La France n’avait pas réussi à réduire de manière drastique son déficit public avant la survenue de la crise sanitaire. Le déficit français était, en 2019, 2,5 points de PIB supérieur à la moyenne de la zone euro. Il s’est élevé à 72,8 milliards d’euros, soit 3,0 % du produit intérieur brut (PIB), après 2,3 % en 2018. Hors impact de la transformation du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité des Entreprises (CICE) en baisse de cotisations le déficit s’établit à 2,1 %. Même en sortant l’effet du CICE, l’écart avec nos partenaires reste conséquent.
En part de PIB, les recettes passent de 53,4 % à 52,6 % tandis que le poids des dépenses dans le PIB est quasiment stable (55,7 % en 2018 et 55,6 % en 2019). Hors changement de périmètre des administrations publiques lié à la création de France Compétences (établissement public en charge de la formation professionnelle), les dépenses représentent 55,3 % du PIB. Le taux de prélèvements obligatoires baisse de 0,7 point et s’établit à 44,1 % du PIB (43,8 % hors France Compétences).

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Des dépenses publiques en nette augmentation
L’ensemble des dépenses publiques ont augmenté, 2019, de 2,6 % (+2,0 % hors changement de périmètre lié à la création de France Compétences) en euros courants après +1,3 % en 2018. Hors crédit d’impôts, elles augmentent de 2,8 % en 2019 après +0,7 % en 2018.
Les dépenses de fonctionnement restent dynamiques avec une hausse de +1,7 % en 2019, après +1,3 % en 2018. Les dépenses de rémunération augmente de +1,2 % après +1,0 %. En revanche, grâce à la baisse des taux, la charge d’intérêts de la dette diminue fortement (−12,2 %)
Les prestations sociales se sont accrues de +2,7 %, après +1,8 % en 2018. Les prestations en espèces progressent de 2,9 % après +2,1 % en 2018, portées notamment par l’élargissement et la revalorisation de la prime d’activité. Les transferts sociaux en nature de biens et services marchands accélèrent à +1,9 % après +1,0 % en 2018, en premier lieu du fait d’une moindre baisse des aides au logement, mais aussi en raison d’une légère accélération des transferts sociaux de santé marchande (en nature).
Les dépenses d’investissement des administrations publiques locales ont fortement augmenté l’année dernière en raison de la proximité des élections municipales (+6,9 milliards d’euros, soit une progression de 15,1 %) L’investissement de l’État en revanche est en diminution (−0,4 milliard d’euros).
Des recettes en faible augmentation
L’ensemble des recettes n’a augmenté que de 1,2 % (+0,6 % hors effet de périmètre lié à la création de France Compétences), après +2,5 % en 2018 en euros courants. Les impôts sur le revenu et le patrimoine ralentissent (+1,8 % après +6,2 %). Le rendement de la CSG a été affectée par la mesure prise en faveur des retraites modestes (−1,7 milliard d’euros.
L’impôt sur le revenu des personnes physiques s’est accru de 1,7 milliard d’euros. Le rendement de l’impôt sur les sociétés s’est amélioré de 4,2 milliards d’euros en raison de la baisse des cotisations sociales provoquée par la transformation du CICE ; ce qui a conduit à une augmentation du bénéfice taxable des entreprises.
Les autres impôts courants ont diminué de 3,1 milliards d’euros notamment du fait de la deuxième étape de dégrèvement de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages (abattement de 65 % en 2019 après un abattement de 30 % en 2018, soit une baisse de −3,6 milliards d’euros.
Les impôts sur les produits et la production ont connu, de leur côté, une progression plus vive avec un gain de 5,2 %, après +4,0 % en 2018. Les recettes de TVA sont en hausse de 6,7 milliards d’euros.
Les cotisations sociales perçues diminuent de 4,4 % (après −1,7 % en 2018) sous l’effet de la transformation du CICE en baisse de cotisations, ainsi que de l’extension en année pleine de la bascule de cotisations sociales à la charge des salariés vers la CSG. Les cotisations employeurs diminuent ainsi de 6,4 % (après +2,5 %) quand les cotisations des ménages sont stables (+0,4 % après −10,1 %), la baisse des cotisations des salariés étant compensée par l’augmentation des cotisations des non-salariés.
Une année 2020 d’une tout autre nature
Avec une augmentation sans précédent des dépenses et une raréfaction des recettes, le déficit public de l’année 2020 sera sans commune mesure avec celui des années précédentes. Dans le cadre de la loi de finances rectificative, adoptée vendredi 20 mars, le Gouvernement a prévu un déficit de 3,9 % du PIB. Compte tenu des effets du confinement sur l’activité, ce dernier pourrait dépasser aisément 5 % du PIB et se rapprocher du niveau qu’il avait atteint en 2009 (-7,2 %). Depuis 1973, de crise en crise, le montant du déficit est de plus en plus élevé (à l’exception de la période 2001/2003 après l’éclatement de la bulle Internet qui avait peu touché économiquement la France). La période de rétablissement des comptes s’allonge également de crise en crise et le niveau in fine du déficit est plus élevé que lors de la crise précédente.
L’assurance vie a enregistré, selon la Fédération Française de l’Assurance, au mois de février, une collecte positive de 1,4 milliard d’euros soit deux fois plus qu’en janvier (0,7 milliard d’euros). Cette collecte nette est, en revanche, en retrait par rapport à celle de l’année dernière (3,1 milliards d’euros). Le mois de février est en règle générale un mois correct pour l’assurance vie. Aucune décollecte n’a été enregistré lors de ces dix dernières années.
L’assurance vie a enregistré, selon la Fédération Française de l’Assurance, au mois de février, une collecte positive de 1,4 milliard d’euros soit deux fois plus qu’en janvier (0,7 milliard d’euros). Cette collecte nette est, en revanche, en retrait par rapport à celle de l’année dernière (3,1 milliards d’euros). Le mois de février est en règle générale un mois correct pour l’assurance vie. Aucune décollecte n’a été enregistrée lors de ces dix dernières années.
En février, les cotisations se sont élevées à 11,1 milliards d’euros contre 12,1 milliards d’euros le mois précédent. C’est également en retrait par rapport à février 2019 (12,4 milliards d’euros). La proportion des unités de compte dans la collecte brute a été de 39,6 % en février contre 33 % le mois précédent. Les ménages ont fortement plébiscité les unités de compte avant la chute des cours provoquée par la crise du coronavirus.
Les prestations versées par les sociétés d’assurance se sont élevées à 9,7 milliards d’euros en février contre 11,3 milliards d’euros en janvier. Ce montant est le plus faible constaté depuis le mois de septembre dernier (9,1 milliards d’euros).
L’encours des contrats d’assurance vie a atteint 1 776 milliards d’euros à fin février 2020, en progression de 3 % sur un an.
En ce début d’année, les ménages continuaient de placer leur épargne sur l’assurance vie, à un rythme modéré. La baisse du taux de rendement des fonds d’euros a eu peu d’incidence sur leur comportement. La relative modestie de la collecte peut s’expliquer par la nécessité de souscrire une certaine proportion d’unités de compte. Cette pression pouvait dissuader certains ménages. Malgré tout, avant la diffusion de l’épidémie en Europe, les épargnants semblaient accepter le jeu de la prise de risque avec une proportion plus élevée que dans le passé d’unités de compte. Sur les deux premiers mois de l’année, les unités de compte représentaient 36 % de la collecte totale contre une moyenne de 27 % en 2019. Cette récente montée en puissance des unités de compte, à un moment où les marchés étaient au plus haut, est susceptible de provoquer des désillusions avec l’accumulation des baisses enregistrées depuis le début du mois de mars. Les épargnants devront intégrer le fait que les unités de compte sont des placements de long terme.
La crise sanitaire devrait avoir de fortes conséquences sur la collecte de l’assurance vie. Avec le confinement, les épargnants ne peuvent pas accéder à leurs assureurs, à leurs conseillers en gestion de patrimoine, à leurs banquiers ou à leurs courtiers. Même si Internet permet de réaliser certaines transactions, cette situation devrait peser fortement sur la collecte de mars. Les rachats devraient être limités pour la même raison même si certains ont pu vouloir disposer rapidement de liquidités pour faire face à des échéances incontournables. Le krach financier devrait provoquer un fort repli de la collecte en unités de compte même si les épargnants auraient tout, au contraire, intérêt à les privilégier. La petite remontée des taux sur les obligations d’État constatée depuis le début de la crise est une mauvaise nouvelle pour les finances de l’État. En revanche, elle est positive pour les fonds euros si elle perdurait quelque temps.
L’évolution de l’assurance vie dans les prochains mois est, comme pour l’économie, difficile à prévoir compte tenu du nombre élevé des incertitudes. L’ampleur et la durée de la crise ainsi que l’évolution des prix et celle des différents actifs sont autant de facteurs qu’il faudra prendre en compte.
En février, les cotisations se sont élevées à 11,1 milliards d’euros contre 12,1 milliards d’euros le mois précédent. C’est également en retrait par rapport à février 2019 (12,4 milliards d’euros). La proportion des unités de compte dans la collecte brute a été de 39,6 % en février contre 33 % le mois précédent. Les ménages ont fortement plébiscité les unités de compte avant la chute des cours provoquée par la crise du coronavirus.
Les prestations versées par les sociétés d’assurance se sont élevées à 9,7 milliards d’euros en février contre 11,3 milliards d’euros en janvier. Ce montant est le plus faible constaté depuis le mois de septembre dernier (9,1 milliards d’euros).
L’encours des contrats d’assurance-vie a atteint 1 776 milliards d’euros à fin février 2020, en progression de 3 % sur un an.
En ce début d’année, les ménages continuaient de placer leur épargne sur l’assurance vie, à un rythme modéré. La baisse du taux de rendement des fonds d’euros a eu peu d’incidence sur leur comportement. La relative modestie de la collecte peut s’expliquer par la nécessité de souscrire une certaine proportion d’unités de compte. Cette pression pouvait dissuader certains ménages. Malgré tout, avant la diffusion de l’épidémie en Europe, les épargnants semblaient accepter le jeu de la prise de risque avec une proportion plus élevée que dans le passé d’unités de compte. Sur les deux premiers mois de l’année, les unités de compte représentaient 36 % de la collecte totale contre une moyenne de 27 % en 2019. Cette récente montée en puissance des unités de compte, à un moment où les marchés étaient au plus haut, est susceptible de provoquer des désillusions avec l’accumulation des baisses depuis le début du mois de mars. Les épargnants devront intégrer le fait que les unités de compte sont des placements de long terme.
La crise sanitaire devrait avoir de fortes conséquences sur la collecte de l’assurance vie. Avec le confinement, les épargnants ne peuvent pas accéder à leurs assureurs, à leur conseiller en gestion de patrimoine, à leurs banquiers ou à leurs courtiers. Même si Internet permet de réaliser certaines transactions, cette situation devrait peser fortement sur la collecte de mars. Les rachats devraient être limités pour la même raison même si certains ont pu vouloir disposer rapidement de liquidités pour faire face à des échéances incontournables. Le krach financier devrait provoquer un fort repli de la collecte en unités de compte même si les épargnants auraient tout intérêt à les privilégier. La petite remontée des taux sur les obligations d’Etat constatée depuis le début de la crise est une mauvaise nouvelle pour les finances de l’Etat mais est positive pour les fonds euros si elle perdurait quelque temps. L’évolution de l’assurance vie dans les prochains mois est comme pour l’économie difficile à prévoit compte tenu du nombre élevé des incertitudes. L’ampleur et la durée de la crise ainsi que l’évolution des prix ainsi que celle des différents actifs sont autant de facteurs qu’il faudra prendre en compte
Trois questions à Philippe Crevel
La crise du coronavirus est à l’origine d’une chute brutale des indices boursiers. Comment expliquez-vous une telle réaction ?
Nous vivons une crise sanitaire mondiale. C’est une première depuis l’épidémie de grippe espagnole de 1918/1920. Au-delà du problème majeur de santé publique, cette crise provoque la mise en cape de toutes les grandes zones économiques. L’offre comme la demande sont à l’arrêt ou en quasi-arrêt. Les échanges commerciaux sont freinés et les investissements remis à plus tard. Dans un tel contexte, les indices actions ne pouvaient que plonger d’autant plus que les incertitudes l’emportent nettement sur les certitudes. Les investisseurs tentent de protéger leur capital en arbitrant en faveur des obligations des États les mieux notés. En l’état actuel, l’ampleur et la durée de la crise sont mal appréhendées conduisant les détenteurs d’actions à s’en délester. La valeur d’une action dépend non seulement des résultats actuels mais aussi des résultats projetés d’une entreprise. La baisse du cours des actions est liée à la crainte d’une diminution des bénéfices. Avec l’arrêt de l’économie mondiale, avec la réduction des échanges, les actions cotées des grands groupes se déprécient.
Les détenteurs d’actions sont nombreux à vendre afin d’obtenir des liquidités pour faire face à certaines échéances au moment où leurs recettes traditionnelles s’amenuisent, voire ont disparu. Cette recherche de liquidités explique la baisse du cours de l’or. La chute du cours des actions s a été aggravée par la forte baisse du prix du pétrole. En plus de la diminution de la demande avec l’arrêt de nombreuses usines à travers le monde, les pays producteurs n’ont pas réussi à s’entendre la mise en place d’un nouvel accord de régulation de la production, quand le précédent arrivera à échéance fin mars. L’Arabie Saoudite souhaite une réduction plus forte de la production quand la Russie s’y oppose. Face au blocage de la négociation, l’Arabie saoudite a décidé de ne plus contingenter sa production entraînant la baisse des cours, en espérant que les Russes reviendraient sur leurs positions. Cette chute des cours pénalise les pays producteurs et les entreprises du secteur pétrolier.
Un rebond du cours des actions à la fin des confinements est-il envisageable ?
Le phénomène baissier des indices accompagné d’une forte volatilité devrait se poursuivre tant que les incertitudes sur le terme de la crise sanitaire ne seront pas levées. La menace planant sur l’économie américaine devrait provoquer quelques soubresauts au niveau des marchés. Un rebond économique devrait intervenir dans les semaines suivant la fin des confinements. Il faudra quelques semaines pour retrouver les rythmes de production d’avant crise. Le retour à la normale, sous réserve d’une résorption réelle de l’épidémie, interviendrait au cours du troisième trimestre. Une gestion coordonnée de la crise économique par les États est un facteur clef pour la réappréciation des cours. Les marchés pourraient dans ces conditions dès le retour d’une certaine visibilité espérée pour le mois de mai. En cas de persistance de la menace épidémiologique avec la mise en place de confinement temporaire à répétition, les investisseurs devraient rester sur leur défensive, ce qui limitera autant la remontée des actions.
Inflation ou déflation au rendez-vous des prochains mois ?
Avec une demande aux abonnées absentes, la tendance est à la baisse des prix. La baisse du cours du pétrole et des principales matières premières en est un signe. Les agents économiques, au nom de l’aversion aux risques devraient encore accroitre leur épargne de précaution, avec une prédilection pour les placements liquides et sures. Une résurgence de l’inflation est imaginable en raison de l’augmentation des liquidités disponibles avec les politiques monétaires et budgétaires mises en œuvre depuis le début de la crise. Par ailleurs, au moment de la sortie des confinements, la demande pourrait augmenter plus rapidement que l’offre. La montée en puissance de la production nécessitera plusieurs semaines. La remise en route des usines fermées, leur alimentation en matières premières et en biens intermédiaires exigent un peu de temps. Cette inadéquation entre offre et demande est propice à une augmentation des prix d’autant plus que les agents économiques pourraient être tentés de compenser le manque à gagner accumulé durant les mois de mars et avril. Ce risque inflationniste est néanmoins assez limité. Entre 2008 et 2012, l’augmentation des bilans des banques centrales n’a pas eu d’incidence sur l’inflation au grand dam des pouvoirs publics. Par ailleurs, la sortie du confinement pourrait être progressive. En Chine, plus de trois mois après le début de l’épidémie, les centres commerciaux qui ont pu ouvrir n’ont pas été pris d’assaut. Les goulets d’étranglement au niveau de l’offre pourraient être limité avec le retour progressif à la normale de la Chine qui est le premier producteur industriel mondial. La spirale déflationniste est en l’état actuel la menace la plus importante. Elle pourrait être alimentée par la tentation du repli sur soi que cette crise alimente.
Les Etats-Unis sont de plus en plus touchés par l’épidémie. Face à la menace de récession, les pouvoirs publics réagissent à l’américaine, c’est à dire de manière massive et directe.
La Réserve fédérale a annoncé lundi matin 23 mars une série de nouvelles mesures pour assurer la liquidité des marchés. Selon la FED, « il est devenu évident que notre économie sera confrontée à de graves perturbations. Des efforts énergiques doivent être déployés dans les secteurs public et privé pour limiter les pertes d’emplois et de revenus, et pour favoriser une reprise rapide une fois les perturbations atténuées »,
La Réserve fédérale a prévu d’acheter des titres du Trésor et des titres adossés à des créances hypothécaires « dans les quantités nécessaires » pour assurer le bon fonctionnement du marché. Cette intervention se fera sans limite de montant ni de temps. Cela va au-delà des annonces du comité de politique monétaire de la banque centrale qui avait mentionné l’achat d’ au moins 500 milliards de dollars de titres du Trésor et d’au moins 200 milliards de titres adossés à des créances hypothécaires.
La banque centrale américaine a également prévu des mesures en faveur des entreprises et de consommateurs qui porteront sur 300 milliards de dollars de nouveaux financements. La Fed achétera sur le marché secondaire des obligations émises par des grandes entreprises, au moins jusqu’à fin septembre.
La Fed a aussi annoncé une modification des règles applicables au secteur bancaire pour faciliter l’utilisation des coussins en capital mis en place à la suite de la crise financière de 2008, afin de « promouvoir l’activité de prêt aux ménages et aux entreprises ».
La Banque centrale a prévu des mesures en faveur des étudiants endettés et des ménages devant rembourser des crédits à la consommation. Des dispositifs en faveur des collectivités territoriales, municipalités et Etats sont également prévus car ces dernières sont en première ligne en matière sociale.
En revanche, le Sénat freine pour le moment le plan de soutien à l’économie de 2000 milliards de dollars, soit 10 % du PIB que l’exécutif souhaite faire adopter au plus vite.
La collecte du mois de février du Livret A a été positive de 1,17 milliard d’euros. Les Français n’ont pas boudé le Livret A malgré la baisse de son taux de 0,75 à 0,5 % intervenue le 1er février. Cette collecte est certes inférieure à celle de l’année dernière (1,93 milliards d’euros) mais elle reste dans la moyenne de ces derniers mois. Depuis le début de l’année, la collecte a été de 5,3 milliards d’euros. L’encours du Livret A a, par ailleurs, battu un nouveau record à 303,9 milliards d’euros.
Le LDDS enregistre de son côté une collecte de 0,37 milliard d’euros contre 0,41 milliard d’euros en janvier. Son encours s’élève désormais à 113,1 milliards d’euros.
Février, un mois résilient pour le Livret A ?
Lors de ces dix dernières années, seules trois décollectes ont été constatées en février, en 2014, 2015 et 2016. Ces trois années avaient été marquées par des baisses de taux du Livret A intervenant au mois d’août. La dernière baisse de taux effectuée en février avait été réalisé en 2013 et s’était traduite par une collecte de 9,71 milliards d’euros, collecte record en lien avec le relèvement du plafond du Livret A de 19 125 à 22 950 euros effective depuis le 1er janvier 2013. Le relèvement du plafond avait totalement compensé celui du passage du taux de 2,25 à 1,75 %.
L’effet précaution avant l’effet taux
En février, les Français se sont moqués de la baisse des taux pour privilégier la sécurité et la liquidité, l’effet précaution avant l’effet taux. Même si la question de l’épidémie était évidemment moins prégnante que maintenant, elle commençait à occuper le devant de la scène. Depuis plus d’un an, les Français accroissent leur effort d’épargne. La succession de crise, gilets jaune, retraite et maintenant sanitaire, ne font que conforter cette tendance. Cette collecte a pu également être alimentée par le versement mi-janvier de 60 % des crédits d’impôts de l’année 2019.
A la recherche de la sécurité en période de crise
Les prochains mois seront atypiques avec l’arrêt partiel de l’activité au sein de nombreux secteurs et avec le confinement de la population. Les dépenses des ménages devraient se réduire fortement entraînant une augmentation de l’épargne. A défaut de pouvoir se déplacer, les titulaires du Livret A et du LDDS pourraient faire leurs arbitrages sur Internet. Les récessions conduisent, en règle générale, les ménages à privilégier la sécurité et la liquidité. Le Livret A avait connu une collecte nette de plus de 33 milliards d’euros de juillet 2008 à juillet 2009. La nature de la crise était alors financière quand celle que nous connaissons à l’heure actuelle est plurielle. L’offre, la demande et la sphère financière sont touchées. En l’état actuel, compte tenu de l’importance des incertitudes, l’appréciation de la crise économique et de ses conséquences en matière d’épargne reste délicate. A court terme, le gonflement des liquidités est, en revanche, plus que probable. L’évolution de la collecte dépendra des modalités de la sortie de crise. Si l’épidémie est rapidement endiguée, un rebond assez fort devrait intervenir avec la volonté des ménages d’oublier ce douloureux épisode. Si au contraire, la sortie de crise aboutissait à une forte augmentation du chômage et un cycle de dépression économique, les ménages se positionneront de plus en plus sur des placements liquides.
