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Le Coin des Epargnants du 26 novembre 2021 : coup de froid sur les marchés

Coup de froid sur les marchés

 

Après avoir battu son record vieux de vingt et un an au début du mois de novembre, la bourse de Paris a connu un jour noir pour le « Black Friday » avec un recul sans précédent depuis le mois de mars 2020. Durant la seule journée du vendredi 26 novembre 2021, le CAC 40 a reculé de 4,75 %, à 6 739,73 points. Les volumes d’échanges ont été importants avec près de 8 milliards d’euros. Tous les autres grands indices ont perdu, cette semaine, du terrain. Le Dow Jones a reculé de près de 2 % et le Nasdaq de plus de 3,5 %.

La résurgence de l’épidémie et surtout l’apparition d’un nouveau variant, le B.1.1.529 qui est une combinaison d’une trentaine de mutations identifiées, a créé un petit vent de panique sur les places financières chassant la crainte du retour de l’inflation au second plan. Les investisseurs se sont placés en position de vendeurs dans l’attente des résultats des études de l’Organisation Mondiale de la Santé sur l’efficacité des vaccins face à ce variant et sur la dangerosité de ce dernier. Après plusieurs mois de reprise de leurs activités, les compagnies aériennes sont contraintes à nouveau de fermer des lignes. La France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni ont d’ores et déjà interdit les vols en provenance d’Afrique du Sud et des pays voisins. Israël et Singapour ont également annoncé des restrictions sur les voyages. Le Maroc interdit de son côté les touristes en provenance de France. Les valeurs touristiques ont, par voie de ricochet, diminué fortement tout comme celles liées à l’énergie. En revanche, les valeurs « santé » sont en hausse. Les investisseurs, à la recherche de valeurs refuges, se sont rabattus sur les obligations souveraines.

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 26 novembre 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 406 739,73-5,24 %5 551,41
Dow Jones34 899,34-1,97 %30 409,56
Nasdaq15 491,66-3,52 %12 870,00
Dax Xetra Allemand15,257.04-5,59 %13 718,78
Footsie7 044,03 (-2,49 %6 460,52
Euro Stoxx 504 089,59-6,13 %3 552,64
Nikkei 22528 751,62-3,34 %27 444,17
Shanghai Composite3 564,09+0,10 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)+0,032 %+0,030 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,3395 %+0,005 pt-0,550 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures)+1,504 %-0,025 pt0,926 %
Cours de l’euro / dollar (18 heures)1,1300+0,12 %1,2232
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures)1 786,319-3,42 %1 898,620
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures)73,890-6,05 %51,290

Immobilier, toujours plus haut

En 2021, les prix de l’immobilier ne faiblissent pas. Ainsi, au troisième trimestre, la hausse des prix des logements anciens en France (hors Mayotte) a atteint, selon l’INSEE, +2,0 % par rapport au deuxième trimestre (données provisoires corrigées des variations saisonnières), après +1,9 % et +1,2 % aux trimestres précédents.

Sur un an, la hausse s’élève désormais à +7,4 %, après +6,3 % et +6,0 %. Depuis le quatrième trimestre 2020, la hausse est plus marquée pour les maisons (+9,0 % en un an au troisième trimestre 2021) que pour les appartements (+5,2 %), ce qui ne s’était pas produit depuis fin 2016. Cette évolution marque la préférence des Français pour les résidence individuelle, préférence accentuée avec la crise sanitaire. La raréfaction de l’offre en la matière joue en faveur de la hausse des prix.

INSEE

La région parisienne qui a longtemps été en pointe au niveau de l’immobilier est devancée depuis la crise sanitaire par les autres régions. Au troisième trimestre, les prix des logements anciens en Île-de-France n’ont augmenté que de 1,3 % par rapport au deuxième trimestre, après +0,5 % et +0,5 % aux trimestres précédents. Sur un an, les prix ont néanmoins augmenté de +4,0 % entre le troisième trimestre 2020 et le troisième trimestre 2021, après +3,5 % au deuxième trimestre et +4,8 % au premier trimestre. Cette hausse est nettement plus marquée pour le prix des maisons (+7,0 % sur un an, après +6,0 % au deuxième trimestre et +7,3 % au premier trimestre) que pour celui des appartements (+2,5 % sur un an, après +2,4 % et +3,6 %). Comme pour l’ensemble du territoire, en Île-de-France la hausse annuelle des prix des maisons est davantage marquée que celle des appartements depuis le quatrième trimestre 2020, ce qui ne s’était pas produit depuis 2016. À Paris, les prix des appartements sont à nouveau en légère hausse après deux trimestres de légère baisse, +0,8 % entre le deuxième et le troisième trimestre 2021, après -0,4 % au deuxième trimestre et -1,1 % au premier trimestre. Sur un an, les prix des appartements parisiens restent stables. La désaffection de la capitale avec le départ de 10 000 habitants par an ne se traduit pas encore sur les prix de l’immobilier. Les investisseurs parient toujours sur la capitale. Par ailleurs, les préemptions de la mairie réduisent le stock de logements disponibles pour les acheteurs privés. 

Au troisième trimestre, les prix des logements anciens en province augmentent de +2,3 %, après +2,4 % au deuxième trimestre et +1,5 % au premier trimestre. Sur un an, la hausse des prix a été de +8,8 % entre le troisième trimestre 2020 et le troisième trimestre 2021, après +7,3 % et +6,4 %. Depuis le début de l’année 2021, la hausse des prix des maisons (+9,4 % sur l’année au troisième trimestre) est plus forte que celle des appartements (+7,5 %), ce qui ne s’était pas produit depuis 2018.

Le marché de l’immobilier reste très dynamique. Le volume annuel de transactions augmente à nouveau en septembre, le nombre de transactions réalisées au cours des douze derniers mois est estimé à 1 204 000, après 1 156 000 fin juin. Le volume annuel de transactions est en hausse depuis le quatrième trimestre 2020, après une décrue entre fin 2019 et le troisième trimestre 2020. Si l’on rapporte ce nombre de transactions au stock de logements disponibles, qui augmente d’environ 1 % par an, la proportion de ventes dépasse depuis 2019 le niveau élevé observé au début des années 2000.

Le Coin des Epargnants du 20 novembre 2021

Les marchés rattrapés par l’épidémie

En ce milieu du mois de novembre, les investisseurs s’inquiètent de la résurgence en Europe de l’épidémie de covid19. L’annonce du confinement général en Autriche, la forte progression du nombre de cas en Allemagne comme en France font craindre une généralisation des mesures restrictives et un ralentissement de la croissance. Le ministre allemand de la Santé n’a pas exclu la mise en place d’un confinement outre-Rhin dans les prochaines semaines. Les valeurs liées à l’énergie sont le plus affectées par la recrudescence du nombre de cas, l’éventuelle multiplication des mesures sanitaires pouvant peser sur la demande. Les valeurs liées au tourisme sont également touchées tout comme le secteur financier qui est pénalisé par la baisse des taux que provoque le regain de l’épidémie. Le taux de l’OAT à 10 ans était, vendredi soir, de nouveau proche de 0 % quand celui du Bund allemand s’élève à -0,345 %. Les pertes de la fin de semaine ont effacé les gains du début. Sur la semaine, le CAC40 progresse néanmoins de 0,29 % et le Daxx allemand de 0,41 %. En revanche, l’Eurostoxx 50 recule de 0,32 %. Au Royaume-Uni, les craintes inflationnistes ont pesé sur les valeurs « actions », l’indice Footsie abandonnant plus de 1 %. Aux Etats-Unis, avec des résultats moins bons que prévus de la production industrielle en octobre, le Dow Jones se contracte. En revanche, les inquiétudes sur la situation sanitaire jouent en faveur des valeurs technologiques, le Nasdaq progressant de plus de 1,2 % sur la semaine.

