BFM Businness : les actions au 2e trimestre, stop ou encore ?
Philippe Crevel était l’invité le 5 juillet 2017 d’Intégrale Placement sur BFM Business. Il a été interviewé sur l’évolution possible des marchés financiers au cours du deuxième trimestre 2017.
Les livrets d’épargne fiscalisés toujours peu rémunérés
La Banque de France a publié les taux de rémunération des principaux placements de court terme pour le mois de mai. Le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires a baissé de 0,01 point passant de 0,72 % en avril à 0,71 % en mai. Ce mouvement s’observe aussi bien sur les dépôts des ménages (0,95 %, après 0,96 %) que sur ceux des sociétés non financières (0,38 %, après 0,39 %). Les mouvements les plus notables s’observent sur les comptes à terme, dont les taux de rémunération diminuent de 3 à 4 points de base selon les échéances pour les ménages et de 2 points de base pour les entreprises quelle que soit l’échéance.
Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS (a)
mai-2016
mars-2017
avr- 2017 (e)
mai-2017 (f)
Taux moyen de rémunération des encours de dépôts bancaires
0,84
0,75
0,72
0,71
Ménages
1,05
0,97
0,96
0,95
dont : – dépôts à vue
0,04
0,03
0,04
0,03
– comptes à terme <= 2 ans (g)
1,44
1,27
1,21
1,18
– comptes à terme > 2 ans (g)
2,43
2,00
1,96
1,92
– livrets à taux réglementés (b)
0,80
0,79
0,79
0,79
dont : livret A
0,75
0,75
0,75
0,75
– livrets ordinaires
0,48
0,31
0,31
0,30
– plan d’épargne-logement
2,77
2,73
2,73
2,72
SNF
0,58
0,41
0,39
0,38
dont : – dépôts à vue
0,17
0,12
0,12
0,11
– comptes à terme <= 2 ans (g)
0,72
0,43
0,40
0,38
– comptes à terme > 2 ans (g)
2,04
1,77
1,74
1,72
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème
0,00
0,00
0,00
0,00
Euribor 3 mois (c)
-0,26
-0,33
-0,33
-0,33
Rendement du TEC 5 ans (c), (d)
-0,17
0,07
-0,01
-0,11
Retraite – Epargne – RSI : sur quoi le Premier Ministre s’est engagé le 4 juillet 2017
Retraite, diagnostic avant réforme sur fond de contraintes budgétaire
Le Premier Ministre, dans le cadre de sa déclaration de politique générale, le 4 juillet 2017, a réaffirmé son intention « de rendre notre système de retraite plus juste et plus lisible ». Il a précisé que son objectif était « qu’un euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous ». Il a mentionné « nous prendrons le temps du diagnostic, de la concertation et de la négociation et nous fixerons le cadre de la réforme fin 2018 ». Par rapport aux engagements pris durant la campagne, le calendrier de la réforme semble être étiré. Par ailleurs, il a indiqué clairement que le Gouvernement veillera à préserver les équilibres du système de retraite, t »out en le rendant plus juste et plus lisible ». Il a ajouté que « les nouvelles prévisions du Conseil d’orientation des retraites nous y invitent avec insistance, puisqu’elles indiquent que le retour à l’équilibre, un temps prévu pour 2025, ne pourrait finalement intervenir qu’en 2040 ».
Le Président de la République avait lors de la campagne souligné qu’il n’envisageait pas de modifier la durée de cotisation ou l’âge légal de départ à la retraite.
Sur les modalités d’une éventuelle mise en place d’un régime unique, le Premier Ministre n’a rien indiqué.
Epargne, la refonte de la fiscalité applicable dans les deux ans
Le Premier Ministre a souligné qu’il faut « réorienter l’épargne des Français vers l’investissement productif ».
A cet effet, il réaffirmé que « l’impôt de solidarité sur la fortune sera resserré autour du seul patrimoine immobilier, afin d’encourager l’investissement dans la croissance des entreprises ». Par ailleurs, il a confirmé que « la réforme de la fiscalité du patrimoine sera complétée par la mise en place d’un taux de prélèvement unique d’environ 30 % sur les revenus de l’épargne ». Il a précisé que cette taxation est « simple, efficace et compétitif. La France se rapprochera ainsi de la moyenne européenne ». Il n’a pas mentionné l’assurance-vie.
En ce qui concerne le calendrier, il a mentionné que la réforme de l’ISF et de la flat tax sera votée dès cette année, dans la loi de finances pour 2018 et entrera en vigueur en 2019.
Le RSI adossé au régime général
Le Premier Ministre a confirmé la suppression du régime social des indépendants qui sera adossé au régime général. Cet adossement semble indiquer que les indépendants constitueront un sous-ensemble du régime général.
Quelles réformes pour quel calendrier ?
La liquidation unique des retraites est devenue une réalité
Les assurés ayant cotisé dans plusieurs régimes de retraite et en particulier dans les régimes de retraite dits « alignés » pourront désormais avoir accès à la procédure de liquidation unique de leurs pensions de base. Ce dispositif a comme nom LURA.
Ainsi, lorsqu’une personne a cotisé au régime général de sécurité sociale, au régime des salariés agricoles (MSA) et/ou au régime social des indépendants (RSI) demande sa retraite auprès d’un de ces régimes, la demande vaut aussi demande de retraite auprès des autres régimes. C’est la loi de 2014 qui a prévu cette simplification pour les polypensionnés.
Le régime compétent pour liquider la pension unique est soit
celui auquel l’assuré a cotisé en dernier
celui qui prend en charge les frais de santé en cas d’affiliations simultanées à au moins deux régimes au moment de la demande de retraite
en priorité le régime social des indépendants lorsque le futur retraité a été ou est affilié à ce régime et remplit certaines conditions ou à défaut, le régime général ou le régime des salariés agricoles quand le futur retraité a été ou est affilié à l’un ou l’autre de ces régimes et remplit certaines conditions
Accès de faiblesse de l’industrie au mois d’avril
Petite déception, au mois d’avril, le chiffre d’affaires de l’industrie est en recul. La baisse est de 4 % pour l’industrie manufacturière et de 3,2 % pour l’ensemble de l’industrie. La contraction atteint 6,7 % pour l’exportation.
Au cours des trois derniers mois, le chiffre d’affaires augmente dans l’industrie manufacturière (+1,3 %) ainsi que dans l’ensemble de l’industrie (+1,8 %). Au sein de l’industrie manufacturière, le chiffre d’affaires augmente dans les « autres industries » (+1,3 %), les industries agroalimentaires (+1,2 %), la cokéfaction-raffinage (+4,7 %), les matériels de transport (+1,2 %) et, plus légèrement, dans les biens d’équipement (+0,2 %).
Le chiffre d’affaires augmente nettement par rapport au trois mêmes mois de l’année précédente dans l’industrie manufacturière (+6,4 %). La croissance est plus marquée encore dans l’ensemble de l’industrie (+8,0 %) du fait de la forte hausse des industries extractives, énergie, eau, déchets et dépollution (+15,8 %). Sur cette période, le chiffre d’affaires augmente dans tous les grands secteurs de l’industrie manufacturière : les matériels de transport (+12,5 %), les « autres industries » (+4,2 %), la cokéfaction-raffinage (+27,6 %), les industries agroalimentaires (+4,0 %) et les biens d’équipement (+3,3 %).
Le chiffre d’affaires dans l’industrie manufacturière par secteur
Sources : DGFiP, Insee
Le taux de l’usure en vigueur au 1er juillet 2017
Les taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit au cours du deuxième trimestre de l’année 2017 pour les diverses catégories de crédits et seuils de l’usure correspondants applicables à compter du 1erjuillet 2017, sont publiés par avis au Journal officiel au plus tard le dernier jour du trimestre.
Catégories
Taux effectif pratiqué
au deuxième trimestre 2017
par les établissements
de crédit et les sociétés de financement
Seuil de l’usure applicable
à compter du 1er juillet 2017
Contrat de crédit consentis à des consommateurs n’entrant pas dans le champ d’application du 1° de l’article L. 313-1 du code de la consommation ou ne constituant pas une opération de crédit d’un montant supérieur à 75 000 euros destinée à financer, pour les immeubles à usage d’habitation ou à usage professionnel et d’habitation, les dépenses relatives à leur réparation, leur amélioration ou leur entretien.
– prêts d’un montant inférieur ou égal à 3000 euros (1):
15,45%
20,60%
– prêts d’un montant supérieur à 3000 euros et inférieur ou égal à 6000 euros (1): :
9,84%
13,12%
– prêts d’un montant supérieur à 6000 euros (1): :
4,80%
6,40%
Catégories
Taux effectif pratiqué
au deuxième trimestre 2017
par les établissements
de crédit et les sociétés de financement
Seuil de l’usure applicable
à compter du 1er juillet 2017
Contrats de crédit consentis à des consommateurs destinés à financer les opérations entrant dans le champ d’application du 1° de l’article L. 313-1 du code de la consommation, relatif au crédit immobilier (2) ou d’un montant supérieur à 75 000 euros destinés à financer, pour les immeubles à usage d’habitation ou à usage professionnel et d’habitation, les dépenses relatives à leur réparation, leur amélioration ou leur entretien.
prêts d’une durée comprise entre 10 ans et moins de 20 ans
2,32%
3,09%
prêts d’une durée de 20 ans et plus
2,44%
3,25%
– prêts à taux variable :
2,12 %
2,83 %
– prêts-relais
2,50 %
3,33 %
Catégories
Taux effectif pratiqué au deuxième trimestre 2017 par les établissements
de crédit et les sociétés de financement
Seuil de l’usure applicable
à compter du 1erjuillet 2017
Prêts accordés aux personnes physiques agissant pour leurs besoins professionnels et aux personnes morales ayant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou professionnelle non commerciale
– découverts en compte :
10,27%
13,69%
Catégories
Taux effectif pratiqué au deuxièmetrimestre 2017
par les établissements
de crédit et les sociétés de financement
Seuil de l’usure applicable
à compter du 1er juillet 2017
Prêts aux personnes morales n’ayant pas d’activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou professionnelle non commerciale
– prêts consentis en vue d’achats ou de ventes à tempérament :
4,36%
5,81%
– prêts d’une durée initiale supérieure à deux ans, à taux variable :
1,67%
2,23%
– prêts d’une durée initiale supérieure à deux ans, à taux fixe :
1,84%
2,45%
– découverts en compte :
10,27%
13,69%
-autres prêts d’une durée initiale inférieure ou égale à deux ans:
1,66 %
2,21%
pour apprécier le caractère usuraire du taux effectif global d’un découvert en compte ou d’un prêt permanent, le montant à prendre en considération est celui du crédit effectivement utilisé.
incluant les opérations de crédit destinées à regrouper des crédits antérieurs comprenant un ou des crédits mentionnés au 1° de l’article L. 313-1 du code de la consommation dont la part relative dépasse 60% du montant total de l’opération de regroupement de crédit
’s’agissant du taux de l’usure applicable aux crédits à taux fixe, fixation de seuils de l’usure par tranche de maturité: moins de 10 ans, 10 ans à moins de 20 ans, 20 ans et plus.