La Fédération Française de l’Assurance a pris en coordination avec le Ministère de l’Economie plusieurs engagements. Ainsi les assureurs s’engagent à :
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 20 mars 2020 | Évolution hebdomadaire | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 4 048,80 | -1,69 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 19 173,98 | -17,30 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 6 879,52 | -12,64 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 8 928,95 | -3,28 % | 13 249,01 |
| Footsie | 5 190,78 | -,3,27 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 2 586,02 | -19,99 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 16 552,83 | -5,04 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 745,62 | -4,91 % | 3050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (22 heures) | +0,094 % | +0,089 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (22 heures) | -0,343 % | +0,202 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (22 heures) | 0,922 % | -0,061 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (22 heures) | 1,0678 | -3,82 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (22 heures) | 1 481,300 | -3,16 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (22 heures) | 28,623 | -17,54 % | 66,300 |
La chute des cours des actions en Europe et du prix de pétrole a été enrayée vendredi 20 mars grâce à l’action coordonnée des banques centrales et des dernières annonces du Président Donald Trump. Le déblocage de 750 milliards d’euros de la Banque centrale européenne pour soutenir les Etats et les entreprises face aux conséquences du coronavirus a permis à la bourse de Paris de sauver la barre des 4000 points après deux séances de hausse consécutive, ce qui n’était plus arrivé depuis deux semaines et demie. Vendredi 20 mars, le CAC 40 s’est offert un gain de plus de 5 points. En revanche, les indices américains sont en forte baisse. Le Dow Jones a perdu 4,55 % vendredi et 17,30 % en une semaine. Le décalage entre les Etats-Unis et l’Europe au niveau boursier est en lien avec celui de la diffusion de l’épidémie. Aux Etats-Unis, les mesures de confinement et les fermetures des entreprises sont devenues d’actualité cette semaine.
L’autre nouvelle de la fin de semaine provient de la hausse du prix du pétrole. Le baril de pétrole Brent a enregistré, vendredi sur un gain quasi historique de 14,4 % tandis que le baril WTI a repris 27 % Ce rebond marque la fin d’une chute de 60 % qui avait placé le baril en-dessous de 26 dollars Il a été provoqué par la décision de la Réserve fédérale d’étendre ses lignes de swap à neuf banques centrales étrangères, ce qui a relâché la pression sur les actifs en dollars. Par ailleurs, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, Donald Trump a annoncé qu’il envisageait « au moment opportun » de faire pression sur l’Arabie saoudite et la Russie pour qu’ils réduisent leur production.
Au niveau des taux d’intérêt, l’engagement de la BCE a permis une légère détente pour la France et l’Italie. Après être montés à près de 0,5 point le 18 mars, ils sont revenus à +0,1 point en fin de semaine. Le taux italien est de son côté passé de 2,4 à 1,63 %.
Vendredi 20 mars, l’once d’or ne valait 1 482,840 euros en baisse de 8 % sur un mois. Depuis son pic à 1700 dollars le 9 mars dernier, le métal précieux se déprécie. L’or ne jouerait-il plus son rôle de valeur refuge ? En période de taux bas, de ralentissement rapide de l’économie, en règle générale, certains investisseurs arbitrent en faveur du métal jaune. Avec la forte chute des bourses, -36 % pour le CAC 40 en un mois, les investisseurs ont besoin d’argent pour couvrir des pertes ou obtenir des liquidités dans l’urgence pour faire face à leurs engagements et réaliser des appels de marge, c’est-à-dire apporter des liquidités pour revaloriser les titres placés en garantie. En période de crise grave, ce qui compte, c’est la liquidité. L’or ne l’est pas complètement car son détenteur doit trouver une personne qui souhaite en acquérir. Le cours de l’or avait également baissé en 2008 pour les mêmes raisons. En un an, la hausse avait dépassé 20 %. Autre facteur de baisse, la demande en or industriel diminue du fait de l’arrêt de nombreuses entreprises d’électronique. L’ensemble des prix des matières premières enregistrent des baisses depuis quelques jours.
En un mois, le CAC 40 a perdu près de 40 %, le Dow Jones, plus de 30 %. Face à ces chutes sans précédent, certains experts ont avancée l’idée de fermer les marchés. Les autorités en charge de leur régulation s’y sont refusés. Leur décision est fondée sur le fait qu’une fermeture serait un aveu de non-fonctionnement normal des cotations. Or, pour le moment, offre et demande s’ajustent certes à la baisse mais il y a toujours des preneurs pour les actions. Si tel n’était pas le cas, les autorités prendraient sans nul doute des mesures énergiques. Les régulateurs tentent pour le moment de réduire autant que possible les comportements qui pourraient déstabiliser les marchés. Ainsi, pour éviter des opérations spéculatives, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé mardi l’interdiction pour un mois des positions nettes vendeuses sur les titres négociés sur une plate-forme boursière établie en France.
Une fermeture des marchés aurait un inconvénient majeur. Il faut les rouvrir après. La chute peut être encore plus sévère après un blocage. Les investisseurs pour se prémunir d’une nouvelle fermeture vendraient alors leurs titres.
La fermeture des marchés est donc une arme à utiliser avec discernement. En France, depuis la création du CAC 40, en 1988, les marchés n’ont jamais été fermés. Pour trouver une fermeture de la bourse de Paris, il faut remonter à mai 1968. A l’étranger, la bourse de New York a été fermé le 11 septembre 2001. L’attaque du Word Trade Center à quelques encablures de la bourse rendait difficilement possible le maintien de la cotation. Lors de la crise de 2008/2009, la question d’une fermeture des marchés a été posée mais elle n’a pas été mise en œuvre.
La fermeture ne pourrait donc s’imposer que si les marchés n’étaient que vendeurs et que si une spirale dépressive entraînait les cours à des niveaux réellement irrationnels.
L’autorité de contrôle de l’assurance, l’ACPR, a sanctionné, selon l’Argus de l’Assurance, une compagnie d’assurances, pour ne pas avoir en matière de produit d’épargne retraite respecter le droit des associations souscriptrices de contrats de groupe. Les PERP sont des produits souscrits par des associations auprès d’un assureur. En cas de modifications du contrat, ces dernières doivent être validées par l’Assemblée générale des adhérents. L’assureur visé par l’ACPR avait omis de faire valider certaines modifications. D’autres griefs lui ont été également signifiés. L’assureur n’a pas été au moment du contrôle de l’ACPR, « été en mesure de fournir les pièces d’origine . Les paramètres techniques (table de mortalité utilisée et taux technique appliqué) » d’un contrat n’ont pas été convenablement appliqués. Les frais d’acquisition ont été précomptés, bien que leur mode de calcul n’ait pas été précisé dans ce contrat. Des écritures comptables de régularisation ont été passées qui ont, dans certains cas, conduit à affecter les écarts positifs à ses fonds propres. Lors d’opérations de transfert interne de contrats, le recueil des exigences et besoins des clients et l’expression de la motivation du conseil fourni ont été effectués sans que soient totalement respectées les obligations applicables dans ce domaine. Le montant de la sanction a été fixé à 10 millions d’euros. L’assureur a assumé toutes ses responsabilités sur ce dossier et a régularisé la situation. La décision sera publiée au registre de l’ACPR pendant cinq ans sous une forme nominative, puis sous une forme anonyme.
L’arrêt de toutes les économies occidentales est un phénomène sans précédent même en période de guerre. L’absence de visibilité sur le moment de la reprise perturbe fortement les marchés. Le non paiement d’impôts et des cotisations ainsi que la multiplication des dépenses de soutien à l’économie mettent les Etats déjà très endettés en situation très délicate. Les banques doivent de leur côté faire face à des reports de remboursements des créances. Dans ce contexte exceptionnel, les banques centrales sont amenées à jouer leur rôle de banquier en dernier ressort. Déjà très impliquées dans la sortie de crise de 2008 et de 2012, elles sont, aujourd’hui, au cœur des combats.
La Banque centrale européenne dont l’action avait été jusqu’à alors jugée timide, a décidé dans la nuit du mercredi 19 mars de s’engager plus fortement. Christine Lagarde a indiqué clairement « qu’il n’y a pas de limites à notre engagement envers l’euro ». Cette volonté se traduit par une décision de lancer un programme de 750 milliards d’euros de rachat de dettes publiques portant son programme à 1000 milliards d’euros. Cette annonce a permis de casser le processus d’augmentation des taux d’intérêt en France et en Italie. En quelques jours, le taux de l’obligation d’Etat à 10 ans était passé de -0,4 à + 0,5 %. En Italie, il était passé de 1 à 2,4 %. Ils sont respectivement revenus à 0,1 % et à 1,6 %.
La BCE a agi en coordination avec les autres banques centrales. Ainsi, toujours dans la nuit de mercredi, la Réserve fédérale américaine a annoncé un troisième programme d’urgence en deux jours, visant à protéger les fonds de placement sur le marché monétaire d’éventuels mouvements de retraits massifs de la part d’investisseurs désireux de récupérer des liquidités. Les banques centrales d’Australie et du Brésil ont également annoncé une baisse de taux, et le lancement, pour la première fois en ce qui concerne l’Australie, d’un programme de rachats d’actifs.
En un mois, le CAC 40 a perdu près de 40 %. le Dow Jones, plus de 30 %. Face à ces chutes sans précédent, certains experts ont avancée l’idée de fermer les marchés. Les autorités en charge de leur régulation s’y sont interdits. Leur décision est fondé sur le fait qu’une fermeture serait un aveu de non-fonctionnement normal des cotations. Or, pour le moment, offre et demande s’ajuste certes à la baisse mais il y a toujours des preneurs pour les actions. Si tel n’était pas le cas, les autorités prendraient sans nul doute des mesures énergiques. Les régulateurs tentent pour le moment de réduire autant que possible les comportements qui pourraient déstabiliser les marchés. Ainsi, pour éviter des opérations spéculatives, l »Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé mardi l’interdiction pour un mois des positions nettes vendeuses sur les titres négociés sur une plate-forme boursière établie en France.
Une fermeture des marchés a un inconvénient majeur. Il faut les ouvrir après. La chute peut être encore plus sévère après un blocage. Les investisseurs pour se prémunir d’une nouvelle fermeture vendront alors leurs titres.
La fermeture des marchés est donc une arme à utiliser avec parcimonie. En France, depuis la création du CAC 40, en 1988, les marchés n’ont jamais été fermés. Pour trouver une fermeture de la bourse de Paris, il faut remonter à mai 1968. A l’étranger, la bourse de New York a été fermé le 11 septembre 2001. L’attaque du Word Trade Center à quelques encablures de la bourse rendait difficilement le maintien de la cotation. Lors de la crise de 2008/2009, l’idée d’une fermeture des marchés a été posée mais elle n’a pas été mise en oeuvre.
La fermeture ne pourrait donc s’imposer que si les marchés n’étaient que vendeurs et que si une spirale dépressive entraînait les cours à des niveaux réellement irrationnels.
Le Président de la République a, lors de son intervention du lundi 16 mars, annoncé la suspension de la réforme des retraites. Cette décision, prise au nom de l’unité nationale, s’est imposée du fait du caractère conflictuelle de la réforme. En outre, la Conférence de financement était censée remettre ses propositions d’ici la fin du mois d’avril afin de résoudre le déficit de 17 milliards d’euros en 2025. Compte tenu de l’évolution prévisible du solde public dans les prochains mois, la question du résorption du déficit du régime de retraite n’est plus la première des priorités.
Lundi 16 mars, l’once d’or ne valait 1500 euros en baisse de 11 % en une semaine après avoir atteint un pic 1700 dollars le 9 mars dernier. L’or ne jouerait-il plus son rôle de valeur refuge ? En période de taux bas, en période de ralentissement rapide de l’économie, certains investisseurs, en règle générale, arbitre en faveur du métal jaune. Avec la forte chute des bourses, -36 % pour le CAC 40 en un mois, les investisseurs ont besoin d’argent pour couvrir des pertes ou de lever du cash dans l’urgence pour faire face à ses engagements et réaliser des appels de marge, c’est-à-dire apporter des liquidités pour revaloriser les titres placés en garantie. Le cours de l’or avait baissé en 2008 pour les mêmes raisons. Des détenteurs d’or ont pu également vendre en raison du niveau élevé des cours. En un an, la hausse avait dépassé 20 %. Par ailleurs, la demande en or industriel diminue du fait de l’arrêt de nombreuses entreprises d’électronique. L’ensemble des prix des matières premières enregistrent des baisses depuis quelques jours.
Conformément aux demandes des autorités, le Cercle de l’Epargne reste ouvert mais a demandé à ses collaborateurs de limiter leurs déplacements afin de ne pas contribuer à la diffusion du coronavirus. Le Cercle continuera néanmoins à publier ses études et ses analyses. Prenez-soin de vous et respectez les consignes !
Face à l’épidémie, la nécessité de casser les chaines de transmission impose à tous les Etats de mettre en cape leur économie. Cet exercice sans précédent déroute
Jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale l’économie mondiale a été confrontée à une telle situation, un ralentissement généralisé provoqué par une épidémie. Ce ralentissement est la conséquence des confinements imposés pour enrayer la diffusion du virus au sein des populations. Après avoir été cantonné durant trois ou quatre mois, en Chine, sa prolifération à l’échelle mondiale créée un grave problème de santé publique qui s’accompagne d’une déstabilisation des circuits économiques et financiers. Les conséquences de cette crise sans précédent seront importantes. Elles seront néanmoins moindres en cas de coordination internationale et en cas. Depuis quelques jours, après l’effet de stupeur, une mobilisation internationale se dessine.
Les Etats-Unis contrattaque
La banque centrale américaine est très active depuis le début de l’épidémie mondiale. Après avoir baissé de 0,5 point ses taux directeurs le 9 mars et annoncé le 12 mars dernier, l’injection d’un total de 1 500 milliards de dollars en trois tranches pour éviter des perturbations inhabituelles sur le marché, elle a récidivé dimanche 15 mars. Face à cette situation sans précédent, la banque centrale américaine, la FED, a décidé, à nouveau, de baisser d’un point ses taux directeurs, qui seront désormais compris entre 0 % et 0,25 %. Depuis le mois de décembre 2018, la FED a baissé ses taux de deux points. Elle n’envisage pas pour le moment l’adoption de taux négatifs. Le président de la Fed, Jerome Powell, a souligné, en conférence de presse, que cet outil n’était pas souhaitable pour les Etats-Unis. Il estime que les taux négatifs est une source de difficultés financières pour les banques et les assurances. A demi mot, ils critique la BCE qui ne dispose pas de marges de manœuvre du fait de l’application de taux négatifs depuis de longues années.
La FED a également annoncé un programme de rachats de dettes bancaire, d’entreprise et immobilière, pour un montant d’au moins 700 milliards de dollars (626 milliards d’euros).
Elle s’est engagée à mener une opération coordonnée avec cinq autres banques centrales – Zone euro, Canada, Japon, Royaume-Uni, Suisse –, afin de garantir la liquidité avec une mise à disposition de dollars,
Par cette décision, la FED reprend ses achats de titres, connues sous le nom barbare de « quantitative leasing » (QE), qu’elle avait menées après la crise de 2008. Ces opérations, destinées à assurer la liquidité du marché et à contrôler les taux d’intérêt à moyen et long terme, avaient conduit à augmenter le bilan de la banque qui était passé de 900 milliards de dollars à plus de 4 500 milliards. Ce bilan était redescendu à 3 750 milliards de dollars en 2018 avant de remonter à 4300 milliards de dollars en 2019.
Le Président de la FED a indiqué que la situation économique et financière n’est en rien comparable à 2008. Avant la survenue de l’épidémie, l’économie américaine était saine avec un taux de chômage au plus bas. Le système financier est beaucoup plus résistant qu’il y a douze ans. Les banques disposent de fonds propre plus importants et ont réussi à plusieurs reprises les « stress tests ».
Les décisions de la FED complète les annonces du Président des Etats-Unis du Vendredi 13 mars. Ce dernier a décrété l’état d’urgence nationale. Cette décision permet de débloquer près de 50 milliards de dollars en faveur des Etats pour faire face à l’épidémie. L’action sera ainsi coordonnée par la Federal Emergency Management Agency (Fema), qui a l’habitude de venir en aide aux victimes d’ouragans et d’inondations. L’agence pourra assister les autorités locales. L’état d’urgence permet aussi aux hôpitaux de contourner certaines restrictions pour faire face à la situation.
L’Europe met entre parenthèse la règle des 3 %
En Europe, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a garanti vendredi une « flexibilité maximale » dans l’application des règles communautaires sur les déficits et sur les aides d’Etat. Elle a porté à 37 milliards d’euros le montant du fonds européen de soutien aux entreprises.
La BCE entre temporisation et volontarisme
La réunion de la Banque centrale européenne du jeudi 12 mars était attendue après celle de la FED de la semaine dernière qui avait abouti à une diminution des taux de 0,5 point. Il y a quelques jours, Christine Lagarde avait affirmé face aux chefs d’Etat et de gouvernement européens que la Banque centrale européenne était prête à utiliser tous les outils à sa disposition pour limiter, autant que possible, les conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus. Contrairement aux attentes de nombreux investisseurs, la BCE a décidé de maintenir inchangé ses taux. Le taux de dépôt reste ainsi fixé à -0,5 %, ce qui constitue un niveau bas historique. Elle a, en revanche, annoncé des mesures en faveur du système bancaire et des Etats souverains. Ainsi, la BCE offrira aux banques commerciales de nouveaux prêts et des taux encore plus favorables sur les liquidités mises à leur disposition, et elle envisage d’ajouter une enveloppe supplémentaire pour ses achats d’actifs sur les marchés de 120 milliards d’euros d’ici la fin de l’année, ce qui devrait faciliter le financement des Etats. En injectant ces liquidités, la banque centrale devrait maintenir à des niveaux très bas les coûts d’emprunt des Etats et des entreprises. Cette augmentation n’est pas sans poser des problèmes. En effet, elle ne peut pas acheter plus d’un tiers d’une ligne d’obligation émise par un Etat. Comme la dette de l’Allemagne s’est réduite ces dernières années, la BCE risque d’atteindre assez rapidement ce plafond sachant que la répartition des rachats est proportionnelle aux poids des Etats de la zone euro. Les décisions de la BCE ont été mal comprises par les investisseurs qui souhaitaient une baisse des taux. Or, actuellement, la crise du coronavirus fait peser plutôt un risque de solvabilité tant pour les administrations publiques que le secteur privé. Les taux sont déjà à un niveau extrêmement bas. Les entreprises ne se lanceront pas dans des investissements importants tant que l’épidémie ne sera pas jugulée. L’important est de passer le cap de la crise sans tensions financières importantes. Dans ce contexte, la BCE a fait preuve de sagesse et de courage. La décision de la FED de baisser ses taux n’a eu qu’un effet passager et n’a pas empêché la forte baisse des marchés constatée depuis lundi 9 mars. François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France et membre du conseil de la BCE, a déclaré vendredi 13 mars sur Radio Classique que « s’il y a des risques de fragmentation dans la zone euro nous utiliserons toutes les flexibilités possibles. Nous l’avons déjà fait dans le passé et le ferons à l’avenir chaque fois que cela est nécessaire ». Par ce discours, il confirme le rôle de banquier en dernier ressort de la BCE.
Les autres grandes banques centrales en mouvement
La banque centrale norvégienne a annoncé également vendredi une baisse surprise de 50 points de base de son principal taux directeur à 1%. Pour enrayer la chute des marchés, vendredi 13 mars, la Banque du Japon a injecté des liquidités sur le marché bancaire et offert de racheter 1,9 milliard de dollars d’obligations. Elle a par ailleurs annoncé l’achat de plus de 101 milliards de yens (10,4 milliards de dollars) d’ETF (trackers qui répliquent les indices boursiers).
L’Allemagne sort du bois
Les ministres allemands de l’Economie et des Finances, Peter Altmaier et Olaf Scholz, ont déclaré que « toutes les armes sont sur la table » et que « nous ferons tout ce qui est nécessaire pour protéger les entreprises et les emplois ». Ils ont prévenu que les mesures coûteront « des dizaines de milliards d’euros ». La possibilité de recourir à l’endettement n’est plus un tabou. Comme en France, l’objectif est d’assurer les acteurs économiques du soutien déterminé du gouvernement pour qu’ils maintiennent leur activité. Le dispositif de chômage partiel qui avait bien fonctionné en 2008, est réamorcé. Un bouclier en faveur des entreprises a été adopté. Il prévoit des facilités fiscales, notamment des reports d’impôts à hauteur de plusieurs milliards d’euros, mais aussi et surtout un programme illimité de crédits pour assurer la liquidité des entreprises. Une enveloppe de 500 milliards d’euros de crédits sera dégagée. L’idée de nationaliser des entreprises en difficulté est également prévu pour éviter un effet domino au sein des secteur stratégiques.
La France, la santé publique, les entreprises et l’emploi
En France, le Président de la République a annoncé, lors de son intervention jeudi 12 mars, que la priorité était la santé publique. Le Premier Ministre, le 14 mars a placé la France en phase 3 avec la fermeture des commerces (hors pharmacien, alimentation et tabacs) Il a également souligné que le Gouvernement veillerait à soutenir l’économie pour éviter une paralysie du pays et pour faciliter la reprise. Plusieurs mesures économiques exceptionnelles sont prises afin d’atténuer les effets de la crise pour les entreprises et les salariés. Ainsi, les entreprises qui le souhaitent pourront également « reporter sans justification, sans formalité, sans pénalité, le paiement des cotisations et impôts dus en mars ». L’Etat met en place un dispositif de soutien du chômage partiel qui couvrira les salariés jusqu’à hauteur de 4,5 fois le SMIC. Les licenciements ne seraient plus autorisés.
