2016 a été une drôle d’année marquée tout à la fois par un niveau de taux d’intérêt historiquement bas et par leur remontée à compter du mois de novembre.
Drôle d’année où le pétrole et la Chine ont déprimé les places financières quand le Brexit et Donald Trump les ont dopées.
Drôle d’année qui a vu le Livret A renouer avec une collecte positive et l’assurance-vie trébucher en raison de l’adoption de mesures exceptionnelles visant à la protéger en cas de crise systémique. Drôle d’année, car les Français ont privilégié l’épargne par rapport à la consommation.
Si le cours de l’année 2016 était difficilement prévisible, celui de 2017 ne l’est pas a priori moins. Et, s’il n’y a pas de surprise, cela en sera une ! En effet, entre l’investiture, le 20 janvier prochain, de Donald Trump et l’élection du Bundestag allemand en passant évidemment par les élections françaises, l’actualité sera riche. Aux évènements cités, il convient d’ajouter l’engagement formel du Brexit, l’Italie, la guerre en Syrie et en Irak, le cours du pétrole…
L’année 2017 sera peut-être rythmée par la hausse des taux directeurs de la Banque centrale américaine, mais comment en être certain au vu de ce qui s’est passé en 2016 ? Si la FED respectait son programme de trois relèvements, l’écart avec les taux de la BCE deviendrait conséquent. En cas de contagion de la hausse des taux, comment réagira l’économie européenne ? Le relèvement des taux, s’il est tangible, sera-t-il fatal aux actions et à l’immobilier ? Il est probable que sa modestie aboutisse à résoudre par elle-même cette interrogation. Néanmoins, les capitaux ne risquent-ils pas de fuir l’Europe et plus encore les pays émergents afin de chercher de la rémunération aux États-Unis ? L’Europe risque d’être au point mort cette année, du fait de l’accumulation des élections. Une relance du processus de construction ne pourra, au mieux, intervenir qu’en fin d’année.
Le cours du pétrole constitue une des autres clés de l’année 2017. L’accord de l’OPEP étendu à quelques pays non membres de l’organisation comme la Russie, sera-t-il respecté ? Si c’est le cas, le pétrole pourrait s’échanger autour de 60 dollars le baril ; dans le cas contraire, il pourrait redescendre autour de 40 dollars.
Les élections françaises qui s’étaleront d’avril à juin déboucheront-elles sur de nouvelles modifications de la fiscalité de l’épargne ? Fort probable ! De la suppression de l’ISF à la refonte de la taxation des plus-values, les candidats ne manquent pas d’imagination. Il nous faudra, en outre, attendre l’été pour savoir si la retenue à la source s’appliquera réellement en 2018. Dans ces conditions, la prudence risque d’être de mise, les épargnants « laissant du temps au temps » afin de voir si les promesses dépassent les préaux d’écoles.
Philippe Crevel explique pourquoi les taux bas n’ont pas permis d’accroître le nombre de propriétaires, mettant en avant la part massive de renégociation.
Philippe Crevel repond aux questions de l’AGEFI sur les résultats de l’assurance-vie sur les 11 premiers mois de l’année 2016 en revenant sur les faits marquants qui sont venus perturber la collecte.
Retrouvez l’interview de Philippe Crevel dans la Dépêche du midi sur les attentes des Français en matière de placements.
Après une nouvelle décollecte pour le livret A enregistrée en novembre retrvouez, dans les Echos, les explications de Philippe Crevel et ses projections sur le résultat à attendre sur l’ensemble de l’année écoulée.
Pour le deuxième mois consécutif, le Livret A enregistre, en novembre une décollecte. Elle atteint 120 millions d’euros et fait suite à celle d’octobre qui avait été de 1,02 milliard d’euros.
Le mois de novembre est traditionnellement mauvais pour le Livret A. Sur ces 10 dernières années, selon les statistiques de la Banque de France, à 5 reprises, une décollecte a été constatée. En novembre, les ménages s’acquittent de leurs impôts locaux et entrent dans la phase de préparation des cadeaux de fin d’année.
La disparition des gains de pouvoir d’achat générés par la baisse du prix de pétrole joue également en défaveur du Livret A. Enfin, novembre est un mois ne donnant pas lieu à versement de primes.
Pour le Livret A, l’année 2016 marquera néanmoins une rupture par rapport aux deux années précédentes marquées par une forte décollecte ; entre le début de l’année 2014 et la fin 2015, elle avait atteint, en effet, plus de 15 milliards d’euros. Cette année, la collecte devrait se situer entre 0,5 et 1,5 milliard d’euros sachant qu’au mois de décembre le versement des primes est favorable au Livret A.
De son côté, le Livret de Développement Durable a connu une décollecte de 200 millions d’euros. Ce produit étant plus bancarisé que le Livret A, cela signifie que les ménages pour financer leurs dépenses de novembre ont dû puiser sur leur épargne de court terme.
L’encours du Livret A est, fin novembre, de 257 milliards d’euros quand celui du Livret de développement durable est de 100 milliards d’euros.
En 2017, les nombreuses incertitudes économiques et politiques pourraient avantager le Livret A qui est une éternelle valeur refuge en cas de périodes troublées.
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Sarah Le Gouez
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Les dépenses de protection sociales qui représentaient en moyenne 28,7 % du PIB au sein de l’Union Européenne ont progressé de 0,4 point sur un an.
Elles atteignent en France 34,3 % du PIB en 2014. La France est le pays de l’Union où les dépenses de protection sociales sont les plus élevées. Elle devance le Danemark 33,5 %
Parmi les dépenses consacrées à la protection sociale, la part consacrée au financement aux pensions de vieillesse et de survie constituait, sans surprise la principale dépense de protection sociale dans la quasi totalité des États membres. Elle représentait ainsi 45.9% des prestations sociales totales en 2014 au sein de l’Union Européenne, avec là encore d’importante disparité entre les États membres pouvant atteindre jusqu’ à 65 % des dépenses de protection sociale en Grèce contre 29,8 % en Irlande. La France, les prestations consacrées au financement de la branche vieillesse atteignent 45,5 % des dépenses totales de protection sociale.

Après la branche vieillesse, viennent ensuite mes dépenses consacrées aux financement des prestations de maladie, de soins de santé et d’invalidité qui concentrent 36,5% des prestations sociales totales dans l’UE. La France y a consacré 35 % de ses dépenses de protection sociale en 2014 quand l’Allemagne 42,8 % .
Les 3 autres fonctions prises en compte dans le classement réalisé par l’office européen de statistique que sont respectivement la branche famille/enfance, les dépenses de chômage et enfin les dépenses consacrées au logement et à la lutte contre ont un poids plus marginal.
Au niveau des ressources, les cotisations sociales comptaient pour 54 % des sources de financement de la protection sociale au sein de l’Union Européenne puis l’impôt (40 %).
Fin 2014, 2 680 000 personnes exercent une activité en qualité de travailleurs non salariés. Pour la première fois depuis 2010, les effectifs des non-salariés hors auto-entreprneurs baissent (-2,2 %).
Les 1,9 million de travailleurs non-salariés « classiques » exercent majoritairement leur activité en qualité d’entrepreneurs individuels (58 %) quand 42 % ont opté pour le statut de gérants majoritaire. Le recul constaté en 2014 tient essentiellement la forte diminution des entreprneurs individuels (-6,6 %) qui n’a pu être compensé par les gérants majoritaires dont le poids continue à s’accroître (+4,6 % après +5,1 % en 2013).
Avec la prise en compte de ces derniers la progression reste néanmoins limitée (+0,5 % sur un an) contre une hausse de 5,1 % en 2013 et 5,4 % en 2012. Les auto-entrepeneurs qui représentent, fin 2014, 28 % des travailleurs non-salariés (hors secteur agricole) progressent moins fortement que par le passé. On comptent ainsi 739 000 auto-entrepreneurs en 2014 contre 682 000 fin 2013 soit une progression de 8,3 % soit presque deux fois moins que l’année précédente (+16,1 % entre 2012 et 2013). Surreprésenté dans le secteur du commerce de détail hors magazin, les auto-entrepreneurs représentent 65 % des non-salairés dans ce secteur.
En raison de la diversité des statuts et des conditions d’exercice d’une activité non salariés, les disparités de revenu d’activité au sein des TNS est bien plus importante que chez les salariés.
Si les revenus moyens atteignent 3 260 euros par mois, ce chiffre n’est pas significatif. Ainsi ils montent à 3 470 euros pour les entrepreneurs individuels quand il tombe sous les 3 000 euros (2 970 euros exactement) pour les gérants. Par ailleurs 10 % des TNS classiques déclarent un revenu nul et un 1 TNS sur 10 perçoit moins de 480 euros. Inversement, en haut de l’échelle des revenus, parmi les TNS déclarant des revenus, un sur 4 déclare se verser plus de 4 320 euros par mois et un sur 10 plus de 7880 euros. Les secteurs les plus rémunérateurs sont le secteur médical (médecins et dentistes percevant en moyenne 8310 euros par mois) suivis des professions juridiques et comptables (7 630 euros) quand le commerce en détail hors magazin génère les revenus les plus faibles (1040 euros en moyenne par mois).
Les auto-entrepreneurs générant de plus faibles revenus (410 euros mensuels en moyenne) occupent dans un tiers des cas,en parallèle une activité salarié .
L’INSEE qui relève que les revenus d’activité moyen des indépendants classique progresse à nouveau en 2014 (+1,6 %) après une contraction de 4 % l’année précédente, explique en partie cette hausse par la baisse des effectifs dans les secteurs dégageant des revenus moyens plus faibles ( commerce en gros, spectacles et activités récréatives, services administratifs et d e soutien…).
Benoît Lety revient dans cBanque sur les craintes exprimés par les acteurs du marché de l’épargne retraite sur l’introduction du prélèvement à la source à compter du 1er janvier 2018. Il cite notamment la tribune de Philippe Crevel qui appelle les pouvoirs publics à clarifier leur position afin de ne pas pénaliser injustement les produits d’péargne retraite.
