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L’assurance vie : championne d’automne de l’épargne

En octobre L’assurance vie confirme et signe. Le premier produit d’épargne français enregistre une collecte nette de 2,9 milliards d’euros. Il profite de la propension des ménages à épargner. Ces derniers se portent de plus en plus vers l’épargne longue. La baisse des taux des dépôts à terme et la perspective d’une diminution des taux de l’épargne réglementée les incitent à privilégier en particulier l’assurance vie. La pratique des taux bonifiés de la part des assureurs et la bonne tenue des marchés « actions » hors France les amènent à opter, en effet, pour ce placement. L’encours de l’assurance vie s’élève ainsi à 1 975 milliards d’euros à fin octobre, en hausse de +5,7 % sur un an.

Octobre, un mois traditionnellement favorable à l’assurance vie

En octobre, la collecte nette de l’assurance vie s’est donc élevée à 2,9 milliards d’euros, selon France Assureurs, contre 2,5 milliards d’euros en septembre, 782 millions d’euros en août et 1,9 milliard d’euros en juillet. Un an auparavant, en octobre 2023, l’assurance vie avait connu une collecte nette de seulement 975 millions. En octobre 2024, la collecte nette a été portée par les unités de compte(+3,4 milliards d’euros). Les fonds euros ont, en revanche, renoué avec la décollecte ( −0,4 milliard d’euros).

En octobre, l’assurance vie signe ainsi sa dixième collecte nette positive consécutive. Depuis 2005, trois décollectes ont été seulement enregistrées au mois d’octobre (2008, 2011 et 2022). Le montant moyen de la collecte de ces dix dernières années pour le mois d’octobre est de 1,38 milliard d’euros. Le résultat de 2024 apparaît donc comme exceptionnel.

En dix mois, la collecte nette de l’assurance vie s’est élevée à 24,2 milliards d’euros, soit un résultat légèrement au-dessus de celui de 2023 (22,4 milliards d’euros).

Des cotisations brutes en forte hausse

En lien avec l’effort élevé d’épargne des ménages, les cotisations d’assurance vie ont atteint un niveau record à 15 milliards d’euros. Au mois de septembre, elles s’étaient élevées à 12,3 milliards d’euros. Le mois d’octobre 2023 avait déjà été marqué par une collecte record (14,3 milliards d’euros).

Les assurés ont effectué d’importants versements sur leurs fonds en euros. Ils ont en revanche réduit leurs versements sur les unités de compte. Cette augmentation des cotisations brutes s’explique par la moindre attractivité des dépôts à terme dont les taux sont orientés à la baisse, dépôts qui, depuis 2022, concurrençaient les fonds euros. Ils bénéficient, comme les fonds euros en effet, d’une garantie en capital. Leur taux de rendement qui est connu à l’avance a été supérieur à ceux des fonds euros en 2023.

Sur les dix premiers mois de l’année, les cotisations brutes se sont élevées à 144,5 milliards d’euros, en hausse de +17,3 milliards d’euros sur un an. Les unités de compte ont connu une hausse de 8 % avec un total de collecte brute de 54,2 milliards d’euros, quand les supports en euros progressent de 18  % (+90,2 milliards d’euros de collecte brute). La part des cotisations en UC est de 40 % sur le mois d’octobre et de 38 % depuis le début de l’année, en légère baisse par rapport à l’ensemble de l’année 2023 (40 %).

Des prestations en recul en lien avec la préférence pour l’épargne financière

Les prestations se sont élevées à 12,1 milliards d’euros en octobre, contre 9,8 en septembre. Sur un an, les prestations sont  en baisse de 9 % un an, avec une diminution de 11 % sur les fonds euros et de 5 % les unités de compte.

Sur les  dix premiers mois de l’année, les rachats ont atteint 120,2 milliards d’euros, en recul de 5,2 milliards d’euros sur un an. Cette baisse est imputable aux fonds euros qui sont moins sacrifiés par les ménages que précédemment. La baisse des rachats s’explique par la plus grande compétitivité des fonds euros et par l’atonie du marché immobilier, le nombre de transactions étant en forte baisse (-35 % entre le 3e trimestre 2021 et le 3e trimestre 2024). Les ménages sortent moins d’argent de l’assurance vie que dans le passé pour réaliser des achats immobiliers.

L’assurance vie en mode résilience

Les incertitudes concernant son régime fiscal n’ont pas, en octobre, nui à l’assurance vie. Cette dernière prouve sa résilience avec une collecte brute record. La fin de la vague inflationniste qui se traduit par la baisse des taux directeurs des banques centrales, améliore l’attractivité de l’assurance vie et en premier lieu des fonds euros. Ayant accumulé une épargne de précaution conséquente depuis 2020, les ménages français réalisent des arbitrages en faveur de l’assurance vie ou du Plan d’Épargne Retraite (PER). Ce dernier produit a enregistré en octobre une collecte nette  de +954 millions d’euros sur le mois, soit +18 % par rapport à octobre 2023.

La fin de l’année devrait rester favorable à l’assurance vie et au Plan d’Epargne Retraite. De nombreux ménages attendent la fin de l’année pour effectuer des versements sur des produits de long terme. Le PER bénéficie toujours d’un effet fiscal en fin d’année avec la volonté des ménages de réduire leur impôt sur le revenu à acquitter en 2025 en profitant de la déduction qui est associée à ce produit.

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Le Coin de l’épargne du 15 novembre 2024 : les marchés sous effet Trump

Dans le sillage de l’élection américaine

Les ventes au détail aux États-Unis ont augmenté de 0,4 % en octobre, dépassant le consensus d’un dixième de point. La surprise est venue de la révision à la hausse des résultats de septembre, la progression étant portée à 0,8 %, soit une correction de 0,4 point. Quant au groupe dit de « contrôle des ventes », qui exclut les données liées à l’automobile, aux matériaux de construction et aux services alimentaires – et qui reflète le mieux la composante de la consommation des ménages intégrée au calcul du PIB –, une baisse de 0,1 % a été enregistrée en octobre, contre une progression de 0,3 % attendue. En septembre, la hausse avait été de 1,2 %, un chiffre lui aussi révisé à la hausse par rapport à l’estimation initiale de +0,7 %.

Ces résultats semblent justifier la prudence de la banque centrale américaine dans les prochaines semaines. La probabilité que celle-ci procède à une nouvelle baisse des taux directeurs dans un mois est passée de 82 % à 59 % au cours de la semaine, une évolution largement attribuable aux déclarations du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. Il a en effet affirmé qu’il n’y avait pas lieu de se précipiter pour réduire l’objectif cible des Fed funds, actuellement dans la fourchette de 4,5 % à 4,75 %. Selon lui, « l’économie n’envoie pas de signaux indiquant que nous devons nous hâter de baisser les taux ». Il a ajouté que « la vigueur que nous observons actuellement dans l’économie nous permet d’aborder nos décisions avec prudence ».

En lien avec ces déclarations, mais aussi en raison des perspectives d’aggravation du déficit public liées à l’application du programme de Donald Trump, les taux d’intérêt américains ont augmenté cette semaine.

La mise en place de la future administration républicaine à Washington commence à susciter des inquiétudes chez les investisseurs, d’autant que Donald Trump pourra compter sur le soutien du Sénat et de la Chambre des représentants. À la crainte de droits de douane élevés s’ajoute la nomination probable au Département de la Santé d’un vaccino-sceptique, Robert F. Kennedy Jr. En plus de s’opposer aux vaccins, celui-ci est connu pour son hostilité à l’ajout de fluor dans l’eau potable, qu’il accuse de réduire le niveau intellectuel des enfants. Il dénonce également régulièrement la « corruption » des agences de santé américaines. Bien que sa nomination doive encore être confirmée par le Sénat, l’annonce de sa candidature a entraîné une baisse notable des valeurs pharmaceutiques, notamment européennes.

Ainsi, l’action du laboratoire Sanofi a perdu plus de 3 % sur la semaine, tout comme AstraZeneca et GlaxoSmithKline. L’équipementier pour la biotechnologie Sartorius Stedim Biotech a chuté de 6,7 %. Novo Nordisk, devenue la plus grande entreprise cotée en Europe grâce au succès de ses traitements contre l’obésité, a vu son action reculer de 5,4 % à Copenhague. Dans ce contexte, les indices européens ont poursuivi leur repli. Ce recul est également attribuable aux difficultés actuelles et à venir en Chine, notamment si l’administration américaine met en œuvre des droits de douane à 100 %.

Aux États-Unis, après les records post-électoraux, les indices ont cédé du terrain. Le recul des valeurs américaines s’explique à la fois par les craintes d’un report de la baisse des taux directeurs et par les incertitudes politiques. Après un fort mouvement de hausse, des prises de bénéfices ont également été observées.

L’euro est tombé à son plus bas niveau de l’année face au dollar, les investisseurs estimant que l’économie de la zone euro pourrait être pénalisée par les politiques de Donald Trump. Le cours du baril de pétrole a encore baissé cette semaine, en raison des perspectives d’augmentation de la production américaine, conformément aux engagements pris par Donald Trump lors de sa campagne électorale.

En Asie, les indices boursiers, notamment chinois, ont reculé cette semaine, toujours sous l’effet de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Son programme protectionniste pourrait peser sur la croissance chinoise. Cependant, quelques signaux positifs ont été observés en Chine : les ventes au détail ont affiché en octobre leur plus forte croissance annuelle depuis huit mois, en hausse de 4,8 %, soit un point de pourcentage au-dessus du consensus Bloomberg. En revanche, la production industrielle (+5,3 %, contre +5,6 % attendu) et les investissements (+3,4 %, contre +3,5 %) ont déçu les prévisions.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
15 nov. 2024
Évolution
sur 5 jours
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 269,63-0,94 %7 543,186 471,31
Dow Jones43 444,99-1n39 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 870,62-2,30 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite18 680,12-3,49 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 19 210,81-1,30 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 063,61-0,11 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 794,85-0,64 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 642,91-1,96 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 330,73-2,96 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,084 %-0,036 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,338 %-0,028 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,436 %+0,121 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0552-3,48 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 563,32-6,42 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars71,16-3,43 %77,1384,08
Cours du Bitcoin en dollars84 872,14+13,1138 252,5415 406,87

Source : Cercle de l’Épargne

Quand Donald Trump fait le bonheur des cryptoactifs !

Le cours du bitcoin a dépassé les 88 000 dollars le 13 novembre 2024, un niveau historique qui illustre la vigueur actuelle du marché des cryptoactifs. Depuis le début de l’année, le bitcoin a progressé de plus de 90 %. 2024 a été marquée par l’essor des ETF en bitcoins conduisant de nombreux institutionnels à entrer sur ce marché. En fin de semaine, le bitcoin s’est légèrement replié tout en terminant au-dessus de 84 000 dollars, en hausse de 13 % sur la semaine et de 112 % depuis le début de l’année.

La récente victoire de Donald Trump à la Maison-Blanche et des Républicains  au Congrès a apaisé les craintes d’une régulation stricte du marché des cryptoactifs. Pendant la campagne électorale, Donald Trump a promis de faire des États-Unis le fer de lance de l’industrie des actifs numériques, avec notamment la création d’une réserve monétaire stratégique en bitcoins. Cette position marque une évolution notable pour Donald Trump, potentiellement influencé par des personnalités comme Elon Musk. S’il maintenait cette position, la politique américaine en la matière s’éloignerait de la ligne qu’avait choisie  l’administration Biden qui n’avait pas hésité à soutenir les poursuites engagées par les régulateurs contre des entreprises comme Binance, .

L’industrie des cryptos a été un contributeur financier majeur pour les Républicains lors de cette élection, se plaçant en deuxième position après le secteur des hydrocarbures. Cette alliance politique pourrait favoriser l’expansion du marché des cryptoactifs aux États-Unis, bien que la volatilité du bitcoin reste un sujet de préoccupation pour les investisseurs et les régulateurs. Le bitcoin, comme d’autres cryptoactifs, dépend largement de facteurs externes tels que les décisions politiques, les mouvements des marchés financiers traditionnels et l’évolution des technologies liées à la blockchain. En dépit de ces risques, le secteur des cryptomonnaies continue à progresser, en particulier aux États-Unis, où un quart de la population aurait acheté au moins un bitcoin.

Le secteur financier et l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) redéfinit les contours du secteur financier, et l’épargne n’échappe pas à cette transformation. La finance a été de tout temps un secteur intégrant en permanence des innovations. Le développement des mathématiques ou des probabilités a permis ces deux cents dernières années l’essor de l’assurance et du crédit. Ce secteur a été un des premiers à s’informatiser afin de traiter un nombre croissant d’opérations dans des délais courts que ce soit dans le domaine de la gestion des comptes ou dans celui des marchés financiers. L’usage de robots a commencé dès les années 1980 pour réaliser automatiquement des opérations de vente ou d’achats à très grande vitesse. L’IA s’inscrit dans le prolongement de ce processus. Elle ouvre de nouvelles voies tant pour les clients que pour les professionnels tout en soulevant des questions d’éthique et de sécurité.

La personnalisation des services financiers : une épargne sur mesure

Jusqu’à maintenant, la grande majorité des épargnants devaient se contenter d’une gestion standardisée de leur épargne. Seuls les plus aisés pouvaient accéder à des services de gestion déléguée ou sous mandat. Avec l’IA, ces modes de gestion se démocratisent. L’IA dans le domaine de l’épargne permet, en effet, une personnalisation des stratégies d’investissement avec le recours à des algorithmes autoapprenants. Les banquiers comme les assureurs peuvent analyser une grande quantité de données personnelles, comportementales et financières pour proposer des solutions sur mesure aux épargnants.

Les robots advisors peuvent délivrer des conseils d’investissement personnalisés, en fonction du profil de risque, de l’horizon de placement, et des objectifs financiers de chaque épargnant. Leur adoption accélère la démocratisation de l’accès aux produits financiers traditionnellement réservés à une clientèle aisée.

À l’aide de techniques d’IA, l’allocation d’actifs peut être adaptée en temps réel, selon les mouvements des marchés, offrant ainsi un suivi et une personnalisation continus. Un épargnant modifiant ses préférences en matière de risque ou ajustant ses objectifs (ex. achat d’une résidence ou préparation à la retraite) peut voir sa stratégie de placement recalibrée en quelques minutes.

Gestion des risques : anticipation et résilience accrues

L’un des défis de la gestion de l’épargne est de minimiser les risques tout en maximisant les rendements. Dans ce domaine, l’IA permet l’analyse en temps réel des milliards de données provenant de sources variées : historique de marché, informations macroéconomiques, nouvelles géopolitiques, et même des éléments aussi intangibles que les sentiments des réseaux sociaux. L’IA peut identifier des corrélations, des anomalies et des signaux faibles qui échappent aux analystes humains. Elle n’est pas infaillible, car ses algorithmes se fondent sur des données passées, mais ces derniers sont en capacité d’évoluer en temps réel, ce qui leur offre un niveau d’adaptabilité que n’avaient pas les robots dans le passé. Les algorithmes de « deep learning » sont ainsi particulièrement performants dans la prévision des tendances de marché.

Prises de décision améliorées

Les algorithmes d’IA analysent des ensembles de données pour fournir des recommandations en matière de placement qui, complétées de l’avis de conseillers, permettent une amélioration des allocations d’actifs. Les algorithmes peuvent simuler de nombreux scénarii en tenant compte de multiples facteurs comme la volatilité des marchés, l’évolution des taux d’intérêt, ou encore les événements géopolitiques majeurs. En combinant la puissance de l’analyse prédictive avec des stratégies de réallocation d’actifs en temps réel, les gestionnaires de fonds, les conseillers peuvent maximiser les rendements pour les épargnants. Un exemple notable est celui des fonds quantitatifs, gérés en partie par des algorithmes d’IA qui surveillent les marchés mondiaux 24 heures sur 24 et exécutent des décisions d’investissement fondées sur des données prédictives.

Automatisation et réduction des coûts

L’IA devrait permettre une réduction des coûts opérationnels des établissements financiers. Dans les prochaines années, des économies pourront être réalisées dans le domaine de la gestion des portefeuilles. En contrepartie, les budgets informatiques devraient s’accroître. La diminution des coûts de gestion pourrait autoriser une amélioration des rendements offerts aux épargnants. Selon un rapport de McKinsey, l’automatisation pourrait permettre aux institutions financières d’économiser jusqu’à 20 % des coûts globaux en matière de back-office. L’automatisation facilite également la réduction des erreurs humaines et améliore la conformité réglementaire en tout en assurant un suivi rigoureux des règles et des obligations légales.

La lutte contre les fraudes

Un autre aspect clé de la gestion des risques est la détection des fraudes. L’IA permet de mieux protéger les actifs des épargnants en repérant des transactions anormales ou des comportements suspects dans les systèmes financiers. L’apprentissage automatique permet d’analyser les habitudes de transactions d’un épargnant et de lever une alerte quand des anomalies sont détectées, ce qui aide à prévenir les cyberattaques ou les fraudes financières. La blockchain permet une traçabilité des opérations financières de manière précise sans risque de corruption de données.

Enjeux éthiques et réglementaires

Le développement de l’IA dans l’épargne soulève des questions éthiques et réglementaires. La question de la transparence des algorithmes est cruciale. Si les décisions d’investissement reposent de plus en plus sur des systèmes d’IA, les épargnants sont en droit de connaître les grandes lignes des modèles. Les salariés des établissements financiers doivent conserver leur rôle de conseils auprès de leurs clients, ces derniers n’ayant pas tous des compétences financières et informatiques. L’importance du conseil est primordiale. Les modèles d’IA peuvent parfois reproduire ou accentuer des biais déjà présents dans les données historiques, ce qui pourrait mener à des inégalités dans l’accès aux produits financiers ou à des discriminations envers certains profils d’épargnants. Par exemple, un algorithme de « scoring » de crédit fondé sur des données biaisées pourrait refuser l’accès à certains produits d’épargne ou proposer des taux désavantageux à certaines catégories de la population.

Sur le terrain réglementaire, les autorités de supervision, comme la Banque centrale européenne ou les régulateurs financiers nationaux, travaillent à mettre en place des cadres légaux pour assurer que l’utilisation de l’IA respecte des principes d’équité, de transparence et de protection des données personnelles. La réglementation MiFID II en Europe, qui encadre les produits financiers, incite les institutions à plus de transparence dans l’utilisation des technologies numériques, y compris l’IA.

L’IA, la blockchain et les monnaies digitales (de banque centrale ou pas) risquent de modifier en profondeur la gestion de l’épargne dans les prochaines années. Ces outils permettent la démocratisation de techniques jusqu’à présent réservées à un public réduit (gestion de fortune, family office) et d’améliorer le rendement des produits financiers. Ils ne sont pas sans poser des problèmes d’éthique ce qui nécessite leur régulation et la présence de conseillers bien réels. Les assureurs investissent des centaines de millions d’euros afin d’adapter leurs outils informatiques et offrir des services de plus en plus pointus à leurs clients.

Une concentration accrue du capital en France

Selon la dernière enquête « revenus et patrimoine de l’INSEE », début 2021, la moitié des ménages vivant en logement ordinaire en France possèdent un patrimoine brut supérieur à 177 200 euros. Ces ménages détiennent 92 % de la masse totale de patrimoine brut. Avec l’augmentation des prix de l’immobilier, ces vingt dernières années, une concentration du patrimoine au profit des ménages les mieux dotés est constatée.

Un patrimoine essentiellement immobilier

Le patrimoine brut des ménages en France est constitué essentiellement de biens immobiliers (62 %), mais aussi d’actifs financiers (21 %), d’actifs professionnels (11 %), ainsi que d’autres biens durables et objets de valeur (7 % de patrimoine résiduel).

Lecture : début 2021, le patrimoine détenu par les 10 % des ménages les mieux dotés en patrimoine brut (supérieur au 9e décile – D9) est composé à 23 % d’actifs financiers.
Cercle de l’Épargne – données INSEE

La composition du patrimoine diffère selon le montant de patrimoine brut possédé par les ménages. Le patrimoine immobilier est majoritaire pour les ménages situés entre le 4e et le 9e décile de la distribution (ceux dont le patrimoine brut est compris entre 106 200 euros et 716 300 euros), avec une part comprise entre 67 % et 76 %. À l’opposé, les 30 % des ménages les moins dotés (ceux dont le patrimoine brut est inférieur à 33 200 euros) ne possèdent presque pas de patrimoine immobilier. Leur épargne est avant tout placée dans des produits financiers peu risqués, tels les livrets (entre 31 % et 42 %), des biens durables (véhicules, etc.) ou autre patrimoine résiduel (entre 53 % et 68 %). Assez logiquement, les 10 % des ménages les mieux dotés détiennent davantage de patrimoine professionnel.

Le patrimoine au zénith entre 50 et 75 ans

En 2021, le patrimoine moyen augmente avec l’âge jusqu’à 50 ans environ, se stabilise, puis diminue au‑delà de 75 ans pour les personnes vivant à leur domicile. Cette évolution est liée au processus d’accumulation avec l’âge. La baisse du patrimoine au-delà de 75 ans s’explique par le fait que les générations nées avant 1949 ont moins profité de l’enrichissement national que celles qui ont suivi et par le fait que les dépenses liées à la dépendance augmentent après 75 ans obligeant à puiser dans le capital. La préparation de la succession avec l’organisation de donations peut contribuer également à la baisse du patrimoine après 75 ans.

Cercle de l’Épargne – données INSEE

Une augmentation des inégalités de patrimoine

En vingt ans, les inégalités de patrimoine se sont accrues du fait de la valorisation des valeurs mobilières et immobilières qui sont détenues par les ménages les plus aisés. La hausse des prix de l’immobilier, en particulier au début des années 2000, a en effet contribué à la montée des inégalités.

Entre 1998 et 2021, le patrimoine brut moyen détenu par les ménages vivant en France métropolitaine a été multiplié par 2,5 en euros courants (soit +4,1 % par an en moyenne). En euros constants, c’est‑à‑dire en tenant compte de l’évolution du niveau des prix à la consommation, il a été multiplié par 1,9 (soit +2,8 % par an). Il a fortement augmenté au cours des dix premières années : +5,5 % par an en euros courants entre 1998 et 2004, puis +7,6 % par an entre 2004 et 2010. Il a stagné entre 2010 et 2018 et est reparti à la hausse entre 2018 et 2021 (+4,5 % par an).

Le patrimoine financier moyen des ménages a augmenté entre 1998 et 2021, mais dans une moindre mesure que l’immobilier (+110 % en vingt‑trois ans, contre +181 %). Il n’a cependant augmenté que pour les 70 % des ménages les mieux dotés en patrimoine brut. En particulier, il a plus que doublé pour les 40 % les mieux dotés, alors qu’il a diminué ou stagné pour les 30 % des ménages les plus modestes.

En 2021, le patrimoine financier est également plus concentré qu’en 1998 : l’indice de Gini calculé sur le seul patrimoine financier est passé de 0,734 à 0,773. Malgré cela, le patrimoine financier ne contribue qu’à hauteur de 22 % aux inégalités de patrimoine au sens de l’indice de Gini en 2021, alors qu’il en expliquait 26 % en 1998, sa part dans le patrimoine total ayant diminué au profit de l’immobilier.

La hausse de l’immobilier, un facteur d’inégalité croissante

Entre 1998 et 2021, la masse de patrimoine immobilier détenu par les ménages en France métropolitaine a augmenté de 233 % (soit +5,4 % en moyenne par an). La hausse des prix des logements anciens a contribué à 80 % de la hausse du patrimoine immobilier sur la période. Les logements neufs contribuent quant à eux à hauteur de 20 % à la hausse du patrimoine immobilier sur la période 1998‑2021 (14 % pour la construction nette des destructions et 6 % pour la hausse des prix de ces logements neufs construits sur la période).

Cercle de l’Épargne – données INSEE

En vingt‑trois ans, cette conjoncture favorable a profité aux 70 % des ménages les mieux dotés en patrimoine brut, la valeur de leurs biens immobiliers ayant été multipliée par 3,1. La hausse des prix de l’immobilier tend à augmenter les inégalités entre les ménages détenteurs de biens et ceux qui n’en possèdent pas. Sur la période, la part de ménages propriétaires est restée globalement stable autour de 60 %. Dès lors, en 2021, 62 % des inégalités de patrimoine au sens de l’indice de Gini sont imputables au patrimoine immobilier, contre 55 % en 1998.

30 % des Français ont hérité au moins une fois dans leur vie

En 2021, 41 % des personnes (personne de référence du ménage ou conjoint éventuel) ont été concernées au moins une fois au cours de leur vie par une transmission (héritage, donation reçue ou versée). En moyenne, leur patrimoine est plus élevé. L’héritage est le type de transmission le plus fréquent. 30 % des personnes ont hérité au cours de leur vie. Cette part augmente logiquement avec l’âge, jusqu’à atteindre 53 % des 70 ans ou plus. Elle augmente naturellement avec le niveau de patrimoine brut détenu. Parmi les 10 % des ménages les moins bien dotés en patrimoine brut, 14 % ont hérité, contre 44 % des 10 % les mieux dotés. Le patrimoine brut moyen des ménages ayant hérité est presque deux fois supérieur au patrimoine de ceux n’ayant pas reçu d’héritage (442 000 euros contre 238 000 euros).

13 % des personnes ont reçu une donation. Contrairement aux héritages, il y a peu de différences selon l’âge, bien que les moins de 40 ans soient moins concernés. Le léger pic observé chez les quadragénaires‑quinquagénaires pourrait traduire un effet de génération. L’écart de patrimoine brut entre les ménages ayant reçu une donation et ceux n’en ayant pas est marqué (611 000 euros en moyenne, contre 252 000 euros). 8 % des personnes ont versé une donation. Elles sont aussi plus âgées que la moyenne (un quart des 70 ans ou plus ont versé une donation, alors que presque personne ne le fait avant 50 ans) et plus aisées (le patrimoine brut moyen de leur ménage est de 752 000 euros, contre 279 000 euros).

Cercle de l’Épargne – données INSEE

Ces dernières années, l’immobilier a joué un rôle déterminant dans la montée des inégalités patrimoniales. Tandis que 30 % des ménages les moins favorisés peinent à accumuler des actifs, la hausse du marché immobilier accentue la fracture patrimoniale. Comment assurer une plus grande équité dans l’accès à la propriété et dans la répartition des richesses, notamment à travers l’héritage et la donation. La baisse de la valeur de l’immobilier depuis 2022 ne devrait pas, pour le moment, changer la donne. Les jeunes actifs éprouvent des difficultés pour accéder à la propriété. L’augmentation du nombre de décès liés au vieillissement démographique ne change pas la donne, les biens immobiliers remis sur le marché ne sont pas tous situés sur des territoires à forte demande. Les successions, par ailleurs, ont tendance à accentuer les inégalités.

Le Coin des Epargnants : les marchés et la victoire de Donald Trump

L’élection de Donald Trump avait été en partie anticipée depuis trois semaines par les investisseurs qui ne croyaient plus à un match serré avec Kamala Harris. Aux Etats-Unis, ils ont salué majoritairement les résultats de manière positive. Ils se sont souvenus que le premier mandat de Donald Trump avait été favorable aux actions. La présence d’Elon Musk aux côtés du nouveau Président semble rassurer les actionnaires des entreprises du secteur de la haute technologie. La situation actuelle n’a néanmoins rien de semblable à celle de 2016/2020 qui étaient marquée par les faibles taux d’intérêt et un fort mouvement de créations d’emplois. En 2025, le nouveau Président sera confronté à plusieurs crises internationales : l’Ukraine et le Moyen Orient ainsi que des tensions de plus en plus vives avec la Chine. Le programme économique du nouveau Président est plus protectionniste que le précédent, sa rhétorique sur l’immigration est plus violente. Sa mise en œuvre ferait courir un risque non négligeable sur la croissance américaine et sur celle de la planète. Pour le moment, les investisseurs aux Etats-Unis n’y croient pas réellement. Dans ce contexte, les grands indices américains ont gagné plus de 4 % cette semaine, le Nasdaq augmentant de 5,85 %.

Après l’élection de Donald Trump, les marchés européens ont néanmoins accusé plus durement le coup que les autres. A Paris, le Cac 40, qui avait cédé du terrain après la victoire de Donald Trump, a mal réagi à l’annonce du plan chinois de relance. L’indice a cédé 1,17 % vendredi 8 novembre et a terminé à 7.338,67 points, son plus-bas niveau depuis le 14 août. Il enchaine une troisième semaine consécutive de recul. Les autres indices européens ont également reculé. En revanche, les indices américains ont salué la victoire de Donald Trump.

Un nouveau plan chinois pour sortir de la stagnation

Le Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale de Chine a décidé un relèvement du plafond de la dette des gouvernements locaux de 6 000 milliards de yuans (environ 780 milliards d’euros), afin d’apurer les dettes cachées existantes », de permettre aux collectivités de « mieux développer l’économie et d’assurer les moyens de subsistance de la population. » Ce dispositif, auquel s’ajoute un volet de 4 000 milliards de yuans d’obligations spécifiques, n’est pas considéré comme suffisant pour relancer l’économie chinoise qui risque de faire face à l’augmentation des droits douane à partir du mois de janvier prochain. Donald Trump a promis des droits de douane inédits depuis  1945 : 60 % pour les produits chinois et 10% pour le reste du monde, des taux. 

Les valeurs boursières exposées à la Chine, notamment celles du luxe, ont enregistré des baisses sensibles en Bourse  LVMH, Hermès et Kering ont terminé la séance du vendredi 8 novembre en baisse de 3,33 à 7,96 %, tandis que L’Oréal, perdait  3,25%.

La FED maintient son cap de baisse des taux directeurs

Jeudi 7 novembre, la Réserve Fédérale américaine a abaissé d’un quart de point de la fourchette cible des Fed funds, à 4,5 %-4,75 %. Le Président de la FED, Jerome Powell, a souligné, à l’issu de la réunion du comité de politique monétaire,  la vitalité et la force de l’économie américaine. Il a mentionné qu’une nouvelle baisse des taux  en décembre n’était ni exclue, ni garantie. De manière logique, il a refusé de se prononcer sur la manière dont la banque centrale réagirait à la prochaine administration républicaine, estimant que l’élection n’aurait aucun effet sur la politique à court terme et que de toute façon il était trop tôt pour juger de la de la politique qui serait mise en œuvre. Bien que la Fed soit une institution indépendante, le président élu a reproché à ses responsables de ne pas avoir réduit suffisamment les coûts d’emprunt assez rapidement au cours de son premier mandat. Le Républicain aura la possibilité de nommer un nouveau Président de la Fed en mai 2026 ou de reconduire Jerome Powell. A la question sur une possible démission si Donald Trump le lui demandait, le président de la Fed a répondu par la négative, précisant que celui-ci n’avait pas le pouvoir de le licencier.   

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
8 nov. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 338,67-0,65 %7 543,186 471,31
Dow Jones43 988,99+4,83 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 995,54+4,72 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite19 286,78+5,85 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 19 204,91-0,22 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 072,39-1,28 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 877,75-1,90 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)39 500,37+2,99 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 452,30+5,39 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,120 %-0,042 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,366 %-0,037 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,315 %-0,034 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0717-1,44 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 686,80-3,03 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars73,60+0,85 %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Résultats du Livret A du mois de septembre 2024 – Atterrissage automnal

Septembre est un mois qui rime avec dépenses et non avec épargne. Le mois de septembre 2024 s’est soldé par une faible collecte sur le Livret A, soit 210 millions d’euros, et une collecte nulle pour le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), selon les résultats publiés par la Caisse des Dépôts et Consignations.

Retour aux fondamentaux

La collecte de 210 millions d’euros sur le Livret A en septembre est en retrait par rapport aux mois précédents : 1,5 milliard d’euros en août et 1,57 milliard en juillet. Elle est nettement plus faible que celle de septembre 2023 (450 millions d’euros).