Le taux du Livret A passera-t-il ou pas à 0,75 % le 1er août 2017
Le Gouvernement devra, au cours du mois de juillet décider s’il actualise ou pas le taux du Livret A. Pour cela, il devra prendre en compte la nouvelle formule de calcul du taux du Livret A instituée par l’Ancien Ministre de l’Economie, Michel Sapin et qui doit s’appliquer pour la première fois le 1er août 2017.
Par rapport à la formule précédente, les indices, taux d’inflation et taux des marchés monétaires utilisés dans la formule sont lissés sur 6 mois, afin de prévenir toute variation brutale, à la hausse ou à la baisse, du taux du livret A
Dans la nouvelle formule, la majoration de 0,25 point de pourcentage par rapport à l’inflation est suspendue quandl’écart entre l’inflation et les taux monétaires est supérieur ou égal à 0,25 point de pourcentage, ce qui est le cas actuellement.
Le taux moyen d’inflation annuel de ces six derniers mois dépasse 0,8 % ce qui devrait entraîner une majoration de 0,25 point du taux du Livret A qui repasserait ainsi à 1 %.
Une augmentation du taux du Livret A serait un geste vis-à-vis des épargnants et serait en contradiction avec la volonté du Gouvernement de réorienter l’épargne vers les placements à risque et de favoriser la demande tant la consommation et l’investissement. Le relèvement du taux du Livret A serait pénalisant pour la Caisse des dépôts, pour les banques et pour le logement social. La Banque centrale européenne a demandé, à plusieurs reprises, à la France d’abaisser les taux de son épargne réglementée qui sont au-dessus des taux du marché. Entre la formule, les intérêts des épargnants et ceux de l’économie, le Gouvernement devra réaliser un difficile arbitrage.
Par ailleurs, la baisse de l’inflation enregistrée au mois de juin, pourrait le conforter dans l’idée du statu-quo. En effet, sur un an, les prix à la consommation n’ont augmenté, en juin, que de 0,7 % après +0,8 % en mai, selon l’estimation provisoire réalisée en fin de mois par l’INSEE. Cette légère baisse de l’inflation sur un an s’explique par le ralentissement des prix de l’énergie.
La Cour des Comptes appelle à la fermeté budgétaire
La Cour des comptes a rendu public son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques dans lequel il a intégré l’audit des finances publiques demandé par le Premier ministre. La Cour souligne que l’Etat devrait être incapable de respecter ses engagements en 2017. le déficit devrait atteindre 3,2 % du PIB contre 2,8 % initialement prévu si aucune mesure n’est prise d’ici la fin de l’année. Elle critique la lenteur de la réduction des déficits et doute de la faisabilité du programme retenu pour les années 2017-2020. Elle met en garde sur le fait qu’en 2018 et au-delà, « un effort d’économies sans précédent serait nécessaire pour respecter la trajectoire du Programme de stabilité ».
La Cour revient sur la gestion précédente en indiquant les pouvoirs publics ont surtout réduit le déficit grâce à la diminution de la charge de la dette. Ainsi, en 2016, le déficit public a atteint 3,4 points de PIB, en réduction de seulement 0,2 point par rapport à 2015, contre 0,3 point en moyenne annuelle sur la période 2011-2015. « Si les dépenses ont crû un peu moins vite que le PIB en 2016, cette évolution provient, pour une part importante, d’économies constatées sur la charge d’intérêts et d’une baisse des dépenses d’investissement en partie imputable au cycle électoral communal ».
Elle rappelle que « la France présente une situation de ses finances publiques dégradée par rapport aux autres pays de l’Union européenne, seule l’Espagne conservant un déficit plus élevé ». La dette publique française est désormais supérieure de 30 points de PIB à la dette allemande quand avant crise elles étaient au même niveau.
La cible de déficit public pour 2017 (2,7 points de PIB selon la LFI, relevée à 2,8 points par le Programme de stabilité) semble aujourd’hui hors d’atteinte et pourrait être dépassée de 0,4 point. Des recettes publiques auraient été surestimées quand des dépenses publiques ont été manifestement sous-évaluées.
Atteindre en 2018 l’objectif de réduction du déficit de 0,5 point de PIB impose de stabiliser les dépenses en volume, alors qu’elles ont progressé de +0,9 % par an entre 2011 et 2016. Avec ce rythme de croissance des dépenses en 2018, le déficit serait simplement stabilisé. L’équation budgétaire est d’autant plus complexe à résoudre que l’exercice 2018 est caractérisé par de nombreux facteurs d’augmentation de la dépense publique : croissance de la masse salariale publique sous l’effet notamment des mesures salariales accordées en 2016 et de l’augmentation des effectifs, progression des dépenses de défense et de sécurité, grands travaux d’infrastructure, atténuation des effets de la réforme des retraites de 2010, reprise de l’investissement local…
La Cour des Comptes propose une série de pistes pour réduire le déficit, pistes décapantes. Elle suggère ainsi de geler le point d’indice ce qui pourrait rapporter 2 milliards d’euros, de revaloriser différemment les trois fonctions publiques et de désindexer les primes et indemnités. La Cour demande également la suppression du supplément familial de traitement (1,5 milliard), des majorations et indemnités outre-mer (2,2 milliards) et la limitation de l’indemnité de résidence à la seule région parisienne. Par ailleurs, le gel des avancements pendant un an générerait une économie de 3 milliards . Après deux années de progression des effectifs de fonctionnaires, le retour dès 2018 au non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux (baisse de 20.000 équivalents temps plein travaillé) économiserait 600 millions par an à l’Etat. La stabilisation des fonctions publiques territoriale et hospitalière pourrait réduire les dépenses de 1,3 milliard d’euros. Une hausse de 1 % du temps de travail provoquerait une économie de 930 millions.
La Cour des comptes invite également le Gouvernement à limiter le nombre de niches fiscales dont le coût total des niches fiscales est évalué à élevé à 86 milliards d’euros. Elle recommande de revoir le suivi des 99 milliards d’euros d’investissements réalisés par les administrations publiques.
La Cour souhaite revoir les moyens dévolus aux lycées et aux établissements d’enseignement supérieur qui devraient se financer grâce aux droits d’inscription aux diplômes nationaux. Les aides au logement devrait être également revues. Les familles devraient choisir entre les APL et le rattachement fiscal de l’étudiant au foyer parental. Elle est favorable à une remise en cause des dispositifs de réduction d’impôt en faveur de l’immobilier locatif (2 milliards d’euros).
Elle suggère de revoir le taux réduit sur les travaux, qui coûte 5,2 milliards par an. En matière d’emploi, les contrats aidés, une nouvelle fois critiqués pour leur inefficacité, devraient être plus ciblés et courts.
La Cour des comptes demande des mesures afin de restaurer les comptes des régimes de retraite. A ce sujet, elle souhaite que les assurés du RSI cotisent plus, et que les règles de retraite des fonctionnaires soient harmonisées sur celles du privé : allongement de la période de référence pour le calcul des pensions (choisir les dix meilleures années ferait économiser 1 milliard par an). Les pensions de réversion devraient être harmonisées et placées sous condition de ressources.
Les fonds de pension à la française sont en bonne voie
La loi sapin II adoptée l’année dernière avait prévu que le gouvernement, par voie d’ordonnance, d’instituer des institutions de retraite professionnelles. Ces institutions qualifiées de fonds de pension à la française pourront accueillir les Contrats Madelin, les Plans d’Epargne Retraite Entreprise (article 83) et les autres régimes collectifs d’entreprise. Ces institutions seront soumises à Solvency I ce qui leur permettra d’investir plus fortement sur le marché actions.
Cette réforme, de nature technique, ne modifie pas les équilibres existant, en France, entre retraite par répartition et par capitalisation. Elle n’a pas de conséquence sur les différents produits d’épargne-retraite disponibles en droit français.
L’ordonnance renforce également la transparence et l’information de l’épargnant pour les régimes de retraite supplémentaires « par points ».
Le projet de loi de ratification prévoit également l’ajout de certaines mentions de pure coordination à des fins de sécurité juridique et d’intelligibilité du droit au code des assurances, au code de la mutualité et au code de la sécurité sociale. »
la préférence dans la liquidité ne se dément pas
Au mois de mai, selon les dernières statistiques de la Banque de France, les placements monétaires des résidents auprès des institutions financières monétaires françaises ont connu une forte hausse, + 7,0 %, après + 6,1 % en avril. Le taux de croissance n’a jamais été aussi élevé depuis le mois de décembre 2008. Les dépôts à vue enregistrent une progression record de 13,7 %, après + 13,2 %.
France : ressources monétaires des institutions financières monétaires
Encours (en Mds EUR) (a)
Taux de croissance annuel (en %) (a)
mai-17
mars-17
avr-17
mai-17
Dépôts à vue
888
12,0
13,2
13,7
= Ressources résidentes incluses dans M1
888
12,0
13,2
13,7
Dépôts à terme <= 2 ans
130
-5,5
-7,1
-4,4
+ Comptes sur livret
626
3,0
3,3
3,7
= Ressources résidentes incluses dans M2-M1
757
1,4
1,4
2,2
Titres d’OPC monétaires
263
9,4
1,7
3,1
+ Pensions
19
-20,2
-12,9
-9,8
+ Titres de créance <= 2 ans
66
7,1
-1,5
1,6
= Ressources résidentes incluses dans M3-M2
348
6,9
0,2
2,0
Total des ressources résidentes incluses dans M3
1 993
6,8
6,1
7,0
+ Engagements monétaires bruts vis-à-vis du reste de la zone euro
199
8,2
15,9
16,9
– Avoirs monétaires bruts vis-à-vis du reste de la zone euro
38
2,4
34,5
13,3
= Composante française de l’agrégat monétaire M3 de la zone euro
2 155
7,0
6,5
7,7
(a) Données CVS
La confiance des ménages au plus haut !
