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Le Coin des épargnants du 20 juin 2026 : les dividendes précaires de la paix

La semaine boursière a été marquée par la signature à Versailles du protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran qui a amené un rebond des indices boursiers. La semaine a été, par ailleurs, tronquée avec la fermeture vendredi de Wall Street et de plusieurs places asiatiques.

L’accord entre les Etats-Unis et la Chine demeure fragile comme en témoigne le report des négociations entre les deux pays qui devaient débuter vendredi 19 juin en Suisse. Le vice-président américain J. D. Vance a repoussé son déplacement. Côté iranien, le guide suprême iranien déclare approuver l’accord-cadre, avec certaines réserves, mais aucune information n’a été diffusée quant à un éventuel voyage en Suisse. Ces négociations, d’une durée reconductible de 60 jours, concernent le programme nucléaire iranien. La poursuite des bombardements israéliens au Liban censés s’arrêter avec la signature du protocole crée un point de crispation. Les marchés ont réagi favorablement à la signature mercredi avant de reperdre un peu de terrain.

Le cours du baril de pétrole (Brent) a perdu près de 8 % durant la semaine. Quelques pétroliers ont pu passer le détroit d’Ormuz permettant d’espérer une normalisation de la situation. Le cours de l’or est passé en-dessous des 4200 dollars en fin de semaine.

Le pari de la FED

La FED a décidé de maintenir en l’état ses taux directeurs, tout comme la Banque d’Angleterre.

Malgré un taux d’inflation de 4 % en mai, le nouveau Président de la FED, Kevin Warsh n’a pas souhaité commencer son mandat en déplaisant à Donald Trump qui réclame une baisse des taux. La FED décide de temporiser et de gagner un peu de temps, espérant une décrue de l’inflation avec le déblocage du détroit d’Ormuz. Malgré tout, l’inflation sous-jacente semble s’accélérer. La réunion du mois de juillet du comité de politique monétaire permettra de voir plus clair sur les intentions du nouveau Président.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
19 juin 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 431,60+1,14 %8 149,507 380,74
Dow Jones51 564,70+0,71 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 500,58+0,93 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 517,93+2,43 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 045,22+1,77 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 364,01-0,89 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 178,79+1,97 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)71 250,06+8,07 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 090,480,00 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,738 %+0,103 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,983 %-0,012 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,483 %+0,006 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1471 -0,68 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 153,70-2,73 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars80,14-7,76 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars63 033,8752-0,75 %87 566,440693 776,61

Le Coin des Epargnants du 12 juin 2026 : en attendant la paix

Donald Trump a annoncé près de 40 fois la fin du conflit au Moyen-Orient, débuté par des frappes israélo-américaines le 28 février dernier, mais, ce vendredi, les marchés ont voulu y croire. Les bombardements promis jeudi soir par le président ont été annulés et celui-ci évoque la signature d’un accord-cadre dès ce week-end, à Genève, dimanche, en présence du vice-président J.D. Vance.

Le projet d’accord compterait 14 points, dont une réouverture du détroit d’Ormuz sous trente jours, un point crucial pour la reprise des acheminements de pétrole dans le monde et donc pour la Bourse, la levée des sanctions pétrolières, le dégel d’actifs iraniens et soixante jours de négociations sur le nucléaire. Malgré tout, la prudence est de mise, le texte devant être validé par les autorités iraniennes. Par ailleurs, Donald Trump a indiqué sur son réseau social Truth que « les Iraniens étaient des personnes très peu honorables avec lesquelles traiter ».

Avec les rumeurs sur un accord, le prix du baril de Brent est passé en dessous des 90 dollars, en recul de plus de 6 % sur la semaine. La perspective d’une réouverture graduelle d’Ormuz enlève une partie de la pression qui pèse sur les banques centrales : moins de tension sur l’énergie, donc moins de risque d’une inflation importée par le baril. Les rendements obligataires américains se détendent sur l’ensemble de la courbe et les contrats à terme sur les Fed Funds repoussent à plus tard le scénario d’une hausse des taux directeurs de la part de la Fed. Dans ce contexte, les indices actions ont terminé la semaine en hausse.

Le CAC 40 a franchi la barre des 8 300 points et a progressé sur la semaine de 1,61 %. Les valeurs du transport et des loisirs ont profité de la baisse du cours du pétrole. À Paris, Air France-KLM a progressé, le vendredi 12 juin, de 8,4 % et Accor de 5,6 %. À l’inverse, TotalEnergies, pénalisé par le retour du baril de Brent sous les 90 dollars, a perdu 2,1 %. Les indices américains ont connu sur la semaine une légère hausse, portée par les avancées sur le terrain de la négociation et malgré l’inflation qui a atteint 4 % en mai aux États-Unis.

La Banque centrale européenne augmente ses taux directeurs

Le contexte n’incite pas à la tempérance sur le front de l’inflation. Quelques heures avant la réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, les autorités iraniennes annonçaient la fermeture intégrale du détroit d’Ormuz, ravivant les tensions sur les marchés énergétiques. Dans ce climat d’incertitude, la BCE a décidé d’engager son premier relèvement de taux depuis 2023. Le taux de dépôt a été porté à 2,25 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. La BCE veut casser toute spirale inflationniste et ne pas rééditer l’erreur commise entre 2020 et 2022. Elle avait alors tardé à réagir, ce qui avait rendu la lutte contre l’inflation plus compliquée.

Le relèvement du jeudi 11 juin n’a donc pas surpris les investisseurs. Lors de la précédente réunion, plusieurs membres du Conseil avaient déjà évoqué l’hypothèse d’un relèvement des taux sans toutefois franchir le pas. Christine Lagarde a indiqué que, cette fois, le choix avait recueilli l’approbation de l’ensemble des gouverneurs, sans opposition ni réserve.

La présidente de la BCE a également rejeté l’idée selon laquelle cette décision relèverait d’une simple mesure de précaution. Selon elle, le Conseil n’a jamais envisagé cette hausse comme un geste préventif ou symbolique. Il s’agit avant tout d’une réponse classique de politique monétaire à des perspectives inflationnistes qui demeurent incompatibles avec l’objectif de stabilité des prix fixé à 2 %.

Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le baril s’est installé aux alentours de 90 dollars, contre environ 70 dollars auparavant. Cette hausse de l’énergie s’est rapidement diffusée à l’ensemble de l’économie européenne. En mai, l’inflation dans la zone euro a atteint 3,2 % sur un an. Dans ses nouvelles projections publiées en juin, la BCE anticipe désormais une inflation moyenne de 3 % en 2026, de 2,3 % en 2027 et de 2 % en 2028.

Pour les tenants de la fermeté monétaire, la crédibilité même de l’institution est en jeu. Beaucoup gardent en mémoire les erreurs commises au début des années 2020, lorsque la poussée inflationniste consécutive à la réouverture des économies après la pandémie puis à la guerre en Ukraine avait été jugée temporaire. Cette appréciation s’était révélée erronée et avait conduit les banques centrales à relever leurs taux dans l’urgence afin de reprendre le contrôle de la dynamique des prix.

Cette analyse est toutefois loin de faire l’unanimité. Plusieurs banquiers centraux et de nombreux économistes demeurent prudents, d’autant que les autres grandes institutions monétaires semblent privilégier l’attentisme. La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux inchangés et la Réserve fédérale américaine devrait, selon toute vraisemblance, adopter la même position lors de sa prochaine réunion.

Les critiques de la décision de Francfort rappellent volontiers les précédents de 2008 et de 2011, lorsque la BCE avait relevé ses taux au moment même où l’économie européenne s’apprêtait à affronter de graves turbulences. Dans les deux cas, l’institution avait été contrainte de revenir rapidement sur ses choix.

Le principal reproche formulé aujourd’hui concerne les conséquences potentielles pour une économie européenne déjà peu dynamique. Un durcissement des conditions de financement risque de peser davantage sur la consommation des ménages et sur les investissements des entreprises, alors même que ceux-ci subissent déjà les effets de la hausse des coûts énergétiques. Plusieurs économistes estiment par ailleurs que les nouvelles prévisions de la BCE surestiment les tensions inflationnistes futures tout en demeurant optimistes sur les perspectives de croissance.

Christine Lagarde a écarté ces critiques avec fermeté. Selon elle, le véritable danger aurait été de ne pas agir. Tolérer une inflation durablement supérieure à la cible aurait rendu son retour vers la stabilité beaucoup plus coûteux par la suite. La présidente de la BCE a souligné que l’économie européenne, malgré son ralentissement, ne se trouvait pas dans une situation de récession imminente susceptible de justifier l’inaction.

La banque centrale s’est en revanche gardée de toute indication précise concernant les prochaines réunions. Fidèle à sa doctrine actuelle, Christine Lagarde a rappelé que les décisions continueraient d’être prises au fil des données économiques disponibles et qu’aucune trajectoire prédéfinie des taux n’avait été arrêtée. Elle n’a cependant pas exclu la possibilité de nouveaux relèvements.

Cette prudence dans la communication laisse les observateurs spéculer sur la suite. Le ton adopté par la BCE ainsi que les nouvelles projections économiques maintiennent ouverte l’hypothèse d’un nouveau tour de vis dès le mois de juillet, même si le scénario d’une intervention en septembre paraît plus probable. Les marchés financiers partagent cette lecture, les contrats à terme valorisant environ une chance sur trois d’une nouvelle hausse lors de la prochaine réunion et considérant comme quasiment certaine une intervention supplémentaire avant l’automne.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
12 juin 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 350,87+1,61 %8 149,507 380,74
Dow Jones51 202,26+0,56 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 431,46+0,49 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite25 888,84+0,58 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 612,56-0,69 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 471,72 +1,00 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 178,79+1,97 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)66 020,04-0,61 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 030,41-0,69 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,635 %-0,060 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,995 %-0,044 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,477 %-0,066 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1572-0,46 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 214,30-6,81 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars86,88-6,26 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars63 722,9510 +3,13 %87 566,440693 776,61

Selon le service statistique du Ministère de l’Emploi, la DARES, les dispositifs de participation, d’intéressement et d’épargne collective ont continué, en 2024,  à gagner du terrain et confirmer leur statut de troisième pilier de la rémunération, aux côtés du salaire direct et de la protection sociale.

En France, 10,6 millions de salariés du secteur privé non agricole sont désormais couverts par au moins un dispositif d’épargne salariale, soit 54 % des salariés (hausse de 1,8 point en un an). En 2020, la couverture concernait un peu plus de la moitié des effectifs des grandes entreprises mais demeurait limitée dans les PME. Depuis, la progression est régulière, portée à la fois par les évolutions réglementaires et par la volonté des entreprises de fidéliser leurs collaborateurs dans un environnement de recrutement plus concurrentiel.

La loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur a joué un rôle non négligeable. Son objectif était clair : démocratiser l’accès aux mécanismes d’épargne salariale et simplifier leur mise en œuvre. Tous les dispositifs ont progressé en 2024. Le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) demeure le plus répandu avec 45,4 % des salariés couverts. La participation concerne 39,3 % des salariés et l’intéressement 35,6 %. Quant aux dispositifs d’épargne retraite collective, ils atteignent désormais 28,4 % des salariés, témoignant de l’enracinement progressif de la préparation de la retraite au sein des entreprises.

Cette montée en puissance ne doit cependant pas masquer de profondes fractures. L’épargne salariale reste d’abord une réalité des grandes entreprises. Dans les sociétés de moins de 10 salariés, seuls 19,8 % des salariés sont couverts par au moins un dispositif. À l’inverse, ce taux atteint 61,8 % dans les entreprises de 10 salariés ou plus et dépasse même 89 % dans les entreprises employant plus de 1 000 personnes.

La diffusion de l’épargne salariale varie d’un secteur à l’autre. Dans l’hébergement-restauration, seulement un quart des salariés bénéficie d’un dispositif d’épargne salariale. À l’opposé, dans les activités financières et d’assurance, plus de huit salariés sur dix sont couverts. Cette opposition reflète les écarts de rentabilité, de structure du capital et de tradition sociale entre les secteurs. Là où les marges sont faibles et les effectifs fragmentés, le partage de la valeur reste difficile à organiser. Là où les profits sont élevés et les ressources humaines stratégiques, il devient un outil essentiel de gestion.

L’épargne salariale demeure également fortement corrélée au niveau de rémunération. Dans les entreprises où le salaire moyen dépasse le septième décile de la distribution salariale, plus de 70 % des salariés sont couverts. À l’inverse, dans celles où les rémunérations sont les plus faibles, la couverture tombe à environ 26 %.

L’année 2024 se distingue également par une forte hausse des montants distribués. Les entreprises ont versé 27,2 milliards d’euros bruts au titre de l’épargne salariale, contre 26,1 milliards environ l’année précédente. Ce montant constitue un record historique. Il représente près de 4,5 % de la masse salariale des bénéficiaires.

Neuf millions de salariés ont perçu au moins une prime de participation, d’intéressement ou un abondement sur leur plan d’épargne. Ils représentent 46 % de l’ensemble des salariés du secteur privé non agricole et plus de 85 % des salariés couverts par un dispositif. La participation demeure le principal mécanisme de redistribution. Les sommes versées atteignent 11,4 milliards d’euros pour 5,8 millions de bénéficiaires. La prime moyenne ressort à 1 959 euros. Ces montants représentent 4,4 % de la masse salariale des salariés concernés.

L’intéressement a connu, en 2024, une forte croissance. Les sommes distribuées atteignent près de 11,9 milliards d’euros, en hausse de 2,4 % sur un an. Plus de 5,6 millions de salariés en bénéficient. La prime moyenne s’élève à 2 130 euros, un niveau supérieur à celui observé pour la participation. À la différence de cette dernière, l’intéressement repose davantage sur la performance et les objectifs de l’entreprise que sur le résultat comptable stricto sensu. Il est devenu un instrument privilégié pour associer les salariés à la réussite économique de leur employeur.

Les plans d’épargne constituent le second moteur de cette progression. Les abondements versés par les entreprises sur les PEE atteignent 2,16 milliards d’euros. Ceux destinés aux plans d’épargne retraite collective représentent près de 860 millions d’euros. Au total, plus de 3,5 millions de salariés bénéficient d’un abondement de leur employeur.

La transformation engagée par la loi Pacte se poursuit également. Le PER d’entreprise collectif remplace progressivement l’ancien Perco. Désormais, près d’un salarié sur trois est couvert par un dispositif d’épargne retraite collective.

Depuis la crise inflationniste de 2022, un nouvel acteur s’est invité dans le paysage du partage de la valeur : la Prime de Partage de la Valeur (PPV), héritière de la « prime Macron ». Initialement conçue comme un dispositif exceptionnel de soutien au pouvoir d’achat, elle tend à s’inscrire durablement dans les politiques de rémunération des entreprises.

Au-delà des versements volontaires des salariés, des primes d’intéressement ou de participation réinvesties, la Prime de Partage de la Valeur (PPV) alimente de plus en plus les dispositifs d’épargne collective. Dans les PEE, elle représente déjà 1 % des flux versés ; dans les dispositifs d’épargne retraite collective, sa part atteint 0,5 %.  Ces proportions peuvent sembler modestes, mais elles traduisent une évolution structurelle. Pour information, en 2024, 6,8 millions de salariés ont bénéficié d’une PPV. Le montant total distribué a atteint près de 5 milliards d’euros. La prime moyenne s’est établie autour de 700 euros par bénéficiaire.

En moyenne, l’ensemble des dispositifs d’épargne salariale procure un complément annuel de rémunération de 3 113 euros bruts par personne. Cette somme représente 7,1 % de la masse salariale des bénéficiaires et 4,3 % de la masse salariale totale. Dans un contexte où le pouvoir d’achat demeure au cœur des préoccupations des ménages, l’épargne salariale constitue un levier important de redistribution des gains de productivité et des profits.

La retraite face au mur de la démographie



Le nouveau rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) présenté le 11 juin dernier est dual. Si d’ici 2030, la situation demeure globalement sous contrôle, la situation se complique après en raison de l’accélération du vieillissement démographique sur fond de baisse de la fécondité. Selon les projections du COR, le déficit du système de retraite atteindrait 6,8 milliards d’euros en 2030, soit 0,2 % du PIB, puis 0,9 % du PIB en 2045. Ces chiffres sont proches de ceux publiés l’an dernier malgré la suspension de la réforme de 2023 et un environnement économique moins favorable. À partir du milieu du siècle, le déficit se creuserait fortement pour atteindre 2,4 % du PIB en 2070 contre 1,4 % dans les précédentes projections. Cette révision découle essentiellement des nouvelles perspectives démographiques établies par l’INSEE.

Une France moins nombreuse à l’horizon 2070

Selon les nouvelles projections de l’INSEE, la population française devrait atteindre son maximum vers 2037 avec près de 69,8 millions d’habitants. Elle diminuerait ensuite progressivement. Dans le scénario central, la France ne compterait plus que 65,9 millions d’habitants en 2070 contre 69,1 millions au début de l’année 2026. Le pays perdrait ainsi plus de 3 millions d’habitants en l’espace d’une génération.

Cette évolution constitue une rupture historique. Depuis la fin du XIXe siècle, la population française avait toujours progressé sur longue période malgré les guerres et les crises économiques. Pour la première fois, les démographes envisagent désormais un recul durable de la population. L’INSEE estime même que le nombre d’habitants pourrait varier entre 61 et 71 millions selon les hypothèses retenues en matière de fécondité, de mortalité et de migrations.

La fin du moteur naturel de la croissance démographique

Le solde naturel, c’est-à-dire la différence entre les naissances et les décès, est devenu négatif en 2025. Cette situation devrait désormais perdurer. L’INSEE retient un indice de fécondité de 1,45 enfant par femme à partir de 2028 contre 1,56 aujourd’hui et surtout contre 1,8 dans les précédentes projections du COR. La France, longtemps présentée comme l’exception démographique européenne, rejoint progressivement les pays confrontés à un déficit durable des naissances.

La croissance démographique du pays dépendrait désormais exclusivement de l’immigration. Dans son scénario central, l’INSEE retient un solde migratoire net de 150 000 personnes par an, soit plus du double de l’hypothèse utilisée dans les précédentes projections. Malgré cette révision significative, l’immigration ne suffirait plus à compenser le déficit naturel à partir de 2037.

Dans un système par répartition, le nombre de cotisants constitue la variable essentielle. Toute diminution durable de la population active finit mécaniquement par fragiliser l’équilibre des régimes sociaux.

Une France beaucoup plus âgée

La transformation la plus spectaculaire concerne toutefois la structure par âge de la population. Le nombre des personnes âgées de plus de 65 ans passerait de 15,3 millions aujourd’hui à près de 21 millions en 2070. Le nombre des personnes âgées de plus de 80 ans doublerait pour atteindre 8,9 millions contre 4,3 millions actuellement. Le nombre de centenaires serait quant à lui multiplié par quatre.

Cette évolution résulte à la fois de l’arrivée aux grands âges des générations nombreuses du baby-boom et de la poursuite de l’allongement de l’espérance de vie. Celle-ci atteindrait 89,5 ans pour les femmes et 86,7 ans pour les hommes en 2070.

Dans le même temps, les jeunes deviendraient nettement moins nombreux. Les moins de vingt ans passeraient de 15,5 à 10,7 millions. Ils seraient alors deux fois moins nombreux que les plus de 65 ans. La France compterait près de huit millions d’actifs potentiels de moins parmi les moins de 45 ans.

Le défi du ratio actifs-retraités

En 2026, la France compte environ quarante personnes âgées de plus de 65 ans pour cent personnes âgées de 20 à 64 ans.  En 2070, ce ratio atteindrait soixante-deux pour cent. La France subira de plein fouet un « effet ciseau », le nombre de retraités augmentant tandis que le nombre relatif de cotisants diminue.

Les conséquences dépassent la seule question des retraites. Elles concernent l’ensemble de notre modèle social avec en premier lieu les dépenses de santé et de  dépendance.

Un déficit structurel

Le déficit du système de retraite sera avant tout le produit de l’évolution démographique. Le COR souligne d’ailleurs que les dépenses de retraite resteraient relativement stables sur longue période, passant de 13,9 % du PIB en 2024 à 14,2 % en 2070. Le problème vient essentiellement de l’érosion progressive des ressources. La croissance économique ralentirait sous l’effet du recul de la population active tandis que le nombre de pensionnés continuerait d’augmenter. Les recettes représenteraient ainsi 12,8 % du PIB en 2070 contre 13,9 % aujourd’hui.

Quel avenir pour le système ?

Le COR rappelle que trois leviers existent : augmenter les cotisations, diminuer les pensions ou repousser l’âge de départ. Comme dans ses précédents rapports, il souligne que le recul de l’âge de départ demeure le seul levier susceptible d’améliorer simultanément les comptes publics et le niveau d’activité économique. Dans l’hypothèse où ce levier serait utilisé seul, l’âge moyen de départ devrait atteindre 64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045 et 67,6 ans en 2070 pour assurer l’équilibre financier du système.

Au-delà de cette question d’âge de départ, la France doit avant tout améliorer son taux d’emploi qui demeure 10 points en-dessous de celui de l’Allemagne.

Stabilité de la rémunération des dépôts bancaires en avril

En avril 2026, la rémunération moyenne des encours de dépôts bancaires demeure, selon la Banque de France, inchangée pour les ménages à 1,22 % et est quasi stable pour les SNF à 1,17 %. La rémunération des nouveaux dépôts à terme est orientée à la hausse pour les ménages comme pour les SNF.

Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS 

Encours (Md€)Taux de rémunération des dépôtsContrats nouveaux (Mds€)Taux de rémunération sur contrats nouveaux
avr- 2026 (p)avr- 2025mars- 2026 (r)avr- 2026 (p)avr- 2026 (p)avr- 2025mars- 2026 (r)avr- 2026 (p)
Dépôts bancaires des Ménages et SNF2 6101,551,211,21
dont Ménages1 8761,611,221,22
dont : – dépôts à vue (b)5460,050,040,04
– livrets à taux réglementés (b,c)7242,481,601,60
dont : livret A (b)4062,401,501,50
– livrets ordinaires (b)2300,840,740,74
– dépôts à terme <= 2 ans (d)702,792,262,25132,242,112,19
– dépôts à terme > 2 ans (d)1142,342,412,4132,552,672,77
– plan d’épargne-logement1922,632,622,6311,742,002,00
dont SNF7331,391,181,17
dont : – dépôts à vue (b)5020,560,490,48
– dépôts à terme <= 2 ans (d)1403,062,292,32402,372,142,18
– dépôts à terme > 2 ans (d)913,443,223,2032,812,812,95
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème2,402,152,15
Euribor 3 mois (e)2,252,112,18
Rendement du TEC 2 ans (e), (f)1,982,602,73
Rendement du TEC 5 ans (e), (f)2,552,973,08

Notes :
– En raison des arrondis, la somme peut légèrement différer du total des composantes

a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Pour les dépôts à vue et les livrets, le taux sur les contrats nouveaux est supposé égal à celui sur les encours.
c. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
d. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
e. Moyenne mensuelle.
f. Taux de l’Échéance Constante 2 ans et 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
r. Données révisées.
p. Données provisoires.

Le Coin des Epargnants du 5 juin 2026

Les États-Unis n’en finissent pas de surprendre. En mai, les créations d’emplois ont largement dépassé les attentes, avec 172 000 postes supplémentaires contre 88 000 anticipés par les économistes. Les statistiques des mois de mars et d’avril ont, par ailleurs, été révisées à la hausse, portant la progression cumulée de l’emploi sur trois mois à son niveau le plus élevé depuis plus de deux ans. Les secteurs des loisirs et de l’hôtellerie, des collectivités locales et de la santé ont été les principaux moteurs de ces créations. À l’inverse, l’emploi a reculé dans les activités financières. Dans le seul secteur privé, 120 000 emplois ont été créés en mai, un chiffre supérieur aux prévisions mais dans une moindre mesure que pour l’ensemble de l’économie. Le taux de participation à la population active s’est établi à 61,8 %, tandis que le salaire horaire moyen a progressé de 0,3 % sur un mois et de 3,4 % sur un an.

Le rapport du Bureau of Labor Statistics confirme ainsi la résistance de l’économie américaine malgré les tensions énergétiques provoquées par la situation au Moyen-Orient. La vigueur persistante du marché du travail réduit la probabilité d’un assouplissement monétaire rapide de la Réserve fédérale. Les investisseurs considèrent désormais qu’une baisse des taux est moins probable à court terme et que la Fed pourrait même être conduite à maintenir durablement une politique monétaire restrictive afin de prévenir tout regain inflationniste. Les marchés de taux reflètent cette évolution des anticipations : les contrats dérivés accordent désormais près de 60 % de probabilité à un relèvement des taux directeurs dès l’automne.

Cette révision des anticipations monétaires a pesé sur les marchés financiers. Les rendements obligataires ont progressé tandis que les actions américaines ont marqué le pas. Le Nasdaq a cédé plus de 4 % sur la semaine, les investisseurs procédant à des prises de bénéfices sur les grandes valeurs technologiques après plusieurs mois de hausse presque ininterrompue. Une économie  dynamique peut paradoxalement devenir une mauvaise nouvelle pour les marchés quand elle éloigne la perspective d’une détente monétaire. Les investisseurs demeurent ainsi partagés entre la satisfaction de constater la solidité de l’activité américaine et la crainte de voir les taux d’intérêt rester élevés plus longtemps que prévu.

 Résultats
5 juin 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 218,24+0,47 %8 149,507 380,74
Dow Jones50 866,78-0,24 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 383,74-2,71 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite25 709,43-4,31 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 773,72+1,30 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 374,62-0,16 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 062,07+0,38 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)66 588,12 +2,45 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 027,74-2,84 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,695 %+0,142  pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,039 %+0,093 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,543 %+0,107 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1533-0,84 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 335,46-3,33 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars93,42+1,38 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars60 289,6934-17,53 %87 566,440693 776,61

Tandis que le Nasdaq 100 bat record sur record, le bitcoin enregistre recul sur recul. Il est passé, cette semaine, sous le seuil des 66 000 dollars. Depuis le début de l’année, il a perdu 25 % de sala valeur. Par rapport à son record historique de 126 000 dollars atteint à l’automne 2025, il est en recul de 50 %.

Depuis la crise sanitaire, les cryptomonnaies et les valeurs technologiques évoluaient généralement de concert. Toutes deux bénéficiaient d’un environnement monétaire accommodant, d’une abondance de liquidités et d’un fort appétit pour le risque. Aujourd’hui, les investisseurs semblent avoir fait un choix, celui de l’intelligence artificielle.

La  désaffection vis-à-vis du bitcoin  apparaît dans les flux financiers. Selon les données des ETF américains adossés au bitcoin, plus de 4,7 milliards de dollars ont été retirés en l’espace en mai, les sorties nettes dépassant régulièrement le milliard de dollars par semaine.

Ces mouvements traduisent un changement d’allocation d’actifs. Les investisseurs institutionnels qui avaient contribué à légitimer le bitcoin grâce aux ETF semblent désormais privilégier les sociétés susceptibles de bénéficier directement de la révolution de l’intelligence artificielle. Les fabricants de semi-conducteurs, les producteurs d’équipements de calcul, les fournisseurs de centres de données ainsi que les entreprises spécialisées dans les infrastructures numériques concentrent désormais l’attention des marchés. Les dépenses mondiales liées à l’intelligence artificielle devraient dépasser 1 000 milliards de dollars au cours de la décennie selon plusieurs estimations. Face à une telle perspective, le bitcoin apparaît pour certains investisseurs comme un actif dont le potentiel de création de valeur est devenu moins évident.

La crise géopolitique au Moyen-Orient a également contribué à modifier la perception des investisseurs. Le bitcoin n’a pas joué le rôle de valeur refuge que ses initiateurs souhaitaient. Au contraire, il a subi des dégagements importants. Lors des épisodes de tension financière, les investisseurs privilégient encore l’or, les obligations d’État américaines ou le dollar plutôt que les cryptomonnaies.

Le recul actuel du bitcoin ne signifie pas nécessairement la fin des cryptomonnaies. Historiquement, cet actif a déjà connu plusieurs corrections supérieures à 70 % avant de retrouver de nouveaux sommets.  Néanmoins, le contexte a profondément changé. La concurrence ne vient plus des marchés obligataires ou des banques centrales. Elle provient désormais de l’intelligence artificielle, qui concentre à la fois les innovations technologiques, les investissements industriels, les dépenses publiques et les anticipations de croissance. Pendant dix ans, le bitcoin a bénéficié du statut d’actif emblématique de la révolution numérique. En 2026, ce rôle semble progressivement revenir à l’intelligence artificielle.

