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Étude « les salariés et l’épargne collective » du Cercle de l’Épargne et Malakoff Humanis

LES SALARIÉS PLÉBISCITENT L’ÉPARGNE COLLECTIVE MAIS PEINENT ENCORE À LA COMPRENDRE

Enquête CECOP-IFOP pour Malakoff Humanis et le Cercle de l’Épargne

Plébiscitée par les salariés qui en bénéficient, l’épargne collective est perçue comme un dispositif particulièrement attractif au croisement de l’épargne et de la rémunération indirecte. Pour autant, derrière cet intérêt marqué, les mécanismes de l’épargne collective demeurent mal compris. L’étude conduite par le Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique (CECOP) et l’IFOP pour Malakoff Humanis et le Cercle de l’épargne décrypte ce paradoxe[1].

Ce qu’il faut retenir :

  • Un fort niveau d’adhésion : 66 % des salariés jugent le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) intéressant, le plaçant en tête de leurs placements préférés juste après l’assurance-vie ;
  • Une logique d’épargne installée : 67 % des bénéficiaires de l’épargne collective déclarent placer leur prime d’intéressement ou de participation sur un PEE ou un PERCOL ;
  • Un levier pour les politiques RH : 76 % des salariés connaissant ces dispositifs en font un critère de choix ou de maintien dans leur entreprise ;
  • Mais un vrai déficit de compréhension : 61 % des salariés se jugent peu ou pas informés par leur entreprise.

« L’épargne collective est un dispositif performant, dont le potentiel reste à exploiter. L’enjeu n’est plus de démontrer son intérêt mais de la rendre lisible et accessible. Adossée à l’entreprise, souvent abondée par l’employeur, elle peut aussi contribuer à la réduction des inégalités financières entre les hommes et les femmes, en contournant les mécanismes d’auto-censure qui freinent encore trop souvent les femmes dans leurs choix d’épargne. Ces solutions constituent un levier de rééquilibrage précieux », déclare Isabelle Le Bot, Directrice du domaine Epargne de Malakoff Humanis et Directrice générale de La France Mutualiste.

Un placement désormais installé dans les pratiques d’épargne

Plus des trois quarts des salariés ayant accès à un dispositif d’épargne collective (76 %) le considèrent comme le placement financier le plus intéressant. Pour l’ensemble des salariés, l’épargne collective se classe en deuxième position, derrière l’assurance-vie.

Longtemps perçue comme un complément de rémunération un peu abstrait, l’épargne collective change de nature. Elle s’inscrit désormais dans la hiérarchie des placements de long terme qui comptent et participe pleinement aux choix d’épargne des Français.

La retraite, nouvel horizon de l’épargne collective

L’épargne collective est avant tout mobilisée comme un instrument d’épargne orienté vers le long terme. Lorsqu’ils perçoivent une prime d’intéressement ou de participation, 67 % des salariés choisissent de la placer (50 % sur un PEE et 17 % sur un dispositif retraite collectif). L’abondement de l’employeur et l’avantage fiscal jouent ici un rôle déterminant, orientant les flux vers des supports de long terme.

Ce choix traduit par ailleurs une évolution des comportements : la préférence pour l’épargne l’emporte sur la consommation immédiate.

La préparation de la retraite constitue désormais une motivation centrale (39 %) devant le financement d’un projet personnel (25%). L’épargne collective s’inscrit ainsi dans une logique de projection à long terme, en complément des dispositifs de retraite existants.

Un levier d’attractivité et de fidélisation dans la politique RH des entreprises

L’épargne collective dépasse aujourd’hui sa fonction initiale liée au partage de la valeur. Elle devient un véritable levier d’attractivité et de fidélisation pour les entreprises. C’est un critère important dans le choix d’une entreprise pour plus d’un salarié sur deux (51%), une proportion qui atteint 76 % parmi ceux qui en maîtrisent les mécanismes.

La connaissance et la maîtrise des dispositifs agit comme un amplificateur ; plus les salariés les comprennent, plus ils les intègrent dans leurs arbitrages professionnels. L’épargne collective devient ainsi un outil de politique sociale et un levier de compétitivité pour les entreprises.

Un déficit d’information persistant

Le succès de l’épargne collective s’accompagne toutefois d’un paradoxe. Si l’intérêt est réel, la compréhension demeure insuffisante :

  • 61 % des salariés se jugent peu ou pas informés ;
  • 33 % des salariés déclarent ne disposer d’aucun canal d’informations ;
  • 26 % des salariés seulement affirment bien connaître le PEE ;
  • 42 % des salariés ne connaissent pas le PERCOL.

Ce déficit d’information recoupe des clivages socioprofessionnels marqués : 44 % des cadres supérieurs déclarent bien connaître le PEE, contre 18 % des ouvriers. Or, la connaissance conditionne directement la confiance : 71 % des salariés bien informés font confiance aux organismes gestionnaires.

Les salariés n’attendent pas particulièrement des produits sophistiqués. Ils souhaitent surtout une meilleure lisibilité des rendements (41 %) et une clarification des supports d’investissement (32 %). En matière d’accompagnement, ils plébiscitent un conseil personnalisé et des outils digitaux dédiés.

Ce manque d’information freine non seulement l’appropriation des dispositifs par les salariés, mais également la capacité des entreprises à valoriser pleinement les avantages mis en place au bénéfice de leurs salariés.

L’épargne collective a changé de dimension. Elle n’est plus un simple complément de rémunération, mais un instrument structurant de préparation de la retraite et de partage de la valeur. Elle fait pleinement partie de l’épargne des ménages. Son développement pourrait être plus fort avec une amélioration de son appropriation qui passe par une plus large diffusion et un effort de communication accru au sein des entreprises.

Malakoff Humanis : une épargne claire pour tous

Avec son positionnement autour de la clarté, Malakoff Humanis met en œuvre des actions spécifiques pour que les salariés puissent s’approprier les dispositifs d’épargne collective :

  • Clarté des frais et des rendements ;
  • Coaching personnalisé avec des experts ;
  • Pour préparer sa retraite : un bilan personnalisé et des conseils adaptés en fonction de l’âge et de la situation ;
  • Visualisation de ce que finance concrètement son épargne : pourcentage investi dans la transition énergétique, l’économie solidaire ou l’emploi local ;
  • Programme de webinaires et d’e-learning sur les produits et les placements ;
  • Informations pour optimiser les placements au bon moment ;
  • Outils d’éducation financière : Application Flouze, cahier de vacances pour optimiser les versements au bon moment ;
  • Simulateurs pour découvrir son profil d’investisseur et estimer la croissance de son épargne ;
  • Aides financières en cas de situations spécifiques de déblocage.

À propos du Cercle de l’Épargne

Centre d’études et d’information, le Cercle de l’Épargne mène des études à dimension économique et sociale et des actions de formation pour comprendre les grands enjeux de la protection sociale.

À propos de Malakoff Humanis (chiffres au 31 décembre 2025)

Malakoff Humanis est un acteur majeur de la protection sociale paritaire et mutualiste, à but non lucratif. Le Groupe accompagne entreprises et particuliers en santé, prévoyance, épargne et retraite complémentaire, guidé par sa raison d’être : Partager pour protéger.

En assurance, il protège 400 000 entreprises et près de 10 millions de personnes. En tant qu’institution de retraite complémentaire Agirc-Arrco, Malakoff Humanis gère les cotisations de plus de 7 millions d’actifs et verse 45 Md€ d’allocations à 6,3 millions de retraités.

Sur le plan social et sociétal, le Groupe accompagne ses clients fragilisés et est engagé sur le handicap, le cancer, le bien-vieillir et les aidants. Près de 200 M€ sont dédiés chaque année à ces actions.

Les fonds propres du Groupe représentent 11,3 Md€. La solidité financière et la performance du Groupe sont confirmées par une notation A+ attribuée depuis 4 ans par S&P Global Ratings et Fitch Ratings. Sur les plans extra-financiers, Malakoff Humanis figure parmi les 2% des entreprises les mieux notées au monde en matière de critères RSE (Ecovadis, niveau Gold – 81/100 en 2026). Enfin, Malakoff Humanis est certifié Top Employer France par le Top Employers Institute depuis 3 ans. www.malakoffhumanis.com

[1] Les Français et l’épargne collective : enquête réalisée en ligne du 30 janvier au 6 février 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 021 salariés du secteur privé et du secteur public (hors fonction publique). La représentativité a été assurée selon la méthode des quotas après stratification par région. Le terrain a été confié à l’IFOP.

Pour en savoir plus :

Près de 470 milliards d’euros de dépôts à vue fin 2025 en France

Les dépôts à vue des particuliers en France sont passés de 78,1 milliards d’euros en décembre 1993 à 469,9 milliards en décembre 2025. L’augmentation est de 391,8 milliards, soit +501,7 %. L’encours a donc été multiplié par 6,0 en 32 ans. Le rythme moyen de progression ressort à +5,8 % par an.

Même en prenant en compte l’inflation, la progression est forte. Sur la période, l’inflation cumulée a atteint +65,9 %. En euros de 1993, les 469,9 milliards de fin 2025 valent donc environ 283,3 milliards. Même après correction de l’inflation, la hausse s’élève à +262,7 %, soit un encours réel multiplié par 3,6. L’essor des dépôts à vue ne relève pas d’un simple effet de prix mais d’un changement de comportement des ménages.

La comparaison avec le revenu disponible confirme cette évolution. Selon l’INSEE ; le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages, en indice base 100 en 1960, passe de 321,7 en 1993 à 546,1 en 2024. Cela correspond à une progression réelle de +69,8 % seulement sur la période, contre une hausse de +262,7 % des dépôts à vue en volume. La liquidité détenue sur les comptes courants a crû près de 3,8 fois plus vite que le revenu réel.

De 1993 à 2000, les dépôts passent de 78,1 à 107,7 milliards d’euros, soit +37,9 % en valeur et environ +25,7 % en termes réels. La hausse est nette, mais encore contenue. Entre 2 000 et 2008, l’encours passe à 193,2 milliards, soit +79,3 % en nominal et +53,8 % en réel. Entre 2008 et 2019, l’encours augmente vivement de 193,2 à 406,4 milliards, soit +110,4 % en nominal et +88,2 % en réel. C’est durant cette longue phase, marquée par la crise financière, les politiques monétaires très accommodantes et la compression des rendements sans risque, que la banalisation de la liquidité s’accélère.

La rupture la plus spectaculaire intervient néanmoins entre 2019 et 2022. En 3 ans, l’encours passe de 406,4 à 522,9 milliards d’euros, soit +28,7 %. Corrigée de l’inflation cumulée de la période, la hausse reste de +19,8 %. Cette poussée est cohérente avec le choc pandémique et ses suites. L’épargne forcée, la baisse des dépenses de consommation pendant les confinements et le maintien des revenus ont alimenté une accumulation de trésorerie sans précédent. Avec le retour de l’inflation entre 2022 et 2024, les dépôts à vue régressent légèrement avant de se stabiliser puis de légèrement augmenter en 2025.

.Le ratio entre dépôts à vue et revenu disponible brut annuel donne une mesure concrète de ce phénomène. En retenant l’encours moyen annuel, les dépôts à vue représentent environ 29,9 % du RDB en 2020, 31,8 % en 2021, 32,1 % en 2022, puis encore 28,0 % en 2023 et 25,3 % en 2024.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France

Les principales causes de décès en Europe

En 2023, l’Union européenne a enregistré 4,84 millions de décès parmi ses résidents. Cette mortalité demeure très largement dominée par les maladies de l’appareil circulatoire, à l’origine de 1,59 million de décès, soit 32,8 % de l’ensemble. Les cancers occupent la deuxième position avec 1,16 million de décès (23,9 %), suivis des maladies respiratoires qui ont entraîné 0,38 million de décès (7,8 %).

Derrière ce triptyque principal, d’autres causes contribuent de manière significative à la mortalité. Les causes externes de morbidité et de mortalité représentent 0,24 million de décès (5,0 %), tandis que les maladies de l’appareil digestif et les troubles mentaux et du comportement totalisent chacune 0,21 million de décès (respectivement 4,4 % et 4,3 %). Les maladies du système nerveux atteignent également 0,21 million de décès (4,3 %). Les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques sont responsables de 0,17 million de décès (3,5 %), et la COVID-19 de 0,10 million (2,1 %).

À l’échelle de l’Union européenne, le taux de mortalité imputable aux maladies de l’appareil circulatoire s’établit à 313 décès pour 100 000 habitants en 2023. Ces pathologies recouvrent notamment les affections liées à l’hypertension artérielle, les maladies cardiaques ainsi que les atteintes des veines et des artères.

Les disparités territoriales demeurent particulièrement marquées. Les taux les plus élevés sont observés en Bulgarie, avec 923 décès pour 100 000 habitants, en Roumanie (787) et en Lettonie (726). À l’opposé, plusieurs pays d’Europe occidentale présentent des niveaux sensiblement plus faibles : la France (163), l’Espagne (200) et le Danemark (208) figurent parmi les États les moins touchés par ces pathologies. En France, la structure de la mortalité se distingue toutefois par la prééminence des cancers, qui constituent la première cause de décès.

Cercle de l’Épargne – données Eurostat

Les Français des épargnants aguerris mais en mal d’éducation financière

Avec un taux d’épargne atteignant 18,3 % du revenu disponible brut en 2025, les ménages français figurent parmi les plus grands épargnants d’Europe. Cette abondance d’épargne alimente depuis longtemps un débat récurrent : les Français épargnent beaucoup, mais mal. De nombreux économistes estiment que la structure de leur patrimoine, largement orientée vers les placements sécurisés et l’épargne réglementée, traduirait un déficit d’éducation financière et une aversion excessive au risque, pénalisant à la fois les épargnants eux-mêmes et le financement de l’économie. Ce diagnostic, souvent repris dans le débat public, mérite pourtant d’être nuancé. La préférence pour les placements sûrs ne constitue ni une singularité française ni nécessairement le signe d’une mauvaise compréhension des mécanismes financiers. Elle s’inscrit aussi dans une histoire économique et institutionnelle particulière, marquée par le poids du système de retraite par répartition, par un cadre réglementaire protecteur et par une forte sensibilité collective aux risques patrimoniaux. L’évolution récente des comportements d’investissement invite d’ailleurs à relativiser l’idée d’une inertie des épargnants. La montée en puissance des placements boursiers, l’essor des ETF et l’arrivée d’une nouvelle génération d’investisseurs témoignent d’une transformation progressive du rapport des Français à l’épargne et au risque.

Au sommaire de l’étude :

  • Les épargnants en recherche de sécurité et de liquidité
  • Des épargnants de plus en plus opportunistes
  • Des épargnants agiles mais insuffisamment armés dans un environnement financier de plus en plus complexe

La loi Thomas : 30 ans après

La loi relative aux plans d’épargne retraite, dite loi Thomas du 25 mars 1997 demeure une grande occasion manquée pour la France tant sur le plan des retraites que sur celui du financement de l’économie européenne et plus particulièrement française. Cette loi intervient quelques années après l’adoption du Livre blanc sur les retraites de Michel Rocard. Elle visait à instituer en France un troisième pilier fondé sur la capitalisation, complémentaire du système par répartition. Son abandon, à la faveur de l’alternance politique de 1997, engagea, de manière silencieuse mais durable, une trajectoire différente pour l’économie française. Certes, en 2003 avec la loi Fillon puis en 2019 avec la loi PACTE, le législateur instaura des produits d’épargne retraite mais dont l’ambition était bien moindre par rapport à celle qui était inscrite dans la loi Thomas. Si Lionel Jospin n’avait pas décidé d’enterrer la réforme Thomas, où en seraient notre système de retraite et l’économie française ?

Au sommaire de l’étude :

  • Une réforme globale
  • Le temps perdu de la capitalisation
  • L’encours manquant : une perte patrimoniale et stratégique
  • Une portée européenne indéniable
  • Une épargne plus rentable pour les épargnants
  • Un complément de retraite structurant
  • Un levier d’équité intergénérationnelle
  • Un retour tardif et incomplet

Le patrimoine des retraités : les dangers du vieillissement démographique

Les retraités représentent, en France, un peu plus d’un tiers des ménages (36,2 %), mais détiennent, selon l’INSEE près de 38,5 % du patrimoine brut total (enquête patrimoine 2021). En moyenne, un ménage retraité dispose en 2021 d’un patrimoine brut de 336 900 euros, légèrement supérieur à celui des actifs (328 700 euros). Mais cette apparente proximité masque une divergence fondamentale : une fois l’endettement pris en compte, l’écart devient est plus marqué.

