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Le Coin des Epargnants du 16 avril 2026 : éclaircies sur le détroit

Epargne 17 avril 2026

Quand tout tient à un détroit !

Les grands indices « actions » sont restés relativement stables une grande partie de la semaine, ballotés entre les craintes d’une reprise de la guerre et les espoirs d’une solution négociée. Tout a changé avec l’annonce du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, indiquant la réouverture du détroit d’Ormuz à la circulation maritime, qui restera effective pendant toute la durée du cessez-le-feu conclu avec les États-Unis. Cette annonce a entraîné une baisse de 10 % des prix du pétrole. Vendredi 17 avril, le baril de Brent s’échangeait en dessous de 90 dollars.

En parallèle, Donald Trump a assuré le maintien du blocus américain sur les ports iraniens. La France et le Royaume-Uni ont indiqué prendre la tête d’une mission multinationale « strictement pacifique et défensive » destinée à protéger la liberté de navigation. Les travaux doivent débuter à Londres la semaine prochaine.

Par ailleurs, le cessez-le-feu et l’instauration d’un dialogue entre le Liban et Israël ont également été perçus positivement. Le CAC 40 a ainsi gagné 2 % sur la semaine, sachant que ce gain a été réalisé en une seule séance, le vendredi 17 avril. Les valeurs du luxe et du transport ont enregistré les plus fortes hausses. Les indices américains ont réagi encore plus vivement aux espoirs de paix, le Nasdaq gagnant plus de 5 % et le S&P 500 plus de 4 %.

Avec la réouverture du détroit, les taux obligataires se détendent. Le taux de l’OAT française à 10 ans est ainsi revenu en dessous de 3,6 % vendredi 17 avril.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
17 avril 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 425,13+1,95 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 447,433,20 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 126,06+4,54 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite24 468,48+5,54 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 698,94+3,59 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 661,08+0,67 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 054,19+1,73 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)58 475,90+9,44 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 051,43+4,14 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,581 %-0,126 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,960 %-0,108 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,236 %-0,075 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1807 +1,80 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 869,25+3,40 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars89,08-7,89 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars77 750,4846+4,60 %87 566,440693 776,61

Près de 200 000 contribuables à l’impôt sur la fortune immobilière

Le nombre de foyers assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) est passé de 186 000 à 193 600 de 2024 à 2025, en hausse de 4 %, selon la Direction générale des finances publiques (DGFIO). En 2025, son produit a atteint 2,332 milliards d’euros, en hausse de 8,0 % sur un an. Le patrimoine immobilier net taxable augmente de 5,6 %, à 492,8 milliards d’euros. Le patrimoine moyen par foyer assujetti s’établit à 2,55 millions d’euros, en progression plus modérée de 1,5 %. L’IFI payé représente, en moyenne, 0,47 % du patrimoine net imposable.

Le barème n’ayant pas été modifié depuis la création de l’impôt en 2018, toute hausse de la valeur des patrimoines immobiliers, même modérée, se traduit mécaniquement par une augmentation du nombre d’assujettis, du patrimoine taxable. La DGFiP souligne d’ailleurs que, sur la seule année 2025, la hausse du produit de l’IFI provient pour 4 points de l’augmentation du nombre de foyers imposés, et pour 2,8 points de l’évolution du taux moyen d’imposition.

L’IFI reste une recette marginale en matière de prélèvements, 0,5 % des recettes fiscales nettes de l’État en 2025, très loin derrière la TVA, qui en constitue 35 %, l’impôt sur le revenu, 23 %, ou l’impôt sur les sociétés, 10 %. Le poids de l’IFI est avant tout symbolique.

Le patrimoine brut soumis à l’IFI atteint 573 milliards d’euros. Après prise en compte des dettes et de l’abattement de 30 % sur la résidence principale, le patrimoine net imposable ressort à 493 milliards, les dettes, en hausse limitée de 2,1 % en 2025, représentant  6 % du patrimoine brut.

Une structure du patrimoine immobilier qui dépend de son montant

Pour les foyers situés dans la première tranche imposable, le poids de la résidence principale est, en moyenne, de 777 600 euros ; les immeubles détenus directement représentant 1 million d’euros, soit 48 % du patrimoine, et l’immobilier indirect (SCPI)  environ 0,4 million. À l’inverse, pour les patrimoines supérieurs à 10 millions d’euros, la résidence principale atteint certes 1,9 million d’euros en moyenne, mais les immeubles détenus directement montent à 6,4 millions et l’immobilier détenu indirectement représente 60 % du patrimoine total. Les très hauts patrimoines immobiliers sont donc moins des patrimoines de résidence que des patrimoines d’investissement.