L’assurance vie : un nouveau record en avril

Pendant que le Livret A accumule les décollectes (4,4 milliards d’euros en quatre mois), l’assurance vie n’en finit pas de battre des records. Au mois d’avril, la collecte nette a atteint, selon France Assureurs, 5,2 milliards d’euros. Elle fait suite à des collectes exceptionnelles de 6 milliards d’euros en mars et de 7 milliards d’euros en février. Entre janvier et avril, la collecte nette s’élève déjà à 24,7 milliards d’euros.

Cette préférence pour l’assurance vie s’inscrit dans une période favorable à l’épargne financière. Celle-ci a représenté, au premier trimestre, selon l’INSEE, 9 % du revenu disponible brut, soit deux fois son niveau d’avant 2020.

Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le 28 février dernier, à la différence des précédentes crises – covid, guerre en Ukraine, crise politique –, les ménages n’ont pas eu le réflexe du Livret A. Ils n’ont pas changé leur comportement et continuent de plébisciter l’assurance vie, qui bénéficie de la bonne tenue du rendement des fonds en euros et des marchés financiers.

Une collecte nette de très haut niveau

Le cru « avril 2026 » de l’assurance vie constitue un niveau record, dépassant le précédent record d’avril 2010 (5,1 milliards d’euros).

Le mois d’avril réussit, en règle générale, assez bien à l’assurance vie. Depuis le début du siècle, seules deux décollectes ont été constatées, en 2012 (-0,5 milliard d’euros) et en 2020 (-1,95 milliard d’euros). Ces deux années étaient atypiques, la première marquée par la crise des dettes publiques et la seconde par l’épidémie de covid.

Les deux piliers de l’assurance vie ont contribué, en avril, au bon résultat du mois.

La collecte nette des fonds en euros a été de 1,6 milliard d’euros, celle des unités de compte de 3,6 milliards d’euros.

Des cotisations brutes dynamiques

En avril, les cotisations en assurance vie s’élèvent à 17,6 milliards d’euros, en progression de 7 % par rapport au même mois de 2025. Elles se situent à leur plus haut niveau pour un mois d’avril, battant le record d’avril 2024 (16,8 milliards d’euros). Les cotisations augmentent à un rythme plus soutenu pour les supports en unités de compte (UC, +9 %) que pour ceux en euros (+6 %).

Depuis le début de l’année, les cotisations atteignent 74,5 milliards d’euros, en hausse de 7,9 milliards d’euros, soit +12 % par rapport aux quatre premiers mois de 2025. Les supports en UC sont en hausse de 14 % et ceux en euros de 11 %. La part des UC dans les cotisations s’établit à 33 % sur le mois d’avril 2026 et à 39 % depuis le début de l’année.

Des prestations stables

Les prestations du mois d’avril 2026 se sont élevées à 12,4 milliards d’euros, stables par rapport au même mois de 2025. Elles augmentent de 6 % pour les supports en UC et sont compensées par une légère diminution des prestations sur les supports en euros (-1 %).

Depuis le début de l’année, les prestations s’établissent à 49,8 milliards d’euros, en augmentation de 0,9 milliard d’euros, soit +2 % par rapport aux quatre premiers mois de 2025. Cette hausse concerne essentiellement les supports en UC (+0,9 milliard d’euros, soit +9 %), tandis que les prestations des supports en euros restent stables, prouvant leur compétitivité.

Un encours de près de 2 150 milliards d’euros pour l’assurance vie

L’encours des contrats d’assurance vie a atteint 2 148 milliards d’euros à fin avril 2026 confortant la place de celle-ci comme le premier des placements des ménages.

Assurance vie : la force tranquille

L’assurance vie bénéficie d’un contexte favorable. La collecte est dopée par la réallocation des plans d’épargne logement de plus de 15 ans arrivés à terme, ainsi que par l’augmentation du nombre de Livrets A au plafond. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros, et plus de 15 % des Livrets A sont au plafond.

Les épargnants qui ont saturé ces derniers se réorientent vers l’assurance vie qui, en outre, est attractive en termes de rendement. Les assureurs continuent à proposer des taux boostés, soit, en moyenne, un point de plus que le taux initialement proposé. La bonne tenue, contre toute attente, des marchés financiers permet le maintien d’une bonne collecte pour les unités de compte.

Le vent porteur pour l’assurance vie devrait se poursuivre dans les prochains mois. Les Français privilégient toujours l’épargne à la consommation. Le climat anxiogène ne devrait pas changer la donne dans les prochains mois. Par ailleurs, le vieillissement démographique joue en faveur de l’assurance vie et de l’épargne retraite. Les Français, inquiets de l’évolution du système de retraite et disposant de capacités d’épargne, entendent se constituer des compléments de revenu et de capital.

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Résultats de l’Assurance vie en avril 2026 : encore un cru exceptionnel

Pendant que le Livret A accumule les décollectes (4,4 milliards d’euros en quatre mois), l’assurance vie n’en finit pas de battre des records. Au mois d’avril, la collecte nette a atteint, selon France Assureurs, 5,2 milliards d’euros. Elle fait suite à des collectes exceptionnelles de 6 milliards d’euros en mars et de 7 milliards d’euros en février. Entre janvier et avril, la collecte nette s’élève déjà à 24,7 milliards d’euros.

Cette préférence pour l’assurance vie s’inscrit dans une période favorable à l’épargne financière. Celle-ci a représenté, au premier trimestre, selon l’INSEE, 9 % du revenu disponible brut, soit deux fois son niveau d’avant 2020.

Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le 28 février dernier, à la différence des précédentes crises – covid, guerre en Ukraine, crise politique –, les ménages n’ont pas eu le réflexe du Livret A. Ils n’ont pas changé leur comportement et continuent de plébisciter l’assurance vie, qui bénéficie de la bonne tenue du rendement des fonds en euros et des marchés financiers.

Une collecte nette de très haut niveau

Le cru « avril 2026 » de l’assurance vie constitue un niveau record, dépassant le précédent record d’avril 2010 (5,1 milliards d’euros).

Le mois d’avril réussit, en règle générale, assez bien à l’assurance vie. Depuis le début du siècle, seules deux décollectes ont été constatées, en 2012 (-0,5 milliard d’euros) et en 2020 (-1,95 milliard d’euros). Ces deux années étaient atypiques, la première marquée par la crise des dettes publiques et la seconde par l’épidémie de covid.

Les deux piliers de l’assurance vie ont contribué, en avril, au bon résultat du mois.

La collecte nette des fonds en euros a été de 1,6 milliard d’euros, celle des unités de compte de 3,6 milliards d’euros.

Des cotisations brutes dynamiques

En avril, les cotisations en assurance vie s’élèvent à 17,6 milliards d’euros, en progression de 7 % par rapport au même mois de 2025. Elles se situent à leur plus haut niveau pour un mois d’avril, battant le record d’avril 2024 (16,8 milliards d’euros). Les cotisations augmentent à un rythme plus soutenu pour les supports en unités de compte (UC, +9 %) que pour ceux en euros (+6 %).

Depuis le début de l’année, les cotisations atteignent 74,5 milliards d’euros, en hausse de 7,9 milliards d’euros, soit +12 % par rapport aux quatre premiers mois de 2025. Les supports en UC sont en hausse de 14 % et ceux en euros de 11 %. La part des UC dans les cotisations s’établit à 33 % sur le mois d’avril 2026 et à 39 % depuis le début de l’année.

Des prestations stables

Les prestations du mois d’avril 2026 se sont élevées à 12,4 milliards d’euros, stables par rapport au même mois de 2025. Elles augmentent de 6 % pour les supports en UC et sont compensées par une légère diminution des prestations sur les supports en euros (-1 %).

Depuis le début de l’année, les prestations s’établissent à 49,8 milliards d’euros, en augmentation de 0,9 milliard d’euros, soit +2 % par rapport aux quatre premiers mois de 2025. Cette hausse concerne essentiellement les supports en UC (+0,9 milliard d’euros, soit +9 %), tandis que les prestations des supports en euros restent stables, prouvant leur compétitivité.

Un encours de près de 2 150 milliards d’euros pour l’assurance vie

L’encours des contrats d’assurance vie a atteint 2 148 milliards d’euros à fin avril 2026 confortant la place de celle-ci comme le premier des placements des ménages.

Assurance vie : la force tranquille

L’assurance vie bénéficie d’un contexte favorable. La collecte est dopée par la réallocation des plans d’épargne logement de plus de 15 ans arrivés à terme, ainsi que par l’augmentation du nombre de Livrets A au plafond. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros, et plus de 15 % des Livrets A sont au plafond.

Les épargnants qui ont saturé ces derniers se réorientent vers l’assurance vie qui, en outre, est attractive en termes de rendement. Les assureurs continuent à proposer des taux boostés, soit, en moyenne, un point de plus que le taux initialement proposé. La bonne tenue, contre toute attente, des marchés financiers permet le maintien d’une bonne collecte pour les unités de compte.

Le vent porteur pour l’assurance vie devrait se poursuivre dans les prochains mois. Les Français privilégient toujours l’épargne à la consommation. Le climat anxiogène ne devrait pas changer la donne dans les prochains mois. Par ailleurs, le vieillissement démographique joue en faveur de l’assurance vie et de l’épargne retraite. Les Français, inquiets de l’évolution du système de retraite et disposant de capacités d’épargne, entendent se constituer des compléments de revenu et de capital.

France assureurs

La Minute Eco du Cercle du lundi 1er juin 2026

La Minute du Cercle de l’Epargne du 1er juin 2026

Un étonnant joli mois de mai boursier

Malgré la hausse de l’inflation et l’attente d’avancées décisives au Moyen-Orient, les marchés financiers ont fait preuve d’une résilience surprenante au cours du mois de mai. Les indices américains se sont même offert le luxe d’inscrire à plusieurs reprises de nouveaux records. Le Nasdaq a gagné plus de 9 % en un mois, le S&P 500, plus de 6 %. Sur un an, le Nasdaq a progressé de plus de 40 % et le S&P500 de plus de 28 %. L’indice japonais Nikkei a, de son côté, enregistré une progression proche de 10 % en mai.

En Europe, les marchés du Sud ont été les mieux orientés. L’Italie a bénéficié du dynamisme des banques, des valeurs financières et d’une conjoncture intérieure plus favorable. Le FTSE MIB a ainsi progressé de plus de 3 % sur le mois, se rapprochant de ses sommets historiques autour de 50 000 points. L’Espagne a suivi une trajectoire comparable, l’IBEX 35 gagnant lui aussi plus de 3 %, soutenu par son secteur bancaire et par une activité économique plus robuste que celle observée au cœur de la zone euro.

L’Allemagne a fait mieux que la France. Le DAX a progressé d’environ 2,9 %, évoluant autour de 25 000 points malgré des séances irrégulières et quelques prises de bénéfices sur les valeurs industrielles. Le CAC 40 est demeuré plus en retrait, pénalisé par le poids du luxe et par la moindre vigueur des grandes capitalisations françaises ; sa progression mensuelle s’est limitée à 0,8 %. Le Royaume-Uni a été le marché le moins dynamique : le FTSE 100 n’a gagné qu’environ 0,3 % sur le mois, malgré un niveau élevé proche de 10 409 points, les valeurs pétrolières ayant pâti du recul des cours du brut. Les indices les plus exposés aux secteurs bancaires et cycliques — Italie, Espagne et Allemagne — ont connu de belles progressions À l’inverse, Paris et Londres ont été freinés par leurs spécialisations sectorielles respectives : le luxe pour le CAC 40, l’énergie et les grandes valeurs défensives pour le FTSE 100.

Au cours de la dernière semaine de mai, les investisseurs ont été écartelés entre les espoirs de paix au Moyen-Orient et la publication de statistiques témoignant d’une accélération des tensions inflationnistes. La hausse des prix des hydrocarbures commence à se diffuser à l’ensemble de l’économie. Pris entre ces deux forces contradictoires, les marchés ont néanmoins choisi l’optimisme. Les actions sont ainsi demeurées orientées à la hausse.

Malgré l’augmentation de l’inflation sous-jacente en Europe, une détente des taux obligataires a été enregistrée au cours de la semaine. Le rendement de l’emprunt allemand à dix ans est repassé sous le seuil des 3 %, tandis que celui de l’OAT française s’établissait en fin de semaine à 3,5 %, contre près de 3,8 % ces dernières semaines. Porté par les espoirs de réouverture du détroit d’Ormuz, le cours du Brent est repassé fin mai sous la barre des 100 dollars le baril. Il s’échangeait autour de 91 dollars le vendredi 29 mai. Sur la semaine, le recul a dépassé 10 %, constituant la plus forte baisse hebdomadaire observée depuis sept semaines. Les cours du pétrole demeurent néanmoins très volatils et continuent d’évoluer au gré des déclarations de Donald Trump et des développements géopolitiques dans la région.

Les Français toujours en mode fourmis

Au premier trimestre, le taux d’épargne des ménages en France s’est maintenu à un haut niveau. Selon l’INSEE, il s’est élevé à 17,9 % du revenu disponible brut, contre 17,7 % au trimestre précédent. Le taux d’épargne financière est passé de 8,9 à 9 %. Il demeure à des niveaux historiquement élevé. Les Français réduisent leur consommation (-0,2 %) pour maintenir un important effort d’épargne. Le pouvoir d’achat au cours du premier trimestre est resté stable, l’augmentation des rémunérations étant compensée par la hausse des prix.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

Le Coin des Epargnants du 29 mai 2026

Malgré la hausse de l’inflation et l’attente d’avancées décisives au Moyen-Orient, les marchés financiers ont fait preuve d’une résilience surprenante au cours du mois de mai. Les indices américains se sont même offert le luxe d’inscrire à plusieurs reprises de nouveaux records. Le Nasdaq a gagné plus de 9 % en un mois, le S&P 500, plus de 6 %. Sur un an, le Nasdaq a progressé de plus de 40 % et le S&P500 de plus de 28 %. L’indice japonais Nikkei a, de son côté, enregistré une progression proche de 10 % en mai.

En Europe, les marchés du Sud ont été les mieux orientés. L’Italie a bénéficié du dynamisme des banques, des valeurs financières et d’une conjoncture intérieure plus favorable. Le FTSE MIB a ainsi progressé de plus de 3 % sur le mois, se rapprochant de ses sommets historiques autour de 50 000 points. L’Espagne a suivi une trajectoire comparable, l’IBEX 35 gagnant lui aussi plus de 3 %, soutenu par son secteur bancaire et par une activité économique plus robuste que celle observée au cœur de la zone euro.

L’Allemagne a fait mieux que la France. Le DAX a progressé d’environ 2,9 %, évoluant autour de 25 000 points malgré des séances irrégulières et quelques prises de bénéfices sur les valeurs industrielles. Le CAC 40 est demeuré plus en retrait, pénalisé par le poids du luxe et par la moindre vigueur des grandes capitalisations françaises ; sa progression mensuelle s’est limitée à 0,8 %. Le Royaume-Uni a été le marché le moins dynamique : le FTSE 100 n’a gagné qu’environ 0,3 % sur le mois, malgré un niveau élevé proche de 10 409 points, les valeurs pétrolières ayant pâti du recul des cours du brut. Les indices les plus exposés aux secteurs bancaires et cycliques — Italie, Espagne et Allemagne — ont connu de belles progressions À l’inverse, Paris et Londres ont été freinés par leurs spécialisations sectorielles respectives : le luxe pour le CAC 40, l’énergie et les grandes valeurs défensives pour le FTSE 100.

Au cours de la dernière semaine de mai, les investisseurs ont été écartelés entre les espoirs de paix au Moyen-Orient et la publication de statistiques témoignant d’une accélération des tensions inflationnistes. La hausse des prix des hydrocarbures commence à se diffuser à l’ensemble de l’économie. Pris entre ces deux forces contradictoires, les marchés ont néanmoins choisi l’optimisme. Les actions sont ainsi demeurées orientées à la hausse.

Malgré l’augmentation de l’inflation sous-jacente en Europe, une détente des taux obligataires a été enregistrée au cours de la semaine. Le rendement de l’emprunt allemand à dix ans est repassé sous le seuil des 3 %, tandis que celui de l’OAT française s’établissait en fin de semaine à 3,5 %, contre près de 3,8 % ces dernières semaines.

Porté par les espoirs de réouverture du détroit d’Ormuz, le cours du Brent est repassé fin mai sous la barre des 100 dollars le baril. Il s’échangeait autour de 91 dollars le vendredi 29 mai. Sur la semaine, le recul a dépassé 10 %, constituant la plus forte baisse hebdomadaire observée depuis sept semaines. Les cours du pétrole demeurent néanmoins très volatils et continuent d’évoluer au gré des déclarations de Donald Trump et des développements géopolitiques dans la région.

 Résultats
29 mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 183,34+0,83 %8 149,507 380,74
Dow Jones51 032,46+0,90 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 580,06+1,45 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 972,62 +2,35 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 104,70+0,90 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 409,28-0,54 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 050,54+0,22 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)66 329,50 +9,54 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 067,17-2,06 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,553 %-0,264 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,946 %-0,096 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,436 %-0,150 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1663 +0,54 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 559,52+1,81 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars91,97 -11,45 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars73 719,2858-2,55 %87 566,440693 776,61

La discussion de la loi de finances pour 2027 s’annonce comme l’une des épreuves les plus atypiques de la Ve République. Le Gouvernement devra présenter des textes conformes aux engagements de la France en matière de réduction des déficits publics (4,5 % du PIB en 2027, contre 5 % en 2026), à quelques mois de l’élection présidentielle et devant un Parlement fragmenté, le tout dans un contexte économique marqué par un ralentissement de la croissance et une remontée des tensions inflationnistes. Les groupes parlementaires pourraient être tentés de rejeter toute mesure de redressement impopulaire, de peur que les électeurs ne leur en imputent la responsabilité.

Par ailleurs, le budget pour 2027 n’a pas vocation à s’appliquer sur l’ensemble de l’année. La nouvelle majorité issue d’éventuelles élections législatives anticipées — si une majorité claire se dégage — adopterait sans doute un projet de loi de finances rectificative afin d’imprimer sa marque sur la politique budgétaire. La tentation du report, de l’attentisme ou des compromis minimaux sera donc forte.

Or, la marge de manœuvre budgétaire de la France se réduit rapidement. La dynamique des dépenses publiques est alimentée par plusieurs facteurs largement contraints : la progression des pensions de retraite sous l’effet du vieillissement démographique, l’augmentation continue de la charge d’intérêts liée à la remontée des taux, l’effort accru de défense dans un contexte géopolitique dégradé, le financement de la transition énergétique ainsi que le soutien aux infrastructures et aux grands projets industriels.

Dans ce contexte, les ministres de l’Économie et du Budget ont décidé de confier à quatre économistes reconnus — Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla — une mission indépendante sur les finances publiques à l’horizon 2030. Officiellement, il s’agit d’apporter un éclairage objectif au débat budgétaire. En réalité, cette initiative traduit également la difficulté croissante pour le pouvoir politique d’assumer seul un discours de rigueur budgétaire. En sollicitant une caution académique, l’exécutif cherche à légitimer, par l’expertise, la nécessité d’un effort qui sera socialement et politiquement difficile à défendre.

Les économistes devront identifier les principaux facteurs de dérive des finances publiques entre 2027 et 2030, autrement dit les dépenses déjà engagées ou difficilement compressibles. Ils devront ensuite proposer plusieurs scénarios de redressement dès 2027, assortis d’objectifs de déficit et d’une évaluation chiffrée de l’effort à répartir entre l’État, la Sécurité sociale et les collectivités locales.

Si les forces politiques ne semblent guère disposées à faire preuve de courage durant la discussion budgétaire, aucune n’aura véritablement intérêt à provoquer une crise politique en votant une motion de censure. Une telle décision pourrait conduire à une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale et priver le futur Président de la République de cet instrument constitutionnel pendant plusieurs mois. En outre, une crise budgétaire majeure pèserait inévitablement sur le déroulement de la campagne présidentielle et renforcerait les interrogations des partenaires européens comme des marchés financiers sur la capacité de la France à restaurer ses comptes publics.

Au premier trimestre, le taux d’épargne des ménages s’est maintenu, en France, à un haut niveau. Selon l’INSEE, il s’est élevé à 17,9 % du revenu disponible brut, contre 17,7 % au trimestre précédent. Le taux d’épargne financière est passé de 8,9 à 9 %. Il demeure à des niveaux historiquement élevé. Les Français réduisent leur consommation (-0,2 %) pour maintenir un important effort d’épargne. Le pouvoir d’achat au cours du premier trimestre est resté stable, l’augmentation des rémunérations étant compensée par la hausse des prix.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

Epargne : les Français toujours en mode fourmis

Au premier trimestre, le taux d’épargne des ménages s’est maintenu, en France, à un haut niveau. Selon l’INSEE, il s’est élevé à 17,9 % du revenu disponible brut, contre 17,7 % au trimestre précédent. Le taux d’épargne financière est passé de 8,9 à 9 %. Il demeure à des niveaux historiquement élevé. Les Français réduisent leur consommation (-0,2 %) pour maintenir un important effort d’épargne. Le pouvoir d’achat au cours du premier trimestre est resté stable, l’augmentation des rémunérations étant compensée par la hausse des prix.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

La Minute du Cercle du 25 mai 2026

Avec les avancées sur le terrain diplomatique entre les Etats-Unis et l’Iran, les investisseurs renouent avec l’optimisme. Les indicateurs « actions » sont orientés à la hausse depuis une semaine. Un déblocage du détroit d’Ormuz provoquera une baisse sensible du cours du baril de Brent. Lundi 25 mai, il est repassé au-dessous des 100 dollars. Les négociations ont avancé grâce à la pression insistante des Émirats arabes unis exercent une pression insistante sur les États-Unis. Par ailleurs, l’intelligence artificielle porte toujours les marchés. Les investisseurs ont plébiscité cette semaine les sociétés fabriquant des microprocesseurs et celles en charge des infrastructures (datacenters et énergie). Dans ce contexte plus porteur, les taux obligataires refluent légèrement.

Selon le baromètre annuel publié par le cabinet EY, en 2025 et pour la septième année consécutive, la France conserve sa position de première destination européenne pour les projets d’investissements internationaux, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. La France continue notamment de capter des investissements dans des secteurs considérés comme stratégiques : intelligence artificielle, défense, énergies décarbonées ou technologies de pointe. Les projets annoncés devraient permettre la création d’environ 28 000 emplois, un chiffre jugé encourageant alors que le chômage est repassé au-dessus du seuil des 8 %.

Dans un environnement dominé par les tensions commerciales, les conflits militaires et le durcissement des politiques industrielles, les décisions d’implantation ou d’extension ont  reculé en 2025. Avec 852 projets recensés, la baisse atteint 17 % sur un an, après déjà un exercice 2024 peu dynamique. Depuis 2022, le recul dépasse désormais 30 %, ramenant le volume des investissements à son niveau le plus faible depuis 2017. La contraction est particulièrement visible du côté des investisseurs américains. Pour la deuxième année consécutive, les entreprises américaines ont réduit leurs projets en France, avec une diminution de 14 % par rapport à 2024. Elles demeurent néanmoins les premiers investisseurs étrangers dans l’Hexagone. Les groupes allemands ont, eux aussi, fortement ralenti avec une chute de 26 % de leurs engagements.

En France, la dynamique des investissements internationaux repose principalement sur l’extension de sites déjà existants qui représentent près de 62 % des projets recensés. En revanche, le pays peine davantage à attirer de nouveaux acteurs internationaux. Cette structure explique pourquoi les investissements génèrent relativement moins d’emplois que dans d’autres économies.

Les perspectives pour 2026 demeurent toutefois fragiles. Les tensions au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les prix de l’énergie constituent une menace directe pour la croissance européenne et française. D’après l’enquête réalisée par EY, 57 % des entreprises internationales interrogées envisagent encore un investissement en France. Ce taux demeure néanmoins inférieur à celui observé un an auparavant (62 %). Les investisseurs semblent ainsi partagés entre la reconnaissance des atouts structurels de la France — qualité des infrastructures, compétences, position géographique, filières technologiques — et les inquiétudes liées à la faiblesse de la croissance européenne, à l’instabilité politique et aux incertitudes fiscales. À moins d’un an de l’élection présidentielle, une large majorité des dirigeants interrogés ne croient d’ailleurs pas à une amélioration rapide de la situation économique et politique française dans les prochaines années.

Les mois se suivent et se ressemblent pour le Livret A qui affiche en avril un quatrième mois consécutif de décollecte avec -1,28 milliard d’euros. Jamais une telle passe pour le Livret A n’a été constatée pour les quatre premiers mois de l’année depuis le début des statistiques de la Caisse des dépôts (2009). Il faut, par ailleurs, remonter à 2015 pour avoir une série de quatre mois consécutifs de décollecte. Traditionnellement, en début d’année, les ménages remplissent leur Livret A, sachant que le second semestre est plutôt porté aux dépenses. L’année 2026 apparaît en rupture par rapport à cette tendance avec une décollecte qui atteint, depuis le 1er janvier, 4,38 milliards d’euros.

Le recul de l’épargne réglementée depuis le début de l’année repose sur plusieurs facteurs. La baisse du taux de 3 à 1,5 % en un an a été durement ressentie par les épargnants. Ce taux de 1,5 % reste supérieur à celui en vigueur entre le 1er février 2020 et le 1er février 2022 (0,5 %), mais il est jugé aujourd’hui peu attractif. Le taux de 3 % qui s’est appliqué du 1er février 2023 au 1er février 2025 semble être devenu la référence. Les ménages estiment que cela ne rapporte rien de placer son argent sur le Livret A. La sensibilité au taux est plus forte que dans le passé. Par ailleurs, le nombre important de Livrets A au plafond limite les versements de la part des ménages qui ont des capacités d’épargne importantes. Plus de 15 % des Livrets A et plus de 3 % des LDDS sont au plafond. Ces ménages sont ainsi amenés à orienter leur épargne vers les contrats d’assurance vie ou les comptes sur livret, voire à la laisser sur leurs comptes courants. A contrario, les ménages les plus affectés par la hausse des prix de l’énergie peuvent être contraints de retirer de l’argent de leur Livret A, de leur LDDS ou de leur LEP. Sur ce dernier produit, les régularisations du printemps expliquent en partie la décollecte.

Le Coin des Epargnants du 22 mai 2026 : les investisseurs veulent croire à la paix

Après quatre semaines de recul hebdomadaire, le CAC 40 a renoué avec la hausse cette semaine, avec un gain de plus de 2,2 %. Les investisseurs souhaitent croire possible une solution diplomatique dans les prochaines semaines. Les autres grands indices européens ont également bénéficié de ce regain d’optimisme. Les indices américains ont continué leur marche en avant et ont battu, cette semaine, de nouveaux records.

Les Émirats arabes unis exercent une pression insistante sur les États-Unis afin qu’une sortie de crise puisse rapidement intervenir. Ils sont appuyés dans leur démarche par l’Arabie saoudite et le Qatar. Les trois alliés de Washington auraient demandé à Donald Trump de laisser une chance aux négociations avec Téhéran, par crainte d’une reprise des frappes et d’une riposte iranienne. Les stocks d’uranium iranien et le détroit d’Ormuz constituent toujours les points de friction entre les protagonistes. Au sujet des négociations, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a parlé de « quelques bons signes ».

L’autre soutien aux cours boursiers vient de l’intelligence artificielle. Les investisseurs ont plébiscité cette semaine les sociétés fabriquant des microprocesseurs et celles en charge des infrastructures (datacenters et énergie).

Les taux obligataires ont légèrement reflué, en fin de semaine, en Europe et aux États-Unis, après avoir connu une forte augmentation en raison des craintes des investisseurs d’un emballement de l’inflation. L’équipe de Donald Trump suivrait avec attention l’évolution des taux.

 Résultats
22 mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 115,75+2,21 %8 149,507 380,74
Dow Jones50 579,70+2,16 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 473,47+1,01 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 343,97+0,56 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 928,39+3,91 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 466,26+2,66 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 825,65-1,45 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)63 339,07 +1,05 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 112,90-2,45 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,817 %-0,141 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,042 %-0,121 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,586 %+0,002 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1601 -1,20 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 518,47-4,24 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars103,46 -5,14 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars76 736,6470-2,74 %87 566,440693 776,61

À l’approche du sommet Choose France du 1er juin, la France peut s’enorgueillir de rester le premier pays d’accueil des investisseurs internationaux en Europe.

Selon le baromètre annuel publié par le cabinet EY, la France conserve, en effet en 2025 sa position de première destination européenne pour les projets d’investissements internationaux, et ce pour la septième année consécutive, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. La France continue notamment de capter des investissements dans des secteurs considérés comme stratégiques : intelligence artificielle, défense, énergies décarbonées ou technologies de pointe. Les projets annoncés devraient permettre la création d’environ 28 000 emplois, un chiffre jugé encourageant alors que le chômage est repassé au-dessus du seuil des 8 %.

