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Épargne salariale : un outil à usage multiple

L’épargne salariale existe en France depuis près de 70 ans. Imaginée comme un moyen d’associer les salariés aux actionnaires des entreprises, elle est devenue un système de constitution d’une épargne à part entière. Au-delà d’être un produit d’épargne, elle est devenue un pilier essentiel du financement des entreprises et de la transition écologique.

L’épargne salariale est un système d’épargne collectif mis en place en entreprise. Les salariés bénéficiaires peuvent recevoir une prime liée à la performance de tout ou partie de l’entreprise (intéressement) ou représentant une quote-part des bénéfices de cette dernière (participation). Les sommes attribuées peuvent, au choix du salarié, lui être versées directement ou être déposées sur un plan d’épargne entreprise (PEE) ou sur un plan d’épargne retraite (PERCO ou PERECO).

Au sommaire de l’étude

  • L’épargne salariale, les contours, le poids et les rôles de l’épargne salariale
  • Épargne salariale : deux enveloppes et quatre voire six piliers  
  • La participation : un partage légal des bénéfices
  • L’intéressement : une incitation à la performance              
  • L’abondement : un appui financier de l’entreprise              
  • Les versements volontaires : une épargne individuelle dans un cadre collectif             
  • La prime de partage de la valeur (PPV – « prime Macron »), un complément de revenus qui peut être épargné      
  • Le fonctionnement du Plan d’Épargne Entreprise                
  • Le fonctionnement du Plan d’Épargne Retraite d’Entreprise Collectif (PERECO) ?      
  • La fiscalité des PEE et des PERCO – PERECO         
  • Les débocages anticipés pour les PEE et les PERECO ?
  • Une épargne rentable              
  • Une épargne qui finance les entreprises   
  • Une épargne fortement investie dans la transition écologique   Un système d’épargne à la carte

« Le pari gagné de la mutualisation ! », par Jean-Pierre Thomas, Président du Cercle de l’Épargne

L’épargne collective est une spécificité française. Elle ne se réduit ni à l’épargne salariale, ni aux fonds d’investissement, ni à l’assurance vie. Elle désigne l’ensemble des mécanismes par lesquels l’épargne des ménages est mise en commun, mutualisée et gérée par un intermédiaire professionnel afin d’être investie sur les marchés financiers ou dans l’économie réelle. Elle repose sur trois éléments : une pluralité d’épargnants, une gestion déléguée et une allocation collective du capital.

Cette mutualisation de l’épargne est ancienne en France. Elle prend forme dès le début du XIXᵉ siècle avec l’essor du Livret A, de l’assurance vie et des sociétés mutualistes. Très tôt, les épargnants ont accepté de confier leurs ressources à des organismes chargés de les faire fructifier. Cette logique collective est intimement liée à la préférence française pour l’intermédiation dans le financement de l’économie.

Aux États-Unis, et plus largement dans les pays anglo-saxons, le financement repose davantage sur le marché, à travers l’achat direct d’actions, même si les fonds de pension y jouent un rôle majeur d’intermédiation. En France, cette médiation professionnelle est indispensable compte tenu de la forte appétence des ménages pour la liquidité et la sécurité.

L’intermédiation prend plusieurs formes. L’épargne réglementée en constitue l’un des premiers volets : les fonds collectés financent le logement social, les collectivités publiques ou les PME. L’assurance vie, avec près de 2 100 milliards d’euros d’encours, demeure le navire amiral de l’épargne française et contribue puissamment à cette intermédiation, en particulier via les fonds en euros. Il faut y ajouter l’épargne retraite, en rapide développement, ainsi que l’épargne salariale.

Cette spécificité française a engendré une véritable spécialisation financière. Les établissements financiers français disposent d’un savoir-faire reconnu en matière d’épargne collective. Ils ont été parmi les pionniers dans le développement des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM). À travers ces supports — SICAV, FCP, SCPI et autres véhicules — l’épargnant confie son capital à des gestionnaires professionnels chargés de l’allouer selon des stratégies définies.

