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Plan d’Epargne Retraite : toujours compétitif malgré l’augmentation du taux des prélèvements sociaux

Le taux des prélèvements sociaux applicable aux Plans d’Épargne Retraite (PER) est porté à 18,6 % à compter du 1er janvier 2026, contre 17,2 % auparavant. Ce dernier taux demeure en revanche applicable à l’assurance-vie et au Plan d’Épargne Logement.

L’assurance-vie bénéficiant toujours d’un taux de prélèvements sociaux fixé à 17,2 %, l’administration aurait pu considérer que le PER, dans sa version assurantielle, puisse bénéficier d’un statu quo en la matière.

En cas de sortie en capital, les plus-values sont assujetties à la flat tax, dont le taux forfaitaire atteint désormais 31,4 %, contre 30 % avant le relèvement de la CSG.
En revanche, l’imposition du capital diffère selon que l’épargnant a, ou non, déduit les versements volontaires de son revenu imposable :

  • Sans déduction à l’entrée, le capital est exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ;
  • En cas de déduction, le capital est imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux.

Les sorties en rente supportent également les prélèvements sociaux au nouveau taux de 18,6 %, selon les règles applicables à la nature de la rente.

Malgré cette augmentation, le PER reste un placement compétitif grâce notamment à la déduction fiscale à l’entrée et au système de capitalisation. Le PER est le produit d’épargne dédié à la préparation financière de la retraite.

Marchés financiers : bilan 2025 et perspectives 2026

Pluie de records pour les marchés en 2025

Les marchés financiers ont fêté dignement la fin de l’année. 2025. Elle aura été contre toute attente un excellent cru, marqué par une pluie de records pour les indices actions ainsi que pour l’or et de nombreux autres métaux. Cette série de sommets, par son ampleur, inquiète néanmoins : la crainte d’une bulle liée à l’intelligence artificielle est fréquemment avancée mais pour malgré tout, pour 2026 l’optimisme est pour le moment de mise.

Le CAC 40 positif mais à la traîne

Après avoir perdu 2,14 % en 2024, le CAC 40 s’est apprécié, en 2025, de 10,42 %. Ce résultat positif est intervenu malgré un contexte politique toujours des plus complexes et la politique douanière américaine. Même si, au mois d’octobre dernier, le CAC 40 a battu son record, qui datait du 10 mai 2024, avant la dissolution, il reste largement à la traîne des autres grands indices boursiers. Le poids du secteur du luxe, exposé aux guerres commerciales, et la situation financière de la France expliquent le retard pris par le CAC 40 par rapport aux autres grands indices européens.

Cercle de l’Epargne

La Bourse de Francfort a connu, en 2025, la plus forte progression, +22 % sur un an pour l’indice DAX. Ce dernier devance son homologue britannique, le Footsie 100, qui gagne plus de 21 %. L’Euro Stoxx 50 a progressé, de son côté, de 18,3 % sur l’année écoulée. Le Stoxx Europe 600 est à +16,6 %, soit à peu près la même performance que le MSCI Europe (+16,4 %).

Le marché américain a encore surpris par son dynamisme. Avec l’engouement pour l’IA, l’indice Nasdaq a gagné sur l’année plus de 20 %. Le S&P 500 s’est apprécié de 17 % et le Dow Jones de 13 %.

Des taux obligataires en hausse et dégradation de la note de la France

L’année 2025 a été marquée par une nouvelle dégradation de la note de la France, en lien avec le taux d’endettement public qui n’en finit pas de progresser.

Fitch Ratings a abaissé la note de la France le 12 septembre 2025 de AA- à A+. Standard & Poor’s (S&P Global Ratings) a, de son côté, le 17 octobre 2025, réduit la notation de la France de AA- à A+, invoquant l’incertitude persistante sur la consolidation des finances publiques malgré la présentation du projet de budget. Moody’s n’a pas dégradé la note souveraine de la France en 2025. Le 24 octobre dernier, l’agence a maintenu la note Aa3, mais l’a placée sous perspective négative.

Dans ce contexte, l’écart de taux entre l’Allemagne et la France s’est accru, passant de 50 à 70 points de base. L’accroissement du spread s’est inscrit dans un mouvement de hausse des taux obligataires en Europe, en raison de l’augmentation des besoins de financement public. À la France, qui est le premier émetteur de titres publics en Europe, s’ajoute désormais l’Allemagne, qui a abandonné sa règle de frein budgétaire et qui a adopté un plan de relance de plus de 500 milliards d’euros. Le taux de l’OAT de l’État en France a augmenté de 70 points de base et son équivalent allemand de 60 points de base. À dix ans, l’État a, en 2025, emprunté, en France, en moyenne, à 3,6 % et l’Allemagne à 2,7 %.

Le dollar en baisse

Le dollar poursuit son mouvement de baisse, pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Les menaces sur l’indépendance de la banque centrale américaine, la baisse des taux directeurs de cette dernière et, plus globalement, la politique du président américain ont contribué à la baisse du dollar. Les investisseurs étrangers ont réduit leur exposition en dollars, même si la monnaie américaine demeure de loin la première devise de réserve. Le dollar a perdu 13,23 % depuis le début de l’année face à l’euro, ce qui améliore la compétitivité des produits américains. Pour les Européens, cette dépréciation du billet vert allège la facture énergétique, d’autant plus que le cours du pétrole est orienté à la baisse.

Le pétrole en recul

Sur fond de ralentissement de la croissance mondiale, de montée en puissance des énergies renouvelables et d’augmentation de la production, en lien avec la fin de l’accord de régulation de l’offre de l’OPEP+ en vigueur depuis 2020, le cours du baril de pétrole a baissé au cours de l’année 2025. Le baril de Brent s’échangeait le 31 décembre à 61,23 dollars, en baisse de 17 % sur un an. Cette diminution est une bonne nouvelle pour les pays européens qui, depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, sont handicapés par une énergie chère.

Or, argent, cuivre, platine : toujours plus haut

L’or défie les pronostics en ayant atteint plus de 4 500 dollars l’once le 26 décembre, avant de rebaisser dans les derniers jours de l’année. Sur un an, l’once a gagné plus de 65 %. Sur trois ans, la hausse est de plus de 137 %.

La hausse du cours de l’or s’explique par la baisse des taux directeurs américains et par le caractère imprévisible de Donald Trump. Les pays émergents et en développement réduisent leur exposition au dollar. La crainte d’une remise en cause de l’indépendance de la banque centrale américaine contribue à la hausse du métal précieux.

L’argent fait encore mieux, avec un gain avoisinant 150 %. Il faut remonter au choc pétrolier de 1979-1980 pour retrouver des progressions comparables.

Le platine a, lui aussi, enregistré un sommet historique au cours de la semaine, tandis que le cuivre a franchi les 12 000 dollars la tonne, sur fond de craintes d’un marché mondial plus tendu à l’horizon 2026.

Un bitcoin entre deux eaux

Le bitcoin apparaît comme le grand perdant de l’année, avec un recul de plus de 6 % depuis janvier et de près de 20 % sur le dernier trimestre. L’essor des stablecoins, adossés à des devises réelles comme le dollar ou l’euro et jugés moins volatils, se développe au détriment du bitcoin.

Et pour 2026…

L’art de la prévision est, surtout en matière financière, un exercice périlleux. Les krachs ont un malin plaisir à survenir lorsqu’ils ne sont pas attendus…

Des actions encore en hausse mais attention à la bulle IA

Pour 2026, de nombreux experts anticipent néanmoins une nouvelle année de forte appréciation des actions, portée par l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle et, en Europe, par le plan de relance allemand. L’espoir d’une paix en Ukraine alimente également l’optimisme ambiant. Toutefois, l’IA prend de plus en plus les traits d’une bulle, avec des investissements colossaux dont la rentabilisation suppose l’émergence rapide de gains de productivité substantiels. Le réalisme pourrait, à un moment ou à un autre, reprendre ses droits, avec à la clé soit un atterrissage brutal, soit un dégonflement progressif.

Malgré ces craintes, les investisseurs prévoient une hausse des indices actions comprise entre 8 et 15 % pour 2026. Chez UBS, les analystes pronostiquent un S&P 500 à 7 500 points en 2026, porté par une croissance des bénéfices de l’ordre de 14 %, nourrie pour près de la moitié par les secteurs de la tech. Le CAC 40 pourrait finir autour de 8 700 / 9 000 points.

Des taux directeurs orientés à la baisse

La banque centrale américaine devrait poursuivre la baisse de ses taux, mais de manière modérée, en scrutant l’évolution de l’inflation. Certes, Donald Trump continuera de faire pression sur la Fed pour une accélération en vue des élections de mi-mandat.

La BCE, qui est en mode pause depuis l’automne, doit prendre en compte la progression des prix au sein de certains États, l’écart de taux avec les États-Unis et le souhait des gouvernements d’alléger le coût de la dette publique.

Des taux obligataires en hausse

À un an de l’élection présidentielle, la France, confrontée à une dette publique toujours mal maîtrisée, pourrait devenir une source majeure d’inquiétude en Europe. Par ailleurs, l’accroissement du déficit public allemand limite la perspective d’une baisse marquée des taux souverains. S’agissant des taux directeurs, la Banque centrale européenne devra composer avec une politique monétaire de la Réserve fédérale de plus en plus accommodante. Une légère baisse des taux en 2026 demeure envisageable, d’autant que les craintes d’un retour de l’inflation restent, pour l’heure, contenues. La BCE pourrait ainsi être tentée d’agir afin de freiner l’appréciation de l’euro, au risque de susciter l’ire du président américain.

Pétrole : calme plat sauf…

Le cours du pétrole, sauf crise internationale majeure, ne devrait pas connaître de forte hausse, en particulier si un accord de paix intervenait en Ukraine. Le ralentissement de la croissance mondiale pèserait alors sur la demande, tandis que l’offre continuerait d’augmenter avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+. Certes, ce scénario pourrait être remis en cause en cas d’aggravation de la crise entre le Venezuela et les États-Unis ou d’une reprise des tensions avec l’Iran.

L’or : fin d’un cycle

Depuis 2020, l’or ne cesse de s’apprécier. En 2026, la poursuite de la baisse des taux directeurs pourrait continuer de soutenir la demande de métal précieux. À l’inverse, un retour durable de la paix en Ukraine exercerait un effet modérateur. Plusieurs experts estiment néanmoins que l’once pourrait dépasser les 5 000 dollars.

Bitcoin : la grande incertitude

Après une année en demi-teinte, le bitcoin peut-il rebondir ? Il pourrait, au contraire, pâtir des doutes croissants sur l’IA, de l’essor des stablecoins et des futurs lancements de monnaies digitales de banque centrale. La diffusion progressive de la blockchain pourrait conduire à une forme de banalisation du bitcoin, qui perdrait alors son statut d’icône ou de pionnier.

Le Coin des Epargnants du 26 décembre 2025 : bilan de l’année et perspectives par Philippe Crevel

Bilan 2025 et perspectives pour 2026

Pluie de records pour les marchés en 2025

À quelques jours de la Saint-Sylvestre, les marchés financiers peuvent dignement fêter la fin de l’année. 2025 aura été, en effet, un excellent cru, marqué par une pluie de records pour les indices actions ainsi que pour l’or et de nombreux autres métaux. Cette série de sommets, par son ampleur, inquiète néanmoins : la crainte d’une bulle liée à l’intelligence artificielle est fréquemment avancée.

Des actions au top

Le dernier trimestre en cours s’annonce comme l’un des plus solides depuis deux ans en Europe, porté par la résistance de la croissance mondiale et par l’idée persistante que les conditions de financement s’assoupliront. L’indice Stoxx 600 a ainsi inscrit un nouveau record cette semaine, s’acheminant vers une troisième année consécutive de progression.

Le CAC 40 gagne sur l’année près de 10 %. Il demeure toutefois en retrait par rapport aux grands indices internationaux, en raison de sa composition très orientée vers l’industrie du luxe — en moindre croissance depuis le début de l’année — et de la persistance de la crise politique.

L’indice européen Euro Stoxx 50 progresse, de son côté, de plus de 17 %. L’indice britannique FTSE 100 affiche une hausse de plus de 20 % depuis le 1er janvier.

Aux États-Unis, la publication de statistiques de croissance plus solides que prévu, combinée aux perspectives de détente des taux, incite les investisseurs à privilégier les actions, et plus particulièrement celles du secteur de la haute technologie. Le S&P 500 a gagné plus de 2 % sur la semaine portant le total depuis le 1er janvier à près de 18 %. Le Nasdaq a gagné 2,55 % cette semaine et 22,18 % depuis le début de l’année.

Or, argent, cuivre, platine : toujours plus haut

L’or défie les pronostics en ayant atteint plus de 4 500 dollars l’once, en hausse de près de 70 % depuis le début de l’année. L’argent fait encore mieux, avec un gain avoisinant 150 %. Il faut remonter au choc pétrolier de 1979-1980 pour retrouver des progressions comparables.

Le platine a, lui aussi, enregistré un sommet historique au cours de la semaine, tandis que le cuivre a franchi les 12 000 dollars la tonne, sur fond de craintes d’un marché mondial plus tendu à l’horizon 2026.

Un dollar en recul

Le dollar poursuit son mouvement de baisse pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Les menaces sur l’indépendance de la banque centrale américaine, la baisse des taux directeurs de cette dernière et plus globalement la politique du Président américain ont contribué à la baisse du dollar. Les investisseurs étrangers sont réduit leur exposition en dollars même si la monnaie américaine demeure de loin la première devise de réserve. Le dollar a perdu près de 14 % depuis le début de l’année face à l’euro, ce qui améliore la compétitivité des produits américains. Pour les Européens, cette dépréciation du billet vert allège la facture énergétique, d’autant plus que le cours du pétrole est orienté à la baisse. Depuis le début de l’année, le baril de Brent a reculé d’environ 17 %.

Un bitcoin entre deux eaux

Le bitcoin apparaît comme le grand perdant de l’année, avec un recul de plus de 6 % depuis janvier et de près de 20 % sur le dernier trimestre. L’essor des stablecoins, adossés à des devises réelles comme le dollar ou l’euro et jugés moins volatils, se développe au détriment du bitcoin.

Et pour 2026…

L’art de la prévision est, surtout en matière financière, un exercice périlleux. Les krachs ont un malin plaisir à survenir lorsqu’ils ne sont pas attendus…

Pour 2026, de nombreux experts anticipent néanmoins une nouvelle année de forte appréciation des actions, portée par l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle et, en Europe, par le plan de relance allemand. L’espoir d’une paix en Ukraine alimente également l’optimisme ambiant.

Toutefois, l’IA prend de plus en plus les traits d’une bulle, avec des investissements colossaux dont la rentabilisation suppose l’émergence rapide de gains de productivité substantiels. Le réalisme pourrait, à un moment ou à un autre, reprendre ses droits, avec à la clé soit un atterrissage brutal, soit un dégonflement progressif.

Les tensions géopolitiques pourraient perdurer, avec un président américain engagé en 2026 dans la bataille pour conserver sa majorité au Congrès. À un an de l’élection présidentielle, la France, confrontée à une dette publique toujours mal maîtrisée, pourrait devenir une source majeure d’inquiétude en Europe.

Par ailleurs, l’accroissement du déficit public allemand limite la perspective d’une baisse marquée des taux souverains. S’agissant des taux directeurs, la Banque centrale européenne devra composer avec une politique monétaire de la Réserve fédérale de plus en plus accommodante. Une légère baisse des taux en 2026 demeure envisageable, d’autant que les craintes d’un retour de l’inflation restent, pour l’heure, contenues. La BCE pourrait ainsi être tentée d’agir afin de freiner l’appréciation de l’euro, au risque de susciter l’ire du président américain.

Le cours du pétrole, sauf crise internationale majeure, ne devrait pas connaître de forte hausse, en particulier si un accord de paix intervenait en Ukraine. Le ralentissement de la croissance mondiale pèserait alors sur la demande, tandis que l’offre tendrait à augmenter avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+.

Depuis 2020, l’or ne cesse de s’apprécier. En 2026, la poursuite de la baisse des taux directeurs pourrait continuer de soutenir la demande de métal précieux. À l’inverse, un retour durable de la paix en Ukraine exercerait un effet modérateur. Plusieurs experts estiment que l’once pourrait dépasser les 5 000 dollars. À ce niveau, une prise de bénéfices semblerait néanmoins judicieuse.

Après une année en demi-teinte, le bitcoin peut-il rebondir ? Il pourrait au contraire pâtir des doutes croissants sur l’IA, de l’essor des stablecoins et des futurs lancements de monnaies digitales de banque centrale. La diffusion progressive de la blockchain pourrait conduire à une forme de banalisation du bitcoin, qui perdrait alors son statut d’icône ou de pionnier.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
26 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 103,58 -0,58 %7 543,187 380,74
Dow Jones48 710,97+1,55 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 929,94+1,28 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 593,10+2,55 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 340,06+1,58 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 870,68+0,33 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 746,24 +0,08 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 344,10+1,95 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 963,68+3,04 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,562 %-0,051 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,862 %-0,036 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,138 %-0,006 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1779+0,25 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 479,63+4,12 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars62,28 +4,29 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars87 930,3814+2,73%38 252,5493 776,61

La mauvaise passe du livret A

Novembre 2025 est sans surprise, avec une nouvelle décollecte du livret A, de -730 millions d’euros, la troisième de rang après celles d’octobre et de septembre. La dernière passe de trois pour les décollectes remontait à 2015.

Traditionnellement, le mois de novembre est peu porteur pour le livret A. Depuis 2009, dix décollectes ont été enregistrées. La collecte moyenne, en novembre, au cours de ces dix dernières années (2015-2024), a été de 300 millions d’euros. En 2024, 400 millions d’euros de collecte nette avaient été constatés. Les plus fortes décollectes, en novembre, sont intervenues en 2009 (-1,3 milliard d’euros) et en 2014 (-1,25 milliard d’euros). Les plus fortes collectes pour un mois de novembre ont été enregistrées en 2012 et en 2024, avec 2,4 milliards d’euros chacune. La première est intervenue à la suite du relèvement du plafond du livret, la seconde lors de l’épidémie de Covid.

Le livret A est en décollecte sur les onze premiers mois de l’année, à -3,58 milliards d’euros, alors qu’en 2024 il enregistrait une collecte positive de près de 12 milliards d’euros (11,87 milliards d’euros).

Un mois de dépenses

Novembre est un mois de dépenses, sans recettes exceptionnelles. Le Black Friday, qui s’est imposé dans la culture française, marque le début des courses de fin d’année. Pour les ménages qui avaient un solde d’impôt sur le revenu à acquitter au titre de 2024, le paiement est étalé sur les quatre derniers mois de l’année.

Lente digestion de la baisse de la rémunération

Le livret A est toujours en phase de digestion de la baisse de son taux de rémunération, passé de 3 % à 1,7 % sur l’année. Le 1er février prochain, compte tenu du niveau de l’inflation de ces derniers mois (1 % en rythme annuel) et de l’évolution des taux des marchés monétaires (taux Ester), le taux du livret A devrait passer de 1,7 % à 1,4 %. Cette baisse ne devrait pas inciter les ménages à y placer davantage d’argent dans les prochains mois, même si son rendement réel reste positif.

Le LDDS dans le sillage du livret A

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est également en décollecte en novembre, à -230 millions d’euros. Depuis 2009, il enregistre sa dixième décollecte. La plus importante a été constatée en 2011, avec -430 millions d’euros, tandis que la collecte la plus élevée en novembre date de 2012, avec 2,82 milliards d’euros, lors du relèvement du plafond du LDDS. Sur ces dix dernières années (2015-2024), la collecte moyenne s’élevait à 100 millions d’euros.

La collecte des onze premiers mois de l’année 2025 a atteint 1,27 milliard d’euros, contre 5,61 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) toujours positif

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en novembre, une collecte positive de 210 millions d’euros, contre 340 millions d’euros l’année dernière.

Sur les onze premiers mois, le LEP est en décollecte de 1,5 milliard d’euros, alors qu’il était en collecte positive de 6,26 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le taux de rémunération, à 2,7 %, demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Au 1er février prochain, ce taux devrait baisser. L’application de la formule pourrait le ramener à 1,9 % mais il est probable que le gouvernement maintienne un bonus en faveur De l’épargne populaire en retenant un taux de 2,4 %.

2025 : une année charnière pour l’épargne

En 2025, les Français ont été en mode fourmis, avec un taux d’épargne qui sera, sur l’année, d’environ 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus du taux d’avant la crise Covid. Cette augmentation est imputable à la composante financière de l’épargne, qui est au plus haut depuis les années 1950 (hors période Covid).

Trois facteurs d’augmentation du taux d’épargne :

  • Climat anxiogène ;
  • Vieillissement démographique ;
  • Capitalisation des gains.

Ce niveau élevé d’épargne s’explique non seulement par un climat géopolitique, économique et social qui reste anxiogène, mais aussi par le vieillissement de la population et les bons rendements des placements financiers. Une population âgée a une propension plus importante à épargner et à réduire sa consommation. Ce phénomène est constaté au sein de nombreux pays occidentaux, comme l’Allemagne ou le Japon, ainsi qu’en Chine.

Par ailleurs, en France, les ménages ont tendance à capitaliser les gains issus de leurs placements. Or, ces gains ont été portés par la hausse des taux de rendement, à l’exception de ceux de l’épargne réglementée et des dépôts, et par la bonne tenue des marchés financiers. Les Américains ont un tout autre comportement, en consommant tout ou partie de leurs gains financiers.

Fin de cycle pour le Livret A

Depuis 2017, le Livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le Livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.

L’encours du Livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.

La préférence donnée au Livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du Livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.

En 2025, le Livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 14,87 milliards d’euros.

En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du Livret A et du LDDS.

Le 1er février prochain, le taux du Livret A devrait être une nouvelle fois abaissé. Le taux pourrait ainsi passé de 1,7 à 1,4 %. Il en serait de même pour le LDDS.

Le taux du Compte épargne logement serait alors de 1 % au lieu de 1,25 %.

Léger recul pour le Livret d’Épargne Populaire

Malgré un taux supérieur d’un point à celui du Livret A, le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à la décollecte. Sur les onze premiers mois, celle-ci s’élève à 1,5 milliard d’euros. Ce produit, détenu par 12 millions de personnes, est éligible sous conditions de revenus.

Il est à souligner qu’afin de favoriser l’épargne des ménages les plus modestes, le gouvernement n’a pas appliqué la formule du taux de rémunération. Celui-ci est soit égal à l’inflation, soit au taux du Livret A majoré de 0,5 point, si ce dernier est plus avantageux. De ce fait, le taux au 1er août 2025 aurait dû être de 2,2 %. Or, le gouvernement a décidé de le fixer à 2,7 %. Il est probable qu’un même geste soit consenti le 1er février 2026. Le taux pourrait être ainsi abaissé à 2,4 %.

2025 ou la revanche de l’assurance vie

L’assurance vie est en voie de connaître l’une des meilleures années de son histoire. Avec 45 milliards d’euros sur les dix premiers mois, la collecte nette devrait, en 2025, se situer autour de 50 milliards d’euros, un résultat qui n’avait plus été enregistré depuis 2010 (51,1 milliards d’euros).

Ce résultat est porté par un montant élevé de cotisations (plus de 160 milliards d’euros sur les dix premiers mois) et par des rachats modérés. Il est également la conséquence du retour en territoire positif de la collecte des fonds euros, qui bénéficient de la fameuse garantie en capital. La baisse de leur taux de rendement avait, ces dernières années, conduit les ménages à se désengager du premier pilier de l’assurance vie, qui représente plus de 72 % de l’encours et, en moyenne, plus de 60 % de la collecte ces dernières années.

Le taux de rendement des fonds euros était passé de 3,4 % en 2010 à 1,28 % en 2020, en lien avec la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, qui s’était traduite par un fort recul des taux des obligations souveraines. Cette baisse du rendement a érodé la compétitivité de l’assurance vie, laquelle n’a été portée, depuis 2017, que par les unités de compte.

Le rendement des fonds euros a réaugmenté à compter de 2022 pour atteindre 2,6 % en 2024. Le rendement pour 2025 devrait être assez voisin de celui de l’année dernière. Cette hausse, conjuguée à la baisse des taux de rémunération de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, a incité les ménages à réallouer une part plus importante de leur épargne vers l’assurance vie.

Il est à noter que cette dernière, dans l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, a repris, en 2025, sa place de numéro un parmi les placements préférés des Français.

L’encours de l’assurance vie devrait, en 2025, dépasser 2 100 milliards d’euros.

2025 : confirmation du succès du Plan d’Épargne Retraite confirme

Au 31 octobre 2025, le nombre de titulaires d’un PER assurance est estimé à 7,7 millions (+16 % sur un an) et les provisions mathématiques de ces PER sont évaluées à 107,5 milliards d’euros (+21 % sur un an). En prenant en compte l’ensemble des PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires dépasse 12 millions et l’encours atteint 130 milliards d’euros (chiffres à mars 2025).

Le PER profite des interrogations sur l’avenir du système de retraite par répartition et du vieillissement démographique.

Quelles perspectives pour 2026 ?

Les taux de rémunération

Les taux de rémunération de plusieurs produits d’épargne sont appelés à évoluer dans les prochaines semaines.

Le Plan d’Épargne Logement

Le taux du plan d’épargne logement est déjà connu. Il s’élèvera à 2 % pour tous les plans ouverts à compter du 1er janvier 2026. Il convient de souligner que ce produit est en recul depuis 2018.

Le Livret A et le LDDS

Le taux du Livret A et du LDDS, compte tenu de l’inflation constatée en 2025 et de l’évolution des taux monétaires, devrait passer de 1,7 % à 1,4 % au 1er février 2026.

Par voie de conséquence, le taux du compte d’épargne logement devrait passer de 1,25 % à 1 %.

Le Livret d’Épargne Populaire

Le taux du Livret d’Épargne Populaire, par simple application de la formule réglementaire, devrait être, au 1er février 2026, de 1,9 %. Il est fort probable que le gouvernement fasse un geste en ramenant le taux de 2,7 % à 2,4 %.

L’évolution de l’épargne : un léger recul pour 2026

Le taux d’épargne devrait légèrement baisser en 2026, avec une reprise modérée de la consommation après plusieurs années de stagnation. Les ménages acquièrent une certaine résilience face aux chocs divers et variés. En outre, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, avec à la clé une baisse du coût de l’énergie, pourrait contribuer à améliorer le moral des ménages.

La collecte du Livret A devrait se situer dans le prolongement de l’année 2025, avec toujours un effet de cycle, le premier semestre étant plus favorable à la collecte que le second.

L’assurance vie : encore une année en or en 2026

Malgré quelques menaces durant la discussion budgétaire, le régime fiscal de l’assurance vie demeure inchangé en 2026. Elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 1,4 point.

Avec des fonds euros dont la rémunération profitera de la hausse des taux d’intérêt à long terme, l’attractivité de l’assurance vie devrait encore s’améliorer, d’autant plus que les rendements de l’épargne réglementée sont orientés à la baisse.

Par ailleurs, l’assurance vie pourrait être la grande gagnante de la clôture des plans d’épargne logement de plus de quinze ans. À partir du mois de mars 2026, les premiers contrats ouverts en 2011, qui atteignent leur quinzième année, sont automatiquement transformés en livrets bancaires dont la rémunération, faible, est fixée par l’établissement bancaire. Ces fermetures automatiques conduiront à une réallocation des fonds. Or, le PEL avait connu un nombre important d’ouvertures entre 2011 et 2016. Selon la Banque de France, d’ici 2030, un tiers des PEL, dont l’encours est de 93 milliards d’euros, est concerné.

Les ménages concernés ont laissé leur argent sur leur PEL non pas en vue de réaliser un projet immobilier (ils l’auraient déjà fait), mais pour des raisons financières : les PEL ouverts entre 2011 et 2016 étaient rémunérés entre 2 % et 2,5 % et n’étaient pas soumis à l’impôt. Les nouveaux PEL sont beaucoup moins intéressants (2 % de rendement et soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %). Dans ces conditions, l’assurance vie, avec un rendement de 2,6 % pour les fonds euros, devrait capter une part non négligeable des PEL arrivés à échéance. Le Plan d’Épargne Retraite pourrait également en bénéficier.

Or, un nouveau record

Le cours de l’or a battu, lundi 22 décembre, un nouveau record en dépassant 4 400 dollars l’once. En fin de semaine, ce dernier a même franchi la barre des 4500 dollars. Cette progression est alimentée par les prévisions de nouvelles baisses de taux de la Réserve fédérale américaine.

Le précédent record datait du mois d’octobre dernier, à 4 381,52 dollars. Depuis le début de l’année, le métal jaune a progressé de plus de 66 %. Entre la guerre commerciale menée par Donald Trump, la paralysie budgétaire à Washington et les tensions géopolitiques chroniques, tout concourt à la hausse de l’or. Outre les investisseurs, les banques centrales de nombreux pays, notamment émergents, ont également accru leurs réserves en métal jaune. Parmi celles qui ont acheté le plus d’or figurent la Pologne, le Kazakhstan, le Brésil et la Turquie. La Pologne a acheté (en net) 82,67 tonnes d’or, soit 7,6 %. Sur le seul mois d’octobre, le pays a acquis 15,6 tonnes. La Pologne se classe désormais au 12ᵉ rang pour la détention officielle d’or. Le Brésil, qui a acheté plus de 15 tonnes de métal jaune en septembre et octobre, poursuit sa stratégie visant à réduire sa dépendance au dollar. La Chine arrive en 5ᵉ position pour les achats d’or, avec plus de 24 tonnes acquises cette année. Elle est le sixième pays disposant des réserves d’or les plus importantes.

La Russie, qui ces dernières années avait acheté de nombreuses tonnes d’or, en a vendu en 2025 afin de financer son important effort de guerre. Le pays reste le cinquième plus grand détenteur du précieux métal. Singapour a également réduit ses réserves d’or, en cédant au total plus de 15 tonnes. Ce pays joue toujours un rôle actif sur le marché de l’or, pour son compte ou pour le compte de tiers. De son côté, l’Ouzbékistan a vendu plus de 11 tonnes, faisant de ce pays le plus important vendeur net d’or.

Bitcoin : l’année des paradoxes

Le bitcoin, avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, semblait être promis à un brillant avenir. Or, la première des cryptoactifs est en recul de 6 % depuis le début de l’année. Fin décembre, il s’échange contre 87 000 dollars, loin de son record du mois d’octobre (125 260,9 dollars).

Après avoir bénéficié du soutien de l’industrie digitale durant sa campagne et avoir émis sa propre crypto, Donald Trump promet de faire des États-Unis « la capitale mondiale des cryptomonnaies ». Dès sa nomination, ce dernier déréglemente et met fin aux poursuites que son prédécesseur avait engagées à l’encontre de ce secteur. L’idée d’une réserve stratégique de bitcoins, évoquée à Washington, marque un tournant symbolique.

Cette normalisation a une contrepartie immédiate. Le bitcoin est désormais sujet aux décisions et aux volte-face présidentiels. Son cours a ainsi fortement baissé après les annonces relatives aux droits de douane au mois d’avril dernier. La première des cryptos est de plus en plus corrélée aux marchés financiers américains, et en particulier au cours du Nasdaq.

L’adoption du Genius Act sur les stablecoins a certes, à l’automne, réveillé le marché des cryptoactifs en portant le bitcoin à plus de 120 000 dollars. À ce pic, la capitalisation totale des bitcoins en circulation a brièvement dépassé les 2 400 milliards de dollars, selon Bloomberg. Entre ces phases de valorisation, le bitcoin a connu des fluctuations pouvant atteindre 30 %, quand, dans le même temps, l’or s’est continuellement apprécié.

Les ETF sont devenus l’un des leviers de croissance de plus en plus importants du bitcoin. Les fonds cotés qui répliquent directement le prix du bitcoin rencontrent un réel succès. Après une année 2024 exceptionnelle, marquée par plus de 35 milliards de dollars de collecte, les ETF bitcoin attirent encore environ 22 milliards de dollars en 2025. Les flux deviennent toutefois plus erratiques, alternant phases de collecte et sorties marquées. L’ETF n’est plus un moteur automatique de hausse, mais un instrument d’arbitrage pleinement intégré aux cycles de l’aversion au risque.

Epargne salariale : le premier vecteur de la négociation en entreprise

En 2024, le nombre d’accords et d’avenants conclus dans les entreprises s’est élevé à 81 380. Près de la moitié d’entre eux sont liés à l’épargne salariale (45,6 %). Leur nombre a progressé de 8 % par rapport à 2023. L’intéressement, la participation, la retraite collective sont au cœur des négociations sociales au sein des entreprises.

Arrivent ensuite les textes sur les salaires et primes, en hausse de 4,3 % et ceux sur le temps de travail.

Livrets ordinaires : un encours élevé malgré de faibles taux de rémunération

L’encours des livrets ordinaires fiscalisés s’élevaient à 199,5 milliards d’euros à la fin du mois d’octobre dernier. Malgré un taux moyen de rémunération faible, autour de 0,8 %, les ménages conservent des sommes importantes sur ces produits. Ce sont souvent des fonds en attente d’utilisation. Les sommes issues d’une vente d’un logement sont ainsi placées sur un livret avant réutilisation pour l’achat d’un nouveau logement ou pour une réallocation su d’autres produits financiers. Les sommes issues d’une succession peuvent être également placées sur un livret avant réaffectation.

Cercle de l’Epargne – données Banque de France

Analyse des résultats du livret A au mois de novembre 2025 par Philippe Crevel : Sale temps pour l’épargne réglementée

La passe de trois

Novembre 2025 est sans surprise, avec une nouvelle décollecte du livret A, de -730 millions d’euros, la troisième de rang après celles d’octobre et de septembre. La dernière passe de trois pour les décollectes remontait à 2015.

Traditionnellement, le mois de novembre est peu porteur pour le livret A. Depuis 2009, dix décollectes ont été enregistrées. La collecte moyenne, en novembre, au cours de ces dix dernières années (2015-2024), a été de 300 millions d’euros. En 2024, 400 millions d’euros de collecte nette avaient été constatés. Les plus fortes décollectes, en novembre, sont intervenues en 2009 (-1,3 milliard d’euros) et en 2014 (-1,25 milliard d’euros). Les plus fortes collectes pour un mois de novembre ont été enregistrées en 2012 et en 2024, avec 2,4 milliards d’euros chacune. La première est intervenue à la suite du relèvement du plafond du livret, la seconde lors de l’épidémie de Covid.

Le livret A est en décollecte sur les onze premiers mois de l’année, à -3,58 milliards d’euros, alors qu’en 2024 il enregistrait une collecte positive de près de 12 milliards d’euros (11,87 milliards d’euros).

Un mois de dépenses

Novembre est un mois de dépenses, sans recettes exceptionnelles. Le Black Friday, qui s’est imposé dans la culture française, marque le début des courses de fin d’année. Pour les ménages qui avaient un solde d’impôt sur le revenu à acquitter au titre de 2024, le paiement est étalé sur les quatre derniers mois de l’année.

