L’ensemble des ménages ayant été confinés durant la totalité du mois d’avril, la consommation a connu une chute sans précédent depuis l’établissement de la série statistique par l’INSEE. Elle a baissé de 20,2 % par rapport à mars qui s’était déjà caractérisé par une contraction de 16,9 %. Le mois d’avril 2020 restera dans les annales du fait que dans son intégralité il aura été placé sous le confinement.
La consommation de biens fabriqués s’est contractée de 42,6 % après –42,1 % en mars. La consommation de matériels de transport a baissé de 36,4 %, du fait de la fermeture des concessions automobiles. Les dépenses d’équipement du logement diminuent également, en particulier les ventes de meubles et d’appareils électroménagers. Les achats de lunettes sont en forte baisse. Les achats d’habillement-textile ont connu une contraction de 67,4 %
Les dépenses alimentaires ont régressé de 5,4 % après avoir connu une progression de 9,2 % en mars qui avait été marqué par la constitution de stocks de précaution.
Avec les restrictions de circulation et les conditions climatiques plutôt favorables, les dépenses en énergie ont enregistré un repli de 22,8 % après une baisse en mars de 10,2 %.

Avec le confinement total du mois d’avril, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A à Pôle Emploi a connu une progression sans précédent, + 843 000 faisant suite à une hausse de 246 000 en mars. Depuis la création des données statistiques sur le nombre de demandeurs d’emploi, jamais une telle hausse n’avait été enregistrée. Le nombre d’inscrits atteint le nombre record de 4,575 millions. Sur trois mois, 1 065 200 demandeurs d’emploi supplémentaires ont été comptabilisés. L’augmentation est en grande partie imputable au basculement des demandeurs d’emplois des catégories B et C, en activité réduite vers la catégorie A (personne sans emploi, tenue d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi quel que soit le type de contrat).
Au total, l’effectif des catégories A, B, C s’accroît de 209 300 au mois d’avril (soit +3,6 %). Les entrées à Pôle emploi sont en retrait de 19,1 % en avril avec les restrictions de circulation et le placement en chômage partie d’une grande partie de la population active. Les sorties de Pôle Emploi sont naturellement en net retrait (-34,9 %). Le gonflement du nombre d’inscrits est également lié à la réduction des radiations compte tenu des consignes de mansuétude données par les pouvoirs publics.

Cercle de l’Epargne – données DARES
La hausse ce mois-ci concerne toutes les tranches d’âge : les moins de 25 ans (+149 800, soit +29,4 %), les 25-49 ans (+530 000, soit +24,0 %) et les 50 ans ou plus (+163 200, soit +16,1 %). Elle est par ailleurs plus forte chez les hommes (+480 300, soit +25,2 %) que chez les femmes (+362 700, soit +19,8 %). Elle concerne toutes les régions de France, les départements et régions d’Outremer (Drom) étant toutefois un peu moins touchés.
Les mauvais résultats du mois d’avril sont avant tout les conséquences des fins CDD et des missions d’intérim. Près de 140 000 personnes au terme de leur CDD se sont inscrites tout comme 80 000 personnes qui ont achevé une mission d’intérim. Le nombre d’inscrits à Pôle Emploi devrait, en mai, continuer d’augmenter avec la poursuite de la purge des CDD et de l’intérim. La hausse devrait être néanmoins plus faible. La montée des licenciements économiques ne devrait se faire sentir qu’à partir de juin et à la rentrée de septembre en fonction de l’état de la reprise économique.
Après deux mois de confinement et deux semaines de déconfinement, l’économie française est entrée dans une phase de redémarrage à vitesse modérée. A fin mai, selon l’INSEE, elle fonctionnerait à environ quatre cinquièmes de son niveau d’avant crise, contre seulement deux tiers durant le confinement. Le choc provoqué par la crise sanitaire n’en demeure pas moins important. Ainsi, la contraction du PIB pourrait atteindre 20 % au deuxième trimestre, en faisant l’hypothèse qu’au mois de juin, l’économie française comble le tiers de l’écart qui la sépare encore de son niveau d’avant crise (après –5,8 % au premier trimestre. La France reste un des pays les plus touchés par la récession. Si l’activité économique revenait intégralement à son niveau d’avant crise dès le mois de juillet, le PIB français diminuerait de 8 % sur l’année 2020. Les économistes de l’INSEE doutent de ce retour à la normale préjugeant d’une récession encore plus forte. Dans tous les cas, la France enregistrera la plus sévère diminution du PIB depuis la mise en place du suivi de la croissance en 1948.
Avec le déconfinement, redémarrage de la consommation
Avec la réouverture des commerces, les ménages français ont repris le chemin de la consommation, plus rapidement que leurs collègues italiens ou espagnoles. Le niveau de la consommation sur les deux dernières semaines de mai n’est plus inférieur que de 6 % à celui d’avant crise, contre -32 % début mai. Ce rebond concerne en particulier les dépenses en biens manufacturés, en lien avec la réouverture des commerces non essentiels (équipement du foyer, textile, habillement…). La consommation en produits manufacturés aurait dépassé de 6 % son niveau en situation normale d’activité, contribuant à redresser la consommation totale de 3 points et marquant une progression de 39 points de pourcentage depuis le niveau estimé dans le Point de conjoncture du 7 mai. Les transactions par carte bancaire sur l’habillement-chaussure atteignent par exemple un niveau nettement plus proche de celui de 2019 que pendant le confinement, tandis que les transactions portant sur l’équipement du foyer auraient même fortement dépassé leur niveau de 2019. Les dépenses de carburant progressent faiblement en raison du maintien des restrictions de circulation et de l’encouragement au télétravail. Par ailleurs, la sortie du confinement n’aurait pas altéré le dynamisme des dépenses des ménages en produits agro-alimentaires. La consommation en produits agricoles aurait été de 8 % supérieure à son niveau normal, parallèlement à celle des produits agro-alimentaires.
La consommation de services principalement marchands aurait été, pour les deux semaines de déconfinement de 17 % inférieure à une situation normale d’activité. Par rapport à l’évaluation du 7 mai, le gain est de 14 points de pourcentage. Ce rebond résulterait notamment de la consommation de services personnels aux ménages (blanchisserie, coiffure…) ou de services de réparation. Fort logiquement, les services associés à des activités encore soumises à des restrictions seraient restés à des niveaux de consommation particulièrement faibles, comme par exemple le transport aérien, les activités d’arts et spectacles, ou encore l’hôtellerie et restauration.
Les services principalement non marchands auraient vu leur consommation rebondir également, à travers la reprise des soins de ville et de l’enseignement marchand, sans retrouver encore le niveau d’une situation normale d’activité. Leur activité serait de 81 % par rapport au niveau d’avant crise.
Avec la reprise également des travaux de rénovation, la consommation des ménages dans la branche de la construction aurait augmenté par rapport à la période de confinement, mais de façon progressive (–39 % de perte de consommation, contre -75 % de perte en période de confinement).
Lent déconfinement de la production
Dans les seules branches marchandes, la perte d’activité économique serait de 25 % (contre –39 % avant le déconfinement). Cette relative reprise de l’activité économique s’observe dans l’ensemble des branches dont l’activité est autorisée. La perte d’activité économique aurait notamment été divisée par deux dans la construction (–38 % contre –75 % avant le déconfinement).
L’industrie française produirait à 75 % de son niveau d’avant crise fin mai contre 62 % mi-mai. Si la reprise du travail a pu se poursuivre, l’activité resterait affectée, entre autres, par une demande en berne et des stocks importants à écouler, en particulier dans le secteur automobile.
Dans les services, la perte d’activité économique serait de 25 %. Pour l’hébergement et la restauration, la perte atteint 90 % quand elle est de 40 % pour les transports.
Une reprise plus lente en France qu’ailleurs
La consommation d’électricité constitue un indicateur représentatif de l’activité globale des pays, tant du côté de la production que du côté de la consommation. Ainsi, d’abord, l’Allemagne a enregistré au sein des grands pays européens, la plus faible baisse de la consommation. En moyenne entre le 1er avril et le 24 mai, la consommation d’électricité n’a baissé que de 8 % en Allemagne par rapport à la même période en 2019, contre une contraction de 15 % en France et au Royaume-Uni, de 17 % en Espagne et de 20 % en Italie. Aux Etats-Unis, la baisse n’est que 6 %). La reprise a été particulièrement marquée en Italie. Sur la période du 18 au 24 mai, le niveau de la consommation dans ce pays n’y était plus que de 10 % en dessous de la semaine équivalente de 2019, comme en Allemagne. En France, ce n’est que depuis le 11 mai que la consommation d’électricité connaît un léger rebond, passant d’un glissement annuel de près de –20 % le 11 mai à –14 % le 24 mai, rejoignant celui de l’Espagne. Au Royaume-Uni, où le confinement demeure en partie en vigueur, la consommation d’électricité oscille entre –15 % et –20 % de sa moyenne de saison. Aux États-Unis enfin, la consommation d’électricité reste environ 5 à 10 % inférieure à sa moyenne de 2015 à 2019.
Le retour des émissions de CO2
Au cours de la semaine du 18 mai 2020, la baisse de la concentration en CO2 était de 20 % par rapport à la moyenne sur 2016-2019 en Allemagne, contre 31 % en France, 41 % en Italie et 48 % en Espagne. Début mai, avant le déconfinement, la concentration avait diminué de 31 % en Allemagne, de 51 % en France et de près de 55 % en Italie et en Espagne. Au Royaume-Uni, la concentration de l’air en dioxyde d’azote est toujours environ moitié moindre que ses niveaux habituels à cette saison, ce qui témoignerait d’une activité toujours très ralentie. Preuve que la production chinoise retrouve son rythme de croisière, à partir de fin avril et début mai, les émissions et la concentration de l’air en dioxyde d’azote ont dépassé leurs niveaux de la même date en 2019, et elles continuent de croître.
Le retour du shopping
L’effet de la réouverture progressive des commerces de détail hors alimentaire, se reflète dans les requêtes Google relatives aux centres commerciaux. Au cours de la deuxième moitié du mois d’avril 2020, le nombre de requêtes pour les centres commerciaux allemands n’était que de 41 % inférieur au niveau de 2019 sur la même période, contre –70 % pour les centres commerciaux espagnols et autour de –80 % pour ceux français et italiens. Aux États-Unis, le nombre de requêtes a rapidement augmenté à partir de la semaine du 21 avril et n’est plus inférieur que d’environ 20 % à la même semaine de 2019.
Dans les pays de la zone euro et selon cet indicateur, la hausse de la fréquentation des centres commerciaux apparaît davantage depuis mi-mai. Le nombre de requêtes a augmenté de 50 % environ en France par rapport à 2019 durant la semaine du 11 mai, puis de 8 % la semaine du 18 mai mais cette évolution est atypique. Les consommateurs français ont pu rechercher des informations sur les ouvertures des centres commerciaux, certains étant toujours sur décisions administratives toujours fermés. Dans les trois autres principales économies européennes l’indice n’avait pas encore retrouvé mi-mai son niveau d’avant la crise sanitaire, même s’il y poursuit sa progression. La semaine du 18 mai, le nombre de requêtes sur Google restait inférieur de 25 % en Allemagne à son niveau de 2019 et de 15 % en Italie et de 38 % en Espagne.
Fréquentation des lieux publics en hausse
A partir des données de Google Maps, il est possible de déterminer la fréquentation des lieux publics des lieux publics, et notamment des commerces de détail hors alimentaire. La fréquentation a moins baissé en Allemagne qu’en France, en Italie et en Espagne même sur la période post confinement. Dans tous les pays, les consommateurs reviennent graduellement dans les commerces de détails hors alimentaire, au fur et à mesure de leur réouverture.
En prenant en compte ces différents indicateurs, la consommation devrait connaître une évolution favorable dans les prochaines semaines avec un rebond sans doute plus prononcé en France, en Italie et aux États-Unis qu’en Espagne, en Allemagne et au Royaume-Uni. L’importance du rebond est fonction de la contraction subie durant les périodes de confinement. La baisse de la fréquentation des commerces de détail hors alimentaire français et italiens était mi-mai de 51 % et de 61 % respectivement, après une baisse entre 80 % et 90 % en France et en Italie au cours du mois d’avril, soit un gain de près de 30 points de pourcentages contre un gain de 20 points environ en Espagne et en Allemagne. Aux États-Unis, la fréquentation des commerces de détail et lieux de divertissement est inférieure d’environ 30 % mi-mai, après une baisse de 45 % début avril. Au Royaume-Uni en revanche, la fréquentation des commerces de détail hors alimentaire et lieux de divertissement est toujours environ le quart de son niveau habituel, après une baisse de 82 % les premiers jours du confinement.
Transports, le retour des embouteillages
Avec la reprise de l’activité et un moindre recours des transports publics, les embouteillages sont en hausse. L’indice TomTom de congestion routière dans les principales villes européennes témoigne d’une reprise de l’usage de la voiture. En Allemagne, l’indice de congestion routière demeure très proche de son niveau sur la même période en 2019 avec un niveau inférieur de 6 % la semaine du 18 mai (. Dans les autres pays de la zone euro, le rebond est assez soudain, comme par exemple en France, avec un indice de congestion mi-mai inférieur de 26 % à celui de 2019, après une baisse près de 61 % début mai, soit un gain de près de 35 points de pourcentage. Cet indice est toujours très bas aux États-Unis, inférieur de 78 % à ses niveaux de 2019, ainsi qu’au Royaume-Uni (–65 %).
Selon l’indicateur de mobilité d’Apple, qui rassemble les recherches d’itinéraires sur l’application Apple Maps, les recherches d’itinéraires en voiture augmentent dans tous les pays. La reprise est beaucoup plus avancée en Allemagne et aux États-Unis, où les recherches ont dépassé leurs niveaux du 13 janvier dernier, qu’en France, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni.
Selon l’indicateur Google Maps Mobility, mi-mai la fréquentation des transports publics en France était inférieure de 43 % à la « normale » (fréquentation médiane du 3 janvier au 6 février 2020), soit une hausse significative par rapport à avril, où elle se trouvait inférieure de presque 80 %. En Italie et en Espagne, la fréquentation était inférieure de respectivement 53 % et 59 % mi-mai, contre 80 % en avril. Au Royaume-Uni, la baisse s’atténue un peu (–58 %, après une baisse de 70 % début avril). Aux États-Unis, la fréquentation des transports publics augmente légèrement, restant toutefois inférieure d’environ deux tiers à niveau habituel.
Les dangers de l’hystérisation de la crise
Les Français ont réalisé des achats indispensables après le confinement, habillement, coiffure, etc. Les craintes de baisse du pouvoir d’achat devraient peser néanmoins sur la consommation des prochains mois. Les informations inquiétantes sur la situation économique devraient favoriser l’attentisme et autoalimenter la crise. La levée des restrictions de circulation à compter du 2 juin devrait permettre une amélioration au niveau de la consommation mais celle-ci dépend avant tout de la restauration de la confiance. Plusieurs enquêtes suggèrent que les Français demeurent très inquiets sur la situation sanitaire et exigent le maintien de mesures de protection. Ils restent méfiants vis-à-vis des statistiques officiels. Cette peur pèse sur l’activité tant au niveau de la consommation que la production.
La crise, un révélateur de la situation économique
Depuis 2008, l’économie française est à la peine. Les pertes de parts de marché industriel, la persistance d’un important déficit commercial, la lente amélioration de l’emploi sur fond de déficits publics élevés en étaient les marqueurs. La crise de la covid-19 a accentué les traits des faiblesses françaises d’autant plus qu’elle a directement touché des secteurs porteurs comme le tourisme et les transports.
L’hystérisation de la crise permet au Gouvernement d’engager des plans de restructuration de certaines filières qui étaient déjà en difficulté avant la crise. L’exécutif en usant des moyens de financement publics renouent avec la tentation dirigiste propre à la France. Il n’est pas le seul en Europe comme le prouve la tentative de renationalisation partielle de Lufthansa par le gouvernement allemand.
La multiplication des plans d’investissement soutenus par les pouvoirs publics devrait favoriser l’économie allemande qui a plutôt bien résisté durant la crise sanitaire en maintenant à un niveau assez élevé sa production et ses exportations. Disposant de marges de manœuvre budgétaire importantes, l’Etat a engagé de larges plans de soutien.
L’indice de confiance des ménages dans la situation économique pour le mois de mai calculé par l’INSEE est sans surprise en baisse. L’enquête a été menée entre le 28 avril et 16 mai. L’indicateur perd 2 points (après – 8 points en avril). À 93, il reste en-dessous de sa moyenne de longue période (100).

Consommation, un retour à la normale ?
Après plus d’un mois de confinement, la proportion de ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants augmente fortement, l’indicateur gagne ainsi 15 points mais reste bien en-dessous de sa moyenne de longue période.
La victoire de l’épargne de précaution
Dans un contexte économique difficile, en mai, la part des ménages estimant qu’il est opportun d’épargner augmente fortement. Les ménages ont conscience qu’avec la diminution contrainte de leurs dépenses de consommation, leur capacité d’épargne augmente. L’indicateur le mesurant gagne 4 points et reste bien au-dessus de sa moyenne de longue période. Prenant en compte la fin du confinement et une éventuelle baisse à venir de leurs revenus, le solde d’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne future diminue quant à lui de nouveau légèrement tout en restant au-dessus de sa moyenne de longue période.
Inquiétude pour le niveau de vie et pour l’emploi
Les Français sont inquiets au sujet de de leur niveau de vie futur. À –71, il reste ainsi au plus bas niveau depuis le début de l’enquête. La part des ménages considérant que le niveau de vie en France s’est amélioré au cours des douze derniers mois baisse nettement. Le solde correspondant perd 17 points et passe ainsi en-dessous de sa moyenne de longue période.
Sans surprise, les ménages craignent une remontée du chômage. Le solde correspondant gagne 18 points et atteint un niveau inégalé depuis juin 2013.
Le confinement et les prix ne font pas bon ménage
En mai, les ménages estimant que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois sont nettement plus nombreux que le mois précédent. Le solde correspondant remonte de 20 points mais se maintient néanmoins en-dessous de sa moyenne de longue période. Cette appréciation s’explique certainement par la progression des prix des produits alimentaires et notamment des produits frais.
Les ménages ne font pas le pari d’une forte résurgence de l’inflation dans les prochains mois. Après avoir vivement augmenté pendant deux mois, le solde correspondant perd 8 points, tout en restant bien au-dessus de sa moyenne de longue période.
Fin 2019, avant la survenue de la crise, le taux d’endettement du secteur privé non financier (SPNF) de la zone euro était, selon la Banque de France, de 118,8 % du PIB soit une légère hausse de 0,2 point par rapport à fin 2018. Ce taux d’endettement était en forte hausse en France, +3,5 points en un an. Il s’élevait à 135 % du PIB, soit un ratio supérieur à la moyenne de la zone euro. Sur un an, le ratio de dette privée baissait, en revanche nettement en Espagne (- 6 points) et dans une moindre mesure en Italie (- 1,5 point). En Allemagne une hausse de + 2,6 points a été constatée. La dette des ménages français a dépassé la moyenne européenne en 2019. Elle s’élève à 61,6 % du PIB contre une 59,1 % au sein de la zone euro.

