A sa création le taux du Livret A, en 1818, était de 5 %. De la fin du 19ème siècle aux années 30, il a tourné autour de 3,5 %. Il a été fortement abaissé après la Seconde guerre mondiale en 1946 à 1,50 %. La reconstruction imposait des taux bas et une forme de spoliation de l’épargne. Avec le retour de la prospérité et de l’inflation, il a progressivement remonté la pente pour atteindre 4 % le 1er juin 1969. L’inflation atteignait alors 6,5 %. A partir de 1983, avec la désinflation, le taux du Livret A est orienté à la baisse et atteint un minima à 2 % le 1er août 2005. Il remonte jusqu’à 4 % le 1er août 2008 du fait d’une reprise de l’inflation et du changement de la formule de calcul avant de redescendre à 0,75 %, un plancher record. Le contexte de faibles taux d’intérêt imposés et de faible inflation explique cette évolution. Nous connaissons les taux d’intérêt les plus bas depuis plus de 250 ans et l’inflation a été nulle voire négative en début d’année avant de remonter à 0,3 %.
Le taux record du Livret A a été de 8,5 %. Ce taux s’est appliqué du 16 octobre 1981 au 1er août 1983. Mais à l’époque le taux d’inflation dépassait les 10 %. Ainsi, en 1981, l’inflation s’élevait à 13,4 %; le rendement réel du Livret A était alors négatif de 4,9 points. En 1982, le taux d’inflation était de 11,8 % entraînant un taux d’intérêt réel négatif de 3,3 %. En 1983, l’inflation a été en baisse à 9,6 % ce qui n’empêchait pas que les épargnants perdaient de l’argent avec leur Livret A.
Le Livret A fêtera ses deux cents ans en 2018. Il est un enfant des guerres napoléoniennes. Louis XVIII autorisa la création des Caisses d’Epargne et de Prévoyance afin de faciliter le financement de l’Etat et de permettre aux épargnants d’accéder à des produits sûrs. Ces Caisses ont pour mission, sur tout le territoire, de collecter l’épargne des Français en permettant aux épargnants de souscrire le Livret d’Epargne qui est l’ancien nom du Livret A. Le premier taux servi aux épargnants est de 5 %. L’épargne est déjà disponible à tout moment et est garantie par l’Etat. Ce dernier décide de confier la gestion des fonds déposés sur les livrets d’épargne à la Caisse des Dépôts et Consignation qui a été créée en 1816. Cette institution est placée sous le contrôle du Parlement toujours dans un souci d’indépendance vis-à-vis d’un Etat qui fut, dans le passé, assez impécunieux. Dans une société en voie d’industrialisation, les livrets d’épargne remplissent une fonction de prévoyance compte tenu de l’absence de système de protection sociale. En 1835, 120 000 livrets ont été ouverts. Ce nombre atteindra 2 millions en 1869, à la fin du Second Empire. En 1894, la loi sur les habitations à bon marché prévoit que 20 % du fonds de réserve du Livret d’Epargne soient affectés au financement des logements sociaux. Ce taux est porté à 40 % en 1912. Le lien entre le Livret A et le logement social est ainsi institué.
En 1875, la Caisse Nationale d’Epargne, à travers les bureaux de poste, a reçu l’autorisation de distribuer le Livret A. En 1966, le Livret d’Epargne prend le nom de Livret A. Le Crédit Mutuel fut autorisé, en 1979, à distribuer un produit semblable au Livret A ayant comme nom « Livret Bleu ». Sur demande de la Commission de Bruxelles, la distribution du Livret A a été banalisée le 1er janvier 2009. Désormais, le Livret A peut être souscrit dans tous les établissements bancaires.
La force du Livret A provient de sa simplicité pour l’épargnant, de l’absence totale de prélèvements obligatoires et de la garantie totale du capital. Le Livret A est un produit d’épargne à court terme, liquide et bénéficiant d’une garantie de capital. Il sert à financer des opérations à long terme à travers des prêts pouvant atteindre 60 ans. Il y a donc transformation d’une épargne à court terme en ressource longue. A cette fin, il a été créé un Fonds d’Epargne qui a pour mission de garantir la liquidité du produit d’épargne.
La Caisse des Dépôts reste l’organisme gestionnaire. 65 % des encours du Livret A et du Livret de Développement Durable sont centralisés à la Caisse. Cette centralisation doit être, par ailleurs, au moins égale à 1,25 fois le montant des prêts accordés à la Caisse des dépôts au logement social et à la politique de la ville. En 2013, en pleine période de forte collecte, les banques qui éprouvaient des difficultés pour respecter leurs ratios de liquidité ont obtenu des pouvoirs publics une baisse de 20 milliards d’euros de l’encours à centraliser. En contrepartie, elles ont accepté une réduction des frais de commissionnement qu’elles facturent à la Caisse des Dépôts. Ces frais sont de 0,4 %. Les anciens réseaux de distribution qui bénéficiaient de frais de commissionnement plus élevés seront progressivement alignés sur le régime de droit commun d’ici 2022. Les ressources du Livret A coûtent donc à la Caisse des Dépôts plus de 1 % en plus du rendement du Livret A servi aux épargnants, soit depuis le 1er août 2015, plus de 1,75 %.
Le Livret A est une bonne affaire pour l’Etat. En effet, il contribue non seulement au financement de la politique du logement mais concourt également à boucler le budget de l’Etat. En effet, le Fonds d’épargne acquiert des titres publics pour assurer la liquidité du placement. Par ailleurs, au titre de la garantie qu’il apporte au Livret A, l’Etat prélève chaque année l’excèdent de fonds propres du fonds d’épargne. Depuis 1984, l’Etat a ainsi récupéré 72 milliards d’euros.
Les ressources centralisées par la Caisse des Dépôts lui permettent de prêter à long terme, de 20 à 60 ans. Le premier bénéficiaire de ces prêts est le logement social. Le Livet A assure ainsi 70 % du financement du logement social. La Caisse des Dépôts finance également, à partir des ressources centralisées, la politique de la ville et les structures d’hébergement pour les populations fragilisées (personnes âgées, en situation de réinsertion, jeunes travailleurs, enfance en difficulté…). Le fonds d’épargne permet, par ailleurs, le financement de grandes infrastructures (lignes à grande vitesse, tramways, stations d’épuration d’eau, établissements hospitaliers, universités…). Il peut venir en soutien aux collectivités locales et aux établissements hospitaliers en carence de crédit. Enfin, cette épargne peut contribuer au financement des entreprises (TPE, PME).
En 2014, la Caisse des Dépôts a signé pour 20,5 milliards d’euros de nouveaux prêts dont 16,7 milliards d’euros en faveur du logement social et de la politique de la ville. 3,7 milliards de prêts ont été signés en faveur du secteur public local.
Les actifs du fonds d’épargne s’élevaient, en 2014, à 261 milliards d’euros dont 168 milliards d’euros sous forme de prêts (86 % pour le logement social et la politique de la ville et 14 % pour les investissements de territoire) et 94 milliards d’euros sous forme d’actifs financiers (obligations et actions).
La Caisse des Dépôts souligne qu’en 2014, 122 000 logements sociaux et 1 700 projets territoriaux ont été financés. Un logement sur trois construit en France est un logement social financé par la Caisse des Dépôts contre 15 % en 2004. Par ailleurs, 274 000 logements ont été réhabilités via un financement de la Caisse en 2014 contre 253 000 en 2013. Au total 20 484 prêts ont été consentis en 2014 contre 20 664 en 2013 et 13 605 en 2008.
Les actifs financiers du fonds d’épargne sont répartis de la manière suivante :
Les titres d’Etat représentent 59 % du total des actifs financiers, les titres de crédit 28 % et les actions 13 %. Les actions non cotées s’élèvent à 300 millions d’euros.
En 2014, les intérêts sur les dépôts (Livret A et LDD) s’élevaient à 4,2 milliards d’euros quand les produits sur actifs financiers atteignaient 1,7 milliard d’euros et les produits sur les prêts, 3,2 milliards d’euros. La marge du Fonds d’épargne s’est donc élevée en 2014 à 816 millions d’euros. Avec la baisse des taux sur les produits financiers et sur les prêts, la marge du fonds d’épargne ne peut que fondre d’où l’intérêt pour la Caisse d’obtenir la baisse du taux du Livret A Le gain pour 2015 du passage à 0,75 % peut être évalué à 375 millions d’euros d’août à décembre. En 2014, la baisse du taux du Livret A avait généré une réduction des montants des intérêts à verser aux déposants de 1,5 milliard d’euros.
