menu

Accueil > pétrole

Le Coin des Epargnants du 15 mai 2026 : les marchés face à l’inflation

Le CAC 40 a, pour sa quatrième semaine d’affilée, accusé un recul (-2 %). Il a terminé la semaine sous la barre des 8 000 points et affiche désormais un solde négatif depuis le début de l’année, avec une perte de près de 2,5 %. L’absence d’avancée dans le conflit au Moyen-Orient et les résultats de l’inflation ont contribué à cette baisse hebdomadaire. Les autres grands indices européens ont connu la même évolution. Les indices américains sont, de leur côté, restés stables sur la semaine.

Le pétrole toujours au-dessus des 100 dollars le baril

TotalEnergies figure parmi les rares valeurs dans le vert, portée par la fermeté des prix du pétrole, le Brent évoluant à près de 108 dollars le baril. Depuis Pékin, Donald Trump a d’abord affirmé que les États-Unis pouvaient se passer du détroit d’Ormuz, avant d’en réclamer la réouverture quelques heures plus tard.

Les stocks mondiaux de pétrole se contractent à un rythme record, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’agence craint une forte hausse des cours à l’approche de la période de pointe de la demande estivale. Les stocks mondiaux de pétrole ont diminué de 129 millions de barils en mars et de 117 millions de barils supplémentaires en avril, selon des données préliminaires de l’AIE. Avec le blocage quasi total du détroit d’Ormuz, les pertes cumulées d’approvisionnement des producteurs du Golfe dépassent, depuis le 28 février dernier, le milliard de barils, avec une production à l’arrêt de plus de 14 millions de barils par jour. Depuis 1973, jamais le marché n’avait subi un tel choc d’approvisionnement.

L’annonce, ce vendredi midi, par Téhéran — par la voix du ministre des Affaires étrangères — selon laquelle tous les navires appartenant à des pays qui ne sont pas en guerre contre l’Iran peuvent franchir le détroit d’Ormuz, n’a pas eu d’effet sur le marché.

Inflation aux États-Unis et au Japon

Les dernières données de l’indice américain des prix à la production, publiées cette semaine, montrent une progression de 6 % en avril sur un an (5,2 % hors alimentation et énergie), leur plus haut niveau depuis plus de trois ans, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Selon le Bureau of Labor Statistics, le coût de la vie aux États-Unis a augmenté de 0,6 % en un mois par rapport à mars et de 3,8 % sur un an.

La hausse ne se limite pas aux prix de l’essence et de l’électricité, qui ont progressé de 3,8 % en avril, après le pic de 10,9 % du mois de mars (+17,9 % sur un an). Les prix de l’alimentation augmentent de 3,2 % sur un an, après une stabilisation en mars. Hors énergie et alimentation, l’indice de base des prix à la consommation s’établit à 2,8 % sur un an. Les loyers enregistrent une progression de 3,3 %, les dépenses de santé de 3,2 % et celles liées aux transports de 4,3 %. L’inflation s’élevait à 2,4 % avant le début de la guerre en Iran.

Au Japon, l’indice des prix des biens de consommation interentreprises (CGPI), qui mesure les prix que les entreprises se facturent entre elles, a progressé de 4,9 % en avril sur un an. L’indice des prix à l’importation libellé en yens a bondi de 17,5 % en avril sur un an, sa plus forte hausse depuis décembre 2022. Sur une base mensuelle, les prix de gros ont progressé de 2,3 % en avril, après un gain de 1,0 % en mars. Une hausse des taux directeurs de la part de la Banque du Japon (BoJ) est attendue dans les prochaines semaines. Compte tenu de la volonté du gouvernement de mettre en œuvre un plan de relance, les investisseurs ont procédé à d’importantes ventes sur le marché obligataire, propulsant vendredi le rendement de l’obligation de référence à 10 ans à un sommet de 29 ans, à 2,665 %.

Forte remontée des taux obligataires

Les investisseurs, craignant une inflation durable, ont provoqué une forte hausse des taux obligataires. Le taux de l’OAT à 10 ans avoisine désormais les 4 %, alors qu’il s’élevait à 3,2 % avant le début du conflit au Moyen-Orient. Le taux de son équivalent américain dépasse, quant à lui, les 4,5 %. Il est à souligner que, cette semaine, le taux français est repassé au-dessus de celui de l’Italie.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
15 mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 952,55-2,00 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 526,11-0,08 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 408,50+0,31 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 225,14+0,15 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 955,19-1,57 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 174,37-0,45 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 825,65-1,45 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)61 409,29+3,19 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 135,39-0,60 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,958 %+0334 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,163 %+0,153 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,584 %+0,218 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1625 -0,60 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 716,28+2,52 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars108,93-+7,95 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars79 124,5476-1,68 %87 566,440693 776,61

L’équation budgétaire compliquée par la hausse des taux

La remontée des taux d’intérêt complique davantage la tâche du gouvernement dans la conduite de la politique budgétaire. Le vendredi 15 mai, le rendement des obligations françaises à dix ans a atteint un niveau inédit depuis l’été 2009, franchissant en séance le seuil de 3,9 %. Pour retrouver un tel niveau, il fallait remonter au lendemain de la crise financière mondiale de 2008. En l’espace d’une semaine, le taux de l’OAT a progressé de près de 9 %, et de près de 18 % sur trois mois.

Pour le gouvernement, le problème est double : le stock de dette continue de croître et le coût auquel cette dette est refinancée augmente lui aussi rapidement. Au cours du premier trimestre, la charge des intérêts versés par l’État s’est accrue de 6 milliards d’euros.

Le changement de contexte est radical par rapport à la période 2019-2020, durant laquelle les États européens bénéficiaient de conditions de financement exceptionnellement favorables. Les taux d’intérêt étaient alors proches de zéro, voire négatifs, permettant à la France d’emprunter à très faible coût.

La situation française ne résulte cependant pas uniquement de facteurs internes. Certes, les tensions politiques apparues après la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 avaient provoqué une hausse spécifique de la prime de risque française. Depuis lors, cette défiance s’est partiellement résorbée. La hausse actuelle des taux s’inscrit avant tout dans un mouvement international lié aux tensions géopolitiques et aux anticipations inflationnistes.

Le conflit engagé au Moyen-Orient par Israël et les États-Unis a entraîné une forte augmentation des prix de l’énergie. Depuis plusieurs semaines, le baril de Brent oscille entre 100 et 115 dollars. Le 15 mai, il évoluait autour de 108 dollars, tandis que les marchés anticipent désormais des cours durablement élevés dans les prochains mois.

La prolongation du conflit nourrit les craintes d’un retour durable de l’inflation à l’échelle mondiale. Les investisseurs considèrent que les banques centrales pourraient être contraintes de maintenir des politiques monétaires restrictives plus longtemps que prévu. Cette perspective entraîne une hausse généralisée des rendements obligataires sur les grandes places financières.

Les tensions ne concernent pas uniquement la France. Au Japon, les obligations d’État à trente ans ont franchi les 4 %, un niveau inédit depuis la fin des années 1990. Aux États-Unis, le rendement des titres du Trésor à deux ans a dépassé 4 %, retrouvant des sommets observés pour la dernière fois en 2025. Au Royaume-Uni, l’instabilité politique consécutive aux difficultés du gouvernement travailliste a accentué la méfiance des investisseurs, propulsant le taux à trente ans à des niveaux inconnus depuis la fin des années 1990.

Dans ce contexte international dégradé, la France apparaît néanmoins parmi les économies les plus exposées en raison du niveau élevé de son endettement public. Depuis un an, elle figure parmi les pays européens où le coût marginal de la dette a le plus progressé. Situation symbolique du retournement des perceptions financières : Paris doit désormais rémunérer ses emprunts à des conditions moins favorables que certains pays du sud de l’Europe naguère considérés comme fragiles, comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal ou encore la Grèce.

Cette tension sur les marchés obligataires dépasse toutefois largement le seul cas français. À l’échelle mondiale, l’endettement public et privé continue de progresser à des niveaux records. Selon les estimations de l’Institute of International Finance, il atteignait près de 353 000 milliards de dollars à la fin du premier trimestre 2026, illustrant la dépendance croissante des économies mondiales au financement par la dette.

La Grèce : un exemple pour l’Europe

Après avoir été au bord de la banqueroute au début des années 2010, la Grèce pourrait, dans les prochains mois, perdre son statut de pays le plus endetté de l’Union européenne. Dimitris Tsakonas, directeur de l’Agence grecque de gestion de la dette publique, a évoqué publiquement cette évolution lors d’une récente conférence organisée par la chambre de commerce hellénique. Selon les estimations avancées par les autorités grecques, le ratio de dette publique rapporté au produit intérieur brut pourrait tomber autour de 137 % dès la fin de l’année 2026, soit un niveau inférieur à celui attendu pour l’Italie. Cette décrue se poursuivrait ensuite progressivement, avec une dette ramenée à 130 % du PIB en 2027, puis autour de 120 % en 2029, avant d’approcher le seuil des 100 % au début des années 2030. La France serait alors plus endettée que la Grèce.

La réduction de la dette publique grecque constitue un réel exploit. En 2020, la dette grecque dépassait encore 210 % du PIB. Depuis plusieurs années, Athènes enregistre des performances budgétaires rares au sein de la zone euro. Les finances publiques grecques dégagent désormais des excédents, favorisant une réduction rapide du poids apparent de la dette.

Au titre de l’exercice 2025, le gouvernement grec a annoncé un excédent primaire proche de 5 % du PIB, tandis que le solde budgétaire global, intérêts de la dette compris, est également redevenu positif. Cette amélioration a permis à Athènes d’engager un nouveau remboursement anticipé d’une partie des prêts accordés au début des années 2010 par ses partenaires européens. Les autorités grecques soulignent également plusieurs éléments favorables : l’État dispose d’importantes réserves de trésorerie, tandis que la maturité moyenne de la dette dépasse dix-huit ans, avec une large proportion d’emprunts à taux fixe. Cette structure protège en partie le pays contre les tensions actuelles sur les marchés obligataires.

La consolidation budgétaire grecque repose largement sur une forte discipline des dépenses publiques, mais aussi sur les effets de l’inflation. Depuis la crise énergétique de 2022, la hausse des prix reste soutenue dans le pays et s’est même accélérée récemment sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. L’inflation produit un effet mécanique favorable sur les ratios d’endettement : la progression des prix augmente la valeur nominale du PIB, ce qui réduit le poids relatif de la dette sans que celle-ci diminue nécessairement en valeur absolue. L’encours de dette grecque demeure supérieur à celui observé avant la pandémie, atteignant environ 363 milliards d’euros fin 2025, contre 339 milliards en 2019.

L’amélioration des finances publiques provient également de la forte progression des recettes fiscales. La hausse des prix alimente automatiquement les rentrées de TVA, tandis que l’absence d’indexation complète du barème de l’impôt sur le revenu accroît la pression fiscale réelle sur les ménages. Cette situation pèse directement sur le pouvoir d’achat des Grecs. Dans de nombreux secteurs, les salaires progressent moins rapidement que le coût de la vie, notamment pour le logement et l’alimentation. Une grande partie des salariés du secteur privé perçoit moins de 1 000 euros nets par mois. Selon les données statistiques nationales et européennes, plus d’un quart de la population demeure exposé au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale.

Le Coin des épargnants du 24 avril 2026 – New York bat de nouveaux records

Lors du déclenchement de la guerre en Iran, le 28 février dernier, l’hypothèse d’un conflit de courte durée était communément admise. Certes, un cessez-le-feu a été instauré sur les différents théâtres d’opérations, mais il demeure précaire, tandis que le détroit d’Ormuz est bloqué ou quasi bloqué depuis près de deux mois. L’Iran et son régime ont su résister aux nombreuses vagues de bombardements américains et israéliens.

Les négociations sont âpres, car chacun des adversaires entend en sortir gagnant. Les Américains veulent faire main basse sur l’uranium enrichi, quand les Iraniens réclament la fin des sanctions, qu’elles portent sur leurs avoirs financiers ou sur le pétrole. Ils demandent en outre le contrôle du détroit d’Ormuz, avec la possibilité d’instituer un droit de passage destiné à financer leur reconstruction.

Face à cette guerre qui n’en finit pas, les investisseurs commencent à en intégrer les conséquences sur l’économie et sur les entreprises. Les menaces de pénurie d’hydrocarbures, en particulier de kérosène, commencent à être prises au sérieux. Le baril de Brent reste ainsi largement au-dessus de 100 dollars, en hausse de près de 15 % sur la semaine.

Dans ce contexte, les principaux indices actions européens ont reculé cette semaine, même si un rebond a été constaté vendredi avec la possible reprise des négociations entre les États-Unis et l’Iran. Le CAC 40 a abandonné 3,17 % sur la semaine.

Aux États-Unis, en revanche, les marchés restent bien orientés, portés par l’annonce des résultats des grandes entreprises de haute technologie. Intel a gagné vendredi 24 %, après avoir publié des prévisions de ventes très supérieures aux attentes de Wall Street. Le fabricant américain de semi-conducteurs, longtemps en difficulté, bénéficie du développement massif du calcul lié à l’intelligence artificielle. Ses revenus devraient se situer entre 13,8 et 14,8 milliards de dollars sur le trimestre en cours, au-dessus de la projection moyenne de 13 milliards de dollars des analystes. À Wall Street, le Nasdaq a signé une quatrième semaine de hausse consécutive pour clôturer à un niveau record, tout comme le S&P 500.

En Allemagne, l’éditeur de logiciels SAP a enregistré une forte progression de son cours, portée par une croissance des ventes de ses services cloud supérieure aux estimations. À Paris, Spie s’est illustré avec un gain de 6,4 %, le spécialiste du génie électrique et mécanique ayant enregistré une contraction moins forte qu’attendu de sa production entre janvier et mars.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
24 avril 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 157,82-3,17 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 230,71-0,55 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 165,08+0,41 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite24 836,60+1,45 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 128,98-2,27 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 379,08-2,49 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 883,48-2,88 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)59 716,18+3,05 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 079,90+1,39 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,639 %+0,058 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,994 %+0,034 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,307 %+0,074 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1719-0,77 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 726,43-2,39 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars104,67+14,79 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars77 768,6357+0,19 %87 566,440693 776,61

Le Coin des Epargnants du 10 avril 2026

Les dividendes du cessez-le-feu

Les investisseurs ont, sans surprise, salué le cessez-le-feu intervenu entre l’Iran et les États-Unis, en dépit de sa fragilité. La question de la réouverture du détroit d’Ormuz demeure entière. Dans le cadre des négociations engagées au Pakistan, l’Iran subordonne celle-ci au paiement d’un droit de passage de deux millions de dollars, destiné à financer sa reconstruction. Donald Trump n’entend pas, à ce stade, accéder à cette revendication.

Le CAC 40 franchit de nouveau le seuil des 8 000 points et progresse de plus de 4,5 % sur la semaine, retrouvant ainsi un niveau positif depuis le début de l’année. L’Euro Stoxx 50 s’apprécie de plus de 5 % sur la même période. Le Nasdaq, de son côté, enregistre une hausse de plus de 4 %, effaçant presque l’intégralité de ses pertes accumulées depuis janvier.

Le baril de Brent crude oil a reculé de 8 % en une semaine, repassant sous le seuil des 100 dollars. À 97 dollars le vendredi 10 avril, il demeure néanmoins supérieur de plus de 30 dollars à son niveau d’avant le déclenchement du conflit entre l’Iran et les États-Unis. Les investisseurs restent dans l’attente des résultats des discussions engagées à Islamabad entre Washington et Téhéran. Le vice-président J. D. Vance doit conduire la délégation américaine ce samedi, aux côtés de l’émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre du président.

Une inflation en hausse aux États-Unis

En dépit des déclarations de Donald Trump affirmant l’absence de tensions inflationnistes depuis son retour au pouvoir, le taux d’inflation a connu une nette accélération en mars, sous l’effet de la hausse des prix de l’essence liée au conflit avec l’Iran. L’indice des prix à la consommation a progressé de 3,3 % sur un an, soit son rythme le plus soutenu depuis mai 2024.

Corrigée des composantes volatiles que sont les produits alimentaires et l’énergie, l’inflation apparaît légèrement inférieure aux anticipations, tant en données brutes qu’en données sous-jacentes (+2,6 %).

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
10 avril 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 259,60+4,44 %8 149,507 380,74
Dow Jones47 916,57+2,66 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 816,89+3,10 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite22 902,89+4,09 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 855,19+4,33 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 600,53+2,59 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 933,45+5,47 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)56 924,11+11,48 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 986,22+2,42 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,707 %+0,023 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,068 %+0,065 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,311 %-0,009 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1723 +1,57 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 760,65+2,17 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars97,18-9,46 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars72 639,3287+5,10 %87 566,440693 776,61

Le coin des épargnants du 20 mars 2026

Avoir dépassé les 111 dollars en milieu de semaine, le baril de Brent a baissé légèrement pour terminer vendredi 20 mars autour de 109 dollars. En revanche, le prix du gaz est en forte hausse après les attaques israéliennes et iraniennes sur les complexes gaziers.

Le CAC 40 est en recul pour la troisième semaine consécutive, avec un recul de 3,11 %. Il est passé en dessous des 7 700 points, à 7 665,62 points, et entre officiellement en zone de correction. Depuis son record absolu du 26 février, à 8 642,23 points, l’indice parisien abandonne 11,3 %. Tous les grands indices européens ont perdu, sur la semaine, plus de 3 %, et les indices américains 2 %. La chute du cours des actions demeure modeste au vu de la menace qui pèse sur l’économie avec la fermeture du détroit d’Ormuz. Les investisseurs semblent s’habituer à la succession rapide des crises, considérant que l’économie les surmonte avec célérité.

La crainte d’un retour de l’inflation provoque la hausse des taux obligataires. Le rendement du 10 ans allemand a atteint son plus haut niveau depuis 2011, à plus de 3 %, tandis que les Treasuries à 10 ans atteignent 4,38 %. Le taux de l’OAT à 10 ans dépasse de son côté 3,7 %.

Le baril de pétrole Brent demeure au-dessus des 100 dollars. Le maintien d’un cours élevé pour de nombreuses semaines commence à être intégré par les experts économiques, avec à la clé une résurgence de l’inflation et une baisse de l’activité. Entre le baril de Brent de la mer du Nord et le baril WTI américain, l’écart est important, à plus de 10 dollars (109 contre 97 dollars), témoignant de l’exposition prononcée à la guerre en Iran. Le WTI reste plus isolé, reflétant la dynamique intérieure des États-Unis et une exposition plus faible aux flux mondiaux immédiats. Du côté du gaz, le prix du TTF, la référence en Europe, a reflué à 60 euros par mégawattheure après une poussée à 74 euros (+35 %) jeudi, mais ne parvient pas à descendre plus bas.

Vendredi 20 mars, l’once d’or s’échangeait en dessous de 5 000 dollars. La baisse des derniers jours est imputable à des sorties de fonds indiciels, les investisseurs préférant les obligations dont les taux sont orientés à la hausse. Ils souhaitent par ailleurs disposer de liquidités afin de pouvoir saisir rapidement des opportunités d’achat sur les marchés. Enfin, les pays du Golfe, qui ont acquis de l’or ces dernières années, en vendent du fait de la raréfaction de leurs recettes issues du pétrole ou du gaz.

Statu quo monétaire aux États-Unis

Mercredi 18 mars, le comité de politique monétaire de la Fed a décidé de conserver les taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %, soit le niveau atteint en décembre après trois baisses consécutives de 25 points de base. Ce statu quo intervient en plein conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël, conflit susceptible de générer une nouvelle vague inflationniste. « L’incertitude sur les perspectives économiques reste élevée. Les implications des développements au Moyen-Orient sont incertaines pour l’économie américaine », a constaté le comité de politique monétaire dans son communiqué. Il indique par ailleurs suivre avec attention l’évolution des prix et de l’emploi. Seul Stephen Miran, l’ancien conseiller économique de Donald Trump, a voté pour une baisse des taux, les onze autres ayant choisi la stabilité.

La Fed a également publié ses projections économiques révisées. Pour 2026, elle prévoit une croissance de 2,4 % du PIB réel, 0,1 point de plus qu’en décembre. Les prix à la consommation « core PCE » augmenteraient de 2,7 %, en hausse de 0,2 point. Elle ne modifie pas ses prévisions sur le taux de chômage (4,4 %) et sur le niveau des taux d’intérêt (3,4 %), impliquant une seule baisse d’un quart de point dans l’année. Aux États-Unis, l’inflation est au-dessus de la cible de 2 % depuis plus de 5 ans. Les dépenses de consommation hors énergie et hors alimentation (core PCE), l’indicateur de référence, ont augmenté de 3,1 % en janvier, soit une remontée de 0,4 point depuis octobre. La hausse des prix à la production s’est, par ailleurs, accélérée en février. Jerome Powell a signalé lors de sa conférence de presse que les incertitudes actuelles rendaient l’élaboration de prévisions complexe. « Il est trop tôt pour connaître l’ampleur et la durée des effets potentiels sur l’économie » du choc pétrolier ; les effets économiques « pourraient être beaucoup plus petits ou beaucoup plus grands, on n’en sait absolument rien », a-t-il indiqué.

Le bras de fer entre Jerome Powell et Donald Trump continue. Le premier, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire à charge par le département de la Justice, a déclaré qu’il ne quitterait pas le conseil de la Fed après la fin de son mandat de président en mai, tant que celle-ci ne sera pas achevée. Jerome Powell pourrait d’ailleurs se maintenir en tant que président au-delà de mai, car le sénateur républicain Thom Tillis a promis de bloquer sa succession jusqu’au retrait de la procédure judiciaire.

Statu quo monétaire en Europe

Jeudi 19 mars, la BCE a également décidé de ne pas changer ses taux directeurs. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %.

La guerre en Iran rebat les cartes pour la zone euro, qui pouvait escompter, jusqu’au 28 février dernier, une inflation faible autour de 2 % et une reprise de la croissance. La hausse des prix de l’énergie change la donne. La BCE a revu à la hausse ses projections d’inflation pour 2026 à 2,6 % contre 1,9 % lorsqu’elle avait réalisé l’exercice en décembre dernier. Une hypothèse médiane. Son scénario le plus défavorable voit les prix grimper jusqu’à 4,4 %.

« La BCE va surveiller de très près l’évolution de la situation », a indiqué Christine Lagarde. Le risque de stagflation menace désormais l’Europe. Une hausse brutale et prolongée des coûts des hydrocarbures devrait tout à la fois peser sur l’activité et générer une hausse des prix. La BCE pourrait être confrontée à un dilemme : soit relever ses taux directeurs, pénalisant un peu plus la croissance, soit laisser les taux inchangés avec, comme risque, une reprise de l’inflation.

La situation de la zone euro n’est pas celle de 2022, au moment de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. À l’époque, l’inflation était élevée en raison du Covid et des plans de relance qui avaient désorganisé les chaînes d’approvisionnement. En ce début d’année 2026, le taux d’inflation de la zone euro était de 1,9 % et les tensions sur les prix étaient faibles. Néanmoins, si les prix de l’énergie restent élevés ou augmentent sur une période prolongée et se répercutent sur d’autres secteurs de l’économie de la zone euro, la banque centrale n’hésitera pas à augmenter les taux d’intérêt.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
20 mars 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 665,62-3,11 %8 149,507 380,74
Dow Jones45 577,47 -2,11 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 506,48-1,90 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite21 647,61-2,07 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 22 397,43 -4,26 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 918,33-3,06 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 501,28-3,68 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)53 372,53-1,61 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 957,05 -3,97 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,755 %+0,083 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,051 %+0,072 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,377 %+0,092 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1563-0,47 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 592,09 11,80 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars109,81 +5,23 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars69 778,6163-1,17 %87 566,440693 776,61

Le Coin des Epargnants du 6 mars 2026 – les marchés face à la guerre

Les marchés face à la guerre

Si les marchés ont été fortement touchés par l’enclenchement d’un conflit de grande ampleur en Iran, vendredi 6 mars, la statistique sur le chômage aux Etats-Unis a été par ailleurs froidement accueilli par les investisseurs. En effet, en février, 92 000 emplois ont été perdus dans le secteur privé aux Etats-Unis. Une surprise totale pour les marchés financiers. Le consensus Bloomberg tablait sur 55 000 embauches, après les 126 000 de janvier. Le taux de chômage est passé de 4,3% à 4,4% de la population active de janvier à février. Avec l’inflation en hausse, l’économie américaine est menacée de stagflation ce qui rend la tâche de la banque centrale difficile. La hausse du chômage pourrait inciter la FED à réduire ses taux directeurs mais les menaces inflationnistes renforcées par l’augmentation du cours de l’énergie pourrait la conduire au contraire à les relever.

Sur la semaine, le Cac 40 a perdu près de 7%. Il est repassé en-dessous de la barre des 8000 points. Les autres indices ont, en moyenne, abandonné plus de 6 %. Les indices européens ont plus souffert que ceux des Etats-Unis. L’exposition de l’’Europe au gaz et au pétrole moyen-orientale est plus marquée que pour les Etats-Unis. Par ailleurs, au niveau des exportations, le Moyen Orient est une région importante pour de nombreuses européennes dont celles du luxe.

Guerre en Iran : quelles conséquences économiques et financières ?

Après le Covid, la guerre en Ukraine, les droits de douane et différentes foucades de Donald Trump, l’économie mondiale doit faire face à une guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran depuis le 28 février 2026, guerre qui menace d’embraser l’ensemble du Proche-Orient. Par rapport à la guerre de 12 jours du mois de juin 2025, celle-ci est d’une tout autre ampleur, tant par les moyens militaires engagés que par la volonté de l’Iran d’impliquer dans le conflit un grand nombre de pays du Golfe, accusés d’être des alliés des États-Unis. La guerre est devenue ainsi rapidement régionale. En raison de la présence d’un grand nombre de ressortissants européens au Proche-Orient et des accords de coopération militaire liant des États européens comme la France à des pays de la région, la guerre en Iran tend à se mondialiser. La Russie et la Chine, qui ont noué des relations avec le régime de Téhéran, ont dénoncé l’intervention américaine mais dans des termes pour le moment mesurés.

Une déstabilisation du marché du pétrole temporaire ?

Avec le déclenchement de la guerre en Iran, le cours du baril de pétrole (Brent) est passé de 65 à plus de 90 dollars ; de son côté, le prix du gaz a doublé. Cette hausse est imputable aux menaces qui pèsent tant sur la production de pétrole et de gaz dans les pays du Moyen-Orient en raison des combats qu’à la difficulté de l’exporter avec le blocage potentiel du détroit d’Ormuz.

Le Moyen-Orient représente 30 % de la production pétrolière mondiale et 17 % de celle du gaz naturel. En matière de réserves, les chiffres respectifs sont de 48 % et 40 %. Les trois premiers pays en matière de réserves pétrolières sont le Venezuela, l’Arabie saoudite et l’Iran. Ce dernier possède la deuxième réserve mondiale de gaz derrière la Russie.

Le pétrole et le gaz du Moyen-Orient ont comme principales caractéristiques d’être peu chers à extraire et d’être aisés à raffiner. Le coût d’extraction du pétrole se situe en moyenne entre 3 et 10 dollars le baril contre 40 à 60 dollars pour le pétrole de schiste américain. Le pétrole iranien est l’un des moins chers, avec celui d’Arabie saoudite, à extraire.

Pas de risque d’approvisionnement pour l’Europe

En matière d’exportation, le pétrole et le gaz du Moyen-Orient sont en premier lieu destinés aux pays d’Asie (70 % des exportations). L’Europe est moins dépendante du pétrole du Moyen-Orient qu’elle ne l’était dans les années 1970-1980. Le pétrole moyen-oriental assure entre 15 et 20 % de la consommation pétrolière européenne. Pour la Chine, cette proportion atteint 45 %, avec une forte dépendance à l’Iran. Le Japon, de son côté, s’approvisionne à 80 % au Moyen-Orient. Au total, près de 70 % des exportations du Moyen-Orient vont vers l’Asie.

Pour le gaz, la dépendance à la région est moindre. Celle-ci assure environ 8 % de la consommation de l’Europe (le Qatar est le premier fournisseur), 10 % de celle du Japon et de 12 à 15 % de celle de la Chine.

Le blocage du détroit d’Ormuz : un problème d’assurance

La hausse du cours du baril est liée aux menaces qui pèsent sur les gisements et sur les ports ainsi que sur le détroit d’Ormuz par lequel transite plus de 20 % du pétrole mondial. La Chine et le Japon sont les principaux pays touchés par le blocage du détroit.

Une semaine après le déclenchement des hostilités, ce détroit n’est pas réellement bloqué. L’Iran ne l’a pas miné ou fermé comme lors de la guerre avec l’Irak mais la simple menace suffit à empêcher les navires d’y passer. Les assureurs refusent que les armateurs prennent le risque d’exposer leurs bateaux à des attaques éventuelles.

Face à ce risque, les États-Unis se sont dit prêts à garantir la sécurité des navires, voire à indemniser les armateurs en cas de perte du bateau et de son chargement. Pour le moment, une centaine de navires restent bloqués en amont du détroit. Les armateurs préfèrent par ailleurs éviter la zone moyen-orientale en contournant l’Afrique, ce qui conduit à des surcoûts et des délais de transport plus importants.

D’autres produits victimes du conflit

L’aluminium a enregistré une forte hausse de son cours. La tonne d’aluminium est ainsi passée de 3 140 dollars vendredi à 3 300 dollars, son plus haut niveau depuis 2022. Les pays du Golfe persique sont des producteurs importants de ce métal. Ils représentent 8,3 % de la production mondiale d’aluminium primaire et 14,5 % des exportations mondiales selon l’International Aluminium Institute.

Cette production exige une quantité importante d’énergie, ce qui explique l’implantation de nombreuses usines d’aluminium au Moyen-Orient. Entre 13 MWh et 16 MWh d’électricité sont nécessaires pour produire une tonne de métal.

Par ailleurs, les fonderies doivent être alimentées en alumine, ingrédient de base du métal. L’industrie de la région en consomme environ 13 millions de tonnes par an, dont plus des deux tiers sont acheminés par le détroit d’Ormuz. Les fonderies disposent en moyenne de trois à quatre semaines de stocks d’alumine, ce qui leur permet d’absorber des perturbations de courte durée, mais des contraintes prolongées se traduiraient rapidement par un risque pour la production.

Une augmentation temporaire des cours

Un regain d’inflation du fait de la hausse de l’énergie et des produits importés est craint. Si la hausse est réelle, elle pourrait n’être que temporaire.

Ce conflit n’est pas de même nature que celui concernant l’Ukraine et la Russie. En 2022, ce dernier a conduit les pays occidentaux, et en premier lieu les Européens, à bannir le pétrole et le gaz russes par application de sanctions. Or l’Union européenne était alors en situation de forte dépendance vis-à-vis de la Russie : ce pays représentait alors 40 % des importations de gaz et 25 % pour le pétrole.

Aujourd’hui, la crise au Moyen-Orient ne met pas en danger l’approvisionnement européen en énergie. Elle peut certes être un réel problème pour la Chine et le Japon.

Ces deux pays pourraient compenser une partie du gaz et du pétrole passant par le détroit d’Ormuz en recourant davantage aux pipelines saoudiens et émiratis vers la mer Rouge ou l’océan Indien, en augmentant les importations russes (pour la Chine) et en diversifiant leurs approvisionnements (Afrique et États-Unis).

Les pays de l’OPEP ont indiqué être disposés à augmenter leur production. La relative modération de la Russie peut également s’expliquer par son souhait de profiter de la hausse des cours afin de financer plus aisément son effort de guerre.

La guerre en Iran devrait être relativement courte. Pour des raisons politiques, avec les élections de mi-mandat en perspective, Donald Trump souhaite sans nul doute un conflit limité dans le temps, vraisemblablement quelques mois. Les États-Unis et Israël ont a priori comme objectifs la destruction de tous les centres de recherche sur le nucléaire, des lanceurs de missiles ainsi que le changement de régime ou du moins de sa politique. Vendredi 6 mars, Donald Trump a annoncé qu’il n’arrêterait les combats qu’après la capitulation de l’Iran.

La fin de la guerre devrait se traduire par une forte baisse du cours de l’énergie, surtout si les sanctions à l’encontre de l’Iran sont levées. Le cours du baril de pétrole pourrait ainsi rapidement revenir autour de 60 dollars, qui est son prix d’équilibre actuel hors événement.

Une vague inflationniste limitée ?

Une hausse du cours de l’énergie se répercute rapidement sur les coûts de production de l’industrie, de l’agriculture et des transports. Les ménages peuvent être également touchés par la hausse du prix du chauffage. Avec l’arrivée du printemps, cet effet sera limité.

Si les prix du gaz et du pétrole restaient à leur niveau actuel jusqu’à la fin de l’année, le surcroît d’inflation pourrait être de 4 à 5 points en se fondant sur les données de 2022. Cela pourrait porter l’inflation entre 5 et 7 % en Europe. Or il est peu probable que les cours se maintiennent toute l’année à ce niveau.

