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Le Coin des Epargnants du 8 mai 2026 : la volatilité gagnante ?

Epargne 8 mai 2026

Les marchés continuent de fluctuer au gré des évènements au Moyen-Orient. Les indices actions ont été dopés par les déclarations, en début de semaine, du président Donald Trump indiquant que le temps de la guerre était fini, déclarations contredites par les tirs croisés de missiles en fin de semaine. Les cours des actions restent bien orientés, voire très bien orientés. La volatilité demeure forte mais n’empêche pas la progression des principaux indices. Les investisseurs estiment que les actions constituent de bons remparts face à l’inflation et que les effets du blocage du détroit d’Ormuz resteront limités.

Le CAC 40 est resté stable sur la semaine, à 8 112 points. L’Euro Stoxx 50, comprenant les 50 premières valeurs européennes, a progressé de plus de 2,5 % en une semaine. Le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont encore battu de nouveaux records cette semaine. Le premier a augmenté de plus de 2 % et le second de plus de 4 %.

Jeudi 7 mai, Donald Trump a une nouvelle fois menacé l’Europe de relever les droits de douane, considérant que l’Union ne respectait pas les engagements pris en 2025 dans le cadre de l’accord commercial. Ce dernier n’a pas encore été ratifié par le Parlement ; sa discussion avait été ajournée au moment de la crise portant sur le Groenland. Elle a repris récemment. Donald Trump a précisé, en parlant de l’Union : « J’ai accepté de lui donner jusqu’au 250e anniversaire de notre pays, faute de quoi, malheureusement, leurs droits de douane augmenteraient considérablement. »

À Wall Street, la Bourse a accueilli favorablement la publication des derniers chiffres officiels de l’emploi aux États-Unis, avec des créations de postes supérieures aux attentes en avril, sans inflation salariale. En avril, 115 000 postes ont été créés aux États-Unis dans le secteur non agricole alors que le consensus Bloomberg tablait sur un niveau de 62 000. Le taux de chômage ressort à 4,3 % de la population active, comme attendu. Les salaires ont augmenté de 3,6 % sur un an, soit moins que les 3,8 % anticipés. Le secteur de la santé a été le plus dynamique avec 37 000 nouveaux emplois, même si de nombreux autres secteurs ont également enregistré des créations de postes, à l’image du transport (30 000). En revanche, celui des services informatiques et de la technologie a enregistré une perte nette de 13 000 emplois, soit un total de 342 000 depuis novembre 2022, en raison du développement de l’intelligence artificielle, soit un recul de 11 % sur la période, selon les chiffres publiés par le Bureau of Labor Statistics (BLS). En revanche, les chiffres de février et de mars ont été revus respectivement à la baisse de 23 000 et à la hausse de 7 000.

L’économie américaine aurait créé 304 000 emplois en ce début d’année, mais le nombre de personnes se déclarant employées aurait baissé de près de 1,4 million, ce qui peut apparaître incohérent. Les reconduites à la frontière des immigrés en situation illégale peuvent expliquer ces résultats. En cas de poursuite de la guerre, une dégradation du marché de l’emploi pourrait survenir outre-Atlantique.

Dans ce contexte, le cours du pétrole a varié de 95 à 115 dollars. Il a terminé la semaine autour de 100 dollars, en recul de 10 % par rapport à la précédente.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
8 mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 112,57-0,2 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 609,16+0,22 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 398,93+2,24 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 247,08+4,20 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 307,42 +1,76 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 233,07-1,26 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 911,53+2,55 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)62 713,65+4,67 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 179,95+2,25 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,624 %-0,015 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,008 %+0,014 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,366 %+0,059 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1774+0,49 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 716,28+2,52 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars101,45-10,76  %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars79 744,6809+2,05 %87 566,440693 776,61

Au milieu du mois de juillet prochain, le nouveau gouverneur de la Banque de France, qui devrait être, sous réserve de confirmation, Emmanuel Moulin, devra faire sa recommandation pour le taux du Livret A/LDDS et celui du Livret d’Épargne Populaire. Cette annonce sera d’autant plus attendue que, depuis la dernière fixation, le 1er février dernier, l’inflation est repartie à la hausse. Le taux actuel de 1,5 % pourrait être ainsi revu à la hausse.

