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Taux d’épargne au 3e trimestre : 18,4 %

Le taux d’épargne des ménages suit un cycle annuel. Les Français accroissent leur effort d’épargne durant le premier semestre et le relâchent au second. Ce dernier est marqué par les dépenses de vacances, la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année. L’année 2025 n’échappe pas à cette règle. Du dernier trimestre 2024 au deuxième trimestre 2025, le taux d’épargne est passé de 18,4 % à 18,7 % du revenu disponible brut avant de revenir à son point de départ au troisième trimestre 2025. Ce taux reste néanmoins nettement supérieur à celui du dernier trimestre 2019, avant le Covid, qui s’établissait à 15,3 %.

Le taux d’épargne des ménages dépend de plusieurs facteurs : l’évolution du revenu disponible brut, celle de la consommation, l’inflation, le réinvestissement des gains financiers, ainsi que le contexte économique et politique général.

Au troisième trimestre, le revenu disponible brut (RDB) des ménages, en euros courants, a, selon l’INSEE, augmenté comme au trimestre précédent de 0,2 %. Les impôts versés par les ménages ont progressé de 1,4 %. Les cotisations sociales à leur charge sont de nouveau en hausse.

Dans le même temps, les prix à la consommation ont augmenté de 0,5 % après -0,1 %. Dans ce contexte, le pouvoir d’achat du RDB a diminué de 0,3 % après +0,3 % au deuxième trimestre. Mesuré par unité de consommation afin de le rapporter à un niveau individuel, la baisse atteint -0,4 %, après +0,1 %.

Le taux d’épargne des ménages diminue sous l’effet combiné de la légère augmentation de leur consommation en volume et de la baisse de leur pouvoir d’achat. Il s’élève à 18,4 %, après 18,7 % au deuxième trimestre.

Le taux d’épargne demeure malgré tout élevé en raison d’un contexte anxiogène, marqué par la permanence de la crise politique et les difficultés du gouvernement à faire adopter ses lois de finances. Les menaces de nouvelles hausses d’impôts contribuent également au maintien d’un effort d’épargne important. Le vieillissement de la population concourt lui aussi à la hausse du taux d’épargne : les actifs épargnent pour leur retraite, considérant que leurs pensions ne leur permettront pas de vivre correctement (72 % des actifs selon l’enquête du Cercle de l’Épargne de 2025). Les retraités, de plus en plus nombreux — 17 millions en 2025 — ont un taux d’épargne supérieur à la moyenne, autour de 25 %. Enfin, les Français capitalisent en ne retirant pas les gains tirés de leurs placements, ce qui accroît mécaniquement le taux d’épargne. Les Américains ont, à l’inverse, un comportement différent, consommant une grande partie des revenus issus de leurs produits financiers.

Le taux d’épargne des ménages en France devrait continuer de baisser légèrement au quatrième trimestre, en raison du Black Friday et des dépenses de fin d’année, tout en demeurant élevé.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

Taux d’épargne en baisse au 3e trimestre 2025

Le taux d’épargne des ménages suit un cycle annuel. Les Français accroissent leur effort d’épargne durant le premier semestre et le relâchent au second. Ce dernier est marqué par les dépenses de vacances, la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année. L’année 2025 n’échappe pas à cette règle. Du dernier trimestre 2024 au deuxième trimestre 2025, le taux d’épargne est passé de 18,4 % à 18,7 % du revenu disponible brut avant de revenir à son point de départ au troisième trimestre 2025. Ce taux reste néanmoins nettement supérieur à celui du dernier trimestre 2019, avant le Covid, qui s’établissait à 15,3 %.

Le taux d’épargne des ménages dépend de plusieurs facteurs : l’évolution du revenu disponible brut, celle de la consommation, l’inflation, le réinvestissement des gains financiers, ainsi que le contexte économique et politique général.

Au troisième trimestre, le revenu disponible brut (RDB) des ménages, en euros courants, a, selon l’INSEE, augmenté comme au trimestre précédent de 0,2 %. Les impôts versés par les ménages ont progressé de 1,4 %. Les cotisations sociales à leur charge sont de nouveau en hausse.

Dans le même temps, les prix à la consommation ont augmenté de 0,5 % après -0,1 %. Dans ce contexte, le pouvoir d’achat du RDB a diminué de 0,3 % après +0,3 % au deuxième trimestre. Mesuré par unité de consommation afin de le rapporter à un niveau individuel, la baisse atteint -0,4 %, après +0,1 %.

Le taux d’épargne des ménages diminue sous l’effet combiné de la légère augmentation de leur consommation en volume et de la baisse de leur pouvoir d’achat. Il s’élève à 18,4 %, après 18,7 % au deuxième trimestre.

Le taux d’épargne demeure malgré tout élevé en raison d’un contexte anxiogène, marqué par la permanence de la crise politique et les difficultés du gouvernement à faire adopter ses lois de finances. Les menaces de nouvelles hausses d’impôts contribuent également au maintien d’un effort d’épargne important. Le vieillissement de la population concourt lui aussi à la hausse du taux d’épargne : les actifs épargnent pour leur retraite, considérant que leurs pensions ne leur permettront pas de vivre correctement (72 % des actifs selon l’enquête du Cercle de l’Épargne de 2025). Les retraités, de plus en plus nombreux — 17 millions en 2025 — ont un taux d’épargne supérieur à la moyenne, autour de 25 %. Enfin, les Français capitalisent en ne retirant pas les gains tirés de leurs placements, ce qui accroît mécaniquement le taux d’épargne. Les Américains ont, à l’inverse, un comportement différent, consommant une grande partie des revenus issus de leurs produits financiers.

Le taux d’épargne des ménages en France devrait continuer de baisser légèrement au quatrième trimestre, en raison du Black Friday et des dépenses de fin d’année, tout en demeurant élevé.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

Livret A : décollecte record en octobre

Le Livret A accuse le coup au mois d’octobre avec une décollecte majeure de 3,81 milliards d’euros. Il digère toujours la baisse de son taux à 1,7 %, intervenue le 1er août dernier. Cette décollecte d’octobre 2025 est la deuxième plus importante constatée depuis 2009 (début de la base statistique de la Caisse des dépôts). Le Livret A enregistre ainsi sa deuxième décollecte consécutive et la troisième du second semestre 2025 (juillet, septembre et octobre). Il faut remonter à 2021, après l’épidémie de Covid, pour retrouver au moins trois décollectes dans l’année. Cette désaffection des ménages n’est en rien imputable à une diminution de l’effort d’épargne. Les ménages continuent à mettre de l’argent de côté, en privilégiant désormais l’assurance-vie, qui bénéficie du rendement redevenu compétitif des fonds en euros, attendu autour de 2,6 % en 2025.

Octobre : un mois maudit pour le Livret A

La décollecte est une tradition en octobre, mais l’ampleur de celle de 2025 témoigne néanmoins d’une rupture pour le Livret A. Il faut remonter au mois d’octobre 2023 (–3,77 milliards d’euros) pour retrouver une décollecte d’une ampleur comparable. Le mois d’octobre est « maudit » pour le placement préféré des Français, avec une impressionnante série de décollectes. Depuis le début des statistiques officielles en 2009, la collecte n’a été positive en octobre qu’à deux reprises : en 2012 (+7,35 milliards d’euros) et en 2011 (+410 millions d’euros). Le montant moyen de la collecte en octobre, depuis 2009, est de –1,12 milliard d’euros. En octobre 2024, la décollecte du Livret A avait été de –1,94 milliard d’euros.

En octobre, les ménages n’enregistrent pas de primes ou de 13e mois, tandis que côté dépenses, la taxe foncière et les éventuelles régularisations au titre de l’impôt sur le revenu amputent les budgets.

Sur les dix premiers mois de l’année, la collecte du Livret A devient désormais négative (–2,84 milliards d’euros), alors qu’elle était positive de 11,5 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le LDDS dans le sillage du Livret A

Pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), la décollecte en octobre 2025 est de –1,29 milliard d’euros.

Comme pour le Livret A, le LDDS n’a connu que deux collectes positives en octobre depuis 2009 : en 2009 (+470 millions d’euros) et en 2022 (+290 millions d’euros).

Le montant moyen du LDDS en octobre sur les dix dernières années est de –532 millions d’euros.

En octobre 2024, la décollecte du LDDS avait été de –640 millions d’euros.

Un repli marqué sur les dix premiers mois de l’année

Avec l’enclenchement de la baisse du taux de rendement du Livret A entamée le 1er février puis poursuivie le 1er août, après deux ans d’un taux à 3 % (1er février 2023 – 1er février 2025), la collecte s’est affaissée. Sur les dix premiers mois de 2024, elle était de +11,5 milliards d’euros, contre –2,84 milliards d’euros sur la même période en 2025. Les montants respectifs pour le LDDS sont +5,5 milliards en 2024 et –1,5 milliard d’euros en 2025.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) stable en octobre

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en octobre, une collecte légèrement positive de 20 millions d’euros, en retrait par rapport à septembre (110 millions d’euros) et à octobre 2024 (210 millions d’euros).

Le taux de rémunération, à 2,7 %, demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Depuis le début de l’année, la collecte reste néanmoins négative (–1,52 milliard d’euros), alors qu’en 2024 elle avait été positive de près de 6 milliards d’euros.

Une fin d’année en creux pour l’épargne réglementée

En règle générale, les derniers mois de l’année ne sont pas favorables à l’épargne réglementée, entre paiement des impôts locaux et dépenses liées aux fêtes. Dans ce contexte, la poursuite de la décollecte est très probable.

Malgré tout, les annonces concernant la CSG sur les produits financiers — dont le Livret A, le LDDS ou le LEP sont exonérés — ou l’instauration d’un impôt sur la fortune improductive, qui toucherait les fonds en euros de l’assurance-vie, pourraient conduire certains épargnants à modifier leur comportement.

Vers une nouvelle baisse du taux du Livret A en février ?

Compte tenu des hypothèses d’inflation et d’évolution des taux d’intérêt, le rendement du Livret A pourrait être à nouveau revu à la baisse le 1er février prochain. Son taux pourrait être ramené à 1,4–1,5 %, tandis que celui du LEP pourrait être ajusté autour de 2,4–2,5 %.

Donnés Cdc

Le Coin des Epargnants du 21 novembre 2025

Chronique d’un dégonflement annoncé

La Bourse de Paris a évolué cette semaine au gré des interrogations concernant les valorisations excessives des entreprises de la tech américaine. Les bons résultats de Nvidia, le fabricant de microprocesseurs pour l’intelligence artificielle (IA), n’ont pas complètement rassuré les investisseurs.

« Nous entrons dans une phase plus mature du cycle d’investissement, ce qui pourrait entraîner un examen plus approfondi de la part des investisseurs », a déclaré Emmanuel Cau, responsable de la stratégie actions européennes chez Barclays.

Sur la semaine, le recul du CAC 40 a atteint plus de 2 %. L’indice parisien est repassé sous les 8 000 points. Tous les grands indices ont reculé : le Nasdaq a abandonné plus de 2 %. Le bitcoin a suivi le mouvement, son cours étant corrélé à celui du Nasdaq. Il s’échangeait vendredi 21 décembre sous les 90 000 dollars, en baisse de plus de 10 % sur la semaine.

Les doutes sur les valorisations des entreprises investies dans l’IA commencent à se concrétiser, d’autant plus que la fin de l’année approche. La réédition d’un krach sur le modèle de celui de l’an 2000, lors de l’éclatement de la bulle Internet, n’est toutefois pas le scénario le plus probable. En effet, le marché est aujourd’hui dominé par de très grandes sociétés – Amazon, Microsoft, Nvidia, etc. – capables d’affronter une tempête boursière grâce à l’ampleur de leur chiffre d’affaires et de leurs bénéfices, ce qui n’était pas le cas au début du siècle pour la multitude de start-up cotées.

Le cours du pétrole a, de son côté, reculé ces derniers jours en raison de la présentation du plan de Donald Trump pour la paix en Ukraine et de l’annonce, vendredi 21 décembre, par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, de sa volonté d’en discuter avec ce dernier. L’augmentation des stocks de brut aux États-Unis a également contribué à la détente des prix sur les marchés pétroliers. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés a augmenté sa production depuis le mois d’avril, faisant croître l’offre bien plus rapidement que la demande, laquelle est pénalisée par le ralentissement de la croissance aux États-Unis.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
21 nov. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 982,65-2,29 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 245,41-1,87 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 602,99-1,24 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 273,08-2,14 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 091,87-3,29 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 539,71-1,64 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 515,09 -3,14 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)48 625,88-4,36 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 834,89-4,19 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,473 %+0,014 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,699 %-0,021 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,075 %-0,066 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1505 -0,63 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 082,62-0,79 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars62,31-2,97 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars83 715,23-11,65 %38 252,5493 776,61

Maintien à un haut niveau de l’effort d’épargne des ménages en France

Au deuxième trimestre 2025, le patrimoine des ménages a, selon la Banque de France, atteint près de 6 500 milliards d’euros. Les produits de taux représentaient près de 3 900 milliards d’euros et les produits de fonds propres environ 2 500 milliards d’euros.

Le flux d’épargne brute des ménages a été en hausse au deuxième trimestre, tandis que l’endettement ne progresse plus significativement. Ce flux s’est élevé à 33 milliards d’euros. L’essentiel de ces placements se concentre sur l’assurance-vie et les droits à pension, ainsi que sur l’acquisition indirecte d’actions et de titres de créance via des OPC.

Les premières données couvrant les principaux placements financiers des ménages pour le troisième trimestre 2025 indiquent une nouvelle décollecte sur les livrets d’épargne réglementée, ainsi qu’une stabilité des placements en numéraire et sous forme de dépôts auprès des banques. S’agissant de l’assurance-vie et des droits à pension, la collecte demeure dynamique.

Le taux d’épargne financière de la France dépasse pour la première fois en plus de dix ans celui de l’Allemagne. Il était supérieur à 10,5 % du revenu disponible brut au 2ème trimestre 2025.

Relancer l’Europe de l’épargne retraite

La Commission européenne, dans le cadre de l’Union de l’épargne et de l’investissement, entend favoriser les fonds de pension. Elle souhaite ainsi garantir « un bon niveau de vie à la retraite, tout en libérant de nouveaux financements pour l’économie ». Aujourd’hui, au sein de l’Union, seulement 20 % des actifs sont adhérents à un régime professionnel d’épargne retraite et 18 % détiennent un produit personnel.

Pour inverser la tendance, la Commission préconise aux États membres de développer des systèmes de suivi des retraites permettant aux citoyens de visualiser l’ensemble de leurs droits à pension, afin d’améliorer la transparence et de les aider à prendre des décisions éclairées, sur le modèle de ce qui existe notamment en France.

Elle demande également aux États membres de développer des tableaux de bord donnant un aperçu de la viabilité et de l’adéquation des systèmes de pension nationaux (couverture, cotisations, revenus de retraite des différents groupes de population…). La Commission propose l’affiliation automatique aux régimes complémentaires des travailleurs. Les autorités européennes souhaitent également une réforme de la directive IORP II, qui régit les fonds de pension professionnels. Pour Bruxelles, la taille de nombreux régimes est insuffisante « pour diversifier leurs investissements et offrir des résultats optimaux aux épargnants ». La Commission propose donc de lever les obstacles à la consolidation du marché, en simplifiant les procédures transfrontalières et les règles de transfert.

La Commission souhaite également relancer le PEPP, le produit paneuropéen d’épargne retraite individuelle. Ce produit, créé en 2019 et censé être portable d’un pays à l’autre, demeure confidentiel, n’étant diffusé que dans quelques rares pays de l’Union. Par exemple, selon un article du Financial Times, au début de l’année 2025 : « seulement 4 747 utilisateurs et 11,5 millions d’euros d’encours » pour le PEPP. Le plafond de frais fixé à 1 % et l’obligation de conseil ont nui à son attractivité pour les fournisseurs et distributeurs. La réforme de la Commission introduit un « PEPP de base » simplifié, sans conseil obligatoire, investi à 95 % dans des actifs non complexes (actions, ETF). Les États devront offrir un traitement fiscal comparable à celui des produits nationaux de retraite, éliminant ainsi la distorsion de concurrence qui pénalisait le PEPP.

Vers une supervision européenne des marchés financiers ?

e 3 décembre prochain, la Commission européenne présentera un projet destiné à transformer l’architecture de la supervision des marchés financiers de l’Union européenne. Avec ce projet, les acteurs financiers les plus importants d’Europe seraient supervisés par l’ESMA, l’autorité européenne des marchés financiers basée à Paris.

L’ESMA aurait ainsi la supervision directe de toutes les plateformes de cryptoactifs et des infrastructures de marché les plus importantes : grandes places boursières, chambres de compensation et dépositaires centraux. La Bourse de Francfort serait ainsi contrôlée par l’ESMA.

Pour les gestionnaires d’actifs, le projet est moins radical : l’ESMA ne les superviserait pas directement, tout en ayant le dernier mot en cas de litiges entre autorités nationales.

Pour assumer ces nouvelles missions, l’ESMA sera dotée d’un conseil exécutif indépendant qui prendra les décisions de supervision au quotidien.

Ce projet s’inscrit dans le programme d’élimination des barrières qui fragmentent le marché européen. Actuellement, l’Union européenne compte de nombreuses plateformes de négociation, chambres de compensation et sociétés de gestion d’actifs. Le marché des capitaux européen représente environ un quart de la taille de celui des États-Unis, avec beaucoup plus de participants. Il manque cruellement de profondeur et se caractérise par une grande complexité. Si la France est favorable à la création d’un grand marché des capitaux, le Luxembourg et l’Irlande, en particulier, y sont plus hostiles, car ils craignent une perte de leur attractivité financière.

La réforme rappelle celle de la supervision bancaire, centralisée à la BCE après 2008. Mais elle sera plus délicate, car l’orientation des gouvernements est aujourd’hui moins pro-européenne, et la situation politique actuelle n’incite guère aux concessions.

L’adoption du projet de la Commission suppose l’accord des États membres et du Parlement européen. La position de l’Allemagne sera déterminante. Traditionnellement réticente à la centralisation, Berlin envoie cependant des signaux contradictoires : le chancelier Friedrich Merz se déclare favorable au principe d’une Bourse unique européenne, tout en restant opposé à la supervision centralisée des cryptoactifs.

Le Coin des Epargnants du 14 novembre 2025 : les marchés à la recherche d’un cap

Douche écossaise sur les marchés

Le CAC 40 a battu de nouveaux records le jeudi 13 novembre dernier en s’étant rapproché de la barre des 8 300 points. Sur l’ensemble de la semaine, l’indice phare de la Bourse de Paris a progressé de 2,7 %. Toutefois, en fin de semaine, les investisseurs ont réagi négativement après les déclarations de plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine. Ceux-ci ont laissé entendre qu’ils écartent, pour le moment, une nouvelle baisse des taux en décembre. Jerome Powell, le président de la Fed, l’avait déjà suggéré il y a deux semaines, mais ses propos n’avaient alors guère été pris en compte.