Du fait du processus logique d’accumulation, de l’allongement de l’espérance de vie, les retraités possèdent une part non négligeable du patrimoine des ménages. Les retraités des années 2010 ont bénéficié d’un contexte économique et financier porteur pour se constituer ce patrimoine. En effet, les retraités d’aujourd’hui sont les actifs des Trente Glorieuses. Ils ont pu acquérir par endettement leur résidence principale, endettement dont le remboursement a été relativement facile du fait de l’inflation des années 70 et 80 ainsidu fait de la progression des revenus… A la différence des actifs des années 2000 et, en particulier les jeunes actifs qui éprouvent les pires difficultés à acquérir leur résidence principale. Enfin, à partir des années 80, les biens financiers et immobiliers ont commencé à s’apprécier contribuant à l’augmentation du patrimoine des retraités des années 2010.
Communiqué de presse
Le Mensuel de l’Epargne et de la Retraite
Du Cercle de l’Epargne
Numéro du mois d’août 2015 : N°16
Dans le cadre de son mensuel consacré à l’épargne et à la retraite, le Cercle de l’Epargne a réalisé pour le mois d’août un dossier consacré aux jeunes.
* * *
Avec l’allongement de l’espérance de vie, de la durée des études et les difficultés d’insertion professionnelle, la notion de jeunesse recouvre, en effet, une période de plus en plus large. De ce fait, il est apparu intéressant au Cercle de l’Epargne d’étudier les comportements des 18-34 ans face à la problématique de l’épargne et face à celle de la retraite. Nous avons ainsi voulu connaître la position des jeunes sur la souscription en ligne de produits financiers ou sur les plateformes de financement participatif ?
A cet effet, ce dossier s’appuie sur les résultats de l’enquête 2015 du Cercle. L’entrée dans la vie professionnelle constitue toujours une rupture au niveau de la pratique de l’épargne et du regard porté sur la retraite.
Les jeunes moins critiques sur la question de la rémunération de l’épargne
Les jeunes sont plus indulgents que leurs ainés sur la question de la rémunération de l’épargne. Parmi les 18-24 ans, ils sont 26 % à juger qu’elle est suffisamment rémunérée contre une moyenne de 11 %. Ce taux descend néanmoins rapidement. Il n’est plus que de 15 % chez les jeunes actifs (25-34 ans). Le taux le plus faible est atteint parmi les 50-64 ans (5 %). Si une proportion plus importante de jeunes considère que l’épargne est correctement rémunérée, cela est dû au fait qu’ils épargnent peu. A contrario, le taux d’épargne atteint son maximum entre 50 et 64 ans. Il n’est donc pas étonnant que 94 % des membres de cette catégorie jugent l’épargne insuffisamment rémunérée. Ils ne sont que 69 % à penser ainsi chez les 18-24 ans.
Placements : Rendement ou sécurité, une question d’âge
Les 18-24 ans placent le rendement avant la sécurité et la liquidité. Le rendement recueille ainsi, pour cette classe d’âge 37 % des intentions contre 27 % pour l’ensemble de la population française. Cette particularité ne se retrouve pas auprès des jeunes actifs qui choisissent très nettement la sécurité avant le rendement avec 44 % des opinions favorable contre 29 % pour le rendement. Les jeunes actifs cherchent à se constituer un patrimoine et il est donc assez logique qu’ils cherchent à sécuriser leurs placements.
Le logement : la priorité d’épargne des jeunes et des jeunes actifs mais pas nécessairement la solution privilégiée pour sa retraite
Les jeunes ainsi que les jeunes actifs, s’ils avaient 10 000 euros à placer opteraient de manière prioritaire pour l’épargne logement (44 % d’entre eux). Ce placement arrive largement en tête devant l’assurance-vie (20 %) et l’épargne retraite (10 %). Ils se démarquent de l’ensemble des Français qui privilégie l’assurance-vie (39 %) avant l’épargne logement (27 %). Cet attachement à la pierre s’explique par le fait que les jeunes sont rarement propriétaires de leur résidence principale.
Pour autant, la pierre ne répond pas, du moins pour les plus jeunes à la problématique retraite. Si 65 % des Français pensent qu’il est primordial d’être propriétaire de son logement pour préparer sa retraite, seulement 50 % des 18-24 ans le pensent. En revanche, ils sont 64 % à considérer que l’épargne, à travers une assurance-vie ou l’épargne retraite est le meilleur moyen de préparer sa future retraite contre 59 % pour l’ensemble de la population.
Les jeunes et Internet, les jeux vidéo oui, mais gérer son argent sur Internet un peu moins !
Selon les résultats du sondage du Cercle, les jeunes de 18-24 ans ne sont pas des accrocs de la gestion de leur épargne par Internet. 59 % ne sont pas prêts à souscrire à un produit d’épargne sur Internet, soit le même nombre que chez les 50-64 ans et à peine moins que les plus de 65 ans (60 %). Ce taux est de 55 % pour l’ensemble de la population. Il n’y a que les 35-49 ans qui majoritairement ont souscrit ou pourraient souscrire à un produit en ligne (52 %). Le manque d’engouement des jeunes pour la souscription par Internet peut s’expliquer par leurs faibles capacités d’épargne.
Les plateformes de financement participatif, pas plus pas moins
Les jeunes de 18 à 24 ans et ceux de 25 à 34 sont, à une très faible majorité, favorables au développement des plateformes de financement participatif appelées également crowdfunding. Ils sont 51 % à considérer ce développement souhaitable quand 49 % y sont opposés. Pour l’ensemble de la population, les taux respectifs sont 53 et 47 %. Ce sont les 35-49 ans qui y sont le plus favorables. En revanche, les jeunes de 18 à 24 ans sont plus disposés que la moyenne de la population à investir sur de telles plateformes. Ils sont 54 % prêts à le faire contre 46 % pour l’ensemble des sondés. Les jeunes actifs sont un peu moins enclins à placer une partie de leur argent sur ce type de plateforme.`
Les jeunes sans illusion pour leur retraite
Les jeunes affichent le même scepticisme à l’égard du montant leur future pension que la moyenne des Français. 75 % des 18-24 ans pensent que leur pension est ou sera insuffisante quand ils sont 76 % à le croire parmi l’ensemble des Français.
Les jeunes de 18 à 24 ans se distinguent de l’ensemble de la population en considérant que l’obtention d’une bonne retraite passe par un âge de départ à la retraite à 65 ans. Ils sont 57 % à le penser quand la moyenne nationale est de 51 %. Les jeunes actifs sont plus partagés sur le sujet (50 % pour et 50 % contre).
Jeunes et jeunes actifs ont par ailleurs des positions divergentes à l’égard des moyens de compenser le manque à gagner une fois à la retraite. Les jeunes, qui ne sont généralement par encore entrés sur le marché du travail citent massivement le cumul emploi-retraite pour faire face à la diminution des revenus avant la contraction des dépenses (45 %) et la ponction sur l’épargne (33 %) quand les jeunes actifs (25-34 ans) s’inscrivent dans une répartition proche de la moyenne nationale, plaçant d’abord la réduction des dépenses (53 %) puis la ponction sur l’épargne (35 %) et enfin le cumul emploi retraite.
* * *
Le mensuel du mois d’août du Cercle de l’Epargne revient par ailleurs sur le livret A, son histoire et ses évolutions et l’investissement dans les parkings. Côté retraite, sont successivement examinés la baisse du taux de remplacement, le niveau de vie des retraités et les retraites chapeaux.
* À la demande du Cercle de l’Epargne, le Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique (CECOP) a conduit une étude sur les Français, leur épargne et leur retraite.
L’enquête a été réalisée sur Internet du 11 au 18 mai 2015 auprès d’un échantillon de 1 007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Le terrain d’enquête a été confié à l’IFOP.
Contact presse :
Sarah Le Gouez
06 13 90 75 48
Communiqué de presse
Le Mensuel de l’Epargne et de la Retraite
Du Cercle de l’Epargne
Numéro du mois d’août 2015 : N°16
Dans le cadre de son mensuel consacré à l’épargne et à la retraite, le Cercle de l’Epargne a réalisé pour le mois d’août un dossier consacré aux jeunes.
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Avec l’allongement de l’espérance de vie, de la durée des études et les difficultés d’insertion professionnelle, la notion de jeunesse recouvre, en effet, une période de plus en plus large. De ce fait, il est apparu intéressant au Cercle de l’Epargne d’étudier les comportements des 18-34 ans face à la problématique de l’épargne et face à celle de la retraite. Nous avons ainsi voulu connaître la position des jeunes sur la souscription en ligne de produits financiers ou sur les plateformes de financement participatif ?
A cet effet, ce dossier s’appuie sur les résultats de l’enquête 2015 du Cercle. L’entrée dans la vie professionnelle constitue toujours une rupture au niveau de la pratique de l’épargne et du regard porté sur la retraite.
Les jeunes moins critiques sur la question de la rémunération de l’épargne
Les jeunes sont plus indulgents que leurs ainés sur la question de la rémunération de l’épargne. Parmi les 18-24 ans, ils sont 26 % à juger qu’elle est suffisamment rémunérée contre une moyenne de 11 %. Ce taux descend néanmoins rapidement. Il n’est plus que de 15 % chez les jeunes actifs (25-34 ans). Le taux le plus faible est atteint parmi les 50-64 ans (5 %). Si une proportion plus importante de jeunes considère que l’épargne est correctement rémunérée, cela est dû au fait qu’ils épargnent peu. A contrario, le taux d’épargne atteint son maximum entre 50 et 64 ans. Il n’est donc pas étonnant que 94 % des membres de cette catégorie jugent l’épargne insuffisamment rémunérée. Ils ne sont que 69 % à penser ainsi chez les 18-24 ans.
