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L’encours du Plan d’Épargne Logement (PEL) est passé de fin 2024 à fin 2025 de 222 à 201 milliards d’euros poursuivant sa baisse entamée en 2022. En 2025, le PEL a enregistré une décollecte de 21 milliards d’euros faisant suite à celle de 2024 de 30 milliards d’euros. Le PEL est en souffrance depuis l’année 2018 marquée par son assujettissement au Prélèvement forfaitaire unique. Par ailleurs, son rendement peu attractif dissuade les épargnants à en souscrire un. L’augmentation du taux du PEL à 2 % le 1er janvier dernier ne devrait pas changer la donne. Net de prélèvements, le taux est, en effet, de 1,4 %. De son côté, le taux des prêts associés au PEL est de 3,2 % ce qui est peu différenciant par rapport aux taux proposés par les banques.
L’encours devrait continuer à baisser en 2026. En effet, à compter du mois de mars, les PEL de plus de quinze ans seront transformés en livrets bancaires. D’ici 2030, trois millions de PEL avec un encours total de 93 milliards d’euros sont concernés. Les épargnants seront conduits à réaffecter leur épargne. Ils peuvent évidemment ouvrir un nouveau PEL mais au vu des rendements, ils s’orienteront certainement, pour une grande partie d’entre eux vers d’autres placements, l’assurance vie et le Plan d’Épargne retraite notamment.

En moyenne, l’âge médian, l’âge qui partage la population en deux parts égale, de l’Union européenne est passé d’un peu plus de 42 ans en 2015 à près de 45 ans en 2025. Ce glissement, en apparence modeste, traduit en réalité une transformation structurelle profonde, la contraction des générations jeunes, l’arrivée à des âges avancés des cohortes nombreuses du baby-boom et l’allongement continu de l’espérance de vie.
En 2015 comme en 2025, l’Irlande demeure le pays le plus jeune de l’Union, avec un âge médian inférieur à 40 ans en 2015 et à peine au-dessus en 2025. Le Luxembourg et Malte figurent également parmi les États les plus jeunes. Leur position s’explique par une fécondité relativement plus élevée que la moyenne européenne et, surtout, par des flux migratoires dynamiques, attirés par des marchés du travail porteurs.
La Suède, la Belgique, le Danemark ou encore la France se situent dans une position intermédiaire basse, avec un âge médian autour de 41 à 43 ans en 2025. La France a longtemps bénéficié d’un taux de fécondité élevé ce qui a a ralenti vieillissement démographique. Le recul de la fécondité depuis le milieu des années 2010 commence néanmoins à se faire ressentir. Les pays d’Europe centrale et orientale affichent une progression plus marquée de leur âge médian. La Pologne, la Slovaquie, la Hongrie ou encore les États baltes voient leur âge médian augmenter de manière significative sur la période. Longtemps plus jeunes que l’Europe occidentale au sortir des années 1990, ces pays connaissent aujourd’hui un double choc : une fécondité durablement basse et une émigration de jeunes actifs vers l’ouest. Le résultat est visible : en 2025, leur âge médian rejoint, voire dépasse, celui de plusieurs pays fondateurs de l’Union.
En Europe du Sud, le vieillissement est le plus marqué. L’Italie occupe la dernière position du classement en 2025, avec un âge médian proche de 49 à 50 ans. La Grèce, le Portugal et l’Espagne suivent de près, tous au-delà de 46 ou 47 ans. En dix ans, ces pays ont vu leur âge médian progresser de deux à trois ans.
Ce phénomène est le fruit d’une fécondité parmi les plus faibles au monde, souvent inférieure à 1,3 enfant par femme sur la période, conjuguée à une espérance de vie élevée et à des flux migratoires insuffisants pour compenser le déficit naturel. L’Italie constitue à cet égard un cas emblématique : l’écart entre 2015 et 2025 témoigne d’un basculement rapide vers une société où près d’un habitant sur deux se situe au-dessus de l’âge médian proche de 50 ans.
Au sein de l’Union, un processus de convergence est à l’œuvre. En 2015, l’écart entre le pays le plus jeune et le plus âgé atteignait près de dix ans. En 2025, cet écart demeure important mais tend à se resserrer.
Sur le plan économique, le vieillissement pèse sur la croissance potentielle via la réduction de la population en âge de travailler. Il modifie la structure de la consommation, favorise certains secteurs (santé, services à la personne, adaptation du logement) et en fragilise d’autres. Il influe également sur l’épargne.
Sur le plan social et budgétaire, la hausse de l’âge médian renforce la pression sur les systèmes de retraite et d’assurance maladie. Dans des pays comme l’Italie, la Grèce ou le Portugal, déjà confrontés à des niveaux d’endettement public élevés, la combinaison du vieillissement et d’une croissance atone constitue un défi redoutable.

L’épargne salariale existe en France depuis près de 70 ans. Imaginée comme un moyen d’associer les salariés aux actionnaires des entreprises, elle est devenue un système de constitution d’une épargne à part entière. Au-delà d’être un produit d’épargne, elle est devenue un pilier essentiel du financement des entreprises et de la transition écologique.
L’épargne salariale est un système d’épargne collectif mis en place en entreprise. Les salariés bénéficiaires peuvent recevoir une prime liée à la performance de tout ou partie de l’entreprise (intéressement) ou représentant une quote-part des bénéfices de cette dernière (participation). Les sommes attribuées peuvent, au choix du salarié, lui être versées directement ou être déposées sur un plan d’épargne entreprise (PEE) ou sur un plan d’épargne retraite (PERCO ou PERECO).
La situation économique des retraités français se caractérise par un paradoxe apparent, leur niveau de vie est proche – voire légèrement supérieur en intégrant les loyers imputés – à celui de l’ensemble de la population mais une majorité de Français estime que la situation est tout autre et qu’elle est amenée à se dégrader. Quelles sont les raisons de cet écart qui ne cesse de s’accroître et qui alimente la défiance à l’encontre des pouvoirs publics ? En se fondant sur les documents du Conseil d’Orientation des Retraites, le Cercle de l’Épargne tente d’y répondre.
En 2023, la pension brute individuelle moyenne s’élève à 1 692 euros mensuels, soit 54,3 % du revenu individuel brut d’activité. Les ménages retraités perçoivent en moyenne 2 978 euros mensuels de revenu disponible, contre 4 263 euros pour les ménages actifs. Ces chiffres semblent souligner que les retraités sont plus pauvres que les actifs. Dans les faits, il en est tout autrement car il faut raisonner en revenu disponible et en pouvoir d’achat par unité de consommation. Rapporté à la taille des ménages (1,2 UC pour les retraités contre environ 1,6 pour les actifs), le niveau de vie individuel moyen des retraités atteint 2 473 euros mensuels, contre 2 468 euros pour l’ensemble de la population. En intégrant les loyers imputés nets des intérêts d’emprunts, le niveau de vie des retraités dépasse même celui de l’ensemble de la population de 6,5 %. Or les retraités sont propriétaires de leur résidence principale à 75 %.
L’indicateur de pauvreté confirme que les retraités français sont dans une meilleure situation financière, en moyenne, que le reste de la population. En 2023, le taux de pauvreté des retraités s’élève à 10,5 %, contre 15,4 % pour l’ensemble de la population. Le minimum vieillesse joue ici un rôle stabilisateur déterminant. À ce titre, le nombre de bénéficiaires du minimum vieillesse s’est fortement réduit. En 2024, 750 000 personnes le touchaient contre 1,7 million en 1981 quand entre-temps le nombre de retraités est passé de 5 à 17 millions.
Tous les retraités ne sont pas dans la même situation. Le niveau de vie des 60/79 ans est nettement supérieur à celui des plus de 80 ans. Cet écart s’explique par la montée en puissance du travail féminin et par l’amélioration des revenus en particulier pour les ménages les plus modestes. La pension moyenne, en France, était, en 2023, de 1 620 euros (1 306 pour une femme et 2 089 pour un homme).
En 2021, le patrimoine brut moyen des ménages retraités atteint 336 900 euros, légèrement supérieur à celui des actifs (+2,5 %). L’écart devient significatif lorsque l’on raisonne en patrimoine net (après prise en compte des remboursements d’emprunts). Il s’élève à 309 948 euros pour les retraités contre 239 951 euros pour les actifs, soit un différentiel de +29 %. L’endettement moyen des retraités est de 6 738 euros contre 69 027 euros pour les actifs. Le patrimoine médian des retraités (217 900 euros) est supérieur de 30 % environ à celui des actifs (173 200 euros).
La structure du patrimoine est également différenciée. L’immobilier représente 64 % du patrimoine brut des retraités (216 000 euros en moyenne), contre 61 % pour les actifs. Les retraités détiennent en moyenne 91 000 euros d’actifs financiers, contre 56 000 euros pour les actifs, soit un écart de +63 %. Ce surcroît d’actifs financiers explique que les revenus du patrimoine des ménages retraités (555 euros mensuels) excèdent ceux des ménages actifs (383 euros).
Le montant plus élevé du patrimoine chez les retraités est assez logique. La logique de cycle de vie est ici pleinement à l’œuvre avec le phénomène d’accumulation. Par ailleurs, avec l’allongement de l’espérance de vie, la transmission du patrimoine intervient de plus en plus. Enfin, la forte valorisation des actifs immobiliers et mobiliers a accentué, ces dernières années, les écarts de patrimoine. Entre 1998 et 2021, le patrimoine brut a été multiplié par 2,5.
Les inégalités de patrimoine sont structurellement élevées en France (indice de Gini passé de 0,639 à 0,662 entre 1998 et 2021). Toutefois, elles sont moins marquées chez les retraités que chez les actifs. En 2021, les 10 % de retraités les plus riches détiennent 42 % de la masse de patrimoine brut, contre 51 % pour les 10 % d’actifs les plus riches. À l’inverse, la moitié la moins dotée des retraités possède 8 % du patrimoine total (7 % chez les actifs).
En 2024, 49 % des Français estiment que le niveau de vie des retraités est inférieur à celui de l’ensemble de la population (étude COR). Seuls 16 à 20 % considèrent qu’il est supérieur. Selon une étude du Cercle de l’Épargne, 71 % des Français considèrent que leurs pensions ne leur permettront pas de vivre correctement à la retraite.
La perception varie selon le quintile de niveau de vie : environ 62 % des individus du premier quintile estiment que les retraités ont un niveau de vie inférieur, contre 44 % dans le cinquième quintile
Le niveau de vie relatif des retraités a progressé de 30 points entre 1970 et le milieu des années 1990, sous l’effet de la montée en charge du système des retraités et tout particulièrement des régimes complémentaires AGIRC/ARRCO ainsi que sous l’effet de l’amélioration des carrières, tout particulièrement des femmes. Depuis le milieu des années 1990, le niveau de vie est globalement stable, voire il diminue en valeur relative légèrement. Les effets noria se sont atténués pour les générations postérieures à 1956. Les conséquences des réformes adoptées commencent à se faire ressentir (allongement de la durée d’assurance, indexation sur les prix, baisse du rendement des régimes complémentaires). Les augmentations d’impôt dans les années 2010 ont également pesé sur le pouvoir d’achat des retraités.
Le Conseil d’Orientation des Retraites à long terme a, dans son rapport de 2025 et dans des notes publiées au mois de février 2026, a mis en évidence que le niveau de vie relatif des retraités devrait diminuer dans les prochaines années. Les résultats cités s’inscrivent dans le scénario de référence du COR, avec des hypothèses macro-démographiques explicites : fécondité 1,8 enfant par femme, solde migratoire net 70 000/an, poursuite des gains d’espérance de vie ; chômage à 7 % à partir de 2032 ; et surtout croissance de la productivité horaire du travail de 0,7 %/an à partir de 2040. Or, pour le moment, ces hypothèses ne sont pas respectées. Le taux de chômage tend à remonter et la productivité est en recul entre 2019 et 2026. Le taux de fécondité est, de son côté, en forte baisse.
Le COR indique qu’entre 2024 et 2070, dans son scénario de référence, les pensions augmenteraient en moyenne de 0,3 % par an en réel, tandis que les revenus d’activité progresseraient de 0,7 % par an (portés par les gains de productivité). L’écart peut apparaître mais à l’échelle d’une vie professionnelle, il se révèle important. Les pensions sur 43 ans augmenteraient de 14 % contre 35 % pour les salaires. Évidemment si les gains de productivité sont absents, la donne est tout autre.
Selon le COR, le niveau de vie relatif des retraités devrait donc baisser en s’établissant à 89,3 % du niveau de vie de l’ensemble de la population en 2070. L’indicateur retrouverait ainsi des valeurs proches de celles des années 1980, c’est-à-dire une période où la maturité du système et l’amélioration des carrières n’avaient pas encore produit tous leurs effets.
Compte tenu de la progression plus faible des pensions dans les prochaines années, la part de retraités dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian devrait augmenter. Dans le scénario de référence du COR (juin 2025), cette part, autour de 10 % actuellement, remonterait sensiblement pour atteindre un niveau proche de 20 % en 2070.
Le décrochage de niveau de vie des retraités est la conséquence des réformes engagées depuis 1993. L’indexation des pensions sur les prix (et non sur les salaires) protège le pouvoir d’achat au sens strict mais qui ne permet pas aux retraités de suivre l’évolution du niveau de vie des actifs. La baisse du rendement des régimes complémentaires de retraite explique également l’érosion du niveau relatif des retraités. Le ralentissement de l’effet noria, l’amélioration des pensions entre générations (1930 à 1943 : +24 % en euros constants) s’estompe. La retraite des hommes augmente faiblement car ces derniers ont été confrontés au chômage de masse dans les années 1980 et 1990. L’effet noria des femmes qui a été fort ces dernières années se réduira également dans les prochaines décennies.