Pour la prochaine réunion de la Fed, les 9 et 10 décembre, les investisseurs estiment désormais qu’il y a autant de chances d’un assouplissement d’un quart de point que d’un statu quo, alors qu’un mois auparavant une diminution des taux semblait presque acquise. Compte tenu du retard pris dans la publication des statistiques économiques en raison du long shutdown auquel a été confrontée l’administration fédérale, la Fed devrait souhaiter temporiser.

Entre la fin du shutdown, les doutes sur la poursuite de l’assouplissement monétaire et les interrogations sur la valorisation des valeurs technologiques, les marchés américains n’ont pas su à quel saint se vouer. Les grands indices sont restés globalement stables sur la semaine.

Le bitcoin est passé cette semaine sous le seuil des 100 000 dollars, vendredi, et a cédé plus de 6 % sur la période. Les investisseurs s’inquiètent de la survalorisation de certaines entreprises de haute technologie. Cette anxiété rejaillit sur les actifs les plus spéculatifs, à commencer par les cryptomonnaies. La corrélation entre le Nasdaq et le bitcoin reste marquée. La victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine avait propulsé le bitcoin au-dessus du seuil symbolique des 100 000 dollars l’année dernière à la même époque. Depuis le début du mois d’octobre, son cours a reculé de près de 20 %.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
14 nov. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 170,09+2,68 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 147,48+0,66 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 734,11+0,15 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 900,59-0,51 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 876,55+1,30 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 698,37+0,03 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 693,77+2,29 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 376,53-2,18 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 990,49+0,77 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,459 %-0,003 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,720 %+0,055 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,141 %+0,071 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1612+1,15 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 087,91 -0,11 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars64,46+1,18 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars95 950,20-6,23 %38 252,5493 776,61

Départ à la retraite : état des lieux après la suspension de la réforme de 2023

L’Assemblée nationale a adopté, lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la suspension de la réforme des retraites de 2023. Le texte doit désormais être examiné par le Sénat avant d’être soumis à une commission mixte paritaire, en vue d’une adoption définitive, sous réserve que les délais d’examen soient tenus.

La suspension de la réforme a pour conséquence de figer l’âge légal à 62 ans et 9 mois, ainsi que le nombre de trimestres requis pour obtenir une retraite à taux plein à 170 trimestres. Les premiers actifs concernés par cette suspension sont les travailleurs de la génération 1964, qui pourront partir à la retraite dès 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans, et bénéficier du taux plein avec 170 trimestres au lieu de 171.

Le gouvernement a également décidé d’étendre la suspension aux personnes pouvant partir avant l’âge légal parce qu’elles ont commencé à travailler très jeunes. Dans le secteur privé, les assurés relevant du dispositif des « carrières longues » et souhaitant partir à compter de l’an prochain pourront ainsi obtenir une retraite à taux plein avec un nombre de trimestres inférieur à celui qui aurait été exigé si la réforme Macron avait continué à s’appliquer sans changement. Ces conditions plus favorables ne s’appliqueront toutefois qu’aux retraites liquidées à partir du 1er septembre 2026.

La suspension concernera aussi les fonctionnaires, qu’ils relèvent ou non de la catégorie active, ainsi que les militaires ayant plus de 15 ans de service. Sont également concernés les infirmiers de la fonction publique hospitalière qui, après la réforme de 2010, avaient renoncé au départ possible à 55 ans en échange d’un passage en catégorie A et d’une meilleure rémunération.

Au total, 3,5 millions de personnes sont potentiellement concernées par la suspension. Il s’agit des générations 1964 à 1968, soit une classe d’âge représentant environ 700 000 liquidations par an. La Caisse nationale d’assurance-vieillesse souligne toutefois que toutes les personnes éligibles ne saisiront pas cette opportunité : pour beaucoup, l’âge ne serait avancé que de trois mois, et certains pourraient préférer prolonger leur activité afin de bénéficier d’une surcote. Par ailleurs, tous les assurés n’auront pas le nombre de trimestres nécessaires pour partir dès le seuil minimal à taux plein.

Les personnes les plus susceptibles de bénéficier pleinement de la suspension sont celles entrant dans le champ des carrières longues ou relevant des catégories actives ou super-actives de la fonction publique.

Le Coin des épargnants du 8 novembre 2025 – inquiétudes sur l’intelligence artificielle

Le CAC a enregistré une deuxième semaine consécutive de baisse avec un recul de plus de 2 %. Les doutes s’amplifient quant à une possible survalorisation des valeurs technologiques américaines. A Wall Street, le Nasdaq a perdu plus de 3 % en cinq séances, emmenant à la baisse le bitcoin. Les investisseurs commencent à douter de la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle ce qui provoque une petite correction.

Les marchés sont fébriles également en raison de l’absence de statistiques américaines due au plus long shutdown de l’histoire des Etats-Unis. Faute d’éléments tangibles, une détente de la Fed en décembre n’est pas assurée, même si ce scénario est encore estimé à près de 70 %. Les investisseurs sont dans le brouillard, désorientés entre les avertissements contre l’inflation de plusieurs membres de la banque centrale et la montée des inquiétudes sur le marché du travail, les licenciements en octobre n’ayant jamais été aussi élevés pour un tel mois depuis 2003. Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, a dit elle-même qu’il n’est pas « évident que la politique monétaire doive en faire davantage à l’heure actuelle. »

Le moral des consommateurs américains est au plus bas, le shutdown alimentant l’anxiété selon l’indice de l’Université du Michigan. Cette dernière a indiqué que son indice de confiance des consommateurs est tombé à 50,3 ce mois-ci, son plus bas niveau depuis juin 2022, contre 53,6 en octobre. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une légère baisse à 53,2Cet indice a atteint son niveau le plus depuis trois ans et demi en novembre. Le blocage des administrations, le plus de long de l’histoire américaine provoque de nombreuses perturbations allant de la suspension des aides alimentaires à l’immobilisation de vols aériens. Cependant, l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan, confirment la polarisation de la société américaine, les ménages aisés s’en sortant quand ceux à faibles revenus sont contraints faute d’aide de revoir leur consommation à la baisse. Le moral s’est redressé parmi les détenteurs de portefeuilles boursiers conséquents, ce que l’Université du Michigan attribue à la « poursuite de la vigueur des marchés actions ». Cette dynamique d’économie à deux vitesses avait déjà été relevée la semaine dernière dans une enquête du Conference Board. La baisse du moral concerne aussi bien les consommateurs se déclarant Démocrates, Républicains ou Indépendants, et touche toutes les tranches d’âge et de revenus, à l’exception de celles détenant le tiers le plus élevé d’actions en bourse.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats 7 nov. 2025Évolution sur une semaineRésultats 29 déc. 2023Résultats 31 déc. 2024
CAC 40 7 950,18-2,13 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 987,10-1,21 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 728,80-1,63 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 004,54-3,04 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 569,96-1,68 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 682,57-0,38 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 566,530-1,67 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 276,37+0,11 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 997,56+0,23 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,462 %+0,043 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,665 %+0,034 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,070 %-0,022 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1580-0,61 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 000,88+2,01 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,49-2,26 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars102 224,74-7,71 %38 252,5493 776,61

Patrimoine des ménages : près de 15 000 milliards d’euros

En 2024, le patrimoine des ménages augmente s’est élevé, selon l’INSEE, à 14 953 milliards d’euros en hausse de 0,7 % sur un an. Il représente 76,5 % du patrimoine national et 8,2 fois leur revenu disponible net. Comme en 2023, la hausse en 2024 résulte de celle du patrimoine financier net (+1,1 point de contribution à la croissance du patrimoine des ménages), atténuée par une baisse du patrimoine non financier affectée par le recul de l’immobilier (-0,4 point de croissance).

Le patrimoine financier net des ménages est structurellement positif. En 2024, il a atteint 4 986 milliards d’euros, dont 7 096 milliards d’euros d’actifs financiers, contre 2 112 milliards de crédits.

Concernant les actifs financiers, les ménages ont privilégié l’assurance-vie et les placements retraite avec une hausse respective de 3,6 et 6,4 %. Les réallocations observées en 2023 sur les différentes catégories de dépôts se poursuivent. Le numéraire et les dépôts ont augmentent de 1,4 %, après +2,6 % en 2023. En 2024, les livrets d’épargne réglementée (livret A, LDDS, LEP) et les dépôts à terme ont continué de progresser quand les dépôts à vue et les plans d’épargne-logement diminuent. Les placements des ménages en actions et parts de fonds d’investissement augmentent légèrement, après un rebond en 2023 (+1,5 %, après +11,7 %).

Au passif, les crédits des ménages sont stables (+0,0 %, après +1,1 %). La production de crédits demeure faible bien que les taux des crédits nouveaux à l’habitat hors renégociation soient passés de plus de 4,0 % à 3,3 % au cours de l’année. Les flux nets de crédits s’élèvent à 3 milliards d’euros en 2024, après 23 milliards en 2023.

Le patrimoine financier ne représente toutefois que le tiers de la richesse totale des ménages, les deux tiers restants étant composés du patrimoine non financier, essentiellement constitué d’immobilier.

À eux seuls, les ménages détiennent la moitié du patrimoine non financier de la nation. La valeur de ce patrimoine non financier des ménages diminue en 2024 de 0,6 % (après -3,0 %). La valeur des logements et des terrains sous‑jacents, qui représentent 87,1 % de ces actifs, diminue légèrement (‑0,8 %, après -2,8 %), en raison du recul de la valeur des terrains (-3,2 %, après -8,9 %), partiellement atténuée par la hausse de celle du bâti (+1,2 %, après +3,0 %).

Cercle de l’Epargne – données INSEE

L’assurance vie est-elle improductive ?

Philippe Crevel a été interrogée par la rédaction d’Atlantico au sujet du projet d’impôt sur la fortune dite improductive.


Loin d’être dormante, l’assurance-vie irrigue l’économie française et les finances publiques. La taxe sur les fonds euros risquerait de déplacer l’épargne vers l’étranger, de renchérir la dette et de brouiller la notion de justice fiscale.

Hausse de la flat tax ?

Les prélèvements sociaux sur les produits de placement et revenus financiers en France se composent de plusieurs contributions dont la CSG. Leur taux global est actuellement de 17,2 %. Il s’applique aux revenus du capital (intérêts, dividendes, plus-values, assurance vie, PER, PEA, PEL, CEL, livrets ordinaires, superlivrets, dépôts à terme etc.). Seuls y échappent le Livret A, le LDDS, le LEP et le livret Jeune ainsi que le PEAC.

L’Assemblée nationale, lors de l’examen du  projet de loi de financement de la Sécurité sociale de porter le taux de la CSG sur les produits financiers de 9,2 à 10,6% soit une hausse de 1,4 point censée rapporter 2,8 milliards d’euros. Seront particulièrement touchés l’assurance vie et les comptes titres.

Le taux des prélèvements sociaux passerait en cas d’adoption définitive de cette hausse de 17,2 à 18,6 %. Le taux de la flat tax attendrait 31,4 % au lieu de 20 %.

ComposanteTauxAffectation principale
CSG (Contribution sociale généralisée)9,2 %Financement de la Sécurité sociale (maladie, famille, retraite)
CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale)0,5 %Amortissement de la dette sociale (CADES)
Prélèvement de solidarité7,5 %Remplace depuis 2018 le prélèvement social et ses contributions additionnelles ; affecté au budget de l’État et au Fonds de solidarité vieillesse (FSV)
Total17,2 %

L’impôt sur la fortune improductive : le nouvel ovni fiscal français

Les discussions parlementaires, surtout depuis la disparition du fait majoritaire, sont propices à l’imagination fiscale. Cette année, les parlementaires ont donné libre cours à leur créativité en la matière.

À défaut d’avoir institué la taxe Zucman sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, l’Assemblée nationale a adopté un amendement qui remet au goût du jour l’ISF à travers un nouvel impôt sur la fortune « improductive ». En 2018, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, l’impôt sur la fortune avait laissé la place à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). L’assiette de ce dernier ne concernait que les biens immobiliers, avec un seuil d’imposition fixé à 1,3 million d’euros. Les produits financiers et les autres biens meubles (bijoux, bateaux, voitures, etc.) avaient alors été exclus de l’assiette. L’ISF comptait, en 2017, 358 000 contribuables pour un rendement de 4,6 milliards d’euros.

En 2024, environ 186 000 foyers fiscaux étaient assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière, qui a rapporté un peu plus de 2 milliards d’euros.

L’amendement déposé au projet de loi de finances pour 2026 par le député MoDem Jean-Paul Matteï et adopté le 31 octobre dernier élargit l’assiette de l’IFI à certains placements financiers et biens meubles. Les sommes, rentes ou valeurs d’assurance-vie (hors unités de compte), les liquidités et placements financiers assimilés, les actifs numériques (cryptomonnaies), ainsi que les biens meubles corporels — jets privés, voitures de luxe, bijoux, mais aussi œuvres d’art — intègrent désormais le périmètre de l’impôt. Les biens professionnels demeurent exonérés. Un abattement d’un million d’euros est prévu sur la résidence principale. Par ailleurs, les logements répondant à des normes environnementales pourraient bénéficier d’une exonération.

Le nouvel IFI ne serait plus soumis à un barème progressif (actuellement de 0,5 % à 1,5 %). Le taux serait unique, fixé à 1 %, et ne s’appliquerait qu’à partir de 2 millions d’euros de patrimoine.

Compte tenu de la rédaction de l’amendement, plusieurs zones de flou demeurent. Les fonds en euros présents dans les contrats de capitalisation ou les PER sont-ils concernés ? Historiquement, les produits d’épargne retraite, comme les contrats Madelin, n’ont jamais été visés par un impôt sur le patrimoine, car il faut normalement attendre la retraite — ou l’un des cas de déblocage anticipé — pour récupérer tout ou partie des sommes épargnées.

Même incertitude concernant les actifs détenus indirectement au travers d’une société ou d’une holding. L’IFI, dans sa version actuelle (limitée à l’immobilier), prévoit d’imposer les parts de ces sociétés au prorata des actifs immobiliers imposables qu’elles détiennent. Les députés n’ont pas amendé cette partie de l’article 965 du Code général des impôts pour tenir compte de l’élargissement de l’assiette. Les actifs improductifs non immobiliers, hébergés dans une société, pourraient ainsi échapper à l’IFI remanié.

L’abattement d’un million d’euros pourrait concerner un bien locatif ou une résidence secondaire si le contribuable n’est pas propriétaire de sa résidence principale. Les règles d’imputation des déficits devront également être précisées.

Si ce nouvel IFI est définitivement adopté, il devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2026, avec une première déclaration au printemps suivant.

Le rendement estimé de cet impôt sur la fortune improductive serait relativement faible. Par rapport à l’IFI actuel, le gain ne dépasserait pas 500 millions d’euros. En octobre 2023, un rapport du Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital estimait que le maintien de l’ISF aurait rapporté 6,3 milliards d’euros pour la seule année 2022.

Cet impôt devrait, sans nul doute, disparaître au Sénat et ne pas être retenu par une éventuelle commission mixte paritaire, chargée de présenter un texte commun aux deux chambres. À supposer que le débat ne s’enlise pas : au-delà des 70 jours impartis, le gouvernement pourrait recourir aux ordonnances, et dans ce cas, il ne retiendrait certainement pas cet impôt.

L’assurance vie en pleine forme en septembre

L’assurance vie continue d’enregistrer de bons résultats, avec un gain de 12,8 milliards d’euros au troisième trimestre. Premier placement des ménages en France, elle bénéficie d’une compétitivité retrouvée. La baisse du rendement du Livret A, combinée au maintien de celui des fonds en euros autour de 2,6 %, ainsi qu’à la bonne tenue des marchés boursiers, explique la progression remarquable de la collecte nette et brute de l’assurance vie.

Une collecte nette remarquable en septembre

Au mois de septembre, l’assurance vie confirme sa dynamique, avec une collecte nette de 4,12 milliards d’euros, soit son meilleur résultat depuis 1997, année marquant le début de la base statistique de France Assureurs. Jusqu’à présent, le record pour un mois de septembre datait de 2009 (4,05 milliards d’euros).

En 2025, la collecte nette se situe très largement au-dessus de sa moyenne décennale (787 millions d’euros). Le mois de septembre réussit, en règle générale, plutôt bien à l’assurance vie. Depuis l’an 2000, seules quatre décollectes ont été enregistrées au cours de ce mois :

  • 2020 : -246 millions d’euros ;
  • 2016 : -553 millions d’euros ;
  • 2012 : – 308 millions d’euros ;
  • 2011 : -1,810 milliard d’euros.

La collecte nette de septembre 2025 est nettement supérieure à celle du même mois en 2024 (2,4 milliards d’euros). Elle s’inscrit dans la continuité des bons résultats enregistrés ces derniers mois : 3,7 milliards d’euros en août et 4,9 milliards d’euros en juillet.

La collecte nette est restée positive tant pour les unités de compte (+2,5 milliards d’euros) que pour les fonds en euros (+1,6 milliard d’euros). Ces derniers signent ainsi leur huitième mois consécutif de collecte nette positive depuis février 2025, une performance inédite depuis septembre 2019.

Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint 39,4 milliards d’euros, soit 18,8 milliards de plus qu’à la même période en 2024. Cette progression concerne à la fois les supports en euros (+7,2 milliards d’euros) et les unités de compte (+32,1 milliards d’euros).

En septembre, des cotisations record

En septembre, les cotisations en assurance vie ont atteint près de 15 milliards d’euros (14,9 milliards d’euros), établissant un record pour ce mois. Elles sont en hausse de 20 % sur un an. Les cotisations ont progressé de 17 % pour les fonds en euros et de 27 % pour les unités de compte.

Depuis le début de l’année, elles totalisent plus de 143 milliards d’euros, témoignant d’un véritable rebond de l’assurance vie.

La part des cotisations en unités de compte est en léger repli, à 35 % en septembre, contre 38 % pour l’ensemble de l’année 2024. Ce recul s’explique par le regain d’attractivité des fonds en euros, qui profitent de la stabilisation de leurs rendements.

La modération persistante des prestations

Les ménages continuent à peu retirer d’argent de leur assurance vie. Les prestations se sont élevées à 10,8 milliards d’euros en septembre.

Depuis le début de l’année, elles reculent de 6 % (−6,7 milliards d’euros), pour s’établir à 103,8 milliards d’euros. Cette baisse concerne à la fois les supports en euros (−5,5 milliards d’euros) et les supports en unités de compte (−1,2 milliard d’euros).

Un encours en hausse de 5 % sur un an

L’encours global atteint 2 084 milliards d’euros à fin septembre 2025, confortant l’assurance vie dans son rôle de premier placement financier des ménages français.

2025 : l’année de l’assurance vie

L’assurance vie devrait continuer de bénéficier d’une collecte abondante d’ici la fin de l’année. La collecte nette pourrait s’établir autour de 50 milliards d’euros en 2025. Il faut remonter à 2010 pour retrouver un tel niveau.

