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Le Coin des Epargnants du 6 décembre 2025 par Philippe Crevel

Vers une nouvelle baisse des taux de la FED

L’inflation sous-jacente aux États-Unis (indice PCE) du mois de septembre demeure contenue en dessous des 3 %. Les anticipations d’inflation sont en recul tout en demeurant élevées (4,1 %). Cette situation, plus encourageante que prévu, pourrait conduire à une nouvelle baisse des taux directeurs de la FED à l’occasion de sa prochaine réunion. Si cette baisse est confirmée, ce sera la troisième de l’année, après un assouplissement de 100 points de base en 2024, ce qui réduira la fourchette entre 3,5 et 3,75 %. En 2026, le scénario est ouvert en ce qui concerne l’évolution des taux de la FED, d’autant plus qu’elle aura un nouveau président à partir du mois de mai. Le successeur de Jerome Powell pourrait être connu avant Noël. Kevin Hassett, 63 ans, titulaire d’un doctorat en économie de l’université de Pennsylvanie et conseiller économique à la Maison-Blanche, figure parmi les favoris. Il est un des partisans les plus zélés de la politique économique de Donald Trump et est favorable à une baisse des taux. Son point fort est sa capacité à parler à la fois aux marchés et à l’électorat républicain. Son point faible est sa proximité avec Donald Trump, qui pourrait être perçue comme la fin de l’indépendance de la FED.

La semaine sur les marchés « actions » aura été marquée par l’attentisme. Les investisseurs sont sur la défensive, attendant les prochaines annonces de la FED et le nom de son futur président. La lourde charge de l’administration américaine à l’encontre des Européens et la menace persistante de la Russie envers ces derniers n’ont pas favorisé les marchés européens.

L’administration américaine de plus en plus anti-européenne

Jeudi 4 décembre, aux États-Unis, l’administration républicaine a publié une nouvelle stratégie de sécurité nationale qui condamne la politique des gouvernements en place et qui appelle de ses vœux la victoire des partis nationalistes. Elle considère que l’Europe est menacée d’un effacement économique et civilisationnel. Elle indique que la liberté d’expression n’y est plus assurée et que les gouvernements en place ne sont pas légitimes. L’Allemagne a vivement réagi à ce texte en demandant à Washington de cesser toute ingérence dans les affaires des États européens et en affirmant qu’elle n’avait pas de leçon de démocratie à recevoir de Washington.

Après la stratégie nationale de sécurité, Washington doit publier prochainement sa « revue mondiale des forces ». Ce document doit préciser quel effectif militaire les Américains veulent conserver sur le Vieux Continent. Une brigade mobile stationnée en Roumanie a déjà été supprimée, d’autres pourraient suivre. Au vu des dernières déclarations de Donald Trump, un désengagement de l’OTAN est à terme à craindre. Par ailleurs, ce dernier a indiqué que les positions de l’Europe au sujet de l’Ukraine étaient contraires aux intérêts américains. Selon le document de l’administration républicaine, « une vaste majorité » de l’opinion européenne veut la paix, mais c’est « la subversion des processus démocratiques » qui l’entrave. La tentation de signer un accord de paix entre Moscou et Washington transparaît nettement à la lecture du document, en passant outre l’hostilité européenne et ukrainienne.

Majoration de CSG : assurance vie exonérée mais pas le PER

Les députés ont adopté, vendredi 5 décembre, la partie recettes du projet de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Après avoir donné lieu à des tensions au sein du bloc central, la hausse de la CSG sur les revenus du capital a été retenue, mais elle est plus ciblée que dans sa version initiale. La majoration de 1,4 point, à 10,6 %, de la CSG, baptisée « contribution financière pour l’autonomie », ne concernera pas les revenus fonciers, les plus-values immobilières, les contrats d’assurance-vie ou encore les plans d’épargne logement. En revanche, les comptes-titres, les PEA et les PER seront affectés. Les PER, qui sont assez proches de l’assurance-vie dans leur mode de fonctionnement et qui correspondent à de l’épargne de long terme, se verront de ce fait appliquer un taux plus élevé.

Le rendement de cette majoration devrait être, selon le gouvernement, de 1,5 milliard, contre les 2,8 milliards visés initialement.

Par ailleurs, les députés ont adopté une taxation supplémentaire des complémentaires santé, qui rapporterait 1 milliard d’euros. Le taux de la contribution — censée n’être valable que pour 2026 — est fixé à 2,05 % des cotisations perçues.

Le projet de budget augmente également les taxes sur les laboratoires pharmaceutiques. La hausse du prélèvement est supposée remplacer la clause de sauvegarde, mécanisme mis en place pour permettre à la Sécurité sociale de ponctionner les industriels du médicament en cas de dérapage des dépenses de remboursement de médicaments.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
5 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 114,74+0,04 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 954,99+0,50%37 689,5442 544,22
S&P 5006 870,40+0,31 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 578,13+0,91 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 038,71+1,19 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 667,01-0,46 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 725,63+1,36 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 491,87+3,77 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 902,81+0,85 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,526 %+0,113 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,799 %+0,032 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,133 %+0,109 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1633+0,55 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 211,01+1,97 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,60+0,11 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars88 885,26-2,40 %38 252,5493 776,61

Dubaï : le nouvel Eldorado pour la finance

De tout temps, des villes ont, par leur statut et attractivité, attiré au-delà de leur pays, de leur région, des investisseurs, des artistes, des entrepreneurs, des personnes aisées. Les villes hanséatiques au XIIIe et XIVe siècle ont été à la fin du Moyen Âge au cœur de la renaissance des échanges commerciaux. Elles ont été aussi des espaces de liberté. Gênes et Bruges, à partir du XVe, ont repris le flambeau. À partir du XVIIe siècle, Genève et plus globalement la Suisse sont devenues des lieux prisés pour leur liberté et leur sécurité. Bien plus près de nous, Beyrouth, au Moyen-Orient, dans les années 1960/1970, avait acquis un statut de ville financière et de rencontre des cultures. En Asie, Singapour a, à partir des années 1980, joué également un rôle d’aimant économique et financier. Depuis quelques années, Dubaï et les Émirats arabes unis sont devenus « the place to be » pour placer et sécuriser des capitaux.

En moins de cinquante ans, Dubaï est passé d’un port marchand régional à l’un des nœuds financiers les plus dynamiques du monde. Elle est ainsi la première place du Moyen-Orient devant Bahreïn et Riyad. Le virage financier a été décidé dans les années 1990 puis consolidé avec la création du Dubaï International Financial Centre (DIFC) en 2004, zone financière extraterritoriale opérant sous un droit anglo-saxon, indépendante du système juridique local.

Dubaï bénéficie d’un régime politique stable entretenant les meilleures relations possibles avec les États-Unis, l’Europe, la Chine et aussi la Russie. Dubaï est reconnu pour un niveau de sécurité intérieure élevé et pour sa faible criminalité. Le régime fiscal est compétitif avec l’absence d’impôt sur le revenu, un impôt sur les sociétés modéré (9 %) et une exonération totale dans la zone DIFC. Dubaï, grâce à ses atouts, accueille les fortunes du Golfe, les élites indiennes, pakistanaises et africaines, les familles russes ou chinoises et de plus en plus les familles européennes. La confidentialité, la stabilité juridique du DIFC et l’absence d’impôt favorisent cette croissance. Selon Henley & Partners, un cabinet de conseil en immigration britannique, les Émirats seront la première destination des grandes fortunes en 2025, avec 9 800 arrivées anticipées, cumulant 63 milliards de dollars d’actifs. C’est plus que les États-Unis (7 500 pour 43,7 milliards), la Suisse (3 000 totalisant 16,8 milliards) et très loin devant Singapour et Hong Kong. Plus de 130 500 millionnaires se sont déjà installés aux Émirats, dont 81 000 à Dubaï. Parmi eux, 28 milliardaires, soit une hausse de 98 % en dix ans. Dubaï devrait supplanter Paris avec ses 160 100 millionnaires et 22 milliardaires. Les grandes familles privilégient Dubaï car elles peuvent facilement s’y installer. La réglementation y est plus souple qu’à Genève, Singapour ou Hong Kong. En outre, la ville offre toutes les commodités qu’attendent les personnes aisées (services haut de gamme, système de santé performant, loisirs, centres commerciaux, boutiques de luxe). L’aéroport international permet de se rendre dans toutes les capitales du monde en utilisant notamment Emirates, figurant parmi les meilleures compagnies du monde.

Dubaï ambitionne d’être la capitale mondiale de la finance islamique, en concurrence avec Kuala Lumpur. Les autorités entendent également faire de leur ville un centre d’accueil des fintechs afin de développer le marché des crypto-actifs. De nombreux acteurs de la crypto quittent Hong Kong ou Londres pour s’y implanter. Plus de 8 000 établissements financiers sont présents à Dubaï au sein du DIFC, employant 48 000 collaborateurs. Vingt-sept des 29 banques systémiques mondiales y ont établi des bureaux, dont cinq des plus grandes banques chinoises, tandis que JP Morgan, Goldman Sachs ou encore HSBC et BlackRock ont notamment choisi la ville du golfe Persique. En dix ans, la taille des actifs bancaires a augmenté de 200 %, à 240 milliards de dollars. Le DIFC est également devenu un véritable hub de réassurance pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud.

Dubaï n’est pas sans faiblesses. Son essor rapide, de nature spéculative, l’expose à des corrections, que ce soit sur le plan financier ou immobilier. Le marché financier est peu profond, avec peu d’entreprises locales cotées. Le risque de réputation demeure avec les problèmes de blanchiment et de capitaux non transparents. Le GAFI avait placé les Émirats un temps sous surveillance avec une inscription sur la liste grise 2022–2024. Depuis, cette inscription a été levée, mais la menace demeure. Le ministère de l’Intérieur des Émirats a déclaré avoir traité 521 affaires de blanchiment d’argent ces dernières années, en collaboration avec des organismes internationaux. Plus d’un milliard de dollars ont été saisis. Pour se distinguer des purs paradis offshore, Dubaï a instauré en 2023 une faible taxe sur les entreprises, en plus d’une TVA de 5 %. Aujourd’hui, être qualifié de paradis fiscal n’est pas porteur en premier lieu pour les grandes fortunes.

Dubaï n’a pas vocation à remplacer New York ou Londres, mais elle s’impose comme une place financière internationale de premier plan, au même titre que Singapour. Au niveau des places financières, Dubaï occupe déjà la 11e place, Paris étant 18e.

L’ascension de Dubaï repose sur une stratégie mêlant stabilité politique, innovation juridique et ouverture internationale ? Si la cité du Golfe demeure exposée à certains risques structurels, elle n’en continue pas moins d’attirer talents et capitaux à un rythme inédit. Elle s’affirme désormais comme un maillon incontournable de la géographie financière du XXIe siècle marqué par l’émergence des fortunes dans les pays du Sud et par la mobilité du capital.

Projet de loi de financement pour la Sécurité sociale pour 2026 : Majoration de CSG : assurance vie exonérée mais pas le PER

Les députés ont adopté vendredi 5 décembre la partie recettes du projet de financement  de la Sécurité sociale pour 2026. Après avoir donné lieu à des tensions au sein du bloc central, la hausse de la CSG sur les revenus du capital a été retenue mais elle est plus ciblée que dans sa version initiale. La majoration de 1,4 point, à 10,6 %, de la CSG, baptisé « contribution financière pour l’autonomie », ne concernera pas les revenus fonciers et les plus-values immobilières ni les contrats d’assurance-vie ou encore les plans d’épargne logement. En revanche, les comptes titres, les PEA et les PER seront affectés. Les PER qui sont assez proche de l’assurance vie dans le monde de fonctionnement et qui correspondent à de l’épargne de long terme se verront de ce fait appliquer un taux plus élevé.

Le rendement de cette majoration devrait être selon le gouvernement de 1,5 milliard, contre les 2,8 milliards visés initialement.

Stabilisation de la rémunération des dépôts bancaires en France en octobre

En octobre, la rémunération moyenne des encours de dépôts bancaires des ménages et des sociétés non financières (SNF) s’élevait selon la Banque de France à 1,27%, après 1,28% en septembre. Le taux e rémunération des livrets d’épargne ordinaires était de 0,77 %

La rémunération des contrats nouveaux, quant à elle, augmente légèrement pour les dépôts à terme aux SNF.

Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS 

Encours (Md€)Taux de rémunération des dépôtsContrats nouveaux (Mds€)Taux de rémunération sur contrats nouveaux
oct-25 (p)oct-24sept-25 (r)oct-25 (p)oct-25 (p)oct-24sept-25 (r)oct-25 (p)
Dépôts bancaires des Ménages et SNF2 5981,811,281,27
dont Ménages1 8721,861,311,30
dont : – dépôts à vue (b)5530,060,040,04
– livrets à taux réglementés (b,c)7123,071,801,80
dont : livret A (b)4003,001,701,70
– livrets ordinaires (b)2270,910,780,77
– dépôts à terme <= 2 ans (d)713,502,422,36123,021,931,91
– dépôts à terme > 2 ans (d)1072,372,402,4023,052,422,43
– plan d’épargne-logement2022,632,632,6312,241,751,75
dont SNF7261,681,211,17
dont : – dépôts à vue (b)5020,730,480,49
– dépôts à terme <= 2 ans (d)1393,622,602,45363,292,092,11
– dépôts à terme > 2 ans (d)853,643,313,1133,112,632,68
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème3,402,152,15
Euribor 3 mois (e)3,172,032,03
Rendement du TEC 2 ans (e), (f)2,352,142,13
Rendement du TEC 5 ans (e), (f)2,572,722,67

Notes :

– En raison des arrondis, la somme peut légèrement différer du total des composantes

a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Pour les dépôts à vue et les livrets, le taux sur les contrats nouveaux est supposé égal à celui sur les encours.
c. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
d. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
e. Moyenne mensuelle.
f. Taux de l’Échéance Constante 2 ans et 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
r. Données révisées.
p. Données provisoires.

Rapport Cour des Comptes – Démographie et finances publiques : le grand rendez-vous des cinquante prochaines années

La Cour des comptes vient de publier son rapport Démographie et finances publiques. Le constat est sans détour : le vieillissement de la population va structurer durablement l’économie française et peser sur nos finances publiques. Ce défi n’est pas conjoncturel ; il accompagnera le pays pour les cinq prochaines décennies.

Un basculement démographique désormais enclenché

En vingt ans, la France a nettement vieilli. Les 65 ans et plus représentent aujourd’hui 21,8 % de la population, contre 16,3 % en 2005. Les moins de 20 ans, eux, diminuent. Cette tendance se poursuivra : en 2070, près d’un Français sur trois sera senior. Les plus de 75 ans progresseront de 7,3 à plus de 11 millions, tandis que la population en âge de travailler reculera de 38 à 34,6 millions.

Le ratio de dépendance — rapport entre les 65 ans et plus et la population active potentielle — reflète ce basculement : 25 % en 2000, 37 % en 2023, et sans doute autour de 45 à 50 % en 2040. À cela s’ajoute un fait symbolique : depuis 2025, le solde naturel est devenu négatif, avec davantage de décès que de naissances.

Moins d’actifs, moins de croissance

Une population active plus réduite pèse mécaniquement sur le potentiel de croissance. Le taux d’emploi progresse, mais la France reste légèrement en dessous de la moyenne européenne. Pour compenser la baisse du nombre d’actifs, il faudra agir sur tous les leviers : emploi des jeunes, maintien dans l’emploi des seniors, insertion durable des femmes, intégration professionnelle des immigrés, formation continue et montée en compétence.

Le vieillissement influe aussi sur l’épargne. Les ménages âgés épargnent davantage et privilégient les placements sécurisés, ce qui facilite le financement public mais réduit les capitaux disponibles pour l’investissement productif.

Des recettes publiques sous pression

Moins d’actifs, c’est moins de cotisations sociales et moins de revenus liés au travail. Les seniors contribuent davantage via l’impôt sur le revenu et le patrimoine, mais l’équilibre n’est pas assurée pour autant. En 2019, les 20-39 ans consacraient 39 % de leurs revenus à la protection sociale, contre 25 % pour les plus de 65 ans. Le vieillissement accentuera cette asymétrie.

Des dépenses publiques durablement orientées à la hausse

Les dépenses liées au vieillissement — retraites, santé, dépendance — représentent déjà plus de 40 % de la dépense publique. Elles ont gagné 11 points en vingt-cinq ans. La Cour estime que, sans ajustement, les dépenses publiques pourraient dépasser 60 % du PIB en 2070. Maintenir le ratio actuel impliquerait, à l’inverse, une diminution des dépenses par habitant, ce qui signifierait un effort inédit.

L’un des angles morts actuels reste la prise en charge de la perte d’autonomie des générations du baby-boom, qui atteignent progressivement des âges où la dépendance devient plus fréquente.

Quels leviers pour agir ?

Pour atténuer les effets du vieillissement, la Cour identifie plusieurs pistes :

  • renforcer la participation au marché du travail à tous les âges ;
  • fluidifier les parcours professionnels ;
  • améliorer les compétences et la productivité ;
  • attirer et retenir les talents internationaux ;
  • adapter l’organisation du travail et, si nécessaire, augmenter la durée d’activité ;
  • mieux anticiper la dépendance ;
  • envisager une politique nataliste plus volontariste, même si ses effets se matérialiseront à long terme.

La Cour des comptes insiste enfin sur la nécessité d’une stratégie lisible, afin d’éviter des tensions intergénérationnelles à mesure que les classes d’âge les plus nombreuses atteignent la retraite puis les âges élevés.

Fiscalité du patrimoine : quelle réforme ?

Le Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO), dans son rapport sur l’imposition du patrimoine publié le 1ᵉʳ décembre 2025, souligne la progression du montant des patrimoines, liée au vieillissement démographique et à la forte valorisation des actifs immobiliers et financiers enregistrée ces dernières années. Le patrimoine net des ménages représentait six fois leur revenu disponible en 2021, contre 4,5 fois en 2000.

La France connaît une concentration du patrimoine plus faible que dans plusieurs pays de l’OCDE : le décile le plus aisé détient 60 % de la richesse nationale et le 1 % le plus riche en détient 27 %, contre respectivement 70 % et 35 % aux États-Unis.

Une fiscalité pesante et inéquitable

L’imposition du patrimoine est, en France, relativement élevée par rapport à celle constatée dans l’OCDE. Elle s’est élevée à 113,2 milliards d’euros en 2024 et progresse légèrement plus vite que la valeur du patrimoine depuis trente ans.