Le taux d’endettement des entreprises françaises est nettement supérieur à la moyenne européenne. Il s’élève à 73,5 % du PIB, contre une moyenne de 60,9 % pour la zone euro. Ce taux est de 41,5 % du PIB en Allemagne. Les entreprises françaises se financent traditionnellement par le secteur bancaire expliquant en partie cette spécificité qui est également due par l’étroitesse de leurs marges.

La France se situait à la marge de la barre des 100 % de PIB pour la dette publique avant la survenue de la crise de la covid-19. L’Allemagne en deux ans a réduit le taux de son endettement public de 5 points de PIB lui permettant de passer en-dessous de la barre des 60 % du PIB. L’Espagne, toujours en deux ans, avait réussi à réduire le poids de son endettement de trois points de PIB.

En avril, l’assurance vie a été victime de la préférence absolue pour la liquidité et de la fermeture des agences d’assurances.
Comme en mars, l’assurance vie a enregistré au mois d’avril une décollecte. Celle-ci s’est élevée à 2,1 milliards d’euros (contre 2 milliards d’euros en mars). Le mois d’avril a été marqué par le confinement total de la population française.
Le montant de la collecte brute a été extrêmement faible, 6,4 milliards d’euros contre une moyenne de 11 milliards d’euros avant la crise sanitaire. Les rachats ont été également modestes à 8,5 milliards d’euros contre 10 milliards d’euros avant crise. Ces faibles montants traduisent l’impossibilité matérielle pour les épargnants de réaliser des opérations sur leurs contrats d’assurance vie. L’assurance vie à la différence du Livret A n’a pas bénéficié de l’augmentation de l’épargne des ménages au cours du mois d’avril. Cette différence s’explique par le fait qu’à la différence du Livret A ou du LDDS, le recours à Internet pour les arbitrages est moins fréquent.
Les unités de compte résistent
Malgré la chute du cours des actions, la proportion des unités de compte dans la collecte brute a atteint 33 %. Les assurés ont assuré de prendre des risques ou ont considéré que le marché offrait de réelles opportunités de plus-values pour l’avenir.
Préférence à l’épargne de précaution
En pleine crise sanitaire qui se double d’une crise économique, les Français ont privilégié l’épargne de précaution, la liquidité, pour faire face à une éventuelle baisse de revenus. Le haut degré d’incertitudes dissuade les ménages à s’engager sur le moyen et le long terme. Le faible montant des rachats témoigne que les épargnants restent néanmoins confiants concernant vis-à-vis de leurs contrats.
Demain sera un autre jour
La période de confinement est évidemment historique et atypique. Elle ne permet pas de dégager des conclusions pour les prochains mois. La sortie progressive du confinement et le lourd contexte économique devraient conduire les ménages à conserver une importante poche d’épargne de précaution. Son dégonflement sera fonction de la levée des hypothèques sanitaires et économiques. Si la situation économique continuait à se détériorer, l’assurance vie pourrait en pâtir ; en revanche, un retour à la normale en fin d’année devrait profiter au placement préféré des Français dont l’encours atteint 1748 milliards d’euros.
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 22 mai 2020 | Évolution Sur 5 jours | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 4 444,56 | +3,90 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 24 465,16 | +3,29 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 9 324,59 | +3,44 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 11 073,87 | +5,82 % | 13 249,01 |
| Footsie | 5 993,28 | +3,34 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 2 905,47 | +4,86 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 20 388,16 | +1,75 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 827,30 | -1,91 % | 3 050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) | -0,033 % | -0,003 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) | -0,484 % | +0,050 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) | +0,657 % | +0,017 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (18 heures) | 1,0892 | +0,66 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) | 1 733,310 | -0,42 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) | 34,780 | +6,00 % | 66,300 |
Des sourires malgré quelques grincements de dents
La semaine boursière a été marquée par la proposition franco-allemande portant sur 500 milliards d’euros. Par ailleurs, la BCE a indiqué qu’elle pourrait accroître ses rachats d’obligations en fonction de la situation économique. Les investisseurs ont également salué les commentaires d’Anthony Faucy, le directeur de l’institut national américain des allergies et des maladies infectieuses, qui a qualifié de « prometteuses » les données de la biotech Moderna concernant son vaccin contre le Covid-19. Les indices actions des grandes places financières ont fait le pari de l’optimisme en gagnant plus de 3 % à 5 % sur la semaine.
Les marchés ont été certes un peu alarmés par les développements en cours du côté de la Chine. Xi Jinping gère une crise économique sans précédent depuis la révolution culturelle de 1976. Le PIB a baissé de 7 points au premier trimestre en rythme annuel. Pour l’année, le pouvoir ne fait plus état de prévisions. La Chine a dû faire face à l’arrêt de nombreuses usines en début d’année puis à la contraction sans précédent de la demande mondiale à partir du mois de mars. Un plan de relance de grande ampleur est en préparation. Cette situation inédite pour le pouvoir en place le pousse à durcir ses positions au niveau international. Les relations entre la Chine et les Etats-Unis se sont à nouveau tendues avec l’annonce par les autorités de Pékin d’un projet de loi de sécurité nationale pour Hong Kong. Le texte inscrit à l’ordre du jour de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire, qui s’ouvre aujourd’hui, interdit la sécession, l’ingérence étrangère et toute activité séditieuse destinée à renverser le pouvoir central dans l’ancienne colonie britannique. Donald Trump a fait part de son opposition à ce texte.
Le patrimoine financier brut des ménages s’élevait à 5437,2 milliards d’euros, selon la Banque de France, à la fin de l’année 2019 contre 4972,4 milliards d’euros fin 2018 et 5017 milliards d’euros fin 2017. Cette augmentation en 2019 est imputable à l’effort soutenu d’épargne des ménages et à la forte augmentation de la valeur des actions effaçant leur contre-performance de 2018. Les flux financiers se sont élevés, en 2019, à 143,0 milliards d’euros, ce qui constitue un record. En 2017 et 2018, les flux financiers avaient respectivement atteint 89,9 et 95,1 milliards d’euros. Sur les 464,8 milliards d’euros de gain pour le patrimoine financier, 322 proviendraient de la valorisation des actifs et de la recomposition des volumes.
Au 4e trimestre 2019, les dépôts à vue et le numéraire représentaient 609,7 milliards d’euros. Les dépôts bancaires rémunérés s’élevaient à 1039 milliards d’euros dont 771,4 milliards d’euros pour la seule épargne réglementée. L’assurance vie et l’épargne retraite en fonds euros ont atteint 1697,9 milliards d’euros. Les actions cotées détenues par les ménages s’élevaient à 304,5 milliards d’euros et les unités de compte de l’assurance vie et de l’épargne retraite à 386,6 milliards d’euros. Les actions détenues indirectement à travers les Organismes de Placement Collectif représentaient 113,9 milliards d’euros.
Les produits de taux représentaient 72 % de l’encours des ménages au 4e trimestre 2019 contre 69 % au premier trimestre 2012. Pour la Banque de France, le taux d’épargne des ménages était de 14,7 % du revenu disponible brut en 2019 avec un taux d’épargne financière de 5,1 %.
Le gouvernement tire les conséquences de la crise du coronavirus au niveau de la sécurité sociale qui doit faire face à une raréfaction de ses ressources et à une augmentation de ses dépenses. En outre, il entend adopter des plans de restructuration de l’assurance maladie avec à la clef une augmentation des rémunérations et une modernisation des infrastructures. Le gouvernement a prévu d’utiliser une partie des ressources issues de l’Union européenne à cet effet. Par ailleurs, dans le cadre d’un futur projet de loi qui devrait être discuté au mois de juin, des mesures en faveur de la dépendance seront prises.
Au total sur la période 2020 à 2023, 92 milliards d’euros de dettes résultant de déficits potentiels pour les années 2020 à 2023 sur la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale. La disparition de cette caisse prévue en 2024 est repoussée à 2033. Avec la dette non encore remboursée, la CADES sera amenée à rembourser 136 milliards d’euros.
Pour l’année 2020, le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre selon le Ministère des Comptes publics au moins 41 milliards d’euros en additionnant les pertes du régime général et du fonds de solidarité vieillesse – le FSV, qui verse les cotisations retraite des chômeurs et le minimum vieillesse. Dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, le déficit prévu était inférieur à 6 milliards d’euros.
Dans le cadre du futur projet de loi, le Gouvernement aurait l’intention d’instituer une cinquième branche, dédiée à la dépendance, au sein de la « Sécu » – à côté de l’assurance-maladie, de l’assurance-vieillesse, de la famille et des accidents du travail. Une fraction de 0,15 point de la contribution sociale généralisée (CSG) «serait réaffectée au financement de dépenses nouvelles », de manière à renforcer les actions en faveur des personnes ayant subi une « perte d’autonomie ». 2,3 milliards d’euros pourraient être affectés à ce risque en de 2024. Un rapport sera prévu pour « définir les modalités de création de cette nouvelle branche ». Cette solution reprend l’idée de l’ancien rapporteur général de la commission des affaires sociales de l’Assemblée, Olivier Véran, devenu en février ministre de la santé et des solidarités.
Le 0,15 point de CSG affectée à la CNSA ne permettra pas de couvrir l’ensemble du surcroît de dépenses générées par la montée en puissance de la question de la dépendance. Selon le rapport remis en 2019 par M. Libault, le besoin de financement est évalué à plus de 6,2 milliards d’euros supplémentaires par an jusqu’en 2024 puis à 9,2 milliards d’euros à compter de 2030.
Le mois d’avril restera dans les annales de l’épargne française. Avec le confinement, les Français n’ont pas eu d’autres choix que d’épargner. La consommation a chuté de près de 40 % en raison de la fermeture de nombreux commerces, des cafés et des restaurants ainsi qu’en raison des restrictions de déplacement imposées par les pouvoirs publics. Malgré leur faible rendement, le Livret A et le LDDS sont les grands gagnants de cette période très particulière d’épargne subie. La collecte nette du Livret A s’est élevé à 5,47 milliards d’euros et celle du LDDS à 1,93 milliard d’euros. Largement diffusés au sein de la population, ces deux produits, simples d’usage, sont, en outre, facilement accessible par Internet. Depuis le début de l’année, les ménages ont mis sur leurs Livrets A 13,47 milliards d’euros contre 9,84 milliards d’euros à la même époque en 2019. L’encours du Livret A est à son plus haut historique avec 312 milliards d’euros.
Le Livret A n’a pas battu son record de collecte qui date du mois de janvier 2013 avec 8,21 milliards d’euros. Le Gouvernement avait décidé de relever en deux fois le plafond du Livret A qui est passé de 15 300 à 22 950 euros. Le Livret de Développement Durable et Solidaire avait connu également une collecte atypique au mois d’octobre 2012 dans le prolongement du relèvement de son plafond. La collecte du mois d’avril 2020 est néanmoins la troisième la plus élevée de l’histoire du Livret A. Elle aurait été certainement bien plus importante si les Français avaient pu accéder à leurs guichets de Caisses d’épargne ou bancaires.

Cercle de l’Épargne – données CDC
La collecte du mois d’avril 2020 est une collecte d’attente mais aussi de précaution. Dans un contexte plus qu’incertain, les ménages ont décidé de renforcer leur épargne liquide afin de faire face à d’éventuelles problèmes de court terme. Parmi les sujets d’inquiétudes figurent évidemment la santé mais aussi le risque de perte d’emploi ou de revenus. L’augmentation de l’épargne de précaution a été constatée lors de chaque crise depuis 1973. Lors de la crise des subprimes de 2008/2009 et lors de celle des dettes souveraines de 2011/2012, le Livret A avait enregistré de fortes collectes. En 2009, la collecte annuelle du Livret A avait atteint 16,55 milliards d’euros et en 2012, 28,16 milliards d’euros (dopés par le relèvement du plafond).
Au regard des précédentes crises, le dégonflement de l’épargne de précaution sera progressif et risque de ne pas être totale d’autant plus que le retour à la normale s’annonce long. Les craintes d’une longue crise économique incitent les ménages à maintenir un fort volant de liquidités. La peur du chômage est un important levier d’épargne. L’envolée de l’endettement et le risque d’un relèvement à terme des impôts jouent traditionnellement en faveur de l’épargne de précaution. D’autres facteurs expliquent le maintien à des niveau élevés de l’épargne de précaution qui n’est pas une spécificité française. La montée de la précarité au niveau professionnelle et le vieillissement de la population avec en filigrane la peur d’une remise en cause du montant à venir des pensions de retraite contribuent à la hausse de l’effort d’épargne. Le dégonflement de l’épargne de précaution passe par la restauration de la confiance et donc par la normalisation de la situation économique.

Cercle de l’Epargne – données CDC
Le Gouvernement, moins d’une semaine après le début du confinement, pour rassurer les professionnels du tourisme et les Français, a annoncé que les vacances seront possibles en juillet et en août. Il reste donc quelques semaines pour mettre sur pied les bases d’une reprise de l’économie….
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 15 mai 2020 | Évolution Sur 5 jours | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 4,277.63 | -5,98 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 23 685,42 | -2,65 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 9 014,56 | -1,17 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 10 465,17 | -4,03 % | 13 249,01 |
| Footsie | 5 800,33 | -2,29 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 2 770,70 | -4,73 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 20 037,47 | -0,70 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 868,46 | -0,86 % | 3 050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) | -0,030 % | +0,007 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) | -0,534 % | +0,004 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) | +0,640% | -0,019 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (18 heures) | 1,0817 | -0,18 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) | 1 748,708 | +2,80 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) | 31,940 | +3,50 % | 66,300 |
Mauvaise semaine pour les marchés
Avec le déconfinement progressif, l’espoir d’un nouveau rebond des marchés était imaginable. Les mauvaises nouvelles en provenance des Etats-Unis ont eu raison de cet espoir.
Les autorités américaines ont décidé de durcir l’approvisionnement en microprocesseurs et la fourniture de services pour Huawei. Depuis un an, Huawei s’était vu opposer des contraintes de plus en plus sévères au niveau de la fourniture de microprocesseurs et de services auprès d’entreprises américaines, (accès au système Android ou au Play Store de Google). L’embargo décidé en mai 2019 par Donald Trump a été prolongé jusqu’en mai 2021, embargo qui a été par ailleurs renforcé. Ces décisions interviennent dans un contexte de recrudescence des tensions entre les Etats-Unis et la Chine au sujet de la diffusion du covid-19. Les Etats-Unis accusent la Chine de n’avoir rien fait pour empêcher le développement de l’épidémie et menacent ce pays de sanctions.
La situation économique n’a toujours pas atteint son point bas aux Etats-Unis. Le Président de la FED a, en outre, refroidi les ardeurs des investisseurs en soulignant que la reprise économique serait longue à se dessiner. Au mois d’avril, les ventes de détail aux Etats-Unis ont diminué de 16,4 %, soit davantage que ce que les économistes craignaient (-12% selon Bloomberg). Des économistes tablent désormais sur une baisse de 50 % de la consommation au deuxième trimestre quand ils prévoyaient, il y a quelques jours, une contraction de 40 % en rythme annualisé. Les ventes des magasins de vêtements ont diminué de 90 % entre février et avril, et les services de restauration et de loisirs d’environ 50 %. Même les catégories qui avaient bien résisté en mars, notamment les épiceries et les magasins de produits de santé et de soins personnels, ont enregistré de fortes baisses en avril.
Dans ce contexte lourd, la confiance des consommateurs américains résiste plutôt bien. Selon l’indice de l’université du Michigan, la confiance s’est redressée ce mois-ci à 73,7, contre 71,8 en avril, et 68 anticipé par le consensus Bloomberg. La perte de 20 millions d’emplois en avril a été atténuée par les mesures de soutien des pouvoirs publics. En temps normal, les indemnités de chômage couvrent environ 40 % du revenu perdu. Or, le taux de remplacement a été porté, en moyenne, à 100% du salaire initial.
En Chine, la reprise est plus lente que prévu. Les ventes au détail ont baissé de 7,5 % en avril, plus que ce que les économistes attendaient.
Depuis un quart de siècle, les épargnants ont connu plusieurs krachs. En 1987, en une seule journée, les indices ont perdu 20 %. C’était le premier krach de réelle importance depuis celui de 1929. En 1999/2000, l’éclatement de la bulle Internet interrompit un mouvement haussier sans précédent. Le CAC 40 n’a jamais retrouvé le niveau atteint le 4 septembre 2000 à 6 944,77 points. En 2008, lors de la crise des subprimes, les indices boursiers connaissent une chute forte qui s’étale entre le mois de janvier et octobre. Pour l’ensemble de l’année, le CAC 40 perd près de 43 %.

