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Des marchés en pleine action
L’indice boursier parisien, le CAC 40, a battu cette semaine, à plusieurs reprises, son record. Vendredi 7 août, le CAC 40 a terminé, en clôture, à 8 714,93 points, après un point haut à 8 755,03. En l’espace de cinq jours, le baromètre a progressé de 2,41 %, sa meilleure performance depuis le mois d’avril. Il vient par ailleurs d’aligner une septième journée d’affilée dans le vert, ce qui n’avait plus été observé depuis février 2025. Les autres grands indices ont également connu une forte dynamique cette semaine. Le Nasdaq a ainsi gagné plus de 5 % et le S&P 500 plus de 3 %.
Les indices boursiers ont été portés par la détente sur le front du Moyen-Orient. Le président américain Donald Trump a vanté les progrès réalisés, même si aucun accord n’a encore été finalisé et que les détails sont toujours en cours de discussion à Téhéran. Un arrangement sur la gestion du détroit d’Ormuz est devenu primordial pour espérer une véritable reprise du trafic dans le passage et, donc, des flux énergétiques. À la veille du week-end, les cours du pétrole étaient orientés à la baisse : le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait autour de 83 dollars et la référence américaine WTI autour de 78 dollars.
La dégradation du marché de l’emploi américain, en juillet, a été positivement perçue par les investisseurs. Ceux-ci considèrent, en effet, que cela incitera la Réserve fédérale à ne pas relever ses taux. En juillet, les États-Unis, loin des 80 000 créations de postes espérées, en ont détruit 23 000, selon le rapport du Bureau of Labor Statistics (BLS). En parallèle, les données des mois de mai et de juin ont été révisées à la baisse avec, au final, 103 000 postes créés en moins durant cette période par rapport aux estimations initiales. Malgré cela, le taux de chômage a reculé de 0,1 point, à 4,1 % de la population active, un plus bas depuis juin 2025. Le taux de participation à la population active des Américains en âge de travailler continue de baisser, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle. Depuis le 1er janvier, ce taux a diminué de 0,7 point et la part des personnes en emploi par rapport à la population totale a reculé de 0,5 point, ce qui représente des centaines de milliers de personnes en moins sur le marché du travail. Il n’en demeure pas moins que l’inflation reste une préoccupation, mais les données sur l’emploi publiées vendredi 7 août pourraient conduire les responsables de la politique monétaire à faire preuve de davantage de patience, tout en laissant aux investisseurs une plus grande marge de manœuvre pour privilégier les actifs risqués.
Le nouveau record de l’indice parisien masque un changement dans le moteur de la hausse des cours. Le luxe n’est plus le vecteur de cette dernière ; ce sont désormais les valeurs industrielles et financières qui soutiennent la progression de la place de Paris. Selon des données de Bloomberg, TotalEnergies (+34 % depuis le début de l’année), Schneider Electric (+27 %) et BNP Paribas (+39 %) ont été les principaux contributeurs à la progression du CAC 40, qui a pris plus de 6 % sur cet intervalle. Autre facteur de soutien : la demande des centres de données pour les équipements industriels indispensables à leur construction. Schneider Electric en a été l’un des principaux bénéficiaires. Le résultat net de l’entreprise a grimpé de 30 % sur un an au cours des six premiers mois de l’année. Les commandes issues des centres de données ont connu une croissance à trois chiffres au deuxième trimestre, en Amérique du Nord mais aussi en Chine et en Asie. Les chiffres publiés par Legrand, Bouygues et Vinci ont également été portés par cette tendance, qui a aussi profité à STMicroelectronics. Le seul fabricant de semi-conducteurs du CAC 40 a enregistré une appréciation de 110 % de son action depuis janvier, de loin la plus forte hausse de l’indice. Le poids du groupe au sein du CAC 40 est toutefois trop faible pour en infléchir la trajectoire. Le dernier grand facteur d’appréciation de l’indice est lié au retour en grâce du secteur bancaire en Europe, soutenu par l’embellie réglementaire et un contexte financier plus porteur. BNP Paribas est devenue la société du CAC 40 la plus profitable l’année dernière, devant TotalEnergies et LVMH, qui dominaient historiquement le classement.
e cours de l’once d’or a progressé de plus de 7 % sur la semaine pour revenir à 4 338 dollars. Cette augmentation du prix du métal précieux intervient dans un contexte de légère détente des taux obligataires. En outre, la demande des banques centrales s’est nettement redressée entre avril et juin, atteignant 289 tonnes, un record pour un deuxième trimestre. La Pologne a été le premier acheteur avec 51 tonnes, portant ses achats du premier semestre à 82 tonnes. La Chine en a acheté 33 tonnes au cours du trimestre. Malgré tout, sur le premier semestre, les achats des banques centrales, qui se sont élevés à 345 tonnes, sont à leur plus bas niveau depuis 2022, année à partir de laquelle les banques centrales ont commencé à renforcer leurs positions en or. Entre 2022 et 2025, elles ont ajouté plus de 1 000 tonnes d’or par an à leurs réserves, contre un peu moins de 500 tonnes par an au cours de la décennie précédente.
Les sanctions contre la Russie ont incité les banques centrales des pays émergents, Chine en tête, à dédollariser leurs réserves. À la différence du dollar ou des titres de dette, l’or ne peut pas être saisi ou gelé. De plus, il n’est la dette de personne et ne comporte donc aucun risque de contrepartie.
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