021 (12,0 % à Paris et 7,2 % dans les banlieues du pôle urbain de Paris), contre 2,2 % dans les territoires ruraux hors outre-mer.
69,4 % des téléconsultations sont réalisées pour des patients vivant dans les villes-centres ou les banlieues des grands pôles, où réside 56,9 % de la population. En comparaison, 17,9 % des consultations à distance ont profité à des patients installés dans des territoires ruraux hors outre-mer, où résident 27,6 % de la population.
Les téléconsultations ne sont pas particulièrement réalisées avec des patients résidant dans les zones les moins dotées en médecins généralistes. 23,3 % des téléconsultations sont faites avec les 20 % de la population les mieux dotés en médecins généralistes, tandis que 17,9 % sont réalisées avec les 20 % les moins bien dotés.
Pour 58,6 % des consultations à distance, le médecin exerce dans la commune de résidence du patient ou à moins de 5 kilomètres (contre 62,7 % des consultations en cabinet). La consultation à distance a majoritairement lieu avec le médecin traitant du patient (69,1 % des téléconsultations réalisées en 2021 par des médecins généralistes libéraux, contre 67,2 % des consultations en cabinet).
Seulement 16 % jugent la téléconsultation tout à fait satisfaisante, 38 % étant moyennement satisfaits. 50 % des médecins pensent poursuivre cette pratique même en cas de disparition de l’épidémie de covid. Un praticien sur trois estime que la téléconsultation peut constituer une solution de prise en charge des patients résidant dans des zones à faible densité médicale.
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Avec le vieillissement de la population, les pratiques médicales sont amenées à évoluer assez rapidement. Aujourd’hui, plus d’un Français sur cinq a plus de 65 ans. D’ici 2070, le nombre de personnes de plus de 75 ans doublera. La France est entrée dans l’ère de la santé de masse. Face à l’augmentation de demandes de soins, le nombre de praticiens est insuffisant en raison des départs à la retraite et de leur souhait légitime de concilier vie professionnelle et vie privée. La fin du numerus clausus décidée en 2019 n’aura pas de réels effets avant 2035. L’exercice libéral et solitaire pour les médecins est sans nul doute révolu. Les jeunes médecins ne le souhaitent plus. Une professionnalisation de la médecine généraliste est indispensable avec une intégration plus poussée des outils numériques que ce soit pour la gestion que pour la pratique même de la médecine.
Parmi les 15 millions de pensionnés du régime général en 2021, 92,6 % résident en France et 7,4 % résident à l’étranger, soit plus d’un million. Parmi ces retraités, neuf sur dix vivent sur deux continents : l’Afrique (42 %) et l’Europe (47 %). La majorité des retraités de droit français vivant à l’étranger sont des femmes et des hommes qui ont travaillé tout ou partie de leur vie active en France et qui passent leur retraite dans leur pays d’origine.
La masse annuelle versée aux retraités résidant à l’étranger est de près de 4 milliards d’euros 3,8 milliards d’euros, soit 3 % du total des prestations retraite versées par le régime général en 2021. Par ailleurs, 3 014 350 bénéficiaires de pensions de droit français sont nés à l’étranger. Ils représentent un cinquième de l’ensemble des retraités du régime général. Nombreux sont ceux nés dans les anciennes colonies françaises. Un certain nombre ont été naturalisés.
Ces retraités nés à l’étranger perçoivent près de 20 milliards d’euros de prestations retraite du régime général en 2021, soit 15 % de l’ensemble. Les retraités résidant à l’étranger sont légèrement plus âgés que ceux restant en France, 75 ans en moyenne contre 73 ans. La CNAV explique notamment cette différence par un âge de départ en retraite plus élevé (63 ans) que ceux domiciliés en France (62 ans).
Les retraités à l’étranger reçoivent en moyenne une retraite de base de 221 euros par mois, contre 621 euros pour ceux restés en France. Ce faible montant s’explique, selon la CNAV, par la seule prise en compte de la carrière réalisée en France au titre du régime général. Ces assurés peuvent bénéficier de pensions en provenance de régimes étrangers. À ce montant, il faut ajouter la part des retraites complémentaires (en moyenne un tiers de la retraite globale d’un salarié, près de deux tiers pour les cadres).
Le Gouvernement de Laurent Fabius, pour lutter contre le chômage des jeunes, avait institué les Travaux d’Utilité Collective (TUC). Entre 1985 et 1990, l’État a ainsi employé plus de 350 000 personnes sous ce type de contrat. Âgés de 18 à 20 ans, les demandeurs d’emploi acceptaient des missions de service public afin de ne pas être radiés par l’agence nationale pour l’emploi (ANPE). Les périodes des TUC ne sont pas comptabilisées pour l’octroi de la retraite. Certaines missions allaient de 6 mois à 3 ans. La non prise en compte de ces trimestres est jugée par certains injuste, car d’autres dispositifs d’insertion ou d’accès à l’emploi donnent droit à des validations de trimestres.
Si les titulaires de contrat TUC bénéficiaient ainsi d’une protection sociale contre tous les risques du régime légal (maladie, maternité, invalidité, décès, accidents du travail, prestations familiales, assurance vieillesse), le montant de leur rémunération ne permettait pas l’acquisition de trimestres. Le nombre de trimestres d’assurance vieillesse validés au titre d’une année civile n’est pas, en effet, établi en fonction de la durée de travail accomplie mais en fonction du montant de la rémunération annuelle soumise à cotisation.
Sur la période couverte par les contrats TUC, le seuil de validation d’un trimestre était équivalent à 200 H SMIC. Afin de mieux prendre en compte la validation de trimestres pour des salariés en contrat à temps partiel court et à faibles rémunérations ou cotisant sur une base forfaitaire, le décret du 19 mars 2014 relatif à la validation des périodes d’assurance vieillesse au titre du versement des cotisations a abaissé ce seuil, et permet, dès le 1er janvier 2014, de valider un trimestre en cotisant sur le taux d’une rémunération équivalente à 150 heures de travail rémunéré au SMIC.
L’abaissement du seuil validant un trimestre ne peut pas s’appliquer de manière rétroactive au TUC. Néanmoins, la loi du 21 août 2003 portant réforme des retraites permet, sous certaines conditions, le versement de cotisations retraite, à travers le rachat de trimestres, afin de valider des trimestres manquants. Cette disposition s’applique aux bénéficiaires d’un TUC.
Malgré les règles en vigueur, des propositions de loi ont été déposées afin de permettre la validation de trimestres des personnes bénéficiant d’un TUC ou d’un contrat d’insertion (les stages jeunes volontaires, les programmes d’insertion locale, les stages d’initiation à la vie professionnelle). En fonction du périmètre choisi, une telle mesure pourrait coûter entre 350 millions et 3,5 milliards d’euros. Avec un taux de recours probable estimé autour de 40 %, le coût réel serait autour de 1,4 milliard d’euros.
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