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Dans l’histoire boursière, le mois d’octobre occupe une place particulière. Il est associé à plusieurs des plus grands krachs financiers, au point d’être considéré comme un mois maudit par certains investisseurs. De 1929 à 2008, en passant par 1987, les marchés ont connu, à cette période de l’année, des épisodes de panique qui ont durablement marqué les esprits. Le plus célèbre demeure évidemment celui d’octobre 1929, qui mit brutalement fin à l’euphorie des Années folles. Le jeudi 24 octobre, les premières ventes massives provoquèrent un mouvement de panique à Wall Street. Le lundi 28 octobre, le Dow Jones perdit près de 13 %, avant de reculer de près de 12 % supplémentaires le lendemain, resté dans l’histoire comme le « mardi noir ». Sur l’ensemble du mois, l’indice S&P reconstitué, ancêtre du S&P 500, abandonna près de 20 %. Cette crise boursière précéda la Grande Dépression des années 1930. Le Dow Jones ne retrouva son niveau de septembre 1929 qu’en novembre 1954, soit plus d’un quart de siècle après son sommet.
Près de soixante ans plus tard, le 19 octobre 1987, les marchés financiers connurent un nouveau « lundi noir ». En une seule séance, le Dow Jones s’effondra de 22,6 %, une chute qui demeure la plus importante de son histoire en pourcentage sur une journée. La baisse fut amplifiée par les programmes informatisés de vente et les stratégies de couverture des portefeuilles, dans un contexte marqué par des tensions monétaires et des inquiétudes sur les déséquilibres extérieurs américains. Le S&P 500 céda près de 22 % sur l’ensemble du mois. À la différence de 1929, cet effondrement ne provoqua pas de récession. L’intervention rapide de la Réserve fédérale contribua à éviter la transformation du krach en crise bancaire.
Octobre 2008 constitue le troisième grand traumatisme boursier de l’époque contemporaine. Après la faillite de Lehman Brothers, le 15 septembre, la défiance gagna l’ensemble du système financier international. Les banques se méfiaient les unes des autres, le crédit interbancaire se contractait et les investisseurs liquidaient massivement leurs positions. Le S&P 500 recula de 16,9 % au cours du mois. Contrairement à 1987, la crise financière déboucha sur une récession mondiale particulièrement sévère. D’autres mois d’octobre ont été marqués par des turbulences importantes, notamment en 1907, avec une panique bancaire américaine, en 1997, dans le prolongement de la crise asiatique, et en 2018, avec la hausse des taux d’intérêt américains et les tensions commerciales entre Washington et Pékin.
Cette accumulation de crises pourrait laisser penser qu’octobre constitue statistiquement le mois le plus dangereux pour les actionnaires. Il n’en est rien. Depuis 1928, le S&P 500 a enregistré une progression moyenne d’environ 0,5 % au cours de ce mois. Près de six mois d’octobre sur dix se sont même soldés par une hausse. Le véritable mois noir, en termes de performances moyennes, est septembre, avec un recul historique proche de 1,2 %. Octobre se distingue donc moins par la fréquence des baisses que par la violence de certaines d’entre elles.
Dans un univers financier marqué en 2026 par des tensions sur les dettes publiques, des incertitudes géopolitiques et une forte concentration des indices autour des grandes entreprises technologiques, les facteurs de vulnérabilité ne manquent pas. L’histoire ne se répète pas nécessairement, mais elle souligne que les retournements les plus violents surviennent souvent au moment où les investisseurs ont fini par considérer que la hausse des marchés était devenue une évidence.
L’analyse de la semaine
Cette semaine, la Bourse américaine a repris sa marche en avant, soutenue par l’intelligence artificielle. La hausse du baril de pétrole a pesé, tout comme les incertitudes budgétaires, sur le CAC 40, qui a néanmoins réussi à terminer la semaine au-dessus des 7 800 points. Le baril de Brent s’échangeait, vendredi 9 octobre, à 104 dollars, le WTI du Nord à 91 dollars. Sur la semaine, le CAC 40 a perdu près de 1,2 %. Les marchés européens restent handicapés par les difficultés financières de la France.
Les investisseurs ont eu, ces derniers jours, quelques motifs de satisfaction. Donald Trump entend, à l’approche des élections de mi-mandat, temporiser sur le front de la guerre au Moyen-Orient. Par ailleurs, OpenAI, qui développe ChatGPT, pourrait atteindre, voire dépasser, les 70 milliards de dollars de chiffre d’affaires annualisé à fin décembre, grâce à son activité auprès des entreprises, contre 50 milliards de dollars initialement prévus. Les entreprises de la haute technologie cherchent toujours des capitaux pour financer leurs investissements. Selon les médias américains, l’entreprise de logiciels Broadcom chercherait à lever jusqu’à 50 milliards de dollars et SpaceX envisagerait 30 milliards de dollars d’obligations, cumulés à 10 milliards de dollars de prêts. Ces besoins de financement concourent à la hausse des taux d’intérêt, notamment sur les obligations d’État. À la veille du week-end, le rendement du T-Note américain à 10 ans gagne quelques points de base, à 5,26 %. Dans la zone euro, la France reste en mauvaise posture. Le taux d’emprunt à 10 ans remonte à 4,86 %, pour un spread de 138 points de base avec le Bund allemand de même échéance.
