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Les indices actions ont enregistré, au cours de cette semaine écourtée par le vendredi saint — jour de fermeture des principales places boursières occidentales — un rebond sensible, porté par les annonces d’une possible désescalade du conflit ainsi que par la divulgation d’un projet de protocole d’accord relatif au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, négocié entre l’Iran et Oman. Néanmoins, l’incertitude demeure élevée au Moyen-Orient, où prévaut une forme de volatilité persistante. Les cours du pétrole ont ainsi fortement fluctué au gré des déclarations du président Donald Trump. Celui-ci a, tour à tour, évoqué une issue prochaine au conflit tout en brandissant la menace de bombardements massifs contre l’Iran dans un délai de deux à trois semaines. Il a également affirmé que ses objectifs étaient atteints, sans toutefois en préciser la nature. De son côté, l’Iran a tenu à souligner qu’un éventuel accord avec Oman ne saurait être interprété comme un retour à la normale.
Dans ce contexte, le CAC 40 a progressé de plus de 3 % en quatre séances, tandis que le Nasdaq Composite enregistrait une hausse supérieure à 4 %. Parallèlement, les taux des obligations souveraines se sont inscrits en baisse, traduisant un regain d’appétence pour le risque tempéré par des anticipations de détente monétaire.
Le baril de Brent crude oil s’échangeait, en fin de période, autour de 110 dollars, en recul de 5 % sur la semaine, mais affichant néanmoins une progression proche de 80 % depuis le début de l’année.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 2/3 avril 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 962,39 | +3,38 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 46 504,67 | +2,96 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 582,69 | +3,36 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 21 879,18 | +4,44 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 23 168,08 | +3,89 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 436,29 | +4,70 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 692,86 | +3,40 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 53 123,49 | +1,67 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 880,10 | -0,03 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,684 % | -0,154 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +3,003 % | -0,093 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,320 % | -0,100 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1548 | -0,60 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 676,43 | +4,57 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 109,00 | -4,61 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 66 851,2797 | +1,41 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
Le régime de retraite complémentaire des salariés du secteur privé, AGIRC – ARRCO, confirme sa solidité financière, bien que ses résultats marquent un recul en 2025. L’Agirc-Arrco a ainsi enregistré un excédent technique – c’est-à-dire hors produits financiers – de 300 millions d’euros, tandis que le résultat global s’est établi à 1,4 milliard d’euros. Ce niveau est inférieur à celui observé en 2024, où l’excédent atteignait 4,6 milliards d’euros. Cette inflexion s’explique par un environnement économique moins porteur, caractérisé par une progression des ressources plus modérée que celle des dépenses (respectivement +1,9 % contre +3,1 %). L’augmentation des charges tient à la fois à la revalorisation des pensions intervenue en 2024 (+1,6 %) et à la hausse continue du nombre de retraités, le régime versant des prestations à près de 14 millions de bénéficiaires.
La fin de l’année 2025 a, été marquée par l’absence de revalorisation des pensions complémentaires. Les partenaires sociaux, qui assurent la gouvernance du régime, ne sont pas parvenus à s’accorder sur son niveau dans un contexte politique et budgétaire tendu, lié notamment à la suspension de la réforme des retraites. À l’inverse, les pensions du régime de base ont été relevées de 0,9 % en janvier. Les responsables du régime AGIRC – ARRCO ont, lors de la présentation des résultats, souligné l’ampleur des défis à venir. La vice-présidente, Brigitte Pisa, a évoqué les ajustements nécessaires dans les prochaines années. À cette incertitude démographique s’ajoute celle relative au calendrier des départs en retraite, notamment à l’horizon 2027, en raison des hésitations entourant la réforme du système.
Malgré ces incertitudes, les gestionnaires de l’Agirc-Arrco continuent de mettre en avant la résilience du régime. Les réserves, qui dépassent 91 milliards d’euros en valeur de marché à la fin de 2025, constituent un levier essentiel pour amortir les chocs économiques et démographiques.
Les projections établies par « Se Loger-Meilleurs Agents » sur les prix de l’immobilier de la France semblent indiquer que la légère reprise de 2025 s’est enrayée sur fond de guerre en Iran. La rédaction du site Internet a établi deux scénarios pour les prochains mois. Dans l’hypothèse d’un choc modéré, l’économie mondiale absorberait progressivement les tensions liées au conflit au Moyen-Orient. L’inflation se stabiliserait autour de 3 % dans la zone euro en 2026, conduisant la Banque centrale européenne à relever ses taux directeurs de 25 à 50 points de base. Par ricochet, les taux immobiliers suivraient une trajectoire comparable. Dans ce cadre, le recul du marché resterait contenu avec entre 65 000 et 100 000 transactions en moins, soit une contraction de 7 à 10 % par rapport aux 945 000 ventes enregistrées en 2025.
À l’inverse, le scénario d’un choc durable esquisse une dégradation bien plus marquée. Une inflation proche de 3,7 % contraindrait la BCE à un resserrement monétaire plus agressif (jusqu’à +1,4 point), entraînant une remontée des taux immobiliers pouvant atteindre 1,4 point. Dans cette configuration, le marché subirait une chute de 240 000 à 270 000 transactions, soit plus d’un quart de l’activité annuelle.
Ces projections doivent toutefois être interprétées avec prudence. Les réseaux, à l’image de la FNAIM ou de Laforêt, décrivent un marché actif mais hésitant. La demande progresse (+4 % au premier trimestre), tout comme l’offre (+9 %), mais les transactions n’augmentent que marginalement (+2 %), signe d’un décalage croissant entre intentions et concrétisations.