Depuis le début de l’année, les ménages réorientent leur effort d’épargne, qui demeure soutenu. Ils réduisent leurs versements sur les produits d’épargne réglementée et réaffectent une partie de leurs liquidités précédemment placées sur les dépôts à terme, dont l’encours a reculé de 20 milliards d’euros entre janvier et août 2025.

L’Assurance vie à grande vitesse

L’assurance vie continue d’enregistrer de bons résultats, avec un gain de 12,8 milliards d’euros au troisième trimestre. Premier placement des ménages en France, elle bénéficie d’une compétitivité retrouvée. La baisse du rendement du Livret A, combinée au maintien de celui des fonds en euros autour de 2,6 %, ainsi qu’à la bonne tenue des marchés boursiers, explique la progression remarquable de la collecte nette et brute de l’assurance vie.

Une collecte nette remarquable en septembre

Au mois de septembre, l’assurance vie confirme sa dynamique, avec une collecte nette de 4,12 milliards d’euros, soit son meilleur résultat depuis 1997, année marquant le début de la base statistique de France Assureurs. Jusqu’à présent, le record pour un mois de septembre datait de 2009 (4,05 milliards d’euros).

En 2025, la collecte nette se situe très largement au-dessus de sa moyenne décennale (787 millions d’euros). Le mois de septembre réussit, en règle générale, plutôt bien à l’assurance vie. Depuis l’an 2000, seules quatre décollectes ont été enregistrées au cours de ce mois :

  • 2020 : -246 millions d’euros ;
  • 2016 : -553 millions d’euros ;
  • 2012 : – 308 millions d’euros ;
  • 2011 : -1,810 milliard d’euros.

La collecte nette de septembre 2025 est nettement supérieure à celle du même mois en 2024 (2,4 milliards d’euros). Elle s’inscrit dans la continuité des bons résultats enregistrés ces derniers mois : 3,7 milliards d’euros en août et 4,9 milliards d’euros en juillet.

La collecte nette est restée positive tant pour les unités de compte (+2,5 milliards d’euros) que pour les fonds en euros (+1,6 milliard d’euros). Ces derniers signent ainsi leur huitième mois consécutif de collecte nette positive depuis février 2025, une performance inédite depuis septembre 2019.

Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint 39,4 milliards d’euros, soit 18,8 milliards de plus qu’à la même période en 2024. Cette progression concerne à la fois les supports en euros (+7,2 milliards d’euros) et les unités de compte (+32,1 milliards d’euros).

En septembre, des cotisations record

En septembre, les cotisations en assurance vie ont atteint près de 15 milliards d’euros (14,9 milliards d’euros), établissant un record pour ce mois. Elles sont en hausse de 20 % sur un an. Les cotisations ont progressé de 17 % pour les fonds en euros et de 27 % pour les unités de compte.

Depuis le début de l’année, elles totalisent plus de 143 milliards d’euros, témoignant d’un véritable rebond de l’assurance vie.

La part des cotisations en unités de compte est en léger repli, à 35 % en septembre, contre 38 % pour l’ensemble de l’année 2024. Ce recul s’explique par le regain d’attractivité des fonds en euros, qui profitent de la stabilisation de leurs rendements.

La modération persistante des prestations

Les ménages continuent à peu retirer d’argent de leur assurance vie. Les prestations se sont élevées à 10,8 milliards d’euros en septembre.

Depuis le début de l’année, elles reculent de 6 % (−6,7 milliards d’euros), pour s’établir à 103,8 milliards d’euros. Cette baisse concerne à la fois les supports en euros (−5,5 milliards d’euros) et les supports en unités de compte (−1,2 milliard d’euros).

Un encours en hausse de 5 % sur un an

L’encours global atteint 2 084 milliards d’euros à fin septembre 2025, confortant l’assurance vie dans son rôle de premier placement financier des ménages français.

2025 : l’année de l’assurance vie

L’assurance vie devrait continuer de bénéficier d’une collecte abondante d’ici la fin de l’année. La collecte nette pourrait s’établir autour de 50 milliards d’euros en 2025. Il faut remonter à 2010 pour retrouver un tel niveau.

Depuis le début de l’année, les ménages réorientent leur effort d’épargne, qui demeure soutenu. Ils réduisent leurs versements sur les produits d’épargne réglementée et réaffectent une partie de leurs liquidités précédemment placées sur les dépôts à terme, dont l’encours a reculé de 20 milliards d’euros entre janvier et août 2025.

France Assureurs

France Assureurs

Contact presse :

Le Coin des Epargnants du 31 octobre 2025

Mouvement de taux aux États-Unis, statu quo en Europe

Les mois d’octobre ont parfois rimé avec krachs boursiers. Il n’en a rien été en 2025. De nombreux indices ont, au contraire, atteint de nouveaux records.

Les marchés actions ont été portés par les bons résultats trimestriels des entreprises, la baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed) et l’engouement pour l’intelligence artificielle. La capitalisation de Nvidia a dépassé 5 000 milliards de dollars, tandis que celle de Microsoft a franchi les 4 000 milliards, à la faveur de son accord renforcé avec OpenAI. Depuis le début de l’année, les marchés plébiscitent les groupes les plus exposés à l’IA, et sanctionnent ceux jugés moins ambitieux. Alphabet, Meta et Microsoft, considérés comme les plus avancés dans le domaine, ont respectivement progressé de 28 %, 25 % et 23 % sur les trois premiers trimestres, loin devant Apple et Amazon, jugés plus en retrait.

Détente commerciale entre Washington et Pékin

Le mois d’octobre a également été marqué par un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, conclu lors de la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump. Ce dernier, en réaction aux restrictions chinoises sur les terres rares, avait menacé d’imposer 100 % de droits de douane sur les produits chinois. En échange de la levée des interdictions d’exportation de terres rares, les droits ont été ramenés de 157 % à 47 %. Donald Trump a également obtenu la reprise des achats de soja américain par la Chine, suspendus depuis septembre.

Paris profite de l’accalmie politique

Le CAC 40 a signé son meilleur mois depuis janvier, battant en séance son record du 10 mai 2024, avec un pic à 8 271,48 points le 21 octobre. En France, la sortie de la crise politique a rassuré les investisseurs. Le taux de l’OAT à 10 ans s’est légèrement détendu : l’écart avec le Bund allemand est revenu à 70 points de base, contre 90 en pleine crise. Au 31 octobre 2025, le taux français à 10 ans (3,419 %) reste toutefois supérieur à celui de l’Italie (3,383 %).

L’or bat un nouveau record

Le cours de l’once d’or a dépassé les 4 200 dollars en octobre. Les pressions exercées par Donald Trump sur la Fed ont nourri les craintes d’une remise en cause de son indépendance, incitant les investisseurs à se tourner vers les valeurs refuges.

Nouvelle baisse de taux de la Fed

Le mercredi 29 octobre, la Réserve fédérale américaine a annoncé une nouvelle baisse de ses taux directeurs d’un quart de point, les ramenant dans la fourchette 3,75 % – 4 %. Elle a également confirmé la fin de la réduction de son bilan à compter du 1er décembre.

La paralysie budgétaire (shutdown) contraint la Fed à agir sans disposer en temps réel des statistiques économiques. L’institution a relancé son cycle d’assouplissement monétaire le mois dernier, après une longue pause, motivée par la baisse des créations d’emplois, malgré une inflation toujours supérieure à l’objectif de 2 %.

Jerome Powell a toutefois prévenu qu’une troisième baisse consécutive en décembre était « loin d’être acquise ». Cette prudence a surpris les investisseurs, qui anticipaient une poursuite du mouvement de détente monétaire.

Cette déclaration a jeté un froid sur les marchés, alors que la perspective d’une politique plus accommodante alimentait la hausse des cours depuis plusieurs semaines. Certains membres de la Fed s’inquiètent du maintien de pressions inflationnistes, mais le ralentissement économique est désormais tangible. La paralysie budgétaire accroît les risques à court terme, tandis que les annonces de suppressions d’emplois se multiplient.

Tant que le Congrès n’adoptera pas de nouveau budget, aucune nouvelle donnée officielle sur l’inflation ne sera publiée, a prévenu l’administration Trump. Les statistiques sur l’emploi sont déjà suspendues depuis fin septembre. Pour ne rien arranger, ADP, le spécialiste des données privées sur le marché du travail, a restreint l’accès des économistes de la Fed à ses données détaillées.

La banque centrale américaine a également acté la fin de la réduction progressive de son bilan, alors que les marchés monétaires à court terme ont montré de premiers signes de tension. La Fed reprendra les réinvestissements de son portefeuille d’obligations à partir du 1er décembre.

La taille du bilan de la Fed est passée d’un pic de 9 000 milliards de dollars en 2022 à 6 600 milliards aujourd’hui. Malgré cette cure d’amincissement, il demeure supérieur de 2 000 milliards à son niveau d’avant la pandémie. La fin du resserrement quantitatif devrait contribuer à assouplir les conditions de financement, mais la Fed prévoit de concentrer ses réinvestissements sur la dette d’État américaine, tout en continuant à liquider ses titres adossés à des prêts hypothécaires.

Donald Trump, de son côté, s’est montré moins vindicatif envers la Fed ces dernières semaines. Le président apprécie la baisse des taux, même s’il souhaiterait une action plus rapide.

Statu quo à Francfort

Le jeudi 30 octobre, à la différence de la Fed, la Banque centrale européenne (BCE) a choisi le statu quo. Le Conseil des gouverneurs a décidé de maintenir :

  • le taux de dépôt à 2 % ;
  • le taux des opérations principales de refinancement à 2,15 % ;
  • le taux de la facilité de prêt marginal à 2,40 %.

Cette décision, largement anticipée, confirme la volonté de la BCE de privilégier la stabilité monétaire. Mi-octobre, Christine Lagarde avait déclaré, lors de la réunion annuelle du FMI à Washington, que « la politique monétaire est actuellement bien positionnée et l’Europe bien préparée à faire face aux chocs futurs ».

L’institution souligne que l’inflation reste proche de l’objectif de 2 % à moyen terme, avec des prévisions inchangées :

  • 2,1 % en 2025 ;
  • 1,7 % en 2026 ;
  • 1,9 % en 2027.

Dans ce contexte, la BCE estime qu’il est urgent de ne rien faire. Elle note que « l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, le cessez-le-feu au Moyen-Orient et les progrès dans les négociations sino-américaines ont réduit certains risques pesant sur la croissance mondiale ».

La baisse des taux de la Fed pourrait toutefois, à terme, entraîner une appréciation de l’euro, pénalisant les exportations européennes — un facteur qui pourrait, à moyen terme, inciter la BCE à ajuster sa politique monétaire.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
31 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 121,07-1,43 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 562,87+0,75 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 840,20+0,71 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 724,96+2,39 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 958,30-1,16 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 717,25+0,74 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 662,0-0,22 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)52 411,34+6,28 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 954,79+0,98 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,419 %-0,015 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,631 %+0,005 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,092 %+0,091 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1526-0,61 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 009,87-3,37 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars65,05-1,19 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars109 194,06-1,65 %38 252,5493 776,61

Les achats d’or toujours dynamiques

Depuis le début de l’année, le cours de l’once d’or a progressé de plus de 50 %. Qui sont les acteurs à l’origine de cette envolée ? Selon les données publiées le 30 octobre dernier par le Conseil mondial de l’or (CMO), la demande mondiale a atteint un nouveau record au troisième trimestre, à 1 313 tonnes, soit le volume le plus élevé observé depuis l’an 2000, date du début de l’enregistrement des données par le CMO.

En valeur, la demande a augmenté de 44 %, pour atteindre un record de 146 milliards de dollars sur le trimestre. Depuis le début de l’année, la demande cumulée s’établit à 3 717 tonnes, pour une valeur de 384 milliards de dollars, soit 1 % de plus qu’en 2024.

Les banques centrales demeurent des acteurs majeurs du marché. Leurs achats ont atteint 220 tonnes d’or au troisième trimestre, soit une hausse de 28 % par rapport au trimestre précédent. La Banque nationale du Kazakhstan a été le principal acheteur, tandis que la banque centrale du Brésil a acquis de l’or pour la première fois depuis plus de quatre ans. En cumulé sur l’année, la demande des banques centrales recule toutefois légèrement : 634 tonnes sur les trois premiers trimestres de 2025, contre 724 tonnes sur la même période en 2024.

Légère baisse de la taux de rémunération de l’épargne de court terme pour les ménages

En septembre, selon la Banque de France, la rémunération moyenne des encours de dépôts bancaires des ménages et des sociétés non financières (SNF) est stable et s’établit à 1,28 %. Le taux de rémunération des dépôts à terme pour les livrets ordinaires.

Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS 

Encours (Md€)Taux de rémunération des dépôtsContrats nouveaux (Mds€)Taux de rémunération sur contrats nouveaux
sept-25 (p)sept-24août-25 (r)sept-25 (p)sept-25 (p)sept-24août-25 (r)sept-25 (p)
Dépôts bancaires des Ménages et SNF2 5991,821,281,28
dont Ménages1 8821,861,311,31
dont : – dépôts à vue (b)5540,070,040,04
– livrets à taux réglementés (b,c)7173,071,801,80
dont : livret A (b)4033,001,701,70
– livrets ordinaires (b)2270,930,790,77
– dépôts à terme <= 2 ans (d)733,492,492,41123,191,941,88
– dépôts à terme > 2 ans (d)1062,362,392,4023,052,462,42
– plan d’épargne-logement2042,622,632,6312,241,741,75
dont SNF7171,721,191,20
dont : – dépôts à vue (b)4970,790,480,46
– dépôts à terme <= 2 ans (d)1373,712,502,60373,552,052,09
– dépôts à terme > 2 ans (d)833,573,303,2623,102,442,63
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème3,652,152,15
Euribor 3 mois (e)3,432,022,03
Rendement du TEC 2 ans (e), (f)2,432,072,14
Rendement du TEC 5 ans (e), (f)2,532,672,72

Notes :

– En raison des arrondis, la somme peut légèrement différer du total des composantes

a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Pour les dépôts à vue et les livrets, le taux sur les contrats nouveaux est supposé égal à celui sur les encours.
c. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
d. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
e. Moyenne mensuelle.
f. Taux de l’Échéance Constante 2 ans et 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
r. Données révisées.
p. Données provisoires.

Moody’s ne dégrade pas la France

Moody’s ne dégrade pas la note de la France

Vendredi soir, Moody’s n’a pas dégradé la note de la France mais assorti cette dernière de perspective négative. Elle a ainsi maintenu la note « AA3 ». Moody’s se distingue des deux autres grandes agences de notation qui ont récemment privé Paris de son « double A »,  Fitch en septembre et S&P la semaine dernière, en avance sur son calendrier de révision traditionnel.

Moody’s avec le changement de perspective a mis néanmoins en garde la France qui pourrait rapidement perdre son dernier double A si elle n’arrivait pas à maîtriser la situation de ses finances publiques. L’agence souligne les dangers inhérents à l’instabilité politique. « Cette instabilité risque d’entraver la capacité du gouvernement à affronter des défis essentiels tels que le déficit budgétaire élevé, le fardeau croissant de la dette et la hausse durable des coûts d’emprunt. » expliquent les analystes de Moody’s, qui mentionnent les effets négatifs d’un retour en arrière durable sur certaines réformes structurelles clefs, en particulier la réforme des retraites de 2023. « Si la suspension de la réforme s’étend au-delà de quelques années, cela va exacerber les défis budgétaires du gouvernement et affecter négativement le potentiel de croissance de l’économie en réduisant l’offre de travail », ont-ils indiqué.

Comme pour les décisions des deux autres agences, celle de Moody’s ne devrait pas avoir de conséquences sur les marchés financiers. Les investisseurs ont intégré de longue date la détérioration des finances publiques tricolores, que les agences ne font en réalité que confirmer.

La discussion parlementaire du budget n’augure rien de bon pour l’avenir de la notation de la France. Si le gouvernement ambitionne de réduire le déficit public l’an prochain à 4,7 % du PIB (environ 144 milliards d’euros) contre 5,4 % attendus cette année (environ 160 milliards), nul s’attend que cet objectif soit atteint. La marche vers le retour d’u déficit en-dessous de 3 % du PIB (90 milliards d’euros) apparaît bien longue et incertaine.  « Ce n’est qu’en atteignant ce seuil des 3 % que nous stabiliserons notre dette », a répété Roland Lescure. La dette publique devrait représenter 115,9 % du PIB en fin d’année, en hausse de 2,7 points sur un an. Bercy espère ralentir cette hausse pour atteindre un pic à 118,7 % fin 2027 avant d’amorcer un lent recul. En un an, la charge d’intérêts est passée de 60 à 65 milliards et devrait atteindre 74 milliards l’an prochain avant d’approcher 100 milliards en 2028.

Le Coin des épargnants du 24 octobre 2025

Nouveau record pour le CAC 40

Ce mardi 21 octobre, le CAC 40 a battu un record en clôture, à 8 258,86 points, dépassant le niveau atteint le 15 mai 2024, avant la dissolution de l’Assemblée. Il aura fallu près d’un an et demi pour effacer le choc alors subi, sachant que les autres indices européens et américains ont connu entre-temps une forte hausse ; ces derniers ont également battu des records cette semaine.

Le nouveau record du CAC 40 intervient juste après une nouvelle crise politique et la dégradation de la note de la France par l’agence S&P. La discussion budgétaire chaotique aurait pu, elle aussi, refroidir les ardeurs des investisseurs. Tel n’a pas été le cas. Ces derniers avaient largement anticipé la situation. Les considérations politiques ont été mises de côté au profit de considérations économiques et financières. Depuis le début de l’année, les marchés boursiers sont portés par les avancées en matière d’intelligence artificielle et par l’éventuelle amélioration de la productivité qu’elle pourrait engendrer. La reprise de la baisse des taux directeurs de la part de la Banque centrale américaine constitue un autre vecteur de croissance pour les marchés d’actions. Les valeurs boursières profitent, en outre, de la publication des résultats trimestriels des entreprises, supérieurs aux attentes.

Le CAC 40, s’il est influencé par le contexte national, obéit aussi aux grandes tendances de l’économie mondiale. Entre 75 % et 80 % des revenus des sociétés du CAC 40 sont réalisés à l’étranger. Seulement 8 % du chiffre d’affaires de LVMH est réalisé en France, contre environ 27 % en Asie (hors Japon) et 25 % aux États-Unis. Malgré tout, le CAC 40 est loin d’avoir comblé son retard sur ses homologues : depuis le 1er janvier, il n’a progressé que de 10 %, contre plus de 20 % pour le DAX allemand. Avec les derniers soubresauts liés à la discussion budgétaire, le CAC 40 est resté stable vendredi, tandis que les grands indices américains et le DAX atteignaient de nouveaux records. Dès le début de l’examen en séance publique du budget, les menaces de dépôt de motions de censure se sont multipliées. Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a réclamé des mesures de justice fiscale (taxe Zucman, ISF climatique, etc.). Le Parti socialiste tente de pousser son avantage, conscient que la survie du gouvernement dépend en partie de sa position.

Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation a été publié ce vendredi après-midi, avec près de dix jours de retard par rapport au calendrier initial, en raison du shutdown de l’État fédéral. L’inflation a augmenté de 0,3 % le mois dernier et de 3 % sur un an. Le consensus établi par Bloomberg tablait sur des hausses respectives de 0,4 % et 3,1 %. Hors alimentation et énergie, la hausse est de 0,2 % sur un mois, contre +0,3 % attendu, et de 3 % sur un an, contre 3,1 % attendu. Des chiffres qui ne changent pas la donne à une semaine de la décision monétaire de la Réserve fédérale. Une détente des taux d’intérêt d’un quart de point est attendue en octobre.

Le pétrole, victime des sanctions

Depuis plusieurs semaines, le cours du baril de pétrole évoluait autour de 60 dollars. Les annonces de nouvelles sanctions prises par les États-Unis contre la Russie ont provoqué une hausse de plus de 5 dollars du baril. C’est la première fois que les exportations de pétrole russes sont directement visées par Washington, qui a placé les deux compagnies pétrolières russes Lukoil et Rosneft sur liste noire. Tous les actifs de ces compagnies aux États-Unis sont désormais gelés, et les entreprises américaines n’ont plus le droit de réaliser des affaires avec elles. Or, ces deux géants représentent l’essentiel des exportations de brut russe.

L’Union européenne a également décidé un nouveau train de sanctions, dont certaines visent la flotte fantôme de pétroliers russes. Cette flotte permet à la Russie de continuer à exporter son pétrole brut malgré les interdictions. Selon Emmanuel Macron, cette flotte parallèle permet à Moscou de financer 30 % à 40 % de son effort de guerre contre l’Ukraine.

La Russie demeure un acteur majeur du marché pétrolier. Avec environ 12 % de la production mondiale, elle est le troisième producteur mondial, derrière les États-Unis et l’Arabie saoudite. Les sanctions décidées par les États-Unis et l’Union européenne interviennent dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale, avec des prix du pétrole plutôt orientés à la baisse. Dans ce cadre, les tensions sur le marché pétrolier pourraient n’être qu’éphémères.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
24 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 225,63+0,39 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 207,12+2,35 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 791,69+2,02 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 204,87+2,49 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 243,97+1,73 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 638,58+2,94 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 674,50+1,20 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)49 299,65+5,23 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 950,31+2,12 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,434%+0,074 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,626 %+0,045 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,001 %-0,009 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1623+0,23 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 128,98-0,36 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars66,61+8,86 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars110 205,93-5,86 %38 252,5493 776,61

Livret A : coup de mou en septembre

Retour des vacances, dépenses de rentrée scolaire : le mois de septembre réussit rarement au Livret A ainsi qu’au Livret de développement durable et solidaire (LDDS), mais le cru 2025 est particulièrement mauvais, avec une décollecte de 1,95 milliard d’euros pour le premier et de 760 millions d’euros pour le second. La baisse du taux de rémunération à 1,7 %, intervenue le 1er août dernier, a manifestement conduit les ménages à réorienter leur épargne vers d’autres placements, dont l’assurance vie.

Septembre : toujours un mois difficile pour l’épargne réglementée

2025 marque la septième décollecte enregistrée en septembre depuis 2009 (année des premières statistiques de la Caisse des dépôts). Le LDDS signe, de son côté, sa treizième décollecte en septembre depuis cette même date.

2025 marque néanmoins une réelle inflexion. Il faut remonter à septembre 2015 pour retrouver, pour le Livret A, une décollecte plus forte (-2,38 milliards d’euros), tout comme pour le LDDS (-870 millions d’euros).

Le résultat de 2025 est très éloigné du niveau moyen de collecte observé sur les dix dernières années en septembre (+324 millions d’euros pour le Livret A et –183 millions pour le LDDS).

En septembre, les ménages doivent faire face à un surcroît de dépenses liées à la fin des vacances et à la rentrée scolaire. Par ailleurs, 13,1 millions de contribuables ont fait l’objet d’un prélèvement supplémentaire au titre de l’impôt sur le revenu de 2024, au mois de septembre (régularisation après envoi des avis d’imposition).

Le Livret A, moins valeur refuge que par le passé

La démission de François Bayrou, le 9 septembre 2025, n’a pas conduit les Français à accroître leur épargne de précaution sur leur Livret A. La répétition des crises gouvernementales peut expliquer cette moindre propension à épargner sur ce support, sachant que le taux d’épargne demeure déjà très élevé.

Compte tenu de l’attentisme qui prévaut, notamment en matière de consommation, les ménages ont préféré laisser leur argent sur leurs comptes courants. Par ailleurs, comme cela est constaté depuis le début de l’année, ils privilégient des placements mieux rémunérés, dont les fonds en euros de l’assurance vie. L’effet taux a donc joué contre le Livret A et le LDDS en septembre.

Une collecte en retrait depuis le début de l’année

Sur les trois premiers trimestres de l’année, la collecte du Livret A n’est que de 970 millions d’euros, contre 13,42 milliards d’euros à la même époque en 2024. Pour le LDDS, les montants respectifs sont de 2,79 milliards et 6,10 milliards d’euros.

La rupture est donc nette et semble clore la période de forte collecte qui avait démarré avec la guerre en Ukraine, en février 2022.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) sauvé par son taux

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en septembre 2025, une collecte positive de 110 millions d’euros, néanmoins en retrait par rapport à celle du mois d’août (330 millions d’euros) et à celle de septembre 2024 (330 millions d’euros également).

Le taux de rémunération de 2,7 % demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Depuis le début de l’année, la collecte reste néanmoins négative (-1,53 milliard d’euros).

Une fin d’année peu favorable à l’épargne réglementée

En règle générale, le dernier trimestre marqué par le paiement des impôts locaux et les fêtes de fin d’année est peu favorable au Livret A. Dans ce contexte, la poursuite de la décollecte est fort probable sachant que depuis trois ans, le Livret A comme le LDDS ont battu des records d’encours.

Vers une nouvelle baisse du taux du Livret A en février ?

Compte tenu des hypothèses d’inflation et de taux d’intérêt, le rendement du Livret A pourrait être à nouveau revu à la baisse le 1er février prochain. Son taux pourrait être ramené à 1,4–1,5 %, tandis que celui du LEP pourrait être révisé à 2,5 %.

données Caisse des dépôts

données Caisse des dépôts

Livret A : coup de déprime en septembre

Retour des vacances, dépenses de rentrée scolaire : le mois de septembre réussit rarement au Livret A ainsi qu’au Livret de développement durable et solidaire (LDDS), mais le cru 2025 est particulièrement mauvais, avec une décollecte de 1,95 milliard d’euros pour le premier et de 760 millions d’euros pour le second. La baisse du taux de rémunération à 1,7 %, intervenue le 1er août dernier, a manifestement conduit les ménages à réorienter leur épargne vers d’autres placements, dont l’assurance vie.

Septembre : toujours un mois difficile pour l’épargne réglementée

2025 marque la septième décollecte enregistrée en septembre depuis 2009 (année des premières statistiques de la Caisse des dépôts). Le LDDS signe, de son côté, sa treizième décollecte en septembre depuis cette même date.

2025 marque néanmoins une réelle inflexion. Il faut remonter à septembre 2015 pour retrouver, pour le Livret A, une décollecte plus forte (-2,38 milliards d’euros), tout comme pour le LDDS (-870 millions d’euros).

Le résultat de 2025 est très éloigné du niveau moyen de collecte observé sur les dix dernières années en septembre (+324 millions d’euros pour le Livret A et –183 millions pour le LDDS).

En septembre, les ménages doivent faire face à un surcroît de dépenses liées à la fin des vacances et à la rentrée scolaire. Par ailleurs, 13,1 millions de contribuables ont fait l’objet d’un prélèvement supplémentaire au titre de l’impôt sur le revenu de 2024, au mois de septembre (régularisation après envoi des avis d’imposition).

Le Livret A, moins valeur refuge que par le passé

La démission de François Bayrou, le 9 septembre 2025, n’a pas conduit les Français à accroître leur épargne de précaution sur leur Livret A. La répétition des crises gouvernementales peut expliquer cette moindre propension à épargner sur ce support, sachant que le taux d’épargne demeure déjà très élevé.

Compte tenu de l’attentisme qui prévaut, notamment en matière de consommation, les ménages ont préféré laisser leur argent sur leurs comptes courants. Par ailleurs, comme cela est constaté depuis le début de l’année, ils privilégient des placements mieux rémunérés, dont les fonds en euros de l’assurance vie. L’effet taux a donc joué contre le Livret A et le LDDS en septembre.

Une collecte en retrait depuis le début de l’année

Sur les trois premiers trimestres de l’année, la collecte du Livret A n’est que de 970 millions d’euros, contre 13,42 milliards d’euros à la même époque en 2024. Pour le LDDS, les montants respectifs sont de 2,79 milliards et 6,10 milliards d’euros.

La rupture est donc nette et semble clore la période de forte collecte qui avait démarré avec la guerre en Ukraine, en février 2022.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) sauvé par son taux

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en septembre 2025, une collecte positive de 110 millions d’euros, néanmoins en retrait par rapport à celle du mois d’août (330 millions d’euros) et à celle de septembre 2024 (330 millions d’euros également).

Le taux de rémunération de 2,7 % demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Depuis le début de l’année, la collecte reste néanmoins négative (-1,53 milliard d’euros).

Une fin d’année peu favorable à l’épargne réglementée

En règle générale, le dernier trimestre marqué par le paiement des impôts locaux et les fêtes de fin d’année est peu favorable au Livret A. Dans ce contexte, la poursuite de la décollecte est fort probable sachant que depuis trois ans, le Livret A comme le LDDS ont battu des records d’encours.

Vers une nouvelle baisse du taux du Livret A en février ?

Compte tenu des hypothèses d’inflation et de taux d’intérêt, le rendement du Livret A pourrait être à nouveau revu à la baisse le 1er février prochain. Son taux pourrait être ramené à 1,4–1,5 %, tandis que celui du LEP pourrait être révisé à 2,5 %.

Or, assurance vie, SCPI, les placements tendances vus par le Parisien

Philippe Crevel Crevel a été interrogé par Elodie Chermann du Parisien au sujet des placements qui sont plébiscités par les ménages depuis le début de l’année.

La gestion des régimes de retraite par les partenaires sociaux

Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne a été interrogé par France Info au sujet d’un retour du ‘une gestion paritaire des régimes de base des retraites sur le modèle de l’AGIRC – ARRCP

La dégradation de la note de la France

Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne a été interrogé sur les conséquences de la dégradation de la note de la France par l’agence S&P.

La note française dégradée par S&P

L’agence américaine S&P a dégradé la note souveraine de la France, qui passe de « AA- » à « A+ », avec une perspective stable. Le mouvement n’est pas totalement inattendu, notamment parce que S&P avait assorti sa note précédente d’une perspective négative au mois de février dernier. La surprise est venue d’un changement de calendrier : l’agence, qui prévoyait une révision de la note française fin novembre, a décidé de l’avancer au vu des derniers événements politiques.

« Malgré le dépôt d’un projet de budget pour 2026 au Parlement cette semaine, l’incertitude sur les finances publiques de la France demeure élevée », expliquent les analystes de S&P dans la note accompagnant leur décision. « Bien qu’à notre avis l’objectif de déficit public de 5,4 % du PIB en 2025 sera atteint, nous croyons qu’en l’absence de mesures additionnelles significatives pour réduire le déficit, la consolidation budgétaire sur notre horizon de prévision sera plus lente qu’attendu précédemment. »

L’agence ne croit pas à un retour du déficit public à 3 % du PIB d’ici 2029. Concernant la dette publique, elle estime qu’elle représentera 121 % du PIB en 2028, alors qu’elle devait initialement se stabiliser autour de 115 %. Cette année, elle pourrait atteindre 118 % du PIB.

L’agence indique que l’incertitude politique pourrait peser sur l’économie française en freinant l’investissement, la consommation privée et la croissance, malgré la présentation du projet de budget 2026 au Parlement.

La baisse de la note de la France est avant tout un constat, qui en soi ne provoquera pas une hausse des taux d’intérêt. Les investisseurs financiers ont déjà intégré la détérioration de la situation financière française. De nombreux pays européens, moins bien notés que la France, empruntent d’ailleurs aujourd’hui à de meilleurs taux. L’Espagne et le Portugal, tous deux notés « A- », se financent à moindre coût depuis un an. Les taux italiens sont désormais proches de ceux de la France ; ils ont même été inférieurs durant la période de crise gouvernementale au début du mois d’octobre.

L’échec des motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu s’est traduit par une réduction des tensions sur la dette française. En trois jours, la prime de risque appliquée à la dette française — mesurée par l’écart entre les coûts d’emprunt français et allemands à dix ans — est redescendue à ses niveaux de fin août dernier.

La dégradation de la note de la France n’a pas d’influence directe, mais elle contribue au climat de défiance et d’attentisme. Les ménages et les entreprises risquent ainsi de différer leurs investissements. Les taux des emprunts immobiliers ont cessé de diminuer, en lien avec la hausse des taux des OAT.

Un processus de dégradation de la note vieux de plus de dix ans

La France est dans l’angle de tir des agences depuis une quinzaine d’années. Moody’s a placé, en 2011, le pays sous « perspective négative ». Le 13 janvier 2012, Standard & Poor’s abaisse la note de la France de AAA à AA+, en raison de la montée des déficits et de la vulnérabilité de la zone euro. Fitch et Moody’s suivent durant l’année 2012, la France perdant ainsi son AAA auprès de toutes les grandes agences.

Avec la hausse de la dette publique, l’absence de réformes structurelles et la diminution de la croissance, Fitch puis Moody’s placent, en 2015, la note française à AA, avec des perspectives stables mais prudentes. Entre 2017 et 2019, un statu quo fragile s’installe, la note restant à AA ou Aa2 selon les agences.

En 2020, avec la pandémie, la dette publique progresse rapidement, mais les agences ne sanctionnent pas immédiatement la France, car tous les pays sont touchés et la BCE soutient massivement les dettes souveraines. En avril 2023, Fitch abaisse la note française de AA à AA-. L’agence souligne la dette élevée, les tensions sociales liées à la réforme des retraites et la difficulté à réduire le déficit. En mai 2023, S&P place la note française sous surveillance négative, alimentant la crainte d’une nouvelle dégradation. La France se retrouve alors avec une note autour de AA- ou Aa2, soit deux crans en dessous du triple A.

Le 12 septembre 2025, Fitch lance un nouveau cycle de baisse de la note française. S&P vient de s’y rallier avant, certainement, d’être rejointe par Moody’s le 24 octobre prochain.

Les pays conservant encore leur triple A auprès des trois grandes agences sont : l’Allemagne, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, la Suisse, l’Australie, le Canada et Singapour.

Le Coin des Epargnants du 17 octobre 2025

Le CAC 40 a gagné cette semaine plus de 3 %, une hausse en grande partie imputable au rejet des deux motions de censure à l’Assemblée nationale. Les investisseurs se sont réjouis de la fin, du moins temporaire, de la crise politique en France.

Vendredi 17 octobre, les indices phares des grandes places financières ont, en revanche, reculé en raison des déboires de deux banques américaines. Zions Bancorp et Western Alliance ont révélé en fin de semaine qu’elles avaient accordé des crédits qui ne seront probablement jamais honorés. Le retour des créances douteuses rappelle de mauvais souvenirs aux investisseurs, ceux de la crise financière de 2008. Toutes les grandes places boursières ont accusé le coup avec des replis marqués et, en contrepartie, une nouvelle hausse du cours de l’or. Par crainte d’un effet de contagion, les valeurs bancaires ont enregistré de fortes baisses vendredi.

Mercredi, Zions Bancorp a d’abord annoncé une perte de 50 millions au troisième trimestre, face au risque de défaut de ses emprunteurs sur deux crédits industriels et commerciaux souscrits via sa filiale de San Diego, en Californie. Le groupe invoque une fraude et un incident isolé. Le titre a chuté de 13 % jeudi. Western Alliance, une banque basée en Arizona, a octroyé des crédits aux mêmes emprunteurs et a annoncé jeudi avoir porté plainte contre Cantor Group pour fraude. Le titre a terminé la séance en baisse de 10 %. Les défauts de paiement sur crédits bancaires peuvent éroder la confiance, au moment où l’on entend de plus en plus parler de « bulle » à Wall Street.

Rencontre américano-chinoise en vue

Donald Trump a déclaré, dans une interview à Fox Business, que les droits de douane de 100 % dont il avait menacé la Chine la semaine dernière n’avaient pas vocation à s’appliquer. Il a confirmé qu’il rencontrerait son homologue Xi Jinping en Corée du Sud dans les prochaines semaines. La majoration des droits par le président américain avait été annoncée en réaction aux restrictions d’accès aux métaux rares décidées par la Chine. Donald Trump, au sujet de son homologue chinois, a déclaré : « Je m’entends très bien avec lui. Je pense que tout ira bien avec la Chine, mais nous devons conclure un accord équitable. Il doit être équitable. » La trêve commerciale entre les deux puissances court jusqu’au 10 novembre.

Selon des informations de CNBC, le secrétaire au Trésor Scott Bessent va s’entretenir dans la journée avec le vice-Premier ministre chinois He Lifeng pour discuter des négociations commerciales. Donald Trump continue son marathon diplomatique. Après Gaza, il s’est réinvesti dans le dossier ukrainien en rencontrant Volodymyr Zelensky. Un sommet avec Vladimir Poutine pourrait avoir lieu prochainement.

Malgré les tensions bancaires, les indices actions ont plutôt progressé cette semaine, les investisseurs prenant en compte les avancées américaines sur les différents théâtres d’opération.

Malgré tout, la recherche de valeurs refuges demeure forte et conduit à une nouvelle progression de l’or et à une diminution des taux souverains. Le rendement du bon du Trésor américain à maturité dix ans est repassé en dessous de 4 %. En France, l’échec des deux motions de censure a également provoqué une détente sur le taux de l’obligation du Trésor à dix ans.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
17 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 174,20+3,63 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 190,61+1,69 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 664,01+1,77 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 679,98+2,34 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 845,41-1,29 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 354,57-0,72 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 607,39+1,84 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)47 582,15-0,78 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 839,76-0,96 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,360%-0,117 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,581 %-0,063 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,010 %-0,059 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1672+0,11 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 227,47+6,54 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars61,17-2,53 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars107 299,87-5,86 %38 252,5493 776,61

Le fonds d’investissement défense de BPIfrance

Conformément aux engagements qui avaient été pris au mois de mars dernier, la banque publique d’investissement Bpifrance a lancé le mardi 14 octobre son fonds «Bpifrance Défense».

