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Le répit aura été de courte durée. Le protocole d’accord de paix signé par les États-Unis et l’Iran le 14 juin dernier est, aux yeux de Donald Trump, devenu caduc le 8 juillet, après plusieurs incidents en mer dans le détroit d’Ormuz. Les États-Unis ont alors procédé à des bombardements qui ont donné lieu, de la part de l’Iran, à des représailles. La réaction sur les marchés a été rapide. Le cours du baril de pétrole a rebondi et celui des actions s’est orienté à la baisse. Le baril de pétrole (Brent) a progressé de 5 % sur la semaine, terminant à plus de 75 dollars.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les week-ends sont toujours à risque, le président américain n’étant jamais avare d’une déclaration. Si, vendredi, il a répété qu’il était prêt à discuter avec l’Iran pour mettre un terme à la guerre, il lui a « signifié, en des termes sans équivoque, que le cessez-le-feu était « TERMINE » » sur sa plateforme Truth Social. Dans ce contexte, les indices actions européens ont abandonné du terrain durant la semaine, quand le Nasdaq et le S&P 500 américains ont continué leur course en avant, comme quoi la menace d’une reprise du conflit au Moyen-Orient n’est pas appréciée de la même manière de part et d’autre de l’Atlantique.
Les taux obligataires se sont appréciés cette semaine. Celui de l’OAT à 10 ans, l’obligation de référence de l’État en France, est passé au-dessus de 3,8 %, quand celui de son équivalent allemand est désormais supérieur à 3 %. La crainte d’un rebond de l’inflation et d’un dérapage des comptes publics explique la hausse des taux souverains.
Si la géopolitique préoccupe de nouveau les places financières, l’événement du vendredi 10 juillet, hormis la commercialisation du nouvel album des Stones, a été l’introduction en Bourse de SK Hynix, l’entreprise sud-coréenne des puces mémoire qui, après avoir levé 26,5 milliards de dollars, soit davantage que les 25 milliards d’Alibaba en septembre 2014, réalise la plus importante introduction jamais effectuée aux États-Unis par une entreprise étrangère.
Les marchés continuent ainsi d’osciller entre les risques géopolitiques qui ravivent les craintes inflationnistes et les promesses de croissance portées par l’intelligence artificielle
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 10 juillet 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 338,97 | -2,18 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 52 637,01 | -0,79 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 7 575,39 | +0,50 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 26 281,61 | +0,61 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 25 085,42 | -2,58 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 497,29 | -1,59 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 269,97 | -2,16 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 68 557,73 | -215 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 996,16 | -2,40 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,829 % | +0,103 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +3,035 % | +0,102 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,501 % | +0,016 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1437 | +0,03 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 111,14 | +2,28 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 75,55 | +5,31% | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 63 957,2966 | +2,08 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |

Les marchés en mode gagnant au premier semestre
L’indice phare de la place de Paris, le CAC 40, a enregistré de bons résultats au cours du deuxième trimestre, dans le sillage d’une Europe boursière bien orientée depuis le printemps, et ce malgré la guerre au Moyen-Orient et la hausse des cours de l’énergie. Il a gagné plus de 8 %. Au cours du mois de juin, la hausse a été de 3,2 %, portant sa progression à plus de 9 % sur un an, soit bien davantage que celle de son homologue allemand, le DAX, qui n’a gagné que 4,25 %. L’indice parisien a ainsi signé son meilleur résultat trimestriel depuis le premier trimestre 2024. L’EuroStoxx 50 a progressé de plus de 4 % en juin et de plus de 19 % sur un an. Sur le deuxième trimestre, la hausse a atteint 14 %. Le S&P 500 a reculé de 1,33 % en juin mais a gagné plus de 8 % sur le premier semestre. Le Dow Jones a progressé de 2,5 % en juin et de 8,24 % sur le premier semestre. Le Nasdaq a abandonné plus de 3 % en juin tout en conservant un gain de près de 12 % sur les six premiers mois de l’année. Néanmoins, sur le deuxième trimestre, les indices américains sont restés bien orientés, avec un gain de 26 % pour le Nasdaq et de plus de 18 % pour le S&P 500. L’indice japonais, le Nikkei, a enregistré une hausse de 39,18 % sur le premier semestre, toujours porté par les valeurs technologiques. De son côté, l’indice chinois, le Shanghai Composite, a enregistré une progression plus modeste de 3,26 %.
La hausse des cours est toujours portée par les valeurs de haute technologie. Au cours du mois de juin, le repli des cours de l’énergie a contribué à accélérer la progression des indices. Le ralentissement, plus marqué qu’attendu, de l’inflation française, ainsi que les bonnes anticipations de résultats des entreprises, ont conforté les investisseurs dans leur optimisme. Le reflux des prix de l’énergie, qui a effacé une partie de la pression exercée sur l’inflation et sur les taux d’intérêt des banques centrales, joue en faveur des actions.
La publication du taux d’inflation du mois de juin, à +2 %, contre 2,8 % en mai, selon la première estimation de l’INSEE, a été bien accueillie par les marchés. En Italie, l’inflation est revenue à 3,1 %, alors que le consensus tablait sur une stabilité à 3,2 %. Les investisseurs sont également optimistes concernant les résultats des entreprises pour le deuxième trimestre. Deutsche Bank anticipe une croissance de 14 % des bénéfices des entreprises européennes, soit deux points de plus que le consensus. Le cours du baril de pétrole (Brent) a reculé de 36,38 % au cours du deuxième trimestre. Ce mouvement est avant tout intervenu après la signature du protocole de paix entre les États-Unis et l’Iran.
Au deuxième trimestre, l’once d’or a perdu plus de 10 % de sa valeur et s’échangeait, fin juin, autour de 4 000 euros. L’apaisement des tensions avec l’Iran, même s’il demeure fragile, ainsi que les ventes réalisées par certains États, notamment la Russie et plusieurs pays du Moyen-Orient, expliquent l’évolution du cours du métal précieux. La hausse des rendements obligataires a également pesé sur le cours de l’or.
La semaine boursière a été écourtée aux États-Unis en raison de la fête nationale du 4 juillet. Cela n’a pas empêché les marchés d’enregistrer de nouvelles progressions. Le CAC 40 a clôturé à 8 508,07 points, à seulement 1,6 % de son record historique de février. ArcelorMittal s’est une nouvelle fois distingué en signant la plus forte hausse de l’indice (+12 % en deux jours). Le titre a bénéficié de la décision de la Commission européenne de porter à 50 % les droits de douane sur les importations d’acier dépassant les quotas autorisés, ces derniers ayant par ailleurs été revus à la baisse.
Les marchés ont également été soutenus cette semaine par la publication des derniers chiffres de l’emploi aux États-Unis. Le rapport a fait état de créations d’emplois non agricoles nettement inférieures aux attentes, avec 57 000 nouveaux emplois contre un consensus de 113 000. Les données des deux mois précédents ont, en outre, été révisées à la baisse de 74 000 emplois au total. Ces statistiques ont été favorablement accueillies par les investisseurs, car elles réduisent la probabilité d’un nouveau relèvement des taux directeurs par la Réserve fédérale. Le marché du travail ne présente toujours pas de signes de surchauffe et les anticipations d’inflation continuent de s’atténuer.
Le Dow Jones a ainsi profité de l’apaisement des craintes de resserrement monétaire pour inscrire un nouveau record de clôture, jeudi 2 juillet, à 52 900,07 points, après avoir déjà atteint un plus haut historique en séance. Les marchés d’actions pourraient poursuivre leur progression : selon les données de Bloomberg, les analystes anticipent une hausse de 25 % des bénéfices des entreprises composant le S&P 500 au cours des douze prochains mois, portée par la résilience de l’économie américaine et par l’essor de l’intelligence artificielle. D’autres observateurs demeurent toutefois plus prudents, estimant que la hausse des cours repose sur des anticipations de bénéfices excessivement optimistes.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 3 juillet 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 508,07 | +1,45 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 52 900,07 | +1,97 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 7 483,24 | +1,76 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 25 832,67 | +2,12 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 25 797,48 | +4,54 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 679,03 | +1,50 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 412,68 | +2,91 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 69 744,07 | -0,40 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 043,64 | -1,16 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,726 % | +0,094 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,933 % | +0,084 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,485 % | +0,118 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1437 | +0,54 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 165,08 | +1,49 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 72,00 | -0,74 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 61 902,8013 | +3,54 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
Pendant que le Livret A accumule les décollectes (5 milliards d’euros sur les cinq premiers mois de l’année), l’assurance vie conforte son rôle de placement préféré des ménages. Au mois de mai, la collecte nette a atteint, selon France Assureurs, 4 milliards d’euros. Celle-ci s’appuie tant sur les fonds en euros que sur les unités de compte. Le caractère peu attractif de l’épargne réglementée et des dépôts à terme explique le succès de l’assurance vie, qui profite de la forte propension des Français à épargner.
Une collecte nette de très haut niveau
Au mois de mai, la collecte nette s’est élevée, selon France Assureurs, à 4,0 milliards d’euros, en hausse de 0,3 milliard d’euros par rapport à celle de mai 2025 (3,7 milliards d’euros). Elle est en retrait par rapport à celle d’avril 2026 (5,2 milliards d’euros). En revanche, elle demeure nettement supérieure à la moyenne des dix dernières années (1,4 milliard d’euros). Le mois de mai est, en règle générale, un bon mois pour l’assurance vie.
Depuis le début du siècle, trois décollectes ont été enregistrées au mois de mai : en 2023 (-1,830 milliard d’euros), en 2020 (-2,047 milliards d’euros) et en 2012 (-1,711 milliard d’euros).
La collecte nette du mois de mai 2026 a été portée essentiellement par les supports en unités de compte (+2,8 milliards d’euros) et, dans une moindre mesure, par les fonds en euros (+1,2 milliard d’euros).
Sur les cinq premiers mois de l’année, la collecte nette a atteint 28,7 milliards d’euros, en hausse de 7,3 milliards d’euros par rapport à la même période de 2025. La collecte nette s’est élevée à 21,6 milliards d’euros pour les supports en unités de compte et à 7,1 milliards d’euros pour les fonds en euros.
Des cotisations brutes stables
En mai 2026, les cotisations brutes en assurance vie se sont élevées à 14,0 milliards d’euros, un niveau stable par rapport au même mois de 2025. Les versements sur les fonds en euros progressent de 0,1 milliard d’euros (+1 %), tandis que ceux sur les unités de compte reculent de 0,1 milliard d’euros (-3 %).
Depuis le début de l’année, les cotisations atteignent 88,5 milliards d’euros, en hausse de 7,8 milliards d’euros, soit +10 %, par rapport aux cinq premiers mois de 2025. Cette progression concerne à la fois les supports en unités de compte (+11 %) et les fonds en euros (+9 %). La part des unités de compte dans les cotisations recule toutefois à 34 % en mai. Depuis le début de l’année, elle s’établit à 38 %.
Léger recul des prestations
À 10,0 milliards d’euros, les prestations versées en mai 2026 sont inférieures à celles de mai 2025, sous l’effet d’une baisse des prestations sur les fonds en euros (-5 %), tandis que celles en unités de compte demeurent stables. Depuis le début de l’année, les prestations ont atteint 59,8 milliards d’euros, en augmentation de 0,5 milliard d’euros, soit une très légère hausse de 1 % par rapport aux cinq premiers mois de 2025. Cette progression provient des supports en unités de compte (+0,9 milliard d’euros), les prestations sur les fonds en euros étant en léger recul (-0,4 milliard d’euros, soit -1 %).
Un encours en hausse de près de 120 milliards d’euros sur un an
L’encours des contrats d’assurance vie s’élève à 2 162 milliards d’euros à fin mai 2026, en hausse de 5,7 % sur un an, soit 117 milliards d’euros supplémentaires.
Assurance vie : toujours au zénith
L’assurance vie bénéficie d’un réel engouement de la part des épargnants. Le rendement des fonds en euros, comme la bonne tenue des unités de compte, explique le niveau élevé de la collecte nette. Cette dernière est, en outre, alimentée par la réallocation des plans d’épargne logement de plus de quinze ans arrivés à échéance. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros.
Les assureurs continuent de proposer des taux bonifiés, en moyenne supérieurs d’un point aux taux initialement annoncés. La hausse attendue du taux du Livret A, vraisemblablement de 0,3 point au 1er août prochain, ne devrait pas modifier sensiblement la donne. L’assurance vie conserve un avantage comparatif certain.
Pendant que le Livret A accumule les décollectes (5 milliards d’euros sur les cinq premiers mois de l’année), l’assurance vie conforte son rôle de placement préféré des ménages. Au mois de mai, la collecte nette a atteint, selon France Assureurs, 4 milliards d’euros. Celle-ci s’appuie tant sur les fonds en euros que sur les unités de compte. Le caractère peu attractif de l’épargne réglementée et des dépôts à terme explique le succès de l’assurance vie, qui profite de la forte propension des Français à épargner.
Une collecte nette de très haut niveau
Au mois de mai, la collecte nette s’est élevée, selon France Assureurs, à 4,0 milliards d’euros, en hausse de 0,3 milliard d’euros par rapport à celle de mai 2025 (3,7 milliards d’euros). Elle est en retrait par rapport à celle d’avril 2026 (5,2 milliards d’euros). En revanche, elle demeure nettement supérieure à la moyenne des dix dernières années (1,4 milliard d’euros). Le mois de mai est, en règle générale, un bon mois pour l’assurance vie.
Depuis le début du siècle, trois décollectes ont été enregistrées au mois de mai : en 2023 (-1,830 milliard d’euros), en 2020 (-2,047 milliards d’euros) et en 2012 (-1,711 milliard d’euros).
La collecte nette du mois de mai 2026 a été portée essentiellement par les supports en unités de compte (+2,8 milliards d’euros) et, dans une moindre mesure, par les fonds en euros (+1,2 milliard d’euros).
Sur les cinq premiers mois de l’année, la collecte nette a atteint 28,7 milliards d’euros, en hausse de 7,3 milliards d’euros par rapport à la même période de 2025. La collecte nette s’est élevée à 21,6 milliards d’euros pour les supports en unités de compte et à 7,1 milliards d’euros pour les fonds en euros.
Des cotisations brutes stables
En mai 2026, les cotisations brutes en assurance vie se sont élevées à 14,0 milliards d’euros, un niveau stable par rapport au même mois de 2025. Les versements sur les fonds en euros progressent de 0,1 milliard d’euros (+1 %), tandis que ceux sur les unités de compte reculent de 0,1 milliard d’euros (-3 %).
Depuis le début de l’année, les cotisations atteignent 88,5 milliards d’euros, en hausse de 7,8 milliards d’euros, soit +10 %, par rapport aux cinq premiers mois de 2025. Cette progression concerne à la fois les supports en unités de compte (+11 %) et les fonds en euros (+9 %). La part des unités de compte dans les cotisations recule toutefois à 34 % en mai. Depuis le début de l’année, elle s’établit à 38 %.
Léger recul des prestations
À 10,0 milliards d’euros, les prestations versées en mai 2026 sont inférieures à celles de mai 2025, sous l’effet d’une baisse des prestations sur les fonds en euros (-5 %), tandis que celles en unités de compte demeurent stables. Depuis le début de l’année, les prestations ont atteint 59,8 milliards d’euros, en augmentation de 0,5 milliard d’euros, soit une très légère hausse de 1 % par rapport aux cinq premiers mois de 2025. Cette progression provient des supports en unités de compte (+0,9 milliard d’euros), les prestations sur les fonds en euros étant en léger recul (-0,4 milliard d’euros, soit -1 %).
Un encours en hausse de près de 120 milliards d’euros sur un an
L’encours des contrats d’assurance vie s’élève à 2 162 milliards d’euros à fin mai 2026, en hausse de 5,7 % sur un an, soit 117 milliards d’euros supplémentaires.
Assurance vie : toujours au zénith
L’assurance vie bénéficie d’un réel engouement de la part des épargnants. Le rendement des fonds en euros, comme la bonne tenue des unités de compte, explique le niveau élevé de la collecte nette. Cette dernière est, en outre, alimentée par la réallocation des plans d’épargne logement de plus de quinze ans arrivés à échéance. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros.
Les assureurs continuent de proposer des taux bonifiés, en moyenne supérieurs d’un point aux taux initialement annoncés. La hausse attendue du taux du Livret A, vraisemblablement de 0,3 point au 1er août prochain, ne devrait pas modifier sensiblement la donne. L’assurance vie conserve un avantage comparatif certain.

La semaine boursière a été marquée par la signature à Versailles du protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran qui a amené un rebond des indices boursiers. La semaine a été, par ailleurs, tronquée avec la fermeture vendredi de Wall Street et de plusieurs places asiatiques.
L’accord entre les Etats-Unis et la Chine demeure fragile comme en témoigne le report des négociations entre les deux pays qui devaient débuter vendredi 19 juin en Suisse. Le vice-président américain J. D. Vance a repoussé son déplacement. Côté iranien, le guide suprême iranien déclare approuver l’accord-cadre, avec certaines réserves, mais aucune information n’a été diffusée quant à un éventuel voyage en Suisse. Ces négociations, d’une durée reconductible de 60 jours, concernent le programme nucléaire iranien. La poursuite des bombardements israéliens au Liban censés s’arrêter avec la signature du protocole crée un point de crispation. Les marchés ont réagi favorablement à la signature mercredi avant de reperdre un peu de terrain.
Le cours du baril de pétrole (Brent) a perdu près de 8 % durant la semaine. Quelques pétroliers ont pu passer le détroit d’Ormuz permettant d’espérer une normalisation de la situation. Le cours de l’or est passé en-dessous des 4200 dollars en fin de semaine.
La FED a décidé de maintenir en l’état ses taux directeurs, tout comme la Banque d’Angleterre.
Malgré un taux d’inflation de 4 % en mai, le nouveau Président de la FED, Kevin Warsh n’a pas souhaité commencer son mandat en déplaisant à Donald Trump qui réclame une baisse des taux. La FED décide de temporiser et de gagner un peu de temps, espérant une décrue de l’inflation avec le déblocage du détroit d’Ormuz. Malgré tout, l’inflation sous-jacente semble s’accélérer. La réunion du mois de juillet du comité de politique monétaire permettra de voir plus clair sur les intentions du nouveau Président.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 19 juin 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 431,60 | +1,14 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 51 564,70 | +0,71 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 7 500,58 | +0,93 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 26 517,93 | +2,43 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 25 045,22 | +1,77 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 364,01 | -0,89 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 178,79 | +1,97 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 71 250,06 | +8,07 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 090,48 | 0,00 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,738 % | +0,103 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,983 % | -0,012 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,483 % | +0,006 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1471 | -0,68 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 153,70 | -2,73 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 80,14 | -7,76 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 63 033,8752 | -0,75 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |

Donald Trump a annoncé près de 40 fois la fin du conflit au Moyen-Orient, débuté par des frappes israélo-américaines le 28 février dernier, mais, ce vendredi, les marchés ont voulu y croire. Les bombardements promis jeudi soir par le président ont été annulés et celui-ci évoque la signature d’un accord-cadre dès ce week-end, à Genève, dimanche, en présence du vice-président J.D. Vance.
Le projet d’accord compterait 14 points, dont une réouverture du détroit d’Ormuz sous trente jours, un point crucial pour la reprise des acheminements de pétrole dans le monde et donc pour la Bourse, la levée des sanctions pétrolières, le dégel d’actifs iraniens et soixante jours de négociations sur le nucléaire. Malgré tout, la prudence est de mise, le texte devant être validé par les autorités iraniennes. Par ailleurs, Donald Trump a indiqué sur son réseau social Truth que « les Iraniens étaient des personnes très peu honorables avec lesquelles traiter ».
Avec les rumeurs sur un accord, le prix du baril de Brent est passé en dessous des 90 dollars, en recul de plus de 6 % sur la semaine. La perspective d’une réouverture graduelle d’Ormuz enlève une partie de la pression qui pèse sur les banques centrales : moins de tension sur l’énergie, donc moins de risque d’une inflation importée par le baril. Les rendements obligataires américains se détendent sur l’ensemble de la courbe et les contrats à terme sur les Fed Funds repoussent à plus tard le scénario d’une hausse des taux directeurs de la part de la Fed. Dans ce contexte, les indices actions ont terminé la semaine en hausse.
Le CAC 40 a franchi la barre des 8 300 points et a progressé sur la semaine de 1,61 %. Les valeurs du transport et des loisirs ont profité de la baisse du cours du pétrole. À Paris, Air France-KLM a progressé, le vendredi 12 juin, de 8,4 % et Accor de 5,6 %. À l’inverse, TotalEnergies, pénalisé par le retour du baril de Brent sous les 90 dollars, a perdu 2,1 %. Les indices américains ont connu sur la semaine une légère hausse, portée par les avancées sur le terrain de la négociation et malgré l’inflation qui a atteint 4 % en mai aux États-Unis.
Le contexte n’incite pas à la tempérance sur le front de l’inflation. Quelques heures avant la réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, les autorités iraniennes annonçaient la fermeture intégrale du détroit d’Ormuz, ravivant les tensions sur les marchés énergétiques. Dans ce climat d’incertitude, la BCE a décidé d’engager son premier relèvement de taux depuis 2023. Le taux de dépôt a été porté à 2,25 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. La BCE veut casser toute spirale inflationniste et ne pas rééditer l’erreur commise entre 2020 et 2022. Elle avait alors tardé à réagir, ce qui avait rendu la lutte contre l’inflation plus compliquée.
Le relèvement du jeudi 11 juin n’a donc pas surpris les investisseurs. Lors de la précédente réunion, plusieurs membres du Conseil avaient déjà évoqué l’hypothèse d’un relèvement des taux sans toutefois franchir le pas. Christine Lagarde a indiqué que, cette fois, le choix avait recueilli l’approbation de l’ensemble des gouverneurs, sans opposition ni réserve.
La présidente de la BCE a également rejeté l’idée selon laquelle cette décision relèverait d’une simple mesure de précaution. Selon elle, le Conseil n’a jamais envisagé cette hausse comme un geste préventif ou symbolique. Il s’agit avant tout d’une réponse classique de politique monétaire à des perspectives inflationnistes qui demeurent incompatibles avec l’objectif de stabilité des prix fixé à 2 %.
Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le baril s’est installé aux alentours de 90 dollars, contre environ 70 dollars auparavant. Cette hausse de l’énergie s’est rapidement diffusée à l’ensemble de l’économie européenne. En mai, l’inflation dans la zone euro a atteint 3,2 % sur un an. Dans ses nouvelles projections publiées en juin, la BCE anticipe désormais une inflation moyenne de 3 % en 2026, de 2,3 % en 2027 et de 2 % en 2028.
Pour les tenants de la fermeté monétaire, la crédibilité même de l’institution est en jeu. Beaucoup gardent en mémoire les erreurs commises au début des années 2020, lorsque la poussée inflationniste consécutive à la réouverture des économies après la pandémie puis à la guerre en Ukraine avait été jugée temporaire. Cette appréciation s’était révélée erronée et avait conduit les banques centrales à relever leurs taux dans l’urgence afin de reprendre le contrôle de la dynamique des prix.
Cette analyse est toutefois loin de faire l’unanimité. Plusieurs banquiers centraux et de nombreux économistes demeurent prudents, d’autant que les autres grandes institutions monétaires semblent privilégier l’attentisme. La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux inchangés et la Réserve fédérale américaine devrait, selon toute vraisemblance, adopter la même position lors de sa prochaine réunion.
Les critiques de la décision de Francfort rappellent volontiers les précédents de 2008 et de 2011, lorsque la BCE avait relevé ses taux au moment même où l’économie européenne s’apprêtait à affronter de graves turbulences. Dans les deux cas, l’institution avait été contrainte de revenir rapidement sur ses choix.
Le principal reproche formulé aujourd’hui concerne les conséquences potentielles pour une économie européenne déjà peu dynamique. Un durcissement des conditions de financement risque de peser davantage sur la consommation des ménages et sur les investissements des entreprises, alors même que ceux-ci subissent déjà les effets de la hausse des coûts énergétiques. Plusieurs économistes estiment par ailleurs que les nouvelles prévisions de la BCE surestiment les tensions inflationnistes futures tout en demeurant optimistes sur les perspectives de croissance.
Christine Lagarde a écarté ces critiques avec fermeté. Selon elle, le véritable danger aurait été de ne pas agir. Tolérer une inflation durablement supérieure à la cible aurait rendu son retour vers la stabilité beaucoup plus coûteux par la suite. La présidente de la BCE a souligné que l’économie européenne, malgré son ralentissement, ne se trouvait pas dans une situation de récession imminente susceptible de justifier l’inaction.
La banque centrale s’est en revanche gardée de toute indication précise concernant les prochaines réunions. Fidèle à sa doctrine actuelle, Christine Lagarde a rappelé que les décisions continueraient d’être prises au fil des données économiques disponibles et qu’aucune trajectoire prédéfinie des taux n’avait été arrêtée. Elle n’a cependant pas exclu la possibilité de nouveaux relèvements.
Cette prudence dans la communication laisse les observateurs spéculer sur la suite. Le ton adopté par la BCE ainsi que les nouvelles projections économiques maintiennent ouverte l’hypothèse d’un nouveau tour de vis dès le mois de juillet, même si le scénario d’une intervention en septembre paraît plus probable. Les marchés financiers partagent cette lecture, les contrats à terme valorisant environ une chance sur trois d’une nouvelle hausse lors de la prochaine réunion et considérant comme quasiment certaine une intervention supplémentaire avant l’automne.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 12 juin 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 350,87 | +1,61 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 51 202,26 | +0,56 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 7 431,46 | +0,49 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 25 888,84 | +0,58 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 612,56 | -0,69 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 471,72 | +1,00 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 178,79 | +1,97 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 66 020,04 | -0,61 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 030,41 | -0,69 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,635 % | -0,060 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,995 % | -0,044 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,477 % | -0,066 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1572 | -0,46 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 214,30 | -6,81 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 86,88 | -6,26 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 63 722,9510 | +3,13 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
Selon le service statistique du Ministère de l’Emploi, la DARES, les dispositifs de participation, d’intéressement et d’épargne collective ont continué, en 2024, à gagner du terrain et confirmer leur statut de troisième pilier de la rémunération, aux côtés du salaire direct et de la protection sociale.
En France, 10,6 millions de salariés du secteur privé non agricole sont désormais couverts par au moins un dispositif d’épargne salariale, soit 54 % des salariés (hausse de 1,8 point en un an). En 2020, la couverture concernait un peu plus de la moitié des effectifs des grandes entreprises mais demeurait limitée dans les PME. Depuis, la progression est régulière, portée à la fois par les évolutions réglementaires et par la volonté des entreprises de fidéliser leurs collaborateurs dans un environnement de recrutement plus concurrentiel.
La loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur a joué un rôle non négligeable. Son objectif était clair : démocratiser l’accès aux mécanismes d’épargne salariale et simplifier leur mise en œuvre. Tous les dispositifs ont progressé en 2024. Le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) demeure le plus répandu avec 45,4 % des salariés couverts. La participation concerne 39,3 % des salariés et l’intéressement 35,6 %. Quant aux dispositifs d’épargne retraite collective, ils atteignent désormais 28,4 % des salariés, témoignant de l’enracinement progressif de la préparation de la retraite au sein des entreprises.
Cette montée en puissance ne doit cependant pas masquer de profondes fractures. L’épargne salariale reste d’abord une réalité des grandes entreprises. Dans les sociétés de moins de 10 salariés, seuls 19,8 % des salariés sont couverts par au moins un dispositif. À l’inverse, ce taux atteint 61,8 % dans les entreprises de 10 salariés ou plus et dépasse même 89 % dans les entreprises employant plus de 1 000 personnes.
La diffusion de l’épargne salariale varie d’un secteur à l’autre. Dans l’hébergement-restauration, seulement un quart des salariés bénéficie d’un dispositif d’épargne salariale. À l’opposé, dans les activités financières et d’assurance, plus de huit salariés sur dix sont couverts. Cette opposition reflète les écarts de rentabilité, de structure du capital et de tradition sociale entre les secteurs. Là où les marges sont faibles et les effectifs fragmentés, le partage de la valeur reste difficile à organiser. Là où les profits sont élevés et les ressources humaines stratégiques, il devient un outil essentiel de gestion.
L’épargne salariale demeure également fortement corrélée au niveau de rémunération. Dans les entreprises où le salaire moyen dépasse le septième décile de la distribution salariale, plus de 70 % des salariés sont couverts. À l’inverse, dans celles où les rémunérations sont les plus faibles, la couverture tombe à environ 26 %.
L’année 2024 se distingue également par une forte hausse des montants distribués. Les entreprises ont versé 27,2 milliards d’euros bruts au titre de l’épargne salariale, contre 26,1 milliards environ l’année précédente. Ce montant constitue un record historique. Il représente près de 4,5 % de la masse salariale des bénéficiaires.
Neuf millions de salariés ont perçu au moins une prime de participation, d’intéressement ou un abondement sur leur plan d’épargne. Ils représentent 46 % de l’ensemble des salariés du secteur privé non agricole et plus de 85 % des salariés couverts par un dispositif. La participation demeure le principal mécanisme de redistribution. Les sommes versées atteignent 11,4 milliards d’euros pour 5,8 millions de bénéficiaires. La prime moyenne ressort à 1 959 euros. Ces montants représentent 4,4 % de la masse salariale des salariés concernés.
L’intéressement a connu, en 2024, une forte croissance. Les sommes distribuées atteignent près de 11,9 milliards d’euros, en hausse de 2,4 % sur un an. Plus de 5,6 millions de salariés en bénéficient. La prime moyenne s’élève à 2 130 euros, un niveau supérieur à celui observé pour la participation. À la différence de cette dernière, l’intéressement repose davantage sur la performance et les objectifs de l’entreprise que sur le résultat comptable stricto sensu. Il est devenu un instrument privilégié pour associer les salariés à la réussite économique de leur employeur.
Les plans d’épargne constituent le second moteur de cette progression. Les abondements versés par les entreprises sur les PEE atteignent 2,16 milliards d’euros. Ceux destinés aux plans d’épargne retraite collective représentent près de 860 millions d’euros. Au total, plus de 3,5 millions de salariés bénéficient d’un abondement de leur employeur.
La transformation engagée par la loi Pacte se poursuit également. Le PER d’entreprise collectif remplace progressivement l’ancien Perco. Désormais, près d’un salarié sur trois est couvert par un dispositif d’épargne retraite collective.
Depuis la crise inflationniste de 2022, un nouvel acteur s’est invité dans le paysage du partage de la valeur : la Prime de Partage de la Valeur (PPV), héritière de la « prime Macron ». Initialement conçue comme un dispositif exceptionnel de soutien au pouvoir d’achat, elle tend à s’inscrire durablement dans les politiques de rémunération des entreprises.
Au-delà des versements volontaires des salariés, des primes d’intéressement ou de participation réinvesties, la Prime de Partage de la Valeur (PPV) alimente de plus en plus les dispositifs d’épargne collective. Dans les PEE, elle représente déjà 1 % des flux versés ; dans les dispositifs d’épargne retraite collective, sa part atteint 0,5 %. Ces proportions peuvent sembler modestes, mais elles traduisent une évolution structurelle. Pour information, en 2024, 6,8 millions de salariés ont bénéficié d’une PPV. Le montant total distribué a atteint près de 5 milliards d’euros. La prime moyenne s’est établie autour de 700 euros par bénéficiaire.
En moyenne, l’ensemble des dispositifs d’épargne salariale procure un complément annuel de rémunération de 3 113 euros bruts par personne. Cette somme représente 7,1 % de la masse salariale des bénéficiaires et 4,3 % de la masse salariale totale. Dans un contexte où le pouvoir d’achat demeure au cœur des préoccupations des ménages, l’épargne salariale constitue un levier important de redistribution des gains de productivité et des profits.
Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février 2026 et la fermeture du détroit d’Ormuz, les marchés financiers évoluent dans une configuration singulière : les indicateurs macroéconomiques se dégradent, les prix de l’énergie demeurent durablement élevés, les banques centrales sont confrontées à un risque de seconde vague inflationniste, mais les indices américains continuent de progresser et d’atteindre de nouveaux records.
Le contraste entre l’économie réelle et les marchés financiers est particulièrement marqué aux États-Unis. Entre le 28 février et le 9 mai 2026, le S&P 500 est passé d’environ 7 050 points à plus de 7 330 points, soit une hausse proche de 4 %. Le Nasdaq Composite a gagné près de 9 %, tandis que les valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle poursuivent leur envolée.
Le moteur principal du marché américain demeure la concentration extrême de la capitalisation boursière autour des « Sept Magnifiques ». Ces sept entreprises représentent désormais entre 33 % et 34 % de la capitalisation totale du S&P 500, contre à peine 12 % dix ans auparavant. Cette concentration modifie profondément la dynamique des indices. Les marchés américains ne reflètent plus réellement l’économie américaine dans son ensemble ; ils reflètent avant tout les anticipations de profits futurs de quelques géants technologiques.
Le niveau des valorisations illustre cette situation. Le Price Earning Ratio (PER) prévisionnel du S&P 500 atteint actuellement 20,9 fois les bénéfices attendus, contre une moyenne historique sur dix ans de 18,9. Le Nasdaq 100 affiche un PER supérieur à 33. Le PER moyen des « Sept Magnifiques » se situe autour de 26 fois les bénéfices anticipés, malgré un léger reflux par rapport au sommet de la fin de l’année 2025.
Cette valorisation élevée est soutenue par des anticipations de croissance bénéficiaire exceptionnelles. Selon FactSet, les analystes anticipent une progression des bénéfices du S&P 500 de plus de 21 % en 2026. Les entreprises technologiques concentrent l’essentiel de ces révisions haussières grâce à l’essor de l’intelligence artificielle générative, des centres de données, des semi-conducteurs avancés et du cloud.
Les marchés considèrent donc que le choc géopolitique actuel ne remet pas en cause le cycle technologique. Au contraire, certains investisseurs estiment même que la guerre renforce la prime accordée aux entreprises américaines dominantes, considérées comme les principaux bénéficiaires de la nouvelle économie numérique et de la fragmentation géopolitique mondiale.
Cette résilience américaine repose également sur des facteurs énergétiques. Les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de pétrole et de gaz. L’économie américaine ne subit plus un choc pétrolier de la même manière qu’au cours des années 1970. La hausse des cours du pétrole génère désormais un transfert de revenus favorable vers les producteurs américains d’hydrocarbures, les États producteurs et les entreprises énergétiques cotées.
Le Brent a dépassé ponctuellement 110 dollars le baril début mai, tandis que le WTI américain évoluait autour de 102 dollars. L’écart Brent-WTI atteint près de 10 %, traduisant l’avantage relatif des États-Unis par rapport à l’Europe et à l’Asie. L’EIA souligne d’ailleurs que les perturbations liées au détroit d’Ormuz constituent le principal facteur expliquant l’envolée des prix pétroliers en 2026.
Les investisseurs américains considèrent donc que le pays peut absorber un pétrole à 100 dollars grâce à :
Ces marges atteignent d’ailleurs des niveaux historiquement élevés. La marge nette moyenne du S&P 500 dépasse 13 %, contre une moyenne de long terme proche de 6 %.
C’est précisément ce point qui nourrit les interrogations de plusieurs stratégistes. La hausse actuelle des actions suppose implicitement que ces marges resteront durablement élevées malgré :
Or le maintien simultané de PER élevés et de marges historiquement élevées constitue une configuration fragile. Une contraction des marges aurait un effet mécanique très important sur les valorisations.
La situation européenne apparaît bien plus vulnérable. L’Euro Stoxx 50 a reculé d’environ 5 % depuis la fin février. Les marchés européens restent pénalisés par :
Le PER moyen des actions européennes se situe autour de 17 fois les bénéfices attendus, soit nettement en dessous du marché américain. Cette décote traduit à la fois une moindre rentabilité et une perception de risque plus élevée.
Les marchés asiatiques présentent une autre vulnérabilité : celle de l’approvisionnement physique. Avant la fermeture du détroit d’Ormuz, près de 50 % des importations pétrolières asiatiques et environ 30 % des flux de GNL dépendaient directement de cette route maritime. Les pays les plus exposés demeurent :
Le Japon importe encore plus de 90 % de ses besoins énergétiques. La Corée du Sud demeure fortement dépendante du GNL qatari. La Chine, malgré ses efforts en matière de diversification, reste vulnérable à un choc durable sur les approvisionnements maritimes.
Pour le moment, les investisseurs considèrent néanmoins que les stocks stratégiques limiteront les pénuries et que les États du Golfe finiront par rétablir une partie des flux. Ils estiment également que les banques centrales éviteront un resserrement monétaire trop brutal afin de ne pas peser sur la croissance de l’économie mondiale. Pour le moment, les investisseurs ne croient pas encore à un scénario de récession mondiale profonde. Ils privilégient un scénario de ralentissement accompagné d’une inflation plus élevée, autrement dit une forme de stagflation modérée et temporaire.
Si le Brent devait demeurer durablement au-dessus de 100 dollars, les conséquences macroéconomiques pourraient être néanmoins importantes avec une dégradation des balances commerciales européennes et asiatiques, une baisse du revenu réel des ménages, un ralentissement de la consommation et une hausse des coûts de production.
Les investisseurs pourraient alors changer leurs arbitrages et préférer les obligations ou les titres monétaires aux actions. Le risque de correction est important pour les valeurs technologiques américaines. Ces dernières intègrent déjà des hypothèses très optimistes de croissance future. Toute remontée durable des taux réels réduirait mécaniquement la valeur actualisée de leurs profits futurs.
L’histoire des marchés montre d’ailleurs qu’un choc géopolitique ne provoque pas toujours immédiatement une correction boursière. Les marchés réagissent souvent avec retard, au moment où les entreprises commencent à publier des résultats dégradés ou lorsque les banques centrales modifient brutalement leur politique monétaire. Actuellement, l’IA est toujours perçue comme une source de productivité et de bénéfices futurs.
Pendant que le Livret A accumule les décollectes (4,4 milliards d’euros en quatre mois), l’assurance vie n’en finit pas de battre des records. Au mois d’avril, la collecte nette a atteint, selon France Assureurs, 5,2 milliards d’euros. Elle fait suite à des collectes exceptionnelles de 6 milliards d’euros en mars et de 7 milliards d’euros en février. Entre janvier et avril, la collecte nette s’élève déjà à 24,7 milliards d’euros.
Cette préférence pour l’assurance vie s’inscrit dans une période favorable à l’épargne financière. Celle-ci a représenté, au premier trimestre, selon l’INSEE, 9 % du revenu disponible brut, soit deux fois son niveau d’avant 2020.
Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le 28 février dernier, à la différence des précédentes crises – covid, guerre en Ukraine, crise politique –, les ménages n’ont pas eu le réflexe du Livret A. Ils n’ont pas changé leur comportement et continuent de plébisciter l’assurance vie, qui bénéficie de la bonne tenue du rendement des fonds en euros et des marchés financiers.
Une collecte nette de très haut niveau
Le cru « avril 2026 » de l’assurance vie constitue un niveau record, dépassant le précédent record d’avril 2010 (5,1 milliards d’euros).
Le mois d’avril réussit, en règle générale, assez bien à l’assurance vie. Depuis le début du siècle, seules deux décollectes ont été constatées, en 2012 (-0,5 milliard d’euros) et en 2020 (-1,95 milliard d’euros). Ces deux années étaient atypiques, la première marquée par la crise des dettes publiques et la seconde par l’épidémie de covid.
Les deux piliers de l’assurance vie ont contribué, en avril, au bon résultat du mois.
La collecte nette des fonds en euros a été de 1,6 milliard d’euros, celle des unités de compte de 3,6 milliards d’euros.
Des cotisations brutes dynamiques
En avril, les cotisations en assurance vie s’élèvent à 17,6 milliards d’euros, en progression de 7 % par rapport au même mois de 2025. Elles se situent à leur plus haut niveau pour un mois d’avril, battant le record d’avril 2024 (16,8 milliards d’euros). Les cotisations augmentent à un rythme plus soutenu pour les supports en unités de compte (UC, +9 %) que pour ceux en euros (+6 %).
Depuis le début de l’année, les cotisations atteignent 74,5 milliards d’euros, en hausse de 7,9 milliards d’euros, soit +12 % par rapport aux quatre premiers mois de 2025. Les supports en UC sont en hausse de 14 % et ceux en euros de 11 %. La part des UC dans les cotisations s’établit à 33 % sur le mois d’avril 2026 et à 39 % depuis le début de l’année.
Des prestations stables
Les prestations du mois d’avril 2026 se sont élevées à 12,4 milliards d’euros, stables par rapport au même mois de 2025. Elles augmentent de 6 % pour les supports en UC et sont compensées par une légère diminution des prestations sur les supports en euros (-1 %).
Depuis le début de l’année, les prestations s’établissent à 49,8 milliards d’euros, en augmentation de 0,9 milliard d’euros, soit +2 % par rapport aux quatre premiers mois de 2025. Cette hausse concerne essentiellement les supports en UC (+0,9 milliard d’euros, soit +9 %), tandis que les prestations des supports en euros restent stables, prouvant leur compétitivité.
Un encours de près de 2 150 milliards d’euros pour l’assurance vie
L’encours des contrats d’assurance vie a atteint 2 148 milliards d’euros à fin avril 2026 confortant la place de celle-ci comme le premier des placements des ménages.
Assurance vie : la force tranquille
L’assurance vie bénéficie d’un contexte favorable. La collecte est dopée par la réallocation des plans d’épargne logement de plus de 15 ans arrivés à terme, ainsi que par l’augmentation du nombre de Livrets A au plafond. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros, et plus de 15 % des Livrets A sont au plafond.
Les épargnants qui ont saturé ces derniers se réorientent vers l’assurance vie qui, en outre, est attractive en termes de rendement. Les assureurs continuent à proposer des taux boostés, soit, en moyenne, un point de plus que le taux initialement proposé. La bonne tenue, contre toute attente, des marchés financiers permet le maintien d’une bonne collecte pour les unités de compte.
Le vent porteur pour l’assurance vie devrait se poursuivre dans les prochains mois. Les Français privilégient toujours l’épargne à la consommation. Le climat anxiogène ne devrait pas changer la donne dans les prochains mois. Par ailleurs, le vieillissement démographique joue en faveur de l’assurance vie et de l’épargne retraite. Les Français, inquiets de l’évolution du système de retraite et disposant de capacités d’épargne, entendent se constituer des compléments de revenu et de capital.

