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Les projections établies par « Se Loger-Meilleurs Agents » sur les prix de l’immobilier de la France semblent indiquer que la légère reprise de 2025 s’est enrayée sur fond de guerre en Iran. La rédaction du site Internet a établi deux scénarios pour les prochains mois. Dans l’hypothèse d’un choc modéré, l’économie mondiale absorberait progressivement les tensions liées au conflit au Moyen-Orient. L’inflation se stabiliserait autour de 3 % dans la zone euro en 2026, conduisant la Banque centrale européenne à relever ses taux directeurs de 25 à 50 points de base. Par ricochet, les taux immobiliers suivraient une trajectoire comparable. Dans ce cadre, le recul du marché resterait contenu avec entre 65 000 et 100 000 transactions en moins, soit une contraction de 7 à 10 % par rapport aux 945 000 ventes enregistrées en 2025.
À l’inverse, le scénario d’un choc durable esquisse une dégradation bien plus marquée. Une inflation proche de 3,7 % contraindrait la BCE à un resserrement monétaire plus agressif (jusqu’à +1,4 point), entraînant une remontée des taux immobiliers pouvant atteindre 1,4 point. Dans cette configuration, le marché subirait une chute de 240 000 à 270 000 transactions, soit plus d’un quart de l’activité annuelle.
Ces projections doivent toutefois être interprétées avec prudence. Les réseaux, à l’image de la FNAIM ou de Laforêt, décrivent un marché actif mais hésitant. La demande progresse (+4 % au premier trimestre), tout comme l’offre (+9 %), mais les transactions n’augmentent que marginalement (+2 %), signe d’un décalage croissant entre intentions et concrétisations.
Des dynamiques de prix de plus en plus territorialisées
En Île-de-France, après plusieurs années de correction, les prix semblent atteindre un point bas. Sur un an, la baisse se situe encore autour de –3 % à –5 %, avec des disparités marquées : Paris intra-muros oscille entre –4 % et –6 %, tandis que la grande couronne résiste mieux. Le ralentissement de la baisse observé début 2026 traduit un début de stabilisation qui reste fragile.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), le marché reste sous tension mais amorce un léger repli. Les prix reculent globalement de –1 % à –3 % sur un an, avec des ajustements plus visibles sur les marchés les plus chers. Nice enregistre ainsi une correction modérée (environ –0,7 % récemment), tandis que Marseille conserve un certain dynamisme, portée par une demande soutenue et des prix encore attractifs à l’échelle nationale.
En Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), la situation est intermédiaire. Après plusieurs années de hausse, Lyon a connu une correction sensible (–5 % à –8 % sur deux ans), mais les prix tendent désormais à se stabiliser. Dans les villes moyennes de la région, la tendance est plus favorable, certaines enregistrant même de légères hausses, portées par les effets de report.
En Corse, enfin, le marché demeure atypique. Après une forte progression post-Covid, liée à l’attractivité résidentielle et touristique, les prix se stabilisent à des niveaux élevés. Sur un an, l’évolution oscille entre 0 % et +2 %, avec des tensions persistantes dans les deux grandes agglomérations. Malgré tout, les délais de revente s’allongent en particulier pour les résidences secondaires. Le niveau de prix et le poids des impôts (taxe d’habitation) auxquels s’ajoutent le coût des transports expliquent la moindre appétence des continentaux pour les résidences secondaires. La demande de prêts immobiliers serait en forte baisse depuis le début de l’année.
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