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Au premier semestre 2025, le patrimoine financier brut des ménages s’élevait, en France, à près de 6 596 milliards d’euros. Ce montant représente environ 40 % de leur patrimoine total, l’immobilier demeurant majoritaire. Sur ce montant, 4 770 milliards d’euros sont placés auprès d’institutions financières au deuxième trimestre 2025. Autrement dit, l’essentiel du patrimoine financier est confié à des intermédiaires : banques, assureurs, sociétés de gestion.
Quand ils confient leur argent à des intermédiaires, les ménages financent à 58 % des actifs situés en France, à 19 % dans le reste de la zone euro, et à 23 % hors zone euro. Ces ratios mettent à mal l’idée que l’épargnant français rechignerait à investir dans son pays ou en Europe. En effet, près de 80 % de l’épargne intermédiée française reste investie en Europe. L’exposition véritablement mondiale représente environ un cinquième des encours confiés aux professionnels.
Pour l’épargnant, cette ouverture n’est pas toujours un choix géographique conscient. Elle est intégrée dans le produit souscrit, unités de compte de contrat d’assurance vie, fonds diversifiés, ETF, etc. Elle obéit à une logique de diversification qui est une des meilleures protections pour un patrimoine financier.
Seuls 15 à 20 % détiennent des valeurs mobilières en direct. En dehors des placements intermédiés, les ménages détiennent directement :
La part réellement investie à l’étranger dans ces détentions directes reste faible. L’exposition internationale directe est estimée entre 2 et 4 % du patrimoine financier total.
Les ménages français ne sont pas des investisseurs ayant une forte ouverture internationale, celle-ci, passant, par ailleurs majoritairement par des produits en gestion collective.
Avec environ 2 100 milliards d’euros d’encours, l’assurance vie constitue le pilier du patrimoine financier des ménages. Les fonds en euros, privilégiés pour leur stabilité, restent majoritairement investis en obligations françaises et européennes. Leur exposition internationale est limitée, de l’ordre de 5 à 10 %. Les unités de compte qui représentent 38 % de l’encours de l’assurance vie ont une exposition internationale plus importante. Au total, l’assurance vie contribue pour 5 à 8 % du patrimoine financier à l’exposition étrangère globale.
Hors assurance vie, les fonds d’investissement — OPCVM, ETF, SICAV — représentent environ 20 % du patrimoine financier des ménages. Ils constituent le principal vecteur d’ouverture internationale.
Leur allocation moyenne s’établit autour de :
Cette composante génère à elle seule 10 à 15 % d’exposition internationale du patrimoine financier total. Les ETF jouent ici un rôle important dans l’ouverture internationale des épargnants. En permettant d’investir dans les grandes capitalisations mondiales, ils renforcent l’exposition aux marchés étrangers et en particulier américains. De nombreux ETF reproduisent les grands indices de Wall Street.
Les dépôts bancaires et l’épargne réglementée — Livret A, LDDS, LEP, PEL — représentent environ 30 % du patrimoine financier. Leur exposition internationale est quasi nulle. Ils financent prioritairement le logement social, les banques françaises et la dette publique.
L’immobilier détenu à l’étranger demeure marginal. Les estimations disponibles suggèrent que moins de 5 % des ménages possèdent un bien hors de France, pour un poids global compris entre 1 et 3 % du patrimoine total, concentré sur les ménages les plus aisés. Les SCPI qui ont été largement souscrites dans les années 2010 permettent aux épargnants d’accéder à des opérations immobilières à l’étranger, essentiellement en Europe. En 2024 et en 2025, près de 20 % des acquisitions réalisées par les SCPI n’ont pas été effectuées sur le marché immobilier national, mais en Europe. Cette part tend à augmenter, le marché français étant déprimé en particulier en ce qui concerne les bureaux.
En 2024, les fonds gérés par les SCPI ont alloué environ 2,3 milliards d’euros d’acquisitions à l’étranger au sein de l’Union européenne. Si la majorité des SCPI restent diversifiées (avec des portefeuilles répartis entre France et Europe), plusieurs véhicules récents se caractérisent par une forte ouverture sur l’étranger.
15 à 20 % du patrimoine financier des ménages français est exposé à l’étranger, principalement via des supports intermédiés. Inversement, 75 à 85 % des avoirs restent investis en France ou en zone euro. L’internationalisation est donc réelle, mais elle demeure limitée.
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