L’application de la formule : un taux du Livret A à 1,8 % ?

Selon la formule du Livret A, en vigueur depuis 2021, le rendement de ce dernier est égal à la moyenne de l’inflation hors tabac du semestre précédent en rythme annuel et du taux moyen ester durant la même période, divisée par deux.

L’inflation a été basse en janvier et février, à respectivement 0,3 % et 0,9 %. Elle n’a commencé à augmenter qu’en mars (+1,7 %) et en avril (+2,2 %). Elle pourrait se situer autour de 3 % en mai et en juin.

Le taux moyen d’inflation se situerait, au cours du premier semestre, autour de 1,8 %. De son côté, le taux ester, au cours des quatre premiers mois, s’élevait à 1,9 %. Un relèvement des taux directeurs de la BCE ne l’affecterait que pour le mois de juin, la décision intervenant lors de la réunion du comité de politique monétaire, fin mai. L’effet serait minime. Le taux moyen devrait donc se situer sur le semestre autour de 1,93 à 1,98 %. La moyenne de ces deux taux devrait donc se situer autour de 1,8 %.

Quelle sera la recommandation du nouveau gouverneur de la Banque de France ?

À la mi-juillet, le nouveau gouverneur de la Banque de France devra communiquer au ministre de l’Économie ses propositions de taux. Néanmoins, en vertu de l’arrêté de 2021, il peut proposer de déroger aux taux issus de la formule en cas de circonstances exceptionnelles. De 2023 à 2025, la formule n’avait pas été appliquée (revalorisation plus faible et gel). La fixation des taux pour le 1er août sera d’autant plus scrutée qu’elle constituera l’une des premières actions du nouveau gouverneur.

Économiquement, le gouverneur pourrait estimer que la hausse des prix est purement conjoncturelle et que, pour le moment, elle ne se diffuse pas. L’inflation générée par la guerre au Moyen-Orient ne résulte, pour le moment, que de l’énergie, quand celle liée à la guerre en Ukraine concernait également les produits agricoles et certains produits industriels.

Si, en juillet, une solution diplomatique est trouvée entre l’Iran et les États-Unis, une baisse du cours du pétrole devrait rapidement intervenir et faire baisser la pression inflationniste. Dans ce contexte, le gouverneur pourrait juger inutile de relever le taux, sachant qu’en février 2027, à quelques semaines de l’élection présidentielle, il sera plus difficile de le baisser.

En outre, une hausse du taux du Livret A renchérirait le coût des crédits aux bailleurs sociaux au moment où le gouvernement souhaite relancer la construction. Par ailleurs, une hausse du taux du Livret A serait une incitation au relèvement des taux de crédit des banques. Or, le gouvernement souhaite avant tout une reprise de l’investissement et n’entend pas encourager l’épargne de précaution afin de ne pas pénaliser la consommation.

Peu ou pas de revalorisation du taux du Livret A et un taux du LEP à 3 %

La fixation du taux du Livret A n’obéit pas qu’à des considérations économiques et financières ; elle obéit également à des considérations éminemment politiques. Le gouvernement devra tenir compte du contexte politique et social à la fin du premier semestre. Si l’inflation accélère, autour de 3 %, et si le conflit au Moyen-Orient perdure, il lui sera difficile de maintenir à 1,5 % le taux du Livret A. Il pourrait être conduit à le relever à 1,8 %/2 %. Le nouveau gouverneur souhaitera-t-il adopter une posture rigoureuse en ce début de mandat ou privilégier le pouvoir d’achat des épargnants ?

Il pourrait certes faire une recommandation en distinguant le cas du Livret A de celui du LEP. Le taux du premier serait peu ou pas revalorisé quand celui du LEP serait augmenté, sachant qu’il est au moins égal à l’inflation ou à 0,5 point au-dessus du taux du Livret A si ce dernier taux est plus avantageux. Le taux du LEP pourrait ainsi passer à 3 %.

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