Les niches fiscales en question Quelles conséquences ?
Si le Gouvernement affirme ne pas vouloir remettre en cause la suppression de l’ISF, il travaille sur une réduction des niches fiscales de l’impôt sur le revenu. Sous prétexte que 50 % du coût de ces niches profiteraient à 9 % de la population, le Ministre des Comptes Publics étudierait la possibilité de réduire le plafond de déduction qui est aujourd’hui de 10 000 euros. Une autre piste est à l’étude, la mise sous condition de ressources des niches. Une telle solution pourrait conduire à une remise en cause des emplois de proximité ou au développement du travail au noir. Par ailleurs, il n’y a pas concomitance entre ceux qui profitent de la suppression de l’ISF, moins de 1 % des contribuables et ceux qui disposent de réductions d’impôt. Depuis plusieurs années, ce sont les contribuables qui se situent entre 80 et 99 % des rémunérations les plus élevées qui ont supporté la plus forte augmentation des prélèvements et ont vu leur niveau de vie se dégrader. En revanche, le Ministre ne prévoit pas la création d’une nouvelle tranche à 50 % pour l’impôt sur le revenu.
La réversion, un sujet hautement sensible
Le Conseil d’orientation des retraites a au cours de sa séance du 31 janvier 2019 fait le point sur la situation de la réversion en France et tracé quelques pistes de réforme. Cela fait suite aux propos embarrassés sur le sujet que le Gouvernement avait tenu en fin d’année dernière. En effet, dans le cadre du projet de réforme systémique dans lequel il s’est engagé en matière de retraite, il avait plus ou moins indiqué que la réversion pourrait être remise en cause avant d’affirmer qu’il n’en était pas question.
Il existe aujourd’hui autant de régimes de réversion que de régimes de retraite. De ce fait, la mise en place d’un régime universel suppose une harmonisation des règles de la réversion. Au préalable, il faut savoir quel type de réversion doit être privilégié, une réversion d’assistance visant à garantir un revenu minimum au conjoint survivant ou une réversion patrimoniale considérant que les conjoints concourent à la constitution des revenus et du patrimoine. Dans le premier cas, nous sommes dans la solidarité, dans le deuxième cas dans l’assurance.
En 2017, le montant total des dépenses de réversion s’élève à 33,8 milliards d’euros, soit 11,1 % de la masse totale des pensions (droit direct et droits dérivés) et 1,5 % du PIB. Le nombre de bénéficiaires d’une pension de réversion qui atteint 4,4 millions en 2018serait légèrement croissant jusqu’à la fin des années 2030 puis diminuerait ensuite jusqu’en 2070 où il atteindrait 3,8 millions, soit 15,4 % des effectifs totaux de retraités, contre près de 30 % en 2017. En conséquence, la masse des pensions de réversion rapportée au PIB serait globalement décroissante : elle serait de 1,3 % du PIB en 2030 (tous scénarios), et entre 0,8 % (scénario 1 %) et 0,6 % du PIB à l’horizon 2070.
Le Conseil d’Orientation des Retraites a proposé trois pistes de réforme pour la réversion. Le premier harmonise juste les conditions d’accès et les taux de réversion. Cette harmonisation si elle s’effectue par le haut aboutira à un surcroît de dépenses ou à une diminution des droits pour les autres retraités.
Le deuxième scénario consiste à n’ouvrir des droits qu’au titre de la période de vie commune. Le troisième à financer les réversions non plus par les cotisations des actifs, mais par l’impôt, en invoquant la solidarité nationale avec dans ce cas certainement un plafonnement en fonction de ressources.
Deux autres scénarios dynamitent la philosophie même de la réversion, et semblent donc très éloignés des promesses d’Emmanuel Macron. L’un consiste comme cela se pratique dans l’Europe du Nord et en Allemagne de partager à 50/50 les droits à pension acquis au sein d’un couple pendant leur vie commune, en considérant que les non-mariés n’ont pas à payer pour les retraites des mariés. En cas de décès, les droits sont ainsi partagés.
L’autre à supprimer la réversion, soupçonnée d’entretenir la division des tâches et donc la dépendance des femmes au sein du couple, et la remplacer par une « assurance veuvage » publique permettant de maintenir le niveau de vie des personnes très âgées, quand leur conjoint meurt. Ce mécanisme assurantiel pourrait être obligatoire ou sur option.
Le Cercle de l’Epargne avait réalisé une étude sur la réversion au mois de juin 2018. Vous pouvez la consulter en ligne : étude juin 2018 du Cercle.
Le Sénat a adopté la réforme de l’épargne retraite
Le projet de loi PACTE est en cours de discussion en séance publique au Sénat. Les sénateurs ont, jeudi 31 janvier adopté l’article 20 qui réforme l’épargne retraite. Par rapport au texte adopté par l’Assemble nationale, le Sénat a autorisé un déblocage anticipé en cas de perte d’autonomie. Les sommes capitalisées sur les plans retraite pourraient être versées en capital et être exonérées d’impôt dans les conditions qui seront fixées par les ordonnances. Elles pourraient être destinées à la réalisation de travaux permettant le maintien à domicile du titulaire concerné.
L’article 20 du projet de loi PACTE prévoit de créer deux grandes catégories de produits d’épargne retraite, un produit collectif composé de deux sous catégories, avec un produit dit universel et un produit catégoriel, un produit individuel réunissant le PERP, le Contrat Madelin, le Préfon, le COREM, etc. Cet article harmonise les conditions de déblocages et de sortie en généralisant la possibilité d’acquérir sa résidence principale avant même la liquidation des droits à la retraite et la sortie en capital à la liquidation (pour les versements volontaires). La portabilité entre les différents produits est par ailleurs affirmée. Une plus grande concurrence est également instituée avec la capacité octroyée aux gestionnaires d’actifs d’intervenir sur toute la gamme des produits d’épargne retraite.
La rémunération des dépôts bancaires toujours orientée à la baisse
La remontée des taux étant renvoyée à plus tard, le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires a poursuivi, selon la Banque de France, sa baisse en 2018. Au mois de décembre, il s’est établi à 0,63%, en baisse de 4 points de base par rapport à décembre 2017. Ce léger repli s’explique pour les ménages comme pour les entreprises par une moindre rémunération servie sur les comptes à terme. Les livrets bancaires ont bénéficié d’une rémunération moyenne de 0,25 % au mois de décembre.
Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS (a)
déc- 2017
oct- 2018
nov- 2018 (e)
déc- 2018 (f)
Taux moyen de rémunération des encours de dépôts bancaires
0,67
0,64
0,64
0,63
Ménages
0,93
0,89
0,89
0,88
dont : – dépôts à vue
0,03
0,03
0,03
0,03
– comptes à terme <= 2 ans (g)
0,89
0,76
0,77
0,75
– comptes à terme > 2 ans (g)
1,78
1,65
1,64
1,62
– livrets à taux réglementés (b)
0,79
0,79
0,79
0,79
dont : livret A
0,75
0,75
0,75
0,75
– livrets ordinaires
0,28
0,26
0,26
0,26
– plan d’épargne-logement
2,70
2,68
2,68
2,68
SNF
0,31
0,28
0,28
0,28
dont : – dépôts à vue
0,11
0,10
0,10
0,11
– comptes à terme <= 2 ans (g)
0,27
0,25
0,25
0,25
– comptes à terme > 2 ans (g)
1,55
1,39
1,37
1,34
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème
0,00
0,00
0,00
0,00
Euribor 3 mois (c)
-0,33
-0,32
-0,32
-0,31
Rendement du TEC 5 ans (c), (d)
-0,19
0,03
-0,04
-0,08
a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
c. Moyenne mensuelle.
d. Taux de l’Échéance Constante 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
e. Données révisées.
f. Données provisoires.
g. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés.
Les marchés « actions » ont bien commencé l’année
Les investisseurs ont fait fi des incertitudes et des mauvais résultats économiques de la fin de l’année 2018. Ils ont tourné la page des derniers mois sombres de l’année dernière. Ils ont enregistré les décisions des banques centrales de temporiser les éventuelles augmentations de taux. Ils ont pris le parti de croire qu’un arrangement était possible pour les échanges sino-américains. Le CAC 40 a gagné près de 7 % et le Dow Jones plus de 8 %. Les taux d’intérêts sur les obligations d’Etat se sont détendus et le pétrole a regagné quelques couleurs avec un gain de plus de 16 %.
Tableau de bord des marchés financiers
Résultats
CAC au 31 décembre 2018
CAC au 31 janvier 2019
Évolution en janvier
Évolution sur un an
4 730,69
4 992,72
+6,71 %
-8,79 %
DAXX au 28 décembre 2018
DAXX au 31 janvier 2019
Évolution en janvier
Évolution sur un an
10 558,96
11 173,10
+5,82 %
-15,34 %
Footsie au 31 décembre 2018
Footsie au 31 janvier 2019
Évolution en janvier
Évolution sur un an
6 728,13
6 968,85
+3,49 %
-8,16 %
Euro Stoxx au 31 décembre 2018
Euro Stoxx au 31 janvier 2019
Évolution en janvier
Évolution sur un an
3 173,13
3 159,43
+5,79 %
12,40 %
Dow Jones au 31 décembre 2018
Dow Jones au 31 janvier 2019
Évolution en janvier
Évolution sur un an
23,327.46
25 008,83
+8,44 %
-4,10 %
Nasdaq au 31 décembre 2018
Nasdaq au 31 janvier 2019
Évolution en janvier
Évolution sur un an
6 635,28
7 281,74
+10,59 %
-1,63 %
Nikkei au 28 décembre 2018
Nikkei au 31 janvier 2019
Évolution en janvier
Évolution sur un an
20 014,77
20 773,49
+3,79 %
-10,81 %
Parité euro/dollar au 31 décembre 2018
Parité euro/dollar au 31 janvier 2019
Évolution en janvier
Évolution sur un an
1,1447
1,1438
-0,02 %
-7,77 %
Once d’or au 31 décembre 2018 en dollars
Once d’or au 31 janvier 2019 en dollars
Évolution en janvier
Évolution sur un an
1 280,690
1 319,920
+3,11 %
-1,34 %
Pétrole Brent au 31 décembre 2018
Pétrole de Brent au 31 janvier 2019
Évolution en janvier
Évolution sur un an
53,429
61,960
+16,81 %
-8,87 %
La France fait mieux que la moyenne de la zone euro au 4e trimestre pour la croissance
Au cours du quatrième trimestre 2018, le PIB corrigé des variations saisonnières a, selon Eurostat, augmenté de 0,2 % dans la zone euro et de 0,3% dans l’Union européenne par rapport au trimestre précédent. Au cours du troisième trimestre 2018, le PIB avait également progressé de 0,2 % dans la zone euro et de 0,3 % dans l’Union. Selon une première estimation du taux de croissance annuel pour 2018, le PIB a progressé de 1,8 % dans la zone euro et de 1,9% pour l’ensemble de l’Union européenne. Sur l’année dernière, la France est, en revanche, en retrait par rapport à la moyenne européenne et de la zone euro.
Repli rapide de l’inflation en France
Avec la baisse du cours du pétrole, les prix assagissent. Sur un an, les prix à la consommation ralentiraient, selon l’INSEE, pour le troisième mois consécutif. La première estimation ressort à +1,2 % en janvier 2019 après +1,6 % en décembre. Les prix des services augmenteraient au même rythme qu’en décembre et ceux des produits manufacturés baisseraient à peine moins que le mois précédent. En revanche, les prix de l’alimentation et du tabac accéléreraient.