Le patrimoine net atteint 309 900 euros pour les retraités, contre 240 000 euros pour les actifs, soit un différentiel de près de 70 000 euros, équivalant à +29 %. Cette supériorité ne résulte pas d’une accumulation plus rapide mais d’un phénomène plus simple et plus décisif : la disparition progressive de la dette. Les retraités, ayant soldé l’essentiel de leurs emprunts immobiliers, ne supportent plus qu’un endettement résiduel de 6 700 euros en moyenne, quand les actifs restent exposés à hauteur de près de 69 000 euros. La richesse des retraités est ainsi une richesse consolidée, débarrassée du levier du crédit, stabilisée dans ses composantes.

L’immobilier, la base du patrimoine des retraités

Le patrimoine des retraités reste dominé par la pierre. Ils sont, en effet, pour plus de 73 % d’entre eux propriétaires de leur résidence principale. L’immobilier représente 64 % du patrimoine total, soit environ 216 000 euros en moyenne, un niveau légèrement supérieur à celui des actifs (201 000 euros). Cette prééminence immobilière traduit à la fois une stratégie patrimoniale de long terme et une protection contre les aléas financiers.

Les retraités sont également investis sur les produits financiers. Ils détiennent en moyenne 91 000 euros d’actifs financiers, contre 56 000 euros pour les actifs, soit un écart de +63 %. Leur patrimoine est ainsi plus diversifié, avec une part financière atteignant 27 %, contre 17 % seulement pour les actifs.

Cet écart a plusieurs origines. D’une part, la liquidation du patrimoine professionnel lors du passage à la retraite se traduit souvent par une transformation en actifs financiers ou immobiliers. D’autre part, la réception d’héritages, plus fréquente à des âges avancés, vient alimenter le stock de capital financier. Enfin, la stabilisation des besoins de consommation permet une accumulation continue d’épargne liquide ou investie en fin de carrière professionnelle et durant la première partie de la retraite. Le taux d’épargne des retraités est, en France, supérieur à celui de l’ensemble de la population.

Une accumulation patrimoniale portée par le cycle de vie… mais transformée par les mutations économiques

Entre 1998 et 2021, le patrimoine brut moyen des ménages a été multiplié par 2,5 en euros courants. Cette progression spectaculaire s’est opérée en deux temps.

La première phase, de 1998 à 2010, correspond à un véritable âge d’or patrimonial. Le patrimoine a presque doublé, porté à plus de 70 % par la hausse des prix immobiliers. L’accès au crédit, la baisse des taux d’intérêt et la valorisation continue du foncier ont permis une accumulation rapide, particulièrement favorable aux générations aujourd’hui retraitées.

La seconde phase, de 2010 à 2021, marque un ralentissement : la progression n’est plus que de 20 % pour les retraités et 23 % pour les actifs. L’immobilier continue de jouer un rôle moteur, mais la dynamique s’essouffle, tandis que le patrimoine professionnel se stabilise, voire recule pour les retraités.

En 1998, le pic patrimonial était atteint vers 55 ans. En 2010, c’était à 60 ans. Maintenant, il se situe au-delà de 65 ans. La richesse ne décroît plus immédiatement après la retraite ; elle se maintient, voire continue de croître.

Le patrimoine financier continue d’augmenter jusqu’à environ 70 ans, avant de se stabiliser. L’immobilier, quant à lui, ne commence à diminuer qu’après 75 ans, âge auquel les dépenses liées à la dépendance deviennent significatives. Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs : la relative générosité du système de retraite, la prise en charge des dépenses de santé, la volonté de transmission et le report de l’âge des héritages. Elle traduit une transformation profonde du rapport à l’épargne : celle-ci n’est plus seulement un outil de consommation différée, mais un instrument de sécurisation et de transmission.

Des inégalités atténuées mais solidement ancrées

Si les retraités apparaissent globalement plus homogènes que les actifs, les inégalités patrimoniales demeurent importantes. Les 10 % les plus riches détiennent 42 % du patrimoine, contre 51 % chez les actifs, signe d’une concentration moindre mais toujours élevée. Le patrimoine médian des retraités s’établit à 217 900 euros, soit 1,3 fois celui des actifs (173 200 euros). En haut de la distribution, les écarts se resserrent. Les 10 % des retraités les plus riches disposent d’au moins 718 400 euros, un niveau légèrement inférieur à celui des actifs les plus aisés (751 800 euros).

Les déterminants sociaux : une cartographie des inégalités

Le patrimoine reste profondément structuré par la trajectoire professionnelle. Les anciens cadres et professions libérales disposent en moyenne de 630 000 euros, soit près du double de la moyenne des retraités. Leur patrimoine est plus diversifié, avec une part financière atteignant 30 %.

Les anciens indépendants présentent également des patrimoines élevés, souvent constitués autour de leur outil de travail. Leur patrimoine moyen avoisine 488 000 euros, avec une composante professionnelle encore significative (11 %).

À l’inverse, les anciens salariés non-cadres – employés et ouvriers – disposent de patrimoines plus modestes, fortement concentrés sur l’immobilier, qui représente jusqu’à 71 % de leur richesse.

La famille, matrice invisible du patrimoine

La structure familiale joue un rôle déterminant dans l’accumulation patrimoniale. Les couples retraités disposent en moyenne de 473 700 euros, contre 229 900 euros pour les personnes seules. Le patrimoine est ainsi divisé par deux en l’absence de vie conjugale, traduisant l’importance des économies d’échelle et de la double capacité d’épargne.

Le nombre d’enfants influe également sur la constitution du patrimoine. Les ménages ayant eu 2 enfants présentent les niveaux les plus élevés (363 500 euros en moyenne), tandis que ceux ayant 4 enfants ou plus voient leur patrimoine diminuer (289 300 euros), signe des contraintes budgétaires associées à la taille de la famille.

Les trajectoires diffèrent également selon le genre. Les femmes seules avec enfants disposent d’un patrimoine inférieur d’environ 20 % à celles sans enfant, illustrant les effets cumulatifs des inégalités professionnelles et familiales.

L’héritage, clé de voûte des dynamiques patrimoniales

Les ménages ayant reçu un héritage disposent d’un patrimoine moyen de 442 000 euros, contre 238 000 euros pour les autres, soit un écart de près du simple au double. Environ 30 % des individus ont hérité au cours de leur vie, proportion qui atteint 53 % après 70 ans. Parmi les 10 % les plus riches, 44 % ont reçu un héritage, et 62 % lorsqu’ils cumulent haut patrimoine et haut niveau de vie. Les donations, plus encore que les héritages, accentuent ces écarts : elles concernent 43 % des ménages les plus aisés, contre 18 % en moyenne.

Vers une société de l’héritage ?

Avec le vieillissement de la population, le nombre de décès est amené de s’accroître et avec lui celui des héritages. Cette évolution renforcera la concentration du capital et les inégalités. Les héritages intervenant de plus en plus tard ; ce sont des retraités qui bénéficieront du patrimoine de leurs parents. Le risque est que ce capital soit placé de manière peu dynamique ce qui ne favorisera pas la croissance de l’économie.

Les données statistiques de l’Assurance retraite pour 2025 : une mécanique démographique implacable !

En France, le système de retraite par répartition demeure l’un des piliers du modèle social. Chaque année, les statistiques de l’Assurance retraite offrent une radiographie précise de cette institution centrale. L’édition 2025 confirme une tendance lourde : le régime général continue de s’étendre sous l’effet conjuguEn France, le système de retraite par répartition demeure l’un des piliers du modèle social. Chaque année, les statistiques de l’Assurance retraite offrent une radiographie précise de cette institution centrale. L’édition 2025 confirme une tendance lourde : le régime général continue de s’étendre sous l’effet conjugué du vieillissement démographique, de l’arrivée progressive des générations du baby-boom à la retraite et de l’allongement de la durée de vie.

Les données publiées par l’Assurance retraite illustrent la transformation silencieuse mais profonde de la société française : une société où les retraités occupent désormais une place croissante, tant en nombre qu’en poids économique.

Une population de retraités toujours plus nombreuse

À la fin de l’année 2024, l’Assurance retraite verse une pension à près de 15,4 millions de retraités au titre du régime général. Ce chiffre, en augmentation régulière depuis plusieurs décennies, témoigne du basculement démographique engagé depuis le début des années 2000.

Dans les années 1980, le régime général comptait moins de dix millions de pensionnés. En l’espace de quarante ans, leur nombre a donc progressé de plus de 5 millions. Cette croissance résulte principalement de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations nées après la Seconde Guerre mondiale, générations particulièrement nombreuses.

Si le rythme d’augmentation s’est légèrement atténué depuis quelques années, la tendance reste orientée à la hausse. La France poursuit ainsi sa transition vers une société vieillissante, caractérisée par un rapport de plus en plus étroit entre actifs cotisants et retraités bénéficiaires.

Un flux annuel de nouveaux retraités toujours élevé

En 2024, près de 652 000 nouvelles pensions personnelles ont été attribuées par le régime général. Ce flux d’entrées demeure élevé, même si la réforme des retraites de 2023, qui relève progressivement l’âge légal de départ à 64 ans, commence à produire ses effets.

Les départs en retraite ne sont toutefois pas uniquement déterminés par l’âge légal. Ils dépendent également des dispositifs de départ anticipé, notamment :

  • les carrières longues ;
  • les départs pour inaptitude ou invalidité;
  • les situations liées à la pénibilité.

Ces mécanismes contribuent à maintenir un flux de nouveaux retraités important malgré les réformes successives.

Ces mécanismes contribuent à maintenir un flux de nouveaux retraités important malgré les réformes paramétriques successives.

À ces nouvelles pensions personnelles s’ajoutent plus de 200 000 pensions de réversion, confirmant l’importance persistante de ce mécanisme de solidarité conjugale dans le système français.

L’âge de départ : un mouvement de remontée progressive

Les statistiques de l’Assurance retraite indiquent que l’âge moyen de départ à la retraite s’établit autour de 63,6 ans pour les nouveaux retraités du régime général.

Depuis le début des années 2000, cet âge moyen a progressivement augmenté. Il était proche de 61 ans au début de la décennie 2010. L’évolution résulte principalement des réformes successives qui ont relevé :

  • l’âge légal de départ ;
  • la durée d’assurance requise pour une retraite à taux plein.

Cette remontée reste cependant modérée. Elle témoigne de l’importance persistante des dispositifs permettant des départs anticipés, notamment pour les assurés ayant commencé à travailler très jeunes. L’âge moyen effectif demeure ainsi inférieur à l’âge légal qui atteindra progressivement

64 ans à l’horizon 2030

L’Assurance retraite souligne également l’élévation continue de l’âge moyen des pensionnés. Celui-ci atteint désormais plus de 75 ans. Cette progression reflète l’amélioration de l’espérance de vie observée depuis plusieurs décennies. Même si les gains de longévité ont ralenti depuis la crise sanitaire, les retraités vivent en moyenne plus longtemps et perçoivent donc leur pension sur une durée plus étendue. Ce phénomène a des implications financières majeures. Dans un système par répartition, l’allongement de la durée de retraite augmente mécaniquement la charge globale du système, sauf à relever l’âge de départ ou à augmenter les ressources.

Un système marqué par la féminisation

Les statistiques du régime général confirment la féminisation croissante de la population retraitée.

Cette transformation résulte de deux dynamiques :

  • l’allongement de l’espérance de vie des femmes, supérieure à celle des hommes ;
  • l’augmentation progressive de la participation féminine au marché du travail depuis les années 1970.

L’Assurance retraite, premier régime français

Le régime général demeure de très loin le principal régime de retraite en France. Il couvre l’immense majorité des salariés du secteur privé et constitue la base du système français.

Son rôle central s’explique par la structure même du marché du travail français. La majorité des actifs relève en effet du salariat privé, ce qui confère au régime général un poids démographique et financier considérable. À ce régime de base s’ajoutent les régimes complémentaires obligatoires, notamment l’Agirc-Arrco, qui complètent la pension versée par l’Assurance retraite.

Un système confronté à un défi structurel

Les chiffres de l’Assurance retraite publiés en 2025 confirment :

  • l’arrivée à la retraite des générations nombreuses du baby-boom ;
  • l’allongement de l’espérance de vie ;
  • la progression plus lente de la population active.

Dans les décennies à venir, le rapport entre cotisants et retraités continuera de se dégrader avec l’augmentation du nombre de retraités qui pour le régime général atteindra 19 millions en 2050.

Cercle de l’Épargne – données Assurance retraite

Suspension de la réforme des retraites : près de 2,2 millions de personnes concernées

La suspension partielle de la réforme des retraites introduit un ajustement non négligeable des paramètres d’âge pour les générations immédiatement situées à l’interface du basculement législatif. À compter du 1er septembre 2026, près de 2,2 millions d’assurés nés entre 1964 et 1968 seraient concernés. L’effet moyen est d’ampleur limitée – de l’ordre de 3 mois – mais son incidence agrégée est loin d’être marginale.

Le premier impact concerne le recalibrage du triptyque âge légal – durée d’assurance – taux plein. Pour la génération 1964, l’âge d’ouverture des droits serait ramené à 62 ans et 9 mois avec une durée d’assurance de 170 trimestres, contre 63 ans et 171 trimestres dans le dispositif antérieur. Le mouvement est similaire pour le début de la génération 1965 : les assurés nés entre janvier et mars pourraient liquider leurs droits à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres, alors qu’ils relevaient initialement d’un âge de 63 ans et 3 mois avec 172 trimestres.

Pour les générations 1966 à 1968, l’ajustement est homogène : un décalage de 3 mois de l’âge légal, sans remise en cause de la trajectoire de convergence vers 64 ans. Les assurés nés à partir de 1969 demeurent, à ce stade, soumis au régime cible, soit 64 ans et 172 trimestres. La mesure s’apparente ainsi à une correction paramétrique ciblée, concentrée sur un segment restreint de la pyramide des âges.

Sur les 2,2 millions d’assurés concernés, environ 1,2 million pourraient avancer leur départ d’environ 3 mois. Pour près d’un million d’entre eux, l’effet ne se limite pas au calendrier ; il concerne également le niveau de pension. L’amélioration, modeste mais réelle, procède d’un mécanisme classique : abaissement de la durée d’assurance requise facilitant l’accès au taux plein, atténuation de la décote et, pour certains profils, déclenchement plus précoce de la surcote. À paramètres inchangés de salaire de référence, quelques trimestres peuvent produire un différentiel de pension non négligeable.

Le dispositif ne se limite pas aux assurés relevant du droit commun. Les bénéficiaires du mécanisme de retraite anticipée pour carrière longue sont également intégrés dans ce recalage. Les assurés nés entre 1964 et 1968 ayant validé 5 trimestres avant 20 ans (4 pour les naissances en fin d’année) voient leurs conditions d’ouverture des droits ajustées dans les mêmes proportions. Pour la génération 1964, l’âge de départ anticipé serait fixé à 60 ans et 3 mois avec 170 trimestres, contre 60 ans et 6 mois et 171 trimestres précédemment. Là encore, le gain est de 3 mois, mais il intervient sur des trajectoires de carrière longue où la sensibilité aux paramètres est élevée.

Au total, la mesure illustre un point récurrent du système français : la forte élasticité sociale et politique des paramètres d’âge. Un ajustement de quelques mois, circonscrit à 5 générations, affecte plus de 2 millions d’assurés et modifie, à la marge mais de manière tangible, les flux de départ et les niveaux de pension.

Ce type de correction met en évidence la nature profondément paramétrique du système de retraite. À défaut de réforme systémique, l’équilibre repose sur des ajustements successifs de l’âge, de la durée d’assurance et des modalités de calcul. Chaque modification, même limitée, agit comme un révélateur : celui d’un système où la frontière entre soutenabilité financière et acceptabilité sociale se joue souvent à quelques trimestres près.