Cercle de l’Épargne
La crise des dettes souveraines de 2011/2012 entraîne une contraction des indices « actions » en Europe, soit près de -17 % pour le CAC 40. La crise sanitaire provoque la plus forte baisse de l’histoire du CAC 40, avec un recul le 12 mars 2020 de 12,28 %. Sur l’ensemble du mois de mars, la baisse atteint près de 33 %. La violence de l’arrêt des grandes économies occidentales doublée des incertitudes pesant sur l’évolution de l’épidémie expliquent ces chutes des indices boursiers. Dès le début du mois d’avril, les cours sont repartis à la hausse. L’augmentation du nombre de décès, la dégradation de la situation de l’emploi, les sombres prévisions économiques n’ont pas entamé le moral des investisseurs. Les indices boursiers américains ont récupéré rapidement la moitié de leurs pertes. En Grande-Bretagne et en Europe continentale, les indices sont également remontés mais dans une moindre proportion. Aux États-Unis, même si le chômage est passé de 4 à 16 %, le taux le plus élevé depuis le début de la série statistique en 1948, les investisseurs ont surtout pris en compte la politique de la banque centrale, la FED. L’engagement de cette dernière a été plus important que celui des autres banques centrales. Elle a lancé un programme de 2 000 milliards de dollars, Elle a décidé d’acheter des dettes publiques et des dettes d’entreprises, y compris des obligations « à haut rendement ». Dans ce contexte, le marché des nouvelles émissions d’obligations de sociétés, mis en sommeil en février, connaît depuis plusieurs semaines un réel rebond. Les entreprises ont émis 560 milliards de dollars d’obligations de début avril à mi-mai, soit le double du niveau normal. Même les compagnies de croisières, fortement touchées par la crise du Covid-19, ont réussi à lever des fonds, certes avec des taux élevés. Les aides consenties par les États en faveur des grandes entreprises contribuent, elles aussi, à la hausse des cours. Ces derniers sont également portés par les très faibles rendements des obligations d’État. En maintenant des taux historiquement bas, les banques centrales favorisent les placements « actions ». Avec des taux négatifs, les investisseurs sont assurés de perdre de l’argent s’ils conservent leurs obligations d’État jusqu’à l’échéance, surtout si l’inflation augmente.
L’écart de performance entre les États-Unis et l’Europe est lié au poids des entreprises des technologies de l’information et de la communication – Alphabet, Amazon, Apple, Facebook et Microsoft – qui constituent désormais un cinquième de l’indice S&P 500. Ces entreprises ressortent gagnantes de cette expérience, même si certaines ont pu été touchées par la crise. Les actions américaines sont maintenant plus élevées qu’elles ne l’étaient en août. Cette situation paradoxale est, de ce fait, fragile. Le risque d’une réplique est à prendre en compte en cas de deuxième vague d’infections. Les investisseurs pourraient revoir leurs positions si la récession s’avérait plus profonde et longue. La situation actuelle peut révéler des fraudes de grande ampleur masquées par l’argent facile de ces dernières années. La faillite d’un ou deux fleurons pourraient peser lourdement sur les cours comme ce fut le cas avec Enron en 2001 ou Lehman Brothers en 2008.
La question du financement des aides déversées durant la crise se posera à un moment ou un autre. L’augmentation de la fiscalité applicable aux entreprises réduirait leur rentabilité et diminuerait la valeur des actions.
À plus long terme, la crise risque d’accélérer la concentration des entreprises en raison de la faillite de nombre d’entre elles. Si la diminution de la concurrence favorise dans un premier temps les actionnaires, elle se retourne assez vite contre eux en raison de la baisse de l’intensité concurrentielle.
Les salariés placés en chômage dit classique continuent d’acquérir des trimestres en vue de leur retraite ainsi que des points dans le cadre de leurs régimes complémentaires. En revanche, le chômage partiel qui a concerné avec le confinement plus de 12 millions de personnes n’est pas pris en compte pour le calcul des pensions étant donné qu’il n’y a pas de versements de cotisations.
Les conséquences en cas de période courte de chômage partiel sont faibles. En effet, la validation d’un trimestre intervient dès la réalisation d’au minimum 150 heures au Smic horaire brut. Pour valider quatre trimestres dans l’année, il faut donc justifier de 600 heures payées au Smic, soit d’un salaire minimal annuel de 6090 euros en 2020. Pour une personne à temps plein, ce seuil est facilement atteignable.
La situation pourrait se compliquer si le chômage partiel perdure. Cela peut en particulier les salariés du secteur du tourisme qui risquent d’être sans activité durant au moins deux mois et demi. Compte tenu des circonstances exceptionnelles que connaît la France depuis le 16 mars dernier, la Ministre du Travail Muriel Pénicaud, a reconnu que les salariés travaillant à temps très partiel pourraient y perdre un trimestre de retraite de base faute d’arriver à cotiser sur 6090 euros sur l’année ». Un dispositif dérogatoire serait en cours d’élaboration.
Cette période de fort chômage partiel pourra pénaliser à la marge les futurs retraités, la pension de base étant calculé en retenant les rémunérations des 25 meilleures années. Compte tenu de la potentielle baisse de revenus durant les mois de confinement (salaires pouvant être diminués de 16 %, réduction des primes et suppression des heures supplémentaires), l’année 2020 devrait être moins lucrative.
Pour le régime complémentaire Agirc-Arrco, des points de retraite seront attribués au titre de l’activité partielle au-delà de la 60e heure indemnisée. L’inscription des points, comme pour les points cotisés, intervient l’année suivante.
Au mois d’avril en pleine période de confinement, l’indice des prix à la consommation (IPC) est stable, après +0,1 % le mois précédent. La baisse des prix de l’énergie (−4,2 % après −3,9 %) est compensée par le net rebond de ceux des produits alimentaires (+1,8 % après −0,1 %). En baisse de 0,2 % en mars, les prix des services sont stables en avril. Ceux des produits manufacturés sont également inchangés après +1,4 % en mars. Corrigés des variations saisonnières, les prix à la consommation baissent de 0,1 % en avril, après −0,6 % en mars.
Sur un an, les prix à la consommation ralentissent pour le troisième mois consécutif, à +0,3 %, après +0,7 % en mars. La nette baisse de l’inflation résulte d’une accentuation de la baisse des prix de l’énergie et des produits manufacturés et d’un ralentissement des prix des services et du tabac. En revanche, les prix de l’alimentation enregistrent une hausse de 3,7 % sur un an après +1,9 %. Les produits frais connaissent une forte progression de leur prix (+17,8 % sur un an après +4,7 %). Les prix des légumes frais s’envolent à +30,3 % sur an après + 4,8 %. Les prix des fruits frais augmentent de 10,8 % en avril et ceux des poissons frais de 19 %.
L’inflation sous-jacente est passé de 0,7 à 0,3 % de mars à avril. L’indice d’inflation sous-jacente est un indice désaisonnalisé qui permet de dégager une tendance de fond de l’évolution des prix. Il traduit l’évolution profonde des coûts de production et la confrontation de l’offre et de la demande. Il exclut les prix soumis à l’intervention de l’État (électricité, gaz, tabac…) et les produits à prix volatils (produits pétroliers, produits frais, produits laitiers, viandes, fleurs et plantes) qui subissent des mouvements très variables dus à des facteurs climatiques ou à des tensions sur les marchés mondiaux.
L’action sociale du régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco a décidé la mise en oeuvre d’une aide exceptionnelle d’urgence pour les salariés cotisants à ce régime. Les salariés pouvant recevoir cette aide d’un montant pouvant atteindre 1500 euros sont ceux qui connaissent des difficultés d’ordre financier du fait de la crise sanitaire. Selon le communiqué de presse de l’AGIRC-ARRCO, « pour en bénéficier, le salarié doit contacter sa caisse de retraite complémentaire ».
Le régime met ainsi à disposition une enveloppe globale de 200 millions d’euros Cette aide individuelle exceptionnelle sera mise en œuvre jusqu’à fin juillet dans un premier temps avec une possible prolongation.
Le régime de retraite supplémentaire a mis en place plusieurs autre dispositifs de soutien. Pour les personnes âgées de 70 ans et plus, une aide aux courses a ainsi été proposée. Plus de 7000 assurés en ont bénéficié à ce jour. Des psychologues et médecins de ces centres ont échangé par téléphone avec plus de 10 000 assurés, âgés en moyenne de 75 ans. Ces appels de convivialité qui se poursuivent actuellement leur permettent d’évaluer la situation des personnes et si besoin de les accompagner et les conseiller pendant cette période. Ce dispositif a été complété d’un service d’écoute psychologique destiné aux proches des résidents des établissements médico-sociaux (dont EHPAD) gérés par l’Agirc-Arrco.
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 8 mai 2020 | Évolution Sur 5 jours | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 4 549,64 | -0,49 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 24 331,32 | +2,56 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 9 121,32 | +6,00 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 10 904,48 | +0,39 % | 13 249,01 |
| Footsie | 5 935,98 | +3,17 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 2 908,11 | -0,68 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 20 179,09 | +2,85 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 895,34 | +1,23 % | 3 050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) | -0,037 % | +0,071 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) | -0,538 % | +0,049 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) | +0,659% | +0,036 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (18 heures) | 1,0844 | -1,22 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) | 1 710,800 | +0,70 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) | 30,120 | +13,26 % | 66,300 |
Les marchés regardent demain pour oublier aujourd’hui
Les investisseurs n’ont pas surréagi à l’annonce des résultats catastrophiques de l’emploi américain. Le taux de chômage qui était au plus bas depuis cinquante ans en début d’année (à 3,5 % de la population active) est passé à 14,7 % de la population active au mois d’avril. Selon les chiffres publiés vendredi par le Bureau of Labor Statistics (BLS), plus de 23 millions de personnes sont désormais demandeurs d’emploi. Ce taux est le plus élevé et marque la plus forte hausse sur un mois dans l’histoire de la série. 20,5 millions d’emplois ont été détruits en avril. Compte tenu des problèmes de comptabilisation des personnes en emploi mais sans travail, le taux de chômage réel pourrait dépasser 20 %. Le taux d’emploi des plus de 16 ans, traditionnellement bas aux Etats-Unis, a diminué de 8,7 points en un mois pour s’établir à 51,3 %, soit un taux inférieur à celui constaté de la crise financière de 2008 (58 %). Le basculement d’un cinquième de la population active pose le problème de la couverture sociale. Selon une étude de Urban Institute, 12 millions de personnes pourraient être assurées par le système public Medicaid, 6 millions pourraient souscrire une assurance privée, mais 7 millions pourraient ne plus être assurés. Les pouvoirs publics comptent sur la reprise pour réduire ce risque de non-couverture. Les premières mesures de déconfinement semblent se traduire par un rebond rapide de l’activité. Selon la Réserve fédérale de Cleveland, une forte demande pour certains services comme la logistique, la livraison et certains types de vente au détail est constatée. Le chômage pourrait refluer d’ici la fin de l’année à 7,5 %.
Les investisseurs n’ont pas davantage paniqué face à l’accumulation de mauvais résultats des pays européens dont ceux concernant les exportations allemandes qui ont diminué de 11,8 % en données ajustées des variations saisonnières au mois de mars, les importations reculant pour leur part de 5,1 %. En revanche, ils se sont réjouis des propos du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin et du représentant américain au commerce Robert Lighthizer après leur entretien avec le vice-premier ministre chinois Liu He pour la mise en application de la phase 1 de l’accord commercial signé en janvier. En dépit de l’urgence sanitaire mondiale actuelle, les deux parties s’attendent à remplir leurs obligations en vertu de l’accord en temps voulu. Ces propos d’apaisement mettent fin à une tension croissante entre Pékin et Washington,
Si les places européennes ont maintenu les positions de la semaine dernière, New York a enregistré de belles progressions, + 6 % pour le Nasdaq et + 2,5% pour le Dow Jones. Les Etats-Unis restent toujours plus optimistes que les Européens.
Karlsruhe face à la BCE
Le Bundestag avait, il y a quelques jours, accepté le principe d’un appui sélectif de la BCE aux Etats membres. Ce vote indiquait que les autorités allemandes étaient prêtes à ce que l’Europe vienne en aide plus fortement aux Etats en difficulté. La Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe a en partie remis en cause cette avancée. Si les juges n’ont pas relevé de violation de l’interdiction d’un financement monétaire des Etats, ils soulignent que certaines décisions de la BCE outrepassent ses compétences, telles que définies par l’Union européenne. La Cour donne ainsi trois mois à la BCE pour justifier son programme, faute de quoi la Bundesbank ne pourra plus y participer au regard de la loi fondamentale allemande.
Les huit juges constitutionnels allemands ont conclu que les autorités européennes auraient ignoré les effets de politique économique résultant des programmes de rachats par la BCE. Dans les faits, les politiques monétaire, budgétaire et économique sont intimement liées. Une politique monétaire accommodante conduit à une politique budgétaire expansionniste.
Après la publication de l’arrêt rendu par la Cour de Karlsruhe, les spreads des obligations d’État italiennes se sont légèrement élargis face aux obligations allemandes, mais, la réaction des marchés est restée limitée dans l’ensemble. Les investisseurs estiment que la BCE arrivera à expliquer le bienfondé de sa politique. Cet arrêt est intervenu au moment même où la Commission publiait de sombres prévisions économiques pour la zone euro. Compte tenu des futurs besoins des Etats membres, il pourrait constituer un frein à la mise en place de politiques plus volontaristes.
Face à la décision de la cour constitutionnelle allemande, la Cour de justice de l’Union européenne qui logiquement ne s’immisce pas dans les affaires internes des Etats membres et ne commente jamais un arrêt d’une juridiction nationale, a publié un communiqué le 8 mai. Ce communiqué souligne que « selon une jurisprudence constante de la Cour de justice, un arrêt rendu à titre préjudiciel par cette Cour lie le juge national pour la solution du litige au principal. Afin d’assurer une application uniforme du droit de l’Union, seule la Cour de justice, créée à cette fin par les États membres, est compétente pour constater qu’un acte d’une institution de l’Union est contraire au droit de l’Union. Des divergences entre les juridictions des États membres quant à la validité de tels actes seraient en effet susceptibles de compromettre l’unité de l’ordre juridique de l’Union et de porter atteinte à la sécurité juridique. Tout comme d’autres autorités des États membres, les juridictions nationales sont obligées de garantir le plein effet du droit de l’Union. Ce n’est qu’ainsi que l’égalité des États membres dans l’Union créée par eux peut être assurée ». Ce communiqué entend faire prévaloir le droit européen sur le droit national dans les domaines entrant dans le champ de compétences de l’Union.
Au sein de l’OCDE, trois pays se démarquent au niveau du confinement et de ses conséquences économiques. La France, l’Italie et l’Espagne, trois pays comptant le plus de décès par le convid-19, ont mis en place des dispositifs stricts de confinement provoquant un arrêt brutal de l’activité. En revanche, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Europe du Nord et aux Etats-Unis, le confinement a été moins strict permettant de limiter la chute de l’activité.
Dès la première quinzaine de mars, les principales économies de la zone euro ont adopté des mesures de restriction de l’activité économique, dont les premières ont été instaurées le 11 mars en Italie, le 14 mars en Espagne et le 15 mars en France, afin d’endiguer la propagation du coronavirus. Le Royaume-Uni, le 23 mars, et les États-Unis, à partir du 19 mars et à des degrés variables selon les États, ont également pris des mesures pour endiguer l’épidémie. C’est aussi le cas du Japon qui a décrété l’état d’urgence le 7 avril.
Un arrêt sur image fort en France
En prenant en compte le caractère fragile des estimations de croissance, la France a connu le recul le plus important au sein de l’OCDE. Le PIB s’est contracté de 5,8 % au premier trimestre contre respectivement 5,2 et 4,7 % en Espagne et en Italie. Pour les Etats-Unis, la baisse du PIB est de 1,2 % au premier trimestre ; selon le Congrès américain, le PIB pourrait chuter de 12 % au deuxième trimestre.
La baisse d’activité se matérialise par plusieurs indicateurs comme la baisse de la consommation d’énergie électrique ou la fréquentation des lieux publics. L’Allemagne se distingue de ses partenaires par le maintien du niveau presque inchangé de sa consommation électrique. De même, la fréquentation des lieux publics, tant des commerces que des transports publics, y apparaît beaucoup moins affectée que dans les autres pays européens. L’utilisation des transports publics a baissé de 49 % en Allemagne contre environ 80 % en France, en Espagne et en Italie.
Cette différence entre l’Allemagne et les trois autres principales économies de la zone euro se retrouve également dans les données journalières de pollution de l’air mesurée par la concentration en dioxyde d’azote. Fin avril 2020, la concentration en dioxyde d’azote était de 29 % inférieure en Allemagne à celle de 2019 sur le même période, contre 45 % en France. hors effets des conditions météorologiques, la concentration en dioxyde d’azote aurait diminué de près de 45% en France et en Italie en avril, contre une baisse de 51 % en Espagne et 21 % en Allemagne.
L’emploi, le défi des prochaines semaines
La crise commence à se faire ressentir sur les statistiques de l’emploi. En Espagne, le ministère du travail a enregistré une hausse d’un peu plus de 300 000. En France, selon Pôle Emploi, le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A) s’est accru de 243 000 en mars 2020, soit une hausse de 7,5 % par rapport à février. À la fin du premier trimestre 2020, l’emploi salarié du secteur privé en France chute de 2,3 %, soit plus de 450 000 destructions nettes d’emploi en un trimestre. Les entreprises françaises ont par ailleurs déposé des demandes d’activité partielle pour plus de la moitié des salariés du privé. En Allemagne, selon l’IAB (centre de recherches de l’Office pour l’emploi allemand), le nombre de demandeurs d’emploi devrait augmenter de 520 000 personnes sur l’ensemble de l’année 2020. Par ailleurs, selon une enquête de l’Université de Mannheim, la proportion des emplois en chômage partiel est passée de 3,4 % à 10,8 % entre mi-mars et mi-avril. Au Royaume-Uni, entre le 16 mars et le 13 avril, environ 1,8 millions de personnes ont demandé le versement du crédit universel, une allocation unique fusionnant plusieurs prestations sociales existant auparavant. Selon une enquête de l’Office for National Statistics, 27 % des salariés britanniques auraient été mis en congé entre le 23 mars et le 5 avril. 40 % des entreprises ont réduit leurs effectifs et 29 % ont réduit les heures de travail. Aux États-Unis, les nouvelles demandes d’indemnisation chômage entre le 15 mars et le 25 avril ont dépassé 30 millions (plus de 18 % de la population active et presque 19 % de la population en emploi). Face à cette forte augmentation des inscriptions à l’assurance chômage et à la paralysie d’une grande partie de l’activité économique, plus Etats ont décidé d’atténuer les mesures de confinement, autorisant les commerces non essentiels à rouvrir. Selon le Congressional Budget Office, le taux de chômage devrait atteindre 16 % au troisième trimestre 2020.
La situation de la France au 7 mai
Au 7 mai 2020, selon l’INSEE, l’activité économique de France serait inférieure de l’ordre de 33 % à « la normale » (contre 35 % il y a deux semaines). La contraction atteint 39 % pour les seules branches marchandes (contre 41 % dans la précédente note de l’INSEE). Ce taux est de 46 % pour les branches marchandes hors loyers (contre 49 %).
La légère remontée de l’activité se poursuit depuis la mi-avril grâce à l’industrie dont la perte d’activité est estimée à –38 % (contre –43 % au 9 avril) et à la construction (–75 % contre –88 % au 9 avril). En revanche, la perte d’activité économique est estimée inchangée dans les services (de l’ordre de 36 %). Les écarts d’activité s’expliquent par la difficulté technique de recourir au travail à distance dans l’industrie et la construction. Avec la mise en place les mesures de sécurité sanitaire permettant le retour des salariés concernés, certains établissement ont réouverts lors de quinze derniers jours.
La reprise qui interviendra après le 11 juin sera progressive. Les branches qui ne seraient de toute façon pas autorisées à reprendre tout de suite une activité « normale » (hébergement-restauration, activités culturelles et sportives, certains modes de transports etc.) représente environ 5 % du PIB et 5 points des 33 % de perte d’activité globale estimée au 7 mai.
Les deux semaines suivant la mise en place du confinement, la circulation du fret ferroviaire a baissé de près de 40 % en raison de la fermeture des usines. Depuis la fin avril, la proportion de trains augmente légèrement, en moyenne 67 % de trafic par rapport à une situation normale. Cette évolution traduit une petite reprise de l’activité économique, notamment dans l’industrie et la construction.
Les demandes de chômage partiel sont logiquement corrélés avec les baisses d’activité. Néanmoins, pour certaines branches, ce n’est pas le cas. Ainsi, dans l’industrie agroalimentaire, la perte d’activité estimée est de 5 % quand près de 40 % de l’emploi salarié est concerné par de l’activité partielle. Inversement, la perte d’activité estimée dans la cokéfaction-raffinage est importante (de l’ordre de 55 %) tandis que peu de salariés sont concernés par l’activité partielle. Ces différences sont liées aux structures des entreprises et à leur mode d’organisation. Les grandes entreprises industrielles n’ont placé qu’une partie de leurs salariés en chômage partiel, les autres étant maintenus en activité à la différence des PME qui ont préféré fermer l’ensemble de leurs activités.
Selon l’INSEE ; dépenses de consommation finale des ménages seraient, au 7 mai 2020, inférieures de l’ordre de 32 % au niveau correspondant à une période « normale » d’activité. Fin mars, la contraction avait atteint 35 %. Les ménages sont amenés à reconstituer leurs stocks après deux mois de confinement. Une hausse des achats à distance de textile est constatée. Les parents ont été amenés à acheter des vêtements pour leurs enfants qui ont continué de grandir durant le confinement.
Les premiers effets du déconfinement
Fin avril, des pays comme l’Autriche, l’Allemagne et les Etats-Unis ont d’ores et déjà entamé un processus de déconfinement de la population et de levée des restrictions de l’activité.
En Allemagne, la première phase de déconfinement a été initiée au niveau fédéral le 20 avril avec la réouverture des commerces d’une surface inférieure à 800 m², ainsi que des concessionnaires, des vendeurs de vélos et des librairies sans condition de surface. Une deuxième phase a débuté le 4 mai avec la réouverture progressive des écoles et des salons de coiffure. La sortie du confinement dépend également des Länder. Ainsi, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, les commerces de proximité même non alimentaires accueillent les clients depuis le 20 avril quand la Bavière et Hambourg les ont maintenu fermés jusqu’au 27 avril. En Italie, seules les entreprises stratégiques et exportatrices ont pu reprendre leurs activités le 27 avril (comme certaines usines du groupe Fiat-Chrysler ou encore Valentino), et seulement après examen et accord de la préfecture. Le 4 mai, les branches de la chimie, des matières plastiques, de la métallurgie, des machines-outils, de la construction et des télécommunications ont été autorisées à reprendre leurs activités.
En Espagne, dès le 11 avril, les activités productives ont pu reprendre progressivement mais la population reste confinée jusqu’au 9 mai. Aux États-Unis, certains États, essentiellement des États du Sud des États-Unis et des grandes plaines (Alaska, Alabama, Colorado, Géorgie, Tennessee, Caroline du Sud, …) ont décidé de rouvrir les commerces non essentiels, dont certains dès le 21 avril.
Selon des premières données issues des requêtes effectuées sur Google, les ventes au détail atteindraient, en Allemagne, désormais 70 % de leur niveau dit normal. Pour les centres commercial, la baisse d’activité serait pour la dernière semaine d’avril de 35 % quand elle était de 70 % la semaine précédente. Au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, en revanche, l’activité commerciale reste inférieure de 70 à 80 % par rapport à 2019 à la même époque.
La circulation routière dans les grandes villes allemandes aurait, selon l’INSEE, reprise depuis le 20 avril en prenant comme référence l’indice de congestion routière publié par TomTom. L’indice n’est que de 2 % inférieur à l’indice moyen en 2019 entre le 20 et le 27 avril, alors qu’il lui était inférieur de près de 34 % entre le 13 et 19 avril. Cette situation peut s’expliquer par un recours plus important de la voiture en raison des craintes de contamination dans les transports publics. En France, en Italie et en Espagne, les conditions de circulation ne changent que très modérément. Fin avril, l’indice de congestion y demeure entre 60 % et 75 % inférieur à l’indice moyen de 2019 contre une baisse comprise entre 66 % et 80 % la semaine qui précède. Au Royaume-Uni tout comme aux Etats-Unis, la circulation routière semble augmenter légèrement mais reste très inférieure aux conditions de 2019.
Le trafic aérien commercial de voyageurs reste au point mort dans la plupart des pays européens, hormis à nouveau l’Allemagne. Il est également au point mort au Royaume-Uni et aux Etats-Unis et il reste encore très au-dessous de la normale en Chine. Le trafic demeure quasi arrêté en France avec la fermeture symbole du 2e plus grand aérien, Orly.
Le rebond économique en France dépendra de la capacité des entreprises à reconstituer rapidement leurs stocks de biens intermédiaires ainsi qu’à leur possibilité d’appliquer au mieux les mesures sanitaires. Le principe de précaution transcende l’ensemble de la population. Les décideurs craignent de voir leur responsabilité engagée quand les actifs, toutes catégories sociales confondues craignent pour leur santé. Le psychodrame de la rentrée scolaire témoigne de ce climat. Le retour à un niveau correct d’activité dépendra de la levée des doutes sur la crise sanitaire.
Selon la Banque de France, au mois de mars, le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires s’est établi à 0,50 %, contre 0,52 % en février. Le taux des livrets bancaires non réglementés est resté stable à 0,14 %.
Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS (a)
| mars-2019 | janv- 2020 | fév- 2020 (e) | mars – 2020 (f) | |
| Taux moyen de rémunération des encours de dépôts bancaires | 0,62 | 0,58 | 0,52 | 0,50 |
| Ménages | 0,88 | 0,83 | 0,73 | 0,73 |
| dont : – dépôts à vue | 0,03 | 0,02 | 0,02 | 0,02 |
| – comptes à terme <= 2 ans (g) | 0,77 | 0,68 | 0,64 | 0,63 |
| – comptes à terme > 2 ans (g) | 1,51 | 1,22 | 1,19 | 1,18 |
| – livrets à taux réglementés (b) | 0,79 | 0,78 | 0,53 | 0,53 |
| dont : livret A | 0,75 | 0,75 | 0,50 | 0,50 |
| – livrets ordinaires | 0,26 | 0,16 | 0,14 | 0,14 |
| – plan d’épargne-logement | 2,67 | 2,65 | 2,59 | 2,65 |
| SNF | 0,26 | 0,22 | 0,22 | 0,20 |
| dont : – dépôts à vue | 0,10 | 0,10 | 0,10 | 0,09 |
| – comptes à terme <= 2 ans (g) | 0,25 | 0,21 | 0,21 | 0,22 |
| – comptes à terme > 2 ans (g) | 1,28 | 1,07 | 1,05 | 1,03 |
| Pour mémoire : | ||||
| Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème | 0,00 | 0,00 | 0,00 | 0,00 |
| Euribor 3 mois (c) | -0,31 | -0,39 | -0,41 | -0,42 |
| Rendement du TEC 5 ans (c), (d) | -0,20 | -0,41 | -0,52 | -0,41 |
a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
c. Moyenne mensuelle.
d. Taux de l’Échéance Constante 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
e. Données révisées.
f. Données provisoires.
g. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
h. La date de prise d’effet de la baisse du taux du livret A à 0,50% est le 1er février 2020.
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 30 avril /1er MAI 2020 | Évolution Sur 5 jours | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 4 572,18 | +1,49 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 23 723,69 | -0,22 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 8 604,95 | -0,34 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 10 861,64 | +1,89 % | 13 249,01 |
| Footsie | 5 763,06 | +0,19 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 2 927,93 | +4,23 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 19 619,35 | +1,86 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 860,08 | +1,84 % | 3 050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (22 heures) | -0,108 % | -0,128 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (22 heures) | -0,586 % | -0,104 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (22 heures) | +0,623% | +0,028 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (22 heures) | 1,0976 | +1,42 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (22 heures) | 1 699,598 | -1,56 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (22 heures) | 26,520 | +20,88 % | 66,300 |
Les marchés « actions » avaient connu des baisses records en mars avec la diffusion internationale du covid-19. En avril, en pleine période de confinement, les investisseurs ont fait le pari de la reprise. Après la chute de mars, les principaux indicateurs ont renoué avec la hausse : +5 % pour le CAC 40, +12 % pour le Daxx allemand, plus de 12 % pour le Dow Jones, plus de 18 % pour le Nasdaq. Ces résultats tranchent avec ceux du PIB du premier trimestre. Les marchés estiment que les engagements pris par les banques centrales et les États devraient déboucher sur un rebond de l’activité au cours du second semestre. Ils veulent croire au rebond après les confinements qui ont concerné plus de la moitié de la population mondiale. Les taux d’intérêt des dettes souveraines avec les interventions des banques centrales sont en nette baisse en avril par rapport au mois de mars. Les perspectives du déconfinement contribuent à ce petit vent d’optimisme.
Le pétrole a repris de toutes petites couleurs cette semaines avec une hausse du cours du baril Brent de plus de 20 %. Cette remontée est la conséquence de la mise en place de l’accord de régulation de la production et de la mise en place dans plusieurs pays du déconfinement.
Selon la Fédération Française de l’Assurance, la crise du coronavirus a entraîné une décollecte de 2,2 milliards d’euros pour l’assurance vie au mois de mars. C’est la première depuis le mois de décembre 2018. Il faut remonter à décembre 2011, en pleine crise grecque, pour avoir une collecte nette négative d’une ampleur plus forte (-3,8 milliards d’euros). Compte tenu du contexte anormal, cette décollecte n’est pas illogique.
Ce résultat est la conséquence du fort recul des cotisations qui sont passées de 11,2 à 9 milliards d’euros de février à mars 2020. En mars 2019, les cotisations s’élevaient à 12,3 milliards d’euros. De leur côté, les prestations ont atteint 11,2 milliards d’euros au mois de mars contre 9,7 milliards d’euros en février et 10 milliards d’euros en mars 2019.
L’assurance vie a été victime du confinement. Les épargnants ont été entravés dans leur mouvement du fait du confinement qui a été appliqué à compter du 17 mars. Ils n’ont pas, de ce fait, durant la deuxième quinzaine du mois de mars, eu la possibilité de rencontrer leur assureur, ce qui a limité le nombre d’opérations. La proportion des assurés qui utilisent Internet pour effectuer des arbitrages est plus faible que celle des titulaires du Livret A.
L’assurance vie ne profite pas de l’envolée du taux d’épargne. Depuis le milieu de mois de mars, de manière subie, les ménages épargnent faute de pouvoir consommer. Le taux d’épargne aurait atteint, selon l’OFCE, 27 % du revenu disponible brut contre 15 % en fin d’année dernière. Au-delà des problèmes de déplacement, la violence de la crise sanitaire et économique conduit les épargnants à privilégier les liquidités et la sécurité. En mars, le résultat positif du Livret A, +2,71 milliards d’euros (3,82 milliards d’euros avec le LDDS), traduit bien cet état d’esprit.
Face au risque de pertes de revenus et en raison d’un niveau élevé d’incertitudes, les ménages renforcent logiquement leur épargne de précaution. Les commerçants, les artisans et les professions libérales qui sont, en moyenne, bien équipés en contrats d’assurance vie, doivent faire face à des pertes de revenus, nombre d’entre eux ne pouvant plus exercer leur métier. Cette situation explique également la progression des prestations, certains assurés pouvant avoir besoin de liquidités pour faire face à des échéances incontournables.
Si la décollecte de mars est importante, elle ne témoigne pas d’un mouvement de panique. Elle est assez logique au regard de la situation. Le montant des versements certainement réalisés avant le confinement est correct. La part des unités de compte dans la collecte brute est de 35 %, contre 45 % en février. Ce résultat n’est pas en soi interprétable du fait du caractère dual du mois de mars. Est-ce que des assurés ont profité de la chute des cours pour réaliser des bonnes opérations ou ces souscriptions ont-elles été réalisées avant le confinement ? Il est certain que, malgré la crise, les assurés ne se sont pas complètement détournés des unités de compte en mars. La chute des cours des actions est pour le moment maîtrisée. La solidité de la sphère financière a été soulignée, ce qui ne place pas les épargnants dans la même situation qu’en 2008/2009 ou qu’en 2011/2013.
Les mois d’avril et de mai sont marqués par le confinement. Avril devrait logiquement se traduire par une forte baisse de la collecte. Pour apprécier le comportement des assurés face à la crise du covid-19, il faudra attendre les résultats de juin et des mois suivants. Les conditions de sortie de la crise sanitaire et de reprise économique seront déterminantes pour l’évolution de la collecte du premier produit de placement financier en France.
Les investisseurs, en pleine période de confinement, ont fait, en avril le pari de la reprise. Les principaux indicateurs, après la chute de mars, ont renoué avec la hausse, +5 % pour le CAC 40, +12 % pour le Daxx allemand, plus de 12 % pour le Dow Jones, plus de 18 % pour le Nasdaq. Ces résultats tranchent avec ceux du PIB du premier trimestre. Les marchés estiment que les engagements pris par les banques centrales et les Etats devraient déboucher au cours du second semestre sur un rebond de l’activité. Ils veulent croire au rebond après les confinements qui ont concerné plus de la moitié de la population mondiale.