Dans un environnement dominé par les tensions commerciales, les conflits militaires et le durcissement des politiques industrielles, les décisions d’implantation ou d’extension ont  reculé en 2025. Avec 852 projets recensés, la baisse atteint 17 % sur un an, après déjà un exercice 2024 peu dynamique. Depuis 2022, le recul dépasse désormais 30 %, ramenant le volume des investissements à son niveau le plus faible depuis 2017. La contraction est particulièrement visible du côté des investisseurs américains. Pour la deuxième année consécutive, les entreprises des États-Unis ont réduit leurs projets en France, avec une diminution de 14 % par rapport à 2024. Elles demeurent néanmoins les premiers investisseurs étrangers dans l’Hexagone. Les groupes allemands ont, eux aussi, fortement ralenti leurs engagements, avec une chute de 26 %.

Cette dégradation reflète les difficultés rencontrées par plusieurs grands secteurs industriels français, notamment l’automobile, la chimie et la pharmacie. L’industrie concentre toujours près de 42 % des investissements accueillis dans le pays, mais le nombre de projets y a diminué de 15 % en un an. Les mesures protectionnistes américaines, notamment les droits de douane instaurés par Donald Trump, ont accentué les tensions pesant sur les chaînes de valeur industrielles européennes. L’instabilité politique en France, depuis 2024 et la proximité de l’élection présidentielle de 2027, refroidissent les ardeurs des investisseurs tout comme les difficultés budgétaires du pays qui peuvent déboucher sur une hausse des prélèvements.

Plus largement, le ralentissement français s’inscrit dans un affaiblissement global de l’attractivité européenne. Le Royaume-Uni a vu le nombre de projets internationaux reculer de 14 %, à 730 opérations, tandis que l’Allemagne enregistrait une baisse de 10 %, à 548 projets, sur fond de crise industrielle persistante. Coincée entre la puissance industrielle chinoise et les politiques de réindustrialisation américaines, l’Europe souffre d’une croissance atone depuis plusieurs années. Les groupes américains, fortement incités à investir sur leur marché domestique, réduisent désormais nettement leurs engagements sur le Vieux Continent.

En Europe, les projets de créations de nouveaux sites par des investisseurs internationaux ont reculé de 25 % en 2025, contre une baisse de 16 % au niveau mondial et de 13 % en Amérique du Nord. Si le recul global des investissements internationaux en Europe reste limité à 7 %, c’est essentiellement grâce à des pays plus compétitifs comme l’Espagne, la Pologne, la Roumanie ou la Turquie, qui bénéficient de coûts de production plus faibles, d’un cadre réglementaire plus souple et de politiques d’incitation ciblées.

La véritable rupture remonte à 2022, avec la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine. Depuis lors, les investissements industriels en France, en Allemagne et au Royaume-Uni subissent durablement les conséquences de la hausse des coûts énergétiques et de l’érosion de la compétitivité européenne.

En France, la dynamique actuelle repose principalement sur l’extension de sites déjà existants, qui représentent près de 62 % des projets recensés. En revanche, le pays peine davantage à attirer de nouveaux acteurs internationaux. Cette structure explique pourquoi les investissements génèrent relativement moins d’emplois que dans d’autres économies. En 2025, la baisse limitée des créations de postes (-4 %) malgré le recul de 17 % des projets s’explique notamment par quelques opérations logistiques de grande ampleur, dont plusieurs plateformes développées par Amazon. Le constat est plus préoccupant encore dans les activités à forte valeur ajoutée. Dans la compétition pour l’accueil des sièges sociaux internationaux, la France reste distancée par le Royaume-Uni, notamment dans les secteurs de la finance et des technologies. Surtout, les investissements en recherche et développement — déterminants pour l’innovation future — ont chuté de 47 % dans l’Hexagone, dans un mouvement observé à l’échelle européenne où le recul atteint environ 40 %.

Les perspectives pour 2026 demeurent toutefois fragiles. Les tensions au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les prix de l’énergie constituent une menace directe pour la croissance européenne et française. D’après l’enquête réalisée par EY, 57 % des entreprises internationales interrogées envisagent encore un investissement en France. Ce taux demeure néanmoins inférieur à celui observé un an auparavant, où il atteignait 62 %. Les investisseurs semblent ainsi partagés entre la reconnaissance des atouts structurels de la France — qualité des infrastructures, compétences, position géographique, filières technologiques — et les inquiétudes liées à la faiblesse de la croissance européenne, à l’instabilité politique et aux incertitudes fiscales. À moins d’un an de l’élection présidentielle, une large majorité des dirigeants interrogés ne croit d’ailleurs pas à une amélioration rapide de la situation économique et politique française dans les prochaines années.

Le patrimoine financier brut des ménages français atteint, selon l’étude de la Banque de France, « Epargne et Patrimoine financiers des ménages – T4 2025 » publiée le 20 mai 2026, un niveau historique de 6 590,5 milliards d’euros à la fin de l’année 2025, contre 6 415,3 milliards un an plus tôt, soit une progression de 175,2 milliards d’euros en douze mois. Ce montant représente près de deux fois et demie le produit intérieur brut national. Cette progression ne provient pas seulement des effets de valorisation boursière. Sur les 175,2 milliards d’euros supplémentaires enregistrés en 2025, 128,4 milliards résultent directement de nouveaux flux d’épargne financière tandis que 46,8 milliards proviennent des effets de réévaluation des actifs et des autres variations de volume.

Un niveau d’épargne exceptionnel

Les ménages ont maintenu en 2025 un niveau d’épargne exceptionnellement élevé. L’épargne brute, la part du revenu disponible qui n’est pas consommée, a atteint 353 milliards d’euros après 348,8 milliards en 2024. Ce niveau est très supérieur à la moyenne observée avant la crise sanitaire. Le taux d’épargne des ménages français s’élève à 18 % du revenu disponible brut contre 14,9 % dans la zone euro. Même au quatrième trimestre 2025, période marquée logiquement par la hausse des dépenses, le taux d’épargne français s’est élevé à 17,5 %, soit plus de trois points au-dessus de la moyenne européenne. Cette singularité française traduit à la fois une capacité d’épargne élevée et une inquiétude persistante face à l’avenir.

Les flux de placements financiers demeurent eux aussi considérables avec 128,4 milliards d’euros en 2025, quasiment au même niveau que les 129,3 milliards de 2024. Derrière cette stabilité globale se cache toutefois une profonde recomposition des comportements patrimoniaux.

Moins d’épargne réglementée, plus d’assurance vie, de dépôts à vue et de numéraire

Le premier enseignement du document de la Banque de France est le net recul des dépôts bancaires rémunérés. Ceux-ci enregistrent un flux négatif de 1,4 milliard d’euros en 2025 après une collecte positive de 33,9 milliards en 2024. Ce retournement provient principalement de l’épargne réglementée. Le Livret A, le LDDS et le LEP subissent ensemble une décollecte nette de 8,2 milliards d’euros après avoir encore attiré 20,1 milliards en 2024. La baisse progressive des taux réglementés a réduit leur attractivité. Les ménages réorientent une partie de leur épargne vers des supports plus rémunérateurs. En revanche, les comptes à terme et livrets ordinaires restent positifs avec 6,8 milliards d’euros de collecte, contre 13,8 milliards en 2024.

Paradoxalement, alors même que les produits réglementés se contractent, les ménages augmentent leurs encaisses liquides. Les flux de numéraire et dépôts à vue atteignent 21,3 milliards d’euros en 2025 après une décollecte de 4,6 milliards en 2024. Les ménages ne font pas l’effort de placer leurs liquidités sur leur livret A considérant qu’il ne rapporte pas assez.  Les encours de numéraires et de dépôts à vue culminent  à 763 milliards d’euros témoignant l’importance donnée à l’épargne de précaution.

L’assurance-vie apparaît comme la grande bénéficiaire des réallocations d’épargne. Les contrats en euros et les droits à pension en euros enregistrent une collecte nette de 47 milliards d’euros en 2025 contre 28,2 milliards en 2024. Les encours atteignent désormais 1 570,6 milliards d’euros. Le redressement des rendements obligataires a permis aux assureurs d’améliorer progressivement la rémunération des fonds euros, redonnant de l’attractivité à ces supports sécurisés. Cette dynamique bénéficie également aux produits de retraite.  Les unités de compte poursuivent également leur progression. Les flux vers l’assurance-vie et les droits à pension en unités de compte atteignent 33,8 milliards d’euros en 2025 après 25,6 milliards l’année précédente. Les encours montent à 606,7 milliards d’euros contre 538,9 milliards un an auparavant. Cette évolution témoigne d’une acceptation plus large du risque financier par les ménages, mais à travers des véhicules collectifs et fiscalement connus et attractifs.

Méfiance persistante vis-à-vis des actions en direct

Les placements en produits de fonds propres restent robustes avec 44,1 milliards d’euros de flux en 2025 après 43,8 milliards en 2024. Mais la structure de ces placements montre la faiblesse persistante de l’actionnariat direct. Les actions cotées détenues directement affichent un flux négatif de 0,5 milliard d’euros après une collecte de 2,6 milliards en 2024. Les ménages restent méfiants à l’égard des marchés actions en direct. En revanche, les actions détenues indirectement via des Organismes de Placements Collectifs (OPC) enregistrent une collecte positive de 7,4 milliards d’euros. Les supports collectifs apparaissent plus rassurants. Quant aux actions non cotées et autres participations, elles attirent encore 3,5 milliards d’euros, portant les encours à plus de 1 507 milliards d’euros. Les OPC monétaires, après avoir retrouvé de l’intérêt avec la remontée des taux courts, ralentissent nettement. Leur collecte tombe à 2,2 milliards d’euros en 2025 contre 8,1 milliards en 2024. Les encours demeurent faibles, à 25,7 milliards d’euros. Les ménages ont utilisé ces supports essentiellement comme solutions temporaires d’attente dans un environnement de taux élevés.

Le patrimoine financier français reste ainsi dominé par les produits de taux. Ceux-ci représentent 3 911 milliards d’euros d’encours à la fin de 2025 contre 2 576 milliards pour les produits de fonds propres. La culture financière française demeure marquée par la recherche de sécurité, même si la diversification progresse lentement.

Un endettement en légère hausse

Dans le même temps, l’endettement des ménages se redresse modérément. Les flux nouveaux d’endettement auprès des institutions financières atteignent 16,6 milliards d’euros en 2025 après seulement 2,9 milliards en 2024. Le mouvement reste limité au regard des standards historiques. La hausse des taux d’intérêt a durablement freiné le crédit immobilier et modifié les comportements d’acquisition.

La France souffre moins d’un manque d’épargne que d’une difficulté à orienter cette épargne vers le financement direct des entreprises productives et de l’investissement de long terme. L’Etat est en partie responsable de cette situation, les produits de court terme comme le Livret A ou le LDDS bénéficiant d’avantages fiscaux conséquents (exonération des prélèvements).

Livret A : une décollecte installée dans le temps !

L’épargne réglementée en mode décollecte

Les trois grands livrets réglementés, Livret A, Livret de développement durable et solidaire et Livret d’épargne populaire, sont pour le quatrième mois consécutif dans le rouge. Cela ne signifie pas que les Français épargnent moins mais qu’ils épargnent autrement. L’épargne réglementée séduit moins en raison de la baisse de ses taux, à contrario de l’assurance vie et du plan d’épargne retraite qui enregistrent depuis plusieurs mois de très bons résultats. Il est également à noter que, malgré l’inflation, les ménages conservent plus de liquidités sur leurs comptes courants : +3,1 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année.

Un quatrième mois consécutif de décollecte pour le Livret A

Les mois se suivent et se ressemblent pour le Livret A qui affiche en avril un quatrième mois consécutif de décollecte avec -1,28 milliard d’euros. Jamais une telle passe pour le Livret A n’a été constatée pour les quatre premiers mois de l’année depuis le début des statistiques de la Caisse des dépôts (2009). Il faut, par ailleurs, remonter à 2015 pour avoir une série de quatre mois consécutifs de décollecte. Traditionnellement, en début d’année, les ménages remplissent leur Livret A, sachant que le second semestre est plutôt porté aux dépenses. L’année 2026 apparaît en rupture par rapport à cette tendance avec une décollecte qui atteint, depuis le 1er janvier, 4,38 milliards d’euros.

En avril, depuis 2009, le Livret A a désormais connu une décollecte à trois reprises : en 2015 (-170 millions d’euros), en 2025 (-200 millions d’euros) et donc en 2026 (-1,28 milliard d’euros). La collecte moyenne en avril sur les dix dernières années était de 1,8 milliard d’euros. Pour mémoire, la plus forte collecte, en avril, a été enregistrée en 2020 avec +5,47 milliards d’euros.

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) en décollecte

Après une collecte nulle en mars, le LDDS enregistre une décollecte en avril de 250 millions d’euros, loin de sa moyenne de ces dix dernières années qui s’élevait à 700 millions d’euros. En 2025, la collecte en avril avait été positive de 310 millions d’euros. Une seule décollecte a été constatée en 2009 avec -20 millions d’euros.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) : en décollecte en avril

Pour le deuxième mois consécutif, le Livret d’épargne populaire a connu une décollecte en avril avec -320 millions d’euros. Depuis le début de l’année, la collecte est négative de 260 millions d’euros.

Le mois d’avril réussit peu au LEP. En effet, en 2025, il avait enregistré une décollecte de 1,96 milliard d’euros et, en 2024, de 270 millions d’euros.

Ces décollectes du mois d’avril s’expliquent en partie par les opérations de régularisation effectuées par les banques. Entre mars et mai, les banques sont amenées à fermer des LEP après transmission des données fiscales des titulaires par l’administration et vérification du respect du plafond de revenu fiscal de référence (RFR).

Moins de versements, plus de retraits

Le recul de l’épargne réglementée depuis le début de l’année repose sur plusieurs facteurs. La baisse du taux de 3 à 1,5 % en un an a été durement ressentie par les épargnants. Ce taux de 1,5 % reste supérieur à celui en vigueur entre le 1er février 2020 et le 1er février 2022 (0,5 %), mais il est jugé aujourd’hui peu attractif. Le taux de 3 % qui s’est appliqué du 1er février 2023 au 1er février 2025 semble être devenu la référence. Les ménages estiment que cela ne rapporte rien de placer son argent sur le Livret A. La sensibilité au taux est plus forte que dans le passé. Par ailleurs, le nombre important de Livrets A au plafond limite les versements de la part des ménages qui ont des capacités d’épargne importantes. Plus de 15 % des Livrets A et plus de 3 % des LDDS sont au plafond. Ces ménages sont ainsi amenés à orienter leur épargne vers les contrats d’assurance vie ou les comptes sur livret, voire à la laisser sur leurs comptes courants. A contrario, les ménages les plus affectés par la hausse des prix de l’énergie peuvent être contraints de retirer de l’argent de leur Livret A, de leur LDDS ou de leur LEP. Sur ce dernier produit, les régularisations du printemps expliquent en partie la décollecte.

Hausse conditionnelle du taux du Livret A le 1er août prochain

En vertu de la formule en vigueur depuis 2021, le taux du Livret A est fixé deux fois par an, en prenant en compte le taux d’inflation et le taux Ester des marchés monétaires constatés au cours du semestre précédent. Pour la révision du taux au 1er août prochain, l’inflation sera en hausse et pourrait se situer, sur le semestre, en rythme annuel, autour de 2 %. Les trois premiers mois de l’année ont été marqués par des taux faibles (0,4 %, 1,1 %, 2 %). En avril, l’inflation a été de 2,5 %. En mai et juin, l’inflation pourrait se situer autour de 3 %. Cela nous amène à un taux moyen autour de 1,9/2 %. Le taux Ester moyen devrait se situer autour de 1,9 %.

Le taux du Livret A pourrait donc être révisé à 1,8 %, voire à 2 %, en fonction de la progression des taux d’inflation et de l’Ester (revalorisation possible des taux directeurs de la Banque centrale européenne en mai ou en juin).

Malgré tout, le gouverneur de la Banque de France pourrait préconiser de ne pas relever le taux du Livret A au nom de circonstances exceptionnelles. En effet, l’inflation pourrait rapidement décélérer avec le déblocage du détroit d’Ormuz. L’augmentation du taux du Livret A pourrait être, par ailleurs, perçue comme une reconnaissance d’un retour durable de l’inflation. Elle aurait également comme conséquence le renchérissement des coûts de financement des banques avec, à la clé, une augmentation des taux de crédit, en premier lieu pour les bailleurs sociaux. Enfin, les pouvoirs publics souhaitent ne pas pénaliser une consommation déjà atone.

La révision du 1er février 2027 interviendra en pleine campagne présidentielle, moment peu opportun pour réduire le taux du Livret A. De ce fait, cela pourrait conduire le nouveau gouverneur de la Banque de France à temporiser.

Le taux du Livret A étant éminemment politique, le gouvernement devra prendre en compte les réactions au sein de la classe politique et de la population. Une inflation au-dessus de 3 % en juin et l’absence de solutions diplomatiques au Moyen-Orient rendraient la non-revalorisation du Livret A compliquée à justifier.

La passe de quatre pour le Livret A

L’épargne réglementée en décollecte

Les trois grands livrets réglementés, Livret A, Livret de développement durable et solidaire et Livret d’épargne populaire, sont pour le quatrième mois consécutif dans le rouge. Cela ne signifie pas que les Français épargnent moins mais qu’ils épargnent autrement. L’épargne réglementée séduit moins en raison de la baisse de ses taux, à contrario de l’assurance vie et du plan d’épargne retraite qui enregistrent depuis plusieurs mois de très bons résultats. Il est également à noter que, malgré l’inflation, les ménages conservent plus de liquidités sur leurs comptes courants : +3,1 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année.

Un quatrième mois consécutif de décollecte pour le Livret A

Les mois se suivent et se ressemblent pour le Livret A qui affiche en avril un quatrième mois consécutif de décollecte avec -1,28 milliard d’euros. Jamais une telle passe pour le Livret A n’a été constatée pour les quatre premiers mois de l’année depuis le début des statistiques de la Caisse des dépôts (2009). Il faut, par ailleurs, remonter à 2015 pour avoir une série de quatre mois consécutifs de décollecte. Traditionnellement, en début d’année, les ménages remplissent leur Livret A, sachant que le second semestre est plutôt porté aux dépenses. L’année 2026 apparaît en rupture par rapport à cette tendance avec une décollecte qui atteint, depuis le 1er janvier, 4,38 milliards d’euros.

En avril, depuis 2009, le Livret A a désormais connu une décollecte à trois reprises : en 2015 (-170 millions d’euros), en 2025 (-200 millions d’euros) et donc en 2026 (-1,28 milliard d’euros). La collecte moyenne en avril sur les dix dernières années était de 1,8 milliard d’euros. Pour mémoire, la plus forte collecte, en avril, a été enregistrée en 2020 avec +5,47 milliards d’euros.

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) en décollecte

Après une collecte nulle en mars, le LDDS enregistre une décollecte en avril de 250 millions d’euros, loin de sa moyenne de ces dix dernières années qui s’élevait à 700 millions d’euros. En 2025, la collecte en avril avait été positive de 310 millions d’euros. Une seule décollecte a été constatée en 2009 avec -20 millions d’euros.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) : en décollecte en avril

Pour le deuxième mois consécutif, le Livret d’épargne populaire a connu une décollecte en avril avec -320 millions d’euros. Depuis le début de l’année, la collecte est négative de 260 millions d’euros.

Le mois d’avril réussit peu au LEP. En effet, en 2025, il avait enregistré une décollecte de 1,96 milliard d’euros et, en 2024, de 270 millions d’euros.

Ces décollectes du mois d’avril s’expliquent en partie par les opérations de régularisation effectuées par les banques. Entre mars et mai, les banques sont amenées à fermer des LEP après transmission des données fiscales des titulaires par l’administration et vérification du respect du plafond de revenu fiscal de référence (RFR).

Moins de versements, plus de retraits

Le recul de l’épargne réglementée depuis le début de l’année repose sur plusieurs facteurs. La baisse du taux de 3 à 1,5 % en un an a été durement ressentie par les épargnants. Ce taux de 1,5 % reste supérieur à celui en vigueur entre le 1er février 2020 et le 1er février 2022 (0,5 %), mais il est jugé aujourd’hui peu attractif. Le taux de 3 % qui s’est appliqué du 1er février 2023 au 1er février 2025 semble être devenu la référence. Les ménages estiment que cela ne rapporte rien de placer son argent sur le Livret A. La sensibilité au taux est plus forte que dans le passé. Par ailleurs, le nombre important de Livrets A au plafond limite les versements de la part des ménages qui ont des capacités d’épargne importantes. Plus de 15 % des Livrets A et plus de 3 % des LDDS sont au plafond. Ces ménages sont ainsi amenés à orienter leur épargne vers les contrats d’assurance vie ou les comptes sur livret, voire à la laisser sur leurs comptes courants. A contrario, les ménages les plus affectés par la hausse des prix de l’énergie peuvent être contraints de retirer de l’argent de leur Livret A, de leur LDDS ou de leur LEP. Sur ce dernier produit, les régularisations du printemps expliquent en partie la décollecte.

Hausse conditionnelle du taux du Livret A le 1er août prochain

En vertu de la formule en vigueur depuis 2021, le taux du Livret A est fixé deux fois par an, en prenant en compte le taux d’inflation et le taux Ester des marchés monétaires constatés au cours du semestre précédent. Pour la révision du taux au 1er août prochain, l’inflation sera en hausse et pourrait se situer, sur le semestre, en rythme annuel, autour de 2 %. Les trois premiers mois de l’année ont été marqués par des taux faibles (0,4 %, 1,1 %, 2 %). En avril, l’inflation a été de 2,5 %. En mai et juin, l’inflation pourrait se situer autour de 3 %. Cela nous amène à un taux moyen autour de 1,9/2 %. Le taux Ester moyen devrait se situer autour de 1,9 %.

Le taux du Livret A pourrait donc être révisé à 1,8 %, voire à 2 %, en fonction de la progression des taux d’inflation et de l’Ester (revalorisation possible des taux directeurs de la Banque centrale européenne en mai ou en juin).

Malgré tout, le gouverneur de la Banque de France pourrait préconiser de ne pas relever le taux du Livret A au nom de circonstances exceptionnelles. En effet, l’inflation pourrait rapidement décélérer avec le déblocage du détroit d’Ormuz. L’augmentation du taux du Livret A pourrait être, par ailleurs, perçue comme une reconnaissance d’un retour durable de l’inflation. Elle aurait également comme conséquence le renchérissement des coûts de financement des banques avec, à la clé, une augmentation des taux de crédit, en premier lieu pour les bailleurs sociaux. Enfin, les pouvoirs publics souhaitent ne pas pénaliser une consommation déjà atone.

La révision du 1er février 2027 interviendra en pleine campagne présidentielle, moment peu opportun pour réduire le taux du Livret A. De ce fait, cela pourrait conduire le nouveau gouverneur de la Banque de France à temporiser.

Le taux du Livret A étant éminemment politique, le gouvernement devra prendre en compte les réactions au sein de la classe politique et de la population. Une inflation au-dessus de 3 % en juin et l’absence de solutions diplomatiques au Moyen-Orient rendraient la non-revalorisation du Livret A compliquée à justifier.

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Cercle de l’Epargne – Données Caisse des dépôts

Cercle de l’Epargne – Données Caisse des dépôts

L’épargne des ménages en 2025 vue par la Banque de France

Le patrimoine financier brut des ménages français atteint, selon l’étude de la Banque de France, « Epargne et Patrimoine financiers des ménages – T4 2025 » publiée le 20 mai 2026, un niveau historique de 6 590,5 milliards d’euros à la fin de l’année 2025, contre 6 415,3 milliards un an plus tôt, soit une progression de 175,2 milliards d’euros en douze mois. Ce montant représente près de deux fois et demie le produit intérieur brut national. Cette progression ne provient pas seulement des effets de valorisation boursière. Sur les 175,2 milliards d’euros supplémentaires enregistrés en 2025, 128,4 milliards résultent directement de nouveaux flux d’épargne financière tandis que 46,8 milliards proviennent des effets de réévaluation des actifs et des autres variations de volume.

Un niveau d’épargne exceptionnel

Les ménages ont maintenu en 2025 un niveau d’épargne exceptionnellement élevé. L’épargne brute, la part du revenu disponible qui n’est pas consommée, a atteint 353 milliards d’euros après 348,8 milliards en 2024. Ce niveau est très supérieur à la moyenne observée avant la crise sanitaire. Le taux d’épargne des ménages français s’élève à 18 % du revenu disponible brut contre 14,9 % dans la zone euro. Même au quatrième trimestre 2025, période marquée logiquement par la hausse des dépenses, le taux d’épargne français s’est élevé à 17,5 %, soit plus de trois points au-dessus de la moyenne européenne. Cette singularité française traduit à la fois une capacité d’épargne élevée et une inquiétude persistante face à l’avenir.

Les flux de placements financiers demeurent eux aussi considérables avec 128,4 milliards d’euros en 2025, quasiment au même niveau que les 129,3 milliards de 2024. Derrière cette stabilité globale se cache toutefois une profonde recomposition des comportements patrimoniaux.

Moins d’épargne réglementée, plus d’assurance vie, de dépôts à vue et de numéraire

Le premier enseignement du document de la Banque de France est le net recul des dépôts bancaires rémunérés. Ceux-ci enregistrent un flux négatif de 1,4 milliard d’euros en 2025 après une collecte positive de 33,9 milliards en 2024. Ce retournement provient principalement de l’épargne réglementée. Le Livret A, le LDDS et le LEP subissent ensemble une décollecte nette de 8,2 milliards d’euros après avoir encore attiré 20,1 milliards en 2024. La baisse progressive des taux réglementés a réduit leur attractivité. Les ménages réorientent une partie de leur épargne vers des supports plus rémunérateurs. En revanche, les comptes à terme et livrets ordinaires restent positifs avec 6,8 milliards d’euros de collecte, contre 13,8 milliards en 2024.

Paradoxalement, alors même que les produits réglementés se contractent, les ménages augmentent leurs encaisses liquides. Les flux de numéraire et dépôts à vue atteignent 21,3 milliards d’euros en 2025 après une décollecte de 4,6 milliards en 2024. Les ménages ne font pas l’effort de placer leurs liquidités sur leur livret A considérant qu’il ne rapporte pas assez.  Les encours de numéraires et de dépôts à vue culminent  à 763 milliards d’euros témoignant l’importance donnée à l’épargne de précaution.

L’assurance-vie apparaît comme la grande bénéficiaire des réallocations d’épargne. Les contrats en euros et les droits à pension en euros enregistrent une collecte nette de 47 milliards d’euros en 2025 contre 28,2 milliards en 2024. Les encours atteignent désormais 1 570,6 milliards d’euros. Le redressement des rendements obligataires a permis aux assureurs d’améliorer progressivement la rémunération des fonds euros, redonnant de l’attractivité à ces supports sécurisés. Cette dynamique bénéficie également aux produits de retraite.  Les unités de compte poursuivent également leur progression. Les flux vers l’assurance-vie et les droits à pension en unités de compte atteignent 33,8 milliards d’euros en 2025 après 25,6 milliards l’année précédente. Les encours montent à 606,7 milliards d’euros contre 538,9 milliards un an auparavant. Cette évolution témoigne d’une acceptation plus large du risque financier par les ménages, mais à travers des véhicules collectifs et fiscalement connus et attractifs.

Méfiance persistante vis-à-vis des actions en direct

Les placements en produits de fonds propres restent robustes avec 44,1 milliards d’euros de flux en 2025 après 43,8 milliards en 2024. Mais la structure de ces placements montre la faiblesse persistante de l’actionnariat direct. Les actions cotées détenues directement affichent un flux négatif de 0,5 milliard d’euros après une collecte de 2,6 milliards en 2024. Les ménages restent méfiants à l’égard des marchés actions en direct. En revanche, les actions détenues indirectement via des Organismes de Placements Collectifs (OPC) enregistrent une collecte positive de 7,4 milliards d’euros. Les supports collectifs apparaissent plus rassurants. Quant aux actions non cotées et autres participations, elles attirent encore 3,5 milliards d’euros, portant les encours à plus de 1 507 milliards d’euros. Les OPC monétaires, après avoir retrouvé de l’intérêt avec la remontée des taux courts, ralentissent nettement. Leur collecte tombe à 2,2 milliards d’euros en 2025 contre 8,1 milliards en 2024. Les encours demeurent faibles, à 25,7 milliards d’euros. Les ménages ont utilisé ces supports essentiellement comme solutions temporaires d’attente dans un environnement de taux élevés.

Le patrimoine financier français reste ainsi dominé par les produits de taux. Ceux-ci représentent 3 911 milliards d’euros d’encours à la fin de 2025 contre 2 576 milliards pour les produits de fonds propres. La culture financière française demeure marquée par la recherche de sécurité, même si la diversification progresse lentement.

