Bad trip pour les marchés financiers
Les investisseurs ont réagi négativement à l’accord commercial conclu entre les États-Unis et l’Union européenne. Ils estiment que la hausse des droits de douane pénalisera l’activité économique et nuira aux résultats des entreprises. La Bourse de Paris a ainsi cédé plus de 3 % sur la semaine. Les indices américains ont également reculé de 2 à 3 % au cours des cinq derniers jours.
À compter du 7 août, les droits de douane augmenteront pour près de 70 partenaires commerciaux des États-Unis. Les taux s’élèveront à 15 % pour l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, et à 10 % pour le Royaume-Uni. D’autres pays sont plus sévèrement touchés, comme la Suisse, qui sera soumise à un taux de 39 %. Le Canada, quant à lui, devra faire face à un tarif douanier de 35 %, contre 25 % précédemment, à l’exception des biens couverts par l’accord de libre-échange nord-américain.
L’économie américaine commence à pâtir des incertitudes commerciales. En juillet, les créations nettes d’emplois se sont élevées à seulement 73 000, contre 104 000 attendues, et les chiffres de mai et juin ont été révisés à la baisse de 258 000 postes au total. Le taux de chômage atteint 4,2 % de la population active, conformément aux prévisions, mais en hausse de 0,1 point par rapport à juin. Un ralentissement plus marqué du marché du travail est anticipé dans les mois à venir.
Avec le repli des marchés actions, les taux obligataires s’orientent à la baisse, d’autant que la probabilité d’une diminution d’un quart de point des taux directeurs de la Fed en septembre est désormais estimée à 76 %, contre moins de 40 % auparavant.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 1er août 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 546,16 | -3,68 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 43 588,58 | -2,92 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 238,01 | -2,36 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 20 650,13 | -2,16 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 425,97 | -3,02 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 068,58 | -0,57 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 165,60 | -3,30 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 40 876,06 | +2,87 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 566,55 | -0,43 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,346 % | -0,040 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,665 % | -0,052 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,222 % | -0,184 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1525 | -1,73 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 346,96 | -2,58 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 69,82 | +1,87 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 114 665,48 | -1,73 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Comme prévu, la Banque centrale européenne a décidé de conserver ses taux directeurs inchangés. Après avoir procédé à huit allégements d’un quart de point en un an, elle a ainsi maintenu son taux de dépôt à 2 %, celui de la facilité de refinancement à 2,25 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,4 %.
Cette pause intervient dans un contexte incertain. La question des droits de douane demeure en suspens. La hausse de ces derniers pourrait peser sur la croissance de la fin de l’année. En l’état actuel de la négociation, une solution à 15 % se dégage mais tout est possible avec Donald Trump. Malgré cette menace, les indices PMI, publiés jeudi 24 juillet, sont plutôt positifs. L’économie européenne serait en légère expansion en juillet, après un deuxième trimestre médiocre. « Des gains modestes mais réels », a souligné Christine Lagarde, la Présidente de la BCE. La monnaie européenne continue de s’apprécier par rapport au dollar en se rapprochant du seuil de 1,2 dollar présenté comme problématique par le vice-président de la banque centrale, Luis de Guindos.
Les investisseurs parient sur une nouvelle baisse des taux directeurs d’ici la fin de l’année avec un taux de dépôt à 1,75 %. Cette décision pourrait ne pas intervenir en septembre.
Indicateurs toujours rassurant aux Etats-Unis
Les demandes d’allocations chômage aux Etats-Unis ont diminué pour la sixième semaine consécutive, signe que le marché de l’emploi reste résilient. Si le marché du travail ne tourne pas à plein régime, il ne montre pas non plus de signes de difficultés. Compte tenu des indicateurs économiques récemment publiés et du niveau élevé des incertitudes, la Fed devrait maintenir la semaine prochaine sa politique inchangée pour une cinquième réunion consécutive, au risque de s’attirer une nouvelle fois les foudres de Donald Trump qui ne cache pas son envie de remplacer Jerome Powell.
Les indices « actions » américains ont continué leur marche en avant avec des gains de plus de 1 % sur la semaine. De leur côté, les indices européens ont perdu légèrement du terrain.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 25 juillet 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 834,58 | -0,16 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 44 901,92 | +1,29 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 388,64 | +1,55 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 21 108,32 | +1,20 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 233,08 | -0,28 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 120,31 | +1,38 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 352,16 | +0,16 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 41 456,23 | +4,50 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 593,66 | +2,53 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,386 % | -0,011 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,717 % | +0,026 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,406 % | -0,014 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1731 | +1,16 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 329,09 | -0,10 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 68,60 | -0,51 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 115 767,11 | -1,79 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Le Livret A a conclu le premier semestre avec une petite collecte lui permettant néanmoins de battre un nouveau record d’encours. Depuis le début de l’année, les Français maintiennent un effort important d’épargne tout en réduisant leurs versements sur leur Livret A. La baisse de la rémunération et l’augmentation du nombre de Livret A au plafond (15 % des titulaires concernés) expliquent le moindre engouement pour ce dernier.
Le Livret A : un encours record en juin
Après une décollecte de 200 millions d’euros au mois d’avril et une collecte de +1,22 milliard d’euros en mai, le Livret A enregistre, en juin, un résultat positif de 220 millions d’euros. Cette collecte est néanmoins inférieure à celle de 2024 (1,23 milliard d’euros) et à la moyenne de ces dix dernières années (873 millions d’euros).
En juin, depuis 2009, le premier produit d’épargne des ménages a connu quatre décollectes (2015 : -0,12 milliard d’euros ; 2014 : – 0,13 milliard d’euros ; 2010 : -0,15 milliard d’euros et 2009 : -1,39 milliard d’euros).
Le Livret A poursuit sa normalisation sur fond de baisse de son taux de rémunération. Sur le premier semestre 2025, la collecte atteint seulement 2,97 milliards d’euros contre 10,14 milliards d’euros sur la même période de 2024. Elle a été divisée par plus de trois en un an traduisant la fin d’une période de fortes collectes atypiques, le bon mois de mai étant en partie dû à des transferts en provenance de titulaires n’étant plus éligibles au Livret d’Epargne Populaire.
Le Livret A continue d’être ainsi affecté par la baisse de son taux de rémunération intervenue le 1er février dernier. Les ménages redéployent une partie de leur épargne de précaution vers des produits de long terme comme l’assurance vie, qui connaît un net rebond depuis le début de l’année. Cette normalisation n’est pas synonyme de crise de l’épargne réglementée, l’encours du Livret A battant un nouveau record à 445,5 milliard d’euros.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) : un mois de juin moyen
Au mois de juin 2025, la collecte du LDDS s’est élevée à 280 millions d’euros, contre 590 millions d’euros en juin 2024. En moyenne au cours des dix dernières années, la collecte était de 305 millions d’euros. Depuis 2009, le LDDS a été en décollecte en juin à quatre reprises. Au cours du premier semestre 2025, la collecte a atteint 3,06 milliards d’euros, contre 4,88 milliards d’euros sur la même période en 2024. L’encours du LDDS atteint en juin 2025, 163,6 milliards d’euros, un nouveau record.
Le LDDS est moins touché que le Livret A par la baisse de son taux de rémunération. Pour de nombreux ménages, il est associé aux comptes courants quand le Livret A est considéré comme un produit d’épargne.
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) : un mauvais premier semestre
Après deux décollectes, en avril et en mai, le LEP a renoué avec une collecte positive en juin, + 130 millions d’euros. En juin 2024, le LEP avait enregistré une collecte positive de 570 millions d’euros.
Les décollectes d’avril et de mai étaient en grande partie liées aux opérations de contrôle d’éligibilité. La collecte du mois de juin est conforme à celle du début d’année. Sur le premier semestre, le LEP est en décollecte de 2,42 milliards d’euros quand il avait enregistré une collecte positive de 4,52 milliards d’euros sur la même période en 2024. Avec les revalorisations de salaires intervenues en 2024, en lien avec l’inflation, de nombreux titulaires ont été contraints en avril et en mai de se défaire de leur LEP. L’encours du LEP s’élevait, fin juin, à 79,8 milliards d’euros à trois milliards de son record établi en mars dernier.
Pour le second semestre : effet taux et effet dépenses
Le taux du Livret A et du LDDS passera de 2,4 à 1,7 % le 1er août prochain et celui du LEP de 3,5 à 2,7 %. En un an, le taux du Livret A aura perdu 1,3 point. Même si son rendement réel reste positif, la baisse du taux nominal devrait accroître le recul de la collecte d’autant plus que traditionnellement le second semestre est plus dépensier qu’épargnant. Celui-ci est, en effet, marqué par une série de dépenses, vacances, rentrée scolaire et fêtes de fin d’année. Les décollectes y sont plus fréquentes que lors du premier semestre. Avec l’effet taux, la probabilité de leur survenue augmente…
Face à un contexte économique incertain, le cours de l’or s’envole et attire un nombre croissant d’épargnants et d’investisseurs. Interrogé sur ce phénomène, le directeur du Cercle de l’Épargne appelle dans les colonnes de Ouest France à la précaution.
Après l’annonce attendue de la baisse du taux du Livret A, Philippe Crevel est interrogé sur le Midi Libre sur le comportement des ménages en matière d’épargne et sur les placements à privilégier à l’avenir.
Cette semaine, en attendant le 1er août, date supposée de l’éventuelle entrée en vigueur des droits de douane américains, les investisseurs sont en roue libre. Les indices ont faiblement évolué. La maigre progression de Wall Street a néanmoins permis à l’indice S&P 500 de battre un nouveau record. Le Nasdaq a gagné malgré tout plus de 1,5 %. De son côté, le CAC 40 a perdu sur la semaine 0,10 %. Quelques valeurs comme Legrand, Airbus et Safran ont connu, néanmoins, ces derniers jours une belle progression.
La semaine prochaine, il faudra suivre la réaction des marchés aux résultats des sénatoriales de dimanche au Japon. Le Premier ministre Shigeru Ishiba, malmené dans les sondages, pourrait connaître un revers électoral. Dans l’archipel, l’inflation a ralenti plus qu’attendu en juin mais reste à un niveau élevé, tirée par un doublement sur un an des prix du riz (+99,2 %), de quoi accroître la pression sur la coalition au pouvoir, qui risque de perdre sa majorité à la chambre haute du Parlement. La question de savoir si Shigeru Ishiba démissionnera en cas d’échec se posera.
Aux États-Unis, la consommation résiste malgré la hausse des prix. Selon les données de juillet de l’Université du Michigan, l’indice préliminaire mesurant le moral des consommateurs américains est passé de 60,7 à 61,8, contre 60,5 pour le consensus. Les ménages s’attendent à ce que l’inflation augmente de 4,4 % sur les douze prochains mois, soit six dixièmes de moins que prévu et qu’en juin. Un ralentissement est également constaté sur un horizon de cinq à dix ans. Au mois de juin, l’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 0,3 %, soit une hausse de 2,7 % en rythme annuel. Hors alimentation et énergie, l’inflation atteint 2,9 %. Les effets de la hausse des droits de douane commencent à se faire sentir. Un tarif douanier universel de 10 % est entré en vigueur il y a un peu plus de trois mois sur la quasi-totalité des marchandises importées aux États-Unis. L’automobile et l’acier sont particulièrement visés, avec une taxation portée à 25 %. Seuls le Mexique et le Canada bénéficient d’exemptions partielles.
À l’inverse, les Américains profitent d’une essence bon marché : le prix du gallon est redescendu au niveau d’il y a quatre ans, à 3,14 dollars, soit environ 72 centimes d’euro le litre. Néanmoins, les comportements commencent à évoluer. Les ventes de détail ont reculé de 0,9 %, et la production industrielle a baissé de 0,3 % en mai. Selon la Réserve fédérale, la croissance américaine devrait être divisée par deux cette année, passant de 2,8 % à 1,4 %. En décembre dernier, la banque centrale anticipait encore une croissance de 2,1 % pour 2025.
Les effets stimulants des baisses d’impôts (estimés à +0,2 point de PIB en 2025 et +0,3 en 2026) devraient être annulés par le coup d’arrêt à l’immigration et les mesures commerciales pénalisant les importations.
En cas d’entrée en vigueur, le 1er août prochain, de droits de douane de 20 % sur les importations européennes, le Yale Budget Lab estime que le tarif moyen effectif à l’entrée sur le territoire américain grimperait à 18 %, contre 3 % en janvier dernier. L’impact sur les prix pourrait atteindre +1,7 %, et la perte de croissance potentielle serait de 0,7 point de PIB. Le taux de chômage, quant à lui, pourrait augmenter de 0,4 point d’ici la fin de l’année.
Les taux des obligations souveraines ont peu évolué durant la semaine. Jeudi 24 juillet se tiendra la réunion du Comité de politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui devrait laisser les taux directeurs inchangés après huit baisses consécutives. Lors de sa dernière réunion en juin, la BCE, encouragée par des signes de ralentissement de l’inflation et une activité économique atone dans la zone euro à 20 membres, avait réduit le taux de dépôt de 25 points de base, à 2 %.
La BCE suit évidemment l’évolution de la politique commerciale américaine. Elle intègre l’option de droits à 30 % sur les importations de l’Union. Cette éventualité complique la prise de décision de la BCE. En effet, des droits élevés accentueraient le ralentissement de la croissance en Europe. Un risque de spirale protectionniste est à craindre avec l’augmentation des droits européens sur les produits américains.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 18 juillet 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 822,67 | -0,10 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 44 342,19 | -0,07 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 296,79 | +0,57 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 20 895,66 | +1,51 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 287,07 | +0,09 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 990,61 | +0,54 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 359,23 | -0,45 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 819,11 | +0,33 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 534,48 | +0,88 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,397 % | -0,013 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,691 % | +0,001 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,420 % | +0,10 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1655 | -0,59 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 354,40 | +1,53 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 69,50 | -0,25 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 117 814,04 | +0,23 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Philippe Crevel était invité de Kevin Dufrêche dans la matinale de France Inter à commenter la baisse du taux du Livret A au 1er août.
Sur le plateau, il est revenu avec Olivier Garnier, chef économiste de la banque de France, et Guénaelle Gault, directrice Générale de l’Obsoco sur les objectifs du gouvernement à travers cette décision ainsi que sur les comportement d’épargne des Français.
Le Gouvernement a décidé, le lendemain des annonces budgétaires, de suivre les recommandations du Gouverneur de la Banque de France, pour la fixation des taux du Livret A, du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et du Livret d’Epargne Populaire (LEP).
Le 1er août 2025, le taux du Livret A et du LDDS passera de 2,4 à 1,7 %. Il faut remonter au 1er mai 2009 pour avoir une baisse supérieure. A l’époque le taux du Livret A était passé de 2,5 à 1,75 %.
Depuis l’arrêté du 27 janvier 2021, la formule du taux du Livret A est fixé de la manière suivante :
Compte tenu de la baisse de l’inflation ces derniers mois (0,8 % en rythme annuel sur 6 mois) et le taux Ester (2,44 %) en moyenne semestrielle, le taux du Livret A selon la formule sort à 1,7 %.
Logiquement, le taux du Livret d’Épargne Populaire est fixé au niveau le plus élevé entre le taux d’inflation et le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Compte tenu du faible niveau de l’inflation, c’est cette seconde formule qui devrait s’appliquer. Le taux du LEP aurait donc du être de 2,2 %, contre 3,5 % actuellement. Toutefois, comme lors des précédentes révisions, le gouvernement a décidé de faire une geste à destination des épargnants les plus modestes, le LEP étant soumis à une condition de ressources. Il a retenu un taux de 2,7 % soit un point de plus que le Livret A.