Sur un mois, les prix à la consommation se contractent de 0,5 %, après une stabilité en décembre. Les prix des produits manufacturés reculeraient fortement en lien avec le début des soldes d’hiver. Ceux de l’énergie baisseraient encore, mais moins qu’en décembre, dans le sillage des cours du pétrole. Les prix des services ralentiraient du fait d’un repli saisonnier des prix des transports aériens. De même, les prix alimentaires seraient un peu moins dynamiques que le mois précédent. Enfin, les prix du tabac seraient en hausse après une stabilité en décembre.
Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé ralentirait nettement à +1,4 %, après +1,9 % en décembre. Sur un mois, il se replierait de 0,6 %, après +0,1 % le mois précédent.
Une croissance poussive en 2018
La croissance de l’économie française s’est élevée en 2018 à 1,5 % contre 2,3 % en 2017. Les experts économiques avaient espéré, en début d’année dernière, une croissance de 1,7 %. Cette décélération n’est pas imputable exclusivement aux « gilets jaunes ». En effet, le ralentissement de l’économie s’est amorcé dès le premier semestre, la reprise constatée au second n’ayant pas été suffisante pour compenser le retard accumulé. Malgré tout, la crise des « gilets jaunes » s’est fait ressentir sur la consommation du dernier trimestre et tout particulièrement sur celle de décembre. En 2018, le commerce extérieur a joué positivement sur la croissance. L’investissement, de son côté, a connu une moindre croissance en grande partie en raison des ménages qui ont ralenti leurs achats immobiliers.
Avec un taux de croissance de 1,5 %, la France renoue avec un rythme plus poussif qui est le sien depuis la crise de 2008. Il faut néanmoins signaler que ce résultat n’est pas catastrophique au regard du contexte français et international. Les tensions entre la Chine et les États-Unis, la hausse du cours du pétrole au premier semestre, les incertitudes européennes ont pesé sur les résultats économiques. Il n’en demeure pas que cette croissance est insuffisante pour permettre une décrue notable du chômage.
Une croissance au 4e trimestre moins décevante que prévue
Du fait des blocages provoqués par les « gilets jaunes », certains s’attendaient à une croissance nulle au dernier trimestre. Or, cette dernière est restée stable par rapport à celle du 3e trimestre, +0,3 %. Ce résultat est d’autant plus remarquable que la consommation a été étale du mois d’octobre au mois de décembre.
La croissance de la consommation des ménages en léger recul
Sur l’ensemble de l’année, la consommation des ménages a moins progressé qu’en 2017, +0,8 % contre +1,1 %. Les ménages ont subi au cours du premier semestre une érosion de leur pouvoir d’achat provoquée par l’augmentation des prélèvements obligatoires et par la hausse des prix. Le rattrapage de la consommation attendu à la fin de l’année n’a pas eu lieu en raison du contexte social.
En 2018, la consommation en produits alimentaires et en énergie a reculé (respectivement -1,2 % et -0,8 %). Les achats de services sont, en revanche, restés dynamiques (+1,5 % en 2018 contre +1,6 % en 2017) quand ceux des biens fabriqués se sont ralentis (respectivement 1,1 % et 2,6 %).
Pour le dernier trimestre, la consommation des ménages a été étale. Si elle est restée positive pour les services (+0,5 %), elle a diminué pour les biens fabriqués (-1,2 %). Les difficultés d’accès aux centres commerciaux peuvent expliquer ce résultat. Au cours du dernier mois de l’année, la consommation en biens des ménages a même reculé de 1,5 %. Sur le 4e trimestre, le repli est de 0,7 %. Pour le mois de décembre, la baisse s’explique en partie par le recul des achats de produits énergétiques.
Essoufflement de la croissance de l’investissement
En 2017, l’investissement avait été un moteur de la croissance. En 2018, il s’est un peu essoufflé. En effet, son taux de croissance est passé de +4,7 % en 2017 à +2,9 % en 2018. Le repli a été plus marqué pour les ménages que pour les entreprises.
L’investissement des entreprises non financières a augmenté de 3,9 % contre 4,4 % en 2017. Au dernier trimestre, le résultat est assez moyen avec une progression de 0,3 %. Les dépenses d’investissement des administrations publiques ont cru de 0,7 % en 2018 contre 1,6 % en 2017. Comme trois quarts des investissements publics sont réalisés par les collectivités locales, cette moindre progression peut s’expliquer par les difficultés budgétaires auxquelles elles sont confrontées. L’investissement public pourrait se ralentir en 2019 avec la proximité des élections municipales qui n’incitent pas les élus à s’engager dans des travaux.
L’investissement des ménages n’a progressé que de 2 % après une hausse de 5,6 % en 2017. Les deux derniers trimestres de l’année ont même été marqués par un recul (-0,1 % au 3e et -0,4 % au 4e). Les ménages ont réduit leur effort pour l’immobilier du fait des prix de plus en plus élevés, de la rareté de l’offre et en raison de la montée des incertitudes. Ils ont privilégié les placements financiers. Le Livret A et surtout l’assurance vie ont profité de ce changement de comportement.
Le commerce extérieur a été porteur en 2018
Le commerce extérieur a contribué positivement à la croissance à hauteur de 0,6 point en 2018 contre +0,1 point en 2017. Les exportations ont augmenté de 3,1 % contre +4,6 % en 2017 mais dans le même temps la croissance des importations a décéléré (+1,1 % contre +3,1 %). Comme les années précédentes, les résultats du commerce extérieur dépendent des livraisons de matériels de transports (avions en particulier).
De 2018 à 2019, le poids des fondamentaux et des incertitudes
Compte tenu des fondamentaux de l’économie française (démographie, gains de productivité, investissement de ces dernières années), le taux de croissance de 1,5 % constaté en 2018 n’est pas anormale même s’il n’est pas satisfaisant. Certes, au regard du retard accumulé depuis dix ans, il peut être jugé décevant. Il ne permet pas de compenser les manques à gagner accumulés. L’économie française est toujours pénalisée par l’étroitesse de son secteur productif. Le taux d’emploi demeure faible en France (65 % contre 76 % en Allemagne). Le positionnement moyenne gamme de la production française constitue toujours un handicap au regard de ses coûts élevés en liaison avec un niveau record à l’échelle européenne de dépenses publiques.
Pour 2019, l’économie française devrait bénéficier d’un regain de la consommation rendu possible par le ralentissement de la hausse des prix et par le plan sur le pouvoir d’achat décidé par le Président de la République Emmanuel Macron au mois de décembre. La diminution du cours du baril devrait également favoriser la consommation ainsi que diminuer le montant des importations. Le ralentissement de la Chine et surtout celui de l’Allemagne, s’il était confirmé, seraient préjudiciables à la croissance française. Il faudra également prendre en compte éventuellement l’impact d’un Hard Brexit. L’agroalimentaire, l’industrie des transports et celle des médicaments risquent d’être pénalisés en cas d’absence d’accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni d’ici le 29 mars.
Près de 700 000 nouvelles entreprises en France en 2018
Selon l’INSEE, en 2018, 691 000 entreprises ont été créées en France, soit 17 % de plus qu’en 2017. Cela constitue un nouveau record en la matière. Les immatriculations de micro-entrepreneurs ont augmenté de 28 % et les créations d’entreprises individuelles classiques de 20 %. Les créations de sociétés augmentent beaucoup plus modérément (+ 2 %). Le secteur des transports et de l’entreposage (+ 68 %) contribue le plus à la hausse globale. En particulier, les immatriculations dans les autres activités de poste et de courrier (qui incluent la livraison à domicile) s’envolent, essentiellement sous le régime du micro-entrepreneur
Capacité et désir d’épargne en hausse au mois de janvier
Après s’être nettement dégradée en fin d’année 2018, la confiance des ménages dans la situation économique a, selon l’INSEE, augmenté de 5 points et retrouve son niveau de novembre 2018. À 91, il demeure toutefois bien au-dessous de sa moyenne de longue période (100). ce sursaut est peut être imputable aux annonces du Président de la République concernant le pouvoir d’achat. Ainsi, en janvier, la proportion de ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants se redresse nettement. Le solde correspondant gagne 10 points après en avoir perdu 15 en décembre. Il reste cependant au-dessous de sa moyenne de longue période. Concernant leur situation financière future, les ménages sont plus optimistes. l’indice qui la mesure gagne 8 points mais demeure inférieur à sa moyenne de longue période. De même, le solde d’opinion des ménages quant à leur situation financière passée augmente : il gagne 4 points mais reste inférieur à sa moyenne.
En janvier, la part des ménages qui considèrent que le niveau de vie futur en France s’améliorera au cours des douze prochains mois augmente de manière marquée : le solde augmente de 10 points, même s’il demeure au-dessous de sa moyenne.
Le solde d’opinion des ménages sur le niveau de vie passé en France augmente quant à lui plus légèrement (+2 points). Il est également bien au-dessous de sa moyenne de longue période.
En janvier, l’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne s’améliore. En effet, le solde correspondant à la capacité d’épargne future gagne 7 points et retrouve son niveau de novembre 2018, tandis que celui correspondant à la capacité d’épargne actuelle est stable. Ces deux soldes demeurent néanmoins au-dessous de leur moyenne de longue période.
La part des ménages estimant qu’il est opportun d’épargner augmente également : le solde correspondant gagne 5 points mais demeure lui aussi nettement au-dessous de sa moyenne.
En revanche, sur le front de l’emploi, les ménages sont plus pessimistes. En effet, les craintes des ménages concernant l’évolution du chômage augmentent de nouveau en janvier : le solde correspondant gagne 2 points (après +3 points en décembre +22 points en novembre). Il se situe désormais légèrement au-dessus de sa moyenne de longue période.
En janvier, les ménages estimant que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois sont très nettement moins nombreux que le mois précédent. Le solde correspondant diminue de 23 points. La baisse du cours du pétrole semble avoir été perçu. De même, les ménages sont nettement moins nombreux à estimer que les prix vont augmenter au cours des douze prochains mois : le solde correspondant perd 16 points et se situe désormais au-dessous de sa moyenne
Les entreprises françaises : plus de 1000 milliards d’euros de crédits
Selon la Banque de France, les crédits des entreprises non financières atteignaient fin décembre 1018 milliards d’euros dont 719 au titre de l’investissement, 434 au titre de l’équipement et 285 pour l’immobilier. enfin, les crédits de trésorerie représentent 240 milliards d’euros.
La croissance des crédits aux SNF est restée élevée en décembre ,+ 5,9%, après + 6,2% en novembre, toujours portée par le dynamisme des crédits à l’équipement (+ 7,3 %, stable par rapport à novembre) et, dans une moindre mesure, des prêts immobiliers (+ 5,0 %, après +5,3 % en novembre).
Sur l’ensemble de l’année 2018, l’encours de crédits accordés aux SNF augmente de plus de 50 milliards d’euros, dont 27 milliards pour les prêts à l’équipement. Cette hausse est d’une ampleur comparable à celle observée en 2017.
