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« Le Livret A garde des atouts », assure Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, après l’annonce de l’évolution des taux

Dans Centre presse Aveyron, Philippe Crevel est interrogé sur l’annonce de la baisse à venir du Livret A.

Baisse du taux du Livret A : « On gagnera peu avec son Livret A, mais on ne perdra pas d’argent », si on prend en compte l’inflation, selon un économiste

Au micro de France Info, Philippe Crevel explique les conséquences pour les épargnants de la baisse du Livret A à compter du 1er février.

Coups de canif en série sur l’avantageuse fiscalité du Plan épargne retraite

Dans cet article dédié aux répercussions de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, Philippe Crevel est invité à réagir à la hausse de fiscalité appliquée aux produits d’épargne retraite.

La baisse du livret A, une épargne de précaution qui permet «de ne pas perdre d’argent»

Dans un article consacré à la baisse du taux du Livret A publié dans le média Capital, Philippe Crevel explique pourquoi malgré ce recul de cette baisse de la rémunération, les ménages continueront à bénéficier d’un rendement positif.

Quelle est la meilleure façon d’épargner pour sa retraite ?

Sur Europe 1, Philippe Crevel explique pourquoi l’assurance et le PER constituent les moyens privilégiés par les Français pour épargner en vue de la retraite.

Avec son taux en chute libre, le livret A peut-il perdre son statut de placement préféré des Français ?

Après avoir évoqué l’étendue des pertes dues à l’annonce de la baisse du Livret A, Philippe Crevel estime néanmoins dans le Figaro qu’ «il n’y a pas péril en la demeure» pour le livret A, le rendement réel du placement demeurant positif au regard du niveau de l’inflation.

Épargne : pourquoi les Français aiment-ils si peu le risque ?

Après la diffusion par la DGT d’une étude sur l’appétence marqué des Français pour les placements liquides et peu risqués, Philippe Crevel explique dans La Tribune que cette tendance est moins marquée chez les jeunes.

Le Livret A à 1,5 % et le LEP à 1,7 %

Le taux du Livret A et du Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) passera de  1,7 % à 1,5 % le 1er février et celui du Livre d’Epargne Populaire de 2,7 à 2,5 %. En l’espace d’un an, le taux du Livret A a été divisé par deux. Le Gouverneur a globalement respecté la formule pour le Livret A. En revanche comme c’est le cas depuis deux ans, le LEP bénéficie d’un coup de pouce. L’écart d’un point avec le Livret A est ainsi maintenu avec comme objectif de favoriser l’épargne populaire.

La baisse du taux du Livret A est une mauvaise nouvelle pour les épargnants et une bonne nouvelle pour les bailleurs sociaux qui pourront emprunter à un taux plus faible pour construire ou entretenir leur parc social. C’est aussi une bonne nouvelles les banques dont le coût de la ressource diminuera. C’est en cela également une bonne nouvelle pour tous les emprunteurs. L’Etat de son côté espèrera que les ménages consomment plus en épargnant moins sur le Livret A. Ce n’est pas gagné car en 2025, les ménages ont continué à épargner fortement mais différemment.

Un rendement réel qui restera positif

Même avec un taux ramené à 1,5 %, le rendement réel du Livret A resterait positif, alors qu’entre 2021 et 2023 il a été continuellement négatif, quand bien même le taux nominal avait atteint 3 %. Avec le Livret A, l’épargnant gagne peu, mais il ne perd pas.

Le Livret A conserve en outre des atouts indéniables : la garantie du capital, la liquidité — c’est-à-dire la possibilité d’entrer et de sortir à sa guise —, l’absence de frais et l’exonération de prélèvements obligatoires.

Cercle de l’Epargne – données INSEE et CDC

Quelles pertes pour les épargnants ?

Pour le Livret A

En 2025, le taux moyen annuel de rémunération du Livret A s’est établi à 2,16 %, après pondération des différents taux applicables au cours de l’année.

Pour un titulaire d’un Livret A moyen, avec un encours de 7 500 euros, le gain annuel a été de 162 euros (hypothèse d’un encours constant sur l’ensemble de l’année et d’intérêts calculés sur une base annuelle). Pour un Livret A détenu au plafond de 22 950 euros, le gain s’est élevé à 495,72 euros.

Avec un taux ramené à 1,5 %, les gains annuels seraient de 112,5 euros pour un Livret A moyen et de 324,25 euros pour un Livret A au plafond. La perte de rémunération entre 2025 et 2026 atteindrait ainsi respectivement 49,5 euros et 151,47 euros, sur la base d’un taux de 1,5 % appliqué sur une année pleine.

EncoursIntérêts 2025 (2,16 %)Intérêts 2026 (1,5 %)Écart
7 500 €162,00 €112,50 €–49,50 €
22 950 €495,72 €344,25 €–151,47 €

L’écart de rendement entre un taux à 1,7 et 1,5 % sur une base annuelle est la suivante :

EncoursIntérêts à 1,7 %Intérêts à 1,5 %Écart
7 500 €127,50 €112,50 €–15,00 €
22 950 €390,15 €344,25 €–45,90 €

Pour le Livret d’Epargne Populaire

En 2025, la taux moyen du LEP a été de 3,21 %.

En retenant, comme précédemment, l’hypothèse d’un encours stable sur l’ensemble de l’année et d’intérêts calculés sur une base annuelle, un Livret d’Épargne Populaire (LEP) moyen de 6 000 euros a rapporté, en 2025, 192,60 euros, tandis qu’un LEP détenu au plafond de 10 000 euros a généré un gain de 321 euros.

Avec un taux fixé à 2,5 % sur une année pleine, le gain annuel serait de 150 euros pour un LEP moyen et de 250 euros pour un LEP au plafond.

EncoursTaux moyen 2025 (3,21 %)Taux  1er février 2026 (2,50 %)Différence
6 000 €192,60 €150,00 €–42,60 €
10 000 €321,00 €250,00 €–71,00 €

En ne retenant un taux de 2,7 et de 2,5 %, les écarts de rendement sont les suivants

EncoursIntérêts à 2,7 %Intérêts à 2,5 %Écart
6 000 €162,00 €150,00 €–12,00 €
10 000 €270,00 €250,00 €–20,00 €

Comparatif de plusieurs placements en 2025

La baisse du rendement du Livret A a conduit les ménages à opérer des arbitrages en faveur de l’assurance-vie, confirmant leur sensibilité aux variations de taux. Le Livret A a ainsi enregistré une décollecte sur les onze premiers mois de l’année, à hauteur de 3,58 milliards d’euros, tandis que l’assurance-vie a réalisé l’une de ses meilleures performances récentes, avec une collecte nette de 49,4 milliards d’euros sur la même période. Les fonds en euros, en décollecte continue depuis 2019, ont de leur côté renoué avec une collecte positive en 2025.

La publication, depuis le début du mois de janvier, des rendements 2025 des fonds en euros devrait conforter ce mouvement de rebond. Ces rendements s’établissent en moyenne à un niveau supérieur à 2,6 %.

L’assurance-vie a également bénéficié de la bonne tenue des marchés financiers, le CAC 40 ayant progressé de plus de 10 % sur l’année et l’Euro Stoxx 50, qui regroupe les grandes valeurs européennes, de plus de 18 %

.Récapitulatif des rendements en 2025 d’un versement 10 000 euros

réalisé le 1er janvier 2025 sur différents placements

PlacementFiscalitéGain net
Livret A (2,16 %)Exonéré216 €
LEP (≈ 3,15 %)Exonéré315 €
Fonds euros AV (2,7 %) – PS seuls (17,2 %)PS224 €
Fonds euros AV (2,7 %) – PFU 30 %PFU189 €
ETF CAC 40 – PEAPS 17,2 %1 068 €
ETF CAC 40 – CTOPFU 30 %903 €
ETF Euro Stoxx 50 – PEAPS 17,2 %1 863 €
ETF Euro Stoxx 50 – CTOPFU 30 %1 575 €

AV : assurance vie – CTO : compte titre ordinaire – ETF fonds indiciel

En 2025, l’or était hors classement avec un gain pour l’once exprimé en dollar de 65%. Avant fiscalité, 10 000 euros placés le 1e janvier valait 16500 euros le 31 décembre.

Que faire avec son épargne ?

Le Livret A demeure un placement incontournable. Son rendement reste attractif au regard de celui des livrets ordinaires, dont la rémunération moyenne s’établissait à 0,75 % en novembre 2025, et même par rapport aux superlivrets, dont les taux promotionnels ne s’appliquent, en règle générale, que sur quelques mois. Par ailleurs, les livrets ordinaires comme les superlivrets sont soumis à la fiscalité du capital, soit un taux global de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026. Pour les personnes éligibles, le LEP reste de son côté un produit à privilégier avec un taux qui devrait rester élevé.

Le Livret A offre à la fois la garantie du capital et une grande liberté d’utilisation. Il constitue, par définition, une épargne de précaution. Il est généralement recommandé de disposer de trois à quatre mois de revenus placés sur des produits réglementés afin de faire face à des dépenses imprévues, telles qu’une panne de véhicule ou la réparation, voire le remplacement, d’équipements ménagers.

Au-delà de ce volant de sécurité, la question d’une réallocation de l’épargne peut se poser. Les premières alternatives au Livret A sont les fonds en euros de l’assurance-vie, qui bénéficient également d’une garantie en capital. Pour espérer des rendements plus élevés, l’épargnant doit toutefois accepter une part de risque. Dans cette perspective, les unités de compte de l’assurance-vie ou les supports en actions du PEA peuvent être envisagés. Enfin, pour ceux qui souhaitent préparer leur retraite, le Plan d’Épargne Retraite (PER) constitue une option pertinente, avec à la clé une déduction fiscale à l’entrée..

Comparatif de plusieurs placeme

En 2025, l’or était hors classement avec un gain pour l’once exprimé en dollar de 65%. Avant fiscalité, 10 000 euros placés le 1e janvier valait 16500 euros le 31 décembre.


Annexe

Evolution du taux du Livret depuis 1818

P : prévision
Cercle de l’Epargne

Pourquoi le taux du livret A devrait encore baisser au 1er février

Dans le Parisien, Philippe Crevel explique la décision attendue de la baisse du Livret A au 1er février et ses effets.

La baisse du taux du Livret A et du LEP : quelles conséquences ?

Le taux du Livret A et du Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) passera de  1,7 % à 1,5 % le 1er février et celui du Livre d’Epargne Populaire de 2,7 à 2,5 %. En l’espace d’un an, le taux du Livret A a été divisé par deux. Le Gouverneur a globalement respecté la formule pour le Livret A. En revanche comme c’est le cas depuis deux ans, le LEP bénéficie d’un coup de pouce. L’écart d’un point avec le Livret A est ainsi maintenu avec comme objectif de favoriser l’épargne populaire.

La baisse du taux du Livret A est une mauvaise nouvelle pour les épargnants et une bonne nouvelle pour les bailleurs sociaux qui pourront emprunter à un taux plus faible pour construire ou entretenir leur parc social. C’est aussi une bonne nouvelles les banques dont le coût de la ressource diminuera. C’est en cela également une bonne nouvelle pour tous les emprunteurs. L’Etat de son côté espèrera que les ménages consomment plus en épargnant moins sur le Livret A. Ce n’est pas gagné car en 2025, les ménages ont continué à épargner fortement mais différemment.

Un rendement réel qui restera positif

Même avec un taux ramené à 1,5 %, le rendement réel du Livret A resterait positif, alors qu’entre 2021 et 2023 il a été continuellement négatif, quand bien même le taux nominal avait atteint 3 %. Avec le Livret A, l’épargnant gagne peu, mais il ne perd pas.

Le Livret A conserve en outre des atouts indéniables : la garantie du capital, la liquidité — c’est-à-dire la possibilité d’entrer et de sortir à sa guise —, l’absence de frais et l’exonération de prélèvements obligatoires.

Cercle de l’Epargne – données INSEE et CDC

Quelles pertes pour les épargnants ?

Pour le Livret A

En 2025, le taux moyen annuel de rémunération du Livret A s’est établi à 2,16 %, après pondération des différents taux applicables au cours de l’année.

Pour un titulaire d’un Livret A moyen, avec un encours de 7 500 euros, le gain annuel a été de 162 euros (hypothèse d’un encours constant sur l’ensemble de l’année et d’intérêts calculés sur une base annuelle). Pour un Livret A détenu au plafond de 22 950 euros, le gain s’est élevé à 495,72 euros.

Avec un taux ramené à 1,5 %, les gains annuels seraient de 112,5 euros pour un Livret A moyen et de 344,25 euros pour un Livret A au plafond. La perte de rémunération entre 2025 et 2026 atteindrait ainsi respectivement 49,5 euros et 151,47 euros, sur la base d’un taux de 1,5 % appliqué sur une année pleine.

EncoursIntérêts 2025 (2,16 %)Intérêts 2026 (1,5 %)Écart
7 500 €162,00 €112,50 €–49,50 €
22 950 €495,72 €344,25 €–151,47 €

L’écart de rendement entre un taux à 1,7 et 1,5 % sur une base annuelle est la suivante :

EncoursIntérêts à 1,7 %Intérêts à 1,5 %Écart
7 500 €127,50 €112,50 €–15,00 €
22 950 €390,15 €344,25 €–45,90 €

Pour le Livret d’Epargne Populaire

En 2025, la taux moyen du LEP a été de 3,21 %.

En retenant, comme précédemment, l’hypothèse d’un encours stable sur l’ensemble de l’année et d’intérêts calculés sur une base annuelle, un Livret d’Épargne Populaire (LEP) moyen de 6 000 euros a rapporté, en 2025, 192,60 euros, tandis qu’un LEP détenu au plafond de 10 000 euros a généré un gain de 321 euros.

Avec un taux fixé à 2,5 % sur une année pleine, le gain annuel serait de 150 euros pour un LEP moyen et de 250 euros pour un LEP au plafond.

EncoursTaux moyen 2025 (3,21 %)Taux  1er février 2026 (2,50 %)Différence
6 000 €192,60 €150,00 €–42,60 €
10 000 €321,00 €250,00 €–71,00 €

En ne retenant un taux de 2,7 et de 2,5 %, les écarts de rendement sont les suivants

EncoursIntérêts à 2,7 %Intérêts à 2,5 %Écart
6 000 €162,00 €150,00 €–12,00 €
10 000 €270,00 €250,00 €–20,00 €

Comparatif de plusieurs placements en 2025

La baisse du rendement du Livret A a conduit les ménages à opérer des arbitrages en faveur de l’assurance-vie, confirmant leur sensibilité aux variations de taux. Le Livret A a ainsi enregistré une décollecte sur les onze premiers mois de l’année, à hauteur de 3,58 milliards d’euros, tandis que l’assurance-vie a réalisé l’une de ses meilleures performances récentes, avec une collecte nette de 49,4 milliards d’euros sur la même période. Les fonds en euros, en décollecte continue depuis 2019, ont de leur côté renoué avec une collecte positive en 2025.

La publication, depuis le début du mois de janvier, des rendements 2025 des fonds en euros devrait conforter ce mouvement de rebond. Ces rendements s’établissent en moyenne à un niveau supérieur à 2,6 %.

L’assurance-vie a également bénéficié de la bonne tenue des marchés financiers, le CAC 40 ayant progressé de plus de 10 % sur l’année et l’Euro Stoxx 50, qui regroupe les grandes valeurs européennes, de plus de 18 %

.Récapitulatif des rendements en 2025 d’un versement 10 000 euros

réalisé le 1er janvier 2025 sur différents placements

PlacementFiscalitéGain net
Livret A (2,16 %)Exonéré216 €
LEP (≈ 3,15 %)Exonéré315 €
Fonds euros AV (2,7 %) – PS seuls (17,2 %)PS224 €
Fonds euros AV (2,7 %) – PFU 30 %PFU189 €
ETF CAC 40 – PEAPS 17,2 %1 068 €
ETF CAC 40 – CTOPFU 30 %903 €
ETF Euro Stoxx 50 – PEAPS 17,2 %1 863 €
ETF Euro Stoxx 50 – CTOPFU 30 %1 575 €

AV : assurance vie – CTO : compte titre ordinaire – ETF fonds indiciel

En 2025, l’or était hors classement avec un gain pour l’once exprimé en dollar de 65%. Avant fiscalité, 10 000 euros placés le 1e janvier valait 16500 euros le 31 décembre.

Que faire avec son épargne ?

Le Livret A demeure un placement incontournable. Son rendement reste attractif au regard de celui des livrets ordinaires, dont la rémunération moyenne s’établissait à 0,75 % en novembre 2025, et même par rapport aux superlivrets, dont les taux promotionnels ne s’appliquent, en règle générale, que sur quelques mois. Par ailleurs, les livrets ordinaires comme les superlivrets sont soumis à la fiscalité du capital, soit un taux global de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026. Pour les personnes éligibles, le LEP reste de son côté un produit à privilégier avec un taux qui devrait rester élevé.

Le Livret A offre à la fois la garantie du capital et une grande liberté d’utilisation. Il constitue, par définition, une épargne de précaution. Il est généralement recommandé de disposer de trois à quatre mois de revenus placés sur des produits réglementés afin de faire face à des dépenses imprévues, telles qu’une panne de véhicule ou la réparation, voire le remplacement, d’équipements ménagers.

Au-delà de ce volant de sécurité, la question d’une réallocation de l’épargne peut se poser. Les premières alternatives au Livret A sont les fonds en euros de l’assurance-vie, qui bénéficient également d’une garantie en capital. Pour espérer des rendements plus élevés, l’épargnant doit toutefois accepter une part de risque. Dans cette perspective, les unités de compte de l’assurance-vie ou les supports en actions du PEA peuvent être envisagés. Enfin, pour ceux qui souhaitent préparer leur retraite, le Plan d’Épargne Retraite (PER) constitue une option pertinente, avec à la clé une déduction fiscale à l’entrée.

Annexe

Evolution du taux du Livret depuis 1818

P : prévision

Cercle de l’Epargne

Plan d’Epargne Retraite : toujours compétitif malgré l’augmentation du taux des prélèvements sociaux

Le taux des prélèvements sociaux applicable aux Plans d’Épargne Retraite (PER) est porté à 18,6 % à compter du 1er janvier 2026, contre 17,2 % auparavant. Ce dernier taux demeure en revanche applicable à l’assurance-vie et au Plan d’Épargne Logement.

L’assurance-vie bénéficiant toujours d’un taux de prélèvements sociaux fixé à 17,2 %, l’administration aurait pu considérer que le PER, dans sa version assurantielle, puisse bénéficier d’un statu quo en la matière.

En cas de sortie en capital, les plus-values sont assujetties à la flat tax, dont le taux forfaitaire atteint désormais 31,4 %, contre 30 % avant le relèvement de la CSG.
En revanche, l’imposition du capital diffère selon que l’épargnant a, ou non, déduit les versements volontaires de son revenu imposable :

  • Sans déduction à l’entrée, le capital est exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ;
  • En cas de déduction, le capital est imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux.

Les sorties en rente supportent également les prélèvements sociaux au nouveau taux de 18,6 %, selon les règles applicables à la nature de la rente.

Malgré cette augmentation, le PER reste un placement compétitif grâce notamment à la déduction fiscale à l’entrée et au système de capitalisation. Le PER est le produit d’épargne dédié à la préparation financière de la retraite.

Introduction en Bourse : le retard de l’Europe

En 2025, les introductions en Bourse ont été en hausse à l’échelle mondiale, mais l’Europe reste à l’écart du mouvement. La zone Europe–Moyen-Orient apparaît comme l’unique grand ensemble à enregistrer un recul, passant de près de 31 milliards de dollars levés en 2024 à moins de 24 milliards en 2025, soit une contraction de l’ordre de 24 %.

Avec 45,5 milliards de dollars levés en 2025, Wall Street concentre à elle seule près d’un quart des émissions mondiales. La Chine, malgré un contexte économique encore incertain, mobilise près de 20 milliards de dollars, tandis que l’Inde confirme sa montée en puissance, dépassant désormais 22 milliards. Hong Kong, redevenu plateforme de référence pour les grandes opérations asiatiques, enregistre une forte progression, triplant quasiment ses montants levés sur un an.

La faiblesse européenne ne peut être imputée ni à un déficit de performance boursière ni à un durcissement monétaire. Les grands indices du continent ont inscrit de nouveaux sommets en 2025 et la Banque centrale européenne a amorcé un cycle d’assouplissement. Pourtant, ces conditions favorables n’ont pas suffi à relancer le marché primaire qui est pénalisé par sa fragmentation. L’Europe souffre toujours de l’absence d’une grande place de référence.

En France, en douze mois, aucune introduction n’a eu lieu sur Euronext Paris. Cette paralysie ne traduit pas un manque de projets, mais un arbitrage rationnel en faveur d’autres modes de financement : crédits, obligations, etc. Les incertitudes budgétaires et fiscales ont pu dissuader néanmoins certaines entreprises à se lancer dans des opérations d’émissions d’actions.

Cercle de l’Épargne – données EY avec dealogic

Le « private equity » français face au mur de la valeur

Le private equity français traverse une phase de ralentissement qui ne relève ni de l’accident conjoncturel ni d’un simple attentisme. En 2025, un peu plus de 420 acquisitions ont été annoncées par des fonds en France, pour un montant total de 23,3 milliards de dollars. Ces chiffres constituent un point bas depuis la crise sanitaire et traduisent un recul de plus de 20 % en un an. Le marché n’est pas à l’arrêt, mais il fonctionne au ralenti, aussi bien à l’entrée qu’à la sortie, à l’exception de quelques opérations de grande taille qui masquent mal la contraction du cœur du marché.

La principale difficulté tient à la formation des prix. Dans un environnement politique et macroéconomique instable, les anticipations des vendeurs demeurent largement ancrées dans les niveaux de valorisation observés entre 2019 et 2022, tandis que les acheteurs intègrent désormais des taux durablement plus élevés, un coût du capital accru et des perspectives de croissance moins linéaires. Ce différentiel de prix constitue aujourd’hui le principal facteur de blocage. Il explique la polarisation extrême des valorisations selon les secteurs. Les actifs exposés à la santé, aux services essentiels ou à certaines niches technologiques continuent d’attirer des multiples élevés, quand d’autres segments restent durablement délaissés.

Pour autant, le marché n’est pas totalement figé. Plusieurs opérations significatives ont été menées à bien, souvent sous forme de prises de participation minoritaires ou de montages soigneusement structurés. Le spécialiste du diagnostic médical Sebia a ouvert son capital sur la base d’une valorisation proche de 5 milliards d’euros, tandis que le courtier en assurances Diot-Siaci s’est valorisé autour de 4,8 milliards. Dans la santé animale, Ceva a franchi un cap supplémentaire avec une valorisation avoisinant 9 milliards d’euros. Ces transactions confirment qu’un actif solide, doté de fondamentaux lisibles et d’une trajectoire de croissance crédible, peut encore trouver preneur, à condition d’accepter un niveau d’exigence inédit.

Cette exigence se manifeste tout au long des processus. Les enchères se raréfient, les « due diligences » s’allongent, les comités d’investissement deviennent plus sélectifs et les conseils d’administration plus prudents. Les dossiers doivent être préparés en profondeur, documentés sur la durée et capables de résister à un examen détaillé des risques opérationnels, réglementaires et financiers. Dans ce contexte, certaines opérations emblématiques n’ont pas abouti. La cession du spécialiste de la biosécurité Kersia, valorisée entre 2 et 3 milliards d’euros, ou celle du producteur d’ingrédients alimentaires Solina, espérée autour de 5 milliards, illustrent ces frictions persistantes. Elles rappellent que le marché reste sans indulgence pour les actifs dont le narratif financier ne convainc plus.