En progression de 1,3% sur un an, le patrimoine économique national net s’élève à 13 585 milliards d’euros à la fin 2015. Cette hausse tiendrait principalement à la baisse enrgistrée dans l’immobilier, le patrimoine non financier des ménages progressant ainsi de 1,2 % après avoir enregistré un recul de 1,1 % en 2014 quand le patrimoine financier net reste faiblement négatif (– 187 milliards d’euros après – 195 milliards en 2014).
La hausse de 2015, n’efface cependant pas le repli enregistré en 2014 qui atteignait 1,8 %.

Le patrimoine économique de la France représente, selon l’INSEE, 7,6 fois le produit intérieur net (PIN) de l’année.
En hausse de 0,5 % sur un an, après +0,4 % en octobre dernier, les prix de la consommation sont légèrement tirés vers le haut par l’accélération des prix energétiqeus (+2,1% après +0,7 %) et notamment le rebond des prix du gaz et des produits pétroliers qui gagnent respectivement 5,7 % et 4,1 % sur un an.
Du côté des service la hausse est de 1 % sur un an grâce notamment au prix à une hausse de 5,2 % pour les prix des transports aériens et de 2,9% des services de communication.
En revanche, les prix des produits manufacturés, après marqué à une pause en octobre , fléchissent à nouveau légèrement en novembre (−0,1 %). Sur un an, ils baissent de 0,6 %.
L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) reste quant à lui stable sur un mois. Sur un an, il accélère à +0,7 %, son plus haut niveau depuis mai 2014.

L’ÉPARGNE RETRAITE NE DOIT PAS ÊTRE UNE VICTIME COLLATÉRALE DE LA RETENUE À LA SOURCE
Le projet de loi de finances pour 2017, en cours de discussion, prévoit l’instauration de la retenue à la source pour l’impôt sur le revenu en 2018 avec par voie de conséquence une neutralisation relative de la base d’imposition de 2017. À ce titre, l’épargne retraite pourrait être injustement pénalisée par le dispositif de transition. L’épargne retraite doit être fiscalement traitée de la même manière que les emplois de personne. À l’heure actuelle, au moment où les pouvoirs publics appellent de leurs vœux une réorientation de l’épargne vers des placements longs et vers l’économie réelle, un doute subsiste. Il leur appartient donc de le lever.
En effet, les versements aux produits d’épargne retraite, PERP, Prefon, Contrats Madelin effectués en 2017 pourraient ne pas donner lieu à déduction sur le revenu imposable.
En 2018, le législateur a prévu que les Français effectuent une déclaration de revenus portant sur 2017 en permettant la prise en compte des éléments non récurrents dont les déductions fiscales. Pour l’épargne retraite, il serait donc possible d’indiquer le montant des cotisations versées en 2017 et de bénéficier d’un taux réduit d’imposition sur les derniers mois de l’année 2018 voire d’obtenir un remboursement d’un trop payé d’impôt. Il serait également possible pour le calcul du taux d’imposition applicable au 1er janvier 2018 de prendre en compte les versements moyens des contribuables réalisés sur des produits d’épargne retraite. Ainsi, chaque année, sur une base glissante, serait intégré l’effort d’épargne retraite consenti par les contribuables. La dernière solution serait de donner à chaque contribuable la possibilité, en fin d’année, de mentionner aux services fiscaux, par Internet, le montant des versements réalisés l’année précédente sur des produits d’épargne retraite de telle façon qu’ils puissent être réintégrés dans le calcul du taux d’imposition.
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Sarah Le Gouez
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Parmi les 1,2 million d’allocataires de l’APA recensés en 2013 par l’INSEE, 9 sur 10 avaient 75 ans ou plus. L’APA étant une allocation destiné à accompagner financièrement les personnes âgées de 60 ans et plus en situation de perte d’autonomie concernerait 3,8 % de plus de 60 ans. La part des bénéficiaires a augmenté de 11 % en 5 ans quand, en parallèle, les dépenses liées se sont accrûes de 4 % en euros constant, principalement en raison de la forte progression des dépenses relatives à l’APA en établissement. Sur la seule année 2013, les dépenses brutes d’APA s’élèvent à 3,3 milliards d’euros pour l’aide à domicile et à 2,2 milliards d’euros pour l’accueil en établissement.
Solution privilégiée par les professionnels de santé et par les familles, le maintien à domicile concerne 59 % des bénéficiaires de l’APA mais le poids des personnes âgées prises en charge en établissement tend à s’accroître avec l’âge, ainsi 66 % des bénéficiaires de 85 ans et plus sont placés dans des établissements spécialisés quand seulement 50 % de ceux de 75 ans et plus le sont.
Inégalement répartis sur le territoire, les bénéficiaires de l’APA sont sureprésentés dans le Sud de la France avec 33 % de bénéficiaires en Corse et plus de 28 % dans les départements de l’Aveyron, la Lozère et l’Hérault et les départements de Hauts-de-France (Pas-de-Calais, Aisne et Somme) et dans les Ardennes. En outre-mer, le taux de bénéficiaires atteint des records avec notamment 40 % d’alloactaires sur l’île de La Réunion.

Après s’être intéressées l’influence que peut avoir le revenu sur le comportement et les attentes des Français en matière d’épargne et de retraite, les équipes du Cercle de l’Épargne examinent à présent l’incidence que peut avoir la détention ou non d’un patrimoine financier en la matière à partir de l’analyse ciblée des résultats de l’enquête 2016, les Français, leur épargne et leur retraite.
Sommaire de l’étude :
Du fait de la poursuite de la baisse des taux d’intérêt moyens constatés pour les crédits nouveaux inférieurs à 1 million d’euros ( 1,75 % en octobre, après 1,80 % en septembre et 1,85 % en août), les entreprises continuent à recourir au crédit pour se financer. De fait l’encours des crédits mobilisés par les entreprises atteignant 885,9 milliards d’euros à la fin octobre (+3,8 % sur un an). Cette hausse touche toutes les catégories d’entreprises et concernerait la majorité des secteurs d’activités.
Inversement, les taux pratiqués pour les crédits unitaires supérieurs à 1 million d’euros enregistrent une hausse en octobre passant de 1,46 % à 1,49 %. Ainsi la production de nouveaux crédits se retractent pour ce type de crédits (12,7 milliards d’euros après 13,6 milliards le précédent) quand elle poursuit sa progression pour les crédits inférieur à ce montant (8,7 milliards après 8,4 en septembre), signe que les entreprises dont les besoins de fonds propres sont importants diversifient les sources de financement.

512 162 salariés disposent d’un Compte prévention pénibilité à la fin de la première année de leur mise en œuvre. La grande majorité des titulaires sont des hommes et 76 % ont entre 41 et 55 ans. Les salariés déclarés exposés représentent 2,2 % de la population totale).
Pour 2015, seuls quatre facteurs de pénibilité étaient pris en compte : travail de nuit, travail en équipes successives, travail répétitif et travail en milieu hyperbare. Six nouveaux critères sont entrés en vigueur le 1er juillet 2016 : agents chimiques dangereux, températures extrêmes, bruit, manutention manuelle de charges, postures pénibles et vibrations mécaniques.
En 2015, la quasi-totalité des expositions (94 %) sont des périodes mono-risque : c’est-à-dire que les salariés concernés ont déclaré qu’ils n’étaient exposés qu’à un seul risque.

Plus de 500 000 points ont été distribués en 2015. 70 % des titulaires ont accumulé au moins quatre points durant l’année 2015. La grande majorité (86 %) des entreprises déclarantes sont des petites et moyennes entreprises ayant moins de 300 salariés. Les entreprises ayant déclaré des salariés exposés aux facteurs de pénibilité en vigueur représentent 1,7 % du total des entreprises françaises considérées.
À compter du 1er janvier 2017, le Livret de Développement Durable sera rebaptisé Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), preuve étant que l’épargne sociale et solidaire infuse dans tous les compartiments de l’épargne française.
Selon certaines sources, l’épargne sociale et solidaire représenterait près de 8,5 milliards d’euros sur un total de 4 000 milliards d’euros d’épargne financière.
L’épargne sociale et solidaire qui est à la mode est un concept, source de confusion. Elle ne doit pas être confondue avec l’Investissement Socialement Responsable qui correspond à une méthode de sélection des entreprises en fonction non seulement de leur performance financière mais aussi d’une appréciation de leur comportement éthique, social et environnemental. La finance solidaire vise à financer des activités choisies en fonction de leur utilité effective en matière de lutte contre l’exclusion, de cohésion sociale ou de développement durable.
Un épargnant peut décider de fiancer une association, un organisme, une entreprise qui remplit des missions sociales : faciliter l’accès à l’emploi ou au logement, l’aide aux handicapés, l’aide aux enfants défavorisés. Cela peut concerner des opérations de financement d’énergies renouvelables ou l’agriculture biologique.
Plusieurs acteurs interviennent en matière de finance sociale et solidaire : les acteurs de terrain (associations, fondations, sociétés coopératives de capital-risque ou financières, foncières, clubs d’investisseurs…) qui, grâce à cette épargne, financent des projets à forte utilité sociale et/ou environnementale. Il faut également mentionner le rôle des compagnies d’assurances, des mutuelles, des institutions de prévoyance des banques et des sociétés de gestion qui orientent une partie de l’épargne vers les acteurs dits de terrain et qui assurent la gestion, et/ou la commercialisation de produits solidaires.
En 2015, presque 50 % (47,7 %) des fonds collectés sont dédiés à la lutte contre l’exclusion et au soutien de l’insertion par l’emploi. Viennent ensuite des actions à caractère social – soin aux personnes âgées ou en situation de handicap – et écologique à hauteur de 18 % et 16,5 % respectivement.
L’épargne sociale et solidaire transite essentiellement à travers trois canaux :
Principal vecteur de l’épargne solidaire, les deux dispositifs d’épargne salariale (PERCO & PEE) offrent l’accès à des supports d’investissement solidaires (FCPE solidaires). Les salariés peuvent affecter leur épargne salariale sur de tels fonds où une partie des plus-values est distribuée à des entreprises solidaires. Plus de 500 000 salariés effectueraient des placements solidaires via leur épargne salariale.
