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Le Coin des Epargnants du 10 juillet 2026 : la guerre sans fin

Le répit aura été de courte durée. Le protocole d’accord de paix signé par les États-Unis et l’Iran le 14 juin dernier est, aux yeux de Donald Trump, devenu caduc le 8 juillet, après plusieurs incidents en mer dans le détroit d’Ormuz. Les États-Unis ont alors procédé à des bombardements qui ont donné lieu, de la part de l’Iran, à des représailles. La réaction sur les marchés a été rapide. Le cours du baril de pétrole a rebondi et celui des actions s’est orienté à la baisse. Le baril de pétrole (Brent) a progressé de 5 % sur la semaine, terminant à plus de 75 dollars.

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les week-ends sont toujours à risque, le président américain n’étant jamais avare d’une déclaration. Si, vendredi, il a répété qu’il était prêt à discuter avec l’Iran pour mettre un terme à la guerre, il lui a « signifié, en des termes sans équivoque, que le cessez-le-feu était « TERMINE » » sur sa plateforme Truth Social. Dans ce contexte, les indices actions européens ont abandonné du terrain durant la semaine, quand le Nasdaq et le S&P 500 américains ont continué leur course en avant, comme quoi la menace d’une reprise du conflit au Moyen-Orient n’est pas appréciée de la même manière de part et d’autre de l’Atlantique.

Les taux obligataires se sont appréciés cette semaine. Celui de l’OAT à 10 ans, l’obligation de référence de l’État en France, est passé au-dessus de 3,8 %, quand celui de son équivalent allemand est désormais supérieur à 3 %. La crainte d’un rebond de l’inflation et d’un dérapage des comptes publics explique la hausse des taux souverains.

Si la géopolitique préoccupe de nouveau les places financières, l’événement du vendredi 10 juillet, hormis la commercialisation du nouvel album des Stones, a été l’introduction en Bourse de SK Hynix, l’entreprise sud-coréenne des puces mémoire qui, après avoir levé 26,5 milliards de dollars, soit davantage que les 25 milliards d’Alibaba en septembre 2014, réalise la plus importante introduction jamais effectuée aux États-Unis par une entreprise étrangère.

Les marchés continuent ainsi d’osciller entre les risques géopolitiques qui ravivent les craintes inflationnistes et les promesses de croissance portées par l’intelligence artificielle

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
10 juillet 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 338,97-2,18 %8 149,507 380,74
Dow Jones52 637,01-0,79 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 575,39+0,50 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 281,61+0,61 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 085,42-2,58 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 497,29-1,59 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 269,97-2,16 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)68 557,73-215 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 996,16-2,40 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,829 %+0,103 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,035 %+0,102 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,501 %+0,016 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1437 +0,03 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 111,14+2,28 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars75,55 +5,31%61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars63 957,2966+2,08 %87 566,440693 776,61

Le Coin des Epargnants du 3 juillet 2026 – les actions toujours en hausse

Les marchés en mode gagnant au premier semestre

L’indice phare de la place de Paris, le CAC 40, a enregistré de bons résultats au cours du deuxième trimestre, dans le sillage d’une Europe boursière bien orientée depuis le printemps, et ce malgré la guerre au Moyen-Orient et la hausse des cours de l’énergie. Il a gagné plus de 8 %. Au cours du mois de juin, la hausse a été de 3,2 %, portant sa progression à plus de 9 % sur un an, soit bien davantage que celle de son homologue allemand, le DAX, qui n’a gagné que 4,25 %. L’indice parisien a ainsi signé son meilleur résultat trimestriel depuis le premier trimestre 2024. L’EuroStoxx 50 a progressé de plus de 4 % en juin et de plus de 19 % sur un an. Sur le deuxième trimestre, la hausse a atteint 14 %. Le S&P 500 a reculé de 1,33 % en juin mais a gagné plus de 8 % sur le premier semestre. Le Dow Jones a progressé de 2,5 % en juin et de 8,24 % sur le premier semestre. Le Nasdaq a abandonné plus de 3 % en juin tout en conservant un gain de près de 12 % sur les six premiers mois de l’année. Néanmoins, sur le deuxième trimestre, les indices américains sont restés bien orientés, avec un gain de 26 % pour le Nasdaq et de plus de 18 % pour le S&P 500. L’indice japonais, le Nikkei, a enregistré une hausse de 39,18 % sur le premier semestre, toujours porté par les valeurs technologiques. De son côté, l’indice chinois, le Shanghai Composite, a enregistré une progression plus modeste de 3,26 %.

La hausse des cours est toujours portée par les valeurs de haute technologie. Au cours du mois de juin, le repli des cours de l’énergie a contribué à accélérer la progression des indices. Le ralentissement, plus marqué qu’attendu, de l’inflation française, ainsi que les bonnes anticipations de résultats des entreprises, ont conforté les investisseurs dans leur optimisme. Le reflux des prix de l’énergie, qui a effacé une partie de la pression exercée sur l’inflation et sur les taux d’intérêt des banques centrales, joue en faveur des actions.

La publication du taux d’inflation du mois de juin, à +2 %, contre 2,8 % en mai, selon la première estimation de l’INSEE, a été bien accueillie par les marchés. En Italie, l’inflation est revenue à 3,1 %, alors que le consensus tablait sur une stabilité à 3,2 %. Les investisseurs sont également optimistes concernant les résultats des entreprises pour le deuxième trimestre. Deutsche Bank anticipe une croissance de 14 % des bénéfices des entreprises européennes, soit deux points de plus que le consensus. Le cours du baril de pétrole (Brent) a reculé de 36,38 % au cours du deuxième trimestre. Ce mouvement est avant tout intervenu après la signature du protocole de paix entre les États-Unis et l’Iran.

Au deuxième trimestre, l’once d’or a perdu plus de 10 % de sa valeur et s’échangeait, fin juin, autour de 4 000 euros. L’apaisement des tensions avec l’Iran, même s’il demeure fragile, ainsi que les ventes réalisées par certains États, notamment la Russie et plusieurs pays du Moyen-Orient, expliquent l’évolution du cours du métal précieux. La hausse des rendements obligataires a également pesé sur le cours de l’or.

Les marchés financiers au mois de juin

Les indices « actions » fêtent le 4 juillet

La semaine boursière a été écourtée aux États-Unis en raison de la fête nationale du 4 juillet. Cela n’a pas empêché les marchés d’enregistrer de nouvelles progressions. Le CAC 40 a clôturé à 8 508,07 points, à seulement 1,6 % de son record historique de février. ArcelorMittal s’est une nouvelle fois distingué en signant la plus forte hausse de l’indice (+12 % en deux jours). Le titre a bénéficié de la décision de la Commission européenne de porter à 50 % les droits de douane sur les importations d’acier dépassant les quotas autorisés, ces derniers ayant par ailleurs été revus à la baisse.

Les marchés ont également été soutenus cette semaine par la publication des derniers chiffres de l’emploi aux États-Unis. Le rapport a fait état de créations d’emplois non agricoles nettement inférieures aux attentes, avec 57 000 nouveaux emplois contre un consensus de 113 000. Les données des deux mois précédents ont, en outre, été révisées à la baisse de 74 000 emplois au total. Ces statistiques ont été favorablement accueillies par les investisseurs, car elles réduisent la probabilité d’un nouveau relèvement des taux directeurs par la Réserve fédérale. Le marché du travail ne présente toujours pas de signes de surchauffe et les anticipations d’inflation continuent de s’atténuer.

Le Dow Jones a ainsi profité de l’apaisement des craintes de resserrement monétaire pour inscrire un nouveau record de clôture, jeudi 2 juillet, à 52 900,07 points, après avoir déjà atteint un plus haut historique en séance. Les marchés d’actions pourraient poursuivre leur progression : selon les données de Bloomberg, les analystes anticipent une hausse de 25 % des bénéfices des entreprises composant le S&P 500 au cours des douze prochains mois, portée par la résilience de l’économie américaine et par l’essor de l’intelligence artificielle. D’autres observateurs demeurent toutefois plus prudents, estimant que la hausse des cours repose sur des anticipations de bénéfices excessivement optimistes.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
3 juillet 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 508,07+1,45 %8 149,507 380,74
Dow Jones52 900,07+1,97 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 483,24+1,76 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite25 832,67+2,12 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 797,48+4,54 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 679,03+1,50 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 412,68+2,91 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)69 744,07-0,40 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 043,64-1,16 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,726 %+0,094 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,933 %+0,084 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,485 %+0,118 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1437+0,54 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 165,08+1,49 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars72,00-0,74 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars61 902,8013+3,54 %87 566,440693 776,61

Les marchés financiers en mode optimiste au deuxième trimestre

L’indice phare de la place de Paris, le CAC 40, a enregistré de bons résultats au cours du deuxième trimestre, dans le sillage d’une Europe boursière bien orientée depuis le printemps, et ce malgré la guerre au Moyen-Orient et la hausse des cours de l’énergie. Il a gagné plus de 8 %. Au cours du mois de juin, la hausse a été de 3,2 %, portant sa progression à plus de 9 % sur un an, soit bien davantage que celle de son homologue allemand, le DAX, qui n’a gagné que 4,25 %. L’indice parisien a ainsi signé son meilleur résultat trimestriel depuis le premier trimestre 2024. L’EuroStoxx 50 a progressé de plus de 4 % en juin et de plus de 19 % sur un an. Sur le deuxième trimestre, la hausse a atteint 14 %.

Le S&P 500 a reculé de 1,33 % en juin mais a gagné plus de 8 % sur le premier semestre. Le Dow Jones a progressé de 2,5 % en juin et de 8,24 % sur le premier semestre. Le Nasdaq a abandonné plus de 3 % en juin tout en conservant un gain de près de 12 % sur les six premiers mois de l’année. Néanmoins, sur le deuxième trimestre, les indices américains sont restés bien orientés, avec un gain de 26 % pour le Nasdaq et de plus de 18 % pour le S&P 500.

L’indice japonais, le Nikkei, a enregistré une hausse de 39,18 % sur le premier semestre, toujours porté par les valeurs technologiques. De son côté, l’indice chinois, le Shanghai Composite, a enregistré une progression plus modeste de 3,26 %.

La hausse des cours est toujours portée par les valeurs de haute technologie. Au cours du mois de juin, le repli des cours de l’énergie a contribué à accélérer la progression des indices. Le ralentissement, plus marqué qu’attendu, de l’inflation française, ainsi que les bonnes anticipations de résultats des entreprises, ont conforté les investisseurs dans leur optimisme. Le reflux des prix de l’énergie, qui a effacé une partie de la pression exercée sur l’inflation et sur les taux d’intérêt des banques centrales, joue en faveur des actions.

La publication du taux d’inflation du mois de juin, à +2 %, contre 2,8 % en mai, selon la première estimation de l’INSEE, a été bien accueillie par les marchés. En Italie, l’inflation est revenue à 3,1 %, alors que le consensus tablait sur une stabilité à 3,2 %.

Les investisseurs sont également optimistes concernant les résultats des entreprises pour le deuxième trimestre. Deutsche Bank anticipe une croissance de 14 % des bénéfices des entreprises européennes, soit deux points de plus que le consensus.

Aux États-Unis, le S&P 500 a gagné 14 % depuis le début du mois d’avril et se dirige vers son meilleur trimestre en six ans. « Les futures sont soutenus par un regain d’intérêt pour le secteur technologique, les investisseurs revenant à l’idée que les technologies de l’information constituent l’un des rares secteurs offrant une croissance des bénéfices solide et fiable. »

Le cours du baril de pétrole (Brent) a reculé de 36,38 % au cours du deuxième trimestre. Ce mouvement est avant tout intervenu après la signature du protocole de paix entre les États-Unis et l’Iran.

Au deuxième trimestre, l’once d’or a perdu plus de 10 % de sa valeur et s’échangeait, fin juin, autour de 4 000 euros. L’apaisement des tensions avec l’Iran, même s’il demeure fragile, ainsi que les ventes réalisées par certains États, notamment la Russie et plusieurs pays du Moyen-Orient, expliquent l’évolution du cours du métal précieux. La hausse des rendements obligataires a également pesé sur le cours de l’or.

Le Coin des épargnants du 20 juin 2026 : les dividendes précaires de la paix

La semaine boursière a été marquée par la signature à Versailles du protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran qui a amené un rebond des indices boursiers. La semaine a été, par ailleurs, tronquée avec la fermeture vendredi de Wall Street et de plusieurs places asiatiques.

L’accord entre les Etats-Unis et la Chine demeure fragile comme en témoigne le report des négociations entre les deux pays qui devaient débuter vendredi 19 juin en Suisse. Le vice-président américain J. D. Vance a repoussé son déplacement. Côté iranien, le guide suprême iranien déclare approuver l’accord-cadre, avec certaines réserves, mais aucune information n’a été diffusée quant à un éventuel voyage en Suisse. Ces négociations, d’une durée reconductible de 60 jours, concernent le programme nucléaire iranien. La poursuite des bombardements israéliens au Liban censés s’arrêter avec la signature du protocole crée un point de crispation. Les marchés ont réagi favorablement à la signature mercredi avant de reperdre un peu de terrain.

Le cours du baril de pétrole (Brent) a perdu près de 8 % durant la semaine. Quelques pétroliers ont pu passer le détroit d’Ormuz permettant d’espérer une normalisation de la situation. Le cours de l’or est passé en-dessous des 4200 dollars en fin de semaine.

Le pari de la FED

La FED a décidé de maintenir en l’état ses taux directeurs, tout comme la Banque d’Angleterre.

Malgré un taux d’inflation de 4 % en mai, le nouveau Président de la FED, Kevin Warsh n’a pas souhaité commencer son mandat en déplaisant à Donald Trump qui réclame une baisse des taux. La FED décide de temporiser et de gagner un peu de temps, espérant une décrue de l’inflation avec le déblocage du détroit d’Ormuz. Malgré tout, l’inflation sous-jacente semble s’accélérer. La réunion du mois de juillet du comité de politique monétaire permettra de voir plus clair sur les intentions du nouveau Président.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
19 juin 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 431,60+1,14 %8 149,507 380,74
Dow Jones51 564,70+0,71 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 500,58+0,93 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 517,93+2,43 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 045,22+1,77 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 364,01-0,89 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 178,79+1,97 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)71 250,06+8,07 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 090,480,00 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,738 %+0,103 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,983 %-0,012 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,483 %+0,006 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1471 -0,68 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 153,70-2,73 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars80,14-7,76 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars63 033,8752-0,75 %87 566,440693 776,61

Le Coin des Epargnants du 12 juin 2026 : en attendant la paix

Donald Trump a annoncé près de 40 fois la fin du conflit au Moyen-Orient, débuté par des frappes israélo-américaines le 28 février dernier, mais, ce vendredi, les marchés ont voulu y croire. Les bombardements promis jeudi soir par le président ont été annulés et celui-ci évoque la signature d’un accord-cadre dès ce week-end, à Genève, dimanche, en présence du vice-président J.D. Vance.

Le projet d’accord compterait 14 points, dont une réouverture du détroit d’Ormuz sous trente jours, un point crucial pour la reprise des acheminements de pétrole dans le monde et donc pour la Bourse, la levée des sanctions pétrolières, le dégel d’actifs iraniens et soixante jours de négociations sur le nucléaire. Malgré tout, la prudence est de mise, le texte devant être validé par les autorités iraniennes. Par ailleurs, Donald Trump a indiqué sur son réseau social Truth que « les Iraniens étaient des personnes très peu honorables avec lesquelles traiter ».

Avec les rumeurs sur un accord, le prix du baril de Brent est passé en dessous des 90 dollars, en recul de plus de 6 % sur la semaine. La perspective d’une réouverture graduelle d’Ormuz enlève une partie de la pression qui pèse sur les banques centrales : moins de tension sur l’énergie, donc moins de risque d’une inflation importée par le baril. Les rendements obligataires américains se détendent sur l’ensemble de la courbe et les contrats à terme sur les Fed Funds repoussent à plus tard le scénario d’une hausse des taux directeurs de la part de la Fed. Dans ce contexte, les indices actions ont terminé la semaine en hausse.

Le CAC 40 a franchi la barre des 8 300 points et a progressé sur la semaine de 1,61 %. Les valeurs du transport et des loisirs ont profité de la baisse du cours du pétrole. À Paris, Air France-KLM a progressé, le vendredi 12 juin, de 8,4 % et Accor de 5,6 %. À l’inverse, TotalEnergies, pénalisé par le retour du baril de Brent sous les 90 dollars, a perdu 2,1 %. Les indices américains ont connu sur la semaine une légère hausse, portée par les avancées sur le terrain de la négociation et malgré l’inflation qui a atteint 4 % en mai aux États-Unis.

La Banque centrale européenne augmente ses taux directeurs

Le contexte n’incite pas à la tempérance sur le front de l’inflation. Quelques heures avant la réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, les autorités iraniennes annonçaient la fermeture intégrale du détroit d’Ormuz, ravivant les tensions sur les marchés énergétiques. Dans ce climat d’incertitude, la BCE a décidé d’engager son premier relèvement de taux depuis 2023. Le taux de dépôt a été porté à 2,25 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. La BCE veut casser toute spirale inflationniste et ne pas rééditer l’erreur commise entre 2020 et 2022. Elle avait alors tardé à réagir, ce qui avait rendu la lutte contre l’inflation plus compliquée.

Le relèvement du jeudi 11 juin n’a donc pas surpris les investisseurs. Lors de la précédente réunion, plusieurs membres du Conseil avaient déjà évoqué l’hypothèse d’un relèvement des taux sans toutefois franchir le pas. Christine Lagarde a indiqué que, cette fois, le choix avait recueilli l’approbation de l’ensemble des gouverneurs, sans opposition ni réserve.

La présidente de la BCE a également rejeté l’idée selon laquelle cette décision relèverait d’une simple mesure de précaution. Selon elle, le Conseil n’a jamais envisagé cette hausse comme un geste préventif ou symbolique. Il s’agit avant tout d’une réponse classique de politique monétaire à des perspectives inflationnistes qui demeurent incompatibles avec l’objectif de stabilité des prix fixé à 2 %.

Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le baril s’est installé aux alentours de 90 dollars, contre environ 70 dollars auparavant. Cette hausse de l’énergie s’est rapidement diffusée à l’ensemble de l’économie européenne. En mai, l’inflation dans la zone euro a atteint 3,2 % sur un an. Dans ses nouvelles projections publiées en juin, la BCE anticipe désormais une inflation moyenne de 3 % en 2026, de 2,3 % en 2027 et de 2 % en 2028.

Pour les tenants de la fermeté monétaire, la crédibilité même de l’institution est en jeu. Beaucoup gardent en mémoire les erreurs commises au début des années 2020, lorsque la poussée inflationniste consécutive à la réouverture des économies après la pandémie puis à la guerre en Ukraine avait été jugée temporaire. Cette appréciation s’était révélée erronée et avait conduit les banques centrales à relever leurs taux dans l’urgence afin de reprendre le contrôle de la dynamique des prix.

Cette analyse est toutefois loin de faire l’unanimité. Plusieurs banquiers centraux et de nombreux économistes demeurent prudents, d’autant que les autres grandes institutions monétaires semblent privilégier l’attentisme. La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux inchangés et la Réserve fédérale américaine devrait, selon toute vraisemblance, adopter la même position lors de sa prochaine réunion.

Les critiques de la décision de Francfort rappellent volontiers les précédents de 2008 et de 2011, lorsque la BCE avait relevé ses taux au moment même où l’économie européenne s’apprêtait à affronter de graves turbulences. Dans les deux cas, l’institution avait été contrainte de revenir rapidement sur ses choix.

Le principal reproche formulé aujourd’hui concerne les conséquences potentielles pour une économie européenne déjà peu dynamique. Un durcissement des conditions de financement risque de peser davantage sur la consommation des ménages et sur les investissements des entreprises, alors même que ceux-ci subissent déjà les effets de la hausse des coûts énergétiques. Plusieurs économistes estiment par ailleurs que les nouvelles prévisions de la BCE surestiment les tensions inflationnistes futures tout en demeurant optimistes sur les perspectives de croissance.

Christine Lagarde a écarté ces critiques avec fermeté. Selon elle, le véritable danger aurait été de ne pas agir. Tolérer une inflation durablement supérieure à la cible aurait rendu son retour vers la stabilité beaucoup plus coûteux par la suite. La présidente de la BCE a souligné que l’économie européenne, malgré son ralentissement, ne se trouvait pas dans une situation de récession imminente susceptible de justifier l’inaction.

La banque centrale s’est en revanche gardée de toute indication précise concernant les prochaines réunions. Fidèle à sa doctrine actuelle, Christine Lagarde a rappelé que les décisions continueraient d’être prises au fil des données économiques disponibles et qu’aucune trajectoire prédéfinie des taux n’avait été arrêtée. Elle n’a cependant pas exclu la possibilité de nouveaux relèvements.

Cette prudence dans la communication laisse les observateurs spéculer sur la suite. Le ton adopté par la BCE ainsi que les nouvelles projections économiques maintiennent ouverte l’hypothèse d’un nouveau tour de vis dès le mois de juillet, même si le scénario d’une intervention en septembre paraît plus probable. Les marchés financiers partagent cette lecture, les contrats à terme valorisant environ une chance sur trois d’une nouvelle hausse lors de la prochaine réunion et considérant comme quasiment certaine une intervention supplémentaire avant l’automne.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
12 juin 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 350,87+1,61 %8 149,507 380,74
Dow Jones51 202,26+0,56 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 431,46+0,49 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite25 888,84+0,58 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 612,56-0,69 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 471,72 +1,00 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 178,79+1,97 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)66 020,04-0,61 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 030,41-0,69 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,635 %-0,060 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,995 %-0,044 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,477 %-0,066 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1572-0,46 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 214,30-6,81 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars86,88-6,26 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars63 722,9510 +3,13 %87 566,440693 776,61

Selon le service statistique du Ministère de l’Emploi, la DARES, les dispositifs de participation, d’intéressement et d’épargne collective ont continué, en 2024,  à gagner du terrain et confirmer leur statut de troisième pilier de la rémunération, aux côtés du salaire direct et de la protection sociale.

En France, 10,6 millions de salariés du secteur privé non agricole sont désormais couverts par au moins un dispositif d’épargne salariale, soit 54 % des salariés (hausse de 1,8 point en un an). En 2020, la couverture concernait un peu plus de la moitié des effectifs des grandes entreprises mais demeurait limitée dans les PME. Depuis, la progression est régulière, portée à la fois par les évolutions réglementaires et par la volonté des entreprises de fidéliser leurs collaborateurs dans un environnement de recrutement plus concurrentiel.

La loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur a joué un rôle non négligeable. Son objectif était clair : démocratiser l’accès aux mécanismes d’épargne salariale et simplifier leur mise en œuvre. Tous les dispositifs ont progressé en 2024. Le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) demeure le plus répandu avec 45,4 % des salariés couverts. La participation concerne 39,3 % des salariés et l’intéressement 35,6 %. Quant aux dispositifs d’épargne retraite collective, ils atteignent désormais 28,4 % des salariés, témoignant de l’enracinement progressif de la préparation de la retraite au sein des entreprises.

Cette montée en puissance ne doit cependant pas masquer de profondes fractures. L’épargne salariale reste d’abord une réalité des grandes entreprises. Dans les sociétés de moins de 10 salariés, seuls 19,8 % des salariés sont couverts par au moins un dispositif. À l’inverse, ce taux atteint 61,8 % dans les entreprises de 10 salariés ou plus et dépasse même 89 % dans les entreprises employant plus de 1 000 personnes.

La diffusion de l’épargne salariale varie d’un secteur à l’autre. Dans l’hébergement-restauration, seulement un quart des salariés bénéficie d’un dispositif d’épargne salariale. À l’opposé, dans les activités financières et d’assurance, plus de huit salariés sur dix sont couverts. Cette opposition reflète les écarts de rentabilité, de structure du capital et de tradition sociale entre les secteurs. Là où les marges sont faibles et les effectifs fragmentés, le partage de la valeur reste difficile à organiser. Là où les profits sont élevés et les ressources humaines stratégiques, il devient un outil essentiel de gestion.

L’épargne salariale demeure également fortement corrélée au niveau de rémunération. Dans les entreprises où le salaire moyen dépasse le septième décile de la distribution salariale, plus de 70 % des salariés sont couverts. À l’inverse, dans celles où les rémunérations sont les plus faibles, la couverture tombe à environ 26 %.

L’année 2024 se distingue également par une forte hausse des montants distribués. Les entreprises ont versé 27,2 milliards d’euros bruts au titre de l’épargne salariale, contre 26,1 milliards environ l’année précédente. Ce montant constitue un record historique. Il représente près de 4,5 % de la masse salariale des bénéficiaires.

Neuf millions de salariés ont perçu au moins une prime de participation, d’intéressement ou un abondement sur leur plan d’épargne. Ils représentent 46 % de l’ensemble des salariés du secteur privé non agricole et plus de 85 % des salariés couverts par un dispositif. La participation demeure le principal mécanisme de redistribution. Les sommes versées atteignent 11,4 milliards d’euros pour 5,8 millions de bénéficiaires. La prime moyenne ressort à 1 959 euros. Ces montants représentent 4,4 % de la masse salariale des salariés concernés.

L’intéressement a connu, en 2024, une forte croissance. Les sommes distribuées atteignent près de 11,9 milliards d’euros, en hausse de 2,4 % sur un an. Plus de 5,6 millions de salariés en bénéficient. La prime moyenne s’élève à 2 130 euros, un niveau supérieur à celui observé pour la participation. À la différence de cette dernière, l’intéressement repose davantage sur la performance et les objectifs de l’entreprise que sur le résultat comptable stricto sensu. Il est devenu un instrument privilégié pour associer les salariés à la réussite économique de leur employeur.

Les plans d’épargne constituent le second moteur de cette progression. Les abondements versés par les entreprises sur les PEE atteignent 2,16 milliards d’euros. Ceux destinés aux plans d’épargne retraite collective représentent près de 860 millions d’euros. Au total, plus de 3,5 millions de salariés bénéficient d’un abondement de leur employeur.

La transformation engagée par la loi Pacte se poursuit également. Le PER d’entreprise collectif remplace progressivement l’ancien Perco. Désormais, près d’un salarié sur trois est couvert par un dispositif d’épargne retraite collective.

Depuis la crise inflationniste de 2022, un nouvel acteur s’est invité dans le paysage du partage de la valeur : la Prime de Partage de la Valeur (PPV), héritière de la « prime Macron ». Initialement conçue comme un dispositif exceptionnel de soutien au pouvoir d’achat, elle tend à s’inscrire durablement dans les politiques de rémunération des entreprises.

Au-delà des versements volontaires des salariés, des primes d’intéressement ou de participation réinvesties, la Prime de Partage de la Valeur (PPV) alimente de plus en plus les dispositifs d’épargne collective. Dans les PEE, elle représente déjà 1 % des flux versés ; dans les dispositifs d’épargne retraite collective, sa part atteint 0,5 %.  Ces proportions peuvent sembler modestes, mais elles traduisent une évolution structurelle. Pour information, en 2024, 6,8 millions de salariés ont bénéficié d’une PPV. Le montant total distribué a atteint près de 5 milliards d’euros. La prime moyenne s’est établie autour de 700 euros par bénéficiaire.

En moyenne, l’ensemble des dispositifs d’épargne salariale procure un complément annuel de rémunération de 3 113 euros bruts par personne. Cette somme représente 7,1 % de la masse salariale des bénéficiaires et 4,3 % de la masse salariale totale. Dans un contexte où le pouvoir d’achat demeure au cœur des préoccupations des ménages, l’épargne salariale constitue un levier important de redistribution des gains de productivité et des profits.

Le Coin des Epargnants du 22 mai 2026 : les investisseurs veulent croire à la paix

Après quatre semaines de recul hebdomadaire, le CAC 40 a renoué avec la hausse cette semaine, avec un gain de plus de 2,2 %. Les investisseurs souhaitent croire possible une solution diplomatique dans les prochaines semaines. Les autres grands indices européens ont également bénéficié de ce regain d’optimisme. Les indices américains ont continué leur marche en avant et ont battu, cette semaine, de nouveaux records.

Les Émirats arabes unis exercent une pression insistante sur les États-Unis afin qu’une sortie de crise puisse rapidement intervenir. Ils sont appuyés dans leur démarche par l’Arabie saoudite et le Qatar. Les trois alliés de Washington auraient demandé à Donald Trump de laisser une chance aux négociations avec Téhéran, par crainte d’une reprise des frappes et d’une riposte iranienne. Les stocks d’uranium iranien et le détroit d’Ormuz constituent toujours les points de friction entre les protagonistes. Au sujet des négociations, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a parlé de « quelques bons signes ».

L’autre soutien aux cours boursiers vient de l’intelligence artificielle. Les investisseurs ont plébiscité cette semaine les sociétés fabriquant des microprocesseurs et celles en charge des infrastructures (datacenters et énergie).

Les taux obligataires ont légèrement reflué, en fin de semaine, en Europe et aux États-Unis, après avoir connu une forte augmentation en raison des craintes des investisseurs d’un emballement de l’inflation. L’équipe de Donald Trump suivrait avec attention l’évolution des taux.

 Résultats
22 mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 115,75+2,21 %8 149,507 380,74
Dow Jones50 579,70+2,16 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 473,47+1,01 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 343,97+0,56 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 928,39+3,91 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 466,26+2,66 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 825,65-1,45 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)63 339,07 +1,05 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 112,90-2,45 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,817 %-0,141 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,042 %-0,121 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,586 %+0,002 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1601 -1,20 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 518,47-4,24 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars103,46 -5,14 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars76 736,6470-2,74 %87 566,440693 776,61

À l’approche du sommet Choose France du 1er juin, la France peut s’enorgueillir de rester le premier pays d’accueil des investisseurs internationaux en Europe.

Selon le baromètre annuel publié par le cabinet EY, la France conserve, en effet en 2025 sa position de première destination européenne pour les projets d’investissements internationaux, et ce pour la septième année consécutive, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. La France continue notamment de capter des investissements dans des secteurs considérés comme stratégiques : intelligence artificielle, défense, énergies décarbonées ou technologies de pointe. Les projets annoncés devraient permettre la création d’environ 28 000 emplois, un chiffre jugé encourageant alors que le chômage est repassé au-dessus du seuil des 8 %.

Dans un environnement dominé par les tensions commerciales, les conflits militaires et le durcissement des politiques industrielles, les décisions d’implantation ou d’extension ont  reculé en 2025. Avec 852 projets recensés, la baisse atteint 17 % sur un an, après déjà un exercice 2024 peu dynamique. Depuis 2022, le recul dépasse désormais 30 %, ramenant le volume des investissements à son niveau le plus faible depuis 2017. La contraction est particulièrement visible du côté des investisseurs américains. Pour la deuxième année consécutive, les entreprises des États-Unis ont réduit leurs projets en France, avec une diminution de 14 % par rapport à 2024. Elles demeurent néanmoins les premiers investisseurs étrangers dans l’Hexagone. Les groupes allemands ont, eux aussi, fortement ralenti leurs engagements, avec une chute de 26 %.

Cette dégradation reflète les difficultés rencontrées par plusieurs grands secteurs industriels français, notamment l’automobile, la chimie et la pharmacie. L’industrie concentre toujours près de 42 % des investissements accueillis dans le pays, mais le nombre de projets y a diminué de 15 % en un an. Les mesures protectionnistes américaines, notamment les droits de douane instaurés par Donald Trump, ont accentué les tensions pesant sur les chaînes de valeur industrielles européennes. L’instabilité politique en France, depuis 2024 et la proximité de l’élection présidentielle de 2027, refroidissent les ardeurs des investisseurs tout comme les difficultés budgétaires du pays qui peuvent déboucher sur une hausse des prélèvements.

Plus largement, le ralentissement français s’inscrit dans un affaiblissement global de l’attractivité européenne. Le Royaume-Uni a vu le nombre de projets internationaux reculer de 14 %, à 730 opérations, tandis que l’Allemagne enregistrait une baisse de 10 %, à 548 projets, sur fond de crise industrielle persistante. Coincée entre la puissance industrielle chinoise et les politiques de réindustrialisation américaines, l’Europe souffre d’une croissance atone depuis plusieurs années. Les groupes américains, fortement incités à investir sur leur marché domestique, réduisent désormais nettement leurs engagements sur le Vieux Continent.

En Europe, les projets de créations de nouveaux sites par des investisseurs internationaux ont reculé de 25 % en 2025, contre une baisse de 16 % au niveau mondial et de 13 % en Amérique du Nord. Si le recul global des investissements internationaux en Europe reste limité à 7 %, c’est essentiellement grâce à des pays plus compétitifs comme l’Espagne, la Pologne, la Roumanie ou la Turquie, qui bénéficient de coûts de production plus faibles, d’un cadre réglementaire plus souple et de politiques d’incitation ciblées.

La véritable rupture remonte à 2022, avec la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine. Depuis lors, les investissements industriels en France, en Allemagne et au Royaume-Uni subissent durablement les conséquences de la hausse des coûts énergétiques et de l’érosion de la compétitivité européenne.

En France, la dynamique actuelle repose principalement sur l’extension de sites déjà existants, qui représentent près de 62 % des projets recensés. En revanche, le pays peine davantage à attirer de nouveaux acteurs internationaux. Cette structure explique pourquoi les investissements génèrent relativement moins d’emplois que dans d’autres économies. En 2025, la baisse limitée des créations de postes (-4 %) malgré le recul de 17 % des projets s’explique notamment par quelques opérations logistiques de grande ampleur, dont plusieurs plateformes développées par Amazon. Le constat est plus préoccupant encore dans les activités à forte valeur ajoutée. Dans la compétition pour l’accueil des sièges sociaux internationaux, la France reste distancée par le Royaume-Uni, notamment dans les secteurs de la finance et des technologies. Surtout, les investissements en recherche et développement — déterminants pour l’innovation future — ont chuté de 47 % dans l’Hexagone, dans un mouvement observé à l’échelle européenne où le recul atteint environ 40 %.

Les perspectives pour 2026 demeurent toutefois fragiles. Les tensions au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les prix de l’énergie constituent une menace directe pour la croissance européenne et française. D’après l’enquête réalisée par EY, 57 % des entreprises internationales interrogées envisagent encore un investissement en France. Ce taux demeure néanmoins inférieur à celui observé un an auparavant, où il atteignait 62 %. Les investisseurs semblent ainsi partagés entre la reconnaissance des atouts structurels de la France — qualité des infrastructures, compétences, position géographique, filières technologiques — et les inquiétudes liées à la faiblesse de la croissance européenne, à l’instabilité politique et aux incertitudes fiscales. À moins d’un an de l’élection présidentielle, une large majorité des dirigeants interrogés ne croit d’ailleurs pas à une amélioration rapide de la situation économique et politique française dans les prochaines années.

Le patrimoine financier brut des ménages français atteint, selon l’étude de la Banque de France, « Epargne et Patrimoine financiers des ménages – T4 2025 » publiée le 20 mai 2026, un niveau historique de 6 590,5 milliards d’euros à la fin de l’année 2025, contre 6 415,3 milliards un an plus tôt, soit une progression de 175,2 milliards d’euros en douze mois. Ce montant représente près de deux fois et demie le produit intérieur brut national. Cette progression ne provient pas seulement des effets de valorisation boursière. Sur les 175,2 milliards d’euros supplémentaires enregistrés en 2025, 128,4 milliards résultent directement de nouveaux flux d’épargne financière tandis que 46,8 milliards proviennent des effets de réévaluation des actifs et des autres variations de volume.

Un niveau d’épargne exceptionnel

Les ménages ont maintenu en 2025 un niveau d’épargne exceptionnellement élevé. L’épargne brute, la part du revenu disponible qui n’est pas consommée, a atteint 353 milliards d’euros après 348,8 milliards en 2024. Ce niveau est très supérieur à la moyenne observée avant la crise sanitaire. Le taux d’épargne des ménages français s’élève à 18 % du revenu disponible brut contre 14,9 % dans la zone euro. Même au quatrième trimestre 2025, période marquée logiquement par la hausse des dépenses, le taux d’épargne français s’est élevé à 17,5 %, soit plus de trois points au-dessus de la moyenne européenne. Cette singularité française traduit à la fois une capacité d’épargne élevée et une inquiétude persistante face à l’avenir.

Les flux de placements financiers demeurent eux aussi considérables avec 128,4 milliards d’euros en 2025, quasiment au même niveau que les 129,3 milliards de 2024. Derrière cette stabilité globale se cache toutefois une profonde recomposition des comportements patrimoniaux.