Ce contraste est d’autant plus marqué que la situation est sensiblement différente hors de France. En Europe, malgré un recul du nombre de transactions, le montant total des opérations de « private equity » a progressé pour dépasser 200 milliards de dollars en 2025. À l’échelle mondiale, les transactions ont atteint près de 900 milliards de dollars, portées par les États-Unis, qui concentrent désormais plus de 60 % du volume mondial. Les « mégadeals » américains, souvent adossés à des financements structurés de grande ampleur, ont joué un rôle d’entraînement et contribué à rouvrir partiellement le marché du crédit LBO (LBO de l’anglais « Leverage Buy-Out », un terme générique désignant un montage juridico-financier de rachat d’entreprise par effet de levier).

Cette dynamique globale ne doit cependant pas masquer une fragilité structurelle. En Europe, près d’un millier d’entreprises détenues par des fonds, valorisées chacune à plus d’un milliard d’euros, restent en portefeuille depuis plus de six ans, pour une valeur cumulée dépassant 3 000 milliards de dollars. Ce stock d’actifs non cédés constitue un réservoir potentiel d’opérations de fusions-acquisitions, mais il reflète surtout une faiblesse persistante des sorties. La remontée des liquidités vers les investisseurs institutionnels demeure insuffisante, ce qui pèse sur la capacité des fonds à lever de nouveaux véhicules et à relancer pleinement le cycle d’investissement.

Pris entre la pression de leurs souscripteurs et la réalité du marché, de nombreux gérants ont fait évoluer leur gouvernance. Des comités dédiés aux sorties ont été mis en place afin de passer en revue, actif par actif, la pertinence d’une conservation prolongée. Cette évolution marque une inflexion culturelle : la question de la cession ne se pose plus en bout de chaîne, mais dès l’acquisition. Les fonds doivent arbitrer plus tôt entre poursuite de la création de valeur et acceptation d’une fenêtre de marché imparfaite, mais disponible.

Dans ce contexte, la réouverture progressive du marché des introductions en Bourse apparaît comme un élément clé. Les IPO (IPO pour « Initial Public Offering », désignent des introductions en Bourse) pourraient offrir une voie de sortie complémentaire pour les actifs de grande taille et redonner de l’oxygène à un marché engorgé. Pour les fonds, l’enjeu n’est plus de retrouver les conditions exceptionnelles du passé récent, mais d’apprendre à fonctionner dans un régime plus exigeant, où la discipline financière, la sélectivité sectorielle et la maîtrise du temps priment sur la seule abondance de liquidités.

Le « private equity » n’est pas en crise au sens strict. Il entre dans une phase de normalisation, marquée par le retour du prix du risque et par la fin d’un cycle de valorisations déconnectées des fondamentaux. En France plus qu’ailleurs, cette transition est brutale. Elle impose aux acteurs une adaptation rapide, sous peine de voir l’écart se creuser avec les marchés les plus dynamiques. Dans cet univers désormais contraint, la valeur ne se décrète plus : elle se démontre, se justifie et, parfois, se renégocie.

Cercle de l’Épargne – données LSE

Patrimoine et niveau de vie

Le montant du patrimoine détenu par les ménages a fortement augmenté ces vingt dernières années, mais sa répartition reste très inégale. Début 2024, sur les 31,1 millions de ménages en France hors Mayotte, selon l’INSEE, (enquête Histoire de vie et patrimoine), la moitié la mieux dotée possède 93 % de la masse totale de patrimoine brut, tandis que l’autre moitié n’en possède que 7 %. Les 10 % les mieux dotés détiennent à eux seuls 48 % de la masse totale et les 5 % les mieux dotés 34 %.

Au sommaire de l’étude

  • Le niveau de patrimoine en fonction de l’âge
  • Le niveau de patrimoine fonction du niveau de vie et de la catégorie socioprofessionnelle
  • Les ménages les moins dotés ont surtout un compte courant, des livrets et du patrimoine résiduel
  • L’immobilier : une part importante du patrimoine des ménages aisés
  • Les 10 % des ménages les mieux dotés en patrimoine : un grand nombre de placements
  • L’endettement fonction de l’âge

L’espérance de vie : une question de revenus ?

L’espérance de vie à la naissance dépend étroitement des conditions de vie et, en premier lieu, du niveau de revenu. En France, l’écart d’espérance de vie entre les personnes aux revenus modestes et celles disposant de revenus élevés s’est accru ces dernières années. Comme le souligne une étude de l’INSEE publié au mois de décembre 2025, au-delà du revenu, d’autres déterminants interviennent, tels que l’alimentation, les comportements de santé ou encore les conditions de travail.

Sur la période 2020-2024, parmi les 5 % de personnes les plus aisées à chaque âge, les hommes affichent une espérance de vie à la naissance de 85,0 ans, contre 72,0 ans pour les 5 % les plus modestes. Les hommes les plus aisés vivent ainsi, en moyenne, 13 ans de plus que les plus modestes. Chez les femmes, l’écart atteint 9 ans : l’espérance de vie à la naissance s’élève à 88,7 ans pour les 5 % les plus aisées, contre 80,1 ans pour les 5 % les plus modestes.

Au sommaire de l’étude

  • Une augmentation de l’espérance de vie avec le revenu, surtout en bas de l’échelle
  • Des écarts hommes-femmes largement indépendants du revenu
  • À 50 ans, un risque de décès très inégalitaire socialement
  • Un creusement récent des inégalités d’espérance de vie
  • Des disparités territoriales marquées

Le cumul emploi/retraite réformé en profondeur

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 n’a pas seulement acté la suspension, jusqu’à fin 2027, des paramètres centraux de la réforme des retraites de 2023 — relèvement de l’âge légal et allongement de la durée de cotisation – elle opère, de manière plus discrète, mais potentiellement plus structurante, une remise en cause du régime du cumul emploi-retraite qui depuis 2003 a fait l’objet de nombreuses modifications. Depuis plus de 20 ans, les pouvoirs publics hésitent entre assouplissement et durcissement. La réforme de la LFSS 2026 figure catégoriquement dans cette deuxième catégorie.

Alors que la réforme portée par Élisabeth Borne avait, en effet, assoupli ce dispositif en rétablissant la possibilité d’acquérir de nouveaux droits à retraite après liquidation, le législateur en 2025 a adopté une logique inverse avec une diminution de l’intérêt financier du cumul et l’orientation des seniors vers d’autres formes de transition, en particulier la retraite progressive, jusqu’ici marginale.

Un dispositif ciblé par la Cour des comptes

Cette inflexion s’inscrit dans le prolongement des analyses de la Cour des comptes. Dans ses travaux récents, celle-ci identifie environ 700 000 personnes en situation de cumul emploi-retraite, soit un peu plus de 5 % de l’ensemble des retraités.

La Cour distingue quatre profils types :

  • 27 % de cadres disposant de pensions élevées ;
  • 27 % de professions intermédiaires, aux pensions plus modestes ;
  • 24 % d’anciens actifs aux carrières longues, percevant des pensions moyennes ;
  • 22 % de retraités aux carrières heurtées, majoritairement des femmes, avec des pensions faibles.

Le cumul emploi-retraite est utilisé comme un mécanisme de compensation de pensions insuffisantes pour une fraction non négligeable des retraités. Elle profite plutôt aux retraités aisés qui ont la possibilité de maintenir une activité durant les premières années de leur retraite.

Le droit en vigueur avant la réforme

Jusqu’à présent, deux régimes coexistaient :

Le cumul intégral

Quand un assuré liquide sa retraite à taux plein — soit en atteignant l’âge légal et la durée requise, soit en atteignant l’âge du taux plein automatique (67 ans) — il peut reprendre ou poursuivre une activité professionnelle sans aucune limite de revenus. Les revenus d’activité ne réduisent pas la pension.

Le cumul plafonné

En l’absence de taux plein, le cumul reste possible, mais plafonné. Le total des revenus d’activité et de pension ne peut excéder :

  • 160 % du SMIC brut, soit environ 2 820 euros bruts mensuels en 2025 ;
  • ou le dernier salaire brut perçu avant la liquidation, le plafond le plus favorable étant retenu.

Le nouveau cadre applicable à compter du 1er janvier 2027

La réforme introduit une rupture nette en distinguant désormais trois situations selon l’âge.

Avant l’âge légal de départ à la retraite

Pour les personnes liquidant leur retraite de manière anticipée, chaque euro de revenu professionnel sera déduit à 100 % de la pension, dès le premier euro. Autrement dit, le cumul devient économiquement neutre, voire dissuasif.

Entre l’âge légal et 67 ans

Le cumul reste autorisé, mais sous condition. Les revenus d’activité supérieurs à un seuil annuel d’environ 7 000 euros — seuil cohérent avec les plafonds sociaux existants, bien qu’encore à confirmer par décret — entraîneront une minoration de pension équivalente à 50 % de la part excédentaire.

Exemple :

Un retraité de 65 ans percevant 10 000 euros de revenus d’activité verra la fraction excédant 7 000 euros, soit 3 000 euros, entraîner une réduction annuelle de pension de 1 500 euros.

À partir de 67 ans

Le cumul redevient intégral. La pension n’est plus affectée par les revenus d’activité.

Objectifs affichés et économies attendues

Le Gouvernement espère dégager plusieurs centaines de millions d’euros d’économies par an, un ordre de grandeur cohérent compte tenu du nombre de cumulants et de la concentration des revenus d’activité chez les profils les plus qualifiés.

L’autre objectif est comportemental. Les pouvoirs publics escomptent que les seniors retardent la liquidation de leurs droits à la retraite et qu’ils opteront en priorité à la retraite progressive. Or ce dispositif ne concerne aujourd’hui qu’environ 30 000 personnes, soit moins de 0,5 % des assurés proches de la retraite, malgré des assouplissements successifs.

Des effets redistributifs et économiques ambigus

Cette réforme constitue une rupture avec la philosophie suivie depuis 2003, qui visait à lever les freins à l’activité des seniors. Elle affectera en priorité :

  • les cadres ;
  • les anciens indépendants ;
  • les professions libérales.

Ces trois catégories sociales sont celles qui recourent le plus au cumul emploi-retraite et génèrent les revenus les plus significatifs.

Les conséquences possibles sont multiples :

  • perte de pouvoir d’achat pour certains retraités ;
  • désincitation à l’activité déclarée, au profit de formes informelles ;
  • érosion des recettes sociales et fiscales, via une baisse des cotisations et de l’impôt sur le revenu.

Le retour au cumul intégral à 67 ans pose une difficulté structurelle. En France, l’âge moyen effectif de départ à la retraite s’établit autour de 62 ans et demi. Exiger une interruption d’activité de plus de quatre ans avant de pouvoir retravailler librement apparaît peu réaliste, tant du point de vue des compétences que de l’employabilité. De fait, une majorité des cumulants actuels ont moins de 65 ans, ce qui laisse penser que le dispositif risque davantage de réduire l’offre de travail senior que de la réorienter. Il risque également de favoriser le travail non déclaré.

La France face à son vieillissement démographique

Les résultats démographiques de 2025 confirment la tendance amorcée ces dernières années avec une nouvelle baisse du taux de fécondité. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès dépasse celui des naissances. L’augmentation de la population dépend désormais exclusivement de l’immigration.

Selon l’INSEE, au 1er janvier 2026, la population en France a dépassé les 69 millions d’habitants (69,1 millions), soit une hausse de 0,25 % par rapport à un an auparavant.

Solde naturel négatif : une première depuis 1945

En 2025, 645 000 bébés sont nés en France, soit 2,1 % de moins qu’en 2024 et 24 % de moins qu’en 2010, année du dernier point haut des naissances. En 2025, 651 000 personnes sont décédées en France, soit une hausse de 1,5 % par rapport à 2024. Cette augmentation est notamment liée à l’épidémie de grippe hivernale, qui a été particulièrement meurtrière en début d’année. Depuis 2011, le nombre de décès tend à augmenter du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom, nées entre 1946 et 1974. La période 2020-2022 a été particulière, marquée par une forte mortalité due à la pandémie de Covid-19.

En 2025, le solde naturel devient négatif en France, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’INSEE l’évalue à -6 000. Il était déjà négatif en 2024 pour la seule France métropolitaine.

La population française augmente grâce à l’immigration. Le solde migratoire est estimé à +176 000 personnes pour 2025.

Au 1er janvier 2024, la France représentait 15 % de la population de l’Union européenne à 27 pays (UE), restant le deuxième pays le plus peuplé derrière l’Allemagne (19 %).

Données INSEE (p : provisoires)

Un taux de fécondité à nouveau en recul

Le nombre de naissances dépend, d’une part, du nombre de femmes dites en âge d’avoir des enfants et, d’autre part, de leur fécondité. Depuis 2016, le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants, et notamment de celles âgées de 20 à 40 ans, ne diminue pas ; il augmente même légèrement sur la période récente.

Le taux de fécondité a poursuivi sa baisse. Il n’est plus que de 1,56 enfant par femme, contre 1,61 en 2024. C’est le niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Pour la seule France métropolitaine, il est de 1,53. En 2010, l’indice de fécondité s’élevait à 2,02, près du taux de remplacement des générations (2,1).

Le taux de fécondité baisse pour toutes les tranches d’âge des femmes, alors que, ces dernières années, il avait tendance à progresser chez les plus de 35 ans.

En 2025, l’âge conjoncturel moyen à l’accouchement poursuit sa hausse tendancielle et s’élève à 31,2 ans pour les femmes (34,1 ans pour l’âge moyen à la naissance des enfants pour les hommes), contre 29,6 ans en 2005 (32,6 ans pour les hommes).

En 2023, dernière année pour laquelle les données européennes sont disponibles, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) dans l’ensemble de l’UE s’établit à 1,38 enfant par femme, après 1,46 en 2022. L’ICF en France s’élevait à 1,65 enfant par femme en 2023, plaçant le pays au deuxième rang au sein de l’UE, derrière la Bulgarie (1,81).

Stabilisation du taux de mortalité infantile

En 2025, le taux de mortalité infantile est de 4,0 décès pour 1 000 naissances vivantes ; cela représente 2 550 enfants décédés avant leur premier anniversaire.

Après avoir reculé très fortement au cours du XXe siècle, ce taux ne baisse plus depuis 2005. Il a même légèrement augmenté entre 2011 (3,5 ‰) et 2022 (4,0 ‰), et se stabilise depuis.

Niveau record de l’espérance de vie en France en 2025

En 2025, l’espérance de vie à la naissance a progressé de 0,1 an pour les hommes comme pour les femmes. Elle s’élève ainsi à 85,9 ans pour les femmes et à 80,3 ans pour les hommes. Ces niveaux constituent un nouveau record pour la France.

Depuis le milieu des années 1990, l’espérance de vie à la naissance croît moins vite pour les femmes que pour les hommes, réduisant ainsi l’écart entre les deux sexes. Cet écart est de 5,6 ans en 2025, contre 7,1 ans en 2005 et 8,1 ans en 1995.

En 2024, dernière année pour laquelle les données européennes sont disponibles, l’espérance de vie à la naissance en France est supérieure à la moyenne de l’Union européenne :

• 85,8 ans pour les femmes (contre 84,4 ans dans l’UE)

• 80,2 ans pour les hommes (contre 79,2 ans dans l’UE).

En France, l’espérance de vie des femmes figure parmi les plus élevées de l’UE et celle des hommes se situe au dixième rang. Les femmes vivent le plus longtemps en Espagne (86,6 ans) et les hommes en Suède (82,6 ans). À l’inverse, l’espérance de vie à la naissance des femmes est la plus faible en Bulgarie (79,7 ans) et celle des hommes en Lettonie (71,6 ans).

Données INSEE

Autant de seniors de plus de 65 ans que de jeunes de moins de 20 ans

En 2026, les personnes âgées de 65 ans ou plus sont presque aussi nombreuses que celles de moins de 20 ans : les premières représentent 22,2 % de la population, les secondes 22,5 %.

En 2006, 16,4 % des habitants avaient au moins 65 ans et 25,1 % avaient moins de 20 ans.

Ce phénomène s’explique par le vieillissement des générations nombreuses du baby-boom. En 2026, les plus anciennes auront 80 ans. Les personnes âgées d’au moins 75 ans représentent désormais 11,1 % de la population, contre 8,2 % en 2006.

Au 1er janvier 2024, dans l’Union européenne, les personnes âgées d’au moins 65 ans représentent 21,6 % de la population. C’est en Italie que cette part est la plus élevée (24,3 %). Fortes de leur fécondité relativement élevée ces quinze dernières années, l’Irlande, la Suède et la France présentent les parts de jeunes de moins de 15 ans les plus élevées de l’UE (respectivement 18,9 %, 17,1 % et 16,9 %, contre 14,6 % pour l’ensemble de l’UE).

Données INSEE

Augmentation du nombre de mariages

En 2025, le nombre de mariages célébrés en France est estimé par l’INSEE à 251 000, dont 244 000 entre personnes de sexe différent et 7 000 entre personnes de même sexe.

En 2024, 197 200 pactes civils de solidarité (Pacs) ont été conclus, dont 186 800 entre personnes de sexe différent et 10 400 entre personnes de même sexe. Leur nombre est stable par rapport à 2023.

Données INSEE

Conclusion

Le bilan démographique de 2025, marqué par la première apparition d’un solde naturel négatif, signe l’entrée de la France de plain-pied dans le vieillissement démographique. La poursuite de la baisse du taux de fécondité constitue un signal préoccupant pour les prochaines années : le renouvellement des générations est désormais très éloigné. L’augmentation de la population repose exclusivement sur l’immigration. Compte tenu du départ à la retraite des générations nombreuses nées dans les années 1960, les tensions sur le marché du travail et les problèmes de main-d’œuvre devraient s’accentuer rapidement dans les années à venir.

La revalorisation des pensions de base

La loi de financement de la sécurité sociale 2026, contrairement à ce qui avait été initialement prévu, comporte une clause d’indexation des pensions de base qui s’est appliquée dès le 1er janvier 2026.

La revalorisation des pensions concernées a été réalisée en fonction de l’inflation. Comme le prévoit l’article L. 161-25 du Code de la Sécurité sociale, la revalorisation des pensions est calculée en fonction de « l’évolution de la moyenne annuelle des prix à la consommation, hors tabac », constatée par l’Insee dans les douze derniers mois, de décembre de l’année N-1 à novembre de l’année N. Cette inflation a été de 0,9 % en moyenne sur l’année écoulée. C’est ce coefficient qui s’applique aux pensions. Comme l’a confirmé dans une circulaire le Ministère du travail le 15 décembre dernier. Pour une pension de base de 800 euros, le gain est de 7,20 euros. C’est la plus faible hausse depuis 4 ans. Il faut remonter à 2021 pour avoir une revalorisation plus faible (0,4 %).

De leur côté, les pensions de retraite complémentaire versées par l’Agirc-Arrco n’ont pas été revalorisées le 1er novembre dernier, après une hausse de 1,6 % le 1er novembre 2024, et de 4,9 % le 1er novembre 2023.

La revalorisation des pensions de base ne concerne pas le versement du 9 janvier prochain. Celui-ci est relatif à la pension de décembre 2025, qui n’est pas touchée par la revalorisation. C’est donc à partir du versement du 9 février que les pensions seront actualisées.

Pour rappel, les pensions de retraite sont normalement versées le 9 de chaque mois. Si le 9 est un samedi, un dimanche ou un jour férié, le paiement est avancé. Ainsi, en 2026, les versements de mai et d’août auront lieu le 7. En Alsace-Moselle, les pensions de retraite sont versées le 1er jour du mois, ou le premier jour ouvré qui suit si le 1er est un samedi, un dimanche ou un jour férié.

Les nouveaux plafonds de la réversion

En cas de décès de son actuel ou ex-conjoint, le conjoint survivant peut percevoir une partie de sa pension de retraite sous forme de réversion. La pension de réversion de base est attribuée à l’époux (se) ou ex-époux (se) survivant, âgé de 55 ans minimum. Des conditions de ressources sont par ailleurs appliquées.

Dans le cas des ex-salariés du privé, une réversion existe à la fois à l’Assurance retraite, pension de base, mais aussi à l’Agirc-Arrco, pension complémentaire. Les veufs/veuves peuvent cumuler ces deux pensions, l’une représentant 54 % de la pension de base (versée par la Carsat) du défunt, l’autre représentant 60 % des droits acquis à la complémentaire.

Le calcul de la réversion côté Agirc-Arrco est relativement simple et sans conditions de ressources, dans le cas d’un couple marié. En revanche, pour le régime général, l’octroi de la réversion est conditionné à un plafond de ressources revalorisé chaque année. Au 1er janvier 2026, le plafond de ressources pour la majoration de retraite de réversion s’élève à 3 020,07 euros par trimestre, soit 1 006,69 euros par mois.

Si la pension de réversion attribuée par le régime de base doit représenter 54 % de la pension du défunt, elle ne peut pas, en revanche, être inférieure à un minimum fixé à 334,92 euros par mois (4 019,13 euros par an). Ce montant minimum s’applique quand le conjoint décédé avait cotisé à l’assurance retraite pendant au moins 15 ans (60 trimestres).

Il existe un simulateur officiel de droit à la pension de réversion. Ce simulateur hébergé par Info-Retraite.fr est en outre « multi-régimes ». Il permet de déterminer si une personne peut bénéficier d’une réversion.

Les nouveaux plafonds du minimum contributif

Le minimum contributif (souvent employé sous sa forme abrégée « MiCo ») est un plancher de pension garanti dans le régime de retraite de base, notamment du régime général de l’assurance vieillesse au profit des assurés ayant cotisé et remplissant certaines conditions. Il s’agit non pas d’un dispositif d’assistance ou de solidarité.

Pour bénéficier du minimum contributif, il faut principalement disposer d’une retraite de base liquidée au taux plein (c’est-à-dire sans décote) parce que la durée d’assurance est suffisante ou que la pension a été liquidée à partir de 67 ans (sans condition de durée), avoir cotisé à au moins un régime de retraite de base et avoir liquidé toutes ses pensions.

Le minimum contributif est automatiquement attribué par la caisse de retraite lors de la liquidation. Son attribution dépend du nombre de trimestres cotisés et validés tous régimes confondus.

Deux minimums contributifs coexistent :

  • Le minimum contributif de base attribué aux assurés justifiant d’une carrière complète (validation de tous ses trimestres requis pour obtenir une retraite à taux plein) ou aux assurés bénéficiant d’un départ à taux plein pour inaptitude au travail ;
  • Le minimum contributif majoré est accordé aux assurés justifiant de 120 trimestres (donc 30 ans) cotisés.

Si l’assuré n’a pas la possibilité d’avoir la retraite à taux plein, le minimum contributif est réduit proportionnellement au nombre de trimestres manquants par rapport à ce qui est requis.

Le minimum contributif n’est pas versé intégralement si l’ensemble des pensions (de base + complémentaires, tous régimes confondus, y compris ceux de l’étranger) dépasse un plafond. Si les pensions excèdent ce montant, le montant du minimum contributif est ajusté à la baisse pour ne pas dépasser ce plafond.

La suspension de la réforme Borne n’a pas d’incidence sur le minimum contributif. Pour éviter un écart entre ce minimum de retraite et la progression des salaires, il est désormais revalorisé chaque année en fonction de la progression du Smic.

Avec l’annonce de la revalorisation du Smic, la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) a publié la circulaire mettant à jour cette « pension de base minimum ». Y figurent les montants du minimum contributif (MiCo) et du « MiCo majoré » pour ceux qui s’apprêtent à partir à la retraite en 2026.

Montant de la pensionConditions pour toucher cette pension minimum
Pension de base, versée par l’Assurance retraite (Cnav, Carsat, etc.)
Minimum contributif (MiCo)756,29 €Taux plein
Minimum contributif (MiCo) majoré903,93 €Taux plein +
120 trimestres cotisés
Pension complémentaire, versée par l’Agirc-Arrco pour les ex-salariés du privé
Pas de pension minimum pour la complémentaireMontant variable selon votre carrière
Attention : si le cumul base + complémentaire dépasse 1 410,89 €, alors le MiCo est réduit

Source : circulaire Cnav « Revalorisation du Smic au 1er janvier 2026 et incidences en matière de législation vieillesse » datée du 23 décembre 2025.

