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Pendant que le Livret A accumule les décollectes (4,4 milliards d’euros en quatre mois), l’assurance vie n’en finit pas de battre des records. Au mois d’avril, la collecte nette a atteint, selon France Assureurs, 5,2 milliards d’euros. Elle fait suite à des collectes exceptionnelles de 6 milliards d’euros en mars et de 7 milliards d’euros en février. Entre janvier et avril, la collecte nette s’élève déjà à 24,7 milliards d’euros.
Cette préférence pour l’assurance vie s’inscrit dans une période favorable à l’épargne financière. Celle-ci a représenté, au premier trimestre, selon l’INSEE, 9 % du revenu disponible brut, soit deux fois son niveau d’avant 2020.
Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le 28 février dernier, à la différence des précédentes crises – covid, guerre en Ukraine, crise politique –, les ménages n’ont pas eu le réflexe du Livret A. Ils n’ont pas changé leur comportement et continuent de plébisciter l’assurance vie, qui bénéficie de la bonne tenue du rendement des fonds en euros et des marchés financiers.
Une collecte nette de très haut niveau
Le cru « avril 2026 » de l’assurance vie constitue un niveau record, dépassant le précédent record d’avril 2010 (5,1 milliards d’euros).
Le mois d’avril réussit, en règle générale, assez bien à l’assurance vie. Depuis le début du siècle, seules deux décollectes ont été constatées, en 2012 (-0,5 milliard d’euros) et en 2020 (-1,95 milliard d’euros). Ces deux années étaient atypiques, la première marquée par la crise des dettes publiques et la seconde par l’épidémie de covid.
Les deux piliers de l’assurance vie ont contribué, en avril, au bon résultat du mois.
La collecte nette des fonds en euros a été de 1,6 milliard d’euros, celle des unités de compte de 3,6 milliards d’euros.
Des cotisations brutes dynamiques
En avril, les cotisations en assurance vie s’élèvent à 17,6 milliards d’euros, en progression de 7 % par rapport au même mois de 2025. Elles se situent à leur plus haut niveau pour un mois d’avril, battant le record d’avril 2024 (16,8 milliards d’euros). Les cotisations augmentent à un rythme plus soutenu pour les supports en unités de compte (UC, +9 %) que pour ceux en euros (+6 %).
Depuis le début de l’année, les cotisations atteignent 74,5 milliards d’euros, en hausse de 7,9 milliards d’euros, soit +12 % par rapport aux quatre premiers mois de 2025. Les supports en UC sont en hausse de 14 % et ceux en euros de 11 %. La part des UC dans les cotisations s’établit à 33 % sur le mois d’avril 2026 et à 39 % depuis le début de l’année.
Des prestations stables
Les prestations du mois d’avril 2026 se sont élevées à 12,4 milliards d’euros, stables par rapport au même mois de 2025. Elles augmentent de 6 % pour les supports en UC et sont compensées par une légère diminution des prestations sur les supports en euros (-1 %).
Depuis le début de l’année, les prestations s’établissent à 49,8 milliards d’euros, en augmentation de 0,9 milliard d’euros, soit +2 % par rapport aux quatre premiers mois de 2025. Cette hausse concerne essentiellement les supports en UC (+0,9 milliard d’euros, soit +9 %), tandis que les prestations des supports en euros restent stables, prouvant leur compétitivité.
Un encours de près de 2 150 milliards d’euros pour l’assurance vie
L’encours des contrats d’assurance vie a atteint 2 148 milliards d’euros à fin avril 2026 confortant la place de celle-ci comme le premier des placements des ménages.
Assurance vie : la force tranquille
L’assurance vie bénéficie d’un contexte favorable. La collecte est dopée par la réallocation des plans d’épargne logement de plus de 15 ans arrivés à terme, ainsi que par l’augmentation du nombre de Livrets A au plafond. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros, et plus de 15 % des Livrets A sont au plafond.
Les épargnants qui ont saturé ces derniers se réorientent vers l’assurance vie qui, en outre, est attractive en termes de rendement. Les assureurs continuent à proposer des taux boostés, soit, en moyenne, un point de plus que le taux initialement proposé. La bonne tenue, contre toute attente, des marchés financiers permet le maintien d’une bonne collecte pour les unités de compte.
Le vent porteur pour l’assurance vie devrait se poursuivre dans les prochains mois. Les Français privilégient toujours l’épargne à la consommation. Le climat anxiogène ne devrait pas changer la donne dans les prochains mois. Par ailleurs, le vieillissement démographique joue en faveur de l’assurance vie et de l’épargne retraite. Les Français, inquiets de l’évolution du système de retraite et disposant de capacités d’épargne, entendent se constituer des compléments de revenu et de capital.

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs
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