Ce fonds d’investissement est ouvert aux particuliers. Il est accessible à travers un contrat d’assurance-vie, un compte-titres, un plan d’épargne retraite ou encore en direct via la plateforme de Bpifrance. Plusieurs assureurs ont déjà annoncé le mettre à disposition de leurs clients.

Le montant minimum de versement pour ce fonds a été fixé à 500 euros. Le maximum de versement est de 500 000 euros. La somme investie est bloquée pendant une durée de cinq ans. Cette période permet au fonds d’investir dans le temps dans des entreprises non-cotées. BPIfrance estime que la période d’investissement recommandée est de 10 ans. Le fonds est prévu pour une durée de vie totale de 20 ans.

Bpifrance vise un objectif de rendement annuel de  5%. Ce type de placement comporte potentielle un risque en capital.

Bpifrance attend jusqu’à 450 millions d’euros de versement sur son fonds défense qui pourrait investir dans plus de 500 entreprises non cotées françaises et européennes dont l’activité est stratégique pour la souveraineté technologique, avec une ambition renforcée dans le secteur de la défense, annonçait Bpifrance quelques jours plus tôt dans son invitation au lancement de mardi.

 Selon une étude publiée le 8 octobre dernier par Bpifrance Le Lab, les besoins de financement pour faire à l’augmentation des commandes publiques de défense en Europe est évalué à 15 milliards d’euros dont 5 milliards d’euros de fonds propres et 10 milliards d’euros de dettes. Le fonds défense de Bpifrance doit aussi permettre de soutenir les investissements des entreprises en recherche et développement.

Les pensions AGIRC- ARRCO gelées en 2026

Faute d’accord entre les représentants des organisations patronales et syndicales qui le composent, l’Agirc-Arrco ne revalorisera pas ses pensions au 1er novembre prochain Le régime ne modifiera pas non plus la valeur d’achat du point au 1er janvier 2026. Les pensions AGIRC-ARRCO sont versées à 14 millions de retraités du privé.

L’année dernière, les pensions AGIR-ARRCO avaient été revalorisées de 1,6% au 1er novembre 2024.

La suspension de la réforme des retraites de 2023 a conduit à cette absence de consensus concernant la revalorisation des pensions complémentaires qui techniquement aurait pu se situer entre 0,6 et 1 %.

Pas de revalorisation des pensions AGIRC – ARRCO

Faute d’accord entre les représentants des organisations patronales et syndicales qui le composent, l’Agirc-Arrco ne revalorisera pas ses pensions au 1er novembre prochain Le régime ne modifiera pas non plus la valeur d’achat du point au 1er janvier 2026. Les pensions AGIRC-ARRCO sont versées à 14 millions de retraités du privé.

L’année dernière, les pensions 1AGIR – ARRCO avaient été revalorisées de 1,6% au 1er novembre 2024.

La suspension de la réforme des retraites de 2023 a conduit à cette absence de consensus concernant la revalorisation des pensions complémentaires qui techniquement aurait pu se situer entre 0,2 et 1 %.

Fonds BPIfrance défense – RMC

Philippe Crevel a été interrogé par la rédaction de RMC au sujet du lancement du Fonds d’investissement pour la défense créé par BPIfrance.

Le Coin des Epargnants du 10 octobre 2025 : Trump fait encore de ses siennes

Marchés : le retour des tarifs douaniers                                            

Cette semaine boursière a encore été marquée par les foucades de Donald Trump. À défaut d’avoir obtenu le prix Nobel de la paix auquel il semblait aspirer, il s’en est pris à la Chine, vendredi 10 octobre, en la menaçant d’une nouvelle vague d’augmentations massives des droits de douane. Le président américain a accusé Pékin d’adopter une attitude « hostile » et d’imposer des contrôles sur les terres rares. Tous les grands indices « actions » ont reculé, de plus de 2 % pour le Dow Jones. Les valeurs du luxe et de l’automobile ont été les plus touchées. Sur la semaine, le CAC 40 perd 2,21 %, mettant fin à quatre semaines consécutives de hausse de l’indice parisien. La crise politique en cours n’a pas contribué au retour des investisseurs sur le marché des actions à Paris. Le CAC 40 est en retrait par rapport aux autres places boursières depuis la dissolution du mois de juin 2024. Les investisseurs, face à l’instabilité politique et à l’incapacité des gouvernements à stabiliser la dette publique, réduisent leur exposition aux placements français. Depuis le début de l’année, le CAC 40 n’a progressé que de 9 %, contre 24 % pour le DAX allemand, 15 % pour le S&P 500 et 20 % pour le Nasdaq.

Aux États-Unis, le « shutdown » est toujours de rigueur. Vendredi soir, aucun accord n’avait encore été trouvé au Congrès entre républicains et démocrates sur le financement de l’État fédéral. De nombreux employés fédéraux sont progressivement contraints de quitter leur emploi, peut-être pour une durée prolongée. Lors de l’épisode de 2018-2019, le « shutdown » avait duré 34 jours — la plus longue période à ce jour — et quelque 800 000 fonctionnaires fédéraux avaient été mis au chômage, placés à l’arrêt ou contraints de travailler sans salaire.

L’or a plus de 4000 dollars l’once

L’once d’or ne finit pas d’augmenter : plus de 3 000 dollars en mars, 3 500 en avril et désormais 4 000 dollars… Mois après mois, cette appréciation contredit les prévisions des analystes. Cette semaine l’or a franchi la barre des 4000 dollars avant de se replier légèrement vendredi.

Depuis le début de l’année, l’or a progressé de plus de 50 %. Cette succession de records inédits est la marque d’une anxiété croissante sur les marchés financiers. La hausse du métal précieux est portée depuis cinq ans par une série de facteurs. La succession de chocs y contribue évidemment : épidémie de Covid, guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient, vague inflationniste, retour de Donald Trump, tensions géopolitiques, etc.

Ces dernières années, les achats d’or par les banques centrales ont été responsables, en grande partie, de l’augmentation du cours. Ces dernières diversifient leurs actifs et réduisent leur exposition au dollar. C’est en premier lieu le cas des banques centrales des pays émergents, comme la Chine ou l’Inde. La progression du prix de l’or est également la conséquence et le symbole de bouleversements profonds dans l’économie mondiale. La volonté de Donald Trump d’imposer sa loi à la Fed et de déprécier le dollar incite les investisseurs à réduire le montant de leurs actifs libellés en cette monnaie. Les Chinois, les Russes et d’autres rêvent d’un système financier moins dépendant du dollar. Ce dernier est de plus en plus fragmenté, même si le dollar reste, de loin, la première monnaie pour les réserves de change et pour les transactions commerciales ou financières.

La hausse de l’or traduit aussi les inquiétudes grandissantes quant à la soutenabilité des dettes publiques mondiales, et notamment celle des États-Unis. Le « shutdown » américain, cette paralysie budgétaire liée à l’incapacité du Congrès à s’entendre sur le relèvement du plafond de la dette, constitue la principale cause de l’augmentation de ces derniers jours. La fermeture partielle des administrations a retardé la publication d’indicateurs économiques clés, comme ceux sur l’emploi, accentuant l’incertitude autour de la conjoncture américaine.

La baisse des taux décidée par les banques centrales, et dernièrement par celle des États-Unis, est un vecteur de hausse du cours de l’or. Les titres publics rapportent moins, ce qui rend plus attractif le métal précieux.

La politique économique de Donald Trump est potentiellement inflationniste : la majoration des droits de douane et la diminution de l’immigration poussent les investisseurs à s’en protéger en achetant de l’or.

L’aggravation de la crise politique en France n’est pas non plus de nature à rassurer les marchés sur l’avenir économique de l’une des principales économies de la zone euro.

L’or n’est pas le seul métal précieux à profiter de cette défiance généralisée. Bien qu’il n’ait pas encore battu son record de 2011, l’argent gagne près de 70 % depuis le début de l’année et se négocie désormais à 48,4 dollars l’once.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
10 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 918,00-2,02 %7 543,187 380,74
Dow Jones45 479,60-2,01 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 552,51-1,82 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 204,43-1,46 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 266,80+0,02 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 427,47+0,04 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 531,32-2,06 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)48 088,80+7,27 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 897,03+1,93 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,477%-0,042 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,644 %-0,042 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,069 %-0,046 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1617-1,39 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 989,80+3,88 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars62,87-1,54 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars118 983,59-0,88 %38 252,5493 776,61

L’once d’or au-delà des 4000 dollars

L’once d’or ne finit pas d’augmenter : plus de 3 000 dollars en mars, 3 500 en avril et désormais 4 000 dollars… Mois après mois, cette appréciation contredit les prévisions des analystes.

Depuis le début de l’année, l’or a progressé de plus de 50 %. Cette succession de records inédits est la marque d’une anxiété croissante sur les marchés financiers. La hausse du métal précieux est portée depuis cinq ans par une série de facteurs. La succession de chocs y contribue évidemment : épidémie de Covid, guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient, vague inflationniste, retour de Donald Trump, tensions géopolitiques, etc.

Ces dernières années, les achats d’or par les banques centrales ont été responsables, en grande partie, de l’augmentation du cours. Ces dernières diversifient leurs actifs et réduisent leur exposition au dollar. C’est en premier lieu le cas des banques centrales des pays émergents, comme la Chine ou l’Inde. La progression du prix de l’or est également la conséquence et le symbole de bouleversements profonds dans l’économie mondiale. La volonté de Donald Trump d’imposer sa loi à la Fed et de déprécier le dollar incite les investisseurs à réduire le montant de leurs actifs libellés en cette monnaie. Les Chinois, les Russes et d’autres rêvent d’un système financier moins dépendant du dollar. Ce dernier est de plus en plus fragmenté, même si le dollar reste de loin la première monnaie pour les réserves de change et pour les transactions commerciales ou financières.

La hausse de l’or traduit aussi les inquiétudes grandissantes quant à la soutenabilité des dettes publiques mondiales, et notamment celle des États-Unis. Le « shutdown » américain, cette paralysie budgétaire liée à l’incapacité du Congrès à s’entendre sur le relèvement du plafond de la dette, constitue la principale cause de l’augmentation de ces derniers jours. La fermeture partielle des administrations a retardé la publication d’indicateurs économiques clés, comme ceux sur l’emploi, accentuant l’incertitude autour de la conjoncture américaine.

La baisse des taux décidée par les banques centrales, et dernièrement par celle des États-Unis, est un vecteur de hausse du cours de l’or. Les titres publics rapportent moins, ce qui rend plus attractif le métal précieux.

La politique économique de Donald Trump est potentiellement inflationniste : la majoration des droits de douane et la diminution de l’immigration poussent les investisseurs à s’en protéger en achetant de l’or.

L’aggravation de la crise politique en France n’est pas non plus de nature à rassurer les marchés sur l’avenir économique de l’une des principales économies de la zone euro.

L’or n’est pas le seul métal précieux à profiter de cette défiance généralisée. Bien qu’il n’ait pas encore battu son record de 2011, l’argent gagne près de 70 % depuis le début de l’année et se négocie désormais à 48,4 dollars l’once.

Le coin des épargnants du 3 octobre 2025 par Philippe Crevel : les marchés toujours envoutés par l’IA

Marchés boursiers : un troisième trimestre positif

Les champions des placements au 3e trimestre 2025 auront été l’or et les valeurs américaines. L’once d’or a progressé, sur ces trois derniers mois, de près de 17 %. De leur côté, les valeurs technologiques cotées au Nasdaq ont gagné plus de 12 %. Les valeurs américaines, malgré l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers, ont poursuivi sur la lancée des derniers mois. L’indice S&P 500 s’est apprécié de près de 8 % et le Dow Jones de 4,28 %. Les indices européens ont enregistré des progressions plus faibles, à l’exception du Footsie britannique (+6,53 %). Le CAC 40 a augmenté de 3 %. À noter que le Dax allemand est resté atone après une longue période de hausse. Il a, en effet, gagné en un an près de 25 % contre +4,25 % pour le CAC 40.

Les marchés toujours portés par l’intelligence artificielle

Le CAC 40 a dépassé les 8 000 points cette semaine, une première depuis le mois de mars dernier. L’intelligence artificielle dope toujours les marchés. OpenAI, l’entreprise à l’origine de ChatGPT, multiplie les collaborations sur plusieurs continents, notamment au Japon avec Hitachi dans les domaines de l’énergie et des infrastructures. Fujitsu a, de son côté, annoncé une extension de son partenariat stratégique avec Nvidia.

Les investissements en milliards de dollars dans l’IA alimentent les fantasmes de profits futurs et, pour l’instant, occultent tous les problèmes auxquels est confrontée l’économie mondiale. La paralysie des administrations fédérales des États-Unis, qui entre dans son troisième jour consécutif de shutdown, a historiquement des répercussions économiques limitées. Les investisseurs l’ont bien compris : les indices américains ont battu de nouveaux records cette semaine.

Les investisseurs ont, en revanche, intégré le ralentissement du marché américain de l’emploi, même en l’absence de publication des statistiques mensuelles en raison du shutdown.

Avec la décélération de la croissance américaine sur fond de hausse des droits de douane et de limitation de l’immigration, la Fed aurait un motif pour réduire ses taux directeurs à l’occasion de sa réunion des 28 et 29 octobre prochains.

Malgré les tensions autour de la flotte russe fantôme, le cours du pétrole a enregistré un fort recul cette semaine. Celle-ci s’explique par la publication de plusieurs rapports suggérant que l’OPEC+ pourrait augmenter sa production jusqu’à 500 000 barils par jour en novembre, soit trois fois le volume ajouté ce mois-ci. Cette décision marquerait une nouvelle étape dans la réduction de la régulation instituée lors du covid. La  production de septembre a déjà augmenté de 330 000 bpj pour atteindre 28,40 millions de bpj, selon une enquête de Reuters.

L’Arabie Saoudite et d’autres producteurs cherchent à reconquérir des parts de marché. L’arrivée de nouveaux barils intervient que la demande est victime du ralentissement de la croissance de l’économie mondiale.

Quelles limites pour le métal précieux ?

Depuis près d’un an, tous les prévisionnistes se sont trompés sur l’or. La Deutsche Bank tablait sur une once à 3 700 dollars en 2026. Nul n’avait imaginé que l’once d’or puisse se rapprocher aussi rapidement des 4 000 dollars. Elle a ainsi battu, lundi 29 septembre, un nouveau record à plus de 3 800 dollars. Depuis le début de l’année, la hausse atteint plus de 45 %. La progression du cours de l’or s’explique par la succession, depuis plusieurs années, des chocs économiques et géopolitiques. La fragmentation de l’économie mondiale, les tensions géopolitiques et commerciales, l’interventionnisme de Donald Trump sur la politique monétaire de la Fed, l’augmentation de l’endettement public incitent les investisseurs à acheter de l’or, bien que cet actif ne rapporte ni intérêt ni dividende.

La baisse des taux de la Réserve fédérale et de la BCE constitue un autre facteur favorable à la hausse du cours de l’or. Quand le rendement des emprunts d’État américains baisse, le métal jaune devient plus attractif pour les investisseurs.

Au-delà des incertitudes sur la politique monétaire américaine, les achats des banques centrales constituent, depuis plus de trois ans, le facteur structurel de la hausse des prix de l’or. La demande des instituts monétaires est passée d’un peu moins de 500 tonnes par an entre 2011 et 2021 à plus de 1 000 tonnes par an depuis 2022. À titre de comparaison, le marché de l’or s’élève à environ 4 000 tonnes par an.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
3 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 078,59+2,31%7 543,187 380,74
Dow Jones46 758,281,26 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 715,79+1,13 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 780,51+1,35 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 379,53+2,66 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 487,95+1,18 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 651,71+2,63 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)45 769,50+0,61 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 882,78+1,59 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,519 %-0,043 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,706 %-0,041 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,115 %-0,065 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1738-0,67 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 879,01+2,97 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars64,68-7,64 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars120 866,78+9,77 %38 252,5493 776,61

L’assurance vie caracole en tête

Pas de repos estival pour l’assurance vie

L’assurance vie n’a pas faibli durant l’été. La collecte nette du mois d’août s’est, en effet, élevée à 3,7 milliards d’euros, soit presque autant que celle du mois de juillet (4,1 milliards d’euros). Elle est six fois supérieure au résultat d’août 2024 (618 millions d’euros) et quatre fois supérieure à la moyenne de ces dix dernières années (930 millions d’euros).

Depuis 1997, au mois d’août, l’assurance vie a connu quatre décollectes : deux durant la période de la crise des dettes souveraines (2011 : −337 millions d’euros et 2012 : −967 millions d’euros) et deux durant la période des rendements faibles des fonds euros (2022 : −795 millions d’euros et 2023 : −1,776 milliard d’euros).

Cette collecte nette est portée tant par les unités de compte que par les fonds euros, ce qui constitue une rupture par rapport aux années 2020/2024 (+1,5 milliard d’euros pour les fonds euros et 2,2 milliards d’euros pour les unités de compte). Le mois d’août est le septième mois consécutif de collecte nette pour les fonds euros.

La compétitivité retrouvée de l’assurance vie

Le retour en grâce des fonds euros s’explique par la progression de leur rendement, 2,6 % en moyenne en 2024, sachant que les assureurs proposent fréquemment des taux promotionnels pouvant atteindre 4 %. Par ailleurs, les fonds euros bénéficient de la baisse de la rémunération des livrets réglementés (Livret A, LDDS) et des dépôts à terme. Le taux du Livret A est passé, de janvier à août 2025, de 3 à 1,7 %, et le taux des dépôts à terme à un an est passé sur la même période de 3 à moins de 2 %, sachant que ce type de produit est soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. La bonne tenue des marchés financiers, malgré les frasques de Donald Trump, incite les ménages à investir une partie de leur épargne en unités de compte.

Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint +35,3 milliards d’euros, supérieure de +17,1 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Cette collecte nette positive s’élève à 5,7 milliards d’euros pour les fonds euros et 29,6 milliards d’euros pour les unités de compte.

Dans ce contexte porteur, l’assurance vie conforte sa place de premier placement des ménages avec un encours qui s’élève fin août à 2 068 milliards d’euros, en hausse de +4,7 % sur un an.

Des cotisations brutes à haut niveau, des prestations en recul

En août 2025, les cotisations en assurance vie ont atteint 12,1 milliards d’euros, en progression de +26 % par rapport à août 2024. Comme le souligne France Assureurs, le niveau des cotisations n’a jamais été aussi élevé sur un mois d’août. Cette forte hausse concerne à la fois les supports en euros (+26 %) et ceux en unités de compte (UC, +25 %). Ce résultat témoigne du maintien d’un fort taux d’épargne des ménages. En effet, depuis le début de l’année, les cotisations ont atteint 128,3 milliards d’euros, en hausse de près de 10 %.

Au-delà du flux d’épargne, les ménages réaffectent, par ailleurs, une partie de leurs liquidités sur l’assurance vie, notamment celles en provenance des dépôts à terme.