L’euro est toujours à la peine et a abandonné sur la semaine 1,30 %, passant en dessous de 1,12 dollar.
En revanche, le marché japonais est orienté à la hausse. Depuis le 1er janvier, l’indice « actions » phare de la Bourse de Tokyo, le Nikkei 225, a gagné près de 40 %, traduisant le regain de forme de l’économie nippone, qui bénéficie notamment de l’engouement des investisseurs en faveur de l’IA.
Depuis plusieurs semaines, la France connaît une hausse du taux des Obligations Assimilables du Trésor et un élargissement de l’écart de rendement avec l’Allemagne. Cette situation est imputable à l’inflation, au niveau élevé du déficit public et aux incertitudes liées à la capacité des pouvoirs publics de pouvoir résorber ce dernier. Désormais, le « risque France » touche sur l’euro qui a tendance à se déprécier face au dollar et commence également à apparaître dans le coût de financement des banques et des compagnies d’assurance. Par ailleurs, le regard des investisseurs sur la dette française s’altère.
Le risque français et l’euro
Le 17 septembre, jour de la présentation des grandes orientations budgétaires françaises, un euro valait encore 1,1481 dollar selon la Banque centrale européenne. Le 7 octobre, il ne valait plus que 1,1177 dollar, soit une baisse de 2,6 % en moins de trois semaines. Depuis le 1er septembre, où l’euro s’échangeait à 1,1590 dollar, la baisse atteint 3,6 %. Par rapport au récent point haut du 21 août, à 1,1699 dollar, le recul approche 4,5 %. Le 5 octobre dernier, l’euro est brièvement tombé jusqu’à 1,1161 dollar, son plus bas niveau depuis mai 2025. Au même moment, l’écart entre l’OAT française et le Bund allemand avait approché 160 points de base, un niveau qui n’avait plus été observé depuis la crise des dettes souveraines européennes.
La baisse de l’euro ne s’explique pas exclusivement par les difficultés françaises. Le dollar bénéficie également du niveau élevé des taux américains, de la vigueur persistante de l’inflation aux États-Unis et des anticipations de nouvelles hausses de taux de la Réserve fédérale. Le 7 octobre, les marchés attribuaient encore une probabilité supérieure à 80 % à un nouveau relèvement des taux américains en décembre. Cette divergence monétaire contribue à soutenir le dollar.
La faiblesse de l’euro ne se limite pas au dollar. Face à la livre sterling, l’euro est passé de 0,8583 livre le 17 septembre à 0,84645 livre le 7 octobre, soit une dépréciation d’environ 1,4 %. Le 7 octobre, la livre atteignait ainsi son niveau le plus élevé depuis seize mois face à l’euro. Le signal est encore plus net avec le franc suisse, traditionnellement recherché en période d’aversion pour le risque. Le 17 septembre, un euro valait 0,9466 franc suisse. Le 7 octobre, il ne valait plus que 0,9309 franc, soit une baisse de près de 1,7 % en trois semaines. Le recul de l’euro face aux grandes monnaies internationales prouve que les investisseurs réclament une prime de risque sur celui-ci.
Un deuxième mécanisme joue contre l’euro. La crise française conduit les investisseurs à revoir à la baisse leurs anticipations de hausse des taux de la BCE. À la mi-septembre, avant l’accélération des tensions françaises, les marchés envisageaient encore que le taux directeur de la BCE puisse monter jusqu’à environ 3,25 %, contre 2,50 % actuellement. Début octobre, les investisseurs ne tablaient plus que sur deux nouvelles hausses de taux au cours des douze mois à venir, contre trois auparavant. Des taux moins élevés rendent l’euro moins attractif par rapport au dollar ou à la livre sterling.
Un troisième canal est celui des arbitrages internationaux. Les investisseurs qui réduisent leur exposition aux obligations françaises se reportent en partie sur le Bund allemand. Dans ce cas, ils restent à l’intérieur de la zone euro et l’effet sur la monnaie est limité. En revanche, lorsqu’ils privilégient les Treasuries américains, les gilts britanniques, les obligations japonaises ou les actifs suisses, ils doivent vendre des euros pour acheter des devises étrangères. Ces mouvements conduisent à la dépréciation de l’euro.
