Par rapport à 2018, le régime fiscal de l’épargne connaît peu de changement en ce 1er janvier 2019. des changements sont attendus en cours d’année avec l’adoption de la loi PACTE qui comporte des mesures concernant le PEA, l’assurance vie, l’épargne salariale et l’épargne retraite. Malgré tout, l’année 2019 est la première année d’application effective de la flat tax sur les revenus des placements financiers perçus en 2018.
Plusieurs dispositions modifient certains produits dès le 1er janvier. Ainsi, le Gouvernement a intégré des mesures visant à encourager le développement de l’épargne salariale.
Avec l’adoption de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019, le forfait social a été supprimé pour les versements de primes d’intéressement et de participation dans les entreprises de moins de 50 salariés. Pour les PME de 50 à 250 salariés, le forfait social est supprimé sur les versements de primes d’intéressement mais reste applicable pour la participation. Par ailleurs, le taux du forfait social est ramené de 20 à 10 % sur l’abondement des employeurs à un plan d’épargne entreprise (PEE).
Le PEA bénéficie d’une amélioration dès le 1er janvier. Les sorties réalisées avant 5 ans de détention sont désormais soumises au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (17,2 % de prélèvements sociaux et 12,8 % d’impôt sur le revenu) et non plus aux taux forfaitaires en vigueur jusqu’à présent. Jusqu’à présent, les retraits anticipés étaient imposés à 22,5% puis 19% (hors cotisations sociales). Après 5 ans, seuls les prélèvements sociaux sont à acquitter.
Dans le cours de l’année après l’adoption de la loi PACTE, le régime du PEA sera encore amélioré. Les détenteurs d’un PEA pourront alors réaliser des retraits partiels après le 5e anniversaire du plan, sans provoquer sa clôture, en revanche, les versements ne seront plus alors possibles. Après 8 ans, il sera possible de réaliser des rachats et des versements sans provoquer la fermeture du plan. Ces mesures rapprochent le PEA de l’assurance vie. Par ailleurs, la loi Pacte devrait créer un PEA jeunes destinés aux 18/25 ans qui restent rattachés fiscalement à leurs parents.
Le projet de loi Pacte prévoit également de relancer les fonds euro-croissance de l’assurance vie qui offre une garantie de capital à terme avec en contrepartie un gain potentiel plus élevé.
Contrairement à aujourd’hui, les assureurs pourront afficher un rendement annuel valable pour l’ensemble des épargnants. Les épargnants qui choisissent une échéance lointaine, supérieure aux 8 ans réglementaires, profiteront d’une garantie en capital plus importante, mais le rendement du fonds sera bien le même pour tous.
Le projet de loi Pacte inclut une transparence renforcée sur les frais et rétrocessions liées aux supports en unités de compte (UC).
Pour l’épargne retraite, du fait de la nécessité de publier au préalable des ordonnances, l’entrée en vigueur de la réforme visant à simplifier et à harmoniser les différents produits interviendra en 2020.
Les « fonds fiscaux » FIP et FCPI devaient faire l’objet d’une majoration ponctuelle de la réduction d’impôt sur le revenu dite « Madelin » en 2018, avec un taux bonifié de 18% à 25% pour la seule année 2018. Cette mesure n’ayant pas été appliquée en 2018 devrait l’être en 2019.
Marchés financiers : 2018, une année à fort contraste
Ce n’est pas un krach mais c’est un sérieux signal d’alerte. Toutes les grandes places boursières ont enregistré, en 2018, des reculs significatifs. A Paris, le CAC 40 a perdu 10,95 %, la plus forte baisse depuis 2011. Le Daxx allemand recule même de 18,26 %. L’indice londonien a chuté de 12,48 % un peu près comme l’indice japonais Nikkei, -12,08 %. Les indices américains qui ont longtemps été positif jusqu’au mois de décembre cèdent également du terrain.
Près de la moitié des composantes du Cac 40 (19 sur 40) a baissé de plus de 15% en 2018. Les valeurs financières ont cédé du terrain du fait des menaces qui pèsent sur l’Europe. L’automobile (Renault, Michelin et surtout Valeo) a été mise à dure épreuve avec l’entrée en vigueur de nouvelles normes. La forte concurrence sur ce secteur et l’incarcération du PDG de Renault ont également joué en défaveur des cours. La grande distribution a payé le ralentissement de la croissance de la consommation, de la concurrence de plus en plus vive et du mouvement des « gilets jaunes ».
L’année 2018 aura été une année de tous les contrastes. Le pétrole a joué au yo-yo passant de 66 dollars début janvier à plus de 84 dollars le baril le 6 octobre pour terminer l’année à 52 dollars le baril. Il aura perdu 20 % de sa valeur en un an. Son augmentation au cours du premier semestre a pesé sur la croissance des pays consommateurs. Elle a eu comme conséquence l’accélération de l’inflation qui a dépassé les 2 % aux Etats-Unis comme en Europe.
Le commerce international, dans la foulée de l’année 2017, a connu une forte progression aidé en cela par la bonne tenue de la conjoncture américaine. L’aggravation du déficit commercial américain a conduit Donald Trump, avant les élections de Midterm d’engager une guerre commerciale avec la Chine et à titre accessoire avec l’Europe. Si au niveau des échanges, l’impact a été jusqu’à maintenant faible, les sanctions annoncées ont pesé sur le climat boursier de la fin d’année. Les investisseurs craignent pour 2019 un ralentissement des échanges et donc une diminution de la croissance. L’obtention ou pas d’un accord au début de l’année 2019 conditionnera l’évolution des cours des prochains mois.
La croissance de l’économie mondiale aurait du jouer en faveur de la bourse or il en fut autrement. Les investisseurs valorisent les cours non pas au regard des performances passées et actuelles mais en fonction de ceux à venir. Il est souvent mentionné que les retournements de la bourse ont six mois d’avance par rapport aux mouvements réels de l’économie. Cette théorie est toute relative car des krachs peuvent ne pas déboucher sur des récessions. Il en fut ainsi en 1987. En 2018, la croissance de l’économie mondiale devrait avoir atteint 3,6 %. Les Etats-Unis, grâce à la réforme fiscale de Donald Trump, peuvent espérer une croissance de 3 %. L’économie américaine serait menacée de surchauffe, justifiant les relèvements des taux directeurs par la banque centrale. En revanche, le Président Donald Trump pense tout autrement, son objectif étant d’obtenir une croissance supérieure à 3 %. Il réclame l’arrêt de la hausse des taux. Les menaces qu’il a formulées à l’encontre du Président de la FED, Jerome Powell, ont effrayé les investisseurs. Ces derniers n’ont guère apprécié la remise en cause de l’indépendance de la banque centrale. Par ailleurs, ils ont jugé les pressions présidentielles et l’éventuel ralentissement du programme de hausse des taux comme la preuve d’un retournement de la croissance. Malgré, en 2018, quatre hausses de taux sont intervenues, portant la fourchette des Fed funds entre 2,25% et 2,5% en fin d’année
Le ralentissement économique de la zone euro s’est manifesté dès le premier trimestre et ne s’est pas démenti au cours de l’année. L’Allemagne a même enregistré une contraction de son PIB au 3e trimestre, contraction s’expliquant en partie par le changement des normes antipollution des véhicules et par les tensions commerciales. L’Italie a renoué avec la stagnation et la France avec la croissance à petite vitesse. De même, le Japon a du faire face à un net refroidissement de son économie au 3e trimestre. A cela s’est ajouté l’érosion de la croissance chinoise à partir du second semestre.
L’année 2018 a été également marquée par une série de crises diplomatiques dont les effets se sont ressentis sur les indices boursiers. L’Iran, la Turquie et l’Arabie saoudite ont été des sources de tensions. Durant l’été, le durcissement des relations entre Ankara et Washington onbt provoqué une dépréciation de la livre turque et la baisse du principal indice de la bourse d’Istamboul. Cette crise a provoqué une onde de choc sur les places financières mondiales et a contribué à la baisse des valeurs des banques européennes fortement investies en Turquie. La rupture par les Etats-Unis de l’accord avec l’Iran et la restauration de l’embargo ont eu une influence sur les cours pétroliers et sur le climat économique général. L’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, dans l’ambassade de son pays en Turquie a pesé sur la place financière de Riad.
L’Union européenne est également restée un foyer d’incertitudes avec notamment le feuilleton inachevé à cette heure du Brexit et les relations difficiles de Rome avec Bruxelles du fait de l’arrivée au pouvoir d’une coalition des deux partis extrémistes M5S et la Ligue dont l’antieuropéanisme est un des rares ciments. La crise sociale en France et les difficultés d’Angela Merkel avec la montée en puissance de l’extrême droite fragilisent la zone euro qui fête en 2019 ces vingt ans. Si les écarts de taux entre l’Italie et l’Allemagne se sont accrus, il est à souligner que tant dans ce dernier pays et la France, les taux sont plus faibles en fin qu’en début d’année.
L’année 2018 marquera peut être la fin de l’envolée des cours des technologiques. Apple a valu plus de 1 000 milliards de dollars, avant de perdre en moins de trois mois 30 % de sa valeur. Facebook, Alphabet, Netflix et Amazon ont vu leur cours baisser. Les résultats des GAFAM ne suivaient plus l’appréciation des actions. Des doutes sur la pérennité des modèles économiques commencent à poindre. La correction en cours était attendue et est salutaire. En effet, des augmentations de 300 à 900% en quelques années était déconnectée des réalités économiques.
En 2018, l’année aura été celle de la chute du Bitcoin qui est ainsi passé de plus de 16 400 dollars le 1er janvier 2018 à 3 810 dollars le 31 décembre 2018. En un an, il a perdu plus de 75 % de sa valeur. Le caractère hautement spéculatif, l’absence de transparence, l’explosion des coûts de production des crypto-actifs et la volonté des pouvoirs publics de réguler ce nouveau marché ont entrainé la chute de leurs. Ether, Ripple, Litecoin ont suivi le Bitcoin dans son mouvement.
En 2018, la justice s’est immiscée dans la vie financière des entreprises internationales. L’arrestation de Carlos Gohn au Japon tout comme celle au Canada de la directrice financière de Huawei (qui est par ailleurs la fille du fondateur), la menace de sanction à l’encontre de la Société générale aux Etats-Unis sont autant d’exemples d’une juridicisation accrue de la vie économique, juridicisation qui est une forme de protectionnisme déguisée.