Les taux d’intérêt des dettes souveraines avec les interventions des banques centrales sont en nette baisse en avril par rapport au mois de mars.

Le Ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a annoncé que les indépendants qui peuvent se voir priver de tout revenu du fait de la fermeture de leurs établissements auraient la possibilité d’effectuer des rachats ou de bénéficie d’avances sur leurs contrats Madelin qu’ils ont ouvert en vue de la retraite. Actuellement, sept cas de sortie anticipée existaient. Il était possible d’effectuer des rachats en cas :
Le Gouvernement ajouterait donc une nouvelle possibilité de sortie anticipée. Au 30 avril 2020, les modalités de cette sortie n’ont pas été encore précisées.
En France, pour le mois d’avril les prix à la consommation augmenteraient, selon la première estimation de l’INSEE, de 0,1 %, comme le mois précédent. Les prix des produits alimentaires auraient augmenté de 3,7 %. ceux des produits frais ont connu une progression de 18,1 %, hausse liée au confinement. Une telle progression, hors période de guerre, est rarissime. Les prix des produits manufacturés baisseraient de 0,4 % quand ceux des services augmenteraient de 0,7 %
Sur un an, les prix à la consommation augmenteraient de 0,4 % en avril après +0,7 % le mois précédent, selon l’estimation provisoire réalisée en fin de mois. Cette baisse de l’inflation résulterait d’un recul accentué des prix de l’énergie et d’un net ralentissement des prix des services. Les prix de l’alimentation seraient nettement plus dynamiques sur un an qu’en mars.
Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé ralentirait à +0,5 %, après +0,8 % en mars. Sur un mois, il augmenterait de 0,1 %, comme le mois précédent.
Depuis deux ans, le montant mensuel des dépenses de consommation des ménages était stable autour de 47 milliards d’euros. Le confinement durant les quinze derniers jours du mois de mars a provoqué une chute de près de 10 milliards d’euros, ces dépenses s’élevant 38,5 milliards d’euros, soit une baisse de près de 18 %. Cette contraction est la plus importante jamais enregistrée sur un mois depuis le début de la série en 1980. Le mois de février avait déjà été mauvais, les craintes liées à l’épidémie se faisaient déjà ressentir. Sur l’ensemble du premier trimestre 2020, la consommation des ménages en biens baisse très nettement (–7,3 %).
La consommation de biens fabriqués a été presque été, en mars, divisée par deux (–42,3 % après –0,6 % en février). les achats de biens fabriqués durables, les dépenses en habillement-textile et la consommation d’autres biens fabriqués sont tous en très forte baisse. Sur l’ensemble du trimestre, les achats de biens fabriqués baissent de manière inédite (–16,3 %).
En mars, les dépenses en biens durables ont été également divisées par deux par rapport à février (–48,8 %). La consommation de matériels de transport (voitures neuves ou d’occasion) a presque connu un stop intégral. la consommation de biens d’équipement du logement chute, notamment les achats de meubles et d’appareils ménagers. Sur l’ensemble du trimestre, les achats de biens durables baissent fortement (–18,3%).
Les dépenses en habillement-textile enregistrent une baisse sans précédent en mars (–54,0 %), qui s’explique principalement par la chute des achats de vêtements et de chaussures. Sur l’ensemble du trimestre, la consommation d’habillement-textile baisse fortement (–20,9 %).
En mars, seule la consommation alimentaire a connu une progression, (+7,8 % après –0,1 %). En revanche, la consommation de tabac se replie fortement en mars. Sur l’ensemble du trimestre, la consommation alimentaire augmente (+2,4 %).
Les dépenses en énergie ont baissé de 11,4 % du fait des températures douces et du moindre usage de la voiture.

Deux semaines de confinement ont entraîné le PIB français au fonds des abysses avec un recul de 5,8 points battant ainsi le précédent record du deuxième trimestre 1968, -5,3 %. Cette chute est sans comparaison avec celle enregistrée lors du premier trimestre 2009 durant la crise financière (–1,6 %). De manière anecdotique, la France avec deux trimestres successifs est entrée en récession.
Les dépenses de consommation des ménages se sont contractées de 6,1 %. Les dépenses de biens ont baissé de 7,3 % et celle de services de 5,2 %. Le recul est très marqué pour la consommation de biens fabriqués qui a connu un effondrement avec un recul de 16,3 %. Les dépenses en énergie baissent de 4,8 % non pas en raison des températures clémentes et d’une forte baisse des achats de carburants. En revanche, les dépenses alimentaires augmentent nettement de 2,4 % après +0,5 %. Cette augmentation est imputable à la fermeture des bars et des restaurants.
L’investissement a enregistré un recul de 11,8 % au premier trimestre. En particulier, l’investissement diminue dans la construction de 13,8 % en lien avec l’arrêt de chantiers lors de la deuxième quinzaine du mois de mars. La baisse est de 13,0 % pour l’industrie. Elle est un peu moins forte pour les services marchands, -8,8 %.
Les exportations ont baissé de 6,5 % au premier trimestre quand les importations diminuaient de 5,9 %. Au total, le commerce extérieur contribue négativement à la croissance du PIB de 0,2 point, après 0,1 point au trimestre précédent. À l’inverse, les variations de stocks y ont contribué positivement de 0,9 point.
La production totale de biens et services s’est contractée de 5,5 % Elle baisse le plus dans la construction (−12,6 %), tandis que la production de biens se réduit de −4,8 % et la production manufacturière diminue de −5,6 %. La production de services marchands recule de 5,7 %.

La crise du coronavirus a, selon la Fédération Française de l’Assurance, entraîné, au mois de mars, une décollecte de 2,2 milliards d’euros pour l’assurance vie. Il s’agit de la première décollecte depuis le mois de décembre 2018. Il faut remonter à décembre 2011, en pleine crise grecque, pour avoir une collecte nette négative d’une ampleur plus forte (-3,8 milliards d’euros). Compte tenu du contexte anormal, cette décollecte n’est pas illogique.
Ce résultat est la conséquence du fort recul des cotisations sui sont passées de 11,2 à 9 milliards d’euros de février à mars 2020. Un an auparavant, en mars 2019, les cotisations s’élevaient à 12,3 milliards d’euros. De leur côté, les prestations ont atteint 11,2 milliards d’euros au mois de mars contre 9,7 milliards d’euros en février et 10 milliards d’euros en mars 2019.
L’assurance vie a été victime du confinement. Les épargnants ont été entravés dans leur mouvement du fait du confinement qui a été appliqué à compter du 17 mars. Ils n’ont pas, de ce fait, durant la deuxième quinzaine du mois de mars, eu la possibilité de rencontrer leur assureur ce qui a limité le nombre d’opérations. La proportion des assurés qui utilisent Internet pour effectuer des arbitrages est plus faible que celle des titulaires du Livret A
Effet de stupeur, effet de précaution
L’assurance vie ne profite pas de l’envolée du taux d’épargne. Depuis le milieu de mois de mars, de manière subie, les ménages épargnent faute de pouvoir consommer. Le taux d’épargne aurait atteint, selon l’OFCE 27 % du revenu disponible brut contre 15 % en fin d’année dernière. Au-delà des problèmes de déplacement, la violence de la crise sanitaire et économique conduit les épargnants à privilégier les liquidités et la sécurité. Le résultat positif du Livret A, en mars, +2,71 milliards d’euros (3,82 milliards d’euros avec le LDDS) traduit bien cet état d’esprit.
Face au risque de pertes de revenus et en raison d’un niveau élevé d’incertitudes, les ménages renforcent logiquement leur épargne de précaution. Les commerçants, les artisans et les professions libérales qui sont, en moyenne, bien équipés en contrats d’assurance vie, doivent faire face à des pertes de revenus, ne pouvant plus pour un grand nombre d’entre eux exercer leur métier. Cette situation explique également la progression des prestations, certains assurés, pouvant avoir besoin de liquidités pour faire face à des échéances incontournables.
Effet de précaution mais pas d’effet de panique
Si la décollecte de mars est importante, elle ne témoigne néanmoins pas d’un mouvement de panique. Elle est assez logique au regard de la situation. Le montant des versements, certainement réalisés avant le confinement est correct. La part des unités de compte dans la collecte brute est de 35 %, contre 45 % en février. Ce résultat n’est pas en soi interprétable du fait du caractère dual du mois de mars. Est-ce que des assurés ont profité de la chute des cours pour réaliser des bonnes opérations ou ces souscriptions ont-elles été réalisées avant le confinement ? Ce qui est certain c’est que les assurés malgré la crise ne se sont pas complètement détournés des unités de compte en mars. La chute des cours des actions est au regard de la crise pour le moment maîtrisée. La solidité de la sphère financière a été soulignée ce qui ne place pas les épargnants dans la même situation qu’en 2008/2009 ou qu’en 2011/2013. Les mois d’avril et de mai seront marqués par le confinement. Avril devrait logiquement se traduire par une forte baisse de la collecte. Pour apprécier le comportement des assurés face à la crise du covid-19, il faudra attendre les résultats de juin et des mois suivants. Les conditions de sortie de la crise sanitaire et de reprise économique seront déterminantes pour l’évolution de la collecte du premier produit de placement financier en France.
L’INSEE a publié le 28 avril son enquête mensuelle de conjoncture des ménages français. Cette enquête a été menée du 27 mars au 18 avril 2020 en pleine période de confinement. L’état d’esprit des ménages s’est, en quelques semaines, fort logiquement, dégradé. Ainsi, la confiance des ménages dans la situation économique a connu un important recul. L’l’indicateur de l’INSEE qui la synthétise a perdu 8 points, soit sa plus forte baisse depuis la création de l’enquête en 1972. À 95, il est désormais au-dessous de sa moyenne de longue période (100).