L’imposition de la détention et de la transmission du patrimoine (64,3 milliards d’euros) représente 0,4 % du patrimoine total des ménages, tandis que l’imposition des revenus du patrimoine (48,9 milliards d’euros) équivaut à 11,6 % de ces revenus.

Le CPO  souligne, à juste titre, que la fiscalité du patrimoine est à la fois lourde et inéquitable. Son poids varie fortement selon la structure des actifs détenus et les possibilités d’optimisation auxquelles seuls certains ménages ont accès.

Pour une fiscalité plus neutre

Le Cercle de l’Épargne défend un principe simple : une fiscalité reposant sur une assiette large, comportant le moins d’exonérations et d’abattements possible, associée à des taux faibles.

L’objectif est de promouvoir une fiscalité neutre sur le plan économique, limitant les stratégies d’optimisation et favorisant une allocation efficiente du capital.

Le CPO relance, dans le prolongement du débat parlementaire, la discussion sur la taxation des hauts revenus et des hauts patrimoines. Il souligne la nécessité d’une meilleure appréhension des revenus économiques et du patrimoine réellement détenu par les ménages les plus aisés. L’instauration de dispositifs différentiels et une réflexion européenne sur la taxation des bénéfices remontant aux holdings sont évoquées.

Des droits de succession à revoir

En France, plus de 50 % des successions sont exonérées de droits. Comme souvent dans le système fiscal français, les ménages modestes sont totalement exonérés tandis que les ménages aisés bénéficient de régimes dérogatoires (pacte Dutreil, holdings familiales).

Le CPO propose de limiter certaines niches fiscales, notamment le pacte Dutreil, sans pour autant recommander une refonte complète des droits de succession. Il préconise de moderniser le barème des droits de mutation à titre gratuit afin de tenir compte de l’évolution des structures familiales. Il suggère également une réduction modérée des taux actuels — réduction qui pourrait être plus significative pour rapprocher la France des pratiques observées à l’étranger.

Plus-values immobilières : vers une imposition générale avec indexation sur l’inflation

Les abattements pour durée de détention sur les résidences secondaires, qui aboutissent à une exonération totale au bout de trente ans, contribuent à figer le marché et encouragent certains ménages à requalifier abusivement un bien en résidence principale au moment de la vente.

L’abandon de ces abattements, compensé par une indexation du prix d’achat sur l’inflation, constituerait un progrès. À cet égard, un indice spécifique lié à l’immobilier — par exemple l’indice du coût de la construction — pourrait être retenu.

Se pose également, dans une logique de neutralité économique, la question de l’imposition des plus-values sur les résidences principales afin d’éviter les distorsions actuelles.

Assurance vie : pourquoi toucher à ce qui fonctionne ?

42 % des ménages disposent d’un contrat d’assurance vie, principal outil d’épargne longue en France. À ce titre, elle bénéficie, comme le PEA ou le Plan d’Épargne Retraite, d’un régime fiscal spécifique. L’assurance vie permet en outre de désigner librement des bénéficiaires, parfois en dehors des règles successorales classiques, évitant des droits pouvant atteindre 60 %.

Le CPO propose de remettre en question cet avantage dérogatoire, qui résulte largement du niveau élevé des droits de succession en France. Toute réforme en ce sens supposerait au préalable une véritable décrue des droits de succession pour ne pas désorganiser l’épargne longue.

Un rapport utile au débat sur la fiscalité du patrimoine

Le rapport du Conseil des Prélèvements Obligatoires a le mérite de couvrir l’ensemble du champ de la fiscalité patrimoniale : taxe foncière, épargne réglementée, plus-values immobilières, transmission d’entreprise, assurance vie, pacte Dutreil, etc. Cette fiscalité se caractérise aujourd’hui par une complexité rare et une cohérence économique limitée. Elle finance de nombreuses collectivités — État, départements, communes — ce qui rend toute réforme difficile.

Une modernisation est pourtant indispensable, à la fois pour éviter une concentration excessive du capital, améliorer la lisibilité du système et renforcer l’efficience économique du patrimoine des ménages.

Communiqué de presse du Cercle de l’Epargne sur le rapport sur la fiscalité du patrimoine du Conseil des Prélèvements Obligatoires

Le Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO), dans son rapport sur l’imposition du patrimoine publié le 1ᵉʳ décembre 2025, souligne la progression du montant des patrimoines, liée au vieillissement démographique et à la forte valorisation des actifs immobiliers et financiers enregistrée ces dernières années. Le patrimoine net des ménages représentait six fois leur revenu disponible en 2021, contre 4,5 fois en 2000.

La France connaît une concentration du patrimoine plus faible que dans plusieurs pays de l’OCDE : le décile le plus aisé détient 60 % de la richesse nationale et le 1 % le plus riche en détient 27 %, contre respectivement 70 % et 35 % aux États-Unis.

Une fiscalité pesante et inéquitable

L’imposition du patrimoine est, en France, relativement élevée par rapport à celle constatée dans l’OCDE. Elle s’est élevée à 113,2 milliards d’euros en 2024 et progresse légèrement plus vite que la valeur du patrimoine depuis trente ans.

L’imposition de la détention et de la transmission du patrimoine (64,3 milliards d’euros) représente 0,4 % du patrimoine total des ménages, tandis que l’imposition des revenus du patrimoine (48,9 milliards d’euros) équivaut à 11,6 % de ces revenus.

Le CPO  souligne, à juste titre, que la fiscalité du patrimoine est à la fois lourde et inéquitable. Son poids varie fortement selon la structure des actifs détenus et les possibilités d’optimisation auxquelles seuls certains ménages ont accès.

Pour une fiscalité plus neutre

Le Cercle de l’Épargne défend un principe simple : une fiscalité reposant sur une assiette large, comportant le moins d’exonérations et d’abattements possible, associée à des taux faibles.

L’objectif est de promouvoir une fiscalité neutre sur le plan économique, limitant les stratégies d’optimisation et favorisant une allocation efficiente du capital.

Le CPO relance, dans le prolongement du débat parlementaire, la discussion sur la taxation des hauts revenus et des hauts patrimoines. Il souligne la nécessité d’une meilleure appréhension des revenus économiques et du patrimoine réellement détenu par les ménages les plus aisés. L’instauration de dispositifs différentiels et une réflexion européenne sur la taxation des bénéfices remontant aux holdings sont évoquées.

Des droits de succession à revoir

En France, plus de 50 % des successions sont exonérées de droits. Comme souvent dans le système fiscal français, les ménages modestes sont totalement exonérés tandis que les ménages aisés bénéficient de régimes dérogatoires (pacte Dutreil, holdings familiales).

Le CPO propose de limiter certaines niches fiscales, notamment le pacte Dutreil, sans pour autant recommander une refonte complète des droits de succession. Il préconise de moderniser le barème des droits de mutation à titre gratuit afin de tenir compte de l’évolution des structures familiales. Il suggère également une réduction modérée des taux actuels — réduction qui pourrait être plus significative pour rapprocher la France des pratiques observées à l’étranger.

Plus-values immobilières : vers une imposition générale avec indexation sur l’inflation

Les abattements pour durée de détention sur les résidences secondaires, qui aboutissent à une exonération totale au bout de trente ans, contribuent à figer le marché et encouragent certains ménages à requalifier abusivement un bien en résidence principale au moment de la vente.

L’abandon de ces abattements, compensé par une indexation du prix d’achat sur l’inflation, constituerait un progrès. À cet égard, un indice spécifique lié à l’immobilier — par exemple l’indice du coût de la construction — pourrait être retenu.

Se pose également, dans une logique de neutralité économique, la question de l’imposition des plus-values sur les résidences principales afin d’éviter les distorsions actuelles.

Assurance vie : pourquoi toucher à ce qui fonctionne ?

42 % des ménages disposent d’un contrat d’assurance vie, principal outil d’épargne longue en France. À ce titre, elle bénéficie, comme le PEA ou le Plan d’Épargne Retraite, d’un régime fiscal spécifique. L’assurance vie permet en outre de désigner librement des bénéficiaires, parfois en dehors des règles successorales classiques, évitant des droits pouvant atteindre 60 %.

Le CPO propose de remettre en question cet avantage dérogatoire, qui résulte largement du niveau élevé des droits de succession en France. Toute réforme en ce sens supposerait au préalable une véritable décrue des droits de succession pour ne pas désorganiser l’épargne longue.

Un rapport utile au débat sur la fiscalité du patrimoine

Le rapport du Conseil des Prélèvements Obligatoires a le mérite de couvrir l’ensemble du champ de la fiscalité patrimoniale : taxe foncière, épargne réglementée, plus-values immobilières, transmission d’entreprise, assurance vie, pacte Dutreil, etc. Cette fiscalité se caractérise aujourd’hui par une complexité rare et une cohérence économique limitée. Elle finance de nombreuses collectivités — État, départements, communes — ce qui rend toute réforme difficile.

Une modernisation est pourtant indispensable, à la fois pour éviter une concentration excessive du capital, améliorer la lisibilité du système et renforcer l’efficience économique du patrimoine des ménages.

Le Coin des Epargnants du 28 novembre 2025

Des marchés résilients malgré les doutes sur l’IA

Aux États-Unis, la semaine boursière a été réduite en raison de la fête de Thanksgiving, jeudi 27 novembre (pas de cotation), et du Black Friday (fermeture anticipée de Wall Street).

Après plusieurs semaines de doutes sur la rentabilité future de l’Intelligence artificielle (IA), les marchés actions ont rebondi à la fin du mois de novembre. Sur la dernière semaine, le Nasdaq a gagné près de 5 %. À l’approche du mois de décembre, la question traditionnelle se pose : les marchés connaîtront-ils un « rally » de fin d’année, permettant à Wall Street d’aller battre des records et au CAC 40 de revenir au contact de son pic à 8 314,33 points du 13 novembre dernier ? Signe de cet attrait retrouvé pour les actifs risqués, le bitcoin reprend de la hauteur, à plus de 91 000 dollars, tandis que l’ether franchit de nouveau le seuil des 3 000 dollars. En un mois, le bitcoin a néanmoins perdu 20 % de sa valeur.

Sur l’ensemble du mois de novembre, les indices actions ont fait du surplace. Le ralentissement de la croissance américaine commence à se faire sentir. En Europe, les incertitudes demeurent élevées. Les probabilités d’une prochaine baisse des taux directeurs de la Fed ont augmenté au cours de la semaine. Une diminution de 25 points de base des Fed funds à l’issue de la réunion des 9 et 10 décembre semble se profiler. Le gouverneur Stephen Miran, nommé par Donald Trump, n’a pas hésité à établir un lien direct entre la détérioration du marché du travail et la politique monétaire actuelle : « Il faut reconnaître que le taux de chômage a augmenté, et cela est dû à une politique monétaire trop restrictive ».

L’once d’or s’est rapprochée, à la fin du mois de novembre (4 219 dollars), de son record (4 381 dollars), témoignant de la persistance des inquiétudes à l’échelle mondiale. L’évolution de la situation aux États-Unis incite toujours les banques centrales et les investisseurs à acheter du métal précieux.

Le pétrole reste stable autour de 63 dollars, le ralentissement de la croissance mondiale pesant sur la demande. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) « devrait réitérer son intention de suspendre les augmentations de production » au premier trimestre 2026, à l’occasion de sa réunion ministérielle prévue le 30 novembre. En novembre, l’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres du cartel avaient déjà annoncé une pause dans la hausse des quotas menée depuis le mois d’avril, et qui avait largement contribué à accroître l’offre de brut sur le marché.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
28 nov. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 122,71 +2,05 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 716,42+4,29%37 689,5442 544,22
S&P 5006 849,09+4,75 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 365,69+5 ,83 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 836,79+3,19 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 720,51+1,90 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 668,17+2,78 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 253,91+3,18 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 888,60-1,30 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,413 %-+0,060 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,687 %-0,012 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,024 %-0,051 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1604+0,15 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 219,29 +3,67 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,10+1,06 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars91 166,70+7,72 %38 252,5493 776,61

L’assurance vie en grande forme

L’assurance vie est le placement de l’année. Le produit connaît une indéniable seconde jeunesse après avoir traversé un trou d’air durant la période des taux d’intérêt négatifs, qui avaient handicapé tout particulièrement les fonds en euros. La baisse du rendement du Livret A, comme celle des dépôts à terme, favorise le retour en grâce de l’assurance vie, qui n’a pas pâti du débat sur l’éventuelle introduction d’un impôt sur la fortune improductive visant en particulier les fonds en euros.

Une collecte nette record en octobre !

Si le Livret A est en berne, avec deux décollectes successives, l’assurance vie connaît un automne radieux avec une pluie de records. La collecte nette, en octobre, a été de 5,1 milliards d’euros, contre 3 milliards d’euros pour le même mois d’octobre 2024. Il s’agit de la plus forte collecte pour un mois d’octobre depuis 2009 (début des statistiques de France Assureurs).

La plus forte collecte nette en octobre datait jusqu’à présent de 2009 (4,235 milliards d’euros). La collecte nette version 2025 est plus de trois fois supérieure à la moyenne de ces dix dernières années.

La collecte nette est portée par les deux piliers de l’assurance vie : les fonds en euros (+1,1 milliard d’euros) et les unités de compte (+4 milliards d’euros).

Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint 44,7 milliards d’euros, supérieure de +21,0 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Cette collecte nette est positive de 8,6 milliards d’euros pour les fonds en euros et de 36,1 milliards d’euros pour les unités de compte.

Des cotisations brutes en plein essor

Les cotisations brutes battent, en octobre, un nouveau record avec 17,1 milliards d’euros. La progression concerne à la fois les supports en euros (+12 %) et ceux en unités de compte (UC, +16 %). Depuis le début de l’année, les cotisations s’élèvent à 160,3 milliards d’euros, en hausse de 10 % par rapport aux dix premiers mois de l’année 2024.

Avec la bonne tenue des marchés financiers, les unités de compte enregistrent, sur les dix premiers mois de l’année, une augmentation de 13 %, les fonds en euros progressant de 8 %.

La part des cotisations en UC dans la collecte brute est de 40 % sur le mois de septembre et de 38 % depuis le début de l’année, comme pour l’ensemble de l’année 2024 (38 %).

Des prestations stables

Les prestations se sont élevées en octobre à 12,0 milliards d’euros. Elles sont stables par rapport à octobre 2024.

Depuis le début de l’année, les prestations, à 115,6 milliards d’euros, ont reculé de −6 % en raison de la diminution des rachats en fonds en euros. La compétitivité retrouvée des fonds euros explique cette évolution. Les assurés réalisent moins de rachats. En 2022 et 2023, ils avaient réduit leur exposition aux fonds euros en privilégiant l’épargne réglementée et les dépôts à terme. Le faible niveau des transactions immobilières réduit également le niveau des rachats.

Un encours de 2 100 milliards d’euros

Avec la valorisation des valeurs de marché et la forte collecte nette, l’encours est en hausse marquée sur un an.

L’encours atteint 2 100 milliards d’euros à fin octobre 2025, en hausse de +6,5 % sur un an.

Une fin d’année sur les chapeaux de roues

L’hypothèque de l’impôt sur la fortune improductive étant en grande partie levée, l’assurance vie devrait continuer de surfer sur les bons résultats d’ici la fin de l’année. La collecte nette pourrait s’établir à plus de 50 milliards d’euros en 2025. Il faut remonter à 2010 pour retrouver un tel niveau.

Depuis le début de l’année, les ménages réorientent leur effort d’épargne, qui demeure soutenu. Ils réduisent leurs versements sur les produits d’épargne réglementée et réaffectent une partie de leurs liquidités précédemment placées sur les dépôts à terme, dont l’encours a reculé d’une vingtaine de milliards d’euros. Le rendement des fonds euros pour 2025 devrait se situer autour de 2,6 % ce qui garantit un avantage comparatif par rapport au Livret A, aux livrets A et aux dépôts à terme.

Annexes

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

L’assurance vie au zénith en octobre

L’assurance vie est le placement de l’année. Le produit connaît une indéniable seconde jeunesse après avoir traversé un trou d’air durant la période des taux d’intérêt négatifs, qui avaient handicapé tout particulièrement les fonds en euros. La baisse du rendement du Livret A, comme celle des dépôts à terme, favorise le retour en grâce de l’assurance vie, qui n’a pas pâti du débat sur l’éventuelle introduction d’un impôt sur la fortune improductive visant en particulier les fonds en euros.

Une collecte nette record en octobre !

Si le Livret A est en berne, avec deux décollectes successives, l’assurance vie connaît un automne radieux avec une pluie de records. La collecte nette, en octobre, a été de 5,1 milliards d’euros, contre 3 milliards d’euros pour le même mois d’octobre 2024. Il s’agit de la plus forte collecte pour un mois d’octobre depuis 2009 (début des statistiques de France Assureurs).

La plus forte collecte nette en octobre datait jusqu’à présent de 2009 (4,235 milliards d’euros). La collecte nette version 2025 est plus de trois fois supérieure à la moyenne de ces dix dernières années.

La collecte nette est portée par les deux piliers de l’assurance vie : les fonds en euros (+1,1 milliard d’euros) et les unités de compte (+4 milliards d’euros).

Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint 44,7 milliards d’euros, supérieure de +21,0 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Cette collecte nette est positive de 8,6 milliards d’euros pour les fonds en euros et de 36,1 milliards d’euros pour les unités de compte.

Des cotisations brutes en plein essor

Les cotisations brutes battent, en octobre, un nouveau record avec 17,1 milliards d’euros. La progression concerne à la fois les supports en euros (+12 %) et ceux en unités de compte (UC, +16 %). Depuis le début de l’année, les cotisations s’élèvent à 160,3 milliards d’euros, en hausse de 10 % par rapport aux dix premiers mois de l’année 2024.

Avec la bonne tenue des marchés financiers, les unités de compte enregistrent, sur les dix premiers mois de l’année, une augmentation de 13 %, les fonds en euros progressant de 8 %.

La part des cotisations en UC dans la collecte brute est de 40 % sur le mois de septembre et de 38 % depuis le début de l’année, comme pour l’ensemble de l’année 2024 (38 %).

Des prestations stables

Les prestations se sont élevées en octobre à 12,0 milliards d’euros. Elles sont stables par rapport à octobre 2024.

Depuis le début de l’année, les prestations, à 115,6 milliards d’euros, ont reculé de −6 % en raison de la diminution des rachats en fonds en euros. La compétitivité retrouvée des fonds euros explique cette évolution. Les assurés réalisent moins de rachats. En 2022 et 2023, ils avaient réduit leur exposition aux fonds euros en privilégiant l’épargne réglementée et les dépôts à terme. Le faible niveau des transactions immobilières réduit également le niveau des rachats.