Tableau de bord des marchés financiers
Résultats
CAC au 29 décembre 2017
CAC au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
5 312,56
4 730,69
-5,50 %
-10,95 %
DAXX au 29 décembre 2017
DAXX au 28 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
12 917,64
10 558,96
-6,63 %
-18,26 %
Footsie au 29 décembre 2017
Footsie au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
7 687,77
6 728,13
-4,42 %
-12,48 %
Euro Stoxx au 29 décembre 2017
Euro Stoxx au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
3 609,29
3 173,13
-0,58 %
-9,44 %
Dow Jones au 29 décembre 2017
Dow Jones au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
24 719,22
23,327.46
-8,56 %
-5,63 %
Nasdaq au 29 décembre 2017
Nasdaq au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
6 903,39
6 635,28
-9,48 %
-3,88 %
Nikkei au 29 décembre 2017
Nikkei au 28 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
22 764,94
20 014,77
-8,83 %
-12,08 %
Parité euro/dollar au 29 décembre 2017
Parité euro/dollar au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
1,1894
1,1447
+0,49 %
-4,47 %
Once d’or au 29 décembre 2017
Once d’or au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
1 304,747
1 280,690
+4,61 %
-1,68 %
Pétrole Brent au 29 décembre 2017
Pétrole Brent au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
66,840
53,429
-10,46 %
-19,79 %
Complémentaire retraite : la révolution du 1er janvier 2019
À compter du 1er janvier, les deux régimes de retraite complémentaires AGIRC et ARRCO fusionnent.
Le système de cotisation est modifié tout comme le dispositif des points.
A partir du 1er janvier quelle que soit la classification conventionnelle des salariés, deux tranches de cotisation sont prévues.
Sur la tranche 1 (rémunérations inférieures ou égales au Plafond de la Sécurité sociale), le taux de cotisations appliqué sera de 6,20 %,
Sur la tranche 2 (rémunérations comprises entre 1 fois et 8 fois le Plafond de la Sécurité sociale) le taux de cotisations sera de 17 %.
Les cotisations seront acquittées à 60 % par les employeurs et à 40 % par les salariés contre respectivement 62 % et 38 % dans l’ancien système.
Le taux d’appel (taux payé par l’employeur et le salarié) destiné à assurer l’équilibre financier des régimes, passera de 125 à 127 % au 1er janvier prochain. Cette mesure devrait rapporter 800 millions d’euros par an à L’AGIRC-ARRCO. Le taux d’appel est une cotisation additionnelle, non productive de droits, qui est ajoutée à la cotisation contractuelle AGIRC ARRCO.
Une nouvelle contribution, appelée CEG, Contribution d’Équilibre Général est créée en remplacement des anciennes AGFF et GMP. La première avait été instituée afin d’assurer le financement des pensions après le passage de l’âge légal de 65 à 60 ans. Pour les salariés relevant de la tranche 1, le taux de la contribution d’équilibre général est fixé à 2,10 %. Pour les salariés de la tranche 2, ce taux est de 2,70 %.
L’ancienne CET (Contribution Exceptionnelle Temporaire) devient la CET (Contribution d’Équilibre Technique) mais son taux reste inchangé à 0,35 %. La nouvelle CET concernera dorénavant l’ensemble des salariés (cadres et non-cadres) ayant une rémunération supérieure au plafond de la Sécurité Sociale (relevant donc de la tranche 2 instituée par l’accord de 2015), et ce dès le premier euro.
La conversion des anciens points de retraite complémentaire
La réforme prévoit la fusion des régimes ARRCO et AGIRC dans un seul régime AGIRC ARRCO. Cette fusion aura deux conséquences pour les cotisants. Le stock des anciens points ARRCO et des anciens points AGIRC sera converti en nouveaux points AGIRC ARRCO. L’acquisition des nouveaux droits se fera au sein de ce nouveau régime.
Les points déjà acquis sont convertis comme suit :
Avant la fusion
Après la fusion
1 ancien point ARRCO
(valeur 1,2513€ au 30/09/2018)
1 point AGIRC ARRCO
(valeur 1,2513€ au 30/09/2018)
1 ancien point AGIRC
(valeur 0,4352 € au 30/09/2018)
1 point AGIRC ARRCO * taux de conversion 0,3477982898
avec : 0,3477982898=0,4352/1,2513
Si un salarié a un stock de 1 000 points ARRCO avant la fusion, il conservera ce même nombre de points après la fusion. Les points auront la même valeur, avant et après la fusion, soit : 1,2513 € (valeur 2018).
Si un salarié a un stock de 1 000 points AGIRC avant la fusion (valeur : 1000*0,4352 = 435,20 €/an), ses points AGIRC seront convertis en nouveaux points AGIRC ARRCO pour sur la base de : 1 000 anciens points AGIRC x le coefficient de conversion (0,3477982898) = 347,80 nouveaux points ARRCO.
Le régime du bonus/ malus
Les partenaires sociaux ont convenu de la mise en place à partir du 1er janvier 2009 d’un coefficient dit « de solidarité » qui se traduit par une minoration de 10 % de la pension de retraite complémentaire dans la limite de 3 ans. Cette minoration potentielle concerne les assurés nés en 1958 et après. Elle ne s’appliquera pas aux personnes qui décaleront d’un an la liquidation de leur retraite complémentaire.
La minoration ne concerne pas non plus les retraités exonérés de CSG, ni les assurés handicapés. Pour ceux assujettis au taux réduit de la CSG, l’abattement est limité à 5 %. Quoi qu’il en soit, cet abattement de 10 % disparaît à 67 ans, âge de la retraite à taux plein.
Les personnes bénéficiant d’un taux réduit de CSG se voient appliquer un malus de 5 % au lieu de 10 %.
Un salarié né en 1958 qui souhaite partir à 62 ans (âge légal). Pour avoir le taux plein, il doit cotiser 167 trimestres. Si le 1er janvier 2019, il respecte cette condition, il peut partir à la retraite mais il se verra appliquer un abattement de 10 % jusqu’au 1er janvier 2022 sur le montant de sa retraite complémentaire. En revanche, s’il décale son départ d’un an, il pourra bénéficier dès 2020 de sa pension pleine et entière. À noter que si ce salarié ne pouvait prétendre partir à la retraite à taux plein qu’à 66 ans, son abattement de 10 % ne s’appliquera que pendant 1 an, c’est-à-dire jusqu’à ses 67 ans.
Les salariés qui remplissent les conditions du taux plein au régime de base et qui reporteront la liquidation de leur retraite complémentaire d’au moins huit trimestres bénéficieront d’une majoration de leur retraite complémentaire pendant un an de :
10 % si elles décalent leur retraite complémentaire de 2 ans ;
20 % si elles décalent leur retraite complémentaire de 3 ans ;
30 % si elles décalent leur retraite complémentaire de 4 ans.
Les crédits à la consommation toujours en forte hausse
Avant les évènements des gilets jaunes, les Français recouraient de plus en plus aux crédits à la consommation. A fin septembre, leur croissance annuelle était de +5,9 % comme en juin 2018. Celle-ci est notamment portée par les crédits renouvelables, dont la croissance annuelle devient positive après plusieurs trimestres de décroissance (+1,9 % après -1,6 % en juin). L’essor des crédits-bails, porté par les achats d’automobiles, est toujours vif (+28,7 %) tandis que la progression de l’encours des prêts amortissables ralentit quelque peu sur un an.
La sous-indexation des retraités ne vaut que pour 2019
Le Gouvernement a publié la loi de financement pour la Sécurité sociale au Journal Officiel du 23 décembre. Cette publication intervient après la décision du Conseil constitutionnel qui a avait été saisi par des parlementaires. Le Conseil a validé la quasi totalité du texte. Il a néanmoins précisé que l’indexation de 0,3 % des pensions de retraite et de certains prestations sociales ne pourraient valoir que pour 2019 quand le gouvernement avait prévu qu’elle s’applique également en 2020. Le Conseil n’a pas supprimé la mesure pour 2020 en raison d’un différend de fond mais sous prétexte que la loi de financement de la sécurité sociale ne peut prendre que des dispositions d’ordre annuel et ne saurait engager sur plusieurs années le gouvernement (principe d’annualité).
Le Plafond de la Sécurité sociale revalorisé de près de 2 % pour 2019
Le plafond de la sécurité sociale est réévalué chaque année au 1er janvier. Il est utilisé pour le calcul de cotisations sociales dont celles de la retraite ainsi que pour calculer le plafond de la déduction fiscale applicable à de nombreux produits d’épargne retraite (PERP COREM, Préfon, contrats Madelin, enveloppe de versement volontaire au PERE…). Pour 2019, l’actualisation qui est fonction de l’évolution des salaires est de près de 2 %. Pour la première fois, le plafond annuel dépasse 40 000 euros.
Les plafonds 2019 sont donc les suivants
40 524 euros par an (39 732 euros en 2018) ;
10 131 euros par trimestre (9 933 euros en 2018) ;
Après deux mois consécutifs de décollecte, le Livret A renoue avec une collecte positive, en novembre, de 670 millions d’euros (770 millions avec le Livret de Développement Durable et solidaire). En septembre et octobre derniers, le Livret A avait, en effet, enregistré deux décollectes de respectivement 410 millions et 2,06 milliards d’euros. L’année dernière, le Livret A avait connu également une petite collecte en novembre de 130 millions d’euros.
Avec cette collecte positive, l’encours du Livret A a atteint, à la fin du mois de novembre, 281,2 milliards d’euros.
Le mois de novembre est traditionnellement un mauvais mois pour le Livret A. Sur ces dix dernières années, cinq décollectes ont été enregistrées. Ces mauvais résultats sont imputables au paiement des impôts locaux, à la préparation des fêtes et à l’absence de versements des primes.
En 2018, plusieurs facteurs peuvent expliquer le retour d’une collecte positive pour le mois de novembre. La dégradation de la situation économique et les évènements sociaux ont pu conduire des ménages à accroître leur poche d’épargne de précaution. Selon l’INSEE, en cette fin d’année, le taux d’épargne est en forte progression. Les ménages ayant réduit leurs dépenses de consommation (-0,3 %), ils ont pu placer une partie de leurs disponibilités sur leur Livret A et retirer moins d’argent. Par ailleurs, le ralentissement de l’inflation et l’amélioration du pouvoir d’achat provoquée par la diminution des cotisations sociales salariales ont amené les ménages à placer un peu plus d’argent.
Le mois de décembre devrait ressembler à celui de novembre en raison du contexte tant social qu’économique. Un rebond de la collecte devrait intervenir au mois de janvier après le versement des primes.