Les achats remis à des temps meilleurs
Avec la fermeture des commerces et les incertitudes économiques élevées, en avril, la proportion de ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants baisse nettement. L’indicateur perd 43 points et atteint son plus bas niveau depuis la création de l’enquête (–59 contre –42 en décembre 1995).
Une capacité d’épargne à venir en baisse
En avril, les Français ont été contraint d’épargner à défaut de pouvoir consommer. Cette épargne subie n’est pas toujours appréhendée par les ménages. Ne pas consommer n’est pas perçue dans le quotidien des Français comme un acte d’épargne, acte qui prend la forme pour une majorité d’entre eux d’un versement sur un placement financier. Or, laisser de l’argent sur un compte courant correspond à de l’épargne. Selon l’enquête, de l’INSEE l’augmentation de l’indicateur mesurant la capacité d’épargne actuelle a augmenté de 4 points, augmentation qui est modeste au regard de la situation. À l’inverse, le solde d’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne future diminue légèrement. Il perd 2 points et reste nettement au-dessous de sa moyenne de longue période. Les ménages estiment que les prochains mois seront difficiles ce qui les privera de toute capacité d’épargne. A ce titre, la part des ménages estimant qu’il est opportun d’épargner diminue de 5 points et reste nettement inférieur à sa moyenne de longue période.
Une contraction du pouvoir d’achat attendue
Le solde d’opinion des ménages relatif à leur situation financière future diminue très fortement avec une contraction de 15 points (sa plus forte baisse depuis la création de l’enquête). Cette diminution pressentie ne peut que peser sur la capacité d’épargne. El
Les ménages craignent donc un recul de leur pouvoir d’achat. En avril, le solde d’opinion des ménages sur le niveau de vie futur en France perd 35 points, la plus forte baisse jamais enregistrée sur un mois. À –71, il se situe ainsi au plus bas niveau jamais atteint depuis le début de l’enquête. Ainsi, la baisse de l’opinion des ménages sur le niveau de vie en France est plus marquée que celle sur leur propre niveau de vie (–15 points).
La hausse du chômage, une peur amplement partagée
Cette peur de baisse du pouvoir d’achat est liée à la forte augmentation des craintes en matière de chômage. L’indicateur qui mesure cette crainte s’accroit de 42 points et atteint un niveau inégalé depuis juillet 2015.
Les Français croient au retour de l’inflation
Les ménages français estiment qu’avec le confinement les prix augmentent. Il n’est donc pas étonnant qu’ils considèrent que l’inflation devrait progresser au cours des douze prochains mois. Le solde correspondant augmente de 27 points et se situe bien au-dessus de sa moyenne de longue période.
Vivement demain
Les résultats de l’enquête du mois d’avril sont logiques compte tenu de la situation particulière voire extraordinaire que connaissent les Français. Le « Grand Confinement » avec la crise plurielle, sanitaire, économique et sociale, modifie de nombreux repères au sein de l’opinion publique. Les ménages éprouvent des difficultés à se projeter à moyen terme. Le chômage partiel qui concerne la moitié des salariés du secteur privé, la fermeture d’un grand nombre d’entreprises amènent des réflexes légitimes de précaution. Dans un tel contexte, les Français souhaitent disposer de liquidités importantes pour faire face le cas échéant à une baisse de revenus. Le retour à un niveau de consommation normale passe par la restauration de la confiance dans l’avenir. La capacité d’endiguement de l’épidémie et la fin progressive des restrictions de déplacement et d’exercice du travail seront primordiales pour le rebond du moral économique des ménages.
Laissez l’épargnant tranquille
Avec la crise, le concours Lépine de l’épargne s’ouvre avec son lot de création de taxes ou de nouveaux produits. Une taxation accrue de l’assurance vie qui est potentiellement un placement long qui permet le financement de l’Etat et des entreprises serait contreproductive. Les auteurs de cette proposition souhaitent favoriser la consommation, or une telle mesure n’aboutirait qu’à un gonflement supérieur des dépôts à vue. Ce n’est que par la confiance que les ménages et par l’amélioration de l’emploi reprendront le chemin des commerces.
La création d’un nouveau produit, le Livret C, telle que l’a proposée Eric Woerth afin de financer l’industrie vise à transforme de l’épargne à court terme en ressources de long terme. Ce produit reprendrait donc les contours du Livret de Développement Durable et Solidaire. Compte tenu des taux d’intérêt en vigueur, son rendement ne pourrait être que très faible. Il aboutirait à remplacer des systèmes de financement de marché par un système administré. L’éventuelle exonération des gains priverait de ressources fiscales l’Etat qui en manquent cruellement Il serait plus logique de favoriser les placements longs existants qui sont connus des Français, le Plan d’Epargne en Actions, l’assurance vie et le nouveau Plan d’Epargne Retraite.
Le Ministère du Travail a communiqué les chiffres du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi pour l’ensemble du premier trimestre. En raison de la survenue de la crise sanitaire et du confinement intervenu au milieu du mois de mars, la moyenne trimestrielle n’a guère de sens. Elle permet de souligner qu’avant la crise, l’amélioration en cours depuis plus de deux ans se poursuivait et que la rupture du mois de mars est brutale. Pour l’ensemble du trimestre, en France (y compris les départements-régions d’outre-mer, hors Mayotte), le nombre de demandeurs d’emploi s’est élevé à 3 576 400 pour la catégorie A en hausse de 0,7 %. En un an, le nombre d’inscrits était en baisse de 2,2 %. Pour les catégories A, B, C ce nombre s’établit à 5 744 100. Il était stable sur ce trimestre et reculait de 2,9 % sur un an.
Le Ministère du Travail, en raison de la situation très particulière que nous connaissons a également communiqué les résultats du mois de mars. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A en France (hors Mayotte) a, surant le mois dernier, connu une progression de 7 %, sa plus forte hausse depuis le début de la série en 1996 (+246 100). Ainsi, fin mars, le nombre d’inscrits a atteint 3 732 500. Le nombre de demandeurs d’emploi en activité réduite (catégories B, C) diminue, en contrepartie, fortement (-68 600, soit -3,1 %). L’effectif des catégories A, B, C a augmenté, de ce fait, de 177 500 personnes (soit +3,1 %), la plus forte hausse de la série, la seconde remontant à avril 2009 (+86 300). Cette dégradation s’explique par une augmentation des inscrits (+5,5 %) mais surtout par la nette baisse des sorties (-29,0 %). La fin des contrats à durée indéterminée ou des missions en intérim a provoqué un afflux des inscriptions. Les sorties sont en net recul en raison de la détérioration du marché de l’emploi et de la diminution des radiations. La détérioration devrait s’accélérer dans les prochains mois, en particulier au moment de la sortie du déconfinement. A fin avril, plus de 10 millions de salariés étaient au chômage partiel, ce qui constitue un record sans précédent dans l’histoire économique du pays.

Le tableau financier de la semaine
| Résultats 24 avril 2020 | Évolution Sur 5 jours | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 4 393,32 | -2,35 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 23 775,27 | -1,93 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 8 634,52 | -0,18 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 10 336,09 | -2,73 % | 13 249,01 |
| Footsie | 5 752,23 | -0,60 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 2 809,07 | -2,74 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 19 262,00 | -3,19 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 808,53 | -1,09 % | 3 050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) | +0,020 % | -0,006 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) | -0,472 % | +0,002 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) | +0,595 % | -0,015 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (18 heures) | 1,0798 | -0,69 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) | 1 723,990 | +2,50 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) | 21,810 | -22,91 % | 66,300 |
Cette semaine a été marquée par le début du déconfinement dans certains pays comme en Allemagne. Dans d’autres, le temps est à l’élaboration des plans de sortie. Les instituts ont continué à distiller les mauvais résultats économiques, résultats logiques compte de la mise à la cape des économies. En Europe, la lente maturation du plan de sortie de crise a été également jeté un léger froid. Dans ce contexte, le CAC 40 est repassé en dessous de 4 400 points cette semaine et perd ainsi 2,35 % en cinq séances. Les investisseurs ont réagi négativement aux mauvaises nouvelles économiques et à l’absence de décision sur le plan de relance au sein de l’Union européenne. Les commandes de biens durables aux Etats-Unis ont, au mois de mars, baissé de 14,4 % (en données corrigées des variations saisonnières), soit plus qu’attendu. Le PIB allemande devrait se contracter, selon les dernières estimations de 4 % en 2020. L’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne, a atteint son plus bas niveau historique à 74,3 au mois d’avril, conséquence du verrouillage de l’activité et du pessimisme qui prévaut chez les chefs d’entreprises pour les mois à venir. Toutes les composantes ont diminué de manière significative. L’’indice de la situation actuelle a diminué de 13 points, à 79,5, et celui sur les prévisions futures s’est détérioré de 10,1 points, à 69,4.
Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont adopté, lors du sommet du 23 avril, le plan de l’Eurogroupe portant sur 540 milliards d’euros et qui entrera en vigueur le 1er juin prochain S’ils se sont mis d’accord, sur le principe d’un fonds d’urgence afin de faire face aux conséquences économiques de l’épidémie, de fortes divergences demeurent sur les modalités et le contenu des mesures de relance. Les 27 ont chargé la Commission européenne de présenter des propositions détaillées d’ici au 6 mai.
L’Allemagne et les Pays-Bas ont jugé que les europabonds n’étaient pas une nécessité compte tenu des enveloppes de crédits disponibles. Angela Merkel a admis que les prêts pourraient cibler des Etats, des régions et des secteurs d’activié particulièrement touchés. Elle a déclaré, dans un discours prononcé devant le Bundestag ; « nous devons nous préparer, dans un esprit de solidarité et sur une période limitée, à verser des contributions différentes, c’est-à-dire plus élevées, au budget de l’Union, si nous voulons que les économies de tous les Etats membres de l’UE puissent se redresser ». Ce discours, sans précédent, est une prise conscience du risque d’effondrement de l’économie européenne et de la responsabilité allemande. La Président de la BCE, Christine Lagarde, a estimé que le PIB de la zone euro pourrait se contracter de 15 %. L’Italie figure de plus en plus comme le maillon faible comme en témoigne l’accroissement de son spread avec l’Allemagne pour l’obligation à 10 ans. Son taux a dépassé brièvement 2 % vendredi 24 avril avant de revenir à 1,8 %. Il était de 1,2 % le 26 mars. La dette de l’Italie pourrait atteindre d’ici la fin de l’année 150 % du PIB.
Sur les contrats à terme, le baril du pétrole américain WTI s’est échangé à -37 dollars lundi 20 avril (pour une vente en mai). Après les taux d’intérêt négatifs, nous avons ainsi connu le baril à prix négatif. Cette situation est la conséquence de l’effondrement de la demande, 20 à 30 millions de barils jours en moins sur un total de consommation se situant normalement à 100 millions de barils jour. Elle est également la résultante de la saturation des capacités de stockage.
Malgré la réduction de la production de 10 millions de barils jour décidée par l’OPEP et la Russie, celle-ci excède néanmoins la consommation entraînant ainsi une augmentation des stocks. Avec la raréfaction des zones de stockage, en particulier aux États-Unis, le cours du pétrole coté dans ce pays, s’est effondré au point de ne plus rien valoir sur les marchés à terme. À titre de comparaison, le baril de pétrole valait 114 dollars en 2011.
Au jour le jour le jour, le baril de pétrole BRENT, vendredi 24 avril s’échangeait à 21 dollars le baril en baisse de 23 % en une semaine. A New York, le baril WTI ne valait que 17 dollars en baisse de 8 % sur une semaine.
Dans la droite ligne de la dernière étude de conjoncture de l’INSEE, l’indice sur le climat des affaires du même institut est en avril en forte baisse. Avec 62 points, il a perdu en un mois plus de 30 points, en lien avec le confinement d’une grande partie de la population. Cette baisse est la plus importante jamais enregistrée par cet indice depuis sa création en 1980. Le précédent niveau plancher datait de mars 2009 avec 69 points. Avec la moitié de l’économie à l’arrêt, cette baisse est logique.
Le climat de l’emploi a, de son côté, perdu 25 points, après en avoir perdu 11 en mars. À 70, il se situe à son plus bas niveau depuis le début de la série (1991) ; le précédent niveau plancher était à 71 et avait été atteint en mars et mai 2009