Placements : Rendement ou sécurité, une question d’âge
Les 18-24 ans placent le rendement avant la sécurité et la liquidité. Le rendement recueille ainsi, pour cette classe d’âge 37 % des intentions contre 27 % pour l’ensemble de la population française. Cette particularité ne se retrouve pas auprès des jeunes actifs qui choisissent très nettement la sécurité avant le rendement avec 44 % des opinions favorable contre 29 % pour le rendement. Les jeunes actifs cherchent à se constituer un patrimoine et il est donc assez logique qu’ils cherchent à sécuriser leurs placements.
Le logement : la priorité d’épargne des jeunes et des jeunes actifs mais pas nécessairement la solution privilégiée pour sa retraite
Les jeunes ainsi que les jeunes actifs, s’ils avaient 10 000 euros à placer opteraient de manière prioritaire pour l’épargne logement (44 % d’entre eux). Ce placement arrive largement en tête devant l’assurance-vie (20 %) et l’épargne retraite (10 %). Ils se démarquent de l’ensemble des Français qui privilégie l’assurance-vie (39 %) avant l’épargne logement (27 %). Cet attachement à la pierre s’explique par le fait que les jeunes sont rarement propriétaires de leur résidence principale.
Pour autant, la pierre ne répond pas, du moins pour les plus jeunes à la problématique retraite. Si 65 % des Français pensent qu’il est primordial d’être propriétaire de son logement pour préparer sa retraite, seulement 50 % des 18-24 ans le pensent. En revanche, ils sont 64 % à considérer que l’épargne, à travers une assurance-vie ou l’épargne retraite est le meilleur moyen de préparer sa future retraite contre 59 % pour l’ensemble de la population.
Les jeunes et Internet, les jeux vidéo oui, mais gérer son argent sur Internet un peu moins !
Selon les résultats du sondage du Cercle, les jeunes de 18-24 ans ne sont pas des accrocs de la gestion de leur épargne par Internet. 59 % ne sont pas prêts à souscrire à un produit d’épargne sur Internet, soit le même nombre que chez les 50-64 ans et à peine moins que les plus de 65 ans (60 %). Ce taux est de 55 % pour l’ensemble de la population. Il n’y a que les 35-49 ans qui majoritairement ont souscrit ou pourraient souscrire à un produit en ligne (52 %). Le manque d’engouement des jeunes pour la souscription par Internet peut s’expliquer par leurs faibles capacités d’épargne.
Les plateformes de financement participatif, pas plus pas moins
Les jeunes de 18 à 24 ans et ceux de 25 à 34 sont, à une très faible majorité, favorables au développement des plateformes de financement participatif appelées également crowdfunding. Ils sont 51 % à considérer ce développement souhaitable quand 49 % y sont opposés. Pour l’ensemble de la population, les taux respectifs sont 53 et 47 %. Ce sont les 35-49 ans qui y sont le plus favorables. En revanche, les jeunes de 18 à 24 ans sont plus disposés que la moyenne de la population à investir sur de telles plateformes. Ils sont 54 % prêts à le faire contre 46 % pour l’ensemble des sondés. Les jeunes actifs sont un peu moins enclins à placer une partie de leur argent sur ce type de plateforme.`
Les jeunes sans illusion pour leur retraite
Les jeunes affichent le même scepticisme à l’égard du montant leur future pension que la moyenne des Français. 75 % des 18-24 ans pensent que leur pension est ou sera insuffisante quand ils sont 76 % à le croire parmi l’ensemble des Français.
Les jeunes de 18 à 24 ans se distinguent de l’ensemble de la population en considérant que l’obtention d’une bonne retraite passe par un âge de départ à la retraite à 65 ans. Ils sont 57 % à le penser quand la moyenne nationale est de 51 %. Les jeunes actifs sont plus partagés sur le sujet (50 % pour et 50 % contre).
Jeunes et jeunes actifs ont par ailleurs des positions divergentes à l’égard des moyens de compenser le manque à gagner une fois à la retraite. Les jeunes, qui ne sont généralement par encore entrés sur le marché du travail citent massivement le cumul emploi-retraite pour faire face à la diminution des revenus avant la contraction des dépenses (45 %) et la ponction sur l’épargne (33 %) quand les jeunes actifs (25-34 ans) s’inscrivent dans une répartition proche de la moyenne nationale, plaçant d’abord la réduction des dépenses (53 %) puis la ponction sur l’épargne (35 %) et enfin le cumul emploi retraite.
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Le mensuel du mois d’août du Cercle de l’Epargne revient par ailleurs sur le livret A, son histoire et ses évolutions et l’investissement dans les parkings. Côté retraite, sont successivement examinés la baisse du taux de remplacement, le niveau de vie des retraités et les retraites chapeaux.
* À la demande du Cercle de l’Epargne, le Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique (CECOP) a conduit une étude sur les Français, leur épargne et leur retraite.
L’enquête a été réalisée sur Internet du 11 au 18 mai 2015 auprès d’un échantillon de 1 007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Le terrain d’enquête a été confié à l’IFOP.
Contact presse :
Sarah Le Gouez
06 13 90 75 48
Au sommaire du mensuel de l’Epargne et de la retraite du mois d’août, retrouvez :
QUATRE QUESTIONS A
COTE EPARGNE
EPARGNEZ PRATIQUE
COTE RETRAITE
DOSSIER
LES CHIFFRES DU CERCLE DE L’EPARGNE
Philippe Crevel revient, dans le journal de 13H de France 2 sur les avantages de l’assurance-vie.
Philippe Crevel est interrogé par Atlantico sur le statut d’auto-entrepreneurs dont le nombre vient de franchir le seul symbolique du million.
La France compte 900 000 femmes sur les 2,7 millions d’indépendants ou dirigeants salariés d’entreprises. Très présentes parmi les auto-entrepreneurs ou elles représentent 40 % des effectifs, elles sont moins nombreuses à avoir opté pour le statut d’entrepreneurs individuels « classiques » c’est à dire la forme de travailleurs non-salariés la plus courante.
Les femmes sont en revanche sous représentées parmi les gérants de SARL puisque parmi les 802 milles gérants connus seul un gérant sur 4 est une femmes. Cette rareté est encore plus marquée au sein des autres formes de sociétés (SA, SAS…). avec seulement 17 % de femmes à la tête de ces structures qui emploient presque toujours des salariés.
Sans surprise, les femmes sont sureprésentées dans les services aux particuliers (29 % de femmes indépendants ou dirigeants salariés contre 16 % d’hommes), la santé (25 % de femmes contre 11 % d’hommes), les services personnels tels que la coiffure, les soins de beauté… A l’inverse les jommes sont majoritaires dans la construction, l’industrie ou encore les transports. Ils ont même un quasi monopole dans le le gros oeuvres, la peinture …
Ces disparités sectorielles sont plus marquées pour les dirigeants non-salariés. Ainsi 44 % des femmes dirigeantes non-salariés exercent dans le secteur de la santé contre 22 % d’hommes. Elles sont 23 % dans les services aux particuliers. A l’inverse, pour les dirigeants salariés, la nature de l’activité exercée n’a pas d’incidence ne constitue pas un facteur déterminant comme le démontre le partage homme femmes à la tête de SARL dans le ses services aux entreprises mixtes ( 37 % d’hommes contre 41 % de femmes) ou du commerce (respectivement 24 % et 28 %).
La part des femmes parmi les dirigeants salariés ou les indépendants diminue généralement la taille de l’entreprises et seulement 15 % des entrerpises de 20 salariés et plus sont des dirigées par des femmes.
Philippe Crevel participe au Grand Référendum diffusé ce jour sur Sud Radio consacré à l’impôt. Il intervient au côté d’Eudes Baufreton, délégué général de Contribuables et Associés de à l’émission animée par Dimitri Pavlenko.
Philippe Crevel était l’invité du Grand Direct de l’Actu présenté par Thomas Joubert sur Europe 1 pour expliquer quelles sont les solutions alternatives au livret A après la baisse du taux de ce dernier.
Sarah Le Gouez est cité dans un article consacré au PERP publié par le média en ligne Tout sur la Retraite. Elle revient notamment sur les conditions de transfert d’un plan en cours de constitution.
En plein essor l’assurance-vie continue sa course en tête. Retrouver l’analyse et les prévisios de Philippe Crevel citées dans un article publié par l’Agefi Actifs.
Le directeur du Cercle de l’Epargne est cité dans les Echos à la suite de l’annonce des résultats de la collecte, toujours positive, de l’assurance-vie en juin. Il revient notamment sur le retour des épargnants vers les unités de comptes et sur les placements attractifs dans un contexte de baisse de rendement.