Un accès facilité au dispositif de carrière longue

La loi introduit également un assouplissement du dispositif de départ anticipé pour carrière longue. Jusqu’à présent, les trimestres accordés au titre des enfants – 4 pour la naissance et 4 pour l’éducation – ne pouvaient pas être pris en compte pour remplir les conditions de durée d’assurance requises pour ce dispositif.

À compter du 1er septembre 2026, les mères pourront désormais intégrer jusqu’à 2 trimestres liés aux enfants dans le calcul de la durée d’assurance permettant d’accéder à ce mécanisme de départ anticipé. Cette évolution vise à limiter les effets défavorables des interruptions de carrière liées à la maternité dans l’accès aux dispositifs de retraite anticipée.

Selon les projections de l’Assurance retraite, cette modification pourrait permettre à environ 12 000 assurées supplémentaires chaque année de bénéficier du dispositif de départ anticipé pour carrière longue.

Ces ajustements illustrent la volonté des pouvoirs publics de réduire une partie des écarts de pension entre les femmes et les hommes, écarts qui demeurent importants en France en raison de différences persistantes de carrière, de rémunération et de durée d’activité. Même si les gains individuels restent mesurés, ces mesures constituent une tentative d’adaptation du système de retraite aux réalités des parcours professionnels contemporains.

Le plafond de la retraite de base relevé en 2026

Le montant maximal de pension est rarement au cœur des débats publics. Il est pourtant révélateur de la nature même du système français : un dispositif qui protège, mais qui borne ; qui assure, mais qui ne promet pas la reproduction des niveaux de vie les plus élevés.

Dans le régime général, la règle est simple et, en un sens, brutale : la pension de base est plafonnée à 50 % du plafond annuel de la Sécurité sociale. En 2026, avec un plafond mensuel fixé à 4 005 euros, le maximum théorique s’établit à 2 002,50 euros par mois, soit 24 030 euros par an. Ce plafond ne concerne que les pensions liquidées à partir de cette date et suppose une carrière complète au taux plein. En pratique, peu d’assurés l’atteignent.

Ce niveau, modéré au regard des standards de rémunération des cadres, n’est pas le fruit du hasard. Il traduit un choix ancien : celui de dissocier partiellement le montant de la retraite des revenus d’activité. Le régime de base n’a jamais eu vocation à être proportionnel à l’infini. Il s’arrête volontairement en chemin.

Ce plafonnement produit un effet immédiat sur les taux de remplacement. Pour un salarié rémunéré autour du plafond de la Sécurité sociale, la pension de base peut représenter près de la moitié du revenu antérieur. Pour un cadre percevant 2, trois ou 4 fois ce plafond, la proportion chute rapidement. Le système devient de moins en moins assurantiel à mesure que les revenus augmentent.

La retraite complémentaire, en particulier celle gérée par l’AGIRC-ARRCO, corrige en partie cette rupture. Elle introduit une relation plus étroite entre cotisations et droits, via un système de points. Mais là encore, la progression n’est pas illimitée. Les salaires pris en compte pour cotiser sont plafonnés à huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. En 2026, cela correspond à 384 480 euros de revenus annuels. Au-delà, les cotisations n’ouvrent plus de droits nouveaux.

Il n’existe donc pas de plafond explicite de pension dans le régime complémentaire, mais une limite d’assiette qui produit un effet équivalent. Le rendement du système devient nul pour les très hauts revenus. Le message est clair : la retraite obligatoire a une borne, même si elle n’est pas toujours affichée.

L’articulation entre ces 2 mécanismes – plafond de prestation pour la base, plafond de cotisation pour la complémentaire – dessine une frontière. En deçà, le système fonctionne selon une logique contributive encadrée. Au-delà, il s’efface progressivement.

Cette frontière a des conséquences concrètes. Elle explique, en grande partie, le développement de l’épargne retraite individuelle et collective. Pour les cadres supérieurs et les dirigeants, le système obligatoire ne permet pas de maintenir le niveau de vie antérieur. Il impose de compléter par d’autres canaux – PER, assurance vie, dispositifs d’entreprise.

Le plafond joue ainsi un rôle de signal économique. Il oriente les comportements d’épargne sans passer par la contrainte. Il organise une complémentarité implicite entre répartition et capitalisation.

Sa revalorisation annuelle, indexée sur l’évolution des salaires, en modifie les contours à la marge. Après +1,6 % en 2025 et +2 % en 2026, le plafond progresse, mais sans rupture. La pension maximale de base suit ce mouvement, sans que cela change la logique d’ensemble : celle d’un système qui garantit un socle, mais qui n’accompagne pas indéfiniment la montée des revenus.

Au fond, le montant maximal de pension n’est pas seulement une donnée technique. C’est une ligne de partage. Il dit jusqu’où va la solidarité collective, et à partir de quel niveau elle laisse place à d’autres mécanismes. En France, cette ligne est basse en apparence, mais cohérente avec une tradition qui privilégie la redistribution à la stricte proportionnalité.

Comment retrouver son épargne perdue ?

En France, l’encours de l’épargne financière des ménages dépasse 6 000 milliards d’euros selon la Banque de France. Celle-ci est répartie entre une multitude de supports : livrets, comptes-titres, assurance vie, plans d’épargne entreprise, plans d’épargne en actions, plans d’épargne retraite, etc.

Cette profusion, fruit des évolutions successives du cadre législatif et fiscal, a son revers. Des épargnants peuvent oublier l’existence de certains produits, à l’occasion notamment de déménagements ou de changements d’employeur. De même, en raison d’informations incomplètes ou non actualisées, les bénéficiaires de contrats d’assurance vie peuvent être difficiles à identifier.

Plusieurs milliards d’euros seraient ainsi non réclamés ou en déshérence. Depuis une dizaine d’années, le législateur a renforcé les dispositifs visant à permettre à chacun de récupérer les sommes qui lui reviennent.

La loi Eckert : un cadre réglementaire pour l’épargne non réclamée

Jusqu’au début des années 2010, la gestion des avoirs non réclamés reposait largement sur les pratiques internes des établissements financiers. La loi Eckert du 13 juin 2014, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, a instauré un cadre homogène pour ces avoirs.

Elle impose aux banques et aux assureurs :

  • d’identifier les comptes inactifs et les contrats non réclamés ;
  • de consulter régulièrement le RNIPP afin de détecter les décès ;
  • d’engager des démarches actives de recherche des titulaires ou des bénéficiaires.

Depuis son entrée en vigueur, les établissements sont tenus d’assurer un suivi effectif des comptes et contrats qu’ils gèrent. À ce titre, ils doivent :

  • vérifier si leurs clients sont en vie, notamment en croisant leurs fichiers avec le RNIPP de l’Insee ;
  • informer les titulaires, leurs représentants légaux ou ayants droit de l’inactivité des comptes ;
  • encadrer les frais appliqués ;
  • transférer les avoirs à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) après un certain délai.

Ce délai est en principe de 10 ans à compter de la dernière opération ou manifestation du client. Pour les plans d’épargne logement, il est porté à 20 ans.

En cas de décès du titulaire d’un compte bancaire, ce délai est ramené à 3 ans. En revanche, pour les contrats d’assurance vie, le délai reste de 10 ans après la connaissance du décès.

Une fois les fonds transférés à la CDC, les titulaires ou leurs ayants droit disposent d’un délai de 20 ans pour les réclamer. Au-delà, soit 30 ans au total, les sommes sont définitivement acquises à l’État.

Le service AGIRA pour les contrats d’assurance vie non réclamés

L’Association pour la gestion des informations sur le risque en assurance (AGIRA) est une structure mise en place par le secteur de l’assurance afin de faciliter la recherche des bénéficiaires de contrats d’assurance vie. Elle est opérationnelle depuis le 1er mai 2006.

Toute personne — héritier, proche ou tiers — estimant pouvoir être bénéficiaire d’un contrat peut la saisir.

La demande, accompagnée d’un acte de décès, est transmise dans un délai de quinze jours à l’ensemble des assureurs, qui doivent vérifier l’existence éventuelle d’un contrat et, le cas échéant, contacter directement le bénéficiaire.

Dès lors que l’assureur a connaissance du décès et des coordonnées du bénéficiaire, il doit le prévenir dans un délai de quinze jours et procéder au versement des capitaux dans un délai d’un mois après réception des pièces nécessaires.

Après le décès, l’assureur conserve les fonds et doit activement rechercher les bénéficiaires. Si, au terme de dix ans, ceux-ci n’ont pas été identifiés ou ne se sont pas manifestés, les capitaux sont transférés à la Caisse des Dépôts et Consignations. Ce transfert marque un changement de nature : l’épargne quitte la sphère assurantielle pour relever d’une gestion publique conservatoire.

En l’absence de réclamation pendant vingt années supplémentaires, soit trente ans après le décès, les sommes deviennent définitivement acquises à l’État.

Ciclade : retrouver les sommes transférées à la Caisse des Dépôts des Consignations

Afin de faciliter la restitution des avoirs transférés, la Caisse des Dépôts a mis en place un service en ligne gratuit : Ciclade.

Ce service permet de rechercher les sommes issues :

  • des comptes bancaires inactifs ;
  • des livrets d’épargne,
  • de l’épargne salariale ;
  • et des contrats d’assurance vie non réclamés.

Selon les données publiées par la Caisse des Dépôts, le dispositif monte en puissance. En 2025, près de 200 000 dossiers ont donné lieu à une restitution positive, aboutissant à 174 000 paiements pour un total de 164,4 millions d’euros, en hausse de 8 % sur un an.

Le montant moyen restitué, proche de 943 euros, illustre la diversité des situations, du simple livret oublié à des contrats plus significatifs.

Depuis son lancement, Ciclade a permis de restituer plus d’un milliard d’euros. Dans le même temps, les établissements financiers continuent d’alimenter le dispositif : en 2025, ils ont transféré 671 millions d’euros correspondant à plus de 750 000 comptes.

Au total, près de 10 milliards d’euros ont été confiés à la Caisse des Dépôts depuis l’entrée en vigueur de la loi. Lorsque les fonds ne sont pas réclamés dans le délai de trente ans, ils sont définitivement reversés à l’État.

Les produits d’épargne retraite désormais intégrés

Le champ de la déshérence a été étendu aux produits d’épargne retraite. La loi du 26 février 2021 a introduit une obligation pour les gestionnaires de transmettre chaque année au GIP Union Retraite les informations nécessaires à l’identification des bénéficiaires.

Elle renforce également l’information des salariés lors de leur départ de l’entreprise, afin de limiter les situations de déshérence.

Sont concernés :

  • les anciens dispositifs (PERP, contrats article 83, PERCO) ;
  • ainsi que les plans d’épargne retraite (PER) issus de la loi Pacte.

Comme pour les autres produits, les fonds sont transférés à la Caisse des Dépôts après dix ans d’inactivité, puis peuvent être réclamés pendant vingt ans. Au terme de trente ans, ils deviennent définitivement propriété de l’État.

Prime de la valeur ajoutée : un vecteur de revenus et d’épargne

La prime de partage de la valeur (PPV) s’est imposée en quelques années comme un instrument hybride, à mi-chemin entre rémunération immédiate et épargne salariale différée. Sa simplicité apparente, son régime fiscal et social, en constante évolution depuis 2022, en fait un outil d’optimisation à la fois pour les entreprises et pour les salariés, à condition d’en maîtriser les ressorts.

D’une prime exceptionnelle à un instrument structuré de politique salariale

Issue de la « prime Macron » introduite après la crise des Gilets jaunes, la PPV a été pérennisée par la loi du 16 août 2022, puis intégrée dans un dispositif plus large par la loi du 29 novembre 2023 relative au partage de la valeur. Elle peut être versée par toutes les entreprises, sans obligation de substitution à un dispositif existant, mais avec une incitation croissante à l’articuler avec l’intéressement, la participation et l’épargne salariale.

Son plafond annuel est fixé à :

  • 3 000 euros par salarié dans le droit commun ;
  • 6 000 euros quand l’entreprise est couverte par un accord d’intéressement ou de participation.

La prime peut être fractionnée et modulée selon des critères objectifs (rémunération, classification, durée de présence, etc.), mais elle ne peut se substituer à un élément de rémunération existant.

Un régime social favorable

Le régime social de la PPV constitue l’un de ses principaux attraits.

Dans toutes les entreprises, la PPV est exonérée de cotisations sociales patronales et salariales (maladie, vieillesse, chômage, etc.).

La prime est néanmoins soumise à la CSG et à la CRDS, au taux global de 9,7 %.

La PPV est totalement exonérée de forfait social, quelle que soit la taille de l’entreprise ou la situation du salarié. Cette exonération s’applique :

  • en cas de versement direct ;
  • en cas d’affectation à un plan d’épargne entreprise (PEE) ;
  • ou en cas de placement sur un plan d’épargne retraite collectif (PERCOL).

Cette règle constitue un avantage significatif par rapport aux dispositifs classiques d’épargne salariale, pour lesquels le forfait social peut subsister, notamment sur l’abondement dans les entreprises d’au moins 50 salariés.

Au total, la PPV demeure, dans tous les cas, nettement moins chargée qu’un salaire classique.

Une fiscalité désormais normalisée, avec une exception transitoire

Depuis le 1er janvier 2024, la PPV est, en principe, imposable à l’impôt sur le revenu et intégrée au revenu imposable comme un complément de rémunération.

Toutefois, une exception subsiste : dans les entreprises de moins de 50 salariés, pour les salariés dont la rémunération est inférieure à 3 fois le SMIC, la prime peut encore être exonérée d’impôt sur le revenu. Ce régime transitoire est maintenu jusqu’en 2026.

Le véritable levier : l’affectation à l’épargne salariale (PEE / PERCOL)

Le législateur a introduit la possibilité d’affecter la prime, en tout ou partie, à un plan d’épargne salariale, transformant un revenu immédiat en capital différé.

Affectation à un PEE

Lorsque la PPV est versée sur un plan d’épargne entreprise (PEE) :

  • elle est exonérée d’impôt sur le revenu ;
  • elle reste soumise à la CSG-CRDS (9,7 %) ;
  • elle est exonérée de cotisations sociales et de forfait social.

En contrepartie, les sommes sont bloquées pendant 5 ans, sauf cas de déblocage anticipé.

À la sortie, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu mais soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %).

Affectation à un PERCOL

Lorsque la PPV est affectée à un plan d’épargne retraite collectif (PERCOL) :

  • elle est exonérée d’impôt sur le revenu à l’entrée ;
  • elle est soumise à la CSG-CRDS ;
  • elle reste exonérée de cotisations sociales et de forfait social.

Les sommes sont, en principe, bloquées jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé (notamment acquisition de la résidence principale ou accidents de la vie).

En cas de sortie, le capital est exonéré d’impôt sur le revenu, les gains sont soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %). En cas de sortie en rente, c’est le régime des rentes viagères à titre onéreux qui s’applique. Avec une prise en compte de l’âge du titulaire au moment de la liquidation.

Fiscalité des rentes viagères (PERCOL – compartiment épargne salariale)

Âge à la liquidationFraction imposable
< 50 ans70 %
50 – 59 ans50 %
60 – 69 ans40 %
≥ 70 ans30 %

Cette fraction est soumise au barème de l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.

Une optimisation différenciée selon les profils

Pour un salarié imposé dans une tranche marginale élevée (30 % ou plus), l’intérêt de l’affectation à un PEE ou à un PERCOL est particulièrement marqué, en raison de l’exonération d’impôt sur le revenu à l’entrée.

À l’inverse, pour les salariés faiblement imposés ou éligibles au régime dérogatoire, le versement immédiat peut conserver tout son intérêt.

Un instrument au cœur des stratégies de rémunération

La PPV s’inscrit désormais pleinement dans les politiques de rémunération globale. À mi-chemin entre salaire, intéressement et épargne salariale, elle offre aux entreprises un levier souple d’ajustement des revenus, tout en ouvrant aux salariés des possibilités d’arbitrage entre consommation immédiate et capitalisation.

Pour l’entreprise, la PPV constitue un outil d’une grande efficacité avec un coût maîtrisé (absence de cotisations sociales) et une grande souplesse (pas d’engagement pérenne). Il est possible de flécher vers l’épargne salariale. Pour le salarié, elle offre une alternative entre revenu immédiat et constitution d’un patrimoine financier, avec un avantage fiscal réel en cas de placement.