L’euro a poursuit sa dépréciation en perdant plus de 1 % sur la semaine face au dollar. La dépréciation de la monnaie européenne s’explique par le décalage des calendriers des banques centrales pour la sortie des politiques monétaires exceptionnelles. La BCE ne devrait s’engager dans cette voie qu’en 2023/2024 quand la Fed entamée ce processus dès la fin de l’année 2021. Le rebond de la crise sanitaire accentue également cette tendance avec la crainte que la croissance se ralentisse plus vite en Europe qu’aux Etats-Unis.

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 19 novembre 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 407 112,29+0,29 %5 551,41
Dow Jones35 601,98-1,38 %30 409,56
Nasdaq16 057,44+1,24 %12 870,00
Dax Xetra Allemand16 159,97+0,41 %13 718,78
Footsie7 223,57-1,69 %6 460,52
Euro Stoxx 504 356,47-0,32 %3 552,64
Nikkei 22529 745,87+0,46 %27 444,17
Shanghai Composite3 560,37+0,60 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)+0,002 %-0,098 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,345 %-0,084 pt-0,550 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures)+1,529 %-0,061 pt0,926 %
Cours de l’euro / dollar (18 heures)1,1318-1,19 %1,2232
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures)1 856,048-0,39 %1 898,620
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures)78,320-4,70 %51,290

L’épargne liquide toujours au sommet

La Banque de France a confirmé que montant du patrimoine financier brut des ménages s’élevait, à la fin du premier semestre, à 5 870 milliards d’euros. Le montant cumulé des flux nets d’épargne financière a atteint au deuxième trimestre 157,7 milliards d’euros, en recul par rapport au premier trimestres (185 milliards d’euros). Ces flux restent nettement supérieurs au niveau d’avant crise (111 milliards d’euros en 2019).

Le flux trimestriel de placement des ménages pour le deuxième trimestre s’est établi en France, à 44,4 milliards d’euros, en hausse de 3,8 milliards d’euros par rapport au trimestre précédent.

Le patrimoine des ménages investi en produits de taux représente 3 689 milliards d’euros. Sur douze mois, à fin juin, les flux vers ces produits ont atteint 123,5 milliards d’euros. Du premier au deuxième trimestre, le flux d’épargne sur les produits de taux est passé de 26,7 à 32,7milliards d’euros en raison de flux élevés de numéraire et dépôts à vue (21,2 milliards d’euros au deuxième, contre 17,4 milliards d’euros au premier)

Les produits de fonds propres (actions, unités de compte, etc.) représentaient fin juin un patrimoine de 2 098 milliards d’euros pour les ménages, contre 2 000 milliards d’euros à fin mars. Cette augmentation est imputable à des flux positifs (14,8 milliards d’euros) et à l’appréciation du cours des actions. Dans le patrimoine des ménages, l’encours des actions cotées atteignait fin juin 356,6 milliards d’euros. Celui des unités de compte de l’assurance vie et des produits retraite s’élevait à 457,9 milliards d’euros et celui des actions détenues directement par les Organismes de Placement Collectif était de 137,1 milliards d’euros.

Au deuxième trimestre, le taux d’épargne des ménages était de 20,1 %, contre 21,7 % du revenu disponible brut au premier quand celui de l’épargne financière était de respectivement de 10,6 et 12,9 %

Les premières données disponibles pour le troisième trimestre montrent une légère augmentation du flux en numéraire et dépôts. Les flux trimestriels en assurance vie et épargne retraite en euros redeviennent positifs (2,2 milliards après -0,6 milliards au deuxième trimestre) et ceux en support Unités de Compte se réduisent (6,7 milliards après 10,1 milliards au deuxième trimestre.

Le Coin des Epargnants du 6 novembre 2021 : l’ivresse des sommets

Vingt et un an après…, l’ivresse des sommets

Les records sont faits pour être battus mais certains durent plus longtemps que d’autres. Le record du CAC 40 a tenu 21 ans. Parmi les grands indices boursiers, il était de loin le plus vieux. Après l’éclatement de la bulle Internet, les déboires de Vivendi et d’Orange, l’indice boursier parisien avait souffert de la forte présence des valeurs financières qui ont été touchées par la crise de 2008, puis par celle de 2012. La désindustrialisation française marquée par le recul du secteur automobile et le nombre réduit de grandes entreprises de haute technologie expliquent la longévité du record du 4 septembre 2000. Mercredi 3 novembre 2021, le mythique 6 944,77 points est tombé. Le CAC 40 qui a gagné plus de 3 % sur la semaine et plus de 40 % depuis le 1er janvier a même réussi à franchir la barre des 7000 points pour terminer à 7.040,79 points. Avec une hausse de 0,76 % vendredi, il a au passage enregistré une septième séance consécutive de gains, une série inédite depuis avril 2019. L’indice parisien est dopé par les bons résultats des entreprises, en particulier celles du secteur du luxe ainsi que celles du secteur bancaire. Il fait fi pour le moment des menaces inflationnistes et de l’annonce de la réduction progressive des rachats d’obligations de la FED. Les investisseurs estiment que les banques centrales ne sortiront que très progressivement des politiques monétaires accommodantes. Les taux d’intérêt à long terme ont, par ailleurs, reculé fortement cette semaine. Les  investisseurs ont été également rassurés par les bons résultats, en octobre, de l’emploi américain. Aux Etats-Unis, le taux de chômage a reculé à 4,6 % (-0,2 point), et 531 000 emplois ont  été créés le mois dernier, secteurs public et privé confondus. Ce résultat est supérieur à celui des prévisions des analystes (400 000 attendus). Après la contreperformance de septembre, le dynamisme du marché du travail semble être de retour. Les créations d’emplois ont été particulièrement élevées dans les secteurs des loisirs et de l’hôtellerie, dans les services professionnels et commerciaux, dans l’industrie de fabrication, ainsi que dans le transport et l’entreposage. Ces créations sont en phase avec les derniers chiffres de la confiance des consommateurs et de l’activité dans le secteur des services.

Si 18,2 millions d’emplois détruits pendant la pandémie ont été recréés, il en manque toujours 4,2 millions à l’appel, mais, comme dans de nombreux pays,  paradoxalement, les travailleurs ne sont pas assez nombreux pour occuper les millions de postes vacants dans les restaurants, entrepôts, services de livraison, usines, crèches, etc. 5 millions de personnes auraient déserté le monde du travail depuis le début de la crise sanitaire.