Moins d’épargne réglementée, plus d’assurance vie, de dépôts à vue et de numéraire

Le premier enseignement du document de la Banque de France est le net recul des dépôts bancaires rémunérés. Ceux-ci enregistrent un flux négatif de 1,4 milliard d’euros en 2025 après une collecte positive de 33,9 milliards en 2024. Ce retournement provient principalement de l’épargne réglementée. Le Livret A, le LDDS et le LEP subissent ensemble une décollecte nette de 8,2 milliards d’euros après avoir encore attiré 20,1 milliards en 2024. La baisse progressive des taux réglementés a réduit leur attractivité. Les ménages réorientent une partie de leur épargne vers des supports plus rémunérateurs. En revanche, les comptes à terme et livrets ordinaires restent positifs avec 6,8 milliards d’euros de collecte, contre 13,8 milliards en 2024.

Paradoxalement, alors même que les produits réglementés se contractent, les ménages augmentent leurs encaisses liquides. Les flux de numéraire et dépôts à vue atteignent 21,3 milliards d’euros en 2025 après une décollecte de 4,6 milliards en 2024. Les ménages ne font pas l’effort de placer leurs liquidités sur leur livret A considérant qu’il ne rapporte pas assez.  Les encours de numéraires et de dépôts à vue culminent  à 763 milliards d’euros témoignant l’importance donnée à l’épargne de précaution.

L’assurance-vie apparaît comme la grande bénéficiaire des réallocations d’épargne. Les contrats en euros et les droits à pension en euros enregistrent une collecte nette de 47 milliards d’euros en 2025 contre 28,2 milliards en 2024. Les encours atteignent désormais 1 570,6 milliards d’euros. Le redressement des rendements obligataires a permis aux assureurs d’améliorer progressivement la rémunération des fonds euros, redonnant de l’attractivité à ces supports sécurisés. Cette dynamique bénéficie également aux produits de retraite.  Les unités de compte poursuivent également leur progression. Les flux vers l’assurance-vie et les droits à pension en unités de compte atteignent 33,8 milliards d’euros en 2025 après 25,6 milliards l’année précédente. Les encours montent à 606,7 milliards d’euros contre 538,9 milliards un an auparavant. Cette évolution témoigne d’une acceptation plus large du risque financier par les ménages, mais à travers des véhicules collectifs et fiscalement connus et attractifs.

Méfiance persistante vis-à-vis des actions en direct

Les placements en produits de fonds propres restent robustes avec 44,1 milliards d’euros de flux en 2025 après 43,8 milliards en 2024. Mais la structure de ces placements montre la faiblesse persistante de l’actionnariat direct. Les actions cotées détenues directement affichent un flux négatif de 0,5 milliard d’euros après une collecte de 2,6 milliards en 2024. Les ménages restent méfiants à l’égard des marchés actions en direct. En revanche, les actions détenues indirectement via des Organismes de Placements Collectifs (OPC) enregistrent une collecte positive de 7,4 milliards d’euros. Les supports collectifs apparaissent plus rassurants. Quant aux actions non cotées et autres participations, elles attirent encore 3,5 milliards d’euros, portant les encours à plus de 1 507 milliards d’euros. Les OPC monétaires, après avoir retrouvé de l’intérêt avec la remontée des taux courts, ralentissent nettement. Leur collecte tombe à 2,2 milliards d’euros en 2025 contre 8,1 milliards en 2024. Les encours demeurent faibles, à 25,7 milliards d’euros. Les ménages ont utilisé ces supports essentiellement comme solutions temporaires d’attente dans un environnement de taux élevés.

Le patrimoine financier français reste ainsi dominé par les produits de taux. Ceux-ci représentent 3 911 milliards d’euros d’encours à la fin de 2025 contre 2 576 milliards pour les produits de fonds propres. La culture financière française demeure marquée par la recherche de sécurité, même si la diversification progresse lentement.

Un endettement en légère hausse

Dans le même temps, l’endettement des ménages se redresse modérément. Les flux nouveaux d’endettement auprès des institutions financières atteignent 16,6 milliards d’euros en 2025 après seulement 2,9 milliards en 2024. Le mouvement reste limité au regard des standards historiques. La hausse des taux d’intérêt a durablement freiné le crédit immobilier et modifié les comportements d’acquisition.

La France souffre moins d’un manque d’épargne que d’une difficulté à orienter cette épargne vers le financement direct des entreprises productives et de l’investissement de long terme. L’Etat est en partie responsable de cette situation, les produits de court terme comme le Livret A ou le LDDS bénéficiant d’avantages fiscaux conséquents (exonération des prélèvements).

Le Coin des Epargnants du 15 mai 2026 : les marchés face à l’inflation

Le CAC 40 a, pour sa quatrième semaine d’affilée, accusé un recul (-2 %). Il a terminé la semaine sous la barre des 8 000 points et affiche désormais un solde négatif depuis le début de l’année, avec une perte de près de 2,5 %. L’absence d’avancée dans le conflit au Moyen-Orient et les résultats de l’inflation ont contribué à cette baisse hebdomadaire. Les autres grands indices européens ont connu la même évolution. Les indices américains sont, de leur côté, restés stables sur la semaine.

Le pétrole toujours au-dessus des 100 dollars le baril

TotalEnergies figure parmi les rares valeurs dans le vert, portée par la fermeté des prix du pétrole, le Brent évoluant à près de 108 dollars le baril. Depuis Pékin, Donald Trump a d’abord affirmé que les États-Unis pouvaient se passer du détroit d’Ormuz, avant d’en réclamer la réouverture quelques heures plus tard.

Les stocks mondiaux de pétrole se contractent à un rythme record, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’agence craint une forte hausse des cours à l’approche de la période de pointe de la demande estivale. Les stocks mondiaux de pétrole ont diminué de 129 millions de barils en mars et de 117 millions de barils supplémentaires en avril, selon des données préliminaires de l’AIE. Avec le blocage quasi total du détroit d’Ormuz, les pertes cumulées d’approvisionnement des producteurs du Golfe dépassent, depuis le 28 février dernier, le milliard de barils, avec une production à l’arrêt de plus de 14 millions de barils par jour. Depuis 1973, jamais le marché n’avait subi un tel choc d’approvisionnement.

L’annonce, ce vendredi midi, par Téhéran — par la voix du ministre des Affaires étrangères — selon laquelle tous les navires appartenant à des pays qui ne sont pas en guerre contre l’Iran peuvent franchir le détroit d’Ormuz, n’a pas eu d’effet sur le marché.

Inflation aux États-Unis et au Japon

Les dernières données de l’indice américain des prix à la production, publiées cette semaine, montrent une progression de 6 % en avril sur un an (5,2 % hors alimentation et énergie), leur plus haut niveau depuis plus de trois ans, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Selon le Bureau of Labor Statistics, le coût de la vie aux États-Unis a augmenté de 0,6 % en un mois par rapport à mars et de 3,8 % sur un an.

La hausse ne se limite pas aux prix de l’essence et de l’électricité, qui ont progressé de 3,8 % en avril, après le pic de 10,9 % du mois de mars (+17,9 % sur un an). Les prix de l’alimentation augmentent de 3,2 % sur un an, après une stabilisation en mars. Hors énergie et alimentation, l’indice de base des prix à la consommation s’établit à 2,8 % sur un an. Les loyers enregistrent une progression de 3,3 %, les dépenses de santé de 3,2 % et celles liées aux transports de 4,3 %. L’inflation s’élevait à 2,4 % avant le début de la guerre en Iran.

Au Japon, l’indice des prix des biens de consommation interentreprises (CGPI), qui mesure les prix que les entreprises se facturent entre elles, a progressé de 4,9 % en avril sur un an. L’indice des prix à l’importation libellé en yens a bondi de 17,5 % en avril sur un an, sa plus forte hausse depuis décembre 2022. Sur une base mensuelle, les prix de gros ont progressé de 2,3 % en avril, après un gain de 1,0 % en mars. Une hausse des taux directeurs de la part de la Banque du Japon (BoJ) est attendue dans les prochaines semaines. Compte tenu de la volonté du gouvernement de mettre en œuvre un plan de relance, les investisseurs ont procédé à d’importantes ventes sur le marché obligataire, propulsant vendredi le rendement de l’obligation de référence à 10 ans à un sommet de 29 ans, à 2,665 %.

Forte remontée des taux obligataires

Les investisseurs, craignant une inflation durable, ont provoqué une forte hausse des taux obligataires. Le taux de l’OAT à 10 ans avoisine désormais les 4 %, alors qu’il s’élevait à 3,2 % avant le début du conflit au Moyen-Orient. Le taux de son équivalent américain dépasse, quant à lui, les 4,5 %. Il est à souligner que, cette semaine, le taux français est repassé au-dessus de celui de l’Italie.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
15 mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 952,55-2,00 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 526,11-0,08 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 408,50+0,31 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 225,14+0,15 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 955,19-1,57 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 174,37-0,45 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 825,65-1,45 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)61 409,29+3,19 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 135,39-0,60 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,958 %+0334 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,163 %+0,153 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,584 %+0,218 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1625 -0,60 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 716,28+2,52 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars108,93-+7,95 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars79 124,5476-1,68 %87 566,440693 776,61

L’équation budgétaire compliquée par la hausse des taux

La remontée des taux d’intérêt complique davantage la tâche du gouvernement dans la conduite de la politique budgétaire. Le vendredi 15 mai, le rendement des obligations françaises à dix ans a atteint un niveau inédit depuis l’été 2009, franchissant en séance le seuil de 3,9 %. Pour retrouver un tel niveau, il fallait remonter au lendemain de la crise financière mondiale de 2008. En l’espace d’une semaine, le taux de l’OAT a progressé de près de 9 %, et de près de 18 % sur trois mois.

Pour le gouvernement, le problème est double : le stock de dette continue de croître et le coût auquel cette dette est refinancée augmente lui aussi rapidement. Au cours du premier trimestre, la charge des intérêts versés par l’État s’est accrue de 6 milliards d’euros.

Le changement de contexte est radical par rapport à la période 2019-2020, durant laquelle les États européens bénéficiaient de conditions de financement exceptionnellement favorables. Les taux d’intérêt étaient alors proches de zéro, voire négatifs, permettant à la France d’emprunter à très faible coût.

La situation française ne résulte cependant pas uniquement de facteurs internes. Certes, les tensions politiques apparues après la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 avaient provoqué une hausse spécifique de la prime de risque française. Depuis lors, cette défiance s’est partiellement résorbée. La hausse actuelle des taux s’inscrit avant tout dans un mouvement international lié aux tensions géopolitiques et aux anticipations inflationnistes.

Le conflit engagé au Moyen-Orient par Israël et les États-Unis a entraîné une forte augmentation des prix de l’énergie. Depuis plusieurs semaines, le baril de Brent oscille entre 100 et 115 dollars. Le 15 mai, il évoluait autour de 108 dollars, tandis que les marchés anticipent désormais des cours durablement élevés dans les prochains mois.

La prolongation du conflit nourrit les craintes d’un retour durable de l’inflation à l’échelle mondiale. Les investisseurs considèrent que les banques centrales pourraient être contraintes de maintenir des politiques monétaires restrictives plus longtemps que prévu. Cette perspective entraîne une hausse généralisée des rendements obligataires sur les grandes places financières.

Les tensions ne concernent pas uniquement la France. Au Japon, les obligations d’État à trente ans ont franchi les 4 %, un niveau inédit depuis la fin des années 1990. Aux États-Unis, le rendement des titres du Trésor à deux ans a dépassé 4 %, retrouvant des sommets observés pour la dernière fois en 2025. Au Royaume-Uni, l’instabilité politique consécutive aux difficultés du gouvernement travailliste a accentué la méfiance des investisseurs, propulsant le taux à trente ans à des niveaux inconnus depuis la fin des années 1990.

Dans ce contexte international dégradé, la France apparaît néanmoins parmi les économies les plus exposées en raison du niveau élevé de son endettement public. Depuis un an, elle figure parmi les pays européens où le coût marginal de la dette a le plus progressé. Situation symbolique du retournement des perceptions financières : Paris doit désormais rémunérer ses emprunts à des conditions moins favorables que certains pays du sud de l’Europe naguère considérés comme fragiles, comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal ou encore la Grèce.

Cette tension sur les marchés obligataires dépasse toutefois largement le seul cas français. À l’échelle mondiale, l’endettement public et privé continue de progresser à des niveaux records. Selon les estimations de l’Institute of International Finance, il atteignait près de 353 000 milliards de dollars à la fin du premier trimestre 2026, illustrant la dépendance croissante des économies mondiales au financement par la dette.

La Grèce : un exemple pour l’Europe

Après avoir été au bord de la banqueroute au début des années 2010, la Grèce pourrait, dans les prochains mois, perdre son statut de pays le plus endetté de l’Union européenne. Dimitris Tsakonas, directeur de l’Agence grecque de gestion de la dette publique, a évoqué publiquement cette évolution lors d’une récente conférence organisée par la chambre de commerce hellénique. Selon les estimations avancées par les autorités grecques, le ratio de dette publique rapporté au produit intérieur brut pourrait tomber autour de 137 % dès la fin de l’année 2026, soit un niveau inférieur à celui attendu pour l’Italie. Cette décrue se poursuivrait ensuite progressivement, avec une dette ramenée à 130 % du PIB en 2027, puis autour de 120 % en 2029, avant d’approcher le seuil des 100 % au début des années 2030. La France serait alors plus endettée que la Grèce.

La réduction de la dette publique grecque constitue un réel exploit. En 2020, la dette grecque dépassait encore 210 % du PIB. Depuis plusieurs années, Athènes enregistre des performances budgétaires rares au sein de la zone euro. Les finances publiques grecques dégagent désormais des excédents, favorisant une réduction rapide du poids apparent de la dette.

Au titre de l’exercice 2025, le gouvernement grec a annoncé un excédent primaire proche de 5 % du PIB, tandis que le solde budgétaire global, intérêts de la dette compris, est également redevenu positif. Cette amélioration a permis à Athènes d’engager un nouveau remboursement anticipé d’une partie des prêts accordés au début des années 2010 par ses partenaires européens. Les autorités grecques soulignent également plusieurs éléments favorables : l’État dispose d’importantes réserves de trésorerie, tandis que la maturité moyenne de la dette dépasse dix-huit ans, avec une large proportion d’emprunts à taux fixe. Cette structure protège en partie le pays contre les tensions actuelles sur les marchés obligataires.

La consolidation budgétaire grecque repose largement sur une forte discipline des dépenses publiques, mais aussi sur les effets de l’inflation. Depuis la crise énergétique de 2022, la hausse des prix reste soutenue dans le pays et s’est même accélérée récemment sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. L’inflation produit un effet mécanique favorable sur les ratios d’endettement : la progression des prix augmente la valeur nominale du PIB, ce qui réduit le poids relatif de la dette sans que celle-ci diminue nécessairement en valeur absolue. L’encours de dette grecque demeure supérieur à celui observé avant la pandémie, atteignant environ 363 milliards d’euros fin 2025, contre 339 milliards en 2019.

L’amélioration des finances publiques provient également de la forte progression des recettes fiscales. La hausse des prix alimente automatiquement les rentrées de TVA, tandis que l’absence d’indexation complète du barème de l’impôt sur le revenu accroît la pression fiscale réelle sur les ménages. Cette situation pèse directement sur le pouvoir d’achat des Grecs. Dans de nombreux secteurs, les salaires progressent moins rapidement que le coût de la vie, notamment pour le logement et l’alimentation. Une grande partie des salariés du secteur privé perçoit moins de 1 000 euros nets par mois. Selon les données statistiques nationales et européennes, plus d’un quart de la population demeure exposé au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale.

Le Coin des Epargnants du 8 mai 2026 : la volatilité gagnante ?

Les marchés continuent de fluctuer au gré des évènements au Moyen-Orient. Les indices actions ont été dopés par les déclarations, en début de semaine, du président Donald Trump indiquant que le temps de la guerre était fini, déclarations contredites par les tirs croisés de missiles en fin de semaine. Les cours des actions restent bien orientés, voire très bien orientés. La volatilité demeure forte mais n’empêche pas la progression des principaux indices. Les investisseurs estiment que les actions constituent de bons remparts face à l’inflation et que les effets du blocage du détroit d’Ormuz resteront limités.

Le CAC 40 est resté stable sur la semaine, à 8 112 points. L’Euro Stoxx 50, comprenant les 50 premières valeurs européennes, a progressé de plus de 2,5 % en une semaine. Le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont encore battu de nouveaux records cette semaine. Le premier a augmenté de plus de 2 % et le second de plus de 4 %.

Jeudi 7 mai, Donald Trump a une nouvelle fois menacé l’Europe de relever les droits de douane, considérant que l’Union ne respectait pas les engagements pris en 2025 dans le cadre de l’accord commercial. Ce dernier n’a pas encore été ratifié par le Parlement ; sa discussion avait été ajournée au moment de la crise portant sur le Groenland. Elle a repris récemment. Donald Trump a précisé, en parlant de l’Union : « J’ai accepté de lui donner jusqu’au 250e anniversaire de notre pays, faute de quoi, malheureusement, leurs droits de douane augmenteraient considérablement. »

À Wall Street, la Bourse a accueilli favorablement la publication des derniers chiffres officiels de l’emploi aux États-Unis, avec des créations de postes supérieures aux attentes en avril, sans inflation salariale. En avril, 115 000 postes ont été créés aux États-Unis dans le secteur non agricole alors que le consensus Bloomberg tablait sur un niveau de 62 000. Le taux de chômage ressort à 4,3 % de la population active, comme attendu. Les salaires ont augmenté de 3,6 % sur un an, soit moins que les 3,8 % anticipés. Le secteur de la santé a été le plus dynamique avec 37 000 nouveaux emplois, même si de nombreux autres secteurs ont également enregistré des créations de postes, à l’image du transport (30 000). En revanche, celui des services informatiques et de la technologie a enregistré une perte nette de 13 000 emplois, soit un total de 342 000 depuis novembre 2022, en raison du développement de l’intelligence artificielle, soit un recul de 11 % sur la période, selon les chiffres publiés par le Bureau of Labor Statistics (BLS). En revanche, les chiffres de février et de mars ont été revus respectivement à la baisse de 23 000 et à la hausse de 7 000.

L’économie américaine aurait créé 304 000 emplois en ce début d’année, mais le nombre de personnes se déclarant employées aurait baissé de près de 1,4 million, ce qui peut apparaître incohérent. Les reconduites à la frontière des immigrés en situation illégale peuvent expliquer ces résultats. En cas de poursuite de la guerre, une dégradation du marché de l’emploi pourrait survenir outre-Atlantique.

Dans ce contexte, le cours du pétrole a varié de 95 à 115 dollars. Il a terminé la semaine autour de 100 dollars, en recul de 10 % par rapport à la précédente.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
8 mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 112,57-0,2 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 609,16+0,22 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 398,93+2,24 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite26 247,08+4,20 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 307,42 +1,76 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 233,07-1,26 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 911,53+2,55 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)62 713,65+4,67 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 179,95+2,25 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,624 %-0,015 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,008 %+0,014 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,366 %+0,059 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1774+0,49 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 716,28+2,52 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars101,45-10,76  %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars79 744,6809+2,05 %87 566,440693 776,61

Au milieu du mois de juillet prochain, le nouveau gouverneur de la Banque de France, qui devrait être, sous réserve de confirmation, Emmanuel Moulin, devra faire sa recommandation pour le taux du Livret A/LDDS et celui du Livret d’Épargne Populaire. Cette annonce sera d’autant plus attendue que, depuis la dernière fixation, le 1er février dernier, l’inflation est repartie à la hausse. Le taux actuel de 1,5 % pourrait être ainsi revu à la hausse.

L’application de la formule : un taux du Livret A à 1,8 % ?

Selon la formule du Livret A, en vigueur depuis 2021, le rendement de ce dernier est égal à la moyenne de l’inflation hors tabac du semestre précédent en rythme annuel et du taux moyen ester durant la même période, divisée par deux.

L’inflation a été basse en janvier et février, à respectivement 0,3 % et 0,9 %. Elle n’a commencé à augmenter qu’en mars (+1,7 %) et en avril (+2,2 %). Elle pourrait se situer autour de 3 % en mai et en juin.

Le taux moyen d’inflation se situerait, au cours du premier semestre, autour de 1,8 %. De son côté, le taux ester, au cours des quatre premiers mois, s’élevait à 1,9 %. Un relèvement des taux directeurs de la BCE ne l’affecterait que pour le mois de juin, la décision intervenant lors de la réunion du comité de politique monétaire, fin mai. L’effet serait minime. Le taux moyen devrait donc se situer sur le semestre autour de 1,93 à 1,98 %. La moyenne de ces deux taux devrait donc se situer autour de 1,8 %.

Quelle sera la recommandation du nouveau gouverneur de la Banque de France ?

À la mi-juillet, le nouveau gouverneur de la Banque de France devra communiquer au ministre de l’Économie ses propositions de taux. Néanmoins, en vertu de l’arrêté de 2021, il peut proposer de déroger aux taux issus de la formule en cas de circonstances exceptionnelles. De 2023 à 2025, la formule n’avait pas été appliquée (revalorisation plus faible et gel). La fixation des taux pour le 1er août sera d’autant plus scrutée qu’elle constituera l’une des premières actions du nouveau gouverneur.

Économiquement, le gouverneur pourrait estimer que la hausse des prix est purement conjoncturelle et que, pour le moment, elle ne se diffuse pas. L’inflation générée par la guerre au Moyen-Orient ne résulte, pour le moment, que de l’énergie, quand celle liée à la guerre en Ukraine concernait également les produits agricoles et certains produits industriels.

Si, en juillet, une solution diplomatique est trouvée entre l’Iran et les États-Unis, une baisse du cours du pétrole devrait rapidement intervenir et faire baisser la pression inflationniste. Dans ce contexte, le gouverneur pourrait juger inutile de relever le taux, sachant qu’en février 2027, à quelques semaines de l’élection présidentielle, il sera plus difficile de le baisser.

En outre, une hausse du taux du Livret A renchérirait le coût des crédits aux bailleurs sociaux au moment où le gouvernement souhaite relancer la construction. Par ailleurs, une hausse du taux du Livret A serait une incitation au relèvement des taux de crédit des banques. Or, le gouvernement souhaite avant tout une reprise de l’investissement et n’entend pas encourager l’épargne de précaution afin de ne pas pénaliser la consommation.

Peu ou pas de revalorisation du taux du Livret A et un taux du LEP à 3 %

La fixation du taux du Livret A n’obéit pas qu’à des considérations économiques et financières ; elle obéit également à des considérations éminemment politiques. Le gouvernement devra tenir compte du contexte politique et social à la fin du premier semestre. Si l’inflation accélère, autour de 3 %, et si le conflit au Moyen-Orient perdure, il lui sera difficile de maintenir à 1,5 % le taux du Livret A. Il pourrait être conduit à le relever à 1,8 %/2 %. Le nouveau gouverneur souhaitera-t-il adopter une posture rigoureuse en ce début de mandat ou privilégier le pouvoir d’achat des épargnants ?

Il pourrait certes faire une recommandation en distinguant le cas du Livret A de celui du LEP. Le taux du premier serait peu ou pas revalorisé quand celui du LEP serait augmenté, sachant qu’il est au moins égal à l’inflation ou à 0,5 point au-dessus du taux du Livret A si ce dernier taux est plus avantageux. Le taux du LEP pourrait ainsi passer à 3 %.

Le Coin des Epargnants du 1er mai 2026 : des marchés en mode résilience en attendant la hausse des taux directeurs

Un mois d’avril étonnant

Au mois d’avril, les marchés actions ont récupéré une grande partie du terrain cédé en mars. Malgré les incertitudes sur l’évolution du conflit au Moyen Orient, les investisseurs demeurent positifs aidés en cela par les bons résultats des entreprises lors du premier trimestre. Le ralentissement de la croissance de l’économie mondiale ne les inquiète pour le moment que modérément. Il est possible qu’au cours du mois de mai des ajustements interviennent surtout si le conflit était amené à s’aggraver ou à perdurer.

Le CAC 40 reste néanmoins à la traine en raison de la plus forte exposition des entreprises française aux marchés du Moyen Orient.

Les indices « actions » américains ont connu des croissances à deux chiffres en avril avec à la clef de nouveaux records. Le Nasdaq a gagné près de 20 % en un mois et le SP 500 plus de 16 %

Après avoir atteint 126 dollars dans la journée du 30 avril après les déclarations de Donal Trump indiquant que le blocus du détroit d’Ormuz pouvait se prolonger, le baril de pétrole (Brent) a légèrement baissé en fin de semaine pour revenir autour de 115 dollars.

Vers un relèvement des taux directeurs

Après la Banque du Japon mardi, la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine mercredi et la Banque d’Angleterre jeudi matin, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas changer ses taux directeurs lors de la réunion de son comité de politique monétaire du jeudi 30 avril. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 % mais elle a préparé les investisseurs à une éventuelle modification pour la prochaine réunion. « Si les informations disponibles correspondent globalement à la précédente évaluation des perspectives d’inflation par le Conseil des gouverneurs, les risques à la hausse sur l’inflation et les risques à la baisse sur la croissance se sont intensifiés », explique la BCE dans son communiqué.

Au sein de la zone euro, l’inflation s’est établie à 3 % en avril, son plus haut niveau depuis septembre 2023, après avoir atteint 2,6 % en mars. Néanmoins, l’inflation sous-jacente – qui exclut l’énergie, les produits alimentaires, l’alcool et le tabac – est tombée à 2,2 %.

Compte tenu de l’absence de visibilité sur la résolution du conflit, les pressions inflationnistes risquent de s’accentuer. Les investisseurs intègrent désormais un blocage prolongé du détroit d’Ormuz avec le maintien d’un cours de pétrole élevé. Dans ce contexte, le baril de Brent a même brièvement dépassé 126 dollars jeudi 30 avril, son plus haut niveau non seulement depuis le début du conflit avec l’Iran mais aussi depuis début 2022. Les économistes travaillent désormais sur des hypothèses d’un pétrole cher durant toute l’année. Et les économistes font tourner leurs modèles. La banque Goldman Sachs qui anticipait

Pour l’institution de Francfort, la situation est extrêmement délicate. La croissance européenne est en panne. Le PIB de la zone euro n’a progressé que de 0,1 % au premier trimestre, un rythme inférieur aux attentes des économistes. Quant aux derniers indices PMI des directeurs d’achats, ils montrent que l’activité économique en zone euro s’est contractée en avril pour la première fois en seize mois. Les pressions stagflationnistes augmentent « Plus la guerre se prolongera et plus les prix de l’énergie resteront longtemps à des niveaux élevés, plus l’incidence probable sur l’inflation globale et l’économie sera forte », a indiqué la BCE dans son communiqué.

L’enquête de la BCE sur les conditions des prêts bancaires (bank lending survey) au premier trimestre 2026 révèle déjà un durcissement des critères de crédit pour les prêts à la consommation et aux entreprises, ainsi qu’une diminution de la demande de nouveaux prêts. La BCE n’a pas eu besoin de remonter ses taux pour que les conditions monétaires se durcissent en zone euro. Il lui a suffi d’infléchir son discours pour que les marchés intègrent de futures hausses de taux, deux d’ici à la fin de l’année. Les taux à long terme sont orientés à la hausse depuis le début du conflit. En Allemagne, les taux à 10 ans sont passés de 2,64 % à plus de 3 %. En France, ils ont sont passés de 3,2 à 3,7 %.

L’OPEP sous tension

Les pays du Golfe sont confrontés à une crise sans précédent avec le blocage du détroit d’Ormuz qui les empêche d’exporter en grande partie leurs hydrocarbures et de recevoir les importations en produits alimentaires ou industriels. A cela s’ajoutent des tensions de plus en plus marquées au sein de l’OPEP, tensions qui se sont traduites, mardi 28 avril, par le départ des Emirats Arabes Unis. Leur départ est effectif depuis le 1er mai. Les Emirats contestaient depuis de nombreux mois la gestion des quotas par l’organisation et plus particulièrement par l’Arabie saoudite. Les Emirats tout comme l’Iran et certains pays africains réclamaient un assouplissement des quotas. Les Emirats qui ont fortement développé leurs capacités de production étaient pénalisés par la stratégie prudente de Riyad, qui privilégiait des prix élevés. L’économie émiratie étant plus diversifiée que celle de l’Arabie saoudite  a un besoin beaucoup moins impératif de maintenir un prix du baril élevé. La production émiratie a constamment progressé, ces dernières années, pour atteindre 3,6 millions de barils par jour mais sa capacité réelle s’élève en fait à 4,85 millions de barils par jour, avec un objectif de 5 millions à 2027, grâce à la politique d’investissements de la compagnie nationale Adnoc.

Les Emirats Arabes Unis était membre fondateur de l’OPEP qui a été créé en 1961. L’organisation avait réussi à changer les règles du marché en fixant des prix et en contribuant à la reprise de contrôle de la production par les Etats membres. En 1973, l’organisation est à l’origine du premier choc pétrolier en multipliant le prix du baril par quatre et en instaurant un embargo à l’encontre des Etats jugés proches d’Israël durant le conflit du Kippour. Le départ des Emirats – qui représentent aujourd’hui 13 % des capacités de l’OPEP et 9 % de celles de l’OPEP+ (l’organisation étendue à son partenariat avec la Russie) – marque donc une rupture dans l’organisation du marché pétrolier. Son influence sur le marché sera réduit par le départ des Emirats sachant que d’autres pays sont tentés de les suivre.

Au-delà des seules divergences liées au pétrole, les tensions entre Abou Dhabi et ses partenaires régionaux apparaissent nettement plus structurelles. Depuis le déclenchement du conflit impliquant l’Iran, les Émirats arabes unis ont pris leurs distances avec les instances politiques du monde arabe, n’hésitant pas à en souligner les limites. Exposés en première ligne face aux menaces de Téhéran, ils ont surtout assuré leur sécurité en s’appuyant sur leurs alliés occidentaux, en particulier les États-Unis et plusieurs pays européens. Dans ce contexte, des spéculations récurrentes évoquent une possible sortie des Émirats de la Ligue arabe ainsi que du Conseil de coopération du Golfe, organisation qui regroupe l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, le Qatar et les Émirats, eux-mêmes.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
1er mai 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 114,84-0,53 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 499,27+0,70 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 230,12+0,91 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite25 114,44+1,12 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 272,32+0,68 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 363,93+0,42 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 881,51 -0,03 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)59 513,12+0,28 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 112,16+0,66 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,639 %+0,058 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,994 %+0,034 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,307 %+0,074 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1720-0,14 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 613,26-2,11 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars114,09 +7,44  %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars77 342,1571-0,22 %87 566,440693 776,61

Le Coin des épargnants du 24 avril 2026 – New York bat de nouveaux records

Lors du déclenchement de la guerre en Iran, le 28 février dernier, l’hypothèse d’un conflit de courte durée était communément admise. Certes, un cessez-le-feu a été instauré sur les différents théâtres d’opérations, mais il demeure précaire, tandis que le détroit d’Ormuz est bloqué ou quasi bloqué depuis près de deux mois. L’Iran et son régime ont su résister aux nombreuses vagues de bombardements américains et israéliens.

Les négociations sont âpres, car chacun des adversaires entend en sortir gagnant. Les Américains veulent faire main basse sur l’uranium enrichi, quand les Iraniens réclament la fin des sanctions, qu’elles portent sur leurs avoirs financiers ou sur le pétrole. Ils demandent en outre le contrôle du détroit d’Ormuz, avec la possibilité d’instituer un droit de passage destiné à financer leur reconstruction.

Face à cette guerre qui n’en finit pas, les investisseurs commencent à en intégrer les conséquences sur l’économie et sur les entreprises. Les menaces de pénurie d’hydrocarbures, en particulier de kérosène, commencent à être prises au sérieux. Le baril de Brent reste ainsi largement au-dessus de 100 dollars, en hausse de près de 15 % sur la semaine.

Dans ce contexte, les principaux indices actions européens ont reculé cette semaine, même si un rebond a été constaté vendredi avec la possible reprise des négociations entre les États-Unis et l’Iran. Le CAC 40 a abandonné 3,17 % sur la semaine.

Aux États-Unis, en revanche, les marchés restent bien orientés, portés par l’annonce des résultats des grandes entreprises de haute technologie. Intel a gagné vendredi 24 %, après avoir publié des prévisions de ventes très supérieures aux attentes de Wall Street. Le fabricant américain de semi-conducteurs, longtemps en difficulté, bénéficie du développement massif du calcul lié à l’intelligence artificielle. Ses revenus devraient se situer entre 13,8 et 14,8 milliards de dollars sur le trimestre en cours, au-dessus de la projection moyenne de 13 milliards de dollars des analystes. À Wall Street, le Nasdaq a signé une quatrième semaine de hausse consécutive pour clôturer à un niveau record, tout comme le S&P 500.

En Allemagne, l’éditeur de logiciels SAP a enregistré une forte progression de son cours, portée par une croissance des ventes de ses services cloud supérieure aux estimations. À Paris, Spie s’est illustré avec un gain de 6,4 %, le spécialiste du génie électrique et mécanique ayant enregistré une contraction moins forte qu’attendu de sa production entre janvier et mars.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
24 avril 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 157,82-3,17 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 230,71-0,55 %48 220,1342 544,22
S&P 5007 165,08+0,41 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite24 836,60+1,45 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 128,98-2,27 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 379,08-2,49 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 883,48-2,88 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)59 716,18+3,05 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 079,90+1,39 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,639 %+0,058 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,994 %+0,034 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,307 %+0,074 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1719-0,77 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 726,43-2,39 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars104,67+14,79 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars77 768,6357+0,19 %87 566,440693 776,61

Le Coin des Epargnants du 10 avril 2026

Les dividendes du cessez-le-feu

Les investisseurs ont, sans surprise, salué le cessez-le-feu intervenu entre l’Iran et les États-Unis, en dépit de sa fragilité. La question de la réouverture du détroit d’Ormuz demeure entière. Dans le cadre des négociations engagées au Pakistan, l’Iran subordonne celle-ci au paiement d’un droit de passage de deux millions de dollars, destiné à financer sa reconstruction. Donald Trump n’entend pas, à ce stade, accéder à cette revendication.

Le CAC 40 franchit de nouveau le seuil des 8 000 points et progresse de plus de 4,5 % sur la semaine, retrouvant ainsi un niveau positif depuis le début de l’année. L’Euro Stoxx 50 s’apprécie de plus de 5 % sur la même période. Le Nasdaq, de son côté, enregistre une hausse de plus de 4 %, effaçant presque l’intégralité de ses pertes accumulées depuis janvier.

Le baril de Brent crude oil a reculé de 8 % en une semaine, repassant sous le seuil des 100 dollars. À 97 dollars le vendredi 10 avril, il demeure néanmoins supérieur de plus de 30 dollars à son niveau d’avant le déclenchement du conflit entre l’Iran et les États-Unis. Les investisseurs restent dans l’attente des résultats des discussions engagées à Islamabad entre Washington et Téhéran. Le vice-président J. D. Vance doit conduire la délégation américaine ce samedi, aux côtés de l’émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre du président.

Une inflation en hausse aux États-Unis

En dépit des déclarations de Donald Trump affirmant l’absence de tensions inflationnistes depuis son retour au pouvoir, le taux d’inflation a connu une nette accélération en mars, sous l’effet de la hausse des prix de l’essence liée au conflit avec l’Iran. L’indice des prix à la consommation a progressé de 3,3 % sur un an, soit son rythme le plus soutenu depuis mai 2024.

Corrigée des composantes volatiles que sont les produits alimentaires et l’énergie, l’inflation apparaît légèrement inférieure aux anticipations, tant en données brutes qu’en données sous-jacentes (+2,6 %).

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
10 avril 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 259,60+4,44 %8 149,507 380,74
Dow Jones47 916,57+2,66 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 816,89+3,10 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite22 902,89+4,09 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 855,19+4,33 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 600,53+2,59 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 933,45+5,47 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)56 924,11+11,48 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 986,22+2,42 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,707 %+0,023 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,068 %+0,065 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,311 %-0,009 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1723 +1,57 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 760,65+2,17 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars97,18-9,46 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars72 639,3287+5,10 %87 566,440693 776,61

Le Coin des épargnants du 3 avril 2026 : les marchés croient bien et tout son contraire à la paix

Les indices actions ont enregistré, au cours de cette semaine écourtée par le vendredi saint — jour de fermeture des principales places boursières occidentales — un rebond sensible, porté par les annonces d’une possible désescalade du conflit ainsi que par la divulgation d’un projet de protocole d’accord relatif au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, négocié entre l’Iran et Oman. Néanmoins, l’incertitude demeure élevée au Moyen-Orient, où prévaut une forme de volatilité persistante. Les cours du pétrole ont ainsi fortement fluctué au gré des déclarations du président Donald Trump. Celui-ci a, tour à tour, évoqué une issue prochaine au conflit tout en brandissant la menace de bombardements massifs contre l’Iran dans un délai de deux à trois semaines. Il a également affirmé que ses objectifs étaient atteints, sans toutefois en préciser la nature. De son côté, l’Iran a tenu à souligner qu’un éventuel accord avec Oman ne saurait être interprété comme un retour à la normale.