Lente digestion de la baisse de la rémunération

Le livret A est toujours en phase de digestion de la baisse de son taux de rémunération, passé de 3 % à 1,7 % sur l’année. Le 1er février prochain, compte tenu du niveau de l’inflation de ces derniers mois (1 % en rythme annuel) et de l’évolution des taux des marchés monétaires (taux Ester), le taux du livret A devrait passer de 1,7 % à 1,4 %. Cette baisse ne devrait pas inciter les ménages à y placer davantage d’argent dans les prochains mois, même si son rendement réel reste positif.

Le LDDS dans le sillage du livret A

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est également en décollecte en novembre, à -230 millions d’euros. Depuis 2009, il enregistre sa dixième décollecte. La plus importante a été constatée en 2011, avec -430 millions d’euros, tandis que la collecte la plus élevée en novembre date de 2012, avec 2,82 milliards d’euros, lors du relèvement du plafond du LDDS. Sur ces dix dernières années (2015-2024), la collecte moyenne s’élevait à 100 millions d’euros.

La collecte des onze premiers mois de l’année 2025 a atteint 1,27 milliard d’euros, contre 5,61 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) toujours positif

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en novembre, une collecte positive de 210 millions d’euros, contre 340 millions d’euros l’année dernière.

Sur les onze premiers mois, le LEP est en décollecte de 1,5 milliard d’euros, alors qu’il était en collecte positive de 6,26 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le taux de rémunération, à 2,7 %, demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Au 1er février prochain, ce taux devrait baisser. L’application de la formule pourrait le ramener à 1,9 % mais il est probable que le gouvernement maintienne un bonus en faveur De l’épargne populaire en retenant un taux de 2,4 %.

2025 : une année de rupture pour l’épargne réglementée

Pour l’épargne, 2025 restera une année de changement de cap, avec une baisse du livret A et une série de records pour l’assurance-vie. Les ménages ont épargné beaucoup en 2025, voire plus qu’en 2024 mais ils ont surtout épargné différemment. Ils ont  privilégié le placement long en réduisant leur épargne placée sur les livrets A ou sur les dépôts à terme.

Depuis 2017, le livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.

L’encours du livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.

La préférence donnée au livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.

En 2025, le livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive de 14,87 milliards d’euros.

En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du livret A et du LDDS.

ANNEXES

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations

Contacts presse

Philippe Crevel 06 03 84 70 36  Sarah Le Gouez 06 13 90 75 48 slegouez@cercledelepargne.fr

Communiqué de presse de Philippe Crevel – directeur du Cercle de l’Epargne : Premier bilan de l’épargne en 2025 en France et perspectives pour 2026

2025 : une année charnière pour l’épargne

En 2025, les Français ont été en mode fourmis, avec un taux d’épargne qui sera, sur l’année, d’environ 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus du taux d’avant la crise Covid. Cette augmentation est imputable à la composante financière de l’épargne, qui est au plus haut depuis les années 1950 (hors période Covid).

Trois facteurs d’augmentation du taux d’épargne :

  • Climat anxiogène
  • Vieillissement démographique
  • Capitalisation des gains

Ce niveau élevé d’épargne s’explique non seulement par un climat géopolitique, économique et social qui reste anxiogène, mais aussi par le vieillissement de la population et les bons rendements des placements financiers. Une population âgée a une propension plus importante à épargner et à réduire sa consommation. Ce phénomène est constaté au sein de nombreux pays occidentaux, comme l’Allemagne ou le Japon, ainsi qu’en Chine.

Par ailleurs, en France, les ménages ont tendance à capitaliser les gains issus de leurs placements. Or, ces gains ont été portés par la hausse des taux de rendement, à l’exception de ceux de l’épargne réglementée et des dépôts, et par la bonne tenue des marchés financiers. Les Américains ont un tout autre comportement, en consommant tout ou partie de leurs gains financiers.

Fin de cycle pour le Livret A

Depuis 2017, le Livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le Livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.

L’encours du Livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.

La préférence donnée au Livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du Livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.

En 2025, le Livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 14,87 milliards d’euros.

En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du Livret A et du LDDS.

Léger recul pour le Livret d’Épargne Populaire

Malgré un taux supérieur d’un point à celui du Livret A, le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à la décollecte. Sur les dix premiers mois, celle-ci s’élève à 1,5 milliard d’euros. Ce produit, détenu par 12 millions de personnes, est éligible sous conditions de revenus.

Il est à souligner qu’afin de favoriser l’épargne des ménages les plus modestes, le gouvernement n’a pas appliqué la formule du taux de rémunération. Celui-ci est soit égal à l’inflation, soit au taux du Livret A majoré de 0,5 point, si ce dernier est plus avantageux. De ce fait, le taux au 1er août 2025 aurait dû être de 2,2 %. Or, le gouvernement a décidé de le fixer à 2,7 %.

2025 ou la revanche de l’assurance vie

L’assurance vie est en voie de connaître l’une des meilleures années de son histoire. Avec 45 milliards d’euros sur les dix premiers mois, la collecte nette devrait, en 2025, se situer autour de 50 milliards d’euros, un résultat qui n’avait plus été enregistré depuis 2010 (51,1 milliards d’euros).

Ce résultat est porté par un montant élevé de cotisations (plus de 160 milliards d’euros sur les dix premiers mois) et par des rachats modérés. Il est également la conséquence du retour en territoire positif de la collecte des fonds euros, qui bénéficient de la fameuse garantie en capital. La baisse de leur taux de rendement avait, ces dernières années, conduit les ménages à se désengager du premier pilier de l’assurance vie, qui représente plus de 72 % de l’encours et, en moyenne, plus de 60 % de la collecte ces dernières années.

Le taux de rendement des fonds euros était passé de 3,4 % en 2010 à 1,28 % en 2020, en lien avec la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, qui s’était traduite par un fort recul des taux des obligations souveraines. Cette baisse du rendement a érodé la compétitivité de l’assurance vie, laquelle n’a été portée, depuis 2017, que par les unités de compte.

Le rendement des fonds euros a réaugmenté à compter de 2022 pour atteindre 2,6 % en 2024. Le rendement pour 2025 devrait être assez voisin de celui de l’année dernière. Cette hausse, conjuguée à la baisse des taux de rémunération de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, a incité les ménages à réallouer une part plus importante de leur épargne vers l’assurance vie.

Il est à noter que cette dernière, dans l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, a repris, en 2025, sa place de numéro un parmi les placements préférés des Français.

L’encours de l’assurance vie devrait, en 2025, dépasser 2 100 milliards d’euros.

2025 : confirmation du succès du Plan d’Épargne Retraite confirme

Au 31 octobre 2025, le nombre de titulaires d’un PER assurance est estimé à 7,7 millions (+16 % sur un an) et les provisions mathématiques de ces PER sont évaluées à 107,5 milliards d’euros (+21 % sur un an). En prenant en compte l’ensemble des PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires dépasse 12 millions et l’encours atteint 130 milliards d’euros (chiffres à mars 2025).

Le PER profite des interrogations sur l’avenir du système de retraite par répartition et du vieillissement démographique.

Quelles perspectives pour 2026 ?

Les taux de rémunération

Le Plan d’Épargne Logement

Le taux du plan d’épargne logement est déjà connu. Il s’élèvera à 2 % pour tous les plans ouverts à compter du 1er janvier 2026. Il convient de souligner que ce produit est en recul depuis 2018.

Le Livret A et le LDDS

Le taux du Livret A et du LDDS, compte tenu de l’inflation constatée en 2025 et de l’évolution des taux monétaires, devrait passer de 1,7 % à 1,4 % au 1er février 2026.

Par voie de conséquence, le taux du compte d’épargne logement devrait passer de 1,25 % à 1 %.

Le Livret d’Épargne Populaire

Le taux du Livret d’Épargne Populaire, par simple application de la formule réglementaire, devrait être, au 1er février 2026, de 1,9 %. Il est fort probable que le gouvernement fasse un geste en ramenant le taux de 2,7 % à 2,4 %.

L’évolution de l’épargne : un léger recul pour 2026

Le taux d’épargne devrait légèrement baisser en 2026, avec une reprise modérée de la consommation après plusieurs années de stagnation. Les ménages acquièrent une certaine résilience face aux chocs divers et variés. En outre, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, avec à la clé une baisse du coût de l’énergie, pourrait contribuer à améliorer le moral des ménages.

La collecte du Livret A devrait se situer dans le prolongement de l’année 2025, avec toujours un effet de cycle, le premier semestre étant plus favorable à la collecte que le second.

L’assurance vie : encore une année en or en 2026

Malgré quelques menaces durant la discussion budgétaire, le régime fiscal de l’assurance vie demeure inchangé en 2026. Elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 1,4 point.

Avec des fonds euros dont la rémunération profitera de la hausse des taux d’intérêt à long terme, l’attractivité de l’assurance vie devrait encore s’améliorer, d’autant plus que les rendements de l’épargne réglementée sont orientés à la baisse.

Par ailleurs, l’assurance vie pourrait être la grande gagnante de la clôture des plans d’épargne logement de plus de quinze ans. À partir du mois de mars 2026, les premiers contrats ouverts en 2011, qui atteignent leur quinzième année, sont automatiquement transformés en livrets bancaires dont la rémunération, faible, est fixée par l’établissement bancaire. Ces fermetures automatiques conduiront à une réallocation des fonds. Or, le PEL avait connu un nombre important d’ouvertures entre 2011 et 2016. Selon la Banque de France, d’ici 2030, un tiers des PEL, dont l’encours est de 93 milliards d’euros, est concerné.

Les ménages concernés ont laissé leur argent sur leur PEL non pas en vue de réaliser un projet immobilier (ils l’auraient déjà fait), mais pour des raisons financières : les PEL ouverts entre 2011 et 2016 étaient rémunérés entre 2 % et 2,5 % et n’étaient pas soumis à l’impôt. Les nouveaux PEL sont beaucoup moins intéressants (2 % de rendement et soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %). Dans ces conditions, l’assurance vie, avec un rendement de 2,6 % pour les fonds euros, devrait capter une part non négligeable des PEL arrivés à échéance. Le Plan d’Épargne Retraite pourrait également en bénéficier.

Le Coin des Epargnants du 13 décembre 2025 par Philippe Crevel

Incertitudes sur la baisse des taux en 2025

Sur la semaine, le CAC 40 a gagné quelques points dans un contexte marqué par les incertitudes sur les négociations concernant l’Ukraine. De son côté, Wall Street a enregistré de nouveaux records, en lien avec la baisse des taux directeurs décidée par la FED et avec la révision à la hausse de la croissance américaine par cette dernière. Celle-ci table sur une progression de 2,3 % du PIB en 2026, contre 1,8 % auparavant. En fin de semaine, les indices américains ont toutefois reculé. Le Nasdaq a été pénalisé par la chute du cours de l’éditeur de logiciels Broadcom, les analystes craignant une réduction de ses marges. L’indice des valeurs technologiques cède sur la semaine 1 %, témoignant des doutes des investisseurs sur l’IA, du moins pour son aspect boursier. Le pétrole s’est rapproché des 60 dollars le baril après les propos de Volodymyr Zelensky, qui accepterait l’idée de concessions territoriales permettant d’aboutir à une paix avec la Russie.

La baisse sans surprise des taux directeurs de la FED

Sans surprise, la Réserve fédérale américaine a réduit ses taux directeurs d’un quart de point, ramenant le loyer de l’argent dans la fourchette de 3,5 % à 3,75 %. Cette baisse a donné lieu à de nouvelles divisions au sein du Comité de politique monétaire de la FED : neuf voix se sont exprimées en faveur de la baisse et trois contre. La lecture du communiqué de presse semble indiquer qu’un ralentissement du rythme de réduction des taux est probable dans les prochains mois, dans l’attente de signaux plus clairs sur le marché de l’emploi, tandis que l’inflation « reste quelque peu élevée ».

Parmi les membres dissidents sur les taux de la banque centrale américaine, Austan Goolsbee, le président de la Fed de Chicago, et Jeffrey Schmid, celui de l’antenne de Kansas City, ont voté en faveur d’un statu quo. L’économiste Stephen Miran, choisi par Donald Trump, a opté à nouveau pour une réduction d’un demi-point de pourcentage.

Jerome Powell, le président de la FED, a indiqué lors de la conférence de presse : « Je tiens à souligner qu’après avoir abaissé notre taux directeur de 75 points de base depuis septembre et de 175 points de base depuis septembre dernier, le taux des fonds fédéraux se situe désormais dans une large fourchette de prévisions correspondant au taux neutre et que nous sommes bien placés pour patienter et observer la manière dont l’économie évolue… La politique monétaire n’est pas prédéterminée et nous prendrons nos décisions réunion après réunion. » Jerome Powell a précisé que la prochaine décision de la Fed ne serait probablement pas un relèvement des taux, au regard des nouvelles projections des responsables de la banque centrale.

Les nouvelles projections de la banque centrale américaine montrent une position médiane avec une seule baisse de taux d’un quart de point en 2026, comme dans les perspectives présentées en septembre dernier. La FED prévoit un ralentissement de la baisse de l’inflation à environ 2,4 % à la fin de l’année prochaine, malgré une accélération attendue de la croissance économique au-dessus de 2,3 % et un taux de chômage à 4,4 %.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
12 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 068,62-0,03 %7 543,187 380,74
Dow Jones48 458,05+1,09 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 827,41-0,62 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 195,17-1,00 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 202,39+1,03 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 652,19+0,29 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 720,71-0,09 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 836,55-0,18 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 889,35 +0,85 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,582 %+0,056 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,861 %+0,062 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,197 %+0,064 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1731 +0,94 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 278,44 +2,84 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars61,04-4,64 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars89 931,90+0,85 %38 252,5493 776,61

Il n’y a pas que l’or  au sommet

Depuis le 1er janvier, le cours de l’or a gagné près de 60 %. La vieille relique n’est pas le seul métal à atteindre des sommets. À la Bourse des métaux de Londres, la référence mondiale pour les contrats commerciaux, les cours de la tonne de cuivre ont atteint début décembre près de 12 000 dollars. Depuis le début de l’année, le métal rouge progresse de plus de 30 %.

Cette hausse s’explique par les craintes d’une insuffisance de l’offre face à une demande mondiale, portée par la transition énergétique et l’essor de l’intelligence artificielle. Le cuivre est nécessaire dans toutes les technologies bas carbone (éoliennes, voitures électriques) et dans les réseaux d’électricité. Le développement des data centers d’intelligence artificielle soutient également la demande.

Les craintes de droits de douane américains sur les importations de métal rouge contribuent également à la hausse de son cours. Une telle mesure créerait des dislocations de marché entre Londres et New York, poussant les opérateurs à déplacer les stocks de la capitale britannique vers la cité américaine. Or une baisse des réserves dans les entrepôts du marché britannique provoquerait une hausse des cours. Le Département américain du Commerce avait initialement proposé que les droits de douane sur le cuivre affiné soient introduits de manière progressive, mais seulement à partir de 2027. L’administration pourrait envisager d’accélérer le calendrier comme elle l’a fait pour l’aluminium. Elle n’a pas attendu que l’industrie américaine soit en mesure de couvrir les besoins pour prendre des mesures protectionnistes. Or, actuellement, les États-Unis ne produisent que 50 % du cuivre qu’ils consomment.

Selon certains analystes britanniques, la tonne de cuivre pourrait atteindre 13 000 dollars au deuxième trimestre de l’année prochaine, mais ceux de Goldman Sachs considèrent que le cours du cuivre devrait se stabiliser autour de 11 000 dollars. Les experts de l’établissement anticipent un surplus de 160 000 tonnes l’an prochain, loin des pénuries annoncées.

L’argent connaît également une rapide appréciation de son cours. Le prix de l’once d’argent a doublé en douze mois, passant de 28 à 59 dollars (1er janvier – 9 décembre 2025). Cette progression est imputable au rôle de valeur refuge que continue de jouer l’argent. Le métal gris profite du contexte anxiogène et des doutes sur le dollar du fait de la politique économique de Donald Trump. La baisse des taux d’intérêt décidée par la FED a accéléré ces dernières semaines la hausse du cours. L’argent bénéficie aussi de ses caractéristiques physiques. Excellent conducteur d’électricité, il est utilisé par l’industrie électrique (batteries, panneaux solaires) et par l’industrie électronique (microprocesseurs, smartphones, etc.). L’utilisation industrielle représente 60 % du marché de l’argent dans le monde.

La Banque mondiale estime que le cours de l’argent devrait progresser en 2026. En revanche, un ralentissement de l’activité industrielle dans les pays développés à partir de 2027 pourrait modérer la hausse des cours, voire inverser en partie la courbe.

Le succès grandissant des fonds tokenisés

De 2023 à 2025, l’encours des fonds tokenisés est passé de 2 à 18 milliards de dollars. Un fonds tokenisé est un fonds d’investissement traditionnel — monétaire, obligataire, immobilier, actions — dont les parts sont émises, enregistrées et transférées sur une infrastructure blockchain. Le jeton ainsi créé (token) n’est pas une copie. Il est la part elle-même, unique, traçable, transférable. La blockchain joue alors le rôle de registre de propriété, remplaçant les chaînes administratives habituelles par une infrastructure sécurisée et programmable. La gestion d’un fonds tokenisé reste assurée par une société de gestion régulée, les actifs sous-jacents sont bien réels, la comptabilité demeure soumise aux autorités de régulation.

La tokenisation des fonds  introduit l’instantanéité, la traçabilité immuable et, surtout, la possibilité de fractionner chaque part à l’infini, ouvrant la porte à une démocratisation nouvelle : posséder un millième d’un fonds immobilier ou un fragment d’un fonds obligataire devient soudain possible. La tokenisation permet une traçabilité des opérations, une exécution instantanée des ordres, un élargissement de la distribution à de nouvelles générations d’investisseurs, une opérabilité 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La moitié des encours des actifs tokenisés (hors stablecoins) est aujourd’hui constituée par des fonds monétaires.

Les fonds tokenisés sont souvent utilisés en collatéral, ou en garantie, pour les emprunteurs de cryptomonnaies dans le cadre d’opérations de prêts, car ces fonds ont une valeur stable. Par rapport aux stablecoins, les fonds monétaires tokenisés présentent l’avantage d’offrir un rendement. Les stablecoins sont en effet classés comme une monnaie électronique par les régulateurs et ne peuvent donc pas offrir d’intérêts, même si les actifs sous-jacents sont souvent des bons du Trésor.

Les gestionnaires d’actifs proposent des fonds indiciels et des fonds obligataires tokenisés. La tokenisation des fonds est attendue pour soutenir la démocratisation des actifs non cotés (infrastructures, dette privée, immobilier, capital-investissement). Ces actifs offrent plus de rendement aux sociétés de gestion, quatre fois plus de profits que les actifs traditionnels cotés (actions, obligations…), selon la dernière étude sectorielle de PwC. Les grands établissements financiers développent des fonds tokenisés en private equity pour leurs clients les plus aisés. En octobre, JPMorgan a annoncé la tokenisation d’un fonds de capital-investissement pour ses clients fortunés.

Certaines fintech commencent à s’imposer, comme Blockchain Capital, créé en 2013, fonds de capital-risque spécialisé sur la blockchain, ou Figure Technology Solutions, fondé en 2018, qui a créé la plus importante plateforme de dette privée tokenisée.

La tokenisation devrait connaître un essor important dans les prochaines années, car elle offre des transferts quasi instantanés, 24 heures sur 24. Elle permet le fractionnement des titres : chaque jeton peut être divisé en unités minuscules, permettant l’accès à des fonds auparavant réservés aux investisseurs fortunés ou l’ouverture du capital immobilier ou obligataire à des apports modestes.

La blockchain supprime ou allège les registres multiples, les tâches de rapprochement et certaines fonctions de conservation. Moins d’intermédiaires signifie potentiellement moins de coûts et moins de frictions. Elle offre aussi plus de transparence et de sécurité. Chaque transaction est inscrite de manière immuable, ce qui limite les erreurs administratives, les risques de double comptabilisation ou les litiges de propriété.

Grâce aux smart contracts (contrat numérique auto-exécutable par application de règles prévues sans intermédiaire, de manière automatique et sécurisée), le fonctionnement du fonds peut être automatisé en ce qui concerne la distribution de dividendes, le respect des règles d’investissement et la gestion des droits des investisseurs.

L’essor des fonds tokenisés est encore bridé par un cadre réglementaire en cours de construction. Pour le moment, en Europe, le rôle du dépositaire, la conservation des jetons et les responsabilités en cas de problème sont autant de zones encore grises. La question de la sécurisation des processus se pose. La blockchain n’est pas une forteresse inviolable.

Encours mondiaux & flux annuels par classes d’actifs

Classe d’actifEncours mondial estimée en dollarsFlux annuels en dollars (ordre de grandeur)
Or (stock mondial above-ground)29 000–30 000 milliardsMarché physique : 3 000–4 000 milliards (bijoux, investissement, achats banques centrales).
Actions cotées mondiales130–150 000 milliards80–120 000 milliards d’échange enregistrés sur les grandes bourses.
Private equity (capital-investissement)10–11 000 milliards1 000  1 500 milliards  d’investissements annuels
Ensemble des cryptomonnaies3 000–3 500 milliardsVolume de trading global : 30–40 000 milliards (incluant dérivés et stablecoins).
Fonds tokenisés (toutes classes confondues)12 milliardsCroissance rapide ; volumes encore faibles : quelques dizaines de milliards par an (souscriptions/rachats/échanges).

Le Coin des Epargnants du 6 décembre 2025 par Philippe Crevel

Vers une nouvelle baisse des taux de la FED

L’inflation sous-jacente aux États-Unis (indice PCE) du mois de septembre demeure contenue en dessous des 3 %. Les anticipations d’inflation sont en recul tout en demeurant élevées (4,1 %). Cette situation, plus encourageante que prévu, pourrait conduire à une nouvelle baisse des taux directeurs de la FED à l’occasion de sa prochaine réunion. Si cette baisse est confirmée, ce sera la troisième de l’année, après un assouplissement de 100 points de base en 2024, ce qui réduira la fourchette entre 3,5 et 3,75 %. En 2026, le scénario est ouvert en ce qui concerne l’évolution des taux de la FED, d’autant plus qu’elle aura un nouveau président à partir du mois de mai. Le successeur de Jerome Powell pourrait être connu avant Noël. Kevin Hassett, 63 ans, titulaire d’un doctorat en économie de l’université de Pennsylvanie et conseiller économique à la Maison-Blanche, figure parmi les favoris. Il est un des partisans les plus zélés de la politique économique de Donald Trump et est favorable à une baisse des taux. Son point fort est sa capacité à parler à la fois aux marchés et à l’électorat républicain. Son point faible est sa proximité avec Donald Trump, qui pourrait être perçue comme la fin de l’indépendance de la FED.

La semaine sur les marchés « actions » aura été marquée par l’attentisme. Les investisseurs sont sur la défensive, attendant les prochaines annonces de la FED et le nom de son futur président. La lourde charge de l’administration américaine à l’encontre des Européens et la menace persistante de la Russie envers ces derniers n’ont pas favorisé les marchés européens.

L’administration américaine de plus en plus anti-européenne

Jeudi 4 décembre, aux États-Unis, l’administration républicaine a publié une nouvelle stratégie de sécurité nationale qui condamne la politique des gouvernements en place et qui appelle de ses vœux la victoire des partis nationalistes. Elle considère que l’Europe est menacée d’un effacement économique et civilisationnel. Elle indique que la liberté d’expression n’y est plus assurée et que les gouvernements en place ne sont pas légitimes. L’Allemagne a vivement réagi à ce texte en demandant à Washington de cesser toute ingérence dans les affaires des États européens et en affirmant qu’elle n’avait pas de leçon de démocratie à recevoir de Washington.

Après la stratégie nationale de sécurité, Washington doit publier prochainement sa « revue mondiale des forces ». Ce document doit préciser quel effectif militaire les Américains veulent conserver sur le Vieux Continent. Une brigade mobile stationnée en Roumanie a déjà été supprimée, d’autres pourraient suivre. Au vu des dernières déclarations de Donald Trump, un désengagement de l’OTAN est à terme à craindre. Par ailleurs, ce dernier a indiqué que les positions de l’Europe au sujet de l’Ukraine étaient contraires aux intérêts américains. Selon le document de l’administration républicaine, « une vaste majorité » de l’opinion européenne veut la paix, mais c’est « la subversion des processus démocratiques » qui l’entrave. La tentation de signer un accord de paix entre Moscou et Washington transparaît nettement à la lecture du document, en passant outre l’hostilité européenne et ukrainienne.

Majoration de CSG : assurance vie exonérée mais pas le PER

Les députés ont adopté, vendredi 5 décembre, la partie recettes du projet de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Après avoir donné lieu à des tensions au sein du bloc central, la hausse de la CSG sur les revenus du capital a été retenue, mais elle est plus ciblée que dans sa version initiale. La majoration de 1,4 point, à 10,6 %, de la CSG, baptisée « contribution financière pour l’autonomie », ne concernera pas les revenus fonciers, les plus-values immobilières, les contrats d’assurance-vie ou encore les plans d’épargne logement. En revanche, les comptes-titres, les PEA et les PER seront affectés. Les PER, qui sont assez proches de l’assurance-vie dans leur mode de fonctionnement et qui correspondent à de l’épargne de long terme, se verront de ce fait appliquer un taux plus élevé.

Le rendement de cette majoration devrait être, selon le gouvernement, de 1,5 milliard, contre les 2,8 milliards visés initialement.

Par ailleurs, les députés ont adopté une taxation supplémentaire des complémentaires santé, qui rapporterait 1 milliard d’euros. Le taux de la contribution — censée n’être valable que pour 2026 — est fixé à 2,05 % des cotisations perçues.

Le projet de budget augmente également les taxes sur les laboratoires pharmaceutiques. La hausse du prélèvement est supposée remplacer la clause de sauvegarde, mécanisme mis en place pour permettre à la Sécurité sociale de ponctionner les industriels du médicament en cas de dérapage des dépenses de remboursement de médicaments.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
5 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 114,74+0,04 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 954,99+0,50%37 689,5442 544,22
S&P 5006 870,40+0,31 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 578,13+0,91 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 038,71+1,19 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 667,01-0,46 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 725,63+1,36 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 491,87+3,77 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 902,81+0,85 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,526 %+0,113 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,799 %+0,032 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,133 %+0,109 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1633+0,55 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 211,01+1,97 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,60+0,11 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars88 885,26-2,40 %38 252,5493 776,61

Dubaï : le nouvel Eldorado pour la finance

De tout temps, des villes ont, par leur statut et attractivité, attiré au-delà de leur pays, de leur région, des investisseurs, des artistes, des entrepreneurs, des personnes aisées. Les villes hanséatiques au XIIIe et XIVe siècle ont été à la fin du Moyen Âge au cœur de la renaissance des échanges commerciaux. Elles ont été aussi des espaces de liberté. Gênes et Bruges, à partir du XVe, ont repris le flambeau. À partir du XVIIe siècle, Genève et plus globalement la Suisse sont devenues des lieux prisés pour leur liberté et leur sécurité. Bien plus près de nous, Beyrouth, au Moyen-Orient, dans les années 1960/1970, avait acquis un statut de ville financière et de rencontre des cultures. En Asie, Singapour a, à partir des années 1980, joué également un rôle d’aimant économique et financier. Depuis quelques années, Dubaï et les Émirats arabes unis sont devenus « the place to be » pour placer et sécuriser des capitaux.

En moins de cinquante ans, Dubaï est passé d’un port marchand régional à l’un des nœuds financiers les plus dynamiques du monde. Elle est ainsi la première place du Moyen-Orient devant Bahreïn et Riyad. Le virage financier a été décidé dans les années 1990 puis consolidé avec la création du Dubaï International Financial Centre (DIFC) en 2004, zone financière extraterritoriale opérant sous un droit anglo-saxon, indépendante du système juridique local.

Dubaï bénéficie d’un régime politique stable entretenant les meilleures relations possibles avec les États-Unis, l’Europe, la Chine et aussi la Russie. Dubaï est reconnu pour un niveau de sécurité intérieure élevé et pour sa faible criminalité. Le régime fiscal est compétitif avec l’absence d’impôt sur le revenu, un impôt sur les sociétés modéré (9 %) et une exonération totale dans la zone DIFC. Dubaï, grâce à ses atouts, accueille les fortunes du Golfe, les élites indiennes, pakistanaises et africaines, les familles russes ou chinoises et de plus en plus les familles européennes. La confidentialité, la stabilité juridique du DIFC et l’absence d’impôt favorisent cette croissance. Selon Henley & Partners, un cabinet de conseil en immigration britannique, les Émirats seront la première destination des grandes fortunes en 2025, avec 9 800 arrivées anticipées, cumulant 63 milliards de dollars d’actifs. C’est plus que les États-Unis (7 500 pour 43,7 milliards), la Suisse (3 000 totalisant 16,8 milliards) et très loin devant Singapour et Hong Kong. Plus de 130 500 millionnaires se sont déjà installés aux Émirats, dont 81 000 à Dubaï. Parmi eux, 28 milliardaires, soit une hausse de 98 % en dix ans. Dubaï devrait supplanter Paris avec ses 160 100 millionnaires et 22 milliardaires. Les grandes familles privilégient Dubaï car elles peuvent facilement s’y installer. La réglementation y est plus souple qu’à Genève, Singapour ou Hong Kong. En outre, la ville offre toutes les commodités qu’attendent les personnes aisées (services haut de gamme, système de santé performant, loisirs, centres commerciaux, boutiques de luxe). L’aéroport international permet de se rendre dans toutes les capitales du monde en utilisant notamment Emirates, figurant parmi les meilleures compagnies du monde.

Dubaï ambitionne d’être la capitale mondiale de la finance islamique, en concurrence avec Kuala Lumpur. Les autorités entendent également faire de leur ville un centre d’accueil des fintechs afin de développer le marché des crypto-actifs. De nombreux acteurs de la crypto quittent Hong Kong ou Londres pour s’y implanter. Plus de 8 000 établissements financiers sont présents à Dubaï au sein du DIFC, employant 48 000 collaborateurs. Vingt-sept des 29 banques systémiques mondiales y ont établi des bureaux, dont cinq des plus grandes banques chinoises, tandis que JP Morgan, Goldman Sachs ou encore HSBC et BlackRock ont notamment choisi la ville du golfe Persique. En dix ans, la taille des actifs bancaires a augmenté de 200 %, à 240 milliards de dollars. Le DIFC est également devenu un véritable hub de réassurance pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud.

Dubaï n’est pas sans faiblesses. Son essor rapide, de nature spéculative, l’expose à des corrections, que ce soit sur le plan financier ou immobilier. Le marché financier est peu profond, avec peu d’entreprises locales cotées. Le risque de réputation demeure avec les problèmes de blanchiment et de capitaux non transparents. Le GAFI avait placé les Émirats un temps sous surveillance avec une inscription sur la liste grise 2022–2024. Depuis, cette inscription a été levée, mais la menace demeure. Le ministère de l’Intérieur des Émirats a déclaré avoir traité 521 affaires de blanchiment d’argent ces dernières années, en collaboration avec des organismes internationaux. Plus d’un milliard de dollars ont été saisis. Pour se distinguer des purs paradis offshore, Dubaï a instauré en 2023 une faible taxe sur les entreprises, en plus d’une TVA de 5 %. Aujourd’hui, être qualifié de paradis fiscal n’est pas porteur en premier lieu pour les grandes fortunes.

Dubaï n’a pas vocation à remplacer New York ou Londres, mais elle s’impose comme une place financière internationale de premier plan, au même titre que Singapour. Au niveau des places financières, Dubaï occupe déjà la 11e place, Paris étant 18e.

L’ascension de Dubaï repose sur une stratégie mêlant stabilité politique, innovation juridique et ouverture internationale ? Si la cité du Golfe demeure exposée à certains risques structurels, elle n’en continue pas moins d’attirer talents et capitaux à un rythme inédit. Elle s’affirme désormais comme un maillon incontournable de la géographie financière du XXIe siècle marqué par l’émergence des fortunes dans les pays du Sud et par la mobilité du capital.

Le Coin des Epargnants du 21 novembre 2025

Chronique d’un dégonflement annoncé

La Bourse de Paris a évolué cette semaine au gré des interrogations concernant les valorisations excessives des entreprises de la tech américaine. Les bons résultats de Nvidia, le fabricant de microprocesseurs pour l’intelligence artificielle (IA), n’ont pas complètement rassuré les investisseurs.

« Nous entrons dans une phase plus mature du cycle d’investissement, ce qui pourrait entraîner un examen plus approfondi de la part des investisseurs », a déclaré Emmanuel Cau, responsable de la stratégie actions européennes chez Barclays.

Sur la semaine, le recul du CAC 40 a atteint plus de 2 %. L’indice parisien est repassé sous les 8 000 points. Tous les grands indices ont reculé : le Nasdaq a abandonné plus de 2 %. Le bitcoin a suivi le mouvement, son cours étant corrélé à celui du Nasdaq. Il s’échangeait vendredi 21 décembre sous les 90 000 dollars, en baisse de plus de 10 % sur la semaine.

Les doutes sur les valorisations des entreprises investies dans l’IA commencent à se concrétiser, d’autant plus que la fin de l’année approche. La réédition d’un krach sur le modèle de celui de l’an 2000, lors de l’éclatement de la bulle Internet, n’est toutefois pas le scénario le plus probable. En effet, le marché est aujourd’hui dominé par de très grandes sociétés – Amazon, Microsoft, Nvidia, etc. – capables d’affronter une tempête boursière grâce à l’ampleur de leur chiffre d’affaires et de leurs bénéfices, ce qui n’était pas le cas au début du siècle pour la multitude de start-up cotées.

Le cours du pétrole a, de son côté, reculé ces derniers jours en raison de la présentation du plan de Donald Trump pour la paix en Ukraine et de l’annonce, vendredi 21 décembre, par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, de sa volonté d’en discuter avec ce dernier. L’augmentation des stocks de brut aux États-Unis a également contribué à la détente des prix sur les marchés pétroliers. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés a augmenté sa production depuis le mois d’avril, faisant croître l’offre bien plus rapidement que la demande, laquelle est pénalisée par le ralentissement de la croissance aux États-Unis.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
21 nov. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 982,65-2,29 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 245,41-1,87 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 602,99-1,24 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 273,08-2,14 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 091,87-3,29 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 539,71-1,64 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 515,09 -3,14 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)48 625,88-4,36 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 834,89-4,19 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,473 %+0,014 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,699 %-0,021 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,075 %-0,066 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1505 -0,63 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 082,62-0,79 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars62,31-2,97 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars83 715,23-11,65 %38 252,5493 776,61

Maintien à un haut niveau de l’effort d’épargne des ménages en France

Au deuxième trimestre 2025, le patrimoine des ménages a, selon la Banque de France, atteint près de 6 500 milliards d’euros. Les produits de taux représentaient près de 3 900 milliards d’euros et les produits de fonds propres environ 2 500 milliards d’euros.

