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Face au duopole, combien de divisions pour l’Europe

Economie 14 décembre 2018

L’édito de décembre Jean-Pierre Thomas, Président du Cercle de l’Épargne

 

Le G20, réuni à Buenos Aires les 30 novembre et 1er décembre derniers, a entériné le fait que le monde était dirigé par le duopole sino-américain. Leurs présidents respectifs, Donald Trump et Xi Jinping, se sont entendus directement sur la question des droits de douane. Ils ont décidé une trêve commerciale d’une durée de 90 jours. Le temps d’une éventuelle négociation autour d’un accord commercial, les Américains renoncent au passage des droits de 10 à 25 % portant sur 200 milliards de dollars d’importation. De la sorte, les deux premières puissances économiques négocieront en dehors du cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce. L’Europe, même si elle a essayé de parler d’une seule voix, apparaît assez marginalisée sur la scène internationale. Entre la fin de règne d’Angela Merkel, les difficultés financières de l’Italie, les problèmes sociaux de la France, et le Brexit, l’Europe n’est pas au mieux de sa forme. Cette situation se traduit au niveau financier par des marchés « actions » à la peine depuis des mois en Europe. Les indices sont loin d’atteindre les niveaux attendus par les analystes en début d’année. La segmentation du marché financier européen et donc son manque de profondeur ainsi que l’aversion aux risques des épargnants expliquent, en partie, cette faiblesse devenue structurelle. Les places financières européennes sont également handicapées par le nombre réduit des valeurs technologiques ainsi que par la surreprésentation des valeurs financières. Ces dernières n’ont pas encore surmonté la crise de 2008 et celle de 2012 des dettes souveraines. En France, le caractère non assumé de la nécessité de supprimer l’ISF rend difficile la réallocation de l’épargne vers des placements longs. À la moindre difficulté, la tentation d’alourdir la fiscalité du patrimoine réapparaît. Or, en 2017, cette fiscalité comptait parmi les plus élevées de l’OCDE. Les mesures d’Emmanuel Macron ont simplement permis un retour de la France dans la moyenne. Si la proposition de réinstauration de l’ISF était approuvée, la France perdrait sur de nombreux tableaux. Une fois de plus, l’instabilité fiscale l’emporterait. L’espoir de voir les expatriés fiscaux revenir s’évanouirait. Les investisseurs étrangers se détourneraient de notre pays. Mais, au-delà de la question de la fiscalité, la solution pour la croissance de la France passe par plus d’Europe, par l’indispensable création d’un budget de la zone euro et de fonds d’intervention pour venir en appui aux pays traversant des difficultés temporaires.

 

A lire dans le Mensuel de décembre du Cercle de l’Épargne

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