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Selon l’indice mondial des retraites 2026 de Natixis Investment Managers – indicateur mesurant la qualité du système de retraite en s’appuyant sur le montant des pensions versées et plus largement les conditions dans lesquelles les ménages peuvent préparer puis vivre leur retraite – la France occupe désormais le 29e rang parmi les 44 pays étudiés. Elle perd deux places en un an et poursuit un recul engagé depuis plusieurs années. En 2015, elle figurait encore à la 18e place. Cette évolution doit néanmoins être interprétée avec précaution.
Dix-huit indicateurs sont ainsi regroupés autour de quatre grandes dimensions : la santé, la qualité de vie, le bien-être matériel et les conditions financières de la retraite. Le niveau de chômage, la fiscalité, la dette publique ou encore le revenu par habitant interviennent donc dans le classement au même titre que l’espérance de vie ou l’accès aux soins.
La position de la France traduit ainsi moins une remise en cause directe de son système de retraite qu’un affaiblissement de son environnement économique et financier.
La santé reste l’un des grands atouts français
La France continue d’obtenir de très bons résultats en matière de santé. Elle se situe au 6e rang dans cette catégorie. Elle bénéficie notamment d’une large couverture des dépenses médicales et d’une espérance de vie élevée.
Ces éléments revêtent une importance particulière pour les retraités. Avec l’avancée en âge, les dépenses de santé augmentent mécaniquement. Un système de soins largement pris en charge évite aux ménages de devoir mobiliser une part trop importante de leur patrimoine pour financer leurs dépenses médicales.
La protection sociale joue ainsi un rôle indirect mais majeur dans le maintien du niveau de vie à la retraite. Sur ce terrain, la France conserve un avantage comparatif important.
Sa position est plus moyenne en matière de qualité de vie. Elle se situe au 19e rang. Le résultat demeure honorable, mais il ne suffit plus à compenser les performances moins favorables enregistrées sur le terrain économique et financier.
Le chômage pénalise fortement la France
La situation est nettement moins favorable concernant le bien-être matériel. La France se classe au 32e rang dans cette catégorie. Son score recule de 52 % en 2025 à 48 % en 2026, alors qu’il atteignait encore 59 % en 2015.
Le revenu par habitant permet à la France de conserver une position relativement favorable, avec une 16e place pour cet indicateur. En revanche, le chômage constitue une faiblesse importante. La France n’occupe que le 37e rang dans ce domaine.
Cette donnée n’est pas sans lien avec la retraite. L’emploi détermine en grande partie la capacité de financement des systèmes par répartition. Plus le nombre d’actifs en emploi est élevé, plus le volume de cotisations permettant de financer les pensions est important.
À l’échelle individuelle, la situation professionnelle joue également un rôle essentiel. Une carrière marquée par le chômage, les interruptions d’activité ou des périodes prolongées de faible rémunération réduit les droits acquis à la retraite. Elle limite également la possibilité de mettre de l’argent de côté.
La question de l’emploi des seniors prend, dans ce contexte, une importance croissante. L’allongement de la durée d’activité ne peut réellement contribuer à l’équilibre du système que si les actifs les plus âgés restent effectivement en emploi.
La France figure également parmi les pays les moins bien classés en matière de finances à la retraite. Elle n’occupe que le 38e rang dans cette catégorie, malgré une légère amélioration de son score, qui atteint 55 %. Elle est notamment pénalisée par sa 43e place pour la pression fiscale et par sa 39e place pour l’endettement public.
Ces indicateurs doivent, là encore, être interprétés avec mesure. Ils concernent l’ensemble de l’économie et non les seuls retraités. Une fiscalité élevée ne signifie pas nécessairement que les pensionnés sont davantage imposés que dans les autres pays. De même, un niveau important de dette publique n’entraîne pas automatiquement une baisse des pensions.
Il constitue, en revanche, une contrainte pour l’avenir. Lorsque les finances publiques sont dégradées, les marges de manœuvre de l’État se réduisent. Or le vieillissement de la population entraînera une hausse des besoins en matière de retraite, de santé et de dépendance.