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 17 avril 2020 | Évolution Sur 5 jours | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 4 499,01 | -0,17 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 24 242,49 | +2,21 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 8 650,14 | +6,09 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 10 625,78 | +0,58 % | 13 249,01 |
| Footsie | 5 786,96 | -0,95 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 2 888,30 | -0,16 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 19 897,26 | +2,05 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 838,49 | +0,40 % | 3 050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) | +0,026 %% | -0,075 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) | -0,474 % | -0,132 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) | +0,610 % | -0,119 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (18 heures) | 1,0882 | -0,49 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) | 1 690,100 | -0,28 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) | 28,380 | -11,03 % | 66,300 |
Au gré des nouvelles, les investisseurs changent d’humeur. Vendredi 17 avril, les marchés ont enregistré de fortes hausses avec les annonces de reprise de l’activité aux Etats-Unis par Donald Trump, même si ce dernier n’a pas donné de réel calendrier. Les Etats du Montana, le Wyoming ou le Dakota du Nord, relativement épargnés par le Covid-19, pourraient décider la réouverture avant le 1er mai de certains commerces et activités. Le déconfinement pourrait commencer par les restaurants et les salles de sport sous certaines conditions, mais pas les écoles ni les bars. Le port du masque serait vivement conseillé pour l’ensemble de la population. Les investisseurs ont réagi positivement aux informations sur un médicament de Gilead Sciences, le « remdesivir », l’un des premiers médicaments identifiés comme candidat au traitement du virus. Il avait été développé après l’épidémie de Sras. Pour certains analystes, l’engouement est exagéré et pourrait vite retomber. La hausse des cours à New York a été également portée par l’annonce de la reprise de l’activité de Boeing la semaine prochaine. Au niveau des pays occidentaux, le point bas de la production industrielle semble avoir été atteint. En France, les capacités de production utilisées remontent progressivement de 40 à 70 % selon les secteurs. Les entreprises s’adaptent en équipant leur personnel de masques et en isolant les postes de travail.
Ces bonnes nouvelles ont compensé en partie les mauvaises du début de la semaine sur la chute de l’activité au premier trimestre pour les grands pays avancés. Si à New-York, le Dow Jones et le Nasdaq ont été fortes hausses, les indices européens sont restés stables.
Sans surprise, le PIB chinois s’est contracté au 1er trimestre. Son ampleur, -6,8 % en rythme annuel, est légèrement supérieure à la prévision du consensus (- 6,5 %). Il s’agit d’une première en Chine depuis 1992, année de l’introduction d’outils statistiques sur la croissance trimestrielle dans le pays. Par rapport au dernier trimestre 2019, la chute est sévère. Encore touchée par l’épidémie, en mars, les ventes au détail ont chuté de 15,8 % et la production a diminué de 1,1 %.
Le PIB a décliné de 9,8 % sur la période janvier-mars, contre une croissance de 1,5 % au trimestre précédent, selon les données communiquées par le Bureau national de la statistique (BNS).
Des analystes s’attendent à ce que la crise sanitaire provoque cette année une perte de plus de 30 millions d’emplois en Chine. Face au risque de tensions sociales, les autorités chinoises ont promis l’augmentation des dépenses budgétaires.
Le 12 avril dernier, l’OPEP et ses partenaires ont décidé de réduire de près de 10 millions de barils par jour (bpj) la production de pétrole avec une entrée en vigueur le 1er mai, pour une période de deux mois. Cette diminution correspond à une contraction du PIB de 10 % de la production mondiale.
La Russie a également annoncé, par la voix de son Ministre de l’Énergie Alexander Novak, que l’accord avait l’appui des États-Unis. « Les Américains soutiennent eux-mêmes l’accord et disent qu’ils sont prêts à contribuer à la baisse de la production : on a entendu des chiffres allant de 2 à 3 milliards de barils par jour », a-t-il déclaré auprès de l’agence TASS, avant la réunion de ce dimanche.
L’accord n’a pas conduit pour le moment à un relèvement du prix du baril qui vendredi 17 avril restait inférieur à 30 dollars (Brent). Depuis le 1er janvier, le pétrole a baissé de plus de 57 %.
Face à une crise sanitaire et économique sans précédent, le Livret A joue son rôle traditionnel de valeur refuge de l’épargne française. En mars la collecte du Livret A, seule, s’élève à 2,71 milliards d’euros contre 1,97 milliard un an plus tôt. La collecte nette s’établit par conséquent à 8 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année 2020, portant ainsi l’encours du Livret A à un niveau inégalé de 306,6 milliards d’euros.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) enregistre également une collecte importante de 1,12 milliard d’euros après 370 millions d’euros en février dernier et 540 millions d’euros en mars 2019. Son encours a atteint ainsi, fin mars, 114,3 milliards d’euros.
La baisse du taux de rendement de 0,75 à 0,5 % intervenue le 1er février a eu peu d’effets sur la collecte à la différence du précédent ajustement qui avait conduit à plusieurs mois de décollecte. Ce phénomène de forte collecte en période de crise est classique. Lors des précédentes crises entre 2008 et 2009, ainsi qu’entre 2011 et 2013, le Livret A avait connu de fortes collectes (aidées en cela par le relèvement de son plafond en 2012). Avant même la survenue de la crise du COVID-19, les Français avaient tendance à accroître leur effort d’épargne de précaution. Les « gilets jaunes » comme le projet de réforme des retraites et les grèves qu’il avait provoquées, avaient conduit à une hausse du taux d’épargne et de la collecte du Livret A.
Pour le mois de mars 2020, le Livret A et le LDDS bénéficient du contexte fortement anxiogène. La crainte de la maladie et de la perte de revenus incite les ménages à se constituer un volant de sécurité. En fonction de l’évolution de la situation économique et des modalités du déconfinement, certains seront contraints de puiser dans leurs réserves d’épargne, en particulier les commerçants, les artisans et les professions libérales qui sont plus exposés à court terme à la perte de revenus.
La collecte du mois de mars aurait pu être plus élevée compte tenu de l’ampleur du choc subi par la population. Avec la fermeture des commerces non-alimentaires, des cafés et des restaurants, les dépenses des ménages se sont contractées d’au moins 30 % selon l’INSEE et ont augmenté d’autant leurs capacités d’épargne. Le taux d’épargne des ménages a certainement dépassé 50 % en mars. Pour certains, le pouvoir d’achat a pu, certes, être érodé par la diminution des salaires avec la mise en place du chômage partiel. Même si de plus en plus de Français recourent à Internet pour effectuer leurs versements sur leur Livret A ou sur leur LDDS, une partie d’entre eux a pu en être dissuadée en raison de l’accès difficile aux agences bancaires. Les Français ont sans nul doute laissé une grande partie de leurs liquidités sur leurs comptes courants. À fin février, les dépôts à vue des ménages avaient déjà atteint un sommet historique à 411 milliards d’euros.
L’appel du Ministre de l’Économie et des Finances en faveur de l’investissement et des placements productifs ne pourra être entendu qu’après le déconfinement et sous réserve de réelles avancées en matière d’endiguement de l’épidémie. Le retour de la confiance est un préalable à tout placement sur le long terme. Les ménages éprouvent les pires difficultés à se projeter, ce qui ne les incite pas à prendre des risques en matière d’épargne. L’évolution du chômage, l’ampleur du rebond économique, la capacité à gérer financièrement la sortie de crise ainsi que la bonne tenue des placements financiers sont autant de facteurs qui seront pris en compte par les épargnants dans les prochains mois.
Le Livret A, la valeur refuge des temps difficiles
Selon le Ministre de l’Économie, la collecte du Livret A et du Livret de Développement Durable et Solidaire a enregistré, au mois de mars, une progression de 50 % par rapport à celle du même mois en 2019. La caisse des dépôts précise ces résultats et évoque une collecte globale de 3,82 milliards d’euros en mars 2020 pour ces deux placements.
Face à une crise sanitaire et économique sans précédent, le Livret A joue son rôle traditionnel de valeur refuge de l’épargne française. En mars la collecte du Livret A, seul, s’élève à 2,71 milliards d’euros contre 1,97 milliard un an plus tôt. La collecte nette s’établit par conséquent à 8 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année 2020 portant ainsi l’encours du Livret A à un niveau inégalé de 306,6 milliards d’euros.
Le LDDS enregistre également une collecte record de 1,12 milliard d’euros après 370 millions d’euros en février dernier et 540 millions d’euros en mars 2019. Son encours s’établit à présent à 114,3 milliards d’euros.
La baisse du taux de rendement de 0,75 à 0,5 % intervenue le 1er février a eu peu d’effets sur la collecte à la différence du précédent ajustement qui avait conduit à plusieurs mois de décollecte. Ce phénomène de forte collecte en période de crise est classique. Entre 2008 et 2009 ainsi qu’entre 2011 et 2013, lors des précédentes crises, le Livret A avait connu de fortes collectes (aidées en cela par le relèvement de son plafond en 2012). Avant même la survenue de la crise du COVID-19, les Français avaient tendance à accroître leur effort d’épargne de précaution. Les « gilets jaunes » comme la réforme des retraites et les grèves qu’elle avait provoquées, avaient conduit à une hausse du taux d’épargne et de la collecte du Livret A.
Pour le mois de mars 2020, le Livret A et le LDDS bénéficient du contexte fortement anxiogène. La crainte de la maladie et de la perte de revenus incite les ménages à se constituer un volant de sécurité. En fonction de l’évolution de la situation économique et des modalités du déconfinement, certains seront contraints de puiser dans leurs réserves d’épargne, en particulier les commerçants, les artisans et les professions libérales qui sont plus exposés à court terme à la perte de revenus.
La collecte du mois de mars aurait pu être plus élevée compte tenu de l’ampleur du choc subi par la population. Avec la fermeture des commerces non-alimentaires, des cafés et des restaurants, les dépenses des ménages se sont contractées d’au moins 30 % selon l’INSEE et ont augmenté d’autant leurs capacités d’épargne. Certes, le pouvoir d’achat a pu être érodé par la diminution des salaires avec la mise en place du chômage partiel. Même si de plus en plus de Français recourent à Internet pour effectuer leurs versements sur leur Livret A ou sur leur LDDS, une partie d’entre eux a pu en être dissuadée en raison de l’accès difficile aux agences bancaires. Les Français ont sans nul doute laissé une grande partie de leurs liquidités sur leurs comptes courants. À fin février, les dépôts à vue des ménages avaient déjà atteint un sommet historique à 411 milliards d’euros.
L’appel du Ministre de l’Économie en faveur de l’investissement et des placements productifs ne pourra être entendu qu’après le déconfinement et sous réserve de réelles avancées en matière d’endiguement de l’épidémie. Le retour de la confiance est un préalable à tout placement sur le long terme. Les ménages éprouvent les pires difficultés à se projeter ce qui ne les incite pas à prendre des risques en matière d’épargne. L’évolution du chômage, l’ampleur du rebond économique, la capacité à gérer financièrement la sortie de crise ainsi que la bonne tenue des placements financiers sont autant de facteurs qui seront pris en compte par les épargnants dans les prochains mois.
Face aux difficultés que rencontrent les Français avec la crise du covid-19, les assureurs sont mobilisés. La Fédération Française de l’Assurance , mercredi 15 avril, annoncé que les assureurs ont pis une série de mesures extra-contractuelles à destination des populations et des entreprises les plus exposées, mesures s’élevant à 1,75 milliard d’euros.La moitié de cet effort est dédié aux TPE, PME, artisans et commerçants. La participation des assureurs au fonds de solidarité mis en place par l’Etat a été doublée, la portant ainsi à 400 millions d’euros. Le maintien en garantie est confirmé jusqu’à la fin des interdictions correspondantes, même en cas de non-paiement des primes. Des mesures spécifique sont été prises en faveur de métiers très touchés par la crises (bâtiment, commerces non alimentaires, réparations automobile…) soit collectivement par l’ensemble de la profession, soit par les assureurs les plus concernés. AG2R LA MONDIALE, actionnaire du Cercle de l’Epargne, a ainsi décidé de reporter ou de rééchelonner le paiement de cotisations ou de loyers d’entreprises ou de travailleurs indépendants, de maintenir des prestations, de déployer des services d’action sociale, de mobiliser toutes ses équipes et d’allouer 200 millions d’euros supplémentaire pour ses assurés les plus touchés.
La Fédération Française de l’Assurance a indiqué que l’autre moitié des efforts de la profession est dédiée notamment aux assurances du personnel médical, aux personnes particulièrement exposées au virus du fait de leur état de santé ainsi qu’à l’aménagement des contrats pour l’ensemble des assurés en situation de confinement.
Les assureurs ont décidé de mettre en place un programme d’investissements global d’au moins 1,5 milliard d’euros, majoritairement en fonds propres, en particulier en faveur des ETI et des PME et du secteur de la santé. La FFA travaille avec le Ministère de l’Economie pour l’élaboration d’un régime d’assurance contre les risques sanitaires majeurs de type Covid-19 permettant une meilleure protection en cas de nouvelle catastrophe sanitaire.
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 10 avril 2020 | Évolution Sur 5 jours | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 4 506,85 | +1,55 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 23 719,37 | +4,58 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 8 153,58 | +3,04 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 10 564,74 | +2,01 % | 13 249,01 |
| Footsie | 5 842,66 | +2,42 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 2,892.79 | +1,23 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 19 498,50 | +9,42 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 796,63 | +2,24 % | 3050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (13 heures) | +0,101 % | +0,026 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (13 heures) | -0,342 % | -0,097 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (13 heures) | +0,729 % | +0,150 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (13 heures) | 1,0939 | +1,19 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (13 heures) | 1 675,000 | +3,76 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (13 heures) | 31.900 | -8,25 % | 66,300 |
Une semaine courte et positive !
La semaine boursière a été écourtée pour cause de Vendredi-Saint. L’ensemble des indices bousiers ont progressé en lien avec les multiples annonces de plan de soutien. La CAC a gagné en une semaine 1,55 % et le Dow Jones près de 4,6 %. Ce dernier indice a profité de l’annonce de la Réserve fédérale, avant l’ouverture de Wall Street, les détails de son plan MSLP (Main Street Lending Program) qui prévoit l’injection possible de près de 2 300 milliards de dollars supplémentaires de d’aides à l’économie afin de fournir des crédits aux petites entreprises et aux municipalités.
Le choix de la monétisation directe par la Banque d’Angleterre
La Banque d’Angleterre a décidé d’aider l’Etat en augmentant temporairement la facilité de caisse qu’elle accorde au gouvernement britannique. Londres va pouvoir financer ses mesures exceptionnelles sans forcément émettre de dette sur les marchés. Cette solution avait déjà été utilisée lors de la crise de 2008. Elle s’assimile à de la création monétaire directe. Cette décision a surpris car Andrew Bailey, le nouveau gouverneur de la Banque d’Angleterre, s’était prononcé contre toute initiative de la sorte dans une tribune publiée par le Financial Times. Le financement direct d’un Etat auprès de sa banque centrale est jugé peu orthodoxe car porteur de risques d’inflation et de déficits sans limite. Cette pratique a amené dans le passé des banqueroutes. Le dispositif utilisé outre-Manche sera néanmoins encadré. La banque centrale britannique augmentera la taille du compte du gouvernement, baptisé « Ways and Means ». Cette facilité de caisse permet aux pouvoirs publics de faire face à des besoins exceptionnels de trésorerie, ou à des problèmes sur les marchés financiers. La taille de ce compte tourne en temps normal, autour de 400 millions de livres sterling. Le montant du nouveau plafond n’a pas été communiqué. En 2008, il avait brièvement dépassé 20 milliards de livres. Ce dispositif sera « temporaire et de court terme », a précisé le Trésor Britannique. Les montants empruntés seront remboursés le plus tôt possible, et au plus tard à la fin de l’année.
Le pétrole, un accord à confirmer
La réunion des pays producteurs de pétrole (OPEP) réunis jeudi 9 avril a abouti à un accord de réduction de la production de 10 millions de barils/jour. Sa mise en œuvre reste conditionnée à la signature du Mexique. Dans un deuxième temps, de juillet à décembre, la réduction sera de 8 millions de barils par jour.Cet accord doit permettre une remontée des cours après la guerre des prix engagée entre la Russie et l’Arabie saoudite et la baisse de la demande mondiale de pétrole qui se situe entre 25 % et 35 %.
Ces derniers jours, le Président russe, Vladimir Poutine, et le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman avaient laissé entendre qu’ils étaient prêts à réduire leur production sous réserve que les Etats-Unis, premier producteur mondial, acceptent de faire de même. Jamais, les Eatts-Unis n’ont dans le passé accepté un accord de régulation de production multinational. Donald Trump a soufflé le chaud et le froid en soutenant le principe d’un accord de réduction mais sans faire aucune promesse. Le Président américain ne peut pas se désintéresser de la situation des producteurs américains en pleine crise sanitaire et à quelques mois de l’élection pérsidentielle.
Dans le cadre de l’accord du 9 avril 2020, l’Arabie saoudite et la Russie ont pris l’engagement de réduire de plus de 2,5 millions de barils/jour leur production respective. L’OPEP et la Russie souhaitent que les pays non signataires de l’accord – en particulier les Etats-Unis et le Canada – diminuent leur production de 5 millions de barils par jour. Une réunion des ministres de l’énergie des pays du G20, vendredi, pourrait entériner une telle orientation.
L’ampleur de la réduction est jugée insuffisante compte tenu de la situation économique. La forte réduction des transports ainsi que l’arrêt de nombreuses usines pèsent sur la demande de pétrole. Les pays producteurs cherchent à gérer l’augmentation de leurs stocks et d’éviter les fermetures de gisement, fermetures qui sont coûteuses à réaliser.
En fin de semaine, les marchés étaient peu convaincus par l’accord. Le baril de Brent s’échangeait à 31 dollars en baisse sur une semaine de 8,25 %. Depuis le début de l’année, le cours a diminué de plus de 50 %.
Les Français ont appliqué de manière plus scrupuleuse que leurs voisins le confinement. Ainsi, le trafic routier a baissé avec l’instauration du confinement de 62 % en France contre 53 % en Italie, 33 % en Espagne et 31% en Allemagne. Le trafic aérien est en chute de 94 % en France contre une contraction de 78 % en Allemagne et de 20 % en Italie. La consommation d’électricité a diminué de 12,3 % en France, de 24,1 % en Italie et de 7,2 % en Allemagne. Les déplacements dans les commerces non alimentaires est en réduction de 88 % en France, contre -77 % en Allemagne et -26 % aux Etats-Unis. La fréquentation des bureaux et lieux de travail a baissé de 56 % en France, de 39 % en Allemagne, de 63 % en Italie et de 9 % aux Etats-Unis. La France pays tertiarisé et disposant d’un taux élevé de ménages connectés pratique le télétravail de manière plus importante que les pays plus industrialisés. Dans la grande majorité des pays de l’OCDE, la diminution de l’activité est évaluée entre 35 et 55 %.
Pour la France, selon la dernière étude de conjoncture de l’INSEE, au 9 avril 2020, l’activité économique française aurait diminué de l’ordre de 36 %. Ce taux atteint 42 % pour le secteur marchand. Les seuls services marchands sont responsables de plus de la moitié à cette baisse (–22 points). Le commerce, les services de transports et l’hébergement-restauration contribueraient à eux seuls au tiers de la perte d’activité.
La baisse d’activité atteindrait 44 % dans l’industrie. Elle est provoquée par la diminution de la demande interne et externe, de l’incapacité à disposer de l’ensemble des salariés et de la rupture des chaines d’approvisionnement. L’industrie agroalimentaire serait la moins affectée des branches de l’industrie. Le secteur du bâtiment serait presque à l’arrêt.
Pour un mois complet de confinement, la perte d’activité économique équivaut comptablement à une perte d’environ 3 points de croissance du PIB annuel. Selon l’INSEE, l’effet du confinement en termes d’activité n’est sans doute pas linéaire dans le temps.
L’INSEE estime que les semaines ou les mois qui suivront le déconfinement seront affectés par la crise sanitaire du fait de la persistance d’un risque de deuxième vague. L’institut statistique considère que la reprise de l’activité sera progressive en raison de l’existence de contraintes en matière de déplacement La baisse des revenus des ménages pèsera sur la demande tout comme le maintien d’un climat d’incertitudes.
Au 9 avril 2020 selon l’INSEE, la consommation finale des ménages aurait diminué de 35 % par rapport à une situation « normale ». La demande des ménages en biens manufacturés explique 17 points de cette baisse. Les dépenses de textile, d’habillement et de carburant) sont en forte diminution. Elles sont inexistantes pour les ventes de voiture. D’autres se maintiennent (énergie) voire augmentent, telles les dépenses en produits agroalimentaires (comportements de report de consommation du fait de l’arrêt de la restauration traditionnelle et collective). La consommation de services principalement marchands serait en baisse de 33 %, soit une contribution de 15 points à la baisse. L’hébergement, la restauration et les services de transport sont en forte diminution quand d’autres seraient peu affectés (télécommunication, services financiers et d’assurance ou services immobiliers, principalement constitués des loyers…). Les services principalement non marchands enregistreraient une diminution de 39 % (enseignement et formation, soins de santé en ville). La demande des ménages pour les dépenses de construction diminuerait de 90 % avec la suspension de la plupart des travaux de rénovation. En revanche, la consommation en produits agricoles augmenterait de 10 %, parallèlement aux dépenses de produits agroalimentaires.
L’OCDE évalue à –32 % l’impact des mesures de confinement sur la consommation finale des ménages en France, soit une estimation proche de celle de l’INSEE. de la nôtre. Pour l’OFCE, la perte s’élèverait à 18 %. Une partie de l’écart s’explique par une
différence de champ, l’OFCE s’intéressant à la consommation finale effective des ménages, c’est-à-dire intégrant les biens et services produits par les administrations publiques et les institutions sans but lucratif au service des ménages.
Après un recul au dernier trimestre 2019 de 0,1 point du PIB français, celui-ci se serait contracté, selon la Banque de France, de 6 points au 1er trimestre. Avec deux trimestres de recul du PIB, la France est entrée en récession. Une telle situation ne s’était pas produite depuis 2009.
Chaque quinzaine de confinement entrainerait une perte de PIB annuel proche de -1,5 point. La perte d’activité subit durant la période de confinement de 15 jours au mois de mars est de 32 %. Les montants des paiements effectués par cartes bancaires ont baissé de 50 % pendant la semaine du 23 au 29 mars. La consommation des ménages se serait contactée de 30 % durant cette période.
L’économie française n’a pas connu de nombreux évènements durant son histoire contemporaine de tels évènements. Parmi les précédents figurent les évènements de mai 1968 qui avaient provoqué un recul au 2e trimestre de 5,3 % du PIB, recul qui avait été compensé par une hausse de 8 points au 3e trimestre 1968. Par rapport à la crise financière de 2008 qui s’était soldé par un recul du PIB de 2,9 % en 2009, la chute de l’activité est en 2020 1,5 fois supérieur pour l’industrie et 4 fois supérieur pour les services.
Cette récession est évidemment logique en raison de la fermeture de nombreuses entreprises et du confinement qui freine tant la production que la consommation. Le choix du gouvernement a été de maintenir autant que possible en état les capacités de production afin de permettre un rebond rapide l’économie. Le choix du chômage partiel et du soutien aux entreprises s’inscrit dans cette logique. Certains secteurs et certaines régions nécessiteront des dispositifs de soutien spécifiques après la fin du confinement. La Corse dont le tourisme avec le secteur de la construction plus de 30 % du PIB est fortement touchée par la crise du coronavirus tout comme les principales zones touristiques du pays. En sortie de crise, les pouvoirs publics devront veiller à éviter une multiplication de faillites de PME qui pourraient accroître la désertification économique au sein de certains territoires.
La capacité de rebond de l’économie française dépend de la mobilisation de tous les acteurs. La mise en place de plans coordonnées au niveau européen facilitera le redémarrage et surtout sa pérennisation.
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 10 avril 2020 | Évolution hebdomadaire | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 4 154,58 | -4,53 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 21.052,53 | -2,70 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 7 373,08 | -1,72 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 9 525,77 | -1,11 % | 13 249,01 |
| Footsie | 5 415,50 | -1,72 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 2 662,99 | -2,41 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 17 820,19 | -8,09 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 763,99 | -0,30 % | 3050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) | +0,074 % | +0,144 pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) | -0,439 % | +0,040 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) | +0,579 % | -0,187 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (18 heures) | 1,0784 | -3,19 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) | 1 615,678 | -0,64 % | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) | 33,100 | +32,24 % | 66,300 |
Les marchés sont repartis à la baisse cette semaine sur fond de dégradation de l’emploi aux Etats-Unis et d’indices PMI déprimants aux Etats-Unis et en zone euro.
Entre février et mars, l’indice PMI composite de l’institut IHS Markit, qui fait la synthèse entre l’industrie et les services, a chuté aux de 51,6 à 29,7 points Etats-Unis, du jamais-vu depuis la création de la statistique en 1998. Selon Chris Williamson, Chief Business Economist à IHS Markit, ce résultat suggère une compression annuelle du PIB de 10 %. En Europe, les indices PMI sont toujours en baisse. Celui du secteur des services italien est tombé à 17,4 en mars. Tant que les résultats tangibles des confinements se feront sentir, le pessimisme sera de mise. La lueur viendra quand les dispositifs de déconfinement entreront en vigueur.
Dans ce contexte, l’indice CAC 40 a perdu 4,5 % en une semaine. Le Daxx allemand a mieux résisté en ne cédant que 1,11 %. Le Dow Jones a cédé de son côté 2,7 %.
L’écart de taux entre la France et l’Allemagne s’est accru et dépasse désormais 0,5 point. Le taux de l’obligation d’Etat italien est également en hausse de 0,3 point en une semaine à 1,54 %.
Le pétrole en mode montagne russe
Après avoir atteint un point bas à 20 dollars le baril, le pétrole a gagné en quelques jours plus de 30 % et a terminé la semaine à 32,24 dollars. Cette augmentation est la conséquence des appels de l’OPEP et de ses alliés à une baisse de la production mondiale pour enrayer la chute des cours. Une réduction de 10 millions de barils par jour serait l’objectif. Une réunion d’urgence par téléconférence des pays de l’OPEP avec la Russie est prévue le lundi 6 avril.
La banque centrale chinoise (PBoC) a réduit de 20 points de base, à 2,2 %, son taux de référence (« reverse repo ») à 7 jours. Une telle baisse n’avait pas été pratiquée depuis l’été 2015 au moment où les autorités chinoises cherchaient à contrer une grave crise boursière. Cette décision vise à aligner la politique monétaire chinoise sur celles des autres grandes banques centrales. La Chine qui, depuis trois mois, est confrontée à une crise interne doit, désormais, faire face à une chute de ses exportations en raison de la mise en cape de l’économie occidentale.
La banque centrale chinoise a décidé de renouer avec les injections de liquidité à hauteur de 6,4 milliards d’euros. Son objectif est d’éviter une crise financière en raison de l’accumulation de créances douteuses. Des retards de paiement pour des prêts à la consommation commencent à être enregistrés dans plusieurs régions chinoises. Pour venir en aide aux collectivités locales et pour soutenir l’activité, Pékin a également prévu d’émettre une série d’obligations souveraines libellées « coronavirus », et d’autoriser les gouvernements locaux à placer davantage d’obligations pour financer des projets d’infrastructures.
La Banque de France a publié le 1er avril 2020 les taux d’usure applicables au cours du 2e trimestre ainsi que les taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit et les sociétés de financement lors du premier trimestre.
| Catégorie | Taux effectif moyen pratiqué au 1er trimestre 2020 | Taux d’usure applicable au 1er avril 2020 |
| CRÉDITS DE TRÉSORERIE Crédits de trésorerie aux ménages et prêts pour travaux d’un montant inférieur ou égal à 75 000 euros (1) | Séries | Séries |
| Prêts d’un montant inférieur ou égal à 3 000 euros | 15,98 | 21,31 |
| Prêts d’un montant supérieur à 3 000 euros et inférieur ou égal à 6 000 euros | 8,40 | 11,20 |
| Prêts d’un montant supérieur à 6 000 euros | 4,26 | 5,68 |
| CRÉDITS IMMOBILIERS Crédits immobiliers et prêts pour travaux d’un montant supérieur à 75 000 euros (2) | Séries | Séries |
| Prêts à taux fixe d’une durée inférieure à 10 ans | 1,81 | 2,41 |
| Prêts à taux fixe d’une durée comprise entre 10 ans et moins de 20 ans | 1,80 | 2,40 |
| Prêts à taux fixe d’une durée de 20 ans et plus | 1,88 | 2,51 |
| Prêts à taux variable | 1,70 | 2,27 |
| Prêts relais | 2,24 | 2,99 |
| Prêts aux personnes morales n’ayant pas d’activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou professionnelle non commerciale | Séries | Séries |
| Prêts à taux fixe d’une durée initiale supérieure à 2 ans | 1,40 | 1,87 |
| Prêts à taux variable d’une durée initiale supérieure à 2 ans (3) | 1,21 | 1,61 |
| Prêts consentis en vue d’achats ou de ventes à tempérament | 2,35 | 3,13 |
| Découverts en compte | 10,88 | 14,51 |
| Autres prêts d’une durée initiale inférieure ou égale à 2 ans | 1,21 | 1,61 |
| Prêts aux personnes physiques agissant pour leurs besoins professionnels et aux personnes morales ayant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou professionnelle non commerciale | Séries | Séries |
| Découverts en compte | 10,88 | 14,51 |
(1) Définition – Crédits de trésorerie : crédits aux ménages n’entrant pas dans le champ d’application du 1° de l’article L. 313-1du code de la consommation ou ne constituant pas une opération de crédit d’un montant inférieur ou égal à 75 000 euros destinés à financer, pour les immeubles à usage d’habitation ou à usage professionnel et d’habitation, les dépenses relatives à leur réparation, leur amélioration ou leur entretien.
(2) Définition – Crédit Immobiliers : crédits aux ménages entrant dans le champ d’application du 1° de l’article L. 313-1 du code de la consommation ou d’un montant supérieur à 75 000 euros destinés à financer, pour les immeubles à usage d’habitation ou à usage professionnel et d’habitation, les dépenses relatives à leur réparation, leur amélioration ou leur entretien
(3) Taux moyen pratiqué (TMP) : le taux moyen pratiqué est le taux effectif des prêts aux entreprises d’une durée initiale supérieure à deux ans, à taux variable, d’un montant inférieur ou égal à 152 449 euros. Ce taux est utilisé par la Direction générale des impôts pour le calcul du taux maximum des intérêts déductibles sur les comptes courants associés.
En février, selon la Banque de France, le taux moyen de rémunération des dépôts bancaires s’élevait à 0,52 %, contre 0,58 % janvier. La rémunération des livrets bancaires atteint le niveau historique de 0,14 % contre 0,16 % en janvier.
Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS (a)
| févr- 2019 | déc- 2019 | janv- 2020 (e) | févr- 2020 (f) | |
| Taux moyen de rémunération des encours de dépôts bancaires | 0,63 | 0,58 | 0,58 | 0,52 |
| Ménages | 0,88 | 0,82 | 0,83 | 0,73 |
| dont : – dépôts à vue | 0,03 | 0,02 | 0,02 | 0,02 |
| – comptes à terme <= 2 ans (g) | 0,78 | 0,71 | 0,68 | 0,65 |
| – comptes à terme > 2 ans (g) | 1,55 | 1,25 | 1,21 | 1,18 |
| – livrets à taux réglementés (b) | 0,79 | 0,78 | 0,78 | 0,53 |
| dont : livret A | 0,75 | 0,75 | 0,75 | 0,50 |
| – livrets ordinaires | 0,26 | 0,17 | 0,16 | 0,14 |
| – plan d’épargne-logement | 2,67 | 2,65 | 2,65 | 2,59 |
| SNF | 0,27 | 0,22 | 0,22 | 0,22 |
| dont : – dépôts à vue | 0,10 | 0,10 | 0,10 | 0,10 |
| – comptes à terme <= 2 ans (g) | 0,24 | 0,22 | 0,21 | 0,22 |
| – comptes à terme > 2 ans (g) | 1,31 | 1,09 | 1,07 | 1,05 |
| Pour mémoire : | ||||
| Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème | 0,00 | 0,00 | 0,00 | 0,00 |
| Euribor 3 mois (c) | -0,31 | -0,40 | -0,39 | -0,41 |
| Rendement du TEC 5 ans (c), (d) | -0,14 | -0,40 | -0,41 | -0,52 |
a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
c. Moyenne mensuelle.
d. Taux de l’Échéance Constante 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
e. Données révisées.
f. Données provisoires.
g. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
h. La date de prise d’effet de la baisse du taux du livret A à 0,50% est le 1er février 2020.
En un mois, le CAC 40 a perdu 17,21 %. Pour le premier trimestre, la perte atteint 26,46 %, ce qui est le recul le plus important constaté depuis la création en 1987 du CAC 40. Pour le Daxx allemand, la chute est de 25,01 % pour les trois premiers mois de l’année. Elle est de 23,20 % pour le Dow Jones et de 14,18 % pour le Nasdaq. Il est à souligner que sur un an, ce dernier indice ne baisse que de 0,38 %.