La montée en puissance de la PPV participe d’un mouvement plus large de transformation de la rémunération en France. La frontière entre salaire, épargne et participation aux résultats tend à s’estomper.

L’épargne collective au service des retraites et du financement de l’économie

En 2025, les encours de l’épargne salariale atteignent, selon l’Association Française de Gestion, 229,4 milliards d’euros, en progression de 14,7 % sur un an. Depuis la crise financière de 2008, cette épargne a connu une croissance moyenne annuelle de 7,1 %, rythme supérieur à celui de nombreux placements traditionnels. En 2025, 442 000 entreprises proposent un PEE et/ou un PER, soit + 26 000 sur un an. 403 000 entreprises offrent un plan d’épargne entreprise (soit + 24 700 sur un an) et 262 000 un plan d’épargne retraite collectif (soit + 21 800 sur un an).

13,2 millions de salariés disposent d’un compte d’épargne salariale, soit + 402 000 sur un an. Près de 6 millions de salariés ont épargné sur le PERCO pour un montant moyen de 3 900 euros. Plus d’un tiers des Français âgés de 20 à 60 ans en sont désormais détenteurs. Cette diffusion témoigne de l’efficacité des mécanismes de partage de la valeur. Les inégalités d’accès persistent, notamment entre grandes entreprises et PME, et entre catégories socioprofessionnelles.

Les versements de l’épargne salariale se sont, en 2025, élevés à :

  • 6,3 milliards d’euros pour la participation ;
  • 7,3 milliards d’euros pour l’intéressement ;
  • 4,9 milliards d’euros pour les versements volontaires ;
  • 4,7 milliards d’euros pour l’abondement.
Cercle de l’Épargne – données AFG

Les montants issus de la participation et de l’intéressement atteignent chacun 2 000 euros en moyenne.

Des flux en hausse

En 2025, les fonds actions enregistrent des flux nets de +2,3 milliards d’euros, en progression continue depuis 2021. Les fonds mixtes (+1,4 milliard d’euros) et obligataires (+0,9 milliard d’euros) suivent une trajectoire similaire.

Les supports monétaires, bien que toujours positifs (+1,4 milliard d’euros), jouent désormais un rôle plus marginal. À l’inverse, l’actionnariat salarié connaît des sorties nettes significatives (-3,6 milliards d’euros), conséquence de prises de bénéfices après plusieurs années de hausse des marchés.

La collecte brute atteint 23,4 milliards d’euros, en progression de 1,7 milliard par rapport à 2024. Elle se répartit entre participation (6,3 milliards d’euros), intéressement (7,3 milliards d’euros), versements volontaires (4,9 milliards d’euros) et abondement (4,7 milliards d’euros). À ces flux s’ajoutent des contributions plus récentes, telles que la prime de partage de la valeur.

La hausse des rachats, à 21 milliards d’euros, traduit une utilisation plus active de cette épargne. Les déblocages anticipés, qui représentent 36 % des rachats (7,6 milliards d’euros), sont principalement motivés par la mobilité professionnelle et l’acquisition ou l’agrandissement de la résidence principale (26 % des cas et 39 % des montants).

Une allocation d’actifs actifs de plus en plus actions

Les fonds diversifiés, qui atteignent désormais 144 milliards d’euros, concentrent 63 % des encours. Leur croissance annuelle de 11 % traduit une préférence accrue pour des supports hybrides, conciliant rendement et maîtrise du risque.

L’analyse de la structure des actifs depuis 2013 met en évidence un basculement progressif. La part des supports monétaires, historiquement dominante dans un environnement de taux faibles et d’aversion au risque, s’érode, passant de 21 % à 15 % en 2025. Ce recul s’inscrit dans un mouvement plus large de désaffection pour les placements à faible rendement réel, d’autant plus marqué dans un contexte de retour de l’inflation.

À l’inverse, les fonds actions voient leur poids progresser de manière significative, de 10 % à 17 % sur la période. Les fonds mixtes, qui offrent un compromis entre sécurité et performance, passent quant à eux de 19 % à 22 %. Cette évolution ne relève pas d’un simple ajustement tactique ; elle traduit une montée en compétences des épargnants et une diffusion progressive de la culture financière.

Cercle de l’Épargne – donnés AFG

Une épargne orientée vers le financement des entreprises

Au-delà de sa dynamique interne, l’épargne salariale se distingue par sa contribution directe au financement de l’économie productive. 64 % des actifs sont investis en actions et 12 % en obligations d’entreprises, soit 76 % de l’encours orienté vers les entreprises.

Cercle de l’épargne – données AFG

83 % des encours sont investis en zone euro et 57 % en France. La proportion atteint 66 % pour les actions cotées en France. L’épargne salariale contribue ainsi, de manière diffuse mais réelle, à la souveraineté économique nationale.

Cercle de l’Épargne – données AFG

La gestion pilotée : un vecteur favorable aux actions

La gestion pilotée fondée sur une allocation évolutive des actifs en fonction de l’horizon de placement et du profil de risque connaît un véritable essor. Elle répond à une double exigence : sécuriser progressivement les encours à l’approche de la retraite, tout en maximisant leur rendement en phase d’accumulation.

En 2025, les encours en gestion pilotée atteignent 15,5 milliards d’euros, en hausse de 16,7 %, et représentent 40 % des encours d’épargne retraite collective. Plus des 2/3 des porteurs de PER collectifs y ont recours, signe d’une adoption désormais massive.

L’analyse par tranche d’âge révèle une diffusion différenciée mais cohérente avec les principes de la finance de cycle de vie. Chez les moins de 30 ans, 49 % des encours sont en gestion pilotée, contre 35 % pour les plus de 60 ans. Cette proportion élevée chez les jeunes traduit une acceptation accrue du risque, rendue possible par un horizon de placement long. Elle se traduit concrètement par une forte exposition aux actifs risqués : 87 % des encours des moins de 30 ans en gestion pilotée sont investis en fonds orientés actions.

Des performances attractives

Les performances observées sur longue période confirment la pertinence de cette approche. Sur quinze ans, la gestion pilotée offre des résultats significatifs :

  • +41,0 % pour un profil prudent ;
  • +76,6 % pour un profil équilibré ;
  • +117,3 % pour un profil dynamique.

En termes annualisés, ces performances s’établissent respectivement à 2,3 %, 3,9 % et 5,3 %.

Sur dix ans, les rendements annualisés s’échelonnent de 1,8 % à 4,8 %, et sur 5 ans de 1,8 % à 5,4 %. Ces chiffres, bien que modestes en apparence, prennent tout leur sens dans une perspective de capitalisation. Ils confirment que la durée demeure le principal allié de l’épargnant.

Une forte augmentation de l’épargne retraite collective

Les encours de l’épargne retraite collective atteignent 39 milliards d’euros, en progression de 14,2 %, soutenus par une collecte nette de 2,8 milliards d’euros.

Les PER collectifs s’imposent progressivement comme le produit de référence, représentant 82 % des encours. Cette évolution s’inscrit dans le prolongement de la loi Pacte, qui a simplifié l’offre et renforcé les incitations. Elle traduit surtout la forte inquiétude des salariés en ce qui concerne leur niveau de vie à la retraite. Selon une enquête du Cercle de l’Épargne de 2025, 72 % des actifs estiment que leurs pensions seront insuffisantes pour vivre correctement à la retraite.

Une épargne salariale de plus en plus durable et solidaire

L’épargne salariale est un des vecteurs clefs de l’épargne responsable. Les encours des fonds durables atteignent 121,3 milliards d’euros, soit 85 % des fonds diversifiés. Les fonds solidaires représentent 18,4 milliards d’euros, tandis que les encours labellisés ISR s’élèvent à 29,2 milliards d’euros.

La collecte confirme cette tendance. 61 % des flux bruts des fonds diversifiés sont orientés vers des supports durables.

La montée en puissance de l’épargne salariale se poursuit avec un volet retraite de plus en plus important en phase avec les inquiétudes des Français en ce qui concerne leur niveau de vie après la cessation de leur activité professionnelle. L’épargne salariale se révèle de plus en plus comme un vecteur de financement des entreprises.

Les affres du système de santé français par Jean-Pierre Thomas – Président du Cercle de l’Épargne

La France aime rappeler qu’elle possède l’un des meilleurs systèmes de santé au monde. Elle y consacre près de 12 % de son produit intérieur brut, soit plus de 300 milliards d’euros par an, un niveau parmi les plus élevés des pays de l’OCDE. Le reste à charge pour les patients figure parmi les plus faibles des pays développés. Pourtant, dans l’opinion publique, le doute s’installe. La multiplication des déserts médicaux, les pénuries de médicaments et l’accumulation des déficits nourrissent un sentiment de déclin.

Depuis une trentaine d’années, les pouvoirs publics poursuivent deux objectifs : garantir un haut niveau de soins tout en maîtrisant les dépenses. Force est de constater qu’ils peinent à atteindre l’un comme l’autre. Le système de tarification de la santé apparaît de plus en plus kafkaïen et contreproductif. Conçu pour éviter la dérive des comptes de la Sécurité sociale, il engendre des effets pervers : sous-utilisation de certains traitements efficaces, diffusion lente des innovations ou encore choix thérapeutiques influencés par les modes de financement. Ainsi, une hospitalisation courte avec intervention peut être mieux rémunérée qu’un traitement conservateur pourtant plus efficace à long terme. Les praticiens peuvent être incités à fractionner certaines interventions – par exemple la pose de stents coronariens – afin d’en réaliser plusieurs.

Le système français demeure largement fondé sur la réparation plutôt que sur la prévention. La conséquence est la multiplication des complications médicales, avec à la clef un surcroît de dépenses. Les actes liés à la coordination des soins restent par ailleurs sous-tarifés. La fixation du prix des médicaments obéit également à une logique largement administrée. L’avantage est d’obtenir des prix parmi les plus faibles d’Europe. La contrepartie est que les laboratoires privilégient d’autres marchés pour lancer leurs innovations. La France est progressivement devenue un marché secondaire pour les nouveaux traitements. Entre l’autorisation européenne et l’accès effectif au remboursement, les délais peuvent dépasser 400 à 500 jours. Pour certaines pathologies graves ou rares, ils sont encore plus longs. Cette politique contribue également à l’apparition de pénuries récurrentes de médicaments. Ce débat dépasse désormais le cadre européen. Aux États-Unis, Donald Trump affirme que les Américains financent indirectement les systèmes de santé européens, les prix des médicaments étant nettement plus élevés outre-Atlantique. Il réclame ainsi une hausse des prix sur le Vieux Continent afin de réduire cet écart.

Les pouvoirs publics sont confrontés à un dilemme majeur : garantir la santé de la population en acceptant une progression des dépenses ou tenter de contenir ces dernières dans un contexte de dette publique élevée. D’un côté, ils ont levé les contraintes du numerus clausus afin d’augmenter le nombre de médecins avec le risque d’un ajustement imparfait entre l’offre médicale et les besoins territoriaux ; de l’autre, ils pratiquent en permanence un jeu de bonneteau en transférant une partie des charges vers les acteurs privés comme les cliniques ou les complémentaires santé. L’augmentation des taxes pesant sur ces dernières et la tentative d’encadrer leurs tarifs les placent dans une situation financière intenable. Par ailleurs, près de la moitié des cliniques privées enregistrent aujourd’hui des pertes, en raison des méthodes de tarification et de la hausse des coûts salariaux, ce qui a terme peut provoquer des fermetures ou une concentration excessive.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que la France entre dans une phase de vieillissement démographique accéléré. En 2000, les personnes âgées de plus de 65 ans représentaient 16 % de la population ; elles en représentent plus de 21 % aujourd’hui et pourraient dépasser 26 % d’ici 2040 selon l’INSEE. Or les dépenses de santé d’un individu de plus de 75 ans sont en moyenne trois à 4 fois supérieures à celles d’un adulte d’âge actif. Le vieillissement exercera donc une pression durable sur l’ensemble du système.

Dans ces conditions, le système de santé ne résistera pas au choc démographique sans une réforme en profondeur. Les pouvoirs publics sont tentés de renforcer encore la régulation administrative. Une autre voie est pourtant possible, en introduisant davantage d’incitations économiques et en liant une partie de la rémunération des acteurs aux résultats médicaux. Des forfaits pour les maladies chroniques, qui représentent déjà une part croissante des dépenses, pourraient être développés. Des contrats de performance associant les professionnels de santé pourraient également être mis en place. Une clarification des missions respectives du secteur public, des cliniques privées et des complémentaires apparaît également nécessaire. L’antagonisme public-privé constitue aujourd’hui une source d’inefficacité.

Le système français de santé demeure l’un des plus protecteurs au monde. Mais son architecture tarifaire, héritée de réformes successives, produit désormais des incohérences économiques et médicales. Certaines innovations susceptibles d’améliorer la santé ou de réduire les coûts globaux se diffusent lentement, car les incitations financières restent orientées vers le volume d’actes et la maîtrise immédiate des dépenses plutôt que vers la valeur médicale et l’efficience de long terme.

Jean-Pierre Thomas

Président du Cercle de l’Épargne

Président de Thomas Vendôme Investment

L’assurance vie sur un nuage avant la guerre

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Assurance vie | Résultats – février 2026

 Analyse de Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne

L’assurance démarre l’année 2026 sur les chapeaux de roue. Après 6,2 milliards d’euros en janvier, la collecte nette atteint, en février, un haut niveau de 7,1 milliards d’euros. Cette collecte a été réalisée avant le déclenchement de la guerre en Iran, intervenue le 28 février dernier. Elle n’a pas été affectée par la baisse des valeurs boursières.

Février : un très bon mois pour l’assurance vie

Le mois de février réussit traditionnellement bien à l’assurance vie, aucune décollecte n’ayant été enregistrée depuis 1997, première année de publication des statistiques par France Assureurs. En février 2026, l’assurance vie est nettement au-dessus de sa moyenne de ces dix dernières années (2,6 milliards d’euros).

En 2025, la collecte nette avait déjà atteint des sommets avec +5,3 milliards d’euros. En 2026, elle n’a été qu’à quelques encablures du record absolu de 2006 (+ 7,2 milliards d’euros).

La collecte nette a été positive tant pour les fonds euros que pour les supports en unités de compte, respectivement +1,8 et +5,2 milliards d’euros.

Depuis le début de l’année, la collecte nette s’établit à +13,3 milliards d’euros, supérieure de +3,6 milliards d’euros à celle de 2025 sur la même période. Les unités de compte ont été portées par les bons résultats des marchés financiers en janvier et février avant la guerre en Iran. Les supports en euros enregistrent, sur les deux premiers mois de l’année, une collecte nette de 2,2 milliards d’euros.

En février, l’assurance vie a bénéficié de la communication des rendements des fonds euros par les assureurs et de la baisse du taux du Livret A de 1,7 à 1,5 %. Le Livret A a connu une décollecte de 740 millions d’euros en janvier, essentiellement occasionnée par l’évolution de son taux. De son côté, le rendement des fonds euros pour l’année 2025 se situe en moyenne à 2,8 % avec des taux pouvant atteindre 3,5 %, voire plus, chez certaines compagnies.

Les cotisations brutes : record sur record

Les cotisations se maintiennent à un niveau record, 19,5 milliards d’euros, dépassant celles de janvier 19,1 milliards d’euros. Cette hausse concerne les supports en unités de compte (UC, +20 % par rapport à février 2025) et les supports en euros (+13 % par rapport à février 2025). La proportion des unités de compte dans les cotisations se maintient à un très haut niveau, 41 % en février.

Des prestations en hausse

Les prestations ont atteint 12,5 milliards d’euros en février, en hausse de 8 %, par rapport à février 2025. Cette progression concerne essentiellement les supports en UC ( + 16%), et dans une moindre mesure, les supports en euros (+ 6 %).

Un nouveau record pour l’encours de l’assurance vie

L’encours des contrats d’assurance vie atteint 2 143 milliards d’euros fin février, en hausse de 5,4 % sur un an confortant ainsi sa place de premier placement des ménages.

Entre confiance et incertitudes

L’assurance vie bénéficie depuis plus d’un an d’un contexte favorable : baisse des taux de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, bonne tenue des marchés financiers. Ce contexte permet à ses deux piliers, fonds euros et unités de compte, d’être compétitifs. À compter du 1er mars, l’assurance vie devrait bénéficier de la fermeture des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros. Les titulaires de ces anciens PEL devraient se tourner vers l’assurance vie, qui devrait répondre à leurs attentes tant en matière de rendement que de garantie du capital et de fiscalité.

