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Après la hausse consécutive à la signature du protocole de paix entre l’Iran et les États-Unis, les indices actions ont été, cette semaine, orientés à la baisse. Les investisseurs ont pris en compte que l’inflation ne s’était pas volatilisée d’un coup de baguette magique, comme en témoignent les hausses de tarifs annoncées par Apple et Microsoft. Le marché des puces mémoire rappelle que l’intelligence artificielle n’échappe pas aux contraintes du marché. Les clients doivent payer le prix des investissements réalisés. La progression des coûts de fabrication des smartphones et de construction des datacenters se diffuse à l’ensemble du secteur. Le Nasdaq a, dans ce contexte, reculé de plus de 3 % sur la semaine.
Bonne nouvelle, néanmoins, le cours du baril de pétrole est revenu autour de 70 dollars, soit un prix proche de celui d’avant la guerre au Moyen-Orient. Sur la semaine, il a perdu près de 10 %. L’atonie de la croissance et l’augmentation de la production de pétrole par des pays non affectés par le blocage du détroit d’Ormuz expliquent ce rapide retour à la normale. La hausse du prix à partir du 28 février 2026 était en grande partie spéculative, en raison des menaces potentielles de pénurie. La fin du blocus a supprimé la prime spéculative qui pesait sur le cours du pétrole.
Les taux obligataires se sont orientés à la baisse cette semaine, en lien avec le recul du cours du pétrole.
Le cours de l’or est passé, durant la semaine, en dessous de 4 000 dollars l’once pour la première fois depuis novembre 2025. Cette baisse intervient dans un contexte monétaire où la Réserve fédérale américaine, désormais dirigée par Kevin Warsh, entend lutter contre l’inflation. Les investisseurs ont, ces derniers jours, ajusté leurs anticipations. Les opérateurs intègrent désormais une probabilité supérieure à 80 % d’une hausse des taux d’ici la fin de l’année. Une meilleure rémunération des placements monétaires et obligataires conduit à une dépréciation du cours de l’or, qui ne génère aucun rendement. Son attractivité diminue face à des placements obligataires devenus plus rémunérateurs. Par ailleurs, la réouverture du détroit d’Ormuz et l’accord temporaire entre les États-Unis et l’Iran ont provoqué une chute des prix du pétrole, atténuant les tensions inflationnistes qui soutenaient le métal précieux depuis plusieurs mois. Enfin, certains pays continuent de vendre de l’or, notamment la Russie et les pays du Golfe. Dans ce contexte, l’once a cédé plus de 25 % depuis son sommet historique de janvier.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 26 juin 2026 | Évolution sur la semaine | Résultats 31 déc. 2025 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 365,48 | -0,74 % | 8 149,50 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 51 876,11 | +0,34 % | 48 220,13 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 7 354,02 | -1,58 % | 6 879,57 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 25 297,62 | -3,16 % | 23 372,75 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 614,93 | -1,18 % | 24 490,41 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 10 508,02 | +1,20 % | 9 931,38 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 6 224,18 | -1,34 % | 5 791,41 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 69 360,88 | -2,38 %µ | 50 339,48 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 4 027,26 | -1,58 % | 3 968,84 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,632 % | -0,106 pt | +3,561 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,849 % | -0,132 pt | +2,862 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,367 % | -0,116 pt | +4,138 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1405 | -1,77 % | 1,1735 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 081,37 | -5,01 % | 4 325,17 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 71,58 | -9,72 % | 61,23 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 60 058,5340 | -4,82 % | 87 566,4406 | 93 776,61 |
Le Livret A est pénalisé par une rémunération jugée peu attractive et par l’érosion du pouvoir d’achat des ménages liée au rebond de l’inflation. La hausse des prix des carburants conduit les ménages les plus modestes à puiser dans leur épargne réglementée tandis que les épargnants disposant d’une capacité d’épargne privilégient des placements plus rémunérateurs, comme l’assurance vie ou le Plan d’Épargne Retraite.
Le Livret A enregistre, en mai, une cinquième décollecte consécutive, avec un solde négatif de 630 millions d’euros. Ce mois de mai constitue le plus mauvais résultat de la série statistique de la Caisse des dépôts établie depuis le 1er janvier 2009. Auparavant, le Livret A avait déjà connu une décollecte au mois de mai en 2009 (-1 milliard d’euros), en 2010 (-310 millions d’euros), en 2014 (-90 millions d’euros) et en 2015 (-440 millions d’euros).
Le résultat de 2026 est en rupture avec celui de 2025 (+1,22 milliard d’euros) et, plus encore, avec celui de 2020 (+3,98 milliards d’euros au moment de la sortie du premier confinement). Il est également très éloigné de la moyenne observée sur les dix dernières années, qui s’élève à +1,6 milliard d’euros.
Sur les cinq premiers mois de l’année, la décollecte atteint le niveau record de 5 milliards d’euros. Le précédent record remontait à 2015, avec une décollecte de 2,32 milliards d’euros sur la même période. Pour retrouver une telle succession de décollectes, il faut remonter aux années 2014 et 2015, marquées par une baisse du taux de rémunération.
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) également en territoire négatif
Le LDDS a enregistré, en mai, une décollecte de 140 millions d’euros, portant le total depuis le mois de janvier à -710 millions d’euros. Il s’agit de la deuxième décollecte consécutive. Le mois de mai réussit peu au LDDS qui, depuis 2009, a connu neuf décollectes, y compris celle de 2026. La dernière remontait à 2018, avec un solde négatif de 30 millions d’euros. Le résultat de 2026 est inférieur à la moyenne observée sur les dix dernières années (+370 millions d’euros).
Le LEP toujours dans le rouge
Le Livret d’épargne populaire (LEP) reste, en mai, en territoire négatif avec une décollecte de 30 millions d’euros, la troisième consécutive. Depuis le 1er janvier, la décollecte atteint 290 millions d’euros.
Le LEP a souffert des difficultés de pouvoir d’achat rencontrées par ses titulaires. Pour détenir un LEP, un célibataire doit disposer d’un revenu fiscal de référence de 23 028 euros au titre des revenus de 2024. Ce plafond est majoré de 6 149 euros par demi-part supplémentaire.
Moins de versements, davantage de retraits
Le recul de l’épargne réglementée depuis le début de l’année s’explique par plusieurs facteurs. La baisse du taux du Livret A, passé de 3 % à 1,5 % en un an, a été durement ressentie par les épargnants. Certes, ce taux demeure supérieur à celui en vigueur entre le 1er février 2020 et le 1er février 2022 (0,5 %), mais il apparaît aujourd’hui peu attractif.
Le taux de 3 %, appliqué du 1er février 2023 au 1er février 2025, semble être devenu une référence pour de nombreux ménages. Beaucoup considèrent désormais que le Livret A ne procure plus une rémunération suffisante.
Par ailleurs, les ménages les plus touchés par la hausse des prix de l’énergie peuvent être contraints de retirer une partie de leur épargne placée sur leur Livret A, leur LDDS ou leur LEP.
Vers une hausse du taux du Livret A le 1er août 2026 ?
Compte tenu de l’évolution récente de l’inflation et du relèvement des taux directeurs de la Banque centrale européenne, une hausse du taux du Livret A au 1er août apparaît envisageable.
En vertu de la formule en vigueur depuis 2021, le taux du Livret A est fixé deux fois par an en fonction de l’inflation et du taux Ester constatés au cours du semestre précédent.