Des indépendants classiques en baisse et toujours plus d’auto-entrepreneurs
Sans prendre en compte les micro-entrepreneurs, le nombre des indépendants a tendance à diminuer en France. Cette situation s’explique par le vieillissement de la population qui conduit des indépendants à prendre leur retraite, par leur choix d’opérer dans le cadre du salariat au sein de leur entreprise et par le contexte économique peu porteur. Ainsi, le nombre d’indépendants dans le secteur industriel diminue en parallèle avec la désindustrialisation qui s’est accélérée après la crise de 2008. Le nombre de travailleurs non-salariés n’augmentent que par la forte croissance des micro-entrepreneurs (qui ont succédé aux auto-entrepreneurs).
Fin 2016, selon l’INSEE, la France comptait 3,2 millions de personnes exerçant une activité non salariée en tant qu’entrepreneurs individuels ou en tant que gérants majoritaires de société. Environ un non-salarié sur sept exerce une activité agricole.
Parmi les 2,8 millions de non-salariés hors secteur agricole, 31 % sont des micro-entrepreneurs. Ces derniers profitent du développement des activités de service en liaison avec les plateformes digitales (livraisons à domicile, transports, etc.). Hors secteur agricole, la population non salariée croît de nouveau en 2016 : + 0,3 %), après + 0,7 % en 2015 et + 0,2 % en 2014. Ces hausses sont nettement plus modérées que les années précédentes (+ 4,9 % par an en moyenne entre 2010 et 2013).
Poursuite de la baisse des non-salariés classiques
Les non-salariés classiques représentent 1,9 million de personnes fin 2016, dont 57 % sont entrepreneurs individuels et 43 % gérants majoritaires de sociétés. En 2016, le nombre d’entrepreneurs individuels classiques a diminué de 2,7 %. Leur nombre recule depuis 2009 date de l’entrée en vigueur du statut de l’auto-entrepreneur. Les effectifs de gérants de sociétés diminuent également pour la troisième année consécutive (– 2,3 % en 2016), quand il avait augmenté entre 2009 et 2013 (+ 6,2 % en moyenne chaque année).
Le nombre de non-salariés classiques baisse dans la quasi-totalité des secteurs, et plus particulièrement dans la construction (– 5,5 %), le commerce et l’artisanat commercial (– 4,9 %) et l’hébergement-restauration (– 4,4 %). Il progresse uniquement pour les professions paramédicales, les taxis et voitures de transport avec chauffeur (VTC) et les activités juridiques et comptable.
Plus de 850 000 micron-entrepreneurs actifs
Fin 2016, 856 000 micro-entrepreneurs sont économiquement actifs. Ils représentent 31 % des non-salariés hors agriculture. En 2016, leur nombre a augmenté de 7,7 % contre +5,9 % en 2016. Ces progressions sont inférieures à celles des années précédentes (+ 8,2 % en 2014, + 15,8 % en 2013). Une rupture est intervenue en 2015 avec le durcissement de la législation concernant les auto-entrepreneurs.
Les TNS sont avant tout présents dans les services
Les TNS sont avant tout présents dans le secteur des services qui de toute façon concentre plus de 75 % de la population active. Exigeant de moindres apports en capitaux, il est assez logique que les TNS soient surreprésentés dans les activités tertiaires. Ainsi, toutes catégories confondues, la moitié des non-salariés se concentre dans le commerce et l’artisanat commercial (19 %), la santé (17 %) et la construction (13 %), quand ces secteurs ne rassemblent qu’un tiers des salariés non agricoles du privé. 13 % exercent dans les activités spécialisées scientifiques et techniques (professions juridiques, comptables, conseil de gestion, architecture, ingénierie, publicité, design, etc.) et 21 % dans les services destinés aux particuliers (restauration, hébergement, activités artistiques et récréatives, enseignement, coiffure, etc.). En revanche, moins de 5 % d’entre eux travaillent dans l’industrie (hors artisanat commercial), soit une part trois fois moindre que celle des salariés du privé.
La part de micro-entrepreneurs augmente dans presque tous les secteurs d’activité. Ils représentent plus de 60 % des non-salariés dans le commerce de détail hors magasin, dans certains services personnels (réparation de biens, entretien corporel) et activités spécialisées (design, photographie, traduction), dans les arts et spectacles ou encore dans l’enseignement
Une dispersion importante pour les revenus
Les non-salariés classiques retirent en moyenne 3 440 euros par mois de leur activité : 3 720 euros pour les entrepreneurs individuels et 3 070 euros pour les gérants de sociétés. Leur niveau de vie est supérieur en moyenne à celle des salariés (2250 euros net ou 2900 euros brut).
En moyenne, 9 % des non-salariés classiques déclarent un revenu nul, car ils n’ont pas dégagé de bénéfices ou ne se sont pas versés de rémunération. Cette part varie de moins de 2 % pour les professionnels de santé et les pharmaciens, à plus de 20 % dans les arts et spectacles et les activités immobilières.
Hors revenus nuls, les disparités de revenu d’activité sont plus marquées que pour les salariés du privé. Un non-salarié classique sur dix gagne moins de 500 euros par mois (figure 2) ; ce seuil est 1,7 fois plus élevé pour les salariés du privé. 10 % des TNS perçoivent plus de 8 090 euros par mois. Ce montant est 2,3 fois supérieur au rang équivalent chez les salariés du privé.
Le commerce de détail hors magasin génère les revenus les plus faibles (1 120 euros par mois en moyenne), derrière les taxis et VTC, les services personnels et les activités artistiques et récréatives (de 1 370 à 1 430 euros mensuels). Les médecins et dentistes perçoivent en moyenne les revenus les plus élevés (8 620 euros), devant les juristes et comptables (8 060 euros) et les pharmaciens (6 990 euros).
En 2016, hors secteur agricole, le revenu d’activité moyen des non-salariés classiques progresse de 2,7 % en euros constants, après + 2,5 % en 2015. Il s’accroît de 2,8 % pour les entrepreneurs individuels (après + 3,0 % en 2015) et de 2,6 % pour les gérants de sociétés (après + 1,6 %). Le revenu des micro-entrepreneurs augmente de nouveau en 2016 (+ 3,4 %, après + 6,1 %) alors qu’il avait baissé régulièrement entre 2009 et 2014 (– 1,9 % en moyenne par an). Ces hausses s’inscrivent dans un contexte de reprise économique.
La progression des revenus est liée en partie à un effet de structure. En effet, le nombre de TNS diminue dans les secteurs à faibles revenus, dans le commerce ou la restauration par exemple, et augmente dans les secteurs plus rémunérateurs comme la santé. A structure constante, la hausse du revenu moyen des non-salariés classiques serait moindre : + 1,7 % en 2016 sur l’ensemble des secteurs non agricoles, au lieu de + 2,7 %.
En 2016, les micro-entrepreneurs économiquement actifs retirent en moyenne 450 euros par mois de leur activité non salariée, soit près de huit fois moins que les non-salariés classiques. Un sur quatre gagne moins de 80 euros, la moitié moins de 260 euros et un sur dix plus de 1 190 euros. Leur faible revenu est lié à la nature du régime qui impose des plafonds sur le chiffre d’affaires. Il s’agit éventuellement d’une activité d’appoint, trois micro-entrepreneurs sur dix occupant également un emploi salarié.
Le monde des TNS se féminisent
En 2016, les femmes représentent 37 % des non-salariés, contre 42 % des salariés du privé. Leur nombre s’accroît (+ 3 points en cinq ans). Elles sont de plus en plus nombreuses dans les métiers les plus qualifiés tels que médecins, professions du droit, architectes, mais aussi dans des secteurs où elles ont profité du statut de micro-entrepreneur pour lancer leur activité.
En 2016, les femmes non salariées classiques gagnent en moyenne 22 % de moins que leurs confrères : 2 900 euros par mois contre 3 730 euros. Cette différence n’est pas liée à leur secteur d’activité. En effet, elles ont tendance à exercer dans des secteurs souvent plus rémunérateurs que les hommes (santé, droit). Une partie de l’écart s’expliquerait par un volume de travail moins important. Elles sont aussi plus jeunes et dirigent en moyenne des entreprises plus petites.
Fin 2016, en France, 448 000 personnes exercent une activité non salariée dans l’agriculture, la sylviculture ou les services d’aménagement paysager. Près de 17 % d’entre elles bénéficient du régime du micro-bénéfice agricole, leur revenu moyen en 2016 est de 450 euros par mois. Les autres sont imposées au régime réel et se concentrent majoritairement dans la production de bovins (28 %), la production de céréales et grandes cultures (21 %) et la culture et l’élevage combinés (13 %).
Les non-salariés agricoles, des revenus faibles et fluctuants
Les non-salariés imposés au régime réel des secteurs de la production agricole retirent 1 370 euros en moyenne par mois de leur activité. Ces revenus varient fortement d’une année sur l’autre, en raison des fluctuations des prix et des aléas climatiques qui pèsent sur les récoltes. En 2016, les non-salariés exerçant dans la culture de vignes (2 650 euros par mois en 2016) et la culture de légumes, fleurs ou plantes (2 100 euros) perçoivent les revenus moyens les plus élevés. À l’inverse, l’élevage (hors granivores) génère les revenus les plus faibles : 1 060 euros par mois en moyenne pour la production de bovins, marquée en 2016 par une baisse de la collecte laitière et l’effondrement du prix du lait, 1 010 euros pour la production d’ovins, caprins, équidés et autres animaux et 1 120 euros pour la culture et l’élevage combinés. 28 % des non-salariés des secteurs de la production agricole déclarent un revenu nul ou déficitaire. Cette part est particulièrement élevée dans la production d’ovins, caprins, équidés et autres animaux (39 %), et la production de céréales et grandes cultures (37 %), marquée en 2016 par des accidents climatiques. En intégrant les revenus négatifs, les non-salariés imposés au régime réel des secteurs de la production agricole ne perçoivent en moyenne que 1 110 euros par mois en 2016. Fin 2016, 13 % des non-salariés agricoles cumulent leur activité non salariée avec une activité salariée : 12 % de ceux imposés au régime réel et 20 % de ceux bénéficiant du régime du micro-bénéfice agricole.
Le climat des affaires se stabilise en janvier
En janvier 2019, le climat des affaires est, selon l’INSEE, stable après avoir connu une phase de dégradation. L’indicateur qui le synthétise, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité marchands, demeure à 102, légèrement au-dessus de sa moyenne de longue période (100). Malgré tout, l’indicateur de climat des affaires perd cinq points dans le commerce de gros. Il perd un point dans le bâtiment mais augmente d’un point dans les services. Il est stable dans l’industrie manufacturière et le commerce de détail. Dans les deux formes de commerce, le climat des affaires se situe juste au-dessous de sa moyenne de longue période ; il reste au-dessus dans les autres secteurs.
L’indicateur de retournement reste dans la zone indiquant un climat conjoncturel favorable
Plus de 10 milliards d’euros de collecte pour le Livret A en 2018
2018, une bonne année pour le Livret A
Le Livret A a fêté dignement ses deux cents ans avec une collecte sur l’ensemble de l’année 2018 de 10,08 milliards d’euros, soit à peine moins qu’en 2017 (10,24 milliards d’euros). Le produit d’épargne préféré des Français a démontré, une fois de plus, sa résilience. Il n’a pas été pénalisé ni par le faible rendement de 0,75 % qu’il offre depuis le 1er août 2015, ni par le regain de l’inflation qui a atteint sur l’année 1,8 %.