Selon les travaux du COR, le niveau de vie relatif des retraités, aujourd’hui proche de la parité (100,2 % en 2023), diminuerait progressivement après une amélioration transitoire en 2025-2026 liée à la vague inflationniste, pour atteindre 89,3 % en 2070 dans le scénario de référence (juin 2025). Le procès fait à l’encontre des baby-boomers est en grande partie infondé, surtout pour ceux nés dans les années 1960. Ces derniers supporteront les effets des différentes réformes de retraite avec une baisse relative des pensions complémentaires, la désindexation des pensions par rapport aux salaires, le calcul des pensions de base sur les 25 meilleures années et non les dix meilleures, l’allongement de la durée de cotisation et le report de l’âge de la retraite.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’espérance de vie progressait avec la régularité d’un métronome. Chaque année ou presque, les Européens gagnaient environ trois mois d’existence supplémentaire. La longévité semblait un acquis structurel, une conquête irréversible des sociétés développées. Or, derrière la moyenne rassurante, une fracture s’est installée. Premièrement, les gains sont de plus en plus faibles, voire peuvent être remis en cause comme aux Etats-Unis ou lors de l’épidémie de covid, secondement, l’espérance de vie demeure différente selon les catégories sociales voire en fonction des lieux de résidence.
Les travaux récents menés par l’Institut national des études démographiques français et l’Institut démographique allemand BiB mettent en lumière une cassure intervenue autour de 2005. Entre 1992 et 2005, l’Europe occidentale connaissait une augmentation régulière de l’espérance de vie. Les hommes gagnaient en moyenne trois mois et demi d’espérance de vie par an, les femmes deux mois et demi. Les régions en retard progressaient plus vite que celles déjà favorisées. La convergence territoriale permettait d’espérer une harmonisation à terme des espérances de vie.
Depuis le milieu des années 2000, la mécanique s’est enrayée. Avant même le covid, en 2018 et 2019, les gains annuels n’étaient plus que de cinquante-cinq jours pour les hommes et de trente-cinq jours pour les femmes. La progression a été divisée par deux. Surtout, une divergence entre régions est remarquée. Les territoires les plus dynamiques continuent d’améliorer leurs performances tandis que les régions en difficulté stagnent, voire reculent. La longévité devient un marqueur territorial et social.
En France, en 2019, l’espérance de vie des femmes atteignait 87,33 ans à Paris contre 83,44 ans dans l’Aisne. Pour les hommes, elle culminait à 82,66 ans dans les Hauts-de-Seine contre 76,7 ans dans le Pas-de-Calais. L’écart dépasse cinq ans pour les hommes. Cinq années de vie supplémentaires ou perdues selon le département de résidence. En 2025, la moyenne nationale demeure élevée : 85,9 ans pour les femmes, 80,3 ans pour les hommes. Mais la moyenne masque la dispersion. Les territoires métropolitains intégrés à l’économie de services, concentrant emplois qualifiés et hauts revenus, prolongent la dynamique. D’autres espaces, marqués par la désindustrialisation, le chômage ou une moindre densité médicale, peinent à suivre.
La rupture observée après 2005 est étroitement corrélée à la mortalité des 55-74 ans. Dans les régions en décrochage, la mortalité de cette classe d’âge ne diminue plus. Elle stagne, parfois remonte. Cette génération, née après la Seconde Guerre mondiale, concentre les effets différés de comportements adoptés dans les années 1970 et 1980. Le tabagisme féminin en est l’illustration la plus nette. Sa progression à partir des années 1970 produit aujourd’hui ses effets sanitaires. L’alcool constitue un second déterminant majeur. En Allemagne, les différences régionales de prévalence du tabagisme expliquent une part importante des écarts de mortalité féminine. L’exposition à la pollution et le recours à une alimentation de mauvaise qualité peuvent également expliquer ce recul de l’espérance de vie. Aux Etats-Unis, la consommation d’opiacés joue un rôle majeur en la matière. La longévité ne dépend pas uniquement des progrès médicaux. Elle traduit des trajectoires comportementales et sociales. Les gains de productivité sanitaire ne compensent plus systématiquement les comportements à risque.
À ces facteurs s’ajoutent des dynamiques structurelles. Les comparaisons régionales reposent sur le lieu de résidence au moment du décès. Les migrations internes à l’Europe ont donc pu infléchir les statistiques. Les populations jeunes et en meilleure santé ont davantage tendance à s’installer dans les régions en croissance. La sélection migratoire renforce mécaniquement les écarts d’espérance de vie.
La crise financière de 2008 a accentué cette polarisation. Les grandes métropoles ont concentré capital humain et capital financier. D’autres territoires ont connu une stagnation, voire un déclassement. Les inégalités économiques deviennent des inégalités sanitaires.
L’Écosse reflète parfaitement les nouvelles tendances démographiques. Ce pays affiche une espérance de vie parmi les plus faibles d’Europe occidentale. La hausse de la mortalité chez les 35-54 ans avant la pandémie, liée aux abus d’alcool, de drogues et aux suicides.
Un autre facteur explique la disparition des gains d’espérance de vie. À mesure qu’une part croissante de la population atteint des âges élevés, le poids du vieillissement biologique s’accroît. Les gains marginaux deviennent plus difficiles à obtenir. La longévité entrerait dans une phase de rendement décroissant. La moindre épidémie de grippe influe sur l’espérance de vie globale en raison du poids des personnes âgées au sein des populations.
Malgré tout, certaines régions – Paris, Londres, certaines zones du nord de l’Italie ou de Suisse – continuent d’enregistrer des progressions soutenues. Les déterminants sociaux et comportementaux expliquent l’essentiel des divergences.
L’espérance de vie conditionne les régimes de retraite, les dépenses de santé, l’organisation de la dépendance. Une proportion de personnes âgées en mauvaise santé constitue un poids plus important pour le système d’État providence. Or, ce sont souvent les territoires les moins bien dotés en médecins et en établissements de santé qui sont confrontés au recul de l’espérance de vie.
L’INSEE l’a annoncé dès le mois de janvier, le taux de fécondité continue de diminuer. De leur côté, les gains de productivité sont faibles depuis 2017. Or, ces deux facteurs interviennent dans les évaluations que réalisent chaque année le Conseil d’Orientation des Retraites. Son prochain rapport qui sera présenté au mois de juin devrait donner lieu à d’importantes révisions.
Plusieurs rapports ont ces derniers mois alerté les pouvoirs publics sur une possible nouvelle dérive des comptes de l’assurance retraite. La Cour des comptes évoquait un déficit supérieur à 6 milliards d’euros en 2030, proche de 15 milliards en 2035 et de l’ordre de 30 milliards en 2045. Le COR, l’année dernière, avait déjà souligné les risques d’une trajectoire des comptes retraite plus dégradée que prévu. Ces estimations reposaient toutefois sur un cadre démographique relativement stabilisé, construit à partir des projections de l’INSEE de 2021. Celles-ci retenaient un taux de fécondité de 1,8 enfant par femme. Une hypothèse prudente, mais encore compatible avec un renouvellement partiel des générations. Or, depuis, le taux de fécondité est passé à 1,56 enfant par femme. Les décès sont désormais supérieurs aux naissances. Le solde naturel est devenu négatif. Moins de naissances aujourd’hui signifie, mécaniquement, moins d’actifs demain. Si en plus l’immigration se réduit, les recettes des régimes de retraite diminueront quand dans le même temps le montant des pensions augmentera, le nombre de retraités devant passer de 17 à 23 millions d’ici 2070.
Les effets d’une chute récente de la natalité ne se feront certes pleinement sentir que dans deux ou trois décennies mais à terme, le rééquilibrage des régimes de retraite au-delà de 2050 sera plus compliqué d’autant plus que la croissance potentielle sera faible. Celle-ci dépend essentiellement de l’évolution de la population active et des gains de productivité. Or, ces deux moteurs sont en panne.
Jusqu’à maintenant, la population active augmente grâce à l’apport migratoire. Les scénarios du COR reposaient jusqu’ici sur un solde migratoire annuel de 80 000 personnes, avec une cible de 70 000. Or la réalité observée entre 2018 et 2022 fait apparaître un solde moyen de 186 000 personnes par an. Mais, de plus en plus de personnes sont opposées au maintien d’un tel flux migratoire. S’il vient à disparaître, la croissance potentielle passera en dessous de 1 %.
À ce choc démographique s’ajoute une dimension budgétaire. La suspension de la réforme des retraites de 2023, actée dans le dernier budget de la Sécurité sociale, représente un coût d’un peu moins de 2 milliards d’euros en année pleine. Sur la durée, l’impact cumulé avoisinerait 10 milliards d’euros. En 2027, après l’élection présidentielle, la question de la poursuite de la réforme se posera quel que soit le candidat élu.
Les projections que le COR publiera en juin seront attendues. Elles serviront de référence aux partenaires sociaux et alimenteront la campagne présidentielle. Des projections avec des déficits élevés seront également interprétées par les investisseurs au moment où la France peine à contenir sa dette publique. La dégradation des hypothèses démographiques réduit les marges de manœuvre. Si la population active progresse moins vite qu’anticipé, la croissance potentielle ralentit. Moins de croissance signifie moins de recettes sociales. L’ajustement devient plus exigeant.
À partir du 6 avril 2026, les assurés du régime général pourront plus facilement corriger ou compléter les informations relatives à leur carrière directement en ligne. L’Assurance retraite déploie en effet un service baptisé « Compléter ma carrière et déclarer mes enfants », avec l’objectif affiché de fiabiliser en amont les données servant au calcul des pensions. Jusqu’à présent, ce dispositif était réservé aux assurés de moins de 55 ans. Il est désormais ouvert à l’ensemble des actifs, y compris ceux qui approchent de l’âge de départ et qui sont les plus enclins à vérifier la cohérence de leur relevé de carrière.
Le montant de la retraite dépend directement des salaires déclarés, du nombre de trimestres validés et, pour partie, des majorations liées aux enfants. Toute omission ou erreur peut se traduire par une pension minorée. Dans le passé, la Cour des comptes avait souligné que de nombreuses liquidations de pensions comportaient des erreurs. En 2020, selon cette dernière, 1 dossier de liquidation de retraite sur 7 comportait une erreur financière dans le régime général — soit environ 14 % des pensions liquidées.
Ce taux d’erreur représentait une amélioration par rapport à 2016, où 1 pension sur 9 était erronée. Sur l’exercice 2021, les magistrats ont estimé que les erreurs au détriment des assurés représentaient environ 1,2 % du montant total des prestations nouvellement versées (soit un montant d’environ 70 millions d’euros sur 5,8 milliards d’euros de pensions distribuées). Dans trois quarts des cas, ces erreurs pénalisaient financièrement les retraités concernés.
Jusqu’ici, la correction des anomalies supposait souvent un rendez-vous physique ou un échange administratif parfois long. Désormais, les assurés peuvent transmettre directement leurs justificatifs en ligne pour régulariser :
L’Assurance retraite précise toutefois que la prise en compte effective des modifications peut nécessiter plusieurs jours, voire plusieurs mois, selon la complexité des situations.
Cette évolution participe d’une stratégie plus large de fiabilisation des données en continu, afin d’éviter les corrections tardives au moment de la liquidation.
Le service devrait encore monter en puissance d’ici fin 2026 ou début 2027. À terme, les corrections validées et accompagnées des pièces justificatives adéquates pourraient être intégrées de manière automatisée.
L’objectif est double :
L’idée avancée par la direction de la CNAV est claire : inciter les assurés à effectuer un « point carrière » périodique, idéalement tous les cinq ans, plutôt que d’attendre l’approche de la retraite.
Le service devrait, d’ici la fin de l’année, permettre des modifications à la fois sur la retraite de base et sur la retraite complémentaire gérée par l’Agirc-Arrco. Cette interconnexion constitue un enjeu structurant, dans la mesure où la pension globale repose sur ces deux piliers.
Une gestion unifiée des corrections limiterait les incohérences entre régimes et renforcerait la lisibilité pour les assurés.
L’Assurance retraite poursuit également la modernisation des procédures pour les retraités eux-mêmes.
Les formulaires de demande de pension de réversion, adressés sur papier, seront progressivement préremplis à partir de mars. Le préremplissage est déjà disponible en ligne. Plus de 200 000 pensions de réversion ont été attribuées en 2025, principalement à des femmes.
Le même principe s’applique à l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa). Le service en ligne permet déjà un préremplissage partiel, dans l’attente d’évolutions réglementaires pour un remplissage complet. En 2025, environ 76 000 bénéficiaires percevaient cette allocation destinée aux retraités disposant de faibles ressources.
Ces mesures s’inscrivent dans la logique de la « solidarité à la source », qui vise à réduire le non-recours aux droits tout en limitant les risques de trop-perçu et les procédures de recouvrement.
Cette modernisation des suivis de carrière intervient cependant dans un contexte administratif délicat. La suspension de la réforme des retraites de 2023 devrait provoquer une hausse significative des demandes de départ en retraite.
L’Assurance retraite anticipe une augmentation d’environ 40 % des dossiers à traiter au second semestre. Le délai moyen de liquidation, aujourd’hui proche de 70 jours, pourrait s’allonger d’une dizaine de jours.
Les demandes de liquidation ne peuvent être déposées plus de cinq mois avant la date de départ prévue. Les assurés concernés par la première vague liée à la suspension pourront donc déposer leur dossier à partir d’avril.
Le simulateur officiel a, de son côté, été mis à jour pour intégrer les dernières évolutions réglementaires, permettant aux assurés d’anticiper leurs choix de départ.
Au-delà de la dimension technique, cette réforme des outils traduit une transformation plus profonde de la gestion du système de retraite. L’enjeu n’est plus seulement de liquider les droits, mais de sécuriser en permanence la trajectoire des carrières. Dans un système où la pension dépend de données déclaratives, la fiabilisation en amont constitue un levier d’efficience administrative.
Au premier semestre 2025, le patrimoine financier brut des ménages s’élevait, en France, à près de 6 596 milliards d’euros. Ce montant représente environ 40 % de leur patrimoine total, l’immobilier demeurant majoritaire. Sur ce montant, 4 770 milliards d’euros sont placés auprès d’institutions financières au deuxième trimestre 2025. Autrement dit, l’essentiel du patrimoine financier est confié à des intermédiaires : banques, assureurs, sociétés de gestion.