Cercle de l’Epargne

Cercle de l’Epargne
Une baisse des taux de l’épargne réglementée pour relancer la consommation ?
Pour le Livret A, le gouvernement devrait suivre la recommandation du gouverneur de la Banque de France en abaissant le taux à 1,7 %. En effet, afin de soutenir les recettes de TVA, l’exécutif souhaite encourager une reprise de la consommation, qui demeure atone depuis de nombreux mois.
La précédente baisse du taux du Livret A, intervenue le 1er février, n’avait pas produit l’effet escompté. Si les ménages ont réduit leurs versements sur ce produit, ils ont maintenu un effort d’épargne élevé, en se tournant notamment vers l’assurance vie. Dans un contexte d’incertitudes politiques et économiques persistantes, les Français continuent de privilégier l’épargne. Au premier trimestre 2025, le taux d’épargne des ménages a ainsi atteint 18,8 % du revenu disponible brut.
Une baisse favorable au logement social et aux banques
La diminution du taux du Livret A permettra une baisse du taux des crédits accordés aux bailleurs sociaux. En effet, les ressources collectées sur le Livret A servent en partie à financer les prêts aux organismes HLM. Or, le taux de ces prêts est directement lié au coût de la ressource, c’est-à-dire au taux du Livret A. Sa diminution se traduit donc mécaniquement par des taux de crédits plus faibles.
Les banques, qui conservent en moyenne 40 % de la collecte du Livret A et du LDDS pour financer des crédits aux collectivités locales et aux entreprises, pourront également réduire les taux appliqués à ces prêts.
Un rendement réel positif pour le Livret A et le LEP
Le rendement réel du Livret A restera positif, l’inflation étant restée faible ces derniers mois. Il devrait s’élever à près d’un point, ce qui constitue un niveau relativement élevé par rapport à la moyenne des dix dernières années. Pour le LEP, le rendement réel pourrait avoisiner près de deux points
Mais une baisse des revenus pour les épargnants
Malgré ce rendement réel positif, en valeur absolue, la baisse du taux du Livret A signifie une diminution des intérêts perçus.
En retenant le taux annuel moyen pondéré, (2,16 %), la perte est pour un Livret à 7100 euros sur l’année en prenant en compte le nouveau taux du 1er août est de 20,77 euros. Pour un Livret A de 22 950 euros, est de 66,32 euros.
La baisse du taux du Livret A au 1er août 2025, de 2,4 % à 1,7 %, s’inscrit dans un contexte de faible inflation et de normalisation monétaire. Si le rendement réel reste positif, les épargnants constateront une diminution de leurs revenus d’intérêts. Le gouvernement espèrera favoriser une reprise de la consommation et ainsi contribuer à l’augmentation des recettes fiscales. Il attend également un rebond de l’investissement dans l’immobilier social. Le LEP restera attractif avec un taux de 2,7 %
Dans un climat d’instabilité politique et géopolitique, le comportement des ménages pourrait rester dominé par la prudence. Les annonces budgétaires de François Bayrou du 15 juillet 2025 peuvent contribuer au maintien d’un fort taux d’épargne de précaution car elles sont synonymes d’augmentation des impôts et de baisse du pouvoir d’achat potentielles pour de nombreux ménages.
Donald Trump demeure au cœur de l’actualité boursière, même si son influence décroît à mesure que se multiplient ses revirements. Malgré tout, vendredi, il a jeté un petit froid en promettant des droits de douane planchers de 15 % ou 20 % pour tous les pays qui ne répondront pas à ses exigences, désormais de plus en plus diverses.
Ainsi, il a demandé au Brésil l’abandon des poursuites engagées contre l’ex-président Jair Bolsonaro, accusé de tentative de coup d’État, s’immisçant ainsi dans la vie politique intérieure du pays. Pour le Japon et la Corée du Sud, il a annoncé des droits de douane de 25 %, et de 50 % pour le Brésil. Les produits importés du Canada seront quant à eux soumis à une taxe de 35 %. Il accuse toujours ce pays d’être responsable du trafic de fentanyl. Le président américain a néanmoins précisé que les produits conformes à l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique ne seraient pas visés par ces droits majorés. Les nouveaux tarifs entreront en vigueur à partir du 1er août, désormais fixée comme nouvelle date de référence pour tous les partenaires des États-Unis. L’Union européenne devrait, selon Donald Trump, recevoir sa lettre personnalisée très prochainement.
Les lettres et les menaces de Donald Trump ont refroidi les marchés vendredi, alors que ceux-ci étaient, le reste de la semaine, plutôt bien orientés. La demande d’actions reste dynamique. Plusieurs indices ont battu de nouveaux records au cours de la semaine. De plus en plus d’acteurs estiment cependant qu’une correction n’est pas à exclure dans les prochains jours, les investisseurs ayant été, ces dernières semaines, exagérément complaisants face aux menaces du président républicain, en sous-estimant notamment le risque d’une remontée des taux d’intérêt de la Réserve fédérale.
Les indices boursiers, après un bon début de semaine, ont marqué le pas en fin de période. Le CAC 40 a progressé de plus de 1,5 %. Il est repassé au-dessus des 7 900 points avant d’abandonner un peu de terrain vendredi. Le Dow Jones a enregistré une légère baisse sur la semaine, tandis que le Nasdaq et le S&P 500 ont poursuivi leur progression, mais à un rythme modéré.
Les taux d’intérêt des obligations souveraines étaient orientés à la hausse cette semaine. Le taux de l’OAT à 10 ans est repassé au-dessus de 3,4 %. La confirmation de l’augmentation des besoins de financement des États contribue à cette remontée des taux.
Le bitcoin a battu cette semaine un nouveau record, franchissant la barre des 118 000 dollars. Il bénéficie de la bonne tenue des valeurs technologiques et des achats effectués par les gestionnaires d’ETF. La valeur totale de l’ensemble des bitcoins en circulation approche désormais les 2 300 milliards de dollars, un niveau équivalent à la capitalisation boursière d’Apple, et supérieur à la capitalisation globale des entreprises du CAC 40 (autour de 1 900 milliards de dollars).
Pour la première fois depuis 2005, vendredi 4 juillet, les taux des bons du Trésor italiens à 5 ans sont passés au-dessous de celui des Obligations assimilables du Trésor (OAT) français., les taux respectifs étant 2,65 % et 2,67 %. Ce phénomène s’explique en partie par une raison technique, les titres français affichant une maturité plus longue (cinq ans et huit mois) que leurs équivalents italiens (cinq ans). Cela constitue une prise de risque supplémentaire pour les investisseurs, qui demandent une rémunération plus importante en retour. Le facteur numéro contribuant à la baisse des taux italiens est la réduction du déficit public, déficit qui a été divisé par deux entre 2023 et 2024 (taux respectifs de 7,2 et 3,4 % du PIB). La stabilité politique de l’Italie est également prise en compte par les investisseurs. S&P Global ratings a même remonté la note de Rome à BBB + en avril dernier. Moody’s et Fitch portent pour leur part un regard positif sur le pays, signe d’une possible amélioration de leur rating dans les six mois à venir. La France est en revanche sous la menace d’une nouvelle censure du gouvernement à l’automne avec un risque de crise budgétaire.
Pour le moment, le taux des obligations à 10 ans françaises reste en-deçà de celui des obligations italiennes mais l’écart se réduit. Après l’Espagne (3,22 %) et le Portugal (3,04 %), et même la Grèce par intermittence (3,28 % vendredi), l’Italie (3,44 %) pourrait à terme afficher un taux de référence inférieur à celui de la France (3,28 %). L’écart (spread) entre les 10 ans français et italien est passé de 0,7 point de pourcentage, il y a encore un an, à 0,16 point. L’écart de taux entre les obligations italiennes et allemande est désormais inférieur à 1, soit son plus bas niveau en quinze ans.
La dette de la France est toujours appréciée des investisseurs. Elle est l’une des plus liquide (facile à acheter et à vendre) comparée aux dettes des pays dits périphériques. Elle affiche une rémunération assez élevée pour son niveau de notation (AA-) largement supérieur à celui de ses voisins du Sud. L’écart de taux avec l’Allemagne, qui avait augmenté, lors de la dissolution de 2024, tend plutôt à se resserrer, autour de 0,7 point.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 11 juillet 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 829,29 | +1,68 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 44 371,51 | -0,08 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 259,75 | +0,48 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 20 585,53 | +0,85 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 239,9 | +1,94 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 933,72 | +1,26 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 383,48 | +0,79 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 569,68 | -1,04 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 510,18 | +1,52 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,410 % | +0,129 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,690 % | +0,121 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,410 % | +0,081 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1703 | -1,08 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 365,04 | +0,40 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 70,40 | +1,69 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 107 433,10 | +0,44 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Le taux du Livret A, comme celui du Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), devrait être révisé à la baisse au 1er août prochain, compte tenu de l’inflation et de l’évolution du taux Ester au cours du premier semestre 2025.
Le taux du Livret A est, selon la formule en vigueur depuis 2021, égal à la moyenne de l’inflation hors tabac et du taux Ester sur les six derniers mois. La moyenne de l’inflation hors tabac s’est établie à 0,8 %, et celle du taux Ester à 2,44 %. Le taux du Livret A devrait donc passer de 2,4 % à 1,6 % ou 1,7 %. Le taux du LDDS étant identique à celui du Livret A, il suivrait la même évolution.
De son côté, le taux du Livret d’Épargne Populaire est fixé au niveau le plus élevé entre le taux d’inflation et le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Compte tenu du faible niveau de l’inflation, c’est cette seconde formule qui s’appliquera. Le taux du LEP pourrait ainsi être de 2,1 % ou 2,2 %, contre 3,5 % actuellement. Toutefois, comme lors des précédentes révisions, le gouvernement pourrait ne pas suivre strictement la formule et fixer un taux arrondi à 2,5 %.
Une baisse des taux de l’épargne réglementée pour relancer la consommation ?
Pour le Livret A, le gouvernement devrait suivre la recommandation du gouverneur de la Banque de France en abaissant le taux à 1,6 % ou 1,7 %. En effet, afin de soutenir les recettes de TVA, l’exécutif souhaite encourager une reprise de la consommation, qui demeure atone depuis de nombreux mois.
La précédente baisse du taux du Livret A, intervenue le 1er février, n’avait pas produit l’effet escompté. Si les ménages ont réduit leurs versements sur ce produit, ils ont maintenu un effort d’épargne élevé, en se tournant notamment vers l’assurance vie. Dans un contexte d’incertitudes politiques et économiques persistantes, les Français continuent de privilégier l’épargne. Au premier trimestre 2025, le taux d’épargne des ménages a ainsi atteint 18,8 % du revenu disponible brut.
Une baisse favorable au logement social et aux banques
La diminution du taux du Livret A permettra une baisse du taux des crédits accordés aux bailleurs sociaux. En effet, les ressources collectées sur le Livret A servent en partie à financer les prêts aux organismes HLM. Or, le taux de ces prêts est directement lié au coût de la ressource, c’est-à-dire au taux du Livret A. Sa diminution se traduit donc mécaniquement par des taux de crédits plus faibles.
Les banques, qui conservent en moyenne 40 % de la collecte du Livret A et du LDDS pour financer des crédits aux collectivités locales et aux entreprises, pourront également réduire les taux appliqués à ces prêts.
Un rendement réel positif pour le Livret A et le LEP
Le rendement réel du Livret A restera positif, l’inflation étant restée faible ces derniers mois. Il devrait s’élever à environ un point, ce qui constitue un niveau relativement élevé par rapport à la moyenne des dix dernières années. Pour le LEP, le rendement réel pourrait avoisiner deux points.
Mais une baisse des revenus pour les épargnants
Malgré ce rendement réel positif, en valeur absolue, la baisse du taux du Livret A signifie une diminution des intérêts perçus.
La probable baisse du taux du Livret A au 1er août 2025, de 2,4 % à 1,6 % ou 1,7 %, s’inscrit dans un contexte de faible inflation et de normalisation monétaire. Si le rendement réel reste positif, les épargnants constateront une baisse de leurs revenus d’intérêts. Le gouvernement espèrera favoriser une reprise de la consommation et ainsi contribuer à l’augmentation des recettes fiscales. Il attend également un rebond de l’investissement dans l’immobilier social. Le LEP devrait rester attractif avec un taux supérieur à 2 %
Dans un climat d’instabilité politique et géopolitique, le comportement des ménages pourrait rester dominé par la prudence, au détriment de la relance de la consommation.
Deux ans après avoir franchi la barre des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, Nvidia est désormais valorisée plus de 4 000 milliards de dollars. Elle est la première entreprise cotée de l’histoire à dépasser ce seuil. Après avoir perdu quasiment 30 % entre janvier et mars, l’action du groupe a gagné de 70 % depuis.
Les investisseurs ont salué des chiffres du premier trimestre toujours plus impressionnants. Le chiffre d’affaires a augmenté de 12 % par rapport au dernier trimestre et de 69 % sur un an, pour atteindre 44,1 milliards de dollars, selon les chiffres publiés fin mai. La marge brute s’est établie à 60,5 %,
Cette valorisation boursière témoigne de l’importance démesurée prise par une entreprise connue, il y a cinq ans encore, des seuls spécialistes et joueurs de jeux vidéo. Les microprocesseurs Nvidia permettent à la fois d’entraîner et de faire fonctionner les modèles d’intelligence artificielle qui sont aujourd’hui au cœur des stratégies de placement des investisseurs.
L’essentiel de la performance du S&P 500 entre début 2023 et fin 2024 est en effet attribuable aux « sept Magnifiques », les GAFAM, auxquels s’ajoutent Nvidia et Tesla. Sur la période, l’indice élargi S&P 500 a pris 55 %, contre 246 % pour ces sept entreprises.
Avec la crise des dettes souveraines, la baisse des taux d’intérêt et la succession de chocs économiques, les actions des banques européennes avaient été délaissées, même si leurs résultats restaient enviables. Mais depuis le début de l’année, les valeurs bancaires sont à nouveau recherchées. Entre le 1er janvier et le 30 juin derniers, l’indice STOXX 600 Banks, qui réplique les performances des grands établissements européens, a progressé de 29 %, soit sa meilleure performance depuis 1997. L’industrie bancaire du Vieux Continent est, sur le premier semestre, le secteur le plus performant en Bourse. La guerre commerciale lancée par Donald Trump ou le conflit au Moyen-Orient n’ont pas réellement entravé cette marche en avant. Les investisseurs sont attirés par les rendements élevés qu’offrent les banques. Société Générale ou Deutsche Bank ont revu à la hausse leur politique de redistribution.
En 2025, le ratio cours sur valeur comptable (« price to book » ou PTB) – indicateur permettant d’apprécier si les investisseurs estiment qu’un acteur bancaire vaut plus ou moins que ses fonds propres – est passé au-dessus de 0,5 pour la plupart des banques européennes. Ce ratio traduit une sortie de la zone de danger. La moitié d’entre elles ont même atteint un niveau égal ou supérieur à 1, alors que ce ratio était resté très faible durant des années. Le regard des investisseurs sur les banques a changé. Ils sont rassurés par leur gestion des risques et leur solidité. Les banques européennes ont fortement renforcé leurs fonds propres depuis la crise des subprimes. Les plans mis en œuvre par les grandes banques pour réduire leurs frais généraux et le nombre de guichets sont salués par les marchés.
Les établissements bancaires qui étaient en difficulté ont, en quelques années, sensiblement amélioré leurs résultats. La banque allemande Commerzbank, dont la capitalisation boursière a dépassé les 30 milliards d’euros (35,3 milliards de dollars) pour la première fois en mai, a renoué avec des bénéfices élevés. La banque espagnole Banco Santander a vu son action augmenter de 57 % depuis le début de l’année. Ce rebond a été rendu possible par la hausse des taux d’intérêt. La phase de baisse des taux décidée par la Banque centrale européenne n’a pas provoqué de rechute. Le secteur bancaire italien est, de son côté, engagé dans un processus de concentration qui pourrait bien remodeler l’architecture financière du pays. UniCredit figure parmi les banques les plus performantes d’Europe cette année, avec une hausse de près de 50 % de la valeur de son action. Mediobanca et Banca Generali ont, elles aussi, atteint de nouveaux sommets. En France, Société Générale, longtemps sous-valorisée, connaît un réel regain d’intérêt.
Le rebond boursier des banques européennes témoigne d’une revalorisation structurelle appuyée sur une amélioration tangible des fondamentaux : ratios de solvabilité renforcés, discipline des coûts accrue, gestion des risques professionnalisée. Toutefois, cette dynamique ne saurait être analysée sans prendre en compte l’environnement monétaire et obligataire en mutation rapide. Si la baisse des taux directeurs contribue à soutenir la demande de crédit à court terme, le maintien de taux longs élevés – reflet à la fois de tensions budgétaires persistantes en zone euro et de primes de risque accrues – pourrait produire des effets ambivalents sur les bilans bancaires. D’un côté, les marges d’intermédiation bénéficient d’une pentification modérée des courbes ; de l’autre, une remontée trop brutale des taux longs expose les portefeuilles obligataires à des moins-values latentes et alourdit le coût de refinancement à long terme, notamment pour les banques les plus dépendantes du marché.
Le marché français de l’immobilier professionnel traverse un cycle de recomposition profond. Aux chocs conjoncturels — crise sanitaire de 2020, vague inflationniste — s’ajoutent les effets de mutations structurelles durables : digitalisation, vieillissement démographique, télétravail, flex office.
Longtemps considéré comme le vecteur de croissance de l’immobilier d’entreprise, le segment des bureaux connaît une forte attrition. Le volume des transactions est passé de 27,3 milliards d’euros en 2019 à 17,3 milliards en 2024, soit une chute de 37 %. Cette contraction ne touche pas seulement les immeubles mal situés ou obsolètes : elle affecte aussi les quartiers naguère prisés comme La Défense. Le taux de vacance y dépasse les 15 %, malgré un regain de dynamisme pour les surfaces moyennes (1 000 à 5 000 m²). Seuls les immeubles premium, idéalement situés dans le triangle d’or parisien, conservent leur attractivité.
La demande de bureaux diminue. En six ans, la part de salariés en télétravail est passée de 4,2 % à plus de 23 %, bouleversant les besoins en surfaces. Le flex office permet une réduction moyenne de 30 à 40 % des mètres carrés nécessaires par salarié. La demande placée annuelle, qui dépassait 4,5 millions de m² en 2019, plafonne aujourd’hui autour de 3 millions. L’immobilier obéit à des cycles. Les livraisons de bureaux neufs tendent à intervenir en période de repli, accentuant la pression à la baisse sur les prix.
Face à cette situation, les investisseurs et promoteurs sont contraints de repenser l’offre : davantage de flexibilité, des bureaux connectés, une meilleure performance énergétique, et surtout un repositionnement géographique — vers les hubs intermodaux, les gares, et les centres-villes.
Le commerce : entre défaillances en série et tout-tourisme
Si les cessions de commerces n’ont reculé que modérément (-5 % entre 2019 et 2024), cette relative stabilité masque des fractures géographiques et sectorielles. Les centres-villes moyens et les petites agglomérations voient leur vitalité commerciale se déliter. Le taux de vacance dépasse souvent 10 %, et atteint jusqu’à 15 % dans certaines villes moyennes. À Paris, des artères comme la rue de Rennes ou le boulevard Saint-Michel, autrefois emblématiques, affichent désormais des taux de vacance élevés.
La pandémie de Covid-19 a accéléré une tendance de fond : le recul des commerces non alimentaires, fragilisés par l’essor du commerce en ligne, qui capte aujourd’hui 12 % du retail et génère 175 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.
Le paysage commercial se reconfigure autour de deux pôles : d’un côté, les enseignes haut de gamme ou spécialisées, solidement implantées dans les quartiers premium ou les centres commerciaux majeurs ; de l’autre, une vague de franchises aux modèles optimisés, devenues omniprésentes (90 588 points de vente pour 88,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024). Les commerces indépendants, eux, peinent à survivre.
Certains segments tirent néanmoins leur épingle du jeu. Les commerces de bouche, notamment les boulangeries se transformant en points de restauration, connaissent un essor. L’hôtellerie demeure dynamique, tout comme les activités touristiques. À l’inverse, le secteur de l’habillement s’effondre : la faillite de nombreuses chaînes de franchises a entraîné la fermeture de centaines de boutiques depuis 2022.
Des friches commerciales en expansion
La dévitalisation commerciale n’épargne plus les grandes métropoles. Marseille, Bordeaux ou même Paris voient se multiplier les friches là où s’élevaient autrefois des vitrines dynamiques. Le modèle des centres commerciaux vacille. Leur nombre est passé de 811 en 2017 à 746 en 2023. Les centres haut de gamme — Parly II, Beaugrenelle — résistent, tandis que ceux de périphérie, mal connectés ou positionnés en gamme intermédiaire, déclinent inexorablement.
Logistique : l’ascension maîtrisée
Dans un contexte d’explosion du e-commerce, la logistique s’affirme comme la grande gagnante de ce cycle. Les ventes d’entrepôts ont bondi de 56 % en six ans, atteignant 10,8 milliards d’euros en 2024. Le triangle logistique des Hauts-de-France, de la région lyonnaise et de PACA concentre l’essentiel des investissements. La demande croissante pour les livraisons du dernier kilomètre, la logistique urbaine et les formats de stockage intelligents soutient cette dynamique. Cependant, le secteur atteint un plateau. La rareté du foncier, les contraintes environnementales et les résistances locales freinent les projets. L’intégration de data centers et de plateformes de livraison représente un potentiel d’expansion, mais la croissance devrait se ralentir dans les années à venir.
Transformation des bureaux en logements : illusion ou solution ?
Face à la vacance structurelle des immeubles tertiaires, les pouvoirs publics et les foncières espèrent transformer les bureaux vides en logements. L’opération menée à Suresnes par Action Logement, avec la création de 73 appartements, symbolise ce changement d’approche. Selon JLL, environ 1,3 million de m² serait potentiellement transformable en Île-de-France, soit l’équivalent de 15 000 logements. Mais cette reconversion se heurte à de nombreux obstacles : coûts élevés, inadéquation des bâtiments avec les usages résidentiels, zones peu adaptées à l’habitat, réticence de certains élus locaux. Le potentiel reste donc limité, et ne saurait à lui seul répondre ni à la crise du logement ni à celle du tertiaire.
L’immobilier professionnel français ne meurt pas, il mue. Ce qui se joue aujourd’hui est bien plus qu’un ralentissement : c’est la redéfinition d’un modèle. Bureaux, commerces, entrepôts… chaque segment est poussé à se réinventer, entre exigence de durabilité, transformation des usages et retour en force de la géographie. Dans ce nouvel écosystème, l’agilité, l’ancrage local et l’innovation seront les piliers de la résilience. L’heure n’est plus à attendre le retour des vieux équilibres, mais à bâtir un immobilier professionnel de nouvelle génération — hybride, connecté, réversible.
3 questions à… Loïc Le Foll, Directeur de l’épargne patrimoniale du Groupe AG2R LA MONDIALE et Directeur général de La Mondiale Europartner
L’assurance vie, premier placement des ménages français, avec un encours de 2 049 milliards d’euros à fin mai, enregistre, depuis le début de l’année, d’excellents résultats. La collecte nette sur les cinq premiers mois a atteint plus de 22 milliards d’euros. Les cotisations brutes dépassent de leur côté 80 milliards d’euros.
Ces bonnes performances s’expliquent par l’évolution des taux d’intérêt. La baisse des taux courts pèse sur le rendement des produits d’épargne comme le Livret A ou les dépôts à terme, quand dans le même temps, le maintien de taux long au-dessus de 3 % favorise les placements longs comme les fonds euros de l’assurance vie. Par ailleurs, les épargnants sont de plus en plus résilients face aux variations des cours des marchés financiers et ont bien assimilé le fait que l’assurance vie est une épargne de long terme. La collecte en unités de compte reste relativement stable. Elle représente en moyenne, ces derniers mois, 38 % de la collecte.
L’assurance vie demeure extrêmement compétitive. Elle combine sécurité, rendement et multiplicité de supports avec un cadre fiscal attractif. En un seul produit, l’épargnant a accès à des fonds avec une garantie en capital, des unités de compte investies sur une multitude d’actifs financiers comme immobiliers. Les assurés peuvent également accéder à des fonds structurés qui associent des garanties tant de capital que de rendement. Le souscripteur est ainsi assuré de pouvoir déterminer, avec son conseiller, une allocation financière qui corresponde bien à son profil de risque et à ses besoins.
AG2R LA MONDIALE est un acteur majeur de la retraite par répartition et gère un quart des encours de la retraite complémentaire du régime Agirc-Arrco. Il est également l’un des leaders sur le marché de la retraite par capitalisation tant en épargne retraite individuelle qu’en épargne retraite collective. Nous pensons que les 2 systèmes sont tout à fait complémentaires et que la retraite par capitalisation va continuer à se développer.
Les projections du Conseil d’Orientation des Retraites actualisées chaque année ne disent pas autre chose en mettant clairement en évidence le fait que dans les prochaines années le taux de remplacement, pensions/revenus d’activités des six derniers mois, est orienté à la baisse. Il devrait perdre 10 points d’ici 2040. Le niveau de vie relatif des retraités est également amené à s’éroder. Il est donc logique que de nombreux ménages cherchent à limiter la perte de leur pouvoir d’achat à la retraite en épargnant et en souscrivant notamment un Plan d’Épargne Retraite.
Depuis 2019, 10 millions de PER ont été ouverts, ce qui constitue un bon résultat. Près d’un quart de la population active dispose aujourd’hui, à titre individuel ou collectif (en entreprise), d’un PER ou d’un de ses prédécesseurs (contrat Madelin, PERP, article 83, PERCO, etc.). De nombreux arguments militent en faveur du PER. C’est un produit dédié à la retraite. Il permet aux assurés de se constituer à leur choix un complément de revenu ou de capital à la retraite. Il bénéficie d’avantages fiscaux, notamment à l’entrée pour les versements individuels et d’une gestion profilée qui permet de sécuriser le capital en fonction de l’âge. Le PER permet d’accéder à un grand nombre de supports d’investissement qui peuvent offrir des rendements attractifs.
Les résultats de l’enquête 2025 AG2R LA MONDIALE – AMPHITÉA – CERCLE DE L’ÉPARGNE témoignent d’une véritable prise de conscience de la population de la nécessité de se constituer une épargne en vue de la retraite. Les jeunes sont, sur ce sujet, en pointe. Plus des deux tiers (67 %) sont convaincus d’épargner en vue de la retraite avant 35 ans. Ils comprennent les avantages des produits d’épargne retraite qui reposent sur la capitalisation, les revenus des placements étant intégrés au capital pour générer de nouveaux revenus. Il est intéressant de noter qu’en 2023, selon la DREES, 30 % des nouveaux souscripteurs d’un PER individuel avaient moins de 40 ans. Ce qui confirme le résultat de l’enquête.
Le Conseil d’orientation des retraites, dans son rapport annuel de juin 2025, dans le prolongement de la mission flash de la Cour des comptes, souligne — sans surprise — que le système de retraite sera structurellement déficitaire dans les prochaines années. Ce constat n’est pas nouveau. L’augmentation du nombre de retraités — 17 millions aujourd’hui, plus de 21 millions en 2070, contre 5 millions en 1981 —, la stabilisation puis le déclin de la population active, ainsi que la progression de l’espérance de vie, mettent en tension nos régimes par répartition.
Sur les moyens d’éviter l’accumulation de déficits, aucun consensus ne se dégage ni au sein de l’opinion publique, ni entre les partenaires sociaux. L’idée du report de l’âge de départ à la retraite demeure impopulaire, tandis que les employeurs estiment qu’il n’existe plus de marge pour accroître les prélèvements. L’échec du conclave lancé par le Premier ministre, François Bayrou, souligne la difficulté à réformer un système bâti à la sortie de la Seconde Guerre mondiale.
Face à cette situation bloquée, les Français demeurent profondément inquiets quant à leur niveau de vie futur à la retraite. Selon la dernière enquête AG2R LA MONDIALE – AMPHITÉA – CERCLE DE L’ÉPARGNE, près des trois quarts des non-retraités (72 %) estiment que leurs futures pensions ne leur permettront pas de vivre correctement. Confrontés aux déficits annoncés, ils privilégient en priorité la lutte contre les fraudes (80 %) plutôt que le prolongement de la vie active (33 % seulement y sont favorables). Ce jugement rejoint un sentiment largement partagé de déséquilibre entre cotisations versées et prestations perçues : 60 % des sondés se considèrent comme « perdants ». Cette perception, exagérée au regard des données officielles, traduit une défiance croissante vis-à-vis de l’État providence, alors même que ce dernier assure une réduction significative des inégalités. Rappelons que 60 % des Français sont, en réalité, bénéficiaires nets du système de protection sociale.
Pour limiter la baisse attendue de leur pouvoir d’achat à la retraite, une majorité de Français déclare épargner (54 %), dont 29 % de manière régulière. Point notable, 62 % estiment qu’il faut commencer à se constituer un complément de retraite avant l’âge de 35 ans. Les moins de 35 ans sont même 67 % à en être convaincus. Cela témoigne d’une prise de conscience croissante de l’importance d’un « troisième pilier » de la retraite, aux côtés des régimes de base et complémentaires.
Pour répondre à cette attente, une diffusion élargie des produits d’épargne retraite collectifs est indispensable, en particulier au sein des PME et pour les salariés les plus modestes. Des mesures devraient être prises pour simplifier la mise en place de tels dispositifs. Pourrait notamment être introduit, le fléchage par défaut des versements issus de l’épargne salariale et des primes de partage de la valeur vers les produits dédiés à la retraite.
Plutôt que de subir les incertitudes pesant sur l’avenir des retraites, les Français peuvent choisir de redevenir acteurs de leur avenir financier. L’épargne retraite, notamment sous forme collective, constitue aujourd’hui un levier puissant, à la fois de sécurisation des parcours individuels et de dynamisation de l’investissement à long terme. En se développant dans les entreprises, notamment les PME, elle peut renforcer la cohésion sociale, tout en contribuant au financement de l’économie productive. Favoriser son essor, c’est redonner confiance aux actifs, stabiliser les perspectives des retraités de demain, et poser les bases d’un nouveau contrat social où la solidarité collective s’articule à la responsabilité individuelle.
Jean-Pierre Thomas
Président du Cercle de l’Épargne
Les investisseurs sont nerveux dans l’attente d’éventuelles négociations commerciales entre les États-Unis et leurs principaux partenaires économiques. Le 9 juillet prochain est la date limite fixée par Donald Trump pour conclure des accords bilatéraux avec des dizaines de partenaires commerciaux. Passé ce délai, Washington appliquera, faute d’accord, les hausses de droits de douane annoncées le 2 avril dernier. Les nouveaux tarifs, en fonction des pays, pourraient atteindre 20 %, 30 %, voire 70 %.
Jusqu’à présent, l’administration américaine a noué des accords avec le Royaume-Uni et le Vietnam, et a accepté une trêve avec la Chine. L’accord entre Washington et Hanoï prévoit des surtaxes de 20 % sur les produits vietnamiens et de 40 % pour les produits transitant par le Vietnam mais fabriqués ailleurs. Cet accord laisse présager que Washington ne compte pas se satisfaire du taux de 10 % actuellement en vigueur. Les nouveaux droits devraient avoir un effet inflationniste aux États-Unis, à moins que les entreprises ne choisissent de réduire leurs marges. Mais au vu des taux qui pourraient être appliqués, cela ne sera pas tenable très longtemps.
Les tensions commerciales ont provoqué un recul, en fin de semaine, des places asiatiques et européennes. Aux États-Unis, cette semaine, le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont inscrit de nouveaux records, après la publication d’un rapport sur l’emploi meilleur que prévu. Les indices de Wall Street ont été portés par les bons chiffres de l’emploi américain. Malgré les craintes liées aux politiques commerciales et migratoires de Donald Trump, l’économie américaine a créé plus d’emplois que prévu et le taux de chômage s’est légèrement replié. La première économie mondiale a, en effet, créé 147 000 postes en juin, soit 41 000 de plus qu’anticipé par les économistes interrogés par Bloomberg. Le chiffre du mois précédent a, par ailleurs, été révisé à la hausse de 5 000. Le taux de chômage s’est réduit à 4,1 % de la population active, alors qu’il était attendu à 4,3 %. La hausse du salaire horaire moyen s’est ralentie plus que prévu, à 0,2 % sur un mois et à 3,7 % sur un an.
Donald Trump peut, en outre, se réjouir de l’adoption par le Congrès de la loi budgétaire XXL. Celle-ci a été promulguée à l’occasion de la fête nationale. Cette loi comprend des mesures de prolongation de crédits d’impôt, la diminution des aides sociales, l’augmentation des dépenses militaires et le financement d’une campagne d’expulsion de migrants. Avec cette loi budgétaire, la dette publique américaine devrait dépasser les 40 000 milliards de dollars dans les années à venir, un niveau susceptible d’inquiéter les investisseurs internationaux. Les taux des titres publics américains sont en hausse sur la semaine. Le taux à 10 ans a atteint, en fin de semaine, 4,3 %.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 4 juillet 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 696,27 | +0,40 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 44 828,53 | +3,04 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 279,35 | +2,09 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 20 601,10 | +1,90 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 798,12 | -1,02 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 822,91 | +0,27 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 288,81 | -0,92 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 810,88 | -1,82 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 472,32 | +1,43 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,281 % | +0,020 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,569 % | -0,018 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,331 % | +0,070 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1781 | +1,45 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 334,32 | +0,26 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 68,17 | +1,04 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 107 433,10 | +0,44 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Le rapport 2025 sur la situation et les perspectives des finances publiques de la Cour des comptes souligne une fois de plus que la trajectoire des comptes publics est préoccupante et que des mesures de correction doivent être rapidement prises pour éviter un emballement de la dette publique. Les magistrats de la rue Cambon estiment que les prévisions de croissance sont optimistes, ce qui pourrait compliquer le respect de la trajectoire budgétaire décidée par le gouvernement. Ils pointent également des évaluations peu réalistes des dépenses et des recettes.
Malgré l’absence de choc économique majeur, le déficit public a augmenté en France, alors qu’il baissait chez ses partenaires européens. La France est le seul pays dans cette situation, incapable de maîtriser sa dette publique. Le besoin de financement de l’ensemble des administrations publiques s’est élevé à 169,6 milliards d’euros en 2024, soit 5,8 points de PIB, contre 5,4 en 2023 et 4,7 en 2022. Parmi les cinq autres principales économies de la zone euro, seule la Belgique affiche un déficit encore éloigné de l’objectif de 3 % du PIB, celui-ci restant toutefois inférieur de 1,3 point à celui de la France.
La dérive du déficit public en 2024 est imputable aux collectivités locales et aux régimes sociaux. L’an dernier, le besoin de financement des collectivités territoriales a atteint 11,4 milliards d’euros, soit 0,4 % du PIB. Selon la loi de programmation budgétaire, les collectivités locales étaient censées contribuer au redressement.
La dépense publique, hors charge de la dette et hors mesures exceptionnelles, a augmenté en 2024 de 2,7 % en volume, soit deux fois plus vite que la croissance économique. Elle a contribué à hauteur de 0,8 point de PIB à l’augmentation du déficit. Les dépenses des administrations locales ont progressé de 2,7 % en volume, et celles des administrations de sécurité sociale de 3,3 %. Les seules prestations sociales ont augmenté de 4 %, en raison notamment de la revalorisation différée des pensions de retraite.
La charge de la dette a également augmenté, sous l’effet du déficit 2023 et du refinancement progressif de l’encours à des taux plus élevés, contribuant à creuser le déficit de 0,2 point de PIB. Ce service de la dette devrait passer de 60 à 100 milliards d’euros d’ici la fin de la décennie.
Les prélèvements obligatoires sont peu dynamiques depuis plusieurs années. Ils progressent moins vite que le PIB, en raison notamment de la baisse des droits de mutation liée au recul des transactions immobilières et de l’atonie de la consommation. Le manque à gagner par rapport aux prévisions initiales a entraîné une majoration du déficit public de 0,4 point de PIB. Pour compenser la stagnation des recettes, le gouvernement a été contraint d’augmenter les impôts. Certaines hausses prévues pour 2025 sont censées être temporaires, mais la Cour des comptes doute de la capacité des pouvoirs publics à les remettre en cause.
Le retour du déficit public sous les 3 points de PIB en 2029, tel que la France s’y est engagée, ne suffira pas à garantir la soutenabilité de la dette. La Cour des comptes souligne que les pouvoirs publics devront dégager un solde primaire (c’est-à-dire avant paiement des intérêts de la dette) positif de 1,1 point de PIB de manière durable, alors qu’il est aujourd’hui négatif de 3,7 points. En cas de persistance d’un déficit primaire, la dette publique continuera de dériver, pouvant à terme poser un problème de soutenabilité. Cette dette pourrait dépasser 120 % du PIB en 2029, contre 113 % fin 2024.
La trajectoire pluriannuelle publiée en avril 2025 suppose un effort de 105 milliards d’euros à l’horizon 2029 pour ramener le déficit sous le seuil des 3 % du PIB, alors même que certaines dépenses (santé, retraites, défense) sont appelées à augmenter. La Cour des comptes s’inquiète des retards pris dans cet ajustement et de la timidité des mesures annoncées. Elle suggère l’instauration d’un mécanisme contraignant à l’encontre des collectivités locales.
Le rapport 2025 s’inscrit dans la continuité des précédents, mais adopte un ton plus alarmiste. Le président de la Cour, Pierre Moscovici, appelle à l’adoption de mesures courageuses. Ce rapport ignore toutefois les effets négatifs qu’un ajustement budgétaire pourrait avoir sur la croissance. Il ne retient pas l’idée qu’un surcroît d’activité économique est nécessaire pour améliorer durablement les finances publiques. Le Portugal, l’Espagne et la Grèce ont réussi à redresser leurs comptes notamment grâce au retour de la croissance. Une stratégie d’attrition budgétaire, reposant sur des hausses d’impôts et des économies, risque de s’avérer malthusienne.
ENQUÊTE AG2R LA MONDIALE – AMPHITÉA – CERCLE DE L’ÉPARGNE
Pour une épargne de protection
Dans un contexte, marqué par une montée des incertitudes économiques et géopolitiques, les ménages français recherchent, au-delà de l’épargne de précaution, une épargne de protection. Ils entendent rester maîtres de leur argent afin, notamment, de se constituer des filets de sécurité.
Priorité aux placements de long terme, prégnance de l’inquiétude du pouvoir d’achat à la retraite, refus de l’orientation de l’épargne par les pouvoirs publics, tels sont les principaux enseignements de l’enquête 2025 d’AG2R LA MONDIALE – AMPHITÉA – Cercle de l’Épargne.
| Les cinq chiffres clefs de l’enquête 2025 76 % des épargnants estiment que l’assurance-vie est un placement intéressant 72 % des non-retraités jugent que les pensions ne sont pas ou ne seront pas suffisantes pour garantir un niveau de vie correct à la retraite 62 % des Français considèrent qu’il faut épargner pour la retraite avant 35 ans 73 % des épargnants sont contre l’orientation de l’épargne par les pouvoirs publics 78 % des Français sont opposés à la suppression des espèces |
Fabrice Heyriès, Directeur général d’AG2R LA MONDIALE a déclaré :
« Les résultats de l’enquête AG2R La Mondiale – Amphitéa – Cercle de l’épargne 2025, montrent que les Français sont préoccupés de plus en plus tôt par leur retraite et souhaitent commencer à se constituer une épargne avant 35 ans. Dans un contexte incertain et volatil, les produits d’épargne de long terme, assurance-vie et PER, sont plébiscités par les Français dont ils considèrent que ces solutions leur offrent un rendement qu’ils jugent majoritairement satisfaisant. Les Français s’inquiètent également de la capacité de la solidarité nationale à leur assurer une protection sociale suffisante, en particulier à l’heure de la retraite, et sont conscients de la nécessité de préparer leur avancée en âge.
Le Groupe AG2R LA MONDIALE les accompagne tout au long de la vie avec un ensemble de solutions pour préparer leur retraite, protéger leur santé, développer leur épargne et se prémunir contre les accidents de la vie. »
71 % des Français déclarent être des épargnants. Parmi eux, la moitié indique être satisfaite du rendement de son épargne, tandis que l’autre moitié ne l’est pas. Plus l’épargnant a investi dans des produits de long terme, plus il se montre satisfait du rendement de son épargne : 58 % des détenteurs de fonds en euros, 62 % de ceux ayant investi dans des unités de compte, et 65 % des souscripteurs d’un Plan d’Épargne Retraite expriment leur satisfaction. Les ménages aisés, dont l’épargne est davantage orientée vers les placements à long terme, se déclarent plus satisfaits que les ménages à revenus modestes. Ces résultats s’inscrivent dans le prolongement des bonnes performances de l’assurance-vie en 2025.
Confirmant la tendance observée en 2024, l’assurance-vie conserve en 2025 la première place au classement des placements préférés des Français (76 %). Elle devance l’investissement locatif immobilier (69 %) et le Livret A (60 %). Si, elle est particulièrement plébiscitée par les plus de 35 ans, le Livret A reste privilégié par les jeunes de moins de 35 ans.
Les jeunes de 18 à 24 ans se montrent davantage attirés que la moyenne des Français par les actions et les cryptoactifs, jugés intéressants par respectivement 51 % et 36 % de cette tranche d’âge, contre 41 % et 21 % en moyenne.
Avec la baisse de sa rémunération, le Livret A recule nettement en 2025 : 52 % des sondés le jugent intéressant, contre 60 % un an plus tôt.
La retraite constitue, pour 60 % des sondés, la priorité numéro un en matière de politique sociale, devant l’assurance maladie (45 %) et la dépendance (37 %). À partir de 35 ans, elle devient la préoccupation majeure. Chez les plus de 65 ans, la dépendance arrive en deuxième position avec 59 % de réponses (contre 62 % pour la retraite).
72 % des non-retraités estiment qu’ils ne vivront pas correctement avec leur future pension. Ce taux atteint 79 % chez ceux disposant de revenus modestes (moins de 1 200 euros par mois).
54 % des Français déclarent épargner pour leur retraite. Cette proportion atteint 64 % chez les personnes disposant de revenus élevés (plus de 4 000 euros par mois).
62 % des répondants jugent nécessaire de commencer à épargner avant 35 ans. Parmi les 18-34 ans, 48 % estiment même qu’il faudrait débuter avant 30 ans, témoignant ainsi d’une réelle inquiétude quant à la pérennité du système de retraite.
60 % des Français considèrent qu’ils cotisent davantage qu’ils ne recevront au titre des prestations sociales. Seuls 11 % pensent le contraire, et 29 % jugent que la balance est équilibrée. Ce sentiment est particulièrement marqué chez les 50-74 ans, dont 73 % estiment que le compte n’y est pas.
Pour préserver le système de protection sociale, 80 % des Français misent avant tout sur la lutte contre la fraude. En revanche, ils rejettent massivement l’idée de travailler davantage ou de cotiser plus : seuls 33 % se disent favorables à une augmentation du temps de travail (27 % chez les actifs) et 24 % à une hausse des impôts ou des cotisations.
73 % des épargnants se déclarent opposés à toute orientation de leur épargne par les pouvoirs publics. Ce rejet atteint 92 % parmi ceux qui ne disposent d’aucune épargne. Près de 65 % des épargnants désapprouvent également l’idée d’orienter l’épargne vers le financement de la défense nationale.
Le terme « orientation » semble avoir été perçu comme une injonction à souscrire à certains produits, voire comme une menace de captation de l’épargne. Les épargnants déjà investis à long terme ou disposant de revenus élevés se montrent toutefois légèrement plus ouverts à cette idée.
Autre indicateur de l’attachement des sondés à la liberté financière : 78 % des Français se déclarent opposés à la suppression des espèces.
L’enquête 2025 AG2R LA MONDIALE – AMPHITÉA – Cercle de l’Épargne confirme la maturité croissante des Français face aux enjeux d’épargne et de retraite. Attachés à leur liberté de choix, soucieux du rendement à long terme de leur épargne et inquiets pour leur niveau de vie futur, ils expriment une volonté claire : pouvoir anticiper, décider et sécuriser leur avenir en toute autonomie.
_________________________
Méthodologie :
À la demande d’AG2R LA MONDIALE, d’AMPHITÉA et du Cercle de l’Épargne, le Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique (CECOP) a conduit une étude sur les Français, l’épargne et la retraite. L’enquête a été réalisée sur internet les 25 et 26 mars 2025 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Le terrain d’enquête a été confié à l’IFOP.
Donald Trump ou l’art du « deal » permanent
Jeudi 26 juin, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé sur son compte X qu’il avait demandé au Congrès de retirer la « mesure de protection Section 899 » du budget, plus connue sous le nom de « revenge tax » (taxe vengeresse) contre les intérêts étrangers aux États-Unis, actuellement en discussion au Sénat. Cette annonce est la conséquence de la décision des pays du G7 d’exempter les États-Unis de l’impôt minimum mondial. Cette exemption était instamment demandée par Donald Trump.
La « revenge tax » permettait aux États-Unis de retenir à la source jusqu’à 20 % des revenus de capitaux réalisés par des individus et des groupes étrangers, dès lors qu’ils provenaient de pays dont la fiscalité est jugée préjudiciable aux intérêts américains. La France était doublement visée, puisqu’elle a mis en œuvre l’impôt minimum mondial de 15 % sur les multinationales (le « deuxième pilier » de l’accord OCDE) ainsi qu’une taxe sur les services numériques.
Avec la décision intervenue au sein du G7, les multinationales américaines pourront continuer à optimiser leur fiscalité entre plusieurs pays sans s’exposer à une surtaxe extraterritoriale. « Les taxes OCDE du deuxième pilier ne s’appliqueront pas aux entreprises américaines, et nous travaillerons coopérativement pour mettre en œuvre cet accord dans le cadre de l’accord OCDE-G20 au cours des prochaines semaines et des prochains mois », a déclaré Scott Bessent. Cette décision remet en cause l’accord OCDE sur la taxation minimale des bénéfices. Pour l’instant, la conclusion d’un accord entre l’Europe et les États-Unis tarde. En revanche, le président américain a laissé entrevoir un « deal » avec l’Inde.
Le Sénat espère désormais adopter le budget des États-Unis ce week-end au plus tard. Il devra ensuite repasser à la Chambre. Le président Trump souhaite promulguer la loi à l’occasion de la fête nationale, le 4 juillet.
Soulagement sur les marchés actions
Après deux semaines de baisse consécutives, la Bourse de Paris a clôturé la semaine, vendredi 27 juin, sur une progression hebdomadaire de près de 1 %, à 7 691,55 points. L’indice allemand DAX a gagné de son côté près de 3 % sur la semaine, atteignant des niveaux records. Depuis le début de l’année, il a progressé de plus de 20 %. Les décisions des États membres européens de l’OTAN d’accroître leurs dépenses militaires soutiennent les valeurs allemandes de l’armement, comme Rheinmetall. L’amélioration du climat des affaires outre-Rhin contribue également à la hausse du cours des actions. Aux États-Unis, les indices ont également enregistré de bons résultats sur la semaine.
Parmi les bonnes nouvelles figure la publication de l’indice PCE des dépenses de consommation aux États-Unis, qui a augmenté comme prévu de 2,3 % sur un an après 2,2 % en avril. Hors alimentation et énergie, l’inflation « core », considérée comme la plus pertinente par la Réserve fédérale, marque une accélération d’un dixième de point, à 2,7 % sur un an. Les effets de la politique commerciale de Donald Trump ne se sont pas encore répercutés sur le niveau des prix, ce qui permettrait à la Fed de reprendre ses baisses de taux d’intérêt au second semestre. Les dépenses des ménages américains ont en revanche connu leur plus forte baisse de l’année (-0,3 %). « Associée au ralentissement des revenus et des dépenses des ménages, l’inflation PCE de mai est restée suffisamment proche du taux cible de 2 % pour maintenir l’espoir d’une baisse rapide des taux », a commenté Gary Schlossberg, du Wells Fargo Investment Institute.
À Wall Street, le S&P 500 a battu un nouveau record au-delà des 6 180 points, porté par la désescalade commerciale avec Pékin et l’accord avec le G7 mettant un terme à la « revenge tax ». La spéculation sur une future baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale soutient également la hausse des cours. La Chine a confirmé la conclusion d’un accord-cadre avec les États-Unis, précisant qu’elle pourrait valider l’exportation de davantage d’articles soumis à contrôle. Pourraient être concernées les terres rares. La Maison-Blanche envisage par ailleurs un report de la date butoir du 9 juillet pour l’entrée en vigueur des surtaxes réciproques. Ce report renforce l’idée que les menaces de Donald Trump visent avant tout à obtenir des concessions de ses partenaires économiques.
Pétrole : le retour à la normale
Avec le cessez-le-feu, le cours du baril a presque retrouvé cette semaine son niveau d’avant-guerre entre Israël et l’Iran. Il a perdu près de 13 % de sa valeur, le baril de Brent s’échangeant à 68 dollars vendredi 27 juin. La baisse du cours du pétrole est également imputable à l’augmentation de la production, avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+ et la montée en puissance de la production américaine.
L’once d’or, avec l’atténuation des tensions, s’est repliée, perdant près de 4 % sur la semaine. Le bitcoin a, en revanche, gagné plus de 3 % et s’est rapproché de son record (111 900 dollars atteint le 22 mai dernier). La cryptoactif est toujours porté par les achats d’ETF.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 27 juin 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 691,55 | +0,89 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 43 819,27 | +3,31 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 173,07 | +2,80 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 20 273,46 | +3,66 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 000,27 | +2,71 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 798,91 | +0,11 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 325,64 | +1,65 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 40 150,79 | +3,98 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 424,23 | +1,09 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,261 % | +0,015 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,587 % | +0,067 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,261 % | -0,114 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1703 | +1,90 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 275,88 | -3,39 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 68,40 | -11,92 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 107 131,81 | +3,21 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
La semaine financière a été dominée par le choc géopolitique au Moyen-Orient, avec l’attaque israélienne contre l’Iran. À la clef : tensions sur le pétrole, aversion au risque sur les marchés actions, et un retour de l’incertitude stratégique dans les prévisions économiques.
L’attaque israélienne contre l’Iran, vendredi 13 juin, a créé une onde de choc sur l’ensemble des places financières. Les États-Unis avaient été avertis de l’imminence de cette attaque, Donald Trump ayant annoncé jeudi 12 la réduction du personnel diplomatique dans la région. Tsahal a lancé son opération « Nations de lions », en frappant Téhéran et des cibles liées au programme nucléaire dans différentes régions de l’Iran. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a annoncé que l’opération militaire visait à repousser « la menace iranienne pour la survie même d’Israël ». Cette opération devrait, selon les autorités israéliennes, durer autant de jours qu’il sera nécessaire pour éliminer cette menace. Par ailleurs, Tsahal a tué le commandant des Gardiens de la Révolution, Hossein Salami ; des scientifiques nucléaires auraient également été tués. L’Iran a promis de répondre à cette attaque, faisant craindre l’ouverture d’un conflit de grande envergure au Moyen-Orient. L’Iran a répliqué vendredi soir en utilisant notamment des missiles balistiques. Malgré le Dôme de fer, plusieurs bâtiments ont été touchés.
La grande majorité des États, dont la France et l’Allemagne, ont appelé à la retenue après le déclenchement des frappes par Israël. De l’ONU à Londres, en passant par Paris, tous redoutent une escalade pouvant mener à l’ouverture d’un conflit majeur. Néanmoins, Donald Trump ne joue pas la carte de l’apaisement. Dans un post sur son réseau Truth Social, le président américain a rappelé avoir « donné à l’Iran un ultimatum de 60 jours il y a deux mois pour conclure un accord. Ils auraient dû le faire ! Aujourd’hui, c’est le jour 61. » Le gouvernement de Netanyahou entend poursuivre les opérations militaires jusqu’à l’éradication des capacités nucléaires de l’Iran, voire jusqu’à la chute du régime.
Avec le déclenchement de l’attaque israélienne, les indices actions des grandes places financières ont connu une baisse immédiate vendredi 13 juin, et le prix du pétrole a gagné plus de 10 %. Les valeurs des compagnies aériennes, comme Air France, ont fortement reculé (–4,74 % vendredi 13 pour la compagnie franco-néerlandaise et –10 % sur la semaine). Le CAC 40 a reculé de 1,65 % sur la semaine, et le DAX allemand de près de 3,5 %. Le S&P 500 américain a diminué de près de 0,4 % sur la semaine. Le cours de l’or, sans surprise, est en hausse.
La semaine prochaine sera marquée par la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les taux directeurs devraient rester inchangés dans la fourchette actuelle de 4,25–4,5 % à l’issue de la réunion des 17 et 18 juin. À cette occasion, le comité présentera ses projections économiques et d’inflation.
Pétrole sous tension
Sur la semaine, le cours du baril de pétrole Brent a augmenté de 10 %, avec une hausse de plus de 6 % vendredi. Le baril s’échangeait vendredi soir contre 73 dollars. Le marché était, jusqu’à l’intervention militaire israélienne, déflationniste, avec l’engagement d’une guerre des prix au sein du cartel. La prime de risque sur le pétrole est supérieure à celles observées en avril et octobre 2024, lors des précédents incidents entre Israël et l’Iran, les investisseurs estimant que le risque d’embrasement est plus important que par le passé. Le baril de Brent n’avait plus atteint ce niveau depuis mars, avant le déclenchement de la guerre commerciale de Donald Trump. Avec la décision des pays exportateurs de pétrole, regroupés dans l’OPEP+, d’augmenter progressivement leur production, le baril était descendu aux alentours de 60 dollars, avant de se stabiliser ces dernières semaines entre 63 et 65 dollars. La baisse du cours du baril avait récemment conforté la désinflation.
Les investisseurs craignent que la poursuite des frappes israéliennes ne mette à mal la production iranienne, le pays étant le septième producteur mondial. Les autorités de Téhéran ont indiqué vendredi qu’aucune installation pétrolière n’avait été touchée. Les recettes pétrolières sont, pour l’Iran, indispensables. Elles ont atteint 67 milliards de dollars l’an dernier. Priver Téhéran de ces ressources est sans nul doute une tentation pour Israël afin d’affaiblir le régime. En moyenne, le pays a produit l’an dernier 3,26 millions de barils de brut, une production en augmentation de 13 % par rapport à 2023. La moitié de cette production est exportée, essentiellement vers la Chine. Les pays de l’OPEP ont la capacité de compenser l’arrêt de la production iranienne (soit 3 % de la production mondiale), avec néanmoins, à la clé, une hausse des cours.
Au-delà de la production pétrolière iranienne, les investisseurs sont attentifs à l’accès au détroit d’Ormuz, en partie contrôlé par l’Iran. Ce détroit est un passage stratégique pour les cargaisons de pétrole et de gaz du Moyen-Orient vers l’Asie et l’Europe. Téhéran a, par le passé, menacé de bloquer le trafic dans cette zone, même si le gouvernement n’a jamais mis ces menaces à exécution, sachant qu’il en serait la première victime. Plus de 20 % du pétrole mondial et du GNL transitent par ces routes. Le détroit d’Ormuz est notamment stratégique pour le Qatar, qui expédie son GNL vers les pays asiatiques. JP Morgan évalue que le blocage de cette voie d’accès au golfe Persique porterait le prix du pétrole brut à 130 dollars le baril. Le prix du gaz a fortement augmenté vendredi, en lien avec la crainte d’un tel blocage. Le TTF, principal indice européen, a augmenté de plus de 5 % ce vendredi, atteignant 38 euros le MWh.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 13 juin 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 684,68 | -1,65 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 42 197,79 | -1,46 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 976,97 | -0,37 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 19 406,83 | -0,63 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 499,40 | -3,42 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 850,63 | +0,11 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 290,47 | -2,76 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 37 834,25 | +1,03 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 377,00 | +0,40 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,256 % | +0,013 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,534 % | -0,038 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,422 % | -0,061 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1558 | +1,49 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 421,65 | +2,270 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 73,32 | +11,49 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 105 697,60 | +0,57 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
L’économie des États-Unis a, en effet, créé 139 000 emplois au mois de mai. Certes, ce chiffre est inférieur à celui d’avril (147 000), mais il dépasse le consensus établi par Bloomberg, qui tablait sur 126 000 créations de postes. Le taux de chômage est resté stable à 4,2 % de la population active, comme prévu, tandis que le salaire horaire moyen a progressé de 3,9 % sur un an, soit le même rythme qu’en avril et 0,2 point au-dessus des attentes.
La semaine a été marquée par la forte chute de l’action Tesla, victime d’une dispute sans précédent entre Donald Trump et Elon Musk. Le titre a perdu 14,3 % le 5 juin avant de regagner du terrain le vendredi suivant, Wall Street voulant croire à une accalmie entre ces deux egos surdimensionnés. La querelle est née des critiques formulées par Elon Musk à l’encontre du projet de budget, qui risquerait de remettre en cause ses ambitions spatiales. En réaction, la Maison-Blanche a indiqué qu’elle était prête à annuler tous les contrats dont bénéficient les entreprises de Musk. Cette guerre d’egos n’a toutefois pas eu d’incidence sur le cours du bitcoin, qui demeure au-dessus de 100 000 dollars.
L’économie chinoise souffre, quant à elle, de la hausse des droits de douane imposés par Donald Trump. L’indice PMI manufacturier, calculé par le cabinet S&P Global et le média économique chinois Caixin, est tombé à son plus bas niveau depuis l’automne 2022. Il est repassé sous le seuil des 50 points, qui marque la frontière entre contraction et expansion de l’activité – une première depuis octobre 2024. Cette baisse s’explique en partie par des achats anticipés réalisés par les importateurs américains en février et mars.
Sur le front diplomatique, la tentative de décrispation entre Pékin et Washington ne convainc guère. La conversation d’hier entre Donald Trump et son homologue Xi Jinping, censée relancer les négociations commerciales, s’apparente davantage à un exercice de communication. Les marchés attendent encore des preuves tangibles. Les deux dirigeants sont convenus de poursuivre les discussions en vue de résoudre les différends sur les droits de douane et l’accès aux terres rares chinoises. L’entretien a entraîné une légère hausse des cours du pétrole, les investisseurs espérant un regain d’activité en Chine en cas d’accord commercial. Les pourparlers de paix entre la Russie et l’Ukraine, en revanche, restent dans l’impasse : Moscou exige, plus ou moins explicitement, la reddition de Kiev.
Dans ce contexte troublé, les indices actions sont restés relativement stables cette semaine, avec des progressions tournant autour de 1 %, à l’exception du Nasdaq, qui a gagné plus de 2 %. Les investisseurs demeurent relativement – voire étonnamment – confiants, estimant que la situation économique pourrait s’améliorer à moyen terme.
Jeudi 5 mai, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, pour la huitième fois consécutive, de réduire ses taux directeurs d’un quart de point. À compter du 11 juin, le taux de dépôt sera abaissé à 2 %, celui de la facilité de refinancement à 2,25 %, et celui de la facilité de prêt marginal à 2,4 %. Christine Lagarde a néanmoins précisé que cet allègement serait parmi les derniers envisagés. Elle a souligné que « au niveau actuel des taux d’intérêt, nous arrivons à la fin d’un cycle de politique monétaire qui répondait à des chocs cumulés, dont la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et la crise énergétique ».
L’inflation dans la zone euro se situe désormais dans la cible des 2 %. En mai, elle s’est établie à 1,9 % sur un an. Les économistes de la BCE anticipent une inflation de 2 % en 2025, de 1,6 % en 2026, et de 2 % en 2027. La hausse des droits de douane annoncée par l’administration Trump à l’encontre de l’Europe – bien que sa mise en œuvre soit suspendue – pèse déjà sur les perspectives de croissance, ce qui limite les pressions inflationnistes. Par ailleurs, l’appréciation de l’euro face au dollar réduit le coût des importations.
La baisse des taux directeurs devrait permettre une légère diminution des taux de crédit, favorisant ainsi l’investissement et le secteur de la construction. En contrepartie, la rémunération des dépôts à terme et des livrets d’épargne devrait continuer à baisser. Cette semaine, les taux souverains à 10 ans ont cependant légèrement progressé.
Le 4 juin, la Commission européenne a répondu à la France au sujet du plan présenté pour réduire les déficits publics dans le cadre de la procédure pour déficit excessif. Dans son avis, la Commission estime qu’au vu des éléments transmis, aucune mesure contraignante supplémentaire n’est actuellement justifiée. La procédure est ainsi mise « en suspens », sans pour autant être formellement « suspendue » à long terme. Cette annonce s’inscrit dans le prolongement de la décision de l’agence de notation S&P, qui a maintenu la note souveraine de la France. Le prochain rendez-vous budgétaire décisif sera l’adoption des projets de loi de finances pour 2026.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 6 juin 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 804,87 | +0,87 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 42 762,62 | +1,17 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 000,35 | +1,49 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 19 529,95 | +2,34 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 304,46 | +1,56 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 837,91 | +0,73 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 430,17 | +1,39 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 37 741,61 | +0,05 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 385,36 | +1,34 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,243 % | +0,082 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,572 % | +0,072 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,483 % | +0,080 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1387 | +0,64 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 329,69 | +1,00 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 66,23 | +3,33 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 105 048,83 | +0,23 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Après avoir encaissé, en avril, la tempête des droits de douane américains, les marchés se sont ressaisis au cours du mois de mai. La hausse des indices actions a été obtenue malgré les sautes d’humeur, plus ou moins calculées, du locataire de la Maison-Blanche. Ordres et contre-ordres se sont multipliés, visant tour à tour différentes cibles. L’Europe et la Chine ont été alternativement dans le viseur du président Donald Trump. Pour compliquer encore la donne et accroître les incertitudes, la justice américaine s’est immiscée dans le débat en contestant le droit du président à modifier les tarifs douaniers par décret.
Le CAC 40 reste à la traîne des autres grands indices. Il a progressé de 2 % en mai, contre une hausse de près de 7 % pour le DAX allemand. L’EuroStoxx 50 a, de son côté, enregistré une hausse de 4 %. Sur le même mois, le Nasdaq a bondi de plus de 8 %, et le S&P 500 de près de 6 %.
Le bitcoin, après un mois d’avril difficile, a enregistré une hausse de plus de 10 %, lui permettant de battre de nouveaux records. Il a terminé le mois autour de 105 000 dollars.
Sur le front de la guerre commerciale, Donald Trump a accusé Pékin d’avoir « totalement violé » les termes de leur accord commercial, sans en préciser les motifs. Le secrétaire au Trésor a, le jeudi 29 mai, souligné que les négociations entre les deux puissances mondiales étaient « un peu dans l’impasse », suggérant que les deux chefs d’État pourraient reprendre la main.
Imbroglio juridico-commercial
Les investisseurs s’interrogent de plus en plus sur l’intérêt, pour les partenaires commerciaux des États-Unis, de s’engager dans des négociations, étant donné que la justice américaine arbitre la légalité des décisions présidentielles en matière de droits de douane. En quelques heures, la situation s’est complexifiée. Un jour seulement après que des juges ont bloqué la majorité des barrières douanières décidées par Washington, la cour d’appel a accordé à l’administration un sursis dans l’attente d’un jugement sur le fond. Donald Trump ne se considère pas battu. Peter Navarro, son conseiller commercial, a ainsi souligné que « même si nous perdons, nous procéderons autrement ». La Maison-Blanche espère obtenir gain de cause devant la Cour suprême. Par ailleurs, selon le Wall Street Journal, l’équipe présidentielle prépare un nouveau texte, fondé sur le Trade Act de 1974, visant à imposer des surtaxes allant jusqu’à 15 % sur une large gamme de produits importés, et cela pour une durée de 150 jours. D’autres dispositifs législatifs susceptibles d’autoriser une action présidentielle en matière commerciale pourraient également être mobilisés.
Malgré la menace des droits de douane, l’inflation ralentit aux États-Unis. L’indice des prix PCE, baromètre d’inflation préféré de la Réserve fédérale, n’a augmenté que de +0,1 % en avril pour sa composante « core » (hors alimentation et énergie), soit une hausse annuelle de 2,5 %, la plus faible depuis plus de quatre ans (contre 2,7 % en mars). Ce ralentissement de l’inflation est attribuable au coup de frein de la consommation, pourtant moteur essentiel de la croissance américaine. Les dépenses de consommation réelle n’ont progressé que de 0,1 % en avril, contre +0,7 % en mars. Cette prudence accrue des ménages s’est traduite par une augmentation du taux d’épargne, passé de 4,3 % à 4,9 % en un mois, atteignant son plus haut niveau depuis près d’un an. Dans le même temps, les importations américaines de marchandises ont chuté de 19,8 % entre mars et avril, les importateurs ayant anticipé leurs achats en début d’année pour contourner les hausses de droits de douane.
Après les droits de douane, les impôts
Après les surtaxes commerciales, les États-Unis ont décidé d’activer le levier fiscal pour obtenir des concessions de leurs partenaires, en premier lieu de l’Europe. Les élus républicains du Congrès ont introduit, dans le projet de loi de finances, un mécanisme de rétorsion contre les pays aux pratiques fiscales jugées « injustes ».
L’Union européenne est directement visée, tout comme le Royaume-Uni, le Canada ou encore l’Australie. Sont notamment en cause la taxe sur les services numériques et les mesures instaurant une imposition minimale des multinationales. La France est en première ligne, accusée d’avoir mis en œuvre à la fois une taxe GAFAM sur les grandes plateformes numériques et l’impôt minimum effectif négocié dans le cadre de l’OCDE, transposé via une directive européenne.
Les États-Unis ont ainsi décidé d’appliquer, dès l’an prochain, une taxe supplémentaire sur les revenus américains perçus par des entités françaises, britanniques ou australiennes. Cette surtaxe démarrera à 5 %, augmentant de cinq points par an jusqu’à un plafond de 20 %. Son assiette est large : du simple actionnaire d’Apple aux gouvernements étrangers eux-mêmes, en passant par les filiales de multinationales. Elle s’ajoutera aux impôts déjà en vigueur — qu’il s’agisse de l’impôt sur les sociétés, des taxes sur les dividendes ou sur les redevances. Jusqu’à 80 % des investissements étrangers aux États-Unis pourraient être concernés.
Cette mesure risque de réduire l’attractivité du marché américain pour les investisseurs européens, alors même que les États-Unis ont besoin de capitaux étrangers pour financer leurs investissements. Elle pourrait également peser sur les cours des actions américaines. Enfin, elle entre en contradiction directe avec la volonté affichée de Donald Trump de faire revenir les capitaux étrangers pour réindustrialiser le pays. La taxation de ces flux pourrait dissuader de nombreuses entreprises d’investir outre-Atlantique.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 30 mai 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 751,89 | +0,23 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 42 270,07 | +1,66 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 911,69 | +1,54 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 19 113,77 | +1,83 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 997,48 | +1,60 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 772,38 | +0,62 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 366,59 | +0,76 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 37 965,10 | +1,91 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 347,49 | -1,01 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,161 % | -0,102 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,500 % | -0,071 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,403 % | -0,096 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1364 | +0,19 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 291,06 | -0,89 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 63,92 | -1,66 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 104 088,62 | -2,42 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Le taux d’épargne des ménages s’est élevé, selon l’INSEE, en France au premier trimestre 2025 à 18,8 % du revenu disponible brut (RDB), en hausse de 0,3 point par rapport au dernier trimestre 2024. Hors période Covid, il faut remonter au troisième trimestre 1981 pour constater un taux d’épargne plus élevé.
Le taux d’épargne des ménages n’a, en France, pas retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire (15 %). La succession de chocs — Covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste, crise politique (dissolution), retour de Donald Trump — explique en partie cette propension à l’épargne. Le faible niveau de confiance des ménages ne les incite pas à consommer. Le montant élevé du déficit public conduit, par ailleurs, les ménages à épargner par crainte d’une augmentation des prélèvements (effet Ricardo-Barro ou équivalence ricardienne).
La désinflation n’a pas modifié le comportement des Français, pas plus que la hausse de leurs revenus. Au premier trimestre 2025, leur pouvoir d’achat a augmenté de 0,3 % (+0,1 % par unité de consommation). Dans le même temps, les ménages ont réduit leur consommation de 0,2 %, entraînant une hausse du taux d’épargne. C’est l’épargne financière qui bénéficie de cette progression, passant de 9,3 % à 9,8 % du revenu disponible brut entre le dernier trimestre 2024 et le premier trimestre 2025. Il faut remonter à 1950 pour retrouver (hors période Covid) un taux d’épargne financière plus élevé (10,7 % au deuxième trimestre 1950).
Cette hausse spectaculaire de l’épargne financière s’explique également par les craintes des Français concernant leur pouvoir d’achat à la retraite. Ils sont de plus en plus nombreux à épargner pour se constituer un complément de revenus ou de capital. Le vieillissement démographique joue en faveur de l’épargne. Ce phénomène est également observé en Allemagne, au Japon ou en Chine.
Une décrue significative du taux d’épargne ne pourra advenir qu’avec le retour de la confiance et d’une dynamique économique crédible. Mais le niveau de 2019 appartient, sans doute, déjà à l’histoire ancienne.