2018, une année plurielle pour le Livret A
L’année 2018 a été plurielle. Jusqu’en août, la collecte a été abondante avant de connaitre un passage à vide en septembre et en octobre. En novembre et en décembre, la collecte est redevenue positive tout en restant mesurée. En effet, pour le dernier mois de l’année, le Livret A a enregistré une collecte de 540 millions d’euros faisant suite à celle de 670 millions de novembre. 2018 a ainsi ressemblée à 2017, les ménages épargnent au premier semestre et dépensent au cours du second du fait des dépenses de rentrées scolaires et des impôts. Il sera intéressant d’analyser sur l’évolution de la collecte en 2019 les effets de la mise en place de la retenue à la source et de la suppression pour 80 % des ménages de la taxe d’habitation.
Le résultat du mois de décembre 2018 est assez conforme à la tradition. Lors de ces dix dernières années, une seule décollecte a été enregistrée, en 2017. Le dernier mois de l’année donne, en effet, lieu à des versements de primes. Les fêtes de fin d’année sont également l’occasion pour les parents et les grands parents de doter les Livrets de leurs enfants ou petits-enfants. Les manifestations ont pu néanmoins freiner les ardeurs des épargnants de se rendre aux guichets pour placer une partie de leur liquidités.
2018, un bon cru pour le Livret A
Dans un contexte économique et social compliqué, les ménages ont accru, en 2018, leur effort d’épargne, effort qui a profité au Livret A. En période de doute et d’augmentation de l’inflation, les ménages ont traditionnellement tendance à accroître leur poche d’épargne de précaution. Pour faire face à l’augmentation des dépenses à venir, les ménages ont tendance à augmenter leur épargne. Ils peuvent également épargner plus pour compenser la perte de valeur de leur placement (effet d’encaisse). En 2018, les Français ont été plutôt souris que cigale, le taux d’épargne ayant atteint au 3e trimestre 15,6 % du revenu disponible brut. L’assurance vie a également profité de ce mouvement et devrait signer une bonne année 2018.
Un nouveau record pour l’encours du Livret A
L’encours du Livret A a atteint un nouveau record fin 2018 à 283,8 milliards d’euros. 2,02 milliards d’euros d’intérêts capitalisés ont été versés aux titulaires contre 1,94 milliard d’euros en 2017.
Le triptyque du succès du Livret A a eu raison du rendement réel négatif
Le Livret A peut compter sur son triptyque pour conserver et attirer les épargnants : la liquidité, la sécurité avec la garantie en capital et l’exonération de tout prélèvement.
Ce triptyque a éclipsé le faible rendement qu’offre le Livret A. Pourtant, pour la première fois depuis 35 ans, le rendement réel du Livret A est devenu négatif. En effet, du fait de l’augmentation de l’inflation provoquée par la hausse du cours du pétrole et le blocage du taux à 0,75 % jusqu’en 2020, le rendement réel est sur l’année négatif à hauteur d’un point.
La notion de rendement réel doit être relativisée. Le rendement d’un produit d’épargne avec l’évolution d’un panel de biens et de services ne sont pas totalement comparables. L’épargne, c’est la renonciation à la consommation. La mesure de la rentabilité de l’épargne doit prendre en compte le temps et aussi le processus d’accumulation (la capitalisation, les intérêts accumulés génèrent eux-mêmes des intérêts). Enfin, la performance d’un produit d’épargne doit être comparée à celle des autres placements en intégrant le degré de risque et de liquidité.
En période d’incertitudes, le Livret A est la valeur refuge par excellence. Cette situation ne devrait guère changer au cours de l’année 2019 qui devrait voir refluer l’inflation. Il apparait donc clairement que le rendement réel de l’épargne à court terme a peu d’impact sur la collecte.
La dette publique française : 99,5 % du PIB au 3e trimestre 2018
selon Eurostat, à la fin du troisième trimestre 2018, le ratio de la dette publique par rapport au PIB s’est établi à 86,1% dans la zone euro contre 86,3% à la fin du deuxième trimestre 2018. Au sein de l’Union européenne, le ratio a également diminué, passant de 81,0% à 80,8%.
Par rapport au troisième trimestre 2017, le ratio de la dette publique par rapport au PIB a baissé
tant dans la zone euro (de 88,2% à 86,1%) que dans l’UE28 (de 82,5% à 80,8%).
Les ratios les plus élevés de la dette publique par rapport au PIB à la fin du troisième trimestre 2018 ont été enregistrés en Grèce (182,2%), en Italie (133,0%), au Portugal (125,0%), à Chypre (110,9%) ainsi qu’en Belgique (105,4%), et les plus faibles en Estonie (8,0%), au Luxembourg (21,7%) et en Bulgarie (23,1%). La France se classe au 6e rang parmi les Etats ayant les dettes les plus élevées.
Par rapport au troisième trimestre 2017, quatre États membres ont enregistré une hausse de leur ratio de la dette publique par rapport au PIB à la fin du troisième trimestre 2018 et vingt-quatre autres une diminution. Des hausses ont été observées à Chypre (+9,7 pp), en Grèce (+7,4 pp), au Royaume-Uni (+0,4 pp) et en Slovaquie (+0,1 pp).
Les baisses les plus marquées ont été observées en Slovénie (-8,0 pp), à Malte (-6,8 pp), au Portugal (-4,6 pp), en Autriche (-4,3 pp), en Lituanie (-4,2 pp), aux Pays-Bas (-4,1 pp), en Irlande et en Croatie (-4,0 pp chacun).
Les entreprises profitent toujours de taux bas
Selon la Banque de France, le taux moyen des crédits à l’équipement des entreprises est stable par rapport au trimestre précédent. Il a été de 1,40 %. 50% des nouvelles lignes de crédits à l’équipement sont octroyées à moins de 1,21 %.
Le taux moyen des crédits de trésorerie échéancés augmente légèrement (1,69 % après 1,63 % au 3ème trimestre 2018), ainsi que le taux moyen des découverts utilisés (2,46 % après 2,35 % au 3ème trimestre 2018). Enfin le taux moyen des crédits immobiliers diminue légèrement au 4ème trimestre 2018, à 1,58 % après 1,61 % au 3ème trimestre 2018.
Ces taux sont d’autant plus faibles que l’inflation est plus forte que dans le passé. Cette situation devrait favoriser l’investissement.
Les ménages français : 11 500 milliards d’euros de patrimoine
Selon l’INSEE, en 2017, le patrimoine net des ménages a atteint 11 494 milliards d’euros, soit 8,5 fois leur revenu disponible net de l’année.
En 2017, il a progressé de 3,8 % grâce à la bonne tenue de l’immobilier et des placements financiers.; En 2016, la hausse était de 3,0 % .
Pour les deux tiers ce patrimoine est constitué de biens immobiliers dont la valeur a augmenté en 2017 de 3,3 %, après + 2,9 % en 2016. Cette accélération reflète à la fois celle du prix des logements anciens (+ 3,3 %) et le dynamisme de la construction neuve. Au total, le patrimoine non financier des ménages s’accroît de 3,5 % en 2017 pour s’établir à 7 679 milliards d’euros. Plus forte que celle de l’an passé (+ 3,0 %), cette hausse est aussi supérieure à la moyenne des dix années précédentes (+ 2,4 % par an entre 2005 et 2015.
Le tiers restant est constitué de placements financiers. Les ménages continuent de privilégier les placements bancaires. L’encours en numéraire et dépôts progresse ainsi de 4,6 %, après + 4,1 % en 2016. D’une part, les ménages préfèrent les placements en livrets aux placements à risque. Les ménages laissent de plus en plus d’argent sur leurs comptes courants.
L’encours des titres de créance détenus par les ménages diminue assez fortement en 2017 (– 12,5 % après – 3,8 %) dans un environnement de taux bas. La détention d’actions et de parts de fonds d’investissement a augmenté de 8,1 % après + 4,9 %), traduisant un effet prix : l’indice boursier SBF 120 se revalorise de 10,8 % (après + 4,7 %).
À l’opposé, les placements des ménages en assurance-vie avaient faiblement augmenté en 2017 + 1,4 % en 2017, après + 2,2 % en 2016. Au total, les actifs financiers des ménages progressent de 4,4 %, après + 3,4 %.
Au passif, l’encours de crédits croît de 5,4 %, après + 4,3 % en 2016, du fait de forte progression du nombre de transactions immobilières.
En décomptant les emprunts, le patrimoine financier net des ménages a augmenté de 4,4 % en 2017 après + 2,9 % en 2016.
Près de 67 millions d’habitants
Au 1er janvier 2019, la France comptait 66 993 000 habitant. 64 812 000 résident en métropole et 2 181 000 dans les départements d’outre-mer. La croissance de la population continue à ralentir. Elle n’a été que de 0,3 % en 2018 contre 0,4 % en 2014 et 0,5 % entre 2008 et 2013.
Au 1er janvier 2018, la France représente 13 % de la population de l’Union européenne (UE). Elle en est le deuxième pays le plus peuplé derrière l’Allemagne (82,9 millions d’habitants). Sept habitants de l’UE sur dix vivent dans les six pays les plus peuplés : Allemagne, France, Royaume- Uni, Italie, Espagne et Pologne. Le Royaume-Uni a gagné le plus d’habitants en 2017 (+ 429 000 habitants), sa population atteint 66,2 millions en 2018. L’Allemagne a gagné 328 000 habitants malgré un solde naturel déficitaire (– 148 000, l’avant-dernier de l’Union). A contrario, neuf pays européens perdent de la population. Ainsi, la Roumanie perd 121 000 habitants en 2017, et l’Italie 105 000, compte tenu de son solde naturel négatif de 191 000 personnes, le plus déficitaire de l’Union.
En 2018, le solde naturel, différence entre les nombres de naissances et de décès, a été, en France, de 144 000, ce qui est son plus faible niveau depuis la fin de la seconde Guerre mondiale. La période entamée autour du passage à l’an 2000 s’est achevé. En 2006, un pic inédit depuis la fin du baby-boom avait été alors enregistré avec un solde naturel positif de 302 000 personnes en France hors Mayotte. La baisse de ce solde est imputable à la baisse des naissances mais surtout à la progression des décès en liaison avec le vieillissement de la population. Le solde migratoire a été positif de 58 000 en 2018.
Espérance de vie à la naissance : 85,3 ans pour les femmes ; 79,4 ans pour les hommes
L’espérance de vie à la naissance a augmenté en 2018, en France, selon l’INSEE. Elle a atteint 85,3 ans pour les femmes et de 79,4 ans pour les hommes. Si en 2015, l’espérance de vie avait diminué pour les femmes comme pour les hommes, elle a depuis repris sa progression. Elle dépasse pour les hommes désormais le niveau de 2014 (79,2 ans) : les hommes ont gagné 0,2 an d’espérance de vie depuis 2014. Ce n’est pas le cas, en revanche, pour les femmes, dont l’espérance de vie avait reculé en 2017. En 2018, elles n’ont pas encore retrouvé l’espérance de vie à la naissance qu’elles avaient en 2014 (85,4 ans).
L’espérance de vie des femmes en France demeure l’une des plus élevées de l’Union européenne. En 2016, seule l’Espagne (86,3 ans) devance la France. A contrario, la France n’arrive qu’en neuvième position pour l’espérance de vie à la naissance des hommes.