Néanmoins, la guerre en Iran pourrait rebattre légèrement les cartes. En période de crise, les ménages ont tendance à privilégier l’épargne de précaution et en premier lieu le livret A. La chute des marchés financiers pourrait dissuader les assurés d’investir sur les unités de compte même si en 2020 (covid) ou en 2022 (guerre en Ukraine), le repli fut limité tant en volume que dans le temps. Le conflit au Moyen Orient s’accompagne d’une hausse des taux d’intérêt des obligations souveraines, les investisseurs incorporant une prime liée à l’augmentation potentielle des prix. Cette hausse des taux si elle demeure limitée favorise le rendement des fonds euros. Si elle venait à s’emballer, elle serait au contraire préjudiciable aux fonds euros, la valeur du stock des obligations achetées dans le passé se dégradant.

Bourse, livrets, assurance-vie : la France emprunte plus cher, faut-il s’inquiéter pour ses placements ?

Dans les colonnes du journal Les Echos, le directeur du Cercle de l’Épargne estime que « les investisseurs s’attendent à ce que l’inflation entraîne une augmentation des taux d’intérêt et une baisse de la croissance qui pourrait exacerber le déficit public. D’où la hausse des taux des obligations souveraines » et évoque les effets potentiels sur les placements financiers.

Épargne: les comptes à terme peuvent rapporter plus que le Livret A, mais valent-ils vraiment le coup?

Interrogé au micro de RMC, Philippe Crevel rappelle les avantages et les risques associés à chaque placement dans un contexte économique incertain.

Le Livret A continue de pâtir de la baisse de sa rémunération

Le Monde revient sur les résultats décevants du Livret A en février. Cité dans l’article, Philippe Crevel rappelle que « depuis le mois de juillet 2025, le Livret A a connu six décollectes, marquant une rupture avec la période commencée en 2020 avec l’épidémie de Covid ».

Les taux du Livret A, du LDDS et du LEP pourraient augmenter plus que prévu le 1er août 2026

Le conflit iranien pourrait conduire, s’il venait à perdurer, à une hausse de l’inflation. En cas de hausse des prix, le taux des produits d’épargne réglementés devraient être relever en août prochain explique Philippe Crevel dans les colonnes de MoneyVox. Cependant, le Directeur du Cercle de l’Épargne précise que le gouvernement qui a déjà fait le choix de déroger à la formule de fixation du taux pourrait à nouveau le faire.

Guerre en Iran : quels sont les conséquences possibles sur votre épargne ? 

Dans cet article consacré aux effets du conflit iranien sur les placements des ménages en France, CNews cite le Directeur du Cercle de l’Epargne. Philippe Crevel évoque notamment la possibilité que la guerre en Iran conduise à la hausse du taux d’inflation. Il rappelle que la rémunération du Livret A et plus généralement les produits d’épargne réglementée est corrélée à l’inflation et qu’à ce titre le taux du Livret pourrait croître en août prochain après deux années de baisse.

L’inflation accélère : quels sont les effets sur les taux du livret A et de crédit immobilier ?

Cité dans le média Merci pour l’Info, le Directeur du Cercle de l’Epargne évoque la manière dont le contexte inflationniste peut infléchir sur la rémunération des produits d’épargne réglementés

Assurance-vie : les six raisons d’un spectaculaire retour en grâce

Dans Les Echos, Philippe Crevel estime que l’assurance vie a profité, en 2025, du recul de la rémunération du Livret A et de la fermeture de nombreux PEL de plus de 15 ans. Ces facteurs qui devraient, selon le directeur du Cercle de l’Epargne, continuer à pousser les ménages à réorienter leur épargne vers ce produit qui offre à la fois sécurité et rendement.

Pourquoi une inflation trop basse n’est pas non plus une bonne nouvelle ? (désolé)

Dans 20 Minutes, Philippe Crevel évoque les effets contrastés d’avoir un niveau faible de l’inflation. S’il rappelle les effets positifs du recul de l’inflation sur la compétitivité extérieure, il précise néanmoins qu’un iinflation basse « pousse à la modération salariale. Ces derniers augmentent peu en France, contrairement à l’Allemagne et l’Espagne »

Livret A, assurance-vie, actions… Quel peut être l’impact de la guerre en Iran sur votre épargne?

Sur RMC, Philippe Crevel explique que la guerre en Iran et ses effets en cascades sur des secteurs clés pourraient conduire à une progression de l’inflation dans les prochains mois si le conflit devait s’enliser. Si le taux d’inflation repart à la hausse, cela aura des effets sur la rémunération de certains produits financiers à l’instar du Livret A dont la rémunération s’appuie sur cet indicateur. Par ailleurs, dans un contexte incertain et inflationniste, l’assurance vie devrait, selon le Directeur du Cercle de l’Épargne, continuer sur sa lancée .

L’épargne salariale au service du financement de l’économie et des retraites

En 2025, les encours de l’épargne salariale atteignent, selon l’Association Française de Gestion,  229,4 milliards d’euros, en progression de 14,7 % sur un an. Depuis la crise financière de 2008, cette épargne a connu une croissance moyenne annuelle de 7,1 %, rythme supérieur à celui de nombreux placements traditionnels. En 2025, 442 000 entreprises proposent un PEE et/ou un PER, soit + 26 000 sur un an. 403 000 entreprises offrent un plan d’épargne entreprise (soit + 24 700 sur un an) et 262 000 un plan d’épargne retraite collectif (soit + 21 800 sur un an).

13,2 millions de salariés disposent d’un compte d’épargne salariale , soit + 402 000 sur un an. Près de 6 millions de salariés ont épargné sur le PERCO pour un montant moyen de 3 900 euros. Plus d’un tiers des Français âgés de 20 à 60 ans en sont désormais détenteurs. Cette diffusion témoigne de l’efficacité des mécanismes de partage de la valeur. Les inégalités d’accès persistent, notamment entre grandes entreprises et PME, et entre catégories socioprofessionnelles.

Au sommaire de cette étude

  • Des flux en hausse
  • Une allocation d’actifs actifs de plus en plus tournée vers les actions
  • Une épargne orientée vers le financement des entreprises
  • La gestion pilotée : un vecteur favorable aux actions
  • Des performances attractives
  • Une forte augmentation de l’épargne retraite collective
  • Une épargne salariale de plus en plus durable et solidaire

« L’assurance vie peut jouer un rôle d’amortisseur » : comment gérer son épargne avec la guerre en Iran

Cité dans Mone Vox sur l’impact du conflit Iranien sur l’épargne des ménages, Philippe Crevel rappelle qu’« à court terme, la guerre en Iran agit avant tout comme un choc d’incertitude pour l’économie mondiale », mais qu’il convient de ne pas céder à la paniques les crises liées aux tensions internationales finissant généralement par se résorber.

« On estime qu’il y a 5-6 milliards, non réclamés, qui dorment à la Caisse des dépôts », souligne un économiste

Dans le 15/17 du 17 mars, Philippe Crevel est interrogé sur les contrats en déshérences, dont les montants atteignent près de 6 milliards d’euros en 2025 selon la Caisse des dépôts.

Le Livret A et le LEP vont financer le nucléaire, quel impact sur le rendement de votre épargne sans risque ?

Sur Money Vox Philippe Crevel est interrogé sur les effets sur l’épargne des ménages d’une allocation des produits d’épargne réglementés en faveur du nucléaire.

La poursuite du déclin du Plan d’Épargne Logement

L’encours du Plan d’Épargne Logement (PEL) est passé de fin 2024 à fin 2025 de 222 à 201 milliards d’euros poursuivant sa baisse entamée en 2022. En 2025, le PEL a enregistré une décollecte de 21 milliards d’euros faisant suite à celle de 2024 de 30 milliards d’euros. Le PEL est en souffrance depuis l’année 2018 marquée par son assujettissement au Prélèvement forfaitaire unique. Par ailleurs, son rendement peu attractif dissuade les épargnants à en souscrire un. L’augmentation du taux du PEL à 2 % le 1er janvier dernier ne devrait pas changer la donne. Net de prélèvements, le taux est, en effet, de 1,4 %. De son côté, le taux des prêts associés au PEL est de 3,2 % ce qui est peu différenciant par rapport aux taux proposés par les banques.

L’encours devrait continuer à baisser en 2026. En effet, à compter du mois de mars, les PEL de plus de quinze ans seront transformés en livrets bancaires. D’ici 2030, trois millions de PEL avec un encours total de 93 milliards d’euros sont concernés. Les épargnants seront conduits à réaffecter leur épargne. Ils peuvent évidemment ouvrir un nouveau PEL mais au vu des rendements, ils s’orienteront certainement, pour une grande partie d’entre eux vers d’autres placements, l’assurance vie et le Plan d’Épargne retraite notamment.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France

Âge médian en Europe : près de 50 ans

En moyenne, l’âge médian, l’âge qui partage la population en deux parts égale, de l’Union européenne est passé d’un peu plus de 42 ans en 2015 à près de 45 ans en 2025. Ce glissement, en apparence modeste, traduit en réalité une transformation structurelle profonde, la contraction des générations jeunes, l’arrivée à des âges avancés des cohortes nombreuses du baby-boom et l’allongement continu de l’espérance de vie.

En 2015 comme en 2025, l’Irlande demeure le pays le plus jeune de l’Union, avec un âge médian inférieur à 40 ans en 2015 et à peine au-dessus en 2025. Le Luxembourg et Malte figurent également parmi les États les plus jeunes. Leur position s’explique par une fécondité relativement plus élevée que la moyenne européenne et, surtout, par des flux migratoires dynamiques, attirés par des marchés du travail porteurs.

La Suède, la Belgique, le Danemark ou encore la France se situent dans une position intermédiaire basse, avec un âge médian autour de 41 à 43 ans en 2025. La France a longtemps bénéficié d’un taux de fécondité élevé ce qui a a ralenti vieillissement démographique. Le recul de la fécondité depuis le milieu des années 2010 commence néanmoins à se faire ressentir. Les pays d’Europe centrale et orientale affichent une progression plus marquée de leur âge médian. La Pologne, la Slovaquie, la Hongrie ou encore les États baltes voient leur âge médian augmenter de manière significative sur la période. Longtemps plus jeunes que l’Europe occidentale au sortir des années 1990, ces pays connaissent aujourd’hui un double choc : une fécondité durablement basse et une émigration de jeunes actifs vers l’ouest. Le résultat est visible : en 2025, leur âge médian rejoint, voire dépasse, celui de plusieurs pays fondateurs de l’Union.

En Europe du Sud, le vieillissement est le plus marqué. L’Italie occupe la dernière position du classement en 2025, avec un âge médian proche de 49 à 50 ans. La Grèce, le Portugal et l’Espagne suivent de près, tous au-delà de 46 ou 47 ans. En dix ans, ces pays ont vu leur âge médian progresser de deux à trois ans.

Ce phénomène est le fruit d’une fécondité parmi les plus faibles au monde, souvent inférieure à 1,3 enfant par femme sur la période, conjuguée à une espérance de vie élevée et à des flux migratoires insuffisants pour compenser le déficit naturel. L’Italie constitue à cet égard un cas emblématique : l’écart entre 2015 et 2025 témoigne d’un basculement rapide vers une société où près d’un habitant sur deux se situe au-dessus de l’âge médian proche de 50 ans.

Au sein de l’Union, un processus de convergence est à l’œuvre. En 2015, l’écart entre le pays le plus jeune et le plus âgé atteignait près de dix ans. En 2025, cet écart demeure important mais tend à se resserrer.

Sur le plan économique, le vieillissement pèse sur la croissance potentielle via la réduction de la population en âge de travailler. Il modifie la structure de la consommation, favorise certains secteurs (santé, services à la personne, adaptation du logement) et en fragilise d’autres. Il influe également sur l’épargne.

Sur le plan social et budgétaire, la hausse de l’âge médian renforce la pression sur les systèmes de retraite et d’assurance maladie. Dans des pays comme l’Italie, la Grèce ou le Portugal, déjà confrontés à des niveaux d’endettement public élevés, la combinaison du vieillissement et d’une croissance atone constitue un défi redoutable.

Cercle de l’Épargne – données Eurostat

Épargne salariale : un outil à usage multiple

L’épargne salariale existe en France depuis près de 70 ans. Imaginée comme un moyen d’associer les salariés aux actionnaires des entreprises, elle est devenue un système de constitution d’une épargne à part entière. Au-delà d’être un produit d’épargne, elle est devenue un pilier essentiel du financement des entreprises et de la transition écologique.

L’épargne salariale est un système d’épargne collectif mis en place en entreprise. Les salariés bénéficiaires peuvent recevoir une prime liée à la performance de tout ou partie de l’entreprise (intéressement) ou représentant une quote-part des bénéfices de cette dernière (participation). Les sommes attribuées peuvent, au choix du salarié, lui être versées directement ou être déposées sur un plan d’épargne entreprise (PEE) ou sur un plan d’épargne retraite (PERCO ou PERECO).

Au sommaire de l’étude

  • L’épargne salariale, les contours, le poids et les rôles de l’épargne salariale
  • Épargne salariale : deux enveloppes et quatre voire six piliers  
  • La participation : un partage légal des bénéfices
  • L’intéressement : une incitation à la performance              
  • L’abondement : un appui financier de l’entreprise              
  • Les versements volontaires : une épargne individuelle dans un cadre collectif             
  • La prime de partage de la valeur (PPV – « prime Macron »), un complément de revenus qui peut être épargné      
  • Le fonctionnement du Plan d’Épargne Entreprise                
  • Le fonctionnement du Plan d’Épargne Retraite d’Entreprise Collectif (PERECO) ?      
  • La fiscalité des PEE et des PERCO – PERECO         
  • Les débocages anticipés pour les PEE et les PERECO ?
  • Une épargne rentable              
  • Une épargne qui finance les entreprises   
  • Une épargne fortement investie dans la transition écologique   Un système d’épargne à la carte

Niveau de vie des retraités : le grand écart entre les statistiques et le ressenti

La situation économique des retraités français se caractérise par un paradoxe apparent, leur niveau de vie est proche – voire légèrement supérieur en intégrant les loyers imputés – à celui de l’ensemble de la population mais une majorité de Français estime que la situation est tout autre et qu’elle est amenée à se dégrader. Quelles sont les raisons de cet écart qui ne cesse de s’accroître et qui alimente la défiance à l’encontre des pouvoirs publics ? En se fondant sur les documents du Conseil d’Orientation des Retraites, le Cercle de l’Épargne tente d’y répondre.

Un niveau de vie moyen comparable à celui de l’ensemble de la population

En 2023, la pension brute individuelle moyenne s’élève à 1 692 euros mensuels, soit 54,3 % du revenu individuel brut d’activité. Les ménages retraités perçoivent en moyenne 2 978 euros mensuels de revenu disponible, contre 4 263 euros pour les ménages actifs. Ces chiffres semblent souligner que les retraités sont plus pauvres que les actifs. Dans les faits, il en est tout autrement car il faut raisonner en revenu disponible et en pouvoir d’achat par unité de consommation. Rapporté à la taille des ménages (1,2 UC pour les retraités contre environ 1,6 pour les actifs), le niveau de vie individuel moyen des retraités atteint 2 473 euros mensuels, contre 2 468 euros pour l’ensemble de la population. En intégrant les loyers imputés nets des intérêts d’emprunts, le niveau de vie des retraités dépasse même celui de l’ensemble de la population de 6,5 %. Or les retraités sont propriétaires de leur résidence principale à 75 %.

L’indicateur de pauvreté confirme que les retraités français sont dans une meilleure situation financière, en moyenne, que le reste de la population. En 2023, le taux de pauvreté des retraités s’élève à 10,5 %, contre 15,4 % pour l’ensemble de la population. Le minimum vieillesse joue ici un rôle stabilisateur déterminant. À ce titre, le nombre de bénéficiaires du minimum vieillesse s’est fortement réduit. En 2024, 750 000 personnes le touchaient contre 1,7 million en 1981 quand entre-temps le nombre de retraités est passé de 5 à 17 millions.