Les épargnants qui souhaitent affecter une partie de leurs gains au profit de structures menant des activités sociales peuvent souscrire des placements dits de partage (livrets, Organismes de Placement Collectif, comptes à terme). Les souscripteurs peuvent donner tout ou partie de leur rémunération (intérêts, dividendes) à une association de leur choix. Si l’association est habilitée à délivrer un reçu fiscal, ils peuvent bénéficie de la fiscalité applicable aux dons (réduction d’impôt variant de 66 % à 75 % en fonction de l’association de la somme versée).
Dans le cas des placements solidaires non réglementés, les épargnants peuvent profiter d’un régime fiscal incitatif. Ainsi, les sommes reversées ne donnent lieu qu’à une imposition de 5 % en lieu et place de 24 % pour les intérêts des comptes sur livret. En revanche, il n’y a pas de ristourne sur le prélèvement social dont le taux est de 15,5 %.
La loi Sapin II prévoit, en effet, qu’à compter du 1er janvier 2017 les titulaires de Livret A et de LDD rebaptisé Livret de développement durable et solidaire pourront affecter une partie de leur épargne à une entreprise de l’univers social et solidaire. Une liste d’associations et de structures sera établie par les pouvoirs publics.
L’actionnariat solidaire permet à l’épargnant d’investir directement dans des projets à vocation sociale ou par le biais d’intermédiaires spécialisés.
Sur le plan fiscal, la souscription d’actions ou de parts sociales dans une entreprise solidaire donne droit à une réduction d’impôt sur le revenu égal à 18 % du montant de la souscription dans la limite de 10 000 euros, à condition de conserver le placement pendant une durée minimum de 5 ans, ce qui n’est pas sans risque. Par ailleurs la souscription donne droit à une réduction au titre de l’ISF égale à 50 % du montant de la souscription dans la limite de 45 000 euros par foyer fiscal sous réserve, là encore, de conserver le placement au moins 5 ans.
Les ménages peuvent également accéder à l’épargne sociale et solidaire via l’assurance-vie. Trois formules existent : les fonds en euros partiellement solidaires, les unités de compte solidaires et les contrats « de partage » (des frais ou des performances) avec des structures solidaires.
Créés en 2014 ils permettent de bénéficier d’une fiscalité avantageuse lors de la transmission. Les capitaux versés avant 70 ans et transmis aux bénéficiaires en cas de décès sont taxés après application d’un abattement de 20 %. Ces sommes sont ensuite exonérées de droits à hauteur de 152 500 € par bénéficiaire, puis taxées à 20 % jusqu’à 700 000 €, et à 31,25 % au-delà. En contrepartie, 33 % de l’épargne doit être investie dans des PME (Petites et moyennes entreprises), du logement intermédiaire ou dans l’économie solidaire, et aucune garantie sur le capital n’est accordée.
Depuis quelques années, plusieurs plateformes collaboratives se sont développées afin de permettre aux épargnants de s’engager dans des projets solidaires. Le crowdfunding permet d’associer au plus près les donateurs. Parmi ces plateformes figurent Arizuka qui permet de financer des projets liés à l’innovation et la solidarité, Bulber qui vise à encourager les initiatives de solidarité internationale. Babeldoor est une plateforme participative et solidaire visant à favoriser la concrétisation de projets engagés, créatifs, culturels socialement utiles. Blue Bees met en relation les internautes soucieux de placer leur argent dans des projets vertueux et des entrepreneurs sociaux de pays en voie de développement. AG2R LA MONDIALE, actionnaire du Cercle de l’Épargne a également lancé une plateforme « Voile Solidaire » pour faciliter le financement de projets de voile sportive.
Cet article reprend l’intervention effectuée au salon de la silver-économie à la Porte de Versailles par Philippe Crevel le 15 novembre dernier.
Le mot « silver-économie » a plusieurs significations. Il renvoie à une partie de la population mais en la matière les frontières sont mal définies. Est-ce simplement les retraités, les personnes de plus de 55 ans voire de 50 ans ? En fonction du critère retenu, c’est entre un cinquième à 40 % de la population qui peut être concerné. Avec l’augmentation du nombre de retraités de plus de 10 millions en moins de 30 ans, la question de la prise en compte des besoins de cette population sera de plus en plus importante. En outre, compte tenu du pouvoir d’achat des retraités, ces derniers constituent des consommateurs recherchés.
Cette population est loin d’être homogène. Entre les seniors en activité et les personnes en état de dépendance, les situations ne sont évidemment pas comparables. La silver-économie est le secteur d’activité qui propose des solutions en termes de biens et de services aux seniors. Peuvent être ainsi associés à la silver-économie, évidemment le secteur de la santé en sens large du terme (allant des services de santé jusqu’à la pharmacie), les services à la personne, les loisirs, les activités liées aux transports mais aussi ceux concernant la construction. Une grande partie de l’économie peut être rangée sous le terme de silver-économie. De plus en plus, se distinguent de ce vaste ensemble les entreprises qui développent des produits spécifiques pour les seniors. Certaines d’entre elles exploitent les possibilités offertes par le digital à travers notamment les objets connectés. La composante « innovation » est particulièrement importante.
Au-delà de cette vision entrepreneuriale, la silver-économie, c’est aussi le fait qu’un nombre croissant d’actifs aura plus de 50 ans. Plus de 27 % des actifs sont déjà dans ce cas. Le vieillissement de la population active est un défi à relever tant sur le plan macroéconomique que sur le plan microéconomique. Les entreprises comprennent des salariés dont l’âge varie de 18 à 67 ans. La pyramide des âges des salariés comporte un nombre croissant de plus de 50 ans ce qui n’est pas sans conséquence sur la diffusion de l’innovation. Cette situation peut générer de l’incompréhension chez les salariés les plus jeunes, ces derniers pouvant avoir l’impression que leur ascension sociale est freinée par la présence dans les strates supérieures de nombreux baby-boomers. Pour les entreprises, le vieillissement du personnel pose le problème de l’adaptation des postes de travail et des missions. Il soulève aussi la question de la productivité et de la motivation au travail. Un salarié de plus de 50 ans, surtout dans le cadre d’activités répétitives, peut éprouver de l’ennui. La santé physique et morale des seniors au travail est également un élément à prendre en compte. Avec le passage de la retraite à 62 ans, les dépenses d’invalidité ont augmenté de plus de 2 milliards d’euros.
La silver-économie, c’est donc la prise en compte de la modification de la structure de la population active. Le développement du cumul emploi-retraite, celui à concrétiser de la retraite progressive et la poursuite de l’augmentation des activités de conseil pour les plus de 50 ans constituent autant de facteurs à suivre.
La silver-économie est considérée par de nombreux experts comme une importante source d’emplois. Évidemment, cela suppose au préalable qu’ils rencontrent une demande solvable. Il est souvent mis en avant que les retraités pourraient épargner moins et bénéficier de nouveaux services et de nouveaux biens. Ils sont des consommateurs très convoités d’autant plus qu’ils ont un pouvoir de prescription important sur les autres catégories de la population (enfants, petits-enfants voire parents).
La Direction de l’animation de la recherche des études et des statistiques (DARES) du Ministère des affaires sociales considère que la silver-économie pourrait générer 300 000 créations d’emplois nettes, en France, d’ici à 2020.
Les seniors ont tendance à changer de logement au moment du départ à la retraite ce qui génère un flux de consommation important. Par ailleurs, les logements doivent être adaptés aux éventuels problèmes de mobilité que peuvent rencontrer des personnes âgées. Les ascenseurs destinés à des maisons individuelles se vendent de plus en plus. Sur 530 000 ascenseurs installés, 30 000 sont à usage domestique. Ce nombre devrait passer à 70 000 dans les prochaines années.
Le développement de la domotique avec une gestion de plus en plus connectée des équipements est incontournable. La surveillance à distance avec une intégration de services médicalisés sera associée au logement des seniors surtout en cas de problèmes de santé.
Avec le vieillissement, les dépenses de santé augmentent de manière exponentielle. Il faudra améliorer l’offre de soins tout en essayant de maîtriser les dépenses. Auxiliaires de vie, aides-soignants et infirmiers comptent parmi les métiers qui gagneraient le plus d’emplois avec environ 300 000 créations nettes d’ici 2020. Face au développement de certaines pathologies, l’effort de recherche devrait rester important avec, à la clef, certaines de nouvelles découvertes associant génétique, nanotechnologies et digital. Tant sur la prévention qu’en matière de diagnostic et dans le domaine des traitements, des avancées sont attendues dans les prochaines années.
Les seniors sont des consommateurs à ne pas négliger : ils assurent 54 % des dépenses de biens et services. Du fait du vieillissement de la population, la demande d’aménagement du domicile, de produits et de services liés à l’autonomie devrait doubler en l’espace de 20 ans. Mais la silver-économie ne se limite pas à la perte d’autonomie. Elle recouvre aussi de nouveaux comportements et besoins des baby-boomers à la retraite.
En France, plus de 200 start-up interviennent sur le créneau de la silver-économie. La filière de la silver-économie pourrait, selon certains experts, dépasser les 100 milliards d’euros en France en 2020.
La complexité du marché de la silver-économie tient à l’absence de définition et au fait que le senior refuse par nature d’être étiqueté « personne âgée ». Le senior se considère avant tout comme un actif qui a arrêté de travailler. Il entend autant que possible maintenir ses habitudes passées de consommation. Il est plus « adulescent » que « retraité ». Il récuse le marketing trop typé. S’il a des demandes différentes de ses enfants, il n’entend pas qu’elles soient trop affichées. La silver-économie ne peut donc que se définir en creux. Elle est une activité qui se greffe sur d’autres mais pas en soi un secteur autonome.