Le flux d’épargne brute des ménages a été en hausse au deuxième trimestre, tandis que l’endettement ne progresse plus significativement. Ce flux s’est élevé à 33 milliards d’euros. L’essentiel de ces placements se concentre sur l’assurance-vie et les droits à pension, ainsi que sur l’acquisition indirecte d’actions et de titres de créance via des OPC.

Les premières données couvrant les principaux placements financiers des ménages pour le troisième trimestre 2025 indiquent une nouvelle décollecte sur les livrets d’épargne réglementée, ainsi qu’une stabilité des placements en numéraire et sous forme de dépôts auprès des banques. S’agissant de l’assurance-vie et des droits à pension, la collecte demeure dynamique.

Le taux d’épargne financière de la France dépasse pour la première fois en plus de dix ans celui de l’Allemagne. Il était supérieur à 10,5 % du revenu disponible brut au 2ème trimestre 2025.

Relancer l’Europe de l’épargne retraite

La Commission européenne, dans le cadre de l’Union de l’épargne et de l’investissement, entend favoriser les fonds de pension. Elle souhaite ainsi garantir « un bon niveau de vie à la retraite, tout en libérant de nouveaux financements pour l’économie ». Aujourd’hui, au sein de l’Union, seulement 20 % des actifs sont adhérents à un régime professionnel d’épargne retraite et 18 % détiennent un produit personnel.

Pour inverser la tendance, la Commission préconise aux États membres de développer des systèmes de suivi des retraites permettant aux citoyens de visualiser l’ensemble de leurs droits à pension, afin d’améliorer la transparence et de les aider à prendre des décisions éclairées, sur le modèle de ce qui existe notamment en France.

Elle demande également aux États membres de développer des tableaux de bord donnant un aperçu de la viabilité et de l’adéquation des systèmes de pension nationaux (couverture, cotisations, revenus de retraite des différents groupes de population…). La Commission propose l’affiliation automatique aux régimes complémentaires des travailleurs. Les autorités européennes souhaitent également une réforme de la directive IORP II, qui régit les fonds de pension professionnels. Pour Bruxelles, la taille de nombreux régimes est insuffisante « pour diversifier leurs investissements et offrir des résultats optimaux aux épargnants ». La Commission propose donc de lever les obstacles à la consolidation du marché, en simplifiant les procédures transfrontalières et les règles de transfert.

La Commission souhaite également relancer le PEPP, le produit paneuropéen d’épargne retraite individuelle. Ce produit, créé en 2019 et censé être portable d’un pays à l’autre, demeure confidentiel, n’étant diffusé que dans quelques rares pays de l’Union. Par exemple, selon un article du Financial Times, au début de l’année 2025 : « seulement 4 747 utilisateurs et 11,5 millions d’euros d’encours » pour le PEPP. Le plafond de frais fixé à 1 % et l’obligation de conseil ont nui à son attractivité pour les fournisseurs et distributeurs. La réforme de la Commission introduit un « PEPP de base » simplifié, sans conseil obligatoire, investi à 95 % dans des actifs non complexes (actions, ETF). Les États devront offrir un traitement fiscal comparable à celui des produits nationaux de retraite, éliminant ainsi la distorsion de concurrence qui pénalisait le PEPP.

Vers une supervision européenne des marchés financiers ?

e 3 décembre prochain, la Commission européenne présentera un projet destiné à transformer l’architecture de la supervision des marchés financiers de l’Union européenne. Avec ce projet, les acteurs financiers les plus importants d’Europe seraient supervisés par l’ESMA, l’autorité européenne des marchés financiers basée à Paris.

L’ESMA aurait ainsi la supervision directe de toutes les plateformes de cryptoactifs et des infrastructures de marché les plus importantes : grandes places boursières, chambres de compensation et dépositaires centraux. La Bourse de Francfort serait ainsi contrôlée par l’ESMA.

Pour les gestionnaires d’actifs, le projet est moins radical : l’ESMA ne les superviserait pas directement, tout en ayant le dernier mot en cas de litiges entre autorités nationales.

Pour assumer ces nouvelles missions, l’ESMA sera dotée d’un conseil exécutif indépendant qui prendra les décisions de supervision au quotidien.

Ce projet s’inscrit dans le programme d’élimination des barrières qui fragmentent le marché européen. Actuellement, l’Union européenne compte de nombreuses plateformes de négociation, chambres de compensation et sociétés de gestion d’actifs. Le marché des capitaux européen représente environ un quart de la taille de celui des États-Unis, avec beaucoup plus de participants. Il manque cruellement de profondeur et se caractérise par une grande complexité. Si la France est favorable à la création d’un grand marché des capitaux, le Luxembourg et l’Irlande, en particulier, y sont plus hostiles, car ils craignent une perte de leur attractivité financière.

La réforme rappelle celle de la supervision bancaire, centralisée à la BCE après 2008. Mais elle sera plus délicate, car l’orientation des gouvernements est aujourd’hui moins pro-européenne, et la situation politique actuelle n’incite guère aux concessions.

L’adoption du projet de la Commission suppose l’accord des États membres et du Parlement européen. La position de l’Allemagne sera déterminante. Traditionnellement réticente à la centralisation, Berlin envoie cependant des signaux contradictoires : le chancelier Friedrich Merz se déclare favorable au principe d’une Bourse unique européenne, tout en restant opposé à la supervision centralisée des cryptoactifs.

Le Coin des Epargnants du 14 novembre 2025 : les marchés à la recherche d’un cap

Douche écossaise sur les marchés

Le CAC 40 a battu de nouveaux records le jeudi 13 novembre dernier en s’étant rapproché de la barre des 8 300 points. Sur l’ensemble de la semaine, l’indice phare de la Bourse de Paris a progressé de 2,7 %. Toutefois, en fin de semaine, les investisseurs ont réagi négativement après les déclarations de plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine. Ceux-ci ont laissé entendre qu’ils écartent, pour le moment, une nouvelle baisse des taux en décembre. Jerome Powell, le président de la Fed, l’avait déjà suggéré il y a deux semaines, mais ses propos n’avaient alors guère été pris en compte.

Pour la prochaine réunion de la Fed, les 9 et 10 décembre, les investisseurs estiment désormais qu’il y a autant de chances d’un assouplissement d’un quart de point que d’un statu quo, alors qu’un mois auparavant une diminution des taux semblait presque acquise. Compte tenu du retard pris dans la publication des statistiques économiques en raison du long shutdown auquel a été confrontée l’administration fédérale, la Fed devrait souhaiter temporiser.

Entre la fin du shutdown, les doutes sur la poursuite de l’assouplissement monétaire et les interrogations sur la valorisation des valeurs technologiques, les marchés américains n’ont pas su à quel saint se vouer. Les grands indices sont restés globalement stables sur la semaine.

Le bitcoin est passé cette semaine sous le seuil des 100 000 dollars, vendredi, et a cédé plus de 6 % sur la période. Les investisseurs s’inquiètent de la survalorisation de certaines entreprises de haute technologie. Cette anxiété rejaillit sur les actifs les plus spéculatifs, à commencer par les cryptomonnaies. La corrélation entre le Nasdaq et le bitcoin reste marquée. La victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine avait propulsé le bitcoin au-dessus du seuil symbolique des 100 000 dollars l’année dernière à la même époque. Depuis le début du mois d’octobre, son cours a reculé de près de 20 %.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
14 nov. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 170,09+2,68 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 147,48+0,66 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 734,11+0,15 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 900,59-0,51 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 876,55+1,30 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 698,37+0,03 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 693,77+2,29 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 376,53-2,18 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 990,49+0,77 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,459 %-0,003 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,720 %+0,055 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,141 %+0,071 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1612+1,15 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 087,91 -0,11 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars64,46+1,18 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars95 950,20-6,23 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 31 octobre 2025

Mouvement de taux aux États-Unis, statu quo en Europe

Les mois d’octobre ont parfois rimé avec krachs boursiers. Il n’en a rien été en 2025. De nombreux indices ont, au contraire, atteint de nouveaux records.

Les marchés actions ont été portés par les bons résultats trimestriels des entreprises, la baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed) et l’engouement pour l’intelligence artificielle. La capitalisation de Nvidia a dépassé 5 000 milliards de dollars, tandis que celle de Microsoft a franchi les 4 000 milliards, à la faveur de son accord renforcé avec OpenAI. Depuis le début de l’année, les marchés plébiscitent les groupes les plus exposés à l’IA, et sanctionnent ceux jugés moins ambitieux. Alphabet, Meta et Microsoft, considérés comme les plus avancés dans le domaine, ont respectivement progressé de 28 %, 25 % et 23 % sur les trois premiers trimestres, loin devant Apple et Amazon, jugés plus en retrait.

Détente commerciale entre Washington et Pékin

Le mois d’octobre a également été marqué par un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, conclu lors de la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump. Ce dernier, en réaction aux restrictions chinoises sur les terres rares, avait menacé d’imposer 100 % de droits de douane sur les produits chinois. En échange de la levée des interdictions d’exportation de terres rares, les droits ont été ramenés de 157 % à 47 %. Donald Trump a également obtenu la reprise des achats de soja américain par la Chine, suspendus depuis septembre.

Paris profite de l’accalmie politique

Le CAC 40 a signé son meilleur mois depuis janvier, battant en séance son record du 10 mai 2024, avec un pic à 8 271,48 points le 21 octobre. En France, la sortie de la crise politique a rassuré les investisseurs. Le taux de l’OAT à 10 ans s’est légèrement détendu : l’écart avec le Bund allemand est revenu à 70 points de base, contre 90 en pleine crise. Au 31 octobre 2025, le taux français à 10 ans (3,419 %) reste toutefois supérieur à celui de l’Italie (3,383 %).

L’or bat un nouveau record

Le cours de l’once d’or a dépassé les 4 200 dollars en octobre. Les pressions exercées par Donald Trump sur la Fed ont nourri les craintes d’une remise en cause de son indépendance, incitant les investisseurs à se tourner vers les valeurs refuges.

Nouvelle baisse de taux de la Fed

Le mercredi 29 octobre, la Réserve fédérale américaine a annoncé une nouvelle baisse de ses taux directeurs d’un quart de point, les ramenant dans la fourchette 3,75 % – 4 %. Elle a également confirmé la fin de la réduction de son bilan à compter du 1er décembre.

La paralysie budgétaire (shutdown) contraint la Fed à agir sans disposer en temps réel des statistiques économiques. L’institution a relancé son cycle d’assouplissement monétaire le mois dernier, après une longue pause, motivée par la baisse des créations d’emplois, malgré une inflation toujours supérieure à l’objectif de 2 %.

Jerome Powell a toutefois prévenu qu’une troisième baisse consécutive en décembre était « loin d’être acquise ». Cette prudence a surpris les investisseurs, qui anticipaient une poursuite du mouvement de détente monétaire.

Cette déclaration a jeté un froid sur les marchés, alors que la perspective d’une politique plus accommodante alimentait la hausse des cours depuis plusieurs semaines. Certains membres de la Fed s’inquiètent du maintien de pressions inflationnistes, mais le ralentissement économique est désormais tangible. La paralysie budgétaire accroît les risques à court terme, tandis que les annonces de suppressions d’emplois se multiplient.

Tant que le Congrès n’adoptera pas de nouveau budget, aucune nouvelle donnée officielle sur l’inflation ne sera publiée, a prévenu l’administration Trump. Les statistiques sur l’emploi sont déjà suspendues depuis fin septembre. Pour ne rien arranger, ADP, le spécialiste des données privées sur le marché du travail, a restreint l’accès des économistes de la Fed à ses données détaillées.

La banque centrale américaine a également acté la fin de la réduction progressive de son bilan, alors que les marchés monétaires à court terme ont montré de premiers signes de tension. La Fed reprendra les réinvestissements de son portefeuille d’obligations à partir du 1er décembre.

La taille du bilan de la Fed est passée d’un pic de 9 000 milliards de dollars en 2022 à 6 600 milliards aujourd’hui. Malgré cette cure d’amincissement, il demeure supérieur de 2 000 milliards à son niveau d’avant la pandémie. La fin du resserrement quantitatif devrait contribuer à assouplir les conditions de financement, mais la Fed prévoit de concentrer ses réinvestissements sur la dette d’État américaine, tout en continuant à liquider ses titres adossés à des prêts hypothécaires.

Donald Trump, de son côté, s’est montré moins vindicatif envers la Fed ces dernières semaines. Le président apprécie la baisse des taux, même s’il souhaiterait une action plus rapide.

Statu quo à Francfort

Le jeudi 30 octobre, à la différence de la Fed, la Banque centrale européenne (BCE) a choisi le statu quo. Le Conseil des gouverneurs a décidé de maintenir :

  • le taux de dépôt à 2 % ;
  • le taux des opérations principales de refinancement à 2,15 % ;
  • le taux de la facilité de prêt marginal à 2,40 %.

Cette décision, largement anticipée, confirme la volonté de la BCE de privilégier la stabilité monétaire. Mi-octobre, Christine Lagarde avait déclaré, lors de la réunion annuelle du FMI à Washington, que « la politique monétaire est actuellement bien positionnée et l’Europe bien préparée à faire face aux chocs futurs ».

L’institution souligne que l’inflation reste proche de l’objectif de 2 % à moyen terme, avec des prévisions inchangées :

  • 2,1 % en 2025 ;
  • 1,7 % en 2026 ;
  • 1,9 % en 2027.

Dans ce contexte, la BCE estime qu’il est urgent de ne rien faire. Elle note que « l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, le cessez-le-feu au Moyen-Orient et les progrès dans les négociations sino-américaines ont réduit certains risques pesant sur la croissance mondiale ».

La baisse des taux de la Fed pourrait toutefois, à terme, entraîner une appréciation de l’euro, pénalisant les exportations européennes — un facteur qui pourrait, à moyen terme, inciter la BCE à ajuster sa politique monétaire.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
31 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 121,07-1,43 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 562,87+0,75 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 840,20+0,71 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 724,96+2,39 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 958,30-1,16 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 717,25+0,74 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 662,0-0,22 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)52 411,34+6,28 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 954,79+0,98 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,419 %-0,015 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,631 %+0,005 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,092 %+0,091 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1526-0,61 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 009,87-3,37 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars65,05-1,19 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars109 194,06-1,65 %38 252,5493 776,61

Les achats d’or toujours dynamiques

Depuis le début de l’année, le cours de l’once d’or a progressé de plus de 50 %. Qui sont les acteurs à l’origine de cette envolée ? Selon les données publiées le 30 octobre dernier par le Conseil mondial de l’or (CMO), la demande mondiale a atteint un nouveau record au troisième trimestre, à 1 313 tonnes, soit le volume le plus élevé observé depuis l’an 2000, date du début de l’enregistrement des données par le CMO.

En valeur, la demande a augmenté de 44 %, pour atteindre un record de 146 milliards de dollars sur le trimestre. Depuis le début de l’année, la demande cumulée s’établit à 3 717 tonnes, pour une valeur de 384 milliards de dollars, soit 1 % de plus qu’en 2024.

Les banques centrales demeurent des acteurs majeurs du marché. Leurs achats ont atteint 220 tonnes d’or au troisième trimestre, soit une hausse de 28 % par rapport au trimestre précédent. La Banque nationale du Kazakhstan a été le principal acheteur, tandis que la banque centrale du Brésil a acquis de l’or pour la première fois depuis plus de quatre ans. En cumulé sur l’année, la demande des banques centrales recule toutefois légèrement : 634 tonnes sur les trois premiers trimestres de 2025, contre 724 tonnes sur la même période en 2024.

Le Coin des épargnants du 24 octobre 2025

Nouveau record pour le CAC 40

Ce mardi 21 octobre, le CAC 40 a battu un record en clôture, à 8 258,86 points, dépassant le niveau atteint le 15 mai 2024, avant la dissolution de l’Assemblée. Il aura fallu près d’un an et demi pour effacer le choc alors subi, sachant que les autres indices européens et américains ont connu entre-temps une forte hausse ; ces derniers ont également battu des records cette semaine.

Le nouveau record du CAC 40 intervient juste après une nouvelle crise politique et la dégradation de la note de la France par l’agence S&P. La discussion budgétaire chaotique aurait pu, elle aussi, refroidir les ardeurs des investisseurs. Tel n’a pas été le cas. Ces derniers avaient largement anticipé la situation. Les considérations politiques ont été mises de côté au profit de considérations économiques et financières. Depuis le début de l’année, les marchés boursiers sont portés par les avancées en matière d’intelligence artificielle et par l’éventuelle amélioration de la productivité qu’elle pourrait engendrer. La reprise de la baisse des taux directeurs de la part de la Banque centrale américaine constitue un autre vecteur de croissance pour les marchés d’actions. Les valeurs boursières profitent, en outre, de la publication des résultats trimestriels des entreprises, supérieurs aux attentes.

Le CAC 40, s’il est influencé par le contexte national, obéit aussi aux grandes tendances de l’économie mondiale. Entre 75 % et 80 % des revenus des sociétés du CAC 40 sont réalisés à l’étranger. Seulement 8 % du chiffre d’affaires de LVMH est réalisé en France, contre environ 27 % en Asie (hors Japon) et 25 % aux États-Unis. Malgré tout, le CAC 40 est loin d’avoir comblé son retard sur ses homologues : depuis le 1er janvier, il n’a progressé que de 10 %, contre plus de 20 % pour le DAX allemand. Avec les derniers soubresauts liés à la discussion budgétaire, le CAC 40 est resté stable vendredi, tandis que les grands indices américains et le DAX atteignaient de nouveaux records. Dès le début de l’examen en séance publique du budget, les menaces de dépôt de motions de censure se sont multipliées. Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a réclamé des mesures de justice fiscale (taxe Zucman, ISF climatique, etc.). Le Parti socialiste tente de pousser son avantage, conscient que la survie du gouvernement dépend en partie de sa position.

Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation a été publié ce vendredi après-midi, avec près de dix jours de retard par rapport au calendrier initial, en raison du shutdown de l’État fédéral. L’inflation a augmenté de 0,3 % le mois dernier et de 3 % sur un an. Le consensus établi par Bloomberg tablait sur des hausses respectives de 0,4 % et 3,1 %. Hors alimentation et énergie, la hausse est de 0,2 % sur un mois, contre +0,3 % attendu, et de 3 % sur un an, contre 3,1 % attendu. Des chiffres qui ne changent pas la donne à une semaine de la décision monétaire de la Réserve fédérale. Une détente des taux d’intérêt d’un quart de point est attendue en octobre.

Le pétrole, victime des sanctions

Depuis plusieurs semaines, le cours du baril de pétrole évoluait autour de 60 dollars. Les annonces de nouvelles sanctions prises par les États-Unis contre la Russie ont provoqué une hausse de plus de 5 dollars du baril. C’est la première fois que les exportations de pétrole russes sont directement visées par Washington, qui a placé les deux compagnies pétrolières russes Lukoil et Rosneft sur liste noire. Tous les actifs de ces compagnies aux États-Unis sont désormais gelés, et les entreprises américaines n’ont plus le droit de réaliser des affaires avec elles. Or, ces deux géants représentent l’essentiel des exportations de brut russe.

L’Union européenne a également décidé un nouveau train de sanctions, dont certaines visent la flotte fantôme de pétroliers russes. Cette flotte permet à la Russie de continuer à exporter son pétrole brut malgré les interdictions. Selon Emmanuel Macron, cette flotte parallèle permet à Moscou de financer 30 % à 40 % de son effort de guerre contre l’Ukraine.

La Russie demeure un acteur majeur du marché pétrolier. Avec environ 12 % de la production mondiale, elle est le troisième producteur mondial, derrière les États-Unis et l’Arabie saoudite. Les sanctions décidées par les États-Unis et l’Union européenne interviennent dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale, avec des prix du pétrole plutôt orientés à la baisse. Dans ce cadre, les tensions sur le marché pétrolier pourraient n’être qu’éphémères.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
24 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 225,63+0,39 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 207,12+2,35 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 791,69+2,02 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 204,87+2,49 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 243,97+1,73 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 638,58+2,94 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 674,50+1,20 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)49 299,65+5,23 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 950,31+2,12 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,434%+0,074 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,626 %+0,045 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,001 %-0,009 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1623+0,23 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 128,98-0,36 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars66,61+8,86 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars110 205,93-5,86 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 17 octobre 2025

Le CAC 40 a gagné cette semaine plus de 3 %, une hausse en grande partie imputable au rejet des deux motions de censure à l’Assemblée nationale. Les investisseurs se sont réjouis de la fin, du moins temporaire, de la crise politique en France.

Vendredi 17 octobre, les indices phares des grandes places financières ont, en revanche, reculé en raison des déboires de deux banques américaines. Zions Bancorp et Western Alliance ont révélé en fin de semaine qu’elles avaient accordé des crédits qui ne seront probablement jamais honorés. Le retour des créances douteuses rappelle de mauvais souvenirs aux investisseurs, ceux de la crise financière de 2008. Toutes les grandes places boursières ont accusé le coup avec des replis marqués et, en contrepartie, une nouvelle hausse du cours de l’or. Par crainte d’un effet de contagion, les valeurs bancaires ont enregistré de fortes baisses vendredi.

Mercredi, Zions Bancorp a d’abord annoncé une perte de 50 millions au troisième trimestre, face au risque de défaut de ses emprunteurs sur deux crédits industriels et commerciaux souscrits via sa filiale de San Diego, en Californie. Le groupe invoque une fraude et un incident isolé. Le titre a chuté de 13 % jeudi. Western Alliance, une banque basée en Arizona, a octroyé des crédits aux mêmes emprunteurs et a annoncé jeudi avoir porté plainte contre Cantor Group pour fraude. Le titre a terminé la séance en baisse de 10 %. Les défauts de paiement sur crédits bancaires peuvent éroder la confiance, au moment où l’on entend de plus en plus parler de « bulle » à Wall Street.

Rencontre américano-chinoise en vue

Donald Trump a déclaré, dans une interview à Fox Business, que les droits de douane de 100 % dont il avait menacé la Chine la semaine dernière n’avaient pas vocation à s’appliquer. Il a confirmé qu’il rencontrerait son homologue Xi Jinping en Corée du Sud dans les prochaines semaines. La majoration des droits par le président américain avait été annoncée en réaction aux restrictions d’accès aux métaux rares décidées par la Chine. Donald Trump, au sujet de son homologue chinois, a déclaré : « Je m’entends très bien avec lui. Je pense que tout ira bien avec la Chine, mais nous devons conclure un accord équitable. Il doit être équitable. » La trêve commerciale entre les deux puissances court jusqu’au 10 novembre.

Selon des informations de CNBC, le secrétaire au Trésor Scott Bessent va s’entretenir dans la journée avec le vice-Premier ministre chinois He Lifeng pour discuter des négociations commerciales. Donald Trump continue son marathon diplomatique. Après Gaza, il s’est réinvesti dans le dossier ukrainien en rencontrant Volodymyr Zelensky. Un sommet avec Vladimir Poutine pourrait avoir lieu prochainement.

Malgré les tensions bancaires, les indices actions ont plutôt progressé cette semaine, les investisseurs prenant en compte les avancées américaines sur les différents théâtres d’opération.

Malgré tout, la recherche de valeurs refuges demeure forte et conduit à une nouvelle progression de l’or et à une diminution des taux souverains. Le rendement du bon du Trésor américain à maturité dix ans est repassé en dessous de 4 %. En France, l’échec des deux motions de censure a également provoqué une détente sur le taux de l’obligation du Trésor à dix ans.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
17 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 174,20+3,63 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 190,61+1,69 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 664,01+1,77 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 679,98+2,34 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 845,41-1,29 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 354,57-0,72 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 607,39+1,84 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)47 582,15-0,78 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 839,76-0,96 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,360%-0,117 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,581 %-0,063 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,010 %-0,059 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1672+0,11 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 227,47+6,54 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars61,17-2,53 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars107 299,87-5,86 %38 252,5493 776,61

Le fonds d’investissement défense de BPIfrance

Conformément aux engagements qui avaient été pris au mois de mars dernier, la banque publique d’investissement Bpifrance a lancé le mardi 14 octobre son fonds «Bpifrance Défense».

Ce fonds d’investissement est ouvert aux particuliers. Il est accessible à travers un contrat d’assurance-vie, un compte-titres, un plan d’épargne retraite ou encore en direct via la plateforme de Bpifrance. Plusieurs assureurs ont déjà annoncé le mettre à disposition de leurs clients.

Le montant minimum de versement pour ce fonds a été fixé à 500 euros. Le maximum de versement est de 500 000 euros. La somme investie est bloquée pendant une durée de cinq ans. Cette période permet au fonds d’investir dans le temps dans des entreprises non-cotées. BPIfrance estime que la période d’investissement recommandée est de 10 ans. Le fonds est prévu pour une durée de vie totale de 20 ans.

Bpifrance vise un objectif de rendement annuel de  5%. Ce type de placement comporte potentielle un risque en capital.

Bpifrance attend jusqu’à 450 millions d’euros de versement sur son fonds défense qui pourrait investir dans plus de 500 entreprises non cotées françaises et européennes dont l’activité est stratégique pour la souveraineté technologique, avec une ambition renforcée dans le secteur de la défense, annonçait Bpifrance quelques jours plus tôt dans son invitation au lancement de mardi.

 Selon une étude publiée le 8 octobre dernier par Bpifrance Le Lab, les besoins de financement pour faire à l’augmentation des commandes publiques de défense en Europe est évalué à 15 milliards d’euros dont 5 milliards d’euros de fonds propres et 10 milliards d’euros de dettes. Le fonds défense de Bpifrance doit aussi permettre de soutenir les investissements des entreprises en recherche et développement.

Les pensions AGIRC- ARRCO gelées en 2026

Faute d’accord entre les représentants des organisations patronales et syndicales qui le composent, l’Agirc-Arrco ne revalorisera pas ses pensions au 1er novembre prochain Le régime ne modifiera pas non plus la valeur d’achat du point au 1er janvier 2026. Les pensions AGIRC-ARRCO sont versées à 14 millions de retraités du privé.

L’année dernière, les pensions AGIR-ARRCO avaient été revalorisées de 1,6% au 1er novembre 2024.

La suspension de la réforme des retraites de 2023 a conduit à cette absence de consensus concernant la revalorisation des pensions complémentaires qui techniquement aurait pu se situer entre 0,6 et 1 %.

Des marchés entre le yin et le yang

L’or : toujours plus haut

L’or a dépassé, en fin de semaine, 3 780 dollars l’once. Le cours du métal précieux est porté par l’enclenchement d’un nouveau cycle de baisse des taux directeurs de la Fed. Certains estiment qu’il pourrait se rapprocher, voire dépasser, 4 000 dollars. Pour autant, les facteurs de hausse commencent à s’épuiser ou, plutôt, ont déjà été intégrés (Ukraine, Moyen-Orient, droits de douane, etc.).

États-Unis : faible dérive de l’inflation

Sur le front américain, les prix des dépenses de consommation personnelle, la mesure que la Réserve fédérale retient en priorité pour apprécier l’inflation, se sont alignés, en août, parfaitement sur les projections du marché. Ils ont progressé sur un an de 2,7 %, soit 0,1 point de plus qu’en juillet. La hausse se stabilise à 2,9 % hors prix alimentaires et énergétiques. Les investisseurs auraient préféré que la désinflation reprenne, permettant à la Fed de poursuivre son cycle de baisse des taux directeurs. Pour le moment, l’inflation reste néanmoins contenue. La consommation des ménages a augmenté, de son côté, de 0,6 % le mois dernier, quand le consensus donnait une hausse de 0,5 %, comme en juillet, illustrant la résilience des consommateurs.

Le retour des droits de douane

Donald Trump n’avait plus parlé de droits de douane depuis quelques semaines et, visiblement, le sujet lui manquait. À partir du 1er octobre prochain, 100 % de surtaxes sur les produits pharmaceutiques de marque ou brevetés seront imposées, sauf si les entreprises étrangères concernées investissent pour construire des usines sur le sol américain. La Commission européenne est montée vendredi au front pour éteindre l’incendie. Son porte-parole a assuré que ces droits sectoriels ne concerneraient pas les médicaments européens, ces derniers étant inclus dans l’accord commercial Europe–États-Unis limitant les droits de douane américains à 15 %.

Si les États-Unis respectent l’accord signé et exemptent bien, comme convenu, les médicaments européens des 100 % de droits sectoriels, l’Irlande sera la grande gagnante car elle est, de loin, le pays européen le plus exposé. C’est le premier exportateur pharmaceutique mondial (en valeur, non en volume) vers les États-Unis. Cette situation est la conséquence de l’installation de nombreux laboratoires pharmaceutiques en Irlande depuis trois décennies, en raison de la fiscalité attractive.

L’Europe est la seule épargnée. La Commission européenne a rappelé vendredi que son accord commercial avec les États-Unis est le seul à protéger contre de futurs droits plus élevés que le taux général prévu par l’accord. L’industrie pharmaceutique suisse, par exemple, devrait se voir appliquer le taux de 100 %. Or la Suisse est le deuxième plus gros exportateur de médicaments de marque vers les États-Unis. Les laboratoires européens sont néanmoins encouragés à investir aux États-Unis, faute de quoi une révision du tarif pourrait intervenir.

Les actions en mode statu quo

Les investisseurs ont joué la prudence cette semaine, marquée par des indicateurs et des signaux contradictoires. Les indices américains ont cédé un peu de terrain. Les taux des obligations d’État françaises continuent à progresser, tout comme le ratio de dette publique. Le taux de l’OAT à 10 ans s’élevait, vendredi 26 septembre, à 3,562 %.

Le marché du pétrole en tension

Cette semaine, les cours du pétrole ont été orientés à la hausse en raison des déclarations de Donald Trump. Ce dernier a demandé à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, d’arrêter d’acheter du pétrole russe. Il a également suggéré que les Européens stoppent toutes les importations de gaz en provenance de Russie. Cette hausse n’est pas sans limite. En effet, de plus en plus de barils arrivent actuellement sur le marché, notamment avec la hausse des quotas de production initiée depuis avril par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+). Néanmoins, l’intensification des frappes ukrainiennes sur les raffineries et les infrastructures pétrolières russes commence à avoir des effets sur le marché des produits raffinés.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
26 sept. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 864,67+0,00 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 247,29-0,13 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 643,70 P-0,35 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 484,07-0,74 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 705,25+0,40 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 280,79+0,80 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 499,70+1,06 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)45 354,99+1,01 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 828,11-0,87 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,562 %+0,006 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,747 %-0,002 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,180 %+0,037 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1693-1,53 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 780,15+1,98 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars70,61+4,85 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars109 144,58-5,65 %38 252,5493 776,61

Une collecte du livret A poussive en juin

Le Livret A a conclu le premier semestre avec une petite collecte lui permettant néanmoins de battre un nouveau record d’encours. Depuis le début de l’année, les Français maintiennent un effort important d’épargne tout en réduisant leurs versements sur leur Livret A. La baisse de la rémunération et l’augmentation du nombre de Livret A au plafond (15 % des titulaires concernés) expliquent le moindre engouement pour ce dernier.

Le Livret A : un encours record en juin

Après une décollecte de 200 millions d’euros au mois d’avril et une collecte de +1,22 milliard d’euros en mai, le Livret A enregistre, en juin, un résultat positif de 220 millions d’euros. Cette collecte est néanmoins inférieure à celle de 2024 (1,23 milliard d’euros) et à la moyenne de ces dix dernières années (873 millions d’euros).

En juin, depuis 2009, le premier produit d’épargne des ménages a connu quatre décollectes (2015 : -0,12 milliard d’euros ; 2014 : – 0,13 milliard d’euros ; 2010 : -0,15 milliard d’euros et 2009 : -1,39 milliard d’euros).

Le Livret A poursuit sa normalisation sur fond de baisse de son taux de rémunération. Sur le premier semestre 2025, la collecte atteint seulement 2,97 milliards d’euros contre 10,14 milliards d’euros sur la même période de 2024. Elle a été divisée par plus de trois en un an traduisant la fin d’une période de fortes collectes atypiques, le bon mois de mai étant en partie dû à des transferts en provenance de titulaires n’étant plus éligibles au Livret d’Epargne Populaire.

Le Livret A continue d’être ainsi affecté par la baisse de son taux de rémunération intervenue le 1er février dernier. Les ménages redéployent une partie de leur épargne de précaution vers des produits de long terme comme l’assurance vie, qui connaît un net rebond depuis le début de l’année. Cette normalisation n’est pas synonyme de crise de l’épargne réglementée, l’encours du Livret A battant un nouveau record à 445,5 milliard d’euros.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) : un mois de juin moyen

Au mois de juin 2025, la collecte du LDDS s’est élevée à 280 millions d’euros, contre 590 millions d’euros en juin 2024. En moyenne au cours des dix dernières années, la collecte était de 305 millions d’euros. Depuis 2009, le LDDS a été en décollecte en juin à quatre reprises.  Au cours du premier semestre 2025, la collecte a atteint 3,06 milliards d’euros, contre 4,88 milliards d’euros sur la même période en 2024. L’encours du LDDS atteint en juin 2025, 163,6 milliards d’euros, un nouveau record.

Le LDDS est moins touché que le Livret A par la baisse de son taux de rémunération. Pour de nombreux ménages, il est associé aux comptes courants quand le Livret A est considéré comme un produit d’épargne.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) : un mauvais premier semestre

Après deux décollectes, en avril et en mai, le LEP a renoué avec une collecte positive en juin, + 130 millions d’euros. En juin 2024, le LEP avait enregistré une collecte positive de 570 millions d’euros.

Les décollectes d’avril et de mai étaient en grande partie liées aux opérations de contrôle d’éligibilité. La collecte du mois de juin est conforme à celle du début d’année. Sur le premier semestre, le LEP est en décollecte de 2,42 milliards d’euros quand il avait enregistré une collecte positive de 4,52 milliards d’euros sur la même période en 2024. Avec les revalorisations de salaires intervenues en 2024, en lien avec l’inflation, de nombreux titulaires ont été contraints en avril et en mai de se défaire de leur LEP. L’encours du LEP s’élevait, fin juin, à 79,8 milliards d’euros à trois milliards de son record établi en mars dernier.

