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Prime de la valeur ajoutée : un vecteur de revenus et d’épargne

Epargne 13 avril 2026

La prime de partage de la valeur (PPV) s’est imposée en quelques années comme un instrument hybride, à mi-chemin entre rémunération immédiate et épargne salariale différée. Sa simplicité apparente, son régime fiscal et social, en constante évolution depuis 2022, en fait un outil d’optimisation à la fois pour les entreprises et pour les salariés, à condition d’en maîtriser les ressorts.

D’une prime exceptionnelle à un instrument structuré de politique salariale

Issue de la « prime Macron » introduite après la crise des Gilets jaunes, la PPV a été pérennisée par la loi du 16 août 2022, puis intégrée dans un dispositif plus large par la loi du 29 novembre 2023 relative au partage de la valeur. Elle peut être versée par toutes les entreprises, sans obligation de substitution à un dispositif existant, mais avec une incitation croissante à l’articuler avec l’intéressement, la participation et l’épargne salariale.

Son plafond annuel est fixé à :

  • 3 000 euros par salarié dans le droit commun ;
  • 6 000 euros quand l’entreprise est couverte par un accord d’intéressement ou de participation.

La prime peut être fractionnée et modulée selon des critères objectifs (rémunération, classification, durée de présence, etc.), mais elle ne peut se substituer à un élément de rémunération existant.

Un régime social favorable

Le régime social de la PPV constitue l’un de ses principaux attraits.

Dans toutes les entreprises, la PPV est exonérée de cotisations sociales patronales et salariales (maladie, vieillesse, chômage, etc.).

La prime est néanmoins soumise à la CSG et à la CRDS, au taux global de 9,7 %.

La PPV est totalement exonérée de forfait social, quelle que soit la taille de l’entreprise ou la situation du salarié. Cette exonération s’applique :

  • en cas de versement direct ;
  • en cas d’affectation à un plan d’épargne entreprise (PEE) ;
  • ou en cas de placement sur un plan d’épargne retraite collectif (PERCOL).

Cette règle constitue un avantage significatif par rapport aux dispositifs classiques d’épargne salariale, pour lesquels le forfait social peut subsister, notamment sur l’abondement dans les entreprises d’au moins 50 salariés.

Au total, la PPV demeure, dans tous les cas, nettement moins chargée qu’un salaire classique.

Une fiscalité désormais normalisée, avec une exception transitoire

Depuis le 1er janvier 2024, la PPV est, en principe, imposable à l’impôt sur le revenu et intégrée au revenu imposable comme un complément de rémunération.

Toutefois, une exception subsiste : dans les entreprises de moins de 50 salariés, pour les salariés dont la rémunération est inférieure à 3 fois le SMIC, la prime peut encore être exonérée d’impôt sur le revenu. Ce régime transitoire est maintenu jusqu’en 2026.

Le véritable levier : l’affectation à l’épargne salariale (PEE / PERCOL)

Le législateur a introduit la possibilité d’affecter la prime, en tout ou partie, à un plan d’épargne salariale, transformant un revenu immédiat en capital différé.

Affectation à un PEE

Lorsque la PPV est versée sur un plan d’épargne entreprise (PEE) :

  • elle est exonérée d’impôt sur le revenu ;
  • elle reste soumise à la CSG-CRDS (9,7 %) ;
  • elle est exonérée de cotisations sociales et de forfait social.

En contrepartie, les sommes sont bloquées pendant 5 ans, sauf cas de déblocage anticipé.

À la sortie, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu mais soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %).

Affectation à un PERCOL

Lorsque la PPV est affectée à un plan d’épargne retraite collectif (PERCOL) :

  • elle est exonérée d’impôt sur le revenu à l’entrée ;
  • elle est soumise à la CSG-CRDS ;
  • elle reste exonérée de cotisations sociales et de forfait social.

Les sommes sont, en principe, bloquées jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé (notamment acquisition de la résidence principale ou accidents de la vie).

En cas de sortie, le capital est exonéré d’impôt sur le revenu, les gains sont soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %). En cas de sortie en rente, c’est le régime des rentes viagères à titre onéreux qui s’applique. Avec une prise en compte de l’âge du titulaire au moment de la liquidation.

Fiscalité des rentes viagères (PERCOL – compartiment épargne salariale)

Âge à la liquidationFraction imposable
< 50 ans70 %
50 – 59 ans50 %
60 – 69 ans40 %
≥ 70 ans30 %

Cette fraction est soumise au barème de l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.

Une optimisation différenciée selon les profils

Pour un salarié imposé dans une tranche marginale élevée (30 % ou plus), l’intérêt de l’affectation à un PEE ou à un PERCOL est particulièrement marqué, en raison de l’exonération d’impôt sur le revenu à l’entrée.

À l’inverse, pour les salariés faiblement imposés ou éligibles au régime dérogatoire, le versement immédiat peut conserver tout son intérêt.

Un instrument au cœur des stratégies de rémunération

La PPV s’inscrit désormais pleinement dans les politiques de rémunération globale. À mi-chemin entre salaire, intéressement et épargne salariale, elle offre aux entreprises un levier souple d’ajustement des revenus, tout en ouvrant aux salariés des possibilités d’arbitrage entre consommation immédiate et capitalisation.

Pour l’entreprise, la PPV constitue un outil d’une grande efficacité avec un coût maîtrisé (absence de cotisations sociales) et une grande souplesse (pas d’engagement pérenne). Il est possible de flécher vers l’épargne salariale. Pour le salarié, elle offre une alternative entre revenu immédiat et constitution d’un patrimoine financier, avec un avantage fiscal réel en cas de placement.

La montée en puissance de la PPV participe d’un mouvement plus large de transformation de la rémunération en France. La frontière entre salaire, épargne et participation aux résultats tend à s’estomper.

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