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Les valeurs « actions » ont été à la fête en février, portées par les bons résultats des entreprises. La décision de la Cour suprême d’annuler les droits réciproques de Donald Trump a joué également favorablement, même si celui-ci a institué dans la foulée des droits de 10 %. L’Europe et l’Asie deviennent plus attractives pour les investisseurs avec des performances boursières remarquables depuis le début de l’année.
Les valeurs technologiques américaines en souffrance
Les valeurs technologiques américaines ont continué leur repli au profit de leurs homologues japonaises ou coréennes. Le Nasdaq Composite, à forte connotation technologique, a perdu plus de 5 % sur un mois, sa plus grosse contreperformance en près d’un an. En revanche, en février, l’indice des grandes valeurs japonaises, le Nikkei, a progressé de plus de 11 %, portant la hausse à plus de 50 % sur un an. De son côté, l’indice coréen a gagné plus de 22 % en février et près de 140 % en un an. Le recul des valeurs américaines de la technologie est imputable aux doutes croissants sur la viabilité financière des investissements réalisés ou projetés pour le développement de l’intelligence artificielle.
Les valeurs européennes ont la cote
Le CAC 40, de son côté, a gagné en un mois plus de 5 %. Il signe sa meilleure performance depuis le bond de 7,7 % qui avait été enregistré en janvier 2025, il y a plus d’un an. Le CAC 40 a battu de nouveaux records cette semaine, le dernier datant de la séance du jeudi 26 février, à 8 642,23 points. Au mois de février, si les indices américains ont reculé, ceux de la vieille Europe ont poursuivi leur marche en avant.
L’inflation américaine en hausse
Les indices actions ont été affectés le vendredi 27 février par la publication de l’indice américain des prix à la production. Il a augmenté de 0,5 % en janvier, soit sa plus forte hausse depuis septembre. C’est deux dixièmes de point de plus que prévu. À +0,8 %, l’indice qui exclut l’alimentation et l’énergie, éléments les plus volatils, enregistre de son côté sa plus forte progression depuis juillet. Sur un an, l’indice global affiche une hausse de 2,9 %, contre 2,6 % attendus, et l’indice core a accéléré à 3,6 % quand le consensus Bloomberg tablait sur un ralentissement à 3 %, après les 3,3 % enregistrés en décembre. Cela semble prouver que la hausse des droits de douane se répercute progressivement sur les prix à la consommation. Dans ce contexte, la Réserve fédérale ne pourra guère baisser, dans les prochains mois, ses taux directeurs.
Le pétrole toujours sous la pression des tensions américani-iraniennes
Le baril de pétrole Brent a gagné près de 8 % sur un mois et s’échange, fin février, contre plus de 70 dollars. Cette hausse est imputable aux tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran.
Le bitcoin en chute libre
Le bitcoin a perdu un quart de sa valeur en février. Le premier des cryptoactifs fait notamment les frais des doutes naissants sur la rentabilité des investissements réalisés pour l’IA. Après avoir battu un record historique, début octobre, à 126 251 dollars, le bitcoin a amorcé une baisse. Il a perdu 50 % de sa valeur depuis son pic. Cette chute du bitcoin souligne que son prix demeure lié à des anticipations spéculatives.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 27 février 2026 | Évolution sur une semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 580,75 | +1,04 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 48 977,92 | -1,47 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 878,88 | -0,56 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 668,21 | -1,27 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 25 312,11 | +0,18 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 910,55 | +2,21 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 138,41 | +0,40 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 58 850,27 | +4,04 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 162,88 | +0,84 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,218 % | -0,084 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,646 % | -0,093 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +3,968 % | -0,128 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1823 | -0,23 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 5 233,21 | +7,26 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 72,48 | +1,52 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 65 460,0923 | -2,83 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
| 27 janvier 2026 | Variation mensuelle février 2026 (en %) | Variation sur un an (en %) | 31 décembre 2025 | 31 décembre 2024 | |
| CAC40 | 8 580,75 | +5,54 | +6,19 | 8 149,50 | 7 380,74 |
| DAXX | 25 312,11 | +1,66 | +12,36 | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 | 10 910,55 | +7,0° | +24,74 | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 138,41 | +3,46 | +12,35 | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Dow Jones | 48 977,92 | -0,22 | +13,889 | 48 220,13 | 42 544,22 |
| Nasdaq Composite | 22 668,21 | -5,13 | +21,84 | 23 372,75 | 19 310,79 |
| S&P 500 | 6 878,88 | -1,55 | +17,22 | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nikkei | 58 850,27 | +11,28 | +51,77 | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 162,88 | +1,19 | +24,05 | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Euro/dollar | 1,1823 | -0,51 | +12,91 | 1,1735 | 1,0380 |
| Once d’or (USD) | 5 233,21 | +4,44 | +77,23 | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Pétrole Brent (USD) | 72,48 | +7,59 | -1,46 | 61,23 | 74,30 |
| Bitcoin (USD) | 65 460,0923 | -25,87 | -21,72 | 87 566,4406 | 93 776,61 |
Le taux d’épargne des ménages a, en France, atteint, selon l’INSEE, 18,3 % du revenu disponible brut en 2025, en hausse de 0,1 point par rapport à 2024. Il faut remonter à 1979 pour retrouver un taux équivalent (hors période Covid). Le taux d’épargne financière s’est élevé, de son côté, à 9,1 %, le taux le plus élevé (hors covid) constaté depuis 1950 (début de la série de l’INSEE).
Trois facteurs expliquent ce taux élevé :

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Le haut niveau de l’épargne financière en 2025 a profité avant tout à l’assurance vie, qui a enregistré une collecte nette de 50,6 milliards d’euros, quand le Livret A a connu une décollecte de 2,1 milliards d’euros.
La préférence donnée à l’assurance vie s’explique par un effet de rendement absolu et relatif. Les rendements de l’épargne réglementée et de court terme (dépôts à terme, livrets bancaires) sont en baisse, quand celui des fonds euros est en légère hausse. Les rendements 2025 des fonds euros tournent autour de 2,7 %. Certains fonds sont rémunérés à 3,5 %. Des compagnies continuent à proposer des taux boostés (avec un total pouvant atteindre 4,5 %). La bonne tenue des marchés financiers a porté la collecte des unités de compte (40 % de la collecte totale). En un an, de février 2025 à février 2026, le taux du Livret A a été divisé par deux.
L’épargne française, même si elle demeure toujours majoritairement investie sur des produits de taux, contribue un peu plus que dans le passé au financement des entreprises.
Une fin d’année un peu moins favorable à l’épargne
Les ménages ont légèrement augmenté leurs dépenses de consommation au dernier trimestre et, compte tenu de l’érosion de leur pouvoir d’achat, ils ont été conduits à diminuer leur effort d’épargne. En effet, la consommation des ménages a progressé, lors des trois derniers mois de l’année, de 0,4 %, quand le pouvoir d’achat de ces derniers diminuait de 0,3 %. Dans ces conditions, le taux d’épargne passe de 18,3 à 17,9 % du revenu disponible brut.
Une année 2026 incertaine
Le taux d’épargne pourrait être amené à baisser légèrement en 2026. La diminution des rendements de l’épargne de court terme pèsera sur les flux d’épargne. Les ménages pourraient consommer un peu plus. Après avoir reporté des achats importants ces dernières années (voiture, équipement de la maison), ils pourraient décider de les réaliser. La faible inflation constitue un facteur traditionnel de baisse de l’épargne. Les incertitudes demeurent, en revanche, importantes, avec le maintien de tensions géopolitiques, le niveau élevé du déficit public et la remontée du chômage. Ces incertitudes incitent les ménages à conserver un fort volant d’épargne de précaution. Par ailleurs, le facteur lié au vieillissement démographique devrait continuer à porter l’épargne. Le taux d’épargne devrait, dans ce contexte, se situer autour de 17,5 % du revenu disponible brut.
2025 : une année record pour l’épargne financière
Le taux d’épargne des ménages a, en France, atteint, selon l’INSEE, 18,3 % du revenu disponible brut en 2025, en hausse de 0,1 point par rapport à 2024. Il faut remonter à 1979 pour retrouver un taux équivalent (hors période Covid). Le taux d’épargne financière s’est élevé, de son côté, à 9,1 %, le taux le plus élevé (hors covid) constaté depuis 1950 (début de la série de l’INSEE).
Trois facteurs expliquent ce taux élevé :
• La succession des chocs : Covid-19, guerre en Ukraine, guerre à Gaza, vague inflationniste, crise politique en France, retour de Donald Trump, etc. Les ménages maintiennent depuis cinq ans une forte épargne de précaution ;
• Le vieillissement démographique. Plus une population est âgée, plus elle épargne. Les doutes sur la pérennité du système de retraite tendent à accroître l’épargne ;
• Les bons rendements de l’épargne ces dernières années. Les Français capitalisent et consomment peu les gains issus de leurs placements, à la différence des Américains. De ce fait, le réemploi des gains augmente naturellement le taux d’épargne financière.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Le haut niveau de l’épargne financière en 2025 a profité avant tout à l’assurance vie, qui a enregistré une collecte nette de 50,6 milliards d’euros, quand le Livret A a connu une décollecte de 2,1 milliards d’euros.
La préférence donnée à l’assurance vie s’explique par un effet de rendement absolu et relatif. Les rendements de l’épargne réglementée et de court terme (dépôts à terme, livrets bancaires) sont en baisse, quand celui des fonds euros est en légère hausse. Les rendements 2025 des fonds euros tournent autour de 2,7 %. Certains fonds sont rémunérés à 3,5 %. Des compagnies continuent à proposer des taux boostés (avec un total pouvant atteindre 4,5 %). La bonne tenue des marchés financiers a porté la collecte des unités de compte (40 % de la collecte totale). En un an, de février 2025 à février 2026, le taux du Livret A a été divisé par deux.
L’épargne française, même si elle demeure toujours majoritairement investie sur des produits de taux, contribue un peu plus que dans le passé au financement des entreprises.
Une fin d’année un peu moins favorable à l’épargne
Les ménages ont légèrement augmenté leurs dépenses de consommation au dernier trimestre et, compte tenu de l’érosion de leur pouvoir d’achat, ils ont été conduits à diminuer leur effort d’épargne. En effet, la consommation des ménages a progressé, lors des trois derniers mois de l’année, de 0,4 %, quand le pouvoir d’achat de ces derniers diminuait de 0,3 %. Dans ces conditions, le taux d’épargne passe de 18,3 à 17,9 % du revenu disponible brut.
Une année 2026 incertaine
Le taux d’épargne pourrait être amené à baisser légèrement en 2026. La diminution des rendements de l’épargne de court terme pèsera sur les flux d’épargne. Les ménages pourraient consommer un peu plus. Après avoir reporté des achats importants ces dernières années (voiture, équipement de la maison), ils pourraient décider de les réaliser. La faible inflation constitue un facteur traditionnel de baisse de l’épargne. Les incertitudes demeurent, en revanche, importantes, avec le maintien de tensions géopolitiques, le niveau élevé du déficit public et la remontée du chômage. Ces incertitudes incitent les ménages à conserver un fort volant d’épargne de précaution. Par ailleurs, le facteur lié au vieillissement démographique devrait continuer à porter l’épargne. Le taux d’épargne devrait, dans ce contexte, se situer autour de 17,5 % du revenu disponible brut.
La Cour suprême des États-Unis a jugé, vendredi 20 février, que le président avait outrepassé son autorité en imposant ses droits de douane « réciproques ». L’ensemble des tarifs mis en place en s’appuyant sur une déclaration d’urgence nationale est concerné. Selon la Cour, la loi IEEPA, qui a servi de fondement juridique aux mesures de relèvement de nombreux droits de douane, ne confère pas ce pouvoir au président. Six des neuf juges nommés à vie se sont joints à la décision, tandis que trois juges parmi les plus conservateurs s’y sont opposés. Les droits de douane « réciproques », qui ont rapporté plus de 75 milliards de dollars à l’État américain, sont ainsi supprimés. La Cour n’a pas indiqué la manière dont les remboursements des droits de douane versés devront être gérés. Donald Trump devra passer par d’autres voies pour relever les tarifs, notamment par le Congrès. Une course contre la montre s’engage, car les élections de mi-mandat se tiendront en novembre, et pourraient, en l’état actuel de l’opinion, être défavorables aux Républicains.
Le CAC 40 au-dessus des 8 500 points
Les investisseurs ont réagi favorablement à la décision de la Cour suprême, les principaux indices actions progressant après son annonce. Les valeurs des entreprises exportatrices vers les États-Unis (Pernod Ricard, Hermès, LVMH au sein du CAC 40) ont enregistré de fortes hausses. Le CAC 40, pour la première fois de son histoire, termine au-delà des 8 500 points (8 511,74). Sur la semaine, l’indice parisien a gagné près de 2,4 %.
Une croissance américaine décevante en fin d’année
La décision de la Cour suprême a éclipsé les mauvais résultats de l’économie américaine à la fin de l’année 2025. La croissance s’est élevée à 1,4 % en rythme annualisé au dernier trimestre, selon une première estimation, soit un taux deux fois inférieur à celui anticipé par le marché et très loin des 4,4 % enregistrés au troisième trimestre. L’activité a été freinée, au dernier trimestre, par un ralentissement de la consommation et par le shutdown de l’automne. Sur l’ensemble de l’année 2025, la première économie mondiale a progressé au rythme de 2,2 %, contre 2,8 % en 2024.
Côté inflation, la hausse des prix mesurée par l’indice PCE s’est accélérée plus que prévu, d’un dixième de point, avec un indice global à 2,9 % sur un an en décembre et à 3 % en données « core », c’est-à-dire hors alimentation et énergie. Ce contexte inflationniste rend plus complexe toute nouvelle baisse des taux directeurs de la Fed.
Le pétrole en hausse avec les nouvelles menaces américaines
Après les nouvelles déclarations de l’administration américaine sur les négociations avec l’Iran, les cours du pétrole ont fortement progressé, le baril de Brent passant au-dessus des 70 dollars, en hausse de plus de 5 % sur la semaine. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré, mercredi 18 février, qu’« il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran ». Mardi 17 février, le vice-président américain JD Vance avait souligné que les divergences persistaient sur les « lignes rouges » américaines. Dans le même temps, l’Iran avait assuré s’être entendu avec Washington sur « un ensemble de principes directeurs ».
La poursuite du déploiement de l’armée américaine au Moyen-Orient inquiète les acteurs du marché pétrolier. Les États-Unis mettent en place dans la région une imposante force de frappe, avec des navires et des avions de guerre par dizaines. Le pays dispose également de dizaines de milliers de soldats dans des bases militaires autour de l’Iran. Le principal risque pour le marché pétrolier, en cas d’escalade militaire, serait le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % de la production mondiale. Les opérateurs s’inquiètent aussi du devenir des infrastructures d’hydrocarbures de l’Iran, l’un des dix premiers producteurs de pétrole au monde. D’autres pays, comme l’Irak, les Émirats arabes unis ou le Koweït, pourraient être touchés en cas de conflit militaire.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 20 février 2026 | Évolution sur une semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 511,74 | +2,38 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 49 625,97 | +0,16 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 909,51 | +0,97 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 886,07 | +1,46 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 25 247,15 | +1,46 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 683,14 | +2,39 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 131,31 | +2,32 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 56 825,70 | -1,43 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 082,07 | -1,12 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,302 % | -0,043 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,739 % | -0,023 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,096 % | +0,039 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1778 | -0,96 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 5 063,27 | -0,61 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 71,35 | +5,39 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 67 684,1055 | -2,52 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
En 2020, le service de la dette de l’État (c’est-à-dire le paiement des intérêts) représentait 36,2 milliards d’euros. À l’époque, l’État empruntait à des taux négatifs, ce qui a conduit certains à affirmer qu’il ne devait pas hésiter à s’endetter, oubliant que le capital ainsi emprunté serait remboursé quelques années plus tard par l’émission de nouvelles obligations bien plus coûteuses.
Avec la hausse des taux, le service de la dette progresse année après année. Il a franchi la barre des 50 milliards d’euros en 2022. En 2026, il sera proche de 60 milliards d’euros. Compte tenu de l’évolution de la dette publique et des taux d’intérêt, il pourrait atteindre 70 milliards d’euros en 2027 et dépasser 90 milliards d’euros en 2029.

Cercle de l’Epargne – données Banque de France
Après cinq ans de contre-performance, les petites capitalisations apparaissent comme des placements actuellement plus rentables que les grandes valeurs cotées au CAC 40 ou à l’Euro Stoxx 50. L’indice MSCI Europe Small Cap, qui mesure la performance de près de 400 entreprises européennes dont la capitalisation est inférieure à 10 milliards d’euros (à l’exception d’une qui dépasse légèrement ce seuil), a progressé de 5 % depuis janvier. L’indice plus large MSCI Europe a, quant à lui, gagné 4 % cette année.
Les petites capitalisations bénéficient d’un environnement économique plus porteur. Leur activité étant essentiellement européenne, elles profitent de la reprise de l’économie, dopée notamment par le plan de relance allemand. En 2026, la croissance en zone euro est attendue à 1,2 %, selon le consensus des économistes interrogés par Bloomberg.
Dans ce contexte, en 2026, le consensus des analystes anticipe une hausse de plus de 20 % pour les poids légers de la cote, contre 11 % pour les grands groupes. Les « small caps » demeurent bon marché, avec une valorisation boursière inférieure à leur moyenne historique et à celle des grandes capitalisations.
Les petites valeurs sont moins exposées aux États-Unis et aux risques de perturbation liés à l’IA. Malgré cela, au sein des small caps, Paris et Francfort sont à la traîne. En France, l’incertitude politique et les mesures fiscales pèsent sur les marchés. En Allemagne, l’exposition à l’industrie et aux exportations explique la faible progression. Pour le moment, les petites valeurs espagnoles et celles d’Europe centrale ou orientale se montrent plus dynamiques.

Le 12 février, le CAC 40 a battu un nouveau record en dépassant 8 400 points (8 437 points en cours de séance). Son précédent sommet remontait au début janvier. D’autres indices européens ont également atteint des sommets cette semaine, et notamment l’indice STOXX 600 des grandes capitalisations européennes. La hausse des cours est portée par les bons résultats des grandes entreprises françaises au cours du quatrième trimestre. Les actions d’Essilor Luxottica, de Michelin, de Legrand ou de Hermès ont enregistré de belles augmentations.Si Dassault Systèmes a été chahuté en Bourse cette semaine, la maison mère ne peut que se réjouir de la commande de 114 Rafale par l’Inde, qui a déjà acquis 64 exemplaires de cet avion de combat. La majorité des appareils devraient être produits en Inde.
Cette semaine, l’économie américaine a surpris une nouvelle fois avec des créations d’emplois en janvier deux fois supérieures au consensus attendu. De quoi écarter toute crainte de ralentissement marqué de l’activité aux États-Unis. Le rapport mensuel du département du Travail publié mercredi, avec retard en raison du récent « shutdown » aux États-Unis, mentionne la création de 130 000 emplois non agricoles pour le mois de janvier, quand les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne 70 000 créations nettes. Le chiffre de décembre a été révisé, faisant apparaître désormais 48 000 créations de postes contre 50 000 en première estimation. Le taux de chômage s’élevait en janvier à 4,3 % après 4,4 % en décembre et un consensus à 4,4 %. Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation a augmenté, en janvier, de 2,4 %, après +2,7 % un mois plus tôt, quand le consensus Bloomberg misait sur une amélioration de deux dixièmes de point. En revanche, retraitée des prix alimentaires et de l’énergie, la hausse s’élève à 2,5 %, comme anticipé. En décembre, l’inflation dite sous-jacente était de +2,6 %. Les opérateurs de marché intègrent dans leurs anticipations une baisse des taux de la Réserve fédérale d’environ 63 points de base pour l’année, soit une probabilité d’environ 50 % d’une troisième détente d’un quart de point d’ici décembre.
Wall Street a cédé du terrain toujours en lien avec les doutes sur la rentabilité à venir des grandes entreprises de la tech. Les investisseurs sont, par ailleurs, dubitatifs en ce qui concerne l’évolution de l’inflation.
Les taux des obligations souveraines ont continué à se détendre cette semaine. L’or est repassé au-dessus de 5 000 dollars l’once avec le regain des tensions concernant l’Iran. Le cours du bitcoin continue de baisser.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 13 février 2026 | Évolution sur une semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 311,74 | +0,46 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 49 500,93 | -1,23 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 836,17 | -1,29 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 546,67 | -1,85 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 914,88 | +0,78 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 446,35 | +0,74 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 985,23 | -0,22 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 56 941,97 | +4,30 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 082,07 | +0,49 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,345 % | -0,102 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,762 % | -0,082 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,057 % | -0,158 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1876 | +0,52 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 5 042,76 | +1,76 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 67,80 | -0,35 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 69 113,6409 | -3,39 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
À la fin du troisième trimestre 2025, le patrimoine financier des ménages a atteint 6 537,4 milliards d’euros, en hausse de près de 90 milliards d’euros par rapport au trimestre précédent, en lien avec la valorisation des actifs et des flux d’épargne. Sur quatre trimestres cumulés, les montants d’épargne ont atteint 134,1 milliards d’euros. Sur la période, les produits de taux ont représenté près de 60 % des flux financiers nets. L’assurance-vie a été la grande gagnante en matière de collecte (+14,7 milliards d’euros pour les fonds en euros et +6,1 milliards d’euros pour les unités de compte).
Selon la Banque de France, le taux d’épargne des ménages était en légère baisse à 18 %, contre 18,4 % au trimestre précédent. Il demeure néanmoins supérieur de plus de trois points à son niveau d’avant la crise sanitaire.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
À la veille du sommet des chefs d’État et de gouvernement européens du 12 février, la Présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a tenu à publier une note rappelant la nécessité pour l’Union européenne de mener des réformes structurelles. Elle rappelle qu’une « action collective coordonnée et décisive » est indispensable, avec pour objectif une augmentation de la productivité et la mobilisation des investissements en vue d’améliorer la croissance européenne. Elle demande aux États de s’entendre sur cinq sujets essentiels :
Dans le prolongement de la note de Christine Lagarde, lors de leur réunion de travail au château d’Alden Biesen en Belgique le 12 février, les dirigeants européens ont pris l’engagement d’avancer dans la réalisation du grand marché unique. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a lancé un slogan choc pour résumer la rencontre des 27 : « Un continent, un marché ». L’objectif est de transformer, d’ici fin 2027, le marché unique, encore incomplet après plus de trois décennies, en un véritable marché unifié.
La Présidente de la Commission a proposé un projet comportant plusieurs piliers, qui fera l’objet d’une présentation officielle au Conseil européen du 19 mars prochain. Premier chantier : la simplification administrative. Dix « omnibus » législatifs sont en cours — trois finalisés, sept en attente — pour faire économiser 15 milliards d’euros par an aux entreprises européennes. La Présidente de la Commission entend également procéder à un « nettoyage en profondeur » de l’acquis communautaire. Son obsession : en finir avec la manie des États d’empiler des réglementations nationales sur les lois européennes, créant 27 réalités différentes pour une même directive.
Elle souhaite le développement de règlements uniformes plutôt que de directives et introduire des clauses de caducité automatique. Elle a relancé l’idée du « 28e régime », rebaptisé « EU Inc », qui doit permettre à n’importe quelle entreprise, où qu’elle soit dans l’Union européenne, de créer en 48 heures — et 100 % en ligne — une société régie par un ensemble unique et simple de règles valables dans tous les États membres. « Nous avons besoin de champions européens », a souligné Ursula von der Leyen, annonçant une révision des règles sur les fusions d’entreprises dès avril. Sa priorité est de permettre la constitution d’entreprises réellement européennes, notamment dans le secteur des télécoms, où l’émiettement européen empêche les investissements massifs nécessaires à l’innovation.
Reprenant les propositions de Christine Lagarde, Ursula von der Leyen a défendu le principe de l’Union de l’épargne et de l’investissement, destinée à créer un marché financier unique, profond et liquide. Elle a annoncé un calendrier avec une date butoir en juin 2026 pour la phase 1, incluant l’intégration des marchés, la supervision et la titrisation. En cas de refus de certains États, elle a menacé de recourir au dispositif de « coopération renforcée », qui permet le lancement d’un projet à partir du moment où neuf États sont d’accord, ces derniers pouvant avancer sans les autres.
En ce début de mois de février, la France a réussi à placer sans difficulté ses obligations assimilables du Trésor (OAT) à 30 ans. 450 investisseurs ont répondu présents, avec une demande totale portant sur 135 milliards d’euros pour 8 milliards offerts. Cette forte demande a permis une légère diminution du taux proposé.
Les titres ont été placés directement auprès des investisseurs par un syndicat composé des banques partenaires de Bercy. Cette procédure syndiquée permet de mieux évaluer la profondeur du marché et d’optimiser les conditions d’émission. Les banques chefs de file souscrivent les titres dans le cadre du processus d’allocation, avant de les conserver en portefeuille ou de les placer auprès de leurs clients institutionnels. Le rendement proposé est de 4,44 %. Il apparaît attractif au regard de celui de l’année dernière, qui s’élevait à 3,8 %.
Pour l’émission de ses titres, l’État a bénéficié de la détente des taux consécutive à l’adoption de la loi de finances pour 2026. Par ailleurs, la réduction progressive de la poche obligataire des fonds de pension néerlandais, pour des raisons réglementaires, devrait avoir un impact limité sur le marché primaire.
A la fin du troisième trimestre 2025, le patrimoine financier des ménages a atteint 6537,4 milliards d’euros, en hausse de près de 90 milliards d’euros par rapport au deuxième trimestre en lien avec la valorisation des actifs et des flux d’épargne. Sur quatre trimestres, les montants d’épargne cumulés ont atteint au troisième trimestre 134,1 milliards d’euros. Sur le troisième trimestre, les produits de taux ont représenté près de 60 % des flux financiers nets. L’assurance vie a été la grande gagnante en manière de flux au troisième trimestre (+14,7 milliards d’euros pour les fonds euros et +6,1 milliards d’euros pour les unités de compte).
Le taux d’épargne des ménages était, selon la Banque de France, en légère baisse à 18 % au troisième trimestre contre 18,4 % au deuxième. Il reste néanmoins au-dessus de trois points au-dessus de son niveau d’avant crise sanitaire.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