La dépréciation de l’euro n’est pas sans conséquences. Elle renchérit le coût de l’énergie importée. Elle favorise le maintien d’une inflation élevée et par ricochet des taux d’intérêt élevés. Pour la BCE, cette situation pourrait justifier une politique monétaire moins restrictive mais la crise budgétaire française rend complexe une hausse des taux directeurs.
A ce stade, la zone euro n’est pas entrée dans une crise comparable à celle de 2011-2012. La monnaie unique reste très éloignée de la parité avec le dollar et les mécanismes européens de protection sont aujourd’hui plus développés.
Le risque français et les banques
Depuis la présentation des orientations du budget pour 2027, le 17 septembre, le prix des Credit Default Swaps (CDS) des grands établissements financiers français s’est sensiblement accru. Ces instruments financiers permettent de s’assurer contre le défaut d’un emprunteur. Leur renchérissement constitue donc un indicateur de l’augmentation du risque perçu par les investisseurs.
Le mouvement est particulièrement net pour les CDS portant sur les dettes subordonnées, c’est-à-dire les titres qui sont parmi les premiers mis à contribution quand une banque rencontre des difficultés. Les CDS subordonnés à cinq ans atteignent désormais autour de 131 points de base pour BNP Paribas, 142 points pour Société Générale et 132 points pour Crédit Agricole. Depuis la mi-septembre, leur hausse avoisine 40 points de base. Axa est également concerné, avec un CDS autour de 115 points de base, en hausse de plus de 30 points.
La progression simultanée du risque perçu sur les banques et sur un assureur comme Axa est significative. Elle tend à indiquer que les investisseurs ne sanctionnent pas spécifiquement le modèle économique ou la liquidité d’un établissement. Ils appliquent une prime liée à la France elle-même. Jusqu’à la fin de l’été, les établissements français évoluaient globalement comme leurs concurrents européens. Depuis septembre, leurs primes de risque augmentent plus rapidement que l’indice européen de référence, l’iTraxx SubFin. Le coût de protection contre le défaut de Société Générale sur sa dette senior est désormais supérieur à celui de Deutsche Bank. BNP Paribas et Crédit Agricole se retrouvent également pénalisés par rapport à plusieurs de leurs homologues allemands, britanniques, espagnols ou suisses.
Les niveaux actuels de CDS restent très inférieurs aux 500 ou 600 points de base atteints lors de la crise de la zone euro en 2011 et 2012. Les banques françaises disposent par ailleurs de fonds propres nettement supérieurs à ceux d’avant la crise financière de 2008. Malgré tout, le risque souverain commence à contaminer le coût de financement des acteurs privés français. Cet effet de contagion est lié au fait que les banques détiennent des titres publics en grande quantité.
Les investisseurs étrangers dubitatifs
La montée des inquiétudes concernant le risque français est particulièrement visible à l’étranger. Dans la presse financière anglo-saxonne, la question française n’est plus traitée comme un simple épisode politique mais comme un problème susceptible de peser durablement sur le marché obligataire européen voire mondial.
Le 7 octobre, Angel Ubide, responsable de la recherche économique mondiale du fonds américain Citadel, estimait auprès de Reuters que la France ne constituait pas à ce stade un risque systémique pour la zone euro, mais qu’elle ne disposait plus d’aucune marge pour commettre des erreurs en matière budgétaire. Le Financial Times souligne également que l’augmentation de la dette et des taux place désormais la France face à une contrainte budgétaire beaucoup plus forte. La hausse des taux français intervient certes dans un mouvement mondial de remontée des rendements obligataires, mais la France se singularise par l’importance de son déficit et par son instabilité politique.
Les investisseurs internationaux ont commencé à modifier leurs positions. Plusieurs hedge funds ont débouclé dans l’urgence des stratégies qui misaient jusqu’alors sur la dette française, amplifiant les mouvements de marché. Bloomberg a notamment relevé début octobre le retrait de fonds engagés dans des opérations de « carry trade » sur les obligations françaises. Dans le même temps, les investisseurs privilégient de nouveau le Bund allemand comme valeur refuge européenne. Les obligations françaises et italiennes ont subi des ventes alors que la dette allemande bénéficiait de flux acheteurs.
Cette évolution est d’autant plus importante que la France dépend fortement des investisseurs internationaux pour financer sa dette. À la fin du premier trimestre 2026, les non-résidents détenaient 55,9 % des titres de dette publique française à long terme, contre 54,6 % trois mois auparavant. Pour l’ensemble de la dette française à long terme, publique et privée, leur part atteignait 61,2 %. Au cours du seul premier trimestre, les investisseurs étrangers avaient acheté 132 milliards d’euros de titres de dette français.