Dans ce contexte, le CAC 40 a progressé de plus de 3 % en quatre séances, tandis que le Nasdaq Composite enregistrait une hausse supérieure à 4 %. Parallèlement, les taux des obligations souveraines se sont inscrits en baisse, traduisant un regain d’appétence pour le risque tempéré par des anticipations de détente monétaire.

Le baril de Brent crude oil s’échangeait, en fin de période, autour de 110 dollars, en recul de 5 % sur la semaine, mais affichant néanmoins une progression proche de 80 % depuis le début de l’année.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
2/3 avril 2026
Évolution
sur la semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 962,39+3,38 %8 149,507 380,74
Dow Jones46 504,67+2,96 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 582,69+3,36 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite21 879,18+4,44 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 168,08+3,89 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 436,29+4,70 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 692,86+3,40 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)53 123,49+1,67 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 880,10-0,03 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,684 %-0,154 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,003 %-0,093 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,320 %-0,100 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1548-0,60 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 676,43+4,57 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars109,00-4,61 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars66 851,2797+1,41 %87 566,440693 776,61

Plus de 90 milliards d’euros de réserve pour l’AGIRC-ARRCO

Le régime de retraite complémentaire des salariés du secteur privé, AGIRC – ARRCO,  confirme sa solidité financière, bien que ses résultats marquent un recul en 2025. L’Agirc-Arrco a ainsi enregistré un excédent technique – c’est-à-dire hors produits financiers – de 300 millions d’euros, tandis que le résultat global s’est établi à 1,4 milliard d’euros. Ce niveau est inférieur à celui observé en 2024, où l’excédent atteignait 4,6 milliards d’euros. Cette inflexion s’explique par un environnement économique moins porteur, caractérisé par une progression des ressources plus modérée que celle des dépenses (respectivement +1,9 % contre +3,1 %). L’augmentation des charges tient à la fois à la revalorisation des pensions intervenue en 2024 (+1,6 %) et à la hausse continue du nombre de retraités, le régime versant des prestations à près de 14 millions de bénéficiaires.

La fin de l’année 2025 a, été marquée par l’absence de revalorisation des pensions complémentaires. Les partenaires sociaux, qui assurent la gouvernance du régime, ne sont pas parvenus à s’accorder sur son niveau dans un contexte politique et budgétaire tendu, lié notamment à la suspension de la réforme des retraites. À l’inverse, les pensions du régime de base ont été relevées de 0,9 % en janvier.  Les responsables du régime AGIRC – ARRCO ont, lors de la présentation des résultats, souligné l’ampleur des défis à venir. La vice-présidente, Brigitte Pisa, a évoqué les ajustements nécessaires dans les prochaines années. À cette incertitude démographique s’ajoute celle relative au calendrier des départs en retraite, notamment à l’horizon 2027, en raison des hésitations entourant la réforme du système.

Malgré ces incertitudes, les gestionnaires de l’Agirc-Arrco continuent de mettre en avant la résilience du régime. Les réserves, qui dépassent 91 milliards d’euros en valeur de marché à la fin de 2025, constituent un levier essentiel pour amortir les chocs économiques et démographiques.

Immobilier : une rechute est-elle possible ?

Les projections établies par « Se Loger-Meilleurs Agents » sur les prix de l’immobilier de la France semblent indiquer que la légère reprise de 2025 s’est enrayée sur fond de guerre en Iran. La rédaction du site Internet a établi deux scénarios pour les prochains mois. Dans l’hypothèse d’un choc modéré, l’économie mondiale absorberait progressivement les tensions liées au conflit au Moyen-Orient. L’inflation se stabiliserait autour de 3 % dans la zone euro en 2026, conduisant la Banque centrale européenne à relever ses taux directeurs de 25 à 50 points de base. Par ricochet, les taux immobiliers suivraient une trajectoire comparable. Dans ce cadre, le recul du marché resterait contenu avec entre 65 000 et 100 000 transactions en moins, soit une contraction de 7 à 10 % par rapport aux 945 000 ventes enregistrées en 2025.

À l’inverse, le scénario d’un choc durable esquisse une dégradation bien plus marquée. Une inflation proche de 3,7 % contraindrait la BCE à un resserrement monétaire plus agressif (jusqu’à +1,4 point), entraînant une remontée des taux immobiliers pouvant atteindre 1,4 point. Dans cette configuration, le marché subirait une chute de 240 000 à 270 000 transactions, soit plus d’un quart de l’activité annuelle.

Ces projections doivent toutefois être interprétées avec prudence. Les réseaux, à l’image de la FNAIM ou de Laforêt, décrivent un marché actif mais hésitant. La demande progresse (+4 % au premier trimestre), tout comme l’offre (+9 %), mais les transactions n’augmentent que marginalement (+2 %), signe d’un décalage croissant entre intentions et concrétisations.

Des dynamiques de prix de plus en plus territorialisées

En Île-de-France, après plusieurs années de correction, les prix semblent atteindre un point bas. Sur un an, la baisse se situe encore autour de –3 % à –5 %, avec des disparités marquées : Paris intra-muros oscille entre –4 % et –6 %, tandis que la grande couronne résiste mieux. Le ralentissement de la baisse observé début 2026 traduit un début de stabilisation mais qui reste fragile.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), le marché reste sous tension mais amorce un léger repli. Les prix reculent globalement de –1 % à –3 % sur un an, avec des ajustements plus visibles sur les marchés les plus chers. Nice enregistre ainsi une correction modérée (environ –0,7 % récemment), tandis que Marseille conserve un certain dynamisme, portée par une demande soutenue et des prix encore attractifs à l’échelle nationale.

En Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), la situation est intermédiaire. Lyon, après plusieurs années de hausse, a connu une correction sensible (–5 % à –8 % sur deux ans), mais les prix tendent désormais à se stabiliser. Dans les villes moyennes de la région, la tendance est plus favorable, certaines enregistrant même de légères hausses, portées par les effets de report.

En Corse, enfin, le marché demeure atypique. Après une forte progression post-Covid, liée à l’attractivité résidentielle et touristique, les prix se stabilisent à des niveaux élevés. Sur un an, l’évolution oscille entre 0 % et +2 %, avec des tensions persistantes dans les deux grandes agglomérations. Malgré tout, les délais de revente s’allongent en particulier pour les résidences secondaires. Le niveau de prix et le poids des impôts (taxe d’habitation) auxquels s’ajoutent le coût des transports expliquent la moindre appétence des continentaux pour les résidences secondaires. La demande de prêts immobiliers serait en forte baisse depuis le début de l’année.

De nouvelles dispositions pour sortir de l’indivision

En France, de nombreux biens immobiliers sont immobilisés sans usage ou affectation notamment en raison des indivisions. Longtemps perçues comme une simple étape juridique dans le règlement des successions, les indivisions sont de plus en plus un mécanisme de blocage affectant la fluidité du marché et la valorisation du patrimoine.

Chaque année, plus de 630 000 successions sont ouvertes en France. À ce flux s’ajoutent environ 425 000 ruptures conjugales — divorces, séparations ou dissolutions de PACS — générant autant de situations de propriété partagée.

Le droit repose pourtant sur un principe clair : nul n’est censé demeurer contraint dans l’indivision. Dans les faits, l’exigence d’unanimité pour les décisions les plus structurantes — en particulier la vente du bien — confère à chaque indivisaire un droit de veto. Il suffit d’un désaccord, d’une absence ou d’un refus de se manifester pour figer durablement la situation. Cette asymétrie entre principe juridique et réalité opérationnelle explique la constitution d’un stock immobilier « dormant ».

En Corse et dans les Outre-mer, jusqu’à 40 % du foncier privé serait concerné par des indivisions anciennes, parfois transmises sur plusieurs générations. Dans les zones rurales, ces blocages contribuent à maintenir hors du marché des biens inoccupés pendant dix, vingt, voire trente ans, avec des cas extrêmes atteignant quarante ans. Les conséquences sont multiples : dégradation du bâti, perte de valeur patrimoniale, raréfaction de l’offre disponible et tensions accrues sur les prix dans les zones dynamiques.

La loi du 26 mars 2026 votée à l’unanimité introduit plusieurs évolutions destinées à réduire ces blocages. Le texte adopté est issu d’une proposition de loi présentée par les députés Louise Morel et Nicolas Turquois. Son entrée en vigueur est prévue pour le début de l’année 2027, après publication d’un décret en Conseil d’État attendu d’ici l’été 2026.

La principale disposition de la loi consiste à permettre, sous contrôle du juge, la vente d’un bien indivis à l’initiative d’un seul indivisaire, à condition de démontrer une situation d’urgence et un intérêt commun. Cette mesure prolonge une jurisprudence de la Cour de cassation de 2013 et constitue une inflexion notable du principe d’unanimité. Le dispositif reste encadré. Le juge conserve un pouvoir d’appréciation, ce qui limite les risques d’abus mais introduit une part d’incertitude dans son application. L’objectif n’est pas de banaliser la vente unilatérale, mais de créer un moyen de sortie pour les situations les plus bloquées.

La réforme modifie également les règles du partage judiciaire. Elle renforce le rôle du juge et du notaire, impose la présence d’un avocat à toutes les étapes et limite les stratégies d’obstruction. Désormais, le silence d’un indivisaire ne pourra plus suffire à bloquer la procédure, celle-ci pourra se poursuivre et la décision s’imposera à l’ensemble des parties.

Des dispositions spécifiques sont prévues pour certains territoires. En Corse, la vente d’un bien indivis pourra être réalisée à la majorité des deux tiers, sans recours au juge, ce qui prolonge des adaptations territoriales déjà existantes.

La loi comporte en outre un volet consacré aux successions vacantes. L’État, agissant comme curateur via les services du Domaine, voit ses moyens d’action renforcés, notamment par la possibilité de mandater des tiers pour accélérer les ventes. Une publicité numérique est instaurée pour améliorer l’identification des biens, et les collectivités territoriales bénéficient d’un accès facilité à certaines informations fiscales afin de repérer les immeubles vacants ou sans maître.

La portée de la loi doit être relativisée. Son efficacité dépendra de sa mise en œuvre concrète et de sa capacité à s’appliquer aux situations anciennes, point qui sera précisé par le décret d’application. Surtout, les indivisions sont souvent liées à des conflits familiaux profonds ou à des situations successorales complexes que le droit ne peut résoudre à lui seul.

Le Coin des marchés du mois de mars

La guerre au Moyen-Orient a provoqué l’envolée des cours du pétrole et du gaz et a mis à mal les circuits d’approvisionnement de cette région. Les entreprises du luxe, mais aussi de l’agroalimentaire, notamment européennes, éprouvent de grandes difficultés pour acheminer leurs produits. Ce conflit accroît les coûts de production et pèse sur les exportations de plusieurs secteurs. Il a provoqué une baisse des valeurs boursières, une hausse des taux obligataires, ainsi qu’un recul de l’euro et du cours de l’or.

Le mois de mars 2026 a été le plus mauvais constaté depuis l’épidémie de Covid survenue six ans plus tôt, le CAC 40 ayant reculé de plus de 6 %. Sur le premier trimestre, les pertes atteignent 4 %, ce qui peut apparaître relativement limité au vu du choc subi. Sur un an, l’indice parisien est stable.

Les valeurs des secteurs du luxe et des transports sont les plus touchées. L’indice allemand, le DAX, perd plus de 7 % en mars, tandis que son homologue japonais chute de plus de 12 %. Le Japon est, en effet, plus dépendant que l’Europe des importations de pétrole en provenance des pays du Golfe. Les grands indices américains cèdent de leur côté plus de 6 % en mars. Sur le trimestre, le Nasdaq est en recul de près de 10 %, subissant à la fois les conséquences de la guerre en Iran et les doutes sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle.

Le taux de l’OAT à 10 ans de l’État français est passé de 3,2 % à 3,7 % au cours du mois de mars. Les investisseurs intègrent une prime d’inflation plus élevée. Le ralentissement attendu de la croissance et l’augmentation des dépenses publiques destinées à compenser la hausse des prix de l’énergie laissent présager une aggravation des déficits publics, incitant les investisseurs à exiger des rendements plus élevés.

Le taux de l’obligation allemande à 10 ans est passé au-dessus de 3 % en mars, et son équivalent américain à plus de 4,3 %, contre 3,9 % fin février.

Malgré les déclarations de Donald Trump à la fin du mois de mars en vue de trouver une solution au conflit en Iran, le cours du baril de Brent restait au-dessus de 110 dollars. Le 31 mars à 18 heures, il s’échangeait à plus de 118 dollars, soit une hausse de plus de 52 % sur un mois. Sur l’ensemble du premier trimestre, il a progressé de 95 %.

Après avoir atteint des records à plus de 5 500 dollars l’once, l’or est en retrait depuis le déclenchement des hostilités. Les investisseurs cherchent à se prémunir contre l’inflation en se tournant vers des placements offrant des rendements plus directement indexés, comme certaines obligations. Ils privilégient également les liquidités afin de conserver une capacité de réaction rapide face à l’évolution des marchés.

Certains ont été conduits à vendre de l’or pour compenser leurs pertes sur les marchés actions. Les pays du Golfe ont également pu puiser dans leurs réserves pour compenser la baisse de leurs recettes pétrolières. Sur l’ensemble du premier trimestre, l’once d’or s’est néanmoins appréciée de plus de 5 %.

Après avoir gagné plus de 13 % face au dollar en 2025, l’euro a reculé de 1,34 %. La monnaie américaine bénéficie de son statut de valeur refuge en période de tensions internationales. Par ailleurs, les États-Unis sont moins exposés au choc pétrolier que les économies européennes.

Le bitcoin n’a pas profité de la guerre au Moyen-Orient. Il a cédé 3,5 % en mars et près d’un quart de sa valeur sur l’ensemble du trimestre. Il reste affecté par les interrogations entourant les valorisations liées à l’intelligence artificielle. Certains investisseurs ont vendu leurs positions afin de compenser des pertes enregistrées sur les valeurs technologiques.

Le Coin des épargnants du 27 mars 2026 – la guerre continue

Marchés entre résignation et espoirs

Après trois semaines successives de baisse, le CAC 40 s’est stabilisé à la fin du mois de mars. Les investisseurs prennent en compte la tentative d’ouverture de négociations entre les États-Unis et l’Iran par l’entremise du Pakistan. Malgré tout, les investisseurs semblent de moins en moins enclins à croire aux scénarios de désescalade, malgré le report de l’ultimatum américain au 7 avril pour d’éventuelles frappes sur les centrales électriques iraniennes. Pour le moment, le détroit d’Ormuz demeure toujours grandement fermé. Ces derniers jours, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir forcé plusieurs porte-conteneurs à faire demi-tour. L’Iran conserve, malgré les milliers de tirs de missiles américains et israéliens, des lanceurs capables de toucher les pays du Moyen-Orient.

Les premières statistiques du mois de mars confirment une accélération des prix au sein des pays occidentaux. En Espagne, le taux d’inflation a atteint 3,3 % sur un an, un pic depuis juin 2024. Outre-Atlantique, le moral des ménages, mesuré par l’Université du Michigan, s’est dégradé en mars, avec un indice définitif à 53,3, tandis que les anticipations d’inflation à un an remontent à 3,8 % (3,6 % en première estimation), sous l’effet de la hausse des prix de l’essence. Selon les économistes interrogés par Bloomberg, l’indice des prix PCE américain pourrait progresser de 3,1 % en moyenne cette année, contre 2,6 % initialement prévus. La première baisse de taux en 2026 est désormais attendue en septembre. Concernant la Banque centrale européenne, les indications données par le marché des swaps laissent entrevoir un resserrement possiblement dès la réunion du mois prochain, avec trois hausses de taux au total sur l’année.

Si les marchés européens ont été stables cette semaine, aux États-Unis, les indices S&P 500 et Nasdaq ont enregistré des baisses de plus de 2 %, les valeurs américaines avaient reculé de manière assez faible depuis le début du conflit. La crainte d’une intervention terrestre peut également expliquer le repli de cette semaine.

Le baril de Brent au-dessus des 110 dollars

Le baril de pétrole (Brent) n’a pas baissé cette semaine. Il s’échangeait à plus de 110 dollars vendredi 27 mars, preuve que la situation ne se détend pas dans le détroit d’Ormuz. Les espoirs d’un conflit de courte durée s’estompent.

L’or à 1000 dollars de son record

L’or poursuit son repli avec un recul de plus de 10 % sur la semaine, l’once d’or étant en dessous de la barre des 4500 dollars (il avait dépassé 5500 dollars l’once en début d’année). Les investisseurs privilégient les placements permettant de se couvrir face à l’inflation. Ils optent ainsi pour les obligations. Ils entendent conserver également des liquidités afin de pouvoir saisir rapidement les opportunités en cas d’évolution sur le front géopolitique. Par ailleurs, compte tenu de la baisse sur les marchés actions, des investisseurs ont pu être contraints de vendre de l’or pour solder leurs pertes. Les États du Golfe pourraient être vendeurs afin de compenser la diminution de leurs recettes issues du gaz ou du pétrole.

Le dollar regagne du terrain

L’euro continue de se déprécier par rapport au dollar, qui joue son rôle de valeur refuge traditionnelle. La baisse de l’euro est également la conséquence d’une forte exposition du Vieux Continent à la guerre en Iran, contrairement aux États-Unis. Ces derniers sont en effet exportateurs nets de gaz et de pétrole, quand l’Europe dépend en la matière des importations.

Hausse des taux de crédits immobiliers en France

Avec la hausse des taux obligataires, ceux des crédits immobiliers sont également en augmentation. Les taux obligataires souverains servent de référence pour le refinancement de moyen et long terme des banques, leurs autres sources de financement pour les prêts étant les dépôts, les livrets et les concours de la banque centrale. Le taux moyen d’emprunt des crédits à 10 ans était, à la fin du mois de mars, de 3,2 %.

Actions : les petits conseils du Cercle (information ne constituant pas un conseil d’investissement ; cf. dernière page)

Les entreprises de plusieurs secteurs d’activité sont à suivre avec intérêt du fait de la chute des cours. Les entreprises liées aux transports aériens, au tourisme et au luxe peuvent constituer de belles opportunités. Ainsi, l’indice S&P Global Luxury, qui comprend les principales valeurs du secteur, a reculé de plus de 13 % entre le 28 février et la fin mars. En revanche, les valeurs de l’énergie et de la défense peuvent apparaître trop chères. L’appréciation du dollar autorise la réalisation d’arbitrages de valeurs américaines au profit de valeurs européennes ou des pays émergents d’Asie. Ces dernières ont baissé plus fortement que celles des États-Unis, ouvrant droit à de potentielles plus-values.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
27 mars 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 698,81+0,52 %8 149,507 380,74
Dow Jones45 166,64-0,86 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 368,85-2,02 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite20 948,36-3,17 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 22 300,52-0,20 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 964,40+0,41 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 507,72+0,18 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)53 373,07-0,61 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 913,72-3,36 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,838 %+0,080 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,096 %+0,045 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,420 %+0,043 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1519-0,18 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 516,41-9,38 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars111,76+3,28 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars65 825,6357-6,59 %87 566,440693 776,61

Le coin des épargnants du 20 mars 2026

Avoir dépassé les 111 dollars en milieu de semaine, le baril de Brent a baissé légèrement pour terminer vendredi 20 mars autour de 109 dollars. En revanche, le prix du gaz est en forte hausse après les attaques israéliennes et iraniennes sur les complexes gaziers.

Le CAC 40 est en recul pour la troisième semaine consécutive, avec un recul de 3,11 %. Il est passé en dessous des 7 700 points, à 7 665,62 points, et entre officiellement en zone de correction. Depuis son record absolu du 26 février, à 8 642,23 points, l’indice parisien abandonne 11,3 %. Tous les grands indices européens ont perdu, sur la semaine, plus de 3 %, et les indices américains 2 %. La chute du cours des actions demeure modeste au vu de la menace qui pèse sur l’économie avec la fermeture du détroit d’Ormuz. Les investisseurs semblent s’habituer à la succession rapide des crises, considérant que l’économie les surmonte avec célérité.

La crainte d’un retour de l’inflation provoque la hausse des taux obligataires. Le rendement du 10 ans allemand a atteint son plus haut niveau depuis 2011, à plus de 3 %, tandis que les Treasuries à 10 ans atteignent 4,38 %. Le taux de l’OAT à 10 ans dépasse de son côté 3,7 %.

Le baril de pétrole Brent demeure au-dessus des 100 dollars. Le maintien d’un cours élevé pour de nombreuses semaines commence à être intégré par les experts économiques, avec à la clé une résurgence de l’inflation et une baisse de l’activité. Entre le baril de Brent de la mer du Nord et le baril WTI américain, l’écart est important, à plus de 10 dollars (109 contre 97 dollars), témoignant de l’exposition prononcée à la guerre en Iran. Le WTI reste plus isolé, reflétant la dynamique intérieure des États-Unis et une exposition plus faible aux flux mondiaux immédiats. Du côté du gaz, le prix du TTF, la référence en Europe, a reflué à 60 euros par mégawattheure après une poussée à 74 euros (+35 %) jeudi, mais ne parvient pas à descendre plus bas.

Vendredi 20 mars, l’once d’or s’échangeait en dessous de 5 000 dollars. La baisse des derniers jours est imputable à des sorties de fonds indiciels, les investisseurs préférant les obligations dont les taux sont orientés à la hausse. Ils souhaitent par ailleurs disposer de liquidités afin de pouvoir saisir rapidement des opportunités d’achat sur les marchés. Enfin, les pays du Golfe, qui ont acquis de l’or ces dernières années, en vendent du fait de la raréfaction de leurs recettes issues du pétrole ou du gaz.

Statu quo monétaire aux États-Unis

Mercredi 18 mars, le comité de politique monétaire de la Fed a décidé de conserver les taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %, soit le niveau atteint en décembre après trois baisses consécutives de 25 points de base. Ce statu quo intervient en plein conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël, conflit susceptible de générer une nouvelle vague inflationniste. « L’incertitude sur les perspectives économiques reste élevée. Les implications des développements au Moyen-Orient sont incertaines pour l’économie américaine », a constaté le comité de politique monétaire dans son communiqué. Il indique par ailleurs suivre avec attention l’évolution des prix et de l’emploi. Seul Stephen Miran, l’ancien conseiller économique de Donald Trump, a voté pour une baisse des taux, les onze autres ayant choisi la stabilité.

La Fed a également publié ses projections économiques révisées. Pour 2026, elle prévoit une croissance de 2,4 % du PIB réel, 0,1 point de plus qu’en décembre. Les prix à la consommation « core PCE » augmenteraient de 2,7 %, en hausse de 0,2 point. Elle ne modifie pas ses prévisions sur le taux de chômage (4,4 %) et sur le niveau des taux d’intérêt (3,4 %), impliquant une seule baisse d’un quart de point dans l’année. Aux États-Unis, l’inflation est au-dessus de la cible de 2 % depuis plus de 5 ans. Les dépenses de consommation hors énergie et hors alimentation (core PCE), l’indicateur de référence, ont augmenté de 3,1 % en janvier, soit une remontée de 0,4 point depuis octobre. La hausse des prix à la production s’est, par ailleurs, accélérée en février. Jerome Powell a signalé lors de sa conférence de presse que les incertitudes actuelles rendaient l’élaboration de prévisions complexe. « Il est trop tôt pour connaître l’ampleur et la durée des effets potentiels sur l’économie » du choc pétrolier ; les effets économiques « pourraient être beaucoup plus petits ou beaucoup plus grands, on n’en sait absolument rien », a-t-il indiqué.

Le bras de fer entre Jerome Powell et Donald Trump continue. Le premier, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire à charge par le département de la Justice, a déclaré qu’il ne quitterait pas le conseil de la Fed après la fin de son mandat de président en mai, tant que celle-ci ne sera pas achevée. Jerome Powell pourrait d’ailleurs se maintenir en tant que président au-delà de mai, car le sénateur républicain Thom Tillis a promis de bloquer sa succession jusqu’au retrait de la procédure judiciaire.

Statu quo monétaire en Europe

Jeudi 19 mars, la BCE a également décidé de ne pas changer ses taux directeurs. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %.

La guerre en Iran rebat les cartes pour la zone euro, qui pouvait escompter, jusqu’au 28 février dernier, une inflation faible autour de 2 % et une reprise de la croissance. La hausse des prix de l’énergie change la donne. La BCE a revu à la hausse ses projections d’inflation pour 2026 à 2,6 % contre 1,9 % lorsqu’elle avait réalisé l’exercice en décembre dernier. Une hypothèse médiane. Son scénario le plus défavorable voit les prix grimper jusqu’à 4,4 %.

« La BCE va surveiller de très près l’évolution de la situation », a indiqué Christine Lagarde. Le risque de stagflation menace désormais l’Europe. Une hausse brutale et prolongée des coûts des hydrocarbures devrait tout à la fois peser sur l’activité et générer une hausse des prix. La BCE pourrait être confrontée à un dilemme : soit relever ses taux directeurs, pénalisant un peu plus la croissance, soit laisser les taux inchangés avec, comme risque, une reprise de l’inflation.

La situation de la zone euro n’est pas celle de 2022, au moment de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. À l’époque, l’inflation était élevée en raison du Covid et des plans de relance qui avaient désorganisé les chaînes d’approvisionnement. En ce début d’année 2026, le taux d’inflation de la zone euro était de 1,9 % et les tensions sur les prix étaient faibles. Néanmoins, si les prix de l’énergie restent élevés ou augmentent sur une période prolongée et se répercutent sur d’autres secteurs de l’économie de la zone euro, la banque centrale n’hésitera pas à augmenter les taux d’intérêt.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
20 mars 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 665,62-3,11 %8 149,507 380,74
Dow Jones45 577,47 -2,11 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 506,48-1,90 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite21 647,61-2,07 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 22 397,43 -4,26 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 918,33-3,06 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 501,28-3,68 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)53 372,53-1,61 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 3 957,05 -3,97 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,755 %+0,083 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+3,051 %+0,072 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,377 %+0,092 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1563-0,47 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 592,09 11,80 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars109,81 +5,23 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars69 778,6163-1,17 %87 566,440693 776,61

Le Coin des épargnants du 13 mars 2026 – les marchés face à la guerre

Des marchés sous la guerre

À court terme, les marchés restent suspendus à l’évolution militaire dans le Golfe. La durée du conflit et le degré de perturbation du détroit d’Ormuz détermineront l’ampleur du choc énergétique et, par ricochet, l’évolution de l’inflation, des taux et des marchés financiers.

Le baril toujours au-dessus des 100 dollars

Malgré la décision des États membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de mettre sur le marché 400 millions de barils, le pétrole a terminé la semaine au-dessus de 100 dollars le baril (Brent). Le dernier déblocage dans le cadre de l’AIE avait eu lieu en 2022, après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les pays membres avaient alors injecté collectivement 182 millions de barils.

La décision de l’AIE vise à contrebalancer les perturbations massives qu’engendre la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, qui relie les pays pétroliers du golfe Persique aux marchés mondiaux. Selon l’organisation internationale, les pays du Golfe réduisent actuellement leur production pétrolière d’au moins 10 millions de barils par jour en raison du blocage du détroit, soit « la plus importante perturbation » de l’approvisionnement en or noir de l’histoire. Le risque d’attaques de drones ou de tirs de missiles paralyse le trafic dans ce goulet où transite, traditionnellement, un cinquième du pétrole produit dans le monde, soit environ 15 millions de barils de brut et 5 millions de produits pétroliers.

La France a prévu de puiser dans ses réserves stratégiques à hauteur de 14,5 millions de barils, l’Allemagne à hauteur de 19,5 millions, ou encore le Royaume-Uni pour 13,5 millions. Aux États-Unis, le président Donald Trump a confirmé la participation de Washington au dispositif avec un déblocage de 172 millions de barils. Le Japon, l’un des pays les plus exposés aux ruptures d’approvisionnement — 90 % de ses importations pétrolières passent par le détroit d’Ormuz —, a annoncé qu’il débloquerait environ 80 millions de barils.

Selon l’agence, les États membres détiennent plus de 1,2 milliard de barils de stocks d’urgence, auxquels s’ajoutent 600 millions de barils détenus par l’industrie en vertu d’obligations gouvernementales. Le déblocage conjoint proposé lundi vise à atténuer les tensions sur les marchés pétroliers.

Les effets de cette décision sont difficiles à cerner. Celle-ci semble confirmer le risque de choc pétrolier de grande ampleur auquel est confrontée l’économie mondiale ainsi que la perspective d’un prolongement de la guerre. Les précédentes libérations de réserves ont donné des résultats mitigés. Les membres de l’AIE ont procédé à deux déblocages successifs en 2022, au début du conflit russo-ukrainien. La première vague n’avait pas entraîné de réelle baisse des cours ; la seconde s’était révélée plus efficace.

Le déblocage des stocks stratégiques pourrait compenser la perte de l’offre en provenance du golfe Persique uniquement si la guerre s’achève rapidement et si le détroit redevient navigable. Selon une note du cabinet Capital Economics passant en revue divers scénarios, l’hypothèse la moins sévère — celle d’un conflit limité à quelques semaines — reviendrait à priver le marché d’environ 350 millions de barils. Mais ce volume perdu serait de quatre à six fois plus important en cas d’escalade.

Une économie américaine au petit trot

L’économie américaine a progressé au taux annualisé de 0,7 % au quatrième trimestre 2025, contre 1,4 % en première estimation, les exportations, les dépenses de consommation et les investissements ayant été plus faibles que prévu.

Le Bureau of Economic Analysis (BEA) a également publié, vendredi 13 mars, l’indice d’inflation (PCE) pour le mois de janvier. Sa progression a légèrement ralenti, à 2,8 % sur un an contre 2,9 % en décembre. Elle demeure néanmoins supérieure à l’objectif de la banque centrale (Fed), fixé à 2 %. L’inflation sous-jacente (hors prix volatils de l’énergie et de l’alimentation) a, de son côté, accéléré en janvier, à 3,1 % contre 3 % le mois précédent. Les analystes s’attendent à voir l’inflation repartir à la hausse avec les effets de la guerre au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie et les coûts de production. Le moral des consommateurs américains s’est, en revanche, moins dégradé que prévu au mois de mars en dépit de la guerre en Iran, passant de 56,6 à 55,5 points. Les consommateurs anticipent une hausse des prix de 3,4 % à horizon d’un an, un chiffre inchangé par rapport au mois précédent, alors que les économistes tablaient en moyenne sur une accélération à 3,7 %.

Les taux obligataires en augmentation

Les taux des obligations souveraines ont augmenté au cours de la deuxième semaine de guerre en Iran. Le taux de l’OAT à 10 ans s’est rapproché de 3,7 %, le taux de son équivalent allemand est proche de 3 %, et celui des États-Unis dépasse 4,2 %. Pour le taux français, il faut remonter à 2011 pour retrouver un niveau plus élevé. Les investisseurs intègrent une prime d’inflation en forte hausse.

Des marchés actions dans l’attente

Après la forte baisse enregistrée lors de la première semaine du conflit, les indices actions des principales places européennes ont connu, durant la deuxième semaine, des variations plus mesurées. Le CAC 40 a ainsi perdu un peu plus de 1 %, quand le DAX allemand reculait de moins de 0,5 %. Les grandes entreprises françaises, en particulier celles du luxe, sont davantage exposées à l’arrêt des économies moyen-orientales que leurs homologues allemandes. Les indices américains se sont repliés de 1 à 2,6 % sur la semaine.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
13 mars 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 903,42-1,03 %8 149,507 380,74
Dow Jones46 558,47-1,99 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 632,19-1,60 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite22 105,36-2,60 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 396,78-0,41 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 261,05-0,00 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 716,61-006 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)53 819,61-4,37 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 095,45-0,46%3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,672 %+0,160 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,979 %+0,117 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,285 %+0,156 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1442-1,50%1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars5 049,44-0,85 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars101,85+9,10 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars71 815,6709+6,12 %87 566,440693 776,61

Le Coin des Epargnants du 27 février 2026 : un beau début d’année pour le Vieux continent et l’Asie

Les valeurs « actions » ont été à la fête en février, portées par les bons résultats des entreprises. La décision de la Cour suprême d’annuler les droits réciproques de Donald Trump a joué également favorablement, même si celui-ci a institué dans la foulée des droits de 10 %. L’Europe et l’Asie deviennent plus attractives pour les investisseurs avec des performances boursières remarquables depuis le début de l’année.

Les valeurs technologiques américaines ont continué leur repli au profit de leurs homologues japonaises ou coréennes. Le Nasdaq Composite, à forte connotation technologique, a perdu plus de 5 % sur un mois, sa plus grosse contreperformance en près d’un an. En revanche, en février, l’indice des grandes valeurs japonaises, le Nikkei, a progressé de plus de 11 %, portant la hausse à plus de 50 % sur un an. De son côté, l’indice coréen a gagné plus de 22 % en février et près de 140 % en un an. Le recul des valeurs américaines de la technologie est imputable aux doutes croissants sur la viabilité financière des investissements réalisés ou projetés pour le développement de l’intelligence artificielle.

Le CAC 40, de son côté, a gagné en un mois plus de 5 %. Il signe sa meilleure performance depuis le bond de 7,7 % qui avait été enregistré en janvier 2025, il y a plus d’un an. Le CAC 40 a battu de nouveaux records cette semaine, le dernier datant de la séance du jeudi 26 février, à 8 642,23 points. Au mois de février, si les indices américains ont reculé, ceux de la vieille Europe ont poursuivi leur marche en avant.

Les indices actions ont été affectés le vendredi 27 février par la publication de l’indice américain des prix à la production. Il a augmenté de 0,5 % en janvier, soit sa plus forte hausse depuis septembre. C’est deux dixièmes de point de plus que prévu. À +0,8 %, l’indice qui exclut l’alimentation et l’énergie, éléments les plus volatils, enregistre de son côté sa plus forte progression depuis juillet. Sur un an, l’indice global affiche une hausse de 2,9 %, contre 2,6 % attendus, et l’indice core a accéléré à 3,6 % quand le consensus Bloomberg tablait sur un ralentissement à 3 %, après les 3,3 % enregistrés en décembre. Cela semble prouver que la hausse des droits de douane se répercute progressivement sur les prix à la consommation. Dans ce contexte, la Réserve fédérale ne pourra guère baisser, dans les prochains mois, ses taux directeurs.

Le baril de pétrole Brent a gagné près de 8 % sur un mois et s’échange, fin février, contre plus de 70 dollars. Cette hausse est imputable aux tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran.

Le bitcoin a perdu un quart de sa valeur en février. Le premier des cryptoactifs fait notamment les frais des doutes naissants sur la rentabilité des investissements réalisés pour l’IA. Après avoir battu un record historique, début octobre, à 126 251 dollars, le bitcoin a amorcé une baisse. Il a perdu 50 % de sa valeur depuis son pic. Cette chute du bitcoin souligne que son prix demeure lié à des anticipations spéculatives.

 Résultats
27 février 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 580,75+1,04 %8 149,507 380,74
Dow Jones48 977,92-1,47 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 878,88-0,56 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite22 668,21-1,27 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 312,11+0,18 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 910,55+2,21 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 138,41+0,40 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)58 850,27+4,04 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 162,88+0,84 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,218 %-0,084 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,646 %-0,093 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+3,968 %-0,128 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1823-0,23 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars5 233,21+7,26 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars72,48+1,52 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars65 460,0923-2,83 %87 566,440693 776,61

Tableau de bord des marchés financiers

27 janvier 2026Variation mensuelle février 2026 (en %)Variation sur un an (en %)31 décembre 202531 décembre 2024
CAC408 580,75+5,54+6,198149,507 380,74
DAXX25 312,11+1,66+12,3624 490,4119 909,14
Footsie 10010910,55+7,0°+24,749931,387 451,74
Eurostoxx 506 138,41+3,46+12,355 791,414 895,98
Dow Jones48 977,92-0,22+13,88948 220,1342 544,22
Nasdaq Composite22 668,21-5,13+21,8423 372,7519 310,79
S&P 5006 878,88-1,55+17,226 879,575 881,63
Nikkei58850,27+11,28+51,7750339,4839 894,54
Shanghai Composite4162,88+1,19+24,053968,843 351,76
Euro/dollar1,1823-0,51+12,911,17351,0380
Once d’or (USD)5 233,21+4,44+77,234 325,172 613,95
Pétrole Brent (USD)72,48+7,59-1,4661,2374,30
Bitcoin (USD)65 460,0923-25,87-21,7287 566,440693 776,61

2025 : une année record pour l’épargne financière

Le taux d’épargne des ménages a, en France, atteint, selon l’INSEE, 18,3 % du revenu disponible brut en 2025, en hausse de 0,1 point par rapport à 2024. Il faut remonter à 1979 pour retrouver un taux équivalent (hors période Covid). Le taux d’épargne financière s’est élevé, de son côté, à 9,1 %, le taux le plus élevé (hors covid) constaté depuis 1950 (début de la série de l’INSEE).