Les jeunes face aux risques financiers : de nouveaux réflexes

S’agit-il d’un simple effet de génération, nourri par les réseaux sociaux, les plateformes d’investissement en ligne et une culture de l’instantanéité, ou bien de la traduction économique d’un déclassement anticipé ? L’essor spectaculaire des placements financiers « risqués » chez les jeunes Français ne relève plus du phénomène marginal. Il constitue un révélateur d’une transformation profonde du rapport à l’épargne, au risque et à l’avenir. Pour les jeunes, l’investissement dans les actions ou dans les cryptoactifs s’impose de plus en plus. Il ne s’agit pas d’un placement géré à l’ancienne. Pour eux, comme l’a révélé l’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne, les uns comme les autres sont des placements de court terme. L’objectif est d’obtenir un gain rapide en réalisant une opération spéculative.

Depuis la crise sanitaire, le paysage de l’investissement des particuliers a été profondément bouleversé. Selon l’étude New retail investors in France publiée par l’OCDE en novembre 2023, près de 800 000 nouveaux investisseurs particuliers sont entrés sur les marchés financiers français entre 2020 et 2023. La singularité de ce mouvement tient à sa sociologie : une majorité de ces nouveaux entrants ont moins de 35 ans, disposent souvent d’un niveau de diplôme élevé et maîtrisent les outils numériques.

Cette vague d’entrants se distingue moins par son volume que par ses choix d’allocation. Là où les générations précédentes privilégiaient l’épargne réglementée, l’assurance vie en euros ou l’immobilier, les nouveaux investisseurs affichent une appétence marquée pour les actifs volatils. Plus de 50 % d’entre eux détiennent des cryptoactifs, contre environ 25 % dans l’ensemble de la population. Ce différentiel n’est pas anodin : il traduit une tolérance au risque sensiblement plus élevée et un rapport au temps profondément différent.

Cryptomonnaies, ETF, produits à levier : la recherche de rendement

L’essor des cryptoactifs chez les 18-35 ans s’inscrit dans un double mouvement. Il est d’abord technologique et culturel. Les plateformes d’investissement en ligne, l’abaissement des barrières d’entrée et la présence massive d’influenceurs financiers sur les réseaux sociaux ont contribué à banaliser des produits autrefois réservés à une minorité avertie. Le phénomène de FOMO – de l’anglais « fear of missing out » soit la peur de manquer une opportunité – joue un rôle puissant dans la diffusion de ces comportements.

Mais réduire cette dynamique à un simple effet de mode serait une erreur d’analyse. Derrière les flux se dessine une logique plus structurelle : la dégradation progressive des perspectives patrimoniales traditionnelles. L’accès à la propriété, longtemps pilier de la constitution du patrimoine en France, s’éloigne. En dix ans, le taux d’effort immobilier des ménages primo-accédants est passé de 30 % à près de 38 %, tandis que l’apport personnel exigé par les banques a presque doublé. De nombreux jeunes ménages disposent de revenus suffisants pour épargner, mais insuffisants pour franchir le seuil du crédit.

Selon plusieurs plateformes de gestion pilotée, près de 40 % des flux nets des particuliers sur les ETF proviennent désormais des moins de 35 ans. L’investissement devient un outil de projection, voire de protection, face à un avenir perçu comme plus incertain.

Une génération lucide sur les retraites et le déclassement relatif

Cette prise de risque accrue est aussi le reflet d’une lucidité précoce. Les jeunes générations ont intégré l’idée que le système de retraite par répartition ne garantira pas, à lui seul, un maintien du niveau de vie.

En France, le taux de remplacement net moyen est passé de 75 % pour les générations nées dans les années 1950 à moins de 60 % pour celles nées après 1990, selon les projections du Conseil d’orientation des retraites.

L’épargne devient un choix structurant, parfois au prix d’une forme de frugalité assumée. Cette logique s’inscrit dans une temporalité longue. Les jeunes investisseurs savent que, sur longue période, les marchés actions surperforment la plupart des autres classes d’actifs. Sur les cinq dernières années, les actions ont dégagé un rendement annuel moyen de 6,2 %, contre 3,7 % pour l’immobilier résidentiel, selon les données de l’IEIF.

À l’échelle internationale, la comparaison est éclairante. Dans la zone euro, 41 % de l’épargne financière reste placée sur des supports bancaires faiblement rémunérés, contre seulement 20 % en actions et fonds d’investissement. Aux États-Unis, la structure est inversée : la performance moyenne de l’épargne y atteint 5,4 %, contre 2,6 % en France. Ce différentiel alimente le sentiment d’un retard français en matière d’acculturation financière.

Transparence, frais et autonomie : une sophistication incomplète

Les jeunes investisseurs se montrent également plus attentifs aux frais, dont l’impact sur la performance à long terme est désormais bien identifié. Les études de l’OCDE soulignent leur propension à comparer les coûts de gestion, les commissions et les écarts de performance nette. Cette exigence explique en partie le désamour croissant pour les enveloppes jugées opaques, au premier rang desquelles les fonds en euros de l’assurance vie.

Selon le Global Retail Investor Outlook 2024 du Forum économique mondial, les nouveaux investisseurs privilégient les instruments cotés en direct, les ETF et les comptes-titres, avec une fréquence de transactions plus élevée et une gestion plus autonome. L’investissement devient un acte individualisé, parfois désintermédié à l’extrême.

Cette sophistication apparente masque toutefois des fragilités. La compréhension des mécanismes de volatilité, de corrélation et de risque de change demeure inégale. Les plateformes constatent régulièrement des incompréhensions face aux pertes, notamment sur les actifs libellés en devises étrangères. La facilité d’arbitrage favorise également des biais comportementaux bien documentés : ventes en période de stress, sur-rotation des portefeuilles, accumulation de frais de transaction.

Une mutation durable, mais un besoin de pédagogie renforcé

La montée en puissance des jeunes investisseurs sur les marchés financiers constitue une transformation durable du paysage de l’épargne française. Elle traduit à la fois une modernisation bienvenue et une réponse rationnelle à un environnement économique contraignant. Mais cette autonomie accrue s’exerce dans un univers où la pédagogie ne progresse pas toujours au même rythme que l’offre de produits.

Entre quête de rendement, anticipation du déclassement et illusion de maîtrise, la nouvelle génération d’épargnants avance sans filet institutionnel solide. Le défi des prochaines années ne sera pas de freiner cet appétit pour l’investissement, mais d’en canaliser les risques, afin que la promesse de l’épargne longue ne se transforme pas en désillusion patrimoniale.

Retour sur 2025 et perspectives pour 2026

Pluie de records pour les marchés en 2025

Les marchés financiers ont fêté dignement la fin de l’année 2025. Cette dernière aura été contre toute attente un excellent cru marqué par une pluie de records pour les indices actions ainsi que pour l’or et de nombreux autres métaux. Cette série de sommets inquiète néanmoins en raison de leur ampleur : la crainte d’une bulle liée à l’intelligence artificielle est fréquemment avancée, mais malgré tout, l’optimisme demeure pour le moment de mise pour 2026.

Le CAC 40 positif, mais à la traîne

Après avoir perdu 2,14 % en 2024, le CAC 40 s’est apprécié, en 2025, de 10,42 %. Ce résultat positif est intervenu malgré un contexte politique toujours des plus complexes et des répercussions de la politique douanière américaine. Si, au mois d’octobre dernier, le CAC 40 a battu son record du 10 mai 2024 (avant la dissolution), il reste cependant largement à la traîne des autres grands indices boursiers. Le poids du secteur du luxe, exposé aux guerres commerciales, et la situation financière de la France expliquent le retard pris par le CAC 40 par rapport aux autres grands indices européens.

Cercle de l’Épargne

La Bourse de Francfort a connu, en 2025, la plus forte progression, +22 % sur un an pour l’indice DAX. Ce dernier devance son homologue britannique, le Footsie 100, qui gagne plus de 21 %. L’Euro Stoxx 50 a progressé, de son côté, de 18,3 % sur l’année écoulée. Le Stoxx Europe 600 est à +16,6 %, soit à peu près la même performance que le MSCI Europe (+16,4 %).

Le marché américain a encore surpris par son dynamisme. Avec l’engouement pour l’IA, l’indice Nasdaq a gagné sur l’année plus de 20 %. Le S&P 500 s’est apprécié de 17 % et le Dow Jones de 13 %.

Cercle de l’Épargne

Des taux obligataires en hausse et dégradation de la note de la France

L’année 2025 a été marquée par une nouvelle dégradation de la note de la France, en lien avec le taux d’endettement public qui n’en finit pas de progresser.

Fitch Ratings a abaissé la note de la France le 12 septembre 2025 de AA- à A+. Standard & Poor’s (S&P Global Ratings) a, de son côté, le 17 octobre 2025, réduit la notation de la France de AA- à A+, invoquant l’incertitude persistante sur la consolidation des finances publiques malgré la présentation du projet de budget. Moody’s n’a pas dégradé la note souveraine de la France en 2025. Le 24 octobre dernier, l’agence a maintenu la note Aa3, mais l’a placée sous perspective négative.

Dans ce contexte, l’écart de taux entre l’Allemagne et la France s’est accru, passant de 50 à 70 points de base. L’accroissement du spread s’est inscrit dans un mouvement de hausse des taux obligataires en Europe, en raison de l’augmentation des besoins de financement public. À la France – premier émetteur de titres publics en Europe – s’ajoute désormais l’Allemagne qui a abandonné sa règle de frein budgétaire et qui a adopté un plan de relance de plus de 500 milliards d’euros. Le taux de l’OAT de l’État en France a augmenté de 70 points de base et son équivalent allemand de 60 points de base. À dix ans, l’État a, en 2025, emprunté, en France, en moyenne, à 3,6 % et l’Allemagne à 2,7 %.

Le dollar en baisse

Le dollar poursuit son mouvement de baisse, pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Les menaces sur l’indépendance de la banque centrale américaine, la baisse des taux directeurs de cette dernière et, plus globalement, la politique du président américain ont contribué à la baisse du dollar. Les investisseurs étrangers ont réduit leur exposition en dollars, même si la monnaie américaine demeure de loin la première devise de réserve. Le dollar a perdu 13,23 % depuis le début de l’année face à l’euro, ce qui améliore la compétitivité des produits américains. Pour les Européens, cette dépréciation du billet vert allège la facture énergétique, d’autant plus que le cours du pétrole est orienté à la baisse.

Le pétrole en recul

Sur fond de ralentissement de la croissance mondiale, de montée en puissance des énergies renouvelables et d’augmentation de la production, en lien avec la fin de l’accord de régulation de l’offre de l’OPEP+ en vigueur depuis 2020, le cours du baril de pétrole a baissé au cours de l’année 2025. Le baril de Brent s’échangeait le 31 décembre à 61,23 dollars, en baisse de 17 % sur un an. Cette diminution est une bonne nouvelle pour les pays européens qui, depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, sont handicapés par une énergie chère.

Or, argent, cuivre, platine : toujours plus haut

L’or défie les pronostics en ayant atteint plus de 4 500 dollars l’once le 26 décembre, avant de baisser à nouveau dans les derniers jours de l’année. Sur un an, l’once a gagné plus de 65 %. Sur trois ans, la hausse est de plus de 137 %.

La hausse du cours de l’or s’explique par la baisse des taux directeurs américains et par le caractère imprévisible de Donald Trump. Les pays émergents et en développement réduisent leur exposition au dollar. La crainte d’une remise en cause de l’indépendance de la banque centrale américaine contribue à la hausse du métal précieux.

L’argent fait encore mieux, avec un gain avoisinant 150 %. Il faut remonter au choc pétrolier de 1979-1980 pour retrouver des progressions comparables.

Le platine a, lui aussi, enregistré un sommet historique au cours de la semaine, tandis que le cuivre a franchi les 12 000 dollars la tonne, sur fond de crainte d’un marché mondial plus tendu à l’horizon 2026.

Un bitcoin entre deux eaux

Le bitcoin apparaît comme le grand perdant de l’année, avec un recul de plus de 6 % depuis janvier et de près de 20 % sur le dernier trimestre. L’essor des « stablecoins », adossés à des devises réelles comme le dollar ou l’euro et jugés moins volatils, se développe au détriment du bitcoin.

Et pour 2026…

L’art de la prévision est, surtout en matière financière, un exercice périlleux. Les krachs se font un malin plaisir à survenir lorsqu’ils ne sont pas attendus…

Des actions encore en hausse, mais attention à la bulle IA

Pour 2026, de nombreux experts anticipent néanmoins une nouvelle année de forte appréciation des actions, portée par l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle et, en Europe, par le plan de relance allemand. L’espoir d’une paix en Ukraine alimente également l’optimisme ambiant. Toutefois, l’IA prend de plus en plus les traits d’une bulle, avec des investissements colossaux dont la rentabilisation suppose l’émergence rapide de gains de productivité substantiels. Le réalisme pourrait, à un moment ou à un autre, reprendre ses droits, avec à la clé soit un atterrissage brutal, soit un dégonflement progressif.

Malgré ces craintes, les investisseurs prévoient une hausse des indices actions comprise entre 8 et 15 % pour 2026. Chez UBS, les analystes pronostiquent un S&P 500 à 7 500 points en 2026, porté par une croissance des bénéfices de l’ordre de 14 %, nourrie pour près de la moitié par les secteurs de la Tech. Le CAC 40 pourrait finir autour de 8 700 / 9 000 points.

Des taux directeurs orientés à la baisse

La banque centrale américaine devrait poursuivre la baisse de ses taux, mais de manière modérée, en scrutant l’évolution de l’inflation. Certes, Donald Trump continuera de faire pression sur la Fed pour une accélération en vue des élections de mi-mandat.

La BCE, qui est en mode pause depuis l’automne, doit prendre en compte la progression des prix au sein de certains États, l’écart de taux avec les États-Unis et le souhait des gouvernements d’alléger le coût de la dette publique.

Des taux obligataires en hausse

À un an de l’élection présidentielle, la France, confrontée à une dette publique toujours mal maîtrisée, pourrait devenir une source majeure d’inquiétude en Europe. Par ailleurs, l’accroissement du déficit public allemand limite la perspective d’une baisse marquée des taux souverains. S’agissant des taux directeurs, la Banque centrale européenne devra composer avec une politique monétaire de la Réserve fédérale de plus en plus accommodante. Une légère baisse des taux en 2026 demeure envisageable, d’autant que les craintes d’un retour de l’inflation restent, pour l’heure, contenues. La BCE pourrait ainsi être tentée d’agir afin de freiner l’appréciation de l’euro, au risque de susciter l’ire du président américain.

Pétrole : calme plat sauf…

Le cours du pétrole, sauf crise internationale majeure, ne devrait pas connaître de forte hausse, en particulier si un accord de paix intervenait en Ukraine. Le ralentissement de la croissance mondiale pèserait alors sur la demande, tandis que l’offre continuerait d’augmenter avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+. Certes, ce scénario pourrait être remis en cause en cas d’aggravation de la crise entre le Venezuela et les États-Unis ou d’une reprise des tensions avec l’Iran.

L’or : fin d’un cycle ?

Depuis 2020, l’or ne cesse de s’apprécier. En 2026, la poursuite de la baisse des taux directeurs pourrait continuer de soutenir la demande de métal précieux. À l’inverse, un retour durable de la paix en Ukraine exercerait un effet modérateur. Plusieurs experts estiment néanmoins que l’once pourrait dépasser les 5 000 dollars.

Bitcoin : la grande incertitude

Après une année en demi-teinte, le bitcoin peut-il rebondir ? Il pourrait, au contraire, pâtir des doutes croissants sur l’IA, de l’essor des stablecoins et des futurs lancements de monnaies digitales de banque centrale. La diffusion progressive de la blockchain pourrait conduire à une forme de banalisation du bitcoin, qui perdrait alors son statut d’icône ou de pionnier.

Edito de Jean-Pierre Thomas – Président du Cercle de l’Epargne : « 2026 : pour une épargne gagnante ! »

Les Français réagissent assez rapidement aux fluctuations des rendements des produits de court terme. Face à la baisse de ceux du Livret A ou des dépôts à terme, les fonds en euros des contrats d’assurance vie sont redevenus compétitifs. Avec un taux moyen de 2,6 %, pouvant atteindre plus de 3,5 %, ces supports, avec leur fameuse garantie en capital, constituent toujours l’un des piliers majeurs de l’épargne française.

Mais au-delà des fonds en euros, les Français sont de plus en plus nombreux à opter pour des placements en actions, que ce soit sous forme d’unités de compte ou de parts d’OPCVM, dont les fameux ETF qui répliquent les indices boursiers. Les épargnants s’intéressent également davantage aux fonds de private equity, qui contribuent au financement des entreprises de taille intermédiaire sous forme de prêts, d’obligations ou de prises de participation en capital.

Contrairement aux craintes émises lors de la décision d’augmentation des droits de douane du 2 avril dernier par Donald Trump, les marchés actions ont enregistré une forte hausse, en lien notamment avec l’engouement mondial pour l’intelligence artificielle. Les grands indices ont progressé l’an dernier de 10 à 20 %. Des inquiétudes se font néanmoins jour quant à une éventuelle correction, en particulier sur les valeurs technologiques. Il est indéniable que leurs valorisations sont élevées et que le marché de l’IA va entrer dans une phase plus sélective. Il y aura des gagnants, mais aussi des perdants.

En revanche, des opportunités émergent en Europe avec le plan de relance allemand, qui porte sur 800 milliards d’euros. Les entreprises de la défense et celles spécialisées dans les infrastructures devraient connaître un essor notable. Avec l’assouplissement de la règle du « tout électrique » à l’horizon 2025, l’industrie automobile pourrait sortir du trou noir dans lequel elle évoluait depuis plusieurs années. En pleine révolution technologique et bénéficiant de taux d’intérêt de long terme plus élevés, le secteur financier pourrait également connaître un regain boursier.

Un accord de paix entre l’Ukraine et la Russie permettrait aussi une détente durable en Europe après des années de tensions. La consolidation de la baisse des prix de l’énergie améliorerait la compétitivité de l’économie de la zone euro. Le prix de l’or, qui a atteint des sommets — plus de 4 500 dollars l’once fin 2025 —, pourrait alors légèrement se replier, témoignant d’un regain d’intérêt pour des placements réellement productifs.

Même si les incertitudes demeurent, 2026 offre de nombreuses opportunités pour les investisseurs, avec un possible rebond de la croissance en Europe. Le « private equity » pourrait retrouver toutes ses couleurs et offrir de nouveau des rendements attractifs. Bien entendu, la diversification reste de mise, avec un œil attentif porté sur les marchés émergents, qui pourraient eux aussi connaître une phase de forte croissance.

Jean-Pierre Thomas

Président du Cercle de l’Épargne

La CSG en 2026 pour les retraités : le barème

Les pensions de retraite versées en 2026 sont soumises à plusieurs prélèvements sociaux obligatoires. Leur niveau dépend directement du revenu fiscal de référence (RFR) des bénéficiaires. Selon le montant de ce revenu et la composition du foyer fiscal, la CSG peut être appliquée à différents taux, ou même être totalement exonérée.


1. Les prélèvements sociaux concernés

Sur le montant brut de la pension de retraite sont prélevés :

  • La Contribution sociale généralisée (CSG)
    – taux normal : 8,3 %
    – taux médian : 6,6 %
    – taux réduit : 3,8 %
    – exonération possible selon le RFR
  • La Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) : 0,50 %
  • La Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa) : 0,30 %
    (due uniquement lorsque la CSG est appliquée aux taux normal ou médian)

En résumé, selon votre RFR, ces prélèvements peuvent être nuls, réduits ou appliqués à taux plein.


2. Pourquoi ces prélèvements varient-ils ?

Chaque année, les seuils d’exonération et d’assujettissement sont revalorisés à la hausse pour tenir compte de l’évolution des prix à la consommation hors tabac. Pour 2026, ces seuils ont été ajustés à la hausse d’environ +1,8 %, reflétant l’inflation de 2024.

C’est donc le RFR figurant sur votre avis d’impôt 2025 (qui correspond aux revenus de 2024) qui permet de déterminer votre taux de prélèvements sociaux en 2026.


3. Barème des taux selon le RFR (France métropolitaine) pour 2026

Nombre de parts fiscalesRFR minimal pour taux réduit (CSG à 3,8 %)RFR minimal pour taux médian (CSG à 6,6 %)RFR minimal pour taux normal (CSG à 8,3 %)
1 part13 048 €17 057 €26 472 €
2 parts20 016 €26 167 €40 604 €
Par demi-part supplémentaire+ 3 484 €+ 4 555 €+ 7 066 €

Si votre RFR est inférieur au premier seuil, vous êtes exonéré de CSG, de CRDS et de Casa.


4. Exemple chiffré concret

Prenons l’exemple d’un retraité célibataire (1 part fiscale) :

  • Si son RFR est de 15 000 € → il est au taux réduit : CSG 3,8 % + CRDS 0,50 % (Casa non due).
  • Si son RFR est de 22 000 € → il est au taux médian : CSG 6,6 % + CRDS 0,50 % + Casa 0,30 %.
  • Si son RFR est de 30 000 € → il est au taux normal : CSG 8,3 % + CRDS 0,50 % + Casa 0,30 %.

Impact sur une pension de 1 000 € brut :

SituationPrélèvements sociaux totauxPension nette approximative
Taux réduit4,3 % (3,8 + 0,5)~ 957 €
Taux médian7,4 % (6,6 + 0,5 + 0,3)~ 926 €
Taux normal9,1 % (8,3 + 0,5 + 0,3)~ 909 €

Ainsi, selon le RFR, la pension nette mensuelle peut varier d’environ 21 € à 48 € pour une pension brute de 1 000 €.


5. Points essentiels à retenir

  • Les taux de CSG, de CRDS et de Casa ne changent pas structurellement en 2026 : ce sont les seuils de RFR qui évoluent chaque année.
  • L’exonération est possible si votre RFR est en dessous du seuil le plus bas.
  • La Casa n’est due que si la CSG est appliquée au taux médian ou normal.

Le coin des épargnants du 9 janvier 2026 : pluie de records

Un début en fanfare

En 2026, il a fallu attendre neuf jours pour que le CAC 40 batte un nouveau record. Il a dépassé en clôture 8 362 points, dans le sillage des sommets atteints en ce début d’année par les Bourses mondiales. Le précédent plus haut de l’indice parisien remontait au mois de novembre dernier. Le CAC 40 est soutenu par deux thèmes porteurs de ce début d’année : la défense, dans un contexte d’incertitude géopolitique, et les microprocesseurs. Depuis le début de l’année, Thales a enregistré une hausse de 15 %, tandis que Safran et Airbus ont gagné respectivement 6 % et 8 %. Les valeurs de la défense représentent 14 % de l’indice CAC 40. De son côté, STMicroelectronics a progressé de 10 %. La demande pour les puces mémoires, produites notamment par le groupe français, est en forte augmentation, toujours en lien avec l’intelligence artificielle.

La progression du CAC 40 pourrait se poursuivre. Les bénéfices des entreprises de la cote parisienne devraient augmenter de 15 % après trois ans de stagnation, selon des données Bloomberg, un chiffre supérieur à la croissance des bénéfices attendue pour le STOXX 600 (+10 %). Progressivement, la place de Paris se découple des soubresauts de la vie politique française, avec les questions liées au budget et à l’adhésion au Mercosur.

Les autres grands indices européens ont également, cette semaine, battu des records, qu’il s’agisse du Dax allemand, du Footsie britannique ou de l’Ibex 35 espagnol.

L’or au plus haut

L’or devrait baisser, mais il continue de monter, déjouant tous les pronostics ou presque. La destitution du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son extradition forcée aux États-Unis, les déclarations de Donald Trump concernant la Bolivie, Cuba et le Groenland ont provoqué une nouvelle hausse du métal jaune. Les investisseurs, à la recherche de stabilité, réduisent leur exposition aux actifs libellés en dollars.