La crise du coronavirus provoquant le confinement de la moitié de la population mondiale a provoqué par voie de retour un choc économique sans précédent, avec une forte contraction de l’offre et de la demande, avec la quasi disparition des liaisons aériennes. Au regard de l’ampleur de la mise en cape de l’économie mondiale, le recul des marchés « actions » peut apparaître assez limité. Les autorités de marché se sont refusées à juste titre à arrêter les cotations. Une telle décision aurait amené plus d’anxiété que de calme. Elle aurait pu provoquer un effet de panique. Malgré la succession de mauvaises nouvelles, l’offre et la demande ont été au rendez-vous.
Les investisseurs se sont protégés mais sans exagération. L’intervention massive des Etats qui aboutira à un nouveau gonflement de l’endettement public les a convaincus de ne pas tout miser sur les obligations.
Les taux d’intérêt sous contrôle des banques centrales
Les taux d’intérêt des obligations d’Etat européennes ont été orientés à la hausse jusqu’à l’intervention massive des banques centrales. Tout en étant supérieurs à leur niveau de la fin février, ils sont nettement en-dessous de leur niveau de la fin d’année dernière. Aux Etats-Unis, la très forte baisse des taux directeurs de la Banque centrale a entraîné la baisse des taux qui sont fin mars 1,3 point au-dessous de leur niveau de la fin décembre 2019.

Le pétrole en chute libre
Le premier trimestre est également par la chute des prix du pétrole. En un trimestre, le baril de Brent a perdu 60 % de sa valeur. Sur le seul mois de mars, la baisse a atteint 47 %. Cette forte baisse a amené le cours du baril au cours du mois de mars au bord du seuil des 20 dollars, soit moins qu’en 2016. Cette chute est le produit de l’affaissement de la demande en lien avec la crise du coronavirus et de la guerre des prix que l’Arabie saoudite et la Russie. L’OPEP était censé reconduire l’accord de régulation de l’offre datant de 2016 et qui avait été jusqu’alors accepté par la Russie. Cette dernière a refusé de restreindre plus fortement que prévu sa production, ce qui amené l’Arabie saoudite à se délier de l’accord. L’objectif est de contraindre les Russes accepter les réductions de quotas de production.
L’once d’or a augmenté au cours du premier trimestre de 5,52 % et de seulement 0,96 % en mars. Cette relative progression s’explique par le fait que les investisseurs ont avant tout privilégié la liquidité les amenant à vendre de l’or.
Le tableau financier de la semaine
| Résultats 27 mars 2020 | Évolution hebdomadaire | Résultats 31 déc. 2019 | |
| CAC 40 | 4 351,49 | +7,48 % | 5 978,06 |
| Dow Jones | 21 636,78 | +12,84 % | 28 538,44 |
| Nasdaq | 7 502,38 | +9,05 % | 8 972,60 |
| Dax Allemand | 9 632,52 | +7,88 % | 13 249,01 |
| Footsie | 5 510,33 | +6,16 % | 7 542,44 |
| Euro Stoxx 50 | 2 586,02 | -19,99 % | 3 745,15 |
| Nikkei 225 | 19 389,43 | +17,14 % | 23 656,62 |
| Shanghai Composite | 2 772,20 | +0,97 % | 3050,12 |
| Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) | -0,070 % | -0,084pt | 0,121 % |
| Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) | -0,479% | -0,136 pt | -0,188 % |
| Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) | 0,735 % | -0,187 pt | 1,921 % |
| Cours de l’euro / dollar (18 heures) | 1,1066 | +3,49 % | 1,1224 |
| Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) | 1 625,140 | +8,44% | 1 520,662 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) | 24,590 | -10,39 % | 66,300 |
Le CAC 40 a repris quelques couleurs cette semaine avec un gain de plus de 7 % tout en perdant plus de 4 % vendredi. Le Dow Jones a également perdu plus de 4 points vendredi tout en gagnant près de 13 % sur la semaine. Les marchés « actions » sont restés très volatils évoluant au gré des annonces des pouvoirs publics concernant tant le nombre de victimes que les engagements pris pour soutenir les économies. La progression de l’épidémie aux Etats-Unis est devenue un sujet majeur pour les investisseurs. La mise à l’arrêt de la première économie mondiale aurait des effets en chaine importants. L’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi en une semaine, plus de trois millions a été durement ressenti.
Cette semaine aura été marquée par la présentation du plan de soutien allemand à son économie et l’adoption du plan américain. Le premier porte sur 1200 milliards d’euros et le second sur 2000 milliards de dollars (1846 milliards d’euros).
L’Allemagne prévoit la création d’un fonds de secours pour les grandes entreprises, doté de jusqu’à 600 milliards d’euros, dont 400 milliards d’euros de garanties pour les dettes des entreprises, 100 milliards pour les prêts ou les prises de participation dans les entreprises et 100 milliards pour soutenir la banque d’investissement publique KfW. Cette dernière pourra jusqu’à 822 milliards d’euros de prêts
Le plan américain représente un effort de 10 % du PIB. En vertu de ce plan, l’Etat américain a prévu de verser aux Américains directement 500 milliards de dollars sous la forme d’un chèque de 1 200 dollars par personne, à condition de gagner moins de 75 000 dollars par an pour une personne, et 150 000 pour un couple. Chaque enfant donnera droit à une majoration de 500 dollars. La mesure, dégressive au-delà, vise à maintenir le pouvoir d’achat des Américains dont certains sont privés d’emploi. 250 milliards de dollars ont été affectés à l’indemnisation fédérale du chômage pendant quatre mois. Le Congrès a également voté des prêts destinés aux PME, pour près de 370 milliards de dollars. Ces sommes ne seront pas remboursables si elles servent à payer les salaires, les loyers ou les intérêts d’emprunt immobilier, et les abonnements à l’eau et à l’électricité. 500 milliards de dollars de prêts sont également prévus en faveur des grandes entreprises. 17 milliards de dollars seront alloués à des entreprises jugées stratégiques pour le pays, dont Boeing et General Electric. Les compagnies aériennes, seront aussi secourues à hauteur de 25 milliards de dollars, les aéroports de 10 milliards, le fret et les prestataires de services aériens de 8 milliards. Le programme prévoit d’interdire les rachats d’actions et les bonus des dirigeants. 100 milliards de dollars seront affectés aux hôpitaux et aux entreprises de soins, tandis que 16 milliards permettront l’achat et la production de matériels de première nécessité, comme les masques.
Les Etats fédérés, en première ligne, devront bénéficier de quelque 150 milliards de dollars. Cette somme apparaît faible face aux problèmes financiers que rencontrent les villes et les services publics locaux. Le Gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, s’attend à des pertes de revenus de 9 à 15 milliards de dollars » dans le budget de l’Etat. Le réseau de métro et de bus de New York aurait un besoin immédiat de 3,8 milliards de dollars pour payer les salariés et faire face aux remboursements d’emprunt.
Le pétrole a continué de baisser sur l’ensemble de la semaine dans l’attente d’un accord entre l’Arabie saoudite et la Russie que les Etats-Unis appellent de leurs vœux. Avec les interventions des banques centrales, les taux d’intérêt des obligations souveraines sont en repli cette semaine.
Promulguée le 23 mars 2020, la loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de covid-19 instaure un état d’urgence sanitaire pour une durée provisoire de deux mois et habilite le gouvernement à légiférer par ordonnances pour prendre les mesures d’adaptation et de soutien qu’imposent cette crise sans précédent. Objectif : donner au gouvernement la capacité d’agir pour garantir la santé publique et limiter au mieux les conséquences économiques et sociales de l’épidémie, quitte à restreindre les libertés d’aller et venir, de réunion et d’entreprendre, pour un temps donné et sous le contrôle du Parlement et du Conseil d’État. L’articulation de ces mesures avec le droit européen fait l’objet d’un « cadre temporaire » adopté le 19 mars 2020 par la Commission européenne et visant à soutenir l’économie dans le contexte de crise sanitaire.
Le soutien aux entreprises
Le Fonds de solidarité
Afin de soutenir la trésorerie des entreprises au ralenti voire à l’arrêt en raison du confinement, une ordonnance crée un Fonds de solidarité doté d’1 milliard d’euros, (dont 250 millions d’euros en provenance des régions) pour une durée de trois mois prolongeables par décret jusqu’à six mois. Ce fonds de solidarité concerne les très petites entreprises, les micro-entrepreneurs, les indépendants, et les professions libérales les plus touchés par l’épidémie. Pour en bénéficier, il faut un chiffre d’affaires inférieur à 1 million d’euros et un bénéfice annuel imposable inférieur à 60000 euros, avoir fait l’objet d’une fermeture administrative et subi une perte de 70% de chiffre d’affaires en mars 2020 par rapport à mars 2019. A compter de début avril, une aide de 1500 euros sera versée par l’État. Une aide complémentaire de 2000 euros pourra être attribuée, au cas par cas, par les régions, uniquement aux TPE.
Le maintien de la fourniture d’électricité, de gaz et d’eau
Afin de prévenir et limiter la cessation d’activité des très petites entreprises éligibles au Fonds de solidarité, une ordonnance interdit la suspension, l’interruption et la réduction de la fourniture d’électricité, de gaz et d’eau afférents à leurs locaux professionnels et commerciaux, et prévoit la possibilité d’un paiement échelonné sans pénalité. En cas de défaut de paiement de loyers ou de charges locatives, les pénalités financières, dommages et intérêts, clauses résolutoires ou pénales, de même que les garanties ou cautions ne pourront pas être appliquées pendant cette période d’état d’urgence sanitaire.
L’adaptation des contrats de voyage et de séjours touristiques
Fortement touché par la pandémie, le secteur du tourisme fait l’objet d’une ordonnance relative aux conditions financières de résolution de certains contrats de voyages et de séjours en période d’épidémie, et permet pour une période déterminée et limitée dans le temps, un remboursement des prestations annulées sous forme de reports ou de bons d’achats.
La simplification des règles
Trois autres ordonnances ont pour objectifs de simplifier et de sécuriser le fonctionnement des entreprises durant cette période :
L’accès facilité aux services et réseaux de communication
Une ordonnance raccourcit les délais et simplifie les procédures préalables à l’implantation ou à la modification d’une installation de communications électroniques afin d’assurer le fonctionnement des services et des réseaux de communications électroniques très sollicités dans cette période de confinement.
L’assouplissement temporaire du droit du travail
La fixation des congés payés, des RTT et des jours de repos
Une ordonnance précise les conditions et limites dans lesquelles un accord d’entreprise ou de branche autorisera l’employeur à imposer ou à modifier les dates de prise d’une partie des congés payés dans la limite de 6 jours ouvrables, en respectant désormais un délai d’un jour franc seulement à l’avance (au lieu de quatre semaines). Les dates des jours de réduction du temps de travail, des jours de repos prévus par les conventions de forfait et des jours de repos affectés sur le compte épargne temps du salarié, pourront être imposées ou différées unilatéralement par l’employeur sans qu’il y ait un accord collectif.
Travailler plus sur la base du volontariat
Cette ordonnance prévoit d’élargir les possibilités de dérogations en matière de durée du travail et des dérogations en matière de repos hebdomadaire et dominical pour permettre aux entreprises des secteurs essentiels qui ont un surcroît d’activité, de déroger aux règles actuellement en vigueur et de fonctionner jusqu’à 7 jours sur 7 sur une période limitée au 31 décembre 2020. Sont notamment concernés l’énergie, les télécoms, la logistique, les transports, les activités agricoles ou encore la filière agroalimentaire. Concrètement, le seuil de 44 heures hebdomadaires en moyenne sur 12 semaines consécutives au-delà duquel on ne peut travailler, pourra être porté à 46 heures (plafond fixé au niveau européen). Fixée à 48 heures, la durée maximale hebdomadaire pourra être portée jusqu’à 60 heures. A partir de la 36ème heure de travail, la majoration pour heure supplémentaire de 25 % s’appliquera, avec un minimum de 10 %, ainsi que les repos compensateurs dans les conditions de droit commun. Le repos compensateur minimal entre deux journées de travail pourra être réduit de 11 heures à 9 heures. Le travail dominical pourra être élargies sur la base du volontariat des salariés. En cas d’application occasionnelle, le volontariat ne sera pas nécessaire.
Protection sociale, prime et intéressement
Une ordonnance adapte temporairement les conditions et modalités d’attribution de l’allocation complémentaire à l’indemnité journalière perçue en cas d’arrêt maladie ou d’accident du travail en cas de risque sanitaire grave et exceptionnel (notamment d’épidémie), et élargit le champ des salariés éligibles. Avec le nouveau dispositif, le délai de carence de 3 jours est supprimé, de même que la condition d’ancienneté demandée dans certaines entreprises pour verser l’allocation complémentaire. Le versement aux salariés des sommes au titre d’un régime d’intéressement ou de participation qui leur sont dues au titre de l’exercice 2019 est reporté au 31 décembre 2020. Cela concerne également la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat dite prime Macron reconduite par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 et dont le versement était conditionné à la signature d’un accord d’intéressement avant le 30 juin. Cette condition préalable a été levée et la prime de 1000 euros défiscalisée peut être versée aux salariés mobilisés pendant la crise sanitaire.
Le chômage partiel pour tous les salariés
S’inspirant de l’expérience allemande lors de la crise financière de 2008, une ordonnance permet d’étendre le chômage partiel à tous les salariés, y compris les assistantes maternelles, les employés à domicile, les intérimaires (dont la mission est en cours ou interrompue), les VRP, et les employés d’entreprises étrangères payant leurs cotisations en France. L’État assurera la prise en charge totale des indemnisations versées aux salariés par les entreprises en cas d’activité partielle, jusqu’à hauteur de 4,5 SMIC. Un délai de 30 jours sera accordé aux entreprises pour déposer leur demande, avec effet rétroactif. La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a précisé qu’en cas de non-réponse à l’entreprise au bout de 48h, son dossier est accepté et elle est remboursée dix jours plus tard. Au 25 mars, le ministère du travail annonçait 730.000 personnes en chômage partiel, soit presque le double en six jours.
L’offre de modes de garde élargie
Afin de faciliter l’accueil des enfants dont les parents travaillent dans les secteurs d’activités essentiels, en particulier les personnels soignants, une ordonnance autorise les assistants maternels à accueillir simultanément jusqu’à six enfants (contre quatre dans le droit commun). Un service unique d’information des familles permettra de connaître en temps réel les places de crèches et d’assistants maternels disponibles.
Mesures sociales
Le maintien des revenus de remplacement
Une ordonnance prolonge le bénéfice de l’allocation chômage, de l’allocation de solidarité spécifique, de l’allocation d’assurance dont la charge est assurée par les employeurs publics et des allocations spécifiques pouvant être versées aux intermittents du spectacle, pour les demandeurs d’emploi qui ont épuisé leur droit à compter du 12 mars 2020. Ces droits sont prolongés jusqu’au mois d’avril et tant que durera la période de confinement.
L’emploi et les ressources des personnes en situation de handicap
Une ordonnance assure le maintien des droits et prestations attribués aux personnes en situation de handicap (l’allocation aux adultes handicapés, l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé) ainsi que la continuité des droits des personnes bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Dans la même logique, une ordonnance relative aux adaptations des règles d’organisation et de fonctionnement des établissements sociaux et médico-sociaux permet le maintien de la rémunération pour les travailleurs accueillis en établissement et service d’aide par le travail, en cas de réduction de l’activité ou de fermeture de l’établissement.
La prolongation de la trêve hivernale
Une ordonnance prolonge la trêve hivernale du 31 mars au 31 mai et sursoit aux mesures d’expulsion et d’interruption de fourniture d’eau, de gaz et d’électricité durant cette période.
L’INSEE a réalisé son enquête mensuelle sur le niveau de confiance des ménages du 26 février au 17 mars. Les résultats reflètent l’état d’esprit des Français juste avant le confinement.
A mi-mars, la confiance des ménages dans la situation économique était en baisse tout en restant au-dessus de sa moyenne de longue période. L’inquiétude dans l’avenir était néanmoins en augmentation. Ainsi, la proportion de ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants diminuait fortement par rapport au mois précédent. Le solde correspondant a perdu sept points et bascule en dessous de sa moyenne de longue période.
Le solde d’opinion des ménages quant à leur situation financière future a diminué de deux points et est repassé en dessous de sa moyenne de longue période. Malgré tout, solde relatif à leur situation financière passée avait gagné deux points et se maintenait au-dessus de sa moyenne de longue période.
Début mars, le solde d’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne future était en augmentation et restait au-dessus de sa moyenne de longue période. Le solde d’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne actuelle avait gagné un point et demeurait également au-dessus de sa moyenne de longue période. La part des ménages estimant qu’il était opportun d’épargner était en progression.
Concernant l’évolution du niveau de vie, les Français étaient plus pessimistes au début du mois de mars qu’en février. En revanche, la part des ménages qui considèrent que le niveau de vie en France s’est amélioré au cours des douze derniers mois était en augmentation. Avant même l’annonce du confinement, les craintes des ménages concernant l’évolution du chômage était en très forte augmentation, + 22 points. Enfin, début mars, les ménages estimant que les prix vont augmenter au cours des douze prochains mois sont nettement plus nombreux que le mois précédent.
L’enquête du mois d’avril prendra en compte la période du confinement qui s’est traduit par le développement du chômage partiel, plus de 1,6 million de personnes concernées (26 mars). Les jugements des Français devraient être tout autres que ce soit sur l’évolution du niveau de vie et de l’épargne.

