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Au cœur du mois d’août, les investisseurs jouent globalement la prudence à un haut niveau de valorisation. Les indices asiatiques ont néanmoins progressé cette semaine mais ceux des grandes places européennes sont restés stables tout comme les indices américains.
Les investisseurs ont cette semaine salué le ralentissement modéré de l’économie américaine ce qui éloigne une hausse des taux directeurs de la part de la Réserve fédérale à l’occasion de la réunion du mois de septembre prochain. Les prix à la consommation et à la production publié ces derniers n’incitent par la FED à duurcir sa politique monétaire. Les ventes au détail de juillet ont par ailleurs reculé de 0,6 %, niveau inédit depuis mai 2025, avec une faiblesse marquée de l’automobile et du commerce en ligne. Le consensus Bloomberg misait sur une progression de 0,1 %. La probabilité d’un resserrement monétaire est retombée sous 31 % vendredi 14 août, contre 44 % le 7 août dernier. Le records boursiers de cette semaine ne manque pas néanmoins d’étonner. L’optimisme paraît « quelque peu déconnecté de la réalité. L’inflation reste supérieure à l’objectif de 2 % de la Fed et son ralentissement de juillet a notamment bénéficié de la forte baisse du pétrole constatée au début du mois. Le paysage énergétique demeure extrêmement volatil en fonction des annonces de Donald Trump et des altercations entre l’Iran et les Etats-Unis. Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a évoqué un « isolement économique » sans précédent de l’Iran et la poursuite du blocus des ports, avec de nouvelles mesures pour la semaine prochaine. Un changement de stratégie qui a provoqué une nouvelle hausse du baril de Brent qui s’échangeait contre pls de 88 dollars vendredi 14 août.
La seule surprise de la semaine provient de la croissance de la Suisse qui a été de 1,5 % au deuxième trimestre, quand le consensus Bloomberg n’attendait que 0,3 % après 0,4 % en début d’année. La pharmacie et la chimie ont porté l’industrie, tandis que l’hôtellerie et la finance ont également contribué à la croissance, la plus forte rapide depuis 2021.
À plusieurs reprises au cours des cinquante dernières années, le mois d’août a été marqué par des reculs marqués des indices ou par l’apparition des premières fissures annonçant une crise plus importante. Août 1990 avec l’invasion du Koweït, août 1998 avec le défaut russe, août 2007 avec le blocage du marché interbancaire, août 2011 avec la crise des dettes publiques ou encore août 2015 avec le krach chinois ont laissé des traces dans la mémoire des investisseurs. Pour autant, août n’est pas statistiquement le mois le plus dangereux de l’année. Septembre est historiquement moins favorable aux actions. Août serait plutôt le mois des prémices de crise, celui durant lequel des déséquilibres jusque-là tolérés deviennent insupportables.
Le 2 août 1990, l’armée irakienne envahit le Koweït. Les marchés financiers sont pris de court. La crainte d’une extension du conflit à l’ensemble du Golfe provoque une forte hausse du prix du pétrole et alimente les anticipations d’inflation et de récession. Aux États-Unis, le S&P 500 perd près de 10 % durant le mois.
En août 1998, huit ans plus tard, l’été est de nouveau particulièrement agité. Depuis 1997, l’Asie est confrontée à une grave crise financière. La Thaïlande, l’Indonésie ou encore la Corée du Sud connaissent d’importantes sorties de capitaux. Pendant plusieurs mois, les investisseurs considèrent que ces difficultés resteront circonscrites aux économies émergentes. Le 17 août 1998, la Russie change la donne en dévaluant le rouble et en faisant défaut sur une partie de sa dette. La crise devient mondiale. Les investisseurs cherchent à réduire rapidement leur exposition au risque, mettant en difficulté plusieurs institutions financières fortement endettées. Le S&P 500 perd près de 15 % durant le seul mois d’août 1998. En Europe, les indices subissent également de lourdes pertes. La crise se poursuit en septembre et en octobre.
En août 2007, la crise financière commence réellement. Dans l’imaginaire collectif, la crise financière débute le 15 septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers. En réalité, elle avait commencé plus d’un an auparavant. Au début de l’année 2007, les difficultés du marché immobilier américain et des crédits hypothécaires à risque, les fameux « subprimes », sont déjà connues. Plusieurs établissements spécialisés ont fait faillite. Les investisseurs espèrent néanmoins que les pertes resteront limitées. Au début du mois d’août, plusieurs fonds détenant des titres adossés à des crédits immobiliers suspendent leurs retraits. Les banques commencent à se méfier les unes des autres. Personne ne sait réellement qui possède les actifs susceptibles de perdre une grande partie de leur valeur. Le 9 août. les tensions gagnent le marché monétaire de la zone euro. La Banque centrale européenne est obligée d’intervenir en fournissant exceptionnellement des liquidités aux banques afin de rétablir un fonctionnement normal du marché.