La consommation en baisse en novembre
La consommation s’est inscrite en baisse au mois de novembre de 0,3 % après une hausse en octobre (+0,9 %). Ce repli s’explique notamment par la baisse de la consommation alimentaire (−0,5 %) et celle de biens fabriqués (−0,6 %). La consommation des ménages en énergie ralentit (+0,7 % après +1,5 % en octobre). Les ménages ont pu être gêné pour la réalisation de leurs achats, sur la deuxième partie du mois de novembre, par les blocages opérés par les gilets jaunes.
Forte dégradation du climat des affaires en France
En décembre, sans surprise, le climat des affaires est en forte baisse. L’indicateur qui le synthétise, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité marchands, perd trois points. Il se situe à 102, à son plus bas niveau depuis décembre 2016. Par rapport au mois de novembre, l’indicateur de climat des affaires perd sept points dans le commerce de détail et un point dans l’industrie. Il est stable dans le bâtiment et les services. Le climat des affaires reste néanmoins supérieur ou égal à sa moyenne de longue période dans chaque secteur. Cette contraction, en particulier pour le secteur du commerce, est liée à la crise des gilets jaunes.
En décembre 2018, le climat de l’emploi est quasi stable. L’indicateur qui le synthétise se situe à 104, au-dessus de sa moyenne de longue période mais à son plus bas niveau depuis mars 2017. La hausse du solde d’opinion relatif à l’emploi prévu dans l’industrie manufacturière compense en grande partie des baisses dans les autres secteurs considérés.
Malgré tout, l’indicateur de retournement pour l’ensemble de l’économie reste dans la zone indiquant un climat conjoncturel favorable.
Taux d’épargne attendu en forte hausse au 4e trimestre 2018
L’INSEE, dans sa note de conjoncture du mois de décembre, parie sur une forte progression du taux d’épargne des ménages qui atteindrait au 4e trimestre 2018 15,6 % du revenu disponible brut contre 13,8 % au 1er trimestre. La progression est imputable à celle de l’épargne financière qui passerait de 3,6 à 5,4 % du revenu disponible brut. La réapparition de gains de pouvoir d’achats, dans un contexte anxiogène, explique cette évolution de l’épargne. Les ménages ne s’engagent pas dans des dépenses courantes ou d’investissement par crainte d’une détérioration de leur situation individuelle.
L’inflation en recul pour la zone euro
Le taux d’inflation annuel de la zone euro s’est établi à 1,9% en novembre 2018, contre 2,2% en octobre. Un an auparavant, il était de 1,5%. Le taux d’inflation annuel de l’Union européenne s’est établi à 2,0% en novembre 2018, contre 2,2% en octobre. Un an auparavant, il était de 1,8%. Ce
Les taux annuels les plus faibles ont été observés au Danemark (0,7%), en Irlande (0,8%) et au Portugal (0,9%). Les taux annuels les plus élevés ont quant à eux été enregistrés en Estonie, en Hongrie et en Roumanie (3,2% chacun). Par rapport à octobre 2018, l’inflation annuelle a baissé dans vingt-cinq États membres, est restée stable dans un et a augmenté dans un autre.
La BCE maintient inchangés ses taux mais met fin aux rachats d’obligations
La Banque centrale européenne (BCE) parie sur un ralentissement de l’économie de la zone euro pour les prochaines années. Dans le cadre de sa dernière projection, la BCE a révisé à la baisse ses prévisions de croissance à 1,9 % en 2018, 1,7 % en 2019, 1,7 % en 2020 et 1,5 % en 2021De son côté, le taux d’inflation est attendu à 1,8 % cette année (contre 1,7 % précédemment), à 1,6 % en 2019 puis 1,7 % en 2020.
En ce qui concerne la politique monétaire, la BCE a confirmé jeudi 13 décembre que les rachats d’obligation prenaient fin à la fin du mois de décembre et que ses taux directeurs restaient à leurs niveaux actuels « au moins jusqu’à l’été 2019 », et « en tout cas, aussi longtemps que nécessaire pour assurer la poursuite de la convergence durable de l’inflation vers des niveaux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme ». Le principal taux de refinancement a été maintenu à zéro tandis que les banques vont continuer à payer auprès de la BCE un intérêt négatif de 0,40% pour les liquidités dont elles n’ont pas l’utilité immédiate.
Baisse générale de la fécondité en France
Le taux de fécondité a entamé, selon l’INSEE, une nouvelle baisse en France après neuf années de stabilisation. Il s’élève désormais à 1,92 en 2016 contre 1,96 en 2015. La baisse touche toutes les régions, à l’exception de la Guyane et de Mayotte où la fécondité augmente et de La Réunion où elle est stable. La baisse frappe toutes les catégories sociales. En revanche, il demeure, selon l’INSEE, stable pour la population immigrée.
Au mois de novembre 2018, l’indice des prix à la consommation s’est contracté de 0,2 % du fait de la diminution de 0,7 point des prix de l’énergie et d’un recul des prix des services de 0,3 point. Les prix des produits alimentaires ont également diminué de 0,2 %.
Corrigés des variations saisonnières, les prix à la consommation se replient de 0,1 % sur un mois, après une hausse de 0,1 % en octobre.
Sur un an, les prix à la consommation augmentent de 1,9 % en novembre, après +2,2 % en octobre. Cette baisse de l’inflation provient d’un ralentissement, sur un an, des prix de l’énergie, des services, de l’alimentation, et du tabac, à peine atténué par un moindre recul des prix des produits manufacturés.
Sur un an, l’inflation sous-jacente, calculée en extrayant les biens et services connaissant d’importantes variations conjoncturelles baisse légèrement : +0,7 % après +0,8 % le mois précédent.
L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) se replie de 0,2 % sur un mois, après +0,1 % en octobre ; sur un an, il croît de 2,2 % après +2,5 % le mois précédent.
Les entreprises continuent à s’endetter
Les entreprises françaises continuent à s’endetter que ce soit par crédits bancaires ou en ayant recours au marché. Ainsi, selon la Banque de France, en octobre, la croissance de l’endettement des sociétés non financières a été de 5,6 % sur un an après 5,9 % le mois précédent. La croissance annuelle du financement de marché s’élève à 5,5 % et celle des crédits bancaires à 5,7 %.
Le coût moyen des financements des entreprises à 5 ans demeure très bas à 1,34 % en baisse de 3 points de base sur un mois.
Financement des sociétés non financières
(Encours et flux non cvs en milliards d’euros, taux de croissance et taux d’intérêt en %)
Encours
Flux annuel net
Taux de croissance annuel
Coût des financements nouveaux
(moyenne mensuelle)
Oct.-18
Oct.-18
Sept.-18
Oct.-18
Sept.-18
Oct.-18
Financement des SNF
1 658
88
5,9
5,6
1,37
1,34
– dont crédits bancaires
1 004
54
5,9
5,7
1,47
1,44
– dont financement de marché
653
34
6,0
5,5
1,22
1,19
en euros
532
34
7,5
6,9
en devises
122
0
-0,4
-0,2
Pas de report de la réforme des retraites
Dans son message à la Nation, Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de poursuivre la réforme des retraites. Il a ainsi déclaré « j’entends que le gouvernement poursuive l’ambition des transformations de notre pays que le peuple a choisie il y a maintenant 18 mois ; nous avons devant nous à conduire une réforme profonde de l’Etat, de l’indemnisation du chômage et des retraites. Elles sont indispensables. Nous voulons des règles plus justes, plus simples, plus claires et qui récompensent ceux qui travaillent ».
Cette réforme vise à assurer la convergence des 42 régimes des retraites en instituant un système universel par points reposant sur le principe « un euro cotisé donne les mêmes droits pour tous ».
La CSG des retraités comportera quatre taux
Emmanuel Macron a lors de son intervention télévisée le 10 décembre 2018 annoncé que les retraités dont les revenus sont inférieurs à 2000 euros n’acquitteront plus la majoration de 1,7 point de CSG. Il a ainsi déclaré, « les retraités constituent une partie précieuse de notre Nation. Pour ceux qui touchent moins de 2.000 euros par mois, nous annulerons en 2019 la hausse de CSG subie cette année ; l’effort qui leur a été demandé, était trop important et il n’était pas juste. Dès demain, le Premier ministre présentera l’ensemble de ces décisions aux parlementaires ».
Ainsi, la CSG des retraités aura quatre taux : 0, 3,8 , 6,6 et 8,3 %. Le taux de 6,6 % s’appliquera aux retraités dont les revenus sont compris entre 1200 et 2000 euros.
Sont exonérées de CSG, les personnes retraitées dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas le plafond prévu selon le nombre de parts fiscales. Ainsi, en 2018, ce revenu ne doit pas dépasser, pour une personne seule, 11 018 euros et 16 902 euros pour un couple. Ce montant est majoré de 2 942 euros par demi-part supplémentaire. Les retraités bénéficiant du taux réduit de CSG sont ceux dont le revenu fiscal de référence est supérieur au seuil d’exonération mentionné ci-dessus et ne dépassant pas le seuil de 14 404 euros pour une part et celui de 22 096 euros pour un couple majoré de 1 923 euros par demi-part supplémentaire.
Selon l’INSEE, début 2018, 61,7 % des ménages possèdent un patrimoine immobilier, que ce soit leur résidence principale ou un autre logement. Ce taux de détention aurait diminué de 0,9 point par rapport à 2015. ce recul s’expliquerait par une moindre détention de la résidence principale (-0,9 point). Les ménages français se concentrant de plus en plus au sein des grandes agglomérations du fait de l’immobilier éprouvent plus de difficulté à accéder à la propriété. Début 2018, 57,8 % des ménages sont ainsi propriétaires de leur résidence principale et 17,5 % possèdent un autre logement (résidence secondaire, logement vacant, loué ou mis à disposition gratuitement), taux relativement constant depuis la fin des années 1990.
La détention de patrimoine immobilier augmente de façon importante avec l’âge, mais depuis 2010 les écarts se resserrent. Contrairement à quelques idées reçues, entre 2010 et 2018, la détention immobilière a le plus augmenté chez les jeunes ménages : + 6,4 points pour ceux dont la personne de référence a moins de 30 ans et + 4,7 points pour ceux dont la personne de référence est trentenaire. Depuis la fin des années 2000, les jeunes ménages, les plus aisés en particulier, accèdent en effet davantage à la propriété par le biais du crédit (taux d’intérêts favorables, allongement des durées d’emprunt, etc.). Dans le même temps, la détention a baissé de 6,8 points pour les ménages dont la personne de référence a entre 50 et 59 ans et de 7,4 points quand elle a entre 60 et 69 ans. Ces diminutions pourraient traduire un accès à la propriété plus difficile pour les générations nées au tournant des années 1960 et une désaccumulation plus précoce pour celles nées dans les années 1950.