Tous les retraités ne sont pas dans la même situation. Le niveau de vie des 60/79 ans est nettement supérieur à celui des plus de 80 ans. Cet écart s’explique par la montée en puissance du travail féminin et par l’amélioration des revenus en particulier pour les ménages les plus modestes. La pension moyenne, en France, était, en 2023, de 1 620 euros (1 306 pour une femme et 2 089 pour un homme).

Une supériorité patrimoniale nette, portée par l’immobilier et les actifs financiers

En 2021, le patrimoine brut moyen des ménages retraités atteint 336 900 euros, légèrement supérieur à celui des actifs (+2,5 %). L’écart devient significatif lorsque l’on raisonne en patrimoine net (après prise en compte des remboursements d’emprunts). Il s’élève à 309 948 euros pour les retraités contre 239 951 euros pour les actifs, soit un différentiel de +29 %. L’endettement moyen des retraités est de 6 738 euros contre 69 027 euros pour les actifs. Le patrimoine médian des retraités (217 900 euros) est supérieur de 30 % environ à celui des actifs (173 200 euros).

La structure du patrimoine est également différenciée. L’immobilier représente 64 % du patrimoine brut des retraités (216 000 euros en moyenne), contre 61 % pour les actifs. Les retraités détiennent en moyenne 91 000 euros d’actifs financiers, contre 56 000 euros pour les actifs, soit un écart de +63 %. Ce surcroît d’actifs financiers explique que les revenus du patrimoine des ménages retraités (555 euros mensuels) excèdent ceux des ménages actifs (383 euros).

Le montant plus élevé du patrimoine chez les retraités est assez logique. La logique de cycle de vie est ici pleinement à l’œuvre avec le phénomène d’accumulation. Par ailleurs, avec l’allongement de l’espérance de vie, la transmission du patrimoine intervient de plus en plus. Enfin, la forte valorisation des actifs immobiliers et mobiliers a accentué, ces dernières années, les écarts de patrimoine. Entre 1998 et 2021, le patrimoine brut a été multiplié par 2,5.

Les inégalités de patrimoine sont structurellement élevées en France (indice de Gini passé de 0,639 à 0,662 entre 1998 et 2021). Toutefois, elles sont moins marquées chez les retraités que chez les actifs. En 2021, les 10 % de retraités les plus riches détiennent 42 % de la masse de patrimoine brut, contre 51 % pour les 10 % d’actifs les plus riches. À l’inverse, la moitié la moins dotée des retraités possède 8 % du patrimoine total (7 % chez les actifs).

Un décalage croissant entre réalité statistique et perception sociale

En 2024, 49 % des Français estiment que le niveau de vie des retraités est inférieur à celui de l’ensemble de la population (étude COR). Seuls 16 à 20 % considèrent qu’il est supérieur. Selon une étude du Cercle de l’Épargne, 71 % des Français considèrent que leurs pensions ne leur permettront pas de vivre correctement à la retraite.

La perception varie selon le quintile de niveau de vie : environ 62 % des individus du premier quintile estiment que les retraités ont un niveau de vie inférieur, contre 44 % dans le cinquième quintile

La fin de l’âge d’or

Le niveau de vie relatif des retraités a progressé de 30 points entre 1970 et le milieu des années 1990, sous l’effet de la montée en charge du système des retraités et tout particulièrement des régimes complémentaires AGIRC/ARRCO ainsi que sous l’effet de l’amélioration des carrières, tout particulièrement des femmes. Depuis le milieu des années 1990, le niveau de vie est globalement stable, voire il diminue en valeur relative légèrement. Les effets noria se sont atténués pour les générations postérieures à 1956. Les conséquences des réformes adoptées commencent à se faire ressentir (allongement de la durée d’assurance, indexation sur les prix, baisse du rendement des régimes complémentaires). Les augmentations d’impôt dans les années 2010 ont également pesé sur le pouvoir d’achat des retraités.

Le Conseil d’Orientation des Retraites à long terme a, dans son rapport de 2025 et dans des notes publiées au mois de février 2026, a mis en évidence que le niveau de vie relatif des retraités devrait diminuer dans les prochaines années. Les résultats cités s’inscrivent dans le scénario de référence du COR, avec des hypothèses macro-démographiques explicites : fécondité 1,8 enfant par femme, solde migratoire net 70 000/an, poursuite des gains d’espérance de vie ; chômage à 7 % à partir de 2032 ; et surtout croissance de la productivité horaire du travail de 0,7 %/an à partir de 2040. Or, pour le moment, ces hypothèses ne sont pas respectées. Le taux de chômage tend à remonter et la productivité est en recul entre 2019 et 2026. Le taux de fécondité est, de son côté, en forte baisse.

Le COR indique qu’entre 2024 et 2070, dans son scénario de référence, les pensions augmenteraient en moyenne de 0,3 % par an en réel, tandis que les revenus d’activité progresseraient de 0,7 % par an (portés par les gains de productivité). L’écart peut apparaître mais à l’échelle d’une vie professionnelle, il se révèle important. Les pensions sur 43 ans augmenteraient de 14 % contre 35 % pour les salaires. Évidemment si les gains de productivité sont absents, la donne est tout autre.

Selon le COR, le niveau de vie relatif des retraités devrait donc baisser en s’établissant à 89,3 % du niveau de vie de l’ensemble de la population en 2070. L’indicateur retrouverait ainsi des valeurs proches de celles des années 1980, c’est-à-dire une période où la maturité du système et l’amélioration des carrières n’avaient pas encore produit tous leurs effets.

Compte tenu de la progression plus faible des pensions dans les prochaines années, la part de retraités dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian devrait augmenter. Dans le scénario de référence du COR (juin 2025), cette part, autour de 10 % actuellement, remonterait sensiblement pour atteindre un niveau proche de 20 % en 2070.

Le décrochage de niveau de vie des retraités est la conséquence des réformes engagées depuis 1993. L’indexation des pensions sur les prix (et non sur les salaires) protège le pouvoir d’achat au sens strict mais qui ne permet pas aux retraités de suivre l’évolution du niveau de vie des actifs. La baisse du rendement des régimes complémentaires de retraite explique également l’érosion du niveau relatif des retraités. Le ralentissement de l’effet noria, l’amélioration des pensions entre générations (1930 à 1943 : +24 % en euros constants) s’estompe. La retraite des hommes augmente faiblement car ces derniers ont été confrontés au chômage de masse dans les années 1980 et 1990. L’effet noria des femmes qui a été fort ces dernières années se réduira également dans les prochaines décennies.

Selon les travaux du COR, le niveau de vie relatif des retraités, aujourd’hui proche de la parité (100,2 % en 2023), diminuerait progressivement après une amélioration transitoire en 2025-2026 liée à la vague inflationniste, pour atteindre 89,3 % en 2070 dans le scénario de référence (juin 2025). Le procès fait à l’encontre des baby-boomers est en grande partie infondé, surtout pour ceux nés dans les années 1960. Ces derniers supporteront les effets des différentes réformes de retraite avec une baisse relative des pensions complémentaires, la désindexation des pensions par rapport aux salaires, le calcul des pensions de base sur les 25 meilleures années et non les dix meilleures, l’allongement de la durée de cotisation et le report de l’âge de la retraite.

L’espérance de vie fracturée

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’espérance de vie progressait avec la régularité d’un métronome. Chaque année ou presque, les Européens gagnaient environ trois mois d’existence supplémentaire. La longévité semblait un acquis structurel, une conquête irréversible des sociétés développées. Or, derrière la moyenne rassurante, une fracture s’est installée. Premièrement, les gains sont de plus en plus faibles, voire peuvent être remis en cause comme aux Etats-Unis ou lors de l’épidémie de covid, secondement, l’espérance de vie demeure différente selon les catégories sociales voire en fonction des lieux de résidence.

Les travaux récents menés par l’Institut national des études démographiques français et l’Institut démographique allemand BiB mettent en lumière une cassure intervenue autour de 2005. Entre 1992 et 2005, l’Europe occidentale connaissait une augmentation régulière de l’espérance de vie. Les hommes gagnaient en moyenne trois mois et demi d’espérance de vie par an, les femmes deux mois et demi. Les régions en retard progressaient plus vite que celles déjà favorisées. La convergence territoriale permettait d’espérer une harmonisation à terme des espérances de vie.

Depuis le milieu des années 2000, la mécanique s’est enrayée. Avant même le covid, en 2018 et 2019, les gains annuels n’étaient plus que de cinquante-cinq jours pour les hommes et de trente-cinq jours pour les femmes. La progression a été divisée par deux. Surtout, une divergence entre régions est remarquée. Les territoires les plus dynamiques continuent d’améliorer leurs performances tandis que les régions en difficulté stagnent, voire reculent. La longévité devient un marqueur territorial et social.

Une géographie française révélatrice

En France, en 2019, l’espérance de vie des femmes atteignait 87,33 ans à Paris contre 83,44 ans dans l’Aisne. Pour les hommes, elle culminait à 82,66 ans dans les Hauts-de-Seine contre 76,7 ans dans le Pas-de-Calais. L’écart dépasse cinq ans pour les hommes. Cinq années de vie supplémentaires ou perdues selon le département de résidence. En 2025, la moyenne nationale demeure élevée : 85,9 ans pour les femmes, 80,3 ans pour les hommes. Mais la moyenne masque la dispersion. Les territoires métropolitains intégrés à l’économie de services, concentrant emplois qualifiés et hauts revenus, prolongent la dynamique. D’autres espaces, marqués par la désindustrialisation, le chômage ou une moindre densité médicale, peinent à suivre.

Le rôle décisif des 55-74 ans

La rupture observée après 2005 est étroitement corrélée à la mortalité des 55-74 ans. Dans les régions en décrochage, la mortalité de cette classe d’âge ne diminue plus. Elle stagne, parfois remonte. Cette génération, née après la Seconde Guerre mondiale, concentre les effets différés de comportements adoptés dans les années 1970 et 1980. Le tabagisme féminin en est l’illustration la plus nette. Sa progression à partir des années 1970 produit aujourd’hui ses effets sanitaires. L’alcool constitue un second déterminant majeur. En Allemagne, les différences régionales de prévalence du tabagisme expliquent une part importante des écarts de mortalité féminine. L’exposition à la pollution et le recours à une alimentation de mauvaise qualité peuvent également expliquer ce recul de l’espérance de vie. Aux Etats-Unis, la consommation d’opiacés joue un rôle majeur en la matière. La longévité ne dépend pas uniquement des progrès médicaux. Elle traduit des trajectoires comportementales et sociales. Les gains de productivité sanitaire ne compensent plus systématiquement les comportements à risque.

Polarisation économique et migrations

À ces facteurs s’ajoutent des dynamiques structurelles. Les comparaisons régionales reposent sur le lieu de résidence au moment du décès. Les migrations internes à l’Europe ont donc pu infléchir les statistiques. Les populations jeunes et en meilleure santé ont davantage tendance à s’installer dans les régions en croissance. La sélection migratoire renforce mécaniquement les écarts d’espérance de vie.

La crise financière de 2008 a accentué cette polarisation. Les grandes métropoles ont concentré capital humain et capital financier. D’autres territoires ont connu une stagnation, voire un déclassement. Les inégalités économiques deviennent des inégalités sanitaires.

L’Écosse reflète parfaitement les nouvelles tendances démographiques. Ce pays affiche une espérance de vie parmi les plus faibles d’Europe occidentale. La hausse de la mortalité chez les 35-54 ans avant la pandémie, liée aux abus d’alcool, de drogues et aux suicides.

Les limites biologiques en question

Un autre facteur explique la disparition des gains d’espérance de vie. À mesure qu’une part croissante de la population atteint des âges élevés, le poids du vieillissement biologique s’accroît. Les gains marginaux deviennent plus difficiles à obtenir. La longévité entrerait dans une phase de rendement décroissant. La moindre épidémie de grippe influe sur l’espérance de vie globale en raison du poids des personnes âgées au sein des populations.

Malgré tout, certaines régions – Paris, Londres, certaines zones du nord de l’Italie ou de Suisse – continuent d’enregistrer des progressions soutenues. Les déterminants sociaux et comportementaux expliquent l’essentiel des divergences.

Une question de soutenabilité

L’espérance de vie conditionne les régimes de retraite, les dépenses de santé, l’organisation de la dépendance. Une proportion de personnes âgées en mauvaise santé constitue un poids plus important pour le système d’État providence. Or, ce sont souvent les territoires les moins bien dotés en médecins et en établissements de santé qui sont confrontés au recul de l’espérance de vie.

En attendant le prochain rapport du Conseil d’Orientation des Retraites

L’INSEE l’a annoncé dès le mois de janvier, le taux de fécondité continue de diminuer. De leur côté, les gains de productivité sont faibles depuis 2017. Or, ces deux facteurs interviennent dans les évaluations que réalisent chaque année le Conseil d’Orientation des Retraites. Son prochain rapport qui sera présenté au mois de juin devrait donner lieu à d’importantes révisions.

Un déficit déjà programmé en hausse

Plusieurs rapports ont ces derniers mois alerté les pouvoirs publics sur une possible nouvelle dérive des comptes de l’assurance retraite. La Cour des comptes évoquait un déficit supérieur à 6 milliards d’euros en 2030, proche de 15 milliards en 2035 et de l’ordre de 30 milliards en 2045. Le COR, l’année dernière, avait déjà souligné les risques d’une trajectoire des comptes retraite plus dégradée que prévu. Ces estimations reposaient toutefois sur un cadre démographique relativement stabilisé, construit à partir des projections de l’INSEE de 2021. Celles-ci retenaient un taux de fécondité de 1,8 enfant par femme. Une hypothèse prudente, mais encore compatible avec un renouvellement partiel des générations. Or, depuis, le taux de fécondité est passé à 1,56 enfant par femme. Les décès sont désormais supérieurs aux naissances. Le solde naturel est devenu négatif. Moins de naissances aujourd’hui signifie, mécaniquement, moins d’actifs demain. Si en plus l’immigration se réduit, les recettes des régimes de retraite diminueront quand dans le même temps le montant des pensions augmentera, le nombre de retraités devant passer de 17 à 23 millions d’ici 2070.

Les effets d’une chute récente de la natalité ne se feront certes pleinement sentir que dans deux ou trois décennies mais à terme, le rééquilibrage des régimes de retraite au-delà de 2050 sera plus compliqué d’autant plus que la croissance potentielle sera faible. Celle-ci dépend essentiellement de l’évolution de la population active et des gains de productivité. Or, ces deux moteurs sont en panne.

Jusqu’à maintenant, la population active augmente grâce à l’apport migratoire. Les scénarios du COR reposaient jusqu’ici sur un solde migratoire annuel de 80 000 personnes, avec une cible de 70 000. Or la réalité observée entre 2018 et 2022 fait apparaître un solde moyen de 186 000 personnes par an. Mais, de plus en plus de personnes sont opposées au maintien d’un tel flux migratoire. S’il vient à disparaître, la croissance potentielle passera en dessous de 1 %.

L’enjeu de la réforme de 2023

À ce choc démographique s’ajoute une dimension budgétaire. La suspension de la réforme des retraites de 2023, actée dans le dernier budget de la Sécurité sociale, représente un coût d’un peu moins de 2 milliards d’euros en année pleine. Sur la durée, l’impact cumulé avoisinerait 10 milliards d’euros. En 2027, après l’élection présidentielle, la question de la poursuite de la réforme se posera quel que soit le candidat élu.

Les projections que le COR publiera en juin seront attendues. Elles serviront de référence aux partenaires sociaux et alimenteront la campagne présidentielle. Des projections avec des déficits élevés seront également interprétées par les investisseurs au moment où la France peine à contenir sa dette publique. La dégradation des hypothèses démographiques réduit les marges de manœuvre. Si la population active progresse moins vite qu’anticipé, la croissance potentielle ralentit. Moins de croissance signifie moins de recettes sociales. L’ajustement devient plus exigeant.

Retraite : amélioration de la gestion en ligne des droits

À partir du 6 avril 2026, les assurés du régime général pourront plus facilement corriger ou compléter les informations relatives à leur carrière directement en ligne. L’Assurance retraite déploie en effet un service baptisé « Compléter ma carrière et déclarer mes enfants », avec l’objectif affiché de fiabiliser en amont les données servant au calcul des pensions. Jusqu’à présent, ce dispositif était réservé aux assurés de moins de 55 ans. Il est désormais ouvert à l’ensemble des actifs, y compris ceux qui approchent de l’âge de départ et qui sont les plus enclins à vérifier la cohérence de leur relevé de carrière.