Quand ils confient leur argent à des intermédiaires, les ménages financent à 58 % des actifs situés en France, à 19 % dans le reste de la zone euro, et à 23 % hors zone euro. Ces ratios mettent à mal l’idée que l’épargnant français rechignerait à investir dans son pays ou en Europe. En effet, près de 80 % de l’épargne intermédiée française reste investie en Europe. L’exposition véritablement mondiale représente environ un cinquième des encours confiés aux professionnels.
Pour l’épargnant, cette ouverture n’est pas toujours un choix géographique conscient. Elle est intégrée dans le produit souscrit, unités de compte de contrat d’assurance vie, fonds diversifiés, ETF, etc. Elle obéit à une logique de diversification qui est une des meilleures protections pour un patrimoine financier.
Seuls 15 à 20 % détiennent des valeurs mobilières en direct. En dehors des placements intermédiés, les ménages détiennent directement :
La part réellement investie à l’étranger dans ces détentions directes reste faible. L’exposition internationale directe est estimée entre 2 et 4 % du patrimoine financier total.
Les ménages français ne sont pas des investisseurs ayant une forte ouverture internationale, celle-ci, passant, par ailleurs majoritairement par des produits en gestion collective.
Avec environ 2 100 milliards d’euros d’encours, l’assurance vie constitue le pilier du patrimoine financier des ménages. Les fonds en euros, privilégiés pour leur stabilité, restent majoritairement investis en obligations françaises et européennes. Leur exposition internationale est limitée, de l’ordre de 5 à 10 %. Les unités de compte qui représentent 38 % de l’encours de l’assurance vie ont une exposition internationale plus importante. Au total, l’assurance vie contribue pour 5 à 8 % du patrimoine financier à l’exposition étrangère globale.
Hors assurance vie, les fonds d’investissement — OPCVM, ETF, SICAV — représentent environ 20 % du patrimoine financier des ménages. Ils constituent le principal vecteur d’ouverture internationale.
Leur allocation moyenne s’établit autour de :
Cette composante génère à elle seule 10 à 15 % d’exposition internationale du patrimoine financier total. Les ETF jouent ici un rôle important dans l’ouverture internationale des épargnants. En permettant d’investir dans les grandes capitalisations mondiales, ils renforcent l’exposition aux marchés étrangers et en particulier américains. De nombreux ETF reproduisent les grands indices de Wall Street.
Les dépôts bancaires et l’épargne réglementée — Livret A, LDDS, LEP, PEL — représentent environ 30 % du patrimoine financier. Leur exposition internationale est quasi nulle. Ils financent prioritairement le logement social, les banques françaises et la dette publique.
L’immobilier détenu à l’étranger demeure marginal. Les estimations disponibles suggèrent que moins de 5 % des ménages possèdent un bien hors de France, pour un poids global compris entre 1 et 3 % du patrimoine total, concentré sur les ménages les plus aisés. Les SCPI qui ont été largement souscrites dans les années 2010 permettent aux épargnants d’accéder à des opérations immobilières à l’étranger, essentiellement en Europe. En 2024 et en 2025, près de 20 % des acquisitions réalisées par les SCPI n’ont pas été effectuées sur le marché immobilier national, mais en Europe. Cette part tend à augmenter, le marché français étant déprimé en particulier en ce qui concerne les bureaux.
En 2024, les fonds gérés par les SCPI ont alloué environ 2,3 milliards d’euros d’acquisitions à l’étranger au sein de l’Union européenne. Si la majorité des SCPI restent diversifiées (avec des portefeuilles répartis entre France et Europe), plusieurs véhicules récents se caractérisent par une forte ouverture sur l’étranger.
15 à 20 % du patrimoine financier des ménages français est exposé à l’étranger, principalement via des supports intermédiés. Inversement, 75 à 85 % des avoirs restent investis en France ou en zone euro. L’internationalisation est donc réelle, mais elle demeure limitée.
Six ans après son lancement, le Plan d’Épargne Retraite a trouvé ses marques et prend place parmi les grandes enveloppes d’épargne en France. Conçu par la loi Pacte pour simplifier un paysage fragmenté — PERP, Madelin, Article 83, PERCO — le PER s’est progressivement imposé comme l’instrument de référence de la préparation financière de la retraite.
À la fin du troisième trimestre 2025, le PER comptait 12,7 millions de titulaires pour un encours total de 141,1 milliards d’euros. En un an, les encours ont progressé d’environ 20 %. Cette croissance soutenue, dans un contexte économique pourtant marqué par les incertitudes géopolitiques et la volatilité des marchés, traduit une dynamique de fond : l’installation durable du PER dans les stratégies patrimoniales des ménages.
Le PER répond à une préoccupation désormais majoritaire. Selon l’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne, 72 % des non-retraités estiment que leurs pensions futures ne leur permettront pas de maintenir un niveau de vie satisfaisant.
Cette défiance à l’égard du taux de remplacement n’est pas nouvelle, mais elle s’est accentuée avec les débats successifs sur l’équilibre financier des régimes et le vieillissement démographique. Le PER s’inscrit ainsi dans une logique de complémentarité. Il ne se substitue pas au système par répartition, il l’accompagne en offrant une capacité d’anticipation individuelle.
Le PER doit une part essentielle de son succès à sa cohérence interne.
Trois piliers structurent son attractivité :
Cette modularité constitue un progrès majeur dans un pays où l’épargne retraite a longtemps été associée à des mécanismes complexes et peu lisibles.
Le contexte financier a également contribué à l’essor du PER. Le redressement des taux d’intérêt a redonné de l’attrait aux fonds en euros, dont les rendements ont cessé de s’éroder après une décennie de compression. Parallèlement, la bonne tenue des marchés actions et obligataires a soutenu les unités de compte.
Les PER, qu’ils soient assurantiels ou bancaires, bénéficient ainsi d’une gamme de supports diversifiée, adaptée à des horizons d’investissement de vingt à trente ans. La montée en puissance de la gestion pilotée témoigne d’une appropriation croissante de la logique de long terme par les épargnants.
Plus de 80 % des actifs sont investis en France et dans l’Union européenne. Plus de 60 % des encours contribuent au financement des entreprises, en fonds propres ou via la dette privée. Plus de 5 milliards d’euros sont orientés vers des actifs non cotés.
Dans un contexte où l’Europe cherche à renforcer l’Union des marchés de capitaux et à mobiliser l’épargne longue au service de la transition énergétique, de l’innovation et de la réindustrialisation, le PER apparaît comme un vecteur intéressant. Il canalise une épargne stable vers des besoins structurels de financement.
Avec 141 milliards d’euros d’encours et près de 13 millions de titulaires, le PER, pour devenir un véritable de préparation de la retraite, doit accroître sa diffusion et gagner en volume. Le développement du PER collectif constitue, sans nul doute, un des moyens à privilégier afin que les salariés les plus modestes soient couverts.
L’épargne collective est une spécificité française. Elle ne se réduit ni à l’épargne salariale, ni aux fonds d’investissement, ni à l’assurance vie. Elle désigne l’ensemble des mécanismes par lesquels l’épargne des ménages est mise en commun, mutualisée et gérée par un intermédiaire professionnel afin d’être investie sur les marchés financiers ou dans l’économie réelle. Elle repose sur trois éléments : une pluralité d’épargnants, une gestion déléguée et une allocation collective du capital.
Cette mutualisation de l’épargne est ancienne en France. Elle prend forme dès le début du XIXᵉ siècle avec l’essor du Livret A, de l’assurance vie et des sociétés mutualistes. Très tôt, les épargnants ont accepté de confier leurs ressources à des organismes chargés de les faire fructifier. Cette logique collective est intimement liée à la préférence française pour l’intermédiation dans le financement de l’économie.
Aux États-Unis, et plus largement dans les pays anglo-saxons, le financement repose davantage sur le marché, à travers l’achat direct d’actions, même si les fonds de pension y jouent un rôle majeur d’intermédiation. En France, cette médiation professionnelle est indispensable compte tenu de la forte appétence des ménages pour la liquidité et la sécurité.
L’intermédiation prend plusieurs formes. L’épargne réglementée en constitue l’un des premiers volets : les fonds collectés financent le logement social, les collectivités publiques ou les PME. L’assurance vie, avec près de 2 100 milliards d’euros d’encours, demeure le navire amiral de l’épargne française et contribue puissamment à cette intermédiation, en particulier via les fonds en euros. Il faut y ajouter l’épargne retraite, en rapide développement, ainsi que l’épargne salariale.
Cette spécificité française a engendré une véritable spécialisation financière. Les établissements financiers français disposent d’un savoir-faire reconnu en matière d’épargne collective. Ils ont été parmi les pionniers dans le développement des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM). À travers ces supports — SICAV, FCP, SCPI et autres véhicules — l’épargnant confie son capital à des gestionnaires professionnels chargés de l’allouer selon des stratégies définies.
Près de 2 700 milliards d’euros sont aujourd’hui gérés en France au sein de véhicules collectifs couvrant l’ensemble des classes d’actifs : monétaire, obligataire, actions, immobilier, capital-investissement. Cette masse financière irrigue la dette publique, le financement des grandes entreprises, les infrastructures ou encore la transition énergétique. Elle stabilise les marchés grâce à la présence d’investisseurs de long terme. Elle transforme une préférence individuelle pour la prudence en capacité collective d’investissement.
Ce modèle présente des vertus évidentes. La mutualisation dilue le risque. La régulation encadre les excès. La profondeur des encours amortit les crises. La France a traversé les secousses financières des deux dernières décennies sans effondrement massif de l’épargne des ménages. La volatilité boursière s’est rarement traduite par des pertes systémiques pour les particuliers. Le revers de la médaille tient à une culture actionnariale directe plus limitée. La prise de risque y est plus graduelle, parfois plus lente. Une épargne abondante peut se diriger prioritairement vers les actifs les plus sûrs plutôt que vers les plus innovants. Toutefois, les évolutions récentes témoignent d’un mouvement. L’arrivée de nouvelles générations d’épargnants, plus ouvertes à la diversification et à la prise de risque, modifie progressivement les comportements. Par ailleurs, des produits autrefois réservés aux patrimoines élevés se démocratisent, en particulier les fonds investis dans les entreprises non cotées. Les assureurs proposent désormais, au sein des contrats d’assurance vie et des Plans d’Épargne Retraite, des supports de « private equity », des fonds ISR ou orientés vers l’économie solidaire. Tous s’inscrivent dans la logique de l’épargne collective.
Les Français plébiscitent depuis des années la gestion collective de leur épargne. Le succès des fonds indiciels et des ETF en témoigne : même lorsqu’ils s’exposent davantage aux marchés, ils privilégient la mutualisation. Cette préférence n’est pas un hasard. Elle traduit une culture financière fondée sur la confiance, la délégation et la durée. Dans un environnement économique plus incertain, marqué par de profondes transformations industrielles et technologiques, cette capacité à agréger l’épargne et à l’orienter dans le temps constitue un atout majeur. La mutualisation a démontré sa solidité. Elle demeure l’un des piliers silencieux de la stabilité financière et du financement de l’économie française.
Jean-Pierre Thomas
Président du Cercle de l’Épargne
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Journée internationale des droits des femmes
Épargne : quels enjeux pour les femmes ?
Une étude Cercle de l’Épargne – Malakoff Humanis
de Sarah Le Gouez, Secrétaire générale du Cercle de l’Épargne
« L’indépendance financière est un levier essentiel d’émancipation pour les femmes. Or, trop souvent, les inégalités de revenus, de carrière ou encore l’autocensure face aux décisions financières freinent leur capacité à construire un patrimoine durable. Notre responsabilité, en tant qu’acteur engagé de l’épargne responsable, est de lever ces obstacles en proposant des solutions simples, transparentes et accessibles, et en renforçant la pédagogie qui permet à chaque femme de reprendre pleinement le contrôle de son avenir financier. »
— Isabelle Le Bot, Directrice épargne du groupe Malakoff Humanis et Directrice générale de La France Mutualiste
En raison de la persistance d’inégalités salariales, de la répartition des tâches au sein des ménages en matière financière et de pratiques inappropriées, les femmes, en France, épargnent moins que les hommes et disposent de ce fait d’un patrimoine plus faible que ces derniers,
La France est un pays d’épargnants. Le taux d’épargne y a atteint 18,3 % du revenu disponible brut en 2025 mais hommes et femmes ne sont pas égaux en la matière. Selon une étude du Cercle de l’Épargne de 2023, un peu moins des deux tiers des femmes déclarent épargner chaque année (63 %) contre près des trois quarts des hommes (74 %).
Cette moindre propension à l’épargne s’explique d’abord par des revenus plus faibles. Selon l’INSEE, en 2024, dans le secteur privé, les femmes perçoivent en moyenne un salaire inférieur de 21,8 % à celui des hommes. Cet écart tient en partie à un recours plus fréquent au temps partiel et à des périodes d’emploi moins continues. Mais même à temps de travail équivalent, les femmes gagnent encore en moyenne 14 % de moins, notamment parce qu’elles occupent plus souvent des emplois moins qualifiés et moins bien rémunérés.
En raison d’une capacité d’épargne plus élevée et d’un effet d’accumulation, le patrimoine des hommes est, ainsi, en moyenne supérieur de 15 % à celui des femmes. En ne retenant que les actifs financiers, l’écart est encore plus important.
Face à des revenus plus modestes et des impératifs immédiats plus marqués, les femmes adoptent des comportements de placement qui leur sont propres.
Les Françaises privilégient des placements qui offrent sécurité, visibilité et souplesse d’usage. Elles se distinguent des hommes en étant moins versées aux risques. Les actions, les cryptoactifs trouvent moins d’intérêt chez elles que chez les hommes. En revanche, les différences sont moins marquées pour les autres placements.