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Un étonnant joli mois de mai boursier
Malgré la hausse de l’inflation et l’attente d’avancées décisives au Moyen-Orient, les marchés financiers ont fait preuve d’une résilience surprenante au cours du mois de mai. Les indices américains se sont même offert le luxe d’inscrire à plusieurs reprises de nouveaux records. Le Nasdaq a gagné plus de 9 % en un mois, le S&P 500, plus de 6 %. Sur un an, le Nasdaq a progressé de plus de 40 % et le S&P500 de plus de 28 %. L’indice japonais Nikkei a, de son côté, enregistré une progression proche de 10 % en mai.
En Europe, les marchés du Sud ont été les mieux orientés. L’Italie a bénéficié du dynamisme des banques, des valeurs financières et d’une conjoncture intérieure plus favorable. Le FTSE MIB a ainsi progressé de plus de 3 % sur le mois, se rapprochant de ses sommets historiques autour de 50 000 points. L’Espagne a suivi une trajectoire comparable, l’IBEX 35 gagnant lui aussi plus de 3 %, soutenu par son secteur bancaire et par une activité économique plus robuste que celle observée au cœur de la zone euro.
L’Allemagne a fait mieux que la France. Le DAX a progressé d’environ 2,9 %, évoluant autour de 25 000 points malgré des séances irrégulières et quelques prises de bénéfices sur les valeurs industrielles. Le CAC 40 est demeuré plus en retrait, pénalisé par le poids du luxe et par la moindre vigueur des grandes capitalisations françaises ; sa progression mensuelle s’est limitée à 0,8 %. Le Royaume-Uni a été le marché le moins dynamique : le FTSE 100 n’a gagné qu’environ 0,3 % sur le mois, malgré un niveau élevé proche de 10 409 points, les valeurs pétrolières ayant pâti du recul des cours du brut. Les indices les plus exposés aux secteurs bancaires et cycliques — Italie, Espagne et Allemagne — ont connu de belles progressions À l’inverse, Paris et Londres ont été freinés par leurs spécialisations sectorielles respectives : le luxe pour le CAC 40, l’énergie et les grandes valeurs défensives pour le FTSE 100.
Au cours de la dernière semaine de mai, les investisseurs ont été écartelés entre les espoirs de paix au Moyen-Orient et la publication de statistiques témoignant d’une accélération des tensions inflationnistes. La hausse des prix des hydrocarbures commence à se diffuser à l’ensemble de l’économie. Pris entre ces deux forces contradictoires, les marchés ont néanmoins choisi l’optimisme. Les actions sont ainsi demeurées orientées à la hausse.
Malgré l’augmentation de l’inflation sous-jacente en Europe, une détente des taux obligataires a été enregistrée au cours de la semaine. Le rendement de l’emprunt allemand à dix ans est repassé sous le seuil des 3 %, tandis que celui de l’OAT française s’établissait en fin de semaine à 3,5 %, contre près de 3,8 % ces dernières semaines.
Porté par les espoirs de réouverture du détroit d’Ormuz, le cours du Brent est repassé fin mai sous la barre des 100 dollars le baril. Il s’échangeait autour de 91 dollars le vendredi 29 mai. Sur la semaine, le recul a dépassé 10 %, constituant la plus forte baisse hebdomadaire observée depuis sept semaines. Les cours du pétrole demeurent néanmoins très volatils et continuent d’évoluer au gré des déclarations de Donald Trump et des développements géopolitiques dans la région.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 29 mai 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 183,34 | +0,83 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 51 032,46 | +0,90 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 7 580,06 | +1,45 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 26 972,62 | +2,35 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 25 104,70 | +0,90 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 409,28 | -0,54 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 050,54 | +0,22 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 66 329,50 | +9,54 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 067,17 | -2,06 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,553 % | -0,264 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,946 % | -0,096 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,436 % | -0,150 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1663 | +0,54 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 559,52 | +1,81 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 91,97 | -11,45 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 73 719,2858 | -2,55 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
La discussion de la loi de finances pour 2027 s’annonce comme l’une des épreuves les plus atypiques de la Ve République. Le Gouvernement devra présenter des textes conformes aux engagements de la France en matière de réduction des déficits publics (4,5 % du PIB en 2027, contre 5 % en 2026), à quelques mois de l’élection présidentielle et devant un Parlement fragmenté, le tout dans un contexte économique marqué par un ralentissement de la croissance et une remontée des tensions inflationnistes. Les groupes parlementaires pourraient être tentés de rejeter toute mesure de redressement impopulaire, de peur que les électeurs ne leur en imputent la responsabilité.
Par ailleurs, le budget pour 2027 n’a pas vocation à s’appliquer sur l’ensemble de l’année. La nouvelle majorité issue d’éventuelles élections législatives anticipées — si une majorité claire se dégage — adopterait sans doute un projet de loi de finances rectificative afin d’imprimer sa marque sur la politique budgétaire. La tentation du report, de l’attentisme ou des compromis minimaux sera donc forte.
Or, la marge de manœuvre budgétaire de la France se réduit rapidement. La dynamique des dépenses publiques est alimentée par plusieurs facteurs largement contraints : la progression des pensions de retraite sous l’effet du vieillissement démographique, l’augmentation continue de la charge d’intérêts liée à la remontée des taux, l’effort accru de défense dans un contexte géopolitique dégradé, le financement de la transition énergétique ainsi que le soutien aux infrastructures et aux grands projets industriels.
Dans ce contexte, les ministres de l’Économie et du Budget ont décidé de confier à quatre économistes reconnus — Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla — une mission indépendante sur les finances publiques à l’horizon 2030. Officiellement, il s’agit d’apporter un éclairage objectif au débat budgétaire. En réalité, cette initiative traduit également la difficulté croissante pour le pouvoir politique d’assumer seul un discours de rigueur budgétaire. En sollicitant une caution académique, l’exécutif cherche à légitimer, par l’expertise, la nécessité d’un effort qui sera socialement et politiquement difficile à défendre.
Les économistes devront identifier les principaux facteurs de dérive des finances publiques entre 2027 et 2030, autrement dit les dépenses déjà engagées ou difficilement compressibles. Ils devront ensuite proposer plusieurs scénarios de redressement dès 2027, assortis d’objectifs de déficit et d’une évaluation chiffrée de l’effort à répartir entre l’État, la Sécurité sociale et les collectivités locales.
Si les forces politiques ne semblent guère disposées à faire preuve de courage durant la discussion budgétaire, aucune n’aura véritablement intérêt à provoquer une crise politique en votant une motion de censure. Une telle décision pourrait conduire à une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale et priver le futur Président de la République de cet instrument constitutionnel pendant plusieurs mois. En outre, une crise budgétaire majeure pèserait inévitablement sur le déroulement de la campagne présidentielle et renforcerait les interrogations des partenaires européens comme des marchés financiers sur la capacité de la France à restaurer ses comptes publics.
Au premier trimestre, le taux d’épargne des ménages s’est maintenu, en France, à un haut niveau. Selon l’INSEE, il s’est élevé à 17,9 % du revenu disponible brut, contre 17,7 % au trimestre précédent. Le taux d’épargne financière est passé de 8,9 à 9 %. Il demeure à des niveaux historiquement élevé. Les Français réduisent leur consommation (-0,2 %) pour maintenir un important effort d’épargne. Le pouvoir d’achat au cours du premier trimestre est resté stable, l’augmentation des rémunérations étant compensée par la hausse des prix.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Au premier trimestre, le taux d’épargne des ménages s’est maintenu, en France, à un haut niveau. Selon l’INSEE, il s’est élevé à 17,9 % du revenu disponible brut, contre 17,7 % au trimestre précédent. Le taux d’épargne financière est passé de 8,9 à 9 %. Il demeure à des niveaux historiquement élevé. Les Français réduisent leur consommation (-0,2 %) pour maintenir un important effort d’épargne. Le pouvoir d’achat au cours du premier trimestre est resté stable, l’augmentation des rémunérations étant compensée par la hausse des prix.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

Lueurs d’espoir sur les marchés
Après quatre semaines de recul hebdomadaire, le CAC 40 a renoué avec la hausse cette semaine, avec un gain de plus de 2,2 %. Les investisseurs souhaitent croire possible une solution diplomatique dans les prochaines semaines. Les autres grands indices européens ont également bénéficié de ce regain d’optimisme. Les indices américains ont continué leur marche en avant et ont battu, cette semaine, de nouveaux records.
Les Émirats arabes unis exercent une pression insistante sur les États-Unis afin qu’une sortie de crise puisse rapidement intervenir. Ils sont appuyés dans leur démarche par l’Arabie saoudite et le Qatar. Les trois alliés de Washington auraient demandé à Donald Trump de laisser une chance aux négociations avec Téhéran, par crainte d’une reprise des frappes et d’une riposte iranienne. Les stocks d’uranium iranien et le détroit d’Ormuz constituent toujours les points de friction entre les protagonistes. Au sujet des négociations, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a parlé de « quelques bons signes ».
L’autre soutien aux cours boursiers vient de l’intelligence artificielle. Les investisseurs ont plébiscité cette semaine les sociétés fabriquant des microprocesseurs et celles en charge des infrastructures (datacenters et énergie).
Les taux obligataires ont légèrement reflué, en fin de semaine, en Europe et aux États-Unis, après avoir connu une forte augmentation en raison des craintes des investisseurs d’un emballement de l’inflation. L’équipe de Donald Trump suivrait avec attention l’évolution des taux.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 22 mai 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 115,75 | +2,21 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 50 579,70 | +2,16 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 7 473,47 | +1,01 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 26 343,97 | +0,56 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 928,39 | +3,91 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 466,26 | +2,66 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 825,65 | -1,45 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 63 339,07 | +1,05 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 112,90 | -2,45 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,817 % | -0,141 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +3,042 % | -0,121 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,586 % | +0,002 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1601 | -1,20 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 518,47 | -4,24 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 103,46 | -5,14 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 76 736,6470 | -2,74 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
À l’approche du sommet Choose France du 1er juin, la France peut s’enorgueillir de rester le premier pays d’accueil des investisseurs internationaux en Europe.
Selon le baromètre annuel publié par le cabinet EY, la France conserve, en effet en 2025 sa position de première destination européenne pour les projets d’investissements internationaux, et ce pour la septième année consécutive, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. La France continue notamment de capter des investissements dans des secteurs considérés comme stratégiques : intelligence artificielle, défense, énergies décarbonées ou technologies de pointe. Les projets annoncés devraient permettre la création d’environ 28 000 emplois, un chiffre jugé encourageant alors que le chômage est repassé au-dessus du seuil des 8 %.
Dans un environnement dominé par les tensions commerciales, les conflits militaires et le durcissement des politiques industrielles, les décisions d’implantation ou d’extension ont reculé en 2025. Avec 852 projets recensés, la baisse atteint 17 % sur un an, après déjà un exercice 2024 peu dynamique. Depuis 2022, le recul dépasse désormais 30 %, ramenant le volume des investissements à son niveau le plus faible depuis 2017. La contraction est particulièrement visible du côté des investisseurs américains. Pour la deuxième année consécutive, les entreprises des États-Unis ont réduit leurs projets en France, avec une diminution de 14 % par rapport à 2024. Elles demeurent néanmoins les premiers investisseurs étrangers dans l’Hexagone. Les groupes allemands ont, eux aussi, fortement ralenti leurs engagements, avec une chute de 26 %.
Cette dégradation reflète les difficultés rencontrées par plusieurs grands secteurs industriels français, notamment l’automobile, la chimie et la pharmacie. L’industrie concentre toujours près de 42 % des investissements accueillis dans le pays, mais le nombre de projets y a diminué de 15 % en un an. Les mesures protectionnistes américaines, notamment les droits de douane instaurés par Donald Trump, ont accentué les tensions pesant sur les chaînes de valeur industrielles européennes. L’instabilité politique en France, depuis 2024 et la proximité de l’élection présidentielle de 2027, refroidissent les ardeurs des investisseurs tout comme les difficultés budgétaires du pays qui peuvent déboucher sur une hausse des prélèvements.
Plus largement, le ralentissement français s’inscrit dans un affaiblissement global de l’attractivité européenne. Le Royaume-Uni a vu le nombre de projets internationaux reculer de 14 %, à 730 opérations, tandis que l’Allemagne enregistrait une baisse de 10 %, à 548 projets, sur fond de crise industrielle persistante. Coincée entre la puissance industrielle chinoise et les politiques de réindustrialisation américaines, l’Europe souffre d’une croissance atone depuis plusieurs années. Les groupes américains, fortement incités à investir sur leur marché domestique, réduisent désormais nettement leurs engagements sur le Vieux Continent.
En Europe, les projets de créations de nouveaux sites par des investisseurs internationaux ont reculé de 25 % en 2025, contre une baisse de 16 % au niveau mondial et de 13 % en Amérique du Nord. Si le recul global des investissements internationaux en Europe reste limité à 7 %, c’est essentiellement grâce à des pays plus compétitifs comme l’Espagne, la Pologne, la Roumanie ou la Turquie, qui bénéficient de coûts de production plus faibles, d’un cadre réglementaire plus souple et de politiques d’incitation ciblées.
La véritable rupture remonte à 2022, avec la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine. Depuis lors, les investissements industriels en France, en Allemagne et au Royaume-Uni subissent durablement les conséquences de la hausse des coûts énergétiques et de l’érosion de la compétitivité européenne.
En France, la dynamique actuelle repose principalement sur l’extension de sites déjà existants, qui représentent près de 62 % des projets recensés. En revanche, le pays peine davantage à attirer de nouveaux acteurs internationaux. Cette structure explique pourquoi les investissements génèrent relativement moins d’emplois que dans d’autres économies. En 2025, la baisse limitée des créations de postes (-4 %) malgré le recul de 17 % des projets s’explique notamment par quelques opérations logistiques de grande ampleur, dont plusieurs plateformes développées par Amazon. Le constat est plus préoccupant encore dans les activités à forte valeur ajoutée. Dans la compétition pour l’accueil des sièges sociaux internationaux, la France reste distancée par le Royaume-Uni, notamment dans les secteurs de la finance et des technologies. Surtout, les investissements en recherche et développement — déterminants pour l’innovation future — ont chuté de 47 % dans l’Hexagone, dans un mouvement observé à l’échelle européenne où le recul atteint environ 40 %.
Les perspectives pour 2026 demeurent toutefois fragiles. Les tensions au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les prix de l’énergie constituent une menace directe pour la croissance européenne et française. D’après l’enquête réalisée par EY, 57 % des entreprises internationales interrogées envisagent encore un investissement en France. Ce taux demeure néanmoins inférieur à celui observé un an auparavant, où il atteignait 62 %. Les investisseurs semblent ainsi partagés entre la reconnaissance des atouts structurels de la France — qualité des infrastructures, compétences, position géographique, filières technologiques — et les inquiétudes liées à la faiblesse de la croissance européenne, à l’instabilité politique et aux incertitudes fiscales. À moins d’un an de l’élection présidentielle, une large majorité des dirigeants interrogés ne croit d’ailleurs pas à une amélioration rapide de la situation économique et politique française dans les prochaines années.
Le patrimoine financier brut des ménages français atteint, selon l’étude de la Banque de France, « Epargne et Patrimoine financiers des ménages – T4 2025 » publiée le 20 mai 2026, un niveau historique de 6 590,5 milliards d’euros à la fin de l’année 2025, contre 6 415,3 milliards un an plus tôt, soit une progression de 175,2 milliards d’euros en douze mois. Ce montant représente près de deux fois et demie le produit intérieur brut national. Cette progression ne provient pas seulement des effets de valorisation boursière. Sur les 175,2 milliards d’euros supplémentaires enregistrés en 2025, 128,4 milliards résultent directement de nouveaux flux d’épargne financière tandis que 46,8 milliards proviennent des effets de réévaluation des actifs et des autres variations de volume.
Un niveau d’épargne exceptionnel
Les ménages ont maintenu en 2025 un niveau d’épargne exceptionnellement élevé. L’épargne brute, la part du revenu disponible qui n’est pas consommée, a atteint 353 milliards d’euros après 348,8 milliards en 2024. Ce niveau est très supérieur à la moyenne observée avant la crise sanitaire. Le taux d’épargne des ménages français s’élève à 18 % du revenu disponible brut contre 14,9 % dans la zone euro. Même au quatrième trimestre 2025, période marquée logiquement par la hausse des dépenses, le taux d’épargne français s’est élevé à 17,5 %, soit plus de trois points au-dessus de la moyenne européenne. Cette singularité française traduit à la fois une capacité d’épargne élevée et une inquiétude persistante face à l’avenir.
Les flux de placements financiers demeurent eux aussi considérables avec 128,4 milliards d’euros en 2025, quasiment au même niveau que les 129,3 milliards de 2024. Derrière cette stabilité globale se cache toutefois une profonde recomposition des comportements patrimoniaux.
Moins d’épargne réglementée, plus d’assurance vie, de dépôts à vue et de numéraire
Le premier enseignement du document de la Banque de France est le net recul des dépôts bancaires rémunérés. Ceux-ci enregistrent un flux négatif de 1,4 milliard d’euros en 2025 après une collecte positive de 33,9 milliards en 2024. Ce retournement provient principalement de l’épargne réglementée. Le Livret A, le LDDS et le LEP subissent ensemble une décollecte nette de 8,2 milliards d’euros après avoir encore attiré 20,1 milliards en 2024. La baisse progressive des taux réglementés a réduit leur attractivité. Les ménages réorientent une partie de leur épargne vers des supports plus rémunérateurs. En revanche, les comptes à terme et livrets ordinaires restent positifs avec 6,8 milliards d’euros de collecte, contre 13,8 milliards en 2024.
Paradoxalement, alors même que les produits réglementés se contractent, les ménages augmentent leurs encaisses liquides. Les flux de numéraire et dépôts à vue atteignent 21,3 milliards d’euros en 2025 après une décollecte de 4,6 milliards en 2024. Les ménages ne font pas l’effort de placer leurs liquidités sur leur livret A considérant qu’il ne rapporte pas assez. Les encours de numéraires et de dépôts à vue culminent à 763 milliards d’euros témoignant l’importance donnée à l’épargne de précaution.
L’assurance-vie apparaît comme la grande bénéficiaire des réallocations d’épargne. Les contrats en euros et les droits à pension en euros enregistrent une collecte nette de 47 milliards d’euros en 2025 contre 28,2 milliards en 2024. Les encours atteignent désormais 1 570,6 milliards d’euros. Le redressement des rendements obligataires a permis aux assureurs d’améliorer progressivement la rémunération des fonds euros, redonnant de l’attractivité à ces supports sécurisés. Cette dynamique bénéficie également aux produits de retraite. Les unités de compte poursuivent également leur progression. Les flux vers l’assurance-vie et les droits à pension en unités de compte atteignent 33,8 milliards d’euros en 2025 après 25,6 milliards l’année précédente. Les encours montent à 606,7 milliards d’euros contre 538,9 milliards un an auparavant. Cette évolution témoigne d’une acceptation plus large du risque financier par les ménages, mais à travers des véhicules collectifs et fiscalement connus et attractifs.
Méfiance persistante vis-à-vis des actions en direct
Les placements en produits de fonds propres restent robustes avec 44,1 milliards d’euros de flux en 2025 après 43,8 milliards en 2024. Mais la structure de ces placements montre la faiblesse persistante de l’actionnariat direct. Les actions cotées détenues directement affichent un flux négatif de 0,5 milliard d’euros après une collecte de 2,6 milliards en 2024. Les ménages restent méfiants à l’égard des marchés actions en direct. En revanche, les actions détenues indirectement via des Organismes de Placements Collectifs (OPC) enregistrent une collecte positive de 7,4 milliards d’euros. Les supports collectifs apparaissent plus rassurants. Quant aux actions non cotées et autres participations, elles attirent encore 3,5 milliards d’euros, portant les encours à plus de 1 507 milliards d’euros. Les OPC monétaires, après avoir retrouvé de l’intérêt avec la remontée des taux courts, ralentissent nettement. Leur collecte tombe à 2,2 milliards d’euros en 2025 contre 8,1 milliards en 2024. Les encours demeurent faibles, à 25,7 milliards d’euros. Les ménages ont utilisé ces supports essentiellement comme solutions temporaires d’attente dans un environnement de taux élevés.
Le patrimoine financier français reste ainsi dominé par les produits de taux. Ceux-ci représentent 3 911 milliards d’euros d’encours à la fin de 2025 contre 2 576 milliards pour les produits de fonds propres. La culture financière française demeure marquée par la recherche de sécurité, même si la diversification progresse lentement.
Un endettement en légère hausse
Dans le même temps, l’endettement des ménages se redresse modérément. Les flux nouveaux d’endettement auprès des institutions financières atteignent 16,6 milliards d’euros en 2025 après seulement 2,9 milliards en 2024. Le mouvement reste limité au regard des standards historiques. La hausse des taux d’intérêt a durablement freiné le crédit immobilier et modifié les comportements d’acquisition.
La France souffre moins d’un manque d’épargne que d’une difficulté à orienter cette épargne vers le financement direct des entreprises productives et de l’investissement de long terme. L’Etat est en partie responsable de cette situation, les produits de court terme comme le Livret A ou le LDDS bénéficiant d’avantages fiscaux conséquents (exonération des prélèvements).

Des marchés toujours résilients
Les marchés continuent de fluctuer au gré des évènements au Moyen-Orient. Les indices actions ont été dopés par les déclarations, en début de semaine, du président Donald Trump indiquant que le temps de la guerre était fini, déclarations contredites par les tirs croisés de missiles en fin de semaine. Les cours des actions restent bien orientés, voire très bien orientés. La volatilité demeure forte mais n’empêche pas la progression des principaux indices. Les investisseurs estiment que les actions constituent de bons remparts face à l’inflation et que les effets du blocage du détroit d’Ormuz resteront limités.
Le CAC 40 est resté stable sur la semaine, à 8 112 points. L’Euro Stoxx 50, comprenant les 50 premières valeurs européennes, a progressé de plus de 2,5 % en une semaine. Le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont encore battu de nouveaux records cette semaine. Le premier a augmenté de plus de 2 % et le second de plus de 4 %.
Jeudi 7 mai, Donald Trump a une nouvelle fois menacé l’Europe de relever les droits de douane, considérant que l’Union ne respectait pas les engagements pris en 2025 dans le cadre de l’accord commercial. Ce dernier n’a pas encore été ratifié par le Parlement ; sa discussion avait été ajournée au moment de la crise portant sur le Groenland. Elle a repris récemment. Donald Trump a précisé, en parlant de l’Union : « J’ai accepté de lui donner jusqu’au 250e anniversaire de notre pays, faute de quoi, malheureusement, leurs droits de douane augmenteraient considérablement. »
À Wall Street, la Bourse a accueilli favorablement la publication des derniers chiffres officiels de l’emploi aux États-Unis, avec des créations de postes supérieures aux attentes en avril, sans inflation salariale. En avril, 115 000 postes ont été créés aux États-Unis dans le secteur non agricole alors que le consensus Bloomberg tablait sur un niveau de 62 000. Le taux de chômage ressort à 4,3 % de la population active, comme attendu. Les salaires ont augmenté de 3,6 % sur un an, soit moins que les 3,8 % anticipés. Le secteur de la santé a été le plus dynamique avec 37 000 nouveaux emplois, même si de nombreux autres secteurs ont également enregistré des créations de postes, à l’image du transport (30 000). En revanche, celui des services informatiques et de la technologie a enregistré une perte nette de 13 000 emplois, soit un total de 342 000 depuis novembre 2022, en raison du développement de l’intelligence artificielle, soit un recul de 11 % sur la période, selon les chiffres publiés par le Bureau of Labor Statistics (BLS). En revanche, les chiffres de février et de mars ont été revus respectivement à la baisse de 23 000 et à la hausse de 7 000.
L’économie américaine aurait créé 304 000 emplois en ce début d’année, mais le nombre de personnes se déclarant employées aurait baissé de près de 1,4 million, ce qui peut apparaître incohérent. Les reconduites à la frontière des immigrés en situation illégale peuvent expliquer ces résultats. En cas de poursuite de la guerre, une dégradation du marché de l’emploi pourrait survenir outre-Atlantique.
Dans ce contexte, le cours du pétrole a varié de 95 à 115 dollars. Il a terminé la semaine autour de 100 dollars, en recul de 10 % par rapport à la précédente.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 8 mai 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 112,57 | -0,2 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 49 609,16 | +0,22 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 7 398,93 | +2,24 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 26 247,08 | +4,20 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 307,42 | +1,76 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 233,07 | -1,26 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 911,53 | +2,55 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 62 713,65 | +4,67 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 179,95 | +2,25 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,624 % | -0,015 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +3,008 % | +0,014 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,366 % | +0,059 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1774 | +0,49 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 716,28 | +2,52 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 101,45 | -10,76 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 79 744,6809 | +2,05 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
Livret A : vers une hausse du taux ou pas le 1er août 2026 ?
Au milieu du mois de juillet prochain, le nouveau gouverneur de la Banque de France, qui devrait être, sous réserve de confirmation, Emmanuel Moulin, devra faire sa recommandation pour le taux du Livret A/LDDS et celui du Livret d’Épargne Populaire. Cette annonce sera d’autant plus attendue que, depuis la dernière fixation, le 1er février dernier, l’inflation est repartie à la hausse. Le taux actuel de 1,5 % pourrait être ainsi revu à la hausse.
L’application de la formule : un taux du Livret A à 1,8 % ?
Selon la formule du Livret A, en vigueur depuis 2021, le rendement de ce dernier est égal à la moyenne de l’inflation hors tabac du semestre précédent en rythme annuel et du taux moyen ester durant la même période, divisée par deux.
L’inflation a été basse en janvier et février, à respectivement 0,3 % et 0,9 %. Elle n’a commencé à augmenter qu’en mars (+1,7 %) et en avril (+2,2 %). Elle pourrait se situer autour de 3 % en mai et en juin.
Le taux moyen d’inflation se situerait, au cours du premier semestre, autour de 1,8 %. De son côté, le taux ester, au cours des quatre premiers mois, s’élevait à 1,9 %. Un relèvement des taux directeurs de la BCE ne l’affecterait que pour le mois de juin, la décision intervenant lors de la réunion du comité de politique monétaire, fin mai. L’effet serait minime. Le taux moyen devrait donc se situer sur le semestre autour de 1,93 à 1,98 %. La moyenne de ces deux taux devrait donc se situer autour de 1,8 %.
Quelle sera la recommandation du nouveau gouverneur de la Banque de France ?
À la mi-juillet, le nouveau gouverneur de la Banque de France devra communiquer au ministre de l’Économie ses propositions de taux. Néanmoins, en vertu de l’arrêté de 2021, il peut proposer de déroger aux taux issus de la formule en cas de circonstances exceptionnelles. De 2023 à 2025, la formule n’avait pas été appliquée (revalorisation plus faible et gel). La fixation des taux pour le 1er août sera d’autant plus scrutée qu’elle constituera l’une des premières actions du nouveau gouverneur.
Économiquement, le gouverneur pourrait estimer que la hausse des prix est purement conjoncturelle et que, pour le moment, elle ne se diffuse pas. L’inflation générée par la guerre au Moyen-Orient ne résulte, pour le moment, que de l’énergie, quand celle liée à la guerre en Ukraine concernait également les produits agricoles et certains produits industriels.
Si, en juillet, une solution diplomatique est trouvée entre l’Iran et les États-Unis, une baisse du cours du pétrole devrait rapidement intervenir et faire baisser la pression inflationniste. Dans ce contexte, le gouverneur pourrait juger inutile de relever le taux, sachant qu’en février 2027, à quelques semaines de l’élection présidentielle, il sera plus difficile de le baisser.
En outre, une hausse du taux du Livret A renchérirait le coût des crédits aux bailleurs sociaux au moment où le gouvernement souhaite relancer la construction. Par ailleurs, une hausse du taux du Livret A serait une incitation au relèvement des taux de crédit des banques. Or, le gouvernement souhaite avant tout une reprise de l’investissement et n’entend pas encourager l’épargne de précaution afin de ne pas pénaliser la consommation.
Peu ou pas de revalorisation du taux du Livret A et un taux du LEP à 3 %
La fixation du taux du Livret A n’obéit pas qu’à des considérations économiques et financières ; elle obéit également à des considérations éminemment politiques. Le gouvernement devra tenir compte du contexte politique et social à la fin du premier semestre. Si l’inflation accélère, autour de 3 %, et si le conflit au Moyen-Orient perdure, il lui sera difficile de maintenir à 1,5 % le taux du Livret A. Il pourrait être conduit à le relever à 1,8 %/2 %. Le nouveau gouverneur souhaitera-t-il adopter une posture rigoureuse en ce début de mandat ou privilégier le pouvoir d’achat des épargnants ?
Il pourrait certes faire une recommandation en distinguant le cas du Livret A de celui du LEP. Le taux du premier serait peu ou pas revalorisé quand celui du LEP serait augmenté, sachant qu’il est au moins égal à l’inflation ou à 0,5 point au-dessus du taux du Livret A si ce dernier taux est plus avantageux. Le taux du LEP pourrait ainsi passer à 3 %.