L’augmentation sur l’année de l’inflation pourrait être de 1 à 2 points avec un conflit de deux mois.

Quel effet sur la croissance ?

Une hausse du cours de l’énergie provoque une diminution du pouvoir d’achat des ménages, une augmentation des coûts pour les entreprises et une dégradation de la balance commerciale. Selon l’OCDE, une hausse de 10 dollars du pétrole réduit l’activité d’environ 0,2 % dans les pays développés. Une augmentation de 20 dollars ponctionnerait 0,4 point de croissance. Pour le gaz, le doublement du prix réduirait la croissance de 0,5 à 1 point. Au total, la croissance sur l’année pourrait être amputée de 0,7 à 1,2 point. De ce fait, l’Europe entrerait en stagnation.

Il est toutefois probable que les effets de la guerre soient plus limités car, a priori, elle s’achèvera avant la fin de l’année. Une perte de croissance de 0,2 à 0,3 point est possible pour l’Europe.

Les conséquences pour les finances publiques

La guerre en Iran a plusieurs effets sur les finances publiques des pays occidentaux. La possible réduction de la croissance pèsera sur les recettes quand, dans le même temps, les dépenses augmentent, en particulier celles liées à la défense. Il en résulte une possible aggravation des déficits publics. Les taux d’intérêt des obligations souveraines pourraient ainsi augmenter. Ceux-ci sont déjà orientés à la hausse depuis le déclenchement des opérations militaires, les investisseurs intégrant la hausse des prix. Ils ont pris en moyenne 30 points de base durant la première semaine de conflit. Cette hausse des taux accroît le service de la dette, or celui-ci est déjà en forte augmentation compte tenu du niveau élevé d’endettement d’un grand nombre d’États occidentaux. Comme pour l’inflation, un recul des taux pourrait intervenir avec la fin du conflit.

Des marchés financiers touchés mais pas coulés

Le déclenchement du conflit a provoqué un recul des indices actions sur toutes les grandes places sans provoquer de krach. Les investisseurs craignent une hausse des prix et une réduction de la croissance. Le Moyen Orient est pour certains secteurs une région clef : luxe, aéronautique, infrastructures, énergie. De ce fait, de nombreuses valeurs sont touchées par le conflit en cours. L’évolution des marchés dépendra à terme de celle du conflit et surtout de sa durée. Les valeurs de l’industrie de l’armement devraient poursuivre leur hausse.

L’indice Nikkei a reculé lors de la première semaine de conflit de près de 3 %. Le principal indice de la bourse de Hong Kong, le HK50, a baissé de 3,5 %. La chute de l’indice parisien, le CAC 40, est plus forte, près de 6 %, quand le recul du S&P 500 américain est plus limité, autour de 1 %.

Le cours de l’or varie peu depuis le conflit et reste nettement en dessous de son record de début d’année. Vendredi 6 mars, l’once s’échangeait contre un peu plus de 5 000 dollars. Les investisseurs privilégient les liquidités pour rester mobiles.

De son côté, le bitcoin a retrouvé quelques couleurs en repassant au-dessus de 70 000 dollars.

La devise américaine joue son rôle de valeur refuge en période de conflit. Elle a ainsi regagné près de 1,5 % par rapport à l’euro entre le 28 février et le 6 mars.

Conclusion

À court terme, la guerre en Iran agit avant tout comme un choc d’incertitude pour l’économie mondiale. Les marchés réagissent moins à la destruction effective des capacités énergétiques qu’au risque de perturbation des flux commerciaux, en particulier à travers le détroit d’Ormuz. Pour l’Europe, la situation apparaît moins critique qu’en 2022 lors de la rupture énergétique avec la Russie. La diversification des approvisionnements énergétiques limite les risques de pénurie. En revanche, la hausse des prix de l’énergie pourrait peser temporairement sur la croissance et alimenter un regain d’inflation. L’effet final dépendra essentiellement de la durée du conflit. Une guerre brève provoquerait un choc inflationniste limité et transitoire. En revanche, une extension régionale durable transformerait ce conflit en véritable choc énergétique mondial, susceptible de ralentir significativement la croissance internationale.

Dans un contexte déjà marqué par les tensions commerciales, la fragmentation géopolitique et l’endettement public élevé, la guerre en Iran rappelle une nouvelle fois la vulnérabilité de l’économie mondiale aux crises géopolitiques touchant les grandes routes de l’énergie.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
6 mars 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 993,49-7,10 %8 149,507 380,74
Dow Jones47 501,55-2,87 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 740,02-2,02 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite22 387,68-1,24 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 547,51-6,75 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 284,75-5,74 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 719,90-7,00 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)55 620,84-2,97 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 124,19+0,16%3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,512 %-0,294 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,862 %+0,226 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,129 %+0,161 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1599-1,(3 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars5 151,80-0,10 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars93,27+27,84 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars68 030,8811+4,58 %87 566,440693 776,61

Le Coin des Epargnants du 20 février 2026 – Droits de douane : un coup de tonnerre qui profite au CAC 40

La Cour suprême des États-Unis a jugé, vendredi 20 février, que le président avait outrepassé son autorité en imposant ses droits de douane « réciproques ». L’ensemble des tarifs mis en place en s’appuyant sur une déclaration d’urgence nationale est concerné. Selon la Cour, la loi IEEPA, qui a servi de fondement juridique aux mesures de relèvement de nombreux droits de douane, ne confère pas ce pouvoir au président. Six des neuf juges nommés à vie se sont joints à la décision, tandis que trois juges parmi les plus conservateurs s’y sont opposés. Les droits de douane « réciproques », qui ont rapporté plus de 75 milliards de dollars à l’État américain, sont ainsi supprimés. La Cour n’a pas indiqué la manière dont les remboursements des droits de douane versés devront être gérés. Donald Trump devra passer par d’autres voies pour relever les tarifs, notamment par le Congrès. Une course contre la montre s’engage, car les élections de mi-mandat se tiendront en novembre, et pourraient, en l’état actuel de l’opinion, être défavorables aux Républicains.

Le CAC 40 au-dessus des 8 500 points

Les investisseurs ont réagi favorablement à la décision de la Cour suprême, les principaux indices actions progressant après son annonce. Les valeurs des entreprises exportatrices vers les États-Unis (Pernod Ricard, Hermès, LVMH au sein du CAC 40) ont enregistré de fortes hausses. Le CAC 40, pour la première fois de son histoire, termine au-delà des 8 500 points (8 511,74). Sur la semaine, l’indice parisien a gagné près de 2,4 %.

Une croissance américaine décevante en fin d’année

La décision de la Cour suprême a éclipsé les mauvais résultats de l’économie américaine à la fin de l’année 2025. La croissance s’est élevée à 1,4 % en rythme annualisé au dernier trimestre, selon une première estimation, soit un taux deux fois inférieur à celui anticipé par le marché et très loin des 4,4 % enregistrés au troisième trimestre. L’activité a été freinée, au dernier trimestre, par un ralentissement de la consommation et par le shutdown de l’automne. Sur l’ensemble de l’année 2025, la première économie mondiale a progressé au rythme de 2,2 %, contre 2,8 % en 2024.

Côté inflation, la hausse des prix mesurée par l’indice PCE s’est accélérée plus que prévu, d’un dixième de point, avec un indice global à 2,9 % sur un an en décembre et à 3 % en données « core », c’est-à-dire hors alimentation et énergie. Ce contexte inflationniste rend plus complexe toute nouvelle baisse des taux directeurs de la Fed.

Le pétrole en hausse avec les nouvelles menaces américaines

Après les nouvelles déclarations de l’administration américaine sur les négociations avec l’Iran, les cours du pétrole ont fortement progressé, le baril de Brent passant au-dessus des 70 dollars, en hausse de plus de 5 % sur la semaine. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré, mercredi 18 février, qu’« il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran ». Mardi 17 février, le vice-président américain JD Vance avait souligné que les divergences persistaient sur les « lignes rouges » américaines. Dans le même temps, l’Iran avait assuré s’être entendu avec Washington sur « un ensemble de principes directeurs ».

La poursuite du déploiement de l’armée américaine au Moyen-Orient inquiète les acteurs du marché pétrolier. Les États-Unis mettent en place dans la région une imposante force de frappe, avec des navires et des avions de guerre par dizaines. Le pays dispose également de dizaines de milliers de soldats dans des bases militaires autour de l’Iran. Le principal risque pour le marché pétrolier, en cas d’escalade militaire, serait le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % de la production mondiale. Les opérateurs s’inquiètent aussi du devenir des infrastructures d’hydrocarbures de l’Iran, l’un des dix premiers producteurs de pétrole au monde. D’autres pays, comme l’Irak, les Émirats arabes unis ou le Koweït, pourraient être touchés en cas de conflit militaire.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
20 février 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 511,74+2,38 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 625,97+0,16 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 909,51+0,97 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite22 886,07+1,46 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 247,15 +1,46 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 683,14+2,39 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 131,31+2,32 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)56 825,70-1,43 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 082,07-1,12 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,302 %-0,043 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,739 %-0,023 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,096 %+0,039 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1778 -0,96 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars5 063,27-0,61 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars71,35+5,39 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars67 684,1055-2,52 %87 566,440693 776,61

La hausse du service de la dette en France

En 2020, le service de la dette de l’État (c’est-à-dire le paiement des intérêts) représentait 36,2 milliards d’euros. À l’époque, l’État empruntait à des taux négatifs, ce qui a conduit certains à affirmer qu’il ne devait pas hésiter à s’endetter, oubliant que le capital ainsi emprunté serait remboursé quelques années plus tard par l’émission de nouvelles obligations bien plus coûteuses.

Avec la hausse des taux, le service de la dette progresse année après année. Il a franchi la barre des 50 milliards d’euros en 2022. En 2026, il sera proche de 60 milliards d’euros. Compte tenu de l’évolution de la dette publique et des taux d’intérêt, il pourrait atteindre 70 milliards d’euros en 2027 et dépasser 90 milliards d’euros en 2029.

Cercle de l’Epargne – données Banque de France

Ce qui est petit est beau !

Après cinq ans de contre-performance, les petites capitalisations apparaissent comme des placements actuellement plus rentables que les grandes valeurs cotées au CAC 40 ou à l’Euro Stoxx 50. L’indice MSCI Europe Small Cap, qui mesure la performance de près de 400 entreprises européennes dont la capitalisation est inférieure à 10 milliards d’euros (à l’exception d’une qui dépasse légèrement ce seuil), a progressé de 5 % depuis janvier. L’indice plus large MSCI Europe a, quant à lui, gagné 4 % cette année.

Les petites capitalisations bénéficient d’un environnement économique plus porteur. Leur activité étant essentiellement européenne, elles profitent de la reprise de l’économie, dopée notamment par le plan de relance allemand. En 2026, la croissance en zone euro est attendue à 1,2 %, selon le consensus des économistes interrogés par Bloomberg.

Dans ce contexte, en 2026, le consensus des analystes anticipe une hausse de plus de 20 % pour les poids légers de la cote, contre 11 % pour les grands groupes. Les « small caps » demeurent bon marché, avec une valorisation boursière inférieure à leur moyenne historique et à celle des grandes capitalisations.

Les petites valeurs sont moins exposées aux États-Unis et aux risques de perturbation liés à l’IA. Malgré cela, au sein des small caps, Paris et Francfort sont à la traîne. En France, l’incertitude politique et les mesures fiscales pèsent sur les marchés. En Allemagne, l’exposition à l’industrie et aux exportations explique la faible progression. Pour le moment, les petites valeurs espagnoles et celles d’Europe centrale ou orientale se montrent plus dynamiques.

Le Coin des Epargnants du 7 février 2026 : l’IA et le bitcoin à la peine

Intelligence artificielle : le retour de la raison ?

Cette semaine, les marchés financiers ont évolué au gré des négociations américano-iraniennes. Les investisseurs se sont montrés plus circonspects face à l’intelligence artificielle dont les besoins de capitaux commencent  à alarmer.

Malgré tout, la Bourse de Paris a gagné 1,75 % sur la semaine qui a été par ailleurs marquée par la chute du cours de Stellantis. Cette baisse est liée à l’annonce surprise de l’engagement d’une restructuration s’accompagnant de charges exceptionnelles de 22,2 milliards d’euros au second semestre. Les prévisions laissent entrevoir une nouvelle fois une consommation de trésorerie en 2026, l’année 2027 restant « très incertaine. Le cours de la Société générale a également perdu du terrain après la publication d’une note d’analyse des résultats à venir qui n’a pas convaincu. Il faut néanmoins souligner que ces 12 derniers mois, le cours de la Société générale avait progressé de plus de 100 %. Les grandes entreprises du bâtiment et des travaux publics comme Eiffage ou Vinci ont enregistré une hausse du cours de leurs actions après la publication de comptes annuels encourageants ?

A Wall Street, le Nasdaq a baissé sur la semaine de plus de 2 % avec les doutes qui se multiplient au sujet de l’intelligence artificielle.

Révision de jugement sur l’IA

Les valeurs de la tech américaines poursuivent leur baisse après avoir atteint des sommets déraisonnables à la fin de l’année dernière. En un mois, le Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques américain, a reculé de plus de 4 %. Les investisseurs doutent de la rentabilité des investissements réalisés par les entreprises engagées dans la bataille de l’intelligence artificielle. Ce n’est pas une remise en cause totale. Ils se montrent simplement plus sélectifs que par le passé dans le choix des valeurs. Les valeurs de la tech coréennes et japonaises sont les grandes gagnantes de ce changement d’optique de la part des investisseurs.

En ce début d’année 2026, les entreprises de l’IA recherchent des liquidités par tous les moyens afin de financer leurs investissements gargantuesques. Dans cet esprit, Elon Musk a annoncé la fusion de deux de ses sociétés, SpaceX et xAI. Cette nouvelle entreprise, valorisée à 1 250 milliards de dollars d’après la presse américaine, devrait être introduite en Bourse au cours de l’été. Ce regroupement est justifié par les pertes de xAI, qui ont dépassé 8 milliards de dollars en 2025 pour un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars. Pour faire face à ses besoins d’investissement dans les datacenters, la société avait levé, en janvier, 20 milliards de dollars. En l’associant à SpaceX, Elon Musk espère profiter d’une force de frappe plus importante pour attirer de nouveaux investisseurs, l’objectif étant de lever 50 milliards de dollars supplémentaires.

La recherche de capitaux concerne également OpenAI, à l’origine de ChatGPT. Longtemps adossée à Microsoft, la société de Sam Altman est devenue une entité quasi indépendante fin 2025. Elle cherche actuellement à lever plusieurs dizaines de milliards de dollars. Un projet de participation de Nvidia à hauteur de 100 milliards de dollars est en suspens. Du côté d’Anthropic, une nouvelle levée de fonds de plusieurs milliards de dollars est également prévue dans les semaines à venir.

Alphabet, qui était parti en retard dans le développement de l’IA, semble en meilleure situation que ses concurrentes grâce à l’abondance de ses réserves financières, à la possession de nombreux datacenters et à la solidité de son cloud. L’entreprise française Mistral, dont la valorisation dépasse 12 milliards d’euros, a effectué en 2025 des levées de fonds à hauteur de 7 milliards d’euros, en recul par rapport à 2024. La nécessité de nouveaux partenaires s’impose à moyen terme afin de permettre le développement de la start-up européenne.

L’or a-t-il fini de briller ?

La nomination de Kevin Warsh à la tête de la FED a rassuré les investisseurs et a conduit à une légère appréciation du dollar. Les craintes d’une mainmise de la banque centrale américaine par Donald Trump se sont atténuées, tout comme les tensions géopolitiques concernant une éventuelle intervention des États-Unis en Iran. Ce changement de contexte a contribué à la baisse du cours de l’or. Des prises de plus-values expliquent également la forte diminution du métal précieux. Ce mouvement rappelle que ce dernier est avant tout un placement spéculatif, qui ne rapporte ni intérêt ni dividendes.

Crise de nerfs sur le bitcoin ?

En un mois, le cours du bitcoin en dollars a perdu 25% ; sur six mois, la perte atteint 40 %. Vendredi 6 février, il s’échangeait contre 71 000 dollars loin de son record de 126 000 dollars du 6 octobre 2025. Après l’euphorie qui avait suivi la réélection de Donald Trump, le marché du bitcoin est rattrapé par la volatilité des cours, sur fond d’aversion au risque, de liquidations massives liées à des paris à la hausse et de reflux du soutien institutionnel.

Les investisseurs tendent à revenir aux fondamentaux en période de tensions géopolitiques. Par ailleurs, ils réexaminent leurs positions sur les valeurs technologiques américaines ; or, il existe une corrélation entre le Nasdaq et les cryptoactifs. Selon une étude de la Deutsche Bank, lors des phases de stress observées ces dernières années, le bitcoin a systématiquement enregistré des performances inférieures à celles des actions américaines et de l’or.

La baisse du bitcoin est accentuée par l’effet de levier, très utilisé sur les marchés de produits dérivés. Lorsque le bitcoin est passé sous les 70 000 dollars, de nombreux investisseurs ayant acheté à crédit ont été contraints de vendre automatiquement pour limiter leurs pertes. Ces ventes forcées ont provoqué plus d’un milliard de dollars de liquidations en vingt-quatre heures, principalement sur des paris haussiers.

En 2025, la hausse du bitcoin avait été largement portée par le succès des ETF bitcoin au comptant américains, utilisés par les gestionnaires d’actifs. Ces produits, dominés par des acteurs comme BlackRock ou Fidelity, avaient fortement contribué à la hausse des cours des cryptoactifs. La dynamique s’est depuis inversée. En janvier 2026, les ETF bitcoin au comptant ont enregistré près de 2 milliards de dollars de sorties nettes, selon Bloomberg, après environ 5 milliards de dollars de retraits cumulés sur les trois mois précédents. Une poursuite de la baisse pourrait s’autoalimenter et « forcer des ventes à l’échelle de l’écosystème crypto », fragilisant les entreprises et les intermédiaires les plus exposés. Le marché n’étant pas régulé, les enchaînements pourraient être brutaux.

Face au « krach rampant » des cryptos — une perte de plus de 20 % de leur valeur sur plusieurs séances —, le sénateur américain Sherman a interrogé le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, sur une éventuelle intervention de l’administration américaine en cas de faillites d’établissements financiers. Ironie de l’histoire, en 2008, Satoshi Nakamoto avait créé le bitcoin de manière décentralisée pour échapper aux ingérences publiques jugées pernicieuses. Le secrétaire au Trésor a indiqué qu’il n’avait pas le pouvoir d’intervenir sur le marché des cryptos, tout en reconnaissant que les États-Unis détenaient des bitcoins. Le pays dispose d’un fonds stratégique en bitcoins (198 000 unités), alimenté par les saisies de cryptos opérées par la justice américaine. Mais compte tenu de ses réserves limitées et de son statut, ce fonds n’a pas vocation à intervenir pour soutenir les cours lors des crises et des krachs. Le Trésor peut intervenir sur le marché des changes pour soutenir ou faire baisser le dollar, mais pas le bitcoin.

Le directeur du Trésor a indiqué que, pour son administration, le bitcoin n’est pas un « actif systémique » pour le système financier américain. La capitalisation totale des cryptos, de l’ordre de 2 430 milliards de dollars, représente environ la moitié de celle de Nvidia (4 240 milliards). Un bitcoin à zéro entraînerait certes des faillites en série dans le secteur des cryptos et pour les investisseurs. Il provoquerait des effets de contagion sur les autres marchés, mais sans remettre en cause la stabilité financière. Si les banques proposent des cryptos à leurs clients, elles ne spéculent pas sur ces actifs pour leur propre compte. Ils ne figurent pas dans leurs bilans, contrairement aux crédits hypothécaires à risque, les subprimes, qui avaient implosé en 2007 et 2008.

Malgré tout, une crise sur les cryptos aurait des incidences financières, en particulier sur les Treasuries, obligations du Trésor américain servant de garanties aux stablecoins. La vente des Treasuries appelés en garantie ferait remonter les taux d’intérêt. Ce lien pourrait, en théorie, contraindre le Trésor à acheter des bitcoins. Une telle intervention publique signifierait la fin de l’indépendance de la première des cryptoactifs.

Statu quo monétaire pour la BCE sur fond de baisse des prix

Après la FED la semaine dernière, c’est au tour de la BCE d’opter pour la prudence en ne changeant rien. Le Conseil des gouverneurs a ainsi décidé, jeudi 5 février, de laisser inchangés pour la cinquième fois consécutive les taux directeurs. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %. Cette décision était attendue. Il n’y avait pas de raisons évidentes pour abaisser les taux. L’activité économique et le marché du travail résistent bien, malgré de fortes incertitudes dans l’environnement géopolitique. L’annonce de la nomination de Kevin Warsh — jugé le plus indépendant parmi les candidats — pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine a été bien accueillie par les dirigeants de la BCE.

Avec la hausse de l’euro et la faiblesse des prix de l’énergie, l’inflation est en recul. Elle est désormais inférieure à la cible de 2 % fixée par la BCE. Elle s’est établie à 1,7 % sur douze mois glissants en janvier, son plus bas niveau depuis septembre 2024. Sur un mois, de décembre à janvier, les prix à la consommation de la zone euro ont reculé de 0,5 %. Pour le moment, la BCE ne considère pas cette faible inflation comme dangereuse, car elle est largement liée à des effets de base : les prix de l’énergie étaient nettement plus élevés il y a un an. Néanmoins, l’inflation sous-jacente — retraitée des prix très volatils de l’énergie et de l’alimentation — a baissé plus qu’attendu. La croissance des salaires tend à ralentir. Les banques européennes commencent à durcir leurs conditions d’octroi de prêts aux entreprises. En cas d’accentuation de ces phénomènes, une baisse des taux directeurs pourrait se justifier. Le rendez-vous de mars pour le Conseil des gouverneurs sera important, car il sera accompagné de la publication des projections économiques de la banque centrale.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
6 février 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 273,84+1,75 %8 149,507 380,74
Dow Jones50 115,67+1,43 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 932,30-0,63 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite23 031,21-2,38 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 719,80+0,36 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 369,75+1,43 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 998,40+0,79 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)54 253,68+1,73 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 065,58-1,80 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,447 %+0,020 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,844 %-0,001 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,215 %-0,034 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1816-1,88 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 959,49 -4,76 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars68,70 -3,45 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars71 327,7039-16,95 %87 566,440693 776,61

La Minute du Cercle du 2 février 2026

Tensions géopolitiques : stop and go

Comme souvent, après les menaces, Donald Trump temporise. L’Iran n’échappe pas à la règle. Durant le week-end, il a indiqué que le canal diplomatique était toujours ouvert. Conséquence : le pétrole, qui avait franchi la barre des 70 dollars en fin de semaine dernière, est revenu à 65 dollars lundi (baril de Brent).

La hausse de l’euro

En un an, l’euro a gagné 13 % par rapport au dollar. Dans les faits, la monnaie commune a retrouvé son cours moyen sur vingt-cinq ans. Elle avait été fortement pénalisée par l’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine. La baisse des taux directeurs de la Fed, les velléités de remise en cause de l’indépendance de celle-ci par Donald Trump, ainsi que l’amélioration de la conjoncture en Europe expliquent ce retour en grâce de l’euro. Certains préconisent de couvrir le risque de change sur les placements américains. Il est, en effet, probable que l’euro évolue autour de 1,2 à 1,3 dollar dans les prochains mois. Couvrir les titres américains constitue donc une option.

Un nouveau président pour la Fed

Donald Trump a désigné Kevin Warsh comme futur président de la Fed, en remplacement de Jerome Powell. Ce dernier n’avait pas été retenu en 2018, dans la dernière ligne droite, au profit de l’actuel président. Pour être définitivement nommé, Kevin Warsh devra encore recevoir l’accord du Sénat.

Kevin Warsh est trumpiste, mais c’est également un pur produit de l’élite universitaire américaine. Né dans l’État de New York, il a fait ses études à l’université Stanford, en Californie, puis à Harvard, dans le Massachusetts. Il a travaillé pendant sept ans, de 1995 à 2002, au sein de la banque Morgan Stanley, à New York, dans le département des fusions-acquisitions. En 2006, il a été membre de la Fed en tant que gouverneur. À 35 ans, il était le plus jeune membre jamais désigné au Conseil, composé de sept personnes, qui dirige l’institution. Il a alors traversé la crise des subprimes. Depuis 2011, Kevin Warsh partage son temps entre un poste de chercheur invité à Stanford et des sièges dans plusieurs conseils d’administration.

Après avoir été favorable au libre-échange, Kevin Warsh a soutenu la hausse des droits de douane. Il a appelé de ses vœux un changement d’orientation de la politique monétaire de la Fed, avec à la clé une baisse des taux directeurs. Il avait néanmoins jugé, en 2025, que celle-ci était responsable de l’inflation en raison de sa politique accommodante.

Made in Europa

Dans un monde marqué par la montée des droits de douane, l’Europe entend défendre son modèle. Le risque est toutefois de tomber elle-même dans les travers d’une spirale protectionniste. Sur ce thème, le vice-président exécutif de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, a appelé, dans une tribune publiée par Les Échos le lundi 2 février, cosignée par 1 141 chefs et dirigeants d’entreprise, à « établir une véritable préférence européenne dans nos secteurs les plus stratégiques ». Il plaide également pour une simplification administrative et une accélération du processus de réalisation d’un véritable marché unique.

Le Coin des Epargnants du 30 janvier 2026 – Prudence à tous les étages

Les marchés rattrapés par les tensions géopolitiques

À la Bourse de Paris, l’ambiance, en ce début d’année, est morose. Les menaces de Donald Trump concernant le Groenland et son projet de reconstruction de Gaza ont pesé sur le moral des investisseurs. L’évolution de la politique monétaire américaine est également devenue un sujet d’inquiétude. Le CAC 40 a ainsi reculé de 0,28 % en clôturant vendredi 30 janvier à 8 126,53 points. Preuve que, malgré le plan de l’OTAN concernant le Groenland, les tensions entre les États-Unis et leurs alliés demeurent prégnantes, la France, dans une stratégie de préservation de sa souveraineté, a bloqué le processus de vente des antennes de réception au sol de l’opérateur de satellites Eutelsat au fonds d’investissement américain EQT Infrastructure VI. Les grands indices américains ont également fait, en janvier, du surplace. Le Nasdaq a progressé, en janvier, de moins de 0,5 %, tout comme le S&P 500.

Cette semaine, le prix du baril de pétrole (Brent) a dépassé les 70 dollars. Sur un mois, la hausse atteint 14 %. La menace d’intervention américaine en Iran est la principale raison de cette augmentation. Non seulement l’Iran fait partie des dix principaux producteurs d’or noir, mais il est aussi riverain du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de brut. En plus du risque en Iran, les cours sont orientés à la hausse par les perturbations concernant le principal champ pétrolier au Kazakhstan et les problèmes rencontrés par la production américaine de brut à cause de la vague de froid qui s’est abattue sur le pays.

Sur le front des obligations souveraines, avec l’adoption du budget à l’Assemblée nationale, le taux de l’OAT française à dix ans est revenu en dessous de celui de son homologue italien.

Baisse du dollar, hausse de l’or

L’euro a, dans la semaine, dépassé 1,20 dollar (1,2045 dollar) pour la première fois depuis mai 2021. Donald Trump se réjouit de la dépréciation de la monnaie américaine, qui inquiète pourtant les milieux financiers et Wall Street. Le président américain défend l’idée d’un dollar faible pour favoriser les exportations de son pays. À contrario, les investisseurs craignent un krach sur le dollar, qui serait un tsunami financier. La première monnaie mondiale a, par rapport aux autres grandes devises, perdu près de 10 % en 2025. Par rapport à l’euro, elle s’est dépréciée l’année dernière de plus de 13 %. Sur le premier mois de l’année 2026, le recul est de 2 %. La baisse du dollar s’accompagne de la hausse de l’or, qui joue ainsi son rôle traditionnel. L’once d’or a ainsi franchi la barre symbolique des 5 000 dollars, puis celle des 5 500. En un an, le métal précieux a gagné plus de 100 % et plus de 28 % sur un an. La permanence des menaces géopolitiques et les craintes de remise en cause de l’indépendance de la banque centrale américaine concourent à ce double mouvement : baisse du dollar et hausse de l’or.

La hausse de la monnaie unique par rapport au billet vert a renforcé le taux de change global de la devise européenne (par rapport aux devises de ses partenaires commerciaux).

Cercle de l’Épargne – données BCE

À la différence de Donald Trump, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, s’exprime rarement sur l’euro, et jamais sur son niveau, sa surévaluation ou sa sous-évaluation. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a récemment souligné que « nous suivons avec attention cette appréciation de l’euro », tout en rappelant que l’Eurosystème n’a pas d’objectif de taux de change. Un euro fort réduit l’inflation en diminuant le prix des produits importés, dont le pétrole ou le gaz, mais dégrade la compétitivité-prix des exportations en dehors de la zone euro.

Une baisse logique du dollar

Avec un déficit commercial élevé, il est logique que la monnaie américaine se déprécie. À contrario, l’euro doit s’apprécier, en raison d’un excédent commercial qui devrait dépasser 170 milliards d’euros. Le président américain estime de longue date que l’Europe, la Chine et le Japon manipulent le cours de leur devise afin de gagner des parts de marché aux États-Unis. Son jugement sur l’euro est exagéré. En effet, la faiblesse de la monnaie commune, ces dernières années, était liée à la guerre en Ukraine et aux divisions au sein de l’Union européenne. Celle-ci a été fortement exposée à la hausse des cours de l’énergie avec la remise en cause des livraisons de pétrole et de gaz en provenance de la Russie. Les investisseurs ont réduit leurs engagements en euros du fait de la proximité du conflit ukrainien. Le dollar a, depuis l’épidémie de Covid, joué son rôle de valeur refuge. Il bénéficie également de la forte croissance de l’économie des États-Unis et de la forte rentabilité du capital investi dans ce pays.

La position du président américain n’est pas en soi absurde. Le dollar était sans nul doute surévalué. Mais en jouant la baisse du dollar, il risque en revanche de favoriser l’inflation et, par voie de conséquence, de dissuader la Fed de baisser ses taux, voire de l’encourager à les remonter en 2026.

Une Europe : bonne ou mauvaise nouvelle ?

La hausse de l’euro est perçue de manière négative, tout particulièrement en France. Or, celle-ci contribue à réduire le coût des importations, en particulier celles des produits énergétiques (pétrole, gaz), qui avaient pénalisé, ces dernières années, l’économie européenne. Certes, cette hausse renchérit le prix des exportations en dehors de la zone euro exprimées en dollars, mais, en revanche, elle réduit le coût des intrants importés. La France, qui exporte peu en dehors de la zone euro, serait moins pénalisée que l’Allemagne ou l’Italie. En France, les secteurs les plus exposés sont l’aéronautique et le luxe, mais les entreprises concernées ont recours à des couvertures de change.

Pour l’Europe, un euro à 1,2 dollar pourrait provoquer une diminution de l’inflation de 0,3 point. Depuis 2022, nombreux sont ceux qui se sont plaints de la hausse des prix, et tout particulièrement de celle de l’essence et du gaz. En ce qui concerne la croissance, certains experts estiment un manque à gagner de 0,2 point. Cette prévision est en partie contestable en raison de l’avantage généré par la baisse des cours et de l’amélioration du solde des échanges.

Taux directeurs : statu quo aux États-Unis

La banque centrale américaine a maintenu, mercredi 28 janvier, ses taux d’intérêt directeurs inchangés, dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %. Il s’agit d’une deuxième suspension dans son cycle d’assouplissement monétaire engagé en 2024, malgré les vives pressions de Donald Trump.

Pour justifier sa décision, l’économie américaine « a crû à un rythme solide l’an dernier », a rappelé Jerome Powell lors de sa conférence de presse. Le taux de chômage « demeure relativement stable » malgré des créations d’emplois toujours atones. L’inflation « cœur » est ressortie à 3 % l’an dernier selon les premières estimations, tirée « par l’inflation des biens, alimentée par les tarifs », tandis que la désinflation se poursuit dans les services, a poursuivi le président de la Fed.

Le président de la banque centrale américaine estime que les tensions inflationnistes pourraient s’accroître en raison de la bonne tenue de l’activité en fin d’année et des pénuries de main-d’œuvre provoquées par la politique de lutte contre l’immigration de Donald Trump.

Les trois baisses décidées en fin d’année dernière devaient permettre de soutenir l’économie avec une réduction du coût du crédit. La Fed se situe dans une position inconfortable, tant sur le plan économique que politique. Les États-Unis bénéficient d’une forte croissance, mais sans créer beaucoup d’emplois, avec des risques de redémarrage de l’inflation. Par ailleurs, le président américain multiplie les pressions peu amicales sur les membres du Comité de politique monétaire afin qu’ils réduisent les taux directeurs d’ici les élections de mi-mandat. Le conflit avec la Maison-Blanche s’est désormais déplacé devant les tribunaux. La conférence de presse de Jerome Powell ce mercredi représentait sa première intervention publique après le lancement d’investigations criminelles à son encontre par des procureurs fédéraux nommés par Trump. Il s’est également déplacé pour soutenir l’une des membres de la Fed, Lisa Cook, à la Cour suprême, celle-ci étant chargée de se prononcer sur la légalité de son renvoi sommaire de son poste de gouverneure par Donald Trump. « Il s’agit du plus important procès de l’histoire de la Fed », a simplement observé Jerome Powell pour expliquer son déplacement.