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 13 mars 2020 | Évolution hebdomadaire | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 4 118,36 | -19,86 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 23 185,62 | -10,36 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 7 874,88 | -8,17 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 9 232,08 | -20,01 % | 13 249,01 |
| Footsie | 5 366,11 | -16,97 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 2 586,02 | -19,99 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 21 142,96 | -9,59 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 3 034,51 | +5,35 % | 3050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (22 heures) | +0,003 % | +0,342 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (22 heures) | -0,545 % | +0,169 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (22 heures) | 0,983 % | +0,225 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (22 heures) | 1,1103 | -1,67 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (22 heures) | 1 529,708 | -8,62 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (22 heures) | 34,710 | -23,75 % | 66,300 |
Le krach financier tant redouté a eu lieu sous forme de deux lames. La première s’est produite le lundi 9 mars sur fond de guerre du prix de pétrole ; la seconde, le jeudi 12 après les annonces de Donald Trump de fermer le territoire des Etats-Unis aux transporteurs de passagers avec les Etats de l’Union européenne, et la déception occasionnée par les décisions de la BCE. Vendredi, les cours étaient à la hausse. Les investisseurs se sont délestés de leurs actions par crainte d’une récession forte avec un risque de montée du protectionnisme. La difficile mise en œuvre d’une coordination internationale a aussi contribué à ce vent de panique.
Le CAC 40 a connu le plus fort recul de son histoire avec un recul de 12,25 %. En un mois, il a perdu un tiers de sa valeur. Il a effacé tous les gains enregistrés depuis l’année 2016 qui avait été marquée par la forte baisse du cours du pétrole. En fonction de l’évolution de l’épidémie et des annonces gouvernementales, les marchés peuvent connaître encore plusieurs coups de tabacs et rester très volatils.
Vendredi 13 mars, les marchés européens n’ont connu pas connu le rebond espéré. Ils ont avant tout stabilisé leurs positions, aidés en cela par les annonces de la Commission de Bruxelles indiquant clairement que les Etats européens ne seraient pas tenus de respecter les 3 % de PIB de déficit en 2020. La Commission s’est également engagée à soutenir l’économie des Etats membres. Le CAC 40 n’a repris vendredi que 1,83 %. En revanche, le rebond à New York, les indices « actions » après la déclaration de l’état d’urgence par Donald Trump ont fortement progressé, +9,36 % pour le Dow Jones et +9,34 % pour le Nasdaq.
Dette publique, la France attaquée
La semaine a été marquée également par un changement sur les dettes souveraines avec l’augmentation de l’écart de taux entre la France et l’Allemagne. Le taux de l’OAT à 10 ans français est redevenu positif et est supérieur de 540 points de base à celui de l’Allemagne. La France suit dorénavant les taux italiens, certes à distance. Le taux de l’obligation à 10 ans italien a atteint vendredi 13 mars s’élevait à 1,8 % contre 0,8 % avant le début de l’épidémie. Les investisseurs craignent le dérapage des finances publiques dans les prochains mois pour des pays qui sont déjà fortement endettés.
Le pétrole sur tous les fronts
Le baril de pétrole a perdu 25 % dans la semaine. Compte tenu du ralentissement de l’économie mondiale, la demande en pétrole actuelle et à venir est orientée à la baisse. Pour éviter une baisse trop importante des cours, les pays de l’OPEP avaient souhaité renégocier l’accord de régulation de la production en vigueur depuis la fin de l’année 2016, accord auquel la Russie était jusqu’à maintenant partie prenante. Cette dernière a refusé le durcissement des quotas de production. Elle souhaitait le simple maintien de la réduction de 2,1 millions de barils jour. Si aucune solution n’est trouvée, l’accord de régulation deviendra caduc d’ici la fin du mois de mars, ni l’OPEP ni les non-membres n’étant alors soumis à des restrictions de production. À partir du mois d’avril, l’Arabie saoudite pourrait ainsi augmenter sa production d’un million de barils jours à 11 millions de barils jour. Le Royaume saoudien s’engagerait dans une guerre des tarifs comme en 2014. À l’époque, le prix du baril était tombé à 26 dollars. La chute pourrait être encore plus brutale en raison des risques de récession que le coronavirus fait peser sur l’économie mondiale. Par sa décision, l’Arabie saoudite tente de faire pression sur la Russie qui a besoin d’un baril de pétrole à 60 dollars pour son économie et ses finances publiques. Depuis le 31 décembre, la baisse atteint près de 50 %.
Cantonnée du mois de novembre à février à la Chine, voire à une région de Chine, la diffusion rapide du coronavirus semble avoir pétrifié dans un premier temps les pouvoirs publics. L’absence de précédent et les interrogations sur sa dangerosité expliquent le retard pris au début de la crise. Dans un premier temps, la crainte d’apeurer la population et d’affoler les marchés a certainement joué. L’accumulation de mauvaises nouvelles en provenance d’Italie et la multiplication des décès ont changé la donne en ce milieu de mois de mars. La crise est devenue totale sanitaire, économique (offre, demande) et financière.
Les dirigeants des différents pays sont tenaillés entre la mise en œuvre de politique à tendance nationaliste et la nécessité de jouer sur la coordination et la coopération internationale. Face aux défis de santé publique, le chacun pour soi a d’abord été de mise. En fin de semaine, plusieurs initiatives ont été prises par de nombreux Etats et organismes internationaux afin de limiter l’impact économique et social de cette crise sans précédent.
L’Etat d’urgence aux Etats-Unis
Vendredi 13 mars, le Président américain Donald Trump a décrété l’état d’urgence nationale. Cette décision permet de débloquer près de 50 milliards de dollars en faveur des Etats pour faire face à l’épidémie. L’action sera ainsi coordonnée par la Federal Emergency Management Agency (Fema), qui a l’habitude de venir en aide aux victimes d’ouragans et d’inondations. L’agence pourra assister les autorités locales. L’état d’urgence permet aussi aux hôpitaux de contourner certaines restrictions pour faire face à la situation.
L’Allemagne sort du bois
Les ministres allemands de l’Economie et des Finances, Peter Altmaier et Olaf Scholz, ont déclaré que « toutes les armes sont sur la table » et que « nous ferons tout ce qui est nécessaire pour protéger les entreprises et les emplois ». Ils ont prévenu que les mesures coûteront « des dizaines de milliards d’euros ». La possibilité de recourir à l’endettement n’est plus un tabou. Comme en France, l’objectif est d’assurer les acteurs économiques du soutien déterminé du gouvernement pour qu’ils maintiennent leur activité. Le dispositif de chômage partiel qui avait bien fonctionné en 2008, est réamorcé. Un bouclier en faveur des entreprises a été adopté. Il prévoit des facilités fiscales, notamment des reports d’impôts à hauteur de plusieurs milliards d’euros, mais aussi et surtout un programme illimité de crédits pour assurer la liquidité des entreprises. Une enveloppe de 500 milliards d’euros de crédits sera dégagée. L’idée de nationaliser des entreprises en difficulté est également prévu pour éviter un effet domino au sein des secteur stratégiques.
La France, la santé publique, les entreprises et l’emploi
En France, le Président de la République a annoncé, lors de son intervention jeudi 12 mars, que la priorité était la santé publique. Il a également souligné que le Gouvernement veillerait à soutenir l’économie pour éviter une paralysie du pays et pour faciliter la reprise. Plusieurs mesures économiques exceptionnelles sont prises afin d’atténuer les effets de la crise pour les entreprises et les salariés. Ainsi, les entreprises qui le souhaitent pourront également « reporter sans justification, sans formalité, sans pénalité, le paiement des cotisations et impôts dus en mars ». Le chômage partiel sera facilité avec une prise en charge possible de l’Etat. 5 117 entreprises ont déjà demandé à bénéficier du chômage partiel pour un total de 80 000 salariés et un coût de 242 millions d’euros selon le Ministre de l’Economie. Ces nombres devraient augmenter fortement dans les prochains jours. Jusqu’à présent, le chômage partiel était indemnisé pour le salarié à hauteur de 70 % du salaire brut et 84 % du salaire net. La prise en charge par l’Etat n’était effectuée qu’à hauteur du Smic. Le Président de la République a indiqué le dispositif serait déplafonné. Emmanuel Macron a également promis la mise en place d’un plan de relance national et européen et a indiqué que la dégradation des comptes publics était inévitable. En l’état de la situation financière, il est difficile d’apprécier le coût de la crise. Ce dernier sera fonction de la durée de l’épidémie et de son ampleur.
La suspension de la règle des 3 %
En Europe, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a garanti vendredi une « flexibilité maximale » dans l’application des règles communautaires sur les déficits et sur les aides d’Etat. Elle a porté à 37 milliards d’euros le montant du fonds européen de soutien aux entreprises.
Les banques centrales à la manœuvre
Les banques centrales ne peuvent pas tout mais elles sont des acteurs clefs dans cette crise. En tant que banquiers en dernier ressort, elles doivent calculer au mieux leurs décisions en fonction des besoins des économies sachant qu’elles ont notamment comme missions d’assurer la liquidité ainsi que la pérennité de la sphère financière. Leurs décisions sont décortiquées en temps réel par les investisseurs au point de surréagir.
Après avoir baissé de 0,5 point ses taux directeurs la semaine dernière, la Fed a annoncé jeudi 12 mars qu’elle injecterait un total de 1 500 milliards de dollars en trois tranches pour éviter des perturbations inhabituelles sur le marché. Les investisseurs anticipent, par ailleurs, une nouvelle baisse des taux directeurs américains mercredi prochain.
La réunion de la Banque centrale européenne du jeudi 12 mars était attendue après celle de la FED de la semaine dernière qui avait abouti à une diminution des taux de 0,5 point. Il y a quelques jours, Christine Lagarde avait affirmé face aux chefs d’Etat et de gouvernement européens que la Banque centrale européenne était prête à utiliser tous les outils à sa disposition pour limiter, autant que possible, les conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus. Contrairement aux attentes de nombreux investisseurs, la BCE a décidé de maintenir inchangé ses taux. Le taux de dépôt reste ainsi fixé à -0,5 %, ce qui constitue un niveau bas historique. Elle a, en revanche, annoncé des mesures en faveur du système bancaire et des Etats souverains. Ainsi, la BCE offrira aux banques commerciales de nouveaux prêts et des taux encore plus favorables sur les liquidités mises à leur disposition, et elle envisage d’ajouter une enveloppe supplémentaire pour ses achats d’actifs sur les marchés de 120 milliards d’euros d’ici la fin de l’année, ce qui devrait faciliter le financement des Etats. En injectant ces liquidités, la banque centrale devrait maintenir à des niveaux très bas les coûts d’emprunt des Etats et des entreprises. Cette augmentation n’est pas sans poser des problèmes. En effet, elle ne peut pas acheter plus d’un tiers d’une ligne d’obligation émise par un Etat. Comme la dette de l’Allemagne s’est réduite ces dernières années, la BCE risque d’atteindre assez rapidement ce plafond sachant que la répartition des rachats est proportionnelle aux poids des Etats de la zone euro. Les décisions de la BCE ont été mal comprises par les investisseurs qui souhaitaient une baisse des taux. Or, actuellement, la crise du coronavirus fait peser plutôt un risque de solvabilité tant pour les administrations publiques que le secteur privé. Les taux sont déjà à un niveau extrêmement bas. Les entreprises ne se lanceront pas dans des investissements importants tant que l’épidémie ne sera pas jugulée. L’important est de passer le cap de la crise sans tensions financières importantes. Dans ce contexte, la BCE a fait preuve de sagesse et de courage. La décision de la FED de baisser ses taux n’a eu qu’un effet passager et n’a pas empêché la forte baisse des marchés constatée depuis lundi 9 mars. François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France et membre du conseil de la BCE, a déclaré vendredi 13 mars sur Radio Classique que « s’il y a des risques de fragmentation dans la zone euro nous utiliserons toutes les flexibilités possibles. Nous l’avons déjà fait dans le passé et le ferons à l’avenir chaque fois que cela est nécessaire ». Par ce discours, il confirme le rôle de banquier en dernier ressort de la BCE.
La banque centrale norvégienne a annoncé également vendredi une baisse surprise de 50 points de base de son principal taux directeur à 1%. Pour enrayer la chute des marchés, vendredi 13 mars, la Banque du Japon a injecté des liquidités sur le marché bancaire et offert de racheter 1,9 milliard de dollars d’obligations. Elle a par ailleurs annoncé l’achat de plus de 101 milliards de yens (10,4 milliards de dollars) d’ETF (trackers qui répliquent les indices boursiers).
L’annonce surprise de Donald Trump d’interdire les vols en provenance et en relation des Etats d’Europe continentale dont la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne a créé un choc de grande ampleur sur les différentes places financières. Le CAC 40 a en une journée perdu 12,28 %, ce qui constitue un record historique. L’écart de taux entre la France et l’Allemagne s’est accru notamment dans l’attente des mesures que le Président de la République annoncera à 20 heures jeudi 12 mars.
Les marchés sont toujours sous le choc de la crise sanitaire en raison de l’absence de visibilité et de la faiblesse de la coordination internationale.
La réunion de la Banque centrale européenne du jeudi 12 mars était attendue après celle de la FED de la semaine dernière qui avait abouti à une diminution des taux de 0,5 point. Il y a quelques jours, Christine Lagarde avait affirmé face aux chefs d’Etat et de gouvernement européens que la Banque centrale européenne était prête à utiliser tous les outils à sa disposition pour limiter, autant que possible, les conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus.
Contrairement aux attentes de nombreux investisseurs, la BCE a décidé de maintenir inchangé ses taux. Le taux de dépôt reste ainsi fixé à -0,5 %, ce qui constitue un niveau bas historique. Elle a, en revanche, annoncé des mesures en faveur du système bancaire et des Etats souverains. Ainsi, la BCE offrira aux banques commerciales de nouveaux prêts et des taux encore plus favorables sur les liquidités mises à leur disposition, et elle envisage d’ajouter une enveloppe supplémentaire pour ses achats d’actifs sur les marchés de 120 milliards d’euros d’ici la fin de l’année, ce qui devrait faciliter le financement des Etats. En injectant ces liquidités, la banque centrale devrait maintenir à des niveaux très bas les coûts d’emprunt des Etats et des entreprises. Cette augmentation n’est pas sans poser des problèmes. En effet, elle ne peut pas acheter plus d’un tiers d’une ligne d’obligation émise par un Etat. Comme la dette de l’Allemagne s’est réduite ces dernières années, la BCE risque d’atteindre assez rapidement ce plafond sachant que la répartition des rachats est proportionnelle aux poids des Etats de la zone euro.
Les décisions de la BCE ont été mal comprises par les investisseurs qui souhaitaient une baisse des taux. Or, actuellement, la crise du coronavirus fait peser plutôt un risque de solvabilité tant pour les administrations publiques que le secteur privé. Les taux sont déjà à un niveau extrêmement bas. Les entreprises ne se lanceront pas dans des investissements importants tant que l’épidémie ne sera pas jugulée. L’important est de passer le cap de la crise sans tensions financières importantes. Dans ce contexte, la BCE a fait preuve de sagesse et de courage. La décision de la FED de baisser ses taux n’a eu qu’un effet passager et n’a pas empêché la forte baisse des marchés constatée depuis lundi 9 mars.
Lundi 9 mars, le taux de l’obligation de l’Etat allemand à 10 ans était de -0,845 %, soit moins que le taux de dépôt pratiqué par la BCE (-0,5 %). Les investisseurs anticipent une baisse des taux directeurs de la part de la banque centrale et des mesures de rachats d’obligations. C’est également la conséquence d’une aversion aux risques poussée à l’extrême. Face à la crise virale, les investisseurs se délestent des actions et acquièrent des obligations d’Etat jugées plus solides. Cette frénésie alimente la spirale déflationniste en cours et contribue au processus de dépréciation des valeurs boursières.
Les marchés financiers sont, avec la mondialisation de l’épidémie de coronavirus, entrés dans un processus de baisse forte avec un risque d’auto-réalisation. Cette baisse se nourrit des incertitudes concernant l’évolution de l’épidémie et de ses effets sur l’offre ainsi que sur la demande. La réaction des investisseurs a été d’autant plus vive que la diffusion du virus est mondiale et rapide. La baisse est accentuée par l’échec des négociations entre la Russie et l’OPEP pour stabiliser les prix du pétrole.
Nous sommes confrontés à une crise sanitaire violente mais sans comparaison avec celle de 2008/2009 qui était d’ordre financière et bancaire sur fond de titrisation des emprunts immobiliers. La défiance générale sur le marché interbancaire avait bloqué toute l’économie faisant même craindre une implosion de l’ensemble du système financier.
La crise du coronavirus pèse sur l’offre et l’endettement. Elle n’a pas de fondement financier même si les banques et les assurances peuvent être concernées avec la multiplication des faillites et le processus de baisse des taux.
Le marché « actions » est, par nature, très volatil d’autant plus que le nombre d’acteurs est limité. Par aversion aux risques, ils vendent des titres pour acquérir des obligations d’État solides ce qui fait baisser les taux d’intérêt.
La crise de coronavirus devrait durer entre deux et trois mois. L’application des mesures de confinement sont pour le moment les seules à permettre l’isolement des foyers épidémiques et le ralentissement de la circulation du virus. L’objectif est de réduire la contagion. Cette solution permet à la Chine de faire repartir son économie et de réexporter. Compte tenu du rôle de la Chine dans la production industrielle, ce redémarrage est important pour le reste de l’économie.
Dans les pays nouvellement affectés,
la production devrait connaître plusieurs semaines de baisse avant de retrouver
son rythme de croisière. La demande sera entravée par les confinements et par
la crainte qu’inspire le virus.
Les ministres des finances du G7 ont déclaré « être prêts à prendre les mesures nécessaires, y compris budgétaires ».
La Réserve fédérale américaine a annoncé, mardi 3 mars, une baisse de ses taux d’intérêt de 0,5 point les amenant à 1/1,25 %. Cette mesure d’urgence constitue une réponse pour contrer le caractère récessif pour l’économie de la diffusion du coronavirus. Cette décision intervient entre deux réunions de politique, ce qui n’était pas arrivé depuis la crise de 2008/2009. Jerome Powell, son Président, a indiqué que la FED agirait de manière appropriée et se tenait prête à utiliser tous les outils à sa disposition. Il a souligné que les responsables des grandes banques centrales se coordonnaient pour faire face à la crise et que d’autres mesures d’assouplissement pourraient être prochainement annoncées.
La BCE, même si elle dispose de moins de marges de manœuvre que la FED pour ajuster ses taux, pourrait néanmoins accroître sa politique de rachats. La Commission européenne a indiqué qu’elle était prête à prendre ses responsabilités pour contribuer à limiter l’impact de la crise.
La Banque Centrale d’Australie a également baissé ses taux et la banque centrale du Japon a augmenté ses achats sur les marchés. Le Ministre de l’Économie a indiqué qu’en l’état actuel la croissance pourrait être amputée de 0,1 point en 2020 et que le Gouvernement était prêt à prendre des mesures afin de soutenir les entreprises.
Cette crise sanitaire permettra de mesurer la résilience des nations et des économies. Après l’effet de panique, les autorités, les entreprises, la population devraient s’organiser.
Le Ministre de l’Économie français, Bruno Le Maire tout en reconnaissant que la crise sanitaire devrait aboutir à un net ralentissement de la croissance PIB estime nécessaire de ne pas surréagir afin de ne pas accentuer les tendances récessionnistes. Des mesures de soutien en faveur des entreprises et en particulier des PME sont attendues avec certainement des dégrèvements d’impôts et des reports de charges sociales.
Compte tenu du ralentissement de l’économie mondiale, la demande en pétrole actuelle et à venir est orientée à la baisse. Pour éviter une baisse trop importante des cours, les pays de l’OPEP avaient souhaité renégocier l’accord de régulation de la production en vigueur depuis la fin de l’année 2016, accord auquel la Russie était jusqu’à maintenant partie prenante. Cette dernière a refusé le durcissement des quotas de production. Elle souhaitait le simple maintien de la réduction de 2,1 millions de barils jour. Si aucune solution n’est trouvée, l’accord de régulation deviendra caduc d’ici la fin du mois de mars. À partir du mois d’avril, puisque ni l’OPEP ni les non-membres seront soumis à des restrictions de production, l’Arabie saoudite pourrait augmenter sa production d’un million de barils jours à 11 millions de barils jour. Le Royaume saoudien s’engagerait dans une guerre des tarifs comme en 2014. À l’époque, le prix du baril était tombé à 26 dollars. La chute pourrait être encore plus brutale en raison des risques de récession que le coronavirus fait peser sur l’économie mondiale. L’Arabie saoudite, à travers sa décision, tente de faire pression sur la Russie qui a besoin d’un baril de pétrole à 60 dollars pour son économie et ses finances publiques. Lundi 9 mars, à 11 H 30, le baril de Brent avait perdu 21 % de sa valeur depuis le début de la journée. La chute était de 45 % par rapport au cours du 1er janvier. Le baril pourrait rapidement évoluer à 20 dollars en cas de poursuite de la guerre des prix compte tenu du marché. Un baril bon marché aurait un effet positif sur la conjoncture et favoriser le redémarrage de l’économie. En revanche, il fragile les pays producteurs et le secteur pétrolier ainsi que le secteur bancaire. L’ensemble de la communauté internationale est donc preneur d’un accord.