Les ménages sortent moins d’argent de l’assurance vie qu’auparavant. Les prestations ne se sont élevées qu’à 8,4 milliards d’euros, en baisse de 7 % par rapport au mois d’août 2024. Les sorties sont en net recul pour les fonds euros, confirmant la compétitivité retrouvée de ce type de support.

Depuis le début de l’année, les prestations sont en recul de −7 %, s’établissant à 93,0 milliards d’euros. Cette baisse concerne à la fois les supports en euros (−6,0 milliards d’euros) et les supports en UC (−1,4 milliard d’euros).

L’assurance vie : le placement de l’année face à la hausse de la fiscalité

L’assurance vie est indéniablement le placement de l’année avec des résultats remarquables. Mais, le succès de l’assurance vie attire les convoitises. Le Premier ministre, à la recherche de recettes fiscales, étudie la possibilité d’alourdir la fiscalité de l’épargne en réhaussant notamment les prélèvements sociaux ou le prélèvement forfaitaire unique. L’assurance vie serait a priori concernée. Or, ce placement, le premier en volume, est largement diffusé au sein de la population. Près de la moitié des ménages disposent d’au moins un contrat d’assurance vie. Il est le pilier de l’épargne des classes moyennes.

En taxant l’épargne, le Premier ministre espère une reprise de la consommation ; or, celle-ci n’obéit pas à des stimuli fiscaux : elle est avant tout fonction de la confiance. Une augmentation des prélèvements sur l’épargne a souvent le résultat inverse de celui recherché. En effet, pour compenser la baisse de rendement, les ménages sont tentés d’épargner plus (effet Modigliani).

Poursuite de la baisse de la rémunération de l’épargne de court terme en août

Selon la Banque de France, les taux de rémunération des livrets ordinaires comme des dépôts à terme était orientée à la baisse en août.

Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS 

Encours (Md€)Taux de rémunération des dépôtsContrats nouveaux (Mds€)Taux de rémunération sur contrats nouveaux
août-25 (p)août-24juil-25 (r)août-25 (p)août-25 (p)août-24juil-25 (r)août-25 (p)
Dépôts bancaires des Ménages et SNF2 6091,861,481,28
dont Ménages1 8891,861,591,31
dont : – dépôts à vue (b)5560,070,050,04
– livrets à taux réglementés (b,c)7203,062,481,80
dont : livret A (b)4043,002,401,70
– livrets ordinaires (b)2260,930,830,79
– dépôts à terme <= 2 ans (d)773,582,582,4993,302,011,94
– dépôts à terme > 2 ans (d)1052,342,392,3913,242,472,46
– plan d’épargne-logement2052,622,642,6302,231,751,74
dont SNF7201,841,211,19
dont : – dépôts à vue (b)4990,860,490,48
– dépôts à terme <= 2 ans (d)1393,922,572,50243,622,142,05
– dépôts à terme > 2 ans (d)823,733,373,3013,332,702,44
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème4,252,152,15
Euribor 3 mois (e)3,551,992,02
Rendement du TEC 2 ans (e), (f)2,622,022,07
Rendement du TEC 5 ans (e), (f)2,632,612,67

Notes :

– En raison des arrondis, la somme peut légèrement différer du total des composantes

a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Pour les dépôts à vue et les livrets, le taux sur les contrats nouveaux est supposé égal à celui sur les encours.
c. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
d. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
e. Moyenne mensuelle.
f. Taux de l’Échéance Constante 2 ans et 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
r. Données révisées.
p. Données provisoires.

3e Trimestre 2025 : l’or et la bourse américaine toujours en tête

Les champions des placements au 3e trimestre 2025 auront été l’or et les valeurs américaines. L’once d’or a progressé sur ces trois derniers mois de près de 17 %. De leur côté, les valeurs technologiques cotées au Nasdaq ont progressé de plus de 12 %. Les valeurs américaines malgré l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers ont poursuivi sur la lancée des derniers mois. L’indice S&P500 s’est apprécié de près de 8 % et le Dow Jones de 4,28 %. Les indices européens ont connu des progressions plus faibles à l’exception du Footsie britannique (+6,53 %). Le CAC40 a augmenté de 3 %. A noter que le Daxx allemand est resté atone après une longue période de hausse. Il a, en effet, gagné en un an près de 25 % contre +4,25 % pour le CAC 40.

Des marchés entre le yin et le yang

L’or : toujours plus haut

L’or a dépassé, en fin de semaine, 3 780 dollars l’once. Le cours du métal précieux est porté par l’enclenchement d’un nouveau cycle de baisse des taux directeurs de la Fed. Certains estiment qu’il pourrait se rapprocher, voire dépasser, 4 000 dollars. Pour autant, les facteurs de hausse commencent à s’épuiser ou, plutôt, ont déjà été intégrés (Ukraine, Moyen-Orient, droits de douane, etc.).

États-Unis : faible dérive de l’inflation

Sur le front américain, les prix des dépenses de consommation personnelle, la mesure que la Réserve fédérale retient en priorité pour apprécier l’inflation, se sont alignés, en août, parfaitement sur les projections du marché. Ils ont progressé sur un an de 2,7 %, soit 0,1 point de plus qu’en juillet. La hausse se stabilise à 2,9 % hors prix alimentaires et énergétiques. Les investisseurs auraient préféré que la désinflation reprenne, permettant à la Fed de poursuivre son cycle de baisse des taux directeurs. Pour le moment, l’inflation reste néanmoins contenue. La consommation des ménages a augmenté, de son côté, de 0,6 % le mois dernier, quand le consensus donnait une hausse de 0,5 %, comme en juillet, illustrant la résilience des consommateurs.

Le retour des droits de douane

Donald Trump n’avait plus parlé de droits de douane depuis quelques semaines et, visiblement, le sujet lui manquait. À partir du 1er octobre prochain, 100 % de surtaxes sur les produits pharmaceutiques de marque ou brevetés seront imposées, sauf si les entreprises étrangères concernées investissent pour construire des usines sur le sol américain. La Commission européenne est montée vendredi au front pour éteindre l’incendie. Son porte-parole a assuré que ces droits sectoriels ne concerneraient pas les médicaments européens, ces derniers étant inclus dans l’accord commercial Europe–États-Unis limitant les droits de douane américains à 15 %.

Si les États-Unis respectent l’accord signé et exemptent bien, comme convenu, les médicaments européens des 100 % de droits sectoriels, l’Irlande sera la grande gagnante car elle est, de loin, le pays européen le plus exposé. C’est le premier exportateur pharmaceutique mondial (en valeur, non en volume) vers les États-Unis. Cette situation est la conséquence de l’installation de nombreux laboratoires pharmaceutiques en Irlande depuis trois décennies, en raison de la fiscalité attractive.

L’Europe est la seule épargnée. La Commission européenne a rappelé vendredi que son accord commercial avec les États-Unis est le seul à protéger contre de futurs droits plus élevés que le taux général prévu par l’accord. L’industrie pharmaceutique suisse, par exemple, devrait se voir appliquer le taux de 100 %. Or la Suisse est le deuxième plus gros exportateur de médicaments de marque vers les États-Unis. Les laboratoires européens sont néanmoins encouragés à investir aux États-Unis, faute de quoi une révision du tarif pourrait intervenir.

Les actions en mode statu quo

Les investisseurs ont joué la prudence cette semaine, marquée par des indicateurs et des signaux contradictoires. Les indices américains ont cédé un peu de terrain. Les taux des obligations d’État françaises continuent à progresser, tout comme le ratio de dette publique. Le taux de l’OAT à 10 ans s’élevait, vendredi 26 septembre, à 3,562 %.

Le marché du pétrole en tension

Cette semaine, les cours du pétrole ont été orientés à la hausse en raison des déclarations de Donald Trump. Ce dernier a demandé à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, d’arrêter d’acheter du pétrole russe. Il a également suggéré que les Européens stoppent toutes les importations de gaz en provenance de Russie. Cette hausse n’est pas sans limite. En effet, de plus en plus de barils arrivent actuellement sur le marché, notamment avec la hausse des quotas de production initiée depuis avril par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+). Néanmoins, l’intensification des frappes ukrainiennes sur les raffineries et les infrastructures pétrolières russes commence à avoir des effets sur le marché des produits raffinés.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
26 sept. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 864,67+0,00 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 247,29-0,13 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 643,70 P-0,35 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 484,07-0,74 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 705,25+0,40 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 280,79+0,80 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 499,70+1,06 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)45 354,99+1,01 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 828,11-0,87 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,562 %+0,006 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,747 %-0,002 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,180 %+0,037 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1693-1,53 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 780,15+1,98 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars70,61+4,85 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars109 144,58-5,65 %38 252,5493 776,61

Epargner mieux pour vivre mieux, le nouveau livre de Philippe Crevel

Épargner mieux pour vivre mieux

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Le Livret A à petit trot en août

Au mois d’août, le Livret A a enregistré une collecte minime de 20 millions d’euros, quand celle du Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) a atteint 150 millions d’euros. La collecte du Livret d’Épargne Populaire (LEP) s’est élevée, de son côté, à 330 millions d’euros. L’épargne réglementée digère la baisse de ses rendements intervenue le 1er août dernier, le taux du Livret A passant de 2,4 à 1,7 % et celui du LEP de 3,5 à 2,7 %.

Le Livret A : à la peine

Le Livret A sort, en août 2025, la tête tout juste de l’eau avec une collecte positive de 20 millions d’euros et évite la passe de deux après la décollecte de juillet (-70 millions d’euros). Logiquement, la collecte du mois d’août est correcte avec une moyenne, ces dix dernières années, de 1,76 milliard d’euros. Le cru 2025 est nettement inférieur à celui de l’année dernière (+1,5 milliard d’euros en 2024). Depuis 2009, deux décollectes seulement ont été constatées (août 2014 : -480 millions d’euros ; août 2015 : -410 millions d’euros).

Sur les huit premiers mois de l’année, la collecte ne s’est élevée qu’à 2,92 milliards d’euros, contre 13,21 milliards sur la même période en 2024, traduisant une réelle rupture. Les deux baisses du taux, passé de 3 à 1,7 % en 2025, se font ressentir durement sur la collecte, sans pour autant provoquer des retraits massifs.

L’encours du Livret A atteint, fin août 2025, 445,4 milliards d’euros, à 100 millions d’euros de son record.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) : résilience

Le LDDS fait preuve d’une bonne résilience avec une collecte positive de 150 millions d’euros, en décrue néanmoins par rapport à celle de juillet (340 millions d’euros). En août 2024, elle avait atteint 490 millions d’euros. Le résultat d’août, tout en étant positif, est inférieur à la moyenne de ces dix dernières années (420 millions d’euros). Le mois d’août réussit, par ailleurs, assez bien au LDDS avec une seule décollecte depuis 2009 (août 2009 : -20 millions d’euros).

Sur les huit premiers mois de l’année, la collecte s’est élevée, pour le LDDS, à 3,55 milliards d’euros, soit deux fois moins qu’en 2024 (6,10 milliards d’euros). L’encours du LDDS bat, en août, un nouveau record à 164,1 milliards d’euros.

Produit d’épargne souvent couplé au compte courant, le LDDS joue le rôle d’annexe rémunérée. Les ménages arbitrent entre consommation et épargne en utilisant en priorité le LDDS.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) : la prime au rendement

Pour le troisième mois consécutif, le LEP enregistre une collecte positive : 330 millions d’euros en août 2025, après 450 millions en juillet. Ce niveau est proche de celui observé en août 2024 (390 millions).

Néanmoins, de janvier à août 2025, la collecte reste négative (-1,64 milliard d’euros), alors qu’elle avait été positive de 5,37 milliards sur la même période en 2024.

Le LEP souffre moins que le Livret A de la baisse de son taux, passé de 3,5 % à 2,7 %. Son rendement reste un point au-dessus de celui du Livret A. Exonéré de prélèvements fiscaux et sociaux, le LEP demeure un placement extrêmement compétitif.

L’épargne : la stratégie du roseau

L’épargne réglementée plie mais ne rompt pas. Elle a encaissé une forte baisse de ses rendements le 1er août : -0,7 point pour le Livret A et -0,8 point pour le LEP. Pour autant, les ménages ont continué à y affecter une partie de leur épargne. Les encours sont à des niveaux élevés, voire record. Celui du Livret A est, en août, supérieur de plus de 146 milliards d’euros à son niveau de décembre 2019, avant la crise sanitaire. Les ménages français, toujours inquiets face à l’évolution de la situation économique et politique, maintiennent un fort volant d’épargne de précaution. De plus en plus, ils réorientent néanmoins une partie de leur épargne vers l’assurance-vie, qui propose des rendements supérieurs à ceux de l’épargne réglementée.

Vers une nouvelle baisse du taux du Livret A en février Compte tenu des hypothèses d’inflation et de taux d’intérêt, le rendement du Livret A pourrait être à nouveau revu à la baisse le 1er février prochain. Son taux pourrait être ramené à 1,4/1,5 % quand celui du LEP pourrait être révisé à 2,5 %.

Données CDC

Le Coin des épargnants du 19 septembre 2025 : toujours la fête pour les marchés américains

Baisse des taux de la Fed : des investisseurs heureux

Le CAC 40 a terminé la semaine à 7 853,39 points, ce qui lui a permis de gagner 0,36 % en cinq jours. Une progression modeste, mais qui fait suite à une hausse de près de 2 % la semaine précédente, la décision de la Fed ayant été largement anticipée. La décision de la banque centrale américaine et le discours de Jerome Powell ont été fortement appréciés par les investisseurs.

Dans ce contexte, de nouveaux records ont été battus à Wall Street. Le Nasdaq a progressé de plus de 2 % sur la semaine. L’engouement pour les valeurs des sociétés présentes sur le marché de l’IA persiste. En l’absence d’indicateurs économiques majeurs, les investisseurs ont suivi de près la conversation téléphonique organisée vendredi entre Donald Trump et Xi Jinping. Les deux présidents ont affirmé qu’un accord était en cours, mais qu’il restait du travail à accomplir. L’enjeu est de parvenir à le finaliser afin d’empêcher TikTok de disparaître aux États-Unis. Lors de sa visite d’État au Royaume-Uni jeudi, Donald Trump a déclaré qu’il souhaitait maintenir TikTok dans son pays.

Les taux des obligations souveraines ont poursuivi leur progression, tout comme le cours de l’or, qui a battu de nouveaux records.

La Fed : sans surprise

Le mercredi 17 septembre dernier, la banque centrale américaine, la Fed, a, pour la première fois de l’année, décidé de diminuer d’un quart de point ses taux directeurs. Ils sont désormais compris entre 4 % et 4,25 %, toujours bien plus élevés que ne le souhaiterait le président américain.

Cette diminution intervient dans un contexte de modération de la croissance de l’activité économique et de ralentissement des créations d’emplois. Dans son communiqué, la Fed a précisé, pour encadrer cette baisse, que l’inflation avait augmenté et restait élevée. Elle a néanmoins laissé la porte ouverte à une ou deux nouvelles réductions lors des réunions d’octobre et de décembre : « En envisageant des ajustements additionnels à la fourchette cible des taux, le comité prendra soigneusement en compte les nouvelles données, l’évolution des perspectives et la balance des risques. »

Les « colombes » l’ont emporté sur les « faucons », qui privilégient la lutte contre l’inflation. Les dernières statistiques sur l’emploi ont convaincu la majorité du comité de politique monétaire d’agir. En août, le Bureau of Labor Statistics a révélé que seuls 73 000 emplois nets avaient été créés le mois précédent, bien moins qu’attendu. L’inflation, quoique persistante, s’est révélée un peu moins élevée que prévu. Hors énergie et alimentation, elle s’établit à 3,1 % (core CPI), quasiment stable par rapport à son niveau de décembre (3,2 %). L’effet des tarifs douaniers sera « de courte durée et ponctuel », estime Jerome Powell. L’inflation demeure néanmoins supérieure à la cible de politique monétaire de la Fed et ne devrait pas reculer dans les prochains mois, en raison des effets attendus de l’augmentation des droits de douane.

Dans son scénario central, la banque centrale américaine a actualisé ses prévisions de taux moyens : 3,6 % fin 2025, 3,4 % fin 2026 et 3,1 % fin 2027.

La polarisation politique des États-Unis a gagné la Fed. Donald Trump continue de faire pression pour obtenir des baisses plus rapides et plus marquées des taux directeurs. Il a ainsi déclaré : « La Fed devrait être indépendante, mais je pense qu’elle devrait écouter des gens intelligents comme moi. Je crois avoir un meilleur instinct que Jerome Powell. » Lors de la réunion du comité de politique monétaire, son ancien conseiller économique, Stephen Miran, a voté contre, demandant une baisse d’un demi-point plutôt que d’un quart de point. Compte tenu des menaces proférées par le président américain, certains se demandent si les membres du comité ont pris leur décision uniquement sur le fondement des données économiques. La perspective d’une Fed moins indépendante qu’autrefois rend les marchés nerveux. Le dollar se déprécie et atteint son plus bas niveau depuis début 2022 face aux principales devises.

Pourtant, les indicateurs économiques ne justifient pas un soutien monétaire massif à l’économie. Le taux de chômage n’est que de 4,3 %, l’économie continue de croître, la consommation se porte mieux que prévu avec encore une hausse de 0,6 % des ventes de détail en août, et la Bourse est euphorique grâce à l’engouement pour l’intelligence artificielle.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
19 sept. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 853,59+0,36 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 315,27+0,95 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 664,36+1,14 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 631,48+2,02 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 645,25-0,05 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 216,67-0,54 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 458,42+1,26 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)45 045,81+3,65 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 820,09+0,34 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,556 %+0,051 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,749 %+0,036 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,143 %+0,065 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1745+0,32 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 669,05+1,22 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars66,70+0,13 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars115 914,24+0,05 %38 252,5493 776,61

La note de la France dégradée par Ficht

La notation réalisée par les agences Fitch, Moody’s et S&P permet de mesurer et de comparer la qualité des dettes souveraines. La France est dans l’angle de tir des agences depuis une quinzaine d’années. Moody’s a placé, en 2011, le pays sous « perspective négative ». Le 13 janvier 2012, Standard & Poor’s abaisse la note de la France de AAA à AA+, en raison de la montée des déficits et de la vulnérabilité de la zone euro. Fitch et Moody’s suivent durant l’année 2012, la France perdant ainsi son AAA auprès de toutes les grandes agences.

Avec la hausse de la dette publique, l’absence de réformes structurelles et la diminution de la croissance, Fitch puis Moody’s placent en 2015 la note française à AA, avec des perspectives stables mais prudentes. Entre 2017 et 2019, un statu quo fragile s’installe, la note restant à AA ou Aa2 selon les agences.

En 2020, avec la pandémie, la dette publique progresse, mais les agences ne sanctionnent pas immédiatement la France, car tous les pays sont touchés et la BCE soutient massivement les dettes souveraines. En avril 2023, Fitch abaisse la note française de AA à AA-. L’agence souligne la dette élevée, les tensions sociales liées à la réforme des retraites et la difficulté à réduire le déficit. En mai 2023, S&P place la note française sous surveillance négative, alimentant la crainte d’une nouvelle dégradation. La France se retrouve alors avec une note autour de AA- ou Aa2, soit deux crans en dessous du triple A.