En retenant une inflation proche de 3 % en juin, la hausse moyenne des prix au premier semestre atteindrait environ 1,75 %. Le taux moyen de l’Ester, en intégrant le récent relèvement des taux directeurs de la BCE, devrait s’établir autour de 1,96 %. Dans ces conditions, le taux théorique du Livret A ressortirait à environ 1,9 %.
La signature du protocole de paix entre les États-Unis et l’Iran pourrait néanmoins inciter le gouverneur de la Banque de France à ne pas relever le taux du Livret A, au nom de circonstances exceptionnelles. L’inflation pourrait en effet rapidement décélérer avec la réouverture du détroit d’Ormuz et la détente des prix de l’énergie.
Une hausse du taux du Livret A pourrait être interprétée comme la reconnaissance d’un retour durable de l’inflation. Elle aurait également pour conséquence d’accroître les coûts de financement des banques et, indirectement, les taux des crédits accordés, notamment aux bailleurs sociaux.
Par ailleurs, les pouvoirs publics souhaitent éviter de pénaliser une consommation déjà atone. Malgré tout, une inflation supérieure à 3 % rendrait difficilement justifiable l’absence de revalorisation du Livret A.
Le surcoût d’une revalorisation du taux du Livret A à 1,9 % serait, en année pleine, d’environ 1,8 milliard d’euros, dont près de 710 millions d’euros pour les banques.
À défaut d’actualiser le taux du Livret A et du LDDS, le gouvernement pourrait choisir de privilégier le LEP en portant son taux à 2,8 %, voire à 3 %. Le coût pour les établissements bancaires serait alors nettement plus limité que dans le cas d’une hausse du Livret A ou du LDDS.
Après le léger recul enregistré à la fin de l’année 2025, la dette publique française repart vivement à la hausse dès le premier trimestre 2026. Selon les comptes publiés par l’INSEE le 25 juin dernier, elle atteint désormais 3 536,1 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB, contre 115,7 % trois mois auparavant. En un trimestre, l’encours augmente de 75,6 milliards d’euros, une progression parmi les plus importantes observées hors période de crise sanitaire.
Cette évolution traduit les difficultés persistantes des finances publiques françaises. Malgré l’engagement des pouvoirs publics à réduire progressivement les déficits, les besoins de financement demeurent élevés tandis que la croissance économique reste insuffisante pour enrayer la progression du ratio d’endettement. Le niveau atteint par la dette française place désormais le pays très au-dessus du seuil de 60 % du PIB fixé par les critères de Maastricht et parmi les États les plus endettés de la zone euro.
La progression de la dette brute est toutefois en partie atténuée par l’augmentation de la trésorerie des administrations publiques. Les disponibilités financières progressent de 21,3 milliards d’euros, ce qui limite la hausse de la dette nette à 55,6 milliards d’euros. Cette dernière représente désormais 109,7 % du PIB, contre 108,5 % à la fin de 2025. Cette distinction rappelle que toutes les nouvelles émissions de dette ne servent pas immédiatement à financer des dépenses ; une partie alimente temporairement les réserves de liquidités de l’État.
L’essentiel de l’augmentation provient de l’État. Sa contribution à la dette publique s’accroît de 66,3 milliards d’euros en trois mois. Cette hausse résulte principalement d’une nouvelle émission de titres négociables, tant à long terme (+58,4 milliards d’euros) qu’à court terme (+7,9 milliards). Dans un contexte où les taux d’intérêt demeurent sensiblement plus élevés que durant la décennie précédente, ces refinancements se feront progressivement à un coût plus important pour les finances publiques.
Les administrations de sécurité sociale contribuent également à cette dégradation. Leur dette augmente de 8,2 milliards d’euros, sous l’effet principalement des besoins de financement de l’Urssaf Caisse nationale (+10,8 milliards d’euros) et de l’Unedic (+1,2 milliard). À l’inverse, la Cades poursuit son désendettement, avec une réduction de son encours de 3,5 milliards d’euros, illustrant la poursuite de l’amortissement de la dette sociale accumulée au cours des décennies précédentes. La situation financière des organismes sociaux apparaît néanmoins plus tendue, leurs disponibilités de trésorerie diminuant fortement au cours du trimestre.
Les collectivités territoriales, souvent présentées comme les administrations les plus vertueuses en matière de finances publiques, n’ont joué qu’un rôle marginal dans cette hausse. Leur dette progresse de seulement 0,8 milliard d’euros. Derrière cette stabilité apparente se cachent cependant des situations contrastées : les communes et les départements réduisent légèrement leur endettement, tandis que les régions poursuivent leurs investissements et augmentent leur dette de 1,8 milliard d’euros, notamment dans les infrastructures de transport.
La structure même de la dette française continue d’évoluer. Les titres négociables, essentiellement les obligations assimilables du Trésor (OAT) et les bons du Trésor, représentent désormais 3 170,8 milliards d’euros, soit près de 90 % de l’endettement total. Cette prédominance des marchés financiers constitue un avantage en termes de profondeur de financement mais expose également davantage les finances publiques aux fluctuations des taux d’intérêt.
Dans un contexte marqué par une croissance faible, des dépenses publiques toujours élevées et une normalisation durable des taux d’intérêt, la question n’est plus seulement celle du niveau de la dette mais de sa soutenabilité. Chaque augmentation des taux de financement accroît progressivement la charge des intérêts, réduisant d’autant les marges de manœuvre budgétaires de l’État. Le défi consiste désormais à retrouver un rythme de croissance nominale supérieur au coût moyen de financement de la dette tout en ramenant progressivement le déficit public sous contrôle. À défaut, la France risque de voir son ratio d’endettement continuer à dériver au cours des prochaines années, limitant sa capacité à répondre aux futurs chocs économiques ou géopolitiques.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Dans son rapport annuel sur La situation et les perspectives des finances publiques, publié le 25 juin 2026, la Cour des comptes dresse un constat sévère sur les finances publiques françaises. Les magistrats estiment que la France est arrivée à un point de bascule où tout nouveau retard dans le redressement budgétaire risquerait d’alimenter une dynamique d’endettement difficilement maîtrisable. Ils considèrent que la situation appelle désormais des mesures « fortes, crédibles et rapides », afin d’éviter une nouvelle dégradation des comptes publics.
Une amélioration des comptes fragile
L’exercice 2025 marque certes une amélioration des comptes publics. Le déficit est revenu à 152,5 milliards d’euros, soit 5,1 % du PIB, contre 5,8 % en 2024. Cette baisse est supérieure aux prévisions gouvernementales qui tablaient sur 5,4 % du PIB. Pour autant, cette amélioration ne traduit pas un véritable redressement structurel. La Cour souligne qu’elle résulte essentiellement d’une augmentation exceptionnelle des prélèvements obligatoires et non d’une véritable maîtrise des dépenses publiques.
Les prélèvements obligatoires ont progressé de 51 milliards d’euros en un an pour atteindre 1 305,1 milliards d’euros, soit 43,6 % du PIB, un niveau qui constitue désormais le plus élevé de la zone euro. Cette progression provient de 23 milliards d’euros de nouvelles mesures fiscales et de 28 milliards d’euros de hausse spontanée des recettes. Les grandes entreprises ont supporté près de 9 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires, tandis que les ménages et les consommateurs d’électricité ont contribué à hauteur de 5,1 milliards d’euros, notamment avec le retour de l’accise sur l’électricité à son niveau normal.