Un encours de 2 100 milliards d’euros

Avec la valorisation des valeurs de marché et la forte collecte nette, l’encours est en hausse marquée sur un an.

L’encours atteint 2 100 milliards d’euros à fin octobre 2025, en hausse de +6,5 % sur un an.

Une fin d’année sur les chapeaux de roues

L’hypothèque de l’impôt sur la fortune improductive étant en grande partie levée, l’assurance vie devrait continuer de surfer sur les bons résultats d’ici la fin de l’année. La collecte nette pourrait s’établir à plus de 50 milliards d’euros en 2025. Il faut remonter à 2010 pour retrouver un tel niveau.

Depuis le début de l’année, les ménages réorientent leur effort d’épargne, qui demeure soutenu. Ils réduisent leurs versements sur les produits d’épargne réglementée et réaffectent une partie de leurs liquidités précédemment placées sur les dépôts à terme, dont l’encours a reculé d’une vingtaine de milliards d’euros. Le rendement des fonds euros pour 2025 devrait se situer autour de 2,6 % ce qui garantit un avantage comparatif par rapport au Livret A, aux livrets A et aux dépôts à terme.

Annexes

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Cercle de l’Epargne – données France Assureurs

Contact presse :

370 000 cessions d’entreprises d’ici 2030

Selon une enquête publiée par Bpifrance, 370 000 entreprises de 1 à 4 999 salariés devront, en France, faire l’objet d’une transmission dans les cinq prochaines années. En 2024, 37 200 reprises ont été réalisées, dont 26 000 dans des sociétés de plus d’un salarié. Par ailleurs, 40 % des dirigeants de TPE (moins de dix salariés) interrogés par Bpifrance déclarent avoir l’intention de transmettre leur entreprise d’ici cinq ans, soit 310 000 cas potentiels. Dans les PME de 100 à 250 salariés, ils ne sont que 23 %. Au total, les transmissions pourraient concerner, d’ici 2030, près de 3 millions d’emplois.

L’augmentation des transmissions d’entreprise est l’une des conséquences du vieillissement démographique. Selon un rapport du Sénat, un quart des dirigeants de PME et d’ETI a plus de 60 ans, et 11 % plus de 66 ans.

Nombreux sont les dirigeants qui attendent le dernier moment pour préparer leur succession : 28 % de ceux envisageant une transmission à horizon de cinq ans n’y ont pas encore réfléchi. Les difficultés à résoudre sont multiples : choix du successeur, évaluation de la valeur de l’entreprise, financement de la reprise, gestion du personnel, etc. Le nombre de transmissions ayant augmenté en moyenne de 20 % en dix ans, les banques sont devenues plus exigeantes en termes d’apport, selon la CCI Paris Île-de-France.

La transmission demeure pour les cédants un moment délicat. Beaucoup redoutent que leur entreprise ne leur survive pas. Ainsi, 48 % d’entre eux privilégient, dans le choix d’un repreneur, la pérennité de la structure et le maintien des emplois. Dans les grandes PME, cette proportion atteint même 62 %. Les qualités humaines du repreneur viennent ensuite, citées par 40 % des dirigeants.

Taux d’épargne au 3e trimestre : 18,4 %

Le taux d’épargne des ménages suit un cycle annuel. Les Français accroissent leur effort d’épargne durant le premier semestre et le relâchent au second. Ce dernier est marqué par les dépenses de vacances, la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année. L’année 2025 n’échappe pas à cette règle. Du dernier trimestre 2024 au deuxième trimestre 2025, le taux d’épargne est passé de 18,4 % à 18,7 % du revenu disponible brut avant de revenir à son point de départ au troisième trimestre 2025. Ce taux reste néanmoins nettement supérieur à celui du dernier trimestre 2019, avant le Covid, qui s’établissait à 15,3 %.

Le taux d’épargne des ménages dépend de plusieurs facteurs : l’évolution du revenu disponible brut, celle de la consommation, l’inflation, le réinvestissement des gains financiers, ainsi que le contexte économique et politique général.

Au troisième trimestre, le revenu disponible brut (RDB) des ménages, en euros courants, a, selon l’INSEE, augmenté comme au trimestre précédent de 0,2 %. Les impôts versés par les ménages ont progressé de 1,4 %. Les cotisations sociales à leur charge sont de nouveau en hausse.

Dans le même temps, les prix à la consommation ont augmenté de 0,5 % après -0,1 %. Dans ce contexte, le pouvoir d’achat du RDB a diminué de 0,3 % après +0,3 % au deuxième trimestre. Mesuré par unité de consommation afin de le rapporter à un niveau individuel, la baisse atteint -0,4 %, après +0,1 %.

Le taux d’épargne des ménages diminue sous l’effet combiné de la légère augmentation de leur consommation en volume et de la baisse de leur pouvoir d’achat. Il s’élève à 18,4 %, après 18,7 % au deuxième trimestre.

Le taux d’épargne demeure malgré tout élevé en raison d’un contexte anxiogène, marqué par la permanence de la crise politique et les difficultés du gouvernement à faire adopter ses lois de finances. Les menaces de nouvelles hausses d’impôts contribuent également au maintien d’un effort d’épargne important. Le vieillissement de la population concourt lui aussi à la hausse du taux d’épargne : les actifs épargnent pour leur retraite, considérant que leurs pensions ne leur permettront pas de vivre correctement (72 % des actifs selon l’enquête du Cercle de l’Épargne de 2025). Les retraités, de plus en plus nombreux — 17 millions en 2025 — ont un taux d’épargne supérieur à la moyenne, autour de 25 %. Enfin, les Français capitalisent en ne retirant pas les gains tirés de leurs placements, ce qui accroît mécaniquement le taux d’épargne. Les Américains ont, à l’inverse, un comportement différent, consommant une grande partie des revenus issus de leurs produits financiers.

Le taux d’épargne des ménages en France devrait continuer de baisser légèrement au quatrième trimestre, en raison du Black Friday et des dépenses de fin d’année, tout en demeurant élevé.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

Taux d’épargne en baisse au 3e trimestre 2025

Le taux d’épargne des ménages suit un cycle annuel. Les Français accroissent leur effort d’épargne durant le premier semestre et le relâchent au second. Ce dernier est marqué par les dépenses de vacances, la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année. L’année 2025 n’échappe pas à cette règle. Du dernier trimestre 2024 au deuxième trimestre 2025, le taux d’épargne est passé de 18,4 % à 18,7 % du revenu disponible brut avant de revenir à son point de départ au troisième trimestre 2025. Ce taux reste néanmoins nettement supérieur à celui du dernier trimestre 2019, avant le Covid, qui s’établissait à 15,3 %.

Le taux d’épargne des ménages dépend de plusieurs facteurs : l’évolution du revenu disponible brut, celle de la consommation, l’inflation, le réinvestissement des gains financiers, ainsi que le contexte économique et politique général.

Au troisième trimestre, le revenu disponible brut (RDB) des ménages, en euros courants, a, selon l’INSEE, augmenté comme au trimestre précédent de 0,2 %. Les impôts versés par les ménages ont progressé de 1,4 %. Les cotisations sociales à leur charge sont de nouveau en hausse.

Dans le même temps, les prix à la consommation ont augmenté de 0,5 % après -0,1 %. Dans ce contexte, le pouvoir d’achat du RDB a diminué de 0,3 % après +0,3 % au deuxième trimestre. Mesuré par unité de consommation afin de le rapporter à un niveau individuel, la baisse atteint -0,4 %, après +0,1 %.

Le taux d’épargne des ménages diminue sous l’effet combiné de la légère augmentation de leur consommation en volume et de la baisse de leur pouvoir d’achat. Il s’élève à 18,4 %, après 18,7 % au deuxième trimestre.

Le taux d’épargne demeure malgré tout élevé en raison d’un contexte anxiogène, marqué par la permanence de la crise politique et les difficultés du gouvernement à faire adopter ses lois de finances. Les menaces de nouvelles hausses d’impôts contribuent également au maintien d’un effort d’épargne important. Le vieillissement de la population concourt lui aussi à la hausse du taux d’épargne : les actifs épargnent pour leur retraite, considérant que leurs pensions ne leur permettront pas de vivre correctement (72 % des actifs selon l’enquête du Cercle de l’Épargne de 2025). Les retraités, de plus en plus nombreux — 17 millions en 2025 — ont un taux d’épargne supérieur à la moyenne, autour de 25 %. Enfin, les Français capitalisent en ne retirant pas les gains tirés de leurs placements, ce qui accroît mécaniquement le taux d’épargne. Les Américains ont, à l’inverse, un comportement différent, consommant une grande partie des revenus issus de leurs produits financiers.

Le taux d’épargne des ménages en France devrait continuer de baisser légèrement au quatrième trimestre, en raison du Black Friday et des dépenses de fin d’année, tout en demeurant élevé.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

Livret A : décollecte record en octobre

Le Livret A accuse le coup au mois d’octobre avec une décollecte majeure de 3,81 milliards d’euros. Il digère toujours la baisse de son taux à 1,7 %, intervenue le 1er août dernier. Cette décollecte d’octobre 2025 est la deuxième plus importante constatée depuis 2009 (début de la base statistique de la Caisse des dépôts). Le Livret A enregistre ainsi sa deuxième décollecte consécutive et la troisième du second semestre 2025 (juillet, septembre et octobre). Il faut remonter à 2021, après l’épidémie de Covid, pour retrouver au moins trois décollectes dans l’année. Cette désaffection des ménages n’est en rien imputable à une diminution de l’effort d’épargne. Les ménages continuent à mettre de l’argent de côté, en privilégiant désormais l’assurance-vie, qui bénéficie du rendement redevenu compétitif des fonds en euros, attendu autour de 2,6 % en 2025.

Octobre : un mois maudit pour le Livret A

La décollecte est une tradition en octobre, mais l’ampleur de celle de 2025 témoigne néanmoins d’une rupture pour le Livret A. Il faut remonter au mois d’octobre 2023 (–3,77 milliards d’euros) pour retrouver une décollecte d’une ampleur comparable. Le mois d’octobre est « maudit » pour le placement préféré des Français, avec une impressionnante série de décollectes. Depuis le début des statistiques officielles en 2009, la collecte n’a été positive en octobre qu’à deux reprises : en 2012 (+7,35 milliards d’euros) et en 2011 (+410 millions d’euros). Le montant moyen de la collecte en octobre, depuis 2009, est de –1,12 milliard d’euros. En octobre 2024, la décollecte du Livret A avait été de –1,94 milliard d’euros.

En octobre, les ménages n’enregistrent pas de primes ou de 13e mois, tandis que côté dépenses, la taxe foncière et les éventuelles régularisations au titre de l’impôt sur le revenu amputent les budgets.

Sur les dix premiers mois de l’année, la collecte du Livret A devient désormais négative (–2,84 milliards d’euros), alors qu’elle était positive de 11,5 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le LDDS dans le sillage du Livret A

Pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), la décollecte en octobre 2025 est de –1,29 milliard d’euros.

Comme pour le Livret A, le LDDS n’a connu que deux collectes positives en octobre depuis 2009 : en 2009 (+470 millions d’euros) et en 2022 (+290 millions d’euros).

Le montant moyen du LDDS en octobre sur les dix dernières années est de –532 millions d’euros.

En octobre 2024, la décollecte du LDDS avait été de –640 millions d’euros.

Un repli marqué sur les dix premiers mois de l’année

Avec l’enclenchement de la baisse du taux de rendement du Livret A entamée le 1er février puis poursuivie le 1er août, après deux ans d’un taux à 3 % (1er février 2023 – 1er février 2025), la collecte s’est affaissée. Sur les dix premiers mois de 2024, elle était de +11,5 milliards d’euros, contre –2,84 milliards d’euros sur la même période en 2025. Les montants respectifs pour le LDDS sont +5,5 milliards en 2024 et –1,5 milliard d’euros en 2025.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) stable en octobre

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en octobre, une collecte légèrement positive de 20 millions d’euros, en retrait par rapport à septembre (110 millions d’euros) et à octobre 2024 (210 millions d’euros).

Le taux de rémunération, à 2,7 %, demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Depuis le début de l’année, la collecte reste néanmoins négative (–1,52 milliard d’euros), alors qu’en 2024 elle avait été positive de près de 6 milliards d’euros.

Une fin d’année en creux pour l’épargne réglementée

En règle générale, les derniers mois de l’année ne sont pas favorables à l’épargne réglementée, entre paiement des impôts locaux et dépenses liées aux fêtes. Dans ce contexte, la poursuite de la décollecte est très probable.

Malgré tout, les annonces concernant la CSG sur les produits financiers — dont le Livret A, le LDDS ou le LEP sont exonérés — ou l’instauration d’un impôt sur la fortune improductive, qui toucherait les fonds en euros de l’assurance-vie, pourraient conduire certains épargnants à modifier leur comportement.

Vers une nouvelle baisse du taux du Livret A en février ?

Compte tenu des hypothèses d’inflation et d’évolution des taux d’intérêt, le rendement du Livret A pourrait être à nouveau revu à la baisse le 1er février prochain. Son taux pourrait être ramené à 1,4–1,5 %, tandis que celui du LEP pourrait être ajusté autour de 2,4–2,5 %.

Donnés Cdc

Le Coin des Epargnants du 21 novembre 2025

Chronique d’un dégonflement annoncé

La Bourse de Paris a évolué cette semaine au gré des interrogations concernant les valorisations excessives des entreprises de la tech américaine. Les bons résultats de Nvidia, le fabricant de microprocesseurs pour l’intelligence artificielle (IA), n’ont pas complètement rassuré les investisseurs.

« Nous entrons dans une phase plus mature du cycle d’investissement, ce qui pourrait entraîner un examen plus approfondi de la part des investisseurs », a déclaré Emmanuel Cau, responsable de la stratégie actions européennes chez Barclays.

Sur la semaine, le recul du CAC 40 a atteint plus de 2 %. L’indice parisien est repassé sous les 8 000 points. Tous les grands indices ont reculé : le Nasdaq a abandonné plus de 2 %. Le bitcoin a suivi le mouvement, son cours étant corrélé à celui du Nasdaq. Il s’échangeait vendredi 21 décembre sous les 90 000 dollars, en baisse de plus de 10 % sur la semaine.

Les doutes sur les valorisations des entreprises investies dans l’IA commencent à se concrétiser, d’autant plus que la fin de l’année approche. La réédition d’un krach sur le modèle de celui de l’an 2000, lors de l’éclatement de la bulle Internet, n’est toutefois pas le scénario le plus probable. En effet, le marché est aujourd’hui dominé par de très grandes sociétés – Amazon, Microsoft, Nvidia, etc. – capables d’affronter une tempête boursière grâce à l’ampleur de leur chiffre d’affaires et de leurs bénéfices, ce qui n’était pas le cas au début du siècle pour la multitude de start-up cotées.

Le cours du pétrole a, de son côté, reculé ces derniers jours en raison de la présentation du plan de Donald Trump pour la paix en Ukraine et de l’annonce, vendredi 21 décembre, par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, de sa volonté d’en discuter avec ce dernier. L’augmentation des stocks de brut aux États-Unis a également contribué à la détente des prix sur les marchés pétroliers. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés a augmenté sa production depuis le mois d’avril, faisant croître l’offre bien plus rapidement que la demande, laquelle est pénalisée par le ralentissement de la croissance aux États-Unis.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
21 nov. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
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31 déc. 2024
CAC 40 7 982,65-2,29 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 245,41-1,87 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 602,99-1,24 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 273,08-2,14 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 091,87-3,29 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 539,71-1,64 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 515,09 -3,14 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)48 625,88-4,36 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 834,89-4,19 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,473 %+0,014 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,699 %-0,021 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,075 %-0,066 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1505 -0,63 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 082,62-0,79 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars62,31-2,97 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars83 715,23-11,65 %38 252,5493 776,61

Maintien à un haut niveau de l’effort d’épargne des ménages en France

Au deuxième trimestre 2025, le patrimoine des ménages a, selon la Banque de France, atteint près de 6 500 milliards d’euros. Les produits de taux représentaient près de 3 900 milliards d’euros et les produits de fonds propres environ 2 500 milliards d’euros.

Le flux d’épargne brute des ménages a été en hausse au deuxième trimestre, tandis que l’endettement ne progresse plus significativement. Ce flux s’est élevé à 33 milliards d’euros. L’essentiel de ces placements se concentre sur l’assurance-vie et les droits à pension, ainsi que sur l’acquisition indirecte d’actions et de titres de créance via des OPC.

Les premières données couvrant les principaux placements financiers des ménages pour le troisième trimestre 2025 indiquent une nouvelle décollecte sur les livrets d’épargne réglementée, ainsi qu’une stabilité des placements en numéraire et sous forme de dépôts auprès des banques. S’agissant de l’assurance-vie et des droits à pension, la collecte demeure dynamique.

Le taux d’épargne financière de la France dépasse pour la première fois en plus de dix ans celui de l’Allemagne. Il était supérieur à 10,5 % du revenu disponible brut au 2ème trimestre 2025.

Relancer l’Europe de l’épargne retraite

La Commission européenne, dans le cadre de l’Union de l’épargne et de l’investissement, entend favoriser les fonds de pension. Elle souhaite ainsi garantir « un bon niveau de vie à la retraite, tout en libérant de nouveaux financements pour l’économie ». Aujourd’hui, au sein de l’Union, seulement 20 % des actifs sont adhérents à un régime professionnel d’épargne retraite et 18 % détiennent un produit personnel.

Pour inverser la tendance, la Commission préconise aux États membres de développer des systèmes de suivi des retraites permettant aux citoyens de visualiser l’ensemble de leurs droits à pension, afin d’améliorer la transparence et de les aider à prendre des décisions éclairées, sur le modèle de ce qui existe notamment en France.

Elle demande également aux États membres de développer des tableaux de bord donnant un aperçu de la viabilité et de l’adéquation des systèmes de pension nationaux (couverture, cotisations, revenus de retraite des différents groupes de population…). La Commission propose l’affiliation automatique aux régimes complémentaires des travailleurs. Les autorités européennes souhaitent également une réforme de la directive IORP II, qui régit les fonds de pension professionnels. Pour Bruxelles, la taille de nombreux régimes est insuffisante « pour diversifier leurs investissements et offrir des résultats optimaux aux épargnants ». La Commission propose donc de lever les obstacles à la consolidation du marché, en simplifiant les procédures transfrontalières et les règles de transfert.