Depuis 2009, le Livret A a enregistré six décollectes en septembre (2009, 2013, 2014, 2015, 2017, 2018). Les plus importantes ont été constatées en 2014 et 2015 avec respectivement -2,37 et -2,38 milliards d’euros. Depuis le Covid en 2020, les collectes de septembre avaient toujours été positives, en lien avec la succession de chocs que le pays a connus (Covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste). Sur les dix dernières années, la moyenne des collectes du Livret A pour septembre est de 54 millions d’euros.

La collecte sur les trois premiers trimestres de 2024 a été divisée par deux par rapport à celle de 2023. Sur les neuf premiers mois de 2024, la collecte du Livret A atteint en effet 13,42 milliards d’euros, contre 30,73 milliards sur la même période en 2023, une année exceptionnelle.

Pour le LDDS, septembre est un mois honni

La collecte nulle de septembre pour le LDDS marque une rupture par rapport au mois précédent. Elle s’élevait à 490 millions d’euros en août et à 730 millions en juillet. En septembre 2023, la collecte avait atteint 270 millions d’euros. Sur les neuf premiers mois de 2024, la collecte s’élève à 6,1 milliards d’euros, contre 10,69 milliards pour la même période en 2023, qui avait été une année atypique pour l’épargne réglementée.

Pour le Livret de Développement Durable et Solidaire, la décollecte est la règle en septembre, à l’exception des années 2020 et 2021 marquées par le Covid, et 2023 marquée par la hausse du taux de rémunération à 3 %. Sur ces dix dernières années, le LDDS connaît en septembre une décollecte moyenne de 261 millions d’euros.

Les mauvais résultats pour le LDDS en septembre s’expliquent par le fait qu’il est accouplé plus fréquemment que le Livret A aux comptes courants des ménages. Ces derniers, en cas de besoin, puisent principalement dans leur LDDS.

Un mois de septembre classique à souhait

En 2024, les ménages ont donc puisé dans leurs livrets pour faire face aux dépenses de rentrée et s’acquitter des dernières dépenses de vacances. La consommation a par ailleurs augmenté en août comme en septembre.

La baisse de l’inflation, notable en septembre (1,2 %), a incité les ménages à reprendre le chemin de la consommation, abandonné depuis de longs mois. L’amélioration de leur pouvoir d’achat les conduit à réduire leur effort d’épargne de précaution. Par ailleurs, en septembre, ils ont privilégié l’épargne de long terme. La collecte nette de l’assurance vie a atteint, en septembre, 2,5 milliards d’euros.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) porté par son taux de rémunération

Le LEP a enregistré une collecte positive de 330 millions d’euros en septembre, en retrait par rapport à l’année dernière (800 millions en septembre 2023). Sur neuf mois, la collecte pour ce produit s’élève à 5,7 milliards d’euros, contre 11,1 milliards d’euros sur la même période en 2023. Le maintien d’une collecte positive s’explique par le caractère attractif du taux de rémunération du LEP (4 %).

Un rendement réel positif pour l’épargne réglementée

Avec une inflation inférieure à 2 %, le rendement réel de l’épargne réglementée (Livret A, LDDS) est positif depuis le mois de mars, une situation inédite depuis 2019. Le gel des taux du Livret A et du LDDS, décidé par l’ancien ministre de l’Économie, profite désormais aux épargnants. Ce gel devrait cesser le 1er février 2025. Selon la formule définie par l’arrêté du 27 janvier 2021, le taux sera calculé sur la base de la moyenne de l’inflation et du taux Ester des six derniers mois, avec un taux plancher de 0,5 %. Sur cette base, le taux du Livret A et du LDDS pourrait passer de 3 % à 2,5 %.

Le taux du LEP, quant à lui, est fixé soit par l’inflation des six derniers mois, soit par le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Avec la baisse de l’inflation, le taux du LEP pourrait passer de 4 % à 3 %. Le gouvernement conserve cependant la possibilité de ne pas suivre totalement la formule, comme il l’a fait à plusieurs reprises, notamment pour le LEP ces dernières années.

Cercle de l’Epargne – données CDC

Cercle de l’Epargne – données CDC

Cercle de l’Epargne – données CDC

Livret A : retour aux fondamentaux

Septembre est un mois qui rime avec dépenses et non avec épargne. Le mois de septembre 2024 s’est soldé par une faible collecte sur le Livret A, soit 210 millions d’euros, et une collecte nulle pour le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), selon les résultats publiés par la Caisse des Dépôts et Consignations.

Retour aux fondamentaux

La collecte de 210 millions d’euros sur le Livret A en septembre est en retrait par rapport aux mois précédents : 1,5 milliard d’euros en août et 1,57 milliard en juillet. Elle est nettement plus faible que celle de septembre 2023 (450 millions d’euros).

Depuis 2009, le Livret A a enregistré six décollectes en septembre (2009, 2013, 2014, 2015, 2017, 2018). Les plus importantes ont été constatées en 2014 et 2015 avec respectivement -2,37 et -2,38 milliards d’euros. Depuis le Covid en 2020, les collectes de septembre avaient toujours été positives, en lien avec la succession de chocs que le pays a connus (Covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste). Sur les dix dernières années, la moyenne des collectes du Livret A pour septembre est de 54 millions d’euros.

La collecte sur les trois premiers trimestres de 2024 a été divisée par deux par rapport à celle de 2023. Sur les neuf premiers mois de 2024, la collecte du Livret A atteint en effet 13,42 milliards d’euros, contre 30,73 milliards sur la même période en 2023, une année exceptionnelle.

Pour le LDDS, septembre est un mois honni

La collecte nulle de septembre pour le LDDS marque une rupture par rapport au mois précédent. Elle s’élevait à 490 millions d’euros en août et à 730 millions en juillet. En septembre 2023, la collecte avait atteint 270 millions d’euros. Sur les neuf premiers mois de 2024, la collecte s’élève à 6,1 milliards d’euros, contre 10,69 milliards pour la même période en 2023, qui avait été une année atypique pour l’épargne réglementée.

Pour le Livret de Développement Durable et Solidaire, la décollecte est la règle en septembre, à l’exception des années 2020 et 2021 marquées par le Covid, et 2023 marquée par la hausse du taux de rémunération à 3 %. Sur ces dix dernières années, le LDDS connaît en septembre une décollecte moyenne de 261 millions d’euros.

Les mauvais résultats pour le LDDS en septembre s’expliquent par le fait qu’il est accouplé plus fréquemment que le Livret A aux comptes courants des ménages. Ces derniers, en cas de besoin, puisent principalement dans leur LDDS.

Un mois de septembre classique à souhait

En 2024, les ménages ont donc puisé dans leurs livrets pour faire face aux dépenses de rentrée et s’acquitter des dernières dépenses de vacances. La consommation a par ailleurs augmenté en août comme en septembre.

La baisse de l’inflation, notable en septembre (1,2 %), a incité les ménages à reprendre le chemin de la consommation, abandonné depuis de longs mois. L’amélioration de leur pouvoir d’achat les conduit à réduire leur effort d’épargne de précaution. Par ailleurs, en septembre, ils ont privilégié l’épargne de long terme. La collecte nette de l’assurance vie a atteint, en septembre, 2,5 milliards d’euros.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) porté par son taux de rémunération

Le LEP a enregistré une collecte positive de 330 millions d’euros en septembre, en retrait par rapport à l’année dernière (800 millions en septembre 2023). Sur neuf mois, la collecte pour ce produit s’élève à 5,7 milliards d’euros, contre 11,1 milliards d’euros sur la même période en 2023. Le maintien d’une collecte positive s’explique par le caractère attractif du taux de rémunération du LEP (4 %).

Un rendement réel positif pour l’épargne réglementée

Avec une inflation inférieure à 2 %, le rendement réel de l’épargne réglementée (Livret A, LDDS) est positif depuis le mois de mars, une situation inédite depuis 2019. Le gel des taux du Livret A et du LDDS, décidé par l’ancien ministre de l’Économie, profite désormais aux épargnants. Ce gel devrait cesser le 1er février 2025. Selon la formule définie par l’arrêté du 27 janvier 2021, le taux sera calculé sur la base de la moyenne de l’inflation et du taux Ester des six derniers mois, avec un taux plancher de 0,5 %. Sur cette base, le taux du Livret A et du LDDS pourrait passer de 3 % à 2,5 %.

Le taux du LEP, quant à lui, est fixé soit par l’inflation des six derniers mois, soit par le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Avec la baisse de l’inflation, le taux du LEP pourrait passer de 4 % à 3 %. Le gouvernement conserve cependant la possibilité de ne pas suivre totalement la formule, comme il l’a fait à plusieurs reprises, notamment pour le LEP ces dernières années.

Cercle de l’Epargne – CDC

Cercle de l’Epargne – CDC

Cercle de l’Epargne – CDC

Le Coin des Epargnants du 25 octobre 2024

Des marchés dubitatifs

Les doutes sur la croissance soulignés par la récente note du FMI incitent les investisseurs à la prudence, ce qui contribue à la hausse du cours de l’or, lequel a battu de nouveaux records. Les incertitudes géopolitiques persistantes, la proximité des élections présidentielles américaines et les spéculations autour des politiques monétaires sont des facteurs importants de cette hausse, également alimentée par les achats des banques centrales des pays émergents.

Entre le 21 et le 25 octobre 2024, le CAC 40 a reculé de près de 1,3 % en raison d’une baisse de confiance dans les perspectives économiques européennes et des performances mitigées de plusieurs grandes entreprises. L’indice parisien a baissé plus fortement que les autres indices européens, en raison du recul de certaines valeurs du secteur du luxe et de celui des travaux publics. Les indices américains, à l’exception du Nasdaq, ont également enregistré une baisse cette semaine.

Sur le front obligataire, la tendance était à la hausse cette semaine. Le taux de l’OAT a de nouveau franchi la barre des 3 % dans un contexte budgétaire toujours incertain.

À 76 dollars le baril le vendredi 25 octobre, le Brent a gagné plus de 3 % sur la semaine. Le marché reste hésitant, maintenu sous tension par la forte instabilité géopolitique au Proche-Orient et la difficulté pour les investisseurs de prévoir l’évolution de la situation. Pour l’instant, le risque d’embrasement entre Israël et l’Iran est contrebalancé par les pressions américaines en faveur d’une désescalade. Par ailleurs, les perspectives de demande de pétrole ont été revues à la baisse par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Celle-ci anticipe également une production abondante en 2025, ce qui pèse sur les cours.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
25 oct. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 497,54-1,29 %7 543,186 471,31
Dow Jones42 114,40-2,45 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 808,12-0,88 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite18 518,60+0,78 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 19 463,59-0,99 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 248,84-1,31 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 943,09-0,63 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)37 913,92-2,47 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 299,70+0,72%2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,046 %+0,148 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,293 %+0,110 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,219 %+0,143 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0804-0,59 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 742,06+2,81 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars75,94-+3,64 %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du samedi 18 octobre 2024 : une semaine rythmée par la BCE

La Chine ralentit mais moins vite que prévu

Au troisième trimestre, le PIB de la Chine a progressé de 4,6 % sur un an, soit 0,1 point au-dessus de la prévision du consensus Bloomberg. Ce taux traduit néanmoins un ralentissement par rapport aux 4,7 % observés au deuxième trimestre. Avec une croissance du PIB de 4,8 % au cours des trois premiers trimestres de l’année, l’objectif des 5 % pour l’année reste réalisable, compte tenu des mesures de relance supplémentaires récemment annoncées.

Les ventes au détail en Chine ont augmenté de 3,2 % sur un an en septembre, dépassant les 2,5 % anticipés et les 2,1 % enregistrés en août. La production industrielle a progressé de 5,4 %, contre 4,5 % attendus. Le taux de chômage urbain a reculé de 0,2 point en septembre, pour atteindre 5,1 % de la population active.

Accélération de la baisse des taux par la BCE

Depuis le siège de la Banque de Slovénie, la Banque Centrale Européenne a annoncé, le jeudi 17 octobre, la troisième baisse de 25 points de base de ses taux directeurs après celles de juin et septembre derniers. Le taux de dépôt s’établit désormais à 3,25 %, celui de la facilité de refinancement à 3,4 %, et celui de la facilité de prêt marginal à 3,65 %. C’est la première fois depuis 2014 que l’institution de Francfort réduit ses taux lors de deux réunions consécutives. Initialement, cette baisse était prévue pour décembre, mais trois facteurs ont poussé la BCE à accélérer son programme de diminution des taux :

  • L’inflation a reculé plus rapidement que prévu en septembre. Pour la première fois en plus de trois ans, elle est repassée sous la cible de 2 %, s’établissant à 1,7 %, selon les chiffres révisés d’Eurostat. Dans le secteur des services, la hausse des prix, bien que toujours élevée, est tombée sous les 4 %.
  • L’activité économique est en déclin dans la zone euro. Les indices PMI de septembre signalent une faiblesse persistante, en particulier dans le secteur manufacturier.
  • Le marché du travail commence à se détériorer, accentuant les inquiétudes économiques.

Actions en hausse et record pour l’or

Les indices boursiers européens ont bien réagi à la décision de la BCE de baisser ses taux. Le CAC 40, malgré un léger retard par rapport à d’autres grands indices, a gagné près de 0,5 % sur la semaine, soutenu en partie par le secteur du luxe, qui bénéficie de l’amélioration des perspectives économiques en Chine. Le CAC 40 a terminé la semaine à 7 617,10 points. Les taux des obligations souveraines ont baissé, notamment celui de l’OAT française à 10 ans, qui est repassé sous les 3 %. L’euro s’est déprécié face au dollar, enregistrant une baisse de 1,1 % sur la semaine en raison de la diminution des taux directeurs de la BCE.

Aux États-Unis, les marchés ont été volatils. Le S&P 500 a connu une légère hausse sur la semaine, tandis que le Nasdaq a reculé légèrement. Le secteur technologique montre des signes de ralentissement, notamment en raison des valorisations élevées, bien que certaines entreprises, comme Nvidia, continuent de bénéficier de la forte demande en semi-conducteurs.

Le cours du pétrole a fortement chuté cette semaine (-7 %), en raison de l’absence de menaces immédiates sur les installations pétrolières iraniennes, malgré les tensions géopolitiques.

Vendredi 18 octobre, l’or a atteint un nouveau record, dépassant les 2 710 dollars l’once. Cette hausse a été alimentée par la baisse des taux directeurs de la BCE, qui a incité les investisseurs à se tourner vers le métal précieux au détriment des obligations. Par ailleurs, l’or continue d’être soutenu par les achats des banques centrales des pays émergents ainsi que par les investisseurs chinois, qui se détournent de l’immobilier.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
18 oct. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 613,05+0,15 %7 543,186 471,31
Dow Jones43 275,91+1,05 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 864,67+0,20 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite18 489,55-0,28 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 19 658,01+0,80 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 358,25+1,27 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 986,27-0,38 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 981,75-1,41 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 261,56-1,59%2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,898 %-0,141 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,183 %-0,081 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,076 %-0,001 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0856-1,09 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 717,35+3,71 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars72,91-7,92%77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le Coin des épargnants du 11 octobre 2024 : les valeurs américaines toujours en pointe

Les marchés face aux incertitudes économiques

Au cours de la semaine du 6 au 11 octobre 2024, les marchés actions mondiaux ont affiché des performances contrastées, influencées par des tensions géopolitiques et des incertitudes économiques.

Le CAC 40 a progressé de près de 0,6 %, clôturant la semaine autour de 7465 points. Ce mouvement positif a été soutenu par de bons résultats des entreprises françaises et la solidité des actions énergétiques européennes, profitant de la hausse des prix du pétrole due aux tensions au Moyen-Orient. La présentation du budget, incluant les augmentations d’impôts sur les entreprises, n’a pas eu d’effet notable.

Le DAX 40 allemand a gagné près de 1,3 %, malgré la révision à la baisse des prévisions de croissance économique en Allemagne.

Le FTSE 100 britannique a légèrement progressé, enregistrant une hausse d’environ 0,3 % sur la semaine. L’indice a bénéficié de son exposition aux entreprises du secteur énergétique, qui ont profité de la hausse des prix du pétrole. Toutefois, les inquiétudes persistantes concernant l’inflation et les attentes relatives aux taux d’intérêt ont limité les gains.

Le Nikkei japonais a légèrement reculé, les investisseurs réagissant à des données économiques mitigées au Japon et à l’inquiétude concernant l’environnement macroéconomique mondial. La faiblesse du yen et les tensions géopolitiques ont pesé sur le cours des valeurs mobilières.

Le Shanghai Composite a terminé la semaine en baisse après deux semaines de forte hausse. La crise immobilière persistante a affecté les cours des actions.

Aux États-Unis, le S&P 500 a progressé, soutenu par des données solides sur l’emploi, la baisse de l’inflation et la reprise continue du secteur technologique. Les indices américains continuent de battre des records.

Baisse confirmée de l’inflation aux États-Unis

L’inflation, un sujet clé de la campagne présidentielle, a été confirmée en baisse en septembre aux États-Unis. Cependant, cette baisse a été légèrement inférieure aux attentes, avec une inflation annuelle de 2,4 % contre 2,5 % en août, selon l’indice CPI publié jeudi par le Département du Travail. Sur un mois, les prix ont augmenté de 0,2 %, un rythme similaire à celui des deux mois précédents, légèrement supérieur aux prévisions.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
11 oct. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 577,89+0,54 %7 543,186 471,31
Dow Jones42 863,86+1,25 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 815,03+1,10 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite18 342,94+1,288 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 19 355,73+1,23 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 253,65-0,28 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 954,94-2,25 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)39 605,80+2,73 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 301,93-1,04 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,039 %+0,051 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,264 %+0,054 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,077 %+0,109 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0942-1,15 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 657,63-0,41 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars78,92+1,06%77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le risque géopolitique et les marchés

Guerres au Proche Orient et en Ukraine, tensions avec la Chine, retour du protectionnisme, autant de facteurs négatifs susceptibles de provoquer une baisse du cours des actions ; or tel n’est pas le cas. Depuis le début de l’année, de nombreux indices « actions » battent des records. Seul le CAC 40 en raison des incertitudes politiques françaises fait bande à part. A Wall Street, le S&P 500 a battu mercredi 9 octobre un nouveau record en séance à 5 792 points. L’indice Dow Jones a dépassé pour la première fois les 42.500 points. Toujours aux Etats-Unis, sur le marché où s’échange la dette émise par les entreprises les moins solides, celui de la dette « high yield » (à haut rendement), les primes de risques n’ont jamais été aussi réduites. Les investisseurs se soucient d’avantage de l’élection présidentielle du mois de novembre des évènements au Liban, en Israël ou en Iran. Malgré la menace d’une attaque des puits iraniens de pétrole par la chasse américaine, le cours du baril n’a que progressé ces derniers jours.  Pour le moment,  la guerre menée par Israël n’a pas de conséquences sur la croissance mondiale. Elle pourrait, en théorie, l’affecter à travers la perturbation de la chaîne d’approvisionnement ou l’augmentation des prix de l’énergie, certes, mais ce n’est pas le cas pour l’instant. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a déclaré sur France Info que la BCE regardait « avec attention » l’évolution des prix du pétrole, dans un contexte de vives tensions entre Israël et l’Iran, tout en précisant que si cette hausse « reste relativement limitée et temporaire, cela ne devrait pas avoir d’effets trop négatifs sur l’inflation et la croissance ». Les investisseurs sont plus sensibles aux données économiques. L’annonce du plan de relance de l’économie chinoise a été saluée positivement tout comme la trajectoire de l’inflation au sein des pays de l’OCDE. La publication des résultats de l’emploi aux Etats-Unis est jugée plus importante sur le plan économique que l’envoi de missiles par l’Iran sur Israël. Les investisseurs réagissent aux risques géopolitiques quand ils se matérialisent. Il peut y avoir des anticipations mais en la matière elles sont faibles surtout dans une période ou les incertitudes sont permanentes.

Livret Industrie : un nouveau produit d’épargne en France

La France est championne des produits d’épargne administrés. Après le Livret A, le LDDS, le LEP, le Livret Jeune, le PEL, et le CEL, le nouveau Premier ministre a décidé de créer un Livret Industrie destiné à faciliter le financement de ce secteur. Devant les députés, Michel Barnier a indiqué que « le gouvernement encouragera une meilleure mobilisation de l’épargne des Français pour soutenir cette dynamique industrielle, par exemple à travers un nouveau livret d’épargne dédié à l’industrie. »

Actuellement, le Livret A sert notamment à financer le logement social et le renouvellement urbain, tandis que le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) est principalement dédié au financement des PME engagées dans la transition écologique. Ces fonds permettent également aux banques d’octroyer des prêts de développement durable à des taux attractifs, destinés à financer des travaux de rénovation énergétique des logements collectifs ou individuels.

Depuis plus d’un an, des parlementaires tentent d’orienter une partie de l’épargne du Livret A vers l’industrie de la défense. À deux reprises, le Conseil constitutionnel a abrogé cette disposition, la dernière fois lors de l’examen de la loi de finances pour 2024. Le Conseil avait jugé cette mesure comme étant un cavalier budgétaire. Des sénateurs ont ensuite réintroduit la proposition sous forme de loi, qui a été approuvée au Sénat en mars, mais n’a pas été examinée à l’Assemblée nationale avant la dissolution.

Dans le cadre de la loi Industrie verte, le précédent gouvernement avait également décidé de créer un Plan d’Épargne Avenir Climat (PEAC), un produit d’épargne dédié aux jeunes, visant à contribuer au financement de la transition écologique. Bien que ce produit soit théoriquement accessible depuis le 1er juillet, aucun établissement financier ne le propose encore.

Le Premier ministre n’a pas encore défini les contours précis du futur Livret Industrie. Son succès dépendra de plusieurs facteurs : son régime fiscal, la sécurisation des fonds, son plafond et son rendement.

Le Coin des Epargnants du 27 septembre 2024 : le CAC 40 en forte hausse sur la semaine

Rebond des places européennes

Les places financières ont été à la fête cette semaine. La baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale la semaine dernière, l’annonce du plan de relance en Chine, ainsi que la confirmation de la désinflation, ont dopé les actions. Les chiffres encourageants de l’inflation aux États-Unis sont venus s’ajouter à ceux publiés en France et en Espagne. Aux États-Unis, l’indice PCE (Personal Consumption Expenditures) des dépenses de consommation personnelle a augmenté de 2,2 % sur un an en août, en baisse de trois dixièmes par rapport au mois de juillet, alors que le consensus Bloomberg ne prévoyait qu’un recul de deux dixièmes. En excluant les coûts de l’alimentation et de l’énergie, l’inflation passe de 2,6 % à 2,7 %. Le CAC 40 a gagné près de 4 % sur la semaine, tout comme le DAX allemand. Il s’agit du meilleur résultat hebdomadaire du CAC depuis près d’un an. Les indices américains ont progressé moins rapidement que ceux du Vieux Continent, contrairement aux semaines précédentes.

En France, l’indice des prix à la consommation est passé sous la barre des 2 % pour la première fois depuis plus de trois ans. Sur un an, en septembre, l’inflation harmonisée aux normes européennes est de 1,5 %, contre 2,2 % le mois dernier et 1,9 % attendu, principalement en raison de la baisse des coûts de l’énergie. L’inflation espagnole suit une trajectoire similaire, reculant à 1,7 % sur un an, après 2,4 % précédemment. La BCE a souligné qu’un léger rebond de l’inflation était attendu en fin d’année, ce qui ne permettra pas d’atteindre l’objectif de 2 % en 2024.

La Banque centrale européenne a toutefois averti que la hausse des prix en zone euro reprendrait probablement cette année et que le retour à l’objectif de 2 % ne serait probablement pas atteint avant la fin 2025. La contraction de l’activité économique dans le secteur privé a relancé les pronostics d’une accélération du processus de baisse des taux directeurs en Europe. L’indice PMI global pour la zone euro est tombé à 48,9 points en septembre, contre 51 points le mois précédent. En passant sous le seuil des 50 points, cet indicateur signale une entrée potentielle de la zone euro en récession. À 48,9 points, l’indice atteint son plus bas niveau depuis janvier, malgré l’amorce de la baisse des taux directeurs. Cette situation laisse entrevoir une croissance très faible pour la fin de l’année, d’autant que l’indice recule aussi bien dans l’industrie que dans les services. La France, qui avait bénéficié d’un rebond économique durant l’été grâce aux Jeux Olympiques, enregistre un recul brutal. L’indice PMI des services est passé de 55 à 48,3 points entre août et septembre. En Allemagne, aucune amélioration n’est prévue. L’indice PMI de l’industrie y a atteint 40,3 points en septembre, son plus bas niveau depuis un an.

Les bourses asiatiques ont salué le plan de relance chinois en affichant des hausses significatives. L’indice Shanghai Composite a progressé de plus de 12 % sur la semaine, tandis que le Nikkei japonais a gagné plus de 4 %. Le plan de relance en Chine vise à endiguer le ralentissement de l’économie. Sans intervention publique, le taux de croissance aurait pu se rapprocher des 4 %, un niveau jugé inacceptable par les autorités chinoises.

Quand l’Espagne dépasse la France

Le taux d’intérêt de l’OAT à 10 ans est désormais supérieur à celui de l’obligation espagnole équivalente, atteignant respectivement 2,978 % et 2,962 % le vendredi 27 septembre. C’est une première depuis novembre 2006. La France est ainsi perçue comme un émetteur plus risqué que l’Espagne. Cette dernière bénéficie d’une croissance presque trois fois supérieure à celle de la France et parvient à réduire son endettement public, tandis que celui de la France atteint des niveaux records. En 2025, l’État français pourrait devoir emprunter jusqu’à 300 milliards d’euros sur les marchés, un niveau sans précédent qui commence à inquiéter les investisseurs. Ces derniers craignent un blocage budgétaire, renforçant leur scepticisme quant à la capacité du pays à assainir ses finances publiques.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
27 sept. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 791,79+3,98 %7 543,186 471,31
Dow Jones42 313,00+0,53 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 738,17+0,72 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite18 119,59+0,89 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 19 480,84+3,94 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 320,76+1,21 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 067,45+4,02 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)39 829,56+4,01 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 078,66+12,36 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,920 %-0,044 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,127 %-0,071 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,756 %+0,026 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,1157-0,03 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 649,07+1,29 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars72,22-4,32 %77,1384,08

Assurance vie : un mois d’août tranquille

La collecte de l’assurance vie s’est tassée au mois d’août tout en restant positive pour le huitième mois consécutif. Les Français ont privilégié l’épargne de court terme durant la période estivale, les incertitudes politiques les incitant à la prudence et à l’attentisme.

Une collecte nette de 800 millions d’euros

En août 2024, l’assurance vie a enregistré une collecte nette positive de 782 millions d’euros, après +1,9 milliard d’euros en juillet et +2,5 milliards d’euros en juin. Un an auparavant, en août 2023, l’assurance vie avait connu une décollecte de 1,7 milliard d’euros.

Depuis 1997, quatre mois d’août ont enregistré une décollecte : 2011 (-337 millions d’euros), 2012 (-967 millions d’euros), 2022 (-795 millions d’euros), et 2023 (-1,8 milliard d’euros).

La collecte d’août 2024 se situe dans la fourchette basse des collectes enregistrées en août au cours des dix dernières années, la collecte moyenne étant légèrement au-dessus du milliard d’euros (1,15 milliard d’euros).

La collecte nette est négative pour les fonds en euros au mois d’août, pour le quatrième mois consécutif, avec -825 millions d’euros, tandis qu’elle demeure positive pour les unités de compte, avec +1,6 milliard d’euros.

Les cotisations brutes : les unités de compte en recul

Les cotisations brutes se sont élevées en août 2024 à 9,8 milliards d’euros contre 15,9 milliards d’euros en juillet. Cette baisse en août est classique et s’explique par les vacances (fermeture de nombreux cabinets d’assurances et vacances des assurés). En août 2023, la collecte brute s’était élevée à 8,3 milliards d’euros.

Sur les huit premiers mois de l’année 2024, la collecte a atteint 117,1 milliards d’euros, contre 101,5 milliards d’euros pour la même période en 2023. Traditionnellement, en août, le poids des unités de compte est faible au sein de la collecte globale. En 2024, il s’élève à 34 %, contre 41 % en juillet et 38 % en moyenne sur les huit premiers mois de l’année. Ce taux était de 31 % en août 2023. Les assurés versent souvent de manière automatique sur les fonds en euros, tandis que pour les unités de compte, ils sollicitent généralement l’avis de leur conseiller.

Ralentissement du côté des prestations

En parallèle aux cotisations, et pour les mêmes raisons, les prestations se sont établies à 8,968 milliards d’euros en août, contre 14 milliards d’euros en juillet. En août 2023, les prestations s’étaient élevées à 10 milliards d’euros.

Les Français toujours en mode épargne

Sur les huit premiers mois de l’année, l’assurance vie enregistre une collecte nette de +18,8 milliards d’euros, contre 791 millions sur la même période en 2023. Dans un environnement incertain, les ménages restent en mode épargne tout en effectuant des arbitrages. Ils se retirent des fonds en euros pour investir dans les unités de compte. Les taux promotionnels proposés par les assureurs commencent à porter leurs fruits, avec une collecte en fonds euros qui progresse, atteignant 64 milliards d’euros sur les huit premiers mois de 2024, contre 61 milliards en 2023. Si en 2023 l’assurance vie était distancée en termes de collecte par le Livret A, en 2024, sur les huit premiers mois, elle a repris l’avantage avec un écart de plus de 5 milliards d’euros.

L’encours de l’assurance vie au plus haut

L’encours enregistre un nouveau record, atteignant 1 970 milliards d’euros à fin août 2024, soit une hausse de +4,2 % sur un an.

Une fin d’année pleine d’incertitudes

Avec la baisse de l’inflation, les Français devraient orienter une part plus importante de leur épargne vers des placements longs ce qui devrait profiter à l’assurance vie. Cette dernière pourra compter sur le retour un  rendement réel des fonds en euros, durant l’été, redevenu positif, ce qui n’avait pas été le cas depuis 2020.

La baisse des taux d’intérêt est en général favorable aux actions et donc aux unités de compte. Les taux directeurs ne devraient cependant pas revenir à leur niveau historiquement bas des années 2015/2022, ce qui est un gage de rendement pour les fonds en euros. En outre, les besoins des États, compte tenu de leurs dettes et de leurs déficits, devraient contribuer à la hausse des taux des obligations souveraines.

France Assureurs

France Assureurs

Le Coin des Epargnants du 13 septembre 2024 : la baisse des taux directeurs

Diminution des taux directeurs de la BCE

Après un premier assouplissement le 6 juin dernier et une pause en juillet, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, le 12 septembre, de réduire son taux de dépôt de 25 points de base (25 pb), le portant à 3,5 %. Le taux de la facilité de refinancement et celui de la facilité de prêt marginal ont été abaissés de 60 pb, s’établissant respectivement à 3,65 % et 3,90 %. Cette décision était attendue et anticipée par les investisseurs. La baisse de l’inflation ces derniers mois rendait possible un nouveau relâchement de la politique monétaire. Le taux d’inflation sur 12 mois dans la zone euro, à 2,2 %, se rapproche de la cible des 2 % fixée par la BCE. La hausse des salaires, qui constituait au début de l’année une des principales préoccupations de la BCE, a ralenti. La rémunération par employé a augmenté de 4,3 % au deuxième trimestre, contre 4,8 % au cours des trois premiers mois de l’année. Quelques inquiétudes persistent, notamment dans le secteur des services, où l’inflation a atteint 4,2 % le mois dernier. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix très volatils de l’énergie et de l’alimentation, demeure à 2,8 %.