Près de 2 700 milliards d’euros sont aujourd’hui gérés en France au sein de véhicules collectifs couvrant l’ensemble des classes d’actifs : monétaire, obligataire, actions, immobilier, capital-investissement. Cette masse financière irrigue la dette publique, le financement des grandes entreprises, les infrastructures ou encore la transition énergétique. Elle stabilise les marchés grâce à la présence d’investisseurs de long terme. Elle transforme une préférence individuelle pour la prudence en capacité collective d’investissement.

Ce modèle présente des vertus évidentes. La mutualisation dilue le risque. La régulation encadre les excès. La profondeur des encours amortit les crises. La France a traversé les secousses financières des deux dernières décennies sans effondrement massif de l’épargne des ménages. La volatilité boursière s’est rarement traduite par des pertes systémiques pour les particuliers. Le revers de la médaille tient à une culture actionnariale directe plus limitée. La prise de risque y est plus graduelle, parfois plus lente. Une épargne abondante peut se diriger prioritairement vers les actifs les plus sûrs plutôt que vers les plus innovants. Toutefois, les évolutions récentes témoignent d’un mouvement. L’arrivée de nouvelles générations d’épargnants, plus ouvertes à la diversification et à la prise de risque, modifie progressivement les comportements. Par ailleurs, des produits autrefois réservés aux patrimoines élevés se démocratisent, en particulier les fonds investis dans les entreprises non cotées. Les assureurs proposent désormais, au sein des contrats d’assurance vie et des Plans d’Épargne Retraite, des supports de « private equity », des fonds ISR ou orientés vers l’économie solidaire. Tous s’inscrivent dans la logique de l’épargne collective.

Les Français plébiscitent depuis des années la gestion collective de leur épargne. Le succès des fonds indiciels et des ETF en témoigne : même lorsqu’ils s’exposent davantage aux marchés, ils privilégient la mutualisation. Cette préférence n’est pas un hasard. Elle traduit une culture financière fondée sur la confiance, la délégation et la durée. Dans un environnement économique plus incertain, marqué par de profondes transformations industrielles et technologiques, cette capacité à agréger l’épargne et à l’orienter dans le temps constitue un atout majeur. La mutualisation a démontré sa solidité. Elle demeure l’un des piliers silencieux de la stabilité financière et du financement de l’économie française.

Jean-Pierre Thomas

Président du Cercle de l’Épargne

Epargne salariale : faut-il débloquer ou pas ?

Le ministère de l’Économie réfléchit, en ce début d’année 2026 à autoriser à nouveau les salariés à retirer jusqu’à 2 000 euros de leur plan d’épargne entreprise (PEE) de manière anticipée sans être soumis à l’impôt sur le revenu.

Régulièrement, afin de soutenir le pouvoir d’achat et favoriser la consommation, les gouvernements mettent en œuvre des déblocages de l’épargne salariale. Au fur et à mesure de son usage, cette arme s’émousse, les retraits étant de plus en plus faibles, avec à la clef un effet marginal sur la conjoncture. Les déblocages anticipés peuvent apparaître par ailleurs contradictoires avec les objectifs assignés à l’épargne salariale : favoriser une épargne de long terme investie en actions et préparer financièrement la retraite à travers le Plan d’Épargne Retraite Collectif. Or, quand il est attribué plusieurs objectifs à un instrument économique, il est connu qu’il n’en atteint aucun.

L’épargne salariale en France

Selon l’Association française de la gestion financière, l’encours de l’épargne salariale, à fin juin 2025, s’élevait à 220,7 milliards d’euros, dont 36,7 milliards d’euros au titre des produits retraite (PERCO et PER collectif). 11,3 millions de salariés ont au moins un produit d’épargne salariale et 4,5 millions un produit retraite. 429 600 entreprises sont équipées.