Cercle de l’Épargne – données INSEE
L’encours de l’épargne financière des ménages s’élevait au quatrième trimestre 2024 à 6 356 milliards d’euros dont 3 856 milliards au titre des produits de taux et 2 420,1 milliards d’euros au titre des produits de fonds propres. Le numéraire et les dépôts à vue représentent 742,7 milliards d’euros, l’épargne réglementée 955,7 milliards d’euros, les livrets ordinaires et les comptes à terme 409,7 milliards d’euros et les fonds euros d’assurance vie – PER 1 551,6 milliards d’euros. L’encours des actions cotées est de 310,4 milliards d’euros, celui unités de compte des contrats d’assurance vie 6 PER est de 538 milliards d’euros.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France
En 2024, l’épargne brute, c’est-à-dire la part de leurs revenus qui reste aux ménages après leurs dépenses de consommation, a atteint 343,4 milliards d’euros en 2024, contre 205,4 milliards d’euros. Les principaux placements financiers restent élevés comparés aux années passées.
En 2024, le flux net de placements des ménages s’établit, selon la Banque de France, à 112,8 milliards d’euros, après 112,3 milliards en 2023. Cette stabilité s’accompagne néanmoins d’un rééquilibrage de l’allocation entre les types de placement de taux qui profite à l’assurance vie en euros.
Les flux financiers trimestriels ont atteint, en moyenne 28,2 milliards d’euros en 2024, contre une moyenne de 26,2 milliards d’euros entre 2014 et 2024.
Les flux au profit des produits de taux ont atteint, en 2024, 73,1 milliards d’euros contre 66,2 milliards d’euros en 2023. Ils ont représenté, en 2024, 64,8 % des flux contre 59 % en 2023. Les produits de fonds propres ont bénéficié de flux de 36,5 milliards d’euros en 2024 et de 45,5 milliards d’euros en 2023.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France
Les données préliminaires (encore partielles) relatives aux principaux flux de placements financiers des ménages pour le premier trimestre 2025 indiquent une reprise de la collecte sur les dépôts à vue (+6,2 milliards d’euros après -0,7 milliard au quatrième trimestre), une décollecte sur les livrets d’épargne en lien avec la diminution des taux de rémunération, ainsi qu’une baisse des flux vers l’assurance vie et les droits à pension en euros. À l’inverse, les supports en unités de compte connaissent une réelle augmentation.
Le taux d’épargne des ménages s’est élevé, selon l’INSEE, en France au premier trimestre 2025 à 18,8 % du revenu disponible brut, en hausse de 0,3 point par rapport au dernier trimestre 2024. Hors période covid, il faut remonter au troisième trimestre de 1981 pour constater un taux d’épargne plus élevé.
Le taux d’épargne des ménages n’a en France, pas retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire (15 %). La succession de chocs, covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste, crise politique, retour de Donald Trump, explique en partie cette propension à l’épargne. Le faible niveau de confiance des ménages, ces derniers, ne les incite pas à consommer. Le montant important du déficit public conduit, par ailleurs, les ménages à épargner par crainte d’une augmentation des prélèvements (effet Ricardo-Barro ou équivalence ricardienne).
La désinflation n’a pas modifié le comportements des Français ni même la hausse de leurs revenus. Au premier trimestre 2025, leur pouvoir d’achat a augmenté de 0,3 % (+0,1 % par unité de consommation). Dans le même temps, les ménages ont réduit leur consommation de 0,2 % entrainant la hausse du taux d’épargne. C’est l’épargne financière qui bénéficie de cette progression, passant de 9,3 à 9,8 % du revenu disponible brut du dernier trimestre 2024 au premier trimestre 2025. Il faut remonter à 1950 pour retrouver (hors période covid) un taux d’épargne financière plus élevé (10,7 % au deuxième trimestre 1950).
Cette hausse spectaculaire de l’épargne financière s’explique également par les craintes des Français en ce qui concerne leur pouvoir d’achat à la retraite. Ils sont de plus en plus nombreux à épargner pour se constituer un complément de revenus ou de capital à la retraite. Le vieillissement démographique joue en faveur de l’épargne. Ce phénomène est également constaté en Allemagne, au Japon ou en Chine.
Une baisse du taux d’épargne en France passe par une amélioration de la confiance et des perspectives de croissance. En revanche, il est peu probable qu’il ne retrouve son niveau de 2019.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Les investisseurs pensaient bénéficier d’une période de répit jusqu’au 9 juillet, date fatidique pour les négociations commerciales avec les États-Unis, avant que ces derniers n’appliquent des droits dits « réciproques », synonymes de droits majorés. Or, avec Donald Trump, rien n’est jamais acquis, et l’imprévisible est la règle.
L’Union européenne jugée coupable par Donald Trump
Vendredi 23 mai, le président américain a menacé l’Union européenne d’instaurer des droits de douane à hauteur de 50 %. Très remonté, le locataire de la Maison-Blanche a exprimé sur son réseau Truth Social son impatience à l’égard des négociations commerciales avec Bruxelles. Il a ainsi déclaré que ces négociations « ne mènent nulle part […] Il est très difficile de traiter avec l’UE, créée en premier lieu pour profiter des États-Unis d’un point de vue commercial. Je recommande d’imposer 50 % de droits de douane sur l’Union à compter du 1er juin ». Le républicain a également dénoncé les « barrières commerciales, la TVA, les sanctions injustifiées contre les entreprises américaines, les barrières non douanières, les manipulations monétaires, qui ont conduit à un déficit commercial de plus de 250 milliards de dollars par an, ce qui est totalement inacceptable ». Cette déclaration a provoqué une forte baisse des indices européens. Le CAC 40 a touché un plus bas à 7 620,40 points, en retrait de 3,1 %, avant de limiter ses pertes à 1,65 % en clôture, terminant la semaine à 7 734,40 points. Aucun secteur n’a été épargné : ni le luxe, ni l’automobile, ni la banque, ni la tech. L’indice allemand a également reculé, mais dans une moindre mesure. Les indices américains ont reculé de plus de 2 % effaçant une partie des gains de la semaine précédente.
Les menaces du Président américain ont eu pour effet d’effacer la hausse des taux des obligations souveraines, hausse enregistrée en début de semaine en raison des craintes de dérive budgétaire aux États-Unis, liées à l’adoption du budget fédéral.
L’euro résiste relativement bien, s’échangeant à 1,14 dollar, preuve que les investisseurs misent sur un accord, à terme, avec les Américains. Néanmoins, avec ces nouvelles tensions commerciales, l’or est reparti à la hausse.
Apple dans le viseur du Président américain
Donald Trump s’en est également pris, ce même 23 mai, à Apple, menaçant d’appliquer une surtaxe de 25 % si les iPhone ne sont pas fabriqués aux États-Unis. « Cela fait longtemps que j’ai informé Tim Cook d’Apple que je m’attendais à ce que les iPhone vendus aux États-Unis soient fabriqués aux États-Unis, et non en Inde ou ailleurs. Si ce n’est pas le cas, Apple devra payer des droits de douane d’au moins 25 % aux États-Unis », a déclaré le président républicain.
De nouveaux records pour le bitcoin
Le bitcoin a battu dans la semaine un nouveau record. Il a fêté dignement les quinze ans de sa première transaction commerciale. Le 22 mai 2010, un programmeur floridien, Laszlo Hanyecz, réalisait, en effet, la première transaction commerciale connue en bitcoin, en échangeant 10.000 BTC contre deux pizzas. Jeudi 22 mai 2025, lors de cette date anniversaire désormais célébrée comme le « Bitcoin Pizza Day », l’actif numérique s’est échangé contre plus de 111 000 dollars. La commande de pizza vaudrait aujourd’hui plus de 1,1 milliard de dollars, contre les 41 dollars échangés en 2010.
Le bitcoin a connu ces dernières semaines une évolution en montage russe passant de 109 000 dollars, lors de l’investiture de Donald Trump à 80 000 dollars après les annonces de ce dernier sur les droits de douane au début du mois d’avril. Il est depuis porté le rétropédalage relatif du président américain et surtout par les apports réalisés par les institutionnels dans le cadre des fonds indiciels (ETF). Pour le seul mois de mai, plus de 4,2 milliards de dollars ont été injectés dans les fonds négociés en bourse aux Etats-Unis. La première des cryptoactifs profite du mouvement de dérégulation lancé par le Président américain. Le Genius Act, en cours d’examen au Sénat américain, propose un encadrement strict des stablecoins (cryptomonnaies adossées à des actifs traditionnels comme le dollar) : réserves obligatoires, supervision renforcée et cadre pour l’émission bancaire. Selon Standard Chartered, cette loi pourrait faire passer le marché des stablecoins de 240 milliards à 2 000 milliards de dollars d’ici à 2028. La banque JPMorgan Chase, longtemps prudente à l’égard des cryptoactifs, a annoncé début mai qu’elle autorisait désormais sa clientèle à acheter directement du bitcoin via sa plateforme.
Sur le front de la conjoncture : léger mieux en Allemagne, moral en berne en France
Sur le plan de la conjoncture, en Allemagne, l’indice Ifo du climat des affaires pour le mois de mai s’améliore. L’indicateur progresse à 87,5 points, contre 86,9 en avril (87,4 points étaient attendus selon le consensus). En revanche, le climat des affaires en France se dégrade, tout comme le moral des consommateurs.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 23 mai 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 886,69 | -1,93 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 41 603,07 | -2,31 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 802,82 | -2,37 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 18 737,21 | -2,47 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 629,58 | -0,58 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 717,97 | +0,38 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 326,31 | -1,85 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 37 118,39 | -2,66 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 354,71 | +0,09 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,263 % | +0,001 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,571 % | -0,008 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,499 % | +0,070 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1359 | +1,52 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 364,82 | +3,34 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 64,95 | -1,04 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 109 608,36 | +5,87 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Si selon une étude de l’Autorité des Marchés Financiers de 2023, deux tiers des Français jugent nécessaire que leur épargne soit en phase avec les objectifs du développement durable, le passage à l’acte est plus difficile. Plus récemment, selon l’enquête de Toluna Harris Interactive réalisée pour le label ISR (pour investissement socialement responsable), publiée le 20 mai dernier, seulement 12 % des Français auraient déjà investi dans un produit d’épargne dit « responsable ». Une des raisons de ce faible score est la méconnaissance des produits « verts » par les Français. Seul « un Français sur cinq aurait déjà entendu parler de l’épargne responsable ». 73 % des sondés reconnaissent être « mal informés » sur ce type de produits. Les Français privilégient les placements connus et sans risque. 81 % du panel interrogé par l’institut Toluna Harris indique détenir un livret d’épargne réglementé, comme un Livret A, un Livret d’épargne populaire (LEP) ou un Livret de développement durable et solidaire (LDDS).
En 2023, 52,2 % des salariés du secteur privé non agricole sont, selon la Dares, le service statistique du ministère du Travail, couverts par au moins un dispositif d’épargne salariale (participation, intéressement, plan d’épargne entreprise – PEE –, plan d’épargne retraite collectif – Perco). Ce taux est en baisse de 0,7 point par rapport à 2022. Ainsi, 10,2 millions de salariés sont couverts par au moins un de ces quatre dispositifs. Le PEE reste le plus répandu, avec 44,3 % des salariés couverts en 2023, une part quasiment stable sur un an. La participation aux résultats de l’entreprise concerne 38,1 % des salariés, en recul de 1,0 point. L’intéressement couvre 34,6 % des salariés (part stable), tandis que la diffusion du Perco, en légère hausse, atteint 26,7 % des salariés (+0,4 point).
Une couverture liée à la taille de l’entreprise
En 2023, dans les entreprises de moins de 50 salariés, moins d’un salarié sur cinq est couvert par au moins un dispositif (18,1 %), contre 46,6 % dans celles de 50 à 99 salariés et 89,4 % dans celles de 1 000 salariés ou plus. Dans les très grandes entreprises, 95,6 % des salariés sont couverts. Le taux de couverture a diminué dans les plus petites structures (-1,8 point dans celles de moins de 50 salariés). Cette baisse peut s’expliquer par la forte croissance des créations d’entreprises ces dernières années. Les TPE, notamment au cours de leurs premières années, sont peu enclines à mettre en place des dispositifs d’épargne salariale.
Plus les entreprises versent des salaires élevés, plus la couverture en dispositifs d’épargne salariale est élevée. Elle atteint 68,4 % dans les entreprises où le salaire moyen est supérieur au 7e décile (soit 32 316 euros bruts). Dans les entreprises où le salaire moyen est inférieur au 3e décile (19 663 euros bruts), elle est de 23,6 %.
Près de 9 millions de bénéficiaires en 2023
En 2023, plus de 8,9 millions de salariés ont perçu une prime de participation ou d’intéressement au titre de l’exercice ou ont bénéficié d’un abondement sur leur PEE ou leur Perco. Ainsi, 45,2 % des salariés du secteur privé ont reçu une prime liée à l’épargne salariale, en recul de 1,1 point sur un an. Parmi les salariés couverts par au moins un dispositif, 86,7 % ont été concernés.
Le montant total des primes s’élève à 26,7 milliards d’euros bruts (y compris CSG et CRDS), en hausse de 0,4 milliard d’euros dans un contexte d’inflation persistante. Dans les entreprises de moins de 10 salariés, environ 350 000 personnes ont bénéficié d’une prime en 2023, soit 9,4 % des effectifs. Le montant total de ces primes atteint 0,8 milliard d’euros bruts. Dans les entreprises de 10 salariés ou plus, 8,5 millions de salariés ont bénéficié d’une prime ou d’un abondement en 2023, contre 8,4 millions en 2022. Le montant global atteint 25,9 milliards d’euros bruts, un nouveau record.
L’intéressement et l’abondement en hausse
En 2023, 5,6 millions de salariés d’entreprises de 10 salariés ou plus ont perçu une prime d’intéressement. Le nombre de bénéficiaires augmente légèrement par rapport à 2022 (+0,7 %, après +3,4 % en 2022). Les sommes versées au titre de l’intéressement atteignent 11,6 milliards d’euros bruts, en hausse de 1,8 %, et représentent 4,8 % de la masse salariale des bénéficiaires. Les entreprises ont également versé 2,0 milliards d’euros bruts d’abondement sur les PEE et 0,8 milliard sur les Perco. En 2023, 2,5 millions de salariés ont bénéficié d’un abondement sur leur PEE et 1,2 million sur leur Perco, représentant respectivement 1,7 % et 1,2 % de la masse salariale. Le complément de rémunération issu de ces dispositifs atteint en moyenne 3 039 euros bruts par bénéficiaire, après 2 920 euros en 2022.
Des sommes majoritairement placées
Les salariés peuvent choisir de percevoir immédiatement les sommes issues de la participation et de l’intéressement, ou de les placer sur un plan d’épargne ou un compte courant bloqué (pour la participation). En 2023, dans les entreprises de 10 salariés ou plus, les sommes perçues immédiatement atteignent 4,1 milliards d’euros nets pour la participation comme pour l’intéressement. Les sommes placées atteignent respectivement 6,2 et 6,4 milliards d’euros nets.
Les versements cumulés des salariés et des entreprises représentent 13,4 milliards d’euros nets (après CSG et CRDS), en forte progression pour la deuxième année consécutive (+10,4 %, après +17,0 % en 2022). Ces montants proviennent à 72,4 % des primes versées au titre de l’exercice 2022.
En 2023, 1,6 million de salariés ont épargné sur un Perco, pour un montant total de 2,9 milliards d’euros nets (+9,0 % sur un an). Les primes issues de l’exercice 2022 représentent 47,3 % des versements sur les Perco. La part des versements volontaires des salariés s’élève à 18,1 %.
L’épargne salariale confirme, en 2023, son rôle structurant dans la rémunération différée des salariés du secteur privé, avec des montants distribués en progression et une diffusion encore très liée à la taille et à la richesse des entreprises. Si la baisse du taux de couverture dans les petites structures témoigne des difficultés persistantes à démocratiser ces dispositifs, la stabilité, voire la hausse, des montants versés souligne leur ancrage dans les pratiques des entreprises établies. L’essor des plans d’épargne retraite collectifs, traduit un intérêt croissant des salariés pour une gestion de long terme de leur épargne, en lien avec les enjeux de pouvoir d’achat à la retraite. Reste que les inégalités d’accès, sociales comme sectorielles, appellent à des mesures d’incitation ciblées pour favoriser l’extension de ces outils aux publics les plus éloignés de la culture d’épargne en entreprise.
Livret A : touché mais pas coulé
Le Livret A, avec une décollecte de 200 millions d’euros, enregistre sa première sortie nette de fonds depuis le mois d’octobre dernier. Cette décollecte s’inscrit dans le processus d’atterrissage amorcé depuis l’annonce de la baisse de son taux de rémunération. La collecte avait été de 400 millions d’euros en mars et de 940 millions d’euros en février. Sur les quatre premiers mois de l’année 2025, la collecte atteint seulement 1,53 milliard d’euros, contre 7,64 milliards d’euros sur la même période de 2024.
Le résultat d’avril 2025 peut néanmoins surprendre : le quatrième mois de l’année est généralement favorable au Livret A. La collecte moyenne d’avril sur les dix dernières années s’élève à 1,929 milliard d’euros. En avril 2024, elle avait atteint 1,48 milliard d’euros. Depuis 2009, une seule décollecte avait été enregistrée au mois d’avril, en 2015, avec -170 millions d’euros. La collecte la plus élevée pour un mois d’avril reste celle de 2020, en plein confinement, avec 5,47 milliards d’euros.
Le Livret A continue d’être affecté par l’effet taux. Les ménages redéploient une partie de leur épargne de précaution vers des produits de long terme comme l’assurance vie, qui connaît un net rebond depuis le début de l’année. Cet ajustement est logique après plusieurs années de versements massifs sur le Livret A, dont l’encours est passé de 298 à 444 milliards d’euros.
L’encours du Livret A s’établit, après cette décollecte, à 444 milliards d’euros.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) fait bande à part
Contrairement au Livret A, le LDDS affiche une collecte positive en avril, avec +310 millions d’euros. Cela s’explique par sa fonction d’antichambre des comptes courants : les ménages y gèrent leur trésorerie en temps réel, tandis que le Livret A reste davantage perçu comme un produit d’épargne à moyen ou long terme.
La collecte du LDDS en avril 2025 s’élève à 310 millions d’euros, contre 400 millions en mars et 760 millions en avril 2024. Elle reste néanmoins inférieure à la moyenne des dix dernières années (586 millions d’euros). Sur les quatre premiers mois de l’année 2025, la collecte cumulée atteint 2,11 milliards d’euros, contre 3,68 milliards sur la même période en 2024.
L’encours du LDDS atteint un nouveau record en avril 2025, à 162,7 milliards d’euros.
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) : forte décollecte sur fond de régularisation
Le Livret d’Épargne Populaire connaît une décollecte marquée, à hauteur de 1,96 milliard d’euros. En avril 2024, il avait déjà enregistré une décollecte de 270 millions d’euros. Ces sorties s’expliquent par les vérifications annuelles des conditions d’éligibilité effectuées par les banques : elles doivent clôturer les LEP des épargnants dont le revenu fiscal de référence dépasse le plafond autorisé. Les revenus pris en compte pour 2025 sont ceux de 2023, année marquée par de fortes revalorisations salariales, notamment du SMIC.
La collecte cumulée sur les quatre premiers mois de l’année est négative de 1,37 milliard d’euros, contre une collecte positive de 3,99 milliards sur la même période en 2024.
Les ménages modestes réagissent rapidement aux variations de taux, passé de 4 % à 3,5 % le 1er février dernier.
L’encours du LEP s’établit ainsi, fin avril, à 80,8 milliards d’euros, contre 82,8 milliards fin mars.
Vers une baisse du taux du Livret A et du LEP en août prochain
Les deux composantes entrant dans le calcul du taux du Livret A — le taux €STR et l’inflation — sont orientées à la baisse. Sur la base des données disponibles pour les quatre premiers mois de 2025, le taux du Livret A pourrait être ramené de 2,4 % à 1,5 %.
Le taux du LEP pourrait, quant à lui, passer de 3,4 % à 2 %. Toutefois, ces dernières années, le gouvernement n’a pas toujours appliqué strictement la formule, préférant maintenir un avantage pour l’épargne populaire. Un taux de 2,5 % paraît ainsi plus probable.
Donald Trump, avec le pacte commercial signé avec le Royaume-Uni, a suscité un petit vent d’optimisme sur les marchés financiers.
Ce premier accord témoigne de la volonté de Washington de sortir de la spirale des droits de douane, même si, dans les faits, les tarifs appliqués aux États-Unis resteront à des niveaux supérieurs à ceux en vigueur avant le retour de Donald Trump au pouvoir. Ce dernier s’est félicité que le Royaume-Uni s’ouvre davantage aux produits américains, pour plusieurs milliards de dollars. De son côté, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a évoqué un accord « extrêmement important », notamment pour l’industrie automobile. Les constructeurs britanniques sont en effet autorisés à exporter 100 000 voitures vers les États-Unis avec une taxe réduite à 10 %, contre un taux de 27,5 % auparavant. La taxe plancher de 10 % annoncée le 2 avril sur l’ensemble des marchandises reste toutefois en vigueur.
Le Royaume-Uni, l’un des rares pays à afficher une balance commerciale équilibrée avec les États-Unis, demeure un cas particulier en raison des liens historiques unissant les deux nations. Donald Trump entend par ailleurs éviter un rapprochement entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, dont il reste un adversaire résolu. Il est, en effet, un fervent soutien du Brexit.
Autre signe encourageant : une réunion officielle entre représentants américains et chinois est prévue le samedi 10 mai. Il s’agit de la première rencontre depuis l’escalade tarifaire entre les deux pays. Donald Trump viserait à ramener les droits de douane de 145 % à 80 %. Plusieurs séances de travail seront nécessaires pour rapprocher les positions des deux premières puissances économiques mondiales.
La situation commerciale, en cette fin de printemps, reste contrastée. Les exportations totales chinoises ont augmenté de 8,1 % en avril sur un an, bien au-delà des prévisions des économistes. En revanche, celles à destination des États-Unis ont chuté de 21 % sur un an. Les entreprises chinoises ont redirigé leurs flux commerciaux vers d’autres marchés. Les exportations vers l’Inde et les dix pays de l’ASEAN ont progressé de plus de 20 %, tandis que celles vers l’Union européenne ont augmenté de 8 %. Les importations de biens américains en Chine, quant à elles, ont diminué de près de 14 %. Faute de produits de substitution, les importateurs américains continuent à acheter chinois, tout en s’acquittant des droits de douane.
En clôture, vendredi 9 mai, le CAC 40 a terminé à 7 743,75 points. Sur la semaine, il cède 0,34 %. À Francfort, le DAX a inscrit un nouveau record, avec un gain de près de 2 %. Les investisseurs anticipent par ailleurs une nouvelle baisse des taux directeurs de la part de la Banque centrale européenne. Les grands indices américains sont restés stables cette semaine. Les marchés demeurent prudents, dans l’attente de précisions sur le contenu des négociations américano-chinoises.
Le bitcoin a franchi, cette semaine, à nouveau la barre des 100 000 dollars. Son cours a été porté par l’accord commercial entre Washington et Londres, qui rassure les investisseurs sur les actifs risqués, comme les cryptomonnaies. Le bitcoin avait atteint son record historique à 109 000 dollars le 20 janvier, jour de l’investiture de Donald Trump à la Maison-Blanche. La chute des valeurs technologiques et des prises de bénéfice a provoqué un repli du bitcoin de près de 20 % en quelques semaines.
Le cours du pétrole a légèrement augmenté avec la signature de l’accord américano-britannique. En cas de multiplication d’accords commerciaux, le ralentissement de la croissance serait plus faible ce qui serait favorable à la demande de pétrole.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 9 mai 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 743,75 | -0,34 % % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 41 249,38 | -0,15 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 659,91 | -0,28 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 17 928,92 | -0,23 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 499,32 | +1,73 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 554,80 | -0,51 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 309,74 | +0,47 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 37 503,33 | +4,64 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 342,00 | +1,38 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,265 % | +0,018 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,550 % | +0,020 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,358 % | +0,042 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1265 | -0,99 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 339,85 | +0,58 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 63,58 | +3,45 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 102 779,95 | +6,52 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Les investisseurs ont choisi d’être optimistes en ce début de mois de mai. La publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis les a rassurés. Le marché du travail ralentit outre-Atlantique, mais moins fortement que prévu.
Les créations d’emplois non agricoles pour le mois se sont établies à 177 000, en baisse par rapport au chiffre révisé de 185 000 en mars, selon les données du Bureau des statistiques du travail du Département du Travail publiées vendredi. Ce chiffre est supérieur aux attentes, les économistes anticipant seulement 138 000 créations d’emplois. En avril, le taux de chômage est resté stable à 4,2 % de la population active par rapport à mars. La croissance du salaire horaire moyen a augmenté de 0,2 % sur une base mensuelle, en dessous des 0,3 % enregistrés en mars. Les résultats de l’emploi devraient conforter la Réserve fédérale dans sa stratégie d’attentisme.
Les indices PMI d’activité en zone euro pour le mois d’avril avaient également rassuré les investisseurs vendredi 2 mai. La production manufacturière a augmenté au rythme le plus rapide en un peu plus de trois ans, tout en restant en zone de contraction, l’indicateur passant de 48,6 à 49 points. Les nouvelles commandes ont continué de diminuer, mais à un rythme moins soutenu qu’auparavant, la composante ressortant à 49,5 points, soit tout près de la stabilisation.
Le CAC 40 a gagné cette semaine près de 3 %, portant le gain depuis le 1er janvier à 4,7 %. L’indice allemand continue de progresser plus vite que son homologue français, avec une hausse de près de 4,5 % sur la semaine, portant sa progression à plus de 15 % depuis le début de l’année.
Sur le marché américain, les bons résultats trimestriels de Microsoft et Meta ont été positivement accueillis par les investisseurs. Ces derniers nourrissent des espoirs d’une éventuelle désescalade sur le front commercial. Le ministère chinois du Commerce a en effet déclaré être en train d’évaluer une offre de Washington en vue de négociations concernant les droits de douane imposés par Donald Trump. Les autorités chinoises ont néanmoins réaffirmé que Washington devrait supprimer tous les tarifs unilatéraux, affirmant que « si les États-Unis veulent discuter, ils doivent montrer leur sincérité et être prêts à corriger leurs mauvaises pratiques et à annuler ces surtaxes ».
Les investisseurs n’ont pas surinterprété le recul du PIB américain au premier trimestre, imputable à une forte croissance des importations, réalisées en anticipation du relèvement des tarifs douaniers. Les grands indices américains ont connu une semaine honorable, avec une progression autour de 3 %.
Les cours du pétrole ont baissé cette semaine. Le baril de Brent a perdu près de 8 % en cinq jours et s’échangeait, vendredi 2 mai, contre 61 dollars. Les prévisions de croissance de la production de l’Opep+ à compter du mois de juin ont pesé sur les cours. L’Arabie saoudite, membre le plus influent de l’Opep+, est passée d’un objectif de « stabilité du marché » à une véritable offensive sur les parts de marché, au moment où la demande pourrait être moins dynamique en raison du ralentissement de l’économie mondiale.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 2 mai 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 770,48 | +2,98 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 41 317,43 | +2,93 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 686,67 | +3,07 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 17 977,73 | +3,37 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 057,34 | +4,48 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 596,35 | +2,15 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 285,19 | +2,22 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 36 807,78 | +7,65 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 279,03 | -0,63 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,247 % | +0,060 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,530 % | +0,061 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,316 % | +0,049 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1322 | -0,07 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 235,30 | -3,51 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 61,35 | -7,95 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 97 357,93 | +3,40 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Le Livret A est touché par l’effet taux mais conserve néanmoins une collecte positive en mars. Les ménages se détournent de ce placement depuis l’annonce du passage de son taux de rémunération de 3 % à 2,4 %. Compte tenu du niveau de l’inflation (0,8 % en février et en mars), ainsi que de la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne, une nouvelle diminution de son taux de rémunération est probable au 1er août prochain.
Une collecte modeste mais positive
Le Livret A, avec une collecte de 400 millions d’euros, enregistre en mars 2025 son plus mauvais mois de mars depuis 2016 (310 millions d’euros). Ce résultat tranche avec ceux des années précédentes : en mars 2024, le Livret A avait bénéficié d’une collecte de 1,53 milliard d’euros, et en 2023 de 4,17 milliards d’euros. La collecte de mars 2025 s’inscrit dans le processus de décélération constaté depuis le début de l’année. En février, la collecte s’élevait à 940 millions d’euros, et en janvier à 350 millions d’euros.
Sur le premier trimestre 2025, la collecte atteint 1,73 milliard d’euros, contre 8,91 milliards d’euros sur la même période en 2024.
La collecte de mars 2025 pour le Livret A est nettement inférieure à sa moyenne des dix dernières années (2 milliards d’euros).
En mars, le Livret A bat néanmoins un nouveau record d’encours avec 444,2 milliards d’euros.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) mieux que le Livret A
Le LDDS fait mieux que le Livret A en mars, avec une collecte de 610 millions d’euros, soit un montant proche de celui de février (640 millions d’euros). Ce résultat reste néanmoins inférieur à celui de mars 2024 (910 millions d’euros). Sur les trois premiers mois de l’année, le LDDS enregistre une collecte de 1,81 milliard d’euros, contre 2,92 milliards d’euros sur la même période en 2023. La collecte de mars 2025 est assez proche de la moyenne de ses dix dernières années (700 millions d’euros). Aucune décollecte n’a été enregistrée au mois de mars pour le LDDS.
L’encours du LDDS atteint, avec 162,4 milliards d’euros, un nouveau record.
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) : une érosion de la collecte
Comme le Livret A et le LDDS, le Livret d’Épargne Populaire est en repli en mars, avec une collecte de 140 millions d’euros, contre 350 millions d’euros en février. Cette collecte est en net retrait par rapport à celle de mars 2024 (950 millions d’euros).
Avec un encours de 82,8 milliards d’euros, le LEP atteint néanmoins un plus haut historique.
Une indéniable normalisation de l’épargne réglementée
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la baisse de la collecte du Livret A en ce début d’année. La diminution du taux de rémunération conduit les ménages à réorienter leur épargne vers d’autres placements, notamment l’assurance vie, qui connaît un excellent début d’année. Par ailleurs, certaines rumeurs évoquant une mobilisation de l’épargne pour financer la défense, perçue comme une forme de prélèvement, ont pu jouer en sa défaveur. Enfin, le nombre de Livrets A plafonnés a fortement augmenté ces dernières années (environ 13 %), ce qui pousse les épargnants disposant de liquidités à se tourner vers d’autres produits.
La baisse de la collecte du Livret A ne semble pas, en revanche, traduire un arbitrage en faveur de la consommation.
Une baisse des taux de rémunération attendue le 1er août 2025
Les deux composantes utilisées pour calculer le taux du Livret A — le taux ester et le taux d’inflation — sont orientées à la baisse. Compte tenu des données des trois premiers mois de l’année, le taux du Livret A pourrait passer de 2,4 % à 1,7 %.
Le taux du Livret d’Épargne Populaire pourrait quant à lui baisser de 3,4 % à 2,3 %. Pour ce dernier, le gouvernement n’a pas appliqué strictement la formule ces dernières années, préférant donner un avantage à l’épargne populaire.