Au mois d’avril, les marchés actions ont récupéré une grande partie du terrain cédé en mars. Malgré les incertitudes sur l’évolution du conflit au Moyen Orient, les investisseurs demeurent positifs aidés en cela par les bons résultats des entreprises lors du premier trimestre. Le ralentissement de la croissance de l’économie mondiale ne les inquiète pour le moment que modérément. Il est possible qu’au cours du mois de mai des ajustements interviennent surtout si le conflit était amené à s’aggraver ou à perdurer.
Le CAC 40 reste néanmoins à la traine en raison de la plus forte exposition des entreprises française aux marchés du Moyen Orient.
Les indices « actions » américains ont connu des croissances à deux chiffres en avril avec à la clef de nouveaux records. Le Nasdaq a gagné près de 20 % en un mois et le SP 500 plus de 16 %
Après avoir atteint 126 dollars dans la journée du 30 avril après les déclarations de Donal Trump indiquant que le blocus du détroit d’Ormuz pouvait se prolonger, le baril de pétrole (Brent) a légèrement baissé en fin de semaine pour revenir autour de 115 dollars.
Après la Banque du Japon mardi, la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine mercredi et la Banque d’Angleterre jeudi matin, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas changer ses taux directeurs lors de la réunion de son comité de politique monétaire du jeudi 30 avril. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 % mais elle a préparé les investisseurs à une éventuelle modification pour la prochaine réunion. « Si les informations disponibles correspondent globalement à la précédente évaluation des perspectives d’inflation par le Conseil des gouverneurs, les risques à la hausse sur l’inflation et les risques à la baisse sur la croissance se sont intensifiés », explique la BCE dans son communiqué.
Au sein de la zone euro, l’inflation s’est établie à 3 % en avril, son plus haut niveau depuis septembre 2023, après avoir atteint 2,6 % en mars. Néanmoins, l’inflation sous-jacente – qui exclut l’énergie, les produits alimentaires, l’alcool et le tabac – est tombée à 2,2 %.
Compte tenu de l’absence de visibilité sur la résolution du conflit, les pressions inflationnistes risquent de s’accentuer. Les investisseurs intègrent désormais un blocage prolongé du détroit d’Ormuz avec le maintien d’un cours de pétrole élevé. Dans ce contexte, le baril de Brent a même brièvement dépassé 126 dollars jeudi 30 avril, son plus haut niveau non seulement depuis le début du conflit avec l’Iran mais aussi depuis début 2022. Les économistes travaillent désormais sur des hypothèses d’un pétrole cher durant toute l’année. Et les économistes font tourner leurs modèles. La banque Goldman Sachs qui anticipait
Pour l’institution de Francfort, la situation est extrêmement délicate. La croissance européenne est en panne. Le PIB de la zone euro n’a progressé que de 0,1 % au premier trimestre, un rythme inférieur aux attentes des économistes. Quant aux derniers indices PMI des directeurs d’achats, ils montrent que l’activité économique en zone euro s’est contractée en avril pour la première fois en seize mois. Les pressions stagflationnistes augmentent « Plus la guerre se prolongera et plus les prix de l’énergie resteront longtemps à des niveaux élevés, plus l’incidence probable sur l’inflation globale et l’économie sera forte », a indiqué la BCE dans son communiqué.
L’enquête de la BCE sur les conditions des prêts bancaires (bank lending survey) au premier trimestre 2026 révèle déjà un durcissement des critères de crédit pour les prêts à la consommation et aux entreprises, ainsi qu’une diminution de la demande de nouveaux prêts. La BCE n’a pas eu besoin de remonter ses taux pour que les conditions monétaires se durcissent en zone euro. Il lui a suffi d’infléchir son discours pour que les marchés intègrent de futures hausses de taux, deux d’ici à la fin de l’année. Les taux à long terme sont orientés à la hausse depuis le début du conflit. En Allemagne, les taux à 10 ans sont passés de 2,64 % à plus de 3 %. En France, ils ont sont passés de 3,2 à 3,7 %.
Les pays du Golfe sont confrontés à une crise sans précédent avec le blocage du détroit d’Ormuz qui les empêche d’exporter en grande partie leurs hydrocarbures et de recevoir les importations en produits alimentaires ou industriels. A cela s’ajoutent des tensions de plus en plus marquées au sein de l’OPEP, tensions qui se sont traduites, mardi 28 avril, par le départ des Emirats Arabes Unis. Leur départ est effectif depuis le 1er mai. Les Emirats contestaient depuis de nombreux mois la gestion des quotas par l’organisation et plus particulièrement par l’Arabie saoudite. Les Emirats tout comme l’Iran et certains pays africains réclamaient un assouplissement des quotas. Les Emirats qui ont fortement développé leurs capacités de production étaient pénalisés par la stratégie prudente de Riyad, qui privilégiait des prix élevés. L’économie émiratie étant plus diversifiée que celle de l’Arabie saoudite a un besoin beaucoup moins impératif de maintenir un prix du baril élevé. La production émiratie a constamment progressé, ces dernières années, pour atteindre 3,6 millions de barils par jour mais sa capacité réelle s’élève en fait à 4,85 millions de barils par jour, avec un objectif de 5 millions à 2027, grâce à la politique d’investissements de la compagnie nationale Adnoc.
Les Emirats Arabes Unis était membre fondateur de l’OPEP qui a été créé en 1961. L’organisation avait réussi à changer les règles du marché en fixant des prix et en contribuant à la reprise de contrôle de la production par les Etats membres. En 1973, l’organisation est à l’origine du premier choc pétrolier en multipliant le prix du baril par quatre et en instaurant un embargo à l’encontre des Etats jugés proches d’Israël durant le conflit du Kippour. Le départ des Emirats – qui représentent aujourd’hui 13 % des capacités de l’OPEP et 9 % de celles de l’OPEP+ (l’organisation étendue à son partenariat avec la Russie) – marque donc une rupture dans l’organisation du marché pétrolier. Son influence sur le marché sera réduit par le départ des Emirats sachant que d’autres pays sont tentés de les suivre.
Au-delà des seules divergences liées au pétrole, les tensions entre Abou Dhabi et ses partenaires régionaux apparaissent nettement plus structurelles. Depuis le déclenchement du conflit impliquant l’Iran, les Émirats arabes unis ont pris leurs distances avec les instances politiques du monde arabe, n’hésitant pas à en souligner les limites. Exposés en première ligne face aux menaces de Téhéran, ils ont surtout assuré leur sécurité en s’appuyant sur leurs alliés occidentaux, en particulier les États-Unis et plusieurs pays européens. Dans ce contexte, des spéculations récurrentes évoquent une possible sortie des Émirats de la Ligue arabe ainsi que du Conseil de coopération du Golfe, organisation qui regroupe l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, le Qatar et les Émirats, eux-mêmes.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 1er mai 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 114,84 | -0,53 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 49 499,27 | +0,70 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 7 230,12 | +0,91 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 25 114,44 | +1,12 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 272,32 | +0,68 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 363,93 | +0,42 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 881,51 | -0,03 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 59 513,12 | +0,28 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 112,16 | +0,66 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,639 % | +0,058 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,994 % | +0,034 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,307 % | +0,074 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1720 | -0,14 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 613,26 | -2,11 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 114,09 | +7,44 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 77 342,1571 | -0,22 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |

L’assurance vie continue de tracer sa voie sans être pénalisée par le contexte géopolitique. Au mois de mars dernier, la collecte nette a atteint, selon France Assureurs, 6 milliards d’euros, contre 3,8 milliards en mars de l’année dernière et 7 milliards d’euros en février 2026. La collecte nette est toujours portée par un fort mouvement de cotisations. Le premier trimestre de l’assurance vie a été remarquable, avec près de 20 milliards d’euros de collecte, marquée par un retour en grâce des fonds en euros dont le rendement est redevenu compétitif. A la différence des précédentes crises – covid, guerre en Ukraine, crise politique – les ménages n’ont pas eu le réflexe du Livret A en mars de cette année. Ils ont continué à plébisciter l’assurance vie.
Une collecte nette de haut niveau
Le mois de mars réussit en règle générale assez bien à l’assurance vie. Depuis le début du siècle, seules quatre décollectes ont été constatées pour le 3e mois de l’année : en 2020, avec le déclenchement de l’épidémie de Covid (-1,842 milliard d’euros), en 2017, à la veille de l’élection présidentielle (propositions de hausse de la fiscalité), dans le prolongement de la promulgation de la loi Sapin II en 2016 (-9 millions d’euros), et en 2012, pendant la crise des dettes souveraines (-1,378 milliard d’euros).
En 2026, l’assurance vie n’a pas battu le record de mars 2006 (8,225 milliards d’euros). Néanmoins, le cru de cette année est quatre fois supérieur à la moyenne de ces dix dernières années.
Les deux piliers de l’assurance vie ont contribué en mars au bon résultat du mois, avec un gain de 4 milliards d’euros pour les unités de compte et de 2 milliards d’euros pour les fonds en euros.
Une collecte portée par les cotisations
Les cotisations brutes se sont élevées à 18,3 milliards d’euros en mars, ce qui constitue le meilleur résultat depuis le début des statistiques de France Assureurs (1997). Ces cotisations sont en hausse de 17 % sur un an.
En mars 2026, les supports en unités de compte (UC) et les supports en euros affichent une progression comparable (+17 %), traduisant le retour en force de ces derniers.
La part des UC dans les cotisations s’établit à 38 % au mois de mars 2026.
Des prestations en légère hausse
Les prestations se sont élevées à 12,3 milliards d’euros, en hausse de 0,5 milliard d’euros, soit +4 %, par rapport à mars 2025. Les prestations progressent de +15 % pour les supports en UC et de +1 % pour ceux en euros, ce qui signifie que les assurés se sont davantage délestés des UC dans un contexte boursier plus volatil.
Un premier trimestre haut en couleur pour l’assurance vie
Si le Livret A a connu son plus mauvais premier trimestre depuis 2009, avec une décollecte de 3,1 milliards d’euros, l’assurance vie a le vent en poupe, avec une collecte nette de 19,3 milliards d’euros, supérieure de 5,7 milliards d’euros à celle de 2025 sur la même période. Cette hausse concerne davantage les supports en UC (15,0 milliards d’euros) que les supports en euros (4,3 milliards d’euros). La part des unités de compte sur le premier trimestre a été de 41 %.
Depuis le début de l’année, les cotisations atteignent 57,0 milliards d’euros, en hausse de 6,9 milliards d’euros, soit +14 % par rapport aux trois premiers mois de 2025. Cette dynamique concerne à la fois les supports en UC (+15 %) et ceux en euros (+13 %).
Les prestations ont représenté 37,7 milliards d’euros pour le premier trimestre, en hausse de 1,2 milliard d’euros, soit +3 % par rapport aux trois premiers mois de 2025. Cette progression concerne essentiellement les supports en UC (+11 %) et, dans une moindre mesure, ceux en euros (+1 %).
Un encours de plus de 2 100 milliards d’euros pour l’assurance vie
L’encours des contrats d’assurance vie atteint 2 115 milliards d’euros à fin mars 2026, en hausse de 4,6 % sur un an (+94 milliards d’euros).
Contre vents et marées
L’assurance vie maintient son cap en accumulant des collectes nettes de bonne facture. Au vu des premiers résultats de l’INSEE pour le premier trimestre, les Français conservent une forte appétence pour l’épargne tout en opérant une réallocation de celle-ci. Les ménages français continuent ainsi de se détourner des livrets, dont le Livret A, ainsi que des dépôts à terme, pour privilégier l’assurance vie.
Celle-ci bénéficie sans nul doute des fermetures des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros.

CDE – France Assureurs

Les indices actions ont enregistré, au cours de cette semaine écourtée par le vendredi saint — jour de fermeture des principales places boursières occidentales — un rebond sensible, porté par les annonces d’une possible désescalade du conflit ainsi que par la divulgation d’un projet de protocole d’accord relatif au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, négocié entre l’Iran et Oman. Néanmoins, l’incertitude demeure élevée au Moyen-Orient, où prévaut une forme de volatilité persistante. Les cours du pétrole ont ainsi fortement fluctué au gré des déclarations du président Donald Trump. Celui-ci a, tour à tour, évoqué une issue prochaine au conflit tout en brandissant la menace de bombardements massifs contre l’Iran dans un délai de deux à trois semaines. Il a également affirmé que ses objectifs étaient atteints, sans toutefois en préciser la nature. De son côté, l’Iran a tenu à souligner qu’un éventuel accord avec Oman ne saurait être interprété comme un retour à la normale.
Dans ce contexte, le CAC 40 a progressé de plus de 3 % en quatre séances, tandis que le Nasdaq Composite enregistrait une hausse supérieure à 4 %. Parallèlement, les taux des obligations souveraines se sont inscrits en baisse, traduisant un regain d’appétence pour le risque tempéré par des anticipations de détente monétaire.
Le baril de Brent crude oil s’échangeait, en fin de période, autour de 110 dollars, en recul de 5 % sur la semaine, mais affichant néanmoins une progression proche de 80 % depuis le début de l’année.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 2/3 avril 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 962,39 | +3,38 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 46 504,67 | +2,96 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 582,69 | +3,36 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 21 879,18 | +4,44 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 168,08 | +3,89 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 436,29 | +4,70 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 692,86 | +3,40 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 53 123,49 | +1,67 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 880,10 | -0,03 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,684 % | -0,154 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +3,003 % | -0,093 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,320 % | -0,100 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1548 | -0,60 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 676,43 | +4,57 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 109,00 | -4,61 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 66 851,2797 | +1,41 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
Le régime de retraite complémentaire des salariés du secteur privé, AGIRC – ARRCO, confirme sa solidité financière, bien que ses résultats marquent un recul en 2025. L’Agirc-Arrco a ainsi enregistré un excédent technique – c’est-à-dire hors produits financiers – de 300 millions d’euros, tandis que le résultat global s’est établi à 1,4 milliard d’euros. Ce niveau est inférieur à celui observé en 2024, où l’excédent atteignait 4,6 milliards d’euros. Cette inflexion s’explique par un environnement économique moins porteur, caractérisé par une progression des ressources plus modérée que celle des dépenses (respectivement +1,9 % contre +3,1 %). L’augmentation des charges tient à la fois à la revalorisation des pensions intervenue en 2024 (+1,6 %) et à la hausse continue du nombre de retraités, le régime versant des prestations à près de 14 millions de bénéficiaires.
La fin de l’année 2025 a, été marquée par l’absence de revalorisation des pensions complémentaires. Les partenaires sociaux, qui assurent la gouvernance du régime, ne sont pas parvenus à s’accorder sur son niveau dans un contexte politique et budgétaire tendu, lié notamment à la suspension de la réforme des retraites. À l’inverse, les pensions du régime de base ont été relevées de 0,9 % en janvier. Les responsables du régime AGIRC – ARRCO ont, lors de la présentation des résultats, souligné l’ampleur des défis à venir. La vice-présidente, Brigitte Pisa, a évoqué les ajustements nécessaires dans les prochaines années. À cette incertitude démographique s’ajoute celle relative au calendrier des départs en retraite, notamment à l’horizon 2027, en raison des hésitations entourant la réforme du système.
Malgré ces incertitudes, les gestionnaires de l’Agirc-Arrco continuent de mettre en avant la résilience du régime. Les réserves, qui dépassent 91 milliards d’euros en valeur de marché à la fin de 2025, constituent un levier essentiel pour amortir les chocs économiques et démographiques.
Les projections établies par « Se Loger-Meilleurs Agents » sur les prix de l’immobilier de la France semblent indiquer que la légère reprise de 2025 s’est enrayée sur fond de guerre en Iran. La rédaction du site Internet a établi deux scénarios pour les prochains mois. Dans l’hypothèse d’un choc modéré, l’économie mondiale absorberait progressivement les tensions liées au conflit au Moyen-Orient. L’inflation se stabiliserait autour de 3 % dans la zone euro en 2026, conduisant la Banque centrale européenne à relever ses taux directeurs de 25 à 50 points de base. Par ricochet, les taux immobiliers suivraient une trajectoire comparable. Dans ce cadre, le recul du marché resterait contenu avec entre 65 000 et 100 000 transactions en moins, soit une contraction de 7 à 10 % par rapport aux 945 000 ventes enregistrées en 2025.
À l’inverse, le scénario d’un choc durable esquisse une dégradation bien plus marquée. Une inflation proche de 3,7 % contraindrait la BCE à un resserrement monétaire plus agressif (jusqu’à +1,4 point), entraînant une remontée des taux immobiliers pouvant atteindre 1,4 point. Dans cette configuration, le marché subirait une chute de 240 000 à 270 000 transactions, soit plus d’un quart de l’activité annuelle.
Ces projections doivent toutefois être interprétées avec prudence. Les réseaux, à l’image de la FNAIM ou de Laforêt, décrivent un marché actif mais hésitant. La demande progresse (+4 % au premier trimestre), tout comme l’offre (+9 %), mais les transactions n’augmentent que marginalement (+2 %), signe d’un décalage croissant entre intentions et concrétisations.
Des dynamiques de prix de plus en plus territorialisées
En Île-de-France, après plusieurs années de correction, les prix semblent atteindre un point bas. Sur un an, la baisse se situe encore autour de –3 % à –5 %, avec des disparités marquées : Paris intra-muros oscille entre –4 % et –6 %, tandis que la grande couronne résiste mieux. Le ralentissement de la baisse observé début 2026 traduit un début de stabilisation mais qui reste fragile.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), le marché reste sous tension mais amorce un léger repli. Les prix reculent globalement de –1 % à –3 % sur un an, avec des ajustements plus visibles sur les marchés les plus chers. Nice enregistre ainsi une correction modérée (environ –0,7 % récemment), tandis que Marseille conserve un certain dynamisme, portée par une demande soutenue et des prix encore attractifs à l’échelle nationale.
En Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), la situation est intermédiaire. Lyon, après plusieurs années de hausse, a connu une correction sensible (–5 % à –8 % sur deux ans), mais les prix tendent désormais à se stabiliser. Dans les villes moyennes de la région, la tendance est plus favorable, certaines enregistrant même de légères hausses, portées par les effets de report.
En Corse, enfin, le marché demeure atypique. Après une forte progression post-Covid, liée à l’attractivité résidentielle et touristique, les prix se stabilisent à des niveaux élevés. Sur un an, l’évolution oscille entre 0 % et +2 %, avec des tensions persistantes dans les deux grandes agglomérations. Malgré tout, les délais de revente s’allongent en particulier pour les résidences secondaires. Le niveau de prix et le poids des impôts (taxe d’habitation) auxquels s’ajoutent le coût des transports expliquent la moindre appétence des continentaux pour les résidences secondaires. La demande de prêts immobiliers serait en forte baisse depuis le début de l’année.
En France, de nombreux biens immobiliers sont immobilisés sans usage ou affectation notamment en raison des indivisions. Longtemps perçues comme une simple étape juridique dans le règlement des successions, les indivisions sont de plus en plus un mécanisme de blocage affectant la fluidité du marché et la valorisation du patrimoine.
Chaque année, plus de 630 000 successions sont ouvertes en France. À ce flux s’ajoutent environ 425 000 ruptures conjugales — divorces, séparations ou dissolutions de PACS — générant autant de situations de propriété partagée.
Le droit repose pourtant sur un principe clair : nul n’est censé demeurer contraint dans l’indivision. Dans les faits, l’exigence d’unanimité pour les décisions les plus structurantes — en particulier la vente du bien — confère à chaque indivisaire un droit de veto. Il suffit d’un désaccord, d’une absence ou d’un refus de se manifester pour figer durablement la situation. Cette asymétrie entre principe juridique et réalité opérationnelle explique la constitution d’un stock immobilier « dormant ».
En Corse et dans les Outre-mer, jusqu’à 40 % du foncier privé serait concerné par des indivisions anciennes, parfois transmises sur plusieurs générations. Dans les zones rurales, ces blocages contribuent à maintenir hors du marché des biens inoccupés pendant dix, vingt, voire trente ans, avec des cas extrêmes atteignant quarante ans. Les conséquences sont multiples : dégradation du bâti, perte de valeur patrimoniale, raréfaction de l’offre disponible et tensions accrues sur les prix dans les zones dynamiques.
La loi du 26 mars 2026 votée à l’unanimité introduit plusieurs évolutions destinées à réduire ces blocages. Le texte adopté est issu d’une proposition de loi présentée par les députés Louise Morel et Nicolas Turquois. Son entrée en vigueur est prévue pour le début de l’année 2027, après publication d’un décret en Conseil d’État attendu d’ici l’été 2026.
La principale disposition de la loi consiste à permettre, sous contrôle du juge, la vente d’un bien indivis à l’initiative d’un seul indivisaire, à condition de démontrer une situation d’urgence et un intérêt commun. Cette mesure prolonge une jurisprudence de la Cour de cassation de 2013 et constitue une inflexion notable du principe d’unanimité. Le dispositif reste encadré. Le juge conserve un pouvoir d’appréciation, ce qui limite les risques d’abus mais introduit une part d’incertitude dans son application. L’objectif n’est pas de banaliser la vente unilatérale, mais de créer un moyen de sortie pour les situations les plus bloquées.
La réforme modifie également les règles du partage judiciaire. Elle renforce le rôle du juge et du notaire, impose la présence d’un avocat à toutes les étapes et limite les stratégies d’obstruction. Désormais, le silence d’un indivisaire ne pourra plus suffire à bloquer la procédure, celle-ci pourra se poursuivre et la décision s’imposera à l’ensemble des parties.
Des dispositions spécifiques sont prévues pour certains territoires. En Corse, la vente d’un bien indivis pourra être réalisée à la majorité des deux tiers, sans recours au juge, ce qui prolonge des adaptations territoriales déjà existantes.
La loi comporte en outre un volet consacré aux successions vacantes. L’État, agissant comme curateur via les services du Domaine, voit ses moyens d’action renforcés, notamment par la possibilité de mandater des tiers pour accélérer les ventes. Une publicité numérique est instaurée pour améliorer l’identification des biens, et les collectivités territoriales bénéficient d’un accès facilité à certaines informations fiscales afin de repérer les immeubles vacants ou sans maître.
La portée de la loi doit être relativisée. Son efficacité dépendra de sa mise en œuvre concrète et de sa capacité à s’appliquer aux situations anciennes, point qui sera précisé par le décret d’application. Surtout, les indivisions sont souvent liées à des conflits familiaux profonds ou à des situations successorales complexes que le droit ne peut résoudre à lui seul.

Après trois semaines successives de baisse, le CAC 40 s’est stabilisé à la fin du mois de mars. Les investisseurs prennent en compte la tentative d’ouverture de négociations entre les États-Unis et l’Iran par l’entremise du Pakistan. Malgré tout, les investisseurs semblent de moins en moins enclins à croire aux scénarios de désescalade, malgré le report de l’ultimatum américain au 7 avril pour d’éventuelles frappes sur les centrales électriques iraniennes. Pour le moment, le détroit d’Ormuz demeure toujours grandement fermé. Ces derniers jours, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir forcé plusieurs porte-conteneurs à faire demi-tour. L’Iran conserve, malgré les milliers de tirs de missiles américains et israéliens, des lanceurs capables de toucher les pays du Moyen-Orient.
Les premières statistiques du mois de mars confirment une accélération des prix au sein des pays occidentaux. En Espagne, le taux d’inflation a atteint 3,3 % sur un an, un pic depuis juin 2024. Outre-Atlantique, le moral des ménages, mesuré par l’Université du Michigan, s’est dégradé en mars, avec un indice définitif à 53,3, tandis que les anticipations d’inflation à un an remontent à 3,8 % (3,6 % en première estimation), sous l’effet de la hausse des prix de l’essence. Selon les économistes interrogés par Bloomberg, l’indice des prix PCE américain pourrait progresser de 3,1 % en moyenne cette année, contre 2,6 % initialement prévus. La première baisse de taux en 2026 est désormais attendue en septembre. Concernant la Banque centrale européenne, les indications données par le marché des swaps laissent entrevoir un resserrement possiblement dès la réunion du mois prochain, avec trois hausses de taux au total sur l’année.
Si les marchés européens ont été stables cette semaine, aux États-Unis, les indices S&P 500 et Nasdaq ont enregistré des baisses de plus de 2 %, les valeurs américaines avaient reculé de manière assez faible depuis le début du conflit. La crainte d’une intervention terrestre peut également expliquer le repli de cette semaine.
Le baril de Brent au-dessus des 110 dollars
Le baril de pétrole (Brent) n’a pas baissé cette semaine. Il s’échangeait à plus de 110 dollars vendredi 27 mars, preuve que la situation ne se détend pas dans le détroit d’Ormuz. Les espoirs d’un conflit de courte durée s’estompent.
L’or à 1000 dollars de son record
L’or poursuit son repli avec un recul de plus de 10 % sur la semaine, l’once d’or étant en dessous de la barre des 4500 dollars (il avait dépassé 5500 dollars l’once en début d’année). Les investisseurs privilégient les placements permettant de se couvrir face à l’inflation. Ils optent ainsi pour les obligations. Ils entendent conserver également des liquidités afin de pouvoir saisir rapidement les opportunités en cas d’évolution sur le front géopolitique. Par ailleurs, compte tenu de la baisse sur les marchés actions, des investisseurs ont pu être contraints de vendre de l’or pour solder leurs pertes. Les États du Golfe pourraient être vendeurs afin de compenser la diminution de leurs recettes issues du gaz ou du pétrole.
Le dollar regagne du terrain
L’euro continue de se déprécier par rapport au dollar, qui joue son rôle de valeur refuge traditionnelle. La baisse de l’euro est également la conséquence d’une forte exposition du Vieux Continent à la guerre en Iran, contrairement aux États-Unis. Ces derniers sont en effet exportateurs nets de gaz et de pétrole, quand l’Europe dépend en la matière des importations.
Hausse des taux de crédits immobiliers en France
Avec la hausse des taux obligataires, ceux des crédits immobiliers sont également en augmentation. Les taux obligataires souverains servent de référence pour le refinancement de moyen et long terme des banques, leurs autres sources de financement pour les prêts étant les dépôts, les livrets et les concours de la banque centrale. Le taux moyen d’emprunt des crédits à 10 ans était, à la fin du mois de mars, de 3,2 %.
Actions : les petits conseils du Cercle (information ne constituant pas un conseil d’investissement ; cf. dernière page)
Les entreprises de plusieurs secteurs d’activité sont à suivre avec intérêt du fait de la chute des cours. Les entreprises liées aux transports aériens, au tourisme et au luxe peuvent constituer de belles opportunités. Ainsi, l’indice S&P Global Luxury, qui comprend les principales valeurs du secteur, a reculé de plus de 13 % entre le 28 février et la fin mars. En revanche, les valeurs de l’énergie et de la défense peuvent apparaître trop chères. L’appréciation du dollar autorise la réalisation d’arbitrages de valeurs américaines au profit de valeurs européennes ou des pays émergents d’Asie. Ces dernières ont baissé plus fortement que celles des États-Unis, ouvrant droit à de potentielles plus-values.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 27 mars 2026 | Évolution sur une semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 698,81 | +0,52 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 45 166,64 | -0,86 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 368,85 | -2,02 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 20 948,36 | -3,17 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 22 300,52 | -0,20 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 964,40 | +0,41 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 507,72 | +0,18 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 53 373,07 | -0,61 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 913,72 | -3,36 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,838 % | +0,080 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +3,096 % | +0,045 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,420 % | +0,043 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1519 | -0,18 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 516,41 | -9,38 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 111,76 | +3,28 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 65 825,6357 | -6,59 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |

L’assurance démarre l’année 2026 sur les chapeaux de roue. Après 6,2 milliards d’euros en janvier, la collecte nette atteint, en février, un niveau élevé à 7,1 milliards d’euros. Cette collecte a été réalisée avant le déclenchement de la guerre en Iran, intervenu le 28 février dernier. Elle n’a pas été affectée par la baisse des valeurs boursières.
Février : un très bon mois pour l’assurance vie
Le mois de février réussit traditionnellement bien à l’assurance vie : aucune décollecte n’a été enregistrée depuis 1997, première année de publication des statistiques par France Assureurs. En février 2026, l’assurance vie se situe nettement au-dessus de sa moyenne des dix dernières années (2,6 milliards d’euros).
En 2025, la collecte nette avait déjà atteint des sommets avec +5,3 milliards d’euros. En 2026, elle n’est qu’à quelques encablures du record absolu de 2006 (+7,2 milliards d’euros).
La collecte nette a été positive tant pour les fonds euros que pour les supports en unités de compte, respectivement +1,8 et +5,2 milliards d’euros.
Depuis le début de l’année, la collecte nette s’établit à +13,3 milliards d’euros, soit supérieure de 3,6 milliards d’euros à celle de 2025 sur la même période. Les unités de compte ont été portées par les bons résultats des marchés financiers en janvier et février, avant la guerre en Iran. Les supports en euros enregistrent, sur les deux premiers mois de l’année, une collecte nette de 2,2 milliards d’euros.
En février, l’assurance vie a bénéficié de la communication des rendements des fonds euros par les assureurs et de la baisse du taux du Livret A de 1,7 % à 1,5 %. Le Livret A a connu une décollecte de 740 millions d’euros en janvier, essentiellement occasionnée par l’évolution de son taux. De son côté, le rendement des fonds euros pour l’année 2025 se situe en moyenne à 2,8 %, avec des taux pouvant atteindre 3,5 %, voire davantage chez certaines compagnies.
Les cotisations brutes : record sur record
Les cotisations se maintiennent à un niveau record : 19,5 milliards d’euros, soit un montant supérieur à celui de janvier (19,1 milliards d’euros). Cette hausse concerne les supports en unités de compte (UC, +20 % par rapport à février 2025) ainsi que les supports en euros (+13 % par rapport à février 2025). La proportion des unités de compte dans les cotisations se maintient à un niveau très élevé, à 41 % en février.
Des prestations en hausse
Les prestations ont atteint 12,5 milliards d’euros en février, en hausse de 8 % par rapport à février 2025. Cette progression concerne essentiellement les supports en UC (+16 %) et, dans une moindre mesure, les supports en euros (+6 %).
Un nouveau record pour l’encours de l’assurance vie
L’encours des contrats d’assurance vie atteint 2 143 milliards d’euros fin février, en hausse de 5,4 % sur un an, confortant ainsi sa place de premier placement des ménages.
Entre confiance et incertitudes
L’assurance vie bénéficie depuis plus d’un an d’un contexte favorable : baisse des taux de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, bonne tenue des marchés financiers. Ce contexte permet à ses deux piliers, fonds euros et unités de compte, d’être compétitifs. À compter du 1er mars, l’assurance vie devrait bénéficier de la fermeture des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros. Les titulaires de ces anciens PEL devraient se tourner vers l’assurance vie, qui devrait répondre à leurs attentes tant en matière de rendement que de garantie du capital et de fiscalité.
Néanmoins, la guerre en Iran pourrait rebattre légèrement les cartes. En période de crise, les ménages ont tendance à privilégier l’épargne de précaution et, en premier lieu, le Livret A. La chute des marchés financiers pourrait dissuader les assurés d’investir sur les unités de compte, même si, en 2020 (Covid) ou en 2022 (guerre en Ukraine), le repli fut limité tant en volume que dans le temps. Le conflit au Moyen-Orient s’accompagne d’une hausse des taux d’intérêt des obligations souveraines, les investisseurs incorporant une prime liée à l’augmentation potentielle des prix. Cette hausse des taux, si elle demeure limitée, favorise le rendement des fonds euros. Si elle venait à s’emballer, elle serait, au contraire, préjudiciable aux fonds euros, la valeur du stock des obligations achetées dans le passé se dégradant.

