
La bourse américaine ne fléchit pas
Le cours des actions américaines restent bien orientés, voire très bien orientés. La volatilité demeure forte mais n’empêche pas la progression des principaux indices. Les investisseurs estiment que les actions constituent de bons remparts face à l’inflation et ils demeurent convaincus des retombées de l’IA, les doutes de l’automne dernier, qui avaient touché le Nasdaq semblent oubliés. Le S&P 500 est en hausse de 8 % sur les quatre premiers mois de l’année et de 30 % sur un an. Le Nasdaq a gagné 13 % en quatre mois et demi et 46 % en un an.
L’emploi résiste aux Etats-Unis
À Wall Street, la Bourse a accueilli favorablement la publication des derniers chiffres officiels de l’emploi aux États-Unis, avec des créations de postes supérieures aux attentes en avril, sans inflation salariale. En avril, 115 000 postes ont été créés aux États-Unis dans le secteur non agricole alors que le consensus Bloomberg tablait sur un niveau de 62 000. Le taux de chômage ressort à 4,3 % de la population active, comme attendu. Les salaires ont augmenté de 3,6 % sur un an, soit moins que les 3,8 % anticipés.
Livret A : une hausse ou pas le 1er août prochain
Sous réserve de confirmation, le nouveau gouverneur de la Banque de France devrait être Emmanuel Moulin, l’actuel secrétaire général de la Présidence de la République. Au milieu du mois de juillet prochain, celui-ci devra faire sa recommandation pour le taux du Livret A/LDDS et celui du Livret d’Épargne Populaire. Cette annonce sera d’autant plus attendue que, depuis la dernière fixation, le 1er février dernier, l’inflation est repartie à la hausse. Le taux actuel de 1,5 % pourrait être ainsi revu à la hausse.
Selon la formule du Livret A en vigueur depuis 2021, le rendement de ce dernier est égal à la moyenne de l’inflation hors tabac du semestre précédent en rythme annuel et du taux moyen ester durant la même période, divisée par deux.
L’inflation a été basse en janvier et février, à respectivement 0,3 % et 0,9 %. Elle n’a commencé à augmenter qu’en mars (+1,7 %) et en avril (+2,2 %). Elle pourrait se situer autour de 3 % en mai et en juin.
Au cours du premier semestre, le taux moyen d’inflation se situerait autour de 1,8 %. De son côté, le taux ester, au cours des quatre premiers mois, s’élevait à 1,9 %. Un relèvement des taux directeurs de la BCE ne l’affecterait que pour le mois de juin, la décision intervenant lors de la réunion du comité de politique monétaire, fin mai. L’effet serait minime. Le taux moyen devrait donc se situer sur le semestre autour de 1,93 à 1,98 %. La moyenne de ces deux taux devrait donc se situer autour de 1,8 %.
À la mi-juillet, le nouveau gouverneur de la Banque de France devra communiquer au ministre de l’Économie ses propositions de taux. Néanmoins, en vertu de l’arrêté de 2021, il peut proposer de déroger aux taux issus de la formule en cas de circonstances exceptionnelles. De 2023 à 2025, la formule n’avait pas été appliquée (revalorisation plus faible et gel). La fixation des taux pour le 1er août sera d’autant plus scrutée qu’elle constituera l’une des premières actions du nouveau gouverneur.
Économiquement, le gouverneur pourrait estimer que la hausse des prix est purement conjoncturelle et que, pour le moment, elle ne se diffuse pas. L’inflation générée par la guerre au Moyen-Orient ne résulte, pour le moment, que de l’énergie, quand celle liée à la guerre en Ukraine concernait également les produits agricoles et certains produits industriels.
La fixation du taux du Livret A n’obéit pas qu’à des considérations économiques et financières ; elle obéit également à des considérations éminemment politiques. Le gouvernement devra tenir compte du contexte politique et social à la fin du premier semestre. Si l’inflation accélère, autour de 3 %, et si le conflit au Moyen-Orient perdure, il lui sera difficile de maintenir à 1,5 % le taux du Livret A. Il pourrait être conduit à le relever à 1,8 %/2 %. Le nouveau gouverneur souhaitera-t-il adopter une posture rigoureuse en ce début de mandat ou privilégier le pouvoir d’achat des épargnants ?
Il pourrait certes faire une recommandation en distinguant le cas du Livret A de celui du LEP. Le taux du premier serait peu ou pas revalorisé quand celui du LEP serait augmenté, sachant qu’il est au moins égal à l’inflation ou à 0,5 point au-dessus du taux du Livret A si ce dernier taux est plus avantageux. Le taux du LEP pourrait ainsi passer à 3 %.
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