Une logique de sécurisation en amont

Le montant de la retraite dépend directement des salaires déclarés, du nombre de trimestres validés et, pour partie, des majorations liées aux enfants. Toute omission ou erreur peut se traduire par une pension minorée. Dans le passé, la Cour des comptes avait souligné que de nombreuses liquidations de pensions comportaient des erreurs. En 2020, selon cette dernière, 1 dossier de liquidation de retraite sur 7 comportait une erreur financière dans le régime général — soit environ 14 % des pensions liquidées.

Ce taux d’erreur représentait une amélioration par rapport à 2016, où 1 pension sur 9 était erronée. Sur l’exercice 2021, les magistrats ont estimé que les erreurs au détriment des assurés représentaient environ 1,2 % du montant total des prestations nouvellement versées (soit un montant d’environ 70 millions d’euros sur 5,8 milliards d’euros de pensions distribuées). Dans trois quarts des cas, ces erreurs pénalisaient financièrement les retraités concernés.

Changement du mode de correction des anomalies

Jusqu’ici, la correction des anomalies supposait souvent un rendez-vous physique ou un échange administratif parfois long. Désormais, les assurés peuvent transmettre directement leurs justificatifs en ligne pour régulariser :

  • des périodes d’activité manquantes ;
  • des trimestres non validés ;
  • des informations relatives aux enfants ouvrant droit à majoration.

L’Assurance retraite précise toutefois que la prise en compte effective des modifications peut nécessiter plusieurs jours, voire plusieurs mois, selon la complexité des situations.

Cette évolution participe d’une stratégie plus large de fiabilisation des données en continu, afin d’éviter les corrections tardives au moment de la liquidation.

Vers un traitement automatisé des corrections

Le service devrait encore monter en puissance d’ici fin 2026 ou début 2027. À terme, les corrections validées et accompagnées des pièces justificatives adéquates pourraient être intégrées de manière automatisée.

L’objectif est double :

  • Permettre une actualisation régulière des droits des assurés ;
  • Éviter une augmentation mécanique des effectifs administratifs.

L’idée avancée par la direction de la CNAV est claire : inciter les assurés à effectuer un « point carrière » périodique, idéalement tous les cinq ans, plutôt que d’attendre l’approche de la retraite.

Une articulation attendue avec l’Agirc-Arrco

Le service devrait, d’ici la fin de l’année, permettre des modifications à la fois sur la retraite de base et sur la retraite complémentaire gérée par l’Agirc-Arrco. Cette interconnexion constitue un enjeu structurant, dans la mesure où la pension globale repose sur ces deux piliers.

Une gestion unifiée des corrections limiterait les incohérences entre régimes et renforcerait la lisibilité pour les assurés.

Simplification des démarches pour les retraités

L’Assurance retraite poursuit également la modernisation des procédures pour les retraités eux-mêmes.

Les formulaires de demande de pension de réversion, adressés sur papier, seront progressivement préremplis à partir de mars. Le préremplissage est déjà disponible en ligne. Plus de 200 000 pensions de réversion ont été attribuées en 2025, principalement à des femmes.

Le même principe s’applique à l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa). Le service en ligne permet déjà un préremplissage partiel, dans l’attente d’évolutions réglementaires pour un remplissage complet. En 2025, environ 76 000 bénéficiaires percevaient cette allocation destinée aux retraités disposant de faibles ressources.

Ces mesures s’inscrivent dans la logique de la « solidarité à la source », qui vise à réduire le non-recours aux droits tout en limitant les risques de trop-perçu et les procédures de recouvrement.

Une montée en charge dans un contexte tendu

Cette modernisation des suivis de carrière intervient cependant dans un contexte administratif délicat. La suspension de la réforme des retraites de 2023 devrait provoquer une hausse significative des demandes de départ en retraite.

L’Assurance retraite anticipe une augmentation d’environ 40 % des dossiers à traiter au second semestre. Le délai moyen de liquidation, aujourd’hui proche de 70 jours, pourrait s’allonger d’une dizaine de jours.

Les demandes de liquidation ne peuvent être déposées plus de cinq mois avant la date de départ prévue. Les assurés concernés par la première vague liée à la suspension pourront donc déposer leur dossier à partir d’avril.

Le simulateur officiel a, de son côté, été mis à jour pour intégrer les dernières évolutions réglementaires, permettant aux assurés d’anticiper leurs choix de départ.

Une évolution structurelle de la gestion des retraites

Au-delà de la dimension technique, cette réforme des outils traduit une transformation plus profonde de la gestion du système de retraite. L’enjeu n’est plus seulement de liquider les droits, mais de sécuriser en permanence la trajectoire des carrières. Dans un système où la pension dépend de données déclaratives, la fiabilisation en amont constitue un levier d’efficience administrative.

L’épargne française est-elle encore française ?

Au premier semestre 2025, le patrimoine financier brut des ménages s’élevait, en France, à près de 6 596 milliards d’euros. Ce montant représente environ 40 % de leur patrimoine total, l’immobilier demeurant majoritaire. Sur ce montant, 4 770 milliards d’euros sont placés auprès d’institutions financières au deuxième trimestre 2025. Autrement dit, l’essentiel du patrimoine financier est confié à des intermédiaires : banques, assureurs, sociétés de gestion.

Une épargne largement ancrée dans l’espace européen

Quand ils confient leur argent à des intermédiaires, les ménages financent à 58 % des actifs situés en France, à 19 % dans le reste de la zone euro, et à 23 % hors zone euro. Ces ratios mettent à mal l’idée que l’épargnant français rechignerait à investir dans son pays ou en Europe. En effet, près de 80 % de l’épargne intermédiée française reste investie en Europe. L’exposition véritablement mondiale représente environ un cinquième des encours confiés aux professionnels.

Pour l’épargnant, cette ouverture n’est pas toujours un choix géographique conscient. Elle est intégrée dans le produit souscrit, unités de compte de contrat d’assurance vie, fonds diversifiés, ETF, etc. Elle obéit à une logique de diversification qui est une des meilleures protections pour un patrimoine financier.

L’investisseur direct demeure minoritaire

Seuls 15 à 20 % détiennent des valeurs mobilières en direct. En dehors des placements intermédiés, les ménages détiennent directement :

  • 54 milliards d’euros d’obligations ;
  • 310 milliards d’euros d’actions cotées ;
  • 913 milliards d’euros d’actions non cotées ;
  • 519 milliards d’euros d’autres participations.

La part réellement investie à l’étranger dans ces détentions directes reste faible. L’exposition internationale directe est estimée entre 2 et 4 % du patrimoine financier total.

Les ménages français ne sont pas des investisseurs ayant une forte ouverture internationale, celle-ci, passant, par ailleurs majoritairement par des produits en gestion collective.

L’assurance vie avant tout un produit à exposition européenne

Avec environ 2 100 milliards d’euros d’encours, l’assurance vie constitue le pilier du patrimoine financier des ménages. Les fonds en euros, privilégiés pour leur stabilité, restent majoritairement investis en obligations françaises et européennes. Leur exposition internationale est limitée, de l’ordre de 5 à 10 %. Les unités de compte qui représentent 38 % de l’encours de l’assurance vie ont une exposition internationale plus importante. Au total, l’assurance vie contribue pour 5 à 8 % du patrimoine financier à l’exposition étrangère globale.

Hors assurance vie, les fonds d’investissement — OPCVM, ETF, SICAV — représentent environ 20 % du patrimoine financier des ménages. Ils constituent le principal vecteur d’ouverture internationale.

Leur allocation moyenne s’établit autour de :

  • 60 % en France ;
  • 20 % dans la zone euro ;
  • 20 % hors zone euro, principalement aux États-Unis.

Cette composante génère à elle seule 10 à 15 % d’exposition internationale du patrimoine financier total. Les ETF jouent ici un rôle important dans l’ouverture internationale des épargnants. En permettant d’investir dans les grandes capitalisations mondiales, ils renforcent l’exposition aux marchés étrangers et en particulier américains. De nombreux ETF reproduisent les grands indices de Wall Street.

Les dépôts bancaires et réglementés avant tout une affectation nationale

Les dépôts bancaires et l’épargne réglementée — Livret A, LDDS, LEP, PEL — représentent environ 30 % du patrimoine financier. Leur exposition internationale est quasi nulle. Ils financent prioritairement le logement social, les banques françaises et la dette publique.

La pierre française avant tout

L’immobilier détenu à l’étranger demeure marginal. Les estimations disponibles suggèrent que moins de 5 % des ménages possèdent un bien hors de France, pour un poids global compris entre 1 et 3 % du patrimoine total, concentré sur les ménages les plus aisés. Les SCPI qui ont été largement souscrites dans les années 2010 permettent aux épargnants d’accéder à des opérations immobilières à l’étranger, essentiellement en Europe. En 2024 et en 2025, près de 20 % des acquisitions réalisées par les SCPI n’ont pas été effectuées sur le marché immobilier national, mais en Europe. Cette part tend à augmenter, le marché français étant déprimé en particulier en ce qui concerne les bureaux.

En 2024, les fonds gérés par les SCPI ont alloué environ 2,3 milliards d’euros d’acquisitions à l’étranger au sein de l’Union européenne. Si la majorité des SCPI restent diversifiées (avec des portefeuilles répartis entre France et Europe), plusieurs véhicules récents se caractérisent par une forte ouverture sur l’étranger.

Une ouverture internationale limitée pour les épargnants

15 à 20 % du patrimoine financier des ménages français est exposé à l’étranger, principalement via des supports intermédiés. Inversement, 75 à 85 % des avoirs restent investis en France ou en zone euro. L’internationalisation est donc réelle, mais elle demeure limitée.

Plan d’Épargne Retraite : l’étoile montante


Six ans après son lancement, le Plan d’Épargne Retraite a trouvé ses marques et prend place parmi les grandes enveloppes d’épargne en France. Conçu par la loi Pacte pour simplifier un paysage fragmenté — PERP, Madelin, Article 83, PERCO — le PER s’est progressivement imposé comme l’instrument de référence de la préparation financière de la retraite.

À la fin du troisième trimestre 2025, le PER comptait 12,7 millions de titulaires pour un encours total de 141,1 milliards d’euros. En un an, les encours ont progressé d’environ 20 %. Cette croissance soutenue, dans un contexte économique pourtant marqué par les incertitudes géopolitiques et la volatilité des marchés, traduit une dynamique de fond : l’installation durable du PER dans les stratégies patrimoniales des ménages.

L’expression d’une inquiétude collective

Le PER répond à une préoccupation désormais majoritaire. Selon l’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne, 72 % des non-retraités estiment que leurs pensions futures ne leur permettront pas de maintenir un niveau de vie satisfaisant.

Cette défiance à l’égard du taux de remplacement n’est pas nouvelle, mais elle s’est accentuée avec les débats successifs sur l’équilibre financier des régimes et le vieillissement démographique. Le PER s’inscrit ainsi dans une logique de complémentarité. Il ne se substitue pas au système par répartition, il l’accompagne en offrant une capacité d’anticipation individuelle.

Une architecture souple et efficace

Le PER doit une part essentielle de son succès à sa cohérence interne.

Trois piliers structurent son attractivité :

  • Le premier est fiscal. La déductibilité des versements à l’entrée constitue un levier puissant d’optimisation, particulièrement pour les ménages imposés dans les tranches intermédiaires et supérieures. Elle transforme l’effort d’épargne en stratégie patrimoniale ;
  • Le deuxième tient à la gestion pilotée par défaut. En ajustant progressivement l’allocation d’actifs en fonction de l’horizon de départ à la retraite, ce mécanisme combine recherche de performance durant la phase d’accumulation et sécurisation à l’approche de la liquidation. Il introduit une forme de discipline automatique qui correspond aux besoins d’un produit de long terme.
  • Le troisième est la liberté de sortie. Capital, rente viagère ou combinaison des deux : cette faculté d’arbitrage rompt avec la rigidité des anciens dispositifs, souvent perçus comme contraignants. Elle permet d’adapter la sortie aux trajectoires professionnelles, aux besoins de liquidité et aux stratégies successorales.

Cette modularité constitue un progrès majeur dans un pays où l’épargne retraite a longtemps été associée à des mécanismes complexes et peu lisibles.

Des performances portées par le retour d’un environnement de taux plus favorable

Le contexte financier a également contribué à l’essor du PER. Le redressement des taux d’intérêt a redonné de l’attrait aux fonds en euros, dont les rendements ont cessé de s’éroder après une décennie de compression. Parallèlement, la bonne tenue des marchés actions et obligataires a soutenu les unités de compte.

Les PER, qu’ils soient assurantiels ou bancaires, bénéficient ainsi d’une gamme de supports diversifiée, adaptée à des horizons d’investissement de vingt à trente ans. La montée en puissance de la gestion pilotée témoigne d’une appropriation croissante de la logique de long terme par les épargnants.

Un levier de financement pour l’économie européenne

Plus de 80 % des actifs sont investis en France et dans l’Union européenne. Plus de 60 % des encours contribuent au financement des entreprises, en fonds propres ou via la dette privée. Plus de 5 milliards d’euros sont orientés vers des actifs non cotés.

Dans un contexte où l’Europe cherche à renforcer l’Union des marchés de capitaux et à mobiliser l’épargne longue au service de la transition énergétique, de l’innovation et de la réindustrialisation, le PER apparaît comme un vecteur intéressant. Il canalise une épargne stable vers des besoins structurels de financement.

De fortes marges de progression

Avec 141 milliards d’euros d’encours et près de 13 millions de titulaires, le PER, pour devenir un véritable de préparation de la retraite, doit accroître sa diffusion et gagner en volume. Le développement du PER collectif constitue, sans nul doute, un des moyens à privilégier afin que les salariés les plus modestes soient couverts.

« Le pari gagné de la mutualisation ! », par Jean-Pierre Thomas, Président du Cercle de l’Épargne

L’épargne collective est une spécificité française. Elle ne se réduit ni à l’épargne salariale, ni aux fonds d’investissement, ni à l’assurance vie. Elle désigne l’ensemble des mécanismes par lesquels l’épargne des ménages est mise en commun, mutualisée et gérée par un intermédiaire professionnel afin d’être investie sur les marchés financiers ou dans l’économie réelle. Elle repose sur trois éléments : une pluralité d’épargnants, une gestion déléguée et une allocation collective du capital.

Cette mutualisation de l’épargne est ancienne en France. Elle prend forme dès le début du XIXᵉ siècle avec l’essor du Livret A, de l’assurance vie et des sociétés mutualistes. Très tôt, les épargnants ont accepté de confier leurs ressources à des organismes chargés de les faire fructifier. Cette logique collective est intimement liée à la préférence française pour l’intermédiation dans le financement de l’économie.

Aux États-Unis, et plus largement dans les pays anglo-saxons, le financement repose davantage sur le marché, à travers l’achat direct d’actions, même si les fonds de pension y jouent un rôle majeur d’intermédiation. En France, cette médiation professionnelle est indispensable compte tenu de la forte appétence des ménages pour la liquidité et la sécurité.

L’intermédiation prend plusieurs formes. L’épargne réglementée en constitue l’un des premiers volets : les fonds collectés financent le logement social, les collectivités publiques ou les PME. L’assurance vie, avec près de 2 100 milliards d’euros d’encours, demeure le navire amiral de l’épargne française et contribue puissamment à cette intermédiation, en particulier via les fonds en euros. Il faut y ajouter l’épargne retraite, en rapide développement, ainsi que l’épargne salariale.

Cette spécificité française a engendré une véritable spécialisation financière. Les établissements financiers français disposent d’un savoir-faire reconnu en matière d’épargne collective. Ils ont été parmi les pionniers dans le développement des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM). À travers ces supports — SICAV, FCP, SCPI et autres véhicules — l’épargnant confie son capital à des gestionnaires professionnels chargés de l’allouer selon des stratégies définies.