Un endettement en légère hausse

Dans le même temps, l’endettement des ménages se redresse modérément. Les flux nouveaux d’endettement auprès des institutions financières atteignent 16,6 milliards d’euros en 2025 après seulement 2,9 milliards en 2024. Le mouvement reste limité au regard des standards historiques. La hausse des taux d’intérêt a durablement freiné le crédit immobilier et modifié les comportements d’acquisition.

La France souffre moins d’un manque d’épargne que d’une difficulté à orienter cette épargne vers le financement direct des entreprises productives et de l’investissement de long terme. L’Etat est en partie responsable de cette situation, les produits de court terme comme le Livret A ou le LDDS bénéficiant d’avantages fiscaux conséquents (exonération des prélèvements).

La Minute du Cercle du 18 mai 2026

Pour sa quatrième semaine d’affilée, le CAC 40 a accusé un recul (-2 %). Il a terminé la semaine sous la barre des 8 000 points et affiche désormais un solde négatif depuis le début de l’année, avec une perte de près de 2,5 %. L’absence d’avancée dans le conflit au Moyen-Orient et les résultats de l’inflation ont contribué à cette baisse hebdomadaire. Les autres grands indices européens ont connu la même évolution. Les indices américains sont, de leur côté, restés stables sur la semaine.

TotalEnergies figure parmi les rares valeurs dans le vert, portée par la fermeté des prix du pétrole, le Brent évoluant à près de 108 dollars le baril. Depuis Pékin, Donald Trump a d’abord affirmé que les États-Unis pouvaient se passer du détroit d’Ormuz, avant d’en réclamer la réouverture, quelques heures plus tard.

Les stocks mondiaux de pétrole se contractent à un rythme record, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’agence craint une forte hausse des cours à l’approche de la période de pointe de la demande estivale. Les stocks mondiaux de pétrole ont diminué de 129 millions de barils en mars et de 117 millions de barils supplémentaires en avril, selon des données préliminaires de l’AIE. Avec le blocage quasi total du détroit d’Ormuz, les pertes cumulées d’approvisionnement des producteurs du Golfe dépassent, depuis le 28 février dernier, le milliard de barils, avec une production à l’arrêt de plus de 14 millions de barils par jour. Depuis 1973, jamais le marché n’avait subi un tel choc d’approvisionnement.

L’annonce, ce vendredi midi, par Téhéran selon laquelle tous les navires appartenant à des pays qui ne sont pas en guerre contre l’Iran peuvent franchir le détroit d’Ormuz, n’a pas eu d’effet sur le marché.

Les dernières données de l’indice américain des prix à la production, publiées cette semaine, montrent une progression de 6 % en avril sur un an (5,2 % hors alimentation et énergie), leur plus haut niveau depuis plus de trois ans, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Selon le Bureau of Labor Statistics, le coût de la vie aux États-Unis a augmenté de 0,6 % en un mois par rapport à mars et de 3,8 % sur un an.

La hausse ne se limite pas aux prix de l’essence et de l’électricité, qui ont progressé de 3,8 % en avril, après le pic de 10,9 % du mois de mars (+17,9 % sur un an). Les prix de l’alimentation augmentent de 3,2 % sur un an, après une stabilisation en mars. Hors énergie et alimentation, l’indice de base des prix à la consommation s’établit à 2,8 % sur un an. Les loyers enregistrent une progression de 3,3 %, les dépenses de santé de 3,2 % et celles liées aux transports de 4,3 %. L’inflation s’élevait à 2,4 % avant le début de la guerre en Iran.

Au Japon, l’indice des prix des biens de consommation interentreprises (CGPI), qui mesure les prix que les entreprises se facturent entre elles, a progressé de 4,9 % en avril sur un an. L’indice des prix à l’importation libellé en yens a bondi de 17,5 % en avril sur un an, sa plus forte hausse depuis décembre 2022. Sur une base mensuelle, les prix de gros ont progressé de 2,3 % en avril, après un gain de 1,0 % en mars. Une hausse des taux directeurs de la part de la Banque du Japon (BoJ) est attendue dans les prochaines semaines. Compte tenu de la volonté du gouvernement de mettre en œuvre un plan de relance, les investisseurs ont procédé à d’importantes ventes sur le marché obligataire, propulsant vendredi le rendement de l’obligation de référence à 10 ans à un sommet de 29 ans, à 2,665 %.

Craignant une inflation durable, les investisseurs ont provoqué une forte hausse des taux obligataires. Le taux de l’OAT à 10 ans avoisine désormais les 4 %, alors qu’il s’élevait à 3,2 % avant le début du conflit au Moyen-Orient. Le taux de son équivalent américain dépasse, quant à lui, les 4,5 %. Cette semaine, il est à souligner que le taux français est repassé au-dessus de celui de l’Italie.

Le plan d’épargne retraite (PER), instauré par la loi Pacte en 2019 afin d’unifier et de moderniser les anciens dispositifs d’épargne retraite, poursuit sa montée en puissance à un rythme soutenu. Selon les données communiquées par le ministère de l’Économie et des Finances, près de 13 millions de Français détenaient un PER à la fin de l’année 2025, pour un encours total dépassant désormais 150 milliards d’euros.

L’année 2025 a confirmé cette dynamique avec une progression des encours de 20 % sur un an. Depuis 2024, la hausse atteint même près de 46 %, traduisant un changement profond dans les comportements d’épargne des ménages. Le succès du PER individuel demeure particulièrement marqué. Ce compartiment, commercialisé sous forme assurantielle ou compte-titres, concentre à lui seul près de 88,5 milliards d’euros d’encours, en hausse de 21 % en un an. Les PER collectifs et obligatoires, proposés dans le cadre de l’entreprise, affichent également une croissance soutenue, même si leurs volumes demeurent plus modestes, avec respectivement 34 et 28 milliards d’euros d’actifs gérés.

Cette évolution les inquiétudes croissantes des Français face à l’avenir du système de retraite par répartition. Le vieillissement démographique, le ralentissement de la croissance potentielle et les déficits publics nourrissent un sentiment de fragilité du modèle social. Les réformes successives des retraites, loin d’apaiser les inquiétudes, ont renforcé l’idée selon laquelle chacun devra, à terme, compléter sa pension par une épargne individuelle. Les enquêtes d’opinion montrent  une forte montée des préoccupations liées au niveau futur des pensions et à la soutenabilité financière du système. selon une enquête IFOP CECOP de 2025, 72 % des actifs estiment que leurs pensions issus des régimes par répartition ne leur suffiront pas pour vivre correctement.

Le succès du PER repose également sur sa fiscalité attractive. Les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable dans certaines limites, ce qui en fait un instrument particulièrement recherché par les ménages fortement fiscalisés. Ce mécanisme de déduction a largement contribué à l’essor du produit auprès des cadres et des travailleurs indépendants. .

Au-delà de la question des retraites, le développement du PER répond également à un objectif macroéconomique plus large : orienter davantage l’épargne des ménages vers le financement de long terme des entreprises. Depuis plusieurs décennies, la France se caractérise par une abondance d’épargne liquide ou peu risquée mais par un financement insuffisant des fonds propres des entreprises, en particulier pour les investissements de long terme et les entreprises innovantes.

Les pouvoirs publics souhaitent donc transformer progressivement une partie de cette épargne de précaution en épargne productive. La loi Industrie verte de 2023 s’inscrit dans cette logique en encourageant les gestionnaires à investir davantage dans les actifs non cotés : capital-investissement, dette privée, infrastructures ou financement de la transition énergétique. Cette orientation répond également aux ambitions européennes formulées dans le rapport de Mario Draghi, qui plaide pour une mobilisation accrue de l’épargne européenne afin de financer la compétitivité industrielle et technologique du continent.

Le Coin des Epargnants du 15 mai 2026 : les marchés face à l’inflation

Le CAC 40 a, pour sa quatrième semaine d’affilée, accusé un recul (-2 %). Il a terminé la semaine sous la barre des 8 000 points et affiche désormais un solde négatif depuis le début de l’année, avec une perte de près de 2,5 %. L’absence d’avancée dans le conflit au Moyen-Orient et les résultats de l’inflation ont contribué à cette baisse hebdomadaire. Les autres grands indices européens ont connu la même évolution. Les indices américains sont, de leur côté, restés stables sur la semaine.

Le pétrole toujours au-dessus des 100 dollars le baril

TotalEnergies figure parmi les rares valeurs dans le vert, portée par la fermeté des prix du pétrole, le Brent évoluant à près de 108 dollars le baril. Depuis Pékin, Donald Trump a d’abord affirmé que les États-Unis pouvaient se passer du détroit d’Ormuz, avant d’en réclamer la réouverture quelques heures plus tard.

Les stocks mondiaux de pétrole se contractent à un rythme record, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’agence craint une forte hausse des cours à l’approche de la période de pointe de la demande estivale. Les stocks mondiaux de pétrole ont diminué de 129 millions de barils en mars et de 117 millions de barils supplémentaires en avril, selon des données préliminaires de l’AIE. Avec le blocage quasi total du détroit d’Ormuz, les pertes cumulées d’approvisionnement des producteurs du Golfe dépassent, depuis le 28 février dernier, le milliard de barils, avec une production à l’arrêt de plus de 14 millions de barils par jour. Depuis 1973, jamais le marché n’avait subi un tel choc d’approvisionnement.

L’annonce, ce vendredi midi, par Téhéran — par la voix du ministre des Affaires étrangères — selon laquelle tous les navires appartenant à des pays qui ne sont pas en guerre contre l’Iran peuvent franchir le détroit d’Ormuz, n’a pas eu d’effet sur le marché.

Inflation aux États-Unis et au Japon

Les dernières données de l’indice américain des prix à la production, publiées cette semaine, montrent une progression de 6 % en avril sur un an (5,2 % hors alimentation et énergie), leur plus haut niveau depuis plus de trois ans, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Selon le Bureau of Labor Statistics, le coût de la vie aux États-Unis a augmenté de 0,6 % en un mois par rapport à mars et de 3,8 % sur un an.

La hausse ne se limite pas aux prix de l’essence et de l’électricité, qui ont progressé de 3,8 % en avril, après le pic de 10,9 % du mois de mars (+17,9 % sur un an). Les prix de l’alimentation augmentent de 3,2 % sur un an, après une stabilisation en mars. Hors énergie et alimentation, l’indice de base des prix à la consommation s’établit à 2,8 % sur un an. Les loyers enregistrent une progression de 3,3 %, les dépenses de santé de 3,2 % et celles liées aux transports de 4,3 %. L’inflation s’élevait à 2,4 % avant le début de la guerre en Iran.

Au Japon, l’indice des prix des biens de consommation interentreprises (CGPI), qui mesure les prix que les entreprises se facturent entre elles, a progressé de 4,9 % en avril sur un an. L’indice des prix à l’importation libellé en yens a bondi de 17,5 % en avril sur un an, sa plus forte hausse depuis décembre 2022. Sur une base mensuelle, les prix de gros ont progressé de 2,3 % en avril, après un gain de 1,0 % en mars. Une hausse des taux directeurs de la part de la Banque du Japon (BoJ) est attendue dans les prochaines semaines. Compte tenu de la volonté du gouvernement de mettre en œuvre un plan de relance, les investisseurs ont procédé à d’importantes ventes sur le marché obligataire, propulsant vendredi le rendement de l’obligation de référence à 10 ans à un sommet de 29 ans, à 2,665 %.

Forte remontée des taux obligataires

Les investisseurs, craignant une inflation durable, ont provoqué une forte hausse des taux obligataires. Le taux de l’OAT à 10 ans avoisine désormais les 4 %, alors qu’il s’élevait à 3,2 % avant le début du conflit au Moyen-Orient. Le taux de son équivalent américain dépasse, quant à lui, les 4,5 %. Il est à souligner que, cette semaine, le taux français est repassé au-dessus de celui de l’Italie.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
15 mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 952,55-2,00 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 526,11-0,08 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 408,50+0,31 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 225,14+0,15 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 955,19-1,57 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 174,37-0,45 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 825,65-1,45 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)61 409,29+3,19 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 135,39-0,60 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,958 %+0334 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,163 %+0,153 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,584 %+0,218 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1625 -0,60 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 716,28+2,52 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars108,93-+7,95 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars79 124,5476-1,68 %87 566,440693 776,61

L’équation budgétaire compliquée par la hausse des taux

La remontée des taux d’intérêt complique davantage la tâche du gouvernement dans la conduite de la politique budgétaire. Le vendredi 15 mai, le rendement des obligations françaises à dix ans a atteint un niveau inédit depuis l’été 2009, franchissant en séance le seuil de 3,9 %. Pour retrouver un tel niveau, il fallait remonter au lendemain de la crise financière mondiale de 2008. En l’espace d’une semaine, le taux de l’OAT a progressé de près de 9 %, et de près de 18 % sur trois mois.

Pour le gouvernement, le problème est double : le stock de dette continue de croître et le coût auquel cette dette est refinancée augmente lui aussi rapidement. Au cours du premier trimestre, la charge des intérêts versés par l’État s’est accrue de 6 milliards d’euros.

Le changement de contexte est radical par rapport à la période 2019-2020, durant laquelle les États européens bénéficiaient de conditions de financement exceptionnellement favorables. Les taux d’intérêt étaient alors proches de zéro, voire négatifs, permettant à la France d’emprunter à très faible coût.

La situation française ne résulte cependant pas uniquement de facteurs internes. Certes, les tensions politiques apparues après la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 avaient provoqué une hausse spécifique de la prime de risque française. Depuis lors, cette défiance s’est partiellement résorbée. La hausse actuelle des taux s’inscrit avant tout dans un mouvement international lié aux tensions géopolitiques et aux anticipations inflationnistes.

Le conflit engagé au Moyen-Orient par Israël et les États-Unis a entraîné une forte augmentation des prix de l’énergie. Depuis plusieurs semaines, le baril de Brent oscille entre 100 et 115 dollars. Le 15 mai, il évoluait autour de 108 dollars, tandis que les marchés anticipent désormais des cours durablement élevés dans les prochains mois.

La prolongation du conflit nourrit les craintes d’un retour durable de l’inflation à l’échelle mondiale. Les investisseurs considèrent que les banques centrales pourraient être contraintes de maintenir des politiques monétaires restrictives plus longtemps que prévu. Cette perspective entraîne une hausse généralisée des rendements obligataires sur les grandes places financières.

Les tensions ne concernent pas uniquement la France. Au Japon, les obligations d’État à trente ans ont franchi les 4 %, un niveau inédit depuis la fin des années 1990. Aux États-Unis, le rendement des titres du Trésor à deux ans a dépassé 4 %, retrouvant des sommets observés pour la dernière fois en 2025. Au Royaume-Uni, l’instabilité politique consécutive aux difficultés du gouvernement travailliste a accentué la méfiance des investisseurs, propulsant le taux à trente ans à des niveaux inconnus depuis la fin des années 1990.

Dans ce contexte international dégradé, la France apparaît néanmoins parmi les économies les plus exposées en raison du niveau élevé de son endettement public. Depuis un an, elle figure parmi les pays européens où le coût marginal de la dette a le plus progressé. Situation symbolique du retournement des perceptions financières : Paris doit désormais rémunérer ses emprunts à des conditions moins favorables que certains pays du sud de l’Europe naguère considérés comme fragiles, comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal ou encore la Grèce.

Cette tension sur les marchés obligataires dépasse toutefois largement le seul cas français. À l’échelle mondiale, l’endettement public et privé continue de progresser à des niveaux records. Selon les estimations de l’Institute of International Finance, il atteignait près de 353 000 milliards de dollars à la fin du premier trimestre 2026, illustrant la dépendance croissante des économies mondiales au financement par la dette.

La Grèce : un exemple pour l’Europe

Après avoir été au bord de la banqueroute au début des années 2010, la Grèce pourrait, dans les prochains mois, perdre son statut de pays le plus endetté de l’Union européenne. Dimitris Tsakonas, directeur de l’Agence grecque de gestion de la dette publique, a évoqué publiquement cette évolution lors d’une récente conférence organisée par la chambre de commerce hellénique. Selon les estimations avancées par les autorités grecques, le ratio de dette publique rapporté au produit intérieur brut pourrait tomber autour de 137 % dès la fin de l’année 2026, soit un niveau inférieur à celui attendu pour l’Italie. Cette décrue se poursuivrait ensuite progressivement, avec une dette ramenée à 130 % du PIB en 2027, puis autour de 120 % en 2029, avant d’approcher le seuil des 100 % au début des années 2030. La France serait alors plus endettée que la Grèce.

La réduction de la dette publique grecque constitue un réel exploit. En 2020, la dette grecque dépassait encore 210 % du PIB. Depuis plusieurs années, Athènes enregistre des performances budgétaires rares au sein de la zone euro. Les finances publiques grecques dégagent désormais des excédents, favorisant une réduction rapide du poids apparent de la dette.

Au titre de l’exercice 2025, le gouvernement grec a annoncé un excédent primaire proche de 5 % du PIB, tandis que le solde budgétaire global, intérêts de la dette compris, est également redevenu positif. Cette amélioration a permis à Athènes d’engager un nouveau remboursement anticipé d’une partie des prêts accordés au début des années 2010 par ses partenaires européens. Les autorités grecques soulignent également plusieurs éléments favorables : l’État dispose d’importantes réserves de trésorerie, tandis que la maturité moyenne de la dette dépasse dix-huit ans, avec une large proportion d’emprunts à taux fixe. Cette structure protège en partie le pays contre les tensions actuelles sur les marchés obligataires.

La consolidation budgétaire grecque repose largement sur une forte discipline des dépenses publiques, mais aussi sur les effets de l’inflation. Depuis la crise énergétique de 2022, la hausse des prix reste soutenue dans le pays et s’est même accélérée récemment sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. L’inflation produit un effet mécanique favorable sur les ratios d’endettement : la progression des prix augmente la valeur nominale du PIB, ce qui réduit le poids relatif de la dette sans que celle-ci diminue nécessairement en valeur absolue. L’encours de dette grecque demeure supérieur à celui observé avant la pandémie, atteignant environ 363 milliards d’euros fin 2025, contre 339 milliards en 2019.

L’amélioration des finances publiques provient également de la forte progression des recettes fiscales. La hausse des prix alimente automatiquement les rentrées de TVA, tandis que l’absence d’indexation complète du barème de l’impôt sur le revenu accroît la pression fiscale réelle sur les ménages. Cette situation pèse directement sur le pouvoir d’achat des Grecs. Dans de nombreux secteurs, les salaires progressent moins rapidement que le coût de la vie, notamment pour le logement et l’alimentation. Une grande partie des salariés du secteur privé perçoit moins de 1 000 euros nets par mois. Selon les données statistiques nationales et européennes, plus d’un quart de la population demeure exposé au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale.

La Minute du Cercle du 11 mai 2026

Le cours des actions américaines restent bien orientés, voire très bien orientés. La volatilité demeure forte mais n’empêche pas la progression des principaux indices. Les investisseurs estiment que les actions constituent de bons remparts face à l’inflation et ils demeurent convaincus des retombées de l’IA, les doutes de l’automne dernier, qui avaient touché le Nasdaq semblent oubliés. Le S&P 500 est en hausse de 8 % sur les quatre premiers mois de l’année et de 30 % sur un an. Le Nasdaq a gagné 13 % en quatre mois et demi et 46 % en un an.

À Wall Street, la Bourse a accueilli favorablement la publication des derniers chiffres officiels de l’emploi aux États-Unis, avec des créations de postes supérieures aux attentes en avril, sans inflation salariale. En avril, 115 000 postes ont été créés aux États-Unis dans le secteur non agricole alors que le consensus Bloomberg tablait sur un niveau de 62 000. Le taux de chômage ressort à 4,3 % de la population active, comme attendu. Les salaires ont augmenté de 3,6 % sur un an, soit moins que les    3,8 % anticipés.

Sous réserve de confirmation, le nouveau gouverneur de la Banque de France devrait être Emmanuel Moulin, l’actuel secrétaire général de la Présidence de la République. Au milieu du mois de juillet prochain, celui-ci devra faire sa recommandation pour le taux du Livret A/LDDS et celui du Livret d’Épargne Populaire. Cette annonce sera d’autant plus attendue que, depuis la dernière fixation, le 1er février dernier, l’inflation est repartie à la hausse. Le taux actuel de 1,5 % pourrait être ainsi revu à la hausse.

Selon la formule du Livret A en vigueur depuis 2021, le rendement de ce dernier est égal à la moyenne de l’inflation hors tabac du semestre précédent en rythme annuel et du taux moyen ester durant la même période, divisée par deux.

L’inflation a été basse en janvier et février, à respectivement 0,3 % et 0,9 %. Elle n’a commencé à augmenter qu’en mars (+1,7 %) et en avril (+2,2 %). Elle pourrait se situer autour de 3 % en mai et en juin.

Au cours du premier semestre, le taux moyen d’inflation se situerait autour de 1,8 %. De son côté, le taux ester, au cours des quatre premiers mois, s’élevait à 1,9 %. Un relèvement des taux directeurs de la BCE ne l’affecterait que pour le mois de juin, la décision intervenant lors de la réunion du comité de politique monétaire, fin mai. L’effet serait minime. Le taux moyen devrait donc se situer sur le semestre autour de 1,93 à 1,98 %. La moyenne de ces deux taux devrait donc se situer autour de 1,8 %.

À la mi-juillet, le nouveau gouverneur de la Banque de France devra communiquer au ministre de l’Économie ses propositions de taux. Néanmoins, en vertu de l’arrêté de 2021, il peut proposer de déroger aux taux issus de la formule en cas de circonstances exceptionnelles. De 2023 à 2025, la formule n’avait pas été appliquée (revalorisation plus faible et gel). La fixation des taux pour le 1er août sera d’autant plus scrutée qu’elle constituera l’une des premières actions du nouveau gouverneur.

Économiquement, le gouverneur pourrait estimer que la hausse des prix est purement conjoncturelle et que, pour le moment, elle ne se diffuse pas. L’inflation générée par la guerre au Moyen-Orient ne résulte, pour le moment, que de l’énergie, quand celle liée à la guerre en Ukraine concernait également les produits agricoles et certains produits industriels.

La fixation du taux du Livret A n’obéit pas qu’à des considérations économiques et financières ; elle obéit également à des considérations éminemment politiques. Le gouvernement devra tenir compte du contexte politique et social à la fin du premier semestre. Si l’inflation accélère, autour de 3 %, et si le conflit au Moyen-Orient perdure, il lui sera difficile de maintenir à 1,5 % le taux du Livret A. Il pourrait être conduit à le relever à 1,8 %/2 %. Le nouveau gouverneur souhaitera-t-il adopter une posture rigoureuse en ce début de mandat ou privilégier le pouvoir d’achat des épargnants ?

Il pourrait certes faire une recommandation en distinguant le cas du Livret A de celui du LEP. Le taux du premier serait peu ou pas revalorisé quand celui du LEP serait augmenté, sachant qu’il est au moins égal à l’inflation ou à 0,5 point au-dessus du taux du Livret A si ce dernier taux est plus avantageux. Le taux du LEP pourrait ainsi passer à 3 %.

Le Coin des Epargnants du 8 mai 2026 : la volatilité gagnante ?

Les marchés continuent de fluctuer au gré des évènements au Moyen-Orient. Les indices actions ont été dopés par les déclarations, en début de semaine, du président Donald Trump indiquant que le temps de la guerre était fini, déclarations contredites par les tirs croisés de missiles en fin de semaine. Les cours des actions restent bien orientés, voire très bien orientés. La volatilité demeure forte mais n’empêche pas la progression des principaux indices. Les investisseurs estiment que les actions constituent de bons remparts face à l’inflation et que les effets du blocage du détroit d’Ormuz resteront limités.

Le CAC 40 est resté stable sur la semaine, à 8 112 points. L’Euro Stoxx 50, comprenant les 50 premières valeurs européennes, a progressé de plus de 2,5 % en une semaine. Le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont encore battu de nouveaux records cette semaine. Le premier a augmenté de plus de 2 % et le second de plus de 4 %.

Jeudi 7 mai, Donald Trump a une nouvelle fois menacé l’Europe de relever les droits de douane, considérant que l’Union ne respectait pas les engagements pris en 2025 dans le cadre de l’accord commercial. Ce dernier n’a pas encore été ratifié par le Parlement ; sa discussion avait été ajournée au moment de la crise portant sur le Groenland. Elle a repris récemment. Donald Trump a précisé, en parlant de l’Union : « J’ai accepté de lui donner jusqu’au 250e anniversaire de notre pays, faute de quoi, malheureusement, leurs droits de douane augmenteraient considérablement. »

À Wall Street, la Bourse a accueilli favorablement la publication des derniers chiffres officiels de l’emploi aux États-Unis, avec des créations de postes supérieures aux attentes en avril, sans inflation salariale. En avril, 115 000 postes ont été créés aux États-Unis dans le secteur non agricole alors que le consensus Bloomberg tablait sur un niveau de 62 000. Le taux de chômage ressort à 4,3 % de la population active, comme attendu. Les salaires ont augmenté de 3,6 % sur un an, soit moins que les 3,8 % anticipés. Le secteur de la santé a été le plus dynamique avec 37 000 nouveaux emplois, même si de nombreux autres secteurs ont également enregistré des créations de postes, à l’image du transport (30 000). En revanche, celui des services informatiques et de la technologie a enregistré une perte nette de 13 000 emplois, soit un total de 342 000 depuis novembre 2022, en raison du développement de l’intelligence artificielle, soit un recul de 11 % sur la période, selon les chiffres publiés par le Bureau of Labor Statistics (BLS). En revanche, les chiffres de février et de mars ont été revus respectivement à la baisse de 23 000 et à la hausse de 7 000.

L’économie américaine aurait créé 304 000 emplois en ce début d’année, mais le nombre de personnes se déclarant employées aurait baissé de près de 1,4 million, ce qui peut apparaître incohérent. Les reconduites à la frontière des immigrés en situation illégale peuvent expliquer ces résultats. En cas de poursuite de la guerre, une dégradation du marché de l’emploi pourrait survenir outre-Atlantique.

Dans ce contexte, le cours du pétrole a varié de 95 à 115 dollars. Il a terminé la semaine autour de 100 dollars, en recul de 10 % par rapport à la précédente.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
8 mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 112,57-0,2 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 609,16+0,22 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 398,93+2,24 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 247,08+4,20 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 307,42 +1,76 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 233,07-1,26 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 911,53+2,55 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)62 713,65+4,67 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 179,95+2,25 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,624 %-0,015 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,008 %+0,014 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,366 %+0,059 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1774+0,49 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 716,28+2,52 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars101,45-10,76  %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars79 744,6809+2,05 %87 566,440693 776,61

Au milieu du mois de juillet prochain, le nouveau gouverneur de la Banque de France, qui devrait être, sous réserve de confirmation, Emmanuel Moulin, devra faire sa recommandation pour le taux du Livret A/LDDS et celui du Livret d’Épargne Populaire. Cette annonce sera d’autant plus attendue que, depuis la dernière fixation, le 1er février dernier, l’inflation est repartie à la hausse. Le taux actuel de 1,5 % pourrait être ainsi revu à la hausse.

L’application de la formule : un taux du Livret A à 1,8 % ?

Selon la formule du Livret A, en vigueur depuis 2021, le rendement de ce dernier est égal à la moyenne de l’inflation hors tabac du semestre précédent en rythme annuel et du taux moyen ester durant la même période, divisée par deux.

L’inflation a été basse en janvier et février, à respectivement 0,3 % et 0,9 %. Elle n’a commencé à augmenter qu’en mars (+1,7 %) et en avril (+2,2 %). Elle pourrait se situer autour de 3 % en mai et en juin.

Le taux moyen d’inflation se situerait, au cours du premier semestre, autour de 1,8 %. De son côté, le taux ester, au cours des quatre premiers mois, s’élevait à 1,9 %. Un relèvement des taux directeurs de la BCE ne l’affecterait que pour le mois de juin, la décision intervenant lors de la réunion du comité de politique monétaire, fin mai. L’effet serait minime. Le taux moyen devrait donc se situer sur le semestre autour de 1,93 à 1,98 %. La moyenne de ces deux taux devrait donc se situer autour de 1,8 %.

Quelle sera la recommandation du nouveau gouverneur de la Banque de France ?

À la mi-juillet, le nouveau gouverneur de la Banque de France devra communiquer au ministre de l’Économie ses propositions de taux. Néanmoins, en vertu de l’arrêté de 2021, il peut proposer de déroger aux taux issus de la formule en cas de circonstances exceptionnelles. De 2023 à 2025, la formule n’avait pas été appliquée (revalorisation plus faible et gel). La fixation des taux pour le 1er août sera d’autant plus scrutée qu’elle constituera l’une des premières actions du nouveau gouverneur.