Des besoins de financement importants pour 2027
La dette publique française atteignait 3 595,5 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre 2026, soit 119 % du PIB. En seulement trois mois, elle a augmenté de près de 60 milliards d’euros. La dette nette s’élevait à 3 366,8 milliards d’euros, soit 111,4 % du PIB. En 2027, l’Agence France Trésor compte émettre 340 milliards d’euros d’obligations à moyen et long terme, nettes de rachats, soit un montant record et environ 10 % de plus qu’en 2026. Cette progression provient notamment des remboursements de titres émis au moment de la crise sanitaire et de la crise énergétique.
Ces volumes devront être absorbés par le marché à un moment où la BCE réduit progressivement son portefeuille de titres publics. La Banque de France détenait encore 546 milliards d’euros de dette publique fin 2025 au titre des programmes d’achats de l’Eurosystème. Ce montant n’était plus que de 488 milliards fin juin 2026 en raison de l’arrêt des réinvestissements des titres arrivant à échéance. L’État doit donc progressivement retrouver des investisseurs privés pour remplacer une partie des achats réalisés durant les années de taux faibles par les banques centrales.
À ce jour, la France n’a pas de problème de financement et conserve son accès aux marchés. À la fin du mois de septembre, l’Agence France Trésor avait réalisé 85 % de son programme annuel d’émissions obligataires, avec une demande des investisseurs représentant en moyenne 2,5 fois les titres proposés à moyen et long terme. La difficulté tient davantage au renchérissement du financement qu’à une pénurie d’acheteurs.
Vers une intervention de la BCE ?
Certains investisseurs commencent naturellement à s’interroger sur une éventuelle intervention de la Banque centrale européenne en cas d’aggravation des tensions. Sur ce sujet, le président de la Bundesbank Joachim Nagel a rappelé le 1er octobre dernier que la mission de la BCE était avant tout d’assurer la stabilité des prix et non de piloter les écarts de taux entre États. Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a lui-même déclaré le 7 octobre que la France n’avait actuellement pas besoin de l’aide de la BCE et que la solution aux difficultés françaises était d’abord budgétaire et politique. Ces déclarations visent à éviter que les pouvoirs publics ou les marchés considèrent l’intervention de Francfort comme automatique.
La France occupe en effet une place trop importante dans la zone euro pour que ses difficultés soient considérées comme périphériques. Elle est le deuxième pays de la zone par son poids économique et son marché obligataire souverain est l’un des plus importants du monde. La crise grecque avait pu être circonscrite parce que la Grèce représentait une faible part du PIB européen. Une crise française aurait une toute autre dimension. Le coût d’un défaut ou d’une restructuration de la dette française économique et financier serait considérable pour l’ensemble de l’Union monétaire.
Depuis la crise des dettes souveraines de 2010-2012, l’Europe s’est dotée de plusieurs instruments pour prévenir les crises financières et, si nécessaire, venir en aide aux États en difficulté. Le premier recours pourrait être la Banque centrale européenne (BCE). Depuis juillet 2022, celle-ci dispose d’un instrument de protection de la transmission de la politique monétaire (TPI) lui permettant d’acheter, sans limite quantitative prédéfinie, des obligations d’un État confronté à des tensions financières désordonnées. Ce dispositif vise à éviter que des mouvements de marché injustifiés ne remettent en cause le fonctionnement de la politique monétaire. Son utilisation est néanmoins soumise à plusieurs conditions dont la soutenabilité de la dette publique et le respect des engagements budgétaires européens. La BCE ne pourrait donc pas intervenir au seul motif que les investisseurs exigent une prime de risque plus élevée pour détenir des obligations françaises. L’instrument n’a, par ailleurs, jamais été utilisé depuis sa création.
Le deuxième recours serait le Mécanisme européen de stabilité (MES), créé en 2012 et doté d’une capacité maximale de prêts de 500 milliards d’euros, dont 433 milliards restent disponibles. Il peut accorder des lignes de crédit de précaution ou des prêts aux États confrontés à des difficultés de financement. En contrepartie, le pays bénéficiaire doit accepter des engagements en matière de politique économique et budgétaire. Pour la France, cela pourrait se traduire par un programme pluriannuel de réduction des déficits, accompagné de réformes structurelles et d’une surveillance renforcée des institutions européennes.
En cas de crise aiguë, l’intervention du MES pourrait être complétée par celle de la BCE dans le cadre du programme OMT (Outright Monetary Transactions), institué en septembre 2012. Celui-ci autorise des achats d’obligations publiques sur le marché secondaire sans plafond prédéfini, sous réserve que l’État concerné bénéficie d’un programme européen d’assistance approprié et en respecte les conditions. L’objectif serait de rétablir la confiance des investisseurs et d’éviter une envolée incontrôlée des taux d’intérêt.
Une crise de la dette française pourrait également affecter les banques, compte tenu de leurs expositions aux titres publics et de leurs interdépendances avec les marchés financiers. La Banque de France, dans le cadre de l’Eurosystème, pourrait alors apporter des liquidités d’urgence aux établissements solvables. Les mécanismes européens de résolution bancaire pourraient également être mobilisés en cas de défaillance de certains établissements.