CDC


CDC
Suspension des droits de douane majorés pendant une période de 90 jours réservée à la négociation : les nerfs des investisseurs sont mis à rude épreuve depuis le 2 avril dernier. Si la suspension des majorations a été appréciée, la poursuite de la guerre commerciale avec la Chine et le haut niveau d’incertitude pour la suite pèsent évidemment sur les valeurs « actions ». Le passage des droits à 10 % pour toutes les importations américaines, qui ne devrait pas être remis en cause, reste une mauvaise nouvelle pour les échanges.
La Bourse de Paris a connu le repli le plus important en Europe cette semaine. L’indice CAC 40 a, en effet, reculé de près de 4 %, quand le DAX allemand n’a perdu que 1,5 %. Les valeurs du luxe, de la finance et de l’automobile ont été les plus touchées. Aux États-Unis, le moratoire du président américain a été suivi d’un rebond impressionnant des indices actions. Le Nasdaq a progressé de plus de 7 % sur la semaine et le S&P 500 de près de 6 %. Le président américain, ayant invité à acheter des actions avant sa déclaration du 9 avril relative aux droits de douane, est suspecté d’être à l’origine d’un délit d’initié. Les démocrates au Congrès ont demandé, sur ce sujet, la création d’une commission d’enquête.
La spirale protectionniste s’emballe entre les Etats-Unis et la Chine
La spirale protectionniste bat son plein avec un bras de fer inédit entre les États-Unis et la Chine. Vendredi 11 avril, la Chine a décidé d’appliquer des droits de douane de 125 % sur les importations américaines, en réaction aux droits de 145 % institués par Donald Trump. Ces taux sont synonymes d’un quasi-embargo mutuel. Les Chinois n’entendent pas négocier sous la pression et la menace américaines. Ils estiment que l’économie américaine ne peut pas se passer de leurs importations. Celle-ci peut compter sur des stocks constitués en janvier et février, mais ceux-ci ne couvrent pas les besoins des entreprises au-delà du mois de mai.
Les autorités chinoises envisagent de réduire leurs exportations de métaux rares vers les États-Unis. Cette limitation risquerait néanmoins de peser sur les recettes d’exportation et d’inciter les Américains à se tourner vers d’autres fournisseurs. Vendredi 11 avril, le ministère du Commerce chinois a indiqué que les taux des droits de douane ne devraient plus évoluer : « étant donné qu’il n’y a plus aucune possibilité d’acceptation du marché pour les produits américains exportés vers la Chine aux niveaux tarifaires actuels, si la partie américaine continue par la suite à imposer des droits de douane sur les produits chinois exportés vers les États-Unis, la partie chinoise n’y prêtera aucune attention ». Les États-Unis pourraient eux aussi décider d’en rester là, pensent certains experts, leur surtaxe de 145 % sur les biens chinois étant supérieure à celle imposée par Pékin.
Le moral des consommateurs en berne aux États-Unis
Sur le plan économique, aux États-Unis, la dernière enquête de l’Université du Michigan sur le moral des consommateurs, réalisée entre le 25 mars et le 8 avril, c’est-à-dire avant le revirement de Donald Trump sur les droits de douane, a confirmé que les ménages restent préoccupés par la guerre tarifaire engagée par leur président. Leur moral est tombé à son plus bas niveau depuis juin 2022, à 50,8 points — trois points de moins qu’anticipé —, tandis que les attentes en matière d’inflation à court et à long terme ont atteint des niveaux inégalés depuis plusieurs décennies. Les ménages s’attendent à ce que les prix augmentent à un rythme annuel de 6,7 % sur les douze prochains mois (contre 5 % auparavant), soit le niveau le plus élevé enregistré depuis novembre 1981. À l’horizon de 5 à 10 ans, les anticipations montent à 4,4 %.
La « remontada » de l’euro
En fin de semaine, le dollar s’échangeait contre 1,13 euro. La devise européenne est à son plus haut niveau depuis février 2022, c’est-à-dire depuis le début de la guerre en Ukraine. Sur une semaine, elle a gagné 5 % face au dollar. Depuis le début de l’année, l’euro a repris 10 % par rapport à la monnaie américaine.Cette semaine, l’euro a été porté par plusieurs facteurs. La conclusion d’un accord de coalition en Allemagne, mercredi 9 avril, met fin à une incertitude politique européenne. Ce pacte augure des mesures de relance pour l’économie allemande, en perte de vitesse depuis de nombreuses années. La hausse de l’euro est avant tout la conséquence de la dépréciation du dollar qui a reculé de 8,5 % vis-à-vis des principales monnaies depuis le début de l’année. Le billet vert est affecté par la guerre commerciale et notamment par la montée aux extrêmes avec la Chine. La hausse des taux d’intérêt sur les obligations d’État américaines — le dix ans atteignant 4,5 % en fin de semaine — n’a pas suffi à enrayer la glissade du dollar.
Logiquement, quand les taux obligataires d’un pays augmentent, la devise de ce même pays s’apprécie : la rémunération augmente, ce qui incite normalement les investisseurs à placer leur argent et donc à « acheter » la devise. Mais ces derniers, compte tenu du contexte économique et politique des États-Unis, se détournent des actifs financiers américains. Ils privilégient les placements dans d’autres devises : le franc suisse, le yen et l’euro. Le dollar perd ainsi de son attrait, avec une érosion de son statut de « valeur refuge ». Les investisseurs perçoivent des risques de récession et d’inflation aux États-Unis. Ils vendent en conséquence des actifs américains pour redéployer leurs fonds vers des titres d’autres pays. Les États-Unis ont néanmoins un réel besoin de capitaux étrangers pour financer leurs imposants déficits publics et extérieurs. Cette dépendance peut peser sur les choix de Donald Trump. L’appréciation de l’euro renchérit le prix des exportations et diminue celui des importations. Pour la France, c’est plutôt une bonne nouvelle.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 11 avril 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 104,80 | -3,86 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 40 212,71 | +5,08 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 363,36 | +5 ;75 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 16 724,46 | +7,15 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 20 368,53 | -1,48 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 7 964,18 | -0,79 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 20 368,53 | -1,46 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 33 585,58 | -5,76 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 238,23 | -3,29 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,350 % | +0,018 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,567 % | +0,004 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,501 % | +0,552 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1286 | +5,05 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 234,15 | +3,86 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 64,03 | -3,72 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 82 263,80 | -2,46 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
La spirale maléfique du protectionnisme semble bel et bien enclenchée.
Jusqu’au dernier moment, les investisseurs pensaient que Donald Trump bluffait, et que ses menaces de relèvement des droits de douane visaient avant tout à obtenir des concessions de la part de ses partenaires. Or, ils ont découvert un tout autre scénario. Lors de sa conférence de presse du 2 avril dernier, Donald Trump a renvoyé ad patres quatre-vingts ans de libéralisation des échanges commerciaux. Les investisseurs ont été surpris par l’ampleur des droits de douane imposés au reste du monde.
En outre, la réponse de la Chine, avec des mesures de rétorsion de grande ampleur, semble indiquer qu’une spirale protectionniste est bel et bien en train de se mettre en place, synonyme de baisse des échanges mondiaux et, par conséquent, de ralentissement de la croissance. Les investisseurs jugent désormais plausible une récession mondiale, ou du moins une récession aux États-Unis.
Les autorités chinoises ont déclaré vendredi 4 avril qu’elles imposeraient, à compter du 10 avril, des droits de douane de 34 % sur les produits américains, en réaction à ceux que les États-Unis appliqueront aux produits chinois dès le 9 avril. Compte tenu de l’accumulation des taxes, les produits chinois pourraient être taxés à hauteur de 54 % aux États-Unis. Les produits en provenance de l’Union européenne s’en sortent pour l’instant mieux, avec un taux moyen de 20 %, même si certains articles sont frappés d’un droit de 25 %. Par ailleurs, la Chine a annoncé qu’elle saisirait l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et a déclaré mettre en place des contrôles à l’exportation sur sept éléments de terres rares, tels que le gadolinium — utilisé notamment en imagerie par résonance magnétique — et l’yttrium, présent dans l’électronique grand public.
L’Union européenne a de son côté averti qu’une réponse forte serait apportée, avec à la clé des mesures ciblant les entreprises technologiques américaines et une possible limitation des investissements en direction des États-Unis. Le Canada a également réagi en imposant des droits de 25 % sur les véhicules fabriqués aux États-Unis.
Le CAC 40 a chuté de 4 % le vendredi 4 avril, portant son recul hebdomadaire à 7,40 %. Il a terminé à 7 274 points. Ce sont les valeurs bancaires qui ont le plus souffert : Société Générale a perdu plus de 10 %. Des industriels comme ArcelorMittal, Saint-Gobain ou Stellantis ont également enregistré des baisses significatives, en raison de l’importance de leurs exportations vers les États-Unis. Le DAX allemand a lui aussi connu une semaine difficile, avec un recul supérieur à 8 %.
Outre-Atlantique, la correction est encore plus sévère. Les valeurs technologiques, particulièrement exposées en raison de leur dépendance aux importations asiatiques, sont sous pression. Elles sont également susceptibles de faire l’objet de mesures de rétorsion, notamment de la part de l’Europe. Le Nasdaq a reculé de près de 9 % sur la semaine, et de plus de 18 % depuis le 1er janvier. Le S&P 500 a perdu 8,66 % sur la semaine, et le Dow Jones 7,13 %. La capitalisation du S&P 500 a fondu de 5 400 milliards de dollars au cours des séances des 3 et 4 avril. Les trois grands indices de la Bourse de New York ont ainsi enregistré, jeudi et vendredi, leur plus forte baisse en deux jours depuis la pandémie de Covid-19.
Dans ce contexte, les bons chiffres de l’emploi sont passés inaperçus, éclipsés par la tempête provoquée par le relèvement des droits de douane. En mars, l’économie américaine a créé 228 000 emplois, selon les données publiées vendredi par le ministère du Travail. Les analystes tablaient sur environ 140 000 créations. Donald Trump s’est attribué ce résultat, estimant qu’il est la conséquence directe de sa politique économique.
Face aux tensions mondiales, les taux des obligations souveraines — valeurs refuge traditionnelles — sont en baisse. Le taux de l’obligation d’État américaine à 10 ans est repassé sous la barre des 4 %. L’or, autre valeur refuge, a battu de nouveaux records au cours de la semaine, atteignant jusqu’à 3 168 dollars l’once.
Avec des perspectives de ralentissement de la croissance mondiale, le prix du pétrole est également en forte baisse : le baril de Brent a reculé de 10 % sur la semaine, descendant sous la barre des 65 dollars.
Sur les trois premiers mois de l’année, le CAC 40 a gagné plus de 5 %. Le gain avait atteint, au cours du mois de février, plus de 8 %. Depuis, l’accélération de la guerre commerciale a conduit à une érosion de l’indice parisien comme ceux des grandes places européennes. En mars, le CAC 40 a perdu près de 5 %. Le Daxx allemand a néanmoins progressé plus vite sur le premier trimestre que le CAC, près de 11 % malgré un recul de 4,61 % en mars. L’Eurostoxx 50 fait également mieux que le CAC 40 avec un gain de 7,82 % sur trois mois. Il s’est déprécié de 5,24 % en mars. Les indices américains sont en nette baisse sur l’ensemble du premier trimestre. Le Nasdaq a ainsi diminué sur trois mois de plus de 10 %, le S&P 500 de 4,5 % et le Dow Jones de 0,92 %. Les valeurs technologiques sont contestées après avoir connu une forte croissance à la fin de l’année 2024.
Les indices américains ont fortement reculé du fait de la montée des incertitudes commerciales. Après avoir battu des records dans la foulée du retour au pouvoir de Donald Trump, les indices subissent une correction qui, si elle continue, pourrait porter atteinte au moral des ménages.
Dans un contexte économique et géopolitique d’une rare complexité, l’or se négocie à des niveaux sans précédent. L’once d’or s’échangeait le 31 mars contre plus de 3 100 dollars. Il a gagné en trois mois près de 20 %. Sur un an, la hausse atteint plus de 40 %. L’or valeur refuge par excellence profite des craintes inflationnistes, des menaces de ralentissement de l’économie américaines, des tensions commerciales et des incertitudes internationales en Ukraine comme au Proche-Orient.
Les taux des obligations souveraines européennes ont fortement augmenté au cours du premier trimestre en lien avec les annonces d’augmentation de l’effort de défense. La suppression du frein budgétaire allemand a été compris comme un signal d’augmentation de la dette publique en Europe. La hausse des taux européens s’est accompagnée d’une appréciation logique de l’euro.
Le cours du pétrole est resté sur le premier trimestre stable mais a enregistré une augmentation de près de 5 % au cours d mois de mars en lien avec les menaces de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran prononcées par Donald Trump.
Le bitcoin après avoir atteint plus de 100 000 dollars dans les jours qui ont suivi la nomination de Donald Trump à la présidence est en recul de plus de 10 % sur le trimestre. Porté en janvier par les annonces de déréglementation des cryptoactifs, il est depuis pénalisé par le recul des valeurs technologiques et pas des prises de bénéfices.
Confiante dans le reflux de l’inflation, la BCE a baissé ses taux à six reprises depuis juin 2024, après les avoir relevés drastiquement pendant deux ans pour combattre l’envolée des prix. Mercredi, elle scrutera avec attention l’annonce concernant les droits de douane américains. Ces tensions commerciales font en effet planer une grande incertitude sur la poursuite de l’assouplissement monétaire de la BCE.
La banque centrale a évalué à 0,3 point de PIB l’impact récessif sur la zone euro des hausses potentielles de droits de douane américains, un taux qui monterait à 0,5 point en cas de riposte de l’Union eurpéene Dans ce contexte économique devenu complexe et instable, la BCE pourrait décider lors de sa prochaine réunion de réduire pour la septième fois depuis le mois de juin 2024, ses taux directeurs. Un tel scénario serait conforté par les statistiques rassurantes sur l’inflation.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 4 avril 2025 | Évolution ur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 274,95 | -7,80 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 38 314,86 | -7,13 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 074,08 | -8,66 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 15 587,79 | -8,99 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 20 641,72 | -8,08 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 054,98 | -6,97 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 4 878,31 | -8,20 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 33 780,58 | -10,59 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 342,01 | -0,83 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,332 % | -0,102 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,563 % | -0,206 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +3,951 % | -0,576 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,093 | +1,95 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 022,98 | +0,16 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 65,40 | -10,44 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 83 338,65 | -1,56 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
En 2024, les encours gérés, en France, selon les principes de l’investissement responsable ont atteint 2 701 milliards d’euros. Ils ont enregistré une croissance de +15,2 % à périmètre constant, contre +5,8 % en 2023 et +6,9 % en 2022.
Ces encours relèvent des classifications Article 8 ou Article 9 du règlement européen SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation). Le règlement SFDR agit comme le socle normatif de cette évolution. Il distingue deux catégories : les produits Article 8, qui promeuvent des caractéristiques environnementales et/ou sociales, et les produits Article 9, plus exigeants, dont l’objectif principal est l’investissement durable.
Les encours Article 8 représentent 2 603 milliards d’euros (+15,9 %) et les Article 9 atteignent 98 milliards d’euros (+7,4 %). Cette répartition souligne la montée en puissance des produits à visée de durabilité, même si la catégorie Article 9 reste plus restreinte, en partie en raison des contraintes réglementaires accrues et du recentrage de nombreux fonds vers le statut Article 8.
Les encours « investissement responsable » des fonds domiciliés en France représentent 1 283 milliards d’euros d’encours. Ils ont progressé de +14,1 % en 2024, soit bien plus que l’ensemble des fonds de droit français (+9,8 %). Désormais, 61 % de ces fonds sont classés Article 8 ou 9. La pénétration est particulièrement élevée pour les OPCVM (81 %), tandis que les FIA (fonds d’investissement alternatifs) restent en retrait (44 %).
L’investissement responsable demeure aujourd’hui majoritairement une affaire d’institutionnels, qui détiennent 73 % des encours. Ces derniers, par leur horizon long et leur besoin de gestion des risques systémiques, sont naturellement enclins à intégrer des critères de durabilité. La part des particuliers (soit 27 %) n’est néanmoins pas négligeable notamment grâce à l’essor de l’épargne salariale, de l’épargne retraite, et à la diffusion des labels qui facilitent la lisibilité des produits. Pour les seuls fonds IR domiciliés en France, 43 % des encours sont détenus par des investisseurs particuliers.
Avec 5 000 milliards d’euros d’encours gérés (tous types confondus), la France demeure le premier pays de l’Union européenne en matière de gestion d’actifs. Elle s’impose également comme un leader européen de l’investissement responsable, tant par la taille de son marché IR que par la structuration de son écosystème (labels, régulation, engagement des acteurs).
L’assurance vie avec un encours de 2038 milliards d’euros assume parfaitement son rôle de leader de l’épargne française en accumulant en ce début d’année d’excellents résultats en lien avec l’amélioration du rendement des fonds euros et la baisse des taux de rémunérations des placements bancaires dont le Livret A. Les ménages ont, en février, poursuivi ainsi la réorientation de leur épargne en faveur des placements de long terme plus rémunérateurs. La guerre commerciale engagée de Donald Trump peut -elle en revanche rebattre les cartes dans les prochains mois ?
Un mois de février « canon »
La collecte nette de l’assurance vie a atteint, en février, 5,8 milliards d’euros. Il faut remonter à février 2006 pour enregistrer un résultat supérieur (7,2 milliards d’euros). En janvier 2025, la la collecte nette avait été déjà importante (4,5 milliards d’euros). En deux mois, l’assurance vie a bénéficié d’une collecte nette de près de plus de 10 milliards d’euros, soit un niveau deux fois plus élevé qu’en 2024. En février 2024, la collecte nette avait été de 3,3 milliards d’euros.
Février est traditionnellement un mois favorable pour l’assurance ; depuis 1996, aucune décollecte n’y a été constatée. Sur ces dix dernières années, la collecte moyenne, en février, atteint deux milliards d’euros. En 2025, la collecte nette a néanmoins été près de trois fois supérieur à la moyenne décennale.
L’assurance vie profite à plein de la baisse du taux de rémunération du Livret A et de la préférence des ménages pour l’épargne de long terme.
Les cotisations à un haut niveau
En février 2025, les cotisations d’assurance vie sont en légère hausse de +2 % par rapport à février 2024, soit +0,4 milliard d’euros, et se sont élevées à 17,0 milliards d’euros, leur plus haut niveau historique pour un mois de février. Elles augmentent pour les supports en unités de compte (UC, +14 %) et diminuent pour ceux en euros (−5 %).
Depuis le début de l’année, les cotisations ont progressé de 6 % pour atteindre 34,2 milliards d’euros. La hausse est de 10 % pour les unités de compte et de 3 % pour les fonds euros. La part des UC dans les cotisations a été, en février, de 41 % contre 43 % en janvier.
Les ménages français ne relâchent pas leur effort d’épargne dans un contexte qui demeure anxiogène.
Des prestations en nette baisse
Les ménages ont moins retiré d’argent en février 2025 qu’un an auparavant. Les prestations se sont élevées à 11,1 milliards d’euros au cours du deuxième mois de l’année en baisse de 16 % par rapport à février 2024. Elles diminuent à la fois pour les supports en euros (−1,7 milliard d’euros, soit −16 %) et ceux en unités de compte (−0,4 milliard d’euros, soit −14 %). Sur les deux premiers mois de l’année, les prestations sont en recul de 11 % à 23,9 milliards d’euros.
Les moindres rachats témoignent d’une attractivité plus forte de l’assurance vie et du faible niveau de l’investissement immobilier.
Le retour des fonds euros dans le vert
Au mois de février, la collecte nette des fonds a été positive de 1,3 milliard d’euros quand elle était négative en décembre et janvier derniers. Celle des unités de compte dépasse de son côté 4 milliards d’euros.
L’assurance vie : the place to be ?
Le premier placement des ménages profite du rendement des fonds euros, redevenu plus compétitif avec la baisse des rémunérations des livrets bancaires et des dépôts à terme ainsi qu’avec la hausse des taux obligataires. Ces derniers influent directement sur le rendement des fonds euros. Celui-ci pourrait se rapprocher de 3 % cette année, creusant l’écart avec celui du Livret A. en effet, ce dernier devrait à nouveau baisser le 1er août. Il devrait passer en-dessous des 2 % compte tenu de l’évolution de l’inflation et des taux directeurs de la Banque centrale européenne.
L’assurance vie pourrait être en revanche pénalisée par la guerre commerciale lancée le 2 avril dernier par Donald Trump. Le caractère anxiogène de la situation économique et géopolitique pourrait amener les ménages à se tourner une fois de plus vers les placements de court terme comme le Livret A.
La forte baisse des valeurs boursières peut-elle occasionner un reflux des unités de compte ?. Lors des dernières périodes de baisse, épidémie covid, guerre en Ukraine ou crise politique en France, les assurés avaient été relativement stoïques voire opportunistes. La baisse des cours constituent une opportunité pour acheter des valeurs. Cela suppose que la crise soit courte ce qui n’est pas en l’état actuel une garantie. Une réponse commune des Européens avec la réaffirmation de l’Union à travers le lancement de plans de relance et de soutien à l’activité pourrait y aider.

France Assureurs

France Assureurs
Le Livret A poursuit sur la lancée du mois de janvier avec une collecte modeste mais positive en février. La baisse du taux de rémunération le 1er février ne s’est pas accompagnée d’une sanction de la part des épargnants. La collecte se normalise, les ménages semblant préférer l’assurance vie au potentiel de rendement supérieur.
Livret A : une collecte de 940 millions d’euros en février
Le Livret A a fait mieux en février qu’en janvier avec une collecte de 940 millions d’euros, contre 350 millions d’euros. Ce résultat est néanmoins inférieur à la moyenne de ces dix dernières années, qui était de 1,8 milliard d’euros. En février 2024, elle avait atteint 2,3 milliards d’euros, et en février 2023, le niveau astronomique de 6,27 milliards d’euros. À l’époque, le Livret A était porté par son rendement de 3 % et par le caractère anxiogène de la guerre en Ukraine.
Ces dix dernières années, le Livret A n’a connu en février que deux décollectes, en 2016 (-0,51 milliard d’euros) et en 2015 (-0,97 milliard d’euros), années marquées par la baisse du taux de rendement.
Avec la collecte du mois de février, l’encours du Livret A bat un nouveau record à 442,5 milliards d’euros.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) : une collecte de 640 millions d’euros en février
Le LDDS affiche également une collecte plus élevée en février, à 640 millions d’euros, contre 460 millions d’euros en janvier. Ce résultat est néanmoins inférieur à celui de février 2024 (1,04 milliard d’euros).
La collecte de février 2025 est légèrement supérieure à la moyenne de ces dix dernières années (500 millions d’euros). Deux décollectes ont été enregistrées sur cette période, en 2016 (-120 millions d’euros) et en 2015 (-230 millions d’euros).
L’encours du LDDS atteint, avec 161,7 milliards d’euros, un nouveau sommet.
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) : un léger mieux en février
Comme le Livret A et le LDDS, le Livret d’Épargne Populaire améliore sa collecte en février par rapport à janvier, avec 350 millions d’euros contre 110 millions. Ce chiffre est cependant loin du résultat de février 2024 (+1,39 milliard d’euros). Avec un encours de 82,7 milliards d’euros, le LEP est à son plus haut historique.
Normalisation sur fond de baisse du rendement
La collecte du Livret A, comme celle du LDDS et du LEP, se banalise. Elle n’a pas été excessivement affectée par la diminution des taux de rémunération. Les ménages semblent accepter cette baisse, mais ils sont désormais plus enclins à regarder ailleurs si l’herbe est plus verte. L’assurance vie a ainsi commencé l’année sur les chapeaux de roue.
Les prochains mois pourraient réserver quelques évolutions, voire des surprises. La multiplication des fausses informations concernant l’utilisation par l’État de l’argent des ménages pour financer la défense va-t-elle provoquer une défiance des épargnants ? À l’inverse, l’augmentation des tensions internationales en Europe pourrait-elle conduire à une nouvelle hausse de l’épargne de précaution ? Il faudra attendre le mois de mars pour disposer de premiers éléments de réponse.
Le contexte ne pousse pas à un réel relâchement de l’effort d’épargne. Avec la baisse de l’inflation et la diminution du rendement de l’épargne réglementée, les ménages pourraient laisser à nouveau plus d’argent sur leurs comptes courants. La bonne tenue du rendement des fonds euros de l’assurance vie pourrait continuer à doper la collecte de ce produit, qui reste en volume le premier placement financier des ménages.
La collecte du Livret A comme du LDDS en février traduit donc une certaine normalisation après plusieurs années exceptionnelles.

