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Le Coin des Epargnants du 7 février 2026 : l’IA et le bitcoin à la peine

Epargne 7 février 2026

Intelligence artificielle : le retour de la raison ?

Cette semaine, les marchés financiers ont évolué au gré des négociations américano-iraniennes. Les investisseurs se sont montrés plus circonspects face à l’intelligence artificielle dont les besoins de capitaux commencent  à alarmer.

Malgré tout, la Bourse de Paris a gagné 1,75 % sur la semaine qui a été par ailleurs marquée par la chute du cours de Stellantis. Cette baisse est liée à l’annonce surprise de l’engagement d’une restructuration s’accompagnant de charges exceptionnelles de 22,2 milliards d’euros au second semestre. Les prévisions laissent entrevoir une nouvelle fois une consommation de trésorerie en 2026, l’année 2027 restant « très incertaine. Le cours de la Société générale a également perdu du terrain après la publication d’une note d’analyse des résultats à venir qui n’a pas convaincu. Il faut néanmoins souligner que ces 12 derniers mois, le cours de la Société générale avait progressé de plus de 100 %. Les grandes entreprises du bâtiment et des travaux publics comme Eiffage ou Vinci ont enregistré une hausse du cours de leurs actions après la publication de comptes annuels encourageants ?

A Wall Street, le Nasdaq a baissé sur la semaine de plus de 2 % avec les doutes qui se multiplient au sujet de l’intelligence artificielle.

Révision de jugement sur l’IA

Les valeurs de la tech américaines poursuivent leur baisse après avoir atteint des sommets déraisonnables à la fin de l’année dernière. En un mois, le Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques américain, a reculé de plus de 4 %. Les investisseurs doutent de la rentabilité des investissements réalisés par les entreprises engagées dans la bataille de l’intelligence artificielle. Ce n’est pas une remise en cause totale. Ils se montrent simplement plus sélectifs que par le passé dans le choix des valeurs. Les valeurs de la tech coréennes et japonaises sont les grandes gagnantes de ce changement d’optique de la part des investisseurs.

En ce début d’année 2026, les entreprises de l’IA recherchent des liquidités par tous les moyens afin de financer leurs investissements gargantuesques. Dans cet esprit, Elon Musk a annoncé la fusion de deux de ses sociétés, SpaceX et xAI. Cette nouvelle entreprise, valorisée à 1 250 milliards de dollars d’après la presse américaine, devrait être introduite en Bourse au cours de l’été. Ce regroupement est justifié par les pertes de xAI, qui ont dépassé 8 milliards de dollars en 2025 pour un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars. Pour faire face à ses besoins d’investissement dans les datacenters, la société avait levé, en janvier, 20 milliards de dollars. En l’associant à SpaceX, Elon Musk espère profiter d’une force de frappe plus importante pour attirer de nouveaux investisseurs, l’objectif étant de lever 50 milliards de dollars supplémentaires.

La recherche de capitaux concerne également OpenAI, à l’origine de ChatGPT. Longtemps adossée à Microsoft, la société de Sam Altman est devenue une entité quasi indépendante fin 2025. Elle cherche actuellement à lever plusieurs dizaines de milliards de dollars. Un projet de participation de Nvidia à hauteur de 100 milliards de dollars est en suspens. Du côté d’Anthropic, une nouvelle levée de fonds de plusieurs milliards de dollars est également prévue dans les semaines à venir.

Alphabet, qui était parti en retard dans le développement de l’IA, semble en meilleure situation que ses concurrentes grâce à l’abondance de ses réserves financières, à la possession de nombreux datacenters et à la solidité de son cloud. L’entreprise française Mistral, dont la valorisation dépasse 12 milliards d’euros, a effectué en 2025 des levées de fonds à hauteur de 7 milliards d’euros, en recul par rapport à 2024. La nécessité de nouveaux partenaires s’impose à moyen terme afin de permettre le développement de la start-up européenne.

L’or a-t-il fini de briller ?

La nomination de Kevin Warsh à la tête de la FED a rassuré les investisseurs et a conduit à une légère appréciation du dollar. Les craintes d’une mainmise de la banque centrale américaine par Donald Trump se sont atténuées, tout comme les tensions géopolitiques concernant une éventuelle intervention des États-Unis en Iran. Ce changement de contexte a contribué à la baisse du cours de l’or. Des prises de plus-values expliquent également la forte diminution du métal précieux. Ce mouvement rappelle que ce dernier est avant tout un placement spéculatif, qui ne rapporte ni intérêt ni dividendes.

Crise de nerfs sur le bitcoin ?

En un mois, le cours du bitcoin en dollars a perdu 25% ; sur six mois, la perte atteint 40 %. Vendredi 6 février, il s’échangeait contre 71 000 dollars loin de son record de 126 000 dollars du 6 octobre 2025. Après l’euphorie qui avait suivi la réélection de Donald Trump, le marché du bitcoin est rattrapé par la volatilité des cours, sur fond d’aversion au risque, de liquidations massives liées à des paris à la hausse et de reflux du soutien institutionnel.

Les investisseurs tendent à revenir aux fondamentaux en période de tensions géopolitiques. Par ailleurs, ils réexaminent leurs positions sur les valeurs technologiques américaines ; or, il existe une corrélation entre le Nasdaq et les cryptoactifs. Selon une étude de la Deutsche Bank, lors des phases de stress observées ces dernières années, le bitcoin a systématiquement enregistré des performances inférieures à celles des actions américaines et de l’or.