L’évolution de leur jugement sur le Livret A est plus contrastée que celle des hommes. Les femmes ont été sensibles à la baisse de ce dernier qui a été divisé par deux 2025 (1,5 % au lieu de 3 %). 49 % des femmes jugent en 2025 ce produit intéressent contre 59 % en 2024. Pour les hommes, les chiffres respectifs sont 55 et 60 %. Ce recul de l’intérêt chez les femmes pour ce placement peut s’expliquer par le fait que le Livret A constitue plus souvent que chez les hommes le seul placement financier.
L’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne met également en évidence que seules 37 % des femmes jugent les actions attractives, contre 46 % des hommes. Leur réticence est encore plus forte vis à vis des cryptoactifs : seulement 19 % manifestent un intérêt pour ce placement, contre 24 % chez les hommes.
Les femmes portent un jugement plus sévère que les hommes sur le rendement de l’épargne (55 % estiment qu’il n’est pas satisfaisant contre 45 % des hommes). Cet écart reflète la prédominance, chez les femmes de produits garantis et disponibles dans leur patrimoine et leur aversion plus marquée au risque.
Les enquêtes successives du Cercle de l’Épargne mettent en évidence le caractère anxiogène que peut représenter le passage à la retraite, en particulier pour les femmes dont le niveau de pension demeure nettement inférieur à celui des hommes (25 % plus faibles après prise en compte des droits dérivés en 2023 – chiffres DREES).
En 2025, près de sept femmes sur dix (68 %) jugent que leur pension est/sera insuffisante pour vivre correctement quand 61 % des hommes partagent cette crainte.
Les femmes ont une conscience aiguë de la nécessité d’épargner tôt pour la retraite. 63 % des sondées jugent qu’il faut commencer avant 35 ans. Elles sont également un peu plus nombreuses que les hommes à reconnaître l’utilité de préparer financièrement leur retraite (95 % pour les premières contre 92 % pour les seconds).
L’importance que les femmes accordent à la préparation de la retraite est confortée par l’intérêt qu’elles portent pour le Plan d’Épargne Retraite. Jugé intéressant par 47% des femmes (49 % des hommes), ce produit a su, en moins de 6 ans, s’intégrer dans le paysage de l’épargne dans un contexte de forte inquiétude des femmes quant à leurs conditions de vie à la retraite.
Pour autant, plus d’une femme sur deux (52 %) déclare ne pas épargner dans cette optique, un score supérieur à celui des hommes (48 % déclarent ne pas le pas le faire).
* * *
L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être pleinement accomplie sans une réduction drastique des disparités de revenus et de patrimoine. Mais, celle-ci ne saurait suffire. L’inégalité de patrimoine est également la conséquence de comportements et de pratiques d’épargne inadaptés.
Aujourd’hui encore, la gestion patrimoniale demeure trop souvent assurée par les hommes, limitant ainsi l’implication des femmes dans les décisions financières structurantes et entretenant une forme de dépendance. Or il ne peut y avoir d’autonomie financière sans véritable appropriation des enjeux patrimoniaux. Les femmes, pour préserver leur capital, optent majoritairement pour des produits à faible rendement. Cette orientation se fait au prix d’une moindre valorisation à terme de leur épargne.
À propos du Cercle de l’Épargne
Centre d’études dédié à l’épargne, à la retraite et à la prévoyance, le Cercle de l’Épargne est présidé par Jean-Pierre Thomas. Il mène des études à dimension économique et sociale et des actions de formation pour comprendre les grands enjeux de la protection sociale.
À propos de Malakoff Humanis (chiffres au 31 décembre 2024)
Acteur clé de la protection sociale paritaire et mutualiste, à but non lucratif, Malakoff Humanis accompagne entreprises et particuliers en santé, prévoyance, épargne et retraite complémentaire. Avec 10,5 Mds€ de fonds propres, près de 400 000 entreprises clientes et plus de 9 millions de personnes protégées, Malakoff Humanis couvre 15 % du marché de la santé et de la prévoyance collectives. En épargne, Le Groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 880 M€ en 2024. En tant qu’institution de retraite complémentaire Agirc-Arrco, Malakoff Humanis gère les cotisations de plus de 7 millions d’actifs et verse 44,4 Mds€ d’allocations à 6,3 millions de retraités. Sur le plan social et sociétal le Groupe accompagne ses clients fragilisés, et est engagé sur le Handicap – à travers sa fondation Malakoff Humanis Handicap -, le Cancer, le Bienvieillir et les Aidants. Plus de 200 M€ sont dédiés chaque année à ces actions. Malakoff Humanis a été élue Marque de l’Année 2026 dans la catégorie Assurance santé / Assurance de personnes par plus de 20 000 consommateurs. www.malakoffhumanis.com.
Une étude Cercle de l’Épargne – Malakoff Humanis
de Sarah Le Gouez, Secrétaire générale du Cercle de l’Épargne
Les femmes épargnent-elles différemment que les hommes ? Est-ce la contrainte liée aux revenus, le rapport aux risques ou leur rôle dans la société qui expliquent les différences ? La capacité d’épargne est un révélateur social et sociologique de première importance. Elle est un marqueur d’autonomie financière et d’égalité, l’épargne jouant un rôle de miroir.
Selon une étude du Cercle de l’Épargne de 2023, un peu moins des deux tiers des femmes déclarent épargner chaque année (63 %) contre près des trois quarts des hommes (74 %).
Au sommaire de l’étude :
Interrogé dans Capital sur les mauvais résultats du Livret A en janvier, Philippe Crevel explique que «la baisse du taux du livret A conduit à une réallocation de l’épargne au profit de l’assurance-vie. La communication du rendement des fonds euros, dans le courant du mois de janvier, a certainement incité de nombreux épargnants à opter pour ce placement.»
Dans le journal Le Monde, Philippe Crevel estime que la nouvelle décollecte du Livret A en janvier correspond à un rééquilibrage, dans un contexte de baisse des taux. Il précise que « l’épargne réglementée a fortement gonflé de 2019 à 2025 en raison de la succession des chocs et des crises. »
Résultats du Livret A – LDDS – LEP | Janvier 2026
Analyse de Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne
L’épargne réglementée a souffert en janvier avec une décollecte pour le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) de 2,27 milliards d’euros. En règle générale, le mois de janvier est un bon mois pour le Livret A et le LDDS du fait des étrennes de fin d’année et des primes (13e mois) versées par les employeurs. Le mois de janvier 2026 ne s’inscrit pas dans cette logique. En revanche, il prolonge la tendance constatée depuis le mois de septembre 2025, juste interrompue par la collecte positive du mois de décembre dernier. La baisse du taux du Livret A conduit à une réallocation de l’épargne au profit de l’assurance vie. La communication du rendement des fonds euros, dans le courant du mois de janvier, a certainement incité de nombreux épargnants à opter pour ce placement. La moyenne des rendements des fonds euros devrait se situer autour de 2,7 % mais des assureurs proposent jusqu’à 3,5 %.
Le Livret A a enregistré une décollecte de -1,87 milliard d’euros au mois de janvier. L’annonce de la baisse de son taux de 1,7 à 1,5 % au milieu du mois de dernier a certainement incité les ménages à s’en détourner. Pour constater une décollecte du Livret A, en janvier, il fallait remonter à 2016 (-810 millions d’euros). En 2025, la collecte avait été faiblement positive de 350 millions d’euros. Elle avait alors été affectée par l’annonce du passage du taux de 3 à 2,4 %. Avec le résultat de 2026, le nombre de décollectes en janvier constatées depuis 2009 passe à trois (2015, -850 millions d’euros ; 2016, -810 millions d’euros et donc 2026, -1,87 milliard d’euros). Ce résultat tranche nettement avec la collecte moyenne de ces dix dernières années, +3,5 milliards d’euros.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) enregistre également une décollecte en janvier, -400 millions d’euros. Il s’agit de la troisième depuis 2009 après celles de 2015 (-200 millions d’euros) et celle de 2016 (-320 millions d’euros). En janvier 2025, la collecte était positive de 460 millions d’euros. La moyenne de ces dix dernières années atteignait 620 millions d’euros.
Au mois de janvier 2026, la collecte du Livret d’Épargne Populaire (LEP) a été nulle quand pour le même mois en 2025, elle était positive de 110 millions d’euros. C’est le plus mauvais résultat du LEP en janvier depuis 2022.
La baisse du taux de 2,7 à 2,5 % n’a pas donné lieu à une décollecte mais son écart d’un point par rapport à celui du Livret A n’a pas conduit les épargnants le plus modestes à renforcer leur épargne. Les versements sur le LEP obéissent à des considérations de taux mais aussi de pouvoir d’achat.
Les effets de la baisse des taux du Livret A, du LDDS et du LEP devraient se faire ressentir encore plusieurs mois. Or, traditionnellement, le premier semestre donne lieu à des versements supérieurs aux retraits. Il pourrait en être autrement cette année. L’érosion du Livret A devrait se poursuivre. Dans les faits, il s’agit d’un rééquilibrage, l’épargne réglementée ayant fortement gonflée de 2019 à 2025 en raison de la succession des chocs et des crises. L’encours avait progressé de plus de 200 milliards d’euros (Livret A et LDDS). Avec le mois de janvier, le dégonflement semble s’être accéléré témoignant de l’agilité des épargnants français.
Dans les Echos, Philippe Crevel évoque le succès retrouvé de l’assurance vie qui a enregistré une collecte record en 2025.
L’assurance prévoyance occupe une place singulière dans l’architecture de la protection sociale française. Elle vise à couvrir les risques corporels susceptibles d’affecter durablement la trajectoire de revenus des individus et la sécurité financière des ménages : incapacité temporaire de travail, invalidité, décès. En complétant une protection publique partielle, elle constitue un pilier essentiel de la sécurisation des parcours professionnels, notamment dans un contexte de fragilisation des carrières et de montée des risques sociaux.
En 2023, les organismes d’assurance ont, selon le service statistique du Ministère de la Santé (DREES) collecté 25,4 milliards d’euros de cotisations en prévoyance, hors contrats d’assurance emprunteurs. Ce montant représente près de 9 % de l’ensemble des cotisations perçues par le secteur assurantiel et 28 % des cotisations afférentes aux risques sociaux. La prévoyance s’impose ainsi comme le deuxième poste d’activité dans ce champ, derrière la complémentaire santé mais devant la retraite supplémentaire.
Depuis 2011, la dynamique de la prévoyance est soutenue : les cotisations progressent en moyenne de 4,2 % par an, à un rythme nettement supérieur à celui observé en santé. Cette croissance traduit à la fois une demande accrue de couverture et une montée en gamme des garanties, dans un contexte de recul relatif de la protection publique.
Le marché demeure fortement structuré par le type d’organismes. Les entreprises d’assurance dominent l’activité, avec 60 % des cotisations collectées en 2023, devant les institutions de prévoyance (31 %) et les mutuelles (9 %). Cette répartition est stable dans le temps, tant pour l’ensemble de la prévoyance que pour ses deux principaux segments : le risque décès et les autres dommages corporels, qui regroupent essentiellement l’incapacité et l’invalidité. La prévoyance représente toutefois une part très inégale de l’activité globale des acteurs. Elle constitue près de la moitié des cotisations des institutions de prévoyance, contre une fraction marginale pour les mutuelles et les entreprises d’assurance, dont le cœur de métier reste respectivement la santé et les risques non sociaux.
L’un des traits distinctifs de la prévoyance réside dans le poids prépondérant des contrats collectifs, qui représentent 66 % des cotisations en 2023. Cette proportion masque toutefois de fortes disparités. Les institutions de prévoyance exercent quasi exclusivement en collectif, tandis que les entreprises d’assurance conservent une position dominante sur le marché des contrats individuels, dont elles captent 84 % des cotisations. Cette segmentation structurelle pèse directement sur les niveaux de frais, les mécanismes de mutualisation et in fine sur la rentabilité technique.
En matière de prestations, la prévoyance se distingue nettement de la complémentaire santé. En 2023, le retour sur cotisations s’est établi à 64 %, contre 81 % en santé. Autrement dit, une part plus limitée des cotisations collectées est reversée sous forme de prestations aux assurés. Ce ratio varie sensiblement selon les risques : il atteint 69 % pour les autres dommages corporels, mais seulement 55 % pour le risque décès. Les écarts sont également marqués entre catégories d’organismes. Les institutions de prévoyance affichent le retour sur cotisations le plus élevé (75 %), devant les mutuelles (67 %) et les entreprises d’assurance (58 %). Cette hiérarchie reflète des modèles économiques distincts, combinant niveaux de garanties, structures de coûts et stratégies commerciales.
Les charges de gestion constituent un autre élément clé de différenciation. En prévoyance, elles absorbent près d’un tiers des cotisations collectées, un niveau sensiblement supérieur à celui observé en santé. Cette spécificité tient principalement au poids des frais d’acquisition, qui représentent à eux seuls 19 % des cotisations en 2023. La prévoyance est en effet un marché fortement intermédié, reposant sur des réseaux commerciaux denses et sur la rémunération des courtiers et agents. Les entreprises d’assurance se distinguent par des charges de gestion particulièrement élevées, atteignant 38 % des cotisations, contre 29 % pour les mutuelles et seulement 14 % pour les institutions de prévoyance. Ces écarts s’expliquent avant tout par les frais d’acquisition, qui culminent à 24 % des cotisations pour les entreprises d’assurance, contre 10 % pour les mutuelles et 4 % pour les institutions de prévoyance.
Les niveaux élevés de charges n’entravent pas la rentabilité du secteur. En 2023, le résultat technique de la prévoyance s’est établi à 14 % des cotisations collectées, alors que l’activité de complémentaire santé était légèrement déficitaire. Le risque décès apparaît comme le plus contributif, avec un résultat technique de 17 %, contre 11 % pour les autres dommages corporels. Là encore, les entreprises d’assurance affichent la performance la plus élevée : leur résultat technique atteint 16 % des cotisations en prévoyance, contre 10 % pour les institutions de prévoyance et 6 % pour les mutuelles. Cette rentabilité est particulièrement marquée sur les contrats individuels, où le résultat technique dépasse 20 %.