En cette fin de premier semestre, un petit vent d’euphorie collective souffle en France. L’optimisme des Français est en très forte hausse. Ainsi, l’indice de confiance des ménages calculé par l’INSEE a au mois de juin effacé 10 ans de crise en atteignant un niveau inconnu depuis juin 2007. En un mois, l’indicateur a progressé de 5 points (après +2 points en mai) et atteint 108. Il se situe ainsi nettement au-dessus de sa moyenne de longue période (100).
Cette remontée s’inscrit dans le climat d’après élection présidentielle. Une telle hausse n’est pas spécifique à 2017,elle avait été également enregistrée lors des précédentes élections.
Indicateur synthétique de confiance des ménages
En juin, les ménages considèrent tout à la fois que leur situation financière passée s’est améliorée et que celle à venir devrait progresser. les soldes correspondant gagnent respectivement 5 points et 2 points. Ces deux soldes sont également à leur plus haut niveau depuis l’été 2007 et sont au-dessus de leur niveau de moyenne période.
Après une baisse en mai, la proportion de ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants augmente très fortement en juin avec un gain de 11 points. Cet indice retrouve son niveau de février 2017, nettement au-dessus de sa moyenne de longue période.
En juin, le solde d’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne future s’améliore de 3 points et redevient positif pour la première fois depuis avril 2015. L’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne actuelle est inchangée. Ces deux soldes se situent au-dessus de leur moyenne de long terme.
La part de ménages estimant qu’il est opportun d’épargner est presque inchangée : le solde correspondant gagne 1 point mais demeure nettement inférieur à sa moyenne de longue période.
Soldes d’opinion sur la situation financière personnelle et le niveau de vie en France
En juin, le solde d’opinion des ménages sur le niveau de vie futur en France est en net progrès, + 15 points (après +7 points en mai). Il retrouve un niveau inédit depuis mai 2007. Le solde d’opinion des ménages sur le niveau de vie passé en France s’améliore de nouveau (+5 points après +6 points), à son plus haut niveau depuis début 2003. Les deux soldes excèdent un peu plus leur moyenne de longue période.
Les craintes des ménages au sujet du chômage diminuent de nouveau en juin, pour le troisième mois consécutif. Le solde correspondant recule de 9 points et se situe à son plus bas niveau depuis début 2008, bien au-dessous de sa moyenne de long terme.
En juin, les ménages sont moins nombreux à estimer que les prix augmenteront au cours des douze prochains mois : le solde correspondant baisse de 5 points, et s’éloigne de sa moyenne de longue période.
Les ménages sont aussi nombreux qu’en mai à estimer que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois ; le solde correspondant reste bien en deçà de son niveau moyen de long terme.
Le mois de mai ne sourit pas pour le chômage
Fin mai 2017, la France métropolitaine comptait 3 494 100 personnes inscrites à Pôle Emploi en catégorie A. 2 066 700 personnes sont inscrites en ayant une activité réduite (catégories B, C). Le total atteint 5 560 800 personnes. Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 0,6 % en mai (+22 300). Sur trois mois, la hausse est de 0,9 %. En revanche, sur un an, une baisse de 0,8 % est enregistrée.
pour les catégories A, B et C, la hausse est de 0,5 % en un mois, de 0,8 % sur trois mois et de 2,3 % sur un an. .
En France (y compris les départements et régions d’outre mer), le nombre de demandeurs d’emploi s’élève à 3 750 900 pour la catégorie A. Sur trois mois, il augmente de 0,8 % (+0,6 % sur un mois et –0,7 % sur un an). Pour les catégories A, B, C, ce nombre s’établit à 5 864 000. Sur trois mois, il augmente de 0,8 % (+0,5 % sur un mois et +2,3 % sur un an).
Cette augmentation du chômage au mois de mai s’explique par la diminution du nombre de chômeurs en formation ou en maladie, baisse de 1 % ainsi que par celle du nombre de demandeurs d’emploi en contrats aidés (- 0,5 %). Les mesures prises par l’ancien gouvernement afin de passer la période électorale s’épuisent et conduisent à un phénomène de ressaut. Près de 1,8 million de personnes bénéficient d’un emploi aidé ou sont couverts par un dispositif de formation pour les demandeurs d’emploi. A fin mars, ces derniers étaient 276 000.
Preuve que le marché du travail est plus dynamique, la durée du chômage a diminué de 10 jours en France métropolitaine) au mois de mai (13 jours pour l’ensemble de la France). Sur un an, la baisse est de respectivement de 16 et 17 jours. La durée moyenne est de 298 jours en France métropolitaine (300 jours ensemble de la France).
L’amélioration de la situation économique si elle a pour conséquence de réduire les licenciements économiques, conduit aussi des personnes d’âge actif à se réinscrire à Pôle Emploi. Toujours en raison d’une augmentation des créations d’emploi, le nombre de personnes démissionnant pour retrouver un autre emploi augmente. Par ailleurs, les reprises d’emploi progressent de près de 3 %.
Le nouveau gouvernement risque d’être incité à prendre des mesures afin de lisser les sorties des contrats aidés et des dispositifs de formation. Il pourrait néanmoins accepter le fardeau de cette hausse conjoncturelle en l’imputant aux prédécesseurs. Compte tenu de l’amélioration de la croissance et des créations d’emploi, une baisse du chômage devrait intervenir dans les prochains mois.
Résultats du mois de mai de l’assurance-vie : l’assurance-vie fait du surplace
En mai, l’assurance-vie affiche une collecte positive de 300 millions d’euros, après 400 millions d’euros en avril dernier. Sur les 5 premiers mois de l’année, la collecte de l’assurance-vie s’établit à 1,7 milliard d’euros contre près de 11 milliards sur la même période en 2016. Son encours s’élève à 1657 milliards d’euros à fin mai 2017.
Le mois de mai est généralement favorable à l’assurance vie, avec une collecte qui oscille entre 1 et 4 milliards d’euros sur les dix dernières années, à l’exception des mois de mai 2012 et 2013.
Comme depuis le début de l’année, en mai, les épargnants continuent d’appliquer le principe de précaution en orientant leur épargne vers le Livret A qui enregistre une collecte de 1,3 milliard d’euros. Par ailleurs les épargnants privilégient les liquidités, avec les dépôts à vue qui ont atteint le niveau record de 402,371 milliards d’euros en avril dernier.
L’assurance-vie souffre toujours des incertitudes qui planent sur la réforme de la fiscalité et continue de subir les comètes du dispositif de blocage potentiel des contrats en cas de crise grave, adopté dans le cadre de la loi Sapin II.
La baisse du taux de rendement des fonds euros, joue également un rôle dans l’appétence des ménages pour l’assurance-vie. De plus la collecte est sans nulle doute pénalisée par le fait que certain épargnants rechignent à allouer une partie de leur épargne sur les unités de compte comme les y incitent les compagnies d’assurances.
Résultats du mois de mai 2017 : Le Livret A, la star du printemps?
Le Livret A inarrêtable
Pour le sixième mois consécutif, le Livret A a enregistré, en mai, une collecte positive avec un gain de 1,3 milliard d’euros. Ce résultat est d’autant plus remarquable que le mois de mai ne sourit pas toujours au Livret A, six décollectes ayant été dénombrées entre 2007 et 2017.
Les Français sont redevenus des fidèles du Livret A et malgré le taux de rendement de 0,75 %. Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint déjà 8,58 milliards d’euros ce qui en rythme annuel permettrait d’atteindre 20 milliards d’euros. Ainsi, mois après mois, les versements permettent de compenser la décollecte enregistrée en 2014 et 2015, décollecte qui s’était élevée à 15,4 milliards d’euros. L’encours du Livret A s’élève désormais 268,1 milliards d’euros et se rapproche de son maximum atteint au mois d’avril 2014 (268,7 milliards d’euros)
En offrant la liquidité, la sécurité avec une absence totale de prélèvements fiscaux et sociaux, le Livret A continue de séduire les Français.
Ce regain de forme du Livret A est lié, sans nul doute, à la volonté des ménages français de conserver avant l’été une épargne de précaution abondante. Au mois d’avril, les dépôts à vue des ménages a atteint un sommet historique à 402,371 milliards d’euros. La baisse du rendement des fonds euros des contrats d’assurance-vie joue en faveur du Livret A. En outre, les fonds euros sont moins accessibles car les assureurs demandent à ce que les épargnants investissent une partie de leurs disponibilités en unité de compte.
Livret A, éternel valeur refuge
Les incertitudes électorales au cours du mois de mai et les éventuels changements fiscaux pouvant concerner certains produits d’épargne dont l’assurance-vie a redonné ses lettre de noblesse à la valeur refuge qu’est le Livret A. les variations des prix du pétrole réduit la visibilité sur l’évolution du pouvoir d’achat. Les ménages éprouvent des difficultés pour appréhender leur facture énergétique.
L’inflation n’y change rien
En revanche, cette hausse des prix, depuis quelques mois, n’a pas dissuadé les Français de placer leur argent disponible sur le Livret A ou le LDDS. En effet, avec un taux moyen d’inflation depuis le début de l’année de 0,8 %, le rendement réel du Livret A est désormais négatif de 0,5 point. Si au mois de juin, l’inflation restait à son niveau actuel, le taux du Livret A pourrait être fixé, en application de la formule, à 1 % mais en cas de diminution de l’indice des prix, ce qui n’est pas impensable au vu du prix du pétrole, son maintien à 0,75 % pourrait se justifier.
Dans tous les cas, le Livret A devrait bénéficier durant les prochains mois d’un courant porteur. En effet, les modifications fiscales ne seront connues qu’à la fin de l’année et les taux de rendement des fonds euros sont toujours orientés à la baisse. Par ailleurs, L’INSEE espère néanmoins que les ménages français puisent dans leur épargne pour compenser la diminution des gains de pouvoir d’achat. Il n’est pas certain qu’ils obéissent aux souhaits de l’institut de la statistique. Affaire à suivre…..
La reprise, l’INSEE y croit !
Si le Conseil d’Orientation des Retraites a révisé à la baisse ses prévisions pour les retraites, l’INSEE croit à l’affermissement de la croissance à court et moyen terme. Dans sa note de conjoncture du mois de juin, l’Institut statistique prévoit, en effet, que le taux de croissance du PIB au 2e et au 3e trimestre sera de 0,5 % contre 0,4 % au 1er trimestre. Sur l’année, le taux de croissance pourrait atteindre 1,6 % soit un peu plus que prévu ces derniers mois.
Cette croissance serait tirée par l’investissement. La consommation devrait également augmenter mais serait en léger retrait du fait de la moindre progression du pouvoir d’achat. Le commerce extérieur devrait peser encore de manière moins négative sur la croissance grâce à une progression des exportations qui restera néanmoins inférieure à celle des importations.