En 2024, les versements (épargne salariale, plan d’épargne entreprise, plan d’épargne retraite) avaient atteint 21,7 milliards d’euros, dont 4,2 milliards pour les produits retraite.

62 % des flux bruts de l’épargne salariale au premier semestre 2025 ont été placés en fonds actions et en fonds diversifiés. Dans les dispositifs d’épargne retraite collective des entreprises (PER et PERCO), les fonds actions et diversifiés comptent pour plus de 63 % des actifs gérés.

Cercle de l’Epargne – données AFG

Les derniers déblocages exceptionnels de l’épargne salariale

Depuis le début des années 2000, les gouvernements français ont, à plusieurs reprises, autorisé des déblocages exceptionnels de l’épargne salariale, c’est-à-dire en dehors des cas traditionnels (mariage, acquisition de la résidence principale, rupture du contrat de travail, invalidité, etc.). Ces dispositifs, présentés comme des instruments rapides de soutien au pouvoir d’achat et à la consommation, ont été mobilisés à cinq reprises en près de vingt ans. Leur bilan, à la fois financier et économique, est relativement modeste.

Logiquement, les fonds versés sur un Plan d’Epargne Entreprise sont logiquement bloqués 5 ans période au bout de laquelle les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. En cas de sortie anticipé sauf ceux prévus par le législateur (accidents de la vie, création d’entreprise et résidence principale), toute sortie anticipée s’accompagne du paiement de l’impôt sur le revenu.

En 2004, la loi de soutien à la consommation autorise un déblocage de 10 000 euros par bénéficiaire, permis entre le 16 juin et le 31 décembre 2004. Selon les données reprises ultérieurement par l’ACOSS et le ministère de l’Économie, environ 6,5 à 7,5 milliards d’euros ont été débloqués. Entre 1,5 et 2 milliards d’euros auraient été affectés à la consommation, le solde étant réalloué vers d’autres produits d’épargne.

La loi du 26 juillet 2005 institue, entre fin juillet et fin décembre, un déblocage plafonné, toujours à 10 000 euros. Les sorties auraient porté sur 850 millions d’euros.

En 2008, un déblocage est institué entre le 1er janvier et le 30 juin 2008, avec un plafond de 10 000 euros. Selon les données publiées par l’Association française de la gestion financière (AFG), 1,6 million de salariés ont procédé à un retrait, pour un montant total d’environ 3,9 milliards d’euros, soit un retrait moyen de 2 400 euros par personne.

En 2013, une nouvelle fenêtre de déblocage est instituée du 1er juillet au 31 décembre 2013, avec un plafond de 20 000 euros. Les sommes investies en épargne retraite collective (PERCO) sont exclues. Le déblocage est assorti d’une condition de consommation. Le texte vise explicitement le financement de l’achat de biens ou de prestations de services. Le salarié doit tenir à la disposition de l’administration fiscale les pièces justificatives attestant l’achat d’un bien ou d’un service. Malgré un plafond doublé, le bilan est nettement inférieur aux attentes. L’AFG estime le montant débloqué à 2,2 milliards d’euros, quand les hypothèses initiales évoquaient 3 à 4 milliards.

En 2022, la loi du 16 août 2022 portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat prévoit un déblocage plafonné à 10 000 euros qui ne concerne pas les produits retraite. Le droit à déblocage a été ouvert entre le 18 août et le 31 décembre 2022. Les sommes débloquées sont destinées au soutien à la consommation et ne doivent pas être réinvesties dans un produit d’épargne, ni servir au remboursement d’un crédit, ni au paiement des impôts. Le bénéficiaire doit conserver les justificatifs de ses achats. Selon les données communiquées au Parlement, 309 000 bénéficiaires ont procédé à un déblocage, pour un montant total d’environ 1,3 milliard d’euros.