Entre 2015 et 2018, les Français ont plébiscité l’assurance vie
Début 2018, selon un sondage de l’INSEE, 92,9 % des ménages vivant en France possèdent au moins un actif financier (autre qu’un compte-chèques), immobilier ou professionnel.
88,3 % détiennent des produits financiers, 61,7 % disposent d’un bien immobilier et 14,8 % ont des actifs professionnels ; 12,0 % des ménages possèdent les trois à la fois.
Depuis 2015, la détention de patrimoine a globalement baissé : la diminution est importante pour le patrimoine financier (– 1,8 point) et très légère pour le patrimoine immobilier (– 0,9 point). Seule la détention de patrimoine professionnel reste stable (– 0,2 point). Ces résultats sont obtenus par déclaration.
57,5 % des ménages détiennent au moins un actif financier autre qu’un compte-chèques et au moins un bien immobilier. Ils représentent la quasi-totalité des ménages propriétaires de leur résidence principale (93,3 %). À l’inverse, seuls 65,1 % des ménages détenant un patrimoine financier sont aussi propriétaires d’un bien immobilier. Parmi les produits financiers, 7,4 % des ménages possèdent en 2018 un portefeuille diversifié – comprenant au moins un livret d’épargne, un produit d’épargne logement, des valeurs mobilières, et un produit d’épargne retraite ou d’assurance-vie. À l’opposé, 12,0 % des ménages ne détiennent aucun de ces types de produits financiers.
Le recul de la possession de biens financiers est lié à celui de la détention du Livret A.
Début 2018 en France, 83,4 % des ménages déclarent en posséder au moins un livret. es livrets les plus prisés restent les livrets défiscalisés, en particulier le livret A (ou Bleu) détenu par 72,8 % des ménages en 2018. Ensuite, 34,6 % des ménages détiennent un livret de développement durable et solidaire (LDDS), 18,4 % un livret d’épargne populaire (LEP) et 12,4 % un livret jeune.
Après une décennie d’augmentation, la part des ménages détenant un livret défiscalisé diminue en 2018 par rapport à 2015 de 2,3 points. Ce recul concerne tous les livrets défiscalisés, mais surtout les livrets A (ou Bleu) et les LDDS. Les ménages ayant des petits Livrets A ou ne les ayant pas doté depuis plusieurs années peuvent oublier de les déclarer aux enquêteurs. L’INSEE explique que la faible rémunération du Livret A qui est passé de 2,25 % en août 2011 à 0,75 % depuis août 2015 n’incite pas les ménages à détenir ce type de produits. Néanmoins, depuis deux ans, la collecte du Livret A est très positive.
L’INSEE souligne que l’appétence des jeunes pour le Livret A serait en net recul. 78,5 % des ménages dont la personne de référence a moins de 40 ans en posséderaient début 2018, soit 3,6 points de moins qu’en 2015.
L’assurance vie, un succès qui ne se dément pas
L’assurance-vie reste le placement financier serait détenu par 39,0 % des ménages métropolitain, soit 2,5 points de plus qu’en 2015. Ce produit est ne progrès constant depuis 200. Entre 2010 et 2018, le nombre de ménages ayant déclaré disposer d’au moins un contrat d’assurance vue est en hausse de 4,3 points.
Les seniors apprécient fortement ce produit qui permet tout à la fois de se constituer un complément de revenus et de préparer sa succession. 44,3 % des ménages dont la personne de référence a 60 ans ou plus détiennent au moins un produit de ce type, contre 23,7 % parmi les moins de 30 ans en France.
Si de 2010 et 2015, les produits d’assurance vie monosupports en fonds euros portaient la croissance, depuis 2015, ce sont les contrats multisupports qui progressent. La part de ménages détenant ce type de contrat est passée de 9,3 % à 11,4 %. Dans le même temps, la part des contrats multisupports contenant plus d’un tiers d’investissements en actions augmente sensiblement. La baisse des rendements des fonds euros et une sensibilisation accrue aux avantages des unités de compte expliquent cette évolution.
L’épargne retraite, détenue par 13,3 % des ménages début 2018, est en légère baisse par rapport à 2015 (– 1 point). Les détenteurs se répartissent entre trois types de produits : l’épargne retraite complémentaire volontaire (36,2 %), la surcomplémentaire (44,0 %), toutes deux proposées par l’employeur, ainsi que le plan d’épargne retraite populaire (PERP) (32,0 %).
Prélèvements, la France la course en tête
Au sein de l’Union européenne, le ratio de prélèvements obligatoires a atteint, en 2017 40,2 % du PIB, en hausse par rapport à 2016 (39,9%). Dans la zone euro, ces prélèvements représentaient 41,4 % du PIB en 2017, soit légèrement au-dessus du taux de 41,2 % de 2016. Selon les calculs d’Eurostat qui diffèrent légèrement de ceux de l’INSEE, le ratio de recettes fiscales s’élève pour la France à 48,4 % du PIB, soit le taux le plus élevé de l’Union européenne. La France devance la Belgique (47,3 %), le Danemark (46,5 %) et la Suède (44,9 %). Les pays ayant les taux de prélèvement les plus faibles sont l’Irlande (23,5 %), la Roumanie (25,8 %) et la Bulgarie (29,5 %). Ces comparaisons doivent être maniés avec circonspection. En effet, certains prélèvements peuvent classer comme des dépenses privées dans certains Etats et comme obligatoires dans d’autres. C’est en particulier le cas avec les cotisations aux systèmes de retraite complémentaire qui sont classées comme prélèvements obligatoires à la différence de l’Allemagne.
En 2017, les impôts sur la production et sur les importations représentaient la plus grande partie des recettes fiscales au sein de l’Union, en moyenne 13,6 % du PIB, suivis de près par les cotisations sociales nettes (13,3 %) et les impôts sur le revenu et le patrimoine (13,1 %). L’ordre d’importance des catégories fiscales était légèrement différent dans la zone euro. La plus grande partie des recettes fiscales y provenait des cotisations sociales nettes (15,2 %), devant les impôts sur la production et sur les importations (13,2 %) et les impôts sur le revenu et le patrimoine (12,8 %).
En 2017, la part des impôts sur la production et sur les importations était la plus élevée en Suède (où ils représentaient 22,7% du PIB), en Croatie (19,6%) et en Hongrie (18,2%), tandis qu’elle était la plus faible en Irlande (8,5%), en Allemagne (10,7%) et en Slovaquie (11,1%).
S’agissant des impôts sur le revenu et le patrimoine, la part de loin la plus élevée a été enregistrée au Danemark (29,7 % du PIB), devant la Suède (18,9 %) et la Belgique (16,9 %). À l’inverse, la Lituanie (5,4%), la Bulgarie (5,7%), la Roumanie (6,1%) et la Croatie (6,3%) ont enregistré les impôts sur le revenu et le patrimoine les plus faibles en pourcentage du PIB. Les cotisations sociales nettes représentaient une proportion significative du PIB en France (18,8 %), en Allemagne (16,7 %) ainsi qu’en Belgique (16,1 %), tandis que les taux les plus bas ont été observés au Danemark (0,9 % du PIB) et en Suède (3,3 %).
L’assurance vie, fidèle au poste
Au mois d’octobre, l’assurance vie a enregistré une collecte nette de 2,5 milliards d’euros, selon la Fédération Française d’Assurance contre 800 millions au mois de septembre. Cette collecte est supérieure à celle du mois d’octobre 2017 (1,8 milliard d’euros).
Le résultat du mois d’octobre a été obtenu grâce à la bonne tenue de la collecte brute et par le montant mesuré des rachats. En effet, la collecte brute s’est élevée à 13,1 milliards d’euros contre 9,6 milliards d’euros au mois de septembre. Les rachats ont atteint 10,1 milliards d’euros contre 8,9 milliards d’euros le mois précédent. Depuis le début de l’année, les cotisations se sont élevées à 117,8 milliards d’euros contre 111,8 milliards d’euros sur la même période en 2017. Les prestations versées par les sociétés d’assurances depuis le début d’année s’élèvent à 97,4 milliards d’euros. Sur les dix premiers mois, la collecte nette a été de 20,4 milliards d’euros contre 8,2 milliards d’euros sur la même période de 2017.
En octobre, 3,3 milliards d’euros ont été investis en unités de compte contre 2,5 milliards d’euros au mois de septembre. Elles ont représenté 25 % de la collecte brute quand la moyenne des 10 premiers mois de l’année est de 28 %. Le caractère plus volatil des marchés dissuade les épargnants à s’engager plus sur la voie d’une diversification en unités de compte
L’encours des contrats d’assurance-vie s’élève à 1 701 milliards d’euros à la fin du mois de d’octobre, en progression un an de 1 %.
Le mois d’octobre est, en règle générale, assez porteur pour l’assurance vie. En effet, lors de ces dix dernières années, la collecte n’a été, pour ce mois-là, qu’à deux reprises, négative. Ce bon résultat tranche avec celui du Livret A (décollecte de 2,06 milliards d’euros en octobre). En octobre, les ménages ont opté pour des placements longs. L’assurance vie bénéficie du désintérêt des ménages pour le Plan d’Épargne Logement dont la collecte est faible depuis 10 mois. Elle profite également du moindre engouement pour l’immobilier, en particulier pour le neuf. De juin à septembre, 27 400 logements neufs ont été réservés, soit -8,9 % par rapport au troisième trimestre 2017.
Dans les prochains mois, l’assurance vie devrait maintenir le cap même si novembre et décembre lui sont moins favorables, notamment en raison des dépenses de fin d’année. Néanmoins, une collecte nette de 22 milliards d’euros est envisageable pour 2018, ce qui constituerait le meilleur résultat enregistré depuis 2015. L’assurance vie conforte ainsi sa place de numéro 1 de l’épargne française.
Confiance des ménages en berne au mois de novembre
Le moral des ménages est en forte baisse. La question du pouvoir d’achat et le mouvement des « gilets jaunes » pèsent sur le sentiment des ménages sur la situation économique. L’indicateur de l’INSEE qui mesure le niveau de confiance a perdu 3 points au mois de novembre et se trouve à son plus bas niveau depuis février 2015. Il est désormais nettement au-dessous de sa moyenne de longue période (100).