Le patrimoine des ménages est, en France, peu sensible aux variations des marchés « actions ». Pour plus de 60 % il est composé d’actifs immobiliers dont les évolutions sont plus lentes que celles des marchés boursiers. Les actifs financiers s’élevaient à 5300 milliards d’euros en 2019. Trois quarts de ce montant sont investis en produits de taux qui ne sont pas touchés par la chute des cours des actions. Les seuls dépôts bancaires des ménages dépassent 1 500 milliards d’euros. En leur sein figurent les produits d’épargne réglementée (Livret A, LDDS, Livret d’Epargne Populaire, Livret Jeune…). Les fonds euros bénéficiant d’une garantie en capital représentent 81 % de l’encours qui s’élèvent à plus de 2000 milliards d’euros (avec les produits assurantiels d’épargne retraite). Les valeurs pouvant être touchées par la chute des bourses sont les actions détenues en direct, les unités de compte investies en actions et les parts d’Organismes de Placement collectif également investis en actions. ’encours des Les actions cotées détenues par les ménages s’élevait à la fin du troisième trimestre 2019 à 292 milliards d’euros. L’encours total des unités de compte 378,1 milliards d’euros toujours à fin septembre 2019. Par ailleurs, les Français détenaient pour 117,8 milliards d’euros d’actions de manière indirecte via les Organismes de Placement Collectif (OPC).
Les « actions » sont par nature des placements de long terme dont la valorisation s’apprécie sur le long terme. La crise du Covid-19 est brutale mais, en l’état, elle ne remet pas en cause les capacités de rebond des économies. Avant la crise, les résultats des entreprises étaient corrects, ce qui leur donnent les moyens de retrouver rapidement le chemin de la croissance. La levée des incertitudes sanitaires et économiques constitue, un préalable à la remontée des cours, ce qui peut exiger entre quelques semaines et quelques mois.
Depuis la dernière crise financière de 2008, les banques et les compagnies d’assurances, en France, ont renforcé leurs fonds propres. Elles ont réussi les stress tests de la Banque centrale européenne qui assure un rôle de surveillance et de contrôle. En cas de banqueroute d’un établissement, les mécanismes de garanties joueraient. Les dépôts bancaires sont garantis par client et par établissement à hauteur de 100 000 euros. Les comptes titres (actions, obligations, etc.) et les contrats d’assurance vie sont garantis à hauteur de 70 000 euros par client et par établissement.
Le Premier Ministre comme le Ministre de l’Économie ont indiqué que si des entreprises stratégiques étaient en difficulté, des prises de participation pourraient être réalisées par l’État. Cela pourrait concerner le secteur aérien et celui de l’automobile. L’intervention de l’État prendrait la forme d’une entrée en capital, ce qui permettrait de sauver les entreprises de la faillite. C’est donc une bonne nouvelle pour les actionnaires. En revanche, une augmentation du capital engendrerait, dans un premier temps, une baisse de la valeur des actions.
La tendance de court terme est plutôt déflationniste avec une baisse des prix de l’énergie et des matières premières. L’offre et la demande se contractant en parallèle, il n’y a pas de déséquilibres pouvant amener de l’inflation. À la fin de la crise sanitaire la demande pourrait rebondir plus vite que l’offre dont le retour à la normale passe par le rétablissement des lignes d’approvisionnement. Dans ces conditions, un risque d’inflation existe. Il sera limité car a priori les gouvernements opteront pour des dispositifs de sortie progressive des confinements. À la lumière de la crise précédente, les injections de liquidités ont peu d’effets sur l’inflation au grand dam des banques centrales.
L’immobilier n’est pas un actif bénéficiant d’une garantie en capital. Les prix des logements avaient fortement baissé entre 1992 et 1995 en raison de la hausse des taux d’intérêt. Lors de la crise de 2008 et de celle de 2012, une baisse avait été constatée en France. Avec le confinement, le marché a été gelé, la demande étant inexistante. Avec la récession et la diminution de revenus pour un certain nombre de ménages, avec la moindre présence des investisseurs internationaux, les prix devraient s’orienter à la baisse dans les prochains mois. La stabilisation du marché dépendra de l’ampleur du rebond économique.
Les États s’étaient fortement endettés après la crise de 2008. À l’exception de l’Allemagne, le poids de leurs dettes ne s’était pas réduit ces dernières années. Afin de limiter les conséquences de la crise du Covid-19 sur les ménages et les entreprises, les États ont décidé d’engager de vastes plans de soutien. Ces derniers devraient aboutir à un accroissement des dettes. Au niveau européen, la zone euro, malgré ses imperfections, joue un éminent rôle de mutualisation des risques.
D’un côté les banques centrales ont renforcé leur politique monétaire accommodante, de l’autre côté, les investisseurs s’inquiètent de l’endettement croissant et exigent des primes de risque plus élevées à l’encontre des États les moins bien notés. Pour contrer la crise, la FED a abaissé ses taux directeurs à 0/0,25 % et ceux de la Banque centrale européenne sont en territoire négatif à -0,5 %. Les banques centrales ont, par ailleurs, pris l’engagement de racheter des obligations d’État et d’entreprise pour des montants de plusieurs centaines de milliards d’euros. Une remontée des taux d’intérêt supposerait une situation de défiance à l’encontre d’un ou plusieurs pays. À l’heure actuelle, l’économie mondiale ne peut guère se payer le luxe d’ajouter à ses problèmes une crise financière. Dans ces conditions, les taux d’intérêt devraient rester faibles dans les prochains mois.
Les déficits publics devraient augmenter assez fortement en 2020. Celui de la France devrait dépasser 3,9 % du PIB. Lors de la crise de 2008, il avait atteint 7,2 % du PIB. Les gouvernements souhaitent avant tout un fort rebond de l’économie qui sera générateur de recettes fiscales. Compte tenu du choc économique subi, il faudra plusieurs années pour assainir la situation. Il n’est pas exclu que les pouvoirs publics soient contraints d’augmenter les impôts et taxes. Cela ne devrait intervenir qu’après la phase de consolidation.
Après trois mois de crise, un redémarrage de l’économie serait en cours. La consommation quotidienne de charbon pour la production électrique serait en hausse tout comme le nombre de kilomètres d’embouteillage dans les grandes villes. Les ventes des surfaces commerciales sont en légère progression. Les porte-conteneurs recommencent à partir des ports. Transposés à l’Occident, ces résultats signifieraient un début de normalisation de la situation économique vers la fin mai, début juin.
L’INSEE a publié son enquête de conjoncture du mois de mars qui a été réalisée du 26 février au 23 mars et inclue donc en partie la phase de confinement du pays. L’institut statistique a précisé qu’à partir du 14 mars, les réponses « papier » n’ont pas été gérées.
Selon les données recueillies, le climat des affaires a perdu 10 points, à 95. Il s’agit de la plus forte baisse mensuelle de l’indicateur depuis le début de la série (1980). En octobre 2008, après la faillite de Lehman Brothers, l’indicateur avait chuté de 9 points. L’indicateur de climat de l’emploi connaît également sa plus forte chute depuis le début de la série (1991). Il perd 9 points et atteint 96.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Au niveau sectoriel, les indicateurs de climat des affaires se dégradent considérablement dans les services (-14 points) et dans le commerce de détail (-13 points). Ils se détériorent également dans le commerce de gros (-5 points) et dans l’industrie (-3 points).
Sans surprise, les perspectives générales d’activité dans chaque secteur sont en forte baisse, -15 points dans les services, -25 points dans le commerce de détail, -33 points dans l’industrie et dans le commerce de gros.
Pour l’INSEE, les indicateurs concernent le climat des affaires dans l’industrie du bâtiment qui ressortent stables, reflètent la situation au début du mois de mars.
En fonction des données en sa possession fin mars, l’INSEE estime que la perte d’activité économique atteint 35 % par rapport à une situation normale.

La France se distingue par le poids très important du secteur tertiaire et par celui des dépenses publiques. Si au niveau des services, le confinement a entraîné l’arrêt des activités liées au tourisme, aux transports et aux loisirs, il a un effet moindre sur les secteurs des télécommunications ou de la finance. L’industrie française ne fonctionnerait, fin mars qu’à 50 %. Les entreprises de l’automobile sont, en particulier, à l’arrêt (PSA, Renault, Michelin). En revanche, l’industrie agro-alimentaire maintient, pour le moment, ses niveaux de production. La production agricole n’a pas connu une forte variation mais ce résultat n’est pas significatif étant donné que nous sortons de l’hiver. Le secteur de la construction est très touchée à la fois par l’absence de personnel mais aussi par les ruptures de stock.
Les dépenses publiques, et en particulier sociales, devraient jouer, comme en 2008, en France comme en 2008, un rôle d’amortisseur important. La réduction de certaines activités non-marchandes comme les crèches, les garderies, les bibliothèques, les centres sportifs, ponctionnera le PIB.
La consommation des ménages serait également inférieure de 35 % à sa « normale ». Les chutes les plus importantes concernent les dépenses en biens industriels. Les achats de textile auraient baissé de 90 à 100 %. Il en est de même pour les voitures.
La consommation de services marchands s’est contractée de 33 %, contribuant à la baisse totale de la consommation à hauteur de 15 points. Avec la fermeture des cafés et restaurants, la consommation en la matière a quasiment disparu. La consommation de services non marchands baisserait de 34 %, contribuant à hauteur de 2 points à la baisse d’ensemble. Du fait de la suspension des travaux de rénovation, la consommation des ménages dans la branche de la construction baisserait de 90 %, contribuant à une baisse de 1 point de la consommation totale des ménages.
Les secteurs enregistrant des hausses sont ceux de l’eau et de l’industrie pharmaceutique. La consommation des ménages en produits agricoles et agro-alimentaires augmenterait de 6 %. Les ménages, en raison du confinement, s’alimentent à domicile.
Les services immobiliers se maintiendraient en raison du caractère récurrent du versement des loyers.

L’INSEE évalue la perte de PIB d’un mois de confinement à 12 points en rythme trimestriel entraînant une perte de 3 points sur l’année sous réserve d’un rebond rapide. Les modalités de sortie de la crise sanitaire, la nature des plans de soutien et le niveau de confiance de la population sont autant de facteurs cruciaux pour l’évolution de la croissance dans les prochains mois.
| Durée de confinement | Effet sur le PIB trimestriel | Effet sur le PIB annuel |
| Un mois | -12 | -3 |
| Deux mois | -24 | -6 |
Source : INSEE
La loi d’urgence adoptée ce dimanche 22 mars par le Parlement permet au gouvernement de légiférer par voie d’ordonnances. Mercredi 25 mars, en Conseil des ministres, une ordonnance a été présentée afin de prévoir un report de la date limite de versement des primes d’intéressement et de participation aux salariés. logiquement, en temps normal, ces primes doivent être versées par l’entreprise au plus tard le premier jour du sixième mois suivant la clôture de l’exercice financier. Cette dernière ayant le plus souvent lieu le 31 décembre, le versement de ces primes est à réaliser a ant le 31 mai de l’année suivante, au plus tard. Certaines entreprises clôturant en mars peuvent verser jusqu’en août.
Avec l’ordonnance, les primes des salariés ne sont pas supprimées mais leur versement est décalé. Il s’agit d’un avantage de trésorerie accordé aux entreprises.
En 2018, la collecte avait atteint 15,2 milliards d’euros. selon l’Association Française de Gestion. 10,6 millions de salariés avaient profit du versement d’une prime d’épargne salariale.
Au 31 décembre 2018, les fonds d’actionnariat salarié représentent 37 % des encours contre 63% pour les fonds diversifiés (monétaires, obligataires, mixtes et actions). Au total la part de l’épargne salariale investie en actions représente plus de 55% des encours dont 37% via l’actionnariat salarié, 11% via les fonds actions et le solde via les fonds mixtes. Cette part « actions » a connu une forte valorisation en 2019 avant de connaître une baisse sensible à partir du mois de mars. En l’état actuel, les moins-values potentielles sont assez proches des gains obtenus l’année dernière, sachant que les FCPE sont un peu plus résilients que le CAC 40 aux chocs.
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