menu

Accueil > Actualités > Epargne > 2026 > Le Coin des Epargnants du 12 juin 2026 : en attendant la paix

Le Coin des Epargnants du 12 juin 2026 : en attendant la paix

Epargne 12 juin 2026

Donald Trump a annoncé près de 40 fois la fin du conflit au Moyen-Orient, débuté par des frappes israélo-américaines le 28 février dernier, mais, ce vendredi, les marchés ont voulu y croire. Les bombardements promis jeudi soir par le président ont été annulés et celui-ci évoque la signature d’un accord-cadre dès ce week-end, à Genève, dimanche, en présence du vice-président J.D. Vance.

Le projet d’accord compterait 14 points, dont une réouverture du détroit d’Ormuz sous trente jours, un point crucial pour la reprise des acheminements de pétrole dans le monde et donc pour la Bourse, la levée des sanctions pétrolières, le dégel d’actifs iraniens et soixante jours de négociations sur le nucléaire. Malgré tout, la prudence est de mise, le texte devant être validé par les autorités iraniennes. Par ailleurs, Donald Trump a indiqué sur son réseau social Truth que « les Iraniens étaient des personnes très peu honorables avec lesquelles traiter ».

Avec les rumeurs sur un accord, le prix du baril de Brent est passé en dessous des 90 dollars, en recul de plus de 6 % sur la semaine. La perspective d’une réouverture graduelle d’Ormuz enlève une partie de la pression qui pèse sur les banques centrales : moins de tension sur l’énergie, donc moins de risque d’une inflation importée par le baril. Les rendements obligataires américains se détendent sur l’ensemble de la courbe et les contrats à terme sur les Fed Funds repoussent à plus tard le scénario d’une hausse des taux directeurs de la part de la Fed. Dans ce contexte, les indices actions ont terminé la semaine en hausse.

Le CAC 40 a franchi la barre des 8 300 points et a progressé sur la semaine de 1,61 %. Les valeurs du transport et des loisirs ont profité de la baisse du cours du pétrole. À Paris, Air France-KLM a progressé, le vendredi 12 juin, de 8,4 % et Accor de 5,6 %. À l’inverse, TotalEnergies, pénalisé par le retour du baril de Brent sous les 90 dollars, a perdu 2,1 %. Les indices américains ont connu sur la semaine une légère hausse, portée par les avancées sur le terrain de la négociation et malgré l’inflation qui a atteint 4 % en mai aux États-Unis.

La Banque centrale européenne augmente ses taux directeurs

Le contexte n’incite pas à la tempérance sur le front de l’inflation. Quelques heures avant la réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, les autorités iraniennes annonçaient la fermeture intégrale du détroit d’Ormuz, ravivant les tensions sur les marchés énergétiques. Dans ce climat d’incertitude, la BCE a décidé d’engager son premier relèvement de taux depuis 2023. Le taux de dépôt a été porté à 2,25 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. La BCE veut casser toute spirale inflationniste et ne pas rééditer l’erreur commise entre 2020 et 2022. Elle avait alors tardé à réagir, ce qui avait rendu la lutte contre l’inflation plus compliquée.

Le relèvement du jeudi 11 juin n’a donc pas surpris les investisseurs. Lors de la précédente réunion, plusieurs membres du Conseil avaient déjà évoqué l’hypothèse d’un relèvement des taux sans toutefois franchir le pas. Christine Lagarde a indiqué que, cette fois, le choix avait recueilli l’approbation de l’ensemble des gouverneurs, sans opposition ni réserve.

La présidente de la BCE a également rejeté l’idée selon laquelle cette décision relèverait d’une simple mesure de précaution. Selon elle, le Conseil n’a jamais envisagé cette hausse comme un geste préventif ou symbolique. Il s’agit avant tout d’une réponse classique de politique monétaire à des perspectives inflationnistes qui demeurent incompatibles avec l’objectif de stabilité des prix fixé à 2 %.

Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le baril s’est installé aux alentours de 90 dollars, contre environ 70 dollars auparavant. Cette hausse de l’énergie s’est rapidement diffusée à l’ensemble de l’économie européenne. En mai, l’inflation dans la zone euro a atteint 3,2 % sur un an. Dans ses nouvelles projections publiées en juin, la BCE anticipe désormais une inflation moyenne de 3 % en 2026, de 2,3 % en 2027 et de 2 % en 2028.

Pour les tenants de la fermeté monétaire, la crédibilité même de l’institution est en jeu. Beaucoup gardent en mémoire les erreurs commises au début des années 2020, lorsque la poussée inflationniste consécutive à la réouverture des économies après la pandémie puis à la guerre en Ukraine avait été jugée temporaire. Cette appréciation s’était révélée erronée et avait conduit les banques centrales à relever leurs taux dans l’urgence afin de reprendre le contrôle de la dynamique des prix.