Petite hausse du pétrole L’intervention de Donald Trump au Venezuela, dont la production de pétrole est d’un million de barils par jour, loin de ses sommets des années 1990 (plus de 3 millions), n’a pas eu de réelles incidences sur le cours de l’or noir. La hausse a été, sur la semaine, inférieure à 5 %. La volonté du président américain de faire main basse sur le pétrole de ce pays pourrait, à terme, se traduire par une augmentation de l’offre. Les États-UnisUn début en fanfare

En 2026, il a fallu attendre neuf jours pour que le CAC 40 batte un nouveau record. Il a dépassé en clôture 8 362 points, dans le sillage des sommets atteints en ce début d’année par les Bourses mondiales. Le précédent plus haut de l’indice parisien remontait au mois de novembre dernier. Le CAC 40 est soutenu par deux thèmes porteurs de ce début d’année : la défense, dans un contexte d’incertitude géopolitique, et les microprocesseurs. Depuis le début de l’année, Thales a enregistré une hausse de 15 %, tandis que Safran et Airbus ont gagné respectivement 6 % et 8 %. Les valeurs de la défense représentent 14 % de l’indice CAC 40. De son côté, STMicroelectronics a progressé de 10 %. La demande pour les puces mémoires, produites notamment par le groupe français, est en forte augmentation, toujours en lien avec l’intelligence artificielle.

La progression du CAC 40 pourrait se poursuivre. Les bénéfices des entreprises de la cote parisienne devraient augmenter de 15 % après trois ans de stagnation, selon des données Bloomberg, un chiffre supérieur à la croissance des bénéfices attendue pour le STOXX 600 (+10 %). Progressivement, la place de Paris se découple des soubresauts de la vie politique française, avec les questions liées au budget et à l’adhésion au Mercosur.

Les autres grands indices européens ont également, cette semaine, battu des records, qu’il s’agisse du Dax allemand, du Footsie britannique ou de l’Ibex 35 espagnol. L’Eurostoxx 50 s’est approché en fin de semaine des 6000 points. Les indices américains ont également démarrer sur les chapeaux de roue. Le Nasdaq a progressé sur la semaine de plus de 2 % et

L’or au plus haut

L’or devrait baisser, mais il continue de monter, déjouant tous les pronostics ou presque. La destitution du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son extradition forcée aux États-Unis, les déclarations de Donald Trump concernant la Bolivie, Cuba et le Groenland ont provoqué une nouvelle hausse du métal jaune. Les investisseurs, à la recherche de stabilité, réduisent leur exposition aux actifs libellés en dollars.

Petite hausse du pétrole

L’intervention de Donald Trump au Venezuela, dont la production de pétrole est d’un million de barils par jour, loin de ses sommets des années 1990 (plus de 3 millions), n’a pas eu de réelles incidences sur le cours de l’or noir. La hausse a été, sur la semaine, inférieure à 5 %. La volonté du président américain de faire main basse sur le pétrole de ce pays pourrait, à terme, se traduire par une augmentation de l’offre. Les États-Unis pourraient ainsi contrôler l’une des principales réserves supposées de pétrole.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
9 janvier 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 362,09+1,85 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 504,07+2,33 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 966,28+1,70 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite23 702,88+2,01 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 257,67+2,84 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 124,60+1,79 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 997,47+1,25 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)51 939,89+3,18 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 120,43+3,92 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,524 %-0,088 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,824 %-0,077 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,172 %-0,012 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1635 -1,02 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 504,91+3,97 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,86+4,46 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars91 520,01+1,37 %87 566,440693 776,61

A quoi sert l’épargne des ménages en France ?

La Direction du Trésor s’est interrogée sur l’affectation réelle de l’épargne des ménages. La note rédigée par Alisée Koch et Thomas Faria, intitulée « Que finance l’épargne financière des ménages français ? », publiée au mois de janvier, éclaire l’usage effectif de l’épargne, au-delà de ses seules formes juridiques.

Un patrimoine financier majoritairement investi en produits de taux

Le patrimoine des ménages français se compose principalement de patrimoine immobilier, mais également d’un patrimoine financier diversifié. Ce dernier reflète l’appétence traditionnelle des ménages pour la garantie et la liquidité. Il regroupe à la fois des placements sûrs (dépôts, livrets, assurance-vie en euros) et des actifs plus risqués tels que des titres financiers (actions, obligations), détenus directement ou indirectement via des intermédiaires financiers, ainsi que des participations dans leurs entreprises.

La Direction du Trésor confirme que le patrimoine des ménages en France est composé à environ 60 % d’actifs non financiers et 40 % d’actifs financiers. Au deuxième semestre 2025, ce patrimoine s’élevait à 6 596 milliards d’euros. L’épargne financière représentait toujours, au deuxième semestre 2025, 10,5 % du revenu disponible brut, soit quatre points de plus que le taux moyen constaté entre 2015 et 2019. Pour la première fois depuis l’an 2000, le taux d’épargne financière des ménages est, en France, supérieur à celui de l’Allemagne.

Le patrimoine financier des ménages, au deuxième semestre 2025, se répartit de la manière suivante :

  • 2 127 Md€ de dépôts bancaires, représentant 40 % des dépôts totaux des banques ;
  • 2 246 Md€ d’assurance-vie ;
  • 2 167 Md€ de titres.

Les ménages possèdent directement des obligations (54 Md€), des actions cotées (310 Md€), des actions non cotées (913 Md€) et d’autres participations (519 Md€). Une vigilance particulière s’impose concernant ces deux dernières catégories, qui comprennent notamment les participations dans des sociétés non cotées (entreprises privées, PME, start-up) détenues directement par les ménages.

En France, près de deux tiers des placements (dépôts et assurances) correspondent principalement à des produits de taux, contre un tiers investi en fonds propres, détenus directement ou via des intermédiaires financiers. Cette répartition diffère toutefois peu de celle observée en Allemagne ou en Italie.

Le financement de l’économie française s’effectue essentiellement par l’intermédiation bancaire. Environ 70 % du financement des entreprises est assuré par le crédit, tandis qu’aux États-Unis près de 70 % du financement transite par les marchés.

Les placements des ménages auprès des institutions financières (4 770 Md€) sont majoritairement investis en France (58 %), puis ailleurs dans la zone euro (19 %). Les placements hors zone euro ne représentent que 23 % du total. Le bilan des assureurs et des fonds de pension est composé à 43 % de titres résidents.

Les expositions des banques françaises sont concentrées à 75 % en France et à 85  % dans la zone euro. Les banques accordent en France davantage de prêts qu’elles ne collectent de dépôts, de sorte que l’épargne est quasi intégralement mobilisée pour financer des prêts.

Le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) joue un rôle clé dans la mobilisation de l’épargne des Français. Il centralise une partie des dépôts des livrets réglementés afin de les transformer en financements de long terme, au profit notamment des bailleurs sociaux. Ce modèle, unique en Europe, confère à la CDC un rôle d’intermédiation significatif malgré un poids modéré dans le total des encours bancaires. Le Fonds d’épargne dispose ainsi de 219 Md€ de prêts en faveur du logement social et du secteur public local, ainsi que d’un portefeuille de gestion d’actifs de 222 Md€, investi à 96 % en Europe, dont 88 % en zone euro et 70 % en France.

Mise en transparence du patrimoine financier des ménages français

L’exercice de mise en transparence des intermédiaires financiers réalisé par la Direction du Trésor montre que le patrimoine financier des ménages est utilisé à 40 % pour la détention d’actions et autres participations, à 31 % pour l’investissement obligataire et à 20 % pour le financement de prêts. Un peu plus de 1 % est investi dans des actifs immobiliers. Le solde correspond à de la trésorerie des institutions financières (3 %), à des produits dérivés (2 %) et à d’autres actifs financiers (2 %). Cette démarche vise à apprécier l’affectation finale de l’épargne des ménages après intermédiation.

L’exercice révèle que les ménages détiennent, via les institutions financières, 874 Md€ d’actions et 2 022 Md€ d’obligations au deuxième trimestre 2025. Le financement des administrations publiques constitue une part significative des obligations détenues : 752 Md€, majoritairement françaises, soit 11 % du patrimoine financier des ménages. Ces titres sont intermédiés par la CDC, les banques, les assureurs et certains organismes de placement collectif. Les assureurs constituent un groupe majeur de porteurs domestiques privés de la dette française, détenant en direct 9,8 % de la dette négociable de l’État (275 Md€), derrière les banques françaises (10,3 %) mais devant les fonds français (1,7 %).

Le Fonds d’épargne de la CDC centralise 399 Md€ d’encours issus des livrets réglementés. Près de la moitié de cet actif (49 %) est consacrée aux prêts au logement social et au secteur public local. Pour assurer sa liquidité, le Fonds détient également un portefeuille de titres financiers représentant 51 % de l’actif, composé à 44 % d’obligations et à 4 % d’actions et de fonds, le solde correspondant à des liquidités.

L’encours non centralisé des livrets réglementés et les dépôts des ménages s’élèvent à 1 728 Md€. Les établissements bancaires les utilisent pour accorder des prêts ou acquérir des titres. Les douze principales banques françaises consacrent environ 60 % de leur actif aux prêts, 12 % aux obligations, 5 % aux actions, 8 % aux produits dérivés et 9 % à la trésorerie.

Les sociétés d’assurances et les fonds de pension investissent l’épargne des ménages majoritairement sur les marchés financiers ou via des fonds. Leurs encours de placement atteignent 2 246 Md€ au deuxième semestre 2025. Leur portefeuille est composé à 51 % de titres de créance, 34 % de parts d’OPC et 10 % d’actions, le solde correspondant à de la trésorerie ou à des prêts. Après mise en transparence, leur portefeuille apparaît composé à 65 % de titres de créance et à 25 % d’actions, contribuant directement au financement de l’économie (entreprises, infrastructures, etc.).

Une augmentation du financement des entreprises en fonds propres

Après mise en transparence, la part de l’épargne finançant les entreprises progresse, passant de 36 % du patrimoine financier en 2019 à 40 % au deuxième trimestre 2025, principalement sous l’effet de valorisations plus dynamiques. Cette évolution s’effectue au détriment des titres obligataires, dont la part recule de 26 % à 20 % pour les titres non souverains et de 12 % à 11 % pour les titres souverains.

Les autres emplois finaux de l’épargne des ménages (prêts, actifs immobiliers, autres) demeurent relativement stables dans le temps. Ces évolutions traduisent avant tout des arbitrages entre classes d’actifs, sans transformation structurelle des bilans des intermédiaires financiers.

En 2023, la hausse des taux a conduit les ménages à réallouer une partie de leurs dépôts à vue vers les comptes à terme, sans modifier la part de l’épargne intermédiée par les banques. La situation évolue en 2025 avec la baisse des comptes à terme et la reprise de la collecte de l’assurance-vie. La montée en puissance des unités de compte au détriment des fonds en euros modifie la structure des contrats, tout en maintenant le rôle des assureurs dans la transformation de l’épargne vers des actifs de long terme. Depuis 2020, assureurs et fonds de pension ont par ailleurs diversifié leurs placements et réduit leur détention de dette négociable de l’État.

La hausse des actions et autres participations dans les emplois finaux de l’épargne provient quasi exclusivement de l’augmentation des actions non cotées détenues directement par les ménages, passées de 570 Md€ en 2019 (10 % du patrimoine financier) à 913 Md€ au deuxième trimestre 2025 (14 %).

Enfin, la Direction du Trésor confirme une évolution progressive des comportements d’investissement. L’essor des comptes-titres en ligne et des néo-courtiers commence à produire des effets visibles. Si les encours demeurent encore modestes, ils traduisent l’émergence d’épargnants plus enclins au risque et adoptant une approche opportuniste de l’épargne. Selon une enquête du Cercle de l’Épargne réalisée en avril 2025, les jeunes épargnants de moins de 35 ans considèrent majoritairement les placements en actions comme des placements de court terme, spéculatifs, au même titre que les cryptoactifs.

En définitive, la note de la Direction du Trésor déconstruit l’idée d’une épargne française stérile ou mal orientée. Si les ménages privilégient toujours la sécurité et la liquidité, leur épargne contribue largement au financement de l’économie réelle, qu’il s’agisse des entreprises, du logement social ou des administrations publiques, essentiellement par le biais d’une intermédiation financière robuste. L’augmentation récente du financement en fonds propres, portée notamment par les actions non cotées, traduit une évolution progressive des comportements, plus qu’une rupture. Elle souligne également le rôle central des intermédiaires dans l’orientation de l’épargne vers le long terme, dans un contexte marqué par des arbitrages accrus et une diversification croissante des supports d’investissement.

Assurance vie : la dynamique se maintient en fin d’année

Dans le média Gestion de Fortune, Philippe Crevel explique les raisons du succès de l’assurance vie.

Assurance vie : dans la peau du leader – un mois de novembre de haut niveau

L’assurance vie est indéniablement le placement de l’année 2025 avec une série de collectes de haut niveau témoignant de la compétitivité retrouvée du premier placement des ménages. La baisse du rendement de l’épargne réglementée et des taux des dépôts à terme explique ce nouvel engouement. Les ménages épargnent toujours beaucoup, mais différemment. Ils placent leurs liquidités et réallouent une partie de l’épargne de précaution constituée ces dernières années vers l’assurance vie. La publication des premiers rendements des fonds en euros pour 2025 devrait conforter la place de leader de l’assurance vie. Ils ressortent, en effet, stables, voire en légère hausse.

Une collecte nette de haut niveau au mois de novembre

L’assurance vie continue d’engranger de bons résultats, à la différence du Livret A qui est entré dans un cycle de décollectes. Au mois de novembre, le premier placement des ménages a enregistré, en effet, une collecte nette de 4,8 milliards d’euros, après +5,1 milliards d’euros en octobre.

Depuis 1997, la plus forte collecte au mois de novembre a été enregistrée en 2006, avec 4,9 milliards d’euros. La moyenne de ces dix dernières années s’élevait à 1,4 milliard d’euros.

Vers une collecte de plus de 50 milliards d’euros en 2025

Sur les onze premiers mois de l’année, la collecte nette a atteint 49,4 milliards d’euros, supérieure de 21,8 milliards d’euros à celle de 2024 sur la même période. Il faut remonter à 2010 pour constater une collecte nette supérieure à 50 milliards d’euros.

La collecte positive est imputable tant aux fonds en euros (+10,0 milliards d’euros) qu’aux supports en unités de compte (UC) (+39,5 milliards d’euros).

Toujours des cotisations historiques et un taux d’UC en hausse

En novembre, les cotisations en assurance vie se sont élevées à 15,7 milliards d’euros, leur plus haut niveau pour un mois de novembre. Les unités de compte sont toujours en forte croissance (+8 % sur un an), aidées en cela par la bonne tenue des marchés financiers. Les cotisations en fonds en euros ont également progressé de 2 % sur un an. Depuis le début de l’année, les cotisations s’élèvent à 176,0 milliards d’euros, en hausse de 14,9 milliards d’euros. Cette évolution concerne à la fois les supports en UC (+13 %) et ceux en euros (+7 %). La part des UC dans les cotisations remonte en novembre pour atteindre 40 %, la moyenne sur les onze premiers mois étant de 38 %.

Des prestations modestes, symboles de l’attractivité de l’assurance vie

Preuve que l’assurance vie a retrouvé sa compétitivité, les prestations sont relativement faibles. Elles se sont élevées à 10,9 milliards d’euros en novembre. Les ménages retirent moins d’argent de leurs contrats qu’auparavant. Depuis le début de l’année, les prestations sont en recul de 5 % et ont atteint 126,5 milliards d’euros.

Un encours à plus de 2 100 milliards d’euros

Grâce à la collecte dynamique et à la bonne tenue des marchés financiers, l’encours progresse et a atteint, fin novembre, 2 106 milliards d’euros, en hausse de 6,3 % sur un an.

Un nouveau cycle de croissance pour l’assurance vie avec le recyclage des vieux PEL

Dans les prochains mois, l’assurance vie devrait bénéficier d’un contexte porteur. L’écart de rendement entre les fonds en euros et celui de l’épargne réglementée ou des dépôts à terme augmentera au profit des premiers. Les prévisions sur l’évolution des marchés actions sont plutôt encourageantes. L’assurance vie devrait enfin bénéficier de la fermeture des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés pour un encours de 93 milliards d’euros. Les titulaires de vieux PEL devraient se tourner vers l’assurance vie, qui devrait les satisfaire tant sur le plan du rendement que de la garantie en capital et de la fiscalité.

Epargne salariale : faut-il débloquer ou pas ?

Le ministère de l’Économie réfléchit, en ce début d’année 2026 à autoriser à nouveau les salariés à retirer jusqu’à 2 000 euros de leur plan d’épargne entreprise (PEE) de manière anticipée sans être soumis à l’impôt sur le revenu.

Régulièrement, afin de soutenir le pouvoir d’achat et favoriser la consommation, les gouvernements mettent en œuvre des déblocages de l’épargne salariale. Au fur et à mesure de son usage, cette arme s’émousse, les retraits étant de plus en plus faibles, avec à la clef un effet marginal sur la conjoncture. Les déblocages anticipés peuvent apparaître par ailleurs contradictoires avec les objectifs assignés à l’épargne salariale : favoriser une épargne de long terme investie en actions et préparer financièrement la retraite à travers le Plan d’Épargne Retraite Collectif. Or, quand il est attribué plusieurs objectifs à un instrument économique, il est connu qu’il n’en atteint aucun.

L’épargne salariale en France

Selon l’Association française de la gestion financière, l’encours de l’épargne salariale, à fin juin 2025, s’élevait à 220,7 milliards d’euros, dont 36,7 milliards d’euros au titre des produits retraite (PERCO et PER collectif). 11,3 millions de salariés ont au moins un produit d’épargne salariale et 4,5 millions un produit retraite. 429 600 entreprises sont équipées.

En 2024, les versements (épargne salariale, plan d’épargne entreprise, plan d’épargne retraite) avaient atteint 21,7 milliards d’euros, dont 4,2 milliards pour les produits retraite.

62 % des flux bruts de l’épargne salariale au premier semestre 2025 ont été placés en fonds actions et en fonds diversifiés. Dans les dispositifs d’épargne retraite collective des entreprises (PER et PERCO), les fonds actions et diversifiés comptent pour plus de 63 % des actifs gérés.

Cercle de l’Epargne – données AFG

Les derniers déblocages exceptionnels de l’épargne salariale

Depuis le début des années 2000, les gouvernements français ont, à plusieurs reprises, autorisé des déblocages exceptionnels de l’épargne salariale, c’est-à-dire en dehors des cas traditionnels (mariage, acquisition de la résidence principale, rupture du contrat de travail, invalidité, etc.). Ces dispositifs, présentés comme des instruments rapides de soutien au pouvoir d’achat et à la consommation, ont été mobilisés à cinq reprises en près de vingt ans. Leur bilan, à la fois financier et économique, est relativement modeste.

Logiquement, les fonds versés sur un Plan d’Epargne Entreprise sont logiquement bloqués 5 ans période au bout de laquelle les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. En cas de sortie anticipé sauf ceux prévus par le législateur (accidents de la vie, création d’entreprise et résidence principale), toute sortie anticipée s’accompagne du paiement de l’impôt sur le revenu.

En 2004, la loi de soutien à la consommation autorise un déblocage de 10 000 euros par bénéficiaire, permis entre le 16 juin et le 31 décembre 2004. Selon les données reprises ultérieurement par l’ACOSS et le ministère de l’Économie, environ 6,5 à 7,5 milliards d’euros ont été débloqués. Entre 1,5 et 2 milliards d’euros auraient été affectés à la consommation, le solde étant réalloué vers d’autres produits d’épargne.

La loi du 26 juillet 2005 institue, entre fin juillet et fin décembre, un déblocage plafonné, toujours à 10 000 euros. Les sorties auraient porté sur 850 millions d’euros.

En 2008, un déblocage est institué entre le 1er janvier et le 30 juin 2008, avec un plafond de 10 000 euros. Selon les données publiées par l’Association française de la gestion financière (AFG), 1,6 million de salariés ont procédé à un retrait, pour un montant total d’environ 3,9 milliards d’euros, soit un retrait moyen de 2 400 euros par personne.

En 2013, une nouvelle fenêtre de déblocage est instituée du 1er juillet au 31 décembre 2013, avec un plafond de 20 000 euros. Les sommes investies en épargne retraite collective (PERCO) sont exclues. Le déblocage est assorti d’une condition de consommation. Le texte vise explicitement le financement de l’achat de biens ou de prestations de services. Le salarié doit tenir à la disposition de l’administration fiscale les pièces justificatives attestant l’achat d’un bien ou d’un service. Malgré un plafond doublé, le bilan est nettement inférieur aux attentes. L’AFG estime le montant débloqué à 2,2 milliards d’euros, quand les hypothèses initiales évoquaient 3 à 4 milliards.

En 2022, la loi du 16 août 2022 portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat prévoit un déblocage plafonné à 10 000 euros qui ne concerne pas les produits retraite. Le droit à déblocage a été ouvert entre le 18 août et le 31 décembre 2022. Les sommes débloquées sont destinées au soutien à la consommation et ne doivent pas être réinvesties dans un produit d’épargne, ni servir au remboursement d’un crédit, ni au paiement des impôts. Le bénéficiaire doit conserver les justificatifs de ses achats. Selon les données communiquées au Parlement, 309 000 bénéficiaires ont procédé à un déblocage, pour un montant total d’environ 1,3 milliard d’euros.

Les déblocages exceptionnels de l’épargne salariale ont comme avantage de ne rien coûter aux finances publiques et d’être simples à mettre en place. En revanche, leur efficacité sur le plan économique est de plus en plus faible. Ils sont en outre en contradiction avec le souhait des pouvoirs publics de favoriser une réallocation de l’épargne vers des placements « actions ». Ces déblocages ont tendance à manquer leur cible. Censés favoriser le pouvoir d’achat des salariés les plus modestes, ils concernent les ceux des grandes entreprises. Or, ces derniers ont en règle générale des rémunérations plus importantes que ceux des PME peu couverts par des produits d’épargne salariale.

L’arme émoussée du déblocage de l’épargne salariale

Le ministère de l’Économie réfléchit, en ce début d’année 2026 à autoriser à nouveau les salariés à retirer jusqu’à 2 000 euros de leur plan d’épargne entreprise (PEE) de manière anticipée sans être soumis à l’impôt sur le revenu.

Régulièrement, afin de soutenir le pouvoir d’achat et favoriser la consommation, les gouvernements mettent en œuvre des déblocages de l’épargne salariale. Au fur et à mesure de son usage, cette arme s’émousse, les retraits étant de plus en plus faibles, avec à la clef un effet marginal sur la conjoncture. Les déblocages anticipés peuvent apparaître par ailleurs contradictoires avec les objectifs assignés à l’épargne salariale : favoriser une épargne de long terme investie en actions et préparer financièrement la retraite à travers le Plan d’Épargne Retraite Collectif. Or, quand il est attribué plusieurs objectifs à un instrument économique, il est connu qu’il n’en atteint aucun.

L’épargne salariale en France

Selon l’Association française de la gestion financière, l’encours de l’épargne salariale, à fin juin 2025, s’élevait à 220,7 milliards d’euros, dont 36,7 milliards d’euros au titre des produits retraite (PERCO et PER collectif). 11,3 millions de salariés ont au moins un produit d’épargne salariale et 4,5 millions un produit retraite. 429 600 entreprises sont équipées.

En 2024, les versements (épargne salariale, plan d’épargne entreprise, plan d’épargne retraite) avaient atteint 21,7 milliards d’euros, dont 4,2 milliards pour les produits retraite.

62 % des flux bruts de l’épargne salariale au premier semestre 2025 ont été placés en fonds actions et en fonds diversifiés. Dans les dispositifs d’épargne retraite collective des entreprises (PER et PERCO), les fonds actions et diversifiés comptent pour plus de 63 % des actifs gérés.