Cercle de l’Epargne – CdC

Cercle de l’Epargne – CdC
Les indices actions européens sont restés atones cette semaine. Le CAC 40 est parvenu à progresser modestement de 0,18 % sur cinq séances. Ce résultat a été obtenu dans un contexte marqué par un volume élevé de transactions lié aux « Quatre sorcières », phénomène technique correspondant à l’arrivée à échéance simultanée de contrats à terme et d’options sur indices et actions. De leur côté, les indices américains ont légèrement progressé cette semaine, mais les pertes depuis le début de l’année restent significatives : près de 8 % pour le Nasdaq et plus de 3,5 % pour le S&P 500.
Les investisseurs demeurent prudents dans l’attente de nouveaux développements concernant la guerre commerciale. Donald Trump s’apprête à instaurer, dès le 2 avril, des droits de douane dits « réciproques », accompagnés de surtaxes ciblant spécifiquement certains secteurs économiques. Les politiques protectionnistes du président américain génèrent ainsi une vague d’incertitude inédite depuis plusieurs années.
Dans ce contexte troublé, l’or apparaît comme le grand gagnant avec une hausse hebdomadaire de 3,4 %. L’once d’or s’échange désormais au-dessus de 3 000 dollars, enregistrant depuis le 1er janvier une progression de près de 15 %. À l’inverse, le bitcoin poursuit son recul, suivant la tendance négative observée sur l’indice américain des valeurs technologiques.
Les cours du pétrole ont connu une tendance haussière cette semaine, influencés par l’annonce de nouvelles sanctions américaines visant à réduire les exportations de pétrole iranien. Le gouvernement américain a notamment sanctionné, jeudi 20 mars, une raffinerie indépendante chinoise accusée de traiter illégalement du brut iranien, réaffirmant ainsi sa volonté de « réduire à zéro » les exportations pétrolières de Téhéran. Ces nouvelles mesures visent à contraindre l’Iran à négocier un nouvel accord sur son programme nucléaire. Toutefois, la hausse du prix du baril devrait rester limitée en raison de l’augmentation constante de la production américaine.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 21 mars 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 042,95 | +0,18 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 41 985,35 | +0,83 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 667,56 | +0,51 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 17 784,05 | +0,17 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 22 891,38 | -0,45 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 646,79 | +0,16 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 423,83 | +0,45 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 37 677,06 | +2,40 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 364,83 | -0,44 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,465 % | -0,101 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,764 % | -0,109 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,254 % | -0,052 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0826 | -0,84 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 015,75 | +3,41 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 72,22 | +2,12 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 83 998,79 | -0,88% | 38 252,54 | 93 776,61 |
Le Ministère de l’Économie a opté pour la mobilisation de l’épargne en faveur de la défense à travers la mise en place de fonds d’investissement. La Banque Publique d’Investissement créera un fonds accessible au grand public qui pourra acquérir des parts ou des unités de compte pour une valeur d’émission de 500 euros. Ces titres seront logeables dans des contrats d’assurance vie (unités de compte) ou dans des comptes titres (parts).
Ce fonds dont le capital pourrait atteindre 450 millions d’euros aura la faculté de prendre des participations ou de prêter de l’argent aux entreprises du secteur de la défense. Il aura à ce titre vocation à faciliter le financement des investissements rendus nécessaires par l’augmentation des commandes publiques de matériels de défense au sein de l’Union européenne. Le Ministre de l’Économie a évoqué un besoin de 5 milliards d’euros pour l’industrie de la défense.
D’autres fonds mis en œuvre par des acteurs de la place financière française et européenne devraient être également accessibles
En collectant autour de 600 millions d’euros par effet de levier, les fonds pourraient prêter 5 milliards d’euros. Il est fort probable que les fonds n’interviendront pas exclusivement sous la forme de prêts ou d’émission pour le compte de tiers d’obligations, ils prendront des participations (actions).
Un choix logique
Le choix des fonds d’investissement est la réponse la plus rapide pour mobiliser de manière volontaire l’épargne des ménages. En pouvant loger ces fonds dans l’assurance vie, l’industrie de la défense accède ainsi au premier placement des ménages dont l’encours a dépassé 2000 milliards d’euros en janvier 2025. Les assurés sont de plus en plus prompts à investir en unités de compte, ces dernières années. Ces unités de compte ont représenté 40 % de la collecte de l’assurance vie en 2024, les 60 % restant étant dévolus aux fonds en euros.
Un placement volontaire de la part des épargnants
Pas de ponction, de prélèvement, d’orientation obligatoire de l’épargne des ménages ne sont prévus. Le gouvernement n’a pas opté pour un grand emprunt national qui n’aurait ajouté que de la dette publique à la dette publique. Un tel emprunt aurait été en outre compliqué à mettre en œuvre tout comme la création d’un nouveau Livret d’épargne. Le Livret A n’est pas un outil adapté pour financer sur le long cours des entreprises qui interviennent sur le secteur concurrentiel de l’industrie de la défense. Le Livret A ne permet pas des prises de participation dans des entreprises non cotées. Produit liquide par nature, il n’est pas armé pour des investissements de long terme dans des entreprises.
Les épargnants pourront donc opter pour les unités de compte ou les parts des fonds défense. De manière indirecte, dans le cadre de la diversification, les assureurs pourraient insérer dans leurs fonds euros des parts des fonds « défense ».
Un placement par nature de long terme et potentiellement attractif
La montée en puissance de l’industrie de la défense européenne nécessitera du temps. Il est de ce fait logique que le retour sur investissement ne soit pas immédiat. Le Ministre de l’Économie a prévu une période de blocage de 5 ans, le temps nécessaire pour la réalisation des investissements. Cela signifie que les acheteurs ne pourraient pas céder leurs parts durant ce délai. Un tel blocage existe par exemple pour des produits comme le FCPI, des fonds qui financent des entreprises à forte croissance, en particulier dans le secteur technologique. En revanche, à la différence des FCPI, le gouvernement n’a pas associé d’avantage fiscal pour l’achat de parts de son fonds vert kaki.
Compte tenu de la progression de la demande en équipements militaires, le rendement de ce fonds pourrait être attractif et se situer au-dessus de la moyenne sur longue période.
La Commission européenne a adopté, mercredi 19 mars, sa stratégie pour l’union de l’épargne et des investissements (UEI), une initiative visant à améliorer la manière dont le système financier de l’Union européenne (UE) oriente l’épargne vers des investissements productifs. Cette stratégie s’inscrit dans le prolongement des rapports Draghi et Letta ainsi que des prises de positions de l’ancien ministre de l’Économie, Bruno Lemaire.
La stratégie de l’Union vise à offrir aux citoyens de l’UE un accès plus large aux marchés des capitaux et de meilleures possibilités de financement pour les entreprises afin d’améliorer la compétitivité de l’économie européenne. Les ménages auront des possibilités plus nombreuses et plus sûres d’investir sur les marchés des capitaux et d’accroître la valeur de leur épargne. Dans le même temps, les entreprises pourront se financer plus facilement et à moindres coûts.
Le rapport Draghi estimait entre 750 et 800 milliards d’euros supplémentaires par an d’ici à 2030, les besoins d’investissement sans prendre en compte l’effort en faveur de la défense. Ces besoins concernent, en priorité, les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises innovantes, qui ne peuvent pas compter uniquement sur le financement bancaire. En développant des marchés des capitaux intégrés, parallèlement à un système bancaire intégré, l’UEI peut relier efficacement l’épargne aux besoins d’investissement.
L’épargne financière des ménages européens est abondante. Elle peut s’appuyer sur 10 000 milliards d’euros en dépôts bancaires. Les dépôts bancaires sont sûrs et faciles d’accès, mais ils rapportent généralement moins d’argent que les investissements sur les marchés des capitaux. Un des objectifs de l’UEI est d’orienter vers des placements longs et plus rémunérateurs cette épargne actuellement liquide.
La mise en œuvre de l’UEI relève de la responsabilité partagée des institutions de l’UE, des États membres et de toutes les principales parties prenantes. Quatre axes de travail ont été retenus :
L’UEI vise également à renforcer l’intégration et la compétitivité du secteur bancaire en avançant sur le terrain de l’union bancaire. La Commission évaluera également la situation globale du système bancaire dans le marché unique, y compris sa compétitivité.
La mise en œuvre de l’UEI reposera sur des mesures tant législatives que non législatives, ainsi que sur des mesures qu’il conviendra aux États membres d’élaborer. Au deuxième trimestre de 2027, la Commission publiera un examen à mi-parcours des progrès globaux accomplis dans la réalisation de l’union de l’épargne et des investissements.
La Banque de France a enregistré, en 2024, selon les résultats publiés mercredi 19 mars dernier, une perte nette historique de 7,7 milliards d’euros. « C’est un chiffre qui n’a pas existé dans l’histoire de la Banque de France », a souligné le gouverneur de la banque, François Villeroy de Galhau, lors d’une conférence de presse, « et qui n’existera plus non plus dans l’avenir prévisible ».
L’année dernière, a Banque de France a réalisé une perte opérationnelle de 17,9 milliards d’euros compensée à hauteur de 10,1 milliards d’euros par des réserves constituées par le passé. En 2023, elle avait déjà connu un perte opérationnelle qui avait atteint 12,4 milliards d’euros, mais celle-ci avait intégralement compensée permettant les résultats d’être à l’équilibre.
La perte nette, privant l’État d’impôts et de dividendes, est la conséquence de collision de deux cycles de taux atypiques. La Banque de France a géré successivement une crise déflationniste ayant atteint son paroxysme avec l’épidémie de Covid et une vague inflationniste après le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022. La Banque de France a été contrainte, dans le cadre de la politique monétaire non conventionnelle de la BCE d’acquérir des obligations à faibles taux, en moyenne 0,7 % entre 2019 et 2022. À compter du milieu de l’année 2022, la Banque de France a été contrainte de mieux rémunérer les dépôts des banques en raison du relèvement des taux directeurs de la BCE qui ont atteint plus de 4 %. L’écart ces deux taux a conduit à une perte importante pour la Banque de France. Le gouverneur a prévenu que la perte pour 2025 serait moindre et a écarté tout besoin de recapitalisation de la part de l’État actionnaire. La Banque de France n’est pas la seule, en zone euro, à être confrontée à ce problème. Les comptes de la banque centrale allemande a enregistré également une perte historique de 19,2 milliards d’euros en 2024, sa première depuis 1979.
25 ans après l’explosion de la bulle du « Dot.com » en 2000, le Nasdaq a connu un lundi noir, le 10 mars dernier. Les Sept Magnifiques – Apple, Nvidia, Microsoft, Meta, Amazon, Google et Tesla – ont enregistré un recul important de leur cours en Bourse. Tesla a perdu 15 % en une séance, soit sa plus forte baisse journalière depuis 2020. Apple a cédé 4,85 %, Nvidia 5 %, Alphabet (Google) 4,5 %, Meta 4,4 %, Microsoft 3,3 % et Amazon 2,3 %. Le Nasdaq 100, qui regroupe les principales valeurs technologiques, a clôturé en baisse de 3,8 %, une contraction inédite depuis 2022. Les gains boursiers enregistrés juste après l’investiture de Trump, le 20 janvier dernier, ont été effacés.
Malgré les promesses de dérégulation dont pourrait bénéficier le secteur, les craintes liées à la conduite d’une politique commerciale agressive par le locataire de la Maison-Blanche ont changé la donne. La mise en place de barrières douanières inquiète les milieux économiques. Cette politique pourrait peser sur la croissance et favoriser le retour de l’inflation. Depuis le 21 janvier, l’ensemble des « Sept Magnifiques », à l’exception d’Apple, a basculé en territoire négatif, avec une baisse notable de près de 50 % pour Tesla, 22 % pour Nvidia et entre 10 % et 15 % pour Amazon, Microsoft et Google.
Le constructeur automobile dirigé par Elon Musk souffre d’un effondrement des ventes en Europe. Tesla pâtit autant du vieillissement de sa gamme que des prises de position de son directeur général. En Allemagne, son soutien à l’AfD s’est accompagné d’un quasi-boycott de la part de nombreux consommateurs. Seuls Meta et Apple résistent au naufrage avec une baisse limitée à 1 %. Depuis le début de l’année, les Sept Magnifiques ont perdu près de 1 570 milliards de dollars de capitalisation boursière.
La bourrasque Trump s’accompagne de doutes sur les retombées de l’intelligence artificielle en matière boursière. Les Sept Magnifiques ont investi et continuent d’investir des centaines de milliards de dollars pour développer leurs modèles d’IA ainsi que l’infrastructure informatique nécessaire à leur déploiement. La rentabilisation de ces investissements sera d’autant plus difficile que la croissance économique reste faible.
Le Cac 40 a terminé la semaine au-dessus des 8 000 points, à 8 028,28 points, lui permettant de réduire sa perte hebdomadaire à 1 %. La guerre commerciale a touché le marché « actions » cette semaine. Les indices européens étaient également en recul. L’euro continue de s’apprécier face au dollar. La devise européenne bénéficie des errements de la politique américaine et des craintes inflationnistes qu’elle inspire. Les plans de réarmement européens incitent les investisseurs internationaux à acheter des actions des entreprises de la défense du Vieux continent ce qui contribue à augmenter la demande en euros. Les taux d’intérêt souverains européens ont continué à augmenter avec la perspective de la fin du frein budgétaire allemand. Les indices américains ont continué, cette semaine, leur repli. Le S&P 500 perd désormais près de 5 % depuis le début de l’année, le Nasdaq, plus de 6 % et le Dow Jones plus de 2 %.
En fin de semaine, les investisseurs ont été soulagé par les nouvelles positives sur le dossier du « shutdown » américain et l’entente trouvée en Allemagne entre le futur chancelier et les députés écologistes sur le programme d’investissements destiné à réarmer et moderniser le pays. Les écologistes ayant affirmé qu’un « accord sur le fonds spécial » avait été conclu, Friedrich Merz devrait disposer de la majorité des deux tiers nécessaire pour faire adopter les changements constitutionnels permettant un assouplissement des règles d’endettement pour les dépenses militaires et les Länder, ainsi qu’un fonds spécial de 500 milliards d’euros sur dix ans pour rénover les infrastructures.
L’épée de Damoclès au-dessus du Congrès des Etats-Unis semble également levée avec la décisions du chef de file des sénateurs démocrates sur le texte budgétaire républicain afin éviter la paralysie de l’administration fédérale. Ce revirement de position réduit la probabilité d’un « shutdown », car des sénateurs démocrates devraient emboiter ses pas. A l’annonce de ce pseudo-accord, les grands indices américains ont enregistré un gain de plus de 1 %. Le moral des ménages américains est pourtant tombé en mars à un point bas inconnu depuis novembre 2022 à 57,9 points, un chiffre inférieur aux estimations de tous les économistes interrogés par Bloomberg. Autre signe d’inquiétude face à la politique de Donald Trump, les anticipations d’inflation se multiplient. Les consommateurs s’attendent à une hausse des prix à un taux annuel de 3,9 % au cours des cinq à dix prochaines années, soit une hausse de 0,6 point de pourcentage par rapport au mois précédent et le plus élevé depuis plus de trois décennies. Les projections d’inflation sur un an sont passées de 4,3 % à 4,9 %, le plus haut élevé depuis 2022.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 14 mars 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 028,28 | -1,05 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 41 488,19 | -2,99 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 638,94 | -2,53 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 19 704,64 | -2,63 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 22 939,39 | -0,16 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 632,33 | -0,49 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 404,18 | -1,21 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 37 053,10 | -0,74 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 419,56 | +2,77 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,566 % | +0,019 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,873 % | +0,043 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,302 % | +0,077 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0883 | +2,45 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 988,81 | +2,24 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 70,42 | -0,03 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 84 598,43 | -6,56 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, les États occidentaux ont pris des mesures drastiques à l’encontre des actifs russes. Dès les premiers mois du conflit, les États-Unis, l’Union européenne et leurs alliés ont gelé une partie des actifs russes afin de limiter les capacités financières du Kremlin. Environ 300 milliards de dollars d’actifs en devises et obligations ont ainsi été bloqués dans divers pays occidentaux (UE, États-Unis, Japon, Canada, Royaume-Uni, Suisse). Ces actifs sont essentiellement placés dans des banques centrales étrangères, principalement sous forme d’obligations d’État (américaines, européennes, etc.). La Russie détenait également des participations dans des entreprises étrangères et des fonds d’investissement, qui ont été gelés.
Le gel des actifs n’implique pas leur confiscation. Ils restent la propriété de la Russie ou des individus concernés. Ils ne peuvent ni être utilisés ni vendus Les revenus qu’ils génèrent ne sont pas distribués aux propriétaires Les Occidentaux réfléchissent depuis plusieurs mois au devenir des actifs russes gelés. Deux options sont étudiées : l’utilisation des seuls revenus ou la saisie pure et simple des actifs.
L’Union européenne (UE) et ses alliés envisagent d’utiliser uniquement les revenus générés par les 300 milliards d’euros d’actifs russes gelés (dont 200 milliards d’euros pour l’UE). Les intérêts et les dividendes pourraient rapporter entre 3 et 5 milliards d’euros par an. Ces revenus pourraient être affectés à l’Ukraine (achat d’armes, reconstruction, aide humanitaire) sans toucher au capital initial. Cette solution permettrait d’éviter une violation frontale du droit international relatif à l’immunité des États. Les actifs, notamment ceux de la Banque centrale russe placés dans les banques centrales occidentales, sont des actifs souverains protégés par le droit international. L’utilisation exclusive des revenus réduirait également le risque de représailles financières de la Russie.
Contrairement au gel, la saisie d’actifs entraînerait un transfert de propriété définitif, permettant leur utilisation au profit de l’Ukraine ou des États appliquant la confiscation. Cette option fait l’objet d’un intense débat juridique et politique. Un tel transfert pourrait financer la reconstruction de l’Ukraine – dont le coût est estimé à plus de 400 milliards de dollars – et sanctionner durablement la Russie en la privant de ressources financières.
Une confiscation sans base juridique claire pourrait toutefois créer un précédent risqué et fragiliser la confiance dans le système financier international. D’autres États, comme la Chine, pourraient réagir en réduisant leurs investissements en Occident, de peur de voir leurs actifs gelés en cas de tensions géopolitiques.
L’idée de la saisie fait son chemin au sein des parlements occidentaux, même si les gouvernements restent prudents. Aux États-Unis, le Congrès a adopté en 2024 un projet de loi facilitant la confiscation des actifs russes pour aider l’Ukraine. Le Canada a également adopté une loi permettant la saisie de certains actifs russes.
En Europe, certains pays (Estonie, Lituanie, Pologne) sont favorables à une saisie totale, tandis que d’autres (France, Allemagne) restent plus prudents en raison des implications juridiques. Néanmoins, en France, l’Assemblée nationale a adopté, contre l’avis du gouvernement, une résolution, le 12 mars, en première lecture, visant à permettre la saisie des biens russes. Au Royaume-Uni, un projet similaire pourrait être prochainement discuté. La Russie a menacé de saisir des actifs occidentaux en représailles. Depuis mars 2022, des entreprises étrangères présentes en Russie ont déjà vu leurs participations placées sous contrôle étatique.
Dans l’histoire, les saisies d’actifs financiers sont rares et sont généralement liées à des événements exceptionnels.
Durant la Seconde Guerre mondiale, à partir de 1941, les États-Unis ont saisi des actifs appartenant à des ressortissants allemands, italiens et japonais, notamment des entreprises et des comptes bancaires.
En 1960, après la révolution cubaine, le gouvernement américain a saisi des avoirs cubains en réaction à la nationalisation des entreprises américaines par Fidel Castro. En 1980, lors de la crise des otages américains à Téhéran, certains actifs iraniens ont été définitivement confisqués et utilisés pour indemniser les victimes. En 1982, pendant la guerre des Malouines, le Royaume-Uni, en plus du gel, a saisi certains actifs argentins en représailles.
Des nationalisations d’actifs étrangers ont également eu lieu dans plusieurs pays. Ainsi, au Mexique, en 1938, le gouvernement a nationalisé les compagnies pétrolières étrangères, notamment britanniques et américaines, expropriant leurs actifs. En Libye, en 1970, Mouammar Kadhafi a exproprié les compagnies pétrolières occidentales et confisqué leurs infrastructures. Plus récemment, entre 2007 et 2010, Hugo Chávez a nationalisé plusieurs entreprises étrangères au Venezuela, notamment dans les secteurs pétrolier et industriel, transférant leurs actifs à l’État.
Si, en janvier, la collecte du Livret A a été à la peine avec 350 millions d’euros, celle de l’assurance vie, à hauteur de 4,5 milliards d’euros, témoigne du retour en force du premier placement des ménages. Il faut remonter à 2010 pour retrouver une collecte nette plus forte au mois de janvier. Ce résultat a été porté par les unités de compte, dont la collecte nette s’est élevée à 5,2 milliards d’euros, tandis qu’en revanche, les fonds en euros ont enregistré une décollecte de 600 millions d’euros.
Le mois de janvier est traditionnellement favorable à l’assurance vie. En janvier 2024, la collecte avait atteint 2,258 milliards d’euros. Depuis 2008, une seule décollecte a été enregistrée au cours du premier mois de l’année, en 2012, avec -1,332 milliard d’euros. Cette année-là fut une annus horribilis pour l’assurance vie en raison des menaces pesant sur l’euro, dans un contexte de crise des dettes souveraines. La moyenne de la collecte en janvier, ces dix dernières années, s’élève à 2 milliards d’euros.
Les ménages restent en mode épargne, comme en témoigne le montant des cotisations, qui a atteint 17,3 milliards d’euros en janvier, soit une hausse de 10 % par rapport à janvier 2024. Ce montant constitue un record pour l’assurance vie. Les Français ont privilégié ce placement en début d’année, notamment après l’annonce des rendements des fonds en euros pour 2024, autour de 2,7 %, qui a renforcé l’attractivité du produit. De plus, la baisse du taux du Livret A, confirmée en janvier, a joué en faveur de l’assurance vie. La hausse des cotisations a été particulièrement marquée pour les fonds en euros (+12 %), tandis que celle des unités de compte s’établit à 6 %.
En janvier, les ménages ont peu puisé dans leur assurance vie pour financer leurs projets. Les prestations se sont élevées à 12,8 milliards d’euros, en baisse de 6 % par rapport à janvier 2024. Elles diminuent également de 6 % pour les supports en euros, preuve de l’attractivité retrouvée de ce type de placement.
Pour la première fois de son histoire, l’assurance vie dépasse les 2 000 milliards d’euros d’encours. Cette augmentation est liée aux bonnes collectes des derniers mois et à la valorisation des actifs, tant en fonds en euros qu’en unités de compte.
L’assurance vie bénéficie d’un contexte favorable à l’épargne. Les ménages continuent de privilégier l’épargne en raison des nombreuses incertitudes économiques, géopolitiques et politiques. La baisse des rendements des livrets réglementés et des dépôts à terme, conséquence de la diminution des taux directeurs de la Banque centrale européenne et de l’inflation, rend les fonds en euros de l’assurance vie plus compétitifs.

France assureurs
Le CAC 40 conclut le mois de février avec une troisième hausse mensuelle consécutive (+2,03 %). Elle est inférieure à celle du mois de janvier (+7,72 %) mais comparable à celle de décembre 2024 (+2,01 %). Le CAC 40 s’est rapproché de son record du mois de mai mais sans l’atteindre. Au-delà de Paris, les résultats des marchés en février ont été plutôt favorables. L’indice allemand a progressé de 4,93 % sur un mois et l’Eurostoxx 50 de plus de 5 %. Ces performances flatteuses ne sauraient maquer les inquiétudes qui se font jours sur les conséquences de la guerre commerciale que Donald Trump a engagée.
A partir du 4 mars, les majorations décidées par le Président américain deviennent effectives. En principe, une taxe additionnelle de 10 % sera appliquée aux exportations de la Chine vers les Etats-Unis et une autre de 25 % sur les biens en provenance du Canada et du Mexique. Prochainement, l’Union européenne sera soumise au même régime que la Chine, le Mexique ou le Canada. Des droits de 25 % ont été annoncés. Le Président a jeté un froid en s’en prenant à l’Europe. « L’Union européenne n’accepte pas nos voitures ni nos produits agricoles. » Selon lui, le déficit commercial américain vis-à-vis des Vingt-Sept est de « 300 milliards de dollars », un chiffre que Bruxelles conteste. A terme, plus de 1.000 milliards de dollars d’importations américaines seront taxées.
A Wall Street, les investisseurs ont mal réagi à la confrontation entre Volodymyr Zelenski et Donald Trump. Les indices actions ont terminé la semaine en baisse. Sur l’ensemble du mois, ils ont accusé des pertes non négligeables, le Nasdaq a reculé de plus de 6 %, le Dow Jones de plus de 3 % et le S&P 500 de plus de 2 % prouvant que l’euphorie post élection de Donald Trump est achevée.
Seule les données sur l’inflation ont pu réconforter, cette semaine, les investisseurs. L’indice américain PCE des dépenses de consommation personnelle, mesure de l’inflation privilégiée de la Réserve fédérale (Fed), a augmenté de 0,3 % sur un mois et de 2,5 % sur un an. En données « core » (hors alimentation et énergie), la hausse est aussi de 0,3 % en séquentiel et de 2,6 % en annuel. Les prix ds services hors logement s’assagissent. Leur hausse passe de 3,6% à 3,1%, soit le plus bas niveau depuis mars 2021. Cette bonne nouvelle pourrait rapidement s’estomper car la politique commerciale de Donald Trump pourrait générer un surcroit d’inflation évalué à 0,6 point de pourcentage sur l’indice PCE et jusqu’à 2 points sur les dépenses de consommation. Elle pourrait amputer la croissance de1,1 point de pourcentage.Au niveau des taux directeurs, une baisse est attendue de la part de la Banque centrale européenne la semaine prochaine. Cette baisse se justifie par l’atonie de l’activité et le caractère contenu de l’inflation. Le taux harmonisé de l’inflation en France a été divisé par deux à +0,9 % sur un an en février, son plus faible niveau depuis quatre ans. L’inflation en Allemagne a, de son côté, stagné en février, à 2,3 % sur un an, selon des chiffres provisoires.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 28 février 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 111,63 | -0,53 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 43 840,91 | -0,39 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 954,50 | -1,20 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 18 847,28 | -5,15 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 22 495,28 | +1,04 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 809,74 | +1,63 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 463,54 | -0,21 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 37 155,50 | -5,38 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 320,90 | +0,13 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,144 % | -0,073 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,387 % | -0,178 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,224 % | -0,215 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0380 | -0,45 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 846,21 | -2,90 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 73,19 | -1,45 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 83 312,30 | -12,49 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
En 2024, les Français ont privilégié l’épargne à la consommation. Sur l’ensemble de l’année, ils ont, selon l’INSEE, mis de côté 18,2 % de leur revenu disponible brut, soit 1,3 point de plus par rapport à 2023. Le taux d’épargne est supérieur de 3,6 points à son niveau d’avant la crise sanitaire (2019). En 2024, les Français ont bénéficié, avec le recul de l’inflation, de gains de pouvoir d’achat, +2,5 % (+1,9 % par unité de consommation).
Les ménages n’ont que marginalement utilisé leurs gains de pouvoir d’achat pour la consommation qui n’a enregistré, sur l’ensemble de l’année, qu’une hausse de 0,9 %. Ils ont opté pour la prudence et l’attentisme. La baisse de l’inflation n’a été appréhendée que tardivement en 2024. Les ménages ont continué à maintenir une importante épargne de précaution pour faire face à une éventuelle remontée des prix.
La crise politique, à compter du mois de juin, a provoqué, au troisième trimestre, une hausse du taux d’épargne. Les incertitudes tant nationales qu’internationales alimentent de manière traditionnelle l’épargne. Au dernier trimestre, un léger fléchissement a été constaté. La consommation des ménages en volume a augmenté plus vite que leur pouvoir d’achat avec, par voie de conséquence, un léger fléchissement du taux d’épargne qui est passé de 18,5 à 18,4 % du revenu disponible brut.
La préférence pour l’épargne s’est traduite par des recettes de TVA plus faibles que prévu ce qui a alimenté le déficit public. Les pouvoirs publics espèrent une reprise de la consommation en 2025, avec la persistance d’une inflation contenue. L’amélioration de la confiance et la levée de certaines hypothèques nationales et internationales seront nécessaires pour la réalisation de ce scénario.