En l’état actuel, le scénario en « U » est retenu par de nombreux experts qui ont, en revanche, abandonné celui en « V » reposant sur l’idée d’une reprise rapide. La diffusion du virus aboutit à déstabiliser l’ensemble des pôles de croissance. Le scénario en « L » n’est pas, pour le moment, évoqué. Il supposerait une incapacité à juguler la crise sanitaire d’ici le mois de juin avec une très forte désorganisation de l’offre et des circuits d’échange. Le scénario du « pire » supposerait une aggravation sensible du bilan sanitaire provoqué par exemple par une ou des mutations dangereuses du virus. Ce scénario est jugé, en l’état, peu probable.
| Résultats 6 mars 2020 | Évolution hebdomadaire | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 5 139,11 | -3,22 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 25 865,12 | +1,79 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 8 575,62 | +0,22 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 11 541,87 | -2,93 % | 13 249,01 |
| Footsie | 6 462,55 | -1,79 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 3 232,07 | -2,93 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 21 142,96 | -9,59 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 3 034,51 | +5,35 % | 3050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (22 heures) | -0,339 % | -0,046 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (22 heures) | -0,714 % | -0,105 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (22 heures) | 0,758 % | -0,402 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (22 heures) | 1,1303 | +2,47 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (22 heures) | 1 671,410 | +5,40 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (22 heures) | 45,440 | -9,30 % | 66,300 |
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Les marchés financiers continuent leur chute libre en raison de la progression inexorable du coronavirus. Le Cac 40 a clôturé la séance de vendredi en forte baisse de 4,13 %, à 5.139,11 points, dans un volume une nouvelle fois élevé, de 7,56 milliards d’euros. Sur la semaine, l’indice parisien a cédé 3,22 %, après une chute hebdomadaire spectaculaire de 11,94% le vendredi précédent. En un mois, le CAC 40 a perdu 14 %. Le Dow Jones a, en revanche, un petit peu la pente avec un gain sur une semaine de 1,79 %.
Les investisseurs n’ont pas souhaité prendre en compte les bons résultats de l’emploi américain. Selon le Bureau of labour statistics (BLS), 273 000 postes ont été créés dans le secteur non agricole aux Etats-Unis le mois dernier, contre 175 000 anticipés par le marché, tandis que le solde des deux mois précédents a été révisé en hausse de 85 000. Le taux de chômage a diminué de 0,1 point à 3,5 %. Ces résultats ont été recensés avec la diffusion hors de Chine du virus.
Du fait de l’absence d’accord à Vienne entre les membres de l’OPEP et à la Russie, le pétrole de Brent se traitait vendredi à 45,64 dollars, au plus bas depuis juillet 2017.
Les investisseurs recherchent avant tout à privilégier les actifs dits refuge comme l’or, certaines devises, dont le yen, et les emprunts d’Etat. Le rendement de l’emprunt chinois à 10 ans a touché un plus bas de 18 ans ce matin. Celui des bons du Trésor américain de même échéance est tombé à 0,6611 %, un nouveau plus bas historique, tandis que celui de l’échéance à 30 ans est passé sous le seuil de 1,5 %. Les investisseurs anticipent une nouvelle détente de la part de la Fed après la baisse d’urgence de 50 points de base du taux des Fed funds annoncée mardi 3 mars dernier. Le taux de l’obligation d’Etat allemand à 10 ans s’est abaissé à -0,714 %. L’euro s’apprécie par rapport au dollar en raison de la baisse des taux décidés de la Banque centrale américaine.
Au mois de janvier, le taux de rendement des livrets bancaires fiscalisés a, selon la Banque de France, été de 0,16 %, le même taux qu’en décembre. Le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires est inchangé sur deux mois (0,58 % depuis novembre 2019). La rémunération moyenne des dépôts des ménages augmente légèrement (0,83 %, après 0,82 % en décembre 2019), malgré une baisse de la rémunération des comptes à terme. En février, la baisse du taux du Livret a sera pris en compte.
Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires
| janv- 2019 | nov- 2019 | déc- 2019 (e) | jan- 2020 (f) | |
| Taux moyen de rémunération des encours de dépôts bancaires | 0,63 | 0,58 | 0,58 | 0,58 |
| Ménages | 0,89 | 0,83 | 0,82 | 0,83 |
| dont : – dépôts à vue | 0,03 | 0,02 | 0,02 | 0,02 |
| – comptes à terme <= 2 ans (g) | 0,77 | 0,72 | 0,71 | 0,69 |
| – comptes à terme > 2 ans (g) | 1,58 | 1,28 | 1,25 | 1,22 |
| – livrets à taux réglementés (b) | 0,79 | 0,78 | 0,78 | 0,78 |
| dont : livret A | 0,75 | 0,75 | 0,75 | 0,75 |
| – livrets ordinaires | 0,26 | 0,17 | 0,16 | 0,16 |
| – plan d’épargne-logement | 2,67 | 2,65 | 2,65 | 2,65 |
| SNF | 0,27 | 0,22 | 0,22 | 0,22 |
| dont : – dépôts à vue | 0,10 | 0,10 | 0,10 | 0,10 |
| – comptes à terme <= 2 ans (g) | 0,25 | 0,20 | 0,23 | 0,22 |
| – comptes à terme > 2 ans (g) | 1,33 | 1,12 | 1,10 | 1,08 |
| Pour mémoire : | ||||
| Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème | 0,00 | 0,00 | 0,00 | 0,00 |
| Euribor 3 mois (c) | -0,31 | -0,40 | -0,40 | -0,39 |
| Rendement du TEC 5 ans (c), (d) | -0,10 | -0,43 | -0,40 | -0,41 |
a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
c. Moyenne mensuelle.
d. Taux de l’Échéance Constante 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
e. Données révisées.
f. Données provisoires.
g. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
h. La date de prise d’effet de la baisse du taux du livret A à 0,50% est le 1er février 2020.
La Réserve fédérale américaine a annoncé mardi 3 mars une baisse de ses taux d’intérêt de 0,5 point les amenant à 1 /1,25 %. Cette mesure d’urgence constitue une réponse pour contrer le caractère récessif pour l’économie de la diffusion du coronavirus. Cette décision intervient entre deux réunions de politique, ce qui n’était pas arrivé depuis la crise de 2008/2009. Cette baisse avait été anticipée par la place financière de New York qui a enregistré une hausse lundi. Par ailleurs, le dollar s’était déprécié par rapport à l’euro. L’o a progressé de 3% à 1.633 dollars l’once.
Jerome Powell a indiqué que la FED agirait de manière appropriée et se tenait prête à utiliser tous les outils à sa disposition.Il a souligné que les responsables des grandes banques centrales se coordonnaient pour faire face à la crise et que d’autres mesures d’assouplissement pourraient être prochainement annoncées.
La BCE dispose de moins de marges de manoeuvre que la FED pour ajuster ses taux. Elle pourrait néanmoins accroître sa politique de rachats. La Commission européenne a indiqué qu’elle était prête à prendre ses responsabilités pour contribuer à limiter l’impact de la crise.
Au fil des jours, une coordination se met en place à l’échelle internationale pour apporter une réponse à cette crise d’un nouveau type.
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 28 février 2020 | Évolution hebdomadaire | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 5 299,26 | -12,11 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 25 409,36 | -12,36 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 8 567,37 | -10,54 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 11 890,35 | -12,44 % | 13 249,01 |
| Footsie | 6 565,80 | -11,32 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 3 329,49 | -12,39 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 21 142,96 | -9,59 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 880,30 | -5,24 % | 3050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) | -0,293 % | -0,088 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) | -0,609 % | -0,115 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) | 1,160 % | -0,315 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (18 heures) | 1,1005 | +1,45 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) | 1 588,521 | -3,55 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) | 49,740 | -14,78 % | 66,300 |
Depuis la première révolution industrielle, l’économie mondiale avait été confrontée à des chocs de nature diverse, spéculation immobilière, bulle financière, crise agricole, crise énergétique, etc. La diffusion du coronavirus à l’échelle planétaire suivie en direct par les médias traditionnels et numérique constitue une première entraînant une chute brutale du cours des actions. Même si pour le moment, le terme de krach n’est pas encore d’actualité car pour être qualifiée en tant que tel, la baisse des cours doit être brutale et avoisiner les 20 %. En cinq jours, l’indice japonais a perdu près de 10 %, le CAC 40 français, plus de 12 % tout comme le Nasdaq américain. La contraction des indices « actions » enregistrée cette semaine est la plus forte enregistrée depuis la crise financière de 2008. La correction en cours intervient après plusieurs mois de fortes hausses qui rendent la correction d’autant plus violente Juste avant l’annonce par les autorités chinoises d’un problème sanitaire à Wuhan, il y a deux mois, nul n’avait imaginé un tel scénario même si nombreux étaient ceux qu’un ajustement était probable.
Cette baisse des valeurs « actions » repose tout autant sur les effets économiques palpables de la crise épidémique que sur les interrogations liées à son ampleur et à sa durée. La peur générée par cette épidémie a été le catalyseur de la baisse de ces derniers jours. Le monde occidental vit tout à la fois sa première grande épidémie depuis la grippe espagnole et la première épidémie suivie en temps réel par les médias et les réseaux sociaux. Les pouvoirs publics sont amenés à communiquer quotidiennement pour éviter l’amplification de la panique et la circulation de fausses informations. La forte défiance des opinions ne facilite pas leur tâche en la matière d’autant plus que la situation est très évolutive. Depuis 2004, la France est dotée de plans de réactions en cas d’épidémies de grande ampleur. Ces plans prévoient plusieurs échelons et dispositifs de prise en charge en fonction de la gravité de la situation. Compte tenu de la forte ouverture de l’économie européenne, les pouvoirs publics ne peuvent opter pour les limitations de circulation qu’avec prudence. La priorité a été pour le moment de mettre en alerte le système de santé afin qu’il puisse répondre à une demande de soins en augmentation rapide. Les demandes de confinement demeurent très ciblées et ne concernent que les personnes qui ont été potentiellement en contact avec le virus.
Une baisse de la production et des ruptures de stocks
La crise sanitaire par son caractère global et mondial touche l’ensemble des composantes de l’économie. Le premier effet de l’épidémie a été de réduire les capacités de production de la première puissance industrielle et du premier exportateur mondial qu’est devenue la Chine. Compte tenu de la diffusion de la maladie, plusieurs autres pays asiatiques comme la Corée du Sud sont concernés. Du fait de l’éclatement des chaînes de production, les entreprises, à l’échelle mondiale, sont éventuellement confrontées à des risques de rupture de stock.
La diffusion du virus en Italie du Nord, cœur industriel de ce pays, a créé une onde de choc. Jusqu’à maintenant, le problème semblait être cantonné à une région en Chine. En quelques jours, la crise sanitaire est apparue mondiale pour les investisseurs et les actionnaires.
Pétrole et taux à la baisse
La crainte d’une récession mondiale a provoqué une forte baisse du cours du pétrole qui est passé en-dessous des 50 dollars le baril vendredi 28 février. Sur un an, il a perdu un quart de sa valeur. Les obligations d’Etat les mieux notés sont particulièrement recherchés entraînant une nouvelle baisse des taux. Le taux de l’obligation de l’Etat allemand à 10 ans est tombé à -0,609 % et celui de l’obligation de l’Etat américain à 1,160 % vendredi 28 février. Les investisseurs s’attendent à des annonces de la part des banques centrales pour soutenir l’activité économique. Les Etats-Unis disposant de marges de manœuvre supérieures en la matière, leurs taux baissent plus fortement qu’en Europe. Ces marges plus élevées outre-Atlantique expliquent pourquoi le dollar se déprécie par rapport à l’euro, le marché anticipant des décisions accommodantes de la banque centrale américaine.
Le secteur du tourisme en première ligne
L’épidémie a un effet tangible sur l’activité touristique. Les prévisions aériennes pour les trois prochains mois tablent sur une baisse de 60 % de la fréquentation chinoise en France. Air France chiffre le manque à gagner à plus de 200 millions d’euros. En moyenne, sur 90 millions de touristes étrangers, 2,7 millions de Chinois visitent la France chaque année. Il est à noter que le nombre de touristes chinois avait tendance à diminuer avant même l’épidémie de COVID-19. Plus l’épidémie se répandra, plus l’impact sur le transport aérien et le secteur touristique sera important. La France, l’Italie, l’Espagne, les États-Unis en tant que premiers pays d’accueil pour les touristes sont tout à la fois susceptibles d’être ainsi touchés par la contamination et d’être impactés au niveau du tourisme. L’hôtellerie, la restauration mais aussi toutes les activités de loisirs (spectacles, musées, parc de loisirs) entraînant une concentration de personnes sont potentiellement concernées.
Une baisse de l’investissement ?
Les investisseurs sont incités à retarder leurs investissements du fait des incertitudes économiques générées par l’épidémie. Par ailleurs, des projets devant être engagés en Chine ont été retardés du fait du cantonnement de la population.
Un ralentissement des échanges internationaux
L’épidémie touche à plusieurs niveaux les échanges internationaux. En raison des réductions de production constatées en Chine, les exportations se tarissent. Par voie de conséquence, les importations font de même. Cette situation entraîne une baisse des cours du pétrole et des matières premières, réduisant d’autant les ressources des pays producteurs.
Une baisse de la demande des ménages
Les mesures prises pour ralentir la diffusion du virus entraînent, à travers le confinement des villes touchées, une baisse de la consommation. L’Europe étant le premier centre de consommation mondiale, avec plus de 500 millions d’habitants, la diffusion du COVID-19 peut avoir des effets importants sur la consommation en raison de la limitation des échanges. Le caractère anxiogène de l’épidémie peut conduire à des reports d’achats. Avec la réduction du nombre de touristes, le secteur du luxe est en première ligne.
Quel effet sur la croissance ?
Les effets de l’épidémie sur la croissance de l’économie mondiale, et notamment de l’économie française, dépendront de sa durée et de son importance. Ils sont aussi liés à la levée ou non des incertitudes qui sont nombreuses. La dangerosité de la maladie, les modalités de contagion, la capacité des pouvoirs publics à la juguler, sont autant d’interrogations qui génèrent l’inquiétude des investisseurs. L’indice de contagiosité est estimé entre 1,5 et 3,5 contre 2,2 pour la grippe espagnole de 1919. Pour le rhume, le taux est de 2 et celui de la grippe saisonnière de 1. Des chiffres très éloignés de la varicelle (8,5), de la rougeole (9) ou du choléra (9,5). Le taux de létalité est de 2,3 % pour le COVID-19 contre 0,1 % pour la grippe saisonnière. Il est en revanche plus faible que celui constaté lors de l’épidémie de SRAS (9,6 %). Mais cette dernière n’avait touché que 8 000 personnes lorsqu’elle s’était propagée en 2003. Le taux de létalité augmente à partir de 50 ans pour atteindre son plus haut niveau au-delà de 70 ans. Le taux de mortalité est de 15 % au-delà de 80 ans. À l’inverse, pour les personnes âgées de moins de 39 ans, ce taux serait de 0,2 % selon une étude chinoise. De manière pour le moment peu expliqué, le taux de contamination et de létalité est très faible chez les enfants.
Le scénario le plus rationnel est une évolution en « U » de l’économie avec une chute d’activité suivie d’une période étale plus ou moins longue débouchant sur un rebond assez fort pour compenser les retards pris durant l’épidémie. Ce scénario repose sur l’atteinte d’un pic épidémique intervenant d’ici quelques semaines et sur une coordination à l’échelle internationale des moyens sanitaires voire des réponses économiques nécessaires pour empêcher une récession. L’autre scénario dit en « L » se matérialiserait par une entrée en récession relativement longue le temps de vaincre l’épidémie. Pour le moment, le Ministère de l’Économie estime que le virus COVID-19 ne provoquera qu’un manque de croissance de l’ordre de 0,1 point en France. Au niveau mondial, le PIB devrait être amputé de 0,2 point en 2020. Si l’épidémie se muait en pandémie et si le mouvement de panique prenait racine, le risque de récession mondiale ne serait pas à écarter. La multiplication des mesures protectionnistes, la fermeture des frontières aurait évidemment un fort effet sur la croissance. Les autorités mondiales s’inquiètent des conséquences de l’épidémie sur des pays ne disposant pas de système de santé performant (particulièrement en Afrique).
Après le trou d’air de la fin 2019, la Banque de France pensait, en début de semaine que le retour à normal était possible pour la France au cours du 1er trimestre 2020 avec une progression du PIB de 0,3 % pour le premier trimestre (contre un recul de 0,1 point au dernier trimestre 2019). Les économistes de la banque centrale estimaient que l’industrie devrait retrouver son rythme de croisière en février, tandis que l’activité dans les services et le bâtiment sont bien orientés depuis le début d’année.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, pariait sur un taux moyen de croissance par trimestre de 0,3 %, soit le résultat constaté depuis deux ans. L’INSEE est un peu plus pessimiste et prévoit une croissance de 0,2 % au premier trimestre, puis de 0,3 % au deuxième.
Pour l’ensemble de 2020, la Banque de France prévoit une croissance de 1,1 %, selon ses prévisions dévoilées en décembre dernier, soit le rythme le plus bas depuis 2016, lorsqu’elle avait atteint 1 %. Le Gouvernement table pour sa part sur une progression du PIB de 1,3 %.
En 2019, le taux d’épargne des ménages a atteint 14,7 % du revenu disponible brut contre 14,2 % en 2018. Le taux d’épargne financière est passé sur cette période de 4 à 4,3 %.

Les premiers résultats du mois de janvier en ce qui concerne l’épargne confirment la tendance de l’année 2019. Ils traduisent, chez les ménages, un certain conservatisme teinté d’une prise de conscience que la donne a changé. Le Livret A démarre ainsi sur les chapeaux de roues quand l’assurance vie connaît un début d’année en demi-teinte sur fond de remise en cause de son modèle qui a fait son succès ces vingt dernières années.
L’inoxydable Livret A
L’annonce de la baisse du taux du Livret A intervenue au mois de janvier n’a eu aucun effet sur la collecte qui a atteint 4,13 milliards d’euros, soit le même montant que l’année dernière (4,00 milliards d’euros). Pour la première fois de son histoire, l’encours du Livret A dépasse les 300 milliards d’euros (302,7 milliards en janvier contre 298,6 milliards d’euros en décembre). En dix ans, l’encours a progressé de 54 %.
Le mois de janvier se caractérise, en règle générale, par une forte collecte en raison du versement des primes et des étrennes de fin d’année. Lors de ces dix dernières années, deux décollectes seulement sont à signaler, en 2015 (-0,85 milliards d’euros) et en 2016 (-0,81 milliards d’euros). Ces deux dernières s’expliquaient en grande partie par la baisse du rendement du Livret A intervenue au mois d’août de l’année précédente (août 2014 passage de 1,25 à 1 %, août 2015 passage de 1 à 0,75 %). Comme en 2020, le passage de 2,25 à 1,75 % annoncé au mois de janvier 2013 n’avait pas eu tout d’effet négatif sur la collecte qui avait alors atteint alors 8,21 milliards d’euros. Ce résultat était lié au relèvement du plafond du Livret A qui était passé le 1er janvier 2012 de 19 125 à 22 950 euros.
Outre les primes et des étrennes de fin d’année, les ménages ont pu épargner sur leur Livret A tout ou partie de l’avance des crédits d’impôt versé par l’administration fiscale le 15 janvier à 9 millions de ménages. Au total, l’État a reversé 5,5 milliards d’euros représentant 60 % du montant des crédits d’impôt de l’année 2020.
La collecte du Livret A obéit à une saisonnalité. Le premier semestre se caractérise par de fortes collectes mensuelles quand le second est marqué par quelques mois de décollecte. Février 2020 sera peut-être marqué par une baisse de la collecte en raison de l’entrée en vigueur du taux de 0,5 %. Cependant le contexte anxiogène pourrait conduire les ménages français à ne pas relâcher leur effort. Le Livret A en période tourmentée joue le rôle de paratonnerre, de valeur sûre.

L’assurance vie à la croisée des chemins
L’assurance vie commence moderato l’année 2020 avec une collecte nette de 500 millions d’euros au mois de janvier. Cette collecte relativement faible au regard des résultats passés est riche d’enseignements.
Pour trouver une collecte nette plus faible, il faut remonter au mois de décembre 2018 (-700 millions d’euros). Lors de ces dix dernières années, l’assurance vie n’a connu qu’une décollecte au mois de janvier, en 2012, l’annus horribilis, pour le premier produit d’épargne français. Janvier est traditionnellement un mois correct pour l’assurance vie avec des collectes nettes pouvant atteindre 2,4 milliards d’euros comme en janvier 2018 ou 3,2 milliards d’euros en janvier 2017. Ce petit trou d’air est avant tout imputable à la bonne tenue des rachats.