Trois facteurs expliquent ce taux élevé :

  • La succession des chocs : Covid-19, guerre en Ukraine, guerre à Gaza, vague inflationniste, crise politique en France, retour de Donald Trump, etc. Les ménages maintiennent depuis cinq ans une forte épargne de précaution ;
  • Le vieillissement démographique. Plus une population est âgée, plus elle épargne. Les doutes sur la pérennité du système de retraite tendent à accroître l’épargne ;
  • Les bons rendements de l’épargne ces dernières années. Les Français capitalisent et consomment peu les gains issus de leurs placements, à la différence des Américains. De ce fait, le réemploi des gains augmente naturellement le taux d’épargne financière.

Cercle de l’Epargne – données INSEE

Le haut niveau de l’épargne financière en 2025 a profité avant tout à l’assurance vie, qui a enregistré une collecte nette de 50,6 milliards d’euros, quand le Livret A a connu une décollecte de 2,1 milliards d’euros.

La préférence donnée à l’assurance vie s’explique par un effet de rendement absolu et relatif. Les rendements de l’épargne réglementée et de court terme (dépôts à terme, livrets bancaires) sont en baisse, quand celui des fonds euros est en légère hausse. Les rendements 2025 des fonds euros tournent autour de 2,7 %. Certains fonds sont rémunérés à 3,5 %. Des compagnies continuent à proposer des taux boostés (avec un total pouvant atteindre 4,5 %). La bonne tenue des marchés financiers a porté la collecte des unités de compte (40 % de la collecte totale). En un an, de février 2025 à février 2026, le taux du Livret A a été divisé par deux.

L’épargne française, même si elle demeure toujours majoritairement investie sur des produits de taux, contribue un peu plus que dans le passé au financement des entreprises.

Une fin d’année un peu moins favorable à l’épargne

Les ménages ont légèrement augmenté leurs dépenses de consommation au dernier trimestre et, compte tenu de l’érosion de leur pouvoir d’achat, ils ont été conduits à diminuer leur effort d’épargne. En effet, la consommation des ménages a progressé, lors des trois derniers mois de l’année, de 0,4 %, quand le pouvoir d’achat de ces derniers diminuait de 0,3 %. Dans ces conditions, le taux d’épargne passe de 18,3 à 17,9 % du revenu disponible brut.

Une année 2026 incertaine

Le taux d’épargne pourrait être amené à baisser légèrement en 2026. La diminution des rendements de l’épargne de court terme pèsera sur les flux d’épargne. Les ménages pourraient consommer un peu plus. Après avoir reporté des achats importants ces dernières années (voiture, équipement de la maison), ils pourraient décider de les réaliser. La faible inflation constitue un facteur traditionnel de baisse de l’épargne. Les incertitudes demeurent, en revanche, importantes, avec le maintien de tensions géopolitiques, le niveau élevé du déficit public et la remontée du chômage. Ces incertitudes incitent les ménages à conserver un fort volant d’épargne de précaution. Par ailleurs, le facteur lié au vieillissement démographique devrait continuer à porter l’épargne. Le taux d’épargne devrait, dans ce contexte, se situer autour de 17,5 % du revenu disponible brut.

Le Coin des Epargnants du 20 février 2026 – Droits de douane : un coup de tonnerre qui profite au CAC 40

La Cour suprême des États-Unis a jugé, vendredi 20 février, que le président avait outrepassé son autorité en imposant ses droits de douane « réciproques ». L’ensemble des tarifs mis en place en s’appuyant sur une déclaration d’urgence nationale est concerné. Selon la Cour, la loi IEEPA, qui a servi de fondement juridique aux mesures de relèvement de nombreux droits de douane, ne confère pas ce pouvoir au président. Six des neuf juges nommés à vie se sont joints à la décision, tandis que trois juges parmi les plus conservateurs s’y sont opposés. Les droits de douane « réciproques », qui ont rapporté plus de 75 milliards de dollars à l’État américain, sont ainsi supprimés. La Cour n’a pas indiqué la manière dont les remboursements des droits de douane versés devront être gérés. Donald Trump devra passer par d’autres voies pour relever les tarifs, notamment par le Congrès. Une course contre la montre s’engage, car les élections de mi-mandat se tiendront en novembre, et pourraient, en l’état actuel de l’opinion, être défavorables aux Républicains.

Le CAC 40 au-dessus des 8 500 points

Les investisseurs ont réagi favorablement à la décision de la Cour suprême, les principaux indices actions progressant après son annonce. Les valeurs des entreprises exportatrices vers les États-Unis (Pernod Ricard, Hermès, LVMH au sein du CAC 40) ont enregistré de fortes hausses. Le CAC 40, pour la première fois de son histoire, termine au-delà des 8 500 points (8 511,74). Sur la semaine, l’indice parisien a gagné près de 2,4 %.

Une croissance américaine décevante en fin d’année

La décision de la Cour suprême a éclipsé les mauvais résultats de l’économie américaine à la fin de l’année 2025. La croissance s’est élevée à 1,4 % en rythme annualisé au dernier trimestre, selon une première estimation, soit un taux deux fois inférieur à celui anticipé par le marché et très loin des 4,4 % enregistrés au troisième trimestre. L’activité a été freinée, au dernier trimestre, par un ralentissement de la consommation et par le shutdown de l’automne. Sur l’ensemble de l’année 2025, la première économie mondiale a progressé au rythme de 2,2 %, contre 2,8 % en 2024.

Côté inflation, la hausse des prix mesurée par l’indice PCE s’est accélérée plus que prévu, d’un dixième de point, avec un indice global à 2,9 % sur un an en décembre et à 3 % en données « core », c’est-à-dire hors alimentation et énergie. Ce contexte inflationniste rend plus complexe toute nouvelle baisse des taux directeurs de la Fed.

Le pétrole en hausse avec les nouvelles menaces américaines

Après les nouvelles déclarations de l’administration américaine sur les négociations avec l’Iran, les cours du pétrole ont fortement progressé, le baril de Brent passant au-dessus des 70 dollars, en hausse de plus de 5 % sur la semaine. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré, mercredi 18 février, qu’« il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran ». Mardi 17 février, le vice-président américain JD Vance avait souligné que les divergences persistaient sur les « lignes rouges » américaines. Dans le même temps, l’Iran avait assuré s’être entendu avec Washington sur « un ensemble de principes directeurs ».

La poursuite du déploiement de l’armée américaine au Moyen-Orient inquiète les acteurs du marché pétrolier. Les États-Unis mettent en place dans la région une imposante force de frappe, avec des navires et des avions de guerre par dizaines. Le pays dispose également de dizaines de milliers de soldats dans des bases militaires autour de l’Iran. Le principal risque pour le marché pétrolier, en cas d’escalade militaire, serait le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % de la production mondiale. Les opérateurs s’inquiètent aussi du devenir des infrastructures d’hydrocarbures de l’Iran, l’un des dix premiers producteurs de pétrole au monde. D’autres pays, comme l’Irak, les Émirats arabes unis ou le Koweït, pourraient être touchés en cas de conflit militaire.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

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20 février 2026
Évolution
sur une semaine
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31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 511,74+2,38 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 625,97+0,16 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 909,51+0,97 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite22 886,07+1,46 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 247,15 +1,46 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 683,14+2,39 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 506 131,31+2,32 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)56 825,70-1,43 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 082,07-1,12 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,302 %-0,043 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,739 %-0,023 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,096 %+0,039 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1778 -0,96 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars5 063,27-0,61 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars71,35+5,39 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars67 684,1055-2,52 %87 566,440693 776,61

La hausse du service de la dette en France

En 2020, le service de la dette de l’État (c’est-à-dire le paiement des intérêts) représentait 36,2 milliards d’euros. À l’époque, l’État empruntait à des taux négatifs, ce qui a conduit certains à affirmer qu’il ne devait pas hésiter à s’endetter, oubliant que le capital ainsi emprunté serait remboursé quelques années plus tard par l’émission de nouvelles obligations bien plus coûteuses.

Avec la hausse des taux, le service de la dette progresse année après année. Il a franchi la barre des 50 milliards d’euros en 2022. En 2026, il sera proche de 60 milliards d’euros. Compte tenu de l’évolution de la dette publique et des taux d’intérêt, il pourrait atteindre 70 milliards d’euros en 2027 et dépasser 90 milliards d’euros en 2029.

Cercle de l’Epargne – données Banque de France

Ce qui est petit est beau !

Après cinq ans de contre-performance, les petites capitalisations apparaissent comme des placements actuellement plus rentables que les grandes valeurs cotées au CAC 40 ou à l’Euro Stoxx 50. L’indice MSCI Europe Small Cap, qui mesure la performance de près de 400 entreprises européennes dont la capitalisation est inférieure à 10 milliards d’euros (à l’exception d’une qui dépasse légèrement ce seuil), a progressé de 5 % depuis janvier. L’indice plus large MSCI Europe a, quant à lui, gagné 4 % cette année.

Les petites capitalisations bénéficient d’un environnement économique plus porteur. Leur activité étant essentiellement européenne, elles profitent de la reprise de l’économie, dopée notamment par le plan de relance allemand. En 2026, la croissance en zone euro est attendue à 1,2 %, selon le consensus des économistes interrogés par Bloomberg.

Dans ce contexte, en 2026, le consensus des analystes anticipe une hausse de plus de 20 % pour les poids légers de la cote, contre 11 % pour les grands groupes. Les « small caps » demeurent bon marché, avec une valorisation boursière inférieure à leur moyenne historique et à celle des grandes capitalisations.

Les petites valeurs sont moins exposées aux États-Unis et aux risques de perturbation liés à l’IA. Malgré cela, au sein des small caps, Paris et Francfort sont à la traîne. En France, l’incertitude politique et les mesures fiscales pèsent sur les marchés. En Allemagne, l’exposition à l’industrie et aux exportations explique la faible progression. Pour le moment, les petites valeurs espagnoles et celles d’Europe centrale ou orientale se montrent plus dynamiques.

Le Coin des Epargnants du 7 février 2026 : l’IA et le bitcoin à la peine

Intelligence artificielle : le retour de la raison ?

Cette semaine, les marchés financiers ont évolué au gré des négociations américano-iraniennes. Les investisseurs se sont montrés plus circonspects face à l’intelligence artificielle dont les besoins de capitaux commencent  à alarmer.

Malgré tout, la Bourse de Paris a gagné 1,75 % sur la semaine qui a été par ailleurs marquée par la chute du cours de Stellantis. Cette baisse est liée à l’annonce surprise de l’engagement d’une restructuration s’accompagnant de charges exceptionnelles de 22,2 milliards d’euros au second semestre. Les prévisions laissent entrevoir une nouvelle fois une consommation de trésorerie en 2026, l’année 2027 restant « très incertaine. Le cours de la Société générale a également perdu du terrain après la publication d’une note d’analyse des résultats à venir qui n’a pas convaincu. Il faut néanmoins souligner que ces 12 derniers mois, le cours de la Société générale avait progressé de plus de 100 %. Les grandes entreprises du bâtiment et des travaux publics comme Eiffage ou Vinci ont enregistré une hausse du cours de leurs actions après la publication de comptes annuels encourageants ?

A Wall Street, le Nasdaq a baissé sur la semaine de plus de 2 % avec les doutes qui se multiplient au sujet de l’intelligence artificielle.

Révision de jugement sur l’IA

Les valeurs de la tech américaines poursuivent leur baisse après avoir atteint des sommets déraisonnables à la fin de l’année dernière. En un mois, le Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques américain, a reculé de plus de 4 %. Les investisseurs doutent de la rentabilité des investissements réalisés par les entreprises engagées dans la bataille de l’intelligence artificielle. Ce n’est pas une remise en cause totale. Ils se montrent simplement plus sélectifs que par le passé dans le choix des valeurs. Les valeurs de la tech coréennes et japonaises sont les grandes gagnantes de ce changement d’optique de la part des investisseurs.

En ce début d’année 2026, les entreprises de l’IA recherchent des liquidités par tous les moyens afin de financer leurs investissements gargantuesques. Dans cet esprit, Elon Musk a annoncé la fusion de deux de ses sociétés, SpaceX et xAI. Cette nouvelle entreprise, valorisée à 1 250 milliards de dollars d’après la presse américaine, devrait être introduite en Bourse au cours de l’été. Ce regroupement est justifié par les pertes de xAI, qui ont dépassé 8 milliards de dollars en 2025 pour un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars. Pour faire face à ses besoins d’investissement dans les datacenters, la société avait levé, en janvier, 20 milliards de dollars. En l’associant à SpaceX, Elon Musk espère profiter d’une force de frappe plus importante pour attirer de nouveaux investisseurs, l’objectif étant de lever 50 milliards de dollars supplémentaires.

La recherche de capitaux concerne également OpenAI, à l’origine de ChatGPT. Longtemps adossée à Microsoft, la société de Sam Altman est devenue une entité quasi indépendante fin 2025. Elle cherche actuellement à lever plusieurs dizaines de milliards de dollars. Un projet de participation de Nvidia à hauteur de 100 milliards de dollars est en suspens. Du côté d’Anthropic, une nouvelle levée de fonds de plusieurs milliards de dollars est également prévue dans les semaines à venir.

Alphabet, qui était parti en retard dans le développement de l’IA, semble en meilleure situation que ses concurrentes grâce à l’abondance de ses réserves financières, à la possession de nombreux datacenters et à la solidité de son cloud. L’entreprise française Mistral, dont la valorisation dépasse 12 milliards d’euros, a effectué en 2025 des levées de fonds à hauteur de 7 milliards d’euros, en recul par rapport à 2024. La nécessité de nouveaux partenaires s’impose à moyen terme afin de permettre le développement de la start-up européenne.

L’or a-t-il fini de briller ?

La nomination de Kevin Warsh à la tête de la FED a rassuré les investisseurs et a conduit à une légère appréciation du dollar. Les craintes d’une mainmise de la banque centrale américaine par Donald Trump se sont atténuées, tout comme les tensions géopolitiques concernant une éventuelle intervention des États-Unis en Iran. Ce changement de contexte a contribué à la baisse du cours de l’or. Des prises de plus-values expliquent également la forte diminution du métal précieux. Ce mouvement rappelle que ce dernier est avant tout un placement spéculatif, qui ne rapporte ni intérêt ni dividendes.

Crise de nerfs sur le bitcoin ?

En un mois, le cours du bitcoin en dollars a perdu 25% ; sur six mois, la perte atteint 40 %. Vendredi 6 février, il s’échangeait contre 71 000 dollars loin de son record de 126 000 dollars du 6 octobre 2025. Après l’euphorie qui avait suivi la réélection de Donald Trump, le marché du bitcoin est rattrapé par la volatilité des cours, sur fond d’aversion au risque, de liquidations massives liées à des paris à la hausse et de reflux du soutien institutionnel.

Les investisseurs tendent à revenir aux fondamentaux en période de tensions géopolitiques. Par ailleurs, ils réexaminent leurs positions sur les valeurs technologiques américaines ; or, il existe une corrélation entre le Nasdaq et les cryptoactifs. Selon une étude de la Deutsche Bank, lors des phases de stress observées ces dernières années, le bitcoin a systématiquement enregistré des performances inférieures à celles des actions américaines et de l’or.

La baisse du bitcoin est accentuée par l’effet de levier, très utilisé sur les marchés de produits dérivés. Lorsque le bitcoin est passé sous les 70 000 dollars, de nombreux investisseurs ayant acheté à crédit ont été contraints de vendre automatiquement pour limiter leurs pertes. Ces ventes forcées ont provoqué plus d’un milliard de dollars de liquidations en vingt-quatre heures, principalement sur des paris haussiers.

En 2025, la hausse du bitcoin avait été largement portée par le succès des ETF bitcoin au comptant américains, utilisés par les gestionnaires d’actifs. Ces produits, dominés par des acteurs comme BlackRock ou Fidelity, avaient fortement contribué à la hausse des cours des cryptoactifs. La dynamique s’est depuis inversée. En janvier 2026, les ETF bitcoin au comptant ont enregistré près de 2 milliards de dollars de sorties nettes, selon Bloomberg, après environ 5 milliards de dollars de retraits cumulés sur les trois mois précédents. Une poursuite de la baisse pourrait s’autoalimenter et « forcer des ventes à l’échelle de l’écosystème crypto », fragilisant les entreprises et les intermédiaires les plus exposés. Le marché n’étant pas régulé, les enchaînements pourraient être brutaux.

Face au « krach rampant » des cryptos — une perte de plus de 20 % de leur valeur sur plusieurs séances —, le sénateur américain Sherman a interrogé le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, sur une éventuelle intervention de l’administration américaine en cas de faillites d’établissements financiers. Ironie de l’histoire, en 2008, Satoshi Nakamoto avait créé le bitcoin de manière décentralisée pour échapper aux ingérences publiques jugées pernicieuses. Le secrétaire au Trésor a indiqué qu’il n’avait pas le pouvoir d’intervenir sur le marché des cryptos, tout en reconnaissant que les États-Unis détenaient des bitcoins. Le pays dispose d’un fonds stratégique en bitcoins (198 000 unités), alimenté par les saisies de cryptos opérées par la justice américaine. Mais compte tenu de ses réserves limitées et de son statut, ce fonds n’a pas vocation à intervenir pour soutenir les cours lors des crises et des krachs. Le Trésor peut intervenir sur le marché des changes pour soutenir ou faire baisser le dollar, mais pas le bitcoin.

Le directeur du Trésor a indiqué que, pour son administration, le bitcoin n’est pas un « actif systémique » pour le système financier américain. La capitalisation totale des cryptos, de l’ordre de 2 430 milliards de dollars, représente environ la moitié de celle de Nvidia (4 240 milliards). Un bitcoin à zéro entraînerait certes des faillites en série dans le secteur des cryptos et pour les investisseurs. Il provoquerait des effets de contagion sur les autres marchés, mais sans remettre en cause la stabilité financière. Si les banques proposent des cryptos à leurs clients, elles ne spéculent pas sur ces actifs pour leur propre compte. Ils ne figurent pas dans leurs bilans, contrairement aux crédits hypothécaires à risque, les subprimes, qui avaient implosé en 2007 et 2008.

Malgré tout, une crise sur les cryptos aurait des incidences financières, en particulier sur les Treasuries, obligations du Trésor américain servant de garanties aux stablecoins. La vente des Treasuries appelés en garantie ferait remonter les taux d’intérêt. Ce lien pourrait, en théorie, contraindre le Trésor à acheter des bitcoins. Une telle intervention publique signifierait la fin de l’indépendance de la première des cryptoactifs.

Statu quo monétaire pour la BCE sur fond de baisse des prix

Après la FED la semaine dernière, c’est au tour de la BCE d’opter pour la prudence en ne changeant rien. Le Conseil des gouverneurs a ainsi décidé, jeudi 5 février, de laisser inchangés pour la cinquième fois consécutive les taux directeurs. Le taux de dépôt reste à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %. Cette décision était attendue. Il n’y avait pas de raisons évidentes pour abaisser les taux. L’activité économique et le marché du travail résistent bien, malgré de fortes incertitudes dans l’environnement géopolitique. L’annonce de la nomination de Kevin Warsh — jugé le plus indépendant parmi les candidats — pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine a été bien accueillie par les dirigeants de la BCE.

Avec la hausse de l’euro et la faiblesse des prix de l’énergie, l’inflation est en recul. Elle est désormais inférieure à la cible de 2 % fixée par la BCE. Elle s’est établie à 1,7 % sur douze mois glissants en janvier, son plus bas niveau depuis septembre 2024. Sur un mois, de décembre à janvier, les prix à la consommation de la zone euro ont reculé de 0,5 %. Pour le moment, la BCE ne considère pas cette faible inflation comme dangereuse, car elle est largement liée à des effets de base : les prix de l’énergie étaient nettement plus élevés il y a un an. Néanmoins, l’inflation sous-jacente — retraitée des prix très volatils de l’énergie et de l’alimentation — a baissé plus qu’attendu. La croissance des salaires tend à ralentir. Les banques européennes commencent à durcir leurs conditions d’octroi de prêts aux entreprises. En cas d’accentuation de ces phénomènes, une baisse des taux directeurs pourrait se justifier. Le rendez-vous de mars pour le Conseil des gouverneurs sera important, car il sera accompagné de la publication des projections économiques de la banque centrale.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
6 février 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 273,84+1,75 %8 149,507 380,74
Dow Jones50 115,67+1,43 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 932,30-0,63 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite23 031,21-2,38 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 719,80+0,36 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 369,75+1,43 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 998,40+0,79 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)54 253,68+1,73 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 065,58-1,80 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,447 %+0,020 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,844 %-0,001 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,215 %-0,034 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1816-1,88 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 959,49 -4,76 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars68,70 -3,45 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars71 327,7039-16,95 %87 566,440693 776,61

Le Coin des Epargnants du 30 janvier 2026 – Prudence à tous les étages

Les marchés rattrapés par les tensions géopolitiques

À la Bourse de Paris, l’ambiance, en ce début d’année, est morose. Les menaces de Donald Trump concernant le Groenland et son projet de reconstruction de Gaza ont pesé sur le moral des investisseurs. L’évolution de la politique monétaire américaine est également devenue un sujet d’inquiétude. Le CAC 40 a ainsi reculé de 0,28 % en clôturant vendredi 30 janvier à 8 126,53 points. Preuve que, malgré le plan de l’OTAN concernant le Groenland, les tensions entre les États-Unis et leurs alliés demeurent prégnantes, la France, dans une stratégie de préservation de sa souveraineté, a bloqué le processus de vente des antennes de réception au sol de l’opérateur de satellites Eutelsat au fonds d’investissement américain EQT Infrastructure VI. Les grands indices américains ont également fait, en janvier, du surplace. Le Nasdaq a progressé, en janvier, de moins de 0,5 %, tout comme le S&P 500.

Cette semaine, le prix du baril de pétrole (Brent) a dépassé les 70 dollars. Sur un mois, la hausse atteint 14 %. La menace d’intervention américaine en Iran est la principale raison de cette augmentation. Non seulement l’Iran fait partie des dix principaux producteurs d’or noir, mais il est aussi riverain du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de brut. En plus du risque en Iran, les cours sont orientés à la hausse par les perturbations concernant le principal champ pétrolier au Kazakhstan et les problèmes rencontrés par la production américaine de brut à cause de la vague de froid qui s’est abattue sur le pays.

Sur le front des obligations souveraines, avec l’adoption du budget à l’Assemblée nationale, le taux de l’OAT française à dix ans est revenu en dessous de celui de son homologue italien.

Baisse du dollar, hausse de l’or

L’euro a, dans la semaine, dépassé 1,20 dollar (1,2045 dollar) pour la première fois depuis mai 2021. Donald Trump se réjouit de la dépréciation de la monnaie américaine, qui inquiète pourtant les milieux financiers et Wall Street. Le président américain défend l’idée d’un dollar faible pour favoriser les exportations de son pays. À contrario, les investisseurs craignent un krach sur le dollar, qui serait un tsunami financier. La première monnaie mondiale a, par rapport aux autres grandes devises, perdu près de 10 % en 2025. Par rapport à l’euro, elle s’est dépréciée l’année dernière de plus de 13 %. Sur le premier mois de l’année 2026, le recul est de 2 %. La baisse du dollar s’accompagne de la hausse de l’or, qui joue ainsi son rôle traditionnel. L’once d’or a ainsi franchi la barre symbolique des 5 000 dollars, puis celle des 5 500. En un an, le métal précieux a gagné plus de 100 % et plus de 28 % sur un an. La permanence des menaces géopolitiques et les craintes de remise en cause de l’indépendance de la banque centrale américaine concourent à ce double mouvement : baisse du dollar et hausse de l’or.

La hausse de la monnaie unique par rapport au billet vert a renforcé le taux de change global de la devise européenne (par rapport aux devises de ses partenaires commerciaux).

Cercle de l’Épargne – données BCE

À la différence de Donald Trump, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, s’exprime rarement sur l’euro, et jamais sur son niveau, sa surévaluation ou sa sous-évaluation. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a récemment souligné que « nous suivons avec attention cette appréciation de l’euro », tout en rappelant que l’Eurosystème n’a pas d’objectif de taux de change. Un euro fort réduit l’inflation en diminuant le prix des produits importés, dont le pétrole ou le gaz, mais dégrade la compétitivité-prix des exportations en dehors de la zone euro.

Une baisse logique du dollar

Avec un déficit commercial élevé, il est logique que la monnaie américaine se déprécie. À contrario, l’euro doit s’apprécier, en raison d’un excédent commercial qui devrait dépasser 170 milliards d’euros. Le président américain estime de longue date que l’Europe, la Chine et le Japon manipulent le cours de leur devise afin de gagner des parts de marché aux États-Unis. Son jugement sur l’euro est exagéré. En effet, la faiblesse de la monnaie commune, ces dernières années, était liée à la guerre en Ukraine et aux divisions au sein de l’Union européenne. Celle-ci a été fortement exposée à la hausse des cours de l’énergie avec la remise en cause des livraisons de pétrole et de gaz en provenance de la Russie. Les investisseurs ont réduit leurs engagements en euros du fait de la proximité du conflit ukrainien. Le dollar a, depuis l’épidémie de Covid, joué son rôle de valeur refuge. Il bénéficie également de la forte croissance de l’économie des États-Unis et de la forte rentabilité du capital investi dans ce pays.

La position du président américain n’est pas en soi absurde. Le dollar était sans nul doute surévalué. Mais en jouant la baisse du dollar, il risque en revanche de favoriser l’inflation et, par voie de conséquence, de dissuader la Fed de baisser ses taux, voire de l’encourager à les remonter en 2026.

Une Europe : bonne ou mauvaise nouvelle ?

La hausse de l’euro est perçue de manière négative, tout particulièrement en France. Or, celle-ci contribue à réduire le coût des importations, en particulier celles des produits énergétiques (pétrole, gaz), qui avaient pénalisé, ces dernières années, l’économie européenne. Certes, cette hausse renchérit le prix des exportations en dehors de la zone euro exprimées en dollars, mais, en revanche, elle réduit le coût des intrants importés. La France, qui exporte peu en dehors de la zone euro, serait moins pénalisée que l’Allemagne ou l’Italie. En France, les secteurs les plus exposés sont l’aéronautique et le luxe, mais les entreprises concernées ont recours à des couvertures de change.

Pour l’Europe, un euro à 1,2 dollar pourrait provoquer une diminution de l’inflation de 0,3 point. Depuis 2022, nombreux sont ceux qui se sont plaints de la hausse des prix, et tout particulièrement de celle de l’essence et du gaz. En ce qui concerne la croissance, certains experts estiment un manque à gagner de 0,2 point. Cette prévision est en partie contestable en raison de l’avantage généré par la baisse des cours et de l’amélioration du solde des échanges.

Taux directeurs : statu quo aux États-Unis

La banque centrale américaine a maintenu, mercredi 28 janvier, ses taux d’intérêt directeurs inchangés, dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %. Il s’agit d’une deuxième suspension dans son cycle d’assouplissement monétaire engagé en 2024, malgré les vives pressions de Donald Trump.

Pour justifier sa décision, l’économie américaine « a crû à un rythme solide l’an dernier », a rappelé Jerome Powell lors de sa conférence de presse. Le taux de chômage « demeure relativement stable » malgré des créations d’emplois toujours atones. L’inflation « cœur » est ressortie à 3 % l’an dernier selon les premières estimations, tirée « par l’inflation des biens, alimentée par les tarifs », tandis que la désinflation se poursuit dans les services, a poursuivi le président de la Fed.

Le président de la banque centrale américaine estime que les tensions inflationnistes pourraient s’accroître en raison de la bonne tenue de l’activité en fin d’année et des pénuries de main-d’œuvre provoquées par la politique de lutte contre l’immigration de Donald Trump.

Les trois baisses décidées en fin d’année dernière devaient permettre de soutenir l’économie avec une réduction du coût du crédit. La Fed se situe dans une position inconfortable, tant sur le plan économique que politique. Les États-Unis bénéficient d’une forte croissance, mais sans créer beaucoup d’emplois, avec des risques de redémarrage de l’inflation. Par ailleurs, le président américain multiplie les pressions peu amicales sur les membres du Comité de politique monétaire afin qu’ils réduisent les taux directeurs d’ici les élections de mi-mandat. Le conflit avec la Maison-Blanche s’est désormais déplacé devant les tribunaux. La conférence de presse de Jerome Powell ce mercredi représentait sa première intervention publique après le lancement d’investigations criminelles à son encontre par des procureurs fédéraux nommés par Trump. Il s’est également déplacé pour soutenir l’une des membres de la Fed, Lisa Cook, à la Cour suprême, celle-ci étant chargée de se prononcer sur la légalité de son renvoi sommaire de son poste de gouverneure par Donald Trump. « Il s’agit du plus important procès de l’histoire de la Fed », a simplement observé Jerome Powell pour expliquer son déplacement.

Un nouveau président pour la Fed

La politique monétaire de la banque centrale américaine pourrait évoluer au mois de mai avec l’entrée en fonction du nouveau président, Kevin Warsh. Celui-ci a été nommé par Donald Trump le vendredi 31 janvier. Dans sa déclaration de nomination, Donald Trump a insisté sur la fidélité de Kevin Warsh, allusion évidente à Jerome Powell. Pour remplacer ce dernier, Donald Trump a fait du soutien à la baisse des taux d’intérêt l’un de ses critères clés. Kevin Warsh est considéré comme un partisan de la baisse des taux directeurs. Sa nomination devra être confirmée par le Sénat.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
30 janvier 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 126,53-0,19  %8 149,507 380,74
Dow Jones48 892,47-0,48 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 939,03+0,11 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite23 461,82+0,00 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 515,73-1,55 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 223,54+0,69 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 947,81-0,01 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)53 322,85+0,63 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 117,95+0,10 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,427 %-0,068 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,845 %-0,058 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,249 %-0,009 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1872+1,42 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 928,02+5,18 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars70,80 +6,86 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars82 681,4827-7,25 %87 566,440693 776,61

1er février : les nouveaux taux de l’épargne réglementée

 Nouveaux taux
àcompter du 01/02/26
Ancien taux
Livret A1,51,7
LDDS1,51,7
LEP2,52,7
Livret JeuneAu minimum 1,5Au minimum 1,7
Compte Epargne Logement1,251

Pour mémoire, le 1er janvier 2026, le taux du Plan d’Epargne Logement était passé de 1,75 à 2 %.

Le coin des épargnants du 9 janvier 2026 : pluie de records

Un début en fanfare

En 2026, il a fallu attendre neuf jours pour que le CAC 40 batte un nouveau record. Il a dépassé en clôture 8 362 points, dans le sillage des sommets atteints en ce début d’année par les Bourses mondiales. Le précédent plus haut de l’indice parisien remontait au mois de novembre dernier. Le CAC 40 est soutenu par deux thèmes porteurs de ce début d’année : la défense, dans un contexte d’incertitude géopolitique, et les microprocesseurs. Depuis le début de l’année, Thales a enregistré une hausse de 15 %, tandis que Safran et Airbus ont gagné respectivement 6 % et 8 %. Les valeurs de la défense représentent 14 % de l’indice CAC 40. De son côté, STMicroelectronics a progressé de 10 %. La demande pour les puces mémoires, produites notamment par le groupe français, est en forte augmentation, toujours en lien avec l’intelligence artificielle.

La progression du CAC 40 pourrait se poursuivre. Les bénéfices des entreprises de la cote parisienne devraient augmenter de 15 % après trois ans de stagnation, selon des données Bloomberg, un chiffre supérieur à la croissance des bénéfices attendue pour le STOXX 600 (+10 %). Progressivement, la place de Paris se découple des soubresauts de la vie politique française, avec les questions liées au budget et à l’adhésion au Mercosur.

Les autres grands indices européens ont également, cette semaine, battu des records, qu’il s’agisse du Dax allemand, du Footsie britannique ou de l’Ibex 35 espagnol.

L’or au plus haut

L’or devrait baisser, mais il continue de monter, déjouant tous les pronostics ou presque. La destitution du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son extradition forcée aux États-Unis, les déclarations de Donald Trump concernant la Bolivie, Cuba et le Groenland ont provoqué une nouvelle hausse du métal jaune. Les investisseurs, à la recherche de stabilité, réduisent leur exposition aux actifs libellés en dollars.

Petite hausse du pétrole L’intervention de Donald Trump au Venezuela, dont la production de pétrole est d’un million de barils par jour, loin de ses sommets des années 1990 (plus de 3 millions), n’a pas eu de réelles incidences sur le cours de l’or noir. La hausse a été, sur la semaine, inférieure à 5 %. La volonté du président américain de faire main basse sur le pétrole de ce pays pourrait, à terme, se traduire par une augmentation de l’offre. Les États-UnisUn début en fanfare

En 2026, il a fallu attendre neuf jours pour que le CAC 40 batte un nouveau record. Il a dépassé en clôture 8 362 points, dans le sillage des sommets atteints en ce début d’année par les Bourses mondiales. Le précédent plus haut de l’indice parisien remontait au mois de novembre dernier. Le CAC 40 est soutenu par deux thèmes porteurs de ce début d’année : la défense, dans un contexte d’incertitude géopolitique, et les microprocesseurs. Depuis le début de l’année, Thales a enregistré une hausse de 15 %, tandis que Safran et Airbus ont gagné respectivement 6 % et 8 %. Les valeurs de la défense représentent 14 % de l’indice CAC 40. De son côté, STMicroelectronics a progressé de 10 %. La demande pour les puces mémoires, produites notamment par le groupe français, est en forte augmentation, toujours en lien avec l’intelligence artificielle.

La progression du CAC 40 pourrait se poursuivre. Les bénéfices des entreprises de la cote parisienne devraient augmenter de 15 % après trois ans de stagnation, selon des données Bloomberg, un chiffre supérieur à la croissance des bénéfices attendue pour le STOXX 600 (+10 %). Progressivement, la place de Paris se découple des soubresauts de la vie politique française, avec les questions liées au budget et à l’adhésion au Mercosur.

Les autres grands indices européens ont également, cette semaine, battu des records, qu’il s’agisse du Dax allemand, du Footsie britannique ou de l’Ibex 35 espagnol. L’Eurostoxx 50 s’est approché en fin de semaine des 6000 points. Les indices américains ont également démarrer sur les chapeaux de roue. Le Nasdaq a progressé sur la semaine de plus de 2 % et

L’or au plus haut

L’or devrait baisser, mais il continue de monter, déjouant tous les pronostics ou presque. La destitution du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son extradition forcée aux États-Unis, les déclarations de Donald Trump concernant la Bolivie, Cuba et le Groenland ont provoqué une nouvelle hausse du métal jaune. Les investisseurs, à la recherche de stabilité, réduisent leur exposition aux actifs libellés en dollars.

Petite hausse du pétrole

L’intervention de Donald Trump au Venezuela, dont la production de pétrole est d’un million de barils par jour, loin de ses sommets des années 1990 (plus de 3 millions), n’a pas eu de réelles incidences sur le cours de l’or noir. La hausse a été, sur la semaine, inférieure à 5 %. La volonté du président américain de faire main basse sur le pétrole de ce pays pourrait, à terme, se traduire par une augmentation de l’offre. Les États-Unis pourraient ainsi contrôler l’une des principales réserves supposées de pétrole.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
9 janvier 2026
Évolution
sur une semaine
Résultats
31 déc. 2025
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 362,09+1,85 %8 149,507 380,74
Dow Jones49 504,07+2,33 %48 220,1342 544,22
S&P 5006 966,28+1,70 %6 879,575 881,63
Nasdaq Composite23 702,88+2,01 %23 372,7519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 25 257,67+2,84 %24 490,4119 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 10 124,60+1,79 %9 931,387 451,74
Eurostoxx 505 997,47+1,25 %5 791,414 895,98
Nikkei 225 (Japon)51 939,89+3,18 %50 339,4839 894,54
Shanghai Composite 4 120,43+3,92 %3 968,843 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,524 %-0,088 pt+3,561 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,824 %-0,077 pt+2,862 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,172 %-0,012 pt+4,138 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1635 -1,02 %1,17351,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 504,91+3,97 %4 325,172 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,86+4,46 %61,2374,30
Cours du Bitcoin en dollars91 520,01+1,37 %87 566,440693 776,61

Marchés financiers : bilan 2025 et perspectives 2026

Pluie de records pour les marchés en 2025

Les marchés financiers ont fêté dignement la fin de l’année. 2025. Elle aura été contre toute attente un excellent cru, marqué par une pluie de records pour les indices actions ainsi que pour l’or et de nombreux autres métaux. Cette série de sommets, par son ampleur, inquiète néanmoins : la crainte d’une bulle liée à l’intelligence artificielle est fréquemment avancée mais pour malgré tout, pour 2026 l’optimisme est pour le moment de mise.