La France est confrontée à une équation de plus en plus complexe. Elle doit préserver un niveau élevé de protection sociale tout en maîtrisant des dépenses publiques déjà importantes et en assurant le financement d’une population vieillissante.
La Norvège arrive en tête de l’indice mondial des retraites, devant l’Irlande et les Pays-Bas. Parmi les principales économies avancées, l’Allemagne occupe la 7e place, le Royaume-Uni la 15e, les États-Unis la 24e et le Japon la 25e.
La diversité des pays les mieux classés montre qu’il n’existe pas un modèle unique de retraite. Certains pays accordent une place importante aux régimes publics. D’autres s’appuient davantage sur des régimes professionnels ou sur la capitalisation. Les meilleurs résultats sont généralement obtenus par les États qui parviennent à associer un niveau de vie élevé, une situation économique relativement solide, un système de santé efficace et des dispositifs de retraite diversifiés.
La retraite ne peut donc pas être appréhendée à travers le seul prisme du montant de la pension. La sécurité financière des retraités dépend également de la croissance économique, de l’emploi, de la situation des finances publiques et du patrimoine accumulé durant la vie active.
La question est d’autant plus importante que le vieillissement démographique va se poursuivre au cours des prochaines décennies.
L’allongement de l’espérance de vie constitue une évolution positive, mais il implique également une durée de retraite plus longue. Dans le même temps, le nombre relatif d’actifs appelés à financer les pensions progresse moins rapidement que celui des retraités.
Le système de retraite français devra donc faire face à une double contrainte. Il devra continuer à assurer un niveau de pension satisfaisant tout en évoluant dans un environnement budgétaire plus tendu.
Cette situation renforce l’importance de l’emploi. Une augmentation du taux d’activité, en particulier chez les plus de 55 ans, permet d’accroître les recettes de cotisations et d’améliorer les droits futurs des assurés. Elle souligne également le rôle croissant de l’épargne.
L’épargne retraite appelée à jouer un rôle plus important
Dans ce contexte, l’épargne retraite a vocation à compléter les revenus issus des régimes obligatoires.
Elle ne se substitue pas à la retraite par répartition qui restera le socle du système français. Elle permet en revanche aux ménages de diversifier leurs sources de revenus au moment de la cessation d’activité.
La constitution progressive d’une épargne destinée à la retraite présente plusieurs avantages. Elle permet tout d’abord de répartir l’effort financier sur une longue période. Plus l’épargne débute tôt, moins l’effort annuel nécessaire est important.
La durée permet également de privilégier, au moins pendant une partie de la vie active, des placements susceptibles d’offrir un rendement supérieur sur le long terme avant de sécuriser progressivement le capital à l’approche de la retraite.
Le développement du Plan d’épargne retraite depuis 2019 participe de cette évolution. Il traduit une prise de conscience progressive de la nécessité de préparer individuellement une partie de ses revenus futurs.
Plus largement, l’épargne constitue un instrument de protection face aux incertitudes. Elle permet de faire face à une baisse éventuelle du niveau relatif des pensions, à des dépenses de santé ou de dépendance ainsi qu’aux aléas patrimoniaux pouvant intervenir au cours d’une retraite qui peut désormais durer plusieurs décennies.
Le recul de la France dans l’indice Natixis ne signifie donc pas que les retraités français seraient aujourd’hui parmi les moins bien protégés des pays développés. Il met plutôt en lumière les fragilités économiques et financières qui pourraient peser, à terme, sur la capacité du pays à maintenir son niveau actuel de protection.
La France conserve des atouts importants, en particulier dans le domaine de la santé et de la protection sociale. Elle devra néanmoins améliorer son taux d’emploi, consolider ses finances publiques et favoriser davantage la constitution d’une épargne de long terme.
Dans une société vieillissante, la qualité de vie à la retraite dépendra de plus en plus d’un équilibre entre solidarité collective et constitution individuelle d’un patrimoine.
LE CHIFFRE CLÉ
29e rang pour la France en matière de retraite (parmi 44 pays étudiés). Elle perd deux places en un an et poursuit un recul engagé depuis plusieurs années. En 2015, elle figurait encore à la 18e place.
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