La principale difficulté résiderait dans la taille de l’économie française. Avec un programme d’émissions obligataires de 310 milliards d’euros en 2026 et de 340 milliards prévu en 2027, les besoins de financement de l’État dépassent largement ceux des pays ayant bénéficié des précédents plans de sauvetage européens. Les ressources du MES ne permettraient pas, à elles seules, de répondre durablement à une fermeture des marchés obligataires français. Une crise systémique pourrait ainsi imposer la création de nouveaux dispositifs européens.
Le gouvernement a décidé dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027 un prélèvement exceptionnel sur les actifs en déshérence de +1,4 milliard d’euros. Ce prélèvement est prévu pour l’année 2027 est assis sur les avoirs en déshérence déposés auprès de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Depuis la loi du 13 juin 2014 relative aux comptes bancaires inactifs et aux contrats d’assurance vie en déshérence dite loi « Eckert », les sommes issues des comptes bancaires inactifs ainsi que de certains contrats d’assurance-vie et d’épargne salariale sont transférées à la CDC dans l’attente de leur restitution éventuelle à leurs titulaires, ou ayants droit avant 30 ans. Au-delà de ce délai, ces sommes font l’objet d’une prescription triennale au profit de l’Etat.
Le prélèvement exceptionnel a été fixé dans le projet de loi à 17 %. Il correspond à un acompte sur la prescription éventuelle. En effet, le dispositif ne porte pas atteinte aux droits des titulaires et de leurs ayants droit. En cas de réclamation de la somme par ses bénéficiaires, l’intégralité de celle-ci et les intérêts y afférents sont reversés par la CDC, l’Etat devant alors restituer à celle-ci.
La disposition du projet de loi de finances est une recette de poche, à un coup, visant à améliorer le déficit publics.
Rappel des dispositions concernant les sommes en déshérence
Jusqu’au début des années 2010, la gestion des avoirs non réclamés reposait largement sur les pratiques internes aux établissements financiers. La loi Eckert du 13 juin 2014, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, a instauré un cadre homogène pour ces avoirs.
Depuis son entrée en vigueur, les établissements sont tenus d’assurer un suivi effectif des comptes et contrats qu’ils gèrent. À ce titre, ils doivent :
Ce délai est en principe de 10 ans à compter de la dernière opération ou manifestation du client. Pour les plans d’épargne logement, il est porté à 20 ans.
En cas de décès du titulaire d’un compte bancaire, ce délai est ramené à 3 ans. En revanche, pour les contrats d’assurance vie, le délai reste de 10 ans après la connaissance du décès.
Une fois les fonds transférés à la CDC, les titulaires ou leurs ayants droit disposent d’un délai de 20 ans pour les réclamer. Au-delà, soit 30 ans au total, les sommes sont définitivement acquises à l’État.
Le service AGIRA pour les contrats d’assurance vie non réclamés
L’Association pour la gestion des informations sur le risque en assurance (AGIRA) est une structure mise en place par le secteur de l’assurance afin de faciliter la recherche des bénéficiaires de contrats d’assurance vie. Elle est opérationnelle depuis le 1er mai 2006.
Toute personne — héritier, proche ou tiers — estimant pouvoir être bénéficiaire d’un contrat peut la saisir.
La demande, accompagnée d’un acte de décès, est transmise dans un délai de quinze jours à l’ensemble des assureurs, qui doivent vérifier l’existence éventuelle d’un contrat et, le cas échéant, contacter directement le bénéficiaire. Dès lors que l’assureur a connaissance du décès et des coordonnées du bénéficiaire, il doit le prévenir dans un délai de quinze jours et procéder au versement des capitaux dans un délai d’un mois après réception des pièces nécessaires.
Après le décès, l’assureur conserve les fonds et doit activement rechercher les bénéficiaires. Si, au terme de dix ans, ceux-ci n’ont pas été identifiés ou ne se sont pas manifestés, les capitaux sont transférés à la Caisse des Dépôts et Consignations. Ce transfert marque un changement de nature : l’épargne quitte la sphère assurantielle pour relever d’une gestion publique conservatoire.
En l’absence de réclamation pendant vingt années supplémentaires, soit trente ans après le décès, les sommes deviennent définitivement acquises à l’État.
Ciclade : retrouver les sommes transférées à la Caisse des Dépôts des Consignations
Afin de faciliter la restitution des avoirs transférés, la Caisse des Dépôts a mis en place un service en ligne gratuit : Ciclade.
Ce service permet de rechercher les sommes issues :
En 2025, près de 200 000 dossiers ont donné lieu à une restitution positive, aboutissant à 174 000 paiements pour un total de 164,4 millions d’euros, en hausse de 8 % sur un an.