Cette analyse est toutefois loin de faire l’unanimité. Plusieurs banquiers centraux et de nombreux économistes demeurent prudents, d’autant que les autres grandes institutions monétaires semblent privilégier l’attentisme. La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux inchangés et la Réserve fédérale américaine devrait, selon toute vraisemblance, adopter la même position lors de sa prochaine réunion.

Les critiques de la décision de Francfort rappellent volontiers les précédents de 2008 et de 2011, lorsque la BCE avait relevé ses taux au moment même où l’économie européenne s’apprêtait à affronter de graves turbulences. Dans les deux cas, l’institution avait été contrainte de revenir rapidement sur ses choix.

Le principal reproche formulé aujourd’hui concerne les conséquences potentielles pour une économie européenne déjà peu dynamique. Un durcissement des conditions de financement risque de peser davantage sur la consommation des ménages et sur les investissements des entreprises, alors même que ceux-ci subissent déjà les effets de la hausse des coûts énergétiques. Plusieurs économistes estiment par ailleurs que les nouvelles prévisions de la BCE surestiment les tensions inflationnistes futures tout en demeurant optimistes sur les perspectives de croissance.

Christine Lagarde a écarté ces critiques avec fermeté. Selon elle, le véritable danger aurait été de ne pas agir. Tolérer une inflation durablement supérieure à la cible aurait rendu son retour vers la stabilité beaucoup plus coûteux par la suite. La présidente de la BCE a souligné que l’économie européenne, malgré son ralentissement, ne se trouvait pas dans une situation de récession imminente susceptible de justifier l’inaction.

La banque centrale s’est en revanche gardée de toute indication précise concernant les prochaines réunions. Fidèle à sa doctrine actuelle, Christine Lagarde a rappelé que les décisions continueraient d’être prises au fil des données économiques disponibles et qu’aucune trajectoire prédéfinie des taux n’avait été arrêtée. Elle n’a cependant pas exclu la possibilité de nouveaux relèvements.

Cette prudence dans la communication laisse les observateurs spéculer sur la suite. Le ton adopté par la BCE ainsi que les nouvelles projections économiques maintiennent ouverte l’hypothèse d’un nouveau tour de vis dès le mois de juillet, même si le scénario d’une intervention en septembre paraît plus probable. Les marchés financiers partagent cette lecture, les contrats à terme valorisant environ une chance sur trois d’une nouvelle hausse lors de la prochaine réunion et considérant comme quasiment certaine une intervention supplémentaire avant l’automne.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
12 juin 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 350,87+1,61 %8 149,507 380,74
Dow Jones51 202,26+0,56 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 431,46+0,49 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite25 888,84+0,58 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 612,56-0,69 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 471,72 +1,00 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 178,79+1,97 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)66 020,04-0,61 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 030,41-0,69 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,635 %-0,060 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,995 %-0,044 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,477 %-0,066 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1572-0,46 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 214,30-6,81 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars86,88-6,26 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars63 722,9510 +3,13 %87 566,440693 776,61

Selon le service statistique du Ministère de l’Emploi, la DARES, les dispositifs de participation, d’intéressement et d’épargne collective ont continué, en 2024,  à gagner du terrain et confirmer leur statut de troisième pilier de la rémunération, aux côtés du salaire direct et de la protection sociale.

En France, 10,6 millions de salariés du secteur privé non agricole sont désormais couverts par au moins un dispositif d’épargne salariale, soit 54 % des salariés (hausse de 1,8 point en un an). En 2020, la couverture concernait un peu plus de la moitié des effectifs des grandes entreprises mais demeurait limitée dans les PME. Depuis, la progression est régulière, portée à la fois par les évolutions réglementaires et par la volonté des entreprises de fidéliser leurs collaborateurs dans un environnement de recrutement plus concurrentiel.

La loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur a joué un rôle non négligeable. Son objectif était clair : démocratiser l’accès aux mécanismes d’épargne salariale et simplifier leur mise en œuvre. Tous les dispositifs ont progressé en 2024. Le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) demeure le plus répandu avec 45,4 % des salariés couverts. La participation concerne 39,3 % des salariés et l’intéressement 35,6 %. Quant aux dispositifs d’épargne retraite collective, ils atteignent désormais 28,4 % des salariés, témoignant de l’enracinement progressif de la préparation de la retraite au sein des entreprises.