Des marchés sous la guerre
À court terme, les marchés restent suspendus à l’évolution militaire dans le Golfe. La durée du conflit et le degré de perturbation du détroit d’Ormuz détermineront l’ampleur du choc énergétique et, par ricochet, l’évolution de l’inflation, des taux et des marchés financiers.
Le baril toujours au-dessus des 100 dollars
Malgré la décision des États membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de mettre sur le marché 400 millions de barils, le pétrole a terminé la semaine au-dessus de 100 dollars le baril (Brent). Le dernier déblocage dans le cadre de l’AIE avait eu lieu en 2022, après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les pays membres avaient alors injecté collectivement 182 millions de barils.
La décision de l’AIE vise à contrebalancer les perturbations massives qu’engendre la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, qui relie les pays pétroliers du golfe Persique aux marchés mondiaux. Selon l’organisation internationale, les pays du Golfe réduisent actuellement leur production pétrolière d’au moins 10 millions de barils par jour en raison du blocage du détroit, soit « la plus importante perturbation » de l’approvisionnement en or noir de l’histoire. Le risque d’attaques de drones ou de tirs de missiles paralyse le trafic dans ce goulet où transite, traditionnellement, un cinquième du pétrole produit dans le monde, soit environ 15 millions de barils de brut et 5 millions de produits pétroliers.
La France a prévu de puiser dans ses réserves stratégiques à hauteur de 14,5 millions de barils, l’Allemagne à hauteur de 19,5 millions, ou encore le Royaume-Uni pour 13,5 millions. Aux États-Unis, le président Donald Trump a confirmé la participation de Washington au dispositif avec un déblocage de 172 millions de barils. Le Japon, l’un des pays les plus exposés aux ruptures d’approvisionnement — 90 % de ses importations pétrolières passent par le détroit d’Ormuz —, a annoncé qu’il débloquerait environ 80 millions de barils.
Selon l’agence, les États membres détiennent plus de 1,2 milliard de barils de stocks d’urgence, auxquels s’ajoutent 600 millions de barils détenus par l’industrie en vertu d’obligations gouvernementales. Le déblocage conjoint proposé lundi vise à atténuer les tensions sur les marchés pétroliers.
Les effets de cette décision sont difficiles à cerner. Celle-ci semble confirmer le risque de choc pétrolier de grande ampleur auquel est confrontée l’économie mondiale ainsi que la perspective d’un prolongement de la guerre. Les précédentes libérations de réserves ont donné des résultats mitigés. Les membres de l’AIE ont procédé à deux déblocages successifs en 2022, au début du conflit russo-ukrainien. La première vague n’avait pas entraîné de réelle baisse des cours ; la seconde s’était révélée plus efficace.
Le déblocage des stocks stratégiques pourrait compenser la perte de l’offre en provenance du golfe Persique uniquement si la guerre s’achève rapidement et si le détroit redevient navigable. Selon une note du cabinet Capital Economics passant en revue divers scénarios, l’hypothèse la moins sévère — celle d’un conflit limité à quelques semaines — reviendrait à priver le marché d’environ 350 millions de barils. Mais ce volume perdu serait de quatre à six fois plus important en cas d’escalade.
Une économie américaine au petit trot
L’économie américaine a progressé au taux annualisé de 0,7 % au quatrième trimestre 2025, contre 1,4 % en première estimation, les exportations, les dépenses de consommation et les investissements ayant été plus faibles que prévu.
Le Bureau of Economic Analysis (BEA) a également publié, vendredi 13 mars, l’indice d’inflation (PCE) pour le mois de janvier. Sa progression a légèrement ralenti, à 2,8 % sur un an contre 2,9 % en décembre. Elle demeure néanmoins supérieure à l’objectif de la banque centrale (Fed), fixé à 2 %. L’inflation sous-jacente (hors prix volatils de l’énergie et de l’alimentation) a, de son côté, accéléré en janvier, à 3,1 % contre 3 % le mois précédent. Les analystes s’attendent à voir l’inflation repartir à la hausse avec les effets de la guerre au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie et les coûts de production. Le moral des consommateurs américains s’est, en revanche, moins dégradé que prévu au mois de mars en dépit de la guerre en Iran, passant de 56,6 à 55,5 points. Les consommateurs anticipent une hausse des prix de 3,4 % à horizon d’un an, un chiffre inchangé par rapport au mois précédent, alors que les économistes tablaient en moyenne sur une accélération à 3,7 %.
Les taux obligataires en augmentation
Les taux des obligations souveraines ont augmenté au cours de la deuxième semaine de guerre en Iran. Le taux de l’OAT à 10 ans s’est rapproché de 3,7 %, le taux de son équivalent allemand est proche de 3 %, et celui des États-Unis dépasse 4,2 %. Pour le taux français, il faut remonter à 2011 pour retrouver un niveau plus élevé. Les investisseurs intègrent une prime d’inflation en forte hausse.
Des marchés actions dans l’attente
Après la forte baisse enregistrée lors de la première semaine du conflit, les indices actions des principales places européennes ont connu, durant la deuxième semaine, des variations plus mesurées. Le CAC 40 a ainsi perdu un peu plus de 1 %, quand le DAX allemand reculait de moins de 0,5 %. Les grandes entreprises françaises, en particulier celles du luxe, sont davantage exposées à l’arrêt des économies moyen-orientales que leurs homologues allemandes. Les indices américains se sont repliés de 1 à 2,6 % sur la semaine.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 13 mars 2026 | Évolution sur une semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 903,42 | -1,03 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 46 558,47 | -1,99 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 632,19 | -1,60 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 105,36 | -2,60 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 396,78 | -0,41 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 261,05 | -0,00 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 716,61 | -006 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 53 819,61 | -4,37 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 095,45 | -0,46% | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,672 % | +0,160 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,979 % | +0,117 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,285 % | +0,156 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1442 | -1,50% | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 5 049,44 | -0,85 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 101,85 | +9,10 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 71 815,6709 | +6,12 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
L’encours du Plan d’Épargne Logement (PEL) est passé de fin 2024 à fin 2025 de 222 à 201 milliards d’euros poursuivant sa baisse entamée en 2022. En 2025, le PEL a enregistré une décollecte de 21 milliards d’euros faisant suite à celle de 2024 de 30 milliards d’euros. Le PEL est en souffrance depuis l’année 2018 marquée par son assujettissement au Prélèvement forfaitaire unique. Par ailleurs, son rendement peu attractif dissuade les épargnants à en souscrire un. L’augmentation du taux du PEL à 2 % le 1er janvier dernier ne devrait pas changer la donne. Net de prélèvements, le taux est, en effet, de 1,4 %. De son côté, le taux des prêts associés au PEL est de 3,2 % ce qui est peu différenciant par rapport aux taux proposés par les banques.
L’encours devrait continuer à baisser en 2026. En effet, à compter du mois de mars, les PEL de plus de quinze ans seront transformés en livrets bancaires. D’ici 2030, trois millions de PEL avec un encours total de 93 milliards d’euros sont concernés. Les épargnants seront conduits à réaffecter leur épargne. Ils peuvent évidemment ouvrir un nouveau PEL mais au vu des rendements, ils s’orienteront certainement, pour une grande partie d’entre eux vers d’autres placements, l’assurance vie et le Plan d’Épargne retraite notamment.

Six ans après son lancement, le Plan d’Épargne Retraite a trouvé ses marques et prend place parmi les grandes enveloppes d’épargne en France. Conçu par la loi Pacte pour simplifier un paysage fragmenté — PERP, Madelin, Article 83, PERCO — le PER s’est progressivement imposé comme l’instrument de référence de la préparation financière de la retraite.
À la fin du troisième trimestre 2025, le PER comptait 12,7 millions de titulaires pour un encours total de 141,1 milliards d’euros. En un an, les encours ont progressé d’environ 20 %. Cette croissance soutenue, dans un contexte économique pourtant marqué par les incertitudes géopolitiques et la volatilité des marchés, traduit une dynamique de fond : l’installation durable du PER dans les stratégies patrimoniales des ménages.
Le PER répond à une préoccupation désormais majoritaire. Selon l’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne, 72 % des non-retraités estiment que leurs pensions futures ne leur permettront pas de maintenir un niveau de vie satisfaisant.
Cette défiance à l’égard du taux de remplacement n’est pas nouvelle, mais elle s’est accentuée avec les débats successifs sur l’équilibre financier des régimes et le vieillissement démographique. Le PER s’inscrit ainsi dans une logique de complémentarité. Il ne se substitue pas au système par répartition, il l’accompagne en offrant une capacité d’anticipation individuelle.
Le PER doit une part essentielle de son succès à sa cohérence interne.
Trois piliers structurent son attractivité :
Cette modularité constitue un progrès majeur dans un pays où l’épargne retraite a longtemps été associée à des mécanismes complexes et peu lisibles.
Le contexte financier a également contribué à l’essor du PER. Le redressement des taux d’intérêt a redonné de l’attrait aux fonds en euros, dont les rendements ont cessé de s’éroder après une décennie de compression. Parallèlement, la bonne tenue des marchés actions et obligataires a soutenu les unités de compte.
Les PER, qu’ils soient assurantiels ou bancaires, bénéficient ainsi d’une gamme de supports diversifiée, adaptée à des horizons d’investissement de vingt à trente ans. La montée en puissance de la gestion pilotée témoigne d’une appropriation croissante de la logique de long terme par les épargnants.
Plus de 80 % des actifs sont investis en France et dans l’Union européenne. Plus de 60 % des encours contribuent au financement des entreprises, en fonds propres ou via la dette privée. Plus de 5 milliards d’euros sont orientés vers des actifs non cotés.
Dans un contexte où l’Europe cherche à renforcer l’Union des marchés de capitaux et à mobiliser l’épargne longue au service de la transition énergétique, de l’innovation et de la réindustrialisation, le PER apparaît comme un vecteur intéressant. Il canalise une épargne stable vers des besoins structurels de financement.
Avec 141 milliards d’euros d’encours et près de 13 millions de titulaires, le PER, pour devenir un véritable de préparation de la retraite, doit accroître sa diffusion et gagner en volume. Le développement du PER collectif constitue, sans nul doute, un des moyens à privilégier afin que les salariés les plus modestes soient couverts.

Les valeurs « actions » ont été à la fête en février, portées par les bons résultats des entreprises. La décision de la Cour suprême d’annuler les droits réciproques de Donald Trump a joué également favorablement, même si celui-ci a institué dans la foulée des droits de 10 %. L’Europe et l’Asie deviennent plus attractives pour les investisseurs avec des performances boursières remarquables depuis le début de l’année.
Les valeurs technologiques américaines en souffrance
Les valeurs technologiques américaines ont continué leur repli au profit de leurs homologues japonaises ou coréennes. Le Nasdaq Composite, à forte connotation technologique, a perdu plus de 5 % sur un mois, sa plus grosse contreperformance en près d’un an. En revanche, en février, l’indice des grandes valeurs japonaises, le Nikkei, a progressé de plus de 11 %, portant la hausse à plus de 50 % sur un an. De son côté, l’indice coréen a gagné plus de 22 % en février et près de 140 % en un an. Le recul des valeurs américaines de la technologie est imputable aux doutes croissants sur la viabilité financière des investissements réalisés ou projetés pour le développement de l’intelligence artificielle.
Les valeurs européennes ont la cote
Le CAC 40, de son côté, a gagné en un mois plus de 5 %. Il signe sa meilleure performance depuis le bond de 7,7 % qui avait été enregistré en janvier 2025, il y a plus d’un an. Le CAC 40 a battu de nouveaux records cette semaine, le dernier datant de la séance du jeudi 26 février, à 8 642,23 points. Au mois de février, si les indices américains ont reculé, ceux de la vieille Europe ont poursuivi leur marche en avant.
L’inflation américaine en hausse
Les indices actions ont été affectés le vendredi 27 février par la publication de l’indice américain des prix à la production. Il a augmenté de 0,5 % en janvier, soit sa plus forte hausse depuis septembre. C’est deux dixièmes de point de plus que prévu. À +0,8 %, l’indice qui exclut l’alimentation et l’énergie, éléments les plus volatils, enregistre de son côté sa plus forte progression depuis juillet. Sur un an, l’indice global affiche une hausse de 2,9 %, contre 2,6 % attendus, et l’indice core a accéléré à 3,6 % quand le consensus Bloomberg tablait sur un ralentissement à 3 %, après les 3,3 % enregistrés en décembre. Cela semble prouver que la hausse des droits de douane se répercute progressivement sur les prix à la consommation. Dans ce contexte, la Réserve fédérale ne pourra guère baisser, dans les prochains mois, ses taux directeurs.
Le pétrole toujours sous la pression des tensions américani-iraniennes
Le baril de pétrole Brent a gagné près de 8 % sur un mois et s’échange, fin février, contre plus de 70 dollars. Cette hausse est imputable aux tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran.
Le bitcoin en chute libre
Le bitcoin a perdu un quart de sa valeur en février. Le premier des cryptoactifs fait notamment les frais des doutes naissants sur la rentabilité des investissements réalisés pour l’IA. Après avoir battu un record historique, début octobre, à 126 251 dollars, le bitcoin a amorcé une baisse. Il a perdu 50 % de sa valeur depuis son pic. Cette chute du bitcoin souligne que son prix demeure lié à des anticipations spéculatives.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 27 février 2026 | Évolution sur une semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 580,75 | +1,04 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 48 977,92 | -1,47 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 878,88 | -0,56 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 668,21 | -1,27 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 25 312,11 | +0,18 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 910,55 | +2,21 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 138,41 | +0,40 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 58 850,27 | +4,04 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 162,88 | +0,84 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,218 % | -0,084 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,646 % | -0,093 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +3,968 % | -0,128 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1823 | -0,23 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 5 233,21 | +7,26 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 72,48 | +1,52 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 65 460,0923 | -2,83 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
| 27 janvier 2026 | Variation mensuelle février 2026 (en %) | Variation sur un an (en %) | 31 décembre 2025 | 31 décembre 2024 | |
| CAC40 | 8 580,75 | +5,54 | +6,19 | 8 149,50 | 7 380,74 |
| DAXX | 25 312,11 | +1,66 | +12,36 | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 | 10 910,55 | +7,0° | +24,74 | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 138,41 | +3,46 | +12,35 | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Dow Jones | 48 977,92 | -0,22 | +13,889 | 48 220,13 | 42 544,22 |
| Nasdaq Composite | 22 668,21 | -5,13 | +21,84 | 23 372,75 | 19 310,79 |
| S&P 500 | 6 878,88 | -1,55 | +17,22 | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nikkei | 58 850,27 | +11,28 | +51,77 | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 162,88 | +1,19 | +24,05 | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Euro/dollar | 1,1823 | -0,51 | +12,91 | 1,1735 | 1,0380 |
| Once d’or (USD) | 5 233,21 | +4,44 | +77,23 | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Pétrole Brent (USD) | 72,48 | +7,59 | -1,46 | 61,23 | 74,30 |
| Bitcoin (USD) | 65 460,0923 | -25,87 | -21,72 | 87 566,4406 | 93 776,61 |
Le taux d’épargne des ménages a, en France, atteint, selon l’INSEE, 18,3 % du revenu disponible brut en 2025, en hausse de 0,1 point par rapport à 2024. Il faut remonter à 1979 pour retrouver un taux équivalent (hors période Covid). Le taux d’épargne financière s’est élevé, de son côté, à 9,1 %, le taux le plus élevé (hors covid) constaté depuis 1950 (début de la série de l’INSEE).
Trois facteurs expliquent ce taux élevé :

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Le haut niveau de l’épargne financière en 2025 a profité avant tout à l’assurance vie, qui a enregistré une collecte nette de 50,6 milliards d’euros, quand le Livret A a connu une décollecte de 2,1 milliards d’euros.
La préférence donnée à l’assurance vie s’explique par un effet de rendement absolu et relatif. Les rendements de l’épargne réglementée et de court terme (dépôts à terme, livrets bancaires) sont en baisse, quand celui des fonds euros est en légère hausse. Les rendements 2025 des fonds euros tournent autour de 2,7 %. Certains fonds sont rémunérés à 3,5 %. Des compagnies continuent à proposer des taux boostés (avec un total pouvant atteindre 4,5 %). La bonne tenue des marchés financiers a porté la collecte des unités de compte (40 % de la collecte totale). En un an, de février 2025 à février 2026, le taux du Livret A a été divisé par deux.
L’épargne française, même si elle demeure toujours majoritairement investie sur des produits de taux, contribue un peu plus que dans le passé au financement des entreprises.
Une fin d’année un peu moins favorable à l’épargne
Les ménages ont légèrement augmenté leurs dépenses de consommation au dernier trimestre et, compte tenu de l’érosion de leur pouvoir d’achat, ils ont été conduits à diminuer leur effort d’épargne. En effet, la consommation des ménages a progressé, lors des trois derniers mois de l’année, de 0,4 %, quand le pouvoir d’achat de ces derniers diminuait de 0,3 %. Dans ces conditions, le taux d’épargne passe de 18,3 à 17,9 % du revenu disponible brut.
Une année 2026 incertaine
Le taux d’épargne pourrait être amené à baisser légèrement en 2026. La diminution des rendements de l’épargne de court terme pèsera sur les flux d’épargne. Les ménages pourraient consommer un peu plus. Après avoir reporté des achats importants ces dernières années (voiture, équipement de la maison), ils pourraient décider de les réaliser. La faible inflation constitue un facteur traditionnel de baisse de l’épargne. Les incertitudes demeurent, en revanche, importantes, avec le maintien de tensions géopolitiques, le niveau élevé du déficit public et la remontée du chômage. Ces incertitudes incitent les ménages à conserver un fort volant d’épargne de précaution. Par ailleurs, le facteur lié au vieillissement démographique devrait continuer à porter l’épargne. Le taux d’épargne devrait, dans ce contexte, se situer autour de 17,5 % du revenu disponible brut.
2025 : une année record pour l’épargne financière
Le taux d’épargne des ménages a, en France, atteint, selon l’INSEE, 18,3 % du revenu disponible brut en 2025, en hausse de 0,1 point par rapport à 2024. Il faut remonter à 1979 pour retrouver un taux équivalent (hors période Covid). Le taux d’épargne financière s’est élevé, de son côté, à 9,1 %, le taux le plus élevé (hors covid) constaté depuis 1950 (début de la série de l’INSEE).
Trois facteurs expliquent ce taux élevé :
• La succession des chocs : Covid-19, guerre en Ukraine, guerre à Gaza, vague inflationniste, crise politique en France, retour de Donald Trump, etc. Les ménages maintiennent depuis cinq ans une forte épargne de précaution ;
• Le vieillissement démographique. Plus une population est âgée, plus elle épargne. Les doutes sur la pérennité du système de retraite tendent à accroître l’épargne ;
• Les bons rendements de l’épargne ces dernières années. Les Français capitalisent et consomment peu les gains issus de leurs placements, à la différence des Américains. De ce fait, le réemploi des gains augmente naturellement le taux d’épargne financière.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Le haut niveau de l’épargne financière en 2025 a profité avant tout à l’assurance vie, qui a enregistré une collecte nette de 50,6 milliards d’euros, quand le Livret A a connu une décollecte de 2,1 milliards d’euros.
La préférence donnée à l’assurance vie s’explique par un effet de rendement absolu et relatif. Les rendements de l’épargne réglementée et de court terme (dépôts à terme, livrets bancaires) sont en baisse, quand celui des fonds euros est en légère hausse. Les rendements 2025 des fonds euros tournent autour de 2,7 %. Certains fonds sont rémunérés à 3,5 %. Des compagnies continuent à proposer des taux boostés (avec un total pouvant atteindre 4,5 %). La bonne tenue des marchés financiers a porté la collecte des unités de compte (40 % de la collecte totale). En un an, de février 2025 à février 2026, le taux du Livret A a été divisé par deux.
L’épargne française, même si elle demeure toujours majoritairement investie sur des produits de taux, contribue un peu plus que dans le passé au financement des entreprises.
Une fin d’année un peu moins favorable à l’épargne
Les ménages ont légèrement augmenté leurs dépenses de consommation au dernier trimestre et, compte tenu de l’érosion de leur pouvoir d’achat, ils ont été conduits à diminuer leur effort d’épargne. En effet, la consommation des ménages a progressé, lors des trois derniers mois de l’année, de 0,4 %, quand le pouvoir d’achat de ces derniers diminuait de 0,3 %. Dans ces conditions, le taux d’épargne passe de 18,3 à 17,9 % du revenu disponible brut.
Une année 2026 incertaine
Le taux d’épargne pourrait être amené à baisser légèrement en 2026. La diminution des rendements de l’épargne de court terme pèsera sur les flux d’épargne. Les ménages pourraient consommer un peu plus. Après avoir reporté des achats importants ces dernières années (voiture, équipement de la maison), ils pourraient décider de les réaliser. La faible inflation constitue un facteur traditionnel de baisse de l’épargne. Les incertitudes demeurent, en revanche, importantes, avec le maintien de tensions géopolitiques, le niveau élevé du déficit public et la remontée du chômage. Ces incertitudes incitent les ménages à conserver un fort volant d’épargne de précaution. Par ailleurs, le facteur lié au vieillissement démographique devrait continuer à porter l’épargne. Le taux d’épargne devrait, dans ce contexte, se situer autour de 17,5 % du revenu disponible brut.
La Cour suprême des États-Unis a jugé, vendredi 20 février, que le président avait outrepassé son autorité en imposant ses droits de douane « réciproques ». L’ensemble des tarifs mis en place en s’appuyant sur une déclaration d’urgence nationale est concerné. Selon la Cour, la loi IEEPA, qui a servi de fondement juridique aux mesures de relèvement de nombreux droits de douane, ne confère pas ce pouvoir au président. Six des neuf juges nommés à vie se sont joints à la décision, tandis que trois juges parmi les plus conservateurs s’y sont opposés. Les droits de douane « réciproques », qui ont rapporté plus de 75 milliards de dollars à l’État américain, sont ainsi supprimés. La Cour n’a pas indiqué la manière dont les remboursements des droits de douane versés devront être gérés. Donald Trump devra passer par d’autres voies pour relever les tarifs, notamment par le Congrès. Une course contre la montre s’engage, car les élections de mi-mandat se tiendront en novembre, et pourraient, en l’état actuel de l’opinion, être défavorables aux Républicains.
Le CAC 40 au-dessus des 8 500 points
Les investisseurs ont réagi favorablement à la décision de la Cour suprême, les principaux indices actions progressant après son annonce. Les valeurs des entreprises exportatrices vers les États-Unis (Pernod Ricard, Hermès, LVMH au sein du CAC 40) ont enregistré de fortes hausses. Le CAC 40, pour la première fois de son histoire, termine au-delà des 8 500 points (8 511,74). Sur la semaine, l’indice parisien a gagné près de 2,4 %.
Une croissance américaine décevante en fin d’année
La décision de la Cour suprême a éclipsé les mauvais résultats de l’économie américaine à la fin de l’année 2025. La croissance s’est élevée à 1,4 % en rythme annualisé au dernier trimestre, selon une première estimation, soit un taux deux fois inférieur à celui anticipé par le marché et très loin des 4,4 % enregistrés au troisième trimestre. L’activité a été freinée, au dernier trimestre, par un ralentissement de la consommation et par le shutdown de l’automne. Sur l’ensemble de l’année 2025, la première économie mondiale a progressé au rythme de 2,2 %, contre 2,8 % en 2024.
Côté inflation, la hausse des prix mesurée par l’indice PCE s’est accélérée plus que prévu, d’un dixième de point, avec un indice global à 2,9 % sur un an en décembre et à 3 % en données « core », c’est-à-dire hors alimentation et énergie. Ce contexte inflationniste rend plus complexe toute nouvelle baisse des taux directeurs de la Fed.
Le pétrole en hausse avec les nouvelles menaces américaines
Après les nouvelles déclarations de l’administration américaine sur les négociations avec l’Iran, les cours du pétrole ont fortement progressé, le baril de Brent passant au-dessus des 70 dollars, en hausse de plus de 5 % sur la semaine. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré, mercredi 18 février, qu’« il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran ». Mardi 17 février, le vice-président américain JD Vance avait souligné que les divergences persistaient sur les « lignes rouges » américaines. Dans le même temps, l’Iran avait assuré s’être entendu avec Washington sur « un ensemble de principes directeurs ».
La poursuite du déploiement de l’armée américaine au Moyen-Orient inquiète les acteurs du marché pétrolier. Les États-Unis mettent en place dans la région une imposante force de frappe, avec des navires et des avions de guerre par dizaines. Le pays dispose également de dizaines de milliers de soldats dans des bases militaires autour de l’Iran. Le principal risque pour le marché pétrolier, en cas d’escalade militaire, serait le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % de la production mondiale. Les opérateurs s’inquiètent aussi du devenir des infrastructures d’hydrocarbures de l’Iran, l’un des dix premiers producteurs de pétrole au monde. D’autres pays, comme l’Irak, les Émirats arabes unis ou le Koweït, pourraient être touchés en cas de conflit militaire.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 20 février 2026 | Évolution sur une semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 511,74 | +2,38 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 49 625,97 | +0,16 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 909,51 | +0,97 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 886,07 | +1,46 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 25 247,15 | +1,46 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 683,14 | +2,39 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 131,31 | +2,32 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 56 825,70 | -1,43 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 082,07 | -1,12 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,302 % | -0,043 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,739 % | -0,023 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,096 % | +0,039 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1778 | -0,96 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 5 063,27 | -0,61 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 71,35 | +5,39 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 67 684,1055 | -2,52 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
En 2020, le service de la dette de l’État (c’est-à-dire le paiement des intérêts) représentait 36,2 milliards d’euros. À l’époque, l’État empruntait à des taux négatifs, ce qui a conduit certains à affirmer qu’il ne devait pas hésiter à s’endetter, oubliant que le capital ainsi emprunté serait remboursé quelques années plus tard par l’émission de nouvelles obligations bien plus coûteuses.
Avec la hausse des taux, le service de la dette progresse année après année. Il a franchi la barre des 50 milliards d’euros en 2022. En 2026, il sera proche de 60 milliards d’euros. Compte tenu de l’évolution de la dette publique et des taux d’intérêt, il pourrait atteindre 70 milliards d’euros en 2027 et dépasser 90 milliards d’euros en 2029.

Cercle de l’Epargne – données Banque de France
Après cinq ans de contre-performance, les petites capitalisations apparaissent comme des placements actuellement plus rentables que les grandes valeurs cotées au CAC 40 ou à l’Euro Stoxx 50. L’indice MSCI Europe Small Cap, qui mesure la performance de près de 400 entreprises européennes dont la capitalisation est inférieure à 10 milliards d’euros (à l’exception d’une qui dépasse légèrement ce seuil), a progressé de 5 % depuis janvier. L’indice plus large MSCI Europe a, quant à lui, gagné 4 % cette année.
Les petites capitalisations bénéficient d’un environnement économique plus porteur. Leur activité étant essentiellement européenne, elles profitent de la reprise de l’économie, dopée notamment par le plan de relance allemand. En 2026, la croissance en zone euro est attendue à 1,2 %, selon le consensus des économistes interrogés par Bloomberg.
Dans ce contexte, en 2026, le consensus des analystes anticipe une hausse de plus de 20 % pour les poids légers de la cote, contre 11 % pour les grands groupes. Les « small caps » demeurent bon marché, avec une valorisation boursière inférieure à leur moyenne historique et à celle des grandes capitalisations.
Les petites valeurs sont moins exposées aux États-Unis et aux risques de perturbation liés à l’IA. Malgré cela, au sein des small caps, Paris et Francfort sont à la traîne. En France, l’incertitude politique et les mesures fiscales pèsent sur les marchés. En Allemagne, l’exposition à l’industrie et aux exportations explique la faible progression. Pour le moment, les petites valeurs espagnoles et celles d’Europe centrale ou orientale se montrent plus dynamiques.

Le 12 février, le CAC 40 a battu un nouveau record en dépassant 8 400 points (8 437 points en cours de séance). Son précédent sommet remontait au début janvier. D’autres indices européens ont également atteint des sommets cette semaine, et notamment l’indice STOXX 600 des grandes capitalisations européennes. La hausse des cours est portée par les bons résultats des grandes entreprises françaises au cours du quatrième trimestre. Les actions d’Essilor Luxottica, de Michelin, de Legrand ou de Hermès ont enregistré de belles augmentations.Si Dassault Systèmes a été chahuté en Bourse cette semaine, la maison mère ne peut que se réjouir de la commande de 114 Rafale par l’Inde, qui a déjà acquis 64 exemplaires de cet avion de combat. La majorité des appareils devraient être produits en Inde.
Cette semaine, l’économie américaine a surpris une nouvelle fois avec des créations d’emplois en janvier deux fois supérieures au consensus attendu. De quoi écarter toute crainte de ralentissement marqué de l’activité aux États-Unis. Le rapport mensuel du département du Travail publié mercredi, avec retard en raison du récent « shutdown » aux États-Unis, mentionne la création de 130 000 emplois non agricoles pour le mois de janvier, quand les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne 70 000 créations nettes. Le chiffre de décembre a été révisé, faisant apparaître désormais 48 000 créations de postes contre 50 000 en première estimation. Le taux de chômage s’élevait en janvier à 4,3 % après 4,4 % en décembre et un consensus à 4,4 %. Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation a augmenté, en janvier, de 2,4 %, après +2,7 % un mois plus tôt, quand le consensus Bloomberg misait sur une amélioration de deux dixièmes de point. En revanche, retraitée des prix alimentaires et de l’énergie, la hausse s’élève à 2,5 %, comme anticipé. En décembre, l’inflation dite sous-jacente était de +2,6 %. Les opérateurs de marché intègrent dans leurs anticipations une baisse des taux de la Réserve fédérale d’environ 63 points de base pour l’année, soit une probabilité d’environ 50 % d’une troisième détente d’un quart de point d’ici décembre.
Wall Street a cédé du terrain toujours en lien avec les doutes sur la rentabilité à venir des grandes entreprises de la tech. Les investisseurs sont, par ailleurs, dubitatifs en ce qui concerne l’évolution de l’inflation.
Les taux des obligations souveraines ont continué à se détendre cette semaine. L’or est repassé au-dessus de 5 000 dollars l’once avec le regain des tensions concernant l’Iran. Le cours du bitcoin continue de baisser.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 13 février 2026 | Évolution sur une semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 311,74 | +0,46 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 49 500,93 | -1,23 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 836,17 | -1,29 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 546,67 | -1,85 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 914,88 | +0,78 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 446,35 | +0,74 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 985,23 | -0,22 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 56 941,97 | +4,30 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 082,07 | +0,49 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,345 % | -0,102 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,762 % | -0,082 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,057 % | -0,158 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1876 | +0,52 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 5 042,76 | +1,76 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 67,80 | -0,35 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 69 113,6409 | -3,39 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
À la fin du troisième trimestre 2025, le patrimoine financier des ménages a atteint 6 537,4 milliards d’euros, en hausse de près de 90 milliards d’euros par rapport au trimestre précédent, en lien avec la valorisation des actifs et des flux d’épargne. Sur quatre trimestres cumulés, les montants d’épargne ont atteint 134,1 milliards d’euros. Sur la période, les produits de taux ont représenté près de 60 % des flux financiers nets. L’assurance-vie a été la grande gagnante en matière de collecte (+14,7 milliards d’euros pour les fonds en euros et +6,1 milliards d’euros pour les unités de compte).
Selon la Banque de France, le taux d’épargne des ménages était en légère baisse à 18 %, contre 18,4 % au trimestre précédent. Il demeure néanmoins supérieur de plus de trois points à son niveau d’avant la crise sanitaire.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
À la veille du sommet des chefs d’État et de gouvernement européens du 12 février, la Présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a tenu à publier une note rappelant la nécessité pour l’Union européenne de mener des réformes structurelles. Elle rappelle qu’une « action collective coordonnée et décisive » est indispensable, avec pour objectif une augmentation de la productivité et la mobilisation des investissements en vue d’améliorer la croissance européenne. Elle demande aux États de s’entendre sur cinq sujets essentiels :
Dans le prolongement de la note de Christine Lagarde, lors de leur réunion de travail au château d’Alden Biesen en Belgique le 12 février, les dirigeants européens ont pris l’engagement d’avancer dans la réalisation du grand marché unique. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a lancé un slogan choc pour résumer la rencontre des 27 : « Un continent, un marché ». L’objectif est de transformer, d’ici fin 2027, le marché unique, encore incomplet après plus de trois décennies, en un véritable marché unifié.
La Présidente de la Commission a proposé un projet comportant plusieurs piliers, qui fera l’objet d’une présentation officielle au Conseil européen du 19 mars prochain. Premier chantier : la simplification administrative. Dix « omnibus » législatifs sont en cours — trois finalisés, sept en attente — pour faire économiser 15 milliards d’euros par an aux entreprises européennes. La Présidente de la Commission entend également procéder à un « nettoyage en profondeur » de l’acquis communautaire. Son obsession : en finir avec la manie des États d’empiler des réglementations nationales sur les lois européennes, créant 27 réalités différentes pour une même directive.
Elle souhaite le développement de règlements uniformes plutôt que de directives et introduire des clauses de caducité automatique. Elle a relancé l’idée du « 28e régime », rebaptisé « EU Inc », qui doit permettre à n’importe quelle entreprise, où qu’elle soit dans l’Union européenne, de créer en 48 heures — et 100 % en ligne — une société régie par un ensemble unique et simple de règles valables dans tous les États membres. « Nous avons besoin de champions européens », a souligné Ursula von der Leyen, annonçant une révision des règles sur les fusions d’entreprises dès avril. Sa priorité est de permettre la constitution d’entreprises réellement européennes, notamment dans le secteur des télécoms, où l’émiettement européen empêche les investissements massifs nécessaires à l’innovation.
Reprenant les propositions de Christine Lagarde, Ursula von der Leyen a défendu le principe de l’Union de l’épargne et de l’investissement, destinée à créer un marché financier unique, profond et liquide. Elle a annoncé un calendrier avec une date butoir en juin 2026 pour la phase 1, incluant l’intégration des marchés, la supervision et la titrisation. En cas de refus de certains États, elle a menacé de recourir au dispositif de « coopération renforcée », qui permet le lancement d’un projet à partir du moment où neuf États sont d’accord, ces derniers pouvant avancer sans les autres.
En ce début de mois de février, la France a réussi à placer sans difficulté ses obligations assimilables du Trésor (OAT) à 30 ans. 450 investisseurs ont répondu présents, avec une demande totale portant sur 135 milliards d’euros pour 8 milliards offerts. Cette forte demande a permis une légère diminution du taux proposé.
Les titres ont été placés directement auprès des investisseurs par un syndicat composé des banques partenaires de Bercy. Cette procédure syndiquée permet de mieux évaluer la profondeur du marché et d’optimiser les conditions d’émission. Les banques chefs de file souscrivent les titres dans le cadre du processus d’allocation, avant de les conserver en portefeuille ou de les placer auprès de leurs clients institutionnels. Le rendement proposé est de 4,44 %. Il apparaît attractif au regard de celui de l’année dernière, qui s’élevait à 3,8 %.
Pour l’émission de ses titres, l’État a bénéficié de la détente des taux consécutive à l’adoption de la loi de finances pour 2026. Par ailleurs, la réduction progressive de la poche obligataire des fonds de pension néerlandais, pour des raisons réglementaires, devrait avoir un impact limité sur le marché primaire.
A la fin du troisième trimestre 2025, le patrimoine financier des ménages a atteint 6537,4 milliards d’euros, en hausse de près de 90 milliards d’euros par rapport au deuxième trimestre en lien avec la valorisation des actifs et des flux d’épargne. Sur quatre trimestres, les montants d’épargne cumulés ont atteint au troisième trimestre 134,1 milliards d’euros. Sur le troisième trimestre, les produits de taux ont représenté près de 60 % des flux financiers nets. L’assurance vie a été la grande gagnante en manière de flux au troisième trimestre (+14,7 milliards d’euros pour les fonds euros et +6,1 milliards d’euros pour les unités de compte).
Le taux d’épargne des ménages était, selon la Banque de France, en légère baisse à 18 % au troisième trimestre contre 18,4 % au deuxième. Il reste néanmoins au-dessus de trois points au-dessus de son niveau d’avant crise sanitaire.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