Avec une collecte brute de 11,8 milliards d’euros, l’assurance vie attire toujours les épargnants. Certes, ce résultat est en léger retrait par rapport au mois de janvier 2019 (12,7 milliards d’euros) et au mois de janvier 2018 (13,4 milliards d’euros) mais il est identique à celui du dernier mois de l’année 2019. Elle est dans la moyenne de ces douze derniers mois. Les Français continuent à placer une part non négligeable de leur épargne sur l’assurance vie, malgré les annonces de baisse de rendement intervenues entre le mois de décembre et janvier.
La proportion d’unités de compte (UC) en s’élevant à 34 % symbolise bien la volonté des compagnies d’assurance de limiter le poids des fonds euros et d’inciter les épargnants à porter le risque. La bonne tenue de la bourse facilite la montée en puissance des unités de compte. Certes, il y a un retrait par rapport à décembre, mois durant lequel la proportion d’UC avait atteint 41 %. Ce taux s’expliquait, sans nul doute, par le fait que des compagnies avaient décidé de restreindre l’accès à leurs fonds euros.
Le montant des rachats et des prestations qui s’établit à 11,3 milliards d’euros au mois de janvier, est en hausse. Il s’élevait à 11 milliards d’euros en décembre 2019 et à 10,6 milliards d’euros au mois de janvier 2019. Le montant des prestations tend à augmenter avec la maturité croissante du produit. Le vieillissement des titulaires de contrats aboutit automatiquement à un accroissement des versements intervenant au moment des décès. Par ailleurs, les ménages effectuent des arbitrages avec l’immobilier qui bat des recours en matière de transactions (plus d’un million en 2019).
L’assurance vie devrait atteindre la barre des 1800 milliards d’euros dans les prochains mois, renforçant sa position de numéro un des placements français. Au mois de janvier, l’encours a atteint 1789 milliards d’euros. La résilience du produit n’est plus à prouver. Il semble pouvoir s’adapter à la nouvelle donne imposée par les taux d’intérêt négatifs. Il profite de la forte appétence des Français pour l’épargne. L’assurance vie offre l’accès à une combinaison sécurité, liquidité avec les fonds euros et prise de risques avec les unités de compte. Cette association n’existe dans un aucun autre type de placement.
Les ménages français sont depuis deux ans enclins à maintenir un fort volant d’épargne de précaution en raison des incertitudes sociales et économiques. Les grèves du mois de décembre et de janvier concernant la réforme des retraites ne les ont pas incités à relâcher leur effort. Ils privilégient toujours la sécurité et la liquidité en faisant fi du rendement. Le vieillissement de la population contribue également à l’amplification de cet effort d’épargne. Pour le moment, les ménages ne répondent qu’avec modération aux stimuli des pouvoirs publics en faveur de la réorientation l’épargne vers des placements plus risqués.
L’année 2020 débute avec un recul marqué de la consommation, -1,1 % faisant suite à une contraction de 0,3 % en décembre. Les grèves des transports ont certainement joué un rôle dans cette contreperformance. Le recul des achats a concerné en premier lieu les biens fabriqués (–2,7 %). En janvier, les dépenses en biens durables chutent (–5,1 %) après trois mois de hausse. La consommation de matériels de transport (en particulier l’achat de voitures) a diminué de 7,1 %. Cette baisse est notamment due au contrecoup de l’entrée en vigueur au 1er janvier 2020 de nouvelles modalités encadrant le malus écologique, qui avaient été anticipées au mois de décembre. Les dépenses en habillement-textile se replient de nouveau nettement (–1,2 % après –1,3 %).
En revanche, les achats alimentaires ont légèrement augmenté (+0,2 % après –0,4 %) tout comme les dépenses en énergie (+0,1 %).
Ce mauvais résultat de la consommation constitue une mauvaise nouvelle pour la croissance du premier trimestre d’autant plus qu’avec la diffusion du COVID-19, les prochaines semaines pourraient s’avérer délicates.

En 2019, le taux d’épargne des ménages a atteint 14,7 % du revenu disponible brut contre 14,2 % en 2018. Le taux d’épargne financière est passé sur cette période de 4 à 4,3 %.
Le taux d’épargne des ménages comprend deux composantes, le remboursement du capital des emprunts et l’épargne financière. Cette dernière a progressé de 0,3 point en 2019 quand la première a augmenté de 0,2 point. L’endettement croissant des ménages en particulier pour acquérir un bien immobilier a pour conséquence une progression des remboursements. Par ailleurs, les ménages ont affecté une part non négligeable de leurs gains de pouvoir d’achat dans l’épargne financière. Par unité de consommation, le pouvoir d’achat a progressé, en 2019 de 1,4 %. La consommation a augmenté moins vite, de 1,2 % permettant une hausse du taux d’épargne.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Au mois de février, la confiance des ménages dans la situation économique est stable. L’indicateur qui la synthétise se maintient à 104, au-dessus de sa moyenne de longue période (100). Pour le moment, l’épidémie de COVID-19 n’a pas altéré le moral des ménages mais l’enquête a été réalisée avant la diffusion du virus en Italie et a chute des cours de bourse.

Quelques craintes pour la consommation
En ce qui concerne leur situation financière future, les ménages sont un peu plus pessimistes en février qu’en janvier. L’indice perd deux points mais demeure légèrement au-dessus de sa moyenne de longue période. Le solde relatif à leur situation financière passée gagne quant à lui un point et se maintient ainsi au-dessus de la moyenne. La proportion de ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants diminue légèrement par rapport au mois précédent ; le solde correspondant perd un point mais demeure au-dessus de sa moyenne.
Niveau de vie globale en hausse
Si sur leur situation personnelle, les Français sont un peu plus inquiets en février, ils estiment néanmoins que le niveau de vie en France devrait s’améliorer au cours des douze prochains mois ; le solde correspondant gagne quatre points, rejoignant ainsi sa moyenne. Le solde d’opinion des ménages sur le niveau de vie passé en France augmente quant à lui légèrement (+1 point) et demeure supérieur à sa moyenne de longue période.
Emploi, la confiance est de mise
L’annonce des bons résultats sur le front de l’emploi en début d’année a été prise par les Français. Les craintes des ménages concernant l’évolution du chômage diminuent nettement en février ; le solde correspondant, au plus bas depuis juillet 2007, perd douze points.
Un peu plus de Français pensent que les prix augmentent
En février, les ménages estimant que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois sont légèrement plus nombreux que le mois précédent ; le solde correspondant gagne un point mais demeure cependant bien en dessous de sa moyenne. Le solde d’opinion des ménages sur les prix futurs est quant à lui inchangé.
Epargne, les Français ne savent plus sur quel pied danser
Le solde d’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne actuelle gagne également un point, après quatre mois de stabilité. Le solde correspondant reste au-dessus de sa moyenne. En février, le solde d’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne future augmente d’un point et reste nettement au-dessus de sa moyenne de longue période.
En revanche, la part des ménages estimant qu’il est opportun d’épargner continue de baisser en février (–1 point). Le solde correspondant demeure donc inférieur à sa moyenne de longue période.
Dans ce contexte un peu chahuté et avec des perceptions de la situation un peu contradictoire, les Français indiquent tout à la fois que leur capacité d’épargne augmente mais, en même temps, qu’il n’est pas opportun de le faire. La baisse des taux pourrait expliquer cette appréciation. Dans les faits, les ménages épargnent fortement en produits de taux ou en laissant leur argent sur leurs comptes courants ce qui est en phase avec l’étude de l’INSEE.
Les marchés « actions » occidentaux ont perdu, lundi 24 février, entre 3 et 4 %. Cette baisse brutale est la conséquence de la diffusion de l’épidémie de coronavirus au sein de plusieurs pays, au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe, essentiellement en Italie.
Les investisseurs face à la menace de ralentissement économique ont réagi en se délestant de leurs actions et en arbitrant en faveur des obligations d’État ce qui a amené, par voie de conséquence, une nouvelle baisse des taux d’intérêt.
Quelles sont les conséquences économiques de l’épidémie en cours ?
Une baisse de la production et des ruptures de stocks
Le premier effet est de réduire les capacités de production de la première puissance industrielle et du premier exportateur mondial qu’est devenue la Chine. Compte tenu de la diffusion de la maladie, plusieurs autres pays asiatiques comme la Corée du Sud pourraient enregistrer des baisses de production. Par ailleurs, du fait de l’éclatement des chaînes de production, les entreprises, à l’échelle mondiale, pourraient avoir des problèmes pour se fournir en biens intermédiaires auprès de leurs sous-traitants situés majoritairement en Asie.
La diffusion du virus en Italie du Nord, cœur industriel de ce pays a créé une onde de choc. Jusqu’à maintenant, le problème semblait cantonner à une région en Chine. En quelques jours, la crise sanitaire est apparue mondiale pour les investisseurs et les actionnaires.
Un retard dans les investissements
Les investisseurs sont incités à retarder leurs investissements du fait des incertitudes économiques générées par l’épidémie. Par ailleurs, des projets devant être engagés en Chine ont été retardés du fait du cantonnement de la population.
Un ralentissement des échanges internationaux
L’épidémie touche à plusieurs niveaux les échanges internationaux. En raison des réductions de production constatées en Chine, les exportations se tarissent. Par voie de conséquence, les importations font de même. Cette situation entraîne une baisse des cours du pétrole et des matières premières, réduisant d’autant les ressources des pays producteurs.
L’épidémie a un effet tangible sur l’activité touristique. Les prévisions aériennes pour les trois prochains mois tablent sur une baisse de 60 % de la fréquentation chinoise en France. En moyenne, sur 90 millions de touristes étrangers, 2,7 millions de Chinois visitent la France chaque année. Il est à noter que le nombre de touristes chinois avait tendance à diminuer avant même l’épidémie de COVID-19. Plus l’épidémie se répandra, plus l’impact sur le transport aérien et le secteur touristique sera important.
Une baisse de la demande des ménages
Les mesures prises pour ralentir la diffusion du virus entraîne, à travers le confinement des villes touchées, une baisse de la consommation. L’Europe étant le premier centre de consommation mondiale, avec plus de 500 millions d’habitants, la diffusion du COVID-19 aurait de fortes répercussions.
Quel effet sur la croissance ?
Les effets de l’épidémie sur l’économie mondiale et française dépendent de sa durée et de son importance. Ils sont aussi liés à la levée ou non des incertitudes qui sont nombreuses. La dangerosité de la maladie, les modalités de contagion, la capacité des pouvoirs publics à la juguler, sont autant de questions qui pour le moment n’ont pas reçu des réponses fiables. Le COVID-19 apparaît doté d’un pouvoir contagieux élevé, cependant il n’est pas, à preuve du contraire, extrêmement dangereux. L’indice de contagiosité est estimé entre 1,5 et 3,5 contre 2,2 pour la grippe espagnole de 1919. pour le rhume, le taux est de 2 et celui de la grippe saisonnière de 1. Des chiffres très éloignés de la varicelle (8,5), de la rougeole (9) ou du choléra (9,5). Le taux de létalité est de 2,3 % pour le COVID-19 contre 0,1 % pour la grippe saisonnière. Il est en revanche plus faible que celui constaté lors de l’épidémie de SRAS (9,6 %). Mais cette dernière n’avait touché que 8 000 personnes lorsqu’elle s’était propagée en 2003. Le taux de létalité augmente aussi avec l’âge et les plus de 80 ans sont les plus à risque, avec une mortalité de 14,8 %. À l’inverse, pour les personnes âgées de moins de 39 ans, ce taux serait de 0,2 % selon une étude chinoise.
Quel effet pour la croissance ?
Le scénario le plus probable est une évolution en « U » de l’économie avec une chute d’activité suivie d’une période étale plus ou moins longue débouchant sur un rebond assez fort pour compenser les retards pris durant l’épidémie. Ce scénario repose sur l’atteinte d’un pic épidémique assez rapide et sur une coordination à l’échelle internationale des moyens sanitaires voire des réponses économiques nécessaires pour empêcher une récession. L’autre scénario dit en « L » se matérialiserait par une entrée en récession relativement longue le temps de vaincre l’épidémie. Pour le moment, le Ministère de l’Économie estime que le virus COVID-19 ne provoquera qu’un manque de croissance de l’ordre de 0,1 point.
Au mois de février, malgré l’amoncellement des menaces avec la diffusion de l’épidémie de coronavirus, le climat des affaires est resté, en France, stable. À 105, l’indicateur, calculé par l’INSEE, à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité marchands, demeure au-dessus de sa moyenne de longue période (100). Comparé à janvier, le climat des affaires gagne un point dans le commerce de détail et les services. Il est stable dans le bâtiment et l’industrie. Dans tous les secteurs, le climat des affaires se situe au-dessus de sa moyenne de longue période.
En février 2020, le climat de l’emploi reste porteur. À 105, il est au-dessus de sa moyenne de longue période.
L’indicateur de retournement qui mesure l’évolution à venir de la conjoncture pour l’ensemble de l’économie reste dans la zone indiquant un climat favorable.
Cette enquête a été réalisée avant la chute des marchés financiers et avant la multiplication des cas de coronavirus en Italie.

Le Livret A prouve au mois de janvier son caractère inoxydable. L’annonce de la baisse du taux du Livret A intervenue au mois de janvier n’a eu aucun effet sur la collecte qui a atteint 4,13 milliards d’euros, soit le même montant que l’année dernière (4,00 milliards d’euros). Comme les années précédentes, le Livret A démarre l’année sur les chapeaux de roues. Pour la première fois de son histoire, l’encours du Livret A dépasse les 300 milliards d’euros (302,7 milliards en janvier contre 298,6 milliards d’euros en décembre). En dix ans, l’encours a progressé de 54 %.
Le mois de janvier se caractérise, en règle générale, par une forte collecte en raison du versement des primes et des étrennes de fin d’année. Lors de ces dix dernières années, deux décollectes sont seulement à signaler, en 2015 (-0,85 milliards d’euros) et en 2016 (-0,81 milliards d’euros). Ces deux dernières s’expliquaient en grande partie par la baisse du rendement du Livret A intervenue au mois d’août de l’année précédente (août 2014 passage de 1,25 à 1 %, août 2015 passage de 1 à 0,75 %). Le passage de 2,25 à 1,75 % annoncé au mois de janvier 2013 n’avait pas eu tout comme en 2020 d’effet négatif sur la collecte qui avait atteint alors 8,21 milliards d’euros. Ce résultat était lié au relèvement du plafond du Livret A qui était passé le 1er janvier 2012 de 19 125 à 22 950 euros
Les ménages, en plus des primes et des étrennes de fin d’année, ont pu épargner sur leur Livret A tout ou partie de l’avance des crédits d’impôt versé par l’administration fiscale le 15 janvier à 9 millions de ménages. Au total, l’Etat a reversé 5,5 milliards d’euros représentant 60 % du montant des crédits d’impôt de l’année 2020.
Les ménages français sont depuis deux ans enclins à maintenir un fort volant d’épargne de précaution en raison des incertitudes sociales et économiques. Les grèves du mois de décembre et de janvier concernant la réforme des retraites ne les ont pas incités à relâcher leur effort. Ils privilégient toujours la sécurité et la liquidité en faisant fi du rendement. Le vieillissement de la population contribue également à l’amplification de l’effort d’épargne. Pour le moment, les ménages ne répondent qu’avec modération aux stimuli des pouvoirs publics en faveur de la réorientation l’épargne vers des placements plus risqués.
La collecte du Livret A obéit à une saisonnalité. Le premier semestre se caractérise par de fortes collectes mensuelles quand le second semestre est marqué quelques mois de décollecte. Le mois de février sera peut être marqué par une baisse de la collecte en raison de l’entrée en vigueur du taux de 0,5 %. Le contexte anxiogène pourrait conduire les ménages français à ne pas relâcher leur effort. Le Livret A en période tourmentée joue le rôle de paratonnerre, de valeur sûre.

L’assurance vie commence moderato l’année 2020 avec une collecte nette de 500 millions d’euros au mois de janvier. Cette collecte relativement faible au regard des résultats passés est riche d’enseignements.
Un petit trou d’air
Pour trouver une collecte nette plus faible, il faut remonter au mois de décembre 2018 (-700 millions d’euros). Lors de ces dix dernières années, l’assurance vie n’a connu qu’une décollecte au mois de janvier, en 2012, l’année horribilis pour le premier produit d’épargne français. Janvier est traditionnellement un mois correct pour l’assurance vie avec des collectes nettes pouvant atteindre 2,4 milliards d’euros comme en janvier 2018 ou 3,2 milliards d’euros en janvier 2017. Ce petit trou d’air est avant tout imputable à la bonne tenue des rachats.
Pas de réelle défiance à l’encontre du premier produit d’épargne des Français
Avec une collecte brute de 11,8 milliards d’euros, l’assurance vie attire toujours les épargnants. Certes, ce résultat est en léger retrait par rapport au mois de janvier 2019 (12,7 milliards d’euros) et au mois de janvier 2018 (13,4 milliards d’euros) mais il est identique à celui du dernier mois de l’année 2019. Elle est dans la moyenne de ces douze derniers mois. Les Français continuent à placer une part non négligeable de leur épargne sur l’assurance vie et cela malgré les annonces de baisse de rendement intervenues entre le mois de décembre et janvier.
Plus du tiers de la collecte en unités de compte
La proportion d’unités de compte en s’élevant à 34 % symbolise bien la volonté des compagnies d’assurance de limiter le poids des fonds euros et d’inciter les épargnants à porter le risque. La bonne tenue de la bourse facilite la montée en puissance des unités de compte. Certes, il y a un retrait par rapport à décembre, mois durant lequel la proportion d’UC avait atteint 41 %. Ce taux s’expliquait, sans nul doute, par le fait que des compagnies avaient décidé de restreindre l’accès à leurs fonds euros.
Des rachats en hausse
Le montant des rachats et des prestations, 11,3 milliards d’euros au mois de janvier, est en hausse. Il s’élevait à 11 milliards d’euros en décembre 2019 et à 10,6 milliards d’euros au mois de janvier 2019. Le montant des prestations tend à augmenter avec la maturité croissante du produit. Le vieillissement des titulaires de contrats aboutit automatiquement à un accroissement des versements intervenant au moment des décès. Par ailleurs, les ménages effectuent des arbitrages avec l’immobilier qui bat des recors en matière de transactions, plus d’un million en 2019.
En route vers 1800 milliards d’euros d’encours
L’assurance vie devrait atteindre la barrière des 1800 milliards d’euros dans les prochains mois renforçant sa position de numéro un des placements français. Au mois de janvier, l’encours a atteint 1789 milliards d’euros. La résilience du produit n’est plus à prouver. Il semble pouvoir s’adapter à la nouvelle donne imposée par les taux d’intérêt négatifs. Il profite de la forte appétence des Français pour l’épargne. L’assurance vie offre l’accès à une combinaison sécurité, liquidité avec les fonds euros et prise de risques avec les unités de compte. Cette association n’existe dans un aucun autre type de placement.
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 21 février 2020 | Évolution hebdomadaire | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 6 029,72 | -0,65 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 28 992,41 | -1,38 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 9 576,59 | -1,59 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 13 579,33 | -1,20 % | 13 249,01 |
| Footsie | 7 403,92 | -0,07 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 3 800,38 | -1,06 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 23 386,74 | -1,27 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 3 039,67 | +4,21 % | 3050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) | -0,205 % | -0,045 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) | -0,494 % | -0,090 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) | 1,475 % | -0,103 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (18 heures) | 1.0856 | +0,23 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) | 1 641,230 | +3,57 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) | 58,240 | +1,66 % | 66,300 |
.
Les marchés financiers ont réagi de manière négative à la publication de l’indice PMI composite (synthèse entre l’industrie et les services) établi par IHS Markit qui est ainsi tombé sous le seuil critique des 50 points à 49,6, son plus niveau depuis plus de six ans. Le passage en-dessous de 50 est synonyme de contraction de l’activité. L’indice manufacturier américain se maintient au-dessus des 50 mais est en recul de 1,1 point à 50,8, affecté par des retards d’approvisionnements liés à l’apparition du coronavirus. A l’exception du « shutdown » du gouvernement de 2013, le passage en-dessous de 50 de l’indice composite est une première depuis 2009. La détérioration conjoncturelle est en grande partie imputable à l’épidémie de coronavirus, qui se manifeste par un affaiblissement de la demande dans différents secteurs comme les voyages et le tourisme, ainsi que par la baisse des exportations et les perturbations dans la chaîne d’approvisionnement. Aux Etats-Unis, les incertitudes liées à la future élection américaine conduisent également les investisseurs à opter pour la prudence. L’indice Dow Jones a reculé cette semaine de près de 1,4 % quand le Nasdaq se contractait de près de 1,6 %. L’or continue à jouer son rôle de valeur refuge avec une hausse en une semaine de 3,6 % portant l’once à 1641 dollars. Les taux d’intérêt continuent leur baisse. Les investisseurs anticipent de plus en plus de nouvelles diminutions de la part des banques centrales de leurs taux directeurs. Le taux d’intérêt de l’Obligation du Trésor français est descendu en-dessous de -0,2 % vendredi 21 février.
Dans la zone euro, l’activité manufacturière a, en revanche, connu une amélioration surprise au mois de février, l’indice préliminaire PMI manufacturier IHS Markit ayant progressé de 0,4 point à 48,4 tout en restant en-dessous de 50. L’indice composite, synthèse entre l’industrie et les services, est en effet ressorti en croissance à 51,6 points dans l’ensemble de la région, un plus haut de six mois.