Près de 2 700 milliards d’euros sont aujourd’hui gérés en France au sein de véhicules collectifs couvrant l’ensemble des classes d’actifs : monétaire, obligataire, actions, immobilier, capital-investissement. Cette masse financière irrigue la dette publique, le financement des grandes entreprises, les infrastructures ou encore la transition énergétique. Elle stabilise les marchés grâce à la présence d’investisseurs de long terme. Elle transforme une préférence individuelle pour la prudence en capacité collective d’investissement.

Ce modèle présente des vertus évidentes. La mutualisation dilue le risque. La régulation encadre les excès. La profondeur des encours amortit les crises. La France a traversé les secousses financières des deux dernières décennies sans effondrement massif de l’épargne des ménages. La volatilité boursière s’est rarement traduite par des pertes systémiques pour les particuliers. Le revers de la médaille tient à une culture actionnariale directe plus limitée. La prise de risque y est plus graduelle, parfois plus lente. Une épargne abondante peut se diriger prioritairement vers les actifs les plus sûrs plutôt que vers les plus innovants. Toutefois, les évolutions récentes témoignent d’un mouvement. L’arrivée de nouvelles générations d’épargnants, plus ouvertes à la diversification et à la prise de risque, modifie progressivement les comportements. Par ailleurs, des produits autrefois réservés aux patrimoines élevés se démocratisent, en particulier les fonds investis dans les entreprises non cotées. Les assureurs proposent désormais, au sein des contrats d’assurance vie et des Plans d’Épargne Retraite, des supports de « private equity », des fonds ISR ou orientés vers l’économie solidaire. Tous s’inscrivent dans la logique de l’épargne collective.

Les Français plébiscitent depuis des années la gestion collective de leur épargne. Le succès des fonds indiciels et des ETF en témoigne : même lorsqu’ils s’exposent davantage aux marchés, ils privilégient la mutualisation. Cette préférence n’est pas un hasard. Elle traduit une culture financière fondée sur la confiance, la délégation et la durée. Dans un environnement économique plus incertain, marqué par de profondes transformations industrielles et technologiques, cette capacité à agréger l’épargne et à l’orienter dans le temps constitue un atout majeur. La mutualisation a démontré sa solidité. Elle demeure l’un des piliers silencieux de la stabilité financière et du financement de l’économie française.

Jean-Pierre Thomas

Président du Cercle de l’Épargne

Épargne: les comptes à terme peuvent rapporter plus que le Livret A, mais valent-ils vraiment le coup?

Interrogé sur l’opportunité d’investir sur des produits de taux, le Directeur du Cercle de l’épargne estime que les taux directeurs pourraient repartir à la hausse ce qui pourrait se traduire par une hausse de la rémunération de ces placements. Rappelant que les comptes à terme impliquent un investissement sur la durée, il convient selon lui de privilégier des produits plus liquides à l’instar des produits d’épargne réglementée et l’assurance vie.

Épargne au féminin : comment dépasser les contraintes ? 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE


Journée internationale des droits des femmes

Épargne : quels enjeux pour les femmes ?

Une étude Cercle de l’Épargne – Malakoff Humanis

de Sarah Le Gouez, Secrétaire générale du Cercle de l’Épargne

«L’indépendance financière est un levier essentiel d’émancipation pour les femmes. Or, trop souvent, les inégalités de revenus, de carrière ou encore l’autocensure face aux décisions financières freinent leur capacité à construire un patrimoine durable. Notre responsabilité, en tant qu’acteur engagé de l’épargne responsable, est de lever ces obstacles en proposant des solutions simples, transparentes et accessibles, et en renforçant la pédagogie qui permet à chaque femme de reprendre pleinement le contrôle de son avenir financier. »


— Isabelle Le Bot, Directrice épargne du groupe Malakoff Humanis et Directrice générale de La France Mutualiste

Chiffres clés

  • 63 % des femmes épargnent contre 74 % des hommes
  • 68 % des femmes estiment que leur pension est/sera insuffisante pour vivre correctement (61 % des hommes).
  • 63 % des femmes estiment qu’il faut commencer à épargner pour la retraite avant 35 ans
  • 52 % des femmes déclarent ne pas épargner pour la retraite

En raison de la persistance d’inégalités salariales, de la répartition des tâches au sein des ménages en matière financière et de pratiques inappropriées, les femmes, en France, épargnent moins que les hommes et disposent de ce fait d’un patrimoine plus faible que ces derniers,

Les femmes épargnent moins que les hommes

La France est un pays d’épargnants. Le taux d’épargne y a atteint 18,3 % du revenu disponible brut en 2025 mais hommes et femmes ne sont pas égaux en la matière. Selon une étude du Cercle de l’Épargne de 2023, un peu moins des deux tiers des femmes déclarent épargner chaque année (63 %) contre près des trois quarts des hommes (74 %).

Cette moindre propension à l’épargne s’explique d’abord par des revenus plus faibles. Selon l’INSEE, en 2024, dans le secteur privé, les femmes perçoivent en moyenne un salaire inférieur de 21,8 % à celui des hommes. Cet écart tient en partie à un recours plus fréquent au temps partiel et à des périodes d’emploi moins continues. Mais même à temps de travail équivalent, les femmes gagnent encore en moyenne 14 % de moins, notamment parce qu’elles occupent plus souvent des emplois moins qualifiés et moins bien rémunérés.

En raison d’une capacité d’épargne plus élevée et d’un effet d’accumulation, le patrimoine des hommes est, ainsi, en moyenne supérieur de 15 % à celui des femmes. En ne retenant que les actifs financiers, l’écart est encore plus important.

Les Françaises épargnent différemment

Face à des revenus plus modestes et des impératifs immédiats plus marqués, les femmes adoptent des comportements de placement qui leur sont propres.

Les Françaises privilégient des placements qui offrent sécurité, visibilité et souplesse d’usage. Elles se distinguent des hommes en étant moins versées aux risques. Les actions, les cryptoactifs trouvent moins d’intérêt chez elles que chez les hommes. En revanche, les différences sont moins marquées pour les autres placements.

L’évolution de leur jugement sur le Livret A est plus contrastée que celle des hommes.  Les femmes ont été sensibles à la baisse de ce dernier qui a été divisé par deux 2025 (1,5 % au lieu de 3 %). 49 % des femmes jugent en 2025 ce produit intéressent contre 59 % en 2024. Pour les hommes, les chiffres respectifs sont 55 et 60 %. Ce recul de l’intérêt chez les femmes pour ce placement peut s’expliquer par le fait que le Livret A constitue plus souvent que chez les hommes le seul placement financier.

L’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne met également en évidence que seules 37 % des femmes jugent les actions attractives, contre 46 % des hommes. Leur réticence est encore plus forte vis à vis des cryptoactifs : seulement 19 % manifestent un intérêt pour ce placement, contre 24 % chez les hommes.

Les femmes plus sévères que les hommes sur la question du rendement

Les femmes portent un jugement plus sévère que les hommes sur le rendement de l’épargne (55 % estiment qu’il n’est pas satisfaisant contre 45 % des hommes). Cet écart reflète la prédominance, chez les femmes de produits garantis et disponibles dans leur patrimoine et leur aversion plus marquée au risque.

Une inquiétude toujours vive vis-à-vis de son pouvoir d’achat à la retraite

Les enquêtes successives du Cercle de l’Épargne mettent en évidence le caractère anxiogène que peut représenter le passage à la retraite, en particulier pour les femmes dont le niveau de pension demeure nettement inférieur à celui des hommes (25 % plus faibles après prise en compte des droits dérivés en 2023 – chiffres DREES).

En 2025, près de sept femmes sur dix (68 %) jugent que leur pension est/sera insuffisante pour vivre correctement quand 61 % des hommes partagent cette crainte.

Un décalage persistant entre conscience et capacité

Les femmes ont une conscience aiguë de la nécessité d’épargner tôt pour la retraite. 63 % des sondées jugent qu’il faut commencer avant 35 ans. Elles sont également un peu plus nombreuses que les hommes à reconnaître l’utilité de préparer financièrement leur retraite (95 % pour les premières contre 92 % pour les seconds).

L’importance que les femmes accordent à la préparation de la retraite est confortée par l’intérêt qu’elles portent pour le Plan d’Épargne Retraite. Jugé intéressant par 47% des femmes (49 % des hommes), ce produit a su, en moins de 6 ans, s’intégrer dans le paysage de l’épargne dans un contexte de forte inquiétude des femmes quant à leurs conditions de vie à la retraite.

Pour autant, plus d’une femme sur deux (52 %) déclare ne pas épargner dans cette optique, un score supérieur à celui des hommes (48 % déclarent ne pas le pas le faire).

* * *

L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être pleinement accomplie sans une réduction drastique des disparités de revenus et de patrimoine. Mais, celle-ci ne saurait suffire. L’inégalité de patrimoine est également la conséquence de comportements et de pratiques d’épargne inadaptés.

Aujourd’hui encore, la gestion patrimoniale demeure trop souvent assurée par les hommes, limitant ainsi l’implication des femmes dans les décisions financières structurantes et entretenant une forme de dépendance. Or il ne peut y avoir d’autonomie financière sans véritable appropriation des enjeux patrimoniaux. Les femmes, pour préserver leur capital, optent majoritairement pour des produits à faible rendement. Cette orientation se fait au prix d’une moindre valorisation à terme de leur épargne.

À propos du Cercle de l’Épargne

Centre d’études dédié à l’épargne, à la retraite et à la prévoyance, le Cercle de l’Épargne est présidé par Jean-Pierre Thomas. Il mène des études à dimension économique et sociale et des actions de formation pour comprendre les grands enjeux de la protection sociale.

www.cercledelepargne.fr 

À propos de Malakoff Humanis (chiffres au 31 décembre 2024)

Acteur clé de la protection sociale paritaire et mutualiste, à but non lucratif, Malakoff Humanis accompagne entreprises et particuliers en santé, prévoyance, épargne et retraite complémentaire. Avec 10,5 Mds€ de fonds propres, près de 400 000 entreprises clientes et plus de 9 millions de personnes protégées, Malakoff Humanis couvre 15 % du marché de la santé et de la prévoyance collectives. En épargne, Le Groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 880 M€ en 2024. En tant qu’institution de retraite complémentaire Agirc-Arrco, Malakoff Humanis gère les cotisations de plus de 7 millions d’actifs et verse 44,4 Mds€ d’allocations à 6,3 millions de retraités. Sur le plan social et sociétal le Groupe accompagne ses clients fragilisés, et est engagé sur le Handicap – à travers sa fondation Malakoff Humanis Handicap -, le Cancer, le Bienvieillir et les Aidants. Plus de 200 M€ sont dédiés chaque année à ces actions. Malakoff Humanis a été élue Marque de l’Année 2026 dans la catégorie Assurance santé / Assurance de personnes par plus de 20 000 consommateurs. www.malakoffhumanis.com.

Épargne : quels enjeux pour les femmes ?

Une étude Cercle de l’Épargne – Malakoff Humanis

de Sarah Le Gouez, Secrétaire générale du Cercle de l’Épargne

Les femmes épargnent-elles différemment que les hommes ? Est-ce la contrainte liée aux revenus, le rapport aux risques ou leur rôle dans la société qui expliquent les différences ? La capacité d’épargne est un révélateur social et sociologique de première importance. Elle est un marqueur d’autonomie financière et d’égalité, l’épargne jouant un rôle de miroir.

Selon une étude du Cercle de l’Épargne de 2023, un peu moins des deux tiers des femmes déclarent épargner chaque année (63 %) contre près des trois quarts des hommes (74 %).

Au sommaire de l’étude :

  • Épargne : la contrainte du revenu pour les femmes
  • Une épargne marquée par la précaution
  • Les femmes plus sévères que les hommes en matière de rendement
  • La retraite, un sujet majeur d’anxiété pour les femmes
  • Épargne retraite, les femmes encore insuffisamment équipées

Le taux d’épargne des Français au plus haut en 2025 depuis la pandémie de Covid

Dans une interview accordée au média Investir, Philippe Crevel explique pourquoi depuis le COVID le taux d’épargne est au plus et qu’il a atteint un niveau record en 2025.

C’est le pire mois pour le livret A : après la baisse des taux, les Français se tournent vers d’autres placements

Interrogé dans Capital sur les mauvais résultats du Livret A en janvier, Philippe Crevel explique que «la baisse du taux du livret A conduit à une réallocation de l’épargne au profit de l’assurance-vie. La communication du rendement des fonds euros, dans le courant du mois de janvier, a certainement incité de nombreux épargnants à opter pour ce placement.»

Livret A et LDDS : la décollecte se poursuit

Dans le journal Le Monde, Philippe Crevel estime que la nouvelle décollecte du Livret A en janvier correspond à un rééquilibrage, dans un contexte de baisse des taux. Il précise que « l’épargne réglementée a fortement gonflé de 2019 à 2025 en raison de la succession des chocs et des crises. »

Dégonflement du Livret A en janvier

Analyse de Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne

Un début d’année morose pour l’épargne réglementée

L’épargne réglementée a souffert en janvier avec une décollecte pour le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) de 2,27 milliards d’euros. En règle générale, le mois de janvier est un bon mois pour le Livret A et le LDDS du fait des étrennes de fin d’année et des primes (13e mois) versées par les employeurs. Le mois de janvier 2026 ne s’inscrit pas dans cette logique. En revanche, il prolonge la tendance constatée depuis le mois de septembre 2025, juste interrompue par la collecte positive du mois de décembre dernier. La baisse du taux du Livret A conduit à une réallocation de l’épargne au profit de l’assurance vie. La communication du rendement des fonds euros, dans le courant du mois de janvier, a certainement incité de nombreux épargnants à opter pour ce placement. La moyenne des rendements des fonds euros devrait se situer autour de 2,7 % mais des assureurs proposent jusqu’à 3,5 %.

Le livret A en recul

Le Livret A a enregistré une décollecte de -1,87 milliard d’euros au mois de janvier. L’annonce de la baisse de son taux de 1,7 à 1,5 % au milieu du mois de dernier a certainement incité les ménages à s’en détourner.  Pour constater une décollecte du Livret A, en janvier, il fallait remonter à 2016  (-810 millions d’euros). En 2025, la collecte avait été faiblement positive de 350 millions d’euros. Elle avait alors été affectée par l’annonce du passage du taux de 3 à 2,4 %. Avec le résultat de 2026, le nombre de décollectes en janvier constatées depuis 2009 passe à trois (2015, -850 millions d’euros ; 2016, -810 millions d’euros et donc 2026, -1,87 milliard d’euros). Ce résultat tranche nettement avec la collecte moyenne de ces dix dernières années, +3,5 milliards d’euros.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire en décollecte

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) enregistre également une décollecte en janvier, -400 millions d’euros. Il s’agit de la troisième depuis 2009 après celles de 2015 (-200 millions d’euros) et celle de 2016 (-320 millions d’euros). En janvier 2025, la collecte était positive de 460 millions d’euros. La moyenne de ces dix dernières années atteignait 620 millions d’euros.

Le Livret d’Épargne Populaire en mode stagnation

Au mois de janvier 2026, la collecte du Livret d’Épargne Populaire (LEP) a été nulle quand pour le même mois en 2025, elle était positive de 110 millions d’euros. C’est le plus mauvais résultat du LEP en janvier depuis 2022.

La baisse du taux de 2,7 à 2,5 % n’a pas donné lieu à une décollecte mais son écart d’un point par rapport à celui du Livret A n’a pas conduit les épargnants le plus modestes à renforcer leur épargne. Les versements sur le LEP obéissent à des considérations de taux mais aussi de pouvoir d’achat.

Une année dans le rouge

Les effets de la baisse des taux du Livret A, du LDDS et du LEP devraient se faire ressentir encore plusieurs mois. Or, traditionnellement, le premier semestre donne lieu à des versements supérieurs aux retraits. Il pourrait en être autrement cette année. L’érosion du Livret A devrait se poursuivre. Dans les faits, il s’agit d’un rééquilibrage, l’épargne réglementée ayant fortement gonflée de 2019 à 2025 en raison de la succession des chocs et des crises. L’encours avait progressé de plus de 200 milliards d’euros (Livret A et LDDS). Avec le mois de janvier, le dégonflement semble s’être accéléré témoignant de l’agilité des épargnants français.

Assurance-vie : les fonds en euros, le meilleur placement de 2026 ?

Dans les Echos, Philippe Crevel évoque le succès retrouvé de l’assurance vie qui a enregistré une collecte record en 2025.

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