Indicateur synthétique de confiance des ménages (source INSEE)
Les ménages sont moins confiants en ce qui concerne leur situation financière future diminue légèrement. L’indicateur perd deux points et demeure inférieur à sa moyenne de longue période. L’opinion des ménages sur leur situation financière passée est quasi stable et le solde correspondant reste inférieur à sa moyenne.
Mauvais signe pour la consommation et les fêtes de fin d’année, la proportion de ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants diminue fortement. Le solde correspondant perd 8 points et se situe au-dessous de sa moyenne de longue période pour la première fois depuis décembre 2015.
Ce pessimisme a une conséquence en matière d’épargne. En novembre, l’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne future diminue fortement. Le solde correspondant perd 6 points et repasse au-dessous de sa moyenne de longue période. En revanche, le solde sur la capacité d’épargne actuelle des ménages est quasi stable et se maintient au-dessus de sa moyenne de longue période.
La part des ménages estimant qu’il est opportun d’épargner est quasiment stable. Le solde correspondant demeure au-dessous de sa moyenne de longue période.
Sans surprise, la part des ménages qui considèrent que le niveau de vie futur en France va s’améliorer au cours des douze prochains mois diminue fortement. L’indicateur perd 11 points nettement restant nettement au-dessous de sa moyenne de longue période.
Le solde d’opinion des ménages sur le niveau de vie passé en France continue également de se dégrader : il perd 5 points et s’éloigne de sa moyenne.
Dans un contexte de ralentissement de la croissance, les craintes des ménages concernant l’évolution du chômage augmentent très fortement en novembre. Le solde correspondant gagne 21 points et se situe à son plus haut niveau depuis novembre 2016. Il demeure cependant au-dessous de sa moyenne de longue période.
Toujours en phase avec le ressenti sur le pouvoir d’achat, en novembre, les ménages estimant que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois sont plus nombreux que le mois précédent. En revanche, les ménages estimant que les prix vont augmenter au cours des douze prochains mois ne sont pas plus nombreux que le mois précédent : le solde correspondant est quasi stable, nettement supérieur à sa moyenne de longue période.
Le cumul emploi / retraite et le niveau de vie
Le 21 novembre dernier, le Conseil d’Orientation des Retraites, a examiné les interférences entre niveau de vie des retraités et le maintien en activité. Depuis la fin des années 90, le taux d’activité des seniors augmentent (+25 points pour les 55-59 ans et +20 points pour les 60-64 ans entre 2000 et 2017). Depuis 2003, le temps passé en activité après 50 ans a ainsi augmenté d’environ deux ans, et le temps passé en inactivité avant la retraite a diminué. L’emploi des seniors a augmenté presque autant que l’activité des seniors, mais le chômage des seniors a augmenté dans une moindre mesure. Mais les seniors au chômage ont de plus en plus de mal à retrouver un emploi. Entre 2007 et 2017, le travail à
temps partiel est devenu un peu plus fréquent chez les seniors alors qu’il est stable chez les plus jeunes Pour les seniors, le travail à temps partiel est souvent choisi.
En 2013-2015, les seniors de 50 à 69 ans sont globalement dans une situation favorable en termes de niveau de vie, avec un niveau de vie moyen supérieur de 15 % à celui de l’ensemble de la population et un taux de pauvreté inférieur (10,2 % contre 14,0 %). Des écarts importants entre les seniors en emploi ou à la retraite et ceux qui ne sont ni en emploi ni à la retraite (chômeurs ou inactifs).
Stabilité pour le climat des affaires au mois de novembre
Les « gilets jaunes » n’ont pas encore entamé le moral des chefs d’entreprise. Au mois de novembre 2018, le climat des affaires est, en effet, resté stable et demeure à un niveau relativement élevé. L’indicateur qui le synthétise, calculé par l’INSEE à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité marchands, se situe à 104, comme en octobre, au-dessus de sa moyenne de longue période (100). Par rapport à la précédente enquête, l’indicateur de climat des affaires est stable dans les services et le commerce de gros. Il gagne un point dans l’industrie et le bâtiment, et deux points dans le commerce de détail. Le climat des affaires reste au-dessus de sa moyenne de longue période dans chaque secteur.
En revanche, le climat de l’emploi est un peu moins favorable. L’indicateur qui le synthétise perd deux points. À 105, il retrouve son niveau de début 2017, tout en restant bien au-dessus de sa moyenne de longue période. Cette baisse résulte surtout du repli du solde d’opinion relatif à l’emploi prévu dans les services hors intérim.
Pour l’indicateur de retournement qui permet d’apprécier l’état d’esprit des chefs d’entreprises pour les prochains mois, celui-ci demeure bien orienté.
Le Livret A n’aime pas l’automne !
Pour le deuxième mois consécutif, le Livret A enregistre, en octobre, une décollecte de 2,06 milliards d’euros. Le LDDs a également connu une décollecte de 460 millions d’euros. L’encours du Livret A revient donc de 282,6 milliards d’euros à 280,6 milliards d’euros. Depuis le début de l’année, la collecte s’élève, selon la Caisse des Dépôts et Consignations à milliards d’euros 8,87 milliards d’euros contre 10,47 milliards d’euros sur la même période l’année dernière.
Il faut remonter au mois d’octobre 2015 pour avoir une décollecte aussi forte. Le mois d’octobre est traditionnellement mauvais pour le Livret A. Sur dix ans, le Livret A a connu six décollectes. L’année dernière, en 2017, en octobre, elle avait été de 1,58 milliard d’euros. Le paiement des impôts locaux et les dépenses de rentrées scolaires pèsent sur le budget des ménages. L’augmentation du salaire net générée par la suppression des cotisations chômage n’est intervenue qu’à la fin du mois d’octobre et n’a donc pas eu d’effet sur la collecte du Livret A.
Au cours du premier semestre, les ménages avaient maintenu un effort d’épargne pour faire face à des dépenses à venir amenées à augmenter du fait de la hausse des prix, notamment sur les carburants. Depuis la fin des vacances, ils puisent dans les réserves. Le contexte anxiogène les conduit également à maintenir une forte poche de liquidités sur les comptes courants. Le débat sur le pouvoir d’achat, sur l’augmentation des prélèvements a certainement joué en défaveur de la collecte. Par ailleurs, le rendement réel négatif du Livret A, plus d’un point, a peut-être commencé à dissuader les épargnants d’y placer une partie de leurs disponibilités financières. La décrue de l’inflation devrait, dans les prochains mois, améliorer légèrement le rendement réel du placement qui demeurera néanmoins négatif. Pour mémoire, le taux du Livret A est gelé au moins jusqu’au 1er février 2020 à 0,75 %.
La tendance actuelle devrait se poursuivre jusqu’à la fin 2018. À partir de décembre mais surtout en janvier, la collecte devrait redevenir positive en raison des versements des primes de fin d’année. Pour l’ensemble de l’année 2018, la collecte devrait se situer autour de 8 milliards d’euros, soit un peu moins qu’en 2017. Cela resterait néanmoins un bon cru pour le produit d’épargne le plus diffusé en France.
Le rendement réel de l’épargne de taux toujours dans le rouge
Sur un an, le taux d’inflation était au mois d’octobre de 2,2 % comme en septembre. Les prix de l’énergie poussent toujours vers le haut l’indice quand au contraire les produits manufacturés jouent en sens inverse.
Pour le seul mois d’octobre, selon l’INSEE, l’indice des prix à la consommation a augmenté +0,1 %, après un repli de 0,2 % en septembre. Cette progression est liée à accélération des prix énergétiques (+1,8 % après +0,9 %). Ceux des services sont stables après un repli de 1,5 % en septembre. Les prix des produits manufacturés sont également inchangés après +1,3 % le mois précédent. Le repli des prix des produits frais (−1,2 % après +3,8 %) limite le rebond mensuel d’ensemble.
Corrigés des variations saisonnières, les prix à la consommation sont en hausse de 0,1 % sur un mois, comme les deux mois précédents.
Sur un an, l’inflation sous-jacente (inflation calculée hors biens et services soumis à de fortes fluctuations conjoncturelles) est passée de 0,7 à 0,8 %. Elle reste donc toujours très limitée.
L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) rebondit également un peu, à +0,1 % sur un mois, après −0,2% en septembre. Sur un an, il croît de 2,5 %, comme le mois précédent.
Dans ces conditions, les produits d’épargne de taux affichent toujours des rendements réels négatifs. Avec une inflation moyenne sur l’année de 1,8 %, le rendement du Livret est toujours négatif d’un point.
La création d’entreprise toujours vivace en France
Selon l’INSEE, au mois d’octobre, le nombre total de créations d’entreprises tous types d’entreprises a augmenté de +4,3 % après +1,1 % en septembre en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables. La progression des créations d’entreprises classiques ralentit passant de 1,6 à 0,8 % quand que les immatriculations de micro-entrepreneurs sont en forte hausse (+8,4 % après +0,4 %).
Créations mensuelles d’entreprises (CVS-CJO*)
* Données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables
Source : Insee, REE (issu de SIRENE)
Selon l’INSEE, en données brutes, le nombre cumulé d’entreprises créées au cours des douze derniers mois poursuit son accélération (+18,5 % après +17,8 % en septembre et +16,7 % en août). Tous les types de créations sont en hausse : les immatriculations de micro-entrepreneurs (+30,4 %), les créations d’entreprises individuelles classiques (+22,4 %) et, dans une moindre mesure, celles de sociétés (+1,5 %).
En données brutes, le nombre cumulé d’entreprises créées au cours des trois derniers mois est en essor (+20,0 % sur un an). Le secteur « transports et entreposage » est celui qui contribue le plus à cette hausse. Sur les trois derniers mois et par rapport aux mêmes mois un an auparavant, le nombre de créations croît de 8 800 dans ce secteur (dont +7 500 pour les autres activités de poste et de courrier – y compris la livraison à domicile).
En octobre 2018, en données brutes, la part des immatriculations de micro-entrepreneurs dans le total des entreprises créées au cours des douze derniers mois croît pour le douzième mois consécutif et atteint 44,3 %.
Allemagne et Japon réunis dans l’adversité économique
Le Japon comme l’Allemagne ont enregistré des mauvais résultats économiques lors du troisième trimestre. Le PIB a été en recul au Japon quand chez notre partenaire d’Outre-Rhin, il a connu une progression limitée.
L’économie japonaise n’est pas en récession mais s’en rapproche. En effet, le pays a a subi une deuxième contraction en trois trimestres. Selon les premiers calculs du gouvernement, le PIB a diminué de 0,3 % sur la période de juillet à septembre. Projetée en rythme annualisé, cette baisse atteindrait 1,2 %.