Début 2015, la moitié des ménages vivant en France possèdent un patrimoine brut supérieur de 158 000 euros (patrimoine médian). Les 10 % les mieux dotés détiennent un patrimoine d’au moins 595 700 euros quand les 10 % les plus modestes ne possèdent au mieux que 4 100 euros de patrimoine. Les 1 % les mieux dotés possèdent, en moyenne, 1,95 million d’euros d’actifs immobiliers et mobiliers.
Si les écarts de revenus sont, en France, limités, rapport de 1 à 7 avant prestations sociales entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres (ratio de 1 à 3,4 après prestations), ils sont évidemment plus importants en matière de patrimoine. Le rapport entre les 10 % les moins biens dotés et les 10 % les mieux dotés était, en 2015, de 1 à 627. Il convient de souligner qu’il était bien plus important au début des années 70 (rapport de 1 à 2000). L’immobilier qui représente plus de 60 % du patrimoine des ménages explique, en grande partie, cet écart.
En France, les 50 % des ménages les mieux dotés possèdent, en 2015, 92 % du patrimoine brut total détenu ; les 10 % les mieux dotés 47 % et les 1 % les mieux dotés 16 %.
L’épargne logement n’est plus le placement phare qu’il a été jusqu’au mois d’août ; la faute à la baisse de son taux de rémunération. Même si le passage de 1,5 à 1 % ne concerne que les nouveaux plans souscrits après le 1er août de cette année, les ménages ont réduit leurs versements. Au mois d’octobre, ils s’élevaient à 687 millions d’euros après 664 millions d’euros en septembre contre 1,027 milliard d’euros au mois de juillet et 3,481 milliards d’euros au mois de janvier. Depuis un an, les versements mensuels étaient toujours supérieurs à 1 milliard d’euros (les mois de décembre sont atypiques car ils intègrent le versement des intérêts).

La France compte de moins en moins d’actionnaires individuels. En effet, il n’y aurait, selon une récente enquête Kantar – TNS réalisée pour l’Autorité des Marchés Financiers, plus que 3 millions d’actionnaires individuels contre 7 millions en 2008. Le taux de détention d’action est passé de 13,8 % en 2008 à 6,2 % en mars 2016 (contre 6,6 % en 2015). Ce repli de la possession conduit également à une baisse du nombre de détenteurs de PEA. En mars 2016, seulement 6,8 % des Français détiendraient un PEA contre 7,1 % en 2015. Ce recul est la conséquence de la crise de 2008 et du durcissement de la fiscalité sur les comptes titres en 2012.
Les ménages ne détiennent plus que 10 à 12 % de la capitalisation de la Bourse de Paris contre un tiers en 1970.
Selon une étude de Havas Paris et Opinion Way publiée au mois de novembre, l’actionnaire individuel est avant tout un homme (pour 72 % des actionnaires) qui vit surtout en Île-de-France (25 % contre 18 % pour l’ensemble des Français). Il est majoritairement actif, contrairement à certaines idées reçues (55 %), diplômé (46 % bac +2 et plus) et appartient à une catégorie socioprofessionnelle supérieure. Ses revenus sont aussi plus élevés plus que la moyenne (42 000 euros par an en moyenne contre 30 000 euros pour l’ensemble des ménages). 63 % des actionnaires détiennent moins de 5 lignes dans leur portefeuille ; ils privilégient les actions du CAC40 (85 % d’entre eux). Les actionnaires n’échappent pas à la digitalisation. Ils se renseignent de plus en plus sur les sites en ligne avant d’acheter. Même si cela reste marginal, un nombre croissant d’actionnaires réalise ses achats, ses arbitrages, ses ventes directement sur Internet. Il est à noter que si l’actionnaire individuel reste encore plus âgé que la moyenne des Français, depuis quelques années, un rajeunissement est en marche. La part des 65 ans est passée de 38 % en 2014 à 32 % quand celle des moins de 35 ans est passée de 11 à 13 %. 38 % des actionnaires ont moins de 50 ans contre 36 % en 2014. Deux tiers des actionnaires ont acquis leurs actions avant 40 ans en 2015 contre 52 % en 2014. Ce rajeunissement s’accompagne d’un engagement plus important des actionnaires. 55 % d’entre eux conservent leurs actions plus de 5 ans et près de 44 % votent aux assemblées générales contre respectivement 44 % et 35 % en 2014.
Le crédit à a consommation a connu une forte baisse à partir de 2008. La crise et le durcissement de la législation expliquent cette rupture. La baisse des taux depuis trois ans a inversé la tendance de repli.
Au second trimestre 2016, la progression a été de 5,6 % faisant suite à une augmentation de 4,6 % au premier trimestre. Si l’Espagne et l’Italie connaissent des progressions plus fortes qu’en France, en revanche, en Allemagne, la hausse est un peu plus mesurée.
Le crédit à la consommation a un fort effet sur la demande des ménages en biens, en particulier en ce qui concerne les voitures. La progression des immatriculations de véhicules neufs est en grande partie liée au redécollage des crédits‑bails (ou locations avec option d’achat – LOA). L’encours des locations avec option d’achat est en hausse continue depuis le début des années 2000. Les encours ont été multipliés par près de six en quinze ans. Le risque sur ces crédits est assez faible car les ménages qui y recourant ont, en moyenne, un niveau de revenus supérieur à la moyenne.
La France bénéficie d’un contexte porteur en matière de crédits à la consommation avec des taux qui sont inférieurs en moyenne de 170 points de base à la moyenne de la zone euro.
Les ménages ont accru leurs dépôts à vue de 25 milliards d’euros sur les sept premiers mois de l’année. L’encours atteignait 374 milliards d’euros, ce qui constitue un record absolu. Les polémiques sur l’assurance-vie et la baisse des taux conduisent les ménages à laisser toujours plus de liquidités sur leurs comptes courants.

Au mois d’octobre, le Livret A comme l’assurance-vie ont connu une décollecte. Après sept mois consécutifs de collecte positive, le Livret A a, en effet, enregistré, au mois d’octobre, une décollecte de 1,02 milliard d’euros. Il fallait remonter au mois de novembre 2015 pour enregistrer un tel recul. Avec le LDD, la décollecte est de 1,55 milliard d’euros soit un niveau pas rencontré depuis le mois d’octobre dernier. Ce mouvement de décollecte efface presque tous les gains des sept derniers mois. Sur l’année, la collecte reste positive de 140 millions d’euros pour le Livret A et le LDD (et de 1,23 milliard d’euros pour le Livret A).
Pour l’assurance-vie, la dernière décollecte datait du mois de décembre 2013. En octobre, le montant des rachats a excédé les versements de cotisations de 100 millions d’euros.
La polémique liée à la loi Sapin II avec les mesures exceptionnelles en cas de crise financière a sans nul doute pénalisé, au mois d’octobre, la collecte de l’assurance-vie. La communication sur l’éventuelle baisse du rendement des fonds euros, doublée des nombreuses incertitudes politiques et économiques, a incité les détenteurs à accroître, en octobre, les rachats sur ce placement.
À l’automne, les ménages doivent faire face à des dépenses incontournables comme le paiement du dernier tiers provisionnel (en septembre) et celui des impôts locaux (octobre et novembre). Les ménages doivent également absorber les coûts des rentrées scolaires et, le cas échéant, préparer la succession de vacances (Toussaint et fin d’année). Cela a joué évidemment pour le Livret A et à titre résiduel pour l’assurance-vie. Les Français prennent également en compte le ralentissement des gains de pouvoir d’achat générés par la baisse du prix du pétrole.
Durant des semaines, les taux bas étaient une source infinie d’inquiétudes ; nombreux étaient ceux qui souhaitaient le retour des taux d’intérêt positifs. La hausse constatée ces deniers jours génère, à son tour, chez un certain nombre d’acteurs, un effroi.
Plusieurs facteurs contribuent à cette hausse. La première et c’est une bonne nouvelle, est le retour d’une très légère inflation. Il ne faut pas oublier que la Banque Centrale Européenne a opté pour un « Quantitative Easing » pour empêcher la déflation et pour se rapprocher, autant que, possible de l’objectif d’augmentation des prix de 2 %. L’inflation qui était nulle en 2015 atteint désormais 0,5 % et pourrait se rapprocher de 1 % au cours des prochains mois en cas de hausse du prix du pétrole.
À moyen terme, les investisseurs considèrent que l’inflation devrait augmenter, ce qui conduirait à une hausse des taux d’intérêt. Par ailleurs, ce phénomène est amplifié par les engagements pris par le nouveau Président des États-Unis d’accroître certaines dépenses publiques et donc le déficit budgétaire. En outre, la tendance est au réamorçage des politiques budgétaires. Après plusieurs années d’austérité, du moins pour certains États, plusieurs organisations internationales dont le FMI et l’OCDE appellent de leurs vœux des relances budgétaires ciblées sur les investissements. Les tensions financières dans certains pays comme l’Italie avec le problème des créances douteuses des banques contribuent à l’augmentation des taux au sein de la zone euro surtout qu’elles se doublent de fortes incertitudes électorales et institutionnelles.
L’augmentation des prix est encore très liée à l’évolution des prix de l’énergie. Du fait de l’importance du chômage dans plusieurs pays de la zone euro, la transmission de l’inflation des prix des biens à celle des salaires est, pour le moment, limitée. Les surcapacités de production demeurent importantes pour les biens industriels ce qui limite d’autant les relèvements de prix. Plusieurs facteurs structurels pèsent, par ailleurs, durablement sur les prix. Le vieillissement freine la demande en biens quand l’économie digitale, avec des coûts marginaux nuls ou quasi nuls, est, par nature, déflationniste. Le développement d’une consommation de l’usage qui remplace celle de l’achat et des plateformes collaboratives est également un frein aux augmentations des prix en réduisant la demande finale et en accentuant la concurrence.
Les banques centrales ne laisseront pas les taux s’emballer faute de quoi plusieurs États seraient dans l’incapacité de faire face à leurs échéances pour le remboursement de leur dette. Une augmentation d’un point des taux d’intérêt peut coûter près d’une dizaine de milliards d’euros pour des États fortement endettés comme la France ou l’Italie. Pour enrayer la hausse, les banques centrales pourraient accroître leurs achats de titres.