Dans les 15 prochaines années, un basculement silencieux se produira en France avec la montée en âge des générations du baby-boom, nées entre 1945 et 1965, qui détiennent aujourd’hui plus de la moitié du patrimoine des ménages. Avec leur disparition progressive, une vaste rotation patrimoniale s’opérera, entraînant de nombreuses conséquences économiques, financières et sociologiques. D’ici 2040, plusieurs milliers de milliards d’euros d’actifs — logements, contrats d’assurance vie, entreprises familiales — changeront de mains.
L’épargne est souvent accusée d’être improductive et stérile en étant essentiellement investie en produits de taux. La Direction du Trésor a, sur le sujet de l’affectation réelle de l’épargne des ménages, réalisé une étude. La note rédigée par Alisée Koch et Thomas Faria, intitulée « Que finance l’épargne financière des ménages français ? », éclaire l’usage effectif de l’épargne, au-delà de ses seules formes juridiques. Elle permet d’avoir une vision plus concrète de l’usage de cette fameuse épargne et de relativiser certaines critiques.
Le patrimoine des ménages français se compose principalement de patrimoine immobilier, mais également d’un patrimoine financier diversifié. Ce dernier reflète l’appétence traditionnelle des ménages pour la garantie et la liquidité. Il regroupe à la fois des placements sûrs (dépôts, livrets, assurance vie en euros) et des actifs plus risqués tels que des titres financiers (actions, obligations), détenus directement ou indirectement via des intermédiaires financiers, ainsi que des participations dans leurs entreprises.
La Direction du Trésor confirme que le patrimoine des ménages en France est composé à environ 60 % d’actifs non financiers et 40 % d’actifs financiers. Au deuxième semestre 2025, ce patrimoine s’élevait à 6 596 milliards d’euros. L’épargne financière représentait toujours, au deuxième semestre 2025, 10,5 % du revenu disponible brut, soit 4 points de plus que le taux moyen constaté entre 2015 et 2019. Pour la première fois depuis l’an 2000, le taux d’épargne financière des ménages est, en France, supérieur à celui de l’Allemagne.
Le patrimoine financier des ménages, au deuxième semestre 2025, se répartit de la manière suivante :
Les ménages possèdent directement des obligations (54 milliards d’euros), des actions cotées (310 milliards d’euros), des actions non cotées (913 milliards d’euros) et d’autres participations (519 milliards d’euros). Une vigilance particulière s’impose concernant ces deux dernières catégories, qui comprennent notamment les participations dans des sociétés non cotées (entreprises privées, PME, start-up) détenues directement par les ménages.
En France, près de deux tiers des placements (dépôts et assurances) correspondent principalement à des produits de taux, contre un tiers investi en fonds propres, détenus directement ou via des intermédiaires financiers. Cette répartition diffère toutefois peu de celle observée en Allemagne ou en Italie.
Le financement de l’économie française s’effectue essentiellement par l’intermédiation bancaire. Environ 70 % du financement des entreprises est assuré par le crédit, tandis qu’aux États-Unis près de 70 % du financement transite par les marchés.
Les placements des ménages auprès des institutions financières (4 770 milliards d’euros) sont majoritairement investis en France (58 %), puis ailleurs dans la zone euro (19 %). Ainsi, les placements hors zone euro ne représentent que 23 % du total. Le bilan des assureurs et des fonds de pension est composé à 43 % de titres résidents. Les expositions des banques françaises sont concentrées à 75 % en France et à 85 % dans la zone euro. Les banques accordent en France davantage de prêts qu’elles ne collectent de dépôts, de sorte que l’épargne est quasi intégralement mobilisée pour financer des prêts.
Le Fonds d’épargne de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) joue un rôle clé dans la mobilisation de l’épargne des Français. Il centralise une partie des dépôts des livrets réglementés afin de les transformer en financements de long terme, au profit notamment des bailleurs sociaux. Ce modèle, unique en Europe, confère à la CDC un rôle d’intermédiation significatif malgré un poids modéré dans le total des encours bancaires. Le Fonds d’épargne dispose ainsi de 219 milliards d’euros de prêts en faveur du logement social et du secteur public local, ainsi que d’un portefeuille de gestion d’actifs de 222 milliards d’euros, investi à 96 % en Europe, dont 88 % en zone euro et 70 % en France.
L’exercice de mise en transparence des intermédiaires financiers réalisé par la Direction du Trésor montre que le patrimoine financier des ménages est utilisé à 40 % pour la détention d’actions et autres participations, à 31 % pour l’investissement obligataire et à 20 % pour le financement de prêts. Un peu plus de 1 % est investi dans des actifs immobiliers et le solde à de la trésorerie des institutions financières (3 %), à des produits dérivés (2 %) ainsi qu’à d’autres actifs financiers (2 %). Cette démarche vise à apprécier l’affectation finale de l’épargne des ménages après intermédiation.
L’exercice révèle que les ménages détiennent, via les institutions financières, 874 milliards d’euros d’actions et 2 022 milliards d’euros d’obligations au deuxième trimestre 2025. Le financement des administrations publiques constitue une part significative des obligations détenues : 752 milliards d’euros, majoritairement françaises, soit 11 % du patrimoine financier des ménages. Ces titres sont intermédiés par la CDC, les banques, les assureurs et certains organismes de placement collectif. Les assureurs constituent un groupe majeur de porteurs domestiques privés de la dette française, détenant en direct 9,8 % de la dette négociable de l’État (275 milliards d’euros), derrière les banques françaises (10,3 %) mais devant les fonds français (1,7 %).
Le Fonds d’épargne de la CDC centralise 399 milliards d’euros d’encours issus des livrets réglementés. Près de la moitié de cet actif (49 %) est consacrée aux prêts au logement social et au secteur public local. Pour assurer sa liquidité, le Fonds détient également un portefeuille de titres financiers représentant 51 % de l’actif, composé à 44 % d’obligations et à 4 % d’actions et de fonds, le solde correspondant à des liquidités.
L’encours non centralisé des livrets réglementés et les dépôts des ménages s’élèvent à 1 728 milliards d’euros. Les établissements bancaires les utilisent pour accorder des prêts ou acquérir des titres. Les douze principales banques françaises consacrent environ 60 % de leur actif aux prêts, 12 % aux obligations, 5 % aux actions, 8 % aux produits dérivés et 9 % à la trésorerie.
Les sociétés d’assurances et les fonds de pension investissent l’épargne des ménages majoritairement sur les marchés financiers ou via des fonds. Leurs encours de placement atteignent 2 246 milliards d’euros au deuxième semestre 2025. Leur portefeuille est composé à 51 % de titres de créance, à 34 % de parts d’OPC et à 10 % d’actions, le solde correspondant à de la trésorerie ou à des prêts. Après mise en transparence, leur portefeuille apparaît composé à 65 % de titres de créance et à 25 % d’actions, contribuant directement au financement de l’économie (entreprises, infrastructures, etc.).
Après mise en transparence, la part de l’épargne finançant les entreprises progresse, passant de 36 % du patrimoine financier en 2019 à 40 % au deuxième trimestre 2025, principalement sous l’effet de valorisations plus dynamiques. Cette évolution s’effectue au détriment des titres obligataires, dont la part recule de 26 % à 20 % pour les titres non souverains et de 12 % à 11 % pour les titres souverains.
Les autres emplois finaux de l’épargne des ménages (prêts, actifs immobiliers, autres) demeurent relativement stables dans le temps. Ces évolutions traduisent avant tout des arbitrages entre classes d’actifs, sans transformation structurelle des bilans des intermédiaires financiers.
En 2023, la hausse des taux a conduit les ménages à réallouer une partie de leurs dépôts à vue vers les comptes à terme, sans modifier la part de l’épargne intermédiée par les banques. La situation évolue en 2025 avec la baisse des comptes à terme et la reprise de la collecte de l’assurance vie. La montée en puissance des unités de compte au détriment des fonds en euros modifie la structure des contrats, tout en maintenant le rôle des assureurs dans la transformation de l’épargne vers des actifs de long terme. Depuis 2020, assureurs et fonds de pension ont, par ailleurs, diversifié leurs placements et réduit leur détention de dette négociable de l’État.
La hausse des actions et autres participations dans les emplois finaux de l’épargne provient quasi exclusivement de l’augmentation des actions non cotées détenues directement par les ménages, passées de 570 milliards d’euros en 2019 (10 % du patrimoine financier) à 913 milliards d’euros au deuxième trimestre 2025 (14 %).
Enfin, la Direction du Trésor confirme une évolution progressive des comportements d’investissement. L’essor des comptes-titres en ligne et des néo-courtiers commence à produire des effets visibles. Si les encours demeurent encore modestes, ils traduisent l’émergence d’épargnants plus enclins au risque et adoptant une approche opportuniste de l’épargne. Selon une enquête du Cercle de l’Épargne réalisée en avril 2025, les jeunes épargnants de moins de 35 ans considèrent majoritairement les placements en actions comme des placements de court terme, spéculatifs, au même titre que les cryptoactifs.
En définitive, la note de la Direction du Trésor déconstruit l’idée d’une épargne française stérile ou mal orientée. Si les ménages privilégient toujours la sécurité et la liquidité, leur épargne contribue largement au financement de l’économie réelle, qu’il s’agisse des entreprises, du logement social ou des administrations publiques, essentiellement par le biais d’une intermédiation financière robuste. L’augmentation récente du financement en fonds propres, portée notamment par les actions non cotées, traduit une évolution progressive des comportements, plus qu’une rupture. Elle souligne également le rôle central des intermédiaires dans l’orientation de l’épargne vers le long terme, dans un contexte marqué par des arbitrages accrus et une diversification croissante des supports d’investissement.
Le dénigrement de l’épargne et des épargnants est un sport national. L’épargne est accusée d’être excessive, de pénaliser la consommation et la croissance, d’être improductive. Or, sauf lorsqu’elle est placée sous le matelas, investie dans l’or ou en bitcoins, l’épargne ne dort pas. Elle constitue un levier essentiel de la croissance, une véritable matière première pour l’économie. Elle est à la base des crédits distribués par les banques. Elle finance, à travers le Livret A, le logement social, les collectivités locales et les PME. Elle permet l’acquisition de titres monétaires, d’obligations, d’actions. Cette épargne trop souvent décriée est en réalité un atout majeur pour la France. Elle contribue au financement des administrations publiques comme des entreprises. Les épargnants français, directement ou indirectement, acquièrent bon an mal an près de la moitié des émissions d’emprunts réalisées par le Trésor public. Par sa solidité, l’épargne nationale contribue à éviter une dégradation plus marquée de la notation de la dette souveraine.
L’assurance vie, premier placement des ménages, avec un encours dépassant 2 100 milliards d’euros, est aujourd’hui au cœur du financement de l’économie. Son apport au financement de l’économie nationale excède 1 200 milliards d’euros, dont près de 890 milliards bénéficient directement aux entreprises.
Aux yeux de certains, la France disposerait d’un excès d’épargne. En réalité, c’est l’inverse. Les besoins de financement, publics comme privés, sont orientés à la hausse. La France doit simultanément accroître son effort de défense, mener la transition écologique, moderniser ses infrastructures et relever le défi de l’intelligence artificielle. Les entreprises ont besoin de capitaux pour innover et investir. Certains opposent épargne et consommation. Certes, l’épargne correspond à une renonciation immédiate à la consommation, mais cette dernière ne peut se développer durablement que si le pays bénéficie d’une croissance pérenne, ce qui suppose un renforcement préalable de l’offre. Aujourd’hui, du fait de la désindustrialisation, toute relance de la consommation s’accompagne d’une dégradation de la balance commerciale. La France a donc tout à gagner à consolider en amont son appareil productif.
Il est également reproché à l’épargne française d’être mal orientée et insuffisamment productive. Cette critique n’est pas dénuée de fondement, mais la situation française ne diffère guère de celle de l’Allemagne ou de l’Italie. Les ménages sont peu enclins à prendre des risques, en grande partie en raison de l’absence de puissants fonds de pension traditionnellement investis en actions. Les Français ne sont ni Britanniques, ni Américains, ni Néerlandais. Il existe une prudence naturelle à l’égard de l’argent durement gagné. La contrepartie est la nécessité de recourir à l’intermédiation financière pour transformer une épargne majoritairement investie en produits de taux en crédits, obligations et actions. Cette intermédiation explique sans doute la puissance des banques et des assureurs français à l’échelle mondiale. Elle témoigne d’un savoir-faire financier reconnu en matière de gestion d’actifs.
L’épargne peut toutefois être rendue encore plus utile, au bénéfice de l’économie comme des épargnants eux-mêmes. Depuis plusieurs années, le nombre d’actionnaires progresse et leur profil se rajeunit. Le non-coté, autrefois réservé aux épargnants les plus fortunés, se démocratise, facilitant l’accès à des placements offrant un fort potentiel de rendement. Les fonds indiciels, qui répliquent des indices, se diffusent rapidement auprès du grand public. Les fonds dédiés à la défense rencontrent un réel succès, tout comme ceux qui contribuent au financement de la transition écologique.
L’enjeu n’est donc pas de stigmatiser l’épargne, mais de mieux la mobiliser. Dans une économie confrontée à des besoins d’investissement sans précédent, l’épargne constitue une ressource stratégique qu’il convient de préserver, d’orienter et de valoriser. Loin d’être un frein, elle est une condition de la souveraineté économique, de la croissance et de la capacité du pays à préparer l’avenir. La France ne souffre pas d’un excès d’épargne, mais d’un déficit de reconnaissance de son rôle central.
Jean-Pierre Thomas
Président du Cercle de l’Épargne
À la Bourse de Paris, l’ambiance, en ce début d’année, est morose. Les menaces de Donald Trump concernant le Groenland et son projet de reconstruction de Gaza ont pesé sur le moral des investisseurs. L’évolution de la politique monétaire américaine est également devenue un sujet d’inquiétude. Le CAC 40 a ainsi reculé de 0,28 % en clôturant vendredi 30 janvier à 8 126,53 points. Preuve que, malgré le plan de l’OTAN concernant le Groenland, les tensions entre les États-Unis et leurs alliés demeurent prégnantes, la France, dans une stratégie de préservation de sa souveraineté, a bloqué le processus de vente des antennes de réception au sol de l’opérateur de satellites Eutelsat au fonds d’investissement américain EQT Infrastructure VI. Les grands indices américains ont également fait, en janvier, du surplace. Le Nasdaq a progressé, en janvier, de moins de 0,5 %, tout comme le S&P 500.
Cette semaine, le prix du baril de pétrole (Brent) a dépassé les 70 dollars. Sur un mois, la hausse atteint 14 %. La menace d’intervention américaine en Iran est la principale raison de cette augmentation. Non seulement l’Iran fait partie des dix principaux producteurs d’or noir, mais il est aussi riverain du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de brut. En plus du risque en Iran, les cours sont orientés à la hausse par les perturbations concernant le principal champ pétrolier au Kazakhstan et les problèmes rencontrés par la production américaine de brut à cause de la vague de froid qui s’est abattue sur le pays.
Sur le front des obligations souveraines, avec l’adoption du budget à l’Assemblée nationale, le taux de l’OAT française à dix ans est revenu en dessous de celui de son homologue italien.
L’euro a, dans la semaine, dépassé 1,20 dollar (1,2045 dollar) pour la première fois depuis mai 2021. Donald Trump se réjouit de la dépréciation de la monnaie américaine, qui inquiète pourtant les milieux financiers et Wall Street. Le président américain défend l’idée d’un dollar faible pour favoriser les exportations de son pays. À contrario, les investisseurs craignent un krach sur le dollar, qui serait un tsunami financier. La première monnaie mondiale a, par rapport aux autres grandes devises, perdu près de 10 % en 2025. Par rapport à l’euro, elle s’est dépréciée l’année dernière de plus de 13 %. Sur le premier mois de l’année 2026, le recul est de 2 %. La baisse du dollar s’accompagne de la hausse de l’or, qui joue ainsi son rôle traditionnel. L’once d’or a ainsi franchi la barre symbolique des 5 000 dollars, puis celle des 5 500. En un an, le métal précieux a gagné plus de 100 % et plus de 28 % sur un an. La permanence des menaces géopolitiques et les craintes de remise en cause de l’indépendance de la banque centrale américaine concourent à ce double mouvement : baisse du dollar et hausse de l’or.
La hausse de la monnaie unique par rapport au billet vert a renforcé le taux de change global de la devise européenne (par rapport aux devises de ses partenaires commerciaux).

Cercle de l’Épargne – données BCE
À la différence de Donald Trump, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, s’exprime rarement sur l’euro, et jamais sur son niveau, sa surévaluation ou sa sous-évaluation. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a récemment souligné que « nous suivons avec attention cette appréciation de l’euro », tout en rappelant que l’Eurosystème n’a pas d’objectif de taux de change. Un euro fort réduit l’inflation en diminuant le prix des produits importés, dont le pétrole ou le gaz, mais dégrade la compétitivité-prix des exportations en dehors de la zone euro.
Une baisse logique du dollar
Avec un déficit commercial élevé, il est logique que la monnaie américaine se déprécie. À contrario, l’euro doit s’apprécier, en raison d’un excédent commercial qui devrait dépasser 170 milliards d’euros. Le président américain estime de longue date que l’Europe, la Chine et le Japon manipulent le cours de leur devise afin de gagner des parts de marché aux États-Unis. Son jugement sur l’euro est exagéré. En effet, la faiblesse de la monnaie commune, ces dernières années, était liée à la guerre en Ukraine et aux divisions au sein de l’Union européenne. Celle-ci a été fortement exposée à la hausse des cours de l’énergie avec la remise en cause des livraisons de pétrole et de gaz en provenance de la Russie. Les investisseurs ont réduit leurs engagements en euros du fait de la proximité du conflit ukrainien. Le dollar a, depuis l’épidémie de Covid, joué son rôle de valeur refuge. Il bénéficie également de la forte croissance de l’économie des États-Unis et de la forte rentabilité du capital investi dans ce pays.
La position du président américain n’est pas en soi absurde. Le dollar était sans nul doute surévalué. Mais en jouant la baisse du dollar, il risque en revanche de favoriser l’inflation et, par voie de conséquence, de dissuader la Fed de baisser ses taux, voire de l’encourager à les remonter en 2026.
Une Europe : bonne ou mauvaise nouvelle ?
La hausse de l’euro est perçue de manière négative, tout particulièrement en France. Or, celle-ci contribue à réduire le coût des importations, en particulier celles des produits énergétiques (pétrole, gaz), qui avaient pénalisé, ces dernières années, l’économie européenne. Certes, cette hausse renchérit le prix des exportations en dehors de la zone euro exprimées en dollars, mais, en revanche, elle réduit le coût des intrants importés. La France, qui exporte peu en dehors de la zone euro, serait moins pénalisée que l’Allemagne ou l’Italie. En France, les secteurs les plus exposés sont l’aéronautique et le luxe, mais les entreprises concernées ont recours à des couvertures de change.
Pour l’Europe, un euro à 1,2 dollar pourrait provoquer une diminution de l’inflation de 0,3 point. Depuis 2022, nombreux sont ceux qui se sont plaints de la hausse des prix, et tout particulièrement de celle de l’essence et du gaz. En ce qui concerne la croissance, certains experts estiment un manque à gagner de 0,2 point. Cette prévision est en partie contestable en raison de l’avantage généré par la baisse des cours et de l’amélioration du solde des échanges.
La banque centrale américaine a maintenu, mercredi 28 janvier, ses taux d’intérêt directeurs inchangés, dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %. Il s’agit d’une deuxième suspension dans son cycle d’assouplissement monétaire engagé en 2024, malgré les vives pressions de Donald Trump.
Pour justifier sa décision, l’économie américaine « a crû à un rythme solide l’an dernier », a rappelé Jerome Powell lors de sa conférence de presse. Le taux de chômage « demeure relativement stable » malgré des créations d’emplois toujours atones. L’inflation « cœur » est ressortie à 3 % l’an dernier selon les premières estimations, tirée « par l’inflation des biens, alimentée par les tarifs », tandis que la désinflation se poursuit dans les services, a poursuivi le président de la Fed.
Le président de la banque centrale américaine estime que les tensions inflationnistes pourraient s’accroître en raison de la bonne tenue de l’activité en fin d’année et des pénuries de main-d’œuvre provoquées par la politique de lutte contre l’immigration de Donald Trump.
Les trois baisses décidées en fin d’année dernière devaient permettre de soutenir l’économie avec une réduction du coût du crédit. La Fed se situe dans une position inconfortable, tant sur le plan économique que politique. Les États-Unis bénéficient d’une forte croissance, mais sans créer beaucoup d’emplois, avec des risques de redémarrage de l’inflation. Par ailleurs, le président américain multiplie les pressions peu amicales sur les membres du Comité de politique monétaire afin qu’ils réduisent les taux directeurs d’ici les élections de mi-mandat. Le conflit avec la Maison-Blanche s’est désormais déplacé devant les tribunaux. La conférence de presse de Jerome Powell ce mercredi représentait sa première intervention publique après le lancement d’investigations criminelles à son encontre par des procureurs fédéraux nommés par Trump. Il s’est également déplacé pour soutenir l’une des membres de la Fed, Lisa Cook, à la Cour suprême, celle-ci étant chargée de se prononcer sur la légalité de son renvoi sommaire de son poste de gouverneure par Donald Trump. « Il s’agit du plus important procès de l’histoire de la Fed », a simplement observé Jerome Powell pour expliquer son déplacement.
Un nouveau président pour la Fed
La politique monétaire de la banque centrale américaine pourrait évoluer au mois de mai avec l’entrée en fonction du nouveau président, Kevin Warsh. Celui-ci a été nommé par Donald Trump le vendredi 31 janvier. Dans sa déclaration de nomination, Donald Trump a insisté sur la fidélité de Kevin Warsh, allusion évidente à Jerome Powell. Pour remplacer ce dernier, Donald Trump a fait du soutien à la baisse des taux d’intérêt l’un de ses critères clés. Kevin Warsh est considéré comme un partisan de la baisse des taux directeurs. Sa nomination devra être confirmée par le Sénat.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 30 janvier 2026 | Évolution sur une semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 126,53 | -0,19 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 48 892,47 | -0,48 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 939,03 | +0,11 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 461,82 | +0,00 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 515,73 | -1,55 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 223,54 | +0,69 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 947,81 | -0,01 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 53 322,85 | +0,63 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 117,95 | +0,10 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,427 % | -0,068 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,845 % | -0,058 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,249 % | -0,009 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1872 | +1,42 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 928,02 | +5,18 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 70,80 | +6,86 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 82 681,4827 | -7,25 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
| Nouveaux taux àcompter du 01/02/26 | Ancien taux | |
| Livret A | 1,5 | 1,7 |
| LDDS | 1,5 | 1,7 |
| LEP | 2,5 | 2,7 |
| Livret Jeune | Au minimum 1,5 | Au minimum 1,7 |
| Compte Epargne Logement | 1,25 | 1 |
Pour mémoire, le 1er janvier 2026, le taux du Plan d’Epargne Logement était passé de 1,75 à 2 %.
Malgré les tensions géopolitiques, l’économie française a fait preuve, en 2025, d’une certaine résilience, avec une croissance de 0,9 %, contre 1,1 % en 2024. Cette performance a dépassé les prévisions initiales, qui tablaient sur une progression limitée à 0,7 %. La France fait moins bien que l’Espagne ou le Portugal, mais nettement mieux que l’Allemagne.
La demande intérieure finale (hors variations de stocks) a légèrement progressé l’an dernier. La consommation des ménages n’a augmenté que faiblement (+0,4 %), tandis que l’investissement s’est stabilisé après son recul de 2024. Les ménages ont, en 2025, privilégié l’épargne ; le taux d’épargne a ainsi vraisemblablement dépassé 18 % du revenu disponible brut.
Contrairement aux deux années précédentes, le commerce extérieur a légèrement pesé sur la croissance en 2025, avec une contribution négative de –0,5 point, après une contribution positive de +1,3 point auparavant.
Pour 2026, la croissance de l’économie française pourrait se situer autour de 1 %. Avec une hausse du PIB de 0,3 % au premier et au deuxième trimestre, l’acquis de croissance atteindrait déjà 1 % à mi-année. L’économie française devrait bénéficier du plan allemand de 800 milliards d’euros destiné à moderniser les infrastructures et à renforcer la défense nationale. Cette dynamique serait portée par les exportations aéronautiques et par la reprise de la production industrielle.
La croissance demeure toutefois insuffisante pour assurer une véritable maîtrise des finances publiques. Un rythme de l’ordre de 2 % serait nécessaire. Un tel niveau n’est pas hors de portée, comme l’illustre, depuis quelques années, l’exemple espagnol.

Données INSEE

L’assurance vie réalise, en 2025, l’une des meilleures collectes de son histoire, avec 50,6 milliards d’euros de collecte nette. Il faut remonter à 2010 pour obtenir un résultat supérieur. Premier placement des ménages, elle a enregistré un niveau record de cotisations, proche de 200 milliards d’euros, ce qui a porté l’encours total à des sommets, au-delà de 2 100 milliards d’euros. La forte propension des ménages à l’épargne, la hausse du rendement des fonds en euros, la bonne tenue des marchés financiers, ainsi que les gestes commerciaux des assureurs ont contribué au succès de l’assurance vie. Celle-ci joue ainsi pleinement son rôle de navire amiral de l’épargne en France.
Cercle de l’Epargne – données France Assureurs
En 2025, l’assurance vie a pu compter sur deux piliers : les fonds en euros, dont la compétitivité s’est redressée, et les unités de compte, portées par la bonne tenue des marchés financiers.
La compétitivité retrouvée des fonds en euros
Les fonds en euros, qui étaient en décollecte nette depuis 2020, ont, l’année dernière, enregistré de nouveau une collecte nette positive, à +8,1 milliards d’euros en 2025, contre –4,7 milliards d’euros en 2024.
Ce changement est lié à une amélioration de leur rendement, en valeur absolue comme en valeur relative. En 2025, le rendement moyen des fonds en euros, au vu des premières communications des compagnies d’assurance, devrait se situer autour de 2,7 %. Il est ainsi supérieur de 1,5 point au point bas atteint en 2020 et 2021, lorsque les taux des obligations d’État évoluaient en territoire négatif. Plusieurs assureurs ont publié des rendements supérieurs à 3 %. Par ailleurs, de nombreux assureurs proposent des taux « boostés » pouvant majorer le rendement des fonds de 1,5 point, des taux de 5 % ont ainsi été accessibles.
En valeur relative, les fonds en euros sont devenus plus compétitifs en raison de la baisse des taux des livrets d’épargne, et en particulier du Livret A, ainsi que de ceux des dépôts à terme. Le taux du Livret A est en effet passé, en 2025, de 3 % à 1,7 % (il sera de 1,5 % au 1er février 2026). À 3 %, sans prélèvements obligatoires, le Livret A surpassait les fonds en euros de l’assurance vie ; à 1,5 %, c’est l’inverse, même en tenant compte de la fiscalité. La rémunération des dépôts à terme, qui a pu dépasser 3 %, est revenue en dessous de 2 % (pour une duration inférieure à un an).
Cercle de l’Epargne
Record battu pour les cotisations en 2025
Les cotisations ont atteint 192,1 milliards d’euros, en hausse de +17,1 milliards d’euros sur un an. Depuis 2000, jamais les cotisations n’avaient atteint un tel niveau. Elles se répartissent de la manière suivante :
• 116,9 milliards d’euros pour les fonds en euros ;
• 75,1 milliards d’euros pour les unités de compte.
Les unités de compte ont représenté, en 2025, 39 % de la collecte brute. Ce taux est globalement constant depuis 2020.
Que ce soit pour les unités de compte ou pour les fonds en euros, les cotisations atteignent les niveaux les plus élevés constatés depuis le début du siècle. Le maintien d’un fort taux d’épargne des ménages, à 18,5 % du revenu disponible brut sur les trois premiers trimestres de 2025, le déclin de l’épargne réglementée ainsi que celui des dépôts à terme ont favorisé ce niveau record de cotisations. La bonne rémunération des fonds en euros et des unités de compte y a également contribué.
Des prestations en recul en 2025
Preuve de l’attractivité retrouvée de l’assurance vie, les prestations ont diminué en 2025, de –3 % par rapport à 2024. Elles se sont élevées à 141,4 milliards d’euros. Les retraits ont été moins importants, les alternatives à l’assurance vie ayant perdu en compétitivité.
Un encours de plus de 2100 milliards d’euros
L’encours atteint 2 107 milliards d’euros à fin décembre 2025, en hausse de +6,1 %, soit +122 milliards d’euros sur un an. L’assurance vie conforte son poids dans l’épargne financière de l’épargne des ménages, plus de 30 %. Environ 42 % des ménages détiennent en France un contrat d’assurance vie.
Un mois de décembre de haute tenue
La discussion de la loi de finances, avec l’éventuelle création avortée de l’impôt sur la fortune improductive, qui concernait notamment les fonds en euros de l’assurance vie, n’a pas pénalisé cette dernière en décembre. La collecte nette s’est établie à +1,2 milliard d’euros, en hausse de +0,3 milliard d’euros par rapport à décembre 2024. Il est à noter que les fonds en euros ont été en décollecte en décembre, contrairement aux mois précédents (–1,8 milliard d’euros).
La collecte nette du mois de décembre 2025 est nettement supérieure à la moyenne des dix dernières années (500 millions d’euros). Depuis 1997, six décollectes ont été enregistrées lors du dernier mois de l’année, dont la plus marquée en 2011 (–3,839 milliards d’euros, lors de la crise des dettes souveraines). À l’inverse, une collecte record atypique de 7,8 milliards d’euros avait été observée en 1997, à la suite d’un changement de législation.
Avec 16,1 milliards d’euros, les cotisations en assurance vie atteignent leur plus haut niveau jamais observé pour un mois de décembre. Les unités de compte ont représenté 46 % de la collecte brute, contre 40 % en novembre, traduisant une méfiance relative à l’égard des fonds en euros dans un contexte de débats budgétaires.
En décembre, les prestations ont connu un regain. Elles ont atteint 14,9 milliards d’euros, en progression de +15 % sur un an. Cette hausse est imputable en grande partie aux supports en euros (+18 %), mais également aux unités de compte (+10 %).
2026 : vers de nouveaux sommets
Dans les prochains mois, l’assurance vie devrait bénéficier d’un contexte porteur, le taux du Livret A devant passer à 1,5 % au 1er février. L’écart de rendement entre les fonds en euros et l’épargne réglementée, ainsi que les dépôts à terme, devrait ainsi s’accroître au profit des premiers. Les prévisions concernant l’évolution des marchés actions apparaissent par ailleurs plutôt encourageantes.
L’assurance vie devrait enfin bénéficier de la fermeture des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros. Les titulaires de ces anciens PEL devraient se tourner vers l’assurance vie, qui devrait répondre à leurs attentes tant en matière de rendement que de garantie du capital et de fiscalité.
En 2025, les Français ont épargné beaucoup mais différemment. Le taux d’épargne s’est élevé à 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus de son taux de 2019, avant l’épidémie de Covid. Si, entre 2020 et 2024, le fort taux d’épargne a profité avant tout à l’épargne réglementée, il en a été autrement en 2025. Le Livret A a, en effet, enregistré sa première décollecte annuelle, à –2,12 milliards d’euros. Il a été suivi sur le terrain de la décollecte par le Livret d’Épargne Populaire (LEP), à –840 millions d’euros, quand le Livret de Développement Durable et Solidaire restait en territoire positif (+1,65 milliard d’euros).
Année 2025 : une année de rupture pour le Livret A
Depuis 2009, année du début des statistiques de la Caisse des dépôts, le Livret A n’a connu que trois décollectes annuelles, en 2014 (–6,13 milliards d’euros), en 2015 (-9,69)et donc en 2025 (-2,12). Le résultat de 2025 marque une réelle rupture, car il intervient après plusieurs années très favorables : +28,68 milliards d’euros en 2023 (record absolu depuis 2009) et +14,87 milliards d’euros en 2024.
L’année 2025 a été marquée par la baisse à deux reprises du taux du Livret A, qui est passé de 3 % à 1,7 %. Il passera à 1,5 % le 1er février prochain. Cette baisse a amené les ménages à réaliser des arbitrages, quand bien même le rendement réel, après inflation, du produit d’épargne le plus diffusé en France était positif. Le rendement moyen du Livret A a été de 2,16 % en 2025, soit 1,26 point au-dessus de l’inflation (0,9 %). Il faut remonter à 2009 pour avoir un rendement réel positif supérieur. Entre 2020 et 2023, le rendement réel était négatif : les ménages perdaient alors de l’argent avec le Livret A, ce qui ne les empêchait pas d’y placer des sommes importantes.
La réorientation de l’épargne des ménages s’est faite au profit, en particulier, de l’assurance vie, qui a connu l’année dernière une année record. Les rendements des fonds en euros sont redevenus compétitifs avec la baisse de ceux de l’épargne de court terme, et la bonne tenue des marchés financiers a également porté la collecte des unités de compte. Cette réorientation est d’autant plus logique que les ménages avaient accumulé, ces cinq dernières années, une forte épargne de précaution. L’encours du Livret A était ainsi passé de 298,6 à 442,5 milliards d’euros de fin 2019 à fin 2024. Cette accumulation était la conséquence de la succession de chocs subis par les ménages : Covid, guerre en Ukraine, guerre à Gaza, vague inflationniste, crise politique en France. L’émergence d’un phénomène de correction en faveur d’une épargne plus longue était assez logique. Elle apparaît encore modeste. La décollecte de 2014 avait été plus marquée, à –9,29 milliards d’euros. Elle avait été occasionnée par une baisse du taux du Livret A, qui était alors passé sous la barre des 1 % (0,75 %).
Des intérêts en recul avec la baisse des taux
En 2024, les intérêts capitalisés avaient atteint un record avec 12,32 milliards d’euros en raison d’un taux de 3 % et d’un encours au sommet. En 2025, avec un taux moyen de 2,16 %, les intérêts capitalisés s’élèvent à 9,24 milliards d’euros. Le montant le plus faible d’intérêts capitalisés date de 2020, avec 1,58 milliard d’euros, mais à l’époque le taux du Livret A était de 0,5 %.
Un encours de près de 450 milliards d’euros pour le Livret A
Malgré la décollecte, mais grâce aux intérêts capitalisés, l’encours du Livret A se rapproche de 450 milliards d’euros (449,6 milliards d’euros), ce qui constitue un nouveau record.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire : en territoire positif
En 2025, le LDDS a fait mieux que le Livret A en maintenant une collecte annuelle positive, à +1,65 milliard d’euros. Le LDDS n’évolue pas toujours comme le Livret A. Associé plus fortement au compte courant du fait de sa diffusion, dès sa création, dans toutes les banques, il est l’antichambre de ce dernier. Il réagit plus rapidement aux contraintes de pouvoir d’achat que le Livret A, qui est avant tout un outil d’épargne.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire a enregistré, depuis 2009, quatre décollectes annuelles : en 2009 (–3,34 milliards d’euros), en 2010 (–2,22 milliards d’euros), en 2014 (–0,02 milliard d’euros) et en 2015 (–1,72 milliard d’euros).
Comme pour le Livret A, le résultat de 2025 marque un changement de cycle. La collecte avait atteint 6,55 milliards d’euros en 2024 et 11,24 milliards d’euros en 2023. Sa plus forte collecte annuelle date de 2012, avec +21 milliards d’euros, lors du passage de son plafond de 6 000 à 12 000 euros.
L’encours du LDDS atteint un niveau record fin 2025, à 165,6 milliards d’euros.
Le Livret d’Épargne Populaire renoue avec la décollecte
Après trois années consécutives, entre 2022 et 2024, de collecte positive, le Livret d’Épargne Populaire renoue avec la décollecte en 2025, à –840 millions d’euros. Entre 2022 et 2024, le LEP avait bénéficié d’un taux élevé atteignant jusqu’à 6,1 %. Il avait également bénéficié du relèvement de son plafond de 7 700 à 10 000 euros en 2023. Les campagnes des pouvoirs publics et des banques visant à inciter les personnes éligibles à en ouvrir un avaient conduit, entre 2021 et 2024, à une augmentation de trois millions du nombre de LEP. La collecte avait été positive de 6,88 milliards d’euros en 2024, de 20,67 milliards d’euros en 2023 et de 8,28 milliards d’euros en 2022.
En 2025, son taux a été abaissé à deux reprises, passant de 4 % à 2,70 % (il sera ramené à 2,5 % le 1er février 2026). La baisse du rendement, doublée des difficultés de pouvoir d’achat des ménages les plus modestes, explique la décollecte. Il faut souligner que le LEP était en décollecte permanente entre 2009 et 2021.
Grâce aux intérêts versés (2,49 milliards d’euros), l’encours du LEP atteint, fin décembre, un niveau record, à 83,8 milliards d’euros.
Un mois de décembre correct pour le Livret A
Qu’il s’agisse des parents, des grands-parents ou des entreprises ayant versé davantage de primes en décembre, il n’en demeure pas moins que le Livret A a enregistré un bon résultat, avec une collecte de 1,45 milliard d’euros, soit nettement au-dessus de la moyenne de ces dix dernières années (340 millions d’euros). Le retour de la crise budgétaire, la hausse de la CSG sur certains produits d’épargne non réglementée et les menaces de création d’un nouvel impôt sur la fortune improductive ont pu inciter les épargnants à se tourner à nouveau vers le Livret A.
Avec ce résultat, le Livret A met fin, en décembre, à une succession de trois décollectes (de septembre à novembre). En 2025, cinq mois sur douze ont été marqués par une décollecte. Le cru 2025 reste néanmoins inférieur à celui de 2024 (+2,99 milliards d’euros).
Le LDDS fidèle à la tradition du mois de décembre
n 2025, il enregistre une collecte de 380 millions d’euros, malgré tout inférieure à la moyenne de ces dix dernières années (853 millions d’euros). En 2024, la collecte du LDDS avait été de 940 millions d’euros.
Une 7e collecte positive successive pour le LEP en décembre
Après un mauvais début d’année, avec au printemps les fermetures de LEP pour non-éligibilité de leurs titulaires, ce dernier a enchaîné sept collectes positives. En décembre, le solde entre versements et retraits a été positif de 460 millions d’euros, en retrait par rapport au résultat de 2024 (630 millions d’euros).
Avec la baisse du taux annoncée pour le 1er février, le Livret A devrait avancer en 2026 à petit trot. Son rendement aura été divisé par deux en un an. Il faut remonter à la crise financière de 2008-2009 pour constater des baisses plus rapides. L’assurance vie, sa fiscalité étant inchangée, voit sa compétitivité renforcée. Les rendements 2025 des fonds en euros, publiés depuis le début du mois de janvier, apparaissent en légère hausse, certainement en moyenne autour de 2,7 %.
Par ailleurs, après plusieurs années de forte épargne, une légère reprise de la consommation est attendue en 2026. Les ménages qui ont reporté la réalisation d’achats importants (automobile, équipements de la maison, etc.) pourraient accroître leurs dépenses, ce qui signifierait un moindre effort d’épargne, dont pâtirait en premier lieu l’épargne réglementée. Mais le Livret A pourrait néanmoins jouer son rôle de valeur refuge en cas d’accentuation des tensions géopolitiques entre l’Europe et les États-Unis et en cas de ralentissement de l’économie.