La stagnation de l’économie européenne a également plaidé en faveur d’un assouplissement monétaire. Le produit intérieur brut de la zone euro pour le deuxième trimestre a été révisé à la baisse, à 0,2 % contre 0,3 % initialement prévu. La consommation reste stable malgré une augmentation du revenu disponible des ménages, ces derniers préférant épargner, signe de la persistance des inquiétudes quant à l’évolution future de l’économie de la zone euro.

Lors de la conférence de presse du 12 septembre dernier, la présidente de la BCE a rappelé que, même si la banque centrale s’est engagée sur la voie d’un assouplissement de sa politique monétaire, le calendrier des baisses de taux et leur ampleur ne sont pas prédéterminés. Elle n’a pas souhaité ainsi donner d’indications sur une éventuelle baisse en octobre.

Une baisse attendue des taux de la FED

La semaine prochaine, la Réserve fédérale américaine devrait entamer son processus de baisse des taux. Une réduction de 50 points de base est attendue pour cette première étape.

Poursuite de la chute du cours du pétrole

Le baril de Brent est passé sous la barre des 70 dollars le mardi 10 septembre, atteignant ainsi son plus bas niveau depuis 2021. En un an, il a perdu plus de 20 % de sa valeur. Cette baisse s’explique par la faible croissance en Chine et dans la zone euro. La tendance a été renforcée par l’annonce, mercredi 11 septembre, d’une hausse des stocks commerciaux américains. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie, ces réserves ont augmenté de 800 000 barils la semaine dernière, soit un volume inférieur aux prévisions, mais qui témoigne néanmoins du ralentissement de la demande. Par ailleurs, l’activité des raffineries a également diminué, avec un taux d’occupation tombé sous les 93 %. Le repli de la demande de carburant aux États-Unis, attendu avec la fin des vacances d’été, s’est avéré plus marqué que prévu.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a révisé à la baisse, jeudi 12 septembre, ses prévisions de consommation de pétrole. Selon elle, la demande de pétrole ne devrait augmenter que de 900 000 barils par jour en 2024, soit 70 000 barils de moins que ses prévisions précédentes. Pour 2025, elle maintient sa prévision d’une croissance de 950 000 barils quotidiens.

Le léger rebond du pétrole en fin de semaine est imputable aux perturbations climatiques dans le golfe du Mexique, dues au passage de l’ouragan Francine. Le baril a ainsi repassé la barre des 70 dollars, mais cette remontée pourrait être temporaire, certains analystes prévoyant un baril à 60 dollars dans les prochaines semaines.

La baisse du cours du pétrole accentue la désinflation et réduit le montant des importations ainsi que les coûts de production pour les pays de la zone euro.

Des actions en hausse

Avec l’annonce de la baisse des taux de la BCE cette semaine et celle attendue la semaine prochaine aux États-Unis, les actions ont connu une hausse ces derniers jours. Le CAC 40 a progressé de près de 1,5 % et le DAX allemand de plus de 2,2 %. Les indices américains ont également fortement augmenté en anticipation de la baisse des taux directeurs. Le Nasdaq a gagné plus de 6 % et le S&P 500 près de 4 % en une semaine.

L’or : de record en record

Cette semaine, l’once d’or a atteint un nouveau record, dépassant les 2 570 dollars. Le métal précieux continue d’être soutenu par les achats des banques centrales et des épargnants chinois, ces derniers se détournant de l’immobilier en raison de la crise dans ce secteur, et multipliant les achats d’or. La baisse des taux d’intérêt par les banques centrales incite également à des arbitrages en faveur de l’or.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats du
13 sept. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats du
29 déc. 2023
Résultats du
30 déc. 2022
CAC 40 7 465,25+1,46 %7 543,186 471,31
Dow Jones41 393,78+2,51 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 626,02+3,91 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite17 683,98+6,03 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 688,81+2,23 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 273,09+1,23 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 843,99+1,37 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)36 581,76+0,51 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 704,09-1,73 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,839 %-0,040 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,148 %-0,056 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,662 %-0,0630 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,1085-0,01 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 580,91+3,29 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars72,60+1,83 %77,1384,08
Cercle de l’Epargne

Nouvelle augmentation des dépôts à vue des particuliers

Après avoir atteint un record en juillet 2022 à 543 milliards d’euros, les dépôts à vue avaient connu une décroissance en lien avec la hausse de la rémunération des produits de taux, notamment celle du Livret A, du LDDS et du LEP. En avril 2024, l’encours était tombé à 468,6 milliards d’euros. Depuis, il a repris le chemin de la hausse, atteignant près de 479 milliards d’euros à la fin juillet 2024, soit une augmentation de 9 milliards d’euros depuis la fin mai. Les incertitudes politiques poussent peut-être les ménages à conserver davantage de liquidités. De plus, le nombre croissant de Livrets A et de LDDS ayant atteint leur plafond pourrait également expliquer la progression de l’encours des dépôts à vue. Entre la fin de l’année 2019 et juillet 2024, cet encours a augmenté de 72 milliards d’euros.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France

Vers une baisse du taux du Livret A en 2025

Le gel du taux du Livret A, décidé par le ministre de l’Économie en 2023, est censé prendre fin en février 2025. Compte tenu de l’évolution de l’inflation et des taux directeurs de la Banque centrale européenne, le taux du Livret A devrait baisser. Selon l’arrêté du 27 janvier 2021 relatif aux taux d’intérêt des produits d’épargne réglementée, ce taux est égal à la moyenne du taux d’inflation hors tabac et du taux « Ester » des six derniers mois. Le taux d’inflation pourrait être de 2 % en juillet et décembre, et le taux « Ester » de 3,5 %. Le taux du Livret A pourrait donc s’établir à 2,75 %.

De son côté, le taux du Livret d’Épargne Populaire (LEP) devrait également diminuer. Ce taux est le plus élevé entre le taux d’inflation des six derniers mois ou le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Actuellement fixé à 4 %, il pourrait être abaissé à 3,25 % au 1er février 2025. Le gouvernement pourrait cependant faire un geste en ne le réduisant qu’à 3,5 %.

Le Coin des Epargnants du 7 septembre 2024 : c’est la rentrée !

Une rentrée boursière morose

En cette première semaine de rentrée, les indices boursiers ne sont pas à la fête. Les perspectives peu encourageantes de la croissance chinoise et les doutes persistants quant à celle des États-Unis ont incité les investisseurs à la prudence, les poussant à se tourner vers les valeurs obligataires. Malgré la nomination d’un nouveau Premier ministre, le CAC 40 a perdu plus de 3,5 % sur la semaine. De son côté, l’indice européen Eurostoxx a chuté de près de 4 %. Le Nasdaq a enregistré sur la semaine une forte baisse, soit plus de 5 %. Le S&P 500 a, de son côté, perdu plus de 4 %. Les valeurs technologiques connaissent un mouvement de correction en raison de perspectives de bénéfices moins fortes qu’anticipées.

Les taux des obligations d’État ont reculé, plus aux États-Unis qu’en Europe, et notamment en France en lien avec des anticipations de baisse des taux directeurs et des achats des investisseurs se désengageant des actions.

Emploi américain : une lecture complexe

Le vendredi 6 août, les analystes ont suivi de près la publication des résultats du marché de l’emploi aux États-Unis. Cependant, ils peinent à en tirer des conclusions définitives quant à l’évolution des taux directeurs américains. En effet, au mois d’août, 142 000 emplois (hors secteur agricole) ont été créés. Ces créations sont supérieures à celles de juillet, mais inférieures aux 165 000 anticipées par les économistes interrogés par Bloomberg. Le taux de chômage est passé de 4,3 % à 4,2 % en un mois. Les salaires, quant à eux, ont augmenté de 3,8 % sur un an, contre 3,7 % prévu et 3,6 % en juillet. Face à ces résultats, la majorité des investisseurs penchent pour une réduction des taux directeurs par la Fed de 25 points de base en septembre. Toutefois, la proportion de ceux envisageant une baisse de 50 points est passée de 39 % à 41 % (indicateur CME fondé sur les contrats à terme des Fed funds). La réunion de la Fed est prévue pour les 17 et 18 septembre prochains.

En Europe, la sortie de la stagnation reste incertaine

L’économie de la zone euro a progressé moins rapidement que prévu entre avril et juin (+0,2 % contre +0,3 % initialement estimé). Bonne nouvelle pour l’inflation : la hausse des salaires s’est ralentie à 4,3 % au deuxième trimestre, contre 4,8 % au premier trimestre, selon les calculs de Bloomberg Economics. Cette morosité pourrait inciter la Banque centrale européenne à intensifier l’assouplissement de sa politique monétaire. La baisse de la production industrielle en Allemagne en juillet augmente le risque de récession pour la première puissance économique de la zone euro. La production manufacturière allemande s’est contractée de 2,4 % en juillet, un recul nettement supérieur à la baisse de 0,5 % anticipée par les économistes, annulant ainsi la hausse de 1,7 % enregistrée le mois précédent. En France, la production industrielle a également reculé de 0,9 % en juillet.

Le cours du pétrole au plus bas

Le prix du pétrole Brent a chuté de près de 10 % cette semaine, sous l’effet du ralentissement de l’économie chinoise, de la stagnation européenne et des incertitudes concernant l’économie américaine. Le baril de Brent s’échangeait à 70 dollars le vendredi 6 août. Dans ce contexte, huit membres de l’OPEP+, dont l’Arabie saoudite et la Russie, ont convenu de prolonger de deux mois leurs réductions volontaires de production, à hauteur de 2,2 millions de barils par jour. L’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman sont également concernés.

Le prix du pétrole est également en baisse en raison des déclarations des candidats à l’élection présidentielle américaine, qui ne prévoient aucune limitation de l’exploitation pétrolière aux États-Unis. De nouveaux acteurs, tels que le Brésil et le Guyana, émergent également sur le marché pétrolier. Certains membres de l’OPEP cherchent à s’affranchir des quotas de production, craignant que la demande de pétrole diminue dans les prochaines années avec la décarbonation progressive des économies.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
6 sept. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 352,30-3,65 %7 543,186 471,31
Dow Jones40 345,41-2,75 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 408,42-4,32 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 690,83-5,62 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 280,49-3,19 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 181,47-2,33 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 738,06-3,93 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)36 391,47-5,84 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 765,81-2,42 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,879 %-0,041 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,204 %-0,104 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,725 %-0,170 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,1070+0,49 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 487,00+0,18 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars70,76-9,11 %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du 31 août 2024 : une rentrée sous de bons auspices

Un mois d’août moins terrible que prévu

Le mois d’août 2024 avait mal commencé sur le plan boursier en raison des craintes d’une récession aux États-Unis liées à la décision de la Réserve fédérale de ne pas baisser ses taux directeurs lors de sa dernière réunion en juillet. Cependant, les investisseurs ont rapidement retrouvé confiance grâce à la publication de données économiques encourageantes. Les résultats sur l’inflation, tant en Europe qu’aux États-Unis, semblent confirmer la vigueur de la désinflation, ouvrant ainsi la voie à des baisses de taux de part et d’autre de l’Atlantique. En Europe, le taux d’inflation dans la zone euro est passé de 2,6 % en juillet à 2,2 % en août sur un an, atteignant son plus bas niveau depuis mi-2021. Cette diminution est principalement attribuable à la baisse des coûts de l’énergie, mais elle témoigne également de la réalité du processus de désinflation. Le taux d’inflation sous-jacente (hors énergie, matières premières et alimentation) a également reculé, passant de 2,9 % à 2,8 %. Seul bémol à cette normalisation : l’inflation des services, qui s’est accrue, passant de 4 % à 4,2 %. Dans ce contexte, une réduction de 25 points de base des taux directeurs de la BCE est attendue en septembre.

Le CAC 40 a enregistré une progression de plus de 2 % en août. Pour retrouver une hausse plus marquée, il faut remonter à mars dernier (+3,5 %). L’indice parisien reste néanmoins pénalisé par les incertitudes politiques. Dans le reste de l’Europe, le DAX allemand et l’indice paneuropéen STOXX 600 ont atteint des niveaux records. Pour sa part, le CAC 40 n’a pas réussi à compenser les effets de la dissolution de l’Assemblée nationale. Sa progression est désormais plus lente que celle des autres grands indices européens ou américains, alors qu’en 2023, elle était équivalente, voire supérieure. Au mois d’août, l’indice américain S&P 500 a progressé de 3,5 % et le Nasdaq de plus de 2,6 %.

Le mois d’août a également été marqué par de nouveaux records pour l’or. Le 20 août, l’once d’or a ainsi atteint 2 530,30 dollars. Sur un an, le cours de l’once d’or a progressé de plus de 4 %, et la hausse avoisine les 30 % sur deux ans. Le métal précieux est toujours soutenu par les achats des banques centrales, notamment celles des pays émergents, ainsi que par la persistance des tensions internationales.

Le baril de pétrole Brent s’est échangé à moins de 80 dollars au cours du mois d’août, contribuant ainsi à la désinflation. Le ralentissement de la croissance en Chine et les doutes concernant celle des États-Unis expliquent la faiblesse actuelle du cours du pétrole.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
30 août 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 630,95+0,71 %7 543,186 471,31
Dow Jones41 563,08+0,40 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 648,40-0,14 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite17 713,62-1,52 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 907,66+1,63 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 376,63+0,63 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 957,98+1,07 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 647,75+0,00 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 842,21-0,36 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,020 %+0,042 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,308 %+0,068 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,895 %-0,018 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,1185+1,46 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 503,90-0,05 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars78,88-0,29 %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le cash n’est pas mort

Au premier trimestre de cette année, les Français disposaient de près de 190 milliards d’euros en numéraire (pièces et billets). Ce montant était en légère baisse par rapport au quatrième trimestre 2024 (193 milliards d’euros). Avant la crise sanitaire, le montant de cash détenu était plus faible, s’élevant à 136 milliards d’euros au quatrième trimestre 2023. Cette volonté de conserver de l’argent liquide sous forme de billets et de pièces illustre la défiance des ménages face à la situation économique, d’autant qu’ils recourent de plus en plus au paiement sans contact pour leurs achats. La détention de liquide peut s’apparenter à une épargne de précaution. Une autre explication à cette augmentation du numéraire pourrait être le développement de l’économie informelle (paiement en liquide de certains travaux ou locations, par exemple).

Cercle de l’Épargne – données Banque de France

Un beau mois de juillet pour l’assurance vie

En juillet 2024, la collecte nette de l’assurance vie s’est élevée à 1,8 milliard d’euros, en baisse par rapport au mois de juin (2,6 milliards d’euros). L’année dernière, en 2023, l’assurance vie avait enregistré une décollecte de 819 millions d’euros. Le résultat de la collecte nette de l’assurance vie se situe au-dessus de la moyenne des dix dernières années (1,6 milliard d’euros). Le produit d’épargne préféré des Français a enregistré sa septième collecte nette positive consécutive.

Une collecte nette toujours portée par les unités de compte

Comme en juin, la collecte nette a été exclusivement portée par les unités de compte, avec une collecte nette de 2,8 milliards d’euros, contre une décollecte nette des fonds en euros de 1 milliard d’euros.

La collecte sur les sept premiers mois de l’année s’est élevée à +17,9 milliards d’euros, soit une hausse de +15,3 milliards d’euros par rapport à celle enregistrée l’année dernière sur la même période. De janvier à juillet, la décollecte nette pour les fonds en euros atteint 4,6 milliards d’euros, tandis que la collecte nette des unités de compte s’élève à 22,5 milliards d’euros.

16 milliards d’euros de cotisations en juillet

En juillet 2024, les cotisations ont atteint 16 milliards d’euros, contre 14,4 milliards d’euros en juin. Elles sont en hausse de 3,7 milliards d’euros par rapport à juillet 2023. Sur les sept premiers mois de l’année, la collecte brute a atteint 107,4 milliards d’euros, soit une hausse de 14 milliards d’euros sur un an. La collecte brute en fonds en euros est en forte augmentation (+19 % sur un an), témoignant de l’effet rendement sur le comportement des assurés. Les taux promotionnels ont incité les Français à investir ces derniers mois en fonds en euros. La collecte brute en unités de compte est également en hausse (+9 % sur sept mois). Les unités de compte ont bénéficié de 6,2 milliards d’euros de cotisations, représentant ainsi 38 % de la collecte brute. De janvier à juillet, la part des unités de compte dans la collecte brute globale est également de 38 %, en recul de deux points par rapport au taux constaté en 2023.

Des prestations toujours soutenues

Les prestations se sont élevées à 14,2 milliards d’euros en juillet 2024, contre 11,8 milliards d’euros en juin. En juillet 2023, elles s’étaient élevées à 13,1 milliards d’euros. Le niveau des prestations et des rachats reste important, ce qui montre que les ménages français n’hésitent pas à arbitrer entre leurs différents placements. Il y a indéniablement une gestion de l’assurance vie plus dynamique que par le passé. Le montant des prestations augmente également en raison du nombre plus élevé de décès (liquidation de contrats).

Un encours à plus de 1 950 milliards d’euros

L’encours atteint 1 956 milliards d’euros à fin juillet 2024, en hausse de +2,9 % sur un an.

L’assurance vie, une gestion de plus en plus dynamique

Malgré la succession de crises, l’assurance vie fait preuve d’une réelle résilience. Les incertitudes politiques n’ont pas eu d’impact sur la collecte de juillet.

Les résultats de l’assurance vie depuis le début de l’année traduisent bien son retour en grâce auprès des épargnants. Ces résultats confirment ceux de l’enquête 2024 Amphitéa – Cercle de l’Épargne, selon laquelle l’assurance vie a retrouvé, pour la première fois depuis 2016, la première place dans le classement des produits d’épargne les plus intéressants. Ces dernières années, le Livret A et l’investissement immobilier locatif avaient relégué l’assurance vie à la troisième place du podium.

En termes de comportements, les ménages reviennent sur les fonds en euros, incités par les taux plus élevés proposés par les assureurs. Dans le même temps, ils n’hésitent pas à s’alléger en fonds en euros, témoignant d’une mobilité accrue en ce qui concerne la gestion de leur patrimoine. Les rachats peuvent être liés à un changement d’allocation au sein de leurs contrats d’assurance vie ou donner lieu à des versements sur d’autres placements (immobilier, dépôts à terme, autres contrats d’assurance vie, etc.).

Assurance vie : un beau mois de juillet

En juillet 2024, la collecte nette de l’assurance vie s’est élevée à 1,8 milliard d’euros, en baisse par rapport au mois de juin (2,6 milliards d’euros). L’année dernière, en 2023, l’assurance vie avait enregistré une décollecte de 819 millions d’euros. Le résultat de la collecte nette de l’assurance vie se situe au-dessus de la moyenne des dix dernières années (1,6 milliard d’euros). Le produit d’épargne préféré des Français a enregistré sa septième collecte nette positive consécutive.

Une collecte nette toujours portée par les unités de compte

Comme en juin, la collecte nette a été exclusivement portée par les unités de compte, avec une collecte nette de 2,8 milliards d’euros, contre une décollecte nette des fonds en euros de 1 milliard d’euros.

La collecte sur les sept premiers mois de l’année s’est élevée à +17,9 milliards d’euros, soit une hausse de +15,3 milliards d’euros par rapport à celle enregistrée l’année dernière sur la même période. De janvier à juillet, la décollecte nette pour les fonds en euros atteint 4,6 milliards d’euros, tandis que la collecte nette des unités de compte s’élève à 22,5 milliards d’euros.

16 milliards d’euros de cotisations en juillet

En juillet 2024, les cotisations ont atteint 16 milliards d’euros, contre 14,4 milliards d’euros en juin. Elles sont en hausse de 3,7 milliards d’euros par rapport à juillet 2023. Sur les sept premiers mois de l’année, la collecte brute a atteint 107,4 milliards d’euros, soit une hausse de 14 milliards d’euros sur un an. La collecte brute en fonds en euros est en forte augmentation (+19 % sur un an), témoignant de l’effet rendement sur le comportement des assurés. Les taux promotionnels ont incité les Français à investir ces derniers mois en fonds en euros. La collecte brute en unités de compte est également en hausse (+9 % sur sept mois). Les unités de compte ont bénéficié de 6,2 milliards d’euros de cotisations, représentant ainsi 38 % de la collecte brute. De janvier à juillet, la part des unités de compte dans la collecte brute globale est également de 38 %, en recul de deux points par rapport au taux constaté en 2023.

Des prestations toujours soutenues

Les prestations se sont élevées à 14,2 milliards d’euros en juillet 2024, contre 11,8 milliards d’euros en juin. En juillet 2023, elles s’étaient élevées à 13,1 milliards d’euros. Le niveau des prestations et des rachats reste important, ce qui montre que les ménages français n’hésitent pas à arbitrer entre leurs différents placements. Il y a indéniablement une gestion plus dynamique de l’assurance vie que par le passé. Le montant des prestations augmente également en raison du nombre plus élevé de décès (liquidation de contrats).

Un encours à plus de 1 950 milliards d’euros

L’encours atteint 1 956 milliards d’euros à fin juillet 2024, en hausse de +2,9 % sur un an.

L’assurance vie, une gestion de plus en plus dynamique

Malgré la succession de crises, l’assurance vie fait preuve d’une réelle résilience. Les incertitudes politiques n’ont pas eu d’impact sur la collecte de juillet. Celle-ci, ainsi que celle du Livret A, témoigne du maintien de la propension des ménages à l’épargne en ce milieu d’année 2024.

Les résultats de l’assurance vie depuis le début de l’année traduisent bien son retour en grâce auprès des épargnants. Ces résultats confirment ceux de l’enquête 2024 Amphitéa – Cercle de l’Epargne, selon laquelle l’assurance vie a retrouvé, pour la première fois depuis 2016, la première place dans le classement des produits d’épargne les plus intéressants. Ces dernières années, le Livret A et l’investissement immobilier locatif avaient relégué l’assurance vie hors des deux premières places du podium.

En termes de comportements, les ménages reviennent sur les fonds en euros, incités par les taux plus élevés proposés par les assureurs. Dans le même temps, ils n’hésitent pas à s’alléger en fonds en euros, témoignant d’une mobilité accrue en ce qui concerne la gestion de leur patrimoine. Les rachats peuvent être liés à un changement d’allocation au sein de leurs contrats d’assurance vie ou donner lieu à des versements sur d’autres placements (immobilier, dépôts à terme, autres contrats d’assurance vie, etc.).

France Assureurs

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Résultats du mois de juillet de l’assurance vie : une gestion de plus en plus dynamique de la part des assurés

En juillet, la collecte nette de l’assurance vie s’est élevée à 1,8 milliard d’euros, en baisse par rapport au mois de juin (2,6 milliards d’euros). L’année dernière, en 2023, l’assurance vie avait enregistré une décollecte de 819 millions d’euros. Le résultat de la collecte nette de l’assurance vie se situe au-dessus de la moyenne des dix dernières années (1,6 milliard d’euros). Le produit d’épargne préféré des Français a enregistré sa septième collecte nette positive consécutive.

Une collecte nette toujours portée par les unités de compte

Comme en juin, la collecte nette a été exclusivement portée par les unités de compte, avec une collecte nette de 2,8 milliards d’euros, contre une décollecte nette des fonds en euros de 1 milliard d’euros.

La collecte sur les sept premiers mois de l’année s’est élevée à +17,9 milliards d’euros, soit une hausse de +15,3 milliards d’euros par rapport à celle enregistrée l’année dernière sur la même période. De janvier à juillet, la décollecte nette pour les fonds en euros atteint 4,6 milliards d’euros, tandis que la collecte nette des unités de compte s’élève à 22,5 milliards d’euros.

16 milliards d’euros de cotisations en juillet

En juillet 2024, les cotisations ont atteint 16 milliards d’euros, contre 14,4 milliards d’euros en juin. Elles sont en hausse de 3,7 milliards d’euros par rapport à juillet 2023. Sur les sept premiers mois de l’année, la collecte brute a atteint 107,4 milliards d’euros, soit une hausse de 14 milliards d’euros sur un an. La collecte brute en fonds en euros est en forte augmentation (+19 % sur un an), témoignant de l’effet rendement sur le comportement des assurés. Les taux promotionnels ont incité les Français à investir ces derniers mois en fonds en euros. La collecte brute en unités de compte est également en hausse (+9 % sur sept mois). Les unités de compte ont bénéficié de 6,2 milliards d’euros de cotisations, représentant ainsi 38 % de la collecte brute. De janvier à juillet, la part des unités de compte dans la collecte brute globale est également de 38 %, en recul de deux points par rapport au taux constaté en 2023.

Des prestations toujours soutenues

Les prestations se sont élevées à 14,2 milliards d’euros en juillet 2024, contre 11,8 milliards d’euros en juin. En juillet 2023, elles s’étaient élevées à 13,1 milliards d’euros. Le niveau des prestations et des rachats reste important, ce qui montre que les ménages français n’hésitent pas à arbitrer entre leurs différents placements. Il y a indéniablement une gestion plus dynamique de l’assurance vie que par le passé. Le montant des prestations augmente également en raison du nombre plus élevé de décès (liquidation de contrats).

Un encours à plus de 1 950 milliards d’euros

L’encours atteint 1 956 milliards d’euros à fin juillet 2024, en hausse de +2,9 % sur un an.

L’assurance vie, une gestion de plus en plus dynamique

Malgré la succession de crises, l’assurance vie fait preuve d’une réelle résilience. Les incertitudes politiques n’ont pas eu d’impact sur la collecte de juillet. Celle-ci, ainsi que celle du Livret A, témoigne du maintien de la propension des ménages à l’épargne en ce milieu d’année 2024.

Les résultats de l’assurance vie depuis le début de l’année traduisent bien son retour en grâce auprès des épargnants. Ces résultats confirment ceux de l’enquête 2024 Amphitéa – Cercle de l’Epargne, selon laquelle l’assurance vie a retrouvé, pour la première fois depuis 2016, la première place dans le classement des produits d’épargne les plus intéressants. Ces dernières années, le Livret A et l’investissement immobilier locatif avaient relégué l’assurance vie hors des deux premières places du podium.

En termes de comportements, les ménages reviennent sur les fonds en euros, incités par les taux plus élevés proposés par les assureurs. Dans le même temps, ils n’hésitent pas à s’alléger en fonds en euros, témoignant d’une mobilité accrue en ce qui concerne la gestion de leur patrimoine. Les rachats peuvent être liés à un changement d’allocation au sein de leurs contrats d’assurance vie ou donner lieu à des versements sur d’autres placements (immobilier, dépôts à terme, autres contrats d’assurance vie, etc.).

France Assureurs

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Le Coin des Epargnants du 23 août 2024 : les marchés en hausse en attendant la rentrée

La semaine a été marquée par la hausse de l’euro, profitant des anticipations de baisses des taux directeurs de la Banque centrale américaine. À près de 1,12 dollar vendredi, l’euro a atteint son plus haut niveau depuis le début de l’année. Cette appréciation de l’euro diminue le coût des importations libellées en dollars, notamment pour le pétrole. Le prix de ce dernier est également orienté à la baisse en raison du ralentissement économique en Chine et des craintes concernant l’activité aux États-Unis. L’effet combiné de la baisse des prix et de la hausse du taux de change constitue une bonne nouvelle pour les automobilistes européens.

Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, a déclaré lors du symposium de Jackson Hole, qui réunit chaque année à la fin du mois d’août les banquiers centraux, que « le temps était venu » de baisser les taux directeurs, qui sont actuellement à leur plus haut niveau depuis plus de vingt-trois ans. Bien qu’il n’ait pas précisé le calendrier ni l’ampleur des baisses, il a confirmé que les conditions étaient réunies pour les mettre en œuvre. « L’inflation a considérablement diminué. Le marché du travail n’est plus en surchauffe », a-t-il ajouté. Le rythme de la hausse des prix a été de 2,5 % sur un an en juillet, bien en dessous de son sommet à plus de 7 % il y a deux ans, a souligné le président de la FED. Il s’est dit « de plus en plus convaincu que l’inflation est sur la bonne voie pour revenir à 2 % ». Concernant l’emploi, il a évoqué des signes « incontestables » de fragilisation du marché du travail. Le taux de chômage a atteint 4,3% en juillet, selon le Bureau of Labor Statistics (BLS), son niveau le plus élevé depuis octobre 2021. Les créations d’emplois ont, par ailleurs, récemment été révisées en baisse de plus de 800 000 postes sur les douze mois se terminant en mars dernier, a indiqué le BLS mercredi. Une première baisse de taux semble acquise lors de la prochaine réunion de la banque centrale, les 17 et 18 septembre prochains.

La perspective d’une prochaine baisse des taux directeurs américains a été favorablement accueillie par les investisseurs. Les grands indices boursiers ont progressé cette semaine : +1,63 % pour le CAC 40 et +1,4 % pour le DAX allemand, +1,23 % pour le Dow Jones et 1,14 % pour le Nasdaq. .

Europe : croissance des services et stagnation de l’industrie

Selon les indicateurs PMI publiés par S&P Global, la croissance de la zone euro s’est améliorée au cours du mois d’août, atteignant son rythme le plus élevé depuis trois mois. Lors de la première évaluation, l’indice PMI est passé à 51,2 pour cette période, contre 50,2 en juillet. L’amélioration est nette tant dans les services que dans le secteur manufacturier. La France a largement contribué à cette progression, la composante « services » enregistrant sa plus forte augmentation depuis mai 2022, en raison de l’organisation des Jeux Olympiques. Cependant, les perspectives restent médiocres dans le secteur manufacturier. Globalement, l’économie française a connu un véritable rebond, avec un indice PMI global atteignant 52,7, contre 49,1 en juillet, soit un plus haut depuis 17 mois. L’indice du climat des affaires en France, publié le vendredi 23 août, confirme ce rebond estival de l’activité.

En revanche, la situation demeure sombre pour l’industrie en Europe. L’indicateur PMI, à 45,6, est à son plus bas niveau depuis huit mois. La baisse des nouvelles commandes à l’exportation a particulièrement pesé sur le volume global des nouvelles affaires, les ventes à l’exportation enregistrant leur plus forte baisse mensuelle depuis février. Le volume des nouvelles affaires obtenues par les entreprises a diminué pour le troisième mois consécutif, une situation principalement imputable à l’Allemagne. Son indice PMI pour l’industrie manufacturière est passé de 43,2 en juillet à 42,1 en août. La faiblesse du secteur manufacturier allemand commence à se répercuter sur celui des services. En France, l’industrie n’a pas bénéficié d’un effet Jeux Olympiques, selon S&P Global. Son indice de production manufacturière s’est replié à son plus bas niveau depuis huit mois, à 42,1, contre 44,9 en juillet.

La faiblesse de la conjoncture économique européenne pourrait inciter la Banque centrale européenne (BCE) à abaisser ses taux directeurs en septembre, d’autant plus que l’inflation ne montre pas de signes réels de reprise. Les coûts des prestataires de services ont progressé en août à leur rythme le plus faible depuis quarante mois. Les indicateurs PMI soulignent que les pressions inflationnistes diminuent. Les statistiques sur les salaires au deuxième trimestre, publiées le jeudi 22 août par la BCE, confirment cette tendance, avec des salaires négociés en hausse de 3,6 % par rapport à l’année précédente, contre une hausse de 4,7 % au premier trimestre.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
23 août 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 577,04+1,63 %7 543,186 471,31
Dow Jones41 175,08+1,23 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 634,61+1,16 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite17 877,79+1,14 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 635,53+1,40 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 327,78+0,50 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 907,85+1,39 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 364,27+0,79 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 854,37-0,87 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,978 %+0,014 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,250 %+0,028 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,913 %-0,022 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,1185+1,46 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 515,76+0,22 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars78,89-1,59 %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Nouveau record pour l’or !