Pour le second semestre : effet taux et effet dépenses

Le taux du Livret A et du LDDS passera de 2,4 à 1,7 % le 1er août prochain et celui du LEP de 3,5 à 2,7 %. En un an, le taux du Livret A aura perdu 1,3 point. Même si son rendement réel reste positif, la baisse du taux nominal devrait accroître le recul de la collecte d’autant plus que traditionnellement le second semestre est plus dépensier qu’épargnant. Celui-ci est, en effet, marqué par une série de dépenses, vacances, rentrée scolaire et fêtes de fin d’année. Les décollectes y sont plus fréquentes que lors du premier semestre. Avec l’effet taux, la probabilité de leur survenue augmente… 

Baisse du taux du Livret A et du LEP le 1er août 2025

Le Gouvernement a décidé, le lendemain des annonces budgétaires, de suivre les recommandations du Gouverneur de la Banque de France, pour la fixation des taux du Livret A, du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et du Livret d’Epargne Populaire (LEP).

Le 1er août 2025, le taux du Livret A et du LDDS passera de 2,4 à 1,7 %. Il faut remonter au 1er mai 2009 pour avoir une baisse supérieure. A l’époque le taux du Livret A était passé de 2,5 à 1,75 %.

Depuis l’arrêté du 27 janvier 2021, la formule du taux du Livret A est fixé de la manière suivante :

  • La moyenne arithmétique entre : – la moyenne semestrielle des taux à court terme en euros (€STR)  et l’inflation en France mesurée par la moyenne semestrielle
  • Avec un taux plancher de 0,5 %.

Compte tenu de la baisse de l’inflation ces derniers mois (0,8 % en rythme annuel sur 6 mois) et le taux Ester (2,44 %) en moyenne semestrielle, le taux du Livret A selon la formule sort à 1,7 %.

Logiquement, le taux du Livret d’Épargne Populaire est fixé au niveau le plus élevé entre le taux d’inflation et le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Compte tenu du faible niveau de l’inflation, c’est cette seconde formule qui devrait s’appliquer. Le taux du LEP aurait donc du être de 2,2 %, contre 3,5 % actuellement. Toutefois, comme lors des précédentes révisions, le gouvernement a décidé de faire une geste à destination des épargnants les plus modestes, le LEP étant soumis à une condition de ressources. Il a retenu un taux de 2,7 % soit un point de plus que le Livret A.

Cercle de l’Epargne

Cercle de l’Epargne

Une baisse des taux de l’épargne réglementée pour relancer la consommation ?

Pour le Livret A, le gouvernement devrait suivre la recommandation du gouverneur de la Banque de France en abaissant le taux à 1,7 %. En effet, afin de soutenir les recettes de TVA, l’exécutif souhaite encourager une reprise de la consommation, qui demeure atone depuis de nombreux mois.

La précédente baisse du taux du Livret A, intervenue le 1er février, n’avait pas produit l’effet escompté. Si les ménages ont réduit leurs versements sur ce produit, ils ont maintenu un effort d’épargne élevé, en se tournant notamment vers l’assurance vie. Dans un contexte d’incertitudes politiques et économiques persistantes, les Français continuent de privilégier l’épargne. Au premier trimestre 2025, le taux d’épargne des ménages a ainsi atteint 18,8 % du revenu disponible brut.

Une baisse favorable au logement social et aux banques

La diminution du taux du Livret A permettra une baisse du taux des crédits accordés aux bailleurs sociaux. En effet, les ressources collectées sur le Livret A servent en partie à financer les prêts aux organismes HLM. Or, le taux de ces prêts est directement lié au coût de la ressource, c’est-à-dire au taux du Livret A. Sa diminution se traduit donc mécaniquement par des taux de crédits plus faibles.

Les banques, qui conservent en moyenne 40 % de la collecte du Livret A et du LDDS pour financer des crédits aux collectivités locales et aux entreprises, pourront également réduire les taux appliqués à ces prêts.

Un rendement réel positif pour le Livret A et le LEP

Le rendement réel du Livret A restera positif, l’inflation étant restée faible ces derniers mois. Il devrait s’élever à près d’un point, ce qui constitue un niveau relativement élevé par rapport à la moyenne des dix dernières années. Pour le LEP, le rendement réel pourrait avoisiner près de deux points

Mais une baisse des revenus pour les épargnants

Malgré ce rendement réel positif, en valeur absolue, la baisse du taux du Livret A signifie une diminution des intérêts perçus.

  • Sur un an, pour un Livret A d’un montant moyen de 7 100 euros, le manque à gagner lié au passage du taux de 2,4 % à 1,7 % serait de 49,70 euros.
  • Pour un Livret A au plafond (22 950 euros), la perte annuelle atteindrait 160,65 euros.

En retenant le taux annuel moyen pondéré, (2,16 %), la perte est pour un Livret à 7100 euros sur l’année en prenant en compte le nouveau taux du 1er août est de 20,77 euros. Pour un Livret A de 22 950 euros, est de 66,32 euros.

  • Pour un LEP avec un encours moyen de 6 580 euros, la baisse du taux de 3,5 % à 2,7 % se traduirait par une perte annuelle de 52,64 euros.
  • Enfin, pour un LEP au plafond (10 000 euros), le manque à gagner s’élèverait à 80 euros par an.

La baisse du taux du Livret A au 1er août 2025, de 2,4 % à 1,7 %, s’inscrit dans un contexte de faible inflation et de normalisation monétaire. Si le rendement réel reste positif, les épargnants constateront une diminution de leurs revenus d’intérêts. Le gouvernement espèrera favoriser une reprise de la consommation et ainsi contribuer à l’augmentation des recettes fiscales. Il attend également un rebond de l’investissement dans l’immobilier social. Le LEP restera attractif avec un taux de 2,7 %

Dans un climat d’instabilité politique et géopolitique, le comportement des ménages pourrait rester dominé par la prudence. Les annonces budgétaires de François Bayrou du 15 juillet 2025 peuvent contribuer au maintien d’un fort taux d’épargne de précaution car elles sont synonymes d’augmentation des impôts et de baisse du pouvoir d’achat potentielles pour de nombreux ménages.

Vers une baisse du taux du Livret A le 1er août 2025

Le taux du Livret A, comme celui du Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), devrait être révisé à la baisse au 1er août prochain, compte tenu de l’inflation et de l’évolution du taux Ester au cours du premier semestre 2025.

Le taux du Livret A est, selon la formule en vigueur depuis 2021, égal à la moyenne de l’inflation hors tabac et du taux Ester sur les six derniers mois. La moyenne de l’inflation hors tabac s’est établie à 0,8 %, et celle du taux Ester à 2,44 %. Le taux du Livret A devrait donc passer de 2,4 % à 1,6 % ou 1,7 %. Le taux du LDDS étant identique à celui du Livret A, il suivrait la même évolution.

De son côté, le taux du Livret d’Épargne Populaire est fixé au niveau le plus élevé entre le taux d’inflation et le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Compte tenu du faible niveau de l’inflation, c’est cette seconde formule qui s’appliquera. Le taux du LEP pourrait ainsi être de 2,1 % ou 2,2 %, contre 3,5 % actuellement. Toutefois, comme lors des précédentes révisions, le gouvernement pourrait ne pas suivre strictement la formule et fixer un taux arrondi à 2,5 %.

Une baisse des taux de l’épargne réglementée pour relancer la consommation ?

Pour le Livret A, le gouvernement devrait suivre la recommandation du gouverneur de la Banque de France en abaissant le taux à 1,6 % ou 1,7 %. En effet, afin de soutenir les recettes de TVA, l’exécutif souhaite encourager une reprise de la consommation, qui demeure atone depuis de nombreux mois.

La précédente baisse du taux du Livret A, intervenue le 1er février, n’avait pas produit l’effet escompté. Si les ménages ont réduit leurs versements sur ce produit, ils ont maintenu un effort d’épargne élevé, en se tournant notamment vers l’assurance vie. Dans un contexte d’incertitudes politiques et économiques persistantes, les Français continuent de privilégier l’épargne. Au premier trimestre 2025, le taux d’épargne des ménages a ainsi atteint 18,8 % du revenu disponible brut.

Une baisse favorable au logement social et aux banques

La diminution du taux du Livret A permettra une baisse du taux des crédits accordés aux bailleurs sociaux. En effet, les ressources collectées sur le Livret A servent en partie à financer les prêts aux organismes HLM. Or, le taux de ces prêts est directement lié au coût de la ressource, c’est-à-dire au taux du Livret A. Sa diminution se traduit donc mécaniquement par des taux de crédits plus faibles.

Les banques, qui conservent en moyenne 40 % de la collecte du Livret A et du LDDS pour financer des crédits aux collectivités locales et aux entreprises, pourront également réduire les taux appliqués à ces prêts.

Un rendement réel positif pour le Livret A et le LEP

Le rendement réel du Livret A restera positif, l’inflation étant restée faible ces derniers mois. Il devrait s’élever à environ un point, ce qui constitue un niveau relativement élevé par rapport à la moyenne des dix dernières années. Pour le LEP, le rendement réel pourrait avoisiner deux points.

Mais une baisse des revenus pour les épargnants

Malgré ce rendement réel positif, en valeur absolue, la baisse du taux du Livret A signifie une diminution des intérêts perçus.

  • Sur un an, pour un Livret A d’un montant moyen de 7 100 euros, le manque à gagner lié au passage du taux de 2,4 % à 1,7 % serait de 49,70 euros.
  • Pour un Livret A au plafond (22 950 euros), la perte annuelle atteindrait 160,65 euros.
  • Pour un LEP avec un encours moyen de 6 580 euros, la baisse du taux de 3,5 % à 2,5 % se traduirait par une perte annuelle de 65,80 euros.
  • Enfin, pour un LEP au plafond (10 000 euros), le manque à gagner s’élèverait à 100 euros par an.

La probable baisse du taux du Livret A au 1er  août 2025, de 2,4 % à 1,6 % ou 1,7 %, s’inscrit dans un contexte de faible inflation et de normalisation monétaire. Si le rendement réel reste positif, les épargnants constateront une baisse de leurs revenus d’intérêts. Le gouvernement espèrera favoriser une reprise de la consommation et ainsi contribuer à l’augmentation des recettes fiscales. Il attend également un rebond de l’investissement dans l’immobilier social. Le LEP devrait rester attractif avec un taux supérieur à 2 %

Dans un climat d’instabilité politique et géopolitique, le comportement des ménages pourrait rester dominé par la prudence, au détriment de la relance de la consommation.

Épargne réglementée au temps des doutes

Résultats du Livret A – LDDS – LEP mai 2025

Analyse de Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne

« En mai, fais ce qu’il te plait ». Durant le printemps, les Français ont épargné avec modération sur leurs produits réglementés. Si le Livret A a renoué avec une collecte positive, tel n’est pas le cas pour le Livret d’Épargne Populaire. Sur fond de forte épargne, les produits réglementés digèrent toujours la baisse de son rendement du 1er février dernier, rendement qui pourrait, à nouveau, baisser le 1er août prochain.

Livret A : le retour d’une collecte positive

Après une décollecte de 200 millions d’euros au mois d’avril, le Livret A renoué avec une collecte positive au mois de mai avec +1,22 milliard d’euros. Celle-ci demeure néanmoins inférieure à celle de 2024 (1,26 milliard d’euros) et à la moyenne de ces dix dernières années (1,4 milliard d’euros). Depuis 2009, le premier produit d’épargne des ménages a connu quatre décollectes en mai (2015 : -0,44 milliard d’euros ; 2014 : -0,09 milliard d’euros ; 2010 : -0,31 milliard d’euros et 2009 : -1 milliard d’euros). La plus forte collecte en mai a été celle de 2020, 3,98 milliards d’euros, à la fin du premier confinement. 

Sur les cinq premiers mois de l’année 2025, la collecte atteint seulement 2,76 milliards d’euros contre 8,91 milliard d’euros sur la même période de 2024. La normalisation du Livret A se poursuit après des années de collectes fastes. Mai est un mois charnière avec ses week-ends prolongés et l’arrivée des vacances. Il sépare la période d’épargne du début d’année de celle de la fin d’année marquée par un surcroît de dépenses. Le Livret A continue d’être affecté par l’effet taux. Les ménages redéployent une partie de leur épargne de précaution vers des produits de long terme comme l’assurance vie, qui connaît un net rebond depuis le début de l’année.

Cette normalisation n’est pas synonyme de crise de l’épargne réglementée, l’encours du Livret A battant un nouveau record à 445,3 milliards d’euros.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS)

Le mois de mai réussit rarement au LDDS qui a accumulé, depuis 2009, neuf décollectes. La collecte moyenne y est faible, 387 millions d’euros entre 2015 et 2024. En 2025, pas de décollecte mais une collecte de 660 millions d’euros, deux fois supérieure à la moyenne décennale. Cette collecte est identique à celle de 2024.

Sur les cinq premiers mois de l’année, la collecte pour le LDDS se monte à 2,78 milliards d’euros contre 4,28 milliards d’euros en 2024 sur la même période. À noter, le LDDS collecte plus que le Livret A en 2025. Le LDDS épouse plus finement que le Livret A l’évolution du budget des ménages. Cette corrélation s’explique par le fait que le LDDS est plus souvent associé au compte courant des ménages que le Livret A. Les Français mettent leurs gains de pouvoir d’achat plus facilement sur un LDDS, gains qui pourront être utilisés durant les vacances. Le Livret A est un produit plus « épargne ».

L’encours du LDDS atteint en mai 2025, 163,3 milliards d’euros, un nouveau record.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) toujours en recul : forte décollecte sur fond de régularisation

Le LEP enregistre, en mai, sa deuxième décollecte successive avec -1,19 milliard d’euros. En avril, la décollecte avait atteint un niveau important, -1,96 milliard d’euros. Déjà en 2024, le LEP avait connu un résultat négatif de -0,04 milliard d’euros.

Les ménages à revenus modestes ont puisé dans leur épargne pour faire face à leurs dépenses, sachant que par ailleurs le mois de mai a pu enregistrer la fin des régularisations au titre du contrôle du plafond de revenus.  

La collecte cumulée sur les cinq premiers mois de l’année est négative de -2,55 milliards d’euros, contre une collecte positive de 3,99 milliards sur la même période en 2024.

L’encours du LEP s’établit ainsi, fin mai, 79,6 milliards d’euros après 80,8 milliards d’euros fin avril.

Le taux du Livret A : 1,6 à 1,7 % le 1er août 2025

Compte tenu du taux ester et du taux d’inflation, le taux du Livret A pourrait passer de 2,4 à 1,6/1,7  % le 1er août prochain. Le taux d’inflation des 6 derniers mois devrait, en effet, être proche de 1 % et le taux ester est passé 2,922 à 1,924 % sur le semestre. Le taux moyen du taux ester est du 1er janvier au 15 juin de 2,44 %.

Dans une optique de baisse des taux du crédit et de relance de la consommation, il est fort probable que le Ministre de l’Économie suive la recommandation du Gouverneur de la Banque de France, ce dernier se rangeant derrière l’application de la formule. Avec un taux de 1,6/1,7 %, le gouvernement pourra indiquer que le rendement réel est positif d’un point ce qui est élevé par rapport aux années précédentes.

Le taux du LEP pourrait passer de son côté, en appliquant la formule, de 3 à 2,2 % (taux du Livret A +0,5 point). Mais depuis deux ans, le gouvernement ne respecte pas totalement cette dernière. Un taux à 2,5 % est assez probable.

Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations
Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations
Cercle de l’Épargne – données Caisse des dépôts et consignations

Le Coin des Epargnants du 26 avril 2025 : Volatilité présidentielle à tous les étages

Accalmie sur le front de la guerre commerciale

Désescalade est le mot de la semaine. Après avoir menacé le président de la Réserve fédérale, Donald Trump a finalement déclaré qu’il n’avait pas l’intention de le limoger. Après une escalade des droits de douane entre la Chine et les États-Unis, si la détente n’est pas encore pleinement d’actualité, l’heure semble être aux petits pas. Le gouvernement chinois envisagerait de suspendre ses droits de douane de 125 % sur certaines importations américaines, selon Bloomberg. Il pourrait notamment supprimer les prélèvements additionnels sur les équipements médicaux et certains produits chimiques industriels, comme l’éthane. La Chine réfute cependant, pour l’instant, mener toute négociation avec les États-Unis.

Par ailleurs, les États-Unis et la Corée du Sud pourraient parvenir à un protocole d’entente dès la semaine prochaine. La Corée du Sud, allié clé de Washington, pourrait être soumise à des droits de douane de 25 % sur certaines importations, temporairement ramenés à 10 % pendant la « pause » de 90 jours décrétée par Donald Trump. S’y ajouteraient des taxes de 25 % sur les livraisons de voitures, d’acier et d’aluminium. Des progrès significatifs auraient également été réalisés avec l’Inde, pays où Apple prévoit de transférer l’assemblage de l’ensemble de ses iPhone d’ici 2026.

La Bourse de Paris a enchaîné quatre séances consécutives de hausse cette semaine, terminant à 7 536,26 points. Le CAC 40 affiche désormais une progression d’environ 2 % depuis le 1er janvier. Surtout, depuis son point bas du 7 avril, atteint quelques jours après l’annonce des nouveaux droits « réciproques » par Donald Trump, l’indice a repris près de 9 %. D’autres indices européens font encore mieux : le DAX allemand a progressé de plus de 4 % cette semaine, portant sa hausse depuis le début de l’année à plus de 11 %.

Aux États-Unis, les indices ont pleinement profité des inflexions du président américain sur les droits de douane et de ses déclarations sur l’indépendance de la banque centrale. Le Nasdaq a gagné plus de 7 % sur la semaine et le S&P 500 plus de 6 %.

Sur le plan de la politique monétaire, des membres de la Réserve fédérale commencent à infléchir leur position, préoccupés par l’impact potentiel des tensions commerciales sur l’emploi. Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, a estimé qu’une baisse des taux pourrait être envisagée dès le mois de juin, sous réserve de données économiques allant dans ce sens. L’activité sur les contrats à terme sur les fonds fédéraux indique désormais une probabilité d’environ 60 % d’une détente monétaire dans deux mois. Une éventuelle baisse des taux qui réjouirait Donald Trump, qui la réclame avec insistance depuis plusieurs semaines.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
25 avril 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 536,26+2,93 %7 543,187 380,74
Dow Jones40 113,50+2,25 %37 689,5442 544,22
S&P 5005 525,21+7,12 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite17 382,94+6,64 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 22 242,45+4,43 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 415,25+1,04 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 154,12+3,87 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)35 705,74+5,17 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 295,06+0,71 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,187 %-0,052 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,469 %+0,002 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,267 %-0,062 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1371-0,18 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 283,10-1,69 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars66,81-1,08 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars95 531,7+9,25 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 19 avril 2025 : des marchés à la recherche d’un cap

Trêve Pascale sur les marchés

En raison du Vendredi saint, cette semaine, les Bourses européennes et américaines n’ont été ouvertes que quatre jours. Les espoirs d’un accord entre l’Europe et les États-Unis sur les droits de douane ont conduit à une progression des indices « actions » sur le Vieux Continent. Sur la semaine, le CAC 40 a progressé de 2,55 % et le DAX allemand de plus de 4 %.

Si les craintes de ralentissement de l’économie mondiale sont justifiées, elles ne devraient pas déboucher sur une récession, selon le FMI. D’après sa directrice générale, Kristalina Georgieva, « les tensions commerciales sont comme une marmite qui bouillonne depuis longtemps et qui maintenant déborde ». À quelques jours de l’ouverture des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI), elle a porté un jugement sans concession sur les raisons de la guerre commerciale actuelle. Elle a ainsi souligné que « dans une large mesure, ce que nous constatons aujourd’hui est le résultat d’une érosion de la confiance dans le système international et entre les pays ». Elle a admis que, si « la mondialisation a permis de sortir de la pauvreté des millions de personnes, tout le monde n’en a pas bénéficié ». Elle a ajouté que « nombreux sont ceux qui imputent au système économique international la responsabilité de l’injustice perçue dans leurs vies ».

Elle a condamné le recours aux barrières tarifaires (droits de douane) et non tarifaires (réglementation sanitaire, environnementale…) qui vident de sa substance le système multilatéral, lequel n’a pas réussi à offrir des conditions de concurrence équitables. Elle estime que la non-correction des déséquilibres commerciaux a conduit à une impasse. Logiquement, les excédents commerciaux auraient dû provoquer l’appréciation des monnaies des pays concernés et une augmentation de leur demande interne. Or, cela n’a pas été le cas.

Pour le FMI, la Chine doit stimuler sa consommation privée, limiter l’essor excessif de son industrie et favoriser une baisse de l’épargne de précaution des ménages. L’Union européenne, quant à elle, doit améliorer sa compétitivité et approfondir le marché unique. « L’Europe a besoin d’une union bancaire, d’une union des marchés de capitaux et de moins de restrictions au commerce intérieur des services. » Pour le FMI, les États-Unis doivent réduire considérablement le déficit budgétaire fédéral par des réformes du côté des dépenses. Le déficit de la balance courante serait alors moins élevé.

L’once d’or toujours plus haut

L’once d’or a encore battu des records cette semaine et a dépassé 3300 dollars. Depuis le 1er janvier, le cours a gagné plus de 25 %.et sur un an la hausse atteint près de 40 %. Les prévisions sur l’évolution des cours sont de plus en plus difficiles à réaliser. Certains experts estiment possible un cours à plus de 3600 dollars dans les prochains semaines, voire 4000 dollars. D’autres estiment que la conclusion d’accords pour les droits de douane mettrait un terme à l’envolée du métal précieux. De même, un cessez le feu en Ukraine pourrait provoquer une baisse de l’once d’or.

Septième baisse consécutive des taux directeurs par la Banque centrale européenne

La Banque centrale européenne a réalisé, jeudi 17 avril, sa septième baisse de taux directeurs depuis le début de son cycle d’assouplissement monétaire au mois de juin dernier. Le taux de dépôt a été ainsi ramené de 2,5 % à 2,25 %. Cette décision était anticipée après l’annonce par Donald Trump, le 2 avril, de relever les droits de douane américains. Malgré le revirement du président américain sur les surtaxes « réciproques », diminuées à un seuil plancher de 10 % pour tous les pays sauf la Chine (le taux y est de 145 % pour la majeure partie des importations en provenance de ce pays.

La poursuite de la baisse des taux directeurs constitue une réponse face à la menace de nouveau ralentissement de croissance qui menace la zone euro avec la mise en œuvre de politiques protectionnistes par le Président américain. Le communiqué de la BCE souligne que « les perspectives de croissance se sont détériorées du fait de l’intensification des tensions commerciales. L’incertitude accrue devrait affaiblir la confiance des ménages et des entreprises, tandis que les réactions négatives et volatiles des marchés aux tensions commerciales devraient entraîner un durcissement des conditions de financement. Ces facteurs pourraient par ailleurs peser sur les perspectives économiques de la zone euro ». Christine Lagarde, la Présidente de la BCE, a souligné que les perturbations croissantes du commerce mondial ont accru l’incertitude concernant l’inflation. Des facteurs jouent à la baisse -ralentissement de l’économie mondiale, baisse des prix des importations chinoises pour gagner des parts de marché, appréciation de l’euro – mais d’autres jouent à la hausse – fragmentation des chaînes d’approvisionnement, augmentation des dépenses publiques en matière de défense et d’infrastructures.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
17/18 avril 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 285,86+2,55 %7 543,187 380,74
Dow Jones39 142,23-2,66 %37 689,5442 544,22
S&P 5005 282,70-1,50 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite16 286,45-2,62 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 21 205,86+4,11 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 275,66+3,91 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 935,34+3,09 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)34 730,28+4,13 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 280,34+4,29 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,239 %-0,111 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,467 %-0,100 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,329 %-0,223 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1371+3,75 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 324,89+11,52 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars67,89+4,96 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars85 064,63+1,63 %38 252,5493 776,61

Le Coin des épargnants du 11 avril 2025 : les marchés pris en otage par les droits de douane

La semaine folle des marchés

Suspension des droits de douane  majorés pendant une période de 90 jours réservée à la négociation : les nerfs des investisseurs sont mis à rude épreuve depuis le 2 avril dernier. Si la suspension des majorations a été appréciée, la poursuite de la guerre commerciale avec la Chine et le haut niveau d’incertitude pour la suite pèsent évidemment sur les valeurs « actions ». Le passage des droits à 10 % pour toutes les importations américaines, qui ne devrait pas être remis en cause, reste une mauvaise nouvelle pour les échanges.

La Bourse de Paris a connu le repli le plus important en Europe cette semaine. L’indice CAC 40 a, en effet, reculé de près de 4 %, quand le DAX allemand n’a perdu que 1,5 %. Les valeurs du luxe, de la finance et de l’automobile ont été les plus touchées. Aux États-Unis, le moratoire du président américain a été suivi d’un rebond impressionnant des indices actions. Le Nasdaq a progressé de plus de 7 % sur la semaine et le S&P 500 de près de 6 %. Le président américain, ayant invité à acheter des actions avant sa déclaration du 9 avril relative aux droits de douane, est suspecté d’être à l’origine d’un délit d’initié. Les démocrates au Congrès ont demandé, sur ce sujet, la création d’une commission d’enquête.

La spirale protectionniste s’emballe entre les Etats-Unis et la Chine

La spirale protectionniste bat son plein avec un bras de fer inédit entre les États-Unis et la Chine. Vendredi 11 avril, la Chine a décidé d’appliquer des droits de douane de 125 % sur les importations américaines, en réaction aux droits de 145 % institués par Donald Trump. Ces taux sont synonymes d’un quasi-embargo mutuel. Les Chinois n’entendent pas négocier sous la pression et la menace américaines. Ils estiment que l’économie américaine ne peut pas se passer de leurs importations. Celle-ci peut compter sur des stocks constitués en janvier et février, mais ceux-ci ne couvrent pas les besoins des entreprises au-delà du mois de mai.

Les autorités chinoises envisagent de réduire leurs exportations de métaux rares vers les États-Unis. Cette limitation risquerait néanmoins de peser sur les recettes d’exportation et d’inciter les Américains à se tourner vers d’autres fournisseurs. Vendredi 11 avril, le ministère du Commerce chinois a indiqué que les taux des droits de douane ne devraient plus évoluer : « étant donné qu’il n’y a plus aucune possibilité d’acceptation du marché pour les produits américains exportés vers la Chine aux niveaux tarifaires actuels, si la partie américaine continue par la suite à imposer des droits de douane sur les produits chinois exportés vers les États-Unis, la partie chinoise n’y prêtera aucune attention ». Les États-Unis pourraient eux aussi décider d’en rester là, pensent certains experts, leur surtaxe de 145 % sur les biens chinois étant supérieure à celle imposée par Pékin.

Le moral des consommateurs en berne aux États-Unis

Sur le plan économique, aux États-Unis, la dernière enquête de l’Université du Michigan sur le moral des consommateurs, réalisée entre le 25 mars et le 8 avril, c’est-à-dire avant le revirement de Donald Trump sur les droits de douane, a confirmé que les ménages restent préoccupés par la guerre tarifaire engagée par leur président. Leur moral est tombé à son plus bas niveau depuis juin 2022, à 50,8 points — trois points de moins qu’anticipé —, tandis que les attentes en matière d’inflation à court et à long terme ont atteint des niveaux inégalés depuis plusieurs décennies. Les ménages s’attendent à ce que les prix augmentent à un rythme annuel de 6,7 % sur les douze prochains mois (contre 5 % auparavant), soit le niveau le plus élevé enregistré depuis novembre 1981. À l’horizon de 5 à 10 ans, les anticipations montent à 4,4 %.

La « remontada » de l’euro

En fin de semaine, le dollar s’échangeait contre 1,13 euro. La devise européenne est à son plus haut niveau depuis février 2022, c’est-à-dire depuis le début de la guerre en Ukraine. Sur une semaine, elle a gagné 5 % face au dollar. Depuis le début de l’année, l’euro a repris 10 % par rapport à la monnaie américaine.Cette semaine, l’euro a été porté par plusieurs facteurs. La conclusion d’un accord de coalition en Allemagne, mercredi 9 avril, met fin à une incertitude politique européenne. Ce pacte augure des mesures de relance pour l’économie allemande, en perte de vitesse depuis de nombreuses années. La hausse de l’euro est avant tout la conséquence de la dépréciation du dollar qui a reculé de 8,5 % vis-à-vis des principales monnaies depuis le début de l’année. Le billet vert est affecté par la guerre commerciale et notamment par la montée aux extrêmes avec la Chine. La hausse des taux d’intérêt sur les obligations d’État américaines — le dix ans atteignant 4,5 % en fin de semaine — n’a pas suffi à enrayer la glissade du dollar.

Logiquement, quand les taux obligataires d’un pays augmentent, la devise de ce même pays s’apprécie : la rémunération augmente, ce qui incite normalement les investisseurs à placer leur argent et donc à « acheter » la devise. Mais ces derniers, compte tenu du contexte économique et politique des États-Unis, se détournent des actifs financiers américains. Ils privilégient les placements dans d’autres devises : le franc suisse, le yen et l’euro. Le dollar perd ainsi de son attrait, avec une érosion de son statut de « valeur refuge ». Les investisseurs perçoivent des risques de récession et d’inflation aux États-Unis. Ils vendent en conséquence des actifs américains pour redéployer leurs fonds vers des titres d’autres pays. Les États-Unis ont néanmoins un réel besoin de capitaux étrangers pour financer leurs imposants déficits publics et extérieurs. Cette dépendance peut peser sur les choix de Donald Trump. L’appréciation de l’euro renchérit le prix des exportations et diminue celui des importations. Pour la France, c’est plutôt une bonne nouvelle.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
11 avril 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 104,80-3,86 %7 543,187 380,74
Dow Jones40 212,71+5,08 %37 689,5442 544,22
S&P 5005 363,36+5 ;75 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite16 724,46+7,15 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 20 368,53-1,48 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 964,18-0,79 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 5020 368,53-1,46 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)33 585,58-5,76 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 238,23-3,29 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,350 %+0,018 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,567 %+0,004 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,501 %+0,552 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1286+5,05 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 234,15+3,86 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars64,03-3,72 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars82 263,80-2,46 %38 252,5493 776,61

Le Coin des épargnants du 4 avril 2025 : les marchés touchés par la guerre commerciale

Et les Chinois ont remis une pièce dans le jukebox du protectionnisme

La spirale maléfique du protectionnisme semble bel et bien enclenchée.

Jusqu’au dernier moment, les investisseurs pensaient que Donald Trump bluffait, et que ses menaces de relèvement des droits de douane visaient avant tout à obtenir des concessions de la part de ses partenaires. Or, ils ont découvert un tout autre scénario. Lors de sa conférence de presse du 2 avril dernier, Donald Trump a renvoyé ad patres quatre-vingts ans de libéralisation des échanges commerciaux. Les investisseurs ont été surpris par l’ampleur des droits de douane imposés au reste du monde.

En outre, la réponse de la Chine, avec des mesures de rétorsion de grande ampleur, semble indiquer qu’une spirale protectionniste est bel et bien en train de se mettre en place, synonyme de baisse des échanges mondiaux et, par conséquent, de ralentissement de la croissance. Les investisseurs jugent désormais plausible une récession mondiale, ou du moins une récession aux États-Unis.

Les autorités chinoises ont déclaré vendredi 4 avril qu’elles imposeraient, à compter du 10 avril, des droits de douane de 34 % sur les produits américains, en réaction à ceux que les États-Unis appliqueront aux produits chinois dès le 9 avril. Compte tenu de l’accumulation des taxes, les produits chinois pourraient être taxés à hauteur de 54 % aux États-Unis. Les produits en provenance de l’Union européenne s’en sortent pour l’instant mieux, avec un taux moyen de 20 %, même si certains articles sont frappés d’un droit de 25 %. Par ailleurs, la Chine a annoncé qu’elle saisirait l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et a déclaré mettre en place des contrôles à l’exportation sur sept éléments de terres rares, tels que le gadolinium — utilisé notamment en imagerie par résonance magnétique — et l’yttrium, présent dans l’électronique grand public.

L’Union européenne a de son côté averti qu’une réponse forte serait apportée, avec à la clé des mesures ciblant les entreprises technologiques américaines et une possible limitation des investissements en direction des États-Unis. Le Canada a également réagi en imposant des droits de 25 % sur les véhicules fabriqués aux États-Unis.

Le CAC 40 a chuté de 4 % le vendredi 4 avril, portant son recul hebdomadaire à 7,40 %. Il a terminé à 7 274 points. Ce sont les valeurs bancaires qui ont le plus souffert : Société Générale a perdu plus de 10 %. Des industriels comme ArcelorMittal, Saint-Gobain ou Stellantis ont également enregistré des baisses significatives, en raison de l’importance de leurs exportations vers les États-Unis. Le DAX allemand a lui aussi connu une semaine difficile, avec un recul supérieur à 8 %. 

Outre-Atlantique, la correction est encore plus sévère. Les valeurs technologiques, particulièrement exposées en raison de leur dépendance aux importations asiatiques, sont sous pression. Elles sont également susceptibles de faire l’objet de mesures de rétorsion, notamment de la part de l’Europe. Le Nasdaq a reculé de près de 9 % sur la semaine, et de plus de 18 % depuis le 1er janvier. Le S&P 500 a perdu 8,66 % sur la semaine, et le Dow Jones 7,13 %. La capitalisation du S&P 500 a fondu de 5 400 milliards de dollars au cours des séances des 3 et 4 avril. Les trois grands indices de la Bourse de New York ont ainsi enregistré, jeudi et vendredi, leur plus forte baisse en deux jours depuis la pandémie de Covid-19. 

Dans ce contexte, les bons chiffres de l’emploi sont passés inaperçus, éclipsés par la tempête provoquée par le relèvement des droits de douane. En mars, l’économie américaine a créé 228 000 emplois, selon les données publiées vendredi par le ministère du Travail. Les analystes tablaient sur environ 140 000 créations. Donald Trump s’est attribué ce résultat, estimant qu’il est la conséquence directe de sa politique économique. 

Face aux tensions mondiales, les taux des obligations souveraines — valeurs refuge traditionnelles — sont en baisse. Le taux de l’obligation d’État américaine à 10 ans est repassé sous la barre des 4 %. L’or, autre valeur refuge, a battu de nouveaux records au cours de la semaine, atteignant jusqu’à 3 168 dollars l’once.

 Avec des perspectives de ralentissement de la croissance mondiale, le prix du pétrole est également en forte baisse : le baril de Brent a reculé de 10 % sur la semaine, descendant sous la barre des 65 dollars.

Premier trimestre 2025 : fin de la fête pour les marchés

Sur les trois premiers mois de l’année, le CAC 40 a gagné plus de 5 %. Le gain avait atteint, au cours du mois de février, plus de 8 %. Depuis, l’accélération de la guerre commerciale a conduit à une érosion de l’indice parisien comme ceux des grandes places européennes. En mars, le CAC 40 a perdu près de 5 %. Le Daxx allemand a néanmoins progressé plus vite sur le premier trimestre que le CAC, près de 11 % malgré un recul de 4,61 % en mars. L’Eurostoxx 50 fait également mieux que le CAC 40 avec un gain de 7,82 % sur trois mois. Il s’est déprécié de 5,24 % en mars. Les indices américains sont en nette baisse sur l’ensemble du premier trimestre. Le Nasdaq a ainsi diminué sur trois mois de plus de 10 %, le S&P 500 de 4,5 % et le Dow Jones de 0,92 %. Les valeurs technologiques sont contestées après avoir connu une forte croissance à la fin de l’année 2024.