Avec l’amélioration du climat des affaires, la production industrielle devrait s’accroître de 1,5 % sur l’ensemble de l’année après une hausse de 0,8 % en 2016. La production agricole qui en raison de conditions climatiques défavorables s’était contractée de 5,6 % l’année dernière (-1,5 % en 2015) devrait connaître enfin une petite hausse en 2017. Les services marchands devraient enregistrer une expansion de 2,4 % et cela malgré le ralentissement de la consommation des ménages. La construction devrait renouer avec une croissance franche, +1,8 % en 2017 contre +0,1 % en 2016. La construction avait connu deux années de fort recul en 2014 et 2015.
En matière d’emploi, l’INSEE table sur 203 000 créations nettes comme en 2016. Dans ces conditions, le taux de chômage devrait être de 9,4 % à la fin de l’année. Avec l’arrivée sur le marché du travail, de générations un peu moins importantes, le taux de chômage devrait poursuivre son processus de baisse et permettre à la France de combler en partie son écart avec les pays de la zone euro.
L’INSEE prévoit une inflation en fin d’année de 1,1 % sachant qu’au mois de mai elle était de 0,8 % contre 0 % un an auparavant. L’accalmie de la hausse des produits pétroliers et la faiblesse de l’inflation sous-jacente pèsent sur l’indice des prix.
Les gains de pouvoir d’achat seraient de 1,1 % cette année contre 1,8 % l’année dernière. Les revenus salariaux du secteur marchand progresseraient de 1,6 % et ceux de la fonction publique connaîtraient une progression plus importante grâce à la revalorisation intervenue avant les élections.
Du fait de cette moindre progression du pouvoir d’achat, la consommation n’augmenterait, cette année, que de 1,2 % contre +2,1 % en 2016. L’INSEE croit à une baisse du taux d’épargne qui passerait en-dessous de 14 % ce qui serait le taux le plus bas enregistré depuis 1990. Ce recul serait imputable à la diminution du taux de chômage et au retour de la confiance.
L’investissement des entreprises devrait fortement augmenté. Une progression de 2,9 % est attendue portant le taux d’investissement à son plus haut niveau depuis 2008. Au deuxième trimestre, un recul est attendu en raison de la fin du dispositif de suramortissement. L’augmentation de l’investissement reposerait sur le retour de la confiance, sur le niveau bas des taux d’intérêt et sur les bonnes perspectives de demande. L’amélioration du taux de marge et du taux d’autofinancement des entreprises favorise également cette reprise.
Les ménages renouent également avec l’investissement qui devrait progresser de 3,7 % en 2017, une hausse sans précédent depuis 2009.
L’année 2017 pourrait donc traduire par l’enclenchement d’un cycle autoalimenté de croissance. La France commence à effacer les stigmates de la crise de 2008 à la réservé près que le chômage et la dette publiques sont supérieurs à leur niveau d’avant crise.
En attendant le big bang des retraites, les recettes manquent
Le Conseil d’Orientation des retraites a publié son rapport annuel concernant les régimes de retraite. Avec une croissance potentielle qui est en-deçà de 2 %, avec une immigration en recul, avec une espérance de vie qui continue à progresser, les experts du COR ont du admettre que le déficit pourrait repartir à la hausse. En 2016 comme en 2017, le régime général d’assurance vieillesse évoluait autour de l’équilibre grâce au report de l’âge légal décidé en 2010 et aux augmentations de cotisations sociales décidées en 2012 et 2014.
Cette embellie pourrait prendre fin et cela ne constitue pas une réelle reprise. En effet, le taux de croissance de la productivité qui influe sur celle de la masse salariale est très faible depuis plusieurs années. Par ailleurs, l’apport de l’immigration à la population active se tarit ce qui réduit le nombre de cotisants.
La révision des hypothèses de croissance de la masse salariale et celles liées à la démographie était incontournable car les précédentes étaient jugées exagérément optimistes. Ainsi, le COR retient des hypothèses des taux de croissance de la productivité de 1 à 1,8 % avec un taux pivot à 1,3/1,5. En retenant le taux de croissance du scénario normal (1,5), le déficit annuel serait de 0,8 % du PIB de 2027 à 2034. Avec un taux de 1,3 %, ce déficit atteindrait à 0,9 % jusqu’en 2039. Si le taux était de 1%, le déficit atteindrait 1,4 % en 2034.
Pour 2021, le besoin de financement du système de retraite est évalué à 0,4 % du PIB, soit près de 9 milliards d’euros, près du double du déficit constaté l’an dernier. La dégradation sera plus importante entre 2025 et 2029. Les besoins de financement du système de retraite en 2030 sont ainsi accrus de 0,6 à 0,9 point de PIB (selon les scénarios économiques) par rapport à ceux estimés il y a un an !
Une équation compliquée pour Emmanuel Macron
Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’est engagé à ne pas modifier la durée de cotisations ni l’âge légal de départ à la retraite. Son objectif étant d’instituer un régime unique de retraite, il n’a guère envie d’ouvrir un deuxième front qui pourrait mobiliser les partenaires sociaux. Il est pleinement conscient que le report de l’âge de départ à la retraite à 65 ans qui est à même de rééquilibrer les régimes de retraite est très impopulaire. Il ne peut guère jouer sur les cotisations sociales qui ont fortement augmenté par François Hollande. En outre, il fait le pari de la restauration de la compétitivité des entreprises.
La dérive du déficit ne sera pas facile à gérer compte tenu des engagements européens. Néanmoins, il pourra souligner auprès des partenaires européens qu’il est nécessaire de donner un peu de lest à la France au moment où elle s’engage d’en une importante réforme systémique.
La création du régime unique dont la discussion devrait commencer en 2018 ne réduira pas le montant du déficit de l’assurance-vieillesse. En effet, ce n’est pas en modifiant le mode de calcul que les déficits disparaissent. En outre, le big bang des retraites nécessitera des compensations pour les éventuels perdants de la mutation. Par ailleurs, la transformation de notre système reposant sur une trentaine de régimes de base et une centaine de régimes complémentaires générera, dans un premier temps, des surcoûts informatiques. Enfin, la mise en place du régime unique sera étalée sur une période de 6 à 10 ans au minimum qui sera caractérisée par la cohabitation des différents régimes.
Certes, à terme, le régime unique offrira des possibilités d’ajustement simple et efficace. En pilotant la valeur du point, à l’achat et au rachat, il sera possible de peser de manière assez fine sur les équilibres des retraites.
Le rapport annuel du Conseil d’Orientation des Retraites devrait confirmer que les régimes de retraite devraient enregistrer des pertes plus importantes que prévu. C’est notamment la faute à baisse du taux de croissance et d’une moindre croissance de la population active. Le retour à l’équilibre annoncé pour 2025 serait atteint en 2050. Au regard du taux de croissance, de l’évolution du chômage, cette annonce ne peut être considérée comme une surprise.
La croissance des revenus avait été surestimée. De ce fait, en prenant un hausse limitée à 1,5 % ce qui pour certains est déjà très optimiste, le déficit annuel serait de 0,8 % du PIB de 2027 à 2034. Le Conseil d’Orientation des Retraites a également intégré que cette croissance des revenus pourrait être de 1,3 % ce qui amène le taux du déficit à 0,9 % jusqu’en 2039. Pour ceux qui croient à une forte reprise, le COR a également retenu dans son modèle le taux de 1,8 % pour les revenus d’activité. Dans ce cas, il faut attendre 2040 pour renouer avec l’équilibre. Si au contraire, le taux était de 1%, le déficit atteindrait 1,4 % en 2034.
Pour 2021, le besoin de financement du système de retraite est évalué à 0,4 % du PIB, soit près de 9 milliards d’euros, près du double du déficit constaté l’an dernier. La dégradation sera plus importante entre 2025 et 2029. Les besoins de financement du système de retraite en 2030 sont ainsi accrus de 0,6 à 0,9 point de PIB (selon les scénarios économiques) par rapport à ceux estimés il y a un an !
La dégradation des comptes est également imputable à la baisse de l’immigration. A plus long terme, dans la décennie 2060, l’allongement de l’espérance de vie va peser sur le système de retraites. Par ailleurs, la population active augmenterait moins que prévu.
Emmanuel Macron se’est engagé à ne pas modifier la durée de cotisations ni l’âge légal de départ à la retraite. Son objectif est d’instituer un régime unique de retraite. Certes, à terme, en pilotant la valeur du point, il sera possible de peser de manière assez fine sur les équilibres des retraites mais cela ne sera possible qu’après une période de transition qui devrait durer de 6 à 10 ans. Il est donc fort probable que le gouvernement ne soit contraint de prendre des mesures paramétriques.
La Grèce, la longue sortie du tunnel
La dette grecque n’en finit pas de monter par rapport du PIB en raison de la contraction de ce dernier et du maintien d’un déficit budgétaire imputable au paiement des intérêts. Elle représente désormais 179 % du PIB contre 175 % en 2015. Pour autant, le budget de l’Etat grec a dégagé un excédent primaire (hors service de la dette) de 1,842 milliard d’euros ur les cinq premiers mois de l’année, dépassant son objectif de 792 millions d’euros grâce à des dépenses en baisse. Sur l’année, le gouvernement compte sur un excédent primaire de 1,9 % quand le plan d’aide a retenu un excédent de 1,75 %.
Après des mois de négociation, le Fonds monétaire international a conclu jeudi un accord de principe avec la zone euro pour participer au troisième programme d’aide internationale en faveur de la Grèce. Cette dernière pourra enfin bénéficier d’un prêt de 8,5 milliards d’euros lui permettant d’honorer des échéances en juillet.
Néanmoins, ce soutien du FMI est conditionné à l’obtention de garanties sur le plan d’allégement de la dette grecque. Or, l’Eurogroupe rassemblant les représentants de l’Union européenne joue la monte. Le Gouvernement allemand ne souhaite pas en pleine période électorale accepter un plan de rééchelonnement de la dette grecque. La commission des finances du Parlement allemand devra se prononcer sur l’accord de principe conclu jeudi entre la zone euro et le Fonds monétaire international en vue d’une participation de ce dernier au plan d’aide en faveur de la Grèce, a déclaré le ministre des Finances Wolfgang Schäuble. L’allégement réelle de la dette devra sera négocié au cours du deuxième semestre et après le 24 septembre, date des élections aux Bundestag. D’ici là, le FMI devrait avoir reçu quelques garanties de la part des créanciers.
