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Le Coin des Epargnants : tensions sur les taux obligataires et attentisme des marchés actions

Epargne 24 juillet 2026

Les marchés financiers en mode yo-yo

Le cours du pétrole a fait du yo-yo cette semaine, tout comme les valeurs « actions ». Le baril de Brent est passé au-dessus de 100 dollars en raison du risque d’extension du conflit entre l’Iran et les États-Unis à la mer Rouge. En fin de semaine, il est légèrement redescendu pour terminer autour de 97 dollars. Il a néanmoins augmenté de plus de 8 % sur la semaine.

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’activité du secteur privé en zone euro a augmenté plus fortement qu’attendu en juillet. L’indice PMI composite de S&P Global est remonté à 51,9, contre 50,2 anticipé par le consensus, retrouvant pour la première fois depuis mars une zone synonyme d’expansion de l’activité (au-dessus de 50). L’Allemagne a contribué à ce changement de cap en passant nettement au-dessus de la barre de 50 après trois mois de contraction, tandis que le recul français s’est amoindri. Cette embellie risque d’être éphémère avec le retour de l’incertitude et les pressions stagflationnistes.

Dans ce contexte chahuté, les indices actions sont restés stables en Europe sur la semaine, preuve d’une absence de certitudes chez les investisseurs. Aux États-Unis, le Nasdaq a baissé plus amplement, de plus de 2 %, en raison de la publication de mauvais résultats trimestriels pour Alphabet (Google) et Tesla.

La semaine a été marquée par la hausse des taux obligataires. Le taux de l’obligation assimilable du Trésor à 10 ans est, en France, passé durant la semaine au-dessus de 4 %, une première depuis 2009. Ce mouvement est imputable à la crainte des investisseurs d’un rebond de l’inflation. Il est également dû aux besoins de financement croissants des États. S’ajoute, pour la France, le contexte politique complexe. L’adoption d’un budget à l’automne sera une épreuve. Par ailleurs, les incertitudes sont fortes sur la politique budgétaire qui sera mise en œuvre dans la foulée des élections de 2027.

La Banque centrale européenne : attentisme face à l’incertitude

Comme prévu, la Banque centrale européenne n’a pas modifié sa politique monétaire à l’issue de sa réunion de juillet. Après avoir relevé ses taux directeurs de 25 points de base en juin dernier, une première depuis 2023, l’institution de Francfort a préféré observer une pause lors de sa réunion du 23 juillet. Le taux de dépôt demeure ainsi fixé à 2,25 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %.

Cette décision traduit la volonté du Conseil des gouverneurs de disposer de davantage de visibilité avant d’engager une nouvelle étape dans le resserrement monétaire. L’environnement international reste particulièrement instable, marqué par une aggravation des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Christine Lagarde a notamment qualifié de préoccupante l’extension du conflit à la mer Rouge, après les attaques menées par les rebelles houthis contre des pétroliers saoudiens.

Les conséquences de ces événements se sont immédiatement reflétées sur les marchés pétroliers. Le prix du Brent a connu une envolée, franchissant temporairement le seuil de 100 dollars le baril, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis les espoirs de rapprochement entre Washington et Téhéran évoqués au printemps. La présidente de la BCE a rappelé que les cours de l’énergie évoluaient désormais au rythme des développements géopolitiques.

Pour la Banque centrale, les risques inflationnistes demeurent donc présents. Dans son communiqué, elle souligne que l’incertitude reste élevée et que l’ensemble des conséquences du choc énergétique ne s’est pas encore pleinement transmis à l’économie. Christine Lagarde a distingué les effets immédiats de la hausse du pétrole, notamment sur les carburants et les coûts de transport, des effets dits de « second tour », qui résulteraient d’une accélération des salaires alimentant ensuite une nouvelle hausse des prix. À ce stade, ces mécanismes ne sont pas encore observés.

Les marchés continuent néanmoins d’accorder leur confiance à la BCE. Les anticipations d’inflation à long terme demeurent proches de la cible de 2 %, ce qui laisse à l’institution une certaine marge de manœuvre. Les économistes estiment ainsi que les informations actuellement disponibles ne justifient pas une reprise immédiate des relèvements de taux. Cette pause doit permettre à la Banque centrale d’évaluer les conséquences économiques de la crise au Moyen-Orient avant de prendre de nouvelles décisions. Les investisseurs considèrent toutefois que ce répit sera temporaire. La prochaine réunion, prévue le 10 septembre à Berlin, pourrait marquer le retour des hausses de taux. Les marchés monétaires attribuent une forte probabilité à un nouveau relèvement de 25 points de base à la rentrée, suivi de nouveaux ajustements d’ici à la fin de l’année et au début de 2027. Tous les économistes ne partagent pas ce scénario, certains le jugeant trop agressif. Il reflète cependant la volonté affichée de la BCE de préserver sa crédibilité dans la lutte contre l’inflation. L’institution entend éviter de reproduire l’erreur de 2022, lorsqu’elle avait considéré comme temporaire une poussée inflationniste qui s’est finalement révélée durable. Christine Lagarde a d’ailleurs insisté sur le fait que les risques pesant sur les prix restaient orientés à la hausse, tandis que ceux concernant la croissance demeuraient baissiers. Elle a également indiqué que plusieurs membres du Conseil des gouverneurs s’étaient prononcés en faveur d’un nouveau relèvement des taux dès cette réunion, même si le statu quo a finalement été adopté à l’unanimité. Pour de nombreux observateurs, ces déclarations constituent un signal préparant les marchés à une action en septembre.

La conférence de presse a également été l’occasion d’évoquer les tensions observées sur les marchés obligataires. Les rendements des emprunts d’État se sont fortement tendus ces dernières semaines : le taux à dix ans allemand a atteint son plus haut niveau depuis une quinzaine d’années, tandis que son équivalent français a dépassé ponctuellement 4 %, un seuil inédit depuis 2009. Christine Lagarde s’est toutefois gardée de tout commentaire particulier, se bornant à rappeler que l’évolution des marchés financiers constitue l’un des nombreux éléments pris en compte dans l’analyse de la politique monétaire.

La présidente de la BCE a enfin été interrogée sur son avenir personnel, après les spéculations suscitées par une récente interview dans laquelle elle n’excluait pas un engagement politique européen à l’issue de son mandat. Elle a tenu à couper court aux interrogations en affirmant qu’elle resterait pleinement à la tête de l’institution jusqu’en 2027, ajoutant qu’un capitaine ne quitte pas son navire lorsque l’horizon demeure chargé d’incertitudes.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
24 juillet 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 372,28+0,43 %8 149,507 380,74
Dow Jones51 947,25-0,38 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 411,98-0,61 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite24 975,82-2,13 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 091,69+0,53 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 736,23+1,05 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 280,94+0,32 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)64 611,15-2,61 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 814,2+0,59 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,969 %+0,063 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,172 %+0,048 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,654 %+0,124 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1383-0,38 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 075,76 +0,29 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars96,15+8,41%61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars64 050,6189-0,45 %87 566,440693 776,61
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