Lueurs d’espoirs sur les marchés
Avec les avancées sur le terrain diplomatique entre les Etats-Unis et l’Iran, les investisseurs renouent avec l’optimisme. Les indicateurs « actions » sont orientés à la hausse depuis une semaine. Un déblocage du détroit d’Ormuz provoquera une baisse sensible du cours du baril de Brent. Lundi 25 mai, il est repassé au-dessous des 100 dollars. Les négociations ont avancé grâce à la pression insistante des Émirats arabes unis exercent une pression insistante sur les États-Unis. Par ailleurs, l’intelligence artificielle porte toujours les marchés. Les investisseurs ont plébiscité cette semaine les sociétés fabriquant des microprocesseurs et celles en charge des infrastructures (datacenters et énergie). Dans ce contexte plus porteur, les taux obligataires refluent légèrement.
Selon le baromètre annuel publié par le cabinet EY, en 2025 et pour la septième année consécutive, la France conserve sa position de première destination européenne pour les projets d’investissements internationaux, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. La France continue notamment de capter des investissements dans des secteurs considérés comme stratégiques : intelligence artificielle, défense, énergies décarbonées ou technologies de pointe. Les projets annoncés devraient permettre la création d’environ 28 000 emplois, un chiffre jugé encourageant alors que le chômage est repassé au-dessus du seuil des 8 %.
Dans un environnement dominé par les tensions commerciales, les conflits militaires et le durcissement des politiques industrielles, les décisions d’implantation ou d’extension ont reculé en 2025. Avec 852 projets recensés, la baisse atteint 17 % sur un an, après déjà un exercice 2024 peu dynamique. Depuis 2022, le recul dépasse désormais 30 %, ramenant le volume des investissements à son niveau le plus faible depuis 2017. La contraction est particulièrement visible du côté des investisseurs américains. Pour la deuxième année consécutive, les entreprises américaines ont réduit leurs projets en France, avec une diminution de 14 % par rapport à 2024. Elles demeurent néanmoins les premiers investisseurs étrangers dans l’Hexagone. Les groupes allemands ont, eux aussi, fortement ralenti avec une chute de 26 % de leurs engagements.
En France, la dynamique des investissements internationaux repose principalement sur l’extension de sites déjà existants qui représentent près de 62 % des projets recensés. En revanche, le pays peine davantage à attirer de nouveaux acteurs internationaux. Cette structure explique pourquoi les investissements génèrent relativement moins d’emplois que dans d’autres économies.
Les perspectives pour 2026 demeurent toutefois fragiles. Les tensions au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les prix de l’énergie constituent une menace directe pour la croissance européenne et française. D’après l’enquête réalisée par EY, 57 % des entreprises internationales interrogées envisagent encore un investissement en France. Ce taux demeure néanmoins inférieur à celui observé un an auparavant (62 %). Les investisseurs semblent ainsi partagés entre la reconnaissance des atouts structurels de la France — qualité des infrastructures, compétences, position géographique, filières technologiques — et les inquiétudes liées à la faiblesse de la croissance européenne, à l’instabilité politique et aux incertitudes fiscales. À moins d’un an de l’élection présidentielle, une large majorité des dirigeants interrogés ne croient d’ailleurs pas à une amélioration rapide de la situation économique et politique française dans les prochaines années.
Les mois se suivent et se ressemblent pour le Livret A qui affiche en avril un quatrième mois consécutif de décollecte avec -1,28 milliard d’euros. Jamais une telle passe pour le Livret A n’a été constatée pour les quatre premiers mois de l’année depuis le début des statistiques de la Caisse des dépôts (2009). Il faut, par ailleurs, remonter à 2015 pour avoir une série de quatre mois consécutifs de décollecte. Traditionnellement, en début d’année, les ménages remplissent leur Livret A, sachant que le second semestre est plutôt porté aux dépenses. L’année 2026 apparaît en rupture par rapport à cette tendance avec une décollecte qui atteint, depuis le 1er janvier, 4,38 milliards d’euros.
Le recul de l’épargne réglementée depuis le début de l’année repose sur plusieurs facteurs. La baisse du taux de 3 à 1,5 % en un an a été durement ressentie par les épargnants. Ce taux de 1,5 % reste supérieur à celui en vigueur entre le 1er février 2020 et le 1er février 2022 (0,5 %), mais il est jugé aujourd’hui peu attractif. Le taux de 3 % qui s’est appliqué du 1er février 2023 au 1er février 2025 semble être devenu la référence. Les ménages estiment que cela ne rapporte rien de placer son argent sur le Livret A. La sensibilité au taux est plus forte que dans le passé. Par ailleurs, le nombre important de Livrets A au plafond limite les versements de la part des ménages qui ont des capacités d’épargne importantes. Plus de 15 % des Livrets A et plus de 3 % des LDDS sont au plafond. Ces ménages sont ainsi amenés à orienter leur épargne vers les contrats d’assurance vie ou les comptes sur livret, voire à la laisser sur leurs comptes courants. A contrario, les ménages les plus affectés par la hausse des prix de l’énergie peuvent être contraints de retirer de l’argent de leur Livret A, de leur LDDS ou de leur LEP. Sur ce dernier produit, les régularisations du printemps expliquent en partie la décollecte.
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