Au mois de juin, l’assurance-vie a enregistré une collecte nette de 1,4 milliard d’euros comme au mois de mai. La dernière décollecte date désormais du mois de décembre 2013 avec -1,6 milliard d’euros. Sur les six premiers mois de l’année, la collecte nette atteint 12,3 milliards d’euros contre une décollecte de 2,45 milliards d’euros pour le Livret A.
Les cotisations se sont maintenues au mois de juin à un niveau correct avec un montant de 11,1 milliards d’euros contre 9,7 milliards d’euros en mai. Elles atteignent, sur le premier semestre, 68 milliards d’euros en hausse de près de 4 milliards d’euros par rapport à la même période de 2014.
Depuis le début de l’année, la collecte brute est marquée par la montée en puissance des unités de compte qui atteignent sur les six premiers mois de l’année 13,9 milliards d’euros. Elles représentent 20 % des cotisations du premier semestre soit quatre à cinq points de plus par rapport aux taux enregistrés ces dernières années. Pour le mois de juin, les unités de compte ont été en léger retrait à 2 milliards d’euros contre 2,4 milliards d’euros au mois de mai. Elles ont néanmoins représenté 18 % des cotisations.
Le montant des prestations du mois de juin a été dans la moyenne de ces derniers mois à 9,7 milliards d’euros. Au mois de mai, il avait été de 8,2 milliards d’euros. En juin 2014, les prestations s’étaient élevées à 8,7 milliards d’euros
L’encours de l’assurance-vie s’élève à 1557 milliards d’euros à fin juin 2015 contre 1490 milliards d’euros à fin juin 2014. Au 31 décembre 2014, l’encours avait atteint 1515 milliards d’euros.
L’assurance-vie continue de croître régulièrement selon un rythme qui est, certes, en-deçà de ces belles années d’avant crise de 2008. La collecte nette de cette année devrait avoisiner une vingtaine de milliards d’euros. L’assurance-vie bénéficie toujours d’une bonne compétitivité avec en outre la possibilité de jouer sur deux tableaux, la garantie de capital avec les fonds euros et les performances boursières avec les unités de compte. La souscription de ces dernières s’explique tant par la baisse des taux de rendement des fonds euros que par la progression des indices boursiers de ce premier semestre. Les campagnes d’information des compagnies d’assurances commencent à porter leurs fruits et permettent une réorientation de l’épargne au profit de l’entreprise. L’assurance-vie bénéficie également de l’atonie de l’investissement des ménages dans l’immobilier ainsi que du mouvement de décollecte qui frappe le Livret A. Aujourd’hui, seul le Plan d’Epargne logement est à même de concurrencer l’assurance-vie. Sa collecte nette a atteint sur les 5 premiers mois de l’année 9,9 milliards d’euros. Néanmoins, les deux produits ne sont pas complètement assimilables ; le PEL étant un produit d’épargne réglementé plafonné et limité dans le temps quand l’assurance-vie est un contrat de long terme offrant l’accès à de nombreux supports d’investissement.
Contact presse :
Sarah Le Gouez
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Selon la direction de la recherche, des études de l’évaluation et des statistiques, entre 2012 et 2014 le déficit de la sécurité social s’est contracté. Malgré une économie atone, les ressources de la protections sociales ont enregistré ces dernières années une croissance plus dynamique que le PIB quand la croissance des dépenses est resté contenue. Ainsi pour l’année 2013, les ressources de la protections sociales se sont accrues de 3 % et celle des dépenses de 2,4 %.
Avec 307,5 milliards d’euros au titre des prestations du risque vieillesse-survie, ce dernier compte pour 46 % de l’ensemble des prestations de la protection sociale en 2013 qui atteignait 715,5 milliards d’euros. En progression de 3,1 % sur un an les dépenses Le risque vieillesse survie qui accapare 14,5 % du PIB intègre d’abord les prestations versées au titre de la vieillesse qui comptent pour 270 milliards d’euros des prestations versées. Principalement destiné à financer versement des pensions de retraite directes, la branche vieillesse couvre par ailleurs le financement des prestations liées à la dépendance des personnes âgées (8,2 millions d’euros), le minimum vieillesse (3 milliards d’euros), et les pensions complémentaires facultatives versées par les régimes de la mutualité et de la prévoyance (1,6 milliard d’euros). La branche survie qui réunit l’ensemble des prestations versées au titre des droits dérivés compte représente 37,6 milliards d’euros.
Les autres branches de la protection sociale connaissent une évolution contrastée. La croissance des dépenses de santé qui compte pour 8,7 % du PIB progressent de manière contenue en 2013 (+2,7% après +2,6 %), de même les prestations maternité-famille sont augmentent moins vite que l’année passée (+2,1 % en 2013 contre +3,1 % en 2012). En revanche, le progression du chômage pèe toujours fortement sur sur les prestations chômage qui représentaient 40,9 Milliards d’euros en 2013 soit 1,9 % du PIB. En progression de 3,8 % en 2013 après 5,6 % en 2012. Par ailleurs, 2013 se démarque par une explosion des dépenses de pauvreté- exclusion dont la progression à presque doublée sur un an passant de +3,7 % à +6,6 %.
Comme chaque année l’INSEE publie son édition la France en bref dans laquelle elle dresse un bilan synthétique de la situation de la France, sa population, son territoire et son économie…
L’encours des placements financiers des sociétés d’assurances vie (et mixte) a progressé de près de 105 milliards d’euros (104,9 exactement) au premier trimestre pour s’établir à 2017 milliards d’euros. Un seuil jamais atteint dans le passé qui tient à la bonne performance des marchés boursiers et la forte augmentation enregistré dans le portefeuille d’obligations et autres titres de créance (près de 50 milliards d’euros). Le marché obligataire a profité à la fois de l’effet valorisation qui compte pour une plus plus de 50 % de la hausse (25,6 milliards d’euros) et par les achats nets réalisés sur l’intervalle (24,1 milliards d’euros).
Sur le premier trimestre les achats réalisés sur le marché des obligations se sont principalement portés vers vers les non-résidents hors zone euro (+11,6 milliards) et les Institutions Financières Monétaires françaises (+6,1 milliards) quand les Institutions Financières Monétaires de la zone euro n’ont compté que pour 1,1 milliard d’euros.

Philippe Crevel est interrogé par Europe 1 sur le livret d’épargne populaire (LEP), un produit, réservé aux personnes et foyers non imposable ou légèrement qui compte seulement 9 millions de détenteurs quand près de 20 millions pourrait y prétendre. Il revient sur les avantages de ce placement proche du livret A mais dont le rendement est supérieur ( à 1,5 % jusqu’ à présent puis à 1,25 % à partir du 1er août).
A 0,75 % le livret atteint son plus bas historique au dam des associations de consommateurs qui jugent cette décision regrettable. Philippe Crevel répond au Monde sur les raisons de cette baisse.
Philippe Crevel est cité dans le Huffington Post à la suite de l’annonce de la baisse du taux du livret A à 0,75 % son plus bas historique.
Avec la baisse du livret A à 0,75 % quels placements privilégier pour son épargne ? Retrouver les réponses et conseils de Philippe Crevel dans une interview pour le magazine Challenges.
Philippe Crevel est cité dans BFM TV comme suite à l’annonce de la baisse du taux du livret A. Il revient notamment sur les raisons qui ont guidé ce choix de la part du gouvernement et sur son impact sur la collecte de l’épargne réglementée dans les prochains mois.
Philippe Crevel commente pour les Echos la baisse du taux du livret A et ses répercussions possibles pour les autres placements en particulier les livrets bancaires dont le taux moyen jusque là à 0,77 % était pénalisé par un maintien du livret A à 1% .
Le Livret A a enregistré une décollecte de 120 millions d’euros au mois de juin soit environ le même niveau que celui enregistré 2014 (130 millions d’euros). Le mois de juin est assez imprévisible pour le livret A. Sur ces 10 dernières années, 7 ont connu une décollecte avec des montants allant de -1,1 milliard d’euros à -60 millions d’euros. La plus forte collecte nette a été enregistrée en juin 2008 avec 1,1 milliard d’euros. Le mois de juin est impacté par le versement des primes de fin de premier semestre mais aussi par les dépenses de vacances et par les soldes. Il se situe de ce fait à la croisée des chemins.
Le mois de juin 2015 confirmait que le Livret A commençait à éponger la baisse du taux du Livret A du 1er août 2014. La décollecte est ainsi passée de 1,08 milliard d’euros en juillet 2014 à 120 millions au mois de juin 2015. Les montants maximum de décollecte ont été atteint à la rentrée 2014 durant les mois de septembre (-2,37 milliards d’euros) et octobre (–2,93 milliards d’euros).
Il est fort probable que ce processus se répète en 2015 avec une décollecte qui devrait franchir à nouveau la barrière du milliard d’euros par mois d’ici la fin de l’année avant de se restabiliser.