La Commission souhaite également relancer le PEPP, le produit paneuropéen d’épargne retraite individuelle. Ce produit, créé en 2019 et censé être portable d’un pays à l’autre, demeure confidentiel, n’étant diffusé que dans quelques rares pays de l’Union. Par exemple, selon un article du Financial Times, au début de l’année 2025 : « seulement 4 747 utilisateurs et 11,5 millions d’euros d’encours » pour le PEPP. Le plafond de frais fixé à 1 % et l’obligation de conseil ont nui à son attractivité pour les fournisseurs et distributeurs. La réforme de la Commission introduit un « PEPP de base » simplifié, sans conseil obligatoire, investi à 95 % dans des actifs non complexes (actions, ETF). Les États devront offrir un traitement fiscal comparable à celui des produits nationaux de retraite, éliminant ainsi la distorsion de concurrence qui pénalisait le PEPP.

Vers une supervision européenne des marchés financiers ?

e 3 décembre prochain, la Commission européenne présentera un projet destiné à transformer l’architecture de la supervision des marchés financiers de l’Union européenne. Avec ce projet, les acteurs financiers les plus importants d’Europe seraient supervisés par l’ESMA, l’autorité européenne des marchés financiers basée à Paris.

L’ESMA aurait ainsi la supervision directe de toutes les plateformes de cryptoactifs et des infrastructures de marché les plus importantes : grandes places boursières, chambres de compensation et dépositaires centraux. La Bourse de Francfort serait ainsi contrôlée par l’ESMA.

Pour les gestionnaires d’actifs, le projet est moins radical : l’ESMA ne les superviserait pas directement, tout en ayant le dernier mot en cas de litiges entre autorités nationales.

Pour assumer ces nouvelles missions, l’ESMA sera dotée d’un conseil exécutif indépendant qui prendra les décisions de supervision au quotidien.

Ce projet s’inscrit dans le programme d’élimination des barrières qui fragmentent le marché européen. Actuellement, l’Union européenne compte de nombreuses plateformes de négociation, chambres de compensation et sociétés de gestion d’actifs. Le marché des capitaux européen représente environ un quart de la taille de celui des États-Unis, avec beaucoup plus de participants. Il manque cruellement de profondeur et se caractérise par une grande complexité. Si la France est favorable à la création d’un grand marché des capitaux, le Luxembourg et l’Irlande, en particulier, y sont plus hostiles, car ils craignent une perte de leur attractivité financière.

La réforme rappelle celle de la supervision bancaire, centralisée à la BCE après 2008. Mais elle sera plus délicate, car l’orientation des gouvernements est aujourd’hui moins pro-européenne, et la situation politique actuelle n’incite guère aux concessions.

L’adoption du projet de la Commission suppose l’accord des États membres et du Parlement européen. La position de l’Allemagne sera déterminante. Traditionnellement réticente à la centralisation, Berlin envoie cependant des signaux contradictoires : le chancelier Friedrich Merz se déclare favorable au principe d’une Bourse unique européenne, tout en restant opposé à la supervision centralisée des cryptoactifs.

Le Coin des Epargnants du 14 novembre 2025 : les marchés à la recherche d’un cap

Douche écossaise sur les marchés

Le CAC 40 a battu de nouveaux records le jeudi 13 novembre dernier en s’étant rapproché de la barre des 8 300 points. Sur l’ensemble de la semaine, l’indice phare de la Bourse de Paris a progressé de 2,7 %. Toutefois, en fin de semaine, les investisseurs ont réagi négativement après les déclarations de plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine. Ceux-ci ont laissé entendre qu’ils écartent, pour le moment, une nouvelle baisse des taux en décembre. Jerome Powell, le président de la Fed, l’avait déjà suggéré il y a deux semaines, mais ses propos n’avaient alors guère été pris en compte.

Pour la prochaine réunion de la Fed, les 9 et 10 décembre, les investisseurs estiment désormais qu’il y a autant de chances d’un assouplissement d’un quart de point que d’un statu quo, alors qu’un mois auparavant une diminution des taux semblait presque acquise. Compte tenu du retard pris dans la publication des statistiques économiques en raison du long shutdown auquel a été confrontée l’administration fédérale, la Fed devrait souhaiter temporiser.

Entre la fin du shutdown, les doutes sur la poursuite de l’assouplissement monétaire et les interrogations sur la valorisation des valeurs technologiques, les marchés américains n’ont pas su à quel saint se vouer. Les grands indices sont restés globalement stables sur la semaine.

Le bitcoin est passé cette semaine sous le seuil des 100 000 dollars, vendredi, et a cédé plus de 6 % sur la période. Les investisseurs s’inquiètent de la survalorisation de certaines entreprises de haute technologie. Cette anxiété rejaillit sur les actifs les plus spéculatifs, à commencer par les cryptomonnaies. La corrélation entre le Nasdaq et le bitcoin reste marquée. La victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine avait propulsé le bitcoin au-dessus du seuil symbolique des 100 000 dollars l’année dernière à la même époque. Depuis le début du mois d’octobre, son cours a reculé de près de 20 %.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
14 nov. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 170,09+2,68 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 147,48+0,66 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 734,11+0,15 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 900,59-0,51 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 876,55+1,30 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 698,37+0,03 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 693,77+2,29 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 376,53-2,18 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 990,49+0,77 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,459 %-0,003 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,720 %+0,055 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,141 %+0,071 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1612+1,15 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 087,91 -0,11 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars64,46+1,18 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars95 950,20-6,23 %38 252,5493 776,61

Départ à la retraite : état des lieux après la suspension de la réforme de 2023

L’Assemblée nationale a adopté, lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la suspension de la réforme des retraites de 2023. Le texte doit désormais être examiné par le Sénat avant d’être soumis à une commission mixte paritaire, en vue d’une adoption définitive, sous réserve que les délais d’examen soient tenus.

La suspension de la réforme a pour conséquence de figer l’âge légal à 62 ans et 9 mois, ainsi que le nombre de trimestres requis pour obtenir une retraite à taux plein à 170 trimestres. Les premiers actifs concernés par cette suspension sont les travailleurs de la génération 1964, qui pourront partir à la retraite dès 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans, et bénéficier du taux plein avec 170 trimestres au lieu de 171.

Le gouvernement a également décidé d’étendre la suspension aux personnes pouvant partir avant l’âge légal parce qu’elles ont commencé à travailler très jeunes. Dans le secteur privé, les assurés relevant du dispositif des « carrières longues » et souhaitant partir à compter de l’an prochain pourront ainsi obtenir une retraite à taux plein avec un nombre de trimestres inférieur à celui qui aurait été exigé si la réforme Macron avait continué à s’appliquer sans changement. Ces conditions plus favorables ne s’appliqueront toutefois qu’aux retraites liquidées à partir du 1er septembre 2026.

La suspension concernera aussi les fonctionnaires, qu’ils relèvent ou non de la catégorie active, ainsi que les militaires ayant plus de 15 ans de service. Sont également concernés les infirmiers de la fonction publique hospitalière qui, après la réforme de 2010, avaient renoncé au départ possible à 55 ans en échange d’un passage en catégorie A et d’une meilleure rémunération.

Au total, 3,5 millions de personnes sont potentiellement concernées par la suspension. Il s’agit des générations 1964 à 1968, soit une classe d’âge représentant environ 700 000 liquidations par an. La Caisse nationale d’assurance-vieillesse souligne toutefois que toutes les personnes éligibles ne saisiront pas cette opportunité : pour beaucoup, l’âge ne serait avancé que de trois mois, et certains pourraient préférer prolonger leur activité afin de bénéficier d’une surcote. Par ailleurs, tous les assurés n’auront pas le nombre de trimestres nécessaires pour partir dès le seuil minimal à taux plein.

Les personnes les plus susceptibles de bénéficier pleinement de la suspension sont celles entrant dans le champ des carrières longues ou relevant des catégories actives ou super-actives de la fonction publique.

Le Coin des épargnants du 8 novembre 2025 – inquiétudes sur l’intelligence artificielle

Le CAC a enregistré une deuxième semaine consécutive de baisse avec un recul de plus de 2 %. Les doutes s’amplifient quant à une possible survalorisation des valeurs technologiques américaines. A Wall Street, le Nasdaq a perdu plus de 3 % en cinq séances, emmenant à la baisse le bitcoin. Les investisseurs commencent à douter de la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle ce qui provoque une petite correction.

Les marchés sont fébriles également en raison de l’absence de statistiques américaines due au plus long shutdown de l’histoire des Etats-Unis. Faute d’éléments tangibles, une détente de la Fed en décembre n’est pas assurée, même si ce scénario est encore estimé à près de 70 %. Les investisseurs sont dans le brouillard, désorientés entre les avertissements contre l’inflation de plusieurs membres de la banque centrale et la montée des inquiétudes sur le marché du travail, les licenciements en octobre n’ayant jamais été aussi élevés pour un tel mois depuis 2003. Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, a dit elle-même qu’il n’est pas « évident que la politique monétaire doive en faire davantage à l’heure actuelle. »

Le moral des consommateurs américains est au plus bas, le shutdown alimentant l’anxiété selon l’indice de l’Université du Michigan. Cette dernière a indiqué que son indice de confiance des consommateurs est tombé à 50,3 ce mois-ci, son plus bas niveau depuis juin 2022, contre 53,6 en octobre. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une légère baisse à 53,2Cet indice a atteint son niveau le plus depuis trois ans et demi en novembre. Le blocage des administrations, le plus de long de l’histoire américaine provoque de nombreuses perturbations allant de la suspension des aides alimentaires à l’immobilisation de vols aériens. Cependant, l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan, confirment la polarisation de la société américaine, les ménages aisés s’en sortant quand ceux à faibles revenus sont contraints faute d’aide de revoir leur consommation à la baisse. Le moral s’est redressé parmi les détenteurs de portefeuilles boursiers conséquents, ce que l’Université du Michigan attribue à la « poursuite de la vigueur des marchés actions ». Cette dynamique d’économie à deux vitesses avait déjà été relevée la semaine dernière dans une enquête du Conference Board. La baisse du moral concerne aussi bien les consommateurs se déclarant Démocrates, Républicains ou Indépendants, et touche toutes les tranches d’âge et de revenus, à l’exception de celles détenant le tiers le plus élevé d’actions en bourse.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats 7 nov. 2025Évolution sur une semaineRésultats 29 déc. 2023Résultats 31 déc. 2024
CAC 40 7 950,18-2,13 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 987,10-1,21 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 728,80-1,63 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 004,54-3,04 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 569,96-1,68 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 682,57-0,38 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 566,530-1,67 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 276,37+0,11 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 997,56+0,23 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,462 %+0,043 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,665 %+0,034 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,070 %-0,022 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1580-0,61 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 000,88+2,01 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,49-2,26 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars102 224,74-7,71 %38 252,5493 776,61

Patrimoine des ménages : près de 15 000 milliards d’euros

En 2024, le patrimoine des ménages augmente s’est élevé, selon l’INSEE, à 14 953 milliards d’euros en hausse de 0,7 % sur un an. Il représente 76,5 % du patrimoine national et 8,2 fois leur revenu disponible net. Comme en 2023, la hausse en 2024 résulte de celle du patrimoine financier net (+1,1 point de contribution à la croissance du patrimoine des ménages), atténuée par une baisse du patrimoine non financier affectée par le recul de l’immobilier (-0,4 point de croissance).

Le patrimoine financier net des ménages est structurellement positif. En 2024, il a atteint 4 986 milliards d’euros, dont 7 096 milliards d’euros d’actifs financiers, contre 2 112 milliards de crédits.

Concernant les actifs financiers, les ménages ont privilégié l’assurance-vie et les placements retraite avec une hausse respective de 3,6 et 6,4 %. Les réallocations observées en 2023 sur les différentes catégories de dépôts se poursuivent. Le numéraire et les dépôts ont augmentent de 1,4 %, après +2,6 % en 2023. En 2024, les livrets d’épargne réglementée (livret A, LDDS, LEP) et les dépôts à terme ont continué de progresser quand les dépôts à vue et les plans d’épargne-logement diminuent. Les placements des ménages en actions et parts de fonds d’investissement augmentent légèrement, après un rebond en 2023 (+1,5 %, après +11,7 %).

Au passif, les crédits des ménages sont stables (+0,0 %, après +1,1 %). La production de crédits demeure faible bien que les taux des crédits nouveaux à l’habitat hors renégociation soient passés de plus de 4,0 % à 3,3 % au cours de l’année. Les flux nets de crédits s’élèvent à 3 milliards d’euros en 2024, après 23 milliards en 2023.

Le patrimoine financier ne représente toutefois que le tiers de la richesse totale des ménages, les deux tiers restants étant composés du patrimoine non financier, essentiellement constitué d’immobilier.

À eux seuls, les ménages détiennent la moitié du patrimoine non financier de la nation. La valeur de ce patrimoine non financier des ménages diminue en 2024 de 0,6 % (après -3,0 %). La valeur des logements et des terrains sous‑jacents, qui représentent 87,1 % de ces actifs, diminue légèrement (‑0,8 %, après -2,8 %), en raison du recul de la valeur des terrains (-3,2 %, après -8,9 %), partiellement atténuée par la hausse de celle du bâti (+1,2 %, après +3,0 %).

Cercle de l’Epargne – données INSEE

L’assurance vie est-elle improductive ?

Philippe Crevel a été interrogée par la rédaction d’Atlantico au sujet du projet d’impôt sur la fortune dite improductive.


Loin d’être dormante, l’assurance-vie irrigue l’économie française et les finances publiques. La taxe sur les fonds euros risquerait de déplacer l’épargne vers l’étranger, de renchérir la dette et de brouiller la notion de justice fiscale.

Hausse de la flat tax ?

Les prélèvements sociaux sur les produits de placement et revenus financiers en France se composent de plusieurs contributions dont la CSG. Leur taux global est actuellement de 17,2 %. Il s’applique aux revenus du capital (intérêts, dividendes, plus-values, assurance vie, PER, PEA, PEL, CEL, livrets ordinaires, superlivrets, dépôts à terme etc.). Seuls y échappent le Livret A, le LDDS, le LEP et le livret Jeune ainsi que le PEAC.

L’Assemblée nationale, lors de l’examen du  projet de loi de financement de la Sécurité sociale de porter le taux de la CSG sur les produits financiers de 9,2 à 10,6% soit une hausse de 1,4 point censée rapporter 2,8 milliards d’euros. Seront particulièrement touchés l’assurance vie et les comptes titres.

Le taux des prélèvements sociaux passerait en cas d’adoption définitive de cette hausse de 17,2 à 18,6 %. Le taux de la flat tax attendrait 31,4 % au lieu de 20 %.

ComposanteTauxAffectation principale
CSG (Contribution sociale généralisée)9,2 %Financement de la Sécurité sociale (maladie, famille, retraite)
CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale)0,5 %Amortissement de la dette sociale (CADES)
Prélèvement de solidarité7,5 %Remplace depuis 2018 le prélèvement social et ses contributions additionnelles ; affecté au budget de l’État et au Fonds de solidarité vieillesse (FSV)
Total17,2 %

L’impôt sur la fortune improductive : le nouvel ovni fiscal français

Les discussions parlementaires, surtout depuis la disparition du fait majoritaire, sont propices à l’imagination fiscale. Cette année, les parlementaires ont donné libre cours à leur créativité en la matière.

À défaut d’avoir institué la taxe Zucman sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, l’Assemblée nationale a adopté un amendement qui remet au goût du jour l’ISF à travers un nouvel impôt sur la fortune « improductive ». En 2018, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, l’impôt sur la fortune avait laissé la place à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). L’assiette de ce dernier ne concernait que les biens immobiliers, avec un seuil d’imposition fixé à 1,3 million d’euros. Les produits financiers et les autres biens meubles (bijoux, bateaux, voitures, etc.) avaient alors été exclus de l’assiette. L’ISF comptait, en 2017, 358 000 contribuables pour un rendement de 4,6 milliards d’euros.

En 2024, environ 186 000 foyers fiscaux étaient assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière, qui a rapporté un peu plus de 2 milliards d’euros.

L’amendement déposé au projet de loi de finances pour 2026 par le député MoDem Jean-Paul Matteï et adopté le 31 octobre dernier élargit l’assiette de l’IFI à certains placements financiers et biens meubles. Les sommes, rentes ou valeurs d’assurance-vie (hors unités de compte), les liquidités et placements financiers assimilés, les actifs numériques (cryptomonnaies), ainsi que les biens meubles corporels — jets privés, voitures de luxe, bijoux, mais aussi œuvres d’art — intègrent désormais le périmètre de l’impôt. Les biens professionnels demeurent exonérés. Un abattement d’un million d’euros est prévu sur la résidence principale. Par ailleurs, les logements répondant à des normes environnementales pourraient bénéficier d’une exonération.

Le nouvel IFI ne serait plus soumis à un barème progressif (actuellement de 0,5 % à 1,5 %). Le taux serait unique, fixé à 1 %, et ne s’appliquerait qu’à partir de 2 millions d’euros de patrimoine.

Compte tenu de la rédaction de l’amendement, plusieurs zones de flou demeurent. Les fonds en euros présents dans les contrats de capitalisation ou les PER sont-ils concernés ? Historiquement, les produits d’épargne retraite, comme les contrats Madelin, n’ont jamais été visés par un impôt sur le patrimoine, car il faut normalement attendre la retraite — ou l’un des cas de déblocage anticipé — pour récupérer tout ou partie des sommes épargnées.

Même incertitude concernant les actifs détenus indirectement au travers d’une société ou d’une holding. L’IFI, dans sa version actuelle (limitée à l’immobilier), prévoit d’imposer les parts de ces sociétés au prorata des actifs immobiliers imposables qu’elles détiennent. Les députés n’ont pas amendé cette partie de l’article 965 du Code général des impôts pour tenir compte de l’élargissement de l’assiette. Les actifs improductifs non immobiliers, hébergés dans une société, pourraient ainsi échapper à l’IFI remanié.

L’abattement d’un million d’euros pourrait concerner un bien locatif ou une résidence secondaire si le contribuable n’est pas propriétaire de sa résidence principale. Les règles d’imputation des déficits devront également être précisées.

Si ce nouvel IFI est définitivement adopté, il devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2026, avec une première déclaration au printemps suivant.