Cercle de l’Épargne – données INSEE
L’annonce de la baisse de la rémunération du Livret A, du Livret de Développement Durable et Solidaire et du Livret d’Épargne Populaire a eu un effet direct sur leur collecte.
Livret A : la plus mauvaise collecte de ces neuf dernières années
La collecte du Livret A s’est élevé à 350 millions d’euros en janvier, loin de son montant du mois de décembre 2024 (2,99 milliards d’euros) ou de celle du mois de janvier 2024 (2,27 milliards d’euros). Elle est sans comparaison avec celle de 2023 (9,27 milliards d’euros). Il faut remonter à 2016 pour retrouver, en janvier, un plus mauvais résultat (-850 millions d’euros).
Le premier mois de l’année est logiquement porteur pour les produits d’épargne réglementée. Les titulaires de Livret A, de LDDS et de LEP y versent une partie de leurs étrennes, de leurs primes et de leur treizième mois. Sur ces dix dernières années, le montant moyen de la collecte pour le Livret A, en janvier, était de 3,4 milliards d’euros. Depuis 2009, seules deux décollectes ont été enregistrées en janvier (2015 et 2016).
L’annonce le 15 janvier dernier par le Ministre de l’Économie de la baisse du taux du Livret A de 3 à 2,4 %, baisse devenue effective le 1er février, a freiné les ardeurs des épargnants. Le Livret a subi un réel coup de froid traduisant la sensibilité des ménages à l’évolution du taux de rémunération. En règle générale, une baisse de la rémunération se fait ressentir sur la collecte pendant trois mois.
Malgré la faible collecte du mois de janvier, le Livret A bat un record d’encours à 442,9 milliards d’euros.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) : baisse moins sévère de la collecte
La collecte du mois de janvier 2025 s’est élevée, pour le LDDS, à 460 millions d’euros soit un montant proche de la moyenne de ces dix dernières années (457 millions d’euros). Cette collecte est néanmoins en retrait par rapport à celle du mois de janvier 2024 (980 millions d’euros) et par rapport à celle du mois de décembre 2024 (940 millions d’euros). La meilleure résilience du LDDS par rapport au Livret A est liée à son association plus fréquente avec le compte courant. Le LDDS est en effet souvent détenu dans le même établissement financier que le compte courant principal de l’épargnant ce qui permet des aller-retour plus faciles qu’avec le Livret A dont la banalisation de la distribution n’est effective que depuis 2009.
Comme pour le Livret A, le LDDS n’a connu en 16 ans que deux décollectes en janvier, en 2015 (-200 millions d’euros) et en 2016 (-320 millions d’euros). L’encours du LDDS, à fin janvier 2025 bat également un nouveau record à 161 milliards d’euros.
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) touché par la baisse de sa rémunération
Le Livret d’Épargne Populaire comme le Livret A a été touché par l’annonce de la baisse de sa rémunération en janvier. Celle-ci est passée le 1er février dernier de 4 à 3,5 %. La collecte qui s’était élevée à 630 millions d’euros au mois de décembre 2024 n’a atteint que 110 millions d’euros en janvier 2025. Un an auparavant, elle avait été de 1,92 milliard d’euros. Le LEP bat malgré tout un nouveau d’encours en janvier (82,3 milliards d’euros).
Un début d’année moins porteur que les années précédentes
Du 1er février 2023 au 1er février 2025, les épargnants ont bénéficié du gel du taux du Livret A à 3 %, sachant que ce taux était de 0,5 % en 2020. Le taux de 3 % et le contexte anxiogène – guerre en Ukraine – inflation – crise politique – ont conduit à une forte augmentation de la collecte. La baisse du taux du Livret A marque une rupture et pourrait augurer l’entrée dans un nouveau cycle plus favorable à l’épargne longue et à la consommation sous réserve que les incertitudes ne se multiplient pas sur les fronts économique, politique et international.
En 2024, les commissions de surendettement en France métropolitaine ont reçu 134 803 dossiers, selon les données de la Banque de France. Cela représente une augmentation de 10,8 % par rapport à 2023, en raison d’un effet différé de l’inflation observée en 2022 et 2023. Toutefois, ce niveau demeure inférieur de 6 % à celui enregistré en 2019, avant la crise sanitaire, et nettement en-deçà du pic atteint en 2014 (-42 %). Cette tendance s’explique en partie par le renforcement de la réglementation encadrant le surendettement des ménages.
En 2024, le taux de dépôts de dossiers de surendettement s’élève à 245 pour 100 000 habitants âgés de 15 ans et plus, mais ce chiffre varie fortement selon les territoires, oscillant entre 125 et 459. Comme en 2023, ce taux est particulièrement bas en Lozère (125), en Haute-Savoie (152) et à Paris (154), tandis qu’il atteint des niveaux élevés dans l’Aisne (459), le Pas-de-Calais (455) et le Nord (389).
Les commissions ont examiné 131 080 dossiers en 2024, soit une hausse de 9,5 % sur un an. Les caractéristiques des ménages concernés montrent certaines spécificités :
Certaines catégories socioprofessionnelles sont particulièrement touchées : les employés (31 %) et les ouvriers (22 %) sont surreprésentés par rapport à leur part dans la population active (15 % et 11 % respectivement). La même tendance s’observe chez les demandeurs d’emploi, qui représentent 25 % des surendettés contre seulement 4 % de la population active.
Les revenus des ménages surendettés dépendent davantage des prestations sociales que la moyenne : près d’un quart de leurs ressources provient des allocations familiales, de l’aide au logement et des minima sociaux, contre seulement 5 % pour l’ensemble des ménages français.
Le niveau de vie médian des ménages surendettés est inférieur de 42 % à celui de la population générale, atteignant 1 180 euros par mois contre 2 028 euros. Parmi eux, 59 % vivent sous le seuil de pauvreté, une proportion encore plus élevée pour les familles monoparentales (67 %), alors que ces taux s’élèvent respectivement à 14,4 % et 31,4 % pour l’ensemble de la population.
L’endettement total des ménages surendettés traités en 2024 atteint 4,5 milliards d’euros. En hausse de 6,2 % sur un an, il reste, cependant, toujours en recul de 22 % par rapport à 2019 et de 46 % par rapport à 2014.
La structure de l’endettement évolue
Les dettes à la consommation (crédits renouvelables, prêts personnels, LOA, etc.) représentent désormais 43 % du total, en hausse de près de trois points sur un an. La part des dossiers comportant au moins une dette de ce type progresse également (+0,6 point, à 73 %).
L’endettement immobilier poursuit sa baisse pour la quatrième année consécutive, représentant 26 % du total (-0,7 point). La part des dossiers incluant une dette immobilière recule à 9 % (-0,7 point).
Les dettes liées aux charges courantes (loyer, énergie, etc.) se stabilisent à 14 % du total, étant présentes dans trois dossiers sur quatre. La part des dettes d’énergie et de communication reste faible, autour de 2 %.
Le reste des dettes (microcrédits, découverts…) diminue de plus de deux points, atteignant 17 %.
En 2024, 115 620 dossiers de surendettement ont été clôturés après l’aboutissement des procédures judiciaires. Plus de la moitié de ces dossiers ont bénéficié d’un effacement total ou partiel des dettes, pour un montant total de 1,2 milliard d’euros, soit 25 % de l’endettement total (proportion stable sur un an). Le montant moyen de la dette effacée par dossier s’élève à 19 728 euros, un niveau inchangé par rapport à l’année précédente.
Le président Donald Trump a décidé de se rendre, avec Elon Musk, à Fort Knox, le lieu où est entreposée la réserve d’or des États-Unis, qui s’élève à 425 milliards de dollars. Pour justifier sa visite, une première depuis celle de Franklin Roosevelt en 1943, il a indiqué vouloir vérifier si l’or était toujours dans les coffres… Au-delà de la boutade, le président aurait l’intention de prononcer un discours sur la politique monétaire. Ce dernier estime que le taux de change du dollar joue contre l’économie américaine. Donald Trump souhaite une monnaie et des taux d’intérêt faibles pour financer l’expansion et l’industrialisation de son pays. Sur son réseau Truth Social, il a déclaré : « Les taux d’intérêt devraient être abaissés, ce qui irait de pair avec les tarifs douaniers à venir !!! Allons faire du rock’n’roll, Amérique !!! » Partisan d’un déficit commercial à l’équilibre, il prône un dollar faible pour rendre les exportations américaines plus compétitives et renchérir les importations. D’un autre côté, il a besoin d’un dollar fort afin d’attirer les capitaux nécessaires au financement de l’imposant déficit public, qui s’élève à environ 7 points de PIB. Un dollar fort est aussi un outil de lutte contre l’inflation importée.
L’économiste et financier Stephen Miran, chef désigné du conseil d’analyse économique de la Maison-Blanche, prône une approche laissant craindre des manipulations monétaires : forcer les détenteurs étrangers de dollars à investir en bons du Trésor américain pour financer l’économie des États-Unis. Stephen Miran souligne que les détenteurs de capitaux du monde entier, en raison de la puissance de l’économie américaine, veulent y investir, contribuant ainsi à la hausse du dollar et des taux d’intérêt, ce qui pénalise les producteurs locaux. Il juge nécessaire de corriger cette situation. Face à cette contradiction, la tentation serait de recourir à des manipulations monétaires. L’obligation d’achat de titres de Trésor américain reviendrait à remettre en cause la liberté de placement sur le marché des changes. Elle permettrait tout à la fois d’abaisser les taux et de maintenir les flux de capitaux. Stephen Miran propose également la signature d’accords multilatéraux, comme ceux du Plaza en 1985, qui avaient conduit à faire baisser le dollar, puis ceux du Louvre en 1987, qui avaient abouti à sa stabilisation. Ces nouveaux accords, baptisés « accords de Mar-a-Lago », devraient être à la base d’un nouveau système monétaire international. L’objectif serait ainsi de faire payer les déficits aux partenaires économiques. L’économiste admet cependant la possibilité que les alliés refusent de tels accords. Les principaux détenteurs de dollars n’étant plus l’Europe mais les États asiatiques, et en premier lieu la Chine, les États-Unis ne pourront pas exercer de chantage sur la protection militaire. D’où l’idée d’imposer l’obligation d’achat des bons du Trésor sans concertation. La loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux, promulguée par le président Jimmy Carter en 1977, donne au président des pouvoirs étendus sur les transactions internationales en réponse aux menaces d’origine étrangère « à la sécurité nationale, à la politique étrangère ou à l’économie des États-Unis ». « De tels pouvoirs incluent la capacité de limiter ou d’interdire les transferts de crédit, de paiements ou de titres à l’échelle internationale », écrit l’économiste, qui avance plusieurs voies : instaurer une taxe sur l’usage du dollar, d’environ 1 %, différenciée selon les pays ; acheter des devises étrangères, éventuellement avec de l’or, pour les faire monter ; et surtout, pratiquer un chantage incessant aux droits de douane. Pour certains, cette proposition est inapplicable : les réserves de change ne pèsent pas suffisamment et le marché du dollar pourrait se délocaliser offshore, en dehors des États-Unis, pour échapper à l’obligation d’investissement en bons du Trésor américain. Le président américain aime jouer sur les peurs pour avancer ses pions. Il a ainsi récemment menacé de taxer à 100 % les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) s’ils tentaient de créer leur propre monnaie de réserve afin de concurrencer le dollar. Pour le moment, Donald Trump sait qu’aucun substitut au dollar n’existe et il entend profiter de cet atout. Les Américains ont toujours utilisé leur devise comme un levier pour défendre leurs intérêts. L’abandon de la convertibilité du dollar en or en 1971 par Richard Nixon en est un des meilleurs symboles. La guerre du Vietnam et l’inflation avaient entraîné une surévaluation du dollar. En supprimant la convertibilité et en imposant les changes flottants, les États-Unis ont provoqué une dévaluation de leur monnaie et une instabilité qui s’est révélée pernicieuse pour les économies européennes. Le secrétaire au Trésor, John Connally, avait alors prononcé cette phrase qui reste d’une criante actualité : « Le dollar, c’est notre monnaie, mais c’est votre problème. »
En ce début d’année 2025, le calme prévaut sur le marché des changes. Avec un euro coté à 1,04 dollar, le billet vert est relativement stable, loin des fluctuations du passé. L’euro avait connu un plus bas de 0,82 dollar en octobre 2000 et un plus haut de 1,60 dollar en juillet 2008, juste avant la crise financière. La progression du cours de l’or, de près de 60 % en deux ans et de près de 10 % au cours des deux premiers mois de l’année, témoigne d’une sourde inquiétude chez les investisseurs.
Peur d’un retour de l’inflation, espoir de paix en Ukraine mais à quel prix, peur d’une récession en Europe, espoir d’une baisse des taux de la BCE, à vous de choisir !
En gagnant 2,55 % sur la semaine, le CAC 40 se rapproche de son record du 15 mai 2024 (clôture à 8 239,99). Depuis le début de l’année, l’indice parisien a gagné plus de 10 %. Il progresse néanmoins plus lentement que les autres indices actions (+12 % depuis le 1er janvier pour le DAX allemand). Les indices américains ont progressé durant la semaine, le Nasdaq repassant au-dessus des 20 000 points, l’annonce Deepseek étant en voie d’être digérée.
L’once d’or a terminé la semaine à près de 2 900 dollars, battant de nouveaux records. Le prix du métal précieux est toujours orienté à la hausse en raison des menaces inflationnistes aux États-Unis et de la poursuite de la guerre commerciale engagée par Donald Trump.
Aux États-Unis, retour des tensions inflationnistes
Malgré la contraction des ventes au détail aux États-Unis en janvier, l’inflation demeure. Les ventes au détail ont, en effet, baissé de 0,9 % en janvier, alors que le consensus Bloomberg n’anticipait qu’un recul de 0,2 %, après une hausse de 0,7 % en décembre. Neuf des 13 catégories du rapport du département du Commerce ont enregistré des baisses, notamment les véhicules à moteur, les articles de sport et les magasins de meubles.
Un changement de rythme qui, outre les incendies de Los Angeles et les conditions météorologiques hivernales dans d’autres parties des États-Unis, s’explique par la hausse des prix et le coût des emprunts.
La guerre commerciale de Donald Trump repose toujours sur la dissuasion
Les dernières mesures proposées par le président américain, à savoir l’imposition de droits de douane réciproques aux pays coupables, à ses yeux, de comportements déloyaux, n’entreront en vigueur qu’au mois d’avril, laissant de la place pour l’engagement de négociations. L’Europe est particulièrement visée, car ses tarifs douaniers sont en moyenne supérieurs à ceux des États-Unis. Il en est de même pour de nombreux pays émergents. Le projet de Donald Trump est contraire aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui prévoit des négociations multilatérales pour la fixation des tarifs mais cela ne saurait l’effrayer.
La zone euro sauve son filet de croissance
L’économie de la zone euro a finalement réussi à maintenir une croissance à la fin de l’année dernière, Eurostat ayant revu à la hausse son estimation initiale. Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,1 % entre octobre et décembre par rapport au trimestre précédent, un chiffre à comparer à la stagnation annoncée au préalable et à la croissance de 0,4 % entre juillet et septembre. Cette révision inattendue s’explique par la prise en compte d’un plus grand nombre de données provenant des différents pays de la zone euro. Les Pays-Bas, cinquième économie de la zone euro, ont connu une croissance de leur PIB au quatrième trimestre de 0,4 %. Le bilan des quatre autres puissances de la région est plus mitigé. Si la croissance espagnole s’est élevée à 0,8 %, l’économie italienne a stagné, tandis que l’Allemagne et la France se sont toutes deux contractées. La Banque centrale européenne (BCE) prévoit que l’activité redémarrera en 2025, pour atteindre 1,1 % sur l’ensemble de l’année, contre 0,7 % en 2024.
Le retour de l’inflation aux États-Unis
Aux États-Unis, les prix à la consommation ont augmenté, en janvier, de 3 % en moyenne sur un an et de 0,5 % sur un mois, selon le Bureau of Labor Statistics. Ce résultat traduit un arrêt du processus de désinflation, et ce, avant même le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
La résilience de l’inflation a conduit la banque centrale à opter pour une pause dans son cycle d’assouplissement monétaire en janvier, après avoir abaissé son taux directeur à trois reprises en fin d’année dernière.
À Wall Street, les investisseurs se résignent peu à peu à une année blanche pour la Fed. Ceux qui s’attendent encore à des baisses de taux n’en prévoient plus qu’une en 2025. Les taux obligataires américains ont connu une hausse en milieu de semaine, et les indices boursiers ont, en contrepartie, diminué. Le président américain n’a pas encore exercé de pression explicite sur la Réserve fédérale (Fed), mais il ne cache pas son souhait d’une reprise rapide des baisses de taux. Il a ainsi publié sur son réseau Truth Social : « Les taux d’intérêt devraient être abaissés, ce qui irait de pair avec les droits de douane à venir. ». Dans le même temps, lors de son audition devant la Chambre des représentants, le président de la Fed, Jerome Powell, a répété qu’il ne voyait « pas d’urgence » à abaisser les taux directeurs, dans la mesure où la plupart des indicateurs économiques étaient au vert, hormis l’inflation, encore « quelque peu élevée ».
Inflation et pouvoir d’achat : un défi politique pour Donald Trump
Élu sur le thème de l’amélioration du pouvoir d’achat, Donald Trump doit faire face à une hausse des prix qui touche des produits de consommation courante, comme le café ou le jus d’orange. Le prix des œufs a progressé de 15 % en un mois, une hausse inédite depuis juin 2015. Sur un an, l’augmentation atteint 60 %, en raison d’une épizootie de grippe aviaire parmi les élevages de poules pondeuses américaines. Ces dernières semaines, il était même parfois difficile de trouver des œufs dans les rayonnages.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 14 février 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 176,30 | +2,55 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 44 546,08 | +0,92 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 114,63 | +1,53 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 20 026,77 | +2,58 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 22 482,50 | +3,29 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 732,46 | +0,37 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 493,40 | +3,05 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 149,43 | +0,90 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 346,72 | +3,63 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,127 % | +0,036 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,431 % | +0,070 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,453 % | -0,039 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0496 | +1,14 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 896,15 | +1,92 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 74,83 | -0,07 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 92 871,82 | +0,75 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Au troisième trimestre 2024, l’épargne brute des ménages est restée, selon la Banque de France, proche de ses plus hauts niveaux enregistrés pendant la période Covid. Le flux d’épargne brute s’est élevé à 86,8 milliards d’euros, contre 95,6 milliards d’euros au deuxième trimestre 2020. Le taux d’épargne, d’après les comptes publiés par l’INSEE, est resté stable à 17,7 %, contre 25,5 % au deuxième trimestre 2020 et 13,8 % en moyenne sur la période 2014-2019.
Les ménages aisés réinvestissent davantage qu’auparavant leurs gains, alimentant ainsi leur épargne. La montée des incertitudes économiques pousse tous les Français à renforcer leur épargne de précaution. La vague inflationniste a, par ailleurs, incité les ménages à épargner davantage afin de lutter contre l’érosion de leur patrimoine.
Les données préliminaires (encore partielles) couvrant les principaux placements financiers des ménages pour le quatrième trimestre 2024 mettent en évidence un léger mouvement de décollecte sur les dépôts à vue (-0,7 milliard d’euros) et une baisse des dépôts sur les livrets d’épargne. En revanche, les flux nets vers l’assurance-vie et les droits à pension, y compris en unités de compte (UC), sont élevés (16,8 milliards d’euros, contre 12 milliards d’euros au T3 et 10,3 milliards d’euros en moyenne sur la période 2013-2024).
La Cour des comptes, dans son rapport sur les finances publiques en 2025, tire le signal d’alarme en soulignant que la résorption du déficit et la maîtrise de la dette publique ne sont pas garanties.
Après le niveau record de 2020 (-8,9 % du PIB), le déficit public de la France s’est réduit en 2021 et 2022 (-4,7 %) avant de repartir à la hausse. En 2023, il s’est accru de 0,7 point, atteignant 5,5 % du PIB, alors qu’une quasi-stabilité était attendue. En 2024, la dérive s’est accentuée, avec un déficit qui devrait atteindre 6,0 % du PIB, soit 1,6 point au-dessus de la cible inscrite dans le projet de loi de finances (PLF). Ce dérapage exceptionnel, en l’absence de choc extérieur, s’explique en partie par l’augmentation du déficit l’année précédente et par de moindres rentrées fiscales. Mais au-delà de ces facteurs, il est avant tout la conséquence directe de la gestion de 2024. La révision à la baisse de la croissance, surestimée dans la loi de finances initiale, a dégradé le déficit de 0,3 point en réduisant les recettes. L’élasticité des prélèvements obligatoires par rapport à la croissance s’est affaiblie (0,7 contre 1,1 prévu), entraînant un manque à gagner de 0,5 point de PIB par rapport aux prévisions. Parallèlement, les dépenses des administrations locales ont fortement augmenté, impactant le déficit à hauteur de 0,2 point de PIB. Les dépenses des administrations sociales ont également dépassé les prévisions, avec un dépassement de l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) et une dégradation des comptes de l’Unédic en raison du ralentissement du marché du travail, aggravant le déficit de 0,1 point.
Ces dérapages n’ont été que partiellement compensés par une hausse des prélèvements obligatoires de 0,2 point de PIB, incluant notamment la progressive réintégration de la taxe intérieure de consommation finale d’électricité (TICFE) à son niveau d’avant-crise. Par ailleurs, les annulations et gels de crédits décidés en gestion, ainsi qu’une hausse de la charge de la dette publique plus contenue que prévu (+6 Md€ au lieu de +9 Md€ attendus), ont permis de limiter l’aggravation du déficit. Pour la Cour des comptes, la dérive des dépenses publiques est manifeste, d’autant plus que l’extinction des mesures exceptionnelles liées à la crise énergétique a généré un gain de 0,7 point de PIB.
Face à cette situation préoccupante, le gouvernement a une nouvelle fois repoussé l’objectif de retour du déficit sous 3 % du PIB, passant de 2027 à 2029, dès la première version du plan budgétaire et structurel à moyen terme (PSMT) communiqué en octobre 2024 dans le cadre de la gouvernance européenne. Ce plan prévoyait un retour à 5,0 % de déficit en 2025, grâce notamment à une hausse de 30 Md€ des prélèvements obligatoires couplée à une maîtrise des dépenses. Cependant, la censure du gouvernement Michel Barnier en décembre 2024 a rendu ces prévisions obsolètes.
Le gouvernement de François Bayrou a été contraint d’amender le PSMT ainsi que les textes financiers pour 2025, avec un objectif de déficit revu à 5,4 %, tout en conservant les cibles pour 2026-2029. La réduction de 0,5 point du déficit, inscrite dans la loi de finances 2025, repose exclusivement sur des hausses de prélèvements obligatoires, plutôt que sur une réduction des dépenses, qui continuent d’augmenter au même rythme qu’avant la crise.
La Cour des comptes met en garde : la moitié des hausses de prélèvements prévues en 2025 sont présentées comme temporaires. À l’avenir, le gouvernement devra soit prolonger ces hausses d’impôts, soit mettre en place de nouvelles mesures d’économies.
La France est désormais la seule grande économie de la zone euro à ne pas entrevoir de retour du déficit sous 3 % du PIB, contrairement aux exigences du Pacte de stabilité et de croissance. Elle est également la seule à ne pas avoir réduit significativement son ratio d’endettement, alors que l’Italie a réalisé un effort budgétaire conséquent en 2024. Selon la Cour des comptes, les hypothèses de croissance retenues par le gouvernement sont excessivement optimistes. Dans ses propres scénarios, le ratio d’endettement pourrait dépasser 125 % du PIB en 2029 et frôler 130 % dès 2031. En parallèle, la charge de la dette continuerait de croître, atteignant 3,4 % du PIB en 2029 (112 milliards d’euros), devenant ainsi le premier poste budgétaire de l’État, devant l’Éducation nationale.
Le dérapage du déficit public depuis deux ans place la France dans une situation critique. L’effort d’ajustement budgétaire nécessaire pour ramener le déficit sous 3 % du PIB a plus que doublé, passant de 50 à 110 milliards d’euros.
L’année 2025 sera décisive pour amorcer un véritable redressement des finances publiques, après deux échecs successifs en 2023 et 2024. Quoi qu’il en soit, les budgets pour 2026 et 2027 s’annoncent comme un exercice périlleux, où chaque choix budgétaire sera scruté avec attention.
Janvier ne fut pas avares de nouvelles économiques et financières. Les machés ont salué le volontarisme de Donald Trump tout en atténuant leur optimisme dans les derniers jours qui ont été également marqués par la rivalité technologique sino-américaine Les résultats de la croissance ont confirmé que les Etats-Unis faisaient toujours bande à part au sein des grands pays occidentaux, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France étant en plein marasme. L’inflation ne baisse plus mais reste à des niveaux acceptables. Dans ce contexte, la FED a temporisé en optant pour le statu quo en matière de taux directeurs quand la BCE a poursuivi ses baisses de 0,25 point.
A Paris, comme à Wall Street, les grands indices boursiers ont réalisé d belles performances en janvier. Pour le Cac 40, il est synonyme de sixième meilleur mois de janvier depuis sa création, grâce à un gain de 7,72 %, le rapprochant des 8 000 points. Les investisseurs ont digéré la motion de censure du mois de décembre et ne s’inquiète pas pour le moment d’une seconde en janvier. Malgré tout, les performances du CAC40 reste en-deçà des autres grands indices internationaux. Le Daxx allemand a gagné plus de 8,5 % en janvier ce qui porte la hausse à près de 28,5 % sur un an, contre moins de 4 % pour le CAC 40.
Malgré le trouble jeté par les annonces de DeepSeek, la startup chinoise qui entend commercialiser un robot conversationnel pouvant rivaliser à moindres coûts avec ChatGPT, les indices américains ont encore battu des records en janvier. Le S&P500 a progressé en janvier de plus de 3 %. Le gain du Nasdaq a été plus faible (+1,7 %). Ces deux indices sont en recul sur la dernière semaine de janvier. Le Dow Jones de son côté, moins touché par la baisse des valeurs technologiques a gagné près de 5 %.
A la fin du mois de janvier, la progression des indices s’est ralenti avec la montée des inquiétudes concernant la guerre commerciale de Donald Trump qui commence dès le 1er février avec l’imposition des droits de douane de 25% sur les produits en provenance de ses deux voisins les plus proches, le Canada et le Mexique. Ses droits sont institués non seulement pour limiter les importations en provenance de ces pays mais aussi pour les sanctionner de leur inaction supposée face à l’immigration illégale. Le risque sous-jacent de cette politique est l’augmentation de l’inflation. En décembre, l’indice des prix à la consommation aux Etats-Unis a accéléré à 2,6 % en rythme annuel, selon les données du département du Commerce, contre 2,4 % en novembre. La composante sous-jacente « core PCE » s’est maintenue à 2,8 % sur un an, comme en novembre conformément aux attentes.
La FED temporise
Mercredi 29 janvier, la Réserve fédérale américaine a décidé de ne pas modifier ses taux après avoir communiqué sur son intention de faire une pause dans son cycle d’assouplissement monétaire en début d’année. Entre septembre et décembre derniers, elle avait abaissé son taux directeur de 5,5 % à 4,5 %. La décision de la Fed était attendue, car elle intervient après la prise de fonction de Donald Trump et après la chute des marchés, dans la foulée de l’annonce de la start-up chinoise DeepSeek concernant la commercialisation d’un robot conversationnel.
Jerome Powell, lors de la conférence de presse, a confirmé la nécessité pour la Fed de prendre la mesure de la situation économique, tout particulièrement en matière d’inflation. Aux États-Unis, l’inflation est ressortie à 2,9 % sur un an en décembre, bien au-delà des 2 % ciblés par la Banque centrale, même si l’inflation « cœur », l’indicateur privilégié de la Fed, est plus proche de l’objectif. La croissance économique américaine, malgré des taux élevés, reste dynamique. Dans ce contexte, la Fed choisit la prudence, d’autant que les incertitudes liées à la politique commerciale de Donald Trump sont importantes. L’instauration de droits de douane aurait des effets inflationnistes non négligeables. Jerome Powell a mentionné n’avoir eu aucun contact avec le Président depuis son investiture et s‘est gardé de tout commentaire sur la politique du nouveau chef d’État. Ce dernier a, en revanche, condamné la décision de la Fed de ne pas abaisser ses taux. Il a déclaré qu’il connaissait les taux d’intérêt « bien mieux que la Fed, et certainement bien mieux que celui qui est le premier responsable de ces décisions ».
La BCE poursuit sa baisse des taux
A la différence de la Réserve fédérale, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de réduire le 30 janvier ses taux directeurs. Son taux de référence, le taux de dépôt, est ainsi passé de 3 % à 2,75 %. Il s’agit de sa cinquième baisse depuis juin et la quatrième consécutive. A partir du 5 février, les taux d’intérêt de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal seront ramenés à respectivement 2,75 %, 2,90 % et 3,15 %. Cette décision ne constitue en rien une surprise. Lors de la dernière réunion de politique monétaire, la Présidente de l’institution de Francfort, Christine Lagarde, avait estimé que le loyer de l’argent était encore en territoire restrictif et qu’il freinait l’économie plus qu’il n’était nécessaire.
Malgré la légère progression de l’inflation en zone euro au dernier trimestre de 2024, les banquiers centraux des différents des Etats membres sont convaincus que l’objectif des 2 % d’inflation sera atteint cette année. Le taux d’inflation était en décembre, à 2,4 %, après 2,2 % en novembre et 2 % en octobre pour la zone euro. La faible croissance au sein de la zone euro incite la BCE à desserrer la contrainte monétaire. Le PIB a reculé en France et en Allemagne au dernier trimestre.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 31 Jan. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 950,17 | +0,13 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 44 544,66 | +0,40 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 040,53 | -0,52 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 19 627,44 | -1,58 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 21 711,43 | +1,52 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 673,96 | +2,02 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 286,87 | +1,07 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 572,49 | +1,40 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 250,60 | +0,25 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,203 % | -0,101 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,457 % | -0,087 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,512 % | -0,102 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0421 | -0,28 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 807,35 | +2,29 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 76,80 | -2,13 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 101 572,488 | -2,96 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
L’assurance-vie a réalisé une belle année 2024 avec une collecte nette de 29,4 milliards d’euros, en hausse de 28,2 milliards d’euros par rapport à l’année 2023, qui avait été particulièrement médiocre. Le cru 2024 est le meilleur de ces quatorze dernières années. L’assurance-vie a bénéficié de l’appétence des ménages pour l’épargne et des taux promotionnels proposés par les assureurs. La bonne tenue des marchés actions à l’international a également pu conforter le premier produit d’épargne des ménages, dont l’encours a atteint 1 989 milliards d’euros à fin décembre 2024, en hausse de 4,2 % sur un an.

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs
En 2024, la décollecte sur les fonds en euros s’est atténuée, s’élevant à 5 milliards d’euros contre 29 milliards en 2023. L’augmentation des taux de rendement et la pratique des bonifications ont porté leurs fruits.

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs
Des versements dynamiques
L’assurance-vie a été portée par d’importants versements depuis le début de l’année. Les Français ont arbitré leur épargne un peu plus que les années précédentes en faveur de placements de long terme. En 2024, les cotisations ont progressé de 20,9 milliards d’euros par rapport à 2023, pour s’élever à 173,3 milliards d’euros (+14 %). La part des unités de compte a atteint 38 % en 2024, légèrement en retrait par rapport à 2023 (40 %). Ce recul peut s’expliquer par les mauvaises performances des actions françaises au cours du second semestre.

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs
Des prestations en recul
Les prestations ont reculé de 5 % en 2024. Les ménages ont moins arbitré en défaveur de l’assurance-vie. La baisse des transactions immobilières et la perte d’attractivité des contrats à terme dans la seconde partie de l’année expliquent cette diminution des rachats. Ces derniers se sont élevés, sur l’ensemble de l’année, à 143,8 milliards d’euros.
L’amélioration du rendement des fonds en euros a contribué à réduire les opérations de rachats sur ces derniers.
Un mois de décembre très honorable
La collecte nette, au mois de décembre, a atteint 1,2 milliard d’euros, en retrait par rapport à novembre (+4 milliards d’euros), mais nettement supérieure à celle de l’année dernière (-941 millions d’euros).
Le mois de décembre est traditionnellement un mois sans saveur pour l’assurance-vie, la collecte moyenne de ces dix dernières années s’établissant à 560 millions d’euros. Depuis 2008, sept décollectes en décembre ont été constatées.
Au mois de décembre 2024, les ménages ont effectué des versements importants, à hauteur de 13,9 milliards d’euros (en hausse de 12 % par rapport à décembre 2023), avec une proportion d’unités de compte supérieure à la moyenne de l’année (44 % contre 38 %).
Les prestations ont, de leur côté, diminué de 5 % par rapport à décembre 2023. Elles s’établissent à 12,6 milliards d’euros.

Données France Assureurs
Des vents porteurs pour 2025
L’année 2024 a marqué le rebond de l’assurance-vie après une année 2023 où la collecte de l’épargne réglementée avait atteint des sommets. Celle-ci avait alors bénéficié de la hausse du taux du Livret A et des craintes des ménages vis-à-vis de l’inflation.
La désinflation et l’amorce de la baisse des taux ont redonné du souffle aux placements longs comme l’assurance-vie. La diminution du taux du Livret A au 1er février devrait conforter ce processus en 2025. Les rendements des contrats à terme, qui ont concurrencé les fonds en euros entre 2022 et 2024, sont également orientés à la baisse. La forte propension des ménages à épargner, en l’absence de visibilité sur le front politique et économique, devrait bénéficier à l’assurance-vie.
Dès son investiture, Donald Trump a signé une kyrielle de décrets concernant essentiellement l’immigration, le climat, la justice et l’administration. En revanche, il s’est abstenu de modifier les droits de douane tout en soulignant qu’il ne renonçait pas à les augmenter. Cette relative temporisation a rassuré les investisseurs et favorisé les valeurs actions.
Come-back du CAC 40
Après avoir souffert durant tout le second semestre 2024, le CAC 40 connaît un rebond depuis le début de l’année. Il a ainsi enregistré sa troisième semaine de hausse consécutive depuis le 1er janvier. L’indice a aligné neuf séances consécutives de progression, sa plus longue séquence positive depuis celle du 8 au 20 juillet 2015. Il a frôlé la barre des 8 000 points vendredi 24 janvier. Sur la semaine, le CAC 40 gagne plus de 2,5 % et porte son avance à plus de 7 % depuis le début de l’année. Les valeurs du luxe, des spiritueux et de l’automobile ont été les moteurs de cette reprise après des semaines difficiles.
États-Unis : des négociations avant les droits de douane
Les droits de douane feront l’objet de négociations. Dans une interview accordée à Fox News, Donald Trump a indiqué qu’il préférait éviter d’y recourir, tout en affirmant que « c’est un pouvoir énorme sur la Chine ». Lors d’une allocution au Forum économique mondial de Davos, donnée en visioconférence depuis Washington, il a exprimé son souhait de voir les relations commerciales entre les deux grandes puissances devenir « équitables ». Trump a également exhorté les entreprises étrangères à produire aux États-Unis pour éviter d’éventuels droits de douane. En parallèle, il a réclamé une baisse du prix du pétrole de l’OPEP et une diminution des taux directeurs de la FED.
Une bonne nouvelle pour Donald Trump et les États-Unis réside dans l’intérêt du Fonds souverain saoudien, le Public Investment Fund (PIF), qui pourrait contribuer à hauteur de 600 milliards de dollars d’investissements aux États-Unis sur les quatre prochaines années. Ce montant dépasse de 100 milliards le projet Stargate, piloté par les géants de la tech. Doté de 980 milliards de dollars, le PIF est le 4ᵉ plus grand fonds souverain mondial, derrière ceux de la Norvège, de la Chine et d’Abou Dhabi. Il pourrait atteindre les 2 000 milliards de dollars d’actifs d’ici 2030. Ce fonds est censé financer la transition écologique de l’Arabie saoudite, bien que ses investissements à l’étranger devraient représenter entre 18 et 20 % de son capital total.
Le fonds souverain saoudien a toujours soutenu Donald Trump. Après sa défaite en 2020, le PIF avait investi 2 milliards de dollars dans un fonds de capital-investissement créé par Jared Kushner, le gendre de Trump, notamment dans le secteur immobilier.
Les indices américains ont également fortement progressé cette semaine, le S&P 500 atteignant de nouveaux records. Les valeurs chinoises ont elles aussi été en hausse ces cinq derniers jours. En revanche, le dollar, en l’absence de hausses douanières, enregistre sa plus mauvaise semaine depuis plus d’un an face à un panier de devises de référence.
Hausse des taux au Japon
Au Japon, la Banque centrale a relevé son taux directeur de 0,25 % à 0,5 %, son plus haut niveau depuis la crise financière de 2008. Dans un communiqué accompagnant cette décision, publiée vendredi, la BoJ a indiqué que l’activité économique et les prix évoluaient conformément à ses prévisions. Les investisseurs spéculent sur une possible nouvelle mesure de normalisation monétaire en .
Bonnes nouvelles pour la zone euro
Pour l’ensemble des pays de la zone euro, l’indice PMI composite (une moyenne pondérée des indices de la production manufacturière et de l’activité du secteur des services) est repassé en janvier en zone d’expansion, atteignant 50,2, contre 49,6 en décembre. Ce résultat dépasse les prévisions du consensus Bloomberg, qui anticipait 49,7.
Cette amélioration repose principalement sur les performances de l’Allemagne, dont l’activité est en hausse en ce début d’année. En revanche, en France, l’enquête de S&P Global continue de signaler une contraction du secteur privé, bien que celle-ci soit moins marquée que lors des mois précédents. Dans la zone euro, le secteur manufacturier montre des signes d’amélioration, et l’activité du secteur des services a progressé pour le deuxième mois consécutif en janvier, bien qu’à un rythme plus modéré qu’en décembre. Les prévisions de croissance restent toutefois modestes : le PIB aurait progressé de 0,1 % au quatrième trimestre 2024 et devrait croître au même rythme au premier trimestre 2025.
Retour des fusions dans le secteur bancaire
La banque Monte dei Paschi, dont l’État italien détient 11 % du capital, a lancé une offre de 13,3 milliards d’euros pour racheter l’ensemble des actions de sa concurrente Mediobanca. Si cette opération aboutissait, elle pourrait avoir des conséquences importantes sur la structure financière de nombreuses entreprises italiennes, notamment Generali.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 24 Jan. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 927,62 | +2,51 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 44 424,25 | +2,15 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 101,24 | +1,58 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 19 954,30 | +1,50 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 21 390,39 | +2,20 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 499,86 | -0,05 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 219,37 | +1,06 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 931,98 | +1,26 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 252,63 | +0,36 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,304 % | -0,004 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,544 % | +0,041 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,614 % | -0,009 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0515 | +1,05 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 776,45 | +3,22 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 78,31 | -3,18 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 105 956,07 | +1,07 % | 38 252,54 | 15 406,87 |
Avec une collecte de 2,99 milliards d’euros, le Livret A signe son meilleur résultat de l’année. Elle lui permet d’établir un nouveau record en matière d’encours à 442,5 milliards d’euros, soit 144 milliards d’euros de plus qu’en 2019, l’année d’avant la pandémie. L’année 2024 est également marquée par un record absolu en matière de versement d’intérêts capitalisés, 12,32 milliards d’euros contre 11,23 en 2023 et 2,13 en 2019. Ce montant record d’intérêts s’explique par le taux de rendement de 3 % et par le niveau sans précédent de l’encours.
Le mois de décembre 2024 a été exceptionnel pour le Livret A. La collecte sur les dix dernières années avait été en effet nulle, les ménages ayant l’habitude de puiser sur leurs livrets d’épargne réglementée pour financer leurs dépenses de fin d’année (cadeaux, vacances, etc.). De 2009 (début de la base statistique de la Caisse des dépôts et consignations) à 2024, six décollectes ont été, en décembre, enregistrées. La dernière date de 2021, après la période covid (-1,7 milliard d’euros). Les meilleurs résultats en décembre ont été constatés ces dernières années, en 2022 et 2023 (respectivement 1,54 et 2 milliards d’euros).
La collecte record du mois de décembre 2024 peut s’expliquer par une montée des inquiétudes après l’adoption de la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier à l’Assemblée nationale le 4 décembre dernier. Par ailleurs, les annonces de plans de licenciements ont pu conduire les ménages à opter pour la prudence en matière de dépenses. Ces inquiétudes se sont matérialisées par la chute de l’indice de confiance des ménages calculé par l’INSEE. Les informations sur la future baisse du rendement du Livret A qui ont commencé à se diffuser à la fin de l’année n’ont pas, en revanche, dissuadé les Français à y placer leurs liquidités.
La collecte annuelle du Livret A s’est élevée en 2024 à 14,87 milliards d’euros, contre 28,68 milliards d’euros en 2023. C’est la collecte annuelle la plus faible depuis 2019 (12,64 milliards d’euros). Elle est néanmoins de 3 milliards d’euros au-dessus de la moyenne de ces dix dernières années (11,48 milliards d’euros).
La baisse de la collecte entre 2023 et 2024 s’apparente à une normalisation en lien avec la baisse de l’inflation. Les ménages ont, au cours de l’année, progressivement préféré des placements de long terme comme l’assurance vie. Cette normalisation demeure incomplète en raison de la crise politique survenue à compter du mois de juin 2024.
De son côté, le LDDS a enregistré, en décembre 2024, une collecte de 940 millions d’euros contre +160 millions d’euros en novembre. En décembre 2023, la collecte avait été également positive de 1,01 milliard d’euros. Depuis 2009, aucune décollecte n’a été constatée en décembre pour LDDS. La collecte moyenne, pour le dernier mois de l’année de ces dix dernières années (2014/2023) était de 800 millions d’euros. Celle de l’année 2024 est donc légèrement au-dessus. Le LDDS qui est souvent connecté avec le compte courant réagit plus rapidement aux versements des primes et des treizièmes mois du mois de décembre.
Sur l’ensemble de l’année, le LDDS enregistre une collecte de 6,55 milliards d’euros, en retrait par rapport à celle de 2023 (11,24 milliards d’euros). Elle est néanmoins près de deux fois supérieure à celle de 2019 (3,91 milliards d’euros). Les intérêts capitalisés atteignent 4,48 milliards d’euros soit près de 500 millions de plus qu’en 2023. Ce montant constitue un record absolu pour le LDDS.
L’encours du LDDS, à fin décembre, s’élevait à 160,6 milliards, également un record. Fin 2019, l’encours du LDDS était de 112,4 milliards d’euros.
Avec 11,7 millions de titulaires (fin octobre 2024), le Livret d’Épargne Populaire a enregistré une collecte positive en 2024, de 6,88 milliards d’euros contre 20,67 milliards d’euros en 2023 qui avait été marquée par le relèvement du plafond de 7 700 à 10 000 euros. La baisse du rendement, passé de 6 à 4 %, a joué dans le recul de la collecte. Malgré tout, l’encours établit un nouveau record à 82,2 milliards d’euros. Les intérêts capitalisés se sont élevés à 3,43 milliards d’euros en hausse par rapport à 2023 (3,29 milliards d’euros).
Le 1er février, le taux du Livret A et du LDDS passera de 3 à 2,4 % et celui du LEP de 4 à 3,5 %. Dans le passé, les baisses de rendement ne se sont pas toujours accompagnés de décollecte. Il en fut ainsi en février 2011 et février 2013. En revanche, en février 2015 et févier 2020, des décollectes ont été enregistrées mais le taux était alors passé en-dessous de 1 %. Les années 2014 et 2015 ont été marquées par des décollectes records (-6,13 et -11,02 milliards d’euros pour le Livret A).
La baisse du rendement du Livret A en 2025 se caractérise par son importance 0,6 point. Il faut remonter à mai 2009 en pleine crise financière pour avoir une baisse plus importante (0,75 point de 2,5 à 1,75 point). Il est à noter que le taux était passé de 4 à 2,5 % le 1er février 2009. Cette série de baisses, en 2009, avait provoqué un mouvement de décollecte.
Pour 2025, le contexte économique et politique devrait rester incertain incitant les ménages à poursuivre leur effort d’épargne contrariant le souhait du Ministre de l’Économie d’un rebond de la consommation, nécessaire à la bonne tenue des recettes de TVA. Par ailleurs, le premier semestre est logiquement favorable à la collecte, le mois de janvier étant dominé par le versement des étrennes de la fin d’année précédente. La persistance d’un contexte politique et économique incertain pourrait amener les ménages à maintenir leurs versements à un niveau élevé sur le Livret A ou le LDDS.