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 5 novembre 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 407 040,79+3,08 %5 551,41
Dow Jones36 327,95+1,42 %30 409,56
Nasdaq15 971,59+3,05 %12 870,00
Dax Xetra Allemand16 054,36+2,33 %13 718,78
Footsie7 303,96+0,92 %6 460,52
Euro Stoxx 504 363,04+2,65 %3 552,64
Nikkei 22529 611,57+2,49 %27 444,17
Shanghai Composite3 491,57-1,57 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)+0,054 %-0,218 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,282 %-0,174 pt-0,550 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures)+1,460 %-0,106 pt0,926 %
Cours de l’euro / dollar (18 heures)1,1559-0,01 %1,2232
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures)1 813,900+1,81 %1 898,620
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures)82,68-1,17 %51,290

Les banques centrales et la sortie des politiques monétaires exceptionnelles

Mercredi 3 avril, la Réserve fédérale américaine a annoncé qu’elle commencerait dès le mois de novembre à réduire ses achats d’actifs réalisés depuis le début de la pandémie afin de soutenir l’activité. Depuis plus de dix-huit mois, la Fed achète mensuellement pour 120 milliards de dollars de bons du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS). A compter du mois de novembre, les achats mensuels de bons du Trésor seront réduits de 10 milliards de dollars et les MBS de 5 milliards, Ce processus de réduction s’étalera sur plusieurs mois pour s’achever l’an prochain.

Les investisseurs avaient anticipé cette décision, la Fed ayant envoyé des messages clairs sur le sujet depuis plusieurs semaines. Le ralentissement de la croissance au troisième trimestre à 2 % (contre 6,7 % au deuxième) n’a pas modifié sa position. Elle estime que ce ralentissement est la conséquence des goulots d’étranglement. Les craintes sur l’inflation ont pris le dessus dans le débat public, avec une hausse des prix à la consommation de 4,4 % sur un an (3,6 % hors alimentation et énergie). Malgré tout, la Fed se veut rassurante sur le sujet. Le communiqué précise ainsi que « l’inflation est élevée, reflétant en grande partie des facteurs qui devraient être transitoires ».

Les investisseurs spéculent désormais sur la date de la remontée des taux d’intérêt. Fin septembre, la prévision médiane des directeurs de la Fed évoquait des taux d’intérêt à 0,3 % fin 2022. D’autres banques centrales ont commencé à infléchir leur politique monétaire, y compris en matière de taux d’intérêt. La Banque du Canada a notamment avancé son horizon de remontée des taux.

La Banque d’Angleterre a laissé inchangé son taux directeur à 0,1 %, à contre-courant des attentes des investisseurs qui avaient pronostiqué une augmentation de 15 points de base à 0,25 %. Elle a également maintenu son programme de rachats d’actifs inchangé à 895 milliards de livres, à l’issue de sa réunion du 4 novembre 2021. L’annonce a provoqué un recul de la livre. La Banque centrale a privilégié la croissance face au risque de dérapage inflationniste. Les perspectives économiques sont moins favorables qu’envisagées en août. « La croissance est quelque peu freinée par les perturbations dans la chaîne logistique », explique le communiqué, signalant également des signes d’un ralentissement de la demande chez les consommateurs. De son côté, la présidente de la BCE, Christine Lagarde considère qu’une hausse de taux serait « un vent contraire injustifié pour la reprise ».

La pierre de plus en plus inaccessible

Selon la dernière enquête du Cercle de l’Épargne et Amphitéa, 62 % des Français jugent le placement immobilier intéressant. Ils sont 92 % à considérer qu’il est important d’être propriétaire de sa résidence principale. Si 58 % le sont effectivement, les 42 % restant ont de plus en plus de difficultés à acquérir un logement en raison de l’augmentation des prix. Selon une récente enquête réalisée par Harris Interactive pour l’agence immobilière en ligne Imop, 66 % des sondés estiment ne pas disposer des revenus suffisants pour devenir propriétaires, dont 47 % qui en seraient convaincus. Pour près de 7 Français sur 10, le manque d’apport personnel est le problème numéro un. Parmi les personnes actuellement non-propriétaires, seules 26 % pensent avoir à la fois des revenus et un apport suffisants pour devenir propriétaire.

Selon cette même étude, 48 % des sondés préfèrent renoncer à la propriété afin de pouvoir dépenser davantage au quotidien. Les plus jeunes considèrent que l’investissement immobilier n’est plus une voie de passage obligée. 65 % ne seraient pas disposés à réaliser des sacrifices financiers afin de devenir propriétaires. L’augmentation des prix de l’immobilier est citée, sans surprise, comme facteur dissuasif. Deux tiers des Français ne croient pas à une baisse ou même à une stabilisation des prix dans les prochains mois.

Le CAC a effacé un record vieux de 21 ans

Mardi 2 novembre, le CAC 40 a battu son plus haut en fin de séance son record datant du 4 septembre 2000 (6 922 points) à 6.927,03 points. L’indice parisien était parmi les grands indices le dernier à n’avoir pas battu le record atteint durant la bulle Internet au tournant du siècle dernier. A la différence de l’indice allemand, l’indice CAC 40 ne prend pas en compte les dividendes versés, ce qui explique partiellement le retard par rapport aux autres indices. La place financière parisienne a été longtemps handicapé par le poids important des valeurs financières qui ont été lourdement pénalisées lors de la crise des subprimes et des dettes souveraines. La faible présence des valeurs technologiques a également contribué à la sous-performance parisienne.

Depuis le mois d’août, dans un contexte de forte reprise marquée par les bons résultats des entreprises, en particulier celles du secteur du luxe, le CAC 40 se rapprochait de son record même si en septembre, avec les craintes générées par l’inflation, un repli temporaire avait été enregistré. Après un bon mois d’octobre, il a franchi la dernière marche à franchir le 2 novembre, pour la Toussaint. Depuis le 1er janvier, l’indice parisien a gagné 25 % et sur un an le gain atteint près de 50 %.

Le Coin des Epargnants du 23 octobre 2021

Attentisme sur le marché « action » et la fête continue pour le bitcoin

La crainte d’un krach immobilier s’est estompée en Chine, rassurant les investisseurs internationaux. De son côté, le Bitcoin a battu un nouveau record cette semaine en se rapprochant des 67 000 dollars. La création d’ETF (Exchange Traded Funds) sur le bitcoin dope le marché tout comme les menaces inflationnistes. Sur les marchés « actions » entre bonnes et mauvaises nouvelles, l’attentisme prime dans l’attente de l’évolution des politiques monétaires. Le CAC 40 a progressé de 0,09 % sur la semaine quand le Daxx allemand et le Footsie britannique ont été en très légère baisse. Les indices américains ont continué à progresser plus vivement. Les taux d’intérêt continuent, de leur côté, à augmenter. Par ailleurs, il est à noter que l’euro s’apprécie légèrement depuis deux semaines, revenant au-dessus de 1,16 dollar.