Au cours de la semaine du 19 au 24 août, l’once d’or a atteint de nouveaux records en dépassant la barre des 2 500 dollars. Depuis le 1er janvier, l’once d’or a progressé de plus de 20 %, surpassant ainsi l’indice des actions américaines S&P 500, qui a toutefois augmenté de plus de 16 %. La valeur de l’or s’accroît en raison des tensions géopolitiques, de la baisse des taux directeurs et de la crise immobilière en Chine.

La baisse des taux d’intérêt conduit les investisseurs à effectuer des arbitrages en faveur de l’or, qui, par définition, ne génère pas d’intérêts. Le cours de l’or est également soutenu par les tensions géopolitiques, notamment au Proche et Moyen-Orient, où le risque d’un embrasement demeure possible. La guerre en Ukraine, marquée par l’invasion limitée du territoire russe, contribue également à la hausse de l’or, tout comme les incertitudes électorales aux États-Unis. Le retour potentiel de Donald Trump à la Maison blanche pourrait signifier une exacerbation du conflit commercial avec la Chine. Les banques centrales jouent un rôle clé dans l’augmentation du cours de l’or. Selon les données du Conseil mondial de l’or (CMO), les banques centrales ont accru leurs réserves de 1 037 tonnes en 2023 et de 1 081 tonnes en 2022, un rythme inédit depuis une cinquantaine d’années. Au début des années 2010, les volumes d’achats oscillaient autour de 500 tonnes par an. Ces achats proviennent essentiellement des banques centrales des pays émergents, en premier lieu celle de la Chine. Les pays émergents cherchent à réduire leur dépendance au dollar et à diversifier leurs actifs de réserve. À la différence du dollar, l’or n’est soumis à aucun risque de contrepartie et ne peut pas faire l’objet de sanctions. Au deuxième trimestre 2024, les instituts d’émission ont acheté 183 tonnes selon le CMO, soit 39 % de moins qu’au premier trimestre, mais 6 % de plus par rapport à l’année précédente. Au premier semestre, ils ont acquis 483 tonnes, soit 5 % de plus que le précédent record établi au premier semestre 2023. La Banque nationale de Pologne a été l’une des plus actives avec 19 tonnes achetées ce trimestre, tout comme la Banque centrale indienne qui a acquis le même volume. Le prix de l’or est également en hausse en raison des achats effectués par les ménages chinois. Confrontés à une crise immobilière de grande ampleur, ces derniers consacrent une part croissante de leur épargne à l’achat de pièces, de lingots ou de parts de fonds investis en or. En 2023, ces achats ont augmenté de 28 % en Chine, atteignant 280 tonnes. Les fonds indiciels (ETF-or) rencontrent un succès croissant.

La hausse rapide du cours de l’or, qui a surpris de nombreux analystes, devrait se modérer avec la fin des anticipations sur la baisse des taux et le ralentissement des achats des banques centrales. Néanmoins, plusieurs facteurs pourraient encore, dans les prochaines semaines, favoriser l’augmentation du cours du métal précieux : les tensions internationales et les incertitudes politiques. Certains analystes évoquent un cours à 3 000 dollars l’once, mais la tendance moyenne du marché se situe plutôt autour de 2 500/2 600 dollars. Le prix plancher de l’or, longtemps estimé à 1 000 dollars, se situerait aujourd’hui entre 1 850 et 2 000 dollars l’once. Cette hausse du prix plancher s’explique par l’augmentation des coûts de production de l’or, autour de 1 300 dollars l’once, et par les achats des banques centrales, qui absorbent entre 25 et 27 % de la production annuelle des mines aurifères.

Cercle de l’Épargne – données CMO

Pas de trêve estivale pour le Livret A

Les ménages continuent d’épargner durant l’été 2024. Le Livret A, le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), ainsi que le Livret d’Épargne Populaire (LEP) ont tous enregistré des collectes positives en juillet. Avec la baisse de l’inflation, ces produits offrent désormais un rendement réel positif.

Une collecte en hausse pour le Livret A

La collecte de juillet s’est élevée à 1,7 milliard d’euros, contre 1,23 milliard d’euros en juin et 2,16 milliards d’euros en juillet 2023. Depuis 2009, seulement trois décollectes ont été enregistrées en juillet pour le Livret A (-0,97 milliard d’euros en 2015, -1,08 milliard d’euros en 2014 et -1,07 milliard d’euros en 2009). Sur les sept premiers mois de l’année, la collecte du Livret A atteint 11,71 milliards d’euros, contre 28 milliards d’euros sur la même période en 2023, une année exceptionnelle.

Les résultats de juillet montrent l’attrait continu des ménages pour l’épargne réglementée. Cette collecte est nettement supérieure à la moyenne de ces dix dernières années (1 milliard d’euros pour le mois de juillet entre 2014 et 2023). Les Français semblent réticents à puiser dans leur épargne pour augmenter leurs dépenses de consommation, contrairement aux Américains, par exemple. Face aux incertitudes politiques nées des élections législatives des 30 juin et 7 juillet derniers, les ménages privilégient l’attentisme et la prudence, faisant du Livret A une valeur refuge.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire toujours dynamique

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) a enregistré en juillet une collecte de 730 millions d’euros, contre 590 millions d’euros en juin et 600 millions d’euros en mai. En juillet 2023, la collecte pour ce produit s’élevait à 970 millions d’euros. Sur les sept premiers mois de l’année, la collecte atteint 5,61 milliards d’euros.

Comme pour le Livret A, les résultats du LDDS sont supérieurs à la moyenne des dernières années. Entre 2014 et 2023, la collecte moyenne était de 300 millions d’euros. Depuis la création de la base statistique par la Caisse des dépôts et consignations, seules deux décollectes ont été constatées pour le LDDS en juillet (2009 et 2015).

Nouveaux records d’encours pour le Livret A et le LDDS

En juillet, le Livret A et le LDDS ont une nouvelle fois battu des records d’encours, atteignant respectivement 427 et 155,1 milliards d’euros, portant le total des deux placements à 582,2 milliards d’euros.

Livret d’Épargne Populaire : une collecte en légère baisse en juillet

En juillet, le Livret d’Épargne Populaire (LEP) a enregistré une collecte positive de 460 millions d’euros, en baisse par rapport aux 570 millions d’euros de juin. Cette collecte succède à deux décollectes (-40 millions d’euros en mai et -270 millions d’euros en avril).

La baisse du taux de rendement du LEP, de 5 % à 4 %, annoncée en juillet et effective depuis le 1er août, n’a pas eu d’effet notable sur la collecte. Les ménages à revenus modestes continuent de vouloir épargner dans un contexte économique et politique incertain. L’encours du LEP atteint également un record, à 76,9 milliards d’euros.

Une normalisation contrariée

Le taux d’épargne des ménages en France en 2024 reste près de trois points au-dessus de celui d’avant la crise sanitaire de 2020. Le Livret A est le principal bénéficiaire de cette propension à l’épargne, avec un encours en progression de 129 milliards d’euros entre décembre 2019 et juillet 2024. Une baisse du taux d’épargne et de la collecte d’épargne réglementée est attendue depuis plusieurs mois sans jamais se concrétiser. Durant la période d’inflation, les ménages ont privilégié l’épargne, comme c’est souvent le cas, au détriment de la consommation. Cette dernière ne profite pas encore de la désinflation car les ménages doutent de l’amélioration de la situation économique, leur moral, mesuré par l’INSEE, restant faible.

Traditionnellement, le second semestre, avec la rentrée scolaire, le paiement des impôts locaux et les fêtes de fin d’année, est davantage orienté vers les dépenses que vers l’épargne, bien que cette tendance ait été perturbée ces dernières années. Cette année, le contexte politique, avec de possibles hausses d’impôts, pourrait inciter les ménages à choisir une fois de plus la prudence.

Plus de 700 000 bénéficiaires, en 2021, de l’actionnariat salarié en France

En 2021, parmi les entreprises de 10 salariés ou plus ainsi que les sociétés cotées de moins de 10 salariés du secteur privé, 1,5 %, soit environ 3 700 entreprises, ont mis en place un dispositif d’actionnariat salarié. Plus de 700 000 salariés en ont bénéficié. Cette même année, 44 % des entreprises ayant mis en œuvre au moins une opération d’actionnariat salarié l’ont fait via un Plan d’Épargne Entreprise (PEE). Parmi celles ayant mené au moins une opération d’actionnariat salarié en 2021, 52 %, soit environ 1 900 entreprises, ont opté pour d’autres dispositifs sans recourir au PEE. Parmi celles-ci, 33 % ont exclusivement instauré une attribution gratuite d’actions (AGA) et 19 % ont eu recours à d’autres mécanismes, tels que les bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE), les stock-options, ou une combinaison de ces dispositifs.

L’actionnariat salarié est plus fréquent dans l’industrie (1,7 % des entreprises) que dans la construction (1,3 %) ou le secteur tertiaire (1,5 %). Certains secteurs des services y recourent toutefois davantage, notamment les activités financières et d’assurance (5,7 %) ainsi que le secteur de l’information et de la communication (4,8 %). Dans ces secteurs, 16,2 % des salariés des activités financières et d’assurance en bénéficient, contre 15,2 % dans l’information-communication.

L’actionnariat salarié tend à se développer avec la taille de l’entreprise. Ainsi, 19,3 % des entreprises de 1 000 salariés ou plus y ont recours, contre seulement 0,9 % des entreprises de 10 à 49 salariés. Parmi les sociétés cotées, 30,6 % ont réalisé au moins une opération d’actionnariat salarié en 2021, bénéficiant à 74,0 % de leurs salariés. Par ailleurs, 73,9 % des entreprises pratiquant l’actionnariat salarié ont également mis en place au moins un dispositif d’épargne salariale (participation, intéressement, PEE, ou plan d’épargne retraite collectif). En 2021, 97,7 % des bénéficiaires de l’actionnariat salarié étaient ainsi couverts par au moins un dispositif d’épargne salariale, dont 71,2 % par l’ensemble des quatre dispositifs. Le cumul de l’actionnariat salarié avec les dispositifs d’épargne salariale est beaucoup plus fréquent dans les grandes entreprises. Seules 54,4 % des entreprises de moins de 50 salariés pratiquant l’actionnariat salarié ont également mis en place un ou plusieurs dispositifs d’épargne salariale. Ces dispositifs couvrent 52,4 % des bénéficiaires d’au moins une opération d’actionnariat salarié dans les entreprises de cette taille. Dans les entreprises de 1 000 salariés ou plus, le cumul est quasi systématique.

Le Coin des Epargnants du 17 août 2024 : un marché qui cherche son Nord

Après avoir craint le pire, les investisseurs espèrent désormais le meilleur pour l’économie américaine. Dans un marché étroit et volatil, les fluctuations à la baisse et à la hausse sont significatives. Le CAC 40 a conclu, vendredi 16 août, sa meilleure semaine depuis le début du mois de juillet en gagnant plus de 2 %. L’indice allemand DAX a fait mieux, progressant de plus de 3 %, tout comme le S&P 500. Le Nasdaq a enregistré, sur la semaine, une hausse de 5,24 %.

Outre-Atlantique, les statistiques sont toujours contrastées. En juillet, la construction de logements neufs a baissé plus que prévu en raison de la faiblesse de la demande. Le nombre total de mises en chantier a reculé de 6,8 %, atteignant un taux annualisé de 1,24 million, soit le niveau le plus bas depuis 2020, contre 1,33 million attendu. Le nombre de permis de construire délivrés a diminué de 4 %, pour atteindre 1,4 million, soit deux points de moins qu’anticipé. Cependant, les craintes d’une récession aux États-Unis se sont éloignées après la publication de plusieurs indicateurs cette semaine, de l’inflation aux demandes d’allocations chômage, en passant par les ventes au détail.

Les résultats de l’inflation du mois de juillet aux États-Unis ont été bien accueillis par les investisseurs. Les prix à la consommation ont, en effet, augmenté, comme prévu, de 0,2 % en juillet par rapport au mois précédent et de 2,9 % sur un an, alors que le consensus prévoyait une progression légèrement plus marquée de 3 %. C’est la première fois depuis 2021 qu’ils passent sous ce seuil. L’indice annuel de référence, qui exclut les denrées alimentaires et l’énergie, s’est établi à +3,2 %, un dixième de moins qu’attendu. Ces données devraient permettre à la Réserve fédérale de réduire ses taux en septembre, trois mois après la Banque centrale européenne et six mois après la Banque nationale suisse. Le débat dans les salles de marché ne porte donc plus sur le calendrier de la première baisse, mais plutôt sur son ampleur. Le marché parie désormais sur un assouplissement de 25 points de base, un scénario évalué à 58,5 %. La probabilité d’une réduction plus forte, d’un demi-point, est, en revanche, en baisse.

Au Royaume-Uni, les prix à la consommation ont moins augmenté que prévu le mois dernier. Cette moindre progression concerne en premier lieu le prix des services. L’inflation dans ce secteur est passée de 5,7 % à 5,2 %, soit le chiffre le plus bas depuis plus de deux ans et en dessous des 5,6 % prévus par la Banque d’Angleterre.

En Nouvelle-Zélande, la banque centrale a baissé son taux d’escompte de 5,5 % à 5,25 %, alors qu’en mai, elle n’envisageait pas de le faire avant le second semestre 2025. Cet assouplissement est justifié par la baisse plus rapide que prévue de l’inflation, une augmentation du chômage et une économie atone.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
16 août 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 449,70+2,23 %7 543,186 471,31
Dow Jones40 659,76+2,95 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 554,25+3,92 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite17 631,72+5,24 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 328,85+3,46 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 311,41+1,73 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 839,83+3,47 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 062,67+8,67 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 879,43+0,60 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,978 %+0,014 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,250 %+0,028 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,913 %-0,022 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0993+0,66 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 487,60+2,47 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars79,50-0,11 %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du samedi 3 août 2024

Les marchés suspendus aux taux directeurs américains

Le CAC 40 a reculé au mois de juillet de 0,40 % quand l’indice allemand Dax et le britannique Footsie continuaient leur marche en avant. Sur un an, le CAC 40 est stable quand l’indice phare de Francfort progresse de plus de 12 %. Cet écart est imputable à la crise politique qui s’est ouverte le 9 juin dernier, jour des élections européennes. Par ailleurs, les valeurs du luxe ont perdu du terrain en raison de perspectives de ventes jugées décevantes. A souligner qu’au mois de juillet, l’indice des valeurs technologiques américaines, le Nasdaq, est en recul de 1,6 %. Les investisseurs commencent à réviser à la baisse les gains espérés de l’intelligence artificielle et engrangent de substantielles plus-values.

A la fin du mois de juillet, le baril de pétrole (BRENT) s’échangeait à 80 dollars en baisse de plus de 7 % sur un mois, notamment en lien avec le ralentissement de la croissance chinoise.

En ce début du mois d’août, le taux d’intérêt des obligations d’Etat à 10 ans ont fortement diminué en raison des anticipations sur les taux directeurs américains. Celui des obligations américaines est repassé en dessous de 4 % perdant près de 0,5 point. Celui de la France est en baisse mais de manière assez réduite conduisant à un écart avec celui de l’Allemagne à près de 0,8 point. Cette baisse des taux est également liée aux inquiétudes sur l’évolution de la croissance américaine. Les investisseurs estiment qu’en ne diminuant pas ses taux ces derniers mois, la Banque centrale a accru le risque de récession. Face à ce risque, ils ont privilégié les achats d’actions voire de l’or. Le cours du métal précieux a progressé en fin de semaine en raison des tensions croissantes au Proche et Moyen Orient. Dans ce contexte, le CAC 40 a reculé de plus de 2,5 % sur la semaine, le Dax allemand de plus de 4 % et le Footsie britannique de plus de 1 %. Les indices américains ont également connu de fortes baisses, le Dow Jones, -2,5 %, le S&P 500, -2,4 % et le Nasdaq, -3,5 %.

Statu quo monétaire aux Etats-Unis sur fond de hausse du chômage

Sans surprise, lors de sa réunion du 31 juillet 2024, le comité de politique monétaire de la Federal Reserve a annoncé le maintien à leur niveau des taux directeurs de cette dernière. Ces derniers évoluent dans la fourchette 5,25 %-5,5 % depuis un an. Leur ascension avait commencé en mars 2022 jusqu’à une dernière hausse intervenue en juillet 2023.

Ce statu quo monétaire attendu a été néanmoins durement ressenti par les investisseurs vendredi 3 août avec la publication des résultats de l’emploi du mois de juillet aux Etats-Unis.

Le taux de chômage a augmenté de deux dixièmes à 4,3 % en juillet, un plus haut en quasiment trois ans. 114 000 postes ont été créés par l’économie américaine durant le 7e mois de l’année, soit 61 000 de moins que prévu. Le solde des mois de juin et mai a été abaissé par ailleurs de 29 000. Des voix se font entendre sur la frilosité de la FED qui aurait manqué l’occasion de baisser ses taux dès le mois de juillet. Pour le mois de septembre, les jeux semblent faits. De nombreux indicateurs rendent, en effet, possible la diminution des taux directeurs aux Etats-Unis : la modération des créations d’emploi, la hausse du chômage et la baisse de l’inflation même si elle demeure un peu élevée ces derniers mois. La consommation s’essouffle légèrement. Les grandes enseignes pour maintenir leurs ventes sont contraintes de multiplier les opérations de promotion. Les Américains ne disposent plus de réserves comme en 2023, ayant largement puisé dans leur cagnotte covid à la différence des Européens. Si la croissance a été vive au deuxième trimestre, elle pourrait être bien plus faible au troisième.

Dans sa conférence de presse du 31 juillet, le Président de la Fed, Jerome Powell, a indiqué que le comité ne se décide pas par avance. Il a précisé que « nous nous rapprochons du moment où la baisse pourra être enclenchée ». Il a néanmoins souligné que si l’inflation s’avérait plus résistante, avec des anticipations d’inflation de long terme plus fortes, la politique monétaire ne pourrait pas être assouplie. Dans son communiqué, la banque centrale américaine a rappelé qu’elle cherche à la fois à maximiser l’emploi et à atteindre sa cible d’inflation de 2 %. La FED a été contrainte de réviser son plan de baisse de ses taux directeurs en 2024 en raison du rebond de l’inflation au printemps. Au lieu des trois baisses, une seule en 2024 devrait être mise en œuvre. Donald Trump, s’en est pris récemment à Jerome Powell ainsi qu’aux autres banquiers centraux estimant que la baisse des taux directeurs pourraient fausser les élections du mois de novembre. Il a même dans un premier temps indiqué qu’il limogerait Jerome Powell avant de se raviser tout en soulignant que son éventuel maintien sera conditionné à la mise en œuvre d’une politique monétaire en phase avec son programme. Ces annonces remettant en cause l’indépendance de la Banque centrale ont évidemment choqué. La question des taux d’intérêt est sensible en raison de la propension des Américains à s’endetter pour acheter des biens de consommation. En outre, la décrue des taux contribuerait à relancer le marché immobilier bloqué.

Toujours mercredi 31 juillet, la Banque Centrale d’Angleterre (BoE) a décidé de baisser ses taux directeurs. Cette baisse intervient après 14 hausses réalisées entre décembre 2021 et août 2023. A 5,25 %, son principal taux directeur était à son plus haut niveau depuis 15 ans. La diminution des taux a donné lieu à un âpre débat au sein de la banque centrale, la décision ayant été votée à seulement 5 voix contre 4. Si l’inflation totale est retombée à 2 %, sa composante hors éléments volatils (comme les prix de l’énergie), l’inflation « cœur » était de 3,5 % en juin. Dans les services, elle atteint 5,7 %. Malgré tout, la Banque centrale a décidé de diminuer les taux afin de faciliter la reprise de l’économie qui a été en récession en 2023.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
2 août 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 251,80-2,58%7 543,186 471,31
Dow Jones39 737,26-2,50 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 346,56-2,41 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 776,16-3,49 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 17 642,14-4,27 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 165,23-1,26 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 50-0,71 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)35 909,70+1,22 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 907,87+0,60 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,958 %-0,152 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,164 %-0,242 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,814 %-0,466 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0923+0,51 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 423,75+3,29 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars76,88-4,16 %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Assurance vie : un premier semestre de bon aloi

L’assurance vie a su faire face, en juin, aux vents contraires, avec un résultat plus qu’honorable. L’assurance vie a, en effet, enregistré, en juin, sa sixième collecte nette positive successive. Avec 2,8 milliards d’euros, cette dernière est supérieure à celle de juin 2023  (1,7 milliard d’euros). Elle est supérieure à celle de mai mais inférieure à celles des mois de février, mars et avril.

Le résultat de 2024 est au-dessus de la moyenne de ces dix dernières années (1,1 milliard d’euros). Depuis 1997, trois décollectes ont été enregistrées au mois de juin, en 2012, 2013 et en 2020. Les deux premières sont imputables à la crise des dettes souveraines et la dernière à la crise covid.

La collecte nette du mois de juin 2024 est donc d’un bon niveau d’autant plus que le contexte politique aurait pu se traduire par des retraits plus importants. La collecte nette reste portée par les unités de compte (+3,5 milliards d’euros) malgré le recul du CAC40 quand les fonds euros demeurent en décollecte (−0,7 milliard d’euro).

Les ménages n’ont pas mis plus d’argent sur l’assurance vie, ils en ont surtout moins retiré. Ils n’ont pas paniqué face aux évènements mais ils sont néanmoins opté pour une certaine prudence. Ainsi, les cotisations en unités de compte ont reculé de 18 % quand celles en fonds euros ont augmenté de 4 %. Les prestations ont, en juin, diminué de 15 % par rapport à juin 2023, à 11,6 milliards d’euros. Cette baisse est imputable aux fonds euros (−18 %) et, dans une moindre mesure, aux unités de compte (−3 %).

Un premier semestre positif pour l’assurance vie

Après plusieurs années difficiles, l’assurance vie a retrouvé des couleurs au cours du premier semestre. De janvier à juin, la collecte nette a atteint 16,3 milliards d’euros, contre 12,9 milliards d’euros sur la même période en 2023.

Les ménages ont au cours du premier semestre légèrement réduit leur effort d’épargne en faveur des produits de court terme comme les livrets d’épargne réglementés (Livret A, LDDS, LEP, etc.) au profit de placements plus long et notamment l’assurance vie.

De janvier à juin, les cotisations sont en hausse de +10,3 milliards d’euros par rapport à la même période de 2023, soit +13 %, à 91,4 milliards d’euros. Les fonds euros ont enregistré de 18 % et les unités de compte de 5 %.

Sur les six premiers mois de l’année, les prestations ont diminué de 3 % par rapport à la même période de 2023, à 75,1 milliards d’euros. Les rachats sur les fonds euros diminuent de 4,2 milliards d’euros) tandis que les prestations des unités de compte augmentent de 1,5 milliard d’euros. L’amélioration du rendement des fonds euros a certainement conduit à une diminution des rachats par rapport à l’année précédente.

Les 2000 milliards d’euros d’encours en perspective

L’encours de l’assurance vie continue de se rapprocher des 2000 milliards d’euros en ayant atteint fin juin 1 949 milliards d’euros.

Un second semestre sous le sceau des incertitudes

L’assurance vie est, depuis le début de l’année 2024, en phase de rebond après deux années difficiles. La désinflation et l’amélioration du rendement des fonds euros ont incité les ménages à revenir sur l’assurance vie qui est, en France, de loin, le premier placement. Il est aussi celui qui est préféré par les Français (enquête 2024 Amphitéa – Cercle de l’Epargne). Il a retrouvé, pour la première fois depuis 2016, la première place dans le classement des produits d’épargne les plus intéressants. Ces dernières années, le Livret A et l’investissement immobilier locatif avaient délogé l’assurance vie de cette place.

Les incertitudes politiques nées de l’absence de majorité à l’Assemblée nationale pourraient-elles modifier le comportement des épargnants et jouer, dans les prochains mois, contre l’assurance vie. La crainte numéro un serait la survenue d’une crise financière comme dans les années 2010/2012. Pour le moment, l’Etat a pu se financer sur les marchés sans rencontrer de problèmes. L’écart de taux entre les obligations françaises et allemandes s’est accru légèrement mais tout en demeurant inférieur à ce qu’il était au début des années 2010. Le recul du marché « actions » après des mois de hausse devrait favoriser les fonds euros qui sont, en période troublée, également des valeurs refuges.

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Le Livret A assure en juin !

Pas d’essoufflement pour le Livret A au  mois de juin

La collecte du mois de juin a été de 1,23 milliard d’euros, contre 1,26 milliard d’euros en mai, 1,48 milliard d’euros en avril et 1,53 milliard d’euros en mars. Au mois de juin 2023, la collecte avait été de 1,34 milliard d’euros.

Traditionnellement, le mois de juin marque le passage d’une phase d’épargne à une phase de désépargne avec la proximité des vacances d’été. La collecte moyenne de ces dix dernières années (2014/2023) pour le mois de juin était de 700 millions d’euros. Dans les années 2010, il était assez fréquent d’avoir des décollectes en juin (2009, 2010, 2014, 2015).

Le mois de juin 2024 est donc un bon cru pour le Livret A. Les ménages continuent à affecter d’importantes liquidités sur le produit d’épargne le plus diffusé en France. Les incertitudes politiques ont sans nul doute incité les Français à la prudence. Le Livret A a pu, ainsi, une nouvelle fois joué son rôle de valeur refuge.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire dans le sillage du Livret A

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) a enregistré, en juin une collecte de 590 millions d’euros, contre 600 millions d’euros en mai et 760 millions d’euros en avril. Au mois de juin 2023, la collecte pour ce produit était de 830 millions d’euros. La collecte du mois du LDDS est traditionnellement faible voire négative comme ce fut le cas à quatre reprises depuis 2009 (2009,2010, 2011, 2012). L’année 2024 apparaît donc correct et témoigne de la prudence des ménages, sachant que le LDDS est géré souvent en phase avec le compte courant.

Nouveaux records d’encours pour le Livret A et le LLDS

Le Livret A et le LDDS battent, une nouvelle fois, en ce mois de juin, des records d’encours avec, respectivement, 425,5 et 154,4 milliards d’euros ; portant le total des deux placements à 579,9 milliards d’euros.

Normalisation sans rupture pour le Livret A et le LDDS au cours du premier semestre

Au cours du premier semestre 2024, la collecte du Livret A s’est élevée à 10,14 milliards d’euros, contre 25,84 milliards d’euros sur la même période de 2023. Sur le premier semestre, la collecte du LDDS s’élève à 4,88 milliards d’euros, contre 8,7 milliards d’euros sur la même période en 2023.

Au cours du premier semestre 2024, une normalisation de la collecte du Livret A est constatée après celles records de 2023 dopées par le relèvement du taux de rémunération. La diminution de l’inflation a sur les six premiers mois de l’année conduit les ménages à épargner davantage sur des produits de long terme comme l’assurance vie. Si la collecte s’est amoindrie durant le premier semestre, elle est néanmoins restée positive, les ménages français n’ayant pas décidé de puiser dans leurs livrets d’épargne réglementée pour consommer ou pour accroître leurs placements à long terme. Le volant d’épargne de précaution demeure extrêmement élevé. En 10 ans, l’encours du Livret A et du LDDS a progressé de 209 milliards d’euros (371 à 579,9 milliards d’euros – sources Cercle de l’Epargne – CDC).

Un second semestre 2024 sous le sceau des incertitudes

En règle générale, les ménages épargnent au premier semestre et consomment au second. Les vacances d’été, la rentrée scolaire, les fêtes de fin d’année jalonnent la deuxième partie de l’année et amènent les Français à puiser dans leur poche d’épargne de précaution. Ces dernières années, même si quelques décollectes mensuelles ont été constatées lors des seconds semestres, les Français ont fait preuve de retenue. La succession de crises (covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste) les ont amenés à maintenir, toute l’année, un important effort d’épargne. En 2024, la désinflation devrait les conduire sur les voies de la consommation mais le contexte politique plus qu’incertain pourrait au contraire les inciter à la prudence.

Livret d’Epargne Populaire, une collecte positive en juin !

Au mois de juin, le Livret d’Épargne Populaire (LEP) a enregistré une collecte positive de 570 millions d’euros mettant un terme à deux décollectes (-40 millions d’euros en mai et -270 millions d’euros en avril). Les ménages ayant des revenus modestes continuent à vouloir mettre de l’argent de côté dans un contexte économique et politique incertain.

De janvier à juin, la collecte du LEP a été de 4,52 milliards d’euros, contre 8,75 milliards d’euros sur la même période 2023. La baisse de la collecte par la fin de l’effet relèvement du plafond de 7700 à 10 000 euros. Avec la baisse du taux du LEP à 4 % à compter du 1er août 2024, ce produit perdra en attractivité tout en restant attractif.

Cercle de l’Epargne – données CDC

Cercle de l’Epargne – données CDC

Cercle de l’Epargne – données CDC

Livret A : poursuite de la normalisation avant l’orage

Un mois de mai dans la norme

La collecte du mois de mai a été de 1,26 milliard d’euros. Cette collecte s’inscrit parfaitement dans le processus de normalisation engagé depuis le début de l’année, après les records de l’année 2023. La collecte de mai 2024 est deux fois plus faible que celle de 2023 (2,47 milliards d’euros) et également inférieure à celle des mois précédents, sur 2024, (1,48 milliard d’euros en avril, 1,53 milliard d’euros en mars, 2,36 milliards d’euros en février et 2,27 milliards d’euros en janvier). Elle demeure, néanmoins, légèrement supérieure à la moyenne de ces dix dernières années (1,1 milliard d’euros).

Le mois de mai est traditionnellement un mois de transition pour le Livret A. Si au début d’année, ce produit enregistre de bonnes collectes, à partir du mois de mai, les titulaires du Livret A relâchent leurs efforts en raison de l’augmentation des dépenses et, notamment, celles liées aux vacances.

Depuis 2009, le Livret A a enregistré quatre décollectes en mai :

  • Mai 2009 : -1 milliard d’euros ;
  • Mai 2010 : -0,31 milliard d’euros ;
  • Mai 2014 : -0,09 milliard d’euros ;
  • Mai 2015 :-0,44 milliard d’euros.

Sur les cinq premiers mois de l’année, la collecte du Livret A est de 8,91 milliards d’euros, contre 24,50 milliards d’euros sur la même période en 2023. Cette forte diminution de la collecte traduit bien un retour à la normale du Livret A dans un contexte de baisse d’inflation.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire dans le sillage du Livret A

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) a enregistré, en mai, une petite collecte de 600 millions d’euros contre une collecte de 760 millions d’euros en avril. Au mois de mai 2023, la collecte pour ce produit était de 1,05 milliard d’euros.

Sur les cinq premiers mois de l’année, la collecte du LDDS s’élève à 4,28 milliards d’euros, contre 7,87 milliards d’euros sur la même période en 2023.

Le mois de mai  ne réussit pas, en règle générale, au LDDS. Depuis 2009, il a enregistré 8 décollectes durant ce mois. Le LDDS étant souvent connecté au compte courant, les ménages réalisent des arbitrages plus rapidement qu’avec le Livret A. le LDDS est l’antichambre du compte courant quand le Livret A est avant tout un produit d’épargne.

Nouveaux records d’encours pour le Livret A et le LLDS

Le Livret A et le LDDS battent, une nouvelle fois, en ce mois de mai, des records d’encours avec, respectivement, 424,2 et 153,8 milliards d’euros ; portant le total des deux placements à 578 milliards d’euros.

C’était avant les évènements du 9 juin 2024

Le processus de normalisation en matière d’épargne, constaté depuis le début de l’année, risque d’être mis à mal par les résultats des élections européennes et la dissolution de l’Assemblée nationale.