La vitesse de propagation du coronavirus inquiète de plus en plus la communauté financière. L’épidémie de Covid-19. Plus de 200 nouveaux cas ont été recensés en Corée du Sud. Singapour et le Japon en ont enregistré plus de 85, sans oublier les quelque 600 cas signalés sur le Diamond Princess dans le port de Yokohama.
Plus de 140 milliards d’euros épargnés sur un an
Les ménages français ont, au cours de l’année 2019, accru leur effort d’épargne malgré ou à cause de la baisse des taux d’intérêt. À la fin du troisième trimestre, selon la Banque de France, le flux d’épargne des 12 derniers mois atteignait 142,3 milliards d’euros, en léger retrait par rapport au deuxième, +149,4 milliards d’euros. 78 % de ce flux ont été investis sur des produits de taux.
Le patrimoine financier des ménages est passé du deuxième au troisième trimestre de 5276 à 5367 milliards d’euros. Les produits de taux représentent, avec un encours de 3 477 milliards d’euros, les deux tiers du patrimoine financier des ménages.
Le numéraire et les dépôts à vue ont dépassé, pour la première fois, la barre des 600 milliards d’euros (603,8 milliards d’euros) au troisième trimestre 2019.
Les marchés financiers ont réagi de manière négative à la publication de l’indice PMI composite (synthèse entre l’industrie et les services) établi par IHS Markit tombé sous le seuil critique des 50 points à 49,6, son plus bas niveau depuis plus de six ans, synonyme de contraction de l’activité. L’indice manufacturier américain affecté par des retards d’approvisionnements liés à l’apparition du coronavirus se maintient au-dessus des 50 mais est en recul de 1,1 point à 50,8. A l’exception du « shutdown » du gouvernement fédéral de 2013 sous l’administration Obama, le passage en-dessous de 50 de l’indice composite est une première depuis 2009. La détérioration conjoncturelle est en grande partie imputable à l’épidémie de coronavirus qui se manifeste par un affaiblissement de la demande dans différents secteurs comme les voyages et le tourisme, ainsi que par la baisse des exportations et les perturbations dans la chaîne d’approvisionnement. Aux Etats-Unis, les incertitudes liées à la future élection américaine conduisent également les investisseurs à opter pour la prudence. L’indice Dow Jones a reculé cette semaine de près de 1,4 % quand le Nasdaq se contractait de près de 1,6 %. L’or continue à jouer son rôle de valeur refuge avec une hausse en une semaine de 3,6 % portant l’once à 1641 dollars. Les taux d’intérêt continuent leur baisse. Les investisseurs anticipent de plus en plus de nouvelles diminutions de la part des banques centrales de leurs taux directeurs. Le taux d’intérêt de l’Obligation du Trésor français est descendu en-dessous de -0,2 % vendredi 21 février.
Dans la zone euro, l’activité manufacturière a, en revanche, connu une amélioration surprise au mois de février, l’indice préliminaire PMI manufacturier IHS Markit ayant progressé de 0,4 point à 48,4 tout en restant en-dessous de 50. L’indice composite, synthèse entre l’industrie et les services, est en effet ressorti en croissance à 51,6 points dans l’ensemble de la région, un plus haut de six mois.
La vitesse de propagation du coronavirus inquiète de plus en plus la communauté financière. L’épidémie de Covid-19 gagne du terrain. Plus de 200 nouveaux cas ont été recensés en Corée du Sud. Singapour et le Japon en ont enregistré plus de 85, sans oublier les quelques 600 cas signalés sur le Diamond Princess dans le port de Yokohama.
Plus de 140 milliards d’euros épargnés sur un an
Au cours de l’année 2019, les ménages français ont accru leur effort d’épargne malgré ou à cause de la baisse des taux d’intérêt. À la fin du troisième trimestre, selon la Banque de France, le flux d’épargne des 12 derniers mois atteignait 142,3 milliards d’euros, en léger retrait par rapport au deuxième, +149,4 milliards d’euros. 78 % de ce flux ont été investis sur des produits de taux.
Le patrimoine financier des ménages est passé du deuxième au troisième trimestre de 5276 à 5367 milliards d’euros. Les produits de taux représentent, avec un encours de 3 477 milliards d’euros, les deux tiers du patrimoine financier des ménages.
Le numéraire et les dépôts à vue ont dépassé, pour la première fois, la barre des 600 milliards d’euros (603,8 milliards d’euros) au troisième trimestre 2019. Le flux correspondant a été positif au quatrième trimestre (+ 5,8 milliards d’euros), mais en retrait par rapport aux 12,4 milliards d’euros au troisième.
Le flux correspondant a été positif au quatrième trimestre (+ 5,8 milliards d’euros), mais en retrait par rapport aux 12,4 milliards d’euros au troisième.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France
L’épargne réglementée s’est élevée à 768 milliards d’euros au troisième trimestre contre 764 milliards d’euros au deuxième. Les flux de l’épargne réglementée sont en retrait en fin d’année. Ils sont passés de 5 milliards d’euros au troisième trimestre à 400 millions d’euros au quatrième.
L’assurance vie et l’épargne retraite en fonds euros ont fortement progressé durant le troisième trimestre. Leur encours a atteint 1 722 milliards d’euros contre 1 664,8 milliards d’euros le trimestre précédent.
Les produits de fonds propre ont bénéficié du bon résultat des marchés et ont vu ainsi leur encours progressé. Il est passé de 1 763 à 1 795 milliards d’euros du deuxième au troisième trimestre. En revanche, une décollecte de 2 milliards d’euros est constatée pour les actions, faisant suite à un flux également négatif au deuxième trimestre de 0,5 milliard d’euros. L’encours des actions cotées s’élevait, à la fin du troisième trimestre, à 292 milliards d’euros. Les unités de compte de l’assurance vie et de l’épargne retraite sont en progrès avec un flux positif de 800 millions d’euros. Compte tenu des premières données fournies par la Banque de France, le flux serait positif de 2,1 milliards d’euros au quatrième trimestre. L’encours atteint 378,1 milliards d’euros à fin septembre 2019. Les Français détiennent pour 117,8 milliards d’euros d’action de manière indirecte via les Organismes de Placement Collectif (OPC). Les flux en actions via les OPC ont atteint 700 millions d’euros au troisième trimestre 2019.
L’Assemblée nationale et la politique de l’épargne
À l’Assemblée nationale, une mission d’information présidée par Gilles Carrez a été constituée le mercredi 19 février 2020 afin de proposer des solutions pour moderniser la politique de l’épargne dans un contexte de taux bas.
La mission doit, en effet, évaluer les répercussions sur l’épargne de la baisse prolongée des taux des produits d’épargne et de leur maintien à un niveau quasi nul. Pour le moment, malgré ou à cause de la baisse des taux les Français ont tendance à épargner davantage. Pour atteindre leur objectif implicite ou explicite d’épargne, les ménages doivent mettre plus d’argent de côté car celui-ci rapporte moins. À côté de cet effet d’encaisse, l’effet de précaution joue aussi. Les faibles taux, par leur caractère anormal, incitent les ménages à renforcer l’épargne de précaution. Par ailleurs, les bas taux conduisent à un endettement accru en particulier en matière d’immobilier dont les prix augmentent. Il en résulte des remboursements de capital plus importants ce qui alimente l’effort d’épargne. Les Français privilégient les produits sans risque et à forte liquidité. La succession de crises a renforcé leur aversion aux risques. Le vieillissement de la population des épargnants renforce cette tendance.
Les faibles taux d’intérêt touchent les épargnants mais également les compagnies d’assurances dont la solvabilité est mise à mal avec des fonds euros offrant une garantie en capital.
Les pouvoirs publics avec la création des fonds Eurocroissance, le PEA-PME ou le Plan d’Épargne Retraite (PER), tentent depuis de nombreuses années de réorienter l’épargne vers des placements plus « actions ».
La fiscalité de l’épargne est jugée par certains incohérente à travers des incitations réalisées en faveur des produits sans risque et de court terme comme le Livret A d’un côté et des mesures destinées à promouvoir les produits de long terme comme le Plan d’Épargne en Actions ou le Plan d’Épargne en Retraite. Toutes les gammes de produits sont aidés ce qui peut poser un problème de cohérence.
Quand plus personne ne croit à la fin des taux bas
Les marchés financiers pensent que la BCE va conserver très longtemps des taux d’intérêt très bas. Les anticipations sont, en la matière, très nettes. Ainsi, les contrats « futures » (contrats à terme) sur les Euribor à 3 mois à l’échéance 2022 offrent, en février 2020, des taux à -0,4 %. Le taux d’intérêt des obligations de l’État allemand à 10 ans dans 3 ans est de -0,1 % en février 2020.
Au mieux, les marchés financiers pensent que les taux d’intérêt à court terme ne monteront que de 20 points de base en 3 ans et que les taux d’intérêt à long terme ne progresseront que de 35 points de base en 3 ans. Le simple ralentissement de l’économie européenne a amené à une baisse du taux de dépôt de la BCE et à un réenclenchement des opérations de rachats d’actifs. La politique monétaire des grandes zones économiques se japonise, rendant de moins en moins facile la sortie de la nasse des taux bas.
Cette situation est-elle tenable compte tenu des risques des déséquilibres financiers insupportables ?
Les taux bas amèneront une baisse importante des portefeuilles obligataires dans les prochaines années. Compte tenu de la duration moyenne des portefeuilles obligataires des compagnies d’assurance, autour de 7 ans, leur rendement devrait diminuer assez rapidement d’ici 2025. Il devrait être de 0,8 % en moyenne en 2023. Pour les assureurs allemands, la diminution sera encore plus nette (rendement de 0,3 %). Logiquement, les investisseurs devraient se détourner des obligations et les épargnants des fonds euros. Cette désaffection devrait par ricochet aboutir à une remontée des taux sauf en cas d’action contraire de la banque centrale (rachats d’obligations par exemple).
Si les taux d’intérêt à long terme restent très bas, très inférieurs à la croissance (écart de trois points entre le taux de croissance en valeur et les taux), les prix des actifs continueront à augmenter. Le Per (price earning ratio, soit le cours de bourse sur le bénéfice net par action) de l’indice Eurostoxx est passé de 15 à 18 de 2017 à 2020. Hors banques, ces dernières étant pénalisées par les taux bas, le PER atteint désormais 20. Depuis 2010, le prix des logements au sein de la zone euro a augmenté de plus de 20 % quand celui des bureaux et des commerces s’est apprécié de plus de 35 %.
L’augmentation du prix des actifs est susceptible de créer une bulle spéculative. Elle est déconnectée de leur rentabilité et de la croissance économique. Plus l’écart augmente, plus le risque d’éclatement de la bulle s’accroît. Par ailleurs, la valorisation des actifs, de l’immobilier en particulier, contribue à l’appauvrissement des jeunes qui doivent les acquérir à des prix surévalués. Cela provoque un détournement de l’épargne vers des emplois non productifs et de nature spéculative.
Plus les taux d’intérêt à long terme resteront durablement bas, plus les taux d’intérêt moyens sur les dettes continueront à baisser, et se rapprocheront des taux d’intérêt présents. La solvabilité des emprunteurs est conditionnée par le maintien de taux bas et cela d’autant plus que leur niveau d’endettement augmente. La dette des entreprises de la zone euro est passée de 100 à 108 du PIB de 2010 à 2019. Sur la même période, le paiement des intérêts est passé de 2,6 à 1,5 % du PIB. La dette publique a atteint, toujours pour la zone euro, plus de 85 % du PIB en 2019 contre 80 % en 2010. Le service de la dette est passé de 2 7 à 1,4 % du PIB. Les ménages européens sont endettés à hauteur de 58 % du PIB et acquittent des intérêts représentant 0,8 % du PIB en 2019 contre 1,5 % en 2010. Avec un niveau plus élevé d’endettement, tout relèvement de taux est susceptible de provoquer des problèmes de solvabilité en chaîne en mettant, sous tension, les banques.
La remontée des taux qui aurait dû commencer au mois de septembre dernier ouvrait une porte pour retrouver le chemin normal de taux. En la refermant, la BCE s’est compliqué la tâche. La sortie des taux bas sera de plus en plus délicate à organiser compte tenu de l’endettement croissant des acteurs. Au Japon, les taux sont bas depuis 30 ans. La dette publique de plus de 250 % du PIB rend évidemment très difficile toute remontée des taux, surtout si cette dernière ne s’accompagnait pas d’une progression de l’inflation.
Des origines de l’augmentation de la capitalisation boursière
De 1995 à aujourd’hui, la capitalisation boursière des pays de l’OCDE est passée de 43 % à 110 % du PIB. Elle est revenue à son niveau le plus élevé qui avait été auparavant atteint en 1999, avant l’éclatement de la bulle Internet. Après la crise de 2009, cette capitalisation était redescendue à 55 % du PIB.
Cette forte augmentation de la capitalisation boursière ne s’explique pas par la progression du nombre d’entreprises cotées. 14 000 entreprises sont cotées au sein de l’OCDE, en 2019 contre 17 000 en 2003. Compte tenu des contraintes financières et administratives liées à la cotation, des entreprises, en Europe comme aux États-Unis, y renoncent. Par ailleurs, le nombre d’entreprises cotées tend à décliner avec les opérations de concentration.
La valorisation des entreprises résulte de déformation du partage des revenus. Au sein de l’OCDE, les profits après taxes, intérêts et avant dividendes sont passés de 11 à 15 % du PIB de 1995 à 2019. Quand le salaire réel a progressé sur cette même période de 20 %, la productivité par tête a augmenté de près de 40 %. Le changement dans le partage de la valeur ajoutée est à l’origine de de la hausse 33 % de la profitabilité des entreprises, rapportée au PIB.
Le rapport entre le cours de bourse et le bénéfice net par action, ou entre la capitalisation boursière et le bénéfice net (Per) exprime le nombre d’années de bénéfices que l’investisseur est prêt à payer lorsqu’il achète une action. Le Per sur bénéfices futurs est passé de 12 à 18 de 2011 à 2019. Son niveau reste très inférieur à celui qui l’avait atteint en 1999 en pleine bulle Internet. À 19, il se situe dans la moyenne haute de ses vingt dernières années. En tant que tel, ce score ne semble pas signaler l’existence d’une véritable bulle « actions ». L’amélioration des résultats des entreprises justifie, en partie, la valorisation du cours des actions.
Le facteur déterminant pour comprendre l’appréciation du cours des actions est la baisse des taux d’intérêt à long terme surtout au regard du taux de croissance. L’écart est supérieur, en moyenne, à deux points depuis quatre ans. Les actions, en revanche, pâtissent d’une prime de risque relativement élevée. Elle est passée de 1 à 4 de 1995 à 2019. Elle avait atteint un sommet à 10 en 2009 au moment de la crise financière.
Selon l’économiste en c
L’épargne réglementée s’est élevée à 768 milliards d’euros au troisième trimestre contre 764 milliards d’euros au deuxième. Les flux de l’épargne réglementée sont en retrait en fin d’année. Ils sont passés de 5 milliards d’euros au troisième trimestre à 400 millions d’euros au quatrième.
L’assurance vie et l’épargne retraite en fonds euros ont fortement progressé durant le troisième trimestre. Leur encours a atteint 1 722 milliards d’euros contre 1 664,8 milliards d’euros le trimestre précédent.
Les produits de fonds propre ont bénéficié du bon résultat des marchés et ont vu ainsi leur encours progressé. Il est passé de 1 763 à 1 795 milliards d’euros du deuxième au troisième trimestre. En revanche, une décollecte de 2 milliards d’euros est constatée pour les actions, faisant suite à un flux également négatif au deuxième trimestre de 0,5 milliard d’euros. A la fin du troisième trimestre, l’encours des actions cotées s’élevait à 292 milliards d’euros. Les unités de compte de l’assurance vie et de l’épargne retraite sont en progrès avec un flux positif de 800 millions d’euros. Compte tenu des premières données fournies par la Banque de France, le flux serait positif de 2,1 milliards d’euros au quatrième trimestre. L’encours atteint 378,1 milliards d’euros à fin septembre 2019. Les Français détiennent pour 117,8 milliards d’euros d’action de manière indirecte via les Organismes de Placement Collectif (OPC). Les flux en actions via les OPC ont atteint 700 millions d’euros au troisième trimestre 2019.
L’Assemblée nationale et la politique de l’épargne
À l’Assemblée nationale, une mission d’information présidée par Gilles Carrez a été constituée le mercredi 19 février 2020 afin de proposer des solutions pour moderniser la politique de l’épargne dans un contexte de taux bas.
Cette mission doit évaluer les répercussions sur l’épargne de la baisse prolongée des taux des produits d’épargne et de leur maintien à un niveau quasi nul. Pour le moment, malgré ou à cause de la baisse des taux, les Français ont tendance à épargner davantage. Pour atteindre leur objectif implicite ou explicite d’épargne, les ménages doivent mettre plus d’argent de côté car celui-ci rapporte moins. À côté de cet effet d’encaisse, l’effet de précaution joue aussi. Les faibles taux, par leur caractère anormal, incitent les ménages à renforcer l’épargne de précaution. Par ailleurs, les bas taux conduisent à un endettement accru en particulier en matière d’immobilier dont les prix augmentent. Il en résulte des remboursements de capital plus importants ce qui alimente l’effort d’épargne. Les Français privilégient les produits sans risque et à forte liquidité. La succession de crises a renforcé leur aversion aux risques. Le vieillissement de la population des épargnants renforce cette tendance.
Les faibles taux d’intérêt touchent les épargnants mais également les compagnies d’assurances dont la solvabilité est mise à mal avec des fonds euros offrant une garantie en capital.
Les pouvoirs publics avec la création des fonds Eurocroissance, le PEA-PME ou le Plan d’Épargne Retraite (PER), tentent depuis de nombreuses années de réorienter l’épargne vers des placements plus « actions ».
La fiscalité de l’épargne est jugée par certains incohérente à travers des incitations réalisées en faveur des produits sans risque et de court terme comme le Livret A, d’un côté, et des mesures destinées à promouvoir les produits de long terme comme le Plan d’Épargne en Actions ou le Plan d’Épargne en Retraite, de l’autre. Toutes les gammes de produits sont aidées, ce qui peut poser un problème de cohérence.
Quand plus personne ne croit à la fin des taux bas
Les marchés financiers pensent que la BCE va conserver très longtemps des taux d’intérêt très bas. Les anticipations en la matière sont très nettes. Ainsi, les contrats « futures » (contrats à terme) sur les Euribor à 3 mois à l’échéance 2022 offrent, en février 2020, des taux à -0,4 %. Le taux d’intérêt des obligations de l’État allemand à 10 ans dans 3 ans est de -0,1 % en février 2020.
Au mieux, les marchés financiers pensent que les taux d’intérêt à court terme ne monteront que de 20 points de base en 3 ans et que les taux d’intérêt à long terme ne progresseront que de 35 points de base en 3 ans. Le simple ralentissement de l’économie européenne a amené à une baisse du taux de dépôt de la BCE et à un réenclenchement des opérations de rachats d’actifs. La politique monétaire des grandes zones économiques se japonise, rendant de moins en moins facile la sortie de la nasse des taux bas.
Cette situation est-elle tenable compte tenu des risques des déséquilibres financiers insupportables ?
Les taux bas amèneront une baisse importante des portefeuilles obligataires dans les prochaines années. Compte tenu de la duration moyenne des portefeuilles obligataires des compagnies d’assurance (autour de 7 ans), leur rendement devrait diminuer assez rapidement d’ici 2025. Il devrait être de 0,8 % en moyenne en 2023. Pour les assureurs allemands, la diminution sera encore plus nette (rendement de 0,3 %). Logiquement, les investisseurs devraient se détourner des obligations et les épargnants des fonds euros. Cette désaffection devrait par ricochet aboutir à une remontée des taux sauf en cas d’action contraire de la banque centrale (rachats d’obligations par exemple).
Si les taux d’intérêt à long terme restent très bas et très inférieurs à la croissance (écart de trois points entre le taux de croissance en valeur et les taux), les prix des actifs continueront à augmenter. Le PER de l’indice Eurostoxx (price earning ratio, soit le cours de bourse sur le bénéfice net par action) est passé de 15 à 18 de 2017 à 2020. Hors banques, ces dernières étant pénalisées par les taux bas, le PER atteint désormais 20. Depuis 2010, le prix des logements au sein de la zone euro a augmenté de plus de 20 % quand celui des bureaux et des commerces s’est apprécié de plus de 35 %.
L’augmentation du prix des actifs est susceptible de créer une bulle spéculative. Elle est déconnectée de leur rentabilité et de la croissance économique. Plus l’écart augmente, plus le risque d’éclatement de la bulle s’accroît. Par ailleurs, la valorisation des actifs, de l’immobilier en particulier, contribue à l’appauvrissement des jeunes qui doivent les acquérir à des prix surévalués. Cela provoque un détournement de l’épargne vers des emplois non productifs et de nature spéculative.
Plus les taux d’intérêt à long terme resteront durablement bas, plus les taux d’intérêt moyens sur les dettes continueront à baisser, et se rapprocheront des taux d’intérêt présents. La solvabilité des emprunteurs est conditionnée par le maintien de taux bas et cela d’autant plus que leur niveau d’endettement augmente. La dette des entreprises de la zone euro est passée de 100 à 108 du PIB de 2010 à 2019. Sur la même période, le paiement des intérêts est passé de 2,6 à 1,5 % du PIB. Toujours pour la zone euro, la dette publique a atteint plus de 85 % du PIB en 2019 contre 80 % en 2010. Le service de la dette est passé de 2 7 à 1,4 % du PIB. Les ménages européens sont endettés à hauteur de 58 % du PIB et acquittent des intérêts représentant 0,8 % du PIB en 2019 contre 1,5 % en 2010. Avec un niveau plus élevé d’endettement, tout relèvement de taux est susceptible de provoquer des problèmes de solvabilité en chaîne en mettant, sous tension, les banques.
