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L’épargne au service de la planète

Epargne 15 novembre 2019

L’édito de novembre de Jean-Pierre Thomas

L’épargne a-t-elle le pouvoir de faciliter la transition énergétique à laquelle nous devons faire face ? L’épargne, c’est une renonciation au présent, c’est préparer l’avenir. Or, celui-ci dépend en grande partie de notre capacité à façonner un système économique décarboné, moins polluant, plus respectueux de notre planète. Pour cela, nous devons réaliser des investissements titanesques pour décarboner nos systèmes de production. Il ne serait pas inutile que notre épargne s’oriente vers le financement de cette mission capitale si nous voulons éviter un collapse généralisé.

Mais l’épargne n’est pas en soi, de manière immédiate, une arche de Noé des temps modernes. Quand nous épargnons, nous voulons avant tout nous prémunir de certains risques ou préparer notre avenir. L’épargne, qui est un effort, doit être logiquement rémunérée. Aujourd’hui, avec la politique des taux bas et des rachats d’actifs par les banques centrales, elle rapporte peu, voire pas du tout sauf à être prêt à mettre de côté notre traditionnelle aversion aux risques. Comment alors concilier nos intérêts de court terme avec ceux de notre civilisation ? La mobilisation de l’épargne sera d’autant plus aisée que les placements liés à la transition seront rentables. Pour cela, il faudrait imposer un prix du carbone, un prix de destruction de notre environnement afin de rendre les autres investissements moins rentables. Aujourd’hui, dans notre cycle de production, une partie des coûts ne sont pas comptabilisés. Longtemps, l’air, l’eau ont été considérés comme des biens gratuits car présents en grande quantité. Nous avons, depuis, appris qu’ils obéissent aux lois de la rareté et qu’ils ont donc un prix. La transition écologique est un chantier qui se déroulera sur plusieurs décennies. Elle est en phase avec le temps des fonds de pension dont la mission est de fournir des revenus à des retraités durant un quart de siècle grâce à des cotisations collectées sur trois ou quatre décennies. Les fonds de pension, l’épargne retraite, la capitalisation sont, tout comme les assurances, des acteurs incontournables de la révolution économique que nous devons mener. Par leur poids économique, près de 40 000 milliards d’euros, les fonds de pension sont capables de changer la trajectoire de l’économie mondiale. En décidant de privilégier des investissements dans les énergies renouvelables, dans les flottes de voitures électriques, dans les immeubles à basse consommation énergétique, dans les productions agricoles faiblement consommatrices d’eau et de produits phytosanitaires, ils peuvent jouer un rôle déterminant. L’épargne retraite pourrait ainsi avoir un impact intergénérationnel évident en préparant un monde climatiquement supportable pour les prochaines générations.

Jean-Pierre Thomas

A lire dans le Mensuel n°67 du Cercle de l’Epargne

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