Depuis le début de l’année, les ménages relâchaient leur effort d’épargne de précaution au profit de l’épargne longue et notamment de l’assurance vie. S’ils avaient opté pour une réorientation de leur épargne, ils n’avaient pas, en revanche, décidé de puiser dans leur bas de laine pour accroître leurs dépenses de consommation. La prudence restait de mise en ce début d’année. Le taux d’épargne reste nettement au-dessus de la moyenne d’avant crise sanitaire (17,6 % du revenu disponible brut au premier trimestre 2024, contre 15 % avant 2020 – INSEE). A la différence des Américains, les Français ont décidé de maintenir un fort encours d’épargne de précaution. L’encours cumulé du Livret A et du LDDS est ainsi passé de 371 à 578 milliards d’euros de mai 2014 à mai 2024.

Les incertitudes politiques, dont l’ampleur est sans précédent depuis 1981, constituent pour de nombreux épargnants un nouveau choc. Au vu des réactions constatées lors des dernières crises (covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste), les ménages opteront pour l’attentisme et privilégieront les liquidités, notamment le Livret A qui joue traditionnellement un rôle de valeur refuge. Complètement liquide, bénéficiant de la garantie de l’État, le Livret A est, pour de nombreux Français, le produit idoine en période d’incertitudes. Ils pourraient également maintenir des sommes plus importantes que dans le passé sur leurs comptes courants sachant que l’inflation s’est atténuée.

Les épargnants modestes dans le dur !

Après avoir connu une forte croissance en 2022 et en 2023, dopé par son taux de rémunération élevé, le Livret d’Épargne Populaire (LEP) enregistre, au mois de mai, une deuxième décollecte successive, -40 millions faisant suite à -270 millions du mois d’avril

Les ménages les plus modestes sont contraints de puiser dans leur épargne de court terme pour faire face à leurs dépenses courantes. Les effets « taux » et « relèvement du plafond » semblent arriver à leur terme, les considérations économiques s’imposant à nouveau. Le produit renoue avec sa tendance de long terme. Avant l’augmentation du taux du LEP en 2022, ce produit était chroniquement en décollecte.

Sur les cinq  premiers mois de l’année, la collecte du LEP reste positive, à 3,94 milliards d’euros, contre 7,91 milliards d’euros sur la même période en 2023.

L’encours du LEP s’élève, fin mai, à 75,8 milliards d’euros.

Le Coin des Epargnants du 1er juin 2024 : un air d’automne

Un mois de mai automnal

Contrairement à Fitch et à Moody’s, Standard & Poor’s a décidé vendredi 31 mai de dégrader la note de la dette française, la faisant passer du statut « AA » à « AA- » avec une perspective stable. Plusieurs facteurs expliquent cette baisse de la note de la France : le déficit public de 2023 révisé à la hausse à 5,5 % du PIB et une prévision de dette publique à 112 % du PIB en 2027. L’agence ne croit pas en la capacité des pouvoirs publics à revenir à 3 points de PIB de déficit d’ici 2027 avec une croissance potentielle de plus en plus faible. Cette dégradation intervient douze ans après la perte du triple « A » de la France en 2012

La baisse de la note de la France n’aura pas de conséquence sur les taux d’intérêt, les investisseurs ayant intégré, depuis des mois, les problèmes financiers de la France.  Le taux de l’OAT à 10 ans était de 3,145 % avec un écart stable avec l’Allemagne de 0,5 point. Les investisseurs ont besoin de placer leurs liquidités dans des emprunts jugés encore relativement sûrs. La charge d’intérêts pour 2024 a été même corrigé à la baisse, à 45,3 milliards d’euros, contre 48,1 milliards d’euros initialement prévu.  Dans le plan d’économies de 10 milliards annoncé en avril, 800 millions en moins sur les coûts d’emprunt ont d’ailleurs été anticipés. Ces derniers jours, Bercy espérait même encore gagner quelques centaines de millions. L’exercice budgétaire de 2025 risque en revanche être d’une rare complexité. Le Ministère de l’économie devra réaliser entre 20 à 25 milliards d’euros d’économies….

Une accalmie sur le front des marchés « actions »

Le CAC 40 n’a progressé que de 1 % sur le mois de mai quand l’Eurostoxx a augmenté de1,9 % et le Daxx allemand de 3,23 %. Le CAC 40 finit le mois en-dessous des 8000 points à 7 992 points et en perdant 1,26 % sur la semaine. En cette fin de mois mai, entre interrogations sur le calendrier de la baisse des taux et les bons résultats des entreprises, les investisseurs ont opté pour la prudence digérant ainsi une succession de records. Depuis le début de l’année, le bilan reste malgré tout positif. Le CAC 40 a progressé de près de 6 % sur les cinq premiers mois. Le Daxx allemand comme l’Eurostoxx ont fait mieux avec un gain de 10 %. L’indice parisien a été pénalisé par le recul des valeurs du luxe en raison des perspectives de résultats inférieures aux attentes en lien avec le ralentissement de la croissance en Chine.

Les indices américains sont en recul ces deux dernières semaines mais le bilan reste positif sur l’ensemble du mois de mai. L’indice S&P 500 a progressé de près de 5,2 % et le Nasdaq de plus de 6 %. Ces deux indices ont été portés en début de mois par les résultats des valeurs technologiques.

L’or a été la grande vedette des cinq premiers mois, l’once s’adjugeant un gain de près de 13 % depuis le 1er janvier avec à la clef de nombreux records (près de 2450 dollars l’once le 20 mai dernier). Il s’échangeait le 31 mai à plus de 2363 dollars.

Malgré les évènements au Proche Orient, le cours du pétrole est resté relativement sage avec une progression de moins de 6 % pour le baril Brent. Le ralentissement de la croissance de la Chine et de l’Europe a pesé sur les cours.

Sur le marché des changes, l’euro n’a pas regagné de terrain par rapport au dollar. La monnaie européenne a abandonné 1,8 % entre le 1er janvier et le 31 mai. Le dollar bénéficie toujours de la forte croissance américaine et d’un différentiel de taux favorable.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
31 mai 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 992,87-1,26 %7 543,186 471,31
Dow Jones38 218.08-2,18 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 277.51-0,51 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 735,02-1,91 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 497,94-1,05 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 275,38-0,51%7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 983,67-1,03° %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 487,90-1,53 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 086,81+0,09 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,146 %+0,074 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,678 %+0,009 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,512 %+0,039 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,084470,00 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 333,82-0,19 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars82,16-2,81  %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Progression du taux d’épargne au premier trimestre en France

Au premier trimestre, l’INSEE a confirmé la croissance de 0,2 % du  produit intérieur brut (PIB) pour la France. Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages par unité de consommation a progressé moins vite (+0,5 % après +0,8 %). Le taux d’épargne des ménages a augmenté pour atteindre 17,6 % de leur RDB au cours du premier trimestre, après 17,2 % au trimestre précédent. Le taux de marge des sociétés non financières (SNF) se contracte au premier trimestre 2024 : il s’établit à 32,1 % de leur valeur ajoutée, après 33,3 % au trimestre précédent.

Au premier trimestre 2024, le PIB en volume a donc augmenté de 0,2 % en variation trimestrielle après +0,3 %. La consommation des ménages a ralenti (+0,1 % après +0,2 % au quatrième trimestre 2023), tempérée en particulier par une chute des dépenses en matériels de transport (-3,4 % après +2,8 %), notamment de voitures neuves. La formation brute de capital fixe (FBCF), c’est-à-dire l’investissement, a diminué de nouveau au premier trimestre 2024 (-0,4 % après -1,0 %), sous l’effet essentiellement du recul de la FBCF en construction (-1,3 % après -1,3 %) et en biens d’équipement (-1,7 % après -1,7 %). Les dépenses des administrations publiques restent dynamiques (+0,6 % après +0,4 %). Au total, la demande intérieure finale hors stocks a contribué légèrement à la croissance du PIB ce trimestre (+0,1 point après 0,0 point). Les exportations ont progressé un peu plus vite au cours du premier trimestre 2024 (+1,2 % après +1,0 %). Elles sont portées par le rebond des exportations de produits agricoles, de matériels de transport et des  « autres produits manufacturés ». Quant aux importations, elles se sont accrues de 0,4 % après -1,7 %, soutenues par les importations de pétrole raffiné et de matériels de transport. Au total, la contribution du commerce extérieur à l’évolution du PIB a été positive au premier trimestre 2024 (+0,2 point après +1,0 point). La contribution des variations de stocks à l’évolution du PIB a été de nouveau négative ce trimestre (-0,2 point après -0,7 point au quatrième trimestre 2023).

Le revenu disponible brut (RDB) des ménages en euros courants a continué de progresser au premier trimestre avec une hausse de 1,2 %, après +1,3 % au trimestre précédent. Les prestations sociales sont en hausse de +2,5 % après +1,3 %, en lien avec la revalorisation des retraites de base au 1er janvier. En revanche, la masse salariale reçue par les ménages a progressé moins vite  (+0,5 %, après +1,2 %) avec le contrecoup du versement, au trimestre précédent, de la prime de pouvoir d’achat des fonctionnaires. Les impôts versés par les ménages ont augmenté de +2,2 % après -1,2 %, du fait de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sur les revenus du capital. Dans le même temps, le prix de la consommation des ménages a augmenté de +0,6 % après +0,3 %). Le pouvoir d’achat du RDB des ménages a augmenté de 0,6 % après +1,0 % au quatrième trimestre 2023. Mesuré par unité de consommation pour être ramené à un niveau individuel, il a progressé de 0,5 %, après +0,8 %.

Le taux d’épargne des ménages a, de son côté, augmenté de nouveau, leur consommation en volume croissant moins que leur pouvoir d’achat. Il s’est élevé à 17,6 %, après 17,2 % au quatrième trimestre 2023.

Cercle de l’Épargne – données INSEE

Le nombre total d’heures travaillées en France a diminué au premier trimestre 2024 : -0,1 %, après +0,2 % au trimestre précédent. L’emploi total a, en revanche, continué de progresser (+0,1 % après +0,1 %), mais le nombre d’heures travaillées par emploi recule (-0,2 % après +0,1 %), en raison notamment d’un rebond des arrêts maladie.

Au premier trimestre 2024, le taux de marge des sociétés non financières (SNF) a baissé à 32,1 %, contre 33,3 % au trimestre précédent. Ce repli concerne principalement les branches manufacturières. Dans l’énergie, le taux de marge est resté stable et élevé. Le repli reflète la baisse du prix de valeur ajoutée, ainsi que le repli des subventions (en particulier des subventions du dispositif d’aide au paiement des factures d’énergie). En revanche, les impôts sur la production versés par les sociétés reculent, d’une part par contrecoup de la hausse de la taxe foncière au trimestre dernier, et d’autre part du fait d’une nouvelle baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).

Au premier trimestre 2024, le besoin de financement des administrations publiques (APU) a baissé de 0,3 point de PIB. Il s’élevait à 5,6 % du PIB après 5,9 % au quatrième trimestre 2023.

Premier trimestre encourageant pour les entreprises européennes

Malgré la faible croissance économique, les entreprises ont amélioré leurs résultats de 9 % au cours du premier trimestre par rapport au dernier trimestre de l’année dernière. Les annonces des grandes entreprises cotées ont conduit à la hausse des indices « actions » des différentes places européennes. À Paris, le CAC 40 a ainsi, augmenté de 7,4 %  lors des trois premiers mois de l’année. À Francfort, le DAX s’est apprécié de plus de 12 %, tout comme l’indice paneuropéen Euro Stoxx 50. Ce dernier a connu l’un de ses cinq meilleurs démarrages sur ces 25 dernières années.

Les profits restent néanmoins en retrait sur un an mais une partie de l’écart enregistré à la fin de l’année dernière a été comblé. Les perspectives de croissance des profits 2024 sont en nette amélioration. La baisse des profits sur un an est, en grande partie, imputable aux entreprises du secteur de l’énergie (dont les pétrolières). La baisse des cours, en 2023, explique ce recul. Ces entreprises avaient dégagé des bénéfices exceptionnels jusqu’au premier trimestre 2023.

Au premier trimestre, les entreprises malgré de faibles évolutions des ventes ont réussi à maintenir leurs marges. Ces dernières ont atteint plus de 11 %, hors secteur de l’énergie, selon la Société Générale. Les entreprises réagissent de plus en plus rapidement aux fluctuations de la demande, afin de maintenir leur rentabilité. Au premier trimestre, les entreprises financières et de la santé ont porté les indices « actions ». Pour les prochains mois, les chefs d’entreprise sont relativement confiants. Ils s’attendent à une légère reprise de la consommation en Europe. Ce regain d’optimisme s’est traduit par une hausse des dividendes et des annonces de rachats d’actions. À ce titre, 70 % des programmes annoncés restent à exécuter, ce qui pourrait soutenir les indices boursiers européens d’ici la fin de l’année.

Les indicateurs avancés « PMI » sont en hausse pour la zone euro. Les investisseurs attendent la baisse prochaine des taux directeurs de la BCE. Néanmoins, plusieurs signaux appellent à la vigilance. Le secteur du luxe, après avoir connu trois années d’expansion rapide, marque le pas, les consommateurs chinois et américains réduisant leurs achats. Les marges pourraient s’éroder avec la multiplication des revendications salariales surtout en période d’absence de gains de productivité. La croissance des salaires est désormais supérieure à l’inflation. Les cours élevé des actions commence à inquiéter en particulier aux États-Unis où certains prévoient un net ralentissement de la croissance.

Livret A : atterrissage en douceur

Le Livret A, un mois d’avril en retrait

La collecte du mois d’avril confirme l’atterrissage du Livret A, engagé depuis le début de l’année après les records de l’année 2023. Cette collecte s’élève à 1,48 milliard d’euros, contre 1,53 milliard d’euros en mars, 2,36 milliards d’euros en février et 2,27 milliards d’euros en janvier. Elle est inférieure à celle du mois d’avril 2023, 2,33 milliards d’euros. Le résultat de l’année 2024 est inférieur à la moyenne de ces dix dernières années (1,8 milliard d’euros), sachant que le mois d’avril est, en règle générale, un mois favorable au Livret A. Une seule décollecte a été enregistrée depuis 2009 (170 millions en 2015).

Le Livret de Développement Durable et Solidaire dans le sillage du Livret A

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) a connu, en avril, une collecte de 760 millions d’euros, contre +910 millions d’euros en mars et 1,04 milliard d’euros en février. L’année dernière, en avril, la collecte avait été de 1,15 milliard d’euros. Sur les quatre premiers mois de l’année, la collecte du LDDS s’élève à 3,68 milliards d’euros, contre 6,82 milliards d’euros sur la même période en 2023. Depuis 2009, le LDDS n’a connu qu’une seule décollecte en avril (-2 millions d’euros en avril 2009).

Record d’encours pour le Livret A et le LLDS

Le Livret A et le LDDS battent en ce mois d’avril de nouveaux records d’encours à, respectivement, 423 et 153,2 milliards d’euros portant le total des deux placements à 576,2 milliards d’euros.

Normalisation en marche

Les résultats du Livret A et du LDDS du mois d’avril s’inscrivent dans la normalisation engagée depuis le début de l’année. L’épargne réglementée retrouve des niveaux de collectes plus traditionnels. Cette évolution s’explique par la disparition de l’effet taux, le rendement étant inchangé depuis le 1er février 2023 et la fin de la vague inflationniste qui réduit la propension des ménages à constituer une épargne de précaution. Malgré tout, après quatre ans d’épargne à court terme à bribe abattue, les Français n’ont pas décidé de puiser dans leur Livret A ou dans leur LDDS pour accroître leur consommation ou réaliser des investissements. Ils épargnent simplement un peu moins et ils privilégient un peu plus qu’auparavant l’assurance vie ou le Plan d’Épargne Retraite.

Dans les prochains mois, avec l’arrivée des vacances d’été, l’érosion de la collecte devrait se poursuivre surtout si la baisse de l’inflation se confirme.

Le Livret d’Épargne Populaire, première décollecte depuis mai 2022

Après avoir connu une forte croissance depuis 2022, dopé par son taux de rémunération élevé,  le Livret d’Épargne Populaire (LEP) enregistre une décollecte de 270 millions au mois d’avril (la première en près de deux ans), contre une collecte positive de 950 millions d’euros en mars, de 1,39 milliard d’euros en février et de 1,92 milliard d’euros en janvier. Au mois d’avril 2023, la collecte du LEP avait été de 460 millions d’euros. Cette rupture semble prouver que les ménages les plus modestes, ont puisé dans leur épargne de court terme. La baisse de l’inflation a pu les inciter à augmenter les dépenses de consommation, sachant qu’ils avaient réalisé d’importantes économies ces derniers mois. Il y a un effet rattrapage au niveau de la consommation qui amène à une sortie d’épargne.

Sur les quatre premiers mois de l’année, la collecte du LEP reste positive, à 3,99 milliards d’euros, contre 7,69 milliards d’euros sur la même période en 2023.

L’encours du LEP s’élève, fin avril, à 75,9 milliards d’euros.

Le Coin de l’Epargne du samedi 18 mai 2024 : Les Etats-Unis, la course toujours en tête

Consolidation à un haut niveau

Après une pluie de records la semaine dernière, les investisseurs ont opté pour la prudence et la consolidation en ce milieu du mois de mai. Plusieurs données chinoises ont pesé sur les cours. En avril, si la production industrielle a progressé de 6,7 % sur un an, les ventes de détail, n’ont connu qu’une croissance de 2,3 %, contre + 3,1 % le mois précédent, et un consensus à 3,7%. L’économie chinoise reste toujours handicapée par l’atonie de la consommation et la multiplication des sanctions commerciales à son encontre.

Aux Etats-Unis, les interrogations sur la date de la baisse des taux directeurs par la FED demeurent. Si quelques signes prouvent un ralentissement de l’inflations sous-jacente, plusieurs responsables des banques centrales des Etats appellent à la prudence. Malgré tout, le Dow Jones pour la première fois de son histoire a franchi cette semaine la barre des 40 000 points. Sur la semaine, cet indice a progressé de 1,2 %.

Dans ce contexte, les grands indices boursiers européens ont légèrement reculé cette semaine. Le CAC 40 a évolué à une centaine de points de son record inscrit il y a tout juste une semaine et a perdu 0,7 % sur la semaine. Mercredi 15 mai, le Nasdaq a également touché un plus haut et a augmenté de plus de 2 % sur la semaine. Les valeurs américaines bénéficient toujours de l’engouement des investisseurs pour l’intelligence artificielle.

Le prix du pétrole a été hésitant sur la semaine. L’Agence Internationale de l’Energie a prévu une faible progression de la demande mais dans le même temps, la baisse de l’inflation laisse présager une baisse des taux directeurs des banques centrales, synonyme de reprise de l’économie. Le baril de Brent a terminé la semaine autour de 83 dollars en hausse de 1 % sur la semaine.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
24 mai 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 167,50-0,63 %7 543,186 471,31
Dow Jones40 003,59+1,17 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 303,27+1,31 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 685,97+2,10 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 707.28-0,32 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 420,26-0,07 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 064,14-0,39° %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 787,38+1,81 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 130,24-1,02 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,007 %-0,013 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,511 %-0,009 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,406 %-0,102 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0870+0,87 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 408,23+1,36 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars83,64+0,96  %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Les Français en mode épargne

Fin 2023, selon la Banque de France, le patrimoine des ménages a atteint 6 185,5 milliards d’euros, contre 5 848,3 milliards d’euros en 2022. Cette augmentation est imputable aux flux de placements financiers (+109,5 milliards d’euros) et à l’appréciation des actifs (+227,8 milliards d’euros). En 2022, les flux de placements avaient plus importants (+166 milliards d’euros), mais la valeur des actifs avait reculé en lien avec les résultats en retrait des marchés « actions » (-310,5 milliards d’euros). Les flux nets d’épargne en 2023 ont été de 109 milliards d’euros en recul par rapport à 2022 (166 milliards d’euros). Les flux nets retrouvent quasiment leur niveau d’avant pandémie (111 milliards en 2018 et 100 milliards en 2019).

Un moindre recours à l’endettement pour financer les investissements

Les flux d’épargne brut demeurent élevés : 315 milliards d’euros en 2023, contre 291,7 milliards d’euros en 2022. Les ménages ont investi pour 173,7 milliards d’euros, essentiellement dans l’immobilier. La baisse avec 2022 est faible (62,7 milliards d’euros). Ils ont eu recours à des apports personnels plus importants pour investir afin d’être moins exposés à la hausse des taux. Les ménages ont réduit, en effet, en 2023, leur recours à l’endettement. Les flux d’endettement n’ont été que de 21,2 milliards d’euros contre 83,2 milliards d’euros en 2022. Pour le seul quatrième trimestre 2023, le flux d’endettement a été de 1,6 milliard d’euros quand la moyenne trimestrielle entre 2013 et 2023 est de 13,3 milliards d’euros.

Une préférence marquée pour le produits de taux

Le patrimoine financier des ménages est composé de 3 736,3 milliards d’euros de produits de taux et de 2 379,6 milliards d’euros de produits de fonds propres.

L’encours des produits de taux est en hausse en raison du succès de l’épargne réglementée. Les flux nets sur un an au quatrième trimestre 2023 ont été de 74,2 milliards d’euros contre 77,7 milliards d’euros au troisième trimestre. Les flux ont été négatifs pour le numéraire et les dépôts à vue, en 2023, de 48,4 milliards d’euros. À fin 2023, l’encours du numéraire et des dépôts à vue s’élevait à 751 milliards d’euros. Les ménages ont réduit les liquidités placées sur leurs dépôts à vue pour les réaffecter essentiellement sur les produits d’épargne réglementée. Sur un an, les flux de l’épargne réglementée ont atteint 61,4 milliards d’euros au quatrième trimestre 2023, contre 63,7 milliards d’euros en troisième trimestre. Au quatrième trimestre 2023, l’encours de l’épargne réglementée a atteint 935,5 milliards d’euros.

Les flux en faveur des contrats à terme et des livrets bancaires demeurent positifs en 2023 (+42,2 milliards d’euros au quatrième trimestre sur un an, contre 40,9 milliards d’euros au troisième trimestre). Ce résultat est imputable à la croissance des contrats à terme qui bénéficient de taux attractifs supérieurs à 3 % en lien avec la hausse des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne.

Les flux au profit des fonds euros de l’assurance vie et de l’épargne retraite ont été faibles : +3,6 milliards d’euros sur un an au quatrième trimestre 2023. Ce résultat positif est à mettre au crédit de l’épargne retraite, les fonds euros de l’assurance vie étant en décollecte. L’encours des fonds euros de l’assurance vie et de l’épargne s’élevait à 1482,7 milliards d’euros au quatrième trimestre 2023.

Les flux nets en faveur des produits de fonds propre sur un an au quatrième trimestre 2023 se sont élevés à 37,5 milliards d’euros, contre 52,6 milliards d’euros au troisième trimestre. Les unités de compte de l’assurance vie et des produits d’épargne retraite ont enregistré un flux net de 26,7 milliards d’euros sur un au quatrième trimestre 2023, contre 31,6 milliards d’euros sur un an au troisième trimestre 2023. Toujours en 2023, les flux en faveur des actions cotées ont été négatifs de 12,1 milliards d’euros sur un an au quatrième trimestre.

Un taux d’épargne toujours élevé en France

Le taux d’épargne des ménages en France reste supérieur à son niveau d’avant crise sanitaire. Selon la Banque de France, il s’est élevé au quatrième trimestre 2023 à 17,5 % du revenu disponible brut en France, contre 15,2 % au quatrième trimestre 2019. Les ménages allemands sont ceux qui épargnent le plus en Europe (20,4 %) et quand ceux d’Italie ne mettent que 9 % de leurs revenus de côté.

Cercle de l’Épargne – Banque de France – Eurostat

Premiers résultats pour 2024

Selon la Banque de France, les premières données du premier trimestre 2024 soulignent une poursuite du mouvement de décollecte sur les dépôts à vue                                (-10 milliards après -16,3 milliards au quatrième trimestre), un flux faiblement positif sur l’épargne réglementée, et un net rebond de l’assurance vie en UC (+12,5 milliards).

Le Coin des Epargnants du 11 mai 2025 : une pluie de records sur les marchés

Pluie de records sur les marchés « actions »

Cette semaine, les espoirs de reprise de la croissance en Europe et de baisse prochaine des taux directeurs ont porté les indices des grandes places financiers vers les sommets.  En cinq jours, le CAC 40 a gagné plus de 3,5 %. Vendredi 10 mai, le CAC 40 a battu en séance son record du 28 mars dernier à 8 259 points. Toujours vendredi, il a atteint son plus haut niveau jamais constaté en clôture qui datait, également du  28 mars à 8 219 points (ancien record 8 206 points). Les autres indices sont sur la même longueur d’onde, le Stoxx 600, l’indice large de référence ai niveau européen, a battu un nouveau record tout comme l’indice allemand Daxx ou celui de Londres, le Footsie. Les indices américains ont enfin enregistré une nouvelle progression hebdomadaire, +1,9 % pour le S&P 500 et +1,11% pour le Nasdaq.

Ces records interviennent à la fin de la saison de la publication des résultats du premier trimestre des entreprises, résultats qui ont indéniablement rassurés les investisseurs. Ces derniers estiment, par ailleurs, que la baisse des taux directeurs aux Etats-Unis est désormais envisageable compte du tenu du ralentissement des créations d’emploi. Les inscriptions au chômage ont augmenté cette semaine à leur niveau le plus élevé depuis août 2023, le nombre d’emplois disponibles se réduit et la progression des salaires (+3,9 %) désaccélére. La baisse des taux reste néanmoins conditionnée à celle de l’inflation sous-jacente. En Europe, la Banque d’Angleterre a confirmé une prochaine première baisse des taux qui pourrait intervenir en juin comme pour la Banque centrale européenne.

Signe d’une reprise de l’activité, les exportations allemandes en mars ont progressé de 0,9 % sur un mois, selon Destatis, l’agence statistique fédérale. Cette progression a surpris car une contraction était attendue. La hausse a été de 0,5 % pour les exportations à destination de l’Union Européenne et de 1,3 % pour celles vers le reste du monde et notamment les Etats-Unis qui restent le premier client de Berlin. Dans le même temps, les importations ont progressé de seulement 0,3 %, permettant à l’excédent commercial allemand d’atteindre 22,3 milliards d’euros.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
10 mai 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 219,14+3,24 %7 543,186 471,31
Dow Jones39 512,84+2,13 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 222,68+1,90 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 340,87+1,11 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 756,86+4,26 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 433,76+2,70 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 085,08+3,30° %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 229,11-0,42 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 154,55+1,63 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,020 %+0,028 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,520 %+0,026 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,508 %+0,003 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0779+0,29 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 369,13+2,73 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars83,11+0,48  %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du samedi 4 mai 2024 : l’emploi américain se calme

Emploi, le début d’un ralentissement aux Etats-Unis ?

En avril, les entreprises américaines ont créé moins d’emplois que les mois précédents. Le nombre de postes non agricoles créés en avril n’a été que de 175 000, soit moins que les 240.000 anticipés en moyenne par les économistes interrogés par l’agence Bloomberg et les 315.000 de mars. Le taux de chômage a diminué de 0,1 point à 3,9%. La croissance du salaire horaire moyen a ralenti passant de 4,1% à 3,9% sur un an, contre 4% attendu. Si un marché du travail solide est une bonne nouvelle pour les employés, les tensions liées aux pénuries de main-d’œuvre depuis près de trois ans contribuent à alimenter l’inflation. Les résultats du mois d’avril sont une bonne nouvelle pour ceux qui espèrent une baisse prochaine des taux directeurs. Mercredi 1er mai, sans surprise, la FED a laissé inchangé ses taux à leur plus haut niveau depuis plus de 20 ans, dans la fourchette de 5,25 à 5,50%. Son Président, Jerome Powell, a indiqué que « l’inflation a considérablement diminué au cours de l’année écoulée tandis que le marché du travail est resté solide, ce qui est une très bonne nouvelle, mais elle reste néanmoins trop élevée ». L’idée est que les taux devraient baisser avant l’élection présidentielle du mois de novembre…. Les taux des obligations souveraines se sont détendus avec l’annonce de l’emploi américain. Le taux de l’obligation à 10 ans est revenu à 4,5 % quand elle dépassait 4,6 % la semaine dernière. Le taux de l’OAT à 10 ans est passé en-dessous des 3 %.

Cercle de l’Epargne – données Département du Travail américain

Les investisseurs ont réagi favorablement aux résultats de l’emploi américain, les indices actions reprenant quelques couleurs vendredi après avoir perdu du terrain en début de semaine. Le CAC 40 à 7 957,57 points a enregistré lors des cinq dernières séances une baisse de 1,2 %. En revanche, les indices américains ont réussi à conclure une nouvelle semaine de hausse. Le cours du baril de pétrole (Brent) a baissé de 6 % cette semaine du fait du ralentissement de la demande en lien avec la faible croissance mondiale. L’Agence Internationale de l’Energie a indiqué que les stocks étaient à des niveaux élevés.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
3 mai 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 957,57-1,19 %7 543,186 471,31
Dow Jones38 675,68+1,14 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 127,79+0,65 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 156,33+1,44 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 17 993,69-1,04 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 213,49+0,83 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 921,48-1,20° %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 236,07+0,79 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 104,82+0,52 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,992 %-0,072 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,494 %-0,084 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,505 %-0,167 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0770+0,66 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 293,97-1,82 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars83.25-6,77  %77,1384,08
Cercle de l’Epargne

10 millions de Plans d’Epargne Retraite

En 2023, le Plan d’Épargne Retraite a franchi deux seuils, celui des 10 millions de titulaires et celui des 300 milliards d’euros d’encours. Quatre ans après son adoption, le PER connaît une croissance rapide en partie grâce aux transferts des anciens produits. Les résultats des prochaines années permettront d’apprécier le dynamisme réel de ce produit. Les enquêtes réalisées par le Cercle de l’Épargne semblent prouver l’existence d’une réelle appétence des épargnants à son égard.

Chiffres du PER en 2023
Nombre total de PER souscrits10.00 millions
Nombre de PER assurantiels (assurance-vie)5,50 millions
Nombre de PER bancaires (compte-titres)4,50 millions
Encours total sur les PER (tous confondus)102.80 Mds d’euros
Encours sur les PER Individuel (compartiment 1)59,9 Mds d’euros
Encours sur les PER entreprise (compartiment 2)23,4 Mds d’euros
Encours sur les PER obligatoire (compartiment 3)19,5 Mds d’euros
Encours total sur les PER assurantiels77.8 Mds d’euros
Encours total sur les PER bancaires25 Mds d’euros
Encours moyen par PER10.280 €
(source : Gouvernement, France Assureurs, FranceTransactions.com, en date du 31 décembre 2023)

Le segment individuel du PER est le plus important avec un encours, fin 2023, de 59,9 milliards d’euros. Ce segment a bénéficié d’importants transferts en provenance d’anciens contrats PERP, Madelin ou Préfon. Le segment 2 en lien avec l’épargne salariale comptabilisait un encours de 23,4 milliards d’euros et le segment 3 (retraite supplémentaire obligatoire d’entreprise) clôt la marche avec un encours de 19,5 milliards d’euros.

L’inquiétude des Français face à l’avenir du système de retraite conduit au succès du PER. Près de trois quarts d’entre eux (enquête Cercle de l’Épargne de 2023) estiment que leurs pensions ne leur permettront pas de vivre correctement lorsqu’ils seront à la retraite. Cette crainte est amplement partagée par toutes les catégories de ménages. Plus d’un Français sur deux déclarent épargner en vue de la retraite. Le Plan d’Épargne Retraite se place désormais parmi les produits les plus attractifs, après l’assurance vie et les livrets, pour préparer sa retraite, devançant désormais l’immobilier. La déduction fiscale à l’entrée et la sortie possible en capital expliquent également son succès.