Dans les 15 prochaines années, un basculement silencieux se produira en France avec la montée en âge des générations du baby-boom, nées entre 1945 et 1965, qui détiennent aujourd’hui plus de la moitié du patrimoine des ménages. Avec leur disparition progressive, une vaste rotation patrimoniale s’opérera, entraînant de nombreuses conséquences économiques, financières et sociologiques. D’ici 2040, plusieurs milliers de milliards d’euros d’actifs — logements, contrats d’assurance vie, entreprises familiales — changeront de mains.
L’épargne est souvent accusée d’être improductive et stérile en étant essentiellement investie en produits de taux. La Direction du Trésor a, sur le sujet de l’affectation réelle de l’épargne des ménages, réalisé une étude. La note rédigée par Alisée Koch et Thomas Faria, intitulée « Que finance l’épargne financière des ménages français ? », éclaire l’usage effectif de l’épargne, au-delà de ses seules formes juridiques. Elle permet d’avoir une vision plus concrète de l’usage de cette fameuse épargne et de relativiser certaines critiques.
Le patrimoine des ménages français se compose principalement de patrimoine immobilier, mais également d’un patrimoine financier diversifié. Ce dernier reflète l’appétence traditionnelle des ménages pour la garantie et la liquidité. Il regroupe à la fois des placements sûrs (dépôts, livrets, assurance vie en euros) et des actifs plus risqués tels que des titres financiers (actions, obligations), détenus directement ou indirectement via des intermédiaires financiers, ainsi que des participations dans leurs entreprises.
La Direction du Trésor confirme que le patrimoine des ménages en France est composé à environ 60 % d’actifs non financiers et 40 % d’actifs financiers. Au deuxième semestre 2025, ce patrimoine s’élevait à 6 596 milliards d’euros. L’épargne financière représentait toujours, au deuxième semestre 2025, 10,5 % du revenu disponible brut, soit 4 points de plus que le taux moyen constaté entre 2015 et 2019. Pour la première fois depuis l’an 2000, le taux d’épargne financière des ménages est, en France, supérieur à celui de l’Allemagne.
Le patrimoine financier des ménages, au deuxième semestre 2025, se répartit de la manière suivante :
Les ménages possèdent directement des obligations (54 milliards d’euros), des actions cotées (310 milliards d’euros), des actions non cotées (913 milliards d’euros) et d’autres participations (519 milliards d’euros). Une vigilance particulière s’impose concernant ces deux dernières catégories, qui comprennent notamment les participations dans des sociétés non cotées (entreprises privées, PME, start-up) détenues directement par les ménages.
En France, près de deux tiers des placements (dépôts et assurances) correspondent principalement à des produits de taux, contre un tiers investi en fonds propres, détenus directement ou via des intermédiaires financiers. Cette répartition diffère toutefois peu de celle observée en Allemagne ou en Italie.
Le financement de l’économie française s’effectue essentiellement par l’intermédiation bancaire. Environ 70 % du financement des entreprises est assuré par le crédit, tandis qu’aux États-Unis près de 70 % du financement transite par les marchés.
Les placements des ménages auprès des institutions financières (4 770 milliards d’euros) sont majoritairement investis en France (58 %), puis ailleurs dans la zone euro (19 %). Ainsi, les placements hors zone euro ne représentent que 23 % du total. Le bilan des assureurs et des fonds de pension est composé à 43 % de titres résidents. Les expositions des banques françaises sont concentrées à 75 % en France et à 85 % dans la zone euro. Les banques accordent en France davantage de prêts qu’elles ne collectent de dépôts, de sorte que l’épargne est quasi intégralement mobilisée pour financer des prêts.
Le Fonds d’épargne de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) joue un rôle clé dans la mobilisation de l’épargne des Français. Il centralise une partie des dépôts des livrets réglementés afin de les transformer en financements de long terme, au profit notamment des bailleurs sociaux. Ce modèle, unique en Europe, confère à la CDC un rôle d’intermédiation significatif malgré un poids modéré dans le total des encours bancaires. Le Fonds d’épargne dispose ainsi de 219 milliards d’euros de prêts en faveur du logement social et du secteur public local, ainsi que d’un portefeuille de gestion d’actifs de 222 milliards d’euros, investi à 96 % en Europe, dont 88 % en zone euro et 70 % en France.
L’exercice de mise en transparence des intermédiaires financiers réalisé par la Direction du Trésor montre que le patrimoine financier des ménages est utilisé à 40 % pour la détention d’actions et autres participations, à 31 % pour l’investissement obligataire et à 20 % pour le financement de prêts. Un peu plus de 1 % est investi dans des actifs immobiliers et le solde à de la trésorerie des institutions financières (3 %), à des produits dérivés (2 %) ainsi qu’à d’autres actifs financiers (2 %). Cette démarche vise à apprécier l’affectation finale de l’épargne des ménages après intermédiation.
L’exercice révèle que les ménages détiennent, via les institutions financières, 874 milliards d’euros d’actions et 2 022 milliards d’euros d’obligations au deuxième trimestre 2025. Le financement des administrations publiques constitue une part significative des obligations détenues : 752 milliards d’euros, majoritairement françaises, soit 11 % du patrimoine financier des ménages. Ces titres sont intermédiés par la CDC, les banques, les assureurs et certains organismes de placement collectif. Les assureurs constituent un groupe majeur de porteurs domestiques privés de la dette française, détenant en direct 9,8 % de la dette négociable de l’État (275 milliards d’euros), derrière les banques françaises (10,3 %) mais devant les fonds français (1,7 %).
Le Fonds d’épargne de la CDC centralise 399 milliards d’euros d’encours issus des livrets réglementés. Près de la moitié de cet actif (49 %) est consacrée aux prêts au logement social et au secteur public local. Pour assurer sa liquidité, le Fonds détient également un portefeuille de titres financiers représentant 51 % de l’actif, composé à 44 % d’obligations et à 4 % d’actions et de fonds, le solde correspondant à des liquidités.
L’encours non centralisé des livrets réglementés et les dépôts des ménages s’élèvent à 1 728 milliards d’euros. Les établissements bancaires les utilisent pour accorder des prêts ou acquérir des titres. Les douze principales banques françaises consacrent environ 60 % de leur actif aux prêts, 12 % aux obligations, 5 % aux actions, 8 % aux produits dérivés et 9 % à la trésorerie.
Les sociétés d’assurances et les fonds de pension investissent l’épargne des ménages majoritairement sur les marchés financiers ou via des fonds. Leurs encours de placement atteignent 2 246 milliards d’euros au deuxième semestre 2025. Leur portefeuille est composé à 51 % de titres de créance, à 34 % de parts d’OPC et à 10 % d’actions, le solde correspondant à de la trésorerie ou à des prêts. Après mise en transparence, leur portefeuille apparaît composé à 65 % de titres de créance et à 25 % d’actions, contribuant directement au financement de l’économie (entreprises, infrastructures, etc.).
Après mise en transparence, la part de l’épargne finançant les entreprises progresse, passant de 36 % du patrimoine financier en 2019 à 40 % au deuxième trimestre 2025, principalement sous l’effet de valorisations plus dynamiques. Cette évolution s’effectue au détriment des titres obligataires, dont la part recule de 26 % à 20 % pour les titres non souverains et de 12 % à 11 % pour les titres souverains.
Les autres emplois finaux de l’épargne des ménages (prêts, actifs immobiliers, autres) demeurent relativement stables dans le temps. Ces évolutions traduisent avant tout des arbitrages entre classes d’actifs, sans transformation structurelle des bilans des intermédiaires financiers.
En 2023, la hausse des taux a conduit les ménages à réallouer une partie de leurs dépôts à vue vers les comptes à terme, sans modifier la part de l’épargne intermédiée par les banques. La situation évolue en 2025 avec la baisse des comptes à terme et la reprise de la collecte de l’assurance vie. La montée en puissance des unités de compte au détriment des fonds en euros modifie la structure des contrats, tout en maintenant le rôle des assureurs dans la transformation de l’épargne vers des actifs de long terme. Depuis 2020, assureurs et fonds de pension ont, par ailleurs, diversifié leurs placements et réduit leur détention de dette négociable de l’État.
La hausse des actions et autres participations dans les emplois finaux de l’épargne provient quasi exclusivement de l’augmentation des actions non cotées détenues directement par les ménages, passées de 570 milliards d’euros en 2019 (10 % du patrimoine financier) à 913 milliards d’euros au deuxième trimestre 2025 (14 %).
Enfin, la Direction du Trésor confirme une évolution progressive des comportements d’investissement. L’essor des comptes-titres en ligne et des néo-courtiers commence à produire des effets visibles. Si les encours demeurent encore modestes, ils traduisent l’émergence d’épargnants plus enclins au risque et adoptant une approche opportuniste de l’épargne. Selon une enquête du Cercle de l’Épargne réalisée en avril 2025, les jeunes épargnants de moins de 35 ans considèrent majoritairement les placements en actions comme des placements de court terme, spéculatifs, au même titre que les cryptoactifs.
En définitive, la note de la Direction du Trésor déconstruit l’idée d’une épargne française stérile ou mal orientée. Si les ménages privilégient toujours la sécurité et la liquidité, leur épargne contribue largement au financement de l’économie réelle, qu’il s’agisse des entreprises, du logement social ou des administrations publiques, essentiellement par le biais d’une intermédiation financière robuste. L’augmentation récente du financement en fonds propres, portée notamment par les actions non cotées, traduit une évolution progressive des comportements, plus qu’une rupture. Elle souligne également le rôle central des intermédiaires dans l’orientation de l’épargne vers le long terme, dans un contexte marqué par des arbitrages accrus et une diversification croissante des supports d’investissement.
Le dénigrement de l’épargne et des épargnants est un sport national. L’épargne est accusée d’être excessive, de pénaliser la consommation et la croissance, d’être improductive. Or, sauf lorsqu’elle est placée sous le matelas, investie dans l’or ou en bitcoins, l’épargne ne dort pas. Elle constitue un levier essentiel de la croissance, une véritable matière première pour l’économie. Elle est à la base des crédits distribués par les banques. Elle finance, à travers le Livret A, le logement social, les collectivités locales et les PME. Elle permet l’acquisition de titres monétaires, d’obligations, d’actions. Cette épargne trop souvent décriée est en réalité un atout majeur pour la France. Elle contribue au financement des administrations publiques comme des entreprises. Les épargnants français, directement ou indirectement, acquièrent bon an mal an près de la moitié des émissions d’emprunts réalisées par le Trésor public. Par sa solidité, l’épargne nationale contribue à éviter une dégradation plus marquée de la notation de la dette souveraine.
L’assurance vie, premier placement des ménages, avec un encours dépassant 2 100 milliards d’euros, est aujourd’hui au cœur du financement de l’économie. Son apport au financement de l’économie nationale excède 1 200 milliards d’euros, dont près de 890 milliards bénéficient directement aux entreprises.
Aux yeux de certains, la France disposerait d’un excès d’épargne. En réalité, c’est l’inverse. Les besoins de financement, publics comme privés, sont orientés à la hausse. La France doit simultanément accroître son effort de défense, mener la transition écologique, moderniser ses infrastructures et relever le défi de l’intelligence artificielle. Les entreprises ont besoin de capitaux pour innover et investir. Certains opposent épargne et consommation. Certes, l’épargne correspond à une renonciation immédiate à la consommation, mais cette dernière ne peut se développer durablement que si le pays bénéficie d’une croissance pérenne, ce qui suppose un renforcement préalable de l’offre. Aujourd’hui, du fait de la désindustrialisation, toute relance de la consommation s’accompagne d’une dégradation de la balance commerciale. La France a donc tout à gagner à consolider en amont son appareil productif.
Il est également reproché à l’épargne française d’être mal orientée et insuffisamment productive. Cette critique n’est pas dénuée de fondement, mais la situation française ne diffère guère de celle de l’Allemagne ou de l’Italie. Les ménages sont peu enclins à prendre des risques, en grande partie en raison de l’absence de puissants fonds de pension traditionnellement investis en actions. Les Français ne sont ni Britanniques, ni Américains, ni Néerlandais. Il existe une prudence naturelle à l’égard de l’argent durement gagné. La contrepartie est la nécessité de recourir à l’intermédiation financière pour transformer une épargne majoritairement investie en produits de taux en crédits, obligations et actions. Cette intermédiation explique sans doute la puissance des banques et des assureurs français à l’échelle mondiale. Elle témoigne d’un savoir-faire financier reconnu en matière de gestion d’actifs.
L’épargne peut toutefois être rendue encore plus utile, au bénéfice de l’économie comme des épargnants eux-mêmes. Depuis plusieurs années, le nombre d’actionnaires progresse et leur profil se rajeunit. Le non-coté, autrefois réservé aux épargnants les plus fortunés, se démocratise, facilitant l’accès à des placements offrant un fort potentiel de rendement. Les fonds indiciels, qui répliquent des indices, se diffusent rapidement auprès du grand public. Les fonds dédiés à la défense rencontrent un réel succès, tout comme ceux qui contribuent au financement de la transition écologique.
L’enjeu n’est donc pas de stigmatiser l’épargne, mais de mieux la mobiliser. Dans une économie confrontée à des besoins d’investissement sans précédent, l’épargne constitue une ressource stratégique qu’il convient de préserver, d’orienter et de valoriser. Loin d’être un frein, elle est une condition de la souveraineté économique, de la croissance et de la capacité du pays à préparer l’avenir. La France ne souffre pas d’un excès d’épargne, mais d’un déficit de reconnaissance de son rôle central.
Jean-Pierre Thomas
Président du Cercle de l’Épargne
À la Bourse de Paris, l’ambiance, en ce début d’année, est morose. Les menaces de Donald Trump concernant le Groenland et son projet de reconstruction de Gaza ont pesé sur le moral des investisseurs. L’évolution de la politique monétaire américaine est également devenue un sujet d’inquiétude. Le CAC 40 a ainsi reculé de 0,28 % en clôturant vendredi 30 janvier à 8 126,53 points. Preuve que, malgré le plan de l’OTAN concernant le Groenland, les tensions entre les États-Unis et leurs alliés demeurent prégnantes, la France, dans une stratégie de préservation de sa souveraineté, a bloqué le processus de vente des antennes de réception au sol de l’opérateur de satellites Eutelsat au fonds d’investissement américain EQT Infrastructure VI. Les grands indices américains ont également fait, en janvier, du surplace. Le Nasdaq a progressé, en janvier, de moins de 0,5 %, tout comme le S&P 500.
Cette semaine, le prix du baril de pétrole (Brent) a dépassé les 70 dollars. Sur un mois, la hausse atteint 14 %. La menace d’intervention américaine en Iran est la principale raison de cette augmentation. Non seulement l’Iran fait partie des dix principaux producteurs d’or noir, mais il est aussi riverain du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de brut. En plus du risque en Iran, les cours sont orientés à la hausse par les perturbations concernant le principal champ pétrolier au Kazakhstan et les problèmes rencontrés par la production américaine de brut à cause de la vague de froid qui s’est abattue sur le pays.
Sur le front des obligations souveraines, avec l’adoption du budget à l’Assemblée nationale, le taux de l’OAT française à dix ans est revenu en dessous de celui de son homologue italien.
L’euro a, dans la semaine, dépassé 1,20 dollar (1,2045 dollar) pour la première fois depuis mai 2021. Donald Trump se réjouit de la dépréciation de la monnaie américaine, qui inquiète pourtant les milieux financiers et Wall Street. Le président américain défend l’idée d’un dollar faible pour favoriser les exportations de son pays. À contrario, les investisseurs craignent un krach sur le dollar, qui serait un tsunami financier. La première monnaie mondiale a, par rapport aux autres grandes devises, perdu près de 10 % en 2025. Par rapport à l’euro, elle s’est dépréciée l’année dernière de plus de 13 %. Sur le premier mois de l’année 2026, le recul est de 2 %. La baisse du dollar s’accompagne de la hausse de l’or, qui joue ainsi son rôle traditionnel. L’once d’or a ainsi franchi la barre symbolique des 5 000 dollars, puis celle des 5 500. En un an, le métal précieux a gagné plus de 100 % et plus de 28 % sur un an. La permanence des menaces géopolitiques et les craintes de remise en cause de l’indépendance de la banque centrale américaine concourent à ce double mouvement : baisse du dollar et hausse de l’or.
La hausse de la monnaie unique par rapport au billet vert a renforcé le taux de change global de la devise européenne (par rapport aux devises de ses partenaires commerciaux).

Cercle de l’Épargne – données BCE
À la différence de Donald Trump, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, s’exprime rarement sur l’euro, et jamais sur son niveau, sa surévaluation ou sa sous-évaluation. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a récemment souligné que « nous suivons avec attention cette appréciation de l’euro », tout en rappelant que l’Eurosystème n’a pas d’objectif de taux de change. Un euro fort réduit l’inflation en diminuant le prix des produits importés, dont le pétrole ou le gaz, mais dégrade la compétitivité-prix des exportations en dehors de la zone euro.
Une baisse logique du dollar
Avec un déficit commercial élevé, il est logique que la monnaie américaine se déprécie. À contrario, l’euro doit s’apprécier, en raison d’un excédent commercial qui devrait dépasser 170 milliards d’euros. Le président américain estime de longue date que l’Europe, la Chine et le Japon manipulent le cours de leur devise afin de gagner des parts de marché aux États-Unis. Son jugement sur l’euro est exagéré. En effet, la faiblesse de la monnaie commune, ces dernières années, était liée à la guerre en Ukraine et aux divisions au sein de l’Union européenne. Celle-ci a été fortement exposée à la hausse des cours de l’énergie avec la remise en cause des livraisons de pétrole et de gaz en provenance de la Russie. Les investisseurs ont réduit leurs engagements en euros du fait de la proximité du conflit ukrainien. Le dollar a, depuis l’épidémie de Covid, joué son rôle de valeur refuge. Il bénéficie également de la forte croissance de l’économie des États-Unis et de la forte rentabilité du capital investi dans ce pays.
La position du président américain n’est pas en soi absurde. Le dollar était sans nul doute surévalué. Mais en jouant la baisse du dollar, il risque en revanche de favoriser l’inflation et, par voie de conséquence, de dissuader la Fed de baisser ses taux, voire de l’encourager à les remonter en 2026.
Une Europe : bonne ou mauvaise nouvelle ?
La hausse de l’euro est perçue de manière négative, tout particulièrement en France. Or, celle-ci contribue à réduire le coût des importations, en particulier celles des produits énergétiques (pétrole, gaz), qui avaient pénalisé, ces dernières années, l’économie européenne. Certes, cette hausse renchérit le prix des exportations en dehors de la zone euro exprimées en dollars, mais, en revanche, elle réduit le coût des intrants importés. La France, qui exporte peu en dehors de la zone euro, serait moins pénalisée que l’Allemagne ou l’Italie. En France, les secteurs les plus exposés sont l’aéronautique et le luxe, mais les entreprises concernées ont recours à des couvertures de change.
Pour l’Europe, un euro à 1,2 dollar pourrait provoquer une diminution de l’inflation de 0,3 point. Depuis 2022, nombreux sont ceux qui se sont plaints de la hausse des prix, et tout particulièrement de celle de l’essence et du gaz. En ce qui concerne la croissance, certains experts estiment un manque à gagner de 0,2 point. Cette prévision est en partie contestable en raison de l’avantage généré par la baisse des cours et de l’amélioration du solde des échanges.
La banque centrale américaine a maintenu, mercredi 28 janvier, ses taux d’intérêt directeurs inchangés, dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %. Il s’agit d’une deuxième suspension dans son cycle d’assouplissement monétaire engagé en 2024, malgré les vives pressions de Donald Trump.
Pour justifier sa décision, l’économie américaine « a crû à un rythme solide l’an dernier », a rappelé Jerome Powell lors de sa conférence de presse. Le taux de chômage « demeure relativement stable » malgré des créations d’emplois toujours atones. L’inflation « cœur » est ressortie à 3 % l’an dernier selon les premières estimations, tirée « par l’inflation des biens, alimentée par les tarifs », tandis que la désinflation se poursuit dans les services, a poursuivi le président de la Fed.
Le président de la banque centrale américaine estime que les tensions inflationnistes pourraient s’accroître en raison de la bonne tenue de l’activité en fin d’année et des pénuries de main-d’œuvre provoquées par la politique de lutte contre l’immigration de Donald Trump.
Les trois baisses décidées en fin d’année dernière devaient permettre de soutenir l’économie avec une réduction du coût du crédit. La Fed se situe dans une position inconfortable, tant sur le plan économique que politique. Les États-Unis bénéficient d’une forte croissance, mais sans créer beaucoup d’emplois, avec des risques de redémarrage de l’inflation. Par ailleurs, le président américain multiplie les pressions peu amicales sur les membres du Comité de politique monétaire afin qu’ils réduisent les taux directeurs d’ici les élections de mi-mandat. Le conflit avec la Maison-Blanche s’est désormais déplacé devant les tribunaux. La conférence de presse de Jerome Powell ce mercredi représentait sa première intervention publique après le lancement d’investigations criminelles à son encontre par des procureurs fédéraux nommés par Trump. Il s’est également déplacé pour soutenir l’une des membres de la Fed, Lisa Cook, à la Cour suprême, celle-ci étant chargée de se prononcer sur la légalité de son renvoi sommaire de son poste de gouverneure par Donald Trump. « Il s’agit du plus important procès de l’histoire de la Fed », a simplement observé Jerome Powell pour expliquer son déplacement.
Un nouveau président pour la Fed
La politique monétaire de la banque centrale américaine pourrait évoluer au mois de mai avec l’entrée en fonction du nouveau président, Kevin Warsh. Celui-ci a été nommé par Donald Trump le vendredi 31 janvier. Dans sa déclaration de nomination, Donald Trump a insisté sur la fidélité de Kevin Warsh, allusion évidente à Jerome Powell. Pour remplacer ce dernier, Donald Trump a fait du soutien à la baisse des taux d’intérêt l’un de ses critères clés. Kevin Warsh est considéré comme un partisan de la baisse des taux directeurs. Sa nomination devra être confirmée par le Sénat.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 30 janvier 2026 | Évolution sur une semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 126,53 | -0,19 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 48 892,47 | -0,48 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 939,03 | +0,11 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 461,82 | +0,00 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 515,73 | -1,55 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 223,54 | +0,69 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 947,81 | -0,01 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 53 322,85 | +0,63 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 117,95 | +0,10 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,427 % | -0,068 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,845 % | -0,058 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,249 % | -0,009 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1872 | +1,42 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 928,02 | +5,18 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 70,80 | +6,86 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 82 681,4827 | -7,25 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
| Nouveaux taux àcompter du 01/02/26 | Ancien taux | |
| Livret A | 1,5 | 1,7 |
| LDDS | 1,5 | 1,7 |
| LEP | 2,5 | 2,7 |
| Livret Jeune | Au minimum 1,5 | Au minimum 1,7 |
| Compte Epargne Logement | 1,25 | 1 |
Pour mémoire, le 1er janvier 2026, le taux du Plan d’Epargne Logement était passé de 1,75 à 2 %.
Malgré les tensions géopolitiques, l’économie française a fait preuve, en 2025, d’une certaine résilience, avec une croissance de 0,9 %, contre 1,1 % en 2024. Cette performance a dépassé les prévisions initiales, qui tablaient sur une progression limitée à 0,7 %. La France fait moins bien que l’Espagne ou le Portugal, mais nettement mieux que l’Allemagne.
La demande intérieure finale (hors variations de stocks) a légèrement progressé l’an dernier. La consommation des ménages n’a augmenté que faiblement (+0,4 %), tandis que l’investissement s’est stabilisé après son recul de 2024. Les ménages ont, en 2025, privilégié l’épargne ; le taux d’épargne a ainsi vraisemblablement dépassé 18 % du revenu disponible brut.
Contrairement aux deux années précédentes, le commerce extérieur a légèrement pesé sur la croissance en 2025, avec une contribution négative de –0,5 point, après une contribution positive de +1,3 point auparavant.
Pour 2026, la croissance de l’économie française pourrait se situer autour de 1 %. Avec une hausse du PIB de 0,3 % au premier et au deuxième trimestre, l’acquis de croissance atteindrait déjà 1 % à mi-année. L’économie française devrait bénéficier du plan allemand de 800 milliards d’euros destiné à moderniser les infrastructures et à renforcer la défense nationale. Cette dynamique serait portée par les exportations aéronautiques et par la reprise de la production industrielle.
La croissance demeure toutefois insuffisante pour assurer une véritable maîtrise des finances publiques. Un rythme de l’ordre de 2 % serait nécessaire. Un tel niveau n’est pas hors de portée, comme l’illustre, depuis quelques années, l’exemple espagnol.

Données INSEE

L’assurance vie réalise, en 2025, l’une des meilleures collectes de son histoire, avec 50,6 milliards d’euros de collecte nette. Il faut remonter à 2010 pour obtenir un résultat supérieur. Premier placement des ménages, elle a enregistré un niveau record de cotisations, proche de 200 milliards d’euros, ce qui a porté l’encours total à des sommets, au-delà de 2 100 milliards d’euros. La forte propension des ménages à l’épargne, la hausse du rendement des fonds en euros, la bonne tenue des marchés financiers, ainsi que les gestes commerciaux des assureurs ont contribué au succès de l’assurance vie. Celle-ci joue ainsi pleinement son rôle de navire amiral de l’épargne en France.
Cercle de l’Epargne – données France Assureurs
En 2025, l’assurance vie a pu compter sur deux piliers : les fonds en euros, dont la compétitivité s’est redressée, et les unités de compte, portées par la bonne tenue des marchés financiers.
La compétitivité retrouvée des fonds en euros
Les fonds en euros, qui étaient en décollecte nette depuis 2020, ont, l’année dernière, enregistré de nouveau une collecte nette positive, à +8,1 milliards d’euros en 2025, contre –4,7 milliards d’euros en 2024.
Ce changement est lié à une amélioration de leur rendement, en valeur absolue comme en valeur relative. En 2025, le rendement moyen des fonds en euros, au vu des premières communications des compagnies d’assurance, devrait se situer autour de 2,7 %. Il est ainsi supérieur de 1,5 point au point bas atteint en 2020 et 2021, lorsque les taux des obligations d’État évoluaient en territoire négatif. Plusieurs assureurs ont publié des rendements supérieurs à 3 %. Par ailleurs, de nombreux assureurs proposent des taux « boostés » pouvant majorer le rendement des fonds de 1,5 point, des taux de 5 % ont ainsi été accessibles.
En valeur relative, les fonds en euros sont devenus plus compétitifs en raison de la baisse des taux des livrets d’épargne, et en particulier du Livret A, ainsi que de ceux des dépôts à terme. Le taux du Livret A est en effet passé, en 2025, de 3 % à 1,7 % (il sera de 1,5 % au 1er février 2026). À 3 %, sans prélèvements obligatoires, le Livret A surpassait les fonds en euros de l’assurance vie ; à 1,5 %, c’est l’inverse, même en tenant compte de la fiscalité. La rémunération des dépôts à terme, qui a pu dépasser 3 %, est revenue en dessous de 2 % (pour une duration inférieure à un an).
Cercle de l’Epargne
Record battu pour les cotisations en 2025
Les cotisations ont atteint 192,1 milliards d’euros, en hausse de +17,1 milliards d’euros sur un an. Depuis 2000, jamais les cotisations n’avaient atteint un tel niveau. Elles se répartissent de la manière suivante :
• 116,9 milliards d’euros pour les fonds en euros ;
• 75,1 milliards d’euros pour les unités de compte.
Les unités de compte ont représenté, en 2025, 39 % de la collecte brute. Ce taux est globalement constant depuis 2020.
Que ce soit pour les unités de compte ou pour les fonds en euros, les cotisations atteignent les niveaux les plus élevés constatés depuis le début du siècle. Le maintien d’un fort taux d’épargne des ménages, à 18,5 % du revenu disponible brut sur les trois premiers trimestres de 2025, le déclin de l’épargne réglementée ainsi que celui des dépôts à terme ont favorisé ce niveau record de cotisations. La bonne rémunération des fonds en euros et des unités de compte y a également contribué.
Des prestations en recul en 2025
Preuve de l’attractivité retrouvée de l’assurance vie, les prestations ont diminué en 2025, de –3 % par rapport à 2024. Elles se sont élevées à 141,4 milliards d’euros. Les retraits ont été moins importants, les alternatives à l’assurance vie ayant perdu en compétitivité.
Un encours de plus de 2100 milliards d’euros
L’encours atteint 2 107 milliards d’euros à fin décembre 2025, en hausse de +6,1 %, soit +122 milliards d’euros sur un an. L’assurance vie conforte son poids dans l’épargne financière de l’épargne des ménages, plus de 30 %. Environ 42 % des ménages détiennent en France un contrat d’assurance vie.
Un mois de décembre de haute tenue
La discussion de la loi de finances, avec l’éventuelle création avortée de l’impôt sur la fortune improductive, qui concernait notamment les fonds en euros de l’assurance vie, n’a pas pénalisé cette dernière en décembre. La collecte nette s’est établie à +1,2 milliard d’euros, en hausse de +0,3 milliard d’euros par rapport à décembre 2024. Il est à noter que les fonds en euros ont été en décollecte en décembre, contrairement aux mois précédents (–1,8 milliard d’euros).
La collecte nette du mois de décembre 2025 est nettement supérieure à la moyenne des dix dernières années (500 millions d’euros). Depuis 1997, six décollectes ont été enregistrées lors du dernier mois de l’année, dont la plus marquée en 2011 (–3,839 milliards d’euros, lors de la crise des dettes souveraines). À l’inverse, une collecte record atypique de 7,8 milliards d’euros avait été observée en 1997, à la suite d’un changement de législation.
Avec 16,1 milliards d’euros, les cotisations en assurance vie atteignent leur plus haut niveau jamais observé pour un mois de décembre. Les unités de compte ont représenté 46 % de la collecte brute, contre 40 % en novembre, traduisant une méfiance relative à l’égard des fonds en euros dans un contexte de débats budgétaires.
En décembre, les prestations ont connu un regain. Elles ont atteint 14,9 milliards d’euros, en progression de +15 % sur un an. Cette hausse est imputable en grande partie aux supports en euros (+18 %), mais également aux unités de compte (+10 %).
2026 : vers de nouveaux sommets
Dans les prochains mois, l’assurance vie devrait bénéficier d’un contexte porteur, le taux du Livret A devant passer à 1,5 % au 1er février. L’écart de rendement entre les fonds en euros et l’épargne réglementée, ainsi que les dépôts à terme, devrait ainsi s’accroître au profit des premiers. Les prévisions concernant l’évolution des marchés actions apparaissent par ailleurs plutôt encourageantes.
L’assurance vie devrait enfin bénéficier de la fermeture des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros. Les titulaires de ces anciens PEL devraient se tourner vers l’assurance vie, qui devrait répondre à leurs attentes tant en matière de rendement que de garantie du capital et de fiscalité.
En 2025, les Français ont épargné beaucoup mais différemment. Le taux d’épargne s’est élevé à 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus de son taux de 2019, avant l’épidémie de Covid. Si, entre 2020 et 2024, le fort taux d’épargne a profité avant tout à l’épargne réglementée, il en a été autrement en 2025. Le Livret A a, en effet, enregistré sa première décollecte annuelle, à –2,12 milliards d’euros. Il a été suivi sur le terrain de la décollecte par le Livret d’Épargne Populaire (LEP), à –840 millions d’euros, quand le Livret de Développement Durable et Solidaire restait en territoire positif (+1,65 milliard d’euros).
Année 2025 : une année de rupture pour le Livret A
Depuis 2009, année du début des statistiques de la Caisse des dépôts, le Livret A n’a connu que trois décollectes annuelles, en 2014 (–6,13 milliards d’euros), en 2015 (-9,69)et donc en 2025 (-2,12). Le résultat de 2025 marque une réelle rupture, car il intervient après plusieurs années très favorables : +28,68 milliards d’euros en 2023 (record absolu depuis 2009) et +14,87 milliards d’euros en 2024.
L’année 2025 a été marquée par la baisse à deux reprises du taux du Livret A, qui est passé de 3 % à 1,7 %. Il passera à 1,5 % le 1er février prochain. Cette baisse a amené les ménages à réaliser des arbitrages, quand bien même le rendement réel, après inflation, du produit d’épargne le plus diffusé en France était positif. Le rendement moyen du Livret A a été de 2,16 % en 2025, soit 1,26 point au-dessus de l’inflation (0,9 %). Il faut remonter à 2009 pour avoir un rendement réel positif supérieur. Entre 2020 et 2023, le rendement réel était négatif : les ménages perdaient alors de l’argent avec le Livret A, ce qui ne les empêchait pas d’y placer des sommes importantes.
La réorientation de l’épargne des ménages s’est faite au profit, en particulier, de l’assurance vie, qui a connu l’année dernière une année record. Les rendements des fonds en euros sont redevenus compétitifs avec la baisse de ceux de l’épargne de court terme, et la bonne tenue des marchés financiers a également porté la collecte des unités de compte. Cette réorientation est d’autant plus logique que les ménages avaient accumulé, ces cinq dernières années, une forte épargne de précaution. L’encours du Livret A était ainsi passé de 298,6 à 442,5 milliards d’euros de fin 2019 à fin 2024. Cette accumulation était la conséquence de la succession de chocs subis par les ménages : Covid, guerre en Ukraine, guerre à Gaza, vague inflationniste, crise politique en France. L’émergence d’un phénomène de correction en faveur d’une épargne plus longue était assez logique. Elle apparaît encore modeste. La décollecte de 2014 avait été plus marquée, à –9,29 milliards d’euros. Elle avait été occasionnée par une baisse du taux du Livret A, qui était alors passé sous la barre des 1 % (0,75 %).
Des intérêts en recul avec la baisse des taux
En 2024, les intérêts capitalisés avaient atteint un record avec 12,32 milliards d’euros en raison d’un taux de 3 % et d’un encours au sommet. En 2025, avec un taux moyen de 2,16 %, les intérêts capitalisés s’élèvent à 9,24 milliards d’euros. Le montant le plus faible d’intérêts capitalisés date de 2020, avec 1,58 milliard d’euros, mais à l’époque le taux du Livret A était de 0,5 %.
Un encours de près de 450 milliards d’euros pour le Livret A
Malgré la décollecte, mais grâce aux intérêts capitalisés, l’encours du Livret A se rapproche de 450 milliards d’euros (449,6 milliards d’euros), ce qui constitue un nouveau record.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire : en territoire positif
En 2025, le LDDS a fait mieux que le Livret A en maintenant une collecte annuelle positive, à +1,65 milliard d’euros. Le LDDS n’évolue pas toujours comme le Livret A. Associé plus fortement au compte courant du fait de sa diffusion, dès sa création, dans toutes les banques, il est l’antichambre de ce dernier. Il réagit plus rapidement aux contraintes de pouvoir d’achat que le Livret A, qui est avant tout un outil d’épargne.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire a enregistré, depuis 2009, quatre décollectes annuelles : en 2009 (–3,34 milliards d’euros), en 2010 (–2,22 milliards d’euros), en 2014 (–0,02 milliard d’euros) et en 2015 (–1,72 milliard d’euros).
Comme pour le Livret A, le résultat de 2025 marque un changement de cycle. La collecte avait atteint 6,55 milliards d’euros en 2024 et 11,24 milliards d’euros en 2023. Sa plus forte collecte annuelle date de 2012, avec +21 milliards d’euros, lors du passage de son plafond de 6 000 à 12 000 euros.
L’encours du LDDS atteint un niveau record fin 2025, à 165,6 milliards d’euros.
Le Livret d’Épargne Populaire renoue avec la décollecte
Après trois années consécutives, entre 2022 et 2024, de collecte positive, le Livret d’Épargne Populaire renoue avec la décollecte en 2025, à –840 millions d’euros. Entre 2022 et 2024, le LEP avait bénéficié d’un taux élevé atteignant jusqu’à 6,1 %. Il avait également bénéficié du relèvement de son plafond de 7 700 à 10 000 euros en 2023. Les campagnes des pouvoirs publics et des banques visant à inciter les personnes éligibles à en ouvrir un avaient conduit, entre 2021 et 2024, à une augmentation de trois millions du nombre de LEP. La collecte avait été positive de 6,88 milliards d’euros en 2024, de 20,67 milliards d’euros en 2023 et de 8,28 milliards d’euros en 2022.
En 2025, son taux a été abaissé à deux reprises, passant de 4 % à 2,70 % (il sera ramené à 2,5 % le 1er février 2026). La baisse du rendement, doublée des difficultés de pouvoir d’achat des ménages les plus modestes, explique la décollecte. Il faut souligner que le LEP était en décollecte permanente entre 2009 et 2021.
Grâce aux intérêts versés (2,49 milliards d’euros), l’encours du LEP atteint, fin décembre, un niveau record, à 83,8 milliards d’euros.
Un mois de décembre correct pour le Livret A
Qu’il s’agisse des parents, des grands-parents ou des entreprises ayant versé davantage de primes en décembre, il n’en demeure pas moins que le Livret A a enregistré un bon résultat, avec une collecte de 1,45 milliard d’euros, soit nettement au-dessus de la moyenne de ces dix dernières années (340 millions d’euros). Le retour de la crise budgétaire, la hausse de la CSG sur certains produits d’épargne non réglementée et les menaces de création d’un nouvel impôt sur la fortune improductive ont pu inciter les épargnants à se tourner à nouveau vers le Livret A.
Avec ce résultat, le Livret A met fin, en décembre, à une succession de trois décollectes (de septembre à novembre). En 2025, cinq mois sur douze ont été marqués par une décollecte. Le cru 2025 reste néanmoins inférieur à celui de 2024 (+2,99 milliards d’euros).
Le LDDS fidèle à la tradition du mois de décembre
n 2025, il enregistre une collecte de 380 millions d’euros, malgré tout inférieure à la moyenne de ces dix dernières années (853 millions d’euros). En 2024, la collecte du LDDS avait été de 940 millions d’euros.
Une 7e collecte positive successive pour le LEP en décembre
Après un mauvais début d’année, avec au printemps les fermetures de LEP pour non-éligibilité de leurs titulaires, ce dernier a enchaîné sept collectes positives. En décembre, le solde entre versements et retraits a été positif de 460 millions d’euros, en retrait par rapport au résultat de 2024 (630 millions d’euros).
Avec la baisse du taux annoncée pour le 1er février, le Livret A devrait avancer en 2026 à petit trot. Son rendement aura été divisé par deux en un an. Il faut remonter à la crise financière de 2008-2009 pour constater des baisses plus rapides. L’assurance vie, sa fiscalité étant inchangée, voit sa compétitivité renforcée. Les rendements 2025 des fonds en euros, publiés depuis le début du mois de janvier, apparaissent en légère hausse, certainement en moyenne autour de 2,7 %.
Par ailleurs, après plusieurs années de forte épargne, une légère reprise de la consommation est attendue en 2026. Les ménages qui ont reporté la réalisation d’achats importants (automobile, équipements de la maison, etc.) pourraient accroître leurs dépenses, ce qui signifierait un moindre effort d’épargne, dont pâtirait en premier lieu l’épargne réglementée. Mais le Livret A pourrait néanmoins jouer son rôle de valeur refuge en cas d’accentuation des tensions géopolitiques entre l’Europe et les États-Unis et en cas de ralentissement de l’économie.