Le 12 septembre, Fitch a décidé d’abaisser la note de la France de AA- à A+. Cette dégradation est justifiée par la situation des finances publiques de la deuxième économie de la zone euro et par son instabilité politique. Fitch souligne dans son communiqué que « cette instabilité affaiblit la capacité du système politique à mettre en œuvre une consolidation budgétaire d’ampleur ». Elle estime improbable le retour du déficit public sous 3 % du PIB en 2029.

La dette publique de la France atteint 113,9 % du PIB à fin mars (soit 3 345,4 milliards d’euros) et le déficit prévisionnel pour 2025 est estimé à 5,4 % du PIB. Selon Fitch, l’endettement de la France continuerait de progresser jusqu’à 121 % du PIB en 2027, « sans horizon clair de stabilisation ». L’agence fait basculer la dette publique française dans la catégorie inférieure, de qualité « moyenne supérieure », contre « bonne ou haute » jusqu’ici. Cela pourrait conduire certains investisseurs à vendre leurs titres de dette pour se tourner vers des placements moins risqués et entraîner une hausse des taux. L’augmentation des émissions allemandes dans les prochaines semaines pourrait faciliter ces arbitrages, avec pour conséquence un relèvement des taux pour la France. Le poids du service de la dette devrait donc s’alourdir : les intérêts de la dette devraient atteindre environ 55 milliards d’euros en 2025.

Les pays conservant encore leur triple A auprès des trois grandes agences sont l’Allemagne, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, la Suisse, l’Australie, le Canada et Singapour.

Moody’s et Standard & Poor’s présenteront leur notation en octobre et en novembre, respectivement. Les marchés financiers ont déjà anticipé de nouvelles dégradations, les spreads reflétant une notation souveraine abaissée.

Le Coin des Epargnants du 12 septembre 2025

En attendant la FED

Les investisseurs ont intégré la baisse probable des taux directeurs de la banque centrale américaine la semaine prochaine. Les indices actions ont poursuivi leur progression. Le CAC 40, malgré les dernières péripéties politiques, a gagné plus de 2 % sur la semaine. Wall Street a, quant à elle, battu des records historiques cette semaine.

La Réserve fédérale américaine devrait donc relancer mercredi son cycle d’assouplissement, avec une baisse de 25 points de base comme scénario central. Les investisseurs les plus hardis — ils se font rares — espèrent encore un geste de 50 points de base. Cette hypothèse n’est toutefois estimée qu’à 7,6 % par les opérateurs : si le marché du travail ralentit drastiquement depuis plusieurs mois, l’inflation, sans s’emballer, paraît encore trop élevée pour espérer que la banque centrale accélère le mouvement. Le moral des consommateurs américains est tombé ce mois-ci à son niveau le plus faible depuis mai, et leurs attentes en matière d’inflation à long terme ont augmenté pour le deuxième mois consécutif, du fait des inquiétudes liées au marché du travail et aux prix.

Les taux des obligations souveraines étaient en hausse cette semaine en Europe. Le taux de l’obligation française à dix ans, l’OAT, est repassé au-dessus de 3,5 %.

Statu quo monétaire pour la BCE

Sans surprise, le jeudi 11 septembre dernier, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas modifier ses taux directeurs. Elle a laissé le taux de dépôt à 2 %, celui de la facilité de refinancement à 2,25 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,4 %.

La BCE a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2025, qui passent de 0,8 % à 1,2 %. Cette bonne résistance de la zone euro, malgré la mise en œuvre des nouveaux droits de douane américains, a conforté la position des membres du comité monétaire, qui ont choisi de ne pas abaisser les taux, d’autant que l’inflation a légèrement progressé. Christine Lagarde, la présidente de la BCE, est plutôt favorable à une ligne dure sur les taux. Elle a souligné que la banque centrale « était dans une position confortable », que l’accord sur les droits de douane américains avait levé une partie de l’incertitude sur les échanges commerciaux et que le processus de désinflation était terminé.

La question de la décorrélation des politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique se posera dans les prochains mois, la Réserve fédérale américaine devant procéder mercredi prochain à une baisse de ses taux. Cette nouvelle donne pourrait continuer à renforcer la devise européenne, qui a gagné 13 % depuis le début de l’année face au billet vert. Elle s’échange désormais autour de 1,17 dollar, mais le seuil de 1,18 dollar pourrait être prochainement dépassé. Cette appréciation renforcerait l’effet de la majoration des droits de douane. L’attentisme de la BCE en matière de taux pourrait n’être, de ce fait, que temporaire.

L’autre menace pour la zone euro est liée à l’instabilité politique en France et à ses effets sur les dettes souveraines en Europe. Se refusant à commenter la situation d’un pays en particulier, Christine Lagarde a toutefois adressé un message sans ambiguïté au futur gouvernement : « Je suis confiante dans le fait que les décideurs politiques auront à cœur de réduire l’incertitude autant que possible. Il existe également un ensemble de règles — le cadre budgétaire européen — que tous les États membres doivent respecter. Je suis sûre que tous les gouvernements, où qu’ils soient situés, voudront opérer sur la base de ce cadre budgétaire. » En l’état, la BCE n’a pas prévu d’intervenir sur le marché obligataire. « Les obligations souveraines de la zone euro se comportent de manière ordonnée, sans heurts et avec une bonne liquidité », a précisé Christine Lagarde.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
12 sept. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 825,24+2,15 %7 543,187 380,74
Dow Jones45 834,22+1,18 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 584,29+1,79 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 141,10+2,15 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 688,61+0,45 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 283,29+0,93 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 386,61+1,30 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)44 768,12+5,81 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 870,60+0,32 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,505 %+0,057 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,713 %+0,051 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,078 %+0,013 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1712+0,70 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 643,55+3,38 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars67,47+2,97 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars115 206,20+4,00 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 5 septembre 2025

Les marchés face au ralentissement américain

La publication des résultats de l’emploi américain pour le mois d’août confirme un net ralentissement de l’économie de la première puissance mondiale. Selon l’enquête du Bureau of Labor Statistics (BLS), seulement 22 000 emplois non agricoles ont été créés, soit bien en deçà du consensus (75 000). Les données de juin et de juillet ont été révisées respectivement en baisse de 27 000 et en hausse de 6 000, ce qui signifie qu’en net, le marché du travail n’a quasiment pas progressé. Dans le même temps, le taux de chômage est remonté à 4,3 %, contre 4,1 % en juillet et 3,8 % un an plus tôt.

Cette inflexion du marché du travail américain conforte les anticipations d’une baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale lors de sa réunion du 17 septembre. Les investisseurs estiment à 86 % la probabilité d’un assouplissement de 25 points de base (contre 98 % la semaine dernière), tandis que la probabilité d’une baisse plus marquée de 50 points de base atteint désormais 14 %, alors qu’elle était nulle jusqu’ici.

Si cette détente monétaire est en apparence une bonne nouvelle pour les marchés financiers, elle traduit aussi la crainte d’un essoufflement rapide de l’économie. Certains analystes évoquent à nouveau le spectre d’une récession outre-Atlantique. Le ralentissement est en partie attribué aux incertitudes commerciales liées à la politique de Donald Trump et à la fragilisation de la demande intérieure. Au deuxième trimestre, la croissance du PIB américain avait déjà ralenti à 1,6 % en rythme annualisé, contre 2,4 % au premier.

Les marchés actions reflètent ce climat ambivalent. Sur la semaine, les indices américains sont restés relativement stables malgré une correction vendredi à la suite de la publication des chiffres de l’emploi. En zone euro, les indices étaient orientés à la baisse sur la semaine, sous l’effet conjugué des craintes américaines et des tensions politiques en France.

Du côté obligataire, les rendements souverains se sont détendus. Le taux de l’OAT française à 10 ans est repassé sous 3,5 %. Cette détente reflète l’anticipation d’une politique monétaire plus accommodante de la part des Etats-Unis.

L’or, valeur traditionnelle de sécurité, a profité de ce climat : l’once a franchi de nouveaux records, au-delà de 3 500 dollars, stimulée par la persistance des tensions géopolitiques et par la poursuite des politiques de diversification des réserves de change menées par les banques centrales des pays émergents. Parallèlement, le cours du pétrole était en recul cette semaine.

La semaine à venir sera marquée par la publication de l’inflation américaine d’août, donnée décisive pour la Fed avant sa réunion du 17 septembre. En Europe, les regards se tournent vers la BCE, qui devra arbitrer entre un ralentissement de l’activité et des tensions persistantes sur les prix des services.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
5 sept. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 674,78-0,59 %7 543,187 380,74
Dow Jones45 400,86-0,47 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 481,50+0,08 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite21 700,39+0,95 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 591,63-1,33 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 208,21+0,24 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 318,15-0,57 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)43 018,75+1,28 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 812,51-1,44 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,448 %-0,065 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,662 %-0,062 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,065 %-0,161pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1753+0,94 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 597,97+5,80 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars65,18-3,83 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars110 748,17+2,07 %38 252,5493 776,61

La nouvelle ruée vers l’or aura-t-elle une fin ?

Mardi 2 septembre, l’once d’or a battu un nouveau record en dépassant 3 501 dollars. L’or, valeur refuge traditionnelle, poursuit sa marche en avant. Si, ces derniers mois, les tensions géopolitiques et commerciales expliquaient l’appréciation du métal précieux, en cette rentrée 2025, c’est la possible évolution de la politique monétaire de la banque centrale américaine qui y contribue.

La probable baisse des taux directeurs de la FED au mois de septembre rendra moins attractifs les placements en dollars, ce qui incite les investisseurs à rechercher d’autres actifs jouant le rôle de valeur refuge. Par ailleurs, les pressions exercées par le président américain, Donald Trump, sur la banque centrale inquiètent et conduisent également à des arbitrages en défaveur du dollar. Ce dernier souhaite que la banque centrale adopte une politique monétaire plus accommodante.

Dans ce contexte, le dollar perd une partie de son attrait de valeur refuge au profit de l’or. Notamment parce que la justice américaine n’a pas encore statué sur le sort de la gouverneure de la banque centrale américaine, Lisa Cook, que Donald Trump veut révoquer, menaçant ce faisant l’indépendance de l’institution qu’il entend voir abaisser les taux.

Les sujets d’inquiétude continuent également à jouer en faveur du métal précieux. La poursuite de la guerre en Ukraine et dans la bande de Gaza, tout comme les soubresauts liés aux droits de douane américains, entretiennent un climat anxiogène.

Les banques centrales, en particulier celles des pays émergents et en développement, demeurent présentes sur le marché de l’or avec un double objectif : diversifier leurs actifs de réserve et réduire leur exposition au dollar. Entre 2022 et 2024, elles ont acquis plus de 1 000 tonnes d’or. Sur le premier semestre 2025, le volume des achats a dépassé 400 tonnes. Avant l’épidémie de Covid-19, ces achats se situaient entre 400 et 600 tonnes par an.

Les achats d’or des particuliers sont également en hausse, notamment en Chine. Avec la crise immobilière, les Chinois se sont tournés vers l’or (lingots, pièces et ETF). Ces acquisitions répondent à la fois à une logique de précaution et à une préparation de la retraite.

Depuis le 1er janvier, le cours de l’or a progressé de plus de 30 %. Sur un an, la hausse atteint 40 %. La succession inédite de chocs et de crises, depuis cinq ans, a contredit toutes les prévisions. La probabilité d’une stabilisation, voire d’une baisse, est désormais importante compte tenu du niveau actuel du cours de l’or, qui ne produit ni intérêts ni dividendes. En revanche, le contexte international reste instable et anxiogène, ce qui alimente les achats de métal précieux. Il faut néanmoins rappeler que les périodes de baisse peuvent être longues. En dollars constants, il a fallu attendre les années 2010 pour que l’or retrouve son niveau de 1980.

L’or ne peut être considéré que comme un actif de diversification au sein des patrimoines, compte tenu de sa volatilité potentielle et de l’absence de revenus générés.

Cercle de l’Epargne

Le Coin des Epargnants du 29 août 2025

Une fin d’août maussade

Le mois d’août est souvent difficile pour les marchés financiers, un mois qui annonce fréquemment les frimas de l’automne. Ce fut le cas en 2007 et en 2011. Jusqu’à la dernière semaine, les oiseaux de mauvais augure se sont trompés à propos du cru 2025, et ce malgré la hausse des droits de douane intervenue en début de mois. Les investisseurs avaient misé sur la baisse des taux directeurs de la FED pour continuer à arbitrer en faveur des actions. Mais, ces derniers jours, les marchés financiers ont dû composer avec plusieurs mauvaises nouvelles, notamment le recul du PIB au Canada, l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi en Allemagne, le retour des tensions politiques en France et la poursuite de la guerre tant en Ukraine qu’à Gaza.

Avec le retour du risque politique en France, le CAC 40 a perdu 3 % cette semaine. En Europe, les autres grands indices ont également été orientés à la baisse, mais dans une moindre mesure. Les perspectives d’une chute du gouvernement avec une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale ont refroidi les ardeurs des investisseurs, notamment étrangers. L’absence de tout consensus sur l’assainissement des comptes publics pèse de plus en plus sur l’ambiance de la place de Paris. L’écart de taux entre la France et l’Allemagne s’est accru, atteignant en fin de semaine 0,8 point, contre 0,7 point avant l’annonce du Premier ministre François Bayrou de demander la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre prochain.

Les chiffres de l’inflation publiés ce vendredi aux États-Unis, en s’alignant parfaitement avec les anticipations du marché, n’ont pas eu d’effet sur la tendance boursière. L’indice PCE des dépenses de consommation personnelle a augmenté de 0,2 % sur un mois et de 2,6 % sur un an, comme en juin. Le PCE core (hors alimentation et énergie), mesure de l’inflation la plus suivie par la Réserve fédérale, est en hausse de 0,3 % sur un mois et de 2,9 % sur un an, soit une accélération d’un dixième de point. Ces résultats n’indiquent pas un rebond violent des prix aux États-Unis mais une inflation progressive, prouvant que ce sont bien les Américains qui paient les droits de douane. Ces données signalent également que le retour à l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale n’est pas d’actualité.

La progression des revenus (+0,4 %) et des dépenses des particuliers (+0,5 %) renforce les signes récents de croissance résiliente au début du troisième trimestre. Malgré tout, les acteurs financiers pronostiquent toujours une légère baisse des taux directeurs de la FED pour le mois de septembre.

En Europe, l’inflation montre un profil moins agressif, tombant à 0,8 % en France (en données harmonisées), stable à 2,7 % en Espagne et à 1,7 % en Italie. Des chiffres un peu en dessous des attentes, mais qui ne s’éloignent pas de l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne. La situation en zone euro est marquée par des divergences de plus en plus nettes : la France, en proie à une nouvelle crise politique et à une dette publique en expansion, décroche avec une demande interne atone et un taux d’épargne en hausse constante, tandis que l’Espagne continue d’afficher la croissance la plus solide du continent. En Allemagne, l’inflation s’est accélérée, passant de 1,8 % à 2,1 % sur un an, contre 2 % pour la prévision médiane d’un sondage Bloomberg.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
29 août 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 703,90-2,99 %7 543,187 380,74
Dow Jones45 517,48-0,26 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 460,27-0,18 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite21 455,55-0,20 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 919,62-1,47 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 197,45-1,24 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 351,73-2,32 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)42 718,47-1,90 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 857,93+3,50 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,513 %+0,091 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,724 %+0,003 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,226 %-0,036 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1701+0,19 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 447,32+3,92 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars68,16+0,41 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars108 500,94-7,24 %38 252,5493 776,61

Le taux d’épargne toujours plus haut en France

Au 2e trimestre 2025, le taux d’épargne des ménages a atteint, selon l’INSEE (comptes nationaux), un niveau record de 18,9 % du revenu disponible brut. Il a augmenté de 0,3 point entre le premier et le deuxième trimestre. Le taux d’épargne financière est de son côté passé de 9,5 à 9,8 % du revenu disponible brut. Hors covid, il faut remonter au début des années 1980 pour avoir un taux aussi élevé.

Depuis la crise sanitaire de 2020, les Français maintiennent un effort d’épargne important. Le taux d’épargne n’a jamais retrouvé son niveau d’avant covid (15 % du revenu disponible brut). La succession de crises (covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste, conflit au Moyen Orient, situation politique en France) explique en grande partie cette propension à l’épargne qui s’effectue au détriment de la consommation. Les ménages diffèrent leurs dépenses importantes et épargnent les gains de pouvoir d’achat dont ils peuvent bénéficier. La dégradation des comptes publics constitue également un facteur propice à l’épargne, les ménages craignant une hausse des impôts ou un ralentissement de la croissance. D’autres facteurs peuvent contribuer à l’augmentation du taux d’épargne : le vieillissement de la population et le réinvestissement des revenus des produits d’épargne.

Le retour de l’incertitude politique après l’annonce du Premier ministre, François Bayrou du 25 août dernier, ne devrait pas inciter les ménages à relâcher leur effort d’épargne. Certes, les ménages sont de plus en plus résilients compte tenu de la multiplication des crises, en revanche leur prudence s’inscrit dans la durée.

Au 2e trimestre, le revenu disponible brut (RDB) des ménages en euros courants a augmenté de +0,3 % après +0,6 % au premier trimestre. Les prestations sociales ont augmenté de 0,7 % après +1,1 %. La masse salariale reçue par les ménages a progressé à un rythme proche de celui du trimestre précédent (+0,4 % après +0,3 %). Les impôts versés par les ménages ont connu une progression de +0,8 % après +3,5 % au premier trimestre.

Dans le même temps, l’inflation est en recul. Les prix de la consommation des ménages se replient légèrement (-0,1 % après +0,5 %). Le pouvoir d’achat des ménages s’est accru de +0,4 % après +0,1 %. Mesuré par unité de consommation pour être ramené à un niveau individuel, le pouvoir d’achat augmente de +0,2 % après -0,1 %.

Le taux d’épargne à près de 19 % au deuxième trimestre 2025

Au 2e trimestre 2025, le taux d’épargne des ménages a atteint, selon l’INSEE (comptes nationaux), un niveau record de 18,9 % du revenu disponible brut. Il a augmenté de 0,3 point entre le premier et le deuxième trimestre. Le taux d’épargne financière est de son côté passé de 9,5 à 9,8 % du revenu disponible brut. Hors covid, il faut remonter au début des années 1980 pour avoir un taux aussi élevé.

Depuis la crise sanitaire de 2020, les Français maintiennent un effort d’épargne important. Le taux d’épargne n’a jamais retrouvé son niveau d’avant covid (15 % du revenu disponible brut). La succession de crises (covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste, conflit au Moyen Orient, situation politique en France) explique en grande partie cette propension à l’épargne qui s’effectue au détriment de la consommation. Les ménages diffèrent leurs dépenses importantes et épargnent les gains de pouvoir d’achat dont ils peuvent bénéficier. La dégradation des comptes publics constitue également un facteur propice à l’épargne, les ménages craignant une hausse des impôts ou un ralentissement de la croissance. D’autres facteurs peuvent contribuer à l’augmentation du taux d’épargne : le vieillissement de la population et le réinvestissement des revenus des produits d’épargne.