Une dépense publique toujours plus dynamique que la richesse nationale
En 2025, l’effort de maitrise de la dépense publique a été pratiquement inexistant. La dépense publique a atteint 1 694 milliards d’euros, en progression de 1,4 % en volume, soit un rythme supérieur à celui de la croissance économique. Le ratio de dépenses publiques représente désormais 56,6 % du PIB, soit deux points de plus qu’avant la crise sanitaire. Pour la Cour, cet écart illustre l’« effet de cliquet » des dépenses publiques, les mesures exceptionnelles mises en œuvre durant les crises successives n’ont pas été totalement remises en cause.
Les régimes sociaux de plus en plus dans le rouge
La Sécurité sociale demeure l’un des principaux sujets d’inquiétude. Son déficit atteint 6,7 milliards d’euros et même 22,1 milliards d’euros hors contribution de la CADES. Les magistrats considèrent que la persistance de tels déficits en période de croissance, même faible, n’est plus justifiable et reporte indûment le financement des dépenses sociales sur les générations futures.
Une dette qui poursuit sa progression
La principale source de préoccupation reste l’endettement public. Fin 2025, la dette publique atteint 3 460,5 milliards d’euros, soit 115,7 % du PIB, un niveau inédit qui dépasse même celui enregistré pendant la crise sanitaire de 2020. La France demeure ainsi le troisième pays le plus endetté de la zone euro, derrière la Grèce (146,1 % du PIB) et l’Italie (137,1 % du PIB). Elle est surtout le seul grand pays de la zone euro dont le ratio d’endettement est aujourd’hui supérieur à celui observé au sortir de la pandémie.
La charge des intérêts poursuit également sa progression. Elle s’est élevée à 65,7 milliards d’euros en 2025, soit 2,2 % du PIB, en hausse de plus de 9 % sur un an. Cette augmentation résulte du refinancement progressif de la dette à des conditions beaucoup moins favorables : le taux moyen des émissions d’OAT est passé de 0 % en 2021 à 1,7 % en 2022, puis 3,35 % en 2025.
Selon les calculs de la Cour, il aurait fallu limiter le déficit à 62,9 milliards d’euros en 2025 pour simplement stabiliser le ratio d’endettement. Cela signifie qu’un effort supplémentaire de près de 90 milliards d’euros, soit 3 points de PIB, aurait été nécessaire pour empêcher la dette de continuer à augmenter.
Les objectifs de 2026 apparaissent déjà fragilisés
Pour 2026, le Gouvernement maintient un objectif de déficit public de 5 % du PIB. La Cour considère toutefois que cette cible est désormais fortement menacée. Les hypothèses macroéconomiques se sont nettement dégradées avec le ralentissement de la croissance et les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient. La remontée des prix du pétrole alimente une nouvelle poussée inflationniste qui risque de peser simultanément sur les recettes publiques et sur les dépenses.
Le Gouvernement prévoit une augmentation des prélèvements obligatoires de 44 milliards d’euros, dont 14,7 milliards provenant de nouvelles mesures fiscales. Le taux de prélèvements obligatoires atteindrait alors 44,1 % du PIB, accentuant encore l’écart avec la moyenne européenne. La Cour doute cependant du rendement effectif de plusieurs dispositifs, notamment ceux liés à la lutte contre la fraude, évalués à 1,5 milliard d’euros, ainsi que des effets de certaines nouvelles contributions fiscales.
Une facture financière qui continue de s’alourdir
Le coût de la dette devrait continuer de progresser rapidement en 2026. La Cour estime que la seule charge d’intérêts augmentera de 11,7 milliards d’euros supplémentaires pour atteindre 77,4 milliards d’euros, soit 2,5 % du PIB. À elle seule, cette progression représente plus du quart de l’augmentation totale des dépenses publiques prévue cette année.
Dans ces conditions, la dette publique dépasserait 3 620 milliards d’euros dès la fin de 2026, soit environ 118,5 % du PIB, poursuivant une trajectoire de hausse de près de trois points de PIB par an.
Une trajectoire budgétaire à reconstruire
La Cour reproche également au Gouvernement de ne plus disposer d’une véritable programmation pluriannuelle des finances publiques. Si l’objectif de revenir sous 3 % de déficit en 2029 est maintenu, aucun scénario actualisé ne précise désormais comment cette cible pourra être atteinte.
Les magistrats observent que le seul respect des règles européennes sur la progression de la dépense publique ne suffira pas. Selon leurs simulations, le déficit atteindrait encore 3,2 % du PIB en 2029, soit au-dessus du seuil fixé par les traités européens. Pour revenir effectivement sous les 3 %, un effort supplémentaire sera indispensable.
Après les 37 milliards d’euros de hausses d’impôts décidées en 2025 et 2026, la Cour estime qu’il faudra désormais réduire les dépenses publiques primaires de 0,5 % par an en volume entre 2027 et 2029. Cet objectif est particulièrement ambitieux lorsque l’on rappelle que ces dépenses augmentaient encore d’environ 1 % par an avant la crise sanitaire.
Les enseignements des expériences européennes
Afin d’éclairer le débat français, la Cour analyse les stratégies budgétaires de l’Allemagne, du Portugal et de l’Italie. Ces expériences montrent qu’un redressement durable repose moins sur des hausses répétées d’impôts que sur une combinaison de réformes structurelles, de maîtrise de la dépense et de soutien à la croissance potentielle.
Les magistrats soulignent notamment que les réformes des retraites, de l’assurance chômage ou de l’organisation de la dépense publique peuvent simultanément améliorer les finances publiques et renforcer l’emploi. Ils rappellent également qu’une consolidation budgétaire choisie est toujours moins coûteuse qu’un ajustement imposé par les marchés financiers ou par les institutions internationales.
La progression continue de la dette, l’alourdissement de la charge des intérêts — désormais supérieure aux dépenses nationales d’investissement dans l’éducation ou la défense — et l’absence de marges budgétaires exposent la France à un risque de décrochage financier. Pour les magistrats, le retour sous les 3 % de déficit constitue une étape indispensable mais insuffisante : seul le dégagement durable d’un excédent primaire permettra, à terme, d’enrayer la hausse de l’endettement public et de restaurer des marges de manœuvre face aux prochaines crises.
En 2025, les encours de l’épargne solidaire ont, en France, progressé de 15 % pour atteindre 34 milliards d’euros, un rythme de croissance nettement supérieur à celui de l’ensemble de l’épargne financière. Face aux 6 600 milliards d’euros de patrimoine financier détenus par les ménages français, l’épargne solidaire demeure marginale. Elle représente à peine un demi-point de pourcentage de l’ensemble des actifs financiers. L’épargne solidaire désigne l’ensemble des placements financiers dont une partie des capitaux est orientée vers le financement d’entreprises, de coopératives, d’associations ou d’organismes relevant de l’économie sociale et solidaire (ESS). Son objectif est de concilier la recherche d’une performance financière avec la production d’un effet social ou environnemental mesurable. Les sommes collectées contribuent notamment au financement de logements sociaux, à l’insertion par l’emploi, au développement d’entreprises adaptées, à la transition énergétique, à l’agriculture durable ou encore à l’accès au crédit pour des populations ou des territoires insuffisamment financés. Certains produits prévoient également un mécanisme de partage permettant au souscripteur de reverser une partie des revenus générés à une association reconnue d’intérêt général, renforçant ainsi la dimension solidaire du placement.