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts
La Direction du Trésor s’est interrogée sur l’affectation réelle de l’épargne des ménages. La note rédigée par Alisée Koch et Thomas Faria, intitulée « Que finance l’épargne financière des ménages français ? », publiée au mois de janvier, éclaire l’usage effectif de l’épargne, au-delà de ses seules formes juridiques.
Un patrimoine financier majoritairement investi en produits de taux
Le patrimoine des ménages français se compose principalement de patrimoine immobilier, mais également d’un patrimoine financier diversifié. Ce dernier reflète l’appétence traditionnelle des ménages pour la garantie et la liquidité. Il regroupe à la fois des placements sûrs (dépôts, livrets, assurance-vie en euros) et des actifs plus risqués tels que des titres financiers (actions, obligations), détenus directement ou indirectement via des intermédiaires financiers, ainsi que des participations dans leurs entreprises.
La Direction du Trésor confirme que le patrimoine des ménages en France est composé à environ 60 % d’actifs non financiers et 40 % d’actifs financiers. Au deuxième semestre 2025, ce patrimoine s’élevait à 6 596 milliards d’euros. L’épargne financière représentait toujours, au deuxième semestre 2025, 10,5 % du revenu disponible brut, soit quatre points de plus que le taux moyen constaté entre 2015 et 2019. Pour la première fois depuis l’an 2000, le taux d’épargne financière des ménages est, en France, supérieur à celui de l’Allemagne.
Le patrimoine financier des ménages, au deuxième semestre 2025, se répartit de la manière suivante :
Les ménages possèdent directement des obligations (54 Md€), des actions cotées (310 Md€), des actions non cotées (913 Md€) et d’autres participations (519 Md€). Une vigilance particulière s’impose concernant ces deux dernières catégories, qui comprennent notamment les participations dans des sociétés non cotées (entreprises privées, PME, start-up) détenues directement par les ménages.
En France, près de deux tiers des placements (dépôts et assurances) correspondent principalement à des produits de taux, contre un tiers investi en fonds propres, détenus directement ou via des intermédiaires financiers. Cette répartition diffère toutefois peu de celle observée en Allemagne ou en Italie.
Le financement de l’économie française s’effectue essentiellement par l’intermédiation bancaire. Environ 70 % du financement des entreprises est assuré par le crédit, tandis qu’aux États-Unis près de 70 % du financement transite par les marchés.
Les placements des ménages auprès des institutions financières (4 770 Md€) sont majoritairement investis en France (58 %), puis ailleurs dans la zone euro (19 %). Les placements hors zone euro ne représentent que 23 % du total. Le bilan des assureurs et des fonds de pension est composé à 43 % de titres résidents.
Les expositions des banques françaises sont concentrées à 75 % en France et à 85 % dans la zone euro. Les banques accordent en France davantage de prêts qu’elles ne collectent de dépôts, de sorte que l’épargne est quasi intégralement mobilisée pour financer des prêts.
Le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) joue un rôle clé dans la mobilisation de l’épargne des Français. Il centralise une partie des dépôts des livrets réglementés afin de les transformer en financements de long terme, au profit notamment des bailleurs sociaux. Ce modèle, unique en Europe, confère à la CDC un rôle d’intermédiation significatif malgré un poids modéré dans le total des encours bancaires. Le Fonds d’épargne dispose ainsi de 219 Md€ de prêts en faveur du logement social et du secteur public local, ainsi que d’un portefeuille de gestion d’actifs de 222 Md€, investi à 96 % en Europe, dont 88 % en zone euro et 70 % en France.
Mise en transparence du patrimoine financier des ménages français
L’exercice de mise en transparence des intermédiaires financiers réalisé par la Direction du Trésor montre que le patrimoine financier des ménages est utilisé à 40 % pour la détention d’actions et autres participations, à 31 % pour l’investissement obligataire et à 20 % pour le financement de prêts. Un peu plus de 1 % est investi dans des actifs immobiliers. Le solde correspond à de la trésorerie des institutions financières (3 %), à des produits dérivés (2 %) et à d’autres actifs financiers (2 %). Cette démarche vise à apprécier l’affectation finale de l’épargne des ménages après intermédiation.
L’exercice révèle que les ménages détiennent, via les institutions financières, 874 Md€ d’actions et 2 022 Md€ d’obligations au deuxième trimestre 2025. Le financement des administrations publiques constitue une part significative des obligations détenues : 752 Md€, majoritairement françaises, soit 11 % du patrimoine financier des ménages. Ces titres sont intermédiés par la CDC, les banques, les assureurs et certains organismes de placement collectif. Les assureurs constituent un groupe majeur de porteurs domestiques privés de la dette française, détenant en direct 9,8 % de la dette négociable de l’État (275 Md€), derrière les banques françaises (10,3 %) mais devant les fonds français (1,7 %).
Le Fonds d’épargne de la CDC centralise 399 Md€ d’encours issus des livrets réglementés. Près de la moitié de cet actif (49 %) est consacrée aux prêts au logement social et au secteur public local. Pour assurer sa liquidité, le Fonds détient également un portefeuille de titres financiers représentant 51 % de l’actif, composé à 44 % d’obligations et à 4 % d’actions et de fonds, le solde correspondant à des liquidités.
L’encours non centralisé des livrets réglementés et les dépôts des ménages s’élèvent à 1 728 Md€. Les établissements bancaires les utilisent pour accorder des prêts ou acquérir des titres. Les douze principales banques françaises consacrent environ 60 % de leur actif aux prêts, 12 % aux obligations, 5 % aux actions, 8 % aux produits dérivés et 9 % à la trésorerie.
Les sociétés d’assurances et les fonds de pension investissent l’épargne des ménages majoritairement sur les marchés financiers ou via des fonds. Leurs encours de placement atteignent 2 246 Md€ au deuxième semestre 2025. Leur portefeuille est composé à 51 % de titres de créance, 34 % de parts d’OPC et 10 % d’actions, le solde correspondant à de la trésorerie ou à des prêts. Après mise en transparence, leur portefeuille apparaît composé à 65 % de titres de créance et à 25 % d’actions, contribuant directement au financement de l’économie (entreprises, infrastructures, etc.).
Une augmentation du financement des entreprises en fonds propres
Après mise en transparence, la part de l’épargne finançant les entreprises progresse, passant de 36 % du patrimoine financier en 2019 à 40 % au deuxième trimestre 2025, principalement sous l’effet de valorisations plus dynamiques. Cette évolution s’effectue au détriment des titres obligataires, dont la part recule de 26 % à 20 % pour les titres non souverains et de 12 % à 11 % pour les titres souverains.
Les autres emplois finaux de l’épargne des ménages (prêts, actifs immobiliers, autres) demeurent relativement stables dans le temps. Ces évolutions traduisent avant tout des arbitrages entre classes d’actifs, sans transformation structurelle des bilans des intermédiaires financiers.
En 2023, la hausse des taux a conduit les ménages à réallouer une partie de leurs dépôts à vue vers les comptes à terme, sans modifier la part de l’épargne intermédiée par les banques. La situation évolue en 2025 avec la baisse des comptes à terme et la reprise de la collecte de l’assurance-vie. La montée en puissance des unités de compte au détriment des fonds en euros modifie la structure des contrats, tout en maintenant le rôle des assureurs dans la transformation de l’épargne vers des actifs de long terme. Depuis 2020, assureurs et fonds de pension ont par ailleurs diversifié leurs placements et réduit leur détention de dette négociable de l’État.
La hausse des actions et autres participations dans les emplois finaux de l’épargne provient quasi exclusivement de l’augmentation des actions non cotées détenues directement par les ménages, passées de 570 Md€ en 2019 (10 % du patrimoine financier) à 913 Md€ au deuxième trimestre 2025 (14 %).
Enfin, la Direction du Trésor confirme une évolution progressive des comportements d’investissement. L’essor des comptes-titres en ligne et des néo-courtiers commence à produire des effets visibles. Si les encours demeurent encore modestes, ils traduisent l’émergence d’épargnants plus enclins au risque et adoptant une approche opportuniste de l’épargne. Selon une enquête du Cercle de l’Épargne réalisée en avril 2025, les jeunes épargnants de moins de 35 ans considèrent majoritairement les placements en actions comme des placements de court terme, spéculatifs, au même titre que les cryptoactifs.
En définitive, la note de la Direction du Trésor déconstruit l’idée d’une épargne française stérile ou mal orientée. Si les ménages privilégient toujours la sécurité et la liquidité, leur épargne contribue largement au financement de l’économie réelle, qu’il s’agisse des entreprises, du logement social ou des administrations publiques, essentiellement par le biais d’une intermédiation financière robuste. L’augmentation récente du financement en fonds propres, portée notamment par les actions non cotées, traduit une évolution progressive des comportements, plus qu’une rupture. Elle souligne également le rôle central des intermédiaires dans l’orientation de l’épargne vers le long terme, dans un contexte marqué par des arbitrages accrus et une diversification croissante des supports d’investissement.
L’assurance vie est indéniablement le placement de l’année 2025 avec une série de collectes de haut niveau témoignant de la compétitivité retrouvée du premier placement des ménages. La baisse du rendement de l’épargne réglementée et des taux des dépôts à terme explique ce nouvel engouement. Les ménages épargnent toujours beaucoup, mais différemment. Ils placent leurs liquidités et réallouent une partie de l’épargne de précaution constituée ces dernières années vers l’assurance vie. La publication des premiers rendements des fonds en euros pour 2025 devrait conforter la place de leader de l’assurance vie. Ils ressortent, en effet, stables, voire en légère hausse.
Une collecte nette de haut niveau au mois de novembre
L’assurance vie continue d’engranger de bons résultats, à la différence du Livret A qui est entré dans un cycle de décollectes. Au mois de novembre, le premier placement des ménages a enregistré, en effet, une collecte nette de 4,8 milliards d’euros, après +5,1 milliards d’euros en octobre.
Depuis 1997, la plus forte collecte au mois de novembre a été enregistrée en 2006, avec 4,9 milliards d’euros. La moyenne de ces dix dernières années s’élevait à 1,4 milliard d’euros.
Vers une collecte de plus de 50 milliards d’euros en 2025
Sur les onze premiers mois de l’année, la collecte nette a atteint 49,4 milliards d’euros, supérieure de 21,8 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Il faut remonter à 2010 pour constater une collecte nette supérieure à 50 milliards d’euros.
La collecte positive est imputable tant aux fonds en euros (+10,0 milliards d’euros) qu’aux supports en unités de compte (UC) (+39,5 milliards d’euros).
Toujours des cotisations historiques et un taux d’UC en hausse
En novembre, les cotisations en assurance vie se sont élevées à 15,7 milliards d’euros, leur plus haut niveau pour un mois de novembre. Les unités de compte sont toujours en forte croissance (+8 % sur un an), aidées en cela par la bonne tenue des marchés financiers. Les cotisations en fonds en euros ont également progressé de 2 % sur un an. Depuis le début de l’année, les cotisations s’élèvent à 176,0 milliards d’euros, en hausse de 14,9 milliards d’euros. Cette évolution concerne à la fois les supports en UC (+13 %) et ceux en euros (+7 %). La part des UC dans les cotisations remonte en novembre pour atteindre 40 %, la moyenne sur les onze premiers mois étant de 38 %.
Des prestations modestes, symboles de l’attractivité de l’assurance vie
Preuve que l’assurance vie a retrouvé sa compétitivité, les prestations sont relativement faibles. Elles se sont élevées à 10,9 milliards d’euros en novembre. Les ménages retirent moins d’argent de leurs contrats qu’auparavant. Depuis le début de l’année, les prestations sont en recul de 5 % et ont atteint 126,5 milliards d’euros.
Un encours à plus de 2 100 milliards d’euros
Grâce à la collecte dynamique et à la bonne tenue des marchés financiers, l’encours progresse et a atteint, fin novembre, 2 106 milliards d’euros, en hausse de 6,3 % sur un an.
Un nouveau cycle de croissance pour l’assurance vie avec le recyclage des vieux PEL
Dans les prochains mois, l’assurance vie devrait bénéficier d’un contexte porteur. L’écart de rendement entre les fonds en euros et celui de l’épargne réglementée ou des dépôts à terme augmentera au profit des premiers. Les prévisions sur l’évolution des marchés actions sont plutôt encourageantes. L’assurance vie devrait enfin bénéficier de la fermeture des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés pour un encours de 93 milliards d’euros. Les titulaires de vieux PEL devraient se tourner vers l’assurance vie, qui devrait les satisfaire tant sur le plan du rendement que de la garantie en capital et de la fiscalité.
Bilan 2025 et perspectives pour 2026
Pluie de records pour les marchés en 2025
À quelques jours de la Saint-Sylvestre, les marchés financiers peuvent dignement fêter la fin de l’année. 2025 aura été, en effet, un excellent cru, marqué par une pluie de records pour les indices actions ainsi que pour l’or et de nombreux autres métaux. Cette série de sommets, par son ampleur, inquiète néanmoins : la crainte d’une bulle liée à l’intelligence artificielle est fréquemment avancée.
Des actions au top
Le dernier trimestre en cours s’annonce comme l’un des plus solides depuis deux ans en Europe, porté par la résistance de la croissance mondiale et par l’idée persistante que les conditions de financement s’assoupliront. L’indice Stoxx 600 a ainsi inscrit un nouveau record cette semaine, s’acheminant vers une troisième année consécutive de progression.
Le CAC 40 gagne sur l’année près de 10 %. Il demeure toutefois en retrait par rapport aux grands indices internationaux, en raison de sa composition très orientée vers l’industrie du luxe — en moindre croissance depuis le début de l’année — et de la persistance de la crise politique.
L’indice européen Euro Stoxx 50 progresse, de son côté, de plus de 17 %. L’indice britannique FTSE 100 affiche une hausse de plus de 20 % depuis le 1er janvier.
Aux États-Unis, la publication de statistiques de croissance plus solides que prévu, combinée aux perspectives de détente des taux, incite les investisseurs à privilégier les actions, et plus particulièrement celles du secteur de la haute technologie. Le S&P 500 a gagné plus de 2 % sur la semaine portant le total depuis le 1er janvier à près de 18 %. Le Nasdaq a gagné 2,55 % cette semaine et 22,18 % depuis le début de l’année.
Or, argent, cuivre, platine : toujours plus haut
L’or défie les pronostics en ayant atteint plus de 4 500 dollars l’once, en hausse de près de 70 % depuis le début de l’année. L’argent fait encore mieux, avec un gain avoisinant 150 %. Il faut remonter au choc pétrolier de 1979-1980 pour retrouver des progressions comparables.
Le platine a, lui aussi, enregistré un sommet historique au cours de la semaine, tandis que le cuivre a franchi les 12 000 dollars la tonne, sur fond de craintes d’un marché mondial plus tendu à l’horizon 2026.
Un dollar en recul
Le dollar poursuit son mouvement de baisse pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Les menaces sur l’indépendance de la banque centrale américaine, la baisse des taux directeurs de cette dernière et plus globalement la politique du Président américain ont contribué à la baisse du dollar. Les investisseurs étrangers sont réduit leur exposition en dollars même si la monnaie américaine demeure de loin la première devise de réserve. Le dollar a perdu près de 14 % depuis le début de l’année face à l’euro, ce qui améliore la compétitivité des produits américains. Pour les Européens, cette dépréciation du billet vert allège la facture énergétique, d’autant plus que le cours du pétrole est orienté à la baisse. Depuis le début de l’année, le baril de Brent a reculé d’environ 17 %.
Un bitcoin entre deux eaux
Le bitcoin apparaît comme le grand perdant de l’année, avec un recul de plus de 6 % depuis janvier et de près de 20 % sur le dernier trimestre. L’essor des stablecoins, adossés à des devises réelles comme le dollar ou l’euro et jugés moins volatils, se développe au détriment du bitcoin.
L’art de la prévision est, surtout en matière financière, un exercice périlleux. Les krachs ont un malin plaisir à survenir lorsqu’ils ne sont pas attendus…
Pour 2026, de nombreux experts anticipent néanmoins une nouvelle année de forte appréciation des actions, portée par l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle et, en Europe, par le plan de relance allemand. L’espoir d’une paix en Ukraine alimente également l’optimisme ambiant.
Toutefois, l’IA prend de plus en plus les traits d’une bulle, avec des investissements colossaux dont la rentabilisation suppose l’émergence rapide de gains de productivité substantiels. Le réalisme pourrait, à un moment ou à un autre, reprendre ses droits, avec à la clé soit un atterrissage brutal, soit un dégonflement progressif.
Les tensions géopolitiques pourraient perdurer, avec un président américain engagé en 2026 dans la bataille pour conserver sa majorité au Congrès. À un an de l’élection présidentielle, la France, confrontée à une dette publique toujours mal maîtrisée, pourrait devenir une source majeure d’inquiétude en Europe.
Par ailleurs, l’accroissement du déficit public allemand limite la perspective d’une baisse marquée des taux souverains. S’agissant des taux directeurs, la Banque centrale européenne devra composer avec une politique monétaire de la Réserve fédérale de plus en plus accommodante. Une légère baisse des taux en 2026 demeure envisageable, d’autant que les craintes d’un retour de l’inflation restent, pour l’heure, contenues. La BCE pourrait ainsi être tentée d’agir afin de freiner l’appréciation de l’euro, au risque de susciter l’ire du président américain.
Le cours du pétrole, sauf crise internationale majeure, ne devrait pas connaître de forte hausse, en particulier si un accord de paix intervenait en Ukraine. Le ralentissement de la croissance mondiale pèserait alors sur la demande, tandis que l’offre tendrait à augmenter avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+.
Depuis 2020, l’or ne cesse de s’apprécier. En 2026, la poursuite de la baisse des taux directeurs pourrait continuer de soutenir la demande de métal précieux. À l’inverse, un retour durable de la paix en Ukraine exercerait un effet modérateur. Plusieurs experts estiment que l’once pourrait dépasser les 5 000 dollars. À ce niveau, une prise de bénéfices semblerait néanmoins judicieuse.
Après une année en demi-teinte, le bitcoin peut-il rebondir ? Il pourrait au contraire pâtir des doutes croissants sur l’IA, de l’essor des stablecoins et des futurs lancements de monnaies digitales de banque centrale. La diffusion progressive de la blockchain pourrait conduire à une forme de banalisation du bitcoin, qui perdrait alors son statut d’icône ou de pionnier.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 26 déc. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 103,58 | -0,58 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 48 710,97 | +1,55 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 929,94 | +1,28 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 593,10 | +2,55 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 340,06 | +1,58 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 870,68 | +0,33 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 746,24 | +0,08 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 50 344,10 | +1,95 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 963,68 | +3,04 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,562 % | -0,051 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,862 % | -0,036 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,138 % | -0,006 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1779 | +0,25 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 479,63 | +4,12 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 62,28 | +4,29 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 87 930,3814 | +2,73% | 38 252,54 | 93 776,61 |
Novembre 2025 est sans surprise, avec une nouvelle décollecte du livret A, de -730 millions d’euros, la troisième de rang après celles d’octobre et de septembre. La dernière passe de trois pour les décollectes remontait à 2015.
Traditionnellement, le mois de novembre est peu porteur pour le livret A. Depuis 2009, dix décollectes ont été enregistrées. La collecte moyenne, en novembre, au cours de ces dix dernières années (2015-2024), a été de 300 millions d’euros. En 2024, 400 millions d’euros de collecte nette avaient été constatés. Les plus fortes décollectes, en novembre, sont intervenues en 2009 (-1,3 milliard d’euros) et en 2014 (-1,25 milliard d’euros). Les plus fortes collectes pour un mois de novembre ont été enregistrées en 2012 et en 2024, avec 2,4 milliards d’euros chacune. La première est intervenue à la suite du relèvement du plafond du livret, la seconde lors de l’épidémie de Covid.
Le livret A est en décollecte sur les onze premiers mois de l’année, à -3,58 milliards d’euros, alors qu’en 2024 il enregistrait une collecte positive de près de 12 milliards d’euros (11,87 milliards d’euros).
Un mois de dépenses
Novembre est un mois de dépenses, sans recettes exceptionnelles. Le Black Friday, qui s’est imposé dans la culture française, marque le début des courses de fin d’année. Pour les ménages qui avaient un solde d’impôt sur le revenu à acquitter au titre de 2024, le paiement est étalé sur les quatre derniers mois de l’année.
Lente digestion de la baisse de la rémunération
Le livret A est toujours en phase de digestion de la baisse de son taux de rémunération, passé de 3 % à 1,7 % sur l’année. Le 1er février prochain, compte tenu du niveau de l’inflation de ces derniers mois (1 % en rythme annuel) et de l’évolution des taux des marchés monétaires (taux Ester), le taux du livret A devrait passer de 1,7 % à 1,4 %. Cette baisse ne devrait pas inciter les ménages à y placer davantage d’argent dans les prochains mois, même si son rendement réel reste positif.
Le LDDS dans le sillage du livret A
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est également en décollecte en novembre, à -230 millions d’euros. Depuis 2009, il enregistre sa dixième décollecte. La plus importante a été constatée en 2011, avec -430 millions d’euros, tandis que la collecte la plus élevée en novembre date de 2012, avec 2,82 milliards d’euros, lors du relèvement du plafond du LDDS. Sur ces dix dernières années (2015-2024), la collecte moyenne s’élevait à 100 millions d’euros.
La collecte des onze premiers mois de l’année 2025 a atteint 1,27 milliard d’euros, contre 5,61 milliards d’euros sur la même période en 2024.
Le Livret d’épargne populaire (LEP) toujours positif
Le Livret d’épargne populaire enregistre, en novembre, une collecte positive de 210 millions d’euros, contre 340 millions d’euros l’année dernière.
Sur les onze premiers mois, le LEP est en décollecte de 1,5 milliard d’euros, alors qu’il était en collecte positive de 6,26 milliards d’euros sur la même période en 2024.
Le taux de rémunération, à 2,7 %, demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Au 1er février prochain, ce taux devrait baisser. L’application de la formule pourrait le ramener à 1,9 % mais il est probable que le gouvernement maintienne un bonus en faveur De l’épargne populaire en retenant un taux de 2,4 %.
En 2025, les Français ont été en mode fourmis, avec un taux d’épargne qui sera, sur l’année, d’environ 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus du taux d’avant la crise Covid. Cette augmentation est imputable à la composante financière de l’épargne, qui est au plus haut depuis les années 1950 (hors période Covid).
Trois facteurs d’augmentation du taux d’épargne :
Ce niveau élevé d’épargne s’explique non seulement par un climat géopolitique, économique et social qui reste anxiogène, mais aussi par le vieillissement de la population et les bons rendements des placements financiers. Une population âgée a une propension plus importante à épargner et à réduire sa consommation. Ce phénomène est constaté au sein de nombreux pays occidentaux, comme l’Allemagne ou le Japon, ainsi qu’en Chine.
Par ailleurs, en France, les ménages ont tendance à capitaliser les gains issus de leurs placements. Or, ces gains ont été portés par la hausse des taux de rendement, à l’exception de ceux de l’épargne réglementée et des dépôts, et par la bonne tenue des marchés financiers. Les Américains ont un tout autre comportement, en consommant tout ou partie de leurs gains financiers.
Fin de cycle pour le Livret A
Depuis 2017, le Livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le Livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.
L’encours du Livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.
La préférence donnée au Livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du Livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.
En 2025, le Livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 14,87 milliards d’euros.
En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du Livret A et du LDDS.
Le 1er février prochain, le taux du Livret A devrait être une nouvelle fois abaissé. Le taux pourrait ainsi passé de 1,7 à 1,4 %. Il en serait de même pour le LDDS.
Le taux du Compte épargne logement serait alors de 1 % au lieu de 1,25 %.
Léger recul pour le Livret d’Épargne Populaire
Malgré un taux supérieur d’un point à celui du Livret A, le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à la décollecte. Sur les onze premiers mois, celle-ci s’élève à 1,5 milliard d’euros. Ce produit, détenu par 12 millions de personnes, est éligible sous conditions de revenus.
Il est à souligner qu’afin de favoriser l’épargne des ménages les plus modestes, le gouvernement n’a pas appliqué la formule du taux de rémunération. Celui-ci est soit égal à l’inflation, soit au taux du Livret A majoré de 0,5 point, si ce dernier est plus avantageux. De ce fait, le taux au 1er août 2025 aurait dû être de 2,2 %. Or, le gouvernement a décidé de le fixer à 2,7 %. Il est probable qu’un même geste soit consenti le 1er février 2026. Le taux pourrait être ainsi abaissé à 2,4 %.
2025 ou la revanche de l’assurance vie
L’assurance vie est en voie de connaître l’une des meilleures années de son histoire. Avec 45 milliards d’euros sur les dix premiers mois, la collecte nette devrait, en 2025, se situer autour de 50 milliards d’euros, un résultat qui n’avait plus été enregistré depuis 2010 (51,1 milliards d’euros).
Ce résultat est porté par un montant élevé de cotisations (plus de 160 milliards d’euros sur les dix premiers mois) et par des rachats modérés. Il est également la conséquence du retour en territoire positif de la collecte des fonds euros, qui bénéficient de la fameuse garantie en capital. La baisse de leur taux de rendement avait, ces dernières années, conduit les ménages à se désengager du premier pilier de l’assurance vie, qui représente plus de 72 % de l’encours et, en moyenne, plus de 60 % de la collecte ces dernières années.
Le taux de rendement des fonds euros était passé de 3,4 % en 2010 à 1,28 % en 2020, en lien avec la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, qui s’était traduite par un fort recul des taux des obligations souveraines. Cette baisse du rendement a érodé la compétitivité de l’assurance vie, laquelle n’a été portée, depuis 2017, que par les unités de compte.
Le rendement des fonds euros a réaugmenté à compter de 2022 pour atteindre 2,6 % en 2024. Le rendement pour 2025 devrait être assez voisin de celui de l’année dernière. Cette hausse, conjuguée à la baisse des taux de rémunération de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, a incité les ménages à réallouer une part plus importante de leur épargne vers l’assurance vie.
Il est à noter que cette dernière, dans l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, a repris, en 2025, sa place de numéro un parmi les placements préférés des Français.
L’encours de l’assurance vie devrait, en 2025, dépasser 2 100 milliards d’euros.
2025 : confirmation du succès du Plan d’Épargne Retraite confirme
Au 31 octobre 2025, le nombre de titulaires d’un PER assurance est estimé à 7,7 millions (+16 % sur un an) et les provisions mathématiques de ces PER sont évaluées à 107,5 milliards d’euros (+21 % sur un an). En prenant en compte l’ensemble des PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires dépasse 12 millions et l’encours atteint 130 milliards d’euros (chiffres à mars 2025).
Le PER profite des interrogations sur l’avenir du système de retraite par répartition et du vieillissement démographique.
Quelles perspectives pour 2026 ?
Les taux de rémunération
Les taux de rémunération de plusieurs produits d’épargne sont appelés à évoluer dans les prochaines semaines.
Le Plan d’Épargne Logement
Le taux du plan d’épargne logement est déjà connu. Il s’élèvera à 2 % pour tous les plans ouverts à compter du 1er janvier 2026. Il convient de souligner que ce produit est en recul depuis 2018.
Le Livret A et le LDDS
Le taux du Livret A et du LDDS, compte tenu de l’inflation constatée en 2025 et de l’évolution des taux monétaires, devrait passer de 1,7 % à 1,4 % au 1er février 2026.
Par voie de conséquence, le taux du compte d’épargne logement devrait passer de 1,25 % à 1 %.
Le Livret d’Épargne Populaire
Le taux du Livret d’Épargne Populaire, par simple application de la formule réglementaire, devrait être, au 1er février 2026, de 1,9 %. Il est fort probable que le gouvernement fasse un geste en ramenant le taux de 2,7 % à 2,4 %.
L’évolution de l’épargne : un léger recul pour 2026
Le taux d’épargne devrait légèrement baisser en 2026, avec une reprise modérée de la consommation après plusieurs années de stagnation. Les ménages acquièrent une certaine résilience face aux chocs divers et variés. En outre, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, avec à la clé une baisse du coût de l’énergie, pourrait contribuer à améliorer le moral des ménages.
La collecte du Livret A devrait se situer dans le prolongement de l’année 2025, avec toujours un effet de cycle, le premier semestre étant plus favorable à la collecte que le second.
L’assurance vie : encore une année en or en 2026
Malgré quelques menaces durant la discussion budgétaire, le régime fiscal de l’assurance vie demeure inchangé en 2026. Elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 1,4 point.
Avec des fonds euros dont la rémunération profitera de la hausse des taux d’intérêt à long terme, l’attractivité de l’assurance vie devrait encore s’améliorer, d’autant plus que les rendements de l’épargne réglementée sont orientés à la baisse.
Par ailleurs, l’assurance vie pourrait être la grande gagnante de la clôture des plans d’épargne logement de plus de quinze ans. À partir du mois de mars 2026, les premiers contrats ouverts en 2011, qui atteignent leur quinzième année, sont automatiquement transformés en livrets bancaires dont la rémunération, faible, est fixée par l’établissement bancaire. Ces fermetures automatiques conduiront à une réallocation des fonds. Or, le PEL avait connu un nombre important d’ouvertures entre 2011 et 2016. Selon la Banque de France, d’ici 2030, un tiers des PEL, dont l’encours est de 93 milliards d’euros, est concerné.
Les ménages concernés ont laissé leur argent sur leur PEL non pas en vue de réaliser un projet immobilier (ils l’auraient déjà fait), mais pour des raisons financières : les PEL ouverts entre 2011 et 2016 étaient rémunérés entre 2 % et 2,5 % et n’étaient pas soumis à l’impôt. Les nouveaux PEL sont beaucoup moins intéressants (2 % de rendement et soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %). Dans ces conditions, l’assurance vie, avec un rendement de 2,6 % pour les fonds euros, devrait capter une part non négligeable des PEL arrivés à échéance. Le Plan d’Épargne Retraite pourrait également en bénéficier.
Le cours de l’or a battu, lundi 22 décembre, un nouveau record en dépassant 4 400 dollars l’once. En fin de semaine, ce dernier a même franchi la barre des 4500 dollars. Cette progression est alimentée par les prévisions de nouvelles baisses de taux de la Réserve fédérale américaine.
Le précédent record datait du mois d’octobre dernier, à 4 381,52 dollars. Depuis le début de l’année, le métal jaune a progressé de plus de 66 %. Entre la guerre commerciale menée par Donald Trump, la paralysie budgétaire à Washington et les tensions géopolitiques chroniques, tout concourt à la hausse de l’or. Outre les investisseurs, les banques centrales de nombreux pays, notamment émergents, ont également accru leurs réserves en métal jaune. Parmi celles qui ont acheté le plus d’or figurent la Pologne, le Kazakhstan, le Brésil et la Turquie. La Pologne a acheté (en net) 82,67 tonnes d’or, soit 7,6 %. Sur le seul mois d’octobre, le pays a acquis 15,6 tonnes. La Pologne se classe désormais au 12ᵉ rang pour la détention officielle d’or. Le Brésil, qui a acheté plus de 15 tonnes de métal jaune en septembre et octobre, poursuit sa stratégie visant à réduire sa dépendance au dollar. La Chine arrive en 5ᵉ position pour les achats d’or, avec plus de 24 tonnes acquises cette année. Elle est le sixième pays disposant des réserves d’or les plus importantes.
La Russie, qui ces dernières années avait acheté de nombreuses tonnes d’or, en a vendu en 2025 afin de financer son important effort de guerre. Le pays reste le cinquième plus grand détenteur du précieux métal. Singapour a également réduit ses réserves d’or, en cédant au total plus de 15 tonnes. Ce pays joue toujours un rôle actif sur le marché de l’or, pour son compte ou pour le compte de tiers. De son côté, l’Ouzbékistan a vendu plus de 11 tonnes, faisant de ce pays le plus important vendeur net d’or.
Le bitcoin, avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, semblait être promis à un brillant avenir. Or, la première des cryptoactifs est en recul de 6 % depuis le début de l’année. Fin décembre, il s’échange contre 87 000 dollars, loin de son record du mois d’octobre (125 260,9 dollars).
Après avoir bénéficié du soutien de l’industrie digitale durant sa campagne et avoir émis sa propre crypto, Donald Trump promet de faire des États-Unis « la capitale mondiale des cryptomonnaies ». Dès sa nomination, ce dernier déréglemente et met fin aux poursuites que son prédécesseur avait engagées à l’encontre de ce secteur. L’idée d’une réserve stratégique de bitcoins, évoquée à Washington, marque un tournant symbolique.
Cette normalisation a une contrepartie immédiate. Le bitcoin est désormais sujet aux décisions et aux volte-face présidentiels. Son cours a ainsi fortement baissé après les annonces relatives aux droits de douane au mois d’avril dernier. La première des cryptos est de plus en plus corrélée aux marchés financiers américains, et en particulier au cours du Nasdaq.
L’adoption du Genius Act sur les stablecoins a certes, à l’automne, réveillé le marché des cryptoactifs en portant le bitcoin à plus de 120 000 dollars. À ce pic, la capitalisation totale des bitcoins en circulation a brièvement dépassé les 2 400 milliards de dollars, selon Bloomberg. Entre ces phases de valorisation, le bitcoin a connu des fluctuations pouvant atteindre 30 %, quand, dans le même temps, l’or s’est continuellement apprécié.
Les ETF sont devenus l’un des leviers de croissance de plus en plus importants du bitcoin. Les fonds cotés qui répliquent directement le prix du bitcoin rencontrent un réel succès. Après une année 2024 exceptionnelle, marquée par plus de 35 milliards de dollars de collecte, les ETF bitcoin attirent encore environ 22 milliards de dollars en 2025. Les flux deviennent toutefois plus erratiques, alternant phases de collecte et sorties marquées. L’ETF n’est plus un moteur automatique de hausse, mais un instrument d’arbitrage pleinement intégré aux cycles de l’aversion au risque.
En 2024, le nombre d’accords et d’avenants conclus dans les entreprises s’est élevé à 81 380. Près de la moitié d’entre eux sont liés à l’épargne salariale (45,6 %). Leur nombre a progressé de 8 % par rapport à 2023. L’intéressement, la participation, la retraite collective sont au cœur des négociations sociales au sein des entreprises.
Arrivent ensuite les textes sur les salaires et primes, en hausse de 4,3 % et ceux sur le temps de travail.
L’encours des livrets ordinaires fiscalisés s’élevaient à 199,5 milliards d’euros à la fin du mois d’octobre dernier. Malgré un taux moyen de rémunération faible, autour de 0,8 %, les ménages conservent des sommes importantes sur ces produits. Ce sont souvent des fonds en attente d’utilisation. Les sommes issues d’une vente d’un logement sont ainsi placées sur un livret avant réutilisation pour l’achat d’un nouveau logement ou pour une réallocation su d’autres produits financiers. Les sommes issues d’une succession peuvent être également placées sur un livret avant réaffectation.

