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Le coin des épargnants du 13 février 2026 – L’Union européenne en mode offensif

Epargne 13 février 2026

Le 12 février, le CAC 40 a battu un nouveau record en dépassant 8 400 points (8 437 points en cours de séance). Son précédent sommet remontait au début janvier. D’autres indices européens ont également atteint des sommets cette semaine, et notamment l’indice STOXX 600 des grandes capitalisations européennes. La hausse des cours est portée par les bons résultats des grandes entreprises françaises au cours du quatrième trimestre. Les actions d’Essilor Luxottica, de Michelin, de Legrand ou de Hermès ont enregistré de belles augmentations.Si Dassault Systèmes a été chahuté en Bourse cette semaine, la maison mère ne peut que se réjouir de la commande de 114 Rafale par l’Inde, qui a déjà acquis 64 exemplaires de cet avion de combat. La majorité des appareils devraient être produits en Inde.

Cette semaine, l’économie américaine a surpris une nouvelle fois avec des créations d’emplois en janvier deux fois supérieures au consensus attendu. De quoi écarter toute crainte de ralentissement marqué de l’activité aux États-Unis. Le rapport mensuel du département du Travail publié mercredi, avec retard en raison du récent « shutdown » aux États-Unis, mentionne la création de 130 000 emplois non agricoles pour le mois de janvier, quand les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne 70 000 créations nettes. Le chiffre de décembre a été révisé, faisant apparaître désormais 48 000 créations de postes contre 50 000 en première estimation. Le taux de chômage s’élevait en janvier à 4,3 % après 4,4 % en décembre et un consensus à 4,4 %. Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation a augmenté, en janvier, de 2,4 %, après +2,7 % un mois plus tôt, quand le consensus Bloomberg misait sur une amélioration de deux dixièmes de point. En revanche, retraitée des prix alimentaires et de l’énergie, la hausse s’élève à 2,5 %, comme anticipé. En décembre, l’inflation dite sous-jacente était de +2,6 %. Les opérateurs de marché intègrent dans leurs anticipations une baisse des taux de la Réserve fédérale d’environ 63 points de base pour l’année, soit une probabilité d’environ 50 % d’une troisième détente d’un quart de point d’ici décembre.

Wall Street a cédé du terrain toujours en lien avec les doutes sur la rentabilité à venir des grandes entreprises de la tech. Les investisseurs sont, par ailleurs dubitatifs en ce qui concerne l’évolution de l’inflation.

Les taux des obligations souveraines ont continué à se détendre cette semaine. L’or est repassé au-dessus de 5 000 dollars l’once avec le regain des tensions concernant l’Iran. Le cours du bitcoin continue de baisser.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
13 février 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 311,74+0,46 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 500,93-1,23 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 836,17-1,29 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite22 546,67-1,85 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 914,88+0,78 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 446,35+0,74 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 985,23-0,22 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)56 941,97+4,30 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 082,07+0,49 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,345 %-0,102 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,762 %-0,082 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,057 %-0,158 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1876+0,52 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars5 042,76 +1,76 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars67,80 -0,35 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars69 113,6409-3,39 %87 566,440693 776,61

À la fin du troisième trimestre 2025, le patrimoine financier des ménages a atteint 6 537,4 milliards d’euros, en hausse de près de 90 milliards d’euros par rapport au trimestre précédent, en lien avec la valorisation des actifs et des flux d’épargne. Sur quatre trimestres cumulés, les montants d’épargne ont atteint 134,1 milliards d’euros. Sur la période, les produits de taux ont représenté près de 60 % des flux financiers nets. L’assurance-vie a été la grande gagnante en matière de collecte (+14,7 milliards d’euros pour les fonds en euros et +6,1 milliards d’euros pour les unités de compte).

Selon la Banque de France, le taux d’épargne des ménages était en légère baisse à 18 %, contre 18,4 % au trimestre précédent. Il demeure néanmoins supérieur de plus de trois points à son niveau d’avant la crise sanitaire.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

À la veille du sommet des chefs d’État et de gouvernement européens du 12 février, la Présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a tenu à publier une note rappelant la nécessité pour l’Union européenne de mener des réformes structurelles. Elle rappelle qu’une « action collective coordonnée et décisive » est indispensable, avec pour objectif une augmentation de la productivité et la mobilisation des investissements en vue d’améliorer la croissance européenne. Elle demande aux États de s’entendre sur cinq sujets essentiels :