Le CAC 40 positif mais à la traîne

Après avoir perdu 2,14 % en 2024, le CAC 40 s’est apprécié, en 2025, de 10,42 %. Ce résultat positif est intervenu malgré un contexte politique toujours des plus complexes et la politique douanière américaine. Même si, au mois d’octobre dernier, le CAC 40 a battu son record, qui datait du 10 mai 2024, avant la dissolution, il reste largement à la traîne des autres grands indices boursiers. Le poids du secteur du luxe, exposé aux guerres commerciales, et la situation financière de la France expliquent le retard pris par le CAC 40 par rapport aux autres grands indices européens.

Cercle de l’Epargne

La Bourse de Francfort a connu, en 2025, la plus forte progression, +22 % sur un an pour l’indice DAX. Ce dernier devance son homologue britannique, le Footsie 100, qui gagne plus de 21 %. L’Euro Stoxx 50 a progressé, de son côté, de 18,3 % sur l’année écoulée. Le Stoxx Europe 600 est à +16,6 %, soit à peu près la même performance que le MSCI Europe (+16,4 %).

Le marché américain a encore surpris par son dynamisme. Avec l’engouement pour l’IA, l’indice Nasdaq a gagné sur l’année plus de 20 %. Le S&P 500 s’est apprécié de 17 % et le Dow Jones de 13 %.

Des taux obligataires en hausse et dégradation de la note de la France

L’année 2025 a été marquée par une nouvelle dégradation de la note de la France, en lien avec le taux d’endettement public qui n’en finit pas de progresser.

Fitch Ratings a abaissé la note de la France le 12 septembre 2025 de AA- à A+. Standard & Poor’s (S&P Global Ratings) a, de son côté, le 17 octobre 2025, réduit la notation de la France de AA- à A+, invoquant l’incertitude persistante sur la consolidation des finances publiques malgré la présentation du projet de budget. Moody’s n’a pas dégradé la note souveraine de la France en 2025. Le 24 octobre dernier, l’agence a maintenu la note Aa3, mais l’a placée sous perspective négative.

Dans ce contexte, l’écart de taux entre l’Allemagne et la France s’est accru, passant de 50 à 70 points de base. L’accroissement du spread s’est inscrit dans un mouvement de hausse des taux obligataires en Europe, en raison de l’augmentation des besoins de financement public. À la France, qui est le premier émetteur de titres publics en Europe, s’ajoute désormais l’Allemagne, qui a abandonné sa règle de frein budgétaire et qui a adopté un plan de relance de plus de 500 milliards d’euros. Le taux de l’OAT de l’État en France a augmenté de 70 points de base et son équivalent allemand de 60 points de base. À dix ans, l’État a, en 2025, emprunté, en France, en moyenne, à 3,6 % et l’Allemagne à 2,7 %.

Le dollar en baisse

Le dollar poursuit son mouvement de baisse, pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Les menaces sur l’indépendance de la banque centrale américaine, la baisse des taux directeurs de cette dernière et, plus globalement, la politique du président américain ont contribué à la baisse du dollar. Les investisseurs étrangers ont réduit leur exposition en dollars, même si la monnaie américaine demeure de loin la première devise de réserve. Le dollar a perdu 13,23 % depuis le début de l’année face à l’euro, ce qui améliore la compétitivité des produits américains. Pour les Européens, cette dépréciation du billet vert allège la facture énergétique, d’autant plus que le cours du pétrole est orienté à la baisse.

Le pétrole en recul

Sur fond de ralentissement de la croissance mondiale, de montée en puissance des énergies renouvelables et d’augmentation de la production, en lien avec la fin de l’accord de régulation de l’offre de l’OPEP+ en vigueur depuis 2020, le cours du baril de pétrole a baissé au cours de l’année 2025. Le baril de Brent s’échangeait le 31 décembre à 61,23 dollars, en baisse de 17 % sur un an. Cette diminution est une bonne nouvelle pour les pays européens qui, depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, sont handicapés par une énergie chère.

Or, argent, cuivre, platine : toujours plus haut

L’or défie les pronostics en ayant atteint plus de 4 500 dollars l’once le 26 décembre, avant de rebaisser dans les derniers jours de l’année. Sur un an, l’once a gagné plus de 65 %. Sur trois ans, la hausse est de plus de 137 %.

La hausse du cours de l’or s’explique par la baisse des taux directeurs américains et par le caractère imprévisible de Donald Trump. Les pays émergents et en développement réduisent leur exposition au dollar. La crainte d’une remise en cause de l’indépendance de la banque centrale américaine contribue à la hausse du métal précieux.

L’argent fait encore mieux, avec un gain avoisinant 150 %. Il faut remonter au choc pétrolier de 1979-1980 pour retrouver des progressions comparables.

Le platine a, lui aussi, enregistré un sommet historique au cours de la semaine, tandis que le cuivre a franchi les 12 000 dollars la tonne, sur fond de craintes d’un marché mondial plus tendu à l’horizon 2026.

Un bitcoin entre deux eaux

Le bitcoin apparaît comme le grand perdant de l’année, avec un recul de plus de 6 % depuis janvier et de près de 20 % sur le dernier trimestre. L’essor des stablecoins, adossés à des devises réelles comme le dollar ou l’euro et jugés moins volatils, se développe au détriment du bitcoin.

Et pour 2026…

L’art de la prévision est, surtout en matière financière, un exercice périlleux. Les krachs ont un malin plaisir à survenir lorsqu’ils ne sont pas attendus…

Des actions encore en hausse mais attention à la bulle IA

Pour 2026, de nombreux experts anticipent néanmoins une nouvelle année de forte appréciation des actions, portée par l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle et, en Europe, par le plan de relance allemand. L’espoir d’une paix en Ukraine alimente également l’optimisme ambiant. Toutefois, l’IA prend de plus en plus les traits d’une bulle, avec des investissements colossaux dont la rentabilisation suppose l’émergence rapide de gains de productivité substantiels. Le réalisme pourrait, à un moment ou à un autre, reprendre ses droits, avec à la clé soit un atterrissage brutal, soit un dégonflement progressif.

Malgré ces craintes, les investisseurs prévoient une hausse des indices actions comprise entre 8 et 15 % pour 2026. Chez UBS, les analystes pronostiquent un S&P 500 à 7 500 points en 2026, porté par une croissance des bénéfices de l’ordre de 14 %, nourrie pour près de la moitié par les secteurs de la tech. Le CAC 40 pourrait finir autour de 8 700 / 9 000 points.

Des taux directeurs orientés à la baisse

La banque centrale américaine devrait poursuivre la baisse de ses taux, mais de manière modérée, en scrutant l’évolution de l’inflation. Certes, Donald Trump continuera de faire pression sur la Fed pour une accélération en vue des élections de mi-mandat.

La BCE, qui est en mode pause depuis l’automne, doit prendre en compte la progression des prix au sein de certains États, l’écart de taux avec les États-Unis et le souhait des gouvernements d’alléger le coût de la dette publique.

Des taux obligataires en hausse

À un an de l’élection présidentielle, la France, confrontée à une dette publique toujours mal maîtrisée, pourrait devenir une source majeure d’inquiétude en Europe. Par ailleurs, l’accroissement du déficit public allemand limite la perspective d’une baisse marquée des taux souverains. S’agissant des taux directeurs, la Banque centrale européenne devra composer avec une politique monétaire de la Réserve fédérale de plus en plus accommodante. Une légère baisse des taux en 2026 demeure envisageable, d’autant que les craintes d’un retour de l’inflation restent, pour l’heure, contenues. La BCE pourrait ainsi être tentée d’agir afin de freiner l’appréciation de l’euro, au risque de susciter l’ire du président américain.

Pétrole : calme plat sauf…

Le cours du pétrole, sauf crise internationale majeure, ne devrait pas connaître de forte hausse, en particulier si un accord de paix intervenait en Ukraine. Le ralentissement de la croissance mondiale pèserait alors sur la demande, tandis que l’offre continuerait d’augmenter avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+. Certes, ce scénario pourrait être remis en cause en cas d’aggravation de la crise entre le Venezuela et les États-Unis ou d’une reprise des tensions avec l’Iran.

L’or : fin d’un cycle

Depuis 2020, l’or ne cesse de s’apprécier. En 2026, la poursuite de la baisse des taux directeurs pourrait continuer de soutenir la demande de métal précieux. À l’inverse, un retour durable de la paix en Ukraine exercerait un effet modérateur. Plusieurs experts estiment néanmoins que l’once pourrait dépasser les 5 000 dollars.

Bitcoin : la grande incertitude

Après une année en demi-teinte, le bitcoin peut-il rebondir ? Il pourrait, au contraire, pâtir des doutes croissants sur l’IA, de l’essor des stablecoins et des futurs lancements de monnaies digitales de banque centrale. La diffusion progressive de la blockchain pourrait conduire à une forme de banalisation du bitcoin, qui perdrait alors son statut d’icône ou de pionnier.

Le Coin des Epargnants du 26 décembre 2025 : bilan de l’année et perspectives par Philippe Crevel

Bilan 2025 et perspectives pour 2026

Pluie de records pour les marchés en 2025

À quelques jours de la Saint-Sylvestre, les marchés financiers peuvent dignement fêter la fin de l’année. 2025 aura été, en effet, un excellent cru, marqué par une pluie de records pour les indices actions ainsi que pour l’or et de nombreux autres métaux. Cette série de sommets, par son ampleur, inquiète néanmoins : la crainte d’une bulle liée à l’intelligence artificielle est fréquemment avancée.

Des actions au top

Le dernier trimestre en cours s’annonce comme l’un des plus solides depuis deux ans en Europe, porté par la résistance de la croissance mondiale et par l’idée persistante que les conditions de financement s’assoupliront. L’indice Stoxx 600 a ainsi inscrit un nouveau record cette semaine, s’acheminant vers une troisième année consécutive de progression.

Le CAC 40 gagne sur l’année près de 10 %. Il demeure toutefois en retrait par rapport aux grands indices internationaux, en raison de sa composition très orientée vers l’industrie du luxe — en moindre croissance depuis le début de l’année — et de la persistance de la crise politique.

L’indice européen Euro Stoxx 50 progresse, de son côté, de plus de 17 %. L’indice britannique FTSE 100 affiche une hausse de plus de 20 % depuis le 1er janvier.

Aux États-Unis, la publication de statistiques de croissance plus solides que prévu, combinée aux perspectives de détente des taux, incite les investisseurs à privilégier les actions, et plus particulièrement celles du secteur de la haute technologie. Le S&P 500 a gagné plus de 2 % sur la semaine portant le total depuis le 1er janvier à près de 18 %. Le Nasdaq a gagné 2,55 % cette semaine et 22,18 % depuis le début de l’année.

Or, argent, cuivre, platine : toujours plus haut

L’or défie les pronostics en ayant atteint plus de 4 500 dollars l’once, en hausse de près de 70 % depuis le début de l’année. L’argent fait encore mieux, avec un gain avoisinant 150 %. Il faut remonter au choc pétrolier de 1979-1980 pour retrouver des progressions comparables.

Le platine a, lui aussi, enregistré un sommet historique au cours de la semaine, tandis que le cuivre a franchi les 12 000 dollars la tonne, sur fond de craintes d’un marché mondial plus tendu à l’horizon 2026.

Un dollar en recul

Le dollar poursuit son mouvement de baisse pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Les menaces sur l’indépendance de la banque centrale américaine, la baisse des taux directeurs de cette dernière et plus globalement la politique du Président américain ont contribué à la baisse du dollar. Les investisseurs étrangers sont réduit leur exposition en dollars même si la monnaie américaine demeure de loin la première devise de réserve. Le dollar a perdu près de 14 % depuis le début de l’année face à l’euro, ce qui améliore la compétitivité des produits américains. Pour les Européens, cette dépréciation du billet vert allège la facture énergétique, d’autant plus que le cours du pétrole est orienté à la baisse. Depuis le début de l’année, le baril de Brent a reculé d’environ 17 %.

Un bitcoin entre deux eaux

Le bitcoin apparaît comme le grand perdant de l’année, avec un recul de plus de 6 % depuis janvier et de près de 20 % sur le dernier trimestre. L’essor des stablecoins, adossés à des devises réelles comme le dollar ou l’euro et jugés moins volatils, se développe au détriment du bitcoin.

Et pour 2026…

L’art de la prévision est, surtout en matière financière, un exercice périlleux. Les krachs ont un malin plaisir à survenir lorsqu’ils ne sont pas attendus…

Pour 2026, de nombreux experts anticipent néanmoins une nouvelle année de forte appréciation des actions, portée par l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle et, en Europe, par le plan de relance allemand. L’espoir d’une paix en Ukraine alimente également l’optimisme ambiant.

Toutefois, l’IA prend de plus en plus les traits d’une bulle, avec des investissements colossaux dont la rentabilisation suppose l’émergence rapide de gains de productivité substantiels. Le réalisme pourrait, à un moment ou à un autre, reprendre ses droits, avec à la clé soit un atterrissage brutal, soit un dégonflement progressif.

Les tensions géopolitiques pourraient perdurer, avec un président américain engagé en 2026 dans la bataille pour conserver sa majorité au Congrès. À un an de l’élection présidentielle, la France, confrontée à une dette publique toujours mal maîtrisée, pourrait devenir une source majeure d’inquiétude en Europe.

Par ailleurs, l’accroissement du déficit public allemand limite la perspective d’une baisse marquée des taux souverains. S’agissant des taux directeurs, la Banque centrale européenne devra composer avec une politique monétaire de la Réserve fédérale de plus en plus accommodante. Une légère baisse des taux en 2026 demeure envisageable, d’autant que les craintes d’un retour de l’inflation restent, pour l’heure, contenues. La BCE pourrait ainsi être tentée d’agir afin de freiner l’appréciation de l’euro, au risque de susciter l’ire du président américain.

Le cours du pétrole, sauf crise internationale majeure, ne devrait pas connaître de forte hausse, en particulier si un accord de paix intervenait en Ukraine. Le ralentissement de la croissance mondiale pèserait alors sur la demande, tandis que l’offre tendrait à augmenter avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+.

Depuis 2020, l’or ne cesse de s’apprécier. En 2026, la poursuite de la baisse des taux directeurs pourrait continuer de soutenir la demande de métal précieux. À l’inverse, un retour durable de la paix en Ukraine exercerait un effet modérateur. Plusieurs experts estiment que l’once pourrait dépasser les 5 000 dollars. À ce niveau, une prise de bénéfices semblerait néanmoins judicieuse.

Après une année en demi-teinte, le bitcoin peut-il rebondir ? Il pourrait au contraire pâtir des doutes croissants sur l’IA, de l’essor des stablecoins et des futurs lancements de monnaies digitales de banque centrale. La diffusion progressive de la blockchain pourrait conduire à une forme de banalisation du bitcoin, qui perdrait alors son statut d’icône ou de pionnier.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
26 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 103,58 -0,58 %7 543,187 380,74
Dow Jones48 710,97+1,55 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 929,94+1,28 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 593,10+2,55 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 340,06+1,58 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 870,68+0,33 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 746,24 +0,08 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 344,10+1,95 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 963,68+3,04 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,562 %-0,051 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,862 %-0,036 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,138 %-0,006 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1779+0,25 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 479,63+4,12 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars62,28 +4,29 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars87 930,3814+2,73%38 252,5493 776,61

La mauvaise passe du livret A

Novembre 2025 est sans surprise, avec une nouvelle décollecte du livret A, de -730 millions d’euros, la troisième de rang après celles d’octobre et de septembre. La dernière passe de trois pour les décollectes remontait à 2015.

Traditionnellement, le mois de novembre est peu porteur pour le livret A. Depuis 2009, dix décollectes ont été enregistrées. La collecte moyenne, en novembre, au cours de ces dix dernières années (2015-2024), a été de 300 millions d’euros. En 2024, 400 millions d’euros de collecte nette avaient été constatés. Les plus fortes décollectes, en novembre, sont intervenues en 2009 (-1,3 milliard d’euros) et en 2014 (-1,25 milliard d’euros). Les plus fortes collectes pour un mois de novembre ont été enregistrées en 2012 et en 2024, avec 2,4 milliards d’euros chacune. La première est intervenue à la suite du relèvement du plafond du livret, la seconde lors de l’épidémie de Covid.

Le livret A est en décollecte sur les onze premiers mois de l’année, à -3,58 milliards d’euros, alors qu’en 2024 il enregistrait une collecte positive de près de 12 milliards d’euros (11,87 milliards d’euros).

Un mois de dépenses

Novembre est un mois de dépenses, sans recettes exceptionnelles. Le Black Friday, qui s’est imposé dans la culture française, marque le début des courses de fin d’année. Pour les ménages qui avaient un solde d’impôt sur le revenu à acquitter au titre de 2024, le paiement est étalé sur les quatre derniers mois de l’année.

Lente digestion de la baisse de la rémunération

Le livret A est toujours en phase de digestion de la baisse de son taux de rémunération, passé de 3 % à 1,7 % sur l’année. Le 1er février prochain, compte tenu du niveau de l’inflation de ces derniers mois (1 % en rythme annuel) et de l’évolution des taux des marchés monétaires (taux Ester), le taux du livret A devrait passer de 1,7 % à 1,4 %. Cette baisse ne devrait pas inciter les ménages à y placer davantage d’argent dans les prochains mois, même si son rendement réel reste positif.

Le LDDS dans le sillage du livret A

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est également en décollecte en novembre, à -230 millions d’euros. Depuis 2009, il enregistre sa dixième décollecte. La plus importante a été constatée en 2011, avec -430 millions d’euros, tandis que la collecte la plus élevée en novembre date de 2012, avec 2,82 milliards d’euros, lors du relèvement du plafond du LDDS. Sur ces dix dernières années (2015-2024), la collecte moyenne s’élevait à 100 millions d’euros.

La collecte des onze premiers mois de l’année 2025 a atteint 1,27 milliard d’euros, contre 5,61 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le Livret d’épargne populaire (LEP) toujours positif

Le Livret d’épargne populaire enregistre, en novembre, une collecte positive de 210 millions d’euros, contre 340 millions d’euros l’année dernière.

Sur les onze premiers mois, le LEP est en décollecte de 1,5 milliard d’euros, alors qu’il était en collecte positive de 6,26 milliards d’euros sur la même période en 2024.

Le taux de rémunération, à 2,7 %, demeure attractif pour les épargnants éligibles au LEP, même si leurs revenus modestes limitent leur capacité d’épargne. Au 1er février prochain, ce taux devrait baisser. L’application de la formule pourrait le ramener à 1,9 % mais il est probable que le gouvernement maintienne un bonus en faveur De l’épargne populaire en retenant un taux de 2,4 %.

2025 : une année charnière pour l’épargne

En 2025, les Français ont été en mode fourmis, avec un taux d’épargne qui sera, sur l’année, d’environ 18 % du revenu disponible brut, soit trois points au-dessus du taux d’avant la crise Covid. Cette augmentation est imputable à la composante financière de l’épargne, qui est au plus haut depuis les années 1950 (hors période Covid).

Trois facteurs d’augmentation du taux d’épargne :

  • Climat anxiogène ;
  • Vieillissement démographique ;
  • Capitalisation des gains.

Ce niveau élevé d’épargne s’explique non seulement par un climat géopolitique, économique et social qui reste anxiogène, mais aussi par le vieillissement de la population et les bons rendements des placements financiers. Une population âgée a une propension plus importante à épargner et à réduire sa consommation. Ce phénomène est constaté au sein de nombreux pays occidentaux, comme l’Allemagne ou le Japon, ainsi qu’en Chine.

Par ailleurs, en France, les ménages ont tendance à capitaliser les gains issus de leurs placements. Or, ces gains ont été portés par la hausse des taux de rendement, à l’exception de ceux de l’épargne réglementée et des dépôts, et par la bonne tenue des marchés financiers. Les Américains ont un tout autre comportement, en consommant tout ou partie de leurs gains financiers.

Fin de cycle pour le Livret A

Depuis 2017, le Livret A accumulait des collectes annuelles de plus de 10 milliards d’euros. Il a connu des collectes records en 2020, 2022 et 2023 (collectes supérieures à 20 milliards d’euros). L’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine ont incité les ménages à privilégier le Livret A, d’autant plus que son taux est passé de 0,5 % à 3 % entre le 1er février 2020 et le 1er février 2023.

L’encours du Livret A est passé, de décembre 2019 à juin 2025 (niveau record), de 298,6 à 445,5 milliards d’euros, soit un gain de 146,9 milliards d’euros.

La préférence donnée au Livret A a cessé en 2025, avec les deux baisses de son taux de rémunération intervenues les 1er février et 1er août 2025. Le taux est ainsi passé, sur l’année, de 3 % à 1,7 %. Il est à souligner que le rendement réel du Livret A a été positif en 2025, en raison d’une inflation qui s’est stabilisée autour de 1 % en rythme annuel. Entre 2022 et 2024, malgré un taux de 3 %, le rendement réel était en revanche négatif.

En 2025, le Livret A devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015 (-9,29 milliards d’euros). Elle devrait dépasser 2 milliards d’euros. L’année dernière, la collecte avait été positive, à hauteur de 14,87 milliards d’euros.

En 2014 et 2015, la décollecte s’expliquait également par la baisse du taux de rémunération et faisait suite aux fortes collectes des années 2012 et 2013, provoquées par le relèvement des plafonds du Livret A et du LDDS.

Le 1er février prochain, le taux du Livret A devrait être une nouvelle fois abaissé. Le taux pourrait ainsi passé de 1,7 à 1,4 %. Il en serait de même pour le LDDS.

Le taux du Compte épargne logement serait alors de 1 % au lieu de 1,25 %.

Léger recul pour le Livret d’Épargne Populaire

Malgré un taux supérieur d’un point à celui du Livret A, le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à la décollecte. Sur les onze premiers mois, celle-ci s’élève à 1,5 milliard d’euros. Ce produit, détenu par 12 millions de personnes, est éligible sous conditions de revenus.

Il est à souligner qu’afin de favoriser l’épargne des ménages les plus modestes, le gouvernement n’a pas appliqué la formule du taux de rémunération. Celui-ci est soit égal à l’inflation, soit au taux du Livret A majoré de 0,5 point, si ce dernier est plus avantageux. De ce fait, le taux au 1er août 2025 aurait dû être de 2,2 %. Or, le gouvernement a décidé de le fixer à 2,7 %. Il est probable qu’un même geste soit consenti le 1er février 2026. Le taux pourrait être ainsi abaissé à 2,4 %.

2025 ou la revanche de l’assurance vie

L’assurance vie est en voie de connaître l’une des meilleures années de son histoire. Avec 45 milliards d’euros sur les dix premiers mois, la collecte nette devrait, en 2025, se situer autour de 50 milliards d’euros, un résultat qui n’avait plus été enregistré depuis 2010 (51,1 milliards d’euros).

Ce résultat est porté par un montant élevé de cotisations (plus de 160 milliards d’euros sur les dix premiers mois) et par des rachats modérés. Il est également la conséquence du retour en territoire positif de la collecte des fonds euros, qui bénéficient de la fameuse garantie en capital. La baisse de leur taux de rendement avait, ces dernières années, conduit les ménages à se désengager du premier pilier de l’assurance vie, qui représente plus de 72 % de l’encours et, en moyenne, plus de 60 % de la collecte ces dernières années.

Le taux de rendement des fonds euros était passé de 3,4 % en 2010 à 1,28 % en 2020, en lien avec la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, qui s’était traduite par un fort recul des taux des obligations souveraines. Cette baisse du rendement a érodé la compétitivité de l’assurance vie, laquelle n’a été portée, depuis 2017, que par les unités de compte.

Le rendement des fonds euros a réaugmenté à compter de 2022 pour atteindre 2,6 % en 2024. Le rendement pour 2025 devrait être assez voisin de celui de l’année dernière. Cette hausse, conjuguée à la baisse des taux de rémunération de l’épargne réglementée et des dépôts à terme, a incité les ménages à réallouer une part plus importante de leur épargne vers l’assurance vie.

Il est à noter que cette dernière, dans l’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, a repris, en 2025, sa place de numéro un parmi les placements préférés des Français.

L’encours de l’assurance vie devrait, en 2025, dépasser 2 100 milliards d’euros.

2025 : confirmation du succès du Plan d’Épargne Retraite confirme

Au 31 octobre 2025, le nombre de titulaires d’un PER assurance est estimé à 7,7 millions (+16 % sur un an) et les provisions mathématiques de ces PER sont évaluées à 107,5 milliards d’euros (+21 % sur un an). En prenant en compte l’ensemble des PER (bancaires et assurantiels), le nombre de titulaires dépasse 12 millions et l’encours atteint 130 milliards d’euros (chiffres à mars 2025).

Le PER profite des interrogations sur l’avenir du système de retraite par répartition et du vieillissement démographique.

Quelles perspectives pour 2026 ?

Les taux de rémunération

Les taux de rémunération de plusieurs produits d’épargne sont appelés à évoluer dans les prochaines semaines.

Le Plan d’Épargne Logement

Le taux du plan d’épargne logement est déjà connu. Il s’élèvera à 2 % pour tous les plans ouverts à compter du 1er janvier 2026. Il convient de souligner que ce produit est en recul depuis 2018.

Le Livret A et le LDDS

Le taux du Livret A et du LDDS, compte tenu de l’inflation constatée en 2025 et de l’évolution des taux monétaires, devrait passer de 1,7 % à 1,4 % au 1er février 2026.

Par voie de conséquence, le taux du compte d’épargne logement devrait passer de 1,25 % à 1 %.

Le Livret d’Épargne Populaire

Le taux du Livret d’Épargne Populaire, par simple application de la formule réglementaire, devrait être, au 1er février 2026, de 1,9 %. Il est fort probable que le gouvernement fasse un geste en ramenant le taux de 2,7 % à 2,4 %.

L’évolution de l’épargne : un léger recul pour 2026

Le taux d’épargne devrait légèrement baisser en 2026, avec une reprise modérée de la consommation après plusieurs années de stagnation. Les ménages acquièrent une certaine résilience face aux chocs divers et variés. En outre, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, avec à la clé une baisse du coût de l’énergie, pourrait contribuer à améliorer le moral des ménages.

La collecte du Livret A devrait se situer dans le prolongement de l’année 2025, avec toujours un effet de cycle, le premier semestre étant plus favorable à la collecte que le second.

L’assurance vie : encore une année en or en 2026

Malgré quelques menaces durant la discussion budgétaire, le régime fiscal de l’assurance vie demeure inchangé en 2026. Elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 1,4 point.

Avec des fonds euros dont la rémunération profitera de la hausse des taux d’intérêt à long terme, l’attractivité de l’assurance vie devrait encore s’améliorer, d’autant plus que les rendements de l’épargne réglementée sont orientés à la baisse.

Par ailleurs, l’assurance vie pourrait être la grande gagnante de la clôture des plans d’épargne logement de plus de quinze ans. À partir du mois de mars 2026, les premiers contrats ouverts en 2011, qui atteignent leur quinzième année, sont automatiquement transformés en livrets bancaires dont la rémunération, faible, est fixée par l’établissement bancaire. Ces fermetures automatiques conduiront à une réallocation des fonds. Or, le PEL avait connu un nombre important d’ouvertures entre 2011 et 2016. Selon la Banque de France, d’ici 2030, un tiers des PEL, dont l’encours est de 93 milliards d’euros, est concerné.

Les ménages concernés ont laissé leur argent sur leur PEL non pas en vue de réaliser un projet immobilier (ils l’auraient déjà fait), mais pour des raisons financières : les PEL ouverts entre 2011 et 2016 étaient rémunérés entre 2 % et 2,5 % et n’étaient pas soumis à l’impôt. Les nouveaux PEL sont beaucoup moins intéressants (2 % de rendement et soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %). Dans ces conditions, l’assurance vie, avec un rendement de 2,6 % pour les fonds euros, devrait capter une part non négligeable des PEL arrivés à échéance. Le Plan d’Épargne Retraite pourrait également en bénéficier.

Or, un nouveau record

Le cours de l’or a battu, lundi 22 décembre, un nouveau record en dépassant 4 400 dollars l’once. En fin de semaine, ce dernier a même franchi la barre des 4500 dollars. Cette progression est alimentée par les prévisions de nouvelles baisses de taux de la Réserve fédérale américaine.

Le précédent record datait du mois d’octobre dernier, à 4 381,52 dollars. Depuis le début de l’année, le métal jaune a progressé de plus de 66 %. Entre la guerre commerciale menée par Donald Trump, la paralysie budgétaire à Washington et les tensions géopolitiques chroniques, tout concourt à la hausse de l’or. Outre les investisseurs, les banques centrales de nombreux pays, notamment émergents, ont également accru leurs réserves en métal jaune. Parmi celles qui ont acheté le plus d’or figurent la Pologne, le Kazakhstan, le Brésil et la Turquie. La Pologne a acheté (en net) 82,67 tonnes d’or, soit 7,6 %. Sur le seul mois d’octobre, le pays a acquis 15,6 tonnes. La Pologne se classe désormais au 12ᵉ rang pour la détention officielle d’or. Le Brésil, qui a acheté plus de 15 tonnes de métal jaune en septembre et octobre, poursuit sa stratégie visant à réduire sa dépendance au dollar. La Chine arrive en 5ᵉ position pour les achats d’or, avec plus de 24 tonnes acquises cette année. Elle est le sixième pays disposant des réserves d’or les plus importantes.

La Russie, qui ces dernières années avait acheté de nombreuses tonnes d’or, en a vendu en 2025 afin de financer son important effort de guerre. Le pays reste le cinquième plus grand détenteur du précieux métal. Singapour a également réduit ses réserves d’or, en cédant au total plus de 15 tonnes. Ce pays joue toujours un rôle actif sur le marché de l’or, pour son compte ou pour le compte de tiers. De son côté, l’Ouzbékistan a vendu plus de 11 tonnes, faisant de ce pays le plus important vendeur net d’or.

Bitcoin : l’année des paradoxes

Le bitcoin, avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, semblait être promis à un brillant avenir. Or, la première des cryptoactifs est en recul de 6 % depuis le début de l’année. Fin décembre, il s’échange contre 87 000 dollars, loin de son record du mois d’octobre (125 260,9 dollars).

Après avoir bénéficié du soutien de l’industrie digitale durant sa campagne et avoir émis sa propre crypto, Donald Trump promet de faire des États-Unis « la capitale mondiale des cryptomonnaies ». Dès sa nomination, ce dernier déréglemente et met fin aux poursuites que son prédécesseur avait engagées à l’encontre de ce secteur. L’idée d’une réserve stratégique de bitcoins, évoquée à Washington, marque un tournant symbolique.

Cette normalisation a une contrepartie immédiate. Le bitcoin est désormais sujet aux décisions et aux volte-face présidentiels. Son cours a ainsi fortement baissé après les annonces relatives aux droits de douane au mois d’avril dernier. La première des cryptos est de plus en plus corrélée aux marchés financiers américains, et en particulier au cours du Nasdaq.

L’adoption du Genius Act sur les stablecoins a certes, à l’automne, réveillé le marché des cryptoactifs en portant le bitcoin à plus de 120 000 dollars. À ce pic, la capitalisation totale des bitcoins en circulation a brièvement dépassé les 2 400 milliards de dollars, selon Bloomberg. Entre ces phases de valorisation, le bitcoin a connu des fluctuations pouvant atteindre 30 %, quand, dans le même temps, l’or s’est continuellement apprécié.

Les ETF sont devenus l’un des leviers de croissance de plus en plus importants du bitcoin. Les fonds cotés qui répliquent directement le prix du bitcoin rencontrent un réel succès. Après une année 2024 exceptionnelle, marquée par plus de 35 milliards de dollars de collecte, les ETF bitcoin attirent encore environ 22 milliards de dollars en 2025. Les flux deviennent toutefois plus erratiques, alternant phases de collecte et sorties marquées. L’ETF n’est plus un moteur automatique de hausse, mais un instrument d’arbitrage pleinement intégré aux cycles de l’aversion au risque.

Epargne salariale : le premier vecteur de la négociation en entreprise

En 2024, le nombre d’accords et d’avenants conclus dans les entreprises s’est élevé à 81 380. Près de la moitié d’entre eux sont liés à l’épargne salariale (45,6 %). Leur nombre a progressé de 8 % par rapport à 2023. L’intéressement, la participation, la retraite collective sont au cœur des négociations sociales au sein des entreprises.

Arrivent ensuite les textes sur les salaires et primes, en hausse de 4,3 % et ceux sur le temps de travail.

Livrets ordinaires : un encours élevé malgré de faibles taux de rémunération

L’encours des livrets ordinaires fiscalisés s’élevaient à 199,5 milliards d’euros à la fin du mois d’octobre dernier. Malgré un taux moyen de rémunération faible, autour de 0,8 %, les ménages conservent des sommes importantes sur ces produits. Ce sont souvent des fonds en attente d’utilisation. Les sommes issues d’une vente d’un logement sont ainsi placées sur un livret avant réutilisation pour l’achat d’un nouveau logement ou pour une réallocation su d’autres produits financiers. Les sommes issues d’une succession peuvent être également placées sur un livret avant réaffectation.

Cercle de l’Epargne – données Banque de France

Le Coin des Epargnants du 20 décembre 2025 par Philippe Crevel – les marchés en mode fin d’année

La trêve des confiseurs

Les marchés financiers entrent dans la traditionnelle trêve des confiseurs. La semaine prochaine ne comptera que trois séances, avec une fermeture anticipée mercredi 24. Les investisseurs ont réagi positivement aux résultats de l’inflation américaine. Les données du Bureau américain des statistiques font état d’une augmentation de 2,7 % des prix à la consommation sur un an (2,6 % hors alimentation et énergie), inférieure aux 3,1 % anticipés par le consensus et aux 3 % de septembre, en l’absence de référence pour octobre compte tenu du shutdown. Néanmoins, ces statistiques sont sujettes à caution compte tenu de la fermeture des administrations fédérales en octobre et novembre, qui a gêné la collecte des données. Le shutdown a contraint le BLS à recourir davantage à l’imputation par report, en supposant que le niveau de l’indice d’octobre était inchangé par rapport à celui de septembre, pour établir les indices de novembre. Le chiffre de décembre pourrait être relativement élevé par effet de rattrapage statistique. L’optimisme reste néanmoins de rigueur, surtout si cette inflation maîtrisée se confirme. Elle donne, en effet des marges de manœuvre à la Réserve fédérale américaine pour réduire davantage ses taux d’intérêt.

Le CAC 40 a gagné plus de 1 % sur la semaine. Les taux des obligations d’Etat sont à la hausse en Europe. Le taux de l’OAT, en France, dépasse 3,6 % et est désormais nettement supérieur à son équivalent italien. L’or est en légère remontée, le bitcoin continuant, de son côté, de baisser. Les indices américains sont restés stables surla semaine.

Un baril de pétrole au-dessous des 60 dollars

Le baril de pétrole Brent, référence européenne, est passé en dessous des 60 dollars dans la semaine pour la première fois depuis mai. Il a terminé la semaine juste au-dessous de cette barre symbolique. Cette baisse est la conséquence des pourparlers sur l’Ukraine et de l’augmentation de l’offre avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité lundi de « progrès » dans les négociations avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie, ce qui pourrait avoir pour conséquence un allègement des sanctions contre le pétrole russe. Les tensions entre le Venezuela et les États-Unis ont, en revanche, peu de conséquences sur le cours du pétrole.

La BCE toujours en mode temporisation

La Banque centrale européenne, pour sa dernière réunion de l’année, a une nouvelle fois opté, en matière de taux directeurs, pour le statu quo. Elle a maintenu son taux de dépôt à 2 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,15 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %. Cette décision était anticipée par les investisseurs.

À la différence de la FED, la BCE estime qu’il n’y a aucune raison de changer les taux. La croissance européenne réaccélère depuis quelques mois, en partie grâce au plan de relance de l’Allemagne. L’inflation est, en novembre, repassée au-dessus des 2 %. Néanmoins, les économistes de la BCE envisagent que l’inflation descende un peu sous la cible en 2026 et 2027, avant de retrouver les 2 % en 2028. La croissance est, de son côté, attendue à 1,2 % en 2026, puis à 1,4 % les deux années suivantes. « Il n’y a pas eu de discussion sur une possible hausse ou baisse de taux », a signalé Christine Lagarde, présidente de la BCE.

Néanmoins, Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a indiqué qu’il faudrait peut-être relever les taux en fin d’année prochaine en raison d’une menace de reprise de l’inflation. Cette analyse n’est pas, pour le moment, partagée par la majorité du Conseil de politique monétaire, même si elle émane d’une possible successeure de Christine Lagarde. La BCE est contrainte de prendre en compte la politique monétaire américaine. La baisse des taux de la FED contribue à la dépréciation du dollar par rapport à l’euro. Les importations extracommunautaires coûtent moins cher, ce qui contribue à diminuer l’inflation. A contrario, les exportations européennes sont pénalisées. Cette situation pourrait inciter la BCE à baisser ses taux.