Assurance vie : un premier trimestre prometteur

Le mois de mars 2024 a été marqué par le retour au premier plan des fonds euros qui étaient boudés, depuis de nombreux mois, par les assurés. En début d’année, la communication de leur rendement 2023 et les opérations de taux bonifiés lancées par les assureurs ont conduit les épargnants à revenir sur ce type de supports. La popularité de ces derniers demeure forte en raison de la garantie en capital qu’ils offrent.

L’assurance vie : toujours et encore

En mars, selon France Assureurs, l’assurance vie confirme son bon début d’année avec une collecte nette de 3,5 milliards d’euros faisant suite à celles des mois de janvier et février (respectivement 2,4 et 3,4 milliards d’euros). La collecte nette du mois de mars 2024 est supérieure à celle de l’année dernière pour le même mois (470 millions d’euros) et à sa moyenne décennale (1,2 milliard d’euros). Le mois de mars réussit en règle générale assez bien à l’assurance vie ; deux décollectes seulement ont été constatées lors de ces dix dernières années : en 2017 (-9 millions d’euros) et en 2020 (-1,8 milliard d’euros en raison des confinements covid).

Pour l’ensemble du premier trimestre 2024, la collecte nette a atteint plus de 9,2 milliards d’euros soit plus de trois fois son montant de 2023 (2,7 milliards d’euros).

Pour la première fois depuis novembre 2021, la collecte nette a été positive pour les fonds euros +0,8 milliard d’euros traduisant un regain d’intérêt de la part des assurés. Néanmoins, pour l’ensemble du premier trimestre, la collecte nette en fonds euros est négative de 1,5 milliard d’euros. Pour les unités de compte, la collecte nette a été de 2,6 milliards d’euros en mars. Pour l’ensemble du premier trimestre, elle dépasse 10,7 milliards d’euros.

Les ménages en mode épargne longue

En mars 2024, les cotisations brutes se sont élevées à 15,7 milliards d’euros, en hausse de 1 milliard d’euros par rapport à mars 2023. Les placements sur les fonds euros ont augmenté de 17 % quand ceux en faveur des unités de compte ont reculé de 8 %.

Sur l’ensemble du premier trimestre, les cotisations ont atteint près de 50 milliards d’euros (48,2 milliards d’euros), les fonds euros étant en hausse de 16 % et les unités de compte de 12 %. La part des cotisations en unités de compte s’établit à 35 % sur le mois de mars et à 39 % sur le 1er trimestre 2024, en légère baisse par rapport à l’ensemble de l’année 2023 (41 %)

Des prestations en léger recul grâce aux fonds en euros

Après une période de forte augmentation, les prestations ont enregistré un recul grâce aux moindres rachats sur les fonds euros. La diminution peut s’expliquer par la plus grande confiance accordée aux fonds euros. Ces derniers mois, les ménages étaient tentés de transférer une partie de leurs fonds euros vers des contrats  à terme plus rémunérateurs. Par ailleurs, la faiblesse des transactions immobilières restreint les besoins d’apports de la part des ménages.

Les prestations ont diminué en mars de 2 milliards d’euros en mars 2024 par rapport à mars 2023, à 12,2 milliards d’euros. Cette baisse concerne avant tout les supports en euros. Sur les trois premiers mois de l’année, les prestations sont en recul de 0,3 milliard d’euros par rapport à la même période de l’année dernière, à 39,0 milliards d’euros. Les rachats représentent 58 % des prestations, ratio identique à celui de l’année 2023 dans son ensemble.

Un encours record

L’encours de l’assurance vie se rapproche progressivement de la barre des 2000 milliards d’euros. Fin mars, il s’élevait à 1 965 milliards d’euros dopé par la bonne collecte et l’appréciation des unités de compte en lien avec la bonne tenue des marchés financiers.

L’assurance vie retrouve des couleurs

L’assurance vie a gagné, ces derniers mois, en attractivité. Depuis 2022, le premier placement des ménages était challengé par les livrets réglementés (Livret A, LDDS) et par les contrats à terme. Ces produits qui bénéficient tout comme les fonds euros de la garantie en capital, offraient des rendements plus élevés. Les produits d’épargne à courte terme sont devenus, en raison du relèvement rapide des taux directeurs de la Banque centrale européenne, mieux rémunérés que des produits longs comme l’assurance vie. La hausse des taux longs et la fin de celle des taux directeurs permet progressivement de retrouver la hiérarchie logique des taux. L’assurance vie devrait, de ce fait, dans les prochains mois, continuer sur sa lancée d’autant plus que les ménages disposent d’importantes liquidités à réaffecter. La diminution des taux pratiqués sur les contrats à terme par anticipation des décisions à venir des banques centrales devrait, en effet, jouer en faveur des fonds euros. L’assurance vie profite enfin du maintien d’un fort taux d’épargne en France, taux qui reste pour le moment supérieur à son niveau d’avant crise sanitaire.

Livret A : atterrissage en douceurs

La fin des effets taux

La collecte du mois de mars pour le Livret A, s’élève à 1,53 milliard d’euros. Elle est en retrait par rapport à celles du mois de janvier,  2,27 milliards d’euros et de février, 2,36 milliards d’euros. Elle est également nettement inférieure à celle de mars 2023, 4,17 milliards d’euros, dopée alors par le passage (le mois précédent) du taux de rendement de 2 à 3 %. Le Livret A semble rentrer progressivement dans le rang après une période faste.

En règle générale, le mois de mars réussit au Livret A, aucune décollecte n’ayant été enregistrée depuis 2009. Le résultat du mois de mars 2023 est en retrait par rapport à la moyenne de ces dix dernières années (1,9 milliard d’euros).

Sur l’ensemble du premier trimestre, la collecte a été de 9,08 milliards d’euros, bien moins élevée que celle de 2023 qui était exceptionnelle (19,71 milliards d’euros). Le recul atteint 51 %.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire a enregistré, de son côté, une collecte de 910 millions d’euros contre 1,04 milliard d’euros au mois de février. L’année dernière, en mars, la collecte avait atteint 1,82 milliard d’euros. Sur les trois premiers mois de l’année 2024, la collecte du LDDS a atteint 2,92 milliards d’euros, contre 5,67 milliards d’euros sur la même période en 2023. Le recul est de 48 %.

Le Livret A et le LDDS battent en ce mois de mars de nouveaux records d’encours à, respectivement, 421,5 et 152,5 milliards d’euros.

Un rendement réel positif pour le Livret A

Avec un taux d’inflation de 2,4 % en mars, le rendement réel du Livret A est, pour la première fois depuis 2020, redevenu positif. Les épargnants gagnent à nouveau de l’argent avec leur Livret A. Traditionnellement, un rendement réel positif a peu d’influence sur le niveau de la collecte, les épargnants regardant avant tout le taux nominal et le taux des autres placements.

Le taux du Livret A étant gelé jusqu’au 1er février 2025, le rendement réel devrait rester positif, sauf évènement extérieur, jusqu’à cette date. Il pourrait alors, compte tenu de l’évolution des taux des marchés monétaires et des prix, revenir, selon la formule, autour de 2,25/2,5 %.

Un retour à la normale ? Pas tout à fait !

Après deux années atypiques marquées par le passage du taux de 0,5 à 3 % et par l’augmentation des prix, le Livret A retrouve, en ce début d’année 2024, un rythme de croissance plus classique. Durant la vague inflationniste, les ménages ont privilégié l’épargne de court terme et cela d’autant plus que sa rémunération était en progression. Avec la décrue du taux d’inflation, revenu à 2,4 % au mois de mars dernier, les ménages réduisent leur effort d’épargne sur les livrets.

Le point surprenant n’est pas la normalisation de la collecte mais le fait que les ménages ne puisent pas dans leur cagnotte. Depuis 2019, l’encours du Livret A a progressé de plus de 120 milliards d’euros et celui du LDDS de plus de 40 milliards d’euros. Les ménages conservent plus de liquidités sur leurs livrets que dans le passé. Cela témoigne d’une baisse de confiance dans l’avenir. Cette évolution peut également s’expliquer par le vieillissement de la population. Les Français diffèrent en la matière des Américains et des Espagnols qui ont fortement consommé leur cagnotte covid. Les Allemands adoptent, en revanche, un comportement assez proche de celui des Français.

Perspectives des prochains mois, un retour de la consommation et de l’épargne de long terme ?

Jusqu’à la fin du premier semestre, tout en restant positives, les collectes devraient être moins élevées qu’en 2023. En cas de confirmation de la désinflation et de baisse des taux d’intérêt au cours du second semestre, un rebond de consommation est à attendre avec, à la clef, un recul du taux d’épargne. Celui-ci pourrait s’accompagner de décollectes sur le Livret A. Plusieurs indices semblent indiquer une légère inflexion dans le comportement des ménages. Le niveau de confiance des ménages était, selon l’INSEE, en hausse en mars, avec en outre une augmentation de de l’opportunité de réaliser des achats importants (enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages – INSEE – mars 2024).

Le Livret d’Épargne Populaire rentre dans le rang

Après avoir connu une forte croissance, le Livret d’Épargne Populaire (LEP) décélère. Sa collecte a été, en mars, de 950 millions d’euros, contre 1,39 milliard d’euros en février et 7,24 milliards d’euros en mars 2023. Les effets « taux » et « relèvement du plafond » cessent d’alimenter la collecte. Sur les trois premiers mois de l’année, celle-ci atteint 4,26 milliards d’euros, contre 7,24 milliards d’euros sur la même période en 2023. L’encours du LEP s’élève fin mars.

Cercle de l’Epargne – CDC

Le Coin des Epargnants du samedi 13 avril 2024 : Jeu de taux en cours

Statuquo monétaire prolongé ?

Jeudi 11 avril dernier, La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux directeurs inchangés à l’issue de la réunion de son Conseil des Gouverneurs. Le taux de dépôt reste à 4 %, le taux de refinancement à 4,5 % et celui de la facilité de prêt marginal à 4,75 %. Cette décision de statuquo n’est pas une surprise et avait été largement anticipée par les investisseurs. La BCE s’en tient à son calendrier et devrait annoncer sa première baisse de taux le 6 juin prochain, à l’occasion de sa prochaine réunion de politique monétaire. La BCE a indiqué dans son communiqué que si l’analyse des prochaines statistiques renforçaient la « confiance dans la convergence durable de l’inflation vers l’objectif, il serait opportun de réduire le caractère restrictif actuel de la politique monétaire ». En mars, le taux d’inflation de la zone euro s’est élevé à 2,4 % sur un an, contre +2,8 % en janvier. L’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) a également reculé à 2,9 % (son plus bas depuis février 2022), après 3,1 % en février. Le seul point de vigilance pour la BCE demeure les services dont la hausse des prix a cessé de se réduire depuis six mois. L’inflation pour les services se maintient ainsi à 4 %. Cette progression s’explique par la revalorisation des salaires. Aux Etats-Unis, l’inflation dépasse depuis trois mois les prévisions en raison justement des services et des salaires, ce qui a conduit la FED à différer la baisse de ses taux. La BCE suit avec attention l’évolution des prix aux Etats-Unis pour caler sa politique. Une différence de taille est néanmoins à souligner de part et d’autre de l’Atlantique. La croissance américaine est dynamique quand celle de la zone euro est atone. L’indice d’activité « PMI composite » de la zone euro a tout juste dépassé les 50 points en mars, seuil au-delà duquel l’activité est en expansion. En Europe, la croissance est portée l’Espagne et l’Italie, l’Allemagne et la France, eux, restant à la traîne. Les acteurs des marchés monétaires n’anticipaient plus, au maximum, que trois baisses de taux d’un quart de point de la part de la BCE cette année, alors qu’en début de semaine, ils évaluaient à 50 % la probabilité d’une quatrième. Dans le cas de la Banque d’Angleterre, les marchés ne prévoient plus que deux baisses de taux cette année, alors qu’ils en prévoyaient jusqu’à trois il y a quelques jours. Aux Etats-Unis, des voix se font entendre au sujet d’une baisse des taux directeurs reportés au moins de septembre. Sur fond de tensions entre Israël et l’Iran, le cours de l’or a battu de nouveaux records se rapprochant des 2400 dollars l’once. L’euro s’est déprécié sur la semaine tombant à son plus bas niveau depuis le début de l’année. Le dollar a bénéficié des rumeurs de reports de la baisse des taux et des bruits de bottes au Proche Orient en jouant son rôle de valeur refuge. Dans ce contexte, le cours du baril de pétrole (Brent) est resté au-dessus de 90 dollars. Les indices « actions » européens et américains ont perdu du terrain à l’exception de celui de Londres.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
12 avril 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 010,83-0,86 %7 543,186 471,31
Dow Jones37 983,24-2,35 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 123,41-1,79 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 175,09-0,65 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 17 904,15-1,09 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 995,58+1,23 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 955,01-1,32 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)39 523,55+1,36 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 019,47-1,62 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,866 %-0,042 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,363 %-0,033 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,516 %+0,150 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0650-1,77 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 394,21+2,80 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars90,99+0,18 %77,1384,08

Cercle de l’Épargne

Pour l’Union des marchés de capitaux en Europe

La monnaie unique a plus de 25 ans mais elle cherche toujours son marché des capitaux. A la différence des Etats-Unis, l’Union européenne ne bénéficie d’un marché des capitaux unifié qu’en raison de la persistance de réglementations différentes et de l’absence d’une dette mutualisée importante. L’Europe aurait tout à gagner de se doter d’un espace unique des capitaux afin de faciliter le financement de ses entreprises et également mieux rémunérer l’épargne.

Les fédérations des banques françaises et allemandes ont adressé aux ministres de l’économie et des finances des deux pays, Bruno Le Maire et Christian Lindner, une lettre demandant la réalisation de progrès dans l’union des marchés de capitaux. Ils souhaitent que la prochaine Commission européenne s’empare du dossier considérant qu’un marché unifié constituerait un avantage concurrentiel pour les entreprises. Un tel marché augmenterait le volume des capitaux privés disponibles en faveur de l’investissement et permettraient aux banques d’offrir une plus grande variété de produits et de services. La Fédération bancaire française propose que la Banque centrale européenne intègre dans ses missions, l’amélioration de la compétitivité du secteur financier. A cette fin, avec son partenaire allemand, elle réclame la mise en place d’un « cadre juridique européen uniformisé, fondé sur des règles simples et claires, là où des règles nationales différentes nuisent à l’attrait des marchés de capitaux ». Les deux fédérations demandent  par ailleurs une meilleure « rationalisation de la réglementation », jugée « trop étendue et trop stricte », afin de ne pas décourager l’accès aux marchés de capitaux pour les investisseurs. Ils souhaitent une législation plus favorable à la titrisation, législation qui a été durcie après la crise des subprimes en 2008/2009. « La titrisation reste un outil essentiel mais sous-utilisé pour financer l’économie réelle et gérer les risques bancaires », soulignent les deux fédérations. La technique, visant à transformer des actifs peu liquides en titres financier, permet aux banques de libérer du capital pouvant être réinvesti dans de nouveaux projets. Ils proposent d’intégrer la Banque européenne d’investissement (BEI) dans le dispositif, sous la forme d’un garant, « ce qui permettrait d’attirer des investisseurs et de financer l’achat de prêts titrisés ». Cette option rapprocherait l’Europe des Etats-Unis qui peut compter sur des structures financières comme Freddie Mac ou Fannie Mae, permettent aux banques américaines de se défaire de leurs crédits immobiliers.

L’initiative des fédérations bancaires prolonge les déclarations d’Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire en faveur de l’union des marchés des capitaux. En début d’année, Le Ministre de l’Economie français a confié une mission sur ce sujet à l’ancien gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Au niveau communautaire, l’Eurogroup s’est également saisi du dossier. Des propositions sont en cours d’élaboration. Elles devraient concerner la création de fonds de capital-risque européens, d’un registre unifié des sociétés cotées en Bourse afin de faciliter les transactions la titrisation et l’unification de la supervision des marchés européens.  L’ancien premier ministre italien Enrico Letta, doit également  faire des propositions dans le cadre de son rapport sur la modernisation du marché unique attendu en avril. Son successeur et ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a également une mission sur les défis à la compétitivité de l’Europe, dont les financements sont un des éléments.

L’augmentation des besoins d’investissement avec la transition écologique, la modernisation des armées, la numérisation des activités, etc., nécessite une allocation plus optimale de l’épargne européenne qui a l’avantage d’être abondante. Selon la Commission européenne, 620 milliards d’euros par an d’investissements seront nécessaires pour la transition climatique et 125 milliards d’euros pour le numérique. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, malgré l’échec du Plan d’Epargne Paneuropéen souhaite la création d’un nouveau produit d’épargne qui pourrait être diffusé dans l’ensemble des Etats membres. Au-delà des produits d’épargne, un des problèmes du marché européen des capitaux est son manque de profondeur. Aux Etats-Unis, le marché s’appuie sur la dette fédérale quand en Europe, la dette des Etats n’est pas communautarisée. Seul l’emprunt émis par la Commission après la crise Covid dans le cadre du plan « Next Generation » l’est.

Le Coin des Epargnants du samedi 6 avril 2024 : en attendant la baisse des taux directeurs

Les investisseurs n’ont guère apprécié les derniers résultats de l’emploi de l’économie américaine qui refuse de ralentir. Le nombre de créations d’emploi, en mars, a atteint 303 000 dans les secteurs non-agricoles) et le celui de février a été révisé en légère baisse à 270 000. Le consensus Bloomberg misait pour mars sur 214 000 créations. L’écart est important. Le taux de chômage a reculé de 0,1 point à 3,8 % de la population active, comme attendu, et les salaires moyens ont accéléré sur une base mensuelle (+0,3 % après +0,2 %), mais décéléré en rythme annuel (+4,3 % après +4,1 %), conformément aux anticipations du consensus Bloomberg. Le cours est au plus haut depuis le mois d’octobre. Cette hausse du cours du pétrole est la conséquence du surcroît de tension au Moyen Orient depuis qu’une frappe attribuée à Israël qui ne l’a pas reconnue, a détruit l’aile consulaire de l’ambassade iranienne en Syrie. Par ailleurs, l’accord de régulation de l’offre de l’OPEP et de la Russie pèse sur les cours.

Entre l’exception économique américaine et le retour du pétrole cher, les investisseurs ont boudé les actions. Le CAC 40 a perdu près de 1 % sur la semaine. Le S&P 500 américain a baissé de son côté de 0,70 % et le Dow Jones de 1,71 %. Les investisseurs commencent à douter d’une baisse des taux directeurs de la FED en juin. Ils ont été échaudés par les propos de son Président, Jerome Powell, le Président de la Reserve Federal qui a lors de son intervention à la Business School de l’Université de Stanford le 3 avril dernier, indiqué que les chiffres de l’inflation étaient plus élevés qu’attendu en janvier et en février. Même s’il ne prévoit pas de changer de scénario, il a néanmoins insisté sur l’absence d’urgence dans l’assouplissement monétaire. Il a ainsi déclaré « nous avons le temps de laisser les données à venir guider nos décisions en matière de politique économique,  les perspectives sont encore très incertaines ». Le baromètre FedWatch de CME Group calcule désormais à seulement 57 % la probabilité implicite que la Fed abaisse ses taux en juin. La probabilité de trois baisses dans l’année est également en recul. Par ailleurs, le président de l’antenne régionale de la FED de Minneapolis, Neel Kashkari qui n’entrevoyait le mois dernier que deux réductions en 2024, a évoqué cette semaine, pour la première fois, l’hypothèse d’absence d’assouplissement. « Si l’inflation continue de stagner, cela m’amènera à me demander s’il est nécessaire de procéder à ces baisses de taux »  a-t-il déclaré. De son côté, le professeur d’économie à l’Université de Cornell, Eswar Prasad a souligné que « la force remarquable du marché du travail, la persistance de l’inflation et l’assouplissement continu des conditions financières ne plaident pas en faveur d’une baisse imminente des taux ».

Dans ce contexte, les taux des obligations d’Etat sont de nouveau orientés à la hausse. Le taux de l’emprunt d’Etat américain est ainsi repassé au-dessus des 4,3 % et celui de son homologue français s’est rapproché des 3 %. Avec l’augmentation des tensions internationales, l’or a battu de nouveaux records et a dépassé 2300 dollars l’once portant la hausse à plus de 12 % depuis le 1er janvier.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
5 avril 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 061,31-0,92 %7 543,186 471,31
Dow Jones38 904,04-1,71 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 204,34-0,70 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 248,52-0,85 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 163,94-0,79 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 911,16-0,30 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 014,75-0,54 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 992,08-3,41 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 069,30+0,92 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,908 %+0,107 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,396 %+0,104 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,366 %+0,156 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0836+0,39 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 326,33+4,22 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars91,73+2,56 %77,1384,08

Cercle de l’Épargne

Assurance vie : le vent en poupe en février

En février 2024, selon France Assureurs, l’assurance vie confirme son bon début d’année avec une collecte nette de +2,5 milliards d’euros proche de celle du mois de janvier (+2,4 milliards d’euros). Cette collecte est nettement supérieure à celle du mois de février 2023 (1,1 milliard d’euros).

Le mois de février réussit traditionnellement bien à l’assurance vie, aucune décollecte n’ayant été constatée durant ce mois depuis 1997. La collecte moyenne de février entre 2014 et 2023 a été de 2 milliards d’euros. L’année 2024 se situe donc dans la moyenne haute. Depuis le début de l’année, l’assurance vie bénéficie de la bonne tenue des marchés financiers et des annonces concernant le rendement des fonds euros. Les ménages continue, par ailleurs, à recycler leurs abondantes liquidités. De janvier 2023 à janvier 2024, l’encours des dépôts à vie des ménages a baissé de plus de 38 milliards d’euros (source Banque de France).

Un montant important de cotisations

En février, les cotisations ont été importantes, 16,0 milliards d’euros, en hausse de +22 % sur un an .Les cotisations en unités de compte (UC) ont atteint 6,0 milliards d’euros, soit 37 % de la collecte brute. Elles ont progressé de 15 % par rapport à février 2023. Les cotisations sur les supports euros sont  à 10,1 milliards d’euros ont augmenté de 27 %. Ce montant élevé de collecte brute s’explique par la forte propension des ménages à l’épargne. En février, ces derniers ont également placé en net 2,4 milliards d’euros sur leur Livret A et 1,04 milliard d’euros sur leur Livret de Développement Durable et Solidaire.

Des prestations toujours dynamiques

Les prestations se sont élevées en février à 13,5 milliards d’euros en hausse de +12 % sur un an. Cette hausse concerne aussi bien les supports euros (+12 %) que les supports en UC (+14 %). Ce niveau élevé des prestations est en lien avec les besoins d’apport plus importants pour les achats immobiliers et par la progression des liquidations de contrats pour succession en raison du vieillissement de la population.

La collecte nette portée par les unités de compte

La collecte nette comme depuis de nombreux mois est toujours portée par les unités de compte (collecte nette de 3,4 milliards d’euros) quand dans le même temps, la décollecte sur les fonds euros se réduit (-0,9 milliard d’euros en février). Sur un an (mars 2023 – février 2024), la décollecte nette au niveau des fonds euros atteint 26,5 milliards d’euros quand la collecte nette des unités de compte dépasse 31,5 milliards d’euros. Il faut remonter à novembre 2019 pour une collecte nette positive sur les supports euros.

La moindre décollecte sur les fonds euros, en février, s’explique par les annonces de rendements en hausse intervenues au mois de janvier (2,6 % en moyenne pour l’année 2023). Par ailleurs, de nombreux assureurs proposent des taux bonifiés pour 2024 pouvant dépasser 4 %. Les rendements des fonds euros se rapprochent ainsi du taux du Livret A voire le dépassent ce qui contribue à l’augmentation de la collecte.

Vers 2000 milliards d’euros d’encours

A fin février 2024, les encours des contrats d’assurance vie s’établissent à 1 947 milliards d’euros, en hausse de +3,2 % sur un an.

Un bon tempo pour l’assurance vie en 2024

Les Français restant en mode fourmis, les produits d’épargne continuent à enregistrer de bons résultats. Pour le moment, les ménages n’entendent pas puiser dans la cagnotte qu’ils ont constituée depuis le début de l’épidémie de covid. Le taux d’épargne demeure deux à trois points au-dessus de son niveau de 2019. Si de 2020 à 2023, l’épargne réglementée a profité de cet effort accru d’épargne, depuis le début de l’année, l’assurance vie semble retrouver les faveurs des épargnants. L’amélioration du rendement des fonds euros et la forte appréciation du cours des actions jouent en faveur de ce placement. La baisse des transactions immobilières le favorise également, par ricochet.

Le Coin des Epargnants du samedi 23 mars 2024 : le temps de la baisse des taux se précise

Quand le luxe tousse, le CAC40 recule

Le CAC 40 a reculé cette semaine en raison de Kering, le groupe de luxe dont le cours de l’action s’est contracté après l’annonce de prévisions de résultats décevants. Les autres valeurs du luxe ont également souffert. Les autres indices européens moins exposés au luxe que celui de Paris ont, en revanche, poursuivi leur marche en avant tout comme les indices américains.

La publication des indices PMI a laissé entrevoir une reprise possible de l’activité en zone euro pour les prochains mois. L’indice flash PMI composite HCOB de l’activité globale dans la zone euro s’est, en effet, établi à 49,9 en mars contre 49,2 en février, signalant ainsi une quasi-stabilisation des niveaux d’activité en mars.

En Europe comme aux Etats-Unis, les taux des obligations d’Etat ont reculé en ligne avec les perspectives de baisse des taux directeurs des banques centrales. En France, la question des finances publiques devient de plus en plus prégnante. Le Président de la République et le gouvernement préparent l’opinion tant à l’annonce d’un déficit public conséquence pour 2023 que sur la nécessité d’assainir les finances publiques. Compte tenu de l’absence de majorité à l’Assemblée nationale, l’adoption de mesures risque d’être extrêmement compliquée.

Les grandes manœuvres sur les taux directeurs se précisent

La Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale Américaine (FED) et la Banque d’Angleterre ont opté, sans surprise, pour le statu quo en ce qui concerne leurs taux directeurs mais la banque centrale suisse a décidé de les abaisser marquant ainsi l’entrée dans un nouveau cycle.

Après la BCE le 7 mars dernier, la Réserve fédérale a décidé, mercredi 20 mars,  de maintenir ses taux directeurs dans la fourchette 5,25/5,5 %, ce niveau étant inchangé depuis le mois de juillet 2023. Ce statu quo était attendu. La publication des derniers indices des prix à la consommation souligne que la désinflation sera plus longue que prévu. L’objectif des 2 % ne sera pas atteint en 2024. Le taux d’inflation pourrait se situer entre 2,5 et 2,75 % cette année. Par ailleurs, l’économie américaine demeure dynamique. La banque centrale a ainsi révisé à la hausse ses prévisions de croissance. Celle-ci a été porté à 2,1 % contre 1,4 % prévu en décembre.  La réduction du bilan de la FED qui avait atteint avec la pandémie 9000 milliards de dollars est relativement lente ce qui contribue à maintenir sur le marché de fortes liquidités. Depuis 2022, la banque centrale n’a réduit son bilan que de 15,3 %.

Jeudi 21 mars, la Banque d’Angleterre a décidé de laisser inchangé ses taux directeurs maintenus  5,25 % pour la cinquième fois consécutive, après un cycle de resserrement visant à lutter contre ayant atteint 11,2 % en octobre 2022. La hausse des prix à la consommation a depuis diminué pour revenir en février à 3,4 %. Au sein du Comité de politique monétaire, huit membres ont voté pour le statu quo et un pour une baisse. Lors de la réunion de ce comité, les membres ont révisé à la hausse leurs prévisions de croissance en prenant en compte les effets du budget présenté par le gouvernement. Celui-ci est censé amené un surcroît de croissance de 0,25 % et sortir l’économie britannique de la récession. Les investisseurs s’attendent à une baisse des taux directeurs pour le mois d’août.

La Banque nationale suisse (BNS) a annoncé jeudi 21 mars la diminution de son principal taux directeur de 25 points de base. La banque centrale suisse a pris cette décision au vu des résultats de l’inflation. Selon ses nouvelles prévisions de la banque centrale, la hausse des prix à la consommation ne dépasserait pas 1,5 %, au moins jusqu’en 2026. Cette baisse a surpris les investisseurs qui ne s’y attendaient pas, la banque centrale suisse n’ayant pas l’habitude d’agir de la sorte quand l’inflation dépasse 1 %. En outre, l’économie helvète – toujours en croissance semblait supporter l’augmentation des taux directeurs de ces derniers mois. L’assouplissement monétaire aurait avant tout un objectif de change. Le franc suisse s’est apprécié en 2022 et en 2023, ce qui affecte la compétitivité des exportations.

La vieille relique n’en finit pas de briller

Mercredi 10 mars, l’once d’or a battu un nouveau record en dépassant 2200 dollars. Le métal précieux bénéficie d’un contexte favorable. Les perspectives de baisse des taux directeurs des banques centrales amènent les investisseurs à arbitrer leurs positions sur les marchés monétaires en se repliant sur l’or. Le contexte géopolitique tendu favorise toujours la hausse de son cours. Par ailleurs, les banques centrales des pays émergents et de l’OPEP augmentent leurs réserves en or. En 2023, les instituts d’émission ont ajouté plus de 1 000 tonnes de lingots dans leurs réserves comme en 2022. Les pays du Golfe engrangeant d’importants excédents commerciaux avec le pétrole et le gaz sont acheteurs d’or, tout comme la Chine qui entend réduire son exposition du dollar. Pour ces mêmes raisons, la Russie est dans une situation similaire. La baisse du dollar soutient également le prix de l’or car ce dernier devient moins cher dans les pays dans lesquels la monnaie américaine n’est pas la devise officielle. Enfin, en Chine, les ménages placent de plus en plus leur épargne en or, délaissant l’immobilier qui connaît une grave crise.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
22 mars 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 152,79-0,27 %7 543,186 471,31
Dow Jones39 475,90+2,06 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 234,18+2,34 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 428,82+2,85 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 211,92+1,56 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 930,92+2,72%7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 031,15+0,90 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)40 888,43+5,63 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 048,03-0,22 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,793 %-0,089 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,321 %-0,118 pt+2,023%+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,212 %-0,099 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0808-0,65 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 164,84+0,59 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars85,49+0,32 %77,1384,08

2,6 % le rendement moyen des fonds euros de l’assurance vie

Selon l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le rendement moyen des fonds euros s’est élevé, en 2023, à 2,6 % (résultat provisoire établi sur deux tiers de l’encours de l’assurance vie). En 2022, le rendement avait été de 1,9 % et en 2021 de 1,28 %. Le rendement des fonds euros se sont rapprochés du taux du Livret A (2,9 % sur l’ensemble de l’année 2023) et de ceux des dépôts à terme (3,6 % fin décembre 2023). Pour retrouver un taux de rendement plus élevé, il faut remonter à 2013. La rémunération brute des fonds euros (avant prélèvements sociaux et fiscaux) reste inférieure aux 3 % nets offerts par le Livret A et aux 3,6 % bruts des comptes à terme à fin 2023,

En fonction du montant des réserves (provisions pour participations aux bénéfices, PPB) et de leur utilisation par les compagnies, le rendement des fonds euros varie selon les contrats de 1 à 4 %.

Cercle de l’Epargne

Livret A : pas de relâchement de l’effort

Après les collectes exceptionnelles  de 2022 et de 2023 en lien avec le relèvement de son taux, le Livret A se normalise certes, tout en restant, néanmoins, à un haut niveau. La surprise n’est pas le montant de la collecte mais le fait que les ménages ne puisent pas dans leur épargne depuis quatre ans pour consommer ou pour investir sur des produits de long terme.