La croissance semble buter en Europe sur les hausses de prix des matières premières et de l’énergie ainsi que sur les pénuries. Les enquêtes de l’institut IHS Markit auprès des entreprises européennes indique une moindre progression de l’activité. L’indice PMI dans la zone euro a reculé à 54,3 points en octobre contre 56,2 points le mois précédent. Il s’agit d’un plus bas depuis six mois. L’indice restant au-dessus de 50 signifie néanmoins que, du point de vue des chefs d’entreprise, l’activité économique croît toujours. Simplement, elle progresse moins vite que cet été. Les économistes d’IHS Markit soulignent que « l’allongement des délais de livraison des consommations intermédiaires signalé au cours du mois par les répondants à l’enquête a été le deuxième plus important enregistré en plus de vingt ans d’enquête, les pénuries d’approvisionnement et les problèmes de transport s’étant à nouveau aggravés en octobre ». L’industrie automobile est la plus touchée par les problèmes d’approvisionnement, ce qui pénalise avant tout l’Allemagne, la plus exposée à cette activité. La production manufacturière dans la zone euro a ainsi le taux de croissance le plus faible depuis les confinements du printemps 2020. L’augmentation des prix des matières premières et de l’énergie commencent à se faire ressentir de plus en plus nettement. En Allemagne, les prix à la production ont progressé en octobre de 14,2 %, selon l’institut de statistique du pays, Destatis. Il s’agit de la plus forte hausse depuis octobre 1974, c’est-à-dire lors du premier choc pétrolier. Dans la zone euro, les prix moyens facturés pour les biens et les services ont augmenté à un rythme inégalé depuis plus de vingt ans. Cette inflation pourrait remettre en cause les prévisions de croissance pour 2022. Néanmoins, plusieurs indicateurs restent bien orientés. Les commandes à l’industrie sont toujours soutenues et le marché du travail reste dynamique. Selon IHS Markit, en octobre, l’emploi a affiché sa plus forte croissance depuis 21 ans, à égalité avec juillet 2021. Ces créations d’emplois vont renforcer encore la demande à terme et nourrir la croissance de la zone euro.

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 22 octobre 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 406 733,69+0,09 %5 551,41
Dow Jones35 677,02+1,08 %30 409,56
Nasdaq15 090,20+1,29 %12 870,00
Dax Xetra Allemand15 542,98-0,28 %13 718,78
Footsie7 204,55-0,41 %6 460,52
Euro Stoxx 504 188,81+0,14 %3 552,64
Nikkei 22528 804,85-0,91 %27 444,17
Shanghai Composite3 582,60+0,29 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)+0,242 %+0,070 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,103 %+0,064 pt-0,550 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures)+1,662 %+0,090 pt0,926 %
Cours de l’euro / dollar (18 heures)1,1627+0,21 %1,2232
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures)1 783,890+0,95 %1 898,620
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures)84,780+0,04 %51,290

Le Coin des Epargnants du 27 août 2021 : nouveaux records à New York

Lors du symposium de Jackson Hole aux Etats-Unis, Jerome Powell, le Président de la FED, a confirmé que, conformément aux prévisions, les achats d’actifs de la banque centrale (actuellement 120 milliards de dollars par mois) seraient réduits dès cette année. En revanche, il a souligné que du chemin restait à parcourir pour la hausse des taux directeurs. Il a indiqué que « nous continuerons nos achats d’actifs au rythme actuel jusqu’à ce que nous voyions de nouveaux progrès substantiels vers nos objectifs maximaux d’emploi et de stabilité des prix, mesurés depuis décembre dernier, lorsque nous avons formulé cette orientation pour la première fois. Mon point de vue est que des progrès substantiels ont été constatés pour l’inflation. Il y a également eu des progrès évidents en ce qui concerne l’emploi ». Le Président de la FED n’a fait que reprendre le contenu du compte-rendu de la réunion du mois de juillet du Conseil de politique monétaire (FOMC). Les tenants de la ligne dure d’une réduction rapide des rachats d’obligations peuvent apparaître déçus car le Président de la FED n’a pas fixé de calendrier. Compte tenu de la menace du variant Delta, il semble vouloir gagner du temps, certainement jusqu’en novembre.

Les indices « actions » ont été peu touchés par les propos du Président de la FED. Ils sont restés globalement stables sur la semaine, à l’exception du Nasdaq qui a progressé de près de 3 %. La bourse de New York a battu de nouveaux records vendredi 27 août pour le Nasdaq et le S&P500. Les différents indices économiques (PMI, indices INSEE sur le climat des affaires ou la confiance des ménages) traduisent un effritement de l’activité sans tomber dans un pessimisme excessif. Les indices « actions » évoluent en fonction du sac et du ressac de l’épidémie et des déclarations sur la politique monétaire. De son côté, le baril de pétrole a gagné plus de 10 % cette semaine dopé par la future réunion de l’OPEP.

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 27 août 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 406 681,92+0,84 %5 551,41
Dow Jones35 455,80+0,96 %30 409,56
Nasdaq15 129,50+2,82 %12 870,00
Dax Xetra Allemand15 851,75+0,28 %13 718,78
Footsie7 148,01+0,85 %6 460,52
Euro Stoxx 504 190,98+1,05 %3 552,64
Nikkei 22527 641,14+2,32 %27 444,17
Shanghai Composite3 522,16+2,77 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)-0,068 %+0,081 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,422 %+0,073 pt-0,550 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures)+1,316 %+0,063 pt0,926 %
Cours de l’euro / dollar (18 heures)1,1792+0,83 %1,2232
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures)1 814,080+1,77 %1 898,620
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures)72,460+11,37 %51,290

Le Coin des Epargnants : le record du CAC 40 fait de la résistance

Un sommet trop loin

A quelques encablures de son record du 4 septembre 2000 (6944 points), le CAC 40 n’aura pas réussi à le dépasser malgré la dynamique du début du mois d’août. Ce record, vieux de vingt et un an, attendra encore, la faute au variant delta et aux banques centrales qui souhaitent sortir des politiques ultra-accommodantes. Près de dix-huit mois après le début de l’épidémie, les banques centrales commencent, en effet, à réfléchir en ordre dispersé à l’arrêt des mesures exceptionnelles de l’économie et des Etats. Les incertitudes sur l’évolution de l’épidémie les poussent néanmoins à la prudence. Les intentions ne se traduisent pas pour le moment en acte. Ainsi, la Banque centrale de Nouvelle Zélande ou celle d’Angleterre ont renoncé à relever leur taux en raison de la quatrième vague. Les minutes de la dernière réunion de la Réserve Fédérale américaine indiquent que celle-ci souhaiterait réduire d’ici la fin de l’année les  rachats d’obligations. Cette semaine, cette annonce a suffi pour entraîner un recul des marchés. La virulence de la quatrième vague et les résultats en demi-teinte de l’économie chinoise ont conduit les investisseurs au pessimisme. Ces derniers resteront méfiants jusqu’au symposium de Jackson Hole réunissant du 26 au 28 août les banquiers centraux. Après quelques semaines euphoriques, la fin du mois d’août, avec la préparation de la rentrée, s’annonce difficile, ce qui est assez traditionnel, ces dernières années.

Les signaux de ralentissement de l’économie chinoise ont amené à une forte baisse des cours des matières premières et de l’énergie. Le cours du baril de pétrole Brent a perdu sur la semaine plus de 6 %, baisse également provoquée par la hausse du dollar et l’annonce de stocks plus importants aux Etats-Unis. Les métaux industriels ont connu également une diminution sensible de leurs cours. Le cuivre est retombé sous la barre des 9 000 dollars la tonne. Depuis son record historique à 10 460 dollars atteint en mai dernier, ce métal a perdu 15 %. Le zinc, le nickel et l’aluminium sont orientés à la baisse. Le minerai de fer a connu une contraction de près de 40 % sur le marché à terme de Singapour. Les actions des compagnies minières ont, de ce fait, chuté cette semaine. La résurgence de l’épidémie en Asie conduit les investisseurs à craindre de nouveaux confinements et un ralentissement de la croissance. Par ailleurs, les autorités chinoises ont décidé de plafonner la production d’acier afin de limiter ses émissions de gaz à effet de serre.