source : CDC

source : CDC

source : CDC
L’indice CAC 40 est remonté au-dessus des 7 700 points avec un gain de 3,75 % sur la semaine. Il faut remonter au mois de septembre dernier pour observer une progression plus forte. Le rejet de la motion de censure et les résultats trimestriels de Richemont, qui en règle générale reflètent assez finement la tendance du secteur du luxe, ont rassuré les investisseurs. Les anticipations selon lesquelles la prochaine baisse de taux de la Réserve fédérale pourrait intervenir plus tôt que prévu ont également joué en faveur du marché des actions, tout comme les résultats du mois de décembre sur l’inflation au sein des pays de l’OCDE. Aux États-Unis, le début de la saison des résultats trimestriels est également encourageant. Les banques ont publié des résultats appréciés par les actionnaires. JPMorgan, Citigroup, Goldman Sachs et Morgan Stanley ont ainsi fortement progressé à Wall Street. En 2024, JPMorgan Chase a notamment dégagé 58,5 milliards de dollars de profits et, si la marge d’intérêt a commencé à marquer le pas, les commissions de banque d’affaires, les activités de marché et la gestion d’actifs ont pris le relais. Les bons résultats sur le front de l’inflation ont également soutenu les cours.
Aux États-Unis, les prix à la consommation (CPI) ont augmenté comme prévu de 0,4 % sur un mois en décembre. Ils ont reculé à 0,2 % hors éléments volatils tels que l’énergie et l’alimentation, alors qu’une stagnation à +0,3 % était attendue par le consensus Bloomberg. En rythme annuel, l’inflation en données brutes s’est élevée à 2,9 %. La donnée « core » est ressortie à 3,2 %, soit un dixième de point de moins qu’anticipé.
Tous les indices actions des grandes places financières ont enregistré de fortes progressions cette semaine. À Londres, le FTSE 100 a atteint, vendredi 17 janvier, un record historique à 8 475,35 points, dépassant son précédent record établi en mai dernier.
La croissance chinoise de 5 % est légèrement supérieure aux attentes des derniers jours. Elle est néanmoins inférieure à celle de 2023 (5,2 %) et représente son plus faible niveau depuis 1990, hors période Covid. Le principal point positif de l’économie chinoise a été les exportations, ce qui laisse présager quelques difficultés en 2025, compte tenu du risque de hausse des droits de douane américains. En 2024, la population chinoise a diminué pour la troisième année consécutive. Le pays compte près de 1,4 million d’habitants en moins, atteignant 1,408 milliard. Le nombre de naissances a néanmoins progressé de 520 000 par rapport à 2023. Cette hausse s’expliquerait en partie par la croyance selon laquelle l’année 2024, placée sous le signe du Dragon dans le zodiaque chinois, est propice à la procréation. Le nombre de naissances en 2024 reste néanmoins l’un des plus faibles enregistrés depuis 1949. L’indice chinois Shanghai Composite a malgré tout progressé sur la semaine, alors que le Nikkei japonais s’est replié de plus de 4 %.
À quelques heures de l’investiture de Donald Trump, le bitcoin est en forte hausse, dépassant les 100 000 dollars. Un décret serait en cours de préparation afin de désigner la crypto comme un impératif national, une formulation stratégique prioritaire visant à guider les agences gouvernementales dans leur collaboration avec l’industrie de la crypto.
Le cours du pétrole subit des vents contraires. L’arrivée de Donald Trump rime avec une libéralisation de la réglementation pour les nouveaux gisements, pouvant entraîner une baisse des cours, mais, dans le même temps, les mesures prises contre la flotte fantôme russe les poussent à la hausse.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 17 Jan. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 709,75 | +4,06 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 43 487,83 | +3,83 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 996,66 | +3,01 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 19 630,20 | +2,63 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 20 897,46 | +3,78 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 505,22 | +3,42 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 148,30 | +3,92 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 38 451,46 | -4,04 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 241,82 | +0,38 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,308 % | -0,117 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,503 % | -0,071 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,623 % | -0,131 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0270 | -0,59 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 701,58 | +2,02 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 80,72 | +1,24 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 105 010,19 | +11,80 % | 38 252,54 | 15 406,87 |
Fini la trêve des confiseurs, la nouvelle année commence avec un retour aux fondamentaux. Les propos de Donald Trump et son programme inflationniste inquiètent les investisseurs contribuant à la hausse des taux des obligations souveraines et cela d’autant plus que les besoins croissants des États en financement sont élevés.
Des taux souverains à la hausse
Le taux à 10 ans américain a pris plus de 10 points de base (pb) pour atteindre 4,7 %, son plus haut depuis fin avril et celui à 30 ans est proche des 5 %, ce qui n’était pas arrivé depuis décembre 2023, alors que la Réserve fédérale avait mené l’un des plus forts relèvements des taux directeurs de son histoire. Le « 30 ans britannique » a atteint 5,35 %, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 1998 quand le rendement des obligations françaises à 10 ans s’est élevé à 3,4 %, un plus haut depuis 2011.
En début d’année, les États procèdent à d’importantes émissions d’obligation. En deux jours, les 7 et 8 janvier, sur la zone euro, près de 70 milliards d’euros ont été ainsi émis. Aux États-Unis, l’émission de 39 milliards de Treasuries – les obligations d’État – à 10 ans a n’a pas suscité l’enthousiasme des investisseurs. Les titres affichent un rendement de 4,68 %, au-dessus des prévisions initiales. Il faut remonter à 2007 pour retrouver de tels taux.
Les investisseurs semblent intégrer que Donald Trump pourrait appliquer son programme à compter du 20 janvier et notamment la majoration des droits de douane. Une montée du protectionnisme associée à des baisses d’impôts et à une réduction de l’immigration pourraient relancer l’inflation américaine. En réaction, les marchés misent sur un fort ralentissement des baisses de taux de la Fed. Leur réduction ne serait plus que de 0,5 point et non d’un point comme cela était envisagé en 2024. La menace inflationniste combinée à une moindre diminution des taux directeurs conduisent à une hausse des taux longs. L’évolution des rendements des Treasuries entraîne une répercussion sur l’ensemble des taux souverains. Avec des taux de près de 5 %, les États-Unis attirent les capitaux du monde entier ce qui conduit, par réaction, à la hausse des taux à l’échelle mondiale.
La hausse des taux, en France, répond également à des considérations d’ordre interne. La méfiance envers la trajectoire des finances publiques française se traduit au travers l’évolution de l’écart entre le rendement des obligations françaises et allemandes, (spread). Ce dernier a atteint 86 points de base jeudi, en hausse, depuis le début de l’année. L’hypothèse d’une remise en cause de la réforme des retraites inquiète les investisseurs. L’augmentation des taux souverains est une mauvaise nouvelle pour le déficit public.
Rebond du CAC 40
Les indices « actions » chinois et japonais ont connu une mauvaise semaine. Le Shanghai Composite a perdu pour le deuxième semaine consécutive plus de 5 %. Les marchés asiatiques sont pénalisés par les menaces protectionnistes. Après deux semaines de recul, la Bourse de Paris a affiche un bilan hebdomadaire flatteur, avec un Cac 40 en hausse de 2,04 %, son meilleur résultat depuis la semaine du 6 décembre (+2,65 %). Il a terminé la semaine 7 431,04 points malgré une baisse vendredi provoquée par la publication des résultats de l’emploi aux Etats-Unis. Ces résultats ont pesé sur le cours des actions américaines en raison de la crainte d’une moindre baisse des taux de la FED que prévu.
Dynamisme du marché de l’emploi aux Etats-Unis
En décembre, les Etats-Unis ont créé 256 000 emplois dans le secteur non agricole, soit bien plus que les 165 000 qui étaient attendus par le consensus Bloomberg et même que les 212 000 enregistrés en novembre. Le taux de chômage, revient à 4,1 % de la population active quand une stagnation à 4,2 % était anticipée. Le salaire horaire moyen n’a augmenté que de 0, 3% d’un mois sur l’autre et de 3,9 % sur une base annuelle, soit une décélération d’un dixième dans les deux cas. Une forte création d’emplois et un faible taux de chômage traduisent la vitalité de l’économie américaine mais pourraient dissuader la FED de baisser ses taux directeurs. Plusieurs indicateurs américains indiquent que l’évolution de l’économie est incertaine. L’’indice de confiance du consommateur américain, calculé par l’Université du Michigan, a légèrement diminué à 73,2 en janvier. Ses composantes d’anticipation d’inflation à un an et à 5-10 ans ont augmenté à 3,3 % quand une stagnation à respectivement 2,8 % et à 3 % était attendue par le marché.
Pétrole en hausse, euro en baisse
Le prix du baril de pétrole continue sa hausse en raison d’éventuelles sanctions américaines concernant la « flotte fantôme » qui achemine le pétrole russe. 200 navires ont été répertoriés par les autorités américaines qui entend prendre des sanctions à l’encontre des entreprises qui en sont propriétaires et des clients qui achètent le pétrole russe ainsi transporté.
L’euro s’oriente vers la parité avec le dollar. La faiblesse de la croissance européenne et l’évolution potentiellement divergente des taux directeurs des banques centrales de part et d’autre de l’Atlantique expliquent la dépréciation de la monnaie américaine par rapport au dollar. L’euro a atteint un plus bas historique de 0,82 USD. Ce niveau reflétait une faiblesse de l’économie européenne par rapport aux États-Unis. Entre 2002 et 2021, l’euro a été au-dessus de la parité. Il est repassé en-dessous en septembre 2022 en lien avec la guerre en Ukraine qui a affaibli économiquement l’Europe. Le dollar joue par ailleurs son rôle de valeur refuge. . Depuis la fin de l’année 2022, il est légèrement au-dessus.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 10 Jan. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 431,04 | +2,04 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 41 938,45 | -1,31 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 827,04 | -1,09 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 19 161,63 | -1,21 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 20 221,34 | +1,80 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 248,49 | +0,30 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 4 977,90 | +2,19 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 190,40 | -1,77 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 168,52 | -5,47 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,425 % | +0,138 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,574 % | +0,152 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,754 % | +0,175 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0244 | -1,18 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 694,02 | +260 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 79,25 | +3,33 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 93 437,86 | -4,19 % | 38 252,54 | 15 406,87 |
Paris commence mal l’année
Le CAC 40 est passé en-dessous des 7 300 points vendredi 3 décembre. L’indice parisien a poursuivi sa chute en cédant un eu plus de 1 % sur la semaine qui a été amputée d’une journée de cotation.
Les valeurs du luxe sont, en ce début d’année 2025 exposées à la Chine et ont subi un nouvel accès de faiblesse. Le marché détaxé de l’île de Hainan en Chine, un lieu connu pour la vente de produits de luxe, a connu une baisse des ventes de 29,3 % sur l’année écoulée selon les données des douanes chinoises. Les actions de Chine continentale ont connu un recul de plus de 5 % sur la semaine. Le rendement des obligations de l’Etat chinois à dix ans a glissé sous la barre des 1,6 % pour la première fois de son histoire. Les effets des différents plans de relance annoncés ces derniers mois demeurent faibles. La banque centrale chinoise pourrait être amenée à baisser ses taux directeurs.
Les valeurs automobiles sont toujours en souffrance en raison de la faiblesse des immatriculations notamment de véhicules électriques. En France, 1 718 417 immatriculations de voitures particulières neuves ont été enregistrées, soit une baisse de 3,17 % par rapport à 2023. En 2019, 2 214 279 voitures particulières avaient été immatriculées en France. En cinq ans, le marché s’est contracté de 22,39 %. En 2024, les ventes de véhicules électriques ont reculé.
Aux Etats-Unis, l’indice d’activité ISM du secteur manufacturier a dépassé les attentes du consensus Bloomberg en ressortant à 49,3, contre 48,4 en novembre et 48,2 anticipé. Le Président Joe Biden a mis son veto à la vente de U.S. Steel à Nippon Steel, ce qui a provoqué la chute du cours de l’entreprise américaine. Le rachat était perçu comme de manière positive par les investisseurs.
Les indices américains ont légèrement diminué cette semaine sur fond de doutes sur l’orientation de la politique économique américaine avec la future arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.
Petit bilan de l’année boursière 2024
2024 aura été une bonne année pour les actions, à l’exception de celles des entreprises cotées à Paris. Les indices des grandes places financières internationales ont affiché une croissance à deux chiffres et battu de nombreux records au cours de l’année. La baisse des taux d’intérêt a incité les investisseurs à privilégier les actions.
The winner is the United States of America
Les véritables vainqueurs de l’année 2024 sont les indices américains. Avec une croissance résiliente proche de 3 % et un secteur technologique dynamique, l’économie américaine continue d’attirer les capitaux du monde entier. Wall Street a consolidé son statut de première place financière mondiale. L’élection de Donald Trump au mois de novembre, loin d’inquiéter les marchés, a favorisé la hausse des cours. Les investisseurs estiment que les entreprises américaines bénéficieront de la baisse des impôts et de la déréglementation promises par le nouveau président. Ils espèrent que les mesures protectionnistes et anti-immigration, susceptibles de nuire à l’économie américaine, ne seront pas appliquées dans leur totalité.
Le S&P 500 a progressé de 25 % en un an, contre 6 % pour son équivalent européen, le Stoxx 600. En 2023, la valorisation boursière des sociétés américaines avait déjà augmenté plus rapidement que celle des entreprises européennes, avec un écart de 10 points. Compte tenu de la hausse du dollar face à l’euro (+6 %), un investisseur européen ayant placé son capital aux États-Unis aurait vu son investissement s’apprécier de plus de 30 %.
Les valeurs technologiques dopées par l’intelligence artificielle
Le marché des actions américaines a été porté par les grandes valeurs technologiques. Les « Sept Magnifiques » (Apple, Microsoft, Alphabet [Google], Amazon, Nvidia, Meta [Facebook], Tesla) ont enregistré une progression sans précédent grâce à l’engouement des investisseurs pour l’intelligence artificielle. La capitalisation boursière de ces sept entreprises a atteint 12 000 milliards de dollars en 2024. Les actions sont valorisées à 23,5 fois leurs bénéfices anticipés dans deux ans. À titre de comparaison, ce ratio était deux fois plus élevé pour les sept premières capitalisations du S&P 500 en 2000, au sommet de la bulle Internet.
En 2025, l’engouement pour l’IA devrait se poursuivre. Tant que les bénéfices suivront, les valeurs technologiques devraient continuer à progresser, mais à un rythme moins soutenu qu’en 2024. La croissance des profits des « Sept Magnifiques » devrait être de 6 ou 7 points de pourcentage supérieure à celle des 493 autres entreprises du S&P 500. Cet écart de performance opérationnelle pourrait être l’un des plus faibles de ces dernières années.
La contre-performance parisienne
Le CAC 40 est le grand perdant de l’année avec un recul de 2,15 %. Il est l’un des rares indices à avoir enregistré une baisse en 2024. Loin de son record du 10 mai 2024 à 8 259,19 points, le CAC a clôturé l’année à 7 380,74 points. L’indice parisien a été largement distancé par le DAX allemand (+18,85 % sur l’année) et par les indices américains, notamment le Nasdaq (+30 %). Après avoir atteint des sommets en mai, le marché parisien a été affecté par la crise politique liée à la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin. Le CAC 40 a également souffert des difficultés du secteur du luxe, pénalisé par le ralentissement de l’économie chinoise.
Avec une dette publique atteignant 3 303 milliards d’euros au troisième trimestre 2024 (soit 113,7 % du PIB), un gouvernement instable et un budget absent, la France a découragé les investisseurs internationaux. Le moral des chefs d’entreprise est au plus bas, tandis que les perspectives économiques et d’emploi restent incertaines. Les plans sociaux se sont multipliés (Michelin, Teleperformance, Boiron, Auchan, ArcelorMittal, etc.). En novembre, le spread OAT-Bund a dépassé les 90 points de base, atteignant son niveau le plus élevé depuis 2012, avant de redescendre à environ 83 points en décembre.
Les entreprises françaises, qui étaient sorties renforcées de la crise sanitaire et avaient montré leur capacité à répercuter les hausses de prix, ont été rattrapées par la réalité économique en 2024. Le nombre de défaillances d’entreprises a légèrement dépassé son niveau d’avant la pandémie. Le secteur du luxe, qui représente un cinquième de l’indice parisien, a particulièrement souffert. En 2024, Kering a vu son cours de bourse chuter de 40,29 %. Sur les neuf premiers mois de l’année, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 12,8 milliards d’euros, en baisse de 12 % sur un an. Le titre LVMH a perdu 13,37 %, et L’Oréal, 24,14 %. Seule Hermès a réalisé une performance notable avec une hausse de +21,01 %, sa clientèle fortunée étant moins affectée par les aléas économiques.

L’industrie automobile européenne, et donc française, a également traversé une période difficile. L’action Stellantis a chuté de 40,2 %, tandis que Michelin a affiché une quasi-stagnation (-2,03 %). Renault, grâce au lancement de plusieurs nouveaux modèles et à la vente d’une partie de ses actions Nissan, a enregistré un gain boursier de 27,49 %. En revanche, STMicroelectronics, un fabricant de semi-conducteurs dont près de la moitié des revenus provient des constructeurs automobiles, a subi une perte de 46,35 % sur son cours boursier.
Le retour du Japon
La Bourse de Tokyo, qui stagnait depuis trois décennies, a connu un rebond en 2024. L’indice Nikkei a progressé de près de 20 % sur l’année. De son côté, l’indice « Shanghai Composite », malgré le ralentissement de la croissance économique chinoise, a enregistré une hausse de près de 14 %, son meilleur résultat depuis 2020.
L’augmentation des valeurs japonaises s’explique en partie par la dépréciation du yen face au dollar. Le gain de 19,2 % pour le Nikkei 225 tombe à 7 % lorsqu’il est exprimé en dollars. L’indice a terminé l’année proche des 40 000 points, franchis pour la première fois en mars, atteignant un sommet de 42 426,77 points en juillet, et dépassant ainsi son record de 1989 (38 915,87 points).
La faiblesse du yen a favorisé les exportations japonaises, dopant les ventes et les bénéfices des grandes entreprises exportatrices. La Banque centrale du Japon est restée prudente, relevant ses taux directeurs à seulement 0,25 % malgré une inflation de 2,7 % en novembre. La Bourse japonaise a également bénéficié d’un regain d’intérêt des épargnants. La hausse des prix et les faibles taux d’intérêt ont incité les ménages à investir leurs liquidités en actions. Les achats par les ménages dans la trentaine et la quarantaine sont en forte hausse, tandis que ceux dans la cinquantaine, encore marqués par l’éclatement de la bulle économique des années 1990, restent prudents. Les mesures fiscales incitatives, telles que l’augmentation des plafonds du Nippon Individual Savings Account (NISA), ont également favorisé ces investissements.
2024, l’année où le bitcoin a atteint 100 000 dollars
En décembre 2024, le bitcoin s’est échangé à plus de 100 000 dollars, enregistrant une hausse de plus de 130 % en un an. Cette flambée s’explique par l’essor des ETF (fonds négociés en bourse) liés au bitcoin et par l’engouement de Donald Trump pour les cryptoactifs. Ce dernier a promis une déréglementation du marché des cryptomonnaies et nommé Paul Atkins, un avocat favorable à ces actifs, à la tête de la Securities and Exchange Commission.
Au troisième trimestre, le fonds Bitcoin de BlackRock était devenu le quatrième ETF le plus important parmi les fonds spéculatifs, avec une position longue de 3,8 milliards de dollars. Selon PwC, 47 % des hedge funds traditionnels ont investi dans des actifs numériques en 2024, contre 21 % en 2021.
Malgré cela, certains signaux de prudence apparaissent. L’ETF VanEck Digital Transformation, qui investit dans des entreprises liées aux cryptomonnaies, a baissé de plus de 40 % par rapport à son record de 2021. Les NFT CryptoPunks, bien qu’en hausse de 20 % cette année, restent en baisse de près de 70 % par rapport à leur sommet de 2021.
L’institutionnalisation des cryptoactifs devrait lisser leurs cours à l’avenir, rapprochant leurs dynamiques de celles des marchés traditionnels. Des corrélations sont déjà observées entre le bitcoin et l’indice Nasdaq, qui évoluent souvent en parallèle.
2024, une année en or
En 2024, le prix de l’once d’or a progressé de plus de 26 %, marquant sa plus forte hausse depuis 2010. L’or a retrouvé son rôle de valeur refuge dans un contexte de tensions internationales (guerre en Ukraine, conflit au Proche-Orient, guerre commerciale avec la Chine). Les banques centrales des pays émergents ont continué à acheter de l’or pour diversifier leurs réserves et réduire leur dépendance au dollar.
L’once d’or a atteint un sommet historique à 2 789,95 dollars le 30 octobre 2024 avant de terminer l’année à 2 614 dollars. En valeur actualisée, cependant, son cours reste inférieur à celui de 1980 lors du second choc pétrolier.
2025, une année encore américaine ?
En 2025, la performance du marché actions sera moins dépendante de l’évolution des taux d’intérêt. Elle reposera essentiellement sur les résultats des entreprises. En la matière, les entreprises américains ont un avantage certain. Les investisseurs anticipent 11 % de croissance des profits du S&P 500, contre seulement 3 % en Europe. Le marché boursier américain devrait bénéficier de la bonne tenue de l’activité de l’économie. L’écart avec l’Europe devrait encore s’accentuer. Les États-Unis devraient donc continuer à attirer les capitaux du monde entier. L’Europe est pénalisée par sa faible croissance potentielle. Le vieillissement démographique, l’insuffisance de l’investissement, le coût élevé de l’énergie et le mauvais positionnement du système productif pèsent sur l’activité. Néanmoins, les actions américaines commencent à être chères. Le ratio cours-bénéfices à 12 mois est au-dessus de leur médiane sur 20 ans, même en excluant les grandes valeurs technologiques. En comparaison, le Japon et l’Europe se situent au niveau de leur moyenne sur 20 ans, tandis que la Chine se situe en dessous de ce niveau.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 3 Jan. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 282,22 | -1,09 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 42 732,13 | -0,58 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 942,47 | -0,48 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 19 621,68 | -0,55 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 19 909,12 | -0,29 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 223,98 | +0,97 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 4 871,45 | +0,04 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 894,54 | -0,96 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 211,43 | -5,23 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,287 % | +0,083 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,422 % | +0,024 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,579 % | -0,044 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0287 | -1,28 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 639,55 | +1,13 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 76,50 | +3,25 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 97 858,93 | +3,69 % | 38 252,54 | 15 406,87 |
En 2024, les États-Unis sont à l’origine de près de la moitié des capitaux levés dans le monde, contre 37 % en 2023. Ces levées de fonds ont pris la forme d’introductions en Bourse (IPO), d’augmentations de capital, de placements accélérés grâce à des ventes de blocs, ou encore d’émissions obligataires convertibles, échangeables ou remboursables en actions (equity-linked). Les levées de fonds américaines ont représenté 321 milliards de dollars, en hausse de 63 % par rapport à 2023.
205 entreprises se sont fait coter sur le NYSE ou le NASDAQ. Ces appels au marché ont permis aux entreprises de récupérer 33,1 milliards de dollars (+45 % par rapport à 2023). Les États-Unis disposent d’un marché d’actions liquide avec une forte profondeur, grâce à un grand nombre d’entreprises cotées. La puissance du marché américain attire de plus en plus les entreprises européennes. TotalEnergies étudie la possibilité de se faire coter à New York. L’entreprise espagnole Ferrovial a franchi le pas en mars dernier.
Cette tentation devrait conduire les Européens à accélérer la mise en œuvre de « l’Union de l’épargne et des investissements ». Sur le sujet de l’unification du marché des capitaux, les Vingt-Sept ont récemment franchi une étape dans l’harmonisation de leur droit de l’insolvabilité. L’enjeu principal de cette réglementation est de lever les obstacles à l’investissement transfrontalier en harmonisant des règles qui diffèrent encore largement entre les États membres. Actuellement, 27 régimes d’insolvabilité distincts coexistent, compliquant l’évaluation des opportunités d’investissement.
La proposition de directive poursuit les objectifs suivants : garantir que les créanciers puissent récupérer la valeur maximale de la société liquidée, améliorer l’efficacité des procédures d’insolvabilité et accroître la prévisibilité ainsi que la répartition équitable de la valeur récupérée entre les créanciers. Cette proposition prévoit également l’interconnexion des registres bancaires à travers le système BRIS (« Business Registers Interconnection System »).
La présidence polonaise de l’Union européenne, qui a débuté le 1er janvier pour six mois, devra finaliser ce projet de directive. Ce dernier devra être adopté par le Parlement, puis transposé en droit interne.
La trêve des confiseurs est respectée par les investisseurs, qui ont déjà leurs regards tournés vers 2025. Les décisions de la Réserve fédérale, prises à la mi-décembre, ont eu peu d’effets sur les marchés. La prévision de deux petites réductions de ses taux directeurs l’année prochaine, au lieu des quatre initialement prévues, n’a pas provoqué d’importante onde de choc. Les investisseurs estiment que ce changement de rythme témoigne de la solidité de la croissance américaine.
Le CAC 40 a affiché un bilan hebdomadaire positif pour la deuxième fois consécutive, avec un gain de 1,11 %. Les valeurs bancaires, notamment BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, ont porté la tendance. Les indices américains ont repris leur progression, confirmant la tradition de forte hausse des derniers jours de l’année.
Les contrats à terme de référence sur le gaz naturel européen ont augmenté de 5 % vendredi 27 décembre, après une déclaration du président russe Vladimir Poutine soulignant l’impossibilité de conclure, d’ici la fin de l’année, un nouveau contrat régissant les flux via le gazoduc entre la Russie et l’Ukraine, crucial pour l’alimentation d’une partie de l’Europe. Les pays d’Europe centrale, qui achètent encore du gaz russe, ont proposé des solutions pour que le combustible continue de traverser l’Ukraine, mais Kiev a rejeté tout arrangement permettant à Moscou de gagner de l’argent « pour financer la guerre ». Les contrats en cours arrivent à échéance le 31 janvier. Les flux concernés représentent environ 5 % de la demande européenne. La perte de ces volumes obligerait des pays comme la Slovaquie et la Hongrie à s’appuyer davantage sur le gaz en provenance de Norvège ou sur les approvisionnements des États-Unis.
Au Japon, la banque centrale pourrait relever ses taux à court terme. Le compte rendu des opinions exprimées lors de sa dernière réunion, publié dans la matinée, étaye la possibilité d’une hausse en janvier afin d’enrayer la dépréciation du yen. La BoJ avait choisi de ne pas intervenir lors de la réunion de décembre. L’indice Nikkei a gagné près de 2 %, profitant de la chute, hier, du yen à son plus bas niveau depuis cinq mois, à 158 pour un dollar. L’inflation à Tokyo s’est accélérée pour un deuxième mois consécutif, et les ventes au détail ont dépassé les estimations des économistes.
En Chine, les bénéfices des entreprises industrielles ont baissé en novembre pour le quatrième mois consécutif (-7,3 % sur un an). Cette contraction confirme le recul annuel des profits de l’industrie. Ils ont diminué de 4,7 % au cours des 11 premiers mois. L’année 2024 pourrait être la pire jamais enregistrée depuis le début des relevés en 2000 de cet indicateur, qui mesure la santé financière des usines, des mines et des services aux collectivités.
En Corée du Sud, le Parlement a destitué le président par intérim Han Duck-soo, l’accusant d’avoir « activement participé à l’insurrection » après la tentative avortée de son prédécesseur, désormais suspendu de ses fonctions, d’instaurer la loi martiale au début du mois. L’indice boursier Kospi a terminé en repli de 1 %, et la monnaie sud-coréenne s’est fortement dépréciée. Le won a atteint un point bas de 15 ans.
En France, le ralentissement de la croissance semble se confirmer. L’attentisme prédomine, tant du côté des consommateurs que des entreprises. Le taux d’épargne des premiers demeure élevé, preuve d’un manque de confiance en l’avenir. Pour l’instant, le commerce extérieur soutient la croissance française. Il devrait néanmoins pâtir dans les prochains mois des difficultés du premier partenaire économique de la France, l’Allemagne.
| Résultats 27 déc. 2024 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 30 déc. 2022 | |
| CAC 40 | 7 355,37 | +1,14 % | 7 543,18 | 6 471,31 |
| Dow Jones | 42 992,21 | +1,65 % | 37 689,54 | 33 147,25 |
| S&P 500 | 5 970,84 | +2,14 % | 4 769,83 | 3839,50 |
| Nasdaq Composite | 19 722,03 | +2,77 % | 15 011,35 | 10 466,48 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 19 958,63 | -1,46 % | 16 751,64 | 13 923,59 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 149,78 | +0,58 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 4 898,88 | +0,95 % | 4 518,28 | 3792,28 |
| Nikkei 225 (Japon) | 40 281,16 | +2,33 % | 33 464,17 | 26 094,50 |
| Shanghai Composite | 3 400,14 | +1,17 % | 2 974,93 | 3 089,26 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,204 % | +0,115 pt | +2,558 % | +3,106 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,398 % | +0,111 pt | +2,023 % | +2,564 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,623 % | +0,122 pt | +3,866 % | +3,884 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0425 | -0,65 % | 1,1060 | 1,0697 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 613,30 | -1,02 % | 2 066,67 | 1 815,38 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 73,78 | +1,63 % | 77,13 | 84,08 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 90 707,50 | -6,72 % | 38 252,54 | 15 406,87 |
Novembre, avec le début des dépenses des fêtes de fin d’année, n’est jamais un mois favorable pour le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS). Les ménages privilégient en fin d’année les produits d’épargne longue, comme l’assurance-vie ou le Plan d’Épargne Retraite. Néanmoins, en 2024, le Livret A et le LDDS enregistrent tous deux une collecte positive, témoignant d’une forte propension à l’épargne de la part des ménages. Après plusieurs années d’épargne importante, les ménages ne relâchent guère leurs efforts. Après une décollecte en octobre, ils ont décidé de renforcer leur épargne, tant sur le Livret A que sur le Livret de Développement Durable et Solidaire ou encore sur le Livret d’Épargne Populaire.
Livret A: un résultat honorable pour le mois de novembre
Au mois de novembre, le Livret A a affiché une collecte positive de 400 millions d’euros, contrastant avec la décollecte du mois d’octobre dernier de 1,94 milliard d’euros. Le résultat du mois de novembre 2024 est supérieur à la moyenne des dix dernières années (2014-2023), qui était de 166 millions d’euros. En règle générale, le mois de novembre réussit peu au Livret A, avec neuf décollectes depuis 2009. L’année dernière, une décollecte de 280 millions d’euros avait été constatée. Les meilleures collectes pour un mois de novembre ont été enregistrées en 2012 et 2020, avec à chaque fois 2,4 milliards d’euros. En 2012, cette bonne collecte s’expliquait par le relèvement du plafond du Livret A, passé le 1er octobre de 15 300 à 19 125 euros. En 2020, les confinements ont contribué à une collecte favorable en novembre.
Sur les onze premiers mois de l’année 2024, la collecte cumulée atteint 11,87 milliards d’euros, contre 26,88 milliards d’euros sur la même période en 2023. Cette collecte cumulée est inférieure à celle de 2019, avant la crise sanitaire (14,24 milliards d’euros).
L’encours du Livret A, à fin novembre, s’élevait à 427,2 milliards d’euros, un niveau légèrement inférieur à son record de septembre 2024 (428,7 milliards d’euros).
Le LDDS vaillant en novembre
De son côté, le LDDS a enregistré, en novembre 2024, une collecte de 160 millions d’euros, contre une décollecte de 640 millions d’euros en octobre 2024 et une collecte positive de 210 millions d’euros en novembre 2023.
Entre 2009 et 2023, neuf décollectes avaient été constatées pour le LDDS au mois de novembre. La collecte moyenne des dix dernières années s’établissait à 50 millions d’euros. La meilleure collecte du LDDS pour un mois de novembre a été enregistrée en 2012, avec 2,82 milliards d’euros, un mois après le doublement du plafond de ce produit, passé de 6 000 à 12 000 euros.
Sur les onze premiers mois de l’année, la collecte du LDDS atteint 5,61 milliards d’euros, contre 10,22 milliards d’euros sur la même période en 2023 et 3,14 milliards d’euros en 2019, avant l’épidémie de Covid.
L’encours du LDDS, à fin novembre, s’élevait à 155,2 milliards d’euros, légèrement en deçà de son record de septembre 2024 (155,6 milliards d’euros).
La résilience du Livret d’Épargne Populaire (LEP)
En octobre, le LEP avait enregistré une collecte positive de 210 millions d’euros. En novembre, celle-ci a progressé à 340 millions d’euros. L’année dernière, en novembre, la collecte atteignait 2,8 milliards d’euros, dopée par le relèvement du plafond à 10 000 euros intervenu le 1er octobre 2023.
Sur les onze premiers mois de 2024, la collecte cumulée s’élève à 6,26 milliards d’euros, bien en deçà des 18,67 milliards d’euros constatés sur la même période en 2023.
L’encours atteint un niveau record au mois de novembre à 78,1 milliards d’euros.
Un contexte anxiogène favorable à l’épargne de précaution
La collecte positive du Livret A et du LDDS en novembre, supérieure à la moyenne des dix dernières années, reflète le maintien d’un climat anxiogène. Le niveau de confiance en l’avenir des ménages, mesuré par l’INSEE, est en baisse ces derniers mois. La crise politique, le poids des déficits publics et les craintes d’une hausse des impôts encouragent une forte épargne de précaution. Le taux d’épargne des ménages, selon l’INSEE, s’élevait à 18,2 % du revenu disponible brut au troisième trimestre 2024, soit trois points de plus que sa moyenne d’avant la crise sanitaire. Rien n’indique pour l’instant qu’il pourrait réellement diminuer d’ici la fin de l’année.
Baisse attendue en février pour les taux du Livret A, du LDDS et du LEP
Le taux de rémunération du Plan d’Épargne Logement passera, le 1er janvier prochain, de 2,25 % à 1,75 %. Cette baisse pourrait inaugurer une série de diminutions des taux des produits d’épargne réglementée. En janvier, après la publication du taux définitif d’inflation pour décembre, le ministre de l’Économie, sur recommandation de la Banque de France, communiquera les nouveaux taux. Le taux du Livret A et du LDDS, indexé sur l’inflation et le taux de l’Ester (taux interbancaire de court terme), devrait avoisiner 2,5 %, contre 3 % actuellement. Quant au taux du LEP, calculé à partir de l’inflation ou du taux du Livret A majoré de 0,5 point (le plus favorable des deux), il pourrait être ramené à environ 3 %, contre 4 % aujourd’hui.
Aux États-Unis, le taux d’inflation annuel au mois de novembre a été de 2,8 % en données « core », c’est-à-dire hors alimentation et énergie, contre 2,9 % anticipé. Sur cette même base, il passe de 0,3 % en octobre à 0,1 % sur un mois, contre +0,3 % attendu. L’inflation n’en demeure pas moins élevée, ce qui devrait ralentir le programme de baisses des taux directeurs de la FED. Deux baisses sont anticipées en 2025, contre quatre initialement projetées.
Les dépenses réelles des ménages américains ont augmenté de 0,27 % en glissement mensuel en novembre, mais des révisions sur les mois antérieurs signifient que la croissance de la consommation au quatrième trimestre s’établit désormais à 3 %, soit légèrement plus qu’auparavant. Au quatrième trimestre, le taux de croissance annuelle aux États-Unis pourrait atteindre 3,3 %, contre 3,1 % au troisième trimestre. Les marchés américains ont été cette semaine dans l’expectative du déroulement de la crise budgétaire avec une menace de shutdown. Le texte visant à l’éviter a été rejeté jeudi 19 décembre par la Chambre des représentants. Sa dernière version de la résolution, qui a donc échoué, aurait suspendu pendant deux ans le plafond de la dette américaine. Ce plafond représente le montant maximum que le gouvernement fédéral peut emprunter pour financer ses dépenses.
Donald Trump s’en est pris à l’Union européenne en déclarant qu’elle devait réduire son excédent commercial avec les États-Unis en achetant davantage de pétrole et de gaz américains, sous peine de devoir payer des droits de douane. Sur les 10 premiers mois de 2024, le déficit commercial avec les pays de l’Union s’élève à plus de 190 milliards de dollars.
Le CAC 40 a encore cédé du terrain, avec une baisse de plus de 1 % en une semaine. Les autres indices européens étaient également orientés à la baisse. Le DAX allemand a perdu près de 2 %, en raison des craintes liées à la guerre commerciale avec les États-Unis, à la stagnation de l’économie germanique et à l’absence de gouvernement en France. Les indices américains ont également reculé en raison des annonces de la FED. La baisse des cours est en outre traditionnelle à cette période de l’année (rallye de Noël), les institutionnels terminant leurs programmes de prises de plus-values.
Le prix du baril de pétrole Brent a reculé cette semaine, autour de 72 dollars. L’attitude prudente de la FED, associée à des perspectives de demande faible et à une offre abondante, est un facteur de baisse des prix sur le marché pétrolier. Les autorisations de gisements de pétrole de schiste aux États-Unis devraient augmenter avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier prochain.
Le bitcoin a perdu sur la semaine 5 %, revenant sous les 100 000 dollars, et l’or près de 3 %.
| Résultats 20 déc. 2024 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 30 déc. 2022 | |
| CAC 40 | 7 274,48 | -1,12 % | 7 543,18 | 6 471,31 |
| Dow Jones | 42 840,26 | -2,20 % | 37 689,54 | 33 147,25 |
| S&P 500 | 5 930,85 | -1,63 % | 4 769,83 | 3839,50 |
| Nasdaq Composite | 19 572,60 | -1,45 % | 15 011,35 | 10 466,48 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 19 916,56 | -1,96 % | 16 751,64 | 13 923,59 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 084,61 | -2,15 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 4 862,28 | -1,71 % | 4 518,28 | 3792,28 |
| Nikkei 225 (Japon) | 38 701,90 | -1,69 % | 33 464,17 | 26 094,50 |
| Shanghai Composite | 3 368,07 | -1,59 % | 2 974,93 | 3 089,26 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,089 % | +0052 pt | +2,558 % | +3,106 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,287 % | +0,032 pt | +2,023 % | +2,564 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,501 % | +0,108 pt | +3,866 % | +3,884 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0425 | -1,24 % | 1,1060 | 1,0697 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 624,70 | -2,93 % | 2 066,67 | 1 815,38 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 72,82 | -2,52% | 77,13 | 84,08 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 97 434,74 | -4,29 % | 38 252,54 | 15 406,87 |
Dans les Provinces-Unies au début du XVIIᵉ siècle, une importante crise financière est survenue autour des bulbes de tulipes. La crise des bulbes de tulipes, également connue sous le nom de « Tulipomanie », est souvent considérée comme l’une des premières bulles spéculatives documentées de l’histoire.
Les tulipes, introduites en Europe depuis l’Empire ottoman au XVIᵉ siècle, sont rapidement devenues un symbole de richesse et de prestige, particulièrement en Hollande. La rareté de certaines variétés, notamment celles avec des motifs complexes, a provoqué une hausse de la demande. Les prix ont progressé rapidement, au point qu’un bulbe de tulipe pouvait valoir plus cher qu’une maison. Les acheteurs et les vendeurs échangeaient souvent des contrats à terme pour acquérir des bulbes à une date ultérieure, pariant sur la hausse continue des prix. Ces échanges se sont multipliés jusqu’en février 1637, lorsqu’une enchère n’a trouvé aucun acheteur. Les spéculateurs, pris de panique, ont commencé à vendre leurs contrats à perte. La notion de « Tulipomanie » est, depuis, souvent utilisée comme un avertissement contre les dynamiques spéculatives irrationnelles, où la valeur des actifs dépasse largement leur valeur intrinsèque.
En 2024, la question de la valeur intrinsèque peut également se poser pour l’or ou le Bitcoin. Depuis l’élection de Donald Trump le 5 novembre dernier, le Bitcoin a connu une forte appréciation, dépassant les 100 000 dollars, ce qui porte sa hausse sur l’année à plus de 130 %. L’encours des cryptomonnaies atteint, début décembre, 4 000 milliards de dollars, soit plus que la capitalisation de la place boursière de Paris (3 200 milliards de dollars).
L’augmentation du cours du Bitcoin s’explique par le nouvel engouement de Donald Trump pour les cryptoactifs. Il entend déréglementer le marché et a nommé Paul Atkins, avocat et responsable d’un groupe de défense des cryptomonnaies, à la tête de la Securities and Exchange Commission, le principal régulateur financier américain. La proposition de Cynthia Lummis, sénatrice républicaine, de créer une réserve gouvernementale d’un million de bitcoins peut paraître incongrue, mais elle est sérieusement envisagée. Le Bitcoin serait ainsi placé aux côtés de l’or comme valeur refuge officielle.
Le succès du Bitcoin en 2024 provient également de la distribution d’ETF reproduisant son cours. Au troisième trimestre de l’année, le fonds négocié en bourse Bitcoin de BlackRock était devenu le quatrième plus important ETF dans le monde des fonds spéculatifs, avec une position longue d’une valeur de 3,8 milliards de dollars. Selon une étude de PwC et de l’Alternative Investment Management Association, 47 % des hedge funds traditionnels ont investi, en 2024, dans des actifs numériques, contre 21 % en 2021. Malgré tout, certains signaux rappellent que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. L’ETF VanEck Digital Transformation, qui investit dans un ensemble d’entreprises liées aux cryptomonnaies, est en baisse de plus de 40 % par rapport à son record de 2021. Le prix plancher des jetons non fongibles (NFT) émis par CryptoPunks sur la blockchain Ethereum a augmenté de 20 % cette année, mais il reste en baisse de près de 70 % par rapport à son sommet de 2021. L’institutionnalisation des cryptoactifs devrait aboutir, dans les prochaines années, à un lissage de leurs cours. Ces derniers obéiraient de plus en plus aux dynamiques des marchés traditionnels et seraient plus dépendants d’autres indices qu’auparavant. Des corrélations ont déjà été constatées entre le cours du Bitcoin et l’indice Nasdaq, qui ont tendance à évoluer en parallèle.
La création de monnaies digitales de banques centrales pourrait profondément rebattre les cartes. Les banques centrales deviendraient alors les moteurs des marchés des cryptoactifs.
La dette publique française : plus de 113 % du PIB
À la fin du troisième trimestre 2024, la dette publique au sens de Maastricht a atteint, selon l’INSEE, 3 303,0 milliards d’euros, soit une augmentation de 71,7 milliards d’euros, après +69,0 milliards d’euros au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elle s’établit à 113,7 %, après 112,2 % au deuxième trimestre 2024. La dette française bat ainsi de nouveaux records en montant absolu. Vint ans auparavant, la dette publique s’élevait à 1122 milliards d’euros. Actualisé de l’inflation entre 2004 et 2024, ce montant représenterait, cette année, de 1615 milliards d’euros. En vingt ans, la dette publique a été multipliée par deux en valeur réelle. Comme au trimestre précédent, l’augmentation de la dette publique s’accompagne d’une hausse de la trésorerie des administrations publiques (+6,4 milliards d’euros) et, dans une moindre mesure, des autres actifs, si bien que la dette nette augmente un peu moins que la dette brute (+64,0 milliards d’euros) et s’établit à 104,9 % du PIB.