Un nouveau président pour la Fed

La politique monétaire de la banque centrale américaine pourrait évoluer au mois de mai avec l’entrée en fonction du nouveau président, Kevin Warsh. Celui-ci a été nommé par Donald Trump le vendredi 31 janvier. Dans sa déclaration de nomination, Donald Trump a insisté sur la fidélité de Kevin Warsh, allusion évidente à Jerome Powell. Pour remplacer ce dernier, Donald Trump a fait du soutien à la baisse des taux d’intérêt l’un de ses critères clés. Kevin Warsh est considéré comme un partisan de la baisse des taux directeurs. Sa nomination devra être confirmée par le Sénat.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
30 janvier 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 126,53-0,19  %8 149,507 380,74
Dow Jones48 892,47-0,48 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 939,03+0,11 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite23 461,82+0,00 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 515,73-1,55 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 223,54+0,69 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 947,81-0,01 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)53 322,85+0,63 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 117,95+0,10 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,427 %-0,068 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,845 %-0,058 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,249 %-0,009 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1872+1,42 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 928,02+5,18 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars70,80 +6,86 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars82 681,4827-7,25 %87 566,440693 776,61

1er février : les nouveaux taux de l’épargne réglementée

 Nouveaux taux
àcompter du 01/02/26
Ancien taux
Livret A1,51,7
LDDS1,51,7
LEP2,52,7
Livret JeuneAu minimum 1,5Au minimum 1,7
Compte Epargne Logement1,251

Pour mémoire, le 1er janvier 2026, le taux du Plan d’Epargne Logement était passé de 1,75 à 2 %.

Le coin des épargnants du 9 janvier 2026 : pluie de records

Un début en fanfare

En 2026, il a fallu attendre neuf jours pour que le CAC 40 batte un nouveau record. Il a dépassé en clôture 8 362 points, dans le sillage des sommets atteints en ce début d’année par les Bourses mondiales. Le précédent plus haut de l’indice parisien remontait au mois de novembre dernier. Le CAC 40 est soutenu par deux thèmes porteurs de ce début d’année : la défense, dans un contexte d’incertitude géopolitique, et les microprocesseurs. Depuis le début de l’année, Thales a enregistré une hausse de 15 %, tandis que Safran et Airbus ont gagné respectivement 6 % et 8 %. Les valeurs de la défense représentent 14 % de l’indice CAC 40. De son côté, STMicroelectronics a progressé de 10 %. La demande pour les puces mémoires, produites notamment par le groupe français, est en forte augmentation, toujours en lien avec l’intelligence artificielle.

La progression du CAC 40 pourrait se poursuivre. Les bénéfices des entreprises de la cote parisienne devraient augmenter de 15 % après trois ans de stagnation, selon des données Bloomberg, un chiffre supérieur à la croissance des bénéfices attendue pour le STOXX 600 (+10 %). Progressivement, la place de Paris se découple des soubresauts de la vie politique française, avec les questions liées au budget et à l’adhésion au Mercosur.

Les autres grands indices européens ont également, cette semaine, battu des records, qu’il s’agisse du Dax allemand, du Footsie britannique ou de l’Ibex 35 espagnol.

L’or au plus haut

L’or devrait baisser, mais il continue de monter, déjouant tous les pronostics ou presque. La destitution du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son extradition forcée aux États-Unis, les déclarations de Donald Trump concernant la Bolivie, Cuba et le Groenland ont provoqué une nouvelle hausse du métal jaune. Les investisseurs, à la recherche de stabilité, réduisent leur exposition aux actifs libellés en dollars.

Petite hausse du pétrole L’intervention de Donald Trump au Venezuela, dont la production de pétrole est d’un million de barils par jour, loin de ses sommets des années 1990 (plus de 3 millions), n’a pas eu de réelles incidences sur le cours de l’or noir. La hausse a été, sur la semaine, inférieure à 5 %. La volonté du président américain de faire main basse sur le pétrole de ce pays pourrait, à terme, se traduire par une augmentation de l’offre. Les États-UnisUn début en fanfare

En 2026, il a fallu attendre neuf jours pour que le CAC 40 batte un nouveau record. Il a dépassé en clôture 8 362 points, dans le sillage des sommets atteints en ce début d’année par les Bourses mondiales. Le précédent plus haut de l’indice parisien remontait au mois de novembre dernier. Le CAC 40 est soutenu par deux thèmes porteurs de ce début d’année : la défense, dans un contexte d’incertitude géopolitique, et les microprocesseurs. Depuis le début de l’année, Thales a enregistré une hausse de 15 %, tandis que Safran et Airbus ont gagné respectivement 6 % et 8 %. Les valeurs de la défense représentent 14 % de l’indice CAC 40. De son côté, STMicroelectronics a progressé de 10 %. La demande pour les puces mémoires, produites notamment par le groupe français, est en forte augmentation, toujours en lien avec l’intelligence artificielle.

La progression du CAC 40 pourrait se poursuivre. Les bénéfices des entreprises de la cote parisienne devraient augmenter de 15 % après trois ans de stagnation, selon des données Bloomberg, un chiffre supérieur à la croissance des bénéfices attendue pour le STOXX 600 (+10 %). Progressivement, la place de Paris se découple des soubresauts de la vie politique française, avec les questions liées au budget et à l’adhésion au Mercosur.

Les autres grands indices européens ont également, cette semaine, battu des records, qu’il s’agisse du Dax allemand, du Footsie britannique ou de l’Ibex 35 espagnol. L’Eurostoxx 50 s’est approché en fin de semaine des 6000 points. Les indices américains ont également démarrer sur les chapeaux de roue. Le Nasdaq a progressé sur la semaine de plus de 2 % et

L’or au plus haut

L’or devrait baisser, mais il continue de monter, déjouant tous les pronostics ou presque. La destitution du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son extradition forcée aux États-Unis, les déclarations de Donald Trump concernant la Bolivie, Cuba et le Groenland ont provoqué une nouvelle hausse du métal jaune. Les investisseurs, à la recherche de stabilité, réduisent leur exposition aux actifs libellés en dollars.

Petite hausse du pétrole

L’intervention de Donald Trump au Venezuela, dont la production de pétrole est d’un million de barils par jour, loin de ses sommets des années 1990 (plus de 3 millions), n’a pas eu de réelles incidences sur le cours de l’or noir. La hausse a été, sur la semaine, inférieure à 5 %. La volonté du président américain de faire main basse sur le pétrole de ce pays pourrait, à terme, se traduire par une augmentation de l’offre. Les États-Unis pourraient ainsi contrôler l’une des principales réserves supposées de pétrole.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
9 janvier 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 362,09+1,85 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 504,07+2,33 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 966,28+1,70 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite23 702,88+2,01 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 257,67+2,84 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 124,60+1,79 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 997,47+1,25 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)51 939,89+3,18 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 120,43+3,92 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,524 %-0,088 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,824 %-0,077 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,172 %-0,012 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1635 -1,02 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 504,91+3,97 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,86+4,46 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars91 520,01+1,37 %87 566,440693 776,61

Marchés financiers : bilan 2025 et perspectives 2026

Pluie de records pour les marchés en 2025

Les marchés financiers ont fêté dignement la fin de l’année. 2025. Elle aura été contre toute attente un excellent cru, marqué par une pluie de records pour les indices actions ainsi que pour l’or et de nombreux autres métaux. Cette série de sommets, par son ampleur, inquiète néanmoins : la crainte d’une bulle liée à l’intelligence artificielle est fréquemment avancée mais pour malgré tout, pour 2026 l’optimisme est pour le moment de mise.

Le CAC 40 positif mais à la traîne

Après avoir perdu 2,14 % en 2024, le CAC 40 s’est apprécié, en 2025, de 10,42 %. Ce résultat positif est intervenu malgré un contexte politique toujours des plus complexes et la politique douanière américaine. Même si, au mois d’octobre dernier, le CAC 40 a battu son record, qui datait du 10 mai 2024, avant la dissolution, il reste largement à la traîne des autres grands indices boursiers. Le poids du secteur du luxe, exposé aux guerres commerciales, et la situation financière de la France expliquent le retard pris par le CAC 40 par rapport aux autres grands indices européens.

Cercle de l’Epargne

La Bourse de Francfort a connu, en 2025, la plus forte progression, +22 % sur un an pour l’indice DAX. Ce dernier devance son homologue britannique, le Footsie 100, qui gagne plus de 21 %. L’Euro Stoxx 50 a progressé, de son côté, de 18,3 % sur l’année écoulée. Le Stoxx Europe 600 est à +16,6 %, soit à peu près la même performance que le MSCI Europe (+16,4 %).

Le marché américain a encore surpris par son dynamisme. Avec l’engouement pour l’IA, l’indice Nasdaq a gagné sur l’année plus de 20 %. Le S&P 500 s’est apprécié de 17 % et le Dow Jones de 13 %.

Des taux obligataires en hausse et dégradation de la note de la France

L’année 2025 a été marquée par une nouvelle dégradation de la note de la France, en lien avec le taux d’endettement public qui n’en finit pas de progresser.

Fitch Ratings a abaissé la note de la France le 12 septembre 2025 de AA- à A+. Standard & Poor’s (S&P Global Ratings) a, de son côté, le 17 octobre 2025, réduit la notation de la France de AA- à A+, invoquant l’incertitude persistante sur la consolidation des finances publiques malgré la présentation du projet de budget. Moody’s n’a pas dégradé la note souveraine de la France en 2025. Le 24 octobre dernier, l’agence a maintenu la note Aa3, mais l’a placée sous perspective négative.

Dans ce contexte, l’écart de taux entre l’Allemagne et la France s’est accru, passant de 50 à 70 points de base. L’accroissement du spread s’est inscrit dans un mouvement de hausse des taux obligataires en Europe, en raison de l’augmentation des besoins de financement public. À la France, qui est le premier émetteur de titres publics en Europe, s’ajoute désormais l’Allemagne, qui a abandonné sa règle de frein budgétaire et qui a adopté un plan de relance de plus de 500 milliards d’euros. Le taux de l’OAT de l’État en France a augmenté de 70 points de base et son équivalent allemand de 60 points de base. À dix ans, l’État a, en 2025, emprunté, en France, en moyenne, à 3,6 % et l’Allemagne à 2,7 %.

Le dollar en baisse

Le dollar poursuit son mouvement de baisse, pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Les menaces sur l’indépendance de la banque centrale américaine, la baisse des taux directeurs de cette dernière et, plus globalement, la politique du président américain ont contribué à la baisse du dollar. Les investisseurs étrangers ont réduit leur exposition en dollars, même si la monnaie américaine demeure de loin la première devise de réserve. Le dollar a perdu 13,23 % depuis le début de l’année face à l’euro, ce qui améliore la compétitivité des produits américains. Pour les Européens, cette dépréciation du billet vert allège la facture énergétique, d’autant plus que le cours du pétrole est orienté à la baisse.

Le pétrole en recul

Sur fond de ralentissement de la croissance mondiale, de montée en puissance des énergies renouvelables et d’augmentation de la production, en lien avec la fin de l’accord de régulation de l’offre de l’OPEP+ en vigueur depuis 2020, le cours du baril de pétrole a baissé au cours de l’année 2025. Le baril de Brent s’échangeait le 31 décembre à 61,23 dollars, en baisse de 17 % sur un an. Cette diminution est une bonne nouvelle pour les pays européens qui, depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, sont handicapés par une énergie chère.

Or, argent, cuivre, platine : toujours plus haut

L’or défie les pronostics en ayant atteint plus de 4 500 dollars l’once le 26 décembre, avant de rebaisser dans les derniers jours de l’année. Sur un an, l’once a gagné plus de 65 %. Sur trois ans, la hausse est de plus de 137 %.

La hausse du cours de l’or s’explique par la baisse des taux directeurs américains et par le caractère imprévisible de Donald Trump. Les pays émergents et en développement réduisent leur exposition au dollar. La crainte d’une remise en cause de l’indépendance de la banque centrale américaine contribue à la hausse du métal précieux.

L’argent fait encore mieux, avec un gain avoisinant 150 %. Il faut remonter au choc pétrolier de 1979-1980 pour retrouver des progressions comparables.

Le platine a, lui aussi, enregistré un sommet historique au cours de la semaine, tandis que le cuivre a franchi les 12 000 dollars la tonne, sur fond de craintes d’un marché mondial plus tendu à l’horizon 2026.

Un bitcoin entre deux eaux

Le bitcoin apparaît comme le grand perdant de l’année, avec un recul de plus de 6 % depuis janvier et de près de 20 % sur le dernier trimestre. L’essor des stablecoins, adossés à des devises réelles comme le dollar ou l’euro et jugés moins volatils, se développe au détriment du bitcoin.

Et pour 2026…

L’art de la prévision est, surtout en matière financière, un exercice périlleux. Les krachs ont un malin plaisir à survenir lorsqu’ils ne sont pas attendus…

Des actions encore en hausse mais attention à la bulle IA

Pour 2026, de nombreux experts anticipent néanmoins une nouvelle année de forte appréciation des actions, portée par l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle et, en Europe, par le plan de relance allemand. L’espoir d’une paix en Ukraine alimente également l’optimisme ambiant. Toutefois, l’IA prend de plus en plus les traits d’une bulle, avec des investissements colossaux dont la rentabilisation suppose l’émergence rapide de gains de productivité substantiels. Le réalisme pourrait, à un moment ou à un autre, reprendre ses droits, avec à la clé soit un atterrissage brutal, soit un dégonflement progressif.

Malgré ces craintes, les investisseurs prévoient une hausse des indices actions comprise entre 8 et 15 % pour 2026. Chez UBS, les analystes pronostiquent un S&P 500 à 7 500 points en 2026, porté par une croissance des bénéfices de l’ordre de 14 %, nourrie pour près de la moitié par les secteurs de la tech. Le CAC 40 pourrait finir autour de 8 700 / 9 000 points.

Des taux directeurs orientés à la baisse

La banque centrale américaine devrait poursuivre la baisse de ses taux, mais de manière modérée, en scrutant l’évolution de l’inflation. Certes, Donald Trump continuera de faire pression sur la Fed pour une accélération en vue des élections de mi-mandat.

La BCE, qui est en mode pause depuis l’automne, doit prendre en compte la progression des prix au sein de certains États, l’écart de taux avec les États-Unis et le souhait des gouvernements d’alléger le coût de la dette publique.

Des taux obligataires en hausse

À un an de l’élection présidentielle, la France, confrontée à une dette publique toujours mal maîtrisée, pourrait devenir une source majeure d’inquiétude en Europe. Par ailleurs, l’accroissement du déficit public allemand limite la perspective d’une baisse marquée des taux souverains. S’agissant des taux directeurs, la Banque centrale européenne devra composer avec une politique monétaire de la Réserve fédérale de plus en plus accommodante. Une légère baisse des taux en 2026 demeure envisageable, d’autant que les craintes d’un retour de l’inflation restent, pour l’heure, contenues. La BCE pourrait ainsi être tentée d’agir afin de freiner l’appréciation de l’euro, au risque de susciter l’ire du président américain.

Pétrole : calme plat sauf…

Le cours du pétrole, sauf crise internationale majeure, ne devrait pas connaître de forte hausse, en particulier si un accord de paix intervenait en Ukraine. Le ralentissement de la croissance mondiale pèserait alors sur la demande, tandis que l’offre continuerait d’augmenter avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+. Certes, ce scénario pourrait être remis en cause en cas d’aggravation de la crise entre le Venezuela et les États-Unis ou d’une reprise des tensions avec l’Iran.

L’or : fin d’un cycle

Depuis 2020, l’or ne cesse de s’apprécier. En 2026, la poursuite de la baisse des taux directeurs pourrait continuer de soutenir la demande de métal précieux. À l’inverse, un retour durable de la paix en Ukraine exercerait un effet modérateur. Plusieurs experts estiment néanmoins que l’once pourrait dépasser les 5 000 dollars.

Bitcoin : la grande incertitude

Après une année en demi-teinte, le bitcoin peut-il rebondir ? Il pourrait, au contraire, pâtir des doutes croissants sur l’IA, de l’essor des stablecoins et des futurs lancements de monnaies digitales de banque centrale. La diffusion progressive de la blockchain pourrait conduire à une forme de banalisation du bitcoin, qui perdrait alors son statut d’icône ou de pionnier.

Le Coin des Epargnants du 26 décembre 2025 : bilan de l’année et perspectives par Philippe Crevel

Bilan 2025 et perspectives pour 2026

Pluie de records pour les marchés en 2025

À quelques jours de la Saint-Sylvestre, les marchés financiers peuvent dignement fêter la fin de l’année. 2025 aura été, en effet, un excellent cru, marqué par une pluie de records pour les indices actions ainsi que pour l’or et de nombreux autres métaux. Cette série de sommets, par son ampleur, inquiète néanmoins : la crainte d’une bulle liée à l’intelligence artificielle est fréquemment avancée.

Des actions au top

Le dernier trimestre en cours s’annonce comme l’un des plus solides depuis deux ans en Europe, porté par la résistance de la croissance mondiale et par l’idée persistante que les conditions de financement s’assoupliront. L’indice Stoxx 600 a ainsi inscrit un nouveau record cette semaine, s’acheminant vers une troisième année consécutive de progression.

Le CAC 40 gagne sur l’année près de 10 %. Il demeure toutefois en retrait par rapport aux grands indices internationaux, en raison de sa composition très orientée vers l’industrie du luxe — en moindre croissance depuis le début de l’année — et de la persistance de la crise politique.

L’indice européen Euro Stoxx 50 progresse, de son côté, de plus de 17 %. L’indice britannique FTSE 100 affiche une hausse de plus de 20 % depuis le 1er janvier.

Aux États-Unis, la publication de statistiques de croissance plus solides que prévu, combinée aux perspectives de détente des taux, incite les investisseurs à privilégier les actions, et plus particulièrement celles du secteur de la haute technologie. Le S&P 500 a gagné plus de 2 % sur la semaine portant le total depuis le 1er janvier à près de 18 %. Le Nasdaq a gagné 2,55 % cette semaine et 22,18 % depuis le début de l’année.

Or, argent, cuivre, platine : toujours plus haut

L’or défie les pronostics en ayant atteint plus de 4 500 dollars l’once, en hausse de près de 70 % depuis le début de l’année. L’argent fait encore mieux, avec un gain avoisinant 150 %. Il faut remonter au choc pétrolier de 1979-1980 pour retrouver des progressions comparables.

Le platine a, lui aussi, enregistré un sommet historique au cours de la semaine, tandis que le cuivre a franchi les 12 000 dollars la tonne, sur fond de craintes d’un marché mondial plus tendu à l’horizon 2026.

Un dollar en recul

Le dollar poursuit son mouvement de baisse pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Les menaces sur l’indépendance de la banque centrale américaine, la baisse des taux directeurs de cette dernière et plus globalement la politique du Président américain ont contribué à la baisse du dollar. Les investisseurs étrangers sont réduit leur exposition en dollars même si la monnaie américaine demeure de loin la première devise de réserve. Le dollar a perdu près de 14 % depuis le début de l’année face à l’euro, ce qui améliore la compétitivité des produits américains. Pour les Européens, cette dépréciation du billet vert allège la facture énergétique, d’autant plus que le cours du pétrole est orienté à la baisse. Depuis le début de l’année, le baril de Brent a reculé d’environ 17 %.

Un bitcoin entre deux eaux

Le bitcoin apparaît comme le grand perdant de l’année, avec un recul de plus de 6 % depuis janvier et de près de 20 % sur le dernier trimestre. L’essor des stablecoins, adossés à des devises réelles comme le dollar ou l’euro et jugés moins volatils, se développe au détriment du bitcoin.

Et pour 2026…

L’art de la prévision est, surtout en matière financière, un exercice périlleux. Les krachs ont un malin plaisir à survenir lorsqu’ils ne sont pas attendus…

Pour 2026, de nombreux experts anticipent néanmoins une nouvelle année de forte appréciation des actions, portée par l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle et, en Europe, par le plan de relance allemand. L’espoir d’une paix en Ukraine alimente également l’optimisme ambiant.

Toutefois, l’IA prend de plus en plus les traits d’une bulle, avec des investissements colossaux dont la rentabilisation suppose l’émergence rapide de gains de productivité substantiels. Le réalisme pourrait, à un moment ou à un autre, reprendre ses droits, avec à la clé soit un atterrissage brutal, soit un dégonflement progressif.

Les tensions géopolitiques pourraient perdurer, avec un président américain engagé en 2026 dans la bataille pour conserver sa majorité au Congrès. À un an de l’élection présidentielle, la France, confrontée à une dette publique toujours mal maîtrisée, pourrait devenir une source majeure d’inquiétude en Europe.

Par ailleurs, l’accroissement du déficit public allemand limite la perspective d’une baisse marquée des taux souverains. S’agissant des taux directeurs, la Banque centrale européenne devra composer avec une politique monétaire de la Réserve fédérale de plus en plus accommodante. Une légère baisse des taux en 2026 demeure envisageable, d’autant que les craintes d’un retour de l’inflation restent, pour l’heure, contenues. La BCE pourrait ainsi être tentée d’agir afin de freiner l’appréciation de l’euro, au risque de susciter l’ire du président américain.

Le cours du pétrole, sauf crise internationale majeure, ne devrait pas connaître de forte hausse, en particulier si un accord de paix intervenait en Ukraine. Le ralentissement de la croissance mondiale pèserait alors sur la demande, tandis que l’offre tendrait à augmenter avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+.

Depuis 2020, l’or ne cesse de s’apprécier. En 2026, la poursuite de la baisse des taux directeurs pourrait continuer de soutenir la demande de métal précieux. À l’inverse, un retour durable de la paix en Ukraine exercerait un effet modérateur. Plusieurs experts estiment que l’once pourrait dépasser les 5 000 dollars. À ce niveau, une prise de bénéfices semblerait néanmoins judicieuse.

Après une année en demi-teinte, le bitcoin peut-il rebondir ? Il pourrait au contraire pâtir des doutes croissants sur l’IA, de l’essor des stablecoins et des futurs lancements de monnaies digitales de banque centrale. La diffusion progressive de la blockchain pourrait conduire à une forme de banalisation du bitcoin, qui perdrait alors son statut d’icône ou de pionnier.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
26 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 103,58 -0,58 %7 543,187 380,74
Dow Jones48 710,97+1,55 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 929,94+1,28 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 593,10+2,55 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 340,06+1,58 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 870,68+0,33 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 746,24 +0,08 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 344,10+1,95 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 963,68+3,04 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,562 %-0,051 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,862 %-0,036 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,138 %-0,006 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1779+0,25 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 479,63+4,12 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars62,28 +4,29 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars87 930,3814+2,73%38 252,5493 776,61

La mauvaise passe du livret A

Novembre 2025 est sans surprise, avec une nouvelle décollecte du livret A, de -730 millions d’euros, la troisième de rang après celles d’octobre et de septembre. La dernière passe de trois pour les décollectes remontait à 2015.

Traditionnellement, le mois de novembre est peu porteur pour le livret A. Depuis 2009, dix décollectes ont été enregistrées. La collecte moyenne, en novembre, au cours de ces dix dernières années (2015-2024), a été de 300 millions d’euros. En 2024, 400 millions d’euros de collecte nette avaient été constatés. Les plus fortes décollectes, en novembre, sont intervenues en 2009 (-1,3 milliard d’euros) et en 2014 (-1,25 milliard d’euros). Les plus fortes collectes pour un mois de novembre ont été enregistrées en 2012 et en 2024, avec 2,4 milliards d’euros chacune. La première est intervenue à la suite du relèvement du plafond du livret, la seconde lors de l’épidémie de Covid.

Le livret A est en décollecte sur les onze premiers mois de l’année, à -3,58 milliards d’euros, alors qu’en 2024 il enregistrait une collecte positive de près de 12 milliards d’euros (11,87 milliards d’euros).

Un mois de dépenses

Novembre est un mois de dépenses, sans recettes exceptionnelles. Le Black Friday, qui s’est imposé dans la culture française, marque le début des courses de fin d’année. Pour les ménages qui avaient un solde d’impôt sur le revenu à acquitter au titre de 2024, le paiement est étalé sur les quatre derniers mois de l’année.

Lente digestion de la baisse de la rémunération

Le livret A est toujours en phase de digestion de la baisse de son taux de rémunération, passé de 3 % à 1,7 % sur l’année. Le 1er février prochain, compte tenu du niveau de l’inflation de ces derniers mois (1 % en rythme annuel) et de l’évolution des taux des marchés monétaires (taux Ester), le taux du livret A devrait passer de 1,7 % à 1,4 %. Cette baisse ne devrait pas inciter les ménages à y placer davantage d’argent dans les prochains mois, même si son rendement réel reste positif.

Le LDDS dans le sillage du livret A

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est également en décollecte en novembre, à -230 millions d’euros. Depuis 2009, il enregistre sa dixième décollecte. La plus importante a été constatée en 2011, avec -430 millions d’euros, tandis que la collecte la plus élevée en novembre date de 2012, avec 2,82 milliards d’euros, lors du relèvement du plafond du LDDS. Sur ces dix dernières années (2015-2024), la collecte moyenne s’élevait à 100 millions d’euros.

La collecte des onze premiers mois de l’année 2025 a atteint 1,27 milliard d’euros, contre 5,61 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) toujours positif

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en novembre, une collecte positive de 210 millions d’euros, contre 340 millions d’euros l’année dernière.

Sur les onze premiers mois, le LEP est en décollecte de 1,5 milliard d’euros, alors qu’il était en collecte positive de 6,26 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le taux de rémunération, à 2,7 %, demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Au 1er février prochain, ce taux devrait baisser. L’application de la formule pourrait le ramener à 1,9 % mais il est probable que le gouvernement maintienne un bonus en faveur De l’épargne populaire en retenant un taux de 2,4 %.

2025 : une année charnière pour l’épargne

En 2025, les Français ont été en mode fourmis, avec un taux d’épargne qui sera, sur l’année, d’environ 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus du taux d’avant la crise Covid. Cette augmentation est imputable à la composante financière de l’épargne, qui est au plus haut depuis les années 1950 (hors période Covid).

Trois facteurs d’augmentation du taux d’épargne :

  • Climat anxiogène ;
  • Vieillissement démographique ;
  • Capitalisation des gains.

Ce niveau élevé d’épargne s’explique non seulement par un climat géopolitique, économique et social qui reste anxiogène, mais aussi par le vieillissement de la population et les bons rendements des placements financiers. Une population âgée a une propension plus importante à épargner et à réduire sa consommation. Ce phénomène est constaté au sein de nombreux pays occidentaux, comme l’Allemagne ou le Japon, ainsi qu’en Chine.

Par ailleurs, en France, les ménages ont tendance à capitaliser les gains issus de leurs placements. Or, ces gains ont été portés par la hausse des taux de rendement, à l’exception de ceux de l’épargne réglementée et des dépôts, et par la bonne tenue des marchés financiers. Les Américains ont un tout autre comportement, en consommant tout ou partie de leurs gains financiers.

Fin de cycle pour le Livret A

Depuis 2017, le Livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le Livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.

L’encours du Livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.

La préférence donnée au Livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du Livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.

En 2025, le Livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 14,87 milliards d’euros.

En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du Livret A et du LDDS.

Le 1er février prochain, le taux du Livret A devrait être une nouvelle fois abaissé. Le taux pourrait ainsi passé de 1,7 à 1,4 %. Il en serait de même pour le LDDS.

Le taux du Compte épargne logement serait alors de 1 % au lieu de 1,25 %.

Léger recul pour le Livret d’Épargne Populaire

Malgré un taux supérieur d’un point à celui du Livret A, le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à la décollecte. Sur les onze premiers mois, celle-ci s’élève à 1,5 milliard d’euros. Ce produit, détenu par 12 millions de personnes, est éligible sous conditions de revenus.

Il est à souligner qu’afin de favoriser l’épargne des ménages les plus modestes, le gouvernement n’a pas appliqué la formule du taux de rémunération. Celui-ci est soit égal à l’inflation, soit au taux du Livret A majoré de 0,5 point, si ce dernier est plus avantageux. De ce fait, le taux au 1er août 2025 aurait dû être de 2,2 %. Or, le gouvernement a décidé de le fixer à 2,7 %. Il est probable qu’un même geste soit consenti le 1er février 2026. Le taux pourrait être ainsi abaissé à 2,4 %.

2025 ou la revanche de l’assurance vie

L’assurance vie est en voie de connaître l’une des meilleures années de son histoire. Avec 45 milliards d’euros sur les dix premiers mois, la collecte nette devrait, en 2025, se situer autour de 50 milliards d’euros, un résultat qui n’avait plus été enregistré depuis 2010 (51,1 milliards d’euros).

Ce résultat est porté par un montant élevé de cotisations (plus de 160 milliards d’euros sur les dix premiers mois) et par des rachats modérés. Il est également la conséquence du retour en territoire positif de la collecte des fonds euros, qui bénéficient de la fameuse garantie en capital. La baisse de leur taux de rendement avait, ces dernières années, conduit les ménages à se désengager du premier pilier de l’assurance vie, qui représente plus de 72 % de l’encours et, en moyenne, plus de 60 % de la collecte ces dernières années.

Le taux de rendement des fonds euros était passé de 3,4 % en 2010 à 1,28 % en 2020, en lien avec la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, qui s’était traduite par un fort recul des taux des obligations souveraines. Cette baisse du rendement a érodé la compétitivité de l’assurance vie, laquelle n’a été portée, depuis 2017, que par les unités de compte.

Le rendement des fonds euros a réaugmenté à compter de 2022 pour atteindre 2,6 % en 2024. Le rendement pour 2025 devrait être assez voisin de celui de l’année dernière. Cette hausse, conjuguée à la baisse des taux de rémunération de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, a incité les ménages à réallouer une part plus importante de leur épargne vers l’assurance vie.

Il est à noter que cette dernière, dans l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, a repris, en 2025, sa place de numéro un parmi les placements préférés des Français.

L’encours de l’assurance vie devrait, en 2025, dépasser 2 100 milliards d’euros.

2025 : confirmation du succès du Plan d’Épargne Retraite confirme

Au 31 octobre 2025, le nombre de titulaires d’un PER assurance est estimé à 7,7 millions (+16 % sur un an) et les provisions mathématiques de ces PER sont évaluées à 107,5 milliards d’euros (+21 % sur un an). En prenant en compte l’ensemble des PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires dépasse 12 millions et l’encours atteint 130 milliards d’euros (chiffres à mars 2025).

Le PER profite des interrogations sur l’avenir du système de retraite par répartition et du vieillissement démographique.

Quelles perspectives pour 2026 ?

Les taux de rémunération

Les taux de rémunération de plusieurs produits d’épargne sont appelés à évoluer dans les prochaines semaines.

Le Plan d’Épargne Logement

Le taux du plan d’épargne logement est déjà connu. Il s’élèvera à 2 % pour tous les plans ouverts à compter du 1er janvier 2026. Il convient de souligner que ce produit est en recul depuis 2018.

Le Livret A et le LDDS

Le taux du Livret A et du LDDS, compte tenu de l’inflation constatée en 2025 et de l’évolution des taux monétaires, devrait passer de 1,7 % à 1,4 % au 1er février 2026.

Par voie de conséquence, le taux du compte d’épargne logement devrait passer de 1,25 % à 1 %.

Le Livret d’Épargne Populaire

Le taux du Livret d’Épargne Populaire, par simple application de la formule réglementaire, devrait être, au 1er février 2026, de 1,9 %. Il est fort probable que le gouvernement fasse un geste en ramenant le taux de 2,7 % à 2,4 %.

L’évolution de l’épargne : un léger recul pour 2026

Le taux d’épargne devrait légèrement baisser en 2026, avec une reprise modérée de la consommation après plusieurs années de stagnation. Les ménages acquièrent une certaine résilience face aux chocs divers et variés. En outre, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, avec à la clé une baisse du coût de l’énergie, pourrait contribuer à améliorer le moral des ménages.

La collecte du Livret A devrait se situer dans le prolongement de l’année 2025, avec toujours un effet de cycle, le premier semestre étant plus favorable à la collecte que le second.

L’assurance vie : encore une année en or en 2026

Malgré quelques menaces durant la discussion budgétaire, le régime fiscal de l’assurance vie demeure inchangé en 2026. Elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 1,4 point.

Avec des fonds euros dont la rémunération profitera de la hausse des taux d’intérêt à long terme, l’attractivité de l’assurance vie devrait encore s’améliorer, d’autant plus que les rendements de l’épargne réglementée sont orientés à la baisse.