Sur les six premiers mois, la décollecte a atteint 2,45 milliards d’euros. Elle devrait sur l’année atteindre entre 6 et 8 milliards d’euros soit un montant un peu équivalent ou légèrement supérieur à 2014 (6,1 milliards d’euros).
Contact presse :
Sarah Le Gouez
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Depuis 2008, le Gouverneur de la Banque de France qui assure la supervision de l’épargne réglementée propose au moment de chaque révision, le 1er février et le 1er août, un taux pour le Livret A.
Ce taux est fonction soit des taux des marchés monétaires, soit de l’inflation. Etant donné que les taux d’intérêt sont très faibles ces dernières années, c’est le taux d’inflation qui est utilisé. Le taux pour le Livret A proposé par le Gouverneur de la Banque de France correspond au taux d’inflation annuelle majoré de 0,25 point, ce taux étant arrondi au quart de point le plus proche. De ce fait, avec une inflation de 0,3 point, le taux du Livret A pourrait être entre 0,5 et 0,75 %. La Banque de France a recommandé 0,75 %, taux que le Gouvernement a décidé de retenir. Il pouvait ne pas suivre la Banque de France. Il dispose en la matière, d’un pouvoir discrétionnaire. Le 1er février dernier, il avait refusé de suivre la recommandation du Gouverneur de la Banque de France. Le Livret A étant le produit d’épargne le plus largement distribué dans la population, la fixation de son taux est un geste éminemment politique surtout quand ce profile des élections.
Avec un taux à 0,75 %, le rendement réel du Livret A (après inflation) sera de 0,4 point
Quel sera la perte sur un an, pour un épargnant ayant un encours moyen sur son Livret A soit 4000 euros ?
Le Livret A rapportera 30 euros au lieu de 40 euros soit une perte de 10 euros.
Pour un épargnant, au plafond, c’est à dire 22 950 euros, de combien sera la perte ?
A 1 %, un épargnant au plafond pouvait gagner sur un an au minimum 229,5 euros; à 0,75 %, ce rendement sera ramener à 172,125 euros soit une perte d’au moins 57 euros.
La baisse du taux du livret A réduira à la marge le taux des emprunts aux bailleurs sociaux. En effet, le livret A sert à financer ce type de prêts. Mais l’effet sera marginal car il s’agit de prêts à 40 ans. Par ailleurs, le lancement de programmes de constructions d’HLM obéit à d’autres considérations que le taux du Livret A (problèmes de fonciers, de normes…).
En revanche, la Caisse des Dépôts économisera 652 millions d’euros ce qui améliorera son résultat financier et les éventuels bénéfices redistribués à l’Etat.
Moins bien rémunéré le Livret A est aussi une niche fiscale qui coûte moins à l’Etat.
En abaissant le taux ô combien symbolique du Livret A, le Gouvernement décide ainsi de relayer la politique de la Banque centrale européenne qui vise à peser sur les taux afin de favoriser la croissance. C’est aussi un geste vis-à-vis des banques dont les livrets bancaires n’étaient plus du tout compétitifs.
L’évolution du taux du Livret A
Date Taux
1er janvier 1960 3,25 %
1er janvier 1966 3,00 %
1er janvier 1968 3,50 %
1er juin 1969 4,00 %
1er janvier 1970 4,25 %
1er janvier 1974 6,00 %
1er janvier 1975 7,50 %
1er janvier 1976 6,50 %
16 octobre 1981 8,50 %
1er août 1983 7,50 %
16 août 1984 6,50 %
1er juillet 1985 6,00 %
16 mai 1986 4,50 %
1er mars 1996 3,50 %
16 juin 1998 3,00 %
1er août 1999 2,25 %
1er juillet 2000 3,00 %
1er août 2003 2,25 %
1er août 2005 2,00 %
1er février 2006 2,25 %
1er août 2006 2,75 %
1er août 2007 3,00 %
1er février 2008 3,50 %
1er août 2008 4,00 %
1er février 2009 2,50 %
1er mai 2009 1,75 %
1er août 2009 1,25 %
1er août 2010 1,75 %
1er février 2011 2,00 %
1er août 2011 2,25 %
1er février 2013 1,75 %
1er août 2013 : 1,25 %
1er août 2014 : 1 %
A partir du 1er août 2015 : 0,75 %
Contact presse :
Sarah Le Gouez
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slegouez@cercledelepargne.fr
Le nombre total de création d’enreprises repart à la hausse en juin (+3,2 %). Cette progression, tous types d’entreprises confondus, fait suite à deux mois consécutifs de baisses. Pour autant en glissement annuel, le nombre de création d’entreprises reste en retrait de 4,5 % sur le second trimestre 2015 par rapport au même trimestre 2014.
Les créations d’entreprises, généralement, tirées vers le haut par les micros-entrepreneurs ont subi la forte baisse constatée au cours des trois derniers mois (-22,1 %) pour les seuls micro-entrepreneurs. Sur le mois de juin près d’une création sur deux est une demande d’immatriculation de micro-entrepreneur (47,6%).

Philippe Crevel est cité dans l’Expansion sur la possible baisse du livret A au 1er août. Il revient sur les raisons pour lesquelles il ne croît pas en une baisse du taux bien que son rendement actuel soit, selon lui, à « un niveau assez élevé en comparaison avec les autres placements » ce qui pourrait décourager les ménages à s’orienter vers les placements long qui participent au financement de l’économie.
A quelques jours de l’annonce du taux du livret A applicable au 1er août, Philippe Crevel explique dans les Echos pourquoi il ne croît pas à une baisse du taux par le gouvernement quand la formule de calcul automatique du taux du livret réglementé aboutit pourtant à un taux de 0,5%.
En attendant l’annonce sur le taux de rendement du livret A au 1er août 2015, Philippe Crevel est interrogé par le Parisien pour donner son avis à la suite de la publication des prix à laconsommation par l’INSEE qui n’ont progresé que de 0,3 % sur un an en juin. Il revient notamment sur les propos du gouverneur de la Banque de France qui considère que le maintien à 1 % du taux de rendement peut porter préjudice aux organismes HLM ui se servent de ces fonds pour construire des logements sociaux.
Le Cercle de l’Epargne est cité dans l’Argus de l’Assurance à la suite de la publication au JO d’une ordonnance visant à sécuriser le paiement des rentes issues des régimes de retraites supplémentaires à prestations définies. Philippe Crevel explique les conséquences de cette ordonnance qui a été prise pour mettre en conformité la législation française avec une directive du Parlement européen de 2008 sur la protection des travailleurs salariés en cas d’insolvabilité de leur employeur.
7,3 millions de Français sont assurés contre le risque de dépendance dont 1,6 million ont souscrit à une offre spécifique. Le montant global des cotisations a atteint, en 2014, 533 millions soit une hausse de 3 % en un an. L’année dernière, 866 900 personnes se sont assurées contre le risque dépendance dont 28 000 dans le cadre d’un contrat dépendance spécifique. 78 % ont souscrit un contrat à adhésion individuelle et 22 % un contrat collectif. Le montant moyen de la cotisation est de 407 euros par an pour les contrats individuels et de 64 euros pour les contrats collectifs. Le montant total des prestations versées s’est élevé à 242,6 millions en hausse de 7 % sur un an.
La dépendance, un réel risque
(les données mentionnées ci-dessous sont issues du sondage du Cercle de l’Epargne-CECOP-IFOP de juin 2015)
73 % des Français interrogés considèrent qu’il est certain ou probable qu’ils soient un jour en situation de dépendance. 9 % pensent que c’est certain et 64 % que c’est probable. 9 % sont résolument optimistes en déclarant qu’il est exclu qu’ils soient un jour ou l’autre dans un tel état. Le risque de dépendance est perçu très tôt. En effet, 53 % des 18-24 ans indiquent qu’ils pourraient être concernés par la dépendance. Ce taux progresse évidemment au fil de l’avancée en âge. Il est de 74 % pour les 35-49 ans, de 75 % pour les 50-64 ans et atteint 84 % pour les plus de 65 ans. Il faut noter que sur la probabilité de tomber certainement en dépendance, l’appréciation du risque diminue pour les plus de 50 ans. Elle passe de 13 % pour les 35-49 ans à 7 % pour les plus de 65 ans.
Ce risque de dépendance est perçu plus fortement parmi les Français ayant des revenus élevés (plus de 4000 euros par mois par foyer). Le taux est alors de 80 % contre 64 % pour ceux dont les revenus par foyer sont inférieurs à 1200 euros. De même, les détenteurs d’un patrimoine financier conséquent sont plus préoccupés par ce risque que ceux qui n’en ont pas 79 % contre 69 %). Par ailleurs, ceux qui épargnent se déclarent plus susceptibles d’être un jour dépendant que ceux qui ne le font pas.
