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Le Coin des Epargnants du 20 février 2026 – Droits de douane : un coup de tonnerre qui profite au CAC 40

Epargne 20 février 2026

La Cour suprême des États-Unis a jugé, vendredi 20 février, que le président avait outrepassé son autorité en imposant ses droits de douane « réciproques ». L’ensemble des tarifs mis en place en s’appuyant sur une déclaration d’urgence nationale est concerné. Selon la Cour, la loi IEEPA, qui a servi de fondement juridique aux mesures de relèvement de nombreux droits de douane, ne confère pas ce pouvoir au président. Six des neuf juges nommés à vie se sont joints à la décision, tandis que trois juges parmi les plus conservateurs s’y sont opposés. Les droits de douane « réciproques », qui ont rapporté plus de 75 milliards de dollars à l’État américain, sont ainsi supprimés. La Cour n’a pas indiqué la manière dont les remboursements des droits de douane versés devront être gérés. Donald Trump devra passer par d’autres voies pour relever les tarifs, notamment par le Congrès. Une course contre la montre s’engage, car les élections de mi-mandat se tiendront en novembre, et pourraient, en l’état actuel de l’opinion, être défavorables aux Républicains.

Le CAC 40 au-dessus des 8 500 points

Les investisseurs ont réagi favorablement à la décision de la Cour suprême, les principaux indices actions progressant après son annonce. Les valeurs des entreprises exportatrices vers les États-Unis (Pernod Ricard, Hermès, LVMH au sein du CAC 40) ont enregistré de fortes hausses. Le CAC 40, pour la première fois de son histoire, termine au-delà des 8 500 points (8 511,74). Sur la semaine, l’indice parisien a gagné près de 2,4 %.

Une croissance américaine décevante en fin d’année

La décision de la Cour suprême a éclipsé les mauvais résultats de l’économie américaine à la fin de l’année 2025. La croissance s’est élevée à 1,4 % en rythme annualisé au dernier trimestre, selon une première estimation, soit un taux deux fois inférieur à celui anticipé par le marché et très loin des 4,4 % enregistrés au troisième trimestre. L’activité a été freinée, au dernier trimestre, par un ralentissement de la consommation et par le shutdown de l’automne. Sur l’ensemble de l’année 2025, la première économie mondiale a progressé au rythme de 2,2 %, contre 2,8 % en 2024.

Côté inflation, la hausse des prix mesurée par l’indice PCE s’est accélérée plus que prévu, d’un dixième de point, avec un indice global à 2,9 % sur un an en décembre et à 3 % en données « core », c’est-à-dire hors alimentation et énergie. Ce contexte inflationniste rend plus complexe toute nouvelle baisse des taux directeurs de la Fed.

Le pétrole en hausse avec les nouvelles menaces américaines

Après les nouvelles déclarations de l’administration américaine sur les négociations avec l’Iran, les cours du pétrole ont fortement progressé, le baril de Brent passant au-dessus des 70 dollars, en hausse de plus de 5 % sur la semaine. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré, mercredi 18 février, qu’« il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran ». Mardi 17 février, le vice-président américain JD Vance avait souligné que les divergences persistaient sur les « lignes rouges » américaines. Dans le même temps, l’Iran avait assuré s’être entendu avec Washington sur « un ensemble de principes directeurs ».

La poursuite du déploiement de l’armée américaine au Moyen-Orient inquiète les acteurs du marché pétrolier. Les États-Unis mettent en place dans la région une imposante force de frappe, avec des navires et des avions de guerre par dizaines. Le pays dispose également de dizaines de milliers de soldats dans des bases militaires autour de l’Iran. Le principal risque pour le marché pétrolier, en cas d’escalade militaire, serait le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % de la production mondiale. Les opérateurs s’inquiètent aussi du devenir des infrastructures d’hydrocarbures de l’Iran, l’un des dix premiers producteurs de pétrole au monde. D’autres pays, comme l’Irak, les Émirats arabes unis ou le Koweït, pourraient être touchés en cas de conflit militaire.

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