Hausse historique des taux directeurs au Japon

Vendredi 19 décembre, la Banque du Japon (BoJ) a décidé de remonter son taux de référence de 0,25 % à 0,75 %, au niveau où il évoluait il y a 30 ans. La banque centrale japonaise a décidé d’enclencher, en 2024, un processus d’augmentation de ses taux directeurs tout en précisant que ces derniers, en valeur réelle (corrigés de l’inflation), resteraient « nettement négatifs » et que les conditions financières demeureraient « suffisamment accommodantes » pour soutenir l’activité économique du pays.

La Banque essaie de concilier des taux bas pour ne pas fragiliser des milliers d’entreprises peu profitables, qui, pendant des décennies, ont emprunté presque gratuitement, et un rendement de l’argent qui permettrait de ramener des capitaux dans le pays ou, au moins, de freiner leur départ vers des pays offrant des rendements plus appétissants. Le départ des capitaux vers l’étranger contribue à la dépréciation du yen. Au mois de décembre, un euro s’échange contre 183 yens, quand, en 2012, il n’en valait que 95. Cette dépréciation de la devise nippone favorise les touristes étrangers et les exportateurs ; elle renchérit les importations, en particulier de produits agricoles et d’énergie. Par voie de conséquence, le Japon enregistre une inflation de plus de 3 %, érodant le pouvoir d’achat des ménages. La hausse des salaires ne compense pas celle des prix à la consommation. Kazuo Ueda, le gouverneur de la BoJ, a reconnu ce risque d’érosion du pouvoir d’achat des ménages par l’inflation et expliqué qu’il était impératif de ne pas prendre de retard. Une hausse des taux et du yen est-elle capable de changer les flux de capitaux ? Les investisseurs japonais ont placé 4 000 milliards de dollars hors du pays. Une petite partie pourrait revenir, mais cela restera marginal. En revanche, les fonds étrangers pourraient réduire leurs emprunts à faible taux en yen, qui leur permettaient d’acquérir des actifs sur les marchés américains et européens (carry trade).

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
19 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 151,38+1,18 %7 543,187 380,74
Dow Jones48 134,89-0,48 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 834,50+0,06 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 307,62+0,38 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 295,95+0,43 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 897,42+2,19 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 760,35+0,84 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)49 507,21-2,27 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 890,45-0,49 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,613 %+0,031 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,898 %+0,037 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,144 %-0,053 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1720+0,79 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 352,26+3,33 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars60,25-1,50 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars87 997,34-2,19%38 252,5493 776,61

Le Plan d’Epargne Retraite est-il assujetti à la nouvelle contribution pour l’autonomie ?

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, adopté par le Parlement le 16 décembre dernier, institue une contribution financière pour l’autonomie de 1,4 point qui s’ajoute aux prélèvements sociaux existants. Cette contribution ne touche pas tous les produits du patrimoine. Les revenus financiers issus des comptes-titres, des Plans d’Épargne en Actions et des livrets ordinaires sont concernés. Y échappent les revenus fonciers, ceux en provenance des livrets réglementés, y compris le Plan d’Épargne Logement, et de l’assurance-vie.

Si l’assurance-vie est citée explicitement dans l’exposé des motifs de l’amendement, le plan d’épargne retraite (PER) n’est pas spécifié. A priori, par assimilation, l’exonération concernerait tous les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation, ainsi qu’aux placements de même nature mentionnés à l’article 125-0 A du code général des impôts. Cet article du Code général des impôts (CGI) concerne les placements « souscrits auprès d’entreprises d’assurance ». Cette exonération ne vaudrait que pour le PER assurantiel et non pour le PER bancaire. Ce dernier prend la forme d’un compte-titres et ne donne pas accès à un fonds en euros pour garantir son capital. Cette interprétation doit être confirmée par Bercy.

Pour les produits soumis à la nouvelle contribution, le taux des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 %, la flat tax s’élevant ainsi à 31,4 % contre 30 % auparavant. L’entrée en vigueur de la nouvelle contribution est fixée au 1er janvier 2026.

Nouveau record pour la dette publique en France

À la fin du troisième trimestre 2025, la dette publique au sens de Maastricht se rapproche de 3 500 milliards d’euros (3 482,2  milliards d’euros), soit une augmentation de 65,9 milliards d’euros, après +70,9  milliards au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elle atteint 117,4 %, après 115,7 % au deuxième trimestre.

Données INSEE

Le Coin des Epargnants du 6 décembre 2025 par Philippe Crevel

Vers une nouvelle baisse des taux de la FED

L’inflation sous-jacente aux États-Unis (indice PCE) du mois de septembre demeure contenue en dessous des 3 %. Les anticipations d’inflation sont en recul tout en demeurant élevées (4,1 %). Cette situation, plus encourageante que prévu, pourrait conduire à une nouvelle baisse des taux directeurs de la FED à l’occasion de sa prochaine réunion. Si cette baisse est confirmée, ce sera la troisième de l’année, après un assouplissement de 100 points de base en 2024, ce qui réduira la fourchette entre 3,5 et 3,75 %. En 2026, le scénario est ouvert en ce qui concerne l’évolution des taux de la FED, d’autant plus qu’elle aura un nouveau président à partir du mois de mai. Le successeur de Jerome Powell pourrait être connu avant Noël. Kevin Hassett, 63 ans, titulaire d’un doctorat en économie de l’université de Pennsylvanie et conseiller économique à la Maison-Blanche, figure parmi les favoris. Il est un des partisans les plus zélés de la politique économique de Donald Trump et est favorable à une baisse des taux. Son point fort est sa capacité à parler à la fois aux marchés et à l’électorat républicain. Son point faible est sa proximité avec Donald Trump, qui pourrait être perçue comme la fin de l’indépendance de la FED.

La semaine sur les marchés « actions » aura été marquée par l’attentisme. Les investisseurs sont sur la défensive, attendant les prochaines annonces de la FED et le nom de son futur président. La lourde charge de l’administration américaine à l’encontre des Européens et la menace persistante de la Russie envers ces derniers n’ont pas favorisé les marchés européens.

L’administration américaine de plus en plus anti-européenne

Jeudi 4 décembre, aux États-Unis, l’administration républicaine a publié une nouvelle stratégie de sécurité nationale qui condamne la politique des gouvernements en place et qui appelle de ses vœux la victoire des partis nationalistes. Elle considère que l’Europe est menacée d’un effacement économique et civilisationnel. Elle indique que la liberté d’expression n’y est plus assurée et que les gouvernements en place ne sont pas légitimes. L’Allemagne a vivement réagi à ce texte en demandant à Washington de cesser toute ingérence dans les affaires des États européens et en affirmant qu’elle n’avait pas de leçon de démocratie à recevoir de Washington.

Après la stratégie nationale de sécurité, Washington doit publier prochainement sa « revue mondiale des forces ». Ce document doit préciser quel effectif militaire les Américains veulent conserver sur le Vieux Continent. Une brigade mobile stationnée en Roumanie a déjà été supprimée, d’autres pourraient suivre. Au vu des dernières déclarations de Donald Trump, un désengagement de l’OTAN est à terme à craindre. Par ailleurs, ce dernier a indiqué que les positions de l’Europe au sujet de l’Ukraine étaient contraires aux intérêts américains. Selon le document de l’administration républicaine, « une vaste majorité » de l’opinion européenne veut la paix, mais c’est « la subversion des processus démocratiques » qui l’entrave. La tentation de signer un accord de paix entre Moscou et Washington transparaît nettement à la lecture du document, en passant outre l’hostilité européenne et ukrainienne.

Majoration de CSG : assurance vie exonérée mais pas le PER

Les députés ont adopté, vendredi 5 décembre, la partie recettes du projet de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Après avoir donné lieu à des tensions au sein du bloc central, la hausse de la CSG sur les revenus du capital a été retenue, mais elle est plus ciblée que dans sa version initiale. La majoration de 1,4 point, à 10,6 %, de la CSG, baptisée « contribution financière pour l’autonomie », ne concernera pas les revenus fonciers, les plus-values immobilières, les contrats d’assurance-vie ou encore les plans d’épargne logement. En revanche, les comptes-titres, les PEA et les PER seront affectés. Les PER, qui sont assez proches de l’assurance-vie dans leur mode de fonctionnement et qui correspondent à de l’épargne de long terme, se verront de ce fait appliquer un taux plus élevé.

Le rendement de cette majoration devrait être, selon le gouvernement, de 1,5 milliard, contre les 2,8 milliards visés initialement.

Par ailleurs, les députés ont adopté une taxation supplémentaire des complémentaires santé, qui rapporterait 1 milliard d’euros. Le taux de la contribution — censée n’être valable que pour 2026 — est fixé à 2,05 % des cotisations perçues.

Le projet de budget augmente également les taxes sur les laboratoires pharmaceutiques. La hausse du prélèvement est supposée remplacer la clause de sauvegarde, mécanisme mis en place pour permettre à la Sécurité sociale de ponctionner les industriels du médicament en cas de dérapage des dépenses de remboursement de médicaments.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
5 déc. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 114,74+0,04 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 954,99+0,50%37 689,5442 544,22
S&P 5006 870,40+0,31 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 578,13+0,91 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 038,71+1,19 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 667,01-0,46 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 725,63+1,36 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 491,87+3,77 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 902,81+0,85 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,526 %+0,113 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,799 %+0,032 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,133 %+0,109 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1633+0,55 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 211,01+1,97 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,60+0,11 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars88 885,26-2,40 %38 252,5493 776,61

Dubaï : le nouvel Eldorado pour la finance

De tout temps, des villes ont, par leur statut et attractivité, attiré au-delà de leur pays, de leur région, des investisseurs, des artistes, des entrepreneurs, des personnes aisées. Les villes hanséatiques au XIIIe et XIVe siècle ont été à la fin du Moyen Âge au cœur de la renaissance des échanges commerciaux. Elles ont été aussi des espaces de liberté. Gênes et Bruges, à partir du XVe, ont repris le flambeau. À partir du XVIIe siècle, Genève et plus globalement la Suisse sont devenues des lieux prisés pour leur liberté et leur sécurité. Bien plus près de nous, Beyrouth, au Moyen-Orient, dans les années 1960/1970, avait acquis un statut de ville financière et de rencontre des cultures. En Asie, Singapour a, à partir des années 1980, joué également un rôle d’aimant économique et financier. Depuis quelques années, Dubaï et les Émirats arabes unis sont devenus « the place to be » pour placer et sécuriser des capitaux.

En moins de cinquante ans, Dubaï est passé d’un port marchand régional à l’un des nœuds financiers les plus dynamiques du monde. Elle est ainsi la première place du Moyen-Orient devant Bahreïn et Riyad. Le virage financier a été décidé dans les années 1990 puis consolidé avec la création du Dubaï International Financial Centre (DIFC) en 2004, zone financière extraterritoriale opérant sous un droit anglo-saxon, indépendante du système juridique local.

Dubaï bénéficie d’un régime politique stable entretenant les meilleures relations possibles avec les États-Unis, l’Europe, la Chine et aussi la Russie. Dubaï est reconnu pour un niveau de sécurité intérieure élevé et pour sa faible criminalité. Le régime fiscal est compétitif avec l’absence d’impôt sur le revenu, un impôt sur les sociétés modéré (9 %) et une exonération totale dans la zone DIFC. Dubaï, grâce à ses atouts, accueille les fortunes du Golfe, les élites indiennes, pakistanaises et africaines, les familles russes ou chinoises et de plus en plus les familles européennes. La confidentialité, la stabilité juridique du DIFC et l’absence d’impôt favorisent cette croissance. Selon Henley & Partners, un cabinet de conseil en immigration britannique, les Émirats seront la première destination des grandes fortunes en 2025, avec 9 800 arrivées anticipées, cumulant 63 milliards de dollars d’actifs. C’est plus que les États-Unis (7 500 pour 43,7 milliards), la Suisse (3 000 totalisant 16,8 milliards) et très loin devant Singapour et Hong Kong. Plus de 130 500 millionnaires se sont déjà installés aux Émirats, dont 81 000 à Dubaï. Parmi eux, 28 milliardaires, soit une hausse de 98 % en dix ans. Dubaï devrait supplanter Paris avec ses 160 100 millionnaires et 22 milliardaires. Les grandes familles privilégient Dubaï car elles peuvent facilement s’y installer. La réglementation y est plus souple qu’à Genève, Singapour ou Hong Kong. En outre, la ville offre toutes les commodités qu’attendent les personnes aisées (services haut de gamme, système de santé performant, loisirs, centres commerciaux, boutiques de luxe). L’aéroport international permet de se rendre dans toutes les capitales du monde en utilisant notamment Emirates, figurant parmi les meilleures compagnies du monde.

Dubaï ambitionne d’être la capitale mondiale de la finance islamique, en concurrence avec Kuala Lumpur. Les autorités entendent également faire de leur ville un centre d’accueil des fintechs afin de développer le marché des crypto-actifs. De nombreux acteurs de la crypto quittent Hong Kong ou Londres pour s’y implanter. Plus de 8 000 établissements financiers sont présents à Dubaï au sein du DIFC, employant 48 000 collaborateurs. Vingt-sept des 29 banques systémiques mondiales y ont établi des bureaux, dont cinq des plus grandes banques chinoises, tandis que JP Morgan, Goldman Sachs ou encore HSBC et BlackRock ont notamment choisi la ville du golfe Persique. En dix ans, la taille des actifs bancaires a augmenté de 200 %, à 240 milliards de dollars. Le DIFC est également devenu un véritable hub de réassurance pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud.

Dubaï n’est pas sans faiblesses. Son essor rapide, de nature spéculative, l’expose à des corrections, que ce soit sur le plan financier ou immobilier. Le marché financier est peu profond, avec peu d’entreprises locales cotées. Le risque de réputation demeure avec les problèmes de blanchiment et de capitaux non transparents. Le GAFI avait placé les Émirats un temps sous surveillance avec une inscription sur la liste grise 2022–2024. Depuis, cette inscription a été levée, mais la menace demeure. Le ministère de l’Intérieur des Émirats a déclaré avoir traité 521 affaires de blanchiment d’argent ces dernières années, en collaboration avec des organismes internationaux. Plus d’un milliard de dollars ont été saisis. Pour se distinguer des purs paradis offshore, Dubaï a instauré en 2023 une faible taxe sur les entreprises, en plus d’une TVA de 5 %. Aujourd’hui, être qualifié de paradis fiscal n’est pas porteur en premier lieu pour les grandes fortunes.

Dubaï n’a pas vocation à remplacer New York ou Londres, mais elle s’impose comme une place financière internationale de premier plan, au même titre que Singapour. Au niveau des places financières, Dubaï occupe déjà la 11e place, Paris étant 18e.

L’ascension de Dubaï repose sur une stratégie mêlant stabilité politique, innovation juridique et ouverture internationale ? Si la cité du Golfe demeure exposée à certains risques structurels, elle n’en continue pas moins d’attirer talents et capitaux à un rythme inédit. Elle s’affirme désormais comme un maillon incontournable de la géographie financière du XXIe siècle marqué par l’émergence des fortunes dans les pays du Sud et par la mobilité du capital.

Le Coin des Epargnants du 28 novembre 2025

Des marchés résilients malgré les doutes sur l’IA

Aux États-Unis, la semaine boursière a été réduite en raison de la fête de Thanksgiving, jeudi 27 novembre (pas de cotation), et du Black Friday (fermeture anticipée de Wall Street).

Après plusieurs semaines de doutes sur la rentabilité future de l’Intelligence artificielle (IA), les marchés actions ont rebondi à la fin du mois de novembre. Sur la dernière semaine, le Nasdaq a gagné près de 5 %. À l’approche du mois de décembre, la question traditionnelle se pose : les marchés connaîtront-ils un « rally » de fin d’année, permettant à Wall Street d’aller battre des records et au CAC 40 de revenir au contact de son pic à 8 314,33 points du 13 novembre dernier ? Signe de cet attrait retrouvé pour les actifs risqués, le bitcoin reprend de la hauteur, à plus de 91 000 dollars, tandis que l’ether franchit de nouveau le seuil des 3 000 dollars. En un mois, le bitcoin a néanmoins perdu 20 % de sa valeur.

Sur l’ensemble du mois de novembre, les indices actions ont fait du surplace. Le ralentissement de la croissance américaine commence à se faire sentir. En Europe, les incertitudes demeurent élevées. Les probabilités d’une prochaine baisse des taux directeurs de la Fed ont augmenté au cours de la semaine. Une diminution de 25 points de base des Fed funds à l’issue de la réunion des 9 et 10 décembre semble se profiler. Le gouverneur Stephen Miran, nommé par Donald Trump, n’a pas hésité à établir un lien direct entre la détérioration du marché du travail et la politique monétaire actuelle : « Il faut reconnaître que le taux de chômage a augmenté, et cela est dû à une politique monétaire trop restrictive ».

L’once d’or s’est rapprochée, à la fin du mois de novembre (4 219 dollars), de son record (4 381 dollars), témoignant de la persistance des inquiétudes à l’échelle mondiale. L’évolution de la situation aux États-Unis incite toujours les banques centrales et les investisseurs à acheter du métal précieux.

Le pétrole reste stable autour de 63 dollars, le ralentissement de la croissance mondiale pesant sur la demande. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) « devrait réitérer son intention de suspendre les augmentations de production » au premier trimestre 2026, à l’occasion de sa réunion ministérielle prévue le 30 novembre. En novembre, l’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres du cartel avaient déjà annoncé une pause dans la hausse des quotas menée depuis le mois d’avril, et qui avait largement contribué à accroître l’offre de brut sur le marché.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
28 nov. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 122,71 +2,05 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 716,42+4,29%37 689,5442 544,22
S&P 5006 849,09+4,75 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 365,69+5 ,83 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 836,79+3,19 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 720,51+1,90 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 668,17+2,78 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 253,91+3,18 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 888,60-1,30 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,413 %-+0,060 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,687 %-0,012 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,024 %-0,051 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1604+0,15 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 219,29 +3,67 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,10+1,06 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars91 166,70+7,72 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 14 novembre 2025 : les marchés à la recherche d’un cap

Douche écossaise sur les marchés

Le CAC 40 a battu de nouveaux records le jeudi 13 novembre dernier en s’étant rapproché de la barre des 8 300 points. Sur l’ensemble de la semaine, l’indice phare de la Bourse de Paris a progressé de 2,7 %. Toutefois, en fin de semaine, les investisseurs ont réagi négativement après les déclarations de plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine. Ceux-ci ont laissé entendre qu’ils écartent, pour le moment, une nouvelle baisse des taux en décembre. Jerome Powell, le président de la Fed, l’avait déjà suggéré il y a deux semaines, mais ses propos n’avaient alors guère été pris en compte.

Pour la prochaine réunion de la Fed, les 9 et 10 décembre, les investisseurs estiment désormais qu’il y a autant de chances d’un assouplissement d’un quart de point que d’un statu quo, alors qu’un mois auparavant une diminution des taux semblait presque acquise. Compte tenu du retard pris dans la publication des statistiques économiques en raison du long shutdown auquel a été confrontée l’administration fédérale, la Fed devrait souhaiter temporiser.

Entre la fin du shutdown, les doutes sur la poursuite de l’assouplissement monétaire et les interrogations sur la valorisation des valeurs technologiques, les marchés américains n’ont pas su à quel saint se vouer. Les grands indices sont restés globalement stables sur la semaine.

Le bitcoin est passé cette semaine sous le seuil des 100 000 dollars, vendredi, et a cédé plus de 6 % sur la période. Les investisseurs s’inquiètent de la survalorisation de certaines entreprises de haute technologie. Cette anxiété rejaillit sur les actifs les plus spéculatifs, à commencer par les cryptomonnaies. La corrélation entre le Nasdaq et le bitcoin reste marquée. La victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine avait propulsé le bitcoin au-dessus du seuil symbolique des 100 000 dollars l’année dernière à la même époque. Depuis le début du mois d’octobre, son cours a reculé de près de 20 %.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
14 nov. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 170,09+2,68 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 147,48+0,66 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 734,11+0,15 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 900,59-0,51 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 876,55+1,30 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 698,37+0,03 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 693,77+2,29 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)50 376,53-2,18 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 990,49+0,77 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,459 %-0,003 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,720 %+0,055 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,141 %+0,071 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1612+1,15 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 087,91 -0,11 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars64,46+1,18 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars95 950,20-6,23 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 31 octobre 2025

Mouvement de taux aux États-Unis, statu quo en Europe

Les mois d’octobre ont parfois rimé avec krachs boursiers. Il n’en a rien été en 2025. De nombreux indices ont, au contraire, atteint de nouveaux records.

Les marchés actions ont été portés par les bons résultats trimestriels des entreprises, la baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed) et l’engouement pour l’intelligence artificielle. La capitalisation de Nvidia a dépassé 5 000 milliards de dollars, tandis que celle de Microsoft a franchi les 4 000 milliards, à la faveur de son accord renforcé avec OpenAI. Depuis le début de l’année, les marchés plébiscitent les groupes les plus exposés à l’IA, et sanctionnent ceux jugés moins ambitieux. Alphabet, Meta et Microsoft, considérés comme les plus avancés dans le domaine, ont respectivement progressé de 28 %, 25 % et 23 % sur les trois premiers trimestres, loin devant Apple et Amazon, jugés plus en retrait.

Détente commerciale entre Washington et Pékin

Le mois d’octobre a également été marqué par un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, conclu lors de la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump. Ce dernier, en réaction aux restrictions chinoises sur les terres rares, avait menacé d’imposer 100 % de droits de douane sur les produits chinois. En échange de la levée des interdictions d’exportation de terres rares, les droits ont été ramenés de 157 % à 47 %. Donald Trump a également obtenu la reprise des achats de soja américain par la Chine, suspendus depuis septembre.

Paris profite de l’accalmie politique

Le CAC 40 a signé son meilleur mois depuis janvier, battant en séance son record du 10 mai 2024, avec un pic à 8 271,48 points le 21 octobre. En France, la sortie de la crise politique a rassuré les investisseurs. Le taux de l’OAT à 10 ans s’est légèrement détendu : l’écart avec le Bund allemand est revenu à 70 points de base, contre 90 en pleine crise. Au 31 octobre 2025, le taux français à 10 ans (3,419 %) reste toutefois supérieur à celui de l’Italie (3,383 %).

L’or bat un nouveau record

Le cours de l’once d’or a dépassé les 4 200 dollars en octobre. Les pressions exercées par Donald Trump sur la Fed ont nourri les craintes d’une remise en cause de son indépendance, incitant les investisseurs à se tourner vers les valeurs refuges.

Nouvelle baisse de taux de la Fed

Le mercredi 29 octobre, la Réserve fédérale américaine a annoncé une nouvelle baisse de ses taux directeurs d’un quart de point, les ramenant dans la fourchette 3,75 % – 4 %. Elle a également confirmé la fin de la réduction de son bilan à compter du 1er décembre.

La paralysie budgétaire (shutdown) contraint la Fed à agir sans disposer en temps réel des statistiques économiques. L’institution a relancé son cycle d’assouplissement monétaire le mois dernier, après une longue pause, motivée par la baisse des créations d’emplois, malgré une inflation toujours supérieure à l’objectif de 2 %.

Jerome Powell a toutefois prévenu qu’une troisième baisse consécutive en décembre était « loin d’être acquise ». Cette prudence a surpris les investisseurs, qui anticipaient une poursuite du mouvement de détente monétaire.

Cette déclaration a jeté un froid sur les marchés, alors que la perspective d’une politique plus accommodante alimentait la hausse des cours depuis plusieurs semaines. Certains membres de la Fed s’inquiètent du maintien de pressions inflationnistes, mais le ralentissement économique est désormais tangible. La paralysie budgétaire accroît les risques à court terme, tandis que les annonces de suppressions d’emplois se multiplient.

Tant que le Congrès n’adoptera pas de nouveau budget, aucune nouvelle donnée officielle sur l’inflation ne sera publiée, a prévenu l’administration Trump. Les statistiques sur l’emploi sont déjà suspendues depuis fin septembre. Pour ne rien arranger, ADP, le spécialiste des données privées sur le marché du travail, a restreint l’accès des économistes de la Fed à ses données détaillées.

La banque centrale américaine a également acté la fin de la réduction progressive de son bilan, alors que les marchés monétaires à court terme ont montré de premiers signes de tension. La Fed reprendra les réinvestissements de son portefeuille d’obligations à partir du 1er décembre.

La taille du bilan de la Fed est passée d’un pic de 9 000 milliards de dollars en 2022 à 6 600 milliards aujourd’hui. Malgré cette cure d’amincissement, il demeure supérieur de 2 000 milliards à son niveau d’avant la pandémie. La fin du resserrement quantitatif devrait contribuer à assouplir les conditions de financement, mais la Fed prévoit de concentrer ses réinvestissements sur la dette d’État américaine, tout en continuant à liquider ses titres adossés à des prêts hypothécaires.

Donald Trump, de son côté, s’est montré moins vindicatif envers la Fed ces dernières semaines. Le président apprécie la baisse des taux, même s’il souhaiterait une action plus rapide.

Statu quo à Francfort

Le jeudi 30 octobre, à la différence de la Fed, la Banque centrale européenne (BCE) a choisi le statu quo. Le Conseil des gouverneurs a décidé de maintenir :

  • le taux de dépôt à 2 % ;
  • le taux des opérations principales de refinancement à 2,15 % ;
  • le taux de la facilité de prêt marginal à 2,40 %.

Cette décision, largement anticipée, confirme la volonté de la BCE de privilégier la stabilité monétaire. Mi-octobre, Christine Lagarde avait déclaré, lors de la réunion annuelle du FMI à Washington, que « la politique monétaire est actuellement bien positionnée et l’Europe bien préparée à faire face aux chocs futurs ».

L’institution souligne que l’inflation reste proche de l’objectif de 2 % à moyen terme, avec des prévisions inchangées :

  • 2,1 % en 2025 ;
  • 1,7 % en 2026 ;
  • 1,9 % en 2027.

Dans ce contexte, la BCE estime qu’il est urgent de ne rien faire. Elle note que « l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, le cessez-le-feu au Moyen-Orient et les progrès dans les négociations sino-américaines ont réduit certains risques pesant sur la croissance mondiale ».

La baisse des taux de la Fed pourrait toutefois, à terme, entraîner une appréciation de l’euro, pénalisant les exportations européennes — un facteur qui pourrait, à moyen terme, inciter la BCE à ajuster sa politique monétaire.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
31 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 121,07-1,43 %7 543,187 380,74
Dow Jones47 562,87+0,75 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 840,20+0,71 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite23 724,96+2,39 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 958,30-1,16 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 717,25+0,74 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 662,0-0,22 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)52 411,34+6,28 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 954,79+0,98 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,419 %-0,015 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,631 %+0,005 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,092 %+0,091 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1526-0,61 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 009,87-3,37 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars65,05-1,19 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars109 194,06-1,65 %38 252,5493 776,61

Les achats d’or toujours dynamiques

Depuis le début de l’année, le cours de l’once d’or a progressé de plus de 50 %. Qui sont les acteurs à l’origine de cette envolée ? Selon les données publiées le 30 octobre dernier par le Conseil mondial de l’or (CMO), la demande mondiale a atteint un nouveau record au troisième trimestre, à 1 313 tonnes, soit le volume le plus élevé observé depuis l’an 2000, date du début de l’enregistrement des données par le CMO.

En valeur, la demande a augmenté de 44 %, pour atteindre un record de 146 milliards de dollars sur le trimestre. Depuis le début de l’année, la demande cumulée s’établit à 3 717 tonnes, pour une valeur de 384 milliards de dollars, soit 1 % de plus qu’en 2024.

Les banques centrales demeurent des acteurs majeurs du marché. Leurs achats ont atteint 220 tonnes d’or au troisième trimestre, soit une hausse de 28 % par rapport au trimestre précédent. La Banque nationale du Kazakhstan a été le principal acheteur, tandis que la banque centrale du Brésil a acquis de l’or pour la première fois depuis plus de quatre ans. En cumulé sur l’année, la demande des banques centrales recule toutefois légèrement : 634 tonnes sur les trois premiers trimestres de 2025, contre 724 tonnes sur la même période en 2024.

Le Coin des Epargnants du 17 octobre 2025

Le CAC 40 a gagné cette semaine plus de 3 %, une hausse en grande partie imputable au rejet des deux motions de censure à l’Assemblée nationale. Les investisseurs se sont réjouis de la fin, du moins temporaire, de la crise politique en France.

Vendredi 17 octobre, les indices phares des grandes places financières ont, en revanche, reculé en raison des déboires de deux banques américaines. Zions Bancorp et Western Alliance ont révélé en fin de semaine qu’elles avaient accordé des crédits qui ne seront probablement jamais honorés. Le retour des créances douteuses rappelle de mauvais souvenirs aux investisseurs, ceux de la crise financière de 2008. Toutes les grandes places boursières ont accusé le coup avec des replis marqués et, en contrepartie, une nouvelle hausse du cours de l’or. Par crainte d’un effet de contagion, les valeurs bancaires ont enregistré de fortes baisses vendredi.

Mercredi, Zions Bancorp a d’abord annoncé une perte de 50 millions au troisième trimestre, face au risque de défaut de ses emprunteurs sur deux crédits industriels et commerciaux souscrits via sa filiale de San Diego, en Californie. Le groupe invoque une fraude et un incident isolé. Le titre a chuté de 13 % jeudi. Western Alliance, une banque basée en Arizona, a octroyé des crédits aux mêmes emprunteurs et a annoncé jeudi avoir porté plainte contre Cantor Group pour fraude. Le titre a terminé la séance en baisse de 10 %. Les défauts de paiement sur crédits bancaires peuvent éroder la confiance, au moment où l’on entend de plus en plus parler de « bulle » à Wall Street.

Rencontre américano-chinoise en vue

Donald Trump a déclaré, dans une interview à Fox Business, que les droits de douane de 100 % dont il avait menacé la Chine la semaine dernière n’avaient pas vocation à s’appliquer. Il a confirmé qu’il rencontrerait son homologue Xi Jinping en Corée du Sud dans les prochaines semaines. La majoration des droits par le président américain avait été annoncée en réaction aux restrictions d’accès aux métaux rares décidées par la Chine. Donald Trump, au sujet de son homologue chinois, a déclaré : « Je m’entends très bien avec lui. Je pense que tout ira bien avec la Chine, mais nous devons conclure un accord équitable. Il doit être équitable. » La trêve commerciale entre les deux puissances court jusqu’au 10 novembre.

Selon des informations de CNBC, le secrétaire au Trésor Scott Bessent va s’entretenir dans la journée avec le vice-Premier ministre chinois He Lifeng pour discuter des négociations commerciales. Donald Trump continue son marathon diplomatique. Après Gaza, il s’est réinvesti dans le dossier ukrainien en rencontrant Volodymyr Zelensky. Un sommet avec Vladimir Poutine pourrait avoir lieu prochainement.

Malgré les tensions bancaires, les indices actions ont plutôt progressé cette semaine, les investisseurs prenant en compte les avancées américaines sur les différents théâtres d’opération.

Malgré tout, la recherche de valeurs refuges demeure forte et conduit à une nouvelle progression de l’or et à une diminution des taux souverains. Le rendement du bon du Trésor américain à maturité dix ans est repassé en dessous de 4 %. En France, l’échec des deux motions de censure a également provoqué une détente sur le taux de l’obligation du Trésor à dix ans.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
17 oct. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 8 174,20+3,63 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 190,61+1,69 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 664,01+1,77 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 679,98+2,34 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 845,41-1,29 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 354,57-0,72 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 607,39+1,84 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)47 582,15-0,78 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 839,76-0,96 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,360%-0,117 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,581 %-0,063 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,010 %-0,059 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1672+0,11 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars4 227,47+6,54 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars61,17-2,53 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars107 299,87-5,86 %38 252,5493 776,61

Le fonds d’investissement défense de BPIfrance

Conformément aux engagements qui avaient été pris au mois de mars dernier, la banque publique d’investissement Bpifrance a lancé le mardi 14 octobre son fonds «Bpifrance Défense».

Ce fonds d’investissement est ouvert aux particuliers. Il est accessible à travers un contrat d’assurance-vie, un compte-titres, un plan d’épargne retraite ou encore en direct via la plateforme de Bpifrance. Plusieurs assureurs ont déjà annoncé le mettre à disposition de leurs clients.

Le montant minimum de versement pour ce fonds a été fixé à 500 euros. Le maximum de versement est de 500 000 euros. La somme investie est bloquée pendant une durée de cinq ans. Cette période permet au fonds d’investir dans le temps dans des entreprises non-cotées. BPIfrance estime que la période d’investissement recommandée est de 10 ans. Le fonds est prévu pour une durée de vie totale de 20 ans.

Bpifrance vise un objectif de rendement annuel de  5%. Ce type de placement comporte potentielle un risque en capital.

Bpifrance attend jusqu’à 450 millions d’euros de versement sur son fonds défense qui pourrait investir dans plus de 500 entreprises non cotées françaises et européennes dont l’activité est stratégique pour la souveraineté technologique, avec une ambition renforcée dans le secteur de la défense, annonçait Bpifrance quelques jours plus tôt dans son invitation au lancement de mardi.

 Selon une étude publiée le 8 octobre dernier par Bpifrance Le Lab, les besoins de financement pour faire à l’augmentation des commandes publiques de défense en Europe est évalué à 15 milliards d’euros dont 5 milliards d’euros de fonds propres et 10 milliards d’euros de dettes. Le fonds défense de Bpifrance doit aussi permettre de soutenir les investissements des entreprises en recherche et développement.

Les pensions AGIRC- ARRCO gelées en 2026

Faute d’accord entre les représentants des organisations patronales et syndicales qui le composent, l’Agirc-Arrco ne revalorisera pas ses pensions au 1er novembre prochain Le régime ne modifiera pas non plus la valeur d’achat du point au 1er janvier 2026. Les pensions AGIRC-ARRCO sont versées à 14 millions de retraités du privé.

L’année dernière, les pensions AGIR-ARRCO avaient été revalorisées de 1,6% au 1er novembre 2024.

La suspension de la réforme des retraites de 2023 a conduit à cette absence de consensus concernant la revalorisation des pensions complémentaires qui techniquement aurait pu se situer entre 0,6 et 1 %.

3e Trimestre 2025 : l’or et la bourse américaine toujours en tête

Les champions des placements au 3e trimestre 2025 auront été l’or et les valeurs américaines. L’once d’or a progressé sur ces trois derniers mois de près de 17 %. De leur côté, les valeurs technologiques cotées au Nasdaq ont progressé de plus de 12 %. Les valeurs américaines malgré l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers ont poursuivi sur la lancée des derniers mois. L’indice S&P500 s’est apprécié de près de 8 % et le Dow Jones de 4,28 %. Les indices européens ont connu des progressions plus faibles à l’exception du Footsie britannique (+6,53 %). Le CAC40 a augmenté de 3 %. A noter que le Daxx allemand est resté atone après une longue période de hausse. Il a, en effet, gagné en un an près de 25 % contre +4,25 % pour le CAC 40.

Des marchés entre le yin et le yang

L’or : toujours plus haut

L’or a dépassé, en fin de semaine, 3 780 dollars l’once. Le cours du métal précieux est porté par l’enclenchement d’un nouveau cycle de baisse des taux directeurs de la Fed. Certains estiment qu’il pourrait se rapprocher, voire dépasser, 4 000 dollars. Pour autant, les facteurs de hausse commencent à s’épuiser ou, plutôt, ont déjà été intégrés (Ukraine, Moyen-Orient, droits de douane, etc.).

États-Unis : faible dérive de l’inflation

Sur le front américain, les prix des dépenses de consommation personnelle, la mesure que la Réserve fédérale retient en priorité pour apprécier l’inflation, se sont alignés, en août, parfaitement sur les projections du marché. Ils ont progressé sur un an de 2,7 %, soit 0,1 point de plus qu’en juillet. La hausse se stabilise à 2,9 % hors prix alimentaires et énergétiques. Les investisseurs auraient préféré que la désinflation reprenne, permettant à la Fed de poursuivre son cycle de baisse des taux directeurs. Pour le moment, l’inflation reste néanmoins contenue. La consommation des ménages a augmenté, de son côté, de 0,6 % le mois dernier, quand le consensus donnait une hausse de 0,5 %, comme en juillet, illustrant la résilience des consommateurs.

Le retour des droits de douane

Donald Trump n’avait plus parlé de droits de douane depuis quelques semaines et, visiblement, le sujet lui manquait. À partir du 1er octobre prochain, 100 % de surtaxes sur les produits pharmaceutiques de marque ou brevetés seront imposées, sauf si les entreprises étrangères concernées investissent pour construire des usines sur le sol américain. La Commission européenne est montée vendredi au front pour éteindre l’incendie. Son porte-parole a assuré que ces droits sectoriels ne concerneraient pas les médicaments européens, ces derniers étant inclus dans l’accord commercial Europe–États-Unis limitant les droits de douane américains à 15 %.