Des dynamiques de prix de plus en plus territorialisées
En Île-de-France, après plusieurs années de correction, les prix semblent atteindre un point bas. Sur un an, la baisse se situe encore autour de –3 % à –5 %, avec des disparités marquées : Paris intra-muros oscille entre –4 % et –6 %, tandis que la grande couronne résiste mieux. Le ralentissement de la baisse observé début 2026 traduit un début de stabilisation mais qui reste fragile.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), le marché reste sous tension mais amorce un léger repli. Les prix reculent globalement de –1 % à –3 % sur un an, avec des ajustements plus visibles sur les marchés les plus chers. Nice enregistre ainsi une correction modérée (environ –0,7 % récemment), tandis que Marseille conserve un certain dynamisme, portée par une demande soutenue et des prix encore attractifs à l’échelle nationale.
En Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), la situation est intermédiaire. Lyon, après plusieurs années de hausse, a connu une correction sensible (–5 % à –8 % sur deux ans), mais les prix tendent désormais à se stabiliser. Dans les villes moyennes de la région, la tendance est plus favorable, certaines enregistrant même de légères hausses, portées par les effets de report.
En Corse, enfin, le marché demeure atypique. Après une forte progression post-Covid, liée à l’attractivité résidentielle et touristique, les prix se stabilisent à des niveaux élevés. Sur un an, l’évolution oscille entre 0 % et +2 %, avec des tensions persistantes dans les deux grandes agglomérations. Malgré tout, les délais de revente s’allongent en particulier pour les résidences secondaires. Le niveau de prix et le poids des impôts (taxe d’habitation) auxquels s’ajoutent le coût des transports expliquent la moindre appétence des continentaux pour les résidences secondaires. La demande de prêts immobiliers serait en forte baisse depuis le début de l’année.
En France, de nombreux biens immobiliers sont immobilisés sans usage ou affectation notamment en raison des indivisions. Longtemps perçues comme une simple étape juridique dans le règlement des successions, les indivisions sont de plus en plus un mécanisme de blocage affectant la fluidité du marché et la valorisation du patrimoine.
Chaque année, plus de 630 000 successions sont ouvertes en France. À ce flux s’ajoutent environ 425 000 ruptures conjugales — divorces, séparations ou dissolutions de PACS — générant autant de situations de propriété partagée.
Le droit repose pourtant sur un principe clair : nul n’est censé demeurer contraint dans l’indivision. Dans les faits, l’exigence d’unanimité pour les décisions les plus structurantes — en particulier la vente du bien — confère à chaque indivisaire un droit de veto. Il suffit d’un désaccord, d’une absence ou d’un refus de se manifester pour figer durablement la situation. Cette asymétrie entre principe juridique et réalité opérationnelle explique la constitution d’un stock immobilier « dormant ».
En Corse et dans les Outre-mer, jusqu’à 40 % du foncier privé serait concerné par des indivisions anciennes, parfois transmises sur plusieurs générations. Dans les zones rurales, ces blocages contribuent à maintenir hors du marché des biens inoccupés pendant dix, vingt, voire trente ans, avec des cas extrêmes atteignant quarante ans. Les conséquences sont multiples : dégradation du bâti, perte de valeur patrimoniale, raréfaction de l’offre disponible et tensions accrues sur les prix dans les zones dynamiques.
La loi du 26 mars 2026 votée à l’unanimité introduit plusieurs évolutions destinées à réduire ces blocages. Le texte adopté est issu d’une proposition de loi présentée par les députés Louise Morel et Nicolas Turquois. Son entrée en vigueur est prévue pour le début de l’année 2027, après publication d’un décret en Conseil d’État attendu d’ici l’été 2026.
La principale disposition de la loi consiste à permettre, sous contrôle du juge, la vente d’un bien indivis à l’initiative d’un seul indivisaire, à condition de démontrer une situation d’urgence et un intérêt commun. Cette mesure prolonge une jurisprudence de la Cour de cassation de 2013 et constitue une inflexion notable du principe d’unanimité. Le dispositif reste encadré. Le juge conserve un pouvoir d’appréciation, ce qui limite les risques d’abus mais introduit une part d’incertitude dans son application. L’objectif n’est pas de banaliser la vente unilatérale, mais de créer un moyen de sortie pour les situations les plus bloquées.
La réforme modifie également les règles du partage judiciaire. Elle renforce le rôle du juge et du notaire, impose la présence d’un avocat à toutes les étapes et limite les stratégies d’obstruction. Désormais, le silence d’un indivisaire ne pourra plus suffire à bloquer la procédure, celle-ci pourra se poursuivre et la décision s’imposera à l’ensemble des parties.
Des dispositions spécifiques sont prévues pour certains territoires. En Corse, la vente d’un bien indivis pourra être réalisée à la majorité des deux tiers, sans recours au juge, ce qui prolonge des adaptations territoriales déjà existantes.
La loi comporte en outre un volet consacré aux successions vacantes. L’État, agissant comme curateur via les services du Domaine, voit ses moyens d’action renforcés, notamment par la possibilité de mandater des tiers pour accélérer les ventes. Une publicité numérique est instaurée pour améliorer l’identification des biens, et les collectivités territoriales bénéficient d’un accès facilité à certaines informations fiscales afin de repérer les immeubles vacants ou sans maître.
La portée de la loi doit être relativisée. Son efficacité dépendra de sa mise en œuvre concrète et de sa capacité à s’appliquer aux situations anciennes, point qui sera précisé par le décret d’application. Surtout, les indivisions sont souvent liées à des conflits familiaux profonds ou à des situations successorales complexes que le droit ne peut résoudre à lui seul.
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