Par ailleurs, l’assurance vie pourrait être la grande gagnante de la clôture des plans d’épargne logement de plus de quinze ans. À partir du mois de mars 2026, les premiers contrats ouverts en 2011, qui atteignent leur quinzième année, sont automatiquement transformés en livrets bancaires dont la rémunération, faible, est fixée par l’établissement bancaire. Ces fermetures automatiques conduiront à une réallocation des fonds. Or, le PEL avait connu un nombre important d’ouvertures entre 2011 et 2016. Selon la Banque de France, d’ici 2030, un tiers des PEL, dont l’encours est de 93 milliards d’euros, est concerné.

Les ménages concernés ont laissé leur argent sur leur PEL non pas en vue de réaliser un projet immobilier (ils l’auraient déjà fait), mais pour des raisons financières : les PEL ouverts entre 2011 et 2016 étaient rémunérés entre 2 % et 2,5 % et n’étaient pas soumis à l’impôt. Les nouveaux PEL sont beaucoup moins intéressants (2 % de rendement et soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %). Dans ces conditions, l’assurance vie, avec un rendement de 2,6 % pour les fonds euros, devrait capter une part non négligeable des PEL arrivés à échéance. Le Plan d’Épargne Retraite pourrait également en bénéficier.

Or, un nouveau record

Le cours de l’or a battu, lundi 22 décembre, un nouveau record en dépassant 4 400 dollars l’once. En fin de semaine, ce dernier a même franchi la barre des 4500 dollars. Cette progression est alimentée par les prévisions de nouvelles baisses de taux de la Réserve fédérale américaine.

Le précédent record datait du mois d’octobre dernier, à 4 381,52 dollars. Depuis le début de l’année, le métal jaune a progressé de plus de 66 %. Entre la guerre commerciale menée par Donald Trump, la paralysie budgétaire à Washington et les tensions géopolitiques chroniques, tout concourt à la hausse de l’or. Outre les investisseurs, les banques centrales de nombreux pays, notamment émergents, ont également accru leurs réserves en métal jaune. Parmi celles qui ont acheté le plus d’or figurent la Pologne, le Kazakhstan, le Brésil et la Turquie. La Pologne a acheté (en net) 82,67 tonnes d’or, soit 7,6 %. Sur le seul mois d’octobre, le pays a acquis 15,6 tonnes. La Pologne se classe désormais au 12ᵉ rang pour la détention officielle d’or. Le Brésil, qui a acheté plus de 15 tonnes de métal jaune en septembre et octobre, poursuit sa stratégie visant à réduire sa dépendance au dollar. La Chine arrive en 5ᵉ position pour les achats d’or, avec plus de 24 tonnes acquises cette année. Elle est le sixième pays disposant des réserves d’or les plus importantes.

La Russie, qui ces dernières années avait acheté de nombreuses tonnes d’or, en a vendu en 2025 afin de financer son important effort de guerre. Le pays reste le cinquième plus grand détenteur du précieux métal. Singapour a également réduit ses réserves d’or, en cédant au total plus de 15 tonnes. Ce pays joue toujours un rôle actif sur le marché de l’or, pour son compte ou pour le compte de tiers. De son côté, l’Ouzbékistan a vendu plus de 11 tonnes, faisant de ce pays le plus important vendeur net d’or.

Bitcoin : l’année des paradoxes

Le bitcoin, avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, semblait être promis à un brillant avenir. Or, la première des cryptoactifs est en recul de 6 % depuis le début de l’année. Fin décembre, il s’échange contre 87 000 dollars, loin de son record du mois d’octobre (125 260,9 dollars).

Après avoir bénéficié du soutien de l’industrie digitale durant sa campagne et avoir émis sa propre crypto, Donald Trump promet de faire des États-Unis « la capitale mondiale des cryptomonnaies ». Dès sa nomination, ce dernier déréglemente et met fin aux poursuites que son prédécesseur avait engagées à l’encontre de ce secteur. L’idée d’une réserve stratégique de bitcoins, évoquée à Washington, marque un tournant symbolique.

Cette normalisation a une contrepartie immédiate. Le bitcoin est désormais sujet aux décisions et aux volte-face présidentiels. Son cours a ainsi fortement baissé après les annonces relatives aux droits de douane au mois d’avril dernier. La première des cryptos est de plus en plus corrélée aux marchés financiers américains, et en particulier au cours du Nasdaq.

L’adoption du Genius Act sur les stablecoins a certes, à l’automne, réveillé le marché des cryptoactifs en portant le bitcoin à plus de 120 000 dollars. À ce pic, la capitalisation totale des bitcoins en circulation a brièvement dépassé les 2 400 milliards de dollars, selon Bloomberg. Entre ces phases de valorisation, le bitcoin a connu des fluctuations pouvant atteindre 30 %, quand, dans le même temps, l’or s’est continuellement apprécié.

Les ETF sont devenus l’un des leviers de croissance de plus en plus importants du bitcoin. Les fonds cotés qui répliquent directement le prix du bitcoin rencontrent un réel succès. Après une année 2024 exceptionnelle, marquée par plus de 35 milliards de dollars de collecte, les ETF bitcoin attirent encore environ 22 milliards de dollars en 2025. Les flux deviennent toutefois plus erratiques, alternant phases de collecte et sorties marquées. L’ETF n’est plus un moteur automatique de hausse, mais un instrument d’arbitrage pleinement intégré aux cycles de l’aversion au risque.

Epargne salariale : le premier vecteur de la négociation en entreprise

En 2024, le nombre d’accords et d’avenants conclus dans les entreprises s’est élevé à 81 380. Près de la moitié d’entre eux sont liés à l’épargne salariale (45,6 %). Leur nombre a progressé de 8 % par rapport à 2023. L’intéressement, la participation, la retraite collective sont au cœur des négociations sociales au sein des entreprises.

Arrivent ensuite les textes sur les salaires et primes, en hausse de 4,3 % et ceux sur le temps de travail.

Livrets ordinaires : un encours élevé malgré de faibles taux de rémunération

L’encours des livrets ordinaires fiscalisés s’élevaient à 199,5 milliards d’euros à la fin du mois d’octobre dernier. Malgré un taux moyen de rémunération faible, autour de 0,8 %, les ménages conservent des sommes importantes sur ces produits. Ce sont souvent des fonds en attente d’utilisation. Les sommes issues d’une vente d’un logement sont ainsi placées sur un livret avant réutilisation pour l’achat d’un nouveau logement ou pour une réallocation su d’autres produits financiers. Les sommes issues d’une succession peuvent être également placées sur un livret avant réaffectation.

Cercle de l’Epargne – données Banque de France

Le Coin des Epargnants du 20 décembre 2025 par Philippe Crevel – les marchés en mode fin d’année

La trêve des confiseurs

Les marchés financiers entrent dans la traditionnelle trêve des confiseurs. La semaine prochaine ne comptera que trois séances, avec une fermeture anticipée mercredi 24. Les investisseurs ont réagi positivement aux résultats de l’inflation américaine. Les données du Bureau américain des statistiques font état d’une augmentation de 2,7 % des prix à la consommation sur un an (2,6 % hors alimentation et énergie), inférieure aux 3,1 % anticipés par le consensus et aux 3 % de septembre, en l’absence de référence pour octobre compte tenu du shutdown. Néanmoins, ces statistiques sont sujettes à caution compte tenu de la fermeture des administrations fédérales en octobre et novembre, qui a gêné la collecte des données. Le shutdown a contraint le BLS à recourir davantage à l’imputation par report, en supposant que le niveau de l’indice d’octobre était inchangé par rapport à celui de septembre, pour établir les indices de novembre. Le chiffre de décembre pourrait être relativement élevé par effet de rattrapage statistique. L’optimisme reste néanmoins de rigueur, surtout si cette inflation maîtrisée se confirme. Elle donne, en effet des marges de manœuvre à la Réserve fédérale américaine pour réduire davantage ses taux d’intérêt.

Le CAC 40 a gagné plus de 1 % sur la semaine. Les taux des obligations d’Etat sont à la hausse en Europe. Le taux de l’OAT, en France, dépasse 3,6 % et est désormais nettement supérieur à son équivalent italien. L’or est en légère remontée, le bitcoin continuant, de son côté, de baisser. Les indices américains sont restés stables surla semaine.

Un baril de pétrole au-dessous des 60 dollars

Le baril de pétrole Brent, référence européenne, est passé en dessous des 60 dollars dans la semaine pour la première fois depuis mai. Il a terminé la semaine juste au-dessous de cette barre symbolique. Cette baisse est la conséquence des pourparlers sur l’Ukraine et de l’augmentation de l’offre avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité lundi de « progrès » dans les négociations avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie, ce qui pourrait avoir pour conséquence un allègement des sanctions contre le pétrole russe. Les tensions entre le Venezuela et les États-Unis ont, en revanche, peu de conséquences sur le cours du pétrole.

La BCE toujours en mode temporisation

La Banque centrale européenne, pour sa dernière réunion de l’année, a une nouvelle fois opté, en matière de taux directeurs, pour le statu quo. Elle a maintenu son taux de dépôt à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %. Cette décision était anticipée par les investisseurs.

À la différence de la FED, la BCE estime qu’il n’y a aucune raison de changer les taux. La croissance européenne réaccélère depuis quelques mois, en partie grâce au plan de relance de l’Allemagne. L’inflation est, en novembre, repassée au-dessus des 2 %. Néanmoins, les économistes de la BCE envisagent que l’inflation descende un peu sous la cible en 2026 et 2027, avant de retrouver les 2 % en 2028. La croissance est, de son côté, attendue à 1,2 % en 2026, puis à 1,4 % les deux années suivantes. « Il n’y a pas eu de discussion sur une possible hausse ou baisse de taux », a signalé Christine Lagarde, présidente de la BCE.

Néanmoins, Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a indiqué qu’il faudrait peut-être relever les taux en fin d’année prochaine en raison d’une menace de reprise de l’inflation. Cette analyse n’est pas, pour le moment, partagée par la majorité du Conseil de politique monétaire, même si elle émane d’une possible successeure de Christine Lagarde. La BCE est contrainte de prendre en compte la politique monétaire américaine. La baisse des taux de la FED contribue à la dépréciation du dollar par rapport à l’euro. Les importations extracommunautaires coûtent moins cher, ce qui contribue à diminuer l’inflation. A contrario, les exportations européennes sont pénalisées. Cette situation pourrait inciter la BCE à baisser ses taux.

Hausse historique des taux directeurs au Japon

Vendredi 19 décembre, la Banque du Japon (BoJ) a décidé de remonter son taux de référence de 0,25 % à 0,75 %, au niveau où il évoluait il y a 30 ans. La banque centrale japonaise a décidé d’enclencher, en 2024, un processus d’augmentation de ses taux directeurs tout en précisant que ces derniers, en valeur réelle (corrigés de l’inflation), resteraient « nettement négatifs » et que les conditions financières demeureraient « suffisamment accommodantes » pour soutenir l’activité économique du pays.

La Banque essaie de concilier des taux bas pour ne pas fragiliser des milliers d’entreprises peu profitables, qui, pendant des décennies, ont emprunté presque gratuitement, et un rendement de l’argent qui permettrait de ramener des capitaux dans le pays ou, au moins, de freiner leur départ vers des pays offrant des rendements plus appétissants. Le départ des capitaux vers l’étranger contribue à la dépréciation du yen. Au mois de décembre, un euro s’échange contre 183 yens, quand, en 2012, il n’en valait que 95. Cette dépréciation de la devise nippone favorise les touristes étrangers et les exportateurs ; elle renchérit les importations, en particulier de produits agricoles et d’énergie. Par voie de conséquence, le Japon enregistre une inflation de plus de 3 %, érodant le pouvoir d’achat des ménages. La hausse des salaires ne compense pas celle des prix à la consommation. Kazuo Ueda, le gouverneur de la BoJ, a reconnu ce risque d’érosion du pouvoir d’achat des ménages par l’inflation et expliqué qu’il était impératif de ne pas prendre de retard. Une hausse des taux et du yen est-elle capable de changer les flux de capitaux ? Les investisseurs japonais ont placé 4 000 milliards de dollars hors du pays. Une petite partie pourrait revenir, mais cela restera marginal. En revanche, les fonds étrangers pourraient réduire leurs emprunts à faible taux en yen, qui leur permettaient d’acquérir des actifs sur les marchés américains et européens (carry trade).

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
19 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 151,38+1,18 %7 543,187 380,74
Dow Jones48 134,89-0,48 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 834,50+0,06 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 307,62+0,38 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 295,95+0,43 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 897,42+2,19 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 760,35+0,84 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)49 507,21-2,27 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 890,45-0,49 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,613 %+0,031 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,898 %+0,037 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,144 %-0,053 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1720+0,79 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 352,26+3,33 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars60,25-1,50 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars87 997,34-2,19%38 252,5493 776,61

Le Plan d’Epargne Retraite est-il assujetti à la nouvelle contribution pour l’autonomie ?

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, adopté par le Parlement le 16 décembre dernier, institue une contribution financière pour l’autonomie de 1,4 point qui s’ajoute aux prélèvements sociaux existants. Cette contribution ne touche pas tous les produits du patrimoine. Les revenus financiers issus des comptes-titres, des Plans d’Épargne en Actions et des livrets ordinaires sont concernés. Y échappent les revenus fonciers, ceux en provenance des livrets réglementés, y compris le Plan d’Épargne Logement, et de l’assurance-vie.

Si l’assurance-vie est citée explicitement dans l’exposé des motifs de l’amendement, le plan d’épargne retraite (PER) n’est pas spécifié. A priori, par assimilation, l’exonération concernerait tous les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation, ainsi qu’aux placements de même nature mentionnés à l’article 125-0 A du code général des impôts. Cet article du Code général des impôts (CGI) concerne les placements « souscrits auprès d’entreprises d’assurance ». Cette exonération ne vaudrait que pour le PER assurantiel et non pour le PER bancaire. Ce dernier prend la forme d’un compte-titres et ne donne pas accès à un fonds en euros pour garantir son capital. Cette interprétation doit être confirmée par Bercy.

Pour les produits soumis à la nouvelle contribution, le taux des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 %, la flat tax s’élevant ainsi à 31,4 % contre 30 % auparavant. L’entrée en vigueur de la nouvelle contribution est fixée au 1er janvier 2026.

Nouveau record pour la dette publique en France

À la fin du troisième trimestre 2025, la dette publique au sens de Maastricht se rapproche de 3 500 milliards d’euros (3 482,2  milliards d’euros), soit une augmentation de 65,9 milliards d’euros, après +70,9  milliards au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elle atteint 117,4 %, après 115,7 % au deuxième trimestre.

Données INSEE

Le Coin des Epargnants du 28 novembre 2025

Des marchés résilients malgré les doutes sur l’IA

Aux États-Unis, la semaine boursière a été réduite en raison de la fête de Thanksgiving, jeudi 27 novembre (pas de cotation), et du Black Friday (fermeture anticipée de Wall Street).

Après plusieurs semaines de doutes sur la rentabilité future de l’Intelligence artificielle (IA), les marchés actions ont rebondi à la fin du mois de novembre. Sur la dernière semaine, le Nasdaq a gagné près de 5 %. À l’approche du mois de décembre, la question traditionnelle se pose : les marchés connaîtront-ils un « rally » de fin d’année, permettant à Wall Street d’aller battre des records et au CAC 40 de revenir au contact de son pic à 8 314,33 points du 13 novembre dernier ? Signe de cet attrait retrouvé pour les actifs risqués, le bitcoin reprend de la hauteur, à plus de 91 000 dollars, tandis que l’ether franchit de nouveau le seuil des 3 000 dollars. En un mois, le bitcoin a néanmoins perdu 20 % de sa valeur.

Sur l’ensemble du mois de novembre, les indices actions ont fait du surplace. Le ralentissement de la croissance américaine commence à se faire sentir. En Europe, les incertitudes demeurent élevées. Les probabilités d’une prochaine baisse des taux directeurs de la Fed ont augmenté au cours de la semaine. Une diminution de 25 points de base des Fed funds à l’issue de la réunion des 9 et 10 décembre semble se profiler. Le gouverneur Stephen Miran, nommé par Donald Trump, n’a pas hésité à établir un lien direct entre la détérioration du marché du travail et la politique monétaire actuelle : « Il faut reconnaître que le taux de chômage a augmenté, et cela est dû à une politique monétaire trop restrictive ».

L’once d’or s’est rapprochée, à la fin du mois de novembre (4 219 dollars), de son record (4 381 dollars), témoignant de la persistance des inquiétudes à l’échelle mondiale. L’évolution de la situation aux États-Unis incite toujours les banques centrales et les investisseurs à acheter du métal précieux.

Le pétrole reste stable autour de 63 dollars, le ralentissement de la croissance mondiale pesant sur la demande. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) « devrait réitérer son intention de suspendre les augmentations de production » au premier trimestre 2026, à l’occasion de sa réunion ministérielle prévue le 30 novembre. En novembre, l’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres du cartel avaient déjà annoncé une pause dans la hausse des quotas menée depuis le mois d’avril, et qui avait largement contribué à accroître l’offre de brut sur le marché.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
28 nov. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 122,71 +2,05 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 716,42+4,29%37 689,5442 544,22
S&P 5006 849,09+4,75 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 365,69+5 ,83 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 836,79+3,19 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 720,51+1,90 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 668,17+2,78 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 253,91+3,18 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 888,60-1,30 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,413 %-+0,060 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,687 %-0,012 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,024 %-0,051 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1604+0,15 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 219,29 +3,67 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,10+1,06 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars91 166,70+7,72 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 21 novembre 2025

Chronique d’un dégonflement annoncé

La Bourse de Paris a évolué cette semaine au gré des interrogations concernant les valorisations excessives des entreprises de la tech américaine. Les bons résultats de Nvidia, le fabricant de microprocesseurs pour l’intelligence artificielle (IA), n’ont pas complètement rassuré les investisseurs.

« Nous entrons dans une phase plus mature du cycle d’investissement, ce qui pourrait entraîner un examen plus approfondi de la part des investisseurs », a déclaré Emmanuel Cau, responsable de la stratégie actions européennes chez Barclays.

Sur la semaine, le recul du CAC 40 a atteint plus de 2 %. L’indice parisien est repassé sous les 8 000 points. Tous les grands indices ont reculé : le Nasdaq a abandonné plus de 2 %. Le bitcoin a suivi le mouvement, son cours étant corrélé à celui du Nasdaq. Il s’échangeait vendredi 21 décembre sous les 90 000 dollars, en baisse de plus de 10 % sur la semaine.

Les doutes sur les valorisations des entreprises investies dans l’IA commencent à se concrétiser, d’autant plus que la fin de l’année approche. La réédition d’un krach sur le modèle de celui de l’an 2000, lors de l’éclatement de la bulle Internet, n’est toutefois pas le scénario le plus probable. En effet, le marché est aujourd’hui dominé par de très grandes sociétés – Amazon, Microsoft, Nvidia, etc. – capables d’affronter une tempête boursière grâce à l’ampleur de leur chiffre d’affaires et de leurs bénéfices, ce qui n’était pas le cas au début du siècle pour la multitude de start-up cotées.

Le cours du pétrole a, de son côté, reculé ces derniers jours en raison de la présentation du plan de Donald Trump pour la paix en Ukraine et de l’annonce, vendredi 21 décembre, par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, de sa volonté d’en discuter avec ce dernier. L’augmentation des stocks de brut aux États-Unis a également contribué à la détente des prix sur les marchés pétroliers. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés a augmenté sa production depuis le mois d’avril, faisant croître l’offre bien plus rapidement que la demande, laquelle est pénalisée par le ralentissement de la croissance aux États-Unis.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
21 nov. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 982,65-2,29 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 245,41-1,87 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 602,99-1,24 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 273,08-2,14 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 091,87-3,29 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 539,71-1,64 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 515,09 -3,14 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)48 625,88-4,36 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 834,89-4,19 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,473 %+0,014 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,699 %-0,021 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,075 %-0,066 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1505 -0,63 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 082,62-0,79 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars62,31-2,97 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars83 715,23-11,65 %38 252,5493 776,61

Maintien à un haut niveau de l’effort d’épargne des ménages en France

Au deuxième trimestre 2025, le patrimoine des ménages a, selon la Banque de France, atteint près de 6 500 milliards d’euros. Les produits de taux représentaient près de 3 900 milliards d’euros et les produits de fonds propres environ 2 500 milliards d’euros.

Le flux d’épargne brute des ménages a été en hausse au deuxième trimestre, tandis que l’endettement ne progresse plus significativement. Ce flux s’est élevé à 33 milliards d’euros. L’essentiel de ces placements se concentre sur l’assurance-vie et les droits à pension, ainsi que sur l’acquisition indirecte d’actions et de titres de créance via des OPC.

Les premières données couvrant les principaux placements financiers des ménages pour le troisième trimestre 2025 indiquent une nouvelle décollecte sur les livrets d’épargne réglementée, ainsi qu’une stabilité des placements en numéraire et sous forme de dépôts auprès des banques. S’agissant de l’assurance-vie et des droits à pension, la collecte demeure dynamique.

Le taux d’épargne financière de la France dépasse pour la première fois en plus de dix ans celui de l’Allemagne. Il était supérieur à 10,5 % du revenu disponible brut au 2ème trimestre 2025.

Relancer l’Europe de l’épargne retraite

La Commission européenne, dans le cadre de l’Union de l’épargne et de l’investissement, entend favoriser les fonds de pension. Elle souhaite ainsi garantir « un bon niveau de vie à la retraite, tout en libérant de nouveaux financements pour l’économie ». Aujourd’hui, au sein de l’Union, seulement 20 % des actifs sont adhérents à un régime professionnel d’épargne retraite et 18 % détiennent un produit personnel.

Pour inverser la tendance, la Commission préconise aux États membres de développer des systèmes de suivi des retraites permettant aux citoyens de visualiser l’ensemble de leurs droits à pension, afin d’améliorer la transparence et de les aider à prendre des décisions éclairées, sur le modèle de ce qui existe notamment en France.

Elle demande également aux États membres de développer des tableaux de bord donnant un aperçu de la viabilité et de l’adéquation des systèmes de pension nationaux (couverture, cotisations, revenus de retraite des différents groupes de population…). La Commission propose l’affiliation automatique aux régimes complémentaires des travailleurs. Les autorités européennes souhaitent également une réforme de la directive IORP II, qui régit les fonds de pension professionnels. Pour Bruxelles, la taille de nombreux régimes est insuffisante « pour diversifier leurs investissements et offrir des résultats optimaux aux épargnants ». La Commission propose donc de lever les obstacles à la consolidation du marché, en simplifiant les procédures transfrontalières et les règles de transfert.

La Commission souhaite également relancer le PEPP, le produit paneuropéen d’épargne retraite individuelle. Ce produit, créé en 2019 et censé être portable d’un pays à l’autre, demeure confidentiel, n’étant diffusé que dans quelques rares pays de l’Union. Par exemple, selon un article du Financial Times, au début de l’année 2025 : « seulement 4 747 utilisateurs et 11,5 millions d’euros d’encours » pour le PEPP. Le plafond de frais fixé à 1 % et l’obligation de conseil ont nui à son attractivité pour les fournisseurs et distributeurs. La réforme de la Commission introduit un « PEPP de base » simplifié, sans conseil obligatoire, investi à 95 % dans des actifs non complexes (actions, ETF). Les États devront offrir un traitement fiscal comparable à celui des produits nationaux de retraite, éliminant ainsi la distorsion de concurrence qui pénalisait le PEPP.

Vers une supervision européenne des marchés financiers ?

e 3 décembre prochain, la Commission européenne présentera un projet destiné à transformer l’architecture de la supervision des marchés financiers de l’Union européenne. Avec ce projet, les acteurs financiers les plus importants d’Europe seraient supervisés par l’ESMA, l’autorité européenne des marchés financiers basée à Paris.

L’ESMA aurait ainsi la supervision directe de toutes les plateformes de cryptoactifs et des infrastructures de marché les plus importantes : grandes places boursières, chambres de compensation et dépositaires centraux. La Bourse de Francfort serait ainsi contrôlée par l’ESMA.

Pour les gestionnaires d’actifs, le projet est moins radical : l’ESMA ne les superviserait pas directement, tout en ayant le dernier mot en cas de litiges entre autorités nationales.

Pour assumer ces nouvelles missions, l’ESMA sera dotée d’un conseil exécutif indépendant qui prendra les décisions de supervision au quotidien.

Ce projet s’inscrit dans le programme d’élimination des barrières qui fragmentent le marché européen. Actuellement, l’Union européenne compte de nombreuses plateformes de négociation, chambres de compensation et sociétés de gestion d’actifs. Le marché des capitaux européen représente environ un quart de la taille de celui des États-Unis, avec beaucoup plus de participants. Il manque cruellement de profondeur et se caractérise par une grande complexité. Si la France est favorable à la création d’un grand marché des capitaux, le Luxembourg et l’Irlande, en particulier, y sont plus hostiles, car ils craignent une perte de leur attractivité financière.

La réforme rappelle celle de la supervision bancaire, centralisée à la BCE après 2008. Mais elle sera plus délicate, car l’orientation des gouvernements est aujourd’hui moins pro-européenne, et la situation politique actuelle n’incite guère aux concessions.

L’adoption du projet de la Commission suppose l’accord des États membres et du Parlement européen. La position de l’Allemagne sera déterminante. Traditionnellement réticente à la centralisation, Berlin envoie cependant des signaux contradictoires : le chancelier Friedrich Merz se déclare favorable au principe d’une Bourse unique européenne, tout en restant opposé à la supervision centralisée des cryptoactifs.

Le Coin des épargnants du 24 octobre 2025

Nouveau record pour le CAC 40

Ce mardi 21 octobre, le CAC 40 a battu un record en clôture, à 8 258,86 points, dépassant le niveau atteint le 15 mai 2024, avant la dissolution de l’Assemblée. Il aura fallu près d’un an et demi pour effacer le choc alors subi, sachant que les autres indices européens et américains ont connu entre-temps une forte hausse ; ces derniers ont également battu des records cette semaine.

Le nouveau record du CAC 40 intervient juste après une nouvelle crise politique et la dégradation de la note de la France par l’agence S&P. La discussion budgétaire chaotique aurait pu, elle aussi, refroidir les ardeurs des investisseurs. Tel n’a pas été le cas. Ces derniers avaient largement anticipé la situation. Les considérations politiques ont été mises de côté au profit de considérations économiques et financières. Depuis le début de l’année, les marchés boursiers sont portés par les avancées en matière d’intelligence artificielle et par l’éventuelle amélioration de la productivité qu’elle pourrait engendrer. La reprise de la baisse des taux directeurs de la part de la Banque centrale américaine constitue un autre vecteur de croissance pour les marchés d’actions. Les valeurs boursières profitent, en outre, de la publication des résultats trimestriels des entreprises, supérieurs aux attentes.

Le CAC 40, s’il est influencé par le contexte national, obéit aussi aux grandes tendances de l’économie mondiale. Entre 75 % et 80 % des revenus des sociétés du CAC 40 sont réalisés à l’étranger. Seulement 8 % du chiffre d’affaires de LVMH est réalisé en France, contre environ 27 % en Asie (hors Japon) et 25 % aux États-Unis. Malgré tout, le CAC 40 est loin d’avoir comblé son retard sur ses homologues : depuis le 1er janvier, il n’a progressé que de 10 %, contre plus de 20 % pour le DAX allemand. Avec les derniers soubresauts liés à la discussion budgétaire, le CAC 40 est resté stable vendredi, tandis que les grands indices américains et le DAX atteignaient de nouveaux records. Dès le début de l’examen en séance publique du budget, les menaces de dépôt de motions de censure se sont multipliées. Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a réclamé des mesures de justice fiscale (taxe Zucman, ISF climatique, etc.). Le Parti socialiste tente de pousser son avantage, conscient que la survie du gouvernement dépend en partie de sa position.

Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation a été publié ce vendredi après-midi, avec près de dix jours de retard par rapport au calendrier initial, en raison du shutdown de l’État fédéral. L’inflation a augmenté de 0,3 % le mois dernier et de 3 % sur un an. Le consensus établi par Bloomberg tablait sur des hausses respectives de 0,4 % et 3,1 %. Hors alimentation et énergie, la hausse est de 0,2 % sur un mois, contre +0,3 % attendu, et de 3 % sur un an, contre 3,1 % attendu. Des chiffres qui ne changent pas la donne à une semaine de la décision monétaire de la Réserve fédérale. Une détente des taux d’intérêt d’un quart de point est attendue en octobre.

Le pétrole, victime des sanctions

Depuis plusieurs semaines, le cours du baril de pétrole évoluait autour de 60 dollars. Les annonces de nouvelles sanctions prises par les États-Unis contre la Russie ont provoqué une hausse de plus de 5 dollars du baril. C’est la première fois que les exportations de pétrole russes sont directement visées par Washington, qui a placé les deux compagnies pétrolières russes Lukoil et Rosneft sur liste noire. Tous les actifs de ces compagnies aux États-Unis sont désormais gelés, et les entreprises américaines n’ont plus le droit de réaliser des affaires avec elles. Or, ces deux géants représentent l’essentiel des exportations de brut russe.

L’Union européenne a également décidé un nouveau train de sanctions, dont certaines visent la flotte fantôme de pétroliers russes. Cette flotte permet à la Russie de continuer à exporter son pétrole brut malgré les interdictions. Selon Emmanuel Macron, cette flotte parallèle permet à Moscou de financer 30 % à 40 % de son effort de guerre contre l’Ukraine.

La Russie demeure un acteur majeur du marché pétrolier. Avec environ 12 % de la production mondiale, elle est le troisième producteur mondial, derrière les États-Unis et l’Arabie saoudite. Les sanctions décidées par les États-Unis et l’Union européenne interviennent dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale, avec des prix du pétrole plutôt orientés à la baisse. Dans ce cadre, les tensions sur le marché pétrolier pourraient n’être qu’éphémères.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
24 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 225,63+0,39 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 207,12+2,35 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 791,69+2,02 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 204,87+2,49 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 243,97+1,73 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 638,58+2,94 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 674,50+1,20 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)49 299,65+5,23 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 950,31+2,12 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,434%+0,074 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,626 %+0,045 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,001 %-0,009 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1623+0,23 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 128,98-0,36 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars66,61+8,86 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars110 205,93-5,86 %38 252,5493 776,61

Le coin des épargnants du 3 octobre 2025 par Philippe Crevel : les marchés toujours envoutés par l’IA

Marchés boursiers : un troisième trimestre positif

Les champions des placements au 3e trimestre 2025 auront été l’or et les valeurs américaines. L’once d’or a progressé, sur ces trois derniers mois, de près de 17 %. De leur côté, les valeurs technologiques cotées au Nasdaq ont gagné plus de 12 %. Les valeurs américaines, malgré l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers, ont poursuivi sur la lancée des derniers mois. L’indice S&P 500 s’est apprécié de près de 8 % et le Dow Jones de 4,28 %. Les indices européens ont enregistré des progressions plus faibles, à l’exception du Footsie britannique (+6,53 %). Le CAC 40 a augmenté de 3 %. À noter que le Dax allemand est resté atone après une longue période de hausse. Il a, en effet, gagné en un an près de 25 % contre +4,25 % pour le CAC 40.

Les marchés toujours portés par l’intelligence artificielle

Le CAC 40 a dépassé les 8 000 points cette semaine, une première depuis le mois de mars dernier. L’intelligence artificielle dope toujours les marchés. OpenAI, l’entreprise à l’origine de ChatGPT, multiplie les collaborations sur plusieurs continents, notamment au Japon avec Hitachi dans les domaines de l’énergie et des infrastructures. Fujitsu a, de son côté, annoncé une extension de son partenariat stratégique avec Nvidia.

Les investissements en milliards de dollars dans l’IA alimentent les fantasmes de profits futurs et, pour l’instant, occultent tous les problèmes auxquels est confrontée l’économie mondiale. La paralysie des administrations fédérales des États-Unis, qui entre dans son troisième jour consécutif de shutdown, a historiquement des répercussions économiques limitées. Les investisseurs l’ont bien compris : les indices américains ont battu de nouveaux records cette semaine.

Les investisseurs ont, en revanche, intégré le ralentissement du marché américain de l’emploi, même en l’absence de publication des statistiques mensuelles en raison du shutdown.

Avec la décélération de la croissance américaine sur fond de hausse des droits de douane et de limitation de l’immigration, la Fed aurait un motif pour réduire ses taux directeurs à l’occasion de sa réunion des 28 et 29 octobre prochains.

Malgré les tensions autour de la flotte russe fantôme, le cours du pétrole a enregistré un fort recul cette semaine. Celle-ci s’explique par la publication de plusieurs rapports suggérant que l’OPEC+ pourrait augmenter sa production jusqu’à 500 000 barils par jour en novembre, soit trois fois le volume ajouté ce mois-ci. Cette décision marquerait une nouvelle étape dans la réduction de la régulation instituée lors du covid. La  production de septembre a déjà augmenté de 330 000 bpj pour atteindre 28,40 millions de bpj, selon une enquête de Reuters.

L’Arabie Saoudite et d’autres producteurs cherchent à reconquérir des parts de marché. L’arrivée de nouveaux barils intervient que la demande est victime du ralentissement de la croissance de l’économie mondiale.