Le scénario d’une hausse progressive et maitrisée des taux reste le scénario le plus crédible. Certes, ce scénario pourrait être remis en cause en cas de grave crise. Si l’Italie se révélait ingouvernable ou si la recapitalisation de ses banques apparaissait compliquée à mener, il est fort probable que les tensions sur les taux s’accentueraient.
Contrairement aux craintes émises par de nombreux analystes, le référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne et l’élection de Donald Trump à la Présidence des États-Unis ont eu peu d’effets négatifs, voire ont eu des effets positifs sur les marchés financiers. Pourquoi ? Cela peut-il durer ?
Avant ces deux évènements, à savoir le Brexit et l’élection de Donald Trump, les marchés avaient corrigé, voire, d’une certaine façon, anticipé leur possible survenue. Bien que d’une ampleur différente, la réaction a été semblable dans les deux cas. Si les marchés ont plus violemment réagi au Brexit, on a assisté, dans les deux cas, à un rapide retour à des niveaux supérieurs, tout particulièrement en ce qui concerne l’élection présidentielle américaine. En revanche, pour ce qui est du référendum britannique, les conséquences devraient être négatives. La suite nous le dira car si le vote a eu lieu, le Brexit reste entièrement à réaliser.
Au même titre que pour le Brexit, il convient d’attendre un peu avant de se prononcer sur l’impact de l’élection américaine, car l’entrée en fonction de Donald Trump est prévue le 20 janvier prochain. Nous avons à faire face à deux Donald Trump, le premier, celui de la campagne électorale, exubérant, cassant, tout à fait imprévisible et le second, élu, bien plus posé et plus conciliant bien que toujours aussi imprévisible. On dispose à ce jour de peu d’éléments sur son programme et surtout sur son éventuelle mise en œuvre. On assiste, d’une part, depuis le vote, à une succession de renoncements sur des sujets aussi divers que le projet de mur entre les États-Unis et le Mexique pour limiter l’immigration clandestine ou encore le mariage homosexuel et l’Obamacare. Il semble en revanche conserver des positions fermes, en particulier en ce qui concerne les nominations des membres de son équipe, avec une équipe très dure.
Depuis le début de l’année, le CAC40 n’arrive pas à passer durablement au-dessus des 4 500 points. Quelles sont les raisons de cette léthargie française et de ce décalage avec les autres grandes places européennes ?
Avant de comparer la performance du CAC40 avec celle des autres places européennes, il faudrait dans un premier temps uniformiser le mode de calcul des différents indices. Le Dax allemand qui est par exemple calculé « dividendes bruts réinvestis », est encore en ce moment autour de 10 600 points quand le CAC40, calculé hors dividendes, lui n’est qu’à 4 600. Pourtant, Euronext fait bien le calcul, en temps réel, tous les jours, du CAC dividendes réinvestis. Ce dernier s’élève à environ 8 900 points. Voilà qui change tout et laisse entrevoir, sur le long terme notamment, le visage des actions sous un tout autre angle, bien plus favorable.
Le plus important, pour l’instant c’est la santé et la vie des entreprises, or en 2016, leurs résultats progressent. Par conséquent, les marchés financiers devraient bien sûr suivre ; d’autant que 2017 s’annonce favorable pour les bénéfices également. Enfin, n’oublions pas que les entreprises françaises sont pénalisées tant sur le plan de la fiscalité et des prélèvements sociaux que par un code du travail devenu irréaliste et par une paperasserie envahissante. C’est une situation qui pourrait changer l’an prochain.
Malgré des taux d’intérêt au plus bas et un environnement réglementaire un peu chahuté, les ménages français continuent à épargner mais optent pour une certaine forme d’attentisme en privilégiant les dépôts à vue et les placements courts peu rentables. Que préconiseriez-vous aux épargnants qui semblent un peu perdus?
Les Français souffrent d’un manque cruel de culture actionnariale, ils ont peur des actions qui, il est vrai, sont affectées d’une volatilité souvent bien plus importante que les autres classes d’actifs. Aussi, les gouvernements successifs, les professionnels de la finance et les autorités de tutelles devront faire preuve de beaucoup de pédagogie pour faire comprendre que le rendement est forcément en rapport avec le risque que l’on prend.
Si on parvenait à instaurer un cadre fiscal, juridique et administratif stable, cela constituerait une avancée qui permettrait d’apaiser les marchés. On peut toujours espérer qu’un homme politique providentiel qui parviendrait à restaurer la confiance en l’avenir, le retour du plein-emploi et garantirait aux retraités qu’ils pourraient bénéficier d’une pension décente relancerait de facto la consommation et bien sûr la croissance. Ce mouvement serait souhaitable d’autant que la reprise de l’inflation commence à se dessiner. Mais ceci n’est qu’un rêve…
Bientôt, avec la reprise, modeste mais réelle, qui se dessine en ce moment, les placements d’attente ne seront plus de mise. Aussi, toujours quand la croissance repart, la meilleure protection contre l’inflation, reste les actions.
Avec de nombreuses élections prévues en 2017 en Europe, en France, aux Pays-Bas, en Allemagne et peut-être aussi en Italie, comment voyez-vous l’année boursière ?
Avec la mondialisation, les élections dans les « petits-moyens pays » sont sans grande incidence sur les marchés. En revanche, quand il s’agit de l’Amérique c’est un phénomène mondial. Ce sera sans doute le cas prochainement pour la Chine et l’Inde également.
Pour illustrer le faible impact actuel des élections nationales, je souhaite revenir sur l’élection de François Mitterrand qui avait, en 1981, fait tomber la Bourse de Paris dans la déprime et le pessimisme. L’indice avait alors perdu près de 30 % entre le 12 et le 30 mai 1981 et 90 % des actions étaient incotables tant le marché était déséquilibré. Mai 2012, 31 ans après, l’élection de François Hollande a donné lieu, le lundi qui a suivi, à une hausse des marchés.
Aujourd’hui, le Brexit et l’élection de Donald Trump reflètent bien la défiance des électeurs à l’égard du système actuel. Une impression de « ras-le-bol » généralisé semble se propager avec une volonté de changer les équipes en place et une montée des thèses populistes. De fait, il existe de fortes incertitudes quant à l’issue des élections européennes à venir, y compris en France. Or, on le sait l’incertitude est loin d’être appréciée par les marchés. Il reste certes encore beaucoup d’obstacles à franchir, mais s’il n’y en avait pas les marchés seraient bien plus chers qu’aujourd’hui et dès lors il n’y aurait peut-être plus d’espoir de progression possible. Voilà pourquoi, je considère que la hausse est encore devant nous.
Philippe Crevel était au micro d’Europe 1 pour évoquer la décollecte de l’assurance vie en octobre. Il revient sur ses raisons de la méfiance des Français à l’égard de ce placement. Explique les attraits que peut revetir ce placement.
Retrouvez l’analyse de Philippe Crevel sur la décollecte enregistré en octobre par l’assurance vie, reprise dans le Dossier familial.
Dans cet article consacré à l’épargne retraite, Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne revient notamment sur l’atrait de la pierre « voie de passage obligée » pour préparer sa future retraite.
Retour de la décollecte pour le placement préféré des Français. Retrouver dans cette article des Echos qui cite le Cercle de l’Épargne, les explications de Philippe Crevel.
Après une collecte à l’équilibre, l’assurance vie trébuche en octobre et redécouvre la décollecte. Les explications de Philippe Crevel sur ce mauvais résultat pour le placement fétiche des Français.
D’après une étude d’Eurostat, la France détient en 2015 se distingue en Europe avec le ratio global recettes fiscales /PIB le plus élevé parmi les 28 Etats membres. Ce ratio est de fait de 47,9 % en France contre 40 % au sein de l’UE et 41,4 % dans la zone euro.

La France est suivie de près par le Danemark et la Belgique où la somme des impôts et des cotisations sociales nettes en pourcentage du PIB atteint respectivement 47,6 % et 47,5 % du PIB quand l’Allemagne est dans la moyenne de l’UE. A l’inverse, c’est l’Irlande, souvent accusé de réalisé du dumping fiscal, qui détient le record du plus faible ration (24,4 %) suivie des pays de l’Est de l’Europe avec la Roumanie (28,0%), la Bulgarie (29,0%), la Lituanie (29,4%) et la Lettonie (29,5%).
Dans le détail, les recettes fiscales qui sont constituées des impôts sur la production et sur les importations, les impôts sur le revenu et le patrimoine ainsi que les cotisations sociales. La France est en tête pour les cotisations sociales qui représentaient en 2015, 18,9 % du PIB. Elle se situe dans la moyenne haute au titre de la part des impôts sur la production et sur les importations qui représente 16 % du PIB (contre 22,1 % en Suède et 13,3 % de la zone euro). En revanche, elle est conforme à la moyenne européenne au titre des impôts sur le revenu et le patrimoine avec 12,6 % de PIB.
Si la hausse n’ a été que de 0,1 % entre 2014 et 2015, en 10 ans, le ratio des recettes/ PIB a enflé de 3,4 % en France contre une hausse plus limitée en Allemagne +1,5 % de PIB. Les plus fortes hausses sur l’intervalle de 10 ans sont constatées en Grèce (+6,1 % de PIB) – une hausse concentrée sur 5 dernières années du fait de la crise économique – et en Italie (+4,3 %). A l’inverse l’Irlande a réduit de près de 7 points la poids des recettes fiscales dans le PIB.
Avec 11 700 demandeurs d’emplois de catégorie A en moins, la France métropolitaine compte à présent 3 478 800 demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité s’établit. La baisse est ainsi de 0,3 % sur le mois d’octobre est de de 0,8 % (- 27 800 personnes) sur les trois derniers mois.