Au total, la prévoyance apparaît comme un segment à la fois dynamique et structurellement rentable du marché assurantiel français. Elle repose sur une combinaison singulière : un retour sur cotisations modéré, des charges de gestion élevées mais maîtrisées, et un résultat technique robuste. Ces caractéristiques interrogent toutefois les équilibres de long terme, dans un contexte de renforcement des exigences réglementaires, de pression accrue sur les frais et d’attentes croissantes des assurés en matière de transparence et de valeur des garanties. La prévoyance, longtemps considérée comme un produit technique, se trouve désormais au cœur des débats sur l’efficacité et l’équité des mécanismes assurantiels.
Les systèmes de retraite occupent une place centrale dans les économies et les modèles sociaux des pays développés. Ils constituent à la fois un mécanisme de redistribution intergénérationnelle, un outil de protection contre le risque de pauvreté liée à l’âge et un facteur structurant des finances publiques.
La France, qui a choisi le « tout répartition » à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, est particulièrement confrontée au poids croissant des dépenses de retraite. Premier poste de dépenses sociales, les prestations servies aux retraités en 2022 représentaient 370 milliards d’euros en France (hors périmètre fonction publique) soit 13,4 % du PIB. Maintes fois critiqué pour sa complexité et son incapacité à supporter le coût des transformations démographiques, économiques et sociales, notre modèle constitue cependant un pilier du pacte social français auxquels les Français sont particulièrement attachés. De fait, la question des retraites demeure, année après année, un sujet de crispation, en témoignent les débats récurrents atour de l’âge de départ, le niveau des pensions, la durée de cotisation ou encore la soutenabilité financière du système. Pour autant, la France, comme l’ensemble des pays de l’OCDE, ne peut pas faire l’impasse d’une remise à plat de son modèle social pour répondre au défi lié au vieillissement de la population qui se traduit par une augmentation du nombre de retraités et un ralentissement relatif de la population active.
Le rapport « Pensions at a glance 2025 »publié fin novembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’inscrit dans cette réflexion globale. À travers une analyse approfondie des systèmes de retraite des pays membres et partenaires, Il étudie les tendances démographiques, économiques et institutionnelles à l’œuvre, ainsi que les réformes engagées pour y répondre. Ce panorama international constitue un outil de référence pour apprécier la position relative de la France, mesurer l’ampleur de ses spécificités et évaluer l’efficacité de ses choix en matière de retraite.
Au sommaire de l’étude
LA « SÉNIORISATION » DE LA SOCIÉTÉ : UNE RÉVOLUTION SILENCIEUSE DÉJÀ ENGAGÉE
La fin de l’exception française
Les systèmes de retraites à l’épreuve du vieillissement de la population
Un choc démographique différencié selon les pays
LA SOUTENABILITÉ FINANCIÈRE DU SYSTÈME DE RETRAITE EN QUESTION
Un système protecteur mais structurellement coûteux
Les effets de la conjoncture économique et du mode de financement des retraites
Quelles perspectives d’évolution dans les prochaines décennies ?
LA CAPITALISATION ET LES FONDS DE PENSION : UN LEVIER STRATÉGIQUE FACE AU MUR DÉMOGRAPHIQUE
Les vertus de la capitalisation : résilience et investissement
France : le poids encore résiduel de l’épargne retraite

Dans les 15 prochaines années, un basculement silencieux se produira en France avec la montée en âge des générations du baby-boom, nées entre 1945 et 1965, qui détiennent aujourd’hui plus de la moitié du patrimoine des ménages. Avec leur disparition progressive, une vaste rotation patrimoniale s’opérera, entraînant de nombreuses conséquences économiques, financières et sociologiques. D’ici 2040, plusieurs milliers de milliards d’euros d’actifs — logements, contrats d’assurance vie, entreprises familiales — changeront de mains.
La France n’a jamais autant parlé d’épargne. Les Français n’ont, en 2025, jamais mis autant d’argent de côté. Le législateur a un temps envisagé d’imposer davantage cette épargne, avant d’y renoncer, celle-ci étant indispensable au financement de l’État et de l’économie. Face à un marché en expansion, les professionnels de l’épargne font preuve d’imagination pour conserver ou accroître leurs parts de marché. Tel est le panorama de l’épargne en France en ce début d’année 2026.
L’épargne est souvent accusée d’être improductive et stérile en étant essentiellement investie en produits de taux. La Direction du Trésor a, sur le sujet de l’affectation réelle de l’épargne des ménages, réalisé une étude. La note rédigée par Alisée Koch et Thomas Faria, intitulée « Que finance l’épargne financière des ménages français ? », éclaire l’usage effectif de l’épargne, au-delà de ses seules formes juridiques. Elle permet d’avoir une vision plus concrète de l’usage de cette fameuse épargne et de relativiser certaines critiques.
Le patrimoine des ménages français se compose principalement de patrimoine immobilier, mais également d’un patrimoine financier diversifié. Ce dernier reflète l’appétence traditionnelle des ménages pour la garantie et la liquidité. Il regroupe à la fois des placements sûrs (dépôts, livrets, assurance vie en euros) et des actifs plus risqués tels que des titres financiers (actions, obligations), détenus directement ou indirectement via des intermédiaires financiers, ainsi que des participations dans leurs entreprises.
La Direction du Trésor confirme que le patrimoine des ménages en France est composé à environ 60 % d’actifs non financiers et 40 % d’actifs financiers. Au deuxième semestre 2025, ce patrimoine s’élevait à 6 596 milliards d’euros. L’épargne financière représentait toujours, au deuxième semestre 2025, 10,5 % du revenu disponible brut, soit 4 points de plus que le taux moyen constaté entre 2015 et 2019. Pour la première fois depuis l’an 2000, le taux d’épargne financière des ménages est, en France, supérieur à celui de l’Allemagne.
Le patrimoine financier des ménages, au deuxième semestre 2025, se répartit de la manière suivante :
Les ménages possèdent directement des obligations (54 milliards d’euros), des actions cotées (310 milliards d’euros), des actions non cotées (913 milliards d’euros) et d’autres participations (519 milliards d’euros). Une vigilance particulière s’impose concernant ces deux dernières catégories, qui comprennent notamment les participations dans des sociétés non cotées (entreprises privées, PME, start-up) détenues directement par les ménages.
En France, près de deux tiers des placements (dépôts et assurances) correspondent principalement à des produits de taux, contre un tiers investi en fonds propres, détenus directement ou via des intermédiaires financiers. Cette répartition diffère toutefois peu de celle observée en Allemagne ou en Italie.
Le financement de l’économie française s’effectue essentiellement par l’intermédiation bancaire. Environ 70 % du financement des entreprises est assuré par le crédit, tandis qu’aux États-Unis près de 70 % du financement transite par les marchés.
Les placements des ménages auprès des institutions financières (4 770 milliards d’euros) sont majoritairement investis en France (58 %), puis ailleurs dans la zone euro (19 %). Ainsi, les placements hors zone euro ne représentent que 23 % du total. Le bilan des assureurs et des fonds de pension est composé à 43 % de titres résidents. Les expositions des banques françaises sont concentrées à 75 % en France et à 85 % dans la zone euro. Les banques accordent en France davantage de prêts qu’elles ne collectent de dépôts, de sorte que l’épargne est quasi intégralement mobilisée pour financer des prêts.
Le Fonds d’épargne de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) joue un rôle clé dans la mobilisation de l’épargne des Français. Il centralise une partie des dépôts des livrets réglementés afin de les transformer en financements de long terme, au profit notamment des bailleurs sociaux. Ce modèle, unique en Europe, confère à la CDC un rôle d’intermédiation significatif malgré un poids modéré dans le total des encours bancaires. Le Fonds d’épargne dispose ainsi de 219 milliards d’euros de prêts en faveur du logement social et du secteur public local, ainsi que d’un portefeuille de gestion d’actifs de 222 milliards d’euros, investi à 96 % en Europe, dont 88 % en zone euro et 70 % en France.
L’exercice de mise en transparence des intermédiaires financiers réalisé par la Direction du Trésor montre que le patrimoine financier des ménages est utilisé à 40 % pour la détention d’actions et autres participations, à 31 % pour l’investissement obligataire et à 20 % pour le financement de prêts. Un peu plus de 1 % est investi dans des actifs immobiliers et le solde à de la trésorerie des institutions financières (3 %), à des produits dérivés (2 %) ainsi qu’à d’autres actifs financiers (2 %). Cette démarche vise à apprécier l’affectation finale de l’épargne des ménages après intermédiation.
L’exercice révèle que les ménages détiennent, via les institutions financières, 874 milliards d’euros d’actions et 2 022 milliards d’euros d’obligations au deuxième trimestre 2025. Le financement des administrations publiques constitue une part significative des obligations détenues : 752 milliards d’euros, majoritairement françaises, soit 11 % du patrimoine financier des ménages. Ces titres sont intermédiés par la CDC, les banques, les assureurs et certains organismes de placement collectif. Les assureurs constituent un groupe majeur de porteurs domestiques privés de la dette française, détenant en direct 9,8 % de la dette négociable de l’État (275 milliards d’euros), derrière les banques françaises (10,3 %) mais devant les fonds français (1,7 %).
Le Fonds d’épargne de la CDC centralise 399 milliards d’euros d’encours issus des livrets réglementés. Près de la moitié de cet actif (49 %) est consacrée aux prêts au logement social et au secteur public local. Pour assurer sa liquidité, le Fonds détient également un portefeuille de titres financiers représentant 51 % de l’actif, composé à 44 % d’obligations et à 4 % d’actions et de fonds, le solde correspondant à des liquidités.
L’encours non centralisé des livrets réglementés et les dépôts des ménages s’élèvent à 1 728 milliards d’euros. Les établissements bancaires les utilisent pour accorder des prêts ou acquérir des titres. Les douze principales banques françaises consacrent environ 60 % de leur actif aux prêts, 12 % aux obligations, 5 % aux actions, 8 % aux produits dérivés et 9 % à la trésorerie.
Les sociétés d’assurances et les fonds de pension investissent l’épargne des ménages majoritairement sur les marchés financiers ou via des fonds. Leurs encours de placement atteignent 2 246 milliards d’euros au deuxième semestre 2025. Leur portefeuille est composé à 51 % de titres de créance, à 34 % de parts d’OPC et à 10 % d’actions, le solde correspondant à de la trésorerie ou à des prêts. Après mise en transparence, leur portefeuille apparaît composé à 65 % de titres de créance et à 25 % d’actions, contribuant directement au financement de l’économie (entreprises, infrastructures, etc.).
Après mise en transparence, la part de l’épargne finançant les entreprises progresse, passant de 36 % du patrimoine financier en 2019 à 40 % au deuxième trimestre 2025, principalement sous l’effet de valorisations plus dynamiques. Cette évolution s’effectue au détriment des titres obligataires, dont la part recule de 26 % à 20 % pour les titres non souverains et de 12 % à 11 % pour les titres souverains.
Les autres emplois finaux de l’épargne des ménages (prêts, actifs immobiliers, autres) demeurent relativement stables dans le temps. Ces évolutions traduisent avant tout des arbitrages entre classes d’actifs, sans transformation structurelle des bilans des intermédiaires financiers.
En 2023, la hausse des taux a conduit les ménages à réallouer une partie de leurs dépôts à vue vers les comptes à terme, sans modifier la part de l’épargne intermédiée par les banques. La situation évolue en 2025 avec la baisse des comptes à terme et la reprise de la collecte de l’assurance vie. La montée en puissance des unités de compte au détriment des fonds en euros modifie la structure des contrats, tout en maintenant le rôle des assureurs dans la transformation de l’épargne vers des actifs de long terme. Depuis 2020, assureurs et fonds de pension ont, par ailleurs, diversifié leurs placements et réduit leur détention de dette négociable de l’État.
La hausse des actions et autres participations dans les emplois finaux de l’épargne provient quasi exclusivement de l’augmentation des actions non cotées détenues directement par les ménages, passées de 570 milliards d’euros en 2019 (10 % du patrimoine financier) à 913 milliards d’euros au deuxième trimestre 2025 (14 %).
Enfin, la Direction du Trésor confirme une évolution progressive des comportements d’investissement. L’essor des comptes-titres en ligne et des néo-courtiers commence à produire des effets visibles. Si les encours demeurent encore modestes, ils traduisent l’émergence d’épargnants plus enclins au risque et adoptant une approche opportuniste de l’épargne. Selon une enquête du Cercle de l’Épargne réalisée en avril 2025, les jeunes épargnants de moins de 35 ans considèrent majoritairement les placements en actions comme des placements de court terme, spéculatifs, au même titre que les cryptoactifs.
En définitive, la note de la Direction du Trésor déconstruit l’idée d’une épargne française stérile ou mal orientée. Si les ménages privilégient toujours la sécurité et la liquidité, leur épargne contribue largement au financement de l’économie réelle, qu’il s’agisse des entreprises, du logement social ou des administrations publiques, essentiellement par le biais d’une intermédiation financière robuste. L’augmentation récente du financement en fonds propres, portée notamment par les actions non cotées, traduit une évolution progressive des comportements, plus qu’une rupture. Elle souligne également le rôle central des intermédiaires dans l’orientation de l’épargne vers le long terme, dans un contexte marqué par des arbitrages accrus et une diversification croissante des supports d’investissement.
Le niveau moyen de patrimoine détenu varie fortement selon l’âge de la personne de référence du ménage, la personne dont le revenu est le plus élevé au sein du ménage). En 2024, le patrimoine brut moyen augmente en fonction de l’âge jusqu’à atteindre son maximum autour de 60 ans. Il se stabilise alors, avant de diminuer au‑delà de 75 ans pour les personnes vivant à leur domicile. Les ménages dont la personne de référence a entre 50 et 79 ans détiennent 61 % de la masse totale de patrimoine, alors qu’ils ne représentent que 50 % des ménages. En 2015, la baisse du patrimoine brut moyen était plus prononcée et s’observait plus tôt, dès 70 ans. Cette évolution est liée à l’augmentation de la valeur du patrimoine et à l’enrichissement plus important des retraités nés après la Seconde Guerre mondiale.

