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La Minute du Cercle du 6 avril 2026

Actualités 5 avril 2026

Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, le 28 février dernier, le cours du baril de pétrole s’est installé au-dessus de 100 dollars. La hausse atteint, depuis le 1er janvier, près de 80 %. Ce choc est d’une ampleur moindre que les précédents, mais il n’en demeure pas moins exceptionnel.

Les deux premiers chocs pétroliers ont eu de fortes conséquences sur les marchés financiers. Le premier choc, en 1973, qui se traduisit par une multiplication par quatre du cours du baril — passé de 3 à 12 dollars — porta l’inflation à plus de 13 % en Europe en 1974. La Bourse de Paris perdit alors 40 %, tandis que le Dow Jones Industrial Average reculait de 45 %.

Lors du deuxième choc pétrolier (1979-1980), le cours du baril fut multiplié par près de trois. L’inflation repassa au-dessus de 10 % en 1980. Les marchés actions enregistrèrent alors une forte volatilité.

Le troisième choc pétrolier s’accompagne assez logiquement d’une remontée de l’inflation. En revanche, les marchés financiers demeurent, pour le moment, relativement sereins. Au cours du mois de mars, le CAC 40 a reculé d’environ 7 %, tout comme le DAX allemand. Sur le premier trimestre, les pertes de l’indice parisien atteignent 4 %, ce qui peut apparaître relativement limité au vu du choc subi. Sur un an, l’indice parisien est stable.

L’indice japonais, le Nikkei, recule de plus de 12 %. Le Japon est, en effet, plus dépendant que l’Europe des importations de pétrole en provenance des pays du Golfe. Les grands indices américains ont, de leur côté, cédé plus de 6 % en mars. Sur le premier trimestre, le Nasdaq est en recul de près de 10 %, subissant à la fois la guerre en Iran et les doutes sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle.

Les investisseurs se sont habitués aux chocs ces dernières années ; ils estiment, à tort ou à raison, que le conflit ne s’éternisera pas.

L’effet le plus important concerne, pour le moment, les taux des obligations souveraines. Le taux de l’OAT à 10 ans est passé de 3,2 % à 3,7 % au cours du mois de mars. Les investisseurs intègrent, en effet, une prime d’inflation plus élevée.

En outre, le ralentissement attendu de la croissance et l’augmentation des dépenses publiques destinées à compenser la hausse des prix de l’énergie laissent supposer une aggravation des déficits publics, incitant les investisseurs à exiger des rendements plus élevés. Le taux de l’obligation allemande à 10 ans est passé au-dessus de 3 % en mars, et son équivalent américain à plus de 4,3 % en février. Pour l’État français, le surcoût pourrait atteindre plusieurs milliards d’euros.

Lors du second choc pétrolier, l’once d’or avait atteint un niveau record qu’elle mit plus de vingt ans à retrouver. En revanche, depuis le 28 février dernier, elle est orientée à la baisse. Le métal précieux avait certes atteint des sommets en janvier, en dépassant 5 500 dollars l’once.

Les investisseurs cherchent à se protéger de l’inflation en privilégiant des placements offrant des rendements partiellement indexés, comme les obligations. Ils favorisent également les liquidités afin de pouvoir réagir rapidement à l’évolution des marchés. Certains ont été conduits à vendre de l’or pour compenser leurs pertes sur les marchés actions. Les pays du Golfe ont, par ailleurs, puisé dans leurs réserves pour compenser la baisse de leurs recettes pétrolières. Sur l’ensemble du premier trimestre, l’once d’or s’est néanmoins appréciée de plus de 5 %.

À la différence des années 1970, le choc pétrolier actuel ne provoque ni panique boursière ni spirale inflationniste incontrôlée. Il se diffuse plus insidieusement, par le biais des taux d’intérêt et des anticipations de finances publiques. Moins visible, mais potentiellement plus durable, il pourrait s’avérer, à terme, tout aussi déstabilisant.

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