Les déblocages exceptionnels de l’épargne salariale ont comme avantage de ne rien coûter aux finances publiques et d’être simples à mettre en place. En revanche, leur efficacité sur le plan économique est de plus en plus faible. Ils sont en outre en contradiction avec le souhait des pouvoirs publics de favoriser une réallocation de l’épargne vers des placements « actions ». Ces déblocages ont tendance à manquer leur cible. Censés favoriser le pouvoir d’achat des salariés les plus modestes, ils concernent les ceux des grandes entreprises. Or, ces derniers ont en règle générale des rémunérations plus importantes que ceux des PME peu couverts par des produits d’épargne salariale.

Épargne salariale : de nouveaux motifs de déblocage peu utilisés

En 2024, les encours d’épargne salariale ont atteint 200 milliards d’euros dont 166 milliards qui reposent dans les fonds d’épargne entreprise et interentreprise. 36 % des fonds sont retirés avant l’échéance prévue de cinq ans. Cette sortie précoce s’explique par l’introduction, par le législateur, d’une dizaine de cas de déblocages anticipés sans pénalisation fiscale. Les principaux types de déblocages concernent essentiellement des évènements familiaux ou des problèmes professionnels :

  • Mariage ou conclusion d’un PACS (du titulaire) ;
  • Naissance ou adoption du 3ᵉ enfant (et les suivants) ;
  • Divorce, séparation, dissolution d’un PACS, avec la garde d’au moins un enfant ;
  • Violences conjugales (victime de violences conjugales) ;
  • Invalidité du salarié, de son conjoint/partenaire PACS, ou de ses enfants ;
  • Décès du salarié ou de son conjoint/partenaire PACS ;
  • Rupture du contrat de travail (licenciement, démission, etc.), ou fin d’activité (entrepreneur, mandataire social…) ;
  • Création ou reprise d’entreprise par le titulaire, son conjoint/partenaire PACS, exercice d’une autre profession non salariée, ou acquisition de parts dans une SCOP ;
  • Acquisition ou agrandissement de la résidence principale ;
  • Surendettement du salarié ;
  • Expiration des droits à l’assurance chômage.

Depuis 2024, les fonds placés sur des Plans d’Épargne Entreprise (PEE) ou Plan d’ÉPARGNE Interentreprise (PEI) peuvent être débloqués pour se mettre au service d’un proche dépendant, pour améliorer les performances énergétiques du logement, ou pour acheter un véhicule propre (décret du 6 juillet 2024).

Ces trois nouvelles possibilités sont, jusqu’à présent, peu utilisées par les bénéficiaires de l’épargne salariale. En 2024, ces déblocages ont représenté moins de 1,5 % des sommes retirées en avance, selon l’Association française de la gestion d’actifs (AFG). Le nombre de demandes a plafonné à 1,4 % du total pour tout le marché. Sur les 11 millions de bénéficiaires de PEE et PEI en 2024, 4 800 ont puisé dedans pour acheter un vélo, un scooter ou une voiture non thermique et 3 700 pour améliorer l’isolation de leur résidence principale. Encore plus minime, devenir proche aidant n’a suscité que 500 demandes. Les conditions de déblocage pour se mettre au service d’un proche dépendant sont complexes, rendant son recours difficile d’accès.

Le déblocage pour financer la rénovation énergétique de sa résidence est également assorti de conditions très strictes. Ainsi, les travaux éligibles ne peuvent se limiter au changement d’une seule fenêtre ; il faut en remplacer au moins la moitié par du double vitrage en plus des portes donnant sur l’extérieur. Les travaux doivent, en outre, aboutir à un gain énergétique d’au moins 35 %. Or, « il est bien difficile de prévoir une telle économie d’énergie », pointe Marielle Cohen-Branche, la médiatrice de l’Autorité des Marchés Financiers. En revanche, le déblocage pour acheter un vélo, un scooter électrique, ou encore une voiture électrique ou à l’hydrogène est plus facile d’accès.