Si le dollar s’est apprécié face à l’euro dans la perspective à terme d’une augmentation des taux aux Etats-Unis, les taux d’intérêt des obligations d’Etat à dix ans étaient orientés à la baisse cette semaine, la crainte du ralentissement de la croissance ayant primé sur le changement de pied des banques centrales. Les investisseurs ont souhaité se protéger en acquérant des obligations en lieu et place des actions. En cette semaine post 15 août, le CAC 40 a enregistré sa plus forte baisse de l’année (-3,91 %). La bourse de Paris qui avait fortement augmenté ces dernières semaines a connu une des plus fortes chutes de la semaine avec la place de Tokyo. Au-delà du CAC 40 et du Nikkei, tous les grands indices ont cédé du terrain cette semaine.

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 20 août 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 406 626,11-3,91 %5 551,41
Dow Jones35 120,08-1,11 %30 409,56
Nasdaq14 714,66-0,73 %12 870,00
Dax Xetra Allemand15 808,04-1,06 %13 718,78
Footsie7,087,90-1,81 %6 460,52
Euro Stoxx 504,147.50-1,94 %3 552,64
Nikkei 22527 013,25-3,45 %27 444,17
Shanghai Composite3 427,33-2,53 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)-0,149 %-0,022 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,495 %-0,028 pt-0,550 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures)+1,253 %-0,045 pt0,926 %
Cours de l’euro / dollar (18 heures)1,1696-0,82 %1,2232
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures)1 785,440+0,50 %1 898,620
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures)65,420-6,54 %51,290

Le Coin de l’Epargne du 24 juillet 2021 : cohabitons avec le virus

La bourse reprend des couleurs

Après trois semaines consécutives de recul, le CAC 40 a regagné 1,68 %cette semaine  et cela malgré une contraction de 2,54 % lundi dernier. L’indice parisien a terminé à quelques encablures de la ligne des 6600 points (6 568,82 points). Ce regain de forme a été rendu possible par la publication de bons résultats de la part de plusieurs entreprises et d’indices d’activité ainsi que par le discours très accommodant de la Présidente de la  Banque centrale européenne. La baisse rapide de la fin de semaine dernière et du début de cette semaine a conduit des investisseurs à réaliser des achats provoquant un rebond.

En juillet, l’indice composite calculé par IHS Markit, qui mesure l’activité manufacturière comme celle des services, a battu un record vieux de 21 ans, à 60,6 points, en version préliminaire. La situation diffère néanmoins entre l’Allemagne où la reprise se confirme, et la France qui connaît un ralentissement en raison d’une pénurie de matériaux et de retards de livraisons. Si en fin de semaine, les investisseurs ont voulu oublier la menace du variant delta, elle reste néanmoins présente et pourrait entraîner une nouvelle rechute des marchés « actions ». Ces derniers ont par ailleurs compris que la politique monétaire dans la zone euro devrait rester ultra-accommodante, pour reprendre la tonalité du communiqué de la BCE. Cette dernière semble désormaisaccepter une inflation au-dessus de l’objectif de 2 %. Les prévisions d’inflation pour la zone euro prévoit que celle-ci restera assez faible à la sortie de la période de normalisation. Elle pourrait n’être que de 1,4 % en 2023. Les investisseurs suivront avec attention la réunion de la Réserve Fédérale prévue mercredi prochain. La question d’une réduction du montant des achats d’actifs, actuellement de 120 milliards de dollars par mois, devrait être largement débattue. Dans ce contexte, les taux d’intérêt des obligations d’Etat ont continué de baisser, le taux de l’OAT étant désormais de -0,085 %.

Malgré l’accord OPEP + prévoyant une augmentation de l’offre, le prix du baril de pétrole Brent est resté au-dessus des 70 dollars grâce à une bonne tenue de la demande. Les responsables de plusieurs compagnies aériennes américaines ont déclaré que le redémarrage de l’activité aérienne était plus soutenu que prévu.

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 23 juillet 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 406 568,82+1,68 %5 551,41
Dow Jones35 061,55+1,08 %30 409,56
Nasdaq14 836,992,84 %12 870,00
Dax Xetra Allemand15 669,29+0,83 %13 718,78
Footsie7 027,58+0,28 %6 460,52
Euro Stoxx 504 109,10+1,82 %3 552,64
Nikkei 22527 548,00-1,63 %27 444,17
Shanghai Composite3 550,40+1,00 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)-0,085 %-0,066 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,417 %-0,062 pt-0,550 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures)+1,285 %-0,022 pt0,926 %
Cours de l’euro / dollar (18 heures)1,1768-0,35 %1,2232
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures)1 802,240-0,61 %1 898,620
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures)73,970+0,83 %51,290

Le Livret A entre deux eaux

Au mois de juin, la collecte nette du Livret A a été nulle, les versements ont parfaitement équilibré les retraits. La collecte de juin est inférieure à celle du mois de mai (1,81 milliard d’euros) et à celle de juin 2020 (2,96 milliards d’euros). Le mois de juin est traditionnellement médiocre pour le Livret A avec des collectes qui sont, en moyenne, inférieures à 1 milliard d’euros lors de ces dix dernières années. Le résultat de juin 2021 tranche avec les cinq mois précédents qui avaient été marqués par les mesures sanitaires et le troisième confinement. Les Français se sont fait plaisir en investissant les restaurants, les bars et les lieux de loisirs. Ils ont retrouvé le chemin de la consommation et ont préparé leurs vacances. Malgré tout, ils n’ont pas touché à leur cagnotte Covid, preuve qu’ils demeurent prudents face à une situation sanitaire et économique hautement instable. Compte tenu du niveau historique atteint par le Livret A, un mouvement de décollecte n’aurait pas été surprenant si les conditions économiques et sanitaires s’y étaient prêtées.

Lors du premier semestre 2021, la collecte du Livret A s’est élevée à 16,74 milliards d’euros, soit légèrement moins que sur la même période de 2020 (20,41 milliards d’euros). Le premier confinement avait entraîné un afflux important sur les livrets défiscalisés.

Depuis le début de la crise sanitaire (mars 2020), la collecte du Livret A a atteint 37,75 milliards d’euros faisant de ce produit le principal réceptacle de l’épargne Covid juste derrière les dépôts à vue (50 milliards d’euros).

De son côté, le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) a connu une collecte nette positive de 40 millions d’euros en juin, contre 510 millions d’euros en mai dernier et 730 millions en juin 2020. Pour le premier semestre, la collecte a été de 4,03 milliards d’euros sur ce produit.

L’encours du Livret A reste toujours à un niveau historique de 343,3 milliards d’euros quand celui du LDDS s’élève désormais à 125,8 milliards d’euros.

Si les Français devraient continuer à se faire plaisir durant la saison estivale en consommant, la recrudescence de l’épidémie devrait cependant les inciter à conserver un niveau élevé d’épargne de précaution. La collecte du Livret A devrait donc se situer autour de zéro dans les prochains mois. Les Français attendront la suite de l’histoire avant de toucher réellement à leur cassette. En cas de durcissement des mesures sanitaires, une remontée de la collecte n’est pas impossible.

Dans le passé, le second semestre est davantage axé sur les dépenses que sur l’épargne. La rentrée scolaire et les fêtes de fin d’années conduisent généralement les ménages à puiser dans leurs produits d’épargne. Il en sera certainement de même en 2021 mais les Français conserveront un regard sur l’évolution de la situation sanitaire.