En 2025, la progression de l’épargne on résulte à la fois de nouveaux versements des ménages et de la bonne tenue des actifs détenus dans les différents supports solidaires. Le développement de l’épargne solidaire traduit une évolution des attentes des épargnants. Une partie croissante d’entre eux ne recherche plus uniquement la sécurité ou la rentabilité financière, elle souhaite également donner du sens à son patrimoine. Les capitaux investis financent des entreprises de l’économie sociale et solidaire, des structures d’insertion, des programmes de logement social, des initiatives de transition énergétique ou encore des projets de développement local.
Les mécanismes de partage intégrés à certains produits ont permis de distribuer 16 millions d’euros de dons, un record historique.
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La dynamique concerne l’ensemble des circuits de distribution. Les encours progressent aussi bien au sein de l’épargne salariale que dans les produits d’assurance ou de banque ou les investissements directs au capital des entreprises solidaires. L’obligation faite aux plans d’épargne salariale (PEE et PERECO – PERCO) de proposer au moins un fonds solidaire continue de jouer un rôle déterminant dans cette diffusion. Elle a permis à de nombreux salariés de découvrir ces produits, avant, pour certains, d’y consacrer une part plus importante de leur patrimoine. Depuis le 1er janvier 2020, les contrats d’assurance vie multisupports doivent également proposer au moins une unité de compte labellisée ISR, Greenfin ou Finansol. Depuis le 1er janvier 2022, l’obligation a été renforcée : les assureurs doivent mettre à disposition les trois catégories de labels, c’est-à-dire au moins une unité de compte labellisée ISR (investissement socialement responsable, au moins une unité de compte labellisée Greenfin, consacrée à la transition écologique et au moins une unité de compte labellisée Finansol, qui correspond à l’épargne solidaire (aujourd’hui le label est dénommé Label Finansol, délivré par FAIR). Cette même logique s’applique aux Plans d’épargne retraite (PER) commercialisés par les assureurs.
La stratégie des pouvoirs publics, constante depuis une vingtaine d’années de favoriser la diffusion de ces différents supports a permis d’atteindre de nombreux épargnants.
Le développement de la finance solidaire contraste avec les difficultés rencontrées par l’investissement responsable au sens large. Les fonds intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance connaissent depuis plusieurs mois un ralentissement sensible de leur collecte. Après plusieurs années d’engouement, les investisseurs semblent davantage s’interroger sur la réalité des impacts affichés et sur la multiplication des labels. Le débat autour du greenwashing a contribué à fragiliser la confiance d’une partie des épargnants.
Les enquêtes d’opinion confirment cette situation. Les principaux obstacles demeurent pratiquement inchangés : une connaissance encore insuffisante des produits, une perception de leur complexité et, surtout, la difficulté à mesurer concrètement les effets environnementaux ou sociaux des investissements réalisés. Les épargnants souhaitent désormais disposer d’indicateurs plus précis et plus transparents leur permettant d’apprécier l’utilisation effective de leur argent.
Les marchés financiers entrent dans la traditionnelle trêve des confiseurs. La semaine prochaine ne comptera que trois séances, avec une fermeture anticipée mercredi 24. Les investisseurs ont réagi positivement aux résultats de l’inflation américaine. Les données du Bureau américain des statistiques font état d’une augmentation de 2,7 % des prix à la consommation sur un an (2,6 % hors alimentation et énergie), inférieure aux 3,1 % anticipés par le consensus et aux 3 % de septembre, en l’absence de référence pour octobre compte tenu du shutdown. Néanmoins, ces statistiques sont sujettes à caution compte tenu de la fermeture des administrations fédérales en octobre et novembre, qui a gêné la collecte des données. Le shutdown a contraint le BLS à recourir davantage à l’imputation par report, en supposant que le niveau de l’indice d’octobre était inchangé par rapport à celui de septembre, pour établir les indices de novembre. Le chiffre de décembre pourrait être relativement élevé par effet de rattrapage statistique. L’optimisme reste néanmoins de rigueur, surtout si cette inflation maîtrisée se confirme. Elle donne, en effet des marges de manœuvre à la Réserve fédérale américaine pour réduire davantage ses taux d’intérêt.
Le CAC 40 a gagné plus de 1 % sur la semaine. Les taux des obligations d’Etat sont à la hausse en Europe. Le taux de l’OAT, en France, dépasse 3,6 % et est désormais nettement supérieur à son équivalent italien. L’or est en légère remontée, le bitcoin continuant, de son côté, de baisser. Les indices américains sont restés stables surla semaine.
Un baril de pétrole au-dessous des 60 dollars
Le baril de pétrole Brent, référence européenne, est passé en dessous des 60 dollars dans la semaine pour la première fois depuis mai. Il a terminé la semaine juste au-dessous de cette barre symbolique. Cette baisse est la conséquence des pourparlers sur l’Ukraine et de l’augmentation de l’offre avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité lundi de « progrès » dans les négociations avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie, ce qui pourrait avoir pour conséquence un allègement des sanctions contre le pétrole russe. Les tensions entre le Venezuela et les États-Unis ont, en revanche, peu de conséquences sur le cours du pétrole.
La Banque centrale européenne, pour sa dernière réunion de l’année, a une nouvelle fois opté, en matière de taux directeurs, pour le statu quo. Elle a maintenu son taux de dépôt à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %. Cette décision était anticipée par les investisseurs.
À la différence de la FED, la BCE estime qu’il n’y a aucune raison de changer les taux. La croissance européenne réaccélère depuis quelques mois, en partie grâce au plan de relance de l’Allemagne. L’inflation est, en novembre, repassée au-dessus des 2 %. Néanmoins, les économistes de la BCE envisagent que l’inflation descende un peu sous la cible en 2026 et 2027, avant de retrouver les 2 % en 2028. La croissance est, de son côté, attendue à 1,2 % en 2026, puis à 1,4 % les deux années suivantes. « Il n’y a pas eu de discussion sur une possible hausse ou baisse de taux », a signalé Christine Lagarde, présidente de la BCE.
Néanmoins, Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a indiqué qu’il faudrait peut-être relever les taux en fin d’année prochaine en raison d’une menace de reprise de l’inflation. Cette analyse n’est pas, pour le moment, partagée par la majorité du Conseil de politique monétaire, même si elle émane d’une possible successeure de Christine Lagarde. La BCE est contrainte de prendre en compte la politique monétaire américaine. La baisse des taux de la FED contribue à la dépréciation du dollar par rapport à l’euro. Les importations extracommunautaires coûtent moins cher, ce qui contribue à diminuer l’inflation. A contrario, les exportations européennes sont pénalisées. Cette situation pourrait inciter la BCE à baisser ses taux.
Vendredi 19 décembre, la Banque du Japon (BoJ) a décidé de remonter son taux de référence de 0,25 % à 0,75 %, au niveau où il évoluait il y a 30 ans. La banque centrale japonaise a décidé d’enclencher, en 2024, un processus d’augmentation de ses taux directeurs tout en précisant que ces derniers, en valeur réelle (corrigés de l’inflation), resteraient « nettement négatifs » et que les conditions financières demeureraient « suffisamment accommodantes » pour soutenir l’activité économique du pays.