L’économie nippone a souffert de de l’impact de plusieurs catastrophes naturelles : inondations, typhons, tremblements de terre. Ces évènements ont pesé sur la consommation des ménages et ont pesé sur la production de nombreuses usines. Au cours du troisième trimestre, la consommation privée, qui représente près de 60 % du PIB nippon, a ainsi reculé de 0,1 % en glissement trimestriel quand les dépenses d’investissement des entreprises reculaient, elles, de 0,2 %. Par ailleurs, l’activité a été touchée par les mauvais résultats du commerce extérieur. Sur le troisième trimestre, les exportations ont diminué de 1,8 % en valeur, par rapport aux montants enregistrés entre avril et juin, ce qui constitue le recul le plus important de ces trois dernières années. Cette contraction est la conséquence du ralentissement chinois et de la guerre commerciale sino-américaine. Le relèvement à 25 %, au 1er janvier prochain, des droits de douane imposés par les Etats-Unis sur des centaines de milliers de marchandises chinoises est une source majeure d’inquiétude au Japon.
Les analystes japonais ne croient pas à l’entrée en récession du pays au cours du dernier trimestre 2018. Ils tablent sur un rebond de la croissance grâce à l’augmentation des dépenses publiques rendues nécessaires pour faire face aux catastrophes naturelles. Les analystes semblent partager cette prudence. Tous misent sur un rebond du PIB nippon sur les trois derniers mois de 2018, du fait notamment des dépenses publiques ordonnées dans les régions touchées par des catastrophes. En revanche pour 2019, la prudence est de mise en ce qui concerne les prévisions de croissance.
Le Japon n’est pas le seul pays de l’OCDE à avoir connu une contraction de son PIB. C’est également le cas de l’Allemagne. Au troisième trimestre, le PIB de ce pays a reculé de 0,2 % par rapport au précédent trimestre, selon l’Office fédéral de la statistique (Destatis). Cette diminution met un terme à une progression de treize trimestres du PIB. Le refroidissement a été assez rapide car la croissance de la première puissance européenne avait atteint au 1er et 2e trimestre respectivement 0,4 et 0,5 %.
Comme au Japon, la baisse de l’activité est imputable aux mauvais résultats de la consommation freinée par la hausse des prix et par ceux du commerce extérieur. La chute du 3e trimestre est également liée à l’entrée en vigueur des nouvelles normes environnementales pour l’industrie automobile qui a désorganisé la production et a conduit les constructeurs à réduire leur activité. La production dans l’industrie automobile a diminué de 8 %, ce qui ponctionné la croissance de 0,5 point selon le cabinet Oxford Economics.
Comme pour le Japon, nul n’attend la survenue d’une récession pour la fin de l’année 2018. En revanche, l’idée d’un ralentissement de l’activité est admise. L’économie allemande dispose de peu de marges de manœuvre du fait du plein emploi. L’accumulation des nuages sur le commerce international ne peut, en outre, que pénaliser le deuxième exportateur mondial.
61 % des nouveaux retraités considèrent qu’il est difficile de préparer seul son départ à la retraite
Les régimes de retraite Agirc-Arrco dans le cadre de la 3ème édition nationale des Rendez-vous de la retraite qui sont prévus du lundi 12 au samedi 17 novembre 2018, pour aider les actifs – quel que soit leur âge – à être acteur de leur future retraite, tout au long de leur vie, ont commandé une enquête à OpinionWay. Cette enquête est centrée sur les nouveaux retraités.
Selon le sondage de l’AGIRC / ARRCO, 82% des nouveaux retraités auraient souhaité être informés de l’impact de leurs choix de vie sur le montant de leur retraite. Ce souhait recoupe la difficulté qu’éprouvent les Français pour apprécier le montant de leur future retraite. 68% auraient adapté leurs choix de vie s’ils avaient eu connaissance de cet impact.
Malgré tout, les deux tiers des nouveaux retraités (65%) déclarent avoir eu connaissance de l’impact qu’un temps partiel, un congé parental ou encore un congé sabbatique pouvait avoir sur la retraite; mais l’impact d’autres situations de vie est moins connu. 48% des nouveaux retraités sont informés de la possibilité de créer une entreprise, 47 % du changement d’orientation professionnelle; 28% seulement d’entre eux savent que le mariage ouvre des droits à la réversion, contrairement au PACS ou concubinage, qui n’en génèrent pas.
Près d’une femme retraitée sur deux juge important l’impact généré sur le montant de sa pension de retraite d’un arrêt de travail pour maladie ou chômage (51% contre 39% pour les hommes), d’un travail à temps partiel (52% contre 20% pour les hommes) ou d’un congé parental (46% contre 15% pour les hommes).
Les nouveaux retraités ont préparé leur retraite en moyenne à 53 ans. Ils pensent que les jeunes générations doivent s’y prendre plus tôt. Ils recommandent aux jeunes actifs de commencer à s’en préoccuper à 42 ans. 58% des nouveaux retraités se sont informés sur leurs droits de retraite après 55 ans, 29% cinq ans avant contre 13% avant 50 ans. L’âge moyen se situe à 53 ans. Le premier conseil qu’ils donnent aux actifs est ainsi de s’y prendre tôt (36%) et de s’informer notamment via les sites internet des organismes de retraite (17%).
Une fois à la retraite, la grande majorité des nouveaux retraités jugent faciles les démarches liées à la retraite, notamment la demande de retraite (74%), l’accès à un interlocuteur retraite (62%) et aux informations pour préparer son départ à la retraite (60%).
84% des nouveaux retraités ont déclaré avoir réalisé une estimation de leur retraite avant leur départ : 31% entre 5 ans et 1 an avant et 36% la dernière année. Cette estimation leur a permis, pour 81% d’entre eux,d’avoir une idée assez proche du montant de leur retraite actuelle : conforme ou légèrement supérieure (51%) et légèrement inférieure (30%).
61% des nouveaux retraités considèrent qu’il n’est pas facile de préparer seul son départ à la retraite.
Danger sur l’investissement ?
Depuis un an, l’investissement a joué un rôle clef dans la croissance française. Or, un changement d’attitude des dirigeants d’entreprise pourrait changer la donne. En effet, selon l’INSEE, au mois d’octobre, les chefs d’entreprise de l’industrie manufacturière qu’il a interrogés anticipent une baisse de 1 % en valeur de leur investissement en 2018 par rapport à 2017. Pour 2019, ils prévoient néanmoins des dépenses d’investissement en hausse de 4 % par rapport à 2018.
Avec une baisse globale prévue de 1 % des investissements pour 2018, les industriels abaissent leur estimation de juillet 2018 de 5 points. Cette révision à la baisse est plus marquée que la révision moyenne observée à cette période de l’année depuis 2004 (–3 points).
Les dépenses d’investissement du secteur de la fabrication de matériels de transport reculeraient nettement en 2018, alors qu’en juillet les entreprises de ce secteur anticipaient de les accroître sur l’année. Dans le secteur des biens d’équipement, les dépenses augmenteraient moins vivement qu’annoncé en juillet mais resteraient dynamiques. Dans les autres secteurs, les entreprises revoient également à la baisse leurs dépenses d’investissement pour 2018.
Ces prévisions moins optimistes s’expliquent par la multiplication des incertitudes, pas d’accord sur le Brexit, guerre commerciale Etats-Unis / Chine, hausse des taux de la part de la FED, ralentissement de la croissance en Allemagne, etc.
Comment financer la protection sociale ?
La France consacre environ un tiers de son revenu national au financement de la protection sociale et d’après le Baromètre d’opinion réalisé par le service des études du Ministère des Solidarités et de la Santé, six Français sur dix estiment que cette part est normale, 22 % la jugent insuffisante contre 14 % qui la considèrent comme excessive.
Les trois quarts du financement de la protection sociale proviennent des cotisations sociales et de la contribution sociale généralisée (CSG) qui relèvent plutôt d’une logique « proportionnelle » que « progressive ». Néanmoins, pour les cotisations sociales, les bas salaires bénéficient d’exonérations. Pour la CSG, le taux de prélèvement est moins important pour les revenus de remplacement (pensions de retraite, allocations chômage) que pour les revenus du patrimoine, un taux intermédiaire étant appliqué pour les revenus d’activité.
Selon la DREES, près des deux tiers des Français sont favorables à la progressivité des prélèvements qui participent au financement de la protection sociale. C’est davantage le cas parmi les personnes appartenant aux ménages modestes (70 %). Néanmoins, ce taux est de 60 % chez les ménages les plus aisés (60
%. Plus de la moitié des sondés souhaitent que les pensions de retraite participent moins qu’aujourd’hui au financement de la protection sociale. Un tiers des Français serait favorable à une augmentation de la contribution pesant sur les revenus du patrimoine. Les Français les plus modestes et les moins diplômés privilégient plus souvent le financement par l’État alors que les plus aisés et les plus diplômés citent davantage la CSG. La taxation des revenus du patrimoine est également mise en avant pour le financement de la protection sociale.
Le patrimoine des ménages a atteint, selon la Banque de France, au 2e trimestre 2018, 5106,9 milliards d’euros contre 5038,8 milliards d’euros au 1er trimestre.
Au 2e trimestre 2018, le flux annuel de placement des ménages s’établit à 86,8 milliards, en baisse par rapport au trimestre précédent (99,9 milliards). Les Français conservent un volume croissant de liquidités. En effet, en rythme annuel, les acquisitions nettes d’actifs sous forme de produits de taux augmentent (67,7 milliards après 60,2 milliards), principalement en raison de la hausse du flux de numéraire et dépôts à vue (40,4 milliards après 33,4 milliards). En revanche, sur un an, les flux d’actifs sous forme de produits de fonds propres diminuent de 12,2 milliards (17,2 milliards après 29,4 milliards). Les ménages continuent de céder des actions cotées et des titres d’Organismes de Placement Collectif.
Les premiers éléments pour le troisième trimestre, en glissement trimestriel, montrent une moindre croissance des placements bancaires (15,3 milliards après 23,1 milliards) et une accélération de l’assurance-vie en support euros (9,7 milliards d’euros contre 6,4 milliards d’euros) . Les dépôts à vue et le numéraire ont progressé de 9,1 milliards d’euros au 3e trimestre contre 14 milliards d’euros au 2e trimestre. Les flux vers les unités de compte des contrats d’assurance vie sont en retraite (3,9 milliards d’euros au 3e trimestre contre 6,2 milliards d’euros au 2e).