Les indices américains ont fortement reculé du fait de la montée des incertitudes commerciales. Après avoir battu des records dans la foulée du retour au pouvoir de Donald Trump, les indices subissent une correction qui, si elle continue, pourrait porter atteinte au moral des ménages.

Dans un contexte économique et géopolitique d’une rare complexité, l’or se négocie à des niveaux sans précédent. L’once d’or s’échangeait le 31 mars contre plus de 3 100 dollars. Il a gagné en trois mois près de 20 %. Sur un an, la hausse atteint plus de 40 %. L’or valeur refuge par excellence profite des craintes inflationnistes, des menaces de ralentissement de l’économie américaines, des tensions commerciales et des incertitudes internationales en Ukraine comme au Proche-Orient.

Les taux des obligations souveraines européennes ont fortement augmenté au cours du premier trimestre en lien avec les annonces d’augmentation de l’effort de défense. La suppression du frein budgétaire allemand a été compris comme un signal d’augmentation de la dette publique en Europe. La hausse des taux européens s’est accompagnée d’une appréciation logique de l’euro.

Le cours du pétrole est resté sur le premier trimestre stable mais a enregistré une augmentation de près de 5 % au cours d mois de mars en lien avec les menaces de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran prononcées par Donald Trump.

Le bitcoin après avoir atteint plus de 100 000 dollars dans les jours qui ont suivi la nomination de Donald Trump à la présidence est en recul de plus de 10 % sur le trimestre. Porté en janvier par les annonces de déréglementation des cryptoactifs, il est depuis pénalisé par le recul des valeurs technologiques et pas des prises de bénéfices.

Vers de nouvelles baisses de taux directeurs par la BCE

Confiante dans le reflux de l’inflation, la BCE a baissé ses taux à six reprises depuis juin 2024, après les avoir relevés drastiquement pendant deux ans pour combattre l’envolée des prix. Mercredi, elle scrutera avec attention l’annonce concernant les droits de douane américains. Ces tensions commerciales font en effet planer une grande incertitude sur la poursuite de l’assouplissement monétaire de la BCE.

La banque centrale a évalué à 0,3 point de PIB l’impact récessif sur la zone euro des hausses potentielles de droits de douane américains, un taux qui monterait à 0,5 point en cas de riposte de l’Union eurpéene Dans ce contexte économique devenu complexe et instable, la BCE pourrait décider lors de sa prochaine réunion de réduire pour la septième fois depuis le mois de juin 2024, ses taux directeurs. Un tel scénario serait conforté par les statistiques rassurantes sur l’inflation.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
4 avril 2025
Évolution
ur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 274,95-7,80 %7 543,187 380,74
Dow Jones 38 314,86-7,13 %37 689,5442 544,22
S&P 5005 074,08-8,66 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite15 587,79-8,99 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 20 641,72-8,08 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 054,98-6,97 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 878,31-8,20 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)33 780,58-10,59 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 342,01-0,83 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,332 %-0,102 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,563 %-0,206 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,951 %-0,576 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,093+1,95 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 022,98+0,16 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars65,40-10,44 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars83 338,65-1,56 %38 252,5493 776,61

La finance responsable en forte hausse en 2024

En 2024, les encours gérés, en France, selon les principes de l’investissement responsable ont atteint 2 701 milliards d’euros. Ils ont enregistré une croissance de +15,2 % à périmètre constant, contre +5,8 % en 2023 et +6,9 % en 2022.

Ces encours relèvent des classifications Article 8 ou Article 9 du règlement européen SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation). Le règlement SFDR agit comme le socle normatif de cette évolution. Il distingue deux catégories : les produits Article 8, qui promeuvent des caractéristiques environnementales et/ou sociales, et les produits Article 9, plus exigeants, dont l’objectif principal est l’investissement durable.  

Les encours Article 8 représentent 2 603 milliards d’euros (+15,9 %) et les Article 9 atteignent 98 milliards d’euros (+7,4 %). Cette répartition souligne la montée en puissance des produits à visée de durabilité, même si la catégorie Article 9 reste plus restreinte, en partie en raison des contraintes réglementaires accrues et du recentrage de nombreux fonds vers le statut Article 8.

Les encours « investissement responsable » des fonds domiciliés en France représentent 1 283 milliards d’euros d’encours. Ils ont progressé de +14,1 % en 2024, soit bien plus que l’ensemble des fonds de droit français (+9,8 %). Désormais, 61 % de ces fonds sont classés Article 8 ou 9. La pénétration est particulièrement élevée pour les OPCVM (81 %), tandis que les FIA (fonds d’investissement alternatifs) restent en retrait (44 %).

L’investissement responsable demeure aujourd’hui majoritairement une affaire d’institutionnels, qui détiennent 73 % des encours. Ces derniers, par leur horizon long et leur besoin de gestion des risques systémiques, sont naturellement enclins à intégrer des critères de durabilité. La part des particuliers (soit 27 %) n’est néanmoins pas négligeable notamment grâce à l’essor de l’épargne salariale, de l’épargne retraite, et à la diffusion des labels qui facilitent la lisibilité des produits. Pour les seuls fonds IR domiciliés en France, 43 % des encours sont détenus par des investisseurs particuliers.

Avec 5 000 milliards d’euros d’encours gérés (tous types confondus), la France demeure le premier pays de l’Union européenne en matière de gestion d’actifs. Elle s’impose également comme un leader européen de l’investissement responsable, tant par la taille de son marché IR que par la structuration de son écosystème (labels, régulation, engagement des acteurs).

Premier trimestre boursier : les incertitudes ont pris le dessus

Sur les trois premiers mois de l’année, le CAC 40 a gagné plus de 5 %. Le gain a atteint au cours du mois de février plus de 8 %. L’accélération de la guerre commerciale a conduit à une érosion de l’indice parisien comme ceux des grandes places européennes. En mars, le CAC 40 a perdu près de 5 %

Le Daxx allemand a néanmoins progressé plus vite sur le premier trimestre que le CAC, près de 11 % malgré un recul de 4,61 % en mars. L’Eurostoxx 50 fait également mieux que le CAC 40 avec un gain de 7,82 % sur trois mois. Il s’est déprécié de 5,24 % en mars. Les indices américains sont en nette baisse sur l’ensemble du premier trimestre. Le Nasdaq a ainsi diminué sur trois mois de plus de 10 %, le S&P 500 de 4,5 % et le Dow Jones de 0,92 %. Les valeurs technologiques sont contestées après avoir connu une forte croissance à la fin de l’année 2024.

Les indices américains ont fortement reculé du fait de la montée des incertitudes commerciales. Après avoir battu des records dans la foulée de le retour au pouvoir de Donald Trump, les indices subissent une correction qui si elle continue pourrait porter atteinte au moral des ménages.

Dans un contexte économique et géopolitique d’une rare complexité, l’or se négocie à des niveaux sans précédent. L’once d’or s’échangeait le 31 mars contre plus de 3100 dollars. Il a gagné en trois mois près de 20 %. Sur un an, la hausse atteint plus de 40 %. L’or valeur refuge par excellence profite des craintes inflationnistes, des menaces de ralentissement de l’économie américaines, des tensions commerciales et des incertitudes internationales en Ukraine comme au Proche Orient.

Les taux des obligations souveraines européennes ont fortement augmenté au cours du premier trimestre en lien avec les annonces d’augmentation de l’effort de défense. La suppression du frein budgétaire allemand a été compris comme un signal d’augmentation de la dette publique en Europe. La hausse des taux européens s’est accompagnée d’une appréciation logique de l’euro.

Le cours du pétrole est resté sur le premier trimestre stable mais avec une augmentation de près de 5 % au cours d mois de mars en lien avec les menaces de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran prononcées par Donald Trump.

Le bitcoin après avoir atteint plus de 100 000 dollars dans les jours qui ont suivi la nomination de Donald Trump à la présidence est en recul de plus de 10  sur le trimestre. Il a été porté en janvier par les annonces de déréglementation des cryptoactifs. Il est depuis pénalisé par le recul des valeurs technologiques et pas des prises de bénéfices.

Le Coin des Epargnants du 21 février 2025 : les actions en baisse

Doute sur les actions

Après six semaines de hausse consécutive, le CAC 40 a marqué une pause cette semaine en abandonnant un peu moins de 0,3 %. Il est ainsi resté à quelques points de son record du mai dernier à 8 259,19 points. Les autres indices européens ont été également en légère baisse cette semaine. Les indices américains ont fléchi plus sévèrement en lien avec les anticipations d’inflation et les incertitudes liées à la politique économique de Donald Trump.

L’activité dans la zone euro est toujours atone. L’indice composite PMI s’est maintenu à 50,2, juste au-dessus du seuil de 50 qui sépare l’expansion de la contraction. Les investisseurs prévoyaient une valeur de 50,5. Le recul de l’activité s’est arrêté pour l’industrie mais les services sont désormais à la peine. Les élections en Allemagne laissent augurer un plan de relance mais les incertitudes demeurent importantes en France avec une crise politique latente et les conséquences de la guerre commerciale lancée par Donald Trump.

Cette semaine, les anticipations d’inflation des consommateurs américains ont été confirmées à 4,3 % pour celles à un an, soit un point de plus qu’en janvier, mais relevées à 3,5% pour celles à 5-10 ans, ce qui est deux dixièmes de plus qu’en estimation flash. Le moral des ménages est, aux Etats-Unis, en baisse  avec un indice qui revient à 64,7 points, contre 67,8 pour le consensus et 71,7 le mois dernier. Les ventes de logements existants ont diminué en janvier pour la première fois depuis septembre, en raison des taux hypothécaires et des prix élevés ainsi qu’à une offre limitée d’annonces. L’indicateur d’activité PMI américain s’est maintenu de peu en croissance, à 50,4, en février, soit le rythme d’expansion le plus lent depuis septembre 2023. Il a été tiré vers le bas par la contraction surprise des services (49,7).

Les négociation russo-américaines concernant l’avenir de l’Ukraine n’ont pas provoqué de détente sur le marché de l’or, l’once se rapprochant de la barre symbolique des 3000 dollars. Les tensions entre les Etats européens et les Etats-Unis ainsi que les dernières annonces de Donald Trump concernant les droits de douane. Ont favorisé la hausse du cours de l’or.

Les prochains jours seront marqués par la constitution d’une nouvelle coalition en Allemagne après les élections législatives du 23 février, par le début du conclave sur la retraite en France.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
21 février 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 154,51-0,29 %7 543,187 380,74
Dow Jones43 428,02-2,49 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 013,13-1,55 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite19 524,01-2,49 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 22 264,29-0,97 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 659,37-0,84 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 474,85-0,40 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)38 776,94+0,06 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 379,11+1,84 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,217 %+0,090 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,465 %+0,034 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,439 %-0,014 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,0464+0,84 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars2 940,65+1,35 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars74,98+0,44 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars97 049,12+1,22 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 24 janvier 2025 : c’est la fête

Dès son investiture, Donald Trump a signé une kyrielle de décrets concernant essentiellement l’immigration, le climat, la justice et l’administration. En revanche, il s’est abstenu de modifier les droits de douane tout en soulignant qu’il ne renonçait pas à les augmenter. Cette relative temporisation a rassuré les investisseurs et favorisé les valeurs actions.

Come-back du CAC 40

Après avoir souffert durant tout le second semestre 2024, le CAC 40 connaît un rebond depuis le début de l’année. Il a ainsi enregistré sa troisième semaine de hausse consécutive depuis le 1er janvier. L’indice a aligné neuf séances consécutives de progression, sa plus longue séquence positive depuis celle du 8 au 20 juillet 2015. Il a frôlé la barre des 8 000 points vendredi 24 janvier. Sur la semaine, le CAC 40 gagne plus de 2,5 % et porte son avance à plus de 7 % depuis le début de l’année. Les valeurs du luxe, des spiritueux et de l’automobile ont été les moteurs de cette reprise après des semaines difficiles.

États-Unis : des négociations avant les droits de douane

Les droits de douane feront l’objet de négociations. Dans une interview accordée à Fox News, Donald Trump a indiqué qu’il préférait éviter d’y recourir, tout en affirmant que « c’est un pouvoir énorme sur la Chine ». Lors d’une allocution au Forum économique mondial de Davos, donnée en visioconférence depuis Washington, il a exprimé son souhait de voir les relations commerciales entre les deux grandes puissances devenir « équitables ». Trump a également exhorté les entreprises étrangères à produire aux États-Unis pour éviter d’éventuels droits de douane. En parallèle, il a réclamé une baisse du prix du pétrole de l’OPEP et une diminution des taux directeurs de la FED.

Une bonne nouvelle pour Donald Trump et les États-Unis réside dans l’intérêt du Fonds souverain saoudien, le Public Investment Fund (PIF), qui pourrait contribuer à hauteur de 600 milliards de dollars d’investissements aux États-Unis sur les quatre prochaines années. Ce montant dépasse de 100 milliards le projet Stargate, piloté par les géants de la tech. Doté de 980 milliards de dollars, le PIF est le 4ᵉ plus grand fonds souverain mondial, derrière ceux de la Norvège, de la Chine et d’Abou Dhabi. Il pourrait atteindre les 2 000 milliards de dollars d’actifs d’ici 2030. Ce fonds est censé financer la transition écologique de l’Arabie saoudite, bien que ses investissements à l’étranger devraient représenter entre 18 et 20 % de son capital total.

Le fonds souverain saoudien a toujours soutenu Donald Trump. Après sa défaite en 2020, le PIF avait investi 2 milliards de dollars dans un fonds de capital-investissement créé par Jared Kushner, le gendre de Trump, notamment dans le secteur immobilier.

Les indices américains ont également fortement progressé cette semaine, le S&P 500 atteignant de nouveaux records. Les valeurs chinoises ont elles aussi été en hausse ces cinq derniers jours. En revanche, le dollar, en l’absence de hausses douanières, enregistre sa plus mauvaise semaine depuis plus d’un an face à un panier de devises de référence.

Hausse des taux au Japon

Au Japon, la Banque centrale a relevé son taux directeur de 0,25 % à 0,5 %, son plus haut niveau depuis la crise financière de 2008. Dans un communiqué accompagnant cette décision, publiée vendredi, la BoJ a indiqué que l’activité économique et les prix évoluaient conformément à ses prévisions. Les investisseurs spéculent sur une possible nouvelle mesure de normalisation monétaire en  .

Bonnes nouvelles pour la zone euro

Pour l’ensemble des pays de la zone euro, l’indice PMI composite (une moyenne pondérée des indices de la production manufacturière et de l’activité du secteur des services) est repassé en janvier en zone d’expansion, atteignant 50,2, contre 49,6 en décembre. Ce résultat dépasse les prévisions du consensus Bloomberg, qui anticipait 49,7.

Cette amélioration repose principalement sur les performances de l’Allemagne, dont l’activité est en hausse en ce début d’année. En revanche, en France, l’enquête de S&P Global continue de signaler une contraction du secteur privé, bien que celle-ci soit moins marquée que lors des mois précédents. Dans la zone euro, le secteur manufacturier montre des signes d’amélioration, et l’activité du secteur des services a progressé pour le deuxième mois consécutif en janvier, bien qu’à un rythme plus modéré qu’en  décembre. Les prévisions de croissance restent toutefois modestes : le PIB aurait progressé de 0,1 % au quatrième trimestre 2024 et devrait croître au même rythme au premier trimestre 2025.

Retour des fusions dans le secteur bancaire

La banque Monte dei Paschi, dont l’État italien détient 11 % du capital, a lancé une offre de 13,3 milliards d’euros pour racheter l’ensemble des actions de sa concurrente Mediobanca. Si cette opération aboutissait, elle pourrait avoir des conséquences importantes sur la structure financière de nombreuses entreprises italiennes, notamment Generali.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
24 Jan. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 927,62+2,51 %7 543,187 380,74
Dow Jones44 424,25+2,15 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 101,24+1,58 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite19 954,30+1,50 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 21 390,39+2,20 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 499,86-0,05 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 219,37+1,06 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)39 931,98+1,26 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 252,63+0,36 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,304 %-0,004 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,544 %+0,041 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,614 %-0,009 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,0515+1,05 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars2 776,45+3,22 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars78,31-3,18 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars105 956,07+1,07 %38 252,5415 406,87

Le Coin de l’épargne – Retour sur terre

Retour sur terre

Fini la trêve des confiseurs, la nouvelle année commence avec un retour aux fondamentaux. Les propos de Donald Trump et son programme inflationniste inquiètent les investisseurs contribuant à la hausse des taux des obligations souveraines et cela d’autant plus que les besoins croissants des États en financement sont élevés.

Des taux souverains à la hausse

Le taux à 10 ans américain a pris plus de 10 points de base (pb) pour atteindre 4,7 %, son plus haut depuis fin avril et celui à 30 ans est proche des 5 %, ce qui n’était pas arrivé depuis décembre 2023, alors que la Réserve fédérale avait mené l’un des plus forts relèvements des taux directeurs de son histoire. Le « 30 ans britannique » a atteint 5,35 %, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 1998 quand le rendement des obligations françaises à 10 ans s’est élevé à 3,4 %, un plus haut depuis 2011.

En début d’année, les États procèdent à d’importantes émissions d’obligation. En deux jours, les 7 et 8 janvier, sur la zone euro, près de 70 milliards d’euros ont été ainsi émis. Aux États-Unis, l’émission de 39 milliards de Treasuries – les obligations d’État – à 10 ans a n’a pas suscité l’enthousiasme des investisseurs. Les titres affichent un rendement de 4,68 %, au-dessus des prévisions initiales. Il faut remonter à 2007 pour retrouver de tels taux.

Les investisseurs semblent intégrer que Donald Trump pourrait appliquer son programme à compter du 20 janvier et notamment la majoration des droits de douane. Une montée du protectionnisme associée à des baisses d’impôts et à une réduction de l’immigration pourraient relancer l’inflation américaine. En réaction, les marchés misent sur un fort ralentissement des baisses de taux de la Fed. Leur réduction ne serait plus que de 0,5 point et non d’un point comme cela était envisagé en 2024. La menace inflationniste combinée à une moindre diminution des taux directeurs conduisent à une hausse des taux longs. L’évolution des rendements des Treasuries entraîne une répercussion sur l’ensemble des taux souverains. Avec des taux de près de 5 %, les États-Unis attirent les capitaux du monde entier ce qui conduit, par réaction, à la hausse des taux à l’échelle mondiale.

La hausse des taux, en France, répond également à des considérations d’ordre interne. La méfiance envers la trajectoire des finances publiques française se traduit au travers l’évolution de l’écart entre le rendement des obligations françaises et allemandes, (spread).  Ce dernier a atteint 86 points de base jeudi, en hausse, depuis le début de l’année. L’hypothèse d’une remise en cause de la réforme des retraites inquiète les investisseurs. L’augmentation des taux souverains est une mauvaise nouvelle pour le déficit public.

Rebond du CAC 40

Les indices « actions » chinois et japonais ont connu une mauvaise semaine. Le Shanghai Composite a perdu pour le deuxième semaine consécutive plus de 5 %. Les marchés asiatiques sont pénalisés par les menaces protectionnistes. Après deux semaines de recul, la Bourse de Paris a affiche un bilan hebdomadaire flatteur, avec un Cac 40 en hausse de 2,04 %, son meilleur résultat depuis la semaine du 6 décembre (+2,65 %). Il a terminé la semaine 7 431,04 points malgré une baisse vendredi provoquée par la publication des résultats de l’emploi aux Etats-Unis. Ces résultats ont pesé sur le cours des actions américaines en raison de la crainte d’une moindre baisse des taux de la FED que prévu.

Dynamisme du marché de l’emploi aux Etats-Unis

En décembre, les Etats-Unis ont créé 256 000 emplois dans le secteur non agricole, soit bien plus que les 165 000 qui étaient attendus par le consensus Bloomberg et même que les 212 000 enregistrés en novembre. Le taux de chômage, revient à 4,1 % de la population active quand une stagnation à 4,2 % était anticipée. Le salaire horaire moyen n’a augmenté que de 0, 3% d’un mois sur l’autre et de 3,9 % sur une base annuelle, soit une décélération d’un dixième dans les deux cas. Une forte création d’emplois et un faible taux de chômage traduisent la vitalité de l’économie américaine mais pourraient dissuader la FED de baisser ses taux directeurs. Plusieurs indicateurs américains indiquent que l’évolution de l’économie est incertaine. L’’indice de confiance du consommateur américain, calculé par l’Université du Michigan, a légèrement diminué à 73,2 en janvier. Ses composantes d’anticipation d’inflation à un an et à 5-10 ans ont augmenté à 3,3 % quand une stagnation à respectivement 2,8 % et à 3 % était attendue par le marché.

Pétrole en hausse, euro en baisse

Le prix du baril de pétrole continue sa hausse en raison d’éventuelles sanctions américaines concernant la « flotte fantôme » qui achemine le pétrole russe. 200 navires ont été répertoriés par les autorités américaines qui entend prendre des sanctions à l’encontre des entreprises qui en sont propriétaires et des clients qui achètent le pétrole russe ainsi transporté.

L’euro s’oriente vers la parité avec le dollar. La faiblesse de la croissance européenne et l’évolution potentiellement divergente des taux directeurs des banques centrales de part et d’autre de l’Atlantique expliquent la dépréciation de la monnaie américaine par rapport au dollar. L’euro a atteint un plus bas historique de 0,82 USD. Ce niveau reflétait une faiblesse de l’économie européenne par rapport aux États-Unis. Entre 2002 et 2021, l’euro a été au-dessus de la parité. Il est repassé en-dessous en septembre 2022 en lien avec la guerre en Ukraine qui a affaibli économiquement l’Europe. Le dollar joue par ailleurs son rôle de valeur refuge. . Depuis la fin de l’année 2022, il est légèrement au-dessus.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
10 Jan. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 431,04+2,04 %7 543,187 380,74
Dow Jones41 938,45-1,31 %37 689,5442 544,22
S&P 5005 827,04-1,09 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite19 161,63-1,21  %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 20 221,34+1,80 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 248,49+0,30 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 977,90+2,19 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)39 190,40-1,77 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 168,52-5,47 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,425 %+0,138 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,574 %+0,152 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,754 %+0,175 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,0244-1,18 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars2 694,02+260 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars79,25+3,33 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars93 437,86-4,19 %38 252,5415 406,87

Retour d’une collecte positive pour le Livret A en novembre

Novembre, avec le début des dépenses des fêtes de fin d’année, n’est jamais un mois favorable pour le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS). Les ménages privilégient en fin d’année les produits d’épargne longue, comme l’assurance-vie ou le Plan d’Épargne Retraite. Néanmoins, en 2024, le Livret A et le LDDS enregistrent tous deux une collecte positive, témoignant d’une forte propension à l’épargne de la part des ménages. Après plusieurs années d’épargne importante, les ménages ne relâchent guère leurs efforts. Après une décollecte en octobre, ils ont décidé de renforcer leur épargne, tant sur le Livret A que sur le Livret de Développement Durable et Solidaire ou encore sur le Livret d’Épargne Populaire.

Livret A: un résultat honorable pour le mois de novembre

Au mois de novembre, le Livret A a affiché une collecte positive de 400 millions d’euros, contrastant avec la décollecte du mois d’octobre dernier de 1,94 milliard d’euros. Le résultat du mois de novembre 2024 est supérieur à la moyenne des dix dernières années (2014-2023), qui était de 166 millions d’euros. En règle générale, le mois de novembre réussit peu au Livret A, avec neuf décollectes depuis 2009. L’année dernière, une décollecte de 280 millions d’euros avait été constatée. Les meilleures collectes pour un mois de novembre ont été enregistrées en 2012 et 2020, avec à chaque fois 2,4 milliards d’euros. En 2012, cette bonne collecte s’expliquait par le relèvement du plafond du Livret A, passé le 1er octobre de 15 300 à 19 125 euros. En 2020, les confinements ont contribué à une collecte favorable en novembre.

Sur les onze premiers mois de l’année 2024, la collecte cumulée atteint 11,87 milliards d’euros, contre 26,88 milliards d’euros sur la même période en 2023. Cette collecte cumulée est inférieure à celle de 2019, avant la crise sanitaire (14,24 milliards d’euros).

L’encours du Livret A, à fin novembre, s’élevait à 427,2 milliards d’euros, un niveau légèrement inférieur à son record de septembre 2024 (428,7 milliards d’euros).

Le LDDS vaillant en novembre

De son côté, le LDDS a enregistré, en novembre 2024, une collecte de 160 millions d’euros, contre une décollecte de 640 millions d’euros en octobre 2024 et une collecte positive de 210 millions d’euros en novembre 2023.

Entre 2009 et 2023, neuf décollectes avaient été constatées pour le LDDS au mois de novembre. La collecte moyenne des dix dernières années s’établissait à 50 millions d’euros. La meilleure collecte du LDDS pour un mois de novembre a été enregistrée en 2012, avec 2,82 milliards d’euros, un mois après le doublement du plafond de ce produit, passé de 6 000 à 12 000 euros.

Sur les onze premiers mois de l’année, la collecte du LDDS atteint 5,61 milliards d’euros, contre 10,22 milliards d’euros sur la même période en 2023 et 3,14 milliards d’euros en 2019, avant l’épidémie de Covid.

L’encours du LDDS, à fin novembre, s’élevait à 155,2 milliards d’euros, légèrement en deçà de son record de septembre 2024 (155,6 milliards d’euros).

La résilience du Livret d’Épargne Populaire (LEP)

En octobre, le LEP avait enregistré une collecte positive de 210 millions d’euros. En novembre, celle-ci a progressé à 340 millions d’euros. L’année dernière, en novembre, la collecte atteignait 2,8 milliards d’euros, dopée par le relèvement du plafond à 10 000 euros intervenu le 1er octobre 2023.

Sur les onze premiers mois de 2024, la collecte cumulée s’élève à 6,26 milliards d’euros, bien en deçà des 18,67 milliards d’euros constatés sur la même période en 2023.

L’encours atteint un niveau record au mois de novembre à 78,1 milliards d’euros.

Un contexte anxiogène favorable à l’épargne de précaution

La collecte positive du Livret A et du LDDS en novembre, supérieure à la moyenne des dix dernières années, reflète le maintien d’un climat anxiogène. Le niveau de confiance en l’avenir des ménages, mesuré par l’INSEE, est en baisse ces derniers mois. La crise politique, le poids des déficits publics et les craintes d’une hausse des impôts encouragent une forte épargne de précaution. Le taux d’épargne des ménages, selon l’INSEE, s’élevait à 18,2 % du revenu disponible brut au troisième trimestre 2024, soit trois points de plus que sa moyenne d’avant la crise sanitaire. Rien n’indique pour l’instant qu’il pourrait réellement diminuer d’ici la fin de l’année.

Baisse attendue en février pour les taux du Livret A, du LDDS et du LEP

Le taux de rémunération du Plan d’Épargne Logement passera, le 1er janvier prochain, de 2,25 % à 1,75 %. Cette baisse pourrait inaugurer une série de diminutions des taux des produits d’épargne réglementée. En janvier, après la publication du taux définitif d’inflation pour décembre, le ministre de l’Économie, sur recommandation de la Banque de France, communiquera les nouveaux taux. Le taux du Livret A et du LDDS, indexé sur l’inflation et le taux de l’Ester (taux interbancaire de court terme), devrait avoisiner 2,5 %, contre 3 % actuellement. Quant au taux du LEP, calculé à partir de l’inflation ou du taux du Livret A majoré de 0,5 point (le plus favorable des deux), il pourrait être ramené à environ 3 %, contre 4 % aujourd’hui.

Retour à la normale pour le Livret A

Octobre est un mois damné pour le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LLDS).

De 2015 à 2024, le Livret A a enregistré dix décollectes consécutives en octobre. Depuis 2009, première année de la base statistique de la Caisse des dépôts, la collecte n’a été positive en octobre qu’en 2012 (+7,35 milliards d’euros). Cette collecte exceptionnelle et atypique s’expliquait par le relèvement, au 1er octobre, du plafond du Livret A de 15 300 à 19 125 euros.

De son côté, le LDDS n’a connu une collecte positive qu’à deux reprises depuis 2009 : en 2012 (+13,84 milliards d’euros grâce à un relèvement de son plafond de 6 000 à 12 000 euros) et en 2022 (+290 millions d’euros, dans un contexte d’inflation et d’incertitudes liées à la guerre en Ukraine).

En 2024, pour le Livret A, la tradition se maintient avec une décollecte de 2,58 milliards d’euros, en ligne avec la moyenne des mois d’octobre de la dernière décennie (-2,1 milliards d’euros). En 2023, elle avait atteint -3,77 milliards d’euros, un chiffre élevé lié au relèvement du plafond du Livret d’Épargne Populaire à 10 000 euros.

Le LDDS a également enregistré, en octobre 2024, une décollecte de 640 millions d’euros, légèrement supérieure à la moyenne des dix dernières années (-430 millions d’euros).

Atterrissage pour le Livret A et le LDDS après des années fastes

Depuis le début de l’année 2024, les collectes du Livret A et du LDDS se normalisent, marquant la fin d’une période faste liée à une succession de chocs (Covid-19, guerre en Ukraine, inflation, relèvement du taux de rémunération). L’effet « taux » ne joue plus, les ménages anticipant même la baisse prévue en février prochain.
En octobre, les épargnants propriétaires, confrontés à la taxe foncière, ont puisé dans leur Livret A ou leur LDDS pour s’en acquitter. Par ailleurs, la baisse de l’inflation s’accompagne d’une légère reprise de la consommation, entraînant un arbitrage défavorable à l’épargne de court terme. La collecte du Livret A tend, depuis le début de l’année, à revenir à son niveau d’avant covid.

Le second semestre est traditionnellement plus favorable aux produits d’épargne de long terme, comme l’assurance-vie ou le Plan d’Épargne Retraite (PER). Les versements se concentrent sur les derniers mois de l’année. Le PER bénéficie notamment d’un effet fiscal attractif, la fin d’année étant synonyme de déductions pour l’impôt sur le revenu à payer en 2025. La baisse annoncée du taux du Livret A en février 2025 pourrait également inciter à des arbitrages en faveur des fonds en euros de l’assurance-vie.

La résilience du Livret d’Épargne Populaire (LEP)

En octobre, le LEP a enregistré une collecte positive de 210 millions d’euros, en nette baisse par rapport à octobre 2023 (+4,7 milliards d’euros, sous l’effet du relèvement de son plafond à 10 000 euros). Sur les dix premiers mois de 2024, la collecte cumulée atteint 5,91 milliards d’euros, contre 15,87 milliards sur la même période en 2023.

Le maintien d’une collecte positive s’explique par l’attractivité du taux de rémunération du LEP (4 %). Les ménages modestes, souvent locataires et moins touchés par la taxe foncière, continuent de privilégier ce placement dans un contexte économique incertain.

Le taux du LEP devrait toutefois baisser au 1er février 2025, pour s’établir autour de 3 %.

Le retour des cycles de l’épargne réglementée

La fin de l’année est marquée par une augmentation des dépenses des ménages, notamment pour les fêtes de Noël et les vacances. Le Black Friday, fin novembre, lance la saison des achats de Noël, poussant souvent les ménages à puiser dans leurs Livrets A pour financer ces dépenses.

À partir de janvier, le cycle s’inverse. Les primes de fin d’année et les étrennes relancent la collecte, avec un pic habituel en janvier.

Le Coin de l’épargne du 15 novembre 2024 : les marchés sous effet Trump

Dans le sillage de l’élection américaine

Les ventes au détail aux États-Unis ont augmenté de 0,4 % en octobre, dépassant le consensus d’un dixième de point. La surprise est venue de la révision à la hausse des résultats de septembre, la progression étant portée à 0,8 %, soit une correction de 0,4 point. Quant au groupe dit de « contrôle des ventes », qui exclut les données liées à l’automobile, aux matériaux de construction et aux services alimentaires – et qui reflète le mieux la composante de la consommation des ménages intégrée au calcul du PIB –, une baisse de 0,1 % a été enregistrée en octobre, contre une progression de 0,3 % attendue. En septembre, la hausse avait été de 1,2 %, un chiffre lui aussi révisé à la hausse par rapport à l’estimation initiale de +0,7 %.

Ces résultats semblent justifier la prudence de la banque centrale américaine dans les prochaines semaines. La probabilité que celle-ci procède à une nouvelle baisse des taux directeurs dans un mois est passée de 82 % à 59 % au cours de la semaine, une évolution largement attribuable aux déclarations du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. Il a en effet affirmé qu’il n’y avait pas lieu de se précipiter pour réduire l’objectif cible des Fed funds, actuellement dans la fourchette de 4,5 % à 4,75 %. Selon lui, « l’économie n’envoie pas de signaux indiquant que nous devons nous hâter de baisser les taux ». Il a ajouté que « la vigueur que nous observons actuellement dans l’économie nous permet d’aborder nos décisions avec prudence ».

En lien avec ces déclarations, mais aussi en raison des perspectives d’aggravation du déficit public liées à l’application du programme de Donald Trump, les taux d’intérêt américains ont augmenté cette semaine.

La mise en place de la future administration républicaine à Washington commence à susciter des inquiétudes chez les investisseurs, d’autant que Donald Trump pourra compter sur le soutien du Sénat et de la Chambre des représentants. À la crainte de droits de douane élevés s’ajoute la nomination probable au Département de la Santé d’un vaccino-sceptique, Robert F. Kennedy Jr. En plus de s’opposer aux vaccins, celui-ci est connu pour son hostilité à l’ajout de fluor dans l’eau potable, qu’il accuse de réduire le niveau intellectuel des enfants. Il dénonce également régulièrement la « corruption » des agences de santé américaines. Bien que sa nomination doive encore être confirmée par le Sénat, l’annonce de sa candidature a entraîné une baisse notable des valeurs pharmaceutiques, notamment européennes.

Ainsi, l’action du laboratoire Sanofi a perdu plus de 3 % sur la semaine, tout comme AstraZeneca et GlaxoSmithKline. L’équipementier pour la biotechnologie Sartorius Stedim Biotech a chuté de 6,7 %. Novo Nordisk, devenue la plus grande entreprise cotée en Europe grâce au succès de ses traitements contre l’obésité, a vu son action reculer de 5,4 % à Copenhague. Dans ce contexte, les indices européens ont poursuivi leur repli. Ce recul est également attribuable aux difficultés actuelles et à venir en Chine, notamment si l’administration américaine met en œuvre des droits de douane à 100 %.