S’il est assez logique que les retraités soient conscients du risque d’être confrontés à un problème de dépendance, cette appréciation diffère assez fortement entre les différentes catégories socio-professionnelles. Elle est plus élevée chez les cadres et les indépendants que chez les employés. Le degré d’information est certainement un des éléments d’explication tout comme la prise en compte des conséquences de l’allongement de l’espérance de vie, espérance de vie qui est justement plus élevée au sein de ces catégories.
Qui doit financer la dépendance ?
Pour 42 % des Français, c’est à l’Etat de financer la dépendance quand 39 % considèrent que ce rôle doit être dévolu aux régimes sociaux (Sécurité sociale). 21 % d’entre eux pensent également que ce sont les collectivités territoriales qui doivent y contribuer. Les jeunes et les seniors sont plus sceptiques sur la capacité de l’Etat à prendre à charge ce risque. Les premiers privilégient les régimes sociaux quand les seconds sont des partisans de l’assurance individuelle spécifique. 27 % des sondés estiment que ce risque devrait être couvert par une assurance spécifique. Ce taux est assez élevé au regard de son caractère potentiellement impopulaire et financièrement impactant pour les personnes souscriptrices. Le lien avec l’entreprise n’est pas perçu. Seulement 14 % des sondés pensent qu’il faudrait que la dépendance soit prise en charge par les entreprises sous forme de contrat d’assurance.

Les revenus modestes et personnes ayant peu de patrimoine souhaitent fort logiquement que le risque dépendance soit pris en charge soit par l’Etat ou la sécurité sociale quand les ménages mieux dotés financièrement sont favorables à une couverture assurantielle individuelle.
Plus des deux tiers des Français sont hostiles à l’idée d’un droit à recouvrement sur succession des sommes engagées pour financer la dépendance d’une personne en fin de vie. Cette opposition est moins marquée parmi les détenteurs d’un patrimoine financier important ou parmi les revenus élevés.
La propension à souscrire une assurance-individuelle pour faire face au risque de dépendance
Une majorité des Français ne seraient pas opposés à la souscription d’une assurance dépendance à titre individuel pour faire face au risque de dépendance. Il est à noter que les hommes sont un peu plus enclins à le faire que les femmes (58 % contre 55 %). Ce sont les seniors et les jeunes qui sont les plus disposés à prendre une telle couverture (62 % chez les plus de 65 ans, 55 % chez les moins de 24 ans, 56 % chez les 35-34 ans contre 53 % chez les 50-64 ans).
Pour des raisons éminemment financières, les revenus modestes sont peu disposés à souscrire de tels produits (seulement 47 % des personnes ayant moins de 1200 euros de revenus mensuels seraient susceptibles de prendre une telle assurance contre 61 % des personnes qui ont plus de 4000 euros de revenus mensuels).
La réponse « oui » regroupe ceux qui souscriraient certainement ou probablement une assurance dépendance ; la réponse « non » regroupe ceux qui ne souscriraient probablement pas ou certainement pas une telle assurance.
La loi du 21 août 2003, dite loi Fillon, avait prévu dans son article 4 pour les salariés du secteur privé ayant cotisé toute leur vie professionnelle au niveau du SMIC un objectif de pension minimale à 85 % du salaire minimum. Avec les majorations décidées en faveur du minimum contributif durant les années 2000, cet objectif a été presque atteint. Pour la génération 1953, les salariés au SMIC peuvent partir avec un taux de remplacement de 83,5 %. En revanche, à l’avenir, ce taux devrait baisser notamment en raison des règles d’indexation. Ce taux se situerait entre 80 et 82 % pour la génération 1963 et entre 70 et 78 % pour la génération 1978.
La pension moyenne des retraités représentait, en moyenne, en 2012, 50,9 % du revenu brut moyen de l’ensemble des personnes ayant un emploi. Net de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA), ce taux monte à 61,4 %. Pour les nouvelles générations de retraités qui remplacent des retraités à faible niveau de pension, le ratio atteint plus de 65 %.
En prenant en compte les autres revenus des retraités (revenus fonciers, financiers, prestations sociales), la structure du ménage et la possession de la résidence principale, leur niveau de vie dépasse celui de l’ensemble de la population. Ainsi, le ratio est de 103 % (100 % pour les femmes et 105 % pour les hommes). Ce ratio est stable depuis 1996 quand il n’avait pas cessé d’augmenter depuis 1970. Depuis 2008, le niveau de vie des retraités comme de l’ensemble de la population stagne voire diminue comme c’est le cas depuis 2010. En l’état actuel de la législation, selon les scénarios économiques élaborés par le Conseil d’Orientation des Retraites, le niveau de vie moyen s’abaisserait entre 82 et 94 % en 2040 et entre 73 et 92 % en 2060.
L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) a rendu public le taux moyen de rendement des contrats collectifs d’assurance-vie et du PERP. L’ACPR a réalisé son analyse à partir des données de 60 organismes commercialisant les contrats collectifs d’assurance-vie. L’échantillon a porté sur plus de 3500 versions de contrats. L’étude concerne les contrats d’assurance-vie de groupe, les produits d’épargne retraite collectifs (articles 39, 82, 83) et le PERP.
Le taux moyen est ainsi passé de 2013 à 2014, de 3,06 à 2,98 %. Pour mémoire, le taux moyen de rendement des fonds euros de l’assurance-vie a été de 2,54 % en 2014 contre 2,8 % en 2013.
L’ACPR note que l’écart entre le taux de revalorisation et la moyenne annuelle de l’OAT à dix ans s’accroît en passant de 116 à 132 points de 2013 à 2014. En 2011, l’écart était de 17 points de base en faveur de l’OAT.
62 % des contrats collectifs ont été revalorisés en 2014 à un taux inférieur à celui de 2013 contre 60 % l’année dernière. Près de 15 % des contrats n’ont pas connu de modification de taux et 24 % ont bénéficié d’une hausse. Ces derniers représentent 24 % des provisions mathématiques contre 20 % en 2013. Le taux moyen de ces contrats atteint 3,49 % contre 3,02 % en 2013.
Le taux de rendement des PERP passe de 2,58 à 2,54 %. Celui des contrats de retraite professionnelle supplémentaire passe de son côté de 2,46 à 2,22 %. 71 % des provisions mathématiques des contrats ont été revalorisées à un taux d’au moins 2,5 %.
L’ACPR souligne que les assureurs sont soumis à une contrainte forte avec la mise en œuvre des taux techniques fixés dans les contrats. Seules 29 % des provisions mathématiques présentent un taux technique nul en 2014. 62 % des provisions mathématiques bénéficient d’un taux technique supérieur à 1 %. Pour 32 % des provisions, le taux technique appliqué se situe entre 1 et 2 %. Dans 7 % des provisions, le taux technique dépasse 4 %.
Le PERP ou Plan d’Epargne Retraite Populaire est comme son nom l’indique un produit d’épargne destiné à préparer financièrement sa retraite. Ce produit créé par la loi Fillon en 2003 est un produit ouvert à tous. Il est souscrit dans le cadre d’un contrat de groupe porté par une association dénommée Groupement d’Epargne Retraite Populaire (GERP).
C’est un produit d’épargne qui prend la forme d’un contrat d’assurance-vie mais avec une spécificité, sa liquidation n’intervient qu’à l’âge de départ à la retraite.
Le législateur a prévu des sorties anticipées pour faire face à des évènements particuliers. Ces sorties anticipées peuvent intervenir en cas :
Comme pour l’assurance-vie, il y a plusieurs catégories de PERP :
Un assuré peut ainsi souscrire soit à un :
L’épargnant a la possibilité d’effectuer des versements libres ou programmés. Il peut opter pour différents types de gestion en fonction de son profil. La gestion peut être sécurisée avec des arbitrages automatiques en fonction de l’âge de l’assuré ou elle peut être libre à la demande explicite de ce dernier.
Des règles strictes ont été imposées aux compagnies d’assurances pour garantir aux épargnants le versement de leur rente ou de leur capital.
Les modes de sortie
Un produit « retraite » a pour objectif de fournir à son titulaire un complément de revenu ; la sortie en rente est, de ce fait, le mode de sortie logique.
Certains contrats offrent à la souscription des adhérents une garantie optionnelle, appelée « annuités garanties », par laquelle l’assureur garantit aux intéressés une durée minimale de service de la rente (cinq, dix ou quinze ans le plus souvent). Ainsi, en cas de décès de l’adhérent et, le cas échéant, du réservataire à l’intérieur de cette période garantie, le solde des annuités est versé à un bénéficiaire désigné par l’adhérent au jour de la liquidation des droits viagers.
Si la sortie de droit commun pour le PERP est la rente, trois possibilités de sorties en capital ont été instituées :
Les contrats de PERP prévoient la possibilité de réversion ou de versement d’une rente d’éducation pour les enfants en cas de décès du titulaire. Ces options sont ouvertes au moment de la liquidation du plan. Elles ont, pour conséquence, de diminuer le montant de la rente versée.
