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En 2025, les encours de l’épargne solidaire ont, en France, progressé de 15 % pour atteindre 34 milliards d’euros, un rythme de croissance nettement supérieur à celui de l’ensemble de l’épargne financière. Face aux 6 600 milliards d’euros de patrimoine financier détenus par les ménages français, l’épargne solidaire demeure marginale. Elle représente à peine un demi-point de pourcentage de l’ensemble des actifs financiers. L’épargne solidaire désigne l’ensemble des placements financiers dont une partie des capitaux est orientée vers le financement d’entreprises, de coopératives, d’associations ou d’organismes relevant de l’économie sociale et solidaire (ESS). Son objectif est de concilier la recherche d’une performance financière avec la production d’un effet social ou environnemental mesurable. Les sommes collectées contribuent notamment au financement de logements sociaux, à l’insertion par l’emploi, au développement d’entreprises adaptées, à la transition énergétique, à l’agriculture durable ou encore à l’accès au crédit pour des populations ou des territoires insuffisamment financés. Certains produits prévoient également un mécanisme de partage permettant au souscripteur de reverser une partie des revenus générés à une association reconnue d’intérêt général, renforçant ainsi la dimension solidaire du placement.
En 2025, la progression de l’épargne résulte à la fois de nouveaux versements des ménages et de la bonne tenue des actifs détenus dans les différents supports solidaires. Le développement de l’épargne solidaire traduit une évolution des attentes des épargnants. Une partie croissante d’entre eux ne recherche plus uniquement la sécurité ou la rentabilité financière. Ces épargnants souhaitent également donner du sens à son patrimoine. Les capitaux investis financent des entreprises de l’économie sociale et solidaire, des structures d’insertion, des programmes de logement social, des initiatives de transition énergétique ou encore des projets de développement local.
Les mécanismes de partage intégrés à certains produits ont permis de distribuer 16 millions d’euros de dons, un record historique. La dynamique concerne l’ensemble des circuits de distribution. Les encours progressent aussi bien au sein de l’épargne salariale que dans les produits d’assurance ou de banque ou les investissements directs au capital des entreprises solidaires.
L’obligation faite aux plans d’épargne salariale (PEE et PERECO – PERCO) de proposer au moins un fonds solidaire continue de jouer un rôle déterminant dans cette diffusion. Elle a permis à de nombreux salariés de découvrir ces produits, avant, pour certains, d’y consacrer une part plus importante de leur patrimoine.
Depuis le 1er janvier 2020, les contrats d’assurance vie multisupports doivent également proposer au moins une unité de compte labellisée ISR (investissement socialement responsable), Greenfin ou Finansol.
Depuis le 1er janvier 2022, cette obligation a été renforcée : les assureurs doivent mettre à disposition les trois catégories de labels, c’est-à-dire au moins une unité de compte labellisée ISR, au moins une unité de compte labellisée Greenfin, consacrée à la transition écologique et au moins une unité de compte labellisée Finansol, qui correspond à l’épargne solidaire (aujourd’hui le label est dénommé Label Finansol, délivré par FAIR). Cette même logique s’applique aux Plans d’épargne retraite (PER) commercialisés par les assureurs. La stratégie des pouvoirs publics, constante depuis une vingtaine d’années, de favoriser la diffusion de ces différents supports, a permis d’atteindre de nombreux épargnants.
Le développement de la finance solidaire contraste avec les difficultés rencontrées par l’investissement responsable au sens large. Les fonds intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance connaissent depuis plusieurs mois un ralentissement sensible de leur collecte. Après plusieurs années d’engouement, les investisseurs semblent davantage s’interroger sur la réalité des impacts affichés et sur la multiplication des labels. Le débat autour du greenwashing a contribué à fragiliser la confiance d’une partie des épargnants.
Les enquêtes d’opinion confirment cette situation. Les principaux obstacles demeurent pratiquement inchangés : une connaissance encore insuffisante des produits, une perception de leur complexité et, surtout, la difficulté à mesurer concrètement les effets environnementaux ou sociaux des investissements réalisés. Les épargnants souhaitent désormais disposer d’indicateurs plus précis et plus transparents leur permettant d’apprécier l’utilisation effective de leur argent.
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