Le retour de l’incertitude politique après l’annonce du Premier ministre, François Bayrou du 25 août dernier, ne devrait pas inciter les ménages à relâcher leur effort d’épargne. Certes, les ménages sont de plus en plus résilients compte tenu de la multiplication des crises, en revanche leur prudence s’inscrit dans la durée.

Au 2e trimestre, le revenu disponible brut (RDB) des ménages en euros courants a augmenté de +0,3 % après +0,6 % au premier trimestre. Les prestations sociales ont augmenté de 0,7 % après +1,1 %. La masse salariale reçue par les ménages a progressé à un rythme proche de celui du trimestre précédent (+0,4 % après +0,3 %). Les impôts versés par les ménages ont connu une progression de +0,8 % après +3,5 % au premier trimestre.

Dans le même temps, l’inflation est en recul. Les prix de la consommation des ménages se replient légèrement (-0,1 % après +0,5 %). Le pouvoir d’achat des ménages s’est accru de +0,4 % après +0,1 %. Mesuré par unité de consommation pour être ramené à un niveau individuel, le pouvoir d’achat augmente de +0,2 % après -0,1 %.

Cercle de l’Epargne -données INSEE

L’assurance vie la grande gagnante de l’été

La collecte nette de l’assurance vie, au mois de juillet 2025, a atteint 4,1 milliards d’euros, soit deux fois plus qu’en 2024. Elle se situe largement au-dessus de sa moyenne décennale (2015/2024 : 1,4 milliard d’euros). Ce résultat témoigne du retour en force de l’assurance vie, à l’œuvre depuis le début de l’année. Après avoir atteint 5,2 milliards d’euros en juin, l’assurance vie démarre le second semestre sur les chapeaux de roue avec un résultat haut en couleur, le meilleur depuis 2010 pour un mois de juillet.

Le mois de juillet réussit, en règle générale, assez bien à l’assurance vie, avec simplement deux décollectes (2023 : –809 millions d’euros et 2020 : –335 millions d’euros).

Une collecte nette positive pour les fonds en euros et pour les UC

La collecte nette est positive tant pour les unités de compte que pour les fonds en euros (+3,5 milliards d’euros pour les supports en UC, +0,7 milliard d’euros pour les supports en euros). Depuis le début de l’année, elle s’élève à +30,7 milliards d’euros, supérieure de +13,2 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Cette collecte nette est positive à hauteur de 3,5 milliards d’euros pour les fonds en euros et de 27,2 milliards d’euros pour les supports en UC.

Toujours une collecte brute forte

Dans un contexte toujours porteur pour l’épargne, les cotisations atteignent un niveau élevé. En juillet 2025, les cotisations en assurance vie se sont élevées à 17,9 milliards d’euros (en hausse de 10 % sur un an), leur plus haut niveau sur un mois. Cette hausse est portée tant par les fonds en euros (+9 % sur un an) que par les unités de compte (UC, +12 %). La part des cotisations en UC est de 41 % sur le mois de juillet et de 39 % depuis le début de l’année, supérieure à celle enregistrée sur l’ensemble de l’année 2024 (38 %).

Des prestations toujours en repli

Les prestations se sont élevées à 13,8 milliards d’euros, en baisse de –0,7 milliard d’euros en juillet 2025 par rapport à juillet 2024 (–5 %). Elles reculent sur les supports en euros (–9 %) et progressent sur les supports en UC (+7 %).

La collecte nette enregistrée en juillet 2025, à +4,1 milliards d’euros, représente plus du double de celle de juillet 2024 (+1,8 milliard d’euros).

L’encours atteint 2 057 milliards d’euros à fin juillet 2025, en hausse de +5 % sur un an, permettant à l’assurance vie de conforter sa place de premier placement des ménages en France.

L’assurance vie : la grande gagnante de l’été

Le taux d’épargne des ménages a atteint, au deuxième trimestre, 18,9 % du revenu disponible brut, dont 9,8 points au titre de l’épargne financière. L’assurance vie est la grande gagnante de la propension des Français pour l’épargne. Elle bénéficie, en effet, d’un réel engouement depuis le début de l’année. Elle a gagné en attractivité avec la baisse du rendement de l’épargne réglementée et des dépôts à terme. Le rendement des fonds en euros est désormais supérieur à celui du Livret A, même après impôt. En outre, les assureurs proposent des taux bonifiés qui attirent les épargnants. La bonne tenue des marchés financiers au niveau mondial constitue un argument supplémentaire en faveur de l’assurance vie.

Avec la persistance des tensions géopolitiques et nationales, le taux d’épargne devrait rester élevé dans les prochains mois, ce qui devrait favoriser la collecte de l’assurance vie. Les ménages devraient rester prudents en ce qui concerne leurs projets immobiliers, ce qui diminuera les retraits. Enfin, la baisse du rendement de l’épargne réglementée et la politique monétaire de la Banque centrale européenne, plus accommodante, avantagent l’assurance vie. Les supports en euros pourront compter sur le maintien de taux longs élevés en raison des importants besoins de financement des États.

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Contact presse :

Sarah Le Gouez

06 13 90 75 48

slegouez@cercledelepargne.fr

L’assurance vie : pas de trêve estivale

La collecte nette de l’assurance vie, au mois de juillet 2025, a atteint, selon France Assureurs, 4,1 milliards d’euros, soit deux fois plus qu’en 2024. Elle se situe largement au-dessus de sa moyenne décennale (2015/2024 : 1,4 milliard d’euros). Ce résultat témoigne du retour en force de l’assurance vie, à l’œuvre depuis le début de l’année. Après avoir atteint 5,2 milliards d’euros en juin, l’assurance vie démarre le second semestre sur les chapeaux de roue avec un résultat haut en couleur, le meilleur depuis 2010 pour un mois de juillet.

Le mois de juillet réussit, en règle générale, assez bien à l’assurance vie, avec simplement deux décollectes (2023 : –809 millions d’euros et 2020 : –335 millions d’euros).

Une collecte nette positive pour les fonds en euros et pour les UC

La collecte nette est positive tant pour les unités de compte que pour les fonds en euros (+3,5 milliards d’euros pour les supports en UC, +0,7 milliard d’euros pour les supports en euros). Depuis le début de l’année, elle s’élève à +30,7 milliards d’euros, supérieure de +13,2 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Cette collecte nette est positive à hauteur de 3,5 milliards d’euros pour les fonds en euros et de 27,2 milliards d’euros pour les supports en UC.

Toujours une collecte brute forte

Dans un contexte toujours porteur pour l’épargne, les cotisations atteignent un niveau élevé. En juillet 2025, les cotisations en assurance vie se sont élevées à 17,9 milliards d’euros (en hausse de 10 % sur un an), leur plus haut niveau sur un mois. Cette hausse est portée tant par les fonds en euros (+9 % sur un an) que par les unités de compte (UC, +12 %). La part des cotisations en UC est de 41 % sur le mois de juillet et de 39 % depuis le début de l’année, supérieure à celle enregistrée sur l’ensemble de l’année 2024 (38 %).

Des prestations toujours en repli

Les prestations se sont élevées à 13,8 milliards d’euros, en baisse de –0,7 milliard d’euros en juillet 2025 par rapport à juillet 2024 (–5 %). Elles reculent sur les supports en euros (–9 %) et progressent sur les supports en UC (+7 %).

La collecte nette enregistrée en juillet 2025, à +4,1 milliards d’euros, représente plus du double de celle de juillet 2024 (+1,8 milliard d’euros).

L’encours atteint 2 057 milliards d’euros à fin juillet 2025, en hausse de +5 % sur un an, permettant à l’assurance vie de conforter sa place de premier placement des ménages en France.

L’assurance vie : la grande gagnante de l’été

Le taux d’épargne des ménages a atteint, au deuxième trimestre, 18,9 % du revenu disponible brut, dont 9,8 points au titre de l’épargne financière. L’assurance vie est la grande gagnante de la propension des Français pour l’épargne. Elle bénéficie, en effet, d’un réel engouement depuis le début de l’année. Elle a gagné en attractivité avec la baisse du rendement de l’épargne réglementée et des dépôts à terme. Le rendement des fonds en euros est désormais supérieur à celui du Livret A, même après impôt. En outre, les assureurs proposent des taux bonifiés qui attirent les épargnants. La bonne tenue des marchés financiers au niveau mondial constitue un argument supplémentaire en faveur de l’assurance vie.

Avec la persistance des tensions géopolitiques et nationales, le taux d’épargne devrait rester élevé dans les prochains mois, ce qui devrait favoriser la collecte de l’assurance vie. Les ménages devraient rester prudents en ce qui concerne leurs projets immobiliers, ce qui diminuera les retraits. Enfin, la baisse du rendement de l’épargne réglementée et la politique monétaire de la Banque centrale européenne, plus accommodante, avantagent l’assurance vie. Les supports en euros pourront compter sur le maintien de taux longs élevés en raison des importants besoins de financement des États.

France Assureurs

France Assureurs

Les Français toujours en mode épargne

Au 2e trimestre 2025, le taux d’épargne des ménages a atteint, selon l’INSEE (comptes nationaux), un niveau record de 18,9 % du revenu disponible brut. Il a augmenté de 0,3 point entre le premier et le deuxième trimestre. Le taux d’épargne financière est de son côté passé de 9,5 à 9,8 % du revenu disponible brut. Hors covid, il faut remonter au début des années 1980 pour avoir un taux aussi élevé.

Depuis la crise sanitaire de 2020, les Français maintiennent un effort d’épargne important. Le taux d’épargne n’a jamais retrouvé son niveau d’avant covid (15 % du revenu disponible brut). La succession de crises (covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste, conflit au Moyen Orient, situation politique en France) explique en grande partie cette propension à l’épargne qui s’effectue au détriment de la consommation. Les ménages diffèrent leurs dépenses importantes et épargnent les gains de pouvoir d’achat dont ils peuvent bénéficier. La dégradation des comptes publics constitue également un facteur propice à l’épargne, les ménages craignant une hausse des impôts ou un ralentissement de la croissance. D’autres facteurs peuvent contribuer à l’augmentation du taux d’épargne : le vieillissement de la population et le réinvestissement des revenus des produits d’épargne.

Le retour de l’incertitude politique après l’annonce du Premier ministre, François Bayrou du 25 août dernier, ne devrait pas inciter les ménages à relâcher leur effort d’épargne. Certes, les ménages sont de plus en plus résilients compte tenu de la multiplication des crises, en revanche leur prudence s’inscrit dans la durée.

Au 2e trimestre, le revenu disponible brut (RDB) des ménages en euros courants a augmenté de +0,3 % après +0,6 % au premier trimestre. Les prestations sociales ont augmenté de 0,7 % après +1,1 %. La masse salariale reçue par les ménages a progressé à un rythme proche de celui du trimestre précédent (+0,4 % après +0,3 %). Les impôts versés par les ménages ont connu une progression de +0,8 % après +3,5 % au premier trimestre.

Dans le même temps, l’inflation est en recul. Les prix de la consommation des ménages se replient légèrement (-0,1 % après +0,5 %). Le pouvoir d’achat des ménages s’est accru de +0,4 % après +0,1 %. Mesuré par unité de consommation pour être ramené à un niveau individuel, le pouvoir d’achat augmente de +0,2 % après -0,1 %.

INSEE

Le Coin des Epargnants du 22 août 2025 : un mois d’août tout en couleur

Hausse du cours des actions, l’or et le bitcoin toujours au plus haut, l’été 2025 peut à première vue être surprenant. Avec l’entrée en vigueur de la hausse des droits de douane américains, le mois d’août 2025 était redouté par les investisseurs, sachant que le huitième mois de l’année est rarement porteur pour les marchés actions. Or, le cru 2025, malgré les incertitudes, se révèle étrangement bon. Plusieurs indices boursiers ont battu des records. En cette troisième semaine d’août, le CAC 40 s’est rapproché des 8 000 points, portant sa hausse depuis le 1er janvier à plus de 8 %. Certes, le DAX allemand fait nettement mieux, avec un gain de plus de 22 %, l’Eurostoxx progressant de plus de 12 %. La Bourse de Madrid a connu une hausse de plus de 30 % depuis le 1er janvier, tandis que Milan et Lisbonne sont également en forte progression. L’indice grec Athex a enregistré une appréciation de plus de 40 %. Le Standard & Poor’s 500, l’indice de référence des professionnels de Wall Street, a progressé de près de 9 % depuis le début de l’année. Le Dow Jones a atteint un plus haut le 15 août, à plus de 45 200 points. Le Nasdaq flirte également avec ses plus hauts historiques. Depuis le décrochage du mois d’avril, marqué par les annonces de Donald Trump sur les droits de douane « réciproques » très élevés, l’indice des valeurs technologiques américaines s’est adjugé près de 40 %.

Ces résultats s’expliquent par les perspectives d’une prochaine baisse des taux de la part de la Fed. En allégeant le coût de la dette pour les entreprises, en favorisant les investissements et en diminuant le rendement des obligations, la baisse des taux contribue à l’augmentation du cours des actions. Les valeurs technologiques, gourmandes en capitaux, y sont particulièrement sensibles. Les investisseurs estiment également que les accords commerciaux signés par les États-Unis constituent un moindre mal. Les droits sont, dans l’ensemble, conformes à ceux qui avaient été annoncés en avril dernier. Contrairement aux craintes de certains à la veille de l’été, les données macroéconomiques rendues publiques ces dernières semaines sont rassurantes pour l’économie américaine. Enfin, les résultats des entreprises pour le deuxième trimestre, dévoilés cet été, sont de bonne facture. En Europe, ils se sont inscrits en ligne avec les anticipations, et aux États-Unis ils se sont révélés supérieurs de 8 % en moyenne aux attentes des analystes. En Europe, les marchés restent portés par les valeurs de la défense et de l’aéronautique. Les valeurs bancaires, longtemps pénalisées, connaissent un réel rebond.

Le niveau élevé du cours de l’or est imputable à la demande toujours forte des banques centrales et à la soif de diversification des investisseurs, les incertitudes demeurant importantes. L’abondance de liquidités, en lien avec la politique monétaire accommodante des années 2009-2022, contribue à la hausse de la valeur des actifs tels que l’or, l’immobilier ou le bitcoin. Pour ce dernier, sa diffusion de plus en plus large, notamment via les fonds indiciels (ETF), se traduit par un cours élevé. La politique pro-crypto du président américain alimente également les achats de bitcoins par les institutionnels comme par les particuliers.

Trump vs Fed : le match continue

Dans le cadre du symposium de politique monétaire de Jackson Hole, Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, a indiqué qu’une baisse des taux directeurs était possible en septembre, en dépit de l’accélération de l’inflation, soulignant les vulnérabilités du marché du travail. Jerome Powell a ainsi déclaré : « Avec une politique en territoire restrictif, les perspectives de base et l’évolution de l’équilibre des risques pourraient justifier un ajustement de notre position politique. » Le scénario d’une détente d’un quart de point du loyer de l’argent est donc envisageable, même si rien n’est encore décidé. Concernant les droits de douane, l’hypothèse de base raisonnable est que leur relèvement créera une hausse « temporaire » des prix, mais que celle-ci mettra du temps à se faire pleinement sentir dans l’économie.

Donald Trump a toujours Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, dans le collimateur. Face au refus entêté de la Fed de baisser ses taux directeurs, le président américain a, par ailleurs, étendu sa campagne d’intimidation aux autres membres du comité de politique monétaire. Il a ainsi déclaré : « Lisa Cook doit démissionner, maintenant !!! » sur son réseau social Truth, dans un message incluant un lien vers un article évoquant des accusations de fraudes hypothécaires émises par un allié du président à l’encontre de la première gouverneure noire de la Réserve fédérale. L’économiste, diplômée d’Harvard et qui a travaillé sous l’administration Obama, a été nommée à ce poste par Joe Biden pour un mandat expirant en 2038. Elle a, jusqu’à présent, toujours voté avec Jerome Powell. Lisa Cook a répondu en indiquant qu’elle n’avait pas l’intention de se laisser intimider et de démissionner de son poste « à cause de quelques questions soulevées dans un tweet ». La Fed est la seule agence fédérale à ne pas être entièrement sous la coupe de la Maison-Blanche. Le président américain a néanmoins le pouvoir de limoger un membre de la Banque centrale, mais sous condition de motifs légitimes. La nouvelle attaque contre l’indépendance de la Réserve fédérale est la conséquence de l’échec de la campagne d’intimidation menée contre Jerome Powell depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Baisse du prix du pétrole : une aubaine pour l’économie française

Si l’économie européenne souffre de la hausse des droits de douane américains, elle bénéficie en revanche de la baisse du cours du pétrole. Le baril de Brent évolue autour de 66 dollars, soit 20 % de moins qu’en début d’année. En France, le prix moyen du litre de sans-plomb 95 a diminué d’une dizaine de centimes entre janvier et juillet, selon l’Insee. Cette diminution du prix du pétrole contribue à la faible inflation et à l’amélioration des marges des entreprises.

Selon Rexecode, en moyenne, une baisse de 10 dollars du prix du baril de Brent se traduit, au bout d’un an, par un surplus de croissance de 0,1 % à 0,2 % du PIB, accompagné d’une baisse de l’inflation de 0,2 % à 0,3 %. Cela permettrait un gain de 20 000 emplois et une amélioration du solde commercial de la France. Le ministère de l’Économie considère que la faiblesse du cours du pétrole permettra d’atteindre une croissance de 0,7 % du PIB pour la France cette année. Pour les finances publiques, l’effet devrait être neutre à court terme, puis positif dans un second temps. La baisse du prix de l’essence diminue les rentrées de TVA, déjà en recul sur les six premiers mois de l’année contrairement aux anticipations budgétaires, mais la hausse de la croissance compensera ce manque à gagner. La progression de la croissance devrait alléger les dépenses publiques, avec à la clé une amélioration du déficit public de 0,1 à 0,2 point de PIB.

La baisse du cours du pétrole a, en revanche, un effet négatif sur l’environnement. Elle incite les ménages à utiliser plus souvent leur voiture et à émettre davantage de gaz à effet de serre. Elle ne favorise pas l’achat de véhicules électriques.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
22 août 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 969,69+0,72 %7 543,187 380,74
Dow Jones45 631,74+1,52 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 466,91+0,30 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite21 496,53-0,55 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 370,74-0,18 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 321,40+2,13 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 488,23+0,99 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)42 633,29-0,20 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 825,76+4,36 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,422 %-0,043 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,721 %-0,063 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,262 %-0,049 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1715+0,31 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 369,82+0,36 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars67,55+2,55 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars116 670,19-0,21 %38 252,5493 776,61

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