La FED poursuit son programme de hausse des taux
Pour la deuxième fois de l’année, la FED a décidé le mercredi 14 juin de relever ses taux directeurs de 0,25 point. Ils s’établissent désormais dans la fourchette de 1% à 1,25%, Une nouvelle hausse est attendue avant la fin de l’année et 3 sont programmées en 2018. La Fed prévoit toujours une autre hausse des taux cette année et trois en 2018.
Cette décision de relèvement n’est pas une surprise et cela malgré la publication de résultats économiques moyens concernant notamment l’inflation et la consommation.
Pour justifier sa décision, le Comité monétaire a souligné que « les gains d’emplois ont été modérés mais solides » et que les dépenses des consommateurs « ont augmenté ces derniers mois ». La Fed a reconnu que l’inflation est en retraite et en-dessous de l’objectif de 2% que la Fed juge sain pour l’économie. La FED a profité de la réunion pour réviser en baisse ses prévisions d’inflation pour 2017 à 1,6% au lieu de 1,9% évalué en mars.
La banque centrale a aussi annoncé qu’elle commencerait « cette année » à réduire le volume des actifs acquis après la crise financière pour doper la reprise. Une telle mesure équivaut à un resserrement supplémentaire de la politique monétaire. « Le Comité prévoit de commencer à normaliser son bilan cette année, si l’économie évolue dans l’ensemble comme prévu », mentionne le communiqué. La banque centrale devrait cesser de réinvestir le produit des titres arrivant à maturité (bons du trésor et titres appuyés sur des créances immobilières). Elle en a pour plus de 4.000 milliards de dollars à son bilan.
La Fed se dit toutefois prête à interrompre ce processus de désinvestissement s’il y avait « détérioration matérielle des perspectives économiques qui exigeraient une baisse sensible des taux d’intérêt ». Ces désinvestissements se feront très progressivement par tranche de 6 milliards de dollars pour les bons du Trésor d’abord mensuels puis trimestriels et de 4 milliards pour les titres appuyés sur des créances immobilières.
Quelles conséquences pour les épargnants européens ?
La hausse des taux longs devrait rester modeste compte tenu des dernières déclarations de la BCE. Cela pourrait néanmoins jouer contre l’appréciation des valeurs européennes, les investisseurs internationaux privilégiant les valeurs américaines. Par ailleurs, le dollar devrait poursuivre son appréciation ce qui conduit également à améliorer l’attractivité des Etats-Unis. Mais, cette appréciation rencontre pour limite le ralentissement économique américain et la politique de relance du Président qui pourrait conduire certains investisseurs à moins s’exposer.
Des créations d’entreprise en hausse au mois de mai
Selon l’INSEE, au mois de mai, le nombre total de créations d’entreprises tous types d’entreprises confondus a progressé de 1,6 % après −1,9 % en avril, en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables. Les immatriculations de micro-entrepreneurs se redressent (+1,7 % après −2,9 %) tout comme les créations d’entreprises classiques (+1,6 % après −1,2%).
Créations d’entreprises (CVS-CJO *)
* Données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables
Source : Insee, Sirene
Par rapport à la même période un an plus tôt, le nombre cumulé de créations au cours des trois derniers mois augmente légèrement en mai (+0,7 %, en données brutes). Les créations de sociétés continuent de croître (+4,7%) ainsi que celles d’entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs (+3,2 %). En revanche, les immatriculations de micro-entrepreneurs se contractent de nouveau (−4,2 %).
En données brutes, le nombre cumulé d’entreprises créées au cours des douze derniers mois continue d’augmenter (+2,9 % après +4,6 % en avril). Cette augmentation est notamment due aux créations d’entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs (+6,0 %) et de sociétés (+5,6 %). Les immatriculations de micro-entrepreneurs, quant à elles, se replient (−1,1 % après +0,7 %).
En mai 2017, en données brutes, la part des demandes d’immatriculation de micro-entrepreneurs dans le total des entreprises créées au cours des douze derniers mois est de 39,7 %. Un an auparavant, celle-ci était de 41,3 %.
Les entreprises continuent de s’endetter
Selon la Banque de France, les crédits mobilisés par les entreprises s’élevaient à 910,8 milliards d’euros à la fin du mois d’avril , en augmentation de 4,7 % sur un an. Cette progression concerne toutes les catégories d’entreprises : +3,1 % pour les PME, +2,4 % pour les ETI et +10,0 % pour les GE. L’augmentation de l’encours des crédits mobilisés concerne tous les secteurs (hors la construction : – 2,2 % sur un an). Elle s’élève en particulier à 10,6 % dans le secteur de l’information et de la communication, à 6,5 % dans les activités de soutien aux entreprises, et à 4,4 % dans l’industrie. Le taux d’intérêt moyen des crédits nouveaux d’un montant unitaire inférieur à 1 million d’euros est quasi inchangé (1,72 % après 1,68 % en mars).
Près de 300 000 emplois créés en un an !
Du premier trimestre 2016 au premier trimestre 2017, la France a créé, selon l’INSEE, 284 100 emplois soit une hausse de 1,2 % . Pour le premier trimestre 2017, les créations nettes d’emploi salarié augmentent de 89 700, soit +0,4 %, après +0,3 % au trimestre précédent. L’emploi salarié augmente de 80 300 dans le privé et de 9 500 dans la fonction publique. En revanche, au premier trimestre 2017, l’industrie a détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée : −5 200 (soit −0,2 %), après –3 800 le trimestre précédent. Sur un an, l’emploi industriel diminue de 19 700 (soit −0,6 %). Alors qu’il baissait quasi continûment depuis 2008, l’emploi dans la construction augmente de 9 300 au premier trimestre 2017 (soit +0,7 %), après –2 800 au quatrième trimestre 2016. Sur un an, l’emploi dans la construction est en légère hausse (+1 700 emplois, soit +0,1 %).
Évolution de l’emploi salarié : en milliers
données CVS en milliers en fin de trimestre
Évolution de l’emploi salarié : en milliers
Évolution sur 3 mois
Évolution sur un an
Niveau
2016
2017
2017
2017
T4
T1
T1
T1
Agriculture
-0,3
0,8
4,9
301,6
Industrie
-3,8
-5,2
-19,7
3 141,8
dont industrie manufacturière
-1,6
-1,9
-11,1
2 774,4
Construction
-2,8
9,3
1,7
1 342,8
Services marchands (*)
66,9
71,6
246,7
12 074,1
dont intérim (**)
42,3
17,0
93,0
687,6
Services non marchands
5,7
13,1
50,5
8 071,1
Ensemble (*)
65,7
89,7
284,1
24 931,3
Privé (*)
64,6
80,3
255,4
19 121,0
Fonction publique
1,0
9,5
28,7
5 810,3
Lecture : au premier trimestre 2017, les créations nettes d’emploi salarié dans les services marchands sont de 71 600 par rapport au trimestre précédent.
Évolution de l’emploi salarié : en pourcentage
données CVS en % en fin de trimestre
Évolution de l’emploi salarié : en pourcentage
Évolution sur 3 mois
Évolution sur un an
2016
2017
2017
T4
T1
T1
Agriculture
-0,1
0,3
1,6
Industrie
-0,1
-0,2
-0,6
dont industrie manufacturière
-0,1
-0,1
-0,4
Construction
-0,2
0,7
0,1
Services marchands (*)
0,6
0,6
2,1
dont intérim (**)
6,7
2,5
15,6
Services non marchands
0,1
0,2
0,6
Ensemble (*)
0,3
0,4
1,2
Privé (*)
0,3
0,4
1,4
Fonction publique
0,0
0,2
0,5
(*) Hors activités extraterritoriales.
(**) Les intérimaires sont comptabilisés dans le secteur tertiaire
quel que soit le secteur dans lequel ils effectuent leur mission.
Au premier trimestre 2017, les créations nettes d’emploi dans les services marchands atteignent 71 600 (soit +0,6 %, comme le trimestre précédent). Sur un an, l’emploi croît nettement dans ces secteurs : +246 700, soit +2,1 %.
L’emploi intérimaire ralentit début 2017 : +17 000, soit +2,5 %, après +6,7 % au quatrième trimestre 2016. Sur un an, il reste en forte hausse (+93 000, soit +15,6 %).
L’emploi dans les services marchands hors intérim accélère au premier trimestre 2017 : +54 600, soit +0,5 %, après +0,2 % au trimestre précédent. En particulier, il augmente fortement dans les services aux entreprises (+21 100 hors intérim), l’hébergement- restauration (+13 500), ainsi que l’information- communication (+6 100). Sur un an, l’emploi dans les services marchands hors intérim croît de 153 700 (+1,4 %).
L’emploi dans les services principalement non marchands augmente au premier trimestre 2017 de 13 100 (soit +0,2 %), après +5 700 le trimestre précédent. Sur un an, ces secteurs ont créé 50 500 emplois (soit +0,6 %), dont 24 600 dans le privé.
la demande de crédits fait une pause
Selon l’enquête de la Banque de France auprès des établissements financiers, la demande de crédits se serait tassée au mois de mai.
En effet, en mai, les établissements bancaires font état d’une légère baisse de la demande de crédits des grandes entreprises. Pour les crédits à la consommation et à l’habitat, les banques interrogées indiquent que la demande de crédits à l’habitat est quasi étale. La demande de crédits à la consommation est perçue comme stable
La production industrielle française en avril rechute
Après plusieurs bons moins, au mois d’avril, la production dans l’industrie manufacturière se contracte de 1,2 %. En mars, elle avait progressé de +2,8 % en mars). Pour l’ensemble de l’industrie les taux respectifs sont de −0,5 % après +2,2 %.
Au cours des trois derniers mois, la production est quasi stable dans l’industrie manufacturière (−0,1 %). Elle décroît dans l’ensemble de l’industrie (−0,7 %).
Sur cette période, la production recule nettement dans les industries extractives, énergie, eau (−4,9 %) et dans les matériels de transport (−1,6 %). Elle chute dans la cokéfaction et raffinage (−10,9 %). En revanche, elle croît dans les industries agroalimentaires (+0,7 %). Elle est quasi stable dans les « autres industries » (+0,1 %) et dans les biens d’équipement (+0,1 %).
Dans l’industrie manufacturière, la production des trois derniers mois augmente par rapport aux trois mêmes mois de 2016 (+1,6 %). Elle croît plus modérément dans l’ensemble de l’industrie (+0,8 %).
Sur cette période, la production est en nette hausse dans les « autres industries » (+1,9 %) et dans les biens d’équipement (+2,9 %). Elle augmente aussi dans les matériels de transport (+0,9 %). Elle est stable dans les industries agroalimentaires. En revanche, elle diminue fortement dans les industries extractives, énergie, eau (−3,7 %) et dans la cokéfaction et raffinage (−6,1 %).