INSEE
Dégradation de la note de la France
Vendredi soir, l’agence de notation Moody’s a dégradé d’un cran la note de la dette française à Aa3 avec une perspective stable, contre Aa2 avec perspective négative dans sa dernière évaluation fin octobre. L’abaissement de la note de la France est selon l’agence justifié par le fait que « les finances publiques françaises seront affaiblies de manière substantielle dans les années à venir », car « la fragmentation politique devrait probablement empêcher une consolidation budgétaire significative ».
Moody’s ne croit guère en la possibilité à ce qu’un gouvernement quel qu’il soit puisse améliorer la situation des finances publiques. L’agence craint qu’une spirale négative entre « déficits plus élevés, charge de la dette plus lourde et coûts de financement plus hauts ». Malgré tout Moody’s signale que la France possède des atouts, « une économie large, riche et diversifiée, la septième mondiale » La démographie demeure plus favorable que dans d’autres économies avancées. La dégradation de la note française intervient en plein changement de gouvernement. Sur le sujet des finances publiques, François Bayrou a lors de la passation de pouvoir avec Michel Barnier souligné qu’il était confronté à un « Himalaya budgétaire » et que les déficits et la dette posent un problème moral.
La BCE : volontaire mais prudente
Jeudi 12 décembre, la Banque centrale européenne a annoncé une nouvelle baisse de ses taux directeurs d’un quart de point. Le taux de dépôt s’établit désormais à 3 %, celui de la facilité de refinancement à 3,15 %, et celui de la facilité de prêt marginal à 3,4 %. Plusieurs grandes voix de la BCE, dont celle du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avaient plaidé pour un assouplissement plus marqué, à hauteur de 50 points de base. La faiblesse de la croissance européenne en cette fin d’année, combinée à la décrue de l’inflation, aurait pu justifier une baisse plus importante. D’autres banques centrales, comme celles du Canada et de la Suisse, ont d’ailleurs opté pour des baisses de 50 points de base.
Cependant, la BCE a préféré la prudence, en tenant compte de l’amélioration conjoncturelle observée en novembre et de la légère reprise de l’inflation (2,3 % en novembre). Depuis juin, la BCE a effectué quatre baisses, réduisant le taux de dépôt d’un point. Dans son communiqué, l’institution a changé de ton, abandonnant la thématique des taux restrictifs pour combattre l’inflation. Désormais, elle envisage des taux neutres, voire accommodants, pour soutenir l’économie de la zone euro. Le débat porte sur le niveau d’atterrissage des taux estimé entre 1,5 % et 2 %.
En cette mi-décembre, la zone euro traverse des incertitudes politiques majeures : la France et l’Espagne peinent à adopter leurs budgets pour 2025, tandis que l’Allemagne fait face à une crise gouvernementale. À l’international, le retour de Donald Trump constitue une source d’inquiétude. La zone euro, très dépendante du commerce extérieur – deux fois plus que les États-Unis –, pourrait souffrir du protectionnisme américain en 2025. Les économistes de la BCE anticipent une croissance de 0,7 % cette année et de 1,1 % en 2025 pour la zone euro. En revanche, la France et l’Allemagne sont exposées à un risque de récession. La reprise pourrait venir d’une hausse des salaires stimulant la consommation, bien que le marché du travail soit susceptible de se dégrader.
Selon les prévisions, l’inflation devrait repasser sous la barre des 2 % en 2025 (1,9 %), ce qui représente une bonne nouvelle. La BCE mise également sur une augmentation progressive des investissements des entreprises, soutenue par l’atténuation des effets des politiques monétaires restrictives.
En attendant la FED
La Réserve fédérale américaine (FED) devrait réduire ses taux directeurs de 25 points de base la semaine prochaine. Outre cette décision attendue, les investisseurs seront attentifs au communiqué de presse pour interpréter les orientations de la banque centrale pour 2025. Si le positionnement pro-entreprise et anti-impôts de Donald Trump est perçu positivement, ses politiques commerciale et migratoire suscitent des inquiétudes, notamment quant à leurs effets sur l’inflation. Les investisseurs prévoient désormais un nombre réduit de baisses des taux en 2025 : soit deux, contre quatre initialement anticipées.
Les indices américains creusent l’écart
Le CAC 40 n’a pas réussi à enregistrer deux semaines consécutives de hausse. Après un gain de 2,65 % la semaine dernière, il perd cette semaine près de 0,5 %, clôturant à 7 409,57 points. Depuis le début de l’année, il recule de 2 %, alors que les grands indices internationaux progressent. Le DAX allemand a gagné plus de 21 % depuis janvier, l’Eurostoxx 50 progresse de 9,87 %, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq affichent des hausses respectives de 27 % et 32 %. Ces divergences reflètent à la fois les différences de croissance économique entre l’Europe et les États-Unis et les anticipations sur la croissance future. Les valeurs américaines bénéficient de l’enthousiasme pour l’intelligence artificielle et de l’élection de Donald Trump, ce qui permet au Nasdaq et au S&P 500 d’atteindre de nouveaux records.
Le pétrole à la hausse
Les cours du Brent ont gagné près de 5 % cette semaine, s’échangeant à plus de 74 dollars le vendredi 13 décembre. Cette hausse s’explique par la volonté des Européens d’intensifier les sanctions contre la Russie et d’accroître la pression sur l’Iran. Mercredi 11 décembre, les membres de l’Union européenne ont décidé de sanctionner 50 navires supplémentaires de la « flotte fantôme », utilisée par la Russie pour contourner les restrictions sur ses exportations de pétrole. Composée d’environ 600 navires, cette flotte transporte près de 1,7 million de barils de pétrole par jour. Les États-Unis envisagent de rejoindre les Européens dans une application plus stricte des sanctions. De son côté, Donald Trump cherche à bloquer les exportations de brut iranien pour obtenir des concessions sur les projets nucléaires de Téhéran.
| Résultats 13 déc. 2024 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 30 déc. 2022 | |
| CAC 40 | 7 409,57 | -0,48 % | 7 543,18 | 6 471,31 |
| Dow Jones | 43 828,06 | -1,81 % | 37 689,54 | 33 147,25 |
| S&P 500 | 6 050,83 | -0,62 % | 4 769,83 | 3839,50 |
| Nasdaq Composite | 19 926,72 | +0,52 % | 15 011,35 | 10 466,48 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 20 391,58 | +0,03 % | 16 751,64 | 13 923,59 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 300,33 | -0,29 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 4 967,95 | -0,28 % | 4 518,28 | 3792,28 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 470,44 | +0,35 % | 33 464,17 | 26 094,50 |
| Shanghai Composite | 3 391,88 | -0,32 % | 2 974,93 | 3 089,26 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,037 % | +0161pt | +2,558 % | +3,106 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,255 % | +0,149 pt | +2,023 % | +2,564 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,393 % | +0,234 pt | +3,866 % | +3,884 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0494 | +0,74 % | 1,1060 | 1,0697 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 659,92 | +0,61 % | 2 066,67 | 1 815,38 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 74,32 | +4,83 % | 77,13 | 84,08 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 101 271,03 | -0,43 % | 38 252,54 | 15 406,87 |
Patrimoine économique national de la France : 8,1 fois le PIB
En 2023, le patrimoine économique national qui regroupe le patrimoine des ménages, des sociétés non financières, des sociétés financières et des administrations publiques, s’élevait, selon l’INSEE, à 18 674 milliards d’euros, en recul de 4,2 % après huit années de croissance. Il représente 8,1 fois le produit intérieur net de l’année, en base 2020. En moyenne, entre 2014 et 2022, la progression avait été de 4,8 %. La baisse de 2023 est imputable à la diminution des prix immobiliers, tandis que, dans le même temps, les actifs et passifs financiers ont progressé.

Cercle de l’Épargne – données INSEE
La diminution des prix de l’immobilier
Les prix des biens immobiliers ont reculé de 3,9 % en 2023, selon l’indice INSEE-Notaire. La diminution des prix des terrains a atteint 13,7 %, tandis que les bâtiments ont connu une augmentation de 3,8 %. De 2016 à 2021, les terrains bâtis constituaient le principal facteur de croissance du patrimoine total. En 2022, dans un contexte de fortes perturbations du marché immobilier, la très légère contraction du prix des terrains avait été plus que compensée par la hausse des prix de la construction.
En 2023, les actifs et les passifs financiers nationaux ont progressé après leur baisse en 2022 (+5,9 % et +6,0 %, respectivement, après -2,3 % et -2,6 %). Cette évolution s’explique par la hausse de la valeur des actions et parts de fonds d’investissement. Les flux nets d’acquisitions d’instruments financiers ont toutefois contribué un peu moins aux variations des actifs et des passifs financiers qu’en 2022 (contributions de +2,1 points à l’actif et +2,2 points au passif en 2023, contre +2,4 points à l’actif comme au passif en 2022). Ces évolutions se reflètent dans tous les secteurs institutionnels, avec des disparités liées à la nature de leurs avoirs et de leurs engagements financiers. Globalement, le patrimoine financier net de l’économie nationale s’est replié en 2023 à -410 milliards d’euros, après -324 milliards d’euros en 2022.
Diminution du patrimoine des ménages en 2023
Le patrimoine des ménages représente l’essentiel du patrimoine économique national (78,0 %). En 2023, il a diminué en valeur de 0,9 %, après -0,1 % en 2022. Fin 2023, il s’élevait à 14 567 milliards d’euros, soit environ 8,8 fois le revenu disponible net des ménages.
La baisse de 2023 s’explique par la diminution du patrimoine non financier des ménages (-4,9 %, après +4,0 %), évalué à 9 758 milliards d’euros. La valeur des biens immobiliers qui représentent 91,3 % des actifs non financiers des ménages a reculé de 4,7 %, après +4,0 % en 2022, sous l’effet d’une forte baisse des prix des terrains bâtis (-14,1 %, après -0,8 %), tandis que la valeur des bâtiments a continué de progresser (+3,9 %, après +8,8 %).
Le patrimoine financier net des ménages a progressé de 8,3 % en 2023, atteignant 4 809 milliards d’euros, après une baisse de 8,3 % en 2022. Avec la hausse des taux d’intérêt, l’allocation de l’épargne a évolué. Les flux nets de placements des ménages se sont établis à 74 milliards d’euros pour les produits de taux, soit près du double des placements en produits de fonds propres (actions et assurance vie en unités de compte), qui ont atteint 38 milliards d’euros. La progression des encours en numéraire et dépôts des ménages a ralenti (+2,6 %, après +4,5 %). Les flux se sont davantage orientés vers des produits réglementés et des dépôts à terme, mieux rémunérés, au détriment des dépôts à vue et des livrets ordinaires, qui ont enregistré des décollectes. Les placements sous forme d’actions et de parts de fonds d’investissement ont augmenté de 10,4 %, contre -6,7 % en 2022.
L’assurance vie et les droits à pension, représentant 29,1 % des actifs financiers totaux des ménages, ont progressé de 4,9 %, après une baisse de 13,1 % en 2022. Les fonds en assurance vie en euros ont bénéficié de flux positifs. Au passif des ménages, les crédits ont ralenti (+1,1 %, après +4,9 %). Les flux nets, principalement composés de crédits immobiliers, sont passés de 84 milliards d’euros en 2022 à 22 milliards d’euros en 2023.
Le patrimoine des sociétés : 3 300 milliards d’euros en 2023
Fin 2023, le patrimoine des sociétés non financières (SNF) a diminué de 367 milliards d’euros (-10,0 %) pour s’établir à 3 297 milliards d’euros, soit 17,7 % du patrimoine économique national.
Le patrimoine des sociétés financières faible par nature
Fin 2023, le patrimoine des sociétés financières (SF) s’est réduit à 25 milliards d’euros (0,1 % du patrimoine économique national). Le patrimoine non financier de 379 milliards d’euros a été presque contrebalancé par un patrimoine financier net de -354 milliards d’euros.
Le patrimoine net des administrations publiques (APU) en recul en 2023
Fin 2023, les actifs bruts des administrations publiques s’élevaient à 4 493 milliards d’euros, tandis que leurs passifs atteignaient 3 706 milliards d’euros. Le patrimoine net des administrations publiques a reculé de 27,5 %, après une forte hausse en 2022. Il s’établissait à 786 milliards d’euros, soit 4,2 % du patrimoine économique national. Cette baisse résulte à la fois de la diminution des actifs non financiers et de l’augmentation de l’endettement.
Le patrimoine non financier des administrations publiques a diminué de 107 milliards d’euros en 2023 pour s’établir à 2 790 milliards d’euros. Il est composé principalement de terrains, bâtiments et monuments peu cessibles. Les terrains bâtis (85,6 % du patrimoine non financier des APU) ont reculé (-13,0 %, après +0,8 %), malgré une hausse de 35 milliards d’euros des constructions non résidentielles (bureaux, gymnases, écoles, musées, etc.), ces dernières largement détenues par les collectivités locales (69,5 % en 2023).
Le patrimoine financier net des APU s’est établi à -2 004 milliards d’euros en 2023, après -1 812 milliards d’euros en 2022. Les actifs financiers ont progressé (+2,0 %, après -3,5 %), portés par une hausse des actions et fonds d’investissement (+12,5 %, après -6,9 %), tandis que les dépôts et numéraires ont chuté (-19,4 %, après -8,2 %). Le passif financier des APU a augmenté de 6,4 % en 2023, après une baisse de 9,3 % en 2022. Les titres de créance, principal mode de financement des APU, ont progressé (+9,0 %, après -13,1 % en 2022).
Le CAC 40, après six semaines consécutives de recul, a renoué avec la hausse en gagnant 2,65 % sur cinq jours de séance. Il a même enchaîné sept séances consécutives dans le vert, une longévité inconnue depuis le mois de février. Malgré la chute du gouvernement de Michel Barnier, largement anticipée, les investisseurs ont retenu les signes positifs que représentent les perspectives de baisse des taux directeurs de la part des grandes banques centrales. Une réduction des taux de 25 points de base est attendue pour la BCE le 12 décembre et pour la FED les 15 et 18 décembre prochains. Les investisseurs ont été rassurés par la promesse d’Emmanuel Macron de rester à son poste jusqu’à la fin de son mandat et par le recours à une « loi spéciale » pour permettre la continuité des services publics en attendant la reprise des discussions sur le budget l’an prochain. Ils ont également favorablement accueilli l’ouverture des socialistes à la formation d’un « gouvernement d’intérêt général » reposant sur des concessions réciproques.
Le spread (écart de rendement) entre l’emprunt français à dix ans et le Bund allemand de même échéance a reflué autour de 76 points de base vendredi 6 décembre, un plus bas depuis deux semaines, après avoir atteint en milieu de semaine près de 90 points. La demande pour la dette française reste soutenue, car il s’agit de la dette la plus liquide en Europe et dotée d’un taux de rendement attrayant. Les investisseurs ne croient pas à la survenue d’une crise des dettes souveraines avec la France comme acteur principal. Le poids du système financier européen ferait qu’une telle crise menacerait l’ensemble de la zone euro. Les États membres et les institutions européennes feraient tout pour éviter un emballement sur les taux obligataires. Pour le moment, le concept « too big to fail » prévaut. Malgré tout, le CAC 40 progresse moins vite que les autres indices occidentaux ; le Dax allemand a ainsi gagné près de 4 % sur la semaine. Entre l’annonce de la dissolution surprise de l’Assemblée nationale le 9 juin et le 5 décembre, le CAC 40 a perdu 8,4 %.
L’économie américaine, de son côté, continue à créer des emplois. Au mois de novembre, 227 000 emplois ont été créés, soit plus qu’attendu par le consensus (220 000). Le taux de chômage est néanmoins en augmentation, passant de 4,1 % à 4,2 % de la population active. La croissance du salaire horaire moyen reste de 4 % sur un an, alors que le consensus anticipait un tassement à 3,9 %. Le sentiment des ménages a atteint un pic depuis avril à 74 points, témoignant d’un regain de confiance, mais les attentes en matière d’inflation pour l’année à venir ont atteint leur niveau le plus élevé depuis cinq mois (2,9 %). Les consommateurs démocrates estiment qu’il existe un risque accru de pressions sur les prix en raison des droits de douane que Donald Trump souhaite mettre en place. Le Nasdaq et le S&P 500 ont encore battu des records cette semaine poursuivant sur leur lancée et ont fait fi des menaces inflationniste.
Cette semaine, le bitcoin a franchi la barre symbolique des 100 000 dollars, toujours porté par l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche et sa volonté de libéraliser le marché des cryptoactifs.
| Résultats 29 nov. 2024 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 30 déc. 2022 | |
| CAC 40 | 7 426,88 | +2,65 % | 7 543,18 | 6 471,31 |
| Dow Jones | 44 642,52 | -0,63 % | 37 689,54 | 33 147,25 |
| S&P 500 | 6 090,27 | +0,86 % | 4 769,83 | 3839,50 |
| Nasdaq Composite | 19 859,77 | +3,14 % | 15 011,35 | 10 466,48 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 20 385,79 | +3,86 % | 16 751,64 | 13 923,59 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 308,61 | +0,30 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 4 977,78 | +3,61 % | 4 518,28 | 3792,28 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 091,17 | +1,69 % | 33 464,17 | 26 094,50 |
| Shanghai Composite | 3 404,08 | +4,43 % | 2 974,93 | 3 089,26 |
| Taux OAT France à 10 ans | +2,876 % | -0,017 pt | +2,558 % | +3,106 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,106 % | +0,022 pt | +2,023 % | +2,564 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,159 % | -0,047 pt | +3,866 % | +3,884 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0555 | +0,74 % | 1,1060 | 1,0697 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 635,62 | +0,15 % | 2 066,67 | 1 815,38 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 71,33 | -2,18 % | 77,13 | 84,08 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 100 188 | +2,18 % | 38 252,54 | 15 406,87 |
Dans un rapport rendu public lundi 2 décembre, la Banque centrale européenne (BCE) a établi un point sur l’avancée de ses travaux concernant la mise en œuvre de la monnaie numérique de banque centrale de la zone euro. Ce rapport aborde les questions relatives à l’élaboration d’un règlement de l’e-monnaie, de la sélection des potentiels fournisseurs de la plateforme et de l’infrastructure technique.
L’euro numérique est un projet porté par la BCE dans le contexte de la transformation numérique de l’économie. Il s’inscrit dans une réflexion globale sur l’émergence des monnaies numériques de banque centrale (MNBC) et répond à des objectifs multiples, notamment en matière de souveraineté monétaire, d’efficacité des paiements et d’inclusion financière. Les autres banques centrales dont celle de Chine sont engagées sur des projets de monnaies numériques. Ces projets visent également à contrecarrer l’essor des cryptoactifs comme le bitcoin.
L’euro numérique serait une monnaie gérée par blockchain et émise directement par la BCE, conçue comme un complément, et non un substitut, aux espèces. Contrairement aux cryptomonnaies décentralisées comme le Bitcoin, l’actif entièrement adossé à la BCE, garantissant sa stabilité et son acceptation universelle. L’euro numérique serait aussi sûr que les billets en euros, car il bénéficierait de la garantie de la banque centrale. Il serait accessible aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises. Il pourrait être utilisé dans toute la zone euro. L’euro numérique pourrait offrir des paiements instantanés, à faible coût et accessibles en permanence, même dans les zones mal desservies par les infrastructures bancaires classiques.
Depuis 2021, la BCE mène une phase exploratoire pour évaluer la faisabilité technique et les implications pratiques de l’euro numérique. En octobre 2023, la BCE avait décidé de lancer la phase de préparation du projet qui doit durer jusqu’en octobre 2025. Au terme de ce processus, elle décidera ou non de lancer l’euro numérique qui ne devrait devenir accessible réellement qu’à compter de 2028.
La Banque centrale a, ces derniers mois, réalisé des appels d’offres pour les marchés techniques (informatique essentiellement). Ses offres sont à présent à l’étude au siège de la BCE à Francfort. La mise en place du recueil de règles est en cours pour étudier comment pourrait en pratique fonctionner un euro numérique avec les consommateurs, les commerçants et les banques. La question de la détention de l’e-euro fait l’objet d’une attention toute particulière. Les établissements de crédit sont inquiets de l’éventuelle remise en cause des dépôts des agents économiques qui leur permettent d’accord des crédits. Les banques commerciales souhaitent que la BCE fixe un plafond assez bas de détention de monnaie numérique pour le particuliers. Elles plaident pour un montant correspondant à celui des dépenses payées en numéraire par les ménages actuellement. A contrario, les représentants du secteur de la consommation ont souligné que, si la limite de détention était trop basse, elle pourrait décourager les consommateurs de s’en servir. Ces derniers estiment que la monnaie digitale incitera les banques à mieux rémunérer les dépôts.
La BCE travaille sur les moyens d’intégration de l’euro numérique au sein de l’univers des moyens de paiement européen déjà riche avec la carte bancaire, les portefeuilles électroniques comme ApplePay ou Wero qui a succédé à Paylib. Ce mode de paiement a été récemment lancé en France, en Belgique et en Allemagne. Il serait imaginable d’intégrer à Wero, l’euro numérique. Le rapport de la BCE souligne également que les frais que devraient payer les commerçants pour accepter l’euro numérique seraient « justes », compte tenu du fait qu’ils ne pourraient pas le refuser. Le redu de monnaie pourrait être effectué en e-euro ce qui en faciliterait la diffusion. Sur le sujet du respect de la vie privée, les rapporteurs indiquent que l’euro numérique devra ressembler autant que possible au numéraire.
Les enjeux pour les banques commerciales sont immenses. La e-monnaie pourrait modifier toutes les règles bancaires en obligeant les banques commerciales à se battre pour obtenir des dépôts. Elles seraient également amenés à se positionner avant tout comme conseillères et moins comme centres d’intermédiation.
Depuis l’élection de Donald Trump, les indices boursiers américains atteignent des records historiques, tandis que les marchés européens peinent à suivre. Aux États-Unis, le Dow Jones et le S&P 500 continuent leur progression fulgurante, attirant les investisseurs du monde entier. En revanche, en Europe, et plus particulièrement en France, le CAC 40 est plombé par les incertitudes politiques et économiques nationales.
Un fait marquant : le taux de l’OAT à 10 ans en France a récemment dépassé son équivalent grec, symbolisant la perte de confiance des marchés dans la gestion économique française. L’écart entre les taux d’intérêt français et allemands s’élargit, atteignant 80 points de base contre 50 points quelques mois auparavant. En cas de tensions politiques supplémentaires, notamment avec l’adoption d’une motion de censure sur le budget, cet écart pourrait franchir la barre des 100 points.
Le CAC 40 en est à sa sixième semaines consécutives de pertes. Au total, le recul atteint près de 5 %. Pour le seul mois de novembre, la baisse est de près de 4 %. Sur les six derniers mois, l’indice à perdu 8 %. Sur un an, le bilan est désormais négatif, tranchant avec tous les autres grands indices. . Les investisseurs craignent l’éclatement d’une crise politique en France sur fond de dérive des comptes publics. De leur côté, les indices américains battent record sur record depuis l’élection de Donald Trump. Le Dow Jones a enregistré en novembre son gain mensuel le plus élevé de l’année. Le S&P 500 a dépassé les 6 000 points et a gagné près de 3,5 % en un mois. Depuis le 1er janvier, cet indice a progressé de plus de 25 %. Le bitcoin est également le grand gagnant de l’élection américaine : sa valeur est en effet passée de 68 000 à près de 100 000 dollars. Dans cette dynamique, le bitcoin se démarque également comme un actif gagnant. Depuis l’élection présidentielle américaine, sa valeur est passée de 68 000 à près de 100 000 dollars, consolidant sa position d’actif alternatif en période de volatilité économique.
Dans un contexte de croissance économique atone en Europe et d’inflation modérée, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait décider, lors de sa réunion du 12 décembre, d’abaisser ses taux directeurs de 25 points de base. En novembre, l’inflation globale dans la zone euro est passée de 2 % à 2,3 % sur un an, portée par une baisse des prix de l’énergie (-1,9 %) et un ralentissement des hausses des prix alimentaires. Cependant, l’inflation sous-jacente, qui exclut ces éléments volatils, est restée stable à 2,7 %, soit légèrement en deçà des attentes (2,8 %).
La situation politique et économique en France, associée à des écarts de taux grandissants avec l’Allemagne, inquiète les investisseurs. Ces tensions renforcent l’attractivité des marchés américains, mais accentuent la pression sur le gouvernement français pour redresser ses comptes publics. À l’échelle européenne, la baisse attendue des taux par la BCE pourrait offrir un répit à la zone euro, mais sans répondre aux défis structurels de compétitivité et de croissance.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 29 nov. 2024 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 30 déc. 2022 | |
| CAC 40 | 7 255,01 | -0,20 % | 7 543,18 | 6 471,31 |
| Dow Jones | 44 910,65 | +2,37 % | 37 689,54 | 33 147,25 |
| S&P 500 | 6 032,38 | +1,48 % | 4 769,83 | 3839,50 |
| Nasdaq Composite | 19 218,17 | +1,30 % | 15 011,35 | 10 466,48 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 19 628,34 | +1,59 % | 16 751,64 | 13 923,59 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 287,30 | +0,23 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 4 804,40 | +0,32 % | 4 518,28 | 3792,28 |
| Nikkei 225 (Japon) | 38 208,03 | -0,54 % | 33 464,17 | 26 094,50 |
| Shanghai Composite | 3 326,46 | -0,58 % | 2 974,93 | 3 089,26 |
| Taux OAT France à 10 ans | +2,8933 % | -0,148 pt | +2,558 % | +3,106 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,084 % | -0,160 pt | +2,023 % | +2,564 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,206 % | -0,204 pt | +3,866 % | +3,884 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0552 | -0,28 % | 1,1060 | 1,0697 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 658,81 | +1,07 % | 2 066,67 | 1 815,38 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 73,09 | -2,32 % | 77,13 | 84,08 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 92 170,79 | -1,41 % | 38 252,54 | 15 406,87 |
Source : Cercle de l’Épargne
L’INSEE a confirmé la progression de 0,4 % du PIB au 3e trimestre 2024. Les ménages ont bénéficié d’une forte hausse de leur pouvoir d’achat de leur revenu disponible brut, par unité de consommation accélère, +0,7 % au 3e trimestre après +0,4 % au 2e. Ils n’ont utilisé ce gain pour consommer davantage préférant accroitre leur effort d’épargne. Le taux d’épargne des ménages est ainsi passé de 17,9 à 18,2 % du revenu disponible brut du deuxième au troisième trimestre. Le taux d’épargne financière a atteint 8,8 % du revenu disponible brut contre 8,2 % au trimestre précédent. Un an auparavant, il était de 6,2 %.
Le ressenti des ménages sur leur niveau de vie demeure négatif. Ils intègrent peu la baisse de l’inflation. Les incertitudes politiques les conduisent à opter pour un attentisme favorable à l’épargne. Sur un an, la progression de l’épargne financière est conséquente, 2 points de revenu disponible brut de plus.
Avec les fêtes de fin d’année, les ménages devraient reprendre le chemin de la consommation mais sans nul doute avec modération. Les craintes d’augmentation des impôts et la persistance d’un climat politique délétère les inciteront à maintenir un effort d’épargne important.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Le taux d’intérêt sur les obligations d’État grec à 10 ans est passé en-deçà de celui de la France le 27 novembre. Une telle situation était impensable avant les élections européennes de juin dernier. À l’époque, il atteignait 50 points de base, voire plus. La crise politique qui a suivi les élections européennes en France, ainsi que les révélations sur le dérapage du déficit public, se sont traduites par une augmentation du taux des emprunts français, au point que ce dernier dépasse ceux de plusieurs pays surnommés les « PIIGS ». Cet acronyme désignait, dans les années 2010, les pays de l’Europe du Sud confrontés à la crise des dettes souveraines, tels que le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne. La Grèce, alors au bord de la banqueroute, avait vu ses taux dépasser 10 %. Aujourd’hui, pour les obligations à échéance de 5 ans, ce pays emprunte à un taux inférieur à celui de la France.
La Grèce, comme l’Espagne et le Portugal, a réussi à assainir ses finances publiques grâce à un plan de rigueur sans précédent. En 2025, elle remboursera par anticipation 5 milliards d’euros d’obligations arrivant à échéance entre 2033 et 2042, preuve de la bonne santé financière du pays. Néanmoins, la qualité de la signature française demeure supérieure à celle de la Grèce. Le taux des CDS, ces produits dérivés permettant de se couvrir contre le risque de défaut d’un emprunteur, est deux fois plus élevé pour la Grèce que pour la France : respectivement 5 % et 2,6 %. Par ailleurs, le ratio dette publique sur PIB grec dépasse 152 %.
La dégradation de la qualité des obligations françaises par rapport à celles des pays d’Europe du Sud s’explique en partie par les volumes de dettes disponibles. La rareté des obligations espagnoles, portugaises ou grecques entraîne une diminution de leurs taux et une augmentation de leur valeur. Les pays du cœur de l’Europe, comme la France ou l’Allemagne, traversent actuellement une crise politique, ce qui joue en faveur des pays d’Europe du Sud. Les discussions en Allemagne concernant l’abandon du « frein à l’endettement public » contribuent également à la moindre attractivité de la dette allemande.
Il n’en demeure pas moins que l’écart entre le taux des obligations françaises et allemandes s’est également accru ces derniers mois, passant de 50 à 80 points de base. En cas de crise budgétaire en France, cet écart pourrait atteindre 100 points de base.
La légère baisse des taux d’intérêt n’a pas entraîné une véritable reprise du marché immobilier, qui reste complètement bloqué. D’un côté, les acheteurs se font rares, et de l’autre, les propriétaires hésitent à baisser leurs prix. Le nombre d’offres demeure relativement limité, témoignant de l’attentisme des propriétaires, qui préfèrent attendre une amélioration de la conjoncture avant de mettre leurs biens sur le marché. En conséquence, le nombre de transactions continue de diminuer, enregistrant un recul de 420 000 entre le 3ᵉ trimestre 2021 et le 3ᵉ trimestre 2024.
La dissolution de l’Assemblée nationale en juin dernier et la crise politique qui s’en est suivie ont dissuadé de nombreux ménages de se lancer dans des projets immobiliers. Le marché des résidences secondaires est particulièrement touché. Dans ce contexte, les prix des logements ont, selon l’INSEE, légèrement baissé au troisième trimestre : ‑0,1 % (données provisoires corrigées des variations saisonnières), après ‑0,5 % au deuxième trimestre 2024 et ‑1,5 % au premier trimestre 2024. Bien que la contraction soit plus modérée que lors des trimestres précédents, la tendance annuelle reste négative. Les prix des logements anciens reculent pour le cinquième trimestre consécutif, enregistrant une baisse de ‑3,9 % au troisième trimestre 2024, après ‑4,9 % au deuxième trimestre 2024 et ‑5,2 % au premier trimestre 2024. Les prix diminuent de 3,8 % pour les appartements et de 3,9 % pour les maisons.

CVS : données corrigées des variations saisonnières
Cercle de l’Epargne – données Insee, Notaires de France – Groupe ADSN, Notaires du Grand Paris – PNS.
Au troisième trimestre 2024, les prix des logements anciens en Île-de-France ont enregistré une légère baisse de ‑0,1 %, après ‑0,9 % au deuxième trimestre et ‑2,4 % au premier trimestre.
La baisse des prix des appartements ralentit : ‑0,3 % contre ‑0,6 % au deuxième trimestre. À Paris, le recul est de ‑0,4 %, également en décélération par rapport au trimestre précédent (‑0,7 % au deuxième trimestre). En petite couronne, les prix diminuent de ‑0,2 % après ‑0,9 %, tandis qu’en grande couronne, les prix des appartements baissent après une quasi-stabilité au deuxième trimestre 2024 (‑0,4 % après +0,1 %). À l’inverse, après sept trimestres de recul, les prix des maisons en Île-de-France augmentent légèrement (+0,4 % au troisième trimestre 2024 après ‑1,3 % au deuxième trimestre).
Sur un an, les prix des logements anciens en Île-de-France ont diminué de 5,3 % au troisième trimestre 2024, après ‑7,1 % au deuxième trimestre et ‑8,1 % au premier trimestre. Les baisses sont comparables pour les maisons (‑5,3 % après ‑8,0 %) et les appartements (‑5,2 % après ‑6,6 %). À Paris, les prix des appartements ont perdu 5,5 % de leur valeur, contre ‑6,6 % au deuxième trimestre. La même tendance est observée en petite couronne (‑5,5 % après ‑7,4 %) et en grande couronne (‑4,0 % après ‑5,5 %). À Paris, les évolutions sont contrastées selon les arrondissements. Les prix des logements au centre de la capitale résistent mieux, bien que le nombre de transactions soit en baisse. Les délais de vente, quant à eux, s’allongent.
En province, selon l’INSEE, les prix des logements anciens sont quasi stables au troisième trimestre 2024, après cinq trimestres consécutifs de baisse : ‑0,1 % après ‑0,4 % au deuxième trimestre et ‑1,3 % au premier trimestre. Sur un an, les prix des logements anciens en province reculent de 3,4 % au troisième trimestre 2024, après ‑4,2 % au deuxième trimestre. La baisse reste plus marquée pour les maisons (‑3,6 % après ‑4,4 %) que pour les appartements (‑3,0 % après ‑3,8 %).

CVS : données corrigées des variations saisonnières
Cercle de l’Epargne – données Insee, Notaires de France – Groupe ADSN, Notaires du Grand Paris – PNS.
Symbole d’un marché toujours en panne, au mois de septembre 2024, le nombre de transactions réalisées au cours des 12 derniers mois est en recul. Il a été évalué à 780 000, après 792 000 fin juin 2024 et 825 000 fin mars 2024. Le volume annuel de transactions diminue depuis fin septembre 2021. Les ventes représentent 2,0 % du stock de logements. Ce ratio reste est inférieur à son niveau du début des années 2000, avant la crise économique de 2008.

CVS : données corrigées des variations saisonnières
Cercle de l’Epargne – données Insee, Notaires de France – Groupe ADSN, Notaires du Grand Paris – PNS.
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