En France, l’écart d’espérance de vie entre femmes et hommes est de 5,9 ans en 2018. Il augmente légèrement par rapport à 2017 (5,8 ans) après plusieurs années de convergence (6,7 ans en 2008, 7,7 ans en 1998). Il reste plus important que la moyenne des pays de l’Union européenne, et le plus élevé parmi les pays de l’ouest de l’Europe. En 2016, cet écart s’élevait à 6,0 ans en France, alors qu’il était de 3,2 aux Pays-Bas, de 3,5 en Suède et de 3,6 ans au Royaume-Uni. Il est supérieur à 8 ans dans les pays baltes et en Pologne.
Dans les conditions de mortalité de 2018 en France, un homme de 60 ans vivrait encore 23,2 ans en moyenne, et une femme 27,6 ans.
Un cinquième de la population française a plus de 65 ans.
Au 1er janvier 2019, une personne sur cinq en France a 65 ans ou plus Cette part augmente depuis plus de 30 ans. En 1985, 12,8 % de la population de France métropolitaine avait 65 ans ou plus. Au sein de l’Union européenne, entre 2007 et 2017, les 65 ans ou plus sont passés de 17,0 % à 19,4 % de la population. En Irlande, pays où cette proportion est la plus faible, elle est passée de 10,8 % en 2007, puis 13,5 % en 2017. Plus d’une personne sur cinq a 65 ans ou plus dans six pays de l’Union : l’Italie (22,3 %), la Grèce (21,5 %), l’Allemagne (21,2 %), le Portugal (21,1 %), la Finlande (20,9 %) et la Bulgarie (20,7 %).
Les entreprises françaises continuent à s’endetter
Selon la Banque de France, le taux de croissance annuel de l’endettement de marché était de à 5,7 % au mois de novembre. La progression des crédits bancaires s’accentue en novembre (+6,1 % sur un an, après 5,7 % le mois précédent).
Le coût moyen du financement de marché des entreprises à 5 ans enregistre une hausse de 18 points de base en novembre et s’établit à 1,47 %. Il dépasse légèrement celui des crédits.
Financement des sociétés non financières
((Encours et flux non cvs en milliards d’euros, taux de croissance et taux d’intérêt en %, SNCF Réseau a été reclassé en administration publique à partir du 1er janvier 2016)
Encours
Flux annuel net
Taux de croissance annuel
Coût des financements nouveaux
(moyenne mensuelle)
Nov.-18
Nov.-18
Oct.-18
Nov.-18
Oct.-18
Nov.-18
Financement des SNF
1 613
91
5,8
6,0
1,38
1,45
– dont crédits bancaires
1 010
59
5,7
6,1
1,44
1,44
– dont financement de marché
603
32
6,0
5,7
1,29
1,47
en euros
491
33
7,5
7,1
en devises
112
-1
-0,2
-0,4
Les entreprises européennes investissent mais leurs profits baissent
Selon Eurostat, au troisième trimestre 2018, le taux d’investissement des entreprises s’est établi à 23,3% dans la zone euro, contre 23,0% au trimestre précédent.
La part des profits des entreprises s’est quant à elle située à 40,3% au troisième trimestre 2018 dans la zone euro, contre 40,6% au deuxième trimestre 2018.
Les Européens ont accru leur effort d’épargne au 3e trimestre 2018
Au cours du troisième trimestre 2018, les ménages de l’Union européenne ont accru leur effort d’épargne au détriment de la consommation. Leur taux d’investissement reste, en revanche, stable.
En effet, selon Eurostat, au troisième trimestre 2018, le taux d’épargne des ménages a été de 12,3% dans la zone euro, contre 12,1% au deuxième trimestre 2018.
Le taux d’investissement des ménages a quant à lui été de 9,1% au troisième trimestre 2018 dans la zone euro, stable par rapport au trimestre précédent.
Quelles garanties pour vos placements ?
Les établissements financiers français figurent parmi les mieux gérés d’Europe. Ils ont réussi avec brio les stress test des autorités de contrôle. Malgré quelles sont les garanties dont bénéficient les épargnants en cas de problèmes graves ?
Pour les dépôts à vue, les livrets bancaires, la garantie est de 100 000 euros par client et par banque. Cette garantie relève du Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR). Cet organisme est chargé de l’indemnisation des déposants dans un délai de 7 jours ouvrables. Il assure également la garantie jusqu’à 70 000 euros par personne et par établissement, pour les titres (actions, obligations, parts d’OPCVM) et autres instruments financiers que leur prestataire d’investissement ne pourrait pas leur restituer en cas de faillite, ainsi que pour les espèces associées.
Pour l’assurance vie, c’est le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) qui est compétent. La garantie joue jusqu’à hauteur de 70 000 euros quel quels que soient les supports concernés.
Pour le Livret A, le LDDS et le Livret d’Epargne Populaire, la garantie est assurée par l’Etat et est de 100 %.
L’argent toujours pas cher !
Selon la Banque de France, le taux d’intérêt moyen des nouveaux crédits à l’habitat (à long terme et à taux fixe) diminue à nouveau (1,50 % en novembre 2018, après 1,51 % en octobre) et retrouve son niveau historique le plus bas, atteint en fin d’année 2016.
Le taux de croissance annuel des crédits aux particuliers se maintient à un niveau élevé à + 6,1 %. Cette dynamique est portée principalement par la croissance soutenue des crédits à l’habitat (+5,9 % en octobre et novembre 2018). L’encours de ces crédits s’élevait, au mois de novembre dernier désormais à 1003 milliards d’euros. Celui des crédits à la consommation est de 178 milliards d’euros en hausse de 6,4 % en novembre.
les capacités d’épargne des ménages en recul selon l’INSEE
Au mois de décembre, sans surprise, la confiance des ménages dans la situation économique a poursuivi sa baisse. La proximité des fêtes de fin d’année n’a pas changé la donne. L’indicateur de l’INSEE synthétisant le moral des ménages a perdu 4 points et a atteint 87, son plus bas niveau depuis novembre 2014. Il est au-dessous de sa moyenne de longue période (100). La crise des gilets jaunes explique évidemment ce nouveau recul. La détérioration du climat économique et social influe sur le moral des ménages français. De ce fait, il n’est pas étonnant que la proportion de ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants diminue de 15 points et atteint son plus bas niveau depuis juin 2013. Les difficultés d’accès aux centre commerciaux et aux centre veilles peuvent expliquer cette baisse tout comme les craintes en l’avenir qui dissuadent de réaliser des achats durables. La baisse des immatriculations de véhicules neufs constatée depuis le mois de septembre en est une manifestation concrète.
Dégradation attendue de la situation financière des ménages
Le solde d’opinion des ménages quant à leur situation financière passée diminue de 5 points et reste inférieur à sa moyenne. De même, le solde d’opinion des ménages quant à leur situation financière future de 3 points et demeure inférieur à sa moyenne de longue période.
Pas d’espoir réel en ce qui concerne le niveau de vie
Le débat actuel ne pouvait que se traduire par une diminution de la proportion des ménages qui considèrent que leur niveau de vie passé s’est amélioré au cours des douze derniers mois. Le solde correspondant perd 8 points, restant nettement au-dessous de sa moyenne de longue période. Le solde d’opinion des ménages sur le niveau de vie futur en France reste stable mais se situe toujours au-dessous de sa moyenne.
Inflation, une baisse attendue
Avec la baisse du prix des pétroles, les ménages anticipent un ralentissement de l’inflation. En décembre, les ménages estimant que les prix vont augmenter au cours des douze prochains mois sont bien moins nombreux que le mois précédent.
Le temps n’est plus à l’épargne pour les ménages
Même si le taux d’épargne reste très élevé, l’enquête de l’INSEE souligne qu’en décembre, l’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne diminue fortement. Le solde correspondant à la capacité d’épargne actuelle perd 5 points ; celui correspondant à la capacité d’épargne future perd 7 points. Ces deux soldes sont au-dessous de leur moyenne de longue période. La part des ménages estimant qu’il est opportun d’épargner diminue aussi très fortement : le solde correspondant perd 9 points et demeure au-dessous de sa moyenne de longue période. Cette diminution témoigne d’un manque de confiance en l’avenir et le refus de s’engager sur longue période.
Chômage, une montée des craintes
Les craintes des ménages concernant l’évolution du chômage augmentent à nouveau en décembre : le solde correspondant gagne 3 points (après 21 points en novembre). Il demeure néanmoins légèrement au-dessous de sa moyenne de longue période.
Les livrets bancaires fiscalisés toujours au point mort en matière de rémunération
Selon la Banque de France, au mois de novembre, la rémunération des livrets bancaires est restée stable à 0,26 % soit un niveau historiquement bas. Par rapport à novembre 2017, ce taux est inférieur de 0,3 point.
En novembre, le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires est inchangé à 0,64 %. Sur un an, la rémunération moyenne des dépôts diminue de 4 points de base pour les ménages (0,89%, après 0,93% en novembre 2017), et de 5 points de base pour les SNF (0,28%, après 0,33% en novembre 2017).
Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS (a)
nov- 2017
sept- 2018
oct- 2018 (e)
nov- 2018 (f)
Taux moyen de rémunération des encours de dépôts bancaires
0,68
0,65
0,64
0,64
Ménages
0,93
0,89
0,89
0,89
dont : – dépôts à vue
0,03
0,03
0,03
0,03
– comptes à terme <= 2 ans (g)
0,92
0,77
0,76
0,77
– comptes à terme > 2 ans (g)
1,80
1,67
1,65
1,64
– livrets à taux réglementés (b)
0,79
0,79
0,79
0,79
dont : livret A
0,75
0,75
0,75
0,75
– livrets ordinaires
0,29
0,26
0,26
0,26
– plan d’épargne-logement
2,70
2,68
2,68
2,67
SNF
0,33
0,29
0,28
0,28
dont : – dépôts à vue
0,11
0,11
0,10
0,10
– comptes à terme <= 2 ans (g)
0,31
0,28
0,25
0,25
– comptes à terme > 2 ans (g)
1,57
1,41
1,40
1,38
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème
0,00
0,00
0,00
0,00
Euribor 3 mois (c)
-0,33
-0,32
-0,32
-0,32
Rendement du TEC 5 ans (c), (d)
-0,21
-0,03
0,03
-0,04
a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
c. Moyenne mensuelle.
d. Taux de l’Échéance Constante 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
e. Données révisées.
f. Données provisoires.
g. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés.
Source : BANQUE DE FRANCE – DIRECTION GÉNÉRALE DES STATISTIQUES
Les prix de l’immobilier toujours plus haut !
Au troisième trimestre 2018, selon l’INSEE, les prix des logements anciens en France (hors Mayotte) ont augmenté de 1 % par rapport au trimestre précédent (données provisoires corrigées des variations saisonnières), après +0,5 %. Sur un an, la hausse des prix est stable à +2,9 %. Comme observé depuis fin 2016, la hausse est principalement tirée par les prix des appartements : +3,3 % en un an, contre +2,6 % pour les maisons.
