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Au mois d’avril, les marchés actions ont récupéré une grande partie du terrain cédé en mars. Malgré les incertitudes sur l’évolution du conflit au Moyen Orient, les investisseurs demeurent positifs aidés en cela par les bons résultats des entreprises lors du premier trimestre. Le ralentissement de la croissance de l’économie mondiale ne les inquiète pour le moment que modérément. Il est possible qu’au cours du mois de mai des ajustements interviennent surtout si le conflit était amené à s’aggraver ou à perdurer.
Le CAC 40 reste néanmoins à la traine en raison de la plus forte exposition des entreprises française aux marchés du Moyen Orient.
Les indices « actions » américains ont connu des croissances à deux chiffres en avril avec à la clef de nouveaux records. Le Nasdaq a gagné près de 20 % en un mois et le SP 500 plus de 16 %
Après avoir atteint 126 dollars dans la journée du 30 avril après les déclarations de Donal Trump indiquant que le blocus du détroit d’Ormuz pouvait se prolonger, le baril de pétrole (Brent) a légèrement baissé en fin de semaine pour revenir autour de 115 dollars.
Après la Banque du Japon mardi, la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine mercredi et la Banque d’Angleterre jeudi matin, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas changer ses taux directeurs lors de la réunion de son comité de politique monétaire du jeudi 30 avril. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 % mais elle a préparé les investisseurs à une éventuelle modification pour la prochaine réunion. « Si les informations disponibles correspondent globalement à la précédente évaluation des perspectives d’inflation par le Conseil des gouverneurs, les risques à la hausse sur l’inflation et les risques à la baisse sur la croissance se sont intensifiés », explique la BCE dans son communiqué.
Au sein de la zone euro, l’inflation s’est établie à 3 % en avril, son plus haut niveau depuis septembre 2023, après avoir atteint 2,6 % en mars. Néanmoins, l’inflation sous-jacente – qui exclut l’énergie, les produits alimentaires, l’alcool et le tabac – est tombée à 2,2 %.
Compte tenu de l’absence de visibilité sur la résolution du conflit, les pressions inflationnistes risquent de s’accentuer. Les investisseurs intègrent désormais un blocage prolongé du détroit d’Ormuz avec le maintien d’un cours de pétrole élevé. Dans ce contexte, le baril de Brent a même brièvement dépassé 126 dollars jeudi 30 avril, son plus haut niveau non seulement depuis le début du conflit avec l’Iran mais aussi depuis début 2022. Les économistes travaillent désormais sur des hypothèses d’un pétrole cher durant toute l’année. Et les économistes font tourner leurs modèles. La banque Goldman Sachs qui anticipait
Pour l’institution de Francfort, la situation est extrêmement délicate. La croissance européenne est en panne. Le PIB de la zone euro n’a progressé que de 0,1 % au premier trimestre, un rythme inférieur aux attentes des économistes. Quant aux derniers indices PMI des directeurs d’achats, ils montrent que l’activité économique en zone euro s’est contractée en avril pour la première fois en seize mois. Les pressions stagflationnistes augmentent « Plus la guerre se prolongera et plus les prix de l’énergie resteront longtemps à des niveaux élevés, plus l’incidence probable sur l’inflation globale et l’économie sera forte », a indiqué la BCE dans son communiqué.
L’enquête de la BCE sur les conditions des prêts bancaires (bank lending survey) au premier trimestre 2026 révèle déjà un durcissement des critères de crédit pour les prêts à la consommation et aux entreprises, ainsi qu’une diminution de la demande de nouveaux prêts. La BCE n’a pas eu besoin de remonter ses taux pour que les conditions monétaires se durcissent en zone euro. Il lui a suffi d’infléchir son discours pour que les marchés intègrent de futures hausses de taux, deux d’ici à la fin de l’année. Les taux à long terme sont orientés à la hausse depuis le début du conflit. En Allemagne, les taux à 10 ans sont passés de 2,64 % à plus de 3 %. En France, ils ont sont passés de 3,2 à 3,7 %.
Les pays du Golfe sont confrontés à une crise sans précédent avec le blocage du détroit d’Ormuz qui les empêche d’exporter en grande partie leurs hydrocarbures et de recevoir les importations en produits alimentaires ou industriels. A cela s’ajoutent des tensions de plus en plus marquées au sein de l’OPEP, tensions qui se sont traduites, mardi 28 avril, par le départ des Emirats Arabes Unis. Leur départ est effectif depuis le 1er mai. Les Emirats contestaient depuis de nombreux mois la gestion des quotas par l’organisation et plus particulièrement par l’Arabie saoudite. Les Emirats tout comme l’Iran et certains pays africains réclamaient un assouplissement des quotas. Les Emirats qui ont fortement développé leurs capacités de production étaient pénalisés par la stratégie prudente de Riyad, qui privilégiait des prix élevés. L’économie émiratie étant plus diversifiée que celle de l’Arabie saoudite a un besoin beaucoup moins impératif de maintenir un prix du baril élevé. La production émiratie a constamment progressé, ces dernières années, pour atteindre 3,6 millions de barils par jour mais sa capacité réelle s’élève en fait à 4,85 millions de barils par jour, avec un objectif de 5 millions à 2027, grâce à la politique d’investissements de la compagnie nationale Adnoc.
Les Emirats Arabes Unis était membre fondateur de l’OPEP qui a été créé en 1961. L’organisation avait réussi à changer les règles du marché en fixant des prix et en contribuant à la reprise de contrôle de la production par les Etats membres. En 1973, l’organisation est à l’origine du premier choc pétrolier en multipliant le prix du baril par quatre et en instaurant un embargo à l’encontre des Etats jugés proches d’Israël durant le conflit du Kippour. Le départ des Emirats – qui représentent aujourd’hui 13 % des capacités de l’OPEP et 9 % de celles de l’OPEP+ (l’organisation étendue à son partenariat avec la Russie) – marque donc une rupture dans l’organisation du marché pétrolier. Son influence sur le marché sera réduit par le départ des Emirats sachant que d’autres pays sont tentés de les suivre.
Au-delà des seules divergences liées au pétrole, les tensions entre Abou Dhabi et ses partenaires régionaux apparaissent nettement plus structurelles. Depuis le déclenchement du conflit impliquant l’Iran, les Émirats arabes unis ont pris leurs distances avec les instances politiques du monde arabe, n’hésitant pas à en souligner les limites. Exposés en première ligne face aux menaces de Téhéran, ils ont surtout assuré leur sécurité en s’appuyant sur leurs alliés occidentaux, en particulier les États-Unis et plusieurs pays européens. Dans ce contexte, des spéculations récurrentes évoquent une possible sortie des Émirats de la Ligue arabe ainsi que du Conseil de coopération du Golfe, organisation qui regroupe l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, le Qatar et les Émirats, eux-mêmes.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 1er mai 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 114,84 | -0,53 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 49 499,27 | +0,70 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 7 230,12 | +0,91 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 25 114,44 | +1,12 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 272,32 | +0,68 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 363,93 | +0,42 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 881,51 | -0,03 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 59 513,12 | +0,28 % | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 112,16 | +0,66 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,639 % | +0,058 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,994 % | +0,034 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,307 % | +0,074 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1720 | -0,14 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 613,26 | -2,11 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 114,09 | +7,44 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 77 342,1571 | -0,22 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |

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