Le montant moyen restitué, proche de 943 euros, illustre la diversité des situations, du simple livret oublié à des contrats plus significatifs.
Depuis son lancement, Ciclade a permis de restituer plus d’un milliard d’euros. Dans le même temps, les établissements financiers continuent d’alimenter le dispositif : en 2025, ils ont transféré 671 millions d’euros correspondant à plus de 750 000 comptes.
Au total, autour de 8 milliards d’euros ont été confiés à la Caisse des Dépôts depuis l’entrée en vigueur de la loi. Lorsque les fonds ne sont pas réclamés dans le délai de trente ans, ils sont définitivement reversés à l’État.
Les produits d’épargne retraite désormais intégrés
Le champ de la déshérence a été étendu aux produits d’épargne retraite. La loi du 26 février 2021 a introduit une obligation pour les gestionnaires de transmettre chaque année au GIP Union Retraite les informations nécessaires à l’identification des bénéficiaires. Elle renforce également l’information des salariés lors de leur départ de l’entreprise, afin de limiter les situations de déshérence.
Sont concernés les anciens dispositifs (PERP, contrats article 83, PERCO) ainsi que les plans d’épargne retraite (PER) issus de la loi Pacte.
Comme pour les autres produits, les fonds sont transférés à la Caisse des Dépôts après dix ans d’inactivité, puis peuvent être réclamés pendant vingt ans. Au terme de trente ans, ils deviennent définitivement propriété de l’État.

Un trimestre boursier façonné par la guerre en Iran
La guerre au Moyen-Orient a provoqué l’envolée des cours du pétrole et du gaz et a mis à mal les circuits d’approvisionnement de cette région. Les entreprises du luxe, mais aussi de l’agroalimentaire, notamment européennes, éprouvent de grandes difficultés pour acheminer leurs produits. Ce conflit accroît les coûts de production et pèse sur les exportations de plusieurs secteurs. Il a provoqué une baisse des valeurs boursières, une hausse des taux obligataires, ainsi qu’un recul de l’euro et du cours de l’or.
Des actions en baisse marquée mais maîtrisée
Le mois de mars 2026 a été le plus mauvais constaté depuis l’épidémie de Covid survenue six ans plus tôt, le CAC 40 ayant reculé de plus de 6 %. Sur le premier trimestre, les pertes atteignent 4 %, ce qui peut apparaître relativement limité au vu du choc subi. Sur un an, l’indice parisien est stable.
Les valeurs des secteurs du luxe et des transports sont les plus touchées. L’indice allemand, le DAX, perd plus de 7 % en mars, tandis que son homologue japonais chute de plus de 12 %. Le Japon est, en effet, plus dépendant que l’Europe des importations de pétrole en provenance des pays du Golfe. Les grands indices américains cèdent de leur côté plus de 6 % en mars. Sur le trimestre, le Nasdaq est en recul de près de 10 %, subissant à la fois les conséquences de la guerre en Iran et les doutes sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle.
Une hausse des taux obligataires
Le taux de l’OAT à 10 ans de l’État français est passé de 3,2 % à 3,7 % au cours du mois de mars. Les investisseurs intègrent une prime d’inflation plus élevée. Le ralentissement attendu de la croissance et l’augmentation des dépenses publiques destinées à compenser la hausse des prix de l’énergie laissent présager une aggravation des déficits publics, incitant les investisseurs à exiger des rendements plus élevés.
Le taux de l’obligation allemande à 10 ans est passé au-dessus de 3 % en mars, et son équivalent américain à plus de 4,3 %, contre 3,9 % fin février.
Le baril de pétrole à plus de 118 dollars
Malgré les déclarations de Donald Trump à la fin du mois de mars en vue de trouver une solution au conflit en Iran, le cours du baril de Brent restait au-dessus de 110 dollars. Le 31 mars à 18 heures, il s’échangeait à plus de 118 dollars, soit une hausse de plus de 52 % sur un mois. Sur l’ensemble du premier trimestre, il a progressé de 95 %.
L’or en baisse en mars
Après avoir atteint des records à plus de 5 500 dollars l’once, l’or est en retrait depuis le déclenchement des hostilités. Les investisseurs cherchent à se prémunir contre l’inflation en se tournant vers des placements offrant des rendements plus directement indexés, comme certaines obligations. Ils privilégient également les liquidités afin de conserver une capacité de réaction rapide face à l’évolution des marchés.
Certains ont été conduits à vendre de l’or pour compenser leurs pertes sur les marchés actions. Les pays du Golfe ont également pu puiser dans leurs réserves pour compenser la baisse de leurs recettes pétrolières. Sur l’ensemble du premier trimestre, l’once d’or s’est néanmoins appréciée de plus de 5 %.