Le rendement estimé de cet impôt sur la fortune improductive serait relativement faible. Par rapport à l’IFI actuel, le gain ne dépasserait pas 500 millions d’euros. En octobre 2023, un rapport du Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital estimait que le maintien de l’ISF aurait rapporté 6,3 milliards d’euros pour la seule année 2022.

Cet impôt devrait, sans nul doute, disparaître au Sénat et ne pas être retenu par une éventuelle commission mixte paritaire, chargée de présenter un texte commun aux deux chambres. À supposer que le débat ne s’enlise pas : au-delà des 70 jours impartis, le gouvernement pourrait recourir aux ordonnances, et dans ce cas, il ne retiendrait certainement pas cet impôt.

L’assurance vie en pleine forme en septembre

L’assurance vie continue d’enregistrer de bons résultats, avec un gain de 12,8 milliards d’euros au troisième trimestre. Premier placement des ménages en France, elle bénéficie d’une compétitivité retrouvée. La baisse du rendement du Livret A, combinée au maintien de celui des fonds en euros autour de 2,6 %, ainsi qu’à la bonne tenue des marchés boursiers, explique la progression remarquable de la collecte nette et brute de l’assurance vie.

Une collecte nette remarquable en septembre

Au mois de septembre, l’assurance vie confirme sa dynamique, avec une collecte nette de 4,12 milliards d’euros, soit son meilleur résultat depuis 1997, année marquant le début de la base statistique de France Assureurs. Jusqu’à présent, le record pour un mois de septembre datait de 2009 (4,05 milliards d’euros).

En 2025, la collecte nette se situe très largement au-dessus de sa moyenne décennale (787 millions d’euros). Le mois de septembre réussit, en règle générale, plutôt bien à l’assurance vie. Depuis l’an 2000, seules quatre décollectes ont été enregistrées au cours de ce mois :

  • 2020 : -246 millions d’euros ;
  • 2016 : -553 millions d’euros ;
  • 2012 : – 308 millions d’euros ;
  • 2011 : -1,810 milliard d’euros.

La collecte nette de septembre 2025 est nettement supérieure à celle du même mois en 2024 (2,4 milliards d’euros). Elle s’inscrit dans la continuité des bons résultats enregistrés ces derniers mois : 3,7 milliards d’euros en août et 4,9 milliards d’euros en juillet.

La collecte nette est restée positive tant pour les unités de compte (+2,5 milliards d’euros) que pour les fonds en euros (+1,6 milliard d’euros). Ces derniers signent ainsi leur huitième mois consécutif de collecte nette positive depuis février 2025, une performance inédite depuis septembre 2019.

Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint 39,4 milliards d’euros, soit 18,8 milliards de plus qu’à la même période en 2024. Cette progression concerne à la fois les supports en euros (+7,2 milliards d’euros) et les unités de compte (+32,1 milliards d’euros).

En septembre, des cotisations record

En septembre, les cotisations en assurance vie ont atteint près de 15 milliards d’euros (14,9 milliards d’euros), établissant un record pour ce mois. Elles sont en hausse de 20 % sur un an. Les cotisations ont progressé de 17 % pour les fonds en euros et de 27 % pour les unités de compte.

Depuis le début de l’année, elles totalisent plus de 143 milliards d’euros, témoignant d’un véritable rebond de l’assurance vie.

La part des cotisations en unités de compte est en léger repli, à 35 % en septembre, contre 38 % pour l’ensemble de l’année 2024. Ce recul s’explique par le regain d’attractivité des fonds en euros, qui profitent de la stabilisation de leurs rendements.

La modération persistante des prestations

Les ménages continuent à peu retirer d’argent de leur assurance vie. Les prestations se sont élevées à 10,8 milliards d’euros en septembre.

Depuis le début de l’année, elles reculent de 6 % (−6,7 milliards d’euros), pour s’établir à 103,8 milliards d’euros. Cette baisse concerne à la fois les supports en euros (−5,5 milliards d’euros) et les supports en unités de compte (−1,2 milliard d’euros).

Un encours en hausse de 5 % sur un an

L’encours global atteint 2 084 milliards d’euros à fin septembre 2025, confortant l’assurance vie dans son rôle de premier placement financier des ménages français.

2025 : l’année de l’assurance vie

L’assurance vie devrait continuer de bénéficier d’une collecte abondante d’ici la fin de l’année. La collecte nette pourrait s’établir autour de 50 milliards d’euros en 2025. Il faut remonter à 2010 pour retrouver un tel niveau.

Depuis le début de l’année, les ménages réorientent leur effort d’épargne, qui demeure soutenu. Ils réduisent leurs versements sur les produits d’épargne réglementée et réaffectent une partie de leurs liquidités précédemment placées sur les dépôts à terme, dont l’encours a reculé de 20 milliards d’euros entre janvier et août 2025.

L’Assurance vie à grande vitesse

L’assurance vie continue d’enregistrer de bons résultats, avec un gain de 12,8 milliards d’euros au troisième trimestre. Premier placement des ménages en France, elle bénéficie d’une compétitivité retrouvée. La baisse du rendement du Livret A, combinée au maintien de celui des fonds en euros autour de 2,6 %, ainsi qu’à la bonne tenue des marchés boursiers, explique la progression remarquable de la collecte nette et brute de l’assurance vie.

Une collecte nette remarquable en septembre

Au mois de septembre, l’assurance vie confirme sa dynamique, avec une collecte nette de 4,12 milliards d’euros, soit son meilleur résultat depuis 1997, année marquant le début de la base statistique de France Assureurs. Jusqu’à présent, le record pour un mois de septembre datait de 2009 (4,05 milliards d’euros).

En 2025, la collecte nette se situe très largement au-dessus de sa moyenne décennale (787 millions d’euros). Le mois de septembre réussit, en règle générale, plutôt bien à l’assurance vie. Depuis l’an 2000, seules quatre décollectes ont été enregistrées au cours de ce mois :

  • 2020 : -246 millions d’euros ;
  • 2016 : -553 millions d’euros ;
  • 2012 : – 308 millions d’euros ;
  • 2011 : -1,810 milliard d’euros.

La collecte nette de septembre 2025 est nettement supérieure à celle du même mois en 2024 (2,4 milliards d’euros). Elle s’inscrit dans la continuité des bons résultats enregistrés ces derniers mois : 3,7 milliards d’euros en août et 4,9 milliards d’euros en juillet.

La collecte nette est restée positive tant pour les unités de compte (+2,5 milliards d’euros) que pour les fonds en euros (+1,6 milliard d’euros). Ces derniers signent ainsi leur huitième mois consécutif de collecte nette positive depuis février 2025, une performance inédite depuis septembre 2019.

Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint 39,4 milliards d’euros, soit 18,8 milliards de plus qu’à la même période en 2024. Cette progression concerne à la fois les supports en euros (+7,2 milliards d’euros) et les unités de compte (+32,1 milliards d’euros).

En septembre, des cotisations record

En septembre, les cotisations en assurance vie ont atteint près de 15 milliards d’euros (14,9 milliards d’euros), établissant un record pour ce mois. Elles sont en hausse de 20 % sur un an. Les cotisations ont progressé de 17 % pour les fonds en euros et de 27 % pour les unités de compte.

Depuis le début de l’année, elles totalisent plus de 143 milliards d’euros, témoignant d’un véritable rebond de l’assurance vie.

La part des cotisations en unités de compte est en léger repli, à 35 % en septembre, contre 38 % pour l’ensemble de l’année 2024. Ce recul s’explique par le regain d’attractivité des fonds en euros, qui profitent de la stabilisation de leurs rendements.

La modération persistante des prestations

Les ménages continuent à peu retirer d’argent de leur assurance vie. Les prestations se sont élevées à 10,8 milliards d’euros en septembre.

Depuis le début de l’année, elles reculent de 6 % (−6,7 milliards d’euros), pour s’établir à 103,8 milliards d’euros. Cette baisse concerne à la fois les supports en euros (−5,5 milliards d’euros) et les supports en unités de compte (−1,2 milliard d’euros).

Un encours en hausse de 5 % sur un an

L’encours global atteint 2 084 milliards d’euros à fin septembre 2025, confortant l’assurance vie dans son rôle de premier placement financier des ménages français.

2025 : l’année de l’assurance vie

L’assurance vie devrait continuer de bénéficier d’une collecte abondante d’ici la fin de l’année. La collecte nette pourrait s’établir autour de 50 milliards d’euros en 2025. Il faut remonter à 2010 pour retrouver un tel niveau.

Depuis le début de l’année, les ménages réorientent leur effort d’épargne, qui demeure soutenu. Ils réduisent leurs versements sur les produits d’épargne réglementée et réaffectent une partie de leurs liquidités précédemment placées sur les dépôts à terme, dont l’encours a reculé de 20 milliards d’euros entre janvier et août 2025.

France Assureurs

France Assureurs

Contact presse :

Le Coin des Epargnants du 31 octobre 2025

Mouvement de taux aux États-Unis, statu quo en Europe

Les mois d’octobre ont parfois rimé avec krachs boursiers. Il n’en a rien été en 2025. De nombreux indices ont, au contraire, atteint de nouveaux records.

Les marchés actions ont été portés par les bons résultats trimestriels des entreprises, la baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed) et l’engouement pour l’intelligence artificielle. La capitalisation de Nvidia a dépassé 5 000 milliards de dollars, tandis que celle de Microsoft a franchi les 4 000 milliards, à la faveur de son accord renforcé avec OpenAI. Depuis le début de l’année, les marchés plébiscitent les groupes les plus exposés à l’IA, et sanctionnent ceux jugés moins ambitieux. Alphabet, Meta et Microsoft, considérés comme les plus avancés dans le domaine, ont respectivement progressé de 28 %, 25 % et 23 % sur les trois premiers trimestres, loin devant Apple et Amazon, jugés plus en retrait.

Détente commerciale entre Washington et Pékin

Le mois d’octobre a également été marqué par un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, conclu lors de la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump. Ce dernier, en réaction aux restrictions chinoises sur les terres rares, avait menacé d’imposer 100 % de droits de douane sur les produits chinois. En échange de la levée des interdictions d’exportation de terres rares, les droits ont été ramenés de 157 % à 47 %. Donald Trump a également obtenu la reprise des achats de soja américain par la Chine, suspendus depuis septembre.

Paris profite de l’accalmie politique

Le CAC 40 a signé son meilleur mois depuis janvier, battant en séance son record du 10 mai 2024, avec un pic à 8 271,48 points le 21 octobre. En France, la sortie de la crise politique a rassuré les investisseurs. Le taux de l’OAT à 10 ans s’est légèrement détendu : l’écart avec le Bund allemand est revenu à 70 points de base, contre 90 en pleine crise. Au 31 octobre 2025, le taux français à 10 ans (3,419 %) reste toutefois supérieur à celui de l’Italie (3,383 %).

L’or bat un nouveau record

Le cours de l’once d’or a dépassé les 4 200 dollars en octobre. Les pressions exercées par Donald Trump sur la Fed ont nourri les craintes d’une remise en cause de son indépendance, incitant les investisseurs à se tourner vers les valeurs refuges.

Nouvelle baisse de taux de la Fed

Le mercredi 29 octobre, la Réserve fédérale américaine a annoncé une nouvelle baisse de ses taux directeurs d’un quart de point, les ramenant dans la fourchette 3,75 % – 4 %. Elle a également confirmé la fin de la réduction de son bilan à compter du 1er décembre.

La paralysie budgétaire (shutdown) contraint la Fed à agir sans disposer en temps réel des statistiques économiques. L’institution a relancé son cycle d’assouplissement monétaire le mois dernier, après une longue pause, motivée par la baisse des créations d’emplois, malgré une inflation toujours supérieure à l’objectif de 2 %.

Jerome Powell a toutefois prévenu qu’une troisième baisse consécutive en décembre était « loin d’être acquise ». Cette prudence a surpris les investisseurs, qui anticipaient une poursuite du mouvement de détente monétaire.

Cette déclaration a jeté un froid sur les marchés, alors que la perspective d’une politique plus accommodante alimentait la hausse des cours depuis plusieurs semaines. Certains membres de la Fed s’inquiètent du maintien de pressions inflationnistes, mais le ralentissement économique est désormais tangible. La paralysie budgétaire accroît les risques à court terme, tandis que les annonces de suppressions d’emplois se multiplient.

Tant que le Congrès n’adoptera pas de nouveau budget, aucune nouvelle donnée officielle sur l’inflation ne sera publiée, a prévenu l’administration Trump. Les statistiques sur l’emploi sont déjà suspendues depuis fin septembre. Pour ne rien arranger, ADP, le spécialiste des données privées sur le marché du travail, a restreint l’accès des économistes de la Fed à ses données détaillées.

La banque centrale américaine a également acté la fin de la réduction progressive de son bilan, alors que les marchés monétaires à court terme ont montré de premiers signes de tension. La Fed reprendra les réinvestissements de son portefeuille d’obligations à partir du 1er décembre.

La taille du bilan de la Fed est passée d’un pic de 9 000 milliards de dollars en 2022 à 6 600 milliards aujourd’hui. Malgré cette cure d’amincissement, il demeure supérieur de 2 000 milliards à son niveau d’avant la pandémie. La fin du resserrement quantitatif devrait contribuer à assouplir les conditions de financement, mais la Fed prévoit de concentrer ses réinvestissements sur la dette d’État américaine, tout en continuant à liquider ses titres adossés à des prêts hypothécaires.

Donald Trump, de son côté, s’est montré moins vindicatif envers la Fed ces dernières semaines. Le président apprécie la baisse des taux, même s’il souhaiterait une action plus rapide.

Statu quo à Francfort

Le jeudi 30 octobre, à la différence de la Fed, la Banque centrale européenne (BCE) a choisi le statu quo. Le Conseil des gouverneurs a décidé de maintenir :

  • le taux de dépôt à 2 % ;
  • le taux des opérations principales de refinancement à 2,15 % ;
  • le taux de la facilité de prêt marginal à 2,40 %.

Cette décision, largement anticipée, confirme la volonté de la BCE de privilégier la stabilité monétaire. Mi-octobre, Christine Lagarde avait déclaré, lors de la réunion annuelle du FMI à Washington, que « la politique monétaire est actuellement bien positionnée et l’Europe bien préparée à faire face aux chocs futurs ».

L’institution souligne que l’inflation reste proche de l’objectif de 2 % à moyen terme, avec des prévisions inchangées :

  • 2,1 % en 2025 ;
  • 1,7 % en 2026 ;
  • 1,9 % en 2027.

Dans ce contexte, la BCE estime qu’il est urgent de ne rien faire. Elle note que « l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, le cessez-le-feu au Moyen-Orient et les progrès dans les négociations sino-américaines ont réduit certains risques pesant sur la croissance mondiale ».

La baisse des taux de la Fed pourrait toutefois, à terme, entraîner une appréciation de l’euro, pénalisant les exportations européennes — un facteur qui pourrait, à moyen terme, inciter la BCE à ajuster sa politique monétaire.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
31 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 121,07-1,43 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 562,87+0,75 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 840,20+0,71 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 724,96+2,39 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 958,30-1,16 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 717,25+0,74 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 662,0-0,22 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)52 411,34+6,28 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 954,79+0,98 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,419 %-0,015 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,631 %+0,005 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,092 %+0,091 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1526-0,61 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 009,87-3,37 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars65,05-1,19 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars109 194,06-1,65 %38 252,5493 776,61

Les achats d’or toujours dynamiques

Depuis le début de l’année, le cours de l’once d’or a progressé de plus de 50 %. Qui sont les acteurs à l’origine de cette envolée ? Selon les données publiées le 30 octobre dernier par le Conseil mondial de l’or (CMO), la demande mondiale a atteint un nouveau record au troisième trimestre, à 1 313 tonnes, soit le volume le plus élevé observé depuis l’an 2000, date du début de l’enregistrement des données par le CMO.

En valeur, la demande a augmenté de 44 %, pour atteindre un record de 146 milliards de dollars sur le trimestre. Depuis le début de l’année, la demande cumulée s’établit à 3 717 tonnes, pour une valeur de 384 milliards de dollars, soit 1 % de plus qu’en 2024.

Les banques centrales demeurent des acteurs majeurs du marché. Leurs achats ont atteint 220 tonnes d’or au troisième trimestre, soit une hausse de 28 % par rapport au trimestre précédent. La Banque nationale du Kazakhstan a été le principal acheteur, tandis que la banque centrale du Brésil a acquis de l’or pour la première fois depuis plus de quatre ans. En cumulé sur l’année, la demande des banques centrales recule toutefois légèrement : 634 tonnes sur les trois premiers trimestres de 2025, contre 724 tonnes sur la même période en 2024.

Légère baisse de la taux de rémunération de l’épargne de court terme pour les ménages

En septembre, selon la Banque de France, la rémunération moyenne des encours de dépôts bancaires des ménages et des sociétés non financières (SNF) est stable et s’établit à 1,28 %. Le taux de rémunération des dépôts à terme pour les livrets ordinaires.

Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS 

Encours (Md€)Taux de rémunération des dépôtsContrats nouveaux (Mds€)Taux de rémunération sur contrats nouveaux
sept-25 (p)sept-24août-25 (r)sept-25 (p)sept-25 (p)sept-24août-25 (r)sept-25 (p)
Dépôts bancaires des Ménages et SNF2 5991,821,281,28
dont Ménages1 8821,861,311,31
dont : – dépôts à vue (b)5540,070,040,04
– livrets à taux réglementés (b,c)7173,071,801,80
dont : livret A (b)4033,001,701,70
– livrets ordinaires (b)2270,930,790,77
– dépôts à terme <= 2 ans (d)733,492,492,41123,191,941,88
– dépôts à terme > 2 ans (d)1062,362,392,4023,052,462,42
– plan d’épargne-logement2042,622,632,6312,241,741,75
dont SNF7171,721,191,20
dont : – dépôts à vue (b)4970,790,480,46
– dépôts à terme <= 2 ans (d)1373,712,502,60373,552,052,09
– dépôts à terme > 2 ans (d)833,573,303,2623,102,442,63
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème3,652,152,15
Euribor 3 mois (e)3,432,022,03
Rendement du TEC 2 ans (e), (f)2,432,072,14
Rendement du TEC 5 ans (e), (f)2,532,672,72

Notes :

– En raison des arrondis, la somme peut légèrement différer du total des composantes

a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Pour les dépôts à vue et les livrets, le taux sur les contrats nouveaux est supposé égal à celui sur les encours.
c. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
d. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
e. Moyenne mensuelle.
f. Taux de l’Échéance Constante 2 ans et 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
r. Données révisées.
p. Données provisoires.