Quelles limites pour le métal précieux ?

Depuis près d’un an, tous les prévisionnistes se sont trompés sur l’or. La Deutsche Bank tablait sur une once à 3 700 dollars en 2026. Nul n’avait imaginé que l’once d’or puisse se rapprocher aussi rapidement des 4 000 dollars. Elle a ainsi battu, lundi 29 septembre, un nouveau record à plus de 3 800 dollars. Depuis le début de l’année, la hausse atteint plus de 45 %. La progression du cours de l’or s’explique par la succession, depuis plusieurs années, des chocs économiques et géopolitiques. La fragmentation de l’économie mondiale, les tensions géopolitiques et commerciales, l’interventionnisme de Donald Trump sur la politique monétaire de la Fed, l’augmentation de l’endettement public incitent les investisseurs à acheter de l’or, bien que cet actif ne rapporte ni intérêt ni dividende.

La baisse des taux de la Réserve fédérale et de la BCE constitue un autre facteur favorable à la hausse du cours de l’or. Quand le rendement des emprunts d’État américains baisse, le métal jaune devient plus attractif pour les investisseurs.

Au-delà des incertitudes sur la politique monétaire américaine, les achats des banques centrales constituent, depuis plus de trois ans, le facteur structurel de la hausse des prix de l’or. La demande des instituts monétaires est passée d’un peu moins de 500 tonnes par an entre 2011 et 2021 à plus de 1 000 tonnes par an depuis 2022. À titre de comparaison, le marché de l’or s’élève à environ 4 000 tonnes par an.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
3 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 078,59+2,31%7 543,187 380,74
Dow Jones46 758,281,26 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 715,79+1,13 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 780,51+1,35 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 379,53+2,66 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 487,95+1,18 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 651,71+2,63 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)45 769,50+0,61 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 882,78+1,59 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,519 %-0,043 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,706 %-0,041 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,115 %-0,065 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1738-0,67 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 879,01+2,97 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars64,68-7,64 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars120 866,78+9,77 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 22 août 2025 : un mois d’août tout en couleur

Hausse du cours des actions, l’or et le bitcoin toujours au plus haut, l’été 2025 peut à première vue être surprenant. Avec l’entrée en vigueur de la hausse des droits de douane américains, le mois d’août 2025 était redouté par les investisseurs, sachant que le huitième mois de l’année est rarement porteur pour les marchés actions. Or, le cru 2025, malgré les incertitudes, se révèle étrangement bon. Plusieurs indices boursiers ont battu des records. En cette troisième semaine d’août, le CAC 40 s’est rapproché des 8 000 points, portant sa hausse depuis le 1er janvier à plus de 8 %. Certes, le DAX allemand fait nettement mieux, avec un gain de plus de 22 %, l’Eurostoxx progressant de plus de 12 %. La Bourse de Madrid a connu une hausse de plus de 30 % depuis le 1er janvier, tandis que Milan et Lisbonne sont également en forte progression. L’indice grec Athex a enregistré une appréciation de plus de 40 %. Le Standard & Poor’s 500, l’indice de référence des professionnels de Wall Street, a progressé de près de 9 % depuis le début de l’année. Le Dow Jones a atteint un plus haut le 15 août, à plus de 45 200 points. Le Nasdaq flirte également avec ses plus hauts historiques. Depuis le décrochage du mois d’avril, marqué par les annonces de Donald Trump sur les droits de douane « réciproques » très élevés, l’indice des valeurs technologiques américaines s’est adjugé près de 40 %.

Ces résultats s’expliquent par les perspectives d’une prochaine baisse des taux de la part de la Fed. En allégeant le coût de la dette pour les entreprises, en favorisant les investissements et en diminuant le rendement des obligations, la baisse des taux contribue à l’augmentation du cours des actions. Les valeurs technologiques, gourmandes en capitaux, y sont particulièrement sensibles. Les investisseurs estiment également que les accords commerciaux signés par les États-Unis constituent un moindre mal. Les droits sont, dans l’ensemble, conformes à ceux qui avaient été annoncés en avril dernier. Contrairement aux craintes de certains à la veille de l’été, les données macroéconomiques rendues publiques ces dernières semaines sont rassurantes pour l’économie américaine. Enfin, les résultats des entreprises pour le deuxième trimestre, dévoilés cet été, sont de bonne facture. En Europe, ils se sont inscrits en ligne avec les anticipations, et aux États-Unis ils se sont révélés supérieurs de 8 % en moyenne aux attentes des analystes. En Europe, les marchés restent portés par les valeurs de la défense et de l’aéronautique. Les valeurs bancaires, longtemps pénalisées, connaissent un réel rebond.

Le niveau élevé du cours de l’or est imputable à la demande toujours forte des banques centrales et à la soif de diversification des investisseurs, les incertitudes demeurant importantes. L’abondance de liquidités, en lien avec la politique monétaire accommodante des années 2009-2022, contribue à la hausse de la valeur des actifs tels que l’or, l’immobilier ou le bitcoin. Pour ce dernier, sa diffusion de plus en plus large, notamment via les fonds indiciels (ETF), se traduit par un cours élevé. La politique pro-crypto du président américain alimente également les achats de bitcoins par les institutionnels comme par les particuliers.

Trump vs Fed : le match continue

Dans le cadre du symposium de politique monétaire de Jackson Hole, Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, a indiqué qu’une baisse des taux directeurs était possible en septembre, en dépit de l’accélération de l’inflation, soulignant les vulnérabilités du marché du travail. Jerome Powell a ainsi déclaré : « Avec une politique en territoire restrictif, les perspectives de base et l’évolution de l’équilibre des risques pourraient justifier un ajustement de notre position politique. » Le scénario d’une détente d’un quart de point du loyer de l’argent est donc envisageable, même si rien n’est encore décidé. Concernant les droits de douane, l’hypothèse de base raisonnable est que leur relèvement créera une hausse « temporaire » des prix, mais que celle-ci mettra du temps à se faire pleinement sentir dans l’économie.

Donald Trump a toujours Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, dans le collimateur. Face au refus entêté de la Fed de baisser ses taux directeurs, le président américain a, par ailleurs, étendu sa campagne d’intimidation aux autres membres du comité de politique monétaire. Il a ainsi déclaré : « Lisa Cook doit démissionner, maintenant !!! » sur son réseau social Truth, dans un message incluant un lien vers un article évoquant des accusations de fraudes hypothécaires émises par un allié du président à l’encontre de la première gouverneure noire de la Réserve fédérale. L’économiste, diplômée d’Harvard et qui a travaillé sous l’administration Obama, a été nommée à ce poste par Joe Biden pour un mandat expirant en 2038. Elle a, jusqu’à présent, toujours voté avec Jerome Powell. Lisa Cook a répondu en indiquant qu’elle n’avait pas l’intention de se laisser intimider et de démissionner de son poste « à cause de quelques questions soulevées dans un tweet ». La Fed est la seule agence fédérale à ne pas être entièrement sous la coupe de la Maison-Blanche. Le président américain a néanmoins le pouvoir de limoger un membre de la Banque centrale, mais sous condition de motifs légitimes. La nouvelle attaque contre l’indépendance de la Réserve fédérale est la conséquence de l’échec de la campagne d’intimidation menée contre Jerome Powell depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Baisse du prix du pétrole : une aubaine pour l’économie française

Si l’économie européenne souffre de la hausse des droits de douane américains, elle bénéficie en revanche de la baisse du cours du pétrole. Le baril de Brent évolue autour de 66 dollars, soit 20 % de moins qu’en début d’année. En France, le prix moyen du litre de sans-plomb 95 a diminué d’une dizaine de centimes entre janvier et juillet, selon l’Insee. Cette diminution du prix du pétrole contribue à la faible inflation et à l’amélioration des marges des entreprises.

Selon Rexecode, en moyenne, une baisse de 10 dollars du prix du baril de Brent se traduit, au bout d’un an, par un surplus de croissance de 0,1 % à 0,2 % du PIB, accompagné d’une baisse de l’inflation de 0,2 % à 0,3 %. Cela permettrait un gain de 20 000 emplois et une amélioration du solde commercial de la France. Le ministère de l’Économie considère que la faiblesse du cours du pétrole permettra d’atteindre une croissance de 0,7 % du PIB pour la France cette année. Pour les finances publiques, l’effet devrait être neutre à court terme, puis positif dans un second temps. La baisse du prix de l’essence diminue les rentrées de TVA, déjà en recul sur les six premiers mois de l’année contrairement aux anticipations budgétaires, mais la hausse de la croissance compensera ce manque à gagner. La progression de la croissance devrait alléger les dépenses publiques, avec à la clé une amélioration du déficit public de 0,1 à 0,2 point de PIB.

La baisse du cours du pétrole a, en revanche, un effet négatif sur l’environnement. Elle incite les ménages à utiliser plus souvent leur voiture et à émettre davantage de gaz à effet de serre. Elle ne favorise pas l’achat de véhicules électriques.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
22 août 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 969,69+0,72 %7 543,187 380,74
Dow Jones45 631,74+1,52 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 466,91+0,30 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite21 496,53-0,55 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 370,74-0,18 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 321,40+2,13 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 488,23+0,99 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)42 633,29-0,20 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 825,76+4,36 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,422 %-0,043 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,721 %-0,063 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,262 %-0,049 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1715+0,31 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 369,82+0,36 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars67,55+2,55 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars116 670,19-0,21 %38 252,5493 776,61

Le coin des épargnants du 14 juin 2025 : bruits de bottes

La semaine financière a été dominée par le choc géopolitique au Moyen-Orient, avec l’attaque israélienne contre l’Iran. À la clef : tensions sur le pétrole, aversion au risque sur les marchés actions, et un retour de l’incertitude stratégique dans les prévisions économiques.

L’attaque israélienne contre l’Iran, vendredi 13 juin, a créé une onde de choc sur l’ensemble des places financières. Les États-Unis avaient été avertis de l’imminence de cette attaque, Donald Trump ayant annoncé jeudi 12 la réduction du personnel diplomatique dans la région. Tsahal a lancé son opération « Nations de lions », en frappant Téhéran et des cibles liées au programme nucléaire dans différentes régions de l’Iran. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a annoncé que l’opération militaire visait à repousser « la menace iranienne pour la survie même d’Israël ». Cette opération devrait, selon les autorités israéliennes, durer autant de jours qu’il sera nécessaire pour éliminer cette menace. Par ailleurs, Tsahal a tué le commandant des Gardiens de la Révolution, Hossein Salami ; des scientifiques nucléaires auraient également été tués. L’Iran a promis de répondre à cette attaque, faisant craindre l’ouverture d’un conflit de grande envergure au Moyen-Orient. L’Iran a répliqué vendredi soir en utilisant notamment des missiles balistiques. Malgré le Dôme de fer, plusieurs bâtiments ont été touchés.

La grande majorité des États, dont la France et l’Allemagne, ont appelé à la retenue après le déclenchement des frappes par Israël. De l’ONU à Londres, en passant par Paris, tous redoutent une escalade pouvant mener à l’ouverture d’un conflit majeur. Néanmoins, Donald Trump ne joue pas la carte de l’apaisement. Dans un post sur son réseau Truth Social, le président américain a rappelé avoir « donné à l’Iran un ultimatum de 60 jours il y a deux mois pour conclure un accord. Ils auraient dû le faire ! Aujourd’hui, c’est le jour 61. » Le gouvernement de Netanyahou entend poursuivre les opérations militaires jusqu’à l’éradication des capacités nucléaires de l’Iran, voire jusqu’à la chute du régime.

Avec le déclenchement de l’attaque israélienne, les indices actions des grandes places financières ont connu une baisse immédiate vendredi 13 juin, et le prix du pétrole a gagné plus de 10 %. Les valeurs des compagnies aériennes, comme Air France, ont fortement reculé (–4,74 % vendredi 13 pour la compagnie franco-néerlandaise et –10 % sur la semaine). Le CAC 40 a reculé de 1,65 % sur la semaine, et le DAX allemand de près de 3,5 %. Le S&P 500 américain a diminué de près de 0,4 % sur la semaine. Le cours de l’or, sans surprise, est en hausse.

La semaine prochaine sera marquée par la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les taux directeurs devraient rester inchangés dans la fourchette actuelle de 4,25–4,5 % à l’issue de la réunion des 17 et 18 juin. À cette occasion, le comité présentera ses projections économiques et d’inflation.

Pétrole sous tension

Sur la semaine, le cours du baril de pétrole Brent a augmenté de 10 %, avec une hausse de plus de 6 % vendredi. Le baril s’échangeait vendredi soir contre 73 dollars. Le marché était, jusqu’à l’intervention militaire israélienne, déflationniste, avec l’engagement d’une guerre des prix au sein du cartel. La prime de risque sur le pétrole est supérieure à celles observées en avril et octobre 2024, lors des précédents incidents entre Israël et l’Iran, les investisseurs estimant que le risque d’embrasement est plus important que par le passé. Le baril de Brent n’avait plus atteint ce niveau depuis mars, avant le déclenchement de la guerre commerciale de Donald Trump. Avec la décision des pays exportateurs de pétrole, regroupés dans l’OPEP+, d’augmenter progressivement leur production, le baril était descendu aux alentours de 60 dollars, avant de se stabiliser ces dernières semaines entre 63 et 65 dollars. La baisse du cours du baril avait récemment conforté la désinflation.

Les investisseurs craignent que la poursuite des frappes israéliennes ne mette à mal la production iranienne, le pays étant le septième producteur mondial. Les autorités de Téhéran ont indiqué vendredi qu’aucune installation pétrolière n’avait été touchée. Les recettes pétrolières sont, pour l’Iran, indispensables. Elles ont atteint 67 milliards de dollars l’an dernier. Priver Téhéran de ces ressources est sans nul doute une tentation pour Israël afin d’affaiblir le régime. En moyenne, le pays a produit l’an dernier 3,26 millions de barils de brut, une production en augmentation de 13 % par rapport à 2023. La moitié de cette production est exportée, essentiellement vers la Chine. Les pays de l’OPEP ont la capacité de compenser l’arrêt de la production iranienne (soit 3 % de la production mondiale), avec néanmoins, à la clé, une hausse des cours.

Au-delà de la production pétrolière iranienne, les investisseurs sont attentifs à l’accès au détroit d’Ormuz, en partie contrôlé par l’Iran. Ce détroit est un passage stratégique pour les cargaisons de pétrole et de gaz du Moyen-Orient vers l’Asie et l’Europe. Téhéran a, par le passé, menacé de bloquer le trafic dans cette zone, même si le gouvernement n’a jamais mis ces menaces à exécution, sachant qu’il en serait la première victime. Plus de 20 % du pétrole mondial et du GNL transitent par ces routes. Le détroit d’Ormuz est notamment stratégique pour le Qatar, qui expédie son GNL vers les pays asiatiques. JP Morgan évalue que le blocage de cette voie d’accès au golfe Persique porterait le prix du pétrole brut à 130 dollars le baril. Le prix du gaz a fortement augmenté vendredi, en lien avec la crainte d’un tel blocage. Le TTF, principal indice européen, a augmenté de plus de 5 % ce vendredi, atteignant 38 euros le MWh.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
13 juin 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 684,68-1,65 %7 543,187 380,74
Dow Jones42 197,79-1,46 %37 689,5442 544,22
S&P 5005 976,97-0,37 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite19 406,83-0,63 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 499,40-3,42 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 850,63+0,11 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 290,47-2,76 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)37 834,25+1,03 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 377,00+0,40 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,256 %+0,013 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,534 %-0,038 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,422 %-0,061 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1558+1,49 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 421,65+2,270 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars73,32+11,49 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars105 697,60+0,57 %38 252,5493 776,61

Premier trimestre boursier : les incertitudes ont pris le dessus

Sur les trois premiers mois de l’année, le CAC 40 a gagné plus de 5 %. Le gain a atteint au cours du mois de février plus de 8 %. L’accélération de la guerre commerciale a conduit à une érosion de l’indice parisien comme ceux des grandes places européennes. En mars, le CAC 40 a perdu près de 5 %

Le Daxx allemand a néanmoins progressé plus vite sur le premier trimestre que le CAC, près de 11 % malgré un recul de 4,61 % en mars. L’Eurostoxx 50 fait également mieux que le CAC 40 avec un gain de 7,82 % sur trois mois. Il s’est déprécié de 5,24 % en mars. Les indices américains sont en nette baisse sur l’ensemble du premier trimestre. Le Nasdaq a ainsi diminué sur trois mois de plus de 10 %, le S&P 500 de 4,5 % et le Dow Jones de 0,92 %. Les valeurs technologiques sont contestées après avoir connu une forte croissance à la fin de l’année 2024.

Les indices américains ont fortement reculé du fait de la montée des incertitudes commerciales. Après avoir battu des records dans la foulée de le retour au pouvoir de Donald Trump, les indices subissent une correction qui si elle continue pourrait porter atteinte au moral des ménages.

Dans un contexte économique et géopolitique d’une rare complexité, l’or se négocie à des niveaux sans précédent. L’once d’or s’échangeait le 31 mars contre plus de 3100 dollars. Il a gagné en trois mois près de 20 %. Sur un an, la hausse atteint plus de 40 %. L’or valeur refuge par excellence profite des craintes inflationnistes, des menaces de ralentissement de l’économie américaines, des tensions commerciales et des incertitudes internationales en Ukraine comme au Proche Orient.

Les taux des obligations souveraines européennes ont fortement augmenté au cours du premier trimestre en lien avec les annonces d’augmentation de l’effort de défense. La suppression du frein budgétaire allemand a été compris comme un signal d’augmentation de la dette publique en Europe. La hausse des taux européens s’est accompagnée d’une appréciation logique de l’euro.

Le cours du pétrole est resté sur le premier trimestre stable mais avec une augmentation de près de 5 % au cours d mois de mars en lien avec les menaces de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran prononcées par Donald Trump.

Le bitcoin après avoir atteint plus de 100 000 dollars dans les jours qui ont suivi la nomination de Donald Trump à la présidence est en recul de plus de 10  sur le trimestre. Il a été porté en janvier par les annonces de déréglementation des cryptoactifs. Il est depuis pénalisé par le recul des valeurs technologiques et pas des prises de bénéfices.

Le Coin de l’épargne – Retour sur terre

Retour sur terre

Fini la trêve des confiseurs, la nouvelle année commence avec un retour aux fondamentaux. Les propos de Donald Trump et son programme inflationniste inquiètent les investisseurs contribuant à la hausse des taux des obligations souveraines et cela d’autant plus que les besoins croissants des États en financement sont élevés.

Des taux souverains à la hausse

Le taux à 10 ans américain a pris plus de 10 points de base (pb) pour atteindre 4,7 %, son plus haut depuis fin avril et celui à 30 ans est proche des 5 %, ce qui n’était pas arrivé depuis décembre 2023, alors que la Réserve fédérale avait mené l’un des plus forts relèvements des taux directeurs de son histoire. Le « 30 ans britannique » a atteint 5,35 %, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 1998 quand le rendement des obligations françaises à 10 ans s’est élevé à 3,4 %, un plus haut depuis 2011.

En début d’année, les États procèdent à d’importantes émissions d’obligation. En deux jours, les 7 et 8 janvier, sur la zone euro, près de 70 milliards d’euros ont été ainsi émis. Aux États-Unis, l’émission de 39 milliards de Treasuries – les obligations d’État – à 10 ans a n’a pas suscité l’enthousiasme des investisseurs. Les titres affichent un rendement de 4,68 %, au-dessus des prévisions initiales. Il faut remonter à 2007 pour retrouver de tels taux.

Les investisseurs semblent intégrer que Donald Trump pourrait appliquer son programme à compter du 20 janvier et notamment la majoration des droits de douane. Une montée du protectionnisme associée à des baisses d’impôts et à une réduction de l’immigration pourraient relancer l’inflation américaine. En réaction, les marchés misent sur un fort ralentissement des baisses de taux de la Fed. Leur réduction ne serait plus que de 0,5 point et non d’un point comme cela était envisagé en 2024. La menace inflationniste combinée à une moindre diminution des taux directeurs conduisent à une hausse des taux longs. L’évolution des rendements des Treasuries entraîne une répercussion sur l’ensemble des taux souverains. Avec des taux de près de 5 %, les États-Unis attirent les capitaux du monde entier ce qui conduit, par réaction, à la hausse des taux à l’échelle mondiale.

La hausse des taux, en France, répond également à des considérations d’ordre interne. La méfiance envers la trajectoire des finances publiques française se traduit au travers l’évolution de l’écart entre le rendement des obligations françaises et allemandes, (spread).  Ce dernier a atteint 86 points de base jeudi, en hausse, depuis le début de l’année. L’hypothèse d’une remise en cause de la réforme des retraites inquiète les investisseurs. L’augmentation des taux souverains est une mauvaise nouvelle pour le déficit public.

Rebond du CAC 40

Les indices « actions » chinois et japonais ont connu une mauvaise semaine. Le Shanghai Composite a perdu pour le deuxième semaine consécutive plus de 5 %. Les marchés asiatiques sont pénalisés par les menaces protectionnistes. Après deux semaines de recul, la Bourse de Paris a affiche un bilan hebdomadaire flatteur, avec un Cac 40 en hausse de 2,04 %, son meilleur résultat depuis la semaine du 6 décembre (+2,65 %). Il a terminé la semaine 7 431,04 points malgré une baisse vendredi provoquée par la publication des résultats de l’emploi aux Etats-Unis. Ces résultats ont pesé sur le cours des actions américaines en raison de la crainte d’une moindre baisse des taux de la FED que prévu.

Dynamisme du marché de l’emploi aux Etats-Unis

En décembre, les Etats-Unis ont créé 256 000 emplois dans le secteur non agricole, soit bien plus que les 165 000 qui étaient attendus par le consensus Bloomberg et même que les 212 000 enregistrés en novembre. Le taux de chômage, revient à 4,1 % de la population active quand une stagnation à 4,2 % était anticipée. Le salaire horaire moyen n’a augmenté que de 0, 3% d’un mois sur l’autre et de 3,9 % sur une base annuelle, soit une décélération d’un dixième dans les deux cas. Une forte création d’emplois et un faible taux de chômage traduisent la vitalité de l’économie américaine mais pourraient dissuader la FED de baisser ses taux directeurs. Plusieurs indicateurs américains indiquent que l’évolution de l’économie est incertaine. L’’indice de confiance du consommateur américain, calculé par l’Université du Michigan, a légèrement diminué à 73,2 en janvier. Ses composantes d’anticipation d’inflation à un an et à 5-10 ans ont augmenté à 3,3 % quand une stagnation à respectivement 2,8 % et à 3 % était attendue par le marché.

Pétrole en hausse, euro en baisse

Le prix du baril de pétrole continue sa hausse en raison d’éventuelles sanctions américaines concernant la « flotte fantôme » qui achemine le pétrole russe. 200 navires ont été répertoriés par les autorités américaines qui entend prendre des sanctions à l’encontre des entreprises qui en sont propriétaires et des clients qui achètent le pétrole russe ainsi transporté.

L’euro s’oriente vers la parité avec le dollar. La faiblesse de la croissance européenne et l’évolution potentiellement divergente des taux directeurs des banques centrales de part et d’autre de l’Atlantique expliquent la dépréciation de la monnaie américaine par rapport au dollar. L’euro a atteint un plus bas historique de 0,82 USD. Ce niveau reflétait une faiblesse de l’économie européenne par rapport aux États-Unis. Entre 2002 et 2021, l’euro a été au-dessus de la parité. Il est repassé en-dessous en septembre 2022 en lien avec la guerre en Ukraine qui a affaibli économiquement l’Europe. Le dollar joue par ailleurs son rôle de valeur refuge. . Depuis la fin de l’année 2022, il est légèrement au-dessus.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
10 Jan. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 431,04+2,04 %7 543,187 380,74
Dow Jones41 938,45-1,31 %37 689,5442 544,22
S&P 5005 827,04-1,09 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite19 161,63-1,21  %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 20 221,34+1,80 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 248,49+0,30 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 977,90+2,19 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)39 190,40-1,77 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 168,52-5,47 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,425 %+0,138 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,574 %+0,152 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,754 %+0,175 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,0244-1,18 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars2 694,02+260 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars79,25+3,33 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars93 437,86-4,19 %38 252,5415 406,87

Le Coin des Epargnants du 13 septembre 2024 : la baisse des taux directeurs

Diminution des taux directeurs de la BCE

Après un premier assouplissement le 6 juin dernier et une pause en juillet, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, le 12 septembre, de réduire son taux de dépôt de 25 points de base (25 pb), le portant à 3,5 %. Le taux de la facilité de refinancement et celui de la facilité de prêt marginal ont été abaissés de 60 pb, s’établissant respectivement à 3,65 % et 3,90 %. Cette décision était attendue et anticipée par les investisseurs. La baisse de l’inflation ces derniers mois rendait possible un nouveau relâchement de la politique monétaire. Le taux d’inflation sur 12 mois dans la zone euro, à 2,2 %, se rapproche de la cible des 2 % fixée par la BCE. La hausse des salaires, qui constituait au début de l’année une des principales préoccupations de la BCE, a ralenti. La rémunération par employé a augmenté de 4,3 % au deuxième trimestre, contre 4,8 % au cours des trois premiers mois de l’année. Quelques inquiétudes persistent, notamment dans le secteur des services, où l’inflation a atteint 4,2 % le mois dernier. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix très volatils de l’énergie et de l’alimentation, demeure à 2,8 %.

La stagnation de l’économie européenne a également plaidé en faveur d’un assouplissement monétaire. Le produit intérieur brut de la zone euro pour le deuxième trimestre a été révisé à la baisse, à 0,2 % contre 0,3 % initialement prévu. La consommation reste stable malgré une augmentation du revenu disponible des ménages, ces derniers préférant épargner, signe de la persistance des inquiétudes quant à l’évolution future de l’économie de la zone euro.

Lors de la conférence de presse du 12 septembre dernier, la présidente de la BCE a rappelé que, même si la banque centrale s’est engagée sur la voie d’un assouplissement de sa politique monétaire, le calendrier des baisses de taux et leur ampleur ne sont pas prédéterminés. Elle n’a pas souhaité ainsi donner d’indications sur une éventuelle baisse en octobre.

Une baisse attendue des taux de la FED

La semaine prochaine, la Réserve fédérale américaine devrait entamer son processus de baisse des taux. Une réduction de 50 points de base est attendue pour cette première étape.

Poursuite de la chute du cours du pétrole

Le baril de Brent est passé sous la barre des 70 dollars le mardi 10 septembre, atteignant ainsi son plus bas niveau depuis 2021. En un an, il a perdu plus de 20 % de sa valeur. Cette baisse s’explique par la faible croissance en Chine et dans la zone euro. La tendance a été renforcée par l’annonce, mercredi 11 septembre, d’une hausse des stocks commerciaux américains. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie, ces réserves ont augmenté de 800 000 barils la semaine dernière, soit un volume inférieur aux prévisions, mais qui témoigne néanmoins du ralentissement de la demande. Par ailleurs, l’activité des raffineries a également diminué, avec un taux d’occupation tombé sous les 93 %. Le repli de la demande de carburant aux États-Unis, attendu avec la fin des vacances d’été, s’est avéré plus marqué que prévu.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a révisé à la baisse, jeudi 12 septembre, ses prévisions de consommation de pétrole. Selon elle, la demande de pétrole ne devrait augmenter que de 900 000 barils par jour en 2024, soit 70 000 barils de moins que ses prévisions précédentes. Pour 2025, elle maintient sa prévision d’une croissance de 950 000 barils quotidiens.

Le léger rebond du pétrole en fin de semaine est imputable aux perturbations climatiques dans le golfe du Mexique, dues au passage de l’ouragan Francine. Le baril a ainsi repassé la barre des 70 dollars, mais cette remontée pourrait être temporaire, certains analystes prévoyant un baril à 60 dollars dans les prochaines semaines.

La baisse du cours du pétrole accentue la désinflation et réduit le montant des importations ainsi que les coûts de production pour les pays de la zone euro.

Des actions en hausse

Avec l’annonce de la baisse des taux de la BCE cette semaine et celle attendue la semaine prochaine aux États-Unis, les actions ont connu une hausse ces derniers jours. Le CAC 40 a progressé de près de 1,5 % et le DAX allemand de plus de 2,2 %. Les indices américains ont également fortement augmenté en anticipation de la baisse des taux directeurs. Le Nasdaq a gagné plus de 6 % et le S&P 500 près de 4 % en une semaine.

L’or : de record en record

Cette semaine, l’once d’or a atteint un nouveau record, dépassant les 2 570 dollars. Le métal précieux continue d’être soutenu par les achats des banques centrales et des épargnants chinois, ces derniers se détournant de l’immobilier en raison de la crise dans ce secteur, et multipliant les achats d’or. La baisse des taux d’intérêt par les banques centrales incite également à des arbitrages en faveur de l’or.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats du
13 sept. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats du
29 déc. 2023
Résultats du
30 déc. 2022
CAC 40 7 465,25+1,46 %7 543,186 471,31
Dow Jones41 393,78+2,51 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 626,02+3,91 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite17 683,98+6,03 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 688,81+2,23 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 273,09+1,23 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 843,99+1,37 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)36 581,76+0,51 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 704,09-1,73 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,839 %-0,040 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,148 %-0,056 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,662 %-0,0630 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,1085-0,01 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 580,91+3,29 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars72,60+1,83 %77,1384,08
Cercle de l’Epargne

Nouvelle augmentation des dépôts à vue des particuliers

Après avoir atteint un record en juillet 2022 à 543 milliards d’euros, les dépôts à vue avaient connu une décroissance en lien avec la hausse de la rémunération des produits de taux, notamment celle du Livret A, du LDDS et du LEP. En avril 2024, l’encours était tombé à 468,6 milliards d’euros. Depuis, il a repris le chemin de la hausse, atteignant près de 479 milliards d’euros à la fin juillet 2024, soit une augmentation de 9 milliards d’euros depuis la fin mai. Les incertitudes politiques poussent peut-être les ménages à conserver davantage de liquidités. De plus, le nombre croissant de Livrets A et de LDDS ayant atteint leur plafond pourrait également expliquer la progression de l’encours des dépôts à vue. Entre la fin de l’année 2019 et juillet 2024, cet encours a augmenté de 72 milliards d’euros.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France

Vers une baisse du taux du Livret A en 2025

Le gel du taux du Livret A, décidé par le ministre de l’Économie en 2023, est censé prendre fin en février 2025. Compte tenu de l’évolution de l’inflation et des taux directeurs de la Banque centrale européenne, le taux du Livret A devrait baisser. Selon l’arrêté du 27 janvier 2021 relatif aux taux d’intérêt des produits d’épargne réglementée, ce taux est égal à la moyenne du taux d’inflation hors tabac et du taux « Ester » des six derniers mois. Le taux d’inflation pourrait être de 2 % en juillet et décembre, et le taux « Ester » de 3,5 %. Le taux du Livret A pourrait donc s’établir à 2,75 %.

De son côté, le taux du Livret d’Épargne Populaire (LEP) devrait également diminuer. Ce taux est le plus élevé entre le taux d’inflation des six derniers mois ou le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Actuellement fixé à 4 %, il pourrait être abaissé à 3,25 % au 1er février 2025. Le gouvernement pourrait cependant faire un geste en ne le réduisant qu’à 3,5 %.

Le Coin des Epargnants du 7 septembre 2024 : c’est la rentrée !

Une rentrée boursière morose

En cette première semaine de rentrée, les indices boursiers ne sont pas à la fête. Les perspectives peu encourageantes de la croissance chinoise et les doutes persistants quant à celle des États-Unis ont incité les investisseurs à la prudence, les poussant à se tourner vers les valeurs obligataires. Malgré la nomination d’un nouveau Premier ministre, le CAC 40 a perdu plus de 3,5 % sur la semaine. De son côté, l’indice européen Eurostoxx a chuté de près de 4 %. Le Nasdaq a enregistré sur la semaine une forte baisse, soit plus de 5 %. Le S&P 500 a, de son côté, perdu plus de 4 %. Les valeurs technologiques connaissent un mouvement de correction en raison de perspectives de bénéfices moins fortes qu’anticipées.

Les taux des obligations d’État ont reculé, plus aux États-Unis qu’en Europe, et notamment en France en lien avec des anticipations de baisse des taux directeurs et des achats des investisseurs se désengageant des actions.

Emploi américain : une lecture complexe

Le vendredi 6 août, les analystes ont suivi de près la publication des résultats du marché de l’emploi aux États-Unis. Cependant, ils peinent à en tirer des conclusions définitives quant à l’évolution des taux directeurs américains. En effet, au mois d’août, 142 000 emplois (hors secteur agricole) ont été créés. Ces créations sont supérieures à celles de juillet, mais inférieures aux 165 000 anticipées par les économistes interrogés par Bloomberg. Le taux de chômage est passé de 4,3 % à 4,2 % en un mois. Les salaires, quant à eux, ont augmenté de 3,8 % sur un an, contre 3,7 % prévu et 3,6 % en juillet. Face à ces résultats, la majorité des investisseurs penchent pour une réduction des taux directeurs par la Fed de 25 points de base en septembre. Toutefois, la proportion de ceux envisageant une baisse de 50 points est passée de 39 % à 41 % (indicateur CME fondé sur les contrats à terme des Fed funds). La réunion de la Fed est prévue pour les 17 et 18 septembre prochains.