Cercle de l’Epargne – données Banque de France
2025 : une année charnière pour l’épargne
En 2025, les Français ont été en mode fourmis, avec un taux d’épargne qui sera, sur l’année, d’environ 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus du taux d’avant la crise Covid. Cette augmentation est imputable à la composante financière de l’épargne, qui est au plus haut depuis les années 1950 (hors période Covid).
Trois facteurs d’augmentation du taux d’épargne :
Ce niveau élevé d’épargne s’explique non seulement par un climat géopolitique, économique et social qui reste anxiogène, mais aussi par le vieillissement de la population et les bons rendements des placements financiers. Une population âgée a une propension plus importante à épargner et à réduire sa consommation. Ce phénomène est constaté au sein de nombreux pays occidentaux, comme l’Allemagne ou le Japon, ainsi qu’en Chine.
Par ailleurs, en France, les ménages ont tendance à capitaliser les gains issus de leurs placements. Or, ces gains ont été portés par la hausse des taux de rendement, à l’exception de ceux de l’épargne réglementée et des dépôts, et par la bonne tenue des marchés financiers. Les Américains ont un tout autre comportement, en consommant tout ou partie de leurs gains financiers.
Fin de cycle pour le Livret A
Depuis 2017, le Livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le Livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.
L’encours du Livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.
La préférence donnée au Livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du Livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.
En 2025, le Livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 14,87 milliards d’euros.
En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du Livret A et du LDDS.
Léger recul pour le Livret d’Épargne Populaire
Malgré un taux supérieur d’un point à celui du Livret A, le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à la décollecte. Sur les dix premiers mois, celle-ci s’élève à 1,5 milliard d’euros. Ce produit, détenu par 12 millions de personnes, est éligible sous conditions de revenus.
Il est à souligner qu’afin de favoriser l’épargne des ménages les plus modestes, le gouvernement n’a pas appliqué la formule du taux de rémunération. Celui-ci est soit égal à l’inflation, soit au taux du Livret A majoré de 0,5 point, si ce dernier est plus avantageux. De ce fait, le taux au 1er août 2025 aurait dû être de 2,2 %. Or, le gouvernement a décidé de le fixer à 2,7 %.
2025 ou la revanche de l’assurance vie
L’assurance vie est en voie de connaître l’une des meilleures années de son histoire. Avec 45 milliards d’euros sur les dix premiers mois, la collecte nette devrait, en 2025, se situer autour de 50 milliards d’euros, un résultat qui n’avait plus été enregistré depuis 2010 (51,1 milliards d’euros).
Ce résultat est porté par un montant élevé de cotisations (plus de 160 milliards d’euros sur les dix premiers mois) et par des rachats modérés. Il est également la conséquence du retour en territoire positif de la collecte des fonds euros, qui bénéficient de la fameuse garantie en capital. La baisse de leur taux de rendement avait, ces dernières années, conduit les ménages à se désengager du premier pilier de l’assurance vie, qui représente plus de 72 % de l’encours et, en moyenne, plus de 60 % de la collecte ces dernières années.
Le taux de rendement des fonds euros était passé de 3,4 % en 2010 à 1,28 % en 2020, en lien avec la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, qui s’était traduite par un fort recul des taux des obligations souveraines. Cette baisse du rendement a érodé la compétitivité de l’assurance vie, laquelle n’a été portée, depuis 2017, que par les unités de compte.
Le rendement des fonds euros a réaugmenté à compter de 2022 pour atteindre 2,6 % en 2024. Le rendement pour 2025 devrait être assez voisin de celui de l’année dernière. Cette hausse, conjuguée à la baisse des taux de rémunération de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, a incité les ménages à réallouer une part plus importante de leur épargne vers l’assurance vie.
Il est à noter que cette dernière, dans l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, a repris, en 2025, sa place de numéro un parmi les placements préférés des Français.
L’encours de l’assurance vie devrait, en 2025, dépasser 2 100 milliards d’euros.
2025 : confirmation du succès du Plan d’Épargne Retraite confirme
Au 31 octobre 2025, le nombre de titulaires d’un PER assurance est estimé à 7,7 millions (+16 % sur un an) et les provisions mathématiques de ces PER sont évaluées à 107,5 milliards d’euros (+21 % sur un an). En prenant en compte l’ensemble des PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires dépasse 12 millions et l’encours atteint 130 milliards d’euros (chiffres à mars 2025).
Le PER profite des interrogations sur l’avenir du système de retraite par répartition et du vieillissement démographique.
Quelles perspectives pour 2026 ?
Les taux de rémunération
Le Plan d’Épargne Logement
Le taux du plan d’épargne logement est déjà connu. Il s’élèvera à 2 % pour tous les plans ouverts à compter du 1er janvier 2026. Il convient de souligner que ce produit est en recul depuis 2018.
Le Livret A et le LDDS
Le taux du Livret A et du LDDS, compte tenu de l’inflation constatée en 2025 et de l’évolution des taux monétaires, devrait passer de 1,7 % à 1,4 % au 1er février 2026.
Par voie de conséquence, le taux du compte d’épargne logement devrait passer de 1,25 % à 1 %.
Le Livret d’Épargne Populaire
Le taux du Livret d’Épargne Populaire, par simple application de la formule réglementaire, devrait être, au 1er février 2026, de 1,9 %. Il est fort probable que le gouvernement fasse un geste en ramenant le taux de 2,7 % à 2,4 %.
L’évolution de l’épargne : un léger recul pour 2026
Le taux d’épargne devrait légèrement baisser en 2026, avec une reprise modérée de la consommation après plusieurs années de stagnation. Les ménages acquièrent une certaine résilience face aux chocs divers et variés. En outre, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, avec à la clé une baisse du coût de l’énergie, pourrait contribuer à améliorer le moral des ménages.
La collecte du Livret A devrait se situer dans le prolongement de l’année 2025, avec toujours un effet de cycle, le premier semestre étant plus favorable à la collecte que le second.
L’assurance vie : encore une année en or en 2026
Malgré quelques menaces durant la discussion budgétaire, le régime fiscal de l’assurance vie demeure inchangé en 2026. Elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 1,4 point.
Avec des fonds euros dont la rémunération profitera de la hausse des taux d’intérêt à long terme, l’attractivité de l’assurance vie devrait encore s’améliorer, d’autant plus que les rendements de l’épargne réglementée sont orientés à la baisse.
Par ailleurs, l’assurance vie pourrait être la grande gagnante de la clôture des plans d’épargne logement de plus de quinze ans. À partir du mois de mars 2026, les premiers contrats ouverts en 2011, qui atteignent leur quinzième année, sont automatiquement transformés en livrets bancaires dont la rémunération, faible, est fixée par l’établissement bancaire. Ces fermetures automatiques conduiront à une réallocation des fonds. Or, le PEL avait connu un nombre important d’ouvertures entre 2011 et 2016. Selon la Banque de France, d’ici 2030, un tiers des PEL, dont l’encours est de 93 milliards d’euros, est concerné.
Les ménages concernés ont laissé leur argent sur leur PEL non pas en vue de réaliser un projet immobilier (ils l’auraient déjà fait), mais pour des raisons financières : les PEL ouverts entre 2011 et 2016 étaient rémunérés entre 2 % et 2,5 % et n’étaient pas soumis à l’impôt. Les nouveaux PEL sont beaucoup moins intéressants (2 % de rendement et soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %). Dans ces conditions, l’assurance vie, avec un rendement de 2,6 % pour les fonds euros, devrait capter une part non négligeable des PEL arrivés à échéance. Le Plan d’Épargne Retraite pourrait également en bénéficier.
Incertitudes sur la baisse des taux en 2025
Sur la semaine, le CAC 40 a gagné quelques points dans un contexte marqué par les incertitudes sur les négociations concernant l’Ukraine. De son côté, Wall Street a enregistré de nouveaux records, en lien avec la baisse des taux directeurs décidée par la FED et avec la révision à la hausse de la croissance américaine par cette dernière. Celle-ci table sur une progression de 2,3 % du PIB en 2026, contre 1,8 % auparavant. En fin de semaine, les indices américains ont toutefois reculé. Le Nasdaq a été pénalisé par la chute du cours de l’éditeur de logiciels Broadcom, les analystes craignant une réduction de ses marges. L’indice des valeurs technologiques cède sur la semaine 1 %, témoignant des doutes des investisseurs sur l’IA, du moins pour son aspect boursier. Le pétrole s’est rapproché des 60 dollars le baril après les propos de Volodymyr Zelensky, qui accepterait l’idée de concessions territoriales permettant d’aboutir à une paix avec la Russie.
La baisse sans surprise des taux directeurs de la FED
Sans surprise, la Réserve fédérale américaine a réduit ses taux directeurs d’un quart de point, ramenant le loyer de l’argent dans la fourchette de 3,5 % à 3,75 %. Cette baisse a donné lieu à de nouvelles divisions au sein du Comité de politique monétaire de la FED : neuf voix se sont exprimées en faveur de la baisse et trois contre. La lecture du communiqué de presse semble indiquer qu’un ralentissement du rythme de réduction des taux est probable dans les prochains mois, dans l’attente de signaux plus clairs sur le marché de l’emploi, tandis que l’inflation « reste quelque peu élevée ».
Parmi les membres dissidents sur les taux de la banque centrale américaine, Austan Goolsbee, le président de la Fed de Chicago, et Jeffrey Schmid, celui de l’antenne de Kansas City, ont voté en faveur d’un statu quo. L’économiste Stephen Miran, choisi par Donald Trump, a opté à nouveau pour une réduction d’un demi-point de pourcentage.
Jerome Powell, le président de la FED, a indiqué lors de la conférence de presse : « Je tiens à souligner qu’après avoir abaissé notre taux directeur de 75 points de base depuis septembre et de 175 points de base depuis septembre dernier, le taux des fonds fédéraux se situe désormais dans une large fourchette de prévisions correspondant au taux neutre et que nous sommes bien placés pour patienter et observer la manière dont l’économie évolue… La politique monétaire n’est pas prédéterminée et nous prendrons nos décisions réunion après réunion. » Jerome Powell a précisé que la prochaine décision de la Fed ne serait probablement pas un relèvement des taux, au regard des nouvelles projections des responsables de la banque centrale.
Les nouvelles projections de la banque centrale américaine montrent une position médiane avec une seule baisse de taux d’un quart de point en 2026, comme dans les perspectives présentées en septembre dernier. La FED prévoit un ralentissement de la baisse de l’inflation à environ 2,4 % à la fin de l’année prochaine, malgré une accélération attendue de la croissance économique au-dessus de 2,3 % et un taux de chômage à 4,4 %.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 12 déc. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 068,62 | -0,03 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 48 458,05 | +1,09 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 827,41 | -0,62 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 195,17 | -1,00 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 202,39 | +1,03 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 652,19 | +0,29 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 720,71 | -0,09 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 50 836,55 | -0,18 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 889,35 | +0,85 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,582 % | +0,056 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,861 % | +0,062 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,197 % | +0,064 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1731 | +0,94 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 278,44 | +2,84 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 61,04 | -4,64 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 89 931,90 | +0,85 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Depuis le 1er janvier, le cours de l’or a gagné près de 60 %. La vieille relique n’est pas le seul métal à atteindre des sommets. À la Bourse des métaux de Londres, la référence mondiale pour les contrats commerciaux, les cours de la tonne de cuivre ont atteint début décembre près de 12 000 dollars. Depuis le début de l’année, le métal rouge progresse de plus de 30 %.
Cette hausse s’explique par les craintes d’une insuffisance de l’offre face à une demande mondiale, portée par la transition énergétique et l’essor de l’intelligence artificielle. Le cuivre est nécessaire dans toutes les technologies bas carbone (éoliennes, voitures électriques) et dans les réseaux d’électricité. Le développement des data centers d’intelligence artificielle soutient également la demande.
Les craintes de droits de douane américains sur les importations de métal rouge contribuent également à la hausse de son cours. Une telle mesure créerait des dislocations de marché entre Londres et New York, poussant les opérateurs à déplacer les stocks de la capitale britannique vers la cité américaine. Or une baisse des réserves dans les entrepôts du marché britannique provoquerait une hausse des cours. Le Département américain du Commerce avait initialement proposé que les droits de douane sur le cuivre affiné soient introduits de manière progressive, mais seulement à partir de 2027. L’administration pourrait envisager d’accélérer le calendrier comme elle l’a fait pour l’aluminium. Elle n’a pas attendu que l’industrie américaine soit en mesure de couvrir les besoins pour prendre des mesures protectionnistes. Or, actuellement, les États-Unis ne produisent que 50 % du cuivre qu’ils consomment.
Selon certains analystes britanniques, la tonne de cuivre pourrait atteindre 13 000 dollars au deuxième trimestre de l’année prochaine, mais ceux de Goldman Sachs considèrent que le cours du cuivre devrait se stabiliser autour de 11 000 dollars. Les experts de l’établissement anticipent un surplus de 160 000 tonnes l’an prochain, loin des pénuries annoncées.
L’argent connaît également une rapide appréciation de son cours. Le prix de l’once d’argent a doublé en douze mois, passant de 28 à 59 dollars (1er janvier – 9 décembre 2025). Cette progression est imputable au rôle de valeur refuge que continue de jouer l’argent. Le métal gris profite du contexte anxiogène et des doutes sur le dollar du fait de la politique économique de Donald Trump. La baisse des taux d’intérêt décidée par la FED a accéléré ces dernières semaines la hausse du cours. L’argent bénéficie aussi de ses caractéristiques physiques. Excellent conducteur d’électricité, il est utilisé par l’industrie électrique (batteries, panneaux solaires) et par l’industrie électronique (microprocesseurs, smartphones, etc.). L’utilisation industrielle représente 60 % du marché de l’argent dans le monde.
La Banque mondiale estime que le cours de l’argent devrait progresser en 2026. En revanche, un ralentissement de l’activité industrielle dans les pays développés à partir de 2027 pourrait modérer la hausse des cours, voire inverser en partie la courbe.
De 2023 à 2025, l’encours des fonds tokenisés est passé de 2 à 18 milliards de dollars. Un fonds tokenisé est un fonds d’investissement traditionnel — monétaire, obligataire, immobilier, actions — dont les parts sont émises, enregistrées et transférées sur une infrastructure blockchain. Le jeton ainsi créé (token) n’est pas une copie. Il est la part elle-même, unique, traçable, transférable. La blockchain joue alors le rôle de registre de propriété, remplaçant les chaînes administratives habituelles par une infrastructure sécurisée et programmable. La gestion d’un fonds tokenisé reste assurée par une société de gestion régulée, les actifs sous-jacents sont bien réels, la comptabilité demeure soumise aux autorités de régulation.
La tokenisation des fonds introduit l’instantanéité, la traçabilité immuable et, surtout, la possibilité de fractionner chaque part à l’infini, ouvrant la porte à une démocratisation nouvelle : posséder un millième d’un fonds immobilier ou un fragment d’un fonds obligataire devient soudain possible. La tokenisation permet une traçabilité des opérations, une exécution instantanée des ordres, un élargissement de la distribution à de nouvelles générations d’investisseurs, une opérabilité 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La moitié des encours des actifs tokenisés (hors stablecoins) est aujourd’hui constituée par des fonds monétaires.
Les fonds tokenisés sont souvent utilisés en collatéral, ou en garantie, pour les emprunteurs de cryptomonnaies dans le cadre d’opérations de prêts, car ces fonds ont une valeur stable. Par rapport aux stablecoins, les fonds monétaires tokenisés présentent l’avantage d’offrir un rendement. Les stablecoins sont en effet classés comme une monnaie électronique par les régulateurs et ne peuvent donc pas offrir d’intérêts, même si les actifs sous-jacents sont souvent des bons du Trésor.
Les gestionnaires d’actifs proposent des fonds indiciels et des fonds obligataires tokenisés. La tokenisation des fonds est attendue pour soutenir la démocratisation des actifs non cotés (infrastructures, dette privée, immobilier, capital-investissement). Ces actifs offrent plus de rendement aux sociétés de gestion, quatre fois plus de profits que les actifs traditionnels cotés (actions, obligations…), selon la dernière étude sectorielle de PwC. Les grands établissements financiers développent des fonds tokenisés en private equity pour leurs clients les plus aisés. En octobre, JPMorgan a annoncé la tokenisation d’un fonds de capital-investissement pour ses clients fortunés.
Certaines fintech commencent à s’imposer, comme Blockchain Capital, créé en 2013, fonds de capital-risque spécialisé sur la blockchain, ou Figure Technology Solutions, fondé en 2018, qui a créé la plus importante plateforme de dette privée tokenisée.
La tokenisation devrait connaître un essor important dans les prochaines années, car elle offre des transferts quasi instantanés, 24 heures sur 24. Elle permet le fractionnement des titres : chaque jeton peut être divisé en unités minuscules, permettant l’accès à des fonds auparavant réservés aux investisseurs fortunés ou l’ouverture du capital immobilier ou obligataire à des apports modestes.
La blockchain supprime ou allège les registres multiples, les tâches de rapprochement et certaines fonctions de conservation. Moins d’intermédiaires signifie potentiellement moins de coûts et moins de frictions. Elle offre aussi plus de transparence et de sécurité. Chaque transaction est inscrite de manière immuable, ce qui limite les erreurs administratives, les risques de double comptabilisation ou les litiges de propriété.
Grâce aux smart contracts (contrat numérique auto-exécutable par application de règles prévues sans intermédiaire, de manière automatique et sécurisée), le fonctionnement du fonds peut être automatisé en ce qui concerne la distribution de dividendes, le respect des règles d’investissement et la gestion des droits des investisseurs.
L’essor des fonds tokenisés est encore bridé par un cadre réglementaire en cours de construction. Pour le moment, en Europe, le rôle du dépositaire, la conservation des jetons et les responsabilités en cas de problème sont autant de zones encore grises. La question de la sécurisation des processus se pose. La blockchain n’est pas une forteresse inviolable.
Encours mondiaux & flux annuels par classes d’actifs
| Classe d’actif | Encours mondial estimée en dollars | Flux annuels en dollars (ordre de grandeur) |
| Or (stock mondial above-ground) | 29 000–30 000 milliards | Marché physique : 3 000–4 000 milliards (bijoux, investissement, achats banques centrales). |
| Actions cotées mondiales | 130–150 000 milliards | 80–120 000 milliards d’échange enregistrés sur les grandes bourses. |
| Private equity (capital-investissement) | 10–11 000 milliards | 1 000 1 500 milliards d’investissements annuels |
| Ensemble des cryptomonnaies | 3 000–3 500 milliards | Volume de trading global : 30–40 000 milliards (incluant dérivés et stablecoins). |
| Fonds tokenisés (toutes classes confondues) | 12 milliards | Croissance rapide ; volumes encore faibles : quelques dizaines de milliards par an (souscriptions/rachats/échanges). |
Un fonds indiciel est un véhicule d’investissement collectif dont l’unique objectif est de reproduire la performance d’un indice de référence, que cet indice soit composé d’actions, d’obligations ou de tout autre actif éligible. Il ne s’agit ni de chercher à battre le marché, ni de sélectionner des titres « gagnants », mais simplement d’absorber l’intégralité d’un marché — ou d’un segment de marché — en une seule ligne. Selon la méthode utilisée, la réplication peut être physique (le fonds acquiert effectivement les titres de l’indice selon leur pondération) ou synthétique (via des contrats financiers — swaps — avec des contreparties, permettant d’obtenir la performance de l’indice sans détenir nécessairement tous les titres). Quelle qu’en soit la méthode, la promesse est claire : offrir le retour du marché — et pas plus — à un coût réduit, dans un cadre réglementaire strict.
À tort, les fonds indiciels sont confondus avec les ETF qui ont dans les faits un spectre plus large. Les ETF (Exchange Traded Fund) renvoient à une forme juridique et opérationnelle de fonds (OPCVM ou équivalent UCITS – Undertakings for Collective Investments in Transferable Securities) cotés en Bourse et négociables en continu comme une action. L’ETF permet un prix en temps réel, une liquidité intra-journalière, des ordres classiques et une transparence renforcée. Dans la pratique, environ 97 % des ETF suivent un indice créant une confusion conceptuelle mais, techniquement : des ETF actifs (non indiciels) existent. Par ailleurs, des fonds indiciels non cotés qui ne sont pas des ETF sont proposés en particulier dans le cadre de l’assurance vie.
Pour mesurer l’adoption des ETF en France, l’autorité compétente — Autorité des marchés financiers (AMF) — publie un « tableau de bord des investisseurs particuliers actifs ». En 2024, 509 000 particuliers ont, en France, acheté ou vendu au moins un ETF côté en Europe. En 2023, ils étaient 296 000. Au total, sur l’année 2024, l’AMF a recensé 5,2 millions de transactions sur des ETF effectuées par des investisseurs particuliers, contre 2,8 millions l’année précédente.
D’autres sources estiment à plus d’un million (voire davantage) le nombre de Français détenant des ETF, si l’on prend en compte les porteurs « passifs » (ceux qui n’ont pas nécessairement réalisé une transaction récente).
L’un des atouts majeurs des fonds indiciels est la diversité des actifs accessibles. Les épargnants peuvent avoir accès aux à :
Depuis deux ans, des fonds indiciels crypto ont été créés par des gestionnaires d’actifs américains comme Blackrock. Ces fonds cherchent à répliquer le prix de cryptomonnaies comme le Bitcoin ou l’Ethereum. En France, les grands établissements — banques, assureurs, gestionnaires d’actifs — n’en proposent pas encore dans les enveloppes classiques d’épargne (assurance vie, PER, PEA) dans l’attente d’une réglementation de l’AMF et de l’ACPR.
Avec les ETF et les ETC, l’investisseur peut, selon son appétence au risque, bâtir une allocation diversifiée, équilibrée, voire thématique, en combinant plusieurs familles d’actifs.
Le succès repose sur plusieurs raisons :
Les ETF sont des supports à risques. Il ne faut pas oublier que l’ETF réplique le marché. Si l’indice sous-jacent baisse, l’ETF le suit sans amortisseur. La diversification « globale » n’élimine pas le risque systémique. À la différence des fonds classiques, il n’y a pas de gestionnaires qui essaieront de limiter la baisse.
Les ETC matières premières, notamment or, ou les ETF sectoriels/ thématiques, peuvent subir des fluctuations puissantes. Les ETC comportent un risque juridique ou de contrepartie plus élevé que les fonds UCITS classiques.
Les fonds indiciels sont purement passifs. Il n’y a pas d’engagement actionnarial. Un investisseur en ETF ne choisit pas les titres, ne contrôle pas l’entreprise. À grande échelle, cela pose des questions sur la gouvernance des sociétés cotées, la diversité des investisseurs, et le rôle actif des actionnaires. La forte croissance des ETF fausse le cours des entreprises en augmentant leur valorisation sans lien direct avec les résultats ce qui peut générer des effets de bulle. À la fin de 2024, les ETF représentaient environ 13 800 milliards de dollars d’encours au niveau mondial. Le marché croît de 25 à 30 % par an, et certaines niches, comme les ETF thématiques, se développent encore plus rapidement.
Le fonds indiciel, incarné par les ETF et les ETC, n’est plus un instrument exotique ou marginal. En quelques années seulement, il a conquis une place dans l’épargne des particuliers français, bouleversant les habitudes, transformant les portefeuilles, démocratisant l’accès aux marchés. Il offre une alternative crédible aux produits d’épargne traditionnels, aux fonds gérés activement, aux logiques de sécurité statique. Il introduit une discipline, une lisibilité, une transparence. Mais ce succès ne doit pas occulter les risques : la gestion passive ne supprime pas l’incertitude, elle l’accepte et la rend collective. Elle ne garantit ni le rendement, ni la sécurité absolue. Elle demande à l’épargnant de rester lucide, informé, prêt à accepter les cycles, les replis, la volatilité. Elle exige de distinguer entre l’indiciel « cœur de portefeuille » constitué d’actions mondiales, d’obligations, dans le cadre d’allocations équilibrées et les stratégies plus aventureuses (matières premières, ETF sectoriels, produits à levier, crypto).
L’inflation sous-jacente aux États-Unis (indice PCE) du mois de septembre demeure contenue en dessous des 3 %. Les anticipations d’inflation sont en recul tout en demeurant élevées (4,1 %). Cette situation, plus encourageante que prévu, pourrait conduire à une nouvelle baisse des taux directeurs de la FED à l’occasion de sa prochaine réunion. Si cette baisse est confirmée, ce sera la troisième de l’année, après un assouplissement de 100 points de base en 2024, ce qui réduira la fourchette entre 3,5 et 3,75 %. En 2026, le scénario est ouvert en ce qui concerne l’évolution des taux de la FED, d’autant plus qu’elle aura un nouveau président à partir du mois de mai. Le successeur de Jerome Powell pourrait être connu avant Noël. Kevin Hassett, 63 ans, titulaire d’un doctorat en économie de l’université de Pennsylvanie et conseiller économique à la Maison-Blanche, figure parmi les favoris. Il est un des partisans les plus zélés de la politique économique de Donald Trump et est favorable à une baisse des taux. Son point fort est sa capacité à parler à la fois aux marchés et à l’électorat républicain. Son point faible est sa proximité avec Donald Trump, qui pourrait être perçue comme la fin de l’indépendance de la FED.
La semaine sur les marchés « actions » aura été marquée par l’attentisme. Les investisseurs sont sur la défensive, attendant les prochaines annonces de la FED et le nom de son futur président. La lourde charge de l’administration américaine à l’encontre des Européens et la menace persistante de la Russie envers ces derniers n’ont pas favorisé les marchés européens.
L’administration américaine de plus en plus anti-européenne
Jeudi 4 décembre, aux États-Unis, l’administration républicaine a publié une nouvelle stratégie de sécurité nationale qui condamne la politique des gouvernements en place et qui appelle de ses vœux la victoire des partis nationalistes. Elle considère que l’Europe est menacée d’un effacement économique et civilisationnel. Elle indique que la liberté d’expression n’y est plus assurée et que les gouvernements en place ne sont pas légitimes. L’Allemagne a vivement réagi à ce texte en demandant à Washington de cesser toute ingérence dans les affaires des États européens et en affirmant qu’elle n’avait pas de leçon de démocratie à recevoir de Washington.
Après la stratégie nationale de sécurité, Washington doit publier prochainement sa « revue mondiale des forces ». Ce document doit préciser quel effectif militaire les Américains veulent conserver sur le Vieux Continent. Une brigade mobile stationnée en Roumanie a déjà été supprimée, d’autres pourraient suivre. Au vu des dernières déclarations de Donald Trump, un désengagement de l’OTAN est à terme à craindre. Par ailleurs, ce dernier a indiqué que les positions de l’Europe au sujet de l’Ukraine étaient contraires aux intérêts américains. Selon le document de l’administration républicaine, « une vaste majorité » de l’opinion européenne veut la paix, mais c’est « la subversion des processus démocratiques » qui l’entrave. La tentation de signer un accord de paix entre Moscou et Washington transparaît nettement à la lecture du document, en passant outre l’hostilité européenne et ukrainienne.
Les députés ont adopté, vendredi 5 décembre, la partie recettes du projet de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Après avoir donné lieu à des tensions au sein du bloc central, la hausse de la CSG sur les revenus du capital a été retenue, mais elle est plus ciblée que dans sa version initiale. La majoration de 1,4 point, à 10,6 %, de la CSG, baptisée « contribution financière pour l’autonomie », ne concernera pas les revenus fonciers, les plus-values immobilières, les contrats d’assurance-vie ou encore les plans d’épargne logement. En revanche, les comptes-titres, les PEA et les PER seront affectés. Les PER, qui sont assez proches de l’assurance-vie dans leur mode de fonctionnement et qui correspondent à de l’épargne de long terme, se verront de ce fait appliquer un taux plus élevé.
Le rendement de cette majoration devrait être, selon le gouvernement, de 1,5 milliard, contre les 2,8 milliards visés initialement.
Par ailleurs, les députés ont adopté une taxation supplémentaire des complémentaires santé, qui rapporterait 1 milliard d’euros. Le taux de la contribution — censée n’être valable que pour 2026 — est fixé à 2,05 % des cotisations perçues.
Le projet de budget augmente également les taxes sur les laboratoires pharmaceutiques. La hausse du prélèvement est supposée remplacer la clause de sauvegarde, mécanisme mis en place pour permettre à la Sécurité sociale de ponctionner les industriels du médicament en cas de dérapage des dépenses de remboursement de médicaments.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 5 déc. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 114,74 | +0,04 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 47 954,99 | +0,50% | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 870,40 | +0,31 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 578,13 | +0,91 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 038,71 | +1,19 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 667,01 | -0,46 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 725,63 | +1,36 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 50 491,87 | +3,77 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 902,81 | +0,85 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,526 % | +0,113 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,799 % | +0,032 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,133 % | +0,109 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1633 | +0,55 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 211,01 | +1,97 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 63,60 | +0,11 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 88 885,26 | -2,40 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
De tout temps, des villes ont, par leur statut et attractivité, attiré au-delà de leur pays, de leur région, des investisseurs, des artistes, des entrepreneurs, des personnes aisées. Les villes hanséatiques au XIIIe et XIVe siècle ont été à la fin du Moyen Âge au cœur de la renaissance des échanges commerciaux. Elles ont été aussi des espaces de liberté. Gênes et Bruges, à partir du XVe, ont repris le flambeau. À partir du XVIIe siècle, Genève et plus globalement la Suisse sont devenues des lieux prisés pour leur liberté et leur sécurité. Bien plus près de nous, Beyrouth, au Moyen-Orient, dans les années 1960/1970, avait acquis un statut de ville financière et de rencontre des cultures. En Asie, Singapour a, à partir des années 1980, joué également un rôle d’aimant économique et financier. Depuis quelques années, Dubaï et les Émirats arabes unis sont devenus « the place to be » pour placer et sécuriser des capitaux.
En moins de cinquante ans, Dubaï est passé d’un port marchand régional à l’un des nœuds financiers les plus dynamiques du monde. Elle est ainsi la première place du Moyen-Orient devant Bahreïn et Riyad. Le virage financier a été décidé dans les années 1990 puis consolidé avec la création du Dubaï International Financial Centre (DIFC) en 2004, zone financière extraterritoriale opérant sous un droit anglo-saxon, indépendante du système juridique local.
Dubaï bénéficie d’un régime politique stable entretenant les meilleures relations possibles avec les États-Unis, l’Europe, la Chine et aussi la Russie. Dubaï est reconnu pour un niveau de sécurité intérieure élevé et pour sa faible criminalité. Le régime fiscal est compétitif avec l’absence d’impôt sur le revenu, un impôt sur les sociétés modéré (9 %) et une exonération totale dans la zone DIFC. Dubaï, grâce à ses atouts, accueille les fortunes du Golfe, les élites indiennes, pakistanaises et africaines, les familles russes ou chinoises et de plus en plus les familles européennes. La confidentialité, la stabilité juridique du DIFC et l’absence d’impôt favorisent cette croissance. Selon Henley & Partners, un cabinet de conseil en immigration britannique, les Émirats seront la première destination des grandes fortunes en 2025, avec 9 800 arrivées anticipées, cumulant 63 milliards de dollars d’actifs. C’est plus que les États-Unis (7 500 pour 43,7 milliards), la Suisse (3 000 totalisant 16,8 milliards) et très loin devant Singapour et Hong Kong. Plus de 130 500 millionnaires se sont déjà installés aux Émirats, dont 81 000 à Dubaï. Parmi eux, 28 milliardaires, soit une hausse de 98 % en dix ans. Dubaï devrait supplanter Paris avec ses 160 100 millionnaires et 22 milliardaires. Les grandes familles privilégient Dubaï car elles peuvent facilement s’y installer. La réglementation y est plus souple qu’à Genève, Singapour ou Hong Kong. En outre, la ville offre toutes les commodités qu’attendent les personnes aisées (services haut de gamme, système de santé performant, loisirs, centres commerciaux, boutiques de luxe). L’aéroport international permet de se rendre dans toutes les capitales du monde en utilisant notamment Emirates, figurant parmi les meilleures compagnies du monde.
Dubaï ambitionne d’être la capitale mondiale de la finance islamique, en concurrence avec Kuala Lumpur. Les autorités entendent également faire de leur ville un centre d’accueil des fintechs afin de développer le marché des crypto-actifs. De nombreux acteurs de la crypto quittent Hong Kong ou Londres pour s’y implanter. Plus de 8 000 établissements financiers sont présents à Dubaï au sein du DIFC, employant 48 000 collaborateurs. Vingt-sept des 29 banques systémiques mondiales y ont établi des bureaux, dont cinq des plus grandes banques chinoises, tandis que JP Morgan, Goldman Sachs ou encore HSBC et BlackRock ont notamment choisi la ville du golfe Persique. En dix ans, la taille des actifs bancaires a augmenté de 200 %, à 240 milliards de dollars. Le DIFC est également devenu un véritable hub de réassurance pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud.
Dubaï n’est pas sans faiblesses. Son essor rapide, de nature spéculative, l’expose à des corrections, que ce soit sur le plan financier ou immobilier. Le marché financier est peu profond, avec peu d’entreprises locales cotées. Le risque de réputation demeure avec les problèmes de blanchiment et de capitaux non transparents. Le GAFI avait placé les Émirats un temps sous surveillance avec une inscription sur la liste grise 2022–2024. Depuis, cette inscription a été levée, mais la menace demeure. Le ministère de l’Intérieur des Émirats a déclaré avoir traité 521 affaires de blanchiment d’argent ces dernières années, en collaboration avec des organismes internationaux. Plus d’un milliard de dollars ont été saisis. Pour se distinguer des purs paradis offshore, Dubaï a instauré en 2023 une faible taxe sur les entreprises, en plus d’une TVA de 5 %. Aujourd’hui, être qualifié de paradis fiscal n’est pas porteur en premier lieu pour les grandes fortunes.
Dubaï n’a pas vocation à remplacer New York ou Londres, mais elle s’impose comme une place financière internationale de premier plan, au même titre que Singapour. Au niveau des places financières, Dubaï occupe déjà la 11e place, Paris étant 18e.
L’ascension de Dubaï repose sur une stratégie mêlant stabilité politique, innovation juridique et ouverture internationale ? Si la cité du Golfe demeure exposée à certains risques structurels, elle n’en continue pas moins d’attirer talents et capitaux à un rythme inédit. Elle s’affirme désormais comme un maillon incontournable de la géographie financière du XXIe siècle marqué par l’émergence des fortunes dans les pays du Sud et par la mobilité du capital.
Le Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO), dans son rapport sur l’imposition du patrimoine publié le 1ᵉʳ décembre 2025, souligne la progression du montant des patrimoines, liée au vieillissement démographique et à la forte valorisation des actifs immobiliers et financiers enregistrée ces dernières années. Le patrimoine net des ménages représentait six fois leur revenu disponible en 2021, contre 4,5 fois en 2000.
La France connaît une concentration du patrimoine plus faible que dans plusieurs pays de l’OCDE : le décile le plus aisé détient 60 % de la richesse nationale et le 1 % le plus riche en détient 27 %, contre respectivement 70 % et 35 % aux États-Unis.
Une fiscalité pesante et inéquitable
L’imposition du patrimoine est, en France, relativement élevée par rapport à celle constatée dans l’OCDE. Elle s’est élevée à 113,2 milliards d’euros en 2024 et progresse légèrement plus vite que la valeur du patrimoine depuis trente ans.
L’imposition de la détention et de la transmission du patrimoine (64,3 milliards d’euros) représente 0,4 % du patrimoine total des ménages, tandis que l’imposition des revenus du patrimoine (48,9 milliards d’euros) équivaut à 11,6 % de ces revenus.
Le CPO souligne, à juste titre, que la fiscalité du patrimoine est à la fois lourde et inéquitable. Son poids varie fortement selon la structure des actifs détenus et les possibilités d’optimisation auxquelles seuls certains ménages ont accès.
Pour une fiscalité plus neutre
Le Cercle de l’Épargne défend un principe simple : une fiscalité reposant sur une assiette large, comportant le moins d’exonérations et d’abattements possible, associée à des taux faibles.
L’objectif est de promouvoir une fiscalité neutre sur le plan économique, limitant les stratégies d’optimisation et favorisant une allocation efficiente du capital.
Le CPO relance, dans le prolongement du débat parlementaire, la discussion sur la taxation des hauts revenus et des hauts patrimoines. Il souligne la nécessité d’une meilleure appréhension des revenus économiques et du patrimoine réellement détenu par les ménages les plus aisés. L’instauration de dispositifs différentiels et une réflexion européenne sur la taxation des bénéfices remontant aux holdings sont évoquées.
Des droits de succession à revoir
En France, plus de 50 % des successions sont exonérées de droits. Comme souvent dans le système fiscal français, les ménages modestes sont totalement exonérés tandis que les ménages aisés bénéficient de régimes dérogatoires (pacte Dutreil, holdings familiales).
Le CPO propose de limiter certaines niches fiscales, notamment le pacte Dutreil, sans pour autant recommander une refonte complète des droits de succession. Il préconise de moderniser le barème des droits de mutation à titre gratuit afin de tenir compte de l’évolution des structures familiales. Il suggère également une réduction modérée des taux actuels — réduction qui pourrait être plus significative pour rapprocher la France des pratiques observées à l’étranger.
Plus-values immobilières : vers une imposition générale avec indexation sur l’inflation
Les abattements pour durée de détention sur les résidences secondaires, qui aboutissent à une exonération totale au bout de trente ans, contribuent à figer le marché et encouragent certains ménages à requalifier abusivement un bien en résidence principale au moment de la vente.
L’abandon de ces abattements, compensé par une indexation du prix d’achat sur l’inflation, constituerait un progrès. À cet égard, un indice spécifique lié à l’immobilier — par exemple l’indice du coût de la construction — pourrait être retenu.
Se pose également, dans une logique de neutralité économique, la question de l’imposition des plus-values sur les résidences principales afin d’éviter les distorsions actuelles.
Assurance vie : pourquoi toucher à ce qui fonctionne ?
42 % des ménages disposent d’un contrat d’assurance vie, principal outil d’épargne longue en France. À ce titre, elle bénéficie, comme le PEA ou le Plan d’Épargne Retraite, d’un régime fiscal spécifique. L’assurance vie permet en outre de désigner librement des bénéficiaires, parfois en dehors des règles successorales classiques, évitant des droits pouvant atteindre 60 %.
Le CPO propose de remettre en question cet avantage dérogatoire, qui résulte largement du niveau élevé des droits de succession en France. Toute réforme en ce sens supposerait au préalable une véritable décrue des droits de succession pour ne pas désorganiser l’épargne longue.
Un rapport utile au débat sur la fiscalité du patrimoine
Le rapport du Conseil des Prélèvements Obligatoires a le mérite de couvrir l’ensemble du champ de la fiscalité patrimoniale : taxe foncière, épargne réglementée, plus-values immobilières, transmission d’entreprise, assurance vie, pacte Dutreil, etc. Cette fiscalité se caractérise aujourd’hui par une complexité rare et une cohérence économique limitée. Elle finance de nombreuses collectivités — État, départements, communes — ce qui rend toute réforme difficile.
Une modernisation est pourtant indispensable, à la fois pour éviter une concentration excessive du capital, améliorer la lisibilité du système et renforcer l’efficience économique du patrimoine des ménages.