Durant l’été 2011, les inquiétudes concernant les finances publiques de plusieurs pays de la zone euro s’intensifient. Après la Grèce, le Portugal et l’Irlande, les marchés commencent à s’intéresser à l’Espagne et surtout à l’Italie. Compte tenu de la taille de ces deux économies, un éventuel sauvetage serait autrement plus complexe. Aux États-Unis, un conflit politique spectaculaire autour du plafond de la dette alimente parallèlement les inquiétudes. Le 5 août, Standard & Poor’s retire aux États-Unis leur notation souveraine AAA. À Paris, le CAC 40 perd autour de 11 % durant le mois d’août et poursuivra son recul en septembre. La crise des dettes souveraines européennes menace alors directement l’existence même de la zone euro. Il faudra attendre l’été suivant et le fameux « whatever it takes » de Mario Draghi pour que la BCE parvienne à casser la dynamique spéculative.
Le 11 août 2015, les autorités chinoises décident une dévaluation du yuan. Cette décision est interprétée comme le signe que la situation économique du pays est plus fragile que ne l’indiquent les statistiques officielles. Le lundi 24 août, la Bourse de Shanghai chute de 8,5 %. Le mouvement gagne immédiatement l’Europe et les États-Unis. À Paris, le CAC 40 perd jusqu’à plus de 8 % en séance avant de clôturer en recul de 5,35 %. En deux semaines, l’indice parisien abandonne environ 15 %.
Pourquoi le mois d’août s’accompagne fréquemment de corrections boursières. L’activité financière est traditionnellement réduite durant l’été. Les équipes sont moins nombreuses et les volumes d’échanges peuvent être plus faibles. Dans ces conditions, un ordre important ou une mauvaise nouvelle est susceptible de provoquer des variations plus importantes qu’en période normale. Août intervient après les six premiers mois de l’année. Les positions prises depuis janvier sont alors importantes. Quand les investisseurs commencent à douter du scénario qui avait justifié la hausse des marchés, la tentation est grande de sécuriser rapidement les gains accumulés. La psychologie joue également un rôle. Les marchés peuvent tolérer pendant plusieurs mois des déséquilibres connus : valorisations élevées, endettement excessif, ralentissement économique ou tensions géopolitiques. Il suffit ensuite d’un événement, parfois secondaire en apparence, pour modifier brutalement la perception du risque.
Août 2026, le calme avant la tempête ?
Pour le moment, août 2026 ne ressemble guère à août 1998 ou à août 2011. Plusieurs indices ont battu des records que ce soit le CAC 40 ou le S&P 500. La hausse des cours constitue évidemment une bonne nouvelle, mais peut également traduire une confiance élevée des investisseurs et une faible demande de protection contre une éventuelle correction. Certains observateurs soulignent ainsi le contraste entre le calme des marchés et la persistance de nombreuses sources d’incertitudes. Les doutes sur la rentabilité des investissements dans l’IA, la persistance des tensions au Moyen Orient, la faible croissance en Europe, etc, les aléas politiques figurent parmi les menaces qui pourraient déboucher sur une crise plus large dans les prochains mois.
Les tableau des marchés financiers
Pendant longtemps, les néobanques n’étaient pas totalement des banques. Elles proposaient l’ouverture de comptes, des cartes de paiement, des virements, l’accès à des produits d’épargne mais pas celui au crédit. Fréquemment, elles relayaient des services réalisés par des partenaires, en particulier en ce qui concerne les contrats d’assurance vie. Elles se contentaient d’obtenir des agréments limités aux paiements. Avec l’obtention, le 10 août 2026, d’un agrément bancaire français, Revolut franchit une nouvelle étape. La fintech britannique ne souhaite plus seulement concurrencer les banques sur les usages ; elle entend désormais les affronter, en étant à proximité de leurs clients, sur l’ensemble de la gamme des produits et services bancaires dont le crédit. Avec le passeport européen, elles avaient la possibilité d’offrir une large gamme de produits mais compte tenu des dispositions propres à chaque pays, cela pouvait s’avérer complexe surtout pour les produits de crédits.