Le régime fiscal et social du PERP
Le PERP bénéficie d’un régime fiscal attractif en particulier grâce à une déduction des cotisations du revenu imposable :
Les cotisations ou primes effectuées sur un PERP sont déductibles pour chaque membre du foyer fiscal dans le cadre d’une limite globale de déduction annuelle qui prend en compte certaines cotisations de retraite déduites par ailleurs des revenus professionnels.
Pour une année N, l’enveloppe de déduction est de :
Cette déduction s’intègre dans l’enveloppe fiscale de l’épargne retraite. Ainsi, pour déterminer le montant effectivement imputable sur le revenu global, cette limite doit ensuite être diminuée du montant cumulé des cotisations ou primes versées aux régimes contractuels de retraite déduites des revenus professionnels bruts auxquels s’ajoute, le cas échéant l’abondement éventuel de l’employeur au Perco.
Viennent ainsi en diminution du plafond global :
Depuis 2007, le PERP a été familiarisé, un couple ayant un PERP peut doubler le montant de la déduction fiscale. Par ailleurs, si l’enveloppe fiscale n’a pas été totalement utilisée, elle est reportable sur l’une des trois années suivantes. Le système de la déduction fiscale est d’autant plus intéressant que le taux marginal d’imposition est élevé .Ainsi, un ménage ayant versé, sur son PERP, 2000 euros :
Les prélèvements sociaux ne sont pas versés en phase de constitution et il n’y a pas d’imposition des plus-values et des revenus.
Les rentes versées dans le cadre du PERP sont imposables dans les mêmes conditions que les pensions. Elles bénéficient d’un abattement de 10 % et sont soumises aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS, contribution assurance maladie de 1 %, contribution de solidarité pour l’autonomie de 0,3 % soit un total de 8,4 %).
Pour les sorties en capital, le contribuable peut opter soit pour l’imposition au titre de l’impôt sur le revenu ou pour un prélèvement libératoire de 7,5 % après application d’un abattement de 10 %.
Le PERP peut, sous certaines conditions, échapper à l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF). Durant la phase de constitution de l’épargne, les versements et les gains réalisés n’entrent pas dans la base de l’ISF. A la sortie, le capital correspondant aux rentes est imposable sauf si le titulaire a effectué des versements réguliers durant au moins 15 ans et qu’il a demandé la liquidation de son plan au moment de la cessation d’activité (sauf pour les PERP souscrits avant le 31 décembre 2010. Pour pouvoir bénéficier de l’exonération, les versements doivent être périodiques pendant la durée de constitution de la rente.
Marchés financiers, un semestre malgré tout positif
Les marchés européens ont connu un premier semestre dual. Le premier trimestre a été marqué par une flambée des cours qui ont progressé à la bourse de Paris de près de 20 %. La mise en place du Quantitative Easing par la BCE a provoqué un réel engouement tout comme les signes annonciateurs d’une reprise au sein de la zone euro. Cette envolée a pris fin au cours du mois d’avril avec le retour sur le devant de la scène du dossier grec. Les investisseurs ont également anticipé la remontée des taux américains par la FED. Le dénouement de la crise grecque devrait sauf sortie de route permettre le retour d’un mouvement haussier au niveau des marchés « actions » européens. Depuis le 1er janvier, c’est la bourse de Tokyo qui enregistre la meilleure performance avec un gain de plus de 16 %. Les places européennes ont connu des hausses de 8 à 12 %. En revanche, le Dow Jones, en attendant la hausse des taux d’intérêt, a perdu un peu de terrain avec un recul de plus de 2 %. Les mauvaises performances de l’économie américaine au 1er trimestre avec la hausse du dollar, le ralentissement des investissements dans le secteur énergétique et le mauvais temps expliquent en partie ce résultat.
Le pétrole sur une ligne de crête
Le pétrole est resté au cours du mois de juin sur la ligne des 60 dollars le baril. Il a terminé le mois à 63,2 dollars soit en baisse de 3,5 % par rapport au cours de fin mai. D’ici l’automne, le baril devrait évoluer hors crise internationale entre 60 et 66 dollars. Les pays de l’OPEP ont, au cours du mois de juin, dépassé leurs objectifs de production. Ce dépassement est imputable à l’Arabie Saoudite et à l’Irak. Le cartel a décidé de maintenir ses parts de marché et de sacrifier, pour le moment, les prix. Dans les prochains mois, le retour de l’Iran pourrait accentuer le mouvement baissier. En revanche, les hostilités en Lybie et les problèmes de production au Nigéria pourraient limiter la hausse de la production et freiner la baisse des cours.
L’or en toute petite baisse
L’or reste sage malgré les déboires grecs et les tensions internationales. Le cours de l’once d’or au 1er fixing de Londres est passé de 1190 à 1175 dollars de fin mai à fin juin. Depuis la fin de la crise des dettes souveraines, en Europe, en 2012, l’or plafonne autour de 1200 dollars l’once. Il faudrait un accroissement des tensions internationales ou une crise grave au sein de la zone euro pour provoquer une hausse de l’or.
Après un premier semestre marqué par la bonne tenue des marchés actions, avant d’entamer la période estivale, quelles sont les tendances pour la rémunération de l’épargne financière des ménages d’ici la fin de l’année ?
Livret A et LDD
Au 1er août, le taux du Livret A devrait rester à 1 %. En effet, le taux d’inflation du mois de juin qui sera connu le 10 juillet prochain devrait se situer autour de 0,3 %. Logiquement, le Gouvernement pourrait abaisser le taux du Livret A à 0,75 % mais il est plus que probable qu’il le maintienne à 1 %. En termes réels, après prise en compte de l’inflation (0,4 % à 0,6 %), le rendement du Livret A devrait être, cette année, de 0,4 % à 0,6 %.
Le Plan d’Epargne Logement
Le taux de rendement des PEL ouverts depuis le 1er février est de 2 % contre 2,5 % auparavant. Le taux de rendement net de prélèvements sociaux est de 1,69 % ce qui donne un rendement net réel de 1,1 à 1,3 %. Pour ceux qui bénéficient de l’ancien taux de 2,5 %, la rémunération nette est de 2,11 % sur l’année et de 1,51 % nette d’inflation.
Les livrets bancaires
Les livrets bancaires offraient des perspectives de rendement de 1 % à 2,1 % sur 12 mois (promotions comprises). Il faut prendre en compte la fiscalité, soit le prélèvement forfaitaire de 24 % soit le barème de l’impôt sur le revenu ainsi que les prélèvements sociaux. Avec inflation déduite, le rendement net varie de 0,1 à 0,9 %.
L’assurance-vie en euros
Compte tenu du niveau des taux d’intérêt sur les obligations d’Etat, le rendement des fonds euros en 2015 devrait s’inscrire en légère baisse par rapport à 2014. Il pourrait passer de 2,5 à 2,3 %. Après prélèvements sociaux, le rendement serait de 1,94 % Il faut ajouter la fiscalité qui varie en fonction de la date des contrats (certains vieux contrats étant exonérés). En appliquant le taux de 7,5 % en vigueur pour les contrats ouverts depuis plus de 8 ans, le rendement net d’impôt serait de 1,8 %. Après imputation de l’inflation, le rendement net réel serait de 1,3 à 1,4 %.
L’assurance-vie en unités de comptes
Le rendement des unités de compte fluctue d’une année sur l’autre en fonction des valeurs de marché. En 2014, le rendement moyen des UC a été de 5,9 %. Pour 2015, tout dépendra de l’évolution du dossier grec. Un taux de 7 % est envisageable. Après prélèvements sociaux, le rendement serait de 5,9 %. Après application de l’impôt sur le revenu (en retenant le taux de 7,5 % mentionné ci-dessous), le rendement net s’élèverait à 5,45 %. En prenant en compte l’inflation, le rendement réel net devrait se situer entre 4,8 et 5 %.
Les actions
En cas de règlement rapide de la crise grecque, ce qui n’est pas garantie avec la victoire du non au référendum, les actions disposent d’évidentes marges d’appréciation. Elles pourraient également bénéficier de la reprise économique. Un CAC 40 à 5 200/5 300 points est envisageable pour la fin du second semestre. La politique monétaire accommodante et la reprise économique devraient soutenir les cours. Rendez-vous pris pour le 31 décembre…
Selon l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), au cours du premier trimestre 2015, la collecte nette sur les supports en Unités de Compte (UC) s’est élevée à 2,4 milliards d’euros, contre 1,1 milliard d’euros sur les supports en euros, portant ainsi la part des UC dans la collecte nette à 68 %.
Les UC sont en hausse dans la collecte nette depuis 2013 (la part sur l’ensemble de l’année 2014 était de 33 % après 17 % sur l’année 2013). La part majoritaire des UC dans la collecte nette est une première depuis janvier 2011 à l’exception près du mois de juillet 2014.
Cette évolution a été confirmée par la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (FFSA) qui, pour les cinq premiers mois de l’année, souligne que la collecte nette au titre des UC a atteint 5,8 milliards d’euros contre 4,9 milliards d’euros pour les fonds euros.