Indices mensuels de la production industrielle
Légende : CZ : industrie manufacturière – (C1) : industries agro-alimentaires – (C3) : biens d’équipement – (C4) : matériels de transport – (C5) : autres industries
Sources : Insee, SSP, SDES
La croissance française revue à la hausse par la Banque de France
La croissance française pourrait atteindre 1,4 % en 2017 selon la Banque de France, soit 0,1 point de plus que prévu lors de la précédente prévision. En 2018 et 2019, le PIB augmenterait de 1,6 % pour chacune des années. Malgré cette amélioration, l’économie française resterait en retrait par rapport à la moyenne de la zone euro, pour laquelle la Banque centrale européenne a revu également jeudi ses prévisions de croissance à la hausse (+0,1 point), à 1,9 % pour 2017, 1,8 % en 2018 et 1,7 % en 2019. Pour expliquer la révision à la hausse de la croissance française, la Banque de France met en avant la possible amélioration des exportations. En revanche ; la consommation des ménages serait moins dynamique du fait que les gains de pouvoir d’achat liés à la baisse des prix du pétrole s’estompent.
La Banque de France considère que le déficit public sera, cette année, de 3,1 % après 3,4 % en 2016, alors que la France s’est engagée à le ramener sous 3,0 % en 2017. L’écart avec la prévision d’un solde public 2017 à -2,8 % du PIB visé par l’ancien gouvernement provient à parts égales « d’une croissance nominale du PIB plus faible et d’une progression plus dynamique des dépenses ».
S’agissant de l’inflation, la Banque de France voit toujours une accélération à 1,2 % cette année après 0,3 % en 2016 mais revoit en baisse ses prévisions pour 2018 et 2019 à 1,2 % puis 1,4 % (contre 1,4 % et 1,5 % respectivement auparavant).
Des frais, des frais, des frais mais souvent utiles
Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne, était l’invité d’Intégrale Placement sur BFM Business au sujet des frais applicables aux produits d’épargne.
Du report de la retenue à la source à la baisse des charges sociales en passant par la hausse de la CSG
Le Premier Ministre a annoncé mercredi 7 juin le report au 1er janvier 2019 de la retenue à la source qui devait s’appliquer à compter du 1er janvier prochain.
Cette décision a été motivée par le fait qu’il convenait de tester cette réforme qui pourrait générer un surcroît de charges de travail pour les PME. Elle vise surtout à éviter un télescopage avec la baisse des charges sociales, promesse phare du Président de la République.
Ce report d’un an aboutit à supprimer l’année blanche 2017. De ce fait, tous les dispositifs de réduction d’impôt dont ceux relatifs à l’épargne retraite sont, cette année, opérationnels. 2018 sera donc une année blanche (sauf en ce qui concerne les revenus exceptionnels) à moins qu’un nouveau report n’intervienne ou que la réforme ne soit abandonnée.
Le report de la retenue à la source évite donc de brouiller le projet d’Emmanuel Macron de suppression des cotisations d’assurance maladie (0,75 %) et des cotisations de chômage (2,4 %) compensée par la hausse de la CSG de 1,7 point. Au total, l’exonération de charges représente 3,15 % sur le salaire brut dans la limite de quatre fois le plafond de la sécurité sociale.
La hausse de 1,7 point de CSG étant calculée sur 98,25 % du salaire brut aboutit à une augmentation de 1,67 %. Le gain cotisations sociales / CSG serait donc, en moyenne, de 1,48 % pour un salarié en-dessous de 4 fois le plafond de la Sécurité sociale.
Un salarié rémunéré au SMIC améliore sa situation de 260 euros par an ;
Une personne rémunérée à 3000 euros brut gagne 533 euros ;
Une personne rémunérée 5000 euros brut gagne 888 euros.
Au-delà de quatre fois le plafond de la Sécurité sociale, soit 12.872 euros par mois en 2016, la baisse des cotisations sociales du fait du plafonnement a un moindre effet.
Le gain de pouvoir d’achat est limité aux actifs. Les retraités ne payant pas de cotisation chômage supporteront la CSG sauf pour ceux qui sont exonérés et ceux qui bénéficient du taux réduit de 3,8 %. Pour les travailleurs indépendants et les fonctionnaires qui n’acquittent pas de cotisation chômage, des mesures spécifiques seront prises afin qu’ils puissent bénéficier d’une revalorisation de leurs revenus.
Par ailleurs, la hausse de la CSG touchera tous les autres revenus, mobiliers et immobiliers. Néanmoins, l’introduction du prélèvement libératoire de 30 % pourrait neutraliser ce relèvement.
Marchés financiers : un mois de mai sans bavure
Tableau de bord des marchés financiers
Résultats
CAC 40 au 30 décembre 2016
CAC au 31 mai
Évolution en mai
Évolution depuis le 1er janvier
4 862,31
5 283,63
+0,31 %
+8,67 %
DAXX au 30 décembre 2016
DAXX au 31 mai
Évolution en mai
Évolution depuis le 1er janvier
11 481,06
12 615,06
+1,42 %
+9,88 %
Footsie au 30 décembre 2016
Footsie au 31 mai
Évolution en mai
Évolution depuis le 1er janvier
7 142,83
7 519,95
+4,39 %
+5,28 %
Euro Stoxx 50 au 30 décembre 2016
Euro Stoxx au 31 mai
Évolution en mai
Évolution depuis le 1er janvier
3 230,68
3 554,59
-0,14 %
+ 8,03 %
Dow Jones au 30 décembre 2016
Dow Jones au 31 mai
Évolution en mai
Évolution depuis le 1er janvier
19 762,60
21 008,65
+0,33 %
+6,31 %
Nasdaq au 30 décembre 2016
Nasdaq au 31 mai
Évolution en mai
Évolution depuis le 1er janvier
5 383,12
6 198,52
+2,50 %
+15,25 %
Nikkei au 30 décembre 2016
Nikkei au 31 mai
Évolution en mai
Évolution depuis le 1er janvier
19 114,37
19 650,57
+2,36 %
+2,81 %
Parité euro/dollar au 31 décembre 2016
Parité au 31 mai
Évolution en mai
Évolution depuis le 1er janvier
1,0540
1,1239
+3,15 %
+6,85 %
Once d’or au 31 décembre 2016 en dollars
Once d’or au 31 mai
Évolution en mai
Évolution depuis le 1er janvier
1 154,70
1 271,590
+0,28 %
+10,37 %
Baril de pétrole Brent en dollars au 31 décembre 2016
Pétrole de Brent au 31 mai
Évolution en mai
Évolution depuis le 1er janvier
56,620
50,895
-1,77 %
-10,47 %
L’industrie française retrouve des couleurs
Selon l’INSEE, au mois de mars, l’industrie manufacturière a enregistré une hausse de 3,1 % de son chiffre d’affaires faisant suite à une hausse de 2,1 % en février. La progression est plus marquée encore à l’exportation (+4,9 % après +1,5 %). Dans l’ensemble de l’industrie, le chiffre d’affaires continue aussi d’augmenter (+2,2 % après +2,4 %).
Au cours du premier trimestre, le chiffre d’affaires croît significativement dans l’industrie manufacturière (+1,1 %) et dans l’ensemble de l’industrie (+1,8 %). Le chiffre d’affaires augmente fortement par rapport au premier trimestre de l’année précédente dans l’industrie manufacturière (+5,5 %). La croissance est plus importante encore dans l’ensemble de l’industrie (+7,4 %) grâce à la forte hausse des industries extractives, énergie, eau, déchets et dépollution (+16,2 %). Sur un an, le chiffre d’affaires augmente dans tous les grands secteurs de l’industrie manufacturière, aussi bien dans les matériels de transport (+11,2 %), les « autres industries » (+3,5 %), la cokéfaction et raffinage (+30,3 %), les industries agroalimentaires (+2,7 %) que dans les biens d’équipement (+2,6 %).
Le chiffre d’affaires dans l’industrie manufacturière par secteur
Sources : DGFiP, Insee
Les prix se calment en mai
Selon la première estimation de l’INSEE, le taux d’inflation a été en mai de 0,1 % ramenant la hausse des prix sur un an à 0,8 % contre 1,2 % en avril. Cette baisse de l’inflation sur un an proviendrait d’un ralentissement marqué des prix de l’énergie et modéré de ceux de l’alimentation et du tabac. Les prix des produits manufacturés baisseraient encore, sur le même rythme que le mois précédent. Les prix des services croîtraient autant qu’en avril.
Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé ralentirait nettement, à +0,9 % après +1,4 % le mois précédent. Sur un mois, il serait stable, après +0,1 % en avril.
Ma très chère pierre
Selon la Chambre des notaires, les prix des logements anciens en France ibt poursuivi leu progression au cours du 1er trimestre par rapport au trimestre précédent. Au premier trimestre comparé aux trois derniers mois de 2016, les prix ont augmenté de 1,9%, avec une hausse quasiment de même ampleur pour les appartements (+1,9%) et les maisons (+1,8%).
Sur un an, la hausse est désormais de 3 %. Le prix des appartements augmentent de 3,4% quant celui des maisons a gagné 2,6% selon ces données provisoires corrigées des variations saisonnières.
En Ile-de France, la hausse des prix des logements anciens a été de 1,8% de janvier à mars comparé aux trois mois précédents, après +0,4%. Sur un an, cette hausse des prix atteint pour la région parisienne 3,8% au premier trimestre, comparé à la même période un an plus tôt, une hausse qui s’accélère pour les appartements (+4,5% et même +5,5% à Paris) mais concerne aussi les maisons (+2,4%). Paris continue à enregistrer de fortes hausses. Le prix au m² des appartements anciens s’établit ainsi à 8.430 € en février 2017, en hausse annuelle de 5,2%. D’après les indicateurs avancés des notaires franciliens, le prix au m² dans la Capitale pourrait atteindre 8.700 € le m² en juin 2017, soit 240 € de plus que le précédent record de 2012. La hausse annuelle atteindrait alors 7%.
En province, les prix des logements anciens a augmenté de 1,9% au premier trimestre comparé aux trois mois précédents contre une hausse de 0,3% au dernier trimestre 2016. Sur un an, la hausse des prix s’élève à +2,6% : ceux des maisons progressent de 2,6%, tandis que ceux des appartements gagnent 2,5%.
A fin mars, le nombre de transactions réalisées pendant les douze mois écoulés « atteint le niveau historique » de 881.000, contre 809.000 à la même période un an plus tôt.