Aux États-Unis, la semaine boursière a été réduite en raison de la fête de Thanksgiving, jeudi 27 novembre (pas de cotation), et du Black Friday (fermeture anticipée de Wall Street).
Après plusieurs semaines de doutes sur la rentabilité future de l’Intelligence artificielle (IA), les marchés actions ont rebondi à la fin du mois de novembre. Sur la dernière semaine, le Nasdaq a gagné près de 5 %. À l’approche du mois de décembre, la question traditionnelle se pose : les marchés connaîtront-ils un « rally » de fin d’année, permettant à Wall Street d’aller battre des records et au CAC 40 de revenir au contact de son pic à 8 314,33 points du 13 novembre dernier ? Signe de cet attrait retrouvé pour les actifs risqués, le bitcoin reprend de la hauteur, à plus de 91 000 dollars, tandis que l’ether franchit de nouveau le seuil des 3 000 dollars. En un mois, le bitcoin a néanmoins perdu 20 % de sa valeur.
Sur l’ensemble du mois de novembre, les indices actions ont fait du surplace. Le ralentissement de la croissance américaine commence à se faire sentir. En Europe, les incertitudes demeurent élevées. Les probabilités d’une prochaine baisse des taux directeurs de la Fed ont augmenté au cours de la semaine. Une diminution de 25 points de base des Fed funds à l’issue de la réunion des 9 et 10 décembre semble se profiler. Le gouverneur Stephen Miran, nommé par Donald Trump, n’a pas hésité à établir un lien direct entre la détérioration du marché du travail et la politique monétaire actuelle : « Il faut reconnaître que le taux de chômage a augmenté, et cela est dû à une politique monétaire trop restrictive ».
L’once d’or s’est rapprochée, à la fin du mois de novembre (4 219 dollars), de son record (4 381 dollars), témoignant de la persistance des inquiétudes à l’échelle mondiale. L’évolution de la situation aux États-Unis incite toujours les banques centrales et les investisseurs à acheter du métal précieux.
Le pétrole reste stable autour de 63 dollars, le ralentissement de la croissance mondiale pesant sur la demande. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) « devrait réitérer son intention de suspendre les augmentations de production » au premier trimestre 2026, à l’occasion de sa réunion ministérielle prévue le 30 novembre. En novembre, l’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres du cartel avaient déjà annoncé une pause dans la hausse des quotas menée depuis le mois d’avril, et qui avait largement contribué à accroître l’offre de brut sur le marché.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 28 nov. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 122,71 | +2,05 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 47 716,42 | +4,29% | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 849,09 | +4,75 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 365,69 | +5 ,83 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 836,79 | +3,19 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 720,51 | +1,90 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 668,17 | +2,78 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 50 253,91 | +3,18 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 888,60 | -1,30 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,413 % | -+0,060 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,687 % | -0,012 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,024 % | -0,051 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1604 | +0,15 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 219,29 | +3,67 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 63,10 | +1,06 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 91 166,70 | +7,72 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
L’assurance vie est le placement de l’année. Le produit connaît une indéniable seconde jeunesse après avoir traversé un trou d’air durant la période des taux d’intérêt négatifs, qui avaient handicapé tout particulièrement les fonds en euros. La baisse du rendement du Livret A, comme celle des dépôts à terme, favorise le retour en grâce de l’assurance vie, qui n’a pas pâti du débat sur l’éventuelle introduction d’un impôt sur la fortune improductive visant en particulier les fonds en euros.
Une collecte nette record en octobre !
Si le Livret A est en berne, avec deux décollectes successives, l’assurance vie connaît un automne radieux avec une pluie de records. La collecte nette, en octobre, a été de 5,1 milliards d’euros, contre 3 milliards d’euros pour le même mois d’octobre 2024. Il s’agit de la plus forte collecte pour un mois d’octobre depuis 2009 (début des statistiques de France Assureurs).
La plus forte collecte nette en octobre datait jusqu’à présent de 2009 (4,235 milliards d’euros). La collecte nette version 2025 est plus de trois fois supérieure à la moyenne de ces dix dernières années.
La collecte nette est portée par les deux piliers de l’assurance vie : les fonds en euros (+1,1 milliard d’euros) et les unités de compte (+4 milliards d’euros).
Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint 44,7 milliards d’euros, supérieure de +21,0 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Cette collecte nette est positive de 8,6 milliards d’euros pour les fonds en euros et de 36,1 milliards d’euros pour les unités de compte.
Des cotisations brutes en plein essor
Les cotisations brutes battent, en octobre, un nouveau record avec 17,1 milliards d’euros. La progression concerne à la fois les supports en euros (+12 %) et ceux en unités de compte (UC, +16 %). Depuis le début de l’année, les cotisations s’élèvent à 160,3 milliards d’euros, en hausse de 10 % par rapport aux dix premiers mois de l’année 2024.
Avec la bonne tenue des marchés financiers, les unités de compte enregistrent, sur les dix premiers mois de l’année, une augmentation de 13 %, les fonds en euros progressant de 8 %.
La part des cotisations en UC dans la collecte brute est de 40 % sur le mois de septembre et de 38 % depuis le début de l’année, comme pour l’ensemble de l’année 2024 (38 %).
Des prestations stables
Les prestations se sont élevées en octobre à 12,0 milliards d’euros. Elles sont stables par rapport à octobre 2024.
Depuis le début de l’année, les prestations, à 115,6 milliards d’euros, ont reculé de −6 % en raison de la diminution des rachats en fonds en euros. La compétitivité retrouvée des fonds euros explique cette évolution. Les assurés réalisent moins de rachats. En 2022 et 2023, ils avaient réduit leur exposition aux fonds euros en privilégiant l’épargne réglementée et les dépôts à terme. Le faible niveau des transactions immobilières réduit également le niveau des rachats.
Un encours de 2 100 milliards d’euros
Avec la valorisation des valeurs de marché et la forte collecte nette, l’encours est en hausse marquée sur un an.
L’encours atteint 2 100 milliards d’euros à fin octobre 2025, en hausse de +6,5 % sur un an.
Une fin d’année sur les chapeaux de roues
L’hypothèque de l’impôt sur la fortune improductive étant en grande partie levée, l’assurance vie devrait continuer de surfer sur les bons résultats d’ici la fin de l’année. La collecte nette pourrait s’établir à plus de 50 milliards d’euros en 2025. Il faut remonter à 2010 pour retrouver un tel niveau.
Depuis le début de l’année, les ménages réorientent leur effort d’épargne, qui demeure soutenu. Ils réduisent leurs versements sur les produits d’épargne réglementée et réaffectent une partie de leurs liquidités précédemment placées sur les dépôts à terme, dont l’encours a reculé d’une vingtaine de milliards d’euros. Le rendement des fonds euros pour 2025 devrait se situer autour de 2,6 % ce qui garantit un avantage comparatif par rapport au Livret A, aux livrets A et aux dépôts à terme.
Annexes