Cercle de l’Épargne – données CDC

Comment lutter contre la hausse de l’immobilier ?

Aux États-Unis comme au sein de la zone euro, de plus en plus de voix s’élèvent pour souligner les dangers de l’augmentation des prix de l’immobilier. Eric Rosengren, le Président de la Réserve fédérale de Boston,  et James Bullard, Président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, ont ainsi réclamé une évolution de la politique monétaire qui évite les hausses excessives des prix des logements.

Depuis 1998, le prix des logements a été multiplié par plus de trois aux États-Unis et par plus de deux au sein de la zone euro. Sur la même période, la base monétaire a été multipliée par huit aux États-Unis et par six au sein de la zone euro. La hausse s’accélère avec la baisse des taux d’intérêts et le recours massif des banques à des rachats d’obligations. L’abondance de liquidités et les faibles taux se traduisent automatiquement par une hausse des prix et cela d’autant plus que l’offre de logements est contrainte par une réglementation de plus en plus stricte. 

Jusqu’à maintenant, les banques centrales ne se préoccupent pas de l’évolution des prix de l’immobilier. Elles ont pour objectif la lutte contre l’inflation ou la déflation et, de manière plus ou moins explicite, le retour au plein emploi. Elles visent à garantir la pérennité du système financier. À ce titre, elles doivent éviter la constitution de bulles spéculatives qui pourraient se transformer en crise. Or, dans le passé, les hausses excessives des prix de l’immobilier se terminent toujours en crises financières, comme en 2008. Lors de la crise des subprimes, le taux de défaut des ménages, en raison des emprunts immobiliers, avait atteint 10 %. Ce taux était revenu à 4 % en 2019. Il remonte depuis pour atteindre 6 % en 2021. La zone euro n’a pas connu la même croissance du taux de défaut grâce à un système de financement de l’immobilier différent se caractérisant par un moindre recours aux prêts hypothécaires.

La hausse de l’immobilier génère une forte tension sociale avec des difficultés croissantes d’accès au logement pour les classes moyennes ainsi que pour les jeunes qui ne disposent pas d’apport.

Plus l’application des politiques monétaires expansionnistes perdure, plus les prix augmentent. La progression est vive en cas de remontée de la croissance qui conduit les ménages disposant d’une épargne suffisante à se positionner sur le marché de l’immobilier.

Les banques centrales ont de plus en plus de mal à s’émanciper des politiques monétaires accommodantes du fait du niveau de l’endettement des États et de la pression des gouvernements qui craignent un ralentissement de la croissance en cas de hausse des taux. Les banques centrales pourraient restreindre le crédit immobilier pour éviter un emballement des prix mais cela se retournerait dans un premier temps contre les ménages souhaitant s’endetter pour acheter un logement. Elles pourraient appeler de leurs vœux une taxation accrue des plus-values pour dissuader la hausse des prix. L’autre voie consisterait à augmenter l’offre mais cela exige du temps et entre en opposition avec la volonté de préserver le foncier.

Le Coin des Epargnants du 10 juillet 2021

Entre reprise de l’épidémie et de la croissance

Dans de nombreux pays occidentaux, le virus fait de la résistance voire repart à l’attaque. Une quatrième vague s’annonce avec un doute sur sa dureté. Les laboratoires Pfizer et BioNTech préconisent même une troisième dose pour leur vaccin afin de maintenir un haut niveau de protection de la population vaccinée. Cette reprises épidémique a entraîné les indices « actions » à la baisse jeudi, ces derniers rebondissant vendredi grâce à des indicateurs économiques qui restent bien orientés en ce début de période estivale.  La Banque de France a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour le deuxième trimestre, 1 % au lieu de 0,5 %. Si les défaillances d’entreprises ont progressé de 14,2 % au deuxième trimestre par rapport à l’année dernière où elles avaient atteint un point bas, elles demeurent inférieures à leur niveau de 2019 en raison d’une prolongation des aides.

Le retour du virus sur le devant de la scène a entraîné un recul des taux d’intérêts car il signifie potentiellement une moindre croissance et une moindre inflation.

De la FED à la BCE, la politique monétaire, toujours au cœur des débats

Les divisions au sein de la FED, la Banque centrale américaine, alimentent les débats dans les salles de marché. Les membres du comité monétaire et financier de la Banque centrale américaine ont été surpris par la vitesse et l’ampleur de la poussée inflationniste mais ils sont divisés concernant son analyse. Ils estiment que l’inflation est la conséquence des goulets d’étranglement et de la désorganisation des chaînes de valeur. Elle aurait été favorisée par la demande qui a été soutenue par le plan de Joe Biden. Certains membres estiment que l’augmentation des prix durera jusqu’en 2022 quand d’autres pensent que l’inflation moyenne sur ces derniers mois reste inférieure à 2 % et qu’elle devrait rapidement revenir à son niveau de longue tendance. La majorité des membres considère qu’il est trop tôt pour établir un diagnostic sérieux sur l’évolution des prix compte tenu des incertitudes qui pèsent sur le marché de l’emploi. L’absence de consensus au sein du comité monétaire concerne également la politique de rachat d’actifs. Plusieurs participants ont mentionné qu’ils s’attendaient à ce que les conditions pour commencer à réduire le rythme des achats d’actifs soient réunies un peu plus tôt que ce qui était prévu lors des réunions précédentes, à la lumière des dernières données économique, mais certains souhaitent attendre la publication de nouveaux indicateurs au cours des prochains mois avant d’arriver à une conclusion.

Si au sein de la FED, l’attentisme est de mise, la Banque Centrale Européenne a décidé dans le cadre de sa revue de détail de modifier sa cible d’inflation. Désormais, le « bon » niveau d’inflation permettant à la BCE d’assurer la stabilité des prix qui constitue le cœur de sa mission, reste fixé à 2 % sur le moyen terme. L’institution a ainsi abandonné la nuance « proche de, mais inférieure à 2 % ». La BCE a opté pour une approche plus restreinte que la FED pour ne pas effrayer les partisans d’une politique monétaire traditionnelle. Le Conseil des gouverneurs considère que le meilleur moyen de maintenir la stabilité des prix est de viser une cible d’inflation de 2 % à moyen terme. « Cet objectif est symétrique, ce qui signifie que les écarts négatifs et positifs de l’inflation par rapport à l’objectif sont tout aussi indésirables », souligne la BCE dans son communiqué. Ce qui veut dire qu’une action particulièrement énergique ou persistante de la politique monétaire peut être nécessaire pour éviter que l’inflation ne s’installe durablement en dessous de la cible. « Cela peut également impliquer une période transitoire pendant laquelle l’inflation est modérément supérieure à la cible », confirme la banque centrale.

La BCE a, par ailleurs, annoncé que le coût du prix du logement sera mieux pris en compte dans le calcul de l’inflation. Une modification analysée comme une concession faite aux faucons pour qu’ils acceptent l’idée d’une cible d’inflation symétrique. La banque centrale s’est également engagée à mettre en œuvre un plan d’action pour lutter contre le changement climatique « qui a de profondes implications pour la stabilité des prix ». Parmi ces mesures, figure une plus grande sélectivité des obligations acquises dans le cadre de ses programmes d’achat de dette d’entreprises. Il est ainsi précisé qu’« à l’avenir, la BCE adaptera le cadre guidant la répartition des achats d’obligations d’entreprises afin d’y intégrer des critères liés au changement climatique, conformément à son mandat. Il s’agira notamment de l’alignement des émetteurs sur, au minimum, la législation de l’Union européenne mettant en œuvre l’accord de Paris, par le biais de paramètres liés au changement climatique ou d’engagements des émetteurs en faveur de tels objectifs ».