Économiquement, le gouverneur pourrait estimer que la hausse des prix est purement conjoncturelle et que, pour le moment, elle ne se diffuse pas. L’inflation générée par la guerre au Moyen-Orient ne résulte, pour le moment, que de l’énergie, quand celle liée à la guerre en Ukraine concernait également les produits agricoles et certains produits industriels.

Si, en juillet, une solution diplomatique est trouvée entre l’Iran et les États-Unis, une baisse du cours du pétrole devrait rapidement intervenir et faire baisser la pression inflationniste. Dans ce contexte, le gouverneur pourrait juger inutile de relever le taux, sachant qu’en février 2027, à quelques semaines de l’élection présidentielle, il sera plus difficile de le baisser.

En outre, une hausse du taux du Livret A renchérirait le coût des crédits aux bailleurs sociaux au moment où le gouvernement souhaite relancer la construction. Par ailleurs, une hausse du taux du Livret A serait une incitation au relèvement des taux de crédit des banques. Or, le gouvernement souhaite avant tout une reprise de l’investissement et n’entend pas encourager l’épargne de précaution afin de ne pas pénaliser la consommation.

Peu ou pas de revalorisation du taux du Livret A et un taux du LEP à 3 %

La fixation du taux du Livret A n’obéit pas qu’à des considérations économiques et financières ; elle obéit également à des considérations éminemment politiques. Le gouvernement devra tenir compte du contexte politique et social à la fin du premier semestre. Si l’inflation accélère, autour de 3 %, et si le conflit au Moyen-Orient perdure, il lui sera difficile de maintenir à 1,5 % le taux du Livret A. Il pourrait être conduit à le relever à 1,8 %/2 %. Le nouveau gouverneur souhaitera-t-il adopter une posture rigoureuse en ce début de mandat ou privilégier le pouvoir d’achat des épargnants ?

Il pourrait certes faire une recommandation en distinguant le cas du Livret A de celui du LEP. Le taux du premier serait peu ou pas revalorisé quand celui du LEP serait augmenté, sachant qu’il est au moins égal à l’inflation ou à 0,5 point au-dessus du taux du Livret A si ce dernier taux est plus avantageux. Le taux du LEP pourrait ainsi passer à 3 %.

Stabilité de la rémunération de l’épargne de court terme

En mars 2026, selon la Banque de France, la rémunération moyenne des encours de dépôts bancaires des ménages cède 1 point de base à 1,22 % et demeure inchangée pour les sociétés non financières (SNF) à 1,18 %. Si la rémunération des encours est orientée à la baisse pour l’ensemble des supports des ménages, la très légère hausse de la rémunération des dépôts à vue des SNF a compensé le repli des taux des dépôts à terme à moins de deux ans. Le taux moyen de rémunération des livrets bancaires ordinaires était en lars de 0,74 %.

À l’inverse, la rémunération est orientée à la hausse pour l’ensemble des contrats nouveaux des ménages comme des SNF.

Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS 

Encours (Md€)Taux de rémunération des dépôtsContrats nouveaux (Mds€)Taux de rémunération sur contrats nouveaux
mars- 2026 (p)mars- 2025févr- 2026 (r)mars- 2026 (p)mars- 2026 (p)mars- 2025févr- 2026 (r)mars- 2026 (p)
Dépôts bancaires des Ménages et SNF2 6061,571,211,21
dont Ménages1 8751,621,231,22
dont : – dépôts à vue (b)5450,050,040,04
– livrets à taux réglementés (b,c)7252,491,601,60
dont : livret A (b)4072,401,501,50
– livrets ordinaires (b)2280,850,750,74
– dépôts à terme <= 2 ans (d)702,862,302,26122,352,022,06
– dépôts à terme > 2 ans (d)1122,352,432,4122,552,652,67
– plan d’épargne-logement1952,632,632,6111,742,002,00
dont SNF7311,441,181,18
dont : – dépôts à vue (b)4970,580,480,49
– dépôts à terme <= 2 ans (d)1433,162,322,29342,552,122,14
– dépôts à terme > 2 ans (d)913,473,233,2322,942,702,79
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème2,652,152,15
Euribor 3 mois (e)2,442,012,11
Rendement du TEC 2 ans (e), (f)2,292,182,60
Rendement du TEC 5 ans (e), (f)2,802,652,97

Notes :
– En raison des arrondis, la somme peut légèrement différer du total des composantes

a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Pour les dépôts à vue et les livrets, le taux sur les contrats nouveaux est supposé égal à celui sur les encours.
c. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
d. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
e. Moyenne mensuelle.
f. Taux de l’Échéance Constante 2 ans et 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
r. Données révisées.
p. Données provisoires.

Données Banque de France

La Minute du Cercle du 4 mai 2026

Résilience des indices actions

Au mois d’avril, les marchés actions ont récupéré une grande partie du terrain cédé en mars. Les indices américains, S&P 500 et Nasdaq ont même battu de nouveaux records.

Malgré les incertitudes sur l’évolution du conflit au Moyen Orient, les investisseurs demeurent positifs aidés en cela par les bons résultats des entreprises lors du premier trimestre. Le ralentissement de la croissance de l’économie mondiale ne les inquiète pour le moment que modérément. Il est possible qu’au cours du mois de mai des ajustements interviennent surtout si le conflit était amené à s’aggraver ou à perdurer.

Vers un relèvement des taux directeurs

Après la Banque du Japon mardi, la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine mercredi et la Banque d’Angleterre jeudi matin, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas changer ses taux directeurs lors de la réunion de son comité de politique monétaire du jeudi 30 avril. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 % mais elle a préparé les investisseurs à une éventuelle modification pour la prochaine réunion.

Pour l’institution de Francfort, la situation est extrêmement délicate. La croissance européenne est en panne. Le PIB de la zone euro n’a progressé que de 0,1 % au premier trimestre, un rythme inférieur aux attentes des économistes. Quant aux derniers indices PMI des directeurs d’achats, ils montrent que l’activité économique en zone euro s’est contractée en avril pour la première fois en seize mois. Les pressions stagflationnistes augmentent.

L’OPEP sous tension

Les pays du Golfe sont confrontés à une crise sans précédent avec le blocage du détroit d’Ormuz qui les empêche d’exporter en grande partie leurs hydrocarbures et de recevoir les importations en produits alimentaires ou industriels. A cela s’ajoutent des tensions de plus en plus marquées au sein de l’OPEP, tensions qui se sont traduites, mardi 28 avril, par le départ des Emirats Arabes Unis. Leur départ est effectif depuis le 1er mai. Les Emirats contestaient depuis de nombreux mois la gestion des quotas par l’organisation et plus particulièrement par l’Arabie saoudite. Les Emirats tout comme l’Iran et certains pays africains réclamaient un assouplissement des quotas. Les Emirats qui ont fortement développé leurs capacités de production étaient pénalisés par la stratégie prudente de Riyad, qui privilégiait des prix élevés. L’économie émiratie étant plus diversifiée que celle de l’Arabie saoudite  a un besoin beaucoup moins impératif de maintenir un prix du baril élevé. La production émiratie a constamment progressé, ces dernières années, pour atteindre 3,6 millions de barils par jour mais sa capacité réelle s’élève en fait à 4,85 millions de barils par jour, avec un objectif de 5 millions à 2027, grâce à la politique d’investissements de la compagnie nationale Adnoc.

Et pendant ce temps-là, l’assurance vie trace sa voie

Au mois de mars dernier, selon France Assureurs, la collecte nette a atteint 6 milliards d’euros, contre 3,8 milliards en mars de l’année dernière et 7 milliards d’euros en février 2026. La collecte nette est toujours portée par un fort mouvement de cotisations. Le premier trimestre de l’assurance vie a été remarquable, avec près de 20 milliards d’euros de collecte, marquée par un retour en grâce des fonds en euros dont le rendement est redevenu compétitif. A la différence des précédentes crises – covid, guerre en Ukraine, crise politique – les ménages n’ont pas eu le réflexe du Livret A en mars de cette année. Ils ont continué à plébisciter l’assurance vie.

Si le Livret A a connu son plus mauvais premier trimestre depuis 2009, avec une décollecte de 3,1 milliards d’euros, l’assurance vie a le vent en poupe avec une collecte nette de 19,3 milliards d’euros, supérieure de 5,7 milliards d’euros à celle de 2025 sur la même période. Cette hausse concerne davantage les supports en UC (15,0 milliards d’euros) que les supports en euros (4,3 milliards d’euros). La part des unités de compte sur le premier trimestre a été de 41 %.

Le Coin des Epargnants du 1er mai 2026 : des marchés en mode résilience en attendant la hausse des taux directeurs

Un mois d’avril étonnant

Au mois d’avril, les marchés actions ont récupéré une grande partie du terrain cédé en mars. Malgré les incertitudes sur l’évolution du conflit au Moyen Orient, les investisseurs demeurent positifs aidés en cela par les bons résultats des entreprises lors du premier trimestre. Le ralentissement de la croissance de l’économie mondiale ne les inquiète pour le moment que modérément. Il est possible qu’au cours du mois de mai des ajustements interviennent surtout si le conflit était amené à s’aggraver ou à perdurer.

Le CAC 40 reste néanmoins à la traine en raison de la plus forte exposition des entreprises française aux marchés du Moyen Orient.

Les indices « actions » américains ont connu des croissances à deux chiffres en avril avec à la clef de nouveaux records. Le Nasdaq a gagné près de 20 % en un mois et le SP 500 plus de 16 %

Après avoir atteint 126 dollars dans la journée du 30 avril après les déclarations de Donal Trump indiquant que le blocus du détroit d’Ormuz pouvait se prolonger, le baril de pétrole (Brent) a légèrement baissé en fin de semaine pour revenir autour de 115 dollars.

Vers un relèvement des taux directeurs

Après la Banque du Japon mardi, la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine mercredi et la Banque d’Angleterre jeudi matin, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas changer ses taux directeurs lors de la réunion de son comité de politique monétaire du jeudi 30 avril. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 % mais elle a préparé les investisseurs à une éventuelle modification pour la prochaine réunion. « Si les informations disponibles correspondent globalement à la précédente évaluation des perspectives d’inflation par le Conseil des gouverneurs, les risques à la hausse sur l’inflation et les risques à la baisse sur la croissance se sont intensifiés », explique la BCE dans son communiqué.

Au sein de la zone euro, l’inflation s’est établie à 3 % en avril, son plus haut niveau depuis septembre 2023, après avoir atteint 2,6 % en mars. Néanmoins, l’inflation sous-jacente – qui exclut l’énergie, les produits alimentaires, l’alcool et le tabac – est tombée à 2,2 %.

Compte tenu de l’absence de visibilité sur la résolution du conflit, les pressions inflationnistes risquent de s’accentuer. Les investisseurs intègrent désormais un blocage prolongé du détroit d’Ormuz avec le maintien d’un cours de pétrole élevé. Dans ce contexte, le baril de Brent a même brièvement dépassé 126 dollars jeudi 30 avril, son plus haut niveau non seulement depuis le début du conflit avec l’Iran mais aussi depuis début 2022. Les économistes travaillent désormais sur des hypothèses d’un pétrole cher durant toute l’année. Et les économistes font tourner leurs modèles. La banque Goldman Sachs qui anticipait

Pour l’institution de Francfort, la situation est extrêmement délicate. La croissance européenne est en panne. Le PIB de la zone euro n’a progressé que de 0,1 % au premier trimestre, un rythme inférieur aux attentes des économistes. Quant aux derniers indices PMI des directeurs d’achats, ils montrent que l’activité économique en zone euro s’est contractée en avril pour la première fois en seize mois. Les pressions stagflationnistes augmentent « Plus la guerre se prolongera et plus les prix de l’énergie resteront longtemps à des niveaux élevés, plus l’incidence probable sur l’inflation globale et l’économie sera forte », a indiqué la BCE dans son communiqué.

L’enquête de la BCE sur les conditions des prêts bancaires (bank lending survey) au premier trimestre 2026 révèle déjà un durcissement des critères de crédit pour les prêts à la consommation et aux entreprises, ainsi qu’une diminution de la demande de nouveaux prêts. La BCE n’a pas eu besoin de remonter ses taux pour que les conditions monétaires se durcissent en zone euro. Il lui a suffi d’infléchir son discours pour que les marchés intègrent de futures hausses de taux, deux d’ici à la fin de l’année. Les taux à long terme sont orientés à la hausse depuis le début du conflit. En Allemagne, les taux à 10 ans sont passés de 2,64 % à plus de 3 %. En France, ils ont sont passés de 3,2 à 3,7 %.

L’OPEP sous tension

Les pays du Golfe sont confrontés à une crise sans précédent avec le blocage du détroit d’Ormuz qui les empêche d’exporter en grande partie leurs hydrocarbures et de recevoir les importations en produits alimentaires ou industriels. A cela s’ajoutent des tensions de plus en plus marquées au sein de l’OPEP, tensions qui se sont traduites, mardi 28 avril, par le départ des Emirats Arabes Unis. Leur départ est effectif depuis le 1er mai. Les Emirats contestaient depuis de nombreux mois la gestion des quotas par l’organisation et plus particulièrement par l’Arabie saoudite. Les Emirats tout comme l’Iran et certains pays africains réclamaient un assouplissement des quotas. Les Emirats qui ont fortement développé leurs capacités de production étaient pénalisés par la stratégie prudente de Riyad, qui privilégiait des prix élevés. L’économie émiratie étant plus diversifiée que celle de l’Arabie saoudite  a un besoin beaucoup moins impératif de maintenir un prix du baril élevé. La production émiratie a constamment progressé, ces dernières années, pour atteindre 3,6 millions de barils par jour mais sa capacité réelle s’élève en fait à 4,85 millions de barils par jour, avec un objectif de 5 millions à 2027, grâce à la politique d’investissements de la compagnie nationale Adnoc.

Les Emirats Arabes Unis était membre fondateur de l’OPEP qui a été créé en 1961. L’organisation avait réussi à changer les règles du marché en fixant des prix et en contribuant à la reprise de contrôle de la production par les Etats membres. En 1973, l’organisation est à l’origine du premier choc pétrolier en multipliant le prix du baril par quatre et en instaurant un embargo à l’encontre des Etats jugés proches d’Israël durant le conflit du Kippour. Le départ des Emirats – qui représentent aujourd’hui 13 % des capacités de l’OPEP et 9 % de celles de l’OPEP+ (l’organisation étendue à son partenariat avec la Russie) – marque donc une rupture dans l’organisation du marché pétrolier. Son influence sur le marché sera réduit par le départ des Emirats sachant que d’autres pays sont tentés de les suivre.

Au-delà des seules divergences liées au pétrole, les tensions entre Abou Dhabi et ses partenaires régionaux apparaissent nettement plus structurelles. Depuis le déclenchement du conflit impliquant l’Iran, les Émirats arabes unis ont pris leurs distances avec les instances politiques du monde arabe, n’hésitant pas à en souligner les limites. Exposés en première ligne face aux menaces de Téhéran, ils ont surtout assuré leur sécurité en s’appuyant sur leurs alliés occidentaux, en particulier les États-Unis et plusieurs pays européens. Dans ce contexte, des spéculations récurrentes évoquent une possible sortie des Émirats de la Ligue arabe ainsi que du Conseil de coopération du Golfe, organisation qui regroupe l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, le Qatar et les Émirats, eux-mêmes.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
1er mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 114,84-0,53 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 499,27+0,70 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 230,12+0,91 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite25 114,44+1,12 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 272,32+0,68 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 363,93+0,42 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 881,51 -0,03 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)59 513,12+0,28 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 112,16+0,66 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,639 %+0,058 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,994 %+0,034 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,307 %+0,074 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1720-0,14 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 613,26-2,11 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars114,09 +7,44  %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars77 342,1571-0,22 %87 566,440693 776,61

L’assurance vie : un premier trimestre 2026 en or

L’assurance vie continue de tracer sa voie sans être pénalisée par le contexte géopolitique. Au mois de mars dernier, la collecte nette a atteint, selon France Assureurs, 6 milliards d’euros, contre 3,8 milliards en mars de l’année dernière et 7 milliards d’euros en février 2026. La collecte nette est toujours portée par un fort mouvement de cotisations. Le premier trimestre de l’assurance vie a été remarquable, avec près de 20 milliards d’euros de collecte, marquée par un retour en grâce des fonds en euros dont le rendement est redevenu compétitif. A la différence des précédentes crises – covid, guerre en Ukraine, crise politique – les ménages n’ont pas eu le réflexe du Livret A en mars de cette année. Ils ont continué à plébisciter l’assurance vie.

Une collecte nette de haut niveau

Le mois de mars réussit en règle générale assez bien à l’assurance vie. Depuis le début du siècle, seules quatre décollectes ont été constatées pour le 3e mois de l’année : en 2020, avec le déclenchement de l’épidémie de Covid (-1,842 milliard d’euros), en 2017, à la veille de l’élection présidentielle (propositions de hausse de la fiscalité), dans le prolongement de la promulgation de la loi Sapin II en 2016 (-9 millions d’euros), et en 2012, pendant la crise des dettes souveraines (-1,378 milliard d’euros).

En 2026, l’assurance vie n’a pas battu le record de mars 2006 (8,225 milliards d’euros). Néanmoins, le cru de cette année est quatre fois supérieur à la moyenne de ces dix dernières années.

Les deux piliers de l’assurance vie ont contribué en mars au bon résultat du mois, avec un gain de 4 milliards d’euros pour les unités de compte et de 2 milliards d’euros pour les fonds en euros.

Une collecte portée par les cotisations

Les cotisations brutes se sont élevées à 18,3 milliards d’euros en mars, ce qui constitue le meilleur résultat depuis le début des statistiques de France Assureurs (1997). Ces cotisations sont en hausse de 17 % sur un an.

En mars 2026, les supports en unités de compte (UC) et les supports en euros affichent une progression comparable (+17 %), traduisant le retour en force de ces derniers.

La part des UC dans les cotisations s’établit à 38 % au mois de mars 2026.

Des prestations en légère hausse

Les prestations se sont élevées à 12,3 milliards d’euros, en hausse de 0,5 milliard d’euros, soit +4 %, par rapport à mars 2025. Les prestations progressent de +15 % pour les supports en UC et de +1 % pour ceux en euros, ce qui signifie que les assurés se sont davantage délestés des UC dans un contexte boursier plus volatil.

Un premier trimestre haut en couleur pour l’assurance vie

Si le Livret A a connu son plus mauvais premier trimestre depuis 2009, avec une décollecte de 3,1 milliards d’euros, l’assurance vie a le vent en poupe, avec une collecte nette de 19,3 milliards d’euros, supérieure de 5,7 milliards d’euros à celle de 2025 sur la même période. Cette hausse concerne davantage les supports en UC (15,0 milliards d’euros) que les supports en euros (4,3 milliards d’euros). La part des unités de compte sur le premier trimestre a été de 41 %.

Depuis le début de l’année, les cotisations atteignent 57,0 milliards d’euros, en hausse de 6,9 milliards d’euros, soit +14 % par rapport aux trois premiers mois de 2025. Cette dynamique concerne à la fois les supports en UC (+15 %) et ceux en euros (+13 %).

Les prestations ont représenté 37,7 milliards d’euros pour le premier trimestre, en hausse de 1,2 milliard d’euros, soit +3 % par rapport aux trois premiers mois de 2025. Cette progression concerne essentiellement les supports en UC (+11 %) et, dans une moindre mesure, ceux en euros (+1 %).

Un encours de plus de 2 100 milliards d’euros pour l’assurance vie

L’encours des contrats d’assurance vie atteint 2 115 milliards d’euros à fin mars 2026, en hausse de 4,6 % sur un an (+94 milliards d’euros).

Contre vents et marées

L’assurance vie maintient son cap en accumulant des collectes nettes de bonne facture. Au vu des premiers résultats de l’INSEE pour le premier trimestre, les Français conservent une forte appétence pour l’épargne tout en opérant une réallocation de celle-ci. Les ménages français continuent ainsi de se détourner des livrets, dont le Livret A, ainsi que des dépôts à terme, pour privilégier l’assurance vie.

Celle-ci bénéficie sans nul doute des fermetures des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros.

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

L’assurance vie : dans la peau d’une championne

L’assurance vie continue de tracer sa voie sans être pénalisée par le contexte géopolitique. Au mois de mars dernier, la collecte nette a atteint, selon France Assureurs, 6 milliards d’euros, contre 3,8 milliards en mars de l’année dernière et 7 milliards d’euros en février 2026. La collecte nette est toujours portée par un fort mouvement de cotisations. Le premier trimestre de l’assurance vie a été remarquable, avec près de 20 milliards d’euros de collecte, marquée par un retour en grâce des fonds en euros dont le rendement est redevenu compétitif. A la différence des précédentes crises – covid, guerre en Ukraine, crise politique – les ménages n’ont pas eu le réflexe du Livret A en mars de cette année. Ils ont continué à plébisciter l’assurance vie.

Une collecte nette de haut niveau

Le mois de mars réussit en règle générale assez bien à l’assurance vie. Depuis le début du siècle, seules quatre décollectes ont été constatées pour le 3e mois de l’année : en 2020, avec le déclenchement de l’épidémie de Covid (-1,842 milliard d’euros), en 2017, à la veille de l’élection présidentielle (propositions de hausse de la fiscalité), dans le prolongement de la promulgation de la loi Sapin II en 2016 (-9 millions d’euros), et en 2012, pendant la crise des dettes souveraines (-1,378 milliard d’euros).

En 2026, l’assurance vie n’a pas battu le record de mars 2006 (8,225 milliards d’euros). Néanmoins, le cru de cette année est quatre fois supérieur à la moyenne de ces dix dernières années.

Les deux piliers de l’assurance vie ont contribué en mars au bon résultat du mois, avec un gain de 4 milliards d’euros pour les unités de compte et de 2 milliards d’euros pour les fonds en euros.

Une collecte portée par les cotisations

Les cotisations brutes se sont élevées à 18,3 milliards d’euros en mars, ce qui constitue le meilleur résultat depuis le début des statistiques de France Assureurs (1997). Ces cotisations sont en hausse de 17 % sur un an.

En mars 2026, les supports en unités de compte (UC) et les supports en euros affichent une progression comparable (+17 %), traduisant le retour en force de ces derniers.

La part des UC dans les cotisations s’établit à 38 % au mois de mars 2026.

Des prestations en légère hausse

Les prestations se sont élevées à 12,3 milliards d’euros, en hausse de 0,5 milliard d’euros, soit +4 %, par rapport à mars 2025. Les prestations progressent de +15 % pour les supports en UC et de +1 % pour ceux en euros, ce qui signifie que les assurés se sont davantage délestés des UC dans un contexte boursier plus volatil.

Un premier trimestre haut en couleur pour l’assurance vie

Si le Livret A a connu son plus mauvais premier trimestre depuis 2009, avec une décollecte de 3,1 milliards d’euros, l’assurance vie a le vent en poupe, avec une collecte nette de 19,3 milliards d’euros, supérieure de 5,7 milliards d’euros à celle de 2025 sur la même période. Cette hausse concerne davantage les supports en UC (15,0 milliards d’euros) que les supports en euros (4,3 milliards d’euros). La part des unités de compte sur le premier trimestre a été de 41 %.

Depuis le début de l’année, les cotisations atteignent 57,0 milliards d’euros, en hausse de 6,9 milliards d’euros, soit +14 % par rapport aux trois premiers mois de 2025. Cette dynamique concerne à la fois les supports en UC (+15 %) et ceux en euros (+13 %).

Les prestations ont représenté 37,7 milliards d’euros pour le premier trimestre, en hausse de 1,2 milliard d’euros, soit +3 % par rapport aux trois premiers mois de 2025. Cette progression concerne essentiellement les supports en UC (+11 %) et, dans une moindre mesure, ceux en euros (+1 %).

Un encours de plus de 2 100 milliards d’euros pour l’assurance vie

L’encours des contrats d’assurance vie atteint 2 115 milliards d’euros à fin mars 2026, en hausse de 4,6 % sur un an (+94 milliards d’euros).

Contre vents et marées

L’assurance vie maintient son cap en accumulant des collectes nettes de bonne facture. Au vu des premiers résultats de l’INSEE pour le premier trimestre, les Français conservent une forte appétence pour l’épargne tout en opérant une réallocation de celle-ci. Les ménages français continuent ainsi de se détourner des livrets, dont le Livret A, ainsi que des dépôts à terme, pour privilégier l’assurance vie.

Celle-ci bénéficie sans nul doute des fermetures des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros.

CDE – France Assureurs

La Minute du Cercle du 27 avril 2026

Lors du déclenchement de la guerre en Iran, le 28 février dernier, l’hypothèse d’un conflit de courte durée était communément admise. Certes, un cessez-le-feu a été instauré sur les différents théâtres d’opérations, mais il demeure précaire, tandis que le détroit d’Ormuz est bloqué ou quasi bloqué depuis près de deux mois. L’Iran et son régime ont su résister aux nombreuses vagues de bombardements américains et israéliens.

Les négociations sont âpres car chacun des adversaires entend en sortir gagnant. Les Américains veulent faire main basse sur l’uranium enrichi, quand les Iraniens réclament la fin des sanctions, qu’elles portent sur leurs avoirs financiers ou sur le pétrole. Ils demandent en outre le contrôle du détroit d’Ormuz, avec la possibilité d’instituer un droit de passage destiné à financer leur reconstruction.

Face à cette guerre qui n’en finit pas, les investisseurs commencent à intégrer les conséquences sur l’économie et sur les entreprises. Les menaces de pénurie d’hydrocarbures, en particulier de kérosène, commencent à être prises au sérieux. Le baril de Brent reste ainsi largement au-dessus de 100 dollars, en hausse de près de 15 % sur la semaine.

La semaine dernière, lLe CAC 40 a abandonné 3,17 %. En revanche, aux États-Unis, en revanche, les marchés restent bien orientés, portés par l’annonce des résultats des grandes entreprises de haute technologie. Intel a gagné vendredi 24 %, après avoir publié des prévisions de ventes très supérieures aux attentes de Wall Street. Le fabricant américain de semi-conducteurs, longtemps en difficulté, bénéficie du développement massif du calcul lié à l’intelligence artificielle. Ses revenus devraient se situer entre 13,8 et 14,8 milliards de dollars sur le trimestre en cours, au-dessus de la projection moyenne de 13 milliards de dollars des analystes. À Wall Street, le Nasdaq a signé une quatrième semaine de hausse consécutive pour clôturer à un niveau record, tout comme le S&P 500.

Le Coin des épargnants du 24 avril 2026 – New York bat de nouveaux records

Lors du déclenchement de la guerre en Iran, le 28 février dernier, l’hypothèse d’un conflit de courte durée était communément admise. Certes, un cessez-le-feu a été instauré sur les différents théâtres d’opérations, mais il demeure précaire, tandis que le détroit d’Ormuz est bloqué ou quasi bloqué depuis près de deux mois. L’Iran et son régime ont su résister aux nombreuses vagues de bombardements américains et israéliens.

Les négociations sont âpres, car chacun des adversaires entend en sortir gagnant. Les Américains veulent faire main basse sur l’uranium enrichi, quand les Iraniens réclament la fin des sanctions, qu’elles portent sur leurs avoirs financiers ou sur le pétrole. Ils demandent en outre le contrôle du détroit d’Ormuz, avec la possibilité d’instituer un droit de passage destiné à financer leur reconstruction.

Face à cette guerre qui n’en finit pas, les investisseurs commencent à en intégrer les conséquences sur l’économie et sur les entreprises. Les menaces de pénurie d’hydrocarbures, en particulier de kérosène, commencent à être prises au sérieux. Le baril de Brent reste ainsi largement au-dessus de 100 dollars, en hausse de près de 15 % sur la semaine.

Dans ce contexte, les principaux indices actions européens ont reculé cette semaine, même si un rebond a été constaté vendredi avec la possible reprise des négociations entre les États-Unis et l’Iran. Le CAC 40 a abandonné 3,17 % sur la semaine.

Aux États-Unis, en revanche, les marchés restent bien orientés, portés par l’annonce des résultats des grandes entreprises de haute technologie. Intel a gagné vendredi 24 %, après avoir publié des prévisions de ventes très supérieures aux attentes de Wall Street. Le fabricant américain de semi-conducteurs, longtemps en difficulté, bénéficie du développement massif du calcul lié à l’intelligence artificielle. Ses revenus devraient se situer entre 13,8 et 14,8 milliards de dollars sur le trimestre en cours, au-dessus de la projection moyenne de 13 milliards de dollars des analystes. À Wall Street, le Nasdaq a signé une quatrième semaine de hausse consécutive pour clôturer à un niveau record, tout comme le S&P 500.