Le patrimoine immobilier suit une évolution similaire au patrimoine total, dont il est la composante principale. Il augmente fortement entre 30 et 45 ans, moment où les ménages acquièrent le plus souvent leur résidence principale, puis plus lentement jusque 60 ans, et baisse au-delà de 75 ans. Le patrimoine financier ne baisse pas chez les plus âgés vivant à leur domicile ; il augmente continûment jusqu’à environ 75 ans, puis atteint un palier. Quant au patrimoine professionnel, il augmente jusqu’environ 55 ans, puis diminue jusqu’à devenir quasi nul avec le passage à la retraite.
Au sein d’une tranche d’âge, les disparités sont fortes. En moyenne, les ménages dont la personne de référence a entre 50 et 59 ans ont le patrimoine brut le plus élevé (464 800 euros). En revanche, les 10 % les moins dotés de cette tranche d’âge détiennent moins de 7 700 euros de patrimoine brut, alors que les 10 % les plus dotés en détiennent plus de 1 021 900 euros et la moitié des ménages plus de 254 100 euros.
En 2025, 20,2 milliards d’euros de cotisations ont été versés selon France Assureurs sur les Plans d’Épargne Retraite (PER) « assurance ». Ces cotisations sont en hausse de 16 % sur un an. La collecte nette a été de 11,0 milliards d’euros, en hausse de 1,2 milliard d’euros par rapport à l’année 2024.
À fin décembre 2025, les PER assurantiels comptabilisent 7,9 millions d’assurés, en hausse d’un million sur un an. L’encours des PER « assurance », a atteint près de 112 milliards d’euros. En prenant l’ensemble des PER, assurantiels et bancaires, on dénombre au total plus de 12,5 millions de titulaires et un encours supérieur à 140 milliards d’euros.

En France, l’espérance de vie s’allonge régulièrement, malgré un recul observé entre 2020 et 2022 en raison de la pandémie de Covid-19. En 2025, l’espérance de vie à la naissance a progressé de 0,1 an pour les hommes comme pour les femmes. Elle atteint ainsi 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes. Ces niveaux constituent un nouveau record pour la France.
Au-delà de l’espérance de vie à la naissance, l’INSEE mesure également l’espérance de vie en bonne santé. Cet indicateur, aussi appelé espérance de vie sans incapacité, permet de mieux apprécier la qualité des années de vie gagnées. Contrairement à l’espérance de vie, il repose sur une évaluation subjective des limitations fonctionnelles. Il est construit à partir des réponses à la question suivante : « Êtes-vous limité, depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? »
De 2019 à 2024, les espérances de vie sans incapacité à 65 ans progressent plus lentement. En 2024, l’espérance de vie sans incapacité (EVSI) à 65 ans s’établit à 11,8 ans pour les femmes et à 10,5 ans pour les hommes. Au même âge, l’espérance de vie sans incapacité forte (EVSIF) atteint 18,5 ans pour les femmes et 15,9 ans pour les hommes.
Les évolutions annuelles des EVSI et des EVSIF doivent toutefois être interprétées avec prudence, en raison des marges d’erreur liées à la taille des échantillons des enquêtes. Par ailleurs, l’épidémie de Covid-19 en 2020 et 2021 a perturbé les résultats. Il est donc plus pertinent d’analyser ces indicateurs sur le moyen ou le long terme, afin de limiter l’effet de ces fluctuations conjoncturelles. Entre 2008 et 2024, l’EVSI à 65 ans a augmenté de 1 an et 9 mois pour les femmes comme pour les hommes, soit en moyenne 1,3 mois par an. Sur la même période, l’EVSIF à 65 ans progresse également : de 1 an et 11 mois pour les femmes et de 1 an et 10 mois pour les hommes.
L’INSEE identifie trois principaux facteurs explicatifs de ces évolutions : le recul de l’âge d’apparition des maladies chroniques liées au vieillissement, qui limitent les activités quotidiennes ; l’amélioration de leur prise en charge, réduisant leur durée ou leur intensité ; et une meilleure adaptation de l’environnement, qui rend les problèmes de santé moins contraignants au quotidien.
Malgré ces tendances favorables sur longue période, l’espérance de vie en bonne santé semble marquer le pas depuis 2019. Pour les femmes, l’EVSI n’a progressé que de 4 mois et l’EVSIF de 1 mois ; pour les hommes, l’EVSI n’a augmenté que de 1 mois et l’EVSIF de 3 mois.
Entre 2008 et 2024, l’EVSI à 65 ans a toutefois crû plus rapidement que l’espérance de vie totale au même âge. En 2024, pour les hommes, les années sans incapacité représentent ainsi 53 % des années restant à vivre à 65 ans, contre 48 % en 2008. Pour les femmes, cette part est passée de 45 % en 2008 à 50 % en 2024. Si les hommes vivent moins longtemps que les femmes, ils vivent désormais presque aussi longtemps sans incapacité.
L’allongement de l’espérance de vie en France demeure une réalité structurelle, mais il ne saurait être appréhendé à travers le seul prisme quantitatif. Les progrès observés en matière d’espérance de vie sans incapacité témoignent d’une amélioration globale de l’état de santé des seniors, fruit des avancées médicales, de la prévention et de l’adaptation des conditions de vie. Toutefois, le palier observé depuis 2019 rappelle que ces gains ne sont ni automatiques ni irréversibles.
Dans ce contexte, l’enjeu n’est plus seulement de vivre plus longtemps, mais de prolonger la durée de vie en bonne santé. Cette évolution conditionne directement la soutenabilité des systèmes de retraite, l’organisation des politiques de santé et de dépendance, ainsi que la capacité des sociétés à valoriser l’expérience et la participation des seniors. À défaut d’un nouveau progrès sanitaire et social, le risque est celui d’un allongement de la vie accompagné d’une stagnation, voire d’une dégradation, de sa qualité.

Les résultats démographiques de 2025 confirment la tendance amorcée ces dernières années avec une nouvelle baisse du taux de fécondité. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès dépasse celui des naissances. L’augmentation de la population dépend désormais exclusivement de l’immigration. Ce vieillissement inéluctable de la population ne sera pas sans incidence sur le financement des retraites et plus globalement sur l’ensemble des dépenses de protection sociale. Dans les prochaines années, la population active baissera, ce qui pèsera sur la croissance économique et donc sur les recettes publiques. La France s’éloigne de plus en plus du renouvellement des générations. La baisse du taux de fécondité concerne tous les pays développés. Longtemps, la France a fait figure d’exception avec un taux évoluant entre 1,8 et 2. Désormais, elle tend à se rapprocher de la moyenne européenne.
Selon l’INSEE, au 1er janvier 2026, la population en France a dépassé les 69 millions d’habitants (69,1 millions), soit une hausse de 0,25 % par rapport à un an auparavant.
En 2025, le solde naturel devient négatif en France, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’INSEE l’évalue à -6 000. Il était déjà négatif en 2024 pour la seule France métropolitaine.
En 2025, 645 000 bébés sont nés en France, soit 2,1 % de moins qu’en 2024 et 24 % de moins qu’en 2010, année du dernier point haut des naissances. En 2025, 651 000 personnes sont décédées en France, soit une hausse de 1,5 % par rapport à 2024. Cette augmentation est notamment liée à l’épidémie de grippe hivernale, qui a été particulièrement meurtrière en début d’année. Depuis 2011, le nombre de décès tend à augmenter du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom, nées entre 1946 et 1974. La période 2020-2022 a été particulière, marquée par une forte mortalité due à la pandémie de Covid-19.
La population française augmente grâce à l’immigration. Le solde migratoire est estimé à +176 000 personnes pour 2025.
Au 1er janvier 2024, la France représentait 15 % de la population de l’Union européenne à 27 pays (UE), restant ainsi le deuxième pays le plus peuplé derrière l’Allemagne (19 %).
Le nombre de naissances dépend, d’une part, du nombre de femmes dites en âge d’avoir des enfants et, d’autre part, de leur fécondité. Depuis 2016, le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants, et notamment de celles âgées de 20 à 40 ans, ne diminue pas ; il augmente même légèrement sur la période récente.
Le taux de fécondité a poursuivi sa baisse. Il n’est plus que de 1,56 enfant par femme, contre 1,61 en 2024. C’est le niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Pour la seule France métropolitaine, il est de 1,53. En 2010, l’indice de fécondité s’élevait à 2,02, près du taux de remplacement des générations (2,1). Le taux de fécondité baisse pour toutes les tranches d’âge des femmes, alors que, ces dernières années, il avait tendance à progresser chez les plus de 35 ans.
En 2025, l’âge conjoncturel moyen à l’accouchement poursuit sa hausse tendancielle et s’élève à 31,2 ans pour les femmes (34,1 ans pour l’âge moyen à la naissance des enfants pour les hommes), contre 29,6 ans en 2005 (32,6 ans pour les hommes).
En 2023, dernière année pour laquelle les données européennes sont disponibles, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) dans l’ensemble de l’UE s’établit à 1,38 enfant par femme, après 1,46 en 2022. L’ICF en France s’élevait à 1,65 enfant par femme en 2023, plaçant le pays au deuxième rang au sein de l’UE, derrière la Bulgarie (1,81).
La baisse du taux de fécondité est délicate à analyser. Certains mettent en avant l’inefficacité des politiques familiales ou le coût de la vie (logement) quand d’autres estiment que le contexte global (environnemental, politique, géopolitique) conduit les ménages à ne pas avoir d’enfant. Même dans les pays dans lesquels les gouvernements ont pris des mesures en faveur de la natalité, le ressaut de cette dernière a été de courte durée. La baisse est générale et concerne des pays à forte croissance comme ceux confrontés à des problèmes récurrents.
En 2025, le taux de mortalité infantile est de 4,0 décès pour 1 000 naissances vivantes ; cela représente 2 550 enfants décédés avant leur premier anniversaire.
Après avoir reculé très fortement au cours du XXe siècle, ce taux ne baisse plus depuis 2005. Il a même légèrement augmenté entre 2011 (3,5 ‰) et 2022 (4,0 ‰), et se stabilise depuis.
En 2025, l’espérance de vie à la naissance a progressé de 0,1 an pour les hommes comme pour les femmes. Elle s’élève ainsi à 85,9 ans pour les femmes et à 80,3 ans pour les hommes. Ces niveaux constituent un nouveau record pour la France.
Depuis le milieu des années 1990, l’espérance de vie à la naissance croît moins vite pour les femmes que pour les hommes, réduisant ainsi l’écart entre les deux sexes. Cet écart est de 5,6 ans en 2025, contre 7,1 ans en 2005 et 8,1 ans en 1995.
En 2024, dernière année pour laquelle les données européennes sont disponibles, l’espérance de vie à la naissance en France est supérieure à la moyenne de l’Union européenne :
En France, l’espérance de vie des femmes figure parmi les plus élevées de l’UE et celle des hommes se situe au dixième rang. Les femmes vivent le plus longtemps en Espagne (86,6 ans) et les hommes en Suède (82,6 ans). À l’inverse, l’espérance de vie à la naissance des femmes est la plus faible en Bulgarie (79,7 ans) et celle des hommes en Lettonie (71,6 ans).
En 2026, les personnes âgées de 65 ans ou plus sont presque aussi nombreuses que celles de moins de 20 ans : les premières représentent 22,2 % de la population, les secondes 22,5 %.
En 2006, 16,4 % des habitants avaient au moins 65 ans et 25,1 % avaient moins de 20 ans.
Ce phénomène s’explique par le vieillissement des générations nombreuses du baby-boom. En 2026, les plus anciennes auront 80 ans. Les personnes âgées d’au moins 75 ans représentent désormais 11,1 % de la population, contre 8,2 % en 2006.
Au 1er janvier 2024, dans l’Union européenne, les personnes âgées d’au moins 65 ans représentent 21,6 % de la population. C’est en Italie que cette part est la plus élevée (24,3 %). Fortes de leur fécondité relativement élevée ces quinze dernières années, l’Irlande, la Suède et la France présentent les parts de jeunes de moins de 15 ans les plus élevées de l’UE (respectivement 18,9 %, 17,1 % et 16,9 %, contre 14,6 % pour l’ensemble de l’UE).
Le bilan démographique de 2025, marqué par la première apparition d’un solde naturel négatif, signe l’entrée de la France de plain-pied dans le vieillissement démographique. La poursuite de la baisse du taux de fécondité constitue un signal préoccupant pour les prochaines années : le renouvellement des générations est désormais très éloigné. L’augmentation de la population repose exclusivement sur l’immigration. Compte tenu du départ à la retraite des générations nombreuses nées dans les années 1960, les tensions sur le marché du travail et les problèmes de main-d’œuvre devraient s’accentuer rapidement dans les années à venir.
Sur le site TF1Info, dans un article consacré aux vieux PEL qui vont dans les prochaines années être clôturés, Philippe Crevel explique les alternatives possibles au PEL.
La préparation de la retraite s’impose progressivement comme une préoccupation centrale des actifs. Selon une enquête récente menée en 2025 par CECOP–IFOP, plus de sept personnes en âge de travailler sur dix redoutent une dégradation de leur niveau de vie une fois l’activité professionnelle terminée. Si un actif sur deux déclare déjà épargner en vue de la retraite, une majorité estime surtout que cette démarche devrait être engagée tôt : près des deux tiers jugent souhaitable d’ouvrir un Plan d’Épargne Retraite (PER) avant 35 ans, une proportion qui dépasse même 70 % chez les moins de 25 ans.
Cette perception traduit une évolution profonde des comportements. Longtemps, la retraite a été considérée comme une affaire lointaine, relevant presque exclusivement des régimes obligatoires. Elle devient aujourd’hui un horizon financier à construire, dans un contexte marqué par l’allongement de la durée de vie, la succession des réformes et une visibilité réduite sur les niveaux futurs de pension.