Parmi les cas de déblocage les plus utilisés figurent la cessation du contrat de travail qui génère plusieurs centaines de milliers de demandes par an (411 215 en 2024) et l’achat ou de l’agrandissement de sa résidence principale, avec 111 820 demandes. Par ailleurs, 63 394 épargnants ont débloqué des fonds pour se marier ou se pacser. Ces trois cas représentaient 90 % des demandes et 80 % des montants débloqués en 2024.

33 % des titulaires d’un produit d’épargne salariale ignorent quels motifs permettent de débloquer son épargne salariale, selon un sondage AFG-AMF.

Le retour du déblocage de l’épargne salariale

Après 2014, 2008 et 2003, l’épargne salariale fera l’objet au mois de décembre d’une nouvelle procédure de déblocage. Cette mesure, en permettant aux salariés de sortir sans contrainte fiscale, leur argent de leur plan d’épargne entreprise, vise à soutenir le pouvoir d’achat et la consommation. Dans le passé, l’effet de ce dispositif  avait tendance à s’émousser, les salariés préférant conserver leur épargne que bénéficier du bon de sortie.

Pour bénéficier de l’exonération fiscale sur l’épargne salariale, le salarié est censé de pas effectuer de retrait durant les 5 ans suivant son versement. Des cas de déblocage anticipés ont néanmoins été prévus par le législateur :

  • Mariage ou conclusion d’un PACS
  • Violence conjugale
  • Naissance ou adoption du 3ème enfant
  • Acquisition ou agrandissement de la résidence principale
  • Cessation du contrat de travail
  • Divorce, dissolution du PACS avec résidence d’au moins un enfant au domicile du bénéficiaire
  • Surendettement du bénéficiaire
  • Création ou reprise d’une entreprise par le bénéficiaire, ses enfants, son conjoint ou la personne liée à un PACS, l’exercice d’une profession non salariée ou l’acquisition de parts d’une SCOP
  • Invalidité de 2ème ou de 3ème catégorie du bénéficiaire, de ses enfants, du conjoint ou de la personne liée par un PACS
  • Décès du bénéficiaire ou de son conjoint ou de la personne liée par un PACS Les Perco exclus du déblocage

Selon la proposition retenue par les sénateurs lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative, tout salarié qui le souhaite pourra débloquer sa participation ou son intéressement dans la limite d’un plafond global de 10 000 euros sans que cette somme soit soumise à l’impôt sur le revenu ni à cotisations sociales. Pour éviter une réallocation sur d’autres produits d’épargne, comme cela avait été constaté lors de précédents déblocages, les sommes issues de l’épargne salariale ainsi débloquées devront être consacrées à « l’acquisition de biens ou la fourniture de services ». Les sommes seront déclarées par l’organisme gestionnaire ou à défaut par l’employeur à l’administration fiscale et il est simplement prévu que le salarié tienne « à la disposition de cette dernière  les pièces justificatives attestant de l’usage des sommes débloquées ».Cette contrainte avait été retenue lors du déblocage de 2013.

Ne sont pas concernées les sommes placées dans un Plan d’épargne retraite collectif (PERECO ET PERCO) ou en fonds solidaires. Pour l’épargne salariale investie en titres de l’entreprise ou d’une entreprise liée, un accord collectif sera nécessaire pour que cette épargne puisse être mobilisée.

En 2013, le déblocage avait porté sur environ 2 milliards d’euros pour une dizaine de milliards d’euros potentiellement utilisables.  En 2008, 1,6 million de salariés avaient débloqués  avec à la clef 3,5 milliards d’euros sortis de l’épargne salariale sur 8 projetés. 80 % avaient été replacés sur d’autres supports d’épargne. 4 % de l’encours avaient été débloqués contre 10 % espéré. En 2004, 7 milliards avaient été débloqués, mais seuls 1,5 à 2,5 milliards avaient été réinjectés dans l’économie.