Cette préférence pour la liquidité est une constante depuis la crise de 2008. L’encours des dépôts à vue s’est accru de plus de 200 milliards d’euros en dix ans. Les dépôts à vue s’élevaient à la fin du mois de septembre, plus de 447 milliards d’euros.
Automobile, l’effet normes toujours présent
Les immatriculations de voitures neuves ont, en France, en octobre, reculé de 1,52 % pour les particuliers. Cette baisse prolonge celle du mois de septembre qui avait atteint près de 13 %. Ce mouvement de correction est lié à l’entrée en vigueur des nouvelles normes anti-pollution au 1er septembre. Les constructeurs avaient écoulé en masse les véhicules ne répondant aux normes en juillet et en août, mois durant lesquelles les immatriculations ont augmenté respectivement de19 % et 40 %. Les achats réalisés durant l’été l’ont été en grande partie par anticipation, les ménages profitant des ristournes alors proposées. Par ailleurs, les constructeurs ont immatriculé de nombreuses voitures sans les vendre afin de ne pas à acquitter les pénalités pour non-respect des normes. Ce stock de voitures non vendues qui coûtent cher aux constructeurs devrait se réduire dans les prochains mois, ce qui pèsera d’autant sur les immatriculations. Ce déstockage attendu devrait avoir une conséquence négative sur la croissance du dernier trimestre.
la France, championne d’Europe de l’Assurance
La France est championne d’Europe de l’assurance. selon le Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, au premier trimestre 2018, le marché français de l’assurance est devenu le premier marché européen, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni, qu’il s’agisse des plus de 35 milliards d’euros de primes émises en affaires directes non-vie ou des plus de 2100 milliards d’euros de provisions techniques. Le total des actifs par l’assurance atteint 2700 milliards d’euros en septembre 2018. De ce fait, le secteur assurantiel français est le premier investisseur institutionnel en Europe, représentant plus du tiers du total des actifs des assureurs de la zone euro, la France représentant 21 % du PIB de celle-ci.
La France fait mieux que la moyenne européenne
Ces derniers temps, la croissance française était inférieure à la moyenne européenne. Au 3e trimestre, ce fut l’inverse. En effet, le PIB corrigé des variations saisonnières a augmenté de 0,2 % dans la zone euro et de 0,3 % au sein de l’Union européenne au 3e trimestre par rapport au trimestre précédent, selon l’estimation rapide préliminaire publiée par Eurostat, le PIB français a augmenté de son côté de 0,4 %.
Au cours du deuxième trimestre 2018, le PIB avait progressé de 0,4 % dans la zone euro et de 0,5 % dans l’Union contre 0,2 % pour la France. En comparaison avec le même trimestre de l’année précédente, le PIB corrigé des variations saisonnières a enregistré une hausse de 1,7 % dans la zone euro et de 1,9 % dans l’Union au troisième trimestre 2018, après respectivement +2,2% et +2,1% au deuxième trimestre 2018.
Chute de la consommation au mois de septembre
Le beau temps du mois de septembre n’a pas inspiré les consommateurs dont les dépenses ont reculé de 1,7 %, effaçant la hausse du mois d’août de 1,1 %. Les ménages sont en mode économie. Ils ont réduit leurs dépenses en biens fabriqués (−2,5 %) et en produits énergétiques (−1,2 %). La hausse des prix de ces derniers et la clémence du climat ont pu inciter les ménages à reporter leurs achats en la matière. Par ailleurs, la consommation alimentaire a reculé de 0,9 % en juillet.Les dépenses en habillement-textile sont également en léger repli en septembre (−0,5 % après +0,1 %), du fait notamment de la baisse des ventes de chaussures.
Sur l’ensemble du troisième trimestre, la consommation des ménages en biens se redresse par rapport au trimestre précédent (+0,6 % après −0,3 %).
Rebond mesuré de la croissance au 3e trimestre en France
Après deux premiers trimestres décevants, la croissance s’est légèrement accéléré au troisième trimestre en passant de 0,2 à 0,4 %. Cette amélioration est imputable à la consommation et aux échanges extérieurs. Compte tenu du retard accumulé sur le premier semestre, ce résultat est néanmoins décevant. Avec la fin des grèves dans le secteur des transports, les experts s’attendaient à un rattrapage plus important avec une croissance du PIB espérée à +0,5 %. La multiplication des incertitudes et une moindre confiance tant des consommateurs que des entreprises ont limité l’ampleur du rebond.
La reprise de la consommation confirmée
Après avoir reculé de 0,1 % au 2e trimestre, la consommation a enregistré une hausse de 0,5 % au 3e. La consommation en biens a progressé de 0,6 % faisant suite à une contraction de 0,4 %; celle des services a connu une hausse de +0,3 % après +0,1 %. Cette évolution positive est imputable aux dépenses de l’énergie qui obéissent à des facteurs de prix et de conditions climatiques. Elles ne sont pas révélatrices du moral des consommateurs.
Les dépenses alimentaires, après deux trimestres de recul, se sont stabilisées avec un gain de +0,1 %.
Dans les services, les dépenses de transport augmentent de 3,7 % mais cela est imputable à la fin des grèves qui avaient provoqué une contraction au 2e trimestre de 2,9 %.
La consommation des ménages reste convalescente. Elle est handicapée par le ralentissement des créations d’emploi. La légère augmentation du chômage enregistrée au 3e trimestre ne peut jouer que défavorablement sur les dépenses des ménages. Par ailleurs, la question du pouvoir d’achat est devenue un sujet majeur au cours du 3e trimestre avec l’augmentation du prix des carburants. Son amélioration est attendue au 4e trimestre qui sera marqué par la diminution des cotisations chômage et par la poursuite de la réduction de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages.
L’investissement des entreprises reste dynamique
Au troisième trimestre 2018, les dépenses d’investissement totales (formation brute de capital fixe) ont augmenté de 0,8 % soit au même rythme qu’au deuxième (+0,9 %). L’investissement des entreprises reste dynamique avec un gain de +1,4 % après +1,3 %. Les secteurs de l’informatique, les services d’information et l’automobile ont été à l’origine de ce bon résultat.
Atterrissage de l’investissement des ménages
L’investissement des ménages poursuit son mouvement de correction après la forte hausse de 2017. Il se contracte, en effet, de 0,2 % après 0,0 %, en lien avec le recul des mises en chantiers de logements depuis fin 2017.
Légère contribution positive du commerce extérieur
Au troisième trimestre, les exportations ont augmenté de 0,7 % contre +0,1 % au deuxième trimestre quand les importations n’ont progressé que de 0,3 % après +0,7 %. De ce fait, les échanges extérieurs contribuent positivement à la croissance : +0,1 point, après −0,2 point au deuxième trimestre. Au cours du premier semestre, le commerce extérieur avait pénalisé la croissance française. L’augmentation des livraisons d’avion a permis ce rétablissement qui ne permet pas de réduire de manière significative le déficit commercial. Au mois d’août, le déficit cumulé sur les 12 derniers du commerce extérieur français a atteint 61,9 milliards d’euros contre 63,8 milliards pour l’année 2017.
L’objectif de croissance de 1,6 % en ligne de mire
La croissance française pourrait atteindre sur l’année le taux prévu par l’INSEE et la Banque de France, 1,6 % sauf contreperformance notable au dernier trimestre. Elle pourrait en cas d’accélération se rapprocher de l’objectif du Gouvernement de 1,7 %. Le dernier trimestre bénéficiera de la baisse des charges sociales et de la baisse de la taxe d’habitation. Les pouvoirs publics espèrent également une diminution du taux d’épargne des ménages qui avait atteint 14,3 % du revenu disponible brut au 2e trimestre. Parmi les facteurs pouvant entraver la croissance française figurent le ralentissement du commerce international, la hausse du prix du pétrole, la stagnation des créations d’emploi et l’absence de confiance des consommateurs et des investisseurs. Au regard des chiffres des trois premiers trimestres, l’année 2018 est sur le plan économique une année passable voire décevante. L’embellie de la fin de l’année 2017 a fait long feu en raison du fait de la hausse du pétrole et d’une demande intérieure moins vive que prévu.
Revenu et consommation des ménages en hausse au sein de la zone euro au 2e trimestre
Dans la zone euro, en termes réels, le revenu des ménages par habitant a, selon Eurostat, augmenté de 0,4% au deuxième trimestre 2018, après une hausse de 0,3% au trimestre précédent. La consommation réelle des ménages par habitant a progressé de 0,3% au deuxième trimestre 2018, après une hausse de 0,4% au premier trimestre 2018.
Dans l’ensemble de l’Union européenne, le revenu réel des ménages par habitant a augmenté de 0,4% au deuxième trimestre 2018, après avoir resté stable au trimestre précédent. La consommation réelle des ménages par habitant a progressé de 0,3% au deuxième trimestre 2018, après avoir resté stable au premier trimestre 2018.
Chômage, un troisième trimestre décevant !
La France est loin de connaître une situation de plein emploi comme en Allemagne, en République tchèque ou aux Etats-Unis. En effet, au 3e trimestre, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru en France en phase avec le ralentissement des créations d’emploi. Cette année, l’INSEE ne prévoit que 129 000 créations nettes contre 342 000 en 2017. La faible croissance du 1er et 2e trimestre semble avoir enrayer le processus de baisse des demandeurs d’emploi. Le 3e trimestre est le 2e consécutif marqué par une progression.
En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a, au cours du 3e trimestre augmenté de 0,5 % (+16 300) et s’élève à 3 456 800 Sur un an, une baisse est toujours constatée, -1,2 %. En prenant en compte les catégories A, b et C, le nombre de demandeurs d’emploi atteint 5 649 600.
En incluant les départements-régions d’outre-mer, hors Mayotte, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A s’élève à 3 718 500 en progression de 0,4 %sur le trimestre et en recul de 1,0 %sur un an. Pour les catégories A, B, C, ce nombre s’établit à 5 963 500 en augmentation de 0,4 % sur le 3e trimestre et de 0,7 % sur un an.
Le nombre de demandeurs d’emploi augmente, au 3e trimestre, pour toutes les catégories d’âge. Celui des moins de 25 ans augmente de 0,3 % soit deux fois vite que celui des plus de 50 ans (0,6 %). Les nombre de demandeurs d’emploi chez les 25 / 50 ans de 0,5 %. Sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi diminue de 1 % chez les jeunes, de 1,9 % chez les 25 / 50 ans mais augmente de 0,2 % chez les seniors.