Moody’s ne dégrade pas la France

Moody’s ne dégrade pas la note de la France

Vendredi soir, Moody’s n’a pas dégradé la note de la France mais assorti cette dernière de perspective négative. Elle a ainsi maintenu la note « AA3 ». Moody’s se distingue des deux autres grandes agences de notation qui ont récemment privé Paris de son « double A »,  Fitch en septembre et S&P la semaine dernière, en avance sur son calendrier de révision traditionnel.

Moody’s avec le changement de perspective a mis néanmoins en garde la France qui pourrait rapidement perdre son dernier double A si elle n’arrivait pas à maîtriser la situation de ses finances publiques. L’agence souligne les dangers inhérents à l’instabilité politique. « Cette instabilité risque d’entraver la capacité du gouvernement à affronter des défis essentiels tels que le déficit budgétaire élevé, le fardeau croissant de la dette et la hausse durable des coûts d’emprunt. » expliquent les analystes de Moody’s, qui mentionnent les effets négatifs d’un retour en arrière durable sur certaines réformes structurelles clefs, en particulier la réforme des retraites de 2023. « Si la suspension de la réforme s’étend au-delà de quelques années, cela va exacerber les défis budgétaires du gouvernement et affecter négativement le potentiel de croissance de l’économie en réduisant l’offre de travail », ont-ils indiqué.

Comme pour les décisions des deux autres agences, celle de Moody’s ne devrait pas avoir de conséquences sur les marchés financiers. Les investisseurs ont intégré de longue date la détérioration des finances publiques tricolores, que les agences ne font en réalité que confirmer.

La discussion parlementaire du budget n’augure rien de bon pour l’avenir de la notation de la France. Si le gouvernement ambitionne de réduire le déficit public l’an prochain à 4,7 % du PIB (environ 144 milliards d’euros) contre 5,4 % attendus cette année (environ 160 milliards), nul s’attend que cet objectif soit atteint. La marche vers le retour d’u déficit en-dessous de 3 % du PIB (90 milliards d’euros) apparaît bien longue et incertaine.  « Ce n’est qu’en atteignant ce seuil des 3 % que nous stabiliserons notre dette », a répété Roland Lescure. La dette publique devrait représenter 115,9 % du PIB en fin d’année, en hausse de 2,7 points sur un an. Bercy espère ralentir cette hausse pour atteindre un pic à 118,7 % fin 2027 avant d’amorcer un lent recul. En un an, la charge d’intérêts est passée de 60 à 65 milliards et devrait atteindre 74 milliards l’an prochain avant d’approcher 100 milliards en 2028.

Le Coin des épargnants du 24 octobre 2025

Nouveau record pour le CAC 40

Ce mardi 21 octobre, le CAC 40 a battu un record en clôture, à 8 258,86 points, dépassant le niveau atteint le 15 mai 2024, avant la dissolution de l’Assemblée. Il aura fallu près d’un an et demi pour effacer le choc alors subi, sachant que les autres indices européens et américains ont connu entre-temps une forte hausse ; ces derniers ont également battu des records cette semaine.

Le nouveau record du CAC 40 intervient juste après une nouvelle crise politique et la dégradation de la note de la France par l’agence S&P. La discussion budgétaire chaotique aurait pu, elle aussi, refroidir les ardeurs des investisseurs. Tel n’a pas été le cas. Ces derniers avaient largement anticipé la situation. Les considérations politiques ont été mises de côté au profit de considérations économiques et financières. Depuis le début de l’année, les marchés boursiers sont portés par les avancées en matière d’intelligence artificielle et par l’éventuelle amélioration de la productivité qu’elle pourrait engendrer. La reprise de la baisse des taux directeurs de la part de la Banque centrale américaine constitue un autre vecteur de croissance pour les marchés d’actions. Les valeurs boursières profitent, en outre, de la publication des résultats trimestriels des entreprises, supérieurs aux attentes.

Le CAC 40, s’il est influencé par le contexte national, obéit aussi aux grandes tendances de l’économie mondiale. Entre 75 % et 80 % des revenus des sociétés du CAC 40 sont réalisés à l’étranger. Seulement 8 % du chiffre d’affaires de LVMH est réalisé en France, contre environ 27 % en Asie (hors Japon) et 25 % aux États-Unis. Malgré tout, le CAC 40 est loin d’avoir comblé son retard sur ses homologues : depuis le 1er janvier, il n’a progressé que de 10 %, contre plus de 20 % pour le DAX allemand. Avec les derniers soubresauts liés à la discussion budgétaire, le CAC 40 est resté stable vendredi, tandis que les grands indices américains et le DAX atteignaient de nouveaux records. Dès le début de l’examen en séance publique du budget, les menaces de dépôt de motions de censure se sont multipliées. Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a réclamé des mesures de justice fiscale (taxe Zucman, ISF climatique, etc.). Le Parti socialiste tente de pousser son avantage, conscient que la survie du gouvernement dépend en partie de sa position.

Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation a été publié ce vendredi après-midi, avec près de dix jours de retard par rapport au calendrier initial, en raison du shutdown de l’État fédéral. L’inflation a augmenté de 0,3 % le mois dernier et de 3 % sur un an. Le consensus établi par Bloomberg tablait sur des hausses respectives de 0,4 % et 3,1 %. Hors alimentation et énergie, la hausse est de 0,2 % sur un mois, contre +0,3 % attendu, et de 3 % sur un an, contre 3,1 % attendu. Des chiffres qui ne changent pas la donne à une semaine de la décision monétaire de la Réserve fédérale. Une détente des taux d’intérêt d’un quart de point est attendue en octobre.

Le pétrole, victime des sanctions

Depuis plusieurs semaines, le cours du baril de pétrole évoluait autour de 60 dollars. Les annonces de nouvelles sanctions prises par les États-Unis contre la Russie ont provoqué une hausse de plus de 5 dollars du baril. C’est la première fois que les exportations de pétrole russes sont directement visées par Washington, qui a placé les deux compagnies pétrolières russes Lukoil et Rosneft sur liste noire. Tous les actifs de ces compagnies aux États-Unis sont désormais gelés, et les entreprises américaines n’ont plus le droit de réaliser des affaires avec elles. Or, ces deux géants représentent l’essentiel des exportations de brut russe.

L’Union européenne a également décidé un nouveau train de sanctions, dont certaines visent la flotte fantôme de pétroliers russes. Cette flotte permet à la Russie de continuer à exporter son pétrole brut malgré les interdictions. Selon Emmanuel Macron, cette flotte parallèle permet à Moscou de financer 30 % à 40 % de son effort de guerre contre l’Ukraine.

La Russie demeure un acteur majeur du marché pétrolier. Avec environ 12 % de la production mondiale, elle est le troisième producteur mondial, derrière les États-Unis et l’Arabie saoudite. Les sanctions décidées par les États-Unis et l’Union européenne interviennent dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale, avec des prix du pétrole plutôt orientés à la baisse. Dans ce cadre, les tensions sur le marché pétrolier pourraient n’être qu’éphémères.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
24 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 225,63+0,39 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 207,12+2,35 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 791,69+2,02 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 204,87+2,49 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 243,97+1,73 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 638,58+2,94 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 674,50+1,20 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)49 299,65+5,23 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 950,31+2,12 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,434%+0,074 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,626 %+0,045 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,001 %-0,009 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1623+0,23 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 128,98-0,36 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars66,61+8,86 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars110 205,93-5,86 %38 252,5493 776,61

Livret A : coup de mou en septembre

Retour des vacances, dépenses de rentrée scolaire : le mois de septembre réussit rarement au Livret A ainsi qu’au Livret de développement durable et solidaire (LDDS), mais le cru 2025 est particulièrement mauvais, avec une décollecte de 1,95 milliard d’euros pour le premier et de 760 millions d’euros pour le second. La baisse du taux de rémunération à 1,7 %, intervenue le 1er août dernier, a manifestement conduit les ménages à réorienter leur épargne vers d’autres placements, dont l’assurance vie.

Septembre : toujours un mois difficile pour l’épargne réglementée

2025 marque la septième décollecte enregistrée en septembre depuis 2009 (année des premières statistiques de la Caisse des dépôts). Le LDDS signe, de son côté, sa treizième décollecte en septembre depuis cette même date.

2025 marque néanmoins une réelle inflexion. Il faut remonter à septembre 2015 pour retrouver, pour le Livret A, une décollecte plus forte (-2,38 milliards d’euros), tout comme pour le LDDS (-870 millions d’euros).

Le résultat de 2025 est très éloigné du niveau moyen de collecte observé sur les dix dernières années en septembre (+324 millions d’euros pour le Livret A et –183 millions pour le LDDS).

En septembre, les ménages doivent faire face à un surcroît de dépenses liées à la fin des vacances et à la rentrée scolaire. Par ailleurs, 13,1 millions de contribuables ont fait l’objet d’un prélèvement supplémentaire au titre de l’impôt sur le revenu de 2024, au mois de septembre (régularisation après envoi des avis d’imposition).

Le Livret A, moins valeur refuge que par le passé

La démission de François Bayrou, le 9 septembre 2025, n’a pas conduit les Français à accroître leur épargne de précaution sur leur Livret A. La répétition des crises gouvernementales peut expliquer cette moindre propension à épargner sur ce support, sachant que le taux d’épargne demeure déjà très élevé.

Compte tenu de l’attentisme qui prévaut, notamment en matière de consommation, les ménages ont préféré laisser leur argent sur leurs comptes courants. Par ailleurs, comme cela est constaté depuis le début de l’année, ils privilégient des placements mieux rémunérés, dont les fonds en euros de l’assurance vie. L’effet taux a donc joué contre le Livret A et le LDDS en septembre.

Une collecte en retrait depuis le début de l’année

Sur les trois premiers trimestres de l’année, la collecte du Livret A n’est que de 970 millions d’euros, contre 13,42 milliards d’euros à la même époque en 2024. Pour le LDDS, les montants respectifs sont de 2,79 milliards et 6,10 milliards d’euros.

La rupture est donc nette et semble clore la période de forte collecte qui avait démarré avec la guerre en Ukraine, en février 2022.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) sauvé par son taux

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en septembre 2025, une collecte positive de 110 millions d’euros, néanmoins en retrait par rapport à celle du mois d’août (330 millions d’euros) et à celle de septembre 2024 (330 millions d’euros également).

Le taux de rémunération de 2,7 % demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Depuis le début de l’année, la collecte reste néanmoins négative (-1,53 milliard d’euros).

Une fin d’année peu favorable à l’épargne réglementée

En règle générale, le dernier trimestre marqué par le paiement des impôts locaux et les fêtes de fin d’année est peu favorable au Livret A. Dans ce contexte, la poursuite de la décollecte est fort probable sachant que depuis trois ans, le Livret A comme le LDDS ont battu des records d’encours.

Vers une nouvelle baisse du taux du Livret A en février ?

Compte tenu des hypothèses d’inflation et de taux d’intérêt, le rendement du Livret A pourrait être à nouveau revu à la baisse le 1er février prochain. Son taux pourrait être ramené à 1,4–1,5 %, tandis que celui du LEP pourrait être révisé à 2,5 %.

données Caisse des dépôts

données Caisse des dépôts

Livret A : coup de déprime en septembre

Retour des vacances, dépenses de rentrée scolaire : le mois de septembre réussit rarement au Livret A ainsi qu’au Livret de développement durable et solidaire (LDDS), mais le cru 2025 est particulièrement mauvais, avec une décollecte de 1,95 milliard d’euros pour le premier et de 760 millions d’euros pour le second. La baisse du taux de rémunération à 1,7 %, intervenue le 1er août dernier, a manifestement conduit les ménages à réorienter leur épargne vers d’autres placements, dont l’assurance vie.

Septembre : toujours un mois difficile pour l’épargne réglementée

2025 marque la septième décollecte enregistrée en septembre depuis 2009 (année des premières statistiques de la Caisse des dépôts). Le LDDS signe, de son côté, sa treizième décollecte en septembre depuis cette même date.

2025 marque néanmoins une réelle inflexion. Il faut remonter à septembre 2015 pour retrouver, pour le Livret A, une décollecte plus forte (-2,38 milliards d’euros), tout comme pour le LDDS (-870 millions d’euros).

Le résultat de 2025 est très éloigné du niveau moyen de collecte observé sur les dix dernières années en septembre (+324 millions d’euros pour le Livret A et –183 millions pour le LDDS).

En septembre, les ménages doivent faire face à un surcroît de dépenses liées à la fin des vacances et à la rentrée scolaire. Par ailleurs, 13,1 millions de contribuables ont fait l’objet d’un prélèvement supplémentaire au titre de l’impôt sur le revenu de 2024, au mois de septembre (régularisation après envoi des avis d’imposition).

Le Livret A, moins valeur refuge que par le passé

La démission de François Bayrou, le 9 septembre 2025, n’a pas conduit les Français à accroître leur épargne de précaution sur leur Livret A. La répétition des crises gouvernementales peut expliquer cette moindre propension à épargner sur ce support, sachant que le taux d’épargne demeure déjà très élevé.

Compte tenu de l’attentisme qui prévaut, notamment en matière de consommation, les ménages ont préféré laisser leur argent sur leurs comptes courants. Par ailleurs, comme cela est constaté depuis le début de l’année, ils privilégient des placements mieux rémunérés, dont les fonds en euros de l’assurance vie. L’effet taux a donc joué contre le Livret A et le LDDS en septembre.

Une collecte en retrait depuis le début de l’année

Sur les trois premiers trimestres de l’année, la collecte du Livret A n’est que de 970 millions d’euros, contre 13,42 milliards d’euros à la même époque en 2024. Pour le LDDS, les montants respectifs sont de 2,79 milliards et 6,10 milliards d’euros.

La rupture est donc nette et semble clore la période de forte collecte qui avait démarré avec la guerre en Ukraine, en février 2022.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) sauvé par son taux

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en septembre 2025, une collecte positive de 110 millions d’euros, néanmoins en retrait par rapport à celle du mois d’août (330 millions d’euros) et à celle de septembre 2024 (330 millions d’euros également).

Le taux de rémunération de 2,7 % demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Depuis le début de l’année, la collecte reste néanmoins négative (-1,53 milliard d’euros).

Une fin d’année peu favorable à l’épargne réglementée

En règle générale, le dernier trimestre marqué par le paiement des impôts locaux et les fêtes de fin d’année est peu favorable au Livret A. Dans ce contexte, la poursuite de la décollecte est fort probable sachant que depuis trois ans, le Livret A comme le LDDS ont battu des records d’encours.

Vers une nouvelle baisse du taux du Livret A en février ?

Compte tenu des hypothèses d’inflation et de taux d’intérêt, le rendement du Livret A pourrait être à nouveau revu à la baisse le 1er février prochain. Son taux pourrait être ramené à 1,4–1,5 %, tandis que celui du LEP pourrait être révisé à 2,5 %.

Or, assurance vie, SCPI, les placements tendances vus par le Parisien

Philippe Crevel Crevel a été interrogé par Elodie Chermann du Parisien au sujet des placements qui sont plébiscités par les ménages depuis le début de l’année.

La gestion des régimes de retraite par les partenaires sociaux

Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne a été interrogé par France Info au sujet d’un retour du ‘une gestion paritaire des régimes de base des retraites sur le modèle de l’AGIRC – ARRCP

La dégradation de la note de la France

Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne a été interrogé sur les conséquences de la dégradation de la note de la France par l’agence S&P.

La note française dégradée par S&P

L’agence américaine S&P a dégradé la note souveraine de la France, qui passe de « AA- » à « A+ », avec une perspective stable. Le mouvement n’est pas totalement inattendu, notamment parce que S&P avait assorti sa note précédente d’une perspective négative au mois de février dernier. La surprise est venue d’un changement de calendrier : l’agence, qui prévoyait une révision de la note française fin novembre, a décidé de l’avancer au vu des derniers événements politiques.

« Malgré le dépôt d’un projet de budget pour 2026 au Parlement cette semaine, l’incertitude sur les finances publiques de la France demeure élevée », expliquent les analystes de S&P dans la note accompagnant leur décision. « Bien qu’à notre avis l’objectif de déficit public de 5,4 % du PIB en 2025 sera atteint, nous croyons qu’en l’absence de mesures additionnelles significatives pour réduire le déficit, la consolidation budgétaire sur notre horizon de prévision sera plus lente qu’attendu précédemment. »

L’agence ne croit pas à un retour du déficit public à 3 % du PIB d’ici 2029. Concernant la dette publique, elle estime qu’elle représentera 121 % du PIB en 2028, alors qu’elle devait initialement se stabiliser autour de 115 %. Cette année, elle pourrait atteindre 118 % du PIB.

L’agence indique que l’incertitude politique pourrait peser sur l’économie française en freinant l’investissement, la consommation privée et la croissance, malgré la présentation du projet de budget 2026 au Parlement.

La baisse de la note de la France est avant tout un constat, qui en soi ne provoquera pas une hausse des taux d’intérêt. Les investisseurs financiers ont déjà intégré la détérioration de la situation financière française. De nombreux pays européens, moins bien notés que la France, empruntent d’ailleurs aujourd’hui à de meilleurs taux. L’Espagne et le Portugal, tous deux notés « A- », se financent à moindre coût depuis un an. Les taux italiens sont désormais proches de ceux de la France ; ils ont même été inférieurs durant la période de crise gouvernementale au début du mois d’octobre.

L’échec des motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu s’est traduit par une réduction des tensions sur la dette française. En trois jours, la prime de risque appliquée à la dette française — mesurée par l’écart entre les coûts d’emprunt français et allemands à dix ans — est redescendue à ses niveaux de fin août dernier.

La dégradation de la note de la France n’a pas d’influence directe, mais elle contribue au climat de défiance et d’attentisme. Les ménages et les entreprises risquent ainsi de différer leurs investissements. Les taux des emprunts immobiliers ont cessé de diminuer, en lien avec la hausse des taux des OAT.

Un processus de dégradation de la note vieux de plus de dix ans

La France est dans l’angle de tir des agences depuis une quinzaine d’années. Moody’s a placé, en 2011, le pays sous « perspective négative ». Le 13 janvier 2012, Standard & Poor’s abaisse la note de la France de AAA à AA+, en raison de la montée des déficits et de la vulnérabilité de la zone euro. Fitch et Moody’s suivent durant l’année 2012, la France perdant ainsi son AAA auprès de toutes les grandes agences.