En Europe, la sortie de la stagnation reste incertaine

L’économie de la zone euro a progressé moins rapidement que prévu entre avril et juin (+0,2 % contre +0,3 % initialement estimé). Bonne nouvelle pour l’inflation : la hausse des salaires s’est ralentie à 4,3 % au deuxième trimestre, contre 4,8 % au premier trimestre, selon les calculs de Bloomberg Economics. Cette morosité pourrait inciter la Banque centrale européenne à intensifier l’assouplissement de sa politique monétaire. La baisse de la production industrielle en Allemagne en juillet augmente le risque de récession pour la première puissance économique de la zone euro. La production manufacturière allemande s’est contractée de 2,4 % en juillet, un recul nettement supérieur à la baisse de 0,5 % anticipée par les économistes, annulant ainsi la hausse de 1,7 % enregistrée le mois précédent. En France, la production industrielle a également reculé de 0,9 % en juillet.

Le cours du pétrole au plus bas

Le prix du pétrole Brent a chuté de près de 10 % cette semaine, sous l’effet du ralentissement de l’économie chinoise, de la stagnation européenne et des incertitudes concernant l’économie américaine. Le baril de Brent s’échangeait à 70 dollars le vendredi 6 août. Dans ce contexte, huit membres de l’OPEP+, dont l’Arabie saoudite et la Russie, ont convenu de prolonger de deux mois leurs réductions volontaires de production, à hauteur de 2,2 millions de barils par jour. L’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman sont également concernés.

Le prix du pétrole est également en baisse en raison des déclarations des candidats à l’élection présidentielle américaine, qui ne prévoient aucune limitation de l’exploitation pétrolière aux États-Unis. De nouveaux acteurs, tels que le Brésil et le Guyana, émergent également sur le marché pétrolier. Certains membres de l’OPEP cherchent à s’affranchir des quotas de production, craignant que la demande de pétrole diminue dans les prochaines années avec la décarbonation progressive des économies.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Résultats
6 sept. 2024
Évolution
sur la semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
30 déc. 2022
CAC 40 7 352,30-3,65 %7 543,186 471,31
Dow Jones40 345,41-2,75 %37 689,5433 147,25
S&P 5005 408,42-4,32 %4 769,833839,50
Nasdaq Composite16 690,83-5,62 %15 011,3510 466,48
Dax Xetra (Allemagne) 18 280,49-3,19 %16 751,6413 923,59
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 181,47-2,33 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 504 738,06-3,93 %4 518,283792,28
Nikkei 225 (Japon)36 391,47-5,84 %33 464,1726 094,50
Shanghai Composite 2 765,81-2,42 %2 974,933 089,26
Taux OAT France à 10 ans+2,879 %-0,041 pt+2,558 %+3,106 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,204 %-0,104 pt+2,023 %+2,564 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,725 %-0,170 pt+3,866 %+3,884 %
Cours de l’euro/dollar1,1070+0,49 %1,10601,0697
Cours de l’once d’or en dollars2 487,00+0,18 %2 066,671 815,38
Cours du baril de pétrole Brent en dollars70,76-9,11 %77,1384,08

Source : Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du 7 octobre 2023 : actions, interrogations pour la fin de l’année

Hausse des taux, créations d’emploi, baisse des actions

Après un bon premier semestre, le cours des actions sur les différentes places financières est orienté à la baisse. Durant la première semaine d’octobre, le CAC 40 est ainsi tombé en-dessous des 7 000 points. Il s’est légèrement repris en fin de semaine pour terminer à 7060 points. Le recul de l’indice parisien comme celui des autres grands indices « actions » européens s’explique par la hausse des taux d’intérêt qui amène des arbitrages favorables aux obligations dans un contexte d’aversion croissante aux risques. L’augmentation des taux directeurs qui n’est pas, a priori, totalement arrivée à son terme conduit à des anticipations plus pessimistes concernant la croissance. Par ailleurs, en fin d’année, surtout après un cycle de hausses rapides, les investisseurs engrangent des plus-values en vendant des actions, ce qui génère mécaniquement des baisses de cours. A noter qu’aux Etats-Unis, les indices « actions » ont légèrement progressé cette semaine, les investisseurs considérant que l’économie fait preuve d’une réelle résilience.

Les Etats-Unis n’arrêtent pas de créer des emplois

Les hausses des taux d’intérêt n’aboutissent pas à inverser réellement le processus de créations d’emploi aux Etats-Unis. En septembre, la première économie mondiale a créé 336 000 emplois, pratiquement le double de l’estimation du consensus Bloomberg qui prévoyait 170 000 embauches nettes dans le secteur non agricole. Le secteur public a recruté 73 000 personnes, celui des loisirs et de l’hôtellerie 96 000 et celui de la santé 41 000. Les embauches ont été un peu moins nombreuses dans la construction, l’industrie manufacturière ou le commerce de détail, tandis que le secteur du divertissement, frappé par la grève des scénaristes et acteurs à Hollywood, a supprimé 5 000 emplois le mois dernier (45 000 depuis le mois de mai). L’accord en cours de finalisation devrait se traduire par une reprise de l’emploi dans ce secteur dans les prochaines semaines. Les résultats de l’emploi ne seront pas perçus sur le plan de la lutte contre l’inflation comme rassurants même si le salaire horaire moyen américain n’a augmenté que de 0,2 % en septembre, comme en août, limitant sa progression sur un an à 4,2 %, contre 4,3 % attendu. Les investisseurs à Wall Street sont de plus en plus nombreux à tabler sur une nouvelle des taux directeurs de la FED. Les taux américains à 10 ans ont poursuivi leur progression pour atteindre près de 4,9 %, soit un plus haut depuis 2007.

La semaine a été également marquée par une forte baisse du cours du pétrole intervenue après la publication des stocks hebdomadaires d’essence, en forte hausse, aux États-Unis. L’appréciation du dollar joue également en défaveur des cours du pétrole. Leur baisse s’explique également par les craintes d’un ralentissement économique plus marqué et plus long que prévu. Les ventes au détail en baisse de -1,2% en août après s’être déjà contractées de -0,1% en juillet jettent un doute sur les perspectives de croissance européenne de 2023.

La panne du commerce international

Selon les dernières prévisions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en 2023, le commerce international ne progresserait que de 0,8 % en volume cette année (3 % en 2022 et 9,6 % en 2021) et non plus de 1,7 % comme espéré en avril dernier. Le commerce mondial croît désormais moins vite que le PIB dont la croissance pour 2023 est estimée, au niveau mondial, à 2,6 %. L’OMC s’attend à une légère amélioration en 2024 avec une croissance de 3,3 % des échanges.

Le commerce et l’activité mondiale ont ralenti à compter du quatrième trimestre 2022. Avec le resserrement des politiques monétaires, les difficultés économiques de la Chine et l’augmentation du protectionnisme ont freiné la croissance des échanges. Les volumes d’importations en 2023 devraient se contracter entre 0,4 % et 1,2 % en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe et en Asie.

L’OMC souligne que l’activité de transport par container stagne. Seul le trafic dans les ports chinois a continué de croître quand les expéditions via les ports européens ont diminué. En revanche, les vols commerciaux entre le 1er janvier et le 20 septembre sont en forte progression, +23 %, dépassant les niveaux d’avant la pandémie du covid.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
6 oct. 2023
Évolution
sur une semaine
Résultats
30 déc. 2022
Résultats
31 déc. 2021
CAC 40 7 060,15-1,05 %6 471,317 153,03
Dow Jones33 407,58+0,11 %33 147,2536 338,30
S&P 5004 308,50+0,65 %3839,504766,18
Nasdaq13 431,34+1,88 %10 466,4815 644,97
Dax Xetra (Allemagne) 15 229,77-1,59 %13 923,5915 884,86
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 494,58-1,63 %7 451,747 384,54
Eurostoxx 504 144,43-0,72 %3792,284,298,41
Nikkei 225 (Japon)30 994,67-2,46 %26 094,5028 791,71
Shanghai Composite 3 110,48-0,16 %3 089,263 639,78
Taux OAT France à 10 ans+3,485 %+0,084 pt+3,106 %+0,193 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,888 %+0,043 pt+2,564 %-0,181 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,779 %+0,209 pt+3,884 %+1,505 %
Cours de l’euro/dollar1,0578-0,02 %1,06971,1378
Cours de l’once d’or en dollars1 831,35-1,41 %1 815,381 825,350
Cours du baril de pétrole Brent en dollars84,84-11,67 %84,0878,140

Cercle de l’Épargne

Les 10 % les plus aisés n’échappent pas à l’impôt en France

Adeptes des niches fiscales, les ménages les plus aisés échapperaient à l’impôt. Au moment où l’idée d’un prélèvement de 5 % sur le patrimoine financier des 10 % des ménages les plus aisés fait l’objet d’une proposition de loi, cette antienne est loin d’être vérifiée.

Selon une note du site Fipeco, les 10 % des ménages les plus aisés arrivent en deuxième position pour le poids des prélèvements obligatoires au sein de l’OCDE. L’étude prend en compte les prélèvements payés à la fois par les ménages et par les entreprises à l’origine des revenus des premiers. Sont ainsi pris en compte l’impôt sur le revenu, les cotisations salariales, mais également les cotisations patronales. Pour les dividendes, le calcul intègre les taxes acquittées par les ménages et ceux payées par les entreprises au titre de l’impôt sur les bénéfices.

Un salarié français payé 64 000 euros brut par mois est soumis selon cette méthode à un prélèvement représentant 64 % de ses gains. Seule la Belgique pratique un taux de prélèvement plus élevé (67 %). Les grands pays de l’OCDE ont des taux de prélèvement inférieurs pour les revenus du travail : Royaume-Uni (52 %), Italie (50 %), Allemagne (47 %), États-Unis (44 %).

Pour un Français percevant 64 000 euros sous forme de dividendes, le taux d’imposition atteint 51 % (en incluant l’impôt sur les bénéfices payé par l’entreprise avant versement du dividende). Seuls trois pays dans l’OCDE ont un taux plus élevé : le Canada, le Danemark et l’Espagne.

Les dividendes sont ainsi mieux traités que les revenus du travail, l’écart de prélèvement étant de 13 points. Cet écart est la conséquence de l’introduction en 2018 du prélèvement forfaitaire unique (PFU). Auparavant, la France était de loin le pays qui taxait le plus les revenus du capital. Mais même avec le PFU, il reste au-dessus de la moyenne.

Le Coin des Epargnants du 15 septembre 2023 : quand les marchés veulent croire à la fin de la hausse des taux

Les marchés « actions » en mode confiance

L’indice CAC 40 a enregistré, lors de cette deuxième semaine de septembre, son meilleur résultat hebdomadaire depuis la semaine du 14 juillet avec un gain de près de 2 %. Ce rebond après de nombreuses séances de léthargie s’explique par la conviction que le cycle de hausses des taux directeurs de la part des banques centrales arrive à son terme et par la publication d’indicateurs chinois supérieurs aux prévisions. La deuxième économie mondiale semble, en effet, réagir positivement aux mesures de soutien mises en place par le gouvernement. En août, la production industrielle a augmenté de 4,5 % sur un mois, après 3,7 % en juillet et contre 3,9 % attendue. Cette progression est la plus importante depuis le mois d’avril. Les ventes de détail ont augmenté de 4,6 % sur un an, contre 2,5 % en juillet et 3 % estimé par le consensus. En revanche, dans le secteur de l’immobilier, les prix ont continué de reculer en août, de 0,3 %, contre -0,2 % en juillet.

Aux Etats-Unis, la production industrielle a augmenté de 0,4 % sur un an en août, tandis que l’indice d’activité manufacturière de la Fed de New York est en hausse à +1,9 point, contre -19 le mois précédent et -10 attendu. La grève dans le secteur automobile pourrait avoir des effets négatifs pour le mois de septembre. La production informatique serait en recul au vu du ralentissement de la production annoncée par les TSMC, un des principaux producteurs de microprocesseurs. Cette annonce a conduit à la baisse des valeurs technologiques. Le Nasdaq a ainsi reculé de 0,55 % sur la semaine.

L’indice de confiance du consommateur de l’Université du Michigan a diminué, en revanche, de 1,8 point à 67,7 en septembre, mais la composante des anticipations d’inflation à un an n’est plus que de 3,1 %, son plus bas niveau depuis mars 2021. Celle des anticipations à 5-10 ans a reculé à 2,7 %, soit son plus faible score depuis le mois de septembre 2022. Ces résultats pourraient inciter la FED, le 20 septembre prochain, à réaliser une pause dans la hausse des taux. Certes comme pourla BCE, elle pourrait effectuer une hausse de précaution.

Le cours du pétrole a, de son côté, continué de se raffermir en se rapprochant des 95 dollars le baril. La hausse de cette semaine est liée aux déclarations émanant de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) qui s’attend à un déficit d’offre par rapport à la demande mondiale sans précédent depuis 2007, déficit qu’elle a sciemment organisé avec des accords de régulation de la production. Dans son rapport mensuel, publié mardi12 septembre dernier, l’OPEP a évalué le déficit potentiel à 3,3 millions de barils jours. Si la croissance aux Etats-Unis persiste et la Chine connait un rebond de croissance, la barre des 95 dollars pourrait être assez rapidement franchie et dépassée. L’Europe et le Japon seraient les plus exposés au sein des pays de l’OCDE à cette augmentation qui ralentirait le processus de décrue de l’inflation.

La BCE confirme et signe

La Banque centrale européenne a, jeudi 14 septembre, porté le taux de la facilité de financement (« refi ») à 4,5 %, celui de la facilité de prêt marginal à 4,75 %, et le taux de dépôt à 4 %, son plus haut niveau depuis la naissance de l’euro. Depuis le mois de juillet 2022, les taux ont ainsi augmenté de 4,5 points.

La BCE n’a pas opté pour une pause en septembre malgré la baisse des indices PMI qui semblent indiquer l’arrivée rapide d’une récession.  Le Comité de politique monétaire de la banque centrale a pris en compte le maintien d’une inflation élevée, 5,3 % en août pour la zone euro. Au sein de celle-ci, plusieurs pays dont la France ont connu un rebond de l’indice des prix le mois dernier. L’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) qui est surveillée par la BCE, reste également à des niveaux élevés. Selon les nouvelles projections de la BCE, l’inflation serait plus élevée qu’initialement prévue en 2023 (5,6 %) comme en 2024 (3,2 %). Le retour dans la zone cible des 2 % n’est envisagée qu’en 2025. Face à cette situation, la BCE a voulu prouver sa volonté de casser les anticipations inflationnistes. Elle a préféré réaliser cette hausse dès maintenant pour éviter d’être sous pression en octobre en cas de concrétisation de la récession. Il lui serait en effet plus difficile d’augmenter ses taux en cas de réduction du PIB. Pour une majorité d’investisseurs, l’augmentation du mois de septembre pourrait être la dernière ce qui a abouti à une décrispation sur les taux des obligations d’État. Sur ce sujet, Christine Lagarde, la Présidente de la BCE, n’a pris aucun engagement. La banque centrale n’a pas, par ailleurs, communiqué sur une possible accélération de la réduction de son bilan par la fin des réinvestissements liés à son programme « urgence pandémie » (PEPP) ou par une cession des titres détenus dans le cadre de son principal programme d’achats d’actifs (APP). Elle pourrait utiliser ses outils à l’occasion des prochaines réunions si l’arme des taux devenait moins facile à manier.

Le dollar « never die »

La fin du dollar est une antienne vieille d’un demi-siècle. Depuis la fin des accords de Bretton Woods intervenue en 1976, faisant suite à l’arrêt de sa convertibilité en or le 15 août 1971, le dollar n’en finit pas de défier les mauvais augures. De la crise financière de 2008, à la guerre en Ukraine, en passant par la mise en place des sanctions contre la Chine, la dédollarisation à maintes fois été annoncée sans, à ce jour, se concrétiser. Le dollar reste de loin la première monnaie de réserve, autour de 60 % loin devant l’euro, autour de 20 %.

L’euro, en raison de la guerre en Ukraine et des menaces de récession, avait perdu du terrain face au dollar au point de tomber en-dessous de la parité en septembre 2022. Avec la hausse des taux directeurs décidée par la BCE, la monnaie européenne avait regagné une partie du terrain. Elle s’était ainsi apprécié de 15 % revenant à 1,12 dollar au mois de juillet 2023. Depuis, l’euro a perdu 5 %. Cette baisse est imputable à des prises de bénéfices de la part des hedge funds. Ces derniers ne prévoient pas une amélioration du taux de change de l’euro dans les prochains mois, le cycle de hausse des taux directeurs s’achevant.

Le dollar reste une valeur refuge en période trouble. La monnaie américaine bénéfice par ailleurs de la frénésie d’investissements que génère l’intelligence artificielle (IA). Le dollar profite également de la bonne tenue de la croissance américaine qui est deux fois plus importante que celle de la zone euro depuis 2019. Les investisseurs s’attendent à un ralentissement économique plus long et plus profond en zone euro qu’aux États-Unis.

La monnaie européenne si elle est en souffrance par rapport au dollar résiste néanmoins par rapport à l’ensemble des monnaies. En 2023, son taux de change réel (après inflation) a progressé de 3,4 % et s’établit à son plus haut niveau depuis cinq ans. Depuis sa création en 1999, la monnaie européenne n’a cédé que 6,5 % et a réussi à surmonter de nombreuses crises : crise des subprimes en 2008/2009, crise des dettes souveraines 2010/2014, épidémie de Covid en 2020, guerre en Ukraine en 2022.

Sur les marchés des changes, l’inconnu demeure la monnaie chinoise. Les autorités de Pékin pourraient être tenté de déprécier le yuan pour endiguer la baisse de l’activité et la menace déflationniste et pour favoriser la compétitivité des exportations. Il pourrait en résulter des tensions accrues entre les pays occidentaux et la Chine.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
15 sept. 2023
Évolution
sur une semaine
Résultats
30 déc. 2022
Résultats
31 déc. 2021
CAC 40 7 378,82+1,91 %6 471,317 153,03
Dow Jones34 618.24+0,25 %33 147,2536 338,30
S&P 5004 450.32-0,07 %3839,504766,18
Nasdaq13 708,33-0,55 %10 466,4815 644,97
Dax Xetra (Allemagne) 15 893,53+0,91 %13 923,5915 884,86
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 711,38+3,12 %7 451,747 384,54
Eurostoxx 504 294,95+1,28 %3792,284,298,41
Nikkei 225 (Japon)33 533,09+2,84 %26 094,5028 791,71
Shanghai Composite 3 117,74+0,03 %3 089,263 639,78
Taux OAT France à 10 ans+3,214 %+0,071 pt+3,106 %+0,193 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,671 %+0,060 pt+2,564 %-0,181 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,324 %+0,057 pt+3,884 %+1,505 %
Cours de l’euro/dollar1,0671-0,29 %1,06971,1378
Cours de l’once d’or en dollars1 924,45+0,32 %1 815,381 825,350
Cours du baril de pétrole Brent en dollars93,66+3,79 %84,0878,140

Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du 9 septembre 2023 : montée des incertitudes

La vie n’est pas toujours rose pour les investisseurs

Ralentissement économique confirmé, hausse du prix du pétrole, persistance des tensions sino-américaines : les investisseurs ne voient pas la vie en rose depuis le début du mois de septembre. Les indices « actions » sont en léger recul sur la semaine de -0,90 % pour le CAC40 à -2,08 % pour le Nasdaq. Le Footsie britannique est le seul à faire exception avec une hausse de 0,20 %.

La croissance est annoncée en baisse un peu partout pour les prochains mois. En France, l’INSEE a prévu une croissance qui ne dépasserait pas 0,1 % au troisième trimestre. Avec l’annonce de Ryad et de Moscou de proroger jusqu’à la fin de l’année, l’accord de réduction de la production de pétrole, les cours de ce dernier ont été orientés à la hausse. Le prix du baril de Brent a dépassé les 90 dollars durant la semaine écoulée. Il a ainsi augmenté de près de 2 % sur la semaine et de 20% en trois mois. Cette remontée du prix du pétrole contrarie le processus de baisse de l’inflation. Celle-ci demeure vive est pourrait conduire les banques centrales à relever, une nouvelle fois, leurs taux directeurs à l’occasion de leur prochaine réunion, le 14 et le 19 septembre. Les investisseurs ont accusé le coup après la décision de l’administration chinoise d’interdire l’usage de l’iPhone et de tout autre smartphone de marque étrangère à ses hauts fonctionnaires et employés gouvernementaux. L’action d’Apple a perdu 6,4 % mercredi 7 et jeudi 8 septembre avant de rebondir de 1 % vendredi 9.

La perspective de nouvelles hausses des taux directeurs de la part de la FED et de la BCE a conduit à une augmentation des taux pour les obligations souveraines. Le taux de l’OAT à 10 ans a dépassé 3,1 % et celui de son homologue américain 4,2 %. Le taux des obligations « corporate » dépasse se situe désormais entre 4 et 6 %. L’euro s’est légèrement déprécié sur la semaine passant en-dessous de 1,08 dollar.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
8 sept. 2023
Évolution
sur une semaine
Résultats
30 déc. 2022
Résultats
31 déc. 2021
CAC 40 7 240,77-0,90 %6 471,317 153,03
Dow Jones34 576,59-0,92 %33 147,2536 338,30
S&P 5004 457,49-1,40 %3839,504766,18
Nasdaq13 761,53-2,08 %10 466,4815 644,97
Dax Xetra (Allemagne) 15 740,30-0,68 %13 923,5915 884,86
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 478,19+0,20 %7 451,747 384,54
Eurostoxx 504 237,19-1,06 %3792,284,298,41
Nikkei 225 (Japon)32 606,84-0,32 %26 094,5028 791,71
Shanghai Composite 3 116,72-0,53 %3 089,263 639,78
Taux OAT France à 10 ans+3,143 %+0,088 pt+3,106 %+0,193 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,611 %+0,079 pt+2,564 %-0,181 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,267 %+0,090 pt+3,884 %+1,505 %
Cours de l’euro/dollar1,0702-1,24 %1,06971,1378
Cours de l’once d’or en dollars1 917,68-1,14 %1 815,381 825,350
Cours du baril de pétrole Brent en dollars90,85+2,10 %84,0878,140

Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du 12 août 2023 : quand le pétrole se rappelle à notre bon souvenir

La bataille contre l’inflation n’est pas terminée

En pleine période estivale, le pétrole s’est rappelé au bon souvenir des consommateurs et des investisseurs. La politique de réduction de l’offre décidée par l’Arabie saoudite porte ses fruits, le baril de Brent s’échangeant, cette semaine, à plus de 85 dollars. Le baril a gagné en un mois près de 10 %.

L’Arabie saoudite a annoncé, le jeudi 3 août dernier une prolongation de la baisse de sa production d’un million de barils par jour instituée en juillet. Cette opération est coordonnée avec la Russie qui a décidé de diminuer sa production de 300 000 barils par jour. Regroupées depuis 2016 au sein de l’OPEP+, représentant 40 % de l’offre mondiale, l’Arabie saoudite et la Russie, entendent maintenir des prix élevés dans un contexte de recul de la croissance qui naturellement pèse sur les cours. Saudi Aramco a, en juillet, limité sa production quotidienne à 9,05 millions de barils, soit trois millions de moins que son niveau de croisière. La Russie a stabilisé, de son côté, sa production à 9,4 millions de barils. L’objectif de l’Arabie saoudite est un cours du pétrole de plus de 80 dollars afin de financer son plan de transformation de son économie, plan « Vision 2030 » qui vise à préparer le pays à l’après pétrole. La Russie a besoin d’un pétrole élevé pour financer son effort de guerre. Logiquement, le pays ne peut pas exporter au-dessus de 60 dollars le baril mais il arrive à contourner cette règle tout en étant contraint d’effectuer des ristournes aux importateurs comme la Chine ou l’Inde.

La réduction de l’offre de la part de l’OPEP+ ne se fait pas complètement ressentir sur les prix en raison du ralentissement de l’économie mondiale et en particulier de la Chine. Avec une croissance plus élevée, l’OPEP+ espère une reprise de la demande en 2024. La consommation pourrait atteindre alors102 millions de barils jour. La hausse des cours actuels est due à une baisse des stocks. Ces derniers pourraient diminuer de 2,2 millions de barils par jour au troisième trimestre et de 1,2 million au quatrième.

Cette hausse du cours du pétrole n’a pas complètement occulté les bonnes nouvelles sur le terrain de l’inflation en provenance des Etats-Unis. Les prix à la consommation y ont augmenté de 3,2 % en juillet, soit moins que les 3,3 % attendus par le consensus. Hors éléments volatils que sont l’énergie et l’alimentation, l’inflation s’est élevée à 4,7 %, en recul parrapport aux 4,8 % de juin. L’autre bonne nouvelle en provenance des Etats-Unis provient de la série d’émissions obligataires, d’un montant de 103 milliards de dollars en trois jours de la part du Trésor. Les émissions à 10 ans se sont réalisés en dessous des 4 % témoignant de la confiance des investisseurs dans le recul de l’inflation. En revanche, les prix à la production progressé aux Etats-Unis de 0,3 % sur un mois en juillet, contre 0,1% en juin et 0,2% espéré. La Chine de son côté a poursuivi sa politique de libéralisation des voyages en groupe vers plusieurs pays, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, la Corée du Sud et le Japon ce qui conduit à une nouvelle hausse des cours du secteur du luxe (LVMH et Hermès) et de celles des compagnies aériennes ou du secteur de l’hôtellerie.

Dans ce contexte, les indices boursiers ont été cette semaine, étales, le CAC 40 gagnant 0,5 % quand le Daxx allemand a perdu 0,6 % et S&P500, 0,31 %.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
11 août 2023
Évolution
sur une semaine
Résultats
30 déc. 2022
Résultats
31 déc. 2021
CAC 40 7 338,40+0,51 %6 471,317 153,03
Dow Jones35 281.40+0,70 %33 147,2536 338,30
S&P 5004 464.05-0,31 %3839,504766,18
Nasdaq13 644.85-1,90%10 466,4815 644,97
Dax Xetra (Allemagne) 15 832,17-0,78 %13 923,5915 884,86
Footsie 100 (Royaume-Uni) 7 523,01-0,47 %7 451,747 384,54
Eurostoxx 504 320,75-0,39 %3792,284,298,41
Nikkei 225 (Japon)32 473,65-0,87 %26 094,5028 791,71
Shanghai Composite 3 189,25-3,01 %3 089,263 639,78
Taux OAT France à 10 ans+3,147 %+0,061 pt+3,106 %+0,193 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,618 %+0,090 pt+2,564 %-0,181 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,150 %+0,071pt+3,884 %+1,505 %
Cours de l’euro/dollar1.0959-0,51 %1,06971,1378
Cours de l’once d’or en dollars1 915,60-1,16 %1 815,381 825,350
Cours du baril de pétrole Brent en dollars87,00+1,10 %84,0878,140

Cercle de l’Épargne

Le Coin des Epargnants du 3 juin 2023 : le temps du soulagement aux Etats-Unis

Bonnes nouvelles sur le front américain et européen

La Bourse de Paris a fini la semaine mieux qu’elle ne l’avait commencée, malgré les menaces de dégradation de la note française. Les différentes places boursières ont salué l’adoption de la loi reportant de deux ans la question du relèvement du plafond de la dette américaine et la décrue de l’inflation en Europe. La hausse de la fin de la semaine n’empêche pas les indices actions, tant le CAC 40 que l’Eurostoxx ou le Footsie londonien, de reculer légèrement sur la semaine, confirmant leur tendance du mois de mai. Après avoir enregistré des sommets, le marché parisien est dans une phase de consolidation post publication des résultats des entreprises. Les doutes sur la croissance tant au sein de l’OCDE qu’en Chine incitent à la prudence. Aux Etats-Unis, la levée de l’hypothèque du plafond de la dette a contribué à la hausse des cours.

Les résultats de l’emploi américain au mois de mai ont été jugés plutôt encourageants, le maintien d’un fort mouvement de création d’emplois s’étant accompagné d’une modération des salaires. Le secteur non agricole a créé 339 000 postes le mois dernier, contre 294 000 en avril, confirmant que l’économie américaine reste résiliente. Le consensus formé par Bloomberg pariait sur 195 000 créations de postes. Le taux de chômage a légèrement augmenté en mai de 0,3 point à 3,7 % de la population active, contre 3,5 % attendu. Le salaire horaire moyen a progressé de 0,3 % sur un mois, après +0,4 % en avril, et de 4,3 % sur un an, quand le marché attendait une stabilisation à 4,4 %. Si la fermeté des embauches ne va pas dans le sens d’une pause dans le cycle de hausse des taux de la Fed, l’accalmie sur les salaires et la hausse du taux de chômage sont néanmoins des signaux positifs. Ces derniers pourraient conduire la banque centrale à modérer ses prochains relèvements de taux.

Le Congrès a joué à se faire peur cette semaine en adoptant dans la nuit du 1er au 2 juin la loi relevant le plafond de la dette publique. Par sécurité, l’échéance avant un défaut de paiement du pays, celle du 1er juin, avait été décalée au 5 juin vendredi soir par la secrétaire au Trésor Janet Yellen. En échange d’une suspension du plafond jusqu’en 2025, l’exécutif a accepté un maintien strict des dépenses à leur niveau actuel pour 2024 avec une légère augmentation dans la défense et pour les anciens combattants, avant une hausse plafonnée à 1 % l’année suivante. Les fonds non utilisés dans le cadre du Covid seront réintégrés pour près de 30 milliards de dollars.  À la demande des Républicains, l’accord prévoit que les Américains âgés de 49 à 54 ans bénéficiant d’une aide alimentaire devront répondre à certaines exigences en matière de travail s’ils sont valides et sans personne à charge.

Dans ce contexte, les taux d’intérêt sur les obligations d’État sont en recul. Le taux de l’OAT français à 10 ans est repassé en-dessous de 3 %. L’écart avec l’Allemagne est relativement stable à 0,546 point en fin de semaine.

La semaine a également été marquée par la décrue de l’inflation au sein de l’Union européenne en lien avec le recul des prix de l’énergie. La baisse du cours de pétrole a provoqué une vive réaction du prince Abdelaziz ben Salmane, le ministre saoudien de l’énergie. Il condamne l’action des traders et fonds qui spéculeraient sur la chute des cours du pétrole. Pour tenter de relever les cours du pétrole ou tout au moins de les stabiliser, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pourrait décider, le 4 juin, une nouvelle baisse de sa production. L’Arabie saoudite a besoin d’un baril au moins supérieur à 80 dollars pour assurer l’équilibre de son budget, or celui-ci évolue autour de 72 dollars. En 2022, elle avait estimé qu’un niveau de 90 dollars était un « bon prix ». Le ralentissement de la croissance de la Chine conduit à une détente sur les prix. Une partie du pétrole russe trouve preneurs soit dans les pays émergents ou via des circuits parallèles. La Russie doit vendre son pétrole pour financer ses dépenses militaires, ce qui favorise une baisse des cours.

Le tableau de la semaine des marchés

 Résultats
2 juin 2023
Évolution
sur une semaine
Résultats
30 déc. 2022
Résultats
31 déc. 2021
CAC 40 7 270,69-0,66 %6 471,317 153,03
Dow Jones33 762,76+2,082 %33 147,2536 338,30
S&P 5004 282,37+1,90 %3 839,504766,18
Nasdaq13 240,77+2,02 %10 466,4815 644,97
Dax Xetra (Allemagne) 16 051,23+0,48 %13 923,5915 884,86
Footsie (Royaume-Uni) 7 607,28-0,30 %7 451,747 384,54
Eurostoxx 504 323,52-0,37 %3 792,284 298,41
Nikkei 225 (Japon)31 524,22+0,75 %26 094,5028 791,71
Shanghai Composite 3 229,53+0,57 %3 089,263 639,78
Taux OAT France à 10 ans+2,859 %-0,251 pt+3,106 %+0,193 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,313 %-0,306 pt+2,564 %-0,181 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,691 %-0,146 pt+3,884 %+1,505 %
Cours de l’euro/dollar1,0716-0,03 %1,06971,1378
Cours de l’once d’or en dollars1 956,05+0,91 %1 815,381 825,350
Cours du baril de pétrole Brent en dollars76,12+1,30 %84,0878,140
CdE

Le Coin des Epargnants : les marchés actions en plein boom

Les bourses à la fête

Les grandes places financières européennes ont progressé lors des douze des quinze dernières semaines. Le CAC 40 a terminé la séance du vendredi 13 janvier au-dessus de 7 000 points Depuis le début de l’année, la hausse est supérieure à 8,5 %. Sur trois mois, elle atteint près de 20 %. Le marché new-yorkais a également poursuivi sur la lancée de la semaine dernière, le Nasdaq progressant plus de 4 % et le S&P 500 de plus de 2 %.