Au troisième trimestre 2018, les prix des logements anciens en Île-de-France augmentent de nouveau : +1,0 % par rapport au trimestre précédent, après +1,1 %. Sur un an, les prix augmentent à un rythme un peu moins soutenu que précédemment : +3,5 %, après +4,1 %. La hausse des prix des appartements se poursuit, avec un léger ralentissement : +4,2 % sur un an (+6,2 % pour les appartements parisiens), après +4,9 %. Les prix des maisons franciliennes, dont la hausse est de moins forte ampleur, ralentissent également un peu : +2,0 % sur un an contre +2,5 % le trimestre précédent.
Au troisième trimestre 2018, les prix des logements anciens en province augmentent de 1,0 % par rapport au deuxième trimestre 2018, après +0,3 %.
Sur un an, les prix s’accroissent de +2,7 %, après +2,3 % et 2,4 %. La hausse annuelle est similaire pour les maisons (+2,7 %) et pour les appartements (+2,6 %). La hausse des prix en province est moins soutenue que celle observée pour l’ensemble de l’Île-de-France (+3,5 %), mais dépasse ce trimestre celle observée en Île-de-France hors Paris (+2,2 %).
L’immobilier bénéficie toujours d’un contexte porteur lié aux faibles taux d’intérêt. par ailleurs, la demande excède l’offre surtout au sein des grades agglomérations ce qui favorise la hausse.
Résultat du mois de novembre 2018 : L’assurance vie toujours en pleine forme
L’assurance vie confirme et signe sa bonne vitalité. Ainsi, au mois de novembre 2018, elle a enregistré une collecte nette positive d’un montant de 2,7 milliards d’euros. Il s’agit du onzième mois consécutif de collecte positive et le meilleur résultat de l’année en cours. Depuis janvier, la collecte nette a atteint 23,1 milliards d’euros contre 7,8 milliards d’euros sur la même période en 2017.
Au mois de novembre, les cotisations ont été en léger repli en novembre, 11,8 milliards d’euros contre 13,1 milliards d’euros en octobre tout comme les prestations et les rachats (respectivement 9,2 et 10,5 milliards d’euros). Le mois de novembre sourit, en règle générale, à l’assurance-vie qui n’a connu que deux décollectes ce mois-là, en 2011 et en 2012. En 2018, l’assurance vie bénéficie de l’augmentation du taux d’épargne des ménages qui atteindrait 15,6 % (Au 4e trimestre) du revenu disponible brut et de la moindre attractivité du Plan d’Epargne Logement qui a cessé d’être un concurrent depuis la baisse de son rendement et sa fiscalisation. La baisse du nombre des transactions immobilières joue également un rôle positif dans la bonne tenue de la collecte. Les ménages puisent moins dans leur assurance vie pour financer leurs projets immobiliers et y affectent une partie de leurs liquidités. L’assurance vie n’est pas affectée par la remontée de l’inflation qui érode le rendement réel des fonds euros. Les évènements liés aux gilets jaunes ont pu dissuadé les épargnants d’aller dans les agences et les succursales pour réaliser des arbitrages au sein de leur patrimoine, ce qui peut expliquer la légère diminution de la collecte et des rachats.
Au mois de novembre, la collecte des unités de compte a représenté 28,8 % de la collecte totale. Au cours des onze premiers mois de 2018, 36,6 milliards d’euros ont été collectés en unités de compte sur un total de 129,7 milliards d’euros, soit 28 %. Il y a dix ans, lors de la crise, seulement 10 % de la collecte étaient en unités de compte (novembre 2008). Il conviendra de suivre les résultats du mois de décembre pour apprécier l’effet de la chute du cours des actions. Lors des évènements passés similaires, en cas de chute prolongée des cours, avec un décalage de deux à trois mois, la souscription des unités de compte diminue.
En 2018, la collecte nette pourrait atteindre 25 milliards d’euros, ce qui constituerait un très bon millésime pour l’assurance vie qui n’a pas connu un aussi bon résultat depuis 2010. En cas de mauvaise surprise en décembre, l’assurance vie fera alors aussi bien qu’en 2015.
A compter du mois de janvier, la publication des rendements 2018 des fonds euros rythmera l’actualité de l’assurance vie. La légère baisse attendue (moyenne évaluée à 1,6/1,7 contre 1,8 % en 2017), ne devrait pas modifier la donne surtout si le marché de l’immobilier continue à s’assagir. Certes, la volatilité accrue des marchés financiers pourrait inciter certains épargnants à accroître un peu plus leur poche de liquidités.
L’assurance avec un encours de 1 704 milliards d’euros à fin novembre 2018 reste de très loin le premier produit d’épargne des ménages français.
L’inflation en voie de modération
Avec la forte décrue du prix du pétrole, sur un an, l’augmentation des prix à la consommation se modère, en décembre, selon l’INSEE pour le deuxième mois consécutif. le taux est de +1,6 % en décembre 2018 après +1,9 % en novembre et +2,2 % en octobre, selon l’estimation provisoire réalisée début janvier 2019. Il est à souligner que la décélération est également du au repli des produits manufacturés.
Pour le seul mois de décembre, les prix à la consommation seraient stables, après un repli de 0,2 % en novembre. Les prix de l’énergie baisseraient nettement, dans le sillage des cours du pétrole. Ceux des produits manufacturés se replieraient après une faible hausse le mois précédent. À l’inverse, les prix des services sont en augmentation t du fait d’un rebond saisonnier des prix des transports aériens. Les prix alimentaires seraient en hausse après une baisse le mois précédent.
Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé se contracte de 0,3 point à +1,9 %, après +2,2 % en novembre. Sur un mois, il augmenterait de 0,1 %, après un repli de 0,2 % le mois précédent.
Ce recul de l’inflation devrait se poursuivre du fait de l’évolution du prix du baril.
Le crédit aux entreprises reste dynamique !
Le crédit aux sociétés non financières ont, selon la Banque de France, augmenté de + 6,1% en novembre, après + 5,7% en octobre et + 5,9% en septembre. Cette accélération reflète principalement celle des crédits de trésorerie (+ 6,5 %, après + 4,9 % en octobre).
La croissance des crédits à l’équipement (+ 7,3 %, après +7,4 % en octobre) et des prêts immobiliers (+ 5,3 %, après +5,1 % en octobre) demeure dynamique.
la fin du billet de 500 euros est programmée
Au mois de mai 2016, la Banque centrale européenne avait décidé l’arrêt de la production de billets de 500 euros. La fin de l’émission a été fixée quant à elle pour le 27 janvier 2019. Ces deux décisions avaient pour objectif de lutter contre le financement d’activités illicites comme le terrorisme ou la drogue.
Les coupures de 500 euros actuellement en circulation, environ 521 millions, resteront « légales et pourront par conséquent continuer à être utilisées comme moyens de paiement », a souligné la BCE. En outre, elles garderont de manière permanente leur valeur et pourront être échangées auprès des banques centrales de la zone euro sans limite de temps. Il n’y a donc pas de retrait et d’échange des billets. Certains pays comme l’Allemagne et l’Autriche sont attachés à cette coupure. Ce sont des pays où les habitants aiment disposer d’importantes liquidités. Ces deux pays pourront déroger à la règle de non émission jusqu’au mois d’avril 2019.
Les billets de 500 euros seront retirés progressivement de la circulation du fait de leur vétusté.
Les nouveautés 2019 pour l’épargne
Par rapport à 2018, le régime fiscal de l’épargne connaît peu de changement en ce 1er janvier 2019. des changements sont attendus en cours d’année avec l’adoption de la loi PACTE qui comporte des mesures concernant le PEA, l’assurance vie, l’épargne salariale et l’épargne retraite. Malgré tout, l’année 2019 est la première année d’application effective de la flat tax sur les revenus des placements financiers perçus en 2018.
Plusieurs dispositions modifient certains produits dès le 1er janvier. Ainsi, le Gouvernement a intégré des mesures visant à encourager le développement de l’épargne salariale.
Avec l’adoption de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019, le forfait social a été supprimé pour les versements de primes d’intéressement et de participation dans les entreprises de moins de 50 salariés. Pour les PME de 50 à 250 salariés, le forfait social est supprimé sur les versements de primes d’intéressement mais reste applicable pour la participation. Par ailleurs, le taux du forfait social est ramené de 20 à 10 % sur l’abondement des employeurs à un plan d’épargne entreprise (PEE).
Le PEA bénéficie d’une amélioration dès le 1er janvier. Les sorties réalisées avant 5 ans de détention sont désormais soumises au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (17,2 % de prélèvements sociaux et 12,8 % d’impôt sur le revenu) et non plus aux taux forfaitaires en vigueur jusqu’à présent. Jusqu’à présent, les retraits anticipés étaient imposés à 22,5% puis 19% (hors cotisations sociales). Après 5 ans, seuls les prélèvements sociaux sont à acquitter.
Dans le cours de l’année après l’adoption de la loi PACTE, le régime du PEA sera encore amélioré. Les détenteurs d’un PEA pourront alors réaliser des retraits partiels après le 5e anniversaire du plan, sans provoquer sa clôture, en revanche, les versements ne seront plus alors possibles. Après 8 ans, il sera possible de réaliser des rachats et des versements sans provoquer la fermeture du plan. Ces mesures rapprochent le PEA de l’assurance vie. Par ailleurs, la loi Pacte devrait créer un PEA jeunes destinés aux 18/25 ans qui restent rattachés fiscalement à leurs parents.
Le projet de loi Pacte prévoit également de relancer les fonds euro-croissance de l’assurance vie qui offre une garantie de capital à terme avec en contrepartie un gain potentiel plus élevé.
Contrairement à aujourd’hui, les assureurs pourront afficher un rendement annuel valable pour l’ensemble des épargnants. Les épargnants qui choisissent une échéance lointaine, supérieure aux 8 ans réglementaires, profiteront d’une garantie en capital plus importante, mais le rendement du fonds sera bien le même pour tous.
Le projet de loi Pacte inclut une transparence renforcée sur les frais et rétrocessions liées aux supports en unités de compte (UC).
Pour l’épargne retraite, du fait de la nécessité de publier au préalable des ordonnances, l’entrée en vigueur de la réforme visant à simplifier et à harmoniser les différents produits interviendra en 2020.
Les « fonds fiscaux » FIP et FCPI devaient faire l’objet d’une majoration ponctuelle de la réduction d’impôt sur le revenu dite « Madelin » en 2018, avec un taux bonifié de 18% à 25% pour la seule année 2018. Cette mesure n’ayant pas été appliquée en 2018 devrait l’être en 2019.
Marchés financiers : 2018, une année à fort contraste
Ce n’est pas un krach mais c’est un sérieux signal d’alerte. Toutes les grandes places boursières ont enregistré, en 2018, des reculs significatifs. A Paris, le CAC 40 a perdu 10,95 %, la plus forte baisse depuis 2011. Le Daxx allemand recule même de 18,26 %. L’indice londonien a chuté de 12,48 % un peu près comme l’indice japonais Nikkei, -12,08 %. Les indices américains qui ont longtemps été positif jusqu’au mois de décembre cèdent également du terrain.
Près de la moitié des composantes du Cac 40 (19 sur 40) a baissé de plus de 15% en 2018. Les valeurs financières ont cédé du terrain du fait des menaces qui pèsent sur l’Europe. L’automobile (Renault, Michelin et surtout Valeo) a été mise à dure épreuve avec l’entrée en vigueur de nouvelles normes. La forte concurrence sur ce secteur et l’incarcération du PDG de Renault ont également joué en défaveur des cours. La grande distribution a payé le ralentissement de la croissance de la consommation, de la concurrence de plus en plus vive et du mouvement des « gilets jaunes ».