Si les États-Unis respectent l’accord signé et exemptent bien, comme convenu, les médicaments européens des 100 % de droits sectoriels, l’Irlande sera la grande gagnante car elle est, de loin, le pays européen le plus exposé. C’est le premier exportateur pharmaceutique mondial (en valeur, non en volume) vers les États-Unis. Cette situation est la conséquence de l’installation de nombreux laboratoires pharmaceutiques en Irlande depuis trois décennies, en raison de la fiscalité attractive.

L’Europe est la seule épargnée. La Commission européenne a rappelé vendredi que son accord commercial avec les États-Unis est le seul à protéger contre de futurs droits plus élevés que le taux général prévu par l’accord. L’industrie pharmaceutique suisse, par exemple, devrait se voir appliquer le taux de 100 %. Or la Suisse est le deuxième plus gros exportateur de médicaments de marque vers les États-Unis. Les laboratoires européens sont néanmoins encouragés à investir aux États-Unis, faute de quoi une révision du tarif pourrait intervenir.

Les actions en mode statu quo

Les investisseurs ont joué la prudence cette semaine, marquée par des indicateurs et des signaux contradictoires. Les indices américains ont cédé un peu de terrain. Les taux des obligations d’État françaises continuent à progresser, tout comme le ratio de dette publique. Le taux de l’OAT à 10 ans s’élevait, vendredi 26 septembre, à 3,562 %.

Le marché du pétrole en tension

Cette semaine, les cours du pétrole ont été orientés à la hausse en raison des déclarations de Donald Trump. Ce dernier a demandé à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, d’arrêter d’acheter du pétrole russe. Il a également suggéré que les Européens stoppent toutes les importations de gaz en provenance de Russie. Cette hausse n’est pas sans limite. En effet, de plus en plus de barils arrivent actuellement sur le marché, notamment avec la hausse des quotas de production initiée depuis avril par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+). Néanmoins, l’intensification des frappes ukrainiennes sur les raffineries et les infrastructures pétrolières russes commence à avoir des effets sur le marché des produits raffinés.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
26 sept. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 864,67+0,00 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 247,29-0,13 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 643,70 P-0,35 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 484,07-0,74 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 705,25+0,40 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 280,79+0,80 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 499,70+1,06 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)45 354,99+1,01 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 828,11-0,87 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,562 %+0,006 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,747 %-0,002 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,180 %+0,037 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1693-1,53 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 780,15+1,98 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars70,61+4,85 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars109 144,58-5,65 %38 252,5493 776,61

Le Coin des épargnants du 19 septembre 2025 : toujours la fête pour les marchés américains

Baisse des taux de la Fed : des investisseurs heureux

Le CAC 40 a terminé la semaine à 7 853,39 points, ce qui lui a permis de gagner 0,36 % en cinq jours. Une progression modeste, mais qui fait suite à une hausse de près de 2 % la semaine précédente, la décision de la Fed ayant été largement anticipée. La décision de la banque centrale américaine et le discours de Jerome Powell ont été fortement appréciés par les investisseurs.

Dans ce contexte, de nouveaux records ont été battus à Wall Street. Le Nasdaq a progressé de plus de 2 % sur la semaine. L’engouement pour les valeurs des sociétés présentes sur le marché de l’IA persiste. En l’absence d’indicateurs économiques majeurs, les investisseurs ont suivi de près la conversation téléphonique organisée vendredi entre Donald Trump et Xi Jinping. Les deux présidents ont affirmé qu’un accord était en cours, mais qu’il restait du travail à accomplir. L’enjeu est de parvenir à le finaliser afin d’empêcher TikTok de disparaître aux États-Unis. Lors de sa visite d’État au Royaume-Uni jeudi, Donald Trump a déclaré qu’il souhaitait maintenir TikTok dans son pays.

Les taux des obligations souveraines ont poursuivi leur progression, tout comme le cours de l’or, qui a battu de nouveaux records.

La Fed : sans surprise

Le mercredi 17 septembre dernier, la banque centrale américaine, la Fed, a, pour la première fois de l’année, décidé de diminuer d’un quart de point ses taux directeurs. Ils sont désormais compris entre 4 % et 4,25 %, toujours bien plus élevés que ne le souhaiterait le président américain.

Cette diminution intervient dans un contexte de modération de la croissance de l’activité économique et de ralentissement des créations d’emplois. Dans son communiqué, la Fed a précisé, pour encadrer cette baisse, que l’inflation avait augmenté et restait élevée. Elle a néanmoins laissé la porte ouverte à une ou deux nouvelles réductions lors des réunions d’octobre et de décembre : « En envisageant des ajustements additionnels à la fourchette cible des taux, le comité prendra soigneusement en compte les nouvelles données, l’évolution des perspectives et la balance des risques. »

Les « colombes » l’ont emporté sur les « faucons », qui privilégient la lutte contre l’inflation. Les dernières statistiques sur l’emploi ont convaincu la majorité du comité de politique monétaire d’agir. En août, le Bureau of Labor Statistics a révélé que seuls 73 000 emplois nets avaient été créés le mois précédent, bien moins qu’attendu. L’inflation, quoique persistante, s’est révélée un peu moins élevée que prévu. Hors énergie et alimentation, elle s’établit à 3,1 % (core CPI), quasiment stable par rapport à son niveau de décembre (3,2 %). L’effet des tarifs douaniers sera « de courte durée et ponctuel », estime Jerome Powell. L’inflation demeure néanmoins supérieure à la cible de politique monétaire de la Fed et ne devrait pas reculer dans les prochains mois, en raison des effets attendus de l’augmentation des droits de douane.

Dans son scénario central, la banque centrale américaine a actualisé ses prévisions de taux moyens : 3,6 % fin 2025, 3,4 % fin 2026 et 3,1 % fin 2027.

La polarisation politique des États-Unis a gagné la Fed. Donald Trump continue de faire pression pour obtenir des baisses plus rapides et plus marquées des taux directeurs. Il a ainsi déclaré : « La Fed devrait être indépendante, mais je pense qu’elle devrait écouter des gens intelligents comme moi. Je crois avoir un meilleur instinct que Jerome Powell. » Lors de la réunion du comité de politique monétaire, son ancien conseiller économique, Stephen Miran, a voté contre, demandant une baisse d’un demi-point plutôt que d’un quart de point. Compte tenu des menaces proférées par le président américain, certains se demandent si les membres du comité ont pris leur décision uniquement sur le fondement des données économiques. La perspective d’une Fed moins indépendante qu’autrefois rend les marchés nerveux. Le dollar se déprécie et atteint son plus bas niveau depuis début 2022 face aux principales devises.

Pourtant, les indicateurs économiques ne justifient pas un soutien monétaire massif à l’économie. Le taux de chômage n’est que de 4,3 %, l’économie continue de croître, la consommation se porte mieux que prévu avec encore une hausse de 0,6 % des ventes de détail en août, et la Bourse est euphorique grâce à l’engouement pour l’intelligence artificielle.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
19 sept. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 853,59+0,36 %7 543,187 380,74
Dow Jones46 315,27+0,95 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 664,36+1,14 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 631,48+2,02 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 645,25-0,05 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 216,67-0,54 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 458,42+1,26 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)45 045,81+3,65 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 820,09+0,34 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,556 %+0,051 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,749 %+0,036 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,143 %+0,065 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1745+0,32 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 669,05+1,22 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars66,70+0,13 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars115 914,24+0,05 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 12 septembre 2025

En attendant la FED

Les investisseurs ont intégré la baisse probable des taux directeurs de la banque centrale américaine la semaine prochaine. Les indices actions ont poursuivi leur progression. Le CAC 40, malgré les dernières péripéties politiques, a gagné plus de 2 % sur la semaine. Wall Street a, quant à elle, battu des records historiques cette semaine.

La Réserve fédérale américaine devrait donc relancer mercredi son cycle d’assouplissement, avec une baisse de 25 points de base comme scénario central. Les investisseurs les plus hardis — ils se font rares — espèrent encore un geste de 50 points de base. Cette hypothèse n’est toutefois estimée qu’à 7,6 % par les opérateurs : si le marché du travail ralentit drastiquement depuis plusieurs mois, l’inflation, sans s’emballer, paraît encore trop élevée pour espérer que la banque centrale accélère le mouvement. Le moral des consommateurs américains est tombé ce mois-ci à son niveau le plus faible depuis mai, et leurs attentes en matière d’inflation à long terme ont augmenté pour le deuxième mois consécutif, du fait des inquiétudes liées au marché du travail et aux prix.

Les taux des obligations souveraines étaient en hausse cette semaine en Europe. Le taux de l’obligation française à dix ans, l’OAT, est repassé au-dessus de 3,5 %.

Statu quo monétaire pour la BCE

Sans surprise, le jeudi 11 septembre dernier, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas modifier ses taux directeurs. Elle a laissé le taux de dépôt à 2 %, celui de la facilité de refinancement à 2,25 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,4 %.

La BCE a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2025, qui passent de 0,8 % à 1,2 %. Cette bonne résistance de la zone euro, malgré la mise en œuvre des nouveaux droits de douane américains, a conforté la position des membres du comité monétaire, qui ont choisi de ne pas abaisser les taux, d’autant que l’inflation a légèrement progressé. Christine Lagarde, la présidente de la BCE, est plutôt favorable à une ligne dure sur les taux. Elle a souligné que la banque centrale « était dans une position confortable », que l’accord sur les droits de douane américains avait levé une partie de l’incertitude sur les échanges commerciaux et que le processus de désinflation était terminé.

La question de la décorrélation des politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique se posera dans les prochains mois, la Réserve fédérale américaine devant procéder mercredi prochain à une baisse de ses taux. Cette nouvelle donne pourrait continuer à renforcer la devise européenne, qui a gagné 13 % depuis le début de l’année face au billet vert. Elle s’échange désormais autour de 1,17 dollar, mais le seuil de 1,18 dollar pourrait être prochainement dépassé. Cette appréciation renforcerait l’effet de la majoration des droits de douane. L’attentisme de la BCE en matière de taux pourrait n’être, de ce fait, que temporaire.

L’autre menace pour la zone euro est liée à l’instabilité politique en France et à ses effets sur les dettes souveraines en Europe. Se refusant à commenter la situation d’un pays en particulier, Christine Lagarde a toutefois adressé un message sans ambiguïté au futur gouvernement : « Je suis confiante dans le fait que les décideurs politiques auront à cœur de réduire l’incertitude autant que possible. Il existe également un ensemble de règles — le cadre budgétaire européen — que tous les États membres doivent respecter. Je suis sûre que tous les gouvernements, où qu’ils soient situés, voudront opérer sur la base de ce cadre budgétaire. » En l’état, la BCE n’a pas prévu d’intervenir sur le marché obligataire. « Les obligations souveraines de la zone euro se comportent de manière ordonnée, sans heurts et avec une bonne liquidité », a précisé Christine Lagarde.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
12 sept. 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 825,24+2,15 %7 543,187 380,74
Dow Jones45 834,22+1,18 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 584,29+1,79 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite22 141,10+2,15 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 688,61+0,45 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 283,29+0,93 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 386,61+1,30 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)44 768,12+5,81 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 870,60+0,32 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,505 %+0,057 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,713 %+0,051 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,078 %+0,013 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1712+0,70 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 643,55+3,38 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars67,47+2,97 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars115 206,20+4,00 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 29 août 2025

Une fin d’août maussade

Le mois d’août est souvent difficile pour les marchés financiers, un mois qui annonce fréquemment les frimas de l’automne. Ce fut le cas en 2007 et en 2011. Jusqu’à la dernière semaine, les oiseaux de mauvais augure se sont trompés à propos du cru 2025, et ce malgré la hausse des droits de douane intervenue en début de mois. Les investisseurs avaient misé sur la baisse des taux directeurs de la FED pour continuer à arbitrer en faveur des actions. Mais, ces derniers jours, les marchés financiers ont dû composer avec plusieurs mauvaises nouvelles, notamment le recul du PIB au Canada, l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi en Allemagne, le retour des tensions politiques en France et la poursuite de la guerre tant en Ukraine qu’à Gaza.

Avec le retour du risque politique en France, le CAC 40 a perdu 3 % cette semaine. En Europe, les autres grands indices ont également été orientés à la baisse, mais dans une moindre mesure. Les perspectives d’une chute du gouvernement avec une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale ont refroidi les ardeurs des investisseurs, notamment étrangers. L’absence de tout consensus sur l’assainissement des comptes publics pèse de plus en plus sur l’ambiance de la place de Paris. L’écart de taux entre la France et l’Allemagne s’est accru, atteignant en fin de semaine 0,8 point, contre 0,7 point avant l’annonce du Premier ministre François Bayrou de demander la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre prochain.

Les chiffres de l’inflation publiés ce vendredi aux États-Unis, en s’alignant parfaitement avec les anticipations du marché, n’ont pas eu d’effet sur la tendance boursière. L’indice PCE des dépenses de consommation personnelle a augmenté de 0,2 % sur un mois et de 2,6 % sur un an, comme en juin. Le PCE core (hors alimentation et énergie), mesure de l’inflation la plus suivie par la Réserve fédérale, est en hausse de 0,3 % sur un mois et de 2,9 % sur un an, soit une accélération d’un dixième de point. Ces résultats n’indiquent pas un rebond violent des prix aux États-Unis mais une inflation progressive, prouvant que ce sont bien les Américains qui paient les droits de douane. Ces données signalent également que le retour à l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale n’est pas d’actualité.

La progression des revenus (+0,4 %) et des dépenses des particuliers (+0,5 %) renforce les signes récents de croissance résiliente au début du troisième trimestre. Malgré tout, les acteurs financiers pronostiquent toujours une légère baisse des taux directeurs de la FED pour le mois de septembre.

En Europe, l’inflation montre un profil moins agressif, tombant à 0,8 % en France (en données harmonisées), stable à 2,7 % en Espagne et à 1,7 % en Italie. Des chiffres un peu en dessous des attentes, mais qui ne s’éloignent pas de l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne. La situation en zone euro est marquée par des divergences de plus en plus nettes : la France, en proie à une nouvelle crise politique et à une dette publique en expansion, décroche avec une demande interne atone et un taux d’épargne en hausse constante, tandis que l’Espagne continue d’afficher la croissance la plus solide du continent. En Allemagne, l’inflation s’est accélérée, passant de 1,8 % à 2,1 % sur un an, contre 2 % pour la prévision médiane d’un sondage Bloomberg.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
29 août 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 703,90-2,99 %7 543,187 380,74
Dow Jones45 517,48-0,26 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 460,27-0,18 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite21 455,55-0,20 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 919,62-1,47 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 197,45-1,24 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 351,73-2,32 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)42 718,47-1,90 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 857,93+3,50 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,513 %+0,091 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,724 %+0,003 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,226 %-0,036 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1701+0,19 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 447,32+3,92 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars68,16+0,41 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars108 500,94-7,24 %38 252,5493 776,61

Le taux d’épargne toujours plus haut en France

Au 2e trimestre 2025, le taux d’épargne des ménages a atteint, selon l’INSEE (comptes nationaux), un niveau record de 18,9 % du revenu disponible brut. Il a augmenté de 0,3 point entre le premier et le deuxième trimestre. Le taux d’épargne financière est de son côté passé de 9,5 à 9,8 % du revenu disponible brut. Hors covid, il faut remonter au début des années 1980 pour avoir un taux aussi élevé.

Depuis la crise sanitaire de 2020, les Français maintiennent un effort d’épargne important. Le taux d’épargne n’a jamais retrouvé son niveau d’avant covid (15 % du revenu disponible brut). La succession de crises (covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste, conflit au Moyen Orient, situation politique en France) explique en grande partie cette propension à l’épargne qui s’effectue au détriment de la consommation. Les ménages diffèrent leurs dépenses importantes et épargnent les gains de pouvoir d’achat dont ils peuvent bénéficier. La dégradation des comptes publics constitue également un facteur propice à l’épargne, les ménages craignant une hausse des impôts ou un ralentissement de la croissance. D’autres facteurs peuvent contribuer à l’augmentation du taux d’épargne : le vieillissement de la population et le réinvestissement des revenus des produits d’épargne.

Le retour de l’incertitude politique après l’annonce du Premier ministre, François Bayrou du 25 août dernier, ne devrait pas inciter les ménages à relâcher leur effort d’épargne. Certes, les ménages sont de plus en plus résilients compte tenu de la multiplication des crises, en revanche leur prudence s’inscrit dans la durée.

Au 2e trimestre, le revenu disponible brut (RDB) des ménages en euros courants a augmenté de +0,3 % après +0,6 % au premier trimestre. Les prestations sociales ont augmenté de 0,7 % après +1,1 %. La masse salariale reçue par les ménages a progressé à un rythme proche de celui du trimestre précédent (+0,4 % après +0,3 %). Les impôts versés par les ménages ont connu une progression de +0,8 % après +3,5 % au premier trimestre.

Dans le même temps, l’inflation est en recul. Les prix de la consommation des ménages se replient légèrement (-0,1 % après +0,5 %). Le pouvoir d’achat des ménages s’est accru de +0,4 % après +0,1 %. Mesuré par unité de consommation pour être ramené à un niveau individuel, le pouvoir d’achat augmente de +0,2 % après -0,1 %.

Le Coin des Epargnants du 22 août 2025 : un mois d’août tout en couleur

Hausse du cours des actions, l’or et le bitcoin toujours au plus haut, l’été 2025 peut à première vue être surprenant. Avec l’entrée en vigueur de la hausse des droits de douane américains, le mois d’août 2025 était redouté par les investisseurs, sachant que le huitième mois de l’année est rarement porteur pour les marchés actions. Or, le cru 2025, malgré les incertitudes, se révèle étrangement bon. Plusieurs indices boursiers ont battu des records. En cette troisième semaine d’août, le CAC 40 s’est rapproché des 8 000 points, portant sa hausse depuis le 1er janvier à plus de 8 %. Certes, le DAX allemand fait nettement mieux, avec un gain de plus de 22 %, l’Eurostoxx progressant de plus de 12 %. La Bourse de Madrid a connu une hausse de plus de 30 % depuis le 1er janvier, tandis que Milan et Lisbonne sont également en forte progression. L’indice grec Athex a enregistré une appréciation de plus de 40 %. Le Standard & Poor’s 500, l’indice de référence des professionnels de Wall Street, a progressé de près de 9 % depuis le début de l’année. Le Dow Jones a atteint un plus haut le 15 août, à plus de 45 200 points. Le Nasdaq flirte également avec ses plus hauts historiques. Depuis le décrochage du mois d’avril, marqué par les annonces de Donald Trump sur les droits de douane « réciproques » très élevés, l’indice des valeurs technologiques américaines s’est adjugé près de 40 %.

Ces résultats s’expliquent par les perspectives d’une prochaine baisse des taux de la part de la Fed. En allégeant le coût de la dette pour les entreprises, en favorisant les investissements et en diminuant le rendement des obligations, la baisse des taux contribue à l’augmentation du cours des actions. Les valeurs technologiques, gourmandes en capitaux, y sont particulièrement sensibles. Les investisseurs estiment également que les accords commerciaux signés par les États-Unis constituent un moindre mal. Les droits sont, dans l’ensemble, conformes à ceux qui avaient été annoncés en avril dernier. Contrairement aux craintes de certains à la veille de l’été, les données macroéconomiques rendues publiques ces dernières semaines sont rassurantes pour l’économie américaine. Enfin, les résultats des entreprises pour le deuxième trimestre, dévoilés cet été, sont de bonne facture. En Europe, ils se sont inscrits en ligne avec les anticipations, et aux États-Unis ils se sont révélés supérieurs de 8 % en moyenne aux attentes des analystes. En Europe, les marchés restent portés par les valeurs de la défense et de l’aéronautique. Les valeurs bancaires, longtemps pénalisées, connaissent un réel rebond.

Le niveau élevé du cours de l’or est imputable à la demande toujours forte des banques centrales et à la soif de diversification des investisseurs, les incertitudes demeurant importantes. L’abondance de liquidités, en lien avec la politique monétaire accommodante des années 2009-2022, contribue à la hausse de la valeur des actifs tels que l’or, l’immobilier ou le bitcoin. Pour ce dernier, sa diffusion de plus en plus large, notamment via les fonds indiciels (ETF), se traduit par un cours élevé. La politique pro-crypto du président américain alimente également les achats de bitcoins par les institutionnels comme par les particuliers.

Trump vs Fed : le match continue

Dans le cadre du symposium de politique monétaire de Jackson Hole, Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, a indiqué qu’une baisse des taux directeurs était possible en septembre, en dépit de l’accélération de l’inflation, soulignant les vulnérabilités du marché du travail. Jerome Powell a ainsi déclaré : « Avec une politique en territoire restrictif, les perspectives de base et l’évolution de l’équilibre des risques pourraient justifier un ajustement de notre position politique. » Le scénario d’une détente d’un quart de point du loyer de l’argent est donc envisageable, même si rien n’est encore décidé. Concernant les droits de douane, l’hypothèse de base raisonnable est que leur relèvement créera une hausse « temporaire » des prix, mais que celle-ci mettra du temps à se faire pleinement sentir dans l’économie.

Donald Trump a toujours Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, dans le collimateur. Face au refus entêté de la Fed de baisser ses taux directeurs, le président américain a, par ailleurs, étendu sa campagne d’intimidation aux autres membres du comité de politique monétaire. Il a ainsi déclaré : « Lisa Cook doit démissionner, maintenant !!! » sur son réseau social Truth, dans un message incluant un lien vers un article évoquant des accusations de fraudes hypothécaires émises par un allié du président à l’encontre de la première gouverneure noire de la Réserve fédérale. L’économiste, diplômée d’Harvard et qui a travaillé sous l’administration Obama, a été nommée à ce poste par Joe Biden pour un mandat expirant en 2038. Elle a, jusqu’à présent, toujours voté avec Jerome Powell. Lisa Cook a répondu en indiquant qu’elle n’avait pas l’intention de se laisser intimider et de démissionner de son poste « à cause de quelques questions soulevées dans un tweet ». La Fed est la seule agence fédérale à ne pas être entièrement sous la coupe de la Maison-Blanche. Le président américain a néanmoins le pouvoir de limoger un membre de la Banque centrale, mais sous condition de motifs légitimes. La nouvelle attaque contre l’indépendance de la Réserve fédérale est la conséquence de l’échec de la campagne d’intimidation menée contre Jerome Powell depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Baisse du prix du pétrole : une aubaine pour l’économie française

Si l’économie européenne souffre de la hausse des droits de douane américains, elle bénéficie en revanche de la baisse du cours du pétrole. Le baril de Brent évolue autour de 66 dollars, soit 20 % de moins qu’en début d’année. En France, le prix moyen du litre de sans-plomb 95 a diminué d’une dizaine de centimes entre janvier et juillet, selon l’Insee. Cette diminution du prix du pétrole contribue à la faible inflation et à l’amélioration des marges des entreprises.

Selon Rexecode, en moyenne, une baisse de 10 dollars du prix du baril de Brent se traduit, au bout d’un an, par un surplus de croissance de 0,1 % à 0,2 % du PIB, accompagné d’une baisse de l’inflation de 0,2 % à 0,3 %. Cela permettrait un gain de 20 000 emplois et une amélioration du solde commercial de la France. Le ministère de l’Économie considère que la faiblesse du cours du pétrole permettra d’atteindre une croissance de 0,7 % du PIB pour la France cette année. Pour les finances publiques, l’effet devrait être neutre à court terme, puis positif dans un second temps. La baisse du prix de l’essence diminue les rentrées de TVA, déjà en recul sur les six premiers mois de l’année contrairement aux anticipations budgétaires, mais la hausse de la croissance compensera ce manque à gagner. La progression de la croissance devrait alléger les dépenses publiques, avec à la clé une amélioration du déficit public de 0,1 à 0,2 point de PIB.

La baisse du cours du pétrole a, en revanche, un effet négatif sur l’environnement. Elle incite les ménages à utiliser plus souvent leur voiture et à émettre davantage de gaz à effet de serre. Elle ne favorise pas l’achat de véhicules électriques.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
22 août 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 969,69+0,72 %7 543,187 380,74
Dow Jones45 631,74+1,52 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 466,91+0,30 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite21 496,53-0,55 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 370,74-0,18 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 321,40+2,13 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 488,23+0,99 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)42 633,29-0,20 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 825,76+4,36 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,422 %-0,043 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,721 %-0,063 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,262 %-0,049 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1715+0,31 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 369,82+0,36 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars67,55+2,55 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars116 670,19-0,21 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 15 août 2025

Les indices en mode bronzage d’été

Le CAC 40 a enregistré cette semaine quatre séances de hausse sur cinq (et même sept sur les huit dernières), progressant de plus de 2 % en l’espace de cinq jours, soit presque autant que la semaine précédente (+2,61 %). Depuis le début de l’année, l’indice de la Bourse de Paris a gagné plus de 7 %. À New York, le S&P 500 a signé cette semaine un nouveau record, les investisseurs saluant la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska. Ils estiment par ailleurs que la Réserve fédérale baissera, dès le mois de septembre, ses taux directeurs, et ce malgré la hausse des prix à la production. Cette baisse serait rendue possible par les mauvais chiffres de l’emploi de juillet ainsi que par le repli de l’activité dans les services, tel que mesuré par l’indice ISM. Malgré tout, l’économie américaine n’est pas encore aux portes de la récession. En juillet, les ventes au détail ont progressé de 0,5 %, stimulées par le secteur automobile et les promotions en ligne, après une progression révisée à 0,9 % en juin. Par ailleurs, l’activité manufacturière dans l’État de New York s’est améliorée : l’indice dit « Empire State » s’est établi à 11,9, après 5,5 en juillet, alors que le consensus tablait sur une stagnation. Le moral des ménages s’est en revanche dégradé, contre toute attente, pour la première fois depuis avril, selon l’Université du Michigan, et les anticipations inflationnistes ont augmenté en raison des craintes liées aux droits de douane.

Les menaces de ralentissement économique aux États-Unis renforcent la probabilité d’une baisse d’un quart de point du loyer de l’argent par la Fed dans un mois. Cette probabilité atteint désormais 91 % selon l’outil FedWatch de CME Group, fondé sur les contrats à terme sur Fed funds. Les investisseurs seront cette année plus vigilants que jamais aux déclarations de Jerome Powell, le président de la banque centrale, lors du symposium de Jackson Hole, traditionnel rendez-vous, à la fin du mois d’août dans le Wyoming, des grands argentiers de la planète.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
15 août 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 923,45+2,22 %7 543,187 380,74
Dow Jones44 946,12+1,91 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 449,80+0,94 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite21 622,98+0,81 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 372,30+0,90 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 140,97+0,63 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 165,60-3,30 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)43 332,76+6,66 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 698,75+2,05 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,465 %+0,119 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,784 %+0,119 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,311 %+0,089 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1709+1,19 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 342,12-1,29 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars66,34+0,15 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars117 124,59+0,41 %38 252,5493 776,61

Le coin des épargnants du 9 août 2025 : espoir de paix

Espoirs de paix en Ukraine

Selon l’agence Bloomberg, Moscou et Washington travailleraient à un accord pour mettre fin à la guerre en Ukraine, qui entérinerait l’occupation par la Russie des territoires conquis. Des tractations sont en cours au plus haut niveau en vue d’un sommet prévu entre les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine dans les prochains jours. Les États-Unis tentent d’obtenir l’adhésion de Kiev et de ses alliés européens à cet accord. Cet espoir de paix a entraîné une hausse des indices boursiers cette semaine. Sur la période, le CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris, a progressé de 2,61 %, son meilleur score depuis la semaine close le 2 mai (+3,11 %). Les autres indices ont également enregistré des hausses.

À ces espoirs de paix en Ukraine s’ajoutent le maintien des résultats des entreprises malgré la guerre commerciale et la perspective d’une baisse des taux en septembre par la FED, compte tenu des mauvais chiffres de l’emploi et de l’activité dans les services publiés récemment.

Sur le marché pétrolier, le Brent a fortement reculé sur la semaine, avec un baril s’échangeant à 66 dollars. La promesse d’une paix en Ukraine pourrait entraîner une détente durable sur ce marché.

L’or, de son côté, a battu de nouveaux records cette semaine. Il a été soutenu par la décision de l’agence américaine des douanes de soumettre les lingots d’un kilogramme et de 100 onces aux droits de douane réciproques. Cette mesure pénalise en particulier la Suisse, principal exportateur d’or vers les États-Unis.

Concernant la FED, Donald Trump avance ses pions. Après la démission surprise d’Adriana Kugler, il a nommé Stephen Miran, actuel président du Conseil économique de la Maison Blanche, au poste vacant de gouverneur de la Réserve fédérale, jusqu’au terme du mandat, le 31 janvier 2026. Stephen Miran, qui doit encore franchir l’obstacle du Sénat, est favorable à une réforme de la banque centrale américaine et à une baisse des taux d’intérêt.

Christopher Waller, gouverneur au sein de la FED, pourrait succéder à Jerome Powell à la présidence de l’institution en 2026, selon Bloomberg. Pour rappel, il s’était opposé au statu quo lors de la réunion de juillet, plaidant au contraire pour un assouplissement, par crainte d’une dégradation rapide du marché du travail.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
8 août 2025
Évolution sur une semaineRésultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 743,00+1,45 %7 543,187 380,74
Dow Jones44 175,61+1,35 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 389,45+2,43 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite21 450,02+3,87 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 162,86+3,15 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 095,73-0,36 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 347,74+2,01 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)41 861,37+3,23 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 632,95+0,90 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,348 %+0,002 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,687 %+0,022 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,283 %+0,061 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1634+0,76 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 394,13+2,05 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars66,08-4,39 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars116 980,93-+2,51 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 1er août 2025 : mauvais vent sur les marchés

Bad trip pour les marchés financiers

Les investisseurs ont réagi négativement à l’accord commercial conclu entre les États-Unis et l’Union européenne. Ils estiment que la hausse des droits de douane pénalisera l’activité économique et nuira aux résultats des entreprises. La Bourse de Paris a ainsi cédé plus de 3 % sur la semaine. Les indices américains ont également reculé de 2 à 3 % au cours des cinq derniers jours.

À compter du 7 août, les droits de douane augmenteront pour près de 70 partenaires commerciaux des États-Unis. Les taux s’élèveront à 15 % pour l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, et à 10 % pour le Royaume-Uni. D’autres pays sont plus sévèrement touchés, comme la Suisse, qui sera soumise à un taux de 39 %. Le Canada, quant à lui, devra faire face à un tarif douanier de 35 %, contre 25 % précédemment, à l’exception des biens couverts par l’accord de libre-échange nord-américain.

L’économie américaine commence à pâtir des incertitudes commerciales. En juillet, les créations nettes d’emplois se sont élevées à seulement 73 000, contre 104 000 attendues, et les chiffres de mai et juin ont été révisés à la baisse de 258 000 postes au total. Le taux de chômage atteint 4,2 % de la population active, conformément aux prévisions, mais en hausse de 0,1 point par rapport à juin. Un ralentissement plus marqué du marché du travail est anticipé dans les mois à venir.

Avec le repli des marchés actions, les taux obligataires s’orientent à la baisse, d’autant que la probabilité d’une diminution d’un quart de point des taux directeurs de la Fed en septembre est désormais estimée à 76 %, contre moins de 40 % auparavant.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
1er août 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 546,16-3,68 %7 543,187 380,74
Dow Jones43 588,58-2,92 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 238,01-2,36 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite20 650,13-2,16 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 425,97-3,02 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 068,58-0,57 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 165,60-3,30 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)40 876,06+2,87 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 566,55-0,43 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,346 %-0,040 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,665 %-0,052 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,222 %-0,184 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1525-1,73 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 346,96-2,58 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars69,82+1,87 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars114 665,48-1,73 %38 252,5493 776,61

Le Coin des épargnants du 26 juillet 2025

Pas de surprise estivale pour les banques centrales

Comme prévu, la Banque centrale européenne a décidé de conserver ses taux directeurs inchangés. Après avoir procédé à huit allégements d’un quart de point en un an, elle a ainsi maintenu son taux de dépôt à 2 %, celui de la facilité de refinancement à 2,25 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,4 %.

Cette pause intervient dans un contexte incertain. La question des droits de douane demeure en suspens. La hausse de ces derniers pourrait peser sur la croissance de la fin de l’année. En l’état actuel de la négociation, une solution à 15 % se dégage mais tout est possible avec Donald Trump. Malgré cette menace, les indices PMI, publiés jeudi 24 juillet, sont plutôt positifs. L’économie européenne serait en légère expansion en juillet, après un deuxième trimestre médiocre. « Des gains modestes mais réels », a souligné Christine Lagarde, la Présidente de la BCE. La monnaie européenne continue de s’apprécier par rapport au dollar en se rapprochant du seuil de 1,2 dollar présenté comme problématique par le vice-président de la banque centrale, Luis de Guindos.

Les investisseurs parient sur une nouvelle baisse des taux directeurs d’ici la fin de l’année avec un taux de dépôt à 1,75 %. Cette décision pourrait ne pas intervenir en septembre.

Indicateurs toujours rassurant aux Etats-Unis

Les demandes d’allocations chômage aux Etats-Unis ont diminué pour la sixième semaine consécutive, signe que le marché de l’emploi reste résilient. Si le marché du travail ne tourne pas à plein régime, il ne montre pas non plus de signes de difficultés. Compte tenu des indicateurs économiques récemment publiés et du niveau élevé des incertitudes, la Fed devrait maintenir la semaine prochaine sa politique inchangée pour une cinquième réunion consécutive, au risque de s’attirer une nouvelle fois les foudres de Donald Trump qui ne cache pas son envie de remplacer Jerome Powell.

Les indices « actions » américains ont continué leur marche en avant avec des gains de plus de 1 % sur la semaine. De leur côté, les indices européens ont perdu légèrement du terrain.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
25 juillet 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 834,58-0,16 %7 543,187 380,74
Dow Jones44 901,92+1,29 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 388,64+1,55 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite21 108,32+1,20 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 233,08-0,28 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 9 120,31+1,38 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 352,16+0,16 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)41 456,23+4,50 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 593,66+2,53 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,386 %-0,011 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,717 %+0,026 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,406 %-0,014 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1731+1,16 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 329,09-0,10 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars68,60-0,51 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars115 767,11-1,79 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 18 juillet 2025 : quartiers d’été ?

Quartiers d’été pour les marchés financiers

Cette semaine, en attendant le 1er août, date supposée de l’éventuelle entrée en vigueur des droits de douane américains, les investisseurs sont en roue libre. Les indices ont faiblement évolué. La maigre progression de Wall Street a néanmoins permis à l’indice S&P 500 de battre un nouveau record. Le Nasdaq a gagné malgré tout plus de 1,5 %. De son côté, le CAC 40 a perdu sur la semaine 0,10 %. Quelques valeurs comme Legrand, Airbus et Safran ont connu, néanmoins, ces derniers jours une belle progression.

La semaine prochaine, il faudra suivre la réaction des marchés aux résultats des sénatoriales de dimanche au Japon. Le Premier ministre Shigeru Ishiba, malmené dans les sondages, pourrait connaître un revers électoral. Dans l’archipel, l’inflation a ralenti plus qu’attendu en juin mais reste à un niveau élevé, tirée par un doublement sur un an des prix du riz (+99,2 %), de quoi accroître la pression sur la coalition au pouvoir, qui risque de perdre sa majorité à la chambre haute du Parlement. La question de savoir si Shigeru Ishiba démissionnera en cas d’échec se posera.

Aux États-Unis, la consommation résiste malgré la hausse des prix. Selon les données de juillet de l’Université du Michigan, l’indice préliminaire mesurant le moral des consommateurs américains est passé de 60,7 à 61,8, contre 60,5 pour le consensus. Les ménages s’attendent à ce que l’inflation augmente de 4,4 % sur les douze prochains mois, soit six dixièmes de moins que prévu et qu’en juin. Un ralentissement est également constaté sur un horizon de cinq à dix ans. Au mois de juin, l’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 0,3 %, soit une hausse de 2,7 % en rythme annuel. Hors alimentation et énergie, l’inflation atteint 2,9 %. Les effets de la hausse des droits de douane commencent à se faire sentir. Un tarif douanier universel de 10 % est entré en vigueur il y a un peu plus de trois mois sur la quasi-totalité des marchandises importées aux États-Unis. L’automobile et l’acier sont particulièrement visés, avec une taxation portée à 25 %. Seuls le Mexique et le Canada bénéficient d’exemptions partielles.

À l’inverse, les Américains profitent d’une essence bon marché : le prix du gallon est redescendu au niveau d’il y a quatre ans, à 3,14 dollars, soit environ 72 centimes d’euro le litre. Néanmoins, les comportements commencent à évoluer. Les ventes de détail ont reculé de 0,9 %, et la production industrielle a baissé de 0,3 % en mai. Selon la Réserve fédérale, la croissance américaine devrait être divisée par deux cette année, passant de 2,8 % à 1,4 %. En décembre dernier, la banque centrale anticipait encore une croissance de 2,1 % pour 2025.