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 9 juillet 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 406 529,42-0,36 %5 551,41
Dow Jones34 870,16+0,24 %30 409,56
Nasdaq14 701,92+0,43 %12 870,00
Dax Xetra Allemand15 687,93+0,24 %13 718,78
Footsie7 121,88-0,02 %6 460,52
Euro Stoxx 504 068,09-0,40 %3 552,64
Nikkei 22527 940,42-2,93 %27 444,17
Shanghai Composite3 524.82+0,18 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)+0,053 %-0,039 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,291 %-0,056 pt-0,550 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures)+1,351 %-0,091 pt0,926 %
Cours de l’euro / dollar (18 heures)1,1868+0,02 %1,2232
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures)1 810,120+1,13 %1 898,620
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures)75,460-1,15 %51,290

Le Coin des Epargnants : inflation ou pas inflation, that’s the question

Inflation, « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »

Aux Etats-Unis, l’indice des dépenses de consommation personnelle des ménages, également appelé déflateur PCE, qui est l’indicateur privilégié de la Réserve fédérale américaine (Fed), est ressorti, en mai, conforme aux attentes des économistes, progressant de 3,9 % sur un an. Hors éléments volatils comme l’alimentation et l’énergie, il s’est élevé à 3,4 %, soit le rythme le plus rapide depuis le début des années 90. La statistique étant en ligne avec les attentes, elle n’a pas suscité de réaction particulière sur le marché obligataire, Le rendement de l’emprunt américain à 10 ans restant en-atout de 1,5 %.

Le prix du pétrole poursuit sa hausse. Le baril de Brent a dépassé cette semaine 75 dollars. En un an, il a augmenté de 89 %. Les répercussions pour les consommateurs commencent à poindre. Le 1er juillet, le tarif réglementé du gaz augmentera de 10 % en France. Le cours du pétrole est porté par une forte demande et par l’élection du Président iranien, Ebrahim Raïss, qui appartient au clan des conservateurs. Son arrivée à la présidence ne devrait pas faciliter la conclusion d’un accord avec les Etats-Unis ni le retour de l’Iran sur le marché pétrolier.

Sur le marché actions, les indices S&P500 et Nasdaq Composite poursuivent leur ascension sur des pics historiques. Le Dow Jones a gagné plus de 3,5 % en une semaine et le Nasdaq, plus de 2 %. Ils ont été dopés par l’accord du groupe bipartisan du Congrès sur le projet d’investissement de Joe Biden dans les infrastructures de 1 200 milliards de dollars. Le Président des États-Unis a dû faire des concessions, notamment sur son projet de relèvement des impôts des entreprises et des Américains les plus riches pour parvenir à un compromis qui a abouti à une réduction de l’ampleur du plan qui initialement devait porter sur 2 300 milliards de dollars.

Le marché américain a été également porté par le succès des banques américaines aux stress tests de la Réserve fédérale. Les 23 principales banques, dont les « Big Six » (Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, Morgan Stanley, JPMorgan Chase et Wells Fargo) ont résisté aux scénarios de crise élaborés par la Fed. Ces simulations portent notamment sur un crash des marchés américains, une forte baisse du PIB et un bouleversement du secteur de l’immobilier commercial. Selon les résultats de ces tests, les banques pourraient résister à des pertes de près de 500 milliards de dollars tout en respectant les exigences capitalistiques et prudentielles. Ce succès ouvre la voie à une reprise du versement des dividendes et des programmes de rachats d’actions.

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 25 juin 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 406 622,87+0,82 %5 551,41
Dow Jones34 434,96+3,44 %30 409,56
Nasdaq14 362,28+2,37 %12 870,00
Dax Xetra Allemand15 607,97+1,04 %13 718,78
Footsie7 136,07+1,69 %6 460,52
Euro Stoxx 504 120,66+0,91 %3 552,64
Nikkei 22529 066,18+0,35 %27 444,17
Shanghai Composite3 607,56+1,18 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)+0,196 %+0,033 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,156 %+0,046 pt-0,550 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures)+1,529 %+0,072 pt0,926 %
Cours de l’euro / dollar (18 heures)1,1934+0,55 %1,2232
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures)1 777,010+0,33 %1 898,620
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures)76,070+3,54 %51,290

Le Coin des Epargnants du 12 juin 2021 : optimisme de rigueur

CAC 40, toujours plus haut !

Cette semaine, la Bourse de Paris a franchi la barre des 6600 points. Les indices « actions » ont été dopés par avec le maintien par les grandes banques centrales des politiques monétaires accommodantes malgré les craintes de remontée de l’inflation. Le CAC 40 a gagné 1,3 % en une semaine, terminant à 6 600,66 points, et fait mieux que le Dax allemand qui est resté stable. Si le Nasdaq a progressé faiblement cette semaine, en revanche, le Dow Jones enregistre un léger recul dans l’attente des décisions de la Réserve Fédérale.

Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à 10 ans s’est stabilisé autour de 1,46 /1,47 %. Le taux de l’OAT à 10 ans français est passé en-dessous de 0,1 % vendredi 11 juin. Les investisseurs attendent les conclusions du prochain Conseil de politique monétaire de la Réserve fédérale qui doit se réunir mardi et mercredi prochains. Pour une majorité d’observateurs, les discussions sur un ralentissement des achats d’actifs ne devraient pas débuter sérieusement avant la fin du mois d’août et le symposium de politique monétaire de Jackson Hole.

La BCE en mode temporisation

Lors de sa réunion du jeudi 10 juin, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir son programme de soutien monétaire. Pour éviter une remontée trop de rapide des taux, la BCE avait annoncé en mars qu’elle allait effectuer ses achats de dettes à un rythme « significativement plus élevé », passant d’environ 17 milliards d’euros à 20 milliards d’euros par semaine. Elle a confirmé le 10 juin qu’elle conserverait ce rythme. Sa Présidente, Christine Lagarde, a reconnu que les vingt-cinq membres du conseil des gouverneurs ne sont pas tous d’accord. « Il y a eu un débat sur le rythme des achats. (…) Il y avait ici et là quelques opinions divergentes. ». Les représentants des Etats d’Europe du Nord s’inquiète d’une résurgence de l’inflation.

L’option prudente de la BCE est liée au caractère encore fragile de la reprise et de la levée progressive des restrictions sanitaires. La saison touristique demeure incertaine même si les premiers chiffres sont encourageants. Les déplacements internationaux sont toujours difficiles. Le rythme auquel les ménages dépenseront l’épargne qu’ils ont accumulée pendant la pandémie demeure un mystère.  Actuellement, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro reste 5,1 % en dessous de son niveau d’avant la crise. La BCE a retenu dans ce contexte une croissance de 4,6 % en 2021, contre une prévision de 4 % en mars. Pour 2022, elle mise sur 4,7 %. Toutefois, Christine Lagarde souligne que la zone euro n’en est pas au même point de la reprise que les Etats-Unis où la vaccination est plus avancée.

