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Le Coin des Epargnants du 29 mai 2026

Epargne 29 mai 2026

Malgré la hausse de l’inflation et l’attente d’avancées décisives au Moyen-Orient, les marchés financiers ont fait preuve d’une résilience surprenante au cours du mois de mai. Les indices américains se sont même offert le luxe d’inscrire à plusieurs reprises de nouveaux records. Le Nasdaq a gagné plus de 9 % en un mois, le S&P 500, plus de 6 %. Sur un an, le Nasdaq a progressé de plus de 40 % et le S&P500 de plus de 28 %. L’indice japonais Nikkei a, de son côté, enregistré une progression proche de 10 % en mai.

En Europe, les marchés du Sud ont été les mieux orientés. L’Italie a bénéficié du dynamisme des banques, des valeurs financières et d’une conjoncture intérieure plus favorable. Le FTSE MIB a ainsi progressé de plus de 3 % sur le mois, se rapprochant de ses sommets historiques autour de 50 000 points. L’Espagne a suivi une trajectoire comparable, l’IBEX 35 gagnant lui aussi plus de 3 %, soutenu par son secteur bancaire et par une activité économique plus robuste que celle observée au cœur de la zone euro.

L’Allemagne a fait mieux que la France. Le DAX a progressé d’environ 2,9 %, évoluant autour de 25 000 points malgré des séances irrégulières et quelques prises de bénéfices sur les valeurs industrielles. Le CAC 40 est demeuré plus en retrait, pénalisé par le poids du luxe et par la moindre vigueur des grandes capitalisations françaises ; sa progression mensuelle s’est limitée à 0,8 %. Le Royaume-Uni a été le marché le moins dynamique : le FTSE 100 n’a gagné qu’environ 0,3 % sur le mois, malgré un niveau élevé proche de 10 409 points, les valeurs pétrolières ayant pâti du recul des cours du brut. Les indices les plus exposés aux secteurs bancaires et cycliques — Italie, Espagne et Allemagne — ont connu de belles progressions À l’inverse, Paris et Londres ont été freinés par leurs spécialisations sectorielles respectives : le luxe pour le CAC 40, l’énergie et les grandes valeurs défensives pour le FTSE 100.

Au cours de la dernière semaine de mai, les investisseurs ont été écartelés entre les espoirs de paix au Moyen-Orient et la publication de statistiques témoignant d’une accélération des tensions inflationnistes. La hausse des prix des hydrocarbures commence à se diffuser à l’ensemble de l’économie. Pris entre ces deux forces contradictoires, les marchés ont néanmoins choisi l’optimisme. Les actions sont ainsi demeurées orientées à la hausse.

Malgré l’augmentation de l’inflation sous-jacente en Europe, une détente des taux obligataires a été enregistrée au cours de la semaine. Le rendement de l’emprunt allemand à dix ans est repassé sous le seuil des 3 %, tandis que celui de l’OAT française s’établissait en fin de semaine à 3,5 %, contre près de 3,8 % ces dernières semaines.

Porté par les espoirs de réouverture du détroit d’Ormuz, le cours du Brent est repassé fin mai sous la barre des 100 dollars le baril. Il s’échangeait autour de 91 dollars le vendredi 29 mai. Sur la semaine, le recul a dépassé 10 %, constituant la plus forte baisse hebdomadaire observée depuis sept semaines. Les cours du pétrole demeurent néanmoins très volatils et continuent d’évoluer au gré des déclarations de Donald Trump et des développements géopolitiques dans la région.

 Résultats
29 mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 183,34+0,83 %8 149,507 380,74
Dow Jones51 032,46+0,90 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 580,06+1,45 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 972,62 +2,35 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 104,70+0,90 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 409,28-0,54 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 050,54+0,22 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)66 329,50 +9,54 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 067,17-2,06 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,553 %-0,264 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,946 %-0,096 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,436 %-0,150 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1663 +0,54 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 559,52+1,81 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars91,97 -11,45 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars73 719,2858-2,55 %87 566,440693 776,61

La discussion de la loi de finances pour 2027 s’annonce comme l’une des épreuves les plus atypiques de la Ve République. Le Gouvernement devra présenter des textes conformes aux engagements de la France en matière de réduction des déficits publics (4,5 % du PIB en 2027, contre 5 % en 2026), à quelques mois de l’élection présidentielle et devant un Parlement fragmenté, le tout dans un contexte économique marqué par un ralentissement de la croissance et une remontée des tensions inflationnistes. Les groupes parlementaires pourraient être tentés de rejeter toute mesure de redressement impopulaire, de peur que les électeurs ne leur en imputent la responsabilité.

Par ailleurs, le budget pour 2027 n’a pas vocation à s’appliquer sur l’ensemble de l’année. La nouvelle majorité issue d’éventuelles élections législatives anticipées — si une majorité claire se dégage — adopterait sans doute un projet de loi de finances rectificative afin d’imprimer sa marque sur la politique budgétaire. La tentation du report, de l’attentisme ou des compromis minimaux sera donc forte.

Or, la marge de manœuvre budgétaire de la France se réduit rapidement. La dynamique des dépenses publiques est alimentée par plusieurs facteurs largement contraints : la progression des pensions de retraite sous l’effet du vieillissement démographique, l’augmentation continue de la charge d’intérêts liée à la remontée des taux, l’effort accru de défense dans un contexte géopolitique dégradé, le financement de la transition énergétique ainsi que le soutien aux infrastructures et aux grands projets industriels.

Dans ce contexte, les ministres de l’Économie et du Budget ont décidé de confier à quatre économistes reconnus — Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla — une mission indépendante sur les finances publiques à l’horizon 2030. Officiellement, il s’agit d’apporter un éclairage objectif au débat budgétaire. En réalité, cette initiative traduit également la difficulté croissante pour le pouvoir politique d’assumer seul un discours de rigueur budgétaire. En sollicitant une caution académique, l’exécutif cherche à légitimer, par l’expertise, la nécessité d’un effort qui sera socialement et politiquement difficile à défendre.

Les économistes devront identifier les principaux facteurs de dérive des finances publiques entre 2027 et 2030, autrement dit les dépenses déjà engagées ou difficilement compressibles. Ils devront ensuite proposer plusieurs scénarios de redressement dès 2027, assortis d’objectifs de déficit et d’une évaluation chiffrée de l’effort à répartir entre l’État, la Sécurité sociale et les collectivités locales.

Si les forces politiques ne semblent guère disposées à faire preuve de courage durant la discussion budgétaire, aucune n’aura véritablement intérêt à provoquer une crise politique en votant une motion de censure. Une telle décision pourrait conduire à une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale et priver le futur Président de la République de cet instrument constitutionnel pendant plusieurs mois. En outre, une crise budgétaire majeure pèserait inévitablement sur le déroulement de la campagne présidentielle et renforcerait les interrogations des partenaires européens comme des marchés financiers sur la capacité de la France à restaurer ses comptes publics.

Au premier trimestre, le taux d’épargne des ménages s’est maintenu, en France, à un haut niveau. Selon l’INSEE, il s’est élevé à 17,9 % du revenu disponible brut, contre 17,7 % au trimestre précédent. Le taux d’épargne financière est passé de 8,9 à 9 %. Il demeure à des niveaux historiquement élevé. Les Français réduisent leur consommation (-0,2 %) pour maintenir un important effort d’épargne. Le pouvoir d’achat au cours du premier trimestre est resté stable, l’augmentation des rémunérations étant compensée par la hausse des prix.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

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