Avec la hausse de la dette publique, l’absence de réformes structurelles et la diminution de la croissance, Fitch puis Moody’s placent, en 2015, la note française à AA, avec des perspectives stables mais prudentes. Entre 2017 et 2019, un statu quo fragile s’installe, la note restant à AA ou Aa2 selon les agences.

En 2020, avec la pandémie, la dette publique progresse rapidement, mais les agences ne sanctionnent pas immédiatement la France, car tous les pays sont touchés et la BCE soutient massivement les dettes souveraines. En avril 2023, Fitch abaisse la note française de AA à AA-. L’agence souligne la dette élevée, les tensions sociales liées à la réforme des retraites et la difficulté à réduire le déficit. En mai 2023, S&P place la note française sous surveillance négative, alimentant la crainte d’une nouvelle dégradation. La France se retrouve alors avec une note autour de AA- ou Aa2, soit deux crans en dessous du triple A.

Le 12 septembre 2025, Fitch lance un nouveau cycle de baisse de la note française. S&P vient de s’y rallier avant, certainement, d’être rejointe par Moody’s le 24 octobre prochain.

Les pays conservant encore leur triple A auprès des trois grandes agences sont : l’Allemagne, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, la Suisse, l’Australie, le Canada et Singapour.

Le Coin des Epargnants du 17 octobre 2025

Le CAC 40 a gagné cette semaine plus de 3 %, une hausse en grande partie imputable au rejet des deux motions de censure à l’Assemblée nationale. Les investisseurs se sont réjouis de la fin, du moins temporaire, de la crise politique en France.

Vendredi 17 octobre, les indices phares des grandes places financières ont, en revanche, reculé en raison des déboires de deux banques américaines. Zions Bancorp et Western Alliance ont révélé en fin de semaine qu’elles avaient accordé des crédits qui ne seront probablement jamais honorés. Le retour des créances douteuses rappelle de mauvais souvenirs aux investisseurs, ceux de la crise financière de 2008. Toutes les grandes places boursières ont accusé le coup avec des replis marqués et, en contrepartie, une nouvelle hausse du cours de l’or. Par crainte d’un effet de contagion, les valeurs bancaires ont enregistré de fortes baisses vendredi.

Mercredi, Zions Bancorp a d’abord annoncé une perte de 50 millions au troisième trimestre, face au risque de défaut de ses emprunteurs sur deux crédits industriels et commerciaux souscrits via sa filiale de San Diego, en Californie. Le groupe invoque une fraude et un incident isolé. Le titre a chuté de 13 % jeudi. Western Alliance, une banque basée en Arizona, a octroyé des crédits aux mêmes emprunteurs et a annoncé jeudi avoir porté plainte contre Cantor Group pour fraude. Le titre a terminé la séance en baisse de 10 %. Les défauts de paiement sur crédits bancaires peuvent éroder la confiance, au moment où l’on entend de plus en plus parler de « bulle » à Wall Street.

Rencontre américano-chinoise en vue

Donald Trump a déclaré, dans une interview à Fox Business, que les droits de douane de 100 % dont il avait menacé la Chine la semaine dernière n’avaient pas vocation à s’appliquer. Il a confirmé qu’il rencontrerait son homologue Xi Jinping en Corée du Sud dans les prochaines semaines. La majoration des droits par le président américain avait été annoncée en réaction aux restrictions d’accès aux métaux rares décidées par la Chine. Donald Trump, au sujet de son homologue chinois, a déclaré : « Je m’entends très bien avec lui. Je pense que tout ira bien avec la Chine, mais nous devons conclure un accord équitable. Il doit être équitable. » La trêve commerciale entre les deux puissances court jusqu’au 10 novembre.

Selon des informations de CNBC, le secrétaire au Trésor Scott Bessent va s’entretenir dans la journée avec le vice-Premier ministre chinois He Lifeng pour discuter des négociations commerciales. Donald Trump continue son marathon diplomatique. Après Gaza, il s’est réinvesti dans le dossier ukrainien en rencontrant Volodymyr Zelensky. Un sommet avec Vladimir Poutine pourrait avoir lieu prochainement.

Malgré les tensions bancaires, les indices actions ont plutôt progressé cette semaine, les investisseurs prenant en compte les avancées américaines sur les différents théâtres d’opération.

Malgré tout, la recherche de valeurs refuges demeure forte et conduit à une nouvelle progression de l’or et à une diminution des taux souverains. Le rendement du bon du Trésor américain à maturité dix ans est repassé en dessous de 4 %. En France, l’échec des deux motions de censure a également provoqué une détente sur le taux de l’obligation du Trésor à dix ans.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
17 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 174,20+3,63 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 190,61+1,69 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 664,01+1,77 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 679,98+2,34 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 845,41-1,29 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 354,57-0,72 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 607,39+1,84 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)47 582,15-0,78 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 839,76-0,96 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,360%-0,117 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,581 %-0,063 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,010 %-0,059 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1672+0,11 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 227,47+6,54 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars61,17-2,53 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars107 299,87-5,86 %38 252,5493 776,61

Le fonds d’investissement défense de BPIfrance

Conformément aux engagements qui avaient été pris au mois de mars dernier, la banque publique d’investissement Bpifrance a lancé le mardi 14 octobre son fonds «Bpifrance Défense».

Ce fonds d’investissement est ouvert aux particuliers. Il est accessible à travers un contrat d’assurance-vie, un compte-titres, un plan d’épargne retraite ou encore en direct via la plateforme de Bpifrance. Plusieurs assureurs ont déjà annoncé le mettre à disposition de leurs clients.

Le montant minimum de versement pour ce fonds a été fixé à 500 euros. Le maximum de versement est de 500 000 euros. La somme investie est bloquée pendant une durée de cinq ans. Cette période permet au fonds d’investir dans le temps dans des entreprises non-cotées. BPIfrance estime que la période d’investissement recommandée est de 10 ans. Le fonds est prévu pour une durée de vie totale de 20 ans.

Bpifrance vise un objectif de rendement annuel de  5%. Ce type de placement comporte potentielle un risque en capital.

Bpifrance attend jusqu’à 450 millions d’euros de versement sur son fonds défense qui pourrait investir dans plus de 500 entreprises non cotées françaises et européennes dont l’activité est stratégique pour la souveraineté technologique, avec une ambition renforcée dans le secteur de la défense, annonçait Bpifrance quelques jours plus tôt dans son invitation au lancement de mardi.

 Selon une étude publiée le 8 octobre dernier par Bpifrance Le Lab, les besoins de financement pour faire à l’augmentation des commandes publiques de défense en Europe est évalué à 15 milliards d’euros dont 5 milliards d’euros de fonds propres et 10 milliards d’euros de dettes. Le fonds défense de Bpifrance doit aussi permettre de soutenir les investissements des entreprises en recherche et développement.

Les pensions AGIRC- ARRCO gelées en 2026

Faute d’accord entre les représentants des organisations patronales et syndicales qui le composent, l’Agirc-Arrco ne revalorisera pas ses pensions au 1er novembre prochain Le régime ne modifiera pas non plus la valeur d’achat du point au 1er janvier 2026. Les pensions AGIRC-ARRCO sont versées à 14 millions de retraités du privé.

L’année dernière, les pensions AGIR-ARRCO avaient été revalorisées de 1,6% au 1er novembre 2024.

La suspension de la réforme des retraites de 2023 a conduit à cette absence de consensus concernant la revalorisation des pensions complémentaires qui techniquement aurait pu se situer entre 0,6 et 1 %.

Pas de revalorisation des pensions AGIRC – ARRCO

Faute d’accord entre les représentants des organisations patronales et syndicales qui le composent, l’Agirc-Arrco ne revalorisera pas ses pensions au 1er novembre prochain Le régime ne modifiera pas non plus la valeur d’achat du point au 1er janvier 2026. Les pensions AGIRC-ARRCO sont versées à 14 millions de retraités du privé.

L’année dernière, les pensions 1AGIR – ARRCO avaient été revalorisées de 1,6% au 1er novembre 2024.

La suspension de la réforme des retraites de 2023 a conduit à cette absence de consensus concernant la revalorisation des pensions complémentaires qui techniquement aurait pu se situer entre 0,2 et 1 %.

Fonds BPIfrance défense – RMC

Philippe Crevel a été interrogé par la rédaction de RMC au sujet du lancement du Fonds d’investissement pour la défense créé par BPIfrance.

Le Coin des Epargnants du 10 octobre 2025 : Trump fait encore de ses siennes

Marchés : le retour des tarifs douaniers                                            

Cette semaine boursière a encore été marquée par les foucades de Donald Trump. À défaut d’avoir obtenu le prix Nobel de la paix auquel il semblait aspirer, il s’en est pris à la Chine, vendredi 10 octobre, en la menaçant d’une nouvelle vague d’augmentations massives des droits de douane. Le président américain a accusé Pékin d’adopter une attitude « hostile » et d’imposer des contrôles sur les terres rares. Tous les grands indices « actions » ont reculé, de plus de 2 % pour le Dow Jones. Les valeurs du luxe et de l’automobile ont été les plus touchées. Sur la semaine, le CAC 40 perd 2,21 %, mettant fin à quatre semaines consécutives de hausse de l’indice parisien. La crise politique en cours n’a pas contribué au retour des investisseurs sur le marché des actions à Paris. Le CAC 40 est en retrait par rapport aux autres places boursières depuis la dissolution du mois de juin 2024. Les investisseurs, face à l’instabilité politique et à l’incapacité des gouvernements à stabiliser la dette publique, réduisent leur exposition aux placements français. Depuis le début de l’année, le CAC 40 n’a progressé que de 9 %, contre 24 % pour le DAX allemand, 15 % pour le S&P 500 et 20 % pour le Nasdaq.

Aux États-Unis, le « shutdown » est toujours de rigueur. Vendredi soir, aucun accord n’avait encore été trouvé au Congrès entre républicains et démocrates sur le financement de l’État fédéral. De nombreux employés fédéraux sont progressivement contraints de quitter leur emploi, peut-être pour une durée prolongée. Lors de l’épisode de 2018-2019, le « shutdown » avait duré 34 jours — la plus longue période à ce jour — et quelque 800 000 fonctionnaires fédéraux avaient été mis au chômage, placés à l’arrêt ou contraints de travailler sans salaire.

L’or a plus de 4000 dollars l’once

L’once d’or ne finit pas d’augmenter : plus de 3 000 dollars en mars, 3 500 en avril et désormais 4 000 dollars… Mois après mois, cette appréciation contredit les prévisions des analystes. Cette semaine l’or a franchi la barre des 4000 dollars avant de se replier légèrement vendredi.

Depuis le début de l’année, l’or a progressé de plus de 50 %. Cette succession de records inédits est la marque d’une anxiété croissante sur les marchés financiers. La hausse du métal précieux est portée depuis cinq ans par une série de facteurs. La succession de chocs y contribue évidemment : épidémie de Covid, guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient, vague inflationniste, retour de Donald Trump, tensions géopolitiques, etc.

Ces dernières années, les achats d’or par les banques centrales ont été responsables, en grande partie, de l’augmentation du cours. Ces dernières diversifient leurs actifs et réduisent leur exposition au dollar. C’est en premier lieu le cas des banques centrales des pays émergents, comme la Chine ou l’Inde. La progression du prix de l’or est également la conséquence et le symbole de bouleversements profonds dans l’économie mondiale. La volonté de Donald Trump d’imposer sa loi à la Fed et de déprécier le dollar incite les investisseurs à réduire le montant de leurs actifs libellés en cette monnaie. Les Chinois, les Russes et d’autres rêvent d’un système financier moins dépendant du dollar. Ce dernier est de plus en plus fragmenté, même si le dollar reste, de loin, la première monnaie pour les réserves de change et pour les transactions commerciales ou financières.

La hausse de l’or traduit aussi les inquiétudes grandissantes quant à la soutenabilité des dettes publiques mondiales, et notamment celle des États-Unis. Le « shutdown » américain, cette paralysie budgétaire liée à l’incapacité du Congrès à s’entendre sur le relèvement du plafond de la dette, constitue la principale cause de l’augmentation de ces derniers jours. La fermeture partielle des administrations a retardé la publication d’indicateurs économiques clés, comme ceux sur l’emploi, accentuant l’incertitude autour de la conjoncture américaine.

La baisse des taux décidée par les banques centrales, et dernièrement par celle des États-Unis, est un vecteur de hausse du cours de l’or. Les titres publics rapportent moins, ce qui rend plus attractif le métal précieux.

La politique économique de Donald Trump est potentiellement inflationniste : la majoration des droits de douane et la diminution de l’immigration poussent les investisseurs à s’en protéger en achetant de l’or.

L’aggravation de la crise politique en France n’est pas non plus de nature à rassurer les marchés sur l’avenir économique de l’une des principales économies de la zone euro.

L’or n’est pas le seul métal précieux à profiter de cette défiance généralisée. Bien qu’il n’ait pas encore battu son record de 2011, l’argent gagne près de 70 % depuis le début de l’année et se négocie désormais à 48,4 dollars l’once.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
10 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 918,00-2,02 %7 543,187 380,74
Dow Jones45 479,60-2,01 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 552,51-1,82 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 204,43-1,46 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 266,80+0,02 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 427,47+0,04 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 531,32-2,06 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)48 088,80+7,27 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 897,03+1,93 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,477%-0,042 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,644 %-0,042 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,069 %-0,046 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1617-1,39 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 989,80+3,88 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars62,87-1,54 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars118 983,59-0,88 %38 252,5493 776,61

L’once d’or au-delà des 4000 dollars

L’once d’or ne finit pas d’augmenter : plus de 3 000 dollars en mars, 3 500 en avril et désormais 4 000 dollars… Mois après mois, cette appréciation contredit les prévisions des analystes.

Depuis le début de l’année, l’or a progressé de plus de 50 %. Cette succession de records inédits est la marque d’une anxiété croissante sur les marchés financiers. La hausse du métal précieux est portée depuis cinq ans par une série de facteurs. La succession de chocs y contribue évidemment : épidémie de Covid, guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient, vague inflationniste, retour de Donald Trump, tensions géopolitiques, etc.

Ces dernières années, les achats d’or par les banques centrales ont été responsables, en grande partie, de l’augmentation du cours. Ces dernières diversifient leurs actifs et réduisent leur exposition au dollar. C’est en premier lieu le cas des banques centrales des pays émergents, comme la Chine ou l’Inde. La progression du prix de l’or est également la conséquence et le symbole de bouleversements profonds dans l’économie mondiale. La volonté de Donald Trump d’imposer sa loi à la Fed et de déprécier le dollar incite les investisseurs à réduire le montant de leurs actifs libellés en cette monnaie. Les Chinois, les Russes et d’autres rêvent d’un système financier moins dépendant du dollar. Ce dernier est de plus en plus fragmenté, même si le dollar reste de loin la première monnaie pour les réserves de change et pour les transactions commerciales ou financières.

La hausse de l’or traduit aussi les inquiétudes grandissantes quant à la soutenabilité des dettes publiques mondiales, et notamment celle des États-Unis. Le « shutdown » américain, cette paralysie budgétaire liée à l’incapacité du Congrès à s’entendre sur le relèvement du plafond de la dette, constitue la principale cause de l’augmentation de ces derniers jours. La fermeture partielle des administrations a retardé la publication d’indicateurs économiques clés, comme ceux sur l’emploi, accentuant l’incertitude autour de la conjoncture américaine.

La baisse des taux décidée par les banques centrales, et dernièrement par celle des États-Unis, est un vecteur de hausse du cours de l’or. Les titres publics rapportent moins, ce qui rend plus attractif le métal précieux.

La politique économique de Donald Trump est potentiellement inflationniste : la majoration des droits de douane et la diminution de l’immigration poussent les investisseurs à s’en protéger en achetant de l’or.

L’aggravation de la crise politique en France n’est pas non plus de nature à rassurer les marchés sur l’avenir économique de l’une des principales économies de la zone euro.

L’or n’est pas le seul métal précieux à profiter de cette défiance généralisée. Bien qu’il n’ait pas encore battu son record de 2011, l’argent gagne près de 70 % depuis le début de l’année et se négocie désormais à 48,4 dollars l’once.

Le coin des épargnants du 3 octobre 2025 par Philippe Crevel : les marchés toujours envoutés par l’IA

Marchés boursiers : un troisième trimestre positif

Les champions des placements au 3e trimestre 2025 auront été l’or et les valeurs américaines. L’once d’or a progressé, sur ces trois derniers mois, de près de 17 %. De leur côté, les valeurs technologiques cotées au Nasdaq ont gagné plus de 12 %. Les valeurs américaines, malgré l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers, ont poursuivi sur la lancée des derniers mois. L’indice S&P 500 s’est apprécié de près de 8 % et le Dow Jones de 4,28 %. Les indices européens ont enregistré des progressions plus faibles, à l’exception du Footsie britannique (+6,53 %). Le CAC 40 a augmenté de 3 %. À noter que le Dax allemand est resté atone après une longue période de hausse. Il a, en effet, gagné en un an près de 25 % contre +4,25 % pour le CAC 40.

Les marchés toujours portés par l’intelligence artificielle

Le CAC 40 a dépassé les 8 000 points cette semaine, une première depuis le mois de mars dernier. L’intelligence artificielle dope toujours les marchés. OpenAI, l’entreprise à l’origine de ChatGPT, multiplie les collaborations sur plusieurs continents, notamment au Japon avec Hitachi dans les domaines de l’énergie et des infrastructures. Fujitsu a, de son côté, annoncé une extension de son partenariat stratégique avec Nvidia.

Les investissements en milliards de dollars dans l’IA alimentent les fantasmes de profits futurs et, pour l’instant, occultent tous les problèmes auxquels est confrontée l’économie mondiale. La paralysie des administrations fédérales des États-Unis, qui entre dans son troisième jour consécutif de shutdown, a historiquement des répercussions économiques limitées. Les investisseurs l’ont bien compris : les indices américains ont battu de nouveaux records cette semaine.

Les investisseurs ont, en revanche, intégré le ralentissement du marché américain de l’emploi, même en l’absence de publication des statistiques mensuelles en raison du shutdown.

Avec la décélération de la croissance américaine sur fond de hausse des droits de douane et de limitation de l’immigration, la Fed aurait un motif pour réduire ses taux directeurs à l’occasion de sa réunion des 28 et 29 octobre prochains.