Les 11,5 millions de personnes qui ont un produit d’épargne salariale ne sont pas obligatoirement celles qui sont les plus entravées dans leur consommation étant souvent issues de grandes entreprises qui proposent des salaires plus élevés que la moyenne.

En 2022, le taux d’épargne des ménages est élevé. Or, malgré l’inflation, ils puisent peu ou pas dans leur épargne covid-19. La collecte du Livret A comme de l’assurance vie est positive depuis le début de l’année.

Le déblocage de l’épargne salariale a pour conséquence de remettre en cause un produit d’épargne de long terme. D’un côté, les pouvoirs publics demandent aux Français de placer leur épargne sur des produits en actions et de l’autre, ils incitent à une sortie anticipée d’un placement qui fait la part belle aux actions.

La Loi Macron réforme à la marge l’épargne salariale et encourage le PERCO

Le Président de la République a, à plusieurs reprises, souligné son intention de réformer l’épargne salariale. A défaut d’un grand texte, le Gouvernement a réalisé un petit toilettage dans le cadre de la loi Macron qui vient d’être définitivement adopté par le Parlement.

Désormais,  l’affectation des montants issus de l’intéressement en cas d’existence d’un plan d’épargne entreprise, sera fixé par  le règlement du plan. Cette disposition entrera en vigueur à compter du 1er janvier 2016.

La loi prévoit  une date limite unique pour le versement de la participation  et des primes d’intéressement, date  fixée au 31 mai pour les entreprises dont l’exercice comptable coïncide avec l’année civile.

Pour accroître la diffusion de l’intéressement,  la loi prévoit que les branches professionnelles devront négocier un accord d’intéressement avant le 31 décembre 2017. Cet accord devra tenir compte des spécificités des entreprises de moins de 50 salariés, en proposant plusieurs formules d’intéressement.

Le PERCO est encouragé par les pouvoirs publics. Ainsi, la  loi Macron prévoit que les sommes provenant de l’épargne salariale (intéressement, participation et abondement de l’entreprise) qui sont transférées sur un plan d’épargne collectif pour la retraite (Perco) seront soumis à un forfait social de 16 % au lieu des 20 % en vigueu, à condition que ces Perco investissent dans des PME et ETI et qu’ils proposent aux épargnants une gestion pilotée par défaut (la gestion pilotée de l’épargne vise à réduire progressivement l’exposition aux produits risqués à mesure que l’échéance de la retraite approche).

Désormais, les es employeurs pourront réaliser des  versements  périodiques sur les PERCO de leurs salariés. L’abondement de l’employeur ne sera plus lié au versement du salarié. Pour les versements effectués à compter du 1er janvier 2016, si le salarié ne précise pas le choix de son investissement, les sommes seront automatiquement investies sur un fonds prévoyant une gestion pilotée. En l’absence de compte épargne temps dans leur entreprise, les salariés peuvent affecter sur le PERCO les sommes correspondantes à des jours de congés non pris, dans la limite de 5 jours par an. Cette limite est portée à 10 jours, comme pour les entreprises ayant mis en place un compte épargne temps.

 

Loi Macron : l’épargne salariale dopée

le projet de loi macron comporte un volet en faveur de l’épargne salariale; l’objectif est d’élargir sa diffusion au sein des PME. Aujourd’hui, seulement 12 % des TPE proposent des produits d’épargne salariale. Afin de lever certains obstacles, la Commission spéciale en charge de l’examen du projet a adopté le fait que les entreprises de moins de 50 salariés qui signent leur premier accord d’intéressement ou de participation seront exonérées pendant 6 ans de forfait social. Celles dont les fonds seront investis en titres de PME ou d’ETI, quelle que soit leur taille, bénéficieront d’un forfait social à 16 % au lieu de 20 %.

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