Cercle de l’Epargne – données AFG

Les derniers déblocages exceptionnels de l’épargne salariale

Depuis le début des années 2000, les gouvernements français ont, à plusieurs reprises, autorisé des déblocages exceptionnels de l’épargne salariale, c’est-à-dire en dehors des cas traditionnels (mariage, acquisition de la résidence principale, rupture du contrat de travail, invalidité, etc.). Ces dispositifs, présentés comme des instruments rapides de soutien au pouvoir d’achat et à la consommation, ont été mobilisés à cinq reprises en près de vingt ans. Leur bilan, à la fois financier et économique, est relativement modeste.

Logiquement, les fonds versés sur un Plan d’Epargne Entreprise sont logiquement bloqués 5 ans période au bout de laquelle les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. En cas de sortie anticipé sauf ceux prévus par le législateur (accidents de la vie, création d’entreprise et résidence principale), toute sortie anticipée s’accompagne du paiement de l’impôt sur le revenu.

En 2004, la loi de soutien à la consommation autorise un déblocage de 10 000 euros par bénéficiaire, permis entre le 16 juin et le 31 décembre 2004. Selon les données reprises ultérieurement par l’ACOSS et le ministère de l’Économie, environ 6,5 à 7,5 milliards d’euros ont été débloqués. Entre 1,5 et 2 milliards d’euros auraient été affectés à la consommation, le solde étant réalloué vers d’autres produits d’épargne.

La loi du 26 juillet 2005 institue, entre fin juillet et fin décembre, un déblocage plafonné, toujours à 10 000 euros. Les sorties auraient porté sur 850 millions d’euros.

En 2008, un déblocage est institué entre le 1er janvier et le 30 juin 2008, avec un plafond de 10 000 euros. Selon les données publiées par l’Association française de la gestion financière (AFG), 1,6 million de salariés ont procédé à un retrait, pour un montant total d’environ 3,9 milliards d’euros, soit un retrait moyen de 2 400 euros par personne.

En 2013, une nouvelle fenêtre de déblocage est instituée du 1er juillet au 31 décembre 2013, avec un plafond de 20 000 euros. Les sommes investies en épargne retraite collective (PERCO) sont exclues. Le déblocage est assorti d’une condition de consommation. Le texte vise explicitement le financement de l’achat de biens ou de prestations de services. Le salarié doit tenir à la disposition de l’administration fiscale les pièces justificatives attestant l’achat d’un bien ou d’un service. Malgré un plafond doublé, le bilan est nettement inférieur aux attentes. L’AFG estime le montant débloqué à 2,2 milliards d’euros, quand les hypothèses initiales évoquaient 3 à 4 milliards.

En 2022, la loi du 16 août 2022 portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat prévoit un déblocage plafonné à 10 000 euros qui ne concerne pas les produits retraite. Le droit à déblocage a été ouvert entre le 18 août et le 31 décembre 2022. Les sommes débloquées sont destinées au soutien à la consommation et ne doivent pas être réinvesties dans un produit d’épargne, ni servir au remboursement d’un crédit, ni au paiement des impôts. Le bénéficiaire doit conserver les justificatifs de ses achats. Selon les données communiquées au Parlement, 309 000 bénéficiaires ont procédé à un déblocage, pour un montant total d’environ 1,3 milliard d’euros.

Les déblocages exceptionnels de l’épargne salariale ont comme avantage de ne rien coûter aux finances publiques et d’être simples à mettre en place. En revanche, leur efficacité sur le plan économique est de plus en plus faible. Ils sont en outre en contradiction avec le souhait des pouvoirs publics de favoriser une réallocation de l’épargne vers des placements « actions ». Ces déblocages ont tendance à manquer leur cible. Censés favoriser le pouvoir d’achat des salariés les plus modestes, ils concernent les ceux des grandes entreprises. Or, ces derniers ont en règle générale des rémunérations plus importantes que ceux des PME peu couverts par des produits d’épargne salariale.

Baisse de la rémunération des livrets ordinaires des ménages en novembre

En novembre 2025, la rémunération moyenne des encours de dépôts bancaires des ménages et des sociétés non financières (SNF) demeure, selon la Banque de France, stable à 1,27%. Le taux moyen des livrets ordinaires des ménages passe de 0,77 à 0,75 % d’octobre à novembre.

La rémunération des contrats nouveaux, quant à elle, augmente légèrement pour les dépôts à terme aux ménages et aux SNF.

Taux moyens de rémunération des encours de dépôts bancaires, en % et CVS 

Encours (Md€)Taux de rémunération des dépôtsContrats nouveaux (Mds€)Taux de rémunération sur contrats nouveaux
nov-25 (p)nov-24oct-25 (r)nov-25 (p)nov-25 (p)nov-24oct-25 (r)nov-25 (p)
Dépôts bancaires des Ménages et SNF2 5881,791,271,27
dont Ménages1 8621,861,301,30
dont : – dépôts à vue (b)5460,060,040,04
– livrets à taux réglementés (b,c)7123,071,801,80
dont : livret A (b)3993,001,701,70
– livrets ordinaires (b)2260,910,770,75
– dépôts à terme <= 2 ans (d)713,222,352,33102,871,982,01
– dépôts à terme > 2 ans (d)1082,372,412,4222,842,432,45
– plan d’épargne-logement2002,632,632,6302,241,751,75
dont SNF7251,611,171,17
dont : – dépôts à vue (b)4990,700,490,48
– dépôts à terme <= 2 ans (d)1403,442,452,40343,122,112,13
– dépôts à terme > 2 ans (d)863,653,103,1622,892,682,70
Pour mémoire :
Taux de soumission minimal aux appels d’offres Eurosystème3,402,152,15
Euribor 3 mois (e)3,012,032,04
Rendement du TEC 2 ans (e), (f)2,342,132,19
Rendement du TEC 5 ans (e), (f)2,662,672,69

Notes :

– En raison des arrondis, la somme peut légèrement différer du total des composantes

a. Les taux d’intérêt présentés ici sont des taux apparents calculés en rapportant les flux d’intérêts courus des mois sous revue à la moyenne mensuelle des encours correspondants. Pour les différents types de dépôts, y compris ceux dont la rémunération est progressive, ils correspondent à la moyenne des conditions pratiquées lors du mois sous revue par les établissements de crédit français sur les dépôts des sociétés et des ménages (y compris institutions sans but lucratif au service des ménages) résidents.
b. Pour les dépôts à vue et les livrets, le taux sur les contrats nouveaux est supposé égal à celui sur les encours.
c. Les livrets à taux réglementés comprennent les livrets A, livrets bleu, livrets de développement durable, comptes épargne-logement, livrets jeunes et livrets d’épargne populaire.
d. Y compris les bons de caisse, autres comptes d’épargne à régime spécial, plans d’épargne populaire et emprunts subordonnés
e. Moyenne mensuelle.
f. Taux de l’Échéance Constante 2 ans et 5 ans. Source : Comité de Normalisation Obligataire.
r. Données révisées.
p. Données provisoires.

Marchés financiers : bilan 2025 et perspectives 2026

Pluie de records pour les marchés en 2025

Les marchés financiers ont fêté dignement la fin de l’année. 2025. Elle aura été contre toute attente un excellent cru, marqué par une pluie de records pour les indices actions ainsi que pour l’or et de nombreux autres métaux. Cette série de sommets, par son ampleur, inquiète néanmoins : la crainte d’une bulle liée à l’intelligence artificielle est fréquemment avancée mais pour malgré tout, pour 2026 l’optimisme est pour le moment de mise.

Le CAC 40 positif mais à la traîne

Après avoir perdu 2,14 % en 2024, le CAC 40 s’est apprécié, en 2025, de 10,42 %. Ce résultat positif est intervenu malgré un contexte politique toujours des plus complexes et la politique douanière américaine. Même si, au mois d’octobre dernier, le CAC 40 a battu son record, qui datait du 10 mai 2024, avant la dissolution, il reste largement à la traîne des autres grands indices boursiers. Le poids du secteur du luxe, exposé aux guerres commerciales, et la situation financière de la France expliquent le retard pris par le CAC 40 par rapport aux autres grands indices européens.

Cercle de l’Epargne

La Bourse de Francfort a connu, en 2025, la plus forte progression, +22 % sur un an pour l’indice DAX. Ce dernier devance son homologue britannique, le Footsie 100, qui gagne plus de 21 %. L’Euro Stoxx 50 a progressé, de son côté, de 18,3 % sur l’année écoulée. Le Stoxx Europe 600 est à +16,6 %, soit à peu près la même performance que le MSCI Europe (+16,4 %).

Le marché américain a encore surpris par son dynamisme. Avec l’engouement pour l’IA, l’indice Nasdaq a gagné sur l’année plus de 20 %. Le S&P 500 s’est apprécié de 17 % et le Dow Jones de 13 %.

Des taux obligataires en hausse et dégradation de la note de la France

L’année 2025 a été marquée par une nouvelle dégradation de la note de la France, en lien avec le taux d’endettement public qui n’en finit pas de progresser.

Fitch Ratings a abaissé la note de la France le 12 septembre 2025 de AA- à A+. Standard & Poor’s (S&P Global Ratings) a, de son côté, le 17 octobre 2025, réduit la notation de la France de AA- à A+, invoquant l’incertitude persistante sur la consolidation des finances publiques malgré la présentation du projet de budget. Moody’s n’a pas dégradé la note souveraine de la France en 2025. Le 24 octobre dernier, l’agence a maintenu la note Aa3, mais l’a placée sous perspective négative.

Dans ce contexte, l’écart de taux entre l’Allemagne et la France s’est accru, passant de 50 à 70 points de base. L’accroissement du spread s’est inscrit dans un mouvement de hausse des taux obligataires en Europe, en raison de l’augmentation des besoins de financement public. À la France, qui est le premier émetteur de titres publics en Europe, s’ajoute désormais l’Allemagne, qui a abandonné sa règle de frein budgétaire et qui a adopté un plan de relance de plus de 500 milliards d’euros. Le taux de l’OAT de l’État en France a augmenté de 70 points de base et son équivalent allemand de 60 points de base. À dix ans, l’État a, en 2025, emprunté, en France, en moyenne, à 3,6 % et l’Allemagne à 2,7 %.

Le dollar en baisse

Le dollar poursuit son mouvement de baisse, pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Les menaces sur l’indépendance de la banque centrale américaine, la baisse des taux directeurs de cette dernière et, plus globalement, la politique du président américain ont contribué à la baisse du dollar. Les investisseurs étrangers ont réduit leur exposition en dollars, même si la monnaie américaine demeure de loin la première devise de réserve. Le dollar a perdu 13,23 % depuis le début de l’année face à l’euro, ce qui améliore la compétitivité des produits américains. Pour les Européens, cette dépréciation du billet vert allège la facture énergétique, d’autant plus que le cours du pétrole est orienté à la baisse.

Le pétrole en recul

Sur fond de ralentissement de la croissance mondiale, de montée en puissance des énergies renouvelables et d’augmentation de la production, en lien avec la fin de l’accord de régulation de l’offre de l’OPEP+ en vigueur depuis 2020, le cours du baril de pétrole a baissé au cours de l’année 2025. Le baril de Brent s’échangeait le 31 décembre à 61,23 dollars, en baisse de 17 % sur un an. Cette diminution est une bonne nouvelle pour les pays européens qui, depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, sont handicapés par une énergie chère.

Or, argent, cuivre, platine : toujours plus haut

L’or défie les pronostics en ayant atteint plus de 4 500 dollars l’once le 26 décembre, avant de rebaisser dans les derniers jours de l’année. Sur un an, l’once a gagné plus de 65 %. Sur trois ans, la hausse est de plus de 137 %.

La hausse du cours de l’or s’explique par la baisse des taux directeurs américains et par le caractère imprévisible de Donald Trump. Les pays émergents et en développement réduisent leur exposition au dollar. La crainte d’une remise en cause de l’indépendance de la banque centrale américaine contribue à la hausse du métal précieux.

L’argent fait encore mieux, avec un gain avoisinant 150 %. Il faut remonter au choc pétrolier de 1979-1980 pour retrouver des progressions comparables.

Le platine a, lui aussi, enregistré un sommet historique au cours de la semaine, tandis que le cuivre a franchi les 12 000 dollars la tonne, sur fond de craintes d’un marché mondial plus tendu à l’horizon 2026.

Un bitcoin entre deux eaux

Le bitcoin apparaît comme le grand perdant de l’année, avec un recul de plus de 6 % depuis janvier et de près de 20 % sur le dernier trimestre. L’essor des stablecoins, adossés à des devises réelles comme le dollar ou l’euro et jugés moins volatils, se développe au détriment du bitcoin.

Et pour 2026…

L’art de la prévision est, surtout en matière financière, un exercice périlleux. Les krachs ont un malin plaisir à survenir lorsqu’ils ne sont pas attendus…

Des actions encore en hausse mais attention à la bulle IA

Pour 2026, de nombreux experts anticipent néanmoins une nouvelle année de forte appréciation des actions, portée par l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle et, en Europe, par le plan de relance allemand. L’espoir d’une paix en Ukraine alimente également l’optimisme ambiant. Toutefois, l’IA prend de plus en plus les traits d’une bulle, avec des investissements colossaux dont la rentabilisation suppose l’émergence rapide de gains de productivité substantiels. Le réalisme pourrait, à un moment ou à un autre, reprendre ses droits, avec à la clé soit un atterrissage brutal, soit un dégonflement progressif.

Malgré ces craintes, les investisseurs prévoient une hausse des indices actions comprise entre 8 et 15 % pour 2026. Chez UBS, les analystes pronostiquent un S&P 500 à 7 500 points en 2026, porté par une croissance des bénéfices de l’ordre de 14 %, nourrie pour près de la moitié par les secteurs de la tech. Le CAC 40 pourrait finir autour de 8 700 / 9 000 points.

Des taux directeurs orientés à la baisse

La banque centrale américaine devrait poursuivre la baisse de ses taux, mais de manière modérée, en scrutant l’évolution de l’inflation. Certes, Donald Trump continuera de faire pression sur la Fed pour une accélération en vue des élections de mi-mandat.

La BCE, qui est en mode pause depuis l’automne, doit prendre en compte la progression des prix au sein de certains États, l’écart de taux avec les États-Unis et le souhait des gouvernements d’alléger le coût de la dette publique.

Des taux obligataires en hausse

À un an de l’élection présidentielle, la France, confrontée à une dette publique toujours mal maîtrisée, pourrait devenir une source majeure d’inquiétude en Europe. Par ailleurs, l’accroissement du déficit public allemand limite la perspective d’une baisse marquée des taux souverains. S’agissant des taux directeurs, la Banque centrale européenne devra composer avec une politique monétaire de la Réserve fédérale de plus en plus accommodante. Une légère baisse des taux en 2026 demeure envisageable, d’autant que les craintes d’un retour de l’inflation restent, pour l’heure, contenues. La BCE pourrait ainsi être tentée d’agir afin de freiner l’appréciation de l’euro, au risque de susciter l’ire du président américain.

Pétrole : calme plat sauf…

Le cours du pétrole, sauf crise internationale majeure, ne devrait pas connaître de forte hausse, en particulier si un accord de paix intervenait en Ukraine. Le ralentissement de la croissance mondiale pèserait alors sur la demande, tandis que l’offre continuerait d’augmenter avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+. Certes, ce scénario pourrait être remis en cause en cas d’aggravation de la crise entre le Venezuela et les États-Unis ou d’une reprise des tensions avec l’Iran.

L’or : fin d’un cycle

Depuis 2020, l’or ne cesse de s’apprécier. En 2026, la poursuite de la baisse des taux directeurs pourrait continuer de soutenir la demande de métal précieux. À l’inverse, un retour durable de la paix en Ukraine exercerait un effet modérateur. Plusieurs experts estiment néanmoins que l’once pourrait dépasser les 5 000 dollars.

Bitcoin : la grande incertitude

Après une année en demi-teinte, le bitcoin peut-il rebondir ? Il pourrait, au contraire, pâtir des doutes croissants sur l’IA, de l’essor des stablecoins et des futurs lancements de monnaies digitales de banque centrale. La diffusion progressive de la blockchain pourrait conduire à une forme de banalisation du bitcoin, qui perdrait alors son statut d’icône ou de pionnier.

Bonne Année 2026

Le Président du Cercle Jean-Pierre Thomas et l’ensemble de l’équipe vous souhaite une excellente année 2026.

Le Coin des Epargnants du 26 décembre 2025 : bilan de l’année et perspectives par Philippe Crevel

Bilan 2025 et perspectives pour 2026

Pluie de records pour les marchés en 2025

À quelques jours de la Saint-Sylvestre, les marchés financiers peuvent dignement fêter la fin de l’année. 2025 aura été, en effet, un excellent cru, marqué par une pluie de records pour les indices actions ainsi que pour l’or et de nombreux autres métaux. Cette série de sommets, par son ampleur, inquiète néanmoins : la crainte d’une bulle liée à l’intelligence artificielle est fréquemment avancée.

Des actions au top

Le dernier trimestre en cours s’annonce comme l’un des plus solides depuis deux ans en Europe, porté par la résistance de la croissance mondiale et par l’idée persistante que les conditions de financement s’assoupliront. L’indice Stoxx 600 a ainsi inscrit un nouveau record cette semaine, s’acheminant vers une troisième année consécutive de progression.

Le CAC 40 gagne sur l’année près de 10 %. Il demeure toutefois en retrait par rapport aux grands indices internationaux, en raison de sa composition très orientée vers l’industrie du luxe — en moindre croissance depuis le début de l’année — et de la persistance de la crise politique.

L’indice européen Euro Stoxx 50 progresse, de son côté, de plus de 17 %. L’indice britannique FTSE 100 affiche une hausse de plus de 20 % depuis le 1er janvier.

Aux États-Unis, la publication de statistiques de croissance plus solides que prévu, combinée aux perspectives de détente des taux, incite les investisseurs à privilégier les actions, et plus particulièrement celles du secteur de la haute technologie. Le S&P 500 a gagné plus de 2 % sur la semaine portant le total depuis le 1er janvier à près de 18 %. Le Nasdaq a gagné 2,55 % cette semaine et 22,18 % depuis le début de l’année.

Or, argent, cuivre, platine : toujours plus haut

L’or défie les pronostics en ayant atteint plus de 4 500 dollars l’once, en hausse de près de 70 % depuis le début de l’année. L’argent fait encore mieux, avec un gain avoisinant 150 %. Il faut remonter au choc pétrolier de 1979-1980 pour retrouver des progressions comparables.

Le platine a, lui aussi, enregistré un sommet historique au cours de la semaine, tandis que le cuivre a franchi les 12 000 dollars la tonne, sur fond de craintes d’un marché mondial plus tendu à l’horizon 2026.

Un dollar en recul

Le dollar poursuit son mouvement de baisse pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Les menaces sur l’indépendance de la banque centrale américaine, la baisse des taux directeurs de cette dernière et plus globalement la politique du Président américain ont contribué à la baisse du dollar. Les investisseurs étrangers sont réduit leur exposition en dollars même si la monnaie américaine demeure de loin la première devise de réserve. Le dollar a perdu près de 14 % depuis le début de l’année face à l’euro, ce qui améliore la compétitivité des produits américains. Pour les Européens, cette dépréciation du billet vert allège la facture énergétique, d’autant plus que le cours du pétrole est orienté à la baisse. Depuis le début de l’année, le baril de Brent a reculé d’environ 17 %.

Un bitcoin entre deux eaux

Le bitcoin apparaît comme le grand perdant de l’année, avec un recul de plus de 6 % depuis janvier et de près de 20 % sur le dernier trimestre. L’essor des stablecoins, adossés à des devises réelles comme le dollar ou l’euro et jugés moins volatils, se développe au détriment du bitcoin.

Et pour 2026…

L’art de la prévision est, surtout en matière financière, un exercice périlleux. Les krachs ont un malin plaisir à survenir lorsqu’ils ne sont pas attendus…

Pour 2026, de nombreux experts anticipent néanmoins une nouvelle année de forte appréciation des actions, portée par l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle et, en Europe, par le plan de relance allemand. L’espoir d’une paix en Ukraine alimente également l’optimisme ambiant.

Toutefois, l’IA prend de plus en plus les traits d’une bulle, avec des investissements colossaux dont la rentabilisation suppose l’émergence rapide de gains de productivité substantiels. Le réalisme pourrait, à un moment ou à un autre, reprendre ses droits, avec à la clé soit un atterrissage brutal, soit un dégonflement progressif.

Les tensions géopolitiques pourraient perdurer, avec un président américain engagé en 2026 dans la bataille pour conserver sa majorité au Congrès. À un an de l’élection présidentielle, la France, confrontée à une dette publique toujours mal maîtrisée, pourrait devenir une source majeure d’inquiétude en Europe.

Par ailleurs, l’accroissement du déficit public allemand limite la perspective d’une baisse marquée des taux souverains. S’agissant des taux directeurs, la Banque centrale européenne devra composer avec une politique monétaire de la Réserve fédérale de plus en plus accommodante. Une légère baisse des taux en 2026 demeure envisageable, d’autant que les craintes d’un retour de l’inflation restent, pour l’heure, contenues. La BCE pourrait ainsi être tentée d’agir afin de freiner l’appréciation de l’euro, au risque de susciter l’ire du président américain.

Le cours du pétrole, sauf crise internationale majeure, ne devrait pas connaître de forte hausse, en particulier si un accord de paix intervenait en Ukraine. Le ralentissement de la croissance mondiale pèserait alors sur la demande, tandis que l’offre tendrait à augmenter avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+.

Depuis 2020, l’or ne cesse de s’apprécier. En 2026, la poursuite de la baisse des taux directeurs pourrait continuer de soutenir la demande de métal précieux. À l’inverse, un retour durable de la paix en Ukraine exercerait un effet modérateur. Plusieurs experts estiment que l’once pourrait dépasser les 5 000 dollars. À ce niveau, une prise de bénéfices semblerait néanmoins judicieuse.

Après une année en demi-teinte, le bitcoin peut-il rebondir ? Il pourrait au contraire pâtir des doutes croissants sur l’IA, de l’essor des stablecoins et des futurs lancements de monnaies digitales de banque centrale. La diffusion progressive de la blockchain pourrait conduire à une forme de banalisation du bitcoin, qui perdrait alors son statut d’icône ou de pionnier.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
26 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 103,58 -0,58 %7 543,187 380,74
Dow Jones48 710,97+1,55 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 929,94+1,28 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 593,10+2,55 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 340,06+1,58 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 870,68+0,33 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 746,24 +0,08 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 344,10+1,95 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 963,68+3,04 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,562 %-0,051 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,862 %-0,036 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,138 %-0,006 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1779+0,25 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 479,63+4,12 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars62,28 +4,29 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars87 930,3814+2,73%38 252,5493 776,61

La mauvaise passe du livret A

Novembre 2025 est sans surprise, avec une nouvelle décollecte du livret A, de -730 millions d’euros, la troisième de rang après celles d’octobre et de septembre. La dernière passe de trois pour les décollectes remontait à 2015.

Traditionnellement, le mois de novembre est peu porteur pour le livret A. Depuis 2009, dix décollectes ont été enregistrées. La collecte moyenne, en novembre, au cours de ces dix dernières années (2015-2024), a été de 300 millions d’euros. En 2024, 400 millions d’euros de collecte nette avaient été constatés. Les plus fortes décollectes, en novembre, sont intervenues en 2009 (-1,3 milliard d’euros) et en 2014 (-1,25 milliard d’euros). Les plus fortes collectes pour un mois de novembre ont été enregistrées en 2012 et en 2024, avec 2,4 milliards d’euros chacune. La première est intervenue à la suite du relèvement du plafond du livret, la seconde lors de l’épidémie de Covid.

Le livret A est en décollecte sur les onze premiers mois de l’année, à -3,58 milliards d’euros, alors qu’en 2024 il enregistrait une collecte positive de près de 12 milliards d’euros (11,87 milliards d’euros).