En Allemagne, l’éditeur de logiciels SAP a enregistré une forte progression de son cours, portée par une croissance des ventes de ses services cloud supérieure aux estimations. À Paris, Spie s’est illustré avec un gain de 6,4 %, le spécialiste du génie électrique et mécanique ayant enregistré une contraction moins forte qu’attendu de sa production entre janvier et mars.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
24 avril 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 157,82-3,17 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 230,71-0,55 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 165,08+0,41 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite24 836,60+1,45 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 128,98-2,27 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 379,08-2,49 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 883,48-2,88 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)59 716,18+3,05 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 079,90+1,39 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,639 %+0,058 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,994 %+0,034 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,307 %+0,074 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1719-0,77 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 726,43-2,39 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars104,67+14,79 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars77 768,6357+0,19 %87 566,440693 776,61

Livret A : la passe de trois

Une passe de trois inédite

Le Livret A a réalisé la passe de trois sur le premier trimestre 2026 avec une nouvelle décollecte en mars. C’est la première fois depuis 2009, date de début de la série statistique tenue par la Caisse des Dépôts, que le Livret A est en décollecte. La guerre en Iran n’a pas provoqué un rebond de la collecte. Malgré tout, la décollecte est inférieure à celle de janvier et de février. Par ailleurs, une légère décollecte est constatée pour le Livret d’Épargne Populaire, ce qui peut signifier que les ménages les plus modestes ont été contraints de tirer sur leur épargne de précaution.

Un record de décollecte au premier trimestre pour le Livret A

Jusqu’à maintenant, le mois de mars était plutôt favorable pour le Livret A, avec une collecte moyenne, ces dernières années, de 2 milliards d’euros. En 2025, elle s’était encore élevée à 400 millions d’euros.

Le cru du mois de mars 2026 est dans le prolongement des mois précédents avec une décollecte de 490 millions d’euros. Sur l’ensemble du premier trimestre, la décollecte atteint 3,1 milliards d’euros, quand, à la même époque l’année dernière, la collecte était positive de 1,73 milliard d’euros. Jamais, depuis 2009, le Livret A n’avait connu une décollecte aussi importante au premier trimestre. Ce résultat constitue une réelle rupture sachant qu’en règle générale, le début d’année est favorable à la collecte quand le second semestre est plutôt marqué par les décollectes.

Le Livret A paie toujours la baisse de son taux de rémunération à 1,5 % intervenue le 1er février dernier. Le caractère anxiogène de la guerre au Moyen-Orient n’a pas eu d’effet important et, dans tous les cas, d’une ampleur moindre que celui constaté lors des précédents chocs (Covid, guerre en Ukraine, etc.). Avec un taux d’inflation qui atteint désormais 1,7 %, le rendement réel du Livret A redevient négatif.

Depuis le début de l’année, les épargnants ont privilégié l’assurance vie dont les rendements sont supérieurs à ceux de l’épargne réglementée.

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) stable en mars

À la différence du Livret A, le LDDS a enregistré une collecte positive, +80 millions. Le LDDS est plus volatil que le Livret A, en étant davantage associé aux mouvements des comptes courants. Cette collecte positive, qui est inférieure à la moyenne de ces dix dernières années (760 millions d’euros), témoigne de la volonté des ménages de maintenir un volant d’épargne de précaution.

Depuis 2009, le Livret de développement durable a connu quatre décollectes en mars entre 2009 et 2012, mais aucune depuis.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) : en décollecte en mars

Pour la première fois depuis mai 2025, le LEP renoue avec la décollecte en mars, avec –120 millions d’euros. En mars 2025, la collecte du LEP avait été de 140 millions d’euros.

Ce mouvement de décollecte peut témoigner des problèmes de pouvoir d’achat rencontrés par les ménages modestes au moment où le prix de l’essence est en forte hausse.

Hausse ou pas hausse du taux du Livret A le 1er août prochain

En vertu de la formule en vigueur depuis 2021, le taux du Livret A est fixé deux fois par an, en prenant en compte le taux d’inflation et le taux Ester des marchés monétaires, constatés au cours du semestre précédent. Pour la révision du taux le 1er août prochain, l’inflation sera en hausse et pourrait se situer, sur le semestre, en rythme annuel autour de 2 %. Le taux Ester dépend de son côté directement des taux directeurs de la Banque centrale européenne. Il évolue actuellement autour de 1,9 %. En cas de relèvement des taux directeurs d’ici la fin juin, il pourrait se situer autour de 2/2,1 % en moyenne sur le semestre. Le taux du Livret A pourrait donc être révisé à 1,8, voire à 2 %, en fonction de la progression des taux d’inflation et de l’Ester. Malgré tout, le gouverneur de la Banque de France pourrait préconiser de ne pas relever le taux du Livret A au nom de circonstances exceptionnelles. En effet, l’inflation pourrait rapidement décélérer avec le déblocage du détroit d’Ormuz. L’augmentation du taux du Livret A pourrait être perçue comme une reconnaissance d’un retour durable de l’inflation. Elle aurait, par ailleurs, comme conséquence le renchérissement des coûts de financement des banques, avec, à la clé, une augmentation des taux de crédits, en premier lieu pour les bailleurs sociaux.

Le Livret A dans le rouge

Une passe de trois inédite

Le Livret A a réalisé la passe de trois sur le premier trimestre 2026 avec une nouvelle décollecte en mars. C’est la première fois depuis 2009, date de début de la série statistique tenue par la Caisse des Dépôts, que le Livret A est en décollecte. La guerre en Iran n’a pas provoqué un rebond de la collecte. Malgré tout, la décollecte est inférieure à celle de janvier et de février. Par ailleurs, une légère décollecte est constatée pour le Livret d’Épargne Populaire, ce qui peut signifier que les ménages les plus modestes ont été contraints de tirer sur leur épargne de précaution.

Un record de décollecte au premier trimestre pour le Livret A

Jusqu’à maintenant, le mois de mars était plutôt favorable pour le Livret A, avec une collecte moyenne, ces dernières années, de 2 milliards d’euros. En 2025, elle s’était encore élevée à 400 millions d’euros.

Le cru du mois de mars 2026 est dans le prolongement des mois précédents avec une décollecte de 490 millions d’euros. Sur l’ensemble du premier trimestre, la décollecte atteint 3,1 milliards d’euros, quand, à la même époque l’année dernière, la collecte était positive de 1,73 milliard d’euros. Jamais, depuis 2009, le Livret A n’avait connu une décollecte aussi importante au premier trimestre. Ce résultat constitue une réelle rupture sachant qu’en règle générale, le début d’année est favorable à la collecte quand le second semestre est plutôt marqué par les décollectes.

Le Livret A paie toujours la baisse de son taux de rémunération à 1,5 % intervenue le 1er février dernier. Le caractère anxiogène de la guerre au Moyen-Orient n’a pas eu d’effet important et, dans tous les cas, d’une ampleur moindre que celui constaté lors des précédents chocs (Covid, guerre en Ukraine, etc.). Avec un taux d’inflation qui atteint désormais 1,7 %, le rendement réel du Livret A redevient négatif.

Depuis le début de l’année, les épargnants ont privilégié l’assurance vie dont les rendements sont supérieurs à ceux de l’épargne réglementée.

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) stable en mars

À la différence du Livret A, le LDDS a enregistré une collecte positive, +80 millions. Le LDDS est plus volatil que le Livret A, en étant davantage associé aux mouvements des comptes courants. Cette collecte positive, qui est inférieure à la moyenne de ces dix dernières années (760 millions d’euros), témoigne de la volonté des ménages de maintenir un volant d’épargne de précaution.

Depuis 2009, le Livret de développement durable a connu quatre décollectes en mars entre 2009 et 2012, mais aucune depuis.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) : en décollecte en mars

Pour la première fois depuis mai 2025, le LEP renoue avec la décollecte en mars, avec –120 millions d’euros. En mars 2025, la collecte du LEP avait été de 140 millions d’euros.

Ce mouvement de décollecte peut témoigner des problèmes de pouvoir d’achat rencontrés par les ménages modestes au moment où le prix de l’essence est en forte hausse.

Hausse ou pas hausse du taux du Livret A le 1er août prochain

En vertu de la formule en vigueur depuis 2021, le taux du Livret A est fixé deux fois par an, en prenant en compte le taux d’inflation et le taux Ester des marchés monétaires, constatés au cours du semestre précédent. Pour la révision du taux le 1er août prochain, l’inflation sera en hausse et pourrait se situer, sur le semestre, en rythme annuel autour de 2 %. Le taux Ester dépend de son côté directement des taux directeurs de la Banque centrale européenne. Il évolue actuellement autour de 1,9 %. En cas de relèvement des taux directeurs d’ici la fin juin, il pourrait se situer autour de 2/2,1 % en moyenne sur le semestre. Le taux du Livret A pourrait donc être révisé à 1,8, voire à 2 %, en fonction de la progression des taux d’inflation et de l’Ester. Malgré tout, le gouverneur de la Banque de France pourrait préconiser de ne pas relever le taux du Livret A au nom de circonstances exceptionnelles. En effet, l’inflation pourrait rapidement décélérer avec le déblocage du détroit d’Ormuz. L’augmentation du taux du Livret A pourrait être perçue comme une reconnaissance d’un retour durable de l’inflation. Elle aurait, par ailleurs, comme conséquence le renchérissement des coûts de financement des banques, avec, à la clé, une augmentation des taux de crédits, en premier lieu pour les bailleurs sociaux.

Données Caisse des dépôts

Données Caisse des dépôts

La minute éco du 20 avril 2026

Les marchés restent suspendus à l’évolution chaotique dans le détroit d’Ormuz, au gré des annonces contradictoires des protagonistes. L’espoir d’un retour à la normale, en fin de semaine dernière, a été douché par l’arraisonnement d’un navire iranien par la flotte américaine. Le baril de pétrole (Brent) est néanmoins repassé sous les 100 dollars en ce début de semaine.

Les marchés ont, évidemment, bien réagi aux annonces concernant le cessez-le-feu au Liban. Les investisseurs auront, cette semaine, les yeux fixés sur la date de fin du cessez-le-feu pour l’Iran, prévue le 21 avril.

La semaine dernière, le CAC 40 a ainsi gagné 2 %, sachant que cette progression a été réalisée en une seule séance, le vendredi 17 avril. Les valeurs du luxe et du transport ont enregistré les plus fortes hausses. Les indices américains ont réagi encore plus vivement aux espoirs de paix, le Nasdaq gagnant plus de 5 % et le S&P 500 plus de 4 %. À l’ouverture, lundi 20 avril, la tendance était à la baisse.

La volatilité des marchés devrait rester importante durant les prochains jours, tant pour les actions que pour les taux des obligations souveraines.

Au sein des pays européens, les États se préparent à encaisser à la fois un choc inflationniste et un choc de croissance. L’Allemagne a divisé par deux son taux de croissance prévu pour 2026 : 0,5 % au lieu de 1 %. En France, le gouvernement engage un plan de maîtrise du déficit public afin de respecter son engagement de ramener celui-ci à 5 % du PIB.

Le Coin des Epargnants du 16 avril 2026 : éclaircies sur le détroit

Quand tout tient à un détroit !

Les grands indices « actions » sont restés relativement stables une grande partie de la semaine, ballotés entre les craintes d’une reprise de la guerre et les espoirs d’une solution négociée. Tout a changé avec l’annonce du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, indiquant la réouverture du détroit d’Ormuz à la circulation maritime, qui restera effective pendant toute la durée du cessez-le-feu conclu avec les États-Unis. Cette annonce a entraîné une baisse de 10 % des prix du pétrole. Vendredi 17 avril, le baril de Brent s’échangeait en dessous de 90 dollars.

En parallèle, Donald Trump a assuré le maintien du blocus américain sur les ports iraniens. La France et le Royaume-Uni ont indiqué prendre la tête d’une mission multinationale « strictement pacifique et défensive » destinée à protéger la liberté de navigation. Les travaux doivent débuter à Londres la semaine prochaine.

Par ailleurs, le cessez-le-feu et l’instauration d’un dialogue entre le Liban et Israël ont également été perçus positivement. Le CAC 40 a ainsi gagné 2 % sur la semaine, sachant que ce gain a été réalisé en une seule séance, le vendredi 17 avril. Les valeurs du luxe et du transport ont enregistré les plus fortes hausses. Les indices américains ont réagi encore plus vivement aux espoirs de paix, le Nasdaq gagnant plus de 5 % et le S&P 500 plus de 4 %.

Avec la réouverture du détroit, les taux obligataires se détendent. Le taux de l’OAT française à 10 ans est ainsi revenu en dessous de 3,6 % vendredi 17 avril.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
17 avril 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 425,13+1,95 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 447,433,20 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 126,06+4,54 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite24 468,48+5,54 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 698,94+3,59 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 661,08+0,67 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 054,19+1,73 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)58 475,90+9,44 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 051,43+4,14 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,581 %-0,126 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,960 %-0,108 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,236 %-0,075 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1807 +1,80 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 869,25+3,40 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars89,08-7,89 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars77 750,4846+4,60 %87 566,440693 776,61

Près de 200 000 contribuables à l’impôt sur la fortune immobilière

Le nombre de foyers assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) est passé de 186 000 à 193 600 de 2024 à 2025, en hausse de 4 %, selon la Direction générale des finances publiques (DGFIO). En 2025, son produit a atteint 2,332 milliards d’euros, en hausse de 8,0 % sur un an. Le patrimoine immobilier net taxable augmente de 5,6 %, à 492,8 milliards d’euros. Le patrimoine moyen par foyer assujetti s’établit à 2,55 millions d’euros, en progression plus modérée de 1,5 %. L’IFI payé représente, en moyenne, 0,47 % du patrimoine net imposable.

Le barème n’ayant pas été modifié depuis la création de l’impôt en 2018, toute hausse de la valeur des patrimoines immobiliers, même modérée, se traduit mécaniquement par une augmentation du nombre d’assujettis, du patrimoine taxable. La DGFiP souligne d’ailleurs que, sur la seule année 2025, la hausse du produit de l’IFI provient pour 4 points de l’augmentation du nombre de foyers imposés, et pour 2,8 points de l’évolution du taux moyen d’imposition.

L’IFI reste une recette marginale en matière de prélèvements, 0,5 % des recettes fiscales nettes de l’État en 2025, très loin derrière la TVA, qui en constitue 35 %, l’impôt sur le revenu, 23 %, ou l’impôt sur les sociétés, 10 %. Le poids de l’IFI est avant tout symbolique.

Le patrimoine brut soumis à l’IFI atteint 573 milliards d’euros. Après prise en compte des dettes et de l’abattement de 30 % sur la résidence principale, le patrimoine net imposable ressort à 493 milliards, les dettes, en hausse limitée de 2,1 % en 2025, représentant  6 % du patrimoine brut.

Une structure du patrimoine immobilier qui dépend de son montant

Pour les foyers situés dans la première tranche imposable, le poids de la résidence principale est, en moyenne, de 777 600 euros ; les immeubles détenus directement représentant 1 million d’euros, soit 48 % du patrimoine, et l’immobilier indirect (SCPI)  environ 0,4 million. À l’inverse, pour les patrimoines supérieurs à 10 millions d’euros, la résidence principale atteint certes 1,9 million d’euros en moyenne, mais les immeubles détenus directement montent à 6,4 millions et l’immobilier détenu indirectement représente 60 % du patrimoine total. Les très hauts patrimoines immobiliers sont donc moins des patrimoines de résidence que des patrimoines d’investissement.

Une réelle concentration du patrimoine immobilier

La répartition des foyers imposés par tranche confirme cette dualité. Près des trois quarts des 193 600 foyers assujettis disposent d’un patrimoine imposable compris entre 1,3 et 2,57 millions d’euros. Cette catégorie, très large, concentre 33 % du produit de l’IFI, avec un impôt moyen de 5 400 euros. Les foyers disposant d’un patrimoine compris entre 2,57 et 5 millions représentent un peu plus de deux sur dix ; ils acquittent 30 % des recettes, pour un IFI moyen supérieur à 17 000 euros. Les patrimoines supérieurs à 5 millions d’euros, eux, représentent moins de 6 % des foyers, mais 37 % du produit total, avec un impôt moyen de 49 000 euros entre 5 et 10 millions et de 189 200 euros au-delà de 10 millions.

Depuis 2018, le nombre de foyers situés entre 5 et 10 millions d’euros a progressé de 83 %, et celui des foyers au-delà de 10 millions de 102 %. En 2025, la catégorie des patrimoines supérieurs à 10 millions est celle dont le patrimoine net croît le plus vite : +16 %, pour atteindre 46 milliards d’euros. Les 2 300 foyers de cette tranche acquittent à eux seuls 436 millions d’euros d’IFI, soit près de 19 % du produit total. Leur taux apparent d’imposition, à 0,94 % du patrimoine net, est deux fois supérieur à la moyenne générale de 0,47 %. Surtout, cette seule catégorie explique 3,6 points des 8,0 % de hausse du produit global de l’IFI en 2025. Autrement dit, près de la moitié de la progression annuelle du produit est imputable au sommet de la pyramide patrimoniale immobilière.

L’IFI, un marqueur social indéniable

Les foyers imposés à l’IFI disposent en moyenne de 322 100 euros de revenus annuels, en hausse de 13 % sur un an, et acquittent en moyenne 60 200 euros d’impôt sur le revenu et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, soit un taux moyen d’imposition de 18,7 %. À titre de comparaison, les foyers non assujettis à l’IFI déclarent en moyenne 35 800 euros de revenus. Le rapport est donc de près de 1 à 9. La différence n’est pas seulement quantitative ; elle est aussi qualitative. Chez les foyers assujettis à l’IFI, les revenus de capitaux mobiliers représentent 36,2 % du total, les revenus fonciers 10,3 % et les revenus divers, dont les plus-values, 14,4 %. Les traitements et salaires ne comptent plus que pour 18,5 %, contre 62,3 % chez les foyers non imposés à l’IFI. On est ici face à des ménages dont le revenu procède d’abord de la détention d’actifs, et non du travail.

Des urbains et des seniors

L’IFI concerne essentiellement des ménages plus âgés et plus urbanisés que la moyenne. L’âge moyen du premier déclarant atteint 70 ans, contre 52 ans et demi pour les autres foyers fiscaux. Plus des deux tiers ont plus de 65 ans et 38 % plus de 75 ans. Par ailleurs, 43 % résident en Île-de-France, dont 23 % à Paris intra-muros, contre respectivement 18 % et 3,5 % pour les autres foyers. Enfin, 70 % vivent en couple, contre seulement 31 % parmi les non-assujettis. L’IFI dessine donc la géographie et la sociologie d’un patrimoine immobilier souvent parisien et davantage familial.

Le don comme outil de réduction de l’IFI par les contribuables

En 2025, 36 600 foyers, soit 19 % des assujettis, déclarent des dons ouvrant droit à réduction d’IFI, pour un montant total de 248 millions d’euros, en hausse de 12 %. Le don moyen atteint 6 800 euros, le don médian 2 500 euros, et la réduction d’impôt correspondante représente 167 millions d’euros, soit 4 600 euros par donateur en moyenne. Là encore, les écarts sont marqués selon le niveau de patrimoine. 18 % des foyers de la première tranche ont donné en moyenne 3 500 euros, contre un don moyen de 32 700 euros chez 21 % des foyers disposant de plus de 10 millions d’euros de patrimoine imposable.

13000 contribuables à l’IFI non imposables à l’impôt sur le revenu

13 300 foyers imposés à l’IFI, en 2025 ne sont pas imposables à l’impôt sur le revenu. Leur revenu fiscal de référence médian n’est que de 38 900 euros, alors que leur patrimoine immobilier moyen atteint 2,4 millions d’euros. Leur montant moyenne d‘IFI est de 8 100 euros. Une partie d’entre eux annule son impôt sur le revenu par le jeu des réductions et crédits d’impôt, une autre par imputation de charges et déficits.

Au total, les chiffres de la DGFiP livrent trois enseignements. D’abord, l’IFI est en progresse, porté par l’élargissement de son assiette. Il reste très concentré : une faible minorité de foyers, notamment ceux de plus de 10 millions d’euros, joue un rôle décisif dans son rendement. Enfin, cet impôt est avant tout un impôt parisien et de très grandes villes en lien avec le prix de l’immobilier.

La Minute du Cercle de l’Epargne du 13 avril 2026

Blocage, déblocage : le pétrole dépend du bon vouloir des Iraniens et des Américains. Au gré des annonces, son cours baisse puis remonte. Face au poids des incertitudes, la visibilité demeure faible pour les consommateurs, le baril de Brent évoluant dans une fourchette comprise entre 90 et 110 dollars.

À l’unisson du pétrole, les indices boursiers européens évoluent au rythme des annonces et contre-annonces en provenance du Moyen-Orient. Les investisseurs ont désormais les yeux rivés sur le 21 avril, synonyme, à ce stade, de fin du cessez-le-feu.

Malgré tout, sur l’ensemble des grandes places financières, l’heure n’est pas à la panique, mais plutôt à l’attentisme.

La semaine sera également marquée par le début des publications des résultats trimestriels des grands groupes cotés. Ces derniers ne devraient être que marginalement affectés par la guerre au Moyen-Orient, engagée le 28 février dernier.

Les comités de politique monétaire de la Banque centrale européenne et de la Réserve fédérale des États-Unis se réuniront à la fin du mois. D’ici là, les publications statistiques, en particulier celles relatives à l’inflation, seront scrutées avec attention.

En dépit des déclarations de Donald Trump affirmant l’absence de tensions inflationnistes depuis son retour au pouvoir, le taux d’inflation a connu une nette accélération en mars, sous l’effet de la hausse des prix de l’essence liée au conflit avec l’Iran. L’indice des prix à la consommation a ainsi progressé de 3,3 % sur un an, soit son rythme le plus soutenu depuis mai 2024. Corrigée des composantes volatiles que sont les produits alimentaires et l’énergie, l’inflation apparaît légèrement inférieure aux anticipations, tant en données brutes qu’en données sous-jacentes (+2,6 %).

En Europe, l’inflation remonte également avec la hausse du cours de l’énergie.

Les banques centrales pourraient attendre les résultats du mois d’avril avant de dégainer l’arme des taux directeurs.

L’agence de notation a choisi de maintenir, vendredi 10 avril, la note de la France à Aa3, se distinguant ainsi de Standard & Poor’s et de Fitch Ratings, qui ont déjà rétrogradé la signature française dans une catégorie inférieure.

La dette souveraine française, aux yeux de Moody’s, demeure classée dans la catégorie « haute qualité », malgré un niveau dépassant 115 % du PIB (3 460 milliards d’euros). La perspective reste toutefois négative, traduisant une vigilance accrue sans franchir le seuil d’une dégradation vers le niveau A1.

Dans son analyse, l’agence met en avant plusieurs éléments jugés favorables. Elle souligne notamment que l’accord budgétaire, intervenu dans un contexte parlementaire fragmenté, témoigne de la résilience des institutions françaises. Elle relève également que le déficit attendu pour 2026, estimé à 5 % du PIB, serait légèrement inférieur à ses précédentes anticipations. Ces facteurs contribuent, selon elle, à préserver la crédibilité financière du pays.

Le Coin des Epargnants du 10 avril 2026

Les dividendes du cessez-le-feu

Les investisseurs ont, sans surprise, salué le cessez-le-feu intervenu entre l’Iran et les États-Unis, en dépit de sa fragilité. La question de la réouverture du détroit d’Ormuz demeure entière. Dans le cadre des négociations engagées au Pakistan, l’Iran subordonne celle-ci au paiement d’un droit de passage de deux millions de dollars, destiné à financer sa reconstruction. Donald Trump n’entend pas, à ce stade, accéder à cette revendication.

Le CAC 40 franchit de nouveau le seuil des 8 000 points et progresse de plus de 4,5 % sur la semaine, retrouvant ainsi un niveau positif depuis le début de l’année. L’Euro Stoxx 50 s’apprécie de plus de 5 % sur la même période. Le Nasdaq, de son côté, enregistre une hausse de plus de 4 %, effaçant presque l’intégralité de ses pertes accumulées depuis janvier.

Le baril de Brent crude oil a reculé de 8 % en une semaine, repassant sous le seuil des 100 dollars. À 97 dollars le vendredi 10 avril, il demeure néanmoins supérieur de plus de 30 dollars à son niveau d’avant le déclenchement du conflit entre l’Iran et les États-Unis. Les investisseurs restent dans l’attente des résultats des discussions engagées à Islamabad entre Washington et Téhéran. Le vice-président J. D. Vance doit conduire la délégation américaine ce samedi, aux côtés de l’émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre du président.

Une inflation en hausse aux États-Unis

En dépit des déclarations de Donald Trump affirmant l’absence de tensions inflationnistes depuis son retour au pouvoir, le taux d’inflation a connu une nette accélération en mars, sous l’effet de la hausse des prix de l’essence liée au conflit avec l’Iran. L’indice des prix à la consommation a progressé de 3,3 % sur un an, soit son rythme le plus soutenu depuis mai 2024.

Corrigée des composantes volatiles que sont les produits alimentaires et l’énergie, l’inflation apparaît légèrement inférieure aux anticipations, tant en données brutes qu’en données sous-jacentes (+2,6 %).

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
10 avril 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 259,60+4,44 %8 149,507 380,74
Dow Jones47 916,57+2,66 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 816,89+3,10 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite22 902,89+4,09 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 855,19+4,33 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 600,53+2,59 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 933,45+5,47 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)56 924,11+11,48 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 986,22+2,42 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,707 %+0,023 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,068 %+0,065 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,311 %-0,009 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1723 +1,57 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 760,65+2,17 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars97,18-9,46 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars72 639,3287+5,10 %87 566,440693 776,61

Déblocage de l’épargne salariale : entre contradictions et illusions

L’épargne salariale, 230 milliards d’euros d’encours en 2025 et 13 millions de salariés bénéficiaires, a pour objectif d’associer le salarié à la performance de l’entreprise et de l’inscrire dans une logique d’épargne de long terme permettant le financement des entreprises. Régulièrement, les pouvoirs publics mettent en place des déblocages exceptionnels afin de relancer la consommation. Les dernières expériences en la matière ont été décevantes, ce qui n’empêche pas qu’une nouvelle proposition de loi soit en cours de discussion.

De nombreux cas de déblocage

Les sommes issues de l’intéressement, de la participation, des primes de partage de la valeur et des abondements, versées sur un Plan d’Épargne Entreprise, sont en principe bloquées pendant cinq ans.

Le législateur a néanmoins prévu des cas de déblocage anticipé permettant aux salariés de récupérer leur épargne sans pénalité fiscale. Initialement, ces sorties anticipées concernaient des événements de la vie (décès, invalidité, perte d’emploi, mariage, divorce, création ou reprise d’entreprise, surendettement). Elles ont été étendues à l’acquisition ou à la rénovation de la résidence principale, à l’achat d’un véhicule propre ou à l’activité de proche aidant.

Par ailleurs, les pouvoirs publics instituent régulièrement des périodes de déblocage exceptionnel. Celles-ci sont généralement liées à des problèmes de pouvoir d’achat provoqués par la survenue d’une crise ou d’un choc (crise financière, Covid, guerre en Ukraine, etc.).

Quatre déblocages exceptionnels en moins de 25 ans

Depuis le début du siècle, quatre déblocages exceptionnels ont été opérés, avec des résultats toujours plus faibles.

  • 2004 : environ 7,5 milliards d’euros débloqués ;
  • 2008 : 3,9 milliards d’euros ;
  • 2013 : 2,2 milliards d’euros ;
  • 2022 : 1,3 milliard d’euros.

Ces déblocages ne servent que marginalement la consommation. En 2004, à peine 1,5 milliard d’euros, soit environ 20 %, a été effectivement consommé. Le reste a été réalloué vers d’autres formes d’épargne ou conservé sous forme de liquidités. Ce constat n’a jamais été démenti depuis. Pour les derniers déblocages, les pouvoirs publics les ont conditionnés à la présentation de preuves d’achat, mais cela n’empêche pas les ménages d’accroître leur effort d’épargne par ailleurs. Les déblocages génèrent avant tout des effets d’aubaine. Les ménages qui débloquent leur épargne salariale avaient l’intention d’acheter, avec ou sans ce dispositif.

De moins en moins de salariés utilisent les possibilités de déblocage exceptionnel

En 2008, 1,6 million de salariés avaient utilisé le dispositif de déblocage exceptionnel, contre 471 000 en 2013 et 309 000 en 2022. Cette dernière année, malgré un contexte d’inflation élevée, les montants débloqués sont restés marginaux au regard des masses en jeu : 1,3 milliard d’euros, à comparer à plus de 26 milliards de flux annuels et à plus de 100 milliards d’encours (chiffres 2022).

Le déblocage exceptionnel ne crée pas de pouvoir d’achat ; il modifie le calendrier d’utilisation d’une épargne existante. Il ne génère pas une consommation nouvelle ; il autorise une consommation anticipée — souvent partielle — ou un simple déplacement d’actifs. L’effet macroéconomique est, dès lors, mécaniquement limité.