  • L’Union de l’épargne et de l’investissement. Christine Lagarde réclame des marchés des capitaux plus profonds et une Union bancaire complète afin de faciliter le financement de l’innovation et de soutenir les transitions verte et numérique. Sur ce sujet, récemment, la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait souligné une « fragmentation à outrance », avec 27 systèmes financiers différents, chacun avec son propre superviseur, mais aussi plus de 300 plateformes de négociation à travers l’Union. La BCE recommande une plus grande participation des particuliers aux marchés des capitaux grâce à un compte d’épargne et d’investissement, la mise en place d’un système européen de garantie des dépôts et la création d’un actif sûr européen de référence ;
  • Euro numérique et marché unique. La Présidente de la BCE entend favoriser l’émergence de l’euro numérique. Sur ce sujet, les États doivent adopter la réglementation européenne pour permettre le règlement en euros sur les marchés tokénisés, l’euro numérique étant destiné à être utilisé pour soutenir « un marché de gros intégré de l’UE pour les actifs numériques » ;
  • L’approfondissement du marché unique. Ce dernier suppose une harmonisation des règles en matière d’insolvabilité des entreprises, d’octroi de licences ou de reconnaissance des qualifications professionnelles… La BCE invite l’Union à favoriser la sécurité énergétique, la compétitivité des coûts et la transition verte ;
  • Le soutien à l’innovation et la protection de l’autonomie stratégique, avec une politique de recherche et développement coordonnée qui stimule la productivité européenne, ainsi que des politiques ciblées protégeant l’autonomie stratégique et les chaînes d’approvisionnement ;
  • L’optimisation juridique et institutionnelle de l’Union. L’objectif visé est la réduction des obstacles à l’entrepreneuriat pour aider les entreprises à innover et à croître.

Dans le prolongement de la note de Christine Lagarde, lors de leur réunion de travail au château d’Alden Biesen en Belgique le 12 février, les dirigeants européens ont pris l’engagement d’avancer dans la réalisation du grand marché unique. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a lancé un slogan choc pour résumer la rencontre des 27 : « Un continent, un marché ». L’objectif est de transformer, d’ici fin 2027, le marché unique, encore incomplet après plus de trois décennies, en un véritable marché unifié.

La Présidente de la Commission a proposé un projet comportant plusieurs piliers, qui fera l’objet d’une présentation officielle au Conseil européen du 19 mars prochain. Premier chantier : la simplification administrative. Dix « omnibus » législatifs sont en cours — trois finalisés, sept en attente — pour faire économiser 15 milliards d’euros par an aux entreprises européennes. La Présidente de la Commission entend également procéder à un « nettoyage en profondeur » de l’acquis communautaire. Son obsession : en finir avec la manie des États d’empiler des réglementations nationales sur les lois européennes, créant 27 réalités différentes pour une même directive.

Elle souhaite le développement de règlements uniformes plutôt que de directives et introduire des clauses de caducité automatique. Elle a relancé l’idée du « 28e régime », rebaptisé « EU Inc », qui doit permettre à n’importe quelle entreprise, où qu’elle soit dans l’Union européenne, de créer en 48 heures — et 100 % en ligne — une société régie par un ensemble unique et simple de règles valables dans tous les États membres. « Nous avons besoin de champions européens », a souligné Ursula von der Leyen, annonçant une révision des règles sur les fusions d’entreprises dès avril. Sa priorité est de permettre la constitution d’entreprises réellement européennes, notamment dans le secteur des télécoms, où l’émiettement européen empêche les investissements massifs nécessaires à l’innovation.

Reprenant les propositions de Christine Lagarde, Ursula von der Leyen a défendu le principe de l’Union de l’épargne et de l’investissement, destinée à créer un marché financier unique, profond et liquide. Elle a annoncé un calendrier avec une date butoir en juin 2026 pour la phase 1, incluant l’intégration des marchés, la supervision et la titrisation. En cas de refus de certains États, elle a menacé de recourir au dispositif de « coopération renforcée », qui permet le lancement d’un projet à partir du moment où neuf États sont d’accord, ces derniers pouvant avancer sans les autres.

En ce début de mois de février, la France a réussi à placer sans difficulté ses obligations assimilables du Trésor (OAT) à 30 ans. 450 investisseurs ont répondu présents, avec une demande totale portant sur 135 milliards d’euros pour 8 milliards offerts. Cette forte demande a permis une légère diminution du taux proposé.

Les titres ont été placés directement auprès des investisseurs par un syndicat composé des banques partenaires de Bercy. Cette procédure syndiquée permet de mieux évaluer la profondeur du marché et d’optimiser les conditions d’émission. Les banques chefs de file souscrivent les titres dans le cadre du processus d’allocation, avant de les conserver en portefeuille ou de les placer auprès de leurs clients institutionnels. Le rendement proposé est de 4,44 %. Il apparaît attractif au regard de celui de l’année dernière, qui s’élevait à 3,8 %.

Pour l’émission de ses titres, l’État a bénéficié de la détente des taux consécutive à l’adoption de la loi de finances pour 2026. Par ailleurs, la réduction progressive de la poche obligataire des fonds de pension néerlandais, pour des raisons réglementaires, devrait avoir un impact limité sur le marché primaire.

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