Un mois de dépenses

Novembre est un mois de dépenses, sans recettes exceptionnelles. Le Black Friday, qui s’est imposé dans la culture française, marque le début des courses de fin d’année. Pour les ménages qui avaient un solde d’impôt sur le revenu à acquitter au titre de 2024, le paiement est étalé sur les quatre derniers mois de l’année.

Lente digestion de la baisse de la rémunération

Le livret A est toujours en phase de digestion de la baisse de son taux de rémunération, passé de 3 % à 1,7 % sur l’année. Le 1er février prochain, compte tenu du niveau de l’inflation de ces derniers mois (1 % en rythme annuel) et de l’évolution des taux des marchés monétaires (taux Ester), le taux du livret A devrait passer de 1,7 % à 1,4 %. Cette baisse ne devrait pas inciter les ménages à y placer davantage d’argent dans les prochains mois, même si son rendement réel reste positif.

Le LDDS dans le sillage du livret A

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est également en décollecte en novembre, à -230 millions d’euros. Depuis 2009, il enregistre sa dixième décollecte. La plus importante a été constatée en 2011, avec -430 millions d’euros, tandis que la collecte la plus élevée en novembre date de 2012, avec 2,82 milliards d’euros, lors du relèvement du plafond du LDDS. Sur ces dix dernières années (2015-2024), la collecte moyenne s’élevait à 100 millions d’euros.

La collecte des onze premiers mois de l’année 2025 a atteint 1,27 milliard d’euros, contre 5,61 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) toujours positif

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en novembre, une collecte positive de 210 millions d’euros, contre 340 millions d’euros l’année dernière.

Sur les onze premiers mois, le LEP est en décollecte de 1,5 milliard d’euros, alors qu’il était en collecte positive de 6,26 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le taux de rémunération, à 2,7 %, demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Au 1er février prochain, ce taux devrait baisser. L’application de la formule pourrait le ramener à 1,9 % mais il est probable que le gouvernement maintienne un bonus en faveur De l’épargne populaire en retenant un taux de 2,4 %.

2025 : une année charnière pour l’épargne

En 2025, les Français ont été en mode fourmis, avec un taux d’épargne qui sera, sur l’année, d’environ 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus du taux d’avant la crise Covid. Cette augmentation est imputable à la composante financière de l’épargne, qui est au plus haut depuis les années 1950 (hors période Covid).

Trois facteurs d’augmentation du taux d’épargne :

  • Climat anxiogène ;
  • Vieillissement démographique ;
  • Capitalisation des gains.

Ce niveau élevé d’épargne s’explique non seulement par un climat géopolitique, économique et social qui reste anxiogène, mais aussi par le vieillissement de la population et les bons rendements des placements financiers. Une population âgée a une propension plus importante à épargner et à réduire sa consommation. Ce phénomène est constaté au sein de nombreux pays occidentaux, comme l’Allemagne ou le Japon, ainsi qu’en Chine.

Par ailleurs, en France, les ménages ont tendance à capitaliser les gains issus de leurs placements. Or, ces gains ont été portés par la hausse des taux de rendement, à l’exception de ceux de l’épargne réglementée et des dépôts, et par la bonne tenue des marchés financiers. Les Américains ont un tout autre comportement, en consommant tout ou partie de leurs gains financiers.

Fin de cycle pour le Livret A

Depuis 2017, le Livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le Livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.

L’encours du Livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.

La préférence donnée au Livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du Livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.

En 2025, le Livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 14,87 milliards d’euros.

En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du Livret A et du LDDS.

Le 1er février prochain, le taux du Livret A devrait être une nouvelle fois abaissé. Le taux pourrait ainsi passé de 1,7 à 1,4 %. Il en serait de même pour le LDDS.

Le taux du Compte épargne logement serait alors de 1 % au lieu de 1,25 %.

Léger recul pour le Livret d’Épargne Populaire

Malgré un taux supérieur d’un point à celui du Livret A, le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à la décollecte. Sur les onze premiers mois, celle-ci s’élève à 1,5 milliard d’euros. Ce produit, détenu par 12 millions de personnes, est éligible sous conditions de revenus.

Il est à souligner qu’afin de favoriser l’épargne des ménages les plus modestes, le gouvernement n’a pas appliqué la formule du taux de rémunération. Celui-ci est soit égal à l’inflation, soit au taux du Livret A majoré de 0,5 point, si ce dernier est plus avantageux. De ce fait, le taux au 1er août 2025 aurait dû être de 2,2 %. Or, le gouvernement a décidé de le fixer à 2,7 %. Il est probable qu’un même geste soit consenti le 1er février 2026. Le taux pourrait être ainsi abaissé à 2,4 %.

2025 ou la revanche de l’assurance vie

L’assurance vie est en voie de connaître l’une des meilleures années de son histoire. Avec 45 milliards d’euros sur les dix premiers mois, la collecte nette devrait, en 2025, se situer autour de 50 milliards d’euros, un résultat qui n’avait plus été enregistré depuis 2010 (51,1 milliards d’euros).

Ce résultat est porté par un montant élevé de cotisations (plus de 160 milliards d’euros sur les dix premiers mois) et par des rachats modérés. Il est également la conséquence du retour en territoire positif de la collecte des fonds euros, qui bénéficient de la fameuse garantie en capital. La baisse de leur taux de rendement avait, ces dernières années, conduit les ménages à se désengager du premier pilier de l’assurance vie, qui représente plus de 72 % de l’encours et, en moyenne, plus de 60 % de la collecte ces dernières années.

Le taux de rendement des fonds euros était passé de 3,4 % en 2010 à 1,28 % en 2020, en lien avec la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, qui s’était traduite par un fort recul des taux des obligations souveraines. Cette baisse du rendement a érodé la compétitivité de l’assurance vie, laquelle n’a été portée, depuis 2017, que par les unités de compte.

Le rendement des fonds euros a réaugmenté à compter de 2022 pour atteindre 2,6 % en 2024. Le rendement pour 2025 devrait être assez voisin de celui de l’année dernière. Cette hausse, conjuguée à la baisse des taux de rémunération de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, a incité les ménages à réallouer une part plus importante de leur épargne vers l’assurance vie.

Il est à noter que cette dernière, dans l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, a repris, en 2025, sa place de numéro un parmi les placements préférés des Français.

L’encours de l’assurance vie devrait, en 2025, dépasser 2 100 milliards d’euros.

2025 : confirmation du succès du Plan d’Épargne Retraite confirme

Au 31 octobre 2025, le nombre de titulaires d’un PER assurance est estimé à 7,7 millions (+16 % sur un an) et les provisions mathématiques de ces PER sont évaluées à 107,5 milliards d’euros (+21 % sur un an). En prenant en compte l’ensemble des PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires dépasse 12 millions et l’encours atteint 130 milliards d’euros (chiffres à mars 2025).

Le PER profite des interrogations sur l’avenir du système de retraite par répartition et du vieillissement démographique.

Quelles perspectives pour 2026 ?

Les taux de rémunération

Les taux de rémunération de plusieurs produits d’épargne sont appelés à évoluer dans les prochaines semaines.

Le Plan d’Épargne Logement

Le taux du plan d’épargne logement est déjà connu. Il s’élèvera à 2 % pour tous les plans ouverts à compter du 1er janvier 2026. Il convient de souligner que ce produit est en recul depuis 2018.

Le Livret A et le LDDS

Le taux du Livret A et du LDDS, compte tenu de l’inflation constatée en 2025 et de l’évolution des taux monétaires, devrait passer de 1,7 % à 1,4 % au 1er février 2026.

Par voie de conséquence, le taux du compte d’épargne logement devrait passer de 1,25 % à 1 %.

Le Livret d’Épargne Populaire

Le taux du Livret d’Épargne Populaire, par simple application de la formule réglementaire, devrait être, au 1er février 2026, de 1,9 %. Il est fort probable que le gouvernement fasse un geste en ramenant le taux de 2,7 % à 2,4 %.

L’évolution de l’épargne : un léger recul pour 2026

Le taux d’épargne devrait légèrement baisser en 2026, avec une reprise modérée de la consommation après plusieurs années de stagnation. Les ménages acquièrent une certaine résilience face aux chocs divers et variés. En outre, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, avec à la clé une baisse du coût de l’énergie, pourrait contribuer à améliorer le moral des ménages.

La collecte du Livret A devrait se situer dans le prolongement de l’année 2025, avec toujours un effet de cycle, le premier semestre étant plus favorable à la collecte que le second.

L’assurance vie : encore une année en or en 2026

Malgré quelques menaces durant la discussion budgétaire, le régime fiscal de l’assurance vie demeure inchangé en 2026. Elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 1,4 point.

Avec des fonds euros dont la rémunération profitera de la hausse des taux d’intérêt à long terme, l’attractivité de l’assurance vie devrait encore s’améliorer, d’autant plus que les rendements de l’épargne réglementée sont orientés à la baisse.

Par ailleurs, l’assurance vie pourrait être la grande gagnante de la clôture des plans d’épargne logement de plus de quinze ans. À partir du mois de mars 2026, les premiers contrats ouverts en 2011, qui atteignent leur quinzième année, sont automatiquement transformés en livrets bancaires dont la rémunération, faible, est fixée par l’établissement bancaire. Ces fermetures automatiques conduiront à une réallocation des fonds. Or, le PEL avait connu un nombre important d’ouvertures entre 2011 et 2016. Selon la Banque de France, d’ici 2030, un tiers des PEL, dont l’encours est de 93 milliards d’euros, est concerné.

Les ménages concernés ont laissé leur argent sur leur PEL non pas en vue de réaliser un projet immobilier (ils l’auraient déjà fait), mais pour des raisons financières : les PEL ouverts entre 2011 et 2016 étaient rémunérés entre 2 % et 2,5 % et n’étaient pas soumis à l’impôt. Les nouveaux PEL sont beaucoup moins intéressants (2 % de rendement et soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %). Dans ces conditions, l’assurance vie, avec un rendement de 2,6 % pour les fonds euros, devrait capter une part non négligeable des PEL arrivés à échéance. Le Plan d’Épargne Retraite pourrait également en bénéficier.

Or, un nouveau record

Le cours de l’or a battu, lundi 22 décembre, un nouveau record en dépassant 4 400 dollars l’once. En fin de semaine, ce dernier a même franchi la barre des 4500 dollars. Cette progression est alimentée par les prévisions de nouvelles baisses de taux de la Réserve fédérale américaine.

Le précédent record datait du mois d’octobre dernier, à 4 381,52 dollars. Depuis le début de l’année, le métal jaune a progressé de plus de 66 %. Entre la guerre commerciale menée par Donald Trump, la paralysie budgétaire à Washington et les tensions géopolitiques chroniques, tout concourt à la hausse de l’or. Outre les investisseurs, les banques centrales de nombreux pays, notamment émergents, ont également accru leurs réserves en métal jaune. Parmi celles qui ont acheté le plus d’or figurent la Pologne, le Kazakhstan, le Brésil et la Turquie. La Pologne a acheté (en net) 82,67 tonnes d’or, soit 7,6 %. Sur le seul mois d’octobre, le pays a acquis 15,6 tonnes. La Pologne se classe désormais au 12ᵉ rang pour la détention officielle d’or. Le Brésil, qui a acheté plus de 15 tonnes de métal jaune en septembre et octobre, poursuit sa stratégie visant à réduire sa dépendance au dollar. La Chine arrive en 5ᵉ position pour les achats d’or, avec plus de 24 tonnes acquises cette année. Elle est le sixième pays disposant des réserves d’or les plus importantes.

La Russie, qui ces dernières années avait acheté de nombreuses tonnes d’or, en a vendu en 2025 afin de financer son important effort de guerre. Le pays reste le cinquième plus grand détenteur du précieux métal. Singapour a également réduit ses réserves d’or, en cédant au total plus de 15 tonnes. Ce pays joue toujours un rôle actif sur le marché de l’or, pour son compte ou pour le compte de tiers. De son côté, l’Ouzbékistan a vendu plus de 11 tonnes, faisant de ce pays le plus important vendeur net d’or.

Bitcoin : l’année des paradoxes

Le bitcoin, avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, semblait être promis à un brillant avenir. Or, la première des cryptoactifs est en recul de 6 % depuis le début de l’année. Fin décembre, il s’échange contre 87 000 dollars, loin de son record du mois d’octobre (125 260,9 dollars).

Après avoir bénéficié du soutien de l’industrie digitale durant sa campagne et avoir émis sa propre crypto, Donald Trump promet de faire des États-Unis « la capitale mondiale des cryptomonnaies ». Dès sa nomination, ce dernier déréglemente et met fin aux poursuites que son prédécesseur avait engagées à l’encontre de ce secteur. L’idée d’une réserve stratégique de bitcoins, évoquée à Washington, marque un tournant symbolique.

Cette normalisation a une contrepartie immédiate. Le bitcoin est désormais sujet aux décisions et aux volte-face présidentiels. Son cours a ainsi fortement baissé après les annonces relatives aux droits de douane au mois d’avril dernier. La première des cryptos est de plus en plus corrélée aux marchés financiers américains, et en particulier au cours du Nasdaq.

L’adoption du Genius Act sur les stablecoins a certes, à l’automne, réveillé le marché des cryptoactifs en portant le bitcoin à plus de 120 000 dollars. À ce pic, la capitalisation totale des bitcoins en circulation a brièvement dépassé les 2 400 milliards de dollars, selon Bloomberg. Entre ces phases de valorisation, le bitcoin a connu des fluctuations pouvant atteindre 30 %, quand, dans le même temps, l’or s’est continuellement apprécié.

Les ETF sont devenus l’un des leviers de croissance de plus en plus importants du bitcoin. Les fonds cotés qui répliquent directement le prix du bitcoin rencontrent un réel succès. Après une année 2024 exceptionnelle, marquée par plus de 35 milliards de dollars de collecte, les ETF bitcoin attirent encore environ 22 milliards de dollars en 2025. Les flux deviennent toutefois plus erratiques, alternant phases de collecte et sorties marquées. L’ETF n’est plus un moteur automatique de hausse, mais un instrument d’arbitrage pleinement intégré aux cycles de l’aversion au risque.

Epargne salariale : le premier vecteur de la négociation en entreprise

En 2024, le nombre d’accords et d’avenants conclus dans les entreprises s’est élevé à 81 380. Près de la moitié d’entre eux sont liés à l’épargne salariale (45,6 %). Leur nombre a progressé de 8 % par rapport à 2023. L’intéressement, la participation, la retraite collective sont au cœur des négociations sociales au sein des entreprises.

Arrivent ensuite les textes sur les salaires et primes, en hausse de 4,3 % et ceux sur le temps de travail.

Livrets ordinaires : un encours élevé malgré de faibles taux de rémunération

L’encours des livrets ordinaires fiscalisés s’élevaient à 199,5 milliards d’euros à la fin du mois d’octobre dernier. Malgré un taux moyen de rémunération faible, autour de 0,8 %, les ménages conservent des sommes importantes sur ces produits. Ce sont souvent des fonds en attente d’utilisation. Les sommes issues d’une vente d’un logement sont ainsi placées sur un livret avant réutilisation pour l’achat d’un nouveau logement ou pour une réallocation su d’autres produits financiers. Les sommes issues d’une succession peuvent être également placées sur un livret avant réaffectation.

Cercle de l’Epargne – données Banque de France

La mauvaise passe du livret A

Novembre 2025 est sans surprise, avec une nouvelle décollecte du livret A, de -730 millions d’euros, la troisième de rang après celles d’octobre et de septembre. La dernière passe de trois pour les décollectes remontait à 2015.

Traditionnellement, le mois de novembre est peu porteur pour le livret A. Depuis 2009, dix décollectes ont été enregistrées. La collecte moyenne, en novembre, au cours de ces dix dernières années (2015-2024), a été de 300 millions d’euros. En 2024, 400 millions d’euros de collecte nette avaient été constatés. Les plus fortes décollectes, en novembre, sont intervenues en 2009 (-1,3 milliard d’euros) et en 2014 (-1,25 milliard d’euros). Les plus fortes collectes pour un mois de novembre ont été enregistrées en 2012 et en 2024, avec 2,4 milliards d’euros chacune. La première est intervenue à la suite du relèvement du plafond du livret, la seconde lors de l’épidémie de Covid.

Le livret A est en décollecte sur les onze premiers mois de l’année, à -3,58 milliards d’euros, alors qu’en 2024 il enregistrait une collecte positive de près de 12 milliards d’euros (11,87 milliards d’euros).

Un mois de dépenses

Novembre est un mois de dépenses, sans recettes exceptionnelles. Le Black Friday, qui s’est imposé dans la culture française, marque le début des courses de fin d’année. Pour les ménages qui avaient un solde d’impôt sur le revenu à acquitter au titre de 2024, le paiement est étalé sur les quatre derniers mois de l’année.

Lente digestion de la baisse de la rémunération

Le livret A est toujours en phase de digestion de la baisse de son taux de rémunération, passé de 3 % à 1,7 % sur l’année. Le 1er février prochain, compte tenu du niveau de l’inflation de ces derniers mois (1 % en rythme annuel) et de l’évolution des taux des marchés monétaires (taux Ester), le taux du livret A devrait passer de 1,7 % à 1,4 %. Cette baisse ne devrait pas inciter les ménages à y placer davantage d’argent dans les prochains mois, même si son rendement réel reste positif.

Le LDDS dans le sillage du livret A

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est également en décollecte en novembre, à -230 millions d’euros. Depuis 2009, il enregistre sa dixième décollecte. La plus importante a été constatée en 2011, avec -430 millions d’euros, tandis que la collecte la plus élevée en novembre date de 2012, avec 2,82 milliards d’euros, lors du relèvement du plafond du LDDS. Sur ces dix dernières années (2015-2024), la collecte moyenne s’élevait à 100 millions d’euros.

La collecte des onze premiers mois de l’année 2025 a atteint 1,27 milliard d’euros, contre 5,61 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) toujours positif

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en novembre, une collecte positive de 210 millions d’euros, contre 340 millions d’euros l’année dernière.

Sur les onze premiers mois, le LEP est en décollecte de 1,5 milliard d’euros, alors qu’il était en collecte positive de 6,26 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le taux de rémunération, à 2,7 %, demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Au 1er février prochain, ce taux devrait baisser. L’application de la formule pourrait le ramener à 1,9 % mais il est probable que le gouvernement maintienne un bonus en faveur De l’épargne populaire en retenant un taux de 2,4 %.

2025 : une année de rupture pour l’épargne réglementée

Pour l’épargne, 2025 restera une année de changement de cap, avec une baisse du livret A et une série de records pour l’assurance-vie. Les ménages ont épargné beaucoup en 2025, voire plus qu’en 2024 mais ils ont surtout épargné différemment. Ils ont  privilégié le placement long en réduisant leur épargne placée sur les livrets A ou sur les dépôts à terme.

Depuis 2017, le livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.

L’encours du livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.

La préférence donnée au livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.

En 2025, le livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive de 14,87 milliards d’euros.

En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du livret A et du LDDS.

ANNEXES

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations

Analyse des résultats du livret A au mois de novembre 2025 par Philippe Crevel : Sale temps pour l’épargne réglementée

La passe de trois

Novembre 2025 est sans surprise, avec une nouvelle décollecte du livret A, de -730 millions d’euros, la troisième de rang après celles d’octobre et de septembre. La dernière passe de trois pour les décollectes remontait à 2015.

Traditionnellement, le mois de novembre est peu porteur pour le livret A. Depuis 2009, dix décollectes ont été enregistrées. La collecte moyenne, en novembre, au cours de ces dix dernières années (2015-2024), a été de 300 millions d’euros. En 2024, 400 millions d’euros de collecte nette avaient été constatés. Les plus fortes décollectes, en novembre, sont intervenues en 2009 (-1,3 milliard d’euros) et en 2014 (-1,25 milliard d’euros). Les plus fortes collectes pour un mois de novembre ont été enregistrées en 2012 et en 2024, avec 2,4 milliards d’euros chacune. La première est intervenue à la suite du relèvement du plafond du livret, la seconde lors de l’épidémie de Covid.

Le livret A est en décollecte sur les onze premiers mois de l’année, à -3,58 milliards d’euros, alors qu’en 2024 il enregistrait une collecte positive de près de 12 milliards d’euros (11,87 milliards d’euros).

Un mois de dépenses

Novembre est un mois de dépenses, sans recettes exceptionnelles. Le Black Friday, qui s’est imposé dans la culture française, marque le début des courses de fin d’année. Pour les ménages qui avaient un solde d’impôt sur le revenu à acquitter au titre de 2024, le paiement est étalé sur les quatre derniers mois de l’année.

Lente digestion de la baisse de la rémunération

Le livret A est toujours en phase de digestion de la baisse de son taux de rémunération, passé de 3 % à 1,7 % sur l’année. Le 1er février prochain, compte tenu du niveau de l’inflation de ces derniers mois (1 % en rythme annuel) et de l’évolution des taux des marchés monétaires (taux Ester), le taux du livret A devrait passer de 1,7 % à 1,4 %. Cette baisse ne devrait pas inciter les ménages à y placer davantage d’argent dans les prochains mois, même si son rendement réel reste positif.

Le LDDS dans le sillage du livret A

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est également en décollecte en novembre, à -230 millions d’euros. Depuis 2009, il enregistre sa dixième décollecte. La plus importante a été constatée en 2011, avec -430 millions d’euros, tandis que la collecte la plus élevée en novembre date de 2012, avec 2,82 milliards d’euros, lors du relèvement du plafond du LDDS. Sur ces dix dernières années (2015-2024), la collecte moyenne s’élevait à 100 millions d’euros.

La collecte des onze premiers mois de l’année 2025 a atteint 1,27 milliard d’euros, contre 5,61 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) toujours positif

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en novembre, une collecte positive de 210 millions d’euros, contre 340 millions d’euros l’année dernière.

Sur les onze premiers mois, le LEP est en décollecte de 1,5 milliard d’euros, alors qu’il était en collecte positive de 6,26 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le taux de rémunération, à 2,7 %, demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Au 1er février prochain, ce taux devrait baisser. L’application de la formule pourrait le ramener à 1,9 % mais il est probable que le gouvernement maintienne un bonus en faveur De l’épargne populaire en retenant un taux de 2,4 %.

2025 : une année de rupture pour l’épargne réglementée

Pour l’épargne, 2025 restera une année de changement de cap, avec une baisse du livret A et une série de records pour l’assurance-vie. Les ménages ont épargné beaucoup en 2025, voire plus qu’en 2024 mais ils ont surtout épargné différemment. Ils ont  privilégié le placement long en réduisant leur épargne placée sur les livrets A ou sur les dépôts à terme.

Depuis 2017, le livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.

L’encours du livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.

La préférence donnée au livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.

En 2025, le livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive de 14,87 milliards d’euros.

En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du livret A et du LDDS.

ANNEXES

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations

Contacts presse

Philippe Crevel 06 03 84 70 36  Sarah Le Gouez 06 13 90 75 48 slegouez@cercledelepargne.fr

Epargne : un premier bilan pour 2025

Retour sur l’année 2025 par Philippe Crevel et perspectives pour 2026

2025 : une année charnière pour l’épargne

En 2025, les Français ont été en mode fourmis, avec un taux d’épargne qui sera, sur l’année, d’environ 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus du taux d’avant la crise Covid. Cette augmentation est imputable à la composante financière de l’épargne, qui est au plus haut depuis les années 1950 (hors période Covid).

Trois facteurs d’augmentation du taux d’épargne :

  • Climat anxiogène
  • Vieillissement démographique
  • Capitalisation des gains

Ce niveau élevé d’épargne s’explique non seulement par un climat géopolitique, économique et social qui reste anxiogène, mais aussi par le vieillissement de la population et les bons rendements des placements financiers. Une population âgée a une propension plus importante à épargner et à réduire sa consommation. Ce phénomène est constaté au sein de nombreux pays occidentaux, comme l’Allemagne ou le Japon, ainsi qu’en Chine.