Pas de relâchement dans l’effort

Le Livret A n’a pas failli en février avec une collecte de 2,36 milliards d’euros, soit un niveau supérieur à la moyenne de ces dix dernières années (1,6 milliard d’euros). Depuis 2009, trois décollectes ont été enregistrées en février (2014, 2015, 2016) dans une période de faibles rendements pour le Livret A. La collecte du mois de février 2024 est sans rapport avec celle de l’année dernière (6,27 milliards d’euros) mais celle-ci avait été portée par le relèvement du taux du Livret A de 2 à 3 %. Cette année, le taux est resté inchangé à 3 %.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire connait également une collecte positive en février (+1,04 milliard d’euros). La collecte du Livret d’Épargne Populaire a été, en février, de 1,39 milliard d’euros, contre 1,92 milliard d’euros en janvier et 3,16 milliard d’euros en février 2023. La collecte de ce dernier produit s’assagit avec la fin de l’effet relèvement du plafond à 10 000 euros intervenu au mois d’octobre 2023. Les titulaires ayant la possibilité de saturer leur LEP l’ont réalisé. Les capacités d’épargne limitées des personnes éligibles au LEP pèsent par nature sur la collecte.

La collecte de janvier et de février s’inscrit dans la normalité saisonnière du Livret A et du LDDS, le premier semestre étant favorable à l’épargne quand le second est plus propice aux dépenses.

Pas de rupture dans la préférence à l’épargne

Les ménages français continuent à accroître leur cagnotte d’épargne de précaution, l’encours du Livret A et du LDDS battant de nouveaux records (respectivement 419,9 et 151,6 milliards d’euros). La désinflation ne les incite pas – pour le moment – à puiser dans leurs réserves pour augmenter leurs dépenses de consommation. Les Français diffèrent en cela des Américains qui ont utilisé la quasi-totalité de leur cagnotte constituée durant la période covid. En France, les ménages, au contraire, continuent de l’augmenter.

Défiance, vieillissement et rendement, les trois piliers de la collecte du Livret A

La préférence pour l’épargne en France s’explique par une défiance face à la situation économique, par le vieillissement de la population et par la bonne rémunération de l’épargne sans risque.

Le moral des ménages, mesuré mensuellement par l’INSEE, demeure faible depuis près de deux ans. La crise covid et la guerre en Ukraine ont conduit les ménages à mettre plus d’argent de côté. La résurgence de l’inflation a accru cette tendance. Les Français restent dubitatifs face à la désinflation ce qui induit un attentisme en matière de consommation. Les gains de pouvoir d’achat sont, en grande partie, épargnés. Le ralentissement de la croissance ne les incite pas à relâcher leurs efforts.

Le vieillissement de la population est un facteur structurel de hausse de l’épargne. Les ménages craignant une baisse sensible de leur pouvoir d’achat à la retraite mettent de l’argent de côté. le caractère compétitif du taux du Livret A est également un facteur favorisant la collecte.

L’attractivité du Livret A s’améliore, par ailleurs, avec le recul de l’inflation qui s’est élevée à 3 % en février 2024. Logiquement, le rendement réel du Livret A (comme du LDDS) redeviendra positif dans les prochains mois. La baisse des rendements des dépôts à terme, constatée depuis le début de l’année, avantage le Livret A comme le LDDS.

Le dernier facteur jouant en faveur du Livret A est l’importance des liquidités encore disponibles sur les comptes courants : plus de 470 milliards d’euros. Les ménages diminuent progressivement cette enveloppe de liquidités qui ne rapporte rien.

Un premier semestre couleur « fourmis »

Dans les prochains mois, la collecte du Livret A restera portée par l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages. Le contexte économique et géopolitique demeurant anxiogène, les Français resteront sans nul doute attentistes. Les effets de la désinflation sur leur comportement se feront certainement ressentir à la fin du premier semestre avec à la clef un arbitrage plus favorable à la consommation.

Les Français toujours en mode fourmis

Les Français ont maintenu un important effort d’épargne en 2023 malgré – ou à cause – de l’inflation. Si cette dernière érode le pouvoir d’achat des ménages, elle les amène à épargner à la fois par crainte de l’avenir, par effet d’encaisse réelle. Les Français et plus globalement les Européens se distinguent des Américains qui ont, en 2023, diminué leur effort d’épargne au profit de la consommation. Le taux d’épargne des ménages était, fin 2023, inférieur à son niveau d’avant crise sanitaire.

Le taux d’épargne des ménages, en France, en 2023, selon l’INSEE, s’est élevé à 17,6 % du revenu disponible brut, contre 17,5 % en 2022. Le taux d’épargne financière s’est établi, en 2023, à 7 % contre 6,2 % en 2022. Le taux d’épargne reste supérieur de plus de deux points à son niveau d’avant crise sanitaire.

Cercle de l’Épargne – données INSEE

En fin d’année, les ménages ont accru un peu plus leur effort d’épargne. Le taux d’épargne est, en effet, passé de 17,3 à 17,9 % du revenu disponible brut. Le taux d’épargne financière s’est ainsi élevé à 7,5 %.

La baisse de l’inflation ne conduit pas, pour le moment, les ménages à réduire leur effort d’épargne, la prudence restant de mise. Ils ont ainsi décidé de mettre de côté une grande partie des gains de pouvoir d’achat du dernier trimestre (+0,7 %). Sur l’ensemble de l’année, le pouvoir d’achat s’est accru de 0,8 %, or le ressenti est tout autre en raison de la persistance de la hausse des prix sur certains biens et prestations (énergie en particulier).

Tant que les ménages n’intégreront pas le processus de désinflation, le taux d’épargne pourrait rester élevé. Logiquement, d’ici la fin du premier semestre, un ajustement devrait intervenir avec à la clef une reprise de la consommation, ce qui pourrait favoriser le retour de la croissance pour le second semestre.

Le Coin de l’Epargne du samedi 2 mars 2024 : l’inflation toujours au cœur des débats

L’inflation n’a pas dit son dernier mot

Si les investisseurs n’ont pas surréagi au discours belliqueux de Vladimir Poutine, ils ont été marqués par le ralentissement plus lent que prévu de l’inflation au sein de la zone euro. L’indice des prix à la consommation a progressé de 2,6 % en rythme annuel en février et non de 2,5 %, comme anticipé par le consensus Bloomberg. L’écart est plus net pour l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) qui s’est élevée à 3,1 % contre 2,9 % prévu. De plus en plus de membres de la Banque Centrale Européenne souhaitent laisser un peu plus de temps au temps avant de baisser les taux directeurs afin d’être certain que la désinflation se soit bien installée dans la zone euro. La première réduction des taux directeurs est attendue par le marché non plus en avril mais en juin. Aux Etats-Unis, un ralentissement de l’activité manufacturière semble se confirmer. L’indice établi par l’Institute for supply Management a reculé de 1,3 point à 47,8 contre une amélioration à 49,5 attendue. Le moral des consommateurs a diminué, en février, pour la première fois en trois mois et même plus qu’en première estimation. La sous-composante des anticipations d’inflation à un an est confirmée à 3 %, contre 2,9 % un mois plus tôt. Le principe d’une baisse des taux directeurs en juin est également retenue. Les indicateurs avancés de l’inflation, comme les loyers et les prix des voitures d’occasion suggèrent que la désinflation se poursuivra au cours des prochains mois. Le CAC 40 a légèrement baissé cette semaine de 0,47 %. En février, la hausse a été assez forte, +3,75 %. Sur un an, le CAC 40 s’est apprécié de près de 10 %. Le Nasdaq sur les deux premiers mois de l’année a gagné plus de 8 % et sur un an plus de 43 % toujours par l’engouement dans l’intelligence artificielle.

Nouvelle vague pour les cryptoactifs

Les cryptoactifs continuent leur mouvement de hausse. Leur capitalisation s’est accrue de plus de 500 milliards de dollars depuis le mois de janvier pour dépasser 2 300 milliards de dollars dont plus de 1 200 milliards pour le bitcoin et 400 milliards pour l’ether. Cette capitalisation se rapproche de son sommet historique de 3 000 milliards atteint le 9 novembre 2021. Cette semaine, le cours du bitcoin a franchi la barre des 60 000 dollars.

La hausse des cours des cryptoactifs s’explique par le lancement de plusieurs fonds indiciels (ETF) qui répliquent notamment la valeur du bitcoin. La collecte de ces fonds a dépassé les 14 milliards de dollars entre le 11 janvier et le 27 février. L’ether devrait, à son tour, prochainement pouvoir compter sur des ETF. Huit émetteurs ont déposé une demande de création de fonds auprès du régulateur américain (la SEC).

Les cryptoactifs bénéficient également de la forte progression des cours des valeurs technologiques toujours dopées par l’engouement des investisseurs pour l’intelligence artificielle. Ces derniers réallouent une partie des gains réalisés sur les marchés actions dans les cryptoactifs.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
2 mars 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 934,17-0,47 %7 543,186 471,31
Dow Jones39 087,38-0,21 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 137,08+0,96 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 274,94+1,74 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 17 738,001,57 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 686,95-0,32%7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 894,86+0,63 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)39 910,82+2,08 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 027,02+0,74 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,903 %+0,078 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,415 %+0,055 pt+2,023%+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,207 %-0,048 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1.0831-0,18 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 079,15+0,73 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars84,18+2,73 %77,1384,08

Cercle de l’Epargne

La pierre papier, retour aux fondamentaux

Durant la dernière décennie, la pierre papier a eu le vent en poupe, favorisée par des taux historiquement bas. Avec la hausse de ces derniers et la baisse des prix de l’immobilier, la collecte a baissé en 2023 tout en restant élevée. Les rendements en 2023 des SCPI restent, en revanche, en phase avec ceux des années précédentes. Certains fonds immobiliers ont néanmoins dû faire face à des rachats importants de parts et ont pu être contraints de limiter ces derniers. Ces problèmes de liquidité rappellent que l’immobilier est soumis à des cycles et qu’il n’est pas un placement sans risque. Dans le passé et en particulier dans les années 1990, la chute des prix avait été bien plus importante

Des décollectes nettes pour les SCI et les OPCI

Dans un contexte de crise immobilière et de ralentissement de l’activité, après plusieurs années de fortes collectes, des investisseurs ont préféré procéder à des rachats de leurs parts de fonds immobiliers. Ces rachats ont provoqué une chute de la valeur des parts et ont posé pour certains fonds des problèmes de liquidités pouvant les amener à geler certaines opérations.

En 2023, les sociétés civiles supports d’unités de compte immobilières ont ainsi enregistré une décollecte nette de 543 millions d’euros. L’actif net des sociétés civiles en unités de compte immobilières s’établit à 23,5 milliards d’euros au 31 décembre 2023. 

Pour les OPCI grand public, distribués essentiellement en unités de compte d’assurance vie, la décollecte nette a atteint de 3 milliards d’euros. L’actif net des OPCI grand public s’établit à 15,3 milliards d’euros. au 31 décembre 2023, reflétant une valorisation globale comparable à celle de 2018.

Les SCPI plient mais ne rompent pas

Sur l’ensemble de l’année 2023, les Sociétés de Civiles de Placement Immobilier (SCPI) sont restées en collecte nette positive à hauteur de 5,7 milliards d’euros (7,7 milliards d’euros de collecte brute et 2 milliards d’euros de rachats). Après une année record en 2022, la collecte nette de 2023 est comparable à celle de 2020 ou à celle de 2016 pour prendre une année non touchée par les effets de la pandémie. Au 31 décembre 2023, la capitalisation des SCPI s’établit à 90,1 milliards d’euros.

La collecte brute des Société civile de placement immobilier (SCPI) s’est élevée à 7,7 milliards d’euros, contre 10,20 milliards d’euros en 2022. Elle est revenue à son niveau de 2021 (7,37 milliards d’euros). En 2023, plus de la moitié de collecte a été effectué par les SCPI diversifiées, celles spécialisées en bureaux reculant fortement.

Le taux de distribution moyen servi par les SCPI, toutes catégories confondues, s’établit à +4,52 % en 2023, un taux stable par rapport à l’année 2022 (4,53 %). Les SCPI par catégorie offrant le meilleur rendement sont celles spécialisées dans la logistique (5,9 %) qui devancent celles spécialisées dans les hôtels et le tourisme (5,1 %).

Des performances globales en baisse pour la pierre papier

Compte tenu de la baisse de la valeur des parts, en 2023, la performance globale des sociétés civiles en unités de compte immobilières a été de -6,8 % et celles des OPCI grand public de -7,6 %. Concernant les SCPI, le prix de part moyen pondéré de la capitalisation a diminué de 4,9 % entre le 1er janvier et le 31 décembre 2023. Cette baisse moyenne intègre l’essentiel des ajustements des prix de l’immobilier constatés en 2023.

Le Coin des Epargnants du 17 février 2024 : un œil toujours sur l’inflation

Quand l’inflation fait de la résistance  

Vendredi 16 février, pour la première fois de son histoire, le CAC40 a dépassé les 7800 points en début de séance mais a perdu du terrain dans la journée du fait des doutes concernant le calendrier de la baisse des taux directeurs de la part de la FED. Il a ainsi clôturé à 7 768,18 points. La bourse de Paris bénéficie des bons résultats des entreprises du CAC 40 et surmonte sans problème les annonces peu enthousiasmantes concernant la croissance. En revanche, les investisseurs ont réagi négativement à la publication des prix producteurs (PPI) pour janvier aux Etats-Unis. Ils ont augmenté de 0,3 % en janvier et de 0,9 % sur un an, contre respectivement 0,1 % et 0,6 % anticipé. Cette augmentation traduit un rebond des coûts dans les services (+0,6 %), dont les soins hospitaliers ambulatoires. Elle marque la persistance d’une inflation sous-jacente. Cette publication a provoqué un recul des indices « actions » de New York et une augmentation du taux des obligations d’Etat américaine.

Cette persistance de l’inflation semble renvoyer la première baisse des taux directeurs au mois de juin. Malgré cette inflation rampante, le moral des consommateurs américains demeure élevé comme en témoigne l’indice de l’Université du Michigan qui a atteint son plus haut niveau en février depuis juillet 2022.

L’écart de taux sur les obligations d’Etat entre la France et l’Allemagne tend à s’accroître légèrement. Il est passé de 0,5 à 0,6 point depuis le début de l’année. La trajectoire incertaine des finances publiques et une anticipation de la dégradation de la note de la dette souveraine de la France au printemps expliquent cette petite dégradation.

En Asie, la bourse de Tokyo continue de progresser. Vendredi 16 février, l’indice Nikkei japonais a clôturé à un nouveau sommet de 34 ans. Depuis le 1er janvier, cet indice a gagné plus de 15 %. Il est toujours porté par les valeurs technologiques.

Révision à la baisse de la croissance en Europe

Eurostat a confirmé cette semaine que la croissance a été nulle au cours du dernier trimestre 2023, la première puissance économique de la zone euro enregistrant une contraction de son PIB de 0,3 point. Le Royaume-Uni a connu un recul équivalent de sn PIB au quatrième trimestre. Il est ainsi entré en récession, son PIB ayant déjà diminué de 0,1 point au troisième trimestre 2023.

Dans un contexte économique peu porteur, jeudi 15 février, la Commission européenne a abaissé ses prévisions de croissance pour 2024. Après une croissance atone de 0,5 % pour l’Union et la zone euro l’année dernière, la Commission prévoit, pour 2024, une progression du PIB de 0,9 % dans l’Union et de 0,8 % dans la zone euro. Ces prévisions ont été corrigées à la baisse par rapport à celles de l’automne dernier (respectivement 1,3 % et 1,2 %).

L’Allemagne enregistrerait une croissance limitée à 0,3 % cette année. Une légère amélioration étant attendue en 2025 (1,2 %). La deuxième économie, la France, fait un peu mieux (0,9 % en 2024, 1,3 % en 2025). La croissance de l’Italie serait de 0,7 % en 2024 et de 1,2 % en 2025, les taux respectifs pour l’Espagne étant de 1,7 % et 2 %. Parmi les grands pays de l’Union, ce pays resterait pour les deux prochaines années le plus dynamique. La Commission ne prévoit pas de contraction du PIB sur un an pour aucun Etat membre. Le plus faible taux de croissance serait celui de la Suède (0,2 % en 2024 et 1,6 % en 2025). Ce pays a connu en 2023 une diminution de son PIB de 0,1 %.

Pour la Commission, la faible croissance serait due aux difficultés de pouvoir d’achat des ménages en lien avec le resserrement monétaire ainsi qu’au recul des exportations.

L’inflation devrait reculer en 2024 à 2,7 % dans la zone euro, puis revenir à 2,2 % en 2025, se rapprochant ainsi de l’objectif de la Banque centrale européenne (2 %). Dans l’Union, elle restera plus élevée, à 3 % en 2024 et 2,5 % en 2025. Le taux d’inflation devrait être en France de 2,8 % en 2024 et de 2 % en 2025. Les prix continueraient à augmenter plus vite que la moyenne en Belgique (3,5 % en 2024), en Autriche (4 %), en Hongrie (4,5 %), en Pologne (5,2 %) et en Bulgarie (3,4 %).

L’Allemagne, troisième puissance économique mondiale

Par effet de change avant tout, l’Allemagne ravit la troisième place du podium des puissances économiques mondiale au Japon. En 2023, le PIB nominal de l’Allemagne s’est élevé à 4 500 milliards de dollars contre 4 200 milliards de dollars pour le Japon. Ce dépassement a été obtenu malgré un taux de croissance, en 2023, au Japon de 1,9 % quand le PIB allemand déclinait de 0,3 %. La dépréciation du yen par rapport à l’euro explique le recul du Japon. La perte de change est imputable à une politique monétaire bien plus accommodante au Japon qu’en Europe. Il n’en demeure pas moins que le Japon est confronté à un déclin sur fond de diminution de sa population et de faibles gains de productivité.

Le Japon avait dû céder sa deuxième place en 2010 à la Chine. Il pourrait être dans les prochaines années être dépassé par l’Inde.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
16 fév. 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 768,18+1,58 %7 543,186 471,31
Dow Jones38 627,99-0,03 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 005,57-0,23 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite15 775,65-1,10 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 17 117,441,11 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 711,71+1,84%7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 765,65+1,02 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 487,24+3,42 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 865,90+6,06 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,877 %-0,016 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,294 %-0,085 pt+2,023%+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,301 %+0,114 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0775-0,08 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 012,65-0,64 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars83,27+1,57 %77,1384,08
Cercle de l’Epargne

Les ménages privilégient toujours l’épargne

Selon la Banque de France, les ménages français restent en mode « fourmis ». Au troisième trimestre 2023, le flux trimestriel net de placements des ménages s’est élevé à 34,9 milliards, en hausse de 1,7 milliard par rapport au trimestre précédent. Il demeure à un niveau historiquement élevé. Les flux d’épargne investis en produits de taux ont augmenté au troisième trimestre (24,6 milliards après 17,4 milliards au deuxième trimestre), notamment en raison d’une moindre décollecte sur les dépôts à vue et sur l’assurance vie en euros. Les flux d’épargne orientés vers les produits de fonds propres diminuent. En cumul sur quatre trimestres glissants, le flux net de placements financiers des ménages s’établit à 121,2 milliards au troisième trimestre, restant toujours au-dessus de sa moyenne de long terme. Avant la crise sanitaire, ce flux évoluant entre 90 et 100 milliards d’euros.

Cercle de l’Epargne – données Banque de France

Les premières données collectées par la Banque de France concernant le quatrième trimestre 2023 indiquent une reprise du mouvement de décollecte sur les dépôts à vue (-17,2 milliards contre -0,7 milliard au troisième), une augmentation des dépôts sur les livrets d’épargne et un rebond de l’assurance-vie (9,2 milliards après 2,4 milliards au troisième trimestre).

Le Coin des Epargnants du 10 février 2024 : en attendant la baisse des taux

En attendant la baisse des taux directeurs !

Les indices actions ont été assez atones cette semaine. Les investisseurs cherchent le sens du vent. Entre les bons résultats des entreprises, l’affaiblissement de la croissance, les tergiversations sur la date de la baisse des taux directeurs, les incertitudes géopolitiques, ils optent pour la prudence. Le CAC 40 a gagné 0,7 % durant la semaine et l’Eurostoxx 50, près de 1,3 %. L’indice des valeurs technologiques continuent sur la lancée de l’année dernière avec une progression de plus de 2 % sur la semaine et de plus de 6 % depuis le début de l’année. Le pétrole, de son côté, a augmenté durant la semaine, de près de 6 %, en raison des doutes sur la capacité des Etats-Unis à accroître leur production.

En ce début d’année, les banques américaines recommencent à faire parler d’elles. La New York Community Bancorp (NYCB) a annoncé une perte financière inattendue et une importante provision pour pertes sur prêts à cause de son exposition au marché en difficulté de l’immobilier commercial amenant Moody’s à abaisser sa note de crédit en catégorie spéculative (« junk »). La secrétaire au Trésor, Janet Yellen, a fait savoir que les autorités de régulation suivaient avec attention la situation des banques et travaillaient avec elles pour les aider à gérer les risques qu’elles encourent sur les prêts immobiliers. Pour le moment, les problèmes de la banque newyorkaise n’affectent pas les autres banques par effet domino, l’espoir d’une future baisse des taux directeurs étant anticipé. Le débat reste, sur ce sujet, ouvert. Plusieurs responsables de la Fed ont relayé le message de Jerome Powell selon lequel la banque centrale n’est pas pressée d’assouplir sa politique monétaire. La présidente de la Fed de Cleveland, Loretta Mester, et son homologue de Minneapolis, Neel Kashkari, ont indiqué que des baisses de taux sont possibles plus tard dans l’année. Deux ou trois baisses sont envisagées. Ils soulignent que la désinflation doit être consolidée avant de s’engager dans un processus de taux. En Europe, si les banques ont enregistré des niveaux de bénéfices élevés en 2023, les annonces de prévisions revues à la baisse pour 2024 ont provoqué le recul du cours de leurs actions. En revanche, les investisseurs ont été rassurés par la publication de la hausse des prix en décembre aux Etats-Unis qui a été corrigée à la baisse à 0,2 % contre +0,3 % initialement présenté. L’indice hors alimentation et énergie a augmenté à un taux annualisé de 3,3 % au quatrième trimestre, ce qui correspond à l’estimation préliminaire. Ce résultat laisse présager une baisse des taux directeurs en mai.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
9 fév. 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 647,31+0,73 %7 543,186 471,31
Dow Jones38 671,69-0,01 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 026,61+1,31 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite15 990,66+2,24 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 16 918,550,00 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 572,58-0,54%7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 715,87+1,29 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)36 897,42+2,04 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 865,90+4,97 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,893 %+0,105 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,379 %+0,082 pt+2,023%+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,187 %+0,046 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0783-0,03 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 021,96-0,80 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars81,70+5,74 %77,1384,08

Cercle de l’Épargne

Le Plan d’Épargne Retraite, un succès à confirmer

En 2023, le PER assurance a séduit un million de nouveaux assurés et bénéficié de 14,7 milliards d’euros de versements dont 10,9 milliards d’euros de cotisations et 3,7 milliards d’euros issus de transferts d’anciens contrats d’épargne retraite. La collecte nette des PER a atteint +8,4 milliards d’euros, en hausse de +1,1 milliard d’euros par rapport à celle enregistré en 2022.

À la fin de l’année 2023, les PER assurantiels comptabilisaient 5,5 millions d’assurés pour 74,6 milliards d’euros d’encours, dont 41 % en unités de compte. En prenant en compte tous les PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires s’élevait à près de 10 millions en 2023, pour un encours proche des 100 milliards d’euros.

Cercle de l’Épargne – données France Assureurs

Surendettement en France, une augmentation du nombre de dossiers en 2023

En 2023, le nombre de dossiers de surendettement déposés à la banque de France est en augmentation de 8 % par rapport à 2022. 121 617 dossiers ont été ainsi enregistrés l’année dernière. Le niveau des dépôts de 2023 reste néanmoins inférieur de 15 % à celui de 2019 avant la crise sanitaire.

Sur les dix dernières années, les dossiers déposés ont reculé de 6 % par an en moyenne, soit une baisse de 50 % depuis 2014. Le durcissement de la réglementation pour l’accès aux crédits à la consommation, une meilleure information des emprunteurs et la baisse du chômage expliquent cette diminution du nombre de cas de surendettement.

En 2023, l’encours de crédits des ménages surendettés s’élevait à 4,2 milliards d’euros, montant stable sur un an, mais en recul de 27 % par rapport à 2019. Hors dettes immobilières, l’endettement médian s’établit à 16 898 euros et l’endettement moyen à 30 429 euros.

Comme les années précédentes, la population des ménages ou personnes surendettés demeure caractérisée par la prédominance de :

  • personnes vivant seules (52 %) ;
    • personnes âgées de 25 à 64 ans (83 %) ;
    • familles monoparentales (20 %)
    • personnes divorcées et séparées (26 %) ;
    • personnes (débiteurs ou codébiteurs) en recherche d’emploi (25 %) ;
    • employés et ouvriers (52 %) ;
    • ménages locataires (76 %) ;
    • personnes pauvres (58 %) ;
    • ménages dont le niveau de vie est inférieur au SMIC net mensuel (69 %) ;
    • ménages ne disposant d’aucune capacité de remboursement pour faire face à leurs dettes (50 %).

Sur le plan géographique, le taux de dépôts de dossiers de surendettement des particuliers est plus important dans les régions Hauts-de-France, Normandie, Bourgogne-Franche Comté et Centre-Val de Loire.

Le Coin des Epargnants du samedi 3 février 2024 : les investisseurs malgré tout confiants

Semaine polyphonique pour les investisseurs

Croissance en berne en zone euro, mise en liquidation du promoteur chinois Evergrande, créations d’emploi élevées et statu quo monétaire aux Etats-Unis : la semaine a été difficile pour les marchés financiers. En Chine, l’indice Shanghai Composite recule ainsi de plus de 6 % en une semaine. Le CAC40 comme le DAXX allemand ont reculé mais de manière modeste au vu du flot de mauvaises nouvelles. Les principaux indices américains ont poursuivi leur marche en avant.

Les créations d’emploi aux Etats-Unis n’en finissent pas de surprendre

Au mois de janvier, les Etats-Unis ont créé plus de 350 000 emplois dans le secteur non agricole, soit près de deux fois plus que ce que les 185 000 attendues.  Le taux de chômage est resté stable à 3,7% de la population active. Quant aux salaires horaires, ils ont connu une hausse de 4,5% sur un an, contre 4,1% attendu et observé en décembre. Ces résultats obtenus malgré des taux élevés témoignent de la vitalité de l’économie américaine. Ils n’incitent pas la banque centrale à se précipiter pour les diminuer.

Statu quo monétaire de la part de la FED

Mercredi 31 janvier, Jerome Powell a écarté l’idée d’une première baisse des taux directeurs américains en mars, une perspective qui avait été anticipée par les investisseurs amenant à une forte progression des valeurs « actions » depuis le début de l’année.

La hightech, in et out

Plusieurs valeurs technologiques américaines ont marqué le pas avec l’annonce des résultats et surtout de leurs prévisions de chiffre d’affaires en-deçà des espérances des investisseurs. Le cours des entreprises de la haute technologie a progressé rapidement en un an avec l’engouement autour de l’intelligence artificielle (+60 % pour Microsoft, +40 % pour Google en un an). Une pause voire une légère correction n’est pas impossible pour les entreprises qui ont le plus progressé. Google a connu un ajustement de son cours les investisseurs prenant en compte la progression plus lente que prévu de ses revenus publicitaires. L’action de Microsoft a également souffert malgré la publication de bons résultats pour 2023 tirés par ses activités liées à l’intelligence artificielle. Ces résultats avaient été anticipés et n’ont pas constitué une surprise. Apple a été pénalisée par une baisse de 13 % de ses ventes d’iPhone en Chine, baisse plus importante que prévu. En revanche, Meta, la maison-mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a enregistré une forte augmentation de son cours grâce à l’annonce du paiement de son tout premier dividende, d’un programme de rachat d’action de 50 milliards de dollars et de bons résultats pour le quatrième trimestre, (hausse des revenus de 25 %, triplement du bénéfice et prévisions de croissance de chiffre d’affaires supérieure aux attentes pour la période en cours). Le groupe de e-commerce et de cloud Amazon a également dépassé toutes les attentes des investisseurs sur les trois derniers mois de 2023. En revanche,

Regain de tension pour les banques

La semaine a été marquée par quelques déconvenues au niveau du secteur bancaire. Le cours de la banque américaine « New York Community Bancorp » a chuté en milieu de semaine, en raison de craintes portant sur son portefeuille obligataire. La hausse des taux de ces derniers mois se fait toujours ressentir sur des banques de taille moyenne. En France, malgré un bénéfice de 11 milliards d’euros en 2023, BNP Paribas, la première banque de la zone euro, a enregistré une forte baisse du cours de son action après une correction des objectifs par la direction générale.

Le brut en retrait

La faible croissance en zone euro et les négociations concernant la bande de Gaza ont provoqué un repli du cours du pétrole (-8 % sur la semaine pour le Brent). Les valeurs du secteur pétrolier comme Total Énergies ont connu des baisses.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
2 fév. 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 592,26-0,55 %7 543,186 471,31
Dow Jones38 654,42+1,74 %37 689,5433 147,25
S&P 5004 958,61+1,55 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite15 628,95+1,30 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 16 918,21-0,26 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 615,54+2,36 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 654,55+0,38 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)36 158,02+1,14 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 730,15-6,19 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,788 %-0,043 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,297 %-0,014 pt+2,023%+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,141 %-0,033 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0785-0,48 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 036,40+0,65 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars77,24-7,96 %77,1384,08

Cercle de l’Épargne

Atterrissage rapide sur le marché du crédit immobilier

Selon les chiffres dévoilés par la Banque de France, la production de crédit immobilier hors renégociations en France s’est élevée à 8,2 milliards d’euros en décembre (10,2 milliards d’euros avec les crédits renégociés). La baisse par rapport à décembre 2022 est de 41 %. Pour retrouver un montant plus faible, il faut remonter en 2014. Le taux de croissance annuel des encours de crédits à la consommation en décembre fléchit légèrement à +1,8 %, après +2,1 % en novembre.

Banque de France

Sur l’année, la production hors renégociations s’élève donc à 129 milliards d’euros, soit une baisse de 40 % par rapport à 2022. Il faut remonter à 2015 (120 milliards d’euros) pour trouver un niveau de production annuel comparable, soit avant l’engagement de la politique monétaire non-conventionnelle marquée par des taux historiquement bas. Le taux de croissance annuel des encours poursuit son ralentissement (+0,9 % en décembre 2023, après +1,3 % en novembre) tout en restant supérieur à la moyenne de la zone euro.

Le taux d’intérêt moyen, hors frais et assurances, des nouveaux crédits à l’habitat (hors renégociations) est stable en décembre, (4,04 %, après 3,99 % en novembre). Les taux sont en légère baisse dans plusieurs pays européens.

Banque de France

Le Coin des Epargnants du samedi 27 janvier 2024 : les marchés toujours en mode festif

Les actions toujours à la fête

Les marchés « actions » n’en finissent pas de surprendre en battant de nouveaux records. À Paris, le CAC 40 a clôturé à 7634 points vendredi 26 juin  nouveau record.  Il n’a pas battu le record absolu touché au cours de la séance du 14 décembre dernier à 7 653,99 points. Malgré la décision de la Banque Centrale Européenne de ne pas modifier ses taux, les investisseurs restent, en effet, confiants aidés en cela par la publication des premiers résultats 2023 des grandes entreprises. Cette confiance a été confortée par la publication, aux États-Unis de l’indice « core PCE », qui constitue l’indicateur d’inflation privilégié de la Fed. En décembre, cet indice a été de 2,9 % en glissement annuel. Depuis juin, il a reculé de près de 1,5 point de pourcentage. Ce taux est perçu positivement par les investisseurs qui estiment qu’une baisse des taux directeurs de la FED durant les premiers mois de l’année est de plus en plus probable.