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts
La Direction du Trésor s’est interrogée sur l’affectation réelle de l’épargne des ménages. La note rédigée par Alisée Koch et Thomas Faria, intitulée « Que finance l’épargne financière des ménages français ? », publiée au mois de janvier, éclaire l’usage effectif de l’épargne, au-delà de ses seules formes juridiques.
Un patrimoine financier majoritairement investi en produits de taux
Le patrimoine des ménages français se compose principalement de patrimoine immobilier, mais également d’un patrimoine financier diversifié. Ce dernier reflète l’appétence traditionnelle des ménages pour la garantie et la liquidité. Il regroupe à la fois des placements sûrs (dépôts, livrets, assurance-vie en euros) et des actifs plus risqués tels que des titres financiers (actions, obligations), détenus directement ou indirectement via des intermédiaires financiers, ainsi que des participations dans leurs entreprises.
La Direction du Trésor confirme que le patrimoine des ménages en France est composé à environ 60 % d’actifs non financiers et 40 % d’actifs financiers. Au deuxième semestre 2025, ce patrimoine s’élevait à 6 596 milliards d’euros. L’épargne financière représentait toujours, au deuxième semestre 2025, 10,5 % du revenu disponible brut, soit quatre points de plus que le taux moyen constaté entre 2015 et 2019. Pour la première fois depuis l’an 2000, le taux d’épargne financière des ménages est, en France, supérieur à celui de l’Allemagne.
Le patrimoine financier des ménages, au deuxième semestre 2025, se répartit de la manière suivante :
Les ménages possèdent directement des obligations (54 Md€), des actions cotées (310 Md€), des actions non cotées (913 Md€) et d’autres participations (519 Md€). Une vigilance particulière s’impose concernant ces deux dernières catégories, qui comprennent notamment les participations dans des sociétés non cotées (entreprises privées, PME, start-up) détenues directement par les ménages.
En France, près de deux tiers des placements (dépôts et assurances) correspondent principalement à des produits de taux, contre un tiers investi en fonds propres, détenus directement ou via des intermédiaires financiers. Cette répartition diffère toutefois peu de celle observée en Allemagne ou en Italie.
Le financement de l’économie française s’effectue essentiellement par l’intermédiation bancaire. Environ 70 % du financement des entreprises est assuré par le crédit, tandis qu’aux États-Unis près de 70 % du financement transite par les marchés.
Les placements des ménages auprès des institutions financières (4 770 Md€) sont majoritairement investis en France (58 %), puis ailleurs dans la zone euro (19 %). Les placements hors zone euro ne représentent que 23 % du total. Le bilan des assureurs et des fonds de pension est composé à 43 % de titres résidents.
Les expositions des banques françaises sont concentrées à 75 % en France et à 85 % dans la zone euro. Les banques accordent en France davantage de prêts qu’elles ne collectent de dépôts, de sorte que l’épargne est quasi intégralement mobilisée pour financer des prêts.
Le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) joue un rôle clé dans la mobilisation de l’épargne des Français. Il centralise une partie des dépôts des livrets réglementés afin de les transformer en financements de long terme, au profit notamment des bailleurs sociaux. Ce modèle, unique en Europe, confère à la CDC un rôle d’intermédiation significatif malgré un poids modéré dans le total des encours bancaires. Le Fonds d’épargne dispose ainsi de 219 Md€ de prêts en faveur du logement social et du secteur public local, ainsi que d’un portefeuille de gestion d’actifs de 222 Md€, investi à 96 % en Europe, dont 88 % en zone euro et 70 % en France.
Mise en transparence du patrimoine financier des ménages français
L’exercice de mise en transparence des intermédiaires financiers réalisé par la Direction du Trésor montre que le patrimoine financier des ménages est utilisé à 40 % pour la détention d’actions et autres participations, à 31 % pour l’investissement obligataire et à 20 % pour le financement de prêts. Un peu plus de 1 % est investi dans des actifs immobiliers. Le solde correspond à de la trésorerie des institutions financières (3 %), à des produits dérivés (2 %) et à d’autres actifs financiers (2 %). Cette démarche vise à apprécier l’affectation finale de l’épargne des ménages après intermédiation.
L’exercice révèle que les ménages détiennent, via les institutions financières, 874 Md€ d’actions et 2 022 Md€ d’obligations au deuxième trimestre 2025. Le financement des administrations publiques constitue une part significative des obligations détenues : 752 Md€, majoritairement françaises, soit 11 % du patrimoine financier des ménages. Ces titres sont intermédiés par la CDC, les banques, les assureurs et certains organismes de placement collectif. Les assureurs constituent un groupe majeur de porteurs domestiques privés de la dette française, détenant en direct 9,8 % de la dette négociable de l’État (275 Md€), derrière les banques françaises (10,3 %) mais devant les fonds français (1,7 %).
Le Fonds d’épargne de la CDC centralise 399 Md€ d’encours issus des livrets réglementés. Près de la moitié de cet actif (49 %) est consacrée aux prêts au logement social et au secteur public local. Pour assurer sa liquidité, le Fonds détient également un portefeuille de titres financiers représentant 51 % de l’actif, composé à 44 % d’obligations et à 4 % d’actions et de fonds, le solde correspondant à des liquidités.
L’encours non centralisé des livrets réglementés et les dépôts des ménages s’élèvent à 1 728 Md€. Les établissements bancaires les utilisent pour accorder des prêts ou acquérir des titres. Les douze principales banques françaises consacrent environ 60 % de leur actif aux prêts, 12 % aux obligations, 5 % aux actions, 8 % aux produits dérivés et 9 % à la trésorerie.
Les sociétés d’assurances et les fonds de pension investissent l’épargne des ménages majoritairement sur les marchés financiers ou via des fonds. Leurs encours de placement atteignent 2 246 Md€ au deuxième semestre 2025. Leur portefeuille est composé à 51 % de titres de créance, 34 % de parts d’OPC et 10 % d’actions, le solde correspondant à de la trésorerie ou à des prêts. Après mise en transparence, leur portefeuille apparaît composé à 65 % de titres de créance et à 25 % d’actions, contribuant directement au financement de l’économie (entreprises, infrastructures, etc.).
Une augmentation du financement des entreprises en fonds propres
Après mise en transparence, la part de l’épargne finançant les entreprises progresse, passant de 36 % du patrimoine financier en 2019 à 40 % au deuxième trimestre 2025, principalement sous l’effet de valorisations plus dynamiques. Cette évolution s’effectue au détriment des titres obligataires, dont la part recule de 26 % à 20 % pour les titres non souverains et de 12 % à 11 % pour les titres souverains.
Les autres emplois finaux de l’épargne des ménages (prêts, actifs immobiliers, autres) demeurent relativement stables dans le temps. Ces évolutions traduisent avant tout des arbitrages entre classes d’actifs, sans transformation structurelle des bilans des intermédiaires financiers.
En 2023, la hausse des taux a conduit les ménages à réallouer une partie de leurs dépôts à vue vers les comptes à terme, sans modifier la part de l’épargne intermédiée par les banques. La situation évolue en 2025 avec la baisse des comptes à terme et la reprise de la collecte de l’assurance-vie. La montée en puissance des unités de compte au détriment des fonds en euros modifie la structure des contrats, tout en maintenant le rôle des assureurs dans la transformation de l’épargne vers des actifs de long terme. Depuis 2020, assureurs et fonds de pension ont par ailleurs diversifié leurs placements et réduit leur détention de dette négociable de l’État.
La hausse des actions et autres participations dans les emplois finaux de l’épargne provient quasi exclusivement de l’augmentation des actions non cotées détenues directement par les ménages, passées de 570 Md€ en 2019 (10 % du patrimoine financier) à 913 Md€ au deuxième trimestre 2025 (14 %).
Enfin, la Direction du Trésor confirme une évolution progressive des comportements d’investissement. L’essor des comptes-titres en ligne et des néo-courtiers commence à produire des effets visibles. Si les encours demeurent encore modestes, ils traduisent l’émergence d’épargnants plus enclins au risque et adoptant une approche opportuniste de l’épargne. Selon une enquête du Cercle de l’Épargne réalisée en avril 2025, les jeunes épargnants de moins de 35 ans considèrent majoritairement les placements en actions comme des placements de court terme, spéculatifs, au même titre que les cryptoactifs.
En définitive, la note de la Direction du Trésor déconstruit l’idée d’une épargne française stérile ou mal orientée. Si les ménages privilégient toujours la sécurité et la liquidité, leur épargne contribue largement au financement de l’économie réelle, qu’il s’agisse des entreprises, du logement social ou des administrations publiques, essentiellement par le biais d’une intermédiation financière robuste. L’augmentation récente du financement en fonds propres, portée notamment par les actions non cotées, traduit une évolution progressive des comportements, plus qu’une rupture. Elle souligne également le rôle central des intermédiaires dans l’orientation de l’épargne vers le long terme, dans un contexte marqué par des arbitrages accrus et une diversification croissante des supports d’investissement.
L’assurance vie est indéniablement le placement de l’année 2025 avec une série de collectes de haut niveau témoignant de la compétitivité retrouvée du premier placement des ménages. La baisse du rendement de l’épargne réglementée et des taux des dépôts à terme explique ce nouvel engouement. Les ménages épargnent toujours beaucoup, mais différemment. Ils placent leurs liquidités et réallouent une partie de l’épargne de précaution constituée ces dernières années vers l’assurance vie. La publication des premiers rendements des fonds en euros pour 2025 devrait conforter la place de leader de l’assurance vie. Ils ressortent, en effet, stables, voire en légère hausse.
Une collecte nette de haut niveau au mois de novembre
L’assurance vie continue d’engranger de bons résultats, à la différence du Livret A qui est entré dans un cycle de décollectes. Au mois de novembre, le premier placement des ménages a enregistré, en effet, une collecte nette de 4,8 milliards d’euros, après +5,1 milliards d’euros en octobre.
Depuis 1997, la plus forte collecte au mois de novembre a été enregistrée en 2006, avec 4,9 milliards d’euros. La moyenne de ces dix dernières années s’élevait à 1,4 milliard d’euros.
Vers une collecte de plus de 50 milliards d’euros en 2025
Sur les onze premiers mois de l’année, la collecte nette a atteint 49,4 milliards d’euros, supérieure de 21,8 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Il faut remonter à 2010 pour constater une collecte nette supérieure à 50 milliards d’euros.
La collecte positive est imputable tant aux fonds en euros (+10,0 milliards d’euros) qu’aux supports en unités de compte (UC) (+39,5 milliards d’euros).
Toujours des cotisations historiques et un taux d’UC en hausse
En novembre, les cotisations en assurance vie se sont élevées à 15,7 milliards d’euros, leur plus haut niveau pour un mois de novembre. Les unités de compte sont toujours en forte croissance (+8 % sur un an), aidées en cela par la bonne tenue des marchés financiers. Les cotisations en fonds en euros ont également progressé de 2 % sur un an. Depuis le début de l’année, les cotisations s’élèvent à 176,0 milliards d’euros, en hausse de 14,9 milliards d’euros. Cette évolution concerne à la fois les supports en UC (+13 %) et ceux en euros (+7 %). La part des UC dans les cotisations remonte en novembre pour atteindre 40 %, la moyenne sur les onze premiers mois étant de 38 %.
Des prestations modestes, symboles de l’attractivité de l’assurance vie
Preuve que l’assurance vie a retrouvé sa compétitivité, les prestations sont relativement faibles. Elles se sont élevées à 10,9 milliards d’euros en novembre. Les ménages retirent moins d’argent de leurs contrats qu’auparavant. Depuis le début de l’année, les prestations sont en recul de 5 % et ont atteint 126,5 milliards d’euros.
Un encours à plus de 2 100 milliards d’euros
Grâce à la collecte dynamique et à la bonne tenue des marchés financiers, l’encours progresse et a atteint, fin novembre, 2 106 milliards d’euros, en hausse de 6,3 % sur un an.
Un nouveau cycle de croissance pour l’assurance vie avec le recyclage des vieux PEL
Dans les prochains mois, l’assurance vie devrait bénéficier d’un contexte porteur. L’écart de rendement entre les fonds en euros et celui de l’épargne réglementée ou des dépôts à terme augmentera au profit des premiers. Les prévisions sur l’évolution des marchés actions sont plutôt encourageantes. L’assurance vie devrait enfin bénéficier de la fermeture des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés pour un encours de 93 milliards d’euros. Les titulaires de vieux PEL devraient se tourner vers l’assurance vie, qui devrait les satisfaire tant sur le plan du rendement que de la garantie en capital et de la fiscalité.
Bilan 2025 et perspectives pour 2026
Pluie de records pour les marchés en 2025
À quelques jours de la Saint-Sylvestre, les marchés financiers peuvent dignement fêter la fin de l’année. 2025 aura été, en effet, un excellent cru, marqué par une pluie de records pour les indices actions ainsi que pour l’or et de nombreux autres métaux. Cette série de sommets, par son ampleur, inquiète néanmoins : la crainte d’une bulle liée à l’intelligence artificielle est fréquemment avancée.
Des actions au top
Le dernier trimestre en cours s’annonce comme l’un des plus solides depuis deux ans en Europe, porté par la résistance de la croissance mondiale et par l’idée persistante que les conditions de financement s’assoupliront. L’indice Stoxx 600 a ainsi inscrit un nouveau record cette semaine, s’acheminant vers une troisième année consécutive de progression.
Le CAC 40 gagne sur l’année près de 10 %. Il demeure toutefois en retrait par rapport aux grands indices internationaux, en raison de sa composition très orientée vers l’industrie du luxe — en moindre croissance depuis le début de l’année — et de la persistance de la crise politique.
L’indice européen Euro Stoxx 50 progresse, de son côté, de plus de 17 %. L’indice britannique FTSE 100 affiche une hausse de plus de 20 % depuis le 1er janvier.
Aux États-Unis, la publication de statistiques de croissance plus solides que prévu, combinée aux perspectives de détente des taux, incite les investisseurs à privilégier les actions, et plus particulièrement celles du secteur de la haute technologie. Le S&P 500 a gagné plus de 2 % sur la semaine portant le total depuis le 1er janvier à près de 18 %. Le Nasdaq a gagné 2,55 % cette semaine et 22,18 % depuis le début de l’année.
Or, argent, cuivre, platine : toujours plus haut
L’or défie les pronostics en ayant atteint plus de 4 500 dollars l’once, en hausse de près de 70 % depuis le début de l’année. L’argent fait encore mieux, avec un gain avoisinant 150 %. Il faut remonter au choc pétrolier de 1979-1980 pour retrouver des progressions comparables.
Le platine a, lui aussi, enregistré un sommet historique au cours de la semaine, tandis que le cuivre a franchi les 12 000 dollars la tonne, sur fond de craintes d’un marché mondial plus tendu à l’horizon 2026.
Un dollar en recul
Le dollar poursuit son mouvement de baisse pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Les menaces sur l’indépendance de la banque centrale américaine, la baisse des taux directeurs de cette dernière et plus globalement la politique du Président américain ont contribué à la baisse du dollar. Les investisseurs étrangers sont réduit leur exposition en dollars même si la monnaie américaine demeure de loin la première devise de réserve. Le dollar a perdu près de 14 % depuis le début de l’année face à l’euro, ce qui améliore la compétitivité des produits américains. Pour les Européens, cette dépréciation du billet vert allège la facture énergétique, d’autant plus que le cours du pétrole est orienté à la baisse. Depuis le début de l’année, le baril de Brent a reculé d’environ 17 %.
Un bitcoin entre deux eaux
Le bitcoin apparaît comme le grand perdant de l’année, avec un recul de plus de 6 % depuis janvier et de près de 20 % sur le dernier trimestre. L’essor des stablecoins, adossés à des devises réelles comme le dollar ou l’euro et jugés moins volatils, se développe au détriment du bitcoin.
L’art de la prévision est, surtout en matière financière, un exercice périlleux. Les krachs ont un malin plaisir à survenir lorsqu’ils ne sont pas attendus…
Pour 2026, de nombreux experts anticipent néanmoins une nouvelle année de forte appréciation des actions, portée par l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle et, en Europe, par le plan de relance allemand. L’espoir d’une paix en Ukraine alimente également l’optimisme ambiant.
Toutefois, l’IA prend de plus en plus les traits d’une bulle, avec des investissements colossaux dont la rentabilisation suppose l’émergence rapide de gains de productivité substantiels. Le réalisme pourrait, à un moment ou à un autre, reprendre ses droits, avec à la clé soit un atterrissage brutal, soit un dégonflement progressif.
Les tensions géopolitiques pourraient perdurer, avec un président américain engagé en 2026 dans la bataille pour conserver sa majorité au Congrès. À un an de l’élection présidentielle, la France, confrontée à une dette publique toujours mal maîtrisée, pourrait devenir une source majeure d’inquiétude en Europe.
Par ailleurs, l’accroissement du déficit public allemand limite la perspective d’une baisse marquée des taux souverains. S’agissant des taux directeurs, la Banque centrale européenne devra composer avec une politique monétaire de la Réserve fédérale de plus en plus accommodante. Une légère baisse des taux en 2026 demeure envisageable, d’autant que les craintes d’un retour de l’inflation restent, pour l’heure, contenues. La BCE pourrait ainsi être tentée d’agir afin de freiner l’appréciation de l’euro, au risque de susciter l’ire du président américain.
Le cours du pétrole, sauf crise internationale majeure, ne devrait pas connaître de forte hausse, en particulier si un accord de paix intervenait en Ukraine. Le ralentissement de la croissance mondiale pèserait alors sur la demande, tandis que l’offre tendrait à augmenter avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+.
Depuis 2020, l’or ne cesse de s’apprécier. En 2026, la poursuite de la baisse des taux directeurs pourrait continuer de soutenir la demande de métal précieux. À l’inverse, un retour durable de la paix en Ukraine exercerait un effet modérateur. Plusieurs experts estiment que l’once pourrait dépasser les 5 000 dollars. À ce niveau, une prise de bénéfices semblerait néanmoins judicieuse.
Après une année en demi-teinte, le bitcoin peut-il rebondir ? Il pourrait au contraire pâtir des doutes croissants sur l’IA, de l’essor des stablecoins et des futurs lancements de monnaies digitales de banque centrale. La diffusion progressive de la blockchain pourrait conduire à une forme de banalisation du bitcoin, qui perdrait alors son statut d’icône ou de pionnier.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 26 déc. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 103,58 | -0,58 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 48 710,97 | +1,55 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 929,94 | +1,28 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 593,10 | +2,55 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 340,06 | +1,58 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 870,68 | +0,33 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 746,24 | +0,08 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 50 344,10 | +1,95 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 963,68 | +3,04 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,562 % | -0,051 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,862 % | -0,036 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,138 % | -0,006 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1779 | +0,25 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 479,63 | +4,12 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 62,28 | +4,29 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 87 930,3814 | +2,73% | 38 252,54 | 93 776,61 |
Novembre 2025 est sans surprise, avec une nouvelle décollecte du livret A, de -730 millions d’euros, la troisième de rang après celles d’octobre et de septembre. La dernière passe de trois pour les décollectes remontait à 2015.
Traditionnellement, le mois de novembre est peu porteur pour le livret A. Depuis 2009, dix décollectes ont été enregistrées. La collecte moyenne, en novembre, au cours de ces dix dernières années (2015-2024), a été de 300 millions d’euros. En 2024, 400 millions d’euros de collecte nette avaient été constatés. Les plus fortes décollectes, en novembre, sont intervenues en 2009 (-1,3 milliard d’euros) et en 2014 (-1,25 milliard d’euros). Les plus fortes collectes pour un mois de novembre ont été enregistrées en 2012 et en 2024, avec 2,4 milliards d’euros chacune. La première est intervenue à la suite du relèvement du plafond du livret, la seconde lors de l’épidémie de Covid.
Le livret A est en décollecte sur les onze premiers mois de l’année, à -3,58 milliards d’euros, alors qu’en 2024 il enregistrait une collecte positive de près de 12 milliards d’euros (11,87 milliards d’euros).
Un mois de dépenses
Novembre est un mois de dépenses, sans recettes exceptionnelles. Le Black Friday, qui s’est imposé dans la culture française, marque le début des courses de fin d’année. Pour les ménages qui avaient un solde d’impôt sur le revenu à acquitter au titre de 2024, le paiement est étalé sur les quatre derniers mois de l’année.
Lente digestion de la baisse de la rémunération
Le livret A est toujours en phase de digestion de la baisse de son taux de rémunération, passé de 3 % à 1,7 % sur l’année. Le 1er février prochain, compte tenu du niveau de l’inflation de ces derniers mois (1 % en rythme annuel) et de l’évolution des taux des marchés monétaires (taux Ester), le taux du livret A devrait passer de 1,7 % à 1,4 %. Cette baisse ne devrait pas inciter les ménages à y placer davantage d’argent dans les prochains mois, même si son rendement réel reste positif.
Le LDDS dans le sillage du livret A
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est également en décollecte en novembre, à -230 millions d’euros. Depuis 2009, il enregistre sa dixième décollecte. La plus importante a été constatée en 2011, avec -430 millions d’euros, tandis que la collecte la plus élevée en novembre date de 2012, avec 2,82 milliards d’euros, lors du relèvement du plafond du LDDS. Sur ces dix dernières années (2015-2024), la collecte moyenne s’élevait à 100 millions d’euros.
La collecte des onze premiers mois de l’année 2025 a atteint 1,27 milliard d’euros, contre 5,61 milliards d’euros sur la même période en 2024.
Le Livret d’épargne populaire (LEP) toujours positif
Le Livret d’épargne populaire enregistre, en novembre, une collecte positive de 210 millions d’euros, contre 340 millions d’euros l’année dernière.
Sur les onze premiers mois, le LEP est en décollecte de 1,5 milliard d’euros, alors qu’il était en collecte positive de 6,26 milliards d’euros sur la même période en 2024.
Le taux de rémunération, à 2,7 %, demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Au 1er février prochain, ce taux devrait baisser. L’application de la formule pourrait le ramener à 1,9 % mais il est probable que le gouvernement maintienne un bonus en faveur De l’épargne populaire en retenant un taux de 2,4 %.
En 2025, les Français ont été en mode fourmis, avec un taux d’épargne qui sera, sur l’année, d’environ 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus du taux d’avant la crise Covid. Cette augmentation est imputable à la composante financière de l’épargne, qui est au plus haut depuis les années 1950 (hors période Covid).
Trois facteurs d’augmentation du taux d’épargne :
Ce niveau élevé d’épargne s’explique non seulement par un climat géopolitique, économique et social qui reste anxiogène, mais aussi par le vieillissement de la population et les bons rendements des placements financiers. Une population âgée a une propension plus importante à épargner et à réduire sa consommation. Ce phénomène est constaté au sein de nombreux pays occidentaux, comme l’Allemagne ou le Japon, ainsi qu’en Chine.
Par ailleurs, en France, les ménages ont tendance à capitaliser les gains issus de leurs placements. Or, ces gains ont été portés par la hausse des taux de rendement, à l’exception de ceux de l’épargne réglementée et des dépôts, et par la bonne tenue des marchés financiers. Les Américains ont un tout autre comportement, en consommant tout ou partie de leurs gains financiers.
Fin de cycle pour le Livret A
Depuis 2017, le Livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le Livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.
L’encours du Livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.
La préférence donnée au Livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du Livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.
En 2025, le Livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 14,87 milliards d’euros.
En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du Livret A et du LDDS.
Le 1er février prochain, le taux du Livret A devrait être une nouvelle fois abaissé. Le taux pourrait ainsi passé de 1,7 à 1,4 %. Il en serait de même pour le LDDS.
Le taux du Compte épargne logement serait alors de 1 % au lieu de 1,25 %.
Léger recul pour le Livret d’Épargne Populaire
Malgré un taux supérieur d’un point à celui du Livret A, le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à la décollecte. Sur les onze premiers mois, celle-ci s’élève à 1,5 milliard d’euros. Ce produit, détenu par 12 millions de personnes, est éligible sous conditions de revenus.
Il est à souligner qu’afin de favoriser l’épargne des ménages les plus modestes, le gouvernement n’a pas appliqué la formule du taux de rémunération. Celui-ci est soit égal à l’inflation, soit au taux du Livret A majoré de 0,5 point, si ce dernier est plus avantageux. De ce fait, le taux au 1er août 2025 aurait dû être de 2,2 %. Or, le gouvernement a décidé de le fixer à 2,7 %. Il est probable qu’un même geste soit consenti le 1er février 2026. Le taux pourrait être ainsi abaissé à 2,4 %.
2025 ou la revanche de l’assurance vie
L’assurance vie est en voie de connaître l’une des meilleures années de son histoire. Avec 45 milliards d’euros sur les dix premiers mois, la collecte nette devrait, en 2025, se situer autour de 50 milliards d’euros, un résultat qui n’avait plus été enregistré depuis 2010 (51,1 milliards d’euros).
Ce résultat est porté par un montant élevé de cotisations (plus de 160 milliards d’euros sur les dix premiers mois) et par des rachats modérés. Il est également la conséquence du retour en territoire positif de la collecte des fonds euros, qui bénéficient de la fameuse garantie en capital. La baisse de leur taux de rendement avait, ces dernières années, conduit les ménages à se désengager du premier pilier de l’assurance vie, qui représente plus de 72 % de l’encours et, en moyenne, plus de 60 % de la collecte ces dernières années.
Le taux de rendement des fonds euros était passé de 3,4 % en 2010 à 1,28 % en 2020, en lien avec la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, qui s’était traduite par un fort recul des taux des obligations souveraines. Cette baisse du rendement a érodé la compétitivité de l’assurance vie, laquelle n’a été portée, depuis 2017, que par les unités de compte.
Le rendement des fonds euros a réaugmenté à compter de 2022 pour atteindre 2,6 % en 2024. Le rendement pour 2025 devrait être assez voisin de celui de l’année dernière. Cette hausse, conjuguée à la baisse des taux de rémunération de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, a incité les ménages à réallouer une part plus importante de leur épargne vers l’assurance vie.
Il est à noter que cette dernière, dans l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, a repris, en 2025, sa place de numéro un parmi les placements préférés des Français.
L’encours de l’assurance vie devrait, en 2025, dépasser 2 100 milliards d’euros.
2025 : confirmation du succès du Plan d’Épargne Retraite confirme
Au 31 octobre 2025, le nombre de titulaires d’un PER assurance est estimé à 7,7 millions (+16 % sur un an) et les provisions mathématiques de ces PER sont évaluées à 107,5 milliards d’euros (+21 % sur un an). En prenant en compte l’ensemble des PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires dépasse 12 millions et l’encours atteint 130 milliards d’euros (chiffres à mars 2025).
Le PER profite des interrogations sur l’avenir du système de retraite par répartition et du vieillissement démographique.
Quelles perspectives pour 2026 ?
Les taux de rémunération
Les taux de rémunération de plusieurs produits d’épargne sont appelés à évoluer dans les prochaines semaines.
Le Plan d’Épargne Logement
Le taux du plan d’épargne logement est déjà connu. Il s’élèvera à 2 % pour tous les plans ouverts à compter du 1er janvier 2026. Il convient de souligner que ce produit est en recul depuis 2018.
Le Livret A et le LDDS
Le taux du Livret A et du LDDS, compte tenu de l’inflation constatée en 2025 et de l’évolution des taux monétaires, devrait passer de 1,7 % à 1,4 % au 1er février 2026.
Par voie de conséquence, le taux du compte d’épargne logement devrait passer de 1,25 % à 1 %.
Le Livret d’Épargne Populaire
Le taux du Livret d’Épargne Populaire, par simple application de la formule réglementaire, devrait être, au 1er février 2026, de 1,9 %. Il est fort probable que le gouvernement fasse un geste en ramenant le taux de 2,7 % à 2,4 %.
L’évolution de l’épargne : un léger recul pour 2026
Le taux d’épargne devrait légèrement baisser en 2026, avec une reprise modérée de la consommation après plusieurs années de stagnation. Les ménages acquièrent une certaine résilience face aux chocs divers et variés. En outre, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, avec à la clé une baisse du coût de l’énergie, pourrait contribuer à améliorer le moral des ménages.
La collecte du Livret A devrait se situer dans le prolongement de l’année 2025, avec toujours un effet de cycle, le premier semestre étant plus favorable à la collecte que le second.
L’assurance vie : encore une année en or en 2026
Malgré quelques menaces durant la discussion budgétaire, le régime fiscal de l’assurance vie demeure inchangé en 2026. Elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 1,4 point.
Avec des fonds euros dont la rémunération profitera de la hausse des taux d’intérêt à long terme, l’attractivité de l’assurance vie devrait encore s’améliorer, d’autant plus que les rendements de l’épargne réglementée sont orientés à la baisse.
Par ailleurs, l’assurance vie pourrait être la grande gagnante de la clôture des plans d’épargne logement de plus de quinze ans. À partir du mois de mars 2026, les premiers contrats ouverts en 2011, qui atteignent leur quinzième année, sont automatiquement transformés en livrets bancaires dont la rémunération, faible, est fixée par l’établissement bancaire. Ces fermetures automatiques conduiront à une réallocation des fonds. Or, le PEL avait connu un nombre important d’ouvertures entre 2011 et 2016. Selon la Banque de France, d’ici 2030, un tiers des PEL, dont l’encours est de 93 milliards d’euros, est concerné.
Les ménages concernés ont laissé leur argent sur leur PEL non pas en vue de réaliser un projet immobilier (ils l’auraient déjà fait), mais pour des raisons financières : les PEL ouverts entre 2011 et 2016 étaient rémunérés entre 2 % et 2,5 % et n’étaient pas soumis à l’impôt. Les nouveaux PEL sont beaucoup moins intéressants (2 % de rendement et soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %). Dans ces conditions, l’assurance vie, avec un rendement de 2,6 % pour les fonds euros, devrait capter une part non négligeable des PEL arrivés à échéance. Le Plan d’Épargne Retraite pourrait également en bénéficier.
Le cours de l’or a battu, lundi 22 décembre, un nouveau record en dépassant 4 400 dollars l’once. En fin de semaine, ce dernier a même franchi la barre des 4500 dollars. Cette progression est alimentée par les prévisions de nouvelles baisses de taux de la Réserve fédérale américaine.
Le précédent record datait du mois d’octobre dernier, à 4 381,52 dollars. Depuis le début de l’année, le métal jaune a progressé de plus de 66 %. Entre la guerre commerciale menée par Donald Trump, la paralysie budgétaire à Washington et les tensions géopolitiques chroniques, tout concourt à la hausse de l’or. Outre les investisseurs, les banques centrales de nombreux pays, notamment émergents, ont également accru leurs réserves en métal jaune. Parmi celles qui ont acheté le plus d’or figurent la Pologne, le Kazakhstan, le Brésil et la Turquie. La Pologne a acheté (en net) 82,67 tonnes d’or, soit 7,6 %. Sur le seul mois d’octobre, le pays a acquis 15,6 tonnes. La Pologne se classe désormais au 12ᵉ rang pour la détention officielle d’or. Le Brésil, qui a acheté plus de 15 tonnes de métal jaune en septembre et octobre, poursuit sa stratégie visant à réduire sa dépendance au dollar. La Chine arrive en 5ᵉ position pour les achats d’or, avec plus de 24 tonnes acquises cette année. Elle est le sixième pays disposant des réserves d’or les plus importantes.
La Russie, qui ces dernières années avait acheté de nombreuses tonnes d’or, en a vendu en 2025 afin de financer son important effort de guerre. Le pays reste le cinquième plus grand détenteur du précieux métal. Singapour a également réduit ses réserves d’or, en cédant au total plus de 15 tonnes. Ce pays joue toujours un rôle actif sur le marché de l’or, pour son compte ou pour le compte de tiers. De son côté, l’Ouzbékistan a vendu plus de 11 tonnes, faisant de ce pays le plus important vendeur net d’or.
Le bitcoin, avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, semblait être promis à un brillant avenir. Or, la première des cryptoactifs est en recul de 6 % depuis le début de l’année. Fin décembre, il s’échange contre 87 000 dollars, loin de son record du mois d’octobre (125 260,9 dollars).
Après avoir bénéficié du soutien de l’industrie digitale durant sa campagne et avoir émis sa propre crypto, Donald Trump promet de faire des États-Unis « la capitale mondiale des cryptomonnaies ». Dès sa nomination, ce dernier déréglemente et met fin aux poursuites que son prédécesseur avait engagées à l’encontre de ce secteur. L’idée d’une réserve stratégique de bitcoins, évoquée à Washington, marque un tournant symbolique.
Cette normalisation a une contrepartie immédiate. Le bitcoin est désormais sujet aux décisions et aux volte-face présidentiels. Son cours a ainsi fortement baissé après les annonces relatives aux droits de douane au mois d’avril dernier. La première des cryptos est de plus en plus corrélée aux marchés financiers américains, et en particulier au cours du Nasdaq.
L’adoption du Genius Act sur les stablecoins a certes, à l’automne, réveillé le marché des cryptoactifs en portant le bitcoin à plus de 120 000 dollars. À ce pic, la capitalisation totale des bitcoins en circulation a brièvement dépassé les 2 400 milliards de dollars, selon Bloomberg. Entre ces phases de valorisation, le bitcoin a connu des fluctuations pouvant atteindre 30 %, quand, dans le même temps, l’or s’est continuellement apprécié.
Les ETF sont devenus l’un des leviers de croissance de plus en plus importants du bitcoin. Les fonds cotés qui répliquent directement le prix du bitcoin rencontrent un réel succès. Après une année 2024 exceptionnelle, marquée par plus de 35 milliards de dollars de collecte, les ETF bitcoin attirent encore environ 22 milliards de dollars en 2025. Les flux deviennent toutefois plus erratiques, alternant phases de collecte et sorties marquées. L’ETF n’est plus un moteur automatique de hausse, mais un instrument d’arbitrage pleinement intégré aux cycles de l’aversion au risque.
En 2024, le nombre d’accords et d’avenants conclus dans les entreprises s’est élevé à 81 380. Près de la moitié d’entre eux sont liés à l’épargne salariale (45,6 %). Leur nombre a progressé de 8 % par rapport à 2023. L’intéressement, la participation, la retraite collective sont au cœur des négociations sociales au sein des entreprises.
Arrivent ensuite les textes sur les salaires et primes, en hausse de 4,3 % et ceux sur le temps de travail.
L’encours des livrets ordinaires fiscalisés s’élevaient à 199,5 milliards d’euros à la fin du mois d’octobre dernier. Malgré un taux moyen de rémunération faible, autour de 0,8 %, les ménages conservent des sommes importantes sur ces produits. Ce sont souvent des fonds en attente d’utilisation. Les sommes issues d’une vente d’un logement sont ainsi placées sur un livret avant réutilisation pour l’achat d’un nouveau logement ou pour une réallocation su d’autres produits financiers. Les sommes issues d’une succession peuvent être également placées sur un livret avant réaffectation.