La question se pose avec acuité au début de la vie professionnelle. Les revenus sont souvent modestes, tandis que les dépenses contraintes – logement, transports, installation dans la vie adulte – pèsent lourdement sur les budgets. Dans ce contexte, l’idée de consacrer une part de ses ressources à un produit d’épargne retraite peut sembler prématurée, voire irréaliste. Pourtant, l’épargne retraite présente une caractéristique déterminante : le temps joue en sa faveur. Plus l’horizon d’investissement est long, plus la mécanique de la capitalisation déploie ses effets. Les gains générés par l’épargne ne s’additionnent pas simplement aux versements : ils viennent alimenter le capital, qui produit à son tour de nouveaux revenus. Ce processus cumulatif, discret année après année, devient décisif sur plusieurs décennies.
Prenons un cas volontairement simple. Un épargnant ouvre un PER à 30 ans et y verse 1 500 euros par an jusqu’à son départ à la retraite, fixé à 64 ans. En retenant une hypothèse de rendement annuel moyen de 4 %, prudente au regard d’un horizon long et d’une allocation diversifiée, l’effort d’épargne total s’élève à 51 000 euros sur l’ensemble de la période. À l’âge de liquidation, le capital atteint environ 102 000 euros. Autrement dit, près de la moitié du montant final ne provient pas des versements, mais du rendement cumulé dans le temps.
Le même exercice, réalisé dix ans plus tard, aboutit à un résultat sensiblement différent. En ouvrant le PER à 40 ans, l’épargnant ne verse plus que 36 000 euros jusqu’à 64 ans. Pourtant, le capital constitué plafonne autour de 60 000 euros. L’économie de 15 000 euros de versements se traduit par une perte de plus de 40 000 euros à l’arrivée.
Le constat est encore plus net lorsque l’épargne est engagée tardivement. Une ouverture à 50 ans, avec des versements identiques, conduit à un effort total de 21 000 euros et à un capital final proche de 28 000 euros. Le raccourcissement de la durée d’épargne limite fortement la capacité du capital à se constituer.
| Année de début des versements (1500 euros par an) | Durée d’épargne | Versements cumulés | Capital estimé à 64 ans* |
| 30 ans | 34 ans | 51 000 € | ≈ 102 000 € |
| 40 ans | 24 ans | 36 000 € | ≈ 60 000 € |
| 50 ans | 14 ans | 21 000 € | ≈ 28 000 € |
*Les hypothèses de rendement mentionnées sont fournies à titre illustratif. Elles ne constituent ni une promesse ni un engagement. Les performances passées ou estimées ne préjugent pas des performances futures.
Ces montants ne tiennent pas compte de la déductibilité fiscale des cotisations, qui constitue pourtant l’un des attraits majeurs du PER. Selon le niveau de revenu et la tranche marginale d’imposition, la déduction peut réduire sensiblement l’effort réel consenti par l’épargnant. À long terme, cet avantage fiscal renforce l’intérêt d’une entrée précoce dans le dispositif.
Ouvrir un PER tôt ne signifie pas y consacrer des sommes élevées dès les premières années. La souplesse du dispositif permet d’adapter les versements aux différentes étapes de la vie : modestes au début de carrière, ils peuvent augmenter avec la progression des revenus, puis être ajustés en fonction des aléas professionnels ou familiaux. L’essentiel réside dans l’antériorité : enclencher le mécanisme de la capitalisation le plus tôt possible.
Dans un environnement où la retraite par répartition reste centrale mais ne garantit plus à elle seule le maintien du niveau de vie, le PER s’inscrit comme un outil de complément, fondé sur une règle simple : en matière d’épargne retraite, le temps est souvent plus décisif que l’effort initial.
Afin d’atteindre plus rapidement une retraite à taux plein, les actifs disposent de la faculté de racheter des trimestres manquants, notamment au titre des années d’études supérieures. Ce mécanisme, juridiquement qualifié de « versement pour la retraite », permet de compenser des périodes durant lesquelles l’assuré n’a pas, ou insuffisamment, cotisé. Limitée à trois années, cette option peut sembler, de prime abord, rassurante pour celles et ceux dont les carrières ont débuté tardivement ou ont été marquées par des discontinuités. Elle n’en demeure pas moins une décision engageante, coûteuse et irréversible, qui appelle une analyse approfondie et individualisée.
Le rachat de trimestres permet d’augmenter la durée d’assurance validée ou d’améliorer le taux de liquidation de la pension de base. Il peut ainsi neutraliser, partiellement ou totalement, l’effet de la décote. En revanche, il convient de rappeler un point souvent mal compris : les trimestres rachetés n’entrent pas dans le calcul du salaire annuel moyen, fondé sur les vingt-cinq meilleures années dans le régime général. Leur effet est exclusivement quantitatif. Ils corrigent une durée, non un niveau de revenu de référence.
Cette caractéristique limite mécaniquement le rendement implicite du rachat, notamment pour les assurés aux carrières ascendantes, dont les meilleures années se situent en fin de parcours.
L’intérêt d’un rachat dépend étroitement de la législation en vigueur. Le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisation ont, par construction, accru le nombre de trimestres validés pour les personnes restant en activité ou inscrites au chômage. Dans de nombreuses situations, ce simple allongement suffit désormais à atteindre le taux plein, rendant le rachat superflu. La décision doit être mûrement réfléchie car elle est irréversible. Toute réforme ultérieure, susceptible de modifier les règles d’âge, de durée ou de calcul peut en réduire, a posteriori, l’intérêt économique.
Dans le régime général, le coût du rachat est fixé par un barème officiel, celui de l’Assurance retraite, révisé chaque année. Il dépend de l’âge de l’assuré au moment de la demande, de son niveau de revenu — apprécié au regard du plafond annuel de la Sécurité sociale — et de l’option retenue :
Plus la demande est tardive, plus le coût unitaire du trimestre est élevé. Selon les situations, le prix d’un trimestre peut varier d’un peu plus de 1 000 euros à plus de 6 000 euros. Les sommes versées sont intégralement déductibles du revenu imposable, et le paiement peut être échelonné sur plusieurs années, moyennant une majoration des sommes restant dues.
Les sommes versées au titre du rachat sont définitivement acquises au système par répartition. Elles ne constituent ni un capital, ni un actif transmissible. Leur rendement implicite dépend exclusivement du différentiel de pension obtenu et de la durée de perception.
Prenons le cas d’un salarié de 60 ans, percevant 65 000 euros de revenus annuels. Le rachat d’une année de cotisation lui coûtera environ 22 000 euros en brut. Après prise en compte de l’avantage fiscal, le coût net s’établit autour de 16 000 euros pour un célibataire. Le gain annuel de pension peut être estimé à environ 1 250 euros. Le point mort est atteint après 12 à 13 années de retraite. Toute espérance de vie inférieure à ce seuil réduit significativement l’intérêt de l’opération.
Longtemps régi par un empilement de textes, le rachat des années d’études pour les fonctionnaires a été profondément réorganisé par le décret n° 2025-1340 du 26 décembre 2025. Ce texte codifie le dispositif dans le Code des pensions civiles et militaires de retraite et en modernise les paramètres financiers.
Contrairement au régime général, le coût du rachat pour les fonctionnaires est désormais exprimé en pourcentage du traitement indiciaire brut ou de la solde brute soumise à retenue pour pension, apprécié à la date de la demande. Cette logique renforce la cohérence actuarielle du dispositif : plus le traitement est élevé, plus le coût du rachat l’est également.
3 configurations sont possibles :
Les pourcentages appliqués augmentent avec l’âge, introduisant une pénalisation progressive du rachat tardif, comparable dans son esprit à celle du régime général.
Prenons le cas d’un fonctionnaire de catégorie A, âgé de 58 ans, percevant un traitement indiciaire brut annuel de 48 000 euros. Le coût du rachat d’un trimestre, dans l’option « liquidation et durée », peut s’établir autour de 4 500 à 5 000 euros selon l’âge exact et le barème applicable. Le rachat de quatre trimestres représente ainsi un effort financier brut de l’ordre de 18 000 à 20 000 euros.
En contrepartie, le gain annuel de pension peut être estimé entre 900 et 1 200 euros, selon la durée manquante et l’effet sur la décote. Le point mort se situe, là encore, au-delà de dix années de retraite, sans prise en compte du risque de décès prématuré ni de l’absence de transmissibilité.
Le décret de 2025 introduit un étalement possible jusqu’à sept ans pour les rachats les plus importants, avec indexation des versements sur l’évolution des prix à la consommation. Cette souplesse améliore la soutenabilité budgétaire pour les agents, mais accroît l’incertitude sur le coût réel en cas de persistance de l’inflation.
Si les paramètres diffèrent, la logique économique demeure la même que dans le secteur privé. Le rachat constitue un pari implicite sur la longévité et sur la stabilité du cadre réglementaire. Face à lui, les dispositifs d’épargne retraite individuelle offrent rendement financier, flexibilité et, le cas échéant, transmissibilité.
Face à cette logique de versement à fonds perdu, la comparaison avec le Plan d’Épargne Retraite (PER) s’impose. Un versement équivalent de 22 000 euros sur un PER déductible procure le même avantage fiscal immédiat, tout en conservant la propriété du capital. Placé à un rendement annuel moyen de 3,7 %, ce capital atteindrait environ 29 000 euros à 67 ans. Converti en rente viagère, il pourrait générer un revenu annuel voisin de 1 700 euros, supérieur au gain procuré par le rachat, avec une flexibilité bien plus grande en matière de sortie et de transmission.
Le rachat de trimestres, qu’il concerne les salariés du privé ou les agents publics, ne saurait être appréhendé comme une solution automatique. Il constitue un arbitrage patrimonial à part entière, engageant des sommes importantes pour un gain futur incertain et non transmissible. Dans un contexte de réformes récurrentes, d’allongement de la vie active et de diversification des outils d’épargne retraite, il doit être analysé avec méthode, chiffres à l’appui, et comparé systématiquement aux alternatives disponibles.
S’il peut se justifier dans certaines configurations spécifiques, il apparaît, dans un nombre croissant de situations, dominé par des solutions d’épargne offrant davantage de souplesse et de rendement. En matière de retraite, la sécurité apparente est parfois la plus coûteuse des illusions.
En 2025, les Français ont épargné beaucoup mais différemment. Le taux d’épargne s’est élevé à 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus de son taux de 2019, avant l’épidémie de Covid. Si, entre 2020 et 2024, le fort taux d’épargne a profité avant tout à l’épargne réglementée, il en a été autrement en 2025. Le Livret A a, en effet, enregistré sa première décollecte annuelle, à – 2,12 milliards d’euros. Il a été suivi sur le terrain de la décollecte par le Livret d’Épargne Populaire (LEP), à – 840 millions d’euros, quand le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) restait en territoire positif (+1,65 milliard d’euros).
Depuis 2009, année du début des statistiques de la Caisse des Dépôts, le Livret A n’a connu que trois décollectes annuelles, en 2014 (- 6,13 milliards d’euros), en 2015 (- 9,69) et donc en 2025 (- 2,12). Le résultat de 2025 marque une réelle rupture, car il intervient après plusieurs années très favorables : +28,68 milliards d’euros en 2023 (record absolu depuis 2009) et +14,87 milliards d’euros en 2024.
L’année 2025 a été marquée par la baisse à deux reprises du taux du Livret A, qui est passé de 3 % à 1,7 %. Ce taux a été nouvellement réduit le 1er février 2026 à 1,5 %. La baisse de la rémunération de l’épargne réglementée a amené les ménages à réaliser des arbitrages, quand bien même le rendement réel, après inflation, du produit d’épargne le plus diffusé en France était positif. Le rendement moyen du Livret A a été de 2,16 % en 2025, soit 1,26 point au-dessus de l’inflation (0,9 %). Il faut remonter à 2009 pour avoir un rendement réel positif supérieur. Entre 2020 et 2023, le rendement réel était négatif : les ménages perdaient alors de l’argent avec le Livret A, ce qui ne les empêchait pas d’y placer des sommes importantes.
La réorientation de l’épargne des ménages s’est faite au profit, en particulier, de l’assurance vie, qui a connu l’année dernière une année record. Les rendements des fonds en euros sont redevenus compétitifs avec la baisse de ceux de l’épargne de court terme, et la bonne tenue des marchés financiers a également porté la collecte des unités de compte. Cette réorientation est d’autant plus logique que les ménages avaient accumulé, ces cinq dernières années, une forte épargne de précaution. L’encours du Livret A était ainsi passé de 298,6 à 442,5 milliards d’euros de fin 2019 à fin 2024.
Cette accumulation était la conséquence de la succession de chocs subis par les ménages : Covid, guerre en Ukraine, guerre à Gaza, vague inflationniste, crise politique en France. L’émergence d’un phénomène de correction en faveur d’une épargne plus longue était assez logique. Elle apparaît encore modeste. La décollecte de 2014 avait été plus marquée, à – 9,29 milliards d’euros. Elle avait été occasionnée par une baisse du taux du Livret A, qui était alors passé sous la barre des 1 % (0,75 %).
En 2024, les intérêts capitalisés avaient atteint un record avec 12,32 milliards d’euros en raison d’un taux de 3 % et d’un encours au sommet. En 2025, avec un taux moyen de 2,16 %, les intérêts capitalisés s’élèvent à 9,24 milliards d’euros. Le montant le plus faible d’intérêts capitalisés date de 2020, avec 1,58 milliard d’euros, mais à l’époque, le taux du Livret A était de 0,5 %.
Malgré la décollecte, mais grâce aux intérêts capitalisés, l’encours du Livret A se rapproche de 450 milliards d’euros (449,6 milliards d’euros), ce qui constitue un nouveau record.
En 2025, le LDDS a fait mieux que le Livret A en maintenant une collecte annuelle positive, à +1,65 milliard d’euros. Le LDDS n’évolue pas toujours comme le Livret A. Associé plus fortement au compte courant du fait de sa diffusion, dès sa création, dans toutes les banques, il est l’antichambre de ce dernier. Il réagit plus rapidement aux contraintes de pouvoir d’achat que le Livret A, qui est avant tout un outil d’épargne.