Aux États-Unis, après les records post-électoraux, les indices ont cédé du terrain. Le recul des valeurs américaines s’explique à la fois par les craintes d’un report de la baisse des taux directeurs et par les incertitudes politiques. Après un fort mouvement de hausse, des prises de bénéfices ont également été observées.

L’euro est tombé à son plus bas niveau de l’année face au dollar, les investisseurs estimant que l’économie de la zone euro pourrait être pénalisée par les politiques de Donald Trump. Le cours du baril de pétrole a encore baissé cette semaine, en raison des perspectives d’augmentation de la production américaine, conformément aux engagements pris par Donald Trump lors de sa campagne électorale.

En Asie, les indices boursiers, notamment chinois, ont reculé cette semaine, toujours sous l’effet de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Son programme protectionniste pourrait peser sur la croissance chinoise. Cependant, quelques signaux positifs ont été observés en Chine : les ventes au détail ont affiché en octobre leur plus forte croissance annuelle depuis huit mois, en hausse de 4,8 %, soit un point de pourcentage au-dessus du consensus Bloomberg. En revanche, la production industrielle (+5,3 %, contre +5,6 % attendu) et les investissements (+3,4 %, contre +3,5 %) ont déçu les prévisions.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
15 nov. 2024
Évolution
sur 5 jours
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 269,63-0,94 %7 543,186 471,31
Dow Jones43 444,99-1n39 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 870,62-2,30 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite18 680,12-3,49 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 19 210,81-1,30 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 063,61-0,11 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 794,85-0,64 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 642,91-1,96 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 330,73-2,96 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,084 %-0,036 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,338 %-0,028 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,436 %+0,121 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0552-3,48 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 563,32-6,42 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars71,16-3,43 %77,1384,08
Cours du Bitcoin en dollars84 872,14+13,1138 252,5415 406,87

Source : Cercle de l’Épargne

Quand Donald Trump fait le bonheur des cryptoactifs !

Le cours du bitcoin a dépassé les 88 000 dollars le 13 novembre 2024, un niveau historique qui illustre la vigueur actuelle du marché des cryptoactifs. Depuis le début de l’année, le bitcoin a progressé de plus de 90 %. 2024 a été marquée par l’essor des ETF en bitcoins conduisant de nombreux institutionnels à entrer sur ce marché. En fin de semaine, le bitcoin s’est légèrement replié tout en terminant au-dessus de 84 000 dollars, en hausse de 13 % sur la semaine et de 112 % depuis le début de l’année.

La récente victoire de Donald Trump à la Maison-Blanche et des Républicains  au Congrès a apaisé les craintes d’une régulation stricte du marché des cryptoactifs. Pendant la campagne électorale, Donald Trump a promis de faire des États-Unis le fer de lance de l’industrie des actifs numériques, avec notamment la création d’une réserve monétaire stratégique en bitcoins. Cette position marque une évolution notable pour Donald Trump, potentiellement influencé par des personnalités comme Elon Musk. S’il maintenait cette position, la politique américaine en la matière s’éloignerait de la ligne qu’avait choisie  l’administration Biden qui n’avait pas hésité à soutenir les poursuites engagées par les régulateurs contre des entreprises comme Binance, .

L’industrie des cryptos a été un contributeur financier majeur pour les Républicains lors de cette élection, se plaçant en deuxième position après le secteur des hydrocarbures. Cette alliance politique pourrait favoriser l’expansion du marché des cryptoactifs aux États-Unis, bien que la volatilité du bitcoin reste un sujet de préoccupation pour les investisseurs et les régulateurs. Le bitcoin, comme d’autres cryptoactifs, dépend largement de facteurs externes tels que les décisions politiques, les mouvements des marchés financiers traditionnels et l’évolution des technologies liées à la blockchain. En dépit de ces risques, le secteur des cryptomonnaies continue à progresser, en particulier aux États-Unis, où un quart de la population aurait acheté au moins un bitcoin.

Le Coin des Epargnants : les marchés et la victoire de Donald Trump

L’élection de Donald Trump avait été en partie anticipée depuis trois semaines par les investisseurs qui ne croyaient plus à un match serré avec Kamala Harris. Aux Etats-Unis, ils ont salué majoritairement les résultats de manière positive. Ils se sont souvenus que le premier mandat de Donald Trump avait été favorable aux actions. La présence d’Elon Musk aux côtés du nouveau Président semble rassurer les actionnaires des entreprises du secteur de la haute technologie. La situation actuelle n’a néanmoins rien de semblable à celle de 2016/2020 qui étaient marquée par les faibles taux d’intérêt et un fort mouvement de créations d’emplois. En 2025, le nouveau Président sera confronté à plusieurs crises internationales : l’Ukraine et le Moyen Orient ainsi que des tensions de plus en plus vives avec la Chine. Le programme économique du nouveau Président est plus protectionniste que le précédent, sa rhétorique sur l’immigration est plus violente. Sa mise en œuvre ferait courir un risque non négligeable sur la croissance américaine et sur celle de la planète. Pour le moment, les investisseurs aux Etats-Unis n’y croient pas réellement. Dans ce contexte, les grands indices américains ont gagné plus de 4 % cette semaine, le Nasdaq augmentant de 5,85 %.

Après l’élection de Donald Trump, les marchés européens ont néanmoins accusé plus durement le coup que les autres. A Paris, le Cac 40, qui avait cédé du terrain après la victoire de Donald Trump, a mal réagi à l’annonce du plan chinois de relance. L’indice a cédé 1,17 % vendredi 8 novembre et a terminé à 7.338,67 points, son plus-bas niveau depuis le 14 août. Il enchaine une troisième semaine consécutive de recul. Les autres indices européens ont également reculé. En revanche, les indices américains ont salué la victoire de Donald Trump.

Un nouveau plan chinois pour sortir de la stagnation

Le Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale de Chine a décidé un relèvement du plafond de la dette des gouvernements locaux de 6 000 milliards de yuans (environ 780 milliards d’euros), afin d’apurer les dettes cachées existantes », de permettre aux collectivités de « mieux développer l’économie et d’assurer les moyens de subsistance de la population. » Ce dispositif, auquel s’ajoute un volet de 4 000 milliards de yuans d’obligations spécifiques, n’est pas considéré comme suffisant pour relancer l’économie chinoise qui risque de faire face à l’augmentation des droits douane à partir du mois de janvier prochain. Donald Trump a promis des droits de douane inédits depuis  1945 : 60 % pour les produits chinois et 10% pour le reste du monde, des taux. 

Les valeurs boursières exposées à la Chine, notamment celles du luxe, ont enregistré des baisses sensibles en Bourse  LVMH, Hermès et Kering ont terminé la séance du vendredi 8 novembre en baisse de 3,33 à 7,96 %, tandis que L’Oréal, perdait  3,25%.

La FED maintient son cap de baisse des taux directeurs

Jeudi 7 novembre, la Réserve Fédérale américaine a abaissé d’un quart de point de la fourchette cible des Fed funds, à 4,5 %-4,75 %. Le Président de la FED, Jerome Powell, a souligné, à l’issu de la réunion du comité de politique monétaire,  la vitalité et la force de l’économie américaine. Il a mentionné qu’une nouvelle baisse des taux  en décembre n’était ni exclue, ni garantie. De manière logique, il a refusé de se prononcer sur la manière dont la banque centrale réagirait à la prochaine administration républicaine, estimant que l’élection n’aurait aucun effet sur la politique à court terme et que de toute façon il était trop tôt pour juger de la de la politique qui serait mise en œuvre. Bien que la Fed soit une institution indépendante, le président élu a reproché à ses responsables de ne pas avoir réduit suffisamment les coûts d’emprunt assez rapidement au cours de son premier mandat. Le Républicain aura la possibilité de nommer un nouveau Président de la Fed en mai 2026 ou de reconduire Jerome Powell. A la question sur une possible démission si Donald Trump le lui demandait, le président de la Fed a répondu par la négative, précisant que celui-ci n’avait pas le pouvoir de le licencier.   

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
8 nov. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 338,67-0,65 %7 543,186 471,31
Dow Jones43 988,99+4,83 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 995,54+4,72 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite19 286,78+5,85 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 19 204,91-0,22 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 072,39-1,28 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 877,75-1,90 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)39 500,37+2,99 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 452,30+5,39 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,120 %-0,042 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,366 %-0,037 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,315 %-0,034 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0717-1,44 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 686,80-3,03 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars73,60+0,85 %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du 2 novembre 2024 : un début d’automne en demi-teinte

Un mois d’octobre sans saveur pour les marchés

En octobre, la grande majorité des indices boursiers ont enregistré une légère baisse. Le CAC 40 continue son chemin de croix entre les résultats décevants de certains groupes de luxe et les incertitudes politiques. Il perd ainsi sur le mois plus de 3,7 % et termine en-dessous de 7400 points. Sa performance sur 12 mois reste positive (près de 7 %) mais en retrait par rapport aux autres grands indices. Le Dax a perdu 1,28 % en octobre mais progresse de plus de 28 % sur un an malgré les difficultés de l’économie allemande. De son côté, l’indice Eurostoxx recule de 3,46 % en octobre, mais gagne près de 19 %  sur l’année. Aux Etats-Unis, le Dow Jones et le S&P 500  ont légèrement baissé en octobre, respectivement -1,34 % et -0,99 %. Toutefois, leurs performances sur 12 mois demeurent impressionnantes : +26,35 % et +36,04 %. Le marché américain est toujours porté par les valeurs technologiques. Le Nasdaq gagne sur un an plus de 40 % malgré un léger recul en octobre. L’indice japonais a affiché une croissance en octobre (+3,06 %), en contraste avec les marchés occidentaux. Sur l’année, l’indice a gagné +26,65 %. Malgré les annonces sur le plan de relance, l’indice chinois Shanghai Composite diminue en octobre de 1,70 %. Malgré tout, sur un an, le gain est de +8,65 %. L’atonie de la demande intérieure et la multiplication des sanctions occidentales pèsent sur l’activité.

En octobre, l’or a battu de nombreux records pour s’établir à plus de 2700 dollars l’once. Sur ce même mois, le métal précieux a gagné plus de +4 %; sur un an, elle atteint plus de 37 %.

Les risques d’embrasement au Proche et Moyen Orient n’ont pas d’importantes conséquences sur le cours du baril de pétrole. Le baril de Brent a perdu 1,69 % sur un moins et plus de 16 % sur un an. Le ralentissement de l’économie chinoise, l’atonie de celle de l’Europe et l’augmentation de la production américaine expliquent l’évolution du cours du pétrole. Par ailleurs, plusieurs pays ne respectent plus l’accord de régulation de l’OPEP+. La Russie réussit par ailleurs à écouler sa production relativement facilement.

L’emploi américain à l’arrêt

L’économie américaine a créé seulement 12 000 postes non agricoles en octobre, un plus bas depuis décembre 2020, marquant un net ralentissement par rapport aux 223 000 (révisé de 254 000) de septembre. Les marchés s’attendaient à un tassement (le consensus Bloomberg était de 100 000). Cette forte diminution des créations d’emploi s’explique en partie par les ouragans Helene et Milton et par la grève de Boeing qui  a soustrait 44 000 emplois dans le secteur de la fabrication de matériel de transport. Ce résultat tombe au plus mauvais moment pour l’administration démocrate, à quelques jours de l’élection présidentielle.

Le  taux de chômage s’est maintenu à 4,1 % en octobre et la croissance annuelle du salaire horaire moyen s’est établie à 4 % après 3,9% en septembre. Le Bureau of Labor Statistics s’attend à la poursuite de la décélération des créations d’emploi, la politique monétaire restant restrictive. Cette situation devrait conduire la Fed à réduire ses taux directeurs de 25 points de base en novembre et en décembre. Malgré tout, la hausse des salaires et du prix des logements demeure dynamique ce qui pourrait inciter à la prudence la Banque centrale.

Des marchés en baisse sur la semaine

Les indices européens ont conclu une nouvelle fois en baisse la dernière semaine d’octobre. Ils ont, en revanche, bien réagi aux résultats de l’emploi aux Etats-Unis en enregistrant un petit rebond vendredi 1er novembre. Les indices américains sont en baisse cette semaine. Les résultats de Microsoft et Meta Platforms publiés cette semaine n’ont pas convaincu les investisseurs à la différence de ceux d’Amazon. L’indice Nasdaq a perdu du terrain sur la semaine avec un recul de plus de 2 %

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
1er nov. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 409,11-1,76 %7 543,186 471,31
Dow Jones42 052,19-0,52 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 728,80-1,80 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite18 239,92-2,18 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 19 252,31-1,37 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 177,15-0,87 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 877,75-1,90 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 053,67-1,30 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 272,01-0,86%2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,162 %+0,116 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,403 %+0,110 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,349 %+0,130 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0854+0,54 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 743,10+0,01 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars73,53-3,49 %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Résultats du Livret A du mois de septembre 2024 – Atterrissage automnal

Septembre est un mois qui rime avec dépenses et non avec épargne. Le mois de septembre 2024 s’est soldé par une faible collecte sur le Livret A, soit 210 millions d’euros, et une collecte nulle pour le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), selon les résultats publiés par la Caisse des Dépôts et Consignations.

Retour aux fondamentaux

La collecte de 210 millions d’euros sur le Livret A en septembre est en retrait par rapport aux mois précédents : 1,5 milliard d’euros en août et 1,57 milliard en juillet. Elle est nettement plus faible que celle de septembre 2023 (450 millions d’euros).

Depuis 2009, le Livret A a enregistré six décollectes en septembre (2009, 2013, 2014, 2015, 2017, 2018). Les plus importantes ont été constatées en 2014 et 2015 avec respectivement -2,37 et -2,38 milliards d’euros. Depuis le Covid en 2020, les collectes de septembre avaient toujours été positives, en lien avec la succession de chocs que le pays a connus (Covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste). Sur les dix dernières années, la moyenne des collectes du Livret A pour septembre est de 54 millions d’euros.

La collecte sur les trois premiers trimestres de 2024 a été divisée par deux par rapport à celle de 2023. Sur les neuf premiers mois de 2024, la collecte du Livret A atteint en effet 13,42 milliards d’euros, contre 30,73 milliards sur la même période en 2023, une année exceptionnelle.

Pour le LDDS, septembre est un mois honni

La collecte nulle de septembre pour le LDDS marque une rupture par rapport au mois précédent. Elle s’élevait à 490 millions d’euros en août et à 730 millions en juillet. En septembre 2023, la collecte avait atteint 270 millions d’euros. Sur les neuf premiers mois de 2024, la collecte s’élève à 6,1 milliards d’euros, contre 10,69 milliards pour la même période en 2023, qui avait été une année atypique pour l’épargne réglementée.

Pour le Livret de Développement Durable et Solidaire, la décollecte est la règle en septembre, à l’exception des années 2020 et 2021 marquées par le Covid, et 2023 marquée par la hausse du taux de rémunération à 3 %. Sur ces dix dernières années, le LDDS connaît en septembre une décollecte moyenne de 261 millions d’euros.

Les mauvais résultats pour le LDDS en septembre s’expliquent par le fait qu’il est accouplé plus fréquemment que le Livret A aux comptes courants des ménages. Ces derniers, en cas de besoin, puisent principalement dans leur LDDS.

Un mois de septembre classique à souhait

En 2024, les ménages ont donc puisé dans leurs livrets pour faire face aux dépenses de rentrée et s’acquitter des dernières dépenses de vacances. La consommation a par ailleurs augmenté en août comme en septembre.

La baisse de l’inflation, notable en septembre (1,2 %), a incité les ménages à reprendre le chemin de la consommation, abandonné depuis de longs mois. L’amélioration de leur pouvoir d’achat les conduit à réduire leur effort d’épargne de précaution. Par ailleurs, en septembre, ils ont privilégié l’épargne de long terme. La collecte nette de l’assurance vie a atteint, en septembre, 2,5 milliards d’euros.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) porté par son taux de rémunération

Le LEP a enregistré une collecte positive de 330 millions d’euros en septembre, en retrait par rapport à l’année dernière (800 millions en septembre 2023). Sur neuf mois, la collecte pour ce produit s’élève à 5,7 milliards d’euros, contre 11,1 milliards d’euros sur la même période en 2023. Le maintien d’une collecte positive s’explique par le caractère attractif du taux de rémunération du LEP (4 %).

Un rendement réel positif pour l’épargne réglementée

Avec une inflation inférieure à 2 %, le rendement réel de l’épargne réglementée (Livret A, LDDS) est positif depuis le mois de mars, une situation inédite depuis 2019. Le gel des taux du Livret A et du LDDS, décidé par l’ancien ministre de l’Économie, profite désormais aux épargnants. Ce gel devrait cesser le 1er février 2025. Selon la formule définie par l’arrêté du 27 janvier 2021, le taux sera calculé sur la base de la moyenne de l’inflation et du taux Ester des six derniers mois, avec un taux plancher de 0,5 %. Sur cette base, le taux du Livret A et du LDDS pourrait passer de 3 % à 2,5 %.

Le taux du LEP, quant à lui, est fixé soit par l’inflation des six derniers mois, soit par le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Avec la baisse de l’inflation, le taux du LEP pourrait passer de 4 % à 3 %. Le gouvernement conserve cependant la possibilité de ne pas suivre totalement la formule, comme il l’a fait à plusieurs reprises, notamment pour le LEP ces dernières années.

Cercle de l’Epargne – données CDC

Cercle de l’Epargne – données CDC

Cercle de l’Epargne – données CDC

Livret A : retour aux fondamentaux

Septembre est un mois qui rime avec dépenses et non avec épargne. Le mois de septembre 2024 s’est soldé par une faible collecte sur le Livret A, soit 210 millions d’euros, et une collecte nulle pour le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), selon les résultats publiés par la Caisse des Dépôts et Consignations.

Retour aux fondamentaux

La collecte de 210 millions d’euros sur le Livret A en septembre est en retrait par rapport aux mois précédents : 1,5 milliard d’euros en août et 1,57 milliard en juillet. Elle est nettement plus faible que celle de septembre 2023 (450 millions d’euros).

Depuis 2009, le Livret A a enregistré six décollectes en septembre (2009, 2013, 2014, 2015, 2017, 2018). Les plus importantes ont été constatées en 2014 et 2015 avec respectivement -2,37 et -2,38 milliards d’euros. Depuis le Covid en 2020, les collectes de septembre avaient toujours été positives, en lien avec la succession de chocs que le pays a connus (Covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste). Sur les dix dernières années, la moyenne des collectes du Livret A pour septembre est de 54 millions d’euros.

La collecte sur les trois premiers trimestres de 2024 a été divisée par deux par rapport à celle de 2023. Sur les neuf premiers mois de 2024, la collecte du Livret A atteint en effet 13,42 milliards d’euros, contre 30,73 milliards sur la même période en 2023, une année exceptionnelle.

Pour le LDDS, septembre est un mois honni

La collecte nulle de septembre pour le LDDS marque une rupture par rapport au mois précédent. Elle s’élevait à 490 millions d’euros en août et à 730 millions en juillet. En septembre 2023, la collecte avait atteint 270 millions d’euros. Sur les neuf premiers mois de 2024, la collecte s’élève à 6,1 milliards d’euros, contre 10,69 milliards pour la même période en 2023, qui avait été une année atypique pour l’épargne réglementée.

Pour le Livret de Développement Durable et Solidaire, la décollecte est la règle en septembre, à l’exception des années 2020 et 2021 marquées par le Covid, et 2023 marquée par la hausse du taux de rémunération à 3 %. Sur ces dix dernières années, le LDDS connaît en septembre une décollecte moyenne de 261 millions d’euros.

Les mauvais résultats pour le LDDS en septembre s’expliquent par le fait qu’il est accouplé plus fréquemment que le Livret A aux comptes courants des ménages. Ces derniers, en cas de besoin, puisent principalement dans leur LDDS.

Un mois de septembre classique à souhait

En 2024, les ménages ont donc puisé dans leurs livrets pour faire face aux dépenses de rentrée et s’acquitter des dernières dépenses de vacances. La consommation a par ailleurs augmenté en août comme en septembre.

La baisse de l’inflation, notable en septembre (1,2 %), a incité les ménages à reprendre le chemin de la consommation, abandonné depuis de longs mois. L’amélioration de leur pouvoir d’achat les conduit à réduire leur effort d’épargne de précaution. Par ailleurs, en septembre, ils ont privilégié l’épargne de long terme. La collecte nette de l’assurance vie a atteint, en septembre, 2,5 milliards d’euros.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) porté par son taux de rémunération

Le LEP a enregistré une collecte positive de 330 millions d’euros en septembre, en retrait par rapport à l’année dernière (800 millions en septembre 2023). Sur neuf mois, la collecte pour ce produit s’élève à 5,7 milliards d’euros, contre 11,1 milliards d’euros sur la même période en 2023. Le maintien d’une collecte positive s’explique par le caractère attractif du taux de rémunération du LEP (4 %).

Un rendement réel positif pour l’épargne réglementée

Avec une inflation inférieure à 2 %, le rendement réel de l’épargne réglementée (Livret A, LDDS) est positif depuis le mois de mars, une situation inédite depuis 2019. Le gel des taux du Livret A et du LDDS, décidé par l’ancien ministre de l’Économie, profite désormais aux épargnants. Ce gel devrait cesser le 1er février 2025. Selon la formule définie par l’arrêté du 27 janvier 2021, le taux sera calculé sur la base de la moyenne de l’inflation et du taux Ester des six derniers mois, avec un taux plancher de 0,5 %. Sur cette base, le taux du Livret A et du LDDS pourrait passer de 3 % à 2,5 %.

Le taux du LEP, quant à lui, est fixé soit par l’inflation des six derniers mois, soit par le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Avec la baisse de l’inflation, le taux du LEP pourrait passer de 4 % à 3 %. Le gouvernement conserve cependant la possibilité de ne pas suivre totalement la formule, comme il l’a fait à plusieurs reprises, notamment pour le LEP ces dernières années.

Cercle de l’Epargne – CDC

Cercle de l’Epargne – CDC

Cercle de l’Epargne – CDC

Le Coin des Epargnants du samedi 18 octobre 2024 : une semaine rythmée par la BCE

La Chine ralentit mais moins vite que prévu

Au troisième trimestre, le PIB de la Chine a progressé de 4,6 % sur un an, soit 0,1 point au-dessus de la prévision du consensus Bloomberg. Ce taux traduit néanmoins un ralentissement par rapport aux 4,7 % observés au deuxième trimestre. Avec une croissance du PIB de 4,8 % au cours des trois premiers trimestres de l’année, l’objectif des 5 % pour l’année reste réalisable, compte tenu des mesures de relance supplémentaires récemment annoncées.

Les ventes au détail en Chine ont augmenté de 3,2 % sur un an en septembre, dépassant les 2,5 % anticipés et les 2,1 % enregistrés en août. La production industrielle a progressé de 5,4 %, contre 4,5 % attendus. Le taux de chômage urbain a reculé de 0,2 point en septembre, pour atteindre 5,1 % de la population active.

Accélération de la baisse des taux par la BCE

Depuis le siège de la Banque de Slovénie, la Banque Centrale Européenne a annoncé, le jeudi 17 octobre, la troisième baisse de 25 points de base de ses taux directeurs après celles de juin et septembre derniers. Le taux de dépôt s’établit désormais à 3,25 %, celui de la facilité de refinancement à 3,4 %, et celui de la facilité de prêt marginal à 3,65 %. C’est la première fois depuis 2014 que l’institution de Francfort réduit ses taux lors de deux réunions consécutives. Initialement, cette baisse était prévue pour décembre, mais trois facteurs ont poussé la BCE à accélérer son programme de diminution des taux :

  • L’inflation a reculé plus rapidement que prévu en septembre. Pour la première fois en plus de trois ans, elle est repassée sous la cible de 2 %, s’établissant à 1,7 %, selon les chiffres révisés d’Eurostat. Dans le secteur des services, la hausse des prix, bien que toujours élevée, est tombée sous les 4 %.
  • L’activité économique est en déclin dans la zone euro. Les indices PMI de septembre signalent une faiblesse persistante, en particulier dans le secteur manufacturier.
  • Le marché du travail commence à se détériorer, accentuant les inquiétudes économiques.

Actions en hausse et record pour l’or

Les indices boursiers européens ont bien réagi à la décision de la BCE de baisser ses taux. Le CAC 40, malgré un léger retard par rapport à d’autres grands indices, a gagné près de 0,5 % sur la semaine, soutenu en partie par le secteur du luxe, qui bénéficie de l’amélioration des perspectives économiques en Chine. Le CAC 40 a terminé la semaine à 7 617,10 points. Les taux des obligations souveraines ont baissé, notamment celui de l’OAT française à 10 ans, qui est repassé sous les 3 %. L’euro s’est déprécié face au dollar, enregistrant une baisse de 1,1 % sur la semaine en raison de la diminution des taux directeurs de la BCE.

Aux États-Unis, les marchés ont été volatils. Le S&P 500 a connu une légère hausse sur la semaine, tandis que le Nasdaq a reculé légèrement. Le secteur technologique montre des signes de ralentissement, notamment en raison des valorisations élevées, bien que certaines entreprises, comme Nvidia, continuent de bénéficier de la forte demande en semi-conducteurs.

Le cours du pétrole a fortement chuté cette semaine (-7 %), en raison de l’absence de menaces immédiates sur les installations pétrolières iraniennes, malgré les tensions géopolitiques.

Vendredi 18 octobre, l’or a atteint un nouveau record, dépassant les 2 710 dollars l’once. Cette hausse a été alimentée par la baisse des taux directeurs de la BCE, qui a incité les investisseurs à se tourner vers le métal précieux au détriment des obligations. Par ailleurs, l’or continue d’être soutenu par les achats des banques centrales des pays émergents ainsi que par les investisseurs chinois, qui se détournent de l’immobilier.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
18 oct. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 613,05+0,15 %7 543,186 471,31
Dow Jones43 275,91+1,05 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 864,67+0,20 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite18 489,55-0,28 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 19 658,01+0,80 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 358,25+1,27 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 986,27-0,38 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 981,75-1,41 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 261,56-1,59%2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,898 %-0,141 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,183 %-0,081 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,076 %-0,001 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0856-1,09 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 717,35+3,71 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars72,91-7,92%77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du 13 septembre 2024 : la baisse des taux directeurs

Diminution des taux directeurs de la BCE

Après un premier assouplissement le 6 juin dernier et une pause en juillet, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, le 12 septembre, de réduire son taux de dépôt de 25 points de base (25 pb), le portant à 3,5 %. Le taux de la facilité de refinancement et celui de la facilité de prêt marginal ont été abaissés de 60 pb, s’établissant respectivement à 3,65 % et 3,90 %. Cette décision était attendue et anticipée par les investisseurs. La baisse de l’inflation ces derniers mois rendait possible un nouveau relâchement de la politique monétaire. Le taux d’inflation sur 12 mois dans la zone euro, à 2,2 %, se rapproche de la cible des 2 % fixée par la BCE. La hausse des salaires, qui constituait au début de l’année une des principales préoccupations de la BCE, a ralenti. La rémunération par employé a augmenté de 4,3 % au deuxième trimestre, contre 4,8 % au cours des trois premiers mois de l’année. Quelques inquiétudes persistent, notamment dans le secteur des services, où l’inflation a atteint 4,2 % le mois dernier. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix très volatils de l’énergie et de l’alimentation, demeure à 2,8 %.

La stagnation de l’économie européenne a également plaidé en faveur d’un assouplissement monétaire. Le produit intérieur brut de la zone euro pour le deuxième trimestre a été révisé à la baisse, à 0,2 % contre 0,3 % initialement prévu. La consommation reste stable malgré une augmentation du revenu disponible des ménages, ces derniers préférant épargner, signe de la persistance des inquiétudes quant à l’évolution future de l’économie de la zone euro.

Lors de la conférence de presse du 12 septembre dernier, la présidente de la BCE a rappelé que, même si la banque centrale s’est engagée sur la voie d’un assouplissement de sa politique monétaire, le calendrier des baisses de taux et leur ampleur ne sont pas prédéterminés. Elle n’a pas souhaité ainsi donner d’indications sur une éventuelle baisse en octobre.

Une baisse attendue des taux de la FED

La semaine prochaine, la Réserve fédérale américaine devrait entamer son processus de baisse des taux. Une réduction de 50 points de base est attendue pour cette première étape.

Poursuite de la chute du cours du pétrole

Le baril de Brent est passé sous la barre des 70 dollars le mardi 10 septembre, atteignant ainsi son plus bas niveau depuis 2021. En un an, il a perdu plus de 20 % de sa valeur. Cette baisse s’explique par la faible croissance en Chine et dans la zone euro. La tendance a été renforcée par l’annonce, mercredi 11 septembre, d’une hausse des stocks commerciaux américains. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie, ces réserves ont augmenté de 800 000 barils la semaine dernière, soit un volume inférieur aux prévisions, mais qui témoigne néanmoins du ralentissement de la demande. Par ailleurs, l’activité des raffineries a également diminué, avec un taux d’occupation tombé sous les 93 %. Le repli de la demande de carburant aux États-Unis, attendu avec la fin des vacances d’été, s’est avéré plus marqué que prévu.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a révisé à la baisse, jeudi 12 septembre, ses prévisions de consommation de pétrole. Selon elle, la demande de pétrole ne devrait augmenter que de 900 000 barils par jour en 2024, soit 70 000 barils de moins que ses prévisions précédentes. Pour 2025, elle maintient sa prévision d’une croissance de 950 000 barils quotidiens.

Le léger rebond du pétrole en fin de semaine est imputable aux perturbations climatiques dans le golfe du Mexique, dues au passage de l’ouragan Francine. Le baril a ainsi repassé la barre des 70 dollars, mais cette remontée pourrait être temporaire, certains analystes prévoyant un baril à 60 dollars dans les prochaines semaines.

La baisse du cours du pétrole accentue la désinflation et réduit le montant des importations ainsi que les coûts de production pour les pays de la zone euro.

Des actions en hausse

Avec l’annonce de la baisse des taux de la BCE cette semaine et celle attendue la semaine prochaine aux États-Unis, les actions ont connu une hausse ces derniers jours. Le CAC 40 a progressé de près de 1,5 % et le DAX allemand de plus de 2,2 %. Les indices américains ont également fortement augmenté en anticipation de la baisse des taux directeurs. Le Nasdaq a gagné plus de 6 % et le S&P 500 près de 4 % en une semaine.

L’or : de record en record

Cette semaine, l’once d’or a atteint un nouveau record, dépassant les 2 570 dollars. Le métal précieux continue d’être soutenu par les achats des banques centrales et des épargnants chinois, ces derniers se détournant de l’immobilier en raison de la crise dans ce secteur, et multipliant les achats d’or. La baisse des taux d’intérêt par les banques centrales incite également à des arbitrages en faveur de l’or.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats du
13 sept. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats du
29 déc. 2023
Résultats du
30 déc. 2022
CAC 40 7 465,25+1,46 %7 543,186 471,31
Dow Jones41 393,78+2,51 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 626,02+3,91 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite17 683,98+6,03 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 688,81+2,23 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 273,09+1,23 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 843,99+1,37 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)36 581,76+0,51 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 704,09-1,73 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,839 %-0,040 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,148 %-0,056 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,662 %-0,0630 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,1085-0,01 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 580,91+3,29 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars72,60+1,83 %77,1384,08
Cercle de l’Epargne

Nouvelle augmentation des dépôts à vue des particuliers

Après avoir atteint un record en juillet 2022 à 543 milliards d’euros, les dépôts à vue avaient connu une décroissance en lien avec la hausse de la rémunération des produits de taux, notamment celle du Livret A, du LDDS et du LEP. En avril 2024, l’encours était tombé à 468,6 milliards d’euros. Depuis, il a repris le chemin de la hausse, atteignant près de 479 milliards d’euros à la fin juillet 2024, soit une augmentation de 9 milliards d’euros depuis la fin mai. Les incertitudes politiques poussent peut-être les ménages à conserver davantage de liquidités. De plus, le nombre croissant de Livrets A et de LDDS ayant atteint leur plafond pourrait également expliquer la progression de l’encours des dépôts à vue. Entre la fin de l’année 2019 et juillet 2024, cet encours a augmenté de 72 milliards d’euros.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France

Vers une baisse du taux du Livret A en 2025

Le gel du taux du Livret A, décidé par le ministre de l’Économie en 2023, est censé prendre fin en février 2025. Compte tenu de l’évolution de l’inflation et des taux directeurs de la Banque centrale européenne, le taux du Livret A devrait baisser. Selon l’arrêté du 27 janvier 2021 relatif aux taux d’intérêt des produits d’épargne réglementée, ce taux est égal à la moyenne du taux d’inflation hors tabac et du taux « Ester » des six derniers mois. Le taux d’inflation pourrait être de 2 % en juillet et décembre, et le taux « Ester » de 3,5 %. Le taux du Livret A pourrait donc s’établir à 2,75 %.

De son côté, le taux du Livret d’Épargne Populaire (LEP) devrait également diminuer. Ce taux est le plus élevé entre le taux d’inflation des six derniers mois ou le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Actuellement fixé à 4 %, il pourrait être abaissé à 3,25 % au 1er février 2025. Le gouvernement pourrait cependant faire un geste en ne le réduisant qu’à 3,5 %.

Le Coin des Epargnants du samedi 3 août 2024

Les marchés suspendus aux taux directeurs américains

Le CAC 40 a reculé au mois de juillet de 0,40 % quand l’indice allemand Dax et le britannique Footsie continuaient leur marche en avant. Sur un an, le CAC 40 est stable quand l’indice phare de Francfort progresse de plus de 12 %. Cet écart est imputable à la crise politique qui s’est ouverte le 9 juin dernier, jour des élections européennes. Par ailleurs, les valeurs du luxe ont perdu du terrain en raison de perspectives de ventes jugées décevantes. A souligner qu’au mois de juillet, l’indice des valeurs technologiques américaines, le Nasdaq, est en recul de 1,6 %. Les investisseurs commencent à réviser à la baisse les gains espérés de l’intelligence artificielle et engrangent de substantielles plus-values.

A la fin du mois de juillet, le baril de pétrole (BRENT) s’échangeait à 80 dollars en baisse de plus de 7 % sur un mois, notamment en lien avec le ralentissement de la croissance chinoise.

En ce début du mois d’août, le taux d’intérêt des obligations d’Etat à 10 ans ont fortement diminué en raison des anticipations sur les taux directeurs américains. Celui des obligations américaines est repassé en dessous de 4 % perdant près de 0,5 point. Celui de la France est en baisse mais de manière assez réduite conduisant à un écart avec celui de l’Allemagne à près de 0,8 point. Cette baisse des taux est également liée aux inquiétudes sur l’évolution de la croissance américaine. Les investisseurs estiment qu’en ne diminuant pas ses taux ces derniers mois, la Banque centrale a accru le risque de récession. Face à ce risque, ils ont privilégié les achats d’actions voire de l’or. Le cours du métal précieux a progressé en fin de semaine en raison des tensions croissantes au Proche et Moyen Orient. Dans ce contexte, le CAC 40 a reculé de plus de 2,5 % sur la semaine, le Dax allemand de plus de 4 % et le Footsie britannique de plus de 1 %. Les indices américains ont également connu de fortes baisses, le Dow Jones, -2,5 %, le S&P 500, -2,4 % et le Nasdaq, -3,5 %.