La Banque essaie de concilier des taux bas pour ne pas fragiliser des milliers d’entreprises peu profitables, qui, pendant des décennies, ont emprunté presque gratuitement, et un rendement de l’argent qui permettrait de ramener des capitaux dans le pays ou, au moins, de freiner leur départ vers des pays offrant des rendements plus appétissants. Le départ des capitaux vers l’étranger contribue à la dépréciation du yen. Au mois de décembre, un euro s’échange contre 183 yens, quand, en 2012, il n’en valait que 95. Cette dépréciation de la devise nippone favorise les touristes étrangers et les exportateurs ; elle renchérit les importations, en particulier de produits agricoles et d’énergie. Par voie de conséquence, le Japon enregistre une inflation de plus de 3 %, érodant le pouvoir d’achat des ménages. La hausse des salaires ne compense pas celle des prix à la consommation. Kazuo Ueda, le gouverneur de la BoJ, a reconnu ce risque d’érosion du pouvoir d’achat des ménages par l’inflation et expliqué qu’il était impératif de ne pas prendre de retard. Une hausse des taux et du yen est-elle capable de changer les flux de capitaux ? Les investisseurs japonais ont placé 4 000 milliards de dollars hors du pays. Une petite partie pourrait revenir, mais cela restera marginal. En revanche, les fonds étrangers pourraient réduire leurs emprunts à faible taux en yen, qui leur permettaient d’acquérir des actifs sur les marchés américains et européens (carry trade).
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 19 déc. 2025 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 31 déc. 2024 | |
| CAC 40 | 8 151,38 | +1,18 % | 7 543,18 | 7 380,74 |
| Dow Jones | 48 134,89 | -0,48 % | 37 689,54 | 42 544,22 |
| S&P 500 | 6 834,50 | +0,06 % | 4 769,83 | 5 881,63 |
| Nasdaq Composite | 23 307,62 | +0,38 % | 15 011,35 | 19 310,79 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 24 295,95 | +0,43 % | 16 751,64 | 19 909,14 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 9 897,42 | +2,19 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 5 760,35 | +0,84 % | 4 518,28 | 4 895,98 |
| Nikkei 225 (Japon) | 49 507,21 | -2,27 % | 33 464,17 | 39 894,54 |
| Shanghai Composite | 3 890,45 | -0,49 % | 2 974,93 | 3 351,76 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,613 % | +0,031 pt | +2,558 % | +3,194 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,898 % | +0,037 pt | +2,023 % | +2,362 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,144 % | -0,053 pt | +3,866 % | +4,528 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,1720 | +0,79 % | 1,1060 | 1,0380 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 4 352,26 | +3,33 % | 2 066,67 | 2 613,95 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 60,25 | -1,50 % | 77,13 | 74,30 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 87 997,34 | -2,19% | 38 252,54 | 93 776,61 |
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, adopté par le Parlement le 16 décembre dernier, institue une contribution financière pour l’autonomie de 1,4 point qui s’ajoute aux prélèvements sociaux existants. Cette contribution ne touche pas tous les produits du patrimoine. Les revenus financiers issus des comptes-titres, des Plans d’Épargne en Actions et des livrets ordinaires sont concernés. Y échappent les revenus fonciers, ceux en provenance des livrets réglementés, y compris le Plan d’Épargne Logement, et de l’assurance-vie.
Si l’assurance-vie est citée explicitement dans l’exposé des motifs de l’amendement, le plan d’épargne retraite (PER) n’est pas spécifié. A priori, par assimilation, l’exonération concernerait tous les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation, ainsi qu’aux placements de même nature mentionnés à l’article 125-0 A du code général des impôts. Cet article du Code général des impôts (CGI) concerne les placements « souscrits auprès d’entreprises d’assurance ». Cette exonération ne vaudrait que pour le PER assurantiel et non pour le PER bancaire. Ce dernier prend la forme d’un compte-titres et ne donne pas accès à un fonds en euros pour garantir son capital. Cette interprétation doit être confirmée par Bercy.
Pour les produits soumis à la nouvelle contribution, le taux des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 %, la flat tax s’élevant ainsi à 31,4 % contre 30 % auparavant. L’entrée en vigueur de la nouvelle contribution est fixée au 1er janvier 2026.
À la fin du troisième trimestre 2025, la dette publique au sens de Maastricht se rapproche de 3 500 milliards d’euros (3 482,2 milliards d’euros), soit une augmentation de 65,9 milliards d’euros, après +70,9 milliards au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elle atteint 117,4 %, après 115,7 % au deuxième trimestre.

Données INSEE
Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale du mois de juin 2024, l’indice phare de la place parisienne connaît une croissance bien plus faible qu’auparavant et que celle des autres indices européens et américains. Sur ces six derniers mois (avril – septembre 2025), le CAC 40 a perdu 4 % quand son homologue allemand a gagné 1,5 % et le S&P 500 américain 15 %.
Cette stagnation de la valeur des grandes entreprises est à mettre en parallèle avec l’ampleur du déficit public, -5,6 % du PIB en 2024 -5,4 % attendu en 2025 et de la dette publique qui s’élève à 115 % du PIB au deuxième trimestre 2025. Avec des taux longs avoisinant 3,5 % pour une croissance nominale de 2,5 % (1 % de croissance réelle et une inflation de 1,5 %), le différentiel de 1 point impose, pour stabiliser la dette publique, un excédent primaire (avant paiement des intérêts de la dette) de +1,1 % du PIB. Or, la France accuse un déficit primaire supérieur à – 3 %.
Les gouvernements ne pouvant pas compter sur une majorité stable sont à la peine pour définir une trajectoire de réduction des déficits publics. Avec en perspective l’élection présidentielle de 2027, la mise en œuvre de réformes structurelles apparaît, par ailleurs, difficile. Dans ce contexte, les investisseurs réclament des primes de risque plus élevées. Ils réduisent leur exposition aux actifs financiers et, en premier lieu, aux actions.
Depuis un an, le spread (écart de taux) des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans sur les Bunds allemands s’est élargi. Fin septembre, cet écart atteint près de 90 points de base à 10 ans et 120 points à 30 ans, alors qu’il n’était que de 20 à 30 points dans les années 2010. Cette prime de risque constitue une taxe silencieuse sur l’économie française. Chaque hausse de 100 points de base sur les taux souverains représente, à horizon cinq ans, une charge d’intérêts supplémentaire équivalant à 0,5 point de PIB. L’augmentation des taux des obligations souveraines se répercute en partie sur les taux des crédits. Elle compense, en partie, la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne. Cette situation pèse sur l’investissement des ménages et des entreprises. L’investissement productif, qui pesait 12,5 % du PIB en 2022, n’en représente plus que 11 % en 2025.
Face à l’accumulation de mauvaises nouvelles sur le front économique, financier et politique, les ménages augmentent leur effort d’épargne. Du dernier trimestre 2019 au deuxième trimestre 2025, le taux d’épargne est passé de 15 à 18,9 % du revenu disponible brut des ménages. Les rares gains de pouvoir d’achat sont affectés à l’épargne et non à la consommation ou à l’investissement.
Le prix de la défiance est élevé. Les recettes fiscales, en particulier de TVA, sont moins importantes que prévu, ce qui accroît le déficit et, par voie de conséquence, les dettes. Cette surcote de défiance, combinée au recul de la croissance est estimée à – 0,4 point de PIB, augmentant ainsi le déficit de 0,55 point de PIB.
La France est en voie de connaître un engrenage similaire à celui de l’Italie des années 1980 quand les marchés, devenus méfiants, exigeaient une prime toujours plus forte, accélérant la divergence dette/PIB. La stagnation des marchés financiers français n’est pas un épiphénomène boursier. Elle est la conséquence d’une méfiance des investisseurs sur la trajectoire économique et politique du pays.