Par ailleurs, en France, les ménages ont tendance à capitaliser les gains issus de leurs placements. Or, ces gains ont été portés par la hausse des taux de rendement, à l’exception de ceux de l’épargne réglementée et des dépôts, et par la bonne tenue des marchés financiers. Les Américains ont un tout autre comportement, en consommant tout ou partie de leurs gains financiers.

Fin de cycle pour le Livret A

Depuis 2017, le Livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le Livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.

L’encours du Livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.

La préférence donnée au Livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du Livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.

En 2025, le Livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 14,87 milliards d’euros.

En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du Livret A et du LDDS.

Léger recul pour le Livret d’Épargne Populaire

Malgré un taux supérieur d’un point à celui du Livret A, le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à la décollecte. Sur les dix premiers mois, celle-ci s’élève à 1,5 milliard d’euros. Ce produit, détenu par 12 millions de personnes, est éligible sous conditions de revenus.

Il est à souligner qu’afin de favoriser l’épargne des ménages les plus modestes, le gouvernement n’a pas appliqué la formule du taux de rémunération. Celui-ci est soit égal à l’inflation, soit au taux du Livret A majoré de 0,5 point, si ce dernier est plus avantageux. De ce fait, le taux au 1er août 2025 aurait dû être de 2,2 %. Or, le gouvernement a décidé de le fixer à 2,7 %.

2025 ou la revanche de l’assurance vie

L’assurance vie est en voie de connaître l’une des meilleures années de son histoire. Avec 45 milliards d’euros sur les dix premiers mois, la collecte nette devrait, en 2025, se situer autour de 50 milliards d’euros, un résultat qui n’avait plus été enregistré depuis 2010 (51,1 milliards d’euros).

Ce résultat est porté par un montant élevé de cotisations (plus de 160 milliards d’euros sur les dix premiers mois) et par des rachats modérés. Il est également la conséquence du retour en territoire positif de la collecte des fonds euros, qui bénéficient de la fameuse garantie en capital. La baisse de leur taux de rendement avait, ces dernières années, conduit les ménages à se désengager du premier pilier de l’assurance vie, qui représente plus de 72 % de l’encours et, en moyenne, plus de 60 % de la collecte ces dernières années.

Le taux de rendement des fonds euros était passé de 3,4 % en 2010 à 1,28 % en 2020, en lien avec la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, qui s’était traduite par un fort recul des taux des obligations souveraines. Cette baisse du rendement a érodé la compétitivité de l’assurance vie, laquelle n’a été portée, depuis 2017, que par les unités de compte.

Le rendement des fonds euros a réaugmenté à compter de 2022 pour atteindre 2,6 % en 2024. Le rendement pour 2025 devrait être assez voisin de celui de l’année dernière. Cette hausse, conjuguée à la baisse des taux de rémunération de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, a incité les ménages à réallouer une part plus importante de leur épargne vers l’assurance vie.

Il est à noter que cette dernière, dans l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, a repris, en 2025, sa place de numéro un parmi les placements préférés des Français.

L’encours de l’assurance vie devrait, en 2025, dépasser 2 100 milliards d’euros.

2025 : confirmation du succès du Plan d’Épargne Retraite confirme

Au 31 octobre 2025, le nombre de titulaires d’un PER assurance est estimé à 7,7 millions (+16 % sur un an) et les provisions mathématiques de ces PER sont évaluées à 107,5 milliards d’euros (+21 % sur un an). En prenant en compte l’ensemble des PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires dépasse 12 millions et l’encours atteint 130 milliards d’euros (chiffres à mars 2025).

Le PER profite des interrogations sur l’avenir du système de retraite par répartition et du vieillissement démographique.

Quelles perspectives pour 2026 ?

Les taux de rémunération

Le Plan d’Épargne Logement

Le taux du plan d’épargne logement est déjà connu. Il s’élèvera à 2 % pour tous les plans ouverts à compter du 1er janvier 2026. Il convient de souligner que ce produit est en recul depuis 2018.

Le Livret A et le LDDS

Le taux du Livret A et du LDDS, compte tenu de l’inflation constatée en 2025 et de l’évolution des taux monétaires, devrait passer de 1,7 % à 1,4 % au 1er février 2026.

Par voie de conséquence, le taux du compte d’épargne logement devrait passer de 1,25 % à 1 %.

Le Livret d’Épargne Populaire

Le taux du Livret d’Épargne Populaire, par simple application de la formule réglementaire, devrait être, au 1er février 2026, de 1,9 %. Il est fort probable que le gouvernement fasse un geste en ramenant le taux de 2,7 % à 2,4 %.

L’évolution de l’épargne : un léger recul pour 2026

Le taux d’épargne devrait légèrement baisser en 2026, avec une reprise modérée de la consommation après plusieurs années de stagnation. Les ménages acquièrent une certaine résilience face aux chocs divers et variés. En outre, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, avec à la clé une baisse du coût de l’énergie, pourrait contribuer à améliorer le moral des ménages.

La collecte du Livret A devrait se situer dans le prolongement de l’année 2025, avec toujours un effet de cycle, le premier semestre étant plus favorable à la collecte que le second.

L’assurance vie : encore une année en or en 2026

Malgré quelques menaces durant la discussion budgétaire, le régime fiscal de l’assurance vie demeure inchangé en 2026. Elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 1,4 point.

Avec des fonds euros dont la rémunération profitera de la hausse des taux d’intérêt à long terme, l’attractivité de l’assurance vie devrait encore s’améliorer, d’autant plus que les rendements de l’épargne réglementée sont orientés à la baisse.

Par ailleurs, l’assurance vie pourrait être la grande gagnante de la clôture des plans d’épargne logement de plus de quinze ans. À partir du mois de mars 2026, les premiers contrats ouverts en 2011, qui atteignent leur quinzième année, sont automatiquement transformés en livrets bancaires dont la rémunération, faible, est fixée par l’établissement bancaire. Ces fermetures automatiques conduiront à une réallocation des fonds. Or, le PEL avait connu un nombre important d’ouvertures entre 2011 et 2016. Selon la Banque de France, d’ici 2030, un tiers des PEL, dont l’encours est de 93 milliards d’euros, est concerné.

Les ménages concernés ont laissé leur argent sur leur PEL non pas en vue de réaliser un projet immobilier (ils l’auraient déjà fait), mais pour des raisons financières : les PEL ouverts entre 2011 et 2016 étaient rémunérés entre 2 % et 2,5 % et n’étaient pas soumis à l’impôt. Les nouveaux PEL sont beaucoup moins intéressants (2 % de rendement et soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %). Dans ces conditions, l’assurance vie, avec un rendement de 2,6 % pour les fonds euros, devrait capter une part non négligeable des PEL arrivés à échéance. Le Plan d’Épargne Retraite pourrait également en bénéficier.

Communiqué de presse de Philippe Crevel – directeur du Cercle de l’Epargne : Premier bilan de l’épargne en 2025 en France et perspectives pour 2026

2025 : une année charnière pour l’épargne

En 2025, les Français ont été en mode fourmis, avec un taux d’épargne qui sera, sur l’année, d’environ 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus du taux d’avant la crise Covid. Cette augmentation est imputable à la composante financière de l’épargne, qui est au plus haut depuis les années 1950 (hors période Covid).

Trois facteurs d’augmentation du taux d’épargne :

  • Climat anxiogène
  • Vieillissement démographique
  • Capitalisation des gains

Ce niveau élevé d’épargne s’explique non seulement par un climat géopolitique, économique et social qui reste anxiogène, mais aussi par le vieillissement de la population et les bons rendements des placements financiers. Une population âgée a une propension plus importante à épargner et à réduire sa consommation. Ce phénomène est constaté au sein de nombreux pays occidentaux, comme l’Allemagne ou le Japon, ainsi qu’en Chine.

Par ailleurs, en France, les ménages ont tendance à capitaliser les gains issus de leurs placements. Or, ces gains ont été portés par la hausse des taux de rendement, à l’exception de ceux de l’épargne réglementée et des dépôts, et par la bonne tenue des marchés financiers. Les Américains ont un tout autre comportement, en consommant tout ou partie de leurs gains financiers.

Fin de cycle pour le Livret A

Depuis 2017, le Livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le Livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.

L’encours du Livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.

La préférence donnée au Livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du Livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.

En 2025, le Livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 14,87 milliards d’euros.

En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du Livret A et du LDDS.

Léger recul pour le Livret d’Épargne Populaire

Malgré un taux supérieur d’un point à celui du Livret A, le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à la décollecte. Sur les dix premiers mois, celle-ci s’élève à 1,5 milliard d’euros. Ce produit, détenu par 12 millions de personnes, est éligible sous conditions de revenus.

Il est à souligner qu’afin de favoriser l’épargne des ménages les plus modestes, le gouvernement n’a pas appliqué la formule du taux de rémunération. Celui-ci est soit égal à l’inflation, soit au taux du Livret A majoré de 0,5 point, si ce dernier est plus avantageux. De ce fait, le taux au 1er août 2025 aurait dû être de 2,2 %. Or, le gouvernement a décidé de le fixer à 2,7 %.

2025 ou la revanche de l’assurance vie

L’assurance vie est en voie de connaître l’une des meilleures années de son histoire. Avec 45 milliards d’euros sur les dix premiers mois, la collecte nette devrait, en 2025, se situer autour de 50 milliards d’euros, un résultat qui n’avait plus été enregistré depuis 2010 (51,1 milliards d’euros).

Ce résultat est porté par un montant élevé de cotisations (plus de 160 milliards d’euros sur les dix premiers mois) et par des rachats modérés. Il est également la conséquence du retour en territoire positif de la collecte des fonds euros, qui bénéficient de la fameuse garantie en capital. La baisse de leur taux de rendement avait, ces dernières années, conduit les ménages à se désengager du premier pilier de l’assurance vie, qui représente plus de 72 % de l’encours et, en moyenne, plus de 60 % de la collecte ces dernières années.

Le taux de rendement des fonds euros était passé de 3,4 % en 2010 à 1,28 % en 2020, en lien avec la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, qui s’était traduite par un fort recul des taux des obligations souveraines. Cette baisse du rendement a érodé la compétitivité de l’assurance vie, laquelle n’a été portée, depuis 2017, que par les unités de compte.

Le rendement des fonds euros a réaugmenté à compter de 2022 pour atteindre 2,6 % en 2024. Le rendement pour 2025 devrait être assez voisin de celui de l’année dernière. Cette hausse, conjuguée à la baisse des taux de rémunération de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, a incité les ménages à réallouer une part plus importante de leur épargne vers l’assurance vie.

Il est à noter que cette dernière, dans l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, a repris, en 2025, sa place de numéro un parmi les placements préférés des Français.

L’encours de l’assurance vie devrait, en 2025, dépasser 2 100 milliards d’euros.

2025 : confirmation du succès du Plan d’Épargne Retraite confirme

Au 31 octobre 2025, le nombre de titulaires d’un PER assurance est estimé à 7,7 millions (+16 % sur un an) et les provisions mathématiques de ces PER sont évaluées à 107,5 milliards d’euros (+21 % sur un an). En prenant en compte l’ensemble des PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires dépasse 12 millions et l’encours atteint 130 milliards d’euros (chiffres à mars 2025).

Le PER profite des interrogations sur l’avenir du système de retraite par répartition et du vieillissement démographique.

Quelles perspectives pour 2026 ?

Les taux de rémunération

Le Plan d’Épargne Logement

Le taux du plan d’épargne logement est déjà connu. Il s’élèvera à 2 % pour tous les plans ouverts à compter du 1er janvier 2026. Il convient de souligner que ce produit est en recul depuis 2018.

Le Livret A et le LDDS

Le taux du Livret A et du LDDS, compte tenu de l’inflation constatée en 2025 et de l’évolution des taux monétaires, devrait passer de 1,7 % à 1,4 % au 1er février 2026.

Par voie de conséquence, le taux du compte d’épargne logement devrait passer de 1,25 % à 1 %.

Le Livret d’Épargne Populaire

Le taux du Livret d’Épargne Populaire, par simple application de la formule réglementaire, devrait être, au 1er février 2026, de 1,9 %. Il est fort probable que le gouvernement fasse un geste en ramenant le taux de 2,7 % à 2,4 %.

L’évolution de l’épargne : un léger recul pour 2026

Le taux d’épargne devrait légèrement baisser en 2026, avec une reprise modérée de la consommation après plusieurs années de stagnation. Les ménages acquièrent une certaine résilience face aux chocs divers et variés. En outre, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, avec à la clé une baisse du coût de l’énergie, pourrait contribuer à améliorer le moral des ménages.

La collecte du Livret A devrait se situer dans le prolongement de l’année 2025, avec toujours un effet de cycle, le premier semestre étant plus favorable à la collecte que le second.

L’assurance vie : encore une année en or en 2026

Malgré quelques menaces durant la discussion budgétaire, le régime fiscal de l’assurance vie demeure inchangé en 2026. Elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 1,4 point.

Avec des fonds euros dont la rémunération profitera de la hausse des taux d’intérêt à long terme, l’attractivité de l’assurance vie devrait encore s’améliorer, d’autant plus que les rendements de l’épargne réglementée sont orientés à la baisse.

Par ailleurs, l’assurance vie pourrait être la grande gagnante de la clôture des plans d’épargne logement de plus de quinze ans. À partir du mois de mars 2026, les premiers contrats ouverts en 2011, qui atteignent leur quinzième année, sont automatiquement transformés en livrets bancaires dont la rémunération, faible, est fixée par l’établissement bancaire. Ces fermetures automatiques conduiront à une réallocation des fonds. Or, le PEL avait connu un nombre important d’ouvertures entre 2011 et 2016. Selon la Banque de France, d’ici 2030, un tiers des PEL, dont l’encours est de 93 milliards d’euros, est concerné.

Les ménages concernés ont laissé leur argent sur leur PEL non pas en vue de réaliser un projet immobilier (ils l’auraient déjà fait), mais pour des raisons financières : les PEL ouverts entre 2011 et 2016 étaient rémunérés entre 2 % et 2,5 % et n’étaient pas soumis à l’impôt. Les nouveaux PEL sont beaucoup moins intéressants (2 % de rendement et soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %). Dans ces conditions, l’assurance vie, avec un rendement de 2,6 % pour les fonds euros, devrait capter une part non négligeable des PEL arrivés à échéance. Le Plan d’Épargne Retraite pourrait également en bénéficier.

Le Coin des Epargnants du 20 décembre 2025 par Philippe Crevel – les marchés en mode fin d’année

La trêve des confiseurs

Les marchés financiers entrent dans la traditionnelle trêve des confiseurs. La semaine prochaine ne comptera que trois séances, avec une fermeture anticipée mercredi 24. Les investisseurs ont réagi positivement aux résultats de l’inflation américaine. Les données du Bureau américain des statistiques font état d’une augmentation de 2,7 % des prix à la consommation sur un an (2,6 % hors alimentation et énergie), inférieure aux 3,1 % anticipés par le consensus et aux 3 % de septembre, en l’absence de référence pour octobre compte tenu du shutdown. Néanmoins, ces statistiques sont sujettes à caution compte tenu de la fermeture des administrations fédérales en octobre et novembre, qui a gêné la collecte des données. Le shutdown a contraint le BLS à recourir davantage à l’imputation par report, en supposant que le niveau de l’indice d’octobre était inchangé par rapport à celui de septembre, pour établir les indices de novembre. Le chiffre de décembre pourrait être relativement élevé par effet de rattrapage statistique. L’optimisme reste néanmoins de rigueur, surtout si cette inflation maîtrisée se confirme. Elle donne, en effet des marges de manœuvre à la Réserve fédérale américaine pour réduire davantage ses taux d’intérêt.

Le CAC 40 a gagné plus de 1 % sur la semaine. Les taux des obligations d’Etat sont à la hausse en Europe. Le taux de l’OAT, en France, dépasse 3,6 % et est désormais nettement supérieur à son équivalent italien. L’or est en légère remontée, le bitcoin continuant, de son côté, de baisser. Les indices américains sont restés stables surla semaine.

Un baril de pétrole au-dessous des 60 dollars

Le baril de pétrole Brent, référence européenne, est passé en dessous des 60 dollars dans la semaine pour la première fois depuis mai. Il a terminé la semaine juste au-dessous de cette barre symbolique. Cette baisse est la conséquence des pourparlers sur l’Ukraine et de l’augmentation de l’offre avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité lundi de « progrès » dans les négociations avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie, ce qui pourrait avoir pour conséquence un allègement des sanctions contre le pétrole russe. Les tensions entre le Venezuela et les États-Unis ont, en revanche, peu de conséquences sur le cours du pétrole.

La BCE toujours en mode temporisation

La Banque centrale européenne, pour sa dernière réunion de l’année, a une nouvelle fois opté, en matière de taux directeurs, pour le statu quo. Elle a maintenu son taux de dépôt à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %. Cette décision était anticipée par les investisseurs.

À la différence de la FED, la BCE estime qu’il n’y a aucune raison de changer les taux. La croissance européenne réaccélère depuis quelques mois, en partie grâce au plan de relance de l’Allemagne. L’inflation est, en novembre, repassée au-dessus des 2 %. Néanmoins, les économistes de la BCE envisagent que l’inflation descende un peu sous la cible en 2026 et 2027, avant de retrouver les 2 % en 2028. La croissance est, de son côté, attendue à 1,2 % en 2026, puis à 1,4 % les deux années suivantes. « Il n’y a pas eu de discussion sur une possible hausse ou baisse de taux », a signalé Christine Lagarde, présidente de la BCE.

Néanmoins, Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a indiqué qu’il faudrait peut-être relever les taux en fin d’année prochaine en raison d’une menace de reprise de l’inflation. Cette analyse n’est pas, pour le moment, partagée par la majorité du Conseil de politique monétaire, même si elle émane d’une possible successeure de Christine Lagarde. La BCE est contrainte de prendre en compte la politique monétaire américaine. La baisse des taux de la FED contribue à la dépréciation du dollar par rapport à l’euro. Les importations extracommunautaires coûtent moins cher, ce qui contribue à diminuer l’inflation. A contrario, les exportations européennes sont pénalisées. Cette situation pourrait inciter la BCE à baisser ses taux.

Hausse historique des taux directeurs au Japon

Vendredi 19 décembre, la Banque du Japon (BoJ) a décidé de remonter son taux de référence de 0,25 % à 0,75 %, au niveau où il évoluait il y a 30 ans. La banque centrale japonaise a décidé d’enclencher, en 2024, un processus d’augmentation de ses taux directeurs tout en précisant que ces derniers, en valeur réelle (corrigés de l’inflation), resteraient « nettement négatifs » et que les conditions financières demeureraient « suffisamment accommodantes » pour soutenir l’activité économique du pays.

La Banque essaie de concilier des taux bas pour ne pas fragiliser des milliers d’entreprises peu profitables, qui, pendant des décennies, ont emprunté presque gratuitement, et un rendement de l’argent qui permettrait de ramener des capitaux dans le pays ou, au moins, de freiner leur départ vers des pays offrant des rendements plus appétissants. Le départ des capitaux vers l’étranger contribue à la dépréciation du yen. Au mois de décembre, un euro s’échange contre 183 yens, quand, en 2012, il n’en valait que 95. Cette dépréciation de la devise nippone favorise les touristes étrangers et les exportateurs ; elle renchérit les importations, en particulier de produits agricoles et d’énergie. Par voie de conséquence, le Japon enregistre une inflation de plus de 3 %, érodant le pouvoir d’achat des ménages. La hausse des salaires ne compense pas celle des prix à la consommation. Kazuo Ueda, le gouverneur de la BoJ, a reconnu ce risque d’érosion du pouvoir d’achat des ménages par l’inflation et expliqué qu’il était impératif de ne pas prendre de retard. Une hausse des taux et du yen est-elle capable de changer les flux de capitaux ? Les investisseurs japonais ont placé 4 000 milliards de dollars hors du pays. Une petite partie pourrait revenir, mais cela restera marginal. En revanche, les fonds étrangers pourraient réduire leurs emprunts à faible taux en yen, qui leur permettaient d’acquérir des actifs sur les marchés américains et européens (carry trade).

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
19 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 151,38+1,18 %7 543,187 380,74
Dow Jones48 134,89-0,48 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 834,50+0,06 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 307,62+0,38 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 295,95+0,43 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 897,42+2,19 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 760,35+0,84 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)49 507,21-2,27 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 890,45-0,49 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,613 %+0,031 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,898 %+0,037 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,144 %-0,053 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1720+0,79 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 352,26+3,33 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars60,25-1,50 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars87 997,34-2,19%38 252,5493 776,61

Le Plan d’Epargne Retraite est-il assujetti à la nouvelle contribution pour l’autonomie ?

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, adopté par le Parlement le 16 décembre dernier, institue une contribution financière pour l’autonomie de 1,4 point qui s’ajoute aux prélèvements sociaux existants. Cette contribution ne touche pas tous les produits du patrimoine. Les revenus financiers issus des comptes-titres, des Plans d’Épargne en Actions et des livrets ordinaires sont concernés. Y échappent les revenus fonciers, ceux en provenance des livrets réglementés, y compris le Plan d’Épargne Logement, et de l’assurance-vie.

Si l’assurance-vie est citée explicitement dans l’exposé des motifs de l’amendement, le plan d’épargne retraite (PER) n’est pas spécifié. A priori, par assimilation, l’exonération concernerait tous les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation, ainsi qu’aux placements de même nature mentionnés à l’article 125-0 A du code général des impôts. Cet article du Code général des impôts (CGI) concerne les placements « souscrits auprès d’entreprises d’assurance ». Cette exonération ne vaudrait que pour le PER assurantiel et non pour le PER bancaire. Ce dernier prend la forme d’un compte-titres et ne donne pas accès à un fonds en euros pour garantir son capital. Cette interprétation doit être confirmée par Bercy.

Pour les produits soumis à la nouvelle contribution, le taux des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 %, la flat tax s’élevant ainsi à 31,4 % contre 30 % auparavant. L’entrée en vigueur de la nouvelle contribution est fixée au 1er janvier 2026.

Nouveau record pour la dette publique en France

À la fin du troisième trimestre 2025, la dette publique au sens de Maastricht se rapproche de 3 500 milliards d’euros (3 482,2  milliards d’euros), soit une augmentation de 65,9 milliards d’euros, après +70,9  milliards au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elle atteint 117,4 %, après 115,7 % au deuxième trimestre.

Données INSEE

Plan d’Epargne Retraite et la nouvelle contribution pour l’autonomie ? Qu’en est-il ?

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, adopté par le Parlement le 16 décembre dernier, institue une contribution financière pour l’autonomie de 1,4 point qui s’ajoute aux prélèvements sociaux existants. Cette contribution ne touche pas tous les produits du patrimoine. Les revenus financiers issus des comptes-titres, des Plans d’Épargne en Actions et des livrets ordinaires sont concernés. Y échappent les revenus fonciers, ceux en provenance des livrets réglementés, y compris le Plan d’Épargne Logement, et de l’assurance-vie.

Si l’assurance-vie est citée explicitement dans l’exposé des motifs de l’amendement, le plan d’épargne retraite (PER) n’est pas spécifié. A priori, par assimilation, l’exonération concernerait tous les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation, ainsi qu’aux placements de même nature mentionnés à l’article 125-0 A du code général des impôts. Cet article du Code général des impôts (CGI) concerne les placements « souscrits auprès d’entreprises d’assurance ». Cette exonération ne vaudrait que pour le PER assurantiel et non pour le PER bancaire. Ce dernier prend la forme d’un compte-titres et ne donne pas accès à un fonds en euros pour garantir son capital.

Pour les produits soumis à la nouvelle contribution, le taux des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 %, la flat tax s’élevant ainsi à 31,4 % contre 30 % auparavant. L’entrée en vigueur de la nouvelle contribution est fixée au 1er janvier 2026.

Plafond annuel de la Sécurité sociale pour 2026

À compter du 1er janvier 2026 le plafond annuel de la Sécurité sociale sera fixé à 48 060 €.

Le plafond mensuel s’élèvera à 4 005 €.