Cette baisse profite d’abord au moins de 25 ans dont le nombre de demandeurs recule de 1,5 % sur un mois et de 8,2 % sur un an, quand pour les classe d’âge intermédiaire (25-49 ans) ce recul est respectivement de 0,4 % et 3,3 %. La situation des seniors, restent en revanche, problématique avec un nombre de demandeurs d’emploi qui continu à s’accroître (+0,4 % sur le mois d’octobre, +1,4 % sur 3 mois et +1,6 % sur un an).
Le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C qui atteint 5 460 800 fin octobre 2016,est également en retrait sur un mois (-0,4 %). Il reste, en revanche en progression sur 3 mois (+0,3 %) et sur un an (+0,4 %) pour l’ensemble des tranches d’âges.
Dans la France entière, avec prise en compte des Département et les régions d’outre mer, le nombre de demandeurs de catégorie A s’élève à 3 733 800, également en recul de 0,3 % également par rapport à septembre. Toute catégorie confondus, la France on compte à présent 5 760 600 demandeurs.
Résultat de l’assurance vie en octobre 2016 :
Accès de faiblesse confirmé
Analyse de Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne
Après une collecte nulle en octobre, l’assurance vie enregistre pour la première fois depuis décembre 2013, une décollecte qui s’élève à 100 millions d’euros.
La rupture amorcée en septembre est donc confirmée. La polémique liée à la loi Sapin II avec les mesures exceptionnelles en cas de crise financière a sans nul doute pénalisé, au mois d’octobre, la collecte de l’assurance vie. La communication sur l’éventuelle baisse du rendement des fonds euros, doublée des nombreuses incertitudes politiques et économiques ont incité les détenteurs à accroître en octobre, les rachats sur ce placement.
De fait, nous n’assistons pas à une crise des cotisations puisque la collecte brute de l’assurance vie a progressé en octobre pour s’établir à 10,1 milliards d’euros contre 9,6 milliards d’euros en septembre. En revanche, les rachats sont passés de 9,6 milliards d’euros en septembre à 10,2 milliards en octobre. Une hausse qui tient à la fois à la polémique suscitée par le débat de la loi Sapin II et à l’engouement retrouvé pour l’immobilier.
Par ailleurs, les épargnants Français commencent à prendre en compte l’attrait des unités de compte (UC) et du rendement qu’elles peuvent générer. Les montants versés dans les supports en UC s’établissent ainsi à 2,5 milliards d’euros en octobre contre 1,8 milliard le mois précédent. Toutefois, la barre des 20 % semble difficile à franchir puisque les cotisations versées sur ces supports restent sur les 10 premiers mois de l’année, comme en septembre, à 19 %.
L’encours de l’assurance vie atteint 1 621 milliards d’euros en octobre. Pour la fin de l’année nous devrions rester sur une collecte nette faible mais positive, sachant qu’en décembre, le versement des primes salariales permet un mois correcte pour l’assurance vie.
Contact presse :
Sarah Le Gouez
06 13 90 75 48
slegouez@cercledelepargne.fr
Après sept mois consécutifs de collecte positive, le Livret A enregistre, au mois d’octobre, une décollecte de 1,02 milliard d’euros. Il fallait remonter au mois de novembre 2015 pour enregistrer un tel recul. Avec le LDD, la décollecte est de 1,55 milliard d’euros soit un niveau qui n’a pas été rencontré depuis le mois d’octobre dernier. Ce mouvement de décollecte efface presque tous les gains des sept derniers mois. Sur l’année, la collecte reste positive de 140 millions d’euros pour le Livret A et le LDD (et de 1,23 milliard d’euros pour le Livret A).
Le mois d’octobre n’est généralement pas un bon mois pour le Livret A, avec 7 collectes négatives depuis 2006.
À l’automne, les ménages doivent faire face à des dépenses incontournables comme le paiement du dernier tiers provisionnel (en septembre) et celui des impôts locaux (octobre et novembre). Les ménages doivent également absorber les coûts des rentrées scolaires et le cas échéant préparer la succession des vacances (Toussaint et fin d’année).
Les Français prennent également en compte le ralentissement des gains de pouvoir d’achat générés par la baisse du prix du pétrole. La polémique sur les règles de fixation des taux n’a pas eu d’incidence sur les résultats d’octobre car elle est intervenue en novembre.
Avec les dépenses de fin d’année, le processus de décollecte pourrait se poursuivre en novembre, décembre étant un mois atypique du fait du versement des primes de fin d’année.
Contact presse :
Sarah Le Gouez
06 13 90 75 48
slegouez@cercledelepargne.fr
La retraite, comme le révèlent les enquêtes annuelles du Cercle de l’Epargne, constitue l’une des préoccupations prioritaire des Français. Pourtant, la place de l’épargne retraite reste marginale en comparaison avec le poids considérable des prestations servies par les régimes obligatoires (retraite de base et complémentaires).
De fait, les Français privilégient l’assurance vie – pour les placements financiers – pour préparer leur retraite. La récente étude sur l’épargne retraite en France publiée par l’ Observatoire des Retraites Européennes Eres met en avant les chiffres 2015 dans ce domaine et insiste sur le fait que l’assurance vie représente 46% de l’épargne en vue de la retraite.
L’épargne retraite atteindrait ainsi – assurance vie en vue de la retraite comprise -, à la fin 2015, 767 Mds d’euros. L’épargne collective représente 12,5 % du total quand l’épargne individuelle 9,3 %. L’étude qui intègre par ailleurs l’épargne salariale dans sa comptabilité, considère que cette dernière compte pour 7,3 % de l’épargne retraite.
Les versements réalisés en vue de l’épargne retraite, auraient quant à eux progressé de 40 % en 2015 et atteignent 55,7 Mds d’euros.
Les Français épargnent et ils déclarent le faire afin de préparer leur retraite mais évidemment cette appétence est fonction de leur niveau de revenus. L’équipe du Cercle a repris les résultats de l’enquête 2016, les Français, leur épargne et leur retraite en prenant en compte leurs revenus.
Si les Français sont, pris dans leur moyenne, globalement épargnants, dans les faits, l’effort d’épargne se concentre sur les 20 % des Français les plus riches.
Epargne : des attentes différentes selon les revenus
D’après les chiffres de la Banque de France, le nombre de défaillances enregistrées sur les douze derniers mois s’établit à 60 142 à la fin août. Sur un an il recule de 4,4 % toutes entreprises confondues. Dans le détail, la baisse est de 4,3 % pour les PME. Elle est lus notable encore pour le segment des ETI-grandes entreprises (-20 %).
Si la situation semble globalement s’améliorer partout (ou presque) , ce sont les secteurs de la construction et de l’industrie, principalement touchées par la crise, qui enregistrent le plus fort recul du nombre de défaillances cumulées sur 12 mois (respectivement 8,3 % et -8,0 %). A l’inverse le secteur des transports continu à être en difficulté avec un cumul des défaillances toujours e n hausse (+1, 9 %).
D’après les premières estimations réalisés par la Banque de France, le cumul des défaillances diminuerait de nouveau à fin septembre 2016 (-5,7 %). L’évolution de l’indicateur de defaillance des entreprises met en évidence une amélioration de la situation, depuis près de 2 ans et demi, même s’il reste à près de 10 point au dessus de sa moyenne sur longue période.

Porté par l’intérim qui rebondit sur le 3e trimestre après un deuxième trimestre étale, le marché de l’emploi non marchand continue sa progression. Entre juillet et septembre, le nombre de créations d’emplois dans les secteurs marchands non agricoles enregistre une hausse de 0,3 % (+52 200 créations nettes après + 29 500 le trimestre précédent).
| données CVS en % en fin de trimestre | |||
| Champ : ensemble de l’économie hors agriculture et emploi public dans les secteurs non marchands (administration, éducation, santé et action sociale) | |||
| * Les intérimaires sont comptabilisés dans le secteur tertiaire quel que soit le secteur dans lequel ils effectuent leur mission. | |||
| Sources : Insee et Dares | |||
| Évolution en pourcentage | |||
|---|---|---|---|
| sur 3 mois | sur un an | ||
| 2016 | 2016 | 2016 | |
| T2 | T3 | T3 | |
| Secteurs principalement marchands | 0,2 | 0,3 | 0,9 |
| Industrie | –0,3 | –0,3 | –1,1 |
| Construction | –0,2 | 0,0 | –0,5 |
| Tertiaire | 0,4 | 0,5 | 1,6 |
| dont intérim* | 0,0 | 5,1 | 8,6 |
Si ces chiffres sont encourageant, ils cachent des disparités selon les secteurs d’activité. Ainsi, dans l’industrie les destructions d’emplois se poursuivent (-9100 après -9500) et dans le secteur de la construction avec seulement 300 emplois nets créés la situation reste stable. En revanche, le secteur tertiaire, sur lequel la France s’est spécialisé tire nettement son épingle du jeu avec près de 61 000 emplois créés. La progression est, hors intérim, de 1,2 % sur un an (+136 300 quand l’industrie a perdu 33 100 emplois et la construction 7100.
De plus le poids de l’intérim dans le nombre de création nette, en données corrigées des variations saisonnières, témoigne du caractère précaire des emplois crées.
Le 8 novembre 2016, Donald Trump arrive contre toute attente largement en tête à l’élection présidentielle américaine en ayant réussi à s’imposer dans la quasi-totalité des États pivots tels que l’Arizona, la Floride, la Pennsylvanie ou encore la Virginie.
Sans surprise, l’annonce de la victoire de Donald Trump crée, dans un premier temps, une onde de choc planétaire provoquant la chute des marchés financiers à leur ouverture. La victoire attendu du candidat Républicain a fait dégringoler le Nikkei (qui clos à -5,36 %), le dollar, le peso mexicain et a provoqué le repli des cours du pétrole. L’or, valeur refuge, s’est en revanche nettement apprécié, à 1 302,85 dollars l’once, contre 1 268,30 dollars en début de matinée.
En Europe, l’effet Trump est plus mesuré ainsi, le CAC 40 cédé environ 1,3 % dans la matinée après avoir ouvert en baisse de 2,83 quand le Dax allemand a reculé 2,9% à l’ouverture.