L’euro en mode dépréciation
Après avoir gagné plus de 13 % face au dollar en 2025, l’euro a reculé de 1,34 %. La monnaie américaine bénéficie de son statut de valeur refuge en période de tensions internationales. Par ailleurs, les États-Unis sont moins exposés au choc pétrolier que les économies européennes.
Le bitcoin
Le bitcoin n’a pas profité de la guerre au Moyen-Orient. Il a cédé 3,5 % en mars et près d’un quart de sa valeur sur l’ensemble du trimestre. Il reste affecté par les interrogations entourant les valorisations liées à l’intelligence artificielle. Certains investisseurs ont vendu leurs positions afin de compenser des pertes enregistrées sur les valeurs technologiques.
Désescalade est le mot de la semaine. Après avoir menacé le président de la Réserve fédérale, Donald Trump a finalement déclaré qu’il n’avait pas l’intention de le limoger. Après une escalade des droits de douane entre la Chine et les États-Unis, si la détente n’est pas encore pleinement d’actualité, l’heure semble être aux petits pas. Le gouvernement chinois envisagerait de suspendre ses droits de douane de 125 % sur certaines importations américaines, selon Bloomberg. Il pourrait notamment supprimer les prélèvements additionnels sur les équipements médicaux et certains produits chimiques industriels, comme l’éthane. La Chine réfute cependant, pour l’instant, mener toute négociation avec les États-Unis.
Par ailleurs, les États-Unis et la Corée du Sud pourraient parvenir à un protocole d’entente dès la semaine prochaine. La Corée du Sud, allié clé de Washington, pourrait être soumise à des droits de douane de 25 % sur certaines importations, temporairement ramenés à 10 % pendant la « pause » de 90 jours décrétée par Donald Trump. S’y ajouteraient des taxes de 25 % sur les livraisons de voitures, d’acier et d’aluminium. Des progrès significatifs auraient également été réalisés avec l’Inde, pays où Apple prévoit de transférer l’assemblage de l’ensemble de ses iPhone d’ici 2026.
La Bourse de Paris a enchaîné quatre séances consécutives de hausse cette semaine, terminant à 7 536,26 points. Le CAC 40 affiche désormais une progression d’environ 2 % depuis le 1er janvier. Surtout, depuis son point bas du 7 avril, atteint quelques jours après l’annonce des nouveaux droits « réciproques » par Donald Trump, l’indice a repris près de 9 %. D’autres indices européens font encore mieux : le DAX allemand a progressé de plus de 4 % cette semaine, portant sa hausse depuis le début de l’année à plus de 11 %.
Aux États-Unis, les indices ont pleinement profité des inflexions du président américain sur les droits de douane et de ses déclarations sur l’indépendance de la banque centrale. Le Nasdaq a gagné plus de 7 % sur la semaine et le S&P 500 plus de 6 %.
Sur le plan de la politique monétaire, des membres de la Réserve fédérale commencent à infléchir leur position, préoccupés par l’impact potentiel des tensions commerciales sur l’emploi. Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, a estimé qu’une baisse des taux pourrait être envisagée dès le mois de juin, sous réserve de données économiques allant dans ce sens. L’activité sur les contrats à terme sur les fonds fédéraux indique désormais une probabilité d’environ 60 % d’une détente monétaire dans deux mois. Une éventuelle baisse des taux qui réjouirait Donald Trump, qui la réclame avec insistance depuis plusieurs semaines.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 25 avril 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 7 536,26 | +2,93 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 40 113,50 | +2,25 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 5 525,21 | +7,12 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 17 382,94 | +6,64 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 22 242,45 | +4,43 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 415,25 | +1,04 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 154,12 | +3,87 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 35 705,74 | +5,17 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 295,06 | +0,71 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,187 % | -0,052 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,469 % | +0,002 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,267 % | -0,062 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1371 | -0,18 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 3 283,10 | -1,69 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 66,81 | -1,08 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 95 531,7 | +9,25 % | 38 252,54 | 93 776,61 |
Au cours de la semaine du 6 au 11 octobre 2024, les marchés actions mondiaux ont affiché des performances contrastées, influencées par des tensions géopolitiques et des incertitudes économiques.
Le CAC 40 a progressé de près de 0,6 %, clôturant la semaine autour de 7465 points. Ce mouvement positif a été soutenu par de bons résultats des entreprises françaises et la solidité des actions énergétiques européennes, profitant de la hausse des prix du pétrole due aux tensions au Moyen-Orient. La présentation du budget, incluant les augmentations d’impôts sur les entreprises, n’a pas eu d’effet notable.
Le DAX 40 allemand a gagné près de 1,3 %, malgré la révision à la baisse des prévisions de croissance économique en Allemagne.
