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Les marchés européens célèbrent la croissance
Le CAC 40 a terminé la semaine au-dessus de 8 500 points, ce qui n’était arrivé jusqu’à présent qu’à trois reprises : deux fois en février et une fois au début du mois de juillet. L’indice parisien est revenu à 1,5 % de son record. L’indice européen Stoxx 600 a, de son côté, établi un nouveau record. Les Bourses européennes profitent du retour en grâce des valeurs technologiques, du très bon accueil réservé aux publications trimestrielles des entreprises ainsi que des données favorables concernant la croissance économique en Europe.
Au mois de juillet, les indices européens ont progressé de 2 % en moyenne, malgré un contexte géopolitique complexe. Le mois a également été marqué par la hausse des taux d’intérêt souverains. Le taux de l’OAT à dix ans est ainsi passé au-dessus de 4 %. Cette progression s’explique par la persistance des menaces inflationnistes et par l’importance des besoins de financement public. Dans le même temps, le Nasdaq a perdu un peu plus de 2,5 %.
Le Nasdaq volatil !
Entre le 2 juin, date de son dernier record, et le 29 juillet, le Nasdaq a perdu plus de 10 %. Les interrogations entourant le secteur technologique se sont multipliées. Les doutes se sont notamment renforcés après la révision à la hausse des investissements d’Alphabet, qui prévoit désormais près de 200 milliards de dollars de dépenses en 2026. Les grandes entreprises technologiques accumulent des besoins de financement considérables, tandis que certaines capitalisations apparaissent difficilement justifiables. L’introduction en Bourse de SpaceX s’est notamment accompagnée d’une spectaculaire correction de sa valorisation, tandis que les fabricants de semi-conducteurs ont subi de lourdes pertes en Bourse. L’annonce, les 30 et 31 juillet, de bons résultats par Amazon et Microsoft, portés notamment par leurs activités dans le cloud, a permis un rebond, traduisant la forte volatilité des valeurs technologiques. Globalement, les indices américains ont enregistré une bonne fin de mois de juillet.
Le pétrole en mode yo-yo
Au cours du mois de juillet, le pétrole a joué aux montagnes russes. Le prix du baril avait fortement baissé dans le sillage de la signature du protocole de paix entre les États-Unis et l’Iran, avant de repasser au-dessus de 100 dollars pour le Brent avec la reprise des hostilités. Sur l’ensemble du mois, le prix du baril de Brent a progressé de plus de 25 %, pour terminer autour de 80 dollars.
La Réserve fédérale américaine a choisi, mercredi 29 juillet, de laisser sa politique monétaire inchangée. À l’issue de sa réunion, le Comité fédéral de politique monétaire (FOMC) a voté, par neuf voix contre trois, en faveur du maintien de la fourchette des taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %. Cette décision met un terme aux spéculations de ces derniers jours, mais ne fait pas disparaître les interrogations sur la capacité de la banque centrale à contenir une inflation qui demeure élevée. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a d’ailleurs reconnu que les débats internes avaient été nourris, évoquant une « bonne dispute en famille ».
La réaction des marchés financiers a été immédiate. Les investisseurs, préoccupés par la persistance des tensions inflationnistes et par la perspective d’un resserrement monétaire ultérieur, ont fortement sanctionné les actions américaines. Dans le même temps, le rendement des obligations du Trésor américain à trente ans a dépassé 5,2 %, un niveau inédit depuis 2007.
Dans son communiqué, la Fed souligne que l’économie américaine continue de faire preuve d’une remarquable résilience. Malgré un environnement international incertain, notamment en raison des tensions au Moyen-Orient, l’activité demeure dynamique. Les gains de productivité restent élevés, l’investissement des entreprises conserve un rythme soutenu et le marché du travail demeure solide, les créations d’emplois compensant globalement la progression de la population active. Le taux de chômage évolue ainsi à un niveau relativement stable. En revanche, la lutte contre l’inflation est loin d’être achevée. La banque centrale rappelle que la hausse des prix reste nettement supérieure à son objectif de 2 %, notamment sous l’effet de chocs d’offre qui continuent d’alimenter les coûts dans plusieurs secteurs, en particulier dans celui de l’énergie.
Lors de sa conférence de presse, Kevin Warsh a tenu un discours particulièrement ferme. Il a rappelé que la Fed ne poursuivait qu’un seul objectif en matière d’inflation : un retour à 2 %. Selon lui, il n’existe ni objectif implicite ni marge de tolérance durable au-dessus de cette cible. Après plus de cinq années d’inflation excessive, la crédibilité de la banque centrale exige de maintenir ce cap. Pour autant, cette fermeté verbale ne s’est pas traduite par une hausse des taux. Déjà en juin, lors de son premier comité de politique monétaire en tant que président, Kevin Warsh n’avait pas soutenu un relèvement du coût du crédit. Il a renouvelé cette position en juillet, préférant conserver les taux à leur niveau actuel.
Le président de la Fed s’est toutefois refusé à qualifier cette décision de simple attentisme. Selon lui, les échanges, parfois vifs, entre les membres du comité ont permis d’affiner le diagnostic économique et d’améliorer la compréhension des mécanismes inflationnistes. Il a également insisté sur le fait que la banque centrale ne disposait d’aucune « baguette magique » : plusieurs années d’inflation supérieure à la cible ne peuvent être effacées en quelques semaines, ni par un seul mois de ralentissement des prix. Interrogé sur l’absence d’action malgré son discours offensif, Kevin Warsh a estimé que les marchés avaient déjà intégré les risques inflationnistes. Il s’est félicité de voir les investisseurs réagir directement aux données économiques plutôt que d’attendre systématiquement les indications de la banque centrale. Selon lui, la réduction progressive de la communication prospective (« forward guidance ») contribue à rendre les marchés plus réactifs aux fondamentaux.
La veille de la réunion, Donald Trump avait une nouvelle fois plaidé en faveur d’un assouplissement monétaire. Le président américain estime que les États-Unis devraient bénéficier des taux d’intérêt les plus faibles au monde afin de soutenir une croissance qu’il juge capable d’atteindre des rythmes exceptionnels. Tout en saluant les qualités de Kevin Warsh, qu’il qualifie de « fantastique », il a expliqué que celui-ci restait contraint par un conseil des gouverneurs qu’il considère comme excessivement politisé.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 31 juillet 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 509,64 | +1,76 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 52 485,03 | +1,19 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 7 489,72 | +1,26 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 25 373,85 | +1,59 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 25 630,78 | +2,12 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 736,23 | +1,05 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 358,01 | +1,18 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 64 362,02 | -2,82 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 832,26 | -0,83 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,999 % | +0,030 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +3,219 % | +0,047 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,735 % | +0,081 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1515 | -+0,81 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 045,90 | -1,13 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 89,86 | -8,28% | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 62 720,9871 | -2,20 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
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