Dans son premier discours, Donald Trump se veut rassembleur et être « le président de tous les Américains.». Pour autant, avec le soutien de 279 grands électeurs, 55 millions de votants, la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat le 45e Président des États-Unis, disposera de moyens importants pour appliquer son programme économique.
Adressant également un message aux pays étrangers, il indique vouloir travailler « avec tous les pays qui le voudront », chercher « le compromis plutôt que l’hostilité ». Un discours en décalage avec les déclarations de campagne dans lesquelles il prônait de nombreuses mesures protectionnistes et indiquait vouloir se retirer du partenariat transpacifique conclu en 2015 par Barak Obama, et renégocier l’ALENA qui aurait, notamment, engendré de nombreuses délocalisations d’usines américaine vers le Mexique.
L’effet réel sur les marchés se fera ressentir dans les prochaines semaines, quand le Président Trump aura précisé ses orientations. Il pourrait conduire la FED à décider, à nouveau, de reporter un relèvement de ses taux directeurs.
Principales propositions de Donald Trump
Fiscalité
Particuliers: Donald Trump souhaite s’aligner sur ce que la majorité républicaine du Congrès et mettre en place trois tranches au lieu de sept actuellement, avec réduction du taux maximal de 39,6 à 33% :
Parents: le candidat propose de permettre la déduction fiscale «complète du coût moyen de la garde d’enfants», sans plus de précisions.
Successions: répondant à une grande revendication des conservateurs, Donald Trump souhaite supprimer l’impôt sur les successions, qui ne frappe plus aujourd’hui que celles supérieures à cinq millions de dollars pour un particulier.
Entreprises: baisse de l’impôt sur les sociétés à 15% contre 35 % aujourd’hui. Toutefois, selon une étude de Goldman Sachs, le taux réel que paient actuellement les sociétés du S&P 500 se situe plutôt à 29%.
Cette mesure réduirait les recettes de l’État et engendrerait, selon, le Tax Policy Center, un accroissement la dette à près de 80% du PIB d’ici à 2036 (contre 71,8% actuellement) si rien n’est fait pour réduire les dépenses.
Taxe de 10% sur le rapatriement des bénéfices réalisés à l’étranger. Moratoire sur toute nouvelle réglementation économique et élimination de celles «qui ne sont pas nécessaires, n’améliorent pas la sécurité et détruisent inutilement des emplois».
Budget
éduire les dépenses publiques, à l’exception des programmes sociaux et militaires, de 750 milliards de dollars, par le biais de baisses annuelles de 1 %.
Politique monétaire
Le mandat de Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale, arrive à son terme en février 2018. Donald Trump a là aussi martelé dans sa campagne qu’il s’opposerait à la prolongation de son mandat, pour lui préférer un candidat plus en phase avec son programme.
Santé
Suppression de l’Obamacare
Echanges commerciaux
Partenariat transpacifique: Donald Trump se retirerait du partenariat transpacifique (PTP) conclu en 2015 par Barack Obama avec 11 pays du pourtour pacifique, et dont la ratification est actuellement bloquée au Congrès américain.
ALENA : Donald Trump souhaite renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) et revoir principalement les relations avec le Mexique qui auraient engendré de nombreuses usines américaines ont été délocalisées, qui est visé par le républicain.
Le candidat souhaite inclure de nouvelles protections contre la manipulation monétaire et prévoit des sanctions douanières contre «les pays qui trichent en subventionnant leurs produits».
Chine: Il souhaite poursuivre les Chinois pour le vol de propriété intellectuelle, lutter contre le dumping commercial chinois et la manipulation de la monnaie chinoise.
Énergie
Climat: annulation du plan climat de Barack Obama. Annulation de l’accord de Paris sur le climat.
Charbon: relance de l’extraction de charbon en supprimant des réglementations environnementales qui rendaient les anciennes centrales thermiques au charbon obsolètes.
Pétrole et gaz: relance de l’extraction offshore. Demander à la société TransCanada de renouveler la demande de permis pour son projet d’oléoduc Keystone XL entre le Canada et les États-Unis, rejeté par l’administration Obama en 2015.
ALENA : Donald Trump souhaite renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) et revoir principalement les relations avec le Mexique qui auraient engendré de nombreuses usines américaines ont été délocalisées, qui est visé par le républicain.
Le candidat souhaite inclure de nouvelles protections contre la manipulation monétaire et prévoit des sanctions douanières contre «les pays qui trichent en subventionnant leurs produits».
Chine: Il souhaite poursuivre les Chinois pour le vol de propriété intellectuelle, lutter contre le dumping commercial chinois et la manipulation de la monnaie chinoise.
Immigration
Triplement du nombre d’agents de police aux frontières
Érection d’un «mur» à la frontière mexicaine, financé par le Mexique sous menace de supension des transferts d’argent des travailleurs mexicains illégaux.
Le mois de septembre a été marqué par la progression de l’épargne de court terme quand, dans le même temps, l’assurance-vie faisait du surplace. L’épargne de précaution avec la garantie en capital conserve de nombreux adeptes malgré la baisse des rendements. L’assurance-vie a souffert de la polémique excessive concernant les dispositions que le Gouvernement a introduites dans le cadre de la discussion du projet de loi Sapin II afin de disposer de moyens techniques de geler temporairement les contrats d’assurance-vie en cas de force majeure.
L’encours des dépôts à vue de l’ensemble des agents économiques financiers continue à augmenter, en septembre, assez rapidement, plus de 10 % en un mois pour s’élever à 804 milliards d’euros. Une petite décélération est néanmoins enregistrée. En effet, la progression dépassait 12 % au mois de juillet dernier.
Les comptes sur livret sont en progression de 0,3 % en septembre et leur encours atteint 611 milliards d’euros.
Le Livret A a signé, en septembre, un septième mois consécutif en collecte nette positive mais de peu. En effet, elle ne s’élève qu’à 140 millions d’euros contre 1,14 milliard d’euros au mois d’août dernier. Certes, cela est nettement supérieur à la décollecte record de 2,38 milliards d’euros du mois de septembre 2015. Mais, l’année dernière, cette décollecte s’expliquait par la baisse à 0,75 % du rendement du Livret A.
En prenant en compte le Livret A et le Livret de Développement Durable, une décollecte de 410 millions d’euros est enregistrée (la décollecte atteint 560 millions d’euros pour le LDD). Le décalage entre ces deux produits s’explique par le fait que le LDD est plus souvent lié aux comptes courants des ménages que le Livret A. Les ménages, en fonction de leur solde de compte courant, effectuent des arbitrages avec le LDD quand le Livret A est utilisé avant tout comme un produit d’épargne. Cette différence de comportement résulte, par ailleurs, de la distribution du LDD, dès sa création, par les banques du LDD (pour le Livret A, elles ont dû attendre le 1er janvier 2009).
Dans un climat économique incertain, les Français devraient maintenir leur effort d’épargne de précaution dans les prochains mois. Néanmoins, du fait de la disparition des gains de pouvoir d’achat générés par la baisse des prix de l’énergie, la collecte nette devrait être faible en octobre comme en novembre. Durant ces deux mois, les ménages doivent acquitter les impôts locaux.
Malgré des taux extrêmement bas, les livrets fiscalisés semblent avoir stabilisé leur encours. Ils avoisinent depuis le début de l’année les 179 milliards d’euros.

En septembre, l’assurance-vie a connu une petite contre-performance sur fond de polémique avec les dispositions de précaution (voir infra) contenues dans le projet de loi Sapin II.
La collecte nette a été nulle au mois de septembre mettant ainsi un terme à 32 mois de collecte nette positive. Cette baisse s’inscrit dans la décélération des collectes nette de ces derniers mois (à l’exception de celle du mois de juillet, +3,5 milliards d’euros).
Le montant des cotisations a été, en septembre, en léger retrait à 9,6 milliards d’euros par rapport à la tendance de ces derniers mois (11 milliards d’euros par mois en moyenne sur les 9 premiers mois de 2016 et 10,4 milliards d’euros en septembre 2015). En revanche, les rachats sont en hausse à 9,6 milliards d’euros et sont légèrement au-dessus de la moyenne (9,4 milliards d’euros sur les 9 premiers mois).
Les épargnants ne renforcent pas le poids des unités de compte au sein de leurs contrats. Ces dernières représentent toujours 19 % du total des cotisations (pour le mois de septembre comme pour les 9 premiers mois de l’année).
Dans les prochains mois, la question du rendement des fonds euros devrait être au cœur de l’actualité d’autant plus que le Gouverneur de la Banque de France qui préside également l’autorité de régulation a, à plusieurs reprises, demandé que les compagnies d’assurances abaissent leurs taux. Les épargnants seront de plus en plus incités à investir sur les unités de compte. Il conviendra alors de regarder si leur appétence en la matière s’accroît.
L’encours du PEL a atteint un sommet historique au mois d’août 2016 à 251 milliards d’euros. Néanmoins, même si la baisse du taux à 1 % ne concerne que les contrats ouverts après le 1er août, une inflexion dans la croissance des primes est intervenue à partir du mois de juillet. La croissance qui était de plus de 10 % est repassée en deçà. Il n’en demeure pas moins que ce produit a enregistré une hausse de 49 % de 2006 à 2016.

Du fait que la phase de taux bas est amenée à durer, il y a une prise de conscience générale que cela modifie en profondeur de nombreux équilibres au sein du système financier. Après des années de taux élevés, nous devons nous habituer à des taux nominaux négatifs ou proches de zéro dans un contexte de faible inflation. Les risques auxquels peuvent être confrontés les acteurs financiers changent. Les pouvoirs publics, régulateurs en tête, surveillent avec attention les conséquences de la mise en œuvre dans la durée de politique monétaire appelée non-conventionnelle.