La croissance du 1er trimestre 2017 révisée à 0,4 %
Le taux de croissance de l’économie du 1er trimestre 2017 avait déçu. Le 0,3 % était en net retrait par rapport au résultat du dernier trimestre 2016 (+0,5 %) et à ceux de nos partenaires. Dans sa révision du 30 mai, l’INSEE a réévalué le taux de croissance à 0,4 %. La correction porte essentiellement sur les investissements dont la progression a été de 1,2 % contre 0,9 % initialement annoncé.
Net regain d’optimisme pour les ménages en France
Selon l’INSEE, au mois mai, la confiance des ménages dans la situation économique est à son plus haut niveau depuis près de 10 ans (août 2007). L’indicateur qui la synthétise progresse de deux points en mai et atteint 102, au-dessus de sa moyenne de longue période.
Indicateur synthétique de confiance des ménages
Source : Insee
En mai, l’opinion des ménages sur leur situation financière future s’améliore également avec un gain de 4 points et retrouve sa moyenne de longue période, un seuil auquel il était inférieur depuis septembre 2007. L’opinion des ménages sur leur situation financière passée est quasi stable : le solde correspondant gagne 1 point. Il se situe légèrement au-dessus de sa moyenne de long terme et à son plus haut niveau depuis septembre 2007.
En revanche, les ménages sont nettement moins nombreux à estimer qu’il est opportun de faire des achats importants : le solde correspondant perd 7 points et se situe au plus bas depuis avril 2016. Il reste cependant au-dessus de sa moyenne de longue période.
En mai, l’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne actuelle est quasi stable (+1 point). L’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne future est inchangée. Ces deux soldes se situent au-dessus de leur moyenne de long terme.
La part de ménages estimant qu’il est opportun d’épargner est presque inchangée par rapport au mois dernier : le solde correspondant gagne 1 point mais demeure nettement inférieur à sa moyenne de longue période.
Soldes d’opinion sur la situation financière personnelle et le niveau de vie en France
Source : Insee
En mai, les soldes d’opinion des ménages sur le niveau de vie passé et futur en France sont en net progrès : ils gagnent 5 points chacun. Le solde sur le niveau de vie passé en France est à son plus haut niveau depuis juillet 2007, mais demeure légèrement inférieur à sa moyenne de longue période. Le solde sur le niveau de vie futur en France atteint son plus haut niveau depuis août 2007, au-dessus de sa moyenne de long terme. Un pic d’optimisme relatif a également été constaté pour cette variable lors des élections présidentielles précédentes
Les craintes des ménages concernant le chômage sont stables en mai. Le solde correspondant reste ainsi bien au-dessous de sa moyenne de longue période, à son plus bas niveau depuis juin 2008
En mai, les ménages sont moins nombreux à estimer que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois : le solde correspondant baisse de 5 points, à son plus bas niveau depuis avril 2016, et très inférieur à sa moyenne de longue période.
Les ménages sont également moins nombreux à anticiper que les prix augmenteront au cours des douze prochains mois : le solde correspondant perd 6 points et retrouve son niveau moyen de long terme.
Opinion des ménages sur le chômage
Source : Insee
Opinion des ménages sur les prix
Source : Insee
La consommation repart de l’avant
Selon l’INSEE, au mois d’avril 2017, les dépenses de consommation des ménages en biens ont augmenté en volume de 0,5 %. La consommation alimentaire a contribué à cette hausse mais, en revanche, les achats de produits manufacturés se replient. En mars, après correction, la consommation des ménages avait enregistré un recul de 0,1 %.
La consommation totale de biens
Source : Insee
La dynamisme maintenu du crédit aux entreprises mais attention à la fin du dispositif de suramortissement
Selon la Banque de France, sur un an, la croissance des crédits à l’investissement aux sociétés non financières a été, en avril de 5,4 % constant par rapport à mars. Les crédits à l’équipement accélèrent légèrement (+ 6,4 % en avril, après + 6,3 % en mars) mais la variation mensuelle d’encours diminue (2 milliards après 4 milliards en mars). Il faut souligner que le dispositif fiscal de suramortissement a pris fin le 14 avril 2017 mais des crédits liés peuvent être comptabilisés après cette date.Il sera intéressant d’analyser l’évolution des crédits durant les prochains mois. Il est possible qu’un tassement soit enregistré du fait que certaines entreprises aient réalisé de manière anticipée des investissements afin de profiter du dispositif.
Les crédits de trésorerie poursuivent également leur hausse (+ 6,4 %, après + 6,0 % le mois précédent et + 5,2% en février).
Au total, le taux de croissance annuel des crédits aux sociétés non financières est stable à + 5,4 %.
Encours et taux de croissance annuel (données non cvs)
(Encours en milliards d’euros, taux de croissance en %)
Encours brut
Taux de croissance annuel brut
Avr.-17
Fév.-17
Mar.-17
Avr.-17
Total
934
4,7
5,4
5,4
Investissement
652
4,8
5,4
5,4
Equipement
387
5,6
6,3
6,4
Immobilier
265
3,7
4,1
4,1
Trésorerie
225
5,2
6,0
6,4
Autres
57
2,2
2,3
2,3
Le nombre de demandeurs d’emploi a baissé en avril mais il faut le dire vite
François Hollande a conclu son quinquennat par un résultat positif en ce qui concerne l’emploi. Pour la France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a diminué de 36 300 soit 1 % au mois d’avril. Sur un an, une baisse de 1,3 % est enregistrée mais en revanche, sur les trois derniers mois, c’est une hausse de 0,1 % qui est constatée. En prenant en compte toutes les catégories A, B, C, ce nombre progresse de 0,6 % sur un mois, de 0,9 % sur trois mois et de 2,3 % sur un an.
En France (y compris les départements et régions d’outre-mer), le nombre de demandeurs d’emploi s’élève à 3 727 600 pour la catégorie A. En avril, une baisse de 1 % a été enregistrée mais cède la place à une hausse sur trois mois de 0,1 %. Sur un an, une diminution de 1,2 % est constatée. Pour les catégories A, B, C, ce nombre s’établit à 5 836 100. Sur trois mois, il augmente de 0,8 % (+0,5 % sur un mois et +2,2 % sur un an).
D’avril 2012 à avril 2017, sur l’ensemble de la France, le nombre de demandeurs d’emploi est passé de 3 130 200 à 3 727 600 soit une hausse de 597 400. Pour la France métropolitaine, la hausse a été de 567 900. Cette progression s’est déroulée au début su quinquennat au moment où la croissance était étale et où les prélèvements obligatoires ont été fortement augmentés. A partir de 2014, les pouvoirs publics ont tout la fois amplifié la politique de traitement social en augmentant sensiblement le nombre de contrats aidés et également repris une politique de réduction du coût du travail. Si cette politique n’a pas réussi à retourner la courbe du chômage, elle l’a du moins stabilisé. En consacrant deux points de PIB au soutien à l’emploi de plus que la moyenne européenne, la France obtient un piètre résultat en la matière. L’action sur l’offre exige du temps et donc de la persévérance. Par ailleurs, la politique sur les baisses de charges sociales a été ciblée sur les bas salaires freinant la montée en gamme de l’économie française. Cette politique repose sur un dogme en vertu duquel les aides à l’emploi sont les plus efficaces sur les emplois à faible qualification. Si statistiquement, à court terme, cela peut se vérifier, il en est tout autre sur moyenne période. La France a un problème de compétitivité produit et non de sa force de travail. La politique d’allègement de charges spéciales conduit à une mauvaise spécialisation et à une désindustrialisation au profit de services utilisant une main d’œuvre faiblement rémunérée.
L’assurance-vie, toujours au milieu du gué
L’assurance-vie est, en ce début de deuxième trimestre, toujours à la recherche d’un second souffle même si elle a renoué avec une collecte nette positive.
La collecte nette du mois d’avril a atteint, en effet, 400 millions d’euros, après avoir été nulle au mois de mars. Sur les quatre premiers mois de l’année, la collecte nette n’a été que de 1,4 milliard d’euros contre plus de 10 milliards d’euros sur la même période de 2016.
Le mois d’avril était jusqu’à maintenant un bon mois pour l’assurance-vie. Sur ces dix dernières, à l’exception de 2012 et de 2013, la collecte nette se situait entre 2 et 5 milliards d’euros. De ce fait, le résultat de cette année s’inscrit dans la tendance des derniers mois mais est en rupture par rapport à celle de long terme.
Les cotisations brutes se sont élevées à 10,9 milliards d’euros contre 12,2 milliards d’euros au mois de mars et 11,7 l’année dernière à la même période. Les Français ne se sont pas précipités pour placer leurs disponibilités sur l’assurance-vie. Les rachats sont également en décrue à 10,5 milliards d’euros contre 12,2 milliards d’euros au mois de mars et 9,9 milliards l’année dernière.
L’attentisme semble donc de mise chez les épargnants, pas de réel désamour mais des interrogations.
L’assurance-vie, le premier produit d’épargne des Français, est toujours à la croisée des chemins. Les faibles taux d’intérêt pèsent sans nul doute sur la collecte comme l’application des nouvelles règles prudentielles. L‘orientation de l’épargne collectée vers les unités de compte progresse à pas comptés. Elles ont représenté, en avril, 25,7 % de la collecte contre 27 % en mars. Leur poids s’est néanmoins accru de 10 points depuis la crise financière de 2011/2012. Si les épargnants acceptent de prendre un peu plus de risques, ils ne sont pas encore disposés à basculer en masse l’épargne placée sur les fonds euros.
Les épargnants attendent d’en savoir plus sur les intentions du nouveau Président de la République. Pour autant, ce dernier a affirmé que l’instauration du prélèvement libératoire à 30 % ne concernerait que les versements postérieurs à son adoption et les seuls assurés ayant plus de 150 000 euros d’encours. Plusieurs incertitudes expliquent le comportement des ménages. Ils ne savent pas comment sera apprécié le seuil des 150 000 euros, contrat par contrat ou par foyer fiscal. Si la deuxième solution apparaît la plus logique, elle pourrait poser des problèmes techniques et de confidentialité car ce sont les compagnies d’assurance qui paie directement l’impôt en cas de recours au prélèvement libératoire. Par ailleurs, il y aura cohabitation entre plusieurs taux de prélèvements en fonction de la date des versements. Cela sera d’autant plus complexe que le taux de CSG devrait augmenter de 1,7 point au 1er janvier 2018. Enfin, il est possible que les unités de compte fassent l’objet d’un traitement diférencié. Néanmoins, les détenteurs de contrats d’assurance-vie assujettis à l’ISF pourront peut-être se réjouir de la sortie de ces derniers de l’assiette de cet impôt si la promesse du candidat Emmanuel Macron est adoptée.