Interrogé sur la proposition du gouvernement de geler les pensions des retraités supprimer l’abattement de 10 % des revenus (principalement issus de leurs pensions) des retraités pour limiter le déficit, le Directeur du Cercle de l’Epargne rappelle que cette mesure pénalisera les retraités les plus aisés. Rappelant qu’ « un retraité sur deux n’est pas imposable« , Philippe Crevel estime, par ailleurs, que le remplacement de l’abattement par un forfait unique de 2000 euros par ans devrait ainsi épargner les retraités modestes.
Aux États-Unis, le taux d’inflation annuel au mois de novembre a été de 2,8 % en données « core », c’est-à-dire hors alimentation et énergie, contre 2,9 % anticipé. Sur cette même base, il passe de 0,3 % en octobre à 0,1 % sur un mois, contre +0,3 % attendu. L’inflation n’en demeure pas moins élevée, ce qui devrait ralentir le programme de baisses des taux directeurs de la FED. Deux baisses sont anticipées en 2025, contre quatre initialement projetées.
Les dépenses réelles des ménages américains ont augmenté de 0,27 % en glissement mensuel en novembre, mais des révisions sur les mois antérieurs signifient que la croissance de la consommation au quatrième trimestre s’établit désormais à 3 %, soit légèrement plus qu’auparavant. Au quatrième trimestre, le taux de croissance annuelle aux États-Unis pourrait atteindre 3,3 %, contre 3,1 % au troisième trimestre. Les marchés américains ont été cette semaine dans l’expectative du déroulement de la crise budgétaire avec une menace de shutdown. Le texte visant à l’éviter a été rejeté jeudi 19 décembre par la Chambre des représentants. Sa dernière version de la résolution, qui a donc échoué, aurait suspendu pendant deux ans le plafond de la dette américaine. Ce plafond représente le montant maximum que le gouvernement fédéral peut emprunter pour financer ses dépenses.
Donald Trump s’en est pris à l’Union européenne en déclarant qu’elle devait réduire son excédent commercial avec les États-Unis en achetant davantage de pétrole et de gaz américains, sous peine de devoir payer des droits de douane. Sur les 10 premiers mois de 2024, le déficit commercial avec les pays de l’Union s’élève à plus de 190 milliards de dollars.
Le CAC 40 a encore cédé du terrain, avec une baisse de plus de 1 % en une semaine. Les autres indices européens étaient également orientés à la baisse. Le DAX allemand a perdu près de 2 %, en raison des craintes liées à la guerre commerciale avec les États-Unis, à la stagnation de l’économie germanique et à l’absence de gouvernement en France. Les indices américains ont également reculé en raison des annonces de la FED. La baisse des cours est en outre traditionnelle à cette période de l’année (rallye de Noël), les institutionnels terminant leurs programmes de prises de plus-values.
Le prix du baril de pétrole Brent a reculé cette semaine, autour de 72 dollars. L’attitude prudente de la FED, associée à des perspectives de demande faible et à une offre abondante, est un facteur de baisse des prix sur le marché pétrolier. Les autorisations de gisements de pétrole de schiste aux États-Unis devraient augmenter avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier prochain.
Le bitcoin a perdu sur la semaine 5 %, revenant sous les 100 000 dollars, et l’or près de 3 %.
| Résultats 20 déc. 2024 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 30 déc. 2022 | |
| CAC 40 | 7 274,48 | -1,12 % | 7 543,18 | 6 471,31 |
| Dow Jones | 42 840,26 | -2,20 % | 37 689,54 | 33 147,25 |
| S&P 500 | 5 930,85 | -1,63 % | 4 769,83 | 3839,50 |
| Nasdaq Composite | 19 572,60 | -1,45 % | 15 011,35 | 10 466,48 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 19 916,56 | -1,96 % | 16 751,64 | 13 923,59 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 084,61 | -2,15 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 4 862,28 | -1,71 % | 4 518,28 | 3792,28 |
| Nikkei 225 (Japon) | 38 701,90 | -1,69 % | 33 464,17 | 26 094,50 |
| Shanghai Composite | 3 368,07 | -1,59 % | 2 974,93 | 3 089,26 |
| Taux OAT France à 10 ans | +3,089 % | +0052 pt | +2,558 % | +3,106 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,287 % | +0,032 pt | +2,023 % | +2,564 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,501 % | +0,108 pt | +3,866 % | +3,884 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0425 | -1,24 % | 1,1060 | 1,0697 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 624,70 | -2,93 % | 2 066,67 | 1 815,38 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 72,82 | -2,52% | 77,13 | 84,08 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 97 434,74 | -4,29 % | 38 252,54 | 15 406,87 |
Dans les Provinces-Unies au début du XVIIᵉ siècle, une importante crise financière est survenue autour des bulbes de tulipes. La crise des bulbes de tulipes, également connue sous le nom de « Tulipomanie », est souvent considérée comme l’une des premières bulles spéculatives documentées de l’histoire.
Les tulipes, introduites en Europe depuis l’Empire ottoman au XVIᵉ siècle, sont rapidement devenues un symbole de richesse et de prestige, particulièrement en Hollande. La rareté de certaines variétés, notamment celles avec des motifs complexes, a provoqué une hausse de la demande. Les prix ont progressé rapidement, au point qu’un bulbe de tulipe pouvait valoir plus cher qu’une maison. Les acheteurs et les vendeurs échangeaient souvent des contrats à terme pour acquérir des bulbes à une date ultérieure, pariant sur la hausse continue des prix. Ces échanges se sont multipliés jusqu’en février 1637, lorsqu’une enchère n’a trouvé aucun acheteur. Les spéculateurs, pris de panique, ont commencé à vendre leurs contrats à perte. La notion de « Tulipomanie » est, depuis, souvent utilisée comme un avertissement contre les dynamiques spéculatives irrationnelles, où la valeur des actifs dépasse largement leur valeur intrinsèque.
En 2024, la question de la valeur intrinsèque peut également se poser pour l’or ou le Bitcoin. Depuis l’élection de Donald Trump le 5 novembre dernier, le Bitcoin a connu une forte appréciation, dépassant les 100 000 dollars, ce qui porte sa hausse sur l’année à plus de 130 %. L’encours des cryptomonnaies atteint, début décembre, 4 000 milliards de dollars, soit plus que la capitalisation de la place boursière de Paris (3 200 milliards de dollars).
L’augmentation du cours du Bitcoin s’explique par le nouvel engouement de Donald Trump pour les cryptoactifs. Il entend déréglementer le marché et a nommé Paul Atkins, avocat et responsable d’un groupe de défense des cryptomonnaies, à la tête de la Securities and Exchange Commission, le principal régulateur financier américain. La proposition de Cynthia Lummis, sénatrice républicaine, de créer une réserve gouvernementale d’un million de bitcoins peut paraître incongrue, mais elle est sérieusement envisagée. Le Bitcoin serait ainsi placé aux côtés de l’or comme valeur refuge officielle.