Le FTSE 100 britannique a légèrement progressé, enregistrant une hausse d’environ 0,3 % sur la semaine. L’indice a bénéficié de son exposition aux entreprises du secteur énergétique, qui ont profité de la hausse des prix du pétrole. Toutefois, les inquiétudes persistantes concernant l’inflation et les attentes relatives aux taux d’intérêt ont limité les gains.
Le Nikkei japonais a légèrement reculé, les investisseurs réagissant à des données économiques mitigées au Japon et à l’inquiétude concernant l’environnement macroéconomique mondial. La faiblesse du yen et les tensions géopolitiques ont pesé sur le cours des valeurs mobilières.
Le Shanghai Composite a terminé la semaine en baisse après deux semaines de forte hausse. La crise immobilière persistante a affecté les cours des actions.
Aux États-Unis, le S&P 500 a progressé, soutenu par des données solides sur l’emploi, la baisse de l’inflation et la reprise continue du secteur technologique. Les indices américains continuent de battre des records.
Baisse confirmée de l’inflation aux États-Unis
L’inflation, un sujet clé de la campagne présidentielle, a été confirmée en baisse en septembre aux États-Unis. Cependant, cette baisse a été légèrement inférieure aux attentes, avec une inflation annuelle de 2,4 % contre 2,5 % en août, selon l’indice CPI publié jeudi par le Département du Travail. Sur un mois, les prix ont augmenté de 0,2 %, un rythme similaire à celui des deux mois précédents, légèrement supérieur aux prévisions.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 11 oct. 2024 | Évolution sur la semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 30 déc. 2022 | |
| CAC 40 | 7 577,89 | +0,54 % | 7 543,18 | 6 471,31 |
| Dow Jones | 42 863,86 | +1,25 % | 37 689,54 | 33 147,25 |
| S&P 500 | 5 815,03 | +1,10 % | 4 769,83 | 3839,50 |
| Nasdaq Composite | 18 342,94 | +1,288 % | 15 011,35 | 10 466,48 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 19 355,73 | +1,23 % | 16 751,64 | 13 923,59 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 253,65 | -0,28 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 4 954,94 | -2,25 % | 4 518,28 | 3792,28 |
| Nikkei 225 (Japon) | 39 605,80 | +2,73 % | 33 464,17 | 26 094,50 |
| Shanghai Composite | 3 301,93 | -1,04 % | 2 974,93 | 3 089,26 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,039 % | +0,051 pt | +2,558 % | +3,106 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,264 % | +0,054 pt | +2,023 % | +2,564 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,077 % | +0,109 pt | +3,866 % | +3,884 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0942 | -1,15 % | 1,1060 | 1,0697 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 657,63 | -0,41 % | 2 066,67 | 1 815,38 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 78,92 | +1,06% | 77,13 | 84,08 |
Guerres au Proche Orient et en Ukraine, tensions avec la Chine, retour du protectionnisme, autant de facteurs négatifs susceptibles de provoquer une baisse du cours des actions ; or tel n’est pas le cas. Depuis le début de l’année, de nombreux indices « actions » battent des records. Seul le CAC 40 en raison des incertitudes politiques françaises fait bande à part. A Wall Street, le S&P 500 a battu mercredi 9 octobre un nouveau record en séance à 5 792 points. L’indice Dow Jones a dépassé pour la première fois les 42.500 points. Toujours aux Etats-Unis, sur le marché où s’échange la dette émise par les entreprises les moins solides, celui de la dette « high yield » (à haut rendement), les primes de risques n’ont jamais été aussi réduites. Les investisseurs se soucient d’avantage de l’élection présidentielle du mois de novembre des évènements au Liban, en Israël ou en Iran. Malgré la menace d’une attaque des puits iraniens de pétrole par la chasse américaine, le cours du baril n’a que progressé ces derniers jours. Pour le moment, la guerre menée par Israël n’a pas de conséquences sur la croissance mondiale. Elle pourrait, en théorie, l’affecter à travers la perturbation de la chaîne d’approvisionnement ou l’augmentation des prix de l’énergie, certes, mais ce n’est pas le cas pour l’instant. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a déclaré sur France Info que la BCE regardait « avec attention » l’évolution des prix du pétrole, dans un contexte de vives tensions entre Israël et l’Iran, tout en précisant que si cette hausse « reste relativement limitée et temporaire, cela ne devrait pas avoir d’effets trop négatifs sur l’inflation et la croissance ». Les investisseurs sont plus sensibles aux données économiques. L’annonce du plan de relance de l’économie chinoise a été saluée positivement tout comme la trajectoire de l’inflation au sein des pays de l’OCDE. La publication des résultats de l’emploi aux Etats-Unis est jugée plus importante sur le plan économique que l’envoi de missiles par l’Iran sur Israël. Les investisseurs réagissent aux risques géopolitiques quand ils se matérialisent. Il peut y avoir des anticipations mais en la matière elles sont faibles surtout dans une période ou les incertitudes sont permanentes.
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