Le LDDS a enregistré, depuis 2009, quatre décollectes annuelles : en 2009 (-3,34 milliards d’euros), en 2010 (-2,22 milliards d’euros), en 2014 (-0,02 milliard d’euros) et en 2015 (-1,72 milliard d’euros).
Comme pour le Livret A, le résultat de 2025 marque un changement de cycle. La collecte avait atteint 6,55 milliards d’euros en 2024 et 11,24 milliards d’euros en 2023. Sa plus forte collecte annuelle date de 2012, avec +21 milliards d’euros, lors du passage de son plafond de 6 000 à 12 000 euros.
L’encours du LDDS atteint un niveau record fin 2025, à 165,6 milliards d’euros.
Après trois années consécutives, entre 2022 et 2024, de collecte positive, le LEP renoue avec la décollecte en 2025, à – 840 millions d’euros. Entre 2022 et 2024, le LEP avait bénéficié d’un taux élevé atteignant jusqu’à 6,1 %. Il avait également bénéficié du relèvement de son plafond de 7 700 à 10 000 euros en 2023. Les campagnes des pouvoirs publics et des banques, visant à inciter les personnes éligibles à en ouvrir un, avaient conduit, entre 2021 et 2024, à une augmentation de 3 millions du nombre de LEP. La collecte avait été positive de 6,88 milliards d’euros en 2024, de 20,67 milliards d’euros en 2023 et de 8,28 milliards d’euros en 2022.
En 2025, son taux a été abaissé à deux reprises, passant de 4 % à 2,70 % (puis à 2,5 % depuis le 1er février 2026). La baisse du rendement, doublée des difficultés de pouvoir d’achat des ménages les plus modestes, explique la décollecte. Il faut souligner que le LEP était en décollecte permanente entre 2009 et 2021.
Grâce aux intérêts versés (2,49 milliards d’euros), l’encours du LEP atteint, fin décembre, un niveau record, à 83,8 milliards d’euros.
Avec la nouvelle baisse du taux à compter du 1er février, le Livret A devrait avancer en 2026 à petit trot. Son rendement aura été divisé par deux en un an. Il faut remonter à la crise financière de 2008-2009 pour constater des baisses plus rapides. L’assurance vie, sa fiscalité étant inchangée, voit sa compétitivité renforcée. Les rendements 2025 des fonds en euros, publiés depuis le début du mois de janvier, apparaissent en légère hausse, certainement en moyenne autour de 2,7 %.
Par ailleurs, après plusieurs années de forte épargne, une légère reprise de la consommation est attendue en 2026. Les ménages qui ont reporté la réalisation d’achats importants (automobile, équipements de la maison, etc.) pourraient accroître leurs dépenses, ce qui signifierait un moindre effort d’épargne, dont pâtirait en premier lieu l’épargne réglementée. Mais le Livret A pourrait néanmoins jouer son rôle de valeur refuge en cas d’accentuation des tensions géopolitiques entre l’Europe et les États-Unis et en cas de ralentissement de l’économie.
L’assurance vie réalise, en 2025, l’une des meilleures collectes de son histoire, avec 50,6 milliards d’euros de collecte nette. Il faut remonter à 2010 pour obtenir un résultat supérieur. Premier placement des ménages, elle a enregistré un niveau record de cotisations, proche de 200 milliards d’euros, ce qui a porté l’encours total à des sommets, au-delà de 2 100 milliards d’euros. La forte propension des ménages à l’épargne, la hausse du rendement des fonds en euros, la bonne tenue des marchés financiers, ainsi que les gestes commerciaux des assureurs ont contribué au succès de l’assurance vie. Celle-ci joue ainsi pleinement son rôle de navire amiral de l’épargne en France.

En 2025, l’assurance vie a pu compter sur deux piliers : les fonds en euros, dont la compétitivité s’est redressée, et les unités de compte, portées par la bonne tenue des marchés financiers.
Les fonds en euros, qui étaient en décollecte nette depuis 2020, ont, l’année dernière, enregistré de nouveau une collecte nette positive, à +8,1 milliards d’euros en 2025, contre – 4,7 milliards d’euros en 2024.
Ce changement est lié à une amélioration de leur rendement, en valeur absolue comme en valeur relative. En 2025, le rendement moyen des fonds en euros, au vu des premières communications des compagnies d’assurances, devrait se situer autour de 2,7 %. Il est ainsi supérieur de 1,5 point au point bas atteint en 2020 et 2021, lorsque les taux des obligations d’État évoluaient en territoire négatif. Plusieurs assureurs ont publié des rendements supérieurs à 3 %. Par ailleurs, de nombreux assureurs proposent des taux « boostés » pouvant majorer le rendement des fonds de 1,5 point, des taux de 5 % ont ainsi été accessibles.
En valeur relative, les fonds en euros sont devenus plus compétitifs en raison de la baisse des taux des livrets d’épargne, et en particulier du Livret A, ainsi que de ceux des dépôts à terme. Le taux du Livret A est en effet passé, en 2025, de 3 % à 1,7 % (il sera de 1,5 % au 1er février 2026). À 3 %, sans prélèvements obligatoires, le Livret A surpassait les fonds en euros de l’assurance vie ; à 1,5 %, c’est l’inverse, même en tenant compte de la fiscalité. La rémunération des dépôts à terme, qui a pu dépasser 3 %, est revenue en dessous de 2 % (pour une duration inférieure à un an).

Les cotisations ont atteint 192,1 milliards d’euros, en hausse de +17,1 milliards d’euros sur un an. Depuis 2 000, jamais les cotisations n’avaient atteint un tel niveau. Elles se répartissent de la manière suivante :
Les unités de compte ont représenté, en 2025, 39 % de la collecte brute. Ce taux est globalement constant depuis 2020.
Que ce soit pour les unités de compte ou pour les fonds en euros, les cotisations atteignent les niveaux les plus élevés constatés depuis le début du siècle. Le maintien d’un fort taux d’épargne des ménages, à 18,5 % du revenu disponible brut sur les trois premiers trimestres de 2025, le déclin de l’épargne réglementée ainsi que celui des dépôts à terme ont favorisé ce niveau record de cotisations. La bonne rémunération des fonds en euros et des unités de compte y a également contribué.
Preuve de l’attractivité retrouvée de l’assurance vie, les prestations ont diminué en 2025, de -3 % par rapport à 2024. Elles se sont élevées à 141,4 milliards d’euros. Les retraits ont été moins importants, les alternatives à l’assurance vie ayant perdu en compétitivité.
L’encours atteint 2 107 milliards d’euros à fin décembre 2025, en hausse de +6,1 %, soit +122 milliards d’euros sur un an. L’assurance vie conforte son poids dans l’épargne financière de l’épargne des ménages, plus de 30 %. Environ 42 % des ménages détiennent en France un contrat d’assurance vie.
Dans les prochains mois, l’assurance vie devrait bénéficier d’un contexte porteur, le taux du Livret A devant passer à 1,5 % au 1er février. L’écart de rendement entre les fonds en euros et l’épargne réglementée, ainsi que les dépôts à terme, devrait ainsi s’accroître au profit des premiers. Les prévisions concernant l’évolution des marchés actions apparaissent par ailleurs plutôt encourageantes.
L’assurance vie devrait enfin bénéficier de la fermeture des plans d’épargne logement (PEL) ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros. Les titulaires de ces anciens PEL devraient se tourner vers l’assurance vie, susceptible de répondre à leurs attentes tant en matière de rendement que de garantie du capital et de fiscalité.
Le dénigrement de l’épargne et des épargnants est un sport national. L’épargne est accusée d’être excessive, de pénaliser la consommation et la croissance, d’être improductive. Or, sauf lorsqu’elle est placée sous le matelas, investie dans l’or ou en bitcoins, l’épargne ne dort pas. Elle constitue un levier essentiel de la croissance, une véritable matière première pour l’économie. Elle est à la base des crédits distribués par les banques. Elle finance, à travers le Livret A, le logement social, les collectivités locales et les PME. Elle permet l’acquisition de titres monétaires, d’obligations, d’actions. Cette épargne trop souvent décriée est en réalité un atout majeur pour la France. Elle contribue au financement des administrations publiques comme des entreprises. Les épargnants français, directement ou indirectement, acquièrent bon an mal an près de la moitié des émissions d’emprunts réalisées par le Trésor public. Par sa solidité, l’épargne nationale contribue à éviter une dégradation plus marquée de la notation de la dette souveraine.
L’assurance vie, premier placement des ménages, avec un encours dépassant 2 100 milliards d’euros, est aujourd’hui au cœur du financement de l’économie. Son apport au financement de l’économie nationale excède 1 200 milliards d’euros, dont près de 890 milliards bénéficient directement aux entreprises.
Aux yeux de certains, la France disposerait d’un excès d’épargne. En réalité, c’est l’inverse. Les besoins de financement, publics comme privés, sont orientés à la hausse. La France doit simultanément accroître son effort de défense, mener la transition écologique, moderniser ses infrastructures et relever le défi de l’intelligence artificielle. Les entreprises ont besoin de capitaux pour innover et investir. Certains opposent épargne et consommation. Certes, l’épargne correspond à une renonciation immédiate à la consommation, mais cette dernière ne peut se développer durablement que si le pays bénéficie d’une croissance pérenne, ce qui suppose un renforcement préalable de l’offre. Aujourd’hui, du fait de la désindustrialisation, toute relance de la consommation s’accompagne d’une dégradation de la balance commerciale. La France a donc tout à gagner à consolider en amont son appareil productif.
Il est également reproché à l’épargne française d’être mal orientée et insuffisamment productive. Cette critique n’est pas dénuée de fondement, mais la situation française ne diffère guère de celle de l’Allemagne ou de l’Italie. Les ménages sont peu enclins à prendre des risques, en grande partie en raison de l’absence de puissants fonds de pension traditionnellement investis en actions. Les Français ne sont ni Britanniques, ni Américains, ni Néerlandais. Il existe une prudence naturelle à l’égard de l’argent durement gagné. La contrepartie est la nécessité de recourir à l’intermédiation financière pour transformer une épargne majoritairement investie en produits de taux en crédits, obligations et actions. Cette intermédiation explique sans doute la puissance des banques et des assureurs français à l’échelle mondiale. Elle témoigne d’un savoir-faire financier reconnu en matière de gestion d’actifs.
L’épargne peut toutefois être rendue encore plus utile, au bénéfice de l’économie comme des épargnants eux-mêmes. Depuis plusieurs années, le nombre d’actionnaires progresse et leur profil se rajeunit. Le non-coté, autrefois réservé aux épargnants les plus fortunés, se démocratise, facilitant l’accès à des placements offrant un fort potentiel de rendement. Les fonds indiciels, qui répliquent des indices, se diffusent rapidement auprès du grand public. Les fonds dédiés à la défense rencontrent un réel succès, tout comme ceux qui contribuent au financement de la transition écologique.
L’enjeu n’est donc pas de stigmatiser l’épargne, mais de mieux la mobiliser. Dans une économie confrontée à des besoins d’investissement sans précédent, l’épargne constitue une ressource stratégique qu’il convient de préserver, d’orienter et de valoriser. Loin d’être un frein, elle est une condition de la souveraineté économique, de la croissance et de la capacité du pays à préparer l’avenir. La France ne souffre pas d’un excès d’épargne, mais d’un déficit de reconnaissance de son rôle central.
Jean-Pierre Thomas
Président du Cercle de l’Épargne
Dans un entretien accordé au Figaro, Philippe Crevel évoque les moyens pour optimiser son épargne.
Interrogé sur le dispositif Jeanbrun destiné à favoriser l’investissement dans l’immobilier, Philippe Crevel explique pourquoi cette mesure prévue dans le budget 2026 s’adresse en priorité aux ménages disposant d’un niveau d’imposition élevé.
Alors que la rémunération du Livret A est passé à 1,5 % au 1er février, Philippe Crevel est interrogé sur l’opportunité de conserver ce placement et à continuer de l’alimenter.
Philippe Crevel est invité à commenté, dans le journal Le Figaro, le désamour des Français à l’égard du Livret A, qui a enregistré en 2025, une année de décollecte.
Dans le Parisien, Philippe Crevel commente les résultats décevants du Livret A en 2025.
Sur Money Vox, Philippe Crevel explique pourquoi le placement capital investi sur le plan d’épargne avenir climat ne sera pas garanti à 100%. Il indique ainsi que « les fonds ne seront pas garantis en temps réel comme c’est le cas pour les livrets réglementés ou les fonds euros de l’assurance vie. En revanche, une possible garantie en capital à terme est évoquée, ce qui ressemble aux fonds eurocroissance des contrats d’assurance vie. Une sécurisation progressive en fonction de l’âge sera réalisée par les gestionnaires, ce qui s’apparente à la gestion profilée des PER ».
Interrogé dans le Monde sur l’opportunité de maintenir un Livret A, Philippe Crevel, estime que ce placement destiné à se constituer une épargne de précaution conserve quelques vertus et demeure incontournable.
Cité dans l’AGEFI, Philippe Crevel explique pourquoi l’assurance vie a connu une année en or en 2025.
Dans Money Vox, invité à délivrer quelques conseils aux épargnants dans un contexte de baisse de l’attractivité du Livret A et du LEP, Philippe Crevel explique pourquoi l’assurance vie a bénéficié du désintérêt des ménages pour les produits d’épargne réglementée.
Dans Le Parisien, Philippe Crevel délivre quelques conseils pour éviter d’être victime d’une escroquerie en matière de placements.
Le Cercle de l’Epargne est cité dans un article consacré aux choix de placements des Français.
Dans le journal Le Monde, Philippe Crevel explique le succès de l’assurance vie témoigne de la compétitivité retrouvée du placement au moment ou la rémunération du Livret est en recul.
Le Directeur du Cercle de l’Epargne est cité dans cet article du Monde consacré au net recul du Livret A en 2025.
Dans le journal Le Point, le directeur du Cercle de l’Epargne est interrogé sur l’opportunité de continuer à alimenter son Livret A depuis le recul de sa rémunération.
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