Une réelle concentration du patrimoine immobilier

La répartition des foyers imposés par tranche confirme cette dualité. Près des trois quarts des 193 600 foyers assujettis disposent d’un patrimoine imposable compris entre 1,3 et 2,57 millions d’euros. Cette catégorie, très large, concentre 33 % du produit de l’IFI, avec un impôt moyen de 5 400 euros. Les foyers disposant d’un patrimoine compris entre 2,57 et 5 millions représentent un peu plus de deux sur dix ; ils acquittent 30 % des recettes, pour un IFI moyen supérieur à 17 000 euros. Les patrimoines supérieurs à 5 millions d’euros, eux, représentent moins de 6 % des foyers, mais 37 % du produit total, avec un impôt moyen de 49 000 euros entre 5 et 10 millions et de 189 200 euros au-delà de 10 millions.

Depuis 2018, le nombre de foyers situés entre 5 et 10 millions d’euros a progressé de 83 %, et celui des foyers au-delà de 10 millions de 102 %. En 2025, la catégorie des patrimoines supérieurs à 10 millions est celle dont le patrimoine net croît le plus vite : +16 %, pour atteindre 46 milliards d’euros. Les 2 300 foyers de cette tranche acquittent à eux seuls 436 millions d’euros d’IFI, soit près de 19 % du produit total. Leur taux apparent d’imposition, à 0,94 % du patrimoine net, est deux fois supérieur à la moyenne générale de 0,47 %. Surtout, cette seule catégorie explique 3,6 points des 8,0 % de hausse du produit global de l’IFI en 2025. Autrement dit, près de la moitié de la progression annuelle du produit est imputable au sommet de la pyramide patrimoniale immobilière.

L’IFI, un marqueur social indéniable

Les foyers imposés à l’IFI disposent en moyenne de 322 100 euros de revenus annuels, en hausse de 13 % sur un an, et acquittent en moyenne 60 200 euros d’impôt sur le revenu et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, soit un taux moyen d’imposition de 18,7 %. À titre de comparaison, les foyers non assujettis à l’IFI déclarent en moyenne 35 800 euros de revenus. Le rapport est donc de près de 1 à 9. La différence n’est pas seulement quantitative ; elle est aussi qualitative. Chez les foyers assujettis à l’IFI, les revenus de capitaux mobiliers représentent 36,2 % du total, les revenus fonciers 10,3 % et les revenus divers, dont les plus-values, 14,4 %. Les traitements et salaires ne comptent plus que pour 18,5 %, contre 62,3 % chez les foyers non imposés à l’IFI. On est ici face à des ménages dont le revenu procède d’abord de la détention d’actifs, et non du travail.

Des urbains et des seniors

L’IFI concerne essentiellement des ménages plus âgés et plus urbanisés que la moyenne. L’âge moyen du premier déclarant atteint 70 ans, contre 52 ans et demi pour les autres foyers fiscaux. Plus des deux tiers ont plus de 65 ans et 38 % plus de 75 ans. Par ailleurs, 43 % résident en Île-de-France, dont 23 % à Paris intra-muros, contre respectivement 18 % et 3,5 % pour les autres foyers. Enfin, 70 % vivent en couple, contre seulement 31 % parmi les non-assujettis. L’IFI dessine donc la géographie et la sociologie d’un patrimoine immobilier souvent parisien et davantage familial.

Le don comme outil de réduction de l’IFI par les contribuables

En 2025, 36 600 foyers, soit 19 % des assujettis, déclarent des dons ouvrant droit à réduction d’IFI, pour un montant total de 248 millions d’euros, en hausse de 12 %. Le don moyen atteint 6 800 euros, le don médian 2 500 euros, et la réduction d’impôt correspondante représente 167 millions d’euros, soit 4 600 euros par donateur en moyenne. Là encore, les écarts sont marqués selon le niveau de patrimoine. 18 % des foyers de la première tranche ont donné en moyenne 3 500 euros, contre un don moyen de 32 700 euros chez 21 % des foyers disposant de plus de 10 millions d’euros de patrimoine imposable.

13000 contribuables à l’IFI non imposables à l’impôt sur le revenu

13 300 foyers imposés à l’IFI, en 2025 ne sont pas imposables à l’impôt sur le revenu. Leur revenu fiscal de référence médian n’est que de 38 900 euros, alors que leur patrimoine immobilier moyen atteint 2,4 millions d’euros. Leur montant moyenne d‘IFI est de 8 100 euros. Une partie d’entre eux annule son impôt sur le revenu par le jeu des réductions et crédits d’impôt, une autre par imputation de charges et déficits.

Au total, les chiffres de la DGFiP livrent trois enseignements. D’abord, l’IFI est en progresse, porté par l’élargissement de son assiette. Il reste très concentré : une faible minorité de foyers, notamment ceux de plus de 10 millions d’euros, joue un rôle décisif dans son rendement. Enfin, cet impôt est avant tout un impôt parisien et de très grandes villes en lien avec le prix de l’immobilier.

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