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Sur fond de déficit public élevé, autour de 5,1 % en 2026, de croissance atone et d’incertitudes politiques, le CAC 40 a reculé cette semaine, à la différence des autres grands indices européens et américains. Jeudi 27 août, le CAC a même abandonné 1,7 %, les investisseurs prenant en compte l’aléa politique de 2027. Lors du premier débat présidentiel organisé dans le cadre de l’université d’été du MEDEF, sept candidats se sont affrontés sur la manière de s’attaquer à la dette et de financer le système de retraites, révélant de profondes divisions sur des questions économiques. Le déficit budgétaire, à 5,1 % du PIB en 2025, demeure l’un des plus élevés de la zone euro et les modalités de sa résorption restent à définir.
Aux États-Unis, les grands indices « actions » ont progressé à petite vitesse cette semaine, en raison des déclarations du président de la Fed sur la politique monétaire américaine.
L’or poursuit également sa remontée en raison des menaces d’inflation. À New York, le cours de l’once d’or est repassé au-dessus de 4 500 dollars vendredi 28 août.
Kevin Warsh, le président de la Fed, a, lors de son discours au symposium économique annuel de la Réserve fédérale de Kansas City, à Jackson Hole, indiqué que « l’inflation est le problème le plus épineux de la Réserve fédérale, mais les investisseurs devront se débrouiller seuls pour déterminer quand les autorités interviendront ». Depuis plus de 20 ans, le président en exercice de la Fed donnait des indications sur l’évolution des taux d’intérêt lors de son discours d’ouverture, mais Kevin Warsh a confirmé, ce vendredi 28 août, sa rupture avec la tradition. Il a précisé qu’« une Réserve fédérale plus discrète et plus ciblée dans sa communication est mieux à même d’atteindre ses objectifs ». Il a tenu à réaffirmer que la Fed entendait poursuivre la lutte contre l’inflation : « Qu’il n’y ait aucun malentendu : l’objectif de stabilité des prix de 2 % fixé par la Fed, tel que mesuré par l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle, est un objectif ferme et fixe ». Il a ajouté : « Nous devons être certains que l’inflation sous-jacente évolue vers notre objectif de manière claire et à un rythme suffisant […] Sinon, nous avons du travail à faire ». Cette prise de position a eu pour conséquence une progression des taux des bons du Trésor américains à deux ans, ceux qui reflètent les anticipations de politique monétaire. Ils gagnent plus de huit points de base pour s’établir à 4,3 %. Le baromètre FedWatch de CME Group indique que les investisseurs évaluent désormais à 55,5 % la probabilité d’un relèvement de taux en septembre, lors de la réunion des 15 et 16, contre 35,7 % en début d’après-midi.
La publication des premiers résultats d’inflation en août laisse penser que le durcissement de la politique monétaire ne concernera pas que les États-Unis. En France, l’inflation a accéléré de trois dixièmes de point à 2,7 % sur un an en août, son niveau le plus élevé depuis mai et légèrement supérieur aux prévisions, tandis que le taux de croissance du produit intérieur brut au deuxième trimestre a été revu à la baisse, de +0,2 % en première estimation à 0 %. En Espagne, les prix ont augmenté de 4,5 % sur un an, après 3,9 % en juillet, soit plus du double de l’objectif de la Banque centrale européenne. Dans les deux pays, l’énergie est largement responsable de cette poussée, sur fond de poursuite de la guerre au Moyen-Orient. Les investisseurs intègrent désormais entièrement un resserrement d’un quart de point des taux de la BCE le mois prochain.
Le tableau des marchés financiers
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