Cercle de l’Epargne – données Banque de France
2025 : une année charnière pour l’épargne
En 2025, les Français ont été en mode fourmis, avec un taux d’épargne qui sera, sur l’année, d’environ 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus du taux d’avant la crise Covid. Cette augmentation est imputable à la composante financière de l’épargne, qui est au plus haut depuis les années 1950 (hors période Covid).
Trois facteurs d’augmentation du taux d’épargne :
Ce niveau élevé d’épargne s’explique non seulement par un climat géopolitique, économique et social qui reste anxiogène, mais aussi par le vieillissement de la population et les bons rendements des placements financiers. Une population âgée a une propension plus importante à épargner et à réduire sa consommation. Ce phénomène est constaté au sein de nombreux pays occidentaux, comme l’Allemagne ou le Japon, ainsi qu’en Chine.
Par ailleurs, en France, les ménages ont tendance à capitaliser les gains issus de leurs placements. Or, ces gains ont été portés par la hausse des taux de rendement, à l’exception de ceux de l’épargne réglementée et des dépôts, et par la bonne tenue des marchés financiers. Les Américains ont un tout autre comportement, en consommant tout ou partie de leurs gains financiers.
Fin de cycle pour le Livret A
Depuis 2017, le Livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le Livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.
L’encours du Livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.
La préférence donnée au Livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du Livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.
En 2025, le Livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 14,87 milliards d’euros.
En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du Livret A et du LDDS.
Léger recul pour le Livret d’Épargne Populaire
Malgré un taux supérieur d’un point à celui du Livret A, le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à la décollecte. Sur les dix premiers mois, celle-ci s’élève à 1,5 milliard d’euros. Ce produit, détenu par 12 millions de personnes, est éligible sous conditions de revenus.
Il est à souligner qu’afin de favoriser l’épargne des ménages les plus modestes, le gouvernement n’a pas appliqué la formule du taux de rémunération. Celui-ci est soit égal à l’inflation, soit au taux du Livret A majoré de 0,5 point, si ce dernier est plus avantageux. De ce fait, le taux au 1er août 2025 aurait dû être de 2,2 %. Or, le gouvernement a décidé de le fixer à 2,7 %.
2025 ou la revanche de l’assurance vie
L’assurance vie est en voie de connaître l’une des meilleures années de son histoire. Avec 45 milliards d’euros sur les dix premiers mois, la collecte nette devrait, en 2025, se situer autour de 50 milliards d’euros, un résultat qui n’avait plus été enregistré depuis 2010 (51,1 milliards d’euros).
Ce résultat est porté par un montant élevé de cotisations (plus de 160 milliards d’euros sur les dix premiers mois) et par des rachats modérés. Il est également la conséquence du retour en territoire positif de la collecte des fonds euros, qui bénéficient de la fameuse garantie en capital. La baisse de leur taux de rendement avait, ces dernières années, conduit les ménages à se désengager du premier pilier de l’assurance vie, qui représente plus de 72 % de l’encours et, en moyenne, plus de 60 % de la collecte ces dernières années.
Le taux de rendement des fonds euros était passé de 3,4 % en 2010 à 1,28 % en 2020, en lien avec la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, qui s’était traduite par un fort recul des taux des obligations souveraines. Cette baisse du rendement a érodé la compétitivité de l’assurance vie, laquelle n’a été portée, depuis 2017, que par les unités de compte.
Le rendement des fonds euros a réaugmenté à compter de 2022 pour atteindre 2,6 % en 2024. Le rendement pour 2025 devrait être assez voisin de celui de l’année dernière. Cette hausse, conjuguée à la baisse des taux de rémunération de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, a incité les ménages à réallouer une part plus importante de leur épargne vers l’assurance vie.
Il est à noter que cette dernière, dans l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, a repris, en 2025, sa place de numéro un parmi les placements préférés des Français.
L’encours de l’assurance vie devrait, en 2025, dépasser 2 100 milliards d’euros.
2025 : confirmation du succès du Plan d’Épargne Retraite confirme
Au 31 octobre 2025, le nombre de titulaires d’un PER assurance est estimé à 7,7 millions (+16 % sur un an) et les provisions mathématiques de ces PER sont évaluées à 107,5 milliards d’euros (+21 % sur un an). En prenant en compte l’ensemble des PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires dépasse 12 millions et l’encours atteint 130 milliards d’euros (chiffres à mars 2025).
Le PER profite des interrogations sur l’avenir du système de retraite par répartition et du vieillissement démographique.
Quelles perspectives pour 2026 ?
Les taux de rémunération
Le Plan d’Épargne Logement
Le taux du plan d’épargne logement est déjà connu. Il s’élèvera à 2 % pour tous les plans ouverts à compter du 1er janvier 2026. Il convient de souligner que ce produit est en recul depuis 2018.
Le Livret A et le LDDS
Le taux du Livret A et du LDDS, compte tenu de l’inflation constatée en 2025 et de l’évolution des taux monétaires, devrait passer de 1,7 % à 1,4 % au 1er février 2026.
Par voie de conséquence, le taux du compte d’épargne logement devrait passer de 1,25 % à 1 %.
Le Livret d’Épargne Populaire
Le taux du Livret d’Épargne Populaire, par simple application de la formule réglementaire, devrait être, au 1er février 2026, de 1,9 %. Il est fort probable que le gouvernement fasse un geste en ramenant le taux de 2,7 % à 2,4 %.
L’évolution de l’épargne : un léger recul pour 2026
Le taux d’épargne devrait légèrement baisser en 2026, avec une reprise modérée de la consommation après plusieurs années de stagnation. Les ménages acquièrent une certaine résilience face aux chocs divers et variés. En outre, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, avec à la clé une baisse du coût de l’énergie, pourrait contribuer à améliorer le moral des ménages.
La collecte du Livret A devrait se situer dans le prolongement de l’année 2025, avec toujours un effet de cycle, le premier semestre étant plus favorable à la collecte que le second.
L’assurance vie : encore une année en or en 2026
Malgré quelques menaces durant la discussion budgétaire, le régime fiscal de l’assurance vie demeure inchangé en 2026. Elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 1,4 point.
Avec des fonds euros dont la rémunération profitera de la hausse des taux d’intérêt à long terme, l’attractivité de l’assurance vie devrait encore s’améliorer, d’autant plus que les rendements de l’épargne réglementée sont orientés à la baisse.
Par ailleurs, l’assurance vie pourrait être la grande gagnante de la clôture des plans d’épargne logement de plus de quinze ans. À partir du mois de mars 2026, les premiers contrats ouverts en 2011, qui atteignent leur quinzième année, sont automatiquement transformés en livrets bancaires dont la rémunération, faible, est fixée par l’établissement bancaire. Ces fermetures automatiques conduiront à une réallocation des fonds. Or, le PEL avait connu un nombre important d’ouvertures entre 2011 et 2016. Selon la Banque de France, d’ici 2030, un tiers des PEL, dont l’encours est de 93 milliards d’euros, est concerné.
Les ménages concernés ont laissé leur argent sur leur PEL non pas en vue de réaliser un projet immobilier (ils l’auraient déjà fait), mais pour des raisons financières : les PEL ouverts entre 2011 et 2016 étaient rémunérés entre 2 % et 2,5 % et n’étaient pas soumis à l’impôt. Les nouveaux PEL sont beaucoup moins intéressants (2 % de rendement et soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %). Dans ces conditions, l’assurance vie, avec un rendement de 2,6 % pour les fonds euros, devrait capter une part non négligeable des PEL arrivés à échéance. Le Plan d’Épargne Retraite pourrait également en bénéficier.
Incertitudes sur la baisse des taux en 2025
Sur la semaine, le CAC 40 a gagné quelques points dans un contexte marqué par les incertitudes sur les négociations concernant l’Ukraine. De son côté, Wall Street a enregistré de nouveaux records, en lien avec la baisse des taux directeurs décidée par la FED et avec la révision à la hausse de la croissance américaine par cette dernière. Celle-ci table sur une progression de 2,3 % du PIB en 2026, contre 1,8 % auparavant. En fin de semaine, les indices américains ont toutefois reculé. Le Nasdaq a été pénalisé par la chute du cours de l’éditeur de logiciels Broadcom, les analystes craignant une réduction de ses marges. L’indice des valeurs technologiques cède sur la semaine 1 %, témoignant des doutes des investisseurs sur l’IA, du moins pour son aspect boursier. Le pétrole s’est rapproché des 60 dollars le baril après les propos de Volodymyr Zelensky, qui accepterait l’idée de concessions territoriales permettant d’aboutir à une paix avec la Russie.
La baisse sans surprise des taux directeurs de la FED
Sans surprise, la Réserve fédérale américaine a réduit ses taux directeurs d’un quart de point, ramenant le loyer de l’argent dans la fourchette de 3,5 % à 3,75 %. Cette baisse a donné lieu à de nouvelles divisions au sein du Comité de politique monétaire de la FED : neuf voix se sont exprimées en faveur de la baisse et trois contre. La lecture du communiqué de presse semble indiquer qu’un ralentissement du rythme de réduction des taux est probable dans les prochains mois, dans l’attente de signaux plus clairs sur le marché de l’emploi, tandis que l’inflation « reste quelque peu élevée ».
Parmi les membres dissidents sur les taux de la banque centrale américaine, Austan Goolsbee, le président de la Fed de Chicago, et Jeffrey Schmid, celui de l’antenne de Kansas City, ont voté en faveur d’un statu quo. L’économiste Stephen Miran, choisi par Donald Trump, a opté à nouveau pour une réduction d’un demi-point de pourcentage.
Jerome Powell, le président de la FED, a indiqué lors de la conférence de presse : « Je tiens à souligner qu’après avoir abaissé notre taux directeur de 75 points de base depuis septembre et de 175 points de base depuis septembre dernier, le taux des fonds fédéraux se situe désormais dans une large fourchette de prévisions correspondant au taux neutre et que nous sommes bien placés pour patienter et observer la manière dont l’économie évolue… La politique monétaire n’est pas prédéterminée et nous prendrons nos décisions réunion après réunion. » Jerome Powell a précisé que la prochaine décision de la Fed ne serait probablement pas un relèvement des taux, au regard des nouvelles projections des responsables de la banque centrale.
Les nouvelles projections de la banque centrale américaine montrent une position médiane avec une seule baisse de taux d’un quart de point en 2026, comme dans les perspectives présentées en septembre dernier. La FED prévoit un ralentissement de la baisse de l’inflation à environ 2,4 % à la fin de l’année prochaine, malgré une accélération attendue de la croissance économique au-dessus de 2,3 % et un taux de chômage à 4,4 %.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 12 déc. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 068,62 | -0,03 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 48 458,05 | +1,09 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 827,41 | -0,62 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 195,17 | -1,00 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 202,39 | +1,03 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 652,19 | +0,29 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 720,71 | -0,09 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 50 836,55 | -0,18 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 889,35 | +0,85 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,582 % | +0,056 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,861 % | +0,062 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,197 % | +0,064 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1731 | +0,94 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 278,44 | +2,84 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 61,04 | -4,64 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 89 931,90 | +0,85 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Depuis le 1er janvier, le cours de l’or a gagné près de 60 %. La vieille relique n’est pas le seul métal à atteindre des sommets. À la Bourse des métaux de Londres, la référence mondiale pour les contrats commerciaux, les cours de la tonne de cuivre ont atteint début décembre près de 12 000 dollars. Depuis le début de l’année, le métal rouge progresse de plus de 30 %.
Cette hausse s’explique par les craintes d’une insuffisance de l’offre face à une demande mondiale, portée par la transition énergétique et l’essor de l’intelligence artificielle. Le cuivre est nécessaire dans toutes les technologies bas carbone (éoliennes, voitures électriques) et dans les réseaux d’électricité. Le développement des data centers d’intelligence artificielle soutient également la demande.
Les craintes de droits de douane américains sur les importations de métal rouge contribuent également à la hausse de son cours. Une telle mesure créerait des dislocations de marché entre Londres et New York, poussant les opérateurs à déplacer les stocks de la capitale britannique vers la cité américaine. Or une baisse des réserves dans les entrepôts du marché britannique provoquerait une hausse des cours. Le Département américain du Commerce avait initialement proposé que les droits de douane sur le cuivre affiné soient introduits de manière progressive, mais seulement à partir de 2027. L’administration pourrait envisager d’accélérer le calendrier comme elle l’a fait pour l’aluminium. Elle n’a pas attendu que l’industrie américaine soit en mesure de couvrir les besoins pour prendre des mesures protectionnistes. Or, actuellement, les États-Unis ne produisent que 50 % du cuivre qu’ils consomment.
Selon certains analystes britanniques, la tonne de cuivre pourrait atteindre 13 000 dollars au deuxième trimestre de l’année prochaine, mais ceux de Goldman Sachs considèrent que le cours du cuivre devrait se stabiliser autour de 11 000 dollars. Les experts de l’établissement anticipent un surplus de 160 000 tonnes l’an prochain, loin des pénuries annoncées.
L’argent connaît également une rapide appréciation de son cours. Le prix de l’once d’argent a doublé en douze mois, passant de 28 à 59 dollars (1er janvier – 9 décembre 2025). Cette progression est imputable au rôle de valeur refuge que continue de jouer l’argent. Le métal gris profite du contexte anxiogène et des doutes sur le dollar du fait de la politique économique de Donald Trump. La baisse des taux d’intérêt décidée par la FED a accéléré ces dernières semaines la hausse du cours. L’argent bénéficie aussi de ses caractéristiques physiques. Excellent conducteur d’électricité, il est utilisé par l’industrie électrique (batteries, panneaux solaires) et par l’industrie électronique (microprocesseurs, smartphones, etc.). L’utilisation industrielle représente 60 % du marché de l’argent dans le monde.
La Banque mondiale estime que le cours de l’argent devrait progresser en 2026. En revanche, un ralentissement de l’activité industrielle dans les pays développés à partir de 2027 pourrait modérer la hausse des cours, voire inverser en partie la courbe.
De 2023 à 2025, l’encours des fonds tokenisés est passé de 2 à 18 milliards de dollars. Un fonds tokenisé est un fonds d’investissement traditionnel — monétaire, obligataire, immobilier, actions — dont les parts sont émises, enregistrées et transférées sur une infrastructure blockchain. Le jeton ainsi créé (token) n’est pas une copie. Il est la part elle-même, unique, traçable, transférable. La blockchain joue alors le rôle de registre de propriété, remplaçant les chaînes administratives habituelles par une infrastructure sécurisée et programmable. La gestion d’un fonds tokenisé reste assurée par une société de gestion régulée, les actifs sous-jacents sont bien réels, la comptabilité demeure soumise aux autorités de régulation.
La tokenisation des fonds introduit l’instantanéité, la traçabilité immuable et, surtout, la possibilité de fractionner chaque part à l’infini, ouvrant la porte à une démocratisation nouvelle : posséder un millième d’un fonds immobilier ou un fragment d’un fonds obligataire devient soudain possible. La tokenisation permet une traçabilité des opérations, une exécution instantanée des ordres, un élargissement de la distribution à de nouvelles générations d’investisseurs, une opérabilité 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La moitié des encours des actifs tokenisés (hors stablecoins) est aujourd’hui constituée par des fonds monétaires.
Les fonds tokenisés sont souvent utilisés en collatéral, ou en garantie, pour les emprunteurs de cryptomonnaies dans le cadre d’opérations de prêts, car ces fonds ont une valeur stable. Par rapport aux stablecoins, les fonds monétaires tokenisés présentent l’avantage d’offrir un rendement. Les stablecoins sont en effet classés comme une monnaie électronique par les régulateurs et ne peuvent donc pas offrir d’intérêts, même si les actifs sous-jacents sont souvent des bons du Trésor.
Les gestionnaires d’actifs proposent des fonds indiciels et des fonds obligataires tokenisés. La tokenisation des fonds est attendue pour soutenir la démocratisation des actifs non cotés (infrastructures, dette privée, immobilier, capital-investissement). Ces actifs offrent plus de rendement aux sociétés de gestion, quatre fois plus de profits que les actifs traditionnels cotés (actions, obligations…), selon la dernière étude sectorielle de PwC. Les grands établissements financiers développent des fonds tokenisés en private equity pour leurs clients les plus aisés. En octobre, JPMorgan a annoncé la tokenisation d’un fonds de capital-investissement pour ses clients fortunés.
Certaines fintech commencent à s’imposer, comme Blockchain Capital, créé en 2013, fonds de capital-risque spécialisé sur la blockchain, ou Figure Technology Solutions, fondé en 2018, qui a créé la plus importante plateforme de dette privée tokenisée.
La tokenisation devrait connaître un essor important dans les prochaines années, car elle offre des transferts quasi instantanés, 24 heures sur 24. Elle permet le fractionnement des titres : chaque jeton peut être divisé en unités minuscules, permettant l’accès à des fonds auparavant réservés aux investisseurs fortunés ou l’ouverture du capital immobilier ou obligataire à des apports modestes.
La blockchain supprime ou allège les registres multiples, les tâches de rapprochement et certaines fonctions de conservation. Moins d’intermédiaires signifie potentiellement moins de coûts et moins de frictions. Elle offre aussi plus de transparence et de sécurité. Chaque transaction est inscrite de manière immuable, ce qui limite les erreurs administratives, les risques de double comptabilisation ou les litiges de propriété.
Grâce aux smart contracts (contrat numérique auto-exécutable par application de règles prévues sans intermédiaire, de manière automatique et sécurisée), le fonctionnement du fonds peut être automatisé en ce qui concerne la distribution de dividendes, le respect des règles d’investissement et la gestion des droits des investisseurs.
L’essor des fonds tokenisés est encore bridé par un cadre réglementaire en cours de construction. Pour le moment, en Europe, le rôle du dépositaire, la conservation des jetons et les responsabilités en cas de problème sont autant de zones encore grises. La question de la sécurisation des processus se pose. La blockchain n’est pas une forteresse inviolable.
Encours mondiaux & flux annuels par classes d’actifs
| Classe d’actif | Encours mondial estimée en dollars | Flux annuels en dollars (ordre de grandeur) |
| Or (stock mondial above-ground) | 29 000–30 000 milliards | Marché physique : 3 000–4 000 milliards (bijoux, investissement, achats banques centrales). |
| Actions cotées mondiales | 130–150 000 milliards | 80–120 000 milliards d’échange enregistrés sur les grandes bourses. |
| Private equity (capital-investissement) | 10–11 000 milliards | 1 000 1 500 milliards d’investissements annuels |
| Ensemble des cryptomonnaies | 3 000–3 500 milliards | Volume de trading global : 30–40 000 milliards (incluant dérivés et stablecoins). |
| Fonds tokenisés (toutes classes confondues) | 12 milliards | Croissance rapide ; volumes encore faibles : quelques dizaines de milliards par an (souscriptions/rachats/échanges). |
Un fonds indiciel est un véhicule d’investissement collectif dont l’unique objectif est de reproduire la performance d’un indice de référence, que cet indice soit composé d’actions, d’obligations ou de tout autre actif éligible. Il ne s’agit ni de chercher à battre le marché, ni de sélectionner des titres « gagnants », mais simplement d’absorber l’intégralité d’un marché — ou d’un segment de marché — en une seule ligne. Selon la méthode utilisée, la réplication peut être physique (le fonds acquiert effectivement les titres de l’indice selon leur pondération) ou synthétique (via des contrats financiers — swaps — avec des contreparties, permettant d’obtenir la performance de l’indice sans détenir nécessairement tous les titres). Quelle qu’en soit la méthode, la promesse est claire : offrir le retour du marché — et pas plus — à un coût réduit, dans un cadre réglementaire strict.
À tort, les fonds indiciels sont confondus avec les ETF qui ont dans les faits un spectre plus large. Les ETF (Exchange Traded Fund) renvoient à une forme juridique et opérationnelle de fonds (OPCVM ou équivalent UCITS – Undertakings for Collective Investments in Transferable Securities) cotés en Bourse et négociables en continu comme une action. L’ETF permet un prix en temps réel, une liquidité intra-journalière, des ordres classiques et une transparence renforcée. Dans la pratique, environ 97 % des ETF suivent un indice créant une confusion conceptuelle mais, techniquement : des ETF actifs (non indiciels) existent. Par ailleurs, des fonds indiciels non cotés qui ne sont pas des ETF sont proposés en particulier dans le cadre de l’assurance vie.
Pour mesurer l’adoption des ETF en France, l’autorité compétente — Autorité des marchés financiers (AMF) — publie un « tableau de bord des investisseurs particuliers actifs ». En 2024, 509 000 particuliers ont, en France, acheté ou vendu au moins un ETF côté en Europe. En 2023, ils étaient 296 000. Au total, sur l’année 2024, l’AMF a recensé 5,2 millions de transactions sur des ETF effectuées par des investisseurs particuliers, contre 2,8 millions l’année précédente.
D’autres sources estiment à plus d’un million (voire davantage) le nombre de Français détenant des ETF, si l’on prend en compte les porteurs « passifs » (ceux qui n’ont pas nécessairement réalisé une transaction récente).
L’un des atouts majeurs des fonds indiciels est la diversité des actifs accessibles. Les épargnants peuvent avoir accès aux à :
Depuis deux ans, des fonds indiciels crypto ont été créés par des gestionnaires d’actifs américains comme Blackrock. Ces fonds cherchent à répliquer le prix de cryptomonnaies comme le Bitcoin ou l’Ethereum. En France, les grands établissements — banques, assureurs, gestionnaires d’actifs — n’en proposent pas encore dans les enveloppes classiques d’épargne (assurance vie, PER, PEA) dans l’attente d’une réglementation de l’AMF et de l’ACPR.
Avec les ETF et les ETC, l’investisseur peut, selon son appétence au risque, bâtir une allocation diversifiée, équilibrée, voire thématique, en combinant plusieurs familles d’actifs.
Le succès repose sur plusieurs raisons :
Les ETF sont des supports à risques. Il ne faut pas oublier que l’ETF réplique le marché. Si l’indice sous-jacent baisse, l’ETF le suit sans amortisseur. La diversification « globale » n’élimine pas le risque systémique. À la différence des fonds classiques, il n’y a pas de gestionnaires qui essaieront de limiter la baisse.
Les ETC matières premières, notamment or, ou les ETF sectoriels/ thématiques, peuvent subir des fluctuations puissantes. Les ETC comportent un risque juridique ou de contrepartie plus élevé que les fonds UCITS classiques.
Les fonds indiciels sont purement passifs. Il n’y a pas d’engagement actionnarial. Un investisseur en ETF ne choisit pas les titres, ne contrôle pas l’entreprise. À grande échelle, cela pose des questions sur la gouvernance des sociétés cotées, la diversité des investisseurs, et le rôle actif des actionnaires. La forte croissance des ETF fausse le cours des entreprises en augmentant leur valorisation sans lien direct avec les résultats ce qui peut générer des effets de bulle. À la fin de 2024, les ETF représentaient environ 13 800 milliards de dollars d’encours au niveau mondial. Le marché croît de 25 à 30 % par an, et certaines niches, comme les ETF thématiques, se développent encore plus rapidement.
Le fonds indiciel, incarné par les ETF et les ETC, n’est plus un instrument exotique ou marginal. En quelques années seulement, il a conquis une place dans l’épargne des particuliers français, bouleversant les habitudes, transformant les portefeuilles, démocratisant l’accès aux marchés. Il offre une alternative crédible aux produits d’épargne traditionnels, aux fonds gérés activement, aux logiques de sécurité statique. Il introduit une discipline, une lisibilité, une transparence. Mais ce succès ne doit pas occulter les risques : la gestion passive ne supprime pas l’incertitude, elle l’accepte et la rend collective. Elle ne garantit ni le rendement, ni la sécurité absolue. Elle demande à l’épargnant de rester lucide, informé, prêt à accepter les cycles, les replis, la volatilité. Elle exige de distinguer entre l’indiciel « cœur de portefeuille » constitué d’actions mondiales, d’obligations, dans le cadre d’allocations équilibrées et les stratégies plus aventureuses (matières premières, ETF sectoriels, produits à levier, crypto).
L’inflation sous-jacente aux États-Unis (indice PCE) du mois de septembre demeure contenue en dessous des 3 %. Les anticipations d’inflation sont en recul tout en demeurant élevées (4,1 %). Cette situation, plus encourageante que prévu, pourrait conduire à une nouvelle baisse des taux directeurs de la FED à l’occasion de sa prochaine réunion. Si cette baisse est confirmée, ce sera la troisième de l’année, après un assouplissement de 100 points de base en 2024, ce qui réduira la fourchette entre 3,5 et 3,75 %. En 2026, le scénario est ouvert en ce qui concerne l’évolution des taux de la FED, d’autant plus qu’elle aura un nouveau président à partir du mois de mai. Le successeur de Jerome Powell pourrait être connu avant Noël. Kevin Hassett, 63 ans, titulaire d’un doctorat en économie de l’université de Pennsylvanie et conseiller économique à la Maison-Blanche, figure parmi les favoris. Il est un des partisans les plus zélés de la politique économique de Donald Trump et est favorable à une baisse des taux. Son point fort est sa capacité à parler à la fois aux marchés et à l’électorat républicain. Son point faible est sa proximité avec Donald Trump, qui pourrait être perçue comme la fin de l’indépendance de la FED.
La semaine sur les marchés « actions » aura été marquée par l’attentisme. Les investisseurs sont sur la défensive, attendant les prochaines annonces de la FED et le nom de son futur président. La lourde charge de l’administration américaine à l’encontre des Européens et la menace persistante de la Russie envers ces derniers n’ont pas favorisé les marchés européens.
L’administration américaine de plus en plus anti-européenne
Jeudi 4 décembre, aux États-Unis, l’administration républicaine a publié une nouvelle stratégie de sécurité nationale qui condamne la politique des gouvernements en place et qui appelle de ses vœux la victoire des partis nationalistes. Elle considère que l’Europe est menacée d’un effacement économique et civilisationnel. Elle indique que la liberté d’expression n’y est plus assurée et que les gouvernements en place ne sont pas légitimes. L’Allemagne a vivement réagi à ce texte en demandant à Washington de cesser toute ingérence dans les affaires des États européens et en affirmant qu’elle n’avait pas de leçon de démocratie à recevoir de Washington.
Après la stratégie nationale de sécurité, Washington doit publier prochainement sa « revue mondiale des forces ». Ce document doit préciser quel effectif militaire les Américains veulent conserver sur le Vieux Continent. Une brigade mobile stationnée en Roumanie a déjà été supprimée, d’autres pourraient suivre. Au vu des dernières déclarations de Donald Trump, un désengagement de l’OTAN est à terme à craindre. Par ailleurs, ce dernier a indiqué que les positions de l’Europe au sujet de l’Ukraine étaient contraires aux intérêts américains. Selon le document de l’administration républicaine, « une vaste majorité » de l’opinion européenne veut la paix, mais c’est « la subversion des processus démocratiques » qui l’entrave. La tentation de signer un accord de paix entre Moscou et Washington transparaît nettement à la lecture du document, en passant outre l’hostilité européenne et ukrainienne.
Les députés ont adopté, vendredi 5 décembre, la partie recettes du projet de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Après avoir donné lieu à des tensions au sein du bloc central, la hausse de la CSG sur les revenus du capital a été retenue, mais elle est plus ciblée que dans sa version initiale. La majoration de 1,4 point, à 10,6 %, de la CSG, baptisée « contribution financière pour l’autonomie », ne concernera pas les revenus fonciers, les plus-values immobilières, les contrats d’assurance-vie ou encore les plans d’épargne logement. En revanche, les comptes-titres, les PEA et les PER seront affectés. Les PER, qui sont assez proches de l’assurance-vie dans leur mode de fonctionnement et qui correspondent à de l’épargne de long terme, se verront de ce fait appliquer un taux plus élevé.
Le rendement de cette majoration devrait être, selon le gouvernement, de 1,5 milliard, contre les 2,8 milliards visés initialement.
Par ailleurs, les députés ont adopté une taxation supplémentaire des complémentaires santé, qui rapporterait 1 milliard d’euros. Le taux de la contribution — censée n’être valable que pour 2026 — est fixé à 2,05 % des cotisations perçues.
Le projet de budget augmente également les taxes sur les laboratoires pharmaceutiques. La hausse du prélèvement est supposée remplacer la clause de sauvegarde, mécanisme mis en place pour permettre à la Sécurité sociale de ponctionner les industriels du médicament en cas de dérapage des dépenses de remboursement de médicaments.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 5 déc. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 114,74 | +0,04 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 47 954,99 | +0,50% | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 870,40 | +0,31 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 578,13 | +0,91 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 038,71 | +1,19 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 667,01 | -0,46 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 725,63 | +1,36 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 50 491,87 | +3,77 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 902,81 | +0,85 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,526 % | +0,113 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,799 % | +0,032 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,133 % | +0,109 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1633 | +0,55 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 211,01 | +1,97 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 63,60 | +0,11 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 88 885,26 | -2,40 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
De tout temps, des villes ont, par leur statut et attractivité, attiré au-delà de leur pays, de leur région, des investisseurs, des artistes, des entrepreneurs, des personnes aisées. Les villes hanséatiques au XIIIe et XIVe siècle ont été à la fin du Moyen Âge au cœur de la renaissance des échanges commerciaux. Elles ont été aussi des espaces de liberté. Gênes et Bruges, à partir du XVe, ont repris le flambeau. À partir du XVIIe siècle, Genève et plus globalement la Suisse sont devenues des lieux prisés pour leur liberté et leur sécurité. Bien plus près de nous, Beyrouth, au Moyen-Orient, dans les années 1960/1970, avait acquis un statut de ville financière et de rencontre des cultures. En Asie, Singapour a, à partir des années 1980, joué également un rôle d’aimant économique et financier. Depuis quelques années, Dubaï et les Émirats arabes unis sont devenus « the place to be » pour placer et sécuriser des capitaux.
En moins de cinquante ans, Dubaï est passé d’un port marchand régional à l’un des nœuds financiers les plus dynamiques du monde. Elle est ainsi la première place du Moyen-Orient devant Bahreïn et Riyad. Le virage financier a été décidé dans les années 1990 puis consolidé avec la création du Dubaï International Financial Centre (DIFC) en 2004, zone financière extraterritoriale opérant sous un droit anglo-saxon, indépendante du système juridique local.
Dubaï bénéficie d’un régime politique stable entretenant les meilleures relations possibles avec les États-Unis, l’Europe, la Chine et aussi la Russie. Dubaï est reconnu pour un niveau de sécurité intérieure élevé et pour sa faible criminalité. Le régime fiscal est compétitif avec l’absence d’impôt sur le revenu, un impôt sur les sociétés modéré (9 %) et une exonération totale dans la zone DIFC. Dubaï, grâce à ses atouts, accueille les fortunes du Golfe, les élites indiennes, pakistanaises et africaines, les familles russes ou chinoises et de plus en plus les familles européennes. La confidentialité, la stabilité juridique du DIFC et l’absence d’impôt favorisent cette croissance. Selon Henley & Partners, un cabinet de conseil en immigration britannique, les Émirats seront la première destination des grandes fortunes en 2025, avec 9 800 arrivées anticipées, cumulant 63 milliards de dollars d’actifs. C’est plus que les États-Unis (7 500 pour 43,7 milliards), la Suisse (3 000 totalisant 16,8 milliards) et très loin devant Singapour et Hong Kong. Plus de 130 500 millionnaires se sont déjà installés aux Émirats, dont 81 000 à Dubaï. Parmi eux, 28 milliardaires, soit une hausse de 98 % en dix ans. Dubaï devrait supplanter Paris avec ses 160 100 millionnaires et 22 milliardaires. Les grandes familles privilégient Dubaï car elles peuvent facilement s’y installer. La réglementation y est plus souple qu’à Genève, Singapour ou Hong Kong. En outre, la ville offre toutes les commodités qu’attendent les personnes aisées (services haut de gamme, système de santé performant, loisirs, centres commerciaux, boutiques de luxe). L’aéroport international permet de se rendre dans toutes les capitales du monde en utilisant notamment Emirates, figurant parmi les meilleures compagnies du monde.
Dubaï ambitionne d’être la capitale mondiale de la finance islamique, en concurrence avec Kuala Lumpur. Les autorités entendent également faire de leur ville un centre d’accueil des fintechs afin de développer le marché des crypto-actifs. De nombreux acteurs de la crypto quittent Hong Kong ou Londres pour s’y implanter. Plus de 8 000 établissements financiers sont présents à Dubaï au sein du DIFC, employant 48 000 collaborateurs. Vingt-sept des 29 banques systémiques mondiales y ont établi des bureaux, dont cinq des plus grandes banques chinoises, tandis que JP Morgan, Goldman Sachs ou encore HSBC et BlackRock ont notamment choisi la ville du golfe Persique. En dix ans, la taille des actifs bancaires a augmenté de 200 %, à 240 milliards de dollars. Le DIFC est également devenu un véritable hub de réassurance pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud.
Dubaï n’est pas sans faiblesses. Son essor rapide, de nature spéculative, l’expose à des corrections, que ce soit sur le plan financier ou immobilier. Le marché financier est peu profond, avec peu d’entreprises locales cotées. Le risque de réputation demeure avec les problèmes de blanchiment et de capitaux non transparents. Le GAFI avait placé les Émirats un temps sous surveillance avec une inscription sur la liste grise 2022–2024. Depuis, cette inscription a été levée, mais la menace demeure. Le ministère de l’Intérieur des Émirats a déclaré avoir traité 521 affaires de blanchiment d’argent ces dernières années, en collaboration avec des organismes internationaux. Plus d’un milliard de dollars ont été saisis. Pour se distinguer des purs paradis offshore, Dubaï a instauré en 2023 une faible taxe sur les entreprises, en plus d’une TVA de 5 %. Aujourd’hui, être qualifié de paradis fiscal n’est pas porteur en premier lieu pour les grandes fortunes.
Dubaï n’a pas vocation à remplacer New York ou Londres, mais elle s’impose comme une place financière internationale de premier plan, au même titre que Singapour. Au niveau des places financières, Dubaï occupe déjà la 11e place, Paris étant 18e.
L’ascension de Dubaï repose sur une stratégie mêlant stabilité politique, innovation juridique et ouverture internationale ? Si la cité du Golfe demeure exposée à certains risques structurels, elle n’en continue pas moins d’attirer talents et capitaux à un rythme inédit. Elle s’affirme désormais comme un maillon incontournable de la géographie financière du XXIe siècle marqué par l’émergence des fortunes dans les pays du Sud et par la mobilité du capital.
Le Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO), dans son rapport sur l’imposition du patrimoine publié le 1ᵉʳ décembre 2025, souligne la progression du montant des patrimoines, liée au vieillissement démographique et à la forte valorisation des actifs immobiliers et financiers enregistrée ces dernières années. Le patrimoine net des ménages représentait six fois leur revenu disponible en 2021, contre 4,5 fois en 2000.
La France connaît une concentration du patrimoine plus faible que dans plusieurs pays de l’OCDE : le décile le plus aisé détient 60 % de la richesse nationale et le 1 % le plus riche en détient 27 %, contre respectivement 70 % et 35 % aux États-Unis.
Une fiscalité pesante et inéquitable
L’imposition du patrimoine est, en France, relativement élevée par rapport à celle constatée dans l’OCDE. Elle s’est élevée à 113,2 milliards d’euros en 2024 et progresse légèrement plus vite que la valeur du patrimoine depuis trente ans.
L’imposition de la détention et de la transmission du patrimoine (64,3 milliards d’euros) représente 0,4 % du patrimoine total des ménages, tandis que l’imposition des revenus du patrimoine (48,9 milliards d’euros) équivaut à 11,6 % de ces revenus.
Le CPO souligne, à juste titre, que la fiscalité du patrimoine est à la fois lourde et inéquitable. Son poids varie fortement selon la structure des actifs détenus et les possibilités d’optimisation auxquelles seuls certains ménages ont accès.
Pour une fiscalité plus neutre
Le Cercle de l’Épargne défend un principe simple : une fiscalité reposant sur une assiette large, comportant le moins d’exonérations et d’abattements possible, associée à des taux faibles.
L’objectif est de promouvoir une fiscalité neutre sur le plan économique, limitant les stratégies d’optimisation et favorisant une allocation efficiente du capital.
Le CPO relance, dans le prolongement du débat parlementaire, la discussion sur la taxation des hauts revenus et des hauts patrimoines. Il souligne la nécessité d’une meilleure appréhension des revenus économiques et du patrimoine réellement détenu par les ménages les plus aisés. L’instauration de dispositifs différentiels et une réflexion européenne sur la taxation des bénéfices remontant aux holdings sont évoquées.
Des droits de succession à revoir
En France, plus de 50 % des successions sont exonérées de droits. Comme souvent dans le système fiscal français, les ménages modestes sont totalement exonérés tandis que les ménages aisés bénéficient de régimes dérogatoires (pacte Dutreil, holdings familiales).
Le CPO propose de limiter certaines niches fiscales, notamment le pacte Dutreil, sans pour autant recommander une refonte complète des droits de succession. Il préconise de moderniser le barème des droits de mutation à titre gratuit afin de tenir compte de l’évolution des structures familiales. Il suggère également une réduction modérée des taux actuels — réduction qui pourrait être plus significative pour rapprocher la France des pratiques observées à l’étranger.
Plus-values immobilières : vers une imposition générale avec indexation sur l’inflation
Les abattements pour durée de détention sur les résidences secondaires, qui aboutissent à une exonération totale au bout de trente ans, contribuent à figer le marché et encouragent certains ménages à requalifier abusivement un bien en résidence principale au moment de la vente.
L’abandon de ces abattements, compensé par une indexation du prix d’achat sur l’inflation, constituerait un progrès. À cet égard, un indice spécifique lié à l’immobilier — par exemple l’indice du coût de la construction — pourrait être retenu.
Se pose également, dans une logique de neutralité économique, la question de l’imposition des plus-values sur les résidences principales afin d’éviter les distorsions actuelles.
Assurance vie : pourquoi toucher à ce qui fonctionne ?
42 % des ménages disposent d’un contrat d’assurance vie, principal outil d’épargne longue en France. À ce titre, elle bénéficie, comme le PEA ou le Plan d’Épargne Retraite, d’un régime fiscal spécifique. L’assurance vie permet en outre de désigner librement des bénéficiaires, parfois en dehors des règles successorales classiques, évitant des droits pouvant atteindre 60 %.
Le CPO propose de remettre en question cet avantage dérogatoire, qui résulte largement du niveau élevé des droits de succession en France. Toute réforme en ce sens supposerait au préalable une véritable décrue des droits de succession pour ne pas désorganiser l’épargne longue.
Un rapport utile au débat sur la fiscalité du patrimoine
Le rapport du Conseil des Prélèvements Obligatoires a le mérite de couvrir l’ensemble du champ de la fiscalité patrimoniale : taxe foncière, épargne réglementée, plus-values immobilières, transmission d’entreprise, assurance vie, pacte Dutreil, etc. Cette fiscalité se caractérise aujourd’hui par une complexité rare et une cohérence économique limitée. Elle finance de nombreuses collectivités — État, départements, communes — ce qui rend toute réforme difficile.
Une modernisation est pourtant indispensable, à la fois pour éviter une concentration excessive du capital, améliorer la lisibilité du système et renforcer l’efficience économique du patrimoine des ménages.