La proposition de loi portant déblocage exceptionnel de la participation et de l’intéressement en 2026 (n° 2217 rectifié)

Pour éviter la réallocation vers d’autres produits d’épargne, la loi de 2022 avait prévu, jusqu’au 31 décembre 2022, un déblocage exceptionnel dans la limite de 10 000 euros pour les sommes issues de la participation et de l’intéressement affectées au PEE, à condition de financer des biens ou des services et d’en conserver les justificatifs. Le dispositif excluait les produits de retraite collective (Perco, PER d’entreprise collectif), les fonds solidaires et certaines formes d’actionnariat salarié.

La proposition de loi portant déblocage exceptionnel de la participation et de l’intéressement en 2026 s’inscrit dans la logique de celle de 2022 en prévoyant une condition d’achat.  Le déblocage exceptionnel serait possible sur une durée d’un an, dans la limite de 5 000 euros, sans condition de ressources. Elle porterait  sur les droits de participation et d’intéressement placés sur des plans d’épargne salariale, à l’exclusion des dispositifs de retraite et de certains supports spécifiques. Les sommes devraient, comme en 2022, financer des biens ou des services, avec obligation de justification.

Un dispositif qui se trompe de cible

Les salariés disposant d’une épargne salariale significative appartiennent majoritairement aux catégories les mieux insérées sur le marché du travail. Ce sont, pour l’essentiel, des salariés travaillant dans de grandes entreprises et percevant des rémunérations supérieures à la moyenne. Leur propension à augmenter leur consommation est faible. Les salariés des TPE, les plus modestes, ne sont en règle générale pas couverts ; or ce sont ces derniers qui sont les plus confrontés aux problèmes de pouvoir d’achat.

Une contradiction dans les objectifs des pouvoirs publics

Les pouvoirs publics demandent aux Français d’épargner davantage sur le long terme et de contribuer au financement des entreprises. Ils les encouragent notamment à financer le secteur de la défense. Or, dans le même temps, ils prennent des mesures visant à débloquer le produit d’épargne le plus investi dans le financement des entreprises.

Les Français favorables à conserver leur épargne salariale

Si les salariés débloquent de moins en moins leur épargne salariale, c’est qu’ils considèrent majoritairement ce placement comme intéressant. Dans les faits, ils ont raison.

De 2010 à 2024, la performance totale nette de frais de gestion de la gestion pilotée de l’épargne salariale, selon les profils de risque, varie de +38,4 % pour un profil prudent à +111,2 % pour un profil dynamique. La performance annualisée est de +2,2 % pour le profil prudent sur 15 ans (+1,6 % sur 10 ans et +1,2 % sur 5 ans). Elle est de +3,7 % pour le profil équilibré sur 15 ans (+3,2 % sur 10 ans et +2,5 % sur 5 ans). Elle est de +5,1 % pour le profil dynamique sur 15 ans (+4,7 % sur 10 ans et +3,8 % sur 5 ans).

Par ailleurs, la première motivation pour placer son argent dans un PEE ou un PERCOL est la préparation de la retraite. De ce fait, il n’est pas surprenant que la grande majorité des salariés ne souhaite pas puiser dans leur épargne salariale de manière anticipée.

Une épargne majoritairement investie dans les entreprises et en faveur de la transition écologique

62 % des flux bruts de l’épargne salariale au premier semestre 2025 ont été placés en fonds actions et en fonds diversifiés. Dans les dispositifs d’épargne retraite collective des entreprises (PER et PERCO), les fonds actions et diversifiés représentent plus de 63 % des actifs gérés. Les encours en actionnariat salarié s’élèvent à 80,4 milliards d’euros (+15,2 % par rapport à juin 2024).

Selon l’Association française de la gestion (AFG), au sein de l’épargne salariale, 108 fonds labellisés ISR sont distribués, représentant 23,8 milliards d’euros d’encours, soit 10 % de l’ensemble. Le paradoxe est complet. En cherchant à mobiliser une épargne abondante pour soutenir la consommation, les pouvoirs publics contribuent à altérer la nature de l’épargne salariale sans obtenir, en retour, un effet macroéconomique significatif. Le

Un marché immobilier en plein doute

Immobilier : une rechute est-elle possible ?

Les projections établies par « Se Loger-Meilleurs Agents » sur les prix de l’immobilier de la France semblent indiquer que la légère reprise de 2025 s’est enrayée sur fond de guerre en Iran. La rédaction du site Internet a établi deux scénarios pour les prochains mois. Dans l’hypothèse d’un choc modéré, l’économie mondiale absorberait progressivement les tensions liées au conflit au Moyen-Orient. L’inflation se stabiliserait autour de 3 % dans la zone euro en 2026, conduisant la Banque centrale européenne à relever ses taux directeurs de 25 à 50 points de base. Par ricochet, les taux immobiliers suivraient une trajectoire comparable. Dans ce cadre, le recul du marché resterait contenu avec entre 65 000 et 100 000 transactions en moins, soit une contraction de 7 à 10 % par rapport aux 945 000 ventes enregistrées en 2025.

À l’inverse, le scénario d’un choc durable esquisse une dégradation bien plus marquée. Une inflation proche de 3,7 % contraindrait la BCE à un resserrement monétaire plus agressif (jusqu’à +1,4 point), entraînant une remontée des taux immobiliers pouvant atteindre 1,4 point. Dans cette configuration, le marché subirait une chute de 240 000 à 270 000 transactions, soit plus d’un quart de l’activité annuelle.

Ces projections doivent toutefois être interprétées avec prudence. Les réseaux, à l’image de la FNAIM ou de Laforêt, décrivent un marché actif mais hésitant. La demande progresse (+4 % au premier trimestre), tout comme l’offre (+9 %), mais les transactions n’augmentent que marginalement (+2 %), signe d’un décalage croissant entre intentions et concrétisations.

Des dynamiques de prix de plus en plus territorialisées

En Île-de-France, après plusieurs années de correction, les prix semblent atteindre un point bas. Sur un an, la baisse se situe encore autour de –3 % à –5 %, avec des disparités marquées : Paris intra-muros oscille entre –4 % et –6 %, tandis que la grande couronne résiste mieux. Le ralentissement de la baisse observé début 2026 traduit un début de stabilisation qui reste fragile.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), le marché reste sous tension mais amorce un léger repli. Les prix reculent globalement de –1 % à –3 % sur un an, avec des ajustements plus visibles sur les marchés les plus chers. Nice enregistre ainsi une correction modérée (environ –0,7 % récemment), tandis que Marseille conserve un certain dynamisme, portée par une demande soutenue et des prix encore attractifs à l’échelle nationale.

En Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), la situation est intermédiaire. Après plusieurs années de hausse, Lyon a connu une correction sensible (–5 % à –8 % sur deux ans), mais les prix tendent désormais à se stabiliser. Dans les villes moyennes de la région, la tendance est plus favorable, certaines enregistrant même de légères hausses, portées par les effets de report.

En Corse, enfin, le marché demeure atypique. Après une forte progression post-Covid, liée à l’attractivité résidentielle et touristique, les prix se stabilisent à des niveaux élevés. Sur un an, l’évolution oscille entre 0 % et +2 %, avec des tensions persistantes dans les deux grandes agglomérations. Malgré tout, les délais de revente s’allongent en particulier pour les résidences secondaires. Le niveau de prix et le poids des impôts (taxe d’habitation) auxquels s’ajoutent le coût des transports expliquent la moindre appétence des continentaux pour les résidences secondaires. La demande de prêts immobiliers serait en forte baisse depuis le début de l’année.

La Minute du Cercle du 6 avril 2026

Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, le 28 février dernier, le cours du baril de pétrole s’est installé au-dessus de 100 dollars. La hausse atteint, depuis le 1er janvier, près de 80 %. Ce choc est d’une ampleur moindre que les précédents, mais il n’en demeure pas moins exceptionnel.

Les deux premiers chocs pétroliers ont eu de fortes conséquences sur les marchés financiers. Le premier choc, en 1973, qui se traduisit par une multiplication par quatre du cours du baril — passé de 3 à 12 dollars — porta l’inflation à plus de 13 % en Europe en 1974. La Bourse de Paris perdit alors 40 %, tandis que le Dow Jones Industrial Average reculait de 45 %.

Lors du deuxième choc pétrolier (1979-1980), le cours du baril fut multiplié par près de trois. L’inflation repassa au-dessus de 10 % en 1980. Les marchés actions enregistrèrent alors une forte volatilité.

Le troisième choc pétrolier s’accompagne assez logiquement d’une remontée de l’inflation. En revanche, les marchés financiers demeurent, pour le moment, relativement sereins. Au cours du mois de mars, le CAC 40 a reculé d’environ 7 %, tout comme le DAX allemand. Sur le premier trimestre, les pertes de l’indice parisien atteignent 4 %, ce qui peut apparaître relativement limité au vu du choc subi. Sur un an, l’indice parisien est stable.

L’indice japonais, le Nikkei, recule de plus de 12 %. Le Japon est, en effet, plus dépendant que l’Europe des importations de pétrole en provenance des pays du Golfe. Les grands indices américains ont, de leur côté, cédé plus de 6 % en mars. Sur le premier trimestre, le Nasdaq est en recul de près de 10 %, subissant à la fois la guerre en Iran et les doutes sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle.

Les investisseurs se sont habitués aux chocs ces dernières années ; ils estiment, à tort ou à raison, que le conflit ne s’éternisera pas.

L’effet le plus important concerne, pour le moment, les taux des obligations souveraines. Le taux de l’OAT à 10 ans est passé de 3,2 % à 3,7 % au cours du mois de mars. Les investisseurs intègrent, en effet, une prime d’inflation plus élevée.

En outre, le ralentissement attendu de la croissance et l’augmentation des dépenses publiques destinées à compenser la hausse des prix de l’énergie laissent supposer une aggravation des déficits publics, incitant les investisseurs à exiger des rendements plus élevés. Le taux de l’obligation allemande à 10 ans est passé au-dessus de 3 % en mars, et son équivalent américain à plus de 4,3 % en février. Pour l’État français, le surcoût pourrait atteindre plusieurs milliards d’euros.

Lors du second choc pétrolier, l’once d’or avait atteint un niveau record qu’elle mit plus de vingt ans à retrouver. En revanche, depuis le 28 février dernier, elle est orientée à la baisse. Le métal précieux avait certes atteint des sommets en janvier, en dépassant 5 500 dollars l’once.

Les investisseurs cherchent à se protéger de l’inflation en privilégiant des placements offrant des rendements partiellement indexés, comme les obligations. Ils favorisent également les liquidités afin de pouvoir réagir rapidement à l’évolution des marchés. Certains ont été conduits à vendre de l’or pour compenser leurs pertes sur les marchés actions. Les pays du Golfe ont, par ailleurs, puisé dans leurs réserves pour compenser la baisse de leurs recettes pétrolières. Sur l’ensemble du premier trimestre, l’once d’or s’est néanmoins appréciée de plus de 5 %.

À la différence des années 1970, le choc pétrolier actuel ne provoque ni panique boursière ni spirale inflationniste incontrôlée. Il se diffuse plus insidieusement, par le biais des taux d’intérêt et des anticipations de finances publiques. Moins visible, mais potentiellement plus durable, il pourrait s’avérer, à terme, tout aussi déstabilisant.

Rémunération de l’épargne de court terme stable en février

En février 2026, selon la Banque de France, la rémunération moyenne des encours de dépôts bancaires des ménages diminue de 7 points de base (pbs) à 1,23 % tandis qu’elle progresse de 2 pbs à 1,17 % pour les sociétés non financières (SNF). Le taux des livres ordinaires était de 0,75 % en février.

La rémunération des contrats nouveaux augmente quant à elle légèrement pour les dépôts à terme des ménages à plus de 2 ans et les dépôts à terme des SNF à moins de 2 ans, atteignant respectivement 2,65 % et 2,12 % ; à l’inverse, elle diminue de 5 pbs pour les dépôts à terme des SNF à plus de 2 ans, à 2,67 %.

Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS 

Encours (Md€)Taux de rémunération des dépôtsContrats nouveaux (Mds€)Taux de rémunération sur contrats nouveaux
févr-26 (p)févr-25janv-26 (r)févr-26 (p)févr-26 (p)févr-25janv-26 (r)févr-26 (p)
Dépôts bancaires des Ménages et SNF2 5981,591,261,21
dont Ménages1 8751,631,301,23
dont : – dépôts à vue (b)5450,060,040,04
– livrets à taux réglementés (b,c)7262,491,801,60
dont : livret A (b)4072,401,701,50
– livrets ordinaires (b)2260,870,740,75
– dépôts à terme <= 2 ans (d)712,922,252,22112,511,992,00
– dépôts à terme > 2 ans (d)1102,372,422,4322,672,622,65
– plan d’épargne-logement1972,632,632,6311,752,002,00
dont SNF7231,491,151,17
dont : – dépôts à vue (b)4910,610,470,46
– dépôts à terme <= 2 ans (d)1433,262,322,32332,712,052,12
– dépôts à terme > 2 ans (d)893,403,223,2323,052,722,67
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème2,902,152,15
Euribor 3 mois (e)2,532,032,01
Rendement du TEC 2 ans (e), (f)2,252,242,18
Rendement du TEC 5 ans (e), (f)2,642,772,65

Notes :
– En raison des arrondis, la somme peut légèrement différer du total des composantes

a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Pour les dépôts à vue et les livrets, le taux sur les contrats nouveaux est supposé égal à celui sur les encours.
c. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
d. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
e. Moyenne mensuelle.
f. Taux de l’Échéance Constante 2 ans et 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
r. Données révisées.
p. Données provisoires.

Le Coin des épargnants du 3 avril 2026 : les marchés croient bien et tout son contraire à la paix

Les indices actions ont enregistré, au cours de cette semaine écourtée par le vendredi saint — jour de fermeture des principales places boursières occidentales — un rebond sensible, porté par les annonces d’une possible désescalade du conflit ainsi que par la divulgation d’un projet de protocole d’accord relatif au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, négocié entre l’Iran et Oman. Néanmoins, l’incertitude demeure élevée au Moyen-Orient, où prévaut une forme de volatilité persistante. Les cours du pétrole ont ainsi fortement fluctué au gré des déclarations du président Donald Trump. Celui-ci a, tour à tour, évoqué une issue prochaine au conflit tout en brandissant la menace de bombardements massifs contre l’Iran dans un délai de deux à trois semaines. Il a également affirmé que ses objectifs étaient atteints, sans toutefois en préciser la nature. De son côté, l’Iran a tenu à souligner qu’un éventuel accord avec Oman ne saurait être interprété comme un retour à la normale.

Dans ce contexte, le CAC 40 a progressé de plus de 3 % en quatre séances, tandis que le Nasdaq Composite enregistrait une hausse supérieure à 4 %. Parallèlement, les taux des obligations souveraines se sont inscrits en baisse, traduisant un regain d’appétence pour le risque tempéré par des anticipations de détente monétaire.

Le baril de Brent crude oil s’échangeait, en fin de période, autour de 110 dollars, en recul de 5 % sur la semaine, mais affichant néanmoins une progression proche de 80 % depuis le début de l’année.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
2/3 avril 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 962,39+3,38 %8 149,507 380,74
Dow Jones46 504,67+2,96 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 582,69+3,36 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite21 879,18+4,44 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 168,08+3,89 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 436,29+4,70 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 692,86+3,40 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)53 123,49+1,67 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 880,10-0,03 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,684 %-0,154 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,003 %-0,093 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,320 %-0,100 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1548-0,60 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 676,43+4,57 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars109,00-4,61 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars66 851,2797+1,41 %87 566,440693 776,61

Plus de 90 milliards d’euros de réserve pour l’AGIRC-ARRCO

Le régime de retraite complémentaire des salariés du secteur privé, AGIRC – ARRCO,  confirme sa solidité financière, bien que ses résultats marquent un recul en 2025. L’Agirc-Arrco a ainsi enregistré un excédent technique – c’est-à-dire hors produits financiers – de 300 millions d’euros, tandis que le résultat global s’est établi à 1,4 milliard d’euros. Ce niveau est inférieur à celui observé en 2024, où l’excédent atteignait 4,6 milliards d’euros. Cette inflexion s’explique par un environnement économique moins porteur, caractérisé par une progression des ressources plus modérée que celle des dépenses (respectivement +1,9 % contre +3,1 %). L’augmentation des charges tient à la fois à la revalorisation des pensions intervenue en 2024 (+1,6 %) et à la hausse continue du nombre de retraités, le régime versant des prestations à près de 14 millions de bénéficiaires.

La fin de l’année 2025 a, été marquée par l’absence de revalorisation des pensions complémentaires. Les partenaires sociaux, qui assurent la gouvernance du régime, ne sont pas parvenus à s’accorder sur son niveau dans un contexte politique et budgétaire tendu, lié notamment à la suspension de la réforme des retraites. À l’inverse, les pensions du régime de base ont été relevées de 0,9 % en janvier.  Les responsables du régime AGIRC – ARRCO ont, lors de la présentation des résultats, souligné l’ampleur des défis à venir. La vice-présidente, Brigitte Pisa, a évoqué les ajustements nécessaires dans les prochaines années. À cette incertitude démographique s’ajoute celle relative au calendrier des départs en retraite, notamment à l’horizon 2027, en raison des hésitations entourant la réforme du système.

Malgré ces incertitudes, les gestionnaires de l’Agirc-Arrco continuent de mettre en avant la résilience du régime. Les réserves, qui dépassent 91 milliards d’euros en valeur de marché à la fin de 2025, constituent un levier essentiel pour amortir les chocs économiques et démographiques.

Immobilier : une rechute est-elle possible ?

Les projections établies par « Se Loger-Meilleurs Agents » sur les prix de l’immobilier de la France semblent indiquer que la légère reprise de 2025 s’est enrayée sur fond de guerre en Iran. La rédaction du site Internet a établi deux scénarios pour les prochains mois. Dans l’hypothèse d’un choc modéré, l’économie mondiale absorberait progressivement les tensions liées au conflit au Moyen-Orient. L’inflation se stabiliserait autour de 3 % dans la zone euro en 2026, conduisant la Banque centrale européenne à relever ses taux directeurs de 25 à 50 points de base. Par ricochet, les taux immobiliers suivraient une trajectoire comparable. Dans ce cadre, le recul du marché resterait contenu avec entre 65 000 et 100 000 transactions en moins, soit une contraction de 7 à 10 % par rapport aux 945 000 ventes enregistrées en 2025.

À l’inverse, le scénario d’un choc durable esquisse une dégradation bien plus marquée. Une inflation proche de 3,7 % contraindrait la BCE à un resserrement monétaire plus agressif (jusqu’à +1,4 point), entraînant une remontée des taux immobiliers pouvant atteindre 1,4 point. Dans cette configuration, le marché subirait une chute de 240 000 à 270 000 transactions, soit plus d’un quart de l’activité annuelle.

Ces projections doivent toutefois être interprétées avec prudence. Les réseaux, à l’image de la FNAIM ou de Laforêt, décrivent un marché actif mais hésitant. La demande progresse (+4 % au premier trimestre), tout comme l’offre (+9 %), mais les transactions n’augmentent que marginalement (+2 %), signe d’un décalage croissant entre intentions et concrétisations.

Des dynamiques de prix de plus en plus territorialisées

En Île-de-France, après plusieurs années de correction, les prix semblent atteindre un point bas. Sur un an, la baisse se situe encore autour de –3 % à –5 %, avec des disparités marquées : Paris intra-muros oscille entre –4 % et –6 %, tandis que la grande couronne résiste mieux. Le ralentissement de la baisse observé début 2026 traduit un début de stabilisation mais qui reste fragile.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), le marché reste sous tension mais amorce un léger repli. Les prix reculent globalement de –1 % à –3 % sur un an, avec des ajustements plus visibles sur les marchés les plus chers. Nice enregistre ainsi une correction modérée (environ –0,7 % récemment), tandis que Marseille conserve un certain dynamisme, portée par une demande soutenue et des prix encore attractifs à l’échelle nationale.

En Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), la situation est intermédiaire. Lyon, après plusieurs années de hausse, a connu une correction sensible (–5 % à –8 % sur deux ans), mais les prix tendent désormais à se stabiliser. Dans les villes moyennes de la région, la tendance est plus favorable, certaines enregistrant même de légères hausses, portées par les effets de report.

En Corse, enfin, le marché demeure atypique. Après une forte progression post-Covid, liée à l’attractivité résidentielle et touristique, les prix se stabilisent à des niveaux élevés. Sur un an, l’évolution oscille entre 0 % et +2 %, avec des tensions persistantes dans les deux grandes agglomérations. Malgré tout, les délais de revente s’allongent en particulier pour les résidences secondaires. Le niveau de prix et le poids des impôts (taxe d’habitation) auxquels s’ajoutent le coût des transports expliquent la moindre appétence des continentaux pour les résidences secondaires. La demande de prêts immobiliers serait en forte baisse depuis le début de l’année.

De nouvelles dispositions pour sortir de l’indivision

En France, de nombreux biens immobiliers sont immobilisés sans usage ou affectation notamment en raison des indivisions. Longtemps perçues comme une simple étape juridique dans le règlement des successions, les indivisions sont de plus en plus un mécanisme de blocage affectant la fluidité du marché et la valorisation du patrimoine.

Chaque année, plus de 630 000 successions sont ouvertes en France. À ce flux s’ajoutent environ 425 000 ruptures conjugales — divorces, séparations ou dissolutions de PACS — générant autant de situations de propriété partagée.

Le droit repose pourtant sur un principe clair : nul n’est censé demeurer contraint dans l’indivision. Dans les faits, l’exigence d’unanimité pour les décisions les plus structurantes — en particulier la vente du bien — confère à chaque indivisaire un droit de veto. Il suffit d’un désaccord, d’une absence ou d’un refus de se manifester pour figer durablement la situation. Cette asymétrie entre principe juridique et réalité opérationnelle explique la constitution d’un stock immobilier « dormant ».

En Corse et dans les Outre-mer, jusqu’à 40 % du foncier privé serait concerné par des indivisions anciennes, parfois transmises sur plusieurs générations. Dans les zones rurales, ces blocages contribuent à maintenir hors du marché des biens inoccupés pendant dix, vingt, voire trente ans, avec des cas extrêmes atteignant quarante ans. Les conséquences sont multiples : dégradation du bâti, perte de valeur patrimoniale, raréfaction de l’offre disponible et tensions accrues sur les prix dans les zones dynamiques.

La loi du 26 mars 2026 votée à l’unanimité introduit plusieurs évolutions destinées à réduire ces blocages. Le texte adopté est issu d’une proposition de loi présentée par les députés Louise Morel et Nicolas Turquois. Son entrée en vigueur est prévue pour le début de l’année 2027, après publication d’un décret en Conseil d’État attendu d’ici l’été 2026.

La principale disposition de la loi consiste à permettre, sous contrôle du juge, la vente d’un bien indivis à l’initiative d’un seul indivisaire, à condition de démontrer une situation d’urgence et un intérêt commun. Cette mesure prolonge une jurisprudence de la Cour de cassation de 2013 et constitue une inflexion notable du principe d’unanimité. Le dispositif reste encadré. Le juge conserve un pouvoir d’appréciation, ce qui limite les risques d’abus mais introduit une part d’incertitude dans son application. L’objectif n’est pas de banaliser la vente unilatérale, mais de créer un moyen de sortie pour les situations les plus bloquées.

La réforme modifie également les règles du partage judiciaire. Elle renforce le rôle du juge et du notaire, impose la présence d’un avocat à toutes les étapes et limite les stratégies d’obstruction. Désormais, le silence d’un indivisaire ne pourra plus suffire à bloquer la procédure, celle-ci pourra se poursuivre et la décision s’imposera à l’ensemble des parties.

Des dispositions spécifiques sont prévues pour certains territoires. En Corse, la vente d’un bien indivis pourra être réalisée à la majorité des deux tiers, sans recours au juge, ce qui prolonge des adaptations territoriales déjà existantes.

La loi comporte en outre un volet consacré aux successions vacantes. L’État, agissant comme curateur via les services du Domaine, voit ses moyens d’action renforcés, notamment par la possibilité de mandater des tiers pour accélérer les ventes. Une publicité numérique est instaurée pour améliorer l’identification des biens, et les collectivités territoriales bénéficient d’un accès facilité à certaines informations fiscales afin de repérer les immeubles vacants ou sans maître.

La portée de la loi doit être relativisée. Son efficacité dépendra de sa mise en œuvre concrète et de sa capacité à s’appliquer aux situations anciennes, point qui sera précisé par le décret d’application. Surtout, les indivisions sont souvent liées à des conflits familiaux profonds ou à des situations successorales complexes que le droit ne peut résoudre à lui seul.

Le Coin des marchés du mois de mars

La guerre au Moyen-Orient a provoqué l’envolée des cours du pétrole et du gaz et a mis à mal les circuits d’approvisionnement de cette région. Les entreprises du luxe, mais aussi de l’agroalimentaire, notamment européennes, éprouvent de grandes difficultés pour acheminer leurs produits. Ce conflit accroît les coûts de production et pèse sur les exportations de plusieurs secteurs. Il a provoqué une baisse des valeurs boursières, une hausse des taux obligataires, ainsi qu’un recul de l’euro et du cours de l’or.

Le mois de mars 2026 a été le plus mauvais constaté depuis l’épidémie de Covid survenue six ans plus tôt, le CAC 40 ayant reculé de plus de 6 %. Sur le premier trimestre, les pertes atteignent 4 %, ce qui peut apparaître relativement limité au vu du choc subi. Sur un an, l’indice parisien est stable.

Les valeurs des secteurs du luxe et des transports sont les plus touchées. L’indice allemand, le DAX, perd plus de 7 % en mars, tandis que son homologue japonais chute de plus de 12 %. Le Japon est, en effet, plus dépendant que l’Europe des importations de pétrole en provenance des pays du Golfe. Les grands indices américains cèdent de leur côté plus de 6 % en mars. Sur le trimestre, le Nasdaq est en recul de près de 10 %, subissant à la fois les conséquences de la guerre en Iran et les doutes sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle.

Le taux de l’OAT à 10 ans de l’État français est passé de 3,2 % à 3,7 % au cours du mois de mars. Les investisseurs intègrent une prime d’inflation plus élevée. Le ralentissement attendu de la croissance et l’augmentation des dépenses publiques destinées à compenser la hausse des prix de l’énergie laissent présager une aggravation des déficits publics, incitant les investisseurs à exiger des rendements plus élevés.

Le taux de l’obligation allemande à 10 ans est passé au-dessus de 3 % en mars, et son équivalent américain à plus de 4,3 %, contre 3,9 % fin février.

Malgré les déclarations de Donald Trump à la fin du mois de mars en vue de trouver une solution au conflit en Iran, le cours du baril de Brent restait au-dessus de 110 dollars. Le 31 mars à 18 heures, il s’échangeait à plus de 118 dollars, soit une hausse de plus de 52 % sur un mois. Sur l’ensemble du premier trimestre, il a progressé de 95 %.

Après avoir atteint des records à plus de 5 500 dollars l’once, l’or est en retrait depuis le déclenchement des hostilités. Les investisseurs cherchent à se prémunir contre l’inflation en se tournant vers des placements offrant des rendements plus directement indexés, comme certaines obligations. Ils privilégient également les liquidités afin de conserver une capacité de réaction rapide face à l’évolution des marchés.

Certains ont été conduits à vendre de l’or pour compenser leurs pertes sur les marchés actions. Les pays du Golfe ont également pu puiser dans leurs réserves pour compenser la baisse de leurs recettes pétrolières. Sur l’ensemble du premier trimestre, l’once d’or s’est néanmoins appréciée de plus de 5 %.

Après avoir gagné plus de 13 % face au dollar en 2025, l’euro a reculé de 1,34 %. La monnaie américaine bénéficie de son statut de valeur refuge en période de tensions internationales. Par ailleurs, les États-Unis sont moins exposés au choc pétrolier que les économies européennes.

Le bitcoin n’a pas profité de la guerre au Moyen-Orient. Il a cédé 3,5 % en mars et près d’un quart de sa valeur sur l’ensemble du trimestre. Il reste affecté par les interrogations entourant les valorisations liées à l’intelligence artificielle. Certains investisseurs ont vendu leurs positions afin de compenser des pertes enregistrées sur les valeurs technologiques.

La Minute du Cercle du 30 mars 2026

Les premières statistiques du mois de mars confirment une accélération des prix au sein des pays occidentaux. En Espagne, le taux d’inflation a atteint 3,3 % sur un an, un pic depuis juin 2024. Au sein de autres pays européens un rebond est attendu et devrait se poursuivre dans les prochains mois. Selon les économistes interrogés par Bloomberg, l’indice des prix PCE américain pourrait progresser de 3,1 % en moyenne cette année, contre 2,6 % initialement prévus. La première baisse de taux en 2026 est désormais attendue en septembre. Concernant la Banque centrale européenne, les indications données par le marché des swaps laissent entrevoir un resserrement possiblement dès la réunion du mois prochain, avec trois hausses de taux au total sur l’année.