Statu quo monétaire aux Etats-Unis sur fond de hausse du chômage

Sans surprise, lors de sa réunion du 31 juillet 2024, le comité de politique monétaire de la Federal Reserve a annoncé le maintien à leur niveau des taux directeurs de cette dernière. Ces derniers évoluent dans la fourchette 5,25 %-5,5 % depuis un an. Leur ascension avait commencé en mars 2022 jusqu’à une dernière hausse intervenue en juillet 2023.

Ce statu quo monétaire attendu a été néanmoins durement ressenti par les investisseurs vendredi 3 août avec la publication des résultats de l’emploi du mois de juillet aux Etats-Unis.

Le taux de chômage a augmenté de deux dixièmes à 4,3 % en juillet, un plus haut en quasiment trois ans. 114 000 postes ont été créés par l’économie américaine durant le 7e mois de l’année, soit 61 000 de moins que prévu. Le solde des mois de juin et mai a été abaissé par ailleurs de 29 000. Des voix se font entendre sur la frilosité de la FED qui aurait manqué l’occasion de baisser ses taux dès le mois de juillet. Pour le mois de septembre, les jeux semblent faits. De nombreux indicateurs rendent, en effet, possible la diminution des taux directeurs aux Etats-Unis : la modération des créations d’emploi, la hausse du chômage et la baisse de l’inflation même si elle demeure un peu élevée ces derniers mois. La consommation s’essouffle légèrement. Les grandes enseignes pour maintenir leurs ventes sont contraintes de multiplier les opérations de promotion. Les Américains ne disposent plus de réserves comme en 2023, ayant largement puisé dans leur cagnotte covid à la différence des Européens. Si la croissance a été vive au deuxième trimestre, elle pourrait être bien plus faible au troisième.

Dans sa conférence de presse du 31 juillet, le Président de la Fed, Jerome Powell, a indiqué que le comité ne se décide pas par avance. Il a précisé que « nous nous rapprochons du moment où la baisse pourra être enclenchée ». Il a néanmoins souligné que si l’inflation s’avérait plus résistante, avec des anticipations d’inflation de long terme plus fortes, la politique monétaire ne pourrait pas être assouplie. Dans son communiqué, la banque centrale américaine a rappelé qu’elle cherche à la fois à maximiser l’emploi et à atteindre sa cible d’inflation de 2 %. La FED a été contrainte de réviser son plan de baisse de ses taux directeurs en 2024 en raison du rebond de l’inflation au printemps. Au lieu des trois baisses, une seule en 2024 devrait être mise en œuvre. Donald Trump, s’en est pris récemment à Jerome Powell ainsi qu’aux autres banquiers centraux estimant que la baisse des taux directeurs pourraient fausser les élections du mois de novembre. Il a même dans un premier temps indiqué qu’il limogerait Jerome Powell avant de se raviser tout en soulignant que son éventuel maintien sera conditionné à la mise en œuvre d’une politique monétaire en phase avec son programme. Ces annonces remettant en cause l’indépendance de la Banque centrale ont évidemment choqué. La question des taux d’intérêt est sensible en raison de la propension des Américains à s’endetter pour acheter des biens de consommation. En outre, la décrue des taux contribuerait à relancer le marché immobilier bloqué.

Toujours mercredi 31 juillet, la Banque Centrale d’Angleterre (BoE) a décidé de baisser ses taux directeurs. Cette baisse intervient après 14 hausses réalisées entre décembre 2021 et août 2023. A 5,25 %, son principal taux directeur était à son plus haut niveau depuis 15 ans. La diminution des taux a donné lieu à un âpre débat au sein de la banque centrale, la décision ayant été votée à seulement 5 voix contre 4. Si l’inflation totale est retombée à 2 %, sa composante hors éléments volatils (comme les prix de l’énergie), l’inflation « cœur » était de 3,5 % en juin. Dans les services, elle atteint 5,7 %. Malgré tout, la Banque centrale a décidé de diminuer les taux afin de faciliter la reprise de l’économie qui a été en récession en 2023.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
2 août 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 251,80-2,58%7 543,186 471,31
Dow Jones39 737,26-2,50 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 346,56-2,41 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 776,16-3,49 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 17 642,14-4,27 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 165,23-1,26 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 50-0,71 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)35 909,70+1,22 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 907,87+0,60 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,958 %-0,152 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,164 %-0,242 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,814 %-0,466 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0923+0,51 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 423,75+3,29 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars76,88-4,16 %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Baisse des taux et prudence de la part de la BCE

Le Conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne a décidé, jeudi 6 juin 2024, d’abaisser ses trois taux d’intérêt directeurs de 25 points de base. En conséquence, les taux d’intérêt des opérations principales de refinancement, de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt seront réduits à respectivement 4,25 %, 4,50 % et 3,75 % à compter du 12 juin 2024.  Le Conseil  a assorti cette décision d’un communiqué soulignant que l’inflation n’était pas encore revenue dans la zone cible des 2 %. Conseil des gouverneurs est « déterminé à assurer le retour au plus tôt de l’inflation » au niveau de cet objectif. Il a a indiqué qu’il « conservera les taux directeurs à un niveau suffisamment restrictif, aussi longtemps que nécessaire, pour atteindre cet objectif ». Le Conseil des gouverneurs s’est refusé de s’engager sur un calendrier de baisse.

La BCE a revu en légère hausse ses projections d’inflation. Elles prévoient désormais que l’inflation globale s’établira en moyenne à 2,5 % en 2024, 2,2 % en 2025 et 1,9 % en 2026. S’agissant de l’évolution des prix hors énergie et produits alimentaires, les services de l’Eurosystème tablent sur une hausse moyenne de 2,8 % en 2024, 2,2 % en 2025 et 2,0 % en 2026. La croissance économique devrait se redresser et s’établir à 0,9 % en 2024, 1,4 % en 2025 et 1,6 % en 2026.

La baisse des taux directeurs de la BCE était largement anticipée par l’ensemble des acteurs financiers. Ces derniers ont été refroidis par la faiblesse de la réduction et par le communiqué. Ils ne s’attendent plus à une nouvelle baisse d’ici à septembre. La Banque centrale a décide d’abaisser ses taux afin de soutenir l’économique de la zone euro qui a connu un fort ralentissement depuis le milieu de l’année 2023, même si cela ne figure pas parmi ses objectifs. En outre, la décision intervient juste avant les élections européennes où les partis de gouvernement sont en position délicate.

La baisse des taux directeurs est globalement une bonne nouvelle pour les emprunteurs et une moins bonne pour les épargnants investis à court terme.

En raison des anticipations, les taux des crédits immobiliers sont orientés, depuis plusieurs mois, à la baisse. Les taux des nouveaux crédits à l’habitat pour les ménages sont passés de 4,2 à 3,9 % du mois de janvier à mars (source Banque de France). Le taux moyen du marché des crédits à 10 ans est passé, du 31 décembre 2023 au 31 mai 2024, de 3,9 à 3,65 % (source Empruntis).

Dans les prochains mois, en fonction des annonces du Comité de politique monétaire de la BCE, ce mouvement de baisse devrait se poursuivre. Avec des taux directeurs pouvant revenir dans la fourchette 3,25/4 %, les taux de crédits pourraient revenir autour de 3,2 % (3 % pour les crédits à 10 ans).

Cette baisse des taux de crédits devrait favoriser une reprise du marché immobilier au cours du second semestre, avec une augmentation du nombre de transactions et une stabilisation des prix.

Pour les entreprises, cette baisse des taux est également une bonne nouvelle. Elle pourrait les inciter à accroître leur effort d’investissement.

Pour les épargnants

La baisse des taux d’intérêt n’aura pas de conséquence sur la rémunération du Livret A et du Livret de Développement et Solidaire, bloquée à 3 % jusqu’au 1er février 2025.

Le taux du Livret d’Épargne Populaire (LEP) est, en revanche, amené à baisser, non pas en raison des taux d’intérêt mais de l’inflation. Le taux du LEP est le taux plus élevé entre celui de l’inflation des six derniers mois et celui du Livret A majoré de 0,5 point. Compte tenu de la baisse de l’inflation, c’est ce second taux qui pourrait s’appliquer, sachant que le gouvernement peut en retenir un autre. L’application de la formule pourrait conduire à passer le taux du LEP de 5 à 3,5 %. Le gouvernement pourrait choisir un taux intermédiaire, de 3,75 ou 4 %. Il convient de souligner que le LEP a renoué avec une collecte nette négative en avril (-270 millions d’euros).

Pour les produits d’épargne réagissant directement aux fluctuations des taux des marchés monétaires, comme les contrats à terme ou les SICAV monétaires, leur rémunération s’est stabilisée au cours du premier trimestre 2024. Elle est en baisse légère depuis. Avec la diminution des taux directeurs, le taux des contrats à terme de moins de deux ans devrait passer de 3,8 % à 3 %, entre mars et décembre 2024. La collecte des dépôts à terme est en baisse depuis le début de l’année, après avoir battu des records en 2023. La rémunération des livrets bancaires ordinaires, qui est restée faible depuis deux ans, autour de 0,9 %, ne devrait pas évoluer fortement.

L’assurance vie devrait être le placement gagnant de la baisse des taux directeurs. Les fonds euros de l’assurance vie dépendent davantage des taux longs, ceux pratiqués notamment pour les obligations d’État, que des taux des marchés monétaires. Dans les années 2010, les taux longs avaient baissé, en raison des politiques de rachats d’obligations menées par les banques centrales. Celles-ci n’ayant pas l’intention de procéder à de tels rachats, la hiérarchie des taux devrait être mieux respectée. En outre, les besoins de financement, en particulier ceux des États, étant importants, les taux longs devraient rester soutenus. Avec la baisse de l’inflation, les ménages devraient réorienter une partie de leur épargne de précaution vers des placements de long terme. Depuis 2020, ils ont privilégié les placements liquides, par crainte de l’avenir. La hausse du taux du Livret A, à partir de 2022, a accentué cette préférence. Depuis le début de l’année 2024, une inflexion est constatée. La collecte de l’assurance vie est en forte hausse. Sur les quatre premiers mois de l’année, la collecte nette dépasse 12,6 milliards d’euros contre 8,3 milliards d’euros pour la même période de 2023. Dans le même temps, celle du Livet A se normalise (7,5 milliards d’euros de janvier à avril 2024 contre 22 milliards d’euros sur la même période en 2023). Les fonds euros qui étaient en décollecte nette depuis novembre 2021 ont affiché, en mars et avril, une collecte nette positive. Les assureurs, voulant profiter de l’embellie obligataire, proposent des taux bonifiés pour attirer les épargnants. Dans ce contexte, le rendement des fonds euros devrait se situer autour de 3 % en 2024.

Pour les actions, les investisseurs ont largement anticipé la baisse des taux directeurs, ce qui a conduit les indices à battre des records en avril et en mai, aidés, par ailleurs, par la bonne tenue des résultats des entreprises. Le mouvement d’appréciation pourrait se poursuivre dans le cours de l’année, mais à un rythme moins soutenu.

Le Coin des Epargnants du 1er juin 2024 : un air d’automne

Un mois de mai automnal

Contrairement à Fitch et à Moody’s, Standard & Poor’s a décidé vendredi 31 mai de dégrader la note de la dette française, la faisant passer du statut « AA » à « AA- » avec une perspective stable. Plusieurs facteurs expliquent cette baisse de la note de la France : le déficit public de 2023 révisé à la hausse à 5,5 % du PIB et une prévision de dette publique à 112 % du PIB en 2027. L’agence ne croit pas en la capacité des pouvoirs publics à revenir à 3 points de PIB de déficit d’ici 2027 avec une croissance potentielle de plus en plus faible. Cette dégradation intervient douze ans après la perte du triple « A » de la France en 2012

La baisse de la note de la France n’aura pas de conséquence sur les taux d’intérêt, les investisseurs ayant intégré, depuis des mois, les problèmes financiers de la France.  Le taux de l’OAT à 10 ans était de 3,145 % avec un écart stable avec l’Allemagne de 0,5 point. Les investisseurs ont besoin de placer leurs liquidités dans des emprunts jugés encore relativement sûrs. La charge d’intérêts pour 2024 a été même corrigé à la baisse, à 45,3 milliards d’euros, contre 48,1 milliards d’euros initialement prévu.  Dans le plan d’économies de 10 milliards annoncé en avril, 800 millions en moins sur les coûts d’emprunt ont d’ailleurs été anticipés. Ces derniers jours, Bercy espérait même encore gagner quelques centaines de millions. L’exercice budgétaire de 2025 risque en revanche être d’une rare complexité. Le Ministère de l’économie devra réaliser entre 20 à 25 milliards d’euros d’économies….

Une accalmie sur le front des marchés « actions »

Le CAC 40 n’a progressé que de 1 % sur le mois de mai quand l’Eurostoxx a augmenté de1,9 % et le Daxx allemand de 3,23 %. Le CAC 40 finit le mois en-dessous des 8000 points à 7 992 points et en perdant 1,26 % sur la semaine. En cette fin de mois mai, entre interrogations sur le calendrier de la baisse des taux et les bons résultats des entreprises, les investisseurs ont opté pour la prudence digérant ainsi une succession de records. Depuis le début de l’année, le bilan reste malgré tout positif. Le CAC 40 a progressé de près de 6 % sur les cinq premiers mois. Le Daxx allemand comme l’Eurostoxx ont fait mieux avec un gain de 10 %. L’indice parisien a été pénalisé par le recul des valeurs du luxe en raison des perspectives de résultats inférieures aux attentes en lien avec le ralentissement de la croissance en Chine.

Les indices américains sont en recul ces deux dernières semaines mais le bilan reste positif sur l’ensemble du mois de mai. L’indice S&P 500 a progressé de près de 5,2 % et le Nasdaq de plus de 6 %. Ces deux indices ont été portés en début de mois par les résultats des valeurs technologiques.

L’or a été la grande vedette des cinq premiers mois, l’once s’adjugeant un gain de près de 13 % depuis le 1er janvier avec à la clef de nombreux records (près de 2450 dollars l’once le 20 mai dernier). Il s’échangeait le 31 mai à plus de 2363 dollars.

Malgré les évènements au Proche Orient, le cours du pétrole est resté relativement sage avec une progression de moins de 6 % pour le baril Brent. Le ralentissement de la croissance de la Chine et de l’Europe a pesé sur les cours.

Sur le marché des changes, l’euro n’a pas regagné de terrain par rapport au dollar. La monnaie européenne a abandonné 1,8 % entre le 1er janvier et le 31 mai. Le dollar bénéficie toujours de la forte croissance américaine et d’un différentiel de taux favorable.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
31 mai 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 992,87-1,26 %7 543,186 471,31
Dow Jones38 218.08-2,18 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 277.51-0,51 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 735,02-1,91 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 497,94-1,05 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 275,38-0,51%7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 983,67-1,03° %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 487,90-1,53 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 086,81+0,09 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,146 %+0,074 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,678 %+0,009 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,512 %+0,039 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,084470,00 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 333,82-0,19 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars82,16-2,81  %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Progression du taux d’épargne au premier trimestre en France

Au premier trimestre, l’INSEE a confirmé la croissance de 0,2 % du  produit intérieur brut (PIB) pour la France. Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages par unité de consommation a progressé moins vite (+0,5 % après +0,8 %). Le taux d’épargne des ménages a augmenté pour atteindre 17,6 % de leur RDB au cours du premier trimestre, après 17,2 % au trimestre précédent. Le taux de marge des sociétés non financières (SNF) se contracte au premier trimestre 2024 : il s’établit à 32,1 % de leur valeur ajoutée, après 33,3 % au trimestre précédent.

Au premier trimestre 2024, le PIB en volume a donc augmenté de 0,2 % en variation trimestrielle après +0,3 %. La consommation des ménages a ralenti (+0,1 % après +0,2 % au quatrième trimestre 2023), tempérée en particulier par une chute des dépenses en matériels de transport (-3,4 % après +2,8 %), notamment de voitures neuves. La formation brute de capital fixe (FBCF), c’est-à-dire l’investissement, a diminué de nouveau au premier trimestre 2024 (-0,4 % après -1,0 %), sous l’effet essentiellement du recul de la FBCF en construction (-1,3 % après -1,3 %) et en biens d’équipement (-1,7 % après -1,7 %). Les dépenses des administrations publiques restent dynamiques (+0,6 % après +0,4 %). Au total, la demande intérieure finale hors stocks a contribué légèrement à la croissance du PIB ce trimestre (+0,1 point après 0,0 point). Les exportations ont progressé un peu plus vite au cours du premier trimestre 2024 (+1,2 % après +1,0 %). Elles sont portées par le rebond des exportations de produits agricoles, de matériels de transport et des  « autres produits manufacturés ». Quant aux importations, elles se sont accrues de 0,4 % après -1,7 %, soutenues par les importations de pétrole raffiné et de matériels de transport. Au total, la contribution du commerce extérieur à l’évolution du PIB a été positive au premier trimestre 2024 (+0,2 point après +1,0 point). La contribution des variations de stocks à l’évolution du PIB a été de nouveau négative ce trimestre (-0,2 point après -0,7 point au quatrième trimestre 2023).

Le revenu disponible brut (RDB) des ménages en euros courants a continué de progresser au premier trimestre avec une hausse de 1,2 %, après +1,3 % au trimestre précédent. Les prestations sociales sont en hausse de +2,5 % après +1,3 %, en lien avec la revalorisation des retraites de base au 1er janvier. En revanche, la masse salariale reçue par les ménages a progressé moins vite  (+0,5 %, après +1,2 %) avec le contrecoup du versement, au trimestre précédent, de la prime de pouvoir d’achat des fonctionnaires. Les impôts versés par les ménages ont augmenté de +2,2 % après -1,2 %, du fait de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sur les revenus du capital. Dans le même temps, le prix de la consommation des ménages a augmenté de +0,6 % après +0,3 %). Le pouvoir d’achat du RDB des ménages a augmenté de 0,6 % après +1,0 % au quatrième trimestre 2023. Mesuré par unité de consommation pour être ramené à un niveau individuel, il a progressé de 0,5 %, après +0,8 %.

Le taux d’épargne des ménages a, de son côté, augmenté de nouveau, leur consommation en volume croissant moins que leur pouvoir d’achat. Il s’est élevé à 17,6 %, après 17,2 % au quatrième trimestre 2023.

Cercle de l’Épargne – données INSEE

Le nombre total d’heures travaillées en France a diminué au premier trimestre 2024 : -0,1 %, après +0,2 % au trimestre précédent. L’emploi total a, en revanche, continué de progresser (+0,1 % après +0,1 %), mais le nombre d’heures travaillées par emploi recule (-0,2 % après +0,1 %), en raison notamment d’un rebond des arrêts maladie.

Au premier trimestre 2024, le taux de marge des sociétés non financières (SNF) a baissé à 32,1 %, contre 33,3 % au trimestre précédent. Ce repli concerne principalement les branches manufacturières. Dans l’énergie, le taux de marge est resté stable et élevé. Le repli reflète la baisse du prix de valeur ajoutée, ainsi que le repli des subventions (en particulier des subventions du dispositif d’aide au paiement des factures d’énergie). En revanche, les impôts sur la production versés par les sociétés reculent, d’une part par contrecoup de la hausse de la taxe foncière au trimestre dernier, et d’autre part du fait d’une nouvelle baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).

Au premier trimestre 2024, le besoin de financement des administrations publiques (APU) a baissé de 0,3 point de PIB. Il s’élevait à 5,6 % du PIB après 5,9 % au quatrième trimestre 2023.

Premier trimestre encourageant pour les entreprises européennes

Malgré la faible croissance économique, les entreprises ont amélioré leurs résultats de 9 % au cours du premier trimestre par rapport au dernier trimestre de l’année dernière. Les annonces des grandes entreprises cotées ont conduit à la hausse des indices « actions » des différentes places européennes. À Paris, le CAC 40 a ainsi, augmenté de 7,4 %  lors des trois premiers mois de l’année. À Francfort, le DAX s’est apprécié de plus de 12 %, tout comme l’indice paneuropéen Euro Stoxx 50. Ce dernier a connu l’un de ses cinq meilleurs démarrages sur ces 25 dernières années.

Les profits restent néanmoins en retrait sur un an mais une partie de l’écart enregistré à la fin de l’année dernière a été comblé. Les perspectives de croissance des profits 2024 sont en nette amélioration. La baisse des profits sur un an est, en grande partie, imputable aux entreprises du secteur de l’énergie (dont les pétrolières). La baisse des cours, en 2023, explique ce recul. Ces entreprises avaient dégagé des bénéfices exceptionnels jusqu’au premier trimestre 2023.

Au premier trimestre, les entreprises malgré de faibles évolutions des ventes ont réussi à maintenir leurs marges. Ces dernières ont atteint plus de 11 %, hors secteur de l’énergie, selon la Société Générale. Les entreprises réagissent de plus en plus rapidement aux fluctuations de la demande, afin de maintenir leur rentabilité. Au premier trimestre, les entreprises financières et de la santé ont porté les indices « actions ». Pour les prochains mois, les chefs d’entreprise sont relativement confiants. Ils s’attendent à une légère reprise de la consommation en Europe. Ce regain d’optimisme s’est traduit par une hausse des dividendes et des annonces de rachats d’actions. À ce titre, 70 % des programmes annoncés restent à exécuter, ce qui pourrait soutenir les indices boursiers européens d’ici la fin de l’année.

Les indicateurs avancés « PMI » sont en hausse pour la zone euro. Les investisseurs attendent la baisse prochaine des taux directeurs de la BCE. Néanmoins, plusieurs signaux appellent à la vigilance. Le secteur du luxe, après avoir connu trois années d’expansion rapide, marque le pas, les consommateurs chinois et américains réduisant leurs achats. Les marges pourraient s’éroder avec la multiplication des revendications salariales surtout en période d’absence de gains de productivité. La croissance des salaires est désormais supérieure à l’inflation. Les cours élevé des actions commence à inquiéter en particulier aux États-Unis où certains prévoient un net ralentissement de la croissance.

Le Coin des Epargnants du samedi 25 mai 2024 : en attendant toujours la baisse des taux directeurs

Prudence, prudence….

Cette semaine, le CAC 40 a baissé de 0,9 % après un  recul, la semaine dernière, de 0,6 %.  L’attentisme est de mise en Europe avec des interrogations sur la sortie de la stagnation et le redécollage de l’industrie. A Wall Street, S&P 500 et le Nasdaq Composite ont battu de nouveaux records jeudi 23 mai, à respectivement 5 341,88 points et 16 996,38 points, dans le sillage de l’envolée des fabricants de microprocesseurs pour l’Intelligence Artificielle. Les bons résultats des entreprises poussent vers le haut le cours des actions mais ce qui n’a pas empêché la baisse sur la semaine du Dow Jones. Les interrogations sur la baisse des taux directeurs ont pesé une fois de plus sur les marchés « actions ».

Un report de la première baisse des taux directeurs aux Etats-Unis ?

Aux Etats-Unis, l’indice de confiance du consommateur, calculé par l’Université du Michigan, a reculé à 69,1 points  en mai, contre 77,2 en avril. « Le moral des ménages a baissé d’environ 10%, après trois mois consécutifs de très faible variation, note l’Université du Michigan. Cette baisse de 8,1 points est statistiquement significative et porte le sentiment à son niveau le plus bas depuis environ cinq mois ». Les perspectives à un an de la conjoncture se dégrade, le consommateur se déclarant également préoccupé par le marché de l’emploi. Il s’attend à une hausse du taux de chômage et à un ralentissement des revenus. Les prévisions d’inflation à un an ont légèrement augmenté, passant de 3,2 % le mois dernier à 3,3 % ce mois-ci, restant au-dessus de la fourchette de 2,3 % à 3 % observée au cours des deux années précédant la pandémie ». Les prévisions d’inflation à long terme, elles, sont stables à 3% pour le deuxième mois consécutif, toujours au-delà, là encore de la fourchette de 2,2%-2,6 % qui prévalait durant les deux années pré-Covid. Ces chiffres ne devraient pas lever les incertitudes sur la baisse des taux directeurs par la FED. Ces derniers jours, plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine  ont tenté de calmer les ardeurs du marché et de le ramener à plus de raison sur le rythme du desserrement monétaire. La banque d’affaires Goldman Sachs estime que la première réduction des taux pourrait n’intervenir qu’en septembre en lieu et place de juillet. Les taux d’intérêt des obligations d’Etat sont restés stables durant la semaine, preuve de la force de l’attentisme.

L’or porté vers les sommets par les banques centrales

L’or a battu un nouveau record, lundi 20 mai, à 2 350 dollars l’once avant de redescendre en fin de semaine. De son côté, l’argent est monté au-delà de la barre des 30 dollars l’once, au plus haut depuis 2012. L’or est toujours en phase ascendante en raison des tensions géopolitiques persistantes et des achats des banques centrales. Certains experts prévoient que l’once pourrait atteindre dans l’année 3000 dollars. L’or demeure une valeur refuge. Les tensions au Proche et Moyen Orient contribuent ainsi à sa hausse. La mort du président iranien dans un accident d’hélicoptère en fin de semaine dernière est source d’incertitudes. Par ailleurs, le lancement par les Houthi d’un missile contre un pétrolier à destination de la Chine a également contribué à augmenter les achats de précaution. L’or est également porté par la demande des banques centrales. En 2022 et en 2023, ces dernières ont acheté plus de 1 000 tonnes d’or. Durant le premier trimestre 2024, les achats sont restés massifs. Ces achats sont réalisés dans un souci de diversification des actifs de réserve et pour certains pays dans un but de dédollarisation. L’or représente désormais plus de 5 % des actifs de réserve de la Chine. Par ailleurs, les ménages de ce pays acquièrent de plus en plus d’or en raison de la forte chute des valeurs mobilières et immobilières. Sachant que les Chinois épargnent 40 % de leurs revenus, ils disposent d’importantes liquidités pour acheter de l’or. L’argent suit traditionnellement le cours du métal jaune mais, en outre, il bénéficie d’une forte demande industrielle. Il est en effet utilisé pour la fabrication de panneaux photovoltaïques. La demande d’argent en tant que matière première n’est pas sans limite car il existe des métaux de substitution qui pourraient s’avérer moins onéreux en cas de poursuite de la hausse de son cours. En 2011, quand les prix sont montés à 50 dollars l’once, la quantité d’argent utilisée dans les panneaux solaires a diminué de 80 %.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
24 mai 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 094,97-0,89 %7 543,186 471,31
Dow Jones39 069,59-2,38 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 304,72+0,02 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 920,80+1,36 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 694,42-0,12 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 317,59-118 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 064,14-0,39° %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)5 035,41-0,68 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 088,87-2,07 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,072 %+0,075 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,581 %+0,070 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,473 %+0,073 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0848-0,16 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 334,71-3,51 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars82,16-2,81  %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le Coin de l’Epargne du samedi 18 mai 2024 : Les Etats-Unis, la course toujours en tête

Consolidation à un haut niveau

Après une pluie de records la semaine dernière, les investisseurs ont opté pour la prudence et la consolidation en ce milieu du mois de mai. Plusieurs données chinoises ont pesé sur les cours. En avril, si la production industrielle a progressé de 6,7 % sur un an, les ventes de détail, n’ont connu qu’une croissance de 2,3 %, contre + 3,1 % le mois précédent, et un consensus à 3,7%. L’économie chinoise reste toujours handicapée par l’atonie de la consommation et la multiplication des sanctions commerciales à son encontre.

Aux Etats-Unis, les interrogations sur la date de la baisse des taux directeurs par la FED demeurent. Si quelques signes prouvent un ralentissement de l’inflations sous-jacente, plusieurs responsables des banques centrales des Etats appellent à la prudence. Malgré tout, le Dow Jones pour la première fois de son histoire a franchi cette semaine la barre des 40 000 points. Sur la semaine, cet indice a progressé de 1,2 %.

Dans ce contexte, les grands indices boursiers européens ont légèrement reculé cette semaine. Le CAC 40 a évolué à une centaine de points de son record inscrit il y a tout juste une semaine et a perdu 0,7 % sur la semaine. Mercredi 15 mai, le Nasdaq a également touché un plus haut et a augmenté de plus de 2 % sur la semaine. Les valeurs américaines bénéficient toujours de l’engouement des investisseurs pour l’intelligence artificielle.

Le prix du pétrole a été hésitant sur la semaine. L’Agence Internationale de l’Energie a prévu une faible progression de la demande mais dans le même temps, la baisse de l’inflation laisse présager une baisse des taux directeurs des banques centrales, synonyme de reprise de l’économie. Le baril de Brent a terminé la semaine autour de 83 dollars en hausse de 1 % sur la semaine.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
24 mai 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 167,50-0,63 %7 543,186 471,31
Dow Jones40 003,59+1,17 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 303,27+1,31 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 685,97+2,10 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 707.28-0,32 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 420,26-0,07 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 064,14-0,39° %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 787,38+1,81 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 130,24-1,02 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,007 %-0,013 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,511 %-0,009 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,406 %-0,102 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0870+0,87 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 408,23+1,36 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars83,64+0,96  %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Les Français en mode épargne

Fin 2023, selon la Banque de France, le patrimoine des ménages a atteint 6 185,5 milliards d’euros, contre 5 848,3 milliards d’euros en 2022. Cette augmentation est imputable aux flux de placements financiers (+109,5 milliards d’euros) et à l’appréciation des actifs (+227,8 milliards d’euros). En 2022, les flux de placements avaient plus importants (+166 milliards d’euros), mais la valeur des actifs avait reculé en lien avec les résultats en retrait des marchés « actions » (-310,5 milliards d’euros). Les flux nets d’épargne en 2023 ont été de 109 milliards d’euros en recul par rapport à 2022 (166 milliards d’euros). Les flux nets retrouvent quasiment leur niveau d’avant pandémie (111 milliards en 2018 et 100 milliards en 2019).

Un moindre recours à l’endettement pour financer les investissements

Les flux d’épargne brut demeurent élevés : 315 milliards d’euros en 2023, contre 291,7 milliards d’euros en 2022. Les ménages ont investi pour 173,7 milliards d’euros, essentiellement dans l’immobilier. La baisse avec 2022 est faible (62,7 milliards d’euros). Ils ont eu recours à des apports personnels plus importants pour investir afin d’être moins exposés à la hausse des taux. Les ménages ont réduit, en effet, en 2023, leur recours à l’endettement. Les flux d’endettement n’ont été que de 21,2 milliards d’euros contre 83,2 milliards d’euros en 2022. Pour le seul quatrième trimestre 2023, le flux d’endettement a été de 1,6 milliard d’euros quand la moyenne trimestrielle entre 2013 et 2023 est de 13,3 milliards d’euros.

Une préférence marquée pour le produits de taux

Le patrimoine financier des ménages est composé de 3 736,3 milliards d’euros de produits de taux et de 2 379,6 milliards d’euros de produits de fonds propres.

L’encours des produits de taux est en hausse en raison du succès de l’épargne réglementée. Les flux nets sur un an au quatrième trimestre 2023 ont été de 74,2 milliards d’euros contre 77,7 milliards d’euros au troisième trimestre. Les flux ont été négatifs pour le numéraire et les dépôts à vue, en 2023, de 48,4 milliards d’euros. À fin 2023, l’encours du numéraire et des dépôts à vue s’élevait à 751 milliards d’euros. Les ménages ont réduit les liquidités placées sur leurs dépôts à vue pour les réaffecter essentiellement sur les produits d’épargne réglementée. Sur un an, les flux de l’épargne réglementée ont atteint 61,4 milliards d’euros au quatrième trimestre 2023, contre 63,7 milliards d’euros en troisième trimestre. Au quatrième trimestre 2023, l’encours de l’épargne réglementée a atteint 935,5 milliards d’euros.

Les flux en faveur des contrats à terme et des livrets bancaires demeurent positifs en 2023 (+42,2 milliards d’euros au quatrième trimestre sur un an, contre 40,9 milliards d’euros au troisième trimestre). Ce résultat est imputable à la croissance des contrats à terme qui bénéficient de taux attractifs supérieurs à 3 % en lien avec la hausse des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne.

Les flux au profit des fonds euros de l’assurance vie et de l’épargne retraite ont été faibles : +3,6 milliards d’euros sur un an au quatrième trimestre 2023. Ce résultat positif est à mettre au crédit de l’épargne retraite, les fonds euros de l’assurance vie étant en décollecte. L’encours des fonds euros de l’assurance vie et de l’épargne s’élevait à 1482,7 milliards d’euros au quatrième trimestre 2023.

Les flux nets en faveur des produits de fonds propre sur un an au quatrième trimestre 2023 se sont élevés à 37,5 milliards d’euros, contre 52,6 milliards d’euros au troisième trimestre. Les unités de compte de l’assurance vie et des produits d’épargne retraite ont enregistré un flux net de 26,7 milliards d’euros sur un au quatrième trimestre 2023, contre 31,6 milliards d’euros sur un an au troisième trimestre 2023. Toujours en 2023, les flux en faveur des actions cotées ont été négatifs de 12,1 milliards d’euros sur un an au quatrième trimestre.

Un taux d’épargne toujours élevé en France

Le taux d’épargne des ménages en France reste supérieur à son niveau d’avant crise sanitaire. Selon la Banque de France, il s’est élevé au quatrième trimestre 2023 à 17,5 % du revenu disponible brut en France, contre 15,2 % au quatrième trimestre 2019. Les ménages allemands sont ceux qui épargnent le plus en Europe (20,4 %) et quand ceux d’Italie ne mettent que 9 % de leurs revenus de côté.

Cercle de l’Épargne – Banque de France – Eurostat

Premiers résultats pour 2024

Selon la Banque de France, les premières données du premier trimestre 2024 soulignent une poursuite du mouvement de décollecte sur les dépôts à vue                                (-10 milliards après -16,3 milliards au quatrième trimestre), un flux faiblement positif sur l’épargne réglementée, et un net rebond de l’assurance vie en UC (+12,5 milliards).

Le Coin des Epargnants du 11 mai 2025 : une pluie de records sur les marchés

Pluie de records sur les marchés « actions »

Cette semaine, les espoirs de reprise de la croissance en Europe et de baisse prochaine des taux directeurs ont porté les indices des grandes places financiers vers les sommets.  En cinq jours, le CAC 40 a gagné plus de 3,5 %. Vendredi 10 mai, le CAC 40 a battu en séance son record du 28 mars dernier à 8 259 points. Toujours vendredi, il a atteint son plus haut niveau jamais constaté en clôture qui datait, également du  28 mars à 8 219 points (ancien record 8 206 points). Les autres indices sont sur la même longueur d’onde, le Stoxx 600, l’indice large de référence ai niveau européen, a battu un nouveau record tout comme l’indice allemand Daxx ou celui de Londres, le Footsie. Les indices américains ont enfin enregistré une nouvelle progression hebdomadaire, +1,9 % pour le S&P 500 et +1,11% pour le Nasdaq.