La récession crainte, en Europe, pour la fin de l’année 2022 et le début de l’année 2023 est reportée à plus tard ou à jamais. Selon les premiers résultats publiés par l’Office fédéral de la statistique (Destatis), l’Allemagne aurait enregistré en 2022 une croissance de son PIB de 1,9 %. Ce résultat marque une décrue par rapport à 2021 (2,6 %). Il est également inférieur à la moyenne de la croissance attendue pour l’Union européenne qui devrait être supérieure à 3 %. Le PIB allemand est, fin 2022, plus élevé de 0,7 % par rapport à son niveau de  2019, avant le début de la crise du Covid. En France, la Banque de France a, dans sa dernière enquête de conjoncture, souligné que l’économie avait continué à croître au dernier trimestre de l’année dernière. L’inflation semble avoir atteint un plafond dans plusieurs pays permettant des hausses moins importantes des taux directeurs des banques centrales, ce qui a été salué par les marchés « actions ». Aux États-Unis, la composante des anticipations d’inflation à un an est retombée à 4 %, au plus bas depuis avril 2021, contre 4,4 % en décembre et 4,3 % anticipé par les analystes

Aux États-Unis, les investisseurs ont réagi négativement aux résultats décevants de certaines banques comme JPMorgan Chase ou Wells Fargo. En revanche, ils ont été rassurés par la confiance du consommateur américain qui s’est améliorée en janvier, selon la première estimation de l’Université du Michigan, en hausse de 8,9 points à 64,6 pour le mois de janvier. Ils anticipent également un ralentissement du mouvement de hausse des taux directeurs.

Le baril de pétrole était orienté à la hausse cette semaine retrouvant ainsi son niveau de la fin de l’année dernière à plus de 80 dollars. La hausse s’explique par les  perspectives d’ouverture de la Chine mettant un terme à la politique du zéro covid. Les experts s’attendent à une croissance de la demande émanant de la Chine de 1 à 1,5 million de barils jour. Les fêtes du Nouvel An chinois devraient s’accompagner d’importants déplacements à l’intérieur du territoire. L’annonce de l’augmentation des stocks de brut américains n’a pas eu, en revanche, d’effet sur les cours. Les stocks ont augmenté de19 millions de barils supplémentaires, une hausse exceptionnelle due aux ruptures d’activité des raffineries ces dernières semaines en raison d’une tempête hivernale fin décembre. Si cette augmentation n’a pas provoqué de hausse sur les cours, la raison provient de la forte diminution au recours par les autorités américaines aux réserves stratégiques. Depuis un an et demi, elles ont pour peser sur les cours puisé dans ces réserves stratégiques. Depuis le mois de mars, la quantité injectée sur les marchés dépasse  200 millions de barils. L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a indiqué que désormais le processus de retour à la normale est engagée, la ponction dans les réserves stratégiques étant passée de plusieurs millions de barils par semaine à 800 000 barils. L’arrêt du recours aux réserves stratégiques pourrait provoquer un rebond de  5 à 7 dollars du prix du baril.

Le tableau des marchés de la semaine 

 Résultats
13 jan. 2023
Évolution
sur une semaine
Résultats
30 déc. 2022
Résultats
31 déc. 2021
CAC 40 7 023,50+2,40 %6 471,317 153,03
Dow Jones34 302,61+1,75 %33 147,2536 338,30
S&P 5003 999,09+2,59 %3 839,504766,18
Nasdaq11 079,16+4,47 %10 466,4815 644,97
Dax Xetra (Allemagne) 15 086,52+3,26 %13 923,5915 884,86
Footsie (Royaume-Uni) 7 844,07+1,88 %7 451,747 384,54
Euro Stoxx 50 4 151,33+3,31 %3 792,284 298,41
Nikkei 225 (Japon)26 119,52+1,83 %26 094,5028 791,71
Shanghai Composite 3 195,31+1,19 %3 089,263 639,78
Taux OAT France à 10 ans+2,632 %-0,088 pt+3,106 %+0,193 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,164 %-0,042 pt+2,564 %-0,181 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,481 %-0,097 pt+3,884 %+1,505 %
Cours de l’euro/dollar1,0827+1,26 %1,06971,1378
Cours de l’once d’or en dollars1 916,93+2,46 %1 815,381 825,350
Cours du baril de pétrole Brent en dollars84,81+8,23 %84,0878,140
CdE

Le Coin des Epargnants du 25 novembre 2022 : les bourses en hausse, le pétrole en baisse

Pour la semaine du « Black Friday », les places boursières occidentales ont conservé leur allant. Les opérations sur les marchés ont été modestes, les investisseurs attendant les résultats de l’inflation du mois de novembre qui seront communiqués la semaine prochaine. Sur la semaine, le Cac 40 est parvenu à progresser de 1 %, avec une poussée jeudi 24 novembre au meilleur de la séance, à 6 730,16 points, au plus haut depuis sept mois, soit un rebond de près de 20% depuis le point bas de septembre (5 628,42 points le 29 septembre). Le CAC 40 a terminé la semaine à 6712 points. La perte sur un an n’est plus désormais que de 0,4 % et de 6,2 % depuis le 1er janvier. Pour le Nasdaq, en revanche, la baisse demeure importante, autour de 27 %.

Le prix du pétrole est toujours orienté à la baisse en raison des menaces qui pèsent sur la croissance de l’économie mondiale et les négociations au sein du G7 concernant les exportations russes. L’augmentation sensible du nombre de cas de covid avec les risques associés de confinement et d’arrêt des usines fait craindre une baisse de la demande en pétrole. Selon le bureau national de la Santé chinois, le pays compterait 31 454 cas de coronavirus, mercredi 25 novembre ; ce chiffre dépasse le précédent record atteint au mois d’avril 2022 quand Shanghai était sous confinement. La Chine, qui compte plus de 1,2 milliard d’habitants, demeure la seule grande économie ayant maintenu un système de confinement s’accompagnant de mesures de restriction de circulation au sein du pays et à l’extérieur.  A Pékin, des dizaines d’immeubles résidentiels ont été confinés et les entreprises généralisent le télétravail. Les écoles, les restaurants et les commerces sont à nouveau fermés. Face ces confinements à répétition, des mouvements de contestation commencent à poindre au sein de la population.

Le repli du prix du pétrole a également été favorisé par les informations issues des négociations au sein du G7 concernant le mécanisme de plafonnement des prix du pétrole russe. Les Etats membres du G7 auraient évoqué une fourchette de prix comprise entre 65 et 70 dollars le baril. Ils autoriseraient ainsi la Russie à vendre et exporter son brut à ce prix-là ou en deçà, lui permettant d’échapper partiellement à l’embargo européen qui doit prendre effet le 5 décembre prochain. Ce plafond correspond un peu près au prix de vente actuel du pétrole par les Russes. Il n’y aurait donc pas de réelles conséquences sur le marché. Pour la Russie, ce prix lui garantit sa rente, sachant que le  coût de production de son pétrole est estimé à 20 dollars le baril. Si les Russes essayaient de vendre au-dessus du prix plafond, ils ne pourraient pas trouver des transporteurs et des assureurs. La quasi-totalité d’entre eux sont occidentaux et seraient susceptibles d’être soumis à des sanctions de la part des Etats ; pour les autres, il y aurait un risque de ne plus pouvoir commercer au sein des pays membres du G7 et ceux qui accepteront le plafonnement. La fixation du prix autour de 60 dollars a pour objectifs, au-delà de ne pas déstabiliser le marché du pétrole, de ne pas léser les armateurs grecs et les assureurs britanniques. A contrario, le prix du gaz a augmenté ces derniers jours du fait d’une légère baisse des réserves en Europe amenant à de nouveaux achats sur un marché qui reste tendu. Les nouveaux retards dans la remise en réseau des centrales nucléaires françaises a également pesé sur le cours du gaz.

Le tableau des marchés de la semaine 

 Résultats
25 nov. 2022
Évolution
sur 5 jours
Résultats
31 déc. 2021
CAC 40 6  712,480+1,00 %7 153,03
Dow Jones34 347,03+1,78 %36 338,30
Nasdaq11 226,36+0,80 %15 644,97
Dax Xetra allemand 14 541,38+0,70 %15 884,86
Footsie 7 486,67+1,37 %7 384,54
Euro Stoxx 50 3 962,41+0,89 %4 298,41
Nikkei 225 28 383,090+1,62 %28 791,71
Shanghai Composite 3 101,69-0,26 %3 639,78
Taux OAT France à 10 ans+2,419 %-0,068 pt+0,193 %
Taux Bund allemand à 10 ans+1,954 %-0,065 pt-0,181 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,6962 %-0,116 pt+1,505 %
Cours de l’euro/dollar1,0399+0,70 %1,1378
Cours de l’once d’or en dollars1 753,39+0,24 %1 825,350
Cours du baril de pétrole Brent en dollars84,01-3,83 %78,140

Le Coin des Epargnants du 8 octobre 2022 : l’emploi américain et le pétrole défient les marchés

L’emploi américain défie la FED et les marchés

Au mois de septembre, l’économie américaine a, en effet, créé 263 000 emplois dans le secteur non agricole, chiffre le plus faible depuis avril 2021, après 315 000 en août, mais supérieurs aux attentes, le consensus formé par Bloomberg tablait sur 255 000 emplois. Le taux de chômage a diminué de 0,2 point à 3,5 %, alors que le marché l’attendait stable à 3,7 %. Le taux de chômage est au plus bas depuis 50 ans.  La croissance du salaire horaire moyen a continué de ralentir, passant de 5,2 % à 5 % sur un an, comme prévu. Ces résultats ne traduisent pas un réel ralentissement du marché du travail pour que la Réserve fédérale estime un freinage de la hausse de salaires. Celle-ci se maintient au-dessus des 4 % depuis juin 2021. Dans ce contexte, les investisseurs considèrent que la FED ne ralentira pas son programme de hausse de taux. Les principaux responsables de la FED ont déclaré que l’inflation n’avait pas encore atteint son sommet aux États-Unis et que dans ces conditions, le combat ne pouvait que se poursuivre. Après un bon début de semaine, les indices « actions » ont cédé du terrain après l’annonce des résultats de l’emploi américain. Sur la semaine, le CAC 40 a repris malgré tout 1,82% mettant ainsi fin à sept semaines successives de repli. Les autres grands indices européens ont fait de même. Le Dow Jones a gagné sur 5 jours 1,99 % malgré un recul de 2,11 % vendredi. Le Nasdaq a réussi à renouer avec une légère hausse de 0,73 % en dépit d’un repli de 3,80 % également vendredi.

Les taux d’intérêt des obligations d’Etat à 10 ans ont poursuivi leur mouvement de hausse se rapprochant de 2,8 % pour le Français et des 4 % pour l’Américain. L’écart de taux de part et d’autre de l’Atlantique favorise toujours le dollar. Dans cette période troublée, l’or se raffermit un peu.

Pétrole, l’OPEP régule à la baisse la production

L’OPEP+ a décidé, le mercredi 4 octobre dernier, la réduction de 2 millions de barils par jour la production pour contrecarrer les effets du ralentissement de la croissance de l’économie mondiale et soutenir ainsi les cours. Cette contraction est la plus forte variation depuis les diminutions historiques de 10 millions décidées au printemps 2020 pour faire face à l’effondrement de la demande, aux premiers jours de la pandémie. Il s’agit de la deuxième baisse consécutive des objectifs de l’OPEP+ mais la première, intervenue début septembre, était plus symbolique en ne portant que sur 100 000 barils par jour. Cette décision des pays producteurs est un camouflet pour les États-Unis et les Occidentaux qui demandaient au contraire une augmentation de la production. L’administration américaine craint une hausse des prix de l’essence à quelques semaines des élections de mi-mandat. En Europe, l’augmentation du baril va s’ajouter à celle du gaz naturel. L’Arabie saoudite entend lutter contre la volatilité des prix. Certains voient toutefois dans cette attitude une sorte d’alliance objective avec la Russie, qui a intérêt à maintenir des prix hauts pour financer sa guerre. Les pays producteurs tentent de gérer leur rente au mieux sachant qu’elle est amenée à diminuer à terme avec le développement des énergies renouvelables. La guerre en Ukraine leur a redonné un pouvoir sur les cours qu’ils avaient perdu après 2015 au moment de l’essor du pétrole de schiste.

Le cours du pétrole a gagné cette semaine près de 15 %. Les cours avaient commencé à progresser depuis le début de mois d’octobre faisant suite à une baisse continue depuis le début de l’été. Le prix du baril de Brent, qui avoisinait en septembre 80 dollars est remonté au-dessus des 97 dollars vendredi 7 octobre 2022. L’incidence sur les prix pourrait toutefois être limitée dans un premier temps, la production réelle des pays de l’OPEP restant en-deçà de ses objectifs, de quelque 3,5 millions de barils par jour sur le mois d’août. Les pays ont réduit leur production sans attendre la fixation des nouveaux quotas, certains ayant de toute façon des problèmes techniques pour les atteindre.

La France, des réserves de gaz mais une gestion complexe

Le gouvernement a annoncé avoir rempli l’ensemble des réserves de gaz disponibles soit un total de 130 TWh de gaz naturel représentant un peu moins d’un tiers de sa consommation annuelle de gaz, qui s’établit à environ 450 TWh. Au nom de la solidarité européenne, une partie de ses réserves pourra être affectée à des États qui n’en disposent pas ou peu comme la Belgique ou l’Autriche. Par ailleurs, la France sera amenée à céder une partie de son gaz à l’Allemagne afin que cette dernière puisse produire l’électricité qu’elle lui fournira durant la période d’indisponibilité du parc nucléaire. Dans ce contexte, les réserves de gaz seront utilisées durant toute la durée de l’hiver avec une gestion fine pour éviter leur épuisement prématurément.

Le tableau des marchés de la semaine 

 Résultats 
7 octobre 2022 
Évolution
  sur 5 jours 
Résultats 
31 déc. 2021 
CAC 40 5 866,94+1,82 %7 153,03
Dow Jones29 296,79+1,99 %36 338,30
Nasdaq10.652,40+0,73 %15 644,97
Dax Xetra allemand 12 273,00+1,31 %15 884,86
Footsie 6 991,09+1,41 %7 384,54
Euro Stoxx 50 3 375,46+1,73 %4 298,41
Nikkei 225 27 116,11+4,55 %28 791,71
Shanghai Composite 3 024,390,00 %3 639,78
Taux OAT France à 10 ans+2,796 %+0,081 pt+0,193 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,192 %+0,084 pt0,181 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,861 %+0,123 pt+1,505 %
Cours de l’euro/dollar0,9775-0,32 %1,1378
Cours de l’once d’or en dollars1 703,080+2,45 %1 825,350
Cours du baril de pétrole Brent en dollars97,930+14,89 %78,140
CdE

Le Coin des Epargnants du 20 août 2022 : incertitudes, doutes et inquiétudes en attendant la rentrée

A quelques encablures de la rentrée, l’attentisme est de mise

Dans cette seconde partie du mois d’août, la Bourse de Paris n’a pas signé une septième semaine de hausse consécutive. Devant la montée des incertitudes et les résultats décevants sur le front de l’inflation, les investisseurs optent pour la prudence. Cette semaine, le CAC 40 a ainsi reculé de 0,9 %. Le recul a été plus prononcé en Allemagne, le Daxx perdant près de 2 %. Depuis le début de l’été, l’indice parisien connaît une évolution plus favorable que les autres indices européens. La bonne tenue du luxe et le regain d’intérêt pour les valeurs financières expliquent l’évolution du CAC 40 quand son homologue allemand est pénalisé par les difficultés de l’industrie automobile.

Le pessimisme des investisseurs pour l’Europe est lié, cette semaine, à de mauvais résultats pour le secteur de la construction. Selon Eurostat, la production dans la construction, corrigée des variations saisonnières, a diminué de 1,3 % dans la zone euro et de 1,2 % dans l’Union européenne. En mai, la production avait déjà diminué de 0,3% dans la zone euro et de 0,1% dans l’Union. En Allemagne, la hausse des prix à la production a dépassé les attentes en juillet. Ils ont augmenté de 37,2 % sur un an et de 5,3 % sur un mois. C’est la plus forte augmentation observée par l’Office fédéral de la statistique depuis le début des études en 1949. Sur le marché de gros en Allemagne, le prix de l’électricité a atteint un nouveau record à 550 euros le mégawattheure. Dans ce contexte, l’inflation ne peut que continuer sa route en avant sur le vieux continent. Selon Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne, les perspectives d’inflation dans la zone euro ne se sont pas améliorées depuis la hausse des taux en juillet. Le prochain relèvement des taux directeurs en septembre pourrait être de 50 points de base après celui juillet. Au Royaume-Uni, l’inflation pourrait dépasser 15 %. Elle est à l’origine d’importantes grèves, sachant que les mesures de soutien du pouvoir d’achat outre-Manche sont rares. Dans l’ensemble de l’Europe, la décrue de l’inflation n’est pas attendue avant le début d’année prochaine.

Le durcissement de la politique monétaire fait craindre à de nombreux investisseurs la survenue d’une récession en Europe. Le PIB allemand pourrait se contracter au cours des trois prochains trimestres. Aux Etats-Unis, l’immobilier est dans une situation de quasi-récession. Les ventes de logements anciens ont reculé de 6 % de juin à juillet, soit une chute de 20 % en un an. Les reventes de biens immobiliers sont au plus bas depuis mai 2020.

Les acteurs de marché attendent la tenue du symposium de Jackson Hole qui réunit les banquiers centraux à la fin du mois d’août. Le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, pourrait affirmer sa volonté de lutter contre l’inflation.

Avec la montée des incertitudes et la persistance de l’inflation, les taux des obligations d’Etat étaient orientés cette semaine à la hausse, le taux de l’OAT à 10 ans se rapprochant de 1,8 %. Les anticipations d’augmentation des taux directeurs américains et l’aversion aux risques pénalise l’euro qui est à nouveau à parité avec le dollar.

Le pétrole à la baisse, le gaz à la hausse

Depuis le mois de juin, le baril de pétrole (Brent) a perdu  25 % de sa valeur. La baisse du cours du pétrole s’explique par les anticipations sur la demande. Les mauvais chiffres de l’activité manufacturière aux Etats-Unis et le ralentissement attendu de l’économie chinoise laissent supposer une progression moindre de pétrole dans les prochains mois. Dans le raffinage qui est un des principaux indicateurs de demande de brut), la dynamique post-covid s’éteint. L’activité de transformation du pétrole brut est tombée en juillet au plus bas depuis mars 2020. La demande de produits raffinés est en retraite de 10 % sur un trimestre.

Au niveau de l’offre, la décision de puiser dans les réserves stratégiques et l’augmentation certes légère des quotas de production par l’OPEP ont pesé sur les prix. Les anticipations sur un éventuel accord sur le nucléaire iranien jouent également en faveur d’une détente sur les cours, la République islamique pouvant à terme revenir sur le marché international de pétrole. En cas de levée des sanctions, l’Iran pourrait augmenter sa production de 1,3 million de barils par jour, permettant une stabilisation des cours jusqu’en 2023.

La tendance baissière pourrait s’inscrire dans la durée mais reste malgré tout fragile. Le principal risque demeure les tensions sur le marché du gaz qui pourraient atteindre celui du pétrole. Le 16 août dernier, le cours du MWh de gaz à Rotterdam a dépassé 250 euros. Le gaz est ainsi onze fois plus cher que la moyenne saisonnière de ces cinq dernières années. Les Russes prétendent que le MWH atteindra près de 350 euros à l’automne. L’impossibilité de réaliser des livraisons fluviales en charbon et en fioul en Allemagne contraint à un recours plus important que prévu des centrales au gaz, ce qui pèse sur les prix. La Russie limite toujours ses exportations vers l’Europe en prétextant des problèmes techniques liés aux embargos qui lui sont imposés. Le prix du gaz devrait conduire les producteurs d’électricité à privilégier le charbon et le pétrole, ce qui augmentera le cours de ces deux matières premières.

Le tableau des marchés de la semaine 

 Résultats
 19 août 2022 
Évolution 
sur 5 jours 
Résultats
  31 déc. 2021 
CAC 40 6 495,83-0,89 %7 153,03 
Dow Jones 33 706,74-0,16 %36 338,30 
Nasdaq 12 705,22-2,62 %15 644,97 
Dax Xetra allemand 13 544,52-1,82  %15 884,86 
Footsie 7 550,37+0,66  %7 384,54 
Euro Stoxx 50 3 730,32-1,23 %4 298,41 
Nikkei 225 28 930,33+1,34 %28 791,71 
Shanghai Composite 3 258,08-0,44 %3 639,78 
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) +1,797 %+0,252 pt+0,193  %
Taux du Bund allemand à 10 ans +1,223 %+0,236 pt-0,181  %
Taux du Trésor US à 10 ans +2,981 %+0,121 pt+1,505  %
Cours de l’euro / dollar1,0039-2,20 %1,1378 
Cours de l’once d’or en dollars 1 750,560-2,80 %1 825,350 
Cours du baril de pétrole Brent en dollars 97,290-0,64 %78,140 
CDE

Le Coin des Epargnants du 15 juillet 2022

Dans l’angoisse de la future rentrée

L’annonce de l’inflation américaine du mois de juin, +9,1 % en rythme annuel a laissé craindre dans un premier temps à un durcissement de la politique monétaire avec une augmentation de 100 points de base des taux directeurs. La communication des autorités américaines laissant entendre que la hausse des prix n’avait pas pris en compte la décrue intervenue sur le marché pétrolier a rassuré les investisseurs. Il en a résulté une détente sur les taux d’intérêt, aidés en Europe par la menace, à l’automne, d’un fort ralentissement de la croissance.

Aux Etats-Unis, les indicateurs économiques sont meilleurs que prévu. Les ventes au détail ont augmenté de 1 % le mois dernier (+0,9 % attendu), tandis que l’activité manufacturière a rebondi en juillet dans la région de New York, l’indice calculé par la succursale locale de la Fed ayant enregistré une progression surprise  à 11,1 points, contre -2 attendus après -1,2 en juin. L’indice de confiance des consommateurs, calculé par l’Université du Michigan, est en hausse en juillet à 51,1, contre 50 en juin et 49,9 attendu par le consensus.

Dans ce contexte encore confus, le CAC 40 est resté stable sur la semaine tout en connaissant durant des fluctuations journalières importantes. Le Daxx allemand a, de son côté, reculé de plus 1 %. L’économie allemande est fragilisée par sa forte exposition au gaz russe. Les indices américains ont également légèrement reculé.

Le prix du baril de pétrole a continué de baisser revenant vendredi 15 juillet à 101 dollars.

Le tableau des marchés de la semaine 

 Résultats 
15 juillet 2022 
Évolution 
sur 5 jours 
Résultats 
31 déc. 2021 
CAC 40 6,036.00+0,05 %7 153,03 
Dow Jones 31 288,26-0,16 %36 338,30 
Nasdaq 11 452,42-1,57 %15 644,97 
Dax Xetra allemand 12 864,72-1,16  %15 884,86 
Footsie 7 159,01-0,52  %7 384,54 
Euro Stoxx 50 3 477,20-0,84 %4 298,41 
Nikkei 225 26 788,47+1,02 %28 791,71 
Shanghai Composite 3 228,06-3,81 %3 639,78 
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) +1,651 %-0,211 pt+0,193  %
Taux du Bund allemand à 10 ans +1,127 %-0,296 pt-0,181  %
Taux du Trésor US à 10 ans +2,921 %-0,165 pt+1,505  %
Cours de l’euro / dollar1,0086-0,86 %1,1378 
Cours de l’once d’or en dollars 1 704,620-2,15 %1 825,350 
Cours du baril de pétrole Brent en dollars 101,450-5,28 %78,140 

Le Coin des Epargnants du 18 juin 2022 : le retour du risque souverain ?

Les marchés, une affaire de taux et de banques centrales

La semaine a laissé des traces. Les tensions sur les taux en lien avec l’incrustation de l’inflation ont provoqué un repli massif des cours. L’indice japonais Nikkei a perdu plus de six points. Le CAC 40 a abandonné près de 5 % portant le total depuis le début de l’année à près de 18 %. Les indices américains ont subi une deuxième semaine de fort recul. Le Dow Jones a baissé de près de 5 % tout comme le Nasdaq. Ce dernier indice a perdu près du tiers de sa valeur depuis le 1er janvier. Les investisseurs anticipent un série de hausses  des taux directeurs de la part des banques centrales et réallouent une partie des actifs qui avaient été placés sur les actions. Par ailleurs, ce mouvement est amplifié par la crainte de la survenue d’une récession en lien avec l’augmentation des taux. Le différentiel de taux entre les Etats-Unis et l’Europe joue toujours contre les euros et les places boursières du Vieux continent. Seul l’indice chinois « Shangaï Composite » est ressorti en légère hausse cette semaine.

Les taux d’intérêt ont fortement augmenté en début de semaine avant de se détendre avec les annonces de la BCE face à la menace de la fragmentation financière de la zone euro et le retour du risque souverain sur le devant de la scène.

Le taux de l’OAT à 10 ans après avoir atteint 2,3 % au milieu de la semaine s’est replié vendredi à 2,2 %. Les écarts de taux (spreads) qui s’étaient accrus avec le taux allemand tant pour ceux de la France que de l’Italie se sont resserrés.  Le taux de l’obligation de l’Etat italien qui avait dépassé 4 % mardi s’élevait en vendredi, en fin de journée à 3,672 %. Après la décision de la FED de relever ses taux directeurs de 0,75 point, les taux américains se sont légèrement appréciés, la hausse ayant été anticipée.

La Fed donne la priorité à la lutte contre l’inflation

Mercredi 15 juin, la Réserve fédérale américaine a décidé de remonter ses taux d’intérêt de 0,75 point à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire. Une telle augmentation n’avait plus été pratiquée depuis 1994. Les taux de la Fed se situent désormais entre 1,5 et 1,75 %. Cette décision témoigne de la volonté de la Banque centrale de lutter plus fortement contre l’inflation. Le processus de remontée des taux devrait se poursuivre dans les prochains mois. La médiane des prévisions des membres du comité de politique monétaire de la Fed donne un taux directeur moyen à 3,4 % en fin d’année et à 3,8 % en 2023 quand les prévisions de mars le plaçaient à 1,9 % en décembre de cette année. Cette révision est en lien avec l’évolution de l’inflation. La hausse des prix a atteint 8,6 % en rythme annuel en mai quand, il y a un an, les économistes de la Fed prévoyaient une inflation de 2,1 % à la fin de cette année. Les dernières prévisions tablent sur une inflation sur l’année de 5,2 %. Le retour à un taux de 2 % n’est pas prévu avant 2025. Le taux d’inflation devrait être de 2,6 % en 2023 et de 2,2 % en 2024.

Pour la Fed, le taux de chômage pourrait augmenter avec la hausse des taux pour s’établir à 3,7 % d’ici à la fin de l’année, et 3,9 % fin 2023, contre 3,6 % en mai. Le taux de croissance serait de 1,7 % en 2022, les projections de mars derniers prévoyaient un taux de 2,8 %. La Fed ne retient pas pour le moment le scénario d’une récession aux États-Unis dans les prochains mois.

La BCE face à l’inflation et à la solvabilité des États du Sud de l’Europe

Mercredi 15 juin, le Conseil des gouverneurs de la BCE a été réuni en urgence pour trouver des réponses à la montée rapide des taux et des écarts de taux entre les États membres. Mardi 14 juin, le rendement de la dette italienne à 10 ans avait dépassé 4 % pour la première fois depuis 2014. Son écart avec le taux à 10 ans allemand avait atteint 240 points de base, ravivant la crainte d’une nouvelle crise des dettes publiques. En jouant les taux à la hausse, les investisseurs doutent de la capacité de la BCE à répondre à l’inflation. Ils testent également la détermination de la banque centrale à soutenir les États les plus endettés.

La Banque centrale européenne doit faire face à des défis majeurs. Elle doit tenter de maîtriser l’inflation au sein de la zone euro tout en ne provoquant pas une récession ni des problèmes de solvabilité pour les États le plus endettés. Sa tâche est d’autant plus compliquée que le taux d’inflation au sein de la zone varie du simple au double et que les niveaux d’endettement diffèrent également.

Les responsables de la banque centrale craignent une fragmentation de la zone euro avec à la clef une augmentation des taux pour les États d’Europe du Sud qui pourraient les mettre en difficulté.

Lors de sa réunion de mercredi 16 juin, la BCE a confirmé que les tombées des obligations d’État qu’elle a acquises ces dernières années, seront réinvesties sous forme de rachats de nouvelles obligations d’États en privilégiant ceux qui ont des problèmes de financement. Les rachats jusqu’à maintenant s’effectuaient, sauf dans le cadre du plan de relance, en fonction du PIB. La BCE a également annoncé la création d’un dispositif spécifique de lutte contre la fragmentation. Les modalités précises de ce dispositif n’ont pas été encore communiquées. Les équipes de l’Eurosystème (qui rassemble la BCE et les banques centrales nationales de la zone euro) travaillent sur le sujet afin que le dispositif soit prêt pour le prochain Conseil des gouverneurs des 21 et 22 juillet. A priori, il serait prévu que la BCE puisse acheter des obligations souveraines italiennes en vendant en parallèle des titres allemands ou néerlandais pour un montant similaire. Ce mécanisme permettrait de soutenir un Etat en difficulté sans pour autant accroître le bilan de la banque centrale. Cette solution éviterait le réenclenchement d’un programme d’achat d’actifs et permettrait de lutter contre l’accroissement des écarts de taux. En revanche, elle pourrait soulever un problème d’ordre juridique. La BCE a fixé la part de chaque Etat dans ses achats en fonction de sa participation au capital de la banque centrale, qui correspond à son poids au sein de l’économie de la zone euro. Cette condition a toujours été considérée intangible par les Allemands et a été validée par la Cour de Justice de l’Union Européenne. Pour se conforter à cette règle, la BCE serait condamnée, à terme, à revendre ses titres italiens et à racheter de la dette allemande. Ces opérations sont des sources d’incertitudes pour les investisseurs et pourraient donc amoindrir l’efficacité du dispositif anti-fragmentation. Les Allemands et les Néerlandais pourraient imposer que les Etats endettés s’engagent dans des plans d’assainissement et de réformes, ce qui pourrait alimenter des tensions au sein des Etats membres et au sein des populations concernées.

Eurostat

Le tableau des marchés de la semaine 

 Résultats  17 juin 2022 Évolution  sur 5 jours Résultats  31 déc. 2021 
CAC 40 5 882,65-4,92 %7 153,03 
Dow Jones 29 888,78-4,79 %36 338,30 
Nasdaq 10 798,35-4,78  %15 644,97 
Dax Xetra allemand 13 126,26-4,62  %15 884,86 
Footsie 7 016,25-4,12  %7 384,54 
Euro Stoxx 50 3 438,46-4,47 %4 298,41 
Nikkei 225 25 963,00-6,69 %28 791,71 
Shanghai Composite 3 316,79+0,97 %3 639,78 
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) +2,201 %+0,111 pt+0,193  %
Taux du Bund allemand à 10 ans +1,665 %+0,151 pt-0,181  %
Taux du Trésor US à 10 ans +3,229 %+0,072 pt+1,505  %
Cours de l’euro / dollar1,0493-0 ?25 %1,1378 
Cours de l’once d’or en dollars 1 836,510-1,95 %1 825,350 
Cours du baril de pétrole Brent en dollars 112,910-7,32 %78,140 

Pétrole, les réserves mises à contribution

Avec la réduction des achats européens à la Russie et le début de la campagne de reconstitution des stocks, les craintes d’une augmentation du cours du baril s’amplifient. Pour contrecarrer ce mouvement, le département américain de l’énergie a annoncé mardi 14 juin qu’il mettait sur le marché jusqu’à 45 millions de barils de pétrole issus de la réserve stratégique de pétrole. Les livraisons de brut devraient avoir lieu du 16 août au 30 septembre. L’administration Biden avait déjà annoncé, fin mars, qu’elle libérerait pendant six mois un volume d’un million de barils de pétrole par jour.

La libération du pétrole décidée par Washington conduit le niveau de la réserve stratégique à son point le plus bas depuis 1987. Cette situation inquiète le marché car les États-Unis seraient exposés en cas d’accident d’approvisionnement majeur. Même si le niveau de réserves demeure supérieur au minimum légal, leur baisse provoque par ricochet des tensions sur les cours. Malgré tout, sur la semaine, le pétrole a chuté de 7 % et est revenu autour de 110 dollars. Cette baisse est en partie imputable à la crainte de la récession qui ferait baisser la demande dans les prochains mois.

Le Coin des Epargnants du 19 février 2022 : les marchés entre guerre et paix

Les marchés entre guerre et paix en Ukraine

Entre les annonces de retraits de certaines troupes russes à la frontière ukrainienne et les bombardements dans le Donbass, la situation à l’Est de l’Union européenne est confuse et tendue. Des signaux inquiétants s’accumulent dans les régions ukrainiennes proches de la Russie. La perspective d’une issue diplomatique, qui avait rassuré les marchés financiers, s’estompe.  Une rencontre est prévue en fin de semaine prochaine entre le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken et son homologue russe, Sergueï Lavrov. Le premier a toutefois conditionné l’entrevue à l’absence d’intrusion russe en Ukraine.