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs
Contact presse :
La Bourse de Paris a évolué cette semaine au gré des interrogations concernant les valorisations excessives des entreprises de la tech américaine. Les bons résultats de Nvidia, le fabricant de microprocesseurs pour l’intelligence artificielle (IA), n’ont pas complètement rassuré les investisseurs.
« Nous entrons dans une phase plus mature du cycle d’investissement, ce qui pourrait entraîner un examen plus approfondi de la part des investisseurs », a déclaré Emmanuel Cau, responsable de la stratégie actions européennes chez Barclays.
Sur la semaine, le recul du CAC 40 a atteint plus de 2 %. L’indice parisien est repassé sous les 8 000 points. Tous les grands indices ont reculé : le Nasdaq a abandonné plus de 2 %. Le bitcoin a suivi le mouvement, son cours étant corrélé à celui du Nasdaq. Il s’échangeait vendredi 21 décembre sous les 90 000 dollars, en baisse de plus de 10 % sur la semaine.
Les doutes sur les valorisations des entreprises investies dans l’IA commencent à se concrétiser, d’autant plus que la fin de l’année approche. La réédition d’un krach sur le modèle de celui de l’an 2000, lors de l’éclatement de la bulle Internet, n’est toutefois pas le scénario le plus probable. En effet, le marché est aujourd’hui dominé par de très grandes sociétés – Amazon, Microsoft, Nvidia, etc. – capables d’affronter une tempête boursière grâce à l’ampleur de leur chiffre d’affaires et de leurs bénéfices, ce qui n’était pas le cas au début du siècle pour la multitude de start-up cotées.
Le cours du pétrole a, de son côté, reculé ces derniers jours en raison de la présentation du plan de Donald Trump pour la paix en Ukraine et de l’annonce, vendredi 21 décembre, par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, de sa volonté d’en discuter avec ce dernier. L’augmentation des stocks de brut aux États-Unis a également contribué à la détente des prix sur les marchés pétroliers. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés a augmenté sa production depuis le mois d’avril, faisant croître l’offre bien plus rapidement que la demande, laquelle est pénalisée par le ralentissement de la croissance aux États-Unis.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 21 nov. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 982,65 | -2,29 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 46 245,41 | -1,87 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 602,99 | -1,24 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 273,08 | -2,14 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 091,87 | -3,29 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 539,71 | -1,64 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 515,09 | -3,14 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 48 625,88 | -4,36 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 834,89 | -4,19 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,473 % | +0,014 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,699 % | -0,021 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,075 % | -0,066 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1505 | -0,63 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 082,62 | -0,79 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 62,31 | -2,97 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 83 715,23 | -11,65 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Au deuxième trimestre 2025, le patrimoine des ménages a, selon la Banque de France, atteint près de 6 500 milliards d’euros. Les produits de taux représentaient près de 3 900 milliards d’euros et les produits de fonds propres environ 2 500 milliards d’euros.
Le flux d’épargne brute des ménages a été en hausse au deuxième trimestre, tandis que l’endettement ne progresse plus significativement. Ce flux s’est élevé à 33 milliards d’euros. L’essentiel de ces placements se concentre sur l’assurance-vie et les droits à pension, ainsi que sur l’acquisition indirecte d’actions et de titres de créance via des OPC.
Les premières données couvrant les principaux placements financiers des ménages pour le troisième trimestre 2025 indiquent une nouvelle décollecte sur les livrets d’épargne réglementée, ainsi qu’une stabilité des placements en numéraire et sous forme de dépôts auprès des banques. S’agissant de l’assurance-vie et des droits à pension, la collecte demeure dynamique.
Le taux d’épargne financière de la France dépasse pour la première fois en plus de dix ans celui de l’Allemagne. Il était supérieur à 10,5 % du revenu disponible brut au 2ème trimestre 2025.
La Commission européenne, dans le cadre de l’Union de l’épargne et de l’investissement, entend favoriser les fonds de pension. Elle souhaite ainsi garantir « un bon niveau de vie à la retraite, tout en libérant de nouveaux financements pour l’économie ». Aujourd’hui, au sein de l’Union, seulement 20 % des actifs sont adhérents à un régime professionnel d’épargne retraite et 18 % détiennent un produit personnel.
Pour inverser la tendance, la Commission préconise aux États membres de développer des systèmes de suivi des retraites permettant aux citoyens de visualiser l’ensemble de leurs droits à pension, afin d’améliorer la transparence et de les aider à prendre des décisions éclairées, sur le modèle de ce qui existe notamment en France.
Elle demande également aux États membres de développer des tableaux de bord donnant un aperçu de la viabilité et de l’adéquation des systèmes de pension nationaux (couverture, cotisations, revenus de retraite des différents groupes de population…). La Commission propose l’affiliation automatique aux régimes complémentaires des travailleurs. Les autorités européennes souhaitent également une réforme de la directive IORP II, qui régit les fonds de pension professionnels. Pour Bruxelles, la taille de nombreux régimes est insuffisante « pour diversifier leurs investissements et offrir des résultats optimaux aux épargnants ». La Commission propose donc de lever les obstacles à la consolidation du marché, en simplifiant les procédures transfrontalières et les règles de transfert.
La Commission souhaite également relancer le PEPP, le produit paneuropéen d’épargne retraite individuelle. Ce produit, créé en 2019 et censé être portable d’un pays à l’autre, demeure confidentiel, n’étant diffusé que dans quelques rares pays de l’Union. Par exemple, selon un article du Financial Times, au début de l’année 2025 : « seulement 4 747 utilisateurs et 11,5 millions d’euros d’encours » pour le PEPP. Le plafond de frais fixé à 1 % et l’obligation de conseil ont nui à son attractivité pour les fournisseurs et distributeurs. La réforme de la Commission introduit un « PEPP de base » simplifié, sans conseil obligatoire, investi à 95 % dans des actifs non complexes (actions, ETF). Les États devront offrir un traitement fiscal comparable à celui des produits nationaux de retraite, éliminant ainsi la distorsion de concurrence qui pénalisait le PEPP.
e 3 décembre prochain, la Commission européenne présentera un projet destiné à transformer l’architecture de la supervision des marchés financiers de l’Union européenne. Avec ce projet, les acteurs financiers les plus importants d’Europe seraient supervisés par l’ESMA, l’autorité européenne des marchés financiers basée à Paris.
L’ESMA aurait ainsi la supervision directe de toutes les plateformes de cryptoactifs et des infrastructures de marché les plus importantes : grandes places boursières, chambres de compensation et dépositaires centraux. La Bourse de Francfort serait ainsi contrôlée par l’ESMA.
Pour les gestionnaires d’actifs, le projet est moins radical : l’ESMA ne les superviserait pas directement, tout en ayant le dernier mot en cas de litiges entre autorités nationales.
Pour assumer ces nouvelles missions, l’ESMA sera dotée d’un conseil exécutif indépendant qui prendra les décisions de supervision au quotidien.
Ce projet s’inscrit dans le programme d’élimination des barrières qui fragmentent le marché européen. Actuellement, l’Union européenne compte de nombreuses plateformes de négociation, chambres de compensation et sociétés de gestion d’actifs. Le marché des capitaux européen représente environ un quart de la taille de celui des États-Unis, avec beaucoup plus de participants. Il manque cruellement de profondeur et se caractérise par une grande complexité. Si la France est favorable à la création d’un grand marché des capitaux, le Luxembourg et l’Irlande, en particulier, y sont plus hostiles, car ils craignent une perte de leur attractivité financière.
La réforme rappelle celle de la supervision bancaire, centralisée à la BCE après 2008. Mais elle sera plus délicate, car l’orientation des gouvernements est aujourd’hui moins pro-européenne, et la situation politique actuelle n’incite guère aux concessions.
L’adoption du projet de la Commission suppose l’accord des États membres et du Parlement européen. La position de l’Allemagne sera déterminante. Traditionnellement réticente à la centralisation, Berlin envoie cependant des signaux contradictoires : le chancelier Friedrich Merz se déclare favorable au principe d’une Bourse unique européenne, tout en restant opposé à la supervision centralisée des cryptoactifs.
Le CAC a enregistré une deuxième semaine consécutive de baisse avec un recul de plus de 2 %. Les doutes s’amplifient quant à une possible survalorisation des valeurs technologiques américaines. A Wall Street, le Nasdaq a perdu plus de 3 % en cinq séances, emmenant à la baisse le bitcoin. Les investisseurs commencent à douter de la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle ce qui provoque une petite correction.
Les marchés sont fébriles également en raison de l’absence de statistiques américaines due au plus long shutdown de l’histoire des Etats-Unis. Faute d’éléments tangibles, une détente de la Fed en décembre n’est pas assurée, même si ce scénario est encore estimé à près de 70 %. Les investisseurs sont dans le brouillard, désorientés entre les avertissements contre l’inflation de plusieurs membres de la banque centrale et la montée des inquiétudes sur le marché du travail, les licenciements en octobre n’ayant jamais été aussi élevés pour un tel mois depuis 2003. Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, a dit elle-même qu’il n’est pas « évident que la politique monétaire doive en faire davantage à l’heure actuelle. »
Le moral des consommateurs américains est au plus bas, le shutdown alimentant l’anxiété selon l’indice de l’Université du Michigan. Cette dernière a indiqué que son indice de confiance des consommateurs est tombé à 50,3 ce mois-ci, son plus bas niveau depuis juin 2022, contre 53,6 en octobre. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une légère baisse à 53,2Cet indice a atteint son niveau le plus depuis trois ans et demi en novembre. Le blocage des administrations, le plus de long de l’histoire américaine provoque de nombreuses perturbations allant de la suspension des aides alimentaires à l’immobilisation de vols aériens. Cependant, l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan, confirment la polarisation de la société américaine, les ménages aisés s’en sortant quand ceux à faibles revenus sont contraints faute d’aide de revoir leur consommation à la baisse. Le moral s’est redressé parmi les détenteurs de portefeuilles boursiers conséquents, ce que l’Université du Michigan attribue à la « poursuite de la vigueur des marchés actions ». Cette dynamique d’économie à deux vitesses avait déjà été relevée la semaine dernière dans une enquête du Conference Board. La baisse du moral concerne aussi bien les consommateurs se déclarant Démocrates, Républicains ou Indépendants, et touche toutes les tranches d’âge et de revenus, à l’exception de celles détenant le tiers le plus élevé d’actions en bourse.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 7 nov. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 950,18 | -2,13 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 46 987,10 | -1,21 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 728,80 | -1,63 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 004,54 | -3,04 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 569,96 | -1,68 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 682,57 | -0,38 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 566,530 | -1,67 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 50 276,37 | +0,11 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 997,56 | +0,23 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,462 % | +0,043 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,665 % | +0,034 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,070 % | -0,022 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1580 | -0,61 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 000,88 | +2,01 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 63,49 | -2,26 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 102 224,74 | -7,71 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Ce mardi 21 octobre, le CAC 40 a battu un record en clôture, à 8 258,86 points, dépassant le niveau atteint le 15 mai 2024, avant la dissolution de l’Assemblée. Il aura fallu près d’un an et demi pour effacer le choc alors subi, sachant que les autres indices européens et américains ont connu entre-temps une forte hausse ; ces derniers ont également battu des records cette semaine.
Le nouveau record du CAC 40 intervient juste après une nouvelle crise politique et la dégradation de la note de la France par l’agence S&P. La discussion budgétaire chaotique aurait pu, elle aussi, refroidir les ardeurs des investisseurs. Tel n’a pas été le cas. Ces derniers avaient largement anticipé la situation. Les considérations politiques ont été mises de côté au profit de considérations économiques et financières. Depuis le début de l’année, les marchés boursiers sont portés par les avancées en matière d’intelligence artificielle et par l’éventuelle amélioration de la productivité qu’elle pourrait engendrer. La reprise de la baisse des taux directeurs de la part de la Banque centrale américaine constitue un autre vecteur de croissance pour les marchés d’actions. Les valeurs boursières profitent, en outre, de la publication des résultats trimestriels des entreprises, supérieurs aux attentes.
Le CAC 40, s’il est influencé par le contexte national, obéit aussi aux grandes tendances de l’économie mondiale. Entre 75 % et 80 % des revenus des sociétés du CAC 40 sont réalisés à l’étranger. Seulement 8 % du chiffre d’affaires de LVMH est réalisé en France, contre environ 27 % en Asie (hors Japon) et 25 % aux États-Unis. Malgré tout, le CAC 40 est loin d’avoir comblé son retard sur ses homologues : depuis le 1er janvier, il n’a progressé que de 10 %, contre plus de 20 % pour le DAX allemand. Avec les derniers soubresauts liés à la discussion budgétaire, le CAC 40 est resté stable vendredi, tandis que les grands indices américains et le DAX atteignaient de nouveaux records. Dès le début de l’examen en séance publique du budget, les menaces de dépôt de motions de censure se sont multipliées. Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a réclamé des mesures de justice fiscale (taxe Zucman, ISF climatique, etc.). Le Parti socialiste tente de pousser son avantage, conscient que la survie du gouvernement dépend en partie de sa position.
Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation a été publié ce vendredi après-midi, avec près de dix jours de retard par rapport au calendrier initial, en raison du shutdown de l’État fédéral. L’inflation a augmenté de 0,3 % le mois dernier et de 3 % sur un an. Le consensus établi par Bloomberg tablait sur des hausses respectives de 0,4 % et 3,1 %. Hors alimentation et énergie, la hausse est de 0,2 % sur un mois, contre +0,3 % attendu, et de 3 % sur un an, contre 3,1 % attendu. Des chiffres qui ne changent pas la donne à une semaine de la décision monétaire de la Réserve fédérale. Une détente des taux d’intérêt d’un quart de point est attendue en octobre.
Depuis plusieurs semaines, le cours du baril de pétrole évoluait autour de 60 dollars. Les annonces de nouvelles sanctions prises par les États-Unis contre la Russie ont provoqué une hausse de plus de 5 dollars du baril. C’est la première fois que les exportations de pétrole russes sont directement visées par Washington, qui a placé les deux compagnies pétrolières russes Lukoil et Rosneft sur liste noire. Tous les actifs de ces compagnies aux États-Unis sont désormais gelés, et les entreprises américaines n’ont plus le droit de réaliser des affaires avec elles. Or, ces deux géants représentent l’essentiel des exportations de brut russe.
L’Union européenne a également décidé un nouveau train de sanctions, dont certaines visent la flotte fantôme de pétroliers russes. Cette flotte permet à la Russie de continuer à exporter son pétrole brut malgré les interdictions. Selon Emmanuel Macron, cette flotte parallèle permet à Moscou de financer 30 % à 40 % de son effort de guerre contre l’Ukraine.
La Russie demeure un acteur majeur du marché pétrolier. Avec environ 12 % de la production mondiale, elle est le troisième producteur mondial, derrière les États-Unis et l’Arabie saoudite. Les sanctions décidées par les États-Unis et l’Union européenne interviennent dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale, avec des prix du pétrole plutôt orientés à la baisse. Dans ce cadre, les tensions sur le marché pétrolier pourraient n’être qu’éphémères.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 24 oct. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 225,63 | +0,39 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 47 207,12 | +2,35 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 791,69 | +2,02 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 204,87 | +2,49 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 243,97 | +1,73 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 638,58 | +2,94 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 674,50 | +1,20 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 49 299,65 | +5,23 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 950,31 | +2,12 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,434% | +0,074 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,626 % | +0,045 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,001 % | -0,009 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1623 | +0,23 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 128,98 | -0,36 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 66,61 | +8,86 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 110 205,93 | -5,86 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Retour des vacances, dépenses de rentrée scolaire : le mois de septembre réussit rarement au Livret A ainsi qu’au Livret de développement durable et solidaire (LDDS), mais le cru 2025 est particulièrement mauvais, avec une décollecte de 1,95 milliard d’euros pour le premier et de 760 millions d’euros pour le second. La baisse du taux de rémunération à 1,7 %, intervenue le 1er août dernier, a manifestement conduit les ménages à réorienter leur épargne vers d’autres placements, dont l’assurance vie.
Septembre : toujours un mois difficile pour l’épargne réglementée
2025 marque la septième décollecte enregistrée en septembre depuis 2009 (année des premières statistiques de la Caisse des dépôts). Le LDDS signe, de son côté, sa treizième décollecte en septembre depuis cette même date.
2025 marque néanmoins une réelle inflexion. Il faut remonter à septembre 2015 pour retrouver, pour le Livret A, une décollecte plus forte (-2,38 milliards d’euros), tout comme pour le LDDS (-870 millions d’euros).
Le résultat de 2025 est très éloigné du niveau moyen de collecte observé sur les dix dernières années en septembre (+324 millions d’euros pour le Livret A et –183 millions pour le LDDS).
En septembre, les ménages doivent faire face à un surcroît de dépenses liées à la fin des vacances et à la rentrée scolaire. Par ailleurs, 13,1 millions de contribuables ont fait l’objet d’un prélèvement supplémentaire au titre de l’impôt sur le revenu de 2024, au mois de septembre (régularisation après envoi des avis d’imposition).
Le Livret A, moins valeur refuge que par le passé
La démission de François Bayrou, le 9 septembre 2025, n’a pas conduit les Français à accroître leur épargne de précaution sur leur Livret A. La répétition des crises gouvernementales peut expliquer cette moindre propension à épargner sur ce support, sachant que le taux d’épargne demeure déjà très élevé.
Compte tenu de l’attentisme qui prévaut, notamment en matière de consommation, les ménages ont préféré laisser leur argent sur leurs comptes courants. Par ailleurs, comme cela est constaté depuis le début de l’année, ils privilégient des placements mieux rémunérés, dont les fonds en euros de l’assurance vie. L’effet taux a donc joué contre le Livret A et le LDDS en septembre.
Une collecte en retrait depuis le début de l’année
Sur les trois premiers trimestres de l’année, la collecte du Livret A n’est que de 970 millions d’euros, contre 13,42 milliards d’euros à la même époque en 2024. Pour le LDDS, les montants respectifs sont de 2,79 milliards et 6,10 milliards d’euros.
La rupture est donc nette et semble clore la période de forte collecte qui avait démarré avec la guerre en Ukraine, en février 2022.
Le Livret d’épargne populaire (LEP) sauvé par son taux
Le Livret d’épargne populaire enregistre, en septembre 2025, une collecte positive de 110 millions d’euros, néanmoins en retrait par rapport à celle du mois d’août (330 millions d’euros) et à celle de septembre 2024 (330 millions d’euros également).
Le taux de rémunération de 2,7 % demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Depuis le début de l’année, la collecte reste néanmoins négative (-1,53 milliard d’euros).
Une fin d’année peu favorable à l’épargne réglementée
En règle générale, le dernier trimestre marqué par le paiement des impôts locaux et les fêtes de fin d’année est peu favorable au Livret A. Dans ce contexte, la poursuite de la décollecte est fort probable sachant que depuis trois ans, le Livret A comme le LDDS ont battu des records d’encours.
Vers une nouvelle baisse du taux du Livret A en février ?
Compte tenu des hypothèses d’inflation et de taux d’intérêt, le rendement du Livret A pourrait être à nouveau revu à la baisse le 1er février prochain. Son taux pourrait être ramené à 1,4–1,5 %, tandis que celui du LEP pourrait être révisé à 2,5 %.

