
Intelligence artificielle : la fin de l’euphorie ?
Les valeurs technologiques américaines pourraient continuer à pâtir des doutes croissants entourant la rentabilité effective des investissements massifs engagés dans l’intelligence artificielle. Après une phase d’enthousiasme portée par des anticipations de gains de productivité et de nouveaux modèles économiques, les marchés s’interrogent désormais sur les délais de monétisation et sur la soutenabilité des dépenses en infrastructures (centres de données, semi-conducteurs, énergie).
Le fait qu’OpenAI ait ouvert son application ChatGPT à la publicité illustre ce changement de climat. Le passage d’une logique d’expansion rapide à une logique de recherche de revenus récurrents témoigne d’un secteur qui entre dans une phase plus mature, où la discipline financière redevient centrale. La question n’est plus tant celle du potentiel technologique que celle du rendement du capital investi.
Résultats des entreprises : le soutien des fondamentaux
Plusieurs grandes entreprises françaises, telles que TotalEnergies ou EssilorLuxottica, publieront leurs résultats cette semaine. Ces annonces pourraient soutenir le marché parisien et ouvrir la voie à un nouveau record pour le CAC 40.
La dynamique récente des indices européens repose moins sur l’expansion des multiples que sur la solidité des résultats. Dans un environnement de croissance modérée mais de désinflation progressive, la capacité des grandes entreprises à préserver leurs marges demeure le principal moteur des valorisations.
Bulgarie : l’effet euro
Depuis le 1er janvier, la Bulgarie est devenue le 21e membre de la zone euro. Les taux d’intérêt de sa dette souveraine ont fortement reculé : le rendement à 10 ans est passé de 6 % à 3,9 %. L’adhésion à l’euro a réduit significativement la prime de risque pays, en supprimant le risque de change et en renforçant la crédibilité monétaire.
La Bulgarie emprunte désormais dans des conditions proches de celles de la France ou de l’Italie, et à des coûts inférieurs à ceux des pays d’Europe orientale restés en dehors de la zone euro. Cet épisode rappelle que, malgré les critiques récurrentes, l’euro constitue toujours un facteur de stabilité financière pour les États membres.
SCPI : un rendement stabilisé autour de 4,5 %
Selon les premières estimations, le rendement moyen brut des SCPI en 2025 devrait se situer entre 4 % et 5 %. Après les ajustements de valorisation intervenus sur le marché immobilier, les rendements se stabilisent à un niveau attractif en comparaison des placements obligataires traditionnels.
Ce niveau de distribution demeure supérieur à celui des fonds euros, mais il s’accompagne d’un risque immobilier réel, notamment en matière de valorisation des actifs tertiaires. Pour les épargnants, la sélectivité géographique et sectorielle devient déterminante.
Fonds euros : un léger redressement
Le rendement moyen des fonds euros devrait atteindre environ 2,65 % en 2025, en légère progression par rapport à 2024. Certains contrats pourraient afficher des taux proches de 3,5 % (hors mécanismes de bonus).
Cette amélioration reflète la remontée progressive des rendements obligataires observée ces deux dernières années. Néanmoins, le fonds euro reste un produit de lissage : la reconstitution des marges financières demeure progressive et dépendra de la trajectoire future des taux directeurs.
Russie : tensions budgétaires et arbitrages monétaires
Pour financer l’effort de guerre, le gouvernement russe a sollicité son fonds souverain, le National Wealth Fund (NWF), afin de céder une partie de ses réserves d’or. Le stock est passé de 406 à 179 tonnes entre 2022 et 2025, soit une contraction de 60 %. Le fonds a également vendu des renminbis et des obligations d’État chinoises.
Parallèlement, la TVA a été relevée de 20 % à 22 %, à l’exception des produits dits essentiels. Cette mesure contribue aux tensions inflationnistes. Malgré cela, la banque centrale a abaissé son taux directeur de 16 % à 15,5 %, estimant que l’inflation pourrait être contenue entre 4,5 % et 5,5 % sur l’année.
La Russie se trouve ainsi confrontée à une équation délicate : financer un effort budgétaire massif tout en soutenant une économie dont la croissance ne dépasserait pas 0,8 % en 2026, contre 1 % en 2025. L’érosion des réserves souveraines réduit les marges de manœuvre à moyen terme.
Plan d’épargne logement : l’échéance du 1er mars 2026
À compter du 1er mars 2026, les plans d’épargne logement de plus de 15 ans seront automatiquement transformés en livrets ordinaires si leurs titulaires ne prennent aucune décision. D’ici 2030, 36 % des PEL sont concernés, pour un encours estimé à 93 milliards d’euros.
Par ailleurs, à partir de la 13e année de détention, les gains des PEL — y compris ceux ouverts avant 2018 — sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (30 %) ou, sur option, au barème de l’impôt sur le revenu.
Ces évolutions réglementaires et fiscales appellent un réexamen stratégique. Dans un contexte de taux redevenus positifs mais moins dynamiques qu’en 2023-2024, la question n’est plus celle de la simple conservation des anciens produits, mais celle de l’optimisation globale de l’allocation d’épargne.
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