Le succès du Bitcoin en 2024 provient également de la distribution d’ETF reproduisant son cours. Au troisième trimestre de l’année, le fonds négocié en bourse Bitcoin de BlackRock était devenu le quatrième plus important ETF dans le monde des fonds spéculatifs, avec une position longue d’une valeur de 3,8 milliards de dollars. Selon une étude de PwC et de l’Alternative Investment Management Association, 47 % des hedge funds traditionnels ont investi, en 2024, dans des actifs numériques, contre 21 % en 2021. Malgré tout, certains signaux rappellent que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. L’ETF VanEck Digital Transformation, qui investit dans un ensemble d’entreprises liées aux cryptomonnaies, est en baisse de plus de 40 % par rapport à son record de 2021. Le prix plancher des jetons non fongibles (NFT) émis par CryptoPunks sur la blockchain Ethereum a augmenté de 20 % cette année, mais il reste en baisse de près de 70 % par rapport à son sommet de 2021. L’institutionnalisation des cryptoactifs devrait aboutir, dans les prochaines années, à un lissage de leurs cours. Ces derniers obéiraient de plus en plus aux dynamiques des marchés traditionnels et seraient plus dépendants d’autres indices qu’auparavant. Des corrélations ont déjà été constatées entre le cours du Bitcoin et l’indice Nasdaq, qui ont tendance à évoluer en parallèle.
La création de monnaies digitales de banques centrales pourrait profondément rebattre les cartes. Les banques centrales deviendraient alors les moteurs des marchés des cryptoactifs.
La dette publique française : plus de 113 % du PIB
À la fin du troisième trimestre 2024, la dette publique au sens de Maastricht a atteint, selon l’INSEE, 3 303,0 milliards d’euros, soit une augmentation de 71,7 milliards d’euros, après +69,0 milliards d’euros au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elle s’établit à 113,7 %, après 112,2 % au deuxième trimestre 2024. La dette française bat ainsi de nouveaux records en montant absolu. Vint ans auparavant, la dette publique s’élevait à 1122 milliards d’euros. Actualisé de l’inflation entre 2004 et 2024, ce montant représenterait, cette année, de 1615 milliards d’euros. En vingt ans, la dette publique a été multipliée par deux en valeur réelle. Comme au trimestre précédent, l’augmentation de la dette publique s’accompagne d’une hausse de la trésorerie des administrations publiques (+6,4 milliards d’euros) et, dans une moindre mesure, des autres actifs, si bien que la dette nette augmente un peu moins que la dette brute (+64,0 milliards d’euros) et s’établit à 104,9 % du PIB.

INSEE
Depuis l’élection de Donald Trump, les indices boursiers américains atteignent des records historiques, tandis que les marchés européens peinent à suivre. Aux États-Unis, le Dow Jones et le S&P 500 continuent leur progression fulgurante, attirant les investisseurs du monde entier. En revanche, en Europe, et plus particulièrement en France, le CAC 40 est plombé par les incertitudes politiques et économiques nationales.
Un fait marquant : le taux de l’OAT à 10 ans en France a récemment dépassé son équivalent grec, symbolisant la perte de confiance des marchés dans la gestion économique française. L’écart entre les taux d’intérêt français et allemands s’élargit, atteignant 80 points de base contre 50 points quelques mois auparavant. En cas de tensions politiques supplémentaires, notamment avec l’adoption d’une motion de censure sur le budget, cet écart pourrait franchir la barre des 100 points.
Le CAC 40 en est à sa sixième semaines consécutives de pertes. Au total, le recul atteint près de 5 %. Pour le seul mois de novembre, la baisse est de près de 4 %. Sur les six derniers mois, l’indice à perdu 8 %. Sur un an, le bilan est désormais négatif, tranchant avec tous les autres grands indices. . Les investisseurs craignent l’éclatement d’une crise politique en France sur fond de dérive des comptes publics. De leur côté, les indices américains battent record sur record depuis l’élection de Donald Trump. Le Dow Jones a enregistré en novembre son gain mensuel le plus élevé de l’année. Le S&P 500 a dépassé les 6 000 points et a gagné près de 3,5 % en un mois. Depuis le 1er janvier, cet indice a progressé de plus de 25 %. Le bitcoin est également le grand gagnant de l’élection américaine : sa valeur est en effet passée de 68 000 à près de 100 000 dollars. Dans cette dynamique, le bitcoin se démarque également comme un actif gagnant. Depuis l’élection présidentielle américaine, sa valeur est passée de 68 000 à près de 100 000 dollars, consolidant sa position d’actif alternatif en période de volatilité économique.
Dans un contexte de croissance économique atone en Europe et d’inflation modérée, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait décider, lors de sa réunion du 12 décembre, d’abaisser ses taux directeurs de 25 points de base. En novembre, l’inflation globale dans la zone euro est passée de 2 % à 2,3 % sur un an, portée par une baisse des prix de l’énergie (-1,9 %) et un ralentissement des hausses des prix alimentaires. Cependant, l’inflation sous-jacente, qui exclut ces éléments volatils, est restée stable à 2,7 %, soit légèrement en deçà des attentes (2,8 %).
La situation politique et économique en France, associée à des écarts de taux grandissants avec l’Allemagne, inquiète les investisseurs. Ces tensions renforcent l’attractivité des marchés américains, mais accentuent la pression sur le gouvernement français pour redresser ses comptes publics. À l’échelle européenne, la baisse attendue des taux par la BCE pourrait offrir un répit à la zone euro, mais sans répondre aux défis structurels de compétitivité et de croissance.
Le tableau de la semaine des marchés financiers
| Résultats 29 nov. 2024 | Évolution sur une semaine | Résultats 29 déc. 2023 | Résultats 30 déc. 2022 | |
| CAC 40 | 7 255,01 | -0,20 % | 7 543,18 | 6 471,31 |
| Dow Jones | 44 910,65 | +2,37 % | 37 689,54 | 33 147,25 |
| S&P 500 | 6 032,38 | +1,48 % | 4 769,83 | 3839,50 |
| Nasdaq Composite | 19 218,17 | +1,30 % | 15 011,35 | 10 466,48 |
| Dax Xetra (Allemagne) | 19 628,34 | +1,59 % | 16 751,64 | 13 923,59 |
| Footsie 100 (Royaume-Uni) | 8 287,30 | +0,23 % | 7 733,24 | 7 451,74 |
| Eurostoxx 50 | 4 804,40 | +0,32 % | 4 518,28 | 3792,28 |
| Nikkei 225 (Japon) | 38 208,03 | -0,54 % | 33 464,17 | 26 094,50 |
| Shanghai Composite | 3 326,46 | -0,58 % | 2 974,93 | 3 089,26 |
| Taux OAT France à 10 ans | +2,8933 % | -0,148 pt | +2,558 % | +3,106 % |
| Taux Bund allemand à 10 ans | +2,084 % | -0,160 pt | +2,023 % | +2,564 % |
| Taux Trésor US à 10 ans | +4,206 % | -0,204 pt | +3,866 % | +3,884 % |
| Cours de l’euro/dollar | 1,0552 | -0,28 % | 1,1060 | 1,0697 |
| Cours de l’once d’or en dollars | 2 658,81 | +1,07 % | 2 066,67 | 1 815,38 |
| Cours du baril de pétrole Brent en dollars | 73,09 | -2,32 % | 77,13 | 84,08 |
| Cours du Bitcoin en dollars | 92 170,79 | -1,41 % | 38 252,54 | 15 406,87 |
Source : Cercle de l’Épargne
L’INSEE a confirmé la progression de 0,4 % du PIB au 3e trimestre 2024. Les ménages ont bénéficié d’une forte hausse de leur pouvoir d’achat de leur revenu disponible brut, par unité de consommation accélère, +0,7 % au 3e trimestre après +0,4 % au 2e. Ils n’ont utilisé ce gain pour consommer davantage préférant accroitre leur effort d’épargne. Le taux d’épargne des ménages est ainsi passé de 17,9 à 18,2 % du revenu disponible brut du deuxième au troisième trimestre. Le taux d’épargne financière a atteint 8,8 % du revenu disponible brut contre 8,2 % au trimestre précédent. Un an auparavant, il était de 6,2 %.