Cette montée en puissance ne doit cependant pas masquer de profondes fractures. L’épargne salariale reste d’abord une réalité des grandes entreprises. Dans les sociétés de moins de 10 salariés, seuls 19,8 % des salariés sont couverts par au moins un dispositif. À l’inverse, ce taux atteint 61,8 % dans les entreprises de 10 salariés ou plus et dépasse même 89 % dans les entreprises employant plus de 1 000 personnes.

La diffusion de l’épargne salariale varie d’un secteur à l’autre. Dans l’hébergement-restauration, seulement un quart des salariés bénéficie d’un dispositif d’épargne salariale. À l’opposé, dans les activités financières et d’assurance, plus de huit salariés sur dix sont couverts. Cette opposition reflète les écarts de rentabilité, de structure du capital et de tradition sociale entre les secteurs. Là où les marges sont faibles et les effectifs fragmentés, le partage de la valeur reste difficile à organiser. Là où les profits sont élevés et les ressources humaines stratégiques, il devient un outil essentiel de gestion.

L’épargne salariale demeure également fortement corrélée au niveau de rémunération. Dans les entreprises où le salaire moyen dépasse le septième décile de la distribution salariale, plus de 70 % des salariés sont couverts. À l’inverse, dans celles où les rémunérations sont les plus faibles, la couverture tombe à environ 26 %.

L’année 2024 se distingue également par une forte hausse des montants distribués. Les entreprises ont versé 27,2 milliards d’euros bruts au titre de l’épargne salariale, contre 26,1 milliards environ l’année précédente. Ce montant constitue un record historique. Il représente près de 4,5 % de la masse salariale des bénéficiaires.

Neuf millions de salariés ont perçu au moins une prime de participation, d’intéressement ou un abondement sur leur plan d’épargne. Ils représentent 46 % de l’ensemble des salariés du secteur privé non agricole et plus de 85 % des salariés couverts par un dispositif. La participation demeure le principal mécanisme de redistribution. Les sommes versées atteignent 11,4 milliards d’euros pour 5,8 millions de bénéficiaires. La prime moyenne ressort à 1 959 euros. Ces montants représentent 4,4 % de la masse salariale des salariés concernés.

L’intéressement a connu, en 2024, une forte croissance. Les sommes distribuées atteignent près de 11,9 milliards d’euros, en hausse de 2,4 % sur un an. Plus de 5,6 millions de salariés en bénéficient. La prime moyenne s’élève à 2 130 euros, un niveau supérieur à celui observé pour la participation. À la différence de cette dernière, l’intéressement repose davantage sur la performance et les objectifs de l’entreprise que sur le résultat comptable stricto sensu. Il est devenu un instrument privilégié pour associer les salariés à la réussite économique de leur employeur.

Les plans d’épargne constituent le second moteur de cette progression. Les abondements versés par les entreprises sur les PEE atteignent 2,16 milliards d’euros. Ceux destinés aux plans d’épargne retraite collective représentent près de 860 millions d’euros. Au total, plus de 3,5 millions de salariés bénéficient d’un abondement de leur employeur.

La transformation engagée par la loi Pacte se poursuit également. Le PER d’entreprise collectif remplace progressivement l’ancien Perco. Désormais, près d’un salarié sur trois est couvert par un dispositif d’épargne retraite collective.

Depuis la crise inflationniste de 2022, un nouvel acteur s’est invité dans le paysage du partage de la valeur : la Prime de Partage de la Valeur (PPV), héritière de la « prime Macron ». Initialement conçue comme un dispositif exceptionnel de soutien au pouvoir d’achat, elle tend à s’inscrire durablement dans les politiques de rémunération des entreprises.

Au-delà des versements volontaires des salariés, des primes d’intéressement ou de participation réinvesties, la Prime de Partage de la Valeur (PPV) alimente de plus en plus les dispositifs d’épargne collective. Dans les PEE, elle représente déjà 1 % des flux versés ; dans les dispositifs d’épargne retraite collective, sa part atteint 0,5 %.  Ces proportions peuvent sembler modestes, mais elles traduisent une évolution structurelle. Pour information, en 2024, 6,8 millions de salariés ont bénéficié d’une PPV. Le montant total distribué a atteint près de 5 milliards d’euros. La prime moyenne s’est établie autour de 700 euros par bénéficiaire.

En moyenne, l’ensemble des dispositifs d’épargne salariale procure un complément annuel de rémunération de 3 113 euros bruts par personne. Cette somme représente 7,1 % de la masse salariale des bénéficiaires et 4,3 % de la masse salariale totale. Dans un contexte où le pouvoir d’achat demeure au cœur des préoccupations des ménages, l’épargne salariale constitue un levier important de redistribution des gains de productivité et des profits.

Partagez cet article

Suivez le cercle

recevez notre newsletter

le cercle en réseau

contact@cercledelepargne.com