données Caisse des dépôts

données Caisse des dépôts
Cette semaine boursière a encore été marquée par les foucades de Donald Trump. À défaut d’avoir obtenu le prix Nobel de la paix auquel il semblait aspirer, il s’en est pris à la Chine, vendredi 10 octobre, en la menaçant d’une nouvelle vague d’augmentations massives des droits de douane. Le président américain a accusé Pékin d’adopter une attitude « hostile » et d’imposer des contrôles sur les terres rares. Tous les grands indices « actions » ont reculé, de plus de 2 % pour le Dow Jones. Les valeurs du luxe et de l’automobile ont été les plus touchées. Sur la semaine, le CAC 40 perd 2,21 %, mettant fin à quatre semaines consécutives de hausse de l’indice parisien. La crise politique en cours n’a pas contribué au retour des investisseurs sur le marché des actions à Paris. Le CAC 40 est en retrait par rapport aux autres places boursières depuis la dissolution du mois de juin 2024. Les investisseurs, face à l’instabilité politique et à l’incapacité des gouvernements à stabiliser la dette publique, réduisent leur exposition aux placements français. Depuis le début de l’année, le CAC 40 n’a progressé que de 9 %, contre 24 % pour le DAX allemand, 15 % pour le S&P 500 et 20 % pour le Nasdaq.
Aux États-Unis, le « shutdown » est toujours de rigueur. Vendredi soir, aucun accord n’avait encore été trouvé au Congrès entre républicains et démocrates sur le financement de l’État fédéral. De nombreux employés fédéraux sont progressivement contraints de quitter leur emploi, peut-être pour une durée prolongée. Lors de l’épisode de 2018-2019, le « shutdown » avait duré 34 jours — la plus longue période à ce jour — et quelque 800 000 fonctionnaires fédéraux avaient été mis au chômage, placés à l’arrêt ou contraints de travailler sans salaire.
L’once d’or ne finit pas d’augmenter : plus de 3 000 dollars en mars, 3 500 en avril et désormais 4 000 dollars… Mois après mois, cette appréciation contredit les prévisions des analystes. Cette semaine l’or a franchi la barre des 4000 dollars avant de se replier légèrement vendredi.
Depuis le début de l’année, l’or a progressé de plus de 50 %. Cette succession de records inédits est la marque d’une anxiété croissante sur les marchés financiers. La hausse du métal précieux est portée depuis cinq ans par une série de facteurs. La succession de chocs y contribue évidemment : épidémie de Covid, guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient, vague inflationniste, retour de Donald Trump, tensions géopolitiques, etc.
Ces dernières années, les achats d’or par les banques centrales ont été responsables, en grande partie, de l’augmentation du cours. Ces dernières diversifient leurs actifs et réduisent leur exposition au dollar. C’est en premier lieu le cas des banques centrales des pays émergents, comme la Chine ou l’Inde. La progression du prix de l’or est également la conséquence et le symbole de bouleversements profonds dans l’économie mondiale. La volonté de Donald Trump d’imposer sa loi à la Fed et de déprécier le dollar incite les investisseurs à réduire le montant de leurs actifs libellés en cette monnaie. Les Chinois, les Russes et d’autres rêvent d’un système financier moins dépendant du dollar. Ce dernier est de plus en plus fragmenté, même si le dollar reste, de loin, la première monnaie pour les réserves de change et pour les transactions commerciales ou financières.
La hausse de l’or traduit aussi les inquiétudes grandissantes quant à la soutenabilité des dettes publiques mondiales, et notamment celle des États-Unis. Le « shutdown » américain, cette paralysie budgétaire liée à l’incapacité du Congrès à s’entendre sur le relèvement du plafond de la dette, constitue la principale cause de l’augmentation de ces derniers jours. La fermeture partielle des administrations a retardé la publication d’indicateurs économiques clés, comme ceux sur l’emploi, accentuant l’incertitude autour de la conjoncture américaine.
La baisse des taux décidée par les banques centrales, et dernièrement par celle des États-Unis, est un vecteur de hausse du cours de l’or. Les titres publics rapportent moins, ce qui rend plus attractif le métal précieux.
La politique économique de Donald Trump est potentiellement inflationniste : la majoration des droits de douane et la diminution de l’immigration poussent les investisseurs à s’en protéger en achetant de l’or.
L’aggravation de la crise politique en France n’est pas non plus de nature à rassurer les marchés sur l’avenir économique de l’une des principales économies de la zone euro.
L’or n’est pas le seul métal précieux à profiter de cette défiance généralisée. Bien qu’il n’ait pas encore battu son record de 2011, l’argent gagne près de 70 % depuis le début de l’année et se négocie désormais à 48,4 dollars l’once.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 10 oct. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 918,00 | -2,02 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 45 479,60 | -2,01 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 552,51 | -1,82 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 204,43 | -1,46 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 266,80 | +0,02 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 427,47 | +0,04 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 531,32 | -2,06 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 48 088,80 | +7,27 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 897,03 | +1,93 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,477% | -0,042 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,644 % | -0,042 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,069 % | -0,046 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1617 | -1,39 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 989,80 | +3,88 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 62,87 | -1,54 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 118 983,59 | -0,88 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Les champions des placements au 3e trimestre 2025 auront été l’or et les valeurs américaines. L’once d’or a progressé, sur ces trois derniers mois, de près de 17 %. De leur côté, les valeurs technologiques cotées au Nasdaq ont gagné plus de 12 %. Les valeurs américaines, malgré l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers, ont poursuivi sur la lancée des derniers mois. L’indice S&P 500 s’est apprécié de près de 8 % et le Dow Jones de 4,28 %. Les indices européens ont enregistré des progressions plus faibles, à l’exception du Footsie britannique (+6,53 %). Le CAC 40 a augmenté de 3 %. À noter que le Dax allemand est resté atone après une longue période de hausse. Il a, en effet, gagné en un an près de 25 % contre +4,25 % pour le CAC 40.
Les marchés toujours portés par l’intelligence artificielle
Le CAC 40 a dépassé les 8 000 points cette semaine, une première depuis le mois de mars dernier. L’intelligence artificielle dope toujours les marchés. OpenAI, l’entreprise à l’origine de ChatGPT, multiplie les collaborations sur plusieurs continents, notamment au Japon avec Hitachi dans les domaines de l’énergie et des infrastructures. Fujitsu a, de son côté, annoncé une extension de son partenariat stratégique avec Nvidia.
Les investissements en milliards de dollars dans l’IA alimentent les fantasmes de profits futurs et, pour l’instant, occultent tous les problèmes auxquels est confrontée l’économie mondiale. La paralysie des administrations fédérales des États-Unis, qui entre dans son troisième jour consécutif de shutdown, a historiquement des répercussions économiques limitées. Les investisseurs l’ont bien compris : les indices américains ont battu de nouveaux records cette semaine.
Les investisseurs ont, en revanche, intégré le ralentissement du marché américain de l’emploi, même en l’absence de publication des statistiques mensuelles en raison du shutdown.
Avec la décélération de la croissance américaine sur fond de hausse des droits de douane et de limitation de l’immigration, la Fed aurait un motif pour réduire ses taux directeurs à l’occasion de sa réunion des 28 et 29 octobre prochains.
Malgré les tensions autour de la flotte russe fantôme, le cours du pétrole a enregistré un fort recul cette semaine. Celle-ci s’explique par la publication de plusieurs rapports suggérant que l’OPEC+ pourrait augmenter sa production jusqu’à 500 000 barils par jour en novembre, soit trois fois le volume ajouté ce mois-ci. Cette décision marquerait une nouvelle étape dans la réduction de la régulation instituée lors du covid. La production de septembre a déjà augmenté de 330 000 bpj pour atteindre 28,40 millions de bpj, selon une enquête de Reuters.
L’Arabie Saoudite et d’autres producteurs cherchent à reconquérir des parts de marché. L’arrivée de nouveaux barils intervient que la demande est victime du ralentissement de la croissance de l’économie mondiale.
Quelles limites pour le métal précieux ?
Depuis près d’un an, tous les prévisionnistes se sont trompés sur l’or. La Deutsche Bank tablait sur une once à 3 700 dollars en 2026. Nul n’avait imaginé que l’once d’or puisse se rapprocher aussi rapidement des 4 000 dollars. Elle a ainsi battu, lundi 29 septembre, un nouveau record à plus de 3 800 dollars. Depuis le début de l’année, la hausse atteint plus de 45 %. La progression du cours de l’or s’explique par la succession, depuis plusieurs années, des chocs économiques et géopolitiques. La fragmentation de l’économie mondiale, les tensions géopolitiques et commerciales, l’interventionnisme de Donald Trump sur la politique monétaire de la Fed, l’augmentation de l’endettement public incitent les investisseurs à acheter de l’or, bien que cet actif ne rapporte ni intérêt ni dividende.
La baisse des taux de la Réserve fédérale et de la BCE constitue un autre facteur favorable à la hausse du cours de l’or. Quand le rendement des emprunts d’État américains baisse, le métal jaune devient plus attractif pour les investisseurs.
Au-delà des incertitudes sur la politique monétaire américaine, les achats des banques centrales constituent, depuis plus de trois ans, le facteur structurel de la hausse des prix de l’or. La demande des instituts monétaires est passée d’un peu moins de 500 tonnes par an entre 2011 et 2021 à plus de 1 000 tonnes par an depuis 2022. À titre de comparaison, le marché de l’or s’élève à environ 4 000 tonnes par an.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 3 oct. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 078,59 | +2,31% | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 46 758,28 | 1,26 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 715,79 | +1,13 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 780,51 | +1,35 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 379,53 | +2,66 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 487,95 | +1,18 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 651,71 | +2,63 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 45 769,50 | +0,61 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 882,78 | +1,59 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,519 % | -0,043 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,706 % | -0,041 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,115 % | -0,065 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1738 | -0,67 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 879,01 | +2,97 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 64,68 | -7,64 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 120 866,78 | +9,77 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
L’or : toujours plus haut
L’or a dépassé, en fin de semaine, 3 780 dollars l’once. Le cours du métal précieux est porté par l’enclenchement d’un nouveau cycle de baisse des taux directeurs de la Fed. Certains estiment qu’il pourrait se rapprocher, voire dépasser, 4 000 dollars. Pour autant, les facteurs de hausse commencent à s’épuiser ou, plutôt, ont déjà été intégrés (Ukraine, Moyen-Orient, droits de douane, etc.).
États-Unis : faible dérive de l’inflation
Sur le front américain, les prix des dépenses de consommation personnelle, la mesure que la Réserve fédérale retient en priorité pour apprécier l’inflation, se sont alignés, en août, parfaitement sur les projections du marché. Ils ont progressé sur un an de 2,7 %, soit 0,1 point de plus qu’en juillet. La hausse se stabilise à 2,9 % hors prix alimentaires et énergétiques. Les investisseurs auraient préféré que la désinflation reprenne, permettant à la Fed de poursuivre son cycle de baisse des taux directeurs. Pour le moment, l’inflation reste néanmoins contenue. La consommation des ménages a augmenté, de son côté, de 0,6 % le mois dernier, quand le consensus donnait une hausse de 0,5 %, comme en juillet, illustrant la résilience des consommateurs.
Le retour des droits de douane
Donald Trump n’avait plus parlé de droits de douane depuis quelques semaines et, visiblement, le sujet lui manquait. À partir du 1er octobre prochain, 100 % de surtaxes sur les produits pharmaceutiques de marque ou brevetés seront imposées, sauf si les entreprises étrangères concernées investissent pour construire des usines sur le sol américain. La Commission européenne est montée vendredi au front pour éteindre l’incendie. Son porte-parole a assuré que ces droits sectoriels ne concerneraient pas les médicaments européens, ces derniers étant inclus dans l’accord commercial Europe–États-Unis limitant les droits de douane américains à 15 %.
Si les États-Unis respectent l’accord signé et exemptent bien, comme convenu, les médicaments européens des 100 % de droits sectoriels, l’Irlande sera la grande gagnante car elle est, de loin, le pays européen le plus exposé. C’est le premier exportateur pharmaceutique mondial (en valeur, non en volume) vers les États-Unis. Cette situation est la conséquence de l’installation de nombreux laboratoires pharmaceutiques en Irlande depuis trois décennies, en raison de la fiscalité attractive.
L’Europe est la seule épargnée. La Commission européenne a rappelé vendredi que son accord commercial avec les États-Unis est le seul à protéger contre de futurs droits plus élevés que le taux général prévu par l’accord. L’industrie pharmaceutique suisse, par exemple, devrait se voir appliquer le taux de 100 %. Or la Suisse est le deuxième plus gros exportateur de médicaments de marque vers les États-Unis. Les laboratoires européens sont néanmoins encouragés à investir aux États-Unis, faute de quoi une révision du tarif pourrait intervenir.
Les actions en mode statu quo
Les investisseurs ont joué la prudence cette semaine, marquée par des indicateurs et des signaux contradictoires. Les indices américains ont cédé un peu de terrain. Les taux des obligations d’État françaises continuent à progresser, tout comme le ratio de dette publique. Le taux de l’OAT à 10 ans s’élevait, vendredi 26 septembre, à 3,562 %.
Le marché du pétrole en tension
Cette semaine, les cours du pétrole ont été orientés à la hausse en raison des déclarations de Donald Trump. Ce dernier a demandé à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, d’arrêter d’acheter du pétrole russe. Il a également suggéré que les Européens stoppent toutes les importations de gaz en provenance de Russie. Cette hausse n’est pas sans limite. En effet, de plus en plus de barils arrivent actuellement sur le marché, notamment avec la hausse des quotas de production initiée depuis avril par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+). Néanmoins, l’intensification des frappes ukrainiennes sur les raffineries et les infrastructures pétrolières russes commence à avoir des effets sur le marché des produits raffinés.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 26 sept. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 864,67 | +0,00 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 46 247,29 | -0,13 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 643,70 P | -0,35 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 484,07 | -0,74 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 705,25 | +0,40 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 280,79 | +0,80 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 499,70 | +1,06 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 45 354,99 | +1,01 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 828,11 | -0,87 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,562 % | +0,006 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,747 % | -0,002 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,180 % | +0,037 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1693 | -1,53 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 780,15 | +1,98 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 70,61 | +4,85 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 109 144,58 | -5,65 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Baisse des taux de la Fed : des investisseurs heureux
Le CAC 40 a terminé la semaine à 7 853,39 points, ce qui lui a permis de gagner 0,36 % en cinq jours. Une progression modeste, mais qui fait suite à une hausse de près de 2 % la semaine précédente, la décision de la Fed ayant été largement anticipée. La décision de la banque centrale américaine et le discours de Jerome Powell ont été fortement appréciés par les investisseurs.
Dans ce contexte, de nouveaux records ont été battus à Wall Street. Le Nasdaq a progressé de plus de 2 % sur la semaine. L’engouement pour les valeurs des sociétés présentes sur le marché de l’IA persiste. En l’absence d’indicateurs économiques majeurs, les investisseurs ont suivi de près la conversation téléphonique organisée vendredi entre Donald Trump et Xi Jinping. Les deux présidents ont affirmé qu’un accord était en cours, mais qu’il restait du travail à accomplir. L’enjeu est de parvenir à le finaliser afin d’empêcher TikTok de disparaître aux États-Unis. Lors de sa visite d’État au Royaume-Uni jeudi, Donald Trump a déclaré qu’il souhaitait maintenir TikTok dans son pays.
Les taux des obligations souveraines ont poursuivi leur progression, tout comme le cours de l’or, qui a battu de nouveaux records.
La Fed : sans surprise
Le mercredi 17 septembre dernier, la banque centrale américaine, la Fed, a, pour la première fois de l’année, décidé de diminuer d’un quart de point ses taux directeurs. Ils sont désormais compris entre 4 % et 4,25 %, toujours bien plus élevés que ne le souhaiterait le président américain.
Cette diminution intervient dans un contexte de modération de la croissance de l’activité économique et de ralentissement des créations d’emplois. Dans son communiqué, la Fed a précisé, pour encadrer cette baisse, que l’inflation avait augmenté et restait élevée. Elle a néanmoins laissé la porte ouverte à une ou deux nouvelles réductions lors des réunions d’octobre et de décembre : « En envisageant des ajustements additionnels à la fourchette cible des taux, le comité prendra soigneusement en compte les nouvelles données, l’évolution des perspectives et la balance des risques. »
Les « colombes » l’ont emporté sur les « faucons », qui privilégient la lutte contre l’inflation. Les dernières statistiques sur l’emploi ont convaincu la majorité du comité de politique monétaire d’agir. En août, le Bureau of Labor Statistics a révélé que seuls 73 000 emplois nets avaient été créés le mois précédent, bien moins qu’attendu. L’inflation, quoique persistante, s’est révélée un peu moins élevée que prévu. Hors énergie et alimentation, elle s’établit à 3,1 % (core CPI), quasiment stable par rapport à son niveau de décembre (3,2 %). L’effet des tarifs douaniers sera « de courte durée et ponctuel », estime Jerome Powell. L’inflation demeure néanmoins supérieure à la cible de politique monétaire de la Fed et ne devrait pas reculer dans les prochains mois, en raison des effets attendus de l’augmentation des droits de douane.
Dans son scénario central, la banque centrale américaine a actualisé ses prévisions de taux moyens : 3,6 % fin 2025, 3,4 % fin 2026 et 3,1 % fin 2027.
La polarisation politique des États-Unis a gagné la Fed. Donald Trump continue de faire pression pour obtenir des baisses plus rapides et plus marquées des taux directeurs. Il a ainsi déclaré : « La Fed devrait être indépendante, mais je pense qu’elle devrait écouter des gens intelligents comme moi. Je crois avoir un meilleur instinct que Jerome Powell. » Lors de la réunion du comité de politique monétaire, son ancien conseiller économique, Stephen Miran, a voté contre, demandant une baisse d’un demi-point plutôt que d’un quart de point. Compte tenu des menaces proférées par le président américain, certains se demandent si les membres du comité ont pris leur décision uniquement sur le fondement des données économiques. La perspective d’une Fed moins indépendante qu’autrefois rend les marchés nerveux. Le dollar se déprécie et atteint son plus bas niveau depuis début 2022 face aux principales devises.
Pourtant, les indicateurs économiques ne justifient pas un soutien monétaire massif à l’économie. Le taux de chômage n’est que de 4,3 %, l’économie continue de croître, la consommation se porte mieux que prévu avec encore une hausse de 0,6 % des ventes de détail en août, et la Bourse est euphorique grâce à l’engouement pour l’intelligence artificielle.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 19 sept. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 853,59 | +0,36 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 46 315,27 | +0,95 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 664,36 | +1,14 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 631,48 | +2,02 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 645,25 | -0,05 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 216,67 | -0,54 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 458,42 | +1,26 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 45 045,81 | +3,65 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 820,09 | +0,34 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,556 % | +0,051 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,749 % | +0,036 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,143 % | +0,065 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1745 | +0,32 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 669,05 | +1,22 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 66,70 | +0,13 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 115 914,24 | +0,05 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Les investisseurs ont intégré la baisse probable des taux directeurs de la banque centrale américaine la semaine prochaine. Les indices actions ont poursuivi leur progression. Le CAC 40, malgré les dernières péripéties politiques, a gagné plus de 2 % sur la semaine. Wall Street a, quant à elle, battu des records historiques cette semaine.
La Réserve fédérale américaine devrait donc relancer mercredi son cycle d’assouplissement, avec une baisse de 25 points de base comme scénario central. Les investisseurs les plus hardis — ils se font rares — espèrent encore un geste de 50 points de base. Cette hypothèse n’est toutefois estimée qu’à 7,6 % par les opérateurs : si le marché du travail ralentit drastiquement depuis plusieurs mois, l’inflation, sans s’emballer, paraît encore trop élevée pour espérer que la banque centrale accélère le mouvement. Le moral des consommateurs américains est tombé ce mois-ci à son niveau le plus faible depuis mai, et leurs attentes en matière d’inflation à long terme ont augmenté pour le deuxième mois consécutif, du fait des inquiétudes liées au marché du travail et aux prix.
Les taux des obligations souveraines étaient en hausse cette semaine en Europe. Le taux de l’obligation française à dix ans, l’OAT, est repassé au-dessus de 3,5 %.
Sans surprise, le jeudi 11 septembre dernier, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas modifier ses taux directeurs. Elle a laissé le taux de dépôt à 2 %, celui de la facilité de refinancement à 2,25 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,4 %.
La BCE a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2025, qui passent de 0,8 % à 1,2 %. Cette bonne résistance de la zone euro, malgré la mise en œuvre des nouveaux droits de douane américains, a conforté la position des membres du comité monétaire, qui ont choisi de ne pas abaisser les taux, d’autant que l’inflation a légèrement progressé. Christine Lagarde, la présidente de la BCE, est plutôt favorable à une ligne dure sur les taux. Elle a souligné que la banque centrale « était dans une position confortable », que l’accord sur les droits de douane américains avait levé une partie de l’incertitude sur les échanges commerciaux et que le processus de désinflation était terminé.
La question de la décorrélation des politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique se posera dans les prochains mois, la Réserve fédérale américaine devant procéder mercredi prochain à une baisse de ses taux. Cette nouvelle donne pourrait continuer à renforcer la devise européenne, qui a gagné 13 % depuis le début de l’année face au billet vert. Elle s’échange désormais autour de 1,17 dollar, mais le seuil de 1,18 dollar pourrait être prochainement dépassé. Cette appréciation renforcerait l’effet de la majoration des droits de douane. L’attentisme de la BCE en matière de taux pourrait n’être, de ce fait, que temporaire.
L’autre menace pour la zone euro est liée à l’instabilité politique en France et à ses effets sur les dettes souveraines en Europe. Se refusant à commenter la situation d’un pays en particulier, Christine Lagarde a toutefois adressé un message sans ambiguïté au futur gouvernement : « Je suis confiante dans le fait que les décideurs politiques auront à cœur de réduire l’incertitude autant que possible. Il existe également un ensemble de règles — le cadre budgétaire européen — que tous les États membres doivent respecter. Je suis sûre que tous les gouvernements, où qu’ils soient situés, voudront opérer sur la base de ce cadre budgétaire. » En l’état, la BCE n’a pas prévu d’intervenir sur le marché obligataire. « Les obligations souveraines de la zone euro se comportent de manière ordonnée, sans heurts et avec une bonne liquidité », a précisé Christine Lagarde.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 12 sept. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 825,24 | +2,15 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 45 834,22 | +1,18 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 584,29 | +1,79 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 22 141,10 | +2,15 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 688,61 | +0,45 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 283,29 | +0,93 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 386,61 | +1,30 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 44 768,12 | +5,81 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 870,60 | +0,32 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,505 % | +0,057 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,713 % | +0,051 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,078 % | +0,013 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1712 | +0,70 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 643,55 | +3,38 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 67,47 | +2,97 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 115 206,20 | +4,00 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
En France, la retraite repose quasi exclusivement sur la répartition. Cette dernière fournit 98 % des pensions des retraités quand en moyenne, au sein de l’OCDE, ce ratio est de 85 %. Ce choix du tout ou presque répartition est le produit d’une histoire, de la difficulté d’instituer une couverture retraite à la mise en œuvre de la Sécurité sociale en 1945, après la Seconde Guerre mondiale et la grande crise de 1929.
Pour des raisons politiques, économiques et sociales, il a été décidé de retenir une solidarité intergénérationnelle selon laquelle les actifs financent directement les pensions des retraités. Dans ce paysage, la retraite supplémentaire, qui repose sur la capitalisation et la constitution d’un patrimoine individuel ou collectif, a longtemps occupé en France une place marginale. Depuis une vingtaine d’années, les pouvoirs publics essaient de fortifier ce pilier de la retraite tant pour faire face aux difficultés des régimes par répartition que pour faciliter le financement des entreprises. La loi PACTE DE 2019, avec la création du Plan d’Epargne Retraite, a permis un nouvel élan de l’épargne retraite.

La retraite supplémentaire représentait, en 2023, selon la DREES, près de 20 millions de contrats détenus par les Français et près de 282 milliards d’euros d’encours. Son poids est assez stable au sein du monde la retraite avec 5 % seulement des cotisations de retraite et 2,2 % des prestations servies. Cette stabilité en pourcentage ne signifie pas une stagnation en volume. Avec l’arrivée des baby-boomers à l’âge de la retraite, le montant des pensions des régimes par répartition augmente rapidement.

En 2023, les cotisations aux contrats de retraite supplémentaire ont atteint 19,2 milliards d’euros, en hausse de plus de 3 % en euros constants par rapport à 2022. Après la période covid et la guerre en Ukraine, les cotisations sont reparties à la hausse, portées à la fois par les versements individuels et par ceux réalisés dans le cadre des entreprises. Les dispositifs individuels captent 10,6 milliards d’euros, soit 55 % du total. Les dispositifs collectifs ou obligatoires, souscrits par l’employeur, représentent 8,6 milliards d’euros (45 % du total).
Quatre ans après son lancement, le PER a profondément remodelé le paysage. Il a capté, en 2023, 83 % des cotisations en individuel, contre 45 % en 2020. Au niveau des entreprises, les PER collectifs et obligatoires remplacent progressivement les anciens Perco et « article 83 ».
En 2023, les versements sur les PER individuels ont augmenté de 8,5 % en euros constants, tandis que ceux sur les PER obligatoires en entreprise ont progressé de 24,4 %. Le PER s’est imposé car il combine trois qualités : simplicité (remplacement des anciens produits), souplesse (sorties possibles en capital ou en rente), et attractivité fiscale (déduction des versements dans la limite de plafonds).
Il bénéficie également d’une gestion pilotée permettant tout à la fois de sécuriser le capital avec l’avancée en âge du titulaire tout en restant le plus longtemps possible associés aux produits de marchés susceptibles de générer du rendement. Il est amené à devenir l’instrument quasi exclusif de la retraite supplémentaire en France. Le Perco créé par la loi Fillon de 2003 a reculé, en 2023 de près de 20 % et les contrats « article 83 » de 13,4 %. Les contrats à prestations définies (retraites chapeaux) sont tombés à 0,7 milliard d’euros de cotisations, un plus bas historique.
Les prestations versées (rentes, capitaux, VFU) se sont élevées, en 2023, à 8,4 milliards d’euros. Elles ont été versées à 67 % sous forme de rentes viagères (5,6 milliards d’euros), à 18 % sous forme de capital, en progression, et à 15 % sous forme de versement forfaitaire unique (VFU) signe d’une préférence croissante des épargnants pour la liquidité. Les versements en capital progressent au détriment des sorties en rente.
Près de 44 % des prestations sont versées au titre de contrats à adhésion individuelle, le montant de celles-ci diminuant de 1,2 % en euros constants par rapport à 2022. En effet, la hausse en euros constants des prestations versées au titre des PER individuels et des dispositifs destinés aux non-salariés (contrat Madelin et contrat des exploitants agricoles) est plus que compensée par la baisse des versements au titre des dispositifs destinés aux fonctionnaires, de la retraite mutualiste du combattant (RMC) et des autres contrats individuels. Les prestations versées au titre d’un dispositif souscrit par un employeur, qu’il soit à cotisations ou à prestations définies, sont en baisse de 4 % en 2023 en euros constants.
La typologie des sorties varie fortement selon le type de contrat : 100 % en capital pour les Perco ou PER collectifs, 64 % de VFU pour les PERP, 21 % seulement pour les contrats Madelin.
Cette diversité illustre la flexibilité croissante de la retraite supplémentaire, mais aussi sa complexité fiscale, notamment autour de l’exonération des sorties en capital issues de l’épargne salariale.
Avec 282 milliards d’euros, les encours ont progressé, en 2023, de 3,3 % en euros constants.
Les deux tiers des provisions sont constitués par les quatre principaux types de dispositifs :
Les provisions gérées au titre d’un PER sont en hausse et représentent 36 % du total (contre 32 % en 2022). Les plus fortes hausses de provisions en euros constants sont d’abord le fait du PER individuel (+19,1 %), puis du PER d’entreprise obligatoire (+18,7 %) et, enfin, du PER d’entreprise collectif (+16,9 %).
En 2023, la hausse de la part des provisions et des encours hébergés par les Fonds de Retraite Professionnel Supplémentaire (FRPS) a été de 4 points de pourcentage en 2023, soit 56 % du total. En contrepartie, la part des provisions hébergées directement par les entreprises d’assurance a diminué de 30 %. En raison du ralentissement des transferts de portefeuilles vers les FRPS, la baisse de la part des provisions constituées par les mutuelles et par les institutions de prévoyance est légère.
Aux États-Unis, les fonds de pension représentent plus de 140 % du PIB, avec des encours dépassant 40 000 milliards de dollars. Le système repose massivement sur la capitalisation (401k, IRA). Au Royaume-Uni, les pensions privées représentent près de 100 % du PIB et au Pays-Bas, plus de 200 %. La France comme l’Allemagne sont des petits acteurs, la capitalisation pesant autour de 10 % du PIB.
La retraite supplémentaire ne remplacera pas la répartition, mais elle en est désormais l’indispensable complément. Un consensus se dégage de plus en plus en sa faveur. Les projections démographiques (un retraité pour 1,3/1,4 actif en 2070, contre 1,7 aujourd’hui) plaident pour un renforcement de l’épargne retraite. L’avenir repose sur trois dynamiques :
La retraite supplémentaire trace désormais son lit, irriguant lentement le paysage financier français. Les chiffres de 2023 confirment cette progression : une collecte en hausse, des encours en croissance, des prestations encore modestes mais appelées à croître.
Dans une interview accordée à la Dépêche du Midi, le Directeur du Cercle de l’Epargne revient sur les comportements des ménages et leurs choix de placements.

Une fin d’août maussade
Le mois d’août est souvent difficile pour les marchés financiers, un mois qui annonce fréquemment les frimas de l’automne. Ce fut le cas en 2007 et en 2011. Jusqu’à la dernière semaine, les oiseaux de mauvais augure se sont trompés à propos du cru 2025, et ce malgré la hausse des droits de douane intervenue en début de mois. Les investisseurs avaient misé sur la baisse des taux directeurs de la FED pour continuer à arbitrer en faveur des actions. Mais, ces derniers jours, les marchés financiers ont dû composer avec plusieurs mauvaises nouvelles, notamment le recul du PIB au Canada, l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi en Allemagne, le retour des tensions politiques en France et la poursuite de la guerre tant en Ukraine qu’à Gaza.
Avec le retour du risque politique en France, le CAC 40 a perdu 3 % cette semaine. En Europe, les autres grands indices ont également été orientés à la baisse, mais dans une moindre mesure. Les perspectives d’une chute du gouvernement avec une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale ont refroidi les ardeurs des investisseurs, notamment étrangers. L’absence de tout consensus sur l’assainissement des comptes publics pèse de plus en plus sur l’ambiance de la place de Paris. L’écart de taux entre la France et l’Allemagne s’est accru, atteignant en fin de semaine 0,8 point, contre 0,7 point avant l’annonce du Premier ministre François Bayrou de demander la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre prochain.
Les chiffres de l’inflation publiés ce vendredi aux États-Unis, en s’alignant parfaitement avec les anticipations du marché, n’ont pas eu d’effet sur la tendance boursière. L’indice PCE des dépenses de consommation personnelle a augmenté de 0,2 % sur un mois et de 2,6 % sur un an, comme en juin. Le PCE core (hors alimentation et énergie), mesure de l’inflation la plus suivie par la Réserve fédérale, est en hausse de 0,3 % sur un mois et de 2,9 % sur un an, soit une accélération d’un dixième de point. Ces résultats n’indiquent pas un rebond violent des prix aux États-Unis mais une inflation progressive, prouvant que ce sont bien les Américains qui paient les droits de douane. Ces données signalent également que le retour à l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale n’est pas d’actualité.
La progression des revenus (+0,4 %) et des dépenses des particuliers (+0,5 %) renforce les signes récents de croissance résiliente au début du troisième trimestre. Malgré tout, les acteurs financiers pronostiquent toujours une légère baisse des taux directeurs de la FED pour le mois de septembre.
En Europe, l’inflation montre un profil moins agressif, tombant à 0,8 % en France (en données harmonisées), stable à 2,7 % en Espagne et à 1,7 % en Italie. Des chiffres un peu en dessous des attentes, mais qui ne s’éloignent pas de l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne. La situation en zone euro est marquée par des divergences de plus en plus nettes : la France, en proie à une nouvelle crise politique et à une dette publique en expansion, décroche avec une demande interne atone et un taux d’épargne en hausse constante, tandis que l’Espagne continue d’afficher la croissance la plus solide du continent. En Allemagne, l’inflation s’est accélérée, passant de 1,8 % à 2,1 % sur un an, contre 2 % pour la prévision médiane d’un sondage Bloomberg.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 29 août 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 703,90 | -2,99 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 45 517,48 | -0,26 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 460,27 | -0,18 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 21 455,55 | -0,20 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 919,62 | -1,47 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 197,45 | -1,24 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 351,73 | -2,32 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 42 718,47 | -1,90 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 857,93 | +3,50 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,513 % | +0,091 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,724 % | +0,003 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,226 % | -0,036 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1701 | +0,19 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 447,32 | +3,92 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 68,16 | +0,41 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 108 500,94 | -7,24 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Le taux d’épargne toujours plus haut en France
Au 2e trimestre 2025, le taux d’épargne des ménages a atteint, selon l’INSEE (comptes nationaux), un niveau record de 18,9 % du revenu disponible brut. Il a augmenté de 0,3 point entre le premier et le deuxième trimestre. Le taux d’épargne financière est de son côté passé de 9,5 à 9,8 % du revenu disponible brut. Hors covid, il faut remonter au début des années 1980 pour avoir un taux aussi élevé.
Depuis la crise sanitaire de 2020, les Français maintiennent un effort d’épargne important. Le taux d’épargne n’a jamais retrouvé son niveau d’avant covid (15 % du revenu disponible brut). La succession de crises (covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste, conflit au Moyen Orient, situation politique en France) explique en grande partie cette propension à l’épargne qui s’effectue au détriment de la consommation. Les ménages diffèrent leurs dépenses importantes et épargnent les gains de pouvoir d’achat dont ils peuvent bénéficier. La dégradation des comptes publics constitue également un facteur propice à l’épargne, les ménages craignant une hausse des impôts ou un ralentissement de la croissance. D’autres facteurs peuvent contribuer à l’augmentation du taux d’épargne : le vieillissement de la population et le réinvestissement des revenus des produits d’épargne.
Le retour de l’incertitude politique après l’annonce du Premier ministre, François Bayrou du 25 août dernier, ne devrait pas inciter les ménages à relâcher leur effort d’épargne. Certes, les ménages sont de plus en plus résilients compte tenu de la multiplication des crises, en revanche leur prudence s’inscrit dans la durée.
Au 2e trimestre, le revenu disponible brut (RDB) des ménages en euros courants a augmenté de +0,3 % après +0,6 % au premier trimestre. Les prestations sociales ont augmenté de 0,7 % après +1,1 %. La masse salariale reçue par les ménages a progressé à un rythme proche de celui du trimestre précédent (+0,4 % après +0,3 %). Les impôts versés par les ménages ont connu une progression de +0,8 % après +3,5 % au premier trimestre.
Dans le même temps, l’inflation est en recul. Les prix de la consommation des ménages se replient légèrement (-0,1 % après +0,5 %). Le pouvoir d’achat des ménages s’est accru de +0,4 % après +0,1 %. Mesuré par unité de consommation pour être ramené à un niveau individuel, le pouvoir d’achat augmente de +0,2 % après -0,1 %.
La collecte nette de l’assurance vie, au mois de juillet 2025, a atteint 4,1 milliards d’euros, soit deux fois plus qu’en 2024. Elle se situe largement au-dessus de sa moyenne décennale (2015/2024 : 1,4 milliard d’euros). Ce résultat témoigne du retour en force de l’assurance vie, à l’œuvre depuis le début de l’année. Après avoir atteint 5,2 milliards d’euros en juin, l’assurance vie démarre le second semestre sur les chapeaux de roue avec un résultat haut en couleur, le meilleur depuis 2010 pour un mois de juillet.
Le mois de juillet réussit, en règle générale, assez bien à l’assurance vie, avec simplement deux décollectes (2023 : –809 millions d’euros et 2020 : –335 millions d’euros).
Une collecte nette positive pour les fonds en euros et pour les UC
La collecte nette est positive tant pour les unités de compte que pour les fonds en euros (+3,5 milliards d’euros pour les supports en UC, +0,7 milliard d’euros pour les supports en euros). Depuis le début de l’année, elle s’élève à +30,7 milliards d’euros, supérieure de +13,2 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Cette collecte nette est positive à hauteur de 3,5 milliards d’euros pour les fonds en euros et de 27,2 milliards d’euros pour les supports en UC.
Toujours une collecte brute forte
Dans un contexte toujours porteur pour l’épargne, les cotisations atteignent un niveau élevé. En juillet 2025, les cotisations en assurance vie se sont élevées à 17,9 milliards d’euros (en hausse de 10 % sur un an), leur plus haut niveau sur un mois. Cette hausse est portée tant par les fonds en euros (+9 % sur un an) que par les unités de compte (UC, +12 %). La part des cotisations en UC est de 41 % sur le mois de juillet et de 39 % depuis le début de l’année, supérieure à celle enregistrée sur l’ensemble de l’année 2024 (38 %).
Des prestations toujours en repli
Les prestations se sont élevées à 13,8 milliards d’euros, en baisse de –0,7 milliard d’euros en juillet 2025 par rapport à juillet 2024 (–5 %). Elles reculent sur les supports en euros (–9 %) et progressent sur les supports en UC (+7 %).
La collecte nette enregistrée en juillet 2025, à +4,1 milliards d’euros, représente plus du double de celle de juillet 2024 (+1,8 milliard d’euros).
L’encours atteint 2 057 milliards d’euros à fin juillet 2025, en hausse de +5 % sur un an, permettant à l’assurance vie de conforter sa place de premier placement des ménages en France.
L’assurance vie : la grande gagnante de l’été
Le taux d’épargne des ménages a atteint, au deuxième trimestre, 18,9 % du revenu disponible brut, dont 9,8 points au titre de l’épargne financière. L’assurance vie est la grande gagnante de la propension des Français pour l’épargne. Elle bénéficie, en effet, d’un réel engouement depuis le début de l’année. Elle a gagné en attractivité avec la baisse du rendement de l’épargne réglementée et des dépôts à terme. Le rendement des fonds en euros est désormais supérieur à celui du Livret A, même après impôt. En outre, les assureurs proposent des taux bonifiés qui attirent les épargnants. La bonne tenue des marchés financiers au niveau mondial constitue un argument supplémentaire en faveur de l’assurance vie.
Avec la persistance des tensions géopolitiques et nationales, le taux d’épargne devrait rester élevé dans les prochains mois, ce qui devrait favoriser la collecte de l’assurance vie. Les ménages devraient rester prudents en ce qui concerne leurs projets immobiliers, ce qui diminuera les retraits. Enfin, la baisse du rendement de l’épargne réglementée et la politique monétaire de la Banque centrale européenne, plus accommodante, avantagent l’assurance vie. Les supports en euros pourront compter sur le maintien de taux longs élevés en raison des importants besoins de financement des États.