Ces records interviennent à la fin de la saison de la publication des résultats du premier trimestre des entreprises, résultats qui ont indéniablement rassurés les investisseurs. Ces derniers estiment, par ailleurs, que la baisse des taux directeurs aux Etats-Unis est désormais envisageable compte du tenu du ralentissement des créations d’emploi. Les inscriptions au chômage ont augmenté cette semaine à leur niveau le plus élevé depuis août 2023, le nombre d’emplois disponibles se réduit et la progression des salaires (+3,9 %) désaccélére. La baisse des taux reste néanmoins conditionnée à celle de l’inflation sous-jacente. En Europe, la Banque d’Angleterre a confirmé une prochaine première baisse des taux qui pourrait intervenir en juin comme pour la Banque centrale européenne.

Signe d’une reprise de l’activité, les exportations allemandes en mars ont progressé de 0,9 % sur un mois, selon Destatis, l’agence statistique fédérale. Cette progression a surpris car une contraction était attendue. La hausse a été de 0,5 % pour les exportations à destination de l’Union Européenne et de 1,3 % pour celles vers le reste du monde et notamment les Etats-Unis qui restent le premier client de Berlin. Dans le même temps, les importations ont progressé de seulement 0,3 %, permettant à l’excédent commercial allemand d’atteindre 22,3 milliards d’euros.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
10 mai 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 219,14+3,24 %7 543,186 471,31
Dow Jones39 512,84+2,13 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 222,68+1,90 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 340,87+1,11 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 756,86+4,26 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 433,76+2,70 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 085,08+3,30° %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 229,11-0,42 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 154,55+1,63 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+3,020 %+0,028 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,520 %+0,026 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,508 %+0,003 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0779+0,29 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 369,13+2,73 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars83,11+0,48  %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du samedi 4 mai 2024 : l’emploi américain se calme

Emploi, le début d’un ralentissement aux Etats-Unis ?

En avril, les entreprises américaines ont créé moins d’emplois que les mois précédents. Le nombre de postes non agricoles créés en avril n’a été que de 175 000, soit moins que les 240.000 anticipés en moyenne par les économistes interrogés par l’agence Bloomberg et les 315.000 de mars. Le taux de chômage a diminué de 0,1 point à 3,9%. La croissance du salaire horaire moyen a ralenti passant de 4,1% à 3,9% sur un an, contre 4% attendu. Si un marché du travail solide est une bonne nouvelle pour les employés, les tensions liées aux pénuries de main-d’œuvre depuis près de trois ans contribuent à alimenter l’inflation. Les résultats du mois d’avril sont une bonne nouvelle pour ceux qui espèrent une baisse prochaine des taux directeurs. Mercredi 1er mai, sans surprise, la FED a laissé inchangé ses taux à leur plus haut niveau depuis plus de 20 ans, dans la fourchette de 5,25 à 5,50%. Son Président, Jerome Powell, a indiqué que « l’inflation a considérablement diminué au cours de l’année écoulée tandis que le marché du travail est resté solide, ce qui est une très bonne nouvelle, mais elle reste néanmoins trop élevée ». L’idée est que les taux devraient baisser avant l’élection présidentielle du mois de novembre…. Les taux des obligations souveraines se sont détendus avec l’annonce de l’emploi américain. Le taux de l’obligation à 10 ans est revenu à 4,5 % quand elle dépassait 4,6 % la semaine dernière. Le taux de l’OAT à 10 ans est passé en-dessous des 3 %.

Cercle de l’Epargne – données Département du Travail américain

Les investisseurs ont réagi favorablement aux résultats de l’emploi américain, les indices actions reprenant quelques couleurs vendredi après avoir perdu du terrain en début de semaine. Le CAC 40 à 7 957,57 points a enregistré lors des cinq dernières séances une baisse de 1,2 %. En revanche, les indices américains ont réussi à conclure une nouvelle semaine de hausse. Le cours du baril de pétrole (Brent) a baissé de 6 % cette semaine du fait du ralentissement de la demande en lien avec la faible croissance mondiale. L’Agence Internationale de l’Energie a indiqué que les stocks étaient à des niveaux élevés.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
3 mai 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 957,57-1,19 %7 543,186 471,31
Dow Jones38 675,68+1,14 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 127,79+0,65 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 156,33+1,44 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 17 993,69-1,04 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 213,49+0,83 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 921,48-1,20° %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 236,07+0,79 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 104,82+0,52 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,992 %-0,072 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,494 %-0,084 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,505 %-0,167 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0770+0,66 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 293,97-1,82 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars83.25-6,77  %77,1384,08
Cercle de l’Epargne

10 millions de Plans d’Epargne Retraite

En 2023, le Plan d’Épargne Retraite a franchi deux seuils, celui des 10 millions de titulaires et celui des 300 milliards d’euros d’encours. Quatre ans après son adoption, le PER connaît une croissance rapide en partie grâce aux transferts des anciens produits. Les résultats des prochaines années permettront d’apprécier le dynamisme réel de ce produit. Les enquêtes réalisées par le Cercle de l’Épargne semblent prouver l’existence d’une réelle appétence des épargnants à son égard.

Chiffres du PER en 2023
Nombre total de PER souscrits10.00 millions
Nombre de PER assurantiels (assurance-vie)5,50 millions
Nombre de PER bancaires (compte-titres)4,50 millions
Encours total sur les PER (tous confondus)102.80 Mds d’euros
Encours sur les PER Individuel (compartiment 1)59,9 Mds d’euros
Encours sur les PER entreprise (compartiment 2)23,4 Mds d’euros
Encours sur les PER obligatoire (compartiment 3)19,5 Mds d’euros
Encours total sur les PER assurantiels77.8 Mds d’euros
Encours total sur les PER bancaires25 Mds d’euros
Encours moyen par PER10.280 €
(source : Gouvernement, France Assureurs, FranceTransactions.com, en date du 31 décembre 2023)

Le segment individuel du PER est le plus important avec un encours, fin 2023, de 59,9 milliards d’euros. Ce segment a bénéficié d’importants transferts en provenance d’anciens contrats PERP, Madelin ou Préfon. Le segment 2 en lien avec l’épargne salariale comptabilisait un encours de 23,4 milliards d’euros et le segment 3 (retraite supplémentaire obligatoire d’entreprise) clôt la marche avec un encours de 19,5 milliards d’euros.

L’inquiétude des Français face à l’avenir du système de retraite conduit au succès du PER. Près de trois quarts d’entre eux (enquête Cercle de l’Épargne de 2023) estiment que leurs pensions ne leur permettront pas de vivre correctement lorsqu’ils seront à la retraite. Cette crainte est amplement partagée par toutes les catégories de ménages. Plus d’un Français sur deux déclarent épargner en vue de la retraite. Le Plan d’Épargne Retraite se place désormais parmi les produits les plus attractifs, après l’assurance vie et les livrets, pour préparer sa retraite, devançant désormais l’immobilier. La déduction fiscale à l’entrée et la sortie possible en capital expliquent également son succès.

Le Coin des Epargnants du samedi 27 avril 2024 : La France touchée mais pas dégradée

La France sauve sa note

Déficit public plus élevé que prévu, croissance plus faible qu’estimée, les agences de notation avaient de la matière pour réviser à la baisse de la France mais Ficht comme Moodys ne l’ont pas fait en prenant en compte d’autres critères économiques et financiers.

La France a perdu son premier  triple A en 2012 (Standard & Poors). En janvier 2013, elle n’est plus triple A pour aucune des agences Depuis, elle a reculé dans le classement des bons Etats tout en restant parmi les meilleures signatures. Lors de sa dernière révision en 2023, Moody’s a attribué la note Aa2 à la France, soit le 3e cran le plus élevé (après Aaa et Aa1), qui correspond à une « qualité haute » de la dette. Fitch Ratings a attribué la note « AA –« , soit le 4e cran le plus élevé, qui correspond là aussi à une « qualité haute ». Pour chacune des deux agences, cette note s’accompagne d’une perspective « stable ». Cette mention indique une probabilité faible que la note soit réévaluée à la baisse ou à la hausse lors de la révision suivante. En revanche, S&P avait lors de sa dernière révisions accolé une perspective négative à son AA (« qualité haute »)

En 2023, le déficit public a été de 5,5 % du PIB, contre 4,9 % espéré ; en 2024, la croissance ne devrait pas dépasser 1 % quand le projet de loi de finances a été bâti sur un taux de 1,4 %. Dans ce contexte, le gouvernement a dû admettre que le déficit public, en 2024, serait de 5,1 % du PIB et non de 4,4 %. Face au risque de dérive des comptes publics, le Ministre des Finances a promis la réalisation de 20 milliards d’euros d’économies. Moodys et Ficht ont pris en compte les réformes engagées ces dernières années en particulier celles qui concernent le marché de l’emploi. Plus d’actifs au travail signifie plus de croissance et plus de recettes publiques. Le prochain rendez-vous est désormais fixé en mai avec la note de S&P. Quoi qu’il arrive, la France reste une signature recherchée en Europe. L’Etat a la capacité de lever des emprunts et de les rembourser. Il peut compter sur un système fiscal efficace et sur un taux d’épargne élevé.

Des marchés veulent croire à la reprise

Les indices « actions » continuent sur leur lancée de la semaine dernière en progressant faiblement. L’indice parisien, le CAC 40, a été porté par TotalEnergies et Saint Gobain. Les investisseurs estiment que le plus dur du ralentissement de la croissance est passé. Une reprise est espérée pour la seconde partie de l’année avec notamment un rebond de la construction. TotalEnergies profite de la bonne tenue du cours du pétrole. La compagnie pétrolière française a enregistré un bénéfice de 5,7 milliards de dollars au premier trimestre, soit en hausse de 3 % par rapport aux trois premiers mois de 2023. Les dirigeants de TotalEnergies réfléchissent éventuellement pour sortir du marché financier français au profit d’une cotation à Wall Street. Cette réflexion est liée au poids croissant des actionnaires américains et au fait que les investisseurs européens se détournent des entreprises en lien avec les énergies fossiles.

Les indices américains ont repris, de leur côté, leur marche en avant les investisseurs étant rassurés par le ralentissement de la croissance qui rend possible une prochaine réduction des taux directeurs. Le taux d’intérêt des obligations souveraines continuent d’augmenter. L’écart entre la France et l’Allemagne pour les taux à 10 ans reste stable (0,5 point de pourcentage).

Inflation américaine, une lecture plurielle des résultats

L’indice des prix américain « PCE » a augmenté de 0,3 % sur un mois en mars et de 2,7% sur un an. En écartant l’alimentation et l’énergie, cette mesure d’inflation sert d’indicateur de référence par la Réserve fédérale pour l’élaboration de sa politique monétaire. En rythme annuel, cet indice est en hausse de +2,8 %. C’est 0,1 point de pourcentage de plus que les chiffres du consensus pour la variation annuelle, mais conforme aux anticipations entre février et mars. Compte tenu de l’évolution de ces derniers mois, ce résultats de mars est presque une bonne nouvelle. L’ensemble du premier trimestre a été néanmoins marqué par une accélération de l’inflation sous-jacente (+3,7 % contre +3,4 % attendu). Au vu de ces résultats, la lutte contre l’inflation n’est pas finie mais la situation apparaît globalement maîtrisée. Si la détente monétaire mettra plus du temps à se matérialiser, elle ne semble pas être reportée sine die.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
26 avril 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 088,24+0,60 %7 543,186 471,31
Dow Jones38 239,66+0,81 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 099,96+2,79 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite15 927,90+4,41 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 166,91+1,77 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 139,83+3,09 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 006,85+1,8° %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)37 934,76+1,51 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 087,53-0,40 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+3,064 %+0,059 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,578 %+0,083 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,672 %+0,066 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0707+0,36 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 339,74-2,06 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars89,35+2,54 %77,1384,08

Cercle de l’Épargne

Pour une relance du marché unique européen

Jeudi 18 avril, Enrico Letta, l’ancien Président du Conseil italien, a remis un rapport sur l’avenir du marché unique européen qui assure en théorie depuis 1993 la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux au sein des États membres.

Le rapport Letta insiste sur la nécessité d’un « marché financier européen plus intégré et plus robuste », « essentiel pour exploiter le plein potentiel » économique de l’Union. Il suggère une « union de l’épargne et des investissements » afin de retenir en Europe les flux de capitaux. À cette fin, il préconise une harmonisation réglementaire, la création d’un produit d’épargne de long terme européen, un garantie publique européenne pour soutenir l’investissement dans la transition écologique, des réformes pour favoriser les partenariats public-privé, le développement de la titrisation, la création d’une Bourse européenne pour les start-up de la « Deep Tech » (intelligence artificielle, quantique, biotechnologie). Ces idées sont amplement partagées par Bruno Le Maire, le ministre de l’économie français, mais ne font pas consensus au sein des 27 États membres, aucune avancée sur ce sujet n’ayant été enregistrée depuis dix ans. Le rapport demande également de rediriger une partie des aides publiques accordées aux entreprises par les États membres vers « le financement d’initiatives et d’investissements paneuropéens ». Actuellement, les États membres pratiquent une surenchère au niveau des aides pour attirer des entreprises. Dans le projet d’Enrico Letta, ils seraient contraints de consacrer « une portion » de leurs aides vers des financements européens. L’objectif serait la mise en œuvre d’une politique industrielle européenne cohérente. Le rapport souligne que des progrès doivent notamment être réalisés au niveau des télécommunication et l’énergie. Dans le domaine des télécommunications, le marché n’a pas été réellement unifié et prend la forme de 27 marchés nationaux. Cette « fragmentation » freine la croissance des opérateurs paneuropéens et les pénalise face à la concurrence internationale. Elle génère des surcoûts pour les entreprises et les ménages. L’Europe compte plus de 100 opérateurs téléphoniques ayant en moyenne 5 millions d’abonnés. Aux États-Unis, le nombre moyen d’abonnés est de 107 millions. En Chine, ce nombre avoisine les 500 millions. Dans l’énergie, la faiblesse de la concurrence se traduit par des divergences de prix entre les États. Les réseaux sont insuffisamment interconnectés. Enrico Letta préconise la réalisation d’investissements financés par l’émission d’obligations européennes vertes.

Des progrès sont nécessaires sur le terrain de la défense. Si l’ensemble des budgets cumulés en la matière atteignent 240 milliards d’euros, soit un niveau proche de celui de la  Chine (275 milliards) et trois fois supérieur à celui de la Russie, il reste néanmoins inférieur à celui des États-Unis, près de 850 milliards de dollars.

L’Union européenne souffre d’un sous-investissement chronique en matière d’équipements militaires. 80 % de ceux qui ont été fournis à l’Ukraine, depuis le début du conflit, ont été achetés en dehors de l’Union. Enrico Letta demande « un soutien direct à travers le budget de l’Union » pour financer des initiatives communes de R&D et d’achats communs. Il souhaite la création d’un marché commun pour l’industrie de défense.

En France, Christian Noyer, ancien Gouverneur de la Banque de France, a présenté un rapport sur la nature des principaux obstacles à lever pour mieux mobiliser les investissements privés dans la transition écologique et numérique de l’Europe. Comme Enrico Letta, il plaide en faveur d’un marché unique des capitaux européens. Le marché des capitaux en Europe est sous-dimensionné. Pour être concurrentiel au niveau mondial, il devrait s’accroître de 60 %. Le rapport Noyer préconise le développement d’un produit d’épargne paneuropéen de long terme. Ce produit devrait avoir les caractéristiques suivantes : déblocage au moment du départ à la retraite ou à l’occasion de certains évènements de la vie, souscription au sein de l’entreprise avec abondement possible de l’employeur, octroi d’avantages fiscaux, allocation de l’épargne avec 80 % en supports d’actifs européens. Comme Enrico Letta, l’ancien gouverneur propose de faciliter la titrisation. Cette pratique financière permet de transformer des créances ou des prêts détenus par une banque en titres financiers négociables. Cette opération libère le bilan des établissements bancaires, ce qui leur permet de redéployer leurs fonds propres. Le rapport Noyer propose aussi d’assouplir le cadre réglementaire et prudentiel des banques et des compagnies d’assurances en revoyant les directives en vigueur. Les grandes zones économiques sont plus souples que l’Europe ce qui leur permet d’attirer plus facilement des capitaux. Christian Noyer se prononce également en faveur d’une supervision unique des marchés de capitaux européens. L’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) n’a actuellement que des pouvoirs limités. Sa gouvernance devrait être revue, avec la création d’un comité exécutif composé d’un nombre restreint de membres permanents.

Le rapport Noyer insiste enfin sur la nécessité d’améliorer le fonctionnement du « post-marché » (les opérations qui sécurisent et valident une transaction boursière) dans la mesure où la chaîne de traitement des opérations sur titres fait intervenir en Europe bien plus d’acteurs qu’aux États-Unis.

1110 milliards de dollars de rachats d’actions

En 2023, les rachats d’actions se sont élevés à 1 110 milliards de dollars dans le monde, selon l’étude annuelle réalisée par le gérant Janus Henderson,  en baisse de 14 % sur un an. Cette contraction est imputable aux entreprises américaines et en premier lieu à celles du secteur de la haute technologie. L’année dernière Apple a réduit  ses rachats d’actions d’un septième, et Microsoft et Meta d’un tiers. Néanmoins, Apple a dépensé 77,6 milliards de dollars pour racheter ses propres titres, représentant 10 % des montants engagés à Wall Street. La hausse des taux d’intérêt  a pesé sur les rachats qui sont souvent réalisés par emprunts.

Aux États-Unis comme ailleurs dans le reste du monde, les opérations de rachat d’actions demeurent concentrées. 45 entreprises ont réalisé la moitié des dépenses mondiales l’an dernier en matière de rachat d’actions. En France, BNP Paribas et TotalEnergies ont été à l’origine de plus de la moitié des rachats d’actions, plus de 9 milliards de dollars  pour chacune d’entre elle sur un total de 33 milliards de dollars. Ces opérations appréciées des investisseurs donnent lieu à une contestation croissante de la part des pouvoirs publics et des populations. Des projets  sont en cours pour en augmenter les coûts ou pour les limiter. Les rachats d’actions sont critiqués car ils favoriseraient les actionnaires au détriment des salariés et des consommateurs. Ils contribuent à financer indirectement d’autres entreprises. Les gains réalisés par les actionnaires peuvent être investis dans des sociétés en forte croissance. Ces rachats participent à la dynamisation des places financières. Ils ont, en revanche, comme inconvénients de réduire le nombre d’actions disponibles. En raison de la faiblesse des émissions, les rachats en Europe, qui ont porté sur 210 milliards de dollars en 2023, ont amené à la plus forte réduction du nombre d’actions de ces trente dernières années. Ils ont conduit a contrario à l’amélioration du rendement des actions européennes, 5 % soit un point de plus que celui constaté aux États-Unis selon S&P 500. Cet écart est une bonne nouvelle pour l’attractivité des places financières européennes.

Le Coin des Epargnants du 20 avril 2024 : avis de fraicheur

Les frimas du printemps

Après un hiver clément, le printemps se révèle pour le moment agité pour les marchés financiers. Entre les doutes sur le calendrier des baisses des taux directeurs et la persistance des tensions internationales, les investisseurs jouent la prudence tout en conservant leur flegme. Ils engrangent doucement les plus-values enregistrées depuis six mois. Les indices « actions » sont stables comme à Paris et en léger recul comme en Allemagne. Aux Etats-Unis, le Nasdaq a connu un recul de près de 6 points sur la semaine en raison du recul de l’action de Netflix et de celles du secteur des microprocesseurs. Les investisseurs n’ont pas été convaincus par les annonces de la poursuite de la croissance dans le secteur de l’information et de la communication, voire commencent à exprimer de légers doutes sur le potentiel de l’intelligence artificielle.

Les investisseurs n’ont pas surréagi aux explosions à Ispahan en Iran créditées à Israël. Les deux pays montrent avant tout leurs muscles dans le cadre d’un savant ballet diplomatique.  Sur la semaine, le cours du baril a baissé et est repassé en-dessous des 90 dollars, laissant suggérer que les marchés ne croient pas réellement à un embrasement du Proche et Moyen Orient.

Du côté des Etats-Unis, de nouvelles mesures protectionnistes ont été adoptées. La décision de Joe Biden de taxer les aciers chinois n’est pas sans lien avec la campagne électorale mais contribue un peu plus à freiner les échanges mondiaux. Les investisseurs s’inquiètent également du risque de surchauffe de l’économie américaine, synonyme d’inflation. Ils ont ainsi mal reçu les résultats des ventes au détail de mars aux Etats-Unis en hausse de 0,7 % sur un mois quand les économistes s’attendaient à une hausse de 0,4 %. Dans la semaine, les taux américains à 10 ans ont déjà dépassé les 4,65 %. Leur niveau le plus élevé depuis 2007 en dehors d’une période de six semaines entre octobre et novembre dernier, souligne Jim Reid de Deutsche Bank. « Je reste persuadé qu’il sera extrêmement difficile de faire atterrir sans turbulences ce cycle économique aux Etats-Unis, étant donné que l’on est passé de la plus forte hausse de la masse monétaire depuis la Seconde Guerre mondiale à sa plus forte contraction depuis 1930 ». Les taux des obligations d’Etat à 10 ans sont également en hausse en Europe, le taux français passant au-dessus de la barre des 3 %.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
19 avril 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 023,88+0,14 %7 543,186 471,31
Dow Jones37 986,40-0,25 %37 689,5433 147,25
S&P 5004 967,23-3,15 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite15 282,01-5,65 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 17 742,36-0,83 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 895,85-1,26 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 918,09-0,62 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)37 068,35-6,21 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 065,26+1,52 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+3,005 %+0,139 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,495 %+0,132 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,606 %+0,090 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0659+0,20 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 393,80+1,62 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars87,12-3,22 %77,1384,08

Cercle de l’Épargne

Progression de l’investissement responsable géré en France

À la fin de l’année 2023, l’Investissement Responsable en France a atteint, 2 531 milliards d’euros, selon l’Association Française de gestion (AFG), contre 2 443 milliards d’euros en 2022, en hausse de 5,8 %.

Les encours de l’investissement responsable, en progression continue pour les fonds et les mandats, représentent 59 % des encours gérés en France.

Les 2 531 milliards d’investissement responsable se répartissent de la manière suivante :

  • 1 277 milliards d’euros (+14,3% en un an) dans des fonds de droit français, soit 50% du total ;
  • 953 milliards d’euros dans mandats de gestion, soit 38 % du total ;
  • 301 milliards d’euros dans des fonds de droit étranger, soit 12% du total.
  • 88 milliards d’euros d’encours dans des fonds classés « article 8 » au titre de la « Sustainable Finance Disclosure Regulation » (SFDR) de l’Union européenne.

72 % des encours sont détenus par des institutionnels (fonds ou mandats). Les fonds ouverts aux particuliers sont, malgré tout, en progression.

Les mandats d’investissements responsables sont essentiellement gérés pour des investisseurs institutionnels (97 %) alors que les fonds investissements responsables se partagent entre la clientèle institutionnelle (55 %) et la clientèle des particuliers (45 %).

La part des fonds responsables au sens de SFDR en France progresse. Près des deux tiers des fonds de droits français relèvent désormais des articles 8 et 9 (63 % contre 53 % en 2022).

Le Coin des Epargnants du samedi 13 avril 2024 : Jeu de taux en cours

Statuquo monétaire prolongé ?

Jeudi 11 avril dernier, La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux directeurs inchangés à l’issue de la réunion de son Conseil des Gouverneurs. Le taux de dépôt reste à 4 %, le taux de refinancement à 4,5 % et celui de la facilité de prêt marginal à 4,75 %. Cette décision de statuquo n’est pas une surprise et avait été largement anticipée par les investisseurs. La BCE s’en tient à son calendrier et devrait annoncer sa première baisse de taux le 6 juin prochain, à l’occasion de sa prochaine réunion de politique monétaire. La BCE a indiqué dans son communiqué que si l’analyse des prochaines statistiques renforçaient la « confiance dans la convergence durable de l’inflation vers l’objectif, il serait opportun de réduire le caractère restrictif actuel de la politique monétaire ». En mars, le taux d’inflation de la zone euro s’est élevé à 2,4 % sur un an, contre +2,8 % en janvier. L’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) a également reculé à 2,9 % (son plus bas depuis février 2022), après 3,1 % en février. Le seul point de vigilance pour la BCE demeure les services dont la hausse des prix a cessé de se réduire depuis six mois. L’inflation pour les services se maintient ainsi à 4 %. Cette progression s’explique par la revalorisation des salaires. Aux Etats-Unis, l’inflation dépasse depuis trois mois les prévisions en raison justement des services et des salaires, ce qui a conduit la FED à différer la baisse de ses taux. La BCE suit avec attention l’évolution des prix aux Etats-Unis pour caler sa politique. Une différence de taille est néanmoins à souligner de part et d’autre de l’Atlantique. La croissance américaine est dynamique quand celle de la zone euro est atone. L’indice d’activité « PMI composite » de la zone euro a tout juste dépassé les 50 points en mars, seuil au-delà duquel l’activité est en expansion. En Europe, la croissance est portée l’Espagne et l’Italie, l’Allemagne et la France, eux, restant à la traîne. Les acteurs des marchés monétaires n’anticipaient plus, au maximum, que trois baisses de taux d’un quart de point de la part de la BCE cette année, alors qu’en début de semaine, ils évaluaient à 50 % la probabilité d’une quatrième. Dans le cas de la Banque d’Angleterre, les marchés ne prévoient plus que deux baisses de taux cette année, alors qu’ils en prévoyaient jusqu’à trois il y a quelques jours. Aux Etats-Unis, des voix se font entendre au sujet d’une baisse des taux directeurs reportés au moins de septembre. Sur fond de tensions entre Israël et l’Iran, le cours de l’or a battu de nouveaux records se rapprochant des 2400 dollars l’once. L’euro s’est déprécié sur la semaine tombant à son plus bas niveau depuis le début de l’année. Le dollar a bénéficié des rumeurs de reports de la baisse des taux et des bruits de bottes au Proche Orient en jouant son rôle de valeur refuge. Dans ce contexte, le cours du baril de pétrole (Brent) est resté au-dessus de 90 dollars. Les indices « actions » européens et américains ont perdu du terrain à l’exception de celui de Londres.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
12 avril 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 010,83-0,86 %7 543,186 471,31
Dow Jones37 983,24-2,35 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 123,41-1,79 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 175,09-0,65 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 17 904,15-1,09 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 995,58+1,23 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 955,01-1,32 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)39 523,55+1,36 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 019,47-1,62 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,866 %-0,042 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,363 %-0,033 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,516 %+0,150 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0650-1,77 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 394,21+2,80 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars90,99+0,18 %77,1384,08

Cercle de l’Épargne

Pour l’Union des marchés de capitaux en Europe

La monnaie unique a plus de 25 ans mais elle cherche toujours son marché des capitaux. A la différence des Etats-Unis, l’Union européenne ne bénéficie d’un marché des capitaux unifié qu’en raison de la persistance de réglementations différentes et de l’absence d’une dette mutualisée importante. L’Europe aurait tout à gagner de se doter d’un espace unique des capitaux afin de faciliter le financement de ses entreprises et également mieux rémunérer l’épargne.

Les fédérations des banques françaises et allemandes ont adressé aux ministres de l’économie et des finances des deux pays, Bruno Le Maire et Christian Lindner, une lettre demandant la réalisation de progrès dans l’union des marchés de capitaux. Ils souhaitent que la prochaine Commission européenne s’empare du dossier considérant qu’un marché unifié constituerait un avantage concurrentiel pour les entreprises. Un tel marché augmenterait le volume des capitaux privés disponibles en faveur de l’investissement et permettraient aux banques d’offrir une plus grande variété de produits et de services. La Fédération bancaire française propose que la Banque centrale européenne intègre dans ses missions, l’amélioration de la compétitivité du secteur financier. A cette fin, avec son partenaire allemand, elle réclame la mise en place d’un « cadre juridique européen uniformisé, fondé sur des règles simples et claires, là où des règles nationales différentes nuisent à l’attrait des marchés de capitaux ». Les deux fédérations demandent  par ailleurs une meilleure « rationalisation de la réglementation », jugée « trop étendue et trop stricte », afin de ne pas décourager l’accès aux marchés de capitaux pour les investisseurs. Ils souhaitent une législation plus favorable à la titrisation, législation qui a été durcie après la crise des subprimes en 2008/2009. « La titrisation reste un outil essentiel mais sous-utilisé pour financer l’économie réelle et gérer les risques bancaires », soulignent les deux fédérations. La technique, visant à transformer des actifs peu liquides en titres financier, permet aux banques de libérer du capital pouvant être réinvesti dans de nouveaux projets. Ils proposent d’intégrer la Banque européenne d’investissement (BEI) dans le dispositif, sous la forme d’un garant, « ce qui permettrait d’attirer des investisseurs et de financer l’achat de prêts titrisés ». Cette option rapprocherait l’Europe des Etats-Unis qui peut compter sur des structures financières comme Freddie Mac ou Fannie Mae, permettent aux banques américaines de se défaire de leurs crédits immobiliers.

L’initiative des fédérations bancaires prolonge les déclarations d’Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire en faveur de l’union des marchés des capitaux. En début d’année, Le Ministre de l’Economie français a confié une mission sur ce sujet à l’ancien gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Au niveau communautaire, l’Eurogroup s’est également saisi du dossier. Des propositions sont en cours d’élaboration. Elles devraient concerner la création de fonds de capital-risque européens, d’un registre unifié des sociétés cotées en Bourse afin de faciliter les transactions la titrisation et l’unification de la supervision des marchés européens.  L’ancien premier ministre italien Enrico Letta, doit également  faire des propositions dans le cadre de son rapport sur la modernisation du marché unique attendu en avril. Son successeur et ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a également une mission sur les défis à la compétitivité de l’Europe, dont les financements sont un des éléments.

L’augmentation des besoins d’investissement avec la transition écologique, la modernisation des armées, la numérisation des activités, etc., nécessite une allocation plus optimale de l’épargne européenne qui a l’avantage d’être abondante. Selon la Commission européenne, 620 milliards d’euros par an d’investissements seront nécessaires pour la transition climatique et 125 milliards d’euros pour le numérique. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, malgré l’échec du Plan d’Epargne Paneuropéen souhaite la création d’un nouveau produit d’épargne qui pourrait être diffusé dans l’ensemble des Etats membres. Au-delà des produits d’épargne, un des problèmes du marché européen des capitaux est son manque de profondeur. Aux Etats-Unis, le marché s’appuie sur la dette fédérale quand en Europe, la dette des Etats n’est pas communautarisée. Seul l’emprunt émis par la Commission après la crise Covid dans le cadre du plan « Next Generation » l’est.

Le Coin des Epargnants du samedi 6 avril 2024 : en attendant la baisse des taux directeurs

Les investisseurs n’ont guère apprécié les derniers résultats de l’emploi de l’économie américaine qui refuse de ralentir. Le nombre de créations d’emploi, en mars, a atteint 303 000 dans les secteurs non-agricoles) et le celui de février a été révisé en légère baisse à 270 000. Le consensus Bloomberg misait pour mars sur 214 000 créations. L’écart est important. Le taux de chômage a reculé de 0,1 point à 3,8 % de la population active, comme attendu, et les salaires moyens ont accéléré sur une base mensuelle (+0,3 % après +0,2 %), mais décéléré en rythme annuel (+4,3 % après +4,1 %), conformément aux anticipations du consensus Bloomberg. Le cours est au plus haut depuis le mois d’octobre. Cette hausse du cours du pétrole est la conséquence du surcroît de tension au Moyen Orient depuis qu’une frappe attribuée à Israël qui ne l’a pas reconnue, a détruit l’aile consulaire de l’ambassade iranienne en Syrie. Par ailleurs, l’accord de régulation de l’offre de l’OPEP et de la Russie pèse sur les cours.

Entre l’exception économique américaine et le retour du pétrole cher, les investisseurs ont boudé les actions. Le CAC 40 a perdu près de 1 % sur la semaine. Le S&P 500 américain a baissé de son côté de 0,70 % et le Dow Jones de 1,71 %. Les investisseurs commencent à douter d’une baisse des taux directeurs de la FED en juin. Ils ont été échaudés par les propos de son Président, Jerome Powell, le Président de la Reserve Federal qui a lors de son intervention à la Business School de l’Université de Stanford le 3 avril dernier, indiqué que les chiffres de l’inflation étaient plus élevés qu’attendu en janvier et en février. Même s’il ne prévoit pas de changer de scénario, il a néanmoins insisté sur l’absence d’urgence dans l’assouplissement monétaire. Il a ainsi déclaré « nous avons le temps de laisser les données à venir guider nos décisions en matière de politique économique,  les perspectives sont encore très incertaines ». Le baromètre FedWatch de CME Group calcule désormais à seulement 57 % la probabilité implicite que la Fed abaisse ses taux en juin. La probabilité de trois baisses dans l’année est également en recul. Par ailleurs, le président de l’antenne régionale de la FED de Minneapolis, Neel Kashkari qui n’entrevoyait le mois dernier que deux réductions en 2024, a évoqué cette semaine, pour la première fois, l’hypothèse d’absence d’assouplissement. « Si l’inflation continue de stagner, cela m’amènera à me demander s’il est nécessaire de procéder à ces baisses de taux »  a-t-il déclaré. De son côté, le professeur d’économie à l’Université de Cornell, Eswar Prasad a souligné que « la force remarquable du marché du travail, la persistance de l’inflation et l’assouplissement continu des conditions financières ne plaident pas en faveur d’une baisse imminente des taux ».

Dans ce contexte, les taux des obligations d’Etat sont de nouveau orientés à la hausse. Le taux de l’emprunt d’Etat américain est ainsi repassé au-dessus des 4,3 % et celui de son homologue français s’est rapproché des 3 %. Avec l’augmentation des tensions internationales, l’or a battu de nouveaux records et a dépassé 2300 dollars l’once portant la hausse à plus de 12 % depuis le 1er janvier.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
5 avril 2024
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 8 061,31-0,92 %7 543,186 471,31
Dow Jones38 904,04-1,71 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 204,34-0,70 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 248,52-0,85 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 163,94-0,79 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 911,16-0,30 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 014,75-0,54 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)38 992,08-3,41 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 3 069,30+0,92 %2 974,933 089,26
OAT France à 10 ans+2,908 %+0,107 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,396 %+0,104 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,366 %+0,156 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,0836+0,39 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 326,33+4,22 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars91,73+2,56 %77,1384,08

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