Le luxe mène la danse

À Paris, les entreprises du luxe ont ainsi confirmé leur bonne santé. LVMH a annoncé jeudi 25 janvier un chiffre d’affaires record à plus de 86 milliards d’euros et des profits de plus de 15 milliards pour 2023. Le cours de l’entreprises numéro 1 du luxe au niveau mondial a augmenté de plus de 12 % vendredi, sa plus forte hausse quotidienne en près de quinze ans. Les autres valeurs du secteur ont également enregistré de fortes hausses. Le secteur de la haute technologie demeure attractif. Les résultats de l’entreprise néerlandaise ASML, le principal fabricant de machines de production pour l’industrie des semi-conducteurs, ont été largement salués par les investisseurs. Son titre a progressé de 16 % cette semaine,

Tesla victime de sa Y dépendance

L’action Tesla a perdu 30 % de sa valeur depuis la fin du mois de décembre. La publication de résultats inférieurs aux prévisions a, cette semaine, amplifié la baisse des dernières semaines. L’entreprise américaine doit faire face à la concurrence de ses homologues chinoises ainsi qu’à la montée en puissance des constructeurs européens sur le segment des voitures électriques. Tesla qui était devenue la première capitalisation du secteur automobile était sans nul doute survalorisée. Elle a bénéficié d’un engouement en raison de son avance sur le créneau des voitures électriques. En raison de l’essor de nouveaux concurrents, pour maintenir ses parts de marché, Tesla est contrainte de diminuer ses prix, ce qui à terme pèsera sur les résultats. Il est également reproché au constructeur américain un nombre réduit de modèles quand, de semaine en semaine, ses concurrents étoffent leur catalogue.

Au-delà des déceptions des investisseurs, les responsables de Tesla peuvent se féliciter que leur Model Y ait été la voiture la plus vendue dans le monde en 2023. Le constructeur a vendu 1,23 million d’exemplaires de son SUV l’année dernière, devançant ainsi le Toyota RAV 4 (1,07 million) et la Corolla (1,01 million). C’est la première fois qu’un véhicule électrique s’impose à la tête du classement des ventes. En 2023, Tesla a vendu 456 000 Model Y en Chine (+45 % en un an). Au sein de l’Union européenne, 255 000 ventes ont été réalisées, soit près de 20 000 de plus que la Dacia Sandero qui arrive en deuxième position. En France, le Model Y s’est classé en huitième place des ventes, toutes motorisations confondues. Ce résultat a été obtenu au prix d’une baisse du prix qui était en novembre inférieur de 18 % au prix moyen d’une voiture électrique en Allemagne, et de 23 % aux États-Unis. Ce modèle a généré deux tiers des ventes de Tesla. Cette dépendance devrait se poursuivre dans les prochaines années ce qui ne rassure pas les investisseurs.

Statu quo sans surprise de la BCE

Sans surprise, la Banque centrale européenne n’a pas modifié ses taux directeurs lors de la réunion du comité de politique monétaire du 25 janvier 2024. Ils restent à 4 % pour la facilité de dépôt, à 4,5 % pour la facilité de refinancement et à 4,75 % pour celle de prêt marginal.

Depuis plusieurs semaines, les responsables de la BCE préparent les investisseurs au statu quo. La première baisse ne semble pas prévue avant le mois de juin même si 80 % des traders l’imaginent en avril. Christine Lagarde, la Présidente de la BCE a rappelé qu’elle souhaitait avant tout être certaine de la désinflation et qu’elle surveillait avec attention l’évolution des salaires. Lors de la conférence de presse du 25 janvier, elle a confirmé qu’elle « conservait le cap ».

Cette période d’incertitude sur le calendrier de baisses des taux directeurs provoque une volatilité accrue sur les marchés obligataires en raison des fortes attentes des marchés et de l’attitude prudente de la BCE. Les taux longs sont orientés à la hausse en Europe depuis le début du mois de janvier. Ils ont retrouvé leur niveau de fin novembre.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
26 jan. 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 634,14+3,56 %7 543,186 471,31
Dow Jones38 109,43+0,60 %37 689,5433 147,25
S&P 5004 890,97+1,06 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite15 455,36+0,88 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 16 961,39+2,43 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 635,09+2,36 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 635.47+4,20 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)35 751,07-0,59 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 910,22+2,75 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,788 %-0,043 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,297 %-0,014 pt+2,023%+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,141 %-0,033 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0866-0,31 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 018,20-0,53 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars81,61+4,37 %77,1384,08

Cercle de l’Épargne

Tensions sur le marché du gaz

Face à la montée en puissance de Donald Trump, Joe Biden entend mobiliser son électorat plutôt pro-environnement ainsi que les consommateurs. Il a ainsi annoncé un plan visant à renforcer les mesures environnementales concernant les terminaux de liquéfaction de gaz. Ce plan a également comme objectif de favoriser les consommateurs américains en exportant moins notamment en Europe. En 2023, les États-Unis

ont exporté vers l’Europe 88,9 millions de tonnes de gaz liquéfié. Ce montant a enregistré une hausse de près de 1 % sur un an. 61 % des exportations de GNL américain étaient destinées au Vieux Continent, et même 68 % en novembre. Ils sont devenus ainsi le premier fournisseur de la France.

Quatre projets déjà approuvés par la FERC (Federal Energy Regulatory Commission), le régulateur du secteur, mais toujours à l’étude au sein du Département de l’énergie, pourraient faire l’objet d’un moratoire selon un responsable de l’administration. Le projet Calcasieu Pass 2, d’une capacité de 20 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL), n’est pas concerné car il n’a pas été encore approuvé par le régulateur. Ce projet devrait accroître les capacités d’exportation de gaz de 22 %. Parmi les quatre projets pouvant être gelés, figurent deux projets de taille significative et deux plus petits, a indiqué l’administration, sans préciser leur nom.

La réalisation de tous les projets de terminaux de gaz liquéfié aurait comme conséquence de faire revenir le prix du gaz en Europe à son niveau d’avant-crise. En 2025, le marché mondial du GNL pourrait potentiellement bénéficier de 35 milliards de mètres cubes supplémentaires, puis de 50 milliards en 2026 et 50 milliards en 2027. Les autorités américaines craignent une possible baisse du cours du gaz avec le développement des énergies renouvelables, ce qui nuirait aux producteurs locaux.

Les annonces de l’administration américaine ont provoqué une hausse du prix du gaz sur les marchés de 8 %. Celui-ci reste à un niveau sans comparaison avec celui atteint durant l’été 2022.

Livret A et Livret d’Epargne Populaire : 2023, l’année de tous les records

Livret A et LEP, les placements réellement préférés des Français

L’année 2023 restera celle du Livret A et du Livret d’Épargne Populaire, l’un et l’autre enregistrant des collectes records, 28,7 milliards d’euros pour le premier et 20,67 milliards d’euros pour le second. L’effet taux et l’effet inflation ont joué à plein. Les ménages ont, durant l’année 2023, fait preuve de prudence et d’opportunisme, prudence en privilégiant l’épargne de précaution au détriment de la consommation, opportunisme en optant pour le produit d’épargne offrant la meilleure rémunération possible face à l’inflation.

Pluie de records pour le Livret A et le LDDS

Avec 28,68 milliards d’euros, la collecte 2023 du Livret A est la plus importante enregistrée depuis 2009. Elle dépasse celle de 2012 (28,16 milliards d’euros), de 2022 (27,32 milliards d’euros) et celle de 2020 (26,39 milliards d’euros). En 2012, l’importante collecte avait été réalisée grâce au relèvement du plafond du Livret A. Celle de 2020 était imputable à la crise covid quand celle de 2022 résultait de la hausse du taux de rémunération dans un contexte géopolitique anxiogène avec le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Fin décembre 2023, l’encours du Livret A s’élève 415,3 milliards d’euros, contre 375,4 milliards d’euros fin décembre 2022. Il atteint ainsi un niveau historique. Les intérêts capitalisés explosent en raison du taux de rémunération. Ils atteignent, en 2023, 11,23 milliards d’euros contre 4,83 milliards d’euros en 2022.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire réalise de son côté, une collecte de 11,24 milliards d’euros en 2023 battant le précédent record de 2012 (5 milliards d’euros lié au relèvement du plafond). Les intérêts capitalisés ont atteint, en 2023, 4,01 milliards d’euros contre 1,73 milliard d’euros en 2022. L’encours à 149,5 milliards d’euros est à son plus haut historique.

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations

Prudence et opportunisme

En 2023, le Livret A a bénéficié d’un effet taux et d’un effet inflation. Le taux de 3 % du Livret A a incité les ménages à réduire leurs liquidités disponibles sur leurs comptes courants. L’encours des dépôts à vue a ainsi baissé de 64 milliards d’euros sur les onze premiers mois de l’année 2023 (source Banque de France).

L’effet inflation a conduit les ménages à accroître leur épargne de précaution au détriment de la consommation. Par crainte de ne pas pouvoir faire face aux dépenses à venir, ils ont continué à augmenter leur cagnotte. L’inflation génère également un effet d’encaisse réelle. Les ménages épargnent pour contrecarrer l’érosion monétaire que subit leur patrimoine.

La baisse de l’inflation, en fin d’année dernière, ne semble pas avoir été intégrée par les épargnants. Cette baisse est récente et n’a pas été, encore, réellement ressentie. Les ménages demeurent méfiants en ce qui concerne l’évolution de la croissance et des prix. Le faible niveau de confiance des ménages, mesuré par l’INSEE, en témoigne.  

Les contreperformances du Livret A des mois d’octobre (-3,77 milliards d’euros) et de novembre (-280 millions) s’expliquent par le relèvement du plafond du Livret d’Épargne Populaire qui est passé, le 1er octobre 2023, de 7 700 à 10 000 euros. Cela a induit des transferts du Livret A vers le LEP. La non-revalorisation du taux du Livret A en juillet a pu jouer à la marge sans réellement porter atteinte à l’attractivité du produit.

Une collecte record en 2023 malgré un rendement négatif

En 2023, l’épargne a subi les effets de l’inflation. Le taux du Livret A est resté durant toute l’année inférieur à l’inflation. Faute de meilleurs placements leur garantissant sécurité et liquidité, les ménages ont pourtant plébiscité le Livret A comme le LDDS malgré leur rendement négatif.

Avec une inflation qui sur l’ensemble de l’année s’est élevée à 4,9 %, le rendement réel du Livret A et du LDDS a été négatif de deux points. En 2022, le rendement réel était négatif de 3,8 points.

Cercle de l’Épargne – données INSEE pour l’inflation

Décembre, une collecte hors du commun

Décembre est traditionnellement un mauvais mois pour le Livret A. Entre 2013 et 2023, le placement préféré des Français a, connu, en décembre, cinq décollectes (2014, 2017, 2019, 2020 et 2021). De 2009 à 2022, la collecte moyenne en décembre tourne autour de 222 millions d’euros. Avec une collecte de 2 milliards d’euros, décembre 2023 sort du lot. Logiquement en décembre, les ménages puisent dans leur bas de laine pour faire face aux dépenses de fin d’année (cadeaux, réveillons, vacances). Cette année, ils ont décidé au contraire d’opter pour la prudence en renforçant leur épargne de précaution au détriment de la consommation. Les ménages semblent être dubitatifs face à l’évolution des prix. Les annonces de hausses sur les prix de l’électricité ou sur des biens alimentaires les incitent à demeurer sur leurs gardes. Concernant les dépenses de fin d’année, il est probable que de nombreux ménages les aient anticipées en novembre. Les Français continuent, par ailleurs, à optimiser leurs liquidités en les transférant vers le produits d’épargne réglementée.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire a, de son côté, enregistré une collecte de 1,01 milliard d’euros qui est la plus élevée depuis le mois de mai 2023.

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations

Quelles perspectives pour le Livret A en 2024 ?

En 2024, avec l’engagement du Ministre de l’Économie de maintenir le taux à 3 %, le rendement réel du Livret A devrait redevenir positif avec une inflation attendue à 2,5 % par la Banque de France, ce qui n’était plus arrivé depuis 2020.

La collecte devrait être moins soutenue qu’en 2023 avec une légère reprise de la consommation sur fond de désinflation si celle-ci se confirme. Les ménages qui ont fortement accru leur épargne de précaution pourraient dépenser un peu plus que les années précédentes. Compte tenu du poids des incertitudes et de la prudence des ménages en France, un fort mouvement de décollecte semble, en revanche exclu à la différence de ce qui est constaté aux États-Unis où le taux d’épargne est en fort recul. La prudence devrait ainsi rester de mise.

Si le rendement des contrats à terme devrait diminuer avec l’assouplissement prévu de la politique monétaire. Celui des fonds euros des contrats d’assurance vie devrait, quant à lui, augmenter en 2024 rendent ce produit plus compétitif.

2023, le grand retour du Livret d’Épargne Populaire

Après vingt-trois années de décollecte entre 2009 et 2021, la collecte du Livret d’Épargne Populaire (LEP) est positive en 2023 pour la deuxième année consécutive. Elle s’est élevée à 20,67 milliards d’euros contre +8,28 milliards d’euros. Depuis 2000 (date de début de la série du Cercle de l’Épargne) jamais le LEP n’avait connu une telle collecte. Ce record s’explique par le taux de rémunération de 6 %, le relèvement du plafond qui est passé de 7 700 à 10 000 euros le 1er octobre dernier et le nombre croissant de titulaires. Le relèvement du plafond a créé un appel d’air. En 2022, 47 % des LEP dépassaient le plafond de 7 700 euros. 10,1 millions de personnes ont en France un Livret d’Épargne Populaire sur les 18,6 millions éligibles (revenu fiscal de référence inférieur à 21 393 euros pour une personne seule).

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations

Quelles perspectives pour le Livret A en 2024 ?

En 2024, avec l’engagement du Ministre de l’Économie de maintenir le taux à 3 %, le rendement réel du Livret A devrait redevenir positif avec une inflation attendue à 2,5 % par la Banque de France, ce qui n’était plus arrivé depuis 2020.

La collecte devrait être moins soutenue qu’en 2023 avec une légère reprise de la consommation sur fond de désinflation si celle-ci se confirme. Les ménages qui ont fortement accru leur épargne de précaution pourraient dépenser un peu plus que les années précédentes. Compte tenu du poids des incertitudes et de la prudence des ménages en France, un fort mouvement de décollecte semble, en revanche exclu à la différence de ce qui est constaté aux États-Unis où le taux d’épargne est en fort recul. La prudence devrait ainsi rester de mise.

Si le rendement des contrats à terme devrait diminuer avec l’assouplissement prévu de la politique monétaire. Celui des fonds euros des contrats d’assurance vie devrait, quant à lui, augmenter en 2024 rendent ce produit plus compétitif.

2023, le grand retour du Livret d’Épargne Populaire

Après vingt-trois années de décollecte entre 2009 et 2021, la collecte du Livret d’Épargne Populaire (LEP) est positive en 2023 pour la deuxième année consécutive. Elle s’est élevée à 20,67 milliards d’euros contre +8,28 milliards d’euros. Depuis 2000 (date de début de la série du Cercle de l’Épargne) jamais le LEP n’avait connu une telle collecte. Ce record s’explique par le taux de rémunération de 6 %, le relèvement du plafond qui est passé de 7 700 à 10 000 euros le 1er octobre dernier et le nombre croissant de titulaires. Le relèvement du plafond a créé un appel d’air. En 2022, 47 % des LEP dépassaient le plafond de 7 700 euros. 10,1 millions de personnes ont en France un Livret d’Épargne Populaire sur les 18,6 millions éligibles (revenu fiscal de référence inférieur à 21 393 euros pour une personne seule).

Cercle de l’Épargne – données Banque de France

Le LEP est le seul produit de taux à avoir préservé le pouvoir d’achat des épargnants en 2023. Son rendement réel a été positif de 1,1 point.

Au mois de décembre, la collecte a été positive de 2,01 milliards d’euros faisant suite aux fortes collectes d’octobre et de novembre. Les ménages à revenus modestes ont continué à épargner malgré les fêtes de fin d’année, sources de dépenses. Sur le dernier trimestre 2023, marqué par le relèvement du plafond, le LEP a collecté 9,58 milliards d’euros. Les intérêts capitalisés ont représenté 3,29 milliards d’euros.

La baisse du taux du LEP de 6 à 5 % à compter du 1er février ne devrait pas nuire à sa compétitivité. Si un tassement de sa collecte est prévisible, celle-ci devrait demeurer positive.

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations

Le Coin des Epargnants du samedi 20 janvier 2024 : la baisse des taux directeurs, demain ou après-demain ?

Temps d’hiver pour les marchés

Les fêtes de fin d’année sont terminées. Avec la rentrée et le retour aux fondamentaux, l’euphorie boursière a disparu. Cette semaine, les marchés « actions » ont été chahutés avec l’annonce de la croissance décevante de la Chine pour 2023 (5,2 %), inférieure aux prévisions du gouvernement. Les indices chinois « actions » ont été en baisse sur la semaine. Sur un an, l’indice Shanghai Composite a reculé de plus de 12 %. Les indices européens ont également perdu du terrain sur la semaine à la différence des indices américains toujours portés par les valeurs technologiques et la croissance américaine.

A Davos, dans leurs discours, les banquiers centraux ont fait preuve d’une réelle prudence concernant le calendrier des baisses des taux directeurs et leur nombre. Robert Holzmann, le gouverneur de la banque nationale d’Autriche et membre du conseil des gouverneurs de la BCE a indiqué qu’il était prématuré de « débattre déjà de la baisse des taux » tout en soulignant que « je pourrais même prévoir qu’il n’y aura pas de réduction du tout cette année ». La Présidente de la BCE, Christine Lagarde, a, de son côté,  évoqué un repli « probable » des taux d’intérêt au mois de juin, et non au printemps comme espéré par certains investisseurs. Dans un entretien à Bloomberg Television à Davos, elle a néanmoins admise qu’une baisse d’ici l’été était envisageable. De l’autre côté de l’Atlantique, la tonalité des déclarations est identique. Raphael Bostic, le président de la Fed d’Atlanta, s’est prononcé en faveur d’une réduction des taux directeurs… au troisième trimestre. Il a ajouté que « des baisses de taux prématurées pourraient déclencher une hausse de la demande qui pourrait entraîner une pression à la hausse sur les prix ». Le président de la FED de Chicago, Austan Goolsbee, a estimé que le tassement continu de l’inflation n’interdit pas une discussion sur éventuelle baisse mais il a précisé que la Fed prendra ses décisions réunion après réunion. Ces différentes prises de position ont entraîné le recul des indices « actions » et l’augmentation des taux d’intérêt souverains. Le taux américain à 10 ans est repassé au-dessus de 4 %. Au Royaume-Uni, En raison d’un niveau élevé d’inflation, la probabilité d’une baisse des taux de la Banque d’Angleterre dès le mois de mai est en forte baisse.

Aux Etats-Unis, la croissance ne semble pas faiblir, ce qui pourrait inciter la banque centrale à jouer la prudence. Les ventes au détail ont surpris en progressant de 0,6 % en décembre, dépassant la prévision du consensus (+0,4 %). Elles avaient augmenté de 0,3% en novembre. Cette statistique est particulièrement surveillée car la consommation représente les deux-tiers de l’activité aux Etats-Unis. La production industrielle américaine a augmenté de 0,1 % en décembre quand elle était attendue stable après une hausse de 0,2% en novembre.

La Banque centrale européenne et l’inflation : la prudence est de mise

Depuis le milieu de l’année 2022, la Banque centrale européenne a engagé le combat contre l’inflation en lançant un cycle inédit de relèvement des taux d’intérêt. Elle a ainsi procédé à dix hausses d’affilée en les amenant de 0 % début 2022 à 4 % et 4,75 %, avant d’effectuer une pause en octobre. Elle a arrêté ses rachats d’obligations et a décidé de réduire la taille de son bilan ce qui revient à peser sur la masse monétaire.

Depuis la fin de l’année 2023, les investisseurs parient sur une baisse des taux directeurs dès le printemps. Les marchés monétaires anticipent actuellement une baisse de 150 points de base sur l’ensemble de l’année ce qui amène un processus de léger des taux sur ce marché. Ces anticipations sont liées à la baisse de l’inflation qui est passée, au sein de la zone euro, de 10 % à l’automne 2022 à 2,9 % en décembre. Si le mois de décembre a connu un léger rebond après les 2,4% de novembre, Christine Lagarde a néanmoins affirmé que l’inflation était « sur la bonne voie ». Elle a néanmoins précisé qu’il était « trop tôt pour crier victoire ». En zone euro, la BCE prévoit une hausse des prix à 2,7 % en 2024, 2,1 % en 2025, puis 1,9 % en 2026. Parmi les facteurs pouvant mettre mal le retour de l’inflation dans sa cible de 2 % figurent les salaires qui ont tendance à augmenter assez rapidement. Leur hausse n’est pas en outre compensé par des gains de productivité. Cette situation amène les responsables de la BCE à rester prudents sur le calendrier des baisses des taux directeurs. Philip Lane, le chef économiste de la BCE a ainsi déclaré « une fois que nous aurons acquis une confiance suffisante dans notre capacité à atteindre notre objectif d’une inflation à 2 %, la question des baisses de taux reviendra au premier plan. Mais pour l’instant, nous ne disposons que de conjectures, et nous devrons attendre la publication de nouvelles données avant d’aller plus loin ».

Emmanuel Macron, le marché des capitaux et les eurobonds

Transition énergétique, vieillissement démographique, éducation, santé, défense, les postes de dépenses publiques ne manquent pas. S’exprimant à Davos, le mercredi 17 janvier Le Président de la République, Emmanuel Macron, a appelé les Européens à approfondir l’union des marchés de capitaux. Il s’est prononcé pour un financement européen des investissements à travers l’émission de nouvelles obligations européennes. En 2021, dans le prolongement de l’épidémie de Covid, les États membres de l’Union européenne avait accepté que le plan de relance Next Generation(750 milliards d’euros) soit financé à partir d’obligations européenne de nature fédérale.

Emmanuel Macron a souligné qu’il était nécessaire de réaliser « plus d’investissements publics européens en osant à nouveau des eurobonds ». Il a demandé une « Europe financière plus intégrée ». Il s’est déclaré prêt à opter pour une coopération renforcée permettant à des États membres de constituer un sous-ensemble et dépasser le blocage de tel ou tel partenaire. Il a également indiqué que l’Europe avait « beaucoup d’épargne » mais que « cette épargne est mal allouée. Elle ne circule pas vers les bonnes géographies, elle ne circule pas vers les bons secteurs ».

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
19 jan. 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 371,64+-1,25 %7 543,186 471,31
Dow Jones37 863,80+0,69 %37 689,5433 147,25
S&P 5004 839,81+1,12 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite15 310,97+2,08 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 16 555,13-1,01 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 461,93-1,80 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 448,83-0,13 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)35 963,27-0,31 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 832,28-1,72 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,831 %+0,161 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,311 %+0,168 pt+2,023%+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,174 %+0,234 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0885-0,63 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 025,65-1,14 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars78,71+1,09 %77,1384,08

Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du 13 janvier 2024 : espoirs et craintes de début d’année

Espoirs de baisses des taux, craintes de rebond de l’inflation

Jeudi 11 janvier, sur France 2, Christine Lagarde, la Présidente de la Banque Centrale européenne, a déclaré que « sauf chocs supplémentaires, les taux ne vont pas continuer à augmenter ». Cette phrase a été reçue cinq sur cinq par les investisseurs, ce qui a amené une détente sur les taux obligataires de long terme. Elle a, en outre, précisé que « si nous gagnons la bataille contre l’inflation, c’est-à-dire si nous avons la certitude que l’inflation sera bien à 2 %, alors les taux commenceront à baisser ». En revanche, elle n’a pas fixé de calendrier. De son côté, l’économiste en chef de la BCE, Philip Lane, a tenu à tempérer les propos de la Présidente de la BCE, vendredi 12 janvier, en soulignant que « la baisse des taux n’est pas un sujet à court terme ».

Aux Etats-Unis, les prix à la production ont diminué de 0,1 % en décembre, comme le mois précédent. En rythme annuel, la hausse s’est accélérée mais moins que prévu, à 1 % contre 0,8 % auparavant et 1,3 % attendu. Le taux d’inflation du mois de décembre a légèrement déçu les investisseurs. Il s’est élevé sur le mois à 0,3 %, contre 0,2 % espéré. Sur un an, cet indicateur progresse de 3,4 % contre 3,2 % de consensus. Hors alimentation et énergie, l’indice des prix à la consommation de décembre progresse de 0,3 % par rapport au mois précédent, en ligne avec les anticipations de marché, et de 3,9 % sur un an. Un mois plus tôt, l’indice des prix à la consommation avait progressé de 0,1 % par rapport au mois antérieur et de 3,1 % sur un an (+0,3 % et +4 % hors alimentation et énergie). Malgré cette légère hausse, les investisseurs considèrent toujours qu’une baisse des taux directeurs est probable au mois de mars. Jeudi 11 janvier, la présidente de la Fed de Cleveland, Loretta Mester, a déclaré : « je pense que mars est probablement trop tôt […], parce que je pense que nous avons besoin de voir plus de preuves que l’inflation diminue assez pour revenir à l’objectif de 2% ». Le président de la Fed de Richmond, Thomas Barkin, a, de son côté, indiqué qu’il ne souhaitait pas « préjuger » d’une décision concernant le mois de mars. Si les prochaines statistiques sur les prix confirment que la cible des 2 % est atteignable, il est imaginable qu’une baisse intervienne en mars.

Depuis de nombreuses années, les valeurs nippones étaient orientées à la baisse dans un contexte de déflation. Or, depuis 2023, la bourse de Tokyo connaît une forte progression au point que son l’indice Nikkei a atteint le 10 janvier son plus haut niveau depuis près de 34 ans. Les actions des entreprises technologiques japonaises ont emboité le pas de leurs homologues américaines. Elles bénéficient en outre de la faiblesse du yen qui stimulent les exportateurs. Cette augmentation des valeurs japonaises incite les investisseurs à s’y intéresser, ce qui la renforce. Cette semaine, hormis, en Chine, les indices actions ont progressé. Le Nasdaq, l’indice technologique américain a gagné plus de 3 % en une semaine ; l’indice japonais Nikkei a augmenté de son côté de plus de 6 %.

Sur le marché du pétrole, les frappes conjointes des États-Unis et du Royaume-Uni contre des cibles liées aux rebelles houthis au Yémen ont provoqué une hausse du cours du Brent qui a dépassé brièvement les 80 dollars le baril.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
12 jan. 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 457,76+0,67 %7 543,186 471,31
Dow Jones37 592,98+0,29 %37 689,5433 147,25
S&P 5004 783,83+1,78 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite14 972,76+3,17 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 16 679,74+0,63 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 626,56-0,50 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 480,02+0,37 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)35 577,11+6,55 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 881,98-1,61 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,670 %-0,025 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,143 %-0,031 pt+2,023%+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,940 %-0,109 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0972+0,26 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 054,45+0,73 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars78,48+0,84 %77,1384,08

Cercle de l’Épargne

Le surendettement des ménages en net recul depuis 2014

Selon la Banque de France, le nombre de dossiers de surendettement déposés par les particuliers est passé de 220 836 en 2012 à 113 082 en 2022. Le nombre maximum de dossiers déposés a été atteint après la crise financière de 2008 avec 230 935 en 2014. Depuis, il est en baisse continue. Il est passé en-dessous des 200 000 en 2016, pour atteindre un point bas en 2020 durant la crise sanitaire (108 748).

Des facteurs économiques expliquent cette diminution comme la réduction du chômage et les mesures d’aide aux ménages. Des facteurs juridiques ont également joué. La loi Lagarde du 1er juillet 2010 a permis une meilleure régulation de la distribution des crédits avec notamment l’obligation pour les établissements financiers d’évaluer préalablement la solvabilité de l’emprunteur. Par ailleurs, la Banque de France a désormais la possibilité, dans le cadre des commissions de surendettement, d’effacer totalement ou partiellement des dettes pour les situations les plus compromises. Cette possibilité concerne près d’un tiers des dossiers déposés.

La Banque de France s’attend, cependant, à une augmentation des dépôts de dossiers de surendettement en 2023. Sur les onze premiers mois de l’année, elle a déjà recensé 112 087 dossiers de surendettement.

L’immobilier commercial et de bureaux : un marché tourmenté

En 2023, selon le GIE Immostat 11,6 milliards d’euros ont été engagés par des investisseurs en immobilier d’entreprise en France (bureaux, commerces, locaux d’activité et entrepôts). Par rapport à 2022, ce montant est en recul de 57 %. En Île-de-France, l’investissement s’est élevé à 6,8 milliards d’euros, soit un niveau comparable à celui de 2009. Ce chiffre aurait été plus faible sans les opérations menées par Kering et LVMH ou Stellantis.

La demande placée de bureaux – location et vente à l’occupant – s’élève à 1,932 million m² en 2023. En recul de 17 % par rapport à 2022, ce chiffre inférieur de 12 % à la moyenne décennale selon le GIE. La situation diffère d’une région ou d’une ville à une autre. Paris ou plutôt quelques arrondissements résistent bien du fait d’un manque de surfaces répondant aux dernières normes environnementales et technologiques. À La Défense, la demande placée affiche une baisse de 33 % par rapport à 2022 avec 133 500 m² commercialisés, un chiffre inférieur de 28 % à la moyenne décennale. Ce sont principalement les opérations de grande surface (plus de 10 000 m²) qui ont été touchées. Le marché des petites surfaces, autour de 1 000 m² est resté dynamique. La première couronne nord de la Région parisienne dont l’offre de bureaux avait augmenté ces dernières années a dû faire face à une forte baisse de la demande placée (-50 % par rapport à la demande moyenne de ces dix dernières années). La baisse des loyers à La Défense et dans certains quartiers de Paris dissuade les entreprises de franchir le périphérique.

En 2023, 13 grandes opérations ont malgré tout été conclues. La plus importante a concerné le constructeur automobile, Stellantis qui a notamment signé pour environ 39 000 m2 à Poissy dans les Yvelines. Poissy, après avoir accueilli le centre d’entrainement du PSG enregistre un nouvel essor après des années marquées par la fermeture de nombreuses usines. Parmi les autres grandes opérations de bureaux, il faut citer Thalès pour 33 500 m2 à Meudon-la-Forêt, dans les Hauts-de-Seine et Publicis pour 27 000 m2 dans le 17e arrondissement de Paris.

Le développement du télétravail devrait dans les prochaines années influer sur le comportement des entreprises en matière de bureaux au fur à mesure du renouvellement des baux. Les grandes entreprises pourraient privilégier des espaces moins grands mais bien reliés aux réseaux de transports publics et bien équipés. Les critères environnementaux seront de plus en plus prégnants. L’immobilier de bureaux et commerces est un marché cyclique qui dépend de l’évolution – rarement linéaire – de l’offre et d’une demande qui fluctue en fonction des perspectives de croissance et des besoins des entreprises. L’offre a eu tendance à progresser ces dernières années avec la multiplication des espaces de bureaux et de commerce en périphérie des grandes agglomérations. La réalisation du réseau des lignes de métro du Grand Paris a généré de nombreuses opérations. Depuis 2021, la montée en puissance du dispositif « zéro artificialisation nette » (ZAN) pèse sur le marché en limitant les possibilités de construction de nouveaux bureaux ou centres commerciaux, et pourrait  le toucher plus encore dans les prochaines années.

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