Dans le cadre du projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dit loi Sapin II, plusieurs mesures visant à garantir la pérennité des contrats d’assurance-vie ont été prises par voie d’amendements. Bernard Delas, vice-président de l’ACPR a récemment déclaré sur ce sujet « qu’en l’absence de mesures adaptées prises avec une anticipation suffisante, les taux bas deviendront, à moyen et long terme, une menace pour la rentabilité et la solvabilité du marché. Et feront peser sur les assureurs des risques qu’ils auront de plus en plus de difficultés à assumer ». Il a ajouté que « les taux bas agissent comme un poison dont les effets sont inéluctables ».
Les pouvoirs publics demandent que les rendements des fonds euros des contrats d’assurance-vie qui pèsent plus de 1 300 milliards d’euros prennent mieux en compte la baisse des taux d’intérêt.
Le Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a déclaré au mois de janvier 2016, « il faut poursuivre résolument la baisse des rendements de l’assurance-vie investie en fonds euro ». Il a souligné au mois d’octobre « qu’ils ont été réduits de 25 points de base en 2015 par rapport à l’année précédente. Cependant, cette baisse reste encore insuffisante. »
La loi Sapin II prévoit que le Haut Conseil de la Stabilité Financière puisse, sur proposition du gouverneur de la Banque de France, président de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, moduler les règles de constitution et de reprise de la provision pour participation aux bénéfices des compagnies d’assurances. Par cette mesure, en cas de taux non conformes à la réalité du marché, les autorités pourraient peser sur leur niveau en obligeant les compagnies d’assurances à maintenir des niveaux de provision plus élevés.
En cas de remontée des taux, les épargnants pourraient être tentés d’abandonner leurs vieux contrats d’assurance-vie et leurs vieux fonds euros au profit de fonds mieux rémunérés. Des rachats massifs pourraient déstabiliser l’assurance-vie au moment même où par le jeu de l’augmentation des taux, les fonds propres des compagnies pourraient être mis à mal.
En cas de faiblesse de fonds propres, du fait de la garantie en capital applicable aux fonds euros, plus de 1 300 milliards d’euros sur 1 620 milliards d’euros pour l’ensemble de l’assurance-vie, le problème de liquidités pourrait se transformer en problème de solvabilité.
La loi Sapin II prévoit qu’en cas de crise grave mettant en danger le système financier, le Haut Conseil de Stabilité Financière, sur proposition du gouverneur de la Banque de France, peut, pour une période de 3 mois reconductible sur avis motivé :
Le Haut Conseil sera amené à fixer les modalités d’application du dispositif et en particulier, par exception, les possibilités d’accès, pour les assurés modestes ou dont les revenus sont majoritairement issus de leur assurance-vie. Par ailleurs, la loi prévoit que « dans sa décision, le Haut Conseil veille à la protection de la stabilité financière et tient compte des intérêts des assurés, adhérents et bénéficiaires »
En gelant les contrats d’assurance-vie, le Gouvernement ne fait pas, contrairement à ce que certains ont pu souligner, main basse sur l’épargne des ménages. C’est avant tout une mesure de précaution pour éviter une panique et une implosion du système financier. C’est une mesure qui a vocation à ne s’appliquer qu’en cas de crise grave. C’est une mesure qui ne remet pas en cause les contrats. C’est une mesure qui ne spolie pas les assurés.
L’Autorité de contrôle de régulation dispose déjà d’un pouvoir de gel des contrats d’assurance-vie mais compagnie par compagnie. Il n’est pas en revanche de son pouvoir ni de sa compétence de bloquer d’un coup tous les contrats. C’est pourquoi, le gel revient au Haut Conseil de la Stabilité Financière qui dépend du Ministère de l’Economie et des Finances.
En 2011/2012, en pleine crise des dettes souveraines, les contrats d’assurance-vie luxembourgeois avaient connu une forte croissance, il semblerait que cela soit à nouveau le cas avec la loi sapin II.
Les Français sont, avec les Allemands, ceux qui disposent du plus important portefeuille de contrats luxembourgeois. Le tiers de la collecte luxembourgeoise d’assurance-vie serait français. L’encours des contrats luxembourgeois détenus par les Français atteindrait 40 milliards d’euros.
Cet engouement repose sur des craintes plus ou moins réelles portant sur la sécurisation des contrats de droit français et de manière bien plus positive sur la souplesse de la législation ainsi que le savoir-faire luxembourgeois.
C’est un contrat d’assurance-vie soumis au droit luxembourgeois et non au droit français. Ce sont des contrats gérés par des établissements basés au Luxembourg. Il peut s’agir de filiales d’établissements financiers français.
Les contrats luxembourgeois sont recherchés au nom de la sécurité qu’ils sont censés procurer à leur détenteur et au nom des innovations en matière de gestion que le droit de notre voisin favorise.
Les souscripteurs d’assurance-vie placent la sécurité parmi leurs priorités. Le Luxembourg, en jouant sur la protection des droits des assurés, s’est créé une réputation sur le sujet.
La notion de super privilège introduite par la loi modifiée du 6 décembre 1991 (article 39 et suivants) sur le secteur des assurances, garantit que l’épargne capitalisée dans les contrats d’assurance-vie luxembourgeois est complètement protégée.
Les clients bénéficient en effet d’une sécurité exceptionnelle en cas de défaillance de la compagnie d’assurances car ils sont légalement privilégiés par rapport aux autres créanciers de la compagnie afin de récupérer en priorité les créances relatives à l’exécution de leurs contrats d’assurance.
Le Luxembourg dispose du régime de protection des investisseurs le plus strict d’Europe. Cela se traduit par une exigence légale qui impose que tous les actifs des clients soient détenus par une banque dépositaire approuvée par le Commissariat aux Assurances, contribuant ainsi à renforcer la solidité financière des compagnies. Il y a cantonnement des actifs des clients vis-à-vis de ceux des actionnaires et créanciers de la compagnie d’assurances. Le client peut même choisir la banque dépositaire.
Pour mémoire, en France, l’assuré ne bénéficie que d’une garantie à hauteur de 70 000 euros.
Le Luxembourg met en avant que la législation y est plus stable que dans de nombreux autres pays.
Tout est relatif en la matière. En cas de fin du monde, nul ne peut rien garantir. Compte tenu de l’importance des bilans des banques luxembourgeoises, la garantie accordée par l’État est avant tout psychologique.
Le titulaire d’un contrat luxembourgeois a la possibilité de placer sous une autre devise que l’euro ses avoirs. Cela permet de diversifier ses risques et de jouer sur les variations de change de manière plus directe que dans le cadre de contrats multisupports en euros.
Via son contrat luxembourgeois, l’épargnant a la possibilité d’accéder à un très grand nombre de supports et à différentes formules de gestion. Il est à signaler que la législation française s’est récemment adaptée pour permettre aux professionnels d’offrir à leurs clients des produits qui étaient réservés auparavant aux contrats luxembourgeois.
En plus du traditionnel fonds euros, les assurés peuvent accéder à des unités de comptes et à des fonds spécifiques.
Les fonds externes :
Il s’agit d’une offre multisupport telle qu’on la connaît dans les contrats d’assurance-vie français donnant l’opportunité aux clients d’investir dans une large gamme de fonds externes des plus importants gestionnaires financiers. Le choix peut s’effectuer sur des centaines de fonds d’investissement.
Les fonds internes collectifs (FIC) :
Les Fonds Internes Collectifs sont accessibles à un groupe d’investisseurs n’ayant pas nécessairement de liens familiaux. Ils fonctionnent comme des OPCVM. C’est un véhicule idéal pour une gestion collective des contrats.
Les fonds internes dédiés (FID)
Sans doute la spécialité du Luxembourg, les Fonds Internes Dédiés. Ces fonds donnent l’accès à une gamme complète de produits sophistiqués, innovants pouvant inclure des obligations, actions (cotées ou non), fonds internationaux, produits structurés, et des fonds non agréés AMF comme les Hedge Funds et fonds de Private Equity. La gestion des actifs est déléguée à un gestionnaire financier que le souscripteur aura préalablement désigné. Le mécanisme s’apparente un peu à celui d’un trust du point de vue du choix qui est laissé au souscripteur vis-à-vis de la désignation du gestionnaire, du mandataire, et du dépositaire.
Les fonds assurance spécialisés (FAS)
Le FAS ouvre la possibilité d’investir dans des titres vifs sans avoir recours à un gestionnaire financier comme c’est le cas dans un FID. C’est le souscripteur qui décide de la composition du fonds soit lors du versement de la prime initiale, complémentaire ou lors d’un arbitrage.
L’apport en titres
Les contrats luxembourgeois offrent la possibilité au souscripteur d’alimenter son contrat en titres vifs cotés ou non. Cela permet pour un chef d’entreprise, par exemple, de loger les parts de sa société. Cela a été autorisé par la loi Macron pour la France.
Les mêmes que pour les contrats français. Ils sont négociables et dégressifs en fonction des montants.
Il y a application de la règle de la neutralité fiscale. C’est le droit du pays de résidence qui s’applique. Les Français doivent indiquer qu’ils disposent d’un contrat d’assurance-vie au Luxembourg.
Avantages en matière d’ISF
Pour les expatriés sur le point de revenir en France, ouvrir une assurance-vie au Luxembourg pour y placer une partie du capital permet de le soustraire de l’ISF pendant 5 ans.
Ainsi, en vertu de l’article 885 A du CGI, le fait d’avoir été non-résident pendant au moins 5 ans permet d’exclure de l’assiette de l’ISF les biens situés hors de France jusqu’au 31 décembre de la 5e année qui suit le retour en France. Cela peut représenter une économie majeure.
Pour les Français s’expatriant, ils restent soumis à l’ISF sur leurs biens situés en France. Un contrat d’assurance-vie au Luxembourg permet d’échapper à l’imposition en sortant le capital de l’hexagone.
C’est avant tout réservé à des épargnants importants !
Il faut en moyenne 250 000 euros pour accéder à ces contrats. Mais désormais, certains contrats sont accessibles à partir de 100 000 euros. Pour accéder aux contrats plus sophistiqués, il faut disposer de plusieurs millions d’euros.
contact@cercledelepargne.com