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs
Contact presse :
Sarah Le Gouez
06 13 90 75 48
La collecte nette de l’assurance vie, au mois de juillet 2025, a atteint, selon France Assureurs, 4,1 milliards d’euros, soit deux fois plus qu’en 2024. Elle se situe largement au-dessus de sa moyenne décennale (2015/2024 : 1,4 milliard d’euros). Ce résultat témoigne du retour en force de l’assurance vie, à l’œuvre depuis le début de l’année. Après avoir atteint 5,2 milliards d’euros en juin, l’assurance vie démarre le second semestre sur les chapeaux de roue avec un résultat haut en couleur, le meilleur depuis 2010 pour un mois de juillet.
Le mois de juillet réussit, en règle générale, assez bien à l’assurance vie, avec simplement deux décollectes (2023 : –809 millions d’euros et 2020 : –335 millions d’euros).
Une collecte nette positive pour les fonds en euros et pour les UC
La collecte nette est positive tant pour les unités de compte que pour les fonds en euros (+3,5 milliards d’euros pour les supports en UC, +0,7 milliard d’euros pour les supports en euros). Depuis le début de l’année, elle s’élève à +30,7 milliards d’euros, supérieure de +13,2 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Cette collecte nette est positive à hauteur de 3,5 milliards d’euros pour les fonds en euros et de 27,2 milliards d’euros pour les supports en UC.
Toujours une collecte brute forte
Dans un contexte toujours porteur pour l’épargne, les cotisations atteignent un niveau élevé. En juillet 2025, les cotisations en assurance vie se sont élevées à 17,9 milliards d’euros (en hausse de 10 % sur un an), leur plus haut niveau sur un mois. Cette hausse est portée tant par les fonds en euros (+9 % sur un an) que par les unités de compte (UC, +12 %). La part des cotisations en UC est de 41 % sur le mois de juillet et de 39 % depuis le début de l’année, supérieure à celle enregistrée sur l’ensemble de l’année 2024 (38 %).
Des prestations toujours en repli
Les prestations se sont élevées à 13,8 milliards d’euros, en baisse de –0,7 milliard d’euros en juillet 2025 par rapport à juillet 2024 (–5 %). Elles reculent sur les supports en euros (–9 %) et progressent sur les supports en UC (+7 %).
La collecte nette enregistrée en juillet 2025, à +4,1 milliards d’euros, représente plus du double de celle de juillet 2024 (+1,8 milliard d’euros).
L’encours atteint 2 057 milliards d’euros à fin juillet 2025, en hausse de +5 % sur un an, permettant à l’assurance vie de conforter sa place de premier placement des ménages en France.
L’assurance vie : la grande gagnante de l’été
Le taux d’épargne des ménages a atteint, au deuxième trimestre, 18,9 % du revenu disponible brut, dont 9,8 points au titre de l’épargne financière. L’assurance vie est la grande gagnante de la propension des Français pour l’épargne. Elle bénéficie, en effet, d’un réel engouement depuis le début de l’année. Elle a gagné en attractivité avec la baisse du rendement de l’épargne réglementée et des dépôts à terme. Le rendement des fonds en euros est désormais supérieur à celui du Livret A, même après impôt. En outre, les assureurs proposent des taux bonifiés qui attirent les épargnants. La bonne tenue des marchés financiers au niveau mondial constitue un argument supplémentaire en faveur de l’assurance vie.
Avec la persistance des tensions géopolitiques et nationales, le taux d’épargne devrait rester élevé dans les prochains mois, ce qui devrait favoriser la collecte de l’assurance vie. Les ménages devraient rester prudents en ce qui concerne leurs projets immobiliers, ce qui diminuera les retraits. Enfin, la baisse du rendement de l’épargne réglementée et la politique monétaire de la Banque centrale européenne, plus accommodante, avantagent l’assurance vie. Les supports en euros pourront compter sur le maintien de taux longs élevés en raison des importants besoins de financement des États.

France Assureurs

France Assureurs
Hausse du cours des actions, l’or et le bitcoin toujours au plus haut, l’été 2025 peut à première vue être surprenant. Avec l’entrée en vigueur de la hausse des droits de douane américains, le mois d’août 2025 était redouté par les investisseurs, sachant que le huitième mois de l’année est rarement porteur pour les marchés actions. Or, le cru 2025, malgré les incertitudes, se révèle étrangement bon. Plusieurs indices boursiers ont battu des records. En cette troisième semaine d’août, le CAC 40 s’est rapproché des 8 000 points, portant sa hausse depuis le 1er janvier à plus de 8 %. Certes, le DAX allemand fait nettement mieux, avec un gain de plus de 22 %, l’Eurostoxx progressant de plus de 12 %. La Bourse de Madrid a connu une hausse de plus de 30 % depuis le 1er janvier, tandis que Milan et Lisbonne sont également en forte progression. L’indice grec Athex a enregistré une appréciation de plus de 40 %. Le Standard & Poor’s 500, l’indice de référence des professionnels de Wall Street, a progressé de près de 9 % depuis le début de l’année. Le Dow Jones a atteint un plus haut le 15 août, à plus de 45 200 points. Le Nasdaq flirte également avec ses plus hauts historiques. Depuis le décrochage du mois d’avril, marqué par les annonces de Donald Trump sur les droits de douane « réciproques » très élevés, l’indice des valeurs technologiques américaines s’est adjugé près de 40 %.
Ces résultats s’expliquent par les perspectives d’une prochaine baisse des taux de la part de la Fed. En allégeant le coût de la dette pour les entreprises, en favorisant les investissements et en diminuant le rendement des obligations, la baisse des taux contribue à l’augmentation du cours des actions. Les valeurs technologiques, gourmandes en capitaux, y sont particulièrement sensibles. Les investisseurs estiment également que les accords commerciaux signés par les États-Unis constituent un moindre mal. Les droits sont, dans l’ensemble, conformes à ceux qui avaient été annoncés en avril dernier. Contrairement aux craintes de certains à la veille de l’été, les données macroéconomiques rendues publiques ces dernières semaines sont rassurantes pour l’économie américaine. Enfin, les résultats des entreprises pour le deuxième trimestre, dévoilés cet été, sont de bonne facture. En Europe, ils se sont inscrits en ligne avec les anticipations, et aux États-Unis ils se sont révélés supérieurs de 8 % en moyenne aux attentes des analystes. En Europe, les marchés restent portés par les valeurs de la défense et de l’aéronautique. Les valeurs bancaires, longtemps pénalisées, connaissent un réel rebond.
Le niveau élevé du cours de l’or est imputable à la demande toujours forte des banques centrales et à la soif de diversification des investisseurs, les incertitudes demeurant importantes. L’abondance de liquidités, en lien avec la politique monétaire accommodante des années 2009-2022, contribue à la hausse de la valeur des actifs tels que l’or, l’immobilier ou le bitcoin. Pour ce dernier, sa diffusion de plus en plus large, notamment via les fonds indiciels (ETF), se traduit par un cours élevé. La politique pro-crypto du président américain alimente également les achats de bitcoins par les institutionnels comme par les particuliers.
Dans le cadre du symposium de politique monétaire de Jackson Hole, Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, a indiqué qu’une baisse des taux directeurs était possible en septembre, en dépit de l’accélération de l’inflation, soulignant les vulnérabilités du marché du travail. Jerome Powell a ainsi déclaré : « Avec une politique en territoire restrictif, les perspectives de base et l’évolution de l’équilibre des risques pourraient justifier un ajustement de notre position politique. » Le scénario d’une détente d’un quart de point du loyer de l’argent est donc envisageable, même si rien n’est encore décidé. Concernant les droits de douane, l’hypothèse de base raisonnable est que leur relèvement créera une hausse « temporaire » des prix, mais que celle-ci mettra du temps à se faire pleinement sentir dans l’économie.
Donald Trump a toujours Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, dans le collimateur. Face au refus entêté de la Fed de baisser ses taux directeurs, le président américain a, par ailleurs, étendu sa campagne d’intimidation aux autres membres du comité de politique monétaire. Il a ainsi déclaré : « Lisa Cook doit démissionner, maintenant !!! » sur son réseau social Truth, dans un message incluant un lien vers un article évoquant des accusations de fraudes hypothécaires émises par un allié du président à l’encontre de la première gouverneure noire de la Réserve fédérale. L’économiste, diplômée d’Harvard et qui a travaillé sous l’administration Obama, a été nommée à ce poste par Joe Biden pour un mandat expirant en 2038. Elle a, jusqu’à présent, toujours voté avec Jerome Powell. Lisa Cook a répondu en indiquant qu’elle n’avait pas l’intention de se laisser intimider et de démissionner de son poste « à cause de quelques questions soulevées dans un tweet ». La Fed est la seule agence fédérale à ne pas être entièrement sous la coupe de la Maison-Blanche. Le président américain a néanmoins le pouvoir de limoger un membre de la Banque centrale, mais sous condition de motifs légitimes. La nouvelle attaque contre l’indépendance de la Réserve fédérale est la conséquence de l’échec de la campagne d’intimidation menée contre Jerome Powell depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.
Si l’économie européenne souffre de la hausse des droits de douane américains, elle bénéficie en revanche de la baisse du cours du pétrole. Le baril de Brent évolue autour de 66 dollars, soit 20 % de moins qu’en début d’année. En France, le prix moyen du litre de sans-plomb 95 a diminué d’une dizaine de centimes entre janvier et juillet, selon l’Insee. Cette diminution du prix du pétrole contribue à la faible inflation et à l’amélioration des marges des entreprises.
Selon Rexecode, en moyenne, une baisse de 10 dollars du prix du baril de Brent se traduit, au bout d’un an, par un surplus de croissance de 0,1 % à 0,2 % du PIB, accompagné d’une baisse de l’inflation de 0,2 % à 0,3 %. Cela permettrait un gain de 20 000 emplois et une amélioration du solde commercial de la France. Le ministère de l’Économie considère que la faiblesse du cours du pétrole permettra d’atteindre une croissance de 0,7 % du PIB pour la France cette année. Pour les finances publiques, l’effet devrait être neutre à court terme, puis positif dans un second temps. La baisse du prix de l’essence diminue les rentrées de TVA, déjà en recul sur les six premiers mois de l’année contrairement aux anticipations budgétaires, mais la hausse de la croissance compensera ce manque à gagner. La progression de la croissance devrait alléger les dépenses publiques, avec à la clé une amélioration du déficit public de 0,1 à 0,2 point de PIB.
La baisse du cours du pétrole a, en revanche, un effet négatif sur l’environnement. Elle incite les ménages à utiliser plus souvent leur voiture et à émettre davantage de gaz à effet de serre. Elle ne favorise pas l’achat de véhicules électriques.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 22 août 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 969,69 | +0,72 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 45 631,74 | +1,52 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 466,91 | +0,30 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 21 496,53 | -0,55 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 370,74 | -0,18 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 321,40 | +2,13 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 488,23 | +0,99 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 42 633,29 | -0,20 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 825,76 | +4,36 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,422 % | -0,043 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,721 % | -0,063 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,262 % | -0,049 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1715 | +0,31 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 369,82 | +0,36 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 67,55 | +2,55 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 116 670,19 | -0,21 % | 38 252,54 | 93 776,61 |

Le Livret A : victime de son taux
L’annonce de la baisse du taux du Livret A de 2,4 % à 1,7 % en juillet a refroidi les ardeurs des épargnants, entraînant une deuxième décollecte en 2025. Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) ainsi que le Livret d’Épargne Populaire (LEP) ont toutefois fait preuve, en juillet, d’une plus grande résilience.
Le Livret A a enregistré une décollecte de 70 millions d’euros en juillet 2025, après une collecte positive de 220 millions en juin. Il fallait remonter dix ans en arrière pour constater une décollecte au mois de juillet (-0,97 milliard d’euros).
La collecte moyenne au mois de juillet, sur les dix dernières années (2015-2024), s’élevait à 1,25 milliard d’euros. En juillet 2024, elle atteignait 1,57 milliard d’euros. Depuis 2020, la collecte de juillet a toujours été supérieure à 1 milliard d’euros.
Depuis 2009, début de la série statistique de la Caisse des Dépôts, le Livret A n’a connu que trois décollectes en juillet (2015 : -0,97 milliard ; 2014 : -1,08 milliard ; 2009 : -1,07 milliard).
La décollecte de juillet s’explique par l’annonce de la baisse de son taux de rendement de 0,7 point, entrée en vigueur le 1er août. Elle s’inscrit dans le mouvement de ralentissement observé depuis le début de l’année. Sur les sept premiers mois de 2025, la collecte s’élève à seulement 2,9 milliards d’euros, contre 11,71 milliards sur la même période en 2024.
Les ménages redéployent désormais une partie de leurs liquidités vers des produits de long terme, comme l’assurance vie, offrant une rémunération plus attractive.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) : en mode résilience
Contrairement au Livret A, le LDDS a maintenu une dynamique positive. En juillet 2025, il a enregistré une collecte de 340 millions d’euros, après 280 millions en juin.
Ce niveau est en ligne avec la moyenne des dix dernières années (377 millions), même s’il reste inférieur à la collecte de juillet 2024 (590 millions). Depuis 2009, seules deux décollectes ont été observées en juillet (2015 : -30 millions ; 2009 : -260 millions).
Produit d’épargne souvent couplé au compte courant, le LDDS joue le rôle d’annexe rémunérée. En juillet, plus de 10 millions de contribuables ont bénéficié des remboursements de l’administration fiscale au titre de l’impôt sur le revenu, et une partie de ces sommes a été versée sur les LDDS.
Sur les sept premiers mois de 2025, la collecte du LDDS atteint 3,4 milliards d’euros, contre 5,61 milliards à la même période en 2024.
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) : le produit d’épargne liquide le plus attractif
Pour le deuxième mois consécutif, le LEP enregistre une collecte positive : 450 millions d’euros en juillet 2025, après 130 millions en juin. Ce niveau est proche de celui observé en juillet 2024 (460 millions).
Néanmoins, de janvier à juillet 2025, la collecte reste négative (-1,97 milliard d’euros), alors qu’elle avait été positive de 4,98 milliards sur la même période en 2024.
Le LEP a moins souffert que le Livret A de la baisse de son taux, passé de 3 % à 2,7 %. Son rendement reste un point au-dessus de celui du Livret A. Exonéré de prélèvements fiscaux et sociaux, le LEP demeure un placement extrêmement compétitif.
Une rentrée délicate pour le Livret A ?
Dans les prochains mois, le Livret A devrait continuer à subir les effets de la baisse de son taux, même si, en termes réels, il reste positif : l’inflation demeure en effet légèrement inférieure à 1 % depuis plusieurs mois. Toutefois, les épargnants restent sensibles au seul taux nominal.
Le second semestre devrait s’accompagner de nouvelles décollectes, période traditionnellement marquée par une hausse des dépenses (rentrée scolaire, fêtes de fin d’année). Dans contexte de fort taux d’épargne, l’assurance vie et le Plan d’Épargne Retraite devraient rester les principaux bénéficiaires du recul d’attractivité du Livret A.
Une rentrée en demi-teinte pour le Livret A
Dans les prochains mois, le Livret A devrait payer la baisse de son taux de rendement même si celui-ci, en termes réels reste positif. L’inflation reste en-effet légèrement inférieur à 1 % depuis plusieurs mois. Mais, les épargnants prennent en compte avant tout le taux nominal du Livret A.
La suite du second semestre devrait s’accompagner de nouvelles décollectes, celui-ci étant marqué traditionnellement par la hausse des dépenses : rentrée scolaire, fêtes de fin d’année.
L’assurance vie et le Plan d’Epargne Retraite devraient rester les grands gagnants de la perte d’attractivité du Livret A dans les prochains mois.
Philippe Crevel était ce 12 août l’invité de la Matinale de Radio Classique. Une interview axée sur les mesures préconisées par le gouvernement pour maîtriser les finances publiques et sur l’épargne des Français alors que le taux du Livret à été diminué au 1er août dernier.
Bad trip pour les marchés financiers
Les investisseurs ont réagi négativement à l’accord commercial conclu entre les États-Unis et l’Union européenne. Ils estiment que la hausse des droits de douane pénalisera l’activité économique et nuira aux résultats des entreprises. La Bourse de Paris a ainsi cédé plus de 3 % sur la semaine. Les indices américains ont également reculé de 2 à 3 % au cours des cinq derniers jours.
À compter du 7 août, les droits de douane augmenteront pour près de 70 partenaires commerciaux des États-Unis. Les taux s’élèveront à 15 % pour l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, et à 10 % pour le Royaume-Uni. D’autres pays sont plus sévèrement touchés, comme la Suisse, qui sera soumise à un taux de 39 %. Le Canada, quant à lui, devra faire face à un tarif douanier de 35 %, contre 25 % précédemment, à l’exception des biens couverts par l’accord de libre-échange nord-américain.
L’économie américaine commence à pâtir des incertitudes commerciales. En juillet, les créations nettes d’emplois se sont élevées à seulement 73 000, contre 104 000 attendues, et les chiffres de mai et juin ont été révisés à la baisse de 258 000 postes au total. Le taux de chômage atteint 4,2 % de la population active, conformément aux prévisions, mais en hausse de 0,1 point par rapport à juin. Un ralentissement plus marqué du marché du travail est anticipé dans les mois à venir.
Avec le repli des marchés actions, les taux obligataires s’orientent à la baisse, d’autant que la probabilité d’une diminution d’un quart de point des taux directeurs de la Fed en septembre est désormais estimée à 76 %, contre moins de 40 % auparavant.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 1er août 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 546,16 | -3,68 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 43 588,58 | -2,92 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 238,01 | -2,36 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 20 650,13 | -2,16 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 425,97 | -3,02 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 068,58 | -0,57 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 165,60 | -3,30 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 40 876,06 | +2,87 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 566,55 | -0,43 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,346 % | -0,040 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,665 % | -0,052 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,222 % | -0,184 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1525 | -1,73 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 346,96 | -2,58 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 69,82 | +1,87 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 114 665,48 | -1,73 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Comme prévu, la Banque centrale européenne a décidé de conserver ses taux directeurs inchangés. Après avoir procédé à huit allégements d’un quart de point en un an, elle a ainsi maintenu son taux de dépôt à 2 %, celui de la facilité de refinancement à 2,25 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,4 %.
Cette pause intervient dans un contexte incertain. La question des droits de douane demeure en suspens. La hausse de ces derniers pourrait peser sur la croissance de la fin de l’année. En l’état actuel de la négociation, une solution à 15 % se dégage mais tout est possible avec Donald Trump. Malgré cette menace, les indices PMI, publiés jeudi 24 juillet, sont plutôt positifs. L’économie européenne serait en légère expansion en juillet, après un deuxième trimestre médiocre. « Des gains modestes mais réels », a souligné Christine Lagarde, la Présidente de la BCE. La monnaie européenne continue de s’apprécier par rapport au dollar en se rapprochant du seuil de 1,2 dollar présenté comme problématique par le vice-président de la banque centrale, Luis de Guindos.
Les investisseurs parient sur une nouvelle baisse des taux directeurs d’ici la fin de l’année avec un taux de dépôt à 1,75 %. Cette décision pourrait ne pas intervenir en septembre.
Indicateurs toujours rassurant aux Etats-Unis
Les demandes d’allocations chômage aux Etats-Unis ont diminué pour la sixième semaine consécutive, signe que le marché de l’emploi reste résilient. Si le marché du travail ne tourne pas à plein régime, il ne montre pas non plus de signes de difficultés. Compte tenu des indicateurs économiques récemment publiés et du niveau élevé des incertitudes, la Fed devrait maintenir la semaine prochaine sa politique inchangée pour une cinquième réunion consécutive, au risque de s’attirer une nouvelle fois les foudres de Donald Trump qui ne cache pas son envie de remplacer Jerome Powell.
Les indices « actions » américains ont continué leur marche en avant avec des gains de plus de 1 % sur la semaine. De leur côté, les indices européens ont perdu légèrement du terrain.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 25 juillet 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 834,58 | -0,16 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 44 901,92 | +1,29 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 388,64 | +1,55 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 21 108,32 | +1,20 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 233,08 | -0,28 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 120,31 | +1,38 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 352,16 | +0,16 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 41 456,23 | +4,50 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 593,66 | +2,53 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,386 % | -0,011 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,717 % | +0,026 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,406 % | -0,014 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1731 | +1,16 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 329,09 | -0,10 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 68,60 | -0,51 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 115 767,11 | -1,79 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Le Livret A a conclu le premier semestre avec une petite collecte lui permettant néanmoins de battre un nouveau record d’encours. Depuis le début de l’année, les Français maintiennent un effort important d’épargne tout en réduisant leurs versements sur leur Livret A. La baisse de la rémunération et l’augmentation du nombre de Livret A au plafond (15 % des titulaires concernés) expliquent le moindre engouement pour ce dernier.
Le Livret A : un encours record en juin
Après une décollecte de 200 millions d’euros au mois d’avril et une collecte de +1,22 milliard d’euros en mai, le Livret A enregistre, en juin, un résultat positif de 220 millions d’euros. Cette collecte est néanmoins inférieure à celle de 2024 (1,23 milliard d’euros) et à la moyenne de ces dix dernières années (873 millions d’euros).
En juin, depuis 2009, le premier produit d’épargne des ménages a connu quatre décollectes (2015 : -0,12 milliard d’euros ; 2014 : – 0,13 milliard d’euros ; 2010 : -0,15 milliard d’euros et 2009 : -1,39 milliard d’euros).
Le Livret A poursuit sa normalisation sur fond de baisse de son taux de rémunération. Sur le premier semestre 2025, la collecte atteint seulement 2,97 milliards d’euros contre 10,14 milliards d’euros sur la même période de 2024. Elle a été divisée par plus de trois en un an traduisant la fin d’une période de fortes collectes atypiques, le bon mois de mai étant en partie dû à des transferts en provenance de titulaires n’étant plus éligibles au Livret d’Epargne Populaire.
Le Livret A continue d’être ainsi affecté par la baisse de son taux de rémunération intervenue le 1er février dernier. Les ménages redéployent une partie de leur épargne de précaution vers des produits de long terme comme l’assurance vie, qui connaît un net rebond depuis le début de l’année. Cette normalisation n’est pas synonyme de crise de l’épargne réglementée, l’encours du Livret A battant un nouveau record à 445,5 milliard d’euros.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) : un mois de juin moyen
Au mois de juin 2025, la collecte du LDDS s’est élevée à 280 millions d’euros, contre 590 millions d’euros en juin 2024. En moyenne au cours des dix dernières années, la collecte était de 305 millions d’euros. Depuis 2009, le LDDS a été en décollecte en juin à quatre reprises. Au cours du premier semestre 2025, la collecte a atteint 3,06 milliards d’euros, contre 4,88 milliards d’euros sur la même période en 2024. L’encours du LDDS atteint en juin 2025, 163,6 milliards d’euros, un nouveau record.
Le LDDS est moins touché que le Livret A par la baisse de son taux de rémunération. Pour de nombreux ménages, il est associé aux comptes courants quand le Livret A est considéré comme un produit d’épargne.
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) : un mauvais premier semestre
Après deux décollectes, en avril et en mai, le LEP a renoué avec une collecte positive en juin, + 130 millions d’euros. En juin 2024, le LEP avait enregistré une collecte positive de 570 millions d’euros.
Les décollectes d’avril et de mai étaient en grande partie liées aux opérations de contrôle d’éligibilité. La collecte du mois de juin est conforme à celle du début d’année. Sur le premier semestre, le LEP est en décollecte de 2,42 milliards d’euros quand il avait enregistré une collecte positive de 4,52 milliards d’euros sur la même période en 2024. Avec les revalorisations de salaires intervenues en 2024, en lien avec l’inflation, de nombreux titulaires ont été contraints en avril et en mai de se défaire de leur LEP. L’encours du LEP s’élevait, fin juin, à 79,8 milliards d’euros à trois milliards de son record établi en mars dernier.
Pour le second semestre : effet taux et effet dépenses
Le taux du Livret A et du LDDS passera de 2,4 à 1,7 % le 1er août prochain et celui du LEP de 3,5 à 2,7 %. En un an, le taux du Livret A aura perdu 1,3 point. Même si son rendement réel reste positif, la baisse du taux nominal devrait accroître le recul de la collecte d’autant plus que traditionnellement le second semestre est plus dépensier qu’épargnant. Celui-ci est, en effet, marqué par une série de dépenses, vacances, rentrée scolaire et fêtes de fin d’année. Les décollectes y sont plus fréquentes que lors du premier semestre. Avec l’effet taux, la probabilité de leur survenue augmente…
Face à un contexte économique incertain, le cours de l’or s’envole et attire un nombre croissant d’épargnants et d’investisseurs. Interrogé sur ce phénomène, le directeur du Cercle de l’Épargne appelle dans les colonnes de Ouest France à la précaution.
Après l’annonce attendue de la baisse du taux du Livret A, Philippe Crevel est interrogé sur le Midi Libre sur le comportement des ménages en matière d’épargne et sur les placements à privilégier à l’avenir.
Cette semaine, en attendant le 1er août, date supposée de l’éventuelle entrée en vigueur des droits de douane américains, les investisseurs sont en roue libre. Les indices ont faiblement évolué. La maigre progression de Wall Street a néanmoins permis à l’indice S&P 500 de battre un nouveau record. Le Nasdaq a gagné malgré tout plus de 1,5 %. De son côté, le CAC 40 a perdu sur la semaine 0,10 %. Quelques valeurs comme Legrand, Airbus et Safran ont connu, néanmoins, ces derniers jours une belle progression.
La semaine prochaine, il faudra suivre la réaction des marchés aux résultats des sénatoriales de dimanche au Japon. Le Premier ministre Shigeru Ishiba, malmené dans les sondages, pourrait connaître un revers électoral. Dans l’archipel, l’inflation a ralenti plus qu’attendu en juin mais reste à un niveau élevé, tirée par un doublement sur un an des prix du riz (+99,2 %), de quoi accroître la pression sur la coalition au pouvoir, qui risque de perdre sa majorité à la chambre haute du Parlement. La question de savoir si Shigeru Ishiba démissionnera en cas d’échec se posera.
Aux États-Unis, la consommation résiste malgré la hausse des prix. Selon les données de juillet de l’Université du Michigan, l’indice préliminaire mesurant le moral des consommateurs américains est passé de 60,7 à 61,8, contre 60,5 pour le consensus. Les ménages s’attendent à ce que l’inflation augmente de 4,4 % sur les douze prochains mois, soit six dixièmes de moins que prévu et qu’en juin. Un ralentissement est également constaté sur un horizon de cinq à dix ans. Au mois de juin, l’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 0,3 %, soit une hausse de 2,7 % en rythme annuel. Hors alimentation et énergie, l’inflation atteint 2,9 %. Les effets de la hausse des droits de douane commencent à se faire sentir. Un tarif douanier universel de 10 % est entré en vigueur il y a un peu plus de trois mois sur la quasi-totalité des marchandises importées aux États-Unis. L’automobile et l’acier sont particulièrement visés, avec une taxation portée à 25 %. Seuls le Mexique et le Canada bénéficient d’exemptions partielles.
À l’inverse, les Américains profitent d’une essence bon marché : le prix du gallon est redescendu au niveau d’il y a quatre ans, à 3,14 dollars, soit environ 72 centimes d’euro le litre. Néanmoins, les comportements commencent à évoluer. Les ventes de détail ont reculé de 0,9 %, et la production industrielle a baissé de 0,3 % en mai. Selon la Réserve fédérale, la croissance américaine devrait être divisée par deux cette année, passant de 2,8 % à 1,4 %. En décembre dernier, la banque centrale anticipait encore une croissance de 2,1 % pour 2025.
Les effets stimulants des baisses d’impôts (estimés à +0,2 point de PIB en 2025 et +0,3 en 2026) devraient être annulés par le coup d’arrêt à l’immigration et les mesures commerciales pénalisant les importations.
En cas d’entrée en vigueur, le 1er août prochain, de droits de douane de 20 % sur les importations européennes, le Yale Budget Lab estime que le tarif moyen effectif à l’entrée sur le territoire américain grimperait à 18 %, contre 3 % en janvier dernier. L’impact sur les prix pourrait atteindre +1,7 %, et la perte de croissance potentielle serait de 0,7 point de PIB. Le taux de chômage, quant à lui, pourrait augmenter de 0,4 point d’ici la fin de l’année.
Les taux des obligations souveraines ont peu évolué durant la semaine. Jeudi 24 juillet se tiendra la réunion du Comité de politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui devrait laisser les taux directeurs inchangés après huit baisses consécutives. Lors de sa dernière réunion en juin, la BCE, encouragée par des signes de ralentissement de l’inflation et une activité économique atone dans la zone euro à 20 membres, avait réduit le taux de dépôt de 25 points de base, à 2 %.
La BCE suit évidemment l’évolution de la politique commerciale américaine. Elle intègre l’option de droits à 30 % sur les importations de l’Union. Cette éventualité complique la prise de décision de la BCE. En effet, des droits élevés accentueraient le ralentissement de la croissance en Europe. Un risque de spirale protectionniste est à craindre avec l’augmentation des droits européens sur les produits américains.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 18 juillet 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 822,67 | -0,10 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 44 342,19 | -0,07 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 296,79 | +0,57 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 20 895,66 | +1,51 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 287,07 | +0,09 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 990,61 | +0,54 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 359,23 | -0,45 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 819,11 | +0,33 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 534,48 | +0,88 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,397 % | -0,013 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,691 % | +0,001 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,420 % | +0,10 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1655 | -0,59 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 354,40 | +1,53 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 69,50 | -0,25 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 117 814,04 | +0,23 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
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