L’année 2018 aura été une année de tous les contrastes. Le pétrole a joué au yo-yo passant de 66 dollars début janvier à plus de 84 dollars le baril le 6 octobre pour terminer l’année à 52 dollars le baril. Il aura perdu 20 % de sa valeur en un an. Son augmentation au cours du premier semestre a pesé sur la croissance des pays consommateurs. Elle a eu comme conséquence l’accélération de l’inflation qui a dépassé les 2 % aux Etats-Unis comme en Europe.
Le commerce international, dans la foulée de l’année 2017, a connu une forte progression aidé en cela par la bonne tenue de la conjoncture américaine. L’aggravation du déficit commercial américain a conduit Donald Trump, avant les élections de Midterm d’engager une guerre commerciale avec la Chine et à titre accessoire avec l’Europe. Si au niveau des échanges, l’impact a été jusqu’à maintenant faible, les sanctions annoncées ont pesé sur le climat boursier de la fin d’année. Les investisseurs craignent pour 2019 un ralentissement des échanges et donc une diminution de la croissance. L’obtention ou pas d’un accord au début de l’année 2019 conditionnera l’évolution des cours des prochains mois.
La croissance de l’économie mondiale aurait du jouer en faveur de la bourse or il en fut autrement. Les investisseurs valorisent les cours non pas au regard des performances passées et actuelles mais en fonction de ceux à venir. Il est souvent mentionné que les retournements de la bourse ont six mois d’avance par rapport aux mouvements réels de l’économie. Cette théorie est toute relative car des krachs peuvent ne pas déboucher sur des récessions. Il en fut ainsi en 1987. En 2018, la croissance de l’économie mondiale devrait avoir atteint 3,6 %. Les Etats-Unis, grâce à la réforme fiscale de Donald Trump, peuvent espérer une croissance de 3 %. L’économie américaine serait menacée de surchauffe, justifiant les relèvements des taux directeurs par la banque centrale. En revanche, le Président Donald Trump pense tout autrement, son objectif étant d’obtenir une croissance supérieure à 3 %. Il réclame l’arrêt de la hausse des taux. Les menaces qu’il a formulées à l’encontre du Président de la FED, Jerome Powell, ont effrayé les investisseurs. Ces derniers n’ont guère apprécié la remise en cause de l’indépendance de la banque centrale. Par ailleurs, ils ont jugé les pressions présidentielles et l’éventuel ralentissement du programme de hausse des taux comme la preuve d’un retournement de la croissance. Malgré, en 2018, quatre hausses de taux sont intervenues, portant la fourchette des Fed funds entre 2,25% et 2,5% en fin d’année
Le ralentissement économique de la zone euro s’est manifesté dès le premier trimestre et ne s’est pas démenti au cours de l’année. L’Allemagne a même enregistré une contraction de son PIB au 3e trimestre, contraction s’expliquant en partie par le changement des normes antipollution des véhicules et par les tensions commerciales. L’Italie a renoué avec la stagnation et la France avec la croissance à petite vitesse. De même, le Japon a du faire face à un net refroidissement de son économie au 3e trimestre. A cela s’est ajouté l’érosion de la croissance chinoise à partir du second semestre.
L’année 2018 a été également marquée par une série de crises diplomatiques dont les effets se sont ressentis sur les indices boursiers. L’Iran, la Turquie et l’Arabie saoudite ont été des sources de tensions. Durant l’été, le durcissement des relations entre Ankara et Washington onbt provoqué une dépréciation de la livre turque et la baisse du principal indice de la bourse d’Istamboul. Cette crise a provoqué une onde de choc sur les places financières mondiales et a contribué à la baisse des valeurs des banques européennes fortement investies en Turquie. La rupture par les Etats-Unis de l’accord avec l’Iran et la restauration de l’embargo ont eu une influence sur les cours pétroliers et sur le climat économique général. L’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, dans l’ambassade de son pays en Turquie a pesé sur la place financière de Riad.
L’Union européenne est également restée un foyer d’incertitudes avec notamment le feuilleton inachevé à cette heure du Brexit et les relations difficiles de Rome avec Bruxelles du fait de l’arrivée au pouvoir d’une coalition des deux partis extrémistes M5S et la Ligue dont l’antieuropéanisme est un des rares ciments. La crise sociale en France et les difficultés d’Angela Merkel avec la montée en puissance de l’extrême droite fragilisent la zone euro qui fête en 2019 ces vingt ans. Si les écarts de taux entre l’Italie et l’Allemagne se sont accrus, il est à souligner que tant dans ce dernier pays et la France, les taux sont plus faibles en fin qu’en début d’année.
L’année 2018 marquera peut être la fin de l’envolée des cours des technologiques. Apple a valu plus de 1 000 milliards de dollars, avant de perdre en moins de trois mois 30 % de sa valeur. Facebook, Alphabet, Netflix et Amazon ont vu leur cours baisser. Les résultats des GAFAM ne suivaient plus l’appréciation des actions. Des doutes sur la pérennité des modèles économiques commencent à poindre. La correction en cours était attendue et est salutaire. En effet, des augmentations de 300 à 900% en quelques années était déconnectée des réalités économiques.
En 2018, l’année aura été celle de la chute du Bitcoin qui est ainsi passé de plus de 16 400 dollars le 1er janvier 2018 à 3 810 dollars le 31 décembre 2018. En un an, il a perdu plus de 75 % de sa valeur. Le caractère hautement spéculatif, l’absence de transparence, l’explosion des coûts de production des crypto-actifs et la volonté des pouvoirs publics de réguler ce nouveau marché ont entrainé la chute de leurs. Ether, Ripple, Litecoin ont suivi le Bitcoin dans son mouvement.
En 2018, la justice s’est immiscée dans la vie financière des entreprises internationales. L’arrestation de Carlos Gohn au Japon tout comme celle au Canada de la directrice financière de Huawei (qui est par ailleurs la fille du fondateur), la menace de sanction à l’encontre de la Société générale aux Etats-Unis sont autant d’exemples d’une juridicisation accrue de la vie économique, juridicisation qui est une forme de protectionnisme déguisée.
Tableau de bord des marchés financiers
Résultats
CAC au 29 décembre 2017
CAC au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
5 312,56
4 730,69
-5,50 %
-10,95 %
DAXX au 29 décembre 2017
DAXX au 28 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
12 917,64
10 558,96
-6,63 %
-18,26 %
Footsie au 29 décembre 2017
Footsie au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
7 687,77
6 728,13
-4,42 %
-12,48 %
Euro Stoxx au 29 décembre 2017
Euro Stoxx au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
3 609,29
3 173,13
-0,58 %
-9,44 %
Dow Jones au 29 décembre 2017
Dow Jones au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
24 719,22
23,327.46
-8,56 %
-5,63 %
Nasdaq au 29 décembre 2017
Nasdaq au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
6 903,39
6 635,28
-9,48 %
-3,88 %
Nikkei au 29 décembre 2017
Nikkei au 28 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
22 764,94
20 014,77
-8,83 %
-12,08 %
Parité euro/dollar au 29 décembre 2017
Parité euro/dollar au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
1,1894
1,1447
+0,49 %
-4,47 %
Once d’or au 29 décembre 2017
Once d’or au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
1 304,747
1 280,690
+4,61 %
-1,68 %
Pétrole Brent au 29 décembre 2017
Pétrole Brent au 31 décembre 2018
Évolution en décembre
Évolution depuis le 1er janvier
66,840
53,429
-10,46 %
-19,79 %
Complémentaire retraite : la révolution du 1er janvier 2019
À compter du 1er janvier, les deux régimes de retraite complémentaires AGIRC et ARRCO fusionnent.
Le système de cotisation est modifié tout comme le dispositif des points.
A partir du 1er janvier quelle que soit la classification conventionnelle des salariés, deux tranches de cotisation sont prévues.
Sur la tranche 1 (rémunérations inférieures ou égales au Plafond de la Sécurité sociale), le taux de cotisations appliqué sera de 6,20 %,
Sur la tranche 2 (rémunérations comprises entre 1 fois et 8 fois le Plafond de la Sécurité sociale) le taux de cotisations sera de 17 %.
Les cotisations seront acquittées à 60 % par les employeurs et à 40 % par les salariés contre respectivement 62 % et 38 % dans l’ancien système.
Le taux d’appel (taux payé par l’employeur et le salarié) destiné à assurer l’équilibre financier des régimes, passera de 125 à 127 % au 1er janvier prochain. Cette mesure devrait rapporter 800 millions d’euros par an à L’AGIRC-ARRCO. Le taux d’appel est une cotisation additionnelle, non productive de droits, qui est ajoutée à la cotisation contractuelle AGIRC ARRCO.
Une nouvelle contribution, appelée CEG, Contribution d’Équilibre Général est créée en remplacement des anciennes AGFF et GMP. La première avait été instituée afin d’assurer le financement des pensions après le passage de l’âge légal de 65 à 60 ans. Pour les salariés relevant de la tranche 1, le taux de la contribution d’équilibre général est fixé à 2,10 %. Pour les salariés de la tranche 2, ce taux est de 2,70 %.
L’ancienne CET (Contribution Exceptionnelle Temporaire) devient la CET (Contribution d’Équilibre Technique) mais son taux reste inchangé à 0,35 %. La nouvelle CET concernera dorénavant l’ensemble des salariés (cadres et non-cadres) ayant une rémunération supérieure au plafond de la Sécurité Sociale (relevant donc de la tranche 2 instituée par l’accord de 2015), et ce dès le premier euro.
La conversion des anciens points de retraite complémentaire
La réforme prévoit la fusion des régimes ARRCO et AGIRC dans un seul régime AGIRC ARRCO. Cette fusion aura deux conséquences pour les cotisants. Le stock des anciens points ARRCO et des anciens points AGIRC sera converti en nouveaux points AGIRC ARRCO. L’acquisition des nouveaux droits se fera au sein de ce nouveau régime.
Les points déjà acquis sont convertis comme suit :
Avant la fusion
Après la fusion
1 ancien point ARRCO
(valeur 1,2513€ au 30/09/2018)
1 point AGIRC ARRCO
(valeur 1,2513€ au 30/09/2018)
1 ancien point AGIRC
(valeur 0,4352 € au 30/09/2018)
1 point AGIRC ARRCO * taux de conversion 0,3477982898
avec : 0,3477982898=0,4352/1,2513
Si un salarié a un stock de 1 000 points ARRCO avant la fusion, il conservera ce même nombre de points après la fusion. Les points auront la même valeur, avant et après la fusion, soit : 1,2513 € (valeur 2018).
Si un salarié a un stock de 1 000 points AGIRC avant la fusion (valeur : 1000*0,4352 = 435,20 €/an), ses points AGIRC seront convertis en nouveaux points AGIRC ARRCO pour sur la base de : 1 000 anciens points AGIRC x le coefficient de conversion (0,3477982898) = 347,80 nouveaux points ARRCO.
Le régime du bonus/ malus
Les partenaires sociaux ont convenu de la mise en place à partir du 1er janvier 2009 d’un coefficient dit « de solidarité » qui se traduit par une minoration de 10 % de la pension de retraite complémentaire dans la limite de 3 ans. Cette minoration potentielle concerne les assurés nés en 1958 et après. Elle ne s’appliquera pas aux personnes qui décaleront d’un an la liquidation de leur retraite complémentaire.