Les taux directeurs de la BCE étaient censés remontrer au mois de septembre 2019. En reportant ce processus, la banque centrale s’est compliqué la tâche. Plus longue sera la phase de taux bas, plus difficile leur abandon compte tenu notamment de l’endettement croissant des acteurs. Au Japon, les taux sont bas depuis 30 ans. La dette publique de plus de 250 % du PIB rend évidemment très difficile toute remontée des taux, surtout si cette dernière ne s’accompagnait pas d’une progression de l’inflation.
Des origines de l’augmentation de la capitalisation boursière
De 1995 à aujourd’hui, la capitalisation boursière des pays de l’OCDE est passée de 43 % à 110 % du PIB. Elle est revenue à son niveau le plus élevé qui avait été auparavant atteint en 1999, avant l’éclatement de la bulle Internet. Après la crise de 2009, cette capitalisation était redescendue à 55 % du PIB.
Cette forte augmentation de la capitalisation boursière ne s’explique pas par la progression du nombre d’entreprises cotées. 14 000 entreprises sont cotées au sein de l’OCDE en 2019 contre 17 000 en 2003. Compte tenu des contraintes financières et administratives liées à la cotation, des entreprises, en Europe comme aux États-Unis, y renoncent. Par ailleurs, le nombre d’entreprises cotées tend à décliner avec les opérations de concentration.
La valorisation des entreprises résulte de déformation du partage des revenus. Au sein de l’OCDE, les profits après taxes, intérêts et avant dividendes sont passés de 11 à 15 % du PIB de 1995 à 2019. Quand le salaire réel a progressé sur cette même période de 20 %, la productivité par tête a augmenté de près de 40 %. Le changement dans le partage de la valeur ajoutée est à l’origine de la hausse de 33 % de la profitabilité des entreprises rapportée au PIB.
Le rapport entre le cours de bourse et le bénéfice net par action, ou entre la capitalisation boursière et le bénéfice net (Per) exprime le nombre d’années de bénéfices que l’investisseur est prêt à payer lorsqu’il achète une action. Le Per sur bénéfices futurs est passé de 12 à 18 de 2011 à 2019. Son niveau reste très inférieur à celui qu’il avait atteint en 1999 en pleine bulle Internet. À 19, il se situe dans la moyenne haute de ses vingt dernières années. En tant que tel, ce score ne semble pas signaler l’existence d’une véritable bulle « actions ». L’amélioration des résultats des entreprises justifie, en partie, la valorisation du cours des actions.
Le facteur déterminant pour comprendre l’appréciation du cours des actions est la baisse des taux d’intérêt à long terme surtout au regard du taux de croissance. L’écart est supérieur, en moyenne, à deux points depuis quatre ans. Les actions, en revanche, pâtissent d’une prime de risque relativement élevée. Cette prime est passée de 1 à 4 de 1995 à 2019. Elle avait atteint un sommet à 10 en 2009 au moment de la crise financière.
Selon l’économiste en chef de Natixis, Patrick Artus, la
hausse de la capitalisation boursière de 67 points de PIB s’explique à hauteur
de 73 points par l’écart de taux d’intérêt avec le taux de croissance, à 15
points par la progression de la profitabilité, ces deux ratios étant minorés à
hauteur de 21 points par l’augmentation de la prime de risque
« actions ».
hef de Natixis, Patrick Artus, la hausse de la capitalisation boursière de 67 points de PIB s’explique à hauteur de 73 points par l’écart de taux d’intérêt avec le taux de croissance, à 15 points par la progression de la profitabilité, ces deux ratios étant minorés à hauteur de 21 points par l’augmentation de la prime de risque « actions ».
A l’Assemblée nationale, une mission d’information présidée par Gilles Carrez a été constituée le mercredi 19 février 2020 afin de proposer des solutions pour moderniser la politique de l’épargne dans un contexte de taux bas
La mission doit, en effet, évaluer les répercussions sur l’épargne de la baisse prolongée des taux des produits d’épargne et de leur maintien à un niveau quasi nul. Pour le moment, malgré ou à cause de la baisse des taux les Français ont tendance à épargner davantage. Pour atteindre leur objectif implicite ou explicite d’épargne, les ménages doivent mettre plus d’argent de côté car celui rapporte moins. A côté de cet effet d’encaisse, l’effet de précaution joue aussi. Les faibles taux par leur caractère anormal incitent les ménages à renforcer l’épargne de précaution. Par ailleurs, les bas taux conduisent à un endettement accru en particulier en matière d’immobilier dont les prix augmentent. Il en résulte des remboursements de capital plus important ce qui alimente l’effort d’épargne. Les Français privilégient les produits sans risque et à forte liquidité. La succession de crises a renforcé leur aversion aux risques. Le vieillissement de la population des épargnants renforce cette tendance.
Les faibles taux d’intérêt touchent les épargnants mais également les compagnies d’assurances dont la solvabilité est mise à mal avec des fonds euros offrant une garantie en capital.
Les pouvoirs publics avec la création des fonds Eurocroissance, le PEA-PME ou avec le PER tentent depuis de nombreuses années de réorienter l’épargne vers des placements plus « actions ».
La fiscalité de l’épargne est jugée par certains incohérente, incitant tout à la fois les produits sans risque, de court terme comme le Livret A et les produits de long terme comme le Plan d’Epargne en Actions ou le Plan d’Epargne en Retraite. Toutes les gammes de produits sont aidés ce qui peut poser un problème de cohérence.
Les ménages français ont, au cours de l’année 2019, accru leur effort d’épargne. A la fin du 3e trimestre, selon la Banque de France, le flux d’épargne des 12 derniers mois atteignait 142,3 milliards d’euros, en léger retrait par rapport au deuxième, +149,4 milliards d’euros. 78 % de ce flux ont été investis sur des produits de taux. Leur patrimoine financier est passé du 2e au 3e trimestre de de 5276 à 5367 milliards d’euros
Les ménages français ont, au cours de l’année 2019, accru leur effort d’épargne. A la fin du 3e trimestre, selon la Banque de France, le flux d’épargne des 12 derniers mois atteignait 142,3 milliards d’euros, en léger retrait par rapport au deuxième, +149,4 milliards d’euros. 78 % de ce flux ont été investis sur des produits de taux. Leur patrimoine financier est passé du 2e au 3e trimestre de 5276 à 5367 milliards d’euros. Les produits de taux représentent, avec un encours de 3 477 milliards d’euros, les deux tiers du patrimoine financier des ménages. Le numéraire et les dépôts à vue ont dépassé, pour la première fois, la barre des 600 milliards d’euros (603,8 milliards d’euros) au troisième trimestre 2019. Le flux a été positif au 3e trimestre de 5,8 miliiards d’euros au quatrième trimestre en retrait par rapport aux 12,4 milliards d’euros au troisième.
L’épargne réglementée s’est élevée à 768 milliards d’euros au troisième trimestre contre 764 milliards d’euros au deuxième. Les flux sont en retrait en fin d’année. Ils sont passés de 5 milliards d’euros au troisième trimestre à 400 millions d’euros au quatrième.
L’assurance vie et épargne retraite en fonds euros a fortement progressé durant le troisième trimestre. Son encours a atteint 1722 milliards d’euros contre 1664,8 milliards d’euros le trimestre précédent.
Les produits de fonds propre ont bénéficié du bon résultat des marchés et ont vu ainsi leur encours progressé. Il est passé de 1763 à 1795 milliards d’euros du deuxième au troisième trimestre. En revanche, une décollecte est constatée pour les actions, -2 milliards d’euros faisant suite à un flux également négatif au deuxième trimestre de 0,5 milliard d’euros. L’encours des actions cotées s’élevait à la fin du troisième trimestre à 292 milliards d’euros. Les unités de compte de l’assurance vie et de l’épargne retraite sont en progrès avec un flux positif de 800 millions d’euros. Compte tenu des premières données fournies par la Banque de France, le flux serrait positif de 2,1 milliards d’euros au quatrième trimestre. L’encours atteint 378,1 milliards d’euros à fin septembre 2019. Les Français détiennent pour 117,8 milliards d’euros d’action de manière indirecte via les Organismes de Placement Collectif (OPC). Les flux en actions via les OPC ont atteint 700 millions d’euros au troisième trimestre 2019
Entre 2018 et 2030, le« déficit cumulé » du système de retraite français pourrait atteindre 113 milliards d’euros, selon le document envoyé aux partenaires sociaux par le Gouvernement pour la réunion de la « conférence sur l’équilibre et le financement »du mardi 18 février.
La conférence, a pour objectif d’ici la fin du mois d’avril de trouver des solutions afin d’équilibrer les comptes d’ici 2027. L’équation à résoudre est complexe car les partenaires sociaux ne peuvent ni toucher à l’âge légal, ni au montant des cotisations et ni à celui des pensions.
Le document communiqué aux partenaires sociaux montre souligne que les pertes seraient concentrées à la Caisse nationale d’assurance-vieillesse, qui couvre les salariés du privé, avec un déficit d’un peu plus de 10 milliards d’euros en 2030, et à la CNRACL, la caisse nationale qui prend en charge les fonctionnaires employés par les collectivités locales et les hôpitaux publics (– 6,5 milliards d’euros).Même si le chiffrage demeure encore un peu flou, le passage au régime par points aurait peu d’incidences financières d’ici 2030 (son entrée en vigueur est très progressive et ne commence qu’en 2025 pour les actifs nés après 1975).Le surcroît de dépenses est de 300 millions d’euros à l’horizon 2030, du fait de l’amélioration du minimum de pension. le passage à 28,12 % pour le taux de cotisation devrait générer une augmentation des recettes (+ 900 millions d’euros d’ici à 2030).«
Plus de 41 000 amendements, la discussion du projet de loi visant à instituer un régime universel par points donne lieu à une bataille parlementaire hors du commun. Les logiciels informatiques permettent aux groupes parlementaires de produire de l’amendements en masse. Les deux prochaines semaines ne permettront pas d’écluser l’ensemble des amendements. Un examen scrupuleux nécessiterait plus de six mois. Pour le moment l’examen est prévu sur deux semaines, une troisième semaine étant possible. L’objectif du Gouvernement est d’obtenir une adoption en première lecture à l’Assemblée nationale avant les élections municipales du 15 et 22 mars prochains. L’adoption définitive a été, de son côté, prévue d’ici la fin juin sachant que l’Assemblée nationale est en travaux durant l’été. La discussion du texte qui a commencé le 17 janvier risque de s’enliser sous le poids des amendements. La majorité peut espérer qu’au fil des jours le nombre de combattants diminue permettant une accélération de l’examen du texte. Il pourra également recourir à la procédure du vote bloqué sur les articles et les amendements pour gagner du temps. Le Premier Ministre pourrait décider d’utiliser l’article 49-3 de la Constitution permettant d’interrompre la discussion et d’obtenir l’adoption du texte sauf en cas de vote d’une motion de censure. Sans nul doute que le Gouvernement n’optera pour cet article qu’après deux ou trois semaines et après souligné l’incapacité technique de poursuivre la discussion. L’hostilité de la CFDT au recours au 49-3 ne facilite pas la tâche de l’exécutif. Le dessaisissement du Parlement devra être préparé d’autant plus que le projet de loi renvoie à de nombreuses ordonnances.
Avant la discussion, le gouvernement a entériné plusieurs modifications. Ainsi, les droits à pension acquis avant le basculement de 2025 seront garantis à 100 % aux personnes nées à partir de 1975. Le montant de la pension correspondant au système actuel qui s’ajoutera à celui du régime par points sera calculé au moment du départ à la retraite et proratisé en fonction du nombre d’années cotisées dans le système actuel. pour les fonctionnaires, le montant de la pension d’ancien régime sera calculée à partir des six derniers mois de rémunération en fin de carrière et non sur les six derniers mois de 2024.
Le Gouvernement a aussi acté l’amélioration du régime de la retraite progressive qui permet à un salarié de réduire son temps de travail sans subir une réduction proportionnelle de son revenu. Ce système qui n’a pour le moment rencontré le succès escompté, pourra continuer d’être ouvert à compter de 60 ans quand dans le projet de loi initial l’âge avait été fixé à 62 ans. Par ailleurs, les salariés soumis aux forfaits jours et les fonctionnaires pourront avoir accès à ce dispositif. Les employeurs devront motiver leur refus en cas de demande d’un de ses salariés.
L’exécutif a également décidé de revoir sa copie pour la réversion en l’accord aux ex-conjoints sous certaines conditions. La réversion sera ainsi dotée de deux dispositifs. Pour le conjoint survivant, les revenus seront garantis à hauteur de 70 %. Pour les ex-conjoints, la réversion se montera à 55 % de la pension du divorcé au prorata de la durée du mariage rapportée à la durée totale d’activité de la personne décédée.
Des aménagements ont été retenus pour les droits familiaux. Les femmes qui élèvent seules leur enfant et qui bénéficient de l’allocation de soutien familial auront accès à des points supplémentaires. Concernant la majoration de 5 % par enfant, le Gouvernement a confirmé que la moitié sera réservée à la mère au titre de la maternité, les 2,5 % seront par défaut attribués à la mère mais ils pourront être partagés avec le père.
Le gouvernement souhaite favoriser le développement du mécénat de compétences par lequel une entreprise met à la disposition d’une association un salarié sur son temps de travail par la « levée des freins juridiques ». Un travail sera aussi engagé sur les « voies et moyens de prévenir la désinsertion professionnelle ».
La prise en compte de la pénibilité est au coeur des négociations entre l’Etat et les partenaires sociaux. Ce sujet comprend la prévention, la reconversion, la réparation. En matière de prévention, l’effort financier devrait passer de 100 à 200 millions d’euros, sachant qu’il est prévu de puiser sur les excédents de la branche accidents du travail et maladie professionnelle pour financer des actions sectorielles. Les branches professionnelles les plus exposées devront négocier des dispositifs. La création d’un congé de reconversion de 6 mois avec maintien du salaire et une enveloppe de 12.500 euros pour la formation est confirmée. Mais le financement de cette enveloppe devra être discuté avec les partenaires sociaux.
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 14 février 2020 | Évolution hebdomadaire | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 6 071,81 | +0,70 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 29 398,08 | +1,02 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 9 731,18 ( | +2,21 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 13 744,21 | +1,70 % | 13 249,01 |
| Footsie | 7 409,13 | -0,76 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 3 840,97 | +1,12 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 23 687,59 | -0,59 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 917,01 | +1,43 % | 3050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) | -0,160 % | -0,025 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) | -0,404 % | -0,020 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) | 1,578 % | -0,017 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (18 heures) | 1,0844 | -0,92 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) | 1 583,837 | +0,88 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) | 56,820 | +4,37 % | 66,300 |
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Malgré des annonces contrastées sur l’évolution de l’épidémie de coronavirus et les résultats médiocres de l’économie allemande, les cours des actions ont repris leur marche en avant. Les investisseurs ont retenu avant tout les bons résultats des entreprises, gages d’une distribution importante de dividendes. L’indice Stoxx 600 des grandes valeurs européennes a atteint de nouveaux records vendredi 14 février tout comme le Dax de la Bourse de Francfort, qui se calcule dividendes réinvestis (le Cac 40 dividendes réinvestis n’est qu’à quelques points de ses sommets du 17 janvier). Les indices américains sont également à leur plus haut niveau.
L’Europe joue la prudence
Selon les prévisions économiques de l’hiver 2020 publiées par la Commission de Bruxelles le 13 février dernier, l’économie européenne devrait se maintenir sur une trajectoire régulière de croissance modérée. La zone euro connaît ainsi sa plus longue période de croissance soutenue depuis la création de l’euro en 1999. En 2020 et en 2021, sa croissance devrait être de 1,2 % identique à celle de 2019. Pour l’ensemble de l’UE, un léger recul de la croissance serait constaté à 1,4 % en 2020 et 2021, contre 1,5 % en 2019.
Les prévisions du taux d’inflation (indice des prix à la consommation harmonisé) de la zone euro ont été relevées à 1,3 % pour 2020 et à 1,4 % pour 2021, soit une hausse de 0,1 point de pourcentage pour chaque année par rapport aux prévisions économiques de l’automne 2019. Cette révision à la hausse est liée à l’apparition de signes semblant indiquer que les hausses de salaires commencent à se répercuter sur les prix à la consommation, et à un léger relèvement des hypothèses de prix du pétrole. En raison de l’épidémie de coronavirus, celui-ci est néanmoins pour le moment en forte baisse. La prévision du taux d’inflation de l’ensemble de l’Union pour 2020 a également été relevée de 0,1 point de pourcentage, à 1,5 %. La prévision pour 2021 reste inchangée, à 1,6 %.
La Commission considère que l’économie européenne pourrait bénéficier de politiques budgétaires plus expansionnistes et propices à la croissance, ainsi que des retombées positives de conditions de financement plus favorables dans certains États membres de la zone euro.
Les autorités européennes ont listé les principales menaces qui pourraient remettre en cause leurs prévisions. Figurent parmi ces menaces l’évolution des relations commerciales américano-chinoises, les problèmes au Moyen Orient, le Brexit et le coronavirus.
La Commission de Bruxelles estime que l’accord commercial de « phase 1 » entre les États-Unis et la Chine contribue à réduire dans une certaine mesure les aléas baissiers, mais le degré élevé d’incertitude qui entoure la politique commerciale des États-Unis empêche toujours une amélioration plus généralisée du climat des affaires. Elle souligne qu’en Amérique latine, les troubles sociaux risquent de peser sur la croissance.
En ce qui concerne les relations commerciales entre l’Union et le Royaume-Uni, si le hard Brexit n’est plus à l’ordre du jour, l’élaboration d’un accord avant la fin de l’année ne sera pas simple.
L’épidémie de coronavirus « Covid-19 » constitue un nouvel aléa baissier, compte tenu de ses conséquences pour la santé publique, l’activité économique et le commerce, en particulier en Chine. L’hypothèse retenue dans le scénario de référence est que le pic de l’épidémie sera atteint au premier trimestre, et que la propagation à l’échelle mondiale sera relativement limitée.
L’Allemagne toujours à l’arrêt
La croissance allemande a été presque nulle au cours du quatrième trimestre 2019, avec une progression du PIB de 0,0279 % par rapport au trimestre précédent, selon l’Office fédéral des statistiques. Sur l’ensemble de l’année, la croissance aura été de 0,6 %. Le gouvernement allemand comptait, il y a quelques semaines, sur une reprise de vitesse et une croissance de 1,1 % en 2020 et de 1,3 % en 2021. Le ralentissement de l’économie chinoise et les incertitudes liées au Brexit ont mis un terme, du moins pour le moment, à ses espoirs.
Au mois de décembre, les exportations n’ont augmenté que de 0,1 %, après une baisse de 2,2 % en novembre. La production a reculé, de son côté, de 3,5 % en décembre, soit la plus forte baisse depuis la crise financière en 2009.
Selon Stefan Schneider, économiste à la Deutsche Bank, l’épidémie pourrait coûter 0,2 point de croissance à l’économie allemande au premier trimestre 2020, a-t-il indiqué à Die Welt.
L’Allemagne est par ailleurs confrontée à une fin de mandat difficile pour Angela Merkel qui doit gérer la crise survenue au sein de la CDU après les élections en Thuringe, crise qui a abouti à la démission annoncée de sa présidente, Annegret Kramp Karrenbauer.
Le difficile chiffrage de l’impact économique de l’épidémie
L’épidémie en cours en Chine a et aura des conséquences sur l’économie mondiale. L’appréciation de son impact reste délicate d’autant plus que nul ne prédire pour le moment de sa durée. Les répercussions sont de plusieurs natures, l’impact sur la demande en Chine, sur les exportations, les importations, la rupture des chaînes d’approvisionnement. Il faut également prendre en compte les facteurs psychologiques. La demande peut être entamée par l’absence de confiance, par les peurs générées par cette crise.
Pour le moment, l’épidémie a peu de conséquences sur les marchés financiers qui après avoir encaissé le choc sont repartis à la hausse. Wall Street et le S&P500 ont atteint de nouveaux plus hauts historiques. Les indices européens enregistrent de bons résultats. En revanche et assez logiquement, l’indice de Shanghai est toujours aussi déprimé par rapport à son niveau antérieur à la crise. La baisse des cours des matières premières (pétrole, cuivre) traduit l’anticipation d’un repli de la demande, essentiellement chinoise.
Le produit régional brut de la province de Hubei, l’épicentre de l’épidémie, représente 4,2 % du produit national. Une forte contraction de la production au sein de cette province devrait se faire ressentir sur l’ensemble du pays. Une possible diminution d’un point de la croissance est envisagée si la crise perdurait jusqu’en avril/mai. Selon une étude du FMI, une baisse de la croissance chinoise de 1 % entraine une contraction de 0,2 point de la croissance pour l’Union européenne à moyen terme. Pour les Etats-Unis, le déficit de croissance serait de 0,3 point et pour l’Asie de 0,7 point. La direction des études économiques de BNP Paribas évalue l’impact maximum sur la croissance à -0,3 % pour l’Europe en prenant en compte les effets indirects sur le commerce international.