Ce plafond correspond au montant maximum des rémunérations ou gains à prendre en compte pour le calcul de certaines de vos cotisations.

Il sert également de référence pour la définition de l’assiette de certaines contributions et le calcul des droits sociaux.

Un arrêté sera publié d’ici la fin de l’année.

Pensions de base : augmentation au 1er janvier 2026

Le 1er janvier 2026, les pensions des régimes de base (régime général, régime des indépendants, régime des professions libérales, régime agricole) ainsi que les pensions des retraités de la fonction publique seront revalorisées de 0,9 % ce qui correspond à l’inflation enregistrée entre novembre 2024 et novembre 2025.
En revanche, les retraites complémentaires de l’AGIRC – ARRCO n’ont pas été augmenté le 1er novembre 2025.

Le Coin des Epargnants du 13 décembre 2025 par Philippe Crevel

Incertitudes sur la baisse des taux en 2025

Sur la semaine, le CAC 40 a gagné quelques points dans un contexte marqué par les incertitudes sur les négociations concernant l’Ukraine. De son côté, Wall Street a enregistré de nouveaux records, en lien avec la baisse des taux directeurs décidée par la FED et avec la révision à la hausse de la croissance américaine par cette dernière. Celle-ci table sur une progression de 2,3 % du PIB en 2026, contre 1,8 % auparavant. En fin de semaine, les indices américains ont toutefois reculé. Le Nasdaq a été pénalisé par la chute du cours de l’éditeur de logiciels Broadcom, les analystes craignant une réduction de ses marges. L’indice des valeurs technologiques cède sur la semaine 1 %, témoignant des doutes des investisseurs sur l’IA, du moins pour son aspect boursier. Le pétrole s’est rapproché des 60 dollars le baril après les propos de Volodymyr Zelensky, qui accepterait l’idée de concessions territoriales permettant d’aboutir à une paix avec la Russie.

La baisse sans surprise des taux directeurs de la FED

Sans surprise, la Réserve fédérale américaine a réduit ses taux directeurs d’un quart de point, ramenant le loyer de l’argent dans la fourchette de 3,5 % à 3,75 %. Cette baisse a donné lieu à de nouvelles divisions au sein du Comité de politique monétaire de la FED : neuf voix se sont exprimées en faveur de la baisse et trois contre. La lecture du communiqué de presse semble indiquer qu’un ralentissement du rythme de réduction des taux est probable dans les prochains mois, dans l’attente de signaux plus clairs sur le marché de l’emploi, tandis que l’inflation « reste quelque peu élevée ».

Parmi les membres dissidents sur les taux de la banque centrale américaine, Austan Goolsbee, le président de la Fed de Chicago, et Jeffrey Schmid, celui de l’antenne de Kansas City, ont voté en faveur d’un statu quo. L’économiste Stephen Miran, choisi par Donald Trump, a opté à nouveau pour une réduction d’un demi-point de pourcentage.

Jerome Powell, le président de la FED, a indiqué lors de la conférence de presse : « Je tiens à souligner qu’après avoir abaissé notre taux directeur de 75 points de base depuis septembre et de 175 points de base depuis septembre dernier, le taux des fonds fédéraux se situe désormais dans une large fourchette de prévisions correspondant au taux neutre et que nous sommes bien placés pour patienter et observer la manière dont l’économie évolue… La politique monétaire n’est pas prédéterminée et nous prendrons nos décisions réunion après réunion. » Jerome Powell a précisé que la prochaine décision de la Fed ne serait probablement pas un relèvement des taux, au regard des nouvelles projections des responsables de la banque centrale.

Les nouvelles projections de la banque centrale américaine montrent une position médiane avec une seule baisse de taux d’un quart de point en 2026, comme dans les perspectives présentées en septembre dernier. La FED prévoit un ralentissement de la baisse de l’inflation à environ 2,4 % à la fin de l’année prochaine, malgré une accélération attendue de la croissance économique au-dessus de 2,3 % et un taux de chômage à 4,4 %.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
12 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 068,62-0,03 %7 543,187 380,74
Dow Jones48 458,05+1,09 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 827,41-0,62 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 195,17-1,00 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 202,39+1,03 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 652,19+0,29 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 720,71-0,09 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 836,55-0,18 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 889,35 +0,85 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,582 %+0,056 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,861 %+0,062 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,197 %+0,064 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1731 +0,94 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 278,44 +2,84 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars61,04-4,64 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars89 931,90+0,85 %38 252,5493 776,61

Il n’y a pas que l’or  au sommet

Depuis le 1er janvier, le cours de l’or a gagné près de 60 %. La vieille relique n’est pas le seul métal à atteindre des sommets. À la Bourse des métaux de Londres, la référence mondiale pour les contrats commerciaux, les cours de la tonne de cuivre ont atteint début décembre près de 12 000 dollars. Depuis le début de l’année, le métal rouge progresse de plus de 30 %.

Cette hausse s’explique par les craintes d’une insuffisance de l’offre face à une demande mondiale, portée par la transition énergétique et l’essor de l’intelligence artificielle. Le cuivre est nécessaire dans toutes les technologies bas carbone (éoliennes, voitures électriques) et dans les réseaux d’électricité. Le développement des data centers d’intelligence artificielle soutient également la demande.

Les craintes de droits de douane américains sur les importations de métal rouge contribuent également à la hausse de son cours. Une telle mesure créerait des dislocations de marché entre Londres et New York, poussant les opérateurs à déplacer les stocks de la capitale britannique vers la cité américaine. Or une baisse des réserves dans les entrepôts du marché britannique provoquerait une hausse des cours. Le Département américain du Commerce avait initialement proposé que les droits de douane sur le cuivre affiné soient introduits de manière progressive, mais seulement à partir de 2027. L’administration pourrait envisager d’accélérer le calendrier comme elle l’a fait pour l’aluminium. Elle n’a pas attendu que l’industrie américaine soit en mesure de couvrir les besoins pour prendre des mesures protectionnistes. Or, actuellement, les États-Unis ne produisent que 50 % du cuivre qu’ils consomment.

Selon certains analystes britanniques, la tonne de cuivre pourrait atteindre 13 000 dollars au deuxième trimestre de l’année prochaine, mais ceux de Goldman Sachs considèrent que le cours du cuivre devrait se stabiliser autour de 11 000 dollars. Les experts de l’établissement anticipent un surplus de 160 000 tonnes l’an prochain, loin des pénuries annoncées.

L’argent connaît également une rapide appréciation de son cours. Le prix de l’once d’argent a doublé en douze mois, passant de 28 à 59 dollars (1er janvier – 9 décembre 2025). Cette progression est imputable au rôle de valeur refuge que continue de jouer l’argent. Le métal gris profite du contexte anxiogène et des doutes sur le dollar du fait de la politique économique de Donald Trump. La baisse des taux d’intérêt décidée par la FED a accéléré ces dernières semaines la hausse du cours. L’argent bénéficie aussi de ses caractéristiques physiques. Excellent conducteur d’électricité, il est utilisé par l’industrie électrique (batteries, panneaux solaires) et par l’industrie électronique (microprocesseurs, smartphones, etc.). L’utilisation industrielle représente 60 % du marché de l’argent dans le monde.

La Banque mondiale estime que le cours de l’argent devrait progresser en 2026. En revanche, un ralentissement de l’activité industrielle dans les pays développés à partir de 2027 pourrait modérer la hausse des cours, voire inverser en partie la courbe.

Le succès grandissant des fonds tokenisés

De 2023 à 2025, l’encours des fonds tokenisés est passé de 2 à 18 milliards de dollars. Un fonds tokenisé est un fonds d’investissement traditionnel — monétaire, obligataire, immobilier, actions — dont les parts sont émises, enregistrées et transférées sur une infrastructure blockchain. Le jeton ainsi créé (token) n’est pas une copie. Il est la part elle-même, unique, traçable, transférable. La blockchain joue alors le rôle de registre de propriété, remplaçant les chaînes administratives habituelles par une infrastructure sécurisée et programmable. La gestion d’un fonds tokenisé reste assurée par une société de gestion régulée, les actifs sous-jacents sont bien réels, la comptabilité demeure soumise aux autorités de régulation.

La tokenisation des fonds  introduit l’instantanéité, la traçabilité immuable et, surtout, la possibilité de fractionner chaque part à l’infini, ouvrant la porte à une démocratisation nouvelle : posséder un millième d’un fonds immobilier ou un fragment d’un fonds obligataire devient soudain possible. La tokenisation permet une traçabilité des opérations, une exécution instantanée des ordres, un élargissement de la distribution à de nouvelles générations d’investisseurs, une opérabilité 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La moitié des encours des actifs tokenisés (hors stablecoins) est aujourd’hui constituée par des fonds monétaires.

Les fonds tokenisés sont souvent utilisés en collatéral, ou en garantie, pour les emprunteurs de cryptomonnaies dans le cadre d’opérations de prêts, car ces fonds ont une valeur stable. Par rapport aux stablecoins, les fonds monétaires tokenisés présentent l’avantage d’offrir un rendement. Les stablecoins sont en effet classés comme une monnaie électronique par les régulateurs et ne peuvent donc pas offrir d’intérêts, même si les actifs sous-jacents sont souvent des bons du Trésor.

Les gestionnaires d’actifs proposent des fonds indiciels et des fonds obligataires tokenisés. La tokenisation des fonds est attendue pour soutenir la démocratisation des actifs non cotés (infrastructures, dette privée, immobilier, capital-investissement). Ces actifs offrent plus de rendement aux sociétés de gestion, quatre fois plus de profits que les actifs traditionnels cotés (actions, obligations…), selon la dernière étude sectorielle de PwC. Les grands établissements financiers développent des fonds tokenisés en private equity pour leurs clients les plus aisés. En octobre, JPMorgan a annoncé la tokenisation d’un fonds de capital-investissement pour ses clients fortunés.

Certaines fintech commencent à s’imposer, comme Blockchain Capital, créé en 2013, fonds de capital-risque spécialisé sur la blockchain, ou Figure Technology Solutions, fondé en 2018, qui a créé la plus importante plateforme de dette privée tokenisée.

La tokenisation devrait connaître un essor important dans les prochaines années, car elle offre des transferts quasi instantanés, 24 heures sur 24. Elle permet le fractionnement des titres : chaque jeton peut être divisé en unités minuscules, permettant l’accès à des fonds auparavant réservés aux investisseurs fortunés ou l’ouverture du capital immobilier ou obligataire à des apports modestes.

La blockchain supprime ou allège les registres multiples, les tâches de rapprochement et certaines fonctions de conservation. Moins d’intermédiaires signifie potentiellement moins de coûts et moins de frictions. Elle offre aussi plus de transparence et de sécurité. Chaque transaction est inscrite de manière immuable, ce qui limite les erreurs administratives, les risques de double comptabilisation ou les litiges de propriété.

Grâce aux smart contracts (contrat numérique auto-exécutable par application de règles prévues sans intermédiaire, de manière automatique et sécurisée), le fonctionnement du fonds peut être automatisé en ce qui concerne la distribution de dividendes, le respect des règles d’investissement et la gestion des droits des investisseurs.

L’essor des fonds tokenisés est encore bridé par un cadre réglementaire en cours de construction. Pour le moment, en Europe, le rôle du dépositaire, la conservation des jetons et les responsabilités en cas de problème sont autant de zones encore grises. La question de la sécurisation des processus se pose. La blockchain n’est pas une forteresse inviolable.

Encours mondiaux & flux annuels par classes d’actifs

Classe d’actifEncours mondial estimée en dollarsFlux annuels en dollars (ordre de grandeur)
Or (stock mondial above-ground)29 000–30 000 milliardsMarché physique : 3 000–4 000 milliards (bijoux, investissement, achats banques centrales).
Actions cotées mondiales130–150 000 milliards80–120 000 milliards d’échange enregistrés sur les grandes bourses.
Private equity (capital-investissement)10–11 000 milliards1 000  1 500 milliards  d’investissements annuels
Ensemble des cryptomonnaies3 000–3 500 milliardsVolume de trading global : 30–40 000 milliards (incluant dérivés et stablecoins).
Fonds tokenisés (toutes classes confondues)12 milliardsCroissance rapide ; volumes encore faibles : quelques dizaines de milliards par an (souscriptions/rachats/échanges).

Le Coin des Epargnants du 6 décembre 2025 par Philippe Crevel

Vers une nouvelle baisse des taux de la FED

L’inflation sous-jacente aux États-Unis (indice PCE) du mois de septembre demeure contenue en dessous des 3 %. Les anticipations d’inflation sont en recul tout en demeurant élevées (4,1 %). Cette situation, plus encourageante que prévu, pourrait conduire à une nouvelle baisse des taux directeurs de la FED à l’occasion de sa prochaine réunion. Si cette baisse est confirmée, ce sera la troisième de l’année, après un assouplissement de 100 points de base en 2024, ce qui réduira la fourchette entre 3,5 et 3,75 %. En 2026, le scénario est ouvert en ce qui concerne l’évolution des taux de la FED, d’autant plus qu’elle aura un nouveau président à partir du mois de mai. Le successeur de Jerome Powell pourrait être connu avant Noël. Kevin Hassett, 63 ans, titulaire d’un doctorat en économie de l’université de Pennsylvanie et conseiller économique à la Maison-Blanche, figure parmi les favoris. Il est un des partisans les plus zélés de la politique économique de Donald Trump et est favorable à une baisse des taux. Son point fort est sa capacité à parler à la fois aux marchés et à l’électorat républicain. Son point faible est sa proximité avec Donald Trump, qui pourrait être perçue comme la fin de l’indépendance de la FED.

La semaine sur les marchés « actions » aura été marquée par l’attentisme. Les investisseurs sont sur la défensive, attendant les prochaines annonces de la FED et le nom de son futur président. La lourde charge de l’administration américaine à l’encontre des Européens et la menace persistante de la Russie envers ces derniers n’ont pas favorisé les marchés européens.

L’administration américaine de plus en plus anti-européenne

Jeudi 4 décembre, aux États-Unis, l’administration républicaine a publié une nouvelle stratégie de sécurité nationale qui condamne la politique des gouvernements en place et qui appelle de ses vœux la victoire des partis nationalistes. Elle considère que l’Europe est menacée d’un effacement économique et civilisationnel. Elle indique que la liberté d’expression n’y est plus assurée et que les gouvernements en place ne sont pas légitimes. L’Allemagne a vivement réagi à ce texte en demandant à Washington de cesser toute ingérence dans les affaires des États européens et en affirmant qu’elle n’avait pas de leçon de démocratie à recevoir de Washington.

Après la stratégie nationale de sécurité, Washington doit publier prochainement sa « revue mondiale des forces ». Ce document doit préciser quel effectif militaire les Américains veulent conserver sur le Vieux Continent. Une brigade mobile stationnée en Roumanie a déjà été supprimée, d’autres pourraient suivre. Au vu des dernières déclarations de Donald Trump, un désengagement de l’OTAN est à terme à craindre. Par ailleurs, ce dernier a indiqué que les positions de l’Europe au sujet de l’Ukraine étaient contraires aux intérêts américains. Selon le document de l’administration républicaine, « une vaste majorité » de l’opinion européenne veut la paix, mais c’est « la subversion des processus démocratiques » qui l’entrave. La tentation de signer un accord de paix entre Moscou et Washington transparaît nettement à la lecture du document, en passant outre l’hostilité européenne et ukrainienne.

Majoration de CSG : assurance vie exonérée mais pas le PER

Les députés ont adopté, vendredi 5 décembre, la partie recettes du projet de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Après avoir donné lieu à des tensions au sein du bloc central, la hausse de la CSG sur les revenus du capital a été retenue, mais elle est plus ciblée que dans sa version initiale. La majoration de 1,4 point, à 10,6 %, de la CSG, baptisée « contribution financière pour l’autonomie », ne concernera pas les revenus fonciers, les plus-values immobilières, les contrats d’assurance-vie ou encore les plans d’épargne logement. En revanche, les comptes-titres, les PEA et les PER seront affectés. Les PER, qui sont assez proches de l’assurance-vie dans leur mode de fonctionnement et qui correspondent à de l’épargne de long terme, se verront de ce fait appliquer un taux plus élevé.

Le rendement de cette majoration devrait être, selon le gouvernement, de 1,5 milliard, contre les 2,8 milliards visés initialement.

Par ailleurs, les députés ont adopté une taxation supplémentaire des complémentaires santé, qui rapporterait 1 milliard d’euros. Le taux de la contribution — censée n’être valable que pour 2026 — est fixé à 2,05 % des cotisations perçues.

Le projet de budget augmente également les taxes sur les laboratoires pharmaceutiques. La hausse du prélèvement est supposée remplacer la clause de sauvegarde, mécanisme mis en place pour permettre à la Sécurité sociale de ponctionner les industriels du médicament en cas de dérapage des dépenses de remboursement de médicaments.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
5 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 114,74+0,04 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 954,99+0,50%37 689,5442 544,22
S&P 5006 870,40+0,31 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 578,13+0,91 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 038,71+1,19 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 667,01-0,46 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 725,63+1,36 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 491,87+3,77 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 902,81+0,85 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,526 %+0,113 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,799 %+0,032 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,133 %+0,109 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1633+0,55 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 211,01+1,97 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,60+0,11 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars88 885,26-2,40 %38 252,5493 776,61

Dubaï : le nouvel Eldorado pour la finance

De tout temps, des villes ont, par leur statut et attractivité, attiré au-delà de leur pays, de leur région, des investisseurs, des artistes, des entrepreneurs, des personnes aisées. Les villes hanséatiques au XIIIe et XIVe siècle ont été à la fin du Moyen Âge au cœur de la renaissance des échanges commerciaux. Elles ont été aussi des espaces de liberté. Gênes et Bruges, à partir du XVe, ont repris le flambeau. À partir du XVIIe siècle, Genève et plus globalement la Suisse sont devenues des lieux prisés pour leur liberté et leur sécurité. Bien plus près de nous, Beyrouth, au Moyen-Orient, dans les années 1960/1970, avait acquis un statut de ville financière et de rencontre des cultures. En Asie, Singapour a, à partir des années 1980, joué également un rôle d’aimant économique et financier. Depuis quelques années, Dubaï et les Émirats arabes unis sont devenus « the place to be » pour placer et sécuriser des capitaux.

En moins de cinquante ans, Dubaï est passé d’un port marchand régional à l’un des nœuds financiers les plus dynamiques du monde. Elle est ainsi la première place du Moyen-Orient devant Bahreïn et Riyad. Le virage financier a été décidé dans les années 1990 puis consolidé avec la création du Dubaï International Financial Centre (DIFC) en 2004, zone financière extraterritoriale opérant sous un droit anglo-saxon, indépendante du système juridique local.

Dubaï bénéficie d’un régime politique stable entretenant les meilleures relations possibles avec les États-Unis, l’Europe, la Chine et aussi la Russie. Dubaï est reconnu pour un niveau de sécurité intérieure élevé et pour sa faible criminalité. Le régime fiscal est compétitif avec l’absence d’impôt sur le revenu, un impôt sur les sociétés modéré (9 %) et une exonération totale dans la zone DIFC. Dubaï, grâce à ses atouts, accueille les fortunes du Golfe, les élites indiennes, pakistanaises et africaines, les familles russes ou chinoises et de plus en plus les familles européennes. La confidentialité, la stabilité juridique du DIFC et l’absence d’impôt favorisent cette croissance. Selon Henley & Partners, un cabinet de conseil en immigration britannique, les Émirats seront la première destination des grandes fortunes en 2025, avec 9 800 arrivées anticipées, cumulant 63 milliards de dollars d’actifs. C’est plus que les États-Unis (7 500 pour 43,7 milliards), la Suisse (3 000 totalisant 16,8 milliards) et très loin devant Singapour et Hong Kong. Plus de 130 500 millionnaires se sont déjà installés aux Émirats, dont 81 000 à Dubaï. Parmi eux, 28 milliardaires, soit une hausse de 98 % en dix ans. Dubaï devrait supplanter Paris avec ses 160 100 millionnaires et 22 milliardaires. Les grandes familles privilégient Dubaï car elles peuvent facilement s’y installer. La réglementation y est plus souple qu’à Genève, Singapour ou Hong Kong. En outre, la ville offre toutes les commodités qu’attendent les personnes aisées (services haut de gamme, système de santé performant, loisirs, centres commerciaux, boutiques de luxe). L’aéroport international permet de se rendre dans toutes les capitales du monde en utilisant notamment Emirates, figurant parmi les meilleures compagnies du monde.

Dubaï ambitionne d’être la capitale mondiale de la finance islamique, en concurrence avec Kuala Lumpur. Les autorités entendent également faire de leur ville un centre d’accueil des fintechs afin de développer le marché des crypto-actifs. De nombreux acteurs de la crypto quittent Hong Kong ou Londres pour s’y implanter. Plus de 8 000 établissements financiers sont présents à Dubaï au sein du DIFC, employant 48 000 collaborateurs. Vingt-sept des 29 banques systémiques mondiales y ont établi des bureaux, dont cinq des plus grandes banques chinoises, tandis que JP Morgan, Goldman Sachs ou encore HSBC et BlackRock ont notamment choisi la ville du golfe Persique. En dix ans, la taille des actifs bancaires a augmenté de 200 %, à 240 milliards de dollars. Le DIFC est également devenu un véritable hub de réassurance pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud.

Dubaï n’est pas sans faiblesses. Son essor rapide, de nature spéculative, l’expose à des corrections, que ce soit sur le plan financier ou immobilier. Le marché financier est peu profond, avec peu d’entreprises locales cotées. Le risque de réputation demeure avec les problèmes de blanchiment et de capitaux non transparents. Le GAFI avait placé les Émirats un temps sous surveillance avec une inscription sur la liste grise 2022–2024. Depuis, cette inscription a été levée, mais la menace demeure. Le ministère de l’Intérieur des Émirats a déclaré avoir traité 521 affaires de blanchiment d’argent ces dernières années, en collaboration avec des organismes internationaux. Plus d’un milliard de dollars ont été saisis. Pour se distinguer des purs paradis offshore, Dubaï a instauré en 2023 une faible taxe sur les entreprises, en plus d’une TVA de 5 %. Aujourd’hui, être qualifié de paradis fiscal n’est pas porteur en premier lieu pour les grandes fortunes.

Dubaï n’a pas vocation à remplacer New York ou Londres, mais elle s’impose comme une place financière internationale de premier plan, au même titre que Singapour. Au niveau des places financières, Dubaï occupe déjà la 11e place, Paris étant 18e.

L’ascension de Dubaï repose sur une stratégie mêlant stabilité politique, innovation juridique et ouverture internationale ? Si la cité du Golfe demeure exposée à certains risques structurels, elle n’en continue pas moins d’attirer talents et capitaux à un rythme inédit. Elle s’affirme désormais comme un maillon incontournable de la géographie financière du XXIe siècle marqué par l’émergence des fortunes dans les pays du Sud et par la mobilité du capital.

Projet de loi de financement pour la Sécurité sociale pour 2026 : Majoration de CSG : assurance vie exonérée mais pas le PER

Les députés ont adopté vendredi 5 décembre la partie recettes du projet de financement  de la Sécurité sociale pour 2026. Après avoir donné lieu à des tensions au sein du bloc central, la hausse de la CSG sur les revenus du capital a été retenue mais elle est plus ciblée que dans sa version initiale. La majoration de 1,4 point, à 10,6 %, de la CSG, baptisé « contribution financière pour l’autonomie », ne concernera pas les revenus fonciers et les plus-values immobilières ni les contrats d’assurance-vie ou encore les plans d’épargne logement. En revanche, les comptes titres, les PEA et les PER seront affectés. Les PER qui sont assez proche de l’assurance vie dans le monde de fonctionnement et qui correspondent à de l’épargne de long terme se verront de ce fait appliquer un taux plus élevé.

Le rendement de cette majoration devrait être selon le gouvernement de 1,5 milliard, contre les 2,8 milliards visés initialement.

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