Le ressenti des ménages sur leur niveau de vie demeure négatif. Ils intègrent peu la baisse de l’inflation. Les incertitudes politiques les conduisent à opter pour un attentisme favorable à l’épargne. Sur un an, la progression de l’épargne financière est conséquente, 2 points de revenu disponible brut de plus.
Avec les fêtes de fin d’année, les ménages devraient reprendre le chemin de la consommation mais sans nul doute avec modération. Les craintes d’augmentation des impôts et la persistance d’un climat politique délétère les inciteront à maintenir un effort d’épargne important.

Cercle de l’Epargne – données INSEE
Le taux d’intérêt sur les obligations d’État grec à 10 ans est passé en-deçà de celui de la France le 27 novembre. Une telle situation était impensable avant les élections européennes de juin dernier. À l’époque, il atteignait 50 points de base, voire plus. La crise politique qui a suivi les élections européennes en France, ainsi que les révélations sur le dérapage du déficit public, se sont traduites par une augmentation du taux des emprunts français, au point que ce dernier dépasse ceux de plusieurs pays surnommés les « PIIGS ». Cet acronyme désignait, dans les années 2010, les pays de l’Europe du Sud confrontés à la crise des dettes souveraines, tels que le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne. La Grèce, alors au bord de la banqueroute, avait vu ses taux dépasser 10 %. Aujourd’hui, pour les obligations à échéance de 5 ans, ce pays emprunte à un taux inférieur à celui de la France.
La Grèce, comme l’Espagne et le Portugal, a réussi à assainir ses finances publiques grâce à un plan de rigueur sans précédent. En 2025, elle remboursera par anticipation 5 milliards d’euros d’obligations arrivant à échéance entre 2033 et 2042, preuve de la bonne santé financière du pays. Néanmoins, la qualité de la signature française demeure supérieure à celle de la Grèce. Le taux des CDS, ces produits dérivés permettant de se couvrir contre le risque de défaut d’un emprunteur, est deux fois plus élevé pour la Grèce que pour la France : respectivement 5 % et 2,6 %. Par ailleurs, le ratio dette publique sur PIB grec dépasse 152 %.
La dégradation de la qualité des obligations françaises par rapport à celles des pays d’Europe du Sud s’explique en partie par les volumes de dettes disponibles. La rareté des obligations espagnoles, portugaises ou grecques entraîne une diminution de leurs taux et une augmentation de leur valeur. Les pays du cœur de l’Europe, comme la France ou l’Allemagne, traversent actuellement une crise politique, ce qui joue en faveur des pays d’Europe du Sud. Les discussions en Allemagne concernant l’abandon du « frein à l’endettement public » contribuent également à la moindre attractivité de la dette allemande.
Il n’en demeure pas moins que l’écart entre le taux des obligations françaises et allemandes s’est également accru ces derniers mois, passant de 50 à 80 points de base. En cas de crise budgétaire en France, cet écart pourrait atteindre 100 points de base.
La légère baisse des taux d’intérêt n’a pas entraîné une véritable reprise du marché immobilier, qui reste complètement bloqué. D’un côté, les acheteurs se font rares, et de l’autre, les propriétaires hésitent à baisser leurs prix. Le nombre d’offres demeure relativement limité, témoignant de l’attentisme des propriétaires, qui préfèrent attendre une amélioration de la conjoncture avant de mettre leurs biens sur le marché. En conséquence, le nombre de transactions continue de diminuer, enregistrant un recul de 420 000 entre le 3ᵉ trimestre 2021 et le 3ᵉ trimestre 2024.
La dissolution de l’Assemblée nationale en juin dernier et la crise politique qui s’en est suivie ont dissuadé de nombreux ménages de se lancer dans des projets immobiliers. Le marché des résidences secondaires est particulièrement touché. Dans ce contexte, les prix des logements ont, selon l’INSEE, légèrement baissé au troisième trimestre : ‑0,1 % (données provisoires corrigées des variations saisonnières), après ‑0,5 % au deuxième trimestre 2024 et ‑1,5 % au premier trimestre 2024. Bien que la contraction soit plus modérée que lors des trimestres précédents, la tendance annuelle reste négative. Les prix des logements anciens reculent pour le cinquième trimestre consécutif, enregistrant une baisse de ‑3,9 % au troisième trimestre 2024, après ‑4,9 % au deuxième trimestre 2024 et ‑5,2 % au premier trimestre 2024. Les prix diminuent de 3,8 % pour les appartements et de 3,9 % pour les maisons.

CVS : données corrigées des variations saisonnières
Cercle de l’Epargne – données Insee, Notaires de France – Groupe ADSN, Notaires du Grand Paris – PNS.
Au troisième trimestre 2024, les prix des logements anciens en Île-de-France ont enregistré une légère baisse de ‑0,1 %, après ‑0,9 % au deuxième trimestre et ‑2,4 % au premier trimestre.
La baisse des prix des appartements ralentit : ‑0,3 % contre ‑0,6 % au deuxième trimestre. À Paris, le recul est de ‑0,4 %, également en décélération par rapport au trimestre précédent (‑0,7 % au deuxième trimestre). En petite couronne, les prix diminuent de ‑0,2 % après ‑0,9 %, tandis qu’en grande couronne, les prix des appartements baissent après une quasi-stabilité au deuxième trimestre 2024 (‑0,4 % après +0,1 %). À l’inverse, après sept trimestres de recul, les prix des maisons en Île-de-France augmentent légèrement (+0,4 % au troisième trimestre 2024 après ‑1,3 % au deuxième trimestre).
Sur un an, les prix des logements anciens en Île-de-France ont diminué de 5,3 % au troisième trimestre 2024, après ‑7,1 % au deuxième trimestre et ‑8,1 % au premier trimestre. Les baisses sont comparables pour les maisons (‑5,3 % après ‑8,0 %) et les appartements (‑5,2 % après ‑6,6 %). À Paris, les prix des appartements ont perdu 5,5 % de leur valeur, contre ‑6,6 % au deuxième trimestre. La même tendance est observée en petite couronne (‑5,5 % après ‑7,4 %) et en grande couronne (‑4,0 % après ‑5,5 %). À Paris, les évolutions sont contrastées selon les arrondissements. Les prix des logements au centre de la capitale résistent mieux, bien que le nombre de transactions soit en baisse. Les délais de vente, quant à eux, s’allongent.
En province, selon l’INSEE, les prix des logements anciens sont quasi stables au troisième trimestre 2024, après cinq trimestres consécutifs de baisse : ‑0,1 % après ‑0,4 % au deuxième trimestre et ‑1,3 % au premier trimestre. Sur un an, les prix des logements anciens en province reculent de 3,4 % au troisième trimestre 2024, après ‑4,2 % au deuxième trimestre. La baisse reste plus marquée pour les maisons (‑3,6 % après ‑4,4 %) que pour les appartements (‑3,0 % après ‑3,8 %).

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Symbole d’un marché toujours en panne, au mois de septembre 2024, le nombre de transactions réalisées au cours des 12 derniers mois est en recul. Il a été évalué à 780 000, après 792 000 fin juin 2024 et 825 000 fin mars 2024. Le volume annuel de transactions diminue depuis fin septembre 2021. Les ventes représentent 2,0 % du stock de logements. Ce ratio reste est inférieur à son niveau du début des années 2000, avant la crise économique de 2008.

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