La minoration ne concerne pas non plus les retraités exonérés de CSG, ni les assurés handicapés. Pour ceux assujettis au taux réduit de la CSG, l’abattement est limité à 5 %. Quoi qu’il en soit, cet abattement de 10 % disparaît à 67 ans, âge de la retraite à taux plein.
Les personnes bénéficiant d’un taux réduit de CSG se voient appliquer un malus de 5 % au lieu de 10 %.
Un salarié né en 1958 qui souhaite partir à 62 ans (âge légal). Pour avoir le taux plein, il doit cotiser 167 trimestres. Si le 1er janvier 2019, il respecte cette condition, il peut partir à la retraite mais il se verra appliquer un abattement de 10 % jusqu’au 1er janvier 2022 sur le montant de sa retraite complémentaire. En revanche, s’il décale son départ d’un an, il pourra bénéficier dès 2020 de sa pension pleine et entière. À noter que si ce salarié ne pouvait prétendre partir à la retraite à taux plein qu’à 66 ans, son abattement de 10 % ne s’appliquera que pendant 1 an, c’est-à-dire jusqu’à ses 67 ans.
Les salariés qui remplissent les conditions du taux plein au régime de base et qui reporteront la liquidation de leur retraite complémentaire d’au moins huit trimestres bénéficieront d’une majoration de leur retraite complémentaire pendant un an de :
10 % si elles décalent leur retraite complémentaire de 2 ans ;
20 % si elles décalent leur retraite complémentaire de 3 ans ;
30 % si elles décalent leur retraite complémentaire de 4 ans.
Les crédits à la consommation toujours en forte hausse
Avant les évènements des gilets jaunes, les Français recouraient de plus en plus aux crédits à la consommation. A fin septembre, leur croissance annuelle était de +5,9 % comme en juin 2018. Celle-ci est notamment portée par les crédits renouvelables, dont la croissance annuelle devient positive après plusieurs trimestres de décroissance (+1,9 % après -1,6 % en juin). L’essor des crédits-bails, porté par les achats d’automobiles, est toujours vif (+28,7 %) tandis que la progression de l’encours des prêts amortissables ralentit quelque peu sur un an.
La sous-indexation des retraités ne vaut que pour 2019
Le Gouvernement a publié la loi de financement pour la Sécurité sociale au Journal Officiel du 23 décembre. Cette publication intervient après la décision du Conseil constitutionnel qui a avait été saisi par des parlementaires. Le Conseil a validé la quasi totalité du texte. Il a néanmoins précisé que l’indexation de 0,3 % des pensions de retraite et de certains prestations sociales ne pourraient valoir que pour 2019 quand le gouvernement avait prévu qu’elle s’applique également en 2020. Le Conseil n’a pas supprimé la mesure pour 2020 en raison d’un différend de fond mais sous prétexte que la loi de financement de la sécurité sociale ne peut prendre que des dispositions d’ordre annuel et ne saurait engager sur plusieurs années le gouvernement (principe d’annualité).
Le Plafond de la Sécurité sociale revalorisé de près de 2 % pour 2019
Le plafond de la sécurité sociale est réévalué chaque année au 1er janvier. Il est utilisé pour le calcul de cotisations sociales dont celles de la retraite ainsi que pour calculer le plafond de la déduction fiscale applicable à de nombreux produits d’épargne retraite (PERP COREM, Préfon, contrats Madelin, enveloppe de versement volontaire au PERE…). Pour 2019, l’actualisation qui est fonction de l’évolution des salaires est de près de 2 %. Pour la première fois, le plafond annuel dépasse 40 000 euros.
Les plafonds 2019 sont donc les suivants
40 524 euros par an (39 732 euros en 2018) ;
10 131 euros par trimestre (9 933 euros en 2018) ;
Après deux mois consécutifs de décollecte, le Livret A renoue avec une collecte positive, en novembre, de 670 millions d’euros (770 millions avec le Livret de Développement Durable et solidaire). En septembre et octobre derniers, le Livret A avait, en effet, enregistré deux décollectes de respectivement 410 millions et 2,06 milliards d’euros. L’année dernière, le Livret A avait connu également une petite collecte en novembre de 130 millions d’euros.
Avec cette collecte positive, l’encours du Livret A a atteint, à la fin du mois de novembre, 281,2 milliards d’euros.
Le mois de novembre est traditionnellement un mauvais mois pour le Livret A. Sur ces dix dernières années, cinq décollectes ont été enregistrées. Ces mauvais résultats sont imputables au paiement des impôts locaux, à la préparation des fêtes et à l’absence de versements des primes.
En 2018, plusieurs facteurs peuvent expliquer le retour d’une collecte positive pour le mois de novembre. La dégradation de la situation économique et les évènements sociaux ont pu conduire des ménages à accroître leur poche d’épargne de précaution. Selon l’INSEE, en cette fin d’année, le taux d’épargne est en forte progression. Les ménages ayant réduit leurs dépenses de consommation (-0,3 %), ils ont pu placer une partie de leurs disponibilités sur leur Livret A et retirer moins d’argent. Par ailleurs, le ralentissement de l’inflation et l’amélioration du pouvoir d’achat provoquée par la diminution des cotisations sociales salariales ont amené les ménages à placer un peu plus d’argent.
Le mois de décembre devrait ressembler à celui de novembre en raison du contexte tant social qu’économique. Un rebond de la collecte devrait intervenir au mois de janvier après le versement des primes.
La consommation en baisse en novembre
La consommation s’est inscrite en baisse au mois de novembre de 0,3 % après une hausse en octobre (+0,9 %). Ce repli s’explique notamment par la baisse de la consommation alimentaire (−0,5 %) et celle de biens fabriqués (−0,6 %). La consommation des ménages en énergie ralentit (+0,7 % après +1,5 % en octobre). Les ménages ont pu être gêné pour la réalisation de leurs achats, sur la deuxième partie du mois de novembre, par les blocages opérés par les gilets jaunes.
Forte dégradation du climat des affaires en France
En décembre, sans surprise, le climat des affaires est en forte baisse. L’indicateur qui le synthétise, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité marchands, perd trois points. Il se situe à 102, à son plus bas niveau depuis décembre 2016. Par rapport au mois de novembre, l’indicateur de climat des affaires perd sept points dans le commerce de détail et un point dans l’industrie. Il est stable dans le bâtiment et les services. Le climat des affaires reste néanmoins supérieur ou égal à sa moyenne de longue période dans chaque secteur. Cette contraction, en particulier pour le secteur du commerce, est liée à la crise des gilets jaunes.
En décembre 2018, le climat de l’emploi est quasi stable. L’indicateur qui le synthétise se situe à 104, au-dessus de sa moyenne de longue période mais à son plus bas niveau depuis mars 2017. La hausse du solde d’opinion relatif à l’emploi prévu dans l’industrie manufacturière compense en grande partie des baisses dans les autres secteurs considérés.
Malgré tout, l’indicateur de retournement pour l’ensemble de l’économie reste dans la zone indiquant un climat conjoncturel favorable.
Taux d’épargne attendu en forte hausse au 4e trimestre 2018
L’INSEE, dans sa note de conjoncture du mois de décembre, parie sur une forte progression du taux d’épargne des ménages qui atteindrait au 4e trimestre 2018 15,6 % du revenu disponible brut contre 13,8 % au 1er trimestre. La progression est imputable à celle de l’épargne financière qui passerait de 3,6 à 5,4 % du revenu disponible brut. La réapparition de gains de pouvoir d’achats, dans un contexte anxiogène, explique cette évolution de l’épargne. Les ménages ne s’engagent pas dans des dépenses courantes ou d’investissement par crainte d’une détérioration de leur situation individuelle.
L’inflation en recul pour la zone euro
Le taux d’inflation annuel de la zone euro s’est établi à 1,9% en novembre 2018, contre 2,2% en octobre. Un an auparavant, il était de 1,5%. Le taux d’inflation annuel de l’Union européenne s’est établi à 2,0% en novembre 2018, contre 2,2% en octobre. Un an auparavant, il était de 1,8%. Ce
Les taux annuels les plus faibles ont été observés au Danemark (0,7%), en Irlande (0,8%) et au Portugal (0,9%). Les taux annuels les plus élevés ont quant à eux été enregistrés en Estonie, en Hongrie et en Roumanie (3,2% chacun). Par rapport à octobre 2018, l’inflation annuelle a baissé dans vingt-cinq États membres, est restée stable dans un et a augmenté dans un autre.
La BCE maintient inchangés ses taux mais met fin aux rachats d’obligations
La Banque centrale européenne (BCE) parie sur un ralentissement de l’économie de la zone euro pour les prochaines années. Dans le cadre de sa dernière projection, la BCE a révisé à la baisse ses prévisions de croissance à 1,9 % en 2018, 1,7 % en 2019, 1,7 % en 2020 et 1,5 % en 2021De son côté, le taux d’inflation est attendu à 1,8 % cette année (contre 1,7 % précédemment), à 1,6 % en 2019 puis 1,7 % en 2020.
En ce qui concerne la politique monétaire, la BCE a confirmé jeudi 13 décembre que les rachats d’obligation prenaient fin à la fin du mois de décembre et que ses taux directeurs restaient à leurs niveaux actuels « au moins jusqu’à l’été 2019 », et « en tout cas, aussi longtemps que nécessaire pour assurer la poursuite de la convergence durable de l’inflation vers des niveaux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme ». Le principal taux de refinancement a été maintenu à zéro tandis que les banques vont continuer à payer auprès de la BCE un intérêt négatif de 0,40% pour les liquidités dont elles n’ont pas l’utilité immédiate.
Baisse générale de la fécondité en France
Le taux de fécondité a entamé, selon l’INSEE, une nouvelle baisse en France après neuf années de stabilisation. Il s’élève désormais à 1,92 en 2016 contre 1,96 en 2015. La baisse touche toutes les régions, à l’exception de la Guyane et de Mayotte où la fécondité augmente et de La Réunion où elle est stable. La baisse frappe toutes les catégories sociales. En revanche, il demeure, selon l’INSEE, stable pour la population immigrée.
Au mois de novembre 2018, l’indice des prix à la consommation s’est contracté de 0,2 % du fait de la diminution de 0,7 point des prix de l’énergie et d’un recul des prix des services de 0,3 point. Les prix des produits alimentaires ont également diminué de 0,2 %.
Corrigés des variations saisonnières, les prix à la consommation se replient de 0,1 % sur un mois, après une hausse de 0,1 % en octobre.
Sur un an, les prix à la consommation augmentent de 1,9 % en novembre, après +2,2 % en octobre. Cette baisse de l’inflation provient d’un ralentissement, sur un an, des prix de l’énergie, des services, de l’alimentation, et du tabac, à peine atténué par un moindre recul des prix des produits manufacturés.
Sur un an, l’inflation sous-jacente, calculée en extrayant les biens et services connaissant d’importantes variations conjoncturelles baisse légèrement : +0,7 % après +0,8 % le mois précédent.
L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) se replie de 0,2 % sur un mois, après +0,1 % en octobre ; sur un an, il croît de 2,2 % après +2,5 % le mois précédent.
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