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Six ans après son lancement, le Plan d’Épargne Retraite a trouvé ses marques et prend place parmi les grandes enveloppes d’épargne en France. Conçu par la loi Pacte pour simplifier un paysage fragmenté — PERP, Madelin, Article 83, PERCO — le PER s’est progressivement imposé comme l’instrument de référence de la préparation financière de la retraite.
À la fin du troisième trimestre 2025, le PER comptait 12,7 millions de titulaires pour un encours total de 141,1 milliards d’euros. En un an, les encours ont progressé d’environ 20 %. Cette croissance soutenue, dans un contexte économique pourtant marqué par les incertitudes géopolitiques et la volatilité des marchés, traduit une dynamique de fond : l’installation durable du PER dans les stratégies patrimoniales des ménages.
Le PER répond à une préoccupation désormais majoritaire. Selon l’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne, 72 % des non-retraités estiment que leurs pensions futures ne leur permettront pas de maintenir un niveau de vie satisfaisant.
Cette défiance à l’égard du taux de remplacement n’est pas nouvelle, mais elle s’est accentuée avec les débats successifs sur l’équilibre financier des régimes et le vieillissement démographique. Le PER s’inscrit ainsi dans une logique de complémentarité. Il ne se substitue pas au système par répartition, il l’accompagne en offrant une capacité d’anticipation individuelle.
Le PER doit une part essentielle de son succès à sa cohérence interne.
Trois piliers structurent son attractivité :
Cette modularité constitue un progrès majeur dans un pays où l’épargne retraite a longtemps été associée à des mécanismes complexes et peu lisibles.
Le contexte financier a également contribué à l’essor du PER. Le redressement des taux d’intérêt a redonné de l’attrait aux fonds en euros, dont les rendements ont cessé de s’éroder après une décennie de compression. Parallèlement, la bonne tenue des marchés actions et obligataires a soutenu les unités de compte.
Les PER, qu’ils soient assurantiels ou bancaires, bénéficient ainsi d’une gamme de supports diversifiée, adaptée à des horizons d’investissement de vingt à trente ans. La montée en puissance de la gestion pilotée témoigne d’une appropriation croissante de la logique de long terme par les épargnants.
Plus de 80 % des actifs sont investis en France et dans l’Union européenne. Plus de 60 % des encours contribuent au financement des entreprises, en fonds propres ou via la dette privée. Plus de 5 milliards d’euros sont orientés vers des actifs non cotés.
Dans un contexte où l’Europe cherche à renforcer l’Union des marchés de capitaux et à mobiliser l’épargne longue au service de la transition énergétique, de l’innovation et de la réindustrialisation, le PER apparaît comme un vecteur intéressant. Il canalise une épargne stable vers des besoins structurels de financement.
Avec 141 milliards d’euros d’encours et près de 13 millions de titulaires, le PER, pour devenir un véritable de préparation de la retraite, doit accroître sa diffusion et gagner en volume. Le développement du PER collectif constitue, sans nul doute, un des moyens à privilégier afin que les salariés les plus modestes soient couverts.
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