Le taux d’épargne des ménages s’est élevé, au premier trimestre, à 15,3 % du revenu disponible brut. Les ménages ont souhaité maintenir leur effort d’épargne et y consacrer une partie des gains de pouvoir d’achat générés par la baisse des cours du pétrole. Si les ménages ont continué à se désengager du Livret A et des livrets bancaires, ils ont renforcé leur position vis-à-vis de l’assurance-vie. Par ailleurs, ils maintiennent un fort volant de liquidités sur leurs comptes courants.
Le remboursement du capital des emprunts immobiliers et le poids des incertitudes incitent les Français à maintenir un taux d’épargne élevé. Ce dernier devrait rester autour de 15,3 % du revenu disponible brut en moyenne sur l’année avec une composante immobilière à 7,7 % et une composante épargne financière à 6,8 %. Ce taux d’épargne pourrait baisser en 2016 sauf en cas de grave crise qui pourrait se solder par une forte remontée de l’épargne liquide.
Mieux informés que la moyenne de la population et plus habitués à gérer un budget, les travailleurs non-salariés ont une perception de l’épargne plus fine que la moyenne des Français. Ils sont plus portés sur le risque que la moyenne nationale. Cela s’explique par un niveau moyen de patrimoine plus élevé et par une meilleure connaissance des produits financiers.
Les travailleurs non-salariés du fait d’un niveau de couverture moindre que celui des salariés sont, de longue date, plus concernés par leur situation financière après la cessation d’activité. Longtemps le fonds de commerce, la clientèle, l’entreprise constituaient une garantie financière pour la retraite. Avec l’érosion de la valeur des fonds de commerce et l’allongement de l’espérance de vie, ce n’est plus le cas ou du moins c’est moins le cas aujourd’hui. De ce fait, les indépendants recourent plus que les salariés à l’épargne retraite.
(Les données de ce dossier proviennent de l’étude du Cercle de l’Epargne-Cecop-AG2R LA MONDIALE. L’enquête a été réalisée sur Internet du 11 au 18 mai 2015 auprès d’un échantillon de 1 007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Le terrain d’enquête a été confié à l’IFOP).
Chaque mois, le Cercle demande à un des membres du Conseil scientifique de répondre à trois ou quatre questions. A l’occasion de la publication de l’enquête 2015 du Cercle de l’Epargne qu’il a réalisé « Les Français, leur épargne et leur retraite » en partenariat avec le CECOP et AG2R LA MONDIALE, nous avons le plaisir d’interviewer Jérôme Jaffré, directeur du CECOP (Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique).
L’enquête 2015 du Cercle de l’Epargne souligne que les Français sont inquiets en ce qui concerne le niveau de leur future pension ou de leur pension s’ils sont retraités. Face à cette situation anxiogène, quelles sont les solutions qu’ils entrevoient ?
Jérôme Jaffré : La crainte d’une baisse de revenus une fois à la retraite est en effet très élevée parmi les actifs. Ils sont 81 % à considérer que leur pension sera insuffisante et ne leur permettra pas de vivre correctement. Une inquiétude qui, au passage, concerne également, mais à un moindre degré, les retraités eux-mêmes. Pour pouvoir faire face à cette baisse, les Français envisagent d’abord de réduire leurs dépenses une fois à la retraite ce qui dans les faits est généralement le cas. Par ailleurs, deux autres solutions ressortent de l’enquête du Cercle de l’Epargne. La première, évoquée par 35 % des actifs actuels, réside dans la possibilité de cumuler un emploi avec une retraite pendant un certain nombre d’années mais ce résultat doit être analysé avec prudence dans la mesure où le report éventuel de l’âge légal de la retraite au-delà de 62 ans n’est pas nécessairement pris en compte par les personnes interrogées. La seconde consiste à puiser dans leur épargne. S’ils sont ainsi 33 % parmi l’ensemble des non retraités à l’envisager, ce pourcentage monte à 46 % parmi ceux qui épargnent régulièrement en vue de leur retraite.
Plus d’un Français sur deux déclarent épargner pour la retraite. Qui sont-ils ?
Jérôme Jaffré : Les Français sont convaincus qu’ils ne pourront pas compter sur leurs seules pensions pour vivre correctement à la retraite. Pour remédier à ce problème, une majorité épargne. Ils sont ainsi 57 % à épargner en vue de la retraite dont 25 % le font régulièrement. Si c’est principalement entre 35 et 64 ans que l’épargne pour la retraite est la plus élevée, elle concerne une part non négligeable des moins de 35 ans puisqu’ils sont 47 % à déclarer le faire dont 25 % (comme la moyenne toute la classe d’âges confondus) régulièrement. Les retraités continuent, par ailleurs, à épargner avec comme objectif améliorer le pouvoir d’achat de leurs pensions. Assez logiquement, l’épargne en vue de la retraite croît avec les revenus des ménages. Pour autant un cinquième des foyers dont les revenus sont inférieurs à 2 000 euros par mois déclare le faire régulièrement quand 26 % des ménages aisés (disposant de revenus mensuels supérieurs à 4 000 euros) ne le font pas ce qui montre bien qu’au-delà de la problématique des revenus et de la capacité d’épargne des ménages, il s’agit aussi d’une question de mentalité et d’anticipation de son propre avenir.
La dépendance est-elle un sujet de préoccupation pour les Français ? Qui devrait prendre à charge ce risque ? L’idée d’une assurance-individuelle fait-elle son chemin ?
Jérôme Jaffré : Si les Français, dans leur grande majorité (73 %), pensent, certain ou probable, qu’ils se trouveront, dans leur grande vieillesse, en situation de dépendance seulement 9 % en font une certitude. Pour la prise en charge de ce risque les Français se tournent vers l’Etat. Directement d’abord, à travers l’impôt qui réunit 42 % des réponses puis indirectement à travers les régimes sociaux et les cotisations sociales. Les personnes déclarant être certaines d’être dépendantes placent en tête l’Etat (57 %). L’idée de l’assurance dépendance individuelle est citée par un peu plus d’un Français sur quatre (27 %). 10 % des sondés seraient prêts à souscrire une assurance-dépendance et 46 % probablement, dernier résultat à interpréter avec prudence tant en la matière il y a loin de l’intention à l’acte.
Quelles sont les attentes des Français en termes de placements ? Les Français sont considérés comme des épargnants fuyant le risque. Est-ce que l’étude le confirme ? L’assurance-vie reste-elle toujours le produit d’épargne magique ?
Jérôme Jaffré : Les priorités en termes de placement varient en fonction du niveau de patrimoine détenu. Les ménages sans ou à faible patrimoine considèrent que s’ils peuvent épargner, que la disponibilité est fondamentale pour pouvoir faire face, à tout moment, à une urgence. En revanche, pour les détenteurs de patrimoines plus importants la sécurité devient le critère prioritaire. Néanmoins, les ménages ne sont pas aussi détachés que cela du rendement de leurs placements. On le mesure à leurs attentes s’ils devaient placer une somme de 10.000 euros, qui leur tomberait du ciel. Sans surprise, l’assurance-vie reste, selon la formule qu’aime à utiliser Philippe Crevel, le couteau suisse de l’épargne française. Elle est considérée comme le placement préféré des Français devant les actions, les SICAV et le livret A. Il est intéressant de noter que les hommes et les femmes ne fixent pas les mêmes objectifs à l’assurance-vie. Les hommes mettent en avant la retraite quand les femmes placent la préparation de la succession comme principal objectif. Un bel exemple de différence d’attitudes masculin / féminin opposant quelque peu l’égoïsme et l’altruisme, entre les besoins à satisfaire pour les premiers et la transmission à assurer pour les secondes !
Les chiffres mentionnés ci-dessus et dans les articles qui suivent sont issus de l’enquête réalisée sur Internet du 11 au 18 mai 2015 auprès d’un échantillon de 1 007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Le terrain d’enquête a été confié à l’IFOP.
Retrouvez la tribune de Philippe Crevel publiée dans l’AGEFI Actifs. Il revient dans cet article sur les propos du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer qui plaide pour l’abaissement du taux de rendement du livret A.
L’eurozone economic outlook, préparée conjointement par l’IFO (institut allemand), l’Insee (institut français) et l’Istat (institut italien). vient de publier ses prévisions trimestrielles pour la zone euro. Selon les prévisions communes aux 3 instituts, bâtis à partir de l’hypothèse selon laquelle la victoire du « non » au referendum grec ne remet pas en cause la stabilité de la zone euro, la croissance de la zone euro devrait s’établir à 1,5 % en 2015, après 0,9 % enregistrée en 2014, portée par la croissance de la consommation et ccélération de l’investissement productif.
Avec un PIB en progression de 0,4 % au premier trimestre et 0,4 % attendu au second, la zone euro devrait connaître une amélioration de sa situation au regard du chômage et des salaires réels au cours de l’année.
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