Les effets stimulants des baisses d’impôts (estimés à +0,2 point de PIB en 2025 et +0,3 en 2026) devraient être annulés par le coup d’arrêt à l’immigration et les mesures commerciales pénalisant les importations.

En cas d’entrée en vigueur, le 1er août prochain, de droits de douane de 20 % sur les importations européennes, le Yale Budget Lab estime que le tarif moyen effectif à l’entrée sur le territoire américain grimperait à 18 %, contre 3 % en janvier dernier. L’impact sur les prix pourrait atteindre +1,7 %, et la perte de croissance potentielle serait de 0,7 point de PIB. Le taux de chômage, quant à lui, pourrait augmenter de 0,4 point d’ici la fin de l’année.

Les taux des obligations souveraines ont peu évolué durant la semaine. Jeudi 24 juillet se tiendra la réunion du Comité de politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui devrait laisser les taux directeurs inchangés après huit baisses consécutives. Lors de sa dernière réunion en juin, la BCE, encouragée par des signes de ralentissement de l’inflation et une activité économique atone dans la zone euro à 20 membres, avait réduit le taux de dépôt de 25 points de base, à 2 %.

La BCE suit évidemment l’évolution de la politique commerciale américaine. Elle intègre l’option de droits à 30 % sur les importations de l’Union. Cette éventualité complique la prise de décision de la BCE. En effet, des droits élevés accentueraient le ralentissement de la croissance en Europe. Un risque de spirale protectionniste est à craindre avec l’augmentation des droits européens sur les produits américains.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
18 juillet 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 822,67-0,10 %7 543,187 380,74
Dow Jones44 342,19-0,07 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 296,79+0,57 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite20 895,66+1,51 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 287,07+0,09 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 990,61+0,54 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 359,23-0,45 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)39 819,11+0,33 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 534,48+0,88 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,397 %-0,013 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,691 %+0,001 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,420 %+0,10 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1655-0,59 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 354,40+1,53 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars69,50-0,25 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars117 814,04+0,23 %38 252,5493 776,61

Le Coin de l’épargne du 4 juillet 2025 : les Etats-Unis à l’honneur

Trump, toujours Trump

Les investisseurs sont nerveux dans l’attente d’éventuelles négociations commerciales entre les États-Unis et leurs principaux partenaires économiques. Le 9 juillet prochain est la date limite fixée par Donald Trump pour conclure des accords bilatéraux avec des dizaines de partenaires commerciaux. Passé ce délai, Washington appliquera, faute d’accord, les hausses de droits de douane annoncées le 2 avril dernier. Les nouveaux tarifs, en fonction des pays, pourraient atteindre 20 %, 30 %, voire 70 %.

Jusqu’à présent, l’administration américaine a noué des accords avec le Royaume-Uni et le Vietnam, et a accepté une trêve avec la Chine. L’accord entre Washington et Hanoï prévoit des surtaxes de 20 % sur les produits vietnamiens et de 40 % pour les produits transitant par le Vietnam mais fabriqués ailleurs. Cet accord laisse présager que Washington ne compte pas se satisfaire du taux de 10 % actuellement en vigueur. Les nouveaux droits devraient avoir un effet inflationniste aux États-Unis, à moins que les entreprises ne choisissent de réduire leurs marges. Mais au vu des taux qui pourraient être appliqués, cela ne sera pas tenable très longtemps.

Les tensions commerciales ont provoqué un recul, en fin de semaine, des places asiatiques et européennes. Aux États-Unis, cette semaine, le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont inscrit de nouveaux records, après la publication d’un rapport sur l’emploi meilleur que prévu. Les indices de Wall Street ont été portés par les bons chiffres de l’emploi américain. Malgré les craintes liées aux politiques commerciales et migratoires de Donald Trump, l’économie américaine a créé plus d’emplois que prévu et le taux de chômage s’est légèrement replié. La première économie mondiale a, en effet, créé 147 000 postes en juin, soit 41 000 de plus qu’anticipé par les économistes interrogés par Bloomberg. Le chiffre du mois précédent a, par ailleurs, été révisé à la hausse de 5 000. Le taux de chômage s’est réduit à 4,1 % de la population active, alors qu’il était attendu à 4,3 %. La hausse du salaire horaire moyen s’est ralentie plus que prévu, à 0,2 % sur un mois et à 3,7 % sur un an.

Donald Trump peut, en outre, se réjouir de l’adoption par le Congrès de la loi budgétaire XXL. Celle-ci a été promulguée à l’occasion de la fête nationale. Cette loi comprend des mesures de prolongation de crédits d’impôt, la diminution des aides sociales, l’augmentation des dépenses militaires et le financement d’une campagne d’expulsion de migrants. Avec cette loi budgétaire, la dette publique américaine devrait dépasser les 40 000 milliards de dollars dans les années à venir, un niveau susceptible d’inquiéter les investisseurs internationaux. Les taux des titres publics américains sont en hausse sur la semaine. Le taux à 10 ans a atteint, en fin de semaine, 4,3 %.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
4 juillet 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 696,27+0,40 %7 543,187 380,74
Dow Jones44 828,53+3,04 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 279,35+2,09 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite20 601,10+1,90 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 798,12-1,02 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 822,91+0,27 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 288,81-0,92 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)39 810,88-1,82 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 472,32+1,43 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,281 %+0,020 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,569 %-0,018 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,331 %+0,070 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1781+1,45 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 334,32+0,26 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars68,17+1,04 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars107 433,10+0,44 %38 252,5493 776,61

La France face à la menace d’un emballement de sa dette publique

Le rapport 2025 sur la situation et les perspectives des finances publiques de la Cour des comptes souligne une fois de plus que la trajectoire des comptes publics est préoccupante et que des mesures de correction doivent être rapidement prises pour éviter un emballement de la dette publique. Les magistrats de la rue Cambon estiment que les prévisions de croissance sont optimistes, ce qui pourrait compliquer le respect de la trajectoire budgétaire décidée par le gouvernement. Ils pointent également des évaluations peu réalistes des dépenses et des recettes.

Malgré l’absence de choc économique majeur, le déficit public a augmenté en France, alors qu’il baissait chez ses partenaires européens. La France est le seul pays dans cette situation, incapable de maîtriser sa dette publique. Le besoin de financement de l’ensemble des administrations publiques s’est élevé à 169,6 milliards d’euros en 2024, soit 5,8 points de PIB, contre 5,4 en 2023 et 4,7 en 2022. Parmi les cinq autres principales économies de la zone euro, seule la Belgique affiche un déficit encore éloigné de l’objectif de 3 % du PIB, celui-ci restant toutefois inférieur de 1,3 point à celui de la France.

La dérive du déficit public en 2024 est imputable aux collectivités locales et aux régimes sociaux. L’an dernier, le besoin de financement des collectivités territoriales a atteint 11,4 milliards d’euros, soit 0,4 % du PIB. Selon la loi de programmation budgétaire, les collectivités locales étaient censées contribuer au redressement.

La dépense publique, hors charge de la dette et hors mesures exceptionnelles, a augmenté en 2024 de 2,7 % en volume, soit deux fois plus vite que la croissance économique. Elle a contribué à hauteur de 0,8 point de PIB à l’augmentation du déficit. Les dépenses des administrations locales ont progressé de 2,7 % en volume, et celles des administrations de sécurité sociale de 3,3 %. Les seules prestations sociales ont augmenté de 4 %, en raison notamment de la revalorisation différée des pensions de retraite.

La charge de la dette a également augmenté, sous l’effet du déficit 2023 et du refinancement progressif de l’encours à des taux plus élevés, contribuant à creuser le déficit de 0,2 point de PIB. Ce service de la dette devrait passer de 60 à 100 milliards d’euros d’ici la fin de la décennie.

Les prélèvements obligatoires sont peu dynamiques depuis plusieurs années. Ils progressent moins vite que le PIB, en raison notamment de la baisse des droits de mutation liée au recul des transactions immobilières et de l’atonie de la consommation. Le manque à gagner par rapport aux prévisions initiales a entraîné une majoration du déficit public de 0,4 point de PIB. Pour compenser la stagnation des recettes, le gouvernement a été contraint d’augmenter les impôts. Certaines hausses prévues pour 2025 sont censées être temporaires, mais la Cour des comptes doute de la capacité des pouvoirs publics à les remettre en cause.

Le retour du déficit public sous les 3 points de PIB en 2029, tel que la France s’y est engagée, ne suffira pas à garantir la soutenabilité de la dette. La Cour des comptes souligne que les pouvoirs publics devront dégager un solde primaire (c’est-à-dire avant paiement des intérêts de la dette) positif de 1,1 point de PIB de manière durable, alors qu’il est aujourd’hui négatif de 3,7 points. En cas de persistance d’un déficit primaire, la dette publique continuera de dériver, pouvant à terme poser un problème de soutenabilité. Cette dette pourrait dépasser 120 % du PIB en 2029, contre 113 % fin 2024.

La trajectoire pluriannuelle publiée en avril 2025 suppose un effort de 105 milliards d’euros à l’horizon 2029 pour ramener le déficit sous le seuil des 3 % du PIB, alors même que certaines dépenses (santé, retraites, défense) sont appelées à augmenter. La Cour des comptes s’inquiète des retards pris dans cet ajustement et de la timidité des mesures annoncées. Elle suggère l’instauration d’un mécanisme contraignant à l’encontre des collectivités locales.

Le rapport 2025 s’inscrit dans la continuité des précédents, mais adopte un ton plus alarmiste. Le président de la Cour, Pierre Moscovici, appelle à l’adoption de mesures courageuses. Ce rapport ignore toutefois les effets négatifs qu’un ajustement budgétaire pourrait avoir sur la croissance. Il ne retient pas l’idée qu’un surcroît d’activité économique est nécessaire pour améliorer durablement les finances publiques. Le Portugal, l’Espagne et la Grèce ont réussi à redresser leurs comptes notamment grâce au retour de la croissance. Une stratégie d’attrition budgétaire, reposant sur des hausses d’impôts et des économies, risque de s’avérer malthusienne.

Le Coin des Epargnants du 27 juin 2025 – soulagements sur les marchés

Donald Trump ou l’art du « deal » permanent

Jeudi 26 juin, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé sur son compte X qu’il avait demandé au Congrès de retirer la « mesure de protection Section 899 » du budget, plus connue sous le nom de « revenge tax » (taxe vengeresse) contre les intérêts étrangers aux États-Unis, actuellement en discussion au Sénat. Cette annonce est la conséquence de la décision des pays du G7 d’exempter les États-Unis de l’impôt minimum mondial. Cette exemption était instamment demandée par Donald Trump.

La « revenge tax » permettait aux États-Unis de retenir à la source jusqu’à 20 % des revenus de capitaux réalisés par des individus et des groupes étrangers, dès lors qu’ils provenaient de pays dont la fiscalité est jugée préjudiciable aux intérêts américains. La France était doublement visée, puisqu’elle a mis en œuvre l’impôt minimum mondial de 15 % sur les multinationales (le « deuxième pilier » de l’accord OCDE) ainsi qu’une taxe sur les services numériques.

Avec la décision intervenue au sein du G7, les multinationales américaines pourront continuer à optimiser leur fiscalité entre plusieurs pays sans s’exposer à une surtaxe extraterritoriale. « Les taxes OCDE du deuxième pilier ne s’appliqueront pas aux entreprises américaines, et nous travaillerons coopérativement pour mettre en œuvre cet accord dans le cadre de l’accord OCDE-G20 au cours des prochaines semaines et des prochains mois », a déclaré Scott Bessent. Cette décision remet en cause l’accord OCDE sur la taxation minimale des bénéfices. Pour l’instant, la conclusion d’un accord entre l’Europe et les États-Unis tarde. En revanche, le président américain a laissé entrevoir un « deal » avec l’Inde.

Le Sénat espère désormais adopter le budget des États-Unis ce week-end au plus tard. Il devra ensuite repasser à la Chambre. Le président Trump souhaite promulguer la loi à l’occasion de la fête nationale, le 4 juillet.

Soulagement sur les marchés actions

Après deux semaines de baisse consécutives, la Bourse de Paris a clôturé la semaine, vendredi 27 juin, sur une progression hebdomadaire de près de 1 %, à 7 691,55 points. L’indice allemand DAX a gagné de son côté près de 3 % sur la semaine, atteignant des niveaux records. Depuis le début de l’année, il a progressé de plus de 20 %. Les décisions des États membres européens de l’OTAN d’accroître leurs dépenses militaires soutiennent les valeurs allemandes de l’armement, comme Rheinmetall. L’amélioration du climat des affaires outre-Rhin contribue également à la hausse du cours des actions. Aux États-Unis, les indices ont également enregistré de bons résultats sur la semaine.

Parmi les bonnes nouvelles figure la publication de l’indice PCE des dépenses de consommation aux États-Unis, qui a augmenté comme prévu de 2,3 % sur un an après 2,2 % en avril. Hors alimentation et énergie, l’inflation « core », considérée comme la plus pertinente par la Réserve fédérale, marque une accélération d’un dixième de point, à 2,7 % sur un an. Les effets de la politique commerciale de Donald Trump ne se sont pas encore répercutés sur le niveau des prix, ce qui permettrait à la Fed de reprendre ses baisses de taux d’intérêt au second semestre. Les dépenses des ménages américains ont en revanche connu leur plus forte baisse de l’année (-0,3 %). « Associée au ralentissement des revenus et des dépenses des ménages, l’inflation PCE de mai est restée suffisamment proche du taux cible de 2 % pour maintenir l’espoir d’une baisse rapide des taux », a commenté Gary Schlossberg, du Wells Fargo Investment Institute.

À Wall Street, le S&P 500 a battu un nouveau record au-delà des 6 180 points, porté par la désescalade commerciale avec Pékin et l’accord avec le G7 mettant un terme à la « revenge tax ». La spéculation sur une future baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale soutient également la hausse des cours. La Chine a confirmé la conclusion d’un accord-cadre avec les États-Unis, précisant qu’elle pourrait valider l’exportation de davantage d’articles soumis à contrôle. Pourraient être concernées les terres rares. La Maison-Blanche envisage par ailleurs un report de la date butoir du 9 juillet pour l’entrée en vigueur des surtaxes réciproques. Ce report renforce l’idée que les menaces de Donald Trump visent avant tout à obtenir des concessions de ses partenaires économiques.

Pétrole : le retour à la normale

Avec le cessez-le-feu, le cours du baril a presque retrouvé cette semaine son niveau d’avant-guerre entre Israël et l’Iran. Il a perdu près de 13 % de sa valeur, le baril de Brent s’échangeant à 68 dollars vendredi 27 juin. La baisse du cours du pétrole est également imputable à l’augmentation de la production, avec la fin de l’accord de régulation de l’OPEP+ et la montée en puissance de la production américaine.

L’once d’or, avec l’atténuation des tensions, s’est repliée, perdant près de 4 % sur la semaine. Le bitcoin a, en revanche, gagné plus de 3 % et s’est rapproché de son record (111 900 dollars atteint le 22 mai dernier). La cryptoactif est toujours porté par les achats d’ETF.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
27 juin 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 691,55+0,89 %7 543,187 380,74
Dow Jones43 819,27+3,31 %37 689,5442 544,22
S&P 5006 173,07+2,80 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite20 273,46+3,66 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 24 000,27+2,71 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 798,91+0,11 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 325,64+1,65 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)40 150,79+3,98 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 424,23+1,09 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,261 %+0,015 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,587 %+0,067 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,261 %-0,114 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1703+1,90 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 275,88-3,39 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars68,40-11,92 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars107 131,81+3,21 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 20 juin 2025 : en attendant Donald Trump….

Les marchés suspendus à la décision de Donald Trump

Les investisseurs tentent de croire à une sortie négociée du conflit en Iran. La décision de Donald Trump de ne pas trancher a été perçue comme une volonté de laisser du temps à la diplomatie. Après avoir accusé le coup avec l’intervention israélienne, les investisseurs cherchent à se rassurer. Le début du mois de juillet devrait être tendu avec l’arrivée à échéance des ultimatums en matière de négociations commerciales et concernant l’Iran.

Le CAC 40 a une nouvelle fois perdu du terrain cette semaine, en cédant plus de 1 % et en repassant sous les 7 600 points. L’indice parisien reste pénalisé par le recul des valeurs du luxe. Tous les grands indices ont enregistré un repli. Le S&P 500 a perdu près de 1,5 % sur la semaine et le Nasdaq près de 1,3 %.

Dans un environnement de tensions internationales, les obligations souveraines jouent leur rôle de valeur refuge, provoquant une baisse des taux d’intérêt. L’or est en hausse, sans pour autant battre son record.

Sur le front du pétrole, la volatilité a également été de mise cette semaine. Avec le retour de l’espoir d’une négociation, le prix du baril de Brent, qui sert de référence mondiale, s’est détendu en fin de semaine à 76,4 dollars, tout en restant supérieur de plus de 20 % à son niveau de début juin. Le prix du baril pourrait s’envoler en cas de blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial.

La Fed en mode attentiste

Guerre commerciale, guerre en Iran : la Réserve fédérale américaine avait toutes les raisons de ne pas modifier ses taux directeurs. Lors de sa réunion du 18 juin, elle a, sans surprise, maintenu le statu quo, laissant ses taux entre 4,25 % et 4,50 % pour la quatrième fois consécutive. Certes, au cours des quatre derniers mois, l’inflation a progressé moins vite que prévu et s’est établie à 2,8 % au mois de mai. L’indice PCE, qui mesure les prix des dépenses de consommation personnelle — indice clé pour la Fed — se rapproche de plus en plus de la cible de 2 % que s’est fixée la banque centrale.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a souligné lors de la conférence de presse qui s’est tenue après la réunion du comité de politique monétaire que « les droits de douane voulus par le président américain Donald Trump, d’au moins 10 % sur l’ensemble des produits entrant dans le pays, vont pousser les prix à la hausse et peser sur l’activité économique ». La Fed estime pour l’instant que la hausse des prix devrait atteindre 3 % en 2025, contre 2,87 % dans ses prévisions de mars. Le président de la Fed a mentionné que « l’inflation des biens a légèrement augmenté. Nous nous attendons à ce que cela se poursuive au cours de l’été ». Pour le moment, Jerome Powell refuse d’obéir aux injonctions présidentielles. Donald Trump a demandé, au début du mois de juin, une baisse d’un point des taux directeurs. « Tant que le marché du travail reste en l’état et que l’inflation diminue, la bonne chose à faire est de maintenir les taux inchangés », considère le président de la Réserve fédérale. Ce dernier opte pour la prudence. Il attend de constater les résultats économiques de la politique de Donald Trump pour infléchir la sienne.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
20 juin 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 589,66-1,07 %7 543,187 380,74
Dow Jones42 206,82-1,81 %37 689,5442 544,22
S&P 5005 967,84-1,43 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite19 447,41-1,26 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 326,60-0,73 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 774,65-0,86 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 233,58-1,18 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)38 403,23+0,50 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 359,90-0,75 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,246 %-0,010 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,513 %-0,021 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,375 %-0,047 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1533+0,71 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 369,65+1,38 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars76,67+2,53 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars104 220,50-1,40 %38 252,5493 776,61

Le coin des épargnants du 14 juin 2025 : bruits de bottes

La semaine financière a été dominée par le choc géopolitique au Moyen-Orient, avec l’attaque israélienne contre l’Iran. À la clef : tensions sur le pétrole, aversion au risque sur les marchés actions, et un retour de l’incertitude stratégique dans les prévisions économiques.

L’attaque israélienne contre l’Iran, vendredi 13 juin, a créé une onde de choc sur l’ensemble des places financières. Les États-Unis avaient été avertis de l’imminence de cette attaque, Donald Trump ayant annoncé jeudi 12 la réduction du personnel diplomatique dans la région. Tsahal a lancé son opération « Nations de lions », en frappant Téhéran et des cibles liées au programme nucléaire dans différentes régions de l’Iran. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a annoncé que l’opération militaire visait à repousser « la menace iranienne pour la survie même d’Israël ». Cette opération devrait, selon les autorités israéliennes, durer autant de jours qu’il sera nécessaire pour éliminer cette menace. Par ailleurs, Tsahal a tué le commandant des Gardiens de la Révolution, Hossein Salami ; des scientifiques nucléaires auraient également été tués. L’Iran a promis de répondre à cette attaque, faisant craindre l’ouverture d’un conflit de grande envergure au Moyen-Orient. L’Iran a répliqué vendredi soir en utilisant notamment des missiles balistiques. Malgré le Dôme de fer, plusieurs bâtiments ont été touchés.

La grande majorité des États, dont la France et l’Allemagne, ont appelé à la retenue après le déclenchement des frappes par Israël. De l’ONU à Londres, en passant par Paris, tous redoutent une escalade pouvant mener à l’ouverture d’un conflit majeur. Néanmoins, Donald Trump ne joue pas la carte de l’apaisement. Dans un post sur son réseau Truth Social, le président américain a rappelé avoir « donné à l’Iran un ultimatum de 60 jours il y a deux mois pour conclure un accord. Ils auraient dû le faire ! Aujourd’hui, c’est le jour 61. » Le gouvernement de Netanyahou entend poursuivre les opérations militaires jusqu’à l’éradication des capacités nucléaires de l’Iran, voire jusqu’à la chute du régime.

Avec le déclenchement de l’attaque israélienne, les indices actions des grandes places financières ont connu une baisse immédiate vendredi 13 juin, et le prix du pétrole a gagné plus de 10 %. Les valeurs des compagnies aériennes, comme Air France, ont fortement reculé (–4,74 % vendredi 13 pour la compagnie franco-néerlandaise et –10 % sur la semaine). Le CAC 40 a reculé de 1,65 % sur la semaine, et le DAX allemand de près de 3,5 %. Le S&P 500 américain a diminué de près de 0,4 % sur la semaine. Le cours de l’or, sans surprise, est en hausse.

La semaine prochaine sera marquée par la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les taux directeurs devraient rester inchangés dans la fourchette actuelle de 4,25–4,5 % à l’issue de la réunion des 17 et 18 juin. À cette occasion, le comité présentera ses projections économiques et d’inflation.

Pétrole sous tension

Sur la semaine, le cours du baril de pétrole Brent a augmenté de 10 %, avec une hausse de plus de 6 % vendredi. Le baril s’échangeait vendredi soir contre 73 dollars. Le marché était, jusqu’à l’intervention militaire israélienne, déflationniste, avec l’engagement d’une guerre des prix au sein du cartel. La prime de risque sur le pétrole est supérieure à celles observées en avril et octobre 2024, lors des précédents incidents entre Israël et l’Iran, les investisseurs estimant que le risque d’embrasement est plus important que par le passé. Le baril de Brent n’avait plus atteint ce niveau depuis mars, avant le déclenchement de la guerre commerciale de Donald Trump. Avec la décision des pays exportateurs de pétrole, regroupés dans l’OPEP+, d’augmenter progressivement leur production, le baril était descendu aux alentours de 60 dollars, avant de se stabiliser ces dernières semaines entre 63 et 65 dollars. La baisse du cours du baril avait récemment conforté la désinflation.

Les investisseurs craignent que la poursuite des frappes israéliennes ne mette à mal la production iranienne, le pays étant le septième producteur mondial. Les autorités de Téhéran ont indiqué vendredi qu’aucune installation pétrolière n’avait été touchée. Les recettes pétrolières sont, pour l’Iran, indispensables. Elles ont atteint 67 milliards de dollars l’an dernier. Priver Téhéran de ces ressources est sans nul doute une tentation pour Israël afin d’affaiblir le régime. En moyenne, le pays a produit l’an dernier 3,26 millions de barils de brut, une production en augmentation de 13 % par rapport à 2023. La moitié de cette production est exportée, essentiellement vers la Chine. Les pays de l’OPEP ont la capacité de compenser l’arrêt de la production iranienne (soit 3 % de la production mondiale), avec néanmoins, à la clé, une hausse des cours.

Au-delà de la production pétrolière iranienne, les investisseurs sont attentifs à l’accès au détroit d’Ormuz, en partie contrôlé par l’Iran. Ce détroit est un passage stratégique pour les cargaisons de pétrole et de gaz du Moyen-Orient vers l’Asie et l’Europe. Téhéran a, par le passé, menacé de bloquer le trafic dans cette zone, même si le gouvernement n’a jamais mis ces menaces à exécution, sachant qu’il en serait la première victime. Plus de 20 % du pétrole mondial et du GNL transitent par ces routes. Le détroit d’Ormuz est notamment stratégique pour le Qatar, qui expédie son GNL vers les pays asiatiques. JP Morgan évalue que le blocage de cette voie d’accès au golfe Persique porterait le prix du pétrole brut à 130 dollars le baril. Le prix du gaz a fortement augmenté vendredi, en lien avec la crainte d’un tel blocage. Le TTF, principal indice européen, a augmenté de plus de 5 % ce vendredi, atteignant 38 euros le MWh.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
13 juin 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 684,68-1,65 %7 543,187 380,74
Dow Jones42 197,79-1,46 %37 689,5442 544,22
S&P 5005 976,97-0,37 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite19 406,83-0,63 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 499,40-3,42 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 850,63+0,11 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 290,47-2,76 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)37 834,25+1,03 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 377,00+0,40 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,256 %+0,013 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,534 %-0,038 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,422 %-0,061 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1558+1,49 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 421,65+2,270 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars73,32+11,49 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars105 697,60+0,57 %38 252,5493 776,61

Le Coin des Epargnants du 30 mai 2025 : les marchés en mode résilience

Après avoir encaissé, en avril, la tempête des droits de douane américains, les marchés se sont ressaisis au cours du mois de mai. La hausse des indices actions a été obtenue malgré les sautes d’humeur, plus ou moins calculées, du locataire de la Maison-Blanche. Ordres et contre-ordres se sont multipliés, visant tour à tour différentes cibles. L’Europe et la Chine ont été alternativement dans le viseur du président Donald Trump. Pour compliquer encore la donne et accroître les incertitudes, la justice américaine s’est immiscée dans le débat en contestant le droit du président à modifier les tarifs douaniers par décret.

Le CAC 40 reste à la traîne des autres grands indices. Il a progressé de 2 % en mai, contre une hausse de près de 7 % pour le DAX allemand. L’EuroStoxx 50 a, de son côté, enregistré une hausse de 4 %. Sur le même mois, le Nasdaq a bondi de plus de 8 %, et le S&P 500 de près de 6 %.

Le bitcoin, après un mois d’avril difficile, a enregistré une hausse de plus de 10 %, lui permettant de battre de nouveaux records. Il a terminé le mois autour de 105 000 dollars.

Sur le front de la guerre commerciale, Donald Trump a accusé Pékin d’avoir « totalement violé » les termes de leur accord commercial, sans en préciser les motifs. Le secrétaire au Trésor a, le jeudi 29 mai, souligné que les négociations entre les deux puissances mondiales étaient « un peu dans l’impasse », suggérant que les deux chefs d’État pourraient reprendre la main.

Imbroglio juridico-commercial

Les investisseurs s’interrogent de plus en plus sur l’intérêt, pour les partenaires commerciaux des États-Unis, de s’engager dans des négociations, étant donné que la justice américaine arbitre la légalité des décisions présidentielles en matière de droits de douane. En quelques heures, la situation s’est complexifiée. Un jour seulement après que des juges ont bloqué la majorité des barrières douanières décidées par Washington, la cour d’appel a accordé à l’administration un sursis dans l’attente d’un jugement sur le fond. Donald Trump ne se considère pas battu. Peter Navarro, son conseiller commercial, a ainsi souligné que « même si nous perdons, nous procéderons autrement ». La Maison-Blanche espère obtenir gain de cause devant la Cour suprême. Par ailleurs, selon le Wall Street Journal, l’équipe présidentielle prépare un nouveau texte, fondé sur le Trade Act de 1974, visant à imposer des surtaxes allant jusqu’à 15 % sur une large gamme de produits importés, et cela pour une durée de 150 jours. D’autres dispositifs législatifs susceptibles d’autoriser une action présidentielle en matière commerciale pourraient également être mobilisés.

Malgré la menace des droits de douane, l’inflation ralentit aux États-Unis. L’indice des prix PCE, baromètre d’inflation préféré de la Réserve fédérale, n’a augmenté que de +0,1 % en avril pour sa composante « core » (hors alimentation et énergie), soit une hausse annuelle de 2,5 %, la plus faible depuis plus de quatre ans (contre 2,7 % en mars). Ce ralentissement de l’inflation est attribuable au coup de frein de la consommation, pourtant moteur essentiel de la croissance américaine. Les dépenses de consommation réelle n’ont progressé que de 0,1 % en avril, contre +0,7 % en mars. Cette prudence accrue des ménages s’est traduite par une augmentation du taux d’épargne, passé de 4,3 % à 4,9 % en un mois, atteignant son plus haut niveau depuis près d’un an. Dans le même temps, les importations américaines de marchandises ont chuté de 19,8 % entre mars et avril, les importateurs ayant anticipé leurs achats en début d’année pour contourner les hausses de droits de douane.

Après les droits de douane, les impôts

Après les surtaxes commerciales, les États-Unis ont décidé d’activer le levier fiscal pour obtenir des concessions de leurs partenaires, en premier lieu de l’Europe. Les élus républicains du Congrès ont introduit, dans le projet de loi de finances, un mécanisme de rétorsion contre les pays aux pratiques fiscales jugées « injustes ».

L’Union européenne est directement visée, tout comme le Royaume-Uni, le Canada ou encore l’Australie. Sont notamment en cause la taxe sur les services numériques et les mesures instaurant une imposition minimale des multinationales. La France est en première ligne, accusée d’avoir mis en œuvre à la fois une taxe GAFAM sur les grandes plateformes numériques et l’impôt minimum effectif négocié dans le cadre de l’OCDE, transposé via une directive européenne.

Les États-Unis ont ainsi décidé d’appliquer, dès l’an prochain, une taxe supplémentaire sur les revenus américains perçus par des entités françaises, britanniques ou australiennes. Cette surtaxe démarrera à 5 %, augmentant de cinq points par an jusqu’à un plafond de 20 %. Son assiette est large : du simple actionnaire d’Apple aux gouvernements étrangers eux-mêmes, en passant par les filiales de multinationales. Elle s’ajoutera aux impôts déjà en vigueur — qu’il s’agisse de l’impôt sur les sociétés, des taxes sur les dividendes ou sur les redevances. Jusqu’à 80 % des investissements étrangers aux États-Unis pourraient être concernés.

Cette mesure risque de réduire l’attractivité du marché américain pour les investisseurs européens, alors même que les États-Unis ont besoin de capitaux étrangers pour financer leurs investissements. Elle pourrait également peser sur les cours des actions américaines. Enfin, elle entre en contradiction directe avec la volonté affichée de Donald Trump de faire revenir les capitaux étrangers pour réindustrialiser le pays. La taxation de ces flux pourrait dissuader de nombreuses entreprises d’investir outre-Atlantique.

Le tableau de la semaine des marchés financiers

 Résultats
30 mai 2025
Évolution
sur une semaine
Résultats
29 déc. 2023
Résultats
31 déc. 2024
CAC 40 7 751,89+0,23 %7 543,187 380,74
Dow Jones42 270,07+1,66 %37 689,5442 544,22
S&P 5005 911,69+1,54 %4 769,835 881,63
Nasdaq Composite19 113,77+1,83 %15 011,3519 310,79
Dax Xetra (Allemagne) 23 997,48+1,60 %16 751,6419 909,14
Footsie 100 (Royaume-Uni) 8 772,38+0,62 %7 733,247 451,74
Eurostoxx 505 366,59+0,76 %4 518,284 895,98
Nikkei 225 (Japon)37 965,10+1,91 %33 464,1739 894,54
Shanghai Composite 3 347,49-1,01 %2 974,933 351,76
Taux OAT France à 10 ans+3,161 %-0,102 pt+2,558 %+3,194 %
Taux Bund allemand à 10 ans+2,500 %-0,071 pt+2,023 %+2,362 %
Taux Trésor US à 10 ans+4,403 %-0,096 pt+3,866 %+4,528 %
Cours de l’euro/dollar1,1364+0,19 %1,10601,0380
Cours de l’once d’or en dollars3 291,06-0,89 %2 066,672 613,95
Cours du baril de pétrole Brent en dollars63,92-1,66 %77,1374,30
Cours du Bitcoin en dollars104 088,62-2,42 %38 252,5493 776,61

L’épargne financière au sommet au 1er trimestre 2025

Le taux d’épargne des ménages s’est élevé, selon l’INSEE, en France au premier trimestre 2025 à 18,8 % du revenu disponible brut (RDB), en hausse de 0,3 point par rapport au dernier trimestre 2024. Hors période Covid, il faut remonter au troisième trimestre 1981 pour constater un taux d’épargne plus élevé.

Le taux d’épargne des ménages n’a, en France, pas retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire (15 %). La succession de chocs — Covid, guerre en Ukraine, vague inflationniste, crise politique (dissolution), retour de Donald Trump — explique en partie cette propension à l’épargne. Le faible niveau de confiance des ménages ne les incite pas à consommer. Le montant élevé du déficit public conduit, par ailleurs, les ménages à épargner par crainte d’une augmentation des prélèvements (effet Ricardo-Barro ou équivalence ricardienne).

La désinflation n’a pas modifié le comportement des Français, pas plus que la hausse de leurs revenus. Au premier trimestre 2025, leur pouvoir d’achat a augmenté de 0,3 % (+0,1 % par unité de consommation). Dans le même temps, les ménages ont réduit leur consommation de 0,2 %, entraînant une hausse du taux d’épargne. C’est l’épargne financière qui bénéficie de cette progression, passant de 9,3 % à 9,8 % du revenu disponible brut entre le dernier trimestre 2024 et le premier trimestre 2025. Il faut remonter à 1950 pour retrouver (hors période Covid) un taux d’épargne financière plus élevé (10,7 % au deuxième trimestre 1950).

Cette hausse spectaculaire de l’épargne financière s’explique également par les craintes des Français concernant leur pouvoir d’achat à la retraite. Ils sont de plus en plus nombreux à épargner pour se constituer un complément de revenus ou de capital. Le vieillissement démographique joue en faveur de l’épargne. Ce phénomène est également observé en Allemagne, au Japon ou en Chine.

Une décrue significative du taux d’épargne ne pourra advenir qu’avec le retour de la confiance et d’une dynamique économique crédible. Mais le niveau de 2019 appartient, sans doute, déjà à l’histoire ancienne.

Cercle de l’Épargne – données INSEE

6 356 milliards d’euros : le patrimoine financier des ménages en France fin 2024

L’encours de l’épargne financière des ménages s’élevait au quatrième trimestre 2024 à 6 356 milliards d’euros dont 3 856 milliards au titre des produits de taux et 2 420,1 milliards d’euros au titre des produits de fonds propres. Le numéraire et les dépôts à vue représentent 742,7 milliards d’euros, l’épargne réglementée 955,7 milliards d’euros, les livrets ordinaires et les comptes à terme 409,7 milliards d’euros et les fonds euros d’assurance vie – PER 1 551,6 milliards d’euros. L’encours des actions cotées est de 310,4 milliards d’euros, celui unités de compte des contrats d’assurance vie 6 PER est de 538 milliards d’euros.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France

En 2024, l’épargne brute, c’est-à-dire la part de leurs revenus qui reste aux ménages après leurs dépenses de consommation, a atteint 343,4 milliards d’euros en 2024, contre 205,4 milliards d’euros. Les principaux placements financiers restent élevés comparés aux années passées.

En 2024, le flux net de placements des ménages s’établit, selon la Banque de France, à 112,8 milliards d’euros, après 112,3 milliards en 2023. Cette stabilité s’accompagne néanmoins d’un rééquilibrage de l’allocation entre les types de placement de taux qui profite à l’assurance vie en euros.

Les flux financiers trimestriels ont atteint, en moyenne 28,2 milliards d’euros en 2024, contre une moyenne de 26,2 milliards d’euros entre 2014 et 2024.

Les flux au profit des produits de taux ont atteint, en 2024, 73,1 milliards d’euros contre 66,2 milliards d’euros en 2023. Ils ont représenté, en 2024, 64,8 % des flux contre 59 % en 2023. Les produits de fonds propres ont bénéficié de flux de 36,5 milliards d’euros en 2024 et de 45,5 milliards d’euros en 2023.

Cercle de l’Épargne – données Banque de France

Les données préliminaires (encore partielles) relatives aux principaux flux de placements financiers des ménages pour le premier trimestre 2025 indiquent une reprise de la collecte sur les dépôts à vue (+6,2 milliards d’euros après -0,7 milliard au quatrième trimestre), une décollecte sur les livrets d’épargne en lien avec la diminution des taux de rémunération, ainsi qu’une baisse des flux vers l’assurance vie et les droits à pension en euros. À l’inverse, les supports en unités de compte connaissent une réelle augmentation.

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