En France, le moral des ménages est, en mars, en légère baisse. La guerre en Iran et le retour de l’inflation expliquent cette dégradation. Outre-Atlantique, le moral des ménages, mesuré par l’Université du Michigan, est également en recul  en mars, avec un indice définitif à 53,3, tandis que les anticipations d’inflation à un an remontent à 3,8 % (3,6 % en première estimation), sous l’effet de la hausse des prix de l’essence.

Le baril de pétrole (Brent) reste sur la crête des 110 dollars  preuve que la situation ne se détend pas dans le détroit d’Ormuz. Les espoirs d’un conflit de courte durée s’estompent. Depuis le 1er janvier, le baril a gagné près de 90 %.

L’or a au cours du mois de mars perdu 12 % de sa valeur, l’once s’échangeant autour des 4500 dollars (il avait dépassé 5500 dollars l’once en début d’année). Les investisseurs privilégient les placements permettant de se couvrir face à l’inflation. Ils optent ainsi pour les obligations. Ils entendent conserver également des liquidités afin de pouvoir saisir rapidement les opportunités en cas d’évolution sur le front géopolitique. Par ailleurs, compte tenu de la baisse sur les marchés actions, des investisseurs ont pu être contraints de vendre de l’or pour solder leurs pertes. Les États du Golfe pourraient être vendeurs afin de compenser la diminution de leurs recettes issues du gaz ou du pétrole.

L’euro continue de se déprécier par rapport au dollar qui joue son rôle de valeur refuge traditionnelle. La baisse de l’euro est également la conséquence d’une forte exposition du Vieux Continent à la guerre en Iran, contrairement aux États-Unis. Ces derniers sont en effet exportateurs nets de gaz et de pétrole, quand l’Europe dépend en la matière des importations.

Avec la hausse des taux obligataires, ceux des crédits immobiliers sont également en augmentation. Les taux obligataires souverains servent de référence pour le refinancement de moyen et long terme des banques, leurs autres sources de financement pour les prêts étant les dépôts, les livrets et les concours de la banque centrale. Le taux moyen d’emprunt des crédits à 10 ans était, à la fin du mois de mars, de 3,2 %.

Les entreprises de plusieurs secteurs d’activité sont à suivre avec intérêt du fait de la chute des cours. Les entreprises liées aux transports aériens, au tourisme et au luxe peuvent constituer de belles opportunités. Ainsi, l’indice S&P Global Luxury, qui comprend les principales valeurs du secteur, a reculé de plus de 13 % entre le 28 février et la fin mars. En revanche, les valeurs de l’énergie et de la défense peuvent apparaître trop chères. L’appréciation du dollar autorise la réalisation d’arbitrages de valeurs américaines au profit de valeurs européennes ou des pays émergents d’Asie. Ces dernières ont baissé plus fortement que celles des États-Unis, ouvrant droit à de potentielles plus-values.

Le Coin des épargnants du 27 mars 2026 – la guerre continue

Marchés entre résignation et espoirs

Après trois semaines successives de baisse, le CAC 40 s’est stabilisé à la fin du mois de mars. Les investisseurs prennent en compte la tentative d’ouverture de négociations entre les États-Unis et l’Iran par l’entremise du Pakistan. Malgré tout, les investisseurs semblent de moins en moins enclins à croire aux scénarios de désescalade, malgré le report de l’ultimatum américain au 7 avril pour d’éventuelles frappes sur les centrales électriques iraniennes. Pour le moment, le détroit d’Ormuz demeure toujours grandement fermé. Ces derniers jours, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir forcé plusieurs porte-conteneurs à faire demi-tour. L’Iran conserve, malgré les milliers de tirs de missiles américains et israéliens, des lanceurs capables de toucher les pays du Moyen-Orient.

Les premières statistiques du mois de mars confirment une accélération des prix au sein des pays occidentaux. En Espagne, le taux d’inflation a atteint 3,3 % sur un an, un pic depuis juin 2024. Outre-Atlantique, le moral des ménages, mesuré par l’Université du Michigan, s’est dégradé en mars, avec un indice définitif à 53,3, tandis que les anticipations d’inflation à un an remontent à 3,8 % (3,6 % en première estimation), sous l’effet de la hausse des prix de l’essence. Selon les économistes interrogés par Bloomberg, l’indice des prix PCE américain pourrait progresser de 3,1 % en moyenne cette année, contre 2,6 % initialement prévus. La première baisse de taux en 2026 est désormais attendue en septembre. Concernant la Banque centrale européenne, les indications données par le marché des swaps laissent entrevoir un resserrement possiblement dès la réunion du mois prochain, avec trois hausses de taux au total sur l’année.

Si les marchés européens ont été stables cette semaine, aux États-Unis, les indices S&P 500 et Nasdaq ont enregistré des baisses de plus de 2 %, les valeurs américaines avaient reculé de manière assez faible depuis le début du conflit. La crainte d’une intervention terrestre peut également expliquer le repli de cette semaine.

Le baril de Brent au-dessus des 110 dollars

Le baril de pétrole (Brent) n’a pas baissé cette semaine. Il s’échangeait à plus de 110 dollars vendredi 27 mars, preuve que la situation ne se détend pas dans le détroit d’Ormuz. Les espoirs d’un conflit de courte durée s’estompent.

L’or à 1000 dollars de son record

L’or poursuit son repli avec un recul de plus de 10 % sur la semaine, l’once d’or étant en dessous de la barre des 4500 dollars (il avait dépassé 5500 dollars l’once en début d’année). Les investisseurs privilégient les placements permettant de se couvrir face à l’inflation. Ils optent ainsi pour les obligations. Ils entendent conserver également des liquidités afin de pouvoir saisir rapidement les opportunités en cas d’évolution sur le front géopolitique. Par ailleurs, compte tenu de la baisse sur les marchés actions, des investisseurs ont pu être contraints de vendre de l’or pour solder leurs pertes. Les États du Golfe pourraient être vendeurs afin de compenser la diminution de leurs recettes issues du gaz ou du pétrole.

Le dollar regagne du terrain

L’euro continue de se déprécier par rapport au dollar, qui joue son rôle de valeur refuge traditionnelle. La baisse de l’euro est également la conséquence d’une forte exposition du Vieux Continent à la guerre en Iran, contrairement aux États-Unis. Ces derniers sont en effet exportateurs nets de gaz et de pétrole, quand l’Europe dépend en la matière des importations.

Hausse des taux de crédits immobiliers en France

Avec la hausse des taux obligataires, ceux des crédits immobiliers sont également en augmentation. Les taux obligataires souverains servent de référence pour le refinancement de moyen et long terme des banques, leurs autres sources de financement pour les prêts étant les dépôts, les livrets et les concours de la banque centrale. Le taux moyen d’emprunt des crédits à 10 ans était, à la fin du mois de mars, de 3,2 %.

Actions : les petits conseils du Cercle (information ne constituant pas un conseil d’investissement ; cf. dernière page)

Les entreprises de plusieurs secteurs d’activité sont à suivre avec intérêt du fait de la chute des cours. Les entreprises liées aux transports aériens, au tourisme et au luxe peuvent constituer de belles opportunités. Ainsi, l’indice S&P Global Luxury, qui comprend les principales valeurs du secteur, a reculé de plus de 13 % entre le 28 février et la fin mars. En revanche, les valeurs de l’énergie et de la défense peuvent apparaître trop chères. L’appréciation du dollar autorise la réalisation d’arbitrages de valeurs américaines au profit de valeurs européennes ou des pays émergents d’Asie. Ces dernières ont baissé plus fortement que celles des États-Unis, ouvrant droit à de potentielles plus-values.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
27 mars 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 698,81+0,52 %8 149,507 380,74
Dow Jones45 166,64-0,86 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 368,85-2,02 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite20 948,36-3,17 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 22 300,52-0,20 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 964,40+0,41 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 507,72+0,18 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)53 373,07-0,61 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 913,72-3,36 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,838 %+0,080 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,096 %+0,045 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,420 %+0,043 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1519-0,18 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 516,41-9,38 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars111,76+3,28 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars65 825,6357-6,59 %87 566,440693 776,61

L’assurance vie en mode champion

L’assurance démarre l’année 2026 sur les chapeaux de roue. Après 6,2 milliards d’euros en janvier, la collecte nette atteint, en février, un niveau élevé à 7,1 milliards d’euros. Cette collecte a été réalisée avant le déclenchement de la guerre en Iran, intervenu le 28 février dernier. Elle n’a pas été affectée par la baisse des valeurs boursières.

Février : un très bon mois pour l’assurance vie

Le mois de février réussit traditionnellement bien à l’assurance vie : aucune décollecte n’a été enregistrée depuis 1997, première année de publication des statistiques par France Assureurs. En février 2026, l’assurance vie se situe nettement au-dessus de sa moyenne des dix dernières années (2,6 milliards d’euros).

En 2025, la collecte nette avait déjà atteint des sommets avec +5,3 milliards d’euros. En 2026, elle n’est qu’à quelques encablures du record absolu de 2006 (+7,2 milliards d’euros).

La collecte nette a été positive tant pour les fonds euros que pour les supports en unités de compte, respectivement +1,8 et +5,2 milliards d’euros.

Depuis le début de l’année, la collecte nette s’établit à +13,3 milliards d’euros, soit supérieure de 3,6 milliards d’euros à celle de 2025 sur la même période. Les unités de compte ont été portées par les bons résultats des marchés financiers en janvier et février, avant la guerre en Iran. Les supports en euros enregistrent, sur les deux premiers mois de l’année, une collecte nette de 2,2 milliards d’euros.

En février, l’assurance vie a bénéficié de la communication des rendements des fonds euros par les assureurs et de la baisse du taux du Livret A de 1,7 % à 1,5 %. Le Livret A a connu une décollecte de 740 millions d’euros en janvier, essentiellement occasionnée par l’évolution de son taux. De son côté, le rendement des fonds euros pour l’année 2025 se situe en moyenne à 2,8 %, avec des taux pouvant atteindre 3,5 %, voire davantage chez certaines compagnies.

Les cotisations brutes : record sur record

Les cotisations se maintiennent à un niveau record : 19,5 milliards d’euros, soit un montant supérieur à celui de janvier (19,1 milliards d’euros). Cette hausse concerne les supports en unités de compte (UC, +20 % par rapport à février 2025) ainsi que les supports en euros (+13 % par rapport à février 2025). La proportion des unités de compte dans les cotisations se maintient à un niveau très élevé, à 41 % en février.

Des prestations en hausse

Les prestations ont atteint 12,5 milliards d’euros en février, en hausse de 8 % par rapport à février 2025. Cette progression concerne essentiellement les supports en UC (+16 %) et, dans une moindre mesure, les supports en euros (+6 %).

Un nouveau record pour l’encours de l’assurance vie

L’encours des contrats d’assurance vie atteint 2 143 milliards d’euros fin février, en hausse de 5,4 % sur un an, confortant ainsi sa place de premier placement des ménages.

Entre confiance et incertitudes

L’assurance vie bénéficie depuis plus d’un an d’un contexte favorable : baisse des taux de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, bonne tenue des marchés financiers. Ce contexte permet à ses deux piliers, fonds euros et unités de compte, d’être compétitifs. À compter du 1er mars, l’assurance vie devrait bénéficier de la fermeture des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros. Les titulaires de ces anciens PEL devraient se tourner vers l’assurance vie, qui devrait répondre à leurs attentes tant en matière de rendement que de garantie du capital et de fiscalité.

Néanmoins, la guerre en Iran pourrait rebattre légèrement les cartes. En période de crise, les ménages ont tendance à privilégier l’épargne de précaution et, en premier lieu, le Livret A. La chute des marchés financiers pourrait dissuader les assurés d’investir sur les unités de compte, même si, en 2020 (Covid) ou en 2022 (guerre en Ukraine), le repli fut limité tant en volume que dans le temps. Le conflit au Moyen-Orient s’accompagne d’une hausse des taux d’intérêt des obligations souveraines, les investisseurs incorporant une prime liée à l’augmentation potentielle des prix. Cette hausse des taux, si elle demeure limitée, favorise le rendement des fonds euros. Si elle venait à s’emballer, elle serait, au contraire, préjudiciable aux fonds euros, la valeur du stock des obligations achetées dans le passé se dégradant.

Immobilier : une légère hausse des prix au dernier trimestre 2025

Le marché immobilier français demeure hésitant. Au quatrième trimestre 2025, les prix des logements en France métropolitaine enregistrent une progression modérée de +0,4 % en données corrigées des variations saisonnières, après un léger recul de -0,1 % au trimestre précédent.

Dans le détail, la dynamique reste contrastée selon les segments. Le marché de l’ancien, qui constitue le cœur du parc résidentiel français, enregistre un rebond (+0,5 % après -0,1 %). Ce redressement intervient après près de deux années de correction progressive liée à la remontée des taux d’intérêt et à la contraction du crédit.

À l’inverse, le marché du neuf demeure orienté à la baisse. Les prix y reculent pour le deuxième trimestre consécutif (-0,6 % après -0,4 %). La combinaison du coût élevé de la construction, du durcissement des conditions de financement et de la chute des mises en chantier continue de peser sur les promoteurs, contraints d’ajuster leurs prix dans un environnement de demande affaiblie.

Sur un an, la progression des prix reste contenue mais positive (+1,0 % au quatrième trimestre 2025, après +0,7 % au trimestre précédent). Cette hausse est essentiellement imputable à l’ancien (+1,1 %), tandis que le neuf ralentit nettement (+0,2 % après +1,0 %), confirmant un découplage croissant entre les deux segments.

Sur un horizon plus long, l’indice des prix reste néanmoins à des niveaux élevés. Entre 2015 et 2025, les prix ont progressé d’environ 27 % à 30 % selon les segments, traduisant une décennie de forte valorisation immobilière portée par des taux d’intérêt historiquement bas. Le reflux observé depuis 2023 apparaît ainsi comme un ajustement après excès, et non comme une correction profonde.

Cercle de l’Epargne – données INSEE, SDES, Notaires de France – Groupe ADSN, Notaires du Grand Paris – Notantis.

Communiqué de presse – résultats du Livret A en février 2026 – le Livret A – victime de son taux

Sans surprise, le Livret A enregistre, en février comme en janvier, une décollecte. Elle s’élève à 740 millions d’euros. Le Livret A paie cash la baisse de son taux, qui est passé, le 1er février dernier, de 1,7 à 1,5 %. Depuis le mois de juillet 2025, le Livret A a connu six décollectes, marquant une rupture avec la période débutée en 2020 avec l’épidémie de Covid. Ce processus de décollecte pourrait être contrarié, dans les prochains mois, par la guerre en Iran qui a débuté le 18 février et qui n’a donc pas affecté la collecte de l’épargne réglementée durant le deuxième mois de l’année.

Livret A : victime de son taux

Le résultat du mois de février 2026 détonne, car le deuxième mois de l’année réussit, en règle générale, assez bien au Livret A. Logiquement, le premier semestre est plutôt porteur pour le Livret A. Or, il commence, cette année, avec deux décollectes successives.

L’année dernière, la collecte avait atteint 940 millions d’euros. La moyenne de la collecte, ces dix dernières années en février, était de 2 milliards d’euros. Le record de collecte pour le deuxième mois de l’année remonte à 2023 avec 6,23 milliards d’euros ; le taux était alors passé de 2 à 3 %.

Depuis 2009, seules trois décollectes (2014, 2015, 2016) avaient été constatées. La dernière datait de 2016 avec -510 millions d’euros. La plus importante s’était produite en 2015 avec -910 millions d’euros. Le faible taux du Livret A à l’époque expliquait déjà en grande partie ces décollectes (taux évoluant entre 0,5 et 1,25 %).

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) stable en février

Le LDDS est plus habitué que le Livret A aux décollectes en février, avec cinq au total depuis 2009. La dernière datait de 2016 avec -120 millions d’euros. La plus importante avait été enregistrée en 2010 avec -410 millions d’euros. En 2026, le LDDS demeure stable, avec une collecte nulle. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 640 millions d’euros. La collecte moyenne sur dix ans s’élevait à 622 millions d’euros.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) : toujours en territoire positif

Avec son taux de rémunération de 2,5 %, le LEP continue de séduire les ménages modestes. La collecte a été positive, à hauteur de 180 millions d’euros en février. Elle est néanmoins nettement inférieure à celle de février 2025 (350 millions d’euros).

Vers une nouvelle donne ?

La guerre en Iran pourrait inciter les ménages à privilégier l’épargne de précaution à compter du mois de mars, comme cela avait été constaté lors des précédentes crises (Covid, guerre en Ukraine, crise politique).

Vers une hausse ou non du taux du Livret A le 1er août prochain ?

La hausse des prix de l’énergie devrait s’accompagner d’une reprise de l’inflation à compter du mois de mars. Le taux d’inflation, qui était en janvier de 0,9 % (à vérifier), devrait se situer en moyenne, sur le premier semestre, autour de 1,8 à 2 %, ce qui pourrait conduire à une révision à la hausse du taux du Livret A. Il pourrait ainsi revenir autour de 1,8 %, au lieu de 1,5 %. Le Gouvernement pourrait toutefois ne pas relever le taux du Livret A, considérant que la hausse des prix ne serait que temporaire, le prix du pétrole et du gaz revenant à leur niveau d’avant le conflit assez rapidement après la cessation des hostilités.

La Minute du Cercle de l’Epargne du 23 mars 2026

Le baril de pétrole Brent demeure au-dessus des 100 dollars. Le maintien d’un cours élevé pour de nombreuses semaines commence à être intégré par les experts économiques, avec à la clé une résurgence de l’inflation et une baisse de l’activité. Entre le baril de Brent de la mer du Nord et le baril WTI américain, l’écart est important, à plus de 10 dollars (109 contre 97 dollars), témoignant de l’exposition prononcée à la guerre en Iran. Le WTI reste plus isolé, reflétant la dynamique intérieure des États-Unis et une exposition plus faible aux flux mondiaux immédiats. Du côté du gaz, le prix du TTF, la référence en Europe, a reflué à 60 euros par mégawattheure après une poussée à 74 euros (+35 %) jeudi, mais ne parvient pas à descendre plus bas.

Le CAC 40 est en recul pour la troisième semaine consécutive, avec un recul de 3,11 %. Il est passé en dessous des 7 700 points, à 7 665,62 points, et entre officiellement en zone de correction. Depuis son record absolu du 26 février à 8 642,23 points, l’indice parisien abandonne 11,3 %. Tous les grands indices européens ont perdu, sur la semaine, plus de 3 %, et les indices américains 2 %. La chute du cours des actions demeure modeste au vu de la menace qui pèse sur l’économie avec la fermeture du détroit d’Ormuz. Les investisseurs semblent s’habituer à la succession rapide des crises, considérant que l’économie les surmonte avec célérité.

La crainte d’un retour de l’inflation provoque la hausse des taux obligataires. Le rendement du 10 ans allemand a atteint son plus haut niveau depuis 2011, à plus de 3 %, tandis que les Treasuries à 10 ans atteignent 4,38 %. Le taux de l’OAT à 10 ans dépasse de son côté 3,7 %.

Vendredi 20 mars, l’once d’or s’échangeait en dessous de 5 000 dollars. La baisse des derniers jours est imputable à des sorties de fonds indiciels, les investisseurs préférant les obligations dont les taux sont orientés à la hausse. Ils souhaitent par ailleurs disposer de liquidités afin de pouvoir saisir rapidement des opportunités d’achat sur les marchés. Enfin, les pays du Golfe, qui ont acquis de l’or ces dernières années, en vendent du fait de la raréfaction de leurs recettes issues du pétrole ou du gaz.

La FED et la BCE, les deux premières banques centrales mondiales ont opté en mars pour la prudence en ne changeant pas leurs taux directeurs.

Mercredi 18 mars, le comité de politique monétaire de la Fed a maintenu ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %, soit le niveau atteint en décembre après trois baisses consécutives de 25 points de base. Ce statu quo intervient en plein conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël, conflit susceptible de générer une nouvelle vague inflationniste. « L’incertitude sur les perspectives économiques reste élevée. Les implications des développements au Moyen-Orient sont incertaines pour l’économie américaine », a constaté le comité de politique monétaire dans son communiqué. Il indique par ailleurs suivre avec attention l’évolution des prix et de l’emploi. Seul Stephen Miran, l’ancien conseiller économique de Donald Trump, a voté pour une baisse des taux, les onze autres ayant choisi la stabilité.

Jeudi 19 mars, la BCE a également décidé de ne pas changer ses taux directeurs. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %.

La guerre en Iran rebat les cartes pour la zone euro, qui pouvait escompter, jusqu’au 28 février dernier, une inflation faible autour de 2 % et une reprise de la croissance. La hausse des prix de l’énergie change la donne. La BCE a revu à la hausse ses projections d’inflation pour 2026 à 2,6 % contre 1,9 % lorsqu’elle avait réalisé l’exercice en décembre dernier. Une hypothèse médiane. Son scénario le plus défavorable voit les prix grimper jusqu’à 4,4 %.

« La BCE va surveiller de très près l’évolution de la situation », a indiqué Christine Lagarde. Le risque de stagflation menace désormais l’Europe. Une hausse brutale et prolongée des coûts des hydrocarbures devrait tout à la fois peser sur l’activité et générer une hausse des prix. La BCE pourrait être confrontée à un dilemme : soit relever ses taux directeurs, pénalisant un peu plus la croissance, soit laisser les taux inchangés avec, comme risque, une reprise de l’inflation.

Le coin des épargnants du 20 mars 2026

Avoir dépassé les 111 dollars en milieu de semaine, le baril de Brent a baissé légèrement pour terminer vendredi 20 mars autour de 109 dollars. En revanche, le prix du gaz est en forte hausse après les attaques israéliennes et iraniennes sur les complexes gaziers.

Le CAC 40 est en recul pour la troisième semaine consécutive, avec un recul de 3,11 %. Il est passé en dessous des 7 700 points, à 7 665,62 points, et entre officiellement en zone de correction. Depuis son record absolu du 26 février, à 8 642,23 points, l’indice parisien abandonne 11,3 %. Tous les grands indices européens ont perdu, sur la semaine, plus de 3 %, et les indices américains 2 %. La chute du cours des actions demeure modeste au vu de la menace qui pèse sur l’économie avec la fermeture du détroit d’Ormuz. Les investisseurs semblent s’habituer à la succession rapide des crises, considérant que l’économie les surmonte avec célérité.

La crainte d’un retour de l’inflation provoque la hausse des taux obligataires. Le rendement du 10 ans allemand a atteint son plus haut niveau depuis 2011, à plus de 3 %, tandis que les Treasuries à 10 ans atteignent 4,38 %. Le taux de l’OAT à 10 ans dépasse de son côté 3,7 %.

Le baril de pétrole Brent demeure au-dessus des 100 dollars. Le maintien d’un cours élevé pour de nombreuses semaines commence à être intégré par les experts économiques, avec à la clé une résurgence de l’inflation et une baisse de l’activité. Entre le baril de Brent de la mer du Nord et le baril WTI américain, l’écart est important, à plus de 10 dollars (109 contre 97 dollars), témoignant de l’exposition prononcée à la guerre en Iran. Le WTI reste plus isolé, reflétant la dynamique intérieure des États-Unis et une exposition plus faible aux flux mondiaux immédiats. Du côté du gaz, le prix du TTF, la référence en Europe, a reflué à 60 euros par mégawattheure après une poussée à 74 euros (+35 %) jeudi, mais ne parvient pas à descendre plus bas.

Vendredi 20 mars, l’once d’or s’échangeait en dessous de 5 000 dollars. La baisse des derniers jours est imputable à des sorties de fonds indiciels, les investisseurs préférant les obligations dont les taux sont orientés à la hausse. Ils souhaitent par ailleurs disposer de liquidités afin de pouvoir saisir rapidement des opportunités d’achat sur les marchés. Enfin, les pays du Golfe, qui ont acquis de l’or ces dernières années, en vendent du fait de la raréfaction de leurs recettes issues du pétrole ou du gaz.

Statu quo monétaire aux États-Unis

Mercredi 18 mars, le comité de politique monétaire de la Fed a décidé de conserver les taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %, soit le niveau atteint en décembre après trois baisses consécutives de 25 points de base. Ce statu quo intervient en plein conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël, conflit susceptible de générer une nouvelle vague inflationniste. « L’incertitude sur les perspectives économiques reste élevée. Les implications des développements au Moyen-Orient sont incertaines pour l’économie américaine », a constaté le comité de politique monétaire dans son communiqué. Il indique par ailleurs suivre avec attention l’évolution des prix et de l’emploi. Seul Stephen Miran, l’ancien conseiller économique de Donald Trump, a voté pour une baisse des taux, les onze autres ayant choisi la stabilité.

La Fed a également publié ses projections économiques révisées. Pour 2026, elle prévoit une croissance de 2,4 % du PIB réel, 0,1 point de plus qu’en décembre. Les prix à la consommation « core PCE » augmenteraient de 2,7 %, en hausse de 0,2 point. Elle ne modifie pas ses prévisions sur le taux de chômage (4,4 %) et sur le niveau des taux d’intérêt (3,4 %), impliquant une seule baisse d’un quart de point dans l’année. Aux États-Unis, l’inflation est au-dessus de la cible de 2 % depuis plus de 5 ans. Les dépenses de consommation hors énergie et hors alimentation (core PCE), l’indicateur de référence, ont augmenté de 3,1 % en janvier, soit une remontée de 0,4 point depuis octobre. La hausse des prix à la production s’est, par ailleurs, accélérée en février. Jerome Powell a signalé lors de sa conférence de presse que les incertitudes actuelles rendaient l’élaboration de prévisions complexe. « Il est trop tôt pour connaître l’ampleur et la durée des effets potentiels sur l’économie » du choc pétrolier ; les effets économiques « pourraient être beaucoup plus petits ou beaucoup plus grands, on n’en sait absolument rien », a-t-il indiqué.

Le bras de fer entre Jerome Powell et Donald Trump continue. Le premier, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire à charge par le département de la Justice, a déclaré qu’il ne quitterait pas le conseil de la Fed après la fin de son mandat de président en mai, tant que celle-ci ne sera pas achevée. Jerome Powell pourrait d’ailleurs se maintenir en tant que président au-delà de mai, car le sénateur républicain Thom Tillis a promis de bloquer sa succession jusqu’au retrait de la procédure judiciaire.

Statu quo monétaire en Europe

Jeudi 19 mars, la BCE a également décidé de ne pas changer ses taux directeurs. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %.

La guerre en Iran rebat les cartes pour la zone euro, qui pouvait escompter, jusqu’au 28 février dernier, une inflation faible autour de 2 % et une reprise de la croissance. La hausse des prix de l’énergie change la donne. La BCE a revu à la hausse ses projections d’inflation pour 2026 à 2,6 % contre 1,9 % lorsqu’elle avait réalisé l’exercice en décembre dernier. Une hypothèse médiane. Son scénario le plus défavorable voit les prix grimper jusqu’à 4,4 %.

« La BCE va surveiller de très près l’évolution de la situation », a indiqué Christine Lagarde. Le risque de stagflation menace désormais l’Europe. Une hausse brutale et prolongée des coûts des hydrocarbures devrait tout à la fois peser sur l’activité et générer une hausse des prix. La BCE pourrait être confrontée à un dilemme : soit relever ses taux directeurs, pénalisant un peu plus la croissance, soit laisser les taux inchangés avec, comme risque, une reprise de l’inflation.

La situation de la zone euro n’est pas celle de 2022, au moment de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. À l’époque, l’inflation était élevée en raison du Covid et des plans de relance qui avaient désorganisé les chaînes d’approvisionnement. En ce début d’année 2026, le taux d’inflation de la zone euro était de 1,9 % et les tensions sur les prix étaient faibles. Néanmoins, si les prix de l’énergie restent élevés ou augmentent sur une période prolongée et se répercutent sur d’autres secteurs de l’économie de la zone euro, la banque centrale n’hésitera pas à augmenter les taux d’intérêt.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
20 mars 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 665,62-3,11 %8 149,507 380,74
Dow Jones45 577,47 -2,11 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 506,48-1,90 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite21 647,61-2,07 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 22 397,43 -4,26 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 918,33-3,06 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 501,28-3,68 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)53 372,53-1,61 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 957,05 -3,97 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,755 %+0,083 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,051 %+0,072 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,377 %+0,092 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1563-0,47 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 592,09 11,80 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars109,81 +5,23 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars69 778,6163-1,17 %87 566,440693 776,61

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