Les marchés « actions » étaient orientés à la baisse. Le CAC 40 a perdu plus de 1 % cette semaine. Depuis le début de l’année, l’indice parisien n’aura connu que deux semaines de hausse. Le Dow Jones et le Nasdaq sont également en recul. Depuis le début de l’année, ils ont perdu respectivement 6,22 %et 13,40 %.

Les taux d’intérêt des obligations d’Etat étaient néanmoins en recul, le taux de l’obligation du Trésor américain à 10 ans est repassé en-dessous de 2 %.

Sur le marché des matières premières, les cours du pétrole ont continué de se replier après avoir atteint des sommets vieux de sept ans en début de semaine. Ce retournement semble lié à l’espoir d’un prochain accord sur le nucléaire iranien qui pourrait ramener quelque 1,3 million de barils par jour sur le marché.

La BCE prépare son changement de cap monétaire

Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne, et François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, qui ne sont pas les défenseurs les plus zélés de l’orthodoxie monétaire ont, cette semaine, appelé à la fin des achats nets d’obligations dans le cadre du programme d’achats d’actifs (APP – asset purchase programme). Ils justifient leur position par la nouvelle hausse record de l’inflation en janvier et par la baisse du chômage qui a atteint son plus bas niveau historique de 7 % dans la zone euro. Isabel Schnabel a déclaré que « le risque d’agir trop tard a augmenté ». Lancé en 2015 pour éviter la déflation, le programme d’achats avait été arrêté en 2018 avant d’être repris avant même la crise sanitaire, à la fin de l’année 2019, dans un climat économique morose. Le taux d’inflation stagnait alors autour de 1,2 %. François Villeroy de Galhau dans un discours à la London School of Economics a indiqué qu’il fallait désormais faire redescendre l’inflation vers la cible de 2 %. Il a déclaré qu’il « n’y a plus vraiment de raison aujourd’hui d’appuyer sur la pédale d’accélérateur en augmentant notre stock d’actifs ». Il a ajouté également que « maintenir sans limitation les achats nets d’actifs jusqu’à octobre ne semble pas approprié, car cela nous lie les mains trop longtemps ». Le Gouverneur de la Banque de France propose de renforcer le rythme de réduction des achats annoncé lors de la réunion de décembre. À l’époque, pour atténuer les effets de la fin du programme spécial pandémie (PEPP), il avait été prévu une augmentation temporaire de l’enveloppe de l’APP en mars, puis une diminution progressive chaque trimestre. Il recommande de procéder à des ajustements tous les deux mois, voire tous les mois, afin d’arriver à un arrêt des acquisitions nettes « au cours du troisième trimestre ».

La perspective d’une fin des achats de l’APP a provoqué une hausse des taux d’intérêt des pays d’Europe du Sud. Le taux italien à 10 ans a atteint, mercredi, 2 %, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis mai 2020. Le pays est l’un des premiers bénéficiaires du soutien de la banque centrale.

Isabelle Schnabel n’a, par ailleurs, pas exclu une remontée des taux directeurs de la banque centrale d’ici la fin de l’année tout en temporisant. Elle a précisé que la remontée des taux pourrait survenir à la fin du processus d’arrêt des rachats nets d’actifs. François Villeroy de Galhau propose de supprimer cette indication temporelle pour offrir plus de souplesse à la BCE afin notamment de prendre en compte l’évolution des perspectives économiques à l’automne.

Le tableau des marchés de la semaine 

 Résultats  18 février 2022 Évolution 
sur 5 jours 
Résultats  31 déc. 2021 
CAC 40 6 929,63-1,17 % 7 153,03 
Dow Jones 34 079,18-1,90  % 36 338,30 
Nasdaq 13 548,07-1,76  % 15 644,97 
Dax Xetra allemand 15.042,51-2,48  % 15 884,86 
Footsie 7 513,62-1,92  % 7 384,54 
Euro Stoxx 50 4 074,28-1,95  % 4 298,41 
Nikkei 225 27 122,07-2,07 %,93 % 28 791,71 
Shanghai Composite 3 490,76+0,80 % 3 639,78 
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) +0,682  % -0,072 pt +0,193  % 
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) +0,178  % -0,109 pt -0,181  % 
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) +1,927  %-0,101 pt +1,505  % 
Cours de l’euro / dollar  (18 heures) 1,1322-0,10  % 1,1378 
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) 1 897,090+2,13 % 1 825,350 
Cours du baril de pétrole Brent en dollars 93,070-1,83 % 78,140 
CDE

Les cryptoactifs séduisent les Français

Une majorité de Français (77 %) a déjà entendu parler des cryptos. Ce résultat provient du sondage réalisé par  KPMG/Ipsos, du mois de décembre 2021, pour l’Association pour le développement des actifs numériques (Adan).15 % des sondés connaîtraient par ailleurs les NFT (jetons non fongibles). Selon la dernière enquête du Cercle de l’Épargne réalisée en septembre 2021, 11 % des Français estimaient que le bitcoin était un placement rentable contre 2 % en 2019. La forte appréciation du bitcoin  et sa notoriété croissante ont contribué à cette évolution. Aux États-Unis, 11 % de la population auraient acquis des cryptoactifs. En France, en 2021, 8 % des Français ont déclaré avoir déjà investi dans les cryptos, selon le sondage précité réalisé par KPMG. Ils n’étaient que 3 % en 2020. Les détenteurs de cryptoactifs seraient ainsi plus nombreux que les détenteurs d’actions en direct (6,7 % des Français, selon l’Autorité des marchés financiers).

Les Français qui sont réticents à prendre des risques avec des actions le seraient moins à l’encontre des cryptoactifs. La « cryptomania » est une affaire de jeunes de moins de 35 ans. Selon l’enquête du cercle de l’Épargne, 22 % des 25/34 ans jugent cet actif particulièrement rentable, contre seulement 3 % des plus de 65 ans.

Parmi les 8 % de détenteurs de cryptoactifs, en France, 61 % se sont lancés il y a moins de trois ans, notamment pendant le premier confinement de 2020.

Ce sont les indépendants qui sont les plus susceptibles d’investir dans le bitcoin et autres cryptoactifs. Ils sont 37 % à juger ce placement rentable.

La Cour des comptes s’inquiète de l’évolution de la dette publique

Selon la Cour des comptes, le déficit public est passé de 75 milliards d’euros en 2019 (soit 3,1 points de PIB) à 209 milliards d’euros en 2020 (soit 9,1 points de PIB). Cette augmentation était la conséquence de la dégradation des recettes due à la récession et du coût pour les finances publiques des dispositifs de soutien. En 2021, selon la dernière loi de finances rectificative, le déficit public resterait élevé à 8,2 points de PIB, le rebond des recettes étant en grande partie compensé par des dépenses publiques toujours en forte hausse. Le Gouvernement espère que le déficit public final pour 2021 sera plus près de 7 % que de 8 % du PIB sous l’effet notamment d’un déficit budgétaire réduit de 34,5 milliards d’euros

En 2022, le déficit se maintiendrait à un niveau élevé, -129 milliards d’euros, soit -5 points de PIB. Il dépasserait de près de trois points le déficit (hors impact de la transformation du CICE en baisse de cotisations) d’avant la crise sanitaire. Le déficit attendu en 2022 dépasserait ainsi le critère de déclenchement de la procédure de déficit excessif. La clause dérogatoire du pacte de stabilité et de croissance permettant aux États membres de s’écarter des exigences budgétaires normalement applicables en raison des circonstances exceptionnelles sera toujours d’actualité pour l’année 2022.

Des impôts en repli relatif

Grâce aux réductions d’impôt, le taux de prélèvements obligatoires en France est orienté à la baisse. Il devrait passer de 44,5 % en 2020 à 43,8 % en 2021 puis 43,4 % du PIB en 2022. Sans ces réductions d’impôts, le taux de prélèvement obligatoire serait resté constant, à un niveau proche de celui de 2020.

Avec la reprise de l’économie, les recettes augmentent rapidement. Les recettes tirées droits de mutation à titre onéreux ont enregistré une hausse de 21,9 % en 2021, celles de la TVA ont progressé de 11,8 %, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) de +8,3 % et l’impôt sur les sociétés de 10,3 %. En 2022, l’impôt sur le revenu devrait augmenter de +8,5 % et la TVA de 6,3 %, soit des hausses supérieures à celle du PIB. La Cour des comptes souligne que le gouvernement a sous-évalué dans ses lois de finances le rebond des recettes publiques.

Les réductions d’impôt ont porté sur 15,6 milliards d’euros en 2021 et elles devraient atteindre 10,1 milliards d’euros en 2022 sur un montant total de prélèvements obligatoires de 1 125 milliards d’euros.

En 2021, la baisse des impôts à la production décidée dans le cadre du plan de relance (-10,6 milliards d’euros) est venue s’ajouter à celles décidées avant la crise, concernant l’impôt sur les sociétés (-3,7 milliards d’euros) et la taxe d’habitation (-2,6 milliards d’euros). En 2022, la principale baisse d’impôt concerne la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE) pour faire face à la hausse des tarifs (« bouclier tarifaire »), adoptée par amendement au projet de loi de finances initiale pour 2022 pour un coût estimé de 5,9 milliards d’euros.

Selon la dernière prévision disponible, la limitation de la hausse des prix de l’électricité à 4 % coûterait 8 milliards d’euros au budget de l’État du fait de la quasi disparition de la TICFE, contre 5,9 milliards d’euros provisionnés au moment du Projet de loi de finances initiale de 2022, auxquels s’ajouteraient environ 8 milliards d’euros à la charge d’EDF à qui l’État a demandé d’augmenter de 20 % la production qu’elle vend à ses concurrents au tarif réglementé, soit à un niveau très inférieur aux prix de marché. La deuxième tranche de réduction de la taxe d’habitation sur les résidences principales des ménages des deux derniers déciles de revenus devrait réduire les recettes publiques de 2,8 milliards d’euros tandis que la dernière étape de baisse du taux d’impôt sur les sociétés pèserait sur son produit à hauteur de 2,9 milliards d’euros.

Un retour progressif à la normale pour les dépenses publiques

En 2021, les dépenses publiques sont restées supérieures à leur niveau d’avant-crise. Elles représenteraient 59,8 % du PIB et devraient s’élever à 55,7 % en 2022. Elles seraient ainsi supérieures de près de deux points de PIB, soit environ 50 milliards d’euros par rapport à leur niveau de 2019 (53,8 %).

Cette croissance s’explique,  par les mesures de soutien et de relance prises pour faire face à la crise sanitaire surtout en 2021 et à un degré moindre en 2022. Après avoir atteint près de 70 milliards d’euros en 2020, elles ont atteint 90 milliards d’euros en 2021. En 2022, elles diminueraient tout en mobilisant 30 milliards d’euros, principalement au titre du plan de relance. Le niveau des mesures de soutien et de relance résiduelles en 2022 (1,1 point de PIB) n’expliquerait ainsi qu’en partie la hausse de près de deux points de PIB de la dépense publique entre 2019 et 2022.

Après avoir fortement augmenté en 2021, les dépenses totales de l’État (534,6 milliards d’euros en 2021) reculeraient de plus de 30 milliards d’euros du fait de la baisse des dépenses de soutien et de relance. Les dépenses hors crise de l’État seraient en hausse de près de 11 milliards d’euros en 2021 et de 8 milliards d’euros en 2022. Pour 2021, cette augmentation intègre l’indemnité inflation (+3,6 milliards d’euros) et la compensation par l’État des pertes de recettes, en raison de la crise, de certains organismes publics (2,6 milliards d’euros), dont France compétences (+2 milliards d’euros). Pour 2022, une partie significative (plus de 4 milliards d’euros) de cette progression provient de dépenses couvertes par des lois de programmation sectorielles. Pour 2022 toujours, de nouvelles mesures contribuent à la hausse des dépenses de l’État : mesures en faveur du personnel de l’enseignement scolaire (0,7 milliard d’euros), politique du handicap (0,6 milliard d’euros), accès au logement (0,6 milliard d’euros), hébergement d’urgence (0,5 milliard d’euros).

Les dépenses des administrations publiques locales devraient avoir atteint 280 milliards d’euros en 20211, en hausse de 4,7 %. Pour 2022, une augmentation de 2,7 % est attendue. Le dynamisme de 2021 s’explique principalement par la forte progression de l’investissement en 2021 (+12,3 %). Cette expansion fait plus que compenser le repli de l’investissement local en 2020 (-5,5 %), année marquée par l’arrêt des chantiers en raison de la crise sanitaire et des élections municipales. Les dépenses hors investissement des administrations publiques locales augmenteraient également en 2021 et 2022, de près de +2,3 % en moyenne sur les deux années, soit bien plus qu’en 2020 (+0,7 %).

Les dépenses des administrations de sécurité sociale (environ 660 milliards d’euros en 2021) progresseraient de 3,6 % en 2021 avant de se stabiliser en 2022 malgré la très forte baisse des dépenses de crise en matière de santé et d’assurance chômage. Les dépenses de santé dans le champ de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) progresseraient en 2021 de 8,2 % à périmètre constant, tirées par les dépenses du « Ségur de la santé » (9,9 milliards d’euros). Elles reculeraient en 2022 (-1 %) sous l’effet du repli attendu de près de 10 milliards d’euros des mesures pour faire face à la crise sanitaire (vaccins, tests principalement). En neutralisant cet effet, les dépenses de santé progresseraient de 3,8 %, soutenues par les mesures décidées dans le cadre du « Ségur de la santé » (2,7 milliards d’euros de dépenses supplémentaires). Les dépenses de santé sont dépendantes de l’évolution de la crise sanitaire, la cinquième vague épidémique pouvant conduire, selon sa durée et son intensité, à dépasser les prévisions pour 2021 et la provision de 5 milliards d’euros prévue dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 pour faire face à l’épidémie. Après avoir atteint un pic en 2020 (50,1 milliards d’euros), les dépenses d’assurance chômage reculeraient nettement pour s’établir à 46,1 milliards d’euros en 2021 et à 37,2 milliards d’euros en 2022, sous l’effet de l’amélioration du marché du travail, de la réduction du recours à l’activité partielle (-8,4 milliards d’euros entre 2020 et 2022) et de la réforme de l’assurance chômage (-1,9 milliards d’euros en 2022).

Au total, en 2022, la progression en volume des dépenses, hors dépenses de crise qui se seraient accrues de +1,1 %, serait légèrement inférieure à la croissance potentielle (+1,35 %). Cette situation reflète toutefois en partie l’évolution des charges d’intérêts, qui reculeraient de 4,2 milliards d’euros (-13,1 %) en 2022, sous l’effet de la baisse régulière des taux depuis plusieurs années et des charges payées sur les titres indexés plus faibles.

Hors cet effet sur les charges d’intérêts, la croissance en volume des dépenses non directement liées à la crise n’aurait pas été de 1,1 % mais de 1,5 %, soit un niveau proche de l’estimation de la croissance du PIB potentiel (1,35 %). Ainsi, en 2022, l’évolution de la dépense hors soutien et relance et hors charges d’intérêts ne permettrait pas de réduire le déficit structurel.

La trajectoire de la dette publique française pourrait poser un problème

Rapportée au PIB, la dette publique s’établirait à 113,5 % en 2022 (après 115,3 % en 2021). Elle se situerait près de 16 points au-dessus de son niveau d’avant-crise. Elle atteindrait ainsi 2 940 milliards d’euros à la fin de l’année 2022, supérieure de plus de 560 milliards d’euros à son montant de fin 2019. En 2021 et 2022, l’évolution du ratio de dette traduit l’effet de facteurs jouant en sens opposé, l’augmentation du déficit et la progression rapide du PIB.

Au sein de la zone euro, deux groupes de pays peuvent être distingués selon leur situation en matière de finances publiques. D’un côté, se trouvent les pays qui sortent de la crise avec une dette très élevée (proche de 120 points de PIB voire au-delà) mais également avec des niveaux de déficits structurels importants (de l’ordre de 5 points de PIB). Ce groupe comprend la France, la Belgique, l’Espagne et l’Italie. D’un autre côté, figurent des pays qui, en sortie de crise, ont un niveau de dette plus modéré, compris entre 60 points et 80 points de PIB, et des niveaux de déficit structurels beaucoup plus faibles que les pays du premier groupe, de l’ordre de 3 points de PIB. Dans ce second groupe figurent notamment l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche. Le Portugal est dans une situation intermédiaire, avec une dette élevée mais un déficit structurel modéré. Il bénéficie notamment du fait d’être entré dans la crise sanitaire avec un solde structurel moins dégradé que celui de la France. La situation française est la conséquence d’un mouvement de divergence vis-à-vis de son partenaire allemand qui a commencé il y a quinze ans, l’écart s’accroissant d’année en année. Si les deux pays avaient des niveaux de dettes publiques similaires en 2006, avant le déclenchement de la crise financière, celle de la France était en 2020 près de 45 points au-dessus du niveau de celle de l’Allemagne (respectivement 115 % et 69 % du PIB). Cette divergence en termes de finances publiques représente un risque significatif de cohésion au sein d’une zone économique regroupant des États partageant la même monnaie. La France devrait être amenée à réaliser des efforts importants pour converger vers l’Allemagne dans les prochaines années.

La Cour des comptes émet quelques doutes sur la diminution de la dette publique à compter de 2027. Le Gouvernement a présenté une trajectoire de finances publiques jusqu’en 2027 pour ramener le déficit sous 3 % à cet horizon. En 2027, le déficit effectif atteindrait 2,7 points de PIB et le déficit structurel 3,2 points de PIB. Avec ce niveau de déficit en fin de période, la dette publique rapportée au PIB commencerait à refluer légèrement en 2027. Pour autant, le niveau de dette publique attendu pour 2027, à 115,4 points de PIB, serait identique à celui de 2021. Cette trajectoire intègre notamment le plan d’investissement France 2030 qui s’élève à plus de 30 milliards d’euros selon le Gouvernement.

Le Gouvernement table sur la croissance afin de réduire le poids de la dette publique. Après 7 % en 2021, elle devrait être de 4 % en 2022, puis de 1,6 % en 2023 et de 1,4 % entre 2024 et 2027, soit un niveau très légèrement supérieur à la croissance potentielle. Avec ce scénario de croissance, l’activité économique effective dépasserait son potentiel dès 2022. Sous ces hypothèses, l’ajustement structurel moyen sur 2023-2027 serait de 0,35 point de PIB potentiel par an. En 2027, le déficit structurel serait encore très élevé à 3,2 points de PIB. Il serait donc supérieur à son niveau d’avant-crise (2,5 points de PIB en 2019) et demeurerait 2,8 points au-dessus de l’objectif de moyen terme des administrations publiques, fixé avant la crise à 0,4 point de PIB.

Selon la Cour des comptes, la trajectoire retenue risque d’accroître les écarts au sein de la zone euro. Entre 2021 et 2024, période commune aux projections des trois pays, l’amélioration structurelle pour la France serait de 2,3 points de PIB, contre 3,8 points en Italie et 5 ¾ points en Allemagne. Par conséquent, en 2024, l’Allemagne devrait être presque revenue à l’équilibre structurel de ses finances publiques quand la France et l’Italie conserveraient encore des niveaux de déficits structurels élevés, proches de 4 points de PIB. Cette divergence se traduit également sur les niveaux respectifs de dette publique. En 2025, la dette publique française serait plus élevée que la dette publique allemande de près de 50 points de PIB.

Le Coin des Epargnants : inflation ou pas inflation, that’s the question

Inflation, « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »

Aux Etats-Unis, l’indice des dépenses de consommation personnelle des ménages, également appelé déflateur PCE, qui est l’indicateur privilégié de la Réserve fédérale américaine (Fed), est ressorti, en mai, conforme aux attentes des économistes, progressant de 3,9 % sur un an. Hors éléments volatils comme l’alimentation et l’énergie, il s’est élevé à 3,4 %, soit le rythme le plus rapide depuis le début des années 90. La statistique étant en ligne avec les attentes, elle n’a pas suscité de réaction particulière sur le marché obligataire, Le rendement de l’emprunt américain à 10 ans restant en-atout de 1,5 %.

Le prix du pétrole poursuit sa hausse. Le baril de Brent a dépassé cette semaine 75 dollars. En un an, il a augmenté de 89 %. Les répercussions pour les consommateurs commencent à poindre. Le 1er juillet, le tarif réglementé du gaz augmentera de 10 % en France. Le cours du pétrole est porté par une forte demande et par l’élection du Président iranien, Ebrahim Raïss, qui appartient au clan des conservateurs. Son arrivée à la présidence ne devrait pas faciliter la conclusion d’un accord avec les Etats-Unis ni le retour de l’Iran sur le marché pétrolier.

Sur le marché actions, les indices S&P500 et Nasdaq Composite poursuivent leur ascension sur des pics historiques. Le Dow Jones a gagné plus de 3,5 % en une semaine et le Nasdaq, plus de 2 %. Ils ont été dopés par l’accord du groupe bipartisan du Congrès sur le projet d’investissement de Joe Biden dans les infrastructures de 1 200 milliards de dollars. Le Président des États-Unis a dû faire des concessions, notamment sur son projet de relèvement des impôts des entreprises et des Américains les plus riches pour parvenir à un compromis qui a abouti à une réduction de l’ampleur du plan qui initialement devait porter sur 2 300 milliards de dollars.

Le marché américain a été également porté par le succès des banques américaines aux stress tests de la Réserve fédérale. Les 23 principales banques, dont les « Big Six » (Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, Morgan Stanley, JPMorgan Chase et Wells Fargo) ont résisté aux scénarios de crise élaborés par la Fed. Ces simulations portent notamment sur un crash des marchés américains, une forte baisse du PIB et un bouleversement du secteur de l’immobilier commercial. Selon les résultats de ces tests, les banques pourraient résister à des pertes de près de 500 milliards de dollars tout en respectant les exigences capitalistiques et prudentielles. Ce succès ouvre la voie à une reprise du versement des dividendes et des programmes de rachats d’actions.

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 25 juin 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 406 622,87+0,82 %5 551,41
Dow Jones34 434,96+3,44 %30 409,56
Nasdaq14 362,28+2,37 %12 870,00
Dax Xetra Allemand15 607,97+1,04 %13 718,78
Footsie7 136,07+1,69 %6 460,52
Euro Stoxx 504 120,66+0,91 %3 552,64
Nikkei 22529 066,18+0,35 %27 444,17
Shanghai Composite3 607,56+1,18 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)+0,196 %+0,033 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,156 %+0,046 pt-0,550 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures)+1,529 %+0,072 pt0,926 %
Cours de l’euro / dollar (18 heures)1,1934+0,55 %1,2232
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures)1 777,010+0,33 %1 898,620
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures)76,070+3,54 %51,290

Le Coin des Epargnants du 5 juin 2021 : entre sérénité et attentisme

Des records sur fond de mer d’huile

Est-ce le calme avant la tempête ou simplement une pause après une folle ascension ; il n’en demeure pas moins que les marchés « actions » ont enregistré de faibles amplitudes tout en battant des records en Europe. Seul le prix du baril de pétrole a connu une forte hausse, plus de 4 % en une semaine, lui permettant de franchir la barre des 70 dollars.

Les résultats sans relief de l’emploi américain du mois de mai

Les investisseurs sont restés de marbre face à la publication du très attendu dernier rapport officiel sur l’emploi aux Etats-Unis. Le Bureau des statistiques du travail (BLS) a annoncé 559 000 créations d’emplois dans le secteur non agricole en mai, contre 674 000 anticipées par le consensus Bloomberg. Le solde d’avril a été révisé, de son côté, à la marge à 278 000, contre 266 000 initialement communiqué. Le taux de chômage a baissé de 0,3 point pour passer en-dessous de 6 % à 5,8 % de la population active (5,9 % attendu). Le salaire horaire moyen a augmenté de 0,5 % sur un mois, contre +0,2 % anticipé. Le retour d’employés peu payés dans les secteurs du divertissement et de l’accueil devrait peser sur cette moyenne. Ainsi cette hausse de 0,5 % est vraisemblablement plus forte qu’il n’y paraît et suggère que la pénurie croissante de main-d’œuvre provoque une augmentation des rémunérations. Le résultat de l’emploi a été jugé sans relief par les investisseurs qui prennent en compte que 7,6 millions d’emplois manquent à l’appel par rapport à février 2020.

Le CAC 40 dans les sommets

Les actions n’en finissent pas de s’apprécier. Pourtant, il y a quelques semaines des doutes étaient émis au sujet de l’évolution des indices « actions » avec la possible remontée des taux d’intérêt, remontée provoquée par l’augmentation des prix. Or, pour le moment, les actions continuent à bien se comporter. Le CAC 40 a franchi le 1er juin les 6 500 points, pour la première fois depuis septembre 2000. Depuis le début de l’année, l’indice parisien a progressé de 17 %. Phénomène peu courant, cette progression est l’une des plus fortes en ce qui concerne les principaux indices boursiers mondiaux. La progression des indices « actions » intervient dans un contexte de sortie de crise qui se caractérise par l’accumulation des plans de relance de part et d’autre de l’Atlantique ainsi que par le maintien de taux bas. Le plan européen de 750 milliards d’euros a été officiellement validé à la fin du mois de mai, ce qui permettra son déploiement durant l’été. L’accélération des campagnes de vaccination crée un petit climat d’euphorie qui porte les marchés. Les chefs d’entreprise sont optimistes comme en témoigne la dernière enquête de l’INSEE sur le climat des affaires en France qui a dépassé, en mai, son niveau d’avant crise. Entre son point bas atteint le 18 mars 2020 et le 1er juin 2020, le CAC 40 a progressé de 70 %. Il s’inscrit en hausse de plus de 6 % par rapport à son pic d’avant-crise à 6.111 points le 19 février. Plusieurs secteurs n’ont néanmoins pas retrouvé leur niveau d’avant crise. Figurent dans cette catégorie l’immobilier commercial et de bureaux ( Unibail-Westfield-Rodamco concède une perte de plus de 40 %) et l’aéronautique  (Airbus -18 %, Safran -15 % ou encore Thalès -11 %). Ce dernier secteur commence à renouer avec les hausses avec la relance du transport aérien.

Le secteur du luxe après avoir souffert durant le premier confinement connait un fort rebond. Hermès et LVMH ont progressé de 60 %, L’Oréal de plus de 35 % et Kering de près de 30 % depuis février 2020. La capitalisation de LVMH est passée de 220 milliards en février 2020 à plus de 330 milliards d’euros fin mai 2021. Elle est devenue la première société européenne en matière de capitalisation.

Le pétrole toujours en hausse

Le prix du baril de pétrole Brent a terminé la semaine au-delà de 71 dollars, cours inconnu depuis le mois de mai 2019. Les perspectives de croissance et la baisse des stocks américains expliquent en partie cette progression. En un an, le baril a progressé de plus de 80 %. Cette appréciation de l’or noir est également imputable à la politique des pays producteurs. Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix alliés (dont la Russie), unis depuis fin 2016 par l’accord Opep+, ont en effet décidé mardi 1er juin, de se conformer à leur politique d’augmentation progressive de la production de pétrole jusqu’au mois de juillet.

2020, des liquidités mais aussi des actions

Compte tenu des flux d’épargne et de la bonne tenue des valeurs mobilières, le patrimoine financier des ménages a atteint, selon la Banque de France, 5 665,5 milliards d’euros fin 2020, contre 5 396 milliards d’euros fin 2019 et 4 951,5 milliards d’euros fin 2018. En 2020, le taux d’épargne des ménages s’est élevé à 18,4 % du revenu disponible brut dont 9,7 % au titre de l’épargne financière. Pour le seul quatrième trimestre de l’année dernière, les taux respectifs étaient de 20,8 et 12,4 %.

Les ménages ont été contraints à l’épargne en 2020 faute de pouvoir dépenser. Le 1er juin 2021, la Banque de France a confirmé que le flux d’épargne a atteint, 205,2 milliards d’euros l’année dernière, contre 129,7 milliards d’euros en 2019, soit 75,5 milliards d’euros de plus. Plus des trois quarts de cette épargne ont été investis dans des produits de taux (158,5 milliards d’euros en 2020, contre 122,5 milliards en 2019). La préférence donnée à la liquidité durant cette période de crise sanitaire inédite s’est traduite par des flux importants en faveur du numéraire et des dépôts à vue (95,8 milliards d’euros en 2020 contre 48,5 milliards en 2019) et sur les livrets d’épargne (66,8 milliards d’euros en 2020 après 40,2 milliards en 2019). Si les flux vers les fonds euros de l’assurance vie et des produits d’épargne retraite ont diminué de 2 milliards d’euros, ceux en faveur des produits de fonds propres ont augmenté de 46,6 milliards d’euros en 2020, après 12,0 milliards en 2019. Aidées par la bonne tenue des marchés, les actions cotées ont bénéficié d’un flux de 13,1 milliards d’euros quand ce dernier était négatif de 2,3 milliards d’euros en 2019. Les flux vers les unités de compte ont également progressé passant de 2 à 16,8 milliards d’euros.

Les premières données fournies par la Banque de France pour le premier trimestre 2021 soulignent une nouvelle progression des placements en numéraire et sous forme de dépôts auprès des banques (35,8 milliards d’euros après 34,1 milliards au quatrième trimestre. À la fin du premier trimestre, les dépôts à vue des ménages ont atteint le niveau record de 481 milliards d’euros. Sur les trois premiers mois, l’encours a progressé de 12 milliards d’euros contre 17 milliards d’euros sur la même période en 2020. Par ailleurs, la Banque de France a enregistré un flux net légèrement négatif pour les contrats d’assurance vie et épargne retraite en euros (-0,5 milliards d’euros après 3,9 milliards au quatrième trimestre) et une accélération des placements d’assurance vie en unités de comptes (7,3 milliards après 4,1 milliards au quatrième trimestre).

BdF

Le tableau financier de la semaine

 Résultats 4 juin 2021Évolution Sur 5 joursRésultats 31 déc. 2020
CAC 406 515,66+0,49 %5 551,41
Dow Jones34 756,39+0,66 %30 409,56
Nasdaq13 814,49+0,48 %12 870,00
Dax Xetra Allemand15 692,90+1,11 %13 718,78
Footsie7 069,04+0,66 %6 460,52
Euro Stoxx 504 089,38+0,46 %3 552,64
Nikkei 22528 941,52-0,71 %27 444,17
Shanghai Composite3 591,84-0,49 %3 473,07
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures)+0,150 %-0,021 pt-0,304 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures)-0,2175 %-0,032 pt-0,550 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures)+1,559 %-0,032 pt0,926 %
Cours de l’euro / dollar (18 heures)1,2165-0,24 %1,2232
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures)1 891,645-0,51 %1 898,620
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures)71,780+4,27 %51,290

L’assurance vie en avril, un retour à la normale ?

En avril 2020, au cœur du premier confinement, l’assurance vie avait connu une décollecte record de 2,3 milliards d’euros. Le troisième confinement n’a pas du tout eu les mêmes effets. Selon la Fédération Français de l’Assurance, la collecte est positive de 1,6 milliard d’euros en avril 2021, soit le quatrième mois consécutif. Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint ainsi 6,4 milliards d’euros.

En règle générale, le mois d’avril réussit plutôt bien à l’assurance vie. Deux décollectes ont été enregistrées en dix ans, à chaque fois, dans un contexte très particulier : en 2012 lors de la crise des dettes souveraines et en 2020 lors de la première vague de covid-19. La moyenne de la collecte nette tourne autour de 2 milliards d’euros. Le résultat de l’année 2021 témoigne d’un retour à la normale.

Les cotisations du mois d’avril 2021 se sont élevées à 13,1 milliards d’euros dont 2,9 milliards d’euros au titre des unités de compte. La proportion d’unités de compte diminue malgré la bonne tenue de la bourse. En revanche, sur quatre mois, la collecte nette d’unités de compte est à son plus haut niveau depuis 14 ans. Le montant des prestations retrouve un rythme de croisière avec un total de 11,5 milliards d’euros. Fin avril 2021, les encours des contrats d’assurance vie atteignent 1 818 milliards d’euros, en progression de +4,5 % sur un an.

Malgré le troisième confinement, l’assurance vie a retrouvé son rythme de croissance d’avant crise sanitaire. Il n’y a pas de rebond, les ménages n’ayant pas encore décidé de replacer l’épargne subie et de précaution constituée depuis le mois de mars 2020. L’amélioration de la situation sur le plan sanitaire et l’espoir d’une forte croissance économique permettent néanmoins de reprendre progressivement le chemin de l’épargne longue. Dans un premier temps, les ménages seront tentés de se faire plaisir en augmentant leurs dépenses de consommation. Les produits d’épargne à long terme comme l’assurance vie devraient connaître un dynamisme plus prononcé durant le second semestre. L’assurance vie doit, par ailleurs, faire face à l’essor du Plan d’Épargne Retraite qui, à la marge, réduit le montant des collectes.

Suivez le cercle

recevez notre newsletter

le cercle en réseau

contact@cercledelepargne.com