La Banque centrale européenne a accordé à Revolut Bank S.A. une licence bancaire complète après une instruction menée conjointement avec l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. La France devient ainsi le deuxième pôle bancaire européen du groupe aux côtés de la Lituanie. La nouvelle structure accueillera en premier lieu les clients français avant de regrouper progressivement les activités réalisées en Allemagne, en Irlande, en Italie, en Espagne et au Portugal. Avec environ 30 millions de clients en Europe de l’Ouest, Revolut donne à son implantation parisienne une dimension qui dépasse largement le seul marché français. Le groupe prévoit d’investir plus d’un milliard d’euros dans la région et d’y recruter plus de 600 personnes. Son siège pour l’Europe de l’Ouest doit ouvrir à Paris en 2027.
Jusqu’à présent, les clients français relevaient de Revolut Bank UAB, établissement de crédit agréé en Lituanie. Le passeport européen lui permettait de commercialiser ses services dans l’ensemble de l’Espace économique européen. Le nouvel agrément ne constitue donc pas un simple droit d’entrée sur le marché français. Revolut y était déjà solidement installé, avec plus de sept millions de clients. Il répond à un objectif plus ambitieux : rapprocher le centre de décision des principaux marchés, développer des produits spécifiquement nationaux et renforcer la confiance des clients comme celle des autorités. Une licence bancaire complète change, en effet, la nature d’un établissement. Elle permet, dans le périmètre autorisé, de recevoir des fonds remboursables du public, de conserver des dépôts et d’accorder des crédits pour son propre compte. Elle ouvre la voie à une gamme plus large de produits d’épargne et de financement, notamment au crédit immobilier et, sous réserve des procédures propres à chaque produit, à l’épargne réglementée. Pour Revolut, l’enjeu est de passer du compte d’appoint, utilisé pour les voyages, le change ou les achats en ligne, au compte principal sur lequel sont domiciliés les revenus, les prélèvements, l’épargne et les crédits.
Cette évolution est également financière. Le premier modèle économique des fintechs reposait avant tout sur les commissions liées aux paiements, aux cartes, au change et aux abonnements. La banque de plein exercice peut, de son côté, transformer une partie des dépôts en crédits et percevoir une marge d’intérêt. Elle dispose ainsi de revenus potentiellement plus réguliers et d’une relation plus profonde avec ses clients. En 2025, les dépôts de Revolut ont progressé de 66 % et le nombre de transactions de 70 %. Les revenus ont atteint 5,2 milliards d’euros et le bénéfice avant impôt a approché deux milliards d’euros. Le groupe dispose donc de la taille nécessaire pour changer de catégorie. Avec plus de 75 millions de clients dans le monde, il vise le seuil des 100 millions en 2027.
La licence bancaire suppose le respect de la part de la Fintech de nombreuses conditions. Avant de l’accorder, les autorités examinent la solidité des actionnaires, l’origine et le niveau des capitaux, la compétence des dirigeants, la viabilité du modèle économique, le contrôle interne, la gestion des risques, la sécurité informatique ainsi que les dispositifs de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Après l’agrément viennent les exigences permanentes de solvabilité, de liquidité, de gouvernance et de reporting. L’établissement doit être capable d’absorber les pertes éventuelles provoquées par ses crédits et de restituer les dépôts de ses clients.
Cette exigence explique pourquoi toutes les néobanques ne sont pas juridiquement des banques. De nombreuses Neobanques ne franchissent pas la pas comme Nickel et Shine. À l’inverse, BoursoBank est déjà ne banque de plein exercice. La marque appartient à Boursorama SA, établissement de crédit français et prestataire de services d’investissement, filiale de Société Générale. Elle peut directement proposer comptes, crédits, épargne et services boursiers. Avec environ 9,1 millions de clients à la fin du mois de juin 2026, contre 8,8 millions à la fin de 2025, elle demeure la première banque en ligne en France. Revolut qui vise dix millions de clients français en 2027, est désormais en mesure de lui disputer cette position avec des armes comparables.
Parmi les néobanques ayant obtenu un agrément en France figure Memo Bank qui propose des services de dépôts, de paiements et de financements aux PME. Younited dispose également d’un agrément d’établissement de crédit, mais avec un modèle spécialisé dans le crédit à la consommation et les dépôts à terme. D’autres acteurs numériques comme N26 ou Bunq exercent en France grâce à des licences délivrées respectivement en Allemagne et aux Pays-Bas. Le passeport européen permet ainsi de conquérir rapidement plusieurs marchés, mais la recherche d’un agrément local revient au premier plan lorsque l’établissement souhaite devenir un acteur bancaire central dans un grand pays.
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