Aux États-Unis, la semaine boursière a été réduite en raison de la fête de Thanksgiving, jeudi 27 novembre (pas de cotation), et du Black Friday (fermeture anticipée de Wall Street).
Après plusieurs semaines de doutes sur la rentabilité future de l’Intelligence artificielle (IA), les marchés actions ont rebondi à la fin du mois de novembre. Sur la dernière semaine, le Nasdaq a gagné près de 5 %. À l’approche du mois de décembre, la question traditionnelle se pose : les marchés connaîtront-ils un « rally » de fin d’année, permettant à Wall Street d’aller battre des records et au CAC 40 de revenir au contact de son pic à 8 314,33 points du 13 novembre dernier ? Signe de cet attrait retrouvé pour les actifs risqués, le bitcoin reprend de la hauteur, à plus de 91 000 dollars, tandis que l’ether franchit de nouveau le seuil des 3 000 dollars. En un mois, le bitcoin a néanmoins perdu 20 % de sa valeur.
Sur l’ensemble du mois de novembre, les indices actions ont fait du surplace. Le ralentissement de la croissance américaine commence à se faire sentir. En Europe, les incertitudes demeurent élevées. Les probabilités d’une prochaine baisse des taux directeurs de la Fed ont augmenté au cours de la semaine. Une diminution de 25 points de base des Fed funds à l’issue de la réunion des 9 et 10 décembre semble se profiler. Le gouverneur Stephen Miran, nommé par Donald Trump, n’a pas hésité à établir un lien direct entre la détérioration du marché du travail et la politique monétaire actuelle : « Il faut reconnaître que le taux de chômage a augmenté, et cela est dû à une politique monétaire trop restrictive ».
L’once d’or s’est rapprochée, à la fin du mois de novembre (4 219 dollars), de son record (4 381 dollars), témoignant de la persistance des inquiétudes à l’échelle mondiale. L’évolution de la situation aux États-Unis incite toujours les banques centrales et les investisseurs à acheter du métal précieux.
Le pétrole reste stable autour de 63 dollars, le ralentissement de la croissance mondiale pesant sur la demande. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) « devrait réitérer son intention de suspendre les augmentations de production » au premier trimestre 2026, à l’occasion de sa réunion ministérielle prévue le 30 novembre. En novembre, l’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres du cartel avaient déjà annoncé une pause dans la hausse des quotas menée depuis le mois d’avril, et qui avait largement contribué à accroître l’offre de brut sur le marché.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 28 nov. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 122,71 | +2,05 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 47 716,42 | +4,29% | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 849,09 | +4,75 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 365,69 | +5 ,83 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 836,79 | +3,19 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 720,51 | +1,90 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 668,17 | +2,78 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 50 253,91 | +3,18 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 888,60 | -1,30 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,413 % | -+0,060 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,687 % | -0,012 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,024 % | -0,051 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1604 | +0,15 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 219,29 | +3,67 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 63,10 | +1,06 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 91 166,70 | +7,72 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
L’assurance vie est le placement de l’année. Le produit connaît une indéniable seconde jeunesse après avoir traversé un trou d’air durant la période des taux d’intérêt négatifs, qui avaient handicapé tout particulièrement les fonds en euros. La baisse du rendement du Livret A, comme celle des dépôts à terme, favorise le retour en grâce de l’assurance vie, qui n’a pas pâti du débat sur l’éventuelle introduction d’un impôt sur la fortune improductive visant en particulier les fonds en euros.
Une collecte nette record en octobre !
Si le Livret A est en berne, avec deux décollectes successives, l’assurance vie connaît un automne radieux avec une pluie de records. La collecte nette, en octobre, a été de 5,1 milliards d’euros, contre 3 milliards d’euros pour le même mois d’octobre 2024. Il s’agit de la plus forte collecte pour un mois d’octobre depuis 2009 (début des statistiques de France Assureurs).
La plus forte collecte nette en octobre datait jusqu’à présent de 2009 (4,235 milliards d’euros). La collecte nette version 2025 est plus de trois fois supérieure à la moyenne de ces dix dernières années.
La collecte nette est portée par les deux piliers de l’assurance vie : les fonds en euros (+1,1 milliard d’euros) et les unités de compte (+4 milliards d’euros).
Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint 44,7 milliards d’euros, supérieure de +21,0 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Cette collecte nette est positive de 8,6 milliards d’euros pour les fonds en euros et de 36,1 milliards d’euros pour les unités de compte.
Des cotisations brutes en plein essor
Les cotisations brutes battent, en octobre, un nouveau record avec 17,1 milliards d’euros. La progression concerne à la fois les supports en euros (+12 %) et ceux en unités de compte (UC, +16 %). Depuis le début de l’année, les cotisations s’élèvent à 160,3 milliards d’euros, en hausse de 10 % par rapport aux dix premiers mois de l’année 2024.
Avec la bonne tenue des marchés financiers, les unités de compte enregistrent, sur les dix premiers mois de l’année, une augmentation de 13 %, les fonds en euros progressant de 8 %.
La part des cotisations en UC dans la collecte brute est de 40 % sur le mois de septembre et de 38 % depuis le début de l’année, comme pour l’ensemble de l’année 2024 (38 %).
Des prestations stables
Les prestations se sont élevées en octobre à 12,0 milliards d’euros. Elles sont stables par rapport à octobre 2024.
Depuis le début de l’année, les prestations, à 115,6 milliards d’euros, ont reculé de −6 % en raison de la diminution des rachats en fonds en euros. La compétitivité retrouvée des fonds euros explique cette évolution. Les assurés réalisent moins de rachats. En 2022 et 2023, ils avaient réduit leur exposition aux fonds euros en privilégiant l’épargne réglementée et les dépôts à terme. Le faible niveau des transactions immobilières réduit également le niveau des rachats.
Un encours de 2 100 milliards d’euros
Avec la valorisation des valeurs de marché et la forte collecte nette, l’encours est en hausse marquée sur un an.
L’encours atteint 2 100 milliards d’euros à fin octobre 2025, en hausse de +6,5 % sur un an.
Une fin d’année sur les chapeaux de roues
L’hypothèque de l’impôt sur la fortune improductive étant en grande partie levée, l’assurance vie devrait continuer de surfer sur les bons résultats d’ici la fin de l’année. La collecte nette pourrait s’établir à plus de 50 milliards d’euros en 2025. Il faut remonter à 2010 pour retrouver un tel niveau.
Depuis le début de l’année, les ménages réorientent leur effort d’épargne, qui demeure soutenu. Ils réduisent leurs versements sur les produits d’épargne réglementée et réaffectent une partie de leurs liquidités précédemment placées sur les dépôts à terme, dont l’encours a reculé d’une vingtaine de milliards d’euros. Le rendement des fonds euros pour 2025 devrait se situer autour de 2,6 % ce qui garantit un avantage comparatif par rapport au Livret A, aux livrets A et aux dépôts à terme.
Annexes

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs
Contact presse :
La Bourse de Paris a évolué cette semaine au gré des interrogations concernant les valorisations excessives des entreprises de la tech américaine. Les bons résultats de Nvidia, le fabricant de microprocesseurs pour l’intelligence artificielle (IA), n’ont pas complètement rassuré les investisseurs.
« Nous entrons dans une phase plus mature du cycle d’investissement, ce qui pourrait entraîner un examen plus approfondi de la part des investisseurs », a déclaré Emmanuel Cau, responsable de la stratégie actions européennes chez Barclays.
Sur la semaine, le recul du CAC 40 a atteint plus de 2 %. L’indice parisien est repassé sous les 8 000 points. Tous les grands indices ont reculé : le Nasdaq a abandonné plus de 2 %. Le bitcoin a suivi le mouvement, son cours étant corrélé à celui du Nasdaq. Il s’échangeait vendredi 21 décembre sous les 90 000 dollars, en baisse de plus de 10 % sur la semaine.
Les doutes sur les valorisations des entreprises investies dans l’IA commencent à se concrétiser, d’autant plus que la fin de l’année approche. La réédition d’un krach sur le modèle de celui de l’an 2000, lors de l’éclatement de la bulle Internet, n’est toutefois pas le scénario le plus probable. En effet, le marché est aujourd’hui dominé par de très grandes sociétés – Amazon, Microsoft, Nvidia, etc. – capables d’affronter une tempête boursière grâce à l’ampleur de leur chiffre d’affaires et de leurs bénéfices, ce qui n’était pas le cas au début du siècle pour la multitude de start-up cotées.
Le cours du pétrole a, de son côté, reculé ces derniers jours en raison de la présentation du plan de Donald Trump pour la paix en Ukraine et de l’annonce, vendredi 21 décembre, par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, de sa volonté d’en discuter avec ce dernier. L’augmentation des stocks de brut aux États-Unis a également contribué à la détente des prix sur les marchés pétroliers. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés a augmenté sa production depuis le mois d’avril, faisant croître l’offre bien plus rapidement que la demande, laquelle est pénalisée par le ralentissement de la croissance aux États-Unis.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 21 nov. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 982,65 | -2,29 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 46 245,41 | -1,87 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 602,99 | -1,24 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 273,08 | -2,14 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 091,87 | -3,29 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 539,71 | -1,64 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 515,09 | -3,14 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 48 625,88 | -4,36 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 834,89 | -4,19 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,473 % | +0,014 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,699 % | -0,021 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,075 % | -0,066 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1505 | -0,63 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 082,62 | -0,79 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 62,31 | -2,97 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 83 715,23 | -11,65 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Au deuxième trimestre 2025, le patrimoine des ménages a, selon la Banque de France, atteint près de 6 500 milliards d’euros. Les produits de taux représentaient près de 3 900 milliards d’euros et les produits de fonds propres environ 2 500 milliards d’euros.
Le flux d’épargne brute des ménages a été en hausse au deuxième trimestre, tandis que l’endettement ne progresse plus significativement. Ce flux s’est élevé à 33 milliards d’euros. L’essentiel de ces placements se concentre sur l’assurance-vie et les droits à pension, ainsi que sur l’acquisition indirecte d’actions et de titres de créance via des OPC.
Les premières données couvrant les principaux placements financiers des ménages pour le troisième trimestre 2025 indiquent une nouvelle décollecte sur les livrets d’épargne réglementée, ainsi qu’une stabilité des placements en numéraire et sous forme de dépôts auprès des banques. S’agissant de l’assurance-vie et des droits à pension, la collecte demeure dynamique.
Le taux d’épargne financière de la France dépasse pour la première fois en plus de dix ans celui de l’Allemagne. Il était supérieur à 10,5 % du revenu disponible brut au 2ème trimestre 2025.
La Commission européenne, dans le cadre de l’Union de l’épargne et de l’investissement, entend favoriser les fonds de pension. Elle souhaite ainsi garantir « un bon niveau de vie à la retraite, tout en libérant de nouveaux financements pour l’économie ». Aujourd’hui, au sein de l’Union, seulement 20 % des actifs sont adhérents à un régime professionnel d’épargne retraite et 18 % détiennent un produit personnel.
Pour inverser la tendance, la Commission préconise aux États membres de développer des systèmes de suivi des retraites permettant aux citoyens de visualiser l’ensemble de leurs droits à pension, afin d’améliorer la transparence et de les aider à prendre des décisions éclairées, sur le modèle de ce qui existe notamment en France.
Elle demande également aux États membres de développer des tableaux de bord donnant un aperçu de la viabilité et de l’adéquation des systèmes de pension nationaux (couverture, cotisations, revenus de retraite des différents groupes de population…). La Commission propose l’affiliation automatique aux régimes complémentaires des travailleurs. Les autorités européennes souhaitent également une réforme de la directive IORP II, qui régit les fonds de pension professionnels. Pour Bruxelles, la taille de nombreux régimes est insuffisante « pour diversifier leurs investissements et offrir des résultats optimaux aux épargnants ». La Commission propose donc de lever les obstacles à la consolidation du marché, en simplifiant les procédures transfrontalières et les règles de transfert.
La Commission souhaite également relancer le PEPP, le produit paneuropéen d’épargne retraite individuelle. Ce produit, créé en 2019 et censé être portable d’un pays à l’autre, demeure confidentiel, n’étant diffusé que dans quelques rares pays de l’Union. Par exemple, selon un article du Financial Times, au début de l’année 2025 : « seulement 4 747 utilisateurs et 11,5 millions d’euros d’encours » pour le PEPP. Le plafond de frais fixé à 1 % et l’obligation de conseil ont nui à son attractivité pour les fournisseurs et distributeurs. La réforme de la Commission introduit un « PEPP de base » simplifié, sans conseil obligatoire, investi à 95 % dans des actifs non complexes (actions, ETF). Les États devront offrir un traitement fiscal comparable à celui des produits nationaux de retraite, éliminant ainsi la distorsion de concurrence qui pénalisait le PEPP.
e 3 décembre prochain, la Commission européenne présentera un projet destiné à transformer l’architecture de la supervision des marchés financiers de l’Union européenne. Avec ce projet, les acteurs financiers les plus importants d’Europe seraient supervisés par l’ESMA, l’autorité européenne des marchés financiers basée à Paris.
L’ESMA aurait ainsi la supervision directe de toutes les plateformes de cryptoactifs et des infrastructures de marché les plus importantes : grandes places boursières, chambres de compensation et dépositaires centraux. La Bourse de Francfort serait ainsi contrôlée par l’ESMA.
Pour les gestionnaires d’actifs, le projet est moins radical : l’ESMA ne les superviserait pas directement, tout en ayant le dernier mot en cas de litiges entre autorités nationales.
Pour assumer ces nouvelles missions, l’ESMA sera dotée d’un conseil exécutif indépendant qui prendra les décisions de supervision au quotidien.
Ce projet s’inscrit dans le programme d’élimination des barrières qui fragmentent le marché européen. Actuellement, l’Union européenne compte de nombreuses plateformes de négociation, chambres de compensation et sociétés de gestion d’actifs. Le marché des capitaux européen représente environ un quart de la taille de celui des États-Unis, avec beaucoup plus de participants. Il manque cruellement de profondeur et se caractérise par une grande complexité. Si la France est favorable à la création d’un grand marché des capitaux, le Luxembourg et l’Irlande, en particulier, y sont plus hostiles, car ils craignent une perte de leur attractivité financière.
La réforme rappelle celle de la supervision bancaire, centralisée à la BCE après 2008. Mais elle sera plus délicate, car l’orientation des gouvernements est aujourd’hui moins pro-européenne, et la situation politique actuelle n’incite guère aux concessions.
L’adoption du projet de la Commission suppose l’accord des États membres et du Parlement européen. La position de l’Allemagne sera déterminante. Traditionnellement réticente à la centralisation, Berlin envoie cependant des signaux contradictoires : le chancelier Friedrich Merz se déclare favorable au principe d’une Bourse unique européenne, tout en restant opposé à la supervision centralisée des cryptoactifs.
Le CAC a enregistré une deuxième semaine consécutive de baisse avec un recul de plus de 2 %. Les doutes s’amplifient quant à une possible survalorisation des valeurs technologiques américaines. A Wall Street, le Nasdaq a perdu plus de 3 % en cinq séances, emmenant à la baisse le bitcoin. Les investisseurs commencent à douter de la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle ce qui provoque une petite correction.
Les marchés sont fébriles également en raison de l’absence de statistiques américaines due au plus long shutdown de l’histoire des Etats-Unis. Faute d’éléments tangibles, une détente de la Fed en décembre n’est pas assurée, même si ce scénario est encore estimé à près de 70 %. Les investisseurs sont dans le brouillard, désorientés entre les avertissements contre l’inflation de plusieurs membres de la banque centrale et la montée des inquiétudes sur le marché du travail, les licenciements en octobre n’ayant jamais été aussi élevés pour un tel mois depuis 2003. Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, a dit elle-même qu’il n’est pas « évident que la politique monétaire doive en faire davantage à l’heure actuelle. »
Le moral des consommateurs américains est au plus bas, le shutdown alimentant l’anxiété selon l’indice de l’Université du Michigan. Cette dernière a indiqué que son indice de confiance des consommateurs est tombé à 50,3 ce mois-ci, son plus bas niveau depuis juin 2022, contre 53,6 en octobre. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une légère baisse à 53,2Cet indice a atteint son niveau le plus depuis trois ans et demi en novembre. Le blocage des administrations, le plus de long de l’histoire américaine provoque de nombreuses perturbations allant de la suspension des aides alimentaires à l’immobilisation de vols aériens. Cependant, l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan, confirment la polarisation de la société américaine, les ménages aisés s’en sortant quand ceux à faibles revenus sont contraints faute d’aide de revoir leur consommation à la baisse. Le moral s’est redressé parmi les détenteurs de portefeuilles boursiers conséquents, ce que l’Université du Michigan attribue à la « poursuite de la vigueur des marchés actions ». Cette dynamique d’économie à deux vitesses avait déjà été relevée la semaine dernière dans une enquête du Conference Board. La baisse du moral concerne aussi bien les consommateurs se déclarant Démocrates, Républicains ou Indépendants, et touche toutes les tranches d’âge et de revenus, à l’exception de celles détenant le tiers le plus élevé d’actions en bourse.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 7 nov. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 950,18 | -2,13 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 46 987,10 | -1,21 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 728,80 | -1,63 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 004,54 | -3,04 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 569,96 | -1,68 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 682,57 | -0,38 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 566,530 | -1,67 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 50 276,37 | +0,11 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 997,56 | +0,23 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,462 % | +0,043 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,665 % | +0,034 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,070 % | -0,022 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1580 | -0,61 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 000,88 | +2,01 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 63,49 | -2,26 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 102 224,74 | -7,71 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Ce mardi 21 octobre, le CAC 40 a battu un record en clôture, à 8 258,86 points, dépassant le niveau atteint le 15 mai 2024, avant la dissolution de l’Assemblée. Il aura fallu près d’un an et demi pour effacer le choc alors subi, sachant que les autres indices européens et américains ont connu entre-temps une forte hausse ; ces derniers ont également battu des records cette semaine.
Le nouveau record du CAC 40 intervient juste après une nouvelle crise politique et la dégradation de la note de la France par l’agence S&P. La discussion budgétaire chaotique aurait pu, elle aussi, refroidir les ardeurs des investisseurs. Tel n’a pas été le cas. Ces derniers avaient largement anticipé la situation. Les considérations politiques ont été mises de côté au profit de considérations économiques et financières. Depuis le début de l’année, les marchés boursiers sont portés par les avancées en matière d’intelligence artificielle et par l’éventuelle amélioration de la productivité qu’elle pourrait engendrer. La reprise de la baisse des taux directeurs de la part de la Banque centrale américaine constitue un autre vecteur de croissance pour les marchés d’actions. Les valeurs boursières profitent, en outre, de la publication des résultats trimestriels des entreprises, supérieurs aux attentes.
Le CAC 40, s’il est influencé par le contexte national, obéit aussi aux grandes tendances de l’économie mondiale. Entre 75 % et 80 % des revenus des sociétés du CAC 40 sont réalisés à l’étranger. Seulement 8 % du chiffre d’affaires de LVMH est réalisé en France, contre environ 27 % en Asie (hors Japon) et 25 % aux États-Unis. Malgré tout, le CAC 40 est loin d’avoir comblé son retard sur ses homologues : depuis le 1er janvier, il n’a progressé que de 10 %, contre plus de 20 % pour le DAX allemand. Avec les derniers soubresauts liés à la discussion budgétaire, le CAC 40 est resté stable vendredi, tandis que les grands indices américains et le DAX atteignaient de nouveaux records. Dès le début de l’examen en séance publique du budget, les menaces de dépôt de motions de censure se sont multipliées. Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a réclamé des mesures de justice fiscale (taxe Zucman, ISF climatique, etc.). Le Parti socialiste tente de pousser son avantage, conscient que la survie du gouvernement dépend en partie de sa position.
Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation a été publié ce vendredi après-midi, avec près de dix jours de retard par rapport au calendrier initial, en raison du shutdown de l’État fédéral. L’inflation a augmenté de 0,3 % le mois dernier et de 3 % sur un an. Le consensus établi par Bloomberg tablait sur des hausses respectives de 0,4 % et 3,1 %. Hors alimentation et énergie, la hausse est de 0,2 % sur un mois, contre +0,3 % attendu, et de 3 % sur un an, contre 3,1 % attendu. Des chiffres qui ne changent pas la donne à une semaine de la décision monétaire de la Réserve fédérale. Une détente des taux d’intérêt d’un quart de point est attendue en octobre.
Depuis plusieurs semaines, le cours du baril de pétrole évoluait autour de 60 dollars. Les annonces de nouvelles sanctions prises par les États-Unis contre la Russie ont provoqué une hausse de plus de 5 dollars du baril. C’est la première fois que les exportations de pétrole russes sont directement visées par Washington, qui a placé les deux compagnies pétrolières russes Lukoil et Rosneft sur liste noire. Tous les actifs de ces compagnies aux États-Unis sont désormais gelés, et les entreprises américaines n’ont plus le droit de réaliser des affaires avec elles. Or, ces deux géants représentent l’essentiel des exportations de brut russe.
L’Union européenne a également décidé un nouveau train de sanctions, dont certaines visent la flotte fantôme de pétroliers russes. Cette flotte permet à la Russie de continuer à exporter son pétrole brut malgré les interdictions. Selon Emmanuel Macron, cette flotte parallèle permet à Moscou de financer 30 % à 40 % de son effort de guerre contre l’Ukraine.
La Russie demeure un acteur majeur du marché pétrolier. Avec environ 12 % de la production mondiale, elle est le troisième producteur mondial, derrière les États-Unis et l’Arabie saoudite. Les sanctions décidées par les États-Unis et l’Union européenne interviennent dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale, avec des prix du pétrole plutôt orientés à la baisse. Dans ce cadre, les tensions sur le marché pétrolier pourraient n’être qu’éphémères.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 24 oct. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 225,63 | +0,39 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 47 207,12 | +2,35 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 791,69 | +2,02 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 204,87 | +2,49 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 243,97 | +1,73 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 638,58 | +2,94 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 674,50 | +1,20 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 49 299,65 | +5,23 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 950,31 | +2,12 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,434% | +0,074 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,626 % | +0,045 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,001 % | -0,009 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1623 | +0,23 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 128,98 | -0,36 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 66,61 | +8,86 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 110 205,93 | -5,86 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
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