A défaut d’avoir une vision précise du futur régime fiscal, les épargnants privilégient pour le moment les placements liquides comme les dépôts à vue ou le Livret A. L’assurance-vie devrait donc connaître une année 2017 étale, la modification de son régime fiscal devant intervenir dans le cadre du projet de loi de finances pour 2018 présenté au mois de septembre prochain.
L’argent liquide est-il mort ?
Philippe Crevel est intervenu pour l’émission Ecorama au sujet de l’évolution des moyens de paiement. A terme, les pièces et les billets sont-ils amenés à disparaître ?
Le Livret A confirme et signe
Avril, un bon mois pour le Livret A
Le mois d’avril a souri, une fois de plus, au Livret A qui enregistre, pour le 5e mois consécutif, une collecte positive de 1,38 milliard d’euros. Sur les quatre premiers mois de cette année, la collecte atteint 7,28 milliards d’euros contre une décollecte de 750 millions sur la période de 2016. Le Livret confirme son bon état de forme et son statut de placement refuge.
La collecte du Livret de Développement Durable et Solidaire a atteint, de son côté, 380 millions d’euros en avril et 1,38 milliard d’euros sur les quatre premiers mois de 2017, L’encours du Livret A s’élève à 266,8 milliards d’euros et celui du LDDS à 102,7 milliards d’euros soit un total de 369,5 milliards d’euros.
En dix ans, la collecte au mois d’avril n’a été négative qu’à une seule reprise, en 2015, en pleine période de baisse du taux de rendement. Les ménages ont tendance à accroître leur épargne de court terme au début du printemps tant pour s’acquitter du 2e tiers provisionnel de l’impôt sur le revenu que pour préparer les vacances d’été.
Le Livret A ne semble plus être pénalisé par son rendement de 0,75 % malgré le fait que l’inflation a été sur les 4 premiers mois de l’année de 1,2%. Ainsi, en termes réels, le rendement du Livret A est désormais négatif à hauteur de près de 0,5 point.
Les élections ont dopé le Livret A
La campagne électorale présidentielle a dopé le Livret A. La question du maintien de la France dans la zone euro et celle d’un alourdissement de la fiscalité de l’assurance-vie ont conduit les épargnants à opter pour le Livret A, totalement exonéré d’impôts, bénéficiant de la garantie de l’Etat et qui plus est complètement liquide. Cette préférence pour la liquidité se traduit également par la poursuite de la progression des dépôts à vue dont la collecte nette sur le premier trimestre a été de 15,7 milliards d’euros. L’encours des dépôts à vue des ménages frôle désormais les 400 milliards d’euros (397 milliards d’euros à fin mars 2017).
La victoire d’Emmanuel Macron a rassuré les épargnants mais ces derniers devraient rester prudents dans les prochains mois en attendant d’en savoir plus sur les modalités d’application de la taxe de 30 % sur les revenus de l’épargne et en particulier sur l’assurance-vie. Le Livret A devrait donc profiter de cet attentisme.
L’optimisme prévaut pour la croissance
L’INSEE a confirmé que le moral des dirigeants d’entreprise est toujours bien orienté. Ainsi, en mai 2017, le climat des affaires demeure favorable, comme depuis le début d’année. L’indicateur qui le synthétise, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité marchande, gagne un point et se situe cinq points au-dessus de sa moyenne de long terme (100). Il s’élève de deux points dans le bâtiment où il atteint un niveau inédit depuis cinq ans. Il augmente aussi légèrement dans le commerce de détail (+2 points) et dans le commerce de gros (+1 point). Il est stable à un niveau élevé dans l’industrie. Enfin, il est quasi-stable dans les services (−1 point) en restant au-dessus de sa normale.
Le climat de l’emploi s’améliore à nouveau
Par ailleurs, le climat de l’emploi s’améliore à nouveau en mai, du fait principalement du secteur intérimaire. L’indicateur qui le synthétise gagne deux points à 108, confortant la tendance haussière observée depuis un an. Il se situe ainsi nettement au-dessus de sa moyenne de long terme.
Indicateur de climat des affaires France
Indicateur de climat de l’emploi France
L’indicateur de retournement pour l’ensemble de l’économie demeure dans la zone indiquant un climat conjoncturel favorable.
L’épargne solidaire : près de 10 milliards d’euros en 2016
L’encours de l’épargne solidaire a atteint près de 10 milliards d’euros en 2016 (9,76 milliards d’euros). Il a, l’année dernière, progressé de 15,5 %. C’est avant tout l’épargne salariale qui a porté cette croissance avec une croissance de 19,4 %. L’épargne salariale solidaire représente un encours de 6,2 milliards d’euros. L’épargne solidaire proposée par les établissements bancaires à leurs clients a quant à elle gonflé de 8,5%, à 3,1 milliards d’euros, et l’épargne collectée par les entreprises solidaires pour entre autres renforcer leurs fonds propres de 13%, à 502 millions. Cette épargne est investie dans des domaines comme la lutte contre le mal-logement, le développement des activités sociales, la promotion de l’agriculture biologique ou encore le soutien à l’entrepreneuriat auprès de publics en difficulté. Selon Finansol, l’épargne solidaire a permis la « création ou la consolidation de 49.000 emplois » et la relogement de 5.500 personnes. En 2016, 1,3 milliard d’euros supplémentaires ont été déposés dans des produits d’épargne solidaire labellisés par Finansol, lesquels ont généré environ 280 millions d’euros d’investissements dans des projets d’utilité sociale et environnementale, précise dans un communiqué cette association qui fédère près de 80 entreprises actives dans ce secteur. Ce niveau de dépôts s’affiche toutefois en recul par rapport à 2015 qui s’élevait à 1,62 milliard d’euros.
L’épargne solidaire représente 0,21% de l’encours de l’épargne financière des ménages. Au total, l’encours d’épargne solidaire a ainsi progressé de 15,5% sur un an pour s’établir à 9,76 milliards d’euros, détenus par environ un million d’épargnants.
Le taux de chômage repasse sous la barre des 10 %
Selon l’INSEE, au premier trimestre 2017, le taux de chômage s’élevait à 9,6 % en repli de 0,4 point par rapport au 4e trimestre 2016. . Le taux d’emploi est stable et le taux d’activité diminue de 0,3 point.
En ce concerne la France métropolitaine, le nombre de chômeurs diminue de 115 000, à 2,7 millions de personnes ; le taux de chômage baisse ainsi de 0,4 point par rapport au quatrième trimestre 2016, à 9,3 % de la population active. Il diminue pour les jeunes et les personnes âgées de 25 à 49 ans tandis qu’il est stable pour celles de 50 ans ou plus. Sur un an, le taux de chômage baisse de 0,6 point.
Parmi les chômeurs, 1,2 million déclarent rechercher un emploi depuis au moins un an. Au premier trimestre 2017, le taux de chômage de longue durée s’établit à 4,1 % de la population active. Il diminue de 0,1 point par rapport au trimestre précédent, et de 0,2 point sur un an.
Taux de chômage au sens du BIT
Estimation à +/- 0,3 point près du niveau du taux de chômage et de son évolution d’un trimestre à l’autre
Champ : population des ménages, personnes de 15 ans ou plus
Source : Insee, enquête Emploi
Le Nouveau Gouvernement d’Edouard Philippe
Dix huit ministres et quatre secrétaires d’Etat. Sera en charge de la réforme des retraites madame Agnès Buzyn, Ministre des solidarités et de la santé. Elle est professeur d’université en médecine, spécialiste d’hématologie, d’immunologie des tumeurs et de la transplantation. Elle est ancienne interne des hôpitaux de Paris (IHP). Elle est professeur d’hématologie à l’université Pierre-et-Marie-Curie.
Elle était présidente du collège de la Haute Autorité de santé, depuis le mois de mars 2016.
les membres du Gouvernement
Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères: Jean-Yves Le Drian
Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur: Gérard Collomb
Ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire: Nicolas Hulot.
Ministre d’Etat, ministre de la Justice: François Bayrou
Ministre des Armées: Sylvie Goulard
Ministre des Solidarités et de la Santé: Agnès Buzyn
Ministre de l’Economie: Bruno Le Maire
Ministre de l’Action et des comptes publics: Gérald Darmanin
Ministre de l’Outre-Mer: Annick Girardin
Ministre de la Cohésion des territoires: Richard Ferrand
Ministre des Sports: Laura Flessel
Ministre du Travail: Muriel Pénicaud
Ministre de l’Education nationale: Jean-Michel Blanquer
Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation: Jacques Mézard
Ministre de la Culture: Françoise Nyssen
Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation: Frédérique Vidal
Ministre, auprès du ministre d’Etat, en charge des Transports: Elisabeth Borne
Ministre en charge des Affaires européennes: Marielle de Sarnez
Secrétaires d’Etat
Secrétaire d’Etat chargé des relations avec le parlement et porte-parole du Gouvernement : Christophe Castaner
Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité des femmes et des hommes : Marlène Schiappa
Secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées : Sophie Cluzel
Secrétaire d’Etat chargé du numérique : Mounir Mahjoubi
petit accès de faiblesse de la création d’entreprise en avril
Selon l’INSEE, en avril, le nombre total de créations d’entreprises tous types d’entreprises confondus a baissé de 1,7 % après une hausse de 2,3 % en mars, en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables). Ceci est principalement dû aux immatriculations de micro-entrepreneurs qui se contractent de 3,6 %) et dans une moindre mesure aux créations d’entreprises classiques (−0,4 %).
Créations d’entreprises (CVS-CJO *)
* Données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables
Source : Insee, Sirene
L’INSEE souligne que comparé à la même période un an plus tôt, le nombre cumulé de créations au cours des trois derniers mois est stable en avril (après +6,2 %, en données brutes). Les immatriculations de micro-entrepreneurs se replient (−4,3 %) tandis que les autres types de créations continuent d’augmenter : les sociétés de 3,2 % et les entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs de 2,4 %. La plus forte hausse du nombre de créations est enregistrée dans le secteur des transports et la plus forte baisse dans le commerce.
En données brutes, le nombre cumulé d’entreprises créées au cours des douze derniers mois continue de progresser nettement (+4,6 % après +5,8 % en mars). Cette augmentation est surtout due aux créations d’entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs (+7,7 %) et de sociétés (+7,2 %). Les immatriculations de micro-entrepreneurs, quant à elles, augmentent modérément (+0,7 %).
En avril 2017, en données brutes, la part des demandes d’immatriculation de micro-entrepreneurs dans le total des entreprises créées au cours des douze derniers mois est de 39,8 %. Un an auparavant, celle-ci était de 41,3 %.
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