Malgré les tensions autour de la flotte russe fantôme, le cours du pétrole a enregistré un fort recul cette semaine. Celle-ci s’explique par la publication de plusieurs rapports suggérant que l’OPEC+ pourrait augmenter sa production jusqu’à 500 000 barils par jour en novembre, soit trois fois le volume ajouté ce mois-ci. Cette décision marquerait une nouvelle étape dans la réduction de la régulation instituée lors du covid. La  production de septembre a déjà augmenté de 330 000 bpj pour atteindre 28,40 millions de bpj, selon une enquête de Reuters.

L’Arabie Saoudite et d’autres producteurs cherchent à reconquérir des parts de marché. L’arrivée de nouveaux barils intervient que la demande est victime du ralentissement de la croissance de l’économie mondiale.

Quelles limites pour le métal précieux ?

Depuis près d’un an, tous les prévisionnistes se sont trompés sur l’or. La Deutsche Bank tablait sur une once à 3 700 dollars en 2026. Nul n’avait imaginé que l’once d’or puisse se rapprocher aussi rapidement des 4 000 dollars. Elle a ainsi battu, lundi 29 septembre, un nouveau record à plus de 3 800 dollars. Depuis le début de l’année, la hausse atteint plus de 45 %. La progression du cours de l’or s’explique par la succession, depuis plusieurs années, des chocs économiques et géopolitiques. La fragmentation de l’économie mondiale, les tensions géopolitiques et commerciales, l’interventionnisme de Donald Trump sur la politique monétaire de la Fed, l’augmentation de l’endettement public incitent les investisseurs à acheter de l’or, bien que cet actif ne rapporte ni intérêt ni dividende.

La baisse des taux de la Réserve fédérale et de la BCE constitue un autre facteur favorable à la hausse du cours de l’or. Quand le rendement des emprunts d’État américains baisse, le métal jaune devient plus attractif pour les investisseurs.

Au-delà des incertitudes sur la politique monétaire américaine, les achats des banques centrales constituent, depuis plus de trois ans, le facteur structurel de la hausse des prix de l’or. La demande des instituts monétaires est passée d’un peu moins de 500 tonnes par an entre 2011 et 2021 à plus de 1 000 tonnes par an depuis 2022. À titre de comparaison, le marché de l’or s’élève à environ 4 000 tonnes par an.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
3 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 078,59+2,31%7 543,187 380,74
Dow Jones46 758,281,26 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 715,79+1,13 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 780,51+1,35 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 379,53+2,66 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 487,95+1,18 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 651,71+2,63 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)45 769,50+0,61 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 882,78+1,59 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,519 %-0,043 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,706 %-0,041 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,115 %-0,065 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1738-0,67 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 879,01+2,97 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars64,68-7,64 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars120 866,78+9,77 %38 252,5493 776,61

L’assurance vie caracole en tête

Pas de repos estival pour l’assurance vie

L’assurance vie n’a pas faibli durant l’été. La collecte nette du mois d’août s’est, en effet, élevée à 3,7 milliards d’euros, soit presque autant que celle du mois de juillet (4,1 milliards d’euros). Elle est six fois supérieure au résultat d’août 2024 (618 millions d’euros) et quatre fois supérieure à la moyenne de ces dix dernières années (930 millions d’euros).

Depuis 1997, au mois d’août, l’assurance vie a connu quatre décollectes : deux durant la période de la crise des dettes souveraines (2011 : −337 millions d’euros et 2012 : −967 millions d’euros) et deux durant la période des rendements faibles des fonds euros (2022 : −795 millions d’euros et 2023 : −1,776 milliard d’euros).

Cette collecte nette est portée tant par les unités de compte que par les fonds euros, ce qui constitue une rupture par rapport aux années 2020/2024 (+1,5 milliard d’euros pour les fonds euros et 2,2 milliards d’euros pour les unités de compte). Le mois d’août est le septième mois consécutif de collecte nette pour les fonds euros.

La compétitivité retrouvée de l’assurance vie

Le retour en grâce des fonds euros s’explique par la progression de leur rendement, 2,6 % en moyenne en 2024, sachant que les assureurs proposent fréquemment des taux promotionnels pouvant atteindre 4 %. Par ailleurs, les fonds euros bénéficient de la baisse de la rémunération des livrets réglementés (Livret A, LDDS) et des dépôts à terme. Le taux du Livret A est passé, de janvier à août 2025, de 3 à 1,7 %, et le taux des dépôts à terme à un an est passé sur la même période de 3 à moins de 2 %, sachant que ce type de produit est soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. La bonne tenue des marchés financiers, malgré les frasques de Donald Trump, incite les ménages à investir une partie de leur épargne en unités de compte.

Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint +35,3 milliards d’euros, supérieure de +17,1 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Cette collecte nette positive s’élève à 5,7 milliards d’euros pour les fonds euros et 29,6 milliards d’euros pour les unités de compte.

Dans ce contexte porteur, l’assurance vie conforte sa place de premier placement des ménages avec un encours qui s’élève fin août à 2 068 milliards d’euros, en hausse de +4,7 % sur un an.

Des cotisations brutes à haut niveau, des prestations en recul

En août 2025, les cotisations en assurance vie ont atteint 12,1 milliards d’euros, en progression de +26 % par rapport à août 2024. Comme le souligne France Assureurs, le niveau des cotisations n’a jamais été aussi élevé sur un mois d’août. Cette forte hausse concerne à la fois les supports en euros (+26 %) et ceux en unités de compte (UC, +25 %). Ce résultat témoigne du maintien d’un fort taux d’épargne des ménages. En effet, depuis le début de l’année, les cotisations ont atteint 128,3 milliards d’euros, en hausse de près de 10 %.

Au-delà du flux d’épargne, les ménages réaffectent, par ailleurs, une partie de leurs liquidités sur l’assurance vie, notamment celles en provenance des dépôts à terme.

Les ménages sortent moins d’argent de l’assurance vie qu’auparavant. Les prestations ne se sont élevées qu’à 8,4 milliards d’euros, en baisse de 7 % par rapport au mois d’août 2024. Les sorties sont en net recul pour les fonds euros, confirmant la compétitivité retrouvée de ce type de support.

Depuis le début de l’année, les prestations sont en recul de −7 %, s’établissant à 93,0 milliards d’euros. Cette baisse concerne à la fois les supports en euros (−6,0 milliards d’euros) et les supports en UC (−1,4 milliard d’euros).

L’assurance vie : le placement de l’année face à la hausse de la fiscalité

L’assurance vie est indéniablement le placement de l’année avec des résultats remarquables. Mais, le succès de l’assurance vie attire les convoitises. Le Premier ministre, à la recherche de recettes fiscales, étudie la possibilité d’alourdir la fiscalité de l’épargne en réhaussant notamment les prélèvements sociaux ou le prélèvement forfaitaire unique. L’assurance vie serait a priori concernée. Or, ce placement, le premier en volume, est largement diffusé au sein de la population. Près de la moitié des ménages disposent d’au moins un contrat d’assurance vie. Il est le pilier de l’épargne des classes moyennes.

En taxant l’épargne, le Premier ministre espère une reprise de la consommation ; or, celle-ci n’obéit pas à des stimuli fiscaux : elle est avant tout fonction de la confiance. Une augmentation des prélèvements sur l’épargne a souvent le résultat inverse de celui recherché. En effet, pour compenser la baisse de rendement, les ménages sont tentés d’épargner plus (effet Modigliani).

Poursuite de la baisse de la rémunération de l’épargne de court terme en août

Selon la Banque de France, les taux de rémunération des livrets ordinaires comme des dépôts à terme était orientée à la baisse en août.

Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS 

Encours (Md€)Taux de rémunération des dépôtsContrats nouveaux (Mds€)Taux de rémunération sur contrats nouveaux
août-25 (p)août-24juil-25 (r)août-25 (p)août-25 (p)août-24juil-25 (r)août-25 (p)
Dépôts bancaires des Ménages et SNF2 6091,861,481,28
dont Ménages1 8891,861,591,31
dont : – dépôts à vue (b)5560,070,050,04
– livrets à taux réglementés (b,c)7203,062,481,80
dont : livret A (b)4043,002,401,70
– livrets ordinaires (b)2260,930,830,79
– dépôts à terme <= 2 ans (d)773,582,582,4993,302,011,94
– dépôts à terme > 2 ans (d)1052,342,392,3913,242,472,46
– plan d’épargne-logement2052,622,642,6302,231,751,74
dont SNF7201,841,211,19
dont : – dépôts à vue (b)4990,860,490,48
– dépôts à terme <= 2 ans (d)1393,922,572,50243,622,142,05
– dépôts à terme > 2 ans (d)823,733,373,3013,332,702,44
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème4,252,152,15
Euribor 3 mois (e)3,551,992,02
Rendement du TEC 2 ans (e), (f)2,622,022,07
Rendement du TEC 5 ans (e), (f)2,632,612,67

Notes :

– En raison des arrondis, la somme peut légèrement différer du total des composantes

a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Pour les dépôts à vue et les livrets, le taux sur les contrats nouveaux est supposé égal à celui sur les encours.
c. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
d. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
e. Moyenne mensuelle.
f. Taux de l’Échéance Constante 2 ans et 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
r. Données révisées.
p. Données provisoires.

3e Trimestre 2025 : l’or et la bourse américaine toujours en tête

Les champions des placements au 3e trimestre 2025 auront été l’or et les valeurs américaines. L’once d’or a progressé sur ces trois derniers mois de près de 17 %. De leur côté, les valeurs technologiques cotées au Nasdaq ont progressé de plus de 12 %. Les valeurs américaines malgré l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers ont poursuivi sur la lancée des derniers mois. L’indice S&P500 s’est apprécié de près de 8 % et le Dow Jones de 4,28 %. Les indices européens ont connu des progressions plus faibles à l’exception du Footsie britannique (+6,53 %). Le CAC40 a augmenté de 3 %. A noter que le Daxx allemand est resté atone après une longue période de hausse. Il a, en effet, gagné en un an près de 25 % contre +4,25 % pour le CAC 40.

Des marchés entre le yin et le yang

L’or : toujours plus haut

L’or a dépassé, en fin de semaine, 3 780 dollars l’once. Le cours du métal précieux est porté par l’enclenchement d’un nouveau cycle de baisse des taux directeurs de la Fed. Certains estiment qu’il pourrait se rapprocher, voire dépasser, 4 000 dollars. Pour autant, les facteurs de hausse commencent à s’épuiser ou, plutôt, ont déjà été intégrés (Ukraine, Moyen-Orient, droits de douane, etc.).

États-Unis : faible dérive de l’inflation

Sur le front américain, les prix des dépenses de consommation personnelle, la mesure que la Réserve fédérale retient en priorité pour apprécier l’inflation, se sont alignés, en août, parfaitement sur les projections du marché. Ils ont progressé sur un an de 2,7 %, soit 0,1 point de plus qu’en juillet. La hausse se stabilise à 2,9 % hors prix alimentaires et énergétiques. Les investisseurs auraient préféré que la désinflation reprenne, permettant à la Fed de poursuivre son cycle de baisse des taux directeurs. Pour le moment, l’inflation reste néanmoins contenue. La consommation des ménages a augmenté, de son côté, de 0,6 % le mois dernier, quand le consensus donnait une hausse de 0,5 %, comme en juillet, illustrant la résilience des consommateurs.

Le retour des droits de douane

Donald Trump n’avait plus parlé de droits de douane depuis quelques semaines et, visiblement, le sujet lui manquait. À partir du 1er octobre prochain, 100 % de surtaxes sur les produits pharmaceutiques de marque ou brevetés seront imposées, sauf si les entreprises étrangères concernées investissent pour construire des usines sur le sol américain. La Commission européenne est montée vendredi au front pour éteindre l’incendie. Son porte-parole a assuré que ces droits sectoriels ne concerneraient pas les médicaments européens, ces derniers étant inclus dans l’accord commercial Europe–États-Unis limitant les droits de douane américains à 15 %.

Si les États-Unis respectent l’accord signé et exemptent bien, comme convenu, les médicaments européens des 100 % de droits sectoriels, l’Irlande sera la grande gagnante car elle est, de loin, le pays européen le plus exposé. C’est le premier exportateur pharmaceutique mondial (en valeur, non en volume) vers les États-Unis. Cette situation est la conséquence de l’installation de nombreux laboratoires pharmaceutiques en Irlande depuis trois décennies, en raison de la fiscalité attractive.

L’Europe est la seule épargnée. La Commission européenne a rappelé vendredi que son accord commercial avec les États-Unis est le seul à protéger contre de futurs droits plus élevés que le taux général prévu par l’accord. L’industrie pharmaceutique suisse, par exemple, devrait se voir appliquer le taux de 100 %. Or la Suisse est le deuxième plus gros exportateur de médicaments de marque vers les États-Unis. Les laboratoires européens sont néanmoins encouragés à investir aux États-Unis, faute de quoi une révision du tarif pourrait intervenir.

Les actions en mode statu quo

Les investisseurs ont joué la prudence cette semaine, marquée par des indicateurs et des signaux contradictoires. Les indices américains ont cédé un peu de terrain. Les taux des obligations d’État françaises continuent à progresser, tout comme le ratio de dette publique. Le taux de l’OAT à 10 ans s’élevait, vendredi 26 septembre, à 3,562 %.

Le marché du pétrole en tension

Cette semaine, les cours du pétrole ont été orientés à la hausse en raison des déclarations de Donald Trump. Ce dernier a demandé à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, d’arrêter d’acheter du pétrole russe. Il a également suggéré que les Européens stoppent toutes les importations de gaz en provenance de Russie. Cette hausse n’est pas sans limite. En effet, de plus en plus de barils arrivent actuellement sur le marché, notamment avec la hausse des quotas de production initiée depuis avril par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+). Néanmoins, l’intensification des frappes ukrainiennes sur les raffineries et les infrastructures pétrolières russes commence à avoir des effets sur le marché des produits raffinés.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
26 sept. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 864,67+0,00 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 247,29-0,13 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 643,70 P-0,35 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 484,07-0,74 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 705,25+0,40 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 280,79+0,80 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 499,70+1,06 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)45 354,99+1,01 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 828,11-0,87 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,562 %+0,006 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,747 %-0,002 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,180 %+0,037 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1693-1,53 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 780,15+1,98 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars70,61+4,85 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars109 144,58-5,65 %38 252,5493 776,61

Epargner mieux pour vivre mieux, le nouveau livre de Philippe Crevel

Épargner mieux pour vivre mieux

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Le Livret A à petit trot en août

Au mois d’août, le Livret A a enregistré une collecte minime de 20 millions d’euros, quand celle du Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) a atteint 150 millions d’euros. La collecte du Livret d’Épargne Populaire (LEP) s’est élevée, de son côté, à 330 millions d’euros. L’épargne réglementée digère la baisse de ses rendements intervenue le 1er août dernier, le taux du Livret A passant de 2,4 à 1,7 % et celui du LEP de 3,5 à 2,7 %.

Le Livret A : à la peine

Le Livret A sort, en août 2025, la tête tout juste de l’eau avec une collecte positive de 20 millions d’euros et évite la passe de deux après la décollecte de juillet (-70 millions d’euros). Logiquement, la collecte du mois d’août est correcte avec une moyenne, ces dix dernières années, de 1,76 milliard d’euros. Le cru 2025 est nettement inférieur à celui de l’année dernière (+1,5 milliard d’euros en 2024). Depuis 2009, deux décollectes seulement ont été constatées (août 2014 : -480 millions d’euros ; août 2015 : -410 millions d’euros).

Sur les huit premiers mois de l’année, la collecte ne s’est élevée qu’à 2,92 milliards d’euros, contre 13,21 milliards sur la même période en 2024, traduisant une réelle rupture. Les deux baisses du taux, passé de 3 à 1,7 % en 2025, se font ressentir durement sur la collecte, sans pour autant provoquer des retraits massifs.

L’encours du Livret A atteint, fin août 2025, 445,4 milliards d’euros, à 100 millions d’euros de son record.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) : résilience

Le LDDS fait preuve d’une bonne résilience avec une collecte positive de 150 millions d’euros, en décrue néanmoins par rapport à celle de juillet (340 millions d’euros). En août 2024, elle avait atteint 490 millions d’euros. Le résultat d’août, tout en étant positif, est inférieur à la moyenne de ces dix dernières années (420 millions d’euros). Le mois d’août réussit, par ailleurs, assez bien au LDDS avec une seule décollecte depuis 2009 (août 2009 : -20 millions d’euros).

Sur les huit premiers mois de l’année, la collecte s’est élevée, pour le LDDS, à 3,55 milliards d’euros, soit deux fois moins qu’en 2024 (6,10 milliards d’euros). L’encours du LDDS bat, en août, un nouveau record à 164,1 milliards d’euros.

Produit d’épargne souvent couplé au compte courant, le LDDS joue le rôle d’annexe rémunérée. Les ménages arbitrent entre consommation et épargne en utilisant en priorité le LDDS.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) : la prime au rendement

Pour le troisième mois consécutif, le LEP enregistre une collecte positive : 330 millions d’euros en août 2025, après 450 millions en juillet. Ce niveau est proche de celui observé en août 2024 (390 millions).

Néanmoins, de janvier à août 2025, la collecte reste négative (-1,64 milliard d’euros), alors qu’elle avait été positive de 5,37 milliards sur la même période en 2024.

Le LEP souffre moins que le Livret A de la baisse de son taux, passé de 3,5 % à 2,7 %. Son rendement reste un point au-dessus de celui du Livret A. Exonéré de prélèvements fiscaux et sociaux, le LEP demeure un placement extrêmement compétitif.

L’épargne : la stratégie du roseau

L’épargne réglementée plie mais ne rompt pas. Elle a encaissé une forte baisse de ses rendements le 1er août : -0,7 point pour le Livret A et -0,8 point pour le LEP. Pour autant, les ménages ont continué à y affecter une partie de leur épargne. Les encours sont à des niveaux élevés, voire record. Celui du Livret A est, en août, supérieur de plus de 146 milliards d’euros à son niveau de décembre 2019, avant la crise sanitaire. Les ménages français, toujours inquiets face à l’évolution de la situation économique et politique, maintiennent un fort volant d’épargne de précaution. De plus en plus, ils réorientent néanmoins une partie de leur épargne vers l’assurance-vie, qui propose des rendements supérieurs à ceux de l’épargne réglementée.

Vers une nouvelle baisse du taux du Livret A en février Compte tenu des hypothèses d’inflation et de taux d’intérêt, le rendement du Livret A pourrait être à nouveau revu à la baisse le 1er février prochain. Son taux pourrait être ramené à 1,4/1,5 % quand celui du LEP pourrait être révisé à 2,5 %.

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