La baisse du bitcoin est accentuée par l’effet de levier, très utilisé sur les marchés de produits dérivés. Lorsque le bitcoin est passé sous les 70 000 dollars, de nombreux investisseurs ayant acheté à crédit ont été contraints de vendre automatiquement pour limiter leurs pertes. Ces ventes forcées ont provoqué plus d’un milliard de dollars de liquidations en vingt-quatre heures, principalement sur des paris haussiers.

En 2025, la hausse du bitcoin avait été largement portée par le succès des ETF bitcoin au comptant américains, utilisés par les gestionnaires d’actifs. Ces produits, dominés par des acteurs comme BlackRock ou Fidelity, avaient fortement contribué à la hausse des cours des cryptoactifs. La dynamique s’est depuis inversée. En janvier 2026, les ETF bitcoin au comptant ont enregistré près de 2 milliards de dollars de sorties nettes, selon Bloomberg, après environ 5 milliards de dollars de retraits cumulés sur les trois mois précédents. Une poursuite de la baisse pourrait s’autoalimenter et « forcer des ventes à l’échelle de l’écosystème crypto », fragilisant les entreprises et les intermédiaires les plus exposés. Le marché n’étant pas régulé, les enchaînements pourraient être brutaux.

Face au « krach rampant » des cryptos — une perte de plus de 20 % de leur valeur sur plusieurs séances —, le sénateur américain Sherman a interrogé le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, sur une éventuelle intervention de l’administration américaine en cas de faillites d’établissements financiers. Ironie de l’histoire, en 2008, Satoshi Nakamoto avait créé le bitcoin de manière décentralisée pour échapper aux ingérences publiques jugées pernicieuses. Le secrétaire au Trésor a indiqué qu’il n’avait pas le pouvoir d’intervenir sur le marché des cryptos, tout en reconnaissant que les États-Unis détenaient des bitcoins. Le pays dispose d’un fonds stratégique en bitcoins (198 000 unités), alimenté par les saisies de cryptos opérées par la justice américaine. Mais compte tenu de ses réserves limitées et de son statut, ce fonds n’a pas vocation à intervenir pour soutenir les cours lors des crises et des krachs. Le Trésor peut intervenir sur le marché des changes pour soutenir ou faire baisser le dollar, mais pas le bitcoin.

Le directeur du Trésor a indiqué que, pour son administration, le bitcoin n’est pas un « actif systémique » pour le système financier américain. La capitalisation totale des cryptos, de l’ordre de 2 430 milliards de dollars, représente environ la moitié de celle de Nvidia (4 240 milliards). Un bitcoin à zéro entraînerait certes des faillites en série dans le secteur des cryptos et pour les investisseurs. Il provoquerait des effets de contagion sur les autres marchés, mais sans remettre en cause la stabilité financière. Si les banques proposent des cryptos à leurs clients, elles ne spéculent pas sur ces actifs pour leur propre compte. Ils ne figurent pas dans leurs bilans, contrairement aux crédits hypothécaires à risque, les subprimes, qui avaient implosé en 2007 et 2008.

Malgré tout, une crise sur les cryptos aurait des incidences financières, en particulier sur les Treasuries, obligations du Trésor américain servant de garanties aux stablecoins. La vente des Treasuries appelés en garantie ferait remonter les taux d’intérêt. Ce lien pourrait, en théorie, contraindre le Trésor à acheter des bitcoins. Une telle intervention publique signifierait la fin de l’indépendance de la première des cryptoactifs.

Statu quo monétaire pour la BCE sur fond de baisse des prix

Après la FED la semaine dernière, c’est au tour de la BCE d’opter pour la prudence en ne changeant rien. Le Conseil des gouverneurs a ainsi décidé, jeudi 5 février, de laisser inchangés pour la cinquième fois consécutive les taux directeurs. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %. Cette décision était attendue. Il n’y avait pas de raisons évidentes pour abaisser les taux. L’activité économique et le marché du travail résistent bien, malgré de fortes incertitudes dans l’environnement géopolitique. L’annonce de la nomination de Kevin Warsh — jugé le plus indépendant parmi les candidats — pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine a été bien accueillie par les dirigeants de la BCE.

Avec la hausse de l’euro et la faiblesse des prix de l’énergie, l’inflation est en recul. Elle est désormais inférieure à la cible de 2 % fixée par la BCE. Elle s’est établie à 1,7 % sur douze mois glissants en janvier, son plus bas niveau depuis septembre 2024. Sur un mois, de décembre à janvier, les prix à la consommation de la zone euro ont reculé de 0,5 %. Pour le moment, la BCE ne considère pas cette faible inflation comme dangereuse, car elle est largement liée à des effets de base : les prix de l’énergie étaient nettement plus élevés il y a un an. Néanmoins, l’inflation sous-jacente — retraitée des prix très volatils de l’énergie et de l’alimentation — a baissé plus qu’attendu. La croissance des salaires tend à ralentir. Les banques européennes commencent à durcir leurs conditions d’octroi de prêts aux entreprises. En cas d’accentuation de ces phénomènes, une baisse des taux directeurs pourrait se justifier. Le rendez-vous de mars pour le Conseil des gouverneurs sera important, car il sera accompagné de la publication des projections économiques de la banque centrale.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
6 février 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 273,84+1,75 %8 149,507 380,74
Dow Jones50 115,67+1,43 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 932,30-0,63 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite23 031,21-2,38 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 719,80+0,36 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 369,75+1,43 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 998,40+0,79 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)54 253,68+1,73 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 065,58-1,80 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,447 %+0,020 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,844 %-0,001 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,215 %-0,034 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1816-1,88 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 959,49 -4,76 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars68,70 -3,45 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars71 327,7039-16,95 %87 566,440693 776,61
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