L’assurance vie en retrait en septembre mais toujours vaillante
La collecte nette de l’assurance vie, avec + 900 millions d’euros, est, selon la Fédération Française de l’Assurance, restée positive, elle est néanmoins en net retrait par rapport à celle du mois d’août 2018 (2,4 milliards d’euros). Elle est, en revanche, en phase avec le résultat moyen de ces dix dernières années (925 millions d’euros). Elle est nettement supérieure à celle du mois de septembre de l’année dernière (500 millions d’euros). Lors de ces dix dernières années, la collecte n’a été qu’à trois reprises négative au mois de septembre. La collecte nette s’établit à 18 milliards d’euros depuis le début de l’année contre 6,2 milliards d’euros sur la même période l’année dernière.
Au mois de septembre, la baisse de la collecte nette s’explique par la diminution des cotisations qui sont passées de 10,6 à 9,6 milliards d’euros. Les ménages ont réduit leur effort d’épargne. Ce relâchement a été également constaté pour le Livret A. Les dépenses de rentrées, les derniers tiers de l’impôt sur le revenu et la perte de pouvoir d’achat occasionnée par la hausse des prix ont réduit les capacités d’épargne des ménages. Au cours des neuf premiers mois de 2018, le montant des cotisations collectées a dépassé les 100 milliards d’euros (104,7 milliards d’euros) soit près de 5 milliards d’euros de plus que sur la même période de 2017 (99,6 milliards d’euros)
2,5 milliards d’euros ont été placés en unités de compte contre 2,7 milliards d’euros. C’est le plus mauvais résultat des unités de compte depuis le début de l’année. Elles ont représenté 26 % de la collecte le mois derniers quand la moyenne des neuf premiers mois est de 29 %. Le caractère plus volatil des marchés peut dissuader les épargnants à s’engager sur la voie d’une diversification en unités de compte.
Les prestations et les rachats sont restés stable à 8,8 milliards d’euros contre 8,2 au mois d’août. Ils sont inférieurs à la moyenne des huit premiers mois de l’année (9,7 milliards d’euros). Les prestations versées par les sociétés d’assurances sur les neuf premiers mois de l’année s’élèvent à 86,8 milliards d’euros contre 92,4 milliards d’euros sur la même période en 2017.
L’encours des contrats d’assurance-vie s’élève à 1 711 milliards d’euros à la fin du mois de septembre, en progression de 2% sur un an.
L’assurance conforte donc sa place de premier placement des ménages français. Depuis le début de l’année, il profite de la perte d’attractivité du Plan d’Epargne Logement. La diminution du nombre de transactions immobilières conduit également les ménages à réduire les sorties d’assurance vie.
Les ménages semblent avoir bien digérer l’assujettissement, partiel, de l’assurance vie au Prélèvement Forfaitaire Unique. De même, la baisse du rendement des fonds euros n’occasionne pas une remise en cause de l’assurance vie.
Dans les prochains mois, l’assurance vie devrait maintenir le cap avec une collecte moins forte qu’en début d’année mais qui resterait positive. Dans ces conditions, une collecte nette de plus de 20 milliards d’euros est envisageable, ce qui constituerait le meilleur résultat enregistré depuis 2015.
Le Climat des affaires recule en octobre
Le dernier trimestre commence en demi-teinte. En effet, l’indicateur établi par l’INSEE qui mesure le climat des affaires est en recul au mois d’octobre d’un point. Il demeure malgré tout à un niveau relativement élevé. Il se situe à 104, au-dessus de sa moyenne de longue période (100). Par rapport au mois de septembre, l’indicateur de climat des affaires perd quatre points dans le commerce de détail et trois points dans l’industrie. Il est stable dans le bâtiment et les services.
En octobre, le climat de l’emploi reste stable. L’indicateur qui le synthétise se situe pour le troisième mois consécutif à 107, soit bien au-dessus de sa moyenne de longue période. Pour l’essentiel, la hausse des soldes d’opinion relatifs à l’emploi dans les services compense des baisses dans les autres secteurs considérés.
L’indicateur de retournement qui signale un climat conjoncturel favorable ou défavorable reste bien orienté.
Malgré l’accumulation des incertitudes, la confiance des milieux économiques demeurent. Affaire à suivre !
Coup d’arrêt pour le Livret A au mois de septembre
Le mois de septembre marque une rupture pour le Livret A avec une décollecte de 410 millions d’euros, la première depuis le mois de décembre 2017. Le mois de septembre est en règle générale peu porteur pour le Livret A. déjà, en 2017, une décollecte avait été constatée (-120 millions d’euros). A la rentrée, les ménages sont contraints de puiser dans leur épargne de précaution pour faire face aux dépenses de rentrées et pour s’acquitter des impôts notamment du dernier tiers de l’impôt sur le revenu. Ainsi, sur ces dix dernières années, 4 décollectes ont été enregistrées
Si dans un premier temps, le retour de l’inflation avait conduit à une hausse de la collecte, il semble aujourd’hui avoir un effet inverse. Les ménages sont face à la contraction de leur pouvoir d’achat obligé de puiser dans leur épargne de précaution. L’augmentation du prix des carburants et les augmentations de certaines taxes pèsent sur leur capacité d’épargne à court terme. Le rendement réel négatif du Livret A peut également avoir inciter les ménages à relâcher leur effort. Il faut remonter à 1983 pour avoir un rendement négatif d’un point.
Ce mouvement de décollecte est en phase avec la prévision de l’INSEE qui table sur une baisse du taux d’épargne. Malgré tout sur les neuf premiers mois de l’année, la collecte du Livret A reste très nettement positive, + 10,93 milliards d’euros, légèrement inférieur à son montant sur la même période en 2017, + 12,05 milliards d’euros.
L’encours s’inscrit dans ces conditions en légère baisse à 282,6 milliards d’euros. Il demeure néanmoins à un niveau très élevé.
Pour les prochains mois, la collecte nette du Livret A devrait rester voisine de zéro. Les fêtes de fin d’année et les impôts locaux devraient peser sur les capacités d’épargne des ménages. Une amplification du mouvement de correction en cours sur les marchés financiers pourrait évidemment créer un report sur le Livret A comme cela avait été constaté lors des précédentes crises surtout quand elles s’accompagnent d’un ralentissement de la croissance. Les prochains jours permettront d’y voir plus clair avec la publication des résultats de la croissance du 3e trimestre.
* : prévisions
La bourse de Paris en-dessous des 5000 points
Entre l’assassinat d’un journaliste et le ralentissement chinois en passant par des résultats en demi-teinte des entreprises américaines, un point en commun, la chute des valeurs financières. La place de Paris est en net recul sur le mois d’octobre qui pourrait être le plus mauvais depuis 2011. Les sources d’inquiétude se multiplient : Brexit, guerres commerciales, Italie, Arabie Saoudite, ralentissement en Chine, stagnation en zone euro….
La dette publique en baisse au sein de l’Union européenne
Selon Eurostat, à la fin du deuxième trimestre 2018, le ratio de la dette publique par rapport au PIB s’est établi à 86,3% dans la zone euro contre 86,9% à la fin du premier trimestre 2018. Pour l’ensemble de l’Union, le ratio est passé de 81,5 à 81 % du PIB. Par rapport au deuxième trimestre 2017, le ratio de la dette publique par rapport au PIB a baissé tant dans la zone euro (de 89,2% à 86,3%) que dans l’Union (de 83,4% à 81,0%). Le taux est, au 2e trimestre 2018, de 99,1 % du PIB pour la France contre 99,4 % au premier trimestre 2018 et de 100,9 au 2e trimestre 2017.
Déficits publics et dettes publiques, la France pourrait mieux faire
La Commission de Bruxelles a publié les résultats définitifs pour 2017 des déficits publics et des dettes publiques au sein de l’Union européenne. La France figure toujours en fin de classement malgré le passage de son déficit en dessous des 3 % du PIB.
Selon l’institut statistique européens, le déficit ainsi que la dette publique se sont réduits en termes relatifs en 2017 par rapport à 2016, tant dans la zone euro que dans l’Union européenne. Le ratio du déficit public par rapport au PIB a baissé dans la zone euro est passé de 1,6% en 2016 à 1,0% en 2017, ainsi que dans l’Union de 1,7% à 1,0%. Le ratio de la dette publique par rapport au PIB a diminué dans la zone euro, passant de 89,1% à la fin de l’année 2016 à 86,8% à la fin de l’année 2017, ainsi que dans l’Union, de 83,3% à 81,6%.
13 pays sur 28 ont dégagé un excédent budgétaire en 2017 : Malte (+3,5%), Chypre (+1,8%), la Suède (+1,6%), la Tchéquie (+1,5%), le Luxembourg (+1,4%), les Pays-Bas (+1,2%), la Bulgarie et le Danemark (+1,1% chacun) ainsi que l’Allemagne (+1,0%), la Croatie (+0,9%), la Grèce (+0,8%), la Lituanie (+0,5%) et la Slovénie (+0,1%). Les déficits publics les plus faibles, par rapport au PIB, ont été enregistrés en Irlande (-0,2%), en Estonie (-0,4%), en Lettonie (-0,6%) et en Finlande (-0,7%). Deux États membres n’ont pas respecté la barre des 3 % : l’Espagne (-3,1%) et le Portugal (-3,0%). La France a réussi à revenir sous cette barre pour la première fois depuis 2007 avec un déficit de 2,6 % du PIB
À la fin de l’année 2017, les plus faibles ratios de dette publique par rapport au PIB ont été relevés en Estonie (8,7%), au Luxembourg (23,0%), en Bulgarie (25,6%), en Tchéquie (34,7%), en Roumanie (35,1%) et au Danemark (36,1%). Quinze États membres ont affiché un ratio de dette publique supérieur à 60% du PIB, les plus élevés ayant été enregistrés en Grèce (176,1%), en Italie (131,2%), au Portugal (124,8%), en Belgique (103,4%), en France (98,5%) et en Espagne (98,1%).
En 2017, les dépenses publiques dans la zone euro ont représenté 47,0% du PIB et les recettes publiques 46,1%. Dans l’Union, elles ont été respectivement de 45,8% et 44,8% du PIB. Entre 2016 et 2017, le ratio des dépenses publiques a baissé et le ratio des recettes publiques a augmenté dans les deux zones. Les dépenses publiques ont atteint 56,5 % du PIB, ce qui place la France au 1er rang au sein de l’Union européenne., 12,6 points au-dessus de l’Allemagne.
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