A propos de l’inflation qui atteint 2 %, la présidente de la BCE souligne qu’elle est passagère. Elle explique que les prix étaient en baisse il y a un an, en pleine pandémie, ce qui déforme la comparaison ; le coût de l’énergie, notamment du pétrole, ayant rapidement effacé leur recul. Par ailleurs, la fin de la baisse de la TVA entraîne un ressaut sur les prix dans ce pays. « L’inflation devrait baisser de nouveau au début de l’année prochaine », estime Christine Lagarde. La hausse des prix est également la conséquence des dysfonctionnements constaté en particulier au niveau de la production et des transports. Les ménages s’équipent en masse de matériel informatique, améliore leur logement et achètent des vélos, générant des goulets d’étranglement. Pour Christine Lagarde, ces goulets logistiques se résorberont d’ici la fin de l’année de 2021. La BCE prédit que l’inflation ne sera que de 1,9 % à la fin de l’année et de 1,5 % fin 2022. Par ailleurs, le Conseil des Gouverneurs a laissé inchangé les taux directeurs dont celui des dépôts à – 0,5 %.

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 11 juin 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 406 600,66+1,30 %5 551,41
Dow Jones34 479,60-0,80 %30 409,56
Nasdaq14 069,42+1,85 %12 870,00
Dax Xetra Allemand15 693,27+0,00 %13 718,78
Footsie7 134,06+0,92 %6 460,52
Euro Stoxx 504 126,70+0,91 %3 552,64
Nikkei 22528 948,73+0,02 %27 444,17
Shanghai Composite3 589,75+0,53 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)+0,093 %-0,057 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,2775 %+0,06 pt-0,550 %
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Rapport du COR 2021, un optimisme indéfectible

En 2020, selon le Conseil d’Orientation des Retraites (COR), 338 milliards d’euros de pensions ont été versés à plus de 16 millions de retraités. Le système de retraite a enregistré un déficit de 18 milliards d’euros, ramené à 13 milliards d’euros après un transfert de 5 milliards d’euros issus du Fond de Réserve des Retraites. Ce déficit est inférieur aux prévisions du mois de juillet (-29 milliards d’euros) et de novembre                        (-25 milliards d’euros). Ce moindre déficit est imputable à la reprise de l’activité intervenue à compter du troisième trimestre 2020. Pour 2021, le COR évalue le déficit entre 7 et 10 milliards d’euros, soit 0,3 % à 0,4 % du PIB.

Selon le COR, le besoin de financement du système de retraite pour les vingt-cinq prochaines années, en moyenne annuelle, serait compris entre zéro et 0,6 point de PIB (autour de 14 milliards d’euros avec pour référence le PIB 2019), pour une croissance des revenus d’activité de 1,3 % sur le long terme. Le COR a révisé à la baisse le taux de fécondité en retenant un taux de 1,83 enfant par femme. Les gains d’espérance de vie à 65 ans ont été réduits, ce qui améliore les résultats du système retraite sur longue période. En revanche, avec une diminution du solde migratoire, la croissance de la population se ralentira plus vite que prévu. Le nombre de personnes actives progresserait de 46 000 par an entre 2021 et 2040, contre +173 000 entre 1990 et 2005. À partir de 2040, la population active baisserait de 40 000 par an jusqu’en 2070. Cette diminution de la population active pourrait être compensée par une augmentation du taux d’emploi qui est bien plus faible en France que chez nos partenaires. Cela suppose une forte augmentation de l’emploi des seniors. Selon le COR, le taux d’emploi des seniors de 60 à 64 ans devrait passer de 35,5 à 63 % de 2021 à 2040. Le COR estime toujours que la croissance sur longue période devrait se situer autour de 1,3 %, sachant que de 2011 à 2021, le taux moyen a été de 0,7 %. Le taux de chômage cible reste fixé à 7 %. Le nombre de cotisants par rapport à celui des retraités devrait quant à lui passer de 1,7 à 1,3 de 2019 à 2070. Les retraités seront, dans cinquante ans, 23 millions contre 16,4 millions en 2019.

Après avoir atteint 14,7 % du PIB, le poids des dépenses de retraite baisserait à 13,7 % du PIB d’ici 2025, contre 14 % prévu en juillet dernier. Le niveau serait proche de celui qui avait été projeté avant la crise sanitaire. Le Conseil d’Orientation des Retraites estime que les dépenses progresseront moins vite en raison de moindres gains d’espérance de vie. En 2070, pour les femmes, l’espérance de vie à 65 ans ne serait plus de 24,2 ans, mais de 23,7 ans. Pour les hommes, elle serait ramenée de 20,5 à 20 ans. Par ailleurs, l’accroissement de mortalité de 9 % en 2020 a légèrement réduit les dépenses. Les prévisions de croissance pour les prochaines années sont revues à la hausse, ce qui induit un surcroît de recettes. Le PIB devrait augmenter de 5 % en 2021 de 4 % en 2022, de 2,3 % en 2023 et de 1,6 % en 2024.vÀ long terme, le solde du système de retraite varierait entre +2,1 % et -0,7 % du PIB en 2070. Pour équilibrer le système de retraite, le COR estime que l’âge effectif de départ à la retraite devrait atteindre 64 ans en 2030, contre 62,2 ans en 2019. Les deux autres moyens seraient de diminuer les pensions de 2,2 % par rapport à leur évolution normale ou d’augmenter les cotisations de 1,4 point.

Selon le COR, la pension moyenne brute de l’ensemble des retraités passerait de 50,1 % à moins de 35 % du revenu moyen d’activité de 2019 à 2070. Entre les générations des années 1950 et celles des années 1980, le taux de remplacement net à la liquidation baisserait de 10 points pour les salariés non-cadres. Pour les cadres, la baisse serait encore plus marquée.

En 2018, le niveau de vie médian des retraités était de 1 828 euros par mois et par unité de consommation. Un retraité sur dix dispose d’un niveau de vie inférieur à 1 103 euros quand un sur dix a un niveau de vie supérieur à 3 170 euros. Pour ces derniers, les revenus du patrimoine représentent 21 % de leurs revenus contre 14 % pour l’ensemble des retraités. Depuis 2014, le pouvoir d’achat des pensions est en baisse et, depuis 2017, le niveau de vie des retraités s’érode.

Si en 2014, le niveau de vie des retraités était de 7 points supérieur à celui de la moyenne de la population, l’écart n’est plus que de 2 points en 2020 bien que les pensions n’aient pas été touchées par la crise sanitaire. Le niveau de vie relatif des retraités s’établirait entre 90,2 et 94,6 % en 2040 et entre 77,2 % et 86 % en 2070.

Le Conseil d’Orientation des Retraites est fidèle à sa ligne de conduite en vertu de laquelle, sur longue période, rien n’est dramatique. Il retient des hypothèses économiques et démographiques plutôt optimistes. S’il ne nie pas les conséquences à court terme de la crise sanitaire, ses effets à long terme seraient mesurés. Le déficit de 18 milliards d’euros devrait néanmoins perdurer même s’il est amené à se réduire. À la lecture de ce rapport, le Gouvernement peut tout à la fois justifier le report d’une réforme paramétrique et, inversement, défendre la nécessité d’en faire une. Compte tenu du contexte économique et politique, il devrait faire passer quelques mesures en faveur des retraités les plus modestes dans le cadre du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022.

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