En 2019, la collecte des SCPI Immobilier d’entreprise a atteint, 8,9 milliards d’euros selon l’ASPIM. Leur rendement a été de 4,4% (contre 4,34% en 2018)
La collecte après la baisse de 19 % en 2018 est reparti à la hausse avec une croissance de 68 % par rapport à 2018 et de 36 % par rapport à celle de 2017. Les SCPI ont réalisé pour 9,2 milliards d’éuros d’acquisitions en 2019 (+48%), 63% des acquisitions ont concerné les locaux commerciaux, 12% des établissements de santé, 10 % les EPHAD et résidences de service pour seniors, 4 % l’hôtellerie et 6 % la logistique et locaux d’activité. Les autres catégories (dont le résidentiel, les crèches/écoles, les locaux mixtes) complètent les investissements à hauteur de 5%.
L’économie française a connu, en 2019, une faible croissance de 1,2 % qui s’est néanmoins accompagnée d’un nombre important de créations d’emploi, + 260 000. Ces dernières ont permis une forte diminution du taux de chômage. Il a baissé de 0,7 point en 2019 pour s’établir à 8,1 % de la population active. Pour la seule France métropolitaine, il est même repassé sous la barre des 8 % (7,9 %), ce qui n’était pas arrivé depuis la crise de 2008.
Pour le quatrième trimestre 2019, le nombre de chômeurs diminue selon la définition du Bureau International du Travail de 85 000 sur le trimestre, à 2,4 millions de personnes permettant une décrue du taux de chômage de 8,5 à 8,1 %.
Sur un an, le taux de chômage a diminué de 0,8 point pour les personnes de 25 à 49 ans et de 0,6 point pour celles de 50 ans ou plus. Le taux de chômage augmente, en revanche, pour les jeunes de 0,7 point. Pour les jeunes hommes de 15 à 24 ans, le taux de chômage a progressé de 1,3 % quand pour les jeunes femmes, il est en baisse de 0,2 point. Les résultats du chômage traduisent un problème croissant d’employabilité des jeunes hommes en lien avec la diminution de leur niveau scolaire. Ce phénomène marqué en France est constaté également dans de nombreux pays de l’OCDE. L’école n’est plus perçue comme un vecteur d’ascension sociale ou de réussite.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Le chômage de longue durée en baisse
Parmi les chômeurs, 1,0 million déclarent rechercher un emploi depuis au moins un an. Le taux de chômage de longue durée s’établit à 3,2 % de la population active au quatrième trimestre 2019, en baisse de 0,4 point sur un an.
Le halo autour du chômage augmente de nouveau au quatrième trimestre
Parmi les personnes inactives au sens du BIT, 1,7 million souhaitent un emploi sans être considérées au chômage. Elles constituent le halo autour du chômage. Leur nombre augmente de 0,2 point sur un an, à 4,0 %, son plus haut niveau depuis 2003.
Le taux d’emploi rebondit au quatrième trimestre 2019
Au quatrième trimestre 2019, le taux d’emploi des 15-64 ans augmente de 0,7 point après avoir reculé le trimestre précédent (–0,3 point). Il s’élève désormais à 65,9 %, en progression de 0,4 point sur un an.
Le taux d’emploi en contrat à durée indéterminée (CDI) des 15-64 ans atteint 49,3 % au quatrième trimestre 2019. Stable sur un an, il augmente de 0,2 point sur le trimestre. Le taux d’emploi en contrat à durée déterminée (CDD) ou en intérim est également en hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent et retrouve son niveau de fin 2018. À 7,7 %, il se situe 0,4 point au-dessous de son plus haut niveau, atteint fin 2017.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
La baisse du taux de chômage est facilitée par l’évolution de la démographie. La population active ne s’accroit que de 100 000 personnes par contre 200 000 il y a encore dix ans. Les départs à la retraite qui avoisinent 800 000 par an contribuent fortement à cette faible progression. Ce phénomène devrait se poursuivre dans les prochaines années. La capacité de l’économie à créer des emplois malgré une faible croissance est plus étonnante et traduit un réel changement. Dans les années 90, il était admis qu’il fallait un taux de croissance de 2 % pour créer des emplois. Aujourd’hui, avec un taux près de deux fois moindre, l’économie crée 260 000 emplois. La tertiarisation de l’activité avec l’essor des services domestiques et des services de logistique (transports, entrepôts, etc.) génère de nombreux emplois. Les services ont connu ) croître ces dernières années malgré le ralentissement de l’industrie. Ce processus est amené à se poursuivre en 2020 avec peut être une moindre force. L’essor du commerce en ligne et des plateformes de services n’est pas sans limite.
Au nom de l’équilibre des régimes des retraites, le gouvernement nippon a adopté des projets de loi visant à porter l’âge de la retraite à 70 ans. Ces projets qui doivent être adoptés par le Parlement sont censés entrer en vigueur en 2021.
Deux projets ont pour but d’encourager les entreprises, en échange de mesures fiscales incitatives, à confier certaines tâches ou des projets philanthropiques à des retraités.
Selon un récente sondage, deux Japonais sur trois de plus de 60 ans souhaitaient pouvoir travailler après 65 ans. 8 millions de Japonais de plus de 65 ans occupent encore un emploi.
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 7 février 2020 | Évolution hebdomadaire | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 6 029,75 | +3,85 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 29 102,51 | +3,00 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 9 520,51 | +4,04 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 13 513,81 | +4,10 % | 13 249,01 |
| Footsie | 7 466,70 | +2,48 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 3 798,49 | +4,33 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 23 827,98 | +2,68 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 875,96 | -3,38 % | 3050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) | -0,135 % | +0,046 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) | -0,384 % | +0,056 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) | 1,595 % | +0,066 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (18 heures) | 1,0947 | -1,54 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) | 1 566,870 | -1,38 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) | 54,740 | -3,32 % | 66,300 |
Avec les bons résultats de l’emploi et la mobilisation internationale pour lutter contre le coronavirus, les investisseurs ont décidé de revenir sur le marché « actions ». Paris a ainsi signé sa plus forte hausse depuis un an.
L’emploi américain au beau fixe
Selon le Bureau of Labor Statistics (BLS), les Etats-Unis ont créé 225 000 emplois dans le secteur non agricole au mois de janvier, soit plus que les 165 000 anticipés par le consensus Bloomberg. Des conditions climatiques particulièrement clémentes pour la saison ont favorisé l’emploi dans les secteurs de la construction, des loisirs et de l’accueil. Le solde des deux mois précédents a été révisé en hausse de 7 000. Le taux de chômage a augmenté de 0,1 point à 3,6% de la population active alors que le marché prédisait sur une stabilisation à 3,5 %. Cela est plutôt une bonne nouvelle. En effet, cela signifie que des personnes qui n’étaient pas sur le marché du travail y viennent reviennent. Le salaire horaire moyen a, de son côté, augmenté de 0,2 % sur un mois et de 3,1% sur un an, contre respectivement +0,3 % et +3 % attendus.
La virulence du coronavirus et la croissance
Le nombre de décès s’élevait vendredi 7 février à 638 (636 en Chine, 1 à Hong Kong et 1 à Singapour). Le nombre de personnes contaminées était toujours vendredi de 31 432 dans le monde (31 161 en Chine). Le taux de mortalité coronavirus est de 2 %. Il reste inférieur à celui du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait provoqué la mort de 774 personnes dans le monde en 2002-2003.
L’épidémie impacte l’économie de la deuxième puissance mondiale sur trois niveaux, l’offre, la demande et la confiance. Du fait de la fermeture des usines, la production est en baisse. Les revenus des Chinois risquent de baisser en raison de la diminution du nombre d’heures de travail, de l’absence de touristes, etc. Les projets d’investissement sont reportés ce qui aura des conséquences sur la croissance. Les consommateurs étant appelés à ne pas bouger de chez eux, la demande est en berne. Les Chinois diffèrent leurs voyages tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières. De nombreuses compagnies aériennes ont annulé leurs vols vers la Chine. La confiance qui est essentiel dans les rouages de l’économie est atteinte. La population chinoise voire mondiale doute des capacités des pouvoirs publics à endiguer l’épidémie. La mort du Docteur Li à Wuhan, docteur qui avait été contraint au silence après avoir révélé les dangers du coronavirus a amené à des réactions vives au sein des réseaux sociaux dans un pays où l’expression publique est très régulée. Les autorités chinoises ont décidé la mise en place de soutien à l’économie. Lors de l’épidémie de SRAS, en 2003, son impact avait été évalué sur le PIB chinois à un point pour l’ensemble de l’année. Du fait de l’essor de l’économie chinoise, le manque à gagner sera certainement plus élevé. De même, les effets sur l’ensemble de l’économie mondiale seront plus importants en raison de l’intégration de la Chine dans les chaînes de valeur mondiales. Néanmoins, une épidémie est logiquement un phénomène temporaire qui logiquement s’accompagne d’un rebond (courbe en « V »). Si dans les prochaines semaines, l’augmentation du nombre de victimes se ralentissait, a confiance pourrait commencer à se restaurer. Après un mauvais mois de janvier et de février, l’économie repartirait à partir du mois de mars. Si la décrue du nombre de nouveaux cas tardait, l’économie chinoise voire mondiale connaîtrait une courbe en « U » avec plusieurs mois de mauvais résultats précédant un rebond.
Les investisseurs ont opté cette semaine pour une courbe en « V » avec une reprise assez rapide. Le CAC 40 est ainsi repassé au-dessus de 6000 points. Indice Eurostoxx a gagné en une semaine de plus de 4,3 %. Le Dow Jones a progressé de 3 % et le Nasdaq d’un peu plus de 4 %.
Le pétrole subit de plein les fouets les menaces de ralentissement de la croissance de l’économie mondiale et en premier lieu de la Chine qui est à l’origine d’un tiers des importations. Le baril de Brent est passé en-dessous de 55 dollars cette semaine. En un mois, il a perdu un cinquième de sa valeur.
L’euro, la croissance en berne et l’Allemagne
L’euro est en baisse constante vis-à-vis du dollar depuis plusieurs jours en raison du décalage de croissance de la zone et tout particulièrement de l’Allemagne avec les Etats-Unis. Sur le plan politique, l’imbroglio lié aux élections régionales de Thuringe qui a abouti à l’élection du Président grâce aux voix du parti d’extrême droite, l’Afd, a invité les investisseurs à la prudence vis-à-vis de l’Europe. La Chancelière Angela Merkel a condamné cette alliance conduisant le nouvel élu à démissionner. Cette démission devrait permettre de nouvelles élections régionales dans ce Land du centre de l’Allemagne. L’écho de cette élection est d’autant plus important que le parti Nazi, dans les années 30, avait entamé sa conquête du pouvoir à partir du Thuringe sa conquête du pouvoir.
Le taux des livrets bancaires fiscalisés était de 0,16 % au mois de décembre contre 0,17 % au mois de novembre et 0,28 % au mois de décembre 2018. La baisse des taux d’intérêts enregistrés sur les marchés s’est répercutée sur les livrets. Ce mouvement devrait se confirmer en janvier avec l’annonce du passage au 1er février 2020 du taux du Livret A à 0,75 %.
Pour l’ensemble des dépôts bancaires, le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires était 0,58 % au cours du dernier trimestre 2019.
Sur un an, le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires enregistre une baisse de 5 points de base (0,63 % en décembre 2018).
taux de rémunération en %

Source : Banque de France
Les ménages ont continué durant l’année 2019 à s’endetter profitant de la nouvelle baisse des taux d’intérêt. La croissance des crédits aux particuliers a été de 6,6 %. Celle des seuls crédits à l’habitat a été de 6,8 %. La production de nouveaux crédits à l’habitat s’établit à 258 milliards d’euros, après 214 milliards d’euros en 2018. Cette hausse s’explique en partie par une reprise des flux de rachats et renégociations (53 milliards d’euros en 2019, après 35 milliards d’euros en 2018). L’endettement des ménages a atteint, à la fin de l’année 2019, 1 302 milliards d’euros dont 1078 milliards d’euros au titre de l’immobilier. Dix ans auparavant, l’endettement global des ménages était de 841 milliards d’euros.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France
En 2019, les particuliers ont bénéficié de la nouvelle baisse des taux des crédits à l’habitat qui a dépassé 30 points de base. Pour les emprunts à 10 ans, le taux moyen était de 0,8 % à fin décembre. Le taux d’intérêt moyen de tous les crédits nouveaux à l’habitat s’élevait en décembre à 1,17 %, en recul de 32 points de base sur une année.
En raison de cette nouvelle contraction des taux, les renégociations de prêts sont reparties à la hausse. Fin décembre, ces renégociations représentaient le quart de la production des crédits à l’habitat (après 28,7 % en novembre). En janvier 2017, ce taux avait atteint plus de 60 %.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France
Face à la progression rapide des crédits à l’habitat, les
pouvoirs publics ont, en fin d’année, demandé aux établissements financiers et
de faire preuve de modération. Il a été rappelé que le ratio 30 % du
revenu pour le remboursement des emprunts devait être respecté. Une
surveillance sur les crédits à très long terme a été également organisée.
Sur l’ensemble de l’année 2019, l’emploi salarié privé a augmenté de 1,1 % (soit +210 000). Ce résultat est meilleur que celui de 2018 obtenu malgré une croissance plus forte (+163 000). Il est, en revanche, inférieur à celui de 2017 (+329 800). Hors intérim, l’emploi salarié privé a augmenté de 1,2 % sur un an (+216 300).

Au quatrième trimestre 2019, l’emploi salarié du secteur privé a, en France, augmenté de 0,2 %. Cette progression intervenue au moment où le PIB se contractait de 0,1 % est réconfortante pour l’économie française Cette hausse est comparable à celle du trimestre précédent. 40 700 créations nettes d’emploi ont été ainsi enregistrés après33 200 au troisième trimestre.
L’emploi salarié privé progresse de nouveau solidement dans la construction : +0,6 % au quatrième trimestre 2019, comme au trimestre précédent (soit +8 100 après +8 900). L’emploi industriel est quasi stable : –0,1 % (soit –1 700), après 0,0 %. Sur un an, l’emploi salarié privé s’accroît de 42 200 dans la construction et de 7 900 dans l’industrie.
Dans les services marchands, l’emploi privé augmente de 0,3 % (soit +31 800), après +0,2 % (soit +22 500) le trimestre précédent, portant à +1,3 % sa hausse sur un an (soit +155 000). Hors intérim, sa progression sur le trimestre est similaire (+0,3 %) et à peine plus dynamique sur l’année (+1,4 %). L’emploi privé dans les services non marchands est quasi stable ce trimestre (+0,1 %) et stable sur l’année (0,0 %). La baisse de l’emploi intérimaire se poursuit : –0,9 % après –0,4 % le trimestre précédent (soit –7 400 après –3 500). Sur un an, il baisse de 0,8 % (soit –6 300).
La Commission spéciale en charge de l’examen du projet de loi sur la réforme des retraites devra étudier plus de 22 000 amendements ont été déposés vendredi, dont 19 000 issus du Groupe parlementaires des Insoumis et 298 par celui de LREM.
La Commission est composée de 71 députés désignés à la représentation proportionnelle des groupes parlementaires, auxquels s’ajoute un député non inscrit.
Le dépôt d’un aussi grand nombre d’amendements devrait ralentir l’examen du texte. Cette pratique pourrait provoquer l’usage des outils du parlementarisme rationalisé, vote bloqué voir au cours de la discussion, l’article 49-3 de la Constitution. L’usage du 49-3 est compliqué car il aboutit à interrompre la discussion et est assimilé à un coup de force.
Quel que soit la suite du débat, l’ombre porté de la Conférence du financement planera. En effet, logiquement d’ici avril, cette conférence est censée apporter la solution pour assurer l’équilibre des régimes de retraite d’ici 2027.
Les ménages ont continué durant l’année 2019 à s’endetter profitant de la nouvelle baisse des taux d’intérêt. La croissance des crédits aux particuliers a été de 6,6 %. Celle des seuls crédits à l’habitat a été de 6,8 %. La production de nouveaux crédits à l’habitat s’établit à 258 milliards d’euros, après 214 milliards d’euros en 2018. Cette hausse s’explique en partie par une reprise des flux de rachats et renégociations (53 milliards d’euros en 2019, après 35 milliards d’euros en 2018). L’endettement des ménages a atteint à la fin du mois de l’année 2019 1302 milliards d’euros dont 1078 milliards d’euros au titre de l’immobilier. Dix ans auparavant, l’endettement global des ménages était de 841 milliards d’euros.

En 2019, les particuliers ont bénéficié de la nouvelle baisse des taux des crédits à l’habitat qui a dépassé 30 points de base. Pour les emprunts à 10 ans, le taux moyen était de 0,8 % à fin décembre. Le taux d’intérêt moyen de tous les crédits nouveaux à l’habitat s’élevait en décembre à 1,17 %, en recul de 32 points de base sur une année.
En raison de cette nouvelle contraction des taux, les renégociations de prêts sont reparties à la hausse. Fin décembre, ces renégociations représentaient le quart de la production des crédits à l’habitat (après 28,7 % en novembre). En janvier 2017, ce taux avait atteint plus de 60 %.

Le taux des livrets bancaires fiscalisés était au mois de décembre de 0,16 % contre 0,16 % au mois de novembre et 0,28 % au mois de décembre 2018. La baisse des taux d’intérêts enregistrés sur les marchés s’est répercutée sur les livrets. Ce mouvement devrait se confirmer en janvier avec l’annonce du passage au 1er février 2020 du taux du Livret A à 0,75 %.
Pour l’ensemble des dépôts bancaires, le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires était 0,58 % au cours du dernier trimestre 2019. P
Sur un an, le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires enregistre une baisse de 5 points de base (0,63 % en décembre 2018).

source : Banque de France
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 31 janvier 2020 | Évolution hebdomadaire | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 5 806,34 | -3,62 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 28 256,03 | -2,53 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 9 150,94 | -1,76 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 12 981,97 | -4,38 % | 13 249,01 |
| Footsie | 7 286,01 | -3,95 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 3 640,91 | -3,66 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 23 205,18 | -2,61 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 976,53 | 0,00 % | 3050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (19 heures) | -0,181 % | -0,099 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (19 heures) | -0,440 % | -0,112 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (19 heures) | 1,529 % | -0,162 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (19 heures) | 1,1079 | +0,48 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (19 heures) | 1 585,740 | +0,95 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (19 heures) | 56,080 | -7,69 % | 66,300 |
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La décision de l’organisation Mondiale de la Santé de proclamer l’état d’urgence internationale au sujet du coronavirus était assez logique compte tenu de sa diffusion rapide. Au nom du principe de précaution, les compagnies aériennes suspendent les liaisons aériennes avec la Chine. Si le scénario ressemble à celui du SRAS en 2003, il en diffère sur deux points. Premièrement, les autorités chinoises ont été plus transparentes sur l’évolution de la maladie, deuxièmement, la place de la Chine au sein de l’économie mondiale n’est pas celle de 2003. Elle est aujourd’hui la première puissance commerciale et le premier pays du monde.
L’épidémie de SRAS en 2003 avait concerné 7 761 personnes avec 623 décès notifiés au sein de 28 pays. 5 209 cas et 282 décès avaient été enregistrés en Chine. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avait également lancé une alerte mondiale encourageant très largement l’isolement et la mise en quarantaine des personnes touchées pour enrayer l’épidémie. L’épidémie de coronavirus en cours a déjà occasionné la mort d’au moins 200 personnes.
Dans ce contexte, les investisseurs ont délaissé les placements actions et ont opté pour les obligations d’Etat sûrs. Les taux d’intérêt sont, de ce fait, à nouveau orientés à la baisse. Le CAC 40 a perdu 3,62 % sur la semaine et 2,87 % sur le mois. Les secteurs de l’automobile, du tourisme et des produits de luxe sont les plus touchés par la baisse des cours étant fortement dépendants du marché chinois. Face à la propagation du virus, 14 provinces et villes chinoises, représentant, selon les calculs de Bloomberg, près de 69 % du PIB national, ont annoncé une prolongation de plus d’une semaine du Nouvel An Lunaire. Cette prolongation a pour conséquence de maintenir à l’arrêt de nombreuses entreprises. Les réouvertures sont désormais prévues, au mieux, pour la deuxième semaine du mois de février au moins. Le constructeur automobile Peugeot a indiqué que les usines PSA de Wuhan resteront fermées jusqu’au 14 février, Valeo et Seb ont prolongé la fermeture de leurs sites dans la ville, tandis qu’Air France a suspendu, leurs vols au départ et à destination de la Chine jusqu’au 9 février. Si la crise épidémiologique perdure, la croissance chinoise pourrait fondre assez rapidement. Certains économistes prévoient même une croissance inférieure à 3 % pour 2020. A la peur du coronavirus s’est ajoutée des mauvaises nouvelles sur le front au sein de la zone euro. Le PIB s’est contracté en France et en Italie (-0,3 %, la plus mauvaise performance trimestrielle depuis 2013).
Dans un contexte économique peu porteur, le baril du pétrole est en forte baisse depuis le début du mois. En un mois, le baril de pétrole Brent a perdu près de 16 % de sa valeur. L’or, valeur refuge par excellence, continue son mouvement haussier. En un